0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
88 vues6 pages

Arithmétique et Équation de Pell-Fermat

Transféré par

odgsunset
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
88 vues6 pages

Arithmétique et Équation de Pell-Fermat

Transféré par

odgsunset
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

IUFM Martinique Equation de Pell-Fermat

Rappels d’arithmétique sur Z et problème sur l’équation de Pell-Fermat

1 Rappels d’artihmétique sur les entiers


Nous allons revoir l’artihmétique sur Z sous deux angles différents. Le premier est le plus simple et consiste à définir les
notions par des relations (la présentation se veut néanmoins assez poussée). La seconde, plus évoluée, utilise la structure
d’anneau de (Z, +; ×) et manipule les idéaux. La première est réellement à connaı̂tre. La seconde présentation est à
savoir manipuler (mais il n’est pas spécialement nécessaire de passer des heures sur les démonstrations des théorèmes).

1.1 Divisibilité
Définition 1 (a divise b)
Soient (a, b) ∈ Z2 . On dit que a divise b s’il existe n ∈ Z tel que b = an. On note alors a|b. Dans le cas contraire,
a ne divise pas b se note a 6 |b.

Théorème 1 (Division euclidienne sur les entiers naturels)


Soient (a, b) ∈ N × N∗ . Il existe un unique couple (q, r) ∈ N2 tel que a = bq + r et 0 ≤ r ≤ b − 1. q est le quotient,
r est le reste de la division euclidienne de a par b.

Test 1. Soit ∀n ∈ Z∗ . Est-ce-que 0|n? n|0 ? Test 2. Ecrire le théorème de division euclidienne dans
Z.

Définition 2 (Classe de congruence)


Soit n un entier naturel non nul. On note nZ = {nk; k ∈ Z}. Si (x, y) ∈ Z2 , on note x ≡ y (mod n) si x − y ∈ nZ.
On dit alors que x et y sont congrus modulo n.

Test 3. La relation de congruence est-elle une relation Test 4. Décrire la structure du quotient Z/nZ.
d’ordre? d’équivalence?

1.2 PPCM et PGCD


Les définitions de PPCM et PGCD sont données pour des entiers naturels. Pour des entiers relatifs (a, b) ∈ Z2 , on
applique la définition à (|a|; |b|). Ainsi, les PPCM et PGCD sont toujours des entiers naturels strictement positifs.

Définition 3 (PGCD; nombres premiers entre eux )


Soient a et b deux entiers naturels. L’ensemble des diviseurs de a et b est un sous-ensemble non vide de Z (car il
contient 1). De plus cet ensemble est borné. Aussi admet-il un plus grand élément: d. On dit que d est le plus
grand commun diviseur de a et b. On note a ∧ b = d.
Si a ∧ b = 1, alors on dit que a et b sont premiers entre eux.

Test 5. Montrer que | est une relation d’ordre partiel Test 6. Préciser l’ordre utilisé dans la définition du
sur N. PGCD.

Nous trouvons ici les deux théorèmes principaux de l’arithmétique des entiers:
Théorème 2 (Théorème de Bezout)
Les entiers a et b sont premiers entre eux si et seulement s’il existe un couple (u, v) ∈ Z2 tels que au + bv = 1.

Test 7. Le couple (u, v) est-il unique? Test 8. Enoncer le théorème de Bezout pour (a1 ; · · · ; an )
une famille d’entiers premiers entre eux.

Théorème 3 (Théorème de Gauss)


Soient (a, b, c) ∈ Z3 . Si a ∧ b = 1 et a|bc, alors a|c.

Test 9. (??) Vrai/Faux Si a est premier avec b1 , tiers deux à eux premiers entre eux, et b un entier. Le
avec b2 , · · · , avec bn , alors a ∧ (Πni=1 bi ) = 1. produit a1 · · · an divise b si et seulement si, pour tout
Test 10. (??) Vrai/Faux Soient a1 , · · · , an des en- i ∈ {1, · · · , n}, ai |b.

1
IUFM Martinique Equation de Pell-Fermat
Définition 4 (PPCM )
Soient a et b deux entiers naturels. L’ensemble des multiples communs à a et b est une partie non vide (elle contient
ab) et minorée de N (par M ax(a, b)). Aussi contient-elle un plus petit élément: c, dit plus petit commun multiple
de a et de b.

Proposition 1 (Relation entre le PPCM et le PGCD)


Soient a et b deux entiers naturels. Alors ppcm(a, b) × pgcd(a, b) = ab.

Test 11. Donner la proposition précédente pour des Test 12. Si a∧b = 1, que pouvez-vous dire de ppcm(a, b)?
entiers (a, b) ∈ Z2 .

1.3 Nombres premiers


Définition 5 (Nombre premier )
On dit que p ∈ N est un nombre premier si et seulement si ses seuls diviseurs dans N sont exactement 1 et p. On
note P l’ensemble des nombres premiers.

Pour des entiers relatifs, la précédente définition devient si ses seuls diviseurs dans Z sont exactement 1, −1, p et −p.
Notez que 1 n’est pas un nombre premier (il faut exactement 2 diviseurs, donc différents). Ainsi, tout entier n ≥ 2 est
divisible par un nombre premier (1 ne l’est pas, et 0 est particulier, car tout nombre divise 0).
Théorème 4 (Théorème fondamental de l’arithmétique)
Soit n ∈ N \ {0, 1}. Alors ∃{p1 , · · · , pk } ∈ P des nombres premiers 2 à 2 disctincts, ∃(α1 , · · · , αk ) ∈ Nk tels que
n = Πki=1 pα
i . Cette écriture s’appelle la décomposition en facteurs premiers de n.
i

Il faut savoir manipuler ces expressions avec une certaine facilité...


Test 13. En partant de la décomposition en facteur Test 14. Même question pour pgcd(m, n).
premier de m et n, exprimer ppcm(m, n).

Pour un exercice plus élaboré sur cette thématique, revoir le sujet sur les polynômes cyclotomiques (partie contenu
d’un polynôme). Ce théorème permet l’obtention de résultats simples. Citons par exemple:
Proposition 2
Soit p un nombre premier, et n un entier naturel. Si p 6 |n, alors p ∧ n = 1.
n
Si p ∈ P et p|πi=1 ai , alors ∃k ∈ {1, · · · , n} tel que p|ak .

Concernant l’ensemble P des nombres premiers, il faut savoir démontrer qu’il est infini. Une démonstration
particulièrement simple à mon sens:

Par l’absurde, supposons que P = {p1 , · · · , pn } (classés dans l’ordre croissant) soit fini et considérons
l’entier naturel N = pn ! + 1. Soit alors p ∈ P. Puisque p ≤ pn , on a de manière évidente, p|pn ! (i.e. ∃k,
pk = pn !). Si p|N alors ∃`, p` = pn ! + 1. Mais alors p(` − k) = 1 ce qui est absurde!

Autour des nombres premiers: Il existe réellement un grand nombre de problèmes possibles concernant
l’ensemble des nombres premiers (aussi bien en arithmétique qu’en analyse, avec la notion de densité par exemple).
Sur un sujet connexe, rappelons la définition de l’indicatrice d’Euler: Pour n ∈ N, ϕ(n) est nombre d’entiers
naturels compris entre 1 et n et premiers avec n. Pour une (bonne) introduction à cette thématique, je vous
conseille de revoir la partie consacrée à cette indicatrice (ainsi que la formule d’inversion de Moebius qui l’utilise)
dans le problème sur les polynômes cyclotomiques.

1.4 Structure de Z/nZ


Faisons ici un petit rappel de cet objet très utilisé en arithmétique des entiers. On fixe n ∈ N∗ . Déjà, nous avons
introduit Z/nZ comme le quotient de l’anneau Z par la relation d’équivalence congru modulo n.
Explicitons1 cela.
Cette relation d’équivalence a exactement n classes d’équivalences, {0, 1, · · · , n − 1} qui correspondent aux restes
possibles de la division euclidienne d’un entier naturel par n. En effet, si r est un entier naturel strictement inférieur
à n et si x est un entier quelconque, x ≡ r (mod n) signifie qu’il existe q ∈ Z tel que x = r + qn. Nous retrouvons
alors l’expression de la division euclidienne de x par n dans Z.
1 Pas de dificulté ni piège particulier, juste pour le revoir

2
IUFM Martinique Equation de Pell-Fermat
Ainsi, pour 0 ≤ r < n, r est l’ensemble des éléments x de Z dont le reste par la division euclidienne par n est r.
L’ensemble des classes d’équivalences forment bien une partition de Z, et on choisit comme système de représentants
les entiers r ∈ {0, · · · , n − 1}.
On munit alors Z/nZ d’une addition et d’une multiplication provenant de Z (c’est classique, on peut vérifier par
exemple que si (a, b) ∈ Z2 , alors a + b = a + b). Ainsi, (Z/nZ; +; ×) est un anneau. On montre alors qu’il est de
caractéristique n (i.e. 1 + 1 + · · · 1 = 0, la somme étant sur n termes).
Exercice (?): Générateurs de Z/nZ
Soit x ∈ Z. Démontrer que la classe x de x dans Z/nZ est un générateur de Z/nZ si et seulement si x ∧ n = 1.

Solution Déjà, 1 est un générateur de Z/nZ car ∀k ∈ Z, k = k1.


A présent, soit x ∈ Z tel que x est un générateur de Z/nZ. Ainsi, il existe u ∈ Z tel que ux = 1 (car si x engendre Z/nZ,
il existe un multiple qui engendre 1 ∈ Z/nZ). On a alors: ux = 1 soit ux ≡ 1 (mod n), donc il existe v ∈ Z tel que
ux + vn = 1, ce qui implique par le théorème de Bezout x ∧ n = 1.

Test 15. Caractériser les éléments inversibles de Test 16. Démontrer que Z/nZ est un corps si et seule-
Z/nZ. ment si n est premier.

1.5 Les théorèmes classiques


Enfin, terminons cette partie par quelques théorèmes d’arithmétique plus poussés (mais néanmoins très classiques).
Exercice: (??) Théorèmes de Fermat-Euler et de Fermat
1. Soient (a, n) ∈ N \ {0; 1} tels que a ∧ n = 1.
a. Montrer que a est un inversible de Z/nZ.
b. Montrer que G l’ensembledes inversibles de Z/nZ est un groupe (on précisera la loi).
G → G
c. En utilisant l’application , montrer que Πg∈G g = aϕ(n) Πg∈G g.
g 7→ ag
d. En déduire le théorème de Fermat-Euler: Si a ∧ n = 1 alors aϕ(n) ≡ 1 (mod n).
2. En déduire le théorème de Fermat:
Théorème 5 (Théorème de Fermat)
Si p ∈ N est premier et si a ∈ N∗ n’est pas un multiple de p, alors ap−1 ≡ 1 (mod p).
Solution:
1.a. Revoir le test 15.
1.b. (Z/nZ; +; ×) est un anneau, donc (Z/nZ; +) et (Z/nZ \ {0}; ×) sont des groupes. Nous allons montrer que G est un
sous-groupe de (Z/nZ \ {0}; ×). Déjà, G 6= ∅ car 0 ∈ G. Soit g ∈ G. Alors par définition de G, g admet un inverse (g −1 )
dans (Z/nZ \ {0}; ×). Par définition, cet élément est inversible, donc appartient à G: ainsi, G contient-il l’inverse de tout
élément. Soient g et g 0 deux éléments de G. Alors il existe, dans (Z/nZ \ {0}; ×) des inverses (respectivement) g −1 et
g 0−1 . Ainsi, l’élément gg 0 de (Z/nZ \ {0}; ×) (qui est stable pas produit puisque c’est un groupe) admet pour inverse à
droite g 0−1 g −1 . Cet 0
 élément est donc inversible (le produit dans Z est commutatif) et il s’ensuit que (gg ) ∈ G.
G → G
c. L’application est une bijection (puisque a est inversible). Ainsi, en faisant le produit des éléments
g 7→ ag
de G (il y en a ϕ(n)), nous obtenons: Πg∈G g = Πg∈G ag = aϕ(n) = Πg∈G g.
d. Il s’ensuit alors que aϕ(n) = 1. Ainsi en déduisons-nous que aϕ(n) ≡ 1 (mod n), ce qui est le théorème demandé.
2. Soit a non multiple de p. Alors a ∧ p = 1 et comme ϕ(p) = p − 1, nous déduisons du théorème de Fermat-Euler que
ap−1 ≡ 1 (mod p) qui est théorème de Fermat.

Théorème 6 (Théorème de Wilson)


Un entier p ≥ 2 est un nombre premier si et seulement si (p − 1)! ≡ −1 (mod p).

Test 17. Démontrer que la condition est nécessaire. Test 18. Démontrer que la condition est suffisante.

1.6 Avec la structure d’anneau


Très rapidement, rappelons que (Z; +; ×) est un anneau et que l’ordre usuel est compatible avec l’addition et la
multiplication. Les sous-groupes de (Z; +) sont les nZ. Un idéal à gauche I de l’anneau (A; +; ×) est une partie
stable par addition I + I ⊂ I et telle que ∀(a, i) ∈ A × I, ai ∈ I. Un idéal I de A est à la fois un idéal à gauche et à
droite. Pour Z, on montre que ses seuls idéaux sont les nZ pour n ∈ N: ainsi, les notions de sous-groupes et d’idéaux
sont confondus pour Z. Cela permet de dire que (Z; +; ×) est un anneau principal (intègre et tout idéal est principal,
c’est-à-dire engendré par un unique élément: nZ).

3
IUFM Martinique Equation de Pell-Fermat
Si a et b sont deux entiers naturels, il existe un unique entier naturel d tel que aZ + bZ = dZ; l’entier d est alors de
PGCD de a et de b. Il existe aussi un unique entier naturel c tel que aZ ∩ bZ = cZ; l’entier c est le PPCM de a et b.
Enfin, terminons cette section avec le célèbre:
Théorème 7 (Théorème des restes chinois)
Soient m et n deux entiers naturels non nuls premiers entre eux. Alors, nous avons l’isomorphisme d’anneaux
suivant: (Z/mZ) × (Z/nZ) ≈ (Z/mnZ).
Sa démonstration repose sur le lemme de factorisation: on considère f : Z → (Z/mZ) × (Z/nZ) qui à x ∈ Z associe f (x) =
.
(x, x) ∈ (Z/mZ) × (Z/nZ). C’est un morphisme d’anneaux, de noyau Ker(f ) = {x ∈ Z, x|n et x|m}. Or, m ∧ n = 1; ainsi,
si x|n et x|m alors x|nm, et donc Ker(f ) = mnZ. Par le lemme de factorisation, nous avons une injection de Z/Ker(f ) dans
(Z/mZ) × (Z/nZ). On conclut en remarquant que les cardinaux des deux ensembles sont égaux, donc nous avons une bijection
entre (Z/mnZ) et (Z/mZ) × (Z/nZ).

1.7 Solution des tests


Test 1. Soit ∀n ∈ Z∗ . Si 0 6= n, alors il existe k ∈ Z tel Théorème 8 (Théorème de Bezout généralisé)
que n = 0 × k = 0 d’où n = 0 ce qui contredit l’hypothèse. Les entiers (a1 ; · · · ; an ) sont premiers entre eux dans leur
Ainsi, 0 6 |n. Par contre, ∀n ∈ N, n|0 car n × 0 = 0. n
Pn si et seulement si il existe (u1 , · · · , un ) ∈ Z tels
ensemble
Test 2. Il y a plusieurs versions. Soient (a, b) ∈ Z × Z∗ . que i=1 ai ui = 1.
∃!(q, r) ∈ Z2 , b = aq + r avec 0 ≤ r < |b|. Mais on peut se
restreindre à prendre b ∈ N∗ , auquel cas il n’est pas nécessaire Test 9. Vrai C’est vrai! Le plus simple pour le voir est de
de prendre la valeur absolue dans la dernière condition. passer par les facteurs premiers de a. Si a ∧ bi , alors pour tout
A retenir: On ne divise jamais par 0 (b ∈ K∗ ), il y a unicité de facteur premier p de a, p 6 |bi . Il s’ensuit alors que p 6 |Πn
i=1 bi et
(quotient; reste) et si b < 0, on n’oublie pas la valeur absolue finalement p est premier avec Πn i=1 bi .
dans la condition 0 ≤ r < |b|. Test 10. Vrai C’est aussi vrai. Notez l’importance de la con-
Test 3. C’est une relation d’équivalence. Soit n ∈ N∗ . dition a1 , · · · , an deux à deux premiers entre eux. En effet,
∀(x, y, z) ∈ Z3 , nous avons: x ≡ x (mod n) car 0 ∈ nZ, si dans le cas inverse, cela ne marche pas, comme par exemple
x ≡ y (mod n) alors x − y ∈ nZ et comme nZ est symétrique, 6|12, 4|12 et pourant 6 × 4 = 24 6 |12.
nous en déduisons y ≡ x (mod n). Enfin, si x ≡ y (mod n) et Test 11. ppcm(a, b) × pgcd(a, b) = |ab|. Rappelons que
y ≡ z (mod n) alors x − y ∈ nZ et y − z ∈ nZ, donc il existe ppcm(a, b) et pgcd(a, b) sont des entiers naturels (donc > 0).
(k1 , k2 ) ∈ Z tels que x − y = nk1 et y − z = nk2 . En sommant, Test 12. Si a ∧ b = 1, alors ppcm(a, b) = ab.
nous obtenons x − z ∈ nZ, et donc ≡ est transitive. Test 13. m = πi=1 k
pα i ` βj
i et n = πj=1 pj . On étend alors les in-
Test 4. Nous pouvons quotienter Z par la relation ≡ qui est dices pour avoir homogénéité d’écriture; ainsi, certains αi et βi
une relation d’équivalence. Nous obtenons alors l’anneau quo- M ax(k,`) M ax(αj ;βj )
peuvent êtres nuls. On a: ppcm(m, n) = πj=1 pj .
tient Z/nZ. C’est un corps lorsque n est un nombre premier. M ax(k,`) M in(α ;β )
j j
Test 5. La relation de divisibilité est bien une relation d’ordre. Test 14. pgcd(m, n) = πj=1 pj .
En effet, elle est clairement réflexive. Si a|b et b|a, alors il ex- Test 15. m est un inversible de Z/nZ si et seulement si il
iste (m, n) ∈ N2 tels que a = mb et b = na. Ainsi a = mna et existe u tel que u × x = 1. Or, u × x = ux. La relation ux = 1
donc mn = 1. Puisque (n, m) ∈ N, cela implique m = n = 1 et est équivalente à ux ≡ 1 (mod n), donc il existe un entier
donc m = n. Ainsi, | est une relation anti-symétrique. Enfin, v tel que ux + vn = 1. D’après le théorème de Bezout, c’est
elle est clairement transitive... équivalent à x ∧ n = 1.
Test 6. Dans la définition du PGCD, on utilise la relation Ainsi les inversibles de Z/nZ (pour la multiplication) sont (ex-
d’ordre classique ≤ de N. A titre d’exemple, l’ensemble des actement) les générateurs de Z/nZ (i.e. ils génèrent le groupe
diviseurs (dans N) de 6 est {1, 2, 3}. Evidemment pour l’ordre additif (Z/nZ; +)).
naturel de N, nous avons 1 ≤ 2 ≤ 3, mais pour l’ordre issu de Test 16. Z/nZ est un corps si et seulement ssi tout élément
la relation de divisibilité (on le note ≺), nous avons: 1 ≺ 2 et non nul est inversible. Ainsi, par le test précédent, tout élément
1 ≺ 3 mais aucune relation entre 2 et 3: ces éléments ne sont x ∈ {1, · · · , n − 1} est premier avec p, donc p est premier.
pas comparables pour la relation |, ce qui implique que | n’est Test 17. Supposons p premier. Alors (p − 1)! est le pro-
pas une relation d’ordre totale sur N. duit des k avec k ∈ {1, · · · , p − 1}. Tous ces éléments sont
Remarque: Il est assez facile de montrer qu’il y a un lien en- inversibles puisque Z/pZ est un corps. Nous groupons les
tre ces deux relations d’ordres. En effet, si p ≺ q (i.e. si p|q) éléments deux par deux (un inversible et son inverse; le pro-
alors p ≤ q. L’inverse étant trivialement faux. duit fait 1): il reste uniquement les éléments qui sont leurs
Test 7. Le couple (u, v) n’est pas necessairement unique. propres inverses. C’est uniquement le cas de 1 et −1. Ainsi,
Par exemple pour (3; 2), les couples (1; −1) et (−1; 2) vérifient (p − 1)! = Π1≤k≤p−1 k = 1 × −1 = −1. Il s’ensuit donc que
l’identité de Bezout. (p − 1) ≡ −1 (mod p).
Test 8. Déjà, on dit que les entiers (a1 ; · · · ; an ) sont premiers Test 18. Supposons (p − 1)! ≡ −1 (mod p). Soit alors a un
entre eux dans leur ensemble si pgcd(a1 ; · · · ; an ) = 1. Par ex- diviseur premier de p: p = ab, avec a ∈ P et donc 1 ≤ b ≤ p−1.
emple, {6, 10, 15} sont premiers entre eux dans leur ensemble, En multipliant la relation (p − 1)! ≡ −1 (mod p) par a, nous
mais non deux-à-deux premiers entre eux. La réciproque, par obtenons: a(p − 1)! ≡ abΠ1≤k≤p−1 k ≡ 0 (mod p). Nous avons
k6=b
contre, est vraie, c’est-à-dire que si les nombres sont deux à alors a ≡ 0 (mod p), soit a = p. Ainsi, tout nombre premier
deux premiers entre eux, alors ils sont (évidemment) premiers divisant p est égal à p, donc p est premier.
entre eux dans leur ensemble. Cela termine la démonstration du théorème de Wilson.

4
IUFM Martinique Equation de Pell-Fermat
2 Problème sur l’équation de Pell-Fermat
Pour d ∈ N, l’équation de Pell-Fermat est l’équation (Ed ) x2 − dy 2 = 1 avec (x, y) ∈ Z2 .
Dans la première partie, on propose une résolution géométrique de (E3 ). La seconde partie est consacrée à la
résolution arithmétique de (E2 ) puis de (E3 ). Enfin, dans la dernière partie, on résoud (Ed ) dans le cas général.

Partie I: Résolution géométrique de x2 − 3y 2 = 1.

On considére P le plan affine euclidien muni d’un repère orthonormé direct R = (0; →

e1 ; →

e2 ). Un point du plan sera
2
repéré soit par le couple (x, y) ∈ R formé par ses coordonnées dans R, soit par son affixe z = x + iy ∈ C. Dans la
suite, nous désignons par H l’ensemble des points M (x, y) tels que x2 − 3y 2 = 1 et par H0 l’ensemble des points de H
à coordonnées dans Z.

1. Etude d’une application du plan


On considère l’application f : C → C définie par f (z) = (2 − i)z + 2iz, et l’on dégine par F l’application géométrique
associée: F : P → P, et dont l’image du point M (z) est le point M 0 (f (z)).
a. Caractériser la courbe H et préciser ses éléments caractéristiques. Faire un (beau) dessin.
b. Soit M (x, y) un point du plan P. Déterminer les coordonnées réelles de F (M ) dans R. En déduire que F est
bijective. 
(i.) M ∈ H ⇔ F (M ) ∈ H.
Montrer les équivalences suivantes:
(ii.) M ∈ H0 ⇔ F (M ) ∈ H0 .
A0 (1; 0)
c. On construit, par récurrence, la suite de points (An )n∈N définie par: .
An+1 = F (An ).
i. Placer les points A0 , A1 et A2 sur la figure.
ii. Montrer que tous les An sont dans H0 .
_
iii. Trouver tous les points de H0 situés sur l’arc A0 A1 de H.

2. Structure de groupe sur H.


Soient M et N deux points de H. Si M 6= N , on désigne par ∆(M, N ) la droite passant par A0 et parallèle à (M N )
et par ∆(M ; M ) la droite passant par A0 et parallèle à la tangente à H en M .
On définit une loi de composition interne sur H de la façon suivante: ∀(M, N ) ∈ H2 , si ∆(M, N ) est la tangente à H
en A0 , alors M ? N = √A0 , sinon M ? N est√le second point d’intersection de H avec ∆(M ; N ).
a. Soient →−1 = 21 →

e1 − 63 →

e2 et →

2 = 21 →

e1 + 63 →−
e2 .
0 →
− →

i. Montrer que R = (0; 1 ; 2 ) est un repère direct. Est-il orthonormé? Que dire des axes de ce nouveaux repères?
ii. Exprimer les coordonnées (x0 ; y 0 )R0 d’un point M (x, y) ∈ P. Donner les coordonnées de A0 dans R0 .
iii. Montrer que dans le repère R0 , l’équation de H est x0 y 0 = 1.
b. Soient M et N deux points disctincts de H.
i. Déterminer une équation cartésienne de la droite (M N ) dans R0 .
ii. En déduire une équation cartésienne de la droite ∆(M ; N ) dans R0 .
iii. Exprimer les coordonnées de M ? N dans R0 en fonction de celles de M et N .
c. Soit M un point de H.
i. Déterminer dans R0 une équation cartésienne de la tangente à H en M .
ii. En déduire une équation cartésienne de la droite ∆(M, M ) dans le repère R0 .
iii. Exprimer les coordonnées de M ? M en fonction de celles de M .
d. Montrer que (H; ?) est un groupe. Montrer de plus qu’il est isomorphe à (R∗ ; ×).

3. Résolution de l’équation de Pell-Fermat dans le cas d = 3


a. Soit M (x0 , y 0 )R0 un point de P. Donner les coordonnées de F (M ) en fonction de (x0 , y 0 ) dans R0 .
b. Pour tout M ∈ H, prouver que F (M ) = A1 ? M .
c. Pour tout entier naturel n, déterminer les coordonnées du point An dans le repère R0 .
_
d. Soient n ∈ N et M un point du plan P. Montrer que le point M est sur l’arc An An+1 de H si et seulement si
_
le point A1 ? M est sur l’arc An+1 An+2 .
e. Déterminer les couples de solutions de l’équation x2 − 3y 2 = 1 avec (x, y) ∈ N2 .
f. En déduire les solutions de H0 .

5
IUFM Martinique Equation de Pell-Fermat
Partie 2: Etude des cas d = 2 et d = 3
2
1. Donner trois solutions (x, √y) ∈ N de l’équation (E2 ).
2. Montrer que H = {a + b 2 ∈ R∗+ /(a, b) ∈ Z2 , a2 − 2b2 = 1} est une sous-groupe de (R∗+ ; ×).
3. Le but de cette question est de √ montrer que H∩]1; +∞[ admet un minimum δ.
3.i. Montrer que si h = a + b 2 ∈ H, alors a ≥ 3.
[Link]. Montrer que b ≥ 2.
[Link]. En déduire la valeur de√δ.
4. En déduire que H = {(3 + 2 2)n /n ∈ Z}.
5. Donner toutes les solutions (x, y) de E2 telles que 1 ≤ x, y ≤ 100.
6. i. Montrer que l’on peut se restreindre aux solutions de (E2 ) dans N2 . 
 x0 = 1; y0 = 0
ii. Montrer que les solutions de (E2 ) dans N2 sont données par la suite double (xn ; yn ) xn+1 = 3xn + 4yn
yn+1 = 2xn + 3yn

iii. Retrouve-t-on le résultat de la question II.5 ?
7. Donner une suite double (xn ; yn ) listant toutes les solutions de (E3 ) dans N2 .
Partie 3: Etude du cas général
1. Lemme d’approximation de Dirichlet
x
Soit ξ un irrationnel. Le but de cette question est de démontrer qu’il existe une infinité de fractions irréductibes y ∈Q
x 1
telles que ξ − y < y2 . Pour r ∈ R, on désigne par [r] sa partie entière et par {r} = r − [r] sa partie fractionnaire.
∗ 1
a. Soit n ∈ N . Montrer l’existence de deux entiers p et q tels que 0 ≤ p < q ≤ n et 0 ≤ {qξ} − {pξ} < n.
En déduire l’existence d’une fraction irréductible xy ∈ Q telle que 1 ≤ y ≤ n et ξ − x
y < 1
ny .
b. En déduire le lemme d’approximation de Dirichlet.

2. Existence d’une solution non triviale de (Ed ).


Dans cette question, nous considérons que d ∈ N∗ est sans facteur carré.
a. Soient a, b, c, d√et m des entiers tels que a ≡ b (mod m) et c ≡ d (mod m). Montrer que ac ≡ bd (mod m).
b. Montrer que d est irrationnel. √ √
c. Soient (m, n, p, q) ∈ Z4 tels que m + n d = p + q d. Montrer alors que m = p et n = q. √
d. Démontrer l’existence d’une infinité de fractions irréductibles xy ∈ Q telles que |x2 − dy 2 | ≤ 2 d + 1.
e. En déduire l’existence d’un entier m ∈ Z∗ et de deux couples différents (x1 ; y1 ) et (x2 ; y2 ) de N2 tels que:
 2
 x1 − dy12 = x22 − dy22 = m
x1 ≡ x2 (mod m)
y1 ≡ y2 (mod m)


√ √ √  (p, q) ∈ Z2
f. On note α = x1 + y1 d, β = x2 − y2 d et γ = α.β. Montrer que γ = p + q d avec: p2 − dq 2 = m2
p ≡ q ≡ 0(mod m)

g. Donner deux solutions triviales de (Ed ). Déduire de ce qui précède l’existence d’une solution non triviale de (Ed ).

3. Description des solutions de l’équation (E√ d)


On considère à présent l’ensemble Hd = {a + b d ∈ R∗+ /(a, b) ∈ Z2 , a2 − db2 = 1}.
a. Montrer que Hd est un sous-groupe de (R∗+ ; ×).
b. Montrer que Hd ∩]1; +∞[ admet un minimum δ.
c. En déduire que Hd = {δ n /n ∈ Z}.
d. Exprimer tous les couples (x, y) ∈ Z2 solutions de (Ed ) à l’aide de δ.

4. Algorithme des Anglais pour rechercher δ.


On pose p0 = 1, q0 = 0 et k0 = 1. √
a. Montrer que l’ensemble {l ∈ Z/ k0 |(p0 + lq0 ) et l ≤ [ d]} possède un plus grand élément que l’on précisera.
r 2 −d
b. Soient p1 = p0 r0k+q0
0d
, q1 = p0 +q
k0
0 r0
et k1 = 0k0 . Vérifier que p21 − dq12 = k1 .
c. On suppose avoir construit par le précédent procédé les suites (p0 , · · · , pn ), (q0 , · · · , qn ) et (k0 , · · · , kn ) vérifiant
la relation ∀j ∈ {0, · · · , n}, p2j − dqj2 = kj .
Calculer pn−1 qn − pn qn−1 . En déduire pn ∧ qn = 1.
d. Montrer que kn ∧ qn = 1. √
e. En déduire que l’ensemble {l ∈ Z/ kn |(pn + lqn ) et l ≤ [ d]} possède un plus grand élément rn .
f. Prouver que kn |qn (pn rn + qn d).
r 2 −d
g. On pose pn+1 = pn rnk+q n
nd
, qn+1 = pn +q kn
n rn
et kn+1 = nkn . Montrer (pn+1 , qn+1 ) ∈ Z2 et p2n+1 − dqn+1 2
= kn+1 .

Vous aimerez peut-être aussi