Pourquoi les filles vont elles moins en école d’ingénieur que les garçons et comment remédier à ce
problème ?
« On ne naît pas femme, on le devient ». Cette phrase écrite par Simone de Beauvoir dans
l’essai philosophique Le Deuxième Sexe, publié en 1949 met en avant la façon dont les femmes se
construisent socialement. Elle peut nous inciter à réfléchir aux stéréotypes et aux barrières qui
entravent l’intérêt des jeunes filles pour les sciences et la technologie. En effet, de nos jours, on
remarque qu’un peu moins de 30% de femmes vont en école d’ingénieur. On peut donc se
demander pourquoi les filles vont elles moins dans cette voie que les garçons et comment faire pour
remédier à ce problème. Nous montrerons donc que cette différence est causée par des stéréotypes
dans la famille et dans la société mais aussi par l’environnement scolaire et les conseils
d’orientation puis nous expliquerons quels sont les moyens mis en place pour changer les choses
Tout d’abord, cette différence peut d’abord être expliquée par les stéréotypes, toujours énormément
présents dans la société. Un stéréotype est une idée reçue, un cliché qui attribue des caractéristiques
à un groupe pour les classer, en négligeant leurs particularités. En effet, dès l’enfance, on inculque
sans le vouloir des normes différentes aux filles et aux garçons. Ils sont élevés de manière distincte
en adéquation avec certains stéréotypes véhiculés par la société. Par exemple, on va avoir tendance
à offrir des poupées aux filles et à les faire jouer à l’intérieur tandis qu’on offrira des ballons de
football aux garçons qui joueront alors à l’extérieur. Ou lorsqu’une fille pleure, on va la consoler et
ne pas la réprimander pour ses pleurs tandis qu’on va dire au garçon d’arrêter de pleurer et de se
comporter « comme un homme ». Les garçons sont encouragés à être fort physiquement,
indépendants tandis que les filles sont encouragées à être gentilles et sensibles et à faire attention
aux autres. Ainsi, les garçons vont être plus disposés à s’intéresser au monde, à voir comment il
fonctionne que les filles qui vont se cantonner à des domaines plus intérieurs. Les garçons seront
encouragés à s’intéresser aux domaines scientifiques et à les explorer alors que les filles non. La
socialisation c’est à dire le processus d’intériorisation de normes et de valeurs qu’un individu réalise
tout au long de sa vie est donc différent en fonction du sexe.
De plus, il est courant de dire qu’un garçon est naturellement doué en mathématiques ou en
sciences. De cette façon, les garçons vont être encouragés dans ces matières et vont alors être plus
enclins à travailler ces domaines et à s’orienter vers des études scientifiques. Ainsi, les stéréotypes
de genre, toujours présents dans la société entraînent un intéressement différencié au monde
scientifique. La socialisation primaire, celle réalisée au cours de l’enfance par les parents
notamment, est distincte en fonction du sexe et elle le reste plus tard lors de la socialisation
secondaire, réalisée par les pairs et les professeurs.
Au niveau scolaire, l’orientation et l’environnement scolaire explique aussi la différence de
représentation féminine en école d’ingénieur. Les filles et les garçons ne reçoivent pas le même
traitement du personnel scolaire. Effectivement, la plupart du temps, les filles reçoivent moins
d’encouragements que les garçons. On va moins les pousser à être autonomes et on va directement
répondre à leurs questions alors qu’on encourage les garçons à trouver la réponse par eux même. On
peut aussi noter que le personnel enseignant ne notera pas de la même façon le niveau de propreté et
d’ordre des travaux rendus par les élèves on attendra d’une fille que son travail soit très propre et
ordonné. Ainsi, si elle rend un travail propre elle ne sera pas valorisée et si elle rend un travail dit
sale elle sera réprimandée. Au contraire, le personnel enseignant aura moins d’attentes sur le travail
d’un garçon donc s’il rend un travail propre il sera félicité et s’il en rend un dit sale il n’aura pas de
remarques. De nombreux exemples comme les 2 cités peuvent être utilisés pour montrer les
différences de traitement du personnel scolaire vis à vis des filles et des garçons mais évidemment,
tous les professeurs n’étant pas pareils, ces cas ne sont pas vrais partout. Les filles peuvent avoir
tendance à se dévaloriser et se sous estimer du fait d’un grand manque de modèles fé[Link]
ont moins de femmes auxquelles s’identifier ce qui pourrait les décourager à s’engager vers une
poursuite d’études scientifiques. Cette faible représentativité des femmes dans les secteurs
scientifiques limite la capacité des jeunes filles à se projeter dans ces carrières. En effet, un tiers des
chercheurs dans le monde sont des femmes et celles-ci ne sont pas représentées dans les manuels
scolaires ou les médias. De nombreuses expériences ont été faites dans des écoles où on demandait
aux élèves de dessiner un scientifique sans le genré. La plupart des enfants ont dessiné un homme.
De plus, c’est peu courant pour une fille d’aimer les sciences, les professeurs sont donc surpris si
une fille s’investit et celles-ci ont peur de participer du fait des réactions qu’elles peuvent recevoir.
Depuis la réforme du lycée en France, le nombre de jeunes femmes qui s'orientent vers les filières
scientifiques a tendance à diminuer. Et ce, malgré les nombreuses actions menées dans les
établissements scolaires pour encourager les élèves à choisir ces domaines d'études. Selon une étude
de Global Contact en partenariat avec la CDEFI, on remarque une diminution de 6% de la
proportion de femmes parmi l’ensemble des diplômées des filières Sciences, technologie, ingénierie
et mathématiques entre 2013 et 2020 alors qu’en Europe, elle augmente de 19%.
En outre,le manque de représentations de femmes en écoles d’ingénieur est aussi dû à la place
qu’elles occupent lorsqu’elles parviennent à accéder à ces formations élitistes. Une grande majorité
d’étudiantes en ingénierie et numérique déclarent souffrir de stress, de manque de confiance en soi
et ne pas se sentir à l’aise du fait de l’ambiance et de sexisme en plus du fait qu’elles soient en
minorité. De surcroît si elles doivent prendre du temps pour essayer de changer les choses tout en
ayant la même dose de travail que les autres, cela devient très compliqué et chronophage. Comme le
dit, Juliette Tisseyre, ingénieure informatique, « Je suis payée pour développer des services
informatiques, pas pour promouvoir la diversité. »
D’autre part, au niveau informatique, on peut remarquer qu’il y beaucoup plus de garçons qui
jouent aux jeux vidéos mais ce n’est pas de leur faute tout a été construit et étiqueté comme des
activités de garçons. Avant les études, ils construisent donc souvent un bagage plus technologique
que celui des filles ainsi cela peut alimenter le sentiment de manque de légitimité auprès des filles.
Mais malgré ces barrières qu’est-ce qui est mis en place pour changer les choses ?
Tout d’abord, dès la petite enfance, il y a des tentatives pour faire changer les choses. Comme on a
pu le voir au tout début, l’éducation des enfants et comment on les traite influence ce manque
d’orientation des femmes. Ainsi en incitant les petites filles à la science dès le plus jeune âge, il
pourrait y avoir des évolutions. Offrir des petites voitures ou des kits de bricolage aux petites filles
c'est déjà initier à la science. Voir comment ça marche, comment ça se déroule, comment le monde
fonctionne permet la curiosité et le questionnement, des qualités scientifiques. Puis, plus tard, le fait
d’encourager les filles, qu’elles puissent se sentir soutenues dans leur choix quel qu’il soit même
scientifique, peut les orienter dans cette voie.
Ensuite, les écoles d’ingénieur tentent de se rendre plus attractives afin d’attirer les femmes. Elles
réalisent des interventions, faites par des femmes à destination d’autres femmes, dans des écoles
dès la 4ème afin de donner le temps aux élèves pour préparer leur orientation et afin de vulgariser
l’information sur ce qu’elles apprendront. Elles mettent en avant les carrières de femmes
méconnues et inspirantes afin notamment d’informer sur les nombreux métiers du domaine
scientifique, qui existent mais sont méconnus.
Enfin, les écoles d’ingénieur mettent aussi en place du mentorat, c’est à dire une relation d'aide, de
transfert de connaissances et d'expériences entre des professeurs ou des élèves en école à des jeunes
qui pourraient s’orienter dans ces filières. Ainsi, cela peut aider les jeunes filles à prendre
conscience de leurs compétences, à prendre confiance en elles et à les rendre plus autonome, pour
renforcer leur motivation scolaire et leur attrait aux sciences
Pour conclure, les filles vont moins en école d’ingénieur que les garçons du fait de leur socialisation
quelle soit primaire ou secondaire qui leur fait intégrer des normes et des valeurs différentes du fait
des nombreux stéréotypes toujours présent dans la société actuelle. Mais les écoles tentent de se
rendre plus attractives pour les filles en mettant plusieurs choses en place comme l’éducation dès le
plus jeune âge, le mentorat ou des interventions. Mais de nombreuses femmes se demandent si
répéter que les femmes ont des barrières ne les dessert pas plus que ne les aide à les supprimer
Article Culture mixte des classes et stratégies des filles de Claudine Baudoux et Albert Noircent
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