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CGPM2022

Articulo del Departamento Internacional de Pesos y Medidas. 27° Reunión - 2022
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Conférence générale

des poids et mesures


Comptes rendus de la 27e réunion de la CGPM

General Conference
on Weights and Measures
Proceedings of the 27th meeting of the CGPM

2022

Bureau international des poids et mesures


Comptes rendus de la
27e réunion de la
Conférence générale
des poids et mesures
(novembre 2022)

English version

Proceedings of the
27th meeting of the
General Conference
on Weights and Measures
(November 2022)
Bureau international des poids et mesures

Conférence générale
des poids et mesures
27e réunion (15-18 novembre 2022)
Note sur l’utilisation du texte anglais

Les comptes rendus de la Conférence générale des poids et mesures


sont présentés en anglais (page 229) en même temps qu’en français.
Il n’en demeure pas moins que la version officielle, en particulier
concernant les résolutions adoptées par la Conférence, est celle en
langue française.

The proceedings of the General Conference on Weights and Measures


are prepared in English as well as French. Please note, however, that the
official version, particularly of the Resolutions voted by the
Conference, is the French one.

Édité par le BIPM


Pavillon de Breteuil
F-92312 Sèvres Cedex
France

Conception graphique :
Monika Jost

ISSN 1016-5893
ISBN 978-92-822-2288-1
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 5

Table des matières

Liste des délégués et des invités 9

Comptes rendus des séances, 15-18 novembre 2022 29

Ordre du jour 30

Première séance – 15 novembre 2022 (matin)

1. Présentation des titres accréditant les délégués 33


2. Ouverture de la réunion par M. le président de l’Académie des sciences,
président de la CGPM 33
3. Discours d’ouverture donné par M. le directeur général du Laboratoire national de métrologie et
d’essais au nom de la République française 33

4. Réponse de M. le Président du Comité international des poids et mesures 35

5. Discours de M. le président de l’Académie des sciences de Paris 36

6. Nomination du secrétaire de la CGPM 39

7. Établissement de la liste des délégués ayant pouvoir de voter 39

8. Approbation de l’ordre du jour 42

9. Approbation de la procédure spéciale 42

10. Rapport du président du CIPM sur les travaux accomplis depuis la 26e réunion de la CGPM 42

10.1. États Membres et Associés 43


10.2. CIPM 44

10.3. Actions résultant des Résolutions adoptées par la CGPM à sa 26e réunion 47
10.4. Rapport sur les actions entreprises par le CIPM concernant la stratégie du CIPM à
compter de 2030 49

10.5. Comités consultatifs du CIPM 56

10.6. CIPM MRA 61


10.7. Renforcement des capacités et transfert des connaissances (CBKT) 62

10.8. Perspectives pour le futur 62

10.9. Conclusion 63
6 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

Deuxième séance – 15 novembre 2022 (après-midi)


11. Compte rendu du directeur du BIPM sur les principales réalisations du BIPM 64

12. Présentation du Projet de résolution A sur l’évolution des besoins dans le domaine de la
métrologie 68

13. Rôle de la métrologie dans la lutte contre le changement climatique : résultats et perspectives de
l’atelier BIPM-OMM 70

14. Rapport du président du CCQM 74


15. Métrologie et exactitude des observations satellitaires des variables climatiques 81

16. Rapport de la présidente du CCPR 84

17. Rapport du président du CCT 89

Troisième séance – 16 novembre 2022 (matin)


18. Le travail du JCTLM face au défi de la standardisation internationale des analyses cliniques en
laboratoire 95

19. Le rôle de la précision des diagnostics dans le cadre de la préparation métrologique à de


potentielles futures pandémies 98
20. Rapport de l’AIEA sur les activités de liaison 102

21. Rapport du président du CCRI 104

22. Rapport sur les finances du BIPM 112

23. Présentation du programme de travail du BIPM pour les années 2024 à 2027 114

24. Rapport de l’OIML sur les activités de liaison 117

25. Normalisation, industrialisation et objectifs de développement durable de l’ONU 120

26. Rapport sur les progrès effectués concernant la reconnaissance par l’UNESCO de la Journée
mondiale de la métrologie 123

27. Présentation du Projet de résolution F « Sur l’adhésion universelle à la Convention du Mètre » 123

Quatrième séance – 17 novembre 2022 (matin)

28. Rapport du président du CCL 126

29. Réglementation et infrastructure de la qualité : relever ces défis qu’un monde sépare 133

30. Application des principes FAIR aux domaines de la recherche et des mesures 136
31. Rapport de l’ISO sur les activités de liaison 140
32. Rapport du président du CCU 142

33. Présentation du projet de résolution C « Sur l’extension de la liste des préfixes du SI » 146
34. Introduction au projet de résolution B « Sur la transformation numérique mondiale et le Système
international d’unités » 148
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 7

35. Synthèse des discussions suite à la réunion informelle sur la dotation 151
36. Rapport des co-présidents du Groupe de travail ad hoc des représentants des États Membres 151

Cinquième séance – 17 novembre 2022 (après-midi)

37. La métrologie du temps et des fréquences dans les missions spatiales 154

38. Horloges optiques d’une précision de l’ordre de 10−18 : défis et applications 157
39. Rapport du président du CCTF 161
40. Présentation des projets de résolution D « Sur l’utilisation et l’évolution future de l’UTC » et E
« Sur la future redéfinition de la seconde » 164

41. Rapport de l’OTICE sur les activités de liaison 169


42. Rapport du président du CCAUV 172

43. Rapport du Comité mixte des organisations régionales de métrologie et du BIPM (JCRB) 179

44. Rapport du Comité commun pour les guides en métrologie (JCGM) 180

Sixième séance – 18 novembre 2022 (matin)

45. Mettre en œuvre le nouveau Système international (briser la chaîne invisible) 182
46. Rapport du président du CCM 185

47. La métrologie au service des réseaux d’énergie durables de demain 189

48. Rapport du président du CCEM 192

49. Présentation du Projet de résolution V « Sur la dotation du Bureau international des poids et
mesures pour les années 2024 à 2027 » 197
50. Vote du Projet de résolution V « Sur la dotation du Bureau international des poids et mesures
pour les années 2024 à 2027 » 197

51. Ouverture des votes pour l’élection du CIPM et de la Commission pour l’élection du
CIPM 198
52. Vote des projets de résolution A, B et C 199

Septième séance – 18 novembre 2022 (après-midi)


53. Vote des projets de résolution D, E et F 201

54. Annonce des résultats de l’élection du CIPM et de celle de la Commission pour l’élection du
CIPM 201

55. Projets de célébration du 150e anniversaire de la Convention du Mètre le 20 mai 2025 203

58. Questions diverses 204

59. Clôture de la réunion 204


8 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

Résolutions adoptées par la Conférence générale lors de sa 27e réunion 205


Résolution 1 – Sur le rapport préparé par le Comité international des poids et mesures sur l’évolution
des besoins dans le domaine de la métrologie 206

Résolution 2 – Sur la transformation numérique mondiale et le Système international d’unités 208


Résolution 3 – Sur l’extension de la liste des préfixes du SI 210

Résolution 4 – Sur l’utilisation et l’évolution future de l’UTC 211

Résolution 5 – Sur la future redéfinition de la seconde 213


Résolution 6 – Sur l’adhésion universelle à la Convention du Mètre 214

Résolution 7 – Sur la dotation du Bureau international des poids et mesures pour les années 2024
à 2027 216

Annexe A Convocation et Procédure spéciale 218

Annexe B Projets proposés dans le programme de travail du BIPM pour les années 2024 à 2027 226

Liste des sigles utilisés dans le présent volume 413


27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 9

Liste des délégués et des invités à la 27e réunion


de la Conférence générale des poids et mesures

Réunie à Versailles du 15 au 18 novembre 2022


sous la présidence de M. Patrick Flandrin
Président de l’Académie des sciences de l’Institut de France

Mesdames, Messieurs les délégués des États signataires de la Convention du Mètre et Associés à la
Conférence générale des poids et mesures.

États Parties à la Convention du Mètre

(Le nom des chefs de délégation apparaît en gras et celui des chefs de délégation par intérim en
italique ; le nom des membres du Comité international des poids et mesures est suivi d’un astérisque.)

Afrique du Sud
M. N. Mukhufhi, président-directeur général, National Metrology Institute of South Africa
(NMISA), Pretoria.

M. T. Demana, directeur principal, Infrastructure technique, Département du commerce et de


l’industrie (DTI), Pretoria.
M. M. Sehlapelo, directeur financier, NMISA.

Mme N. Moeketsi, DTI.

M. A. Mbele, DTI.

Mme W. Swartz, conseillère politique, ambassade d’Afrique du Sud en France, Paris.

M. M. Adams, conseiller, Section économique, ambassade d’Afrique du Sud en France.

Allemagne

Mme D. Brönstrup, directrice générale, ministère fédéral de l’Économie et de la protection du


climat (BMWK), Berlin.

M. O. Janssen, directeur, BMWK.

M. A. Höll, directeur adjoint de division, BMWK.

Mme K. Gierschke, directrice adjointe de division, BMWK.


Mme C. Denz, présidente, Physikalisch-Technische Bundesanstalt (PTB), Braunschweig.

M. F. Härtig, vice-président, PTB.

M. M. Kühne, conseiller, PTB.


10 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

Arabie saoudite
Son Excellence M. S. Al-Kasabi, gouverneur, Saudi Standards, Metrology and Quality
Organization, National Measurement and Calibration Center (SASO-NMCC), Riyad.

M. I. bin Abdullah Al-Faleh, directeur général, SASO-NMCC, Riyad.

M. M. Al-Shahrani, directeur général du cabinet du gouverneur, SASO-NMCC.

M. R. bin Abdulaziz Al-Yousefi, directeur adjoint, Département des masses, SASO-NMCC.

Argentine

Son Excellence M. L. Costantino, ambassadeur de la République argentine en France, Paris.


M. R. Comelli, ministre conseiller, Section des organisations internationales économiques de
l’ambassade de la République argentine en France.

Mme M. Finkielstoyn, secrétaire, Section des organisations internationales économiques de


l’ambassade de la République argentine en France.
M. H. Laiz*, directeur de la métrologie, de la qualité et de l’environnement, Instituto Nacional de
Tecnología Industrial (INTI), Buenos Aires.

Mme S. Meritano, conseillère, Section des organisations internationales économiques de


l’Ambassade de la République argentine en France.

Australie

M. B. Warrington, directeur général et métrologiste en chef, National Measurement Institute,


Australia (NMIA), Département de l’industrie, de la science et des ressources, Lindfield.

Mme V. Coleman, responsable de la section de nanométrologie, NMIA.

Mme A. Samuel, directrice des relations internationales, NMIA.

Autriche

Mme U. Fuchs, cheffe de la section de la métrologie, de l’expertise et de la géoinformation,


ministère fédéral du Travail et de l’Économie, Vienne.

M. R. Edelmaier, vice-président, Bundesamt für Eich- und Vermessungswesen (BEV), Vienne.

Belarus

M. A. Burak, vice-président, State Committee for Standardization of the Republic of Belarus


(Gosstandart), Minsk.

M. A. Pinchuk, chef du Département de la métrologie, Gosstandart.

Mme I. Nenartovich, cheffe adjointe du Département de la métrologie, Gosstandart.

M. A. Kazachok, directeur, Belarusian State Institute of Metrology (BelGIM), Minsk.

M.V. Hurevich, directeur adjoint, BelGIM.


27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 11

Belgique
M. H. Pirée, conseiller, responsable du service Étalons nationaux au sein de la division Métrologie,
Service public fédéral Économie, PME, Classes moyennes et Énergie, Direction générale de la
Qualité et Sécurité, Bruxelles.

Brésil
Son Excellence M. C. M. Cozendey, ambassadeur, délégué du Brésil auprès des organisations
internationales économiques, ambassade du Brésil en France, Paris.

M. M. Heleno Guerson de Oliveira Junior, président, Instituto Nacional de Metrologia, Qualidade e


Tecnologia (INMETRO), Rio de Janeiro.
Mme D. Arruda Benjamin, ministre conseiller, déléguée adjointe du Brésil auprès des organisations
internationales économiques, ambassade du Brésil en France.

M. A. Pinto Dib, deuxième secrétaire, délégation du Brésil auprès des organisations internationales
économiques.

Mme O. Borrakuens Couceiro, directrice de la métrologie scientifique et de la technologie,


INMETRO.

M. G. Palmeira Ripper, directeur adjoint de la métrologie scientifique et de la technologie,


INMETRO.

M. D.E. Pizetta, coordinateur général des relations internationales, INMETRO.

M. J.A. Da Paz Cruz, coordinateur général des relations internationales, INMETRO.

M. M.A. Lima de Oliveira, assitant de la présidence, INMETRO.

M. A.L. Reboredo, assistant de la présidence, INMETRO.


M. M.N. Medeiros, directeur de la métrologie pour les sciences biologiques, INMETRO.

Mme L. Contier de Freitas, conseillère auprès de la direction de la métrologie scientifique et de la


technologie, INMETRO.

M. A.L. de Sousa dos Santos, coordinateur général adjoint des relations internationales, INMETRO.

M. A.A. Cid, chercheur-technicien, INMETRO.

M. R.J. de Carvalho, Observatoire national / Division du service de l’heure (ON/DSHO) Rio de Janeiro.
M. P.S. Rocha, technicien, ON/DSHO.

M. H. S. Yozzi Codá, technicien, ON/DSHO.

Mme K.C. de Souza Patrao, responsable du Laboratoire national de métrologie des rayonnements
ionisants / Institut de radioprotection et de dosimétrie CNEN (LNMRI/RD), Rio de Janeiro.

M. E.S. da Fonseca, chercheur (LNMRI/RD).

Mme E.M. de Oliveira, technicienne (LNMRI/RD).

Bulgarie

Non représentée, excusée.


12 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

Canada
Mme G. MacDonald, directrice générale Métrologie, Centre de recherche en métrologie, Conseil
national de recherches du Canada (CNRC), Ottawa.

M. K. Thomson, directeur Recherche et développement, CNRC.

Mme M. Gertsvolf, cheffe d’équipe Fréquence et temps, CNRC.

M. J. Melanson, directeur Recherche et développement, CNRC.

M. R. White, chef de secteur Métrologie numérique, CNRC.


M. A. Steele*, retraité du CNRC.

Chili
Non représenté.

Chine

M. Qin Yizhi, vice-ministre, State Administration for Market Regulation of the People’s Republic of
China (SAMR), Beijing.

M. Liu Hongliang, directeur général, Département de la métrologie, SAMR.


M. Han Jianping, conseiller (niveau directeur général), Département de la coopération internationale,
SAMR.

Mme Wang Yuhan, directrice-adjointe, Département de la coopération internationale, SAMR.


M. Duan Yuning*, vice-directeur général, National Institute of Metrology (NIM), Beijing.

M. Yang Ping, vice-président, NIM.

Mme Gao Wei, directrice, Département de la mécanique et de l’acoustique, NIM.

Mme Cai Juan, directrice adjointe, Département de la coopération internationale, NIM.

Colombie
M. H.A. Zùñiga Carvajal, directeur général, Instituto Nacional de Metrología de Colombia
(INM Colombia), Bogotá.

Costa Rica

M. F.A. Monge, directeur, Laboratoire national de métrologie du Costa Rica, ministère de


l’Économie, du commerce et de l’industrie (LACOMET), San Pedro Montes de Oca.
M. B. Calderon Jimenez, chef du Département de la métrologie en chimie, LACOMET.
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 13

Croatie
Mme B. Novosel, directrice générale, Bureau national de métrologie (DZM), Zagreb.

M. D. Zvizdic, Laboratoire de mesure de processus de la Faculté de génie et de construction navale


(FSB-LPM), Zagreb.

Danemark

Non représenté.

Égypte

Mme N. Emad Mahmoud Khaled, présidente, National Institute of Standards (NIS), Le Caire.

Émirats arabes unis


Son Excellence Mme F.A. Al-Zarouni, sous-secrétaire adjoint par intérim pour le secteur des
normes et de la législation, ministère de l’Industrie et des technologies avancées (MOIAT), Dubai.

Mme A. Hassan Al-Albastaki, directrice, Département de la métrologie, MOIAT.

Son Excellence M. S. Al-Muhairi, directeur exécutif, Institut de métrologie des Émirats arabes unis,
Conseil de la qualité et de l’innovation (QCC), Abou Dabi.

M. M.A.A.Q. Al-Mulla, spécialiste principal de la qualité et de l’innovation, QCC.

M. A.A. Al-Menhali, directeur du département de la métrologie scientifique et industrielle, QCC.

Équateur

Non représenté, excusé.

Espagne

M. J. Á. Robles Carbonell, directeur, Centro Español de Metrología (CEM), Madrid.


Mme M.T. Lopez Esteban, directrice du service énergétique, environnemental et de la santé, CEM.

Estonie
M. A. Vaigu, directeur du laboratoire national de métrologie (AS METROSERT), Tallinn.

Mme M. Aru, cheffe de la division pour la recherche et le développement, AS METROSERT.


Mme T. Sallamaa, conseillère en métrologie et en évaluation de la conformité, ministère des Affaires
économiques et de la communication, Tallinn.
14 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

États-Unis d’Amérique
Mme L. Locascio, sous-secrétaire au commerce chargé des questions relatives aux étalons et à la
technologie, directrice du National Institute of Standards and Technology (NIST), Gaithersburg.

M. J. Olthoff*, directeur associé pour les Programmes des laboratoires, NIST.

Mme M. Dowell, directrice du laboratoire de technologie des communication, NIST.

M. J. Kushmerick, directeur du laboratoire de mesure des matériaux, NIST.

M. C. LaCrosse, agent des affaires étrangères, Bureau des agences spécialisées et techniques,
Département d’État.

Mme C.M. Saundry, directrice, Office of International and Academic Affairs, NIST.
Mme D. Shorts, chargée de mission, affaires politiques/UNESCO, Section politique, ambassade des
États-Unis d’Amérique en France, Paris.

Mme M. Walker, chargée de mission pour l’environnement, la science, la technologie et la santé,


Section économique, ambassade des États-Unis d’Amérique en France, Paris.

Fédération de Russie

M. E. Lazarenko, directeur-adjoint, Federal Agency for Technical Regulating and Metrology


(Rosstandart), Moscou.

M. F.V. Bulygin*, premier directeur adjoint, VNIIMS, Moscou.

M. S.I. Donchenko, directeur, All-Russian Scientific Research Institute of Physical Technical and
Radiotechnical Measurements, Rosstandart (VNIIFTRI), Moscou.

Finlande

M. M. Heinonen, vice-président, VTT Technical Research Centre of Finland Ltd, Centre for
Metrology / Mittatekniikan keskus (VTT MIKES), Espoo.
Mme S. Hemminki, agent principal, métrologie légale, Finnish Safety and Chemicals Agency,
Helsinki.

France
M. B. Van Maris, chef de la division métrologie, ministère de l’Économie et des finances, Paris.

M. T. Grenon, directeur général, Laboratoire national de métrologie et d’essais (LNE), Paris.

Mme M. Chambon, directrice de la recherche et du développement, LNE.

Mme S. Phulpin, adjointe au chef de la division métrologie, ministère de l’Économie et des Finances.

M. N. Dimarcq, directeur adjoint, Observatoire de la Côte d’Azur, Nice.


M. C. Salomon, directeur de recherche, Centre national de la recherche scientifique (CNRS),
Président du Comité science et métrologie de l’Académie des Sciences, Paris.
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 15

Grèce
Mme Georgia Rempoutsika, directrice générale, National Quality Infrastructure System (NQIS),
Peristeri.

Hongrie

Mme Z. Szilágyi Nagyné, directrice, Département de la métrologie et de la supervision technique,


Government Office of the Capital City Budapest (BFKH), Budapest.

Inde

M. V.G. Achanta, directeur, CSIR-National Physical Laboratory (NPLI), New Delhi.

Indonésie

Mme D. Zakiyah, directrice adjointe, Étalons de mesure nationaux, Directorate for National
Measurement Standards of Mechanics, Radiation, and Biology and Directorate for National
Measurement Standards of Thermoelectric and Chemistry, National Standardization Agency of
Indonesia (SNSU-BSN), Jakarta.

M. G. Zaid, directeur, Étalons de mesures nationaux en thermoélectricité et chimie, Centre de


recherche et développement en métrologie, SNSU-BSN.

Iran (République islamique d’)

M. H. Khanehzar, président, Centre de métrologie, Iran National Standards Organization (INSO),


Karaj.

M. M. Mohajeri Amiri, premier conseiller, ambassade de la République islamique d’Iran en France,


Paris.

Iraq

M. S.A. Saadi, vice-chef physiciste, Central Organization for Standardization and Quality Control
(COSQC), Bagdad.

M. A. Al-Mafragy, premier secrétaire, ambassade de la République d’Irak en France, Paris.

Irlande
Mme M. Buckley, directrice de la métrologie légale, National Standards Authority of Ireland,
National Metrology Laboratory (NSAI NML), Dublin.

Israël

Mme N. Goldovsky, directrice, Laboratoire du temps et des fréquences, National Physical


Laboratory of Israel (INPL), Jérusalem.
16 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

Italie
M. L. Gulino, directrice générale, Direction pour le marché, la concurrence, la tutelle du consommateur
et la règlementation technique, ministère du Développement économique (MISE), Rome.

M. D.S. Wiersma, président, Istituto Nazionale di Ricerca Metrologica (INRIM), Turin.

Mme D. La Marra, directrice, Direction pour le marché, la concurrence, la tutelle du consommateur et


la règlementation technique (MISE).
M. P. de Felice, directeur, Ente per le Nuove Tecnologie, l’Energia e l’Ambiente - Istituto Nazionale
di Metrologia delle Radiazioni Ionizzanti (ENEA-INMRI), Rome.

M. P. Vigo, vice-président, Organisme national italien d’accréditation, Accredia, Rome.

Mme A. Pastorelli, chargée d’affaires, délégation permanente de l’Italie auprès des Organisations
internationales, Paris.

M. A. De Angelis, attaché scientifique, délégation permanente de l’Italie auprès des Organisations


internationales.
M. M. Pinto, ENEA-INMRI, chef de la division dosimétrie, ENEA-INMRI.

Mme R. Biolchini, fonctionnaire, MISE.

M. G. Petrillo, fonctionnaire, division des Instruments de mesure et métaux précieux, MISE.

M. L. Gattinari, fonctionnaire, MISE.

Japon

M. T. Usuda*, directeur général, National Institute of Advanced and Industrial Science, National
Metrology Institute of Japon (NMIJ/AIST), Tsukuba.

M. T. Kobata, directeur général adjoint, NMIJ/AIST.

M. S. Kurokawa, directeur, Bureau de la cooperation international, Center for Quality Management


of Metrology, NMIJ/AIST.

M. T. Ohno, premier secrétaire, Affaires scientifiques, ambassade du Japon en France, Paris.

Mme A. Wakahara, directrice adjointe, Metrology Police Office, Industrial Science and Technology
Policy and Environment Bureau, ministère de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie (METI),
Tokyo.

M. N. Kinjo, fonctionnaire, Metrology Police Office, METI.

Kazakhstan
Mme G. Suieubayeva, cheffe du département des normes nationales, Republican State Enterprise
"Kazakhstan Institute of Standardization and Metrology (RSE "KazStandard"), Astana.
Mme E. Aibatyrova, experte en chef, Département international de la coopération et du système de
certification, Committee for Standardization, Metrology and Certification (KAZMEMTS) RSE
"KazStandard", Astana.

M. M. Faleyev, expert, Département de la métrologie et de la normalisation, KAZMEMTS.


M. A. Omirzak, conseiller du directeur général, Centre national d’accréditation, Astana.
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 17

Mme Y. Firsova, directrice de l’agence de l’Est, RSE "KazStandard".


M. R. Alibekov, conseiller, ambassade de la République du Kazakhstan en France, Paris.

M. B. Koishibayev, deuxième secrétaire, ambassade de la République du Kazakhstan en France, Paris.

M. G. Dugalol.

Kenya

Son Excellence Mme J. Wakhungu, ambassadrice du Kenya en France, Paris.

M. H.K. Rotich, directeur Métrologie et Essais, Kenya Bureau of Standards (KEBS), Nairobi.

M. J. Obwoge, responsable de la métrologie, KEBS.

Mme M. Ming’ala, premier conseiller, ambassade du Kenya en France, Paris.

Lituanie

Mme I. Golovačiova, cheffe de la Division des politiques de l’industrie 4.0, ministère de l’Industrie
et de l’innovation, Vilnius.

Mme G. Krukonienė, conseillère de la Division des politiques de l’industrie 4.0, ministère de


l’Industrie et de l’innovation.
M. A. Gudelis, chef de la direction scientifique du département de recherche nucléaire, Center for
Physical Sciences and Technology, Vilnius.

Malaisie

M. O. Zakaria, directeur principal, National Metrology Laboratory (NMIM), Sepang, Selangor.

Maroc

M. K. Bakari, chef de la division de la métrologie et d’agrément des organismes d’inspection et


d’évaluation, Direction générale du commerce, ministère de l’Industrie et du Commerce, Rabat.
Mme R. Bechchi, cheffe du service des agréments des organismes délégataires du contrôle des
instruments de mesure et d’évaluation de la conformité, Direction générale du commerce, ministère
de l’Industrie et du Commerce, Rabat.
M. M. Berrada, directeur général adjoint du Laboratoire public d’essais et d’études, Laboratoire
national de métrologie (LPEE/LNM), Casablanca.

M. A. Ziti, directeur du laboratoire national de métrologie, LPEE/LNM.

Mexique

M. I.A. Castelazo Sinencio*.


M. R. Romero, coordinateur de l’infrastucture de la qualité, Secrétariat à l’Économie, Mexico.

Mme M. Delia López, sous-directrice, Secrétariat à l’Économie, Mexico.


18 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

Monténégro
Mme G. Bajić, directrice, Bureau of Metrology (BMM), Podgorica.

Norvège
M. G. Samuelsen, directeur général, Norwegian Metrology Service, Justervesenet (JV), Kjeller.

M. H.A. Frøystein, directeur de département, JV.

Nouvelle-Zélande

Mme A. Koo, directrice, Measurement Standards Laboratory of New Zealand (MSL), Lower Hutt.

Pakistan

Non représenté.

Pays-Bas

M. W. de Waal, conseiller en politique de coordination, ministère des Affaires économiques et de la


Politique climatique, La Haye.
Mme F. van Booma - de Smit, directrice générale, VSL, Delft.

M. G. Rietveld*, scientifique senior, VSL.

Pologne

M. J. Semaniak, président, Central Office of Measures/Glówny Urzad Miar (GUM), Varsovie.

M. M. Mikiel, spécialiste en chef, Département de la stratégie, GUM.

Portugal

Mme I. Godinho, directrice, Département de la métrologie, Instituto Português da Qualidade (IPQ),


Caparica.

République de Corée
Mme H. Park, présidente, Korea Research Institute of Standards and Science (KRISS), Daejeon.

M. S.-R. Park*, chercheur scientifique principal, Mesure biomoléculaire, KRISS.

M. N.-W. Kang, directeur, Division de la métrologie physique, KRISS.

M. S.-I. Lee, directeur, Division de la métrologie chimique et biologique, KRISS.

M. S.-W. Baek, directeur, Division de la politique et de la stratégie, KRISS.

M. I.-Y. Hwang, chef, Bureau de la coopération internationale, KRISS.


Mme S. Kim, chef de projet, Bureau de la coopération internationale, KRISS.
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 19

M. J.-K. Cho, chercheur, Division de la politique normative, Koera Agency for Technology and
Standards (KATS), Chungcheongbuk.

Roumanie
M. G.F. Popa, directeur, Institutul National de Metrologie (INM), Bucarest.

Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord

Mme M. Turner, directrice des programmes de mesure nationaux, Innovation for Infrastructure,
Department for Business, Innovation and Skills (BIS), Teddington.

M. P.A. Thompson, directeur général, National Physical Laboratory (NPL), Teddington.


M. J.T. Janssen, scientifique en chef, NPL.

M. R.J.C. Brown, responsable de la métrologie, NPL.

M. R.J. Gunn, responsable de l’international, NPL.

M. M.R. Sené*, NPL.

M. J.H. Braybrook, Government Chemist, LGC ltd (LGC), Teddington.

Serbie

Non représentée.

Singapour

M. G. Gow, directeur exécutif, National Metrology Centre, Agency for Science, Technology and
Research (A*STAR), Singapour.
M. O.T. Ngan, directeur adjoint, unité recherche et développement, A*STAR.

M. S.W. Chua, responsable et métrologiste principal pour la métrologie électrique, A*STAR.

Slovaquie

M. T. Peták, vice-président, Slovak Office of Standards, Metrology and Testing (UNMS), Bratislava.

M. J. Boris, directeur du département de la métrologie, UNMS.

M. M. Kamenský, directeur général, Slovak Institute of Metrology (SMU), Bratislava.

Slovénie

M. S. Kopač, directeur, Metrology Institute of the Republic of Slovenia (MIRS), ministère de


l’Enseignement supérieur, de la Science et de la Technologie, Celje.
20 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

Suède
M. T. Kampmann, directrice de département, Industrial Technnologies, Agence gouvernementale
suédoise pour les systèmes d’information (Vinnova), ministère de l’Entreprise, Stockholm.

M. P. Åslund, chef de département, développement industriel, Vinnova.

M. J. Johansson, directeur, Institut de recherche suédois (RISE), Borås.

Suisse
M. P. Richard*, directeur, Institut fédéral de métrologie (METAS), Berne-Wabern.

M. B. Mathew, directeur-adjoint, METAS.

Tchéquie

M. V. Pokorny, président, Czech Office for Standards, Metrology and Testing (UNMZ), Prague.
M. P. Klenovsky, directeur adjoint pour la métrologie fondamentale, Czech Metrology Institute
(CMI), Brno.

M. J. Tesar, directeur général, CMI.

Thaïlande

Mme A. Charoensook, directrice, National Institute of Metrology (Thailand) (NIMT), Pathum Thani.

Tunisie

M. F. Fadhli, directeur général, Agence nationale de métrologie (ANM), Tunis.

Mme J. Zouaoui, Laboratoire de Métrologie de la Direction générale des Transmissions et de


l’Informatique (DEF-NAT), Tunis.

Mme H. Klich, Institut national de recherche et d’analyse physico-chimique (INRAP), Ariana-Tunis.

Türkiye

M. H.H. Mutlu, directeur général adjoint de la métrologie, ministère de l’Industrie et de la


Technologie, Ankara.

M. M. Cetintas, directeur, National Metrology Institute of Türkiye (UME), Gebze-Kocaeli.


27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 21

Ukraine
M. I. Brovchenko, vice-ministre, ministère du Développement économique et du Commerce, Kiev.

M. L. Vitkin, directeur, Département de la règlementation technique, ministère du Développement


économique et du Commerce.

M. P. Neyezhmakov, directeur-général, National Scientific Centre "Institute of Metrology", Kiev.

M. I. Kuzmenko, directeur général adjoint, Métrologie, évaluation de la conformité des équipements


de mesure et des activités scientifiques, State Enterprise “All-Ukrainian State Scientific and
Production Center of Standardization, Metrology, Certification and Consumer Protection”
(SE “Ukrmetrteststandard”), Kiev.

Uruguay

M. D. Volpe, directeur des analyses, des essais et de la métrologie, Laboratorio Tecnológico del
Uruguay (LATU), Montevideo.
22 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

États et Entités économiques Associés à la Conférence générale

Albanie

Non représentée.

Azerbaïdjan

M. A. Rovshan Bafa, directeur général adjoint, directeur général par interim, Azerbaijan Institute of
Metrology (AzMI), Bakou.
M. P. Parviz, conseiller technique du directeur général, AzMI.

Bangladesh

Non représenté.

Bolivie (État plurinational de)

Mme M.M. Delgado de Meave, directrice générale exécutive, Institut bolivien de métrologie
(IBMETRO), La Paz.

Bosnie-Herzégovine

M. Z. Džemić, directeur général, Institute of Metrology of Bosnia and Herzegovina (IMBIH),


Sarajevo.

Botswana

Non représenté.

Cambodge

M. S. Oum, conseiller, ambassade du Royaume du Cambodge en France, Paris.

CARICOM

M. N. Best, Caricom Regional Organisation for Standards and Quality (CROSQ), Belville, St Michael.
M. D. Omar, CROSQ.

M. R. Medford, CROSQ.
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 23

Éthiopie
Son Excellence M. E. Mekonnen Alemae, ministre d’état, ministère du Commerce et de l’intégration
régionale, Addis-Abeba.
M. A. Abagibe Adem, directeur général, Laboratoire national de métrologie de l’Éthiopie (NMIE),
Addis-Abeba.

M. M.A. Mohammed, directeur général adjoint, NMIE.

M. M. Derebew Damtew, conseiller technique, NMIE.

Géorgie
Mme N. Mikanadze, directrice de la métrologie, Georgian National Agency for Standards and
Metrology (GEOSTM), ministère de l’Économie et du Développement durable, Tbilisi.

Ghana
M. P.I.K. Arthur, directeur de la métrologie, Ghana Standards Authority (GSA), Accra.

M. S. Bedu-Addo, chef de la métrologie légale, GSA.

Hong Kong, Chine

M. K.-W. Chen, directeur, the Government of the Hong Kong Special Administrative Region
Standards and Calibration Laboratory (SCL), Wanchai.

Jamaïque

Non représentée.

Koweït

M. M. Al-Mutairi, ingénieur, Public Authority for industry (PAI), Safat.


Mme T. Alrabah, attachée diplomatique, ambassade du Koweït en France, Paris.

Mme S. Bokhadhour, attachée diplomatique, ambassade du Koweït en France.

Lettonie

Non représentée.

Luxembourg

M. C. Liesch, adjoint à la direction, Institut luxembourgeois de la normalisation, de l’accréditation,


de la sécurité et qualité des produits et services (ILNAS), Luxembourg.

M. C. Schumacher, responsable adjoint du laboratoire de métrologie, ILNAS.


24 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

Macédoine du Nord
Mme M. Mustafai, directrice, Bureau of Metrology (BOM), ministère de l’Économie, Skopje.

Mme B. Mangutova Stoilkovska, responsable de la qualité et responsable technique du laboratoire de


masse, BOM.

Malte

Non représenté.

Maurice

Non représenté.

Mongolie

M. B. Bilguun, président, Mongolian Agency for Standardization and Metrology, Ulaanbaatar.

M. D. Narangerel, directeur du service de la politique métrologique, MASM.

Namibie
Non représentée.

Oman

Non représenté.

Ouzbékistan
M. Z.N. Shukurov, directeur général adjoint, Uzbekistan Agency for Technical Regulation
(UzSTANDARD Agency), Tashkent.

M. B.K. Allaev, directeur adjoint du département de la coopération internationale, UzSTANDARD


Agency.

M. L.F. Saidoripov, directeur, Uzbek National Institute of Metrology of Uzstandard Agency


(UzNIM), Tashkent.

M. M.R. Yunusov, directeur du centre d’étalonnage et du service de mesure, UzNIM

Panama
Non représenté.
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 25

Paraguay
Non représenté.

Pérou
Non représenté.

Philippines

Non représentées.

Qatar

M. M. Almusallam, président, Qatar General Organization for Standards and Metrology (QGOSM), Doha.

M. M. Alsheeb, directeur des relations publiques, QGOSM.

République arabe syrienne

Non représentée.

République de Moldova

Non représentée.

Sri Lanka

Non représenté.

Taipei chinois

M. S.-C. Wang, directeur de la quatrième division, Bureau of Standards, Metrology and Inspection,
(BSMI), ministère des Affaires économiques, Hsinchu.
M. T.-Y. Lin, directeur général, Industrial Technology Research Institute, Center for Measurement
Standards (CMS/ITRI), Hsinchu.

M. Y.-P. Lan, directeur général adjoint, CMS/ITRI.


M. J-C. Wang, responsable, CMS/ITRI.

M. C.-H. Liao, chercheur en chef, Telecommunication Laboratories, ChungHwa Telecom Co.


Ltd (TL), Taoyuan City.
M. H.-T. Lin, chercheur en chef, TL.

M. M.-C. Yuan, directeur adjoint, National Radiation Standard Laboratory of the Institute of Nuclear
Energy Research (NRSL/INER), Taoyuan City.
M. C.-H. Chu, chercheur, NRSL/INER.
M. Y.-C. Lin, chercheur associé, NRSL/INER.
26 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

Tanzanie
Non représentée.

Viet Nam
Mme T.N.H. Ngo, directrice, Vietnam Metrology Institute - Directorate for Standards and Quality
(VMI-STAMEQ), Ha Noi.

Mme T.H. Dao, directrice recherche et développement, VMI.


Mme T.K.L. Nguyen, agent du Département de la planification et de la coopération, VMI.

Zambie
Non représentée.

Zimbabwe

M. C. Ngwenya, superintendant pour le commerce et les mesures, ministère de l’Industrie et du


Commerce, Harare.

M. R. Mafoti, président-directeur général, Scientific & Industrial Research & Development Centre
(SIRDC), Harare.

M. E. Zinyuke, ministre-conseiller, ambassade du Zimbabwe en France, Paris.

M. L. Madzingaidzo, directeur exécutif, SIRDC.


M. M. Ranganai, directeur, Laboratoire national de métrologie, SIRDC.

M. L. Mhuru, conseiller, ambassade du Zimbabwe en France.

M. E. Mavhunga, économiste, ministère de l’Industrie et du Commerce.


27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 27

Ont assisté à la Conférence

Mme S. Bouaziz, présidente, Arab Program for Scientific and Industrial Metrology (ARAMET).

Mme M.D. Del Campo Maldonado, membre du CIPM.


M. W. Louw, président du CIPM.

M. L. Érard, ancien membre du CIPM.

M. J.-R. Flitz, Laboratoire national de métrologie et d’essais (LNE), Paris.

M. M. Kjær, directeur, Danish Fundamental Metrology (DFM), Lyngby.

Mme M.L. Rastello, membre du CIPM.

M. J. Ullrich, vice-président du CIPM.

M. M. Milton, directeur, Bureau international des poids et mesures (BIPM), Sèvres.

Les représentants des organisations intergouvernementales et organismes internationaux suivants :

Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA)

- Mme Z. Msimang §, radiophysicienne médicale et responsable du réseau des laboratoires


secondaires d’étalonnage pour la dosimétrie (LSED).

Agence spatiale européenne (ESA)

- M. F.J. Benedicto Ruiz§, directeur de la navigation.


- M. C. Donlon§, directeur de la section Surface et structure interne de la Terre, Centre
européen de recherche et de technologies spatiales (ESTEC).

- M. P. Waller, ingénieur, ESTEC.


Committee on Data for Science and Technology (CODATA)

- M. S. Hodson§, directeur exécutif.

Commission internationale de l’éclairage (CIE)


- M. P. Blattner, président.
- Mme J. Veitch, vice-présidente technique.
- M. T. Bergen, directeur de la division 2.
- Mme K. Nield, secrétaire générale.

International Federation of Clinical Chemistry and Laboratory Medicine (IFCC)

- M. G. Miller§, consultant de la division scientifique.


International Laboratory Accreditation Cooperation (ILAC)

- M. E. Oehlenschlaeger, responsable du Comité sur l’accréditation.

§ Également invité(e) en tant qu’intervenant.


28 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)


- Mme M. Karttunen§, analyste des politiques, Division de la politique réglementaire.

Organisation internationale de normalisation (ISO)


- Mme C. Draghici§, responsable de l’Unité d’évaluation de la conformité et des questions de
consommation.

Organisation internationale de métrologie légale (OIML)


- M. A. Donnellan§, directeur du Bureau international de métrologie légale, BIML.
- M. B. Mathew, second vice-président du Comité international de métrologie légale, CIML.

Organisation météorologique mondiale (OMM)

- M. A. Rea§, directeur du département des infrastructures.


Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI)

- M. Y. Yasunaga§, directeur de la direction des services et des opérations.

Organisation du traité d’interdiction complète des essais nucléaires (OTICE)


- M. B. Doury§, ingénieur en imagerie sismique acoustique.

Union internationale des télécommunications (UIT)

- M. M. Maniewicz, directeur du Bureau des radiocommunications.


- M. J. Achkar, président du groupe de travail UIT R WP7A.
- M. V. Nozdrin, UIT-R, conseiller pour le groupe d’études 7.

Les intervenants invités suivants :

Mme S. Berlijn, professeure, chef de projet pour la transition énergétique numérique durable et
résiliente, KTH Royal Institute of Technology, Stockholm.
M. C. Salomon, directeur de recherche, Centre national pour la recherche scientifique (CNRS), Paris.

M. S. Schlamminger, physicien, National Institute of Standards and Technology (NIST),


Gaithersburg.

Mme M. Zambon, directrice des services de référence sur la grippe, les infections respiratoires,
la virologie et la poliomyélite, Agence britannique de sécurité sanitaire (UKHSA).

Quelques membres du personnel du BIPM.


Comptes rendus de la 27e réunion
de la Conférence générale
des poids et mesures
15-18 novembre 2022
30 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

Ordre du jour

Première séance – 15 novembre 2022 (matin)

1. Présentation des titres accréditant les délégués


2. Ouverture de la réunion par M. le président de l’Académie des sciences, président de la CGPM
(P. Flandrin, Académie des sciences)

3. Discours d’ouverture donné par M. le directeur général du Laboratoire national de métrologie et


d’essais au nom de la République française (T. Grenon, LNE)

4. Réponse de M. le Président du Comité international des poids et mesures (W. Louw, CIPM)
5. Discours de M. le président de l’Académie des sciences de Paris (P. Flandrin, Académie des
sciences)

6. Nomination du secrétaire de la CGPM (P. Flandrin, Académie des sciences)

7. Établissement de la liste des délégués ayant pouvoir de voter (T. Usuda, CIPM)

8. Approbation de l’ordre du jour (P. Flandrin, Académie des sciences)

9. Approbation de la procédure spéciale (T. Usuda, CIPM)

10. Rapport du président du CIPM sur les travaux accomplis depuis la 26e réunion de la CGPM
(W. Louw, CIPM)

Deuxième séance – 15 novembre 2022 (après-midi)

11. Compte rendu du directeur du BIPM sur les principales réalisations du BIPM (M. Milton, BIPM)

12. Présentation du Projet de résolution A sur l’évolution des besoins dans le domaine de la métrologie
(G. Rietveld, CIPM, et D. del Campo, CIPM)

13. Rôle de la métrologie dans la lutte contre le changement climatique : résultats et perspectives de
l’atelier BIPM-OMM (A. Rea, OMM)

14. Rapport du président du CCQM (S.-R. Park, CIPM)


15. Métrologie et exactitude des observations satellitaires des variables climatiques (C. Donlon, ESA)

16. Rapport de la présidente du CCPR (M.L. Rastello, CIPM)

17. Rapport du président du CCT (Y. Duan, CIPM)

Troisième séance – 16 novembre 2022 (matin)


18. Le travail du JCTLM face au défi de la standardisation internationale des analyses cliniques en
laboratoire (G. Miller, IFCC)

19. Le rôle de la précision des diagnostics dans le cadre de la préparation métrologique à de


potentielles futures pandémies (M. Zambon, HSE)
20. Rapport de l’AIEA sur les activités de liaison (Z. Msimang, AIEA)

21. Rapport du président du CCRI (M. Sené, CIPM)

22. Rapport sur les finances du BIPM (P. Richard, CIPM)


27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 31

23. Présentation du programme de travail du BIPM pour les années 2024 à 2027 (M. Milton, BIPM)
24. Rapport de l’OIML sur les activités de liaison (A. Donellan, OIML)

25. Normalisation, industrialisation et objectifs de développement durable de l’ONU (Y. Yasunaga,


ONUDI)

26. Rapport sur les progrès effectués concernant la reconnaissance par l’UNESCO de la Journée
mondiale de la métrologie (R. Alibekov, représentant de l’ambassade du Kazakhstan à Paris)
27. Présentation du Projet de résolution F « Sur l’adhésion universelle à la Convention du Mètre »
(A. Steele, CIPM, et A. Samuel, NMIA)

Quatrième séance – 17 novembre 2022 (matin)


28. Rapport du président du CCL (I. Castelazo, CIPM)

29. Réglementation et infrastructure de la qualité : relever ces défis qu’un monde sépare
(M. Karttunen, OCDE)

30. Application des principes FAIR aux domaines de la recherche et des mesures (S. Hodson,
CODATA)

31. Rapport de l’ISO sur les activités de liaison (C. Draghici, ISO)

32. Rapport du président du CCU (J. Ullrich, CIPM)

33. Présentation du projet de résolution C « Sur l’extension de la liste des préfixes du SI » (R. Brown,
NPL)

34. Introduction au projet de résolution B « Sur la transformation numérique mondiale et le Système


international d’unités » (J. Ullrich, CIPM)

35. Synthèse des discussions suite à la réunion informelle sur la dotation (W. Louw, CIPM)

36. Rapport des co-présidents du Groupe de travail ad hoc des représentants des États Membres
(R. Gunn, Royaume-Uni et D. Benjamin, Brésil)

Cinquième séance – 17 novembre 2022 (après-midi)

37. La métrologie du temps et des fréquences dans les missions spatiales (J. Benedicto, ESA)

38. Horloges optiques d’une précision de l’ordre de 10−18 : défis et applications (C. Salomon, CNRS)
39. Rapport du président du CCTF (N. Dimarcq, CIPM)

40. Présentation des projets de résolution D « Sur l’utilisation et l’évolution future de l’UTC » et E
« Sur la future redéfinition de la seconde » (N. Dimarcq, CIPM)
41. Rapport de l’OTICE sur les activités de liaison (B. Doury, OTICE)

42. Rapport du président du CCAUV (H. Laiz, CIPM)


43. Rapport du Comité mixte des organisations régionales de métrologie et du BIPM (JCRB)
(J. Olthoff, CIPM)

44. Rapport du Comité commun pour les guides en métrologie (JCGM) (P. Neyezhmakov, CIPM)
32 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

Sixième séance – 18 novembre 2022 (matin)


45. Mettre en œuvre le nouveau Système international (briser la chaîne invisible) (S. Schlamminger,
NIST)

46. Rapport du président du CCM (P. Richard, CIPM)

47. La métrologie au service des réseaux d’énergie durables de demain (S. Berlijn, KTH)

48. Rapport du président du CCEM (G. Rietveld, CIPM)

49. Présentation du Projet de résolution V « Sur la dotation du Bureau international des poids et
mesures pour les années 2024 à 2027 » (W. Louw, CIPM)

50. Vote du Projet de résolution V « Sur la dotation du Bureau international des poids et mesures pour
les années 2024 à 2027 » (P. Flandrin, Académie des sciences)
51. Ouverture des votes pour l’élection du CIPM et de la Commission pour l’élection du CIPM
(R. Gunn, Royaume-Uni)

52. Vote des projets de résolution A, B et C (P. Flandrin, Académie des sciences)

Septième séance – 18 novembre 2022 (après-midi)

53. Vote des projets de résolution D, E et F (P. Flandrin, Académie des sciences)

54. Annonce des résultats de l’élection du CIPM et de celle de la Commission pour l’élection du
CIPM (Scrutateur externe)

55. Projets de célébration du 150e anniversaire de la Convention du Mètre le 20 mai 2025 (W. Louw,
CIPM)

56. Questions diverses

57. Clôture de la réunion


27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 33

Première séance – 15 novembre 2022 (matin)

1. Présentation des titres accréditant les délégués

Comme requis dans la Convocation à la 27e réunion (2022) de la Conférence générale des poids et
mesures (ci-après CGPM ou Conférence générale), les délégués ont dû présenter les titres
d’accréditation remis par leur Gouvernement ou autorité concernée.

2. Ouverture de la réunion par M. le président de l’Académie des sciences,


président de la CGPM

M. Patrick Flandrin, président de l’Académie des sciences de Paris et président de la CGPM, ouvre la
séance inaugurale de la 27e réunion de la CGPM le 15 novembre 2022 en donnant l’allocution suivante :
« Monsieur le directeur du Laboratoire national de métrologie et d’essais, Monsieur le président
du CIPM, Monsieur le directeur du BIPM, Mesdames et Messieurs les délégués, chers collègues,
Mesdames et Messieurs,

Il échoit au président de l’Académie des sciences de présider la Conférence générale des poids et
mesures et c’est à ce titre que je prends la parole en cette séance d’ouverture. Cette disposition
m’honore et m’oblige, et je souhaite partager avec vous, ainsi qu’avec les délégations des
nombreux pays représentés ici, le plaisir que j’ai à vous accueillir aujourd’hui à Versailles pour
cette 27e Conférence générale des poids et mesures.

Cette Conférence a été préparée avec soin et efficacité par le secrétariat du Bureau international
des poids et mesures, organisation internationale créée en 1875 par la Convention du Mètre,
dont la principale mission est d’assurer et de promouvoir l’harmonisation mondiale des mesures.
Je tiens à féliciter et à remercier l’ensemble des membres de son personnel.

Au nom de l’Académie des sciences, je vous souhaite à toutes et à tous une excellente
27e Conférence générale faite d’interaction, de dialogue et d’échanges dont je ne doute pas qu’ils
seront fructueux.

Je vais maintenant donner la parole à Monsieur Thomas Grenon, directeur du Laboratoire national
de métrologie et d’essais pour le discours d’ouverture officiel. »

3. Discours d’ouverture donné par M. le directeur général du Laboratoire national


de métrologie et d’essais au nom de la République française

M. Thomas Grenon, directeur général du Laboratoire national de métrologie et d’essais (LNE),


ouvre officiellement la 27e réunion de la CGPM en prononçant l’allocution suivante :
« Monsieur le président de l’Académie des sciences, Monsieur le président du Comité
international des poids et mesures, Monsieur le directeur du Bureau international des poids et
mesures, Mesdames et Messieurs les délégués, Mesdames et Messieurs, chers collègues,
34 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

Au nom du Gouvernement de la République française, j’ai le grand honneur et le plaisir de vous


accueillir aujourd’hui à Versailles à l’occasion de l’ouverture de cette 27e réunion de la
Conférence générale des poids et mesures (CGPM).

La France a le privilège d’être, depuis 1875, dépositaire de la Convention du Mètre, signée à Paris
à l’époque par dix-sept États, dans le but, comme le mentionne le préambule de cette convention,
d’« assurer l’unification internationale et le perfectionnement du système métrique ». Ce traité
international a institué la création d’une autorité mondiale dans le domaine de la métrologie,
le Bureau international des poids et mesures (BIPM), fonctionnant sous la responsabilité d’un
Comité international des poids et mesures (CIPM), placé lui-même sous l’autorité de la Conférence
générale des poids et mesures (CGPM), pour laquelle nous nous trouvons aujourd’hui rassemblés.
Si la mission principale du Bureau international des poids et mesures était, à l’origine,
la conservation des étalons, celle-ci n’a cessé d’évoluer avec l’accroissement des échanges,
le développement des sciences et des techniques, l’émergence des enjeux globaux, et bien sûr la
dématérialisation des étalons. Pour la France, il est clair que le BIPM est bien une organisation
internationale, quand bien même la Convention, à l’époque, ne le précisait pas. Le BIPM dispose à
ce titre d’une personnalité juridique distincte de celle des États Membres qui lui permet en particulier
de conclure des accords internationaux. C’est la raison pour laquelle la France a conclu un accord
de siège avec cette organisation.

La Convention du mètre est aujourd’hui ratifiée par 64 États Membres et 36 États Associés à la
CGPM, et fêtera très bientôt son 150e anniversaire le 20 mai 2025 ; votre présence nombreuse
aujourd’hui montre la vigueur de l’organisation.
En 2018, nous avons vécu la 26e réunion de la Conférence générale avec beaucoup d’émotion,
conférence exceptionnelle qui a vu l’adoption d’une résolution visant à redéfinir quatre des
sept unités de base que compte le Système international d’unités. Depuis, cette résolution a été
appliquée par un grand nombre d’États Membres, et nous nous en réjouissons.
Discipline scientifique transverse, à la pointe de la recherche et de l’innovation, la métrologie
omniprésente dans la vie quotidienne est essentielle à l’évolution de notre société et aux
développements durables de notre économie et de notre industrie, essentielle à la sécurité et à la santé
de nos concitoyens, et je pense à la pandémie qui nous a tous durement touché, je pense aussi au défi
que pose le réchauffement de notre planète, nous y reviendrons tout au long de cette conférence.

Nous sommes aussi tous conscients des défis sociétaux et mondiaux actuels, protection de la
biodiversité, changement climatique, santé personnalisée, développement de l’intelligence
artificielle dans de nombreux domaines, sécurité alimentaire, problèmes énergétiques, technologies
quantiques, je pourrais citer de nombreux domaines en pleine évolution. La transformation
numérique s’accélère avec de nouveaux sujets comme la qualification de données de masse, la
gestion de ces données et leur intégration dans des systèmes et instrumentations de plus en plus
complexes, les jumeaux numériques et les machines apprenantes. La métrologie se doit d’être
présente à tous ces défis et permettre d’assurer la fiabilité et la confiance dans ces nouveaux outils
essentiels à leur développement, essentiels à leur acceptabilité.

Que de champs d’investigation en cours et à venir pour notre science !


La métrologie a su s’adapter aux différentes révolutions industrielles et technologiques tout au long
de notre histoire. Les différents prix Nobel qui ont marqué notre science, qui ont contribué aux
progrès de la métrologie en sont une démonstration forte : Albert Michelson,
Charles-Édouard Guillaume, Bryan Josephson, Klaus von Klitzing, Norman Ramsey, Bill Philips,
Stephan Chu, Claude Cohen-Tannoudji, John Hall et très récemment Alain Aspect dont je connais
l’attachement à la métrologie.
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 35

L’amélioration continue du Système international d’unités est fondamentale pour accompagner


les avancées scientifiques et les enjeux technologiques.

Aujourd’hui, les travaux de nombreux laboratoires nationaux de métrologie ont démontré que
l’exactitude des étalons de fréquence optiques, fondés sur différentes espèces et transitions,
dépasse l’exactitude pouvant être atteinte par l’actuelle mise en pratique de la définition de la
seconde, à partir d’une transition du césium, et ceci d’environ un facteur 100, ce qui est
considérable. Ces avancées permettent d’envisager d’améliorer la réalisation et la dissémination
des échelles de temps, en particulier du Temps universel coordonné (UTC). Cette Conférence va
pouvoir discuter et débattre d’une feuille de route pour proposer une nouvelle définition de la
seconde, d’ici quelques années, comme cela nous sera exposé lors de la présentation des travaux
du Comité Consultatif du temps et des fréquences (CCTF). Une nouvelle aventure qui se présente,
toujours pour mieux répondre aux besoins futurs de l’industrie et de la société.
Le Temps universel coordonné (UTC) est l’unique échelle de temps recommandée comme
référence internationale et est à la base du temps civil dans la plupart des pays. Son utilisation
comme unique échelle de temps de référence pour l’ensemble des applications, y compris les
réseaux numériques avancés et les systèmes satellitaires, requiert de le définir de façon claire et
de maintenir son accord avec le Temps atomique international.

Depuis sa création, le BIPM a su faire évoluer ses missions afin de répondre aux besoins de la
communauté internationale. Il a su aussi améliorer l’efficacité de son fonctionnement et je tenais
à le souligner aujourd’hui. Il est clair qu’en cette période de situation financière mondiale
extrêmement tendue et de contraintes budgétaires fortes imposées aux États Membres, il est
indispensable que le BIPM puisse continuer à remplir sa mission d’organisation
intergouvernementale scientifique, experte dans le domaine de la métrologie. En parallèle,
le soutien apporté au BIPM, notamment par les laboratoires nationaux de métrologie, doit être
salué et doit perdurer.

Je crois essentiel de poursuivre la coopération scientifique qui permet de soutenir cette vision
d’une métrologie internationale. L’ambition d’une participation universelle du plus grand
nombre, affichée depuis 1921 dans la Convention, doit être maintenue afin de permettre la
réalisation d’un idéal scientifique qui a été porté par la Révolution française, un système de
mesure universel s’adressant, je cite, « à tous les temps à tous les peuples ».
Je suis convaincu que les Résolutions qui seront adoptées au cours de cette réunion de la
Conférence générale des poids et mesures continueront à servir les intérêts de la communauté
internationale, dans ce même esprit qui animait ses fondateurs. Je vous remercie et je vous
souhaite à tous une excellente 27e Conférence générale des poids et mesures. »

4. Réponse de M. le président du CIPM

W. Louw, président du Comité international des poids et mesures (ci-après CIPM), remercie
M. Grenon pour son allocution et ses paroles de bienvenue. Il souligne que le monde reconnaît le rôle
majeur joué par la France dans l’invention et l’établissement du système métrique. La France est le
dépositaire de la Convention du Mètre, sous l’autorité de laquelle les délégués se réunissent, et elle
héberge le siège du BIPM à Sèvres. La science est le moteur le plus puissant de la mondialisation.
La science est également essentielle aux progrès des mesures et de la métrologie. La science de la
mesure est indissociable des avancées effectuées en matière de technologies nouvelles ou émergentes,
36 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

en particulier dans les domaines de l’environnement, de la biotechnologie, des essais médicaux, et d’un
secteur très actuel, la transformation numérique. M. Louw observe que les représentants des
dix-sept nations qui ont signé la Convention du Mètre en 1875 seraient agréablement surpris de voir
les progrès accomplis depuis. Beaucoup reste à faire, dont une partie sera à l’ordre du jour de la
27e réunion de la CGPM. M. Louw remercie les délégués de contribuer à ces progrès et remercie à
nouveau M. Grenon pour son discours.

5. Discours de M. le président de l’Académie des sciences de Paris

M. Flandrin, président de l’Académie des sciences de Paris et président de la CGPM, prononce


l’allocution suivante :

« Mesdames et Messieurs,
Il y a quatre ans, un pas spectaculaire a été franchi avec l’adoption d’une révision majeure du
Système international d’unités (SI) qui définit désormais les sept unités de base à partir de la valeur
numérique fixée de constantes physiques choisies, ce qui bouscule des habitudes mais ouvre de
nouvelles perspectives.

En introduction à la 26e Conférence générale qui a vu cet avènement remarquable, le président de


l’Académie des sciences de l’époque, Sébastien Candel, avait rappelé comment l’évolution vers le
Système international d’unités avait pour origine l’élan réformateur, universaliste et unificateur de
la Révolution française et le rôle que l’Académie des sciences avait joué dans sa définition et sa
mise en place. Sans revenir sur tous les aspects de l’aventure scientifique, politique et sociétale que
cela a pu représenter, il est bon d’en rappeler quelques éléments car les principes qui ont présidé à
cette élaboration et à sa mise en place restent plus que jamais d’actualité.

Il faut se souvenir qu’avant la Révolution française, le paysage était des plus disparates. La diversité
des unités de mesure et l’imprécision de leurs définitions nuisaient à l’économie et aux échanges
commerciaux et, même si l’unification des poids et mesures étaient clairement une revendication
importante des cahiers de doléances de 1789, cela n’était pas propre à la France mais partagé à
l’échelle au moins européenne. Ce qui était vrai d’un point de vue économique l’était également d’un
point de vue scientifique, la difficulté de disposer de références communes marquant un frein évident
à la coopération internationale en limitant les possibilités de partage des mesures et des observations
faites dans les différents États.

C’est à la veille de la Révolution française, le 27 juin 1789, que l’Académie des sciences crée pour y
remédier une commission chargé d’uniformiser les poids et mesures. Moins d’un mois plus tard, le 25 juillet
1789, c’est le Royaume de Grande-Bretagne qui propose une première mesure d’uniformisation en
préconisant l’usage d’une unité de longueur définie comme celle d’un pendule battant la seconde à la
latitude de Londres. Sous l’impulsion de Talleyrand, l’Assemblée constituante propose le 9 mars 1790 que
soit établi un système unique de mesures qui soit, je cite, « basé sur un prototype invariable, pris dans la
nature ». L’idée est que cette mission soit confiée conjointement à l’Académie des sciences et à la Royal
Society mais cela fera long feu. En effet, l’Académie des sciences émet très rapidement, dès le 8 mai 1790,
deux préconisations, à savoir d’une part le choix d’une unité de longueur dans l’esprit de la proposition
britannique mais sans référence de latitude, et d’autre part l’adoption d’une échelle décimale pour les poids,
les mesures et les monnaies. Las, les Britanniques ayant refusé la collaboration proposée par la France,
les chemins d’une première unification possible se séparent et l’Académie des sciences renonce en mars
1791 à baser l’étalon de longueur sur le pendule battant la seconde, lui préférant la dix millionième partie
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 37

du quart du méridien terrestre, que des expéditions commanditées par ses soins venaient d’évaluer avec
précision. Ainsi naîtra officiellement le mètre le 11 juillet 1792 et, grâce à l’adoption du système décimal,
ses unités liées dans des rapports de dix, « décimètre », « centimètre », etc. Il faudra ensuite attendre le
10 décembre 1799 pour que le « mètre définitif » soit adopté à l’issue d’un premier congrès international
regroupant des savants des pays alliés de la France.

Si c’est une chose de décider de nouvelles unités, c’en est une autre de les faire accepter. Dans un
registre différent, nous autres européens avons pu nous en convaincre récemment avec l’introduction
de l’euro comme monnaie commune. Rompre les usages pour passer de la théorie à la pratique
nécessitera ainsi encore du temps, et en France une loi, pour imposer au 1er janvier 1840 l’usage unique
et définitif du système métrique. Ce sera ensuite en 1875 la « Convention du Mètre », qui donnera
corps à un mètre-étalon physique et qui donnera naissance au Bureau international des poids et
mesures, organisation internationale créée par dix-sept nations signataires et dont l’action s’amplifiera
jusqu’à aujourd’hui.
On peut tirer de cette aventure du mètre plusieurs enseignements. Le premier est de nature scientifique et
technique en ce qu’il s’agissait au départ de rapporter le choix d’une unité à un « prototype invariable,
pris dans la nature », pour reprendre les mots de Talleyrand. Ce choix n’est bien sûr en aucun cas unique,
et la suite de l’histoire le prouvera en ne rapportant à partir de 1967 l’unité de longueur, ni directement au
temps comme pour la seconde battue par un pendule, ni à l’espace terrestre comme avec une fraction de
méridien ou l’artefact d’une barre de platine iridié, mais à une distance parcourue par la lumière dont la
vitesse est fixée. L’autre enseignement est que l’adoption d’une unité se doit d’être universellement partagée
« à tous les temps, à tous les peuples », dans l’esprit d’égalité et de fraternité de la Révolution française,
ce qui nécessite un dépassement des individualismes au profit de la recherche d’un bien commun, pour le
bénéfice de l’humanité tout entière.

Traversé par les vicissitudes de l’histoire, l’élan initial d’unification et d’universalisme, tel qu’il a été
porté par les États-membres à la création du Bureau international des poids et mesures, s’est poursuivi
avec détermination depuis 1875 et le programme de cette 27e conférence en atteste une fois de plus de
façon claire, avec plusieurs projets de résolution et des perspectives pour les conférences futures.
N’étant pas spécialiste de métrologie, j’ai appris à en mesurer l’importance et les enjeux grâce à l’aide
précieuse du « Comité Science et métrologie » de notre Académie et de ses responsables
Christian Bordé et Christophe Salomon, qu’il m’est particulièrement agréable de remercier.
Parmi les perspectives en ligne de mire, pour lesquelles cette conférence se proposera de poser des
jalons en vue d’être débattues en 2026, pour une adoption souhaitée en 2030, figure la redéfinition
de la seconde. Une feuille de route a été préparée en ce sens par le Comité consultatif du temps et
des fréquences, dont je salue le travail.
Si cette question retient particulièrement mon intérêt et si je souhaite en dire plus spécifiquement
quelques mots, c’est non seulement pour l’importance propre que le choix de cette dernière unité
revêt, mais aussi pour l’écho que l’intitulé même de ce Comité, « Comité consultatif du temps et
des fréquences », trouve dans mes propres recherches en accolant les termes de temps et de
fréquence. L’analyse temps-fréquence a en effet toujours été au cœur de mes travaux de chercheur
en traitement du signal et je lui ai consacré plusieurs ouvrages.
Au vu de la résolution prise en 2018 lors de la 26e réunion de la Conférence générale des poids et
mesures, la seconde est désormais définie, je cite « en prenant la valeur numérique fixée de la
fréquence du césium, ∆νCs, la fréquence de la transition hyperfine de l’état fondamental de l’atome
de césium 133 non perturbé, égale à 9 192 631 770 lorsqu’elle est exprimée en Hz, unité égale à s–1 ».

Il est évidemment significatif qu’il faille finalement s’en rapporter à une référence de fréquence
pour établir une unité de temps, ce qui bien sûr n’est pas pour surprendre lorsque l’on sait les
38 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

rapports et contraintes qu’entretiennent entre elles les notions de temps et de fréquence.


Les mathématiciens diront que ce sont des variables canoniquement conjuguées, ce qui a été
formalisé par les travaux de Joseph Fourier dont on fête cette année le 200e anniversaire de la
publication de son traité sur la Théorie analytique de la chaleur. Les physiciens ajouteront, à la suite
de Werner Heisenberg, que le couplage qui relie les descriptions d’une même grandeur en temps
ou en fréquence fait que plus grande est la précision dans un domaine, plus faible est celle dans
l’autre. Le tour de force mathématique de Fourier a été de montrer que toute forme d’onde, aussi
complexe soit elle, peut se représenter comme une superposition d’ondes monochromatiques,
c’est-à-dire de fréquences pures. La limitation physique de son approche est cependant que pour
qu’une onde soit véritablement monochromatique, il lui faut s’accorder du principe d’incertitude
d’Heisenberg et être éternelle.

Cette situation ouvre la voie à deux questions dont l’analyse du signal récente a pu montrer qu’elles
étaient reliées et sont susceptibles de croiser des questions de métrologie : d’une part envisager la
notion de fréquence d’une façon plus conforme à l’intuition physique en s’affranchissant de la
contrainte d’éternité ; d’autre part s’intéresser à la stabilité d’une oscillation supposée périodique,
sur une échelle de temps fixée. Quitter les ondes éternelles de Fourier revient en fait à mettre
mathématiquement en action une intuition très simple : celle de la notation musicale qui fixe une durée
à une note dont la hauteur porte néanmoins une information de fréquence. La variante de l’analyse de
Fourier qui résulte de cette approche est ce qu’on appelle l’analyse en ondelettes. Outre qu’elle fournit
une réponse intuitive au souci d’écrire en quelque sorte la partition d’un signal, sa définition repose
sur une idée d’échelle de temps. On a alors pu montrer que ceci offre une possibilité de revisiter des
outils de métrologie comme la variance d’Allan, largement utilisée pour quantifier la stabilité d’une
horloge atomique. Sans doute est-ce un point anecdotique mais ceci m’aura permis de tangenter dans
mes propres travaux des préoccupations propres à cette Conférence et de souligner l’intérêt
d’approches pluridisciplinaires associant mathématiques, physique et algorithmie.
Pour en revenir à la Conférence qui nous réunit cette semaine, la richesse de son programme
témoigne de la vitalité d’un domaine dont on ne soupçonne pas toujours à quel point il impacte
notre vie quotidienne. Le souci d’unification qu’il porte constitue un très bel exemple de ce que la
science peut permettre comme terreau privilégié de partages et de rapprochements à l’échelle
mondiale. La science, en tant que porteuse d’universalisme, est partie prenante des relations
qu’entretiennent les peuples entre eux, et les efforts collaboratifs qu’elle nécessite se doivent d’être
non seulement partagés mais encore d’être portés par des partenaires qui ont une vision commune
de respect mutuel et de liberté.
L’Académie des sciences se doit à ce point de rappeler que, pour elle ainsi que pour l’ensemble des
Académies des sciences du G7, l’agression russe dont est victime l’Ukraine est une attaque contre
les principes fondamentaux de liberté, de démocratie et d’autodétermination qui constituent la base
de la liberté académique et des possibilités d’échanges et de coopération scientifiques.

Au nom de l’Académie des sciences, je vous souhaite à toutes et à tous une excellente
27e Conférence générale, faite d’interactions, de dialogues et d’échanges dont je ne doute pas qu’ils
seront fructueux. »

M. Flandrin annonce qu’un certain nombre d’États Membres ont demandé à pouvoir faire des
déclarations. Les délégués des États Membres ayant soumis ces requêtes sont invités à prendre la parole
et font les déclarations suivantes 1.

1
Déclarations données en anglais lors de la réunion de la CGPM. Traduction du BIPM.
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 39

États-Unis d’Amérique : « Comme l’a déclaré Antony Blinken, secrétaire d’État américain,
les États-Unis et ses alliés et partenaires restent unis face à l’agression russe et continueront à soutenir
l’Ukraine qui lutte pour son avenir. »
Royaume-Uni : « Le gouvernement du Royaume-Uni et ses alliés restent unis face à l’agression russe
et continueront à soutenir l’Ukraine qui lutte pour son avenir. »

Australie : « L’Australie condamne avec la plus grande fermeté l’invasion injustifiée, injuste et illégale
de l’Ukraine par la Russie, qui constitue une violation flagrante du droit international, y compris de la
Charte des Nations Unies. »

Canada : « Le Canada et ses alliés et partenaires restent unis face à l’agression russe et continueront à
soutenir l’Ukraine qui lutte pour son avenir. »

Estonie : « L’Estonie condamne avec la plus grande fermeté l’agression injustifiable de la Russie envers
l’Ukraine, menée au mépris évident du droit international et menaçant la stabilité et la sécurité
internationales. La guerre de la Russie a détruit une partie de l’infrastructure de la qualité en Ukraine.
Nos collègues d’Ukraine ont vu leurs maisons détruites et s’inquiètent pour leurs familles. Nous avons
l’obligation morale de soutenir l’Ukraine par tous les moyens. »

Pologne : « La délégation polonaise soutient totalement l’intervention précédemment faite par l’Estonie
et la Pologne soutient également l’Ukraine. »

M. Flandrin remercie les délégués pour leur déclaration et retourne à l’ordre du jour.

6. Nomination du secrétaire de la CGPM

Le président de la CGPM propose que M. Usuda, secrétaire du CIPM, soit nommé secrétaire de la
CGPM. M. Usuda est élu secrétaire de la CGPM par consensus.

7. Établissement de la liste des délégués ayant pouvoir de voter en personne et


en ligne

M. Usuda souhaite la bienvenue aux délégués des États Membres et des États et Entités économiques
Associés participant en personne ou en ligne à la 27e réunion de la CGPM. Il précise que la pratique
établie, qui est de procéder à l’établissement de la liste des délégués chargés du vote au nom de leur
Gouvernement, en demandant à chaque chef de délégation de confirmer la présence de sa délégation,
a été modifiée en raison des circonstances spéciales dans lesquelles se tient la 27e réunion de la CGPM
et de son format hybride. Ainsi, le secrétaire lit à haute voix la liste des États Membres en indiquant
pour chacun s’il participe en personne, en ligne, ou s’il est absent.

État Membre Participation


Afrique du Sud en personne

Allemagne en personne

Arabie saoudite en personne


40 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

Argentine en personne
Australie en personne

Autriche en personne

Bélarus en personne
Belgique en ligne

Brésil en personne

Bulgarie absente

Canada en personne

Chili absent

Chine en personne

Colombie en ligne

Costa Rica en personne

Croatie en personne

Danemark absent

Égypte en personne

Émirats arabes unis en personne

Équateur absent

Espagne en personne

Estonie en personne
États-Unis d’Amérique en personne

Fédération de Russie en personne

Finlande en personne
France en personne

Grèce en personne

Hongrie en ligne

Inde en personne

Indonésie en personne

Irak en ligne

Irlande en personne

Israël en personne

Italie en personne
Japon en personne

Kazakhstan en personne

Kenya en personne
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 41

Lituanie en personne
Malaisie en ligne

Mexique en personne

Monténégro en personne
Maroc en personne

Nouvelle-Zélande en personne

Norvège en personne

Pakistan absent

Pays-Bas en personne

Pologne en personne

Portugal en personne

République de Corée en personne

République islamique d’Iran en ligne

Roumanie en ligne

Royaume-Uni de Grande Bretagne et d’Irlande du Nord en personne

Serbie absente

Singapour en personne

Slovaquie en personne

Slovénie en personne
Suède en personne

Suisse en personne

Tchéquie en personne
Thaïlande en personne

Tunisie en personne

Türkiye en personne

Ukraine en ligne

Uruguay en ligne

Sur les 64 États Membres, 58 sont représentés. La majorité absolue requise pour le vote des résolutions
est donc de 30. Sur les 58 États Membres dont les délégués ont présenté des titres d’accréditation,
49 étaient représentés en personne et neuf en ligne.
42 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

8. Approbation de l’ordre du jour

Le président de la CGPM demande si les délégués ont des commentaires au sujet de l’ordre du jour.
En l’absence de commentaire, l’ordre du jour est adopté.

9. Approbation de la procédure spéciale

Le secrétaire de la CGPM se réfère au « Document de travail de la CGPM, Octobre 2022 » qui


comprend le projet de texte de la Procédure spéciale régissant la conduite de la réunion. L’objet de la
Procédure spéciale est que la 27e réunion de la CGPM puisse se tenir dans un format hybride,
permettant à la fois une participation en personne et à distance des représentants des États Membres,
ainsi que des représentants des États et Entités économiques Associés à la CGPM et des observateurs
invités. Le secrétaire souligne que cette Procédure spéciale est exceptionnelle et qu’elle n’amende en
aucun cas les dispositions de la Convention du Mètre et de son Règlement annexé. D’autres
organisations internationales siégeant en France ont eu recours à une procédure similaire permettant à
leurs organes de gouvernance et assemblées générales de remplir leurs fonctions en dépit des
restrictions de voyage.

Le texte initial de la Procédure spéciale a été envoyé aux États Membres le 11 février 2022, en même
temps que la Convocation à la 27e réunion de la CGPM. Les États Membres ont été invités à confirmer
au secrétaire du CIPM pour le 30 juin 2022 au plus tard s’ils soutenaient l’adoption de la Procédure
spéciale. La majorité des États Membres ont confirmé leur approbation mais deux États Membres ont
indiqué qu’ils ne soutiendraient pas la proposition de vote en ligne. Une version révisée de la Procédure
spéciale a ensuite été rédigée afin de supprimer la possibilité de voter en ligne concernant l’élection du
CIPM et l’élection de la Commission pour l’élection du CIPM. La section V, disposition 17, de la
Procédure spéciale révisée prévoit ainsi : « En vertu de l’article 7 du Règlement annexé, la CGPM
conduit les élections au scrutin secret. Un vote au scrutin secret sur site au Palais des Congrès sera
organisé avec l’assistance d’un service tiers de vote pour l’élection des membres du CIPM et celle de
la Commission pour l’élection du CIPM. Tout sera mis en œuvre pour s’assurer que ces élections se
déroulent en personne et de façon rapide, à l’aide d’outils de vote fiables et sécurisés, tel que requis. »
Cette version a été publiée le 22 juillet 2022 ; elle a ensuite été présentée aux représentants des États
Membres lors d’une réunion préparatoire en ligne le 6 septembre 2022 et lors d’une réunion
préparatoire hybride le 14 novembre 2022.

Le président de la CGPM procède à un vote à main levée afin d’adopter la Procédure spéciale.
Cette dernière est adoptée à l’unanimité.

10. Rapport du président du CIPM sur les travaux accomplis depuis la 26e réunion
de la CGPM

M. Louw, président du CIPM, présente le rapport suivant.

« En vertu de la Convention du Mètre, j’ai le plaisir de vous présenter mon rapport sur les travaux
accomplis depuis la 26e réunion de la CGPM qui s’est tenue en 2018.
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 43

Lors de sa première réunion en mars 2019, le CIPM nouvellement élu était conscient que l’objectif
majeur des deux dernières décennies, à savoir la révision du Système international d’unités (SI),
avait été atteint et il a ainsi décidé de se concentrer sur l’élaboration d’une nouvelle stratégie pour le
BIPM à compter de 2030.
Le développement de cette stratégie se focalise sur les principaux défis scientifiques à relever
(en premier lieu, la mise en œuvre du SI révisé), sur la prise en considération de l’évolution des besoins
de la métrologie, sur le renforcement de la coopération avec d’autres organisations internationales
concernant les sujets liés à la science de la mesure, sur la révision de la stratégie concernant les futurs
États Membres et Associés, et sur la modernisation du fonctionnement de l’organisation.
Malgré les défis posés par la pandémie de Covid-19, le CIPM a poursuivi son travail : un rapport sur
l’élaboration de la stratégie a été publié, des rapports sur l’avancement des progrès ont été donnés lors
des réunions des représentants des gouvernements et des directeurs des laboratoires nationaux de
métrologie qui se sont tenues les 17 et 18 octobre 2019 (au siège du BIPM), puis en octobre 2020 et
2021 (en ligne).

Mon intention n’est donc pas de décrire en détail les travaux accomplis mais de mettre en lumière les
principales actions et réalisations.

10.1 États Membres et Associés

Je souhaite commencer mon rapport en souhaitant la bienvenue aux nouveaux États Membres et aux
nouveaux Associés à la CGPM. Depuis la 26e réunion de la CGPM, cinq États ont accédé à la
Convention du Mètre (parmi lesquels quatre étaient précédemment Associés à la CGPM) et un État est
devenu Associé. Un autre État est de nouveau devenu Associé après une brève absence.

On compte actuellement 64 États Parties à la Convention du Mètre et 36 Associés à la CGPM (33 États
Associés et trois Entités économiques Associées).

Malheureusement, deux Associés ont été exclus en raison de leur persistance à ne pas régler leurs
souscriptions et un Associé a demandé à cesser d’être Associé pour des raisons économiques.
Nous espérons que ces États pourront de nouveau participer dans le futur. Les changements concernant
les États Membres et Associés depuis la 26e réunion de la CGPM ont été les suivants.

Nouvel État Membre (et date d’accession) :


− Maroc (24 mai 2019)
États précédemment Associés qui sont devenus Membres (et date d’accession) :
− Équateur (6 août 2019)
− Bélarus (13 janvier 2020)
− Estonie (19 janvier 2021)
− Costa Rica (5 septembre 2022)

Nouvel Associé à la CGPM (et date d’association) :


− Cambodge (1er janvier 2021)

État redevenu Associé à la CGPM (et date d’association) :


− Zimbabwe (8 février 2022)

Associés à la CGPM exclus (et date d’exclusion) :


− Cuba (1er janvier 2022)
− Soudan (1er janvier 2022)
44 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

État ayant requis de cesser d’être Associé à la CGPM (et date de retrait) :
− Seychelles (1er janvier 2022)

États Associés encouragés à accéder à la Convention du Mètre

Conformément à la Résolution 4 adoptée par la CGPM à sa 24e réunion (2011), sept Associés ont
rempli les critères fixés et ont par conséquent été encouragés à accéder à la Convention du Mètre.
Pour six d’entre eux, leur souscription a déjà été soumise au mécanisme d’augmentation progressive.
Tel sera le cas pour le septième en 2023. Il est rappelé que lorsqu’un Associé a été officiellement
encouragé à devenir État Membre mais qu’il n’accède pas à la Convention du Mètre, sa souscription
est augmentée tous les ans progressivement pendant une période de 5 ans jusqu’à atteindre un montant
équivalent à 90 % de la contribution annuelle que cet État acquitterait s’il était État Membre.
Dans l’ensemble, cette approche a bien fonctionné et un certain nombre d’accessions sont à attribuer à
ce mécanisme.

Suite à la mise en œuvre des décisions CIPM/106-20, CIPM/106-21 et CIPM/106-22 (2017),


la situation actuelle concernant les États Associés encouragés à accéder à la Convention du Mètre et
soumis à une augmentation de leur souscription est la suivante 2 :

Date à laquelle Période d’augmentation de la souscription


État Associé les critères ont été
remplis Début 90 % de la contribution annuelle

Lettonie 2011 2013 2017

Panama 2011 2013 2017

Viet Nam 2011 2013 2017

Pérou 2014 2016 2020

Philippines 2014 2016 2020

Azerbaïdjan 2020 2022 2026

Luxembourg 2021 2023 2027

10.2 CIPM

Conformément à la Résolution 2 adoptée par la CGPM à sa 25e réunion (2014), une élection a été
organisée afin de pourvoir les 18 sièges du CIPM. Les membres élus se sont par conséquent réunis après
la réunion de la CGPM et ont élu le bureau du CIPM (président, secrétaire et deux vice-présidents).

2
Conformément à la Résolution 4 adoptée par la CGPM à sa 24e réunion (2011), l’augmentation progressive et irréversible du
montant de la souscription sera applicable au 1er janvier de la deuxième année suivant la décision du CIPM d’encourager
l’Associé à adhérer à la Convention du Mètre.
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 45

Les membres actuels du CIPM 3 sont les suivants :

Élection initiale Dernière élection

Président

W. Louw (Afrique du Sud) 15 mai 2013 2018

Secrétaire

T. Usuda (Japon) 1er juillet 2012 2018

Vice-présidents

J.K. Olthoff (États-Unis) 16 novembre 2018 2018

J. Ullrich (Allemagne) 15 mai 2013 2018

Autres membres du CIPM


F.V. Bulygin (Fédération de Russie) 20 novembre 2014 2018

I. Castelazo (Mexique) 20 novembre 2014 2018

D. del Campo Maldonado (Espagne) 16 novembre 2018 2018

N. Dimarcq (France) 16 novembre 2018 2018

Y. Duan (République populaire de 8 mars 2010 2018


Chine)

H. Laiz (Argentine) 7 décembre 2016 2018

T. Liew (Singapour) 20 novembre 2014 2018

P. Neyezhmakov (Ukraine) 16 novembre 2018 2018

S.R. Park (République de Corée) 16 novembre 2018 2018

M.L. Rastello (Italie) 7 décembre 2016 2018

P. Richard (Suisse) 20 novembre 2014 2018

G. Rietveld (Pays-Bas) 20 novembre 2014 2018

M. Sené (Royaume-Uni) 7 décembre 2016 2018

A. Steele (Canada) 16 novembre 2018 2018

Réunions du CIPM

Le CIPM s’est réuni sept fois depuis la 26e réunion de la CGPM :

− 111e réunion – juin 2022 (format hybride)


− 111e réunion – réunion préparatoire en mars 2022 (en ligne)
− 110e réunion – seconde partie – octobre 2021 (en ligne)
− 110e réunion – première partie – juin 2021 (en ligne)

3
Au 15 novembre 2022.
46 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

− 109e réunion – octobre 2020 (en ligne)


− 108e réunion – seconde partie – octobre 2019 (en personne)
− 108e réunion – première partie – mars 2019 (en personne)
Il est intéressant de noter que la dernière fois où le CIPM a pu se réunir en personne était en 2019. De 2020
à 2022, le CIPM a tenu ses réunions en ligne ou dans un format hybride en raison des restrictions imposées
pour lutter contre la pandémie de Covid-19. Le CIPM a néanmoins été en mesure de faire progresser ses
activités et je tiens à remercier les membres du CIPM pour leur adaptabilité au cours de cette période difficile.

Présidents des Comités Consultatifs

Le CIPM a nommé ou reconduit les présidents des Comités consultatifs pour un mandat de quatre ans lors
de la première partie de la 108e session du CIPM en mars 2019. Les présidents actuels sont les suivants :
− Comité consultatif de l’acoustique, des ultrasons et des vibrations (CCAUV) : H. Laiz
− Comité consultatif d’électricité et magnétisme (CCEM) : G. Rietveld
− Comité consultatif des longueurs (CCL) : I.A. Castelazo
− Comité consultatif pour la masse et les grandeurs apparentées (CCM) : P. Richard
− Comité consultatif de photométrie et radiométrie (CCPR) : M.L. Rastello.
− Comité consultatif pour la quantité de matière : métrologie en chimie et biologie
(CCQM) : S.-R. Park
− Comité consultatif des rayonnements ionisants (CCRI) : M. Sené
− Comité consultatif de thermométrie (CCT) : Y. Duan.
− Comité consultatif du temps et des fréquences (CCTF) : N. Dimarcq
− Comité consultatif des unités (CCU) : J. Ullrich

Titre de membre honoraire

En octobre 2019, le CIPM a décidé d’accorder le titre de membre honoraire à M. Barry Inglis en
reconnaissance du travail qu’il a accompli en tant que président du CIPM et qui a eu un impact sur
l’organisation dans son ensemble (Décision CIPM/108 37). M. Inglis a été président du CIPM pendant
huit ans, de 2010 à 2018, période au cours de laquelle il a participé à trois réunions de la CGPM.
Il a en outre conduit le CIPM tout au long de l’examen de sa gouvernance puis de la mise en place de
la réforme de ses procédures. Ses efforts de coordination du travail du CIPM avec ses Comités
consultatifs et la communauté des laboratoires nationaux de métrologie ont mené à l’adoption des
définitions révisées des unités du SI en 2018.

En mémoire de William R. Blevin

C’est avec une profonde tristesse que je vous fais part du décès de notre ancien collègue du CIPM et
membre honoraire du CIPM, William R. Blevin, le 11 août 2022 à l’âge de 92 ans. W. Blevin a joué un
rôle clé dans toutes les activités visant à préparer la redéfinition de la candela, adoptée par la CGPM en
1979, et il a été co-auteur de la publication du BIPM « Principes régissant la photométrie ». Il a été
membre du CIPM pendant dix-huit années et a été président du CCPR de 1982 à 1984, vice-président du
CIPM de 1992 à 1997, puis secrétaire du CIPM de 1997 à 2000. Il a été l’auteur principal de ce que l’on
appelle le « Rapport Blevin », soumis par le CIPM lors de la 21e réunion de la CGPM en 1999, intitulé
« Besoins nationaux et internationaux dans le domaine de la métrologie : les collaborations internationales
et le rôle du BIPM ».
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 47

10.3 Actions résultant des Résolutions adoptées par la CGPM à sa 26e réunion
(2018)

Résolution 1 - Sur la révision du Système international d’unités (SI)

La révision du SI adoptée par la CGPM à sa 26e réunion est entrée en vigueur le 20 mai 2019
(Journée mondiale de la métrologie). Je suis heureux de pouvoir annoncer que la mise en œuvre s’est
très bien passée et qu’elle a été bien acceptée dans le monde entier. Nous disposons désormais d’un
ensemble d’unités qui ne sont plus liées à des artefacts ; la communauté de la recherche métrologique
explore déjà de nouvelles façons d’exploiter cette nouvelle liberté, par exemple en cherchant à réaliser
l’unité de masse à un niveau bien inférieur à 1 kg, l’objectif étant de réduire l’incertitude de mesure à
l’échelle micrométrique ou nanométrique. Il reste une dispersion mineure au plus haut niveau des
réalisations du kilogramme. Cela ne cause aucun problème pratique mais nous espérons que le travail
scientifique permettra de parvenir à une convergence au cours des années à venir.

Résolution 2 - Sur la définition des échelles de temps


La Résolution 2 recommandait à toutes les organisations et unions concernées de parvenir à une
compréhension commune des échelles de temps de référence, afin de répondre aux besoins des
communautés d’utilisateurs actuelles et à venir, et de travailler ensemble afin d’améliorer davantage
l’exactitude de la prédiction d’UT1 ˗ UTC et ses méthodes de dissémination et de répondre aux futures
exigences des utilisateurs.

Ces dernières années, le CCTF s’est concentré sur les activités de préparation de la future redéfinition du
Temps universel coordonné (UTC), l’échelle de temps maintenue par le BIPM. Plusieurs décisions ont été
prises, comme celle d’établir un groupe spécifique du CIPM afin d’aider à préparer les éléments nécessaires
en vue de la Conférence mondiale des radiocommunications de 2023 (Décision CIPM/108-40 (2019)).

Je souhaite souligner qu’il est important de conserver une certaine dynamique en la matière et j’invite les
États Membres à apporter leur soutien afin de garantir que l’interopérabilité des systèmes multi-GNSS
reposera sur le Temps universel coordonné, ce qui permettra d’éviter la prolifération d’échelles de temps de
référence internationales.

Le Projet de résolution D « Sur l’utilisation et l’évolution future de l’UTC » et le Projet de résolution


E « Sur la future redéfinition de la seconde » seront présentés au cours de la Conférence.

Résolution 3 - Sur les objectifs du BIPM

Nous pouvons rendre compte des principaux objectifs mentionnés dans la Résolution 3. Les groupes
de réflexion 3 et 4 du Sous-comité du CIPM sur la stratégie se sont concentrés sur deux éléments afin
de pouvoir apporter des réponses à la Résolution 3 :

a) prendre des mesures en réponse à plusieurs résolutions de la CGPM qui encouragent le CIPM à
faire en sorte d’augmenter le nombre de Membres, tout en réfléchissant au fait que la majorité, si ce n’est
la totalité, des potentiels nouveaux États Membres seront bien en dessous du niveau minimum de
contribution :

− tenir compte de la Résolution 5 (2011) concernant l’implication des organisations


intergouvernementales,
− préparer un résumé de la situation actuelle concernant l’engagement des États aux activités de
la Convention du Mètre,
− explorer d’autres mécanismes permettant de faciliter une participation universelle en vue de
futures discussions,
48 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

b) renforcer les liens établis avec et entre les organisations régionales de métrologie, notamment
en relevant le défi que posent les laboratoires nationaux de métrologie qui ne participent à aucune
organisation régionale de métrologie.

Représenter la communauté métrologique internationale


Afin de relever avec efficacité les défis scientifiques et sociétaux actuels et à venir, le BIPM en tant
qu’organisation créée par les États Parties à la Convention du Mètre doit constamment évoluer pour
améliorer ses pratiques de gouvernance et rester moderne. Concernant la participation à l’organisation,
le modèle actuel a attiré un peu plus de 100 nations du monde entier qui participent officiellement aux
activités coordonnées du système de mesure mondial. Bien que ces nations représentent près de 98 %
du PIB mondial, 83 États membres des Nations Unies et d’autres entités économiques restent à intégrer
au système de mesure mondial officiel pour le rendre totalement international.

Le CIPM propose le Projet de résolution F « Sur l’adhésion universelle à la Convention du Mètre »


afin d’obtenir un mandat pour trouver une solution faisant consensus qui pourrait être présentée à la
CGPM lors de sa 28e réunion.

Être un centre de collaboration scientifique et technique et de comparaisons de mesure

Dans un monde où l’infrastructure de la qualité devient de plus en plus importante comme approche
intégrée permettant d’assurer l’interopérabilité, la sécurité alimentaire, la protection de
l’environnement, l’efficacité des soins de santé et le respect des lois, la coopération avec d’autres
organisations internationales est essentielle pour que le BIPM puisse relever des défis.

Décision CIPM/109-15 (2020)

Le CIPM approuve les termes de référence d’un Groupe opérationnel conjoint entre le BIPM
(représentant les États Parties à la Convention du Mètre) et l’Organisation internationale de
métrologie légale (OIML) dans le but de favoriser une coopération renforcée entre le BIPM et l’OIML
avec pour objectifs :
− de faciliter les activités des deux organisations en servant au mieux leurs États Membres,
− de rendre les deux organisations plus attractives pour les États qui ne participent pas encore
aux activités de l’une ou des deux organisations.
MM. Louw, Milton et Richard sont nommés représentants du BIPM au sein du Groupe opérationnel conjoint.
D’autres membres du CIPM seront invités à rejoindre le Groupe opérationnel conjoint selon les besoins.

Activités de renforcement des capacités et de transfert des connaissances (CBKT)


1. Le renforcement des capacités a pour objectif de parvenir à un équilibre global des aptitudes
métrologiques des États Membres. Chacune des initiatives de renforcement des capacités est
mise en place pour répondre aux besoins des laboratoires nationaux de métrologie. Il est déjà
possible de constater que les activités de renforcement des capacités concernant le CIPM MRA
donnent des résultats visibles et positifs. De nouveaux laboratoires nationaux de métrologie ont
pour la première fois assumé le rôle de pilote de comparaisons ou, dans certains cas, partagent
ce rôle avec un laboratoire national plus expérimenté. De la même façon, une nouvelle
génération de présidents des comités techniques des organisations régionales de métrologie
commence à émerger. Les laboratoires nationaux de métrologie des Associés à la CGPM qui
ont signé le CIPM MRA mais qui n’étaient pas en mesure de progresser quant au
développement d’aptitudes en matière de mesures et d’étalonnages (CMCs), ont pu revoir avec
succès les procédures d’examen des CMCs et publier leurs premières CMCs dans la base de
données sur les comparaisons clés (KCDB).
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 49

2. Le transfert de connaissances permet de garantir que le travail du BIPM a le plus grand impact
possible. Le programme de transfert des connaissances est très bien accueilli : c’est devenu
un pilier du soutien apporté aux laboratoires nationaux de métrologie afin de renforcer leurs
aptitudes de laboratoire.

Résolution 4 - Sur la dotation du Bureau international des poids et mesures pour les années
2020 à 2023

Le CIPM a supervisé le budget et la performance financière du BIPM : les états financiers du BIPM
ont été certifiés sans réserve majeure par l’auditeur de 2018 à 2021. Le BIPM est resté dans les limites
du budget approuvé et des mesures supplémentaires ont été prises afin de faire face aux défis financiers
à venir, concernant en particulier la Caisse de retraite et de prévoyance du BIPM. Cela traduit, dans une
large mesure, la compétence et le travail soutenu du directeur du BIPM et de son personnel.

Résolution 5 - Sur les contributions arriérées des États Membres et la procédure d’exclusion

Il a été décidé dans la Résolution 5 (2018) ce qui suit :


− le CIPM appliquera l’article 6 alinéa 8 du Règlement annexé,
− le CIPM traitera des cas où la pratique historique a conduit à l’accumulation d’arriérés.

À la suite de cette résolution, la politique concernant l’accumulation sur le long terme d’arriérés a été
révisée puis elle a été mise en œuvre par les décisions prises par le CIPM en 2019, 2020 et 2021 ;
ces décisions seront présentées dans le rapport du président du Sous-comité du CIPM sur les finances.

Pour l’essentiel, le CIPM a traité en 2019 la question de l’accumulation d’arriérés. En 2020, le CIPM a
accepté le calendrier proposé par le président du Sous-Comité du CIPM sur les finances afin de mettre en
œuvre la Résolution 5 adoptée par la CGPM à sa 26e réunion (2018) et a demandé au Sous-Comité de
continuer à coordonner les actions que le CIPM doit mettre en place afin que les États Membres concernés
par la question des avances parviennent à un consensus sur ce sujet. En 2021, le CIPM a confirmé,
en se fondant sur l’examen effectué par le Sous-comité du CIPM sur les finances, que les données
préparées par le personnel du BIPM concernant les arriérés accumulés et les avances associées étaient
complètes et satisfaisantes. Le BIPM a ensuite informé les États qui avaient été précédemment notifiés de
l’accumulation d’arriérés au-delà de six années de défaut de paiement de leur situation financière.
Du fait de ces décisions, il a été nécessaire d’apporter une correction aux états financiers du BIPM puis
la question a pu être considérée comme close.

Je tiens à remercier le Sous-comité du CIPM sur les finances, en particulier Philippe Richard et le
personnel du BIPM pour le temps considérable qu’ils ont passé à examiner de façon méticuleuse les
dossiers, en remontant jusqu’il y a cinquante ans, afin de s’assurer que le CIPM prenne les mesures
appropriées pour répondre à la Résolution 5.
Les progrès réalisés concernant les Résolutions 1, 2 et 3 sont décrits plus en détail dans la stratégie du CIPM,
le projet de programme de travail du BIPM et les projets de résolution de la 27e réunion de la CGPM.

10.4 Rapport sur les actions entreprises par le CIPM concernant la stratégie du CIPM
à compter de 2030

Lors de sa réunion en juin 2019, le Sous-comité du CIPM sur la stratégie a discuté en profondeur du
changement majeur qu’a constitué la révision du SI en 2018. Les parties prenantes, et en particulier les
laboratoires nationaux de métrologie et laboratoires désignés, se sont attachés à mettre au point des
50 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

réalisations des unités définies à partir de constantes. À la suite de cette discussion, le Sous-comité sur la
stratégie a commencé à élaborer une stratégie pour le long terme. Les sujets évoqués sont les suivants :

− Quelles sont les questions que la métrologie scientifique devra traiter d’ici 2030 et après 2030 ?
− Quelles sont les technologies disruptives qui façonneront notre futur ?
− À quoi ressemblera l’organisation en 2050 et comment se sera-t-elle adaptée aux évolutions
qui auront eu lieu d’ici là ?

Le CIPM a discuté de la stratégie dans son ensemble, en évoquant la Convention du Mètre en 2030 et
après 2030, et de la façon d’identifier et de rendre compte des exigences de la métrologie sur le long
terme. Les membres du sous-comité ont observé que le rôle de la Convention du Mètre et des organes
qu’elle a établis est unique et on ne saurait sous-estimer sa contribution à l’harmonisation mondiale des
mesures. Parmi les autres points qui ont été abordés figure la question de savoir si le BIPM/CIPM
bénéficie aussi efficacement qu’il le devrait à toutes les économies et à tous les laboratoires nationaux
de métrologie. Le sous-comité a également examiné si le BIPM entretient des relations aussi efficaces
que possible avec d’autres organisations intergouvernementales.

À la suite de cette réunion, le CIPM a décidé d’étendre les termes de référence du Sous-comité du
CIPM sur la stratégie afin d’inclure la mission de conseiller le CIPM sur des orientations métrologiques
stratégiques plus larges selon les cinq sujets stratégiques ci-dessous :

1. répondre à l’évolution des besoins de la métrologie,


2. relever les principaux défis scientifiques afin de faire progresser le système mondial de mesure,
3. établir une stratégie pour renforcer les relations avec d’autres organisations internationales
concernant les questions métrologiques,
4. réviser la stratégie concernant les futurs États Membres et Associés,
5. moderniser le fonctionnement de l’organisation.

Les points 1 à 3 concernent directement la Résolution 1 (2018) de la CGPM.

Cinq groupes de réflexion ont été mis en place afin de travailler sur ces thématiques et afin de rédiger
des rapports qui pourront servir à développer la stratégie du CIPM à compter de 2030. De plus amples
détails sur les résultats de ce travail sont présentés dans le document « Report on the actions taken by
the CIPM towards a “CIPM Strategy 2030+” ».
Le groupe de réflexion 1 a identifié trois éléments qui influeront toute future prise de décision à
l’échelle mondiale, qu’il s’agisse de sujets technologiques ou sociétaux :

− le bien-être : assurer la sécurité sanitaire d’une population de plus en plus nombreuse dont les
attitudes et valeurs sociales ne cessent d’évoluer ;
− la durabilité : réduire l’impact humain sur le climat et gérer les ressources naturelles ;
− l’esprit d’entreprise : garantir l’innovation numérique afin d’accroître la prospérité,
la productivité et la croissance et afin d’assurer l’égalité et l’équité.

Alors que certains aspects de la stratégie sont déjà mis en œuvre, l’objectif global est de parvenir à
donner une vision claire de ce que pourrait être le futur lors du 150e anniversaire de la signature de la
Convention du Mètre en mai 2025, puis de proposer des mesures appropriées pour la 28e réunion de la
CGPM (2026).

1. Répondre à l’évolution des besoins de la métrologie.


Cinq domaines principaux marqués par l’évolution des besoins de la métrologie ont été identifiés ; il est
à noter que ces domaines sont considérés comme des « grands défis » et ne se limitent pas au champ
de la métrologie :
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 51

− le changement climatique et l’environnement,


− la santé et les sciences de la vie,
− la sécurité alimentaire,
− l’énergie,
− la fabrication de pointe.

Deux thèmes transversaux horizontaux supplémentaires ont été identifiés :

− la transformation numérique,
− la « nouvelle » métrologie.

Pour chacun de ces domaines et thèmes, des actions sont proposées afin de promouvoir et renforcer la
coopération internationale. Ces sujets font l’objet du Projet de résolution A « Sur le rapport préparé par le
Comité international des poids et mesures sur l’évolution des besoins dans le domaine de la métrologie ».

La structure actuelle du CIPM, en particulier ses Comités consultatifs, est organisée selon un schéma
métrologique vertical (axé par exemple sur la mesure de grandeurs/unités spécifiques ou sur les
définitions d’unité). Les défis précédemment identifiés requerront une approche multidisciplinaire afin
de les traiter de façon holistique. Ainsi, le CIPM propose de créer des forums appropriés qui permettront
de façonner et coordonner la manière dont la communauté de la métrologie peut répondre à ces grands
défis, l’objectif étant de coordonner de nouvelles possibilités afin que la métrologie ait un impact sur
les défis mondiaux transversaux.

Je souhaiterais revenir sur les deux thèmes transversaux horizontaux.

Transformation numérique

Le monde est au cœur d’une révolution numérique qui remet en question les pratiques de travail et les
paradigmes de la communauté métrologique en matière de traçabilité et de reproductibilité. Les défis qui
se présentent sont à la fois d’amener la métrologie dans le monde numérique et d’adapter la métrologie
au monde numérique, afin que la communauté de la métrologie puisse garantir la cohérence des mesures
et la confiance vis-à-vis des résultats de mesure dans ce nouveau monde. Il est nécessaire de mettre en
place une infrastructure normalisée et acceptée au niveau international concernant la provenance des
données, des certificats d’étalonnage numériques, des ontologies acceptées pour les informations et
données lisibles et exploitables par machine, et la validation des techniques d’intelligence artificielle telles
que l’apprentissage automatique. Tous ces éléments seront le fruit d’une collaboration interdisciplinaire
et intersectorielle et devront être intégrés dans des normes internationales et résulté d’une collaboration
interdisciplinaire et intersectorielle.
Le CIPM est à l’avant-garde des efforts mondiaux visant à coordonner la transformation numérique
dans le domaine de la métrologie. Il a créé un Groupe spécifique sur le SI numérique afin de décider
de la meilleure façon de fournir au monde un SI accessible aux machines.

De nombreuses activités ont déjà eu lieu dans le cadre de cette transformation rapide et passionnante ;
ainsi, le Groupe spécifique sur le SI numérique a organisé un atelier virtuel intitulé « The International
System of Units in FAIR digital data » qui a réuni plus de700 participants du monde entier intéressés
par l’initiative du CIPM visant à établir un cadre numérique pour le SI.

Nouvelle métrologie
La traçabilité métrologique est l’un des principes clés de la métrologie : elle se définit comme
« la propriété d’un résultat de mesure selon laquelle ce résultat peut être relié à une référence par
l’intermédiaire d’une chaîne ininterrompue et documentée d’étalonnages dont chacun contribue à
l’incertitude de mesure ». Le principe de la traçabilité métrologique s’est révélé extrêmement influent.
52 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

Toutefois, si l’on se tourne vers l’avenir, plusieurs avancées technologiques pourraient avoir des
répercussions profondes et rapides sur la façon d’établir la traçabilité métrologique dans le futur :
il s’agit notamment de l’utilisation de réseaux de capteurs, de l’instrumentation distribuée, des étalons
de mesure intrinsèques, des progrès métrologiques rendus possibles par la révision du SI,
et des implications de l’intelligence artificielle et du Big Data.

Ces deux défis transversaux se recoupent clairement et sont en lien avec les cinq premiers grands défis.
Le CIPM a déjà commencé à s’attaquer au défi de la transformation numérique par l’intermédiaire de
son Groupe spécifique sur le SI numérique ; plusieurs décisions ont ainsi été prises et ont conduit à la
rédaction de la Déclaration commune d’intention sur la transformation numérique. Cette déclaration
commune a été co-signée par huit organisations internationales. Plus de détails sur la déclaration
commune sont données à un point ultérieur du présent rapport.

2. Relever les principaux défis scientifiques afin de faire progresser le système mondial de
mesure
Les principaux défis scientifiques à relever pour faire progresser le système mondial de mesure ont été
identifiés et s’articulent autour des actions actuelles et à venir nécessaires pour mieux réaliser le SI.
Deux projets pourraient être décrits comme les principaux défis scientifiques concernant le SI :

− la redéfinition de la seconde, qui fait l’objet du Projet de résolution E,


− la redéfinition de la candela, dont la définition actuelle répond aux besoins actuels mais qui
demeure un défi pour le futur.

Parallèlement aux défis scientifiques, nous pouvons constater les progrès réalisés qui conduisent à la
nécessité d’étendre la liste des préfixes du SI, ce qui fait l’objet du Projet de résolution C
« Sur l’extension de la liste des préfixes du SI ».

3. Établir une stratégie pour renforcer la coopération avec d’autres organisations


internationales sur les sujets métrologiques

Le CIPM a conclu que la stratégie de collaboration avec d’autres organisations internationales est
mature et que la supervision du CIPM assure une bonne gouvernance.

− Le Département des relations internationales et de la communication du BIPM a été renforcé


afin de maintenir les relations et les interactions.
− Des membres du CIPM ont été nommés pour chaque collaboration stratégique afin d’aider le
personnel du BIPM concernant les relations stratégiques ; des accords de collaboration sont
mis en œuvre.
Depuis 2018, le CIPM et le personnel du BIPM continuent d’interagir avec d’autres organisations
internationales pour lesquelles la métrologie compte. Le BIPM a formalisé certains liens existants par
des accords, arrangements, protocoles d’accord avec les organisations suivantes :

− International Union of Pure and Applied Chemistry (IUPAC)


− Union internationale des télécommunications (UIT)
− Commission préparatoire de l’Organisation du Traité d’interdiction complète des essais
nucléaires (OTICE)
− Committee on Data of the International Science Council (CODATA)
− International Federation of Clinical Chemistry and Laboratory Medicine (IFCC)
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 53

Déclaration commune d’intention sur la transformation numérique au sein de l’infrastructure


internationale scientifique et de la qualité

En 2022, la Déclaration commune d’intention sur la transformation numérique au sein de l’infrastructure


internationale scientifique et de la qualité a été signée par le BIPM et les organisations suivantes :

− Committee on Data of the International Science Council (CODATA)


− Commission internationale de l’éclairage (CIE)
− International Electrotechnical Commission (IEC)
− International Laboratory Accreditation Cooperation (ILAC)
− International Measurement Confederation (IMEKO)
− Organisation internationale de métrologie légale (OIML)
− Organisation internationale de normalisation (ISO)
− International Science Council (ISC)
La déclaration commune est le fruit d’un projet continu lancé par le CIPM et son Groupe spécifique
sur le SI numérique visant à développer et mettre en place un format d’échange de données sécurisé et
uniforme au niveau international qui sera fondé sur le Système international d’unités (SI). Elle permet
de regrouper les organisations signataires qui souhaitent indiquer leur volonté de soutenir,
d’une manière qui leur est propre, le développement, la mise en place et la promotion d’un cadre
numérique du SI au sein d’une transformation numérique plus large de l’infrastructure internationale
scientifique et de la qualité.

OIML

Le Groupe conjoint entre le BIPM et l’OIML a été établi avec pour objectif de parler d’une seule voix
au nom de la métrologie et de favoriser une coopération renforcée. Le Groupe conjoint, composé du
président du CIPM, du directeur du BIPM, du président du CIML et du directeur du BIML, s’est réuni
plusieurs fois. Les deux organisations collaborent sur de nombreuses activités :

− la Journée mondiale de la métrologie, y compris la nouvelle initiative visant à ce que cette


journée soit reconnue par l’UNESCO,
− l’élaboration en commun de documents, tels que le document « Systèmes de métrologie
nationaux – Développement du cadre institutionnel et législatif »,
− les activités de collaboration internationale,
− la représentation,
− les questions institutionnelles et de fonctionnement,
− le renforcement des capacités.

UNESCO

Le Conseil exécutif de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture
(UNESCO) a fait un pas décisif vers la proclamation d’une Journée mondiale de la métrologie lors de
sa session du 13 octobre 2022, à la suite de la proposition présentée par le Kazakhstan et soutenue par
le BIPM et l’OIML. La décision devra être ratifiée lors de la 42e session de la Conférence générale de
l’UNESCO qui se tiendra en novembre 2023. Si tout se passe comme prévu, l’UNESCO proclamera le
20 mai de chaque année comme journée mondiale de l’UNESCO : cette journée pourra ensuite être
célébrée chaque année à partir de 2024.

Cette reconnaissance de la Journée mondiale de la métrologie par l’UNESCO offrira au BIPM et à


l’OIML de nouvelles possibilités de promotion de la Journée mondiale de la métrologie. Cette initiative
bénéficie déjà du soutien d’un certain nombre d’États Membres de l’UNESCO qui ne participent
actuellement ni aux activités du BIPM ni à celles d’organisations régionales de métrologie, ce qui
54 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

encourage le BIPM à explorer des options de participation pour ces pays, dans le cadre de sa mission
vers une adhésion universelle proposée dans le Projet de résolution F. Cette proclamation offrira
également la possibilité au BIPM de demander qu’une partie des événements liés au 150e anniversaire
aient lieu à l’UNESCO et d’avoir ainsi une audience mondiale.

ILAC

Les interactions avec l’ILAC se sont concentrées sur les documents ILAC P10:07/2020 « ILAC Policy
on Metrological Traceability of Measurement Results », ILAC P14:09/2020 « ILAC Policy for
Measurement Uncertainty in Calibration » et ILAC G18:04/2010 « Guideline for the Formulation of
Scopes of Accreditation for Laboratories ».
Le document « Joint ILAC-CIPM Communication regarding the Accreditation of Calibration and
Measurement Services of National Metrology Institutes » (Communication commune à l’ILAC et au
CIPM sur l’accréditation des services d’étalonnage et de mesure des laboratoires nationaux de
métrologie) a été révisé et de nouveau signé en 2020.

ONUDI

Le BIPM a participé à l’initiative de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel
(ONUDI) et à la publication qui en a découlé, intitulée « Quality Policy Guiding Principles »,
dont l’objectif est de faciliter la mise en œuvre efficace de l’infrastructure de la qualité dans les pays
en développement. Le BIPM a également contribué à la rédaction de la méthodologie qui apparaît dans
la publication sponsorisée de l’ONUDI intitulée « Quality Infrastructure for Sustainable Development
Index (QI4SD) ». L’indice QI4SD est applicable à l’infrastructure de la qualité pour le développement
durable ; il permet de comparer la contribution individuelle (métrologie) à l’infrastructure de la qualité
et favorise l’amélioration continue et l’apprentissage mutuel.

OMC

Le personnel du BIPM continue à représenter le BIPM lors de réunions régulières du Comité sur les
barrières techniques au commerce (OTC) de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ; le BIPM
a également été invité à prendre la parole lors de sessions thématiques consacrées à l’infrastructure de
la qualité et au renforcement des capacités.

OCDE

Le BIPM continue à contribuer au travail d’analyse au sein du partenariat de l’Organisation de


coopération et de développement économique (OCDE) en faveur d’un processus de réglementation
internationale efficace (Partnership for effective international rule‑making) : le BIPM est notamment le
point de contact de l’un des groupes de travail sur les possibilités de coordination entre les organisations
internationales et peut ainsi s’assurer que le rôle des activités et structures du système métrologique
mondial au sein de l’infrastructure de la qualité est reconnu comme essentiel. Le directeur du BIPM a
participé en tant que panéliste à des réunions de haut niveau de l’OCDE rassemblant des dirigeants
d’organisations internationales.
L’étude commune au BIPM et à l’OCDE, rédigée dans le cadre du partenariat de l’OCDE avec les
organisations internationales et intitulée « The Case of the International Bureau of Weights and
Measures », a été publiée en février 2020.
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 55

CCNUCC

La Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CNUCC) a accepté
d’octroyer au BIPM le statut d’observateur lors de la Conférence des parties sur les changements
climatiques de 2022 (COP 27) du 7 au 18 novembre 2022. L’admission est une étape unique : une fois
le statut d’observateur acquis, le BIPM pourra participer activement aux futures Conférences des
parties, sans avoir à suivre de nouveau le processus de candidature.

INetQI (précédemment Réseau DCMAS)


Le personnel du BIPM participe activement au réseau InetQI qui permet à des organisations
intergouvernementales et organismes internationaux (dix à l’origine) d’échanger afin de promouvoir
un système efficace de métrologie, d’accréditation et de normalisation dans les pays en développement.
Le réseau a accompli des progrès majeurs ces dernières années : il s’est étendu et compte désormais
14 membres, les membres les plus récents étant l’Independent International Organisation for
Certification (IIOC) et l’International Certification Network (IQNET). L’INetQI travaille à développer
le concept d’une « bibliothèque unique » de l’INetQI rassemblant les ressources de la communauté de
l’infrastructure de la qualité.

Comité commun pour les guides en métrologie (JCGM)

Le JCGM est présidé par le directeur du BIPM. Le CIPM maintient sa représentation au sein du JCGM :
P. Neyezhmakov représente actuellement le BIPM au sein du JCGM et du Groupe de travail 2 du JCGM
sur le Vocabulaire international de métrologie (VIM) (Décision CIPM/108-17).

Le CIPM a décidé (Décision CIPM/110-2) de soumettre un vote favorable au JCGM concernant la


publication du GUM 6 (Guide pour l’expression de l’incertitude de mesure — Partie 6 : Élaboration et
utilisation des modèles de mesure).

Le Groupe de travail 2 du JCGM sur le VIM a effectué depuis 2018 un travail considérable afin de
développer la prochaine édition du Vocabulaire international de métrologie (VIM4) qui doit être
publiée dans un futur proche.

Comité commun pour la traçabilité en médecine de laboratoire (JCTLM)

L’International Council for Standardization in Haematology (ICSH) est devenu l’une des organisations
membres du Comité exécutif du JCTLM en décembre 2019, rejoignant ainsi le BIPM, l’IFCC et
l’ILAC. Lors de sa réunion de mars 2019, le CIPM a nommé deux de ses membres, T. Liew et
S.-R. Park, pour le représenter au sein du Comité exécutif du JCTLM.
La base de données du JCTLM a été mise à jour, sa nouvelle version a ainsi été lancée le 1er octobre 2022.
Cette dernière fonctionne à partir d’un système d’exploitation qui pourra être maintenu pendant les
dix prochaines années et qui rend les données lisibles par machine. En moyenne, une centaine de données
sont soumises et examinées chaque année et celles répondant aux critères fixés par le JCTLM sont
intégrées à la base de données. La base de données contient actuellement 257 matériaux de référence,
213 méthodes de référence et 203 services de mesure de référence, qui peuvent être utilisés par l’industrie
des diagnostics in vitro afin de répondre aux exigences en matière de traçabilité métrologique.
Le JCTLM a organisé deux ateliers des membres et parties prenantes, l’un en 2019 et l’autre en 2021.
L’atelier de 2021, qui a été organisé en ligne et a compté près de 500 participants venant de 65 pays,
a permis de formuler des recommandations quant à la façon pour les laboratoires d’analyse de faire
face à la standardisation des matériaux de référence et réglementations.
56 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

Le secrétariat du JCTLM est assuré par le BIPM et ses frais de fonctionnement sont pris en charge
conjointement par le BIPM et l’IFCC. L’accord de financement entre le BIPM et l’IFCC devrait être
renouvelé en 2023 ; des contributions volontaires sont recherchées en 2022 afin que la soumission et
l’examen des données puissent être effectués en ligne dans la base de données du JCTLM.

4. Réviser la stratégie concernant les futurs États Membres et Associés.

Lors des deux dernières décennies, la participation aux activités du BIPM a augmenté de façon
significative. Les États et Entités économiques dont le système métrologique est émergent, et qui ont
souvent des capacités et ressources très limitées, considèrent que les options actuelles de participation
ne répondent pas à leurs besoins (il est à rappeler que le statut d’Associé concerne surtout la
participation au CIPM MRA). Le moment est venu d’examiner comment l’Article III de la Convention
du Mètre est actuellement appliqué et comment cet article pourrait être mis en œuvre afin de faciliter
une adhésion durable et universelle à la Convention du Mètre, ce qui fait l’objet du Projet de
résolution F « Sur l’adhésion universelle à la Convention du Mètre ».

5. Moderniser le fonctionnement de l’organisation

Parmi les récentes activités du Groupe de réflexion 5 du Sous-comité du CIPM sur la stratégie figure
la rédaction de Règles de fonctionnement et du Code de conduite du CIPM. Le CIPM a approuvé la
version 1.1 des Règles de fonctionnement et la première édition du Code de conduite. Dans le cadre
d’un examen global, le CIPM a engagé des discussions approfondies en 2019 sur l’indépendance et les
responsabilités de ses membres.

En tenant compte des rapports du Groupe de travail ad hoc des représentants des États Membres,
le CIPM a demandé au directeur du BIPM de commencer à rédiger des « By-Laws » du BIPM
(ou statuts et réglementation d’une organisation). Il a été fait appel à Peter Quayle, juriste spécialisé
dans les questions de droit international public, notamment concernant la législation interne,
la gouvernance et les immunités de juridiction des organisations internationales, pour commencer le
projet. Les by-laws constituent un instrument de gouvernance écrit relatif au fonctionnement d’une
organisation internationale et sont complémentaires de son instrument constitutif. Ils sont l’instrument
de gouvernance le plus approprié dans de nombreuses organisations internationales. Les règles de
fonctionnement sont également un instrument de gouvernance ; elles régissent en détail le
fonctionnement d’un organe ou d’une entité. Pour résumé, les by-laws renforcent la transparence,
l’accessibilité et la modernité de la gouvernance d’une organisation internationale. Le CIPM invite la
CGPM à sa 27e réunion à lui confier le mandat de continuer à développer des by-laws qui seront
présentés et approuvés par la CGPM à sa 28e réunion (2026). Les États Membres seront largement
consultés pendant la préparation des by-laws afin de s’assurer de leur implication à toutes les étapes du
processus d’élaboration des by-laws.

10.5 Comités consultatifs du CIPM

Comité consultatif de l’acoustique, des ultrasons et des vibrations (CCAUV)


Le CCAUV s’est réuni deux fois depuis la 26e réunion de la CGPM (2018). Les métrologistes dans le
domaine de l’acoustique, des ultrasons, des vibrations et de l’acoustique dans l’eau représentent une
communauté diversifiée et géographiquement disséminée. Ainsi, les réunions du CCAUV ne
concernent pas seulement la reconnaissance mutuelle en matière de comparaisons et examens des
CMCs mais elles constituent aussi un forum mondial où les participants peuvent décrire leurs travaux
de recherche les plus récents et rendre compte des progrès effectués dans des domaines pertinents ;
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 57

ces réunions permettent de créer et maintenir des contacts avec d’autres experts et facilitent les
discussions sur les questions en cours. Les réunions donnent également l’occasion d’avoir des échanges
scientifiques et de faire des présentations thématiques sur les sujets métrologiques actuels de pointe
pour le CCAUV. Depuis la dernière réunion de la CGPM, la coopération avec la Commission
préparatoire de l’Organisation du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (OTICE) a été
renforcée : une session d’une réunion du CCAUV a été consacrée à l’OTICE et des experts du CCAUV
ont participé à des réunions techniques de l’OTICE. La collaboration entre le CCAUV et le groupe
conjoint ISO/TC12 (Grandeurs et unités) et IEC TC25 (Grandeurs et unités) a été formalisée.
Cette coopération est le fruit de la forte collaboration entre le CCAUV et l’ISO/TC12 (et l’IEC TC25)
concernant la révision de la série de normes ISO 80000 en 2018-2019. Le CCAUV a révisé sa stratégie
afin de définir les besoins métrologiques actuels et à venir pour les applications de l’acoustique,
des ultrasons et des vibrations et afin de cibler les activités du CCAUV. De nouveaux domaines d’étude
et d’application ont été identifiés, tels que la spectroscopie acoustique, la spectroscopie
photoacoustique, l’échographie pulmonaire et la transformation numérique.

Comité consultatif d’électricité et magnétisme (CCEM)


La mise en œuvre de la révision du SI le 20 mai 2019 a conduit à un changement d’amplitude d’environ
1 x 10−7 pour les grandeurs liées à la tension et de 2 x 10−8 pour les grandeurs liées à la résistance.
Le CCEM avait publié pour les laboratoires nationaux de métrologie et leurs clients des directives sur la
façon de gérer ces changements. Ces changements mineurs n’ont pas suscité de problèmes au sein de la
communauté des parties prenantes. Le second cycle de comparaisons clés du CCEM est en cours.
Concernant l’organisation des comparaisons clés, la charge de travail est de plus en plus souvent partagée
entre un groupe de laboratoires nationaux de métrologie, chacun d’entre eux étant responsable d’un aspect
spécifique de la comparaison. Le CCEM met en place un nouveau modèle d’organisation des
comparaisons clés (schéma en étoile) qui devrait réduire de façon significative la durée des comparaisons.
Le CCEM a créé un groupe de travail conjoint avec le CCRI afin d’utiliser une nouvelle génération
d’instruments pour la mesure de faibles courants des chambres d’ionisation. Cela permettra de ne plus
avoir besoin de vérifier la linéarité des électromètres actuellement utilisés à l’aide de sources radioactives
scellées difficiles à obtenir et pouvant poser des risques de sécurité. En 2019, le CCEM a organisé un
atelier sur les récents développements et défis de la métrologie des radiofréquences et des microondes
auquel ont participé des spécialistes de l’industrie et du monde universitaire. En 2022, le CCEM a lancé
une nouvelle série de webinaires du CCEM sur des sujets liés à la métrologie fondamentale et appliquée
de l’électricité et du magnétisme.

Comité consultatif des longueurs (CCL)


Les activités du CCL comprennent les mesures pratiques de longueurs et d’angles (d’une seule
dimension jusqu’à la 3D et de l’échelle subnanométrique jusqu’à des dizaines ou centaines de mètres)
et les futurs étalons optiques de fréquence (pour la réalisation du mètre). Depuis la précédente réunion
de la CGPM, le CCL s’est réuni une fois (selon un cycle d’une réunion tous les trois ans) et ses groupes
de travail se sont réunis chacun trois ou quatre fois. Les CMCs dans le domaine des longueurs
enregistrées dans la KCDB comme des équations numériques vont passer à des équations aux grandeurs
tel qu’approuvé par le CIPM : près de 850 CMCs sont concernées. Le CCL a mis à jour la mise en
pratique de la définition du mètre afin d’y inclure le réseau de silicium en tant que représentation
secondaire du mètre, tel que suggéré par le Groupe de travail du CCL sur la nanométrologie
dimensionnelle. Les trois méthodes existantes de réalisation du mètre décrites dans la mise en pratique
sont le temps de vol de rayonnement léger, l’interférométrie laser (réalisation primaire) et le paramètre
du réseau de silicium (réalisation secondaire). Le Groupe de travail commun au CCL et au CCTF sur
les étalons de fréquence a développé et approuvé un document d’orientation sur les CMCs concernant
58 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

les lasers stabilisés de fréquence, ainsi que le protocole technique de la comparaison clé CCL-K11 sur
les étalons optiques de fréquence et de longueurs d’onde. Une enquête a été conduite dans le cadre du
projet du mètre numérique du SI et un groupe spécifique du CCL sur la transformation numérique a été
établi afin de collecter et organiser les données. Une collaboration avec le BIPM est en cours afin de
parvenir à un « mètre du SI numérique » qui permettra aux utilisateurs d’obtenir, en temps réel,
les valeurs les plus récentes approuvées par le CIPM concernant les fréquences étalons et d’autres
paramètres liés aux longueurs. Le Groupe de travail du CCL sur le CIPM MRA a approuvé un
document d’orientation qui liste les bonnes pratiques et d’autres sources d’information concernant la
métrologie des longueurs et un document sur la révision du modèle de codage utilisé pour numéroter
les comparaisons menées dans le cadre du CIPM MRA. Le CCL a participé à la publication d’un
numéro spécial de Metrologia sur les longueurs : 15 articles ont déjà été publiés et deux autres sont en
cours de révision. Depuis la dernière réunion de la CGPM (2018), la liste des étalons optiques de
fréquence utilisés pour réaliser le mètre et des représentations secondaires de la seconde a été mise à
jour par le Groupe de travail commun au CCL et au CCTF sur les étalons de fréquence puis adoptée
par le CIPM après approbation du CCTF. La coopération entre le CCL et le Comité technique 213 de
l’ISO (ISO/TC 2013 - Spécification géométrique des produits) a été formalisée.

Comité consultatif pour la masse et les grandeurs apparentées (CCM)

Deux réunions du CCM se sont tenues entre 2019 et 2022, l’une les 16 et 17 février 2019 et l’autre les
20 et 21 mai 2021. Un atelier sur les nouvelles activités et les nouveaux développements de la
métrologie des masses a été organisé au cours de la réunion du CCM de 2019. Une note détaillée sur
les phases de la dissémination du kilogramme a été approuvée et les progrès effectués une fois cette
note publiée ont été examinés lors des réunions du CCM. Parmi les décisions majeures prises lors des
deux réunions du CCM figurent la fusion de deux groupes de travail et la formulation d’une demande
du CCM au JCRB concernant la possibilité d’ajouter une note explicative permettant de clarifier
l’Annexe A1 du document CIPM-MRA-P11. Concernant la redéfinition du kilogramme, la première
comparaison clé des réalisations du kilogramme, CCM.M-K8, s’est terminée en 2019. La dissémination
de l’unité de masse à partir de la valeur de consensus du kilogramme est entrée en vigueur le
1er février 2021 et les CMCs de 31 laboratoires nationaux de métrologie ont dû être ajustées dans la
KCDB. La seconde comparaison clé des réalisations du kilogramme a été lancée fin 2021 et le projet
A de rapport a été transmis aux participants. Le nombre de participants est passé de 7 à 9 entre la
première et la seconde comparaison. Une version totalement révisée de la stratégie du CCM pour
2022-2032 a été produite par le Groupe de travail du CCM sur la stratégie et la coordination du CIPM
MRA. Deux documents d’orientation du CCM sur les comparaisons ont été révisés. La procédure
d’approbation des rapports de comparaison a été simplifiée afin d’accélérer la publication des résultats
de comparaison. Des documents d’orientation spécifiques permettant une approche efficace des
exercices d’examen des CMCs ont été élaborés au sein de certains groupes de travail et sont en cours
de développement dans d’autres.

Comité consultatif de photométrie et radiométrie (CCPR)

Le CCPR a contribué à finaliser des documents clés concernant la définition de la candela et sa mise
en pratique. Le travail effectué concernant la future redéfinition de la candela et le document
« Key Scientific questions of the SI unit of luminous intensity, the candela » ont été présentés lors de
la 25e réunion du CCU (2021). En outre, le CCPR a réalisé un travail de fond afin de se fixer un objectif
stratégique à long terme, qui est de mettre en place un système photométrique scientifiquement
rigoureux fondé sur les sensibilités spectrales des cônes, ce qui permettra de fournir un nouveau lien
entre les grandeurs photométriques et radiométriques.
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 59

Le CCPR a discuté de l’adoption d’une approche axée sur les risques pour examiner les exigences et
donner des orientations concernant la portée des comparaisons clés en termes de soutien aux CMCs.
Des graphiques et listes de vérification sont intégrés afin de s’assurer que toutes les exigences sont
clairement indiquées et sont utiles à ceux qui procèdent à l’examen des CMCs. Le CCPR a collaboré
avec l’OMM afin de garantir la traçabilité au SI de ses mesures d’éclairement.

Comité consultatif pour la quantité de matière : métrologie en chimie et biologie (CCQM)


Les réunions du CCQM et de ses groupes de travail de 2020 à 2022 se sont tenues en ligne : le siège du
BIPM a ainsi hébergé 194 réunions en ligne, dont les 26e et 27e réunions plénières. La stratégie révisée du
CCQM et les plans techniques pour 2021-2030 des groupes de travail ont été publiés le 21 juin 2021.
Le CCQM a continué d’organiser des comparaisons : 50 nouvelles comparaisons ont été lancées et
47 rapports finaux publiés. Le CCQM a réagi de façon rapide afin de soutenir les réponses métrologiques
apportées par les laboratoires nationaux de métrologie au SARS-CoV-2. Deux comparaisons ont été
organisées et la feuille de route « CCQM roadmap to metrology readiness for infectious disease pandemic
response » élaborée à la suite d’une série de webinaires et ateliers a été publiée.

Le CCQM a encouragé l’implication des parties prenantes par l’intermédiaire de ses groupes
spécifiques, notamment en ce qui concerne la mise en œuvre de nouvelles valeurs de la section efficace
d’absorption de l’ozone, les étalons nécessaires à la communauté de la surveillance des émissions de
gaz à effet de serre, et la métrologie des microplastiques. Des ateliers en ligne avec les parties prenantes
ont été organisés autour de thèmes concernant les domaines émergents, notamment la métrologie des
microplastiques, la métrologie des particules, la métrologie et les systèmes viraux considérés comme
outils métrologiques, l’utilisation de la spectrométrie de masse dans la métrologie des radionucléides
(en coopération avec le CCRI), la métrologie des grandeurs dont la valeur peut être déterminée par
comptage (en coopération avec le CCU).

Comité consultatif des rayonnements ionisants (CCRI)

Le nouveau Groupe de travail du CCRI sur l’imagerie quantitative et la thérapie par radionucléides,
qui rassemble des métrologistes et des parties prenantes de la communauté médicale, a pour objectif
d’examiner les questions métrologiques qui se posent dans les domaines en rapide évolution de la
thérapie utilisant des radionucléides et de l’imagerie nucléaire quantitative. Un nouveau groupe
spécifique, le Groupe de travail commun au CCRI et au CCEM sur les mesures des faibles courants,
a été créé afin de collaborer avec le CCEM pour tirer parti des développements de la métrologie à faible
courant et améliorer les mesures effectuées à l’aide de chambre d’ionisation largement utilisées dans
les applications médicales et liées à la radioprotection.

Le CCRI a travaillé avec le CCQM afin de comprendre comment les développements métrologiques
en spectrométrie de masse peuvent être appliqués dans le domaine des rayonnements ionisants car la
spectrométrie de masse est utilisée de façon croissante pour mesurer des radionucléides de faible
activité (par exemple dans l’environnement) ou à longue durée de vie (par exemple pour les déchets
nucléaires ou la criminalistique nucléaire). Les contraintes imposées par la pandémie de Covid-19 sur
les pratiques de travail ont catalysé le développement de nouveaux mécanismes virtuels de
communication et d’implication de la communauté des rayonnements ionisants. Ainsi, une série de
17 webinaires a permis de rassembler les parties prenantes et les métrologistes du monde entier,
totalisant 1 277 participations de 89 États et Entités économiques. Le Groupe de travail du CCRI sur la
communication a été créé afin d’examiner comment ces webinaires et d’autres outils de communication
(en personne et en ligne) peuvent être utilisés pour soutenir les objectifs du CCRI.
60 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

Comité consultatif de thermométrie (CCT)

La redéfinition du kelvin (K) et sa mise en pratique ont pour effet notable d’augmenter les travaux de
recherche sur le long terme ayant pour sujet des méthodes de thermométrie primaire pour la réalisation
et la dissémination de l’échelle des températures. En particulier, les différents instruments primaires
conçus pour déterminer la constante de Boltzmann sont désormais utilisés pour mesurer la température
thermodynamique sur une large plage de températures afin d’établir la différence entre la température
thermodynamique et l’échelle de température actuelle, l’EIT-90. Les nouvelles méthodes
d’auto-étalonnage, photoniques et de thermométrie primaire pratique ont progressé de façon
significative et toutes pourraient changer la façon de disséminer la température sur le long terme.
Tous les domaines de mesure couverts par le CCT (température, humidité et grandeurs
thermophysiques) sont profondément transversaux et contribuent aux sept domaines clés prioritaires
identifiés par le CIPM, à savoir le changement climatique et l’environnement, la santé et les sciences
de la vie, la sécurité alimentaire, l’énergie, la fabrication de pointe, la transformation numérique,
et la nouvelle métrologie. Parmi les récents exemples figurent le travail entrepris pour améliorer la
mesure de température corporelle à l’échelle mondiale en réponse à la pandémie de Covid-19 et
l’importante collaboration avec la communauté de la météorologie pour améliorer la traçabilité des
grandeurs climatiques essentielles, telles que la température de l’air et son taux relatif d’humidité.

Comité consultatif du temps et des fréquences (CCTF)

Le CCTF a concentré ses activités sur quatre « sujets stratégiques » pour lesquels des décisions devront
être prises ces prochaines années. Ces sujets sont les suivants :

1. la redéfinition de la seconde du SI fondée sur une transition optique,


2. une révision de la procédure concernant la seconde intercalaire en vue de réaliser un UTC continu,
3. les exigences permettant d’étayer la traçabilité à l’UTC par des mesures fondées sur les
systèmes GNSS,
4. l’établissement d’un projet de renforcement des capacités fondé sur des ressources partagées
avec les laboratoires nationaux de métrologie, en partenariat avec l’IEEE Ultrasonics,
Ferroelectrics, and Frequency Control Society (UFFC), l’objectif étant de transférer la
technologie permettant la réalisation d’une échelle de temps locale UTC(k) robuste et
d’obtenir une implication plus large concernant la génération et la dissémination de l’UTC.

Un numéro spécial de Metrologia sur ces sujets stratégiques est en préparation. Le CCTF a préparé
deux projets de résolution pour la 27e réunion de la CGPM : le projet D « Sur l’utilisation et l’évolution
future de l’UTC » et le projet E « Sur la future redéfinition de la seconde ».

Comité consultatif des unités (CCU)


À la suite de la mise en œuvre de la révision du SI le 20 mai 2019, le CCU a mené une enquête sur
l’impact des redéfinitions des unités auprès des laboratoires nationaux de métrologie, des organismes
de liaison du CCU et du monde universitaire. Aucun des laboratoires nationaux de métrologie n’a
signalé de difficultés dans la mise en œuvre de la révision du SI et tous ont indiqué que les informations
communiquées avaient été suffisantes. Certains ont mentionné que la révision du SI générait de
nouvelles possibilités de technologies innovantes. De façon générale, les organismes de liaison du CCU
considèrent avoir été suffisamment informés des changements et avoir été consultés de manière
appropriée. Pendant la préparation de la 9e édition de la Brochure sur le SI, des questions ont été
soulevées quant à la définition de certains termes métrologiques fondamentaux, tels que « grandeur »
et « unité ». Le CCU a ainsi créé le Groupe de travail sur les termes métrologiques fondamentaux dans
l’objectif de proposer des définitions pour ces termes qui sous-tendent les services métrologiques
opérables par machine dans le cadre de l’infrastructure de la qualité.
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 61

Le CCU a reconnu que la façon dont les unités d’angle sont actuellement intégrées au SI soulèvent des
questions. La majorité des membres du CCU soutiennent l’approche actuelle qui traite le radian comme
une unité dérivée. Le Groupe spécifique du CCU sur les angles et les grandeurs sans dimension dans
la Brochure sur le SI a été créé afin de rendre plus claires les sections de la Brochure sur le SI relatives
aux unités d’angle.

Le CCU a préparé le Projet de résolution C « Sur l’extension de la liste des préfixes du SI » pour la
27e réunion de la CGPM (2022) afin de tenir compte des besoins de la science des données concernant
l’expression d’importantes quantités d’informations numériques. Le CCU suit les travaux de
préparation du CCTF sur la redéfinition à venir de la seconde. En 2019, un atelier intitulé « Advanced
time and frequency transfer: the ultimate frontier for remote comparison methods » a été organisé.

10.6 CIPM MRA

Le CIPM MRA est hautement apprécié par les États Membres et demeure une responsabilité majeure du
BIPM. Actuellement, 250 laboratoires participent au CIPM MRA ; ils regroupent 97 laboratoires nationaux
de métrologie et 149 laboratoires désignés venant de 64 États Membres et 36 Associés, ainsi que
quatre organisations internationales : l’Agence spatiale européenne (ESA), l’Agence internationale de
l’énergie atomique (AIEA), le Centre commun de recherche (JRC), et l’Organisation météorologique
mondiale (OMM).

Base de données sur les comparaisons clés (KCDB) 2.0

La nouvelle version de la KCDB lancée le 29 octobre 2022, la KCDB 2.0, offre une plateforme web
collaborative de soumission et d’examen en ligne des CMCs, ainsi que des fonctionnalités de recherche
étendues. La nouvelle plateforme permet de soumettre, examiner et publier des CMCs, ainsi que
d’enregistrer des comparaisons et d’effectuer des mises à jour dans tous les domaines métrologiques.
Elle fournit des statistiques qui peuvent être paramétrées par organisation régionale de métrologie,
pays ou domaine de métrologie.

Une autre amélioration de la KCDB 2.0 a été apportée avec le lancement en 2021 d’une interface de
programmation d’applications (API) permettant la recherche automatique parmi les CMCs. L’API de
la KCDB fournit des données en fonction des requêtes sur les CMCs. L’API représente la première
étape pratique vers les certificats d’étalonnage numériques et pose le fondement des futurs
développements et de nouveaux services numériques qui seront proposés par les laboratoires nationaux
de métrologie.
La maintenance de la KCDB constitue une charge de travail constante pour le BIPM, avec un total de
plus de 25 000 CMCs et 1 700 comparaisons enregistrées la KCDB.

GULFMET
Dans sa Décision CIPM/110-13, le CIPM a décidé, en tenant compte des critères qu’il a fixés et de la
Recommandation JCRB/43-1 (2021) du JCRB, d’accepter l’organisation régionale de métrologie
Gulf Association for Metrology (GULFMET) comme membre à part entière du JCRB, ayant pouvoir
de délibérer et de voter. GULFMET était reconnue de façon provisoire par le JCRB comme une
organisation régionale de métrologie depuis 2015

Toutes les régions du monde disposent désormais d’une organisation régionale de métrologie
pleinement établie.
62 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

10.7 Renforcement des capacités et transfert des connaissances (CBKT)

Le programme du BIPM de renforcement des capacités et de transfert des connaissances (CBKT) vise
à accroître l’efficacité avec laquelle les États Membres et les Associés participent au système
métrologique mondial. Le programme CBKT évolue constamment afin de répondre aux besoins des
laboratoires nationaux de métrologie et laboratoires désignés des États Membres et Associés.
Il comprend une grande variété d’options telles que : des ateliers/séminaires organisés au siège du
BIPM et dans les laboratoires nationaux, généralement en collaboration avec les organisations
régionales de métrologie ; des activités en ligne d’apprentissage à distance (formations de courte durée,
échanges techniques et plateforme d’apprentissage en ligne) ; des détachements dans les laboratoires
du BIPM et dans des laboratoires nationaux partenaires ; ainsi que des publications favorisant le
transfert de connaissance, telles que des brochures. Les initiatives du programme CBKT sont ouvertes
à tous les pays, qu’ils disposent ou non d’une infrastructure métrologique bien établie.
La crise du Covid-19 a accéléré l’objectif stratégique d’offrir aux laboratoires nationaux et désignés des
possibilités d’apprentissage à distance. Après la mise en place de l’apprentissage à distance en 2020,
sous la forme de formations de courte durée et d’échanges techniques, le BIPM a franchi une étape
supplémentaire en 2021 en développant une solution d’apprentissage en ligne contenant du matériel
interactif sur le CIPM MRA et sur les activités scientifiques du BIPM. En 2022, la plateforme
d’apprentissage en ligne du BIPM a évolué pour pouvoir héberger du contenu proposé par les organisations
régionales de métrologie intéressées. La plateforme est accessible en continu sur tout appareil mobile et
apporte aux métrologistes une solution d’aide à l’apprentissage la plus pratique possible.

10.8 Perspectives pour le futur

Afin de relever de manière efficiente et efficace les défis scientifiques et sociétaux actuels et à venir,
le BIPM doit faire constamment évoluer ses pratiques vers une meilleure gouvernance afin de
conserver sa pertinence et rester à la pointe de la métrologie dans le monde moderne. Quelles sont les
questions que la métrologie scientifique devra traiter d’ici 2030 et après 2030 ? Quelles sont les
technologies disruptives qui façonneront notre futur ? Comment l’organisation devra s’adapter pour
répondre aux évolutions à venir ? Et comment pouvons-nous soutenir les grands défis auxquels nos
sociétés sont confrontées, comme le fait d’assurer une bonne santé et une bonne qualité alimentaire,
de lutter contre le changement climatique et de s’orienter vers une infrastructure énergétique durable ?

Dans un monde où l’infrastructure de la qualité devient de plus en plus importante comme approche
intégrée permettant d’assurer l’interopérabilité, la sécurité alimentaire, la protection de
l’environnement, l’efficacité des soins de santé et le respect des lois, il est essentiel pour le BIPM
d’établir des coopérations avec d’autres organisations internationales afin de pouvoir relever les défis.

Tels sont les concepts dont le CIPM tient compte lors de l’élaboration d’une stratégie plus vaste pour
l’avenir - qui doit se traduire par un plan de mise en œuvre ciblé et pratique - du moins dans un avenir
prévisible. Au cours des quatre prochaines années, l’accent sera donc mis sur l’élaboration de la
stratégie qui sera présentée lors des célébrations du 150e anniversaire de la signature de la Convention
du Mètre, le 20 mai 2025, l’objectif étant de publier la version finale en 2026. Cela permettra de
présenter une nouvelle vision et une nouvelle mission pour le BIPM lors de la 28e réunion de la CGPM.
Il est prévu de procéder à une vaste consultation au sujet de la manière d’accroître la participation à
l’organisation, ce qui la rendrait véritablement universelle, et de parvenir à un consensus, de sorte qu’un
projet de résolution puisse être présenté lors de la 28e réunion de la CGPM concernant la manière
d’intégrer les États membres des Nations Unies, ainsi que d’autres Entités économiques, qui n’y
participent pas encore.
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 63

Le CIPM, continuera à élaborer un règlement intérieur pour les organes de l’organisation et des by-laws
conformément à la pratique moderne au sein des organisations internationales. Il s’agit notamment de
travailler en étroite collaboration avec les représentants des États Membres pour clarifier la
terminologie utilisée en interne et en externe, afin de refléter la nature universelle de l’organisation.

10.9 Conclusion

La période de 2020 à 2022 a posé des défis sans précédent au CIPM et à l’ensemble de l’organisation.
Avec le recul, le CIPM et le personnel du BIPM, les laboratoires nationaux de métrologie et les
laboratoires désignés, ainsi que les organisations régionales de métrologie ont été en mesure de
poursuivre l’unification du système international d’unités. Le BIPM et les laboratoires nationaux de
métrologie ont su répondre aux besoins en matière de mesures, ce qui a été crucial dans la lutte contre
la pandémie de Covid-19. Les rapports des laboratoires nationaux de métrologie présentés lors des
réunions des directeurs en 2020 et 2021 ont montré comment les laboratoires nationaux de métrologie,
dans des délais très courts, ont fourni les mesures et matériaux de référence nécessaires pour surveiller
la pandémie et développer des vaccins. Des instruments de mesure et des équipements vitaux comme
les ventilateurs ont été mis au point. Les réunions se sont poursuivies en ligne et les comparaisons
d’étalons nationaux de mesure ont été réalisées. Le CIPM a publié sur le site internet du BIPM les
rapports décrivant ces actions, ce qui témoigne de la résilience de notre organisation et des laboratoires
de métrologie de ses États Membres et Associés. Alors que la pandémie a été lentement maîtrisée et
qu’une certaine normalité est revenue, de nouveaux défis sont apparus en 2022 qui mettront encore
plus à l’épreuve la détermination de l’organisation. Les actions et les succès rencontrés de 2019 à 2022
et présentés lors de cette conférence montrent que le BIPM et l’ensemble des acteurs du système de
mesure ont la volonté de perdurer et de poursuivre l’unification mondiale du système international de
mesure dans le cadre du Système international d’unités (SI). Ce fut un privilège pour le CIPM en
exercice de 2018 à 2022 de servir l’organisation et nous soutiendrons pleinement les représentants de
notre communauté que la CGPM élira comme membres du CIPM en 2022.

Le président de la CGPM remercie M. Louw pour son rapport complet et souligne qu’il rend compte
d’un certains nombres de réalisations remarquables, de nombreuses futures actions possibles et d’une
vision claire du travail à accomplir.

Le directeur du BIPM apporte deux précisions. Au 15 novembre 2022, on compte 64 États Membres.
Toutefois, le nombre d’États Membres au moment de la dernière réunion du CIPM en juin 2022 était
de 63, c’est donc ce nombre auquel il est fait référence dans certains documents qui ont été préparés
pour la Conférence. Ainsi, les documents mentionnant 63 États Membres ne comporte pas d’erreur,
cela reflète simplement le nombre d’États au moment où ils ont été rédigés.
M. Milton ajoute que la première séance de la CGPM compte 93 participants en ligne : il remercie les
délégués d’avoir approuvé la procédure spéciale, ce qui permet de partager les activités et discussions
de la Conférence avec une plus large audience, certains membres de délégations assistant à la réunion
à distance. Cela s’inscrit dans l’esprit de modernisation souligné par le président du CIPM.
64 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

Deuxième séance – 15 novembre 2022 (après-midi)

Le président de la CGPM souhaite la bienvenue aux délégués pour la deuxième séance.

11. Compte rendu du directeur du BIPM sur les principales réalisations du BIPM

M. Milton présente les principales réalisations du programme de travail approuvé lors de la dernière
réunion de la CGPM. Il rappelle que le principal sujet de la 26e réunion de la CGPM (2018) a été la
redéfinition des unités de base du Système international d’unités (SI), c’est pourquoi il commencera
par présenter les activités les plus directement liées aux nouvelles définitions, à savoir le travail du
Département de la métrologie en physique concernant la réalisation du kilogramme.

Le Département de la métrologie en physique a organisé et participé à deux comparaisons clés des


réalisations du kilogramme, CCM.M-K8.2019 et CCM.M-K8.2021, à l’aide de la balance de Kibble
du BIPM, comme le prévoyait le programme de travail pour 2020-2023. La balance de Kibble du BIPM
continue à fonctionner avec une incertitude type de 41 μg au niveau de 1 kg (4,1 × 10−8) et dépasse
ainsi l’objectif de 50 μg au niveau de 1 kg. Le département continue à proposer des étalonnages de
masse et d’autres services : ainsi, 87 % des laboratoires nationaux de métrologie des États Membres
ont bénéficié d’étalonnages de masse depuis 2012. Le Département de la métrologie en physique
poursuit ses progrès concernant les étalons quantiques transportables utilisés pour des comparaisons
sur site. Le département a testé deux types d’étalons de résistance de Hall quantifiée à base de graphène
et a confirmé des performances satisfaisantes aux paramètres opérationnels cibles, 4,2 K et 3,5 T.
L’utilisation de graphène devrait faciliter le développement d’étalons quantiques plus faciles à
transporter, aux coûts de fonctionnement réduits et qui n’utilisent pas de cryogènes liquides.
Le département développe un nouveau schéma de comparaison d’étalons de tension en courant
alternatif, en coopération avec un certain nombre de laboratoires nationaux de métrologie. Au total,
86 % des laboratoires nationaux de métrologie des États Membres ont eu recours aux services de
mesure électriques depuis 2012.
Le directeur présente la progression de la participation aux réalisations primaires de la seconde entre 2018
et 2022 à partir d’un graphique sur le calcul mensuel de l’UTC. Ce calcul reposait en 2018 sur des horloges
à jet de césium, des fontaines à césium et une fontaine à rubidium : les premiers résultats obtenus à partir
d’horloges optiques ont été intégrés au calcul de l’UTC cette année-là. En 2022, cinq horloges optiques
contribuent de façon régulière au calcul de l’UTC, ce qui démontre la possibilité d’une définition de la
seconde fondée sur des horloges optiques. Le calcul de l’UTC devient de plus en plus exact et résilient.
Le BIPM assume la responsabilité du calcul de l’UTC, qui incombait auparavant au Bureau international
de l’heure (BIH), depuis 1998 : le nombre de laboratoires participants n’a cessé d’augmenter et se situe
autour de 90 en 2022. L’exactitude de l’UTC est passée de quelques 10−13 dans les années 80 au niveau
actuel de 10−16 et il est attendu que cette exactitude continue de s’améliorer à mesure que le nombre
d’horloges optiques augmente. La participation des laboratoires nationaux de métrologie au calcul de
l’UTC a augmenté pendant la pandémie de Covid-19, malgré les craintes de répercussions négatives.
L’effort fourni pour maintenir l’UTC au cours de la crise montre clairement la résilience de l’UTC.
Le directeur remercie les laboratoires nationaux qui ont fait de leur participation au calcul de l’UTC une
priorité pendant la pandémie.
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 65

Le Département des rayonnements ionisants améliore et étend ses aptitudes en dosimétrie. Pour certains
de ses services, le département a désormais recours à des installations externes afin de réduire les
doublons dans les laboratoires du BIPM. Lors de la 26e réunion de la CGPM (2018), il avait été annoncé
que le département avait lancé un service d’étalonnage des étalons secondaires des laboratoires
nationaux et désignés pour les faisceaux de rayons x de hautes énergies (6 MV - 18 MV) auprès de
l’installation DOSEO à Saclay (France). Le département propose désormais toute une gamme de
services. Le département met en place, en collaboration avec l’AIEA à Vienne (Autriche),
un équipement d’étalonnage dans les faisceaux de 137Cs afin de mesurer l’exposition des travailleurs
aux rayonnements ionisants. Un accord a été signé avec l’AIEA : des services de comparaison et
d’étalonnage en matière d’exposition des travailleurs débuteront ainsi en 2023.
De nouveaux services améliorés de mesure de l’activité des radionucléides sont proposés,
dont l’extension du Système international de référence (ESIR) qui couvre les émetteurs de rayonnement
beta à l’aide de l’instrument TDCR disponible au siège du BIPM. Une étude pilote comptant
13 participants a été menée avec succès pour le 60Co. Le système est prêt à être utilisé pour des services
de comparaison d’émetteurs de rayonnement beta de hautes énergies. Les premières comparaisons à
distance à l’aide de l’instrument de transfert du SIR (SIRTI) pour les radionucléides à courte durée de
vie ont été réalisées avec succès à la PTB (Allemagne) et au KRISS (République de Corée). Le BIPM
soutient les organisations régionales de métrologie dans le développement de leur propre version du
SIR, qui pourrait ensuite être comparée à l’instrument disponible au siège du BIPM. Cela permettrait
d’organiser des comparaisons au niveau régional de radionucléides à courte durée de vie en utilisant
des copies du SIR. Au total, 76 % des membres et observateurs du CCRI ont participé à des
comparaisons du Département des rayonnements ionisants.

Au Département de la chimie, la section sur la métrologie des gaz a mis en place le seul équipement au
sein de la communauté des laboratoires nationaux de métrologie permettant de réaliser des mesures
absolues du dioxyde de carbone. Cet équipement a été complété par un autre système pour pouvoir
effectuer des mesures de référence des rapports isotopiques qui fournissent des informations sur les
sources et les puits de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Par ailleurs, le département a travaillé
sur différents schémas de traçabilité pour le dioxyde de carbone et a participé aux mesures des rapports
isotopiques effectuées par la communauté mondiale.

La section sur l’analyse organique a développé des méthodes de référence pour les étalons de mesure
des mycotoxines (pures et en solution). Des directives concernant l’analyse de pureté et l’évaluation
du calibrateur ont été publiées en 2022 pour la patuline et le déoxynivalénol. En outre, le département
soutient le développement de matériaux de référence certifiés au sein des laboratoires nationaux de
métrologie. Le département a apporté son aide concernant une comparaison des mesures de diagnostic
du Covid-19 réalisée dans un délai très court par la communauté des laboratoires nationaux de
métrologie. La comparaison CCQM-P216 sur la quantification des anticorps monoclonaux du
SARS-CoV-2 a été coordonnée par le NIM (Chine), le CNRC (Canada) et le BIPM. Dans le cadre de
cette comparaison, la communauté du CCQM a réalisé pour la première fois une comparaison d’une
protéine d’une taille aussi importante que les anticorps monoclonaux du SARS-CoV-2, avec un poids
moléculaire de 150 kDa. Le programme de comparaisons visant à étayer le diagnostic et le traitement
du diabète se poursuit, des comparaisons sur la pureté de l’hexapeptide de l’hémoglobine glyquée et
non-glyquée (CCQM-K115.c) ont été achevées et leur rapport publié en 2022. Au total, 89 % des
membres et observateurs du CCQM ont participé à des comparaisons du Département de la chimie.
Concernant les activités de transfert des connaissances, le Département de la chimie a continué à mettre
en place des formations en ligne, au lieu d’avoir recours à des détachements, en raison des restrictions
imposées par la pandémie de Covid-19. Le matériel de formation qui aurait été utilisé dans les laboratoires
pour former des scientifiques invités a été retravaillé puis mis à disposition sur la plateforme
66 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

d’apprentissage en ligne du BIPM. Les formations en ligne sur la spectroscopie infrarouge à transformée
de Fourier (FTIR) pour la caractérisation des étalons de gaz ont été suivies avec succès par des
scientifiques du NIMT (Thaïlande) et du NMISA (Afrique du Sud) : ainsi, de nouveaux équipements
FTIR ont été mis en service au sein de ces deux laboratoires nationaux de métrologie en 2022.
Une formation en ligne sur l’analyse organique pour la caractérisation des matériaux de référence certifiés
a comptabilisé près de cent inscriptions en 2021. Dans ces deux cas, les participants, après avoir suivi la
formation dans sa totalité, ont eu l’occasion de participer à une comparaison afin de démontrer que le
transfert de connaissances avait été assuré avec succès et que sa mise en pratique était efficace.

Les activités de renforcement des capacités et transfert des connaissances (CBKT) sont de plus en plus
nombreuses depuis le lancement du programme CBKT en 2014. La communauté des laboratoires
nationaux de métrologie a maintenu et élargi son soutien au programme et le directeur remercie les
laboratoires nationaux et organisations régionales de métrologie pour leur soutien. Le programme
CBKT a été un succès, avec près de 3 000 participations de laboratoires nationaux et désignés à ses
activités depuis son lancement. Les formations CBKT avaient été conçues à l’origine pour être
dispensées sur place au siège du BIPM. Récemment, de nombreuses formations ont été données en
ligne, ce qui a eu pour effet d’augmenter le nombre de participations. En outre, certaines des activités
de renforcement des capacités ont été réalisées sur des sites tiers : le directeur remercie en particulier
TÜBITAK UME (Türkiye) d’avoir accueilli une série de détachements de renforcement des capacités,
en coopération avec le BIPM.

Le BIPM a continué de moderniser sa communication. La nouveau site internet du BIPM a été lancé
en avril 2021 ; en octobre 2022, il comptait 26 023 documents de travail, 10 074 comptes individuels
d’utilisateurs, et 40 800 visites. La nouvelle version de la base de données sur les comparaisons clés
(KCDB 2.0), mise en ligne le 29 octobre 2019, est totalement opérationnelle. L’un des objectifs d’une
KCDB 2.0 était de simplifier certaines des procédures d’approbation des CMCs dans le cadre du
CIPM MRA. Le temps nécessaire à l’examen interrégional des CMCs a été divisé par deux depuis la
mise en œuvre de la KCDB 2.0, ce qui reflète le succès de la nouvelle version de la base de données.
La technologie utilisée pour la KCDB 2.0 a été appliquée à la nouvelle version de la base de données
du Comité commun pour la traçabilité en médecine de laboratoire (JCTLM) qui a été mise en ligne le
3 octobre 2022.

Le BIPM a été actif dans le domaine de la communication et des relations internationales, en particulier
concernant la promotion de la métrologie auprès de communautés extérieures. Le BIPM et l’Organisation
météorologique mondiale (OMM) ont organisé un atelier sur le rôle de la métrologie dans la lutte contre le
changement climatique en septembre 2022. L’objectif de cet atelier, qui a compté 1 078 participants en ligne,
était de faire parvenir les communautés de l’OMM et des laboratoires nationaux à un consensus sur les
priorités métrologiques. Cet atelier était le troisième organisé conjointement par les deux organisations.
Le 6 novembre 2022, la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CNUCC)
a accepté d’octroyer au BIPM le statut d’observateur lors de la Conférence des parties sur les changements
climatiques de 2022 (COP 27) qui s’est tenue à Charm-El-Cheikh (Égypte). Le BIPM aura ainsi la possibilité
de soumettre, lors des prochaines conférences des parties, des documents et des informations proposés par
le Groupe spécifique sectoriel du CIPM sur le changement climatique et l’environnement.
La Journée mondiale de la métrologie de 2022, organisée chaque année le 20 mai, avait pour thème
« La métrologie à l’ère numérique ». Le poster a été conçu par le National Scientific Centre “Institute
of Metrology” (Ukraine) en association avec COOMET. Le BIPM a œuvré pour que la Journée
mondiale de la métrologie gagne en reconnaissance, en particulier pour qu’elle soit proclamée comme
une Journée mondiale officielle par l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la
culture (UNESCO). Obtenir la reconnaissance de l’UNESCO nécessite de suivre un processus
diplomatique qui requiert le consensus de 190 États Membres. Le 13 octobre 2022, le Conseil exécutif
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 67

de l’UNESCO a fait un pas décisif vers la proclamation d’une Journée mondiale de la métrologie
reconnue par l’UNESCO. La proposition a été officiellement présentée par le Kazakhstan avec le
soutien du BIPM et de l’OIML. Des lettres de soutien vis-à-vis de cette initiative ont été reçues de
42 États Membres de l’UNESCO, dont dix États qui ne participent pas aux activités du BIPM en tant
qu’États Membres ou Associés. La proclamation de la Journée mondiale de la métrologie devrait être
approuvée en 2024. Le directeur salue le soutien fourni par l’ambassade du Kazakhstan à Paris tout au
long de la procédure de candidature.

Le BIPM a poursuivi ses activités de collaboration avec la communauté internationale de


l’infrastructure de la qualité. Il a coopéré avec l’Organisation des Nations Unies pour le développement
industriel (ONUDI) concernant le rapport « Quality infrastructure for sustainable development ».
Le BIPM et l’OIML ont travaillé ensemble afin de rédiger le document conjoint « National metrology
systems: developing the institutional and legislative framework », la CGPM ayant encouragé les deux
organisations, lors de sa 26e réunion, à travailler de façon plus étroite. Ce document est essentiel au
travail de l’OIML et constitue la première publication conjointe des deux organisations. Le BIPM et
l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) ont travaillé ensemble
concernant l’initiative sur les organisations internationales et la coopération réglementaire
internationale, ce qui a permis de publier le rapport intitulé « The Case of the International Bureau of
Weights and Measures ». Cette étude de cas se concentre sur le rôle du CIPM MRA dans le système
réglementaire international. L’OCDE a accepté de soutenir et de réaliser une étude économique sur
l’impact de la métrologie. Le BIPM et l’Union internationale des télécommunications – Secteur des
radiocommunications (UIT-R) ont collaboré afin de produire un document d’orientation sur l’avenir
d’un éventuel système de temps coordonné universel continu : « Report ITU-R TF.2511-0, Content
and structure of time signals to be disseminated by radiocommunication systems and various aspects
of current and potential future reference time scales, including their impacts and applications in
radiocommunication ». Ce travail fait suite à la signature d’un protocole d’accord entre le BIPM et
l’UIT en juin 2020.

Le BIPM a progressé au sujet de la transformation numérique et a organisé, du 22 au 26 février 2021,


le premier événement majeur en la matière, à savoir l’atelier « The International System of Units (SI)
in FAIR digital data ». Cet atelier a attiré plus de 700 participants et a permis à la communauté de la
métrologie de discuter de l’initiative proposée par le CIPM de créer cadre numérique du SI. Le BIPM
a lancé une enquête afin d’évaluer l’intérêt des laboratoires nationaux de métrologie qui participent aux
Comités consultatifs du CIPM vis-à-vis de la transformation numérique et afin de connaître leurs
objectifs immédiats. Ainsi, 56 % des laboratoires nationaux travaillent sur au moins un projet
numérique ou prévoient d’en lancer un. Au total, 67 % des laboratoires nationaux travaillent sur des
projets de certificats d’étalonnage numériques mais seulement 15 % étaient en mesure d’expliquer
comment assurer la traçabilité métrologique au SI dans un certificat numérique. Une version du rapport
d’enquête intitulée « Evaluation report survey on digital transformations » a été publiée sur le site
internet du BIPM à des fins de consultation. Le BIPM a transformé deux de ses services numériques
en développant des interfaces de programmation d’applications (API) : l’une pour la KCDB, l’autre
pour la base de données du Département du temps. Ces API permettent un accès direct aux données
lisibles par machine des bases de données et elles ont été accueillies de manière positive par les
utilisateurs. Le BIPM a développé un prototype de rapport de comparaison numérique dans le
Département des rayonnements ionisants et attend des retours de la communauté du CCRI concernant
son utilité. Concernant la mise en œuvre d’un cadre numérique plus vaste du SI, la priorité est de mettre
en place un point de référence unique du SI. Il s’agit d’une base de données structurée qui peut être
interrogée par les utilisateurs dans différents formats d’entrée. Celle-ci respectera pleinement les
principes FAIR (Findable, Accessible, Interoperable, and Reusable - données faciles à trouver,
accessibles, interopérables et réutilisables) et répondra aux besoins numériques de la communauté
68 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

d’utilisateurs de la Brochure sur le SI. L’objectif est que ce point de référence unique du SI remplace
des sources d’accès au SI auxquelles les utilisateurs ont tendance à avoir recours, comme Wikipédia.

Le directeur félicite trois membres du personnel auxquels ont récemment été décernés des prix :
Mme Tavella pour le prix Enrico Fermi (Société italienne de physique) et l’European Frequency and
Time Award (European Frequency and Time Forum, EFTF), M. Petit pour le prix Marcel Ecabert
(EFTF), et M. Henson pour le prix Wildhack (NCSLI). Deux nouveaux directeurs de département ont
été recrutés depuis la 26e réunion de la CGPM : Vincent Gressier en tant que directeur du Département
des rayonnements ionisants depuis août 2021 et Anna Cypionka en tant que directrice du Département
des relations internationales, de la communication et de la stratégie à compter du 1er janvier 2023.
Le directeur donne quelques données et chiffres clés concernant le BIPM pour la période de janvier 2019
à octobre 2022. Le siège du BIPM compte 69 membres du personnel, dont 23 possèdent un doctorat.
Au total, le BIPM a hébergé 640 ‘jours’ de réunions impliquant 20 410 participants. Sur les
419 étalonnages effectués, 405 certificats d’étalonnage et 14 notes d’étude ont été produits.
Les comparaisons du BIPM ont comptabilisé 687 participations de laboratoires nationaux de métrologie
et laboratoires désignés. Concernant les activités du programme CBKT, on compte au total
2 692 participations de 125 pays : 47 pour le transfert de connaissances sur le travail de laboratoire,
174 lors d’ateliers de renforcement des capacités et 2 471 en ligne. La plateforme d’apprentissage en ligne
du BIPM a attiré 670 utilisateurs de 115 pays. Elle compte 16 cours en ligne conçus par le BIPM et
quatre par des organisations régionales de métrologie.

Le président de la CGPM remercie le directeur et demande s’il y a des questions ou commentaires.

M. Laiz (Argentine) remercie le directeur pour sa présentation et souligne le rôle unique joué par la
balance de Kibble du BIPM dans la comparaison des réalisations primaires du kilogramme.
De nombreux États Membres ne disposent pas d’une réalisation primaire et dépendent de la balance de
Kibble du BIPM pour assurer la traçabilité de leurs mesures aux constantes fondamentales sans aucune
restriction. Le directeur précise que le BIPM participe à la comparaison clé des réalisations du
kilogramme à l’aide de sa balance de Kibble et que l’objectif de la comparaison clé est d’obtenir une
valeur de référence (KCRV), qui sera intégrée aux artefacts d’étalonnage utilisés au siège du BIPM.
Les États Membres ont accès, de cette façon, à la nouvelle définition du kilogramme pendant l’actuelle
seconde phase de la mise en œuvre de la nouvelle définition du kilogramme.

Un membre de la délégation slovaque demande si le BIPM a des projets métrologiques dans le domaine
de l’énergie de fusion nucléaire. Le directeur répond que ce n’est pas le cas dans l’immédiat ; toutefois,
en raison de l’importance des mesures de l’énergie de fusion nucléaire, ce sujet devrait être intégré à la
vision à long terme du CIPM qui sera présentée en 2025.

12. Présentation du Projet de résolution A sur l’évolution des besoins dans le


domaine de la métrologie

M. Rietveld et Mme del Campo Maldonado présentent le Projet de résolution A « Sur le rapport préparé
par le Comité international des poids et mesures sur l’évolution des besoins dans le domaine de la
métrologie ».

M. Rietveld rappelle qu’il y a 20 ans, la CGPM a invité le CIPM à présenter un rapport sur l’évolution
des besoins dans le domaine de la métrologie. Le Rapport Blevin de 1998 et les Rapports Kaarls de 2003
et 2007 ont permis de déterminer quels étaient les besoins internationaux à long terme dans le domaine
de la métrologie et de montrer que la collaboration internationale permettrait d’y répondre. Ces rapports
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 69

ont également souligné le rôle unique que le BIPM peut jouer en la matière. Les rapports Blevin et Kaarls
ont joué un rôle important dans l’orientation donnée à la métrologie internationale et ont stimulé la
coopération internationale. À la suite de la révision du SI en 2018, le CIPM a considéré qu’il était
nécessaire de revenir sur ces rapports et d’étudier en particulier quels changements et défis dans les
sociétés et économies créent de nouveaux besoins métrologiques et la façon dont le CIPM peut répondre
à ces besoins afin de s’assurer que la métrologie reste pertinente au 21e siècle.
Au 20e siècle, les besoins dans le domaine de la métrologie étaient principalement liés aux disciplines
techniques, ce qui était reflété au niveau du CIPM par les Comités consultatifs qui se concentraient
chacun sur un domaine particulier. Les besoins métrologiques du 21e siècle diffèrent considérablement
par leur nature : ils naissent de défis régionaux ou même mondiaux, ils sont liés à des progrès
technologiques rapides (tels que la « révolution numérique »), et ils ont un caractère horizontal,
requérant la coopération de nombreuses disciplines métrologiques pour apporter des réponses aux défis.
M. Rietveld précise que le CIPM a identifié cinq « grands défis métrologiques », à savoir le changement
climatique et l’environnement, la santé et les sciences de la vie, la sécurité alimentaire, l’énergie, et la
fabrication de pointe. En outre, deux défis transversaux sont liés à la façon de réaliser les mesures :
il s’agit de la transformation numérique et de la « nouvelle métrologie » (comme les réseaux de capteurs
ou les données d’un laboratoire sur puce). M. Rietveld ajoute que certains de ces défis, tel le
changement climatique, ne relèvent pas d’une unique discipline et qu’ils nécessiteront la coopération
de nombreux secteurs pour pouvoir être relevés. Dans le domaine de l’énergie, on assiste à une
évolution vers le développement de sources d’approvisionnement énergétique plus durables,
notamment par le remplacement des sources carbonées par des sources renouvelables. L’énergie
renouvelable est parfois produite dans des zones reculées et exige d’être transportée vers les zones où
elle doit être utilisée par le biais de réseaux électriques (voir section 47). Les défis métrologiques en la
matière comprennent l’évaluation de l’efficience des panneaux photovoltaïques et des éoliennes et
l’amélioration de la surveillance des réseaux électriques. Concernant cette surveillance, d’autres défis
métrologiques se posent, comme l’utilisation accrue d’instrumentation numérique, les micro-réseaux,
et l’établissement de liens entre les réseaux d’électricité, de gaz, de chauffage et de refroidissement.
Le réseau électrique ne peut plus être considéré comme une entité unique ; la situation devient plus
complexe avec le développement de technologies telles que les « jumeaux numériques » (digital
twins) : ces derniers consistent en une copie numérique d’un système qui peut être utilisée pour évaluer
comment les réseaux pourraient réagir dans différents scénarios, ce qui garantit la fiabilité des réseaux
de transmission qui sous-tendent des infrastructures critiques. Ces tendances et les défis qui en
découlent ont incité le CIPM à réfléchir à la manière dont les métrologistes peuvent apporter leur
contribution pour relever ces défis et à la façon dont le CIPM peut promouvoir le rôle critique du BIPM
et de la métrologie au niveau international.

Le CIPM a développé deux propositions sur la façon d’avancer pour relever les défis de l’évolution des
besoins dans le domaine de la métrologie. La première est de créer des forums appropriés qui
permettront de façonner et coordonner la réponse de la communauté de la métrologie à ces grands défis,
l’objectif étant d’exploiter de façon coordonnée les nouvelles possibilités afin que la métrologie ait un
impact sur les défis mondiaux transversaux. La seconde est de commencer à élaborer une nouvelle
vision concernant le travail du BIPM en s’appuyant sur le rapport du CIPM sur l’évolution des besoins
de la métrologie et en consultant la communauté mondiale de la métrologie afin de présenter cette
vision lors du 150e anniversaire du BIPM en 2025 et de la publier en amont de la 28e réunion de la
CGPM prévue en 2026.

M. Rietveld présente le texte du Projet de résolution A. Il note que le projet de résolution rappelle
trois précédentes résolutions qui soulignent l’importance de ces exercices prévisionnels (Résolution 2
(2007), Résolution 1 (2018) et Résolution 3 (2018)). Le Projet de résolution A reconnaît l’importance
70 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

du SI pour répondre à l’évolution des besoins de la métrologie, le rôle critique de la métrologie pour
relever les défis mondiaux et la nature de plus en plus multidisciplinaire des mesures en ce qui concerne
les nouvelles technologies ou les technologies de rupture. Dans le projet de résolution, la CGPM
encourage le CIPM à élaborer une vision à long terme qui veille à ce que le système mondial de mesures
demeure pertinent et qu’il réponde de manière adéquate aux nouveaux défis métrologiques, à établir
des groupes interdisciplinaires « horizontaux » pour relever ces nouveaux défis, et à présenter une
nouvelle vision pour le BIPM qui s’appuie sur le rapport du CIPM sur l’évolution des besoins dans le
domaine de la métrologie. M. Rietveld invite les États Membres à soutenir le Projet de résolution A et
ajoute que le CIPM souhaite mettre en place certains des groupes interdisciplinaires horizontaux dès
que possible afin de commencer à relever les défis et participer à l’élaboration de la vision à long terme
pour le BIPM.

Mme del Campo Maldonado revient au thème des grands défis métrologiques et explique que le CIPM
a décidé d’établir un Groupe spécifique sectoriel sur le changement climatique et l’environnement,
au vu de l’urgence à agir en la matière. Les objectifs de ce groupe spécifique sectoriel sont de conseiller
le CIPM sur tous les sujets qui entraînent des répercussions métrologiques dans le domaine du
changement climatique et de l’environnement, notamment en ce qui concerne le programme de travail
du BIPM et les activités techniques. Les Comités consultatifs disposeront ainsi d’informations qui les
aideront à élaborer leur stratégie et activités, et de suggestions concernant les comparaisons
internationales. Le groupe spécifique sectoriel collaborera avec les forums adéquats des organisations
régionales de métrologie.

Mme del Campo Maldonado présente brièvement l’atelier sur le rôle de la métrologie dans la lutte
contre le changement climatique organisé par le BIPM et l’Organisation météorologique mondiale
(OMM) du 26 au 30 septembre 2022. Cet atelier en ligne a attiré près de 1 000 scientifiques du monde
entier et a permis d’identifier les actions requises pour que les futures avancées de la métrologie
participent à l’adaptation au changement climatique et à l’atténuation des effets de ce dernier. L’atelier
a principalement permis de formuler un ensemble de recommandations sur les défis techniques clés
que la communauté de la métrologie doit relever. La communauté de la métrologique disposera ainsi
d’un programme pour les dix prochaines années concernant les services de mesure et la recherche
métrologique dans le domaine de l’environnement et du climat.

Le président de la CGPM remercie M. Rietveld et Mme del Campo Maldonado.

13. Rôle de la métrologie dans la lutte contre le changement climatique : résultats


et perspectives de l’atelier BIPM-OMM

M. Anthony Rea, directeur du département des infrastructures de l’Organisation météorologique


mondiale, donne une présentation invitée sur le rôle de la métrologie dans la lutte contre le changement
climatique et sur les résultats et perspectives de l’atelier BIPM-OMM, qui s’est tenu du 26 au
30 septembre 2022. La présentation souligne l’importance des relations entre le BIPM et l’OMM.
M. Rea présente l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et indique qu’il s’agit d’une
institution spécialisée de l’ONU qui se consacre aux questions relatives au temps, au climat et à l’eau.
Elle compte 193 États Membres et son siège se situe à Genève (Suisse). Seconde plus ancienne
institution de l’ONU depuis sa création en 1950, l’héritage de l’OMM remonte en réalité à la formation
de l’Organisation météorologique internationale en 1873. Avec un effectif de 300 personnes, l’OMM
coordonne le travail de milliers d’experts en météorologie et hydrologie issus de la recherche et du
secteur privé. L’OMM a co-fondé et héberge le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 71

du climat (GIEC). L’article 2 de la partie II de la Convention de l’OMM donne pour mandat à


l’organisation de « [f]aciliter la coopération mondiale en vue de l’établissement de réseaux de stations
effectuant des observations météorologiques, ainsi que des observations hydrologiques et d’autres
observations géophysiques se rapportant à la météorologie ». La raison d’être de l’organisation est de
réaliser, de diffuser et de coordonner des observations à l’échelle mondiale.

M. Rea explique que les informations sur la météo consultées sur les téléphones portables, internet ou
encore données à la télévision ,reposent sur une infrastructure météorologique conséquente, cordonnée
à l’échelle mondiale et exploitée en continu afin de générer des observations pour le monde entier et
de diffuser des données dans tous les pays en temps réel. Les observations sont recueillies par une
myriade d’appareils tels des stations sur site, des satellites, des navires, des bouées, etc.
Les observations sont ensuite échangées pour alimenter des modèles de prévision météorologique
numérique exécutés par des super-ordinateurs situés dans douze centres à travers le monde.
Les données sont ensuite diffusées aux centres météorologiques et hydrologiques nationaux qui à leur
tour offrent leurs services aux utilisateurs finaux. La mise en œuvre des services de météo et
d’observation du climat dépend du bon fonctionnement de la chaîne de valeur météorologique.
L’infrastructure météorologique coordonnée au niveau mondial repose sur des normes agréées fondées
sur la traçabilité. La métrologie et les étalons établis afin de mesurer des variables météorologiques et
hydrologiques sont à la base de la chaîne de valeur.
L’OMM compte cinq départements, y compris le département des infrastructures. En 2019, l’OMM a
réorganisé ses commissions techniques pour les réduire de huit à deux : la commission des services et
la commission des infrastructures (INFCOM). Le département des infrastructures comprend le Système
d’information de l’OMM (SIO), qui englobe le Système mondial intégré des systèmes d’observation
de l’OMM (SMISO) et le Système mondial de traitement des données et de prévision (SMTDP).
Le SMTDP produit les données nécessaires pour que les membres de l’OMM puissent offrir leurs
services. Le SMISO coordonne toutes les observations réalisées par l’OMM et ses membres. La Veille
météorologique mondiale, qui est le système mondial d’observations météorologiques créé dans les
années 50 à 60, fait partie du SMISO et coordonne les organismes d’observation de la Veille de
l’atmosphère globale (VAG) qui surveille la composition atmosphérique. Le SMISO comprend
également le Système d’observation hydrologique de l’OMM (SOHO) et la Veille mondiale de la
cryosphère (VMC). Deux autres réseaux participent aux observations : le Système mondial
d’observation du climat (SMOC) et le Système mondial d’observation de l’océan (SMOO).
M. Rea explique qu’il a assisté à la COP27 (Conférence des Parties) qui s’est tenue à Charm el-Cheikh
(Égypte) du 7 au 18 novembre 2022. Il félicite le BIPM d’avoir obtenu le statut d’observateur à la COP
et souligne que l’OMM jouit du même statut. L’OMM assiste à la COP pour présenter la météorologie
aux parties et pour promouvoir les systèmes d’observation. L’OMM a présenté les projets suivants à la
COP27 : son rapport sur l’état du climat, le plan d’action « Alertes précoces pour tous »,
une infrastructure pour la surveillance des gaz à effets de serre (GES) et le plan de mise en œuvre du
Système mondial d’observation du climat. M. Rea ajoute que l’initiative « Alertes précoces pour tous »
a été proposée par le Secrétaire général de l’OMM et par le Secrétaire général de l’ONU.
Au sujet de l’état du climat, M. Rea explique que la situation est critique en raison des niveaux record
de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. L’augmentation annuelle du taux de méthane est la plus
élevée jamais enregistrée. Si le méthane disparaît rapidement de l’atmosphère, il reste un gaz à effet de
serre très puissant. Savoir pourquoi le taux de méthane a autant augmenté n’a pas encore entièrement
trouvé réponse. Les années 2015 à 2022 pourraient bien être les huit plus chaudes jamais enregistrées
selon de nombreux jeux de données différents. Tout ceci souligne combien la lutte contre le
changement climatique est urgente. M. Rea rappelle que les jeux de données utilisés pour calculer la
température annuelle moyenne à l’échelle de la planète reposent tous sur des données d’observation.
72 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

M. Rea indique que le Secrétaire général de l’ONU a choisi la Journée mondiale de la météorologie,
le 23 mars 2022, pour annoncer que l’Organisation des Nations Unies compte mener de nouvelles
actions pendant les cinq prochaines années pour assurer la protection de chaque habitant de la Terre
par des systèmes d’alertes précoces. L’ONU a placé l’OMM à la tête de cette initiative. Le plan d’action
présenté à la COP27 a reçu le soutien d’un grand nombre de pays. M. Rea explique que fournir des
systèmes d’alertes précoces dans le monde entier exige des systèmes d’observation complets, un certain
nombre de projets sont déjà en cours à ce sujet. Le département des infrastructures de l’OMM dirige
un mécanisme de financement des observations systématiques (SOFF). Ce projet, dont l’objectif est de
financer des systèmes d’observation de base dans les pays en développement et de les entretenir
pendant leur durée de vie, montre que par le passé, le financement de projets ne portait que sur la
construction d’infrastructures et non sur la maintenance de ces systèmes au fil du temps. M. Rea indique
que la coopération avec le BIPM est essentielle pour assurer que chaque installation d’infrastructure
s’accompagne d’un renforcement des capacités du pays concerné afin de garantir la traçabilité des
observations. Cette démarche requiert des partenariats avec les laboratoires nationaux de métrologie.
Les différents projets du système d’alertes précoces pour tous requerront un investissement de
3,1 milliards de dollars sur cinq ans, dont 1,8 milliard destinés aux observations et aux prévisions.
Le SOFF, qui doit financer une partie de la somme, a déjà engagé 55 millions de dollars.

Le Système mondial d’observation du climat (SMOC), mis en place il y a 30 ans, est responsable de la
définition des Variables Climatiques Essentielles (VCE). Un nouveau plan de mise en œuvre élaboré tous
les cinq à six ans permet de mettre à jour les VCE, de déterminer les lacunes du système et de décider des
actions à mener pour corriger ces dernières. Ce plan de mise en œuvre, soumis à l’approbation de la
CCNUCC et des partenaires financiers du SMOC, formule des recommandations pour adapter le SMOC
aux objectifs poursuivis sur le long terme. Le SMOC répond aux besoins en matière d’observations de
l’ensemble du système climatique terrestre, dans l’atmosphère et les océans, de la cryosphère à la
biosphère, en englobant les cycles de l’eau, de l’énergie et du carbone. Le plan de mise en œuvre du
SMOC de 2022 comprenait 57 VCE ainsi que les actions à entreprendre pour corriger les lacunes
existantes. M. Rea indique que la COP27 a été le lieu de débats importants au sujet du plan de mise en
œuvre du SMOC qui seront consignés dans les rapports de la session plénière : un message fort sera ainsi
envoyé aux pays, à savoir qu’ils doivent agir pour combler les lacunes importantes en matière
d’observation des systèmes climatiques. Il souligne que l’observation de l’océan en Antarctique, où le
réchauffement de l’océan est l’un des facteurs potentiels de l’effondrement des blocs de glace, constitue
une lacune considérable. Les données actuelles ne suffisent pas pour évaluer les risques.

M. Rea indique que l’OMM a présenté à la COP27 ses propositions visant à établir une infrastructure de
mesure des niveaux de GES. Les émissions d’origine humaine de GES, en majorité du dioxyde de carbone,
du méthane et du protoxyde d’azote, sont les facteurs principaux du réchauffement climatique. L’Accord de
Paris adopté en 2015 pour répondre à cette urgence a pour objectif de limiter la hausse mondiale des
températures à un niveau inférieur à 2,0 °C (ou, mieux encore, inférieur à 1,5° C) en réduisant les émissions
de GES. Il ne s’agit pas d’une simple proposition facile à mettre en œuvre : le climat ne dépend pas de la
quantité de carbone d’origine humaine dans l’atmosphère mais bien de la quantité totale présente dans l’air
à un moment donné. Obtenir une atténuation efficace de leurs effets nécessite de surveiller et de comprendre
tous les flux de GES, aussi bien d’origine humaine que naturelle. La prise en considération de ces flux
présente un niveau d’incertitude élevé et leur méthode de mesure doit être améliorée. Pour améliorer la
connaissances des cycles des GES, l’OMM suggère d’adopter la même approche que pour les prévisions
météorologiques et la surveillance du climat car elle s’est révélée fructueuse. Elle propose de mettre en œuvre
un système mondial intégré d’observation des GES qui ferait partie du SMISO et de diffuser en temps réel
à l’échelle internationale toutes les observations de GES, qu’elles proviennent des satellites ou du sol.
Des prévisions et des assimilations à partir des données des GES seront réalisées en continu pour convertir
les observations en des estimations globales et cohérentes de la concentration et des flux de GES. Un cadre
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 73

reste à élaborer pour permettre des comparaisons directes et une vérification indépendante des résultats du
modèle afin d’assurer la confiance dans ces derniers.

M. Rea souligne la coopération entre l’OMM et le BIPM. L’OMM est signataire du CIPM MRA depuis
le 1er avril 2010 et dispose de trois laboratoires désignés : le laboratoire fédéral suisse d’essais des
matériaux et de recherche (EMPA), les Earth System Research Laboratories de l’Administration
nationale américaine des océans et de l’atmosphère (NOAA/ESRL) et l’observatoire
physico-météorologique de Davos et Centre mondial du rayonnement (PMOD/WRC). Ces laboratoires
désignés participent à cinq comparaisons. Trois conférences ont été coorganisées par le BIPM et
l’OMM en 2010, 2015 et 2022. L’OMM participe au Comité consultatif de photométrie et radiométrie
(CCPR) et au Comité consultatif pour la quantité de matière : métrologie en chimie et biologie
(CCQM). Les équipes d’experts de l’OMM incluent un certain nombre de membres issus des
laboratoires nationaux de métrologie, dont certains président leur équipe ; toutefois, une plus grande
collaboration dans ce domaine reste souhaitable.
M. Rea revient sur l’atelier sur le rôle de la métrologie dans la lutte contre le changement climatique
(Metrology for climate action) organisé par le BIPM et l’OMM du 26 au 30 septembre 2022. L’atelier
portait sur deux thèmes : la métrologie au service des facteurs physiques du changement climatique et des
observations en matière de climat ; et la métrologie comme composante essentielle des systèmes
opérationnels d’estimation des émissions de GES à partir de mesures et d’analyses précises.
Avec 1 078 participants, l’atelier a permis d’aboutir à 145 projets de recommandations : 99 concernent le
premier thème et 46 le second. Ces recommandations sont autant de possibilités futures de collaboration
entre l’OMM et le BIPM. M. Rea précise certains domaines dans lesquels l’OMM, le BIPM et les
laboratoires nationaux de métrologie pourraient être amenés à travailler et à collaborer à partir des projets
de recommandations.

Un vocabulaire normalisé en matière de métrologie est indispensable pour améliorer la collaboration


et l’interopérabilité entre les différents secteurs de la lutte contre le changement climatique. Ce sujet a
déjà été qualifié d’important au cours de l’atelier BIPM-OMM de 2010 et cela a de nouveau été le cas
lors de l’atelier de 2022 concernant la plupart des thématiques abordées. Lors de sa réunion d’octobre
2022, la Commission des observations, des infrastructures et des systèmes d’information de l’OMM
(INFCOM) a convenu de la nécessité de rédiger un vocabulaire normalisé de l’OMM qui tienne compte
des terminologies déjà normalisées comme celle du VIM. L’élaboration de ce vocabulaire exige une
étroite collaboration entre les experts du BIPM, des laboratoires nationaux de métrologie et de l’OMM.
Une collaboration avec d’autres organisations, tel l’Open Geospatial Consortium, sera également
nécessaire. L’INFCOM a mis en place une équipe pour élaborer du matériel de formation sur les
principes de la métrologie. Les contributions d’experts du domaine de la métrologie seraient les
bienvenues. L’OMM met également au point des documents d’orientation sur la traçabilité de mesure
concernant de nouvelles VCE et met à jour ses documents d’orientation existants pour intégrer les
méthodes de mesure innovantes.
Certaines mesures réalisées au sol ou depuis l’espace exigent l’élaboration de nouvelles méthodes de calcul
de l’incertitude. Il est fréquent que les écarts entre les mesures au sol et depuis l’espace ne trouvent pas
d’explication, même dans le cas d’équipements très bien caractérisés du point de vue métrologique.
Déterminer l’impact de la localisation d’un équipement sur le bilan d’incertitude des mesures associées
demande un travail supplémentaire. La localisation d’un instrument compte pour une partie considérable,
voire la majeure partie du bilan d’incertitude, plus encore que la méthode de mesure employée. La traçabilité
des mesures liées à la vapeur d’eau, comme les comparaisons de radiosondes, ou encore la traçabilité des
mesures de la concentration en ozone, exigent une collaboration plus étroite entre l’OMM et la communauté
de la métrologie. À l’avenir, les travaux liés à l’initiative sur les gaz à effet de serre vont impliquer une
extension du réseau de Veille de l’atmosphère globale et une poursuite de la collaboration entre l’OMM,
74 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

le BIPM et les laboratoires nationaux de métrologie. Cela permettra en outre d’avoir une meilleure
connaissance des biais et des facteurs d’incertitude à l’œuvre dans les observations et les données des GES.

M. Rea rappelle la solidité du partenariat qui unit déjà le BIPM et l’OMM et souligne à nouveau
combien les mesures sous-tendent toutes les activités menées par l’OMM. Il est possible de renforcer
la collaboration entre le BIPM et l’OMM au niveau international et l’OMM compte travailler avec ses
Membres pour tisser les liens requis au niveau national. L’atelier Metrology for climate action a plaidé
pour un engagement plus important des métrologistes des laboratoires nationaux de métrologie au sein
des équipes d’experts de l’OMM, en général créées pour une durée de 4 ans. Cet appel à participation
lancé aux experts intervient en général avant la création des équipes d’experts : ainsi, le BIPM peut
nommer des experts pour qu’ils contribuent au travail des équipes.

Le président remercie M. Réa pour sa présentation.

14. Rapport du président du CCQM

M. Sang-Ryoul Park, président du Comité consultatif pour la quantité de matière : métrologie en chimie et
biologie (CCQM), présente son rapport sur les activités du CCQM depuis la 26e réunion de la CGPM (2018).

Résumé du rapport du CCQM

M. Sang-Ryoul Park a assumé les fonctions de président du CCQM à compter de la 25e réunion plénière
du CCQM (11-12 avril 2019), succédant à M. Willie E. May qui était président depuis la 19e réunion
du CCQM (18-19 avril 2013). En raison des restrictions de déplacement dues à la pandémie de
Covid-19, les réunions du CCQM et de ses groupes de travail se sont tenues en ligne en 2020, 2021 et
2022. Le siège du BIPM a organisé et hébergé 194 réunions en ligne pour le CCQM et ses groupes de
travail, dont les 26e et 27e réunions plénières du CCQM.
La révision de la stratégie du CCQM a débuté en octobre 2019 : une fois présentés au CCQM lors de
sa 26e réunion, les versions approuvées de la stratégie ainsi que des plans stratégiques pour chacun des
groupes de travail pour 2021-2030 ont été publiés le 21 juin 2021.

Le CCQM a réagi rapidement afin de soutenir les activités métrologiques mises en place par les
laboratoires nationaux de métrologie pour répondre à la pandémie de SARS-CoV-2. Le CCQM a ainsi
lancé une étude pilote, CCQM-P216, sur la quantification des anticorps monoclonaux du SARS-CoV-2
dans une solution (coordonnée par le NIM, le CNRC et le BIPM) et une autre étude pilote,
CCQM P199b, sur la quantification du nombre de copies d’ARN du SARS-CoV-2 (coordonnée par
LGC, le NIM, le NIBSC et le NIST). Tout au long de 2020 et 2021, le CCQM a organisé une série de
webinaires, hébergés par le BIPM, afin de coopérer avec des parties prenantes expertes et discuter des
actions requises pour assurer la fiabilité des mesures dans le contexte de la pandémie de Covid-19.
L’atelier en ligne du CCQM « A roadmap for metrology of infectious disease and future pandemic
readiness », hébergé par le BIPM, a été organisé du 5 au 7 octobre 2021 : il a conduit à la publication
le 5 septembre 2022 d’une feuille de route sur les initiatives métrologiques à mettre en place pour être
en mesure de faire face à une pandémie infectieuse (« CCQM roadmap to metrology readiness for
infectious disease pandemic response »). La mise en œuvre des recommandations formulées dans le
rapport sera supervisée par un groupe spécifique du CCQM jusque fin 2023 : il s’agira notamment de
développer et mettre en place des comparaisons de type « exercice incendie », visant à soutenir le
déploiement rapide de matériaux de référence équivalents dans le monde entier en cas de pandémie,
et de créer des modules d’apprentissage en ligne.
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 75

La stratégie du CCQM a défini l’implication des parties prenantes comme un outil clé de la promotion
des activités du CCQM et de leur impact : elle fournit une approche plus structurée pour favoriser
l’implication des parties prenantes, notamment par l’organisation d’ateliers et webinaires et
l’établissement de groupes spécifiques. Suite à la recommandation du CCQM en 2020 sur la nouvelle
valeur recommandée de la section efficace d’absorption de l’ozone, un groupe spécifique a été créé au
sein du Groupe de travail du CCQM sur l’analyse des gaz avec pour responsabilité la mise en œuvre de
la nouvelle valeur. Ce groupe spécifique travaille activement avec les parties prenantes pour organiser de
façon structurée la transition vers la nouvelle valeur de référence. En 2021, un groupe de travail pour la
mise en place de comparaisons d’échelles pour les mesures de gaz à effet de serre a également été créé au
sein du Groupe de travail sur l’analyse des gaz afin de développer des protocoles et des directives sur les
étalons de CO2 dans l’air et répondre aux besoins de la communauté de surveillance des émissions de gaz
à effet de serre. À la suite de l’atelier du CCQM sur la métrologie des microplastiques en 2022, un groupe
spécifique a été créé afin d’élaborer des propositions en consultant les parties prenantes sur un programme
d’activités qui pourrait être mis en œuvre par le CCQM.

Les comparaisons organisées par le CCQM afin de soutenir les 6 300 aptitudes en matière de mesure
et d’étalonnage dans les domaines de la chimie et de la biologie ont continué, avec 50 nouvelles
comparaisons et la publication de 47 rapports finaux de comparaison.

Le CCQM a organisé une série d’ateliers en ligne ayant pour objectif d’impliquer les parties prenantes
dans la compréhension et la définition des défis métrologiques dans de nouveaux domaines émergents
tels que la métrologie des microplastiques, la métrologie des particules, la métrologie des systèmes
viraux comme outils métrologiques, l’utilisation de la spectrométrie de masse dans la métrologie des
radionucléides (en coopération avec le CCRI), la métrologie des grandeurs dont la valeur peut être
déterminée par comptage (en coopération avec le CCU).

Domaine de compétence du CCQM

Le CCQM a pour mission de développer, améliorer et documenter l’équivalence des étalons nationaux
(matériaux et méthodes de référence certifiés) pour les mesures en chimie et en biologie. Il conseille le
CIPM sur les sujets relatifs aux mesures en chimie et en biologie, ainsi que sur les activités scientifiques
du BIPM.

Les responsabilités du CCQM sont les suivantes :

a. établir la comparabilité mondiale des mesures en promouvant leur traçabilité au SI et, lorsque
la traçabilité au SI n’est pas encore réalisable, à des références acceptées au niveau
international,
b. contribuer à l’établissement d’un système reconnu au niveau international d’étalons de
mesure, de méthodes et d’équipements nationaux pour les mesures en chimie et biologie,
c. participer à la mise en œuvre et au fonctionnement du CIPM MRA concernant les mesures
chimiques et biologiques,
d. examiner les incertitudes des services de mesure et d’étalonnage du BIPM, publiées sur le site
internet du BIPM, et conseiller le CIPM en la matière,
e. servir de forum d’échange d’informations sur les programmes de services en recherche et
métrologie, ainsi que sur d’autres activités techniques, des membres du CCQM et de ses
observateurs, ce qui permet d’établir de nouvelles possibilités de collaboration.
76 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

Stratégie

La stratégie du CCQM pour la période 2021-2030, publiée le 21 juin 2021, décrit les activités qui seront
menées par les groupes de travail techniques du CCQM au cours de cette période. Le document définit la
stratégie pour 2021-2030 afin que le CCQM exécute sa mission qui est de faire progresser la comparabilité
mondiale des étalons et aptitudes de mesure en chimie et biologie, et donc de permettre aux États Membres
et Associés de réaliser des mesures en toute confiance. Ainsi, la science de la mesure progressera et
l’implication des parties prenantes en sera renforcée. Lors de l’élaboration de la stratégie, les groupes
d’experts du CCQM ont identifié neuf domaines clés qui devraient jouer un rôle moteur dans l’évolution des
services des laboratoires nationaux de métrologie et des laboratoires désignés au cours de 2021-2030 et qui
devraient avoir un impact sur les activités du CCQM permettant d’assurer la comparabilité mondiale des
mesures en chimie et biologie. Les défis scientifiques, économiques et sociaux que la métrologie, notamment
au niveau du CCQM, peut contribuer à relever, sont décrits pour les domaines suivants : environnement et
climat ; santé et sciences de la vie ; sécurité alimentaire, commerce et authentification de marchandises
alimentaires ; métrologie légale ; métrologie fondamentale et promotion du SI ; médecine légale et
antidopage ; fabrication de pointe ; biotechnologie et découverte de médicaments.

Le CCQM s’est fixé sept objectifs stratégiques pour la période 2021-2030, parmi lesquels : contribuer
à relever les défis mondiaux ; promouvoir la réalisation de mesures chimiques et biologiques traçables
métrologiquement ; faire progresser l’état de l’art de la métrologie en chimie et biologie ; améliorer
l’efficience et l’efficacité du système mondial de comparaison des étalons de mesure en chimie et
biologie que le CCQM conduit ; continuer à faire évoluer les aptitudes en matière de mesures et
d’étalonnages (CMCs) afin de répondre aux besoins des parties prenantes ; soutenir le développement
de capacités au sein des laboratoires nationaux et désignés impliqués dans de nouvelles activités ;
maintenir la vitalité organisationnelle du CCQM, l’examiner de façon régulière et, si besoin, mettre à
jour la structure du CCQM pour que le comité puisse exécuter sa mission.
Concernant l’objectif de faire progresser l’état de l’art, il est prévu dans la stratégie que les
neuf domaines scientifiques techniques couverts par le CCQM y prennent part : analyse organique,
analyse inorganique, analyse des gaz, ratios isotopiques, analyse de surface, analyse électrochimique,
analyse des protéines, analyse de l’acide nucléique et analyse cellulaire. Trente-trois activités où des
progrès sont attendus ont été identifiées : elles vont du soutien apporté au développement de nouveaux
étalons de mesure en matière de gaz à effet de serre, de ratios isotopiques et de microplastiques jusqu’au
développement de systèmes de mesure de référence pour les biomarqueurs, la composition chimique
de surface, la quantification d’ARN, l’authentification d’aliments et le comptage cellulaire.

La nouvelle stratégie intègre une approche plus structurée concernant l’implication des parties prenantes,
cette dernière étant considérée comme un outil clé de la promotion des activités et de l’impact du CCQM
et de la communauté de la métrologie en chimie et biologie en général. Un plan à moyen et long terme
concernant l’implication des parties prenantes sera élaboré et comprendra notamment : une possible
extension de la participation au CCQM en tant qu’organisme de liaison, afin de mieux représenter la
couverture technique accrue du comité ; des collaborations élargies avec d’autres Comités consultatifs et
avec certains forums sectoriels spécifiques créés par le CIPM ; ainsi que le recours à des groupes
spécifiques ou à des groupes d’étude afin de remplir la mission du CCQM.
La stratégie fondée sur les compétences fondamentales en matière de comparaisons et aptitudes sera
poursuivie, l’objectif étant de ne pas accroître l’ensemble des ressources nécessaires aux comparaisons
effectuées par 71 laboratoires dans le monde entier afin de maintenir près de 6 300 CMCs en chimie et
biologie. Des modèles de CMCs à large portée continueront à être développés afin de faciliter leur plus
large mise en œuvre tout en répondant aux besoins des parties prenantes et en réduisant éventuellement
les ressources requises pour examiner et maintenir les CMCs.
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 77

Le CCQM et les organisations régionales de métrologie maintiendront des liens étroits, en continuant
à coordonner les comparaisons de liaison, satellites et supplémentaires, et en mettant davantage l’accent
sur le renforcement des capacités et le transfert des connaissances, notamment par le lancement de
programmes de mentorat pour les laboratoires nationaux de métrologie qui coordonnent des
comparaisons pour la première fois.

La mise en œuvre de la stratégie est soutenue par le Département de la chimie du BIPM qui met à
disposition le secrétaire exécutif du CCQM, la coordination des comparaisons dans les domaines
techniques identifiés comme prioritaires par le CCQM, les programmes de transfert des connaissances
concernant le travail de laboratoire pour les laboratoires nationaux de métrologie dont le système
métrologique est émergent, la base de données du JCTLM, et qui favorise l’implication des
communautés de parties prenantes.

Activités et réalisations depuis la précédente réunion de la CGPM

Changement de président, fonctionnement et réunions du CCQM

M. Sang-Ryoul Park a assumé les fonctions de président du CCQM à compter de la 25e réunion plénière
du CCQM (11-12 avril 2019), succédant à M. Willie E. May qui était président depuis la 19e réunion
du CCQM (18-19 avril 2013). Suite à l’adoption d’un mandat fixe pour la présidence et vice-présidence
des groupes de travail du CCQM, de nouveaux présidents et vice-présidents ont été nommés pour la
période 2019-2023 lors de la 25e réunion plénière du CCQM.
La 25e réunion plénière du CCQM s’est tenue au siège du BIPM, à la suite d’un atelier du CCQM sur
les avancées de la métrologie en chimie et biologie, qui a marqué les 25 ans du CCQM et qui a fait
l’objet d’un numéro spécial de Metrologia.

En raison des restrictions de déplacement dues à la pandémie de Covid-19, les réunions du CCQM et de
ses groupes de travail se sont tenues en ligne en 2020, 2021 et 2022 ; la première réunion d’un groupe de
travail organisée sur le site du BIPM a eu lieu en octobre 2022. Le siège du BIPM a organisé et hébergé
194 réunions en ligne pour le CCQM et ses groupes de travail, dont les 26e et 27e réunions plénières du
CCQM.

Publication de la stratégie du CCQM pour 2021-2030


La révision du document de stratégie du CCQM a été initiée lors de la réunion du Groupe de travail du
CCQM sur la stratégie en octobre 2019. Une nouvelle déclaration concernant la vision et la mission du
CCQM ainsi que sept objectifs stratégiques pour 2021-2030 ont été élaborés et approuvés par le
CCQM. En 2020, les neuf groupes de travail techniques du CCQM ont débuté un examen stratégique
de leurs activités et de leurs projets pour 2021-2030. La stratégie et les plans de chacun des groupes de
travail ont été présentés au CCQM lors de sa 26e réunion puis, après un délai supplémentaire accordé
pour commentaires, les documents approuvés ont été publiés le 21 juin 2021.

Réponse du CCQM à la pandémie de Covid-19

L’importance de garantir des mesures de diagnostic fiables dans le contexte de la pandémie de Covid-19
a conduit en 2020 les laboratoires nationaux et désignés à développer des matériaux et méthodes de
référence pour quantifier l’ARN viral et les anticorps monoclonaux du SARS-CoV-2. En 2020, le CCQM
a également lancé deux études pilotes visant à démontrer la cohérence mondiale de ces matériaux et
méthodes de référence, menées par ses groupes de travail sur l’analyse de l’acide nucléique et sur l’analyse
des protéines. L’étude pilote sur la quantification de l’ARN viral du SARS-CoV-2 (CCQM-P199b),
coordonnée par LGC, le NIM, le NIST et le NIBSC, a été achevée dans un délai très court de six mois.
La comparaison a permis de démontrer une très bonne comparabilité qui pouvait être atteinte avec la
78 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

RT-PCR numérique (réaction en chaîne par polymérase après transcription inverse) et une méthode de
référence potentielle, avec une dispersion beaucoup plus faible des résultats par rapport aux méthodes
conventionnelles de laboratoire et une équivalence des résultats par rapport aux méthodes non-PCR,
ce qui prouve l’exactitude que permet d’atteindre la RT-PCR numérique. La comparaison de la
quantification des anticorps monoclonaux du SARS-CoV-2 (CCQM-P216), coordonnée par le NIM,
le CNRC et le BIPM, a été achevée et ses résultats ont été publiés en novembre 2021. Cette comparaison
est la première étude du CCQM sur une chaîne de protéines de cette taille et sur le niveau de comparabilité
pouvant être atteint à l’aide de méthodes de quantification fondées sur la quantification de fragments de
peptide après digestion tryptique.
En 2020 et 2021, le CCQM a organisé une série de webinaires hébergés par le BIPM afin d’impliquer
les parties prenantes expertes dans les discussions sur les actions requises pour assurer la fiabilité des
mesures dans le contexte de la pandémie de Covid-19. Les webinaires ont porté sur les sujets suivants :
performance des laboratoires concernant les programmes d’essais d’aptitude ; performance et besoin
en étalons pour les méthodes spectrométriques de masse, antigéniques et moléculaires ; performance
et standardisation des méthodes d’essais à haut rendement. Lors de la 26e réunion plénière du CCQM,
une session a été consacrée à la façon de faire évoluer les activités des laboratoires nationaux et
désignés afin de construire une infrastructure robuste permettant d’avoir accès à des mesures fiables
concernant des maladies infectieuses lors de potentielles futures pandémies. L’atelier en ligne du
CCQM intitulé « A roadmap for metrology of infectious disease and future pandemic readiness »,
hébergé par le BIPM, s’est tenu du 5 au 7 octobre 2021 : l’objectif était d’élaborer une feuille de route
pour la métrologie afin renforcer ses capacités en matière de maladies infectieuses et de définir des
initiatives de préparation à une pandémie, en se fondant sur l’identification et la caractérisation des
technologies de diagnostic et de pronostic appropriées, sur l’intégration et la gestion de plateformes et
de données, et sur des recommandations d’actions métrologiques spécifiques qui permettraient une
réponse rapide et amélioreraient le bilan clinique d’une future pandémie. De l’atelier a découlé la
publication de la feuille de route « CCQM roadmap to metrology readiness for infectious disease
pandemic response » le 5 septembre 2022. La mise en œuvre des recommandations formulées dans le
rapport au cours des 15 mois suivant l’atelier sera supervisée par un groupe spécifique du CCQM :
il s’agira notamment de développer et mettre en place des comparaison de type « exercice incendie »,
visant à soutenir le déploiement rapide de matériaux de référence équivalents dans le monde entier en
cas de futurs événements, ainsi qu’à mettre en place des modules d’apprentissage en ligne pour les
laboratoires développant des aptitudes dans ce domaine.

Implication des parties prenantes

La stratégie du CCQM a défini l’implication des parties prenantes comme un outil clé de la promotion
des activités du CCQM et de leurs impact : elle fournit une approche plus structurée pour promouvoir
l’implication des parties prenantes. Ainsi, la stratégie propose d’établir un nouveau groupe spécifique
du CCQM afin d’élaborer des plans à moyen et long terme concernant l’implication des parties
prenantes, comprenant les activités suivantes :

- l’augmentation du nombre d’organismes de liaison participant au CCQM afin de représenter


la couverture technique accrue du CCQM,
- l’interaction avec les autres comités consultatifs,
- la forte participation aux forums sectoriels spécifiques établis par le CIPM,
- le recours à des groupes spécifiques pour exécuter la mission du CCQM.

Ce nouveau groupe spécifique a été établi au cours de la 26e réunion du CCQM et a formulé
huit recommandations, parmi lesquelles celle d’avoir recours aux ateliers, webinaires et groupes
spécifiques au sein du CCQM pour impliquer les parties prenantes.
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 79

Le nombre de créations de groupes spécifiques au niveau du CCQM et de ses groupes de travail afin
d’atteindre des objectifs bien définis avec les communautés de parties prenantes a progressé de façon
substantielle. En 2020, à la suite d’un atelier du CCQM sur le sujet, le CCQM a recommandé une nouvelle
valeur de la section efficace d’absorption de l’ozone, cette valeur contribuant à la surveillance des taux
d’ozone dans le monde entier. Un groupe spécifique sur la mise en œuvre de la nouvelle valeur de la
section efficace d’absorption de l’ozone a été créé au sein du Groupe de travail du CCQM sur l’analyse
des gaz et travaille activement avec l’ensemble des parties prenantes pour procéder à une transition
organisée afin d’appliquer la nouvelle valeur de référence. En 2021, un Groupe spécifique sur les
comparaisons des échelles des gaz à effet de serre a été également créé au sein du Groupe de travail sur
l’analyse des gaz : son objectif est de développer des protocoles et des directives sur les étalons de CO2
dans l’air afin de répondre aux besoins de la communauté de la surveillance des émissions de gaz à effet
de serre. À la suite de l’atelier du CCQM sur la métrologie des microplastiques en 2022, le CCQM a
accepté de former un groupe spécifique afin de développer, après consultation des parties prenantes, des
propositions sur un programme d’activités qui pourrait être mis en œuvre par le CCQM.

Métrologie pour le climat et l’environnement


Lors de sa 27e réunion, le CCQM a instauré la pratique d’inclure à ses réunions une session consacrée
à un secteur en particulier, en commençant par celui du climat et de l’environnement. Dans la stratégie
pour 2021-2030, six des groupes de travail techniques du CCQM ont identifié que leurs activités
soutiennent ce secteur et décrivent de façon synthétique leur contribution en la matière. Ces activités,
ainsi que les contributions pertinentes qui pourraient être apportées au Groupe sectoriel du CIPM sur
l’environnement et le climat, ont été présentées lors de l’atelier BIPM-OMM sur le rôle de la métrologie
dans la lutte contre le changement climatique organisé en septembre 2022.

Soutien aux activités du CIPM MRA

Depuis la dernière réunion de la CGPM, les comparaisons organisées par le CCQM afin de consolider
les 6 300 aptitudes en matière de mesure et d’étalonnage dans les domaines de la chimie et de la
biologie ont été poursuivies. Malgré l’interruption de certaines comparaisons en raison de la pandémie
de Covid-19 et de la situation géopolitique, la majorité des comparaisons programmées ont pu être
lancées et achevées. Le CCQM a mis en place 50 nouvelles comparaisons et a publié 47 rapports finaux
de comparaison.

Lors de sa 26e réunion, le CCQM a approuvé la création d’un groupe spécifique du CCQM chargé de
mettre à jour les directives concernant l’estimation de la valeur de référence d’une comparaison clé.
Le groupe spécifique a pour mission de mettre à jour le document CCQM/13-22, élaboré en 2013,
concernant l’estimation d’une valeur de référence d’une comparaison clé faisant consensus et des
degrés d’équivalence associés, en tenant compte des nouvelles évolutions et approches, notamment
concernant le concept d’« incertitude cachée ». Le groupe spécifique devrait rédiger un rapport mis à
jour pour la fin de 2022.

Métrologie et santé
Le CCQM a participé à la Journée mondiale de la métrologie en 2021, dont le thème était « Mesurer
pour la santé », en contribuant à l’initiative menée par le JCTLM de mettre en ligne une série de vidéos
expliquant le rôle de la normalisation et de la métrologie, ainsi que l’importance de la traçabilité
métrologique dans le domaine de la santé.
80 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

Relever les nouveaux défis métrologiques

Le CCQM a organisé une série d’ateliers en ligne destinés à encourager l’implication des parties
prenantes : l’objectif était de définir et mieux faire comprendre aux parties prenantes les défis
métrologiques dans des domaines émergents et proposer des activités que le CCQM pourrait entreprendre
afin de relever ces défis. Les ateliers suivants ont été organisés, ou le seront : Métrologie des
microplastiques (5-6 avril 2022) ; Métrologie des particules (25-27 octobre 2022) ; Métrologie des
systèmes viraux et outils métrologiques (24-27 janvier 2023). En outre, des ateliers communs impliquant
d’autres Comités consultatifs sont prévus : Atelier du CCRI et du CCQM sur l’utilisation de la
spectrométrie de masse en métrologie des radionucléides : Possibilités et défis (14-16 février 2023) ;
Atelier du CCU et du CCQM sur la métrologie des grandeurs dont la valeur peut être déterminée par
comptage (28-30 mars 2023).

Soutien apporté par le siège du BIPM


Le travail effectué par le Département de la chimie et les programmes de métrologie en chimie au siège
du BIPM continuent à soutenir les activités du CCQM tel que prévu dans la stratégie du CCQM pour
2017-2026, les activités de soutien programmées ayant été mises à jour dans la stratégie pour 2021-2030.
Outre le soutien au programme de comparaisons du CCQM par la coordination de comparaisons pour les
groupes de travail sur l’analyse des gaz, sur l’analyse des rapports isotopiques, sur l’analyse organique et
sur l’analyse des protéines, le Département de la chimie a contribué au renforcement des aptitudes au sein
des laboratoires nationaux et désignés qui développent de nouvelles activités en assurant des programmes
de transfert des connaissances sous la forme de modules d’apprentissage en ligne afin de s’adapter aux
restrictions imposées par la pandémie. Le passage à des réunions exclusivement en ligne pendant trois ans
a été facilité par l’aide apportée par le Département de la chimie qui a organisé et hébergé 194 réunions
en ligne du CCQM depuis la dernière réunion de la CGPM. Les huit ateliers en ligne du CCQM organisés
depuis 2018 ont également été hébergés par le BIPM. Enfin, le Département de la chimie apporte son
soutien, sur le plan technique comme organisationnel, aux trois groupes spécifiques du CCQM
nouvellement créés.

Données sur le CCQM

CCQM établi en 1993


Président : S.-R. Park
Secrétaire exécutif : R.I. Wielgosz
Composition : 24 membres, 6 organismes de liaison et 13 observateurs
Liste des membres et observateurs : https://www.bipm.org/fr/committees/cc/ccqm/members
Réunions depuis la dernière CGPM : 11-12 avril 2019, 26-28 avril 2021, 27-29 avril 2022
Rapports complets des réunions : https://www.bipm.org/fr/committees/cc/ccqm/publications
Onze groupes de travail : https://www.bipm.org/fr/committees/cc/ccqm
− Analyse cellulaire
− Analyse électrochimique
− Analyse des gaz
− Analyse inorganique
− Rapports isotopiques
− Comparaisons clés et qualité des CMCs
− Analyse de l’acide nucléique
− Analyse organique
− Analyse des protéines
− Stratégie
− Analyse de surface
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 81

Un groupe de travail ad hoc :


− Groupe de travail ad hoc sur la mole

Activité en matière de Achevées/en cours Programmée(s)


comparaisons

Comparaisons clés du CCQM 172 12 par an

Comparaisons en continu du 1 6
BIPM

Études pilotes 134 4 à 5 par an

CMCs 6 288 CMCs dans 67 catégories de service publiées dans la KCDB

15. Métrologie et exactitude des observations satellitaires des variables


climatiques

M. Donlon, directeur de la section Surface et structure interne de la Terre, rattachée à la division de la


Terre et des missions scientifiques du Centre européen de recherche et de technologies spatiales (ESTEC)
de l’Agence spatiale européenne (ESA), donne une présentation invitée sur la question de la métrologie
et de l’exactitude des observations des variables climatiques réalisées depuis des satellites. Il indique que
sa présentation donne un aperçu de la façon dont une agence spatiale envisage et traite la question de
l’exactitude des mesures liées au climat et rappelle que d’autres agences effectuent des activités similaires.

Les urgences à l’échelle mondiale en matière de changement climatique et d’objectifs de


développement durable (ODD) de l’ONU sont nombreuses et il est essentiel de disposer de preuves
scientifiques pour définir des priorités et prendre des décisions concernant le changement climatique
et les ODD. L’observation de la Terre apporte des preuves sans équivoque et des données factuelles
qui étayent nombre d’exemples cités dans les rapports sur le climat. Le volume important de données
générées lors des observations satellitaires assoit la solidité des preuves scientifiques ainsi obtenues.
Les observations menées au sol sont également importantes mais le volume de données produites est
bien inférieur à celui des observations de la Terre depuis l’espace.

L’ESA supervise 82 missions à des étapes de progression différentes, dont quinze sont opérationnelles et
en orbite. Chaque satellite embarque un instrument scientifique sensible qui réalise des mesures. Chaque
observation de la Terre repose sur des mesures spécifiques, l’ESA a pour mission de s’assurer que chacune
de ces mesures est étalonnée et entièrement traçable au SI, ce qui est particulièrement important au vu du
volume de données produites. Le programme d’observation de la Terre mené par l’Union Européenne,
à savoir la mission Copernicus, s’appuie sur un ensemble de satellites dédiés (de la famille Sentinelle)
et de missions contributrices (satellites commerciaux et publics existants). Les satellites Sentinelle ont été
conçus pour répondre aux besoins de la mission Copernicus et de ses utilisateurs. Copernicus observe
l’intégralité de la surface terrestre tous les cinq jours avec une résolution de dix mètres. Les satellites
Sentinelle produisant chaque jour 25 To de données, ce sont 250 To de données qui sont disséminées
chaque semaine pour assurer divers services utilisés par la société.
M. Donlon donne une série d’exemples de l’évolution des besoins métrologiques dans les domaines de
l’environnement et du climat pour l’Agence spatiale européenne et rappelle que l’observation du
changement climatique ne répond pas aux mêmes exigences que celle de la météo. Les mesures du
82 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

changement climatique nécessitent notamment une exactitude 10 fois plus importante, par exemple
0,03 K au lieu de 0,3 K pour les températures ; elles intègrent un nombre considérable de variables
supplémentaires et visent à formuler des prédictions dont l’échelle de temps se compte en décennies plutôt
qu’en jours. De plus, les observations doivent rester cohérentes sur des décennies, c’est-à-dire au-delà de
la durée de vie de nombreux instruments spatiaux, ce qui peut exiger l’utilisation de plusieurs satellites.
Le Committee on Earth Observation Satellites (CEOS) et le Global Space-based Inter-Calibration System
(GSICS) ont organisé un atelier commun nommé « SI-Traceable Space-based Climate Observing
System » au NPL (Royaume-Uni) du 9 au 11 septembre 2019 dont a été tiré un rapport sur les exigences
à remplir pour améliorer la traçabilité des observations.
M. Donlon explique que mesurer les variables climatiques essentielles (VCE) depuis l’espace revient à
« prendre le pouls de la planète ». Les VCE sont des indicateurs clés de l’évolution du climat terrestre.
Les chercheurs se servent de ces variables pour étudier les facteurs, les interactions et les rétroactions du
changement climatique ainsi que pour estimer les réserves, les flux et les points de bascule de l’énergie,
de l’eau et du carbone. Les jeux de données sur le climat produits par l’Initiative de l’ESA sur le
changement climatique constituent une contribution majeure aux preuves scientifiques utilisées pour
comprendre le changement climatique. Les données produites par les satellites sont un complément
important par rapport aux mesures réalisées depuis le sol. Ces observations sont précieuses pour les
applications régionales en ce qu’elles offrent des images multi-canaux de résolutions spatio-temporelles
très élevées. Les interrogations majeures portent sur la façon de parcourir les données et de renforcer leur
interopérabilité et leur gestion : la transformation numérique est un aspect important à prendre en
considération pour satisfaire ces besoins.

Relever les défis mondiaux liés au climat exige une confiance dans la qualité métrologique des
données : le SI joue ici un rôle crucial. Des observations fiables depuis l’espace sont nécessaires pour :
surveiller et évaluer les progrès dans l’atténuation du changement climatique ; mieux comprendre la
sensibilité, les dépendances et les prévisions climatiques ; et soutenir l’adaptation, la réponse à
l’urgence alimentaire et les investissements dans la réduction des risques. Une prise de décision éclairée
à partir d’observations s’appuie sur des données en grand nombre, exhaustives, accessibles et
exploitables. Elle doit reposer sur un système mondial d’observations intégré et interopérable (au sol
comme dans l’espace), sur des références robustes (étalons) à partir desquelles mesurer de façon fiable
les changements sur une échelle de temps la plus courte possible et, enfin, sur une acceptation
internationale. Des décisions telles que la date de construction et la taille de la prochaine barrière de la
Tamise au Royaume-Uni ou encore l’amélioration des digues contre la montée du niveau de la mer aux
Pays-Bas seront fondées sur des preuves scientifiques tirées de ces observations.
Le programme Climate-Space de l’ESA utilise les données de différentes missions satellitaires pour
collecter des données de mesure des VCE et du climat. Les résultats servent de base pour aider les États
Membres à atteindre les objectifs de l’accord de Paris entre les signataires de la CCNUCC, améliorent
les modélisations du climat, offrent une base de référence pour la vérification des données et permettent
à l’ESA de fournir une évaluation de l’état du climat à l’Organisation météorologique mondiale (OMM)
et au GIEC. M. Donlon rappelle que l’ESA reconnaît le rôle essentiel du SI dans la confiance apportée
à l’exactitude et la comparabilité mondiale des mesures nécessaires à la protection de l’environnement,
aux études sur le climat de la planète et à la recherche scientifique.

M. Donlon indique que le cadre de bonnes pratiques d’assurance qualité pour l’observation de la Terre
(Quality Assurance for Earth Observation - QA4EO) propose plusieurs étapes pour parvenir à un bilan
d’incertitude pour les mesures de données climatiques fondamentales (fundamental data records -
FDRs) ou données thématiques (thematic data products - TDPs) et pour les mesures de référence
fiducielles (fiducial reference measurements - FRMs). Les cinq étapes sont les suivantes : la définition
du mesurande et de la fonction de la mesure, la création d’un diagramme de traçabilité, l’évaluation de
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 83

chaque source d’incertitude et l’établissement d’une table d’effets, le calcul du produit et de son
incertitude, et enfin, le stockage des informations pertinentes pour les futurs utilisateurs. Les mesures
de référence sont un ensemble de mesures indépendantes, entièrement caractérisées et traçables
effectuées au sol qui suivent les directives du QA4EO du GEO-CEOS (Groupe d’observation de la
Terre - Comité de satellites d’observation de la Terre). Les mesures de référence fiducielles sont
essentielles pour l’efficacité des observations réalisées depuis l’espace. M. Donlon illustre la traçabilité
des instruments de mesure au sol en prenant l’exemple d’un radiomètre et de sa traçabilité à l’EIT-90.
Il ajoute que les instruments font l’objet de comparaisons régulières et qu’il est essentiel de maintenir
la traçabilité et les mesures de référence aussi bien sur le sol que dans l’espace. Les satellites qui
surveillent la hausse du niveau de la mer utilisent des radars pour mesurer la profondeur des océans.
Ces instruments sont en réalité des altimètres qui s’appuient sur un temps précis à la nanoseconde près
pour garantir l’exactitude des mesures effectuées. Toute évolution de l’UTC sera suivie de près afin de
pouvoir être mise en œuvre et appliquée sans difficultés aux instruments.

L’ESA s’assure que la traçabilité au SI soit prise en considération lors de la conception de chaque
nouveau satellite comme au cours de leur construction. L’ESA a adopté la notion d’incertitude-type
totale et travaille avec les constructeurs de satellites pour mettre en œuvre la caractérisation de
l’étalonnage de manière adéquate et préalablement au lancement. L’étalonnage pré-lancement a été
inclus dans le calcul de l’incertitude des satellites afin que les constructeurs soient responsables de
l’étalonnage dans l’espace ; de cette façon, il n’existe plus de précision radiométrique absolue.
En résumé, l’ESA exige que la traçabilité au SI fasse partie intégrante de la construction des satellites
de l’ESA, de même que l’incertitude, afin que ces données soient fournies aux utilisateurs. M. Donlon
explique que l’ESA suit l’approche du Guide pour l’expression de l’incertitude de mesure (GUM) en
matière d’incertitudes.

M. Donlon donne des détails sur la mission Sentinel-6 dédiée à la surveillance de la montée du niveau
de la mer. Cette mission commune à l’ESA, EUMETSTAT, le Centre national d’études spatiales
(CNES), la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), la National Aeronautics and
Space Administration (NASA) et l’Union Européenne a pour but de maintenir les séries temporelles
de référence obtenues grâce aux altimètres embarqués par les satellites. La montée du niveau de la mer
est une variable essentielle et représente une menace pour les sociétés : en effet, 680 millions de
personnes dans le monde vivent en zone côtière de faible altitude et chaque montée d’1 cm du niveau
de la mer expose 3 millions de personnes supplémentaires à un risque d’inondation. Le suivi de la
montée du niveau de la mer au fil du temps s’effectue à l’aide d’observations de différents satellites.
Afin d’assurer une transition lisse entre les satellites, il est nécessaire de les faire voler très près l’un de
l’autre pendant 12 mois. Selon M. Donlon, on pourrait considérer cet intervalle de temps comme une
opportunité gâchée et préférer effectuer des mesures avec des satellites plus éloignés afin d’améliorer
l’échantillonnage et la dispersion géographiques. Toutefois, la mesure de la hausse du niveau de la mer
exige une passation optimale entre un satellite et son remplaçant, comme c’est le cas aujourd’hui.
Par exemple, Sentinel-6 et Jason-3 ont effectué un vol en tandem à 220 km d’écart sur 12 mois afin
d’assurer en continu la mesure de l’évolution sur 30 ans du niveau moyen de la mer sur la planète.
M. Donlon présente dans le détail la mission TRUTHS, en cours de préparation, qui fait partie de la
mission EarthWatch de l’ESA. TRUTHS (Traceable Radiometry Underpinning Terrestrial- and Helio-
Studies) est un laboratoire spatial d’étalons et représente un « étalon-or » de l’urgence climatique.
Mission opérationnelle en matière de climat, TRUTHS doit permettre de réaliser des mesures-étalon
de l’état du climat afin d’établir une estimation du bilan des rayonnements terrestres tout en s’assurant
de la création d’un « étalon-or » utilisable pour étalonner plusieurs missions à la fois dans les spectres
du visible et de l’infrarouge court. La mission offrira également une traçabilité des mesures effectuées
dans l’espace au SI pour la première fois. Une mesure-étalon est une mesure dotée de caractéristiques
84 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

(documentation, incertitude traçable au SI, échantillon représentatif) qui lui valent d’être considérée
sans équivoque comme une « référence » pour un mesurande particulier et à laquelle les futures
mesures du même mesurande peuvent être comparées.
M. Donlon résume son intervention et rappelle que les données de mesures climatiques sont au cœur du
travail de l’ESA, qui s’engage à mettre en œuvre le programme Climate-Space. La métrologie est
nécessaire en raison du volume significatif de données produites dans l’espace : des erreurs minimes
peuvent entraîner des conséquences majeures sur les séries temporelles des mesures du climat. M. Donlon
remarque que la quasi-totalité des relevés effectués dans les hautes latitudes de la planète sont obtenus
grâce à des observations depuis l’espace : les changements observés dans l’Arctique l’ont été depuis
l’espace à l’aide de données de très bonne qualité. L’ESA intègre la métrologie (incertitude et traçabilité)
à l’ensemble de ses processus scientifiques et d’ingénierie des satellites : conception de satellites et
traitement des données, validation à l’aide des mesures de référence fiducielles (FRMs), constellations en
orbite utilisant le vol en tandem, nouvelles missions de satellites traçables au SI et dédiées à cette
traçabilité (TRUTHS par exemple) et mise en œuvre des méthodes de modélisation de l’incertitude de
QA4EO. L’ESA reconnaît le rôle essentiel joué par le SI pour améliorer la confiance dans l’exactitude et
dans la comparabilité mondiale des mesures nécessaires à la protection de l’environnement, à l’étude du
climat de la planète et à la recherche scientifique.

Le président remercie M. Donlon et demande s’il y a des questions.

M. Wielgosz demande à M. Donlon des détails sur le programme de l’ESA de surveillance des gaz à
effets de serre depuis l’espace. M. Donlon répond que l’ESA prévoit une mission nommée Copernicus
Anthropogenic Carbon Dioxide Monitoring (CO2M) qui doit faire partie de la série de missions
amirales Copernicus et qui sera lancée dans les années à venir. Les satellites voleront en constellation
pour effectuer des mesures locales des émissions de CO2. Les mesures seront disponibles 24 heures
après la mesure et seront au cœur d’un système de surveillance des taux de CO2. M. Donlon ajoute que
les mesures de CO2 ne doivent pas être étudiées hors de leur contexte : connaître le taux de CO2 seul
est important mais il est nécessaire de savoir comment utiliser cette information. Il s’agit notamment
de déterminer où va le CO2, quelle quantité atteint l’océan et comment, où se situe le puits de carbone
océanique, et s’il existe une dépendance à la température et une fugacité dans la couche de surface.
Les mesures de la température de la surface de la mer, des vagues des océans, de leur rugosité et des
vents, effectuées depuis l’espace, sont autant d’observations complémentaires qui, mises ensemble,
aident à progresser dans la bonne direction pour comprendre les problèmes auxquels nous sommes
confrontés tout en offrant des mesures fondamentales pour modéliser le climat à l’échelle mondiale.

16. Rapport de la présidente du CCPR

Mme Maria Luisa Rastello, présidente du Comité consultatif de photométrie et radiométrie (CCPR),
présente son rapport sur les activités du CCPR depuis la 26e réunion de la CGPM (2018).

Résumé du rapport du CCPR


Établi sous le nom de Comité consultatif de photométrie en 1933 puis étendu au domaine de la
radiométrie en 1971, le CCPR est désormais responsable de la métrologie dans le domaine des
rayonnements optiques – des mesures bien établies aux domaines de recherche très avancés. De 1997
à 2005, le CCPR a créé trois groupes de travail responsables de sujets spécifiques indiqués dans leur
nom : le Groupe de travail sur la stratégie, le Groupe de travail sur les comparaisons clés et le Groupe
de travail sur les aptitudes en matière de mesure et d’étalonnage. Chacun de ces groupes de travail
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 85

dispose de plusieurs sous-groupes et forums de discussion qui ne sont pas permanents mais traitent de
besoins métrologiques spécifiques ou de sujets d’actualité.

Depuis la 26e réunion de la CGPM (2018), le CCPR a contribué à :


− finaliser des documents clés concernant la définition de la candela et sa mise en pratique,
− définir un objectif stratégique à long terme de mise en place d’un système photométrique
scientifiquement rigoureux fondé sur les sensibilités spectrales des cônes afin d’établir un
nouveau lien entre les grandeurs photométriques et radiométriques,
− adopter une approche fondée sur l’analyse des risques pour examiner les exigences et donner
des directives concernant la portée des comparaisons clés en termes de soutien aux CMCs,
en intégrant des graphiques et des listes de contrôles afin de s’assurer que toutes les exigences
sont clairement identifiées et d’aider ceux qui procèdent à l’examen des CMCs.

Domaine de compétence du CCPR


Les responsabilités du CCPR sont les suivantes :
− conseiller le CIPM sur tous les sujets liés à la photométrie et à la radiométrie,
− établir la comparabilité mondiale des mesures en photométrie et radiométrie en promouvant
la traçabilité à l’unité photométrique du SI, la candela, et à ses unités dérivées pour les
grandeurs photométriques et radiométriques,
− contribuer à l’établissement d’un système d’étalons de mesure nationaux reconnu au niveau
international pour la photométrie et la radiométrie et au développement de méthodes et
équipements radiométriques absolus,
− participer à la mise en œuvre et au fonctionnement du CIPM MRA en ce qui concerne la
photométrie et la radiométrie,
− examiner les incertitudes des aptitudes en matière de mesure et d’étalonnage pour la
photométrie et la radiométrie, publiées sur le site internet du BIPM, et conseiller le CIPM en
la matière,
− servir de forum d’échange d’informations sur les activités photométriques et radiométriques
des membres et observateurs du CCPR,
− établir de nouvelles possibilités de collaboration en photométrie et radiométrie.

Stratégie

La stratégie développée par les membres du CCPR afin d’assumer les responsabilités précédemment
mentionnées est décrite dans le document de stratégie du CCPR, qui a récemment été mis à jour afin
de couvrir les années 2022 à 2032. Une synthèse de cette stratégie est donnée ci-dessous.

Les objectifs stratégiques du CCPR pour 2022-2032 sont les suivants :


− contribuer à relever les défis mondiaux en photométrie et radiométrie,
− promouvoir l’utilisation systématique de mesures radiométriques optiques et photométriques
traçables métrologiquement,
− faire avancer l’état de l’art métrologique dans les domaines de la photométrie et de la
radiométrie optique,
− améliorer l’efficience et l’efficacité du système mondial de comparaisons en photométrie et
radiométrie optique,
− continuer à faire évoluer les aptitudes en matière de mesures et d’étalonnages (CMCs) afin de
répondre aux besoins des parties prenantes,
− maintenir la vitalité organisationnelle du CCPR, examiner de façon régulière et, si besoin,
mettre à jour la structure du CCPR pour que le comité puisse exécuter sa mission.
86 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

Activités et réalisations depuis la précédente réunion de la CGPM


Membres et observateurs

Deux nouveaux membres ont rejoint le CCPR en 2022 : Justervesenet (JV, Norvège) et INMETRO
(Brésil), ainsi qu’un nouvel observateur : National Scientific Centre “Institute of Metrology” (NSC-IM,
Ukraine). Des experts de ces trois laboratoires ont assisté à la 25e réunion du CCPR (mai 2022) afin de
présenter les activités de leur laboratoire : sur recommandation du CCPR, le CIPM a approuvé lors de
sa réunion de juin 2022 la participation au CCPR de ces laboratoires.

Réunions et ateliers

Depuis novembre 2018, le CCPR a tenu deux réunions plénières, l’une en septembre 2019 (au siège du
BIPM à Sèvres), l’autre en mai 2022 (en ligne). Des présentations sur les avancées de la métrologie en
photométrie et radiométrie ont été données lors de la réunion de 2019 mais cela n’a pas été le cas lors
de la réunion en ligne de 2022, faute de temps.
Aucun atelier du CCPR n’a été organisé depuis novembre 2018 en raison de la pandémie de Covid-19.
Toutefois, la conférence NEWRAD s’est tenue en ligne et un membre du CCPR a participé à l’atelier
BIPM-OMM sur le rôle de la métrologie dans la lutte contre le changement climatique organisé en
septembre 2022.

Conseiller le CIPM et promouvoir la traçabilité à la candela

La candela et les documents associés

Lors de la 26e réunion de la CGPM, le CCPR a présenté les résultats des révisions majeures apportées aux
documents clés relatifs à la définition de la candela et à sa mise en pratique. Le document de la mise en pratique
a été finalisé après la 26e réunion de la CGPM et publié officiellement en mai 2019, parallèlement à la
publication de l’Annexe 3 « Unités pour la mesure des grandeurs photochimiques et photobiologiques » de la
Brochure sur le SI. En outre, la publication « Principes régissant la photométrie » a été révisée en collaboration
avec la Commission internationale de l’éclairage (CIE) afin d’y intégrer les fonctions d’efficacité lumineuse
spectrale normalisées pour la vision mésopique (crépuscule) et d’en assurer la cohérence avec la révision du SI
adoptée en 2018. Les trois sous-groupes du Groupe de travail sur la stratégie se sont chargés de ces publications
puis ont été officiellement dissous au cours de la 25e réunion du CCPR (mai 2022).

Système fondé sur les sensibilités spectrales des cônes

Depuis la révision du SI mise en œuvre en 2019, le CCPR a poursuivi sa réflexion concernant la définition
de la candela. Mme Rastello a donné une présentation sur les questions scientifiques clés que soulève la
définition de l’unité d’intensité lumineuse, la candela, lors de la 25e réunion du CCU (2021). Il fait
consensus au sein du CCPR que l’actuelle définition répond à toutes les exigences pratiques pour le
commerce mondial, les sciences et la société. Toutefois, la constante Kcd reliant les grandeurs
photométriques et radiométriques, qui n’est pas une constante fondamentale, représente un défi
scientifique majeur. Du fait des progrès récents et à venir dans le domaine de la science de la vision et de
l’intelligence artificielle, qui permettent de mieux comprendre la perception de la lumière à l’aide du
système des sensibilités spectrales des cônes, des changements pourraient être apportés à la définition de
la candela. Le CCPR s’est fixé comme objectif stratégique à long terme de mettre en place un système
photométrique scientifiquement rigoureux fondé sur les sensibilités spectrales des cônes afin d’établir un
nouveau lien entre les grandeurs photométriques et radiométriques. Cela pourrait avoir un impact
significatif sur les appareils, fabricants, règlementations et normes de mesure fondés sur la présente
définition de la candela (2018) à partir de la constante Kcd. Un nouveau sous-groupe a été créé lors de la
25e réunion du CCPR afin de discuter de ce sujet.
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 87

Transformation numérique
Lors de la 25e réunion du CCPR, le Groupe de travail sur la stratégie a proposé de créer un nouveau
sous-groupe afin de discuter de l’impact de la transformation numérique sur les sujets sous la
responsabilité du CCPR. M. Blattner présidera ce sous-groupe. Les termes de référence proposés sont
de suivre les activités de transformation numérique en photométrie et radiométrie et de soutenir et
coordonner la mise en œuvre du cadre numérique du SI en photométrie et radiométrie.

Assurer la comparabilité mondiale des mesures


Conformément à la politique du CCPR, les comparaisons internationales de grandeurs clés
actuellement conduites par le CCPR sont des répétitions de l’ensemble des dix comparaisons effectuées
lors du premier cycle. Les dix comparaisons de cycle 2 en sont à des stades d’avancement différents,
le rapport final de la comparaison CCPR-K3.2014 a notamment été publié en 2022 et les mesures ont
été achevées pour quatre autres comparaisons. Au cours de la réunion du CCPR de mai 2022, plusieurs
membres ont notifié des retards pour certaines comparaisons dus, en premier lieu, à la fermeture de
laboratoires au cours de la pandémie de Covid-19 et, en second lieu, à des restrictions de
communication et de coopération entre certains pays du fait de la situation en Ukraine.
Entretemps, les organisations régionales de métrologie ont publié les rapports de cinq comparaisons
afin de démontrer la comparabilité de plusieurs laboratoires, et des mesures ont commencé pour cinq
autres comparaisons. Parmi elles figure la première comparaison réalisée au sein de GULFMET,
GULFMET.PR-K4.2012, conduite par l’UME (Türkiye), avec le NIS (Égypte) et SASO-MNCC
(Arabie saoudite) comme participants.

En outre, des comparaisons supplémentaires ont été menées au sein des organisations régionales afin
d’étayer les mesures réalisées à l’aide de fibres optiques, notamment au sein de COOMET.
Une comparaison sur le rayonnement solaire total a été conduite par PMOD en tant que Centre mondial
du rayonnement (WCR) de l’OMM. L’instrument utilisé, un radiomètre absolu solaire cryogénique
(CSAR), a été développé par le NPL (Royaume-Uni), PMOD/WRC et METAS (Suisse).

Améliorations apportées au CIPM MRA

Les efforts entrepris après la 25e réunion de la CGPM (2014) afin d’améliorer les mécanismes du
CIPM MRA ont été poursuivis de 2018 à 2022, en se concentrant sur l’élaboration de directives pour
rationaliser les déclarations de CMCs et leur évaluation. Cette tâche a été menée par le sous-groupe 3
du Groupe de travail sur les CMCs et a permis de rédiger de nouvelles directives dans le document
CCPR-G9 « Rules for review of CMC claims and requirements for supporting evidence ».
Ces nouvelles directives ont été approuvées et publiées en juin 2021. Les directives adoptent une
approche fondée sur l’analyse des risques pour examiner les exigences et donner des directives
concernant la portée des comparaisons clés en termes de soutien aux CMCs, en intégrant des graphiques
et des listes de contrôles afin de s’assurer que toutes les exigences sont clairement identifiées et d’aider
ceux qui procèdent à l’examen des CMCs. Par conséquent, le document associé « Supporting evidence
for CMCs in PR » a été mis à jour afin de se conformer aux nouvelles règles.

Défis et difficultés

Les membres du CCPR ont indiqué fin 2021 que les confinements dus au Covid-19 en 2020 et 2021
avaient eu de sévères répercussions sur les travaux de recherche et avaient entraîné des retards des
services d’étalonnage. Certaines collaborations internationales ont également été fortement touchées
par la pandémie en raison des restrictions de déplacement et, depuis février 2022, par des restrictions
de communication supplémentaires liées à la situation géopolitique. Les conséquences sur la conduite
88 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

des comparaisons clés sont gérées au cas par cas par les participants.

Perspectives à court terme et à long terme

À court terme, le CCPR se concentrera sur la réalisation du second cycle du portefeuille actuel de
comparaisons clés, qui sont encore considérées comme répondant de manière appropriée aux besoins
de la communauté du CCPR. Entretemps, un certain nombre d’études pilotes ont été lancées afin de
mieux comprendre les futurs besoins en matière de comparaisons et afin de vérifier la faisabilité de ces
comparaisons. Cinq activités ont ainsi déjà commencé avec pour but :
− d’étudier l’extension du domaine de longueurs d’onde de la comparaison clé existante CCPR-K6,
− d’étudier les lampes-étalons LED pour les comparaisons clés existantes,
− d’étudier une comparaison sur la sensibilité spectrale dans le domaine spectral des THz,
− d’étudier une comparaison sur l’efficacité de la détection des détecteurs de photons uniques,
− d’étudier une comparaison sur la sensibilité de puissance de la fibre optique à l’aide d’un
radiomètre cryogénique couplé à de la fibre optique.
Après les récents progrès effectués concernant les directives d’examen des CMCs, le système sera
maintenu mais aucune révision majeure ne devrait être requise au cours des cinq prochaines années.
Une discussion sur le traitement mathématique des résultats de comparaison clé permettant d’établir
l’équivalence (variance supplémentaire) et de déterminer son impact sur les CMCs a commencé en
2021 au sein des groupes de travail sur les comparaisons clés et sur les CMCs : elle continuera au sein
des réunions et des ateliers des groupes impliqués. De façon similaire, des méthodes pour relier les
comparaisons des organisations régionales de métrologie et celles du CCPR ont commencé à être
étudiées en 2020 et des directives devraient être produites dans les années à venir.
Une étude exhaustive a été conduite par le sous-groupe 10 du Groupe de travail sur la stratégie afin de
définir les besoins et attentes des membres du CCPR sur tous les sujets couverts par le CCPR en matière
de photométrie et de radiométrie. Alors que les conclusions de cette étude sont en cours d’analyse,
des tendances peuvent être clairement identifiées, telle la nécessité d’organiser des ateliers, de créer de
nouveaux sous-groupes, et de lancer des études pilotes dans des domaines intéressant particulièrement
les membres du CCPR, comme les étalons fondés sur des LED, la métrologie des UV, la métrologie à
faible flux de photons, les étalons photovoltaïques, les propriétés optiques des matériaux,
les observations du climat et de l’environnement.

Un atelier sur le système fondé sur les sensibilités spectrales des cônes et son impact sur les futures
mesures en photométrie et radiométrie est déjà programmé pour la prochaine réunion du CCPR en
2024, ce qui démontre le grand intérêt des membres du CCPR vis-à-vis de ce domaine dans lequel la
CIE est également impliquée. Les activités liées sont encore considérées comme de la recherche mais
les évolutions seront supervisées afin de préparer les systèmes de mesure à d’éventuels importants
changements. De façon similaire, le nouveau sous-groupe sur la transformation numérique constituera
un forum pour discuter de la manière dont la transformation numérique impactera le travail du CCPR,
en tenant compte des possibilités de rendre les documents sous la responsabilité du CCPR lisibles par
machine ou d’interroger la KCDB avec des APIs dédiées, et d’automatiser le travail associé des
membres du CCPR.
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 89

Données sur le CCPR

CCPR établi en 1933


Présidente : M.L. Rastello
Secrétaire exécutive : J. Viallon
Composition : 25 membres, 2 organismes de liaison et 4 observateurs
Liste des membres et observateurs : https://www.bipm.org/fr/committees/cc/ccpr/members
Réunions depuis la dernière CGPM : 19-20 septembre 2019, 10-11 mai 2022
Rapports complets des réunions : https://www.bipm.org/fr/committees/cc/ccpr/publications
Trois groupes de travail : https://www.bipm.org/fr/committees/cc/ccpr

- Comparaisons
- CMCs
- Stratégie

Activité en matière de Terminée(s) En cours Programmées


comparaisons [période]

Comparaisons clés du CCPR 12 comparaisons 4 comparaisons clés 4 comparaisons clés


(et comparaisons clés,
[2022-2026]
supplémentaires) 3 supplémentaires,
3 avant le MRA,
1 répétition,
4 bilatérales

Comparaisons du BIPM 3 0 0

Études pilotes 3 2 3

CMCs 1 345 CMCs dans 85 catégories de service publiées dans la KCDB

Le président du CIPM remercie Mme Rastello pour son rapport.

17. Rapport du président du CCT

M. Yuning Duan, président du Comité consultatif de thermométrie (CCT), présente son rapport sur les
activités du CCT depuis la 26e réunion de la CGPM (2018). Ce rapport a été préparé avec l’aide de
Graham Machin, Senior Fellow du National Physical Laboratory (Royaume-Uni) et président du Groupe
de travail du CCT sur la thermométrie sans contact.

Résumé

Le CCT est responsable de la métrologie dans les domaines de la température, de l’humidité et des
grandeurs thermophysiques 4.
Il est essentiel de connaître avec exactitude la température et d’autres grandeurs apparentées dans de
nombreux domaines des sciences, de la technologie et de l’industrie. Ainsi :

4
Les grandeurs thermophysiques décrivent le comportement thermique de la matière : il s’agit par exemple de la conductivité
thermique ou de l’isolation thermique.
90 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

− la température est un paramètre de contrôle clé dans l’industrie : une mesure fiable de la
température est inextricablement liée à l’efficacité énergétique et à la qualité du produit final ;
− la métrologie de la température et de l’humidité joue un rôle important dans les études sur le climat ;
− les mesures fiables de grandeurs thermophysiques fournissent des données essentielles qui
permettent de quantifier, par exemple, les performances d’isolation thermique.

Depuis la 26e réunion de la CGPM (2018), le CCT s’est attaché à réaliser et disséminer le kelvin
redéfini, en se concentrant sur l’amélioration des mesures liées au climat et en participant à
l’amélioration de la thermométrie clinique pendant la pandémie de Covid-19. La stratégie du CCT a
connu une révision majeure en 2021 : elle est désormais parfaitement en phase avec la stratégie du
CIPM « CIPM strategy 2030+: responding to evolving needs in metrology ». Le CCT doit relever de
nouveaux défis de taille, notamment la manière de conduire des comparaisons clés de température
thermodynamique et de mettre en œuvre la transformation numérique, en particulier par la validation
d’approches assurant une traçabilité in situ au kelvin (dans le cas par exemple de la thermométrie
primaire pratique).

Domaine de compétence du CCT

Le CCT conseille le CIPM sur tous les sujets scientifiques qui présentent de l’intérêt pour la métrologie
de la température, de l’humidité et des grandeurs thermophysiques. Il sert par ailleurs de référence et
de réseau à la communauté diversifiée de la thermométrie afin de fixer des objectifs communs et de
faciliter la collaboration entre les laboratoires nationaux de métrologie et les laboratoires désignés des
États Membres ou d’autres organismes pertinents. Le CCT maintient l’infrastructure mondiale de
mesure de la thermométrie en promouvant et en étayant l’échelle internationale de température de 1990,
et en établissant des bonnes pratiques pour la thermométrie et les grandeurs apparentées. Il identifie et
organise des comparaisons clés dans les domaines qu’il couvre afin d’assurer la comparabilité mondiale
des mesures et leur traçabilité au SI, ce qui garantit la qualité des données fournies. Il encourage
également la recherche sur la réalisation et la dissémination du kelvin au sein des laboratoires nationaux
et soutient l’infrastructure de mesure afin de relever les défis mondiaux tels que le changement
climatique et les pandémies.

Activités et réalisations depuis la précédente réunion de la CGPM


Le CCT et la redéfinition du kelvin

Jusqu’en mai 2019, le kelvin était défini par la température du point triple de l’eau, à savoir la
température où la glace, l’eau et la vapeur d’eau coexistent. Des améliorations progressives ont été
apportées à la réalisation du kelvin, notamment en appliquant des corrections relatives à l’influence de
la composition isotopique de l’eau. Toutefois, en mai 2019, le kelvin ainsi que l’ampère, le kilogramme
et la mole ont été redéfinis à partir de valeurs fixées de constantes fondamentales.

La redéfinition du kelvin à partir de la constante de Boltzmann a été un objectif clé du CCT et ce dernier
a joué un rôle majeur dans la coordination du travail nécessaire pour pouvoir redéfinir le kelvin avec
succès. Un grand nombre de laboratoires de métrologie utilisant différentes techniques et réalisations ont
déterminé la constante de Boltzmann k avec une faible incertitude. Quatre principales approches ont été
étudiées : la vitesse du son dans de l’argon ou de l’hélium (thermométrie acoustique à gaz, AGT),
une méthode fondée sur la capacité à l’aide de la constante diélectrique de l’hélium (thermométrie à gaz
par mesure de la constante diélectrique, DCGT), le bruit électrique (Johnson) dans une résistance
(thermométrie à bruit thermique, JNT) et la largeur Doppler d’une raie spectrale (thermométrie par mesure
de la largeur Doppler, DBT).
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 91

La collaboration internationale des laboratoires impliqués a été indispensable pour avoir une meilleure
vision des résultats et, en particulier, pour mieux comprendre les composantes d’incertitude provenant
d’effets systématiques. Les critères d’acceptation fixés pour la constante de Boltzmann
(Recommandation T1 du CCT (2014) sur la nouvelle définition du kelvin), à savoir
− une incertitude-type relative de la valeur ajustée de k inférieure à 1 × 10−6, et
− une détermination de k fondée sur au moins deux méthodes fondamentalement distinctes qui
permettent d’obtenir, chacune, au moins un résultat présentant une incertitude-type relative
inférieure à 3 × 10−6,

ont été dépassés étant donné que les méthodes AGT, DCGT et JNT ont présenté des incertitudes
suffisamment faibles pour être intégrées à la valeur de consensus de la constante de Boltzmann.
Les critères fixés ont garanti qu’il n’y avait pas de différence perceptible de température entre l’ancienne
et la nouvelle définition du kelvin. L’ajustement spécial de CODATA de 2017 a fourni la valeur exacte :

k = 1,380 649 10−23 J/K


En prévision de la nouvelle définition du kelvin, la mise en pratique 5, qui est un document donnant aux
utilisateurs des directives concernant la réalisation pratique (en laboratoire) de la définition du kelvin
fondée sur k, a été révisée. Elle comporte les éléments suivants : la définition du kelvin, la définition
des termes liés à la thermométrie primaire, les critères d’inclusion d’une méthode thermodynamique,
un aperçu des méthodes de thermométrie primaire de réalisation du kelvin à partir des lois
fondamentales de la physique [thermométrie acoustique à gaz, radiométrie, thermométrie à gaz par
mesure de la constante diélectrique, thermométrie à gaz par mesure de l’effet de réfraction,
thermométrie à bruit thermique] et la description des échelles de température définies, EIT-90 et
PLTS-2000. Cette mise en pratique n’est pas seulement un guide : elle représente le statut actuel de la
métrologie des température à son plus haut niveau, résumant des décennies d’expérience.

Les échelles de température EIT-90 et PLTS-2000 ne sont pas affectées par la redéfinition. Le document
intitulé « Guide to the realization of the ITS-90 » 6, disponible sur le site internet du BIPM, a été mis à jour.
Des guides sur la thermométrie secondaire (points fixes spécifiques et thermocouples) ont également
été produits.

Parmi les publications récentes sur le sujet figurent un numéro spécial de Metrologia sur la constante
de Boltzmann 7 en 2015, un numéro spécial de Philosophical Transactions A de la Royal Society
(Royaume-Uni) sur la mise en œuvre de la nouvelle définition du kelvin 8 en 2016 et un article de
synthèse sur le kelvin redéfini 9 en 2018.
Les différents instruments primaires développés pour déterminer la constante de Boltzmann sont
désormais utilisés pour mesurer la température thermodynamique sur une large plage de températures
afin de déterminer la différence par rapport à l’échelle de température actuelle, l’EIT-90. Cette phase
devrait durer jusqu’en 2025 voire 2030. Il en résultera une réévaluation de T-T90, nécessaire aux
utilisateurs qui ont besoin de valeurs précises de température thermodynamique. Il n’est pas envisagé
qu’une nouvelle échelle de température soit nécessaire au cours des dix prochaines années.
La communauté de la thermométrie se concentre plutôt sur la façon de mettre en pratique les deux
récentes recommandations du CCT :

5
Mise en pratique de la définition du kelvin - Annexe 2 de la Brochure sur le SI (bipm.org)
6
https://www.bipm.org/en/committees/cc/cct/guide-its90.html
7
http://iopscience.iop.org/journal/0026-1394/page/Focus_on_the_Boltzmann_Constant
8
Machin, G., “Towards implementing the new kelvin”, 2016, Phil. Trans R. Soc. A. 374: 20150053,
http://dx.doi.org/10.1098/rsta.2015.0053
9
Machin, G., “The Kelvin redefined”, 2018, Meas. Sci. Technol. 29 022001 https://doi.org/10.1088/1361-6501/aa9ddb
92 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

− T1 (2017) qui encourage les laboratoires nationaux de métrologie des États Membres à tirer
parti des possibilités de réalisation et de dissémination de la température thermodynamique
qu’offrent la redéfinition du kelvin et sa mise en pratique,
− T1 (2021) qui recommande aux laboratoires nationaux de métrologie d’améliorer leur
détermination de T-T90 au-delà de 400 K et ce faisant, de permettre la dissémination de
températures thermodynamiques proches de 700 K.

Il est clair qu’à des températures supérieures à 1 300 K et inférieures à 25 K, la dissémination de la


température thermodynamique est réalisable. Les travaux de recherche en cours dans les laboratoires
nationaux de métrologie montreront la possibilité, à long terme, de disséminer la température
thermodynamique sur une large plage de températures.

Stratégie

En 2012, le CCT a effectué une analyse approfondie de son travail depuis la mise en œuvre du
CIPM MRA et a établi des prévisions concernant l’impact de ses activités. Cette analyse, mise à jour
et publiée en 2017 10, constitue le plan stratégique du CCT et donne une vision globale des besoins
métrologiques actuels et à venir dans le domaine des températures. La stratégie du CCT a été totalement
révisée en 2021 et couvre désormais la période qui s’étend de 2021 à 2030 11. Rompant avec la
précédente formulation, la nouvelle version de la stratégie du CCT définit les intérêts des parties
prenantes au plus haut niveau métrologique en faisant correspondre les priorités du CCT à la stratégie
du CIPM « CIPM strategy 2030+: responding to evolving needs in metrology ». Les activités du CCT
sont par nature transverses et l’élaboration de la stratégie a mis en évidence que le CCT pourrait
contribuer aux sept domaines prioritaires clés identifiés dans la stratégie du CIPM, à savoir le
changement climatique et l’environnement, la santé et les sciences de la vie, la sécurité alimentaire,
l’énergie, la fabrication de pointe, la transformation numérique et la « nouvelle » métrologie.
La stratégie du CCT et sa synthèse sont disponibles sur le site internet du BIPM 12.

Groupes de travail et sous-groupes de travail du CCT

Le CCT compte sept groupes de travail responsables des domaines suivants : thermométrie par contact ;
environnement ; thermométrie sans contact ; humidité ; comparaisons clés ; CMCs ; et stratégie.
Le CCT s’appuie sur un certain nombre de sous-groupes de travail qui ont une durée de vie limitée en
fonction des objectifs à atteindre et du temps requis pour y parvenir.

Il est à noter en particulier que :


− les groupes de travail sur la thermométrie par contact et sans contact, en collaboration avec le
Groupe de travail sur la stratégie, travaillent en étroite coopération afin d’assurer une mise en
pratique efficace de la redéfinition du kelvin,
− le Groupe de travail sur l’environnement se concentre sur la collaboration avec la communauté
de la météorologie et sur les mesures du climat,
− le Sous-groupe de travail sur les mesures de la température corporelle a été créé afin
d’améliorer la mesure de la température corporelle à l’échelle mondiale dans le cadre de la
pandémie de Covid-19 et a travaillé afin de publier, en anglais et en espagnol, des directives
sur la mesure sans contact de la température corporelle 13,
− le Sous-groupe de travail sur les technologies émergentes, qui a, en particulier, pour objectif
de décrire et promouvoir les nouvelles approches photoniques de la thermométrie telles que

10
https://www.bipm.org/utils/en/pdf/CCT-strategy-document.pdf
11
https://www.bipm.org/documents/20126/41598583/CCT+Strategy/145827b2-4f6a-42ed-bd77-bbffa782e2f7
12
https://www.bipm.org/documents/20126/41598622/CCT+Strategy+Summary/f3f211d0-a520-17ae-089f-c70719e39771
13
Best Practice Guide in forehead thermometry
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 93

les résonateurs en anneau, la thermométrie par mesure de la largeur Doppler ou


l’auto-étalonnage, a récemment publié un article 14 décrivant certains de ses résultats,
− le Sous-groupe de travail sur la transformation numérique a pour mission de s’assurer que le CCT
est prêt à répondre aux besoins en matière de transformation numérique de manière appropriée.

Comparaisons

Plusieurs comparaisons du CCT sont en cours d’achèvement depuis la dernière réunion de la CGPM.
Ainsi, les comparaisons clés sur la réalisation de l’EIT-90 à l’aide de thermomètres à résistance de
platine étalon (CCT-K9) et sur la réalisation de l’EIT-90 au-delà du point de l’argent (CCT-K10) sont
presque terminées. Une répétition de la comparaison de la réalisation du point triple de l’eau a débuté
en 2021 et progresse de façon satisfaisante. Une comparaison de la réalisation des échelles locales des
températures du point de rosée d’un gaz humide est en cours et devrait être achevée d’ici 2025. Le CCT
a identifié sept comparaisons clés répertoriées dans le tableau ci-après.

Comparaisons clés du CCT Répétitions

CCT-K1 Réalisation de l’EIT-90 entre 0,65 K


et 24,6 K

CCT-K2 Réalisation de l’EIT-90 entre 13,8 K


et 273,16 K

CCT-K3 Réalisation de l’EIT-90 entre 83,8 K CCT-K9 Réalisation de l’EIT-90 entre


et 933,4 K 83,8 K et 692,7 K

CCT-K4 Comparaison des réalisations locales


de mesure du point de congélation de
l’aluminium et de l’argent

CCT-K5 Réalisation de l’EIT-90 entre 961 °C CCT-K10 Réalisation de l’EIT-90 entre


et 1700 °C 961 °C et 3000 °C

CCT-K6 Humidité : température des points de CCT-K8 Humidité : température des points
rosée et de congélation (-50 °C à de rosée (30 °C à 95 °C)
20 °C)

CCT-K7 Cellules à point triple de l’eau CCT-K11 Répétition prévue en 2019

Relations avec des organismes internationaux

Depuis 2015, le CCT, par l’intermédiaire de son Groupe de travail sur l’environnement, compte
plusieurs membres au sein des équipes d’experts de la Commission des instruments et des méthodes
d’observation (CIMO) de l’Organisation météorologique mondiale (OMM). De façon réciproque,
la CIMO a participé au Groupe de travail du CCT.
Le CCT entretient des échanges actifs avec l’International Association on Properties of Water and
Steam (IAPWS) sur les questions liées à la métrologie de l’humidité.

La conférence TEMPMEKO, organisée en même temps que Tempbeijing à Chengdu (Chine) en 2019,
a été l’événement le plus récent au cours duquel la communauté internationale de la thermométrie a pu
échanger. Le prochain séminaire International Temperature Symposium, qui se tiendra en avril 2023

14
Dedyulin S., Ahmed Z., Machin G., “Emerging technologies in the field of thermometry”, 2022, Meas. Sci. & Technol. 33
092001 https://doi.org/10.1088/1361-6501/ac75b1
94 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

en Californie (États-Unis), sera le premier rassemblement des experts de la température depuis la


pandémie de Covid-19.

Données sur le CCT

CCT établi en 1937


Président : Y. Duan
Secrétaire exécutif : S. Solve
Composition : 25 membres et 3 observateurs
Liste des membres et observateurs : https://www.bipm.org/fr/committees/cc/cct/members
Réunions depuis la dernière CGPM : 20 octobre, 4 novembre, 17 novembre 2020
19 janvier et 9 février 2021, 18 janvier et 8 février 2022
Rapports complets des réunions : https://www.bipm.org/fr/committees/cc/cct/publications
Sept groupes de travail : https://www.bipm.org/fr/committees/cc/cct
− Aptitudes en matière de mesures et d’étalonnages (CMCs)
− Thermométrie par contact
− Environnement
− Humidité
− Comparaisons clés
− Thermométrie sans contact
− Stratégie
Sept sous-groupes de travail :
− Transformation numérique
− Grandeurs thermophysiques
− Technologies émergentes
− Supports d’étalonnage
− Étalonnage et thermocouples de référence
− Température de l’air
− Thermomètres à radiation industriels

Activité en matière Programmée(s)


Terminée(s) En cours
de comparaisons [2023-2026]

Comparaisons clés
du CCT 16
10 0
(et comparaisons + (18)
supplémentaires)

Comparaisons du
0 0 0
BIPM

Études pilotes 3 0 3

2 940 CMCs en thermométrie publiées dans la KCDB


CMCs
(14 septembre 2022)

Le président remercie M. Duan pour son rapport et clôt la deuxième séance.


27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 95

Troisième séance – 16 novembre 2022 (matin)

Le président souhaite la bienvenue aux délégués pour la troisième séance.

18. Le travail du JCTLM face au défi de la standardisation internationale des


analyses cliniques en laboratoire

M. Greg Miller, président du Comité commun pour la traçabilité en médecine de laboratoire (JCTLM) et
professeur de pathologie à la Virginia Commonwealth University de Richmond, en Virginie (États-Unis),
indique que sa présentation porte sur les mesures des biomolécules dans les fluides corporels par les
laboratoires de biologie médicale afin d’éclairer les décisions médicales. Elle abordera également
l’importance de l’équivalence des résultats d’analyses pour le domaine de la santé, le rôle de la traçabilité
métrologique pour permettre des résultats équivalents, le soutien du JCTLM à l’industrie du diagnostic
in vitro (IVD), les défis pour parvenir à des résultats d’analyses médicales standardisés au niveau mondial,
et les personnes dans tous les pays qui bénéficient des travaux du JCTLM.

M. Miller précise que le JCTLM a été créé en 2002 pour répondre aux exigences réglementaires de la
Directive européenne relative aux dispositifs médicaux de diagnostic in vitro (IVDD) – devenue depuis
le Règlement européen relatif aux dispositifs médicaux de diagnostic in vitro (IVDR) – qui étaient
pertinentes à l’échelle mondiale. Le JCTLM se compose du BIPM, de l’International Federation of
Clinical Chemistry and Laboratory Medicine (IFCC), de l’International Laboratory Accreditation
Cooperation (ILAC) et de l’International Council for Standardization in Haematology (ICSH). Le BIPM
assure le secrétariat du JCTLM.

M. Miller donne un aperçu de la pratique de la biologie médicale. Lorsqu’une personne bénéficiaire


d’un système de santé consulte un médecin dans son cabinet ou à l’hôpital, le praticien qui l’examine
prescrit parfois des analyses de laboratoire pour vérifier l’état de santé du patient. Dans le cadre du
processus de diagnostic, le patient peut avoir une analyse de sang ou toute autre analyse. L’échantillon
est envoyé à un laboratoire de biologie médicale pour être analysé. Les laboratoires de biologie
médicale du monde entier sont capables d’effectuer entre 3 000 et 4 000 analyses différentes. Une fois
les résultats disponibles, le patient consulte à nouveau son praticien qui pose alors son diagnostic,
décide d’un traitement ou détermine de potentiels futurs problèmes de santé.
L’industrie du diagnostic in vitro regroupe les entreprises qui développent des systèmes de mesure
destinés aux laboratoires de biologie médicale, également appelés dispositifs médicaux in vitro.
L’industrie du diagnostic in vitro pèse 125 milliards de dollars à l’échelle mondiale et commercialise ses
produits dans le monde entier. Cette industrie soutient la recherche afin de découvrir de nouveaux
biomarqueurs pour certaines maladies et collabore avec les professionnels de laboratoires pour améliorer
les soins apportés aux patients en matière de biologie médicale. Les résultats d’analyse sont ainsi le fruit
d’une coopération entre l’industrie du diagnostic in vitro et les laboratoires de biologie médicale.

M. Miller indique que des résultats d’analyse devraient être les mêmes partout dans le monde : le travail
du JCTLM repose sur ce principe. Les résultats d’analyses de laboratoire sont comparés avec des
valeurs de référence afin de poser un diagnostic ou d’établir un traitement. M. Miller donne
trois exemples : un niveau de glucose supérieur à 7 mmol/L permet de diagnostiquer le diabète,
l’une des affections les plus répandues dans le monde ; un taux de troponine supérieur au 99e percentile
d’une valeur de référence est un marqueur diagnostique de l’infarctus du myocarde et demande une
96 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

intervention urgente ; enfin, le taux de filtration glomérulaire estimé (eGFR) de la créatinine sert de
biomarqueur pour le diagnostic des maladies chroniques rénales (lorsqu’il est inférieur
à 60 mL/min/1,73m2). Les exemples où les analyses de laboratoire font partie intégrante du diagnostic
et des décisions de traitement sont légion.

M. Miller explique que des erreurs médicales peuvent être dues à la variabilité de la méthode utilisée.
Il prend l’exemple d’une étude réalisée en 2012 15 comparant différentes procédures de mesure des taux
de parathormone chez 18 individus. La parathormone est responsable de l’homéostasie du calcium,
élément particulièrement important pour la régulation du pouls et les contractions musculaires.
L’étude compare deux méthodes de mesure du taux de parathormone à l’aide de divers dispositifs
médicaux de diagnostic in vitro chez des patients atteints de maladies chroniques rénales, dans le but
de déterminer quels patients dépassent la valeur de référence à partir de laquelle est prescrit un
médicament permettant de contrôler le métabolisme du calcium. Les deux méthodes ont donné des
résultats différents : aucun des patients testés à l’aide de la méthode A n’a rempli les critères de
prescription du traitement tandis que cela a été le cas pour la moitié de ceux testés à l’aide de la méthode
B. M. Miller indique qu’il s’agit d’un défi pour le secteur de la médecine de laboratoire : en effet,
de nombreux dispositifs d’analyse in vitro disponibles sur le marché n’ont pas été standardisés de
manière à obtenir des résultats équivalents. Concernant la parathormone, un système de référence est
en cours de développement dans le cadre d’une collaboration entre l’IFCC (développement d’une
méthode de référence), le National Institute for Biological Standards and Control (NIBSC)
(développement d’un matériau de référence certifié commutable) et le CCQM (réalisation d’une
comparaison de matériaux de référence primaires entre des laboratoires de référence afin de s’assurer
que tous les laboratoires de référence peuvent parvenir à des résultats équivalents).
La traçabilité métrologique est l’outil clé permettant de parvenir à une équivalence entre les résultats.
Les laboratoires nationaux de métrologie de nombreux pays sont responsables du développement de
procédures de mesure et de matériaux de référence. Les fabricants de l’industrie du diagnostic in vitro
utilisent des étalons d’ordre supérieur afin d’assigner des valeurs à leurs calibrateurs et, en bout de
chaîne, à ce que l’on nomme un « calibrateur pour l’utilisateur final ». Les dispositifs médicaux de
diagnostic in vitro, produits par les mêmes fabricants, sont ensuite vendus aux laboratoires de biologie
médicale et utilisés pour analyser des échantillons cliniques. Un système de référence correctement
développé permet d’assurer la traçabilité du résultat de l’analyse d’un échantillon à des référence
d’ordre supérieur. La norme ISO 17511:2020, suivie par l’industrie du diagnostic in vitro, définit la
notion de traçabilité métrologique et les exigences à remplir pour y parvenir. Le système de référence
à des étalons d’ordre supérieur permet aux dispositifs de diagnostic in vitro d’être traçables quel que
soit leur fabricant : ils peuvent ainsi produire des résultats équivalents pour un même examen partout
dans le monde puisque ce système de référence est stable et reproduisible en tout lieu. De plus, lorsque
de nouvelles procédures de mesures de diagnostic in vitro sont développées, elles peuvent être reliées
à ce système de traçabilité métrologique et fournir des valeurs équivalentes à celles des équipements
déjà disponibles sur le marché. Le même système de référence à des étalons d’ordre supérieur peut être
maintenu pendant plusieurs années car il répond à l’exigence de stabilité ; il est donc possible de
maintenir ce système d’étalonnage sur le long terme et de parvenir ainsi à des résultats équivalents.

M. Miller ajoute que l’ISO dispose d’autres normes internationales concernant les exigences en matière
de procédures de mesure de référence (ISO 15193:2009), matériaux de référence certifiés
(ISO 15194:2009), e laboratoires d’étalonnage (ISO 15195:2018) utilisant des procédures de mesure
de référence. Le JCTLM soutient la biologie médicale et l’industrie du diagnostic in vitro en maintenant
une base de données des matériaux, méthodes et services de référence d’ordre supérieur, qui ont tous

15
Almond A, Ellis A.R., Walker S.W.. Current parathyroid hormone immunoassays do not adequately meet the needs of patients
with chronic kidney disease. Ann. Clin. Biochem. 2012, 49(1), 63-67. https://doi:10.1258/acb.2011.011094
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 97

été évalués par des équipes d’examen afin de vérifier leur conformité aux normes ISO. Tous les
systèmes de référence d’ordre supérieur de la base de données du JCTLM ont été examinés et
approuvés comme conformes aux normes ISO. Cette procédure nécessite en particulier l’aide du BIPM
mais également celle d’un grand nombre de volontaires qui participent aux équipes d’examen dans
toutes les disciplines de la biologie médicale.

En octobre 2022, le JCTLM a mis en ligne une nouvelle version de sa base de données. Cette dernière
est lisible par machine et propose une interface de programmation d’application (API) pour les
matériaux, méthodes et services de référence qui y sont publiés. L’API permet ainsi à l’industrie du
diagnostic et aux utilisateurs tiers de se connecter directement à la base de données et d’être informés
immédiatement lorsqu’une nouvelle information est publiée. C’est sur cette API que repose le
développement d’applications spécifiques à certains utilisateurs et l’intégration des données du JCTLM
à des produits numériques. La nouvelle version comprend une application web permettant d’effectuer
des recherches au sein de la base de données.
M. Miller répète que la biologie médicale exige des résultats équivalents afin d’utiliser des valeurs de
référence cliniques fondées sur des recherches sur l’état de santé des patients. Les fabricants de
l’industrie du diagnostic in vitro utilisent en toute confiance les références du JCTLM, afin d’assurer
la traçabilité métrologique, parvenir à des résultats équivalents pour les échantillons cliniques et
respecter les exigences réglementaires pour la commercialisation de leurs produits.

M. Miller évoque l’atelier « Overcoming challenges to global standardization of clinical laboratory testing:
reference materials and regulations » (Surmonter les défis de la standardisation internationale des analyses
cliniques de laboratoire : matériaux de référence et réglementations) organisé conjointement en décembre
2021 par le JCTLM, l’IFCC et l’International Consortium for Harmonization of Clinical Laboratory Results
(ICHCLR). Cet atelier en ligne a réuni 400 participants de 65 pays et donné lieu à la publication d’un rapport
intitulé « Overcoming challenges regarding reference materials and regulations that influence global
standardization of medical laboratory and testing results » 16.
L’atelier a permis de formuler un ensemble de recommandations. La première recommandation porte
sur le fait de développer les composants d’un système de référence d’ordre supérieur le plus tôt possible
dans le cycle de vie des procédures de mesure des diagnostics in vitro mises en œuvre par les
laboratoires d’analyses médicales. Cela permettrait d’éviter la situation dans laquelle différents
fabricants font appel à des système d’étalonnage différents et incompatibles les uns avec les autres, ce
qui nécessite de développer un système de référence après la commercialisation des produits. Il est
préférable de développer tout système de référence en amont de la mise sur le marché de nouveaux
biomarqueurs afin d’encourager dès le départ la standardisation des résultats et permettre d’établir une
corrélation des résultants indépendamment des essais cliniques utilisés pour déterminer les valeurs de
référence utilisées avec ces nouveaux biomarqueurs. La deuxième recommandation vise à coordonner
l’établissement de priorités au niveau mondial concernant les mesurandes exigeant des résultats de
mesures standardisés. Il est très important d’utiliser les ressources de la façon la plus efficace possible
et la coordination des priorités est indispensable pour éviter tout double effort et pour s’assurer de la
prise en compte des substances à analyser les plus importantes. La troisième recommandation porte sur
la coordination à l’échelle mondiale de l’approvisionnement en matériaux de référence certifiés.
L’industrie du diagnostic in vitro repose sur des approvisionnements primaire et secondaire fiables en
matériaux de référence, sans toutefois exiger des sources multiples car cela représenterait un double
effort. Le fait de changer de fournisseur de matériaux entraîne pour l’industrie des coûts conséquents
pour faire de nouveau valider et certifier les matériaux, c’est pourquoi l’industrie cherche des sources

16
Miller, W., Myers, G., Cobbaert, C., Young, I., Theodorsson, E., Wielgosz, R., Westwood, S., Maniguet, S. and Gillery,
P. Overcoming challenges regarding reference materials and regulations that influence global standardization of medical
laboratory testing results. 2023, Clin. Chem. Lab. Med., 61(1), 48-54. https://doi.org/10.1515/cclm-2022-0943
98 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

fiables et permanentes de matériaux de référence. Il s’agit d’un défi car les pays étant indépendants les
uns des autres, leurs laboratoires nationaux de métrologie pourraient se sentir responsables de veiller à
la satisfaction de besoins d’un pays spécifique. Ces trois recommandations pourraient être prises en
considération par le CIPM afin de faire partie de ses futures activités dans le domaine de la santé.
L’atelier a également recommandé au JCTLM d’identifier les matériaux de référence utiles mais ne
répondant pas à l’intégralité des exigences de l’ISO. Le JCTLM a pour rôle de veiller à ce que toutes
les entrées de sa base de données répondent aux exigences de l’ISO, ce qui est un prérequis essentiel
pour garantir une acceptation par l’industrie du diagnostic in vitro et par les organismes de
réglementation du monde entier. La dernière recommandation est d’harmoniser au niveau international
l’examen des réglementations. Le développement d’exigences reconnues internationalement en
matière d’examen des réglementations doit améliorer la disponibilité de résultats standardisés. Chaque
pays souhaite s’assurer que tous les tests de diagnostic in vitro produisent des résultats de haute qualité
adaptés à la prise en charge des patients, l’examen des réglementations est donc essentiel concernant
la sécurité des patients. En raison de la portée nationale des réglementations, l’industrie du diagnostic
in vitro est souvent contrainte de soumettre ses données sous des formats légèrement différents.
Les exigences en matière de données étant différentes selon les pays dans lesquels les produits sont
commercialisés, cela entraîne des dépenses considérables pour le secteur de la santé. Le développement
d’exigences reconnues à l’échelle internationale concernant l’examen des réglementations améliorera
la disponibilité des résultats standardisés tout en réduisant les coûts, les économies ainsi réalisées
permettant de normaliser ou de développer de nouveaux systèmes de traçabilité métrologique.

M. Miller termine sa présentation en rappelant que le travail du JCTLM profite à tous les systèmes de
santé de la planète et à tous leurs bénéficiaires.

Le président remercie M. Miller et demande s’il y a des questions. La question est posée de savoir s’il
existe une recommandation quant au développement de matériaux de référence à mesure que de
nouveaux dispositifs de diagnostic sont élaborés.

M. Miller répond que l’objectif est de s’assurer que lorsqu’un fabricant de dispositifs de diagnostic in
vitro est le premier à commercialiser un nouveau biomarqueur, il prenne la responsabilité de vérifier
que des systèmes de référence sont développés dès le processus de développement initial. Il s’agit d’un
défi car la compétition règne dans l’industrie du diagnostic in vitro : être le premier à commercialiser
une nouvelle procédure d’analyse de laboratoire permet de maximiser ses profits en bénéficiant de sa
situation de monopole. Si le test s’avère performant, d’autres fabricants entreront sur le marché.
L’objectif est de fournir des ressources suffisamment tôt dans le cycle de vie d’un nouveau biomarqueur
afin que les nouveaux fabricants puissent se servir de ces ressources et éviter des situations similaires
à celle de la parathormone expliquée précédemment. S’il n’existe pas de solution simple à ce problème,
la communauté des laboratoires et l’industrie du diagnostic in vitro reconnaissent qu’il serait
souhaitable de le résoudre.

19. Le rôle de la précision des diagnostics dans le cadre de la préparation


métrologique à de potentielles futures pandémies

Mme Maria Zambon, directrice des services de référence sur la grippe, les infections respiratoires, la virologie
et la poliomyélite de la UK Health Security Agency (Agence nationale de santé publique du Royaume-Uni),
donne une présentation - enregistrée en amont de la conférence - sur le rôle de la précision des diagnostics dans
le cadre de la préparation métrologique à de potentielles futures pandémies. Mme Zambon explique avoir passé
les vingt dernières années à développer des méthodes de détection de nouveaux virus émergents.
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 99

Mme Zambon explique que l’on a tous fait l’expérience de la réponse apportée à l’épidémie de
coronavirus. Sa présentation portera sur certaines des expériences de mise au point de méthodes de
diagnostic du SARS. Elle précise qu’entre 2020 et 2022, il a également été nécessaire d’apporter une
réponse face à d’autres virus, connus ou inconnus, qui ont exigé le développement de nouveaux tests
de détection. L’année 2022 a vu une flambée des cas d’hépatite à l’étiologie indéterminée, pour laquelle
de nouveaux tests de détection ont dû être mis au point, ainsi qu’une résurgence de la polio sur le sol
britannique pour la première fois en quarante ans. L’épidémie de polio a été découverte à l’aide de la
surveillance environnementale, ce qui a été possible en améliorant les méthodes actuelles de détection
et en en mettant au point de nouvelles afin de permettre une surveillance au niveau des communautés.
En outre, l’épidémie de variole simienne continue son évolution à travers le monde. Tous ces sujets
exigent une réponse urgente et immédiate des services de santé publique, y compris le développement
de nouveaux tests de détection.

L’apparition de nouveaux virus représente un défi considérable pour la pose de diagnostics. Tous les
virus émergents ne conduisent pas à une pandémie mais les questions relatives à la préparation en
matière de diagnostic et à la capacité de réponse se posent toujours de la même manière aux stades
précoces d’une épidémie, qui se comptent en heures, en jours ou en semaines plutôt qu’en mois ou en
années. Mme Zambon présente le calendrier de l’émergence du SARS-CoV-2 au Royaume-Uni.
Au début de l’épidémie, la réponse d’urgence a été suivie d’un besoin d’étendre les capacités de
diagnostic à mesure de l’augmentation du nombre de cas. Il a ensuite fallu identifier et lutter contre la
diversité virale lorsque le virus s’est installé au sein de la population, avec l’émergence de nouveaux
variants. Chaque phase de la réponse a amené de nouveaux défis, qui sont allés de la nécessité de
trouver de nouveaux réactifs et de nouveaux étalons d’analyse quantitative pendant la phase urgente de
« détection d’un nouveau virus » jusqu’à la capacité à lutter contre de nouveaux variants pendant la
phase finale de la pandémie. Les phases « interpandémique » ou de « retour à la normale » doivent être
l’occasion d’enquêter et de mieux se préparer, y compris par la mise au point de nouvelles
méthodologies et d’exercices de répétition.

Mme Zambon prend l’exemple du SARS-CoV-2 pour illustrer certains aspects de la réaction à la
pandémie. Un consortium de laboratoires internationaux à l’origine du premier test de détection du
coronavirus, sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a publié un article au sujet de
ses travaux 17. Les premiers cas rapportés de pneumonie aigüe en Chine remontent au 30 décembre 2019.
Le 8 janvier, l’OMS a convoqué un groupe d’experts dont faisait partie le Center for Disease Control and
Prevention d’Atlanta (États-Unis). Entre le 8 et le 23 janvier 2020, un travail considérable a été entrepris
par les laboratoires pour mettre au point des tests d’amplification des acides nucléiques (TAAN) pour le
nouveau virus, ce qui a conduit le 23 janvier à la publication d’un rapport détaillant la méthodologie
employée. L’OMS a qualifié l’épidémie d’urgence de santé publique internationale le 30 janvier 2020.
Le groupe d’experts comprenait deux entreprises spin-off qui constituaient des partenaires à petite échelle,
en mesure de développer les premiers réactifs essentiels nécessaires aux travaux d’élaboration
préliminaires, y compris des transcriptions in vitro. Ce mode d’action souligne que si l’expertise
scientifique et les capacités des laboratoires sont indispensables au début des pandémies, un partenariat
avec l’industrie s’avère nécessaire pour produire des réactifs rapidement et à grande échelle.

Le développement de tests d’amplification des acides nucléiques requiert de connaître le génome qui
fait l’objet de la détection. Cette modalité de diagnostic est employée pour les virus à partir de la
réaction par PCR. Mme Zambon présente un schéma du génome du SARS-CoV-2. La production des
réactifs, des enzymes et des espèces chimiques nécessaires pour mener des tests d’amplification des
acides nucléiques demande une connaissance de la réplication virale du virus étudié afin de déterminer

17
Corman V.M. et al, Detection of 2019 novel coronavirus (2019-nCoV) by real-time RT-PCR. Euro Surveill., 2020, 25(3),
2000045. https://doi.org/10.2807/1560-7917.ES.2020.25.3.2000045
100 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

quels types de matrices pourront servir à élaborer de nouveaux tests de détection. Les matrices peuvent
être des virus purifiés, des cellules infectées par un virus, des particules semblables à des virus générées
par l’assemblage de molécules, des recombinants, des séquences d’ARN transcrit ou d’autres matériaux
synthétiques, qui peuvent servir de matrices et de matériaux cliniques de substitution. Des matrices
adaptées sont requises par la réaction biochimique initiale sur laquelle se fondent les tests de détection
à partir de l’amplification des acides nucléiques. Les moyens d’y parvenir sont nombreux ; toutefois,
il arrive de découvrir un nouveau virus sans particules virales ni aucun moyen de le faire se reproduire.
Lorsque ces données de départ ne sont pas connues, il est nécessaire de recourir à des matrices
alternatives obtenues à l’aide de virus très semblables déjà disponibles ou bien créées à l’aide de
systèmes de synthèse ou d’une méthode d’ingénierie génétique appelée « génétique inverse ».
La seconde étape du développement de tests adaptés d’amplification des acides nucléiques consiste à
rassembler un panel de matériel clinique qui peut soit contenir le bon virus, ce qui est particulièrement
rare dans le cas d’une infection virale émergente, soit résulter d’un syndrome clinique similaire ou
contenir des souches virales similaires. Cette méthode est liée aux notions de sensibilité et de
spécificité : suite à l’élaboration d’un test d’amplification des acides nucléiques à partir des meilleures
technologies biochimiques dont un laboratoire dispose, le test doit être essayé sur du matériel clinique,
ce qui peut affecter sévèrement la spécificité de la biochimie. Les tests d’amplification des acides
nucléiques sont incapables de différencier les virus infectieux de ceux qui ne le sont pas, ce qui pose
un problème considérable pour l’application à des virus émergents mais revêt une importance moindre
dans les premières phases de détection.

Mme Zambon rappelle que le processus de développement puis d’évaluation des performances des
tests de diagnostic repose sur de nombreux éléments différents, parmi lesquels la disponibilité des
matériaux et la nécessité d’un système d’assurance, ainsi qu’une documentation soutenant le projet.
Il y a là une opportunité de s’intéresser à la façon dont les individus et les institutions disposant d’une
expertise en métrologie peuvent contribuer à répondre aux situations d’urgence entraînées par
l’émergence de nouveaux virus chez l’homme, en particulier dans les domaines de l’assurance,
de la documentation et du développement de logiciels.

Lors du développement d’un nouveau test, particulièrement pendant la phase de biochimie, l’attention
doit être portée en priorité à la détermination de la limite de détection du test étudié. Mme Zambon
présente l’exemple de la détermination des limites de détection à partir de l’ARN génomique du
coronavirus responsable du SRAS et de l’ARN transcrit in vitro spécifique au nouveau coronavirus
découvert en 2019. Les travaux sur la limite de détection sont essentiels pour éviter les faux positifs et les
faux négatifs qui peuvent tous deux entraîner des difficultés pour les systèmes de santé aux différents
stades d’une pandémie. Aux premiers stades d’une pandémie, lors des première détections d’urgence de
nouvelles infections, les faux négatifs posent des difficultés car ils font passer certaines infections sous
les radars. Dans les phases suivantes, ce sont les faux positifs qui deviennent problématiques.
Mme Zambon explique que la réplication virale a une cinétique complexe. Des recherches menées à
l’Imperial College (Royaume-Uni) depuis 2020 s’intéressent à la relation entre la détection par
amplification des acides nucléiques et la détection par virus infectieux dans le cas du SARS-CoV-2.
Les chercheurs ont découvert que la quantité de particules virales infectieuses détectées était beaucoup
moins importante que la quantité d’ARN viral détecté. Cette relation est importante du point de vue du
contrôle de l’infection et particulièrement pertinente en raison des différences de sensibilité d’un test à
l’autre. L’immunochromatographie est fondée sur la détection de protéines virales et ne nécessite pas
d’étape d’amplification du signal. D’autres tests, comme l’amplification isothermique médiée par les
boucles, reposent sur une amplification isothermique avec une cinétique différente de celle de la PCR.
L’immunochromatographie, l’amplification isothermique médiée par les boucles et la PCR sont toutes
capables de détecter les virus mais avec des sensibilités différentes.
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 101

Mme Zambon ajoute que l’état actuel de la réglementation concernant la polio entraîne des conséquences
sur le développement des tests de diagnostic. L’OMS a récemment présenté la 4e édition de son plan
mondial d’action pour l’éradication du poliovirus (GAP IV), un règlement concernant la gestion des
risques biologiques destiné à soutenir l’éradication de la polio. GAP IV appelle à mettre fin à toutes les
activités pouvant propager le virus, à transférer ou à détruire tout matériel renfermant du poliovirus, et à
interdire le stockage de matériels contenant du poliovirus ainsi que l’utilisation d’acides nucléiques
endogènes. Les pays concernés par le règlement GAP IV sur la gestion des risques biologiques devront
développer des matrices alternatives afin d’améliorer leurs tests de diagnostic. Les pays étant soumis à
d’autres règlements, comme l’ACDP (Advisory Committee on Dangerous Pathogens) au Royaume-Uni,
auront la possibilité de continuer à travailler avec des souches du virus. En revanche, la plupart des pays
suivant un programme d’éradication de la polio devront suivre le GAP IV.

Mme Zambon conclut en ajoutant que certaines des idées mentionnées dans sa présentation ont fait
l’objet de débats avec le CCQM afin de mettre au point une feuille de route sur la préparation
métrologique pour répondre à une pandémie de maladie infectieuse. Le but des discussions concernant
cette feuille de route est de combler certaines lacunes qui ont été identifiées et de répondre aux besoins
en matière d’assurance de la qualité. Des besoins ont été définis afin de mieux être préparés à de futures
pandémies, y compris sur les plans de la méthodologie et de la production. Il existe également des
besoins en matière d’analyse qui concernent le développement de logiciels et la rédaction d’une
documentation nécessaire à un changement d’échelle rapide.
Le président remercie Mme Zambon pour sa présentation pré-enregistrée. M. Julian Braybrook,
président du Groupe de travail du CCQM à l’origine de la feuille de route sur la préparation
métrologique pour répondre à une pandémie de maladie infectieuse est invité à résumer les points
essentiels de cette feuille de route ainsi que les actions prévues pour les quinze prochains mois.

M. Braybrook remercie toutes les personnes ayant contribué au développement de la feuille de route et
rappelle qu’elle est le fruit d’un effort commun. Il ajoute qu’un certain nombre de recommandations
sont nées du développement de la feuille de route et qu’elles peuvent être regroupées ainsi : besoins en
matière de contrôle de la qualité, lacunes, future préparation. Un groupe spécifique a été créé pour
travailler sur certaines des questions déjà identifiées et ce jusqu’à décembre 2023. Un des résultats
souhaités serait de disposer de solutions métrologiques déployables rapidement. Des simulations seront
effectuées afin de démontrer l’aptitude de la communauté de la métrologie à répondre à de futures
pandémies le plus rapidement possible. La communauté de la métrologie a réagi au SARS-CoV-2 en
l’espace de quatre mois à partir du moment où elle en a eu la capacité, c’est-à-dire neuf mois après le
début de la pandémie. Mme Zambon a souligné que des solutions étaient à l’étude afin de permettre
une réponse en moins d’un mois. Les exercices devront permettre de démontrer les capacités et de
trouver des solutions dans les domaines qui présentent encore des lacunes. Le groupe spécifique doit
examiner des approches reposant sur la normalisation qui pourront être utilisées au moment de définir
les spécifications minimales acceptables pour que des produits soient utilisables par l’industrie des
diagnostics in vitro. Une dernière difficulté réside dans la façon de transférer, déployer, et maintenir
les capacités qui ont déjà été développées et dans les solutions à adopter pour les étendre à l’intégralité
de la communauté de la métrologie, y compris les organisations régionales de métrologie. Ce projet
devrait prendre la forme de lignes directrices et de ressources de formation qui seront disponibles à
partir du milieu de 2023 sur le site web du BIPM.

Le président remercie M. Braybrook et demande s’il y a des questions.


M. Milton pose une question à M. Braybrook, M. Park (président du CCQM) et M. Wielgosz (secrétaire
exécutif du CCQM) quant au processus utilisé pour établir la feuille de route. Il ajoute qu’il s’agit d’un
nouveau moyen pour les comités consultatifs du CIPM de consulter rapidement les laboratoires nationaux
102 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

de métrologie afin d’obtenir un consensus, des avis, ouvrir une discussion et mettre en commun
différentes difficultés et conceptions opposées. M. Milton demande s’il s’agit d’un mécanisme que les
autres comités consultatifs pourraient adopter dans les domaines où les nouveaux besoins des parties
prenantes posent des difficultés. M. Braybrook répond qu’il s’agit là d’une possibilité. Ce processus a
réuni des représentants des pays qui ont joué un rôle important au début de la réponse face à l’épidémie
de SARS-CoV-2, bien que toutes les parties n’aient pas été impliquées. Cela a permis d’effectuer des
déploiements plus rapides. M. Braybrook ajoute que le CCQM a fréquemment recours à des groupes
spécifiques, qui permettent de réaliser des travaux en prévision d’un besoin futur et non après-coup.

20. Rapport de l’AIEA sur les activités de liaison

Mme Zakithi Msimang, radiophysicienne médicale et responsable du réseau des laboratoires


secondaires d’étalonnage pour la dosimétrie (LSED) à la section de la dosimétrie et de la radiophysique
médicale de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), donne une présentation invitée sur
la collaboration entre l’AIEA et le BIPM.
L’AIEA s’efforce de hâter et d’accroître la contribution de l’énergie atomique à la paix, la santé et la
prospérité dans le monde entier. En collaboration avec ses 173 États Membres et ses nombreux
partenaires dans le monde, elle œuvre à la promotion de l’utilisation sûre, sécurisée et pacifique des
technologies nucléaires. Le travail de l’AIEA s’organise autour de trois piliers : les garanties et la
vérification, la sûreté et la sécurité nucléaires, la science et la technologie nucléaires. L’AIEA remplit
son mandat à l’aide de six départements, cette présentation s’intéressant particulièrement au travail du
département des sciences et des applications nucléaires. Ce département rassemble la division des
laboratoires de l’environnement marin, celle de la santé humaine et celle des sciences physiques et
chimiques. Le laboratoire de l’environnement marin interagit avec le CCQM en participant à ses
groupes de travail, aux comparaisons et à l’élaboration de certains documents de référence utilisés par
les États Membres. La division des sciences physiques et chimiques s’intéresse aux mesures de
neutrons et participe aux activités du CCRI. Le département des sciences et des applications nucléaires
gère douze laboratoires situés à Seibersdorf (Autriche), Vienne et Monaco.

La division de la santé humaine de l’AIEA a pour mission de renforcer la capacité des États Membres
à répondre aux besoins en matière de prévention, de diagnostic et de traitement des problèmes de santé
à l’aide de techniques nucléaires. Les quatre sections de la division sont les suivantes : radiobiologie
appliquée et radiothérapie, dosimétrie et radiophysique médicale, médecine nucléaire et imagerie
diagnostique, études de nutrition et écologie sanitaire. La section de la dosimétrie et de la radiophysique
médicale comprend un groupe sur la physique médicale, un laboratoire de dosimétrie, le secrétariat du
réseau AIEA/OMS de laboratoires secondaires d’étalonnage pour la dosimétrie (LSED) et un groupe
dédié à l’éducation et à la formation. Ce dernier est chargé de former les États Membres à la mise en
œuvre des technologies nucléaires à des fins médicales de diagnostic radiologique et de radiothérapie.

Le groupe de physique médicale élabore et harmonise des lignes directrices sur les différents aspects
physiques et techniques du contrôle qualité afin d’encourager une utilisation sûre et efficace des
rayonnements dans le domaine médical. Le laboratoire de dosimétrie offre des services d’étalonnage et
d’audit aux États Membres. Seuls les États Membres du réseau LSED ainsi que certains hôpitaux dans
les pays ne disposant pas de laboratoire peuvent bénéficier des services d’étalonnage. Le réseau
AIEA/OMS de LSED dispose de 88 laboratoires situés dans 75 États Membres. Le réseau compte
également 16 laboratoires primaires d’étalonnage pour la dosimétrie (LPED) comme membres affiliés
ainsi que cinq organisations partenaires dont le BIPM. Le réseau de LSED a pour objectif de garantir
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 103

l’exactitude, la traçabilité et la cohérence des mesures et de promouvoir une coopération entre les
utilisateurs et une harmonisation des normes utilisées pour les mesures. L’AIEA assure la traçabilité de
ses mesures via le BIPM et elle ne réalise que des étalonnages de chambres d’ionisation. L’AIEA a
étalonné 693 chambres d’ionisation dans 77 États Membres depuis 2010. Au total, 7 172 coefficients
d’étalonnage ont été calculés et utilisés par les LSED pour étalonner des équipements dans des hôpitaux.

Mme Msimang rappelle que l’AIEA a signé le CIPM MRA en 1999 et pris part, en 2003, à l’audit des
laboratoires de rayonnements ionisants du BIPM. Le BIPM et l’AIEA ont signé un protocole d’accord
en juin 2012 qui permet au Département des rayonnements ionisants du BIPM d’utiliser un irradiateur
dans les locaux de l’AIEA. L’AIEA participe à tous les groupes de travail du CCRI et à certains des
groupes du CCQM. M. David Burns, du Département des rayonnements ionisants du BIPM,
est membre du comité scientifique du réseau AIEA/OMS de LSED qui passe en revue et établit la
stratégie de la section de dosimétrie et de radiophysique médicale.
L’AIEA forme ses États Membres à diverses activités et produit des documents d’orientation utilisés
pour réaliser des mesures au sein des hôpitaux. L’International Symposium on Standards and Codes of
Practice in Medical Radiation Dosimetry (Congrès international sur les normes et les codes de pratique
en dosimétrie médicale), qui s’est tenu en 2002, 2010 et 2019, est le seul évènement à réunir des
chercheurs issus des laboratoires (LPED et LSED) et des radiophysiciens médicaux des hôpitaux.
Le congrès porte sur les normes, les applications et le contrôle de la qualité en matière de dosimétrie
médicale. Les experts du Département des rayonnements ionisants du BIPM ont participé activement
aux congrès, en donnant en particulier leurs vues sur des aspects techniques et sur le CIPM MRA.
Cette promotion de la métrologie est essentielle car certains LSED n’ont aucune connaissance en
métrologie. Certains ne connaissent pas non plus l’infrastructure de la qualité car ils appartiennent au
cadre réglementaire. L’action du BIPM a permis à un nombre croissant de LSED de mieux comprendre
le fonctionnement du CIPM MRA et de l’infrastructure de la qualité. En retour, les LSED concernés
ont été désignés par leurs laboratoires nationaux de métrologie. L’AIEA publie notamment des codes
de pratique en dosimétrie, des directives pour les mesures de rayonnements et des directives pour
l’assurance et le contrôle de la qualité. Le personnel du Département des rayonnements ionisants du
BIPM participe de manière significative à la rédaction et à l’examen de nombreux documents,
en particulier en matière de radiologie médicale.

Mme Msimang ajoute qu’au-delà de la collaboration depuis de nombreuses années entre les laboratoires
de dosimétrie et de radiophysique médicale de l’AIEA et le BIPM, il est possible de collaborer dans
d’autres domaines qui pourraient bénéficier aux États Membres. Des collaborations plus importantes
pourraient être envisagées avec le centre mixte FAO/AIEA des techniques nucléaires dans l’alimentation
et l’agriculture, chargé des recherches en matière de sûreté et de contrôles de l’alimentation, ou avec la
division des sciences physiques et chimiques, en charge des données nucléaires.

Le président remercie Mme Msimang et demande s’il y a des questions.

M. Milton remercie Mme Msimang et demande si cette collaboration avec le centre mixte FAO/AIEA
des techniques nucléaires dans l’alimentation et l’agriculture pourrait être établie avec le CCRI. Mme
Msimang répond que le sujet intéresserait probablement plus le CCQM. M. Louw, président du CIPM,
ajoute que l’intérêt de cette réponse est de faire écho aux propositions précédentes sur la création de
forums transversaux. Il demande s’il faudrait créer un forum transversal entre le CCRI et le CCQM et
si l’AIEA serait intéressée d’y participer. Mme Msimang répond que certains projets pourraient être
reliés, comme l’observation de l’environnement et les analyses de produits alimentaires pour détecter
la présence de radionucléides.
104 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

21. Rapport du président du CCRI

M. Martyn Sené, président du Comité consultatif des rayonnements ionisants (CCRI), présente son
rapport sur les activités du CCRI depuis la 26e réunion de la CGPM (2018).

Résumé du rapport du CCRI


De 2019 à 2022, le CCRI a poursuivi son objectif, à savoir permettre à tous les utilisateurs de
rayonnements ionisants de réaliser des mesures en toute confiance à un niveau d’exactitude qui
convient à leur usage, et ce afin d’exploiter le plein potentiel des rayonnements ionisants tout en en
réduisant au maximum les risques. Le CCRI et ses trois sections centrées chacune sur des aspects
spécifiques de la métrologie des rayonnements ionisants ont continué à travailler avec la communauté
de la métrologie et avec un grand nombre d’utilisateurs finaux et de parties prenantes afin de s’assurer
que le CCRI tient compte de leurs besoins et collabore avec eux pour accomplir sa mission.

De 2019 à 2022, le CCRI a accueilli cinq nouveaux membres, un nouvel observateur et deux nouveaux
organismes de liaison. Le CCRI compte au total 48 laboratoires et organisations qui participent à ses
réunions plénières ou à celles de ses sections.

L’activité du CCRI requiert une énorme quantité de travail afin de maintenir l’intégrité, la validité et
l’utilité des CMCs dans le domaine des rayonnements ionisants et d’améliorer certaines des données
fondamentales qui les étayent. La contribution du BIPM à ce travail est à souligner : 80 % des
110 comparaisons réalisées entre 2019 et 2022 étaient des comparaisons bilatérales du BIPM.

Parmi les principales réalisations du CCRI au cours des quatre années passées figurent les suivantes :

− un groupe de travail rassemblant des métrologistes et des parties prenantes de la communauté


médicale a été créé afin d’examiner les questions de mesure soulevées par l’évolution rapide
des domaines de la thérapie par radionucléides et de l’imagerie nucléaire quantitative ;
− un nouveau groupe spécifique en collaboration avec le Comité consultatif d’électricité et
magnétisme (CCEM) étudie l’introduction de nouvelles technologies de mesure des faibles
courants des chambres d’ionisation utilisées pour les mesures d’activité de radionucléides
étalons, ainsi que pour des applications médicales et de protection des rayonnements ionisants ;
− une coopération avec le Comité consultatif pour la quantité de matière : métrologie en chimie
et biologie (CCQM) vise à comprendre comment tirer parti des évolutions métrologiques dans
la spectrométrie de masse afin d’utiliser cette technique dans les mesures de radionucléides
de faible activité (par exemple dans l’environnement) ou de longue durée de vie (par exemple
dans les déchets nucléaires ou dans le cadre de la criminalistique nucléaire).

Les contraintes imposées par la pandémie de Covid-19 sur l’organisation du travail ont permis de mettre en
place de nouvelles méthodes virtuelles de communication et d’implication de la communauté. Ainsi,
une série de webinaires a permis de rassembler les parties prenantes et les métrologistes du monde entier,
avec un total pour 17 webinaires de 1 277 participants venant de 89 États et Entités économiques. Le CCRI
a créé un Groupe de travail sur la communication afin de continuer à utiliser, entre autres, ces nouvelles
méthodes (en personne et en ligne) pour soutenir le CCRI dans l’accomplissement de sa mission.

À l’avenir, le CCRI continuera à relever des défis mais devra également s’engager dans la révolution
numérique, notamment en intégrant le cadre numérique du SI à la métrologie des rayonnements
ionisants. Les évolutions technologiques, telles que les réacteurs nucléaires de conception innovante et
la transition de la production d’énergie par fusion nucléaire de la R&D vers son application
commerciale, créeront de nouvelles exigences.
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 105

Le succès et l’impact du CCRI sont le fruit du travail d’un grand nombre de personnes de la
communauté mondiale des rayonnements ionisants, dont il faut souligner l’engagement et saluer la
contribution.

Domaine de compétence du CCRI


Les rayonnements ionisants continuent à être utilisés dans le monde entier dans de nombreuses
applications utiles dans les domaines de la santé, de la recherche, de la production et la caractérisation
de matériaux, et du soutien à des sources d’énergie fiables (décarbonées). Néanmoins,
les rayonnements ionisants sont également connus pour les dommages physiques et matériels qu’ils
peuvent entraîner, dont le risque de cancer. La vision et la mission du CCRI, ainsi que la mission du
Département des rayonnements ionisants du BIPM, reconnaissent et traduisent le rôle important du
CCRI en la matière.

Vision du CCRI
La vision du CCRI est celle d’un monde où des mesures exactes et scientifiquement rigoureuses
permettent d’utiliser les rayonnements ionisants au bénéfice de la santé, de l’industrie et de la
technologie avec l’assurance que les risques associés sont réduits au maximum.

Mission du CCRI

La mission du CCRI est de discuter des étalons de mesure nationaux dans le domaine des
rayonnements ionisants ainsi que d’encourager, de permettre et de coordonner leur
développement, leur comparaison et leur promotion. Le CCRI a pour objectif de permettre à
tous les utilisateurs de rayonnements ionisants de réaliser des mesures en toute confiance et à
un niveau d’exactitude pertinent.

Mission du Département des rayonnements ionisants du BIPM

La mission du Département des rayonnements ionisants est de soutenir le CCRI afin qu’il
exécute sa mission, de promouvoir le travail de la communauté internationale de la
métrologie, et de fournir des services aux laboratoires nationaux de métrologie et laboratoires
désignés qui peuvent être centralisés de manière efficace.

En novembre 2022, le CCRI comptait 13 membres, quatre organismes de liaison et dix observateurs.
Au cours de la période de quatre ans qui a suivi la 26e réunion de la CGPM, le CCRI a accueilli cinq
nouveaux membres, un nouvel observateur et deux nouveaux organismes de liaison. Le travail du CCRI
s’appuie sur trois « Sections » centrées chacune sur des aspects spécifiques de la métrologie des
rayonnements ionisants. De 2019 à 2022, huit groupes de travail ou groupes spécifiques ont dédié leur
travail à des questions particulières de la métrologie des rayonnements ionisants. Le directeur du
Département des rayonnements ionisants du BIPM est secrétaire exécutif (d’office) du CCRI.

Stratégie
L’actuelle stratégie du CCRI a été élaborée par les membres du CCRI en consultation avec l’ensemble de
la communauté métrologique des rayonnements ionisants, ainsi que par ses parties prenantes clés : elle a
été publiée pour la première fois en 2018, puis mise à jour en juin 2021 à la suite d’une vaste consultation
visant à prendre en considération les nouvelles évolutions dans le domaine de la métrologie des
rayonnements ionisants et leurs applications par les parties prenantes. La stratégie s’inscrit dans le cadre
de la révision stratégique plus vaste menée par le CIPM et qui sera présentée en détail lors de la
27e réunion de la CGPM.
106 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

La stratégie définit les principaux défis scientifiques, économiques et sociétaux, ainsi que les évolutions
de la science, des technologies et des applications des rayonnements ionisants qui déterminent le travail
du CCRI. Ainsi, cinq objectifs stratégiques de haut niveau ont été fixés :
− améliorer la comparabilité mondiale des mesures ;
− renforcer les capacités de laboratoires nationaux de métrologie et laboratoires désignés de
moindre envergure ;
− faire évoluer l’état de l’art concernant les questions identifiées par les parties prenantes comme
offrant un avantage pour les laboratoires nationaux de métrologie et laboratoires désignés et
pour le BIPM ;
− étendre la couverture des services étayés par des CMCs ;
− coordonner la mise en place du cadre numérique du SI dans le domaine de la métrologie des
rayonnements ionisants.

Activités et réalisations depuis la précédente réunion de la CGPM


Comparaisons/CMCs

L’activité du CCRI requiert une énorme quantité de travail afin de maintenir l’intégrité, la validité et
l’utilité des CMCs dans le domaine des rayonnements ionisants et d’améliorer certaines des données
fondamentales qui les étayent. Le CCRI s’est employé à se défaire d’obstacles rencontrés par les
laboratoires nationaux de métrologie lorsqu’ils soumettent des CMCs entre différentes régions, et ce à
toutes les étapes du processus. Une évolution importante, accomplie par le Groupe de travail sur les
CMCs en collaboration avec les organisations régionales de métrologie, a été de mettre en place un
tutoriel en ligne sur la façon d’entrer les déclarations de CMCs en métrologie des rayonnements
ionisants. Ce tutoriel fait désormais partie du matériel de formation et d’apprentissage en ligne mis à
disposition par le BIPM.

Le tableau ci-après synthétise les activités du CCRI en matière de comparaisons au cours de la période
2020-2023 (y compris les comparaisons qui devraient s’achever lors de la dernière année du
programme de travail) par rapport à la période précédente (2016-2019).

Dotation 2020-2023 Dotation 2016-2019

Terminée(s) En cours Programmée(s) Total Terminée(s) En cours Total

CCRI clé 1 2 2 5 4 4

supp. 1 3 4 2 1 3

RMO clé 8 8 6 6

supp. 2 2 2 6 6 6

BIPM 24 35 28 87 54 10 64

Ces données montrent que le nombre total de comparaison pour 2020-2023 devrait être
considérablement plus élevé que pour 2016-2019. Cette augmentation résulte en grande partie, mais
pas en totalité, du nombre important (et croissant) de comparaisons bilatérales conduites par le BIPM
(environ 80 % du total). L’importance et la valeur de ce travail, comme d’autres activités du
Département des rayonnements ionisants du BIPM, sont révélées au travers des réponses à la
consultation entreprise dans le cadre de l’élaboration de la stratégie du CCRI.
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 107

Par ailleurs, le nombre de publications liées aux comparaisons 18 a augmenté de façon considérable.
En octobre 2022, le nombre total de CMCs dans le domaine des rayonnements ionisants enregistrées dans
la KCDB est de 3 779, ce qui correspond à une légère baisse (autour de 5 %) par rapport au nombre de
CMCs fin 2019. C’est le résultat d’un rééquilibrage effectué parmi les nouvelles CMCs des trois sections et
d’un travail visant à réduire ou regrouper des catégories de CMCs (en particulier celles des sections II et III).

De plus amples détails sur ce travail (ainsi que sur le soutien apporté par le BIPM) sont donnés ci-après
dans les rapports des trois sections du CCRI.

Section I du CCRI : Rayons x et gamma, particules chargées


(Président : Malcolm McEwen, vice-président : Massimo Pinto)
La Section I du CCRI supervise un programme de comparaisons robuste qui s’appuie sur les laboratoires
des rayonnements ionisants du BIPM. Les comparaisons clés BIPM.RI(I) K1 à K9 sont toutes conduites
sous la forme de comparaisons bilatérales entre le laboratoire participant et le BIPM, ce qui fonctionne
parfaitement. Au cours de la période 2020-2023, il a été convenu de lancer une nouvelle comparaison clé,
K9, sur la détermination de la dose absorbée dans l’eau pour les faisceaux de rayons x de moyennes
énergies. Cette comparaison clé concerne l’utilisation continue de ces faisceaux de rayonnement dans la
thérapie contre le cancer ; les incertitudes actuelles sur le lieu d’utilisation peuvent être considérablement
réduites par cette nouvelle comparaison / ce nouvel étalon. Les organisations membres continuent à
travailler sur des étalons pour d’autres modalités de faisceau, en particulier les faisceaux d’électrons,
de protons et d’ions légers de hautes énergies, et des discussions sont en cours quant à un calendrier
approprié pour le lancement de comparaisons clés pour ces faisceaux. Une comparaison supplémentaire
a été menée avec succès par la Section I du CCRI : elle concerne la dosimétrie dans le domaine des
procédés industriels (comme la stérilisation de matériel médical). Aspect inédit de cette comparaison,
le laboratoire pilote (CRNC, Canada) n’a pas fait partie des participants, ce qui a permis de mieux
comprendre les options de pilotage de futures comparaisons.

Section II du CCRI : Mesure des radionucléides


(Présidente : Lisa Karam, vice-présidente : Freda van Wyngaardt)

Les comparaisons de la Section II du CCRI ont connu une expansion des capacités de support du BIPM
aux mesure mondiales. En plus des radionucléides 99mTc, 18F, 64Cu et 11C, les mesures réalisées à l’aide
de l’instrument de transfert du Système international de référence (SIRTI), utilisable depuis 2021 en
connexion à distance, couvrent une plus large variété d’éléments(comme 123I, 153Sm, et en préparation
: 13N, 56Mn, 68Ga, et 166Ho). Des projets de versions régionales du SIRTI et l’extension du soutien du
BIPM concernant les mesures de sources émettrices de particules beta (puis dans le futur d’émetteurs
alpha) à l’aide du SIR étendu (ESIR) sont prévus après 2022. Des plans stratégiques au sujet d’autres
comparaisons d’activité de radionucléides sont élaborés à partir d’un programme de cycles de
comparaisons sur dix ans, ainsi que de la « matrice des méthodes de mesure » (MMM).

Du point de vue administratif, la Section II du CCRI a révisé et réduit le nombre de catégories de


service pour les CMCs concernant les radionucléides afin d’optimiser leur saisie et leur examen ;
elle a également préparé plusieurs documents d’interprétation (« Guidance on Applying the MMM in
Using Comparison Results to Support CMCs », « The Interpretation of CMCs » et « An Interpretation
of CIPM MRA-G-11: Implications and Impacts for CCRI ») afin d’adapter les directives du CIPM
MRA au contexte de la métrologie des rayonnements ionisants. La Section II élabore une proposition
sur la façon de faire évoluer les CMCs en métrologie des radionucléides afin de passer de l’approche

18
En trois ans, de 2020 à 2022, le nombre de rapports de comparaison dans le domaine des rayonnements ionisants publiés dans
Metrologia a déjà augmenté de 25 % par rapport à l’ensemble de la période de quatre ans du précédent programme de travail
(2016-2019). En comptant les publications en préparation, cette augmentation pourrait avoisiner les 75 % fin 2023.
108 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

actuelle de catégorisation selon les radionucléides à une catégorisation en fonction de la méthode


(ce travail est effectué au sein du Groupe de travail sur les CMCs en collaboration avec les organisations
régionales de métrologie).

Section III du CCRI : Mesures neutroniques


(Président : Andreas Zimbal, vice-président : Neil Roberts)

La Section III du CCRI, qui constitue un forum pour la métrologie des neutrons, s’est étendue ces
dernières années afin de rassembler la plupart des laboratoires nationaux de métrologie et laboratoires
désignés actifs dans ce domaine. Cela se reflète dans l’augmentation à la fois du nombre de participants
(en particulier du fait de la possibilité de participer en ligne aux réunions) et du nombre de
comparaisons clés ou supplémentaires pilotées par la Section III du CCRI (avec, par conséquent,
un nombre limité d’activités et de comparaisons conduites au niveau régional) : quatre comparaisons
ont été réalisées ou sont en cours pour la période 2019-2022 et deux doivent débuter en 2023-2024.

De 2019 à 2022, un travail a été entrepris afin de réduire le nombre de CMCs en se concentrant sur les
grandeurs de base du domaine, les services complémentaires (grandeurs dérivées) offerts par les
laboratoires nationaux et désignés étant intégrés dans leur système de management de la qualité.

Une autre tâche importante qui découle de la révision de la stratégie du CCRI a été de développer une
réponse afin de pouvoir anticiper les besoins futurs dans le domaine de la métrologie des neutrons.
Cela exigera le développement de nouvelles méthodes de mesure et de nouveaux champs neutroniques
de référence qui, en raison de la nécessité d’avoir recours à des équipements de plus en plus imposants,
doivent souvent être partagés par plusieurs laboratoires. Cela concerne les champs neutroniques de
hautes énergies (>20 MeV), de haute intensité (comme pour la thérapie par capture de neutrons par le
bore, BNCT, ou la fusion nucléaire) et pulsés.

Nouveaux défis et opportunités

En parallèle du travail visant à maintenir l’intégrité, la validité et la pertinence des CMCs des
rayonnements ionisants, la communauté du CCRI a œuvré pour relever les nouveaux défis posés par la
communauté des parties prenantes et se préparer aux évolutions de la métrologie. Lorsqu’un défi ou
une opportunité est identifié, il est courant d’établir des groupes de travail ou (à plus court terme)
des groupes spécifiques rassemblant des experts du monde entier.

Groupe de travail du CCRI sur l’imagerie quantitative et la thérapie par radionucléides

Ce groupe de travail a été créé fin 2019 afin d’examiner les questions métrologiques dans les domaines
en rapide évolution de l’imagerie nucléaire quantitative et de la thérapie par radionucléides.
Il rassemble plus d’une dizaine d’experts internationaux en métrologie des radionucléides et médecine
nucléaire et a pour objectif de développer et promouvoir les bonnes pratiques concernant les mesures
de radioactivité dans la pratique clinique de la thérapie par radionucléides, y compris en ce qui concerne
l’imagerie quantitative et la dosimétrie.

Le groupe de travail a jusqu’à présent organisé trois webinaires du BIPM, dont un en particulier sur la
coopération entre les laboratoires nationaux et désignés et les utilisateurs finaux. Ce webinaire a mis
en contact des représentants d’un laboratoire national de métrologie avec la communauté des
utilisateurs finaux (médecins, physiciens, organismes de réglementation) de trois pays différents,
ce qui a permis d’avoir une meilleure vision des besoins de chaque partie et de mieux comprendre
comment la coopération entre les communautés peut améliorer les soins apportés aux patients.
Les retours concernant les trois webinaires ont été pris en considération pour élaborer le plan d’activité
du groupe de travail pour les années à venir. Il s’agira notamment de développer deux documents
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 109

d’orientation : l’un (prévu pour le milieu de 2023) sur la façon d’établir et maintenir la traçabilité des
mesures pour l’imagerie quantitative, en donnant notamment des directives spécifiques sur la
préparation des fantômes et l’évaluation de l’incertitude, et l’autre sur les questions métrologiques liées
aux nouvelles classes de thérapies fondées sur des émetteurs alpha.

Groupe de travail commun au CCRI et au CCEM sur les mesures de faibles courants

Le groupe de travail a été établi en 2019 en collaboration avec le CCEM afin d’étudier l’introduction
de nouvelles technologies pour mesurer les faibles courants dans des chambres d’ionisation qui sont
largement utilisées dans des applications médicales et de protection des rayonnements ionisants et qui
sont au cœur des systèmes de référence des laboratoires nationaux de métrologie et du Système
international de référence (SIR) du BIPM.
Au sein de la communauté de la métrologie électrique, le développement ces dernières années de pompes à
électrons a accru l’intérêt porté à la métrologie des faibles courants. La nécessité de mesurer ces courants à
des fins de recherche a permis de mieux comprendre les systèmes existants de mesure de faibles courants et
d’en mettre au point de nouveaux. Cette nouvelle technologie offre un certain nombre d’avantages, comme
celui de pouvoir remplacer la plupart des sources de radionucléides à longue durée de vie (par exemple
le 26Ra) par des systèmes à courant stable permettant de contrôler la stabilité des chambres d’ionisation.
Le groupe de travail, qui rassemble 18 experts des mesures électriques et de la métrologie des
radionucléides, a pour objectif de mettre au point et de publier un guide des bonnes pratiques
concernant l’utilisation des mesures de faibles courants pour les chambres d’ionisation.

Collaboration du CCRI et du CCQM sur la spectrométrie de masse en métrologie des


radionucléides

Les méthodes de spectrométrie de masse sont utilisées depuis près de 25 ans par divers laboratoires
comme un moyen de mesurer les radionucléides à longue durée de vie, en particulier dans le cas de
matrices complexes. Toutefois, elles le sont de façon limitée dans le cadre de la métrologie des
radionucléides (en particulier au niveau des laboratoires nationaux de métrologie). Le CCRI
(en particulier la Section II) a engagé une collaboration avec le CCQM afin d’étudier comment la
spectrométrie de masse pourrait répondre à certains besoins métrologiques dans des applications telles
que le démantèlement et la décontamination de sites nucléaires / radiologiques, la surveillance et le
contrôle de la pollution, la sécurité nucléaire et la criminalistique nucléaire, l’évaluation des impuretés
et interférences (en particulier en médecine nucléaire thérapeutique et environnementale), et l’obtention
de données critiques de décroissance nucléaire pour les radio-isotopes à très longue durée de vie.
Un travail initial a été effectué en organisant des réunions visant à présenter et comprendre les besoins et
l’expertise des deux communautés, en lançant une enquête sur l’utilisation de la spectrométrie de masse
dans la communauté du CCRI, et en mettant en place un webinaire pour comprendre le travail en cours
dans certains des laboratoires nationaux et désignés ainsi que leurs futurs plans (y compris les propositions
de recherche). Il est prévu d’organiser un atelier en février 2023 afin de rassembler les communautés du
CCRI et du CCQM et de discuter des possibles utilisations et avantages, ainsi que des défis liés à
l’extension de l’utilisation de la spectrométrie de masse par la communauté des radionucléides.

Groupe spécifique du CCRI sur les sources radioactives et les technologies alternatives
Un groupe spécifique a été mis en place par la Section I du CCRI en 2021 afin d’apporter des réponses
à la charge réglementaire croissante qui pèse sur les sources de radionucléides de haute activité,
éléments essentiels de l’infrastructure de la métrologie des rayonnements ionisants. Les contraintes
réglementaires de plus en plus nombreuses pourraient rendre plus difficile l’obtention et/ou l’utilisation
110 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

de certains isotopes clés dans les laboratoires de métrologie, comme le souligne un rapport des
académies nationales des sciences américaines sur ce sujet 19. Au BIPM, les projets visant à avoir accès
à la source de 137Cs de l’AIEA plutôt que d’installer un équipement à Sèvres et les mesures mises en
place pour diminuer les autres sources détenues sont une réponse à cette tendance à long terme.
Le groupe spécifique a pour objectif de produire en 2023 un rapport sur les implications de ces difficultés
et les options qui s’offrent à la métrologie des rayonnements ionisants puis de le soumettre au CCRI.

Communication
De 2020 à 2022, les contraintes que la pandémie de Covid-19 a imposé sur les activités en personne
ont eu un impact sur le travail du CCRI, avec des annulations d’évènements et des réunions devant être
organisées en ligne. Toutefois, la pandémie a aussi contribué au développement de nouvelles méthodes
numériques de communication et de collaboration avec la communauté des rayonnements ionisants, ce
qui a encouragé cette dernière à explorer de nouveaux outils de communication pour soutenir sa mission
et à réviser son approche de la communication. Ainsi, une série de webinaires a permis de rassembler
les parties prenantes et métrologistes du monde entier. Ces webinaires ont permis d’assurer un transfert
des connaissances et de revoir l’état de l’art de domaines spécifiques ; ils ont constitué un forum où les
parties prenantes ont pu partager les défis métrologiques auxquels ils sont confrontés et où les
métrologistes ont pu présenter des solutions pour y faire face. Au total, 1 277 personnes venant de
89 États et Entités économiques ont participé aux 17 webinaires organisés.
Le CCRI a mis en place un Groupe de travail sur la communication afin de continuer à utiliser, entre
autres, ces nouvelles méthodes (en personne et en ligne) pour soutenir le CCRI dans l’accomplissement
de sa mission. En particulier, étant donné que les restrictions liées à la pandémie sont progressivement
levées dans le monde entier, il est nécessaire de faire le point sur les avantages et les inconvénients des
différents modes de communication, de formations et de réunions, en se demandant par exemple
comment trouver le meilleur équilibre entre la participation accrue permise par les réunions virtuelles
et la profondeur qui caractérise les échanges en face à face.

Perspectives à court terme et à long terme

Le CCRI, par ses activités de coopération directe et par le réseau de l’ensemble de ses membres,
continue à suivre l’évolution des besoins de ses parties prenantes et de ses utilisateurs finaux. Le CCRI
continuera à répondre aux défis, à embrasser les évolutions de la science et de la technologie
métrologiques et à soutenir les laboratoires nationaux de métrologie qui cherchent à renforcer leurs
aptitudes en métrologie des rayonnements ionisants.

Il est attendu que les activités suivantes, qui illustrent l’activité du CCRI depuis 2018, se poursuivent
à court et moyen terme :
− le travail du Groupe du CCRI sur les CMCs en collaboration avec les organisations régionales
de métrologie qui optimise la portée des CMCs dans le domaine des rayonnements ionisants
et maximise leur valeur sans imposer à la communauté qui maintient ces CMCs une charge
de travail déraisonnable ;
− le travail du Groupe de travail commun au CCRI et au CCEM sur les mesures de faibles
courants et du Groupe de travail du CCRI sur l’imagerie quantitative et la thérapie par
radionucléides ;
− le travail du Groupe spécifique du CCRI sur les sources radioactives et les technologies
alternatives ;

19
“Radioactive Sources: Applications and Alternative Technologies” 2021 report from the US National Academies of Sciences,
Engineering and Medicine
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 111

− l’expansion du travail avec le CCQM sur l’application de la spectrométrie de masse en


métrologie des rayonnements ionisants, y compris l’organisation d’un atelier en février 2023 ;
− le travail du Groupe de travail sur la communication pour exploiter les outils de
communication, ceux existants comme ceux à venir, afin de soutenir la mission du CCRI.

Parmi les autres défis qu’il sera nécessaire de relever ces prochaines années figurent les suivants :

− Il sera nécessaire de comprendre les implications de la révolution numérique pour la métrologie des
rayonnements ionisants et de coordonner l’introduction du cadre numérique du SI en métrologie des
rayonnements ionisants. Les défis techniques porteront sur la façon d’intégrer le cadre numérique
du SI à l’utilisation établie des technologies numériques en métrologie des rayonnements ionisants
et aux applications des rayonnements ionisants, et sur la manière dont les membres du CCRI peuvent
étendre l’utilisation des technologies de transformation numérique (comme les rapports de
comparaison comprenant des données numériques, les certificats d’étalonnage électroniques)
au service des communautés de parties prenantes. Le CCRI met en place un groupe de travail sur la
transformation numérique afin de relever ce défi et d’assurer un lien avec le programme global du
CIPM sur le SI. Ce groupe se réunira pour la première fois en 2023.
− À plus long terme, le CCRI prévoit un regain d’intérêt pour l’énergie nucléaire dans certains pays,
ce qui pourrait conduire à des conceptions d’équipement innovants (comme un petit réacteur
modulaire). Il existe également un certain nombre de programmes nationaux et internationaux
visant à accélérer la transition de la production d’énergie par fusion de la R&D vers son
application commerciale. Dans ces deux cas, un soutien métrologique sera nécessaire.

Les stratégies sont des documents vivants qui doivent refléter l’évolution d’un domaine au niveau
mondial, ce qu’illustrent les exemples donnés précédemment. Ainsi, la stratégie du CCRI sera révisée
à nouveau ces prochaines années, parallèlement au travail effectué par le CIPM pour élaborer une
stratégie plus vaste et une vision en amont du 150e anniversaire de la Convention du Mètre en 2025.

Données sur le CCRI

CCRI créé en 1958 (CCEMRI, Comité consultatif pour les étalons de mesure des rayonnements
ionisants de 1958 à 1999)
Président : M. Sené
Secrétaire exécutif : V. Gressier (S. Judge jusqu’en juin 2021)
Composition : 13 membres, 5 organismes de liaison et 10 observateurs
Liste des membres et observateurs : https://www.bipm.org/fr/committees/cc/ccri/members
Réunions depuis la dernière CGPM : 7 juin 2019, 8-10 juin 2021
Rapports complets des réunions : https://www.bipm.org/fr/committees/cc/ccri/publications

Le travail du CCRI s’appuie sur trois « Sections » centrées chacune sur des aspects spécifiques de la
métrologie des rayonnements ionisants :
− Section I Rayons x et gamma, particules chargées
− Section II Mesure des radionucléides
− Section III Mesures neutroniques

Huit Groupes de travail : https://www.bipm.org/fr/committees/cc/ccri


− Groupe de travail commun au CCRI et au CCEM sur les mesures de faibles
courants,
− Groupe de travail de la Section I sur les étalons en curiethérapie
− Groupe de travail sur la communication
112 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

− Groupe de travail de la Section I sur les comparaisons clés


− Groupe de travail de la Section II sur les comparaisons clés
− Groupe de travail sur les CMCs en collaboration avec les organisations
régionales de métrologie
− Groupe de travail sur l’imagerie quantitative et la thérapie par radionucléides
− Groupe de travail ad hoc du CCRI sur la stratégie

Le président remercie M. Sené pour son rapport.

22. Rapport sur les finances du BIPM

M. Richard, président du Sous-comité du CIPM sur les finances, donne un rapport sur la gestion
financière du BIPM au cours de la période de la dotation actuelle (2020-2023) et présente le budget
proposé pour les années 2024 à 2027. Il souligne que la bonne gestion de la part du directeur et de son
équipe, ainsi que les états financiers de 2020 et 2021 qui ont été soumis dans les délais impartis et
audités, illustrent comment les finances du BIPM ont été gérées pendant la période de la dotation
actuelle. Le rapport financier annuel du BIPM est approuvé par le CIPM, sur recommandation du
Sous-comité sur les finances, et audité par un auditeur externe (KPMG).

M. Richard indique que la question de l’accumulation des arriérés a désormais été traitée. La pratique qui
était en place jusqu’en 2012 a conduit à ne pas exclure des États en situation d’arriérés depuis plus de
six ans. Ces États restaient dans une période illimitée de suspension au cours de laquelle ils ne
bénéficiaient pas des avantages et prérogatives et étaient considérés comme accumulant des arriérés.
Il a été mis fin à cette pratique, qui était en contradiction avec l’Article 6 du Règlement annexé à la
Convention du Mètre, en 2013. Le CIPM estime que le montant total versé par chaque État Membre au
cours de cette période était correct et aucune dette n’a été effacée. Le BIPM n’a pas reçu de montant
excédant ce qui aurait dû être réglé, et les montants versés par les États Membres (non débiteurs) ont
toujours été corrects. L’auditeur externe (KPMG) a validé cette conclusion et le CIPM a pris la Décision
CIPM/111-08 (2022) qui met fin à cette question. M. Richard répète que la solution concernant cette
question complexe n’a pas d’incidence sur les paiements effectués par les États Membres, ni sur les
finances du BIPM.

M. Richard revient au thème de la gestion des finances au cours de la période couvrant la dotation actuelle
(2020-2023) et observe que les résultats obtenus jusqu’ici sont meilleurs que le budget approuvé.
Le programme de travail approuvé a été exécuté en totalité en respectant le budget. Cela est dû notamment
à une approche stratégique planifiée concernant l’entretien des bâtiments du BIPM et les dépenses
d’investissement, comme les logiciels et matériels informatiques. Du fait de la pandémie mondiale de
Covid-19, des économies ont été réalisées par rapport au budget prévu concernant les réunions, voyages,
transports et détachements : 697 000 euros en 2020 et 821 000 euros en 2021. Ces économies ont permis au
CIPM d’effectuer un versement de 3 millions d’euros à la Caisse de retraite du BIPM.

M. Richard présente le budget proposé pour les années 2024 à 2027, en rappelant qu’il a été préparé par
le directeur du BIPM et le Service Finances du BIPM. Il note que le plan financier à long terme proposé
repose directement sur la stratégie du BIPM concernant son programme de travail. Le CIPM a précisé
que les fonds seraient utilisés de manière efficiente en se fondant sur les quatre points suivants :

− des économies seront identifiées dans les dépenses de fonctionnement et d’investissement des
laboratoires ;
− des installations hors site seront exploitées lorsque cela présente un avantage financier ;
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 113

− le recrutement de nouveaux membres du personnel en contrat de 5 ans sera privilégié ;


− le recours à des détachements sera favorisé à chaque fois que possible.

M. Richard présente brièvement les dépenses prévues pour 2024-2027, en notant que l’élaboration du
budget repose sur un certain nombre d’hypothèses clés. Il a été considéré que l’augmentation annuelle
de la masse salariale serait de 1,8 % afin de couvrir les promotions et avancements. Cette hypothèse
est appliquée avant toute prise en compte de l’inflation. Les hypothèses concernant l’inflation annuelle
appliquée aux salaires, allocations et dépenses de santé sont les suivantes : 3 % pour 2024 et 2025,
puis 2 % pour 2026 et 2027. Les hypothèses concernant l’inflation appliquée aux services sous contrat
et aux dépenses d’énergie sont les suivantes : 6 % pour 2024 et 2025, puis 4 % pour 2026 et 2027.
Des hypothèses concernant les besoins en personnel ont été émises pour la période 2024 à 2027 car ces
dépenses représentent une part significative du budget. Les besoins supplémentaires en personnel
générés par les activités de transformation numérique seront satisfaits par des gains d’efficacité dans
le déploiement du personnel dans certains postes de soutien. Le plan de recrutement pour la période
2024 à 2027 permettra de corriger un certain nombre de départs à la retraite de personnes détenant des
postes clés : il comprend des actions visant à réorganiser le fonctionnement et la structure
organisationnelle du BIPM, afin d’augmenter l’efficacité de l’exécution du programme de travail,
et poursuit la politique consistant à préférer le recrutement de personnel en contrat à durée déterminée.
Par ailleurs, le CIPM examinera différentes options d’externalisation de certaines fonctions ainsi que
de nouveaux accords de mobilité afin d’encourager les échanges de personnel entre le BIPM et les
laboratoires nationaux de métrologie.

M. Richard précise que le CIPM a examiné les plans financiers à long terme et les hypothèses financières
utilisées, ce qui l’a conduit à demander une augmentation de la dotation pour la période 2024 à 2027 de
1,5 % par an. M. Richard présente les montants de la dotation annuelle qui ont été inclus au Projet de
résolution V « Sur la dotation du Bureau international des poids et mesures pour les années 2024 à 2027 »
et rappelle aux délégués qu’ils auront la possibilité de poser de plus amples questions à ce sujet lors de la
séance à huis clos qui sera organisée l’après-midi du 16 novembre pour les représentants des États Membres.

L’augmentation annuelle proposée de 1,5 % pour les années 2024 à 2027 comprend 1 056 000 euros pour
mettre en place les nouveaux projets liés à la transformation numérique et pour accueillir des détachés à
hauteur de 7,4 équivalents temps plein pour chaque année de la période de quatre ans. M. Richard souligne
que la dotation proposée soutient une « croissance nette de zéro » et que le nombre de membres du personnel
du siège du BIPM n’augmentera pas au cours de la période 2024 à 2027. Pour parvenir à une croissance
nette de zéro tout en augmentant la dotation annuelle de 1,5 % dans une période de forte inflation, il sera
nécessaire de faire des économies dans les dépenses de fonctionnement et d’investissements des laboratoires
afin de les maintenir, pour la période 2024 à 2027, au même niveau (en termes nominaux) que pour la
précédente période. En outre, des mesures d’économies d’énergie seront prises afin de réduire les dépenses
d’électricité et de gaz nécessaires pour le chauffage des bâtiments et la climatisation.
M. Richard indique que le budget pour les années 2024 à 2027 a été élaboré sur la base d’hypothèses
raisonnables et éclairées ; toutefois, ces hypothèses dépendent de l’inflation à venir, ce qui est difficile
à prévoir. Un test de résistance a été effectué afin de déterminer ce qui se passerait si l’inflation est pire
que les meilleures hypothèses utilisées et ce qui pourrait advenir si une augmentation annuelle de la
dotation de 1,5 % n’est pas approuvée. De plus amples détails sur le test de résistance, les différentes
hypothèses et leurs conséquences sont donnés dans le « Document de travail de la CGPM ».

Le président remercie M. Richard pour son rapport et indique que les délégués pourront poser des
questions sur les finances lors de la séance à huis clos. Mme Chambon (France) remercie le CIPM pour
sa vigilance lors de la préparation du budget, ainsi que le directeur du BIPM pour avoir présenté un
budget raisonnable avec néanmoins un programme de travail ambitieux.
114 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

23. Présentation du programme de travail du BIPM pour les années 2024 à 2027

M. Milton, directeur du BIPM, évoque les trois documents de préparation de la 27e réunion de la
CGPM. Il cite notamment le « Document de travail de la CGPM, octobre 2022 », qui présente de façon
synthétique les progrès réalisés concernant le programme de travail 2020-2023, les propositions
concernant le programme de travail 2024-2027, et la dotation proposée pour les années 2024 à 2027.
Le document « Projets proposés dans le programme de travail du Bureau international des poids et
mesures pour les années 2024 à 2027 » présente les propositions de façon complète. Le plan financier
du BIPM pour 2024-2027 a été développé par le directeur du BIPM et le président du Sous-comité du
CIPM sur les finances puis examiné par le CIPM lors d’une réunion en ligne en mars 2022.

M. Milton explique le processus d’élaboration et de consultation suivi pour chacun des trois documents
et indique comment il a collaboré avec le CIPM pour finaliser les documents. La première approche lors
de l’élaboration du plan stratégique « Strategic Plan for the BIPM Work Programme (2022) » a été
d’utiliser les éléments fournis dans les stratégies des dix Comités consultatifs et dans celle du CIPM afin
de développer, en avril 2021, un projet de stratégie pour le programme de travail du BIPM. M. Milton
ajoute que le développement des stratégies des Comités consultatifs a exigé du personnel des laboratoires
nationaux de métrologie un investissement en termes de temps et que ces stratégies sont une ressource
utile concernant de nombreuses applications, outre l’intérêt qu’elles ont eu lors de l’établissement de la
stratégie pour le programme de travail. Le projet de stratégie a été examiné par le Sous-comité du CIPM
sur la stratégie puis publié pour examen et commentaires. Le document final « Strategic Plan for the BIPM
Work Programme (2022) » est ainsi soumis à la CGPM.

M. Milton indique que le point de départ de l’élaboration du plan stratégique « Strategic Plan for the
BIPM Work Programme (2022) » a été de mettre en œuvre les objectifs du BIPM adoptés par la CGPM
à sa 26e réunion (2018) dans la Résolution 3. Pour résumer, le BIPM a pour objectif de représenter la
communauté métrologique internationale, d’être un centre de collaboration scientifique et technique,
et de coordonner le système mondial de mesure en mettant en place les activités nécessaires, telles que
la base de données du CIPM MRA. Les objectifs doivent être étayés par des actions dans le domaine
du renforcement des capacités et du transfert des connaissances. M. Milton précise, qu’il a été convenu,
dès le départ, que le développement du plan stratégique devait tenir compte de certains défis clés à
relever. Il s’agit en particulier : des défis et possibilités que génère la transformation numérique dans
tous les domaines du BIPM ; des opportunités identifiées dans les stratégies des Comités consultatifs ;
du besoin continu de fonctionner selon une « nouvelle normalité » en ayant recours à de nouveaux
mécanismes pour interagir avec les laboratoires nationaux de métrologie, les organisations régionales
de métrologie et d’autres parties prenantes clés et d’utiliser ces outils et modes d’interaction pour
améliorer autant que possible le travail du BIPM ; et de l’intégration des activités de renforcement des
capacités et de transfert des connaissances dans toutes les composantes du programme de travail.
Le projet de stratégie a été publié puis soumis pour commentaires en septembre et octobre 2021.
Onze laboratoires nationaux de métrologie ont envoyé des commentaires et le BIPM a répondu à
chacun pour expliquer comment la stratégie serait adaptée pour tenir compte des observations.
Le document de stratégie a ensuite été examiné et approuvé par le CIPM.
L’élaboration du document « Projets proposés dans le programme de travail du Bureau international des
poids et mesures pour les années 2024 à 2027 » a pris en considération les priorités suivantes : identifier
les activités de la plus haute valeur requises par les États Membres ; examiner le travail technique
nécessaire dans le domaine de la métrologie en physique au siège du BIPM suite à la décision de redéfinir
les unités de base du SI adoptée par la CGPM à sa 26e réunion (2018) ; équilibrer les ressources affectées
aux trois objectifs stratégiques (liaison, collaboration technique et coordination) avec des activités de
renforcement des capacités et de transfert des connaissances et avec des activités liées à la transformation
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 115

numérique ; et élaborer un plan financier à long terme soutenable jusqu’en 2027. M. Milton souligne que
le fondement des activités du siège du BIPM continuera d’être le travail effectué par le personnel dans les
domaines de la liaison, de la coordination et de la collaboration technique, avec des activités techniques
limitées à celles où le siège du BIPM joue un rôle spécifique et qui apportent un soutien direct à de
nombreux États Membres, voire à tous. Le projet de document a fait l’objet d’une consultation en mai et
juin 2022. Huit laboratoires nationaux de métrologie ont soumis des commentaires sur ce projet de
programme de travail et le projet révisé a ensuite été proposé au CIPM pour approbation.

M. Milton indique que le document « Projets proposés dans le programme de travail du Bureau
international des poids et mesures pour les années 2024 à 2027 » comprend 145 activités. Le siège du
BIPM prévoit de pouvoir exécuter l’ensemble des activités présentées dans le document de consultation
si l’augmentation annuelle de 1,5 % de la dotation est approuvée. M. Milton présente certains des
projets majeurs du programme de travail pour chacun des départements. Le Département de la
métrologie en physique continuera à coordonner la comparaison des réalisations primaires du
kilogramme et à gérer la valeur de consensus pour la dissémination de l’unité de masse à partir des
étalons de travail du BIPM. Le département poursuivra la mise au point d’un étalon de résistance de
Hall quantifiée à base de graphène afin de réduire les coûts des comparaisons sur site et de simplifier
les opérations de transport. Le Département du temps développera les meilleures méthodes de
comparaison de temps et de fréquences afin d’intégrer de nouveaux étalons de fréquence optiques au
calcul de l’UTC et afin de soutenir les progrès concernant la feuille de route pour la redéfinition de la
seconde du SI. Il coopérera avec l’Union internationale des télécommunications (UIT) ainsi qu’avec
d’autres organisations internationales et parties prenantes afin de définir un futur UTC continu,
conformément au Projet de résolution D. Le Département de la chimie réalisera cinq nouvelles
comparaisons sur demande d’étalons de mesure des gaz à effet de serre et des gaz ayant un impact sur
la qualité de l’air ; il élargira la gamme de comparaisons de matériaux organiques des molécules de
petite taille, ainsi que les activités de transfert des connaissances associées, aux anticorps monoclonaux.
Le Département des rayonnements ionisants étendra ses services de comparaison, réalisés hors site, à
un nouveau champ de rayonnements prioritaire afin de répondre à l’utilisation croissante de nouveaux
faisceaux en radiothérapie. En outre, le département lancera un Système de référence international
(SIR) de nouvelle génération pour des comparaisons de radionucléides émetteurs de rayonnement
gamma à l’aide de nouvelles technologies de mesure des faibles courants, ce qui répondra aux besoins
dans les domaines de la médecine nucléaire et de la surveillance de l’environnement.

M. Milton présente un graphique indiquant les objectifs de participation aux activités du BIPM, ainsi
que des données historiques, pour le précédent programme de travail (2016-2019), l’actuel (2020-2023)
et le prochain (2024-2027). Il note que la participation mesurée par le nombre de comparaisons
coordonnées et d’étalonnages réalisés varie en fonction de chaque département. On observe une
augmentation presque linéaire du nombre de comparaisons et d’étalonnages effectués par le
Département de la métrologie en physique entre le précédent programme de travail et le prochain.
Le défi pour le Département du temps ne concerne pas en premier lieu le fait d’intégrer de nouvelles
horloges au système mais la façon d’étendre les activités de renforcement des capacités afin de soutenir
les laboratoires qui participent pour la première fois au calcul de l’UTC, le but étant qu’ils puissent
intégrer leurs données au système avec autant de facilité et d’exactitude que possible. Le Département
de la chimie devrait continuer à voir les participations augmenter et on note une augmentation
importante des nouvelles comparaisons d’isotopes du CO2. Il est prévu que les participations
augmentent concernant le Département des rayonnements ionisants ; les participations pour la période
2020-2023 ont souffert de la disponibilité limitée pendant 18 mois d’un équipement hors site en raison
de la pandémie de Covid-19.
116 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

Le point clé du programme de travail proposé concernant les activités de coordination et de relations
institutionnelles est d’explorer des modèles permettant de faciliter la participation des États qui ne
prennent pas encore part aux activités du BIPM afin d’étayer le Projet de résolution F « Sur l’adhésion
universelle à la Convention du Mètre ». Il s’agira d’effectuer des recherches sur la façon dont d’autres
organisations s’engagent avec les États non-participants et de discuter avec les États Membres existants
afin de déterminer comment avancer pour mettre en œuvre le Projet de résolution F. En outre, le BIPM
continuera à collaborer avec l’UNESCO pour promouvoir la Journée mondiale de la métrologie en la
faisant reconnaître officiellement comme un événement annuel de l’UNESCO. La décision de reconnaître
officiellement la Journée mondiale de la métrologie devrait être ratifiée lors de la 42e session de la
Conférence générale de l’UNESCO en novembre 2023. Dans les domaines de la communication et de la
promotion, le BIPM s’attachera à s’assurer que le site internet continue à fournir des services efficaces et
donne une image moderne du BIPM, notamment par le lancement d’un registre numérique externe
reposant sur des identifiants numériques (DOIs) afin d’améliorer l’accessibilité par machine. Par ailleurs,
le BIPM commencera à programmer des événements spéciaux pour célébrer le 150e anniversaire, le
20 mai 2025, de la signature de la Convention du Mètre.

Les besoins en matière de transformation numérique et de nouveaux services numériques ont


rapidement évolué pendant l’élaboration du programme de travail. Les points clés sont le
développement d’un ensemble de nouveaux services web de haute qualité qui assurent l’accès aux
données fournies par le site internet du BIPM, tels que l’application des principes FAIR à la KCDB et
le développement d’un point de référence du SI qui constituera une version numérique structurée de la
Brochure sur le SI.
M. Milton précise qu’il est nécessaire, lors de l’élaboration du programme de renforcement des capacités et
de transfert des connaissances (CBKT), de distinguer les activités « fondamentales » de renforcement des
capacités qui sont financées par le programme de travail et les activités qui sont soutenues par des partenaires
extérieurs. Les points clés du programme de travail proposé concernant les activités fondamentales CBKT
comprennent le soutien au JCTLM par des ateliers et des détachements en laboratoire, ainsi que par le
développement de matériaux d’apprentissage en ligne permettant d’accroître la qualité et la reconnaissance
des tests cliniques de laboratoire dans le monde entier. Par ailleurs, le programme comprendra de nouvelles
activités de soutien concernant la production d’une échelle de temps de référence internationale (UTC) afin
d’augmenter la qualité des données et par là-même la qualité des échelles de temps, ainsi que des ateliers
thématiques identifiés avec les organisations régionales de métrologie comme étant de la plus haute priorité
dans les régions. M. Milton rappelle que la plateforme d’apprentissage en ligne héberge désormais du
matériel de quatre des six organisations régionales de métrologie.

Les activités CBKT soutenues par des partenaires sont mises en place en fonction des objectifs et
préférences du partenaire à l’origine d’une activité spécifique et comprennent des possibilités de
détachements en laboratoire dans les départements du BIPM. La programmation des activités soutenues
des partenaires se fait différemment si cela concerne le renforcement des capacités, où le détaché est le
premier bénéficiaire de l’activité, ou le transfert des connaissances, où le détaché tire des avantages de
son détachement et soutient également l’exécution du programme de travail du BIPM. Lors du
programme de travail 2024-2027, le programme CBKT devrait concerner au minimum 440 membres de
personnel de laboratoires nationaux ou désignés qui participeront à des formations ou ateliers. Les ateliers
en ligne devraient rassembler près de 400 participants et la plateforme d’apprentissage en ligne 500.
Le programme CBKT prévoit 67 détachements en laboratoire au siège du BIPM, ce qui équivaudra à
34 mois-personnes, et 40 dans des laboratoires nationaux ou désignés partenaires. M. Milton note que le
BIPM coopère avec des laboratoires nationaux de métrologie qui souhaitent organiser des activités de
renforcement des capacités en mettant à disposition du matériel de formation et des conférenciers.
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 117

M. Milton résume le programme de travail pour les années 2024 à 2027 en soulignant que les activités
proposées sont ambitieuses et que leur réalisation dépend du travail effectué par des scientifiques invités
et des spécialistes collaborant avec le personnel du BIPM. La participation de scientifiques invités réduit
les coûts, apporte une expérience spécifique au moment nécessaire, insuffle des idées neuves et offre une
plus grande souplesse en matière de personnel. On a constaté que les scientifiques invités apportent
également une nouvelle éthique d’équipe dans les laboratoires, ce qui est très apprécié. Le projet de
programme de travail inclut également des activités de renforcement des capacités et de transfert des
connaissances dans tous les domaines, même si certaines ne pourront être réalisées que si le BIPM trouve
des partenaires financiers parmi les laboratoires nationaux de métrologie, États Membres, organisations
régionales de métrologie, ou d’autres organismes. De nouveaux projets permettront de procéder à la
transformation numérique des services du BIPM afin de mettre en œuvre le programme de transformation
numérique dirigé par le CIPM pour la communauté mondiale de la métrologie. Enfin, le BIPM continuera
à assurer la collaboration scientifique et technique entre les États Membres, leur permettant de développer
des aptitudes pour les comparaisons internationales de mesure, sur le principe des frais partagés.

Le président remercie M. Milton et ouvre la discussion. M. Louw, président du CIPM, précise que la
stratégie concernant le programme de travail du BIPM présentée par le directeur est distincte du document
« Report on the actions taken by the CIPM towards a “CIPM Strategy 2030+” ». M. Mohamed Ahmed
Al Mulla (Émirats arabes unis) observe que diriger par l’exemple dans le cas de la transformation
numérique est une très bonne chose et demande comment la transformation numérique dans les
laboratoires sera disséminée aux autres organisations nationales de métrologie. M. Milton répond que la
politique suivie au sein de l’organisation et des laboratoires est de faire reposer la transformation
numérique sur les membres du personnel des laboratoires. Le BIPM n’établira pas un groupe sur la
transformation numérique qui ne soit pas en lien avec le personnel de laboratoire car la transformation
numérique est une transformation des services dans l’ensemble du siège du BIPM. Les résultats de cette
transformation seront disséminés par les Comités consultatifs.

24. Rapport de l’OIML sur les activités de liaison

M. Anthony Donnellan, directeur du Bureau international de métrologie légale (BIML), présente


l’Organisation internationale de métrologie légale (OIML), organisation intergouvernementale
mondiale dont le travail repose sur quatre piliers : développer des publications et réglementations
techniques destinées à être adoptées par ses États Membres, harmoniser le système international de
certification pour l’approbation des instruments de mesure, renforcer les capacités et les promouvoir
auprès des économies dont le système métrologique est émergent, et s’engager à l’échelle
internationale. M. Donnellan montre comment l’OIML prépare son avenir et celui de la métrologie à
l’échelle internationale, en particulier la métrologie légale internationale.
L’OIML cherche à élaborer et à mettre en œuvre des normes plus adaptables, flexibles et adéquates,
afin de répondre aux besoins des consommateurs et des industries en constante évolution. Cela est crucial
dans un environnement en mutation permanente et rapide. Pour accomplir sa mission, l’OIML procède à
des examens, révisions et renouvellements très fréquents de ses publications. L’OIML, afin d’asseoir son
rôle dans le futur, demeurera l’organisme international à activité normative de premier plan et travaillera
activement avec ses groupes de projet, comités techniques et parties prenantes.

M. Donnellan donne une vue d’ensemble des nominations approuvées au cours de la 57e réunion du
Comité international de métrologie légale (CIML) en octobre 2022. M. Roman Schwartz a confirmé
qu’il quitterait son poste de président du CIML à la 58e réunion du CIML en 2023. Le CIML a élu
118 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

président M. Bobjoseph Mathew, actuel second vice-président du CIML, pour un mandat de six ans
qui débutera à la 58e réunion du CIML. M. Jaco Marneweck a été nommé président du Groupe
consultatif sur les questions concernant les pays et économies dotés de systèmes de métrologie
émergents (CEEMS AG) et M. Han Jianping vice-président. M. Sascha Eichstädt a été nommé
président du Groupe de travail OIML sur la numérisation et M. Ping Yang vice-président.

La signature de la Déclaration commune d’intention sur la transformation numérique au sein de


l’infrastructure internationale scientifique et de la qualité par l’OIML et ses organisation partenaires en
mars 2022 constitue une étape supplémentaire dans la préparation de l’avenir de l’OIML. La déclaration
commune oriente les efforts du Groupe de travail OIML sur la numérisation et indique la manière
d’organiser l’infrastructure internationale de la qualité et ses priorités pour l’avenir. Cette déclaration
permettra à l’OIML de mettre en œuvre les principes nécessaires pour transformer l’organisation et la
façon dont elle élabore ses publications, du point de vue numérique. L’OIML adopte les principes FAIR
(Facile à trouver, Accessible, Interopérable et Réutilisable) afin d’encourager l’ouverture numérique,
la communication et la conservation des connaissances et l’égalité d’accès à ces dernières. Le Groupe de
travail OIML sur la numérisation est composé de 15 représentants des États Membres et des organisations
internationales et régionales partenaires de l’OIML qui apportent leurs points de vue et leurs contributions
sur la façon dont la transformation numérique de la métrologie légale doit évoluer et se perfectionner.
Le Groupe de travail OIML sur la numérisation a pour mission de soutenir, coordonner et promouvoir
l’harmonisation et la mise en œuvre internationales de la transformation numérique en métrologie légale.
M. Donnellan explique que la collaboration avec le BIPM est au cœur du travail effectué par l’OIML.
Le document OIML D 1 « Systèmes de métrologie nationaux – Développement du cadre institutionnel
et législatif » est désormais publié de manière commune par les deux organisations. Cette publication
décrit le cadre à mettre en place par les États pour disposer de l’infrastructure nécessaire,
ou recommandée, à l’échelle nationale. Les autres domaines de coopération entre l’OIML et le BIPM
comprennent : la collaboration avec les organisations en matière de liaison ; les déclarations
communes ; la promotion et le partage de ressources ; la Journée mondiale de la métrologie et les
efforts pour la faire reconnaître comme Journée mondiale par l’Organisation des Nations Unies pour
l’éducation, la science et la culture (UNESCO) ; la transformation numérique, en particulier concernant
les travaux réalisés en commun en matière de métrologie physique et concernant les aspects légaux et
de documentation en métrologie ; la déclaration commune ; et les questions organisationnelles,
institutionnelles et de gouvernance. Les directions des deux organisations sont régulièrement en contact
et le Groupe conjoint s’est réuni à plusieurs reprises afin de discuter de l’orientation stratégique,
y compris des interactions avec l’infrastructure internationale de la qualité. M. Donnellan remarque
que l’OIML collabore en permanence avec le Réseau international sur l’infrastructure de la qualité
(INetQI) en assurant l’infrastructure informatique nécessaire à ses activités.

L’OIML et le BIPM s’engagent dans plusieurs activités destinées à accroître leur visibilité telles que la
proposition commune OIML-BIPM de créer une Journée mondiale de la métrologie de l’UNESCO.
Les organisations ont pu communiquer directement avec l’UNESCO et ses États Membres,
par l’intermédiaire des représentants des ambassades et des missions permanentes, afin de défendre la
proposition. L’OIML et le BIPM ont participé activement au Partenariat des Organisations internationales
en faveur d’un processus de réglementation internationale efficace de l’OCDE. L’OIML a ainsi fourni
des exemples de bonnes pratiques pour assister d’autres organisations internationales et s’est inspirée des
bonnes pratiques proposées par les autres membres du groupe, qu’elle a ensuite appliquées à ses méthodes
institutionnelles et de gouvernance.

M. Donnellan conclut sa présentation en rappelant que l’apprentissage en ligne est au cœur du travail de
l’OIML, qui coopère avec le BIPM dans le cadre de nombreux projets. Cette interaction se retrouve dans
le partage et le référencement mutualisé des ressources d’apprentissage en ligne ainsi que dans le travail
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 119

conduit avec les organisations régionales de métrologie et les organisations régionales de métrologie
légale. L’élaboration d’un module d’apprentissage en ligne commun entre le BIPM et l’OIML sur le
document D 1 a débuté. M. Donnellan donne la parole à M. Mathew, président élu du CIML.
M. Mathew indique qu’il est important de montrer la pertinence et l’impact du travail de l’OIML.
Les normes internationales, par exemple, sont plus efficaces lorsqu’elles inspirent confiance et sont
largement acceptées, inclusives et mises en œuvre par la communauté sur laquelle elles agissent. Il faut
également montrer quel impact l’OIML peut avoir sur la vie quotidienne afin de renforcer la confiance dans
le système métrologique en général et dans le cadre réglementaire qui lui est associé. L’adéquation renforcée
de l’OIML avec les Objectifs de développement durable (ODD), notamment dans les secteurs de l’énergie
propre et abordable, montre la pertinence du travail qu’elle effectue. L’OIML et le BIPM ont contribué à
l’exercice de modélisation de fonctions métrologiques conduit avec l’ONUDI par la publication d’un indice
applicable à l’infrastructure de qualité pour le développement durable (QI4SD). Cet indice tient compte de
cinq critères (accréditation, politiques, normes, évaluation de la conformité, et métrologie) afin de mesurer
l’importance et la valeur des investissements dans l’infrastructure de la qualité.

L’OIML cherche à promouvoir ses normes tout en les rendant plus accessibles et moins complexes,
comme en témoigne le système de certification de l’OIML (OIML-CS), qui permet de certifier les
rapports d’essais sur la base des recommandations de l’OIML, réduisant ainsi les obstacles au commerce.
L’OIML va promouvoir l’adoption et la mise en œuvre de normes internationales au sein des
organisations internationales et dans les domaines de l’infrastructure internationale de la qualité et
encouragera ses Membres à faire de même. L’OIML consultera les acteurs du secteur et les parties
prenantes afin de recevoir des commentaires sur ses normes, pour savoir lesquelles sont essentielles,
accessibles, et lesquelles doivent être révisées ou consolidées. Ces approches doivent permettre de
démontrer l’aptitude de la métrologie à contribuer et à donner forme à des politiques, législations et règles
internationales, ainsi que l’aptitude de la communauté de la métrologie à devenir un partenaire actif et de
confiance dans ce dialogue.
M. Mathew résume son intervention en indiquant que l’OIML a pour objectif de mieux faire connaître
sa contribution à l’infrastructure de la métrologie légale afin d’attirer de nouveaux membres. L’OIML
souhaite accroître sa coopération avec les autres organisations internationales, parmi lesquelles le
BIPM, l’ISO, l’IEC et l’ILAC. L’OIML-CS permettra de continuer à promouvoir la confiance
mutuelle. L’organisation défendra les échanges d’expertise technique avec les économies émergentes
et contribuera à faire avancer les projets de transformation numérique de la métrologie légale. Le travail
de l’OIML s’articulera autour de la prise en considération des ODD. M. Mathew conclut en mettant
l’accent sur le rôle central de la communauté de l’OIML sur les questions du commerce international,
de la protection des consommateurs et du développement durable. En travaillant main dans la main,
le BIPM et l’OIML peuvent mettre en avant l’importance de leur travail et aller plus loin.

Le président remercie M. Donnellan et M. Mathew et demande s’il y a des questions.


M. Laiz (Argentine) salue la création du Groupe de travail de l’OIML sur la numérisation. Il ajoute que
la façon dont la transformation numérique et le passage à des services de cloud vont affecter
l’évaluation et la vérification des instruments représente un défi important pour la métrologie légale.
Au sujet de la coordination entre l’OIML et l’ISO, il fait remarquer que les différences potentielles
entre les normes de l’ISO et les recommandations de l’OIML peuvent poser problème aux laboratoires
nationaux de métrologie qui doivent évaluer leurs instruments. Il demande s’il est prévu de coordonner
les recommandations de l’OIML et les normes de l’ISO concernant les instruments.

M. Donnellan répond que le travail de transformation numérique de l’OIML s’effectue « depuis la base ».
L’OIML a pour objectif de rendre ses normes pertinentes pour l’industrie, les professionnels et les
organismes de réglementation concernés, en s’assurant qu’elles soient lisibles et exploitables par machine
120 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

et disponibles dans le cloud. Cet objectif exige de tenir compte d’aspects tels que la vérification directe
et, à l’avenir, le réétalonnage des instruments de mesure à l’aide de cette fonctionnalité. L’OIML
s’intéresse à toutes ces notions à travers le prisme de la transformation numérique. M. Donnellan ajoute
que l’habitude de produire de simples documents au format PDF ou XML doit être dépassée. Échanger
directement des données qui comprennent l’auto-vérification et l’auto-étalonnage sera absolument
nécessaire à l’avenir. Ce travail devra à tout prix s’accompagner de mécanismes de contrôle.
M. Mathew ajoute que la transformation numérique tiendra compte des évolutions techniques au sein de
chaque économie et souligne l’importance de solliciter la participation de toutes les parties prenantes afin
de permettre de définir des priorités. Trouver la bonne équipe et constituer éventuellement des
sous-groupes pour résoudre des difficultés spécifiques représentent des défis pour le président du Groupe
de travail OIML sur la numérisation. Concernant la seconde question qui a été posée, M. Mathew répond
que s’assurer de l’absence de doublons et de l’harmonisation avec les normes non seulement de l’ISO,
mais également des autres organisations partenaires de l’OIML, comme l’IEC, représente toujours un
défi. L’OIML invite l’ISO comme les autres organisations à prendre contact avec elle lors de l’élaboration
de nouvelles normes et régulations techniques. M. Mathew ajoute qu’il s’agit là d’une opportunité
d’harmoniser, de rationaliser et de potentiellement réduire le nombre de normes en vigueur. L’OIML en
tant qu’organisation, comme ses groupes de travail et leurs présidents, doivent impérativement encourager
toutes les parties prenantes à contribuer à l’effort collectif. Au niveau de la direction, cette collaboration
prend la forme d’une réunion annuelle quadripartite entre le BIPM, l’OIML, l’ILAC et l’ISO qui est
l’occasion d’échanger différents points de vue sur des questions stratégiques. L’accent est mis sur la
collaboration au niveau des comités opérationnels et techniques.

M. Donnellan ajoute que des améliorations peuvent toujours être apportées.

25. Normalisation, industrialisation et objectifs de développement durable de l’ONU

M. Yuko Yasunaga, directeur de la direction des services et des opérations de l’Organisation des
Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI), explique que le monde est fait de défis et
que les relever exige de s’intéresser à la réalité de ces défis. Aujourd’hui, il est de la responsabilité des
innovateurs de relever de nombreux défis sociétaux tels que le réchauffement climatique, la pollution
de l’environnement, la pauvreté et la malnutrition dans certains pays, la sécurisation de
l’approvisionnement en nourriture, en eau et en énergie, le maintien de la paix, la prévention des
maladies infectieuses, etc. Nombre de ces problèmes résultent de « défaillances de marché »,
c’est-à-dire de situations où « la main invisible échoue ». Les Nations Unies ont adopté une approche
pour relever les défis sociétaux dans le cadre du Programme de développement durable à l’horizon
2030. Elle comprend des objectifs de développement durable (ODD) adoptés en 2015 lorsque le besoin
d’un nouvel outil pour relever ces défis est devenu manifeste. Dix-sept objectifs de développement
durable rassemblent 169 cibles différentes. Sept ans se sont écoulés depuis l’adoption des ODD et il
reste près de huit ans pour les accomplir d’ici à 2030.
M. Yasunaga présente la situation de certains ODD spécifiques. En 2016, sur le plan de la faim dans le
monde, un grand nombre de personnes souffraient encore de malnutrition sévère. De nombreux pays,
particulièrement d’Afrique, comptent 40 à 60 % de leurs habitants en situation de sous-nutrition.
Si, en 2015, 181 pays avaient plus de 75 % de leur population pouvant accéder à l’eau potable, de
nombreux pays d’Afrique subsaharienne et certains pays asiatiques, dont le Myanmar et le Cambodge,
disposaient encore d’un faible niveau d’accès à l’eau potable. En 2018, 29 pays comptaient moins d’un
habitant sur deux ayant accès à l’électricité. Parmi ces 29 pays, 27 sont situés en Afrique subsaharienne.
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 121

Accroître la protection de l’environnement est une priorité absolue pour l’ONUDI comme pour le
monde entier. Les pays en développement ont connu une forte croissance économique et
démographique ainsi qu’une forte densification de leurs villes, qui conduit notamment à des problèmes
de gestion des déchets. Certaines politiques industrielles peuvent menacer l’environnement voire le
détruire à grande échelle : l’assèchement quasi-total de la mer d’Aral est le résultat d’une sur-irrigation
des cultures, due à une politique menée par l’Union Soviétique destinée à augmenter sa production et
ses importations de coton. L’élimination progressive des hydrofluorocarbures (HFC) et des
hydrochlorofluorocarbures (HCFC) ainsi que l’abolition de l’utilisation du mercure dans l’industrie,
conformément à la convention de Minamata, représentent d’autres défis.
M. Yasunaga revient sur les raisons pour lesquelles l’ONU promeut les objectifs de développement
durables de la façon dont il le fait. L’ONU a appris d’expérience que les méthodes conventionnelles
d’aide au développement ne résolvent les problèmes ni qualitativement ni quantitativement. Cependant,
les objectifs définis doivent attirer l’attention des investisseurs et, au fur et à mesure que des
investissements sont réalisés, une solution au problème doit être trouvée. La réalisation des ODD à
l’aide de fonds d’origine privée exige d’aborder la question sous une perspective différente.
Le changement de paradigme consiste ici à passer de la responsabilité sociétale des entreprises à une
démarche plus axée sur le monde des affaires. Selon cette approche, il est désormais acceptable que les
entreprises privées génèrent des profits par leur contribution à la réalisation des ODD. Elle peut
également conduire à la création de nouvelles opportunités et de nouveaux secteurs commerciaux.
Au Japon s’est développée une philosophie commerciale appelée « Sanpo-yoshi », ou triple
satisfaction : « bénéfique pour le vendeur (lucratif), bénéfique pour l’acheteur (pratique) et bénéfique
pour la société (bien-être collectif) ». M. Yasunaga explique que l’ajout d’un nouveau critère pourrait
être nécessaire, celui d’être « renouvelable » ou « bon pour l’avenir ».

M. Yasunaga expose les obstacles potentiels empêchant de relever ces défis et fait particulièrement
référence aux pays d’Afrique. Dans de nombreux pays en développement, y compris en Afrique,
les transferts de technologies sont soumis à des contraintes plus lourdes que dans les pays développés,
toutefois, ces défis sont également source de nombreuses opportunités. Peut-être serait-il possible de
simplifier, sinon dupliquer les expériences menées par le passé dans les pays développés pour créer de
nouveaux modèles économiques et systèmes sociaux qui fonctionnent simplement en Afrique comme
dans les autres pays en développement. M. Yasunaga prend l’exemple du défi que représente la mise
en place d’une production d’énergie solaire dans les villages d’Afrique qui n’ont pas accès à
l’électricité. Cela représente des défis technologiques et il est nécessaire de déterminer les heures et
l’intensité de l’ensoleillement. Les défis sont également commerciaux, avec comme solution envisagée
le micro-paiement de l’électricité à l’aide de smartphones pour simplifier la facturation. Le défi est
enfin sociétal en ce qu’il demande de construire un système viable pour tous. M. Yasunaga résume
brièvement les conceptions stéréotypées selon lesquelles « le Japon n’innoverait pas », tout comme
d’autres pays du monde, ce qui constituerait un obstacle potentiel empêchant de relever ces défis.
M. Yasunaga explique que la métrologie est un outil indispensable pour surmonter les défis des ODD.
De nouvelles technologies et méthodes de mesure sont essentielles pour le développement et la
maintenance des nouvelles infrastructures. Le développement de l’industrie s’appuie également sur les
technologies de mesure. L’élaboration de nouvelles méthodologies de mesure s’appuie sur les
nouvelles technologies, dont l’évolution est guidée par les besoins en matière de méthodologie, ce qui
accroît la précision des mesures. Les nouvelles technologies et méthodologies métrologiques peuvent
aider à se familiariser avec des produits et des services nouveaux. M. Yasunaga donne un exemple du
rôle joué par la métrologie dans le développement de nouvelles infrastructures énergétiques, en se
concentrant sur la filière de l’hydrogène. Les pays ensoleillés et venteux, comme c’est le cas de
nombreux pays d’Afrique méridionale et subsaharienne, ont le potentiel de devenir le « moteur » de la
122 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

filière hydrogène mondiale. La métrologie a un rôle déterminant dans l’évolution du secteur de


l’hydrogène car la précision des mesures de volume, de température, de pression et de débit est
indispensable pour assurer une transition sûre vers l’hydrogène et sa manipulation sans danger.
Les technologies naissantes appliquées au secteur de l’hydrogène forment les fondations de potentielles
nouvelles industries de l’énergie qui pourraient offrir des emplois à de très nombreux jeunes. Le rôle
de la métrologie dans la résolution du problème de la pollution plastique des océans à l’aide de
plastiques biodégradables constitue un autre exemple. L’objectif de réduction de la pollution des océans
par les plastiques exige de déterminer une méthode normalisée de mesure de la biodégradabilité. Il est
également nécessaire de normaliser une méthode d’accréditation qui permette aux consommateurs de
s’assurer qu’un sac plastique est bien biodégradable.
L’ONUDI met en avant la place de la métrologie dans le développement industriel des pays en
développement et des économies émergentes. Elle a notamment organisé une école de métrologie légale
donnée par l’AFRIMETS en Tunisie, ainsi que la première école de métrologie destinée aux pays africains
qui s’est tenue au Kenya. L’ONUDI a conclu un partenariat stratégique avec le BIPM et l’OIML.
Pour l’édition 2017 de la Journée mondiale de la métrologie, elle a publié une brochure intitulée « Le rôle
de la métrologie dans le contexte des objectifs de développement durable à l’horizon 2030 ».

M. Yasunaga rappelle enfin que la métrologie doit poursuivre ses collaborations, y compris avec les
autres domaines. Cette collaboration au-delà des secteurs permettra à de nombreux chercheurs et
visionnaires de différents secteurs technologiques d’interagir de manière pertinente et de surmonter
collectivement le défi des ODD. Un seul message à retenir : « travaillons ensemble ».

Le président remercie M. Yasunaga et demande s’il y a des questions.

M. Pinto (Italie) demande dans quelle mesure l’égalité des sexes est prise en considération pour relever
certains des défis posés par les ODD et si les inégalités liées au sexe représentent une urgence mondiale
de plus. Il ajoute que l’égalité des sexes devrait pouvoir acquérir le même statut d’urgence mondiale que
la question de la faim par exemple. M. Yasunaga répond que l’égalité des sexes est un des ODD [Parvenir
à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et filles]. Chaque ODD est élaboré sous l’angle de
l’égalité des sexes, celle-ci est prise en compte de la phase d’innovation jusqu’à la phase de
développement des méthodologies. La réduction des inégalités liées au sexe revêt la même importance
pour tous les objectifs de développement durable. M. Yasunaga donne deux exemples de la nature vitale
pour l’égalité des sexes de l’accès à l’eau potable et à des sanitaires. Dans de nombreux pays en
développement, les femmes et les enfants doivent parcourir de longues distances pour s’approvisionner
en eau. Ce problème pourrait être résolu en améliorant l’accès à l’eau potable. Il est également primordial
que les écoles disposent de sanitaires adaptés pour encourager les femmes à s’y rendre et améliorer leurs
opportunités d’éducation.

M. Flandrin remarque que la transformation numérique entraînera des conséquences sur l’ensemble de la
société et demande s’il existe une méthode pour évaluer et comparer les effets de l’utilisation des
technologies numériques et si la métrologie doit s’y intéresser pour jouer un rôle d’unification.
M. Yasunaga répond que la transformation numérique offre aux pays en développement une chance de
promouvoir rapidement leurs industries mais cela exigera du temps d’éducation et de formation.
L’ONUDI souhaite promouvoir l’éducation et la formation dans le domaine de la transformation
numérique afin que les pays en développement ne ratent pas l’opportunité de développer leurs secteurs
qui évolueront grâce au numérique.
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 123

26. Rapport sur les progrès effectués concernant la reconnaissance par l’UNESCO
de la Journée mondiale de la métrologie

M. Rysbek Alibekov, représentant de l’ambassade du Kazakhstan à Paris, déclare que le Kazakhstan,


avec le soutien des équipes du BIPM, a eu le plaisir de soumettre à la 215e réunion du Conseil exécutif de
l’UNESCO la proposition de faire de la Journée mondiale de la métrologie une Journée mondiale de
l’UNESCO. Obtenir le soutien du Conseil exécutif de l’UNESCO au cours de cette réunion a constitué
une étape décisive clé et une décision doit être adoptée par la Conférence générale de l’UNESCO en
novembre 2023.

M. Alibekov remercie M. Milton, M. Donnellan, Mme Guliyeva, M. Henson et M. Kuanbayev pour


leur soutien et leur aide précieuse. Au cours de la campagne destinée à rassembler des soutiens
concernant cette initiative, la question a été posée plusieurs fois de savoir pourquoi le Kazakhstan est
à la tête de cette initiative.
Tout d’abord, l’économie et la société du Kazakhstan ont connu de profondes transformations depuis
l’indépendance. L’alignement de l’infrastructure métrologique nationale avec le cadre métrologique
mondial, conduit par le BIPM et l’OIML, est l’un des principaux facteurs de l’émergence de l’économie
nationale sur la scène mondiale.

Ensuite, le programme national de développement de l’industrie et de l’innovation du Kazakhstan a permis


de créer une infrastructure métrologique nationale comparable et reconnaissable partout dans le monde.
Aujourd’hui, alors que le Kazakhstan prend part aux activités du BIPM et de l’OIML, il faut souligner
combien le système métrologique kazakh contribue aux résultats économiques du pays et améliore la qualité
de vie de ses concitoyens. Cela montre l’importance de la métrologie pour une économie et son peuple.

Le 20 mai 1875 est une journée symbolique pour le monde entier. Des nations se sont réunies et ont
signé la Convention du mètre, formalisant une coopération internationale en matière de science et de
mesures. L’importance de la métrologie reste toutefois trop peu reconnue en dehors des communautés
de spécialistes.

Au nom de Son Excellence Mme Gulssara Arystankulova, ambassadrice de la république du


Kazakhstan en France, M. Alibekov félicite tous ceux impliqués pour le travail productif qui a été
accompli et qui a été couronné de succès.

Le président remercie M. Alibekov pour cette initiative.

M. Louw remercie M. Alibekov au nom de l’organisation, ainsi que les délégués qui ont fait avancer cette
initiative et qui l’ont portée devant l’UNESCO pour le BIPM. Tous les regards se tournent désormais vers
l’adoption finale par l’Assemblée générale de l’UNESCO, qui devrait avoir lieu en 2023. M. Louw remercie
également les délégués qui ont mobilisé leur gouvernements, ainsi que les nations qui ont soutenu l’initiative.

27. Présentation du Projet de résolution F « Sur l’adhésion universelle à la


Convention du Mètre »

M. Alan Steele et Mme Angela Samuel présentent ensemble le Projet de résolution F « Sur l’adhésion
universelle à la Convention du Mètre ».

M. Steele débute sa présentation en rappelant que le principe d’adhésion universelle est inscrit dans le
texte de la Convention du Mètre, comme le souligne la devise de 1799 « à tous les temps, à tous les
124 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

peuples ». La Convention du Mètre incarne cet idéal de participation universelle dans son préambule,
« […] les Hautes Parties contractantes désirant assurer l’unification internationale et le
perfectionnement du système métrique […] » ; cette universalité a été encouragée et facilitée au fil des
années par les résolutions de la CGPM et l’action du CIPM. En outre, la Résolution 1 (2018) de la
CGPM « Sur la révision du Système international d’unités (SI) » a constitué un changement
idéologique et scientifique fondamental : en principe, tous les États ont désormais accès aux
réalisations des unités, ce qui devrait encourager une participation universelle à un système désormais
universellement accessible.

Les efforts pour faire progresser la participation ont été couronnés de succès, en particulier depuis le
lancement du CIPM MRA en 1999. Au début du 21e siècle, on comptait 48 États Membres ;
en novembre 2022, ils sont au nombre de 64 et représentent 93 % du PIB mondial, tandis que les 36 États
et Entités économiques Associés représentent 4,7 % du PIB mondial. Cependant, d’autres pays sont
impliqués dans la métrologie mondiale sans être toutefois des États représentés. M. Steele rappelle que
dix des pays ayant apporté leur soutien à la demande pour faire reconnaître la Journée mondiale de la
métrologie par l’UNESCO ne sont ni États Membres ni Associés, ce qui démontre nettement l’intérêt
d’une plus grande accessibilité. Parmi les États Membres de l’ONU, 83 ne participent pas du tout aux
activités du BIPM et représentent 2,3 % du PIB mondial. L’intégration de ces États ne constituerait qu’une
faible contribution au budget du BIPM, tout en entraînant pour le BIPM des coûts limités. L’objectif est
de favoriser la participation de tous, tout en rappelant que les privilèges et les obligations de chacun
doivent être équitables. De nombreuses organisations internationales appliquent à leurs membres un
système différencié concernant les contributions et droits associés.

Mme Samuel félicite le CIPM de soumettre le Projet de résolution F. L’objectif principal du projet de
résolution est de faciliter l’inclusion de tous les États dans le système international, en effectuant une
analyse en profondeur de ce qui répond au mieux au contexte des États et à leurs besoins.
La participation au système international permet de renforcer les aptitudes nationales de mesure, ce qui
aide notamment les gouvernements à constituer une force de travail qualifiée dans le domaine
technologique, à garantir des aptitudes de mesure adéquates, à prendre part de façon efficace aux
échanges internationaux, à répondre à des besoins sociétaux, à protéger les consommateurs et améliorer
leur qualité de vie, à développer des compétences pour relever les défis émergents et à tirer parti des
opportunités offertes par les progrès scientifiques et technologiques.
Participer efficacement au système international de mesure et à l’infrastructure de la qualité au sens
large peut aider les pays et les économies dont le système métrologique est émergent à répondre à leurs
besoins essentiels, ces pays s’efforçant d’atteindre les objectifs de développement durable à l’horizon
2030 fixés par les Nations Unies. Cela permet également de bénéficier des partenariats stratégiques
déjà conclus par le BIPM avec des organismes mondiaux clés. Outre les avantages qu’apporterait une
adhésion universelle à la Convention du Mètre aux États qui ne font pas partie du système international
de mesure actuellement, une plus large participation à la communauté métrologique internationale
serait profitable à l’ensemble des pays. Favoriser la prise en considération de perspectives diverses,
et donc multiplier les opportunités de contributions innovantes, constitue un atout inestimable pour
garantir l’efficacité et la pertinence du système international de mesure. Mme Samuel conclut sa
présentation en soulignant que l’état de santé d’un système peut être mesuré à sa capacité à apprendre,
s’adapter, écouter et donner la parole à une diversité de voix.
M. Steele indique que le vote par les délégués de la CGPM concernant le Projet de résolution F n’a pas
pour objectif de mettre en œuvre immédiatement l’adhésion universelle. Le but est de confier au CIPM
la mission d’étudier les pratiques des autres organisations internationales en matière d’adhésion,
d’examiner l’application actuelle de l’Article III de la Convention du Mètre et de déterminer comment
mettre en œuvre cet Article afin d’élargir l’adhésion. M. Steele souligne que le projet de résolution ne
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 125

vise en aucun cas à modifier la Convention du Mètre. L’objectif est d’examiner comment le texte existant
peut être mis en œuvre pour parvenir à une adhésion plus large. Les conséquences d’une participation
plus large sur le programme de travail et les services du BIPM devront ensuite être analysées. Le CIPM
sera invité, au cours de la 28e réunion de la CGPM, à proposer des changements appropriés sur la manière
de procéder collectivement afin d’intégrer le monde entier à la Convention du Mètre.

Le président remercie M. Steele et Mme Samuel et demande s’il y a des questions ou des remarques.
Mme Chambon (France) observe que le Projet de résolution F est conforme à l’esprit de la Convention
du Mètre : il est essentiel qu’un tel traité scientifique rassemble une large participation. Le Projet de
résolution F constitue une très bonne initiative étant donné l’importance d’inclure d’autres pays pour
garantir la dissémination la plus vaste possible du Système international.

M. Louw ajoute qu’il est originaire d’un pays en développement et que la question de l’adhésion
universelle présente un intérêt immense pour l’Afrique. Au sein de l’AFRIMETS, 34 des pays membres
font partie des 83 États Membres de l’ONU n’ayant pas signé la Convention du Mètre. M. Louw
remercie Mme Samuel et M. Steele. Ce dernier salue l’enthousiasme et le travail de M. Henson lors de
la préparation du Projet de résolution F.
126 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

Quatrième séance – 17 novembre 2022 (matin)

Le président de la réunion souhaite la bienvenue aux délégués pour la quatrième séance.

28. Rapport du président du CCL

M. Ismael Castelazo, président du Comité consultatif des longueurs (CCL), présente son rapport sur
les activités du CCL depuis la 26e réunion de la CGPM (2018).

Résumé du rapport du CCL


Le CCL est responsable des questions concernant la définition et la réalisation du mètre, les mesures
de longueur et d’angle, et la métrologie des coordonnées. Le CCL apporte également des conseils au
CIPM dans le domaine de la métrologie des longueurs. En outre, le CCL est responsable de la mise en
œuvre, dans le domaine des longueurs, de certains aspects du CIPM MRA, l’arrangement par lequel
les laboratoires nationaux de métrologie reconnaissent mutuellement leurs mesures. Le CCL maintient
un portefeuille de comparaisons clés qui a été optimisé afin de couvrir la gamme la plus large possible
de CMCs. Pour ce faire, le Groupe de travail du CCL sur le CIPM MRA a travaillé sur un vaste
ensemble de documents d’orientation, protocoles de comparaison et modèles de rapport qui sont en
libre accès. Le Groupe de travail du CCL sur la nanométrologie dimensionnelle a été très actif en termes
de comparaisons visant à soutenir ce domaine, avec plusieurs comparaisons clés réalisées et d’autres
en cours. Le domaine des longueurs a une incidence majeure sur la plupart des activités humaines
actuelles ; le CCL veille à ce que les besoins de la société, de la recherche et de l’industrie soient
satisfaits, en établissant des collaborations avec les organisations et communautés d’utilisateurs
pertinentes. Concernant les perspectives d’avenir, le CCL s’oriente vers de nouveaux domaines avec
pour objectifs de développer la nanométrologie dimensionnelle en 3D, soutenir le passage de l’industrie
au balayage de surface sans contact (secteurs de la santé et de l’énergie), étendre la traçabilité de la
métrologie en 3D à des dimensions plus grandes (aérospatiales, ingénierie civile de précision),
compenser les effets d’indice de réfraction et les effets thermiques à différentes échelles, et résoudre
les problèmes de traçabilité aux échelles nanométrique et subnanométrique (sciences avancées).
La transition vers des mesures intégrées au processus de fabrication représente un changement de
paradigme, qui s’écarte du rôle traditionnellement joué par les laboratoires d’étalonnage. Le CCL est
très engagé dans le projet de transformation numérique et travaille en collaboration avec le BIPM afin
de soutenir les laboratoires nationaux de métrologie dans leur tentative de mettre au point des certificats
d’étalonnage numériques traçables à la mise en pratique du mètre et de la seconde (Valeurs
recommandées des fréquences étalons). Ces nouveaux domaines et les nouveaux besoins qu’ils feront
naître augmenteront la charge de travail du CCL et de ses membres dans les années à venir.

Domaine de compétence du CCL


Les activités du CCL comprennent les mesures pratiques de longueurs et d’angles (d’une seule
dimension jusqu’à la 3D et de l’échelle subnanométrique jusqu’à des dizaines ou centaines de mètres)
et les futurs étalons optiques de fréquence (pour la réalisation du mètre). Le travail du CCL peut
également porter sur des questions connexes telles que la science des surfaces à l’échelle nanométrique,
les propriétés thermiques des artéfacts et instruments, la compensation de l’effet de réfraction pour la
propagation des faisceaux optiques, la physique des lasers, l’optique, l’instrumentation,
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 127

l’interférométrie, la conception mécanique, les logiciels mathématiques et le traitement de données,


ainsi que la modélisation avancée. Ainsi, certaines activités du CCL recoupent celles de onze des
quinze domaines techniques du Versailles Project on Advanced Materials and Standards (VAMAS) :
une collaboration plus étroite avec le VAMAS est donc envisagée.

Stratégie

Afin d’assurer le plus haut niveau d’efficacité, le CCL est soutenu par quatre groupes de travail.
Le Groupe de travail sur la stratégie supervise de façon régulière la révision de la stratégie du CCL et
des documents associés ; il rassemble et rend disponibles les informations démontrant l’importance
continue de la métrologie des longueurs. Le Groupe de travail sur la nanométrologie dimensionnelle a
pour mission d’harmoniser les voies de traçabilité, la terminologie et les étalons de référence pour les
utilisateurs des nanosciences. Le Groupe de travail sur le CIPM MRA assure la coordination des
comparaisons clés et supplémentaires du CCL et des organisations régionales de métrologie.
Il maintient des liens avec les organisations régionales de métrologie afin de s’assurer de la
participation des laboratoires membres du CCL dans les comparaisons importantes dans le domaine
des longueurs, ce qui permet de garantir la traçabilité et l’équivalence mondiales des mesures de
longueur au plus haut niveau d’exactitude, et il facilite le processus d’examen interrégional des CMCs.
Par l’intermédiaire du Groupe de travail commun au CCL et au CCTF sur les étalons de fréquence,
le CCL coordonne le travail sur les nouvelles réalisations du mètre à l’aide d’étalons optiques de
fréquence. Le CCL a mis en place un certain nombre de groupes de discussion techniques, ouverts à
des participants qui ne sont pas membres du CCL, où des spécialistes discutent des nouveaux étalons
et des questions liées aux comparaisons clés, des récents progrès scientifiques et des principales
activités de recherche en cours, aux niveaux régional et international, dans le but d’optimiser l’échange
d’informations et de soutenir la recherche coopérative.

Un nouveau Groupe spécifique du CCL sur la transformation numérique a été créé afin de débattre du
format des données de fréquence laser soumises au Groupe de travail commun au CCL et au CCTF sur
les étalons de fréquence, en tenant compte des besoins du projet de mètre numérique du SI.

En 2018, le CCL a révisé sa stratégie afin de prendre en considération les besoins actuels et à venir en
métrologie des longueurs. Les conclusions du document de stratégie identifient de façon synthétique
deux exigences générales pour les années à venir :
- anticiper les besoins à venir en termes d’instrumentation, de normalisation et de traçabilité
dans les domaines émergents scientifiques et industriels, sur une grande variété d’échelles de
longueur et selon diverses conditions de mesure ;
- atteindre l’efficacité maximale dans la mise en œuvre des procédures du CIPM MRA afin de
réduire les coûts incombant aux laboratoires de métrologie dans toutes les régions tout en
contribuant à assurer la reconnaissance mutuelle.

Futurs objectifs scientifiques


Les mesures dimensionnelles, traçables au mètre du SI, étayent dans le monde entier les secteurs de la
fabrication, de l’assemblage et de la construction, de l’échelle du nanomètre (nanosciences) à l’échelle
macroscopique du mètre (industrie automobile, santé, ingénierie de précision) et au-delà (aérospatiale,
construction navale, relèvements pour la cartographie). Les entreprises impliquées dans le commerce
international sont particulièrement attentives à la question de la traçabilité, en particulier lorsqu’elles
s’approvisionnent dans le monde entier en composants et assemblages. Bien que la métrologie
dimensionnelle traditionnelle constitue un domaine mature et bien établi et que la révision du SI sur le
CCL ait eu un impact minimum sur le travail du CCL, les demandes des clients externes et les grands
défis à relever (concernant la qualité de vie, les besoins énergétiques, la santé et l’environnement)
définissent le programme de recherche des membres du CCL.
128 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

1. Continuer à améliorer et élargir l’accès aux réalisations pratiques du mètre

Il est nécessaire d’étudier, aux échelles nanométrique et subnanométrique (où les longueurs d’onde des
étalons optiques de fréquence sont « trop grandes »), de nouvelles voies de traçabilité au mètre du SI
tout en continuant les recherches en cours sur les réalisations du mètre par des mises à jour de la liste
des fréquences étalons. Cela permettra d’améliorer l’exactitude des mesures et la traçabilité dans le
domaine de la nanométrologie dimensionnelle, ce qui diminuera la dépendance de la nano-industrie
vis-à-vis des processus « verticaux ».
Le Groupe de travail sur la nanométrologie dimensionnelle a étudié de nouvelles voies de traçabilité pour
les mesures de longueur aux échelles nanométrique et subnanométrique. Lors de la réunion de 2016 du
Groupe de travail sur la nanométrologie dimensionnelle, il est apparu clairement que le paramètre de
maille du silicium avait le potentiel de constituer une nouvelle voie de traçabilité, pour la microscopie
électronique à transmission, la microscopie à force atomique et la métrologie des déplacements. Lors de
la réunion de 2018 au siège du BIPM, les trois voies de traçabilité pour la métrologie des longueurs à
l’aide du paramètre de maille du silicium mentionnées par CODATA ont été présentées. Pour générer et
mesurer le déplacement, l’interférométrie à rayons x est utilisée. Des échantillons de silicium comprenant
des anneaux empilés de régions planes à l’échelle atomique, séparés verticalement par une distance
correspondant à l’espacement du réseau d 111 du silicium (0,314 nm), ont été produits et peuvent être
utilisés comme étalons de hauteur de marches pour la microscopie à force atomique ou la microscopie
d’interférence optique. Pour la microscopie électronique à transmission, un comptage direct des atomes
dans un pilier en silicium est possible. Ces propositions, soumises au CCL, ont été intégrées à la mise en
pratique comme réalisations secondaires du mètre.

2. Apporter l’aide du CCL dans de nouveaux domaines

Le Groupe de travail sur la nanométrologie dimensionnelle a été proactif dans ce domaine en travaillant
sur le paramètre de maille du silicium qui est un élément essentiel pour l’industrie des
semi-conducteurs. Parmi les autres bénéfices que la nanométrologie devrait apporter aux utilisateurs
finaux figure l’amélioration de la compatibilité biologique des dispositifs nanométriques (médecine).
Une série d’études pilotes a été menée avec succès puis ces études pilotes ont été renommées
comparaisons supplémentaires du CCL. Il est prévu que le CCL lance d’autres études pilotes (sur les
étalons à semi-conducteurs) et qu’il continue à apporter des conseils et contributions sur la
normalisation ISO dans ce domaine :
- Nano 6 : comparaison de largeur de traits (silicium), achevée en 2021, dont le rapport est à
paraître fin 2022 (seulement une étude pilote, cette comparaison ne fera pas partie de la KCDB) ;
- Nano 1 : comparaison de photomasques, protocole technique préparé par la PTB et début de
comparaison prévu pour fin 2022 (en fonction de la réussite du wafer dont la découpe est en
train d’être étudiée) ;
- APMP.L-S5 : comparaison sur les nanoparticules publiée dans la KCDB, pilotée par le
CMS/ITRI et le NMIJ et impliquant sept méthodes de mesure et cinq échantillons (1 nano-or,
1 nano-argent et 3 latex de polystyrène) ;
- EURAMET 1239 : mesure de rugosité surfacique par microscopie à force atomique,
comparaison achevée, analyse en cours ;
- EURAMET 1242 : mesure de paramètres de rugosité aérienne, comparaison achevée et
rapport en cours de rédaction ;
- EURAMET 1490 : comparaison de haute précision de planéité au-delà de 300 mm, résultats
en cours de diffusion, projet de rapport A prévu pour 2023 ;
- Comparaison de marches de silicium par microscopie électronique à transmission : premières
discussions en vue d’une éventuelle comparaison ;
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 129

- Mesures de marches de silicium par microscopie à force atomique : premières discussions en


vue d’une éventuelle comparaison.

Le Groupe de discussion 6 sur la métrologie des mesures de coordonnées a analysé la question des
CMCs qui reposent sur des mesures prises à l’aide de dispositifs polyvalents populaires, telles que les
machines de mesure de coordonnées, ainsi que la question de la préférence de l’industrie pour des
mesures optiques sans contact effectuées sur place (en dépit d’un manque de traçabilité et d’une
exactitude moindre par rapport aux techniques de contact, ces mesures, du fait de leur rapidité,
sont préférées par les utilisateurs). Ce sujet de discussion présente des avantages pour des utilisateurs
dans le domaine de la production d’énergie (connecteurs pour les conduites de gaz et de pétrole,
engrenages pour les éoliennes, écrans de confinement du plasma dans les réacteurs à fusion) et de la
santé (validation de la tomographie à rayons x assistée par ordinateur, prothèses évoluées).

Bien que constituant un domaine de recherche bien établi pour de nombreux laboratoires nationaux de
métrologie, la métrologie ou géodésie sur de longues distances représente un sujet relativement
nouveau pour certains autres. Toutefois, ce domaine prend de l’importance (dans l’aérospatiale,
la géodésie et les opérations de relèvement pour la cartographie, la vérification de la localisation par
GPS, l’ingénierie civile, les projets scientifiques de grande envergure tels que le successeur au grand
collisionneur de hadrons - LHC, les grands télescopes optiques). Les parties qui bénéficient des
avancées dans ce domaine sont d’abord les entreprises fabriquant des produits de grande taille
(comme dans l’aérospatiale et le nucléaire civil) où l’automatisation améliorée par la métrologie et la
métrologie sur site permettront de diminuer la durée des cycles de fabrication et les coûts des
composants onéreux nécessitant un long délai de production.

3. Futurs objectifs du CIPM MRA

Afin de réduire les coûts liés à la mise en place des procédures du CIPM MRA au sein du CCL et
d’anticiper les problèmes que pourrait poser le soutien continu au CIPM MRA, le CCL a concentré son
travail ces dernières années sur la mise en œuvre efficace du CIPM MRA. Ainsi, le CCL a développé,
via son Groupe de travail sur le CIPM MRA, plusieurs stratégies afin de réduire la charge de travail
liée au CIPM MRA pour les laboratoires membres du CCL tout en fournissant suffisamment de
données pour étayer les CMCs. Depuis sa création, le CCL évalue l’impact du CIPM MRA pour ses
membres en termes de temps et de ressources et s’efforce de réduire les inconvénients et les coûts liés
à la mise en œuvre du CIPM MRA et au soutien continu du CCL en la matière. Ce travail continu a
trois objectifs : réduire la charge de travail liée au pilotage de comparaisons, réduire le portefeuille de
comparaisons clés et réduire la charge de travail des laboratoires membres du CCL. Il existe un nombre
virtuellement infini de formes et de dimensions présentant un intérêt pratique, ce qui résulte en une
immense diversité d’instruments et de normes de mesure des dimensions disponibles sur le marché,
tous ne pouvant pas être couverts par le CIPM MRA. Le CCL a optimisé l’utilisation des données de
comparaisons pour étayer les CMCS en établissant des classifications de compétences et en donnant
aux laboratoires d’accréditation des orientations claires quant au nombre minimum de comparaisons
requis, ce qui a permis de réduire le nombre de comparaisons et d’accroître la confiance vis-à-vis des
données fournies par les laboratoires pour étayer les CMCs. Le Groupe de travail sur le CIPM MRA a
également préparé un large éventail de guides pratiques, protocoles de comparaison, modèles de
rapport et tableurs d’évaluation qui peuvent être utilisés par les laboratoires pilotant des comparaisons
clés et supplémentaires. Ces documents en accès libre viennent compléter les versions publiquement
accessibles de presque tous les protocoles de comparaison du CCL et des organisations régionales de
métrologie. Le CCL est ainsi parvenu avec succès à répartir la charge de travail liée aux comparaisons,
à réduire le temps de travail du personnel impliqué dans chaque comparaison, à accélérer le processus
de comparaison et à obtenir la validation claire des CMCs à partir des résultats de comparaisons.
130 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

Activités et réalisations depuis la précédente réunion de la CGPM


Principales activités et réalisations
Depuis la précédente réunion de la CGPM, le CCL s’est réuni une fois (selon un cycle d’une réunion
tous les trois ans) et ses groupes de travail se sont réunis chacun trois ou quatre fois. En dehors du
calendrier de réunions programmées, les groupes de discussion ont continué à être actifs et à rendre
compte, lors des réunions du CCL, de leur travail concernant non seulement la planification des
comparaisons mais aussi les récentes avancées techniques, les contributions à la mise en œuvre
d’étalons, et les idées de projets de recherche collaborative.

Concernant le CIPM MRA, les recommandations formulées par le Groupe de travail du CCL sur le
CIPM MRA ont été analysées et les actions suivantes ont été réalisées. Le Groupe de travail du CCL
sur le CIPM MRA a préparé un large éventail de guides pratiques et de modèles de rapport qui pourront
être utilisés par les laboratoires pilotant des comparaisons, l’objectif étant de réduire la charge de travail
et les coûts afin que de nouveaux laboratoires proposent leurs services pour piloter des comparaisons.
Au sein de l’EURAMET, plusieurs laboratoires qui ne sont pas membres du CCL ont commencé à
utiliser ces modèles et documents et au moins un nouveau laboratoire a proposé de piloter une
comparaison clé.
Le sous-groupe de travail sur les CMCs et le DimVIM a révisé la liste de classification des services,
le DimVIM, et a pris la responsabilité de sa maintenance. En dehors de la communauté des laboratoires
nationaux de métrologie, le DimVIM est utilisé par les organismes de réglementation et d’autres
fournisseurs de services car il offre une terminologie harmonisée en 14 langues pour la métrologie
dimensionnelle (allemand, anglais, chinois, coréen, espagnol, finnois, français, grec, italien, japonais,
portugais, tchèque, thaï et turc).

Les CMCs dans le domaine des longueurs enregistrées dans la KCDB sous la forme d’équations
numériques sont en train d’être converties en équations de grandeurs suite à l’approbation du CIPM :
cela concerne environ 850 CMCs.
Le CCL a mis à jour la mise en pratique de la définition du mètre afin d’inclure le paramètre de maille
du silicium en tant que représentation secondaire du mètre, tel que suggéré par le Groupe de travail sur
la nanométrologie dimensionnelle. Les trois méthodes existantes de réalisation du mètre décrites dans
le document sont le temps de vol des rayonnements lumineux, l’interférométrie laser (primaires) et le
paramètre de maille du silicium (secondaire).
Le Groupe de travail commun au CCL et au CCTF sur les étalons de fréquence a préparé et approuvé
le guide concernant les CMCs sur les lasers stabilisés en fréquence, ainsi que le protocole technique de
la comparaison clé CCL-K11.

Une enquête a été menée au sujet du projet de création d’un mètre numérique du SI, et un Groupe
spécifique du CCL sur la transformation numérique a été constitué pour collecter et organiser les
données. Une collaboration avec le BIPM est en cours pour parvenir à ce mètre numérique du SI qui
permettra aux utilisateurs d’accéder en temps réel aux dernières valeurs des fréquences étalons
approuvées par le CIPM et à d’autres paramètres du domaine des longueurs. Un article publié dans
Metrologia est paru à ce sujet.
Le groupe de travail du CCL sur le CIPM MRA a approuvé un document d’orientation qui consiste en
une liste des guides de bonnes pratiques et des sources d’information similaires en métrologie des
longueurs, ainsi qu’un document d’orientation sur la révision du système de codage utilisé pour
numéroter les comparaisons réalisées dans le cadre du CIPM MRA.
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 131

Le CCL a travaillé à l’élaboration d’un numéro spécial de Metrologia sur la métrologie dans le domaine
des longueurs qui attend d’être finalisé : 16 articles ont été publiés, et le nombre de téléchargements et
de citations est très encourageant.
Depuis la 26e réunion de la CGPM (2018), la liste des étalons optiques de fréquence utilisés pour la
réalisation du mètre et des représentations secondaires de la seconde a été mise à jour par le Groupe de
travail du CCL sur les étalons de fréquence et adoptée par le CIPM après avoir reçu l’approbation du
CCTF. La coopération entre le CCL et le Comité technique ISO/TC 213 (Spécifications et vérification
dimensionnelles et géométriques des produits) a été formalisée.

Du personnel des laboratoires membres du CCL et des membres des groupes de travail du CCL
participent aux conférences Macroscale (www.macroscale.org) et Nanoscale (www.nanoscale.de) ainsi
qu’aux comités nationaux et internationaux de normalisation. Leurs contributions portent
essentiellement sur les séries de normes ISO GPS (Spécification géométrique des produits). Parmi les
comités clés internationaux auxquels le CCL participe figurent les suivants : ISO TC 213
(Spécifications et vérification dimensionnelles et géométriques des produits), ISO TC 60 (Engrenages),
ISO TC 1 (Filetages), ISO TC 201 (SC9) (Microscopie par sonde à balayage), ISO TC 202 (Analyse
par microfaisceaux), ISO TC 229 (Nanotechnologies), IEC TC 113 (Nanotechnologies) et API SC7
(Ressources concernant les jauges utilisées dans l’industrie du gaz et du pétrole).

En 2021, le NIS (Égypte) est devenu membre ; l’INTI (Argentine), le NIMT (Thaïlande) et le NSC-IM
(Ukraine) sont devenus observateurs.

Défis et difficultés

L’un des défis permanents du CCL consiste à étendre le SI à des échelles plus petites ou plus grandes tout
en continuant à étayer les aptitudes existantes. Le CCL a déjà fait de l’échelle nanométrique une priorité
en créant le Groupe de travail sur la nanométrologie dimensionnelle. Un nouveau type de comparaisons
interrégionales, similaire à une « comparaison virtuelle du CCL » mais avec une charge de travail et une
planification moins importantes (en particulier pour les membres du CCL), a été développé et présenté au
CIPM. Le second cycle de comparaisons clés est en préparation et sera composé à la fois de comparaisons
classiques et de comparaisons entre organisations régionales de métrologie. La liaison des résultats de
plusieurs comparaisons, en particulier lorsque la taille et les propriétés des artéfacts diffèrent d’une
comparaison à l’autre, s’avère difficile et il n’est pas évident de savoir si ce travail de liaison des résultats
est nécessaire aux utilisateurs finaux du CIPM MRA lorsqu’ils évaluent des CMCs. Il est aussi à noter
que certaines comparaisons en métrologie dimensionnelle fournissent un grand nombre de données,
ce qui rend plus difficile la présentation des résultats dans la KCDB, en particulier sous forme de
graphiques. Une comparaison de règles divisées (sur un ensemble limité de mesurandes) a généré
960 résultats pour un seul artefact. Le calcul de plus de 921 000 degrés d’équivalence par paires n’est ni
pratique ni utile. Il est nécessaire de définir de meilleures métriques pour synthétiser de larges ensembles
de données de comparaisons, permettre une comparaison probante des déclarations de CMCs et obtenir
une meilleure présentation des résultats dans la KCDB.

Les machines de mesure de coordonnées sont de plus en plus utilisées dans l’industrie, alors même que
les voies permettant d’assurer la traçabilité des mesures ainsi effectuées sont mal établies et que les
CMCs concernant ces services posent problème. Ces questions font l’objet d’un vif débat au sein du
Groupe de discussion sur la métrologie des coordonnées. Les machines de mesure de coordonnées sont
utilisées de façon extensive dans l’industrie car elles permettent de mesurer une grande gamme
d’objets, la plupart étant utilisés pour des comparaisons clés. Un moyen d’exprimer les CMCs fondées
sur l’utilisation de ces machines qui n’entre pas en conflit avec les CMCs actuellement publiées dans
la KCDB a été trouvé, ce qui permet une application plus vaste du CIPM MRA. De façon similaire,
il faut assurer la traçabilité des logiciels utilisés en métrologie dimensionnelle : certains membres du
132 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

CCL réfléchissent à des catégories de CMCs dans ce domaine afin de répondre aux exigences des
clients. Toutefois, réussir cette tâche dans le cadre du CIPM MRA est un défi, qui requerra
probablement des discussions interdisciplinaires avec d’autres Comités consultatifs.

Perspectives à court terme et à long terme


À court terme, le travail des groupes de discussion se poursuivra lors du prochain cycle de comparaisons
clés. Le développement des étalons dans le domaine de la nanométrologie et le lancement d’autres études
pilotes, éventuellement sur des sujets interdisciplinaires (le thème des nanoparticules, par exemple, n’est pas
uniquement un sujet dimensionnel), seront à l’ordre du jour des futures réunions du Groupe de travail sur la
nanométrologie. La mise en place, au sein de certains laboratoires membres du CCL, d’activités sur la
tomographie à rayons x assistée par ordinateur, considérée comme un outil de métrologie dimensionnelle,
donnera lieu à de nouvelles études qui pourraient mener à de nouvelles CMCs étayées de façon appropriée.
Il pourrait être nécessaire de coordonner l’aide apportée aux laboratoires nationaux de métrologie concernant
la façon d’expliquer les nouvelles définitions du SI aux utilisateurs finaux. Des services dans le domaine de
la métrologie sur de longues distances vont se développer et certains laboratoires membres du CCL, ainsi que
le CCL, devront répondre aux besoins de vérification de ces services. Un autre défi consistera à conserver
une certaine dynamique pour les activités liées au CIPM MRA car le CCL passe au troisième cycle de
comparaisons clés – par exemple pour les cales étalons (K1) : CCL-K1 1998-9, CCL-K1.2011 (2011),
CCL-K1.n01 (2022-) – mais de nouvelles techniques et de nouveaux travaux de recherche requièrent une
réaffectation des ressources. Pour plusieurs laboratoires membres, la question de la réintégration de CMCs
dans des domaines où il n’y a plus de comparaisons clés du CCL (c’est-à-dire où un sujet de comparaison a
été abandonné) devra être étudiée. Il est attendu que les certificats d’étalonnage numériques remplacent les
certificats traditionnels au format papier : cette transition nécessitera l’assistance du CCL et se fera
conformément aux directives générales qui s’appliqueront à tous les comités consultatifs.

Sur le plus long terme, certains services traditionnels seront probablement remplacés par d’autres
émergents et les groupes de discussion se concentreront sur d’autres thématiques ; en outre, un autre défi
consistera à mettre en place un nouvel ensemble de comparaisons clés et de nouvelles séries de
soumissions de CMCs pour les domaines émergents (tels que les services de tomographie à rayons x
assistée par ordinateur). Il sera nécessaire de soutenir davantage les services sur site proposés aux clients
(étalonnages en dehors des laboratoires) et de traiter les questions de traçabilité qui y sont associées.

Données sur le CCL


CCL établi en 1997 (CDM, Comité consultatif pour la définition du mètre, de 1952 à 1997)
Président : I. Castelazo
Secrétaire exécutive : G. Panfilo
Composition : 25 membres et 6 observateurs
Liste des membres et des observateurs : https://www.bipm.org/fr/committees/cc/ccl/members
Réunions depuis la dernière CGPM : 25-27 octobre 2021
Rapports complets des réunions : https://www.bipm.org/fr/committees/cc/ccl/publications
Cinq Groupes de travail et d’études : https://www.bipm.org/fr/committees/cc/ccl
− Transformation numérique
− Stratégie
− Nanométrologie dimensionnelle
− Étalons de fréquence (Groupe commun au CCL et au CCTF)
− CIPM MRA
o Sous-groupe de travail sur les comparaisons clés
o Sous-groupe de travail sur les CMCs et le DimVIM
o Sous-groupe de travail sur la liaison des comparaisons
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 133

Neuf Groupes de discussion : https://www.bipm.org/fr/committees/cc/ccl

Activité en matière de Terminée(s) En cours Programmée(s)


comparaisons [2022-2023]

Comparaisons clés du CCL 8 clés 3 clés 1


(et comparaisons (1 effectuée en
4 supplémentaires
supplémentaires) continu)

Comparaisons du BIPM 2 0 0

Études pilotes du CCL 0 0 1 [2017]

CMCs 1723 CMCs dans 51 catégories de services publiées dans la KCDB

Le président remercie M. Castelazo et demande s’il y a des questions ou commentaires.

M. Milton rappelle que M. Castelazo a évoqué l’intérêt porté à la réalisation secondaire du mètre à
l’aide du paramètre de maille du silicium et à ses nouvelles applications. Il demande si, au cours des
discussions du CCL, des propositions ont été formulées au sujet de réalisations secondaires similaires
qui se concentreraient sur des applications spécifiques à certains secteurs.

M. Castelazo répond qu’à l’heure actuelle, il n’a pas connaissance d’un effort coordonné pour mettre
au point une nouvelle réalisation. Cette réalisation secondaire, la première depuis plusieurs années,
était nécessaire puisque la réalisation primaire du mètre présente une exactitude de 633 nanomètres,
une valeur bien trop élevée pour des applications au nanomètre près. Le CCL a bénéficié de la grande
exactitude de la mesure du paramètre de maille réciproque réalisée dans le cadre du projet Avogadro.
En termes d’incertitude, le problème ne résidait pas dans les mesures effectuées aux niveaux
supérieures de l’échelle des longueurs mais dans celles réalisées aux niveaux inférieurs et cette
innovation apporte une solution.

29. Réglementation et infrastructure de la qualité : relever ces défis qu’un


monde sépare

Mme Karttunen, analyste des politiques à la Division de la politique réglementaire, rattachée à la


Direction de la gouvernance publique de l’Organisation de coopération et de développement
économiques (OCDE), indique que la Division de la politique réglementaire de l’OCDE est au service
du Comité de la politique de la réglementation qui fait lui-même partie de la Direction de la
gouvernance publique de l’OCDE. La Direction traite de toutes les affaires en rapport avec la qualité
des institutions publiques, des organismes publics et des procédures en vigueur pour mettre au point
des règles et des règlementations. L’OCDE dispose également d’un Comité des échanges et d’une
Direction des échanges qui supervisent les politiques, les normes et les réglementations qui peuvent
avoir des répercussions sur les échanges commerciaux.
Le Comité de la politique de la réglementation dispose de trois instruments élémentaires, ou documents
normatifs, sur lesquels s’appuie l’intégralité de son travail. Premier d’entre eux, la « Recommandation du
Conseil concernant la politique et la gouvernance réglementaires », adopté en 2012.
Cette recommandation établit des règles en matière de qualité pour réglementer de manière efficace.
Elle conseille aux pays de légiférer à partir d’observations factuelles, par exemple des analyses d’impact,
afin de mesurer les coûts et les bénéfices des réglementations adoptées. Elle incite également les
134 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

responsables des politiques et les régulateurs à consulter les parties prenantes lors de l’élaboration de
politiques et prodigue des conseils sur la manière de procéder. Enfin, c’est l’aspect le plus complexe de
la recommandation, elle encourage la coopération internationale afin que les réglementations ne freinent
pas la créativité et afin de garantir la cohérence des cadres réglementaires. La « Recommandation du
Conseil en faveur d’une gouvernance réglementaire agile permettant de mettre l’innovation à profit »
a été adoptée en 2021. Elle exhorte les régulateurs à adapter leurs pratiques dans le cadre d’une évolution
rapide des technologies ; en effet, les processus classiques de réglementation ne suivent pas toujours le
rythme ni la portée d’innovations technologiques qui, souvent, dépassent les frontières et chevauchent
plusieurs secteurs régis par des politiques. La « Recommandation du Conseil sur la coopération
réglementaire internationale face aux défis de portée mondiale » a été adoptée en 2022. Elle évoque la
façon dont les régulateurs nationaux peuvent travailler avec leurs homologues étrangers afin de garantir
une cohérence à l’échelle mondiale en matière de commerce et d’échanges internationaux.

Mme Karttunen présente l’approche en cinq étapes de l’OCDE en matière de politiques


réglementaires : planifier, élaborer, appliquer, surveiller et évaluer. La première étape consiste à
récolter et à s’appuyer sur les connaissances et le savoir-faire internationaux. Les instruments
internationaux déjà existants doivent être pris en considération lors de l’élaboration de réglementations
et la raison derrière chaque modification doit être dûment justifiée. Les effets au-delà des frontières
doivent être évalués dans une relation de collaboration active avec les parties prenantes à
l’international. La cohérence avec les instruments internationaux doit être un principe clé au moment
de dresser le bilan d’une politique et d’évaluer ses effets ex post. La dernière étape consiste à évaluer
ex ante les besoins en matière de coopération pour garantir une application efficace des politiques et
rationaliser des procédures « reproduisibles ». Mme Karttunen explique que l’évaluation ex post,
l’un des aspects essentiels de la réglementation, est l’une des pratiques les plus rarement mises en
œuvre par la plupart des pays. L’inverse vaut pour le monde de la normalisation, au sein duquel les
évaluations ex post sont monnaie courante. Cet exemple illustre les différences entre les mondes de la
réglementation et de la normalisation.

Le Comité de la politique de la réglementation de l’OCDE s’intéresse de manière croissante à la


question des normes publiques et privées et ce pour trois raisons principales. Premièrement, l’examen
des réglementations et des normes côte à côte montre que les deux ont, en principe, un effet.
Les systèmes légaux comme celui de l’OMC sur les obstacles techniques au commerce conçoivent les
normes comme facultatives et les réglementations comme obligatoires donc l’effet des normes s’en
retrouve diminué. Or, bien que non-contraignantes, les normes peuvent jouer un rôle important et avoir
des effets considérables, y compris sur l’économie. Elles peuvent avoir une portée très large,
plus encore que certaines réglementations. Cette dichotomie met en avant un contraste entre les
systèmes légaux et la réalité.

La gouvernance des réglementations n’est pas du tout élaborée de la même manière que celle des normes.
Les réglementations sont mises au point, en général, par des autorités publiques : des régulateurs,
des décideurs politiques ou des parlements. Les normes peuvent être élaborées de plusieurs façons :
certains pays ont un seul organisme de normalisation, d’autres en ont plusieurs ; dans certains pays
ceux-ci sont publics, dans d’autres, ce sont des organismes privés. De plus, des organismes de
normalisation nationaux et internationaux coexistent et mènent des activités importantes en parallèle.

Les réglementations publiques font l’objet de contrôles et de contre-pouvoirs nationaux qui pèsent sur
toutes les activités publiques, y compris la réglementation. Elles suivent les bonnes pratiques en matière
de réglementation préconisées par le Comité de la politique de la réglementation. Le système de normes
est plus décentralisé. Le Comité sur les obstacles techniques au commerce (OTC) de l’OMC, par exemple,
préconise un certain nombre de principes portant sur la transparence, le consensus, la qualité et la création
de normes, le tout à un niveau relativement élevé, mais leur portée reste encore incertaine.
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 135

Mme Karttunen remarque que la question est de déterminer dans quelle mesure ces deux mondes,
bien qu’ayant des effets similaires, sont considérés comme ayant les mêmes contrôles et les mêmes
règles en matière de qualité. Elle ajoute que la méconnaissance par le monde de la réglementation de
l’« infrastructure nationale de la qualité », c’est-à-dire des coulisses de la normalisation, pose problème
en soi. L’infrastructure nationale de la qualité constitue le cadre d’institutions, législations, règles,
procédures et pratiques utilisé pour vérifier la conformité des normes avec les règles en vigueur,
qu’elles soient facultatives ou obligatoires. Elle garantit la sécurité des échanges, les facilite et renforce
la confiance dans les transactions. Les commerçants rencontrent des difficultés pour démontrer la
viabilité de leurs produits s’ils n’ont pas suivi de procédures d’évaluation de la conformité,
qu’il s’agisse d’essais, de certifications ou d’inspections. Le monde de la réglementation n’est pas
familier des pratiques liées à l’accréditation, la métrologie, les essais, la certification et la surveillance
du marché. Le problème est de taille car les régulateurs élaborent parfois des réglementations
techniques contraignantes sans prendre en considération l’intégralité de l’infrastructure de la qualité.

Le Comité de la politique de la réglementation de l’OCDE constate que des normes et une infrastructure
de la qualité inadaptées constituent des obstacles au commerce, aux investissements, à la croissance et
au progrès technologique. D’autre part, des normes et une infrastructure de la qualité efficaces
renforcent la création de marchés, l’intégration commerciale et la valeur ajoutée. L’OCDE a déterminé
trois conséquences liées au fait que certains régulateurs ne tiennent pas compte de l’infrastructure de
la qualité dans leurs processus : les obstacles au commerce (par exemple, des importations et des
exportations plus coûteuses), les obstacles à l’innovation et à l’adoption de nouvelles technologies
(par exemple, des difficultés à lancer et démocratiser de nouveaux processus) et les contraintes sur la
compétitivité, l’investissement et la croissance (et donc des coûts plus élevés pour les consommateurs
sans pour autant améliorer leur sécurité).

Mme Karttunen résume les quatre problèmes principaux qui découlent de l’écart entre les mondes de
la réglementation et de la normalisation : le statut quasi-réglementaire des normes et des spécifications
techniques ; l’aspect essentiel de l’infrastructure nationale de la qualité dans la réglementation ;
les questions de la démocratie, du contrôle et de la transparence des réglementations par rapport aux
normes d’origine privée ; le défaut d’harmonisation entre les normes et les réglementations lié,
en général, aux procédures parallèles.

Les deux communautés à l’origine des politiques, les responsables des politiques commerciales et les
responsables des politiques de la réglementation, parlent deux langues différentes. Le monde du
commerce parle souvent de « bonnes pratiques réglementaires ». La terminologie de la politique
réglementaire comprend, elle, les expressions « mieux réglementer », « réglementation intelligente »,
« améliorer la réglementation », etc. D’apparence mineures, ces différences de vocabulaires peuvent avoir
des effets considérables. Les activités des membres de l’OCDE montrent bien le peu de communication
entre ces deux mondes. Les réglementations techniques doivent être signalées au Comité sur les obstacles
techniques au commerce de l’OMC et sont en général déclarées par les autorités en matière de politique
commerciale. Ces dernières sont distinctes des autorités qui élaborent les réglementations ou qui
supervisent leur création et ne communiquent pas nécessairement avec elles. En résulte un nombre
potentiellement considérable de réglementations ayant des répercussions sur le commerce qui passent
sous les radars, ainsi qu’une rupture au sein même des règlements contraignants tels ceux de l’OMC.

Mme Karttunen résume le travail entrepris par le Comité de la politique de la réglementation de


l’OCDE pour faire progresser les questions de la gouvernance et des politiques réglementaires depuis
des perspectives diverses. L’OCDE concentre sa réflexion sur trois domaines. Elle travaille d’abord
sur la gouvernance et les politiques réglementaires qui constituent la tâche principale du Comité au
travers des bonnes pratiques réglementaires. Le partenariat des organisations internationales de
l’OCDE rassemble 50 organisations internationales qui travaillent sur les processus de réglementation
136 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

et d’élaborations des normes au niveau international. Ce partenariat se concentre sur les règles en
matière de qualité qui, appliquées au niveau international, garantissent : l’utilisation d’observations
factuelles et d’analyses d’impact ; la consultation, en toute transparence, des parties prenantes ; la mise
en place d’évaluations ex post et la coordination entre les acteurs internationaux. Ce dernier point est
essentiel pour le monde de l’infrastructure de la qualité, ce domaine de travail regroupant plusieurs
organisations, certaines internationales. De plus, l’infrastructure nationale de la qualité repose sur un
réseau de plusieurs organisations internationales travaillant dans le même domaine ; ainsi, la
coordination entre acteurs en est un aspect central. Enfin, un travail est mené sur l’exécution et
l’application des réglementations, ainsi que sur la façon de garantir l’adéquation des mécanismes
d’application assortis aux régulations avec les risques et le contenu des réglementations elles-mêmes.
Dans le cas classique d’une évaluation de la conformité, cet aspect est indispensable pour minimiser la
charge que représente habituellement cette procédure.
L’OCDE s’intéresse aux synergies entre les règles en matière de qualité des réglementations et des
normes. Elle documente les différents acteurs et procédures de l’infrastructure de la qualité en parallèle
de ce qu’elle connaît déjà de l’univers de la réglementation. L’OCDE détermine les mesures, étapes et
procédures clés dont un des éléments pourrait dysfonctionner, la façon dont les deux mondes peuvent
apprendre l’un de l’autre et le travail nécessaire pour parvenir à des réglementations optimales. L’OCDE
œuvre pour formuler des premières recommandations sur les moyens de surmonter les inefficacités de
ces deux mondes distincts.

Le président remercie Mme Karttunen et demande s’il y a des questions.

M. Sené (Royaume-Uni) indique qu’au vu de la présentation, une étude économique menée par
l’OCDE sur ce sujet bénéficierait à la métrologie ou plus largement au système international de la
qualité. Il demande si l’OCDE prévoit d’entreprendre une telle étude.

Mme Karttunen répond que l’OCDE a mené des recherches importantes sur le sujet et qu’une étude
commencera début 2023.
M. Härtig (Allemagne) demande si l’OCDE envisage une politique sur les infrastructures numériques
et si elle dispose d’une stratégie dans le domaine. Il explique que les projets à venir en matière de
processus numériques comprendront notamment des certificats numériques de conformité,
des solutions cloud et des traces numériques pour les produits : ils nécessiteront donc une
harmonisation dans le monde entier car ces systèmes dépassent les frontières nationales.
Mme Karttunen répond que l’OCDE travaille sur un véritable chantier des réglementations dites
d’aujourd’hui, ce qui signifie des réglementations dans le contexte des nouvelles technologies,
qui devront tenir compte de l’importance des outils numériques de réglementation.

30. Application des principes FAIR aux domaines de la recherche et des mesures

M. Hodson, directeur exécutif de CODATA, explique que son intervention présentera CODATA,
les principes FAIR (Findable, Accessible, Interoperable, and Reusable - données faciles à trouver,
accessibles, interopérables et réutilisables), leur relation avec la notion de science ouverte, ainsi que leurs
conséquences sur la science et les mesures.

Le Comité sur les données (CODATA) du Conseil international des sciences (ISC), est un organisme
affilié de l’ISC qui a été créé par l’organisation prédécesseur de l’ISC, le Conseil international des
unions scientifiques. CODATA soutient la mission de l’ISC, « faire progresser la science en tant que
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 137

bien public mondial », avec un mandat centré sur les données. Son rôle a évolué et comprend la
promotion des principes FAIR et de la notion de science ouverte dans un contexte de mondialisation
de la science. CODATA s’organise en groupes de travail et d’étude. Ses membres sont issus du monde
entier, y compris des unions scientifiques internationales, ce qui permet de couvrir de nombreux
domaines spécifiques de recherche.

Les activités de CODATA ciblent quatre domaines prioritaires : le projet « Faire fonctionner les
données pour les grands défis interdisciplinaires » du programme décennal ; les politiques en matière
de données (directement via son Comité international sur la politique en matière de données ou
indirectement en apportant son expertise à d’autres initiatives), la science des données, et les
compétences des données. M. Hodson précise qu’il a présidé le groupe d’experts de la Commission
Européenne qui a préparé le rapport « Turning FAIR into Reality » 20 (Transformer FAIR en réalité)
s’intéressant à la mise en œuvre des principes FAIR dans la recherche scientifique européenne et qu’il
a co-présidé le groupe d’experts à l’origine de la recommandation de l’UNESCO sur la science ouverte.
CODATA a mené une étude en partenariat avec l’OCDE qui fait la synthèse d’une quantité importante
de données de recherche sur les conséquences économiques des infrastructures de données,
en examinant leurs mécanismes de financement, leur modèle commercial et leur proposition de valeur.
De plus, CODATA offre aux chercheurs et gestionnaires des données, c’est-à-dire les personnes
responsables des données au sein des institutions, un programme de formations rapides et intensives
sur les compétences liées aux données.

M. Hodson explique que le principe selon lequel les données et autres résultats de recherche,
tels les programmes et les services utilisés, devraient être FAIR sous-tend les politiques et les pratiques
en matière de science. La relation entre principes FAIR et science ouverte porte à confusion.
Il est important de souligner que bien que l’on évoque souvent les principes FAIR dans le contexte de la
science ouverte et que CODATA ait rappelé dans la recommandation de l’UNESCO que les principes
FAIR sont un composant essentiel de la science ouverte, FAIR n’est pas nécessairement synonyme
d’ouvert. Les critères pour que la science soit dite ouverte sont la reproductibilité, la transparence et
l’utilité publique, ce qui est établi par de nombreuses preuves. Les données de recherche devraient être
aussi accessibles que possible, et ce par défaut, avec un accès restreint seulement si nécessaire.
Les principes FAIR visent à maximiser l’utilité, l’exploitabilité, la transparence et la qualité des données.
Ces principes ne s’appliquent pas nécessairement aux jeux de données, qui n’ont pas à être ouverts,
mais s’appliquent autant aux données dont l’accès est restreint qu’aux données ouvertes à tous. De plus,
l’application de principes de bonne gestion des données est nécessaire pour extraire une plus grande valeur
de celles-ci. Des pratiques adaptées de gestion des données permettent de les utiliser plus efficacement.
Selon M. Hodson, les 10 à 15 dernières années ont vu naître le besoin d’une science ouverte et, depuis
2016, de données ouvertes. La science ouverte s’appuie sur l’idée essentielle selon laquelle
« bien pratiquer une science, c’est savoir communiquer des preuves ». En 2012, un rapport de la Royal
Society, alors présidée par Geoffrey Boulton, ancien président de CODATA, affirmait que « ne pas
communiquer les données qui corroborent des assertions scientifiques n’est ni plus ni moins une faute
professionnelle ». Un éditorial paru dans Molecular Brain et intitulé « No raw data, no science: another
possible source of the reproducibility crisis » 21 (Pas de science sans données brutes : une autre origine
possible de la crise de la reproductibilité) souligne les inquiétudes suscitées dans certaines
communautés scientifiques par l’impossibilité de communiquer immédiatement les données et exprime
de manière intéressante la préoccupation d’un rédacteur en chef concernant l’absence de données

20
European Commission, Directorate-General for Research and Innovation, Turning FAIR into reality: final report and action
plan from the European Commission expert group on FAIR data, Publications Office, 2018,
https://data.europa.eu/doi/10.2777/1524
21
Miyakawa, T. No raw data, no science: another possible source of the reproducibility crisis. Mol Brain 13, 24 (2020).
https://doi.org/10.1186/s13041-020-0552-2
138 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

communiquées lors de la soumission d’articles. La science ouverte est également bénéfique à la société
et à la science, et sera nécessaire pour relever des défis à l’échelle des sociétés ou de la planète.
Les organisations internationales, telles l’OCDE, l’UNESCO ou encore la Commission Européenne,
développent des outils politiques pour soutenir la science ouverte. Certains domaines de recherche tels
la génomique, l’astronomie et la cristallographie ouvrent la voie en rendant leurs données
particulièrement accessibles à l’ensemble de leur communauté et sont souvent cités comme exemples
à suivre. Les principes FAIR sont assez proches mais ils mettent toutefois l’accent sur la gestion des
données et sur l’utilité accrue offerte par une meilleure exploitabilité des données. Ils sont plus axés
sur l’exploitation et l’accessibilité par machine.
Aujourd’hui, la science demande d’exécuter du code sur de grands jeux de données hétérogènes
provenant de sources diverses. Ces outils, et encore plus l’analyse approfondie, ne fonctionnent qu’en
présence d’annotations et de descriptions suffisantes des données et si les principes FAIR sont
appliqués. La Commission Européenne a commandé un rapport à PwC en 2019 qui a estimé le coût
d’opportunité du non-respect des principes FAIR pour la recherche européenne à 8,2 milliards d’euros.
Les études et les entretiens menés avec des chercheurs ont conduit à estimer que près de 80 % des
efforts déployés dans un projet sont consacrés aux procédures de collecte et de nettoyage des données.
Un argument en faveur des principes FAIR est qu’il est beaucoup plus efficace de fournir des efforts
en matière de collecte et de gestion des données que de laisser aux groupes de recherche en aval la
responsabilité de la collecte et du nettoyage des données.

M. Hodson présente les principes FAIR essentiels et les métadonnées qu’ils requièrent. Pour être faciles à
trouver, les données doivent comporter des métadonnées en quantité suffisante, et pour pouvoir être
retrouvées un identifiant unique et permanent. Pour être accessibles, les données doivent pouvoir être
retrouvées par des humains et des machines à l’aide d’un protocole utilisant des authentifications et des
autorisations là où elles sont nécessaires. L’interopérabilité est permise par des métadonnées rédigées dans
un langage « formel, accessible, partagé, et largement utilisable pour représenter des connaissances ».
Des données sont réutilisables dès lors que les métadonnées associées fournissent des informations riches et
exactes, une licence d’utilisation claire ainsi que des informations détaillées sur leur provenance. Le rapport
« Turning FAIR into Reality » a établi une feuille de route et un cadre pour la mise en œuvre des principes
FAIR dans la recherche en Europe. Les principes FAIR véhiculent un certain nombre de messages essentiels.
L’accessibilité par machine ne devrait pas seulement signifier qu’un jeu de données est téléchargeable mais
surtout qu’il est possible de l’exploiter directement grâce à un programme. L’interopérabilité représente un
défi qui consiste à disposer de descriptions de variables et grandeurs de manière à pouvoir y faire référence
par du code et les utiliser dans le traitement des données. En termes de réutilisation, les modifications qui
peuvent être apportées aux données sont connues.
M. Hodson mentionne le concept d’objets numériques FAIR qui, selon lui, revêt différentes interprétations
de ce que cela pourrait ou devrait signifier. La plus probante est celle d’une unité d’information exploitable
par machine (qu’il s’agisse d’un jeu de données, d’une donnée, d’une image, ou le résultat d’une recherche)
qui doit être communiquée avec toutes les informations nécessaires pour pouvoir être utilisée par un humain
ou une machine. Une quantité considérable de métadonnées peut être associée à des données et les principes
FAIR impliquent qu’elles sont toutes nécessaires. En plus de la donnée, de son identifiant et de son contenu
sémantique, il faut également fournir des métadonnées structurelles (la structure du jeu de données ou de
l’élément lu, ainsi que sa provenance). Ces règles et ces langages utilisés pour les métadonnées peuvent être
appelés (méta)métadonnées. La chaîne d’informations ainsi obtenue est nécessaire au traitement des
données. M. Hodson explique que si tout ceci représente un défi et qu’il y a beaucoup de travail à accomplir,
les étapes restantes pour mettre en œuvre les principes FAIR et pour rendre les données scientifiques plus
exploitables par des machines sont claires.
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 139

M. Hodson indique que CODATA est signataire de la « Déclaration commune d’intention sur la
transformation numérique au sein de l’infrastructure internationale scientifique et de la qualité » aux côtés
du BIPM, du Conseil international des sciences et de nombreuses autres organisations de normalisation
et de métrologie. La déclaration a été élaborée à la suite de la conférence en ligne « The International
System of Units (SI) in FAIR digital data » organisée du 22 au 26 février 2021. Du point de vue de
CODATA, le point essentiel de la déclaration commune prévoit que le fait de maintenir la confiance dans
la précision et dans la compatibilité au niveau mondial des mesures nécessitera d’élaborer et d’adopter
une représentation entièrement numérique du SI, qui comprendra des représentations numériques
robustes, non ambiguës et exploitable par machine des unités, résultats et incertitudes de mesure.
Selon CODATA, cette formulation reflète quels sont les éléments de mise en œuvre des principes FAIR
dans d’autres domaines de recherche.

M. Hodson explique qu’en matière de mesures et de recherche, il est nécessaire de créer une
représentation numérique et FAIR des unités. Le groupe de travail sur la représentation numérique des
unités de mesure (DRUM) de CODATA travaille sur le sujet en collaboration avec le BIPM. Il faut
également disposer d’une représentation numérique et FAIR des grandeurs, appelées mesurandes ou
propriétés dans certains domaines de recherche et variables en sciences sociales. Ce qui est observé et
mesuré doit être défini avec précision et cette définition doit être accessible sur internet à l’aide d’un
programme. De cette façon, au cours de l’analyse ou du traitement d’un jeu de données, on sait
exactement ce à quoi chaque élément fait référence. Les terminologies et les lexiques FAIR sont des
outils essentiels décrits dans l’article « Ten Simple Rules for Making Vocabulary FAIR » 22 (Dix règles
simples pour rendre un vocabulaire FAIR). M. Hodson mentionne des travaux en sciences sociales qui
peuvent être appliqués à d’autres types de jeux de données. Ceux-ci exploitent la notion de « variables
en cascade » qui désigne une relation codifiée et explicite entre la définition d’un concept (ou « variable
conceptuelle ») et ses représentations sous forme de code. La façon dont les variables sont mises en
œuvre dans un jeu de données est également renseignée. Une fois les associations établies de manière
explicite, le traitement et l’intégration de différents jeux de données s’en trouvent largement facilités.

Le groupe DRUM est chargé de promouvoir la coopération et la coordination entre de nombreuses


initiatives pour la représentation numérique des unités de mesure. Il a publié un manifeste qui souligne
l’importance de l’engagement de la communauté du Conseil international des sciences et en particulier
des unions scientifiques internationales. Les unions scientifiques internationales sont des parties
prenantes importantes et représentent les chercheurs au sein de leurs domaines, aux côtés des sociétés
savantes et des associations. Cet engagement est un outil permettant de parvenir à un accord sur les
pratiques, en particulier dans les domaines de la recherche. Sur le long terme, les unions scientifiques
internationales ont pour mission de développer des nomenclatures et des terminologies qui représentent
des contributions majeures. Le travail du groupe DRUM est évoqué dans l’article « Stop squandering
data : make units of measurement machine-readable » 23 (Non au gaspillage de données, rendre les
unités de mesure lisibles par machine). Le groupe DRUM contribue au Groupe de travail du CIPM sur
les données qui travaille à la mise en place d’un modèle universel de données métrologiques pour les
unités de mesure et qui prépare la publication des valeurs des constantes fondamentales recommandées
par CODATA sous la forme de données ouvertes liées, lisibles par machine.
M. Hodson mentionne enfin le projet WorldFAIR, qui dispose de deux ans à compter du
1er janvier 2022 pour faire progresser la mise en œuvre des principes FAIR dans toutes sortes de
disciplines et de domaines de recherche interdisciplinaires. Tout un éventail de projets contribue de
façon remarquable à la définition, à la conceptualisation et à la mise en œuvre des principes FAIR.

22
Cox S.J.D., Gonzalez-Beltran A.N., Magagna B., Marinescu M.-C., Ten simple rules for making a vocabulary FAIR, PLOS
Computational Biology, 2021, https://doi.org/10.1371/journal.pcbi.1009041
23
Hanisch R., et al., Stop squandering data: make units of measurement machine-readable, Nature 605, 222-224 (2022)
https://doi.org/10.1038/d41586-022-01233-w
140 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

CODATA est engagé dans cette mise en œuvre et dans la transformation numérique de l’infrastructure
internationale scientifique et de la qualité.

Le président remercie M. Hodson et ouvre la discussion.


M. Milton remercie M. Hodson et souligne que sa présentation met en avant l’ampleur des activités en
cours dans ce domaine et la quantité de connaissances qui restent à acquérir. M. Hodson a mentionné
que les objets numériques FAIR représentaient une question essentielle. M. Milton demande s’il existe
un calendrier à suivre à court et moyen terme sur ce sujet. Il poursuit en posant la question de savoir ce
qu’il est possible d’apprendre de plus sur les objets numériques FAIR et si la communauté de la
métrologie doit créer ses propres structures de données pour répondre à la nouvelle pensée émergente.

M. Hodson répond que l’idée d’objet numérique FAIR est envisagée depuis plusieurs années sous sa
forme conceptuelle basique d’unité d’information exploitable par machine. Ce concept déjà bien établi
et examiné dans le rapport « Turning FAIR into Reality » consiste en un objet auquel sont jointes toutes
les métadonnées nécessaires à son traitement. Il semble peu réaliste de croire qu’une seule norme ou
spécification sera associée à ce concept. Certaines normes sont à l’état de projet et les débats se
poursuivent sur la portée que ces normes devraient avoir. Aucune spécification n’a pour l’instant été
annoncée par le forum sur les objets numériques FAIR et cela pourrait ne jamais être le cas. Plusieurs
groupes de travail ont été constitués et se pencheront sur cette question au cours des douze mois à venir.
Leur décision sur une possible spécification devrait être connue d’ici la fin de l’année 2023.

31. Rapport de l’ISO sur les activités de liaison

Mme Cristina Draghici, responsable de l’évaluation de la conformité et des questions de consommation


au secrétariat central de l’Organisation internationale de normalisation (ISO), souligne que tous les
délégués de la CGPM comprennent la relation entre normes et mesures. Les histoires entremêlées de
l’ISO et du BIPM montrent combien cette relation est vivace. Elle s’étend jusqu’à certains domaines
de l’évaluation de la conformité et permet une confiance mutuelle dont la déclaration commune sur la
métrologie est une illustration. L’ISO est en effet signataire de la Déclaration commune d’intention sur
la transformation numérique au sein de l’infrastructure internationale scientifique et de la qualité.
La signature du document a été l’occasion pour l’ISO de rappeler son soutien au développement,
à la mise en œuvre et à la promotion du cadre numérique du SI en tant qu’étape d’une transformation
plus large de l’infrastructure internationale scientifique et de la qualité.

La transformation numérique n’a pas seulement bouleversé le monde des idées, des journaux et des
médias, elle a également changé la nature et le potentiel de la chaîne d’approvisionnement de manière
évidente. Les progrès de l’impression 3D permettent de produire des objets complexes depuis chez soi,
là où une usine aurait été nécessaire dix ans plus tôt. Ces objets peuvent être acheminés physiquement
à l’aide d’options de livraison de plus en plus diverses et reposant sur les technologies numériques,
y compris des drones, ou des coursiers à vélo géolocalisés par l’intelligence artificielle et engagés et
rémunérés numériquement. La transformation numérique est riche d’opportunités pour une
mondialisation d’un nouveau genre, dans laquelle les entrepreneurs et les investisseurs évoluent sur les
marchés internationaux en rencontrant moins d’obstacles qu’auparavant. Cette technologie,
qui permettrait de créer des emplois dans des territoires reculés et de stimuler les économies,
est essentielle pour des « livraisons sans délai » et pour la maintenance de la chaîne
d’approvisionnement dans des contextes volatils et en rapide évolution. Ces progrès sont un moyen
potentiel d’intégrer plus de personnes que jamais aux échanges internationaux. Il reste toutefois des
questions pratiques à résoudre.
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 141

L’Organisation mondiale du commerce (OMC) encourage fortement ses membres à utiliser une norme
internationale pour leurs mesures afin de faciliter les échanges et de rendre l’environnement commercial
plus prévisible. Il faut toutefois tenir compte des conséquences de la transformation numérique
progressive de l’environnement commercial du point de vue des obstacles techniques au commerce.
Il est également nécessaire de prendre en considération le rôle des normes et de la métrologie dans ce
monde numérique. Se mêlent un climat de défiance, des chaînes d’approvisionnement complexes en
réseau, et un environnement composé d’objets physiques mais également d’objets intégralement
numériques. C’est notamment le cas des « jumeaux numériques », qui permettent d’accélérer des essais
et des simulations trop complexes et coûteuses à effectuer dans la réalité.
Mme Draghici présente les répercussions sur le travail de l’ISO et poursuit en montrant en quoi la
collaboration actuelle entre l’ISO et le BIPM sera essentielle pour renforcer la confiance dans le monde
numérique. L’ISO a identifié trois principales mutations du secteur de l’évaluation de la conformité du fait
de la transformation numérique, reposant toutes sur la métrologie numérique. Tout d’abord, le recours à des
méthodes d’évaluation à distance est de plus en plus fréquent, en particulier depuis la pandémie de Covid-19.
Si les avantages en matière d’efficience et d’exactitude sont établis, une intervention humaine reste requise
dans de nombreuses situations. Seconde évolution, l’évaluation d’objets eux-mêmes entièrement
numériques. De nombreuses questions se posent sur les caractéristiques et les spécificités d’un objet
strictement numérique et sur la façon dont il répond aux exigences et aux protocoles nécessaires pour le faire
fonctionner et interagir de la façon voulue. Enfin, se pose la question de la transformation numérique des
certificats, à quoi ceux-ci ressembleront et comment ils fonctionneront. L’ISO a conscience de la volonté de
faire progresser ce domaine, la majorité des membres qu’elle a consulté à ce sujet ayant répondu être
favorables au développement d’un modèle hybride. Celui-ci concernerait à la fois l’audit à distance,
le recours à des jumeaux numériques, les effets de la lisibilité par ordinateur, le cadre numérique du SI et
des normes qui peuvent être exécutées et transférées.
Le projet ISO SMART, qui se poursuivra pendant plusieurs années, pourrait transformer la manière dont
l’ISO développe ses normes et la façon dont elles sont utilisées. Le projet vise à développer des normes
lisibles et exploitables par les machines, tout en conservant la méthode habituelle d’élaboration de ces
normes. Ce projet affiche un fort potentiel et nécessitera une collaboration entre l’ISO et le BIPM,
car les mesures et unités doivent être pleinement prises en considération et le projet requiert de « réussir
du premier coup ». Les normes SMART vont rendre la vie plus simple, plus sûre et plus agréable :
plus simple en améliorant l’efficience par une réduction des interventions humaines ; plus sûre en
réduisant le risque d’erreurs d’origine humaine ; plus agréable en améliorant la pertinence, l’applicabilité
et l’utilisation systématique des normes. Le projet ISO SMART est entré dans sa deuxième phase, au
cours de laquelle une consultation extensive menée auprès de ses membres permet à l’ISO d’adapter son
approche pour mieux répondre aux exigences. Début 2023, l’ISO débutera la phase de mise en œuvre.
Le processus de consultations répétées se poursuivra pendant la durée de la mise en œuvre, au cours de
laquelle l’ISO continuera à affiner et à adapter son approche. La technologie bouleverse presque tous les
domaines de la normalisation, d’où la nécessité de travailler en collaboration avec le BIPM au sein du
cadre numérique du SI.
Mme Draghici indique que si les certificats numériques peuvent être simples, il reste à s’assurer de leur
traçabilité et de la confiance accordée aux normes de conformité numériques, par exemple en évitant
la fraude ou la corruption susceptibles d’ébranler la confiance dans le système. Il revient aux acteurs
déjà établis, comme l’ISO ou le BIPM, d’apporter toute la stabilité nécessaire au processus. Il faut
définir des façons de résoudre ces difficultés afin de bénéficier du plein potentiel de tels certificats,
y compris leur lisibilité par des machines, et ainsi les intégrer à une chaîne de production intelligente.
Mme Draghici présente les futurs plans de travail pour les secteurs concernés. En 2023, l’ISO organisera
une série de tables rondes sur le thème de l’évaluation numérique de la conformité. Ces sessions virtuelles
142 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

réuniront des experts pour évoquer trois sujets différents : les objets numériques d’évaluation de la
conformité, la méthodologie numérique concernant les mesures, et les déclarations numériques de
conformité. Le Comité ISO pour l’évaluation de la conformité (CASCO) développe actuellement la norme
ISO/IEC 17012 sur la conduite d’audits à distance pour répondre aux besoins de la communauté de la
métrologie. L’ISO tient compte de la question de la soutenabilité, à laquelle elle répond sur deux plans :
celui du climat d’abord, avec la Déclaration de Londres qui traduit son engagement en faveur du climat ;
deuxièmement, celui de la diversité et de l’inclusivité. L’ISO met en place un comité de coordination sur les
critères environnementaux, sociaux et de gouvernance. Ce comité coordonnera l’action de l’ISO et
travaillera main dans la main avec ses organisations partenaires et les autres organisations internationales.
Le Comité ISO pour l’évaluation de la conformité a formé un groupe de travail pour étudier les possibles
adaptations des besoins en matière d’évaluation de la conformité et ce qui peut être fait pour remplir les
critères environnementaux, sociaux et de gouvernance.

Mme Draghici explique qu’à mesure que la transformation numérique du monde avance, deux défis se
posent : celui d’aller vite, et celui de bien faire. Le processus de l’ISO implique un large ensemble de
parties prenantes, des progrès sont réalisés afin, notamment, d’offrir des normes collaboratives
développées à l’aide d’un outil en ligne. Il est pourtant possible de gérer ce processus d’une nouvelle
façon, plus efficiente. L’objectif est de s’assurer que l’ISO et le BIPM continuent à collaborer étroitement.
La longue histoire de la collaboration entre les deux organisations met en évidence des synergies et des
chevauchements entre les deux mondes. Dans un avenir numérique, la collaboration entre le BIPM et
l’ISO ne sera que plus importante.

Le président remercie Mme Draghici et demande s’il y a des questions.

M. Härtig (Allemagne) demande des détails sur le format des évaluations numériques de conformité.
D’après l’ISO/IEC 17065, ce format est presque entièrement défini mais son lancement pose des
difficultés ; en effet, lorsque la norme ISO a été développée, la transformation numérique n’y était
mentionnée nulle part. M. Härtig demande si l’ISO a établi une stratégie pour améliorer l’aspect
numérique du processus et trouver une solution qui vienne s’ajouter aux normes existantes.

Mme Draghici répond que l’ISO est consciente que les séries de normes élaborées par le Comité ISO pour
l’évaluation de la conformité, comme les séries de normes ISO/IEC, qui sont à la base du système
d’évaluation de la conformité, doivent s’adapter à la nouvelle réalité du monde numérique. Une équipe a
été réunie quelques années plus tôt afin de déterminer si la boîte à outils (la série de normes) est toujours
utilisable, si d’éventuelles lacunes persistent et s’il est nécessaire d’apporter des changements pour
s’adapter aux normes SMART et aux procédures numériques d’évaluation de la conformité, aux produits
numériques des évaluations de la conformité et aux certificats numériques. La norme ISO/IEC 17065 doit
faire l’objet d’un examen systématique en 2023, qui sera l’occasion de passer en revue les nouvelles
exigences. L’évolution vers un audit en ligne des normes s’accompagnera d’une systématisation des
méthodes de travail à distance et asynchrones dans le processus d’élaboration des normes. Ceci devrait
aller de pair avec une accélération de la révision, de l’adaptation et de l’entrée en vigueur de nouvelles
normes pour répondre aux besoins.

32. Rapport du président du CCU

M. Joachim Ullrich, président du Comité consultatif des unités (CCU), présente son rapport sur les
activités du CCU depuis la 26e réunion de la CGPM (2018).
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 143

Résumé du rapport du CCU

Le CCU a pour responsabilité de faire évoluer et d’améliorer le Système international d’unités, le SI,
et conseille le CIPM sur les unités de mesure en général. Afin de remplir sa mission, le CCU consulte
les laboratoires nationaux de métrologie membres du comité, ses organismes de liaison et les autres
Comités consultatifs. Jusqu’en 2018, le CCU s’est consacré à la révision du SI, approuvée par la CGPM
la même année puis mise en œuvre en 2019. Depuis, la stratégie du CCU a été révisée et le CCU se
concentre désormais sur un certain nombre de sujets liés aux futures améliorations du SI dont, à court
terme, l’ajout de nouveaux préfixes pour les unités du SI et la clarification du rôle des unités d’angle
et des grandeurs dites sans dimension dans le SI. À long terme, la redéfinition prévue de la seconde
constituera l’objet principal du travail du CCU. Le CCU suit de près l’évolution de la transformation
numérique de la métrologie et cherche à définir le rôle qu’il pourrait jouer en la matière. L’élaboration
de définitions non ambiguës des termes métrologiques fondamentaux sera sans doute d’une importance
cruciale pour soutenir l’amélioration de la lisibilité et de l’interopérabilité par machine des données
métrologiques.

Domaine de compétence du CCU

Le travail du CCU porte sur les thèmes suivants :


- faire évoluer et améliorer le Système international d’unités, le SI ;
- conseiller le CIPM sur les unités de mesure en général ;
- fournir des informations et conseils sur les unités et leur utilisation, au-delà du CIPM, à un
large éventail d’organismes, associations, commissions et comités internationaux, ainsi qu’à
des personnes contactant le BIPM à cette fin.

Afin de remplir sa mission, le CCU prend conseil auprès de ses membres et parties prenantes,
d’associations, de commissions et comités internationaux, ainsi que d’organisations
intergouvernementales et organismes internationaux, avec lesquels il entretient des liens. Il travaille
par ailleurs en étroite collaboration avec les autres Comités consultatifs et les laboratoires nationaux de
métrologie. Le CCU a pour responsabilité de préparer les éditions successives de la Brochure sur le SI,
y compris de son Résumé. La Brochure sur le SI est la publication du BIPM la plus importante et la
plus largement utilisée. Elle en est aujourd’hui à sa 9e édition, qui inclut les définitions révisées des
unités de base du SI. Le CCU apporte le plus grand soin à la préparation du texte, en prenant en
considération non seulement la précision du sens du texte mais aussi le fait que la Brochure sur le SI
est traduite dans de nombreuses autres langues et qu’elle est utilisée par des personnes dont la langue
maternelle n’est ni le français ni l’anglais. Dernièrement, le CCU a pris les mesures nécessaires pour
soutenir les avancées de la transformation numérique en métrologie, notamment en fournissant des
définitions adaptées de termes métrologiques fondamentaux afin d’améliorer la lisibilité et
l’interopérabilité par machine.

Stratégie

Jusqu’en 2018, la stratégie du CCU s’est concentrée sur le travail de préparation de la révision du SI,
approuvée par la CGPM en 2018 puis mise en œuvre le 20 mai 2019. La principale responsabilité du
CCU demeure de faire évoluer et d’améliorer le SI. Le document de stratégie du CCU, mis à jour en
mars 2022, identifie un certain nombre d’activités à mener dans le domaine : préparer la redéfinition
de la seconde (en collaboration avec le CCTF), clarifier le statut des unités d’angle et des grandeurs
sans dimension dans le SI, étendre la liste des préfixes du SI en fonction des besoins, clarifier les
définitions des termes métrologiques fondamentaux, et étudier la nécessité ou non de maintenir une
distinction entre les unités de base et les unités dérivées. Le CCU, en particulier son Groupe de travail
sur la stratégie, suit de près le processus croissant de transformation numérique de la métrologie et
144 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

explore le rôle que pourrait jouer le CCU. Pour traiter ces sujets, qui ne peuvent pas faire l’objet du
travail du comité entier, le CCU crée des groupes de travail ou des groupes spécifiques, qui sont ensuite
dissous une fois leur tâche accomplie. Le CCU compte actuellement deux Groupes de travail, celui sur
la stratégie et celui sur la définition des termes métrologiques fondamentaux, et un Groupe spécifique
sur le traitement des unités d’angle et des grandeurs sans dimension dans la Brochure sur le SI.
Le Groupe de travail sur la stratégie se réunit une fois par an et prépare les sessions plénières du CCU,
qui se réunit une fois tous les deux ans.

En raison de sa nature transversale, le CCU interagit avec de nombreux organismes directement intéressés
par ses activités. Des délégués des autres Comités consultatifs sont invités à assister aux réunions du CCU.
Les unions et organisations internationales scientifiques concernées sont également invitées à ces
réunions en tant qu’organismes de liaison. Même s’ils ne sont pas membres du CCU, les organismes de
liaison ont en pratique les mêmes droits que les membres lorsqu’il s’agit de partager leur opinion sur les
questions débattues.

Activités et réalisations depuis la dernière réunion de la CGPM

Principales activités et réalisations

Après la mise en œuvre de la révision du SI, le CCU a mené une enquête auprès de ses membres, de ses
organismes de liaison et du monde de l’enseignement afin de recueillir leurs commentaires sur la façon
dont la révision a été présentée, sur la stratégie de communication, sur la mise en œuvre de la révision,
ainsi que sur les innovations que permet le SI révisé. Un questionnaire spécifique a été élaboré pour
chacune des trois communautés. Ces questionnaires ont été envoyés aux directeurs des laboratoires
nationaux de métrologie de tous les États Membres et aux présidents des organismes de liaison du
CCU. Il a été demandé aux directeurs des laboratoires nationaux de transmettre aux institutions
concernées de leur pays le questionnaire destiné aux organisations du monde de l’enseignement.
Au total, 18 laboratoires nationaux de métrologie, 7 organismes de liaison, 12 universités et 5 écoles
ont soumis des réponses : aucun des laboratoires nationaux de métrologie n’a rencontré de véritable
difficulté dans la mise en œuvre du SI révisé et la révision n’a pas eu d’impact significatif sur leurs
clients. Diverses approches innovantes ont été mentionnées. Tous les laboratoires de métrologie ont
profité de cet évènement pour promouvoir l’importance de la métrologie. Les organismes de liaison
ont en général été bien informés des changements et n’ont pas rencontré de difficultés majeures.
Certaines universités avaient déjà intégré la révision du SI à leurs programmes, là où d’autres n’avaient
pas entendu parler des changements apportés au SI.
Au cours de ses 24e et 25e réunions, le CCU a discuté de la nécessité d’étendre la liste actuelle de
préfixes du SI, de 1024 à 1030 et de 10−24 à 10−30. La science des données et la croissance exponentielle
de la datasphère mondiale ont été les moteurs de cette évolution. Des noms non-officiels pour les
nouveaux préfixes avaient déjà émergé au sein de cette communauté et circulaient dans des médias
scientifiques populaires. Une feuille de route a été élaborée dans le but de présenter un projet de
résolution à la 27e réunion de la CGPM en 2022. Le Projet de résolution C propose ainsi
quatre nouveaux préfixes permettant de couvrir ces nouveaux ordres de grandeur.

Le CCU a de nouveau examiné la question de longue date liée au statut du radian et du stéradian,
ainsi qu’à celui des grandeurs dites sans dimension, au sein du SI. Au cours de la 24e réunion du CCU,
il a été demandé à tous les membres et organismes de liaison du CCU de réfléchir au statut des unités
d’angle et des grandeurs sans dimension afin de pouvoir présenter la position de leur institution lors de
la réunion suivante. Une majorité s’est ainsi prononcée en faveur d’un statu quo concernant le fait de
définir les unités d’angle comme des unités dérivées ; toutefois, certains étaient favorables au fait
d’améliorer la Brochure sur le SI afin d’éviter, dans la mesure du possible, toute incompréhension et
erreur. Le Groupe spécifique du CCU sur les angles et les grandeurs sans dimension dans la Brochure
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 145

sur le SI a été créé avec pour objectif de proposer des clarifications à apporter au texte de la Brochure
sur le SI concernant ces sujets. Le groupe a débuté son travail et doit présenter ses premières
recommandations lors de la prochaine réunion du CCU. Il a été décidé d’organiser début 2023 un atelier
commun CCU/CCQM sur les grandeurs dont la valeur peut être déterminée par comptage, auquel
d’autres Comités consultatifs participeront. L’atelier vise à ouvrir la discussion sur le comptage au sein
de la communauté de la métrologie afin de parvenir à une compréhension commune de la notion de
comptage dans le cadre du SI.

En raison de la révision du SI, qui a permis de faire reposer l’ensemble du système d’unités sur
sept constantes fondamentales, s’est posée la question de la définition de termes comme « unité »,
« grandeur » et « valeur d’une grandeur ». Le CCU a mis en place un nouveau Groupe spécifique sur
les termes métrologiques fondamentaux afin d’identifier les principaux termes qui sont employés dans
les résolutions de la CGPM et dans les législations nationales, et donc qui intéressent les
États Membres, puis de proposer des définitions pour ces termes, tout en tenant compte des futurs
besoins de la transformation numérique. Plusieurs réunions n’ont pas permis d’aboutir à un consensus
et le savoir-faire en matière de transformation numérique a fait défaut. Il a par conséquent été décidé
de mieux prendre en considération les besoins en matière de lisibilité par machine de ces termes.
Des experts supplémentaires disposant de l’expérience requise dans les domaines de la transformation
numérique, des mathématiques et de la linguistique ont été invités à participer aux prochaines réunions
du groupe spécifique.

Le document de stratégie du CCU, en vigueur depuis février 2014, a été révisé par le Groupe de travail sur
la stratégie afin de préciser la mission du CCU une fois la révision du SI approuvée et mise en œuvre.
L’une des principales tâches du CCU sera, à l’avenir, de superviser les avancées permettant de redéfinir la
seconde. Ces travaux seront conduits par le CCTF et les étapes nécessaires ont été définies dans une feuille
de route du CCTF, qui prévoit actuellement une possible adoption de la redéfinition de la seconde par la
CGPM en 2030.

Défis et difficultés

Un défi majeur du CCU sera d’établir des définitions mathématiquement et métrologiquement valides
des termes métrologiques fondamentaux, de sorte que les machines puissent être capables de les
« comprendre » sans ambiguïté, de les interpréter et, enfin, d’agir en fonction de celles-ci. Ce travail
revêt une importance cruciale pour l’avenir de l’infrastructure internationale de la qualité, qui repose
sur ces définitions. Il devrait par ailleurs constituer le fondement d’un « VIM numérique » (Vocabulaire
international de métrologie), qui aura lui-même des conséquences pratiques non négligeables sur la
normalisation, par exemple sur la série de normes ISO 80000, puis sur de nombreux futurs services
métrologiques tels que les certificats d’étalonnage numériques.
Le défi de parvenir à un consensus concernant la place du radian et du stéradian dans le SI reste à relever.
Ce débat de longue date voit s’affronter deux conceptions opposées : il s’agit de savoir si les unités
d’angle doivent rester des unités dérivées ou si le radian peut prétendre au statut de huitième unité de
base. Si la seconde possibilité était privilégiée, de nombreuses équations usuelles devraient être modifiées.
Une alternative consisterait à réintroduire la catégorie des unités supplémentaires, à laquelle les unités
d’angle appartenaient jusqu’en 1995, date d’abrogation de cette catégorie suite à une décision adoptée par
la CGPM à sa 20e réunion. La participation de l’Union mathématique internationale au CCU comme
organisme de liaison permet d’approfondir les aspects scientifiques du débat.

Perspective à court terme et à long terme

Une fois que les nouveaux préfixes du SI auront été approuvés par la CGPM à sa 27e réunion (2022),
une nouvelle version de la 9e édition de la Brochure sur le SI sera publiée et comprendra diverses
146 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

améliorations éditoriales. À court terme, le travail du CCU consistera pour l’essentiel à établir
clairement le statut des unités d’angle et des grandeurs sans dimension et à soutenir la transformation
numérique de la métrologie en fournissant des définitions lisibles et exploitables par machine des
termes métrologiques fondamentaux.
À plus long terme, le CCU se concentrera sur la redéfinition de la seconde, que le CCTF est en train de
préparer. Une feuille de route a été élaborée par le CCTF afin d’en préciser le calendrier et de fixer les
étapes clés. Le scénario le plus probable conduirait à une redéfinition en 2030. Le CCU contribuera à
ce processus et examinera l’impact des propositions concernant la redéfinition de la seconde sur les
autres domaines de la métrologie.

Données sur le CCU

CCU établi en 1964


Président : J. Ullrich
Secrétaire exécutif : M. Stock
Composition (depuis 2018) : 13 membres, 11 organismes de liaison, aucun observateur
Liste des membres : https://www.bipm.org/fr/committees/cc/ccu/members
Réunions depuis la dernière CGPM : 8-9 octobre 2019, 21-23 septembre 2021
Rapports complets des réunions : https://www.bipm.org/fr/committees/cc/ccu/publications
Deux Groupes de travail : https://www.bipm.org/fr/committees/cc/ccu
− Termes métrologiques fondamentaux
− Stratégie
Un groupe spécifique :
− Angles et grandeurs sans dimension dans la Brochure sur le SI

33. Présentation du projet de résolution C « Sur l’extension de la liste des préfixes


du SI »

M. Richard Brown, directeur de la métrologie au NPL (National Physical Laboratory, Royaume-Uni),


rappelle le rôle essentiel joué par le Système international d’unités (SI) dans le monde moderne.
Lorsque l’on évoque le SI, les gens pensent en général aux unités de base et aux unités dérivées du SI,
observe-t-il. Depuis la révision du SI en 2019, il arrive que les gens connaissent également les
constantes qui le définissent mais ils pensent rarement aux préfixes du SI. Or les préfixes jouent un
rôle indispensable au sein du SI et constituent probablement ce que le grand public connaît le mieux
du SI. En effet, les préfixes sont présents dans la vie quotidienne de chacun, lorsque qu’on effectue des
pesées ou des mesures, que ce soient des kilogrammes, des millilitres ou des kilowatts heure.
Ces préfixes sont entrés dans la langue générale pour former des termes techniques tels que
nanotechnologie, microfilm ou encore mégadonnées.
Les multiples et les sous-multiples formés à l’aide des préfixes du SI font partie de l’ensemble complet
des unités du SI. Les préfixes permettent d’utiliser les unités du SI pour désigner des quantités de tailles
très différentes, ce qui les rend particulièrement importants. Ils sont indispensables pour partager de
manière efficace des résultats de mesure entre disciplines. L’utilisation des préfixes du SI permet par
exemple de se déplacer sans difficulté le long de l’échelle des distances, de passer du nanomètre au
micromètre, au millimètre, au mètre et à tous ses multiples. De plus, les préfixes du SI garantissent que
la valeur numérique de la grandeur que l’on cherche à exprimer est intelligible pour les humains et de
préférence comprise entre 1 et 100.
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 147

M. Brown souligne que les résultats de mesure n’en sont que plus simples à comprendre et à
communiquer. Il prend l’exemple de la fraction molaire de l’hexafluorure de soufre dans l’atmosphère.
Elle peut être exprimée de trois façons différentes : avec la notation décimale, la notation scientifique
ou à l’aide d’un préfixe du SI. En raison du nombre de zéros situés après la virgule décimale, la notation
décimale est la plus difficile à appréhender (0,000 000 000 011 mol/mol). L’écriture scientifique
présente moins de difficultés (1,1 × 10−11 mol/mol) mais la notation utilisant un préfixe du SI
(11 pmol/mol) est de loin la plus simple à comprendre. Tout comme le SI, les préfixes ont évolué pour
répondre aux besoins des différents acteurs, et ce pour trois raisons principales : d’abord, afin de
systématiser l’utilisation du SI dans certaines communautés scientifiques, dont les besoins vont au-delà
de la liste actuelle ; deuxièmement, pour répondre aux progrès de la science et de la technologie,
qui nécessitent une liste plus étendue de préfixes multiplicateurs ; troisièmement, afin de s’assurer
qu’aucun des noms officieux en usage ou en circulation ne soit adopté de facto. Le SI doit apporter une
réponse à chacune de ces trois situations, sous peine de voir des solutions en dehors du SI apparaître.
C’est ce qu’il a toujours fait.

Les préfixes du SI ont évolué avec le temps. Le premier ensemble de préfixes a été adopté rapidement
après la signature de la Convention du Mètre en 1875. En 1935, la liste des préfixes a connu une
extension afin de répondre aux besoins croissants de l’électricité et du génie électrique.
La formalisation du SI en 1960 a été l’occasion de prendre en considération les besoins de la
communauté de la normalisation et d’ajouter de nouveaux préfixes. Depuis, le SI s’est adapté aux
besoins de la physique nucléaire, de la précision du temps, des fréquences électromagnétiques, de la
consommation mondiale d’énergie et de la radioactivité. L’année 1991 a vu l’ajout de nouveaux
préfixes du SI pour permettre à la communauté de la chimie d’exprimer des quantités de molécules :
c’était il y a trente-et-un ans. Jamais, depuis la Convention du Mètre, il ne s’était écoulé autant de temps
entre deux extensions de la liste de préfixes du SI. La proposition soumise à la CGPM vise à répondre
aux besoins de la sciences des données, de la transformation numérique et de la mégascience en général.

M. Brown rappelle que le SI doit tenir compte de l’augmentation rapide de la taille des jeux de données
utilisés dans la recherche scientifique et qu’il doit permettre également de décrire le niveau de détail
nécessaire à l’étude de l’univers. Le SI s’intéresse particulièrement à la science des données, qui semble
largement préférer les préfixes décimaux du SI aux préfixes binaires normalisés par la norme
IEC 80000-13. Une étude 24 menée sur la fréquence des préfixes décimaux du SI dans la littérature
scientifique parue de 1992 à 2017 a établi qu’ils y étaient en moyenne cent fois plus usités que les
préfixes binaires. Or, si les préfixes du SI sont privilégiés dans le domaine de la science des données,
ils le sont aussi dans la vie quotidienne.
Concernant les préfixes du SI, les besoins de la science des données et du stockage de données numériques
produites par nos ordinateurs, nos téléphones, etc. suivent l’augmentation annuelle de la taille de la
datasphère mondiale. Cette dernière connaît une croissance exponentielle et l’on s’attend à une
accélération du phénomène en raison, par exemple, de l’étendue de la transformation numérique, ou de
l’avènement de l’informatique quantique, de l’internet des objets ou bien des communications 6G. D’ici à
2025, la datasphère mondiale devrait peser près de 175 zettaoctets et poursuivre son expansion.
Elle atteindra rapidement les yottaoctets, qui culminent actuellement dans la gamme des préfixes à 1024.
La question se pose de savoir ce qui peut être plus grand qu’un yottaoctet. De nombreuses désignations
non officielles circulent déjà pour 1027 et risquent d’être adoptées. C’est pourquoi le SI doit proposer des
préfixes officiels. Par symétrie, une extension aux sous-multiples serait très utile et les domaines de pointe
que sont la physique des particules et l’astronomie pourraient en tirer parti.

24
Brown R.J.C., On the nature of SI prefixes and the requirements for extending the available range, 2019, Measurement, 137,
339-343, https://doi.org/10.1016/j.measurement.2019.01.059
148 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

Le projet de résolution C propose que les nouveaux préfixes fonctionnent de la même façon que les
précédents : les deux symboles sélectionnés deviendront la première lettre de leur nom.
Parmi l’alphabet latin, seules les lettres R et Q sont toujours disponibles, les autres désignant déjà des
unités ou des préfixes du SI. Les symboles des multiples s’écrivent toujours en majuscules et ceux des
sous-multiples en minuscules. Les noms des multiples se terminent toujours par un -A et ceux des
sous-multiples par un -O. Comme pour les préfixes précédents, les racines des noms des nouveaux
préfixes proposés sont inspirées du grec pour « neuf » et du latin et du grec pour « dix ».

On obtient ainsi les désignations suivantes : 1027, ronna, R majuscule ; 10−27, ronto, r minuscule ;
1030, quetta, Q majuscule ; 10−30, quecto, q minuscule. En cas d’adoption du projet de résolution, le SI
comprendrait un ensemble de 24 préfixes qui permettrait de couvrir soixante ordres de grandeur.
M. Brown souligne qu’il s’agirait d’un ajout utile, opportun et peu risqué pour le SI, les préfixes
permettant de promouvoir une communication scientifique unifiée et efficace.

Le président remercie M. Brown et demande s’il y a des questions ou des commentaires.

M. Milton observe que la communauté de la métrologie s’inquiète de l’impact de ses actions. Cet impact
peut se mesurer en fonction de l’intérêt qu’accorde la presse à certaines activités. Les deux points à l’ordre
du jour qui ont le plus intéressé les médias sont les préfixes du SI et la résolution sur l’échelle de temps
continue. Si l’on en croit l’intérêt porté par la presse au sujet, l’adoption de cette résolution pourrait
constituer l’une des décisions les plus importantes de la CGPM. M. Milton remercie M. Brown pour sa
présentation et note que le besoin de disposer de nouveaux préfixes est commun à de nombreuses
communautés scientifiques. La question est posée de savoir si la lisibilité par ordinateur des caractères
minuscules et majuscules des symboles a été pris en considération car confondre ces éléments pourrait
conduire à des résultats très différents. M. Brown répond qu’il ne s’attend pas à ce que cela représente
une difficulté contrairement, par exemple, à la représentation numérique du symbole de micro.

34. Introduction au projet de résolution B « Sur la transformation numérique


mondiale et le Système international d’unités »

M. Ullrich, en sa qualité de président du Groupe de travail du CIPM sur le SI numérique, commence


son intervention par des prévisions sur l’avenir de l’infrastructure de la qualité. D’ici à 2050, la part de
la population mondiale habitant en ville devrait passer de 50 à 80 %. Du fait de cette croissance, il sera
nécessaire de repenser le fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement, de réfléchir aux mesures,
à la métrologie et à l’infrastructure de la qualité requises, et de s’interroger sur la façon de garantir un
haut niveau de qualité et de fiabilité concernant les systèmes complexes et interconnectés tels que la
santé, l’habitat, la mobilité et les usines connectées. Ces systèmes seront probablement connectés entre
eux par des réseaux 5G ou 6G et intègreront à la fois le réseau électrique, des batteries, le chauffage,
l’approvisionnement en eau, le refroidissement, etc. Selon M. Ullrich, ce système interconnecté sera
certainement sous le contrôle de l’intelligence artificielle.

Ces systèmes interconnectés fonctionneront grâce à des données mesurées par des millions de capteurs,
or, les données de mesures sont généralement exprimées à l’aide d’unités du SI. Le SI est placé sous
l’autorité de la Convention du Mètre et le BIPM représente 98 % du PIB mondial. Le BIPM offre les
bases scientifiques nécessaire à l’infrastructure de la qualité, ce que M. Ulrich illustre en rappelant que
près de 65 000 laboratoires dans le monde se conforment à la norme ISO/IEC 17025 qui exige la
traçabilité au SI. Il souligne que l’infrastructure de la qualité au niveau mondial repose sur la
métrologie, la normalisation et l’accréditation et que les activités en matière d’infrastructure de la
qualité sont menées aux niveaux national et international par les laboratoires nationaux de métrologie,
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 149

les organismes nationaux de normalisation et les organismes nationaux d’accréditation, puis au niveau
national par les organismes de certification et d’inspection et les laboratoires d’essais et d’étalonnage.
Ces systèmes complexes et interconnectés, qui ne concernent pas seulement l’infrastructure de la
qualité, mais également l’industrie, la santé et la science, nécessiteront la création de processus
numériques impliquant un accord mondial au sujet du format des métadonnées pour toutes les données
de mesures exprimées à l’aide du SI. Ce sujet est au cœur d’une collaboration étroite entre le BIPM et
le Comité sur les données (CODATA).

M. Ullrich explique que le Groupe de travail du CIPM sur le SI numérique a pour objectif à long terme
de créer un cadre de travail qui suive les principes FAIR (en respectant les contraintes privées et
commerciales) et de garantir que tous les aspects du système international de mesures – les résultats de
mesure, leur incertitude, leur traçabilité, et leur provenance – puissent être évalués et interprétés
numériquement, ce qui permettrait une communication et une analyse de machine à machine. M. Ullrich
présente un livre blanc sur les scénarios d’évolution numérique de la normalisation et des normes 25 où
sont définis cinq niveaux de numérisation applicables aux normes SMART (Standard Machine
Applicable Readable Transferable). Un document numérique, un PDF par exemple, est dit de niveau 1.
Un document est dit de niveau 2 s’il peut être lu par une machine ; c’est le cas des documents XML.
Les niveaux 1 et 2 représentent la situation actuelle. Les formats numériques de niveau 3 à 5 exigent des
unités et des représentations de grandeurs capables d’interagir. Le contenu de niveau 3 doit pouvoir être
lu et exécuté par une machine, celui de niveau 4 interprété et celui de niveau 5 manipulé automatiquement.
Selon M. Ullrich, le développement du niveau 5 doit démarrer sans plus tarder, particulièrement en ce qui
concerne la terminologie.

Le CIPM a créé le Groupe de travail du CIPM sur le SI numérique au cours de sa 108e réunion,
en novembre 2019. Le groupe de travail bénéficie du soutien technique d’un groupe d’experts du
monde entier. Le Groupe a pour objectif à long terme d’établir un cadre numérique fondé sur le SI qui
soit universellement reconnu, uniforme, sans ambiguïtés, fiable et faisant autorité. Il poursuit cette
initiative en étroite collaboration avec les parties prenantes de l’infrastructure de la qualité au niveau
mondial. Le premier séminaire sur le sujet, « The International System of Units (SI) in FAIR digital
data », organisé en ligne en février 2021, a réuni plus de 700 participants venant de l’infrastructure
internationale de la qualité, de la recherche, de l’industrie, des laboratoires nationaux de métrologie et
des organisations régionales de métrologie. Ce séminaire a notamment donné naissance à une
« Déclaration commune d’intention sur la transformation numérique » co-signée par huit organisations
internationales. M. Ullrich cite la phrase suivante de la déclaration : « Nous, signataires,
nous engageons à soutenir, de la façon la plus adaptée à chaque organisation, le développement, la
mise en œuvre et la promotion du cadre numérique du SI dans un contexte plus large de transformation
numérique de l’infrastructure scientifique et de la qualité au niveau mondial ». Cet extrait significatif
reconnaît l’existence de procédures propres à chaque organisation. Les signataires de la déclaration
commune doivent se rencontrer en février 2023 pour une première réunion. M. Ullrich ajoute que le
soutien des États est désormais nécessaire pour donner un impact encore plus important à la
transformation numérique.
M. Ullrich présente le texte du Projet de résolution B et rappelle que la réussite de la mise en œuvre
d’une transformation numérique intégrale exige une participation active de toutes les parties prenantes.
Il salue les efforts récemment menés pour formuler les lignes directrices d’une transformation
numérique de la métrologie et créer une structure de gouvernance flexible et ouverte afin de soutenir
le développement et la mise en œuvre de cette transformation. L’adoption du Projet de résolution B
devrait conduire à la mise en place d’un forum de discussion sur le rôle de la métrologie et de
l’infrastructure de la qualité dans le monde numérique. Ce forum rassemblerait les comités consultatifs,

25
https://www.din.de/resource/blob/801106/0251eb1280a9a97e53285d42d3bf1fea/whitepaper-idis-en-data.pdf
150 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

les laboratoires nationaux de métrologie, les organisations régionales de métrologie et les parties
prenantes issues, notamment, de l’infrastructure de la qualité. Un projet de déclaration concernant la
mission du forum a déjà été présenté et le forum devrait se réunir pour la première fois en février 2023.
M. Ullrich encourage les délégués de la CGPM à adopter le Projet de résolution B. Il mentionne l’article
« Stop squandering data and make units of measurements machine readable » 26 (Non au gaspillage de
données : comment rendre les unités de mesures lisibles par ordinateur), paru dans Nature, et cite
d’autres évènements qui ont eu pour objectif de promouvoir la transformation numérique, parmi
lesquels la conférence SciDataCon organisée par CODATA le 22 juin 2022, le webinaire de l’ILAC
du 30 juin 2022 et la session animée par le CIPM lors de la conférence TC6 de l’IMEKO en septembre
2022. Il conclut son intervention en rappelant que la Convention du Mètre constitue une plateforme
idéale pour développer des données de mesure interopérables et intelligibles par des ordinateurs.

Le président remercie M. Ullrich et demande s’il y a des questions.


Un membre de la délégation allemande remercie M. Ullrich pour sa présentation et salue l’action du
groupe de travail. Il remarque que M. Ullrich a mis l’accent sur la transformation numérique comme
suite logique de la redéfinition du SI et rappelle qu’il convient d’envisager cette transformation dans
son entièreté et d’inclure l’infrastructure de la qualité et tous ses acteurs dans les discussions.
Il demande à M. Ullrich de détailler les difficultés majeures à surmonter pour réaliser la vision
stratégique d’un cadre numérique pour le SI dans les dix prochaines années. M. Ullrich répond que l’un
des défis les plus importants sera de s’assurer que la Convention du Mètre adopte naturellement le rôle
d’ancrage de confiance pour la métrologie à l’ère du numérique. Toutes les actions entreprises en
matière de transformation numérique de la métrologie, telles que le développement de formats de
métadonnées ou de certificats d’étalonnage numériques, devront découler de cette conception du SI
comme fondement de la confiance mutuelle. À long terme, l’élaboration d’une terminologie efficace
sera également un défi. Un cadre unique pour chaque donnée doit être défini et doit pouvoir être lu par
machine. Les chercheurs en mathématiques axiomatiques qui participent à la normalisation s’attachent
désormais à développer une terminologie. La langue employée en métrologie devra être synthétisée
afin de répondre à des normes compréhensibles par les ordinateurs. M. Ullrich observe qu’il s’agit de
tâches d’ampleur qui représentent d’importants défis.
M. Aigar Vaigu (Estonie) explique que l’Estonie propose des services publics numériques depuis plus
de 20 ans et jouit donc d’une grande expérience dans l’administration et la gouvernance numériques.
Le gouvernement estonien estime par conséquent que la simple transformation numérique du SI n’ira
pas assez loin tant qu’elle sera suivie d’une impression de tous les résultats sur papier. Les PDF,
si courants désormais, ne sont que des représentations électroniques de feuilles de papier.
Selon M. Vaigu, les processus qui entourent le SI doivent aussi passer au numérique. Il défend un
changement de mentalité qui ne s’arrêterait pas au SI mais comprendrait également tous les processus
attenants. Avec des processus véritablement numériques, chaque action, chaque changement apporté
aux données laissent des traces. Il est alors possible de corriger des erreurs ou de découvrir des
tendances cachées jusque-là. Une vraie traçabilité et une vraie transparence permettront à la
communauté de la métrologie de changer le monde. Toutefois, un grand pouvoir implique de grandes
responsabilités. M. Vaigu considère que le Projet de résolution B constitue un bon point de départ mais
qu’il faudra accentuer la cadence pour se préparer à l’avenir. Le CIPM peut ouvrir la voie mais le
changement devra venir des laboratoires nationaux de métrologie et de la mentalité qui y règne. Si le
CIPM indique la direction, charge aux laboratoires nationaux de métrologie de la suivre. M. Ullrich
remercie M. Vaigu pour ses remarques et son soutien envers le projet de résolution. Il ajoute que le
CIPM a défini la marche à suivre et souhaite passer à la transformation numérique des processus.

26
Hanisch R. et al., Stop squandering data and make units of measurements machine readable, 2022, Nature, 605, 222-224.
https://doi.org/10.1038/d41586-022-01233-w
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 151

M. Ullrich a conscience de l’avance qu’a prise l’Estonie dans la transformation numérique de ses
procédures : il confirme la nécessité d’accélérer le mouvement et manifeste à nouveau son souhait de
voir le Projet de résolution B adopté par la CGPM.

35. Synthèse des discussions suite à la réunion informelle sur la dotation

M. Louw, président du CIPM, présente un rapport succinct sur les discussions qui se sont tenues lors
de la réunion informelle du 16 novembre 2022. Il rappelle qu’une réunion préparatoire a été organisée
le lundi 14 novembre. Il estime que la réunion sur la dotation a été fructueuse et efficace.
M. Louw souligne que, malgré le soutien général exprimé vis-à-vis de la dotation proposée, il est
important si certains délégués ont des préoccupations qu’ils les partagent lors de cette présentation. Il
rappelle aux délégués qu’il est préférable de soulever toute question qui demeurerait afin de pouvoir
en discuter, et ce avant le vote du 18 novembre qui constitue un moment essentiel de la Conférence. Si
la dotation n’est pas votée au cours de cette réunion, le CIPM devra convoquer une réunion
extraordinaire de la CGPM afin de finaliser le processus. M. Louw précise que les délégués en ligne
peuvent directement faire part de leurs préoccupations en utilisant la fonction « chat ».

M. Abdu Abagibe Adem (Éthiopie) fait un commentaire qui ne concerne pas la dotation en demandant
s’il serait possible d’inclure au plan stratégique le fait de promouvoir les questions de qualité dans les
pays en développement, ce qui permettrait à ces pays d’améliorer leur système qualité et leur
compétitivité. M. Louw remercie M. Adem et souligne que l’Éthiopie est en train de mettre en place
un nouveau laboratoire de métrologie et que ce pays met tout en œuvre pour améliorer ses
infrastructures. Il ajoute que bien que le sujet du développement n’ait pas été explicitement intégré à la
stratégie, l’essence du Projet de résolution F « Sur l’adhésion universelle à la Convention du Mètre »
est de montrer que c’est une question de haute importance pour le CIPM et qu’il pourrait être nécessaire
de la rendre plus visible.

36. Rapport des co-présidents du Groupe de travail ad hoc des représentants des
États Membres

M. Robert Gunn (Royaume-Uni) et Mme Daniela Arruda Benjamin (Brésil), co-présidents du Groupe
de travail ad hoc des représentants des États Membres, présente le travail effectué. Ils rappellent que
l’objectif du Groupe est d’échanger sur des questions institutionnelles. Conformément à ses termes de
référence, le Groupe de travail a examiné les rôles, responsabilités et relations des organes mis en place
par la Convention du Mètre, en clarifiant comment distinguer au mieux le travail qu’ils effectuent tout
en prenant en considération les principes de clarté et de transparence, afin d’aider les États Membres à
préparer la 27e réunion de la CGPM. En se fondant sur ces principes, des discussions utiles ont été
menées au sein du Groupe de travail. Toutefois, le Groupe de travail n’a pas été en mesure de se réunir
autant qu’il l’avait prévu en raison de la pandémie.

Mme Benjamin explique de façon succincte le processus suivi par le Groupe de travail pour collecter
des informations : le groupe a notamment recueilli par courriel la position des représentants des
États Membres, partagé des documents via un site internet, et organisé quatre réunions en ligne.
Un document de réflexion a ensuite été rédigé afin d’identifier les points de convergence et de
152 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

divergence. Le Groupe de travail n’a pas été en mesure de parvenir à un consensus sur toutes les
questions qu’il a étudiées ; il a cependant été possible d’identifier certains sujets où les avis convergent.
Un consensus s’est dégagé concernant le fait que la Convention du Mètre, signée le 20 mai 1875,
a créé une organisation internationale composée de trois organes disposant de rôles spécifiques.
De ce fait, le Groupe de travail a été en mesure de clarifier les termes utilisés pour faire référence aux
États Parties à la Convention du Mètre. Un second point important souligné par les États Membres est
qu’il est nécessaire de définir clairement les rôles des différents organes de l’organisation et leurs
relations. Le CIPM, avec lequel le Groupe de travail a étroitement collaboré, a convenu que ces
questions doivent être davantage examinées et prévoit de préparer des by-laws et des règles de
fonctionnement pour l’organisation qui seront soumis à l’approbation de la CGPM lors de sa prochaine
réunion en 2026. Ce travail est décisif car il permettra d’améliorer la transparence et l’efficacité de
l’organisation. Il est également essentiel de s’assurer que les États Membres auront l’occasion de
donner leur point de vue sur ces documents.

Mme Benjamin espère que les by-laws établiront des principes clairs et serviront de référence aux
États Membres. Des progrès ont été effectués quant à la façon de procéder pour préparer les by-laws et
la CGPM est encouragée à inviter le CIPM à être aussi inclusif que possible dans le développement
des by-laws.

Un autre point important qui a été discuté au sein du Groupe de travail est de s’assurer que
l’Organisation continue d’exploiter de manière généralisée les nouvelles technologies et les nouveaux
outils virtuels utilisés lors de la pandémie de Covid-19. L’utilisation de ces outils a permis d’assurer la
continuité du travail du groupe et renforcera les interactions avec les États Membres entre
deux réunions de la CGPM. En outre, ces nouvelles technologies et ces nouveaux outils virtuels ont
contribué à augmenter le nombre de délégués qui ont participé aux discussions techniques.
Pour conclure, la CGPM devrait confier au CIPM la mission de rédiger des by-laws et des règles de
fonctionnement puis de les soumettre pour approbation à la CGPM à sa prochaine réunion.

Le président de la CGPM remercie Mme Benjamin et M. Gunn et ouvre la discussion.

M. Kühne (Allemagne) déclare que les by-laws devraient être préparés en collaboration étroite avec
les représentants des États Membres. Il espère qu’il sera possible lors de la prochaine réunion de la
CGPM d’approuver les by-laws et de mettre ainsi un terme à ces questions.

Mme Chambon (France) rappelle que la France est dépositaire du traité. Il est clair pour la France qu’il
n’existe pas de confusion : le BIPM est l’organisation internationale créée en 1875, et ce depuis presque
150 ans. Cette organisation internationale est un exemple de la coopération scientifique mondiale ; pour
la France, il n’y a pas de question quant au nom de l’organisation. Mme Chambon souligne que les
by-laws permettront de clarifier certaines règles applicables aux organes et au rôle du directeur.
Elle répète qu’il est clair, pour la France, que le nom de l’organisation internationale est le BIPM.

Mme Benjamin observe, comme mentionné dans sa présentation, que cela a constitué le point de
discussion le plus controversé et celui ayant suscité le plus de débats, reflétant ainsi combien les États
Membres sont attachés à l’organisation. Elle précise qu’il n’existe aucune proposition, à cette étape, de
donner un nouveau nom ou de changer le nom de l’organisation. Ce qui est proposé, dans un souci de
clarté, est de s’assurer lors des discussions sur les by-laws de savoir clairement à quoi il est fait
référence. Il n’est pas suggéré de prendre une décision concernant le nom, ni même de poursuivre une
discussion sur le nom.

Mme Saundry (États-Unis d’Amérique) remercie Mme Benjamin et M. Gunn d’avoir présidé le Groupe
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 153

de travail, en particulier lors de la pandémie de Covid-19, lorsque le travail a été effectué en ligne et
par échange de courriels. Elle reconnaît que les questions du nom et des rôles ont suscité de nombreuses
discussions et convient que les by-laws devront clairement indiquer à quoi il est fait référence lors de
la description de certaines fonctions.

M. Gunn conclut en exprimant ses remerciements à tous ceux qui ont apporté leur contribution et sans
lesquels le travail n’aurait pas pu être effectué.
154 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

Cinquième séance – 17 novembre 2022 (après-midi)

Le président de la réunion souhaite la bienvenue aux délégués pour la cinquième séance.

37. La métrologie du temps et des fréquences dans les missions spatiales

M. Benedicto, directeur de la navigation à l’Agence Spatiale Européenne (ESA), indique que l’ESA
développe des systèmes de navigation par satellite depuis 30 ans et exploite actuellement
deux systèmes principaux : l’European Geostationary Navigation Overlay Service (EGNOS) et
Galileo. Ces systèmes qui fournissent leurs services à des milliards d’utilisateurs à travers le monde
reposent sur des techniques de dissémination du temps et des fréquences.

M. Benedicto souligne les besoins des missions spatiales en matière de métrologie du temps et des
fréquences et remarque que ces besoins découlent d’exigences diverses. Le bon fonctionnement de ces
missions repose sur l’émission de signaux de temps depuis des satellites qui peuvent être stables ou
ultra-stables. Ces signaux doivent être horodatés à bord des satellites en se fondant sur des références
de temps et ils sont le plus souvent synchronisés avec les horloges au sol. Certaines missions exigent
un degré élevé d’autonomie par rapport à la Terre, c’est le cas des missions d’exploration que des
satellites exécutent à des millions de kilomètres de notre planète. Les exigences métrologiques en
matière de temps et fréquences sont spécifiques à chaque mission et il n’existe pas de méthode par
défaut pour mesurer le temps à bord d’un satellite : tout dépend du type de mission effectuée.

L’ESA mène un certain nombre de missions essentielles qui reposent sur le calcul du temps pour
produire des données de qualité. Gaia, considérée comme l’une des missions scientifiques les plus
remarquables, collecte une quantité importante de données scientifiques destinées à cartographier la
galaxie en trois dimensions, qui nécessitent un horodatage précis. En l’absence d’horodatage,
les informations sont très difficiles à reconstruire au cours du travail de cartographie effectué sur Terre.
L’horodatage à bord de Gaia s’effectue à l’aide d’une horloge atomique à rubidium dont la stabilité en
fréquence correspond à une dérive de moins de 17 nanosecondes toutes les six heures. L’émetteur
comme le récepteur de la mission Cassini-Huygens, dédiée à l’exploration de Saturne et de sa lune
Titan, utilisaient des horloges à rubidium. La mission Gravity Probe-A, menée par les États-Unis en
1976, a permis de démontrer pour la première fois depuis l’espace la théorie d’Einstein du « décalage
vers le rouge » à l’aide d’un maser à hydrogène.
La mission chinoise Mengtian, lancée en octobre 2022 et faisant désormais partie de la station spatiale
chinoise, embarque à son bord plusieurs horloges de très haute précision. La mission European Atomic
Clock Ensemble in Space (ACES) embarque deux types d’horloges, dont l’une nommée PHARAO est
une horloge atomique à césium refroidi par laser qui offre une stabilité très élevée, ce qui en fera
certainement l’horloge la plus précise en orbite. Elle est associée à une autre horloge, SHM, un maser
à hydrogène actif. Le lancement de la mission ACES est prévu pour 2025.

M. Benedicto indique que le système Galileo est opérationnel et compte 28 satellites en


fonctionnement, embarquant chacun quatre horloges ultra-stables. Ces horloges exploitent
deux technologies différentes, les masers à hydrogène passifs d’un côté et les horloges à rubidium de
l’autre. Galileo est un atout d’une importance cruciale qui fournit des services de navigation par satellite
(GNSS) et contribue très efficacement à la gestion internationale du temps. Quatre systèmes globaux
de navigation par satellite sont actuellement en service : GPS (États-Unis), Galileo
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 155

(Union européenne), GLONASS (Fédération de Russie) et BeiDou (Chine). Les quatre reposent sur
des techniques de mesure du temps afin de fournir leurs services de positionnement. M. Benedicto
résume brièvement le fonctionnement des systèmes de navigation par satellite. Tous les satellites sont
synchronisés avec un temps système généré par des horloges atomiques. Les données de position et de
temps du satellite sont estimées par le segment sol. Chaque satellite transmet son identifiant,
sa position, sa donnée de temps ainsi que son état de fonctionnement sous la forme d’un message de
navigation. L’utilisateur se fonde sur des mesures de temps pour calculer la distance qui le sépare de
chaque satellite puis son emplacement. Afin de simplifier l’équipement des utilisateurs, au moins
quatre mesures différentes sont nécessaires. Les systèmes de navigation par satellite fournissent des
informations de temps, de positionnement et de vitesse aux utilisateurs. Puisque ces systèmes reposent
sur le Temps universel coordonné (UTC), la question de la seconde intercalaire, qui sera abordée à
nouveau au cours de cette conférence, est d’une importance cruciale pour l’ensemble des systèmes de
navigation par satellite.

En matière de temps, chaque système de navigation par satellite doit disposer de son autonomie.
Il est nécessaire de connaître le décalage qui sépare les horloges des satellites de leur temps système ainsi
que le décalage de celui-ci vis-à-vis de l’UTC. Les fournisseurs de services GNSS doivent se rapporter
au temps terrestre à l’aide d’une référence très précise telle que le décalage entre UT1 et UTC.
Le document de contrôle des interfaces, Signals-in-space, publié dans le cadre de Galileo contient des
informations spécifiques sur tous ces paramètres. Les informations sont représentées sous deux formes
différentes : le décalage entre le temps du système Galileo (GST) et l’UTC est diffusé à tous les
utilisateurs de la constellation Galileo ; le décalage entre le temps du système Galileo et celui du système
GPS est également diffusé. Ce second décalage est important en ce qu’il garantit une interopérabilité au
niveau du récepteur entre les mesures des signaux du GPS et celles des signaux de Galileo.

M. Benedicto explique qu’un moyen très précis de contrôler le temps de plusieurs systèmes GNSS à la
fois est nécessaire pour fournir ces services. Des infrastructures dédiées ont été développées et
déployées dans les centres techniques des systèmes GNSS afin de surveiller en temps réel tous les
paramètres de temps transmis par les signaux des différents systèmes. Si le « temps » paraît simple,
il pose un certain nombre de difficultés du point de vue opérationnel. Il est d’abord requis de considérer
l’UTC comme une référence reconnue au niveau international. Pour être opérationnels et éviter le
risque de panne, les systèmes doivent reposer sur une échelle de temps continue et en temps réel.
La synchronisation du temps du système Galileo avec l’UTC s’effectue au sol grâce à des algorithmes
dits « modulo 1 seconde ». Cette spécificité de Galileo ne se retrouve pas dans le système russe
GLONASS. Étant donné que la nécessité d’introduire des secondes intercalaires fluctue dans le temps,
l’insertion doit être prise en charge manuellement. Ce fut le cas pour la dernière fois en 2016, lorsque
des corrections manuelles ont dû être mises en œuvre sur les segments sol et dans les messages de
navigation transmis aux utilisateurs.
Chaque ajout d’une seconde intercalaire risque d’interrompre le fonctionnement du système. En 2016,
l’intégralité des utilisateurs de Galileo ont dû être informés de l’introduction d’une seconde intercalaire
dans la marche du système, ce qui a entraîné une interruption des activités de routine des services.
Certains récepteurs ne maîtrisent pas correctement la procédure de mise en œuvre de la seconde
intercalaire. Chaque système GNSS utilise un protocole d’horodatage différent pour les secondes de
son temps système et une procédure spécifique de transmission de son temps système par rapport à
l’UTC. De plus, les méthodes de mise en œuvre de la seconde intercalaire diffèrent selon les systèmes,
en particulier dans les cas de Galileo et GLONASS. Tout ceci menace l’interopérabilité des systèmes
et génère confusion et incertitude pour les utilisateurs qui reçoivent des signaux. De plus, certaines
applications au niveau utilisateur se servent directement du temps système calculé par des systèmes
tels GPS ou Galileo comme référence d’horodatage. C’est notamment le cas des réseaux de
156 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

télécommunications, d’énergie, de distribution d’électricité et de gaz qui assurent leur synchronisation


à l’aide des temps du GPS ou de Galileo. L’horodatage utilisé pour les transactions financières est
précis à la nanoseconde près et repose sur des références de temps directement adossées au GPS ou à
Galileo. Toutefois, chaque système crée sa propre référence de temps, ce qui multiplie les notions
différentes du temps à travers le monde et engendre de plus en plus de problèmes. La suppression de
la seconde intercalaire simplifierait l’exploitation des systèmes GNSS et améliorerait leur
interopérabilité. Les signaux GNSS deviendraient plus simples à utiliser tout en évitant des transitions
au niveau des opérations du système comme au niveau des utilisateurs. La communauté utilisant les
systèmes de navigation par satellite fait également face à l’éventualité d’une première « seconde
intercalaire négative » en réponse à l’accélération de la rotation de la Terre. Cette procédure, qui n’a
jamais été mise à l’épreuve de la réalité, est source d’inquiétude et de confusion.

M. Benedicto présente deux exemples de futurs projets d’amélioration des horloges embarquées dans
les satellites destinés à améliorer l’exactitude des temps GNSS : l’horloge atomique optique à atomes
froids de strontium actuellement développée par l’Observatoire de Paris/SYRTE, et la NASA Deep
Space Atomic Clock (DSAC), qui seront bientôt en orbite et offriront des exactitudes inégalées.
Un programme conséquent destiné à mettre au point des horloges atomiques embarquées reposant sur
de nouvelles technologies est actuellement mené à bien en Europe dans le cadre du projet Galileo.
Ces horloges doivent, à long terme, remplacer les horloges à rubidium et des masers à hydrogène
passifs actuellement embarqués dans les satellites. L’ESA envisage diverses technologies pour
améliorer la robustesse en orbite. Elle s’intéresse également à une combinaison de plusieurs
technologies qui offrira une stabilité très élevée à court terme et élevée à long terme. Ces deux facteurs
combinés permettent d’atteindre une grande efficacité opérationnelle. On compte parmi ces
technologies l’horloge optique à rubidium à deux photons, l’horloge optique à iode, l’horloge à
rubidium pulsé à pompage optique et l’horloge à césium à pompage optique.
De nombreux projets sont en cours de développement en Europe, financés par l’Agence Spatiale
Européenne et par l’Union européenne. Le budget de l’Agence Spatiale Européenne pour les années à
venir sera examiné au cours de la conférence ministérielle de ses États membres qui se tiendra en
novembre 2022. La Direction de la navigation proposera deux missions innovantes et très ambitieuses.
Le programme Genesis embarquera pour la première fois un ensemble de quatre technologies de
navigation géodésiques différentes à bord du même satellite. Ce dispositif permettra l’étalonnage en un
même lieu des quatre instruments de mesure afin d’améliorer de façon significative l’évaluation de la
précision du Système international de référence terrestre (ITRF). La mission se fixe l’objectif ambitieux
de déterminer une solution technique pour étalonner l’ITRF avec une précision pouvant atteindre un
millimètre et ne dérivant que de 0,1 millimètre au fil des années. Cette mission offrira un référentiel très
précis à l’ITRF. Genesis contribuera également à l’observation et à l’étalonnage des paramètres de
rotation de la Terre, qui ont une importance indirecte pour l’étude de l’évolution sur le long terme des
références de temps internationales. La seconde initiative de l’ESA se nomme Moonlight. La mission
proposée vise à créer le premier réseau de communication et de navigation par satellite en orbite et à la
surface de la Lune. La mission Moonlight mettra en place une constellation de satellites autour de la Lune
et mettra en évidence de nouveaux défis qui devront être relevés afin de pouvoir explorer la Lune.
M. Benedicto conclut en rappelant les points essentiels de son intervention. Une échelle de temps continue
représente un véritable avantage pour les activités de tous les systèmes spatiaux. Chacun des systèmes
spatiaux que l’ESA met en œuvre a ses exigences spécifiques, cependant, celle d’une échelle de temps
continue est commune à tous. Les systèmes spatiaux doivent reposer sur des échelles de temps en temps
réel avec un niveau élevé de continuité, de disponibilité et de fiabilité. Une grande attention doit être
portée au choix de la technologie employée, plusieurs exemples de diversification des technologies ont
été mentionnés. Chacune des technologies exploitées par un satellite doit être fiable et opérationnelle dans
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 157

l’espace. Les systèmes spatiaux doivent être synchronisés avec une référence reconnue située au sol telle
que l’UTC. Les systèmes GNSS transmettent par leurs signaux une « prédiction de l’UTC » en fournissant
les paramètres de décalage avec les signaux en temps réel envoyés aux utilisateurs. Ainsi, les fournisseurs
de services GNSS contribuent à fournir un service de temps UTC universel et en temps réel. Le décalage
UT1-UTC doit être connu avec la plus grande exactitude possible, de l’ordre des microsecondes.
À l’avenir, de meilleures horloges présentant une stabilité et une précision plus élevées seront nécessaires
pour améliorer l’exactitude du temps GNSS. La robustesse des technologies des horloges sur lesquelles
s’appuient les systèmes GNSS doit également être améliorée.

M. Benedicto souligne que l’exploration spatiale repose sur l’interopérabilité entre la métrologie du
temps et les systèmes de référence. La collaboration avec la communauté de la métrologie est selon lui
essentielle. Il invite les délégués de la CGPM à prendre part aux discussions à venir et à contribuer à
l’effort universel visant à soutenir la définition de référence, dans lequel l’ESA et ses partenaires
internationaux sont pleinement engagés.
Le président ouvre la discussion.

M. Ullrich (CIPM) demande si l’ESA prévoit d’équiper ses satellites géostationnaires d’horloges
optiques. Il ajoute que la Chine envisage déjà cette technologie qui lui fournirait une échelle de temps
d’une précision de l’ordre de 10−18. M. Benedicto répond que les systèmes de navigation par satellite sont
construits autour d’une combinaison de satellites en orbite géostationnaire et en orbite terrestre moyenne.
L’avenir verra le déploiement de satellites en orbite terrestre basse. Il confirme que l’ESA compte équiper
des satellites de navigation avec des horloges optiques et que ce projet est déjà en bonne voie.

38. Horloges optiques d’une précision de l’ordre de 10−18 : défis et applications

M. Christophe Salomon, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS),


rappelle qu’il a participé à la 27e réunion de la CGPM en 2018 et assisté au vote historique de l’adoption
du SI révisé. La seconde reste la dernière unité à ne pas encore avoir été redéfinie. M. Salomon donne
une vue d’ensemble des technologies d’horloges et évoque en particulier l’état actuel des horloges
optiques, qui parviennent désormais à une stabilité de fréquence relative de l’ordre de 10−18.
Pour illustrer ce niveau d’exactitude, il explique que si, lors de la création de l’univers il y a
14,5 milliards d’années, deux horloges avaient commencé au même moment à mesurer le temps, leur
écart actuel serait de moins d’une seconde, ce qui montre l’extrême stabilité de ce type d’instruments.

Les horloges optiques, utilisées au sol, dans des laboratoires ou dans l’espace, ont une vaste gamme
d’applications. Art Schawlow, lauréat du prix Nobel pour l’invention du laser, déclarait en 1981 que
pour mesurer quelque chose avec précision, il fallait mesurer sa fréquence. Pour parvenir à une mesure
de haute précision, il faut concevoir le dispositif de manière à finir par mesurer une fréquence. C’est à
partir de ce concept que toutes les unités du SI révisé ont été redéfinies. La seconde est à la base de
toutes les mesures de précision modernes puisque le temps est la grandeur mesurée avec la plus grande
précision du monde physique.

L’idée d’horloge est née en comptant les oscillations du pendule de Galilée. Les horloges optiques
modernes reposent sur des signaux électromagnétiques qui oscillent au rythme de 1015 cycles par seconde.
Un décompte des oscillations sur une période plus courte permet des mesures plus précises d’intervalles
de temps. M. Salomon décrit la théorie sur laquelle se fonde l’horloge atomique, un système composé
d’un oscillateur physique, à quartz par exemple, et d’un laser. La définition actuelle de la seconde est
obtenue en prenant la valeur numérique fixée de la fréquence du césium, ΔνCs, la fréquence de la transition
158 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

hyperfine de l’état fondamental de l’atome de césium 133 non perturbé, égale à 9 192 631 770 lorsqu’elle
est exprimée en Hz, unité égale à s–1. L’utilisation de l’atome de césium offre un caractère universel à
l’expérience, la mécanique quantique déterminant la position de ses niveaux d’énergie. L’oscillation est
celle d’un champ lumineux qui excite les atomes de césium depuis leur état fondamental f vers leur état
excité e. La différence d’énergie entre ces deux états est exprimées par la relation de Planck-Einstein.
L’oscillateur physique, qu’il s’agisse d’un quartz ou d’un laser, est également sujet à ce décalage.
L’horloge combine ainsi la stabilité intrinsèque de la différence de niveau d’énergie d’un atome avec un
oscillateur physique. Les fontaines atomiques à césium sont exploitées depuis 30 ans et sont utilisées dans
de nombreux laboratoires nationaux de métrologie. M. Salomon indique que le Temps atomique
international (TAI) calculé par le BIPM repose sur douze fontaines à césium répandues à travers le monde
et comparées à l’aide du GPS et de fibres optiques : ces horloges présentent une exactitude de 2 × 10−16.

M. Salomon présente la formule permettant de calculer le « facteur de mérite d’une horloge » :

F = ν /Δν × S/N = 2 ν T S/N

Fréquence : ν

Largeur de la résonance et temps d’interaction : T Δν=1/2T

Rapport signal sur bruit : S/N


Pour les fontaines à césium opérant dans le domaine micro-ondes, F = 5 × 10−13, tandis que pour les
horloges optiques, F = 5 × 10−16. Le rapport signal sur bruit des horloges optiques s’améliore sans avoir
encore atteint cette valeur ; toutefois, M. Salomon explique qu’il n’y a pas d’obstacle fondamental qui
empêche d’y parvenir. Il remarque que deux familles d’horloges optiques coexistent : certaines utilisent
des ions piégés, d’autres des atomes neutres. Un travail considérable est dédié à chaque type d’horloges
optiques. M. Salomon explique qu’au moment de la redéfinition de la seconde en 1967, le temps était
mesuré avec une exactitude de l’ordre de 10−12. L’exactitude des étalons à césium (micro-ondes) s’est
depuis améliorée d’un facteur dix tous les dix ans pour parvenir à 1 × 10−16 en 2020. Les étalons de
fréquence optiques, qui émettent dans le spectre visible, se trouvaient aux alentours de 10−12 avant l’an
2000, jusqu’à ce que John Hall et Theodor Hänsch reçoivent le prix Nobel de physique en 2005 pour
avoir élaboré la technique des peignes de fréquences optiques, un nouveau moyen de mesurer des
fréquences optiques. L’exactitude des étalons optiques a ainsi atteint 10−18 en 2020.
M. Salomon présente la technologie utilisée par les horloges à 87Sr. L’oscillateur d’interrogation est un
faisceau laser stabilisé dans une cavité en silicium à basse température. Les atomes d’intégration sont
confinés dans un réseau optique, avec 5 à 10 atomes piégés à chaque potentiel pour conserver une
densité faible. Piéger les atomes sans perturber leurs niveaux d’énergie est rendu possible par
l’utilisation d’une « longueur d’onde magique », où le décalage du spectre lumineux de l’état
fondamental des atomes est égal au décalage du spectre lumineux des atomes excités. Les deux niveaux
d’énergie sont perturbés par le faisceau laser, mais ils le sont exactement de la même manière
(de l’ordre de 10−6 ou 10−7). Hidetoshi Katori a inventé cette technique de la longueur d’onde magique
en 2003. Le facteur de mérite des horloges optiques à 87Sr est extrêmement élevé du fait de la technique
de conservation du décalage du spectre lumineux. Les horloges à strontium passent en dessous du
niveau de 10−18 en termes de stabilité de fréquence, avec une exactitude également proche de 10−18,
ce qui correspond à la différence de décalage vers le rouge gravitationnel occasionnée par un déplacement
vertical d’environ 1 cm. Ces résultats offrent de nouvelles applications aux horloges dans le domaine de
la géodésie puisqu’il sera possible de mesurer localement le potentiel gravitationnel d’une horloge et de
détecter d’éventuels changements résultant, par exemple, d’une élévation ou d’un affaissement de la
croûte terrestre en raison de la fonte des glaces provoquée par le changement climatique.
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 159

Un groupe de chercheurs du JILA (États-Unis) 27 a démontré l’extraordinaire stabilité que ces horloges
peuvent atteindre. La fréquence d’horloge de la partie supérieure d’un échantillon d’atomes long d’un
millimètre a été mesurée et comparée à la fréquence de la partie inférieure de l’horloge. Une différence
de décalage vers le rouge a pu être observée à l’échelle d’un millimètre. La mesure de ce décalage de
fréquence de l’ordre de 10−19 a été réalisée avec une incertitude de 10 %. La capacité de l’horloge à
effectuer des mesures différentielles est donc excellente, avec une exactitude qui descend sous les 10−20.
M. Salomon indique qu’un groupe de chercheurs du Japon, dirigé par Hidetoshi Katori, a mis au point
des horloges optiques transportables qui ont été utilisées pour vérifier l’effet Einstein (une horloge située
en altitude tourne plus vite qu’une autre située à une altitude plus faible) depuis la tour radio
Tokyo Skytree 28, à 450 m d’altitude. Le décalage vers le rouge gravitationnel a été mesuré à 21 hertz,
exactement comme le prévoyait Einstein.

M. Salomon évoque pour conclure les futures applications des horloges optiques. Le rapport signal sur
bruit des horloges optiques et des fontaines a atteint sa limite quantique, nommée « limite quantique
standard ». En mécanique quantique, il existe une relation de commutation entre les différentes
observables. À la limite quantique, la stabilité en fréquence est proportionnelle à la racine carrée du
nombre d’atomes, et le bruit à l’inverse de la racine carrée : plus il y a d’atomes, moins il y a de bruit.
La mécanique quantique permet toutefois des améliorations au-delà de cette limite. Il est possible de
réduire le bruit quantique avec ce que l’on nomme un « système quantique intriqué ». La limite
quantique standard pour les atomes non intriqués est égale à 1/N1/2. Intriquer des atomes permet
d’atteindre un état stable en utilisant le nombre d’atomes et non la racine carrée de ce dernier, ce qui
réduit le bruit. Une équipe de chercheurs de Stanford (États-Unis) a fait d’importants progrès dans ce
domaine en mesurant un bruit 100 fois moins important que la limite quantique standard 29.
Les chercheurs ont effectué cette intrication dans une cavité optique dont le champ a permis de lier les
atomes les uns aux autres. Une réduction du bruit de 20 dB a pu être obtenue sur la variance. Le rapport
signal sur bruit a ainsi été amélioré d’un facteur 10.
M. Salomon explique que les horloges optiques ont désormais deux ordres de grandeur d’avance sur les
horloges micro-ondes. Leurs variations quotidiennes sont comprises entre 0,1 et 1 picoseconde.
Une nouvelle définition de la seconde est nécessaire à partir de l’une des trois options suivantes :
l’utilisation d’une espèce atomique, celle d’une combinaison de transitions atomiques 30, ou bien la valeur
fixée d’une nouvelle constante fondamentale telle que la masse d’un électron. Les débats sur la
redéfinition de la seconde devront porter sur le calendrier de cette redéfinition ainsi que sur les atomes à
privilégier si l’une des deux premières options est choisie. Concernant l’avenir, M. Salomon indique que
les liens par fibre optique et les peignes de fréquence permettent des comparaisons d’horloges optiques à
l’échelle continentale et à des niveaux d’exactitude adéquats. Des missions satellites telles ACES
permettront des comparaisons intercontinentales d’horloges au-delà de 10−17 d’ici 2025. Le décalage vers
le rouge des horloges soumises à un potentiel de gravité, ou effet Einstein, permettra le développement
d’une nouvelle géodésie relativiste à partir des horloges optiques. Les variations de potentiel de la Terre
limiteront la précision des mesures de temps depuis le sol à 10−18 ou 10−19 (c’est-à-dire entre le cm et le
mm). La solution réside dans le maintien d’une horloge de référence dans l’orbite haute de la Terre,
où ces variations sont plus faibles. La métrologie quantique permettra d’améliorer les performances des
horloges à l’aide de l’intrication quantique.

27
Bothwell, T., Kennedy, C.J., Aeppli, A. et al. Resolving the gravitational redshift across a millimetre-scale atomic sample.
Nature 602, 420-424 (2022). https://doi.org/10.1038/s41586-021-04349-7
28
Takamoto, M., Ushijima, I., Ohmae, N. et al. Test of general relativity by a pair of transportable optical lattice clocks. Nat.
Photonics 14, 411-415 (2020). https://doi.org/10.1038/s41566-020-0619-8
29
Pedrozo-Peñafiel, E., Colombo, S., Shu, C. et al. Entanglement on an optical atomic-clock transition. Nature 588, 414-418
(2020). https://doi.org/10.1038/s41586-020-3006-1
30
Jérôme Lodewyck 2019 Metrologia 56 055009 https://doi.org/10.1088/1681-7575/ab3a82
160 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

Le président remercie M. Salomon et demande s’il y a des questions.


M. Milton rappelle que la présentation a débuté avec la célèbre citation de Schawlow, selon laquelle il
ne faut mesurer rien d’autre que des fréquences. Il note que temps et fréquence sont de parfaits
équivalents, et ajoute que seules des techniques avancées permettent de passer d’un étalon de fréquence
à une horloge. L’un des diagrammes affichés présentait une concavité cryogénique lors de l’utilisation
de strontium comme étalon. M. Milton demande si des avancées liées à la compression de spin sont
attendues et si les progrès des techniques de cavités optiques stables seront suffisants pour tirer des
bénéfices de ces avancées et intégrer ces fréquences à des horloges.

M. Salomon répond que la technique de la cavité a connu de nombreuses améliorations : lorsque l’on
interroge des atomes avec un laser qui présente de trop grandes fluctuations, aucun gain n’est obtenu
concernant le rapport signal sur bruit, comme attendu. Dans cette situation, les atomes sont intrinsèquement
si stables que l’« oscillateur local », le signal physique qui interroge les atomes, doit lui aussi être très stable.
La cavité refroidie à 70 kelvins a permis de réduire les fluctuations thermiques. L’oscillateur local peut être
résumé au bruit thermique du miroir. L’utilisation du miroir permet de répondre aux fluctuations thermiques,
sa distance varie très légèrement et produit un bruit sur le laser. Le laser sert en effet de volant d’inertie et
interroge les atomes toutes les trois secondes. Il existe donc un temps mort qui peut entraîner divers
problèmes. La cavité, ou en réalité la sortie de l’horloge doivent donc être isolées afin de stabiliser le laser
sur les atomes. Il est nécessaire d’améliorer le système de laser pour tirer parti de la cohérence accrue de
l’interaction atome-lumière : ces deux améliorations progressent de concert. M. Salomon indique que la
limite des horloges optiques n’a toujours pas été atteinte et qu’il faut s’attendre à voir des horloges atteindre
des niveaux de 10−19 à 10−20 dans les années à venir. Il suggère à la communauté de la métrologie de redéfinir
la seconde sans trop attendre, sinon le même problème se posera pour les unités électriques du SI telles que
le courant électrique et la tension, définies à partir des effets Hall quantique et Josephson. La redéfinition de
la seconde est bien entendu soumise à des conditions dont le CCTF débat de manière extensive. M. Salomon
explique que ces conditions sont importantes car « on ne mesure jamais seulement une fréquence ».
Les cycles doivent être retenus sans perte : le temps est un intervalle de temps sur lequel chaque cycle doit
être compté, sans en perdre un seul. Pour cette raison, le laser pointé vers la cavité, ou oscillateur local, doit
rester stable sur une très longue durée.
M. Steele (Canada) observe que M. Salomon dans sa présentation indique que l’utilisation d’une seule
espèce atomique ou bien d’une combinaison de transitions atomiques étaient des options privilégiées
par rapport à la masse d’un électron dans le cadre de la redéfinition de la seconde. Il demande à
M. Salomon de commenter les deux options, celle d’une espèce unique et celle d’un ensemble
d’espèces, et de détailler leurs avantages et inconvénients respectifs.

M. Salomon répond que les deux solutions ont leurs avantages et leurs inconvénients. Une solution à atome
unique implique de choisir un atome, ce qui est loin d’être évident puisqu’ils sont plusieurs à avoir des
performances très similaires, en particulier parmi les systèmes à atomes neutres. Actuellement, le choix
d’une unique espèce atomique pourrait être arbitraire et présente un risque. Si une espèce est choisie et que
dans cinq ans une nouvelle horloge atomique est développée, à l’aide de thorium par exemple, présentant
des erreurs systématiques moindres que celle de l’espèce choisie, la communauté de la métrologie regrettera
son choix. La seconde solution est plus complexe car elle nécessiterait d’effectuer une moyenne pondérée
des horloges optiques. C’est toutefois la solution mise en œuvre pour la réalisation secondaire de la seconde
par le CCTF et CODATA. Cette méthode est plus robuste puisque fondée sur les éléments actuellement
disponibles. Toutefois, des questions se posent toujours quant au besoin et à l’éventuelle date d’une
redéfinition ou d’un ajustement lié au poids. Cette définition peut être considérée comme évolutive,
sa principale exigence est de maintenir une continuité. M. Salomon conclut en donnant son opinion
personnelle sur la seconde intercalaire, qu’il qualifie de désastre. Il encourage la communauté de la
métrologie à s’en défaire.
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 161

39. Rapport du président du CCTF

M. Noël Dimarcq, président du Comité consultatif du temps et des fréquences (CCTF), présente son
rapport sur les activités du CCTF depuis la 26e réunion de la CGPM (2018).

Résumé du rapport du CCTF


Le CCTF a consacré son travail des dernières années à quatre « sujets stratégiques », qui nécessiteront
de prendre des décisions dans les années à venir :
1. la redéfinition de la seconde SI à partir d’une ou de plusieurs transitions optiques ;
2. une révision de la procédure concernant la seconde intercalaire en vue de réaliser un UTC continu ;
3. les exigences permettant d’étayer la traçabilité à l’UTC par des mesures fondées sur les systèmes
GNSS ;
4. la création d’un projet de renforcement des capacités fondé sur des ressources partagées avec les
laboratoires nationaux de métrologie, en partenariat avec l’IEEE UFFC Society, l’objectif étant de
transférer la technologie permettant la réalisation d’une échelle de temps locale UTC(k) robuste et
d’obtenir une implication plus large concernant la génération et la dissémination de l’UTC.

Un numéro spécial 31 de Metrologia portant sur ces sujets est en cours d’élaboration. De plus,
deux projets de résolutions seront examinés au cours de la 27e réunion de la CGPM en novembre 2022 :
− le projet de résolution D « Sur l’utilisation et l’évolution future de l’UTC »,
− le projet de résolution E « Sur la future redéfinition de la seconde ».

Domaine de compétence du CCTF

Les activités du CCTF concernent la définition et la réalisation de la seconde, la production et la


diffusion du Temps atomique international (TAI) et du Temps universel coordonné (UTC), et les
recommandations faites au CIPM en matière de temps et d’échelles de temps.

Stratégie

La mission du CCTF est de soutenir le développement d’étalons de fréquence, d’échelles de temps,


ainsi que de méthodes de comparaison de temps et de fréquences pour répondre aux besoins de la société.

Activités et réalisations depuis la dernière réunion de la CGPM

Principales activités et réalisations

Afin de progresser sur les quatre « sujets stratégiques », le CCTF a créé des groupes d’étude au sein
desquels 80 personnes collaborent en participant à des réunions bimestrielles, ateliers spécifiques,
forums, congrès et discussions sur un forum en ligne hébergé par le compte GitHub du BIPM.

Ci-dessous la liste des groupes d’étude et leurs présidents :

Mise à jour de la feuille de route concernant (N. Dimarcq, P. Tavella)


la redéfinition de la seconde SI et critères obligatoires

Requêtes des communautés d’utilisateurs, laboratoires (M. Gertsvolf, CNRC ; G. Mileti,


nationaux de métrologie et organismes de liaison Université de Neuchâtel)

31
https://iopscience.iop.org/article/10.1088/1681-7575/ac98cb et https://iopscience.iop.org/article/10.1088/1681-7575/ac9da5
162 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

Étalons atomiques de fréquence et approches possibles (S. Bize, SYRTE ; E. Peik, PTB ;
pour une redéfinition de la seconde C. Oates, NIST)

Dissémination du temps et des fréquences (D. Calonico, INRIM ; T. Ido NICT)


et échelles de temps

Secondes intercalaires dans l’UTC et recherche d’un (J. Levine, NIST ; P. Tavella, BIPM)
consensus sur une échelle de temps continue
Promotion des bénéfices mutuels de l’UTC et du GNSS (P. Defraigne, ORB ; A. Bauch, PTB)
(y compris la traçabilité des signaux GNSS à l’UTC)

Partage des ressources afin d’améliorer la gestion (M. Gertsvolf, CNRC ; Y. Hanado, NICT)
internationale du temps

Le CCTF a émis des recommandations sur plusieurs des sujets stratégiques, dont certaines destinées à
d’autres organisations auxquelles les activités et les recommandations du CCTF ont été présentées.

1. Sur la feuille de route concernant la redéfinition de la seconde :


- deux recommandations ont été approuvées par le CCTF et le projet de résolution E est
soumis à la CGPM.

2. Sur les secondes intercalaires dans l’UTC et la recherche d’un consensus sur une échelle de
temps continue :
- une recommandation a été approuvée par le CCTF et le projet de résolution D est soumis
à la CGPM.

3. Sur la promotion des bénéfices mutuels de l’UTC et du GNSS (y compris la traçabilité des
signaux GNSS à l’UTC) :
- trois recommandations ont été approuvées par le CCTF.
4. Sur le partage des ressources afin d’améliorer la gestion internationale du temps :
- une recommandation a été approuvée par le CCTF.

Trois recommandations supplémentaires, sur les étalons optiques de fréquence et sur les technologies
de comparaison du temps, ont été approuvées par le CCTF.

Un numéro spécial de Metrologia est en cours d’élaboration. Il comprendra quatre articles sur les sujets
suivants :
1. la présentation de la stratégie du CCTF ;
2. la feuille de route concernant la redéfinition de la seconde ;
3. la recherche d’un consensus sur un Temps universel coordonné continu 32 ;
4. la traçabilité à l’UTC à l’aide de mesures GNSS 33.

Un livre blanc couvrant chaque sujet stratégique doit être publié début 2023 34.

Défis et difficultés

Le CCTF a travaillé en étroite collaboration avec les organismes de liaison et tous les membres du
CCTF pour parvenir à un consensus sur les projets de résolution présentés à la CGPM, au cours de
plusieurs réunions, discussion en ligne, forums internationaux et congrès.

32
https ://iopscience.iop.org/article/10.1088/1681-7575/ac9da5
33
https://iopscience.iop.org/article/10.1088/1681-7575/ac98cb
34
https://www.bipm.org/fr/committees/cc/cctf/publications
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 163

Perspectives à court terme et à long terme


Le CCTF continuera à superviser des activités, initier et nourrir des réflexions, des études et des
collaborations sur les sujets suivants :
− les étalons primaires et secondaires, en collaboration avec le CCL ;
− les méthodes de comparaison de temps et de fréquence : mesures GNSS, comparaisons
bidirectionnelles sur satellite, techniques avancées comme la fibre optique, lien micro-ondes
de la mission ACES, liens optiques dans l’espace ;
− les échelles de temps – TAI, UTC, UTCr, UTC(k) – et les algorithmes ;
− le CIPM MRA et la traçabilité métrologique.

Le CCTF continuera à soutenir les activités transversales liées aux sujets stratégiques, telles que
décrites dans les feuilles de routes évoquées dans les projets de résolution D et E.

Données sur le CCTF


CCTF établi en 1956 sous le nom de Comité consultatif pour la définition de la seconde (CCDS),
puis renommé CCTF en 1997.
Président : N. Dimarcq
Secrétaire exécutive : P. Tavella
Composition : 26 membres, 5 organismes de liaison, 4 observateurs
Liste des membres et observateurs : https://www.bipm.org/fr/committees/cc/cctf/members
Réunions depuis la dernière CGPM : 28-29 octobre 2020, 11-12 mars 2021,
29 juin-1er juillet 2022
Rapports complets des réunions : https://www.bipm.org/fr/committees/cc/cctf/publications
Neuf groupes de travail : https://www.bipm.org/fr/committees/cc/cctf/
− Étalons de fréquence (Groupe de travail commun au CCL et au CCTF)
− CIPM MRA
− Coordination de la mise au point de techniques
avancées de comparaison de temps et de fréquence
− Comparaisons de temps à l’aide de systèmes GNSS
− Étalons primaires et secondaires de fréquence
− Stratégie
− Temps atomique international
− Algorithmes pour les échelles de temps
− Comparaisons bidirectionnelles de temps et de fréquence sur satellite

Activité en matière de Terminée(s) En cours Programmée(s)


comparaisons
Comparaisons clés du CCTF 1, mensuelle En continu (+1) En continu
(et comparaisons supplémentaires)

Comparaisons du BIPM 0 0 0

Études pilotes du CCTF 0 0 0

CMCs 776 CMCs dans 19 catégories de service publiées dans la KCDB


164 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

40. Présentation des projets de résolution D « Sur l’utilisation et l’évolution


future de l’UTC » et E « Sur la future redéfinition de la seconde »

M. Dimarcq, président du Comité consultatif du temps et des fréquences (CCTF), donne une vue
d’ensemble du CCTF qui, depuis 2018, consacre son travail à quatre « sujets stratégiques ». En 2020,
le CCTF a créé quatre groupes d’études afin de coordonner les travaux sur ces sujets stratégiques :

1. la mise à jour de la feuille de route concernant la redéfinition de la seconde SI ;


2. l’insertion de secondes intercalaires dans l’UTC et la recherche d’un consensus sur une échelle
de temps continue ;
3. la promotion des bénéfices mutuels de l’UTC et du GNSS et la traçabilité métrologique entre
l’UTC et les mesures GNSS ;
4. le partage de ressources afin d’améliorer la gestion internationale du temps.

Les deux premiers groupes se sont concentrés sur la mise au point des projets de résolution D et E,
détaillés dans la suite de l’exposé ; les groupes 3 et 4 ont aussi été dynamiques. La promotion des
bénéfices mutuels entre l’UTC et les systèmes globaux de navigation par satellite (GNSS) ont été évoqués
dans la présentation donnée par M. Benedicto. La plupart des horloges UTC sont comparées à l’aide d’un
GNSS, qui dissémine à son tour l’approximation de l’UTC en collaboration avec les laboratoires qui le
réalisent. Réciproquement, la synchronisation des GNSS avec l’UTC renforce l’interopérabilité entre les
différents systèmes GNSS. Le CCTF a proposé et examiné des recommandations visant à reconnaître la
traçabilité des mesures GNSS à l’UTC selon différentes options actuellement à l’étude. Le partage des
ressources afin d’améliorer la gestion internationale du temps est illustré par le calcul de l’UTC à l’aide
de près de 450 horloges atomiques réparties dans 85 laboratoires du temps de tailles très diverses à travers
le monde. La capacité à surveiller et à valider les mesures réalisées dans chaque laboratoire améliore la
qualité de l’UTC et la réalisation des UTC(k). Le CCTF cherche à développer de nouvelles capacités en
partageant les ressources entre les laboratoires pour arriver à un haut niveau de savoir-faire dans chacun
d’entre eux, ce qui permettra d’améliorer la qualité des données et, par conséquent, la qualité générale de
l’UTC. Ainsi, le BIPM a récemment conclu un accord de collaboration avec l’Institute of Electrical and
Electronics Engineers (IEEE) reconnaissant leurs objectifs communs et visant à améliorer la formation
en métrologie du temps et des fréquences.

M. Dimarcq fait un résumé des perspectives du CCTF. Il rappelle que le CCTF poursuivra ses activités
et développera des réflexions, études et partenariats sur les sujets suivants : les étalons primaires et
secondaires, en collaboration avec le CCL ; les techniques de transfert du temps et des fréquences ;
les échelles de temps ; le CIPM MRA et la traçabilité métrologique. Le CCTF continuera à soutenir les
activités transversales liées aux « sujets stratégiques », ainsi que le travail nécessaire décrit dans les
projets de résolution D et E. M. Dimarcq explique qu’un numéro spécial de Metrologia sur la
métrologie du temps et des fréquences est en cours d’élaboration.

Le président remercie M. Dimarcq et demande, avant de poursuivre avec la présentation des projets de
résolution D et E, s’il y a des questions sur les activités du CCTF.
M. Milton souligne les réussites significatives du CCTF pour progresser concernant les quatre sujets
stratégiques : deux d’entre eux ont conduit à la rédaction de projets de résolution qui seront examinés par
la CGPM. Le troisième sujet, celui de la traçabilité des échelles de temps GNSS, révolutionne
discrètement la façon dont les laboratoires nationaux de métrologie envisagent la question. M. Milton
ajoute que même sans les changements majeurs introduits par les projets de résolution D et E, la traçabilité
des échelles de temps GNSS à elle seule aurait constitué une avancée très importante du CCTF depuis
2018. Il félicite le CCTF et salue le travail considérable effectué en coulisses pour parvenir à ces progrès.
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 165

Projet de résolution D
M. Dimarcq poursuit avec la présentation de la résolution D « Sur l’utilisation et l’évolution future de
l’UTC ». Il explique que les applications technologiques et numériques sur lesquelles s’appuient des
infrastructures nationales critiques fonctionnent à l’aide d’une synchronisation temporelle. Les exigences
essentielles vis-à-vis d’une échelle de temps commune, outre son exactitude et sa stabilité, sont avant tout
les suivantes : continuité, monotonie, fiabilité et facilité d’accès. Le Temps atomique international (TAI)
est calculé par le BIPM à partir de la moyenne pondérée de 450 horloges atomiques réparties dans
85 laboratoires à travers le monde. Son pilotage en fréquence est obtenu à l’aide d’une dizaine d’étalons
primaires et secondaires. Depuis 1972, l’UTC est le résultat de l’addition de secondes intercalaires au
TAI. Le temps universel (UT1) est défini par l’angle de rotation de la Terre, sujet à des fluctuations
aléatoires. Lorsque la différence entre UT1 et UTC devient trop grande, l’ajout d’une seconde entière à
l’UTC permet de s’assurer que la différence [UTC – UT1] soit toujours inférieure à une seconde.
Toutefois, l’impossibilité de prédire les futures perturbations de manière précise pose problème.
Les réseaux numériques réagissent très mal au fait qu’il n’est pas possible de prévoir l’insertion des
secondes intercalaires, les systèmes d’exploitation des ordinateurs n’acceptant pas l’existence de minutes
de soixante-et-une secondes. Le CCTF a mené une enquête en 2021 et rassemblé plus de 200 réponses :
la grande majorité des utilisateurs ont demandé la fin de la discontinuité de l’UTC due à l’insertion de
secondes intercalaires. L’enquête a également révélé que d’autres échelles de temps que l’UTC sont
utilisées comme échelles de temps continues.

M. Dimarcq rappelle que l’UTC est l’étalon de temps international. L’UTC s’appuie sur 85 laboratoires
de temps qui fournissent des données et réalisent sa traçabilité en temps réel sous l’autorité de la CGPM.
Le Service international de la rotation terrestre et des systèmes de référence (IERS) calcule et publie la
différence [UT1 - UTC]. Le secteur des radiocommunications de l’Union internationale des
télécommunications (UIT-R) s’assure de la bonne diffusion de l’UTC. Toutefois, les utilisateurs sur
lesquels s’appuient des infrastructures critiques ont besoin d’une échelle de temps unique et continue.
L’UTC est de moins en moins utilisée par les systèmes GNSS, les géants du numérique (par exemple
Google, Amazon, Facebook, Apple ou Alibaba) et les principaux protocoles de synchronisation et de
diffusion de l’heure par internet tels que Network Time Protocol (NTP) et Precision Time Protocol (PTP).

Un certain nombre de méthodes ad hoc ont été mises au point pour contourner l’insertion de secondes
intercalaires. Certaines consistent à ignorer les secondes intercalaires après la synchronisation initiale
(c’est le cas des temps systèmes GPS, Galileo et BeiDou), à arrêter l’horloge pendant deux secondes à
23:59:59 ou 00:00:00 (dans le cas de NTP), ou à réduire la fréquence de l’horloge pendant sur un intervalle
défini (c’est la solution choisie par Google, Microsoft, Facebook et Alibaba). Aucune de ces méthodes
n’est conforme à l’UTC concernant le « jour » où est insérée la seconde intercalaire et la plupart se
contredisent. De plus, les utilisateurs de ces différents services sont incapables de déterminer quelle
méthode est employée, en particulier a posteriori. M. Dimarcq rappelle la menace que la seconde
intercalaire en soi et les méthodes alternatives pour contourner son insertion à l’UTC font peser sur la
résilience de la synchronisation, et l’urgence de réviser la procédure complète concernant l’introduction
d’une seconde intercalaire à l’UTC.
La solution proposée est d’augmenter la limite de tolérance de [UT1 – UTC]. L’UTC resterait liée à
l’UT1, c’est-à-dire à l’angle de rotation de la Terre, avec pour origine le méridien de référence de
Greenwich. Dans la vie quotidienne, le grand public ne remarquerait aucune différence perceptible
puisque l’évolution de [UT1 – UTC] resterait négligeable comparée aux variations de + ou –
15 minutes de la durée des journées pendant les saisons, et ce pour les siècles à venir. L’impression
générale de conformité aux phénomènes astronomiques resterait identique. Les utilisateurs à la
recherche d’informations sur la différence entre l’UTC et l’UT1 trouveraient des estimations précises
en temps réel transmises par les signaux de temps de l’IERS, la NASA, le GNSS et l’UIT-R.
166 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

M. Dimarcq rappelle que dans les années 1970, l’UTC servait d’approximation de l’UT1,
principalement pour la navigation à l’aide d’instruments optiques. L’approximation UTC ≈ UT1,
qui entraîne une incertitude sur la position pouvant aller jusqu’à 400 m (au niveau de l’équateur),
n’est utilisée que pour les applications de faible précision. Elle n’est pas adaptée aux applications de
haute précision (telles que l’astronomie de haute exactitude et les opérations menées dans l’espace) ;
celles-ci utilisent déjà les estimations de l’IERS et de la NASA qui, avec leur incertitude de
10 microsecondes, correspondent à une incertitude maximale de position de 3 mm.

M. Dimarcq ajoute que l’augmentation de la tolérance de [UT1 – UTC] est déjà largement acceptée.
Les changements proposés reçoivent le soutien de nombreuses organisations et plusieurs réunions ont
eu lieu pour examiner leurs implications techniques, légales et politiques.

M. Dimarcq résume le projet de résolution D, qui prévoit une solution en deux étapes. La première
consiste à obtenir l’approbation de la CGPM pour accroître la tolérance de [UT1 – UTC] au cours de
la prochaine réunion de la CGPM en 2026 et adopter une date de mise en œuvre d’ici à 2035.
La seconde étape serait d’approuver lors de la 28e réunion de la CGPM la nouvelle valeur de la
tolérance, qu’elle soit fixée à une minute, une heure ou une valeur infinie, et de valider une procédure
de révision périodique afin de tenir compte des nouvelles découvertes et d’une meilleure
compréhension des irrégularités de la rotation de la Terre. M. Dimarcq précise qu’il est ressorti des
discussions que qu’une date de mise en œuvre en 2035 au plus tard représentait le meilleur compromis
car les systèmes doivent être mis à jour et les questions légales résolues. En outre, une réponse doit être
apportée aux problèmes importants suivants : la discontinuité de l’UTC et les différentes solutions ad
hoc mises en œuvre génèrent de la confusion et menacent la résilience des infrastructures nationales
critiques ; l’accélération actuelle du rythme de rotation de la Terre pourrait conduire à l’introduction
de secondes intercalaires négatives dans la décennie à venir ; et l’une des échelles de temps GNSS
pourrait être utilisée de facto comme étalon international.
Selon M. Dimarcq, les questions que soulève le Projet de résolution D sont complexes et sensibles.
Il remercie le CCTF et du CIPM, tous les experts extérieurs, le directeur du BIPM et le Département
du temps du BIPM pour leurs échanges fructueux, leur soutien et leurs contributions.

Le président remercie M. Dimarcq et ouvre la discussion.

Mme Macdonald (Canada) confirme, conformément à une déclaration écrite soumise par le Canada en
amont de la réunion, que le Canada soutient le Projet de résolution D et encourage les délégués de la
CGPM à faire de même. Si le projet est approuvé, Mme Macdonald exhorte la communauté du temps
et des fréquences à appliquer à la lettre l’expression « d’ici 2035 au plus tard » contenue dans la
résolution, afin d’accélérer la mise en œuvre de la solution technique, en gardant à l’esprit que le CCTF
recommandait initialement une mise en œuvre pour 2030 au plus tard.

M. Mikiel (Pologne) déclare avoir soumis une déclaration écrite au BIPM dans laquelle la Pologne offre
son soutien concernant la résolution et ne voit aucune raison de modifier le texte du projet de résolution.
Il ajoute que d’après la Pologne, le rejet du projet de résolution pourrait causer de graves problèmes, en
particulier pour les entreprises informatiques ou d’autres secteurs essentiels. De plus, la Pologne pense
que le texte soumis par la délégation russe préalablement à la réunion pose un sérieux problème car il
prévoit une période de transition vers un UTC continu qui n’interviendrait pas avant 2040 sans en préciser
la date de fin qui pourrait être 2040 comme 2050. Il appuie le fait que la Pologne apporte son soutien total
à la résolution soumise par le BIPM et espère la voir adoptée par la Conférence générale.

M. Thompson (Royaume-Uni) remercie M. Dimarcq pour ses explications très claires sur l’importance
du Projet de résolution D et M. Benedicto, de l’ESA, pour sa présentation tout aussi excellente qui a
souligné la gravité du sujet. M. Thompson souligne que la mise en œuvre de différentes méthodes non
coordonnées menace la résilience des capacités de synchronisation sur lesquelles s’appuient des
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 167

infrastructures nationales critiques. La continuité de l’UTC pour le siècle à venir et la mise en place
d’une échelle de temps internationale résiliente sont des enjeux capitaux. M. Thompson cite
M. Salomon qui remarquait plus tôt que la procédure concernant la seconde intercalaire est un désastre.
Il approuve personnellement la décision du gouvernement du Royaume-Uni de voter en faveur de
l’adoption du Projet de résolution D.

M. De Angelis (Italie) fait un commentaire personnel en tant que physicien des particules et
astrophysicien : la seconde intercalaire sème la discorde, en particulier dans les observatoires. Il décrit
la seconde intercalaire comme un vrai cauchemar car il est nécessaire de s’assurer de la synchronisation
de tous les télescopes et de surveiller l’activité des satellites. Pour toutes ces raisons, l’Italie soutient
fermement le projet de résolution D.

M. de Waal (Pays-Bas) déclare que les Pays-Bas soutiennent le Projet de résolution D et, comme le
Canada, sont favorables au calendrier suggéré dans la proposition.
Mme Chambon (France) souligne que M. Benedicto a très bien résumé les risques et insiste sur leur
niveau élevé. Comme mentionné par M. Dimarcq et M. Benedicto, la menace dans le futur d’une
seconde intercalaire négative plane et nul ne peut prédire quelles en seraient les conséquences. Mme
Chambon soutient la proposition du Canada de ne pas repousser la date de mise en œuvre au-delà de
2030 en raison de l’urgence du travail à accomplir. La France apporte son soutien au travail effectué
par le CCTF.

Mme Goldovsky (Israël) souligne le travail scientifique conséquent pour préparer et rédiger le Projet de
résolution D. De nombreuses réunions ont eu lieu en ligne afin d’examiner le problème de l’amélioration
et du développement de l’échelle de temps internationale UTC en tant qu’étalon de temps unique, continu,
aisément et universellement accessible, capable de répondre aux besoins de domaines aussi variés que
l’industrie, la science, la finance, le numérique et les infrastructures nationales critiques. Le National
Physical Laboratory of Israel a participé aux échanges. L’échelle de temps international UTC est utilisée
par tous les laboratoires nationaux de métrologie et d’autres disciplines comme seul étalon international
permettant de synchroniser les échelles de temps locales, qui servent ensuite à synchroniser toutes les
infrastructures nationales critiques. Les nombreuses années d’expérience acquises dans l’ajout de
« secondes intercalaires » à l’échelle de temps UTC ont montré les limites de cette méthode. Les secondes
intercalaires brisent la continuité de l’échelle et nombre de systèmes numériques n’intègrent pas
correctement ces secondes. La mise en place de corrections impropres et non conformes à l’UTC dans
des systèmes numériques peut conduire à une défaillance des infrastructures nationales critiques.
Or, l’emploi de telles corrections est de plus en plus fréquent en dépit de leur incompatibilité entre elles
et avec l’UTC. L’utilisation de ces corrections ad hoc entraîne un risque de panne de ces infrastructures
cruciales, en plus de menacer l’emploi de l’UTC pour de nombreuses applications modernes, y compris
celles au cœur de la transformation numérique de la finance et des télécommunications, de la distribution
de l’énergie et de la navigation. De plus, il est toujours impossible de prédire la vitesse de la rotation de
la Terre avec une précision suffisante. Les dernières observations de la rotation de la Terre montrent une
accélération sur les deux dernières années, ce qui pourrait conduire au retranchement d’une seconde
intercalaire, scénario qui ne s’est jamais présenté auparavant. La délégation israélienne soutient
pleinement le scénario d’amélioration de l’UTC qui consiste à augmenter la tolérance de la différence
UT1 – UTC jusqu’à une valeur fixe qui pourra être révisée à l’avenir. La délégation d’Israël propose
d’adopter le Projet de résolution D.
La délégation des États-Unis apporte son soutien à la résolution ainsi qu’à la proposition formulée par
le Canada d’accélérer la transition vers ce nouveau système.
168 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

Projet de résolution E

M. Dimarcq présente le Projet de résolution E « Sur la future redéfinition de la seconde ». Il rappelle


que six des sept unités du Système international sont définies à partir de la seconde, à l’exception de la
mole. La définition de la seconde a quitté le domaine de l’astronomie en 1967 pour rejoindre celui de
la physique quantique. Elle était alors définie comme « la durée de 9 192 631 770 périodes de la
radiation correspondant à la transition entre les deux niveaux hyperfins de l’état fondamental de l’atome
de césium 133 ». Cette définition a été à nouveau révisée au cours de la 26e réunion de la CGPM
(2018) : « La seconde, symbole s, est l’unité de temps du SI. Elle est définie en prenant la valeur
numérique fixée de la fréquence du césium, ΔνCs, la fréquence de la transition hyperfine de l’état
fondamental de l’atome de césium 133 non perturbé, égale à 9 192 631 770 lorsqu’elle est exprimée
en Hz, unité égale à s−1. »

M. Dimarcq se réfère à la présentation de M. Salomon, qui a montré que la réalisation de la seconde


du SI à l’aide d’étalons primaires de fréquence n’a fait que s’améliorer au fil des décennies.
Depuis 2010, les meilleures incertitudes relatives sur la fréquence de la fontaine à atomes de césium sont
de l’ordre de 10−16. La métrologie du temps entre désormais dans l’ère de la métrologie optique des
fréquences, avec des étalons atteignant des niveaux d’incertitude inférieurs de deux ordres de grandeur à
ceux des étalons au césium.

La nouvelle définition de la seconde vise à permettre, à court terme, une amélioration d’au moins un à
deux ordres de grandeur de la réalisation de la seconde (afin d’atteindre une exactitude relative de
fréquence de quelques 10−17 à 10−18) et, à long terme, des améliorations encore plus importantes.
La continuité avec la définition actuelle sera essentielle afin d’assurer une continuité et une stabilité de la
mise à disposition de la nouvelle seconde du SI à l’aide du TAI. Il faudra également une amélioration
sensible de la qualité du TAI dès le changement de définition, ou a minima aucune dégradation.
La nouvelle définition devra permettre la dissémination de l’unité à une gamme très vaste d’usagers et
elle devra être acceptable pour tous les laboratoires nationaux de métrologie et toutes les parties prenantes.

M. Dimarcq souligne que le CCTF a mis à jour la feuille de route sur la redéfinition de la seconde du
SI. Ce travail a été mené par une équipe dédiée du CCTF de 40 personnes réparties dans quatre groupes
de travail. Une analyse SWOT (forces, faiblesses, opportunités et menaces) des différentes options
envisagées pour la redéfinition a été entreprise. Les options sont les suivantes : option 1, une transition
atomique ; option 2, un ensemble de transitions atomiques ; option 3, fixer la valeur d’une constante
fondamentale. M. Dimarcq explique que l’option 3 est irréalisable actuellement. Il s’agit toutefois
d’une option idéale qui rendrait le SI totalement cohérent puisque toutes les définitions reposeraient
sur des constantes fondamentales. L’équipe dédiée a défini un ensemble de critères et conditions pour
pouvoir redéfinir la seconde ainsi que des indicateurs pour évaluer le degré de progression. De plus,
l’équipe a examiné plusieurs scénarios de calendrier concernant la redéfinition de la seconde.
M. Dimarcq donne un aperçu des critères et conditions de changement de la définition de la seconde et
présente un diagramme indiquant le degré de progression en 2022 pour chacun des critères obligatoires.
M. Dimarcq expose différents scénarios pour la redéfinition de la seconde. Une redéfinition lors de la
28e réunion de la CGPM (2026) n’est pas réaliste puisque l’option à privilégier ne fait pas consensus et
que de nombreux travaux restent à effectuer pour satisfaire tous les critères obligatoires. La 28e réunion
pourrait être l’occasion de valider une feuille de route vers une redéfinition en 2030 si, en 2026,
un consensus est trouvé concernant l’option à retenir et si le travail à effectuer pour satisfaire tous les
critères semble pouvoir être achevé avant 2030. Si une redéfinition est impossible en 2030, elle devra être
reportée à la réunion de la CGPM de 2034, voire de 2038. Toutefois, ce calendrier exigerait la
maintenance jusqu’à la fin des années 2030 des étalons primaires de fréquence reposant sur des fontaines
à césium, construits dans les années 1990 et 2000. Les laboratoires nationaux de métrologie seraient
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 169

contraints de poursuivre l’exploitation de ces systèmes complexes afin de garantir la mise en pratique de
la définition actuelle de la seconde.

M. Dimarcq conclut qu’afin de garantir la continuité entre les définitions actuelle et future, le Projet
de résolution E encourage le CIPM à souligner l’importance d’atteindre les objectifs fixés dans la
feuille de route pour la redéfinition de la seconde et à présenter des propositions concernant la
transition privilégiée, ou les transitions, pour une redéfinition de la seconde dès la 28e réunion de la
CGPM. Il exhorte également le CIPM à présenter, la 28e réunion de la CGPM, les mesures qui
devront être prises pour permettre l’adoption de la nouvelle définition au cours de la 29e réunion de
la CGPM, en 2030. Le projet de résolution invite les États Membres à soutenir les activités de
recherche et le développement d’infrastructures nationales et internationales pour permettre des
avancées vers l’adoption d’une nouvelle définition pour la seconde. Ce dernier point vaut
particulièrement pour les infrastructures utilisant la fibre optique car cette technologie affiche
aujourd’hui une incertitude de l’ordre de 10−18.

41. Rapport de l’OTICE sur les activités de liaison

M. Doury, ingénieur en imagerie sismique acoustique pour la Commission Préparatoire de


l’Organisation du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (OTICE), présente les avancées
importantes réalisées par l’organisation. L’Article 1 du Traité d’interdiction complète des essais
nucléaires prévoit que : « Chaque État partie s’engage à ne pas effectuer d’explosion expérimentale
d’arme nucléaire ou d’autre explosion nucléaire et à interdire et empêcher toute explosion de cette
nature en tout lieu placé sous sa juridiction ou son contrôle. » M. Doury ajoute que plus de 2 000 essais
ont eu lieu depuis 1945, contre 12 depuis l’ouverture à la signature du traité le 24 septembre 1996.
De plus, seul un pays n’a pas respecté le moratoire sur les essais nucléaires depuis 2000.
La Commission préparatoire de l’OTICE est chargée de mettre en place un régime de vérification et de
promouvoir l’universalité du Traité.

M. Doury explique qu’un régime de vérification est nécessaire pour surveiller le respect du traité par les
États membres lorsque celui-ci sera entré en vigueur. Le système de vérification repose sur
quatre composantes. La première, le Système de surveillance international (International Monitoring
System, IMS), permet de récolter, d’analyser et de diffuser les données issues de 337 stations de surveillance.
L’IMS combine quatre technologies de surveillance : l’imagerie sismique, utilisée dans 170 stations pour
détecter les explosions nucléaires souterraines ; les stations hydroacoustiques, au nombre de onze, pour
surveiller l’activité sous-marine ; soixante stations infrasons pour déceler les changements dans l’air ;
quatre-vingts stations d’analyse des radionucléides pour déterminer la nature nucléaire ou non des
explosions. Neuf stations de l’IMS sur dix sont déjà certifiées et opérationnelles. Si le réseau a démontré son
efficacité, il ne sert pas seulement à détecter les essais nucléaires mais est également employé à des fins
civiles, notamment pour sauver des vies et contribuer à la recherche scientifique. Par exemple, les données
de l’IMS alimentent les systèmes d’alerte aux tsunamis et permettent de repérer les émissions radioactives
au cours d’accidents nucléaires, comme ce fut le cas pendant l’accident de la centrale de Fukushima Daiichi
au Japon en 2011. Les États membres et les chercheurs, notamment ceux travaillant sur le changement
climatique, peuvent accéder librement aux données de l’IMS.

M. Doury explique que la métrologie est nécessaire pour mettre en place un contrôle qualité des systèmes
de mesure de l’IMS. L’OTICE exploite les quatre outils technologiques exposés ci-dessus, dont l’action
conjointe permet de récolter des preuves scientifiques légales en cas d’essai nucléaire. La crédibilité des
données et des systèmes de mesure de l’OTICE est absolument primordiale. Parvenir à cette crédibilité
170 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

technique et scientifique exige de la transparence, des études comparatives, une évaluation par les pairs,
ainsi qu’un système de contrôle qualité strict, opérationnel pendant toute la durée de vie des équipements
de mesure de l’OTICE et assuré pendant plusieurs décennies sur les stations.
Afin d’atteindre ce niveau de crédibilité, l’OTICE s’est fixé des objectifs ambitieux : d’abord, celui de
démontrer le contrôle strict de la qualité de ses mesures pour assurer la fiabilité et la crédibilité des
données de l’IMS ; ensuite, garantir la cohérence et l’équivalence des données de mesure produites par
l’ensemble du réseau ; enfin, veiller au respect et à la transparence des bonnes pratiques en dépit des
changements d’équipements, de prestataires ou de personnel. M. Doury rend compte de la situation
actuelle concernant le contrôle qualité pour les quatre technologies : la détection des radionucléides
obéit déjà à des normes très strictes et des processus tels que des essais d’aptitude sont en place.
Par ailleurs des CMCs sont parfaitement adaptées à la détection des émissions de particules et de gaz
rares. L’enjeu principal pour l’OTICE réside dans les technologies sismique, hydroacoustique et
infrason : il est nécessaire de disposer de CMCs validées pour l’ensemble de la gamme de mesures
effectuées par l’IMS. L’emplacement des systèmes de mesure de l’OTICE, souvent dans des
environnements reculés et hostiles, représente une difficulté supplémentaire : leur étalonnage ne peut
pas s’effectuer en laboratoire. La traçabilité est requise sur toute la chaîne de mesure jusqu’aux stations,
ce qui a conduit l’OTICE à se rapprocher du domaine de la métrologie et à collaborer avec le BIPM.

Le BIPM a invité l’OTICE à donner une présentation lors d’une réunion du Comité consultatif de
l’acoustique, des ultrasons et des vibrations (CCAUV) pour la première fois en 2017, date depuis laquelle
l’organisation participe aux réunions biannuelles du CCAUV. En 2018, l’OTICE a été invitée à donner une
présentation lors de la 26e réunion de la CGPM et a ainsi exposé les besoins de l’IMS. À la suite de la
26e réunion de la CGPM, le BIPM et l’OTICE se sont accordés sur des objectifs communs qui constituent
les fondements d’une relation mutuellement avantageuse. Les exigences de traçabilité de l’OTICE ont fait
l’objet d’un document d’orientation stratégique rédigé par le CCAUV et le CCRI. En juin 2021,
la collaboration existante a été formalisée par la signature d’un accord pratique de collaboration entre le
BIPM et l’OTICE concernant la traçabilité métrologique des mesures de l’activité sismique, infrason et de
la radioactivité, accord qui a noué des relations officielles entre le CCAUV, le CCRI et l’OTICE.

Selon M. Doury, l’enjeu suivant sera de faire émerger de véritables projets de travail du document de
stratégie rédigé par les comités consultatifs. La communauté de la métrologie doit relever le défi de
déterminer les besoins en termes d’acoustique, d’ultrasons et de vibrations dans les basses fréquences.
Le projet de recherche InfraAUV 2020-2023, mené par l’European Association of National Metrology
Institutes (EURAMET), tient compte des besoins exprimés par l’OTICE. Le projet compte
dix participants et comprend à la fois des laboratoires nationaux de métrologie et des prestataires de
l’IMS, ce qui permet une mise en œuvre très rapide des avancées réalisées. Le projet vise à étendre aux
basses fréquences la gamme des mesures traçables de l’environnement réalisées dans les domaines
infrason, sous-marins et sismiques. Ce travail passe par le développement de méthodes d’étalonnage,
de procédures de validation et de dissémination, puis par leur transfert sur site et leur application
concrète dans les stations de mesure. Le troisième objectif est un défi, celui de garantir la traçabilité
métrologique jusque dans les stations. Ce projet a exigé une collaboration étroite entre l’OTICE,
les experts en acoustique sismique et le CCAUV.

M. Doury observe qu’en 2018, il n’existait pas de CMCs validées pour une grande partie de la gamme des
infrasons à surveiller, qui s’étend de 0,02 hertz à 4 hertz. Le projet InfraAUV 20220-2023 vise à répondre à
ce besoin et se concentre en particulier sur l’utilisation de nouveaux instruments. Auparavant, l’acoustique
s’attachait à mesurer la pression statique à l’aide de baromètres et les sons audibles ou variations de pression
de basse fréquence à l’aide de microphones. On s’intéresse désormais à l’emploi de micro-baromètres pour
couvrir la gamme des infrasons surveillée par l’IMS, qui se situe entre la pression statique et les sons
audibles. Les micro-baromètres diffèrent des microphones et nécessitent de nouvelles méthodes
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 171

d’étalonnage pour servir d’étalons de transfert. Ces méthodes d’étalonnage sont en cours de développement
et suivent différents principes. Plusieurs comparaisons déjà organisées au sein du projet montrent une
équivalence satisfaisante des différents principes employés pour mettre l’étalonnage au point. Des CMCs
pourraient ainsi être disponibles rapidement et combler l’absence d’aptitudes déclarées dans la gamme
concernée. Assurer la traçabilité sur site est également à l’étude. L’OTICE collabore de façon étroite à ce
sujet avec le projet InfraAUV, en développant les logiciels nécessaires pour étalonner l’ensemble de la
chaîne de mesures jusqu’aux stations. Depuis 2018, des avancées dans le développement de deux nouvelles
normes IEC ont été réalisées. L’une d’elles, portant sur l’étalonnage primaire des microphones par
réciprocité, a été révisée pour couvrir les basses fréquences de la gamme des infrasons surveillés par l’IMS.
La seconde norme créée autorise l’emploi de méthodes d’étalonnage alternatives non-fondées sur la
réciprocité, plus adaptées aux infrasons. Elle permet l’intégration de nouvelles méthodes pour faciliter
l’étalonnage des micro-baromètres. M. Doury espère que les premières CMCs, en cours de préparation,
seront soumises au BIPM dans un futur proche.

M. Doury indique que le fruit de la collaboration entre le BIPM et l’OTICE ne réside pas seulement
dans la création de CMCs et dans les progrès réalisés par la communauté de la métrologie mais
également dans tout ce que l’OTICE et la communauté d’organisations qui travaillent avec elle peuvent
apprendre de la communauté de la métrologie. Il rappelle les nombreux progrès accomplis avec les
prestataires de l’IMS afin que ces derniers aient une meilleure compréhension des concepts
métrologiques tels ceux du Vocabulaire International de Métrologie (VIM) et du Guide pour
l’expression d’incertitude de mesure (GUM). Cette meilleure compréhension a conduit, en 2021, à la
première comparaison organisée par l’OTICE dans la gamme infrason surveillée par l’IMS,
comprenant cinq participants et pilotée par le Laboratoire national de métrologie et d’essais
(LNE, France). En sa qualité de laboratoire national de métrologie, le LNE a fourni de nombreuses
méthodes nécessaires à la comparaison qui avait pour mesurande l’efficacité en pression entre 0,01 et
10 Hz, soit au-delà de la gamme d’infrasons surveillée par l’IMS. La comparaison impliquait trois
types de capteurs : les baromètres, les micro-baromètres, et les microphones ; elle a permis pour la
première fois d’évaluer formellement l’aptitude des prestataires de services de l’IMS. Le projet de
rapport A indique que l’équivalence est démontrée pour la majorité de la gamme de fréquences.
L’OTICE envisage désormais des comparaisons de ses technologies sismiques.

M. Doury observe qu’une partie de la gamme des fréquences sismiques surveillées par l’IMS ne fait pas
l’objet de CMCs validées. Le projet InfraAUV se penche actuellement sur le problème. L’imagerie sismique
fait face à un défi majeur : les établis qui équipent actuellement les laboratoires nationaux de métrologie ont
été construits pour étalonner des accéléromètres, qui sont des instruments légers, et il sera nécessaire
d’effectuer des adaptations importantes pour qu’ils puissent accueillir des instruments sismiques. De plus,
le projet InfraAUV, les laboratoires nationaux de métrologie et les prestataires de l’IMS mettent au point des
méthodes pour garantir la traçabilité jusqu’aux capteurs sismiques une fois déployés sur site.

Il n’existe actuellement aucune CMC validée concernant la gamme de fréquences hydroacoustiques


surveillée par l’IMS. De nombreuses avancées ont cependant été réalisées avec le développement des
premières méthodes d’étalonnage portant sur l’intégralité de la gamme surveillée par l’IMS.
L’étalonnage sur site des outils hydroacoustiques représente une difficulté majeure : en effet,
les stations sont équipées de microphones installés à environ un kilomètre sous la surface de l’océan
dans le canal SOFAR (Sound Fixing and Ranging). Les recherches dans ce domaine se poursuivent,
l’OTICE, le CCAUV et le projet InfraAUV collaborant de façon étroite.
M. Doury résume ce qu’il est possible d’envisager pour l’avenir et ce que l’on peut attendre de la
collaboration de l’OTICE avec le BIPM. Les avancées réalisées et les connaissances acquises au
contact de la communauté de la métrologie devront être diffusées à l’ensemble de l’OTICE, tout au
long de la chaîne de mesures jusqu’aux opérateurs manipulant les instruments de mesure, responsables
172 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

de l’étalonnage des stations. L’OTICE poursuivra sa collaboration avec les prestataires de l’IMS pour
répondre à l’exigence de traçabilité jusqu’aux stations. L’enjeu est de taille pour rendre ce processus
opérationnel, l’objectif étant de disposer de résultats de mesure précisant les incertitudes associées.
De plus, toutes les données de mesure doivent être traitées et documentées afin de garantir leur
reproductibilité. La transformation numérique doit être prise en considération pour relever ce défi et il
sera nécessaire de définir des formats pour fournir les résultats, permettre leur reproductibilité et décrire
la façon dont les données seront diffusées. Le développement de capteurs déployés dans des
environnements très hostiles tout au long de leur durée de vie représente un défi supplémentaire.
Le relever nécessite d’étudier le comportement des capteurs pendant leur fonctionnement et l’impact
de l’environnement sur les caractéristiques des capteurs.
Pour conclure, assurer la traçabilité métrologique des mesures de l’OTICE joue un rôle clé pour garantir
la confiance et la crédibilité accordées aux données de l’IMS sur le long terme. L’OTICE a fait part de
ses besoins et a reçu une réponse concrète de la communauté de la métrologie. Le BIPM et l’OTICE
poursuivent des objectifs communs concrets dans un cadre officiel, l’arrangement pratique :
la collaboration se montre déjà bénéfique pour les deux parties. La communauté de la métrologie
travaille à étendre ses aptitudes de mesure et d’étalonnage vers les basses fréquences. D’après
M. Doury, au rythme de progression actuel, on peut s’attendre à voir la plupart des exigences
concernant les technologies sismiques et acoustiques satisfaites dans la décennie à venir.

Le président remercie M. Doury et demande s’il y a des remarques.

M. Milton ajoute que la communauté internationale souhaite disposer de mesures de niveaux très faibles de
radioactivité et que les laboratoires nationaux de métrologie pourraient fournir ces mesures à l’aide d’étalons
adéquats dans le futur. Le CCRI pourrait en tenir compte dans sa stratégie et dans sa feuille de route.

42. Rapport du président du CCAUV

M. Héctor Laiz, président du Comité consultatif de l’acoustique, des ultrasons et des vibrations
(CCAUV), présente son rapport sur les activités du CCAUV depuis la 26e réunion de la CGPM (2018).

Résumé du rapport du CCAUV

Le CCAUV couvre les grandeurs dans les domaines de l’acoustique, des ultrasons et des vibrations,
qui tous sont concernés par des ondes mécaniques dans différents supports (air, eau et solides) et dans
différentes structures (composants de machine, véhicules, bâtiments, et même tissus et corps humains).
Bien que les unités de mesure utilisées dans les domaines du CCAUV ne soient pas des unités
fondamentales du Système international d’unités (SI), elles ont un lien direct avec la santé et la sécurité
publiques car leurs applications ont un impact sur la vie quotidienne. Le processus de planification
stratégique suivi par le CCAUV a permis de dégager des axes clairs concernant ses futures activités et
a mis en lumière l’importance et le caractère prioritaire que revêtent les domaines de l’acoustique,
des ultrasons et des vibrations pour les parties prenantes du CCAUV.

Domaine de compétence du CCAUV


La mission du CCAUV est de conseiller le CIPM sur tous les sujets et questions scientifiques qui
entraînent des répercussions sur la métrologie dans le domaine des ondes mécaniques : l’acoustique
(A), les ultrasons et l’acoustique dans l’eau (U) et les vibrations (V). Le CCAUV identifie et organise
les comparaisons clés requises dans ces quatre domaines pour établir la comparabilité mondiale des
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 173

mesures et leur traçabilité au SI. Par ailleurs, le CCAUV sert de référence et de réseau à la communauté
diversifiée de l’acoustique, des ultrasons, des vibrations et de l’acoustique dans l’eau lorsqu’il s’agit
de discuter des résultats des derniers travaux de recherche sur des domaines émergents et lorsqu’il
s’agit de fixer des objectifs communs et d’établir des collaborations entre les laboratoires nationaux et
désignés des États Membres ou avec d’autres organismes pertinents.

Stratégie
En 2021, le CCAUV a révisé sa stratégie afin de définir les besoins métrologiques actuels et à venir
pour les applications de l’acoustique, des ultrasons et des vibrations. Étant donné que le BIPM ne mène
aucune activité dans ces domaines, la planification ne concerne que les laboratoires nationaux de
métrologie, les laboratoires désignés, et leurs parties prenantes. Le document de stratégie publié par le
CCAUV présente une étude détaillée de chacune de ses disciplines.

Le CCAUV a désormais atteint le niveau où il conduit des répétitions de comparaisons clés en même
temps qu’il en envisage de nouvelles. Les comparaisons dans les domaines de l’acoustique, des
ultrasons, des vibrations et de l’acoustique dans l’eau sont parvenues à maturité et les répétitions de
comparaisons prévalent désormais. En outre, ces comparaisons clés répétées sont caractérisées par un
champ d’application élargi qui couvre des domaines de fréquences plus vastes et qui prend en
considération les demandes en constante évolution des utilisateurs.

Afin de pouvoir offrir un travail de la plus haute qualité et efficacité, le CCAUV est assisté par ses
trois groupes de travail. Le Groupe de travail sur la stratégie supervise de façon régulière la révision de
la stratégie du CCAUV et des documents associés, et suit le développement et l’évolution des domaines
scientifiques pertinents. Le Groupe de travail sur la coordination des organisations régionales de
métrologie est chargé, entre autres, de remédier aux obstacles concernant l’examen interrégional des
aptitudes en matière de mesures et d’étalonnages (CMCs) et d’harmoniser les processus d’examen
régionaux des CMCs. Le Groupe de travail sur les comparaisons clés examine les protocoles et rapports
de comparaisons clés internationales et coordonne les comparaisons clés avec les organisations
régionales de métrologie afin d’assurer la qualité des données publiées.

Le CCAUV suit les développements de domaines et applications connexes, tels que le travail sur la
nouvelle définition du kelvin et la métrologie des matériaux sous l’angle de la propagation des ondes
acoustiques. Il maintient des relations étroites avec les comités techniques de l’International
Electrotechnical Commission (IEC) et de l’Organisation internationale de normalisation (ISO),
deux organisations ayant le statut d’organisme de liaison au sein du CCAUV. La signature d’un accord
pratique de collaboration entre le BIPM et la Commission préparatoire de l’Organisation du Traité
d’interdiction complète des essais nucléaires (OTICE) fait de cette dernière un organisme de liaison du
CCAUV concernant la traçabilité des infrasons et des vibrations à basse fréquence pour le Système de
surveillance international (IMS) de l’OTICE.

Activités et réalisations depuis la précédente réunion de la CGPM

Le CCAUV s’est réuni deux fois depuis la 26e réunion de la CGPM (2018). Les présidents des comités
techniques concernés des organisations régionales de métrologie ont été invités à assister aux réunions
du CCAUV et à participer aux réunions des groupes de travail sur la stratégie et les comparaisons clés.

Le Groupe de travail sur les comparaisons clés produit des documents d’orientation sur la façon
d’effectuer des comparaisons clés dans le cadre du CCAUV.

La coopération avec l’OTICE a été renforcée, une séance de la réunion plénière du CCAUV lui ayant
été consacrée. Les experts du CCAUV participent aux réunions techniques de l’OTICE.
174 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

Suite à la collaboration étroite entre le CCAUV et le comité technique ISO/TC12 (ainsi qu’avec le
comité technique IEC TC25) dans le cadre de la révision de la série de normes ISO 80000 entre 2018
et 2019, les liens entre le CCAUV et le groupe conjoint ISO/TC 12 et IEC TC 25 ont été formalisés.

Principales activités et réalisations


Le CCAUV se réunit tous les deux ans. Les métrologistes dans le domaine de l’acoustique, des
ultrasons, des vibrations et de l’acoustique dans l’eau représentent une communauté diversifiée et
géographiquement disséminée. Ainsi, les réunions du CCAUV ne concernent pas seulement la
collaboration en matière de comparaisons mais elles constituent aussi un forum mondial où les
participants peuvent décrire leurs travaux de recherche les plus récents et rendre compte des progrès
effectués dans des domaines pertinents ; ces réunions permettent de créer et maintenir des contacts avec
d’autres experts et facilitent les discussions sur les questions en cours. Les réunions donnent également
l’occasion d’avoir des échanges scientifiques et de faire des présentations thématiques sur les sujets
métrologiques actuels de pointe pour le CCAUV.

Le processus de planification des comparaisons clés nécessite une réflexion approfondie afin
d’optimiser les ressources nécessaire pour répondre aux besoins des parties prenantes.

Certaines comparaisons clés matures ont atteint un niveau où leur répétition, généralement conduite
après un cycle de 10 ans, permet d’évaluer ces comparaisons mais aussi d’étendre leur plage
d’étalonnage. Le document de stratégie a permis de définir le calendrier et les périodes de répétition
sur le long terme. Le CCAUV a mis en œuvre l’approche visant à limiter la participation aux
comparaisons clés du CCAUV qui ont recours à des étalons voyageurs de façon séquentielle.
En général, 10 à 15 laboratoires participants (2 à 3 par organisation régionale de métrologie) participent
aux comparaisons clés du CCAUV pour une période d’un an.

Le National Scientific Centre “Institute of Metrology” (Ukraine) est devenu observateur du CCAUV
en 2022.

Défis et difficultés
Contrairement à de nombreux autres Comités consultatifs, le CCAUV ne gère pas d’unité de base du
SI mais utilise des unités dérivées (composées de plusieurs unités de base) ou l’unité sans dimension,
le décibel. Ainsi, il est nécessaire dans les domaines du CCAUV de fournir des mesures traçables pour
une large gamme d’unités.

La redéfinition de quatre unités de base du SI n’a pas d’impact immédiat sur la métrologie de
l’acoustique, des ultrasons et des vibrations mais permettra de répondre aux exigences à venir en
matière d’amélioration de l’exactitude. Un système métrique cohérent concernant les grandeurs
mécaniques et électromagnétiques est indispensable pour améliorer les capteurs inertiels qui sont
fondés sur des étalonnages des capteurs à microsystèmes électromécaniques.

Les comparaisons menées pour établir la traçabilité sont effectuées en faisant circuler entre les
participants des étalons voyageurs, tels que des microphones, des hydrophones ou des accéléromètres.
Cette façon de procéder qui est inévitable dans les domaines de l’acoustique, des ultrasons et des
vibrations est souvent chronophage, puisqu’un participant doit attendre que le précédent ait terminé sa
comparaison, et que la conservation de la qualité des artéfacts affecte de façon critique les résultats de
la comparaison globale. Malheureusement, des problèmes de transport ont régulièrement lieu et ils sont
souvent exacerbés par les procédures de douane nationales, ce qui peut compromettre l’état des
instruments fragiles et sensibles impliqués dans la comparaison.
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 175

Perspectives à court terme et à long terme

Surveillance de l’environnement

Les futures évolutions dans le domaine de la métrologie du son dans l’air peuvent être groupées sous
quatre catégories principales en matière de technologies émergentes :
a) infrastructure métrologique, capteurs et instruments ;
b) évaluation et conservation de l’audition ;
c) bruits émis par des produits et des machines ;
d) évaluation du bruit environnemental.

Le dénominateur commun à ces quatre catégories est l’objectif de mieux comprendre et de réduire
l’impact du bruit sur l’homme et son environnement.

Chaque domaine de développement a un impact significatif sur la population humaine, les activités
industrielles, le design industriel, l’urbanisme, la santé et la sécurité, ainsi que la protection de
l’environnement. Il existe différentes situations où les applications positives du son et les stratégies de
réduction du bruit sont étroitement liées. Les bénéfices de la surveillance de l’environnement s’étendent
à tous les domaines de la société, des populations urbaines à celles rurales.
Un autre aspect à considérer est la surveillance des événements hautement dynamiques, tels que
l’activité sismique, et des explosions contrôlées, telles que l’exploitation minière et la démolition de
structures construites par l’homme. De tels événements ont un impact sur l’environnement et, dans
certains cas, ces sources de bruit peuvent être d’importance vitale pour la sécurité globale. Dans ce
contexte, un sous-ensemble d’activités de surveillance de l’environnement, qui ont des applications
permettant de soutenir la surveillance des traités internationaux d’interdiction des essais nucléaires,
nécessite d’établir la traçabilité acoustique à de très basses fréquences.
Les techniques d’acoustique dans l’eau sont des méthodes de choix pour la plupart des applications
maritimes qui ont recours à l’imagerie et la communication à distance, ainsi que la cartographie en mer.
Les techniques fondées sur des ondes électromagnétiques ne sont pas adaptées à ces applications car
elles sont limitées en raison du haut niveau d’absorption dans l’eau.

Un autre facteur clé de la surveillance de l’environnement est le problème de l’exposition de la vie


marine à la pollution sonore. L’impact du bruit acoustique émanant des activités humaines présente des
risques sans précédent pour la durabilité d’espèces marines fondamentales, pour la biodiversité,
pour les écosystèmes et pour la santé générale des océans. Du fait de ce problème croissant,
des réglementations exigeant des mesures du bruit traçables ont été mises en place.
Des études sur le changement climatique effectuées dans l’océan ont recours à l’acoustique comme
outil de sondage, par exemple pour suivre des changements de la température ou de l’acidification des
eaux et pour détecter des suintements de méthane ou des fuites de CO2 de sites de capture et de stockage
du carbone situés dans les fonds marins.

Médecine et diagnostic
Les applications médicales et diagnostiques concernent tous les âges de la vie, de la naissance
(dépistage néonatal) à la vieillesse (conservation de l’audition).

Toute perte d’audition peut entraîner une dégradation importante de la qualité de vie, en provoquant
un isolement social, des tensions familiales ou des problèmes professionnels pour les adultes. Chez les
enfants, un trouble de l’audition peut affecter la capacité de communication, l’alphabétisation,
la réussite scolaire, ainsi que le développement social et psychologique. C’est pourquoi des
176 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

programmes de santé nationaux investissent massivement dans le diagnostic (en mettant en place des
programmes de dépistage) et la rééducation (à l’aide d’appareils auditifs).

Le soutien apporté par la métrologie à l’audiologie objective est un prérequis fondamental à l’utilisation
étendue de cette technologie, qui a le potentiel pour devenir la technologie de diagnostic standard dans
le futur. Afin d’améliorer les méthodes visant à déterminer des valeurs de référence pour l’oreille et
fixer les seuils auditifs, il est nécessaire d’élaborer de nouvelles méthodes d’étalonnage traçables aux
étalons nationaux et d’étudier la relation par rapport aux seuils auditifs comportementaux, qui doivent
être définis pour de nouveaux écouteurs.

En matière de thérapie et diagnostic, les ultrasons sont la seconde technique d’imagerie la plus couramment
utilisée en médecine après les rayons x. On compte dans le monde entier 250 000 instruments de diagnostic
à ultrasons et 250 millions d’examens effectués chaque année. Dans les pays développés, la plupart des fœtus
seront soumis à deux examens obstétriques au minimum au cours d’une grossesse normale. Les applications
de diagnostic où la sécurité est une question sensible seront un moteur pour continuer à développer des outils
métrologiques et des modèles de prédiction améliorés. Un certain nombre de ces applications impliquent de
générer des sorties acoustiques plus importantes.
De nouvelles applications thérapeutiques des ultrasons continueront à faire leur apparition, permettant
de mettre en œuvre les concepts d’administration de médicaments fondés sur les ultrasons de haute
intensité ou sur la cavitation, ainsi que sur une utilisation plus extensive de techniques d’ultrasons
focalisés de haute intensité ou d’ultrasons thérapeutiques de haute intensité. L’exploitation du potentiel
clinique de ces méthodes requiert le développement de la métrologie, à la fois pour les grandeurs
existantes et pour celles qui émergent. Afin de libérer le potentiel des ultrasons thérapeutiques et mieux
évaluer la sécurité des applications de diagnostic, la métrologie joue un rôle essentiel dans le
développement et la validation des méthodes servant à déterminer la dose d’ultrasons requise.

Les facteurs clés de l’évaluation de la sécurité des applications médicales des ultrasons reposent sur
des méthodes d’estimation in vivo des niveaux ultrasonores et de ses implications en termes de
bioeffets. Les mesures dans ce domaine vont certainement avoir de plus en plus d’applications,
notamment en ce qui concerne l’évaluation des solutions de protéines ou celle des nanoparticules.

Ingénierie et production
Toutes les mesures acoustiques, depuis la réalisation et la dissémination de l’étalon primaire jusqu’à
l’évaluation de l’audition, les mesures du bruit ou la description de la qualité sonore reposent sur les
capteurs, ainsi que sur les instruments utilisés pour produire des résultats probants. Dans de nombreux
cas, l’innovation en matière de capteurs et instruments peut constituer un moteur du développement de
l’instrumentation acoustique. Ainsi, le potentiel d’exploitation des synergies en partenariat avec le secteur
des produits de consommation est immense : en effet, la demande en microphones dépasse désormais
deux milliards d’unités chaque année. Du fait de la prolifération des capteurs peu onéreux, il est désormais
possible de gérer activement les performances acoustiques de produits sophistiqués et d’opérations sans
fil, intelligentes et autonomes. Par exemple, le contrôle de l’état de machines, de véhicules,
d’infrastructures ferroviaires et même d’appareils domestiques pourrait être mis en place afin de maintenir
les performances acoustiques inhérentes aux produits, en optimisant leur efficacité opérationnelle ou
simplement en surveillant le niveau de bruit produit. Ces applications requièrent de nouvelles techniques
métrologiques telles que l’auto-étalonnage à distance de capteurs et de réseaux de capteurs,
la reconnaissance acoustique de signature et la prise de décision fondée sur des paramètres multiples.
Les applications des ultrasons dans l’industrie sont extensives : ils y sont couramment utilisés comme
un moyen d’apporter des changements macroscopiques dans les matériaux, que ce soit en plein cœur
des matériaux ou à leur surface. Le nettoyage par ultrasons est l’application la plus répandue dans
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 177

l’industrie, notamment pour les instruments chirurgicaux et dentaires. Il est nécessaire de développer
des méthodes de mesure à large bande permettant de corriger les non-uniformités spatiales des
distributions de champ acoustique et de contribuer à mieux en comprendre les facteurs d’influence.
Cela permettra de mettre en place d’autres applications des ultrasons de haute puissance de façon
économiquement viable pour une large gamme de secteurs techniques de l’industrie tels que
l’alimentation (contrôle de la cristallisation, pasteurisation), la pharmacie (contrôle de la taille des
particules) et la production de biocarburants.

L’activité métrologique émergente concernant la mesure dynamique des grandeurs mécaniques, telles que
la force et le couple, a révélé un domaine totalement nouveau où l’accélération linéaire et l’accélération
angulaire deviennent des grandeurs fondamentales pour la traçabilité des grandeurs dérivées. L’un des
secteurs les plus connus est celui des crash-tests automobiles pour lequel les mesures dynamiques sont
fondamentales. Malgré l’existence d’étalons internationaux largement acceptés, les résultats ne sont pas,
dans de nombreux cas, strictement comparables en raison de l’absence d’étalonnages adéquats et d’un
manque de connaissances approfondies de la métrologie dynamique. L’infrastructure métrologique
actuellement en place pour les grandeurs mécaniques dynamiques, à savoir les vibrations et les chocs, accuse
un retard important par rapport à l’infrastructure établie pour les mesures de l’accélération.

Applications émergentes concernant les capteurs à microsystèmes électromécaniques

La traçabilité des mesures de l’accélération au cours d’un choc est requise par la recherche, l’industrie,
la médecine et l’armée. Le défi est de couvrir une large gamme d’applications avec un nombre réduit de
techniques d’étalonnage et de méthodes efficaces. Les accéléromètres à microsystèmes électromécaniques
ont d’abord été utilisés dans les applications automobiles de détection de collision et de contrôle des airbags.
Dans ce domaine, les accéléromètres mesurent en continu l’accélération de l’automobile. La courbe
d’accélération est intégrée afin de déterminer si un changement important de vitesse a eu lieu et, s’il excède
un seuil prédéterminé, l’airbag est déclenché. La décision de déclencher les airbags doit être prise en une
milliseconde : cette opération doit être extrêmement fiable car toute erreur peut conduire à un décès ou à la
perte d’un membre. Parmi les applications automobiles des accéléromètres figurent également le contrôle
dynamique du véhicule, la détection de retournement, des systèmes antivol, des systèmes de frein de
stationnement électronique et des systèmes de navigation du véhicule. Puisque la vie humaine est en jeu en
cas de dysfonctionnement de ces systèmes, les accéléromètres sont testés, étalonnés et subissent des tests
exhaustifs de fiabilité.

Le développement des véhicules autonomes progresse rapidement. En 2018, aucun véhicule totalement
autonome n’était autorisé sur les voies publiques. Les spécifications des accéléromètres relatives au
guidage inertiel de véhicules autonomes seront les plus strictes possibles par rapport aux autres
applications mentionnées précédemment : en effet, en cas de perte du signal GPS, la position du
véhicule doit être déterminée par le système de guidage inertiel sur une période de temps pouvant aller
jusqu’à plusieurs dizaines de minutes. La conception actuelle des accéléromètres et gyroscopes
capacitifs à microsystèmes électromécaniques pourrait ne jamais satisfaire aux exigences requises pour
une conduite totalement autonome et pourrait nécessiter de remplacer les systèmes capacitifs par des
systèmes optiques.

Société et sécurité au travail


Le bruit produit par diverses sources telles que les transports (routiers, ferroviaires, aériens), les usines
et les parcs éoliens, le voisinage, les événements sportifs et de divertissement, nuit à l’environnement
et à la qualité de vie.
Les exigences en matière de traçabilité et de reconnaissance mutuelle des résultats de mesures sont
nécessaires à la sécurité des travailleurs. La réponse humaine aux vibrations mécaniques, domaine dans
178 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

lequel le concept de dose est appliqué, constitue un problème. L’audition est couramment mise en
danger du fait d’une exposition excessive au bruit produit par l’homme. Les actions visant à réduire
ces risques requièrent d’importantes dépenses chaque année. L’évaluation à grande échelle de
l’exposition au bruit des travailleurs ou des individus nécessitera de développer de nouvelles approches
et des instruments innovants.

Les transducteurs de vibrations à basse fréquence sont très utilisés pour surveiller les tremblements de terre.
La demande de systèmes de surveillance des tremblements de terre s’est accrue suite à un certain nombre
d’incidents majeurs. Des capteurs spéciaux assurent la traçabilité de milliers de sismomètres et de centaines
de stations d’observation du Réseau sismographique mondial (Global Seismographic Network, GSN)
qui alerte immédiatement la population et requiert des étalonnages à des fréquences très basses.

Activités de transformation numérique

Des ensembles de données d’essai sont nécessaires pour valider les données d’apprentissage et pour
étudier les performances des systèmes. Le défi dans ce domaine est celui d’étalonner des instruments
numériques contenant des capteurs intégrés à des systèmes de traitement des signaux numériques. C’est
le cas des enregistreurs marins autonomes où le capteur de l’hydrophone est intégré à un système
numérique comprenant des étapes de traitement du signal numérique. Le déploiement massif de réseaux
de capteurs et de l’intelligence artificielle va exiger de nouvelles stratégies d’évaluation métrologiques.

Données sur le CCAUV


CCAUV établi en 1998
Président : H. Laiz
Secrétaire exécutive : G. Panfilo
Composition : 18 membres, 3 organismes de liaison et 13 observateurs
Liste des membres et des observateurs : https://www.bipm.org/fr/committees/cc/ccauv/members
Réunions depuis la dernière CGPM : 16-18 novembre 2021, 26-27 septembre 2019
Rapports complets des réunions : https://www.bipm.org/fr/committees/cc/ccauv/publications
Trois groupes de travail : https://www.bipm.org/fr/committees/cc/ccauv
− Comparaisons clés
− Coordination des organisations régionales de métrologie
− Stratégie

Activité en matière de Terminée(s) En cours Programmée(s)


comparaisons

Comparaisons clés du CCAUV 18 2 17


(et comparaisons
supplémentaires)

Comparaisons clés des 40 12 -


organisations régionales de
métrologie (et comparaisons
supplémentaires)

Comparaisons du BIPM 0 0 0

Études pilotes du CCAUV 4 0 0

CMCs 1 294 CMCs dans 51 catégories de service publiées dans la KCDB


27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 179

43. Rapport du Comité mixte des organisations régionales de métrologie et du


BIPM (JCRB)

M. James Olthoff, représentant du CIPM auprès du JCRB, indique que le rôle du JCRB est de s’assurer
du bon fonctionnement du CIPM MRA par l’intermédiaire des représentants des organisations
régionales de métrologie et du BIPM qui participent aux réunions du JCRB. Début novembre 2022,
la base de données des comparaisons clés du CIPM MRA (KCDB) comptait 25 963 CMCs et
1799 comparaisons clés et supplémentaires. De 2019 à 2022, plus de 1000 nouvelles CMCs et plus de
50 rapports de comparaison ont été ajoutés à la KCDB chaque année. De plus, le JCRB a examiné
chaque année le processus d’examen de la qualité de chaque région. M. Olthoff ajoute qu’après plus
de deux décennies d’existence, le CIPM MRA reste un mécanisme très actif et efficace.

M. Olthoff indique que l’un des changements les plus importants depuis 2018 réside dans l’intégration
de GULFMET au JCRB. Les laboratoires nationaux de métrologie de GULFMET ont travaillé dur pour
remplir les exigences nécessaires pour que GULFMET devienne une organisation régionale de
métrologie membre du JCRB, les progrès qu’ils ont réalisés au fil du temps méritent d’être salués.
En 2021, le JCRB a recommandé au CIPM d’accepter GULFMET comme membre à part entière du
JCRB, ayant pouvoir de délibérer et de voter lors des réunions. Le CIPM a accepté cette
recommandation et l’admission de GULFMET a été formalisée par la Décision CIPM/110-13.

M. Olthoff rappelle que le JCRB a dû s’adapter afin de poursuivre ses activités pendant la pandémie
de Covid-19. Les réunions du JCRB ont été organisées en ligne avec succès, sous forme hybride ou
intégralement à distance. Toutes les organisations régionales de métrologie ont pu être représentées au
cours de chaque réunion. Dans quelques cas, il a été nécessaire pour le JCRB d’accorder des délais
supplémentaires concernant l’examen de certains systèmes de management de la qualité par les
organisations régionales de métrologie, lorsque ces systèmes n’avaient pas pu être réexaminés et
approuvés dans le délai prévu de cinq ans en raison de la pandémie de Covid-19. Cette situation ne
s’est pas présentée fréquemment, les organisations régionales de métrologie ayant développé des outils
hybrides afin d’organiser la révision par les pairs des systèmes de management de la qualité des
laboratoires membres, ce qui a permis de s’assurer, dans la majorité des cas, que l’examen était réalisé
dans les délais prévus.

M. Olthoff explique qu’un travail considérable a été effectué depuis 2018 afin d’améliorer la mise en
œuvre du CIPM MRA. Il souligne que les révisions des normes ISO/IEC 17025 et ISO 17034
garantissent que tous les laboratoires nationaux de métrologie et laboratoires désignés déclarant des
CMCs dans le cadre du CIPM MRA ont démontré la conformité de leurs systèmes de management de
la qualité aux normes révisées. Cette activité a exigé un travail conséquent de la part des laboratoires
nationaux de métrologie et du JCRB. Le JCRB a salué les efforts du BIPM quant à la mise en œuvre
du programme de renforcement des capacités et de transfert des connaissances (CBKT). L’accent mis
par le programme sur la mise en œuvre du CIPM MRA, le fonctionnement fondamental de la KCDB
et la procédure d’approbation des CMCs a largement permis de rendre le CIPM MRA plus accessible
et de faciliter la participation et l’intégration de différents pays au CIPM MRA.

La KCDB 2.0 a été lancée en 2019 et le précédent système a été mis hors ligne en 2021. Toutes les
CMCs sont désormais traitées à l’aide du nouveau système. Une étude menée en 2022 a confirmé que
les efforts dédiés à l’amélioration de l’efficacité des activités liées au CIPM MRA ont permis une
réduction des délais d’examen qui sont passés de 140 jours à moins de 100. En 2021, le BIPM,
soutenu par un effort considérable des organisations régionales de métrologie, a réécrit et révisé les
documents décrivant le fonctionnement du CIPM MRA. En résulte un ensemble plus cohérent de
documents distincts qui facilite la compréhension du fonctionnement du CIPM MRA.
180 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

Les brochures sur le CIPM MRA ont été publiées en trois langues en 2022, faisant de l’accessibilité un
objectif prioritaire.

Le président remercie M. Olthoff.

44. Rapport du Comité commun pour les guides en métrologie (JCGM)

M. Pavel Neyezmakhov, représentant du CIPM auprès du JCGM, fait la déclaration suivante 35 :

« Je souhaiterais utiliser le privilège de membre du CIPM présent en personne à la Conférence


générale pour vous transmettre à tous, chers membres des délégations des États Membres et des
Associés à la CGPM, un message très important. Le système métrologique de l’Ukraine fonctionne et
remplit sa fonction principale : protéger les citoyens et l’économie nationale des conséquences de
résultats de mesure erronés. Depuis le premier jour du conflit, j’ai reçu un nombre impressionnant
de lettres exprimant votre sympathie et votre inquiétude. Je tiens à vous remercier pour tout cela,
ainsi que pour l’opportunité offerte aux métrologistes ukrainiens ayant fui, pour leurs enfants, les
horreurs de la guerre et se retrouvant dans vos pays de travailler dans les laboratoires nationaux.
Je vous remercie pour les déclarations faites par différentes délégations lors de l’ouverture de la
réunion. Je vous prie d’accepter toute ma gratitude pour l’aide que vous apportez à l’Ukraine. »

M. Neyezhmakov rappelle que la métrologie, la science des mesures et de leurs applications, repose
sur de nombreuses notions et définitions. L’utilisation d’une même langue ainsi que la compréhension
et l’interprétation sans ambiguïté des résultats de mesure par les différentes parties prenantes de la
métrologie sont capitales. Le JCGM a été créé dans ce but. Huit organisations sont membres du
comité : le BIPM, l’IEC, l’IFCC, l’ILAC, l’ISO, l’OIML, l’IUPAC et l’IUPAP. La mission du JCGM
est de maintenir et de promouvoir l’utilisation du Vocabulaire international des termes fondamentaux
et généraux de métrologie (le VIM) et du Guide pour l’expression de l’incertitude de mesure (le GUM).
Le travail du JCGM s’organise autour de ses deux Groupes de travail : le Groupe de travail 1 en charge
du GUM et le Groupe de travail 2 en charge du VIM.

Les principes du GUM sont utilisés dans le monde entier. Une révision des documents d’orientation du
GUM a été décidée afin de s’adapter efficacement à un monde en rapide évolution. Ainsi, le document
« Guide pour l’expression de l’incertitude de mesure — Partie 6 : Élaboration et utilisation des modèles
de mesure » a ainsi été publié en décembre 2020. Il s’agit du premier document publié dans le cadre de
la « nouvelle perspective » du GUM. L’élaboration de documents supplémentaires est en cours,
conformément à une feuille de route spécifique. Le Groupe de travail 1 sur le GUM a de plus commencé
à étudier la place de l’incertitude de mesure dans le cadre numérique du SI, les certificats d’étalonnage
numériques et le Web Ontology Language.

Le Groupe de travail 1 sur le GUM et l’Organisation météorologique mondiale (OMM) ont organisé
un atelier commun sur l’incertitude de mesure en météorologie et en climatologie les 5 et 6 avril 2022.
L’atelier a contribué à mettre en avant la coopération entre le Groupe de travail 1 sur le GUM et l’équipe
d’experts de l’OMM sur l’incertitude de mesure (ET-MU). L’atelier avait pour objectif de déterminer
le niveau actuel de convergence dans le domaine de l’incertitude de mesure, ainsi que d’identifier des
défis prioritaires et les moyens de les relever.

Le Vocabulaire international de métrologie (VIM) est un document d’orientation destiné à disséminer des
connaissances scientifiques et technologiques dans le domaine de la métrologie en harmonisant la

35
Traduction du BIPM de la déclaration donnée en anglais lors de la Conférence.
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 181

terminologie fondamentale associée. L’année 2021 a marqué une étape importante pour le Groupe de
travail 2 avec la publication du projet de comité du VIM4 (VIM4 1CD) et l’organisation d’un webinaire qui
a permis un engagement plus large et une consultation des parties prenantes et de l’ensemble de la
communauté de la métrologie. Le webinaire s’est concentré sur la nouvelle structure ainsi que sur les
changements majeurs introduits par le VIM4. Chaque nouvelle édition du VIM constitue une opportunité de
réviser et d’améliorer la structure du document. Cela a de nouveau été le cas avec le VIM4, qui comprend
un nouveau chapitre sur les propriétés qualitatives et sur les examens. Le premier projet VIM4 1CD a fait
l’objet de plus de 1700 commentaires. En raison de la longueur de la période de consultation et du grand
nombre de commentaires reçus à la suite de la publication du VIM4 1CD, il a été convenu de publier au
moins un nouveau projet (VIM4 2CD) afin de rassembler de nouveaux commentaires.
L’une des questions les plus importantes abordées par le VIM4 réside dans l’objectif d’offrir des
définitions lisibles par machine. À cette fin a été créé le Groupe de travail du CCU sur les termes
métrologiques fondamentaux, avec pour mission d’identifier des termes essentiels de la métrologie
dans le but de rendre leurs définitions lisibles par machine. Le Groupe de travail du CCU collabore
avec des experts des mathématiques, de la linguistique et de la sémantique ainsi que des membres du
Groupe spécifique et du groupe d’experts du CIPM sur le SI numérique, de CODATA et des groupes
du VIM. Les experts ont conclu que le processus complet de développement de définitions lisibles et
exploitables par machine de termes métrologiques fondamentaux exige plus de temps du fait de la
complexité de cette mission. Le but est d’élaborer des documents au contenu lisible, exécutable et
interprétable par machine, l’objectif final étant de permettre à des machines de prendre des décisions
sans intervention humaine.

Le président remercie M. Neyezmakhov.


182 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

Sixième séance – 18 novembre 2022 (matin)

Le président de la réunion souhaite la bienvenue aux délégués pour cette sixième séance.

45. Mettre en œuvre le nouveau Système international (briser la chaîne invisible)

M. Schlamminger du National Institute of Standards and Technology (États-Unis) explique qu’en 2018,
l’échelle internationale de masse était enchaînée à la seule définition du kilogramme. Cette situation n’a plus
cours depuis le vote au cours de la 26e réunion de la CGPM (2018) qui a changé toutes les fondations du
Système international d’unités. M. Schlamminger pose la question suivante : quels avantages ce changement
a-t-il apportés ? Plutôt que de devoir retenir les sept « recettes » des unités de base, il suffit désormais de ne
retenir que les sept constantes fondamentales qui les définissent. Jusqu’ici, certaines de ces « recettes »
étaient de longues définitions, d’autres des définitions idiosyncratiques et au moins une combinait définition
longue et idiosyncratique. Il n’est plus nécessaire de se souvenir de ces « recettes » puisque le système a été
simplifié autant que nécessaire, sans pour autant l’être trop. Sa beauté réside dans sa simplicité.

Quatre des sept constantes utilisées sont des constantes fondamentales : la constante de Planck, la charge
élémentaire, la constante d’Avogadro et la constante de Boltzmann. Les constantes fondamentales ont
plusieurs propriétés essentielles. Comme leur nom l’indique, elles sont constantes. Elles gardent donc
toujours la même valeur à tout moment et en chaque point de l’univers. Cette propriété est loin d’être
triviale, il en découle que les constantes fondamentales sont identiques quelle que soit l’échelle.

M. Schlamminger prend pour exemple la mesure d’une distance : la vitesse de la lumière reste la même
que l’on mesure une longue distance comme celle qui sépare la Terre de la Lune ou une distance
beaucoup plus courte, à l’échelle d’une puce électronique par exemple. La lumière parcourt
300 millions de mètres par seconde. Elle met une seconde pour aller de la Terre à la Lune mais
seulement une attoseconde (10−18 secondes) pour aller d’un composant de circuit intégré à un autre ;
pourtant, la distance est calculée à l’aide d’une même constante fondamentale.

M. Schlamminger rappelle que l’échelle des masses est aussi colossale que celle des distances. Le corps
le plus lourd jamais pesé par l’Homme est un trou noir issu de la fusion de deux autres trous noirs et
dont la masse totale représente 142 fois celle du soleil, soit près de 3 × 1032 kg. La masse la plus faible
jamais mesurée est celle du neutrino, de près de 3 × 10−28 kg. L’échelle entière couvre 60 ordres de
grandeur et n’était auparavant rattachée qu’à un point unique : le kilogramme. Il n’était possible de
mesurer qu’un domaine réduit à l’aide de multiples et de sous-multiples du kilogramme. Avant 2018,
les faibles masses étaient en général mesurées en électronvolts et ne pouvaient être converties en
kilogramme sans erreurs et incertitudes liées à l’extension de l’échelle des masses. Le SI révisé permet
de mesurer toutes ces masses en kilogrammes sans erreurs de conversion. Il est ainsi possible de
mesurer des masses subatomiques comme astronomiques à l’aide de la même unité. M. Schlamminger
ajoute qu’en plus d’être invariantes d’échelle, les constantes fondamentales sont universelles.
Cette propriété avait permis à Max Planck d’imaginer dès 1899 un système d’unités utilisable par
toutes les civilisations, y compris celles extra-terrestres ou non-humaines. Ce système a vu le jour.
M. Schlamminger donne un exemple de chaîne de traçabilité pour les masses. Afin d’envoyer un colis
par la poste, il faut l’emmener dans un bureau de poste où il sera pesé pour déterminer le prix d’envoi
du colis. Comment la masse du colis est-elle déterminée ? Jusqu’à présent, la chaîne de mesure débutait
au BIPM, où est conservé le prototype international du kilogramme dans un coffre-fort dont il était
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 183

sorti tous les 50 ans environ pour une campagne d’étalonnage. La mesure obtenue était ensuite
transférée aux laboratoires nationaux de métrologie possédant leur propre prototype national.
Chaque pays dispose de sa propre chaîne de dissémination ; par exemple, les 50 états des États-Unis
ont chacun un bureau des poids et mesures. Ces bureaux recevaient la donnée de masse et la
transféraient, au bout de la chaîne, à chaque bureau de poste. M. Schlamminger ajoute que les bureaux
de poste ne représentent qu’une portion infime de l’activité économique mais comme ils sont au niveau
le plus bas de l’échelle, ils doivent effectuer des millions de pesées. Cette organisation pyramidale
remonte à la construction des pyramides elles-mêmes : en Égypte antique, lorsque les tailleurs de
pierres utilisaient des bâtons comme règles qu’ils devaient étalonner avec un bâton étalon. La même
chaîne de dissémination était toujours utilisée 4000 ans plus tard, avec cette nécessité d’effectuer
régulièrement des comparaisons par rapport à des étalons. La révision du SI a fait voler cette chaîne en
éclats. Ce changement a permis de surmonter le problème de l’incertitude qui ne faisait que
d’augmenter le long de la chaîne, les mesures effectuées au bureau de poste étant moins bonnes que
celles réalisées au BIPM.

Les métrologistes travaillent sur des balances de Kibble de nouvelle génération. Auparavant de la taille
d’une voiture, ces équipements très complexes ont été construits pour mesurer des masses de 1 kg.
La prochaine phase de développement est de créer des balances plus compactes capables de mesurer
des masses comprises entre un milligramme et 50 grammes. Ces dernières pourront être utilisées au
sein même des usines pour peser, par exemple, des produits pharmaceutiques. Ces balances de Kibble
se défont de deux chaînes : celle raccordée au BIPM ainsi que celle utilisée pour subdiviser le
kilogramme en des valeurs plus faibles. La situation n’est toutefois pas si simple : la seule mesure de
la masse a été remplacée par deux mesures électriques, celle de la tension et celle de l’impédance.
Ceci peut paraître complexe mais ces deux grandeurs, l’impédance et la tension, peuvent être mesurées
à l’aide d’effets de volume. Comme le volume est identique où que l’on se situe dans le monde, il est
possible d’effectuer des mesures partout dans le monde sans se rattacher à une chaîne. Les unités de
tension et de résistance peuvent être mises en pratique dès lors que des personnes disposent du
savoir-faire et de l’équipement requis. Les balances de Kibble sont en général employées pour mesurer
des masses importantes alors que pour la mesure de masses inférieures à un gramme, la balance à force
électrostatique est privilégiée.

M. Schlamminger indique que la masse n’est pas la seule unité mécanique à pouvoir être mesurée à
l’aide du SI révisé. La mesure du pied-livre, utilisé dans certains pays comme unité de couple,
aux États-Unis par exemple, est rendue fastidieuse par les dix poids nécessaires pour obtenir une livre
avec un jeu de masses métriques, chaque poids devant être mesuré individuellement. La balance de
Kibble constitue une solution car ses principes peuvent être exploités pour réaliser des mesures de
couple. Le principe suit celui d’une balance de Kibble traditionnelle, dont la bobine se déplace
linéairement. Afin de mesurer le couple, la bobine effectue une rotation, ce qui permet d’obtenir un
étalonnage en continu. La mesure n’est plus réalisée ponctuellement en des points définis
(un pied-livre, deux pieds-livres) mais le long d’un spectre continu. La quasi-instantanéité des mesures
est un autre avantage de cette méthode. Au Japon, une équipe de chercheurs met au point une balance
de couple dynamique qui permet de réaliser des mesures de couple directement depuis l’axe d’une
machine en rotation, une éolienne par exemple.

Les unités mentionnées précédemment appartiennent toutes au domaine de recherche du Comité


consultatif pour la masse et les grandeurs apparentées (CCM). Cependant, les résultats obtenus à l’aide
de cette technologie s’étendent au-delà et concernent notamment le becquerel. La mesure de l’activité
massique des composés radioactifs volatils, notamment ceux utilisés pour traiter les cancers, exige de
mesurer leur masse et leur activité très rapidement du fait de la désintégration de la substance.
Cette technologie offre également l’avantage de pouvoir se tenir plus loin de la substance radioactive.
184 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

L’utilisation d’une balance à force électrostatique permet d’effectuer des mesures de l’activité
massique de composants radioactifs volatils à une distance plus sûre et offre une meilleure traçabilité.

La mesure des rayonnements optiques à l’aide de balances utilisées pour mesurer la puissance de lasers
à haute énergie constitue un autre exemple. Cette mesure de puissance était auparavant obtenue en
dirigeant un laser vers un réservoir d’eau et en mesurant la vitesse à laquelle l’eau gagnait en
température. Cependant, ce processus détruisait le rayon laser qui ne pouvait plus être utilisé pour le
but dans lequel il avait été conçu. Une balance de puissance laser réfléchit le faisceau laser sur un miroir
monté dans une balance électrostatique, ce qui permet de le guider dans la direction voulue tout en
mesurant sa puissance in situ. M. Schlamminger ajoute que la balance à puissance laser fait le lien avec
le début de sa présentation. La masse du trou noir qu’il a mentionnée en évoquant l’échelle des masses
a été mesurée par l’Observatoire d’ondes gravitationnelles par interférométrie laser (LIGO), dont la
puissance du laser peut être mesurée par une balance de puissance laser.
M. Schlamminger conclut que la métrologie est une science du peuple pour le peuple. Le SI révisé
concerne tous les pays représentés lors de la Conférence générale. Au cours de la 26e réunion de la CGPM
(2018), les délégués ont voté pour la démocratisation des mesures. Tant que le kilogramme dormait dans
un coffre-fort qui ne pouvait être ouvert qu’avec trois clés différentes, seuls quelques élus avaient accès
à l’unité de masse. Maintenant que les unités de masse sont à la disposition de chaque personne sur la
planète, le SI est démocratisé. De la même façon que la révolution du « matériel libre » illustrée par le
microscope OpenFlexure utilisé en Afrique subsaharienne pour le diagnostic du paludisme et d’autres
maladies infectieuses, le concept de « métrologie ouverte » peut être très riche de sens. Les citoyens
métrologistes ayant accès à toutes les unités contribueront à atteindre et à mesurer le degré de progression
vers les objectifs de développement durable adoptés par tous les États Membres des Nations Unies.

Le président remercie M. Schlamminger et ouvre la discussion.

M. Härtig (Allemagne) demande à quel horizon temporel des balances de Kibble compactes pourraient
être disponibles. M. Schlamminger répond que leur développement prendra beaucoup de temps mais
qu’il n’est pas irréaliste d’imaginer d’ici une vingtaine d’années des appareils compacts utilisant des
étalons quantiques. Il ajoute qu’accomplir des prouesses nécessite d’abord de voir grand.

M. Milton rappelle que M. Schlamminger a publié un article 36 intéressant début 2022 sur la question
de la définition du kilogramme et de sa mise en œuvre comme masse inertielle ou comme masse
gravitationnelle. Il explique avoir espéré que l’article nourrisse des réflexions sur le sujet et demande
à M. Schlamminger un commentaire en rapport avec la diapositive qui montrait la différence d’échelle
entre la masse d’un trou noir et celle d’un neutrino. Il lui demande également si c’est une masse
inertielle ou une masse gravitationnelle qui a été définie. M. Schlamminger répond que la définition
précédente, qui reposait sur le prototype international du kilogramme, donnait une masse
gravitationnelle. La balance de Kibble, elle, définit une masse inertielle. À l’échelle astronomique,
certaines mesures utilisent une masse inertielle. Cette masse n’est pas encore parfaite car pour les
masses astronomiques, la constante gravitationnelle, G, doit être fixée pour convertir le résultat en
kilogrammes.

36
G Mana and S Schlamminger, The kilogram: inertial or gravitational mass?, 2022, Metrologia, 59, 043001
https://doi.org/10.1088/1681-7575/ac7ca7
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 185

46. Rapport du président du CCM

M. Philippe Richard, président du Comité consultatif pour la masse et les grandeurs apparentées
(CCM), présente son rapport sur les activités du CCM depuis la 26e réunion de la CGPM (2018).

Résumé du rapport du CCM


Le CCM dispose de groupes de travail actifs qui couvrent des domaines métrologiques variés, tels que
la réalisation de l’unité de masse, la dissémination de l’unité de masse, la masse volumique et la
viscosité, la force et le couple, la pression et le vide, le débit de fluides, la dureté et l’accélération
gravitationnelle. Le Groupe de travail du CCM sur la stratégie et la coordination du MRA a pour
objectif de fournir des orientations quant à la coordination et à l’harmonisation de ces activités.

La plus grande part de l’activité du CCM consiste actuellement à préparer la transition de l’actuelle
définition du kilogramme à une nouvelle définition en suivant une note détaillée 37 élaborée afin
d’organiser le travail requis.

Toutefois, tous les groupes de travail du CCM ne sont pas concernés par ce changement mais tous ont
pour mission d’améliorer les aptitudes techniques existantes ou de développer de nouvelles aptitudes.

Domaine de compétence du CCM

Les activités du CCM concernent les questions liées à la réalisation et à la dissémination de l’unité de masse
suite à la redéfinition du kilogramme en 2019 à partir de la constante de Planck, à l’établissement de
l’équivalence internationale entre les laboratoires nationaux pour la masse et pour un certain nombre de
grandeurs apparentées (masse volumique, pression, force, débit de fluides, viscosité, dureté, accélération
gravitationnelle), ainsi que les conseils donnés au CIPM sur les activités précédemment mentionnées.

Stratégie

Une révision intégrale de la stratégie du CCM a été réalisée par le Groupe de travail sur la stratégie et la
coordination du MRA en 2021. Le document de stratégie du CCM pour les années 2022 à 2032, adopté par
correspondance par le CCM en mars 2022, est disponible sur les pages du CCM sur le site internet du BIPM.

Le document de stratégie offre une vue d’ensemble des principaux défis scientifiques, économiques et
sociaux que peuvent contribuer à relever les mesures de masse et des grandeurs apparentées dans
sept domaines définis par le BIPM afin de répondre aux besoins d’une métrologie en constante
évolution. La révision du SI de mai 2019 permet la réalisation de l’unité de masse et de certaines
grandeurs apparentées directement à partir de constantes fondamentales. Les mesures directement
traçables au SI, les mesures dynamiques et l’extension de la gamme et des conditions de réalisation des
mesures seront les principaux thèmes de recherche pour la décennie à venir.
Le CCM a fixé trois buts stratégiques pour la période 2022-2032. Il est ainsi prévu que le CCM participe
aux progrès de la science des mesures dans tous les domaines techniques qu’il couvre. Gérer la
transition d’une dissémination coordonnée du kilogramme à l’échelle internationale vers l’utilisation
de réalisations individuelles et souveraines reste la préoccupation principale quant au fait d’assurer la
comparabilité mondiale des mesures. Le CCM continuera à mettre en œuvre le CIPM MRA par
l’organisation efficace de comparaisons clés et par la coordination de comparaisons clés et
supplémentaires des organisations régionales de métrologie. Le CCM contribuera également à la mise
en œuvre du cadre numérique du SI en métrologie des masses et des grandeurs apparentées. Le CCM

37
Note détaillée sur le processus de dissémination après la redéfinition du kilogramme, disponible sur la page web du CCM.
https://www.bipm.org/en/committees/cc/ccm
186 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

cherche à encourager l’engagement des parties prenantes et le transfert de connaissances en poursuivant


l’organisation de séminaires et de webinaire, ainsi qu’à mettre en place des collaborations plus
importantes avec d’autres comités consultatifs et avec des organismes extérieurs.

Le CCM supervise le programme de travail des laboratoires de masse du BIPM.

Activités et réalisations depuis la précédente réunion de la CGPM

Principales activités et réalisations

Deux réunions du CCM se sont tenues entre 2019 et 2022, l’une les 16 et 17 mai 2019 et l’autre les
20 et 21 mai 2021. Les rapports des réunions du CCM et la majorité des présentations et documents de
travail sont disponibles sur les pages internet du CCM. Un séminaire portant sur les nouvelles activités
et avancées dans le domaine des masses et des grandeurs apparentées a été organisé pendant la réunion
de 2019. Exceptionnellement, la réunion de 2021 s’est tenue en ligne en raison des restrictions de
déplacement. La note détaillée sur les phases de la dissémination du kilogramme, préparée par le
Groupe de travail sur les phases de la dissémination du kilogramme, a été approuvée et la progression
des activités prévues dans la note a été passée en revue pendant ces réunions. Les décisions principales
prises au cours de ces deux réunions sont les suivantes :
− fusionner le Groupe de travail sur la réalisation du kilogramme et le Groupe de travail sur la
dissémination du kilogramme en un unique Groupe de travail sur la masse ;
− nommer/renommer l’ensemble des présidents et vice-présidents des groupes de travail du CCM ;
− réviser les termes de référence du Groupe de travail sur la gravimétrie et du Groupe de travail
sur les phases de la dissémination du kilogramme pour mieux refléter les activités menées et
les questions abordées au sein des groupes ;
− formuler une requête du CCM auprès du JCRB sur la possibilité d’ajouter une note explicative
qui clarifie l’Annexe A1 du document CIPM-MRA-P11.

L’INMETRO (Brésil) et l’IPQ (Portugal) sont devenus membres du CCM en 2019. Le CMS/ITRI
(Taipei chinois) et le NSC-IM (Ukraine) sont devenus observateurs du CCM en 2021.

Concernant la réalisation et la dissémination de la nouvelle définition du kilogramme, la première


comparaison clé CCM.M-K8 des réalisations du kilogramme a été effectuée en 2019. Le BIPM a
comparé des réalisations du kilogramme à partir de cinq balances de Kibble et de deux applications de
la méthode XRCD (détermination de la masse d’un cristal à l’aide de rayons x). Les résultats de la
comparaison, associés à ceux de l’étude pilote réalisée en amont, ont permis de calculer la première
valeur de consensus du kilogramme. Les valeurs de masse fondées sur la valeur de consensus étaient
inférieures de 2 μg à celles fondées sur le prototype international du kilogramme, avec une
incertitude-type de 20 μg. La dissémination du kilogramme est entrée dans sa deuxième phase 38
le 1er février 2021, lorsque la valeur de consensus a commencé à être utilisée en tant que « valeur
moyenne internationale du kilogramme ». Puisque la différence entre les valeurs de masse fondées sur
la traçabilité précédente et les nouvelles valeurs est faible par rapport à l’incertitude, l’échelle
internationale de masse n’a pas eu besoin d’être ajustée. Toutefois, des ajustements ont dû être apportés
aux aptitudes en matière de mesures et d’étalonnages (CMCs) de 31 laboratoires nationaux de
métrologie afin de tenir compte de l’incertitude de la valeur de consensus. Le BIPM a préparé une note
d’information sur les conséquences de la redéfinition du kilogramme sur les incertitudes des
étalonnages de masse mentionnées sur les certificats d’étalonnage délivrés par le BIPM avant le 20 mai
2019. La note a été transmise à tous les clients concernés. L’article « Beginning a new phase of the
dissemination of the kilogram » (Le début d’une nouvelle phase de dissémination du kilogramme),

38
Période de transition pendant laquelle la dissémination de l’unité de masse se fonde sur une valeur de consensus calculée à
partir des résultats de mesure des trois comparaisons des réalisations primaires.
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 187

rédigé par le président du Groupe de travail sur la masse, le président du Groupe de travail sur les
phases de la dissémination du kilogramme et le BIPM est paru dans Metrologia en 2021.

La deuxième comparaison clé des réalisations du kilogramme a débuté fin 2021. Le nombre de
participants est passé de 7 à 9 par rapport à la première comparaison. La comparaison de la masse des
étalons de transfert par rapport à celle des étalons de travail du BIPM est terminée. La diffusion du
projet de rapport A est en cours. Le résultat de la comparaison sera utilisé pour calculer la nouvelle
valeur de consensus.
Le Groupe de travail sur la stratégie et la coordination du MRA a rédigé une version intégralement révisée
de la stratégie du CCM pour 2022-2032. Le Groupe de travail établit les plans d’action annuels du CCM
et contrôle sa progression. Concernant le CIPM MRA, le CCM a fait des remarques sur les documents
d’orientation révisés du CIPM MRA. De plus, le CCM a fait part de ses besoins spécifiques et a participé
à la mise en œuvre de la plateforme KCDB 2.0 et du nouveau site internet du BIPM. Le processus de
validation des rapports de comparaison a été simplifié pour accélérer la publication des résultats de
comparaison. Deux documents d’orientation du CCM, le document sur l’approbation et la publication des
rapports finaux des comparaisons clés et supplémentaires (« CCM Guidelines for approval and
publication of the final reports of key and supplementary comparisons ») et le modèle de rapport pour les
comparaisons clés (« CCM Key Comparison Report Template ») ont été révisés. Dans le modèle de
rapport, le chapitre portant sur les étalons de transfert a été amélioré. Le formatage du corps du texte et
des exemples a été retravaillé afin d’améliorer leur lisibilité. Des documents spécifiques d’orientation
consacrés à une approche « efficiente et efficace » de l’examen des CMCs ont été créés dans plusieurs
Groupes de travail et sont en cours d’élaboration dans d’autres. Le CCM travaille avec les organisations
régionales de métrologie et les laboratoires nationaux de métrologie à réduire le nombre de CMCs afin
de respecter les recommandations établies lors de l’examen du CIPM MRA.

Défis et difficultés

La révision du SI et la redéfinition du kilogramme en 2019 ont constitué un changement majeur dans


la façon dont l’unité de masse du SI est définie et dont les laboratoires nationaux de métrologie
maintiennent et disséminent le kilogramme. Si les expériences de réalisation ont atteint des niveaux
d’incertitude et d’équivalence satisfaisants pour redéfinir l’unité de masse en 2019, il reste du travail à
fournir pour améliorer le nombre et la fiabilité des expériences ainsi que leur degré d’équivalence.
La difficulté la plus critique rencontrée par le CCM réside dans la gestion de la phase de dissémination
de la valeur de consensus prévue par la Recommandation G1 du CCM (2017) et dans la transition de
la valeur de consensus à la dissémination à partir des réalisations individuelles. Un certain nombre de
difficultés techniques doivent être résolues telle la détermination de la valeur de consensus ou la
réduction de la dispersion entre les différentes réalisations.
Le CCM couvre une gamme très diverse de mesures. Les technologies nécessaires aux mesures sont
de natures aussi variées que ne le sont les domaines industriels et scientifiques dans lesquels ces
mesures sont utilisées. En raison de la diversité des mesures de masse et de grandeurs apparentées
ajoutée à l’importance croissante des mesures de grandeurs dynamiques dans de nombreux domaines,
le périmètre des bénéfices potentiels pour les utilisateurs finaux est très vaste. Une stratégie de
maximisation de ces bénéfices exige de se concentrer sur les secteurs où les bénéfices peuvent être
exploités le plus efficacement.

Des difficultés plus courantes doivent également être résolues en permanence. Elles comprennent
notamment l’amélioration de l’efficacité du processus d’examen des CMCs et la réduction des délais
nécessaires pour effectuer des comparaisons clés et communiquer leurs résultats.
188 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

Perspectives à court terme et à long terme

À la fin de l’année 2023, le CCM aura tenu sa 19e réunion (25-26 mai 2023) à la suite des réunions de la
plupart de ses Groupes de travail (organisées plus tôt la même semaine), dont celui sur la stratégie et la
coordination du MRA. Les principaux objectifs de cette réunion plénière du CCM sont les suivants :
− passer en revue le processus de dissémination du kilogramme, y compris des résultats de la
deuxième comparaison clé CCM.M-K8 des réalisations du kilogramme, et examiner le calcul
et l’utilisation de la deuxième valeur de consensus ;
− examiner et approuver le protocole de la troisième comparaison clé des réalisations du
kilogramme ;
− nommer/renommer l’ensemble des présidents des groupes de travail.
Comme pour les précédentes réunions du CCM, il sera demandé à chaque membre du CCM de rédiger
un rapport sur les activités scientifiques pertinentes. Un atelier consacré aux nouvelles activités et
évolutions dans des domaines métrologiques d’intérêt pour le CCM sera organisé.
D’ici la fin de 2024, le CCM espère achever la troisième comparaison clé des réalisations du kilogramme
afin de calculer une troisième valeur de consensus pour la dissémination de l’unité de masse.
Sur le long terme, c’est-à-dire à compter de 2024, le CCM espère améliorer sa connaissance concernant l’état
des réalisations du kilogramme et renforcer l’infrastructure qui lui permettra d’atteindre les objectifs suivants :

− réduire la dispersion entre les réalisations du kilogramme ;


− conduire la phase de dissémination de la valeur de consensus et la transition vers une
dissémination à partir des réalisations individuelles du kilogramme ;
− garantir en permanence un nombre suffisant des réalisations primaires de l’unité de masse,
si possible dans chaque région ;
− développer des appareils permettant de réaliser le kilogramme à partir de la constante de
Planck qui soient moins onéreux et plus facilement manipulables (et également des appareils
fondés sur de nouvelles idées, autres que la balance de Kibble et la méthode XRCD) et qui
seront utilisés par les laboratoires nationaux de métrologie ;
− développer des instruments commerciaux pour la réalisation du kilogramme et ses
sous-multiples qui seront utilisés dans les laboratoires nationaux de métrologie à court terme
et par un nombre de plus en plus important d’utilisateurs finaux sur le plus long terme ;
− continuer à développer les activités scientifiques et techniques des groupes de travail du CCM
conformément à la stratégie du CCM et aux plans d’action de ses groupes de travail.

Données sur le CCM

CCM établi en 1980


Président : P. Richard
Secrétaire exécutive : H. Fang
Composition : 25 membres et six observateurs
Liste des membres et des observateurs : https://www.bipm.org/fr/committees/cc/ccm/members
Réunions depuis la dernière CGPM : 16-17 mai 2019, 20-21 mai 2021
Rapports détaillés des réunions : https://www.bipm.org/fr/committees/cc/ccm/publications
Huit groupes de travail : https://www.bipm.org/fr/committees/cc/ccm
− Stratégie et coordination du MRA
− Masse
− Masse volumique et viscosité
− Force et couple
− Pression et vide
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 189

− Débit de fluides
− Dureté
− Gravimétrie

Activité en matière de Terminée(s) En cours Programmée(s)


comparaisons

Comparaisons clés du CCM 98 13 4


(et comparaisons supplémentaires)

Comparaisons du BIPM 0 0 0

Études pilotes du CCM 4 2 0

CMCs 2 965 CMCs dans 36 catégories de services publiées dans la


KCDB

47. La métrologie au service des réseaux d’énergie durables de demain

Mme Sonja Berlijn, professeure en systèmes d’énergie intégrés durables au KTH Royal Institute of
Technology (Suède), indique que sa présentation vise à expliquer l’importance primordiale de la
métrologie pour la transition énergétique et pour les réseaux d’énergie. Elle note que les réseaux d’énergie
durables de demain devront tenir compte des 17 objectifs de développement durable de l’Organisation
des Nations Unies.

Mme Berlijn remarque que les objectifs à atteindre pour parvenir à la neutralité carbone d’ici 2050 sont
nombreux et en cite quelques exemples. Le pacte vert pour l’Europe est un projet qui vise à faire de
l’Europe le premier continent sans impact sur le climat d’ici 2050 tout en stimulant l’économie,
en respectant la nature et en améliorant la santé et la qualité de vie de tous ses habitants, sans exception.
REPowerEU doit permettre une réduction rapide de la dépendance européenne aux énergies fossiles en
provenance de Russie en accélérant la transition vers les énergies propres et en unissant les puissances
européennes pour construire un système d’énergie plus résilient au cœur d’une véritable Union
énergétique. Les États-Unis ont de leur côté adopté l’Inflation Reduction Act qui sera accompagné de
369 milliards de dollars d’investissements dans la sécurité énergétique et le changement climatique ;
le Japon a mis en œuvre son projet de transformation verte ; tandis que la république de Corée, la Chine
et l’Inde se sont fixé des objectifs ambitieux en matière d’énergies propres.
Pour Mme Berlijn, ces objectifs peuvent être atteints ; en effet, les technologies nécessaires sont prêtes à
être exploitées et leur coût s’élèverait à moins de 0,5 % du PIB. Certains secteurs seront difficiles à
décarboner, comme l’industrie lourde productrice de plastique et d’acier ou encore le transport de charges
lourdes (secteur maritime ou aérien). Les moyens techniques de décarbonation sont nombreux :
électrification, utilisation de l’hydrogène, bio-carburants, et technologies de capture et de stockage du
dioxyde de carbone. La poursuite de ces projets ira de pair avec une augmentation de la demande
d’électricité qui ira d’un facteur quatre à six en Europe et jusqu’à sept à l’échelle mondiale. Cette hausse
de la demande exigera d’augmenter les capacités de transmission et de stockage de l’électricité.

Le World Energy Outlook 2022 39 de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) contient un rapport sur
la manière de décarboner les marchés de l’énergie qui prévoit une multiplication par sept de la production

39
https://www.iea.org/reports/world-energy-outlook-2022
190 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

d’électricité. L’Europe n’a réussi à augmenter sa production que de 30 % au cours des 20 dernières
années. Cette capacité devra augmenter de 300 % d’ici 2050 et les sources d’énergie propres comme
l’éolien et le solaire devront remplacer le charbon et le gaz. Mme Berlijn ajoute qu’en Europe, beaucoup
de travail a été accompli pour imaginer les réseaux d’électricité de demain, les ingénieurs ayant prévu
cette situation depuis plusieurs années. En plus des projets de nouvelles infrastructures électriques,
la transition énergétique repose sur des modes de production plus nombreux et alternatifs, des installations
de stockage plus importantes et plus nombreuses ainsi qu’une flexibilité accrue. La construction de toutes
ces infrastructures prend du temps en raison des procédures démocratiques à suivre.

Mme Berlijn explique que les investissements « verts » comportent de nombreux avantages : le pacte
vert pour l’Europe permettra d’éviter l’émission de 55 mégatonnes de CO2 chaque année. Répondre
aux besoins ainsi soulevés avant 2040 nécessite d’investir 45 milliards d’euros, ce qui aura des
répercussions directes sur la croissance et l’emploi. Le pacte vert pour l’Europe sera bénéfique pour
l’environnement, créera des emplois et améliorera le bien-être de tous ; toutefois, des entraves aux
progrès subsistent. Le problème majeur, celui de la stabilité de l’approvisionnement, pose de plus en
plus de difficultés. En effet, l’offre et la demande d’énergie doivent être à l’équilibre à chaque instant
du jour et de la nuit. Si la production et la consommation ne sont pas identiques, le réseau s’expose à
des fluctuations de fréquence. En cas de surproduction d’électricité, la fréquence augmente. En cas de
demande excessive, la fréquence chute. Se pose en plus le problème des sources intermittentes
d’énergie, telle l’énergie éolienne ou lorsque des équipements sont en veille. La question de l’équilibre
de la production et de la demande devient de plus en plus difficile à gérer, les évènements se multiplient
et le temps pour agir se réduit. L’inertie est le propre du système énergétique, mais le temps se
contracte ; s’il était précédemment possible de prendre jusqu’à sept secondes pour agir, ce délai est
aujourd’hui quasi-nul. Avec l’augmentation du nombre d’utilisateurs du réseau, l’équilibre de l’offre
et de la demande est toujours plus difficile à atteindre.
Les énergies renouvelables représentent un défi en raison de l’écart entre la capacité de production des
équipements et la production réelle. Auparavant, il était possible de garantir une production d’énergie
extrêmement stable tandis que la production éolienne et photovoltaïque implique une grande volatilité
à long terme. L’installation de panneaux solaires fait face à la difficulté des courbes de consommation
journalières ; en effet, les entreprises sont peu enclines à passer à l’énergie solaire à grande échelle en
raison des investissements importants de capitaux nécessaires pour ne produire de l’énergie que
quelques heures par jour. Une capacité de stockage suffisante pour offrir de la flexibilité en fonction
des heures sans pour autant changer la puissance maximale sera nécessaire pour relever ce défi.

Il semblerait que l’augmentation de la flexibilité et des capacités de stockage puisse avoir lieu plus vite que
prévu, et ce en raison du prix inférieur de la génération d’électricité éolienne par rapport au charbon. Tandis
que de nombreuses centrales à charbon font faillite, les grandes entreprises du secteur de l’énergie lancent des
projets d’électricité verte, destinées à faire partie de leur modèle commercial soutenable ou utilisées à des fins
de marketing. Les autres défis majeurs résident dans le rétrécissement des marges de fonctionnement du
système d’énergie et dans une multiplication des évènements d’exploitation inattendus. Par exemple, dans la
région de Stockholm, 50 coupures d’électricité par an sont la conséquence de cyberattaques.
Mme Berlijn pose la question suivante : comment relever les défis posés par des bouleversements bien
plus rapides que prévu. La communauté internationale de la métrologie aura un rôle majeur à jouer
pour parvenir à surmonter les difficultés. Une solution réside dans le développement de systèmes
d’énergie intégrés, reposant sur des mesures qui permettront une transformation numérique de toutes
les infrastructures, nouvelles comme existantes. Ces systèmes intégrés d’énergie incluront de
nombreuses technologies de production d’électricité innovantes et des améliorations seront apportées
aux infrastructures existantes, tels des aéroports respectueux du climat et un transport maritime sans
danger pour l’environnement. Les solutions à ces nombreux défis reposeront sur des infrastructures
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 191

nouvelles comme existantes, et seront intégralement mesurables, contrôlables et numériques. De plus,


il est nécessaire d’améliorer la communication, les protocoles et les solutions de marché mais on
observe surtout un réel besoin pour plus de mesures.
Mme Berlijn donne l’exemple de la nécessité d’améliorer le contrôle opérationnel des systèmes
d’énergie, ce qui nécessitera la contribution de la communauté de la métrologie. Le contrôle
opérationnel des systèmes d’énergie devra être capable de faire face à des évènements prévisibles ou
non de plus en plus nombreux avec un temps de réaction réduit. Impossible d’obtenir ces résultats avec
des systèmes de contrôle manuels ; ainsi, il est nécessaire d’automatiser les procédures opérationnelles,
de protection et de contrôle. Il sera également nécessaire d’automatiser la flexibilité du système.
La conception des nouveaux centres de contrôle reposera sur la transformation numérique pour
résoudre des problèmes classiques avec des solutions numériques. De nouvelles formes d’innovation
et de créativité devront être mises en œuvre au lieu de simplement renforcer et d’améliorer les
anciennes méthodes. Les systèmes intégrés d’énergie ne reposant pas seulement sur des mesures à
petite échelle, l’exactitude des mesures au niveau national voire continental est également essentielle.
En raison de l’interconnexion du réseau européen d’électricité, un évènement survenu en Espagne,
par exemple, affecte également l’exploitation au nord de la Norvège. Des efforts considérables seront
ainsi nécessaires pour synchroniser l’ensemble de ces mesures.

Le développement des systèmes intégrés d’énergie nécessitera un meilleur contrôle des infrastructures
actuelles, en raison du temps nécessaire pour en construire de nouvelles. L’utilisation des
infrastructures existantes devra être largement améliorée, notamment à l’aide d’informations en temps
réel sur la possibilité de coupures inopinées et sur la possibilité ou non d’utiliser les infrastructures de
manière optimale. Tout ceci nécessite d’effectuer un volume considérable de mesures. Il faudra
notamment des moyens de contrôler la température, l’intensité du courant, la tension, la puissance,
les changements de phase, la pression d’huile, d’analyser le gaz et l’huile. Ces valeurs doivent être
mesurées en permanence, non seulement pour savoir ce qu’il se passe à chaque instant mais également
pour connaître l’état d’une infrastructure et les possibilités d’action afin de pour pouvoir prendre une
décision éclairée, en cas de surcharge par exemple. Une utilisation accrue de l’intelligence artificielle,
plus de transfert de données et d’interaction seront nécessaires pour faire face à l’augmentation des
flux de données qui vont atteindre des volumes et des vitesses de transfert extrêmement importants.
L’intelligence artificielle calcule plus rapidement que les humains. Lorsqu’il faut identifier un
déséquilibre dans un système, elle est au moins 50 % plus rapide. La transformation numérique et
l’automatisation améliorent la qualité de l’approvisionnement, ; toutefois, elles introduisent de
nouveaux risques liés à la cybersécurité et à la résilience numérique.
Mme Berlijn rappelle que le défi majeur posé par les réseaux d’énergie durables de demain réside dans
les quantités colossales de mesures précises et fiables qu’ils nécessitent. Elle conclut en affirmant que
la création d’une planète soutenable est possible. Un système d’énergie neutre en carbone, durable et
numérique, adossé à un réseau électrique numérique, en sera l’une des fondations. Cette transition est
faisable et elle n’est pas si coûteuse. La transition énergétique se renforce d’elle-même pour des raisons
économiques et de soutenabilité. L’investissement dans un système énergétique durable et numérique
créera des emplois, réduira les coûts de production et sera à l’origine d’une économie soutenable.
Créer cette économie est possible, mais ne peut être accompli sans l’aide des mesures. En somme,
ce système est soutenable, techniquement atteignable et mesurable.

Le président remercie Mme Berlijn et remarque que le monde entier souhaite emprunter la route de la
neutralité carbone. La présentation a bien montré que pouvoir emprunter cette route dépend du contrôle
que l’on parvient à exercer. Le système de contrôle lui-même reposera sur le déploiement massif de
systèmes de mesure, ce qui entraînera une consommation élevée d’énergie. Le président demande
comment il est possible d’établir la soutenabilité du système.
192 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

Mme Berlijn répond que, du point de vue technique, il aurait bien mieux valu que l’électricité n’ait
jamais été dérégulée. Bien que les infrastructures aient été utilisées de manière plus optimale
qu’auparavant, l’augmentation constante de la demande d’électricité n’a pas été prise en considération.
S’en sont suivis près de 20 ans sans qu’une ligne à haute tension ne soit construite dans de nombreux
pays du monde. Aujourd’hui, la situation exige de rattraper le retard en termes de construction
d’infrastructures mais reste entravée par la disparition des entreprises et de leurs compétences. En plus
de ces nouvelles constructions, les infrastructures actuelles doivent être mieux exploitées. Pour parvenir
à une transition verte, il s’agira de mieux utiliser les infrastructures existantes pour pallier le temps
nécessaire pour en construire de nouvelles. Une ligne à haute tension demande 7 ans de travaux en
Norvège, 25 ans en Suède. Les délais sont compris entre 7 et 25 ans dans de nombreux pays du monde.
De nombreux défis doivent être relevés pour atteindre l’objectif à 30 ans en matière de climat,
les processus démocratiques en font partie. Tout le monde veut une planète verte mais personne ne souhaite
avoir une ligne à haute tension à proximité de son habitation : c’est une difficulté qu’il faudra résoudre.
Les ingénieurs et les scientifiques doivent trouver des solutions à ces problèmes. Mme Berlijn rappelle que
le travail effectué par la communauté de la métrologie est d’une importance cruciale : en effet, les mesures
de temps sont essentielles au fonctionnement des réseaux d’énergie soutenables de demain, qui bénéficieront
d’une exactitude de mesure de l’ordre de 10−18 secondes. Une plus grande exactitude améliorera l’efficacité
de l’infrastructure actuelle et réduira la consommation d’électricité. Mme Berlijn espère que les éléments de
sa présentation permettront d’apporter un peu de motivation à ce projet.

48. Rapport du président du CCEM

M. Gert Rietveld, président du Comité consultatif d’électricité et magnétisme (CCEM), présente son
rapport sur les activités du CCEM depuis la 26e réunion de la CGPM (2018).

Résumé du rapport du CCEM

Le CCEM couvre un très vaste domaine de la métrologie avec de nombreuses unités dérivées réalisables
sur une gamme importante de valeurs et sur un grand domaine de fréquences. Jusqu’en 2018, le CCEM a
consacré une part considérable de son travail au suivi de développement des balances de Kibble, en tant
que dispositifs permettant la réalisation du kilogramme par une méthode électrique, afin de préparer la
révision du SI. Depuis la 26e réunion de la CGPM, le CCEM s’est attaché à promouvoir le SI révisé et à
s’assurer que ce dernier était correctement mis en œuvre, à partir du 20 mai 2019, au sein de la
communauté de l’électromagnétisme. Le CCEM se réjouit de noter que les faibles changements
d’amplitude causés par la mise en œuvre du SI révisé lors de la réalisation du volt et de l’ohm (ainsi que
pour les grandeurs dérivées associées) n’ont pas généré de problème pour l’industrie.

En 2020, la stratégie du CCEM a été totalement révisée, établissant de nouvelles priorités pour l’avenir.
Dans le domaine des mesures électriques, il sera ainsi nécessaire de relever les défis liés à l’émergence
de nouvelles technologies, telles que les réseaux d’électricité intelligents incluant la production
d’énergie renouvelables, les communications à haute fréquence, les véhicules électriques et les réseaux
de capteurs. Afin d’agir plus efficacement concernant les défis métrologiques mondiaux, le CCEM a
organisé des ateliers auxquels ont participé des invités de haut niveau du monde de l’industrie.
La promotion du renforcement des capacités et des interactions avec l’industrie s’est appuyée sur le
lancement d’une série de webinaires expliquant la pertinence de la métrologie de l’électricité et du
magnétisme à la communauté élargie des parties prenantes du CCEM.
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 193

Des mesures ont été prises afin d’augmenter l’impact et l’efficacité du CIPM MRA dans le domaine
de l’électromagnétisme, notamment en soutenant le BIPM concernant le développement et la mise en
œuvre de la KCDB 2.0, en planifiant de manière plus stratégique les comparaisons, et en mettant en
place un processus plus efficace d’examen des CMCs. Le BIPM a continué à étayer la comparabilité
mondiale des mesures dans le domaine de l’électricité et du magnétisme, principalement par son
programme de comparaisons clés en continu.

Domaine de compétence du CCEM

Le CCEM a pour responsabilité de conseiller le CIPM sur tous les sujets se rapportant aux étalons de mesure
dans le domaine de l’électricité et du magnétisme, ainsi que sur les activités relatives à l’électricité et au
magnétisme du programme de travail du Département de la métrologie en physique du BIPM.

L’électricité est omniprésente dans notre vie quotidienne et la métrologie électrique couvre un vaste
domaine qui implique de nombreuses grandeurs et requiert de nombreux étalons de mesure d’unités
dérivées. Il s’agit par exemple de mesurer une tension, un courant, une résistance, une capacité,
une inductance, une puissance, un rapport de transformation, un transfert courant continu/courant
alternatif, l’intensité d’un champ électrique ou magnétique, des facteurs d’antennes, des paramètres de
répartition des radiofréquences (paramètres S). Dans de nombreux cas, ces grandeurs couvrent un très
large intervalle de valeurs (des nanovolts aux mégavolts par exemple) et de fréquences (depuis le
courant continu jusqu’aux radiofréquences), et nécessitent l’utilisation de différentes techniques selon
l’intervalle sur lequel elles sont mesurées.

En raison des technologies très différentes requises dans les domaines des basses fréquences et des
radiofréquences, le travail technique du CCEM est pris en charge par deux groupes de travail distincts :
celui sur les basses fréquences et celui sur les radiofréquences. Un troisième Groupe de travail sur la
coordination des organisations régionales de métrologie se charge de la mise en œuvre effective et efficace du
CIPM MRA au sein de la communauté de l’électricité et du magnétisme, ce qui constitue une tâche
particulièrement importante étant donné la grande diversité des CMCs en métrologie de l’électromagnétisme.

Stratégie

En 2019-2020, la stratégie du CCEM a été intégralement révisée puis approuvée par ses membres.
À partir des conclusions de l’atelier sur les futurs défis de la métrologie électrique organisé par le
CCEM en 2017 et des discussions qui ont suivi, la stratégie du CCEM établit de nouvelles priorités
pour l’avenir. Le CCEM examine notamment, dans le domaine des mesures électriques, les futurs défis
liés au développement de nouvelles technologies, telles que les réseaux d’électricité intelligents
incluant des sources d’énergie renouvelables, les communications à haute fréquence, les véhicules
électriques et les réseaux de capteurs. Les phénomènes quantiques fondamentaux sont à l’origine de
l’extraordinaire exactitude que peuvent atteindre les mesures électriques et le soutien apporté par le
CCEM à la mise au point de technologies quantiques innovantes continuera à entraîner des effets
considérables sur la métrologie électrique. L’omniprésence des applications de l’électricité et des
mesures électriques, dont résultent un grand nombre de grandeurs électriques mesurées sur de larges
gammes de valeurs et de fréquences, allant du courant continu au GHz, représente un défi pour
l’ensemble de la communauté du CCEM.

Le CCEM a pour objectif d’offrir une direction et une vision aux laboratoires nationaux de métrologie
et aux laboratoires désignés afin d’éclairer leurs décisions en matière d’activités métrologiques et de
recherche. Ainsi, le CCEM encourage l’échange d’informations par l’intermédiaire de présentations
scientifiques et d’ateliers sur les technologies émergentes, avec l’intervention d’industriels invités de
haut niveau. Une série de webinaires expliquant la pertinence de la métrologie de l’électricité et du
194 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

magnétisme à la communauté élargie des parties prenantes a été lancée afin d’améliorer le renforcement
des capacités et les interactions avec l’industrie.

Le CCEM soutient la comparabilité mondiale des mesures par la mise en œuvre du CIPM MRA en
organisant des comparaisons clés et en coordonnant les comparaisons clés et supplémentaires menées
par les organisations régionales de métrologie. Le CCEM maintient une liste exhaustive des catégories
de services dans lesquelles des CMCs peuvent être déclarées et cherche de nouveaux moyens
d’améliorer son efficacité concernant l’organisation de comparaisons et l’examen des CMCs.
La supervision du programme de travail des laboratoires d’électricité du BIPM représente une part
importante du travail du CCEM. Les services de comparaison du BIPM font partie intégrante des
comparaisons du CCEM et permettent aux laboratoires nationaux de métrologie de démontrer de façon
unique leurs aptitudes de mesure aux meilleurs niveaux d’incertitude possibles. Les services
d’étalonnage du BIPM permettent aux laboratoires nationaux de métrologie qui ne disposent pas de
leurs propres réalisations primaires d’assurer la traçabilité de leurs mesures.

Activités et réalisations depuis la dernière réunion de la CGPM

Principales activités et réalisations


Après avoir consacré les années qui ont précédé la mise en place du SI révisé à la mise au point des
méthodes électriques de réalisation du kilogramme (balances de Kibble), le travail de recherche se
concentre désormais sur le soutien à apporter à la communauté du CCM afin de faire progresser la mise
en œuvre des balances de Kibble pour la réalisation du kilogramme et afin d’étendre l’utilisation de ces
balances (versions simplifiées) à un plus large intervalle de masses. Le CCEM se réjouit de noter que
les faibles changements d’amplitude causés par la mise en œuvre du SI révisé lors de la réalisation du
volt et de l’ohm (ainsi que pour les grandeurs dérivées associées) n’ont pas généré de problème dans
l’industrie, ni pour les parties prenantes de la communauté élargie du CCEM. Du fait de ce succès,
les deux groupes de travail concernés, le Groupe de travail sur les projets de modification au SI et celui
sur l’utilisation de mesures électriques pour contrôler la stabilité du prototype international du
kilogramme, ont été dissous après avoir salué l’excellent travail effectués par leurs présidents
respectifs, M. Ian Robinson et M. Barry Wood, ainsi que M. Brian Kibble.
Par ailleurs, du fait de ses compétences en matière de mesures de faibles courants électriques, le CCEM
a commencé à apporter son aide au CCRI, l’objectif étant de donner des conseils quant à la mise en
œuvre de nouvelles technologies de mesure des faibles courants électriques dans les chambres
d’ionisation utilisées pour la mesure d’activité des radionucléides. Un groupe de travail commun au
CCEM et au CCRI composé de 18 experts prépare un guide de bonnes pratiques destiné à améliorer la
traçabilité en métrologie des radionucléides et permettre une éventuelle réduction du nombre de cellules
radioactives scellées nécessaires pour vérifier la linéarité sur un domaine de mesure spécifique.

Une version entièrement révisée de la stratégie du CCEM a été élaborée par un groupe composé du président
du CCEM, de son secrétaire exécutif et des présidents des groupes de travail, en se fondant sur les
conclusions de l’atelier sur les futurs défis de la métrologie électrique organisé avec succès par le CCEM en
2017 et sur les discussions qui en ont suivi. Cette stratégie, qui définit la direction et les priorités du CCEM
pour la décennie à venir, a été examinée et adoptée par le CCEM au cours de sa 32e réunion en avril 2021.
L’un des principaux objectifs du CCEM est d’offrir une direction et une vision aux laboratoires nationaux
de métrologie et aux laboratoires désignés afin d’éclairer leurs décisions en matière d’activités
scientifiques et de recherche. Une part importante des réunions du CCEM est ainsi consacrée aux
présentations scientifiques qui donnent un aperçu de l’état de l’art dans certains domaines de
l’électromagnétisme. Par ailleurs, étant donné le succès du premier atelier sur la stratégie de 2017,
un atelier scientifique sur la métrologie des radiofréquences et des micro-ondes a été organisé en
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 195

mars 2019, parallèlement à la 31e réunion du CCEM. Au cours de cet atelier, des intervenants de
l’industrie, des universités et des laboratoires nationaux de métrologie ont donné une vue d’ensemble des
défis actuels en métrologie des radiofréquences et des micro-ondes concernant, entre autres,
les communications sans fil mmWave, la mise en œuvre des réseaux 5G, et la caractérisation
radiofréquences sur wafer des circuits intégrés pour la téléphonie mobile.

Afin d’améliorer le renforcement des capacités et les interactions avec l’industrie, une série de
webinaires a été lancée afin d’expliquer la pertinence de la métrologie de l’électricité et du magnétisme
à la communauté élargie des parties prenantes du CCEM. Ces webinaires du CCEM sont destinés à
promouvoir le partage des connaissances au sein de la communauté élargie du CCEM, non seulement
concernant les dernières évolutions mais également les fondamentaux. Les webinaires, qui comportent
une introduction au sujet traité, sont conçus pour être plus pédagogiques que les interventions et
présentations scientifiques. Le premier webinaire a permis de présenter de façon synthétique la stratégie
du CCEM et le programme de travail du BIPM et a rassemblé plus d’une centaine de participants de
toutes les régions du monde. Les webinaires sont disponibles sur la chaîne YouTube du BIPM.

La mise en œuvre efficace et effective du CIPM MRA est un sujet récurrent du programme de travail du
CCEM et de ses groupes de travail, en particulier celui sur la coordination des organisations régionales de
métrologie. Le CCEM a ainsi apporté un soutien important au BIPM concernant la préparation et la mise en
œuvre de la KCDB 2.0. Le lancement en octobre 2019 de la plateforme internet de la KCDB 2.0 a permis
d’améliorer de façon considérable le processus de soumission et d’examen des CMCs, ce qui est
particulièrement important pour la communauté du CCEM qui compte plus de 4 000 entrées dans la
KCDB(y compris des matrices complexes), réparties dans plus de 190 catégories de services.

Les résultats de comparaisons clés constituent la base technique de la majorité des CMCs déclarées.
Après une première série de comparaisons clés réalisée à la suite du lancement du CIPM MRA, un second
cycle est planifié et mis en œuvre de manière stratégique. Le programme de comparaisons clés vise à
optimiser la charge de travail et à assoir, à l’échelle internationale, la confiance dans la traçabilité des mesures
des grandeurs électromagnétiques. Dans le cas de certaines comparaisons clés, plusieurs laboratoires
nationaux de métrologie se partagent la charge de travail liée à la coordination de la comparaison. Le BIPM
a réalisé la première comparaison du CCEM selon un schéma en étoile où tous les laboratoires nationaux de
métrologie participants envoient leur étalon voyageur au BIPM au même moment. Cette approche requiert
un travail conséquent du BIPM, qui constitue le laboratoire au centre de l’étoile, mais elle a permis de
terminer cette comparaison en 20 mois. En raison de cet atout majeur, l’approche du schéma en étoile sera
adoptée autant que possible pour les futures comparaisons du CCEM.

Défis et difficultés
La pandémie de Covid-19 a représenté un défi de taille pour la communauté du CCEM car elle a limité
les opportunités d’échange d’informations et de débats approfondis au cours des réunions en personne
du CCEM ou de ses ateliers associés (hautement appréciés). Dans le même temps, l’utilisation accrue
des plateformes de réunion en ligne a facilité les interactions au sein des groupes de travail du CCEM.
La pandémie a également conduit à la création de webinaires du CCEM qui ont permis d’étendre la
portée du CCEM à la communauté élargie des parties prenantes de l’électromagnétisme, notamment
les organismes de normalisation et l’industrie.
Un autre défi est de s’assurer de l’avancée suffisante des comparaisons clés. Bien que ce point ait déjà
attiré l’attention dans le passé – en raison, par exemple, de problèmes de douanes ou de difficultés
techniques rencontrées avec les étalons voyageurs – la pandémie a eu un impact supplémentaire sur
l’avancement de plusieurs comparaisons clés du CCEM, entraînant des retards pouvant aller jusqu’à
plus d’un an. Le recours plus fréquent au schéma en étoile devrait améliorer l’efficacité des futures
comparaisons et en réduire la durée totale.
196 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

Perspectives à court et long terme


Dans les années à venir, le CCEM s’attachera à mettre en œuvre sa stratégie révisée, à promouvoir la
métrologie électrique et la comparabilité mondiale des mesures, ainsi qu’à encourager une plus grande
implication des parties prenantes. Ce dernier point reposera sur l’organisation d’ateliers, l’expansion
du programme de webinaires, et le renforcement des liens avec les autres organisations internationales
ainsi qu’avec le secteur de l’électromagnétisme au sens large afin, par exemple, de développer des
exercices de prévision.

La mise en œuvre efficace du CIPM MRA fera l’objet d’une attention constante ; l’accent sera
notamment mis sur l’amélioration du temps total nécessaire pour effectuer des comparaisons clés.
Le programme du BIPM jouera un rôle important dans le soutien apporté à la communauté du CCEM.
De nouveaux services du BIPM seront proposés à cette dernière dans les années à venir : il s’agira,
par exemple, d’assurer la traçabilité des signaux en courant alternatif reposant sur l’utilisation des
étalons quantiques de tension, ou d’améliorer la traçabilité des mesures d’impédance à l’aide de l’étalon
calculable de capacité et de l’effet Hall quantique (AC) à base de graphène.

À long terme, le CCEM devrait être impliqué de façon croissante dans les travaux qui permettront de
relever les principaux défis scientifiques et technologiques de la métrologie, concernant des sujets
mondiaux tels que la transition énergétique, la plus large mise en œuvre des étalons quantiques dans
l’industrie, ou encore l’application large et omniprésente de l’électricité et des mesures électriques dans
nos sociétés.

Données sur le CCEM

CCEM établi en 1927 (sous le nom de CCE, Comité consultatif d’électricité)


Président : G. Rietveld
Secrétaire exécutif M. Stock
Composition : 26 membres et 2 observateurs
Liste des membres et des observateurs : https://www.bipm.org/fr/committees/cc/ccem/members
Réunions depuis la dernière CGPM : 28-29 mars 2019, 14-15 avril 2021
Rapports complets des réunions : https://www.bipm.org/fr/committees/cc/ccem/publications
Trois Groupes de travail : https://www.bipm.org/fr/committees/cc/ccem
− Coordination des organisations régionales de métrologie
− Grandeurs aux basses fréquences
− Grandeurs aux radiofréquences

Activité en matière de Terminée(s) En cours Programmée(s)


comparaisons

Comparaisons clés du
CCEM (et comparaisons 50 7 7
supplémentaires)

Comparaisons du BIPM 1 9 (en continu) 9 (en continu)

Études pilotes du CCEM 0 1 2

CMCs 4642 CMCs dans 194 catégories de service publiées dans la KCDB

Le président remercie M. Rietveld et demande s’il y a des questions.


27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 197

M. Laiz (Argentine) fait référence à la présentation invitée sur les réseaux d’énergie durables au cours de
laquelle il a été expliqué que ces nouveaux réseaux nécessitent des mesures synchrones, rapides et
déployables à grande échelle. La CGPM doit adopter une résolution visant à disposer d’une unique échelle
de temps et à mettre fin aux différentes échelles présentant des différences de temps. Il demande à
M. Rietveld de donner plus d’éléments sur cette question et sur son importance pour les réseaux électriques.

M. Rietveld répond que cette question est cruciale. Comme Mme Berlijn, il rappelle que la stabilité est
l’un des aspects clés du réseau électrique. Maintenir la stabilité du réseau nécessite une mesure
essentielle, réalisable à l’aide de deux mesures synchrones à deux endroits différents du réseau. Si l’une
de ces mesures ne tenait pas compte correctement de la seconde intercalaire, cela entraînerait une panne
de courant généralisée. La seconde intercalaire doit être correctement mise en œuvre dans tous les
appareils numériques : sinon, dès que ces derniers commencent à être utilisés, des problèmes peuvent
apparaître sur le réseau et entraîner des conséquences considérables sur la société. L’analyse d’une
importante coupure de réseau survenue au nord des États-Unis et au Canada il y a vingt ans a révélé
que la panne était due au fait que la salle de contrôle n’avait pas effectué suffisamment de mesures.
La synchronisation joue un rôle clé. La précision requise est de l’ordre des microsecondes, ce qui
semble facile à atteindre pour la communauté du temps et des fréquences ; toutefois, obtenir des
données justes et synchrones tout le long du réseau représente un défi. Cet objectif nécessite une
coopération entre la communauté de l’électricité et la communauté du temps et des fréquences, la
précision temporelle étant absolument cruciale. Il est indispensable d’abandonner la seconde
intercalaire pour cette raison précise.

49. Présentation du Projet de résolution V « Sur la dotation du Bureau international


des poids et mesures pour les années 2024 à 2027 »

M. Louw, président du CIPM, annonce qu’il ne présentera pas le Projet de résolution V dans sa totalité
étant donné que la dotation a fait l’objet de nombreuses discussions au cours de la Conférence.
Il rappelle que le CIPM a présenté le travail réalisé par le directeur et le personnel du BIPM, ainsi que
par les Comités consultatifs. Les représentants des États Membres ont affirmé leur soutien vis-à-vis de
la dotation proposée et ont fait des observations sur la manière d’améliorer les systèmes du BIPM.
M. Louw note que ces contributions sont très appréciées et garantit que le CIPM nouvellement élu
s’appuiera sur ces éléments. Le CIPM a souligné le renforcement et la modernisation des structures de
gouvernance depuis 2018 : cette démarche sera appliquée à l’échelle de l’organisation avec la rédaction
de « by-laws » qui seront soumis à la CGPM. M. Louw remercie les représentants des États Membres
et le Groupe de travail ad hoc pour leurs contributions sur ces questions. M. Louw présume que toutes
les questions concernant le programme de travail du BIPM pour les années 2024 à 2027 ont trouvé
réponse. La parole est ensuite donnée au président de la CGPM qui demande aux délégués s’ils
souhaitent faire des déclarations ou requièrent des clarifications, ce qui n’est pas le cas.

50. Vote du Projet de résolution V « Sur la dotation du Bureau international des


poids et mesures pour les années 2024 à 2027 »

M. Usuda, secrétaire du CIPM, rappelle aux délégués qu’une procédure spéciale régissant la conduite de
la réunion a été adoptée au début de celle-ci. Il présente les dispositions 10 à 13 de la procédure relatives
à l’adoption des résolutions et des décisions, telles que prévues dans le « Document de travail de la CGPM
198 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

(Octobre 2022) ». Concernant le vote des projets de résolution A à F, il sera demandé à chaque délégation,
qu’elle participe sur site ou en ligne, d’indiquer si elle approuve la résolution, la rejette ou s’abstient.
M. Usuda ajoute qu’il assistera le président de la CGPM lors des votes et s’attachera en particulier à
vérifier les votes des participants en ligne afin qu’aucune voix ne soit omise. Le vote du Projet de
résolution V se fera par appel nominal en raison de l’importance de la résolution.

Par ailleurs, M. Usuda présente la procédure d’élection du CIPM et de la Commission pour l’élection
du CIPM, en se référant à la disposition 17 de la procédure spéciale dans le « Document de travail de
la CGPM (Octobre 2022) ». Il souligne que seuls les délégués présents en personne auront pouvoir de
voter lors de ces élections. Des bulletins de vote distincts pour l’élection du CIPM et pour celle de la
Commission pour l’élection du CIPM seront donnés aux délégués et le dépouillement des résultats de
chaque élection sera effectué par un service tiers de vote indépendant.

Le président remercie M. Usuda et débute le vote par appel nominal au sujet du Projet de résolution V.
Le Projet de résolution V « Sur la dotation du Bureau international des poids et mesures pour les années
2024 à 2027 » est adopté comme Résolution 7. Au total, 40 des 64 États Membres ont voté en faveur
du Projet de résolution V. Onze se sont abstenus : l’Autriche, le Bélarus, le Canada, le Costa Rica,
l’Égypte, le Mexique, le Monténégro, le Maroc, la Fédération de Russie, la Tunisie et les États-Unis
d’Amérique. Quatorze États Membres étaient absents lors du vote : la Bulgarie, le Chili, la Colombie,
le Danemark, l’Équateur, la Grèce, la Hongrie, la République islamique d’Iran, l’Irlande, Israël,
le Pakistan, la Serbie, l’Ukraine et l’Uruguay. Il n’y a pas eu de vote contre.
Mme Mcdonald (Canada) observe que la délégation canadienne s’inquiète du fait que les délégués
présents dans la salle n’ont pu voir ou entendre les délégués en ligne voter, même s’il a été possible de
voir certains commentaires en ligne. Le directeur du BIPM précise qu’un enregistrement de la fonction
« chat » du système de réunion en ligne pourra être mis à disposition pour consultation, si besoin

51. Ouverture des votes pour l’élection du CIPM et de la Commission pour


l’élection du CIPM

M. Gunn, président de la Commission pour l’élection du CIPM, rappelle que la méthode actuelle
d’élection du CIPM a été établie lors de la 25e réunion de la CGPM (2014) et que les délégués de la
CGPM ont été informés que le CIPM nouvellement élu rédigera des « by-laws » pour l’organisation.
M. Gunn espère que la procédure d’élection du CIPM sera intégrée aux by-laws et soumise à
l’approbation de la CGPM lors de sa 28e réunion.
M. Gunn précise qu’au total, 27 candidatures pour l’élection du CIPM ont été reçues à la suite de
l’appel à candidatures envoyé aux États Membres. Dans deux cas, le dossier de candidature s’est avéré
insuffisant pour sélectionner le candidat concerné donc 25 candidats répondent aux critères fixés.
Conformément à la procédure, le CIPM a examiné les candidatures et a soumis une recommandation à
la Commission pour l’élection du CIPM. Lors de plusieurs réunions en ligne, la Commission a étudié
les candidatures en fonction des critères fixés dans la procédure.
La Commission a ainsi sélectionné les candidats qui formeraient selon elle un CIPM équilibré et
représentatif pour les quatre prochaines années. Afin de parvenir à un consensus pour la présente élection,
et du fait de la situation géopolitique actuelle, la Commission soumet aux États Membres une liste de
19 candidats recommandés, ainsi qu’une liste regroupant l’ensemble des candidats répondant aux critères.
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 199

M. Gunn fait part aux délégués de la CGPM d’une information récente. La Commission pour l’élection
du CIPM a été informée le 17 novembre par une lettre officielle de l’ambassade d’Ukraine que le
candidat ukrainien ne dispose pas du soutien de son gouvernement dans le cadre de l’élection du CIPM.
Il n’est pas exigé dans la Convention du Mètre de bénéficier d’un tel soutien, car les membres du CIPM
ne sont pas élus en tant que représentants de leur État, mais le document « Critères et procédure pour
l’élection du CIPM » approuvé par le CIPM mentionne un tel critère. C’est pourquoi cette information
est transmise aux États Membres afin qu’ils puissent en tenir compte lors de leur vote.

M. Gunn explique que l’élection du CIPM s’effectuera au scrutin secret. Le bulletin de vote contient le
nom de 25 candidats et chaque État Membre peut voter pour 18 candidats maximum parmi les noms
inscrits sur le bulletin. Il est possible de voter pour moins de 18 membres mais tout vote comptant plus
de 18 noms sera déclaré nul.

M. Gunn ajoute que l’élection du CIPM sera suivie par celle visant à renouveler la Commission pour
l’élection du CIPM. Les délégués éliront neuf personnes parmi les onze candidats. L’élection de la
Commission ne fait l’objet d’aucune recommandation particulière.

Des scrutateurs indépendants ont été commissionnés pour effectuer le décompte des votes.
Il est convenu, du fait de l’information reçue tardivement concernant le candidat ukrainien, que les
délégués disposeraient de plus de temps pour remplir leurs bulletins de vote pour l’élection du CIPM
et pour celle de la Commission pour l’élection du CIPM, et que les bulletins remplis seraient déposés
dans les urnes dans un délai donné, sous la supervision des scrutateurs indépendants.

52. Vote des projets de résolution A, B et C

Projet de résolution A

M. Louw, président du CIPM, rappelle que le Projet de résolution A « Sur le rapport préparé par le
Comité international des poids et mesures sur l’évolution des besoins dans le domaine de la
métrologie »
est une première étape vers l’élaboration d’une stratégie du CIPM à compter de 2030. Il souligne que
le texte de ce projet de résolution a été mis à disposition des délégués début 2022. Il demande s’il est
nécessaire d’apporter des clarifications concernant le projet de résolution mais tel n’est pas le cas.
Le président de la CGPM demande aux délégués présents dans la salle et en ligne de lever la main s’ils
sont favorables au Projet de résolution A : ce dernier est adopté à l’unanimité, sans abstention, comme
Résolution 1 (2022) « Sur le rapport préparé par le Comité international des poids et mesures sur
l’évolution des besoins dans le domaine de la métrologie ».

Projet de résolution B

M. Louw présente les principaux éléments du Projet de résolution B « Sur la transformation numérique
mondiale et le Système international d’unités ».

Le président de la CGPM demande aux délégués présents dans la salle et en ligne de lever la main s’ils
sont favorables au Projet de résolution B : ce dernier est adopté à l’unanimité, sans abstention, comme
Résolution 2 (2022) « Sur la transformation numérique mondiale et le Système international d’unités ».
200 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

Projet de résolution C

M. Louw présente le Projet de résolution C « Sur l’extension de la liste des préfixes du SI », qui ne fait
l’objet d’aucune question ni commentaire de la part des délégués.
Le président de la CGPM demande aux délégués présents dans la salle et en ligne de lever la main s’ils
sont favorables au Projet de résolution B : ce dernier est adopté à l’unanimité, sans abstention, comme
Résolution 3 (2022) « Sur la transformation numérique mondiale et le Système international d’unités ».
Le directeur observe qu’une version mise à jour de la 9e édition de la Brochure sur le SI, version 2.01,
sera publiée dans le courant du mois de décembre 2022 afin d’intégrer les nouveaux préfixes adoptés
et d’effectuer quelques corrections typographiques mineures.
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 201

Septième séance – 18 novembre 2022 (après-midi)

Le président de la CGPM souhaite la bienvenue aux délégués pour la septième séance.

53. Vote des projets de résolution D, E et F

Projet de résolution D
M. Louw, président du CIPM, rappelle que le Projet de résolution D « Sur l’utilisation et l’évolution
future de l’UTC » a fait l’objet d’une présentation par N. Dimarcq, président du CCTF
(voir section 40). M. Louw présente les principaux éléments du projet de résolution.
Le président de la CGPM demande aux délégués présents dans la salle et en ligne de lever la main s’ils
sont favorables au Projet de résolution D. Le Projet de résolution D est adopté comme Résolution 4
(2022) « Sur l’utilisation et l’évolution future de l’UTC », avec une abstention (Bélarus) et un vote
contre (Fédération de Russie).

Le président de la CGPM observe que le résultat du vote montre clairement qu’une majorité est
favorable à cette résolution. Il ajoute que ce qui fait débat n’est pas la substance même de la résolution
mais plutôt le calendrier d’adoption des actions découlant de cette résolution. Le directeur précise qu’il
revient au CIPM de procéder aux étapes suivantes et que le CIPM prendra en considération le vote,
comme il le fait pour chaque scrutin, puis décidera des actions à mettre en place pour progresser sur ce
sujet d’ici la prochaine Conférence. Le président du CIPM confirme que le Projet de résolution D a été
adopté et que le CIPM tiendra compte des questions pratiques qui ont été soulevées.

Projet de résolution E
M. Louw indique que le projet de résolution E « Sur la future redéfinition de la seconde » a été présenté et a
fait l’objet d’une discussion lors du point 40 de l’ordre du jour, puis il en expose les principaux éléments.

Le président de la CGPM demande aux délégués présents dans la salle et en ligne de lever la main s’ils
sont favorables au Projet de résolution E : ce dernier est adopté à l’unanimité comme Résolution 5
(2022) « Sur la future redéfinition de la seconde ».

Projet de résolution F

M. Louw présente le Projet de résolution F « Sur l’adhésion universelle à la Convention du Mètre ».

Le président de la CGPM demande aux délégués présents dans la salle et en ligne de lever la main s’ils
sont favorables au Projet de résolution F : ce dernier est adopté à l’unanimité comme Résolution 6
(2022) « Sur l’adhésion universelle à la Convention du Mètre ».

54. Annonce des résultats de l’élection du CIPM et de celle de la Commission pour


l’élection du CIPM

Le président de la CGPM demande à la scrutatrice indépendante, Mme Villate, d’annoncer les résultats
de l’élection du CIPM. Les résultats sont comme suit :
202 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

Candidat Nationalité Votes

Richard, P. suisse 41

Usuda, T. japonaise 41

Laiz, H. argentine 40

Louw, W. sud-africaine 40

Rastello, M.L. italienne 40


del Campo Maldonado, D. espagnole 39

Dimarcq, N. française 39

Olthoff, J. américaine 39
Coleman, V. australienne 39

Ullrich, J. allemande 39

Park, S.-R. sud-coréenne 38


Macdonald, G. canadienne 36

Rietveld, G. néerlandaise 36

Duan, Y. chinoise 35
Janssen, J.-T. britannique 35

Achanta, V.G. indienne 34

Ripper Palmeira, G. brésilienne 32

Neyezhmakov, P. ukrainienne 21

M. Gunn, président de la Commission pour l’élection du CIPM, requiert une brève interruption de la séance
car il souhaite se réunir avec les membres de la Commission afin d’examiner les résultats de l’élection.

Son Excellence M. Cozendey (Brésil) demande des clarifications car il considère le vote comme
effectué. Il demande si le vote concernant l’élection du CIPM est clos et si la réunion de la Commission
aura des implications sur le vote.
Il s’en suit une discussion entre les délégués de la CGPM au cours de laquelle le directeur du BIPM
suggère de poursuivre la séance avec l’annonce des résultats de l’élection de la Commission pour
l’élection du CIPM, puis d’apporter une réponse à la question posée par la délégation brésilienne.

Le président de la CGPM demande à la scrutatrice indépendante, Mme Villate, d’annoncer les résultats
de l’élection de la Commission pour l’élection du CIPM. Les résultats sont comme suit :

Candidat Affiliation Votes

Kobata, T. NMIJ/AIST (Japon) 44

Chambon, M. LNE (France) 42

Gunn, R. NPL (Royaume-Uni) 42

Saundry, C. NIST (États-Unis d’Amérique) 42


Höll, A. BMWK (Allemagne) 41
27e réunion de la CGPM – Comptes rendus • 203

Candidat Affiliation Votes


Kang, C.-S. KRISS (République de Corée) 40

Melanson, J. NRC (Canada) 39

Xie, J. AQSIC (Chine) 37


Alfaleh, I. SASO-NMCC (Arabie saoudite) 23

Mikiel, M GUM (Pologne) 23

Le directeur précise qu’en raison de l’égalité des votes concernant la neuvième position à la
Commission pour l’élection du CIPM, un second tour doit être organisé avec seulement deux noms sur
le bulletin de vote (Marcin Mikiel et Ismael Alfaleh). Après distribution des bulletins de vote,
les délégués pourront voter, sous la supervision des scrutateurs, au cours d’une pause de 20 minutes.

La réunion reprend après 20 minutes de pause et M. Louw, président du CIPM, demande si le vote est
terminé concernant le second tour. Après confirmation, il est demandé aux scrutateurs de commencer
le décompte des votes. Au terme du décompte, la scrutatrice indépendante annonce qu’Ismael Alfaleh,
SASO-NMCC (Arabie saoudite), est élu membre de la Commission pour l’élection du CIPM.

La discussion reprend sur la question de l’élection du CIPM. M. Gunn, président de la Commission


pour l’élection du CIPM, informe les délégués que les membres de la Commission pour l’élection du
CIPM ont pu échanger et examiner la lettre transmise par l’Ambassade d’Ukraine.

Il s’ensuit une discussion entre le président de la Commission pour l’élection du CIPM et les délégués au
sujet des résultats de l’élection du CIPM précédemment annoncés, avec pour point principal la question
de savoir si le candidat ukrainien bénéficie du soutien de son gouvernement.

Le président de la Commission pour l’élection du CIPM propose d’organiser une nouvelle élection.
Les délégués de plusieurs États Membres s’y opposent, la majorité considérant que le résultat de l’élection
des 18 membres du CIPM reflète la vision commune des États Parties à la Convention du Mètre qui ont
voté. Par conséquent, le résultat du vote doit être maintenu.

Le président de la CGPM résume la discussion en soulignant qu’il existe une procédure clairement
définie concernant l’élection du CIPM. Une liste de candidats a été établie, les délégués ont reçu toutes
les informations nécessaires sur les candidats préalablement au vote, une élection a été organisée et les
résultats doivent être considérés comme valides.

Une question demeure quant à ce que doit faire un candidat s’il n’a pas le soutien de son gouvernement.
À l’heure actuelle, il n’y a pas lieu de voter ou de prendre une décision. Les résultats de l’élection sont
maintenus et le seul changement possible concernant la composition du CIPM serait l’éventuelle
démission d’un membre dans le futur.

55. Projets de célébration du 150e anniversaire de la Convention du Mètre le


20 mai 2025

M. Louw présente les projets de célébration du 150e anniversaire de la signature la Convention du


Mètre qui aura lieu le 20 mai 2025. Il rappelle que la Convention du Mètre a été signée à Paris par
dix-sept nations le 20 mai 1875 dans le but d’assurer l’unification internationale et le perfectionnement
du système métrique. L’objectif est de célébrer les accomplissements du BIPM au cours de 150 années
de métrologie, de présenter une nouvelle vision et une nouvelle stratégie pour le BIPM à compter de
204 • 27e réunion de la CGPM – Comptes rendus

2030, et de promouvoir la métrologie auprès d’une audience la plus large possible. Ces événements
pourraient notamment se tenir au siège de l’UNESCO à Paris et au Palais des Congrès de Versailles.

Les résolutions adoptées par la CGPM à sa 27e réunion, en particulier les Résolutions 1, 2 et 6, donnent
mandat au CIPM pour élaborer une stratégie à compter de 2030 et pour proposer une nouvelle vision
et une nouvelle mission pour le BIPM. Le CIPM proposera un nouveau modèle de participation aux
activités de l’organisation et prendra des mesures pour moderniser davantage les méthodes de
gouvernance. Ainsi, l’élaboration des propositions concernant une nouvelle vision, une nouvelle
stratégie, et un nouveau modèle favorisant une plus large participation, ainsi que le processus de
consultation se dérouleront en 2023 et 2024. Le CIPM présentera la nouvelle mission, la nouvelle
vision et le modèle de participation plus large en mai 2025.

De mai 2025 à fin 2025, le CIPM prendra en considération les observations formulées au sujet des
propositions de nouveaux modèles de participation puis il préparera des projets de résolution qui seront
soumis à l’approbation de la CGPM en 2026. Si la CGPM adopte la nouvelle vision et la nouvelle mission,
ainsi que les modèles de participation, ces projets pourront être pleinement mis en œuvre avant 2030.

Deux projets du CIPM seront lancés en juin 2023, en amont du 150e anniversaire. La stratégie du CIPM
à compter de 2030 implique le développement d’une nouvelle vision et d’une nouvelle stratégie pour
le BIPM et la métrologie mondiale, ainsi qu’une consultation sur ces sujets. Le travail consistera
notamment à examiner des options pour élargir la participation aux activités du BIPM. Le CIPM
lancera une consultation auprès de jeunes métrologistes afin de connaître la façon dont ils envisagent
la métrologie à partir de 2050. Ce projet mondial qui vise à susciter et faciliter des discussions parmi
des groupes de jeunes métrologistes est une proposition des organisations régionales de métrologie,
l’objectif étant de connaître quelle est leur vision concernant le futur de la métrologie.

56. Questions diverses

Mme Macdonald (Canada) remercie le BIPM pour l’organisation de la conférence. Elle souligne les
efforts considérables fournis par les membres du personnel du BIPM pendant plusieurs années avant
la CGPM pour assurer le travail de préparation de la réunion. Cette réunion a été particulièrement
compliquée et a comporté un certain nombre de défis en raison de son format hybride.
Le directeur du BIPM tient également à remercier le personnel du BIPM et les détachés impliqués dans
la préparation de la réunion.

57. Clôture de la réunion

Le président de la CGPM clôt la conférence en soulignant qu’il est personnellement très heureux
d’avoir présidé cette réunion, d’avoir eu l’opportunité de découvrir un monde inconnu et de découvrir
la communauté de la métrologie et la façon dont elle fait progresser la science. Il a trouvé la réunion
très instructive et intéressante.

M. Louw, au nom du CIPM, remercie M. Flandrin d’avoir assisté à la réunion et de l’avoir présidée
avec efficacité.
27e réunion de la CGPM – Résolutions • 205

Résolutions adoptées par la


Conférence générale des poids et mesures
lors de sa 27e réunion (2022)

Résolution 1 Sur le rapport préparé par le Comité international des poids et mesures 206
sur l’évolution des besoins dans le domaine de la métrologie

Résolution 2 Sur la transformation numérique mondiale et le Système international 208


d’unités

Résolution 3 Sur l’extension de la liste des préfixes du SI 210

Résolution 4 Sur l’utilisation et l’évolution future de l’UTC 211

Résolution 5 Sur la future redéfinition de la seconde 213

Résolution 6 Sur l’adhésion universelle à la Convention du Mètre 214

Résolution 7 Sur la dotation du Bureau international des poids et mesures pour les années 216
2024 à 2027
206 • 27e réunion de la CGPM – Résolutions

Résolution 1

Sur le rapport préparé par le Comité international des poids et mesures sur
l’évolution des besoins dans le domaine de la métrologie

La Conférence générale des poids et mesures (CGPM), à sa 27e réunion,

rappelant

− la Résolution 2 adoptée par la CGPM à sa 23e réunion (2007) qui invite le Comité
international des poids et mesures (CIPM) à présenter un rapport sur l’évolution des besoins
dans le domaine de la métrologie aux prochaines réunions de la CGPM et à préparer des
propositions d’activités à mettre en œuvre par le Bureau international des poids et mesures
(BIPM) au niveau international,
− la Résolution 1 adoptée par la CGPM à sa 26e réunion (2018) sur la révision du Système
international d’unités (SI) qui définit les sept unités de base à partir de la valeur numérique
fixée de constantes choisies, ce qui ouvre de nouvelles perspectives à la réalisation des unités,
− la Résolution 3 adoptée par la CGPM à sa 26e réunion (2018) qui accueille favorablement le
développement d’une vision stratégique à long terme qui, associée à un processus de
planification consolidée, étaye le développement du Programme de travail du BIPM en
consultation avec les États Membres,
notant

− le rôle essentiel que joue le Système international d’unités (SI) afin d’établir la confiance
dans l’exactitude et la comparabilité au niveau mondial des mesures nécessaires pour le
commerce international, l’industrie, la santé humaine et la sécurité, la protection de
l’environnement, les études sur l’évolution du climat, ainsi que la recherche scientifique,
− le rôle critique de la métrologie pour relever les défis mondiaux dans des domaines tels que
le changement climatique et l’environnement, la santé et les sciences de la vie, la sécurité
alimentaire, l’énergie, l’industrie de pointe, la transformation numérique et la lutte contre les
pandémies mondiales,
− la nature de plus en plus multidisciplinaire des mesures en ce qui concerne les nouvelles
technologies ou les technologies de rupture, et les nouvelles exigences vis-à-vis de la métrologie
dans les domaines des technologies numériques, des réseaux de capteurs et du Big Data,
saluant le rapport du CIPM « Evolving needs in metrology » sur l’évolution des besoins dans le
domaine de la métrologie,

encourage le CIPM

− à élaborer une vision à long terme qui veille à ce que le système mondial de mesures
demeure pertinent et qu’il réponde de manière adéquate aux nouveaux défis métrologiques,
− à établir des groupes interdisciplinaires (« horizontaux ») qui relèveront ces nouveaux défis
et qui compléteront l’actuelle structure (« verticale ») de ses Comités consultatifs, fondée sur
les grandeurs,
− à marquer, le 20 mai 2025, le 150e anniversaire de la signature de la Convention du Mètre
en présentant une nouvelle vision pour le BIPM qui s’appuie sur le rapport du CIPM sur
l’évolution des besoins dans le domaine de la métrologie et qui se fonde sur un examen des
réalisations du BIPM et des exigences futures concernant ses activités,
27e réunion de la CGPM – Résolutions • 207

− à consulter de façon élargie sur la proposition qu’il formulera au sujet d’une nouvelle vision
pour le BIPM qui sera présentée à la CGPM lors de sa 28e réunion (2026),

et invite les États Membres et les laboratoires nationaux de métrologie à contribuer au travail du
CIPM visant à répondre à l’évolution des besoins dans le domaine de la métrologie et à définir une
nouvelle vision pour le BIPM.
208 • 27e réunion de la CGPM – Résolutions

Résolution 2

Sur la transformation numérique mondiale et le Système international d’unités

La Conférence générale des poids et mesures (CGPM), à sa 27e réunion,

considérant

− le fait que les gouvernements, l’industrie, le monde universitaire et la société civile œuvrent depuis
de nombreuses années pour une transformation numérique globale et qu’ils sont ainsi amenés :

− à établir des systèmes de collecte, d’agrégation, d’analyse et d’interprétation des


données numériques,
− à mettre en place des systèmes de capteurs en réseau pour diverses applications
scientifiques et industrielles,
− à partager des données à l’échelle locale, nationale, régionale et internationale,
− le rôle essentiel que joue le Système international d’unités (SI) afin d’établir la confiance
dans l’exactitude et la comparabilité au niveau mondial des mesures nécessaires pour le
commerce international, l’industrie, la santé humaine et la sécurité, la protection de
l’environnement, les études sur l’évolution du climat, ainsi que la recherche scientifique,

anticipant que

− maintenir et renforcer la confiance dans l’exactitude et la comparabilité au niveau mondial


des mesures nécessitera d’élaborer une représentation numérique complète du SI qui
comprendra des représentations numériques robustes, non ambiguës et exploitables par
machine des unités, valeurs et incertitudes de mesure,
− réussir une telle transformation numérique globale requerra de collaborer avec un grand
nombre de parties prenantes, telles que l’Organisation internationale de normalisation (ISO), la
Commission électrotechnique internationale (IEC), l’Organisation internationale de métrologie
légale (OIML), l’International Laboratory Accreditation Cooperation (ILAC), le Comité sur
les données scientifiques et technologiques (CODATA) du Conseil international des sciences,
ainsi qu’avec d’autres communautés scientifiques, organismes de réglementation et
organisations de l’infrastructure de la qualité,

salue

− les récents efforts visant à définir des principes d’orientation pour une transformation
numérique de la métrologie,
− l’établissement d’une structure de gouvernance flexible et inclusive soutenant le
développement et la mise en œuvre de cette transformation,

encourage

− le CIPM à continuer ses actions de promotion et de mobilisation afin de s’assurer que le rôle
de la Convention du Mètre, en tant que fondement de la confiance vis-à-vis de la métrologie
accepté au niveau international, s’ouvre à l’ère numérique,
− le CIPM à commencer à développer et promouvoir un « cadre numérique du SI » qui
présentera notamment les caractéristiques suivantes :
27e réunion de la CGPM – Résolutions • 209

− constituer une représentation numérique du SI acceptée au niveau mondial qui soit


compatible et utilisable avec les normes et protocoles d’échange de données numériques,
et qui conserve sa compatibilité avec les solutions non numériques existantes,
− faciliter l’utilisation des certificats numériques dans l’actuelle infrastructure robuste
qui permet la reconnaissance et l’acceptation au niveau international des aptitudes
en matière de mesures et d’étalonnages,
− adopter les principes FAIR (Findable, Accessible, Interoperable, and Reusable -
données trouvables, accessibles, interopérables et réutilisables) pour les données et
métadonnées métrologiques numériques, en s’assurant que les autres communautés
reconnaissent l’importance critique de la traçabilité métrologique des données de
mesure, cette dernière étant une condition préalable à l’instauration de la confiance,
invite

− les laboratoires nationaux de métrologie, les organisations régionales de métrologie ainsi que
d’autres parties prenantes à maintenir et, si possible, à accroître leur actuel niveau
d’engagement et de collaboration avec le CIPM afin de continuer à développer, promouvoir
et mettre en œuvre le « cadre numérique du SI »,
− toutes les organisations partageant un intérêt ou des activités concernant l’infrastructure de la
qualité – qui repose sur la métrologie, la normalisation, l’accréditation, l’évaluation de la
conformité et la surveillance du marché – à envisager de participer à ce projet commun de
transformation numérique afin de s’assurer que le « cadre numérique du SI » répond aux
besoins de toutes les parties prenantes.
210 • 27e réunion de la CGPM – Résolutions

Résolution 3

Sur l’extension de la liste des préfixes du SI

La Conférence générale des poids et mesures (CGPM), à sa 27e réunion,


rappelant les décisions prises lors de ses précédentes réunions lorsqu’il a été considéré opportun
d’étendre la liste des préfixes du SI, notamment la Résolution 12 (paragraphe 3) adoptée par la
CGPM à sa 11e réunion (1960), la Résolution 8 adoptée par la CGPM à sa 12e réunion (1964),
la Résolution 10 adoptée par la CGPM à sa 15e réunion (1975), et la Résolution 4 adoptée par la
CGPM à sa 19e réunion (1991),

considérant

− le rôle essentiel que joue le Système international d’unités (SI) afin d’établir la confiance
dans l’exactitude et la comparabilité au niveau mondial des mesures nécessaires pour le
commerce international, l’industrie, la santé humaine et la sécurité, la protection de
l’environnement, les études sur l’évolution du climat, ainsi que la recherche scientifique,
− les avantages à encourager l’utilisation des unités du SI en mettant de nouveaux préfixes du
SI à la disposition des communautés scientifiques qui dépendent de mesures qui ne sont pas
couvertes par les préfixes existant actuellement,
− les besoins de la science des données, dans un futur proche, afin d’exprimer des quantités
d’informations numériques d’un ordre de grandeur supérieur à 1024,
− l’importance de prendre une mesure en temps opportun afin d’éviter que des noms de préfixe
non officiels ne soient adoptés de facto par d’autres communautés,
décide d’ajouter à la liste des préfixes du SI pour la formation des noms des multiples et
sous-multiples des unités les préfixes suivants :

Facteur par lequel


Préfixe Symbole
l’unité est multipliée

1027 ronna R

10−27 ronto r

1030 quetta Q

10−30 quecto q
27e réunion de la CGPM – Résolutions • 211

Résolution 4

Sur l’utilisation et l’évolution future de l’UTC

La Conférence générale des poids et mesures (CGPM), à sa 27e réunion,

rappelant que

− le Temps universel coordonné (UTC) est une échelle de temps produite par le Bureau
international des poids et mesures (BIPM) ayant la même marche que le Temps atomique
international (TAI) mais différant du TAI par un nombre entier de secondes seulement,
− le décalage d’un nombre entier de secondes est dû au fait de maintenir l’accord entre l’UTC et
l’échelle de temps qui est calculée à partir de l’angle de rotation de la Terre (UT1),
− lorsque la différence (UT1 - UTC), telle qu’observée par le Service international de la
rotation terrestre et des systèmes de référence (IERS), a une valeur prédite proche de
0,9 seconde, une seconde intercalaire est introduite selon la procédure décrite dans la
Recommandation UIT-R TF.460-6 du Secteur des radiocommunications de l’Union
internationale des télécommunications (UIT-R),

rappelant par ailleurs que la CGPM à sa 26e réunion (2018)

− a déclaré que l’UTC est l’unique échelle de temps recommandée comme référence
internationale et qu’elle est à la base du temps civil dans la plupart des pays,
− a recommandé à toutes les organisations et unions concernées de travailler ensemble afin de
parvenir à une compréhension commune des échelles de temps de référence, de leur
réalisation et de leur dissémination, l’objectif étant d’examiner les limites actuelles de
l’amplitude maximale d’UT1 - UTC afin de répondre aux besoins des communautés
d’utilisateurs actuelles et à venir,
saluant la signature d’un protocole d’accord entre le BIPM et l’Union internationale des
télécommunications (UIT) qui confirme que les deux organisations continueront à travailler en
commun afin d’améliorer l’accès à l’UTC,
notant que

− la valeur maximale acceptée pour la différence (UT1 - UTC) fait l’objet de discussions depuis de
nombreuses années car l’introduction de secondes intercalaires qui en découle crée des
discontinuités qui risquent de provoquer de graves dysfonctionnements d’infrastructures
numériques essentielles, telles que les systèmes globaux de navigation par satellite (GNSS), les
systèmes de télécommunication et ceux de transmission d’énergie,
− les opérateurs de réseaux numériques et systèmes GNSS ont développé et appliqué différentes
méthodes d’introduction des secondes intercalaires qui ne suivent pas de normes convenues,
− la mise en œuvre de ces différentes méthodes non coordonnées menace la résilience des
capacités de synchronisation qui étayent des infrastructures nationales critiques,
− l’utilisation de ces différentes méthodes génère par ailleurs de la confusion, ce qui compromet la
reconnaissance de l’UTC comme unique échelle de temps de référence et remet en question le
rôle des laboratoires nationaux de métrologie (et laboratoires désignés) comme sources de
traçabilité aux étalons métrologiques nationaux et internationaux,
− les récentes observations de la vitesse de la rotation de la Terre indiquent qu’il pourrait être
nécessaire d’introduire pour la première fois une seconde intercalaire négative, ce qui n’a
jamais été envisagé ou testé,
212 • 27e réunion de la CGPM – Résolutions

− le Comité consultatif du temps et des fréquences (CCTF) a conduit une étude approfondie
auprès d’institutions métrologiques, scientifiques et technologiques, ainsi qu’auprès d’autres
parties prenantes, dont les réponses confirment la position selon laquelle des mesures
doivent être prises afin de résoudre la question des discontinuités de l’UTC,
reconnaissant que l’utilisation de l’UTC comme unique échelle de temps de référence pour
l’ensemble des applications, y compris les réseaux numériques avancés et les systèmes satellitaires,
requiert de définir de façon claire et sans ambiguïté l’UTC comme une échelle de temps continue
disposant d’une chaîne de traçabilité parfaitement comprise,

décide que la valeur maximale pour la différence (UT1 - UTC) sera augmentée au plus tard en 2035,

demande au CIPM de consulter l’UIT, ainsi que d’autres organisations qui pourraient être
concernées par cette décision, afin de préparer les actions suivantes :

− proposer une valeur maximale pour la différence (UT1 - UTC) qui permettra d’assurer la
continuité de l’UTC pendant au moins un siècle,
− préparer un plan de mise en œuvre d’ici 2035 au plus tard de la valeur maximale proposée
pour la différence (UT1 - UTC),
− proposer une périodicité pour l’examen par la CGPM de la nouvelle valeur maximale après
sa mise en œuvre afin que la CGPM garde le contrôle de l’applicabilité et de l’acceptabilité
de la valeur appliquée,
− rédiger une résolution décrivant ces propositions qui sera soumise pour adoption par la
CGPM à sa 28e réunion (2026),

encourage le BIPM à travailler avec les organisations concernées afin d’identifier la nécessité de
mettre à jour les différents services qui disséminent la valeur de la différence (UT1 - UTC) et afin de
vérifier que la nouvelle valeur maximale est correctement comprise et utilisée.
27e réunion de la CGPM – Résolutions • 213

Résolution 5

Sur la future redéfinition de la seconde

La Conférence générale des poids et mesures (CGPM), à sa 27e réunion,


rappelant que

− la CGPM à sa 13e réunion (1967) a défini la seconde comme « la durée de


9 192 631 770 périodes de la radiation correspondant à la transition entre les deux niveaux
hyperfins de l’état fondamental de l’atome de césium 133 »,
− la CGPM à sa 26e réunion (2018) a révisé les définitions des unités de base du SI, y compris en
ce qui concerne la seconde qui est définie en prenant la valeur numérique fixée de la fréquence du
césium, ∆νCs, la fréquence de la transition hyperfine de l’état fondamental de l’atome de césium
133 non perturbé, égale à 9 192 631 770 lorsqu’elle est exprimée en Hz, unité égale à s–1,

notant que

− des étalons de fréquence optiques fondés sur différentes espèces et transitions, dans de nombreux
laboratoires nationaux de métrologie, ont dépassé l’exactitude pouvant être atteinte par l’actuelle
mise en pratique de la définition de la seconde d’un facteur allant jusqu’à 100,
− la fiabilité et l’incertitude des comparaisons de temps et de fréquence s’améliorent de façon
considérable,
− certains laboratoires ont démontré que des échelles de temps élaborées à partir d’un ou de
plusieurs étalons de fréquence optiques ont le potentiel de présenter une exactitude plus
élevée que l’échelle de temps fondée sur l’actuelle définition de la seconde,
− ces avancées permettront d’améliorer davantage la réalisation et la dissémination des
échelles de temps, en particulier du Temps universel coordonné (UTC),

notant par ailleurs que le Comité consultatif du temps et des fréquences (CCTF), lors de ses travaux
visant à répondre aux besoins actuels et futurs de la métrologie du temps,
− a réalisé une étude approfondie auprès d’institutions métrologiques, scientifiques et technologiques,
ainsi qu’auprès d’autres parties prenantes, qui a confirmé l’intérêt à l’échelle mondiale que suscitent
des services de temps et de fréquences rendus plus exacts par une nouvelle définition de la seconde,
− cherche à identifier la meilleure espèce candidate ou le meilleur ensemble d’espèces
candidates qui pourrait servir de fondement à une nouvelle définition,
− a préparé une feuille de route décrivant les actions et le calendrier nécessaires pour pouvoir
adopter une nouvelle définition de la seconde et a établi les critères et indicateurs appropriés
afin de superviser les progrès accomplis en ce sens,

encourage le Comité international des poids et mesures (CIPM)

− à promouvoir combien il est important de réaliser les objectifs fixés dans la feuille de route
pour la redéfinition de la seconde,
− à formuler des propositions lors de la 28e réunion de la CGPM (2026) afin de choisir
l’espèce privilégiée, ou l’ensemble d’espèces, pour une redéfinition de la seconde et afin de
définir les mesures suivantes qui devront être prises afin qu’une nouvelle définition de la
seconde soit adoptée par la CGPM à sa 29e réunion (2030),
et invite les États Membres à soutenir les activités de recherche, ainsi que le développement
d’infrastructures nationales et internationales, afin de pouvoir progresser vers l’adoption d’une
nouvelle définition de la seconde.
214 • 27e réunion de la CGPM – Résolutions

Résolution 6

Sur l’adhésion universelle à la Convention du Mètre

La Conférence générale des poids et mesures (CGPM), à sa 27e réunion,


rappelant

− qu’en 1875 les Hautes Parties contractantes, désirant assurer l’unification internationale et le
perfectionnement du système métrique, ont résolu de conclure une Convention à cet effet
(connue depuis sous le nom de Convention du Mètre) et avaient ainsi, dès le départ,
l’ambition d’une participation universelle,
− qu’une telle ambition a été rappelée dans la Convention en 1921 par l’insertion de l’Article
III, lequel prévoit que « [t]out État pourra adhérer à la […] Convention en notifiant son
adhésion au Gouvernement français […] »,
− qu’il est important et pertinent de promouvoir et faciliter une plus large participation, tel que
l’a souligné en particulier la CGPM dans les résolutions suivantes :
− la Résolution 14 adoptée par la CGPM à sa 11e réunion (1960),
− la Résolution 2 et la Résolution 3 adoptées par la CGPM à sa 21e réunion (1999),
− la Résolution 3 et la Résolution 4 adoptées par la CGPM à sa 22e réunion (2003),
− la Résolution 5, la Résolution 6 et la Résolution 7 adoptées par la CGPM à sa
23e réunion (2007),
− la Résolution 4 et la Résolution 5 adoptées par la CGPM à sa 24e réunion (2011),
− la Résolution 3 adoptée par la CGPM à sa 26e réunion (2018),
notant que

− à la suite de l’adoption des résolutions susmentionnées, un certain nombre d’actions ont été
mises en œuvre par le Comité international des poids et mesures (CIPM) afin de faciliter une
plus large participation,
− le nombre de participants a augmenté de façon remarquable, en particulier au cours des
deux dernières décennies depuis le lancement du CIPM MRA, le nombre d’États adhérant à
la Convention du Mètre passant de 48 en 1999 à 64,
− la création du statut d’Associé à la CGPM, qui permet aux États qui ne sont pas encore prêts
à devenir Membres et aux Entités économiques de participer, a été un mécanisme efficace
pour accroître l’implication d’États à la communauté métrologique internationale et
constitue une première étape vers l’adhésion à la Convention du Mètre,
− le besoin pour chaque État d’accéder à une infrastructure de la qualité efficace permettra
d’atteindre plus facilement les Objectifs de développement durables (ODD) adoptés par les
Nations Unies dans le cadre du Programme de développement durable à l’horizon 2030,

s’engageant

− à renforcer davantage le rôle du Bureau international des poids et mesures (BIPM) et à


faciliter une participation plus large à ses activités, afin de parvenir à une adhésion durable
et universelle à la Convention du Mètre,
27e réunion de la CGPM – Résolutions • 215

saluant

− les efforts continus du personnel du BIPM afin de renforcer son efficacité et son efficience,
ainsi que les efforts du CIPM, des États Membres, des organisations régionales de
métrologie et de laboratoires nationaux de métrologie afin d’encourager et faciliter une plus
large participation,
− le soutien apporté par d’autres organisations internationales aux pays en développement en
vue d’établir l’infrastructure métrologique ainsi que celle plus large de la qualité,
− l’initiative annuelle conjointe du BIPM et de l’Organisation internationale de la métrologie légale
(OIML) afin de célébrer la Journée mondiale de la métrologie, qui a joué un rôle important afin
de mieux faire connaître les avantages de la participation aux activités des deux organisations
intergouvernementales et à celles des organisations régionales de métrologie,

reconnaissant que

− un nombre considérable d’États ne participent pas encore aux activités du BIPM,


− le fait d’apporter des modifications à la structure des contributions et souscriptions, ainsi
qu’aux droits de participation accordés, pourrait faciliter une participation universelle,
− de telles modifications doivent être équitables vis-à-vis des États Membres existants et
doivent fournir une base solide à l’organisation intergouvernementale,

invite le CIPM

− à étudier les pratiques d’adhésion d’autres organisations internationales,


− à examiner comment l’Article III de la Convention du Mètre est actuellement appliqué et à
présenter à la CGPM à sa 28e réunion comment cet article pourrait être mis en œuvre afin de
faciliter une adhésion durable et universelle à la Convention du Mètre,
− à analyser les implications d’une participation plus large au programme de travail et aux
services du BIPM,
− à proposer les mesures qui s’imposent afin de les soumettre pour examen à la CGPM à sa
28e réunion.
216 • 27e réunion de la CGPM – Résolutions

Résolution 7

Sur la dotation du Bureau international des poids et mesures pour les années
2024 à 2027

La Conférence générale des poids et mesures (CGPM), à sa 27e réunion,

considérant

− l’importance croissante du travail du Bureau international des poids et mesures (BIPM), dans
tous les États Membres, pour le commerce international, l’innovation dans le secteur industriel,
la surveillance du changement climatique, la santé humaine et la médecine, l’alimentation et la
médecine légale,
− le fait que le BIPM est reconnu comme l’organisation intergouvernementale scientifique experte
dans le domaine de la métrologie, ainsi que la valeur ajoutée et l’optimisation des coûts que le
travail du BIPM apporte aux États Membres sur les plans technique et économique,
− la façon dont le BIPM continue d’adopter les meilleures pratiques de gestion et d’améliorer
l’efficacité de son fonctionnement,
− la Résolution 7 adoptée par la CGPM à sa 16e réunion (1979), établissant le principe de
détermination de la dotation de base,

notant

− la situation financière mondiale actuelle et les contraintes financières auxquelles les


États Membres continuent d’être soumis,
− les exigences auxquelles doit répondre le BIPM afin de développer des compétences pour
mettre en œuvre la transformation numérique de la métrologie, l’objectif étant à la fois de
faire évoluer ses propres services et de soutenir le travail du CIPM,

accueille favorablement

− le soutien de toutes sortes apporté au BIPM par les laboratoires nationaux de métrologie,
en particulier par voie de détachement de membres de leur personnel auprès du BIPM,
ainsi que le soutien concernant le programme du BIPM de renforcement des capacités et de
transfert des connaissances,
décide que

− la dotation annuelle du BIPM, telle que définie à l’article 6 (1921) du Règlement annexé à la
Convention du Mètre, sera fixée de façon à ce qu’elle corresponde, pour les États Parties à la
Convention du Mètre au moment de la 27e réunion de la CGPM, à 1 :

13 161 218 euros en 2024


13 358 636 euros en 2025
13 559 016 euros en 2026
13 762 401 euros en 2027

1
Le Costa Rica n’a pas été pas inclus dans le calcul de la dotation car le BIPM a été notifié de son accession après la réunion
du CIPM de juin 2022.
27e réunion de la CGPM – Résolutions • 217

encourage

− les États Membres, ainsi que les organisations internationales, les organismes privés et les
fondations à continuer à apporter un soutien volontaire supplémentaire de toutes sortes afin de
soutenir des activités spécifiques liées à la mission du BIPM, en particulier celles qui facilitent
la participation aux activités du BIPM de pays qui ne disposent pas d’une infrastructure
métrologique bien développée.
218 • 27e réunion de la CGPM – Annexe A

Annexe A – Convocation et Procédure spéciale

N.Réf : MM-CFA-2022-00401

Sèvres, 11 février 2022

Ambassades à Paris des États Parties à la Convention du Mètre


Président de l’Académie des sciences
Membres du CIPM

Convocation de la 27e réunion de la


Conférence générale des poids et mesures (CGPM)

En vertu de l’article 7 du Règlement annexé à la Convention du Mètre, nous tenons par la présente à
vous informer que le Comité international des poids et mesures (CIPM) a décidé de convoquer la
27e réunion de la Conférence générale des poids et mesures (CGPM) du mardi 15 au
vendredi 18 novembre 2022 au Palais des Congrès de Versailles, 10 rue de la Chancellerie,
78000 Versailles, Yvelines, France.

En vertu de l’article 4 de la Convention, la CGPM sera présidée par le Professeur Patrick Flandrin,
président en exercice de l’Académie des sciences.

Conformément aux meilleures pratiques adoptées par d’autres organisations internationales,


la réunion se tiendra dans un format « hybride » permettant à la fois une participation en personne et
à distance. À cette fin, le CIPM propose que la CGPM, à sa 27e réunion, adopte une procédure
spéciale régissant la conduite de la réunion. Cette procédure spéciale, jointe à la présente lettre,
sera examinée au cours de la séance d’ouverture de la réunion de la CGPM. Nous saurions gré aux
États Parties de bien vouloir indiquer au secrétaire du CIPM d’ici le 30 juin 2022 (par courriel à
l’adresse [email protected]) s’ils soutiennent l’adoption de la procédure spéciale proposée.
Une liste des projets de résolution proposés par le CIPM pour discussion lors de la réunion, ainsi
qu’un ordre du jour provisoire, sont joints à cette lettre.

Les États Parties sont invités à présenter leurs propositions par voies officielles en respectant un délai
de quatre (4) mois avant la réunion afin que ces propositions puissent être transmises aux autres
États Parties, tel que prévu dans la Résolution 10 adoptée par la CGPM à sa 9e réunion (1948).

Les États Parties sont priés de communiquer au directeur du Bureau international des poids et
mesures (BIPM) (par courriel à l’adresse [email protected]) la composition de leur délégation, ainsi
que les titres accréditant les délégués, au plus tard deux semaines avant l’ouverture de la 27e réunion.

Le programme détaillé de la réunion de la CGPM, ainsi que les documents y afférents, seront
disponibles sur le site internet du BIPM qui sera mis à jour régulièrement au cours de la préparation
de la réunion : https://www.bipm.org/fr/cgpm-2022.
27e réunion de la CGPM – Annexe A • 219

Compte tenu de la situation sanitaire mondiale actuelle, nous organiserons deux séances
d’information en ligne afin de tenir les participants informés des plans concernant la réunion de la
CGPM. Le président du CIPM profitera également de ces deux séances pour présenter des
propositions au sujet de la constitution d’un groupe de travail informel sur la dotation.
Des informations à ce sujet seront envoyées par courriel.

Pour le Comité international des poids et mesures

Secrétaire du CIPM Président du CIPM


Takashi Usuda Wynand Louw

Annexe 1 Liste des projets de résolution de la 27e réunion de la CGPM

Annexe 2 Ordre du jour provisoire de la 27e réunion de la CGPM

Appendice Procédure spéciale régissant la conduite de la 27e réunion de la CGPM

Copie

Directeurs des laboratoires nationaux de métrologie des États Parties à la Convention du Mètre
220 • 27e réunion de la CGPM – Annexe A

Annexe 1

Liste des projets de résolution de la 27e réunion de la Conférence


générale des poids et mesures

A. Sur le rapport préparé par le Comité international des poids et mesures sur l’évolution des
besoins dans le domaine de la métrologie

B. Sur la transformation numérique mondiale et le Système international d’unités

C. Sur l’extension de la liste des préfixes du SI


D. Sur l’utilisation et l’évolution future de l’UTC

E. Sur la future redéfinition de la seconde

F. Sur l’adhésion universelle à la Convention du Mètre

V. Sur la dotation du Bureau international des poids et mesures

Les projets de résolution sont disponibles sur le site internet du BIPM à l’adresse
https://www.bipm.org/fr/cgpm-2022/documents.
27e réunion de la CGPM – Annexe A • 221

Annexe 2

Ordre du jour provisoire de la 27e réunion de la Conférence


générale des poids et mesures

Présentation des titres accréditant les délégués


1. Ouverture de la réunion

2. Discours de Son Excellence M. le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de la


République française

3. Réponse de M. le Président du Comité international des poids et mesures

4. Discours de M. le Président de l’Académie des sciences de Paris, Président de la CGPM

5. Désignation du Secrétaire de la CGPM


6. Établissement de la liste des délégués ayant pouvoir de voter

7. Approbation de l’ordre du jour

8. Procédure spéciale permettant une participation en ligne à la 27e réunion


9. Rapport de M. le Président du CIPM sur les travaux accomplis depuis la 26e réunion de la
CGPM
10. Rapport de M. le Directeur du BIPM sur les travaux accomplis depuis la 26e réunion de la
CGPM

L’ordre et le temps consacré aux points de l’ordre du jour ci-dessous sont indiqués dans le
programme détaillé.

11. Présentations des représentants d’organisations intergouvernementales et d’organismes


internationaux

12. Rapport sur les relations avec les organisations intergouvernementales et les organismes
internationaux

13. Rapports des présidents des Comités Consultatifs


14. Sur le rapport préparé par le Comité international des poids et mesures sur l’évolution des
besoins dans le domaine de la métrologie (Projet de résolution A)

15. Sur la transformation numérique mondiale et le Système international d’unités (Projet de


résolution B)
16. Sur l’extension des préfixes du SI (Projet de résolution C)

17. Sur l’utilisation et l’évolution future de l’UTC (Projet de résolution D)

18. Sur la future redéfinition de la seconde (Projet de résolution E)


19. Sur l’adhésion universelle à la Convention du mètre (Projet de résolution F)

20. Rapport du président du Sous-comité du CIPM sur les finances

21. Programme de travail du BIPM proposé pour les années 2024 à 2027
222 • 27e réunion de la CGPM – Annexe A

22. Désignation des membres du Groupe de travail sur la dotation du BIPM


23. Sur la dotation du Bureau international des poids et mesures (Projet de résolution V)

24. Propositions des délégués

25. Votes des résolutions


26. Élection du CIPM

27. Questions diverses


28. Projets afin de célébrer, le 20 mai 2025, le 150e anniversaire de la signature de la
Convention du Mètre

29. Clôture de la réunion


27e réunion de la CGPM – Annexe A • 223

Appendice de la Convocation
de la 27e réunion de la CGPM

Procédure spéciale régissant la conduite de la 27e réunion de la CGPM


(ci-après dénommée « Procédure spéciale »)

I. OBJET
1. Compte tenu des restrictions de voyage sans précédent qui ont été mises en place en raison
de la pandémie de COVID-19, il est très peu probable que l’ensemble des États Parties à la
Convention du Mètre puissent être représentés en personne à la 27e réunion de la CGPM.

2. L’objet de la présente Procédure spéciale est de permettre que la 27e réunion de la CGPM se
tienne en novembre 2022 dans un format hybride, permettant à la fois une participation en
personne et à distance des représentants des États Parties, ainsi que des représentants des
États et Entités économiques Associés à la CGPM et des observateurs invités.
3. Cette Procédure spéciale est exceptionnelle et ne constitue pas un amendement des
dispositions de la Convention du Mètre et de son Règlement annexé.

4. D’autres organisations internationales siégeant en France ont eu recours à une procédure


similaire permettant à leurs organes de gouvernance et assemblées générales de remplir leur
fonction en dépit des restrictions de voyages.

II. CONDUITE DE LA RÉUNION


5. Tout sera mis en œuvre pour permettre la pleine participation des délégués de l’ensemble des
États Parties. Outre la possibilité de participer à la réunion au Palais des Congrès à
Versailles, une plateforme en ligne, facile à utiliser et sécurisée, sera mise en place pour les
délégués qui ne pourront pas assister à la réunion en personne.

6. Le président de la 27e réunion de la CGPM expliquera les modalités de participation au


début de chaque séance et prendra les mesures nécessaires afin de faciliter la participation en
ligne en tenant compte des différents fuseaux horaires.

7. Afin de garantir une pleine participation, en personne ou à distance, le président invitera les
délégués à demander la parole. Les États Parties souhaitant présenter leurs vues sur un point
spécifique de l’ordre du jour pourront choisir de contacter le président ou le secrétaire de la
CGPM en amont de la discussion sur ce point pour s’assurer qu’ils seront invités à
intervenir.
8. Au cours de la réunion, les délégués, qu’ils soient présents au Palais des Congrès à Versailles ou
qu’ils participent en ligne, pourront contribuer aux discussions ou faire des déclarations, le temps
de parole étant cependant limité à cinq (5) minutes maximum. Des déclarations vidéo
pré-enregistrées, également limitées à cinq (5) minutes, pourront être soumises avant le début de
la 27e réunion de la CGPM et seront diffusées comme si elles constituaient une intervention en
direct. Ces déclarations vidéo, et toute autre contribution en ligne, feront partie des procès-
verbaux de la réunion.
224 • 27e réunion de la CGPM – Annexe A

9. Le personnel du BIPM apportera l’assistance administrative, technique et logistique


nécessaire à la préparation et à la conduite de la 27e réunion de la CGPM dans un format
hybride.

III. ADOPTION DES RÉSOLUTIONS ET DÉCISIONS


10. Conformément à la pratique établie lors des réunions de la CGPM, le président de la CGPM
mettra tout en œuvre, en coopération avec les États Parties, pour parvenir à un consensus
général au sujet des résolutions et décisions. Il s’agit en l’occurrence de chercher à obtenir un
consensus général, caractérisé par l’absence d’opposition ferme à l’encontre de sujets
essentiels et par un processus de prise en considération des vues de tous les États Parties et de
rapprochement des positions divergentes éventuelles.

11. À la fin de chaque discussion, le président demandera par conséquent aux chefs de
délégation d’indiquer à main levée s’ils approuvent une résolution, la rejettent ou
s’abstiennent. Tout sera entrepris pour parvenir à un consensus et adopter les résolutions lors
de la réunion en suivant ce processus.

12. Lors de précédentes réunions, la CGPM a choisi d’adopter certaines résolutions spécifiques
par un vote par appel nominal des États Parties en demandant à chaque délégation
d’exprimer son vote. Un tel processus devra être évité car, d’un point de vue logistique, il est
difficile lors d’un vote par appel nominal au cours d’une réunion hybride de garantir que le
chef de chaque délégation sera disponible.

13. Lors de la présentation de chaque projet de résolution, le président indiquera quel processus
de vote parmi ceux précédemment mentionnés il propose d’utiliser à la fin de la discussion.

IV. CHAMP DES RÉSOLUTIONS OU DÉCISIONS À ADOPTER


14. Tenant particulièrement compte des défis que présente l’adoption des résolutions et
décisions par les processus précédemment décrits, le CIPM propose que la CGPM à sa
27e réunion se prononce sur des résolutions ou décisions :
i. qui sont essentielles à la réalisation du Programme de travail du BIPM pour les
années 2024 à 2027, telles celles concernant la dotation annuelle du BIPM ;

ii. qui sont soumises à des contraintes de temps et requièrent de répondre à l’évolution
des besoins et des demandes dans différents domaines de la métrologie, et pour
lesquelles il est possible de parvenir facilement à un consensus.

15. La Convocation de la 27e réunion de la CGPM comprend par conséquent des projets de
résolution qui répondent aux critères susmentionnés.

16. Les sujets pour lesquels les 63 États Membres ne sont pas parvenus à un consensus pourront
être discutés et un rapport pourra être présenté au cours de la 27e réunion de la CGPM.
27e réunion de la CGPM – Annexe A • 225

V. ÉLECTIONS
17. En vertu de l’article 7 du Règlement annexé, la CGPM conduit les élections au scrutin
secret. Un vote au scrutin secret sur site au Palais des Congrès sera organisé avec
l’assistance d’un service tiers de vote pour l’élection des membres du CIPM et celle de la
Commission pour l’élection du CIPM. Tout sera mis en œuvre pour s’assurer que ces
élections se déroulent en personne et de façon rapide, à l’aide d’outils de vote fiables et
sécurisés, tel que requis.

VI. MISE EN ŒUVRE DE LA PROCÉDURE SPÉCIALE


18. La décision d’appliquer la présente Procédure spéciale appartient uniquement aux États
Parties. Ces derniers doivent par conséquent entériner et approuver formellement la présente
Procédure spéciale à l’ouverture de la 27e réunion de la CGPM.

Note concernant la version publiée le 22 juillet 2022.

Cette version inclut des amendements apportés au texte concernant le champ des discussions (Section
IV) et la procédure de vote (Section V) suite aux commentaires soumis par les États Membres.
226 • 27e réunion de la CGPM – Annexe B

Annexe B – Projets proposés dans le programme de travail du BIPM


pour les années 2024 à 2027

Le document « Projets proposés dans le programme de travail du BIPM pour les années 2024
à 2027 » est publié uniquement sous forme électronique sur une page dédiée sur le site internet
du BIPM.
Bureau International des Poids et Mesures

General Conference
on Weights and Measures
27th meeting (15-18 November 2022)
Note on the use of the English text

To make its work more widely accessible the


International Committee for Weights and Measures
publishes an English version of its reports.

Readers should note that the official record is always


that of the French text. This must be used when an
authoritative reference is required or when there is
doubt about the interpretation of the text.
27th meeting of the CGPM – Proceedings • 231

Table of contents

List of delegates and invitees 9

Proceedings, 15-18 November 2022 229

Agenda 236

First session – 15 November 2022 (morning)

1. Presentation of credentials by delegates 239


2. Opening of the meeting by the President of the Académie des Sciences, President of the
27th meeting of the CGPM 239
3. Formal opening address by the Director General of the Laboratoire national de métrologie et
d’essais on behalf of the French Republic 239

4. Reply by the CIPM President 241

5. Address by the President of the Académie des Sciences 242

6. Nomination of the Secretary of the CGPM 245

7. Establishment of the list of delegates entitled to vote in-person and on-line 245

8. Approval of the agenda 247

9. Approval of the special procedure 247

10. Report by the President of the CIPM on the work accomplished since the 26th meeting of the
CGPM 248
10.1. Member States and Associates 248

10.2. The CIPM 250

10.3. Actions arising from Resolutions taken at the 26th CGPM (2018) 252
10.4. Report on the actions taken by the CIPM towards a “CIPM Strategy 2030+” 254

10.5. CIPM Consultative Committees 260

10.6. CIPM MRA 264


10.7. Capacity Building and Knowledge Transfer (CBKT) 265

10.8. Looking to the future 265

10.9. Conclusion 266


232 • 27th meeting of the CGPM – Proceedings

Second session – 15 November 2022 (afternoon)


11. Report by the Director of the BIPM “Highlights from the Work Programme” 267

12. Introduction to Draft Resolution A “Evolving Needs in Metrology” 271


13. Metrology for Climate Action: agreed outcomes and next steps from the WMO-BIPM
Workshop 272

14. Report from the President of the CCQM 276

15. Metrology for accurate satellite-based observations of climate variables 282

16. Report from the President of the CCPR 285

17. Report from the President of the CCT 289

Third session – 16 November 2022 (morning)

18. The work of the JCTLM to overcome challenges to the global standardization of clinical
laboratory testing 295
19. Accurate diagnostics as part of metrology readiness for potential future pandemic events 298

20. Report on liaison activities from the IAEA 301

21. Report from the President of the CCRI 303

22. Report on BIPM Finance 310

23. Presentation of the BIPM Work Programme for 2024-2027 311

24. Report on liaison activities from the OIML 314

25. Standardization, industrialization and the UN Sustainable Development Goals 317

26. Report on progress towards the recognition by UNESCO of World Metrology Day 319

27. Introduction to Draft Resolution F “Universal adherence to the Metre Convention” 320

Fourth session – 17 November 2022 (morning)

28. Report from the President of the CCL 322

29. Regulation and quality infrastructure: addressing the challenges of two worlds apart 328

30. Applying the FAIR principles to the worlds of research and measurement 331
31. Report on liaison activities from the ISO 334
32. Report from the President of the CCU 336

33. Introduction to Draft Resolution C “On the extension of the range of SI prefixes” 340
34. Introduction to Draft Resolution B “On the global digital transformation and the International
System of Units” 342

35. Summary of discussions at the informal dotation meeting 344


36. Report from the Co-Chairs of the ad hoc Working Group of Member State Representatives 344
27th meeting of the CGPM – Proceedings • 233

Fifth session – 17 November 2022 (afternoon)


37. Time and Frequency Metrology in Space Missions 347

38. Optical clocks at 10−18 accuracy: challenges and applications 350


39. Report from the President of the CCTF 353
40. Introduction to Draft Resolutions D “On the use and future development of UTC” and E “On
the future redefinition of the second” 356

41. Report on liaison activities from the CTBTO 360


42. Report from the President of the CCAUV 363

43. Report from the Joint Committee of the Regional Metrology Organizations and the BIPM
(JCRB) 369
44. Report from the Joint Committee for Guides in Metrology (JCGM) 370

Sixth session – 18 November 2022 (morning)

45. Implementing the new SI (breaking the invisible chain) 372

46. Report from the President of the CCM 374

47. Metrology for future sustainable energy networks 378

48. Report from the President of the CCEM 381

49. Introduction to Draft Resolution V “On the dotation of the International Bureau of Weights and
Measures for the years 2024 to 2027” 386
50. Voting on Draft Resolution V “On the dotation of the International Bureau of Weights and
Measures for the years 2024 to 2027” 386

51. Opening of voting on election of the CIPM and CEC (explanation and method) 387

52. Voting on Draft Resolutions A, B and C 387

Seventh session – 18 November 2022 (afternoon)


53. Voting on Draft Resolutions D, E and F 389

54. Announcement of the results of the election of the CIPM and the CEC 389

55. Plans for the 150th anniversary of the Metre Convention on 20 May 2025 391
58. Other business 392

59. Closure of the meeting 392


234 • 27th meeting of the CGPM – Proceedings

Resolutions adopted by the General Conference on Weights and Measures at its 27th meeting
(2022) 393

Resolution 1 – On the report prepared by the International Committee for Weights and Measures on
the “Evolving Needs in Metrology” 394

Resolution 2 – On the global digital transformation and the International System of Units 395

Resolution 3 – On the extension of the range of SI prefixes 397

Resolution 4 – On the use and future development of UTC 398


Resolution 5 – On the future redefinition of the second 400

Resolution 6 – On universal adherence to the Metre Convention 401

Resolution 7 – On the dotation of the International Bureau of Weights and Measures 403

Appendix A Convocation and Special Procedure 404

Appendix B Proposals for the Work Programme of the BIPM for the four years 2024-2027 412

List of acronyms used in the present volume 413


Proceedings of the 27th meeting
of the General Conference
on Weights and Measures
15-18 November 2022
236 • 27th meeting of the CGPM – Proceedings

Agenda

First session – 15 November 2022 (morning)

1. Presentation of credentials by delegates


2. Opening of the meeting by the President of the Académie des Sciences, President of the
27th meeting of the CGPM (P. Flandrin, Académie des Sciences)

3. Formal opening address by the Director General of the Laboratoire national de métrologie et
d’essais on behalf of the French Republic (T. Grenon, LNE)

4. Reply by the CIPM President (W. Louw, CIPM)

5. Address by the President of the Académie des Sciences (P. Flandrin, Académie des Sciences)
6. Nomination of the Secretary of the CGPM (T. Usuda, CIPM)

7. Establishment of the list of delegates entitled to vote in-person and on-line (P. Flandrin,
Académie des Sciences)

8. Approval of the agenda (P. Flandrin, Académie des Sciences)

9. Approval of the special procedure (T. Usuda, CIPM)

10. Report by the President of the CIPM on the work accomplished since the 26th meeting of the
CGPM (W. Louw, CIPM)

Second session – 15 November 2022 (afternoon)


11. Report by the Director of the BIPM “Highlights from the Work Programme” (M. Milton, BIPM)

12. Introduction to Draft Resolution A “Evolving Needs in Metrology” (G. Rietveld, CIPM, and
D. del Campo, CIPM)
13. Metrology for Climate Action: agreed outcomes and next steps from the WMO-BIPM
Workshop (A. Rea, WMO)

14. Report from the President of the CCQM (S.-R. Park, CIPM)

15. Metrology for accurate satellite-based observations of climate variables (C. Donlon, ESA)

16. Report from the President of the CCPR (M.L. Rastello, CIPM)

17. Report from the President of the CCT (Y. Duan, CIPM)

Third session – 16 November 2022 (morning)


18. The work of the JCTLM to overcome challenges to the global standardization of clinical
laboratory testing (G. Miller, IFCC)

19. Accurate diagnostics as part of metrology readiness for potential future pandemic events (M.
Zambon, HSE)
20. Report on liaison activities from the IAEA (Z. Msimang, IAEA)

21. Report from the President of the CCRI (M. Sené, CIPM)

22. Report on BIPM Finance (P. Richard, CIPM)


27th meeting of the CGPM – Proceedings • 237

23. Presentation of the BIPM Work Programme for 2024-2027 (M. Milton, BIPM)
24. Report on liaison activities from the OIML (A. Donellan, OIML)

25. Standardization, industrialization and the UN Sustainable Development Goals (Y. Yasunaga,
UNIDO)

26. Report on progress towards the recognition by UNESCO of World Metrology Day (R. Alibekov,
représentant de l’ambassade du Kazakhstan à Paris)
27. Introduction to Draft Resolution F “Universal adherence to the Metre Convention” (A. Steele,
CIPM, and A. Samuel, NMIA)

Fourth session – 17 November 2022 (morning)


28. Report from the President of the CCL (I. Castelazo, CIPM)

29. Regulation and quality infrastructure: addressing the challenges of two worlds apart
(M. Karttunen, OECD)

30. Applying the FAIR principles to the worlds of research and measurement (S. Hodson,
CODATA)

31. Report on liaison activities from the ISO (C. Draghici, ISO)

32. Report from the President of the CCU (J. Ullrich, CIPM)

33. Introduction to Draft Resolution C “On the extension of the range of SI prefixes” (R. Brown,
NPL)

34. Introduction to Draft Resolution B “On the global digital transformation and the International
System of Units” (J. Ullrich, CIPM)

35. Summary of discussions at the informal dotation meeting (W. Louw, CIPM)

36. Report from the Co-Chairs of the ad hoc Working Group of Member State Representatives
(R. Gunn, United-Kingdom, and D. Benjamin, Brazil)

Fifth session – 17 November 2022 (afternoon)

37. Time and Frequency Metrology in Space Missions (J. Benedicto, ESA)

38. Optical clocks at 10−18 accuracy: challenges and applications (C. Salomon, CNRS)
39. Report from the President of the CCTF (N. Dimarcq, CIPM)

40. Introduction to Draft Resolutions D “On the use and future development of UTC” and E
“On the future redefinition of the second” (N. Dimarcq, CIPM)
41. Report on liaison activities from the CTBTO (B. Doury, CTBTO)

42. Report from the President of the CCAUV (H. Laiz, CIPM)
43. Report from the Joint Committee of the Regional Metrology Organizations and the BIPM
(JCRB) (J. Olthoff, CIPM)

44. Report from the Joint Committee for Guides in Metrology (JCGM) (P. Neyezhmakov, CIPM)
238 • 27th meeting of the CGPM – Proceedings

Sixth session – 18 November 2022 (morning)


45. Implementing the new SI (breaking the invisible chain)

46. Report from the President of the CCM

47. Metrology for future sustainable energy networks


48. Report from the President of the CCEM

49. Introduction to Draft Resolution V “On the dotation of the International Bureau of Weights and
Measures for the years 2024 to 2027” (W. Louw, CIPM)
50. Voting on Draft Resolution V “On the dotation of the International Bureau of Weights and
Measures for the years 2024 to 2027” (P. Flandrin, Académie des Sciences)
51. Opening of voting on election of the CIPM and CEC (explanation and method) (R. Gunn,
United-Kingdom)

52. Voting on Draft Resolutions A, B and C (P. Flandrin, Académie des Sciences)

Seventh session – 18 November 2022 (afternoon)

53. Voting on Draft Resolutions D, E and F (P. Flandrin, Académie des Sciences)

54. Announcement of the results of the election of the CIPM and the CEC (External scrutator)

55. Plans for the 150th anniversary of the Metre Convention on 20 May 2025 (W. Louw, CIPM)

56. Other business

57. Closure of the meeting


27th meeting of the CGPM – Proceedings • 239

First session – 15 November 2022 (morning)

1. Presentation of credentials by delegates

As specified by the Convocation to the 27th meeting (2022) of the General Conference on Weights and
Measures (hereinafter CGPM or General Conference), delegates were required to present credentials
from their Governments or authorities.

2. Opening of the meeting by the President of the Académie des Sciences,


President of the 27th meeting of the CGPM

Prof. Patrick Flandrin, President of the Académie des sciences de Paris and President of the CGPM for
its 27th meeting, opened the first session on 15 November 2022 with the following speech (translated
from French).

“Mr Director of the Laboratoire national de métrologie et d’essais, Mr President of the CIPM,
Mr Director of the BIPM, Ladies and Gentlemen, Delegates, Dear Colleagues, Ladies and
Gentlemen,
It is the duty of the President of the Académie des sciences to chair the General Conference on
Weights and Measures, and it is in this capacity that I take the floor at this opening session. I am
honoured and obliged to do so, and I would like to share with you, as well as with the delegations
of the many countries represented here, the pleasure I have in welcoming you today to Versailles
for this 27th General Conference on Weights and Measures.

This Conference was carefully and efficiently prepared by the secretariat of the International Bureau
of Weights and Measures, the international organization created by the Metre Convention in 1875,
whose main mission is to ensure and promote the world-wide harmonization of measurements.
I would like to congratulate and thank all the BIPM staff members.
On behalf of the Académie des sciences, I wish you all an excellent 27th General Conference, full of
interaction, dialogue and exchanges that I am sure will be fruitful.
I will now give the floor to Mr Thomas Grenon, Director of the Laboratoire national de métrologie
et d’essais, for the official opening address.”

3. Formal opening address by the Director General of the Laboratoire national


de métrologie et d’essais on behalf of the French Republic

M. Thomas Grenon, Director General of the LNE, formally opened the 27th meeting of the CGPM
with the following address (translated from French).

“Mr President of the Académie des sciences, Mr President of the International Committee for
Weights and Measures, Mr Director of the International Bureau of Weights and Measures, Ladies
and Gentlemen, Delegates, Ladies and Gentlemen, Dear Colleagues,
240 • 27th meeting of the CGPM – Proceedings

On behalf of the Government of the French Republic, it is my great honour and pleasure to
welcome you today to Versailles for the opening of this 27th meeting of the General Conference
on Weights and Measures (CGPM).
France has the privilege of being, since 1875, the depositary of the Metre Convention, signed in
Paris at the time by seventeen States, with the aim, as stated in the preamble of this convention,
of ensuring the international unification and perfection of the metric system. This international
treaty established a world authority in the field of metrology, the International Bureau of Weights
and Measures (BIPM), operating under the responsibility of an International Committee for
Weights and Measures (CIPM), itself under the authority of the General Conference on Weights
and Measures (CGPM), for which we are gathered here today. If the main mission of the
International Bureau of Weights and Measures was originally the conservation of standards, it has
constantly evolved with the increase of trade, the development of science and technology, the
emergence of global issues, and of course the dematerialization of standards. For France, it is
clear that the BIPM is an international organization, even if the Convention did not specify this
at the time. As such, the BIPM has a legal personality distinct from that of the Member States,
which allows it in particular to conclude international agreements. This is the reason France
concluded a Headquarters Agreement with this organization.

The Metre Convention is today ratified by 64 Member States and there are 36 Associate States of
the CGPM. We will very soon celebrate its 150th anniversary on 20 May 2025; your large
presence today shows the strength of the organization.

In 2018, we lived through the 26th meeting of the General Conference with great emotion as it
was an exceptional conference that adopted a resolution to redefine four of the seven base units
of the International System of Units. Since then, this resolution has been implemented by a large
number of Member States and we are delighted with this.

Metrology is a cross-cutting scientific discipline, at the forefront of research and innovation, and it
is omnipresent in our daily lives. It is essential to the evolution of our society and to the sustainable
development of our economy and industry, it is essential to the safety and health of our fellow
citizens, and I am thinking of the pandemic that hit us all hard, and I am also thinking of the challenge
posed by global warming. We will return to those subjects throughout this conference.

We are also all aware of the current societal and global challenges: protection of biodiversity,
climate change, personalized health, development of artificial intelligence in many fields, food
security, energy problems, quantum technologies; I could name many more evolving fields. Digital
transformation is accelerating and concerns new topics such as mass data qualification, data
management and integration into increasingly complex systems and instrumentation, digital twins
and learning machines. Metrology must be involved in all these challenges and ensure reliability
and confidence in these new tools, which are essential to their development and acceptability.

So many fields of exploration are in progress and are to come for our science!

Metrology has been able to adapt to the various industrial and technological revolutions
throughout our history. The various Nobel Prizes that have marked our science and contributed
to the progress of metrology are a strong demonstration to this: Albert Michelson,
Charles-Édouard Guillaume, Bryan Josephson, Klaus von Klitzing, Norman Ramsey, Bill Philips,
Stephan Chu, Claude Cohen-Tannoudji, John Hall and very recently Alain Aspect who, I know,
is really committed to metrology.
The continuous improvement of the International System of Units is fundamental to keep pace
with scientific advances and technological challenges.
27th meeting of the CGPM – Proceedings • 241

Today, the work of many National Metrology Institutes has demonstrated that the accuracy of
optical frequency standards, based on different species and transitions, exceeds the accuracy that
can be achieved by the current mise en pratique of the definition of the second, based on a caesium
transition, by a factor of about 100, which is considerable. These advances make it possible to
consider improving the realization and dissemination of time scales, in particular the Coordinated
Universal Time (UTC). This Conference will be able to discuss and debate a roadmap to propose
a new definition of the second in a few years and the Consultative Committee for Time and
Frequency (CCTF) will report on its work. A new adventure is starting, to always better meet the
future needs of industry and society.
The Coordinated Universal Time (UTC) is the only time scale recommended as an international
reference and it is the basis for civil time in most countries. As it is used as the unique reference
time scale for all applications, including advanced digital networks and satellite systems, UTC
needs to be clearly defined and to maintain its agreement with International Atomic Time.
Since its creation, the BIPM managed to make its missions evolve to meet the needs of the
international community. It also managed to improve the efficiency of its operations and I wanted
to underline this today. It is clear that in this period of extremely tight global financial conditions
and severe budgetary constraints on Member States, it is essential that the BIPM be able to
continue to fulfil its mission as a scientific intergovernmental organization with expertise in the
field of metrology. At the same time, the support given to the BIPM, particularly by the NMIs,
is to be commended and should continue.

I believe it is essential to continue the scientific cooperation that supports this vision of an
international metrology. The ambition of universal participation of the greatest number of people,
expressed since 1921 in the Metre Convention, must be maintained in order to achieve a scientific
ideal that was carried by the French Revolution, i.e. a universal system of measurement designed,
and I quote, “for all times, for all peoples”.

I am convinced that the Resolutions to be adopted during this meeting of the General Conference
on Weights and Measures will continue to serve the interests of the international community in
the same spirit as the one that inspired its founders. I thank you and wish you all an excellent
27th General Conference on Weights and Measures.”

4. Reply by the CIPM President

Dr Louw, President of the International Committee for Weights and Measures (hereinafter CIPM) thanked
M. Grenon for his speech and welcoming remarks to the Conference. He said that the world recognizes
the leading role of France in the invention and development of the Metric System. France acts as the
depository of the Metre Convention, under the authority of which the delegates gather, and hosts the
BIPM Headquarters in Sèvres. Science is one of the most powerful driving forces of globalization.
Science is also fundamental to the advancement of measurement and metrology. The science of
measurement goes hand in hand with advances in new or emerging technologies particularly the areas of
environment, biotechnology, medical testing, and something which is very current on everyone’s agenda;
digitalization. Dr Louw underlined that the representatives of the seventeen nations that signed the Metre
Convention in 1875 would be pleasantly surprised to see the progress made since then. There is still much
to do, some of which will be on the agenda of the 27th meeting. He thanked all the delegates for
participating in this progress and once again thanked M. Grenon for his speech.
242 • 27th meeting of the CGPM – Proceedings

5. Address by the President of the Académie des Sciences

Prof. Flandrin, President of the Académie des Sciences, gave the following speech (translated from French).

“Ladies and Gentlemen,


Four years ago, a spectacular step was taken with the adoption of a major revision of the International
System of Units (SI), which now defines the seven base units from the fixed numerical value of
selected physical constants, thus shaking up existing habits and opening up new perspectives.
In his introduction to the 26th General Conference, which saw this remarkable development, the
then President of the Académie des sciences, Sébastien Candel, recalled how the evolution towards
the International System of Units had its origins in the reforming, universalist and unifying impetus
of the French Revolution and emphasized the role that the Académie des sciences had played in its
definition and implementation. Without going back over all the aspects of the scientific, political
and societal adventure that this represented, it is worth recalling a few elements because the
principles that presided over this work and its implementation remain more relevant than ever.

We should not forget that before the French Revolution, the landscape was most disparate.
The diversity of units of measurement and the imprecision of their definitions were detrimental
to the economy and to commercial exchanges, and even if the unification of weights and measures
was clearly an important demand in the 1789 registers of grievances, this was not specific to
France but shared at least on a European scale. What was true from an economic point of view
was also true from a scientific point of view, as the difficulty of having common references was
an obvious obstacle to international cooperation as it limited the possibilities of sharing
measurements and observations made in different States.

On the eve of the French Revolution, on 27 June 1789, the Académie des sciences created a
commission to address this situation and standardize weights and measures. Less than a month later,
on 25 July 1789, the Kingdom of Great Britain proposed a first standardization measure by
recommending the use of a unit of length defined as that of a pendulum beating the second at the
latitude of London. Under the impetus of Talleyrand, the Constituent Assembly proposed on 9 March
1790 to establish a single system of measurements which would be, and I quote, “based on an
invariable prototype, taken from nature”. The idea was that this mission would be entrusted jointly to
the Académie des sciences and the Royal Society, but it would not last long. Indeed, the Académie des
sciences quickly issued two recommendations, on 8 May 1790, namely the choice of a unit of length
in the spirit of the British proposal but with no reference to latitude, and the adoption of a decimal scale
for weights, measures and currencies. Unfortunately, the British refused the collaboration proposed by
France and the paths of a first possible unification separated. In March 1791, the Académie des sciences
gave up basing the standard of length on the pendulum beating the second, preferring the ten millionth
part of the quarter of the terrestrial meridian, as expeditions sent by the Académie had just evaluated it
with precision. That is how the metre was officially born on 11 July 1792 and, thanks to the adoption
of the decimal system, its units were linked in ratios of ten, “decimetre”, “centimetre”, etc. It was not
until 10 December 1799 that the “definitive metre” was adopted at the end of a first international
congress gathering scientists from countries allied to France.
If it is one thing to decide on new units, it is another to have them accepted. On a different note,
we Europeans were able to experience this ourselves recently with the introduction of the euro as a
common currency. Breaking with custom to move from theory to practice will take time, and in France
a law to impose the unique and definitive use of the metric system on 1 January 1840 was necessary.
Then, in 1875, the “Metre Convention” was signed, which gave birth to a physical standard of the
27th meeting of the CGPM – Proceedings • 243

metre and to the International Bureau of Weights and Measures, an international organization created
by seventeen signatory nations and whose action has continued to increase to this day.

Several lessons can be drawn from this adventure of the metre. The first one is of a scientific and
technical nature, in that it was initially a question of relating the choice of a unit to an “invariable
prototype, taken from nature”, to quote Talleyrand. This choice is of course by no means unique,
and the rest of the story will prove it: from 1967, the unit of length was linked neither directly to
time (as for the second beaten by a pendulum), nor to the terrestrial space (as with a fraction of the
meridian or the artefact of a platinum iridium bar), but to a distance travelled by light whose speed
is fixed. The other lesson is that the adoption of a unit must be universally shared “for all times, for
all peoples”, in the spirit of equality and fraternity of the French Revolution, which requires
individualisms to be overcome to search for a common good, for the benefit of all humanity.

Through all the vicissitudes of history, the initial impetus for unification and universalism, as supported
by the Member States at the creation of the International Bureau of Weights and Measures, has been
carried forward with determination since 1875, and the agenda of this 27th conference clearly attests
to this once again, with several draft resolutions and perspectives for future conferences. Not being a
specialist in metrology, I have learned to appreciate its importance and the stakes involved thanks to
the invaluable help of the “Comité Science et Métrologie” of our Académie and of its convenors,
Christian Bordé and Christophe Salomon, who I am particularly pleased to thank.

Among the perspectives in focus is the redefinition of the second, for which this conference will
propose the setting of landmarks so that they be debated in 2026 and adopted in 2030. A roadmap
has been prepared for this purpose by the Consultative Committee for Time and Frequency, whose
work I commend.
If this question is of particular interest to me and if I wish to say a few words about it, it is not
only because of the importance of the choice of this last unit, but also because the name of this
Committee, “Consultative Committee for Time and Frequency”, is echoed in my own research
by combining the terms time and frequency. Time-frequency analysis has always been at the heart
of my work as a researcher in signal processing and I have devoted several books to it.

According to the resolution adopted in 2018 at the 26th meeting of the General Conference on
Weights and Measures, the second is now defined, and I quote, “by taking the fixed numerical value
of the caesium frequency ΔνCs, the unperturbed ground-state hyperfine transition frequency of the
caesium-133 atom, to be 9 192 631 770 when expressed in the unit Hz, which is equal to s–1”.
It is of course significant that we must finally refer to a frequency reference to establish a unit of
time, which is of course not surprising when we know the relationships and constraints that the
notions of time and frequency have between them. Mathematicians will say that these are
canonically conjugate variables, which was formalized by the work of Joseph Fourier, whose
200th centenary of the publication of his treatise The Analytical Theory of Heat is being celebrated
in 2022. Physicists will add, following Werner Heisenberg, that the coupling that binds the
descriptions of the same quantity in time and in frequency is so that the greater the precision in one
domain, the lower the precision in the other. Fourier's mathematical achievement was to show that
any waveform, however complex, can be represented as a superposition of monochromatic waves,
i.e. of pure frequencies. The physical limitation of his approach, however, is that for a wave to be
truly monochromatic, it has to abide by Heisenberg's uncertainty principle and be eternal.
This situation opens the way to two questions whose recent signal analysis showed they are linked
and likely to cross metrological questions: on the one hand, to consider the notion of frequency
in a way that is more in line with physics intuition by being freed from the constraint of eternity;
on the other hand, to explore the stability of an oscillation that is supposed to be periodic, on a
244 • 27th meeting of the CGPM – Proceedings

fixed time scale. To move away from Fourier’s eternal waves means to put into action
mathematically a very simple intuition: that of the musical notation which fixes a duration to a
note whose pitch nevertheless carries a frequency information. The variant of Fourier analysis
that results from this approach is called wavelet analysis. In addition to providing an intuitive
answer to the concern of writing a sort of score for a signal, its definition is based on the idea of
a time scale. It was then possible to show that this offers a possibility to revisit metrology tools
like the Allan variance, widely used to quantify the stability of an atomic clock. This is probably
an anecdotal story but it has allowed me to draw a parallel between my own work and concerns
specific to this Conference and to underline the interest of multidisciplinary approaches
combining mathematics, physics and algorithms.
To return to the Conference that brings us together this week, the richness of its programme
testifies to the vitality of a field that we do not always suspect to what extent it impacts our daily
lives. The concern for unification conveyed by this programme is a very good example of what
science, as a privileged ground for sharing and bringing people together on a global scale, can do.
Science, as a bearer of universalism, has a role to play in the relations that people have with each
other, and the collaborative efforts that it requires must not only be shared but also carried by
partners who have a common vision of mutual respect and freedom.

At this point, the Académie des sciences wishes to reiterate that, for the Académie des sciences
and all the G7 Academies of Sciences, the Russian aggression against Ukraine is an attack on the
fundamental principles of freedom, democracy and self-determination, which form the basis of
academic freedom and the possibilities of scientific exchange and cooperation.

On behalf of the Académie des sciences, I wish you all an excellent 27th General Conference with
fruitful interactions, dialogues and exchanges.”

Prof. Flandrin announced that a number of Member States had requested the opportunity to make
statements. Delegates from the Member States that had submitted such requests were invited to speak
and made the following statements:

From the United States of America: “As the US Secretary of State, Antony Blinken has said, the United
States is united with our allies and partners in the face of Russian aggression and will continue to stand
with Ukraine as it fights for its future”.

From the United Kingdom: “The government of the United Kingdom are united with their allies in the
face of Russian aggression and will continue to stand with Ukraine as it fights for its future.”

From Australia: “Australia condemns in the strongest terms Russia’s unprovoked, unjust and illegal invasion
of Ukraine, which is a gross violation of international law, including the Charter of the United Nations.”
From Canada: “Canada stands with our allies and partners united in the face of Russian aggression and
will continue to stand with Ukraine as it fights for its future.”

From Estonia: “Estonia condemns in the strongest possible terms Russia’s unprovoked and unjustified
act of aggression against Ukraine, which grossly violates the international law and undermines
international security and stability. Russia’s war has destroyed parts of the quality infrastructure in
Ukraine. Our colleagues in Ukraine have lost their homes and must worry about the safety of their
families. We all have the moral obligation to support Ukraine in any possible means.”

From Poland: “The Polish delegation supports the comment previously made by Estonia, and Poland
also supports Ukraine.”

Prof. Flandrin thanked the delegates for their statements and returned to the agenda.
27th meeting of the CGPM – Proceedings • 245

6. Nomination of the Secretary of the CGPM

The President proposed Dr Usuda, Secretary of the CIPM, as Secretary of the CGPM. Dr Usuda was
elected by consensus.

7. Establishment of the list of delegates entitled to vote in-person and on-line

Dr Usuda welcomed the delegates of Member States and Associate States and Economies, both in-
person and on-line, to the 27th meeting of the CGPM. He said that the established practice was to
develop a list of those Delegates entitled to vote on behalf of their State, by asking the head of each
delegation to respond indicating the presence of the delegation. This practice would be changed to
reflect the special circumstances of the 27th meeting, which was being held in a hybrid format. Instead,
the Secretary read out a list of Member States and confirmed whether they were present in-person,
on-line or were absent.

Member State Status of attendance

Argentina In-person
Australia In-person

Austria In-person

Belarus In-person
Belgium On-line

Brazil In-person

Bulgaria Absent

Canada In-person

Chile Absent

China In-person

Colombia On-line

Costa Rica In-person

Croatia In-person
Czechia In-person

Denmark Absent

Ecuador Absent
Egypt In-person

Estonia In-person

Finland In-person

France In-person

Germany In-person
246 • 27th meeting of the CGPM – Proceedings

Greece In-person
Hungary On-line

India In-person

Indonesia In-person
Islamic Republic of Iran On-line

Iraq On-line

Ireland In-person

Israel In-person

Italy In-person

Japan In-person

Kazakhstan In-person

Kenya In-person

Republic of Korea In-person

Lithuania In-person

Malaysia On-line

Mexico In-person

Montenegro In-person

Morocco In-person

Netherlands In-person
New Zealand In-person

Norway In-person

Pakistan Absent
Poland In-person

Portugal In-person

Romania On-line

Russian Federation In-person

Saudi Arabia In-person

Serbia Absent

Singapore In-person

Slovakia In-person

Slovenia In-person
South Africa In-person

Spain In-person

Sweden In-person
27th meeting of the CGPM – Proceedings • 247

Switzerland In-person
Thailand In-person

Tunisia In-person

Türkiye In-person
Ukraine On-line

United Arab Emirates In-person

United Kingdom of Great Britain and Northern Ireland In-person

United States of America In-person

Uruguay On-line

Of the 64 Member States, 58 were represented and the majority was therefore 30. Of the 58 Member
States whose delegates presented credentials, 49 attended in-person and nine were on-line.

8. Approval of the agenda

The President of the CGPM asked if there were any comments on the agenda. There were no comments
and the agenda was adopted.

9. Approval of the special procedure

The Secretary of the CGPM referred to the CGPM Working Document, October 2022, which included
the draft text of the Special Procedure regulating the conduct of the meeting. The purpose of this Special
Procedure was to allow the 27th meeting of the CGPM to be held in a hybrid format, with both in-person
and remote participation of representatives of Member States and also representatives from Associate
States and Economies of the CGPM and invited observers. The Secretary emphasized that the Special
Procedure is exceptional and does not amount to a modification of the provisions of the Metre Convention
and Annexed Regulations. Other International Organizations based in France have used a similar
procedure allowing their governing bodies and general assemblies to function despite travel restrictions.

The original text of the Special Procedure had been circulated to Member States on 11 February 2022, along
with the Convocation of the 27th meeting of the CGPM. Member States were asked to confirm to the CIPM
Secretary, by 30 June 2022, whether or not they agreed in principle to adopt the Procedure. The majority of
Member States confirmed their agreement, however two Member States indicated that they would not
support the proposal for on-line voting. A revised version of the Special Procedure was drafted, which
excluded the possibility of on-line voting for members of the CIPM and Committee for the Election of the
CIPM (CEC). Section V, Clause 17 of the revised Special Procedure states that “Pursuant to Article 7 of the
Annexed Regulations, the CGPM conducts elections using a secret ballot. An on-site secret ballot will be
organized, with the support of a third-party voting service, for the election of the members of the CIPM and
of the Committee for the Election of the CIPM (CEC). All efforts shall be made to ensure these elections are
carried out in-person and expeditiously using reliable and secure voting tools, as appropriate.” This version
was published on 22 July 2022 and presented to Member State representatives at an on-line preparatory
248 • 27th meeting of the CGPM – Proceedings

meeting on 6 September 2022 and at the hybrid preparatory meeting on 14 November 2022.
The President of the CGPM called for a show of hands in favour of adopting the Special Procedure,
which was adopted unanimously by the CGPM.

10. Report by the President of the CIPM on the work accomplished since the
26th meeting of the CGPM

Dr Louw, President of the CIPM, presented his report.


“In accordance with the Metre Convention, it is my pleasure to report on the work accomplished since
the 26th meeting of the CGPM held in 2018.

At its first meeting in March 2019, the newly elected CIPM, mindful that the important focus of the
past two decades, the revision of the International System of Units (SI), was concluded, decided to
focus on the development of a Strategy 2030+ for the BIPM.

The development of this strategy has a focus on addressing the key scientific challenges (firstly
implementing the Revised SI), responding to evolving needs in metrology, deepening engagement with
other international organizations on measurement science issues, reviewing the strategy for future
membership of the organization, and modernizing the operations of the organization.
Amid the challenges that the Covid-19 pandemic introduced, the CIPM continued with its work and a
report on the strategy development has been published, and progress reports have been given at
meetings of Government Representatives and Directors of National Metrology Institutes, which were
held at the BIPM Headquarters on 17 and 18 October 2019 and on-line during October 2020 and 2021.

It is thus not my intention to go into detail in this report but rather to highlight the main actions and
achievements.

10.1 Member States and Associates


I would like to start by welcoming delegations from new Member States and new Associates of the
CGPM. Since the 26th meeting of the CGPM, five States have acceded to the Metre Convention.
Four of these were previously Associates of the CGPM. We also have one new Associate of the CGPM.
An additional Associate State was reinstated after a brief absence.

There are currently 64 States party to the Metre Convention and 36 Associates (33 Associate States
and 3 Associate Economies).

Sadly, two Associates have been excluded due to persistent non-payment of subscriptions, and one
Associate has withdrawn for economic reasons. We hope that in the future they may once again choose
to participate. The changes in the portfolio of Member States and Associates since the 26th meeting of
the CGPM are shown below.

New Member State (date of accession):

− Morocco (24 May 2019)


Member States that acceded to the Metre Convention from Associate status (date of accession):

− Ecuador (6 August 2019)

− Belarus (13 January 2020)


27th meeting of the CGPM – Proceedings • 249

− Estonia (19 January 2021)


− Costa Rica (5 September 2022)

New Associate of the CGPM (date of becoming an Associate):

− Cambodia (1 January 2021)


Reinstated as an Associate of the CGPM (and date of reinstatement):

− Zimbabwe (8 February 2022)

Excluded Associates of the CGPM (date of exclusion):

− Cuba (1 January 2022)

− Sudan (1 January 2022)

Withdrawn as an Associate of the CGPM (date of withdrawal):

− Seychelles (1 January 2022)

Associates encouraged to accede to the Metre Convention

In accordance with Resolution 4 of the 24th CGPM (2011) there are currently seven Associates that have
met the criteria and have been encouraged to accede to the Metre Convention. Six of them are already on
the so called escalator mechanism, the seventh will enter the escalator in 2023. It will be recalled that once
formally encouraged to accede, Associates that do not accede have their subscriptions increased in steps over
a period of 5 years until they pay, as a subscription, 90 % of the amount they would pay as a Member State.
Overall, this approach has worked well, with a number of accessions attributable to this mechanism.

Following the implementation of Decisions CIPM/106-20, CIPM/106-21 and CIPM/106-22 (2017),


the current status of Associates encouraged to accede and paying enhanced subscriptions is as follows 1:

Period of increasing subscription


Date meeting
Associate ‘encouragement’ 90 % of the Member
criteria Start State’s annual
contribution from

Latvia 2011 2013 2017

Panama 2011 2013 2017

Viet Nam 2011 2013 2017

Peru 2014 2016 2020

Philippines 2014 2016 2020

Azerbaijan 2020 2022 2026

Luxembourg 2021 2023 2027

1
Pursuant to Resolution 4 of the 24th meeting of the CGPM the progressive and irreversible increase in the amount of annual
subscription will be applicable starting on the 1 January of the second year following the CIPM decision to encourage an
Associate to become a State party to the Metre Convention.
250 • 27th meeting of the CGPM – Proceedings

10.2 The CIPM

In accordance with Resolution 2 of the 25th meeting of the CGPM (2014), an election was held to fill
all 18 CIPM positions. The elected Members subsequently met in March 2019 and elected a bureau
comprising a President, Secretary and two Vice-Presidents.

The current CIPM Membership 2 is as follows:

Initial Election Last Elected

President
Dr W. Louw (South Africa) 15 May 2013 2018

Secretary

Dr T. Usuda (Japan) 1 July 2012 2018

Vice-Presidents
Dr J.K. Olthoff (USA) 16 November 2018 2018

Prof. J. Ullrich (Germany) 15 May 2013 2018

Other CIPM members

Dr F.V. Bulygin (Russian Federation) 20 November 2014 2018

Dr I. Castelazo (Mexico) 20 November 2014 2018

Dr D. del Campo Maldonado (Spain) 16 November 2018 2018

Dr N. Dimarcq (France) 16 November 2018 2018

Dr Y. Duan (P.R. China) 8 March 2010 2018

Dr H. Laiz (Argentina) 7 December 2016 2018

Prof. T. Liew (Singapore) 20 November 2014 2018

Prof. P. Neyezhmakov (Ukraine) 16 November 2018 2018

Dr S.R. Park (Republic of Korea) 16 November 2018 2018

Dr M.L. Rastello (Italy) 7 December 2016 2018

Dr P. Richard (Switzerland) 20 November 2014 2018

Prof. G. Rietveld (Netherlands) 20 November 2014 2018

Dr M. Sené (UK) 7 December 2016 2018

Dr A. Steele (Canada) 16 November 2018 2018

2
As of 15 November 2022.
27th meeting of the CGPM – Proceedings • 251

CIPM Meetings

The CIPM has met seven times since the 26th CGPM:

− 111th meeting – June 2022 (hybrid)


− 111th meeting – Preparatory meeting March 2022 (on-line)
− 110th meeting – Session II – October 2021 (on-line)
− 110th meeting – Session I – June 2021 (on-line)
− 109th meeting – October 2020 (on-line)
− 108th meeting – Session II – October 2019 (in person)
− 108th meeting – Session I – March 2019 (in person).

It is worth noting that the last time the CIPM was able to meet fully in person was in 2019. From 2020
to 2022 the CIPM held on-line and hybrid meetings due to the restrictions introduced to combat the
Covid-19 pandemic. Nevertheless, the CIPM has been able to progress, and I would like to thank
everyone for their adaptability during challenging times.

Presidents of the Consultative Committees

The CIPM appointed and reappointed the Presidents of the Consultative Committees for 4-year terms
at Session I of its 108th Meeting in March 2019. The current appointments are as follows:
− Consultative Committee for Acoustics, Ultrasound and Vibration (CCAUV): Dr H. Laiz
− Consultative Committee for Electricity and Magnetism (CCEM): Prof. G. Rietveld
− Consultative Committee for Length (CCL): Dr I.A. Castelazo
− Consultative Committee for Mass and Related Quantities (CCM): Dr P. Richard
− Consultative Committee for Photometry and Radiometry (CCPR): Dr M.L. Rastello
− Consultative Committee for Amount of Substance: Metrology in Chemistry and
Biology (CCQM): Dr S.-R. Park
− Consultative Committee for Ionizing Radiation (CCRI): Dr M. Sené
− Consultative Committee for Thermometry (CCT): Dr Y. Duan
− Consultative Committee for Time and Frequency (CCTF): Dr N. Dimarcq
− Consultative Committee for Units (CCU): Dr J. Ullrich.

Honorary membership
In October 2019, the CIPM bestowed honorary membership on Dr Barry Inglis in recognition of his
accomplishments as the President of the CIPM, which had an impact across the organization (Decision
CIPM/108-37). He served as President of the CIPM for 8 years from 2010 to 2018, during which time
he led the organization through three meetings of the CGPM. In addition, Dr Inglis led the CIPM
through the governance review and subsequent launch of the reform of its processes. His efforts in
coordinating the work of the CIPM with its Consultative Committees and the global NMI community
culminated in the successful adoption of revised definitions for the SI units in 2018.

In memoriam: William R. Blevin

It is with great sadness that I note the passing of our former CIPM colleague and Honorary Member of the
CIPM, Dr William R. Blevin on 11 August 2022 at the age of 92. He played a key role in preparing the
redefinition of the candela by the CGPM in 1979 and co-authored the BIPM guidebook “Principles Governing
Photometry”. He was a member of the CIPM for 18 years, served as CCPR President from 1982 to 1994, CIPM
Vice-President from 1992 to 1997, and CIPM Secretary from 1997 to 2000. He was the main author of the
“Blevin report” on National and International Needs relating to Metrology: International Collaborations and
the role of the BIPM, which was submitted by the CIPM to the 21st meeting of the CGPM (1999).
252 • 27th meeting of the CGPM – Proceedings

10.3 Actions arising from Resolutions taken at the 26th CGPM (2018)

Resolution 1 - On the revision of the International System of Units (SI)

The revision of the SI agreed at the 26th CGPM came into effect on 20 May 2019 (World Metrology
Day). I am pleased to report that implementation was very smooth and well accepted world-wide.
We now have a set of units that are decoupled from artefacts, and the metrology research community
is already working on ways to exploit this new freedom, for example working towards realizing the
unit of mass at a level much less than 1 kg, with the aim of driving down uncertainties at the micro and
even nano level. There remains some very small dispersion at the highest level in the mass realizations.
This does not cause any practical problems, but we look forward to the scientific work bringing
convergence over the coming years.

Resolution 2 - On the definition of time scales

This Resolution called on all relevant unions and organizations to work towards a common
understanding on reference time scales, so as to meet the needs of the current and future user
communities, and to work together to improve further the accuracy of the prediction of UT1 - UTC and
the method for its dissemination to satisfy the future requirements of users.

Over recent years the CCTF has focused its activities on preparations for the future definition of
Coordinated Universal Time (UTC), the time scale maintained by the BIPM. Several decisions were
taken, notably the establishment of a CIPM task group to support the preparation of the CIPM for the
World Radiocommunication Conference in 2023 (Decision CIPM/108-40 (2019)).

I would like to emphasize the importance of maintaining momentum, and call on all Member States for
their support to help ensure that multi-GNSS interoperability will be based on Coordinated Universal
Time, so as to avoid the proliferation of international reference time scales.

Draft Resolution D “On the use and future development of UTC” and Draft Resolution E “On the future
redefinition of the second” will be presented during the Conference.

Resolution 3 - On the objectives of the BIPM


We can report on the main objectives as mentioned in the resolution. SC 3 and SC 4 of the CIPM
Sub-Committee on Strategy focused on two components in response to Resolution 3:
a) Responding to many resolutions of the CGPM that encourage the CIPM to seek broader
membership for the organization, whilst reflecting on the fact that most if not all potential new Member
States will be substantially below the minimum level of contribution:

− Responding to Resolution 5 (2011) for Intergovernmental Organizations.


− Preparing a summary of the present state regarding engaging with the treaty.
− Exploring alternative mechanisms to facilitate universal participation for future discussion.
b) Deepening of linkages with and among the Regional Metrology Organizations (RMOs), including
addressing the challenge of National Metrology Institutes that are not officially aligned with any RMO.

Represent the world-wide measurement community


To meet efficiently and effectively the current and future scientific and societal challenges, the BIPM
as the organization created by the States Parties to the Metre Convention, needs to constantly evolve
towards better governance and to stay modern. As for membership of the organization, the current
model accommodates just over 100 nations around the world that officially participate in the
27th meeting of the CGPM – Proceedings • 253

coordinated activities towards a global measurement system. Although these nations represent nearly
98 % of world GDP, a further 83 UN Member States and other economies need to be accommodated
in the official international measurement system to make it truly global.
The CIPM is presenting Draft Resolution F “On universal adherence to the Metre Convention”, to the
Conference to obtain a mandate towards a potential solution with appropriate consensus built that could
be presented as a draft resolution to the 28th CGPM.

Be a centre for scientific and technical collaboration, measurement comparisons


In a world where quality infrastructure is increasingly prominent as an integrated approach to ensure
interoperability, food safety, environmental protection, effective healthcare and law enforcement,
partnerships with other international organizations are paramount for the BIPM to deal with the challenges.
Decision CIPM/109-15 (2020) The CIPM approved the Terms of Reference of a Joint Task Group
between the BIPM (representing the States party to the Metre Convention) and the International
Organization of Legal Metrology (OIML) with the aim to foster enhanced cooperation between the
BIPM and OIML in order:

− to facilitate both organizations in serving their Member States better.


− to make both organizations more attractive to states that do not currently participate in the
activities of either/both organization(s).

Dr Louw, Dr Milton and Dr Richard were appointed as the representatives of the BIPM in the Joint
Task Group. Other CIPM members will be invited to join the task group as required.

Capacity Building and Knowledge Transfer (CBKT) activities

1. Capacity building aims to achieve a global balance between the metrology capabilities in
Member States. Each of our capacity building initiatives is designed to meet the needs of the
NMIs. The activities related to the CIPM MRA are already giving demonstrable and positive
effects in the CIPM MRA processes. A number of new NMIs have taken on the role of
piloting comparisons for the first time, or in some cases sharing the piloting role with an
experienced NMI. Likewise, a new generation of RMO Technical Committee Chairs are
beginning to emerge. The NMIs from Associates of the CGPM that had signed the CIPM
MRA, but had been unable to progress with developing calibration and measurement
capabilities (CMCs), successfully navigated the review processes and have had their first
CMCs published in the Key Comparison Database (KCDB).
2. Knowledge transfer ensures that the work of the BIPM has the greatest impact.
The knowledge transfer programme is widely welcomed and has become a pillar supporting
NMIs in strengthening their laboratory capabilities.

Resolution 4 - On the dotation of the BIPM for the years 2020 to 2023

The CIPM has overseen the BIPM’s budgets and financial performance, and successive Audit Reports
for the years 2018-2021 contained no substantive qualifications. The BIPM has remained within budget
and further steps have been taken to address future financial challenges associated particularly with the
BIPM Pension and Provident Fund. This reflects, in no small way, on the competence and hard work
of the BIPM Director and his staff.
254 • 27th meeting of the CGPM – Proceedings

Resolution 5 - On the financial arrears of Member States and the process of exclusion

In this Resolution it was decided that:

− the CIPM shall implement Article 6 paragraph 8 of the Annexed Regulations.


− the CIPM shall address the situation where historical practice has resulted in the accumulation of
arrears.

This Resolution resulted in a revised policy related to the long-term accumulation of arrears and has
been implemented through Decisions of the CIPM taken in 2019, 2020 and 2021, that will be presented
in the report by the Chair of the CIPM Sub-Committee on Finance.

In essence, the CIPM addressed the accumulated arrears in 2019. In 2020, the CIPM agreed the
timetable proposed by the Chair of the CIPM Sub-Committee on Finance to implement Resolution 5
of the 26th meeting of the CGPM (2018) and requested the Sub-Committee to continue to coordinate
the needed CIPM actions to build a consensus amongst advancing Member States on the issue. In 2021
the CIPM acknowledged confirmation that, on the basis of the review by the Sub-Committee, the data
for the accumulated arrears and associated advances prepared by the BIPM staff were complete and
satisfactory. The BIPM then informed the States that have previously been notified of accumulated
arrears exceeding the six-year period, of their financial situation.

Following these decisions, a correction needs to be added to the BIPM financial accounts after which
the matter can be considered as closed.

I would like to record my thanks to the CIPM Sub-Committee on Finance, and Dr Philippe Richard in
particular as well as the BIPM staff, who together spent a significant amount of time meticulously
examining records going back more than five decades to ensure the CIPM was able to take the
appropriate actions to resolve Resolution 5.
Progress related to Resolutions 1, 2 and 3 is detailed in the CIPM Strategy, the proposal for the BIPM
Work Programme, and in the draft Resolutions to the 27th meeting of the CGPM.

10.4 Report on the actions taken by the CIPM towards a “CIPM Strategy 2030+”
The CIPM Sub-Committee on Strategy meeting in June 2019 included a background discussion that
reflected on the profound change to the SI in 2018. The focus of the stakeholders in the SI, specifically
the NMIs and DIs was to develop realizations of the units according to the defining constants.
Discussions at the meeting started to develop a strategy for the long term. The topics under
consideration were:
− What issues will scientific metrology have to address by 2030 and beyond?
− What disruptive technologies will shape our future?
− What will the organization look like in 2050 in order to address the landscape by that time?

The meeting had discussed the broader strategy, including the Metre Convention in 2030 and beyond,
and how to identify and report on the long-term requirements in metrology. The members of the
Sub-Committee had mentioned that the role and constitution of the Metre Convention and the organs
it had established is unique and its contributions to the world-wide harmonization of measurement
cannot be overestimated. Other issues discussed included whether the BIPM/CIPM serves all
economies/NMIs as effectively as it should. The meeting also examined whether the BIPM liaises as
efficiently as possible with other IGOs.

Following this meeting, the CIPM decided to expand the terms of reference of the CIPM
Sub-Committee on Strategy to include advice to the CIPM on wider strategic directions of metrology
as follows:
27th meeting of the CGPM – Proceedings • 255

1. responding to the evolving needs for metrology.


2. addressing key scientific challenges to advance the global measurement system.
3. strategy for deepening engagement with other international organizations on measurement science
issues.
4. reviewing the strategy for future membership of the organization.
5. modernizing the operations of the organization.

Points 1-3 are in direct response to CGPM Resolution 1 (2018).


Five Sub-Committees (SC1 to SC5) were set up to develop these themes and to draft reports that could
be used to drive the development of the CIPM Strategy 2030+. Details of the outcomes of this work
are available in the Report on the actions taken by the CIPM towards a “CIPM Strategy 2030+”.
SC1 identified three groups of drivers for future decision making globally, both technological and
societal:

− Well-being: The health security and safety of a growing population with evolving social
attitudes and values.
− Sustainability: Reduced human impact on the climate and management of natural resources.
− Enterprise: Digital innovation to increase prosperity, productivity, and growth and also to
enable equality and fairness.

Whilst some aspects of the strategy are already being implemented, overall the aim is to be able to give
a clear articulation of how the future might look at the 150th anniversary of the signing of the Metre
Convention in May 2025, followed by appropriate proposals to the 28th meeting of the CGPM (2026).

1. Responding to the evolving needs for metrology

Five main evolving needs in metrology were identified; it is notable that these are expressed as ‘Grand
Challenges’ rather than metrology area challenges:

− Climate change and environment


− Health and life sciences
− Food safety
− Energy
− Advanced manufacturing.
Together with two additional cross-cutting horizontal themes.

− Digital transformation
− So called ‘new’ metrology.

For each, actions are proposed to promote and enhance international cooperation in these areas. These
topics are addressed in Draft Resolution A “On the report prepared by the International Committee for
Weights and Measures on the “Evolving Needs in Metrology”.”
The present CIPM structures, particularly the Consultative Committees that advise the CIPM, are
organized and focused on ‘vertical’ metrological lines (for example, measurement of specific
quantities/units or on unit definitions). The challenges identified above will require a new
multidisciplinary approach that addresses these challenges in a more holistic way. Therefore, the CIPM
proposes to create appropriate forums to shape and coordinate the metrology community’s response to
the identified grand challenges with the objective to coordinate new possibilities for metrology to have an
impact on global cross-cutting challenges.
256 • 27th meeting of the CGPM – Proceedings

I would like to mention the two additional cross-cutting horizontal themes:

Digital Transformation

The world is amid a digital revolution that is challenging the metrology communities’ working
practices and paradigms for traceability and reproducibility. It presents challenges to both bring
metrology to the digital world and to “digitalize” metrology, if the metrology community is to ensure
consistency and confidence in measurement in this new world. There is a need for an internationally
accepted and standardized infrastructure for the provenance of data, digital calibration certificates,
accepted ontologies for machine-readable and machine-actionable information and data, and validation
of artificial intelligence (AI) techniques such as machine learning. These should be embedded within
international standards and created through cross‐disciplinary and cross‐sectoral collaboration.
The CIPM is at the forefront of global efforts to coordinate the digital transformation in metrology.
It established a CIPM Task Group on the Digital SI to decide how to best provide the world with a machine
accessible SI.
There have already been many activities associated with this fast moving and exciting transformation,
notably the Task Group organized a virtual workshop entitled “The International System of Units in
FAIR digital data” that brought together almost 1 300 participants from around the world to support
the CIPM in its initiative to establish a Digital SI Framework.

“New” metrology

Metrological traceability is one of the key principles in metrology: “the property of a measurement
result whereby the result can be related to a reference through a documented unbroken chain of
calibrations, each contributing to the measurement uncertainty”. This principle of metrological
traceability has proven to be extremely influential. However, looking forward, several impending
technological advances could have an important “step-change” impact on the way metrological
traceability can be realized in the future. These include the use of sensor networks, distributed
instrumentation, intrinsic measurement standards, advances in measurement science enabled by the
redefinition of the SI and the implications of AI/big data.

These two “cross-cutting” challenges clearly overlap with each other and link with the first five grand
challenges. The CIPM is already beginning to tackle the challenge of the digital transformation through
the Task Group on the Digital SI and took several decisions that eventually led to the “Joint Statement
of Intent on the Digital Transformation”. To date, the Joint Statement has been co-signed by
eight international organizations. Further details of the Joint Statement are given later in this report.

2. Addressing key scientific challenges to advance the global measurement system

The key scientific challenges to advance the global measurement system were identified and are
articulated in terms of current and future actions to better realize the SI; there are two that could be
described as the key scientific challenges for the SI:

− redefinition of the second – this is elaborated in Draft Resolution E.


− redefinition of the candela – the current definition meets current needs; this remains a
challenge for the future.

Alongside the scientific challenges we see evidence of progress, which is to say the need to extend the
range of prefixes in the SI, addressed in Draft Resolution C – On the extension of the range of SI
prefixes.
27th meeting of the CGPM – Proceedings • 257

3. Strategy for deepening engagement with other international organizations on


measurement science issues

The CIPM concluded that the strategy for engagement with other IOs is mature and the CIPM oversight
provides good governance.

− The BIPM International Liaison and Communication Department was strengthened to


maintain the relationships and interactions.
− CIPM members were assigned to each strategic liaison to assist BIPM staff with the strategic
interactions, and the liaison arrangements are being put into practice.

Since 2018, the CIPM and the BIPM staff continued to interact with other international organizations
for whom metrology matters. The BIPM formalized its existing liaisons through agreements,
arrangements, or memorandums of understanding with the following international organizations:

− International Union of Pure and Applied Chemistry (IUPAC)


− International Telecommunication Union (ITU)
− Preparatory Commission for the Comprehensive Nuclear-Test-Ban Treaty Organization
(CTBTO)
− Committee on Data of the International Science Council (CODATA)
− International Federation of Clinical Chemistry and Laboratory Medicine (IFCC).

Joint Statement of Intent on digital transformation in the international scientific and quality
infrastructure
In 2022 the Joint Statement of Intent on digital transformation in the international scientific and quality
infrastructure was signed by the BIPM and the following organizations:

− Committee on Data of the International Science Council (CODATA)


− International Commission on Illumination (CIE)
− International Electrotechnical Commission (IEC)
− International Laboratory Accreditation Cooperation (ILAC)
− International Measurement Confederation (IMEKO)
− International Organization of Legal Metrology (OIML)
− International Organization for Standardization (ISO)
− International Science Council (ISC).

The joint statement is part of an ongoing initiative by the CIPM and its Task Group on the Digital SI
to develop and establish a world-wide uniform and secure data exchange format based on the SI.
It provides a platform for the signatory organizations to come together to indicate their support, in a
way appropriate to their particular organization, to the development, implementation, and promotion
of the SI Digital Framework as part of a wider digital transformation of the international scientific and
quality infrastructure.

OIML

A Joint Task Group between the BIPM and the OIML was set up with the aim of having a “single voice
for metrology” and to foster enhanced cooperation between the two organizations. The Task Group
met several times. The group consists of the CIPM President, BIPM Director, CIML President and the
BIML Director. The two organizations collaborate in many ways:
− World Metrology Day, including the new initiative towards gaining recognition by UNESCO
− Joint development of documents, notably the “National Metrology Systems - Developing the
institutional and legislative framework”
258 • 27th meeting of the CGPM – Proceedings

− Liaison activities
− Representation
− Operational and institutional matters
− Capacity building.

UNESCO

The United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization (UNESCO) Executive Board
took a key step towards recognizing World Metrology Day at their session on 13 October 2022,
following the proposal presented by Kazakhstan and supported by the BIPM and OIML. The decision
will need to be ratified by the 42nd session of the UNESCO General Conference to be held in November
2023. If all goes to plan, UNESCO will proclaim 20 May of each year as a UNESCO world day which
will then be celebrated every year from 20 May 2024.

The recognition of World Metrology Day by UNESCO will open new opportunities for the BIPM and
OIML to promote World Metrology Day. It has already raised support from a number of UNESCO
Member States that do not currently participate in BIPM or RMO activities. This stimulates
opportunities for the BIPM to explore their participation within the context of the mission towards
“Universal adherence” proposed in Draft Resolution F. It will also open the possibility for the BIPM
to request part of its 150th Anniversary events in 2025 to be hosted at UNESCO and thereby opening
it to a truly global audience.

ILAC
Interactions with ILAC focused on documents ILAC P10:07/2020 “ILAC Policy on Metrological Traceability
of Measurement Results”, ILAC P14:09/2020 “ILAC Policy for Measurement Uncertainty in Calibration” and
ILAC G18:04/2010 “Guideline for the Formulation of Scopes of Accreditation for Laboratories”.

The “Joint ILAC-CIPM Communication regarding the Accreditation of Calibration and Measurement
Services of National Metrology Institutes” was updated and reaffirmed in 2020.

UNIDO

The BIPM contributed to the United Nations Industrial Development Organization (UNIDO) initiative
and subsequent publication “Quality Policy Guiding Principles”, which is aimed at facilitating the
effective implementation of quality infrastructure (QI) in developing countries and to the methodology
included in the UNIDO sponsored publication “Quality Infrastructure for Sustainable Development
Index (QI4SD)”, specifically related to benchmarking of individual QI dimension (metrology), which
allows for continual improvement and mutual learning.

WTO

BIPM staff continued to represent the BIPM at the regular meetings of the World Trade Organization
Committee on Technical Barriers to Trade (WTO TBT) and were also invited to speak in thematic
sessions devoted to quality infrastructure and capacity building.

OECD

The BIPM continued to contribute to analytical work with the Organisation for Economic Co-operation and
Development (OECD) “Partnership for effective international rule-making” as the focal point of one of the
working groups on international organization (IO) coordination and inclusiveness to ensure that the role of
the world metrology system activities and structures are recognized as a critical part of the QI. The Director
of the BIPM, together with the heads of other IOs, participated as a panellist in the OECD high-level events.
27th meeting of the CGPM – Proceedings • 259

The OECD/BIPM joint study within OECD IO Partnership “The Case of the International Bureau of
Weights and Measures” was published in February 2020.

UNFCCC

The United Nations Framework Convention on Climate Change (UNFCCC) admitted the BIPM as an
observer to the COP27 (Conference of Parties) meeting held on 7-18 November 2022. Admission is a
one-off process, thus following admission, the BIPM will be able to participate actively in future COPs
without having to reapply.

INetQI (previously DCMAS Network)

BIPM staff are actively engaged in the International Network on Quality Infrastructure (INetQI).
The network allows exchange between international and intergovernmental organizations (ten at the
beginning) with the objective of promoting an effective metrology, accreditation and standards system in
developing countries, and has made great progress in recent years. INetQI was expanded and currently
has 14 members, including the newly joined Independent International Organisation for Certification
(IIOC) and International Certification Network (IQNET). INetQI is currently looking to develop the
concept of an INetQI “Single library” bringing together available resources for the QI community.

Joint Committee for Guides in Metrology (JCGM)

The JCGM is chaired by the BIPM Director. The CIPM maintains representation on the JCGM and the
current representative (Decision CIPM/108-17) to the JCGM and JCGM-WG2:VIM is Prof. P.
Neyezhmakov.

The CIPM decided in October 2020 (Decision CIPM/110-2) to submit a vote to the JCGM “in favour”
of the publication of GUM 6 (Guide to the expression of uncertainty in measurement ‐ Developing and
using measurement models).

The JCGM Working Group on the International Vocabulary of Metrology (JCGM-WG2:VIM) has
carried out a considerable amount of work since 2018 towards the development of the next edition of the
International Vocabulary of Metrology (VIM4), which is expected to be published in the near future.

Joint Committee for Traceability in Laboratory Medicine (JCTLM)

The International Council for Standardization in Haematology (ICSH) became an Executive


Committee Member Organization of the JCTLM in December 2019, joining the BIPM, IFCC and
ILAC. At its March 2019 meeting, the CIPM appointed two of its members as new representatives to
the JCTLM Executive Committee: Dr T. Liew and Dr S.-R. Park.
The JCTLM database was updated with a new version that was launched on 1 October 2022.
The replacement provides the database with an operating system that will be maintainable for the next
ten years and which makes the database machine readable. On average one hundred entry nominations
are received and reviewed each year for the database, with entries that meet JCTLM requirements being
added to the database. The database currently contains 257 reference materials, 213 reference methods
and 203 laboratory reference measurements services, which can be used by the In Vitro Diagnostic
(IVD) industry to meet metrological traceability requirements.
The JCTLM held two member and stakeholder workshops in 2019 and 2021. The workshop in 2021
was held completely on-line, attracting some 500 participants from 65 countries, and leading to
recommendations on overcoming challenges to global standardization of clinical laboratory testing:
reference materials and regulations.
260 • 27th meeting of the CGPM – Proceedings

The JCTLM Secretariat, provided by the BIPM, has annual running costs that are supported jointly by
the BIPM and IFCC. The funding agreement between the BIPM and IFCC is scheduled for renewal in
2023, and voluntary funds are being sought in 2022 to add a web-based nomination and review
capability to the JCTLM database.

4. Reviewing the strategy for future membership of the organization

In the past two decades participation in the activities of the BIPM have grown significantly. States and
economies with emerging metrology systems, often having very limited capabilities and resources, find
the present options to participate are not appropriate for their needs (recalling that ‘Associate’ status is
focused around CIPM MRA participation). It is time to examine the current application of Article III
of the Metre Convention and how this Article might be applied in order to facilitate lasting and
universal adherence to the Convention. This is addressed in Draft Resolution F “On universal
adherence to the Metre Convention”.

5. Modernizing the operations of the organization

Recent activities of SC5 included drafting the Rules of Procedure and the Code of Conduct for the
CIPM. The CIPM approved edition 1.1 of the CIPM Rules of Procedure and the first edition of the
CIPM Code of Conduct. As part of an overarching review, the CIPM undertook extensive discussions
in 2019 on the independence and responsibilities of its members.

Acting on reports from the ad hoc State Representatives working group, the CIPM requested the BIPM
Director to initiate the development of By-Laws for the BIPM and Peter Quayle, an international lawyer
specializing in the law, governance, and jurisdictional immunities of international organizations, was
contracted to start the process. By-Laws are a written governance instrument pertaining to the
functioning of an international organization and complementary to its constituent instrument. It is the
most suitable governance instrument found in many international organizations. Rules of Procedure
are governance instruments too. They regulate in detail the functioning of an organ or body.
In summary, By-Laws enhance the transparency, accessibility and modernity of governance of an
international organization. The CIPM is seeking a mandate from the 27th CGPM to continue
developing the By-Laws for presentation and approval at the 28th CGPM (2026). The Member States
will be consulted extensively during further preparation of the By-Laws to ensure that they are included
at all stages of the development process.

10.5 CIPM Consultative Committees

Consultative Committee for Acoustics, Ultrasound and Vibration (CCAUV)

The CCAUV met twice since the 26th meeting of the CGPM (2018). The group of metrologists within
these areas represent a sparse and geographically dispersed community. Therefore, in addition to
covering mutual recognition via comparisons and reviews, CCAUV meetings also provide a global
forum to describe the latest research and demonstrate progress in the relevant fields; they allow the
creation and maintenance of contacts with other specialists; and they facilitate discussions on current
issues. The meetings also provide an opportunity for scientific exchange and thematic presentations on
current leading-edge AUV metrology topics. Since the last CGPM, the liaison with the Preparatory
Commission for the Comprehensive Nuclear-Test-Ban Treaty Organization (CTBTO) has been
reinforced; one session of a CCAUV meeting was dedicated to the CTBTO and CCAUV experts
participate in CTBTO technical meetings. A liaison between the joint WG ISO/TC 12 (Quantities and
units) and IEC TC 25 (Quantities and units) has been formalized. This is a consequence of the strong
collaboration between the CCAUV and ISO/TC 12 (and IEC TC25) for the revision of the ISO 80000
27th meeting of the CGPM – Proceedings • 261

series in 2018-2019. The CCAUV reviewed its strategy to illustrate the present and future metrological
needs for applications in AUV and to focus CCAUV activities. New areas of study and application
have been identified such as acoustic spectroscopy, photoacoustic spectroscopy, lung sonography and
digital transformation.

Consultative Committee for Electricity and Magnetism (CCEM)

The introduction of the revised SI on 20 May 2019 led to a step change of about 1 part in 107 for
quantities related to voltage and of 2 parts in 108 for quantities related to resistance. The CCEM had
published guidelines for use by NMIs and their customers on how to deal with these changes. The small
changes did not lead to any problems in the stakeholder community. The second round of CCEM key
comparisons is under way. The load of organizing key comparisons is increasingly shared amongst a
group of NMIs, each of them being responsible for a specific aspect of the comparison. The CCEM is
introducing a new scheme for organizing key comparisons (the star-scheme), which should lead to a
significant reduction of the duration of comparisons. The CCEM has created a joint working group
together with the CCRI to introduce a new generation of instruments for the measurement of low
currents of ionization chambers. This would eliminate the need to verify the linearity of the presently
used electrometers with sealed radioactive sources, which are difficult to obtain, and which can
generate safety risks. In 2019 the CCEM organized a workshop on “Radiofrequency and microwave
metrology – recent developments and challenges” with participation from industry and academia.
In 2022 a new series of CCEM webinars on topics related to fundamental and applied electromagnetic
metrology was launched.

Consultative Committee for Length (CCL)

Present activities of the CCL concern practical length and angle measurements (from one dimension to
three dimensions, from sub-nanometre to tens or hundreds of metres) and future optical frequency
standards (for metre realizations). Since the previous General Conference, the CCL has met once (3-year
cycle) and its working groups have each met three or four times. Length CMCs registered in the KCDB
as numerical equations are migrating to quantity equations as approved by the CIPM; about 850 CMCs
are concerned. The CCL updated the mise en pratique document for the metre to include the Si lattice as
a secondary representation of the metre, as suggested by the CCL Working Group on Dimensional
Nanometrology (CCL-WG-N). The three existing methods of realizing the metre included in the
document are time-of-flight of light radiation, laser interferometry (primary) and the Si lattice parameter
(secondary). The CCL-CCTF Working Group on Frequency Standards (CCL-CCTF-WGFS) developed
and approved the Guideline on the “CMCs on frequency stabilized lasers” and the technical protocol of
the key comparison CCL-K11 on optical frequency and wavelength standards. A survey has been
conducted to deal with the SI digitalized metre project and a Task Group has been constituted
(CCL-TG-DIG) to collect and organize the data. A collaboration with the BIPM is under way to achieve
the “digitalized SI metre”, which will allow users to obtain, in real time, the latest CIPM-approved values
of frequency standards and other length-related parameters. The CCL Working Group on the CIPM MRA
(CCL-WG-MRA) approved the guideline on the List of Good Practice guides and similar sources of
information in length metrology and on the revision to the coding scheme used for numbering
comparisons undertaken in the CIPM MRA. The CCL worked on the publication of the Metrologia Focus
Issue on Length; 15 papers have already been published and two others are under revision. In the period
since the 26th meeting of the CGPM (2018) the list of optical frequency standards used for the realization
of the definition of the metre and the secondary representations of the second has been updated by the
WGFS and adopted by the CIPM after approval by the CCTF. A formal liaison between the CCL and
ISO/TC 213 (Geometrical Product Specification) has been formalized.
262 • 27th meeting of the CGPM – Proceedings

Consultative Committee for Mass and Related Quantities (CCM)

Two CCM meetings were held during the period 2019-2022, one on 16-17 May 2019 and one on
20-21 May 2021. A workshop on new activities and developments was organized during the meeting
in 2019. A detailed note on the phases for the dissemination of the kilogram was approved and the
progress of the tasks following this detailed note was reviewed at the meetings. Other major decisions
of these two meetings include the merging of two WGs and the formulation of a CCM request to the
JCRB about the possibility of adding an explanatory note for clarifications on “Appendix A1 in
CIPM-MRA-P11”. Regarding the redefinition of the kilogram, the first key comparison of realization
experiments CCM.M-K8 was completed in 2019. Mass dissemination from the Consensus Value of
the kilogram came into force on 1 February 2021 and the CMCs of 31 NMIs were adjusted in the
KCDB. The second key comparison of kilogram realizations was launched in late 2021 and the draft
A report is being circulated. There were seven participants in the first comparison and nine in the
second. A completely revised version of the CCM Strategy 2022-2032 was produced by the CCM
Working Group on Strategy and MRA coordination (CCM-WGS). Two CCM Guidance documents on
comparisons were revised. The approval process for comparison reports has been simplified to
accelerate the publication of comparison results. Specific guidance documents for an “efficient and
effective” approach to CMC review exercises have been established in some WGs and are being
developed in others.

Consultative Committee for Photometry and Radiometry (CCPR)


CCPR members contributed to the finalization of key documents related to the Candela definition and
its mise en pratique. Work towards a future redefinition of the candela was reported and “Key Scientific
questions of the SI unit of luminous intensity, the candela” was presented to the 25th CCU (2021).
In addition the CCPR has worked on the definition of a longer-term strategic objective to implement a
scientifically rigorous photometric system based on cone-fundamentals to provide a new link between
photometric and radiometric quantities.

The CCPR discussed the adoption of a risk-based approach for reviewing requirements and provides
further guidance regarding the scope of Key Comparisons in terms of CMC support (“how far the light
shines”). Flowcharts and checklists are included to ensure all requirements are clear and aid reviewers.
The CCPR collaborated with the WMO to ensure the traceability of irradiance measurements to the SI.

Consultative Committee for Amount of Substance: Metrology in Chemistry and Biology


(CCQM)
Meetings of the CCQM and its WGs for 2020