Camera
Camera
ET LE CADRE
*La première photo est la «La table servie» prise par Nicéphore Niep-
ce vers 1822 (document aujourdʼhui disparu) puis en 1824 «vue de a
fenêtre du Gras»(village de Niepce, au sud de Châlon-sur-Saône).
Ce principe posé, de
petites «camere oscure»
portables en bois ont été
fabriquées plus tard. A lʼavant il y a une lentille simple et lʼimage se
forme à lʼarrière (puis sur le dessus) sur verre dépoli. On peut poser
le papier dessus et reproduire les contours. Pour voir lʼimage il faut se
mettre sous un voile noir afin que la lumière extérieure nʼempêche pas de
voir lʼimage.
Ainsi est né lʼancêtre de lʼappareil photo.
*Si vous voulez essayer il faut que lʼextérieur soit très lumineux pour voir quelque chose, et la pièce doit avoir des murs et pla-
fonds sombres; un trou de 1/2 cm de diamètre convient.
Au XIXème siècle, sans doute sous la pression de lʼengouement pour la technique et les sciences, la décou-
verte de la photographie va permettre de systématiser la reproduction à la camera oscura. On découvre en
effet que si lʼon remplace le verre de la camera oscura par une surface enduite dʼune couche sensible à la
lumière, on obtient une image directement.
Après de multiples essais et des procédés divers dont le plus répandu fut le Daguerréotype, le
procédé au gélatino-bromure dʼargent finit par sʼimposer. Avec ce procédé, les émulsions de-
viennent plus sensibles à la lumière et il devient possible de prendre des vues instantanées.
Les cristaux dʼargents sont liés par de la gélatine animale - qui leur confère aussi
la sensibilité à la lumière - et couchés sur une bande transparente: le film dʼacé-
tate (auto-combustible) puis, après guerre, le film celluloïd..
Le cinéma va adapter cette technique, associée à un mécanisme de translation du film.
La première caméra est fabriquée par Thomas Edison, qui tourne aussi les
premiers films.(ci-contre le kinétoscope servant à regarder les films)
Durée 16 mm 35 mm Omnimax
30 secondes 5,48 m 13,71 m 51,30m !
1 heure 658 m 1,646 km trop long
La télévision radiodiffusée a débuté, pour le grand public, vers 1936, grâce au perfectionnement des techni-
ques, en particulier des analyseurs dʼimage (iconoscope de Zworykin). Mais les systèmes se sont développés
à partir de 1941 (États-Unis) et de 1951 (Europe), alors que la télévision en couleur, née aux États-Unis vers
1953 avec le système N.T.S.C., a pris un nouveau départ en Europe vers 1966 avec les deux systèmes P.A.L.
et Secam. (Encyclopedia Universalis).
Le film que lʼon voit est-il une simple image de la réalité? Les éléments ci-dessus ont apporté des réponses.
Du réel au film une multitude dʼimages sʼinterposent, que la physique optique qualifie de transmissions
Le sujet nous renvoie une première image: cʼest lʼimage aérienne. Si vous êtes à une table avec trois convi-
ves chacun voit le bouquet de fleur au centre différemment, cʼest pourtant le même bouquet, mais son image
aérienne dépend de votre position.
Dans lʼobjectif lʼimage se transforme. On a dit que les lentilles utilisées introduisaient des déformations,
que les focales avaient différentes particularités. On obtient donc à la sortie de lʼobjectif une image optique,
sensiblement différente de lʼimage aérienne.
Lorsque cette image optique arrive sur la surface sensible elle forme une nouvelle image qui dépend du
dispositif de caméra: image électronique ou image photographique. Dans tous les cas cette image est plus
pauvre, sa définition (cʼest-à-dire sa précision) est relativement faible puisquʼelle va se ramener à des mil-
liards dʼhalogénures dʼargent (photo) ou de pixels (numérique), et quʼà un certain point de grossissement on
pourra voir les cristaux ou les pixels.
Quelles sont les transformations qui sʼopèrent au stade final de la mise sur support?
Lʼimage photographique est dʼabord image latente (on ne la voit pas, il faut développer le film pour la voir),
la lumière se diffuse à lʼintérieur de lʼémulsion par un phénomène dʼirradiation, puis lʼimage négative (le
négatif) est le résultat du développement dans le révélateur qui noircit ou non les cristaux dʼargents, enfin
elle devient image positive (le film à projeter) par copie photographique de lʼémulsion négative sur une
autre émulsion négative. Disposition aléatoire du grain
photo et disposition régulière
A chaque étape lʼimage est modifiée sensiblement. Lʼimage finale est un appau- de la tramme super-CCD
vrissement du contenu de lʼimage aérienne (essentiellement un appauvrissement de (grossissements différents ici)
la définition de lʼimage ainsi que de son contraste et de la précision des couleurs),
mais elle est aussi une modification de son contour, de sa lumière (on voit bien ces modifica-
tions lorsquʼon regarde un gros plan fixe au cinéma: lʼimage semble papillonner, être consti-
tuée de particules colorées en permanent fourmillement, cela parce que pas un seul des photo-
grammes projetés nʼest rigoureusement le même que le suivant).
Lʼimage électronique est une image constituée sur la base dʼune trame quadrangulaire. Les
points lumineux sont transformés en pixels, carrés ou rectangulaires. La définition de lʼimage
dépend du nombre de pixels. Si on projette un plan fixe, comme dans lʼexemple précédent, il nʼy
a pas de papillonnement, car chaque pixel est toujours projeté rigoureusement à la même place.
2/1 Structure
A lʼavant de lʼobjectif se trouve un parasoleil; sa fonction est dʼempêcher les rayons du soleil de frapper de
manière incidente lʼobjectif, et de créer ainsi des perturbations non souhaitées de lʼimage (difractions, effets
dʼécho visuel du diaphragme)
Les caméras numériques amateurs sont désormais équipées dʼobjectifs simplifiés. Les réglages de point, de
diaphragme et de zoom sʼeffectuent sur la caméra elle-même.
Par définition, la focale est la distance entre le foyer de lʼobjectif (en gros le centre de lʼobjectif dans sa lon-
gueur) et le plan de la surface sensible (le film ou les capteurs CCD). Grâce à diverses technologies optiques,
on peut aujourdʼhui avoir des focales longues qui ne mesurent pas la distance focale nominale (un objectif
dit de 1200mm pour un appareil photo mesure à peu près 400mm).
Comparaison de quelques valeurs de focales L’usage du zoom est très peu répandu au cinéma.
Le plus souvent le réalisateur a pu déterminer à
l’avance la focale qu’il souhaite, soit au moment
Focale Caméra Caméra
du découpage, soit sur le terrain (c’est le viseur
DV 35 mm
de champ qui pend au cou de certains qui lui per-
Grand angle 7 mm 28 mm met de voir les différentes possibilités et donc de
Focale normale 12 mm 45 mm choisir) En outre le zoom, même en vidéo ne sert
Petit téléobjectif 28 mm 100 mm que très rarement à faire des travellings optiques
Grand téléobjectif 52 mm 300 mm (c’est-à-dire à filmer alors que la focale change).
L’usage fréquent est celui de légers recadrages. Sur-
tout, le zoom sert le plus souvent comme un moyen
d’avoir toujours «sur soi» la bonne valeur focale.
Le tableau permet dʼidentifier les effets des deux focales opposées, grand angle et téléobjectif. Pour les foca-
les intermédiaires, ces éléments se combinent.
Sur ces deux photogrammes extraits de «Open range» de Kevin Kostner, évaluez la différence entre grand angle et téléobjectif.
Les deux images ont été prises à peu près du même endroit et dans la même direction.
2/3 Distance et mise au point
Le réglage du point est essentiel. Le réglage du point est celui de la distance entre le plan du sujet et le plan
de la surface sensible. En avant, comme en arrière lʼimage est floue.
Notre œil agit dʼailleurs de même: si lʼon place son doigt à 20cm de lʼœil, on ne peut instantanément avoir
lʼongle net, et le fond de la pièce dans laquelle on se trouve, il y a un ajustement nécessaire.
On règle donc le point avec la bague avant de lʼobjectif.
Au cinéma, le premier assistant reporte la valeur, mesurée au décamètre, de la distance plan du film/plan
du sujet sur la bague de point. Si lʼon dispose dʼun zoom, le réglage est facilité: on vise le sujet grâce à la
position téléobjectif la plus avancée, on fait le point avec la bague de point en regardant à lʼœilleton, puis on
tourne la bague de zoom pour revenir à la focale souhaitée, sans toucher la bague de point (en effet la dis-
tance réelle caméra-sujet ne varie pas lorsquʼon fait un zoom, même si on a lʼimpression dʼêtre plus près).
Le rattrapage de point
Le problème se complique lorsque le sujet se déplace dans la profondeur, puisque sa distance au plan de
la surface sensible change. Le premier assistant doit faire un suivi du point. La méthode consiste à repé-
rer des emplacements caractéristiques du déplacement. On fixe sur l bague de point une bandelette dʼad-
hésif blanc. Lʼacteur se place à la première position, on détermine le point et on trace un trait un numéro
1 sur lʼadhésif face à un repère fixe de lʼobjectif (le repère est au choix du côté opposé au cadreur pour
ne pas le gêner, ou au-dessus de lʼobjectif, ou en dessous). On procède ainsi pour tous les emplacements.
Lors des répétitions et des prises, lʼassistant accompagne les déplacements de lʼacteur par une rotation de
la bague de mise au point selon les indications quʼil a inscrites.
Le diaphragme dose la quantité de lumière qui arrive sur la surface sensible. Il agit comme la pupille de no-
tre œil qui sʼouvre en basse lumière (grand cercle noir) et se referme en haute lumière (il faut même parfois
froncer les yeux lorsque la lumière est trop intense en été).
Il y a deux données fixes: la lumière de la scène et la sensibilité de la surface (pellicule ou capteurs CCD):
ces données permettent de fixer une valeur de diaphragme.
Au cinéma, le directeur de la photographie détermine cette valeur grâce à une cellule photo-électrique à
main. En vidéo, les caméscopes sont munis de cellules intégrées qui mesurent la lumière à travers lʼob-
jectif, et sont couplées à la bague de diaphragme quʼelles actionnent: cʼest le diaphragme automatique. Ce
diaphragme automatique est débrayable par un interrupteur situé sur la poignée de zoom.
Le choix du diaphragme nʼest pas seulement technique et son enjeu sur lʼesthétique est considérable (cf
cours sur la lumière). Le choix du diaphragme influe aussi sur la profondeur de champ.
La profondeur de champ cʼest lʼespace qui paraît net dans la profondeur de lʼimage. En effet, nous savons
que seul un plan est net, mais notre œil peut avoir une impression de netteté en avant et en arrière de ce plan.
En outre la profondeur de champ est toujours plus grande en arrière du plan de mise au point quʼen avant.
Un film intimiste va rechercher une faible profondeur de champ pour créer un isolement optique autour des
protagoniste. Une sitcom qui doit être vite tournée va rechercher un diaphragme fermé, en inondant le pla-
teau de lumière, pour éviter les délicats rattrapages de points qui seraient imposés si la profondeur de champ
nʼétait pas très grande.
Attention! Nous parlons ici de diaphragme vrai, cʼest-à-dire dʼun dispositif mécanique de lʼobjectif. Il ne
faut pas confondre celà avec lʼiris électronique des camèscopes bas de gamme, iris qui nʼaffecte que la lumi-
nosité de lʼimage, et donc nʼa pas dʼinfluence sur la profondeur.
Dans une caméra film, le film est stocké dans un magasin avec une
bobine pleine avec le film vierge et une bobine vide réceptrice du film
exposé (ce magasin ce sont les oreilles de Mickey des caméras de
type Panavision ou Arriflex).
Entre les deux se trouve une fenêtre de film et un obturateur laissant
passer ou non la lumière (lʼimage).
Lʼobturateur et la vitesse dʼobturation
La vitesse de lʼobturateur est constante: 24 images par seconde. La Caméra Arriflex: on observe de gauche à
fenêtre est découverte (et donc le film exposé ) 24 fois et cachée droite: compendium (parasoleil), optique,
corps de caméra, magasin.
24 fois par seconde (temps pendant lequel le film est déplacé dʼune
image pour que lʼimage suivante puisse être positionnée devant la
fenêtre et donc exposée). Le temps dʼexposition est donc de 1/48ème
de seconde au plus (24+24). Toutefois pour des raisons esthétique on peut augmenter la vitesse de lʼobtu-
rateur (1/100ème, 1/200ème de seconde), cette accélération permet de mieux figer le mouvement, mais on
diminue ainsi lʼimpression de fluidité; en outre il faut ouvrir dʼun diaphragme si on double la vitesse.
Il est intéressant de constater quʼà vitesse normale le cinéma donne une représentation de presque 1/2 se-
Le fonctionne-
ment de lʼobtu-
rateur (shutter);
on peut noter
sa rotation pour
exposer le film,
ainsi que le
mécanisme de
déplacement du
film en action
lorsque la fenêtre
nʼest pas expo-
sée.
conde de ce qui dure une seconde (24 fois 1/50ème de seconde): il échantillonne le temps ( et à 1/100ème de
seconde on nʼéchantillonne plus que 1/4 du temps). En vidéo un dispositif comparable existe, cʼest le shutter
(mais le principe de fonctionnement est différent); il ne sert guère quʼaux sportifs qui peuvent ainsi voir de
manière nette une position particulière, comme lʼangle de la raquette du joueur de tennis à lʼimpact de la
balle.
La fenêtre et le format
Le film est impressionné à travers une fenêtre située derrière lʼobturateur. Cette fenêtre est un cache métalli-
que interchangeable qui définit le format que lʼon souhaite à lʼécran. La pellicule avance dans tous les cas de
4 perforations). Le format est nommé par le rapport entre la hauteur et la largeur de lʼimage. Les premières
caméras avaient toutes le même format presque carré: le 1,33/1 (la copie positive étant en fait 1,37). Puis les
formats se sont allongés: 1,66/1 - 1,85/1 - 2,35/1 (dit cinémascope)
En cinémascope, lʼimage est anamorphosée. A lʼarrière de lʼoptique de prise de vue, un dispositif optique
compresse lʼimage sur les côtés (pour quʼelle «tienne» dans la largeur de la pellicule). Lors de la projection
en salle, un dispositif optique similaire est placé sur le projecteur, lʼimage apparaît alors déployée- donc
normale sur lʼécran.
Le choix du format tient à des considérations esthétiques. Le format horizontal qui devient prééminent, no-
tamment avec le passage des téléviseurs au format 16/9ème , étant toujours plus difficile à remplir avec des
personnages debout, cʼest un format pour les espaces, les déplacements, les plans rapprochés avec amorces
et les très gros plans.
3/3 Caméra vidéo:
-secteur et batteries :
Les caméras fonctionnent avec une alimentation électrique con-
tinue. Elle peut être fournie par un bloc secteur, qui se raccorde à
lʼarrière de la caméra, ou par des batteries rechargeables. La durée dʼutilisation des batteries dépend des
fonctions que lʼon opère et de la température ambiante. Plus il fait froid, plus la durée dʼusage des batteries
diminue. La consommation dʼénergie est très forte si on utilise le zoom électrique ou les fonctions magné-
toscope du caméscope. Lorsquʼon ne se sert pas temporairement de la caméra, il est préférable dʼenclencher
la commande de « stand-by », si celle-ci ne se déclenche pas toute seule.
La durée de vie des batteries dépend des conditions de recharge. De manière générale il ne faut pas rechar-
ger des batteries à moitié pleines, car lʼénergie restante crée des effets de mémoire. La meilleure solution est
dʼutiliser un déchargeur de batterie avant de recharger.
Bien sur il faut allumer la caméra à lʼaide de lʼinterrupteur, et placer une cassette.
-balance de blancs
La couleur de la lumière est différente selon que lʼon est éclairé par le soleil (lumière blanche) ou par une
ampoule à incandescence (lumière orangée). Lʼœil ajuste très bien les différences,
mais pas la caméra. Il faut donc opérer un réglage de la couleur, appelé balance
des blancs.(pour toutes précisions, voir LA LUMIÈRE ET LʼÉCLAIRAGE, §
Température de couleur).
En premier lieu on choisit le filtre, réglage mécanique, en arrière de lʼoptique.
Les choix sont : lumière artificielle, pour filmer sous des éclairages de ce type
– sauf HMI-, lumière du jour , lumière jour sous ciel nuageux, lumière jour intense
(plages, désert, neige) : qui est le filtre jour avec un filtre neutre qui enlève un
diaphragme.
Une fois ce choix opéré, la balance des blancs est établie en plaçant une surface
blanche sous une zone de lumière pertinente, on vise cette surface avec la caméra
pour couvrir la totalité du champ, et on enclenche le commutateur de balance des
blancs . La caméra opère alors un étalonnage des couleurs en se fondant sur
lʼinformation que vous lui donnez : ceci est du blanc. Bien sûr, si la surface visée
nʼest pas blanche, mais disons verte par exemple, la caméra va croire que cʼest du blanc, et pour étalonner
correctement ajouter du rose pour neutraliser le vert : lʼimage sera donc rosée !
Cette balance des blancs est mémorisée par la caméra qui dispose de plusieurs mémoires de balance (sou-
vent nommées Auto 1 et Auto 2.) La balance est conservée même caméra éteinte et batteries sorties. Il existe
aussi des réglages dit Preset, réglage moyen de la balance pour le filtre donné, fait en usine. Ce réglage est
utilisé lorsquʼon nʼa pas le temps ou la possibilité de faire une balance (par exemple lorsque lʼon filme une
représentation théâtrale, on ne peut aller sur la scène pour faire son blanc): il y a le plus souvent deux preset:
lumière artificielle lumière du jour
Une fois la balance faite pour un lieu et une condition dʼéclairage , il ne faut pas en changer, quels que soient
les axes de caméra, et même si lʼon éteint la caméra ou lʼon change de batteries..
Certaines caméras amateur ont une balance automatique, qui est un système intégrateur de couleur, qui éta-
blit la balance dʼaprès la couleur moyenne de lʼimage. Ce système est à proscrire, car la balance des blancs
change continuellement, selon le contenu des plans, et dʼénormes problèmes de raccords couleurs apparaî-
tront au montage, notamment dans les champs / contre-champs.
-contrôle du son
Le cadreur vidéo est responsable du bon enregistrement du son par le
caméscope. Il ne sʼagit pas de la qualité acoustique du son, mais de la
qualité technique de lʼenregistrement. En effet, le cadreur est à la place
ultime de la chaîne sonore ; il contrôle le caméscope qui doit enregistrer
au bon niveau et sur les bonnes pistes.
Pour cela, il dispose :
*des réglages dans le menu de la caméra (enregistrement normal et/ou
HiFi ; enregistrement mono ou stéréo ; enregistrement en pistes mixées ou
séparées des différentes entrées ; enregistrement en12 bits (moins bon)
ou 16 bits (meilleur), mono ou stéréo, enregistrement de deux pistes ou
de quatre (cette dernière option nʼétant parfois pas accessible en mode 16
bits)
*des réglages sur le caméscope lui-même:
-choix dʼune entrée en piste 1 ou 2 (voire pour chaque piste entre voie
droite et voie gauche ou les deux en stéréo)
-choix dʼentrée micro ou entrée ligne
-choix entre le micro embarqué sur le caméscope ou le micro extérieur
*du contrôle visuel de lʼenregistrement (soit au peakmètre près du viseur,
soit dans le viseur) et du contrôle sonore avec le haut-parleur latéral qui peut exister sur certains camésco-
pes)
Le time code sert au repérage précis des images : chaque image possède son propre numéro à 8 chiffres
[Link], qui sont des heures, minutes, secondes et images
Ainsi après [Link] on a [Link]
Après [Link], on a [Link]
Ces numéros sont réglables par le cadreur, selon les indications de la scripte.
En général, les cassettes de tournage étant de 60 minutes, on se sert du bloc horaire pour distinguer les cas-
settes : la cassette 3 aura comme time code de départ [Link]
Ces numéros serviront ensuite au montage, car ils sʼaffichent immédiatement dès que lʼimage se déroule
sous nos yeux. Au montage un plan va toujours dʼun TC à un autre TC (exemple TC début [Link] TC
fin 04.45. 37.12 ; ce plan dure 3 secondes et 9 images).
Attention sur certaines caméras, il existe deux positions de TC : Rec Run et Free Run. En Rec Run, le TC
tourne quand on déclenche le caméscope. En Free Run, le TC tourne dès quʼil est enclenché : cʼest une hor-
loge. Cette position est utilisée lorsquʼon travaille à plusieurs caméras non reliées entres elles (pour filmer
un match par exemple) ; au montage, les mêmes instants du moments du match auront tous le même TC
sur toutes les caméras, que celles-ci aient été coupées à des moments différents ou non, puisque le TC cʼest
lʼheure. Il est alors aisé de monter des scènes prises depuis différents axes de prise de vue.
LTC/VITC: le time code peut être enregistré de manière longitudinale (comme une piste son ou à la place
de la piste 2): cʼest le LTC. Il est le plus souvent enregistré à lʼintérieur de lʼimage vidéo cʼest le Vertical
Intervall Time Code.
4 MANIPULATION DE LA CAMERA
Le cadreur possède donc des qualités de perception visuelle et dʼintelligence de ce quʼil filme. De plus le ca-
dreur doit savoir composer un cadre. Il existe une multitude de règles de composition, mais un bon cadreur
est avant tout quelquʼun qui a lʼœil entraîné : il faut regarder des livres de photos, des livres de peintures,
voir des films.
La réussite des mouvements nécessite aussi de lʼentraînement, mais là cʼest un entraînement pratique: il
faut faire des travellings nombreux que lʼon enregistre et que lʼon regarde et critique ensuite et des répéter
jusquʼà la réussite.
Elle est définie par le réalisateur selon les besoins du récit et découle du statut que lʼon souhaite lui donner.
Sur le tournage on définit successivement:
-lʼaxe de la caméra, cʼest à dire ce que vise la caméra et de quel point de vue
-la hauteur de caméra. On distingue:
hauteur dʼœil (cʼest à dire hauteur de lʼœil dʼune personne debout quand on filme des gens debout, et dʼune
personne assise ou couchée ou dʼun enfant si on filme ces sujets,
plongée: la caméra est dirigée vers le bas
contre-plongée: la caméra est dirigée vers le haut
Ces choix sont dictés par le récit, mais il faut savoir que communément on considère que la plongée
écrase les sujets, les rapetisse, alors que la contre-plongée les grandit, les magnifie. Par ailleurs, la contre-
plongée découvre les plafonds, ce qui peut poser des problèmes de décor et dʼéclairage, dans la nature elle
montre aussi le ciel, ce qui crée des problèmes de contre-jours.
-le champ, cʼest-à-dire lʼespace découvert par le cadre
-la focale (cf plus haut)
-le mouvement (sans précision le plan est considéré comme fixe)
4/3 Mouvements panoramiques
Le panoramique (PANO) est un déplacement de la caméra sur son axe. On considère généralement comme
panoramique un mouvement délibéré du cadre, alors que de légers mouvements de quelques centimètres,
destinés, par exemple, à conserver un acteur en gros plan qui tourne la tête dans un cadre bien proportionné
sont plutôt des rattrapages de cadre
Les panoramiques peuvent être effectués à lʼépaule ou sur pied.
Une multitude de dispositifs permettent des travellings fluides, car on recherche la régularité,
la vitesse et la fluidité du mouvement, comme pour les panoramiques.
Les dispositifs:
-le chariot de travelling sur rails ou sur pneumatiques
-la dolly, chariot sur pneus qui permet de petits mouvements de grue à hauteur
dʼhomme
-la voiture travelling Louis Puli filme au steady-
-la grue cam à Alice Springs
ci-dessous steadycam dans
-le steadycam une DS break
-la louma
-le fauteuil dʼhandicapé à pneus gon-
flés
-les inventions variées: hélicoptères
miniatures, caméras sur tyrolienne, rol-
lers
JL Godard et Raoul -le travelling marché, caméra à lʼépau-
Coutard assis dans un le, ou tenue à bout de bras. Pour réussir
fauteuil dʼhandicapé
pour un travelling
ces mouvements il faut dʼune part être au grand angle et dʼautre part les jambes doivent
être fléchies de manière à conserver un déplacement parfaitement horizontal des épaules
(et non de haut en bas comme la marche habituelle le génère). Si la caméra est tenue par
la poignée, à bout de bras, les bras permet dʼajouter un levier qui compense encore les chocs.
Le caméraman en vidéo fait le cadre et le point. Il opère seul le caméscope dont il connaît tous les réglages
et sait faire les réparations élémentaires.
Le cadreur ou opérateur de prises de vue fait uniquement le cadre: cadrer et faire les panoramiques. Sʼil
fait également la lumière sʼil est chef opérateur.
Le premier assistant est chargé du point, du nettoyage de la fenêtre de film et de la mise en place des filtres.
Le deuxième assistant est en charge du pied et des magasins de film. Il fait les rectifications de diaphragme
et le zoom durant la prise si besoin.
Les machinistes installent les travellings et les praticables (plateformes de travail pour rehausser la caméra
et/ou le plateau. Ils poussent et/ou soulèvent les engins pendant le plan. Le chef machiste pilote le chariot de
travelling et/ou la grue. Son action doit être coordonnée avec les déplacements des acteurs et les actions du
cadreur
5 STATUT DE LA CAMERA
Lorsque lʼon choisit de filmer quelque chose ou quelquʼun, la camera va révéler la scène visuellement au
spectateur selon un statut quʼil convient de définir. La question est: qui est la caméra? Et les 3 réponses pos-
sibles sont: un personnage de la scène, le narrateur de lʼhistoire ou un témoin. Ce choix induit trois manières
différentes de filmer.
Caméra subjective
Le statut le plus communément identifié est celui du personnage: la caméra subjective.
Ce statut permet une très bonne identification au personnage, mais à condition quʼon sache qui est le person-
nage. Si un film était uniquement tourné en plan subjectif, on aurait du mal à savoir qui on est.
De ce fait, le personnage doit être vu regardant avant ou après le plan subjectif.
On peut aussi comprendre le regard subjectif si un autre personnage adresse du regard la caméra avant ou
après le plan subjectif.
Une autre possibilité, plus énigmatique consiste à montrer un plan subjectif sans révéler immédiatement qui
est le protagoniste: on sème alors le doute dans lʼesprit du spectateur, et on fait peser sur la scène la menace
représentée par ce témoin voyeur et non visible.
Caméra témoin
Cʼest le statut à lʼessence du cinéma: Lʼarrivée du train en gare de La Ciotat des Frères Lumière.
Le statut correspond à celui du spectateur:
-il regarde ce qui se passe: plans fixes
-il suit lʼaction: plans mobiles
Le choix est celui de lʼeffet souhaité sur le spectateur: passif, il observe, explore lʼintérieur de lʼimage, anti-
cipe, actif, il participe à lʼaction et se fait surprendre.
Caméra narrateur
Le point de vue est extérieur. Ce statut permet de se rendre compte de la situation en en donnant une vue
dʼensemble. Lorsquʼil y a des mouvements de caméra, cela permet même dʼassocier plusieurs points de vue
différents (par exemple on passe de lʼavant dʼune scène - «face visible» - à lʼarrière - «face cachée». La ca-
méra est amenée à prendre ainsi des positions peu vraissemblables comme une vue extérieure dʼun apparte-
ment au sommet dʼun immeuble, point de vue que personne nʼa jamais, regard «de dieu». Toutefois ce statut
unique conduirait à se placer trop à lʼextérieur, en retrait du récit et il est rarement unique.
En fait les films combinent les statuts de caméra. Parfois même le statut de la caméra change dans le plan:
on passe de témoin à narrateur. Lʼutilisation de lʼun ou lʼautre des statut correspond à la volonté du réalisa-
teur soit de faire comprendre clairement ce qui se passe, soit de créer une ambiguité, un doute, générateurs
de suspens, dʼattente, de méfiance, dʼangoisse.
Lʼimage est certes plate, mais en réalité le récit se développe frontalement et en profondeur. Les débutants
nʼutilisent souvent que très peu la profondeur: les plans montrent une narration frontale (par exemple deux
personnages se parent côte à côte), généralement même à une hauteur unique (personnages assis ou debout)
tandis que le montage permet de voir dʼautres aspects de lʼespace. Même les travellings ne servent souvent
quʼà accompagner des personnages qui avancent.
Or le récit visuel est considérablement enrichi par lʼutilisation optimum du cadre: relations entre le haut et
le bas du cadre, entre la droite et la gauche, entre lʼavant (premier plan) et lʼarrière (arrière plan); quand aux
travellings ils peuvent amener de nouvelles relations à lʼespace et à lʼaction.
La distance caméra/sujet peut être grande et indiquer au spectateur un espace qui le sépare, donc éloigner
le personnage de nous. La distance peut être un obstacle lorsque la caméra laisse voir le sujet à travers les
barreaux de sa prison. Elle peut aussi créer un lien lorsque la mise au point passe dʼun avant plan à un arrière
plan ou inversement.(La caméra mesure ainsi la distance par lʼoptique; elle peut la mesurer aussi par le mou-
vement dʼappareil)
5/4 La composition