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Chapitre III Exercice

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Pr Seydou Nourou NDIAYE

Enseigné par
Pr Seydou Nourou NDIAYE
/Enseignant-Chercheur/ Université Cheikh Anta
Diop de Dakar/Faculté des Sciences Économiques
et de Gestion/Centre de Recherche Economique
Appliquées/Laboratoire Ingénierie Financière et
Economique

1
Pr Seydou Nourou NDIAYE

Chapitre III : Politique et Système de Change


Introduction

Les pays en développement, doivent consolider leurs récents acquis économiques par une
intégration rapide à l’économie mondiale. En améliorant leur compétitivité dans le contexte
d’économies ouvertes, ils pourraient ainsi attirer plus facilement les investisseurs locaux et
étrangers, stimuler leur croissance et réduire leur vulnérabilité économique. Les facteurs qui
permettent d’améliorer la compétitivité d’un pays se résument : à la politique de change, à l’efficacité
des facteurs de production et au rôle des réformes structurelles et institutionnelles. Cette thèse
s’intéresse tout particulièrement au premier facteur, la politique de change. En effet le taux de
change réel joue un rôle incitatif important en favorisant les exportations de produits manufacturés.

La quasi-totalité des pays qui sont devenus exportateurs ont appliqué la stratégie de la croissance
tirée par les exportations ou bénéficiaient d’un taux de change réel stable et bien équilibré.
Cependant une politique de change appropriée ne peut pas se passer de politiques monétaire et
budgétaire compatibles. Si les politiques macroéconomiques sont mal conçues, il est probable
qu’elles donneront lieu à une appréciation du taux de change réel et à une augmentation de sa
volatilité, ainsi qu’à des effets indésirables sur la performance des exportations. Un consensus s’est
établi à propos de l’objectif essentiel de la politique de change. Celle-ci doit minimiser les «
désalignements ». Ce terme désigne des situations dans lesquelles le taux de change réel courant
diffère durablement de sa valeur d’équilibre à long terme.

L’importance du taux de change s’explique aussi par son rôle central dans la dynamique
économique. En effet, il est à la fois un prix relatif qui conditionne la décision de consommation
et d’investissement et un indicateur de compétitivité qui exprime la position de l’économie vis à vis
de l’étranger. Le regain d’intérêt pour l’étude du taux de change réel s’explique par plusieurs faits
économiques majeurs. Il a été observé que les crises économiques et monétaires sont généralement
précédées d’une surévaluation persistante des taux de change réels.

2
Pr Seydou Nourou NDIAYE

Section 1 : Le système monétaire international et la politique de change 1-


Evolution du système monétaire international :

Le système monétaire international a beaucoup évolué au cours du temps. Il est passé d’un
régime de changes fixes à un régime de changes flottants. Les différentes étapes de cette
évolution sont les suivants :

a- Système de l’étalon or.

Ce système s’est mis en place de façon informelle à partir de 1850 entre le principaux pays
développés de l’époque : L’Angleterre, la France, les EU et L’Allemagne.

Dans un tel système chaque pays détient une monnaie librement convertible en or. Par voie
de conséquence le taux de change ne peuvent pas durablement s’écarter des parités calculées
à partir des rapport entre les poids d’or de chaque monnaie. Ils ne peuvent évoluer que
dans une fourchette très étroite, déterminée par les points d’entrée et de sortie de l’or.

b- Système de l’étalon de change or

Plus connu sous le nom de Gold exchange Standard, le système de l’étalon de change or
s’est progressivement mis en place au début du 20ème siècle et fut institutionnalisé par la
conférence de Gênes en 1922.

Du fait de leur convertibilité en or, les monnaies émises par les principales puissances
économiques de l’époque sont devenues des monnaies de réserve. Il était en effet plus
avantageux pour les banques centrales de détenir des devises qu’elles pouvaient placer que
de l’or qui était parfaitement sterling. En 1993, les balances sterling représentaient trois fois
les réserves d’or de la Banque d’Angleterre.

Ce système fut institutionnalisé par la conférence de Gênes réunie pour trouver des remèdes
à la crise, consécutive à la première guerre mondiale, qui affectait le système monétaire
international. Parmi les solutions proposées, la conférence conseillait aux différents pays de
conserver dans leurs réserves de l’or et des devises convertibles en or.

3
Pr Seydou Nourou NDIAYE

c- SMI issu des accords de Bretton Woods.

La conférence monétaire et financière des Nations Unis, réunie à Bretton Woods du 1er au
22 juillet 1944, s’était donné pour objectifs de revoir les règles de fonctionnement du
système monétaire international, d’instaurer un régime de change en mesure d’éviter les
chaos qui précédèrent la seconde guerre mondiale, et de mettre sur pied une institution
internationale chargée de veiller au bon fonctionnement des règlements internationaux.

Le compromis entre les thèses de Keynes, responsable de la délégation britannique, et celles


de White, chef de la délégation américaine, a débouché sur un système caractérisé par 4
points fondamentaux :

1. Un système d’étalon de change or,


2. Des parités fixes, mais ajustables, avec des marges de fluctuation par rapport
au $ de + ou – 1% de part et d’autre de la parité,

3. Un code de bonne conduite en ce qui concerne les mécanismes d’ajustement


des taux de change,

4. Une procédure de crédit international mutuel. Les fonds monétaire


international, chargé de veiller au fonctionnement du système monétaire
international, fut créé le 27 décembre 1845 et ses activités débutèrent le 1er
mars 1947. Pratiquement tous les pays, à l’exception de ceux qui étaient dirigés
par des communistes, ont adhéré au FMI.

Le système monétaire issu des accords de Bretton Woods a régi les échanges entre les pays
jusqu’en 1971. Il a pratiquement cessé de fonctionner après la décision, prise le 15 août
1971 par le Président Nixon, de ne plus assurer la convertibilité du $ en or. Le système
monétaire conçu à Bretton Woods a bien fonctionné jusqu’en 1957. La situation s’est
dégradée à partir de 1958.

La plus importante raison de la crise de ce système concerne le déficit de la balance


commercial américaine et l’ampleur des balances des dollars détenues par des non résidents
en dehors des EU. En 1959, celle-ci dépassaient la valeur du stock d’or américain. Une telle
situation ne pouvait qu’attirer les spéculateurs et entretenir la défiance de certains
gouvernements européens. Les seconds demandèrent une conversion en or des dollars

4
Pr Seydou Nourou NDIAYE

qu’ils détenaient. Les premiers anticipaient une dévaluation de la devise américaine à un


terme plus ou moins rapproché et achetaient du métal jaune.

Pour remédier à la spéculation, les EU instaurèrent avec la Grande Bretagne, la France,


l’Allemagne, L’Italie, la Belgique, les Pays Bas et la Suisse le pool de l’or. Les différents pays
décidèrent à se vendre l’or contre du $ pour maintenir le cours de l’or aux environs de 35
dollars l’once. En contre partie de la constitution de ce pool, les EU s’engagèrent à réduire
le déficit de leur balance commerciale. Ce fut un échec.
En réponse à la décision américaine, les pays développés, dans leur très grande majorité,
adoptèrent un système de changes flottants, mais ils ne purent se résoudre à l’abandon des
changes fixes.

Le 18 décembre 1971, à Washington, les dix pays les plus riches du monde décidèrent de
rétablir un système de changes fixes mais en prévoyant, toutefois, un élargissement des
marge de fluctuation par rapport au dollar de 2,25 % de part et d’autre de la parité.

La balance américaine ne s’étant pas rééquilibrée en 1972, la spéculation à la baisse du dollar


reprit de manière intensive. Le 9 février 1973, le marché des changes est fermé. Il est
réouvert le 14 février, après l’annonce d’une deuxième dévaluation du $ de 10 %. Cette
mesure n’étant pas suffisante, le marché des changes est de nouveau fermé le 2 mars. Les
transactions ne reprirent que le 19 mars, mais les autorités monétaires abandonnèrent cette
fois définitivement les changes fixes : les régimes retenu fut des changes flottant généralisé
à toutes les devises.

Le flottant n’était cependant pas une règle absolue. Certaines devises ont conservé un taux
de change fixe par rapport au dollard.

d- Le système monétaire international actuel

Le système monétaire international a évolué successivement vers un système de taux de


change flexibles. Cependant d’autres systèmes coexistent avec celui-ci :

A l’échelle internationale on distingue trois catégories de régime de change : les solutions


corner (fixe), régimes intermédiaires et les solutions corner (flottants).

- Les régimes de flottement impur et pur (solution corner flottant)

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Pr Seydou Nourou NDIAYE

- La dollarisation et l’euroïsation (solution corner fixe)


- Les unions monétaires (solution corner fixe)
- Les régimes de caisse d’émission (currency board) (solution corner fixe)
- Les régimes de change fixe (solution corner fixe)
- Les régimes de change fixe avec marge de fluctuation (solution intermédiaire)
- Les paniers de monnaies (basket peg) exemple des DTS (solution intermédiaire)
- Les systèmes à bandes de fluctuation mobiles (solution intermédiaire)
- Les systèmes de parité rampante (crawling peg) (solution intermédiaire)

Les pays qui utilisent un système de change flottant bénéficient d’une certaine autonomie
de la politique monétaire et ne sont plus obligés d’intervenir directement sur le marché des
changes. Leurs politiques monétaires permettent à travers le canal des taux d’intérêt
d’attendre les objectifs interne et externe. Si le pays reçoit un choc endogène ou exogène,
la banque centrale peut utiliser sa politique monétaire comme moyen d’amortissement du
choc. Par ailleurs les taux de change flottants peuvent jouer le rôle de stabilisateurs
automatiques, en l’absence d’une politique monétaire, l’ajustement sur le marché des
changes permet d’atteindre les objectifs d’équilibre interne et externe. Cependant certains
regards critiques peuvent être avancés vis-à-vis de ce régime : le manque de discipline
monétaire, les spéculations qui peuvent déstabilisées le marché des changes et porter
préjudice au commerce et aux investissements internationaux.

D’autres pays à l’instar de ceux de la zone CFA ont noué depuis lors une coopération
monétaire avec la France à travers un mécanisme de comptes d’opération. Quatre principes
gouvernent ce système : la garantie illimitée de conversion du Franc CFA (XOF, XAF et
KMF ) en euros, le maintien de la fixité de la parité, la liberté de transfert et la centralisation
d’un partie des réserves auprès du Trésor français comme contrepartie à la convertibilité.

2- La politique de change

La politique de change représente l'action des pouvoirs publics visant à modifier le taux de
change de la monnaie nationale. Dans quel but ? Alors qu'autrefois il s'agissait surtout de rétablir
l'équilibre commercial, la politique de change est utilisée aujourd'hui pour lutter contre
l'inflation.

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Pr Seydou Nourou NDIAYE

1- Dévaluation et réévaluation a-
Définition

Une dévaluation est une décision officielle des autorités monétaires consistant à
diminuer la valeur de la monnaie nationale par rapport à un étalon de référence (or, une
autre monnaie, etc.). Lorsque deux pays sont en régime de change flottant l'exemple
d'une dévaluation du Dollar Américain contre l’Euro (cette dévaluation ne se prononce
plus par un Gouvernement à une date donnée. Le cours de change s’établi chaque jour
sur le marché des changes. Cependant lorsque les deux pays sont en régime fixe, le
gouvernement peut intervenir sur la parité du change.

Avant dévaluation 1 FF = 50 FCFA. Après 1FF = 100 FCFA


Ainsi, après une dévaluation, il est nécessaire de fournir davantage de monnaie nationale
pour obtenir la même devise étrangère qu’auparavant. Il est donc plus coûteux d’acheter
à l’étranger. Inversement, les étrangers trouvent le territoire national meilleur marché
(favorable au tourisme, favorable aux exportations, etc…). Une dévaluation (ou
l'opération inverse qu'est la réévaluation) n'est possible que dans un système de changes
fixes, où les parités des monnaies correspondent à des taux de change officiels et stables
par rapport à un étalon (exemple du système monétaire international de Bretton
Woods). La dépréciation d'une monnaie (sur le plan externe) doit être distinguée de la
dévaluation. Dans un système monétaire international où les changes ne sont pas fixes,
c'est à dire lorsque les banques centrales ne sont pas obligées d'assurer la stabilité de
leur propre monnaie par rapport à d'autres devises, les taux de change fluctuent
librement sur le marché des changes. La dépréciation correspond alors à la diminution
de la valeur d'une monnaie par rapport à une ou plusieurs autres devises. Une
dépréciation (ou, à l'inverse, une appréciation) peut être un processus très lent, à
l'inverse d'une dévaluation qui est une modification brutale et officielle de la valeur
d'une monnaie.

b- Les effets traditionnels d'une dévaluation

En opérant une dévaluation, un pays cherche à réduire un déficit commercial ou à


améliorer le solde de sa balance des transactions courantes. L'objectif est de diminuer
la valeur de sa monnaie par rapport aux monnaies des partenaires commerciaux
étrangers.

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Pr Seydou Nourou NDIAYE

Moins chères pour les clients étrangers, les exportations se développeront tandis que le
renchérissement des importations en freinera la croissance sur le marché intérieur, les
acheteurs préférant alors les produits nationaux meilleurs marchés. Le solde des
échanges (balance commerciale ou balance courante) doit donc s'améliorer grâce à la
dévaluation- dépréciation.

c- Les conditions de réussite d'une dévaluation

Les avantages d'une opération de dévaluation doivent être nuancés. D'abord, les effets
positifs ne jouent pas immédiatement. Dans un premier temps, la valeur des
importations augmente car celles-ci coûtent plus cher et les agents ne réduisent pas
immédiatement leurs achats de produits étrangers. De même, les exportations, dont le
volume ne s'accroît pas aussitôt, rapportent moins de devises (leurs prix ont en effet
diminué). C'est seulement dans un deuxième temps que le solde des échanges
s'améliore, avec l'augmentation du volume des exportations (quantités de biens
exportés). Ces mécanismes reçoivent une illustration graphique avec la courbe en J.

La courbe en J (solde des échanges extérieurs fonction du temps)

D'autres conditions sont aussi nécessaires. Les capacités de production (l'offre


nationale) doivent être suffisantes pour faire face à l'augmentation de la demande
intérieure et extérieure, sinon les importations ne diminueront guère. Par ailleurs, les
entreprises locales ne doivent pas modifier leurs comportements de marge, c'est-àdire
profiter de la dévaluation pour augmenter leurs prix à l'étranger. En outre, les échanges
doivent être sensibles aux modifications des prix, c'est-à-dire que la demande de

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Pr Seydou Nourou NDIAYE

produits étrangers doit baisser si les prix augmentent (l'élasticité-prix des importations
doit être forte). Enfin, la politique de « dévaluation » ne peut réussir qu'à la condition
que les autres pays ne pratiquent pas une politique similaire.

Section 2 : La balance des paiements et la politique de change

La balance des paiements retrace l'ensemble des flux entre les résidents d'une économie et ceux des
autres économies (en comptabilité nationale on les regroupe : ils constituent le « reste du monde
»). Ces flux supposent en général une conversion de la monnaie nationale en devises, ou l'inverse.
La balance des paiements peut donc être perçue comme un document qui retrace ex post les
diverses transactions qui ont eu lieu sur le marché des changes. Dans une balance des paiements,
les transactions sont enregistrées lorsqu’elles se traduisent par un changement de propriété. En
conséquence, la Balance des paiements traduit les flux financiers en termes de trésorerie.

La balance des paiements n’est pas un document comptable au sens de la comptabilité privée. Elle
retrace certaines transactions enregistrées par des administrations ou des comptabilités (notamment
bancaires), mais aussi des transactions qui sont simplement estimées. Par exemple, les exportations
ou les importations qui figurent dans la balance des paiements comprennent généralement une
partie relevée lors du passage à la douane, et d’estimations complémentaires. Les données
douanières elles-mêmes doivent souvent être redressées, car les transactions ne sont pas toujours
systématiquement enregistrées, surtout lorsqu’elles ne sont pas taxées (qu’elles soient exonérées,
ou que les droits sur les exportations aient été annulés dans le cadre des programmes d’ajustement
structurel). Les personnes qui établissent les balances des paiements (en général des économistes
de la Banque centrale) doivent donc évaluer les flux non-enregistrés à partir d’autres bases
(enquêtes, déclarations d’entreprises, règlements bancaires, données des autres administrations,
etc.)

1- La présentation de la balance des paiements


Dans cette sous section, nous présenterons les notions de base à partir de la balance des
paiements de d’un pays en développement. L’objectif est de présenter la logique générale
des BP, pour en faciliter l’interprétation.

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Pr Seydou Nourou NDIAYE

La balance des paiements retrace l’ensemble des opérations entre une économie et le reste
du monde durant une période donnée (une année, un trimestre, un mois). Plus précisément,
il s’agit de retracer les flux entre les résidents d’une économie et les nonrésidents.

Les flux entrants de devises sont notés au crédit (une façon traditionnelle de nommer les
ressources dans les BP). Les flux sortants de devises sont placés au débit (emplois).

La partie « crédit » (ressources) de la BP décrit l’origine des devises entrées dans l’économie.
Les ressources ne sont pas seulement des recettes. Parmi les flux qui entrent dans une
économie au cours d’une période, il y a aussi de nouveaux emprunts (ou tirages), qui sont
des ressources mais pas des recettes, parce que ces flux vont induire des sorties de devises
dans le futur. Symétriquement, le débit retrace non seulement les dépenses en devises, mais
aussi le remboursement des emprunts ou les prêts accordés au reste du monde.
Comme la BP retrace, pour une économie et une période données, l’origine (les ressources)
et l’utilisation (les emplois) des devises, le total du crédit est nécessairement égal à celui du
débit. C’est un équilibre comptable, rien de plus. Il nous indique qu’il n’y a pas d’erreur
dans l’enregistrement. En ce sens purement comptable, les BP sont donc toujours
équilibrées, comme tous les comptes qui recensent des ressources et des emplois.

Pour comptabiliser tous ces flux, on les traduit dans une même unité de compte. En général,
il s’agit de la monnaie nationale (les flux en devises sont alors convertis en monnaie
nationale), ou une monnaie de référence : les balances des paiements établies par le FMI le
sont généralement en dollars des Etats-Unis.

Pour permettre une analyse économique de la BP, les entrées et sorties de devises sont
classées en un certain nombre de grandes catégories. La première d’entre elles concerne les
flux de biens et services. Par services, on entend ici toutes les productions immatérielles
(transports, assurances, séjours en hôtel, etc.). Les exportations figurent au crédit, puisque
les gains en devises correspondants entrent dans l’économie, tandis que les importations
figurent au débit.

2- Structures de la balance des paiements

Les diverses situations des économies nationales se traduisent par des structures différenciées
de la balance des paiements. Par exemple, les pays qui reçoivent des flux de capitaux importants
ont en général une balance commerciale déséquilibrée (les importations sont plus importantes

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Pr Seydou Nourou NDIAYE

que les exportations). Cela provient du fait que les flux de capitaux ont souvent pour
conséquence un accroissement des importations (surtout lorsqu’ils accroissent les
investissements). Les exemples suivants présentent des structures différentes de balance de
paiements :

Tableau : Exemples de structures de balances de paiements

Cas A Cas B Cas C Cas D Cas E

Balance des biens et services -50 -65 45 45 15


Exportations de biens et 100 95 135 135 105
services
Importations de biens et 150 160 90 90 90
services
Balance des revenus -40 -55 -55 -35 -35
Crédit 10 10 10 10 10
Débit 50 65 65 45 45
Balance des transferts 13 13 13 13 13
Crédit 15 15 15 15 15
Débit 2 2 2 2 2
Balance des capitaux 17 17 17 17 17
Crédit 20 20 20 20 20
Débit 3 3 3 3 3
Balance des opérations 55 93 -40 -30 -15
Financières
Crédit 125 163 70 70 70

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Pr Seydou Nourou NDIAYE

Débit 70 70 110 100 85

Balance globale -5 3 -20 10


-5

Variation des réserves 5 -3 20 -10 -7


Financement exceptionnel 0 0 0 0 12

Commentaire :

 Cas A

Déficit de la balance des biens et services

Déficit de la balance des revenus (par exemple du fit d'intérêts élevés sur la dette extérieure)

Excédent de la balance des transferts (le pays reçoit des dons publics courants ou des envois de
travailleurs émigrés)

Excédent de la balance des capitaux


Excédent de la balance des OF (le pays emprunte plus qu'il en rembourse en capital) : le pays
s'endette

La Balance globale est en déficit

Ce déficit est réglé par une diminution des réserves de change

 Cas B

Déficit de la balance des biens et services

Déficit de la balance des revenus (par exemple du fit d'intérêts élevés sur la dette extérieure)

Excédent de la balance des transferts (le pays reçoit des dons publics courants ou des envois de
travailleurs émigrés)

Excédent de la balance des capitaux

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Pr Seydou Nourou NDIAYE

Excédent de la balance des OF (le pays emprunte plus qu'il en rembourse en capital) : le pays
s'endette

La Balance globale est en excédent

Cet excédent se traduit par une augmentation des réserves de change

 Cas C

Excédent de la balance des biens et services

Déficit de la balance des revenus (par exemple du fit d'intérêts élevés sur la dette extérieure)

Excédent de la balance des transferts (le pays reçoit des dons publics courants ou des envois de
travailleurs émigrés)

Excédent de la balance des capitaux

Déficit de la balance des OF (le pays rembourse plus de capital qu'il n'en emprunte pendant
l'année) : il se désendette

La Balance globale est en déficit

Ce déficit est réglé par une diminution des réserves de change

 Cas D

Excédent de la balance des biens et services

Déficit de la balance des revenus (par exemple du fit d'intérêts élevés sur la dette extérieure)

Excédent de la balance des transferts (le pays reçoit des dons publics courants ou des envois de
travailleurs émigrés)

Excédent de la balance des capitaux

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Pr Seydou Nourou NDIAYE

Déficit de la balance des OF (le pays rembourse plus de capital qu'il n'en emprunte pendant
l'année) : il se désendette

La Balance globale est en excédent

Cet excédent se traduit par une augmentation des réserves de change

 Cas E

Excédent de la balance des biens et services

Déficit de la balance des revenus (par exemple du fit d'intérêts élevés sur la dette extérieure)

Excédent de la balance des transferts (le pays reçoit des dons publics courants ou des envois de
travailleurs émigrés)

Excédent de la balance des capitaux

Déficit de la balance des OF (le pays rembourse plus de capital qu'il n'en emprunte pendant
l'année) : il se désendette

La Balance globale est en déficit

Ce déficit est (sur)financé par un financement exceptionnel (rééchelonnement du service de la


dette, par exemple)

Il en résulte un accroissement des réserves de change.

3- Balance des paiements : Présentation standard - Description du


contenu des rubriques et des modes de comptabilisation
La nomenclature standard est celle du FMI, qui a publié un nouveau manuel en 1993. Le
tableau précédent présente les principaux postes de la balance des paiements tels qu’ils
apparaissent dans ce manuel, et le tableau suivant présente la nomenclature.

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Pr Seydou Nourou NDIAYE

Tableau : Présentation standard de la balance des paiements (FMI 1995)

Ressources (crédit) Emplois (débit)

A. COMPTE DES TRANSACTIONS C OURANTES


Exportations de biens (FAB) Importations de biens (FAB)

Services Services
Revenus Revenus

Transferts courants Transferts courants


B. COMPTE DE CAPITAL

Capital : crédit Capital : débit


C. COMPTE DES OPERATIONS FIN ANCIERES

Investissements directs à l’étranger Investissements directs dans l’économie


Investissements de portefeuille Investissements de portefeuille

Autres investissements (notamment les Autres investissements (notamment les


prêts bancaires) prêts bancaires)

D. ERREURS ET OMISSIONS NETT ES

Erreurs et omissions nettes


E. RESERVES ET POSTES APPAREN TES

Avoirs de réserve Avoirs de réserve


Utilisation de crédits et de prêts du FMI Utilisation de crédits et de prêts du FMI

Engagements constituant des réserves pour Engagements constituant des réserves pour
les autorités étrangères les autorités étrangères

Financements exceptionnels Financements exceptionnels

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Note : Les importations et les exportations ne sont pas les mêmes que dans le ERE (biens
seulement et non biens et services). Ce ne sont pas non plus les transactions officielles
(douanières), car celles-ci :

 sont enregistrées CAF pour les importations et FOB pour les exportations
 ne comprennent pas les importations et exportations non enregistrées, qui sont estimées
dans la balance des paiements et les comptes nationaux.

4- Equilibre de la balance des paiements

La manière dont s’équilibre la balance des paiements est en grande partie déterminée par le
régime de change. En régime de change fixe, c’est la variation des réserves qui permet
l’ajustement des ressources et des emplois ( de l’offre et de la demande de devises). En régime
de change flexible (quand le taux de change est librement déterminé sur un marché), c’est la
variation du taux de change qui permet cet ajustement. Dans ce dernier cas, un pays
importateur de capitaux verra son taux de change s’apprécier, ce qui devrait conduire à une
perte de compétitivité.

On présente généralement la balance des paiements de manière simplifiée, en ne considérant


que les exportations (X) et importations (M ou Z) de biens et services, et les flux nets de
capitaux (F). Si l’on note la variation des réserves R, on peut écrire :

En taux de change fixe X – M + F = R

En taux de change flexible X – M + F = 0

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