Gestion différenciée des bénévoles OBNL
Gestion différenciée des bénévoles OBNL
Économie et Solidarités
ISSN
1923-0818 (numérique)
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RÉSUMÉ
•
Les
bénévoles
sont
reconnus
comme
étant
une
composante
essentielle
JACOB
ATANGANA-‐ABÉ
des
organismes
à
but
non
lucratif
(OBNL).
Plusieurs
auteurs
s’accordent
par
Professeur
agrégé
ailleurs
à
reconnaître
qu’ils
constituent
l’un
des
traits
caractéristiques
des
École
d’administration
des
affaires
Université
de
S aint-‐Boniface
organisations
du
tiers
secteur
(Keyton,
Wilson
et
Geiger,
1990;
Wymer,
2003;
[email protected]
Brudney,
2005;
McCurley,
2005).
Parallèlement
à
son
importance
sur
le
plan
organisationnel,
le
recours
aux
bénévoles
s’affirme
comme
une
tendance
lourde
de
l’économie
nationale
(Statistique
Canada,
2012).
À
partir
des
résultats
d’une
recherche
empirique,
cet
article
propose
une
typologie
originale
des
bénévoles
qui
implique,
en
ce
qui
concerne
ces
d erniers,
une
approche
de
gestion
différenciée
qui
tient
compte
d es
attentes
et
des
motivations
spécifiques
de
chaque
catégorie.
ABSTRACT
•
Volunteers
are
considered
an
essential
resource
for
not-‐for-‐profit
organizations.
It’s
common
ground
between
the
authors
that
they
are
one
of
the
main
characteristics
of
the
third
sector
organizations
(Keyton,
Wilson
and
Geiger,
1990;
Wymer,
2003;
Brudney,
2005;
McCurley,
2005).
At
the
same
time,
the
resort
to
a
non-‐paid
personnel
is
viewed
as
a
heavy
trend
of
the
Canadian
national
economy
(Statistique
Canada,
2012).
This
article
introduces
an
original
typology
of
volunteers
in
non-‐profit-‐making
organizations
based
on
empirical
data.
This
leads
to
a
differentiated
volunteer
management
model
which
takes
into
account
the
expectations
and
the
specific
motivations
of
each
category.
RESUMEN
•
Los
voluntarios
son
reconocidos
como
un
componente
esencial
de
las
organizaciones
no
lucrativas
(ONL).
Varios
autores
coinciden
en
reconocer
que
constituye
uno
de
los
rasgos
característicos
de
las
organizaciones
del
tercer
sector
(Keyton.
Wilson
y
Geiger,
1990;
Wymer,
2003;
Brudney,
2005;
McCurley,
2005).
En
forma
paralela
a
su
importancia
en
el
plano
organizacional,
el
recurso
a
los
voluntarios
se
afirma
como
una
tendencia
importante
en
la
economía
nacional
(Statistique
Canada,
2012).
A
partir
de
los
resultados
de
una
investigación
empírica,
este
trabajo
propone
una
tipología
original
de
los
voluntarios
que
implica
un
enfoque
de
gestión
diferenciado
que
tiene
en
cuenta
las
expectativas
y
motivaciones
específicas
de
cada
categoría.
1
INTRODUCTION
Longtemps
considérés
comme
un
domaine
laissé
pour
compte
(Bégin,
1998),
les
organismes
à
but
non
lucratif
(OBNL)
s’imposent
aujourd’hui
comme
un
secteur
dont
la
contribution
au
mieux-‐être
des
populations
se
passe
de
commentaires.
Au
Canada,
les
données
récentes
de
l’Enquête
nationale
sur
le
don,
le
bénévolat
et
la
participation
(ECDBP)
montrent
qu’en
2010
près
de
24
millions
de
personnes,
soit
84
%
de
la
population
âgée
de
15
ans
et
plus,
ont
donné
de
l’argent
à
un
organisme
de
bienfaisance
ou
sans
but
non
lucratif,
pour
un
montant
total
de
10,6
milliards
de
dollars.
Bien
plus,
les
Canadiens
ont
donné
b énévolement
environ
2,1
milliards
d’heures
en
2010,
soit
l’équivalent
de
près
de
1,1
million
d’emplois
à
temps
plein
(en
comptant
40
heures
par
semaine
pendant
48
semaines)
et
une
moyenne
de
156
heures
par
bénévole
(Statistique
Canada,
2012).
Ces
chiffres
montrent,
s’il
en
était
besoin,
l’importance
qu’a
prise
le
secteur
bénévole
au
cours
des
dernières
années.
Une
importance
qui
est
allée
de
pair
avec
un
intérêt
toujours
croissant
pour
le
fonctionnement
des
OBNL,
organisations
dont
les
bénévoles
apparaissent
comme
une
composante
incontournable
pour
la
production
et
la
livraison
des
services
aux
populations.
Obligés
de
faire
plus
et
mieux
avec
moins
de
ressources,
ces
organismes
ont
dû
considérer
le
recours
aux
bénévoles
comme
l’un
des
moyens
de
faire
face
à
la
diminution
des
financements
publics
à
laquelle
ils
ont
été
soumis
au
cours
des
dernières
années
(Weisbrod,
1988;
Brudney,
1990).
Dans
un
tel
contexte,
trouver
des
bénévoles,
les
maintenir
dans
l’organisme
et
surtout
les
garder
motivés
deviennent
des
défis
importants
qui
se
posent
à
chaque
dirigeant
d’un
OBNL.
Si
dans
la
littérature
bien
des
travaux
ont
été
consacrés
à
ces
aspects
de
la
gestion
des
bénévoles
(Chinman
et
Wandersman,
1999;
Gratton
et
Ghoshal,
2003;
Shin
et
Kleiner,
2003;
Brudney,
2005;
McCurley,
2005),
force
est
de
constater
que,
malheureusement,
sur
le
plan
de
la
recherche,
les
bénévoles
restent
encore
et
souvent
considérés
comme
un
groupe
homogène
sur
lequel
peut
s’appliquer
un
management
indifférencié.
Cet
article
récuse
une
telle
approche
et
propose
une
typologie
des
bénévoles
sur
laquelle
tout
gestionnaire
d’OBNL
pourrait
s’appuyer.
Une
telle
typologie
est
nécessaire
dans
la
mesure
où
elle
permet
de
développer
une
approche
différenciée
de
gestion
des
bénévoles
qui
tienne
compte
des
spécificités
de
chaque
catégorie.
LE
BÉNÉVOLAT
DANS
LES
ORGANISMES
À
BUT
NON
LUCRATIF
Le
bénévole
est
une
personne
qui
offre
volontairement
et
gratuitement
son
temps,
son
énergie
et
ses
compétences
à
la
collectivité.
Cette
offre,
selon
Wilson
et
Musick
(1997),
peut
être
informelle
ou
formelle.
Dans
le
premier
cas,
il
s’agit
de
toute
forme
d’aide
non
organisée
et
à
caractère
privé
qu’un
individu
peut
apporter
à
ses
proches
(amis,
parents,
voisins,
collègues,
etc.),
tandis
que
dans
le
cas
d’un
bénévolat
formel
l’aide
prend
une
forme
institutionnalisée
qui
s’actualise
au
sein
d’une
organisation.
C’est
de
cette
deuxième
forme
de
bénévolat
qu’il
est
question
dans
cet
article.
Parce
que
leur
implication
est
gratuite,
les
bénévoles
font
partie
du
personnel
non
rémunéré,
lié
à
l’organisme
par
un
contrat
moral
et
dont
l’engagement
se
fait
sur
une
base
volontaire.
L’acte
bénévole
suppose
que
celui
qui
s’y
engage
est
libre
et
volontaire,
que
son
choix
est
délibéré
et
qu’il
s’exerce
gratuitement
(matériellement
parlant
tout
au
moins).
Le
niveau
d’engagement
des
bénévoles
dans
un
organisme
est
en
quelque
sorte
un
indicateur
de
légitimité
et
de
pertinence
sociale
:
plus
un
organisme
a
de
bénévoles,
plus
il
apparaît
légitime
aux
yeux
du
public
(Atangana-‐Abé,
2004).
L’implication
des
bénévoles
dans
les
organisations,
parce
qu’elle
se
fait
sans
contrepartie
apparente,
intrigue
et
fascine
en
même
temps.
Cette
fascination,
doublée
de
l’importance
que
n’ont
cessé
de
prendre
les
ressources
bénévoles
dans
le
fonctionnement
des
OBNL,
est
à
l’origine
de
l’intérêt
observé
dans
les
recherches
pour
cette
catégorie
de
personnel
(Adams
et
Shepherd,
1996).
Ces
recherches
peuvent
être
classées
en
deux
grandes
catégories
:
les
recherches
de
type
conceptuel,
qui
cherchent
à
comprendre
ou
à
expliquer
la
nature
de
l’engagement
bénévole,
et
les
recherches
à
caractère
normatif,
qui
mettent
l’accent
sur
le
développement
d’outils
de
gestion
des
bénévoles.
Les
recherches
conceptuelles
s’intéressent,
pour
la
plupart,
aux
motivations
profondes
des
personnes
qui
font
du
bénévolat
ainsi
qu’à
la
nature
de
l’acte
bénévole.
Pour
Omoto
et
Snyder
(1995),
par
exemple,
l’acte
bénévole
peut
prendre
trois
formes
:
l’aide
ponctuelle,
l’aide
continuelle
et
«
obligée
»
ainsi
que
l’aide
continuelle
et
volontaire.
Chacune
de
ces
formes
met
l’accent
sur
une
forme
spécifique
d’aide
apportée
à
des
personnes
en
difficulté.
Dans
le
cas
d’une
aide
ponctuelle,
l’aidant
est
amené
à
porter
secours
sans
l’avoir
planifié,
la
situation
à
l’origine
de
l’aide
survenant
par
hasard
ou
de
façon
spontanée
(Latané
et
Darley,
1970).
La
rencontre
entre
l’aidant
et
le
bénéficiaire
de
l’aide
est
fortuite
et
les
motivations
qui
sont
à
la
base
d’un
tel
acte
peuvent
être
dictées
par
l’altruisme
et
l’humanisme
(Carlo
et
al.,
1991;
Eisenberg
et
al.,
1989);
par
des
préoccupations
égocentriques,
telles
que
l’estime
de
soi
et
le
besoin
d’une
reconnaissance
sociale
(Cialdini
et
al.,
1987;
Schaller
et
Cialdini,
1988;
Smith,
Keating
et
Stotland,
1989);
ou
encore
par
un
simple
dévouement
pour
le
bien
des
autres
(Batson,
1990).
Pour
ce
qui
est
de
l’aide
continue
et
«
obligée
»,
la
personne
qui
apporte
de
l’aide
le
fait
sur
une
b ase
régulière
et
à
long
terme.
Cette
aide
s’adresse
en
particulier
à
des
personnes
vivant
avec
des
incapacités
chroniques
causées
par
un
accident
ou
une
maladie
grave.
Le
bénévole
ici,
que
l’on
peut
qualifier
de
«
dispensateur
d’aide
obligé
»,
est
lié
au
bénéficiaire
par
des
obligations
d’ordre
familial,
éthique
ou
légal
(Revenson
et
Majerovitz,
1990).
L’aide
continue
et
volontaire,
enfin,
est
une
forme
d’assistance
et
d’engagement
volontaires
qui
s’établit
dans
la
durée
et
qui,
à
la
différence
des
deux
premières,
se
caractérise
par
le
fait
que
c’est
le
bénévole
qui
recherche
des
occasions
d’aider.
Ces
opportunités
peuvent
être
coûteuses
pour
lui
sur
le
plan
des
ressources
engagées
(Omoto
et
Snyder,
1995).
Sur
le
plan
théorique,
les
recherches
qui
se
concentrent
sur
l’acte
bénévole
abordent
des
questions
relatives
à
la
personnalité
des
bénévoles,
aux
mécanismes
nécessaires
pour
la
poursuite
de
l’acte
bénévole
et
aux
motivations
des
bénévoles
(Clary
et
Snyder,
1996).
Les
recherches
sur
les
motivations
des
bénévoles
cherchent
à
comprendre
les
raisons
qui
seraient
à
la
base
du
bénévolat.
Elles
visent
à
répondre
à
la
question
de
savoir
quelles
sont
les
forces
internes
et
externes
qui
poussent
des
personnes
à
faire
du
bénévolat
(Harrison,
1995;
Hustinx,
2001;
Riverin
et
Simard,
2002;
Yeung,
2004;
Bruyere
et
Rappe,
2007).
C’est
dans
cette
optique
que
Smith
(1994)
dégage
cinq
types
de
facteurs
:
les
facteurs
liés
aux
attitudes
(affect
pour
une
organisation
spécifique),
le
contexte
(taille
de
la
communauté,
nature
du
groupe),
le
statut
(niveau
de
scolarité,
sexe),
la
personnalité
(empathie,
stabilité
émotionnelle)
et
l’opportunité
(demande
de
se
joindre
à
une
organisation).
Pour
Clary
et
al.
(1996),
quatre
catégories
de
motivations
sous-‐tendent
l’acte
bénévole
:
les
motivations
d’ordre
axiologique,
qui
reposent
sur
les
valeurs
d’altruisme
et
d’humanisme;
les
motivations
d’ordre
social,
relatives
au
désir
d’interagir
avec
d’autres
personnes;
les
motivations
d’ordre
professionnel,
q ui
découlent
de
la
volonté
de
mettre
en
valeur
son
savoir-‐faire,
ses
habiletés
et
ses
connaissances,
son
désir
d’acquérir
ou
d’accroître
son
expérience
professionnelle,
de
même
que
les
motivations
d’ordre
personnel
(satisfaire
son
égo,
accroître
l’estime
de
soi,
combattre
son
sentiment
de
culpabilité
à
l’égard
des
personnes
dans
le
besoin).
MÉTHODOLOGIE
Les
données
sur
lesquelles
s’appuie
cet
article
sont
issues
d’une
recherche
plus
large,
menée
en
2003,
portant
sur
la
prise
de
décision
stratégique
au
sein
des
organismes
communautaires
du
réseau
Centraide
du
Grand
Montréal.
La
recherche
visait
à
étudier
les
m écanismes
de
production
et
de
préservation
de
la
légitimité
dans
les
organisations
à
but
non
lucratif.
La
recherche
en
question
ne
portait
donc
pas
spécifiquement
sur
la
gestion
des
bénévoles
et
la
typologie
que
nous
exposons
ici
n’était
pas
encore
perceptible.
Celle-‐ci
a
émergé
au
fur
et
à
mesure
que
la
recherche
avançait
et
a
été
confortée
par
nos
expériences
en
tant
que
bénévole
dans
plusieurs
OBNL.
L’article
est
donc
en
quelque
sorte
le
produit
d’une
sorte
de
théorie
ancrée
(grounded
theory),
que
Glaser
et
Strauss
(1967)
définissent
comme
une
stratégie
de
recherche
à
travers
laquelle
la
construction
d’une
structure
théorique
émerge
à
partir
des
détails
empiriques
exprimés
dans
les
transcriptions
d’entrevues
ou
d’observations.
Outre
Centraide,
qui
est
le
principal
bailleur
de
fonds
privé
pour
les
organismes
communautaires
de
Montréal,
l’étude
portait
sur
quatre
organismes
communautaires
:
un
organisme
de
recrutement
et
d’orientation
des
bénévoles
(CABM),
deux
centres
communautaires
de
sports
et
de
loisir
(CCS
et
CSCM)
et
un
centre
de
réinsertion
socioprofessionnelle
sur
le
Plateau-‐Mont-‐Royal
(Resto-‐du-‐Cœur).
Toutes
ces
organisations,
à
l’instar
de
la
plupart
des
organismes
communautaires,
sont
des
entités
de
petite
taille
par
le
nombre
d’employés
permanents,
mais,
a
contrario,
ont
recours
à
un
nombre
élevé
de
bénévoles.
Le
tableau
ci-‐
dessous
donne
un
portrait
sommaire
des
organismes
concernés.
Tableau
1
Portrait
des
OBNL
visités
Organisme
Nombre
Nombre
Nombre
de
Nombre
de
d’employés
de
bénévoles
membres
bénévoles
permanents
bénévoles
du
conseil
interviewés
d’administration
CSCM
40
et
environ
100
employés
250
à
300
9
8
à
temps
partiel
CCS
15
et
environ
60
Environ
à
temps
partiel
500
9
8
Resto-‐du-‐ 17
Environ
10
9
9
Cœur
CABM
8
20
9
12
Bien
que
l’étude
ne
portât
pas
spécifiquement
sur
la
gestion
des
bénévoles,
la
présence
et
l’implication
de
ceux-‐ci
nous
intéressaient
particulièrement
dans
la
mesure
où
ils
sont
souvent
considérés
comme
les
dépositaires
de
la
légitimité
des
OBNL,
leur
présence
au
sein
de
ces
organismes
étant
considérée
comme
un
gage
de
crédibilité.
Pour
la
collecte
des
données,
nous
avions
séjourné
dans
chaque
organisme
pendant
une
semaine,
période
au
cours
de
laquelle
nous
avions
côtoyé
plusieurs
bénévoles
soit
en
observation
non
participante,
soit
en
entrevue,
soit
à
l’occasion
de
discussions
informelles
pendant
les
périodes
de
pause.
L’information
sur
les
bénévoles
a
également
été
fournie
soit
par
les
employés
permanents,
soit
par
la
direction
générale.
À
titre
d’exemple,
les
entrevues
avec
les
bénévoles
ou
tout
autre
membre
de
l’organisme
portaient
entre
autres
sur
:
• l’organisme
(son
histoire,
sa
structure,
ses
modes
de
financement,
la
prise
de
décision,
la
place
des
bénévoles,
etc.);
• le
rôle
des
bailleurs
de
fonds
(les
relations
avec
chaque
bailleur
de
fonds,
leurs
contraintes,
les
améliorations
souhaitées
au
niveau
des
relations
organismes-‐bailleurs
de
fonds);
• les
relations
avec
la
communauté
(la
définition
des
besoins
des
bénéficiaires,
leur
niveau
de
satisfaction,
leurs
relations
avec
d’autres
organismes
communautaires,
l’évaluation
de
la
pertinence
sociale
de
l’organisme,
etc.);
• le
m ode
de
fonctionnement
interne
et
les
instances
de
prise
de
décision;
• le
style
de
leadership
de
la
direction
et
les
relations
que
celle-‐ci
entretient
avec
les
permanents,
d’une
part,
et
les
bénévoles
d’autre
part.
La
diversité
des
opinions
et
des
points
de
vue
exprimés
au
moment
de
la
collecte
des
données
m et
en
exergue
les
ressorts
de
l’acte
bénévole
au
sein
des
organismes
visités.
Les
attentes
des
bénévoles
Les
organismes
q ue
nous
avons
visités
ont
chacun
un
nombre
de
bénévoles
supérieur
au
nombre
de
personnes
rémunérées.
Dans
le
cas
du
CCS
par
exemple,
ce
rapport
est
de
l’ordre
de
500
bénévoles
pour
une
trentaine
d’employés
permanents.
L’apport
des
bénévoles
a
été
unanimement
reconnu
par
tous
les
responsables
des
organismes
qui
ont
fait
l’objet
de
cette
recherche.
Leur
présence
est
perçue
comme
indispensable
à
la
survie
de
ces
organisations.
Sans
eux,
ces
dernières
ne
seraient
tout
simplement
pas
viables
au
sens
économique
du
terme
:
«
Sans
les
bénévoles,
je
n’arriverais
pas
à
mener
mes
activités
»
(responsable
d’une
unité
d’encadrement
de
personnes
âgées).
Les
bénévoles
avouent
néanmoins
que
leur
implication
n’est
souvent
pas
aussi
gratuite
que
cela
peut
sembler
de
prime
abord
:
ils
donnent
quelque
chose
à
un
organisme
et
en
attendent
aussi
quelque
chose
en
retour.
Il
s’agit
donc
d’un
échange,
qui
n’atténue
en
rien
le
caractère
altruiste
de
l’engagement
bénévole
:
«
Je
dirais
que
le
bénévolat,
c’est
50-‐50.
On
reçoit
autant
qu’on
donne
»
(une
bénévole).
En
échange
de
son
implication,
en
effet,
le
bénévole
a
des
attentes
qui
peuvent
être
d’ordre
purement
personnel
ou
relatives
au
cadre
d’exercice
de
son
travail.
Attentes
dont
il
faut
tenir
compte
pour
accroître
l’implication
du
bénévole
et
sa
satisfaction
à
l’égard
de
l’organisme.
Les
attentes
personnelles
des
bénévoles
L’implication
volontaire
est
perçue
par
le
bénévole
lui-‐même
comme
un
moyen
de
satisfaire
ses
besoins
psychologiques.
Parmi
les
mobiles
de
leur
engagement
communautaire,
le
désir
de
redonner
à
la
communauté
ressort
comme
étant
l’une
des
raisons
fondamentales
qui
justifient
l’implication
des
bénévoles
que
nous
avons
rencontrés
:
«
J’estime
que
j’ai
été
gâté
par
la
nature
et
que
j’ai
des
choses
à
rendre
aux
autres
»
(le
vice-‐président
d’un
conseil
d’administration).
Beaucoup
de
personnes
interviewées
expliquent
aussi
l’engagement
bénévole
par
leur
souhait
de
se
rendre
utiles
à
la
société
en
contribuant
à
leur
manière
à
atténuer
les
maux
dont
souffre
celle-‐ci.
Le
bénévolat
apparaît
alors
comme
un
acte
citoyen
de
solidarité
envers
les
plus
vulnérables
:
«
Sans
le
bénévolat,
beaucoup
de
ces
personnes
perdraient
tout
espoir
de
vivre
»,
nous
a
affirmé
une
bénévole
qui
s’est
longtemps
occupée
de
personnes
âgées
et
de
personnes
handicapées.
Tout
en
étant
utiles
à
la
société,
les
bénévoles
éprouvent
le
besoin
de
se
faire
plaisir
dans
leur
travail,
de
rompre
leur
isolement
ou
encore
de
créer
une
nouvelle
communauté
d’appartenance
que
ne
permet
pas
ou
plus
le
cadre
familial.
Certaines
personnes
retraitées
ou
qui
ont
perdu
leur
emploi
se
tournent
vers
le
bénévolat
pour
ces
raisons.
C’est
le
cas
de
MT,
ex-‐
employée
de
Domtar
qui,
ayant
été
mise
à
pied
et
ne
trouvant
pas
du
travail,
s’est
engagée
à
faire
du
bénévolat.
L’engagement
des
bénévoles
n’est
pas
seulement
mû
par
des
intérêts
personnels.
Des
valeurs
d’altruisme,
d’aide,
de
partage
et
de
solidarité
ainsi
qu’un
désir
d’engagement
social
le
sous-‐tendent
aussi.
Ces
valeurs
doivent
se
refléter
dans
le
milieu
d’accueil
des
bénévoles,
milieu
vis-‐à-‐vis
duquel
ils
ont
des
attentes
d’ordre
professionnel.
Les
attentes
professionnelles
des
bénévoles
Les
attentes
professionnelles
sont
celles
que
le
bénévole
exprime
à
l’égard
de
son
travail.
Parmi
ces
attentes,
le
besoin
d’être
utile
revient
comme
un
leitmotiv.
Les
bénévoles
que
nous
avons
rencontrés
souhaitent
que
leurs
actions
aient
des
résultats
aussi
bien
au
niveau
de
l’organisme
ou
de
la
personne
à
qui
ils
apportent
un
soutien
qu’au
sein
de
la
communauté
en
général.
À
l’opposé,
s’ils
ont
le
sentiment
d’être
inutiles
ils
risquent
fort
de
partir
:
Les
bénévoles
partiraient
s’ils
avaient
le
sentiment
qu’ils
n’aident
pas
ou
qu’ils
se
font
exploiter…
Les
personnes
qui
ont
les
moyens
de
se
prendre
en
charge
mais
qui
demandent
de
l’aide,
ça,
ça
fâche
les
bénévoles
(une
permanente
chargée
du
suivi
des
bénévoles).
Les
bénévoles
veulent
aussi
de
l’attention,
sentir
de
l’empathie
de
la
part
de
ceux
qui
les
emploient.
Ils
n’accepteraient
pas
que
l’on
abuse
d’eux,
pas
plus
qu’ils
ne
voudraient
avoir
l’impression
de
perdre
leur
temps.
Sur
ce
point,
ils
apprécient
les
organismes
qui
les
considèrent
comme
des
participants,
des
collaborateurs,
un
complément
de
ressources
et
non
comme
un
adjuvant.
S’ils
s’impliquent
davantage
dans
certains
organismes,
c’est
parce
que
ceux-‐ci
leur
confient
des
responsabilités
claires,
leur
fixent
des
objectifs
et
les
évaluent
au
m ême
titre
que
les
permanents,
mais
en
tenant
compte
du
contrat
moral
tacite
qu’ils
ont
conclu
avec
l’organisme.
Les
bénévoles
s’attendent
à
être
partie
intégrante
de
l’organisation.
Ils
veulent
se
reconnaître
dans
le
fonctionnement
de
celle-‐ci
et
être
intégrés
en
tant
que
membres
d’une
équipe
ou
d’un
groupe.
Autrement
dit,
ils
veulent
sentir
un
lien
d’appartenance
fort
avec
les
organismes
ou
les
milieux
d’accueil.
Valoriser
leur
contribution
et
relever
leur
apport
dans
l’organisation
apparaissent
aussi
comme
deux
attentes
qui,
lorsqu’elles
sont
satisfaites,
incitent
les
bénévoles
à
s’engager
davantage
:
Pour
intéresser
les
bénévoles,
il
faut
«
être
fin
»
et
savoir
les
considérer.
Ils
ne
sont
pas
là
pour
faire
la
m…
que
nous
ne
voulons
pas
faire.
Il
faut
savoir
les
valoriser
et
tenir
compte
de
leurs
idées
car,
très
souvent,
ils
sont
sur
le
terrain
et
ils
le
connaissent
parfois
mieux
que
nous
(une
permanente
responsable
du
secteur
adulte).
Une
bénévole
poursuit
:
Le
cadeau
du
bénévole,
c’est
de
se
sentir
apprécié.
Par
exemple
aujourd’hui,
mon
grand
cadeau
a
été
q ue
M.
te
réfère
à
moi
comme
bénévole.
Là
je
me
suis
dit
:
«
Mon
Dieu,
je
suis
si
importante
que
ça!
»
Les
opinions
qui
viennent
d’être
exprimées
ont
été
rapportées
en
considérant
les
bénévoles
comme
une
catégorie
homogène
de
personnes.
Et,
de
fait,
c’est
ainsi
qu’ils
sont
généralement
traités,
aussi
b ien
en
théorie
que
sur
le
plan
pratique.
Nous
considérons
cependant
que
cette
approche
est
par
trop
réductrice,
car
elle
ne
tient
pas
compte
du
statut
des
bénévoles.
En
effet,
les
entrevues
que
nous
avons
menées
nous
ont
conduit
à
distinguer
trois
catégories
de
bénévoles
:
les
bénévoles
de
prestige,
les
bénévoles
«
stratégiques
»
et
les
bénévoles
opérationnels.
Trois
catégories
qui
imposent
la
nécessité
de
développer
un
modèle
différencié
de
gestion
des
bénévoles.
VERS
UN
MODÈLE
DIFFÉRENCIÉ
DE
GESTION
DES
BÉNÉVOLES
Aux
fins
de
cette
étude,
nous
définissons
la
gestion
comme
un
ensemble
de
décisions
et
d’actions,
prises
par
ceux
qui
ont
la
charge
d’une
organisation,
en
vue
de
permettre
à
toute
personne
qui
en
est
m embre
(permanent
ou
bénévole)
de
donner
le
meilleur
d’elle-‐même
pour
que
l’organisation
remplisse
sa
mission
et
qu’en
retour
l’organisation
réponde
à
ses
attentes.
Pour
Johnstone
(1999),
la
gestion
des
bénévoles
est
un
cycle
qui
comprend
cinq
phases
:
la
planification,
le
recrutement,
l’orientation
et
la
formation,
l’encadrement
ainsi
que
l’évaluation
et
la
reconnaissance
du
mérite.
La
planification
consiste,
pour
l’organisme,
à
comprendre
les
raisons
et
les
motivations
premières
qui
poussent
les
gens
à
faire
du
bénévolat
et
à
mettre
en
place
des
politiques
et
des
procédures
qui
guideront
et
soutiendront
leur
travail.
Le
recrutement
concerne
les
actions
entreprises
pour
inciter
les
bénévoles
éventuels
à
s’engager
au
sein
de
l’organisme.
L’orientation
et
la
formation
ont
trait
aux
informations
fournies
aux
bénévoles
sur
l’organisme
et
sur
le
travail
qu’ils
auront
à
accomplir.
L’orientation
et
la
formation
visent
la
socialisation
des
bénévoles
dans
leur
nouveau
milieu
de
travail.
L’encadrement
et
l’évaluation
ont
trait
à
la
mise
en
place
de
mécanismes
de
supervision
et
de
contrôle
des
bénévoles
dans
l’accomplissement
de
leurs
activités.
Quant
à
la
reconnaissance
du
m érite,
il
s’agit
de
mesures
mises
en
place
par
l’organisme
pour
récompenser
les
succès
des
bénévoles.
Le
modèle
différencié
que
nous
développons
ci-‐dessous
reprend
les
articulations
du
modèle
de
Johnstone
en
posant
comme
postulat
que
les
actions
des
organisations
à
but
non
lucratif
à
l’égard
de
leurs
bénévoles
doivent
être
modulées
en
fonction
de
leurs
caractéristiques
propres.
En
effet,
les
rencontres
que
nous
avons
eues
avec
les
bénévoles
et
les
personnes
responsables
des
bénévoles,
de
même
que
nos
propres
expériences
en
tant
que
bénévole
dans
diverses
organisations
à
but
non
lucratif,
nous
amènent
à
faire
deux
propositions
sur
lesquelles
se
base
le
modèle
différencié
:
1) Contrairement
à
une
conception
courante,
les
bénévoles
ne
constituent
pas
un
groupe
homogène
dans
les
OBNL.
2) De
la
proposition
ci-‐dessus,
on
déduit
que
la
gestion
des
bénévoles,
pour
être
efficace,
doit
être
adaptée
à
la
catégorie
de
bénévoles
à
laquelle
on
s’adresse.
Typologie
des
bénévoles
dans
les
OBNL
Dans
les
OBNL,
les
motivations,
les
attentes
et
le
niveau
d’engagement
des
bénévoles
dépendent,
d’une
part,
de
la
nature
des
tâches
que
ces
derniers
accomplissent
(stratégique
ou
opérationnelle)
et,
d’autre
part,
du
caractère
de
leur
implication
(régulier
ou
occasionnel).
En
fonction
de
ces
deux
dimensions
(nature
des
tâches
et
caractère
de
l’implication),
on
peut
dégager
quatre
catégories
de
bénévoles
:
les
bénévoles
de
prestige,
les
bénévoles
stratégiques,
les
bénévoles
opérationnels
et
les
bénévoles
sporadiques.
Tableau
2
Typologie
des
bénévoles
dans
les
OBNL
Nature
des
tâches
Stratégique
Opérationnelle
Caractère
de
Régulier
Bénévoles
Bénévoles
l’implication
stratégiques
opérationnels
Occasionnel
Bénévoles
de
Bénévoles
prestige
sporadiques
Les
bénévoles
de
prestige
Leur
implication
au
sein
de
l’organisation
est
occasionnelle
et
leurs
tâches
ont
un
caractère
stratégique.
Les
bénévoles
de
prestige
se
distinguent
généralement
par
leur
statut
social
élevé
et
par
leur
notoriété.
Ce
sont
des
personnalités
publiques
connues,
appartenant
au
milieu
politique,
au
monde
des
affaires
ou
au
milieu
artistique.
Ce
statut
est
généralement
la
raison
pour
laquelle
ils
sont
sollicités
par
les
OBNL.
Cette
sollicitation
se
fait
surtout
lors
des
événements
spéciaux,
telles
que
les
campagnes
de
collecte
de
fonds,
de
revendication
ou
de
sensibilisation
à
une
cause.
Louis
Vachon,
président
et
chef
de
la
direction
de
la
Banque
Nationale,
et
Lino
A.
Saputo
jr,
chef
de
la
direction
et
vice-‐président
du
conseil
de
Saputo,
deux
ténors
du
milieu
des
affaires
permanents.
Le
désir
d’aider
et
de
partager,
l’engagement
pour
une
cause
et
le
désir
de
faire
profiter
de
leur
expérience
sont
des
raisons
qui
poussent
cette
catégorie
de
personnes
à
faire
du
bénévolat.
Pour
les
plus
jeunes,
acquérir
une
expérience
professionnelle
peut
aussi
être
un
mobile
pour
l’engagement
bénévole.
Dans
la
littérature
sur
les
bénévoles
en
général,
sans
que
ce
soit
dit
explicitement,
la
plupart
des
écrits
sur
ce
sujet
portent
vraisemblablement
sur
les
bénévoles
opérationnels.
Les
bénévoles
sporadiques
Les
bénévoles
sporadiques
se
caractérisent
par
un
engagement
de
courte
durée.
Dans
les
OBNL,
ils
effectuent
généralement
un
travail
de
type
opérationnel
en
exécutant
des
tâches
courantes.
Ce
sont
des
personnes
engagées
pour
un
projet
bien
précis
dont
la
durée
peut
aller
de
quelques
heures
à
quelques
semaines.
On
les
rencontre
très
souvent
dans
des
situations
d’urgence
(accidents,
incendies,
recherche
ou
secours
des
victimes
de
catastrophes
naturelles,
etc.)
ou
dans
des
événements
ponctuels
(soirées-‐bénéfices,
tournois
sportifs,
carnavals,
etc.).
D’après
Kates
(2005),
cette
catégorie
de
bénévoles
est
en
forte
progression
au
Canada.
En
effet,
les
gens
sont
de
plus
en
plus
désireux
de
faire
du
bénévolat
pendant
une
courte
période
de
temps
ou
de
façon
sporadique.
La
motivation
première
de
cette
catégorie
de
bénévoles
est
un
désir
spontané
d’aider
les
autres
quand
surgissent
des
difficultés.
Cette
volonté
tend
à
s’estomper
une
fois
que
l’événement
qui
l’a
suscitée
prend
fin.
La
typologie
ci-‐dessus
vient
corroborer
la
proposition
qui
a
été
formulée
plus
haut,
à
savoir
que
les
bénévoles,
dans
les
OBNL,
ne
sont
pas
un
groupe
aussi
monolithique
qu’il
y
paraît
de
prime
abord.
Il
s’agit
en
fait
d’un
ensemble
hétérogène
d’acteurs
au
regard
desquels
une
gestion
différenciée
est
plus
indiquée.
Vers
une
gestion
différenciée
des
bénévoles
dans
les
OBNL
Une
gestion
différenciée
des
bénévoles
s’appuie
sur
les
attentes
et
les
motivations
propres
à
chaque
catégorie
pour
préconiser
des
actions
idoines
tout
au
long
des
phases
du
processus
de
gestion
des
bénévoles
proposé
par
Johnstone
(1999).
La
gestion
d es
bénévoles
de
prestige
En
raison
du
caractère
occasionnel
de
leur
implication,
les
bénévoles
de
prestige
ont
une
orientation
très
poussée
vers
les
résultats
à
court
terme.
Cette
orientation
est
encore
plus
prononcée
chez
les
bénévoles
de
prestige
venant
du
milieu
des
affaires,
où
la
recherche
de
En
tant
que
membres
des
structures
de
gouvernance,
la
plupart
des
actions
des
bénévoles
stratégiques
(définition
de
la
mission
et
de
la
vision,
élaboration
de
la
stratégie,
recrutement
et
évaluation
des
hauts
dirigeants,
etc.)
engagent
l’organisation
à
moyen
et
à
long
terme.
Leur
orientation
vers
les
résultats
devrait
donc
se
situer
sur
le
même
horizon
temporel.
Considérant
l’impact
de
leurs
décisions
sur
le
devenir
de
l’organisation,
le
recrutement
des
bénévoles
stratégiques
devrait
être
axé
sur
les
compétences
en
fonction
des
besoins
en
expertises
de
l’organisme
(Maranta
et
Sladowski,
2010).
Nous
avons
pu
observer
l’approche
par
compétences
dans
le
recrutement
des
bénévoles
stratégiques
au
Centre
d'action
bénévole
de
Montréal.
Ici,
le
choix
d’un
membre
du
conseil
d’administration
se
fait
en
fonction
des
besoins
en
compétences
de
ce
service.
C’est
ainsi
que
le
conseil
d’administration
de
cet
organisme
a
constamment
en
son
sein
un
cadre
de
banque
pour
la
gestion
de
l’hypothèque
de
l’immeuble
siège
du
CABM
et
un
avocat
ou
un
notaire
pour
l’organisation
de
la
vente
aux
enchères
d’œuvres
d’art
qui
constitue
le
principal
événement
de
sa
campagne
annuelle
de
financement.
Une
fois
sélectionnée,
la
nouvelle
recrue
devrait
recevoir
une
ou
plusieurs
sessions
de
formation
et
d’orientation
pour
s’imprégner
entre
autres
de
l’histoire
de
l’organisme,
de
ses
réalisations,
de
ses
valeurs
et
de
ses
défis
actuels
et
à
venir.
L’encadrement
des
bénévoles
stratégiques
est
généralement
assuré
par
la
direction
générale.
Cet
encadrement
est
cependant
assez
souple
et
se
traduit
surtout
par
la
mise
à
leur
disposition
de
ressources
et
d’informations
susceptibles
de
leur
permettre
de
prendre
les
meilleures
décisions
possible.
Quant
à
la
reconnaissance
du
mérite
des
bénévoles
stratégiques,
elle
s’actualise
à
travers
des
actions
de
remerciement
solennelles
lors
des
événements
qui
ponctuent
habituellement
la
vie
des
OBNL,
tels
que
les
soirées
de
reconnaissance
et
les
assemblées
générales.
La
gestion
des
bénévoles
opérationnels
L’orientation
axée
sur
les
résultats
des
bénévoles
opérationnels
est
à
court
terme,
car
ces
personnes
sont
impliquées
la
plupart
du
temps
dans
les
opérations
courantes
des
organismes.
Ils
s’attendent
donc
à
avoir
des
résultats
dans
le
laps
de
temps
dont
ils
disposent.
Les
bénévoles
opérationnels
ont
par
ailleurs
besoin
d’être
sélectionnés,
orientés
et
formés,
car
très
souvent
un
bon
nombre
parmi
eux
n’ont
pas
une
idée
claire
de
ce
dans
quoi
ils
veulent
s’impliquer.
C’est
pourquoi
leur
sélection,
leur
orientation
et
leur
formation
sont
nécessaires
pour
s’assurer
d’une
plus
grande
efficacité
de
leur
intervention.
Dans
la
plupart
des
grandes
villes
nord-‐américaines,
plusieurs
organismes
communautaires
ont
pour
mission
le
recrutement,
la
formation
et
l’orientation
des
bénévoles
opérationnels.
L’encadrement
des
bénévoles
opérationnels
est
le
même
que
celui
des
employés
permanents.
En
effet,
contrairement
à
ce
que
l’on
pourrait
penser,
bien
que
n’étant
pas
rémunérés,
les
bénévoles
opérationnels
ne
demandent
pas
pour
autant
un
traitement
de
faveur.
Ils
sont
donc
tenus
de
remplir
leurs
obligations
une
fois
qu’ils
les
ont
acceptées
de
plein
gré.
S’agissant
enfin
de
la
reconnaissance
du
mérite,
elle
revêt
une
importance
capitale
pour
les
bénévoles
opérationnels.
Une
reconnaissance
mal
conçue
peut
compromettre
leur
implication
dans
l’organisme.
En
effet,
les
bénévoles
opérationnels
doivent
se
sentir
valorisés
au
sein
de
l’organisme
pour
lequel
ils
œuvrent
(McCurley
et
Lynch,
2011).
Dans
nos
entrevues
avec
les
bénévoles
et
ceux
et
celles
qui
les
encadrent,
on
s’entend
sur
l’importance
de
reconnaître
l’implication
des
bénévoles
:
Un
bénévole,
il
faut
qu’il
aime
ce
qu’il
fait.
Moi,
j’essaie
de
respecter
leur
disponibilité
et
de
les
valoriser.
Par
exemple
lorsqu’une
activité
réussit
et
que
les
gens
viennent
me
l’exprimer,
je
les
envoie
vers
le
bénévole
responsable
de
cette
activité
pour
qu’ils
lui
disent
leur
satisfaction
(un
responsable
de
programme).
Dans
l’échantillon
des
organismes
qui
ont
fait
l’objet
de
cette
recherche,
la
reconnaissance
des
bénévoles
opérationnels
prend
généralement
la
forme
d’une
célébration
qui
a
lieu
à
l’assemblée
générale
annuelle.
Au
cours
de
celle-‐ci,
la
contribution
du
bénévole
est
mise
en
exergue
de
façon
officielle.
Au
niveau
national,
la
volonté
de
rendre
hommage
aux
bénévoles
s’est
traduite
par
l’institution
d’une
semaine
nationale
de
l’action
bénévole
(SAB),
célébrée
chaque
année
au
mois
d’avril.
[La
SAB]
est
une
période
spéciale
du
mois
d’avril
pendant
laquelle
un
hommage
est
rendu
aux
personnes
qui
font
don
de
leur
temps
et
de
leur
énergie
à
leurs
concitoyens.
Cette
semaine
vise
généralement
à
sensibiliser
les
gens
à
la
contribution
vitale
des
bénévoles
dans
nos
collectivités
(un
responsable
de
programme).
Pour
bien
comprendre
le
fondement
de
tant
d’attention
à
l’égard
des
bénévoles,
il
faut
avoir
présent
à
l’esprit
que,
sans
le
contribution
de
ces
derniers,
les
OBNL
ne
survivraient
tout
simplement
pas.
De
fait,
la
véritable
contribution
du
bénévole
est
symbolique
et
réside
dans
la
caution
qu’il
apporte
aux
activités
de
l’organisme.
L’association
du
bénévole
aux
activités
et
aux
décisions
de
l’organisme
est
une
preuve
de
la
légitimité
de
celui-‐ci
dans
la
mesure
où
elle
est
l’expression
du
soutien
de
la
communauté
à
l’égard
de
ce
que
fait
l’organisme.
La
gestion
des
bénévoles
sporadiques
Dans
des
situations
d’urgence
ou
lors
des
événements
spéciaux,
les
bénévoles
sporadiques
augmentent
la
capacité
organisationnelle
de
l’OBNL.
En
raison
du
caractère
soudain
des
événements
pour
lesquels
ils
sont
sollicités,
les
bénévoles
sporadiques
sont
généralement
affectés
à
des
tâches
simples
ne
nécessitant
pas
de
compétences
particulières.
La
phase
de
planification
est
ici
très
importante,
car
elle
permet
d’optimiser
la
contribution
des
bénévoles
sporadiques
pendant
le
temps
qu’ils
passent
dans
l’organisme.
Même
dans
le
cas
des
situations
d’urgence,
la
planification
est
nécessaire
et
consiste
à
prévoir
des
actions
à
poser
en
cas
de
survenance
de
l’urgence.
Le
recrutement
des
bénévoles
sporadiques
se
fait
généralement
de
façon
passive
:
l’événement
pour
lequel
ils
sont
sollicités
est
annoncé
dans
les
médias,
puis
l’organisme
reçoit
les
candidatures
et
sélectionne
ses
bénévoles.
Étant
donné
que
les
bénévoles
sporadiques
sont
affectés
à
des
tâches
simples
et
que
leur
engagement
est
de
courte
durée,
leur
formation
et
leur
orientation
se
réduisent
à
la
mise
à
disposition
d’informations
sommaires,
mais
essentielles
à
l’accomplissement
de
leur
travail
(mesures
de
sécurité,
déroulement
des
activités,
présentations
mutuelles,
etc.).
L’encadrement
varie
ici
en
fonction
du
degré
d’autonomie
et
de
l’expérience
des
bénévoles
sporadiques.
Cette
phase
peut
être
ramenée
à
sa
plus
simple
expression,
si,
à
la
phase
de
recrutement,
l’OBNL
a
pris
soin
de
sélectionner
des
bénévoles
autonomes
et
expérimentés.
Les
actions
visant
à
célébrer
les
succès
des
bénévoles
sporadiques
doivent
avoir
lieu
immédiatement
après
la
fin
de
l’événement.
La
reconnaissance
peut
être
adressée
à
tout
le
groupe.
Elle
peut
aussi
revêtir
un
caractère
individuel,
matérialisé
par
une
lettre
de
remerciement
ou
la
remise
d’une
attestation
de
participation
à
l’événement.
CONCLUSION
Le
but
de
cet
article
était
de
proposer
une
typologie
de
bénévoles
à
partir
de
laquelle
des
modèles
de
gestion
des
bénévoles
pourraient
être
mieux
adaptés.
En
effet,
avec
la
raréfaction
des
ressources
à
laquelle
les
OBNL
sont
de
plus
en
plus
confrontées,
le
recours
aux
bénévoles
ira
en
s’accroissant
au
fil
des
années.
Les
modèles
de
gestion,
que
l’on
pourrait
qualifier
à
juste
titre
de
monolithiques,
qui
ont
eu
cours
jusqu’à
maintenant
seront
de
moins
en
moins
opérants
du
fait
qu’on
y
considère
les
bénévoles
comme
un
groupe
homogène.
La
typologie
proposée
ici
ouvre
la
voie
à
un
meilleur
ciblage
des
actions
pour
tirer
le
meilleur
profit
de
l’engagement
des
bénévoles.
En
nous
appuyant
sur
un
modèle
de
développement
des
bénévoles
de
Johnstone,
nous
avons
montré
comment
l’application
d’un
tel
modèle
varie
selon
qu’il
s’adresse
aux
bénévoles
de
prestige,
aux
bénévoles
stratégiques,
aux
bénévoles
opérationnels
ou
aux
bénévoles
sporadiques.
La
gestion
étant
un
domaine
extrêmement
vaste,
il
apparaît
très
clairement
qu’un
article
comme
celui-‐ci
ne
constitue
qu’une
étape
q ui
devrait
être
poursuivie
dans
des
recherches
futures.
Celles-‐
ci
pourraient,
dans
un
premier
temps,
travailler
sur
un
échantillon
d’organisations
plus
large.
En
effet,
nous
nous
sommes
appuyé
sur
quatre
études
de
cas
pour
dégager
la
typologie
qui
est
proposée
ici.
Du
fait
de
cette
limite,
les
constats
faits
dans
cet
article
devraient
être
considérés
comme
des
hypothèses
pour
les
recherches
à
venir.
Celles-‐ci
pourraient,
dans
un
second
temps,
approfondir
le
modèle
différencié
en
l’appliquant
à
d’autres
aspects
de
la
gestion
des
ressources
humaines,
tels
que
le
développement
du
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