Hématologie biologique (Pr Marc Zandecki) Faculté de Médecine – CHU 49000 Angers France
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Lymphopoïèse B, T, et NK
Sommaire :
- 1. Lymphopoïèse et immunopoïèse B
- les principales molécules de la lignée lymphoïde B
- la lymphopoïèse B se développe dans la moelle osseuse
- Immunopoïèse ou réponse immunitaire humorale dépendante de l’antigène
- 2. Lymphopoïèse T
- les principaux antigènes des cellules T
- la lymphopoïèse T se développe dans le thymus
- principales fonctions des lymphocytes T
- 3. Les cellules NK
- 4. Notions sur le système HLA
Dans l’organisme deux systèmes de protection (immunité = protection) se chevauchent,
s’entrecroisent, se complètent :
Immunité naturelle (innée): rapide, non spécifique, dirigée contre ce qui est étranger
à l’organisme (= non self). Ce sont: barrières de défense naturelle (peau, muqueuses),
diverses substances sécrétées (protéines cytokines). Cellules dédiées: monocytes,
granulocytes, cellules NK
Immunité acquise: lente, mais spécifique d’un composant, fait la distinction self / non
self. Elle est adaptative : se renforce après un nouveau contact (=réponse anamnestique).
Les cellules impliquées sont les lymphocytes B [= immunité humorale (Ig)], les lymphocytes
T [= immunité cellulaire (cytokines; action directe)
1. Lymphopoïèse et immunopoïèse B
1.1. Les principales molécules de la lignée lymphoïde B
1.1.1 Le B cell receptor : élément fonctionnel majeur de la lignée B
* Le complexe moléculaire BCR comprend :
- une molécule complète d’immunoglobuline (2 chaînes H + 2 chaînes L)
- les molécules CD79a et CD79b et plusieurs molécules associées (CD19, CD21,…)
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Environ 50 000 complexes BCR (tous identiques) sur un lymphocyte B.
Tous les lymphocytes B de l’organisme se différencient les uns des autres par de petites
variations dans la structure de l’Ig du BCR (107 à 109 structures d’Ig différentes)
* Rôle du BCR dans le lymphocyte normal.
• L’antigène complémentaire se fixe sur l’Ig du BCR
• Les CD79a et CD79b assurent l’initiation de la transduction du signal (l’Ig ne peut
réaliser directement cette initiation)
• Plusieurs voies de transduction sont sollicitées (molécules de la famille SRC,
protéines adaptatrices puis cascade des RAF et MAP kinases ; mais aussi PIP3-DAG-PKC).
•Ceci aboutit à la phosphorylation de facteurs de transcription nucléaires (NFκB, c-
myc, c-jun) qui agissent sur les promoteurs de nombreux gènes (notamment du cycle
cellulaire)
1.1.2 - Les principales molécules qui définissent le caractère lymphoïde B :
- Les molécules qui constituent le BCR :
* L’immunoglobuline (H2 L2)
* Les CD79a et CD79b (aussi appelées Igα et Igβ), phosphoprotéines dont la partie
intracytoplasmique initie la transduction du signal, quand l’AG s’est spécifiquement fixé à l’Ig.
Ces molécules très précoces persistent à tous les stades de la différenciation B et sur toutes
les cellules B matures (sauf les plasmocytes qui sont CD79a -)
- CD19 : phosphoprotéine qui stabilise le BCR persiste à tous les stades, y compris sur les
plasmocytes normaux.
- CD22 : molécule impliquée dans la transduction du signal du BCR, elle stabilise le BCR et
persiste à tous les stades de la différenciation B
- Des antigènes plus tardifs ou spécialisés :
* CD21 : régule les réponses prolifératives B ; c’est aussi le récepteur d’une fraction
du complément, et de l’EBV.
* CD20 : molécule de canal calcique, qui apparaît tardivement (présente sur les
cellules matures).
* CD23 : ou Fc Epsilon R2, il existe sous deux isoformes [CD23a qui est spécifique
des cellules B, et CD23b qui est une molécule inductible sur diverses cellules (B, T, NK, PE,
…)]; ce récepteur peut être clivé et retrouvé dans le plasma.
* CD10 : endopeptidase neutre appelée également CALLA (common acute lymphoïd
leukemia antigen) ; molécule exprimée dans les stades immatures de la moelle osseuse,
mais aussi dans certains stades de l’immunopoïèse.
1.2. La lymphopoïèse B
- Correspond à la production de lymphocytes B par la moelle osseuse.
- Etape indépendante de la présence d’un antigène
- Aboutit à la production de lymphocytes ayant tous une Ig de surface différente
A.2.1. Quatre étapes successives de prolifération cellulaire.
A partir d’un progéniteur totipotent qui se différencie en progéniteur lymphoïde T (qui va
migrer dans le thymus) et en progéniteur lymphoïde B (intervention des cytokines SCF et IL-
3) qui reste dans la moelle osseuse. Le premier progéniteur lymphoïde B ou B cell
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precursor ou BCP prolifère et se différencie en présence d’IL-7 en 4 étapes successives
B1, BII, BIII et BIV, qui se caractérisent par l’acquisition progressive de molécules :
Etape : molécules caractérisant les diverses étapes :
B1 CD19, CD22, CD79b
B2 CD19, CD22, CD79b CD10
B3 CD19, CD22, CD79b CD10 C Mu cytopl.
B4 CD19, CD22, CD79b +/- CD10 IgM de
surface
1.2.2. Recombinaison des gènes d’Ig au cours de la lymphopoïèse
Dans le noyau des BCP puis des B I et des B II plusieurs remaniements successifs des
gènes d’Ig H et L surviennent, qui permettent ensuite la synthèse d’une chaîne lourde Mu,
d’abord retrouvée dans le cytoplasme des cellules (BIII) puis en surface (B IV).
Ces modifications moléculaires sont appelées recombinaison génétique, étape
indispensable à l’expression du caractère lymphoïde B (voir enseignement sur les
immunoglobulines).
1.2.3. La fin de la lymphopoïèse B
Après le stade B IV les lymphocytes produits entrent en contact avec les antigènes
du self : ceux qui réagissent avec les antigènes self sont inactivés (ce qui permet la
tolérance immune), tandis que les autres, au contact des cellules stromales et sous
l’influence de cytokines (IL2, IL4, IL5, IL6) les lymphocytes acquièrent en plus une IgD de
surface.
Les lymphocytes matures naïfs possèdent une IgM et une IgD de surface : ils
sont appelés naïfs car ils n’ont jamais rencontré l’Ag complémentaire de leur Ig de surface.
Ces lymphocytes naïfs quittent la moelle osseuse vers la circulation sanguine puis
lymphatique.
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Bien qu’ils n’aient jamais rencontré d’Ag (sauf ceux du self), chaque lymphocyte porte en
surface une Ig dont la région Fab est par hasard complémentaire de celle d’un Ag précis (=
recombinaison génétique au hasard). Les lymphocytes produits vont circuler dans
l’organisme jusqu’à ce que l’un d’entre eux rencontre l’Ag complémentaire.
Remarque. Les lymphocytes B CD5+. Le CD5 est une molécule de 67 kDa, présente sur les
cellules T, et sur 5% des lymphocytes B circulants de l’adulte (CD5+ CD19+) et sur la
majorité des lymphocytes B du sang du nouveau-né. Ils proviendraient soit de la lignée B
mais avec un répertoire B différent, soit seraient distincts des cellules B, se développant tôt
dans l’ontogénie au niveau des cavités péritonéales et pleurales. Ces cellules joueraient un
rôle dans l’immunité naturelle.
1.3. Immunopoïèse ou réponse immunitaire humorale dépendante
de l’Ag
1.3.1. Circulation lymphocytaire à la recherche de l’Ag complémentaire.
Tous les lymphocytes de l’organisme circulent dans le sang, puis dans les tissus, les
organes lymphoïdes périphériques, la lymphe, puis le canal thoracique et reviennent dans le
sang. Leur but est d’entrer en contact avec tout organisme étranger (Ag) afin d’essayer de
l’éliminer.
Cette circulation peut durer plusieurs années, jusqu’au jour où un lymphocyte rencontre l’Ag
complémentaire (soit de son BCR, soit de son TCR pour les lymphocytes T).
Remarque : la traversée de la paroi des vaisseaux est un mécanisme actif (diapédèse
faisant intervenir des sélectines, des intégrines, le CD31, le CD34 et le CD44).
1.3.2. Rencontre entre l’antigène et le lymphocyte B.
• soit dans le tissu : le lymphocyte B migre ensuite vers l’organe lymphoïde le plus proche
(= homing)
•soit au niveau d’un organe lymphoïde périphérique, l’antigène étant apporté par un
macrophage (appelé aussi CPA ou Cellule Présentatrice d’Antigène)
Que devient l’Ag au niveau du lymphocyte B :
Le complexe Ag+Ig est endocyté et subit des modifications biochimiques (appelées aussi
« processing ») et un couplage aux molécules du CMH. Puis l’Ag ou des fragments de celui-
ci sont réexprimés en surface
Remarque : le même processus a lieu pour les macrophages, qui digèrent partiellement l’Ag
et ne présentent en surface que des peptides antigéniques qu’ils proposent aux
lymphocytes.
1.3.3. Contact lymphocyte B – lymphocytes T : coopération cellulaire.
• L’Ag est présenté au TCR des lymphocytes T, dans une région riche en cellules T du
ganglion
•Des contacts CD80 • CD28 et CD40 • CD40L des lymphocytes B et T s’effectuent : ceci
permet la synthèse et la sécrétion de cytokines.
Selon la nature des Ag, les cellules T impliquées et les cytokines sécrétées sont différentes :
ces aspects sont traités dans le chapitre sur la lymphopoïèse T
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1.3.4. Les lymphocytes B stimulés subissent des modifications moléculaires
dans le ganglion.
Les lymphocytes B prolifèrent dans une région T du ganglion ; quelques cellules vont
sécréter une IgM (= réponse immune primaire) tandis que d’autres vont migrer vers une
région plus spécialisée appelée follicule primaire. Elles vont continuer à proliférer si la
réponse immune se poursuit (= poursuite de la stimulation), transformant le follicule primaire
en follicule secondaire (avec centre germinatif).
Deux modifications successives des gènes d’Ig surviennent dans ces cellules
« centrofolliculaires »:
* d’abord un processus d’hypermutation somatique sur les chaînes lourdes et légères d’Ig:
quelques nucléotides des régions variables CDR se substituent à d’autres, ce qui ⇒ petites
modifications de la structure de la région Fab
* ensuite un « switch » ou commutation isotypique, qui remplace le gène codant pour la
région Fc constante Cµ de l’IgM par un gène codant pour une autre région Fc (G, A, E)
* Ensuite les cellules redeviennent matures et subissent une sélection d’affinité :
- l’Ig modifiée s’exprime en surface et les cellules B viennent en contact de l’Ag initial porté
par les APC : les cellules B qui portent une nouvelle Ig d’affinité élevée pour l’Ag survivent,
tandis que les cellules B qui portent une IgS d’affinité plus faible seront éliminées (apoptose)
- ce processus permet de sélectionner les cellules avec Ig de forte affinité pour l’Ag.
* Ces cellules vont se remettre à proliférer pour amplifier leur nombre puis :
•soit migrent vers la pulpe rouge de la rate, la médullaire du ganglion ou la moelle
osseuse, et se transforment en plasmocytes qui produisent les anticorps
•soit deviennent des lymphocytes mémoire, qui recirculent indéfiniment dans
l’organisme à la recherche de leur Ag complémentaire. Un nouveau contact induit un
nouveau cycle d’immunopoïèse, qui produira de nouvelles cellules B encore plus spécifiques
de l’Ag. Par rapport aux lymphocytes naïfs, les lymphocytes mémoire ont un BCR à forte
affinité pour l’antigène, de nature IgG, A ou E.
Conclusion
La lymphopoïèse et l’immunopoïèse sont deux étapes successives et
complémentaires qui aboutissent à produire des cellules très spécifiques de chacun des
antigènes existants.
Au cours de chacune de ces étapes les cellules prolifèrent intensément et sont l’objet de
multiples remaniements chromosomiques. Une anomalie génomique peut survenir : elle sera
habituellement suivie de la mort de la cellules correspondante (apoptose), mais parfois
l’anomalie induit un avantage de prolifération ou/et de survie, base d’une maladie
cancéreuse : par exemple une leucémie aiguë quand elle se produit dans une cellule de la
moelle osseuse (B I, B II, B III), ou un lymphome quand elle se produit dans une cellule du
follicule lymphoïde.
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2. Lymphopoïèse T
Les lymphocytes T ont une origine thymique. Ils interviennent dans l’immunité à médiation
humorale (contrôle) mais également dans l’immunité à médiation cellulaire.
2.1. Les principaux antigènes des cellules T
2.1.1 Le complexe TCR – CD3.
Il est présent sur tous les lymphocytes T de l’organisme, et est l’équivalent du complexe
CD79-BCR des cellules B.
Le T cell receptor (TCR) est constitué de 2 chaînes :
95 % des lymphocytes T ont un TCR formé de 2 chaînes α et •
5% des lymphocytes T ont un TCR formé de 2 chaînes • et δ
Chaque chaîne a une structure proche de celle d’une Ig, avec des régions V, C, D, J. Le
mécanisme de recombinaison rappelle un peu celui des Ig, et utilise également des RAG et
la TdT.
Le CD3 est un ensemble de 6 molécules : •, •, •, •, •, • (différentes des molécules du
TCR)
Comme pour le BCR, le TCR reconnaît l’Ag, et ce sont les molécules du CD3 qui réalisent la
transduction du signal.
2.1.2 Les autres molécules.
* Diverses molécules précoces de la lymphopoïèse T : CD2 (molécule d’adhésion), CD5
(molécule d’activation des cellules T induisant la sécrétion d’IL-2), et CD7 (molécule non
spécifique d’immaturité)
* Des molécules présentes sur une partie des lymphocytes T :
- CD4 : permet la liaison avec les molécules CMH classe II (présent sur 2/3 des
lymphocytes, c’est aussi la cible du VIH)
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- CD8 : permet la liaison avec les molécules CMH classe 1 (présent sur 1/3 des
lymphocytes)
- CD28 : intervient dans la coopération cellulaire T – B (se couple au CD80 des
lymphocytes B, mais aussi des autres CPA, et induit la synthèse d’IL-2 et d’IFN-• par les
lymphocytes CD4+)
* Des molécules apparaissant après activation des cellules T :
- CD45 RO. Cette molécule est présente sur les lymphocytes T activés et mémoire,
mais pas sur les lymphocytes T naïfs (= portent la molécule CD45 RA)
- CD25 ou IL-2Rα : récepteur pour l’IL-2, il apparaît après stimulation par les
mitogènes ou les virus.
- CD38
- HLA-DR
2.2. La lymphopoïèse T se développe dans le thymus.
A partir d’un progéniteur lymphoïde médullaire CD34+ qui migre dans le thymus.
3 étapes de différenciation, toutes caractérisées par une forte prolifération.
Au cours desquelles se construit le complexe CD3-TCR.
Etape 1 : Dans la zone corticale du thymus, prolifération intense de prothymocytes ou
thymocytes corticaux, stimulée par les SCF et IL-7
Les chaînes du TCR commencent à se réarranger: c’est essentiellement le locus de la
chaîne • qui se réarrange, ce qui permettra le réarrangement au locus de la chaîne • à
l’étape suivante.
Dans 5% des cas c’est un réarrangement du locus de la chaîne • qui survient (ce qui
aboutira à la production de lymphocytes T ••, qui peuvent reconnaître directement
l’antigène).
Le CD3 est présent, au niveau intracytoplasmique
Etape 2 : Egalement dans la zone corticale, les cellules de l’étape 1 évoluent en
préthymocytes ou thymocytes communs : on observe un réarrangement au locus • et la
coexpression en surface des molécules CD4 et CD8
Une sélection positive a lieu au cours de cette étape : les cellules entrent en contact avec
les molécules du CMH 1 et 2, ce qui leur permet d’échapper à l’apoptose (celles qui
n’entrent pas en contact avec les molécules du CMH entrent en apoptose). Ceci restreint les
lymphocytes T à ne réagir qu’avec les molécules du CMH (les cellules autoréactives sont
éliminées).
Etape 3 : Les cellules de l’étape 2 se localisent dans la médullaire du thymus = thymocytes
matures ou médullaires.
En surface, elles expriment soit CD4 soit CD8.
Une seconde étape de sélection (d’affinité) a lieu : contact avec des cellules dendritiques
porteuses des complexes CMH1/peptide ou CMH2/peptide :
- si interaction forte avec ces complexes → apoptose
- si interaction faible → survie.
Le but de cette étape est d’éliminer les cellules fortement réactives avec les protéines du soi.
Les thymocytes matures se différencient en lymphocytes CD4+ ou CD8+ qui passent dans le
sang.
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2.3. Les principales fonctions des lymphocytes T
Tous les lymphocytes T peuvent reconnaître un Ag (grâce au TCR ••), mais il faut
l’intervention du CMH :
- si l’Ag est couplé à une molécule CMH 2, les lymphocytes CD4 interviennent [il y a 2 types
de lymphocytes CD4: T H1 et TH 2 (T Helpers)]
- si l’Ag est couplé à une molécule CMH1 ce sont les lymphocytes CD8 qui interviennent
2.3.1. Reconnaissance de l’Ag par le TCR des lymphocytes TH1
L’Ag, par exemple microbien, se fixe sur le TCR des TH1, ce qui induit la synthèse et
la sécrétion de diverses cytokines :
* IL-2 : stimule la prolifération B, la prolifération TH1, et limite la prolifération TH2
* interféron • : stimule l’activation des monocytes en macrophages ⇒ stimule la
phagocytose ; mais aussi induit le switch isotypique dans les lymphocytes B du follicule vers
les IgG1 et IgG2a (= anticorps opsonisants)
Bilan : il se forme des complexes Ag + Ac opsonisants + C’ qui seront phagocytés par les
macrophages. C’est une réponse essentiellement phagocyte dépendante (rôle essentiel
dans l’hypersensibilité retardée et l’infection).
2.3.2. Reconnaissance de l’Ag par le TCR des lymphocytes TH2
Les Ag sont ici essentiellement des allergènes ou des parasites (avec intervention
des mastocytes, basophiles et éosinophiles).
La fixation de l’Ag sur le TCR des TH2 provoque la synthèse et la sécrétion de :
* IL-4 : stimule le switch dans les lymphocytes B vers la synthèse d’IgE
* IL-5 : stimule la croissance des éosinophiles (et le switch vers les IgA)
* IL-6 : stimule la croissance des plasmocytes pour sécréter des Ig
* IL-10 : réprime la réponse macrophagique.
Les IgE produites peuvent se fixer sur les basophiles et mastocytes (récepteurs spécifiques)
et produire la dégranulation.
2.3.3. Implication des lymphocytes CD8+
2 types d’action :
- contrôle de la réponse immune humorale (effet T suppresseur)
- réponse cytotoxique
Des CD8 « précurseurs » reçoivent un premier signal (après contact avec la cible qui porte
un Ag et une molécule de classe 1 ; Ex = Ag viral sur une cellule), ce qui ⇒ apparition en
surface de récepteurs pour l’IL-2. Des cellules CD4 qui reconnaissent l’Ag couplé au CMH
classe 2 vont produire de l’IL-2 qui va stimuler les CD8 ⇒ leur prolifération et expansion.
La cible est ensuite lysée :
- soit directement si elle porte des complexes CMH1 + Ag [les granulations des CD8
activés libèrent de la perforine (qui troue la membrane de la cible) et du granzyme (qui
pénètre par les pores créés) qui active la cascade des caspases et ⇒ apoptose de la cible :
en parallèle le FAS-ligand des CD8 se couple aux molécules FAS de la cellule cible, activant
les premières étapes de la cascade des caspases]
- soit au sein d’un mécanisme appelé ADCC (antibody dependant cell cytotoxicity)
quand la cible est recouverte au préalable d’anticorps.
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2.3.4. Réponse humorale T indépendante
Surtout pour les Ag non protéiques (saccharidiques). Elle produit surtout des IgM
(pas ou peu de switch isotypique), ou par exemple pour le pneumocoque (et autres bactéries
encapsulées saccharidiques) avec commutation vers les IgG2
S’effectue surtout dans la pulpe blanche de la rate (zone marginale abondante
avec nombreux macrophages résidents actifs sur les pneumocoques). En cas de
splénectomie, la réponse anti infectieuse sera plus difficile ou inexistante : la vaccination
avant splénectomie (programmée) permet de développer une immunité IgG par les autres
formations lymphoïdes (ganglions).
3. Les cellules NK
- Représentent environ 10% des lymphocytes du sang circulant.
- Origine : précurseur commun T/NK.
- Fonctions : cellules majeures de l’immunité naturelle, et de la surveillance antitumorale et
antivirale.
- Morphologiquement proches des lymphocytes CD8 (grands lymphocytes granuleux
dans les 2 cas). Action par un mécanisme de cytotoxicité proche de celle des CD8,
dépendant d’Ac (ADCC et intervention du CD16) ou non (lyse de cellules qui ne portent pas
de CMH1).
- Elles sécrètent diverses cytokines :
- IFN •
- IL-3
- IL-4 et IL-5
- cytokines inflammatoires (IL1, IFN, GM-CSF)
- Elles portent des Ag particuliers : CD56, CD57, CD16, récepteurs Kir. (mais sont
dépourvues de CD3, CD8 et des molécules du TCR)
4. Notions sur le système HLA
Regroupe les CMH de type I et de type II
* CMH de type I = une chaîne • et une chaîne libre appelée bêta2 microglobuline (99 AA).
Ces molécules sont présentes sur toutes les cellules de l’organisme sauf les globules
rouges Il y en a trois grands groupes A, B, et C
Les IFN α, β et γ et les TNF α et β augmentent l’expression des CMH 1 sur les cellules.
* CMH type II = une chaîne • et une chaîne •. Elles sont présentes sur les CPA :
macrophages, lymphocytes B, cellules endothéliales, dendritiques, et de Langerhans.
C’est le groupe HLA de type D, contenant plusieurs sous-groupes DP, DQ, et DR (ou Ia).
Quand les cellules T sont activées, HLA DR apparaît en surface
(M Zandecki, janvier 2007)
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