0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
41 vues11 pages

CSTM

*

Transféré par

Çim Gori
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats ODT, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
41 vues11 pages

CSTM

*

Transféré par

Çim Gori
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats ODT, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Comme la majorité des gens, je suis au fond obsédé par l'idée de trouver quelque

chose de vrai en moi et dans le monde. Quête difficile quand on a vu l'enfant sauter
de l'arbre ou quand on se prend à aimer le travail raisonnable... et pour quel résultat.
Sur ce chemin poétique tout n'est que secret et ambiguïté. Une conclusion apparaît à
la fin, ça n'est pas une réponse mais c'est la fin du voyage. Voici donc un nouveau
livre que je vous présente cette fois avec sa propre page internet. Il s'appelle :

Compte sur Tes Mains


I.

je suis terre à terre quand je dis


que la lune est un disque

qu'elle a tourné septante-trois fois


depuis mon dernier poème

c'est vrai que depuis mon dernier poème


je n'ai pas cessé
de travailler

II.

le jour ne s'est jamais levé


la nuit n'est jamais tombée
ce n'est pas si grave
de comprendre

si tu ne veux pas mourir


ce n'est pas si grave
d'attendre

III.

moi
j'embrasse la beauté de mon bras valide
ni pécheur ni innocent
je boite à reculons direction la maison
le jardin

le potager
je cherche mes mains
fidèle au poste et aux points cardinaux
je refuse de me demander
d'où je viens
IV.

je ne pense qu'au travail je ne


pense qu'au repos
et quelle va être ma semaine
j'ai jeté beaucoup d'années au sol pour regarder fleurir
ma terre
j'ai bon espoir de m'y étendre un jour

V.

je fais tout le tour je suis plus léger je suis moins désireux d'en parler
je vois tous les jours du travail à fournir j'ai appris à danser j'apprends
l'espoir maintenant je l'aime de moins en moins je suis désireux de
finir

VI.

la drogue m'a laissée


avec un savoir
si je suis fatiguée je vois des fantômes ça n'est toujours pas
une métaphore ça n'est pas l'esprit des mots ni des
morts
c'est un signal pour me dire
que je dois partir
VII

et 6 je ne peux plus manger


l'air ne pourra plus rentrer
et 6 un silence
est un coup de klaxon
dans la rue
et 6 la police vous tue
quand vous êtes en train de lire
quand vous essayer d'être
quand vous auriez voulu
dire
6 lances
fusent

VIII.

mémoire des visages et appétit des nombres


sur un temps assez long
un espace suffisamment grand
tout coule dans le bois tout est perdu dans le sang
6x4x2
c'était le long du fleuve
que je rentrais dans le ventre
IX.

des enfants chanteurs et tout le monde s'accorde


pour dire oui
ils ne font pas semblant
tout ça c'est pour tout le monde

c'est comme avoir faim


ils diront
c'est comme l'aube c'est comme
les insectes
au printemps
la chaleur en été

des enfants chanteront et tout le monde s'accordera pour dire


oui
oui oui et oui
c'est comme les nuages et comme la pluie
c'est comme les chansons mars
et février jamais
personne n'osera mentir

X.

on espère que les oiseaux s'en repaîtront


c'est ce qu'on espère c'est ce qu'on se dit
c'est ce que tout le monde se dit
pendant qu'on mêle l'eau au savon
le propre et le sale
c'est ce que tout le monde pense
XI.

l'eau la lumière et le vent


je ne m'ennuie jamais jamais
et je suis seule et seul
j'ai des amis pour le dire
je dors la nuit
j'ai une mère que j'adore
je ne cherche pas les paroles
je dis la vérité
je fais semblant
je suis tout nu dans ma douche
je me touche
je me tourne
je me touche

XII.

je suis une pierre bègue


j'ai décidé de
manquer mon temps
tout ce que je dis me
répète
et cela est très bien
je ne finis pas mes phrases
je ne peux pas faire mieux
et vous devrez tous comprendre

c'est très important


XIII.

nous ne dirons rien de ce qu'on sait déjà


et encore rien que cela
il faut de l'ombre et de quoi boire
des gouttes pour les yeux

ce qui commence s'arrête pour la même raison


c'est trop sec ou
ça ne l'est pas assez

il faut mouiller le pain pour l'avaler


épaissir l'eau pour l'avaler

même à la mort c'est


l' hu mi di té

tu envoies des ordres


je devine un mode

de démangeaisons

XIV.

gouttes d'eau suspendues aux poussières très très hautes


nuages
moment unique du cycle de l'eau
courrier animé
cumulonimbus ou stratus
miroir du soleil et porteur de présage
moutons
être entier ou partie d'un monstre
vision du dessous ou bien vue du dessus
réponse à la prière
nougat
distraction
homonyme
symptôme
XV.

je dévalais les escaliers


en montant
je faisais des choses on me demandait
pourquoi
je ne savais pas répondre
je ne savais pas de quelle manière
de quelle manière d'enfant
plus tard j'ai dit beaucoup de choses
mais je n'ai pas tout dit
j'ai gardé un secret que je ne garde pas seul
j'ai vu par la fenêtre les
branches de l'arbre faire une fortune
terrifiante
c'est vrai je l'ai vraiment vu je l'ai vraiment vécu
j'ai appris plus tard que tout le monde avait menti
j'ai appris comme je continue de croire
c'est moi qui décide
c'est moi qui le dit

XVI.

plus tard j'ai eu peur comme dans le noir


sans mur pour me tenir
sans image

je n'ai pas eu le temps de baisser


ma garde
je cours vite
je pars à la ville
je parle en échos
j'ai eu peur
je n'ai encore
connu qu'une chose
voilà
XVII.

j'ai appris que l'astrologue avait menti


que le soleil n'était pas où il disait
à ma naissance trois cinq huit et neuf

XVIII.

le murs sont couverts de ses souvenirs


c'est facile d'écrire modernement
les bêtes dans le ciel et dans le ciel
les petites répétitions
il faut partager l'espace en 4
l'espace entre vingt rayons
elle y tient comme à sa conscience
peurs de nos peurs
bien assez communes pour être aimées comme une

XIX.

ce n'est pas ni la nuit ni le jour ni l'heure des loups


personne ne les a décidés
les enfants – les étoiles
aux branches dégarnies ont pris la peine
de monter

autrement dit sauter du lit


autrement dit à la vue de tous
et ce n'est pas dans mes bras qu'ils iront se
réconforter
XX.

chasseur
alliance
moteur inhumain
votons ensemble
tout n'est pas aussi médiocre que
la joie la fête la viande
et 6x6x2

XXI.

6-7 = énorme mensonge

matin d'octobre chaud


février d'hiver
rien n'existe qui n'a pas d'âme

sous son autorité


ou à sa cour

XXII.

à quelle latitude le jour


à quelle altitude la nuit
je suis mourant dans un océan de sen-
teurs
électriques
magnétiques
et quan-
tiques
la couleur brûle et la fleur est pleine de regrets
la neige tombe sur ma voix
de ma voix tombe de la neige
rien n'a voulu changer de sens
2+2=2
on ne peut plus s'empêcher de ressentir quelque chose
on n'abolit pas sa vie
et ce quoi qu'elle puisse être
XXIII.

tout ce qui vit pèse et me manque


15=7
pays en guerre sans discernement

m'as-tu fait tendrement


entendre ta voix
qu'est-ce qu'une tombe au regard de la mort

XXIV.

seule comme un nombre


3 fois 3
fait 11
rien de tout ça n'est vrai
le soir fait 8 fois 8
tes mains font 5 et 5
le fossé se creuse
impossible d'avoir
ne demande qu'à voir

Vous aimerez peut-être aussi