Imagerie Des Traumatismes Fermés Du Thorax
Imagerie Des Traumatismes Fermés Du Thorax
Les traumatismes thoraciques fermés constituent un enjeu majeur de prise en charge des patients reçus
aux urgences dans le cadre, le plus souvent, d’un polytraumatisme. En effet, ils sont associés à un haut
taux de mortalité et une prise en charge adéquate (où l’imagerie joue un grand rôle) améliore
considérablement le pronostic. La tomodensitométrie (TDM) tend à occuper une place prépondérante
grâce au bilan exhaustif qu’elle permet en quelques minutes et en une seule manipulation du blessé. Le
but de cet article est de faire le point sur la sémiologie radiographie du thorax (RT) et TDM des différentes
lésions traumatiques du thorax, et de proposer une démarche d’exploration possible en 2006.
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Plan ■ Introduction
¶ Introduction 1 Épidémiologie
Épidémiologie 1
Biomécanique 1 Les traumatismes du thorax sont dus, dans les pays industria-
Accueil aux urgences et radiologie 2 lisés, essentiellement aux accidents de la voie publique (AVP).
C’est la principale cause de décès des enfants et jeunes adultes.
¶ Lésions traumatiques de l’aorte, du cœur et des gros vaisseaux 3
Les accidents du travail viennent en deuxième position du fait
Lésions traumatiques aortiques 3 d’une sécurité insuffisante pour les travailleurs sur les lieux de
Lésions des gros vaisseaux 4 travail. Le pic d’incidence se rencontre chez les sujets masculins
Lésions du cœur et du péricarde 5 et entre 20 et 45 ans [1, 2].
¶ Lésions traumatiques du médiastin, de l’œsophage et de l’axe Une atteinte thoracique est présente dans 25 % des polytrau-
trachéobronchique 6 matismes. Elle est associée à des lésions cérébrales (70 %),
Hémomédiastin 6 abdominopelviennes (40 %), osseuses périphériques (50 %) [3, 4].
Pneumomédiastin 7 La mortalité des patients présentant un traumatisme du thorax
Lésions trachéobronchiques 9 est de l’ordre de 20 %. Elle est le fait des lésions cérébrales
Lésions de l’œsophage 9 associées (50 %) et de défaillances cardiorespiratoires (20 %)
¶ Lésions traumatiques des poumons 9 dans la période précoce. Avant l’admission ou dans les heures
Contusions pulmonaires 9 qui suivent, on sait que le décès peut être dû à une rupture
Dilacérations ou déchirures pulmonaires 10
aortique isthmique, lésion la plus létale parmi les lésions
thoraciques. Plus tardivement, le décès peut être lié à un choc
Troubles de ventilation 11
septique et aux aléas de la réanimation (20 %). Pour chaque
¶ Lésions traumatiques pleurales 11 patient traumatisé qui décède, deux sont handicapés
Pneumothorax 11 permanents [5].
Hémothorax 12
Épanchements mixtes 18
Biomécanique
¶ Lésions pariétales 18
Dissection aérique sous-cutanée pariétale (« emphysème » Dans les accidents de la circulation en voiture, les lésions du
sous-cutané) 18 thorax résultent de trois mécanismes : coup direct, écrasement
Fractures de côte 18 et surtout décélération. Il existe des syndromes de la ceinture de
Volet costal 19 sécurité, du volant, du pare-brise, du tableau de bord, de
Fractures du sternum 19 « l’Airbag » ou encore du choc latéral de portière... Les lésions
Hématomes pariétaux 20 sont différentes pour le patient conducteur et le patient
Lésions traumatiques du rachis 20 passager [6]. Les lésions isthmiques aortiques, qui se situent « en
ventral » en regard de la zone d’implantation du ligament
¶ Traumatismes du diaphragme 21 artériel, sont expliquées dans leur topographie par un méca-
Radiographie thoracique 21 nisme de décélération avec une discordance des vitesses relatives
Tomodensitométrie 21 de la masse cardiaque et de l’aorte thoracique « amarrée » à la
¶ Conclusion 22 paroi postérieure par les artères intercostales. On a pu aussi
évoquer un mécanisme de pincement osseux entre sternum et
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Figure 1. Les nombreuses coupes tomodensitométriques acquises nécessitent une lecture dynamique à la console et des « synthèses » en reconstructions
multiplanaires et volumiques.
rachis thoracique ou encore un mécanisme hydraulique d’aug- numérisé de début de TDM fait en décubitus. La prise en charge
mentation de la pression intraluminale aortique en cas de des patients traumatisés représente un défi pour le radiologue
compression thoracique inférieure ou thoracoabdominale. responsable des urgences car elle nécessite une interprétation
L’atteinte de l’aorte en dehors de l’isthme, ascendante ou immédiate. Une interprétation correcte n’est pas possible sans
descendante, est rare (5 %). Les mécanismes des lésions osseuses une étroite collaboration entre urgentistes, anesthésistes-
combinent les chocs directs, les écrasements, les cisaillements et réanimateurs, chirurgiens thoraciques, osseux, neurochirur-
les effets de « fléau » pour le rachis thoracique et cervicothora- giens... et radiologues [8-11]. La TDM spiralée-multicoupe apporte
cique. Les mécanismes les moins bien connus concernent les rapidité et exhaustivité avec ses reconstructions bi- et tridimen-
lésions cardiaques au-delà des contritions-dilacérations myocar- sionnelles, ses « angiographies » aortiques reconstruites, ses
diques et de l’hémopéricarde. Or, les lésions cardiopéricardiques fenêtres osseuses et « rachis reconstruits ». Tout cela nécessite
sont mal décelées par l’imagerie et expliqueraient certains décès des coupes fines et jointives à l’acquisition. L’acquisition de
« mal compris » [7]. l’ensemble des données, du cerveau jusqu’au bassin, en un seul
temps, se fait en 60 secondes avec un seul transport pour le
Accueil aux urgences et radiologie patient [2, 12, 13]. Des protocoles ont été établis dans les services
de radiologie des grands centres. À titre d’exemple, notre
Le pronostic immédiat des patients traumatisés thoraciques
protocole comprend une acquisition en coupes de 1,5 mm sur
est déterminé par la sévérité des lésions, notamment aorte et
cœur, et par l’importance des lésions associées mais aussi par le l’ensemble thoraco-abdomino-lombaire avec injection au temps
délai nécessaire pour le transport dans un centre d’urgences aortique (25e seconde). Cette acquisition dure moins de 3 mm
approprié (cela dépend du nombre et de la distance des centres, et permet un travail de reconstruction de moins de 15 mm qui
d’un transport héliporté ou non). Le pronostic est aussi déter- consiste en coupe 2/1 mm en filtre « mou » pour les multiplanar
miné par la qualité d’une équipe médicale d’urgence entraînée reconstruction (MPR), maximum intensity projection (MIP) et 3D et
pour appliquer des gestes thérapeutiques sur le lieu de l’accident en filtre « dur » pour MPR osseux (côtes-rachis). L’interprétation
et équipée à l’accueil, pour déchocage et « triage » rapide. À ce se fait sur console, vu le volume des données (Fig. 1). On réalise
niveau, il est aujourd’hui incontournable que les centres les reconstructions « ad hoc » pour l’aorte et le rachis notam-
d’accueil des urgences soient « équipés » d’un scanner rapide de ment. Des reconstructions bi- et tridimensionnelles, ciblées et
haute technologie multicoupe... et de radiologues « dédiés » à illustratives des lésions décelées « à la console » sont mises sur
cette technologie. L’accès à la « machine TDM » doit être direct, film, le reste étant consultable sur le pictorial archiaving compu-
au mieux sur place, et médicalisé. Le premier examen et les terized system (PACS). Il est important d’établir le système le plus
premiers soins en salle de déchocage déterminent l’état hémo- efficace pour la transmission des résultats aux urgentistes et aux
dynamique, stable ou non, l’état neurologique, avec score de chirurgiens. Les résultats transmis seront des résultats concis et
« Glasgow » et recherchent un déficit et l’état respiratoire. Dans complets qui engagent le radiologue. L’importance des urgences
notre pratique, il est décidé le plus souvent, du moins dans les dans le système hospitalier et l’importance de l’imagerie aux
situations graves, d’établir un diagnostic lésionnel exhaustif par urgences doivent avoir pour conséquence une organisation
un examen « TDM corps entier ». Celui-ci comble les insuffisan- méticuleuse et un matériel technique et humain suffisant, pour
ces des clichés standards dont on peut faire l’économie, y réduire les « pertes de chance », la mortalité et la morbidité des
compris parfois pour le cliché thoracique grâce au cliché patients traumatisés. Pour nous, il est impératif d’obtenir les
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meilleurs matériels et les meilleurs manipulateurs et radiologues détermine la « pollution » de la graisse médiastinale puis la
(« seniors ») et que ceux-ci soient « dédiés » et sur site. formation d’un « faux anévrisme » instable avec perte de
Comme plan de cet exposé, nous suivrons la chronologie parallèlisme des bords, localisée le plus souvent en isthmique et
« vécue » aux urgences en dédouanant d’abord les lésions les médial. C’est ce pseudoanévrisme qui peut se rompre à tout
plus graves (aorte-cœur) pour finir par une étude analytique des instant et qui nécessite une prise en charge adéquate et en
lésions de chacun des compartiments thoraciques. urgence (Fig. 4). Il existe des cas non opérés avec évolution
favorable et des cas de diagnostic rétrospectif (Fig. 5) avec
■ Lésions traumatiques de l’aorte, calcification péri-isthmique cicatricielle. L’étendue des lésions
intimales et médioadventicielles peut ne pas être la même. En
du cœur et des gros vaisseaux effet, une dissection antégrade limitée peut survenir après la
rupture intimale lésionnelle. Cependant, le terme de « dissec-
Lésions traumatiques aortiques tion traumatique » semble ne pas être approprié. Il convient de
parler de lésion traumatique et de faux anévrisme. Il existe de
La rupture aortique est la cause létale immédiate la plus rares cas de lésions aortiques extra-isthmiques (5 %) qui
fréquente dans les accidents de la circulation avec plus de 70 % concernent l’aorte ascendante ou l’aorte descendante (Fig. 6) ou
de décès sur place [5]. Chez les patients qui ont pu atteindre les même l’aorte diaphragmatique (Fig. 7). Dans ce dernier cas, il
urgences, la mortalité reste élevée. Certains ont affirmé un existe une rupture diaphragmatique concomitante le plus
rythme de décès dans les heures qui suivent l’admission de 2 % souvent.
par heure [14] . Cela justifie un diagnostic rapide et jusqu’à
récemment nécessitait une chirurgie en urgence. Le diagnostic
Radiographie du thorax
rapide est obtenu, aujourd’hui, par la TDM multicoupe (Fig. 2)
avec angiographie sans « montée de sonde » [12, 15, 16]. L’écho- La radiographie du thorax (RT) permet de décrire une riche
graphie transœsophagienne (ETO) vient dans un second temps sémiologie que la TDM retrouve et confirme... ou infirme. En
(rachis dédouanné) et sert à mieux apprécier l’étendue réelle de effet, la spécificité de la RT s’élève quand le cliché est réalisé en
la lésion intimale pour choisir l’acte thérapeutique adéquat : position assise, ce qui n’est pas toujours possible s’il y a
prothèse endoaortique (Fig. 3) adaptée ou chirurgie « ouverte ». instabilité tensionnelle. De plus, le signe cardinal qui est
L’ETO reste opérateur-dépendante [17]. La chirurgie en urgence l’élargissement du médiastin (8 cm au niveau de la carène ou
immédiate est « modulée » actuellement du fait des risques plus de 25 % du diamètre transversal total et surtout sur sa
mortels cérébraux, liés aux anticoagulants obligatoires après moitié gauche) connaît de nombreux faux positifs du fait du
chirurgie. décubitus dorsal et du fait des sujets obèses. Il en est de même
Les lésions aortiques peuvent être transmurales, soit totales et pour le cliché en décubitus du début de l’examen TDM. Enfin,
mortelles, soit limitées et colmatées par l’hématome et la graisse la RT peut enregistrer un élargissement médiastinal non situé en
médiastinale. Dans tous les cas, l’intima est touchée et il faut territoire « moyen » mais situé en avant ou en arrière, lié à des
connaître l’étendue de cette lésion. L’atteinte de la média peut lésions veineuses périvertébrales ou péristernales. Sur la RT,
être visible en TDM avec un aspect d’hématome intrapariétal l’élargissement est vu mais pas la topographie « moyenne » qui
hyperdense sans injection de contraste. L’atteinte de l’adventice signe l’origine aortique. Certes, le profil peut aider. Aussi faut-il
Figure 2.
A, B, C et D. Lésion isthmique trau-
matique : (« angiographie » par tomo-
densitométrie multicoupe).
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Figure 3.
A, B, C et D. Accident de la voie
publique (AVP) conducteur, cein-
ture. Lésion isthmique traumatique
(« angiographie » par tomodensito-
métrie multicoupe et reconstruction
volumique). Traitement par endo-
prothèse.
connaître les autres signes en faveur d’un hématome médiasti- médiastinal moyen, l’image « d’addition » sur la lumière
nal et d’un faux anévrisme ainsi que leurs valeurs prédictives vasculaire et/ou la perte de parallélisme du faux anévrisme
respectives [18, 19]: le flou des contours aortiques au niveau du lequel comprend, en son sein, des défauts linéaire de remplis-
« bouton », l’abaissement de la bronche souche gauche, la sage liés aux lambeaux intimaux. On connaît les faux positifs
déviation d’une sonde nasogastrique vers la droite en regard de dus à une discrète déformation au siège de l’implantation du
la carène, l’élargissement de la ligne paratrachéale droite, la ligament artériel mais les reconstructions MPR angiographiques
coiffe apicale gauche, l’hémothorax gauche... On sait par bien axées, qui sont systématiques, écartent les faux positifs.
ailleurs que les fractures costales hautes témoignent d’un choc L’intérêt d’une acquisition sans injection en préalable de
traumatique violent [20]. En fait, 20 % seulement des suspicions l’angioscanner réside dans la détection des lésions mineures,
par RT étaient confirmées en angiographie [21-23] avec donc un
situées seulement dans la paroi (hématome pariétal) sans
nombre de faux positifs considérable et autant d’aortographies
« pollution » de la graisse médiastinale. Cette acquisition
« par excès ».
préalable n’est pas pratiquée par toutes les équipes (Fig. 9, 10).
Tomodensitométrie L’imagerie par résonance magnétique (IRM) peut occasionnelle-
La TDM spiralée-multicoupe a remplacé l’ancien « gold- ment faire le diagnostic de la rupture isthmique partielle
standard » détenu par l’aortographie [24, 25]. Ceci est dû à une (Fig. 11).
spécificité de 98 % et une sensibilité de 96 % dans notre
pratique et dans celle de nombreuses équipes [26]. Lésions des gros vaisseaux
Cela a été une « longue histoire » depuis 1991 [27] (Fig. 8).
Cependant, inexorablement, la place de la TDM est devenue Conditions des choix thérapeutiques
incontournable (Fig. 9, 10). Nous ne réalisons plus d’aortogra-
phie avec « montée de sonde » comme nous les réalisions il y a Les endoprothèses, aujourd’hui immédiatement disponibles,
encore 8 ans (avec « montée de sonde » par voie humérale). La permettent d’exclure la lésion aortique, sans thoracotomie, sans
sémiologie TDM est bien établie : la graisse « sale » en périaor- exclusion pulmonaire, sans clampage aortique, sans circulation
tique pour l’hématome médiastinal, bien topographiée en extracorporelle.
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Figure 5.
A, B, C et D. Découverte « fortuite » sur une radiographie du thorax d’une calcification péri-isthmique aortique. Anamnèse d’accident de la voie publique il
y a 10 ans. Tomodensitométrie et imagerie par résonance magnétique montrant la déformation pseudoanévrismale calcifiée. La conduite à tenir reste
controversée dans une telle situation rétrospective avec survie sans problème.
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Figure 6.
A, B et C. Accident de la voie
publique : traumatisme aortique
sous-isthmique. Hémomédiastin
mais lésion aortique mal perçue
en tomodensitométrie... examen
de 1992. Aortographie nécessaire
(à l’époque).
Figure 7.
A et B. Accident de la voie publique : lésion traumatique
aortique basse, sus-phrénique. Examen de 1992 : l’aorto-
graphie était nécessaire.
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Figure 8.
A et B. Examen de 1991 : la tomodensitométrie ne montre que la « graisse sale » de l’hématome périaortique dans le médiastin moyen. L’aortographie était
la règle (les flèches indiquent le sens de la diffusion hématique et donc les signes sur la radiographie thoracique comme l’abaissement de la bronche souche
gauche).
RT TDM
Aortographie TDM
Échographie œsophagienne
(ETO préthérapeutique)
Normale Anormale
Figure 11.
A, B et C. Accident de chute (d’une mezzanine... dans une maison de retraite). Une tomodensitométrie réalisée sans injection a été considérée comme
« ambiguë » avec « graisse sale » cependant il est décidé de réaliser, 48 heures après, une « imagerie par résonance magnétique de rattrapage » : elle montre
bien le faux anévrisme sous-isthmique.
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Figure 12.
A et B. Accident de la voie publique, personne incarcérée, coma. Tomodensitométrie multicoupe : pas de lésion isthmique mais rupture incomplète et faux
anévrisme de l’origine du tronc artériel brachiocéphalique, sans trauma direct de la clavicule.
le pneumomédiastin est très abondant et très particulier car tiers inférieur avec lésion diaphragmatique. Il s’agit plus de
cervicomédiastinal et surtout cervical et facial (Fig. 19). fissurations longitudinales que de ruptures circonférentielles. Il
a été signalé des fistules œsotrachéales et œsopéricardiques post-
Lésions trachéobronchiques traumatiques. Le diagnostic est celui d’une suppuration média-
stinopleurale rapide. Comme dans les ruptures « spontanées »
Ces lésions sont rares (moins de 3 %) et graves. Le mode de basses, un pneumomédiastin bas, situé le plus souvent à gauche
survenue le plus fréquent est iatrogénique lors d’intubations et un épanchement pleural mixte vont apparaître. Le diagnostic
difficiles. La rupture de la trachée cervicale peut survenir par est affirmé par l’opacification œsophagienne lors de la TDM
impact direct ou par phénomène d’hyperextension du cou (œsoscanner avec transit opaque) et par la fibroscopie.
(Fig. 19). Les ruptures trachéales intramédiastinales se rencon-
trent dans les traumatismes sévères avec fractures des premières
côtes. Les ruptures peuvent être partielles ou totales, circulaires ■ Lésions traumatiques
ou longitudinales. Le diagnostic peut être dramatique en cas de
ventilation assistée (pneumomédiastin et pneumothorax sous
des poumons
tension). Au plan anatomique, la position de la rupture par Des lésions pulmonaires surviennent dans 15 % environ des
rapport à la ligne de réflexion du ligament pulmonaire déter- traumatismes thoraciques. Elles signifient un trauma sévère, ce
mine l’apparition d’un pneumomédiastin (en amont) ou d’un qui justifie leur recherche dès le bilan d’imagerie initial même
pneumothorax (en aval). Cependant, la rupture peut être « à si leur aspect radiologique et leur étendue ne sont pas corrélés
cheval ». Le plus souvent, la rupture se produit à la jonction à l’état clinique et gazométrique réel [46-50]. La corrélation n’est
entre anneaux cartilagineux et « pars membrana ». La topogra- qu’aux extrêmes : deux poumons « blancs » sont de pronostic
phie la plus fréquente est la portion proximale des bronches sévère. Mais il faut savoir que toutes les lésions intermédiaires
souches (Fig. 20) ou la partie trachéale basse sus-carinaire qui sont radiologiquement et scanographiquement spectaculai-
notamment lors des écrasements [40-44]. La sémiologie radiologi- res vont régresser vers la « restitutio ad integrum » à court ou à
que est en fait peu spécifique sauf si un fort syndrome moyen terme. Une hémoptysie de sang noir dans les premiers
« gazeux » par rupture complète sans affaissement ni sténose est jours n’a pas, non plus, de pronostic péjoratif.
présent. Le plus souvent, la sémiologie associe pneumomédia-
stin et élargissement du médiastin à un hémopneumothorax. La Contusions pulmonaires
distinction entre pneumomédiastin et pneumothorax antéro-
interne est difficile sur le cliché simple et nécessiterait des Elles accompagnent les fractures de côtes à leur voisinage ou
clichés positionnels (pneumothorax mobile et pneumomédia- à distance de l’impact sous forme d’une lésion ecchymotique du
stin fixe). La TDM résout le problème. Un pneumothorax qui cortex pulmonaire avec des lésions capillaires, du sang et de
persiste malgré un drainage pleural peut être évocateur. Souvent, l’œdème dans l’interstitium et les lumières alvéolaires. Elles
il existe une atélectasie pulmonaire ou un trappage produit par peuvent survenir sans lésion osseuse chez l’enfant ou le jeune
l’oblitération postfracture de la voie aérienne. La TDM précise adulte où elles sont accompagnées plus fréquemment de lésions
cette sémiologie mais elle a des difficultés à mettre en évidence plus graves à type d’hématocèle (Fig. 21). Les hémoptysies sont
la lésion elle-même. La fibroscopie bronchique reste nécessaire exceptionnelles car la contusion est périphérique. Une hypoxé-
car souvent la rupture s’accompagne d’un hématome qui mie et une dyspnée peuvent témoigner de lésions mal visibles
détermine une obstruction bronchique. Il y a alors un aspect à ce stade sur le cliché simple mais qu’une TDM révélerait.
particulier avec un collapsus pulmonaire qui reste mineur même Alors que les lésions histologiques sont immédiates, les
sous un pneumothorax sous tension (« falling lung sign » des images radiologiques apparaissent souvent de façon retardée, 4
auteurs anglo-saxons) [45]. à 6 heures après le traumatisme [51, 52]. La gazométrie et la TDM
compensent ce vide du cliché standard (Fig. 22). Les contusions
auront un caractère transitoire et migrant. Elles vont du « verre
Lésions de l’œsophage dépoli » en zones mal délimitées jusqu’à la consolidation sans
Les ruptures œsophagiennes après traumatismes fermé sont bronchogramme aérique. L’absence de disparition en l’espace
exceptionnelles mais très graves. Elles concernent soit l’œso- d’une semaine doit faire évoquer une surinfection et la présence
phage cervical après fracture dislocation de C6-C7-T1, soit le de bronchogrammes, avec un trouble ventilatoire associé.
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Figure 15.
A et B. Défenestration volontaire ;
collapsus à l’entrée. Tomodensito-
métrie multicoupe : hémomédias-
tin, sans lésion isthmique mais
extravasation-saignement actif ré-
troaortique bas, vraisemblable-
ment à partir d’une lésion-
désinsertion d’une artère intercos-
tale à son ostium-vaso-occlusion
impossible. Décès dans les heures
suivantes.
ligament triangulaire. Leur évolution est celle des lacérations et les lacérations plus profondes sont source d’un épanchement
non pas celle d’un épanchement pleural. qui se tarit mal. La gravité d’un pneumothorax peut être
Les hématomes pulmonaires se résolvent favorablement mais immédiate s’il est bilatéral et sous tension, ce qui nécessite un
nécessitent plusieurs mois pour ce faire. L’hématome peut drainage immédiat du fait des risques cardiovasculaires. La
s’évacuer par voie bronchique occasionnant des expectorations gravité peut être retardée par déplacement secondaire d’une
hémoptoïques noirâtres. L’opacité devient alors aérée avec fracture. L’évolution peut être imprévisible et capricieuse et si
niveau hydroaérique (Fig. 24). Si l’évacuation est complète, il ne les petits pneumothorax non significatifs au départ (révélés en
persiste qu’une clarté bulleuse à paroi fine. Souvent l’opacité a TDM) ne sont pas à drainer, une évolution capricieuse peut
tendance « à fondre comme un glaçon » pour disparaître sans amener un drainage ultérieur. De même, si le patient doit être
laisser de trace [1]. La partie centrale du caillot peut exception- ventilé en pression positive [54-57]. Rappelons qu’une exsuffla-
nellement se rétracter plus rapidement que la périphérie et une tion trop brutale peut favoriser un œdème pulmonaire « a
image en ménisque peut apparaître. De façon générale, les vacuo », œdème lésionnel lié au surfactant et créant un syn-
lacérations profondes du poumon ne nécessitent aucun traite- drome de détresse respiratoire aiguë (SDRA).
ment et ne se surinfectent pas.
Chez l’enfant et l’adolescent, un pneumothorax peut survenir
Il en va autrement des fractures pulmonaires profondes atteignant
sans fracture costale. Le mécanisme d’hyperpression alvéolaire
les hiles ou les vaisseaux lobaires. Elles sont rares, mais néces-
par « effort à glotte fermée » a pu être invoqué, de même que
sitent la chirurgie. Il faut savoir que ces fractures profondes très
la rupture de bulles d’emphysème lors du traumatisme.
hémorragiques peuvent être dans l’immédiat « bloquées » par
un pneumothorax compressif. C’est lors du drainage efficace du Devant un pneumothorax massif, surtout s’il est associé à un
pneumothorax que l’hémorragie parenchymateuse peut appa- pneumomédiastin, il faut écarter une fracture de l’arbre trachéo-
raître ou « réapparaître », nécessitant alors la chirurgie d’hémo- bronchique mais, à l’inverse, les (rares) fractures trachéobron-
stase en urgence (Fig. 25). chiques n’entraînent pas toujours un pneumothorax.
douleur pariétale limite la course diaphragmatique et la toux. En position verticale, le décollement prédomine à l’apex. Il
La TDM détecte mieux que la RT les petites atélectasies existe un collapsus pulmonaire passif plus ou moins intense. La
rétrosternales ou paravertébrales. Elle affirme la présence de rétraction en « moignon » périhilaire peut se faire si le poumon
bronchogrammes aériques qui différencie les atélectasies des est indemne de contusion et le pneumothorax abondant. Le
zones de contusion. déplacement controlatéral du médiastin signe le pneumothorax
sous tension. L’absence de collapsus parenchymateux peut
.
■ Lésions traumatiques pleurales signaler une contusion, une obstruction bronchique ou encore
une bride ou une symphyse pleurale. L’absence de déplacement
diaphragmatique associé peut désigner une obstruction bron-
.
Pneumothorax chique qui est à lever par fibroaspiration avant le drainage.
Un pneumothorax est présent dans 40 % des cas de traumas La controverse sur l’intérêt de la RT en expiration (difficile à
thoraciques (Fig. 25). C’est la lésion la plus fréquente après les obtenir souvent) pour sensibiliser la recherche de petits pneu-
.
fractures de côtes [51]. L’air provient d’une perforation pleuro- mothorax est dépassée à l’heure de la TDM. Quand le pneumo-
pulmonaire souvent induite par une fracture costale. L’évolution thorax est difficile à voir, la présence d’une dissection aérique
sous traitement (exsufflation ou drainage) est favorable rapide- pariétale localisée (« emphysème » sous-cutané) est un excellent
ment si la lésion pleuropulmonaire est peu importante alors que signe indirect de pneumothorax.
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Tomodensitométrie
C’est le moyen le plus sensible même pour les petits pneu-
mothorax et même en position couchée. Cela est bien établi [66,
67]. La TDM et sa visualisation exhaustive et simplifiée ont fait
Échographie
Anecdotiquement, on peut signaler qu’il existe une sémiolo-
gie échographique du pneumothorax [62].
Il s’agit d’échos de répétition aériques et de l’absence du signe
du glissement pleural normal, mais la quantification du volume
aérique n’est pas possible du fait de la physique ultrasonore.
Cela limite l’intérêt de l’échographie dans le diagnostic et la
prise de décision. Aux urgences, rien ne saurait utilement
retarder le bilan exhaustif que donne la TDM.
Hémothorax
Les épanchements liquidiens post-traumatiques sont présents
dans 30 % des cas. Ils sont constitués de sang, de lymphe et/ou
d’un transsudat.
Le sang provient de ruptures-déchirures de vaisseaux inter-
costaux ou diaphragmatiques ou – rarement – de viscères
Figure 16. Accident de la voie publique : instabilité hémodynamique. abdominaux à travers une brèche diaphragmatique comme la
A. Radiographie du thorax : fractures costales, hémopneumothorax, rate. On sait, par ailleurs, que le passage en « pleural » de tissu
cœur de projection agrandie et encoche du bord droit supérieur. splénique peut être à l’origine d’une splénose intrathoracique
B, C. Tomodensitométrie : cœur en rotation (à 15 heures), pneumopéri- ultérieure. Les vaisseaux pulmonaires lacérés participent à
carde : fracture péricardique postérogauche avec hernie-luxation cardia- l’hémothorax mais de façon moindre car leur régime est à basse
que (chirurgie en urgence). pression par rapport aux vaisseaux systémiques.
Comme pour le pneumothorax, l’évolution après drainage
En position couchée (décubitus dorsal habituel chez le indique les formes « bénignes » régressives. Les formes graves
traumatisé), le diagnostic est plus difficile... sauf si le pneumo- sont celles où l’épanchement persiste et se renouvelle. Le
thorax est abondant. Le diagnostic repose sur la visibilité et la diagnostic lésionnel est fait par l’imagerie (saignement actif en
distension des culs-de-sac de la plèvre pariétale et donc sur le TDM) ou par la chirurgie (plaie cardioaortique, ou cave, lésion
bas du thorax. L’air se collecte en antidéclive et notamment préexistante au traumatisme comme fibrome pleural, séquestra-
dans l’angle cardiophrénique antérieur et au voisinage de la tion, hypervascularisation transpleurale systémique...). Une
xyphoïde. Les franges graisseuses prennent un aspect pelotonné. forme particulière est le chylothorax traumatique (fort rare). Il
Les récessus pleuraux costodiaphragmatiques sont de grande résulte d’une rupture du canal thoracique avec fracture du
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Figure 17.
A et B. Accident de la voie publique. Tomodensitométrie : pneumothorax drainé et pneumopéricarde (flèche) avec air rétrosternal intramédiastinal (tête de
flèche) (« les trois pneumos »).
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32-386-A-10 ¶ Imagerie des traumatismes fermés du thorax
Figure 19.
A, B. Traumatisme trachéal en hyperextension (« opisthotonos ») lors d’une crise épileptique. Tomodensitométrie : pneumomédiastin et « emphysème
sous-cutané » majeur (remontant jusqu’aux paupières) et rupture trachéale antérieure au premier anneau (flèche).
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Imagerie des traumatismes fermés du thorax ¶ 32-386-A-10
Figure 21.
A, B et C. Traumatisme par
écrasement (tracteur), enfant
de 7 ans. Radiographie du tho-
rax - tomodensitométrie : pas
de pneumothorax (cf. cliché à
rayon horizontal) ; contusions
et dilacérations avec niveaux
hydroaériques ; pas de fractures
costales (évolution favorable)
(avec l’aimable autorisation du
Club Thorax).
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32-386-A-10 ¶ Imagerie des traumatismes fermés du thorax
Figure 23.
A, B et C. Accident de la voie publique. Tomodensitométrie : dilacération
avec hémopneumothorax (flèche), opacités atélectasiques avec broncho-
grammes, notamment en lingulaire (examen après 1 semaine).
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Imagerie des traumatismes fermés du thorax ¶ 32-386-A-10
Figure 26.
A, B et C. Traumatisme mo-
déré. Radiographie thoracique
« à rayon horizontal » : pneu-
mothorax mineur sous-
xiphoïdien (têtes de flèche)
(confirmation sur la tomodensi-
tométrie).
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Imagerie des traumatismes fermés du thorax ¶ 32-386-A-10
Volet costal
Le volet thoracique nécessite un double trait de fracture sur
au moins trois côtes adjacentes ou un trait sur trois arcs
antérieurs symétriques par rapport au sternum. Les plus fré-
quents sont latéraux. Les volets sternocostaux antérieurs sont
plus rares. Ils se font soit de part et d’autre du sternum, soit
entre fracture sternale et fractures costales antérieures
unilatérales.
Le volet peut être « engrené » avec maintien de la rigidité
pariétale. Il peut être « impacté » vers l’intérieur avec compres-
sion du poumon sous-jacent. Enfin, il peut être « mobile » et
alors responsable d’une « ventilation paradoxale » avec dépres-
sion inspiratoire [76-78]. Le diagnostic est difficile quand le volet
intéresse les cartilages antérieurs. Le volet paradoxal peut avoir
un retentissement sur la mécanique ventilatoire tel que, au-delà
de la sédation antalgique, il faille réaliser un geste chirurgical de
« suspension » et/ou de fixation. La consolidation en position
Figure 29. Bébé prématuré, 3 mois. Radiographie thoracique (en inver-
vicieuse (impaction) peut induire une insuffisance respiratoire.
sion de contraste) : cals de fractures costales des arcs postérieurs inférieurs
droits (têtes de flèches).
Fractures du sternum
l’arc costal dans son plan. Le « comptage », de plus, est malaisé. Elles ne sont présentes que dans 5 % des traumatismes
En revanche, s’il y a plusieurs fractures et des décalages, la TDM thoraciques environ. Elles peuvent concerner le manubrium ou
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32-386-A-10 ¶ Imagerie des traumatismes fermés du thorax
Figure 31.
A, B et C. Accident du travail (laminoir). Radiographie du thorax-
tomodensitométrie : volet costal (têtes de flèches), hémopneumothorax
droit majeur (flèche).
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Figure 34.
A et B. Accident de la voie publique, passager, ceinture, syndrome de
Claude Bernard-Horner. Tomodensitométrie : hématome pariétal sus-
pulmonaire et sus-claviculaire concernant la fossette de Sébileau et le
ganglion stellaire ainsi que les racines C7-T1. Par ailleurs : fractures
costales, hémopneumothorax droit.
Radiographie thoracique
Elle peut être « évidente » avec présence de la grosse tubéro-
sité, d’une anse colique, d’un niveau hydroaérique digestif en
intrathoracique « apparent », avec une sonde gastrique restant
« sus-diaphragmatique ». Le profil et l’opacification peuvent être
utiles [87]. En fait, la RT est peu sensible pour les déchirures
Figure 33. limitées qui passent inaperçues dans les 2-3 premiers jours. Il
A, B et C. Accident de la voie publique, conducteur, ceinture. Tomoden- convient de rechercher une surélévation de la coupole qui varie
sitométrie et reconstructions volumiques (SSD) : fractures costales gau- dans le temps, avec bords flous (mais cela peut être dû à
ches et dissection aérique pariétale, pneumothorax modéré... et fracture l’hémothorax) et surtout avec « dysharmonie » de courbure et
médiosternale avec fragments superposés, en « baïonnette » (flèche). avec une « encoche ». Il faut donc répéter les clichés [88, 89].
Tomodensitométrie
■ Traumatismes du diaphragme Elle peut saisir les interruptions localisées, soulignées par les
Les lésions diaphragmatiques sont présentes dans 8 % envi- franges graisseuses d’origine omentale [20, 22]. Elle-même a plus
ron des traumatismes thoracoabdominaux [79-82]. Leur méca- de facilité pour visualiser les éléments herniaires avec le signe
nisme peut être direct par des côtes fracturées déchirant la du « collet » pour le « tube » et le signe du « bouchon de
coupole et surtout la zone d’apposition, ou indirect par varia- champagne » pour le foie (Fig. 38) que pour visualiser la lésion
tion brusque des pressions de part et d’autre du diaphragme anatomique du diaphragme. La lésion diaphragmatique propre-
(compression abdominale et décélération) (Fig. 37). Dans ce cas, ment dite reste difficile à bien inventorier par imagerie.
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32-386-A-10 ¶ Imagerie des traumatismes fermés du thorax
Figure 35.
A, B, C et D. Effort de toux,
violent, il y a 3 mois, douleur
thoracique inférieure droite et
« palper » étonnant. Tomoden-
sitométrie volumique, imagerie
par résonance magnétique
(IRM) : déchirure intercostale
avec hernie hépatique.
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Imagerie des traumatismes fermés du thorax ¶ 32-386-A-10
Figure 36.
A, B et C. Accident de la voie publique, paraplégie flasque, métamère T5.
Tomodensitométrie avec multiplanar reconstruction (MPR), osseuse : frac-
ture « explosion » des somas et des arcs latéraux gauches avec angulation
majeure, hématome périrachidien, puis chylothorax. Lymphographie (ul- Figure 37.
térieure) : extravasation par rupture du canal thoracique. A et B. Schémas : mécanisme de la rupture diaphragmatique par hyper-
pression abdominale ou par compression thoracoabdominale. Trajet de la
déchirure.
C. Thoracoscopie : lésion diaphragmatique exposée.
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26 Radiodiagnostic - Cœur-poumon
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Imagerie des traumatismes fermés du thorax ¶ 32-386-A-10
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Toute référence à cet article doit porter la mention : Giron J., Mallinger B., Cabanes A., Chiavassa H., de Maupéou F., Loustau O., Despeyroux M.-L., Fajadet P.,
Sans N., Berjaud J., Lacombes P., Railhac J.-J. Imagerie des traumatismes fermés du thorax. EMC (Elsevier SAS, Paris), Radiodiagnostic - Cœur-poumon,
32-386-A-10, 2006.
Radiodiagnostic - Cœur-poumon 27
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Iconographie supplémentaire 41
Iconosup 41a, b, c. Choc à « glotte fermée », sportif. Radiographie du thorax - tomodensitométrie : pneumomédiastin (tête de
flèche) et dissection aérique périgaines vasculaires et bronchiques jusqu'au hile (tête de flèche) (« emphysème interstitiel »).
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Iconographie supplémentaire 42
Iconosup 42a, b. Postaccident de la voie publique tardif (3 mois). Radiographie du thorax-tomodensitométrie : pneumatocèle isolée
(tête de flèche).
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Iconographie supplémentaire 43
Iconosup 43a, b. Accident de ski. Radiographie du thorax - tomodensitométrie : hématopneumatocèle rétroligamentaire dans la
gouttière costovertébrale avec niveau liquide.
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Iconographie supplémentaire 44
Iconosup 44a, b, c, d. Accident de la voie publique. Instabilité hémodynamique. Radiographie du thorax : pneumothorax avec
distension du cul-de-sac gauche. Tomodensitométrie : pneumopéricarde et rotation à gauche « à 15 h » : rupture péricardique et
luxation cardiaque (courtoisie Club Thorax).
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Iconographie supplémentaire 45
Iconosup 45a, b, c. Accident de la voie publique, passager avant sans ceinture. Tomodensitométrie : fractures costales gauches (b,
c, tête de flèche), pneumothorax, pneumopéricarde (b, flèche) et air prépéricardique médiastinal (a, flèche), ainsi que dissection
aérique pariétale gauche (c, flèche).
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Iconographie supplémentaire 46
Trajet de l'air comme marqueur. Pneumothorax (tête de flèche), fracture costale (tête de flèche) et air sous-cutané et pariétal (tête
de flèches).
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