MATHÉMATIQUES 2023 – 2024 33
Résumé 12 – Séries numériques et vectorielles
Sommes classiques ! Cas des séries à termes positifs
X
n
n (n + 1) Xn
n (n + 1)(2n + 1) Attention, ces résultats ne sont valables que pour des sé-
k= et k2 = ries à termes positifs (au moins à partir d’un certain rang).
k =0
2 k =0
6
Théorème
X
n
1 q n +1 X n
1 q n p +1 P
Si q 6= 1, qk = et qk = qp · On suppose que u n est une série à termes positifs.
1 q 1 q
k =0 k =p Si la suite (Sn )n 2N est majorée alors la série converge.
Xn ✓ ◆ X
n 1 Sinon, elle diverge vers +1.
n n k n k
(x +y ) = x y et x n y n = (x y ) xk y n 1 k
k =0
k k =0
Théorème : Règle de majoration
Convergence des séries numériques
On suppose que pour tout n 2 N, 0 ∂ u n ∂ vn .
P P
La suite (u n )n 2N est supposée à valeurs dans K. (i) vn converge =) u n converge.
On appelle : X
+1 X
+1
Xn
Et alors, un ∂ vn .
• somme partielle au rang n le terme Sn = uk . n=0 n =0
k =0 P P
P (ii) u n diverge =) vn diverge.
• série de terme général u n la suite (Sn )n 2N , notée un .
• somme de la série de terme général la limite de (Sn )n 2N
La série de terme général u n est dite convergente lorsque Théorème : Règle des équivalents
P
(Sn )n 2N converge. On appelle alors : On suppose vn à termes positifs et u n ⇠ vn .
• somme de la série la limite de (Sn )n 2N . P P n !+1
Alors, u n et vn sont de même nature.
X
+1
Notation : S = lim Sn = un .
n!+1
n =0
X
+1
Théorème : Règle de d’Alembert
• reste au rang n la différence Rn = S Sn = uk . P
k =n+1
Soit u n une série à termes strictement positifs vé-
u n +1
On ne modifie pas la nature d’une série en modifiant ses rifiant de plus ! `.
u n n !+1
premiers termes.
• Si ` < 1, la série converge.
Petit passage en revue des techniques au programme per-
mettant de déterminer la nature d’une série. • Si ` > 1, la série diverge.
• Si ` = 1, on ne peut rien dire.
! Divergence grossière
Théorème Théorème : Comparaison séries/intégrales
P
Si u n converge alors u n ! 0. Si f : [a , +1[! R est continue, positive et décrois-
n!+1 P R +1
sante, f (n ) et a f (t ) dt sont de même nature.
Ainsi, si (u n )n 2N ne converge pas vers 0, la série diverge
(de manière grossière). Ce théorème fournit de nouvelles séries de référence.
P
La réciproque est fausse comme le montre l’exemple n1 . Théorème : Séries de Riemann
X 1
Soit ↵ 2 R. converge si et seulement si ↵ > 1.
! Calcul direct n↵
Théorème : Série géométrique
P n
x converge si et seulement si |x | < 1 (pour x 2 C). Théorème : Règles du petit o et du grand O
P
1 Soit vn une série à termes positifs convergente.
Dans ce cas, sa somme vaut . P
1 x • Si u n = O(vn ), alors u n converge (absolument).
P
On peut également prouver la convergence de séries à • Si u n = o(vn ), alors u n converge (absolument)
l’aide de sommes télescopiques.
On peut comparer les restes de deux séries à termes posi-
Proposition
P tifs convergentes :
La suite (u n )n2N converge ssi la série (u n +1 un ) • Si u n ⇠ vn alors Rn ⇠ Rn0 .
converge. n !+1 n !+1
• Si u n = o(vn ) alors Rn = o Rn0 .
n !+1 n !+1
Application au développement asymptotique de la série
harmonique. • Si u n = O(vn ) alors Rn = O Rn0 .
n!+1 n !+1
Année 2023/2024 Lycée Louis-le-Grand – MP
34 Fiche 12 – Séries numériques et vectorielles
On peut comparer les sommes partielles de deux séries à Séries à valeurs dans un e.v.n. de dim. finie
termes positifs divergentes :
Soit (E , k·k) un espace vectoriel normé de dimension finie.
• Si u n ⇠ vn alors Sn ⇠ S0 .
n !+1 n !+1 n La nature de la série est ainsi indépendante de la norme
• Si u n = o(vn ) alors Sn = o Sn0 . choisie.
n !+1 n !+1
• Si u n = O(vn ) alors Sn = O Sn0 . ! Convergence d’une série à valeurs dans un e.v.n.
n !+1 n!+1 P P
On dit que u n converge absolument lorsque ku n k
! Convergence absolue converge.
Lorsque la série n’est plus à termes positifs (cas réel ou Théorème
complexe), on étudie sa convergence absolue.
Une série absolument convergente d’un espace vec-
Définition toriel normé de dimension finie est convergente.
P
On dit que u n convergeP absolument lorsque la
série à termes positifs |u n | converge. ! Exponentielles de matrices et d’endomorphismes
X
n
Théorème : CV abs =) CV Soit n 2 N⇤ . L’application A 7! max |a i , j | définit une
1∂i ∂n
j =1
Une série absolument convergente est convergente. norme sur Mn (K). Elle vérifie :
P( 1) n
La réciproque est fausse : n est semi-convergente. 8A, B 2 Mn (K), kAB k ∂ kAk · kB k
! Produit de Cauchy Par récurrence simple, 8k 2 N, kA k k ∂ kAkk .
Théorème : Produit de Cauchy Théorème / Définition : Exponentielle de matrice
P P X Ak
Si u n et vn convergent absolument alors leur Pour tout A 2 Mn (K), la série converge abs.
produit de Cauchy converge (absolument) et : k 2N
k!
Ç+1 å Ç+1 å Sa somme est appelée exponentielle de A et on pose :
X
+1 X X X
n
wn = un · vn avec wn = u k vn k X
+1 k
A
n =0 n =0 n =0 k =0 exp(A) = eA =
k =0
k!
! Critère spécial des séries alternées
X
+1 k
f
Théorème : Théorème spécial des séries alternées De même, pour f 2 L (E ) (en dim. finie), exp( f ) = .
k!
P k =0
Soit ( 1)n ↵n une série à termes réels telle que :
Proposition
(↵n )n 2N positive, (↵n )n2N & et lim ↵n = 0.
n !+1 Si A, B 2 Mn (K) commutent,
P
Alors ( 1) ↵n converge et |Rn | = |S Sn | ∂ ↵n +1 .
n
exp(A + B ) = exp(A) exp(B ) = exp(B ) exp(A)
Rn est de plus du signe du premier terme « négligé ».
Application à l’étude de la convergence uniforme de cer-
taines séries de fonctions.
Série alternée ?
non
Convergence absolue ? ?
oui
n
no
Règle de majoration
Règle des équivalents
non P oui
Divergence grossière ? u n à termes positifs ? Règle de d’Alembert
P R
Comparaison /
Règle du petit o ou O
© Mickaël PROST Année 2023/2024
MATHÉMATIQUES 2023 – 2024 35
Résumé 13 – Familles sommables
Ensembles dénombrables ! Cas des familles de nombres réels ou complexes
Définition : Ensemble dénombrable Définition
• Un ensemble E est dit dénombrable s’il existe une La famille (u i )i 2I de nombres complexes est dite
bijection entre E et N. sommable si la famille de réels positifs (|u i |)i 2I l’est.
• Il sera dit au plus dénombrable s’il est fini ou en
bijection avec N. Si (u i )i 2I est une famille de complexes, la famille est som-
mable si, et seulement si, (Re(u i ))i 2I et (Im(u i ))i 2I le sont.
On pose alors :
Si E est dénombrable, on peut numéroter ses éléments : X X X
ui = Re(u i ) + i Im(u i )
E = {xn | n 2 N} i 2I i 2I i 2I
Toute combinaison linéaire de familles sommables est
Les ensembles N, N⇤ , Z, N2 , Q sont dénombrables.
sommable et pour une famille sommable (u i )i 2I :
• Le produit cartésien d’un nombre fini d’ensembles dé-
nombrables est dénombrable. X X
ui ∂ |u i |
• La réunion finie ou dénombrable d’ensembles dénom- i 2I i 2I
brables est dénombrable.
Théorème : Sommation par paquets (cas complexe)
Les ensembles R, {0, 1}N et NN ne sont pas dénombrables.
Soient (In ) une partition de I et (u i )i 2I une famille
Familles sommables de nombres complexes de nombres complexes supposée sommable. Alors,
(i) pour tout entier n , (u i )i 2In est sommable ;
(u i )i 2I désigne une famille de nombres complexes indexée !
par un ensemble dénombrable I . X X
(ii) la série |u i | converge.
n 2N i 2In
! Cas des familles de réels positifs !
X X
+1 X
De plus, ui = ui .
Définition
i 2I n =0 i 2In
La famille de réels positifs (u i )i 2I est sommable si
® ´ En pratique, on commence par appliquer le théorème de
X
u i | J ⇢ I , J finie est majoré. sommation par paquets à la famille (|u i |)i 2I pour justifier
i 2J la sommabilité.
X X
Corollaire : Convergence commutative
Dans ce cas, on pose : u i = sup ui X
J ⇢I i 2 J
i 2I
J finie Si la série u n converge absolument, pour toute
permutation de N, u (i ) i 2N est sommable et :
X
Si (u i )i 2I n’est pas sommable, on pose u i = +1. X
+1 X
+1
i 2I u (n ) = un
n =0 n =0
Proposition : Lien avec les séries numériques
La famille de réels positifs
P (u i )i 2N est sommable si,
et seulement si, la série u n converge. Application aux séries doubles
X X
+1
Dans ce cas, ui = ui . Théorème : Tonelli discret
i 2N Soit (u i , jX
)(i , j )2I ⇥ J une famille
X de réels positifs.
i =0
X XX
Alors, ui , j = ui , j = ui , j .
(i , j )2I ⇥ J i 2I j 2 J j 2 J i 2I
Théorème : Sommation par paquets (cas positif )
Soient (In )n 2N une partition d’un ensemble dénom- C’est à nouveau une égalité dans [0, +1].
brable I et (u i )i 2I une famille de réels positifs. Alors,
! Théorème : Fubini discret
X X
+1 X
Si la famille de complexes (u n ,p )(n ,p )2N2 est som-
ui = ui X
+1 X
+1 X
+1 X
+1
i 2I n =0 i 2In mable, alors u n ,p = u n ,p .
n =0 p =0 p =0 n =0
Cette dernière égalité est une égalité dans [0, +1]. Si la
somme est finie, la famille (u i )i 2I est sommable. On retrouve également le théorème du produit de Cauchy.
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