Lundi
Première Lecture (1R 21,1-16): En ce temps-là, Naboth, de la ville de Yizréel, possédait une
vigne à côté du palais d’Acab, roi de Samarie. Acab dit un jour à Naboth : « Cède-moi ta vigne
; elle me servira de jardin potager, car elle est juste à côté de ma maison ; je te donnerai en
échange une vigne meilleure, ou, si tu préfères, je te donnerai l’argent qu’elle vaut. » Naboth
répondit à Acab : « Que le Seigneur me préserve de te céder l’héritage de mes pères ! » Acab
retourna chez lui sombre et irrité, parce que Naboth lui avait dit : « Je ne te céderai pas l’héritage
de mes pères. » Il se coucha sur son lit, tourna son visage vers le mur, et refusa de manger.
Sa femme Jézabel vint lui dire : « Pourquoi es-tu de mauvaise humeur ? Pourquoi ne veux-tu
pas manger ? » Il répondit : « J’ai parlé à Naboth de Yizréel. Je lui ai dit : “Cède-moi ta vigne
pour de l’argent, ou, si tu préfères, pour une autre vigne en échange.” Mais il a répondu : “Je
ne te céderai pas ma vigne !” » Alors sa femme Jézabel lui dit : « Est-ce que tu es le roi d’Israël,
oui ou non ? Lève-toi, mange, et retrouve ta bonne humeur : moi, je vais te donner la vigne de
Naboth. » Elle écrivit des lettres au nom d’Acab, elle les scella du sceau royal, et elle les adressa
aux anciens et aux notables de la ville où habitait Naboth. Elle avait écrit dans ces lettres : «
Proclamez un jeûne, faites comparaître Naboth devant le peuple. Placez en face de lui deux
vauriens, qui témoigneront contre lui : “Tu as maudit Dieu et le roi !” Ensuite, faites-le sortir
de la ville, lapidez-le, et qu’il meure ! »
Les anciens et les notables qui habitaient la ville de Naboth firent ce que Jézabel avait ordonné
dans ses lettres. Ils proclamèrent un jeûne et firent comparaître Naboth devant le peuple. Alors
arrivèrent les deux individus qui se placèrent en face de lui et portèrent contre lui ce témoignage
: « Naboth a maudit Dieu et le roi. » On fit sortir Naboth de la ville, on le lapida, et il mourut.
Puis on envoya dire à Jézabel : « Naboth a été lapidé et il est mort. »
Lorsque Jézabel en fut informée, elle dit à Acab : « Va, prends possession de la vigne de ce
Naboth qui a refusé de la céder pour de l’argent, car il n’y a plus de Naboth : il est mort. »
Quand Acab apprit que Naboth était mort, il se rendit à la vigne de Naboth et en prit possession.
Psaume Responsorial: 5
R/. Comprends ma plainte, Seigneur.
Écoute mes paroles, Seigneur, comprends ma plainte ; entends ma voix qui t’appelle, ô mon
Roi et mon Dieu !
Tu n’es pas un Dieu ami du mal, chez toi, le méchant n’est pas reçu. Non, l’insensé ne tient pas
devant ton regard.
Tu détestes tous les malfaisants, tu extermines les menteurs ; l’homme de ruse et de sang, le
Seigneur le hait.
Verset avant l'Évangile (Ps 118,105): Alléluia. Alléluia. Ta parole est la lumière de mes pas,
la lampe de ma route. Alléluia.
Texte de l'Évangile (Mt 5,38-42): «Vous avez appris qu'il a été dit: Oeil pour oeil, dent pour
dent. Eh bien moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant; mais si quelqu'un te gifle sur la
joue droite, tends-lui encore l'autre. Et si quelqu'un veut te faire un procès et prendre ta tunique,
laisse-lui encore ton manteau. Et si quelqu'un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux
mille avec lui. Donne à qui te demande; ne te détourne pas de celui qui veut t'emprunter».
«Je vous dis de ne pas riposter au méchant »
Abbé Joaquim MESEGUER
García (Rubí, Barcelona,
Espagne)
Aujourd'hui, Jésus nous enseigne que l'on dépasse la haine avec le pardon. La loi du talion était
à l'époque une mesure de progrès car elle limitait le droit à la vengeance à une proportion
équilibrée: on ne pouvait faire au prochain que ce qu'il nous avait fait, sinon on était coupable
d'injustice, voilà ce que signifie l'aphorisme de la loi du talion. Il s'agit d'un progrès quoique
limité, puisque le Christ dans l'Évangile affirme le besoin de surmonter ce désir de vengeance
avec l'amour, ainsi l'a-t-il exprimé Lui-même sur la croix lorsqu'Il a intercédé pour ses
bourreaux: «Père, pardonne-leur: ils ne savent pas ce qu'ils font» (Lc 23,34).
Néanmoins, le pardon doit être accompagné de la vérité. Nous ne devons pas pardonner
uniquement parce que nous sommes incompétents et complexés. Souvent les gens confondent
l'expression “tendre l'autre joue” avec l'abandon de nos droits légitimes. Ce n'est pas cela.
“Tendre l'autre joue” signifie dénoncer et interpeller celui qui a commis l'injustice avec un
geste ou une action pacifique mais ferme, comme en disant: «Tu m'as frappé sur la joue, est-ce
que tu veux aussi me frapper sur l'autre ? Est-ce que ce que tu fais te semble correct?», Jésus a
répondu avec calme et sérénité au serviteur insolent du grand prêtre: «Si j'ai mal parlé, montre
ce que j'ai dit de mal; mais si j'ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu?» (Jn 18,23).
Nous voyons donc quelle doit être la conduite du chrétien: ne jamais chercher la vengeance,
mais rester ferme, être ouvert au pardon et dire les choses clairement. Certes ce n'est pas un
talent très facile, mais c'est le seul moyen de mettre une halte à la violence et mettre en évidence
la grâce divine face à un monde qui bien souvent manque de grâce. Saint Basile nous conseil
de prendre garde car: «La différence de conduite vous attire à vous et à votre adversaire des
noms différents. Dans l'esprit de tout le monde, lui est un homme porté à injurier, vous, une
âme grande; lui, un homme violent et emporté, vous, un homme doux et paisible. Il se repentira
de ses discours, vous, vous ne vous repentirez jamais de votre vertu».
Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui
• « Que les chrétiens comprennent que dans ce genre de blessure qui cherche à être
réparée par la punition, les chrétiens observeront une telle modération qu’une fois la
blessure reçue, la haine ne surviendra pas » (Saint Augustin)
• « Jésus nous parle aussi dans l’Evangile de la sainteté, et nous explique la nouvelle loi,
la sienne. Nous seulement le mal qui nous a été fait ne doit pas être rendu à l’autre, mais
nous devons nous efforcer de faire le bien généreusement » (François)
• « Le respect de la personne humaine passe par le respect du principe : "Que chacun
considère son prochain, sans aucune exception comme un ‘autre lui-même’. Qu’il
tienne compte avant tout de son existence et des moyens qui lui sont nécessaires pour
vivre dignement" (Concile Vatican II) […] » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, n°
1.931)
Mardi
Première Lecture (1R 21,17-29): Après la mort de Naboth, la parole du Seigneur fut adressée
au prophète Élie de Tishbé : « Lève-toi, va trouver Acab, qui règne sur Israël à Samarie. Il est
en ce moment dans la vigne de Naboth, où il s’est rendu pour en prendre possession. Tu lui
diras : “Ainsi parle le Seigneur : Tu as commis un meurtre, et maintenant tu prends possession.
C’est pourquoi, ainsi parle le Seigneur : À l’endroit même où les chiens ont lapé le sang de
Naboth, les chiens laperont ton sang à toi aussi.” » Acab dit à Élie : « Tu m’as donc retrouvé,
toi, mon ennemi ! » Élie répondit : « Oui, je t’ai retrouvé. Puisque tu t’es déshonoré en faisant
ce qui est mal aux yeux du Seigneur, je vais faire venir sur toi le malheur : je supprimerai ta
descendance, j’exterminerai tous les mâles de ta maison, esclaves ou hommes libres en Israël.
Je ferai à ta maison ce que j’ai fait à celle de Jéroboam, fils de Nebath, et à celle de Baasa, fils
d’Ahias, tes prédécesseurs, car tu as provoqué ma colère et fait pécher Israël. Et le Seigneur a
encore cette parole contre Jézabel : “Les chiens dévoreront Jézabel sous les murs de la ville de
Yizréel !” Celui de la maison d’Acab qui mourra dans la ville sera dévoré par les chiens ; celui
qui mourra dans la campagne sera dévoré par les oiseaux du ciel. »
On n’a jamais vu personne se déshonorer comme Acab en faisant comme lui ce qui est mal aux
yeux du Seigneur, sous l’influence de sa femme Jézabel. Il s’est conduit d’une manière
abominable en s’attachant aux idoles, comme faisaient les Amorites que le Seigneur avait
chassés devant les Israélites. Quand Acab entendit les paroles prononcées par Élie, il déchira
ses habits, se couvrit le corps d’une toile à sac – un vêtement de pénitence – ; et il jeûnait, il
gardait la toile à sac pour dormir, et il marchait lentement. Alors la parole du Seigneur fut
adressée à Élie : « Tu vois comment Acab s’est humilié devant moi ! Puisqu’il s’est humilié
devant moi, je ne ferai pas venir le malheur de son vivant ; c’est sous le règne de son fils que
je ferai venir le malheur sur sa maison. »
Psaume Responsorial: 50
R/. Pitié, Seigneur, car nous avons péché !
Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute, purifie-moi de mon offense.
Oui, je connais mon péché, ma faute est toujours devant moi. Contre toi, et toi seul, j’ai péché,
ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait.
Détourne ta face de mes fautes, enlève tous mes péchés. Libère-moi du sang versé, Dieu, mon
Dieu sauveur, et ma langue acclamera ta justice.
Verset avant l'Évangile (Jn 13,34): Alléluia. Alléluia. Je vous donne un commandement
nouveau, dit le Seigneur : « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés. » Alléluia.
Texte de l'Évangile (Mt 5,43-48): «Vous avez appris qu'il a été dit: ‘Tu aimeras ton prochain
et tu haïras ton ennemi’. Eh bien moi, je vous dis: Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui
vous persécutent, afin d'être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux; car il fait
lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les
injustes. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous? Les publicains
eux-mêmes n'en font-ils pas autant? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous
d'extraordinaire? Les païens eux-mêmes n'en font-ils pas autant? Vous donc, soyez parfaits
comme votre Père céleste est parfait».
«Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait»
Abbé Iñaki BALLBÉ i Turu (Terrassa, Barcelona, Espagne)
Aujourd'hui, Jésus nous invite à aimer. Aimer sans mesure, car c'est vraiment la compassion la
mesure de l'amour vrai. Dieu est Amour, «Il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons
et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes» (Mt 5,45). Et l'homme, étincelle de Dieu,
doit lutter afin de Lui ressembler de plus en plus chaque jour «afin d'être vraiment les fils de
votre Père céleste». Où trouvons-nous le visage du Christ? C'est dans notre prochain, celui qui
est le plus près de nous. C'est très facile d'éprouver de la compassion pour les enfants affligés
par la famine en Ethiopie, quand on voit ça à la télé, ou pour les immigrés qui arrivent chaque
jour sur nos côtes. Mais, à la maison? Et nos collègues dans notre travail? Et cette parente
éloignée qui habite seule et que nous pourrions visiter pour lui tenir compagnie un moment?
Comment agissons-nous envers les autres? Comment les aimons-nous? Comment leur rendons-
nous service chaque jour?
C'est très facile d'aimer quelqu'un qui nous aime. Mais le Seigneur nous invite à aller au-delà,
parce que «Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous» (Mt 5,46).
Aimer nos ennemis! Aimer ceux qui nous savons, pertinemment, ne nous rendront jamais
l'affection, ni le sourire, ni un service. Simplement parce qu'ils nous ignorent. Le chrétien, tout
chrétien, ne devrait pas aimer de manière “intéressée”, il ne doit pas juste donner un morceau
de pain ou l'aumône à celui qui attend au feu rouge. Le chrétien doit se donner lui-même. Le
Seigneur mourant sur la croix pardonne à ceux qui le crucifient. Sans reproche, sans plainte,
sans un mauvais geste…
Aimer sans attendre rien en retour. Au moment d'aimer nous devons ranger nos calculettes. La
perfection c'est d'aimer sans mesure. Nous avons la perfection entre nos mains au milieu du
monde dans lequel nous vivons, au milieu de nos occupations quotidiennes. En faisant ce que
nous devons faire à chaque moment et non ce que nous avons envie de faire. La Mère de Dieu,
aux noces de Cana, se rend compte que les invités n'ont plus de vin. Et elle s'avance. Et elle
demande au Seigneur de faire le miracle. Nous aussi, demandons-lui, le miracle de savoir Le
découvrir à travers les besoins des autres.
Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui
• « L’amour se suffit à lui-même ; il n’a pas besoin d’un autre motif en dehors de lui-
même, ni d’aucun profit ; son fruit consiste dans sa pratique même : “j’aime parce que
j’aime” » (Saint Bernard)
• « Pourquoi Jésus demande-t-il d’aimer ses ennemis, c’est-à-dire un amour qui dépasse
les capacités humaines ? Parce qu’il tient compte du fait que dans le monde il y a trop
de violence, trop d’injustice et, par conséquent, cette situation ne peut être surmontée
qu’en opposant un plus grand amour » (Benoît XVI)
• « L’appel à la plénitude de la vie chrétienne et à la perfection de la charité s’adresse à
tous ceux qui croient au Christ, quels que soient leur rang et leur état. Tous sont appelés
à la sainteté : "Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait" (Mt 5,48) »
(Catéchisme de l’Eglise Catholique, n° 2.013)
Mercredi
Première Lecture (2R 2,1.6-14): Voici comment le Seigneur enleva Élie au ciel dans un
ouragan. Ce jour-là, Élie et Élisée étaient partis de Guilgal. Arrivés à Jéricho, Élie dit à Élisée
: « Arrête-toi ici ; et moi, le Seigneur m’envoie au Jourdain. » Mais Élisée répliqua : « Par le
Seigneur qui est vivant, et par ta vie, je ne te quitterai pas. » Ils continuèrent donc tous les deux.
Cinquante frères-prophètes, qui les avaient suivis, s’arrêtèrent à distance, pendant que tous
deux se tenaient au bord du Jourdain. Élie prit son manteau, le roula et en frappa les eaux, qui
s’écartèrent de part et d’autre. Ils traversèrent tous deux à pied sec.
Pendant qu’ils passaient, Élie dit à Élisée : « Dis-moi ce que tu veux que je fasse pour toi avant
d’être enlevé loin de toi. » Élisée répondit : « Que je reçoive une double part de l’esprit que tu
as reçu ! » Élie reprit : « Tu demandes quelque chose de difficile : tu l’obtiendras si tu me vois
lorsque je serai enlevé loin de toi. Sinon, tu ne l’obtiendras pas. » Ils étaient en train de marcher
tout en parlant lorsqu’un char de feu, avec des chevaux de feu, les sépara. Alors, Élie monta au
ciel dans un ouragan. Élisée le vit et se mit à crier : « Mon père !…Mon père !… Char d’Israël
et ses cavaliers ! » Puis il cessa de le voir. Il saisit ses vêtements et les déchira en deux. Il
ramassa le manteau qu’Élie avait laissé tomber, il revint et s’arrêta sur la rive du Jourdain.
Avec le manteau d’Élie, il frappa les eaux, mais elles ne s’écartèrent pas. Élisée dit alors : «
Où est donc le Seigneur, le Dieu d’Élie ? » Il frappa encore une fois, les eaux s’écartèrent, et il
traversa.
Psaume Responsorial: 30
R/. Soyez forts, prenez courage, vous tous qui espérez le Seigneur !
Qu’ils sont grands, tes bienfaits ! Tu les réserves à ceux qui te craignent. Tu combles, à la face
du monde, ceux qui ont en toi leur refuge.
Tu les caches au plus secret de ta face, loin des intrigues des hommes. Tu leur réserves un lieu
sûr, loin des langues méchantes.
Aimez le Seigneur, vous, ses fidèles : le Seigneur veille sur les siens ; mais il rétribue avec
rigueur qui se montre arrogant.
Verset avant l'Évangile (Jn 14,23): Alléluia. Alléluia. Si quelqu’un m’aime, il gardera ma
parole, dit le Seigneur ; mon Père l’aimera, et nous viendrons vers lui. Alléluia.
Texte de l'Évangile (Mt 6,1-6.16-18): «Si vous voulez vivre comme des justes, évitez
d'agir devant les hommes pour vous faire remarquer. Autrement, il n'y a pas de récompense
pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux. Ainsi, quand tu fais l'aumône, ne fais pas
sonner de la trompette devant toi, comme ceux qui se donnent en spectacle dans les synagogues
et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare: ceux-
là ont touché leur récompense. Mais toi, quand tu fais l'aumône, que ta main gauche ignore ce
que donne ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret; ton Père voit ce que tu fais
dans le secret: il te le revaudra.
»Et quand vous priez, ne soyez pas comme ceux qui se donnent en spectacle: quand ils font
leurs prières, ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et les carrefours pour bien se
montrer aux hommes. Amen, je vous le déclare: ceux-là ont touché leur récompense. Mais toi,
quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent
dans le secret; ton Père voit ce que tu fais dans le secret: il te le revaudra.
»Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme ceux qui se donnent en spectacle:
ils se composent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu'ils jeûnent. Amen, je vous
le déclare: ceux-là ont touché leur récompense. Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête
et lave-toi le visage; ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton
Père qui est présent dans le secret; ton Père voit ce que tu fais dans le: il te le revaudra».
«Si vous voulez vivre comme des justes, évitez d'agir devant les hommes pour vous faire
remarquer»
Abbé Antoni CAROL i Hostench (Sant Cugat del
Vallès, Barcelona, Espagne)
Aujourd'hui, Jésus nous invite à agir pour la gloire de Dieu, à avoir comme objectif de plaire à
notre Père céleste car c'est pour cela même que nous avons été créés. Ainsi l'affirme le
Catéchisme de l'Église: «Dieu a tout créé pour l'homme, mais l'homme fut créé pour servir et
aimer Dieu et pour lui offrir toute la création». Voilà le sens et honneur de notre vie: faire
plaisir au Père céleste, plaire à Dieu. C'est ce témoignage que le Christ nous a laissé. Pourvu
que le Père céleste puisse donner sur nous le même témoignage qu'il a donné sur son Fils au
moment du baptême: «Celui-ci est mon Fils bien-aimé; en lui j'ai mis tout mon amour» (Mt
3,17).
Le manque de droiture d'intention serait spécialement grave et ridicule s'il venait à être présent
dans nos actions telles que la prière, le jeûne et l'aumône, puisque ce sont des gestes de pitié et
de charité, c'est-à-dire, des actes qui —per se— sont propres à la vertu de la religion ou d'actes
qui se réalisent par amour de Dieu.
Par conséquent, «Si vous voulez vivre comme des justes, évitez d'agir devant les hommes pour
vous faire remarquer. Autrement, il n'y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père
qui est aux cieux» (Mt 6,1).Comment pourrions nous plaire à Dieu si ce que nous voulons c'est
être vus —avant tout— par les hommes? Ce n'est pas qu'il faille se cacher des hommes afin
que personne ne nous voie, mais il s'agit surtout de diriger nos bonnes œuvres directement et
en premier lieu à Dieu. Cela ne fait rien et ce n'est pas grave si les autres nous voient, au
contraire, nous pouvons les édifier par le témoignage cohérent de notre action.
Mais ce qui est important —et très important— c'est que nous puissions voir Dieu derrière nos
actions. Et, par conséquent, nous devons «examiner avec beaucoup d'attention notre intention
dans tout ce que nous entreprenons, et ne pas chercher notre propre intérêt si nous voulons
servir le Seigneur» (Saint Grégoire Magne).
Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui
« Si un petit feu d'amour divin est déjà allumé en toi, ne le montre pas tout de suite, ne l'expose
pas aux quatre vents ; garde bien fermée la porte du four, pour ne pas laisser perdre la chaleur
» (Saint Charles Borromée)
« Toute expression de pénitence n’a de valeur aux yeux de Dieu que si elle provient d’un cœur
sincèrement repenti. La véritable « récompense » n’est pas de gagner l’admiration d’autrui
mais bien l’amitié de Dieu » (Benoît XVI)
« Le Christ Jésus a toujours fait ce qui plaisait au Père. Il a toujours vécu en parfaite communion
avec Lui. De même ses disciples sont-ils invités à vivre sous le regard du Père "qui voit dans
le secret" (cf. Mt 6) pour devenir "parfaits comme le Père céleste est parfait" (Mt 5, 47) »
(Catéchisme de l’Eglise Catholique, n° 1.693
Jeudi
Première Lecture (Si 48,1-15): Le prophète Élie surgit comme un feu, sa parole brûlait comme
une torche. Il fit venir la famine sur Israël, et, dans son ardeur, les réduisit à un petit nombre.
Par la parole du Seigneur, il retint les eaux du ciel, et à trois reprises il en fit descendre le feu.
Comme tu étais redoutable, Élie, dans tes prodiges ! Qui pourrait se glorifier d’être ton égal ?
Toi qui as réveillé un mort et, par la parole du Très-Haut, l’as fait revenir du séjour des morts
; toi qui as précipité des rois vers leur perte, et jeté à bas de leur lit de glorieux personnages ;
toi qui as entendu au Sinaï des reproches, au mont Horeb des décrets de châtiment ; toi qui as
donné l’onction à des rois pour exercer la vengeance, et à des prophètes pour prendre ta
succession ; toi qui fus enlevé dans un tourbillon de feu par un char aux coursiers de feu ; toi
qui fus préparé pour la fin des temps, ainsi qu’il est écrit, afin d’apaiser la colère avant qu’elle
n’éclate, afin de ramener le cœur des pères vers les fils et de rétablir les tribus de Jacob…
heureux ceux qui te verront, heureux ceux qui, dans l’amour, se seront endormis ; nous aussi,
nous posséderons la vraie vie. Quand Élie fut enveloppé dans le tourbillon, Élisée fut rempli
de son esprit, et pendant toute sa vie aucun prince ne l’a intimidé, personne n’a pu le faire
fléchir. Rien ne lui résista, et, jusque dans la tombe, son corps manifesta son pouvoir de
prophète. Pendant sa vie, il a fait des prodiges ; après sa mort, des œuvres merveilleuses.
Psaume Responsorial : 96
R/. Que le Seigneur soit votre joie, hommes justes !
Le Seigneur est roi ! Exulte la terre ! Joie pour les îles sans nombre ! Ténèbre et nuée
l’entourent, justice et droit sont l’appui de son trône.
Devant lui s’avance un feu qui consume alentour ses ennemis. Quand ses éclairs illuminèrent
le monde, la terre le vit et s’affola.
Les montagnes fondaient comme cire devant le Seigneur, devant le Maître de toute la terre. Les
cieux ont proclamé sa justice, et tous les peuples ont vu sa gloire.
Honte aux serviteurs d’idoles qui se vantent de vanités ! À genoux devant lui, tous les dieux !
Haïssez le mal, vous qui aimez le Seigneur, car il garde la vie de ses fidèles.
Verset avant l'Évangile (Rm 8,15): Alléluia. Alléluia. Vous avez reçu un Esprit qui fait de vous
des fils ; c’est en lui que nous crions « Abba », Père. Alléluia.
Texte de l'Évangile (Mt 6,7-15): «Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens:
ils s'imaginent qu'à force de paroles ils seront exaucés. Ne les imitez donc pas, car votre Père
sait de quoi vous avez besoin avant même que vous l'ayez demandé.
»Vous donc, priez ainsi: ‘Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié. Que ton
règne vienne; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd'hui notre
pain de ce jour. Remets-nous nos dettes, comme nous les avons remises nous-mêmes à ceux
qui nous devaient. Et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du Mal’. Car, si
vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si
vous ne pardonnez pas aux hommes, à vous non plus votre Père ne pardonnera pas vos fautes».
«Votre Père sait ce dont vous avez besoin avant que vous lui demandiez»
Abbé Emili MARLÉS i Romeu (Sant Cugat del Vallès,
Barcelona, Espagne)
Aujourd'hui, le Seigneur veut nous aider à grandir dans un thème central de notre vie chrétienne
: la prière. Il nous avertit de ne pas prier comme les païens qui essaient de convaincre Dieu sur
ce qu'ils veulent. Très souvent nous essayons d'obtenir ce que nous voulons en insistant et
devenons "lourds" avec Dieu, en croyant que nous parviendrons à nous faire écouter avec notre
verbiage. Le Seigneur nous rappelle que le Père veille constamment sur notre vie et qu' à tout
moment, Il sait ce dont nous avons besoin avant que nous lui demandions (cf. Mt 6,8). Est-ce
que nous vivons en ayant cette confiance ? Ai-je conscience que le Père me lave les pieds
continuellement et qu'Il sait mieux que personne ce dont j'ai besoin à chaque instant (pour les
grandes choses et les petites) ?
Jésus nous ouvre un nouvel horizon de prière : la prière de ceux qui s'adressent à Dieu avec la
conscience des enfants. Le type de relation que j'ai avec une personne détermine de quelle
manière je lui demande les choses, et aussi ce que je peux attendre d'elle. D'un père, et en
particulier du Père céleste, je peux tout attendre et je sais qu'Il prend soin de ma vie. C'est pour
cela que Jésus, qui vit toujours comme un fils authentique, nous dit "ne vous préoccupez pas
pour votre vie : sur ce que vous allez manger" (Mt 6,25). Ai-je vraiment conscience d'être un
fils ? Est-ce que je m'adresse à Dieu avec la même familiarité que je le fais avec mon père ou
ma mère ?
Ensuite, Jésus nous ouvre son cœur, et il nous montre quelle est sa relation/prière avec le Père
pour que nous la fassions nôtre également. Avec la prière du "Notre Père" Jésus nous apprend
à vivre comme des enfants. Saint Cyprien a fait un commentaire connu sur le "Notre Père",
dans lequel il nous dit : "Nous devons nous souvenir et savoir que, lorsque nous appelons Dieu
"Père", nous devons agir comme ses enfants, pour lui plaire, comme cela nous plait de l'avoir
comme Père".
Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui
« S’il dit qu’il exaucera ce que nous demandons au Père en son nom, notre prière au nom de
Jésus ne sera-t-elle pas d’autant plus efficace que nous la ferons avec ses propres mots ? »
(Saint Cyprien)
« Les disciples, séduits par la personne de Jésus en prière, lui demandent de leur enseigner la
façon de prier : le « Notre Père » est la réponse. C’est une prière concentrée en sept demandes,
remplie de sens théologique qui contraste avec le bavardage et le verbiage » (Benoît XVI)
« "L’Oraison dominicale est vraiment le résumé de tout l’Evangile" (Tertullien). Quand le
Seigneur nous eut légué cette formule de prière, il ajouta : ‘Demandez et vous recevrez’ (Lc
11,9). Chacun peut donc adresser au ciel diverses prières selon ses besoins, mais en
commençant toujours par la Prière du Seigneur qui demeure la prière fondamentale »
(Catéchisme de l’Eglise Catholique, n° 2.761)
Autres commentaires
«Si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi»
Abbé Joan
MARQUÉS i Suriñach
(Vilamarí, Girona, Espagne)
Aujourd'hui, Jésus nous propose un idéal grand et difficile: le pardon des offenses. Et Il fixe
une mesure très raisonnable: la nôtre. «Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre
Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, à vous non
plus votre Père ne pardonnera pas vos fautes» (Mt 6,14-15). Ailleurs, Il indique la règle d'or de
la sociabilité humaine: «Faites aux autres ce que vous voudriez qu’on fasse pour vous» (Mt
7,12).
Nous voulons que Dieu nous pardonne et les autres aussi; mais à nous, le pardon nous coûte.
Il est difficile de demander pardon; mais pardonner coûte encore davantage. Si nous étions
vraiment humbles, ce ne serait pas si difficile; mais l'orgueil rend les choses pénibles. Nous
pouvons établir l'équation suivante: plus grande est l'humilité, plus grande la facilité; plus
l'orgueil est grand, plus grande la difficulté. Voilà une piste pour connaître ton degré d'humilité.
À la fin de la guerre d'Espagne (1939), des prêtres libérés de captivité célébrèrent une messe
d'action de grâce dans l'église d'Els Omells. Après les paroles du Notre Père «Pardonne-nous
nos offenses», le célébrant s'arrêta, il ne pouvait continuer. Il ne se sentait pas le courage de
pardonner à ceux qui, ici même, dans ce camps de travaux forcés, l'avait fait tant souffrir.
Quelques instants passèrent dans un silence qu’on aurait pu couper au couteau. Puis il reprit le
fil de la prière: «comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés». Ensuite, ils se
demandèrent entre eux quelle avait été la meilleure homélie. Tous tombèrent d'accord: celle du
silence du célébrant quand il priait le Notre Père. Ça coûte, mais c’est possible avec l'aide de
Dieu.
En plus, le pardon que Dieu nous octroie est total, il va jusqu'à l'oubli. Nous oublions bien vite
les faveurs qu'on nous a faites, mais les offenses... Si les couples savaient les oublier, bien des
drames familiaux seraient évités ou résolus.
Que la Mère de la miséricorde nous aide à comprendre les autres et à leur pardonner avec
générosité.
Vendredi
Première Lecture (1R 11,1-4.9-18.20): En ces jours-là, lorsque Athalie, mère d’Ocozias, apprit
que son fils était mort, elle entreprit de faire périr toute la descendance royale. Mais Josabeth,
fille du roi Joram et sœur d’Ocozias, prit Joas, un des fils du roi Ocozias, pour le soustraire au
massacre. Elle le cacha, lui et sa nourrice, dans une chambre de la maison du Seigneur, pour le
dissimuler aux regards d’Athalie ; c’est ainsi qu’il évita la mort. Il demeura avec Josabeth
pendant six ans, caché dans la maison du Seigneur, tandis qu’Athalie régnait sur le pays.
Au bout de sept ans, le prêtre Joad envoya chercher les officiers des mercenaires et des gardes,
et les fit venir près de lui dans la maison du Seigneur. Il conclut une alliance avec eux, leur fit
prêter serment dans la maison du Seigneur, et leur montra le fils du roi. Les officiers exécutèrent
tous les ordres du prêtre Joad. Chacun prit ses hommes, ceux qui entraient en service le jour du
sabbat, et ceux qui en sortaient ce jour-là, et tous rejoignirent le prêtre Joad. Celui-ci leur remit
les lances et les carquois du roi David, qui étaient conservés dans la maison du Seigneur. Les
gardes se postèrent, les armes à la main, devant l’autel, du côté sud et du côté nord de la Maison,
afin d’entourer le futur roi. Alors Joad fit avancer le fils du roi, lui remit le diadème et la charte
de l’Alliance, et on le fit roi. On lui donna l’onction, on l’acclama en battant des mains et en
criant : « Vive le roi ! »
Athalie entendit cette clameur des gardes et du peuple, et elle accourut vers le peuple à la
maison du Seigneur. Et voilà ce qu’elle vit : le roi debout sur l’estrade, selon le rituel ; auprès
de lui les officiers et les trompettes, et tout le peuple du pays criant sa joie tandis que les
trompettes sonnaient. Alors, elle déchira ses vêtements et s’écria : « Trahison ! Trahison ! » Le
prêtre Joad donna cet ordre aux officiers : « Faites-la sortir de la Maison, à travers vos rangs.
Si quelqu’un veut la suivre, frappez-le par l’épée. » En effet, le prêtre Joad avait interdit de la
mettre à mort dans la maison du Seigneur. On mit la main sur elle, et elle arriva au palais par
la porte des Chevaux. C’est là qu’elle fut mise à mort.
Joad conclut une alliance entre le Seigneur, le roi et le peuple, pour que le peuple soit le peuple
du Seigneur ; il conclut l’alliance entre le roi et le peuple. Alors, tous les gens du pays entrèrent
dans le temple de Baal et le démolirent. Ils mirent en pièces ses autels et ses statues et, devant
les autels, ils tuèrent Matane, prêtre de Baal. Le prêtre Joad posta ensuite des gardes devant la
maison du Seigneur. Tous les gens du pays étaient dans la joie, et la ville retrouva le calme.
Quant à Athalie, on l’avait mise à mort par l’épée dans la maison du roi.
Psaume Responsorial: 131
R/. Le Seigneur a fait choix de Sion ; elle est le séjour qu’il désire.
Le Seigneur l’a juré à David, et jamais il ne reprendra sa parole : « C’est un homme issu de toi
que je placerai sur ton trône.
« Si tes fils gardent mon alliance, les volontés que je leur fais connaître, leurs fils, eux aussi, à
tout jamais, siégeront sur le trône dressé pour toi. »
Car le Seigneur a fait choix de Sion ; elle est le séjour qu’il désire : « Voilà mon repos à tout
jamais, c’est le séjour que j’avais désiré.
« Là, je ferai germer la force de David ; pour mon messie, j’ai allumé une lampe. Je vêtirai ses
ennemis de honte, mais, sur lui, la couronne fleurira. »
Verset avant l'Évangile (Mt 5,3): Alléluia. Alléluia. Heureux les pauvres de cœur, car le
royaume des Cieux est à eux ! Alléluia.
Texte de l'Évangile (Mt 6,19-23): «Ne vous faites pas de trésors sur la terre, là où les mites
et la rouille les dévorent, où les voleurs percent les murs pour voler. Mais faites-vous des trésors
dans le ciel, là où les mites et la rouille ne dévorent pas, où les voleurs ne percent pas les murs
pour voler. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur.
»La lampe du corps, c'est l'oeil. Donc, si ton oeil est vraiment clair, ton corps tout entier sera
dans la lumière; mais si ton oeil est mauvais, ton corps tout entier sera plongé dans les ténèbres.
Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, quelles ténèbres y aura-t-il!».
«Faites-vous des trésors dans le ciel, là où les mites et la rouille ne dévorent pas, où les voleurs
ne percent pas les murs pour voler»
Abbé Lluís RAVENTÓS i Artés
(Tarragona, Espagne)
Aujourd'hui, le Seigneur nous dit que «la lampe du corps, c'est l'œil» (Mt 6,22). Saint-Thomas
interprète qu'en parlant de l'œil, Jésus se réfère à l'intention de l'homme. Lorsque son intention
est droite, lucide, dirigée vers Dieu, toutes nos actions sont brillantes et resplendissante ; par
contre lorsque l'intention n'est pas droite, « qu'elles ténèbres y aura-t-il!» (cf. Mt 6, 23).
Notre intention peut manquer de droiture par malice, par méchanceté, mais normalement c'est
par manque de sagesse. Nous vivons comme si nous étions venu au monde pour accumuler les
richesses et nous ne pensons à rien d'autre. Gagner de l'argent, acheter, jeter, avoir. Nous
voulons susciter l'admiration des autres, ou peut-être l'envie. Nous trompons, souffrons, nous
nous chargeons de préoccupations et de déceptions et nous ne trouvons pas le bonheur que nous
cherchons. Jésus nous fait cette offre: «Mais faites-vous des trésors dans le ciel, là où les mites
et la rouille ne dévorent pas, où les voleurs ne percent pas les murs pour voler» (Mt 6, 20). Le
ciel est le grenier des bonnes actions qui constituent un trésor pour toujours.
Soyons sincères avec nous-mêmes, en quoi employons-nous nos efforts, qu'est-ce qui nous
motive? Certainement, le propre d'un bon chrétien est d'étudier et de travailler honnêtement
pour se faire une place dans ce monde, pour élever dignement la famille, assurer le futur des
siens et la tranquillité de sa vieillesse, travailler aussi pour aider les autres… Oui, tout ceci est
propre d'un bon chrétien. Mais si ce que tu cherches est d'avoir chaque fois plus, plaçant ainsi
le cœur dans ces richesse, oubliant les bonnes actions, oubliant que nous sommes de passage
en ce monde, que notre vie est une ombre qui passe, n'est-il pas vrai alors que nous avons l'œil
plongé dans les ténèbres? Et si le sens commun s'embrouille «quelles ténèbres y aura-t-il!» (Mt
6, 23).
Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui
« Quand tu commences à détester ce que tu as fait, alors commencent tes bonnes œuvres car tu
reconnais les mauvaises » (Saint Augustin)
« Jésus invite à utiliser les choses sans égoïsme, sans soif de possession ou de domination, mais
selon la logique de Dieu, la logique de l’attention aux autres, la logique de l’amour » (Benoît
XVI)
« La confession des péchés (l’aveu), même d’un point de vue simplement humain, nous libère
et facilite notre réconciliation avec les autres. Par l’aveu, l’homme regarde en face les péchés
dont il s’est rendu coupable ; il en assume la responsabilité et par là, il s’ouvre de nouveau à
Dieu et à la communion de l’Église afin de rendre possible un nouvel avenir » (Catéchisme de
l’Eglise Catholique, n° 1.455)
Samedi
Première Lecture (2Ch 24,17-25): Après la mort de Joad, les princes de Juda vinrent se
prosterner devant le roi Joas, et alors le roi les écouta. Les gens abandonnèrent la maison du
Seigneur, Dieu de leurs pères, pour servir les poteaux sacrés et les idoles. À cause de cette
infidélité, la colère de Dieu s’abattit sur Juda et sur Jérusalem. Pour les ramener à lui, Dieu
envoya chez eux des prophètes. Ceux-ci transmirent le message, mais personne ne les écouta.
Dieu revêtit de son esprit Zacharie, le fils du prêtre Joad. Zacharie se présenta devant le peuple
et lui dit : « Ainsi parle Dieu : Pourquoi transgressez-vous les commandements du Seigneur ?
Cela fera votre malheur : puisque vous avez abandonné le Seigneur, le Seigneur vous
abandonne. » Ils s’ameutèrent alors contre lui et, par commandement du roi, le lapidèrent sur
le parvis de la maison du Seigneur.
Le roi Joas, en faisant mourir Zacharie, fils de Joad, oubliait la fidélité que Joad lui avait
témoignée. Zacharie s’était écrié en mourant : « Que le Seigneur le voie, et qu’il fasse justice !
» Or, à la fin de l’année, l’armée d’Aram monta contre le roi Joas et arriva en Juda et à
Jérusalem. Ses hommes massacrèrent tous les princes du peuple et envoyèrent tout le butin au
roi de Damas. L’armée d’Aram ne comptait qu’un petit nombre d’hommes, et pourtant le
Seigneur leur livra une armée très importante, parce que les gens de Juda avaient abandonné le
Seigneur, Dieu de leurs pères ; et Joas reçut le châtiment qu’il méritait. Lorsque les Araméens
partirent, le laissant dans de grandes souffrances, ses serviteurs complotèrent contre lui parce
qu’il avait répandu le sang du fils du prêtre Joad, et ils le tuèrent sur son lit. Il mourut, et on
l’ensevelit dans la Cité de David, mais non pas dans les tombeaux des rois.
Psaume Responsorial: 88
R/. Sans fin, je lui garderai mon amour.
« Avec mon élu, j’ai fait une alliance, j’ai juré à David, mon serviteur : J’établirai ta dynastie
pour toujours, je te bâtis un trône pour la suite des âges. »
« Sans fin je lui garderai mon amour, mon alliance avec lui sera fidèle ; je fonderai sa dynastie
pour toujours, son trône aussi durable que les cieux.
« Si ses fils abandonnent ma loi et ne suivent pas mes volontés, s’ils osent violer mes préceptes
et ne gardent pas mes commandements.
« Je punirai leur faute en les frappant. et je châtierai leur révolte, mais sans lui retirer mon
amour, ni démentir ma fidélité. »
Verset avant l'Évangile (2Co 8,9): Alléluia. Jésus Christ s’est fait pauvre, lui qui était riche,
pour que vous deveniez riches par sa pauvreté. Alléluia.
Texte de l'Évangile (Mt 6,24-34): «Aucun homme ne peut servir deux maîtres: ou bien il
détestera l'un et aimera l'autre, ou bien il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez
pas servir à la fois Dieu et l'Argent. C'est pourquoi je vous dis: Ne vous faites pas tant de souci
pour votre vie, au sujet de la nourriture, ni pour votre corps, au sujet des vêtements. La vie ne
vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que les vêtements? Regardez les oiseaux
du ciel: ils ne font ni semailles ni moisson, ils ne font pas de réserves dans des greniers, et votre
Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux? D'ailleurs, qui d'entre vous,
à force de souci, peut prolonger tant soit peu son existence?
Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci? Observez comment poussent les lis
des champs: ils ne travaillent pas, ils ne filent pas. Or je vous dis que Salomon lui-même, dans
toute sa gloire, n'était pas habillé comme l'un d'eux. Si Dieu habille ainsi l'herbe des champs,
qui est là aujourd'hui, et qui demain sera jetée au feu, ne fera-t-il pas bien davantage pour vous,
hommes de peu de foi? Ne vous faites donc pas tant de souci; ne dites pas: ‘Qu'allons-nous
manger?’ ou bien: ‘Qu'allons-nous boire?’ ou encore: ‘Avec quoi nous habiller?’. Tout cela,
les païens le recherchent. Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez
d'abord son Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par-dessus le marché. Ne vous
faites pas tant de souci pour demain: demain se souciera de lui-même; à chaque jour suffit sa
peine».
«Cherchez d'abord son Règne et sa justice, et toutes ces choses vous seront données en plus»
Père Jacques PHILIPPE
(Cordes sur Ciel, France)
Aujourd'hui, l'Évangile parle clairement de vivre le "moment présent" : ne pas ressasser le
passé mais s'abandonner à Dieu et à sa miséricorde. Ne pas se tourmenter pour le lendemain,
mais le confier à la providence. Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus affirmait : "La seule chose qui
me guide c'est l'abandon, je n'ai pas d'autre boussole !".
Le fait de se préoccuper n'a jamais résolu aucun problème. Ce qui résout les problèmes c'est la
confiance, la foi. Jésus dit "Si Dieu revêt ainsi l'herbe des champs, qui existe aujourd'hui et qui
demain sera jetée au four, ne vous vêtira-t-il pas à plus forte raison, gens de peu de foi ?".
La vie en soi n'est pas si compliquée, c'est l'homme qui manque de foi… L'existence n'est pas
toujours facile. Parfois elle nous pèse ; souvent nous nous sentons blessés et scandalisés par ce
qui arrive dans notre vie ou celle des autres. Mais affrontons tout cela avec de la foi et essayons
de vivre, jour après jour, dans la confiance que Dieu remplira ses promesses. La foi nous
conduira au salut.
"Ne vous souciez pas du lendemain : le lendemain prendra soin de lui-même. A chaque jour
suffit sa peine" (Mt 6,34). Qu'est-ce que cela signifie ? Aujourd'hui, tâche de vivre de manière
juste, selon la logique du Royaume, dans la confiance, la simplicité, la recherche de Dieu,
l'abandon. Et Dieu s'occupera du reste…
Jour après jour. C'est très important. Ce qui nous épuise souvent ce sont tous ces retours sur le
passé et la peur de l'avenir ; alors que lorsque nous vivons dans le moment présent, d'une
manière mystérieuse, nous trouvons la force. Ce que je dois vivre aujourd'hui, je le vis avec la
grâce. Si demain je dois faire face à des situations plus difficiles, Dieu m'accordera plus de
grâce. La grâce de Dieu est donnée à l'instant, jour après jour. Vivre le moment présent suppose
accepter la faiblesse : renoncer à refaire le passé et à contrôler l'avenir, se contenter du présent.
Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui
« Puisque nous sommes nés pour les choses présentes et que nous sommes de nouveau nés pour
les choses futures, ne nous consacrons pas pleinement aux biens temporaires, mais tournons-
nous plutôt vers notre but, les biens éternels » (Saint Léon le Grand)
« "Non, non, pas plus d’un enfant, parce que nous ne pouvons pas aller en vacances, nous ne
pouvons pas aller à un tel endroit, nous ne pouvons pas acheter la maison", "C’est bien de
suivre le Seigneur, mais jusqu’à un certain point"... Voici ce qui apporte le bien-être : il nous
fait tomber, il nous enlève le courage, ce grand courage pour marcher près de Jésus » (François)
“Le Seigneur se lamente sur les riches, parce qu’ils trouvent dans la profusion des biens leur
consolation (Lc 6, 24). "L’orgueilleux cherche la puissance terrestre, tandis que le pauvre en
esprit recherche le Royaume des Cieux" (Saint Augustin). L’abandon à la Providence du Père
du Ciel libère de l’inquiétude du lendemain” (Catéchisme de l’Eglise Catholique nº 2547)
Autres commentaires
«Ne vous faites pas tant de souci pour demain»
Abbé Carles ELÍAS i Cao
(Barcelona, Espagne)
Aujourd'hui, Jésus nous dit: «Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l'argent» (Mt 6,24).
Par ces paroles, il nous confronte à notre insécurité, que nous tâchons de palier par la
tranquillité de posséder non seulement le nécessaire, mais encore ce qui nous plaît, qui nous
porte à consommer et à gaspiller.
«Que l’avare écoute; qu'il écoute celui qui pense que, tout en se disant chrétien, il peut servir
en même temps les richesses et le Christ. Lui cependant n'a pas dit: celui qui est riche, mais
celui qui sert les richesses; celui qui est esclave des richesses et les garde comme un esclave;
mais celui qui a secoué le joug de l'esclavage, qu'il les distribue comme un maître» (saint
Jérôme).
Comme dans les béatitudes —ou dans d'autres passages clés, comme celui du commandement
nouveau (Jn 13,34-35)— le Seigneur nous invite aujourd'hui à nous décider pour la confiance
illimitée en un Père qui veille sur nous, pour la recherche du Royaume de la justice, de la paix
et de la joie, pour une véritable pauvreté intérieure de l'âme, qui se tourne et se retourne avec
des «gémissements ineffables» (cf. Rom 8,26) vers Celui-là seul qui peut rassasier notre soif
de plénitude et d'éternité. Sur ce détachement, sur cette précarité assumée consciemment, nous
fondons notre espérance comme disciple du Christ.
Laissant le passé au pardon de Dieu, fuyant les craintes et les préoccupations pour un futur qui
n'est pas encore là, Jésus nous invite à vivre le jour d'aujourd'hui, la seule chose en notre
possession. En cet aujourd'hui, Il se donne à nous comme pain qui soutient la journée. «Seul le
présent nous appartient, l'espérance de l'avenir demeurant incertaine (…). À chaque jour suffit
sa propre malice. Pourquoi nous inquiéter de demain?» (Saint Grégoire de Nisse).