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Cours Biomasse 3

Bio mass course

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Les biocarburants

Dr. G. NASSER 1
Introduction

L'utilisation des biocarburants comme substitut aux essences fossiles est


présente dans certaines pensées françaises dès la fin du XIX siècle. Des
prototypes de voitures ont même été conçus avec un moteur utilisant
de l'alcool dénaturé comme carburant dans les années 1900.

Cependant, du fait du bas prix du pétrole dans les années 1960,


l'éthanol disparaît du marché des carburants. Il faudra attendre la
première crise pétrolière en 1971 pour reconsidérer le biocarburant
comme source d'énergie. Le terme biocarburant signifie que c'est un
carburant produit à partir de la biomasse, c'est à dire qu'il provient de
matière organique non fossile (matière première animale, végétale ou
provenant de déchets).

2
On distingue plusieurs types de biocarburants

• La première génération de biocarburant consiste à utiliser directement


la biomasse végétale.

• La deuxième génération met en œuvre, non plus les produits


alimentaires, mais les sources ligno-cellulosiques des plantes (tiges,
feuilles, bois etc).

• La troisième génération utilise quant à elle des micro-algues pour la


production de biocarburant.

3
I. La première génération

1) Les sources
la première génération de biocarburants repose sur l'utilisation des
organes de réserve des cultures :

les graines des céréales (blé, maïs) ou des oléagineux (colza,


tournesol,
jatropha),

les racines de la betterave ou la canne à sucre,


 les fruits du palmier à huile.

Ces organes de réserves des plantes stockent le sucre (betterave et


canne), l'amidon (blé, maïs), ou l'huile (colza, tournesol, palme,
jatropha).
4
Ces organes de réserves étant également utilisés pour l'alimentation
humaine, la production de biocarburants se fait en concurrence de la
production alimentaire.

5
Les filières de première génération

1) Filière huile transformées en esters, méthyliques d’huiles végétales (EMHV) pour les
véhicules diesel

On cherche à adapter l'agrocarburant (par transformation chimique pour obtenir du biodiesel


par exemple) aux moteurs actuels, conçus pour fonctionner avec des dérivés du pétrole. C’est la
stratégie actuellement dominante mais elle n’a pas le meilleur bilan énergétique ni
environnemental.
Les huiles végétales s’obtiennent classiquement par simple pressage de graines oléagineuses
telles que le colza, le tournesol, le soja, etc. Des graisses animales ainsi que des huiles
alimentaires usagées peuvent également être utilisées à cet effet.

6
Les filières de première génération

1) Filière huile transformées en esters, méthyliques d’huiles végétales (EMHV) pour les
véhicules diesel

Deux grandes voies d'utilisation sont ouvertes :

a) L'huile végétale brute (HVB) peut être utilisée directement, dans les moteurs diesels, pure ou
en mélange, mais, notamment à cause de sa viscosité relativement élevée et d’un indice de
cétane (aptitude à l’auto-inflammation) trop faible, l'utilisation d'une fraction d'huile importante
nécessite l’adaptation des moteurs.

b) Le biodiesel (aussi appelé en France diester), obtenu par la transformation des triglycérides
qui constituent les huiles végétales; la transestérification de ces huiles, avec du méthanol ou de
l'éthanol, en présence d'un catalyseur, généralement de l'hydroxyde de potassium KOH ou de
sodium NaOH), produit des Esters d'Huile Végétale, respectivement méthyliques (EMHV) et
éthyliques (EEHV). La réaction de transestérification est réalisée à température modérée (20-
80°C) et à pression atmosphérique.

7
8
Processus de production de biodiesel ou diester
9
En France, c'est principalement le colza qui est utilisé (avec une faible part de tournesol) pour
la fabrication des EMHV.

Le diester était utilisé à hauteur de 5% d’incorporation depuis 2005 jusqu’en 2007. Cette valeur
est passée à 5.75% en 2008 en France. Les objectifs sont de 7% en 2010 et 10% en 2015.
A ces niveaux il ne nécessite pas d’adaptation des moteurs.

Le B30 est un carburant qui est dû à l’association de 30% de EMVH et de 70% d’énergie fossile.
Pour l’utiliser il faut juste faire une modification mineure sur les moteurs diesel. Il est utilisé
seulement pour les transports en commun et véhicules d’entreprises.

10
La trans-estérification va former un mélange d'ester méthylique (biodiesel) et du
glycérol.
Les propriétés physiques des esters méthyliques ou éthyliques ressemblent fortement
à celles du diesel. Le tableau suivant compare différentes propriétés physiques du
diesel et du biodiesel , ainsi que celles de l'huile de colza.

L'indice de cétane est la capacité pour un carburant de s'enflammer (de 0 à 100), plus
cet indice va être élevé, plus le carburant sera « efficace ».
(L'indice de cétane est au moteur Diesel ce que l'indice d'octane est au moteur
à essence)

11
2) Filière alcool pour les véhicules à essence

De nombreuses espèces végétales sont cultivées pour leur sucre : c'est le cas par exemple de la
canne à sucre, de la betterave sucrière, du maïs, du blé ou encore dernièrement de l'ulve (laitue
de mer).

Le bioéthanol est obtenu par fermentation de sucres (sucres simples, amidon hydrolysé) par des
levures du genre Saccharomyces.

L'éthanol peut remplacer partiellement ou totalement l'essence. Il existe plusieurs types de


carburants contenant de l'éthanol la plupart sont des mélanges d'essence et d'éthanol à
différentes proportions. On les désigne par la lettre E suivie du pourcentage d'éthanol dans le
mélange : par exemple du E85 représente un carburant contenant 85% d'éthanol et 15%
d'essence. On trouve ainsi du E5, E7, E10, E15, E20, E85, E95, E100 en fonction du pays dans
lequel on se trouve et de l'utilisation que l'on veut en faire.

En France, la commercialisation de l'E85 aux particuliers, légalement nommé Superéthanol, est


officielle depuis le 1er janvier 2007.

12
La figure ci-dessus prés ente de façon schématique le processus de production de bioéthanol à partir de céréales.
Suivant l’état de polymérisation, ces sucres doivent subir un (ou plusieurs) traitement(s) préal able(s), dont le but est de
transformer les chaînes de polymères en sucres simples. Après fermentation à l’aide de micro-organismes (levures,
bactéries, etc.), l’éthanol est recouvré par distillation (éthanol hydraté à 95-96% v/v), puis par déshydratation (éthanol
anhydre à 99,7% v/v).

13
En France, ce sont la betterave et les céréales qui sont les principales ressources utilisées pour la
production de l'éthanol.

14
a) L'éthyl-tertio-butyl-éther (ETBE) est un dérivé de l'éthanol. Il est obtenu par réaction entre
l'éthanol et l'isobutène (obtenu lors du raffinage du pétrole) et est utilisé comme additif à
hauteur de 15 % à l'essence.
L’ETBE aurait l’avantage d’être mieux adapté aux moteurs. En effet, l’incorporation directe de
l’éthanol à l'essence pose certaines difficultés techniques : le mélange essence/éthanol a une
pression de vapeur plus élevée et tolère mal la présence de traces d’eau. Néanmoins, l'ETBE est
moins vertueux pour l'environnement, d'où le choix de la France (et de nombreux autres pays)
pour l'E85.

Addition d'éthanol sur l'isobutène pour produire de l'ETBE.

15
L’E 85 est un mélange à forte teneur en éthanol

il peut contenir jusqu’à 85 % d’éthanol mélangé à de l’essence. A ces fortes teneurs en


éthanol, les inconvénients observés pour les basses teneurs (volatilité, démixtion)
disparaissent ou sont fortement atténués. Cependant, à cause des effets corrosifs de
l’éthanol et de son plus faible contenu énergétique, il est nécessaire de disposer d’un
véhicule spécialement adapté, un Flex Fuel (Flexible Fuel Vehicle) pour utiliser ce
carburant. Ces Flex Fuel, à la différence des véhicules à essence, peuvent fonctionner à
l’E 85, à l’essence ou à n’importe quel mélange des deux.

16
b) Le biobutanol (ou alcool butylique) est obtenu grâce à la bactérie Clostridium
acetobutylicum qui possède un équipement enzymatique lui permettant de transformer les
sucres en butanol-1 (fermentation acétonobutylique). Du dihydrogène, et d'autres molécules
sont également produites : acide acétique, acide propionique, acétone, isopropanol et éthanol.

Les entreprises BP et DuPont commercialisent actuellement le biobutanol ; il présente de


nombreux avantages par rapport à l'éthanol (moins volatile et moins agressif vis-à-vis de
certains plastiques) et est de plus en plus souvent évoqué comme biocarburant de substitution
à l'heure du pétrole cher. Il n’est pour l’instant pas distribué en Europe.

Remarque : le méthanol est aussi utilisable, en remplacement partiel (sous certaines conditions)
de l'es sence, comme additif dans le gasoil, ou, à terme, pour certains types de piles à
combustible. Le méthanol est cependant très toxique pour l'homme.

17
c) Les biogaz
Le biogaz est un processus de digestion anaérobique (sans présence d'oxygène) de
matière organique (fumier, lisier, purin) par les micro-organismes qui vivent dans des
milieux anaérobiques.

Le biogaz est un mélange composé essentiellement de méthane (typiquement 50 à


70%) et de dioxyde de carbone, avec des quantités variables d'eau, et de sulfure
d'hydrogène.

18
L'intérêt de la méthanisation en milieu
anaérobie est qu'il n'y a pas besoin
d'un apport d'oxygène ce qui permet
une économie d'énergie. Cependant, le
rendement de dégradation est
plus faible qu’en milieu aérobie.

Figure 1 : Processus de méthanisation


19
c) La filière biogaz

Le biogaz est le gaz produit par la fermentation de matières organiques animales ou végétales
en l'absence d'oxygène.

Cette fermentation appelée aussi méthanisation se produit naturellement (dans les marais) ou
spontanément dans les décharges contenant des déchets organiques, mais on peut aussi la
provoquer artificiellement dans des digesteurs (pour traiter des boues d'épuration, des déchets
organiques industriels ou agricoles, etc.).

Le biogaz est un mélange composé essentiellement de méthane (typiquement 50 à 70%) et de


dioxyde de carbone, avec des quantités variables d'eau, et de sulfure d'hydrogène.

20
L'énergie du biogaz provient uniquement du méthane : le biogaz est ainsi la forme renouvelable
de l'énergie fossile très courante qu'est le gaz naturel. On peut aussi parler de biométhane.
La méthanisation est assurée grâce à l’action concertée de microorganismes appartenant à
différentes populations microbiennes en interaction constituant un réseau trophique.

On distingue classiquement trois phases successives:


· l'hydrolyse et l’acidogénèse
· l’acétogenèse
· la méthanogenèse

21
L'hydrolyse et l’acidogenèse
La matière organique complexe est tout d'abord hydrolysée en molécules simples. Cette
décomposition est réalisée par des enzymes exocellulaires et peut devenir l'étape limitante
dans le cas de composés difficilement hydrolysables tels que la cellulose, l'amidon ou les
graisses. Ensuite, ces substrats sont utilisés lors de l'étape d'acidogenèse par les espèces
microbiennes dites acidogènes, qui vont produire des alcools et des acides organiques, ainsi
que de l'hydrogène et du dioxyde de carbone.

L’acétogenèse
L'étape d'acétogenèse permet la transformation des divers composés issus de la phase
précédente en précurseurs directs du méthane : l’acétate, le dioxyde de carbone et
l’hydrogène. On distingue deux groupes de bactéries acétogènes:

Les bactéries productrices d’hydrogène, anaérobies strictes, capables de produire de l’acétate


et de l’H2 à partir des métabolites réduits issus de l’acidogenèse tels que le propionate et le
butyrate.
Les bactéries acétogènes dont le métabolisme est majoritairement orienté vers la production
d’acétate. Elles se développent dans les milieux riches en dioxyde de carbone.

22
La méthanogenèse
La méthanogenèse est assurée par des micro-organismes anaérobies stricts qui appartiennent
au domaine des Archaea . Cette dernière étape aboutit à la production de méthane. Elle est
réalisée par deux voies possibles :

l'une à partir de l'hydrogène et du dioxyde de carbone par les espèces dites hydrogénotrophes,
et l'autre à partir de l'acétate par les espèces acétotrophes.

CO2 + 4 H2 → CH4 + 2H2O

CH3COOH → CH4 + CO2

23
24
Atouts et limites des biocarburants de première génération

Atouts

Du point de vue technique et environnemental, les biocarburants de première


génération présentent certains avantages :

• l’adjonction d’ETBE à l’essence permet d’abaisser les émissions de monoxyde de


carbone (CO) et d’hydrocarbures imbrûlés. Elle permet également de diminuer l’usage
de composés aromatiques et d’améliorer les caractéristiques du pool essence,
notamment de l’indice d’octane.

• l’ester méthylique d’huile végétale contribue efficacement au pouvoir lubrifiant du


gazole.

• les biocarburants étant fabriqués à partir de matières premières renouvelables, leurs


émissions nettes de CO2 ne proviennent que des énergies fossiles utilisées pour la
culture et la transformation des matières premières. Même si leur contribution est
modeste, ils
permettent une réduction nette des émissions de gaz à effet de serre.
25
Limites

Les filières actuelles de biocarburants présentent cependant des faiblesses


structurelles :

• utilisation de ressources au potentiel agronomique limité (en particulier pour les


huiles végétales), à coût de production élevé, en concurrence avec des usages non
substituables, en particulier pour les cultures alimentaires.

• consommation d’énergie des filières de production, du champ à la mise sur le


marché, en particulier pour la production d’éthanol à partir d’amidon ou de betterave

• coût de production des biocarburants, très dépendant des coûts des matières
premières agricoles, demeurant bien supérieur à celui des carburants fossiles (hors
taxes). Une politique fiscale et réglementaire appropriée est donc nécessaire au
développement des biocarburants

26
27
II. La deuxième génération
1) Les sources

Les biocarburants de seconde génération n'utilisent plus les organes de réserve des
plantes mais les plantes entières ou des déchets de végétaux. Ce qui est valorisé est la
lignigne et la cellulose des plantes qui sont contenues dans toutes les cellules
végétales. Il est alors possible de valoriser les pailles, les tiges, les feuilles, les déchets
verts (taille des arbres, etc) ou même des plantes dédiées, à croissance rapide.

Pour cette raison, certains considèrent que la production de biocarburants de


deuxième génération nuit moins aux productions à visée alimentaire.

28
La biomasse ligno-cellulosique est divisée en trois types de structures :

• La cellulose (polymère de glucose cristallin), c'est la matière


organique la plus abondante sur la Terre (50% de la biomasse)

29
•L'hémicellulose (polymère formé de xylose, de mannose, de glucose et
de galactose)

30
•La lignine (composé de poly-aromatique, diffère en fonction de
l'environnement)

31
2) Les biocarburants

Les biocarburants produits à l'aide de la deuxième génération sont


identiques à ceux produits avec la première génération. On y retrouve
les bioéthanols synthétisés à partir du sucre extrait de la source ligno-
cellulosique et également les biogaz produits à partir du gaz de synthèse
et transformés soit en hydrocarbure (biodiesel, kérosène, bio-SNG
(Synthétique Natural Gas)), soit en méthane (Bio-DME (Diméthyle
Ester))

32
3) Procédés de conversion

Deux voies permettent de transformer la biomasse de seconde


génération en biocarburant. Il est possible de passer par un processus
thermochimique ou par un processus biochimique.

33
a) Processus thermochimique

Le processus thermochimique est la conversion de la biomasse en biocarburant sans


présence de micro-organisme. L'avantage de ce processus est qu'il convertit tous
les composants organiques de la biomasse. Cette conversion inclue :

- la liquéfaction
- la pyrolyse
- la combustion
- la gazéification

34
la liquéfaction :

Le principe de la liquéfaction est de mettre en solution la biomasse à l'aide d'un


solvant aqueux (eau) ou organique (coupes aromatiques pétrolières). La liquéfaction
se fait en général sous pression de 150 à 200 bars et se produit sous atmosphère
réductrice (en présence de H2 et de CO) . En plus de la biomasse, on peut rajouter un
catalyseur (les plus intéressants sont les métaux alcalins, les alcalinoterreux sous
forme de carbonates) et ainsi permettre un meilleur rendement (63%(6)). La
liquéfaction transforme la biomasse en biocarburant liquide et gazeux.

35
la pyrolyse :
La pyrolyse est la dégradation thermique de la biomasse par chauffage en absence
d'oxygène. La pyrolyse produit du charbon et des huiles qui permettent la production
de biocarburants. Le gaz produit lors de cette pyrolyse est utilisé pour produire la
chaleur utile pour la pyrolyse.

36
la combustion :

C'est la réaction chimique entre le carburant et l'oxygène, il en résulte de l'eau et du


dioxyde de carbone. La combustion de la biomasse doit être effectuée dans un endroit
bien ventilé. Cette combustion va permettre de produire de l'électricité directement

37
la gazéification :

La gazéification est la transformation de la biomasse en présence d'oxygène, de vapeur


d'eau et d'hydrogène. Cette technique va produire un mélange de gaz appelé gaz de
synthèse (CO, CO2, H2, CH4, N2). Un catalyseur peut être utilisé pour la transformation
de la biomasse en gaz de synthèse. On peut utiliser un catalyseur pour réduire la
température du procédé (6) (900°C), en l’absence de catalyseur la transformation se
déroule à haute température (1300°C). La différence avec la pyrolyse réside
essentiellement par la présence de gaz de réaction (O2, H2O...).

38
b) Processus biochimique
Comme pour la première génération, ce procédé permet, par fermentation des
sucres, de produire de l'éthanol. Cependant la source ligno-cellulosique ne fournit pas
directement le sucre exploité. Une étape de plus est nécessaire pour produire du
bioéthanol.

La première étape constitue le prétraitement et permet d'isoler la cellulose des autres


constituants de la biomasse. Cette cellulose va être transformée en glucose par
hydrolyse grâce à des enzymes produits par des micro-organismes tel que le
trichoderma reesi (4). Le glucose va ensuite pouvoir être fermenté pour former de
l'éthanol selon la même technique que lors de la première génération. Enfin on
déshydrate et distille l'éthanol pour le purifier

39
La figure 3 récapitule les deux processus et les types d’énergies
produites à l'aide de ces deux voies.

40
III. La troisième génération

1) Les sources

Les biocarburants de troisième génération utilisent les micro-algues. Ce sont des


organismes qui peuvent être soit les eucaryotes (présence d'un noyau) tels que les
chlorophycées, soit les procaryotes (sans de présence de noyau) ou encore les
cyanobactéries. On estime de 200 000 à 1 million d'espèces différentes de micro-
algues et dont seulement 30 000 ont été analysées.

Deux types de micro-algues peuvent être utilisés pour produire des biocarburants. Il y
a tout d'abord les micro-algues qui peuvent être cultivées en milieu autotrophe, c'est à
dire que pour se développer, elles ont besoin de CO2 comme source de carbone et de
la lumière comme source d'énergie. Tandis que d'autres espèces de micro-algues
peuvent être cultivées en milieu hétérotrophe, elles n'ont besoins que de carbone
organique comme source de carbone et d'énergie.

41
L'utilisation des micro-algues présente plusieurs avantages :

- Il n'y a pas de compétition avec les surfaces agricoles végétales ou animales ;

- Le haut taux de développement des micro-algues (leurs récoltes peuvent se faire à


partir de 10 jours) ;

- Le rendement en biomasse à l'hectare, ainsi que la teneur en huile est supérieurs à


ceux des plantes oléagineuses ;

- Ces micro-organismes ont besoin de CO2 comme source d'énergie ou de carbone, ce


qui diminue la concentration de CO2 dans l'atmosphère ;

- Les micro-algues produisent différents types de produits annexes tels que les
protéines, les vitamines et les oligo-éléments qui sont alors valorisés dans d'autres
domaines (cosmétique, pharmacie)

42
2) Les biocarburants

Plusieurs sortes de micro-algues peuvent être utilisés, et vont, de par leurs


caractéristiques, permettent de produire différents types de biocarburants. Les micro-
algues riches en lipides pourront former, après trans-estérification, du biodiesel. Ces
micro-algues peuvent également produire de l'hydrogène par hydrogènase. Certaines
micro-algues riches en sucre pourront former du bioéthanol après fermentation

43
3) Les procédés de conversion
a) La culture des micro-algues
La production de micro-algues se fait selon deux méthodes, en fonction du type de
microalgues utilisées. Il existe tout d'abord le dispositif de culture ouverte (1er type de
culture). Ce sont des bassins de type « champ de course » d'une profondeur de
quelques dizaines de centimètres. Le milieu dans laquelle se développent les micro-
algues est en déplacement continu grâce à des roues à aubes. L'image 1 montre une
culture type « champ de course »

44
Les éléments nutritifs sont apportés de manière continue permettant ainsi un
développement optimal des micro-algues. La source d'énergie est apportée
directement par la lumière, ce qui permet le processus de photosynthèse, l'apport du
CO2 se faisant par bullage. Cependant ce système ouvert est sensible à toutes
contaminations soit par des espèces locales qui trouvent dans ces bassins les critères
idéals pour se développer, soit par des espèces extérieures qui se nourrissent de ces
micro-algues (daphnies, copépodes ).

45
Pour éviter ces contaminations, la culture dans des photobioréacteurs (2ème type de
culture) peut être utilisée. Pour ce type de culture (fermée) l'utilisation de micro-
algues autotrophes est nécessaire car elles arrivent, à l'aide de l'énergie lumineuse, à
créer leur propre substance organique. La réaction 2 montre le principe de la
photosynthèse qui permet de produire leurs propres éléments nutritifs :

6CO2 + 6H2O → C6H12O6 + 6O2


Réaction 2 : Principe de la photosynthèse

Un photobioréacteur (PBR) peut être défini comme un système clos à l’intérieur duquel se
déroulent, en présence d’énergie lumineuse, des interactions biologiques que l’on cherche à
contrôler en maîtrisant les conditions de culture. En son sein, une réaction biochimique de
photosynthèse a lieu dans le but de produire de la biomasse végétale à partir de microalgues,
de CO2 et de lumière.

46
Le principe du fonctionnement des photobioréacteurs est le suivant : au sein d’une
enceinte confinée transparente, le bioréacteur, des microorganismes
photosynthétiques sont cultivés, dans des conditions contrôlées, à l’aide des substrats
nécessaires à leur croissance et d’un apport d’énergie lumineuse. Les interactions
biologiques ayant lieu en milieu fermé, il est indispensable de maîtriser les conditions
de culture appliquées dans le photobioréacteur. Il faut en particulier gérer l’accès aux
nutriments et le processus d’homogénéisation du milieu, et effectuer un suivi de la
température et du pH.

47
L'image 2 montre un photobioréacteur utilisé pour la croissance des
micro-algues

48
Culture hétérotrophe (3ème type de culture)

Ici l'énergie n'est plus fournie par la lumière mais par un substrat carboné, de type
sucre (ex: recyclage de déchets et sous-produits de sucreries). Ce type de culture se
rapproche de la fermentation (la culture se réalise en mode fermé dans des
bioréacteurs semblables à des fermenteurs), et ne nécessite pas d'utiliser des espèces
de microalgues particulières. Les niveaux élevés de productivité enregistrés sont
prometteurs pour la production de biocarburants (Xu and al, 2006).

En Europe, seule la société française Fermentalg, semble maîtriser cette approche des
microalgues. Aux Etats-Unis, plusieurs sociétés sont actives dans ce créneau.
L'exemple le plus symbolique semble être celui de Solazyme : elle dispose de près de
76 millions de dollars de financement, est épaulé par le pétrolier Chevron et travaille
pour l’US Navy. Martek Biosciences, alliée au groupe pétrolier BP, est une autre société
active dans la fermentation.

Le tableau suivant présente une Comparaison des caractéristiques des principaux systèmes
utilisés pour la culture des microalgues (d’après Algae for Biofuel Production: Process
Description, Life Cycle Assessment and Costs – Pierpaolo Cazzola, IEA Secretariat, Paris, IEA
Bioenergy Ex)
49
Bassins ouverts Photobioréacteurs

Démontré à grande échelle, mais pas réellement à Développé à l’échelle laboratoire/pilote, mais
l’échelle commerciale pas encore de changement d’échelle
Coût plus faible (entre 120 000 et 350 000$/ha)* Coût plus élevé (de 200 000 à plus de 1
million $/ha)*
Sujet à contamination par des souches prédatrices Permet la culture d’espèces uniques
Sujet à la perte d’eau par évaporation La perte d’eau est contrôlée
La température est difficilement contrôlable avec Peut être mieux contrôlé mais cela nécessite
les alternances jour/nuit et les variations de plus grandes quantités d’énergie pour
saisonnières mélanger et maintenir la température
Les solutions obtenues sont faiblement Peut générer des solutions en biomasse
concentrées en biomasse(en moyenne <1g/l)* algale plus concentrées (entre 1.5 et 5g/l)*
Productivité annuelle moyenne : 10 à 20 Productivité annuelle moyenne : 15 à 40
g/m2/jour* g/m2/jour (mais rarement au-delà de 20
g/m2/jour actuellement)*
Nécessite de grandes quantités de La distribution des nutriments est plus facile
nutriments et plus efficace

50
* Production de biocarburants à partir de microalgues, Whitwham M., Présentation du 22 décembre 2010.
b) Récolte des micro-algues, extraction des huiles et transformation

La récolte de ces micro-algues peut se faire de différentes façons. Cette étape est assez
complexe de part la taille des algues qui est de quelques microns et d’autre part la
densité des micro-algues proche de celle de l'eau. Certaines espèces peuvent se
récolter directement par filtration sur soie, telle que la spiruline qui est une
cyanobactérie ou par filtration membranaire. Pour la plupart des espèces, il faut tout
d'abord passer par une étape de pré concentration afin de réduire le taux d'humidité.

51
b) Récolte des micro-algues, extraction des huiles et transformation

L'huile est ensuite extraite selon différentes méthodes telles que l'extraction par
solvant (solvant de type hexane ou la centrifugation. Cette huile peut alors, par des
procédés identiques à ceux de la deuxième génération, former des biocarburants.
L’utilisation de la trans-estérification va permettre de faire réagir l'huile avec du
méthanol ou de l'éthanol et ainsi produire du biodiesel. On peut également, par
conversion thermochimique (liquéfaction), produire des hydrocarbures qui pourront
être mélangés au gazole ou au kérosène. La production de bioéthanol peut se faire
également grâce à la méthode de fermentation classique

52
Impacts des biocarburants
sur l’environnement

53
Introduction

Bien que la production de biocarburants demeure modeste par rapport


à la demande totale d’énergie, elle est importante comparée à la
production agricole actuelle. Il faut reconnaître les implications
environnementales et sociales potentielles de sa croissance continue.

54
Introduction

a) La réduction des gaz à effet de serre est par exemple un des


objectifs explicites de certaines mesures destinées à favoriser la
production de biocarburants.

b) Des impacts négatifs imprévus sur les sols, l’eau et la biodiversité


font partie des effets secondaires de la production agricole en
général, mais ils sont particulièrement préoccupants en ce qui
concerne les biocarburants.

L’importance de ces impacts dépend de la manière dont les matières


premières servant à fabriquer les biocarburants sont produites et
traitées, de l’échelle de production et, en particulier, de la façon
dont elles influent sur le changement d’affectation des terres,
l’intensification et les échanges internationaux
55
ENJEUX ENVIRONNEMENTAUX

Alors que l’empreinte écologique des activités anthropiques est déjà


significative , limiter l’accumulation de GES dans l’atmosphère s’impose
comme l’une des préoccupations majeures du siècle à venir

Parmi les différents secteurs d’activité économique, celui générant les


émissions de gaz à effet de serre les plus importantes à l’échelle
planétaire est la production d’électricité. Celle-ci rejette majoritairement
du dioxyde de carbone (CO2) provenant en particulier d’hydrocarbures.
Viennent ensuite les secteurs des transports et de l’industrie, puis les
secteurs agricoles et résidentiel

56
ENJEUX ENVIRONNEMENTAUX

Les carburants liquides d’origine pétrolière alimentent actuellement la


presque totalité du parc du secteur des transports.

Le seul moyen crédible pour en substituer une partie à moyen terme


repose sur le développement des biocarburants. Celui-ci est
essentiellement motivé par l’enjeu environnemental global de réduire
les émissions de GES.

57
ENJEUX ENVIRONNEMENTAUX

Les carburants provenant de la biomasse permettent en effet de limiter


les émissions de CO2 car leur combustion restitue à l’atmosphère le CO2
que les plantes ont utilisé pour leur croissance.

Ceci se traduit par un bilan théoriquement neutre, auquel il ne faut


cependant pas omettre d’ajouter le CO2 rejeté au cours de leur
production et du transport associé.

58
ENJEUX POLITIQUES ET STRATÉGIQUES

Le développement des biocarburants, et plus généralement du carbone


renouvelable, fait partie des orientations efficaces et nécessaires afin de
satisfaire les engagements pris dans le cadre du protocole de Kyoto en
faveur d’une maîtrise des émissions de GES. L’efficience de ces
orientations, par exemple en termes de coût de la tonne de CO2 évitée,
implique une évaluation aboutie des différentes filières, notamment
celles des biocarburants.

L’accélération du développement des sociétés industrialisées a été


favorisée par l’exploitation des hydrocarbures, c’est-à-dire des
ressources énergétiques longtemps « bon marché ». Ce modèle de
développement largement dépendant des hyrdrocarbures est adopté
par une part croissante de l’humanité, les ressources pétrolières vont se
raréfier.

59
ENJEUX SOCIO-ÉCONOMIQUES

1. Enjeux socio-économiques globaux

Les marchés des biocarburants G2 s’équilibrent autour de deux


tendances :

D’une part, les marchés sont désormais mondialisés, tant au niveau des
produits que des ressources. L’influence sur les marchés de grandes
productions (éthanol brésilien et américain, diesel d’huile de palme) et
de grandes zones de production forestières et agricoles reste néanmoins
bornée par le coût des transports. Il s’agit d’organiser au mieux les
échanges tant que le coût des transports reste faible.

60
ENJEUX SOCIO-ÉCONOMIQUES

1. Enjeux socio-économiques globaux

Les marchés des biocarburants G2 s’équilibrent autour de deux


tendances :

D’autre part, les marchés internationaux sont influencés par plusieurs


formes d’aides publiques accordées à différentes productions. Ces
conditions du marché sont arbitrées par les externalités, c’est à-
dire les conditions environnementales et sociales dans lesquelles sont
réalisées ces productions, qui interviennent différemment d’une nation
à l’autre dans le coût des différentes productions

61
ENJEUX SOCIO-ÉCONOMIQUES
2. Enjeux socio-économiques locaux

a) Création d’emplois et développement local

Le développement des biocarburants G2 devrait conduire à


l’ouverture de nouveaux marchés et / ou au déplacement d’activités
« du fossile au renouvelable » et être, ainsi, source de création de
richesse et d’emplois

62
ENJEUX SOCIO-ÉCONOMIQUES
2. Enjeux socio-économiques locaux
b) Aménagement du territoire

Dans un contexte où l’usage des sols est sera contraint notamment par
les besoins alimentaires humains et animaux et les services écologiques,
les utilisations non alimentaires de la biomasse lignocellulosique
constituent un atout pour parvenir à un aménagement harmonieux du
territoire.

En effet, grâce à la complémentarité et les synergies entre les surfaces


dévolues au carbone renouvelable et celles affectées aux services
écologiques et / ou à la péri-urbanisation, de nombreuses opportunités
de multifonctionnalité se font jour.

63
ENJEUX SOCIO-ÉCONOMIQUES
2. Enjeux socio-économiques locaux
b) Aménagement du territoire

Ainsi, il est possible de concilier le développement de cultures


énergétiques et la préservation des aménités : par exemple par le
développement de cultures lignocellulosiques sans intrants sur des
zones de captage d’eau potable.

Le développement local est lié en partie à l’aménagement des bassins


d’approvisionnement et, de fait, à la spatialisation des usines de
transformation. Celle-ci est conditionnée par la nature des procédés
mis en oeuvre pour la conversion de la biomasse, car elle détermine le
volume de biomasse à traiter pour atteindre un seuil de rentabilité
satisfaisant.

64
ENJEUX SOCIO-ÉCONOMIQUES
2. Enjeux socio-économiques locaux

c) Acceptabilité

Face à la demande sociétale de produits respectueux de la santé


humaine et de l’environnement, la diversification des usages de la
biomasse constitue une des réponses pertinentes car elle s’inscrit
dans une logique de progrès à la fois environnemental, économique et
social.
Le développement de la stratégie du carbone renouvelable implique
son acceptation par les différents acteurs de cette dynamique, dont les
exploitants agricoles et les citoyens. En effet, la transformation des
paysages qu’accompagnerait le développement de cultures pérennes et
/ ou arbustives sur de grandes surfaces pourrait être perçue comme une
dévalorisation des aménités de certains territoires et susciter des
réticences dans la population : par exemple, dans des
65
ENJEUX SOCIO-ÉCONOMIQUES
2. Enjeux socio-économiques locaux

c) Acceptabilité

régions touristiques où leur généralisation pourrait conduire à fermer


les paysages. À l’inverse, leur installation pourrait apparaître comme un
élément d’aménagement positif : par exemple, pour rompre la
monotonie des paysages de certains territoires entièrement
remembrés, pour préserver la faune sauvage (corridors écologiques),
etc.

66
Conclusion
L’utilisation de la biomasse pour produire des biocarburants est
aujourd’hui largement répandue. Concernant la première génération, de
plus en plus de pays utilisent cette technologie, bien qu’elle soit en fin
de vie à cause de sa concurrence directe avec le secteur alimentaire.

Cette première génération a été indispensable pour développer la


deuxième génération de biocarburant, plus fiable, mais qui reste
néanmoins encore en concurrence, par rapport au secteur agricole
notamment pour l’utilisation de terre potentiellement disponible pour
l’élevage.
67
Conclusion

Enfin, la troisième génération, à l’état expérimental pour le moment,


peut être la solution de demain pour réduire la dépendance
énergétique et également pour baisser l’impact négatif des énergies sur
l’environnement.

En effet, les micro-algues sont des ressources renouvelables à l’échelle


de la vie humaine et, de plus, elles réduisent la concentration du CO2
dans l’atmosphère.

Cependant un inconvénient de taille est encore à améliorer : les coûts


de production de ces biocarburants, de la deuxième et de la troisième
génération restent très élevés. Pour que les biocarburants puissent
remplacer le pétrole, le gaz ou le charbon il faudrait donc une baisse de
ces coûts de production.
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Les biocarburants contribueront ils à atténuer les effets du
changement climatique?

Jusqu’à une date récente, de nombreux décideurs partaient du principe


que le remplacement des combustibles solides par des combustibles
produits à partir de la biomasse auraient des effets significatifs et
positifs sur le changement climatique en émettant des niveaux plus
faibles des gaz à effet de serre qui contribuent au réchauffement
mondial

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Les biocarburants contribueront ils à atténuer les effets du
changement climatique?

Les cultures servant à produire la bioénergie peuvent réduire ou


compenser les émissions de gaz à effet de serre en supprimant le gaz
carbonique de l’air lors de leur pousse et en le stockant dans la
biomasse des cultures et le sol. À côté des biocarburants, un grand
nombre de ces cultures engendrent des sous-produits tels que les
protéines pour l’alimentation du bétail, permettant ainsi d’économiser
sur l’énergie qui aurait été utilisée pour produire des aliments pour
animaux par d’autres moyens.

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