Introduction
Introduction
L’affiche est disponible aux enseignants au [Link] et aussi au centre des manuels scolaires au [Link]
Aperçu du cours
L’éducation aux médias permet d’acquérir les habiletés et les compétences nécessaires pour relever, décrire,
comprendre et évaluer les messages quotidiens de notre univers médiatique qui cherchent à nous informer,
nous distraire, nous émouvoir ou nous vendre quelque chose. En faisant de l’éducation aux médias, nous
offrons des occasions stimulantes d’exercer notre esprit critique pour mieux discerner l’influence des
médias sur notre société, mais surtout sur soi, sur sa propre consommation de biens et de médias.
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« …la conscience historique n’est pas en soi une pensée critique, mais elle peut le devenir si l’individu
prend conscience de sa propre subjectivité vis-à-vis sa compréhension du passé. Cette prise de conscience
qui, selon nous, émerge par la pratique de la pensée historique, entraîne un recul réflexif par rapport aux
interprétations utilisées pour comprendre le présent. »
– Catherine Duquette, « Le rapport entre la pensée historique et la conscience historique »,
thèse de doctorat, Faculté des études supérieures de l’Université Laval (2011).
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Buts du cours
Description du cours
Dans ce cours, l’élève étudie les rapports entre le cinéma en
g Le cinéma en tant que 7e art tant que 7e art, le cinéma en tant qu’artefact historique et le
g Le cinéma en tant que produit de l’histoire cinéma en tant qu’interprète de l’histoire. Au-delà de
g Le cinéma en tant que témoin de l’histoire l’examen de la dimension esthétique et émotive du cinéma,
les élèves appliquent la pensée historique à l’analyse et à
l’évaluation de la représentation cinématographique des
thèmes principaux de l’histoire du monde contemporain. Ils font de la recherche historique et appliquent les
principes de la littératie médiatique critique afin de comprendre que le cinéma ne nous fournit pas
simplement un reflet direct du passé, mais qu’il interprète, raconte, et parfois reconstruit le passé.
Les élèves visionnent et étudient une sélection judicieuse de 8 à 10 films qui traitent d’événements,
de thèmes et de personnages qui ont façonné l’histoire mondiale depuis le début du 20e siècle, tels
que les guerres et les révolutions, les génocides, la mondialisation de l’économie, la décolonisation, la
transformation des valeurs sociales, et les avancées scientifiques et technologiques. Les élèves font l’analyse
critique de l’interprétation historique véhiculée par le cinéma et réfléchissent sur le rôle du cinéma dans le
façonnement de leur conscience historique.
Le cours est fondé sur une approche qui utilise le film comme outil pédagogique pour favoriser le
développement de la littératie médiatique critique et de la pensée historique. Ce document propose
des situations d’apprentissage, des modèles d’études de films, des questions génératrices pour guider
le visionnement des films, des lignes directrices pour la sélection de films, ainsi que de l’information sur
l’historique du cinéma et sur la technique ou le langage du cinéma.
Ce cours invite les élèves à visionner et à analyser les films sélectionnés, à discuter de questions sur le
cinéma et l’histoire, à rédiger des critiques de films, à mettre en œuvre la pensée historique et la littératie
médiatique critique, et à mener de la recherche historique afin d’évaluer les interprétations de l’histoire
véhiculées par le cinéma.
Ce cours fournit aux élèves des situations d’apprentissage qui leur permettent de développer des
compétences de pensée critique en :
• visionnant et étudiant des films de divers genres et en réfléchissant de manière critique sur les
représentations au cinéma des principaux événements, idées, personnages et thèmes de l’histoire
du 20e siècle;
• analysant et évaluant les techniques du cinéma en tant qu’œuvre artistique;
• étudiant la façon dont les films documentaires et films de fiction représentent les valeurs et les
perspectives de leur société d’origine;
• faisant de la recherche dans des sources historiques afin d’analyser l’interprétation, l’erreur, le biais,
ou l’anachronisme dans la représentation de sujets historiques au cinéma;
• appliquant les six concepts de la pensée historique à leur analyse de la représentation
cinématographique de l’histoire, soit :
- établir l’importance historique;
- utiliser des preuves découlant de sources historiques;
- dégager la continuité et le changement;
- analyser les causes et les conséquences;
- adopter une perspective historique;
- considérer la dimension éthique de l’histoire.
• déconstruisant divers films choisis parmi la cinématographie locale, canadienne, autochtone et
internationale ainsi que la cinématographie populaire américaine, et en y réagissant;
• étudiant l’évolution des techniques et de la technologie cinématographiques;
• écrivant des critiques de films qui font appel aux principes de la littératie médiatique critique et aux
concepts de la pensée historique;
• comparant et estimant les qualités évocatrices et esthétiques de divers genres de film;
• évaluant le rôle du contexte historique dans la production de films et en étudiant l’émergence du
cinéma comme entreprise commerciale et facteur influent dans la culture populaire contemporaine;
• enrichissant leur connaissance des événements et des thèmes signifiants de l’histoire mondiale
contemporaine;
• réfléchissant de manière critique sur le rôle du cinéma comme véhicule de messages sociaux
convaincants à propos d’une variété de sujets controversés et délicats;
• examinant et analysant le rôle social du cinéma, de la représentation cinématographique de la violence
et la fiabilité du cinéma quant à l’interprétation de sujets historiques complexes.
Depuis les débuts du cinéma au 20e siècle, l’histoire a été représentée et interprétée dans une grande
variété de films. L’histoire est présente, parfois de façon explicite, dans la plupart des genres filmiques, qu’il
s’agisse de drames, de satires, de comédies, de biographies, de films d’animation, de films de propagande,
ou de cinéma d’auteur. Par conséquent, tout cinéphile éclairé doit être capable d’analyser la façon dont un
film interprète son sujet historique, ainsi que de comprendre qu’un film puisse être perçu comme étant le
produit de son contexte. Les films expriment et représentent les valeurs, les savoirs, les goûts, l’idéologie et
la technologie de leur époque et de leur lieu d’origine. En ce sens, le cinéma nous fournit un outil didactique
riche et fort capable d’appuyer le développement de la littératie médiatique critique, de la pensée historique
et de la conscience de l’histoire.
Au-delà de l’expérience du cinéma comme divertissement ou encore comme source d’information, ce cours
met en œuvre le film comme outil pédagogique. À cette fin, le cinéma s’avère tout à fait apte à favoriser
l’adoption d’un point de vue historique ou empathique à travers différents temps, lieux et cultures. Dans
un monde où les jeunes sont davantage orientés vers le présent, un tel point de vue peut poser un défi.
L’étude consciente et délibérée du cinéma peut faciliter la déconstruction du pouvoir évocateur et séduisant
de l’image, du son et des effets techniques de l’art du cinéma. Une telle étude peut également orienter le
raisonnement des élèves sur des questions au sujet de la condition humaine et de la diversité de l’expérience
humaine au fil du temps.
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Nous sommes loin du temps où la communication se faisait par signaux de feu et de fumée et où les messages se
transmettaient de bouche à l’oreille, à pied ou à cheval ou encore par tam-tam. Avec l’invention de l’imprimerie
par Gutenberg en 1438, l’écrit a pris un essor considérable dans les communications; on a assisté par la suite à
la généralisation de la presse et aux débuts de la communication de masse. À la fin du 19e siècle, la télégraphie
sans fil a élargi le champ des communications à distance en donnant naissance à la radio et au téléphone. Le
développement des technologies de l’image, du son et du mouvement a donné, tout au long du 20e siècle, un essor
fulgurant à la photographie, au cinéma et, plus tard, à la télévision. Plus récemment, la câblodistribution, le
déploiement des satellites de communication, la compression numérique et la multiplication des systèmes interactifs
de communication et d’information à distance (Internet) nous ont fait entrer dans l’ère du multimédia et de
l’instantanéité. L’accessibilité à un volume accru et diversifié d’informations de tout genre et de toute forme, élargi à
l’échelle du monde, est devenue une réalité de la vie contemporaine.
Les médias supplantent dorénavant les boîtes à outils que constituaient les grandes institutions traditionnelles
de transmission de la culture. Ils dominent l’espace culturel de nos sociétés et ils exercent aujourd’hui un rôle
d’informateur déterminant par la diffusion massive de messages disparates dans les actualités, les fictions, les jeux
et les publicités. Leurs productions touchent tous les aspects symboliques et imaginaires de la vie. Les médias sont
devenus les agents principaux de la production et de la transmission de l’ensemble des manières de penser, de sentir
et d’agir dans la vie privée des individus et des collectivités. Ils contribuent à former l’opinion publique en matière
de vie sociale, politique et économique tout comme à alimenter la compréhension que nous avons des choses.
Ils influencent les valeurs qui affectent les relations humaines et les modèles esthétiques ainsi que les habitudes
de consommation. Ils nourrissent un « savoir de base » qui sert de cadre de référence pour juger des réalités ou
des événements et prendre des décisions. Dès le plus jeune âge, nous acquérons en leur compagnie de nombreux
renseignements sur des idées, des événements et des faits réels ou imaginaires de multiples domaines.
… Il est, de ce fait, de plus en plus difficile d’imaginer que l’école contemporaine n’apprenne pas progressivement
aux enfants à « lire » les médias pour qu’ils puissent interpréter leurs productions et évaluer leur crédibilité, tout
comme elle le fait depuis longtemps avec l’imprimé traditionnel. Les médias amènent les jeunes dans un univers
où ils se font raconter des récits par des conteurs multiples qui imprègnent leur conscience avec des messages dont
ils connaissent rarement les sources ni les motivations. Les médias parlent aux jeunes dans un langage auquel ils
s’habituent sans réellement maîtriser le code de lecture et d’expression. D’une manière parfois inconsciente, les
médias peuvent modifier notre conception du temps et de l’espace tout en en même temps d’élargir notre conscience.
Ils introduisent de nouvelles modalités de pensée et de représentation qui peuvent générer également de nouveaux
comportements d’apprentissage, de recherche et de gestion des informations.
Étant donné l’ubiquité du cinéma aujourd’hui et son influence puissante sur les jeunes, il est important de
privilégier le développement d’une conscience critique et analytique de cette forme médiatique en tant
qu’industrie de médias de masse.
Aujourd’hui, j’apprends la géographie de certains pays que je ne connais pas, certaines langues que je ne
parle pas, certaines situations sociales particulières, par la seule vision des films.
– Alain Badiou (2010), cité dans le livre Objectif cinéma, p. 269.
Au 21e siècle, le message audiovisuel est omniprésent. Les cultures contemporaines se déclarent
multimodales, visuelles, immédiates et non dépendantes uniquement du texte écrit pour l’échange d’idées
et d’informations. Cette dominance, appuyée par la technologie des médias de masse, ne s’applique pas
uniquement au domaine de la culture populaire et des divertissements, mais aussi aux réalités de l’éducation,
tant formelle qu’informelle.
Étant donné cet état de fait, il est important de fournir aux élèves des outils d’observation critique afin qu’ils
puissent devenir des apprenants actifs et non seulement des consommateurs d’images passifs. Pour devenir
des citoyens éclairés, les élèves doivent prendre conscience du processus de création, de sélection, de
production, de transformation et de distribution des messages audiovisuels visant tout un éventail de buts,
y compris le profit financier et le désir d’influencer l’opinion publique.
Dans le cadre du programme d’études de sciences humaines du Manitoba, les élèves s’initient à l’étude
des relations entre les êtres humains dans l’espace écologique, social, culturel, politique et économique
qu’ils partagent, c’est-à-dire leur foyer commun. Le concept de la citoyenneté active et démocratique est au
cœur des sciences humaines, dont l’étude permet aux élèves de mieux comprendre la diversité humaine et
l’interaction sociale à travers le temps, les lieux et les cultures. Le but des sciences humaines est d’outiller les
élèves pour qu’ils puissent prendre des décisions éthiques et éclairées dans une société pluraliste, au sein d’un
monde de plus en plus interdépendant.
Dans le contexte actuel, la citoyenneté exige qu’on applique les principes de la pensée critique avant de
prendre des décisions, de porter des jugements et de poser des gestes, tant personnels que publics ou
collectifs. Pour être un citoyen engagé et actif à l’époque de la communication instantanée, on a besoin de
stratégies pour se défendre contre la passivité qui résulte de la consommation excessive et inconsciente
des médias, surtout des images puissantes et évocatrices qui cherchent à influencer et parfois à tromper les
spectateurs. Au lieu d’être simplement des consommateurs de produits médiatiques, les citoyens du 21e siècle
doivent devenir des agents critiques conscients des multiples éléments qui peuvent influencer leurs valeurs et
leur vision du monde, y compris les médias de masse qu’ils observent, partagent et utilisent.
Les médias de masse, et leurs interprétations et représentations de la réalité, sont une composante
significative de la pratique démocratique à l’époque contemporaine, car ils offrent des moyens efficaces
de permettre l’échange de points de vue divergents. L’étude critique du cinéma développe la capacité de
déconstruire les représentations cinématographiques et de réfléchir sur leur crédibilité ainsi que sur leurs
qualités artistiques et techniques. En enrichissant leur compréhension du cinéma en tant que forme artistique,
entreprise lucrative et élément puissant des médias de masse, les élèves pourront mieux comprendre
l’influence du film sur leur conscience historique et sur leur interprétation de l’expérience humaine. Ils
pourront apprendre comment « se mettre à la place de l’Autre » afin de concevoir une époque ou une société
autre que la leur. Un tel apprentissage, plus riche et plus profond que la simple acquisition de faits, peut
mener à une ouverture d’esprit en poussant l’apprenant à vouloir comprendre toute une gamme d’expériences
humaines. Cette compréhension exige cependant une certaine direction pédagogique, ainsi que l’acquisition
d’un nouveau lexique, de nouvelles pratiques cinéphiliques, de nouveaux modes de pensée et de nouvelles
compétences liées au visionnement conscient, à la déconstruction du message audiovisuel et à la réflexion sur
son sens et son intention.
Sourc
es
APKON, Stephen. The Age of the Image: Redefining Literacy in a World of Screens, New York,
Farrar, Strauss et Giroux, 2013.
DE BAECQUE, Antoine et Pierre GUISLAIN. Objectif cinéma, Paris, Gallimard Jeunesse, 2013.
PICHETTE, Michel. « Une boîte à outils culturels », Vie pédagogique, numéro 140, septembre-octobre 2006,
p. 35 à 37.
Comme dans les autres domaines d’études, ce cours de sciences humaines permet aux élèves de se construire
des référents culturels par les expériences qu’ils vivent, c’est-à-dire des associations, des images et des valeurs
en rapport avec la langue. Les référents culturels sont construits à partir d’expériences d’apprentissage,
de découvertes, de prises de parole et d’interactions sociales. Le domaine des sciences humaines offre
de nombreuses occasions pour faire de la langue un outil qui est plus que la langue de l’école. C’est pour
l’éducateur une occasion de déscolariser la langue française, de la rendre vivante, pertinente, significative et
utile pour qu’elle ait du sens pour l’élève.
Pour l’élève francophone dans le Programme français (FL1), on peut alors comprendre l’importance de
reconnaître la part qu’il peut jouer comme membre actif qui contribue à la communauté francophone.
Dans cette optique, l’élève est appelé à s’éveiller et à s’ouvrir à la francophonie, à prendre conscience de
ses défis et de ses réalisations, à s’y engager avec fierté et à contribuer à la vitalité de ses institutions.
FONDEMENTS PÉDAGOGIQUES
Ce cours est fondé sur une approche constructiviste en matière d’apprentissage et d’enseignement. Selon
un tel modèle pédagogique, l’apprentissage est un processus actif dans lequel l’apprenant se construit des
représentations mentales basées sur ses connaissances antérieures pour ensuite les modifier et les élargir
afin d’enrichir sa compréhension du sujet à l’étude.
Selon la théorie constructiviste du psychologue Vygotsky, cette approche devrait également mettre l’accent
sur des situations d’apprentissage qui se situent dans la zone de développement proximal des apprenants,
c’est-à-dire qui posent un défi cognitif à l’apprenant. Ainsi, la situation d’apprentissage devrait inciter
l’apprenant à effectuer des tâches complexes avec la direction ou l’appui de l’enseignant, pour ensuite faciliter
le cheminement graduel vers l’autonomie.
Implications pédagogiques
Dans le but de faciliter la construction de sens et la compréhension profonde des sujets abordés, la sélection
de films ne devrait pas se limiter à des titres familiers qui font partie de l’expérience quotidienne des
élèves. Au contraire, une sélection judicieuse de films qui invitent les élèves à élargir les horizons de leurs
préférences habituelles appuiera mieux le développement de la compréhension et de la pensée critique.
Une telle sélection devrait inclure des films en langue étrangère, des films locaux et canadiens, et des styles
documentaires et dramatiques provenant de diverses époques de l’histoire du cinéma. Dans une telle
approche, les enseignants peuvent fournir un modèle ou une grille de visionnement analytique et la pratiquer
en classe. Le but cette pratique est de développer chez les élèves de nouvelles habitudes cinéphiliques
qu’ils pourront ensuite mettre en œuvre dans leur consommation médiatique quotidienne. Pour ce faire,
l’apprentissage devrait offrir de multiples occasions de réfléchir et de discuter de manière critique au sujet
des thèmes et messages du cinéma, non seulement pour prendre conscience des erreurs ou faussetés
historiques, mais aussi pour réfléchir sur les impressions subjectives que laisse chaque film visionné.
Un enseignement qui se situe dans la zone de développement proximal des apprenants devrait offrir aux
élèves diverses possibilités de négocier le sens d’un sujet grâce à des interactions et à l’étude de perspectives
divergentes du thème. Cette approche demande qu’on planifie un temps de réaction initiale individuelle, un
temps de discussion en groupes hétérogènes, et un temps de consultation de sources d’expertise en critique
de cinéma, en histoire mondiale ou en histoire du cinéma.
Une composante importante de cet apprentissage est la discussion structurée ou intentionnelle pour
permettre l’échange d’idées sur le style, le thème, le message ou l’interprétation historique des films
visionnés. Il serait utile aussi de fournir aux élèves des modèles de comptes rendus de films, de critiques
professionnelles et d’analyses de films, tels que des articles provenant du journal Les cahiers du cinéma ou
d’autres revues populaires. L’apprentissage serait aussi facilité par la proposition de questions génératrices
ou provocatrices, par des outils d’analyse ou de réflexion, et par la suggestion de sources d’information
historique.
Le défi posé à l’enseignant est de trouver des moyens de faciliter le développement d’une conscience
critique – et d’une compréhension du langage technique de l’art – sans diminuer l’expérience émotive et
esthétique que le cinéma veut créer chez le spectateur, ni nuire à cette expérience.
L’approche pédagogique recommandée pour réaliser cette tâche complexe consiste à guider les élèves tout
au long des phases suivantes :
1. d’abord, entrer dans le monde imaginaire du film – son époque, son lieu, ses personnages, son récit,
son message; ensuite, prendre conscience de sa réaction « à chaud » au film, l’examiner et l’évaluer,
préférablement en l’expliquant à quelqu’un;
2. prendre un recul – se détacher du cadre émotif ou du message moral du film pour relever les qualités
artistiques du film;
3. observer et examiner les techniques utilisées par le cinéaste pour véhiculer son message; utiliser le
vocabulaire cinématographique approprié; poser des questions et visionner des clips une deuxième fois
au besoin;
4. mener de la recherche en consultant d’autres sources d’information sur le sujet ou le contexte du film,
écouter des entrevues du cinéaste, lire des critiques ou analyses du film;
5. comparer le film à d’autres films que l’on connaît qui traitent du même sujet (différents styles ou genres,
différents cinéastes ou périodes) : relever les éléments techniques ou thématiques communs; évaluer la
qualité artistique du film et sa valeur historique.
Ces étapes peuvent être abordées de manière successive dans l’étude d’un film ou d’un thème historique,
ou encore, l’enseignant peut les revisiter de façon périodique au besoin, selon la sélection de films et la
structure du cours.
Tout enseignant est inventeur. Un acte central de notre profession est la conception de programmes d’études
et de situations d’apprentissage pour répondre à des buts définis.
– Traduction libre. Grant Wiggins et Jay McTighe, Understanding by Design, Alexandria, VA, ASCD,
1998, p. 7
Les enseignants peuvent envisager et planifier ce cours en fonction de la structure conceptuelle la plus
appropriée, en tenant compte des intérêts et besoins des élèves, des ressources et du temps disponibles,
et de leurs propres connaissances, expertise et préférences. La sélection de films, l’ordre de présentation,
les travaux exigés et les tâches d’évaluation pourront varier selon l’approche conceptuelle préconisée.
Voici, dans les trois pages qui suivent, quelques approches proposées par des enseignants.
Le cinéma, c’est l’opéra du vingtième siècle. On a tous les arts : les écrivains, les acteurs, les décorateurs,
les chefs opérateurs, les musiciens, pour faire une œuvre totale.
– Jules Petit-Senn, écrivain suisse
Avec une telle approche, la sélection de films et les tâches d’apprentissage sont organisées en fonction
de l’étude du cinéma en tant que production artistique. On met l’accent sur le langage et la technique
cinématographiques ainsi que sur l’histoire du cinéma. Les élèves apprennent à distinguer les genres et les
conventions filmiques, à écrire des critiques et des analyses de films et à comparer des films qui traitent d’un
même sujet historique. Le point de départ de cette approche est la sélection de films ou de réalisateurs qui
représentent des tournants ou moments importants de l’histoire du cinéma.
La plupart des films produits de nos jours vise un marché de grande consommation, et plus spécifiquement
le marché de la jeunesse. L’industrie mondiale du cinéma, à peu d’exceptions près, se caractérise par des
superproductions, dont nombre d’entre elles s’inspirent de bandes dessinées ou sont des suites, soutenues
par un marketing de masse à l’échelle mondiale qui freine le cinéma national et non hollywoodien.
– UNESCO, Statistiques sur le cinéma
[Link]
Avec cette approche, l’enseignant peut choisir de mettre l’accent sur l’étude de l’émergence du cinéma en tant
qu’entreprise lucrative et influente depuis le début du 20e siècle. L’attention peut être portée sur la production
et la distribution de films, la publicité et le marché populaire, les budgets et échéanciers des productions
filmiques, la dominance hollywoodienne du marché filmique, l’influence du cinéma sur la culture populaire,
l’historique de la critique professionnelle du cinéma, l’effet des prix et récompenses en cinéma ainsi que
les effets de la technologie et des nouveaux médias sur l’industrie. L’enseignant peut choisir d’examiner en
premier lieu l’historique et l’impact des médias de masse en étudiant des théoriciens tels que Noam Chomsky
ou Marshall McLuhan, et privilégier l’étude comparative de productions grand public et de productions
indépendantes ou de films d’auteur.
Le cinéma, une histoire sociale (le film comme artéfact ou produit de l’histoire)
Qu’est-ce, d’abord, qu’un film historique? De quelle histoire les cinéastes se servent-ils et pour quoi faire?
Comment les historiens peuvent-ils aborder, analyser, voire utiliser des réalisations qui n’ont pas pour
objectif principal la reconstitution d’un moment du passé?
…Le film historique, prenant comme base des événements passés, illustre des problèmes politiques
contemporains; il opère, de bout en bout, une translation vers le présent.
– Pierre Sorlin, « Clio à l’écran, ou l’historien dans le noir », Revue d’histoire moderne et contemporaine,
avril-juin 1974, cité en ligne au [Link]
Dans cette approche, l’enseignant met l’accent sur le rôle du cinéma dans la culture populaire afin de
faire ressortir la façon dont un film peut démontrer – et influencer – les valeurs sociales du contexte de sa
production. Cette façon de faire encourage les élèves à aborder chaque film en tant qu’artéfact historique
en soi, en faisant de la recherche sur le temps et le lieu de la production filmique. L’apprentissage pourrait
inclure une étude d’entrevues de cinéastes et des circonstances dans lesquelles ils ont produit leurs films. La
présentation des films pourrait être basée sur l’ordre chronologique de la sortie des films et inclure une étude
de la réponse critique aux films choisis et de leur influence sociale et cinématographique immédiate et à plus
long terme.
Ainsi, avec des faits imaginaires, l’artiste retranscrit le vrai, rend l’histoire intelligible, ce qui pose le
problème de la fiction, de l’imaginaire comme mode d’investigation historique, scientifique.
– Marc Ferro, Cinéma et Histoire, p. 211
Il est nécessaire que les historiens prennent le cinéma au sérieux en tant que façon légitime de « faire »
l’histoire : qu’ils commencent à ouvrir le dialogue entre l’histoire écrite et l’histoire filmique, pour aller
au-delà du rejet de la validité du cinéma comme témoin historique simplement parce que le film n’adhère
pas aux pratiques conventionnelles de l’histoire écrite par des savants universitaires spécialisés.
– Mike Chopra-Grant (2008), Cinema and History – The Telling of Stories (traduction libre).
Dans cette approche, on présume que le cinéma, parmi d’autres sources et preuves, peut jouer un rôle
significatif et crédible dans l’interprétation de l’histoire. On peut organiser le visionnement de films autour
d’une suite d’événements historiques du monde depuis le début du 20e siècle (par exemple de la Première
Guerre mondiale à la course spatiale, puis à l’impact écologique de l’industrialisation). La sélection comprendra
des films documentaires et dramatiques traitant de sujets historiques, et pourrait exiger de la pré recherche
historique à partir de sources primaires et secondaires. On aide les élèves à relever et analyser les erreurs et
anachronismes du cinéma. Ce modèle peut aussi inclure un examen du rôle propagandiste du cinéma en temps
de guerre, de l’historique de l’Office national du film du Canada et de l’émergence du cinéma documentaire en
tant que témoin et interprète de l’histoire contemporaine.
« L’art du cinéma consiste à s’approcher de la vérité des hommes, et non pas à raconter des histoires de
plus en plus surprenantes. »
– Jean Renoir, réalisateur français
Ce modèle se fonde sur des films axés sur des grands thèmes historiques du 20e siècle (par exemple, la science
et la technologie, l’idéologie et la révolution, l’oppression et la résistance, les femmes et le pouvoir, et autres).
On peut mettre l’accent plutôt sur la diversité des angles d’approche que l’on prend au cinéma pour aborder
les conflits, dilemmes, joies et tragédies de la vie humaine dans le monde contemporain. On guide les élèves
dans l’analyse des messages thématiques des films choisis et des diverses visions historiques du cinéma. Une
telle étude peut comprendre une réflexion sur la valeur du cinéma en tant que représentation de la vie réelle
dans le contexte moderne, à fois public ou collectif et personnel.
Quelle que soit l’option conceptuelle choisie pour le cours, la sélection de films devrait inclure une variété
de genres et de styles de films filmiques et devrait utiliser le cinéma comme un outil d’apprentissage afin
de développer la littératie médiatique critique ainsi que la pensée historique. Cela pourrait demander le
visionnement de courts extraits de films pour illustrer un thème ou un concept historique, ou pour observer
un élément technique du cinéma. Une filmographie est proposée comme point de départ pour la sélection des
films, ainsi qu’une liste de principes directeurs pour guider le choix d’autres titres. Une composante du cours
devrait être la sélection de films par les élèves, en tant que tâche culminante ou dans le cadre de l’étude d’un
thème ou d’un sujet.
Dans ce cours, les élèves visionnent des films non seulement pour se divertir, ni seulement pour s’informer,
mais surtout pour aborder le cinéma sous un nouvel angle. Chaque film est étudié en vue de provoquer
une réflexion sur ce qu’il révèle de l’histoire moderne et fournit aux élèves une occasion d’étudier le rôle
du cinéma dans le façonnement de leurs notions du passé. Pour favoriser la participation des élèves à un
discours critique et analytique sur le cinéma, il est fortement recommandé aux enseignants d’utiliser de façon
régulière un journal de visionnement dans lequel les élèves s’habituent à noter leurs réponses spontanées à
l’expérience médiatique, ou à réfléchir sur des questions génératrices au sujet du cinéma et de l’histoire.
Les questions génératrices peuvent être proposées par l’enseignant ou par les élèves et visent à provoquer le
raisonnement critique. Les questions devraient inciter à se pencher sur la technique du cinéma, ou encore,
à analyser un thème ou sujet historique. Chaque film étudié, qu’il soit dramatique ou documentaire, est
considéré à la fois comme produit de son contexte historique et aussi comme un message à décoder au sujet
de l’histoire moderne.
Les questions suivantes peuvent guider l’élève et l’aider dans sa recherche pour situer le film à l’étude dans
son contexte historique et social.
Dans les prochaines questions, on s’éloigne de la pensée critique basée sur la recherche (informations
contextuelles sur le film) et on aborde l’aspect de la critique qui s’appuie sur le langage ou la technique du
cinéma.
6. Quel est le vrai message du film (en opposition parfois au message déclaré)? Quelles sont ses propres
impressions de ce film, ou réactions à ce film?
Une des approches critiques les plus valables est celle qui consiste à d’abord définir les impressions que
nous avons après le visionnement d’un film. Ces impressions constituent généralement la réaction au
message créatif du cinéaste. Ce message est formé par le choix de personnages et le dialogue, mais aussi
par son langage technique (par exemple, la photographie, l’éclairage et le cadrage, le rythme, le montage,
la séquence de scènes, la musique, les effets spéciaux). Toute une gamme de choix créatifs contribue à
produire un effet sur le spectateur.
Dans ce cours, les élèves visionnent des films qui traitent des grands thèmes historiques du 20e siècle,
et font de la recherche sur ces sujets historiques. Il est important d’établir la différence fondamentale
entre l’étude de l’histoire et la réflexion sur un film historique. Tandis que l’historien cherche avant tout
l’objectivité et la justesse dans sa représentation du passé, le cinéaste cherche avant tout à provoquer
une réponse émotive et personnelle chez le spectateur. Cela est vrai même pour des films documentaires,
dont le but général consiste à informer le spectateur, mais qui cherchent aussi à exprimer un point de vue
particulier concernant un événement historique, en interprétant le récit du passé d’une manière différente.
Il convient de faire une distinction entre la dimension historique de chaque film (son historicité, sa place dans
le temps et l’espace) et le cas de films qui parlent eux-mêmes d’événements historiques, c’est-à-dire les films
dont le sujet central est un événement historique. On peut visionner par exemple des extraits du film Cabaret,
créé en 1972 dans le style théâtre musical américain et dont le sujet est la vie bohémienne à Berlin en 1931,
dans le contexte historique de la présence de plus en plus menaçante du Parti nazi à l’époque de la république
de Weimar; ou encore, un film dont le sujet principal est historique, comme le film de propagande russe
Le cuirassé Potemkine, qui traite d’une révolte de marins à Odessa en 1905.
Ce film, qui ouvre sur un message politique explicite au sujet de la justesse de la révolution russe, est présenté
comme une reconstitution de vrais événements historiques.
Voir Internet Archive : [Link]
Ou encore, on peut comparer la présentation de l’holocauste dans La liste de Schindler à celle dans
La vita è bella, qui traite principalement de l’expérience personnelle d’une famille juive pendant cette
période, mais qui présente également une réflexion sur l’holocauste en tant qu’événement historique.
Dans certains cas, le matériel brut du film historique, qu’il s’agisse d’un film documentaire ou de fiction,
provient de sources historiques primaires. La plupart du temps, les traces du passé fournies par ces sources
sont sélectionnées, interprétées – donc en fait transformées – en fonction de l’intention du message du
cinéaste. Même l’emploi de sources primaires dans un film, sans ajouter de réflexion, peut servir à appuyer le
message du cinéaste. Voir, par exemple, le film italien Une journée particulière (Una Giornata Particolare), qui
commence avec un reportage du 6 mai 1938, au sujet du défilé de Mussolini et d’Hitler à Rome. Cela sert à
établir le contexte historique du drame personnel du film.
Ce cours facilite la maîtrise d’une nouvelle façon de visionner les films, soit avec une conscience critique
fondée sur les principes suivants de la littératie médiatique.
- Les médias sont des constructions et ne reflètent pas directement la réalité.
- Les médias exigent une interaction et exercent une influence sur notre perception du monde.
- Les médias ont des buts et des répercussions commerciaux.
- Les médias véhiculent des valeurs et des idées liées à leur contexte social.
- Chaque médium possède une technique, un langage et des conventions artistiques propres à sa forme.
Pensée historique
Dans leur visionnement analytique des films, et au cours de leur questionnement et de leur recherche, les
élèves appliquent les éléments suivants de la pensée historique :
- la sélection et interprétation de preuves historiques;
- la détermination de l’importance des événements historiques;
- l’analyse des causes et des effets d’événements historiques;
- l’examen de la continuité et du changement dans la condition humaine;
- l’adoption d’une perspective historique;
- la réflexion sur la dimension éthique des événements et interprétations historiques.
Sourc
es
Edutechwiki, Constructivisme
[Link] [15 septembre 2014].
Clermont Gauthier et Maurice Tardif. La pédagogie : Théories et pratiques de l’Antiquité à nos jours.
Montréal, QC : Gaëtan Morin, Chenelière Éducation, 2005. p. 369-370.
Bruce Marlowe et Marilyn Page. Creating and Sustaining the Constructivist Classroom.
Thousand Oaks, California: Corwin Press, 1998.
« Un spectateur qui connaît l’histoire comprend qu’un film peut paraître convaincant sur le plan
historique sans représenter exactement le passé. »
– D. W. Griffith, réalisateur américain de films historiques, 1916
LE POUVOIR DU CINÉMA
La photographie, c’est la vérité et le cinéma, c’est vingt-quatre fois la vérité par seconde…
– Jean-Luc Godard, cinéaste suisse et critique de films
Aujourd’hui, j’apprends la géographie de certains pays que je ne connais pas, certaines langues que je ne
parle pas, certaines situations sociales particulières, par la seule vision des films.
– Antoine DeBaecque, Objectif Cinéma, p. 269
Le cinéma est une composante significative de l’éducation contemporaine. En se servant des technologies de
la communication de masse ainsi que du langage de la production artistique, le cinéma véhicule un message
influent et puissant. Son ubiquité, son impact émotif intentionnel, sa nature souvent controversée, et sa
dominance de la culture populaire en tant qu’industrie de divertissement : tous ces éléments contribuent
à rendre difficile le choix de films à utiliser en classe. Les lignes directrices qui suivent sont proposées pour
appuyer l’emploi stratégique et judicieux de films en tant qu’outils pédagogiques pour faciliter la pensée
critique au sujet du rôle du cinéma dans l’interprétation de l’histoire du 20e siècle.
Le but de cette approche pédagogique est de transformer le visionnement du cinéma chez les élèves. En effet,
cela implique que l’enseignant s’éloigne de films purement didactiques, ainsi que de pratiques pédagogiques
qui utilisent les films en tant que simple divertissement, célébration ou récompense dans la salle de classe.
Il serait utile de proposer, au début du cours, un sondage des habitudes de visionnement des élèves, afin
de déterminer leurs attitudes et croyances au sujet du cinéma. À mesure qu’ils acquièrent de nouvelles
habitudes de visionnement analytique, les élèves peuvent parvenir à une appréciation critique et réfléchie du
cinéma, ainsi qu’à une pensée critique autonome qui leur permettra de poser leurs propres choix de films à
étudier.
• Toujours tenir compte des deux buts primordiaux du cours : acquérir la littératie médiatique critique et
développer la pensée historique.
• Planifier le cours afin de permettre aux élèves d’entreprendre la recherche en consultant des sources
historiques traditionnelles (écrites, numériques, ou visuelles) avant ou après le visionnement d’un film.
Le but de cette recherche est d’acquérir des connaissances au sujet du contexte historique du film et de
baser l’étude du sujet historique du film sur une chronologie réaliste de l’époque en question.
• Planifier l’horaire de visionnement en fonction d’un nombre limité (8 à 10) de films judicieusement
sélectionnés pour l’étude, accompagnés par des films d’appui ou des extraits de films qui traitent
du même sujet ou thème historique. Veiller à exposer les élèves à une gamme de genres filmiques
provenant de divers époques, pays, cultures, langues et styles. Une telle sélection appuie la pensée
critique en lien avec l’histoire et les médias.
• Choisir des titres représentatifs qui comprennent des films canadiens, internationaux et indépendants,
ainsi que quelques productions populaires américaines (ne pas s’en tenir uniquement au genre
Hollywood). Les élèves pourront – comme travail à faire en dehors des heures de classe – visionner des
films populaires pour des fins de comparaison.
• Sélectionner des films qui conviennent bien en tant qu’outils pédagogiques (sans être trop didactiques)
et qui ne se limitent pas au pur divertissement. Veiller à éviter les films ayant un but ouvertement et
purement commercial, sauf pour les utiliser comme exemples de l’industrie du cinéma.
• Se limiter à des films qui fournissent des occasions d’explorer, d’expérimenter et de déconstruire le
pouvoir et l’impact de l’image à l’écran.
• Inclure au moins un exemple d’un long métrage dramatique qui place le récit dans un contexte historique
clair et explicite.
• Inclure au moins un exemple d’un film qui contient des éléments de propagande ou de fausses
représentations historiques. Guider les élèves dans leur analyse de ces éléments fautifs.
• Inclure des films qui permettent aux élèves d’explorer le pouvoir de l’histoire sur les vies individuelles,
ainsi que le pouvoir des individus d’exercer une influence sur l’histoire (le facteur de l’intervention
humaine dans l’histoire).
• Inclure des films qui présentent de manière convaincante une variété de perspectives sociales et
culturelles.
• Prévoir du temps pour étudier ou examiner le contexte (social, politique, historique, culturel,
économique) de chaque film étudié.
• Planifier le cours de manière à permettre aux élèves de sélectionner eux-mêmes des films, en se fondant
sur des critères clairs et liés aux buts du cours.
• Les films provoquent souvent une forte réaction émotionnelle. Choisir de façon consciencieuse les films
qui traitent de sujets difficiles ou controversés, en prévoyant un moment pour préparer les élèves au
visionnement et pour faire un retour guidé sur le visionnement.
• Tenir compte des valeurs et des sensibilités de la communauté scolaire dans le choix de films.
(Voir le modèle de lettre aux parents.)
• Prévisionner chaque film en entier avant de l’utiliser en classe. Tenir compte des classifications des
films choisis et des mises en garde recommandées. Les recommandations didactiques, les guides
d’enseignement, les commentaires et les critiques ou résumés de films ne fournissent pas assez
d’information pour qu’on s’en serve pour fonder le choix de films.
• Dans le choix des films, prendre en compte leur valeur artistique, leur fiabilité historique, l’intérêt des
élèves, et la pertinence des films par rapport aux buts du cours. La sélection de films variera d’une année
à l’autre en fonction de ces critères.
• Ne pas limiter l’étude des films choisis à la détection des erreurs ou des anachronismes historiques. En
effet, il serait parfois utile d’utiliser un film qui contient des erreurs ou des faussetés pour illustrer un
point concernant l’interprétation historique, l’influence médiatique ou les valeurs sociales dominantes.
(Pour plus d’information, consulter la section Le cinéma et l’inexactitude historique).
Remarque : Ce document propose des modèles d’études de films ainsi qu’une filmographie recommandée.
Cette filmographie n’est pas exhaustive et ne constitue pas une liste de ressources autorisées, mais elle est
basée sur les suggestions d’enseignants de sciences humaines au secondaire au Manitoba. Toute décision
au sujet de la sélection de films devrait être fondée sur ce qui convient aux apprenants et à la communauté
d’apprentissage de chaque école.
Consulter également la section sur le droit d’auteur et sur la classification des films pour plus d’information
sur l’emploi du film en classe.
À cette époque où les médias de masse sont omniprésents, les élèves sont très souvent exposés à des
messages qui traitent de sujets controversés ou délicats. Ces messages peuvent être problématiques et
bouleversants si les élèves n’apprennent pas comment les traiter, les aborder et les juger à la lumière de leurs
valeurs personnelles et communautaires. Le traitement réfléchi et attentif de sujets difficiles dans un milieu
éducatif sain favorise un riche développement personnel et social. Les sujets délicats peuvent être abordés
de manière acceptable en classe au moyen d’une discussion ouverte, guidée et éclairée. Les enseignants
devraient établir des paramètres pour encadrer les discussions sur les sujets difficiles, toujours en étant
attentifs aux diverses réactions des élèves et en leur offrant un appui au besoin.
Le cinéma peut être un outil puissant pour éveiller les élèves à des questions humaines et des enjeux
complexes difficiles à résoudre. Les films explorent fréquemment de graves problèmes de la condition
humaine qui touchent des questions de race, d’ethnicité, de croyance religieuse, de classe sociale,
d’idéologie politique, de genre et de sexualité. Souvent, les représentations cinématographiques de
l’histoire représentent des tragédies humaines : violence, guerre, inhumanité, racisme, cruauté, injustice,
souffrance. Une telle étude, menée avec sollicitude après une solide préparation, peut favoriser l’empathie
et la compréhension d’autrui, au lieu de se limiter au visionnement de récits cinématographiques. Par
contre, le visionnement fréquent d’images puissantes et troublantes peut aussi provoquer une réaction de
distanciation, voire une indifférence à la souffrance humaine. Ce facteur émotif doit être pris en compte
dans le choix des films et des façons de discuter de ces films. Il s’agit d’être conscient du pouvoir du cinéma
et de veiller à ne jamais surutiliser des images de souffrance et de peine sans un temps de préparation et un
temps d’objectivation guidée. Les scènes et images difficiles devraient être abordées de manière réfléchie et
mesurée.
Les lignes directrices suivantes peuvent aider les enseignants à gérer leur façon d’aborder les sujets difficiles
ou controversés, qui peuvent porter sur les principes d’éthique, les croyances ou les valeurs :
• aborder tous les sujets avec une sensibilité pour l’expérience des élèves;
• demeurer conscient de l’effet des images difficiles;
• ne jamais surutiliser ou traiter de façon insignifiante des images difficiles, surtout celles qui proviennent
de sources primaires : la répétition iconographique peut provoquer une désensibilisation et mener à la
négligence de la dimension humaine de l’expérience;
• définir et encadrer clairement le sujet de discussion;
• établir des paramètres pour les discussions et s’assurer que le sujet ne porte pas sur des enjeux personnels
et qu’il ne vise pas un élève en particulier;
• offrir la possibilité de ne pas participer dans le cas où le sujet serait trop difficile pour un élève;
• expliquer aux élèves qu’une question difficile ne mène pas nécessairement à une seule « bonne réponse »;
• respecter la liberté d’expression de chacun;
• aider les élèves à faire la distinction entre une opinion éclairée et un préjugé;
• faciliter la recherche en suggérant des sources fiables qui traitent du sujet à l’étude selon diverses
perspectives;
• prévoir suffisamment de temps pour présenter équitablement chaque point de vue et réfléchir à son bien-
fondé;
• inciter les élèves à toujours justifier de manière raisonnée leur opinion;
• interdire le langage raciste, sexiste ou discriminatoire dans toute discussion.
Lorsqu’il s’agit du visionnement d’un film qui traite d’un sujet difficile, il devient particulièrement important de
prévoir un temps de préparation et un temps de débreffage (individuellement, en dyades ou en groupe).
Finalement, il n’existe pas de règles simples lorsqu’il s’agit de discussion de sujets controversés en classe. Les
expériences et antécédents des élèves, leur mode de vie et leurs croyances familiales et communautaires
peuvent faire surgir des problèmes. L’enseignant doit demeurer conscient de sa communauté d’apprenants
lorsqu’il aborde un sujet politique, religieux, éthique ou social. En général, la discussion devrait mettre l’accent
sur l’acceptation respectueuse de la diversité.
Sourc
es
Alberta Education, Considerations in Choosing Films for Classroom Use, p. 405-408, Appendix,
English Language Arts Senior High School Program of Studies, 2003, document en ligne
[19 octobre 2014] [Link]
Éducation, Citoyenneté et Jeunesse Manitoba. Programme d’études, Sciences humaines, secondaire 1, L’approche
de sujets controversés : [Link]
OXFAM Global Citizenship Guides, Teaching Controversial Issues, OXFAM Great Britain, 2006.
Document en ligne [19 octobre 2014]
[Link]
TEASLEY, Alan. B., et Ann WILDER. Reel conversations : reading films with young adults, Portsmouth, N.H.,
Heinemann, 1997.
Madame,
Monsieur,
Votre enfant a choisi le cours Le cinéma, témoin de l’histoire moderne, un cours facultatif de 12e année qui utilise le
cinéma pour étudier les principaux thèmes historiques du 20e siècle. Dans le cadre de ce cours, les élèves auront à
visionner une sélection judicieuse de films de fiction et de documentaires en classe et parfois à la maison.
La plupart des films proposés sont classifiés 14A selon le système de classification de films du Manitoba. Certains
des films suggérés traitent de sujets difficiles ou controversés, comme la guerre et le génocide. Tout au long du
cours, nous encouragerons les élèves à discuter de ces films en classe ainsi qu’à la maison. Ils auront des travaux
écrits à faire et seront guidés dans leur réaction aux films choisis de manière à les conscientiser aux grands enjeux
historiques ainsi qu’aux techniques cinématographiques utilisées par les cinéastes pour véhiculer leur message
artistique, émotionnel et idéologique.
Les films ont été sélectionnés avec soin afin de représenter une grande variété de pays d’origine, de genres et de
styles filmiques et de sujets historiques. La sélection comprend des films et des cinéastes marquants de l’histoire du
cinéma canadien et international. Voici quelques-uns des titres recommandés :
• La vie est belle (La vita è bella)
• Le dictateur (Chaplin)
• Docteur Folamour
• La vie des autres
• Persépolis
• Kandahar
D’autres titres, y compris de nouveaux films, pourraient s’ajouter à la liste pour le visionnement en classe ou à la
maison. En outre, des extraits de films seront visionnés pour illustrer les techniques ou le langage cinématographiques.
Dans tous les cas, les films choisis seront visionnés dans un but pédagogique clair et explicite et le visionnement sera
précédé d’une préparation et suivi d’une réflexion guidée. La plupart des travaux donnés aux élèves demanderont une
référence directe aux films étudiés.
Veuillez s’il vous plaît signer et retourner la présente lettre pour confirmer que vous accordez la permission à votre
enfant de visionner les films dans le cadre de ce cours. Si vous avez des questions ou des préoccupations au sujet
du cours ou de la sélection de films proposée, veuillez les indiquer avec votre signature. Vous pouvez également me
communiquer vos questions par courriel.
Your son or daughter has chosen to enroll in Cinema as a Witness to Modern History, a new Grade 12 social
studies course that uses examples of modern film to explore key themes in world history since the beginning of
the 20th century. During the course, students will view a selected number of fiction and documentary films in class
and may also be required to view selected films as homework assignments.
Most of the recommended films are rated 14A by the Canadian Home Video Ratings system. Some of these films
contain graphic scenes and adult content, as they deal with difficult topics such as genocide and war. Throughout
the course, we will encourage students to discuss the films they view both in the classroom and at home. Students
will carry out research and written assignments and will be guided to respond to the selected films so as to enrich
their awareness of the powerful emotional impact of film and to discover its effect on their understanding of modern
history.
The films have been carefully selected to represent a variety of countries of origin, film genres, cinematic techniques
and topics. They include films and film makers that represent key turning points in international and Canadian film
history. Some of the recommended titles are:
• Life is Beautiful (La vita ès bella)
• The Great Dictator (Chaplin)
• Doctor Strangelove
• Malcolm X
• The Lives of Others (La vie des autres)
• Persépolis
• Kandahar
Other current films may be used or suggested as home viewing assignments. Additionally, clips from movies will be
shown to illustrate specific cinematic techniques or effects. In all cases the films selected will be shown with a clear
and explicit educational purpose, with appropriate student preparation, and followed up with debriefing and guided
reflection. Most of the student assignments will involve reference to selected study and support films.
Please sign below and have your son or daughter return this letter as soon as possible. If you have any concerns
about your son or daughter viewing these films or if there is specific subject matter you do not want them to view,
please note this beside your signature. You may also email me if you have any questions or concerns.
Regards,
En général, on recommande que les élèves conçoivent leurs propres questions génératrices pour leurs
tâches d’apprentissage. Les questions suivantes peuvent servir de point de départ pour des écrits dans le
journal de visionnement, des discussions en classe, des recherches historiques, des tâches d’évaluation de la
compréhension des élèves ou l’élaboration d’autres tâches d’apprentissage.
L’histoire est une discipline interprétative. Les élèves doivent faire la distinction entre l’histoire publique, ou
l’histoire telle qu’interprétée par le grand public, et l’histoire en tant que discipline de recherche spécialisée
qui repose sur une étude objective et systématique des témoignages du passé.
Questions thématiques
« Dans les relations entre cinéma et guerre, nous pouvons distinguer la représentation de la guerre
à l’écran, notamment à travers les filmographies, l’utilisation de la caméra, dans le prolongement de
l’affiche ou de l’estampe de propagande, comme arme de guerre et la mémoire historique des conflits
armés à travers le cinéma. »
– Marc FERRO, Cinéma et Histoire, Denoël Gonthier, 1977.
[Link]
Idéologie et revolution
• Quelles sont les causes qui mènent à une révolution? Est-ce qu’une révolution est préférable à un
changement graduel et lent? Quelles sont les révolutions les plus importantes du 20e siècle? Est-ce
qu’une révolution peut être causée par une seule personne? Est-ce qu’une révolution comprend toujours
un élément de violence?
• Quel est le rôle de l’idéologie et de la propagande dans une révolution? Est-ce qu’une révolution est
toujours le résultat d’inégalités de pouvoir ou de richesse?
• Est-ce que l’impact de la révolution en communication de masse au 20e siècle a mené vers le déclin ou le
progrès social? Est-ce que le cinéma fait partie de cette révolution dans la communication de masse ou
est-il une forme d’art audiovisuel enrichi par les avancées techniques?
• Est-ce que le cinéma est toujours le véhicule de l’idéologie de la société dans laquelle il est créé?
Cinéma et propagande
• Quelle est la relation entre le cinéma et la propagande? Comment et pourquoi le cinéma peut-il servir
d’instrument de propagande?
• En temps de guerre, comment les États et les groupes politiques ont-ils utilisé le pouvoir du cinéma pour
influencer la population?
• Lequel est plus efficace comme outil idéologique : une vidéo, un discours, un dépliant, la musique, une
photographie, un article analytique, une émission radio? Que peut faire chaque forme de média pour
faire passer le message voulu?
• Croyez-vous que les cinéastes ont une responsabilité sociale? Croyez-vous que le cinéaste qui traite d’un
sujet historique doit avoir une fin à atteindre ou une leçon morale à donner?
• Croyez-vous que le cinéma en tant que forme d’art ne devrait pas faire l’objet de censure, peu importe le
nature de son message?
• Croyez-vous que les États devraient avoir le pouvoir de contrôler ou de censurer le message des œuvres
cinématographiques dans des buts idéologiques ou sociaux?
• Croyez-vous que le cinéma est avant tout une industrie de divertissement qui utilise des éléments
historiques seulement dans le but de séduire l’auditoire, de le convaincre que le monde imaginaire du
cinéma est vraisemblable?
Oppression et résistance
• Un régime autoritaire repose souvent sur l’oppression ou la contrainte à l’égard de la population, ou de
certains segments de la population. Y aurait-il des cas où la gouvernance autoritaire serait justifiable?
La résistance à l’autorité politique peut se manifester de diverses manières : de la résistance pacifique
jusqu’à la révolution armée. Y aurait-il des cas où la révolution armée serait justifiable? Réfléchissez au
traitement de ces questions dans les films que vous avez visionnés.
• Comment tracer la frontière entre l’exercice légitime du pouvoir et l’abus de pouvoir? Comment ce film
traite-t-il de questions concernant le pouvoir, l’autorité et la souveraineté de l’État? Comment ce film
aborde-t-il des questions touchant le droit d’individus ou de groupes de s’opposer à un État légitime?
Comment ce film traite-t-il de la question de l’intervention de puissances extérieures dans le cas d’un
conflit civil?
• Est-ce que ce film présente des exemples de résistance pacifique à l’oppression?
• Comment ce film représente-t-il les individus ou les groupes qui s’opposent au pouvoir de l’État?
• Quelles grandes questions sur la vie et la condition humaine sont-elles abordées dans ce film? À quel
genre de décisions morales les personnages font-ils face, et comment réagissent-il?
• Comment ce film représente-t-il la souffrance humaine? Comment le cinéma pourrait-il nous aider à
comprendre ou à affronter la peine ou la souffrance des êtres humains?
• Comment le cinéma peut-il influencer notre perception d’un groupe ou d’un personnage historique?
• Comment le cinéma a-t-il été utilisé dans certains contextes historiques pour véhiculer des conceptions
simplistes ou stéréotypées de groupes culturels? Qui contrôle les messages cinématographiques?
Devrait-on avoir une agence de censure exerçant une certaine autorité sur le contenu des messages
cinématographiques? Quels critères devrait-on appliquer à une telle autorité?
• Comment ce film représente-t-il les sexes et leurs rôles sociaux? Ce film présente-t-il une perspective
« féminine » et une perspective « masculine »? Est-ce que les personnages du film possèdent des qualités
et des défauts qui se rapportent uniquement à un sexe ou à un groupe ethnique?
• Est-ce que ce film présente des stéréotypes ou des préjugés portant sur certains groupes ethniques,
culturels, nationaux, ou autres? En quoi ce film reflète-t-il les valeurs et les croyances du milieu dans
lequel il a été créé?
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