Introduction à la Mécanique du Solide
Introduction à la Mécanique du Solide
Chapitre 7
Introduction à la mécanique du solide
1 - Moment cinétique d'un solide 2 - Moment d'une action mécanique sur un solide
axe fixe : a/ Cas d'une force avec point d'application :
moment d'inertie
b/ Couple c/ Liaison pivot
3 - Théorème du moment cinétique A
O B
- axe Oz fixe ET - réf. galiléen résultante nulle parfaite moment nul selon son axe
moment C
Exercices de cours
Exercice C1 – Application du TMC dans le cas d’un seul couple
On considère un disque en rotation autour d’un axe fixe Oz. La liaison pivot selon cet axe implique
un couple de frottement noté C, proportionnel à la vitesse angulaire de rotation ω : C = −αω avec
α pris constant. On note J le moment d’inertie du solide par rapport à l’axe Oz.
Correction :
1 - Le couple de frottement est résistif. Si ω > 0, alors le disque tourne dans le sens direct autour de l’axe, et le couple
C doit donc être négatif pour empêcher cette rotation directe, donc il faut C < 0.
Conclusion : α > 0.
2 - b Référentiel terrestre galiléen.
b Bilan des actions mécaniques : il n’y a que l’action de la liaison pivot, de couple C.
b Moment cinétique par rapport à l’axe Oz : σOz = Jω.
b Théorème du moment cinétique :
dσOz dJω dω α
= C, donc = −αω, donc = − ω(t).
dt dt dt J
α
3 - Solution : ω(t) = Ae− J t avec A constante d’intégration, que l’on détermine grâce à la CI ω(0) = ω0 , d’où A = ω0 , et
α
ω(t) = ω0 e− J t .
3 - D’après le schéma, que faut-il pour se rapprocher du modèle du pendule ponctuel =OM
(condition sur M et m et sur R et L).
4 - Montrerr que sous ces conditions, on a mtot ' M et J ' M L , et qu’on retrouve
2
g
ω = , ce qui est la pulsation que nous avions obtenue dans les chapitres
L
précédents pour le pendule simple (pendule simple = tige de masse nulle ou
ficelle, et masse M ponctuelle).
Correction :
1 - b Référentiel terrestre galiléen.
dσOz dJ θ̇ mtot Lg
= ΓOz , donc = −mtot Lg sin θ, donc θ̈ + sin θ = 0.
dt dt J
r
mtot Lg mtot Lg
2 - Si θ 1 rad, alors on a θ̈ + θ = 0, équation de l’oscillateur harmonique où la pulsation est ω0 = .
J J
3 - Il faut m M et R L.
r r r
mtot Lg M Lg g
4 - On a en effet ce que dit l’énoncé pour mtot et pour J. Alors : ω0 = = = .
J M L2 L
Correction :
1 - b Référentiel terrestre galiléen.
b Bilan des actions mécaniques :
– La liaison pivot, parfaite donc puissance nulle : P(pivot) = 0.
– La pesanteur, de puissance :
Cours
On dit qu’une tartine beurrée tombe toujours avec le côté beurré au sol. Comment mettre en équation un tel problème de
physique ?
Avec les chapitres précédents nous ne pouvions pas, car nous nous sommes intéressés à la dynamique de points matériels.
Modéliser la tartine par un point matériel et appliquer le PFD permet de connaître la trajectoire de son centre de masse,
mais nous perdons toute information sur la rotation de la tartine sur elle-même.
L’objectif du présent chapitre est donc d’étendre la mécanique à des solides (donc non ponctuels).
Il s’agit d’une introduction, et vous voyez/verrez à ce sujet bien plus de choses en SII.
Définition : solide
Un solide (sous-entendu : indéformable) est un système dont tous les points restent à distance constante les uns
des autres.
Il s’agit d’un modèle idéal. C’est aux solides qu’on s’intéresse dans cette partie I.
Remarque : la nature du mouvement dépend bien sûr du référentiel dans lequel il est décrit.
A
B
C
M1
M2
M3
I Translation circulaire : lorsque la trajectoire de chaque point du solide est un arc de cercle.
Attention, c’est une translation donc le solide ne tourne pas sur lui-même : son orientation reste fixe.
De plus, les rayons des cercles sont les mêmes, mais pas les centres.
M1
∆ M2
M3
I Le vecteur vitesse d’un point M du solide est tangent au cercle décrit par M , de
norme r|ω| avec r la distance à l’axe.
aaa
Démonstration :
I Point 1 : évident.
I Point 2 : 1 Utiliser les coordonnées cylindriques d’axe ∆ : ~v (M ) = ṙ~er + rθ̇~eθ + ż~ez .
Or ici r = cst et z = cst, donc on a ~v (M ) = rω~eθ , ce qui prouve ce qu’il faut.
−−−→ −−−→
−−→ m1 OM1 + m2 OM2
OG = ,
m1 + m2
−−−→ −−−→
Remarque : le centre d’inertie vérifie aussi m1 GM1 + m2 GM2 = ~0.
Cette relation, et celle encadrée ci-dessus, sont les deux façons de définir un barycentre. On passe de cette dernière à celle
−−→ −−−→ −−→ −−−→
encadrée en introduisant le point O et en utilisant Chasles : m1 (GO + OM1 ) + m2 (GO + OM2 ) = ~0, etc...
I (pas à savoir) Dans le cas d’un solide, il faut le découper en petits morceaux, chacun centré sur un point M et de
masse infinitésimale dm. On remplace alors la somme ci-dessus par une intégrale :
ˆ
−−→ 1 −−→
OG = dm OM .
mtot M ∈solide
p~ = m~v (G),
Notons m = m1 + m2 la masse totale, et p~ la quantité de mouvement totale (donc la somme de m1~v1 et de m2~v2 ).
On a :
−−−→ −−−→
dOM1 dOM2 d −−−→ −−−→
p~ = m1 + m2 = m 1 OM1 + m2 OM2
dt dt dt | {z }
−
−→
=(m1 +m2 )OG
−−→
dOG
= (m1 + m2 ) = m~v (G).
dt
La démonstration pour un système quelconque de N points est similaire.
Soit un système (déformable ou solide). On note G son centre d’inertie, m sa masse totale (constante), et i Fi la
P ~
somme des résultantes des actions extérieures au système qui s’appliquent sur lui.
On a :
d~v (G) X ~
m = Fi .
dt i
Remarques : théorème admis. La démonstration consisterait à appliquer le PFD à chaque point du système et à sommer
tous ces PFD. Les forces internes se simplifient à cause du principe des actions réciproques, et on a le résultat.
On décompose le système en N petites masses quasi ponctuelles. La masse numéro k est soumises à des forces
extérieures de P
résultante F~ext→k , et aussi à des forces de la part des autres masses au sein du système, dont la
N
somme s’écrit j=1 F~j→k (F~j→k est la force qu’exerce la masse j sur la masse k, avec par convention F~k→k = ~0).
Ainsi le PFD sur cette masse ponctuelle mk donne :
N
d~vk X
mk = F~ext→k + F~j→k .
dt j=1
N N N
X d~vk d X d2 X −−−→ d~vG
– On a : mk = mk~vk = 2 mk OMk = m .
dt dt dt dt
k=1 k=1 k=1
| {z }
−
−→
=mOG
PN
– De plus, k=1 F~ext→k représente l’ensemble des forces extérieures qui s’appliquent sur le système, qu’on a
noté plus haut par i F~i .
P
PN PN PN PN PN PN
– Et enfin les forces internes donnent : k=1 j=1 F~j→k = − k=1 j=1 F~k→j = − j=1 k=1 F~j→k .
↑ ↑
ppe actions réciproques chgt d’indices
PN PN
Cette somme est égale à son opposée, donc elle est nulle : k=1 j=1 F~j→k = ~0.
Remarque : ainsi pour le PFD, tout se passe comme si on avait un point matériel G de masse m.
Le centre d’inertie G est donc le point où est concentrée toute la masse du système pour ce qui concerne le PFD.
C’est aussi en ce point que s’applique la résultante du poids, d’où son autre nom : centre de masse.
3 Rappel : pour un point matériel (donc ponctuel) de masse m et vitesse ~v , donner les expressions du moment
cinétique par rapport à un axe Oz, du moment d’une force F~ , et le théorème du moment cinétique.
−−→ −−→ dσOz
σOz = (OM ∧ m~v ) · ~ez , ΓOz (F~ ) = (OM ∧ F~ ) · ~ez , = i ΓOz (F~i ).
P
dt
Voyons comment ceci se généralise à un solide en rotation.
Nous allons voir que dans le cas d’un solide, ceci peut s’exprimer simplement.
Moment cinétique
Soit un solide en rotation autour d’un axe orienté fixe ∆ à la vitesse angulaire ω.
Son moment cinétique par rapport à ∆ s’écrit
σ∆ = J∆ ω,
Le moment cinétique du solide est la somme des moments cinétiques des points Mi :
! !
X X X X
σOz = σOz (Mi ) = mi ri2 θ̇ = mi ri2 θ̇ = JOz θ̇ avec JOz = mi ri2 .
i i i i
b/ Moment d’inertie
Le moment d’inertie JOz s’obtient enPdécoupant le solide en morceaux de masses mi centrés sur des points Mi , chacun à
distance ri de l’axe. Alors : JOz = 2
i mi ri .
– Il rend compte de la répartition de la masse du solide autour de l’axe, et de la difficulté à mettre en rotation le solide
(ou à arrêter sa rotation).
On voit sur la formule que plus la masse est répartie loin de l’axe, plus il est important (termes en ri2 ).
(Oz) (Oz)
4 Classer les moments d’inertie des solides ci-contre, par rapport à l’axe
Oz, du plus petit au plus grand. (Oz)
Par rapport à l’axe Oz, on a : J2 < J1 = J3 < J4 . 1 2 3 4
(Oz)
aa
Soit F~ une résultante, et M son point d’application (on suppose qu’il existe).
Son moment par rapport à un axe Oz, orienté par ~ez , est
−−→
ΓOz (F~ ) = (OM ∧ F~ ) · ~ez .
En effet, on a (toujours, qu’il existe un point d’application ou pas) la relation de Varignon (pas au programme de
physique) :
~ΓO = ~ΓM + − −→
OM ∧ F~ .
−−→
Dans le cas particulier où M est le point d’application (qu’on suppose exister), alors ~ΓM = ~0, d’où ~ΓO = OM ∧ F~ .
On a donc finalement les mêmes formules que pour un point matériel, et les mêmes méthodes de calcul. (mais pour un
point matériel ce sont des définitions, alors qu’ici il s’agit d’une propriété)
Remarque : ceci vaut pour une action qui possède un point d’application (où le moment s’annule). Dans le cours physique,
ce point d’application est toujours évident :
I Le point d’application de l’action de la pesanteur est le centre d’inertie, ou centre de masse, G.
I Le point d’application d’une force s’exerçant en un point A du solide est ce point A.
Par exemple si un ressort est attaché en un point A du solide, le point d’application de l’action du ressort sur le
solide est A.
Cas plus compliqués : action de l’eau sur un barrage, action des frottements sur un plan, ...
Un exemple d’action mécanique qui ne possède pas de point d’application est un couple.
b/ Couple
Couple
Définition : un couple est un cas particulier d’action mécanique pour laquelle la résultante est nulle.
Propriété : le moment d’un couple ne dépend pas du point où il est calculé. ∀ A, ~ΓA = ~ΓO .
On le note en général C
~ sans préciser le point de référence, et C si c’est le moment par rapport à un axe.
C’est un cas d’action très important, car il permet de mettre en rotation un objet sans le déplacer dans son ensemble
(d’après le théorème de la résultante dynamique, m~a(G) = ~0).
On tourne un volant en exerçant avec chaque main une force égale (mais opposée) en
A et en B.
La somme des forces est nulle, mais ceci entraîne tout de même une rotation du volant.
5 On peut calculer ce couple : c’est la somme des deux moments selon l’axe Oz, avec
la méthode du bras de levier (en notant F = kF~1 k = kF~2 k) : A B
O
C = ΓOz (F~1 ) + ΓOz (F~2 ) = AO × F + OB × F = AB × F.
On constate que le couple est d’autant plus important que la force est grande et que le bras de levier est grand.
On parle de “couple” à cause de l’exemple ci-dessus : car il est créé par un couple de deux forces.
Cependant ce n’est pas la seule possibilité : un moteur produit un couple sur son axe, certains dispositifs de freinage
également (si leur résultante est nulle), etc.
Liaison pivot
Définition : une liaison pivot d’axe ∆ ne permet qu’un seul degré de liberté : une rotation autour de ∆.
Propriétés :
– La résultante F~ associée à cette liaison n’est en général pas nulle.
dσOz X
On a : = ΓOz (F~i ).
dt i
dσOz
S’il y a un couple C qui intervient, il est à considérer comme un moment : on a = C + ....
dt
⇒ La différence avec le cas d’un point est donc dans l’expression de σOz : il faut utiliser l’expression σOz = JOz θ̇.
6 Faire l’EC1.
Énergie cinétique
Soit un solide en rotation autour d’un axe orienté fixe ∆ à la vitesse angulaire ω.
Son énergie cinétique s’écrit
1
Ec = J∆ ω 2 ,
2
avec J∆ le moment d’inertie du solide par rapport à l’axe ∆ (unité S.I. : kg · m2 ).
Remarque : (pas dans le poly élève) Cette formule n’est valable que si le solide tourne autour d’un axe fixe. La formule
1 1
générale (pas à connaître) pour un solide est Ec = mv(G)2 + J∆G ω 2 avec ω vitesse angulaire de rotation autour de
2 2
l’axe de rotation qui passe par G, dans le référenciel barycentrique, et ~v (G) vitesse du centre de masse du solide.
P = F~ · ~v (A).
Remarque : cas d’une liaison pivot qui exerce un couple de frottements ou moteur C : P = Cω avec ω la vitesse angulaire de rotation.
Formule générale (pour un solide) (pas dans le poly élève) : P = F~ · ~v (H) + ~ΓH · ω
~ avec H point quelconque du solide.
dEc X
On a : = P(F~i ).
dt i
1
⇒ La différence avec le cas d’un point est donc dans l’expression de Ec : il faut utiliser l’expression Ec =
JOz θ̇2 .
2
Théorème admis. Il se démontre en découpant le solide en masses mi centrées sur des points Mi , puis en appliquant le
théorème de l’énergie cinétique à chaque point et en les sommant tous.
Enfin, pour un solide en rotation le TMC et le TEC sont équivalents. Dans un problème, il est inutile d’appliquer les deux.
Il faut choisir celui que l’on préfère.
d 1
X
TEC : JOz θ̇2 = F~i · ~v (Mi )
dt 2 i
X
⇔JOz θ̈θ̇ = F~i · Ri θ̇~eθ
i
X
⇔JOz θ̈ = F~i · Ri~eθ .
i
9 Faire l’EC3.
1
On a encore pour la pesanteur Ep = mgzG avec zG altitude du centre de masse (axe z vers le haut), Ep = k(l − l0 )2
2
pour un ressort, etc.
d~v (G) X
m = F~i
PFD dt Idem.
i
| {z }
actions extérieures
Idem.
dσOz X
= ΓOz (F~i ) (mais attention, le moment
TMC, rotation axe fixe dt i d’inertie J dépend du temps si
le système se déforme)
| {z }
actions extérieures
dEc X dEc
P(F~i )
X
dt
= = P(F~i )
TEC, rotation axe fixe i dt i
| {z } | {z }
actions extérieures actions extérieures et intérieures
En effet, il peut y avoir des actions internes au système (action d’une partie du système sur une autre partie).
– Dans le PFD et le TMC, les résultantes et les moments des actions intérieures sont de somme totale nulle : il
n’interviennent donc pas dans la somme.
– C’est différent dans le TEC.
Pour un solide, la puissance des forces intérieures est nulle car la vitesse relative des points est nulle : pas de
déplacement relatif ⇒ pas de travail).
Ce n’est plus le cas s’il y a déformation ou mouvement des pièces les unes par rapport aux autres : alors la puissance
des forces intérieures ne disparaît pas.
Exemple du “tabouret d’inertie” : cf TD.