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Le Corps en Égypte ancienne.

Enquête lexicale et
anthropologique
Anaïs Martin

To cite this version:


Anaïs Martin. Le Corps en Égypte ancienne. Enquête lexicale et anthropologique. Archéologie et
Préhistoire. Université Paul Valéry - Montpellier III, 2013. Français. �NNT : 2013MON30086�. �tel-
01089023�

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abroad, or from public or private research centers. publics ou privés.
Délivré par l’Université Paul Valéry – Montpellier III

Préparée au sein de l’école doctorale 60 (Territoires,


Temps, Sociétés et Développement)
Et de l’UMR 5140 – Archéologie des sociétés
méditerranéennes.

Spécialité : Égyptologie

Présentée par Anaïs MARTIN

Le corps en Égypte ancienne. Enquête


lexicale et anthropologique.

Soutenue le 30/11/2013 devant le jury composé de

M. Sydney H. AUFRERE, Directeur de recherche CNRS, Rapporteur


UMR 6125 – Université de Provence
M. Bernard MATHIEU, Maître de Conférence (HDR), Examinateur
UMR 5140 – Université Paul Valéry,
Montpellier III
M. Joachim Fr. QUACK, Professeur – Université Rapporteur
d’Heidelberg
M. Frédéric SERVAJEAN, Professeur, UMR 5140 – Examinateur
Université Paul Valéry, Montpellier III (Directeur de thèse)
Titre :

Le Corps en Égypte ancienne. Enquête lexicale et anthropologique.

Résumé :

À partir des premiers corpus funéraires de l’Égypte ancienne (Textes des Pyramides
et Textes des Sarcophages), cette étude propose une nouvelle approche de la conception de la
personne dans la pensée égyptienne, par le truchement de la notion de corps. De fait, parmi l’en-
semble des éléments connus pour composer la personne (le ka, le ba, le ib, le nom, l’ombre…),
le corps est le seul à pouvoir être désigné par différents termes, à savoir Haw, XA.t ou D.t. Ceci
implique donc que le corps connaît plusieurs états, chacun entretenant des relations distinctes
avec l’un ou l’autre des composants de la personne. Celle-ci n’étant pas considérée comme une
somme d’éléments constants dans le temps et dans l’espace, l’étude de la notion de corps et de
ses différents aspects permet ainsi d’appréhender la personne dans sa globalité, qu’il s’agisse de
celle de l’homme ou des dieux. Dans cette perspective, l’intérêt des textes funéraires considérés
est de présenter la personne du défunt, évoquant ainsi à la fois ses caractéristiques terrestres et
divines.

Cette recherche est envisagée selon deux axes, avec dans un premier temps une analyse
lexicographique des termes Haw, XA.t et D.t. Une seconde partie est ensuite consacrée à l’analyse
anthropologique, visant à détailler le système de représentation de la personne en déterminant
les différences entre la personne humaine ou divine, mais également à travers les transforma-
tions subies par le défunt.

Mots-clés :

anatomie ; ba ; djet (D.t) ; hâou (Haw) ; justification ; khat (XA.t) ; momification ; personne ;
physiologie ; Textes des Pyramides ; Textes des Sarcophages.
Title :

The Body in Ancient Egypt. A lexical and anthropological Study.

Summary :

Founded on the early funerary literature of Ancient Egypt (Pyramids Texts and Coffin
Texts), this research intend to offer a new approach on the concept of person in the egyptian
thinking through the notion of body. Indeed, among all the components of the person (ka, ba, ib,
name, shadow…), the body is the only one which can be designated by different words, namely
Haw, XA.t or D.t. therefore, it suggests that the body can have different states of being, each one
having distinctive relationships with one or the other element. As the person is not considered
as a sum of different permanent components in time and space, the study of the notion of body
and of its various aspects allow us to grasp the concept of person as a whole, in human context
as well as divine. Thus, from this viewpoint, the interest of the funerary literature is to present
the person of the deceased, with his characteristics of both kinds.

This study is led in two ways, with first a lexicological analysis of the words Haw, XA.t
and D.t. Then a second part presents the anthropological analysis, aiming at detail the system
of representation of the person in the Egyptian way of thinking by defining the differences
between human and divine person, and through the transformations endured by the deceased.

Keywords :

anatomy ; ba ; Coffin Texts ; djet (D.t) ; hâou (Haw) ; justification ; khat (XA.t) ; mummification ;
person ; physiology ; Pyramid Texts.
Volume I - Annexes

Table des Matières

Volume I - Analyse
Introduction 20
PARTIE 1. Analyse lexicographique 28

Chapitre I. D.t 30
I.1. Étude des graphies 31
I.2. Un corps divin 32
I.2.A. Le corps du créateur 32
I.2.B. Parallélisme entre les notions de D.t et de ba 35
I.3. Un nouveau corps pour le défunt 40
I.3.A. Attribution du corps D.t 41
I.3.A.a. sxm m D.t 41
I.3.A.b. jTj D.t 44
I.3.A.c. Ssp D.t 45
I.3.B. Un nouveau ib 46
I.3.C. Le kA n(y) D.t=f 48
I.4. Assurer la liberté du corps divin 51
I.4.A. Protéger le D.t 51
I.4.B. Soustraire le D.t 53
I.5. Expressions spécifiques 55
I.5.A. xm D.t et jp D.t 55
I.5.B. wnx D.t 58
I.5.C. Expression de la propriété 59

6
Table des Matières

Chapitre II. Haw 62


II.1. Étude des graphies 63
II.2. Traitement et conservation du Haw 65
II.2.A. La reconstitution du corps physique 65
II.2.B. La conservation du corps par le rite 67
II.2.C. Protéger le corps contre les agressions 69
II.3. Fabrication génétique et naissance du Haw 71
II.3.A. Le Haw comme « patrimoine génétique » 71
II.3.B. La mise au monde du Haw 73

Chapitre III. XA.t 76


III.1. Étude des graphies 77
III.2. Nature du XA.t : un corps pour l’éternité 79
III.2.A. Le corps caché dans la tombe 79
III.2.B. Le corps conservé par l’embaumement 83
III.3. XA.t, ba … et ib 85

PARTIE 2. Analyse anthropologique 94

Chapitre IV. Distinction entre corps humain et corps divin 96


IV.1. Le corps humain 96
IV.1.A. a.t « la partie du corps » 97
IV.1.B. jwf « la chair » 98
IV.1.C. os.w « les os » 99
IV.1.D. Les conduits-mt.w 100
IV.1.E. Formation du corps et génétique 101
IV.2. Le corps divin 102
IV.2.A. Un corps métallique 102
IV.2.B. Génétique divine 103
IV.2.C. Le corps de culte et la maison de l’or 104

Chapitre V. Ritualisation et transformations du défunt 108


V.1. Traitement du corps et de la renommée 109
V.1.A. La momification 109
V.1.A.a. Reconstitution et régénération du corps 110
V.1.A.b. Le ba et le ib 112
V.1.B. La justification 115
V.2. Synthèse 117

Conclusion 120

7
Volume I - Annexes

Annexes 124

Abréviations 126

Bibliographie 130

Liste des Figures 142

Index des textes cités 144


A. Texte des Pyramides 144
B. Texte des Sarcophages 145
C. Papyrus 147
D. Inscriptions 147

Index des Divinités 148

Index des Parties du corps et des éléments de la personne 150

Index 152
A. Res Notabiles 152
B. Toponymes 153
C. Fêtes et rites 153
D. Mots égyptiens 153

Volume II - Corpus
Avant-propos 158
PARTIE 3. Corpus - D.t 162

Document 1. Pyr. §3b-e [TP 4-5] 164

Document 2. Pyr. § 32a [TP 41] 166

Document 3. Pyr. § 37b-d [TP 50] 168

Document 4. Pyr. § 52a-53b [TS 77] 170

Document 5. Pyr. § 69a-c [TP 106] 172

Document 6. Pyr. § 160a-c [TP 217] 174

Document 7. Pyr. § 193a-c [TP 219] 176

Document 8. Pyr. § 211a-213b [TP 222] 178

Document 9. Pyr. § 221a-c [TP 224] 182

8
Table des Matières

Document 10. Pyr. § 224a-d [TP 225] 186

Document 11. Pyr. § 371c-373b [TS 268] 188

Document 12. Pyr. § 447a-b [TP 301] 192

Document 13. Pyr. § 482a-484c [TP 307] 194

Document 14. Pyr. § 594a-c [TP 359] 198

Document 15. Pyr. § 683a-d [TP 390] 200

Document 16. Pyr. § 762a-c [TP 422] 202

Document 17. Pyr. § 876a-877d [TP 463] 204

Document 18. Pyr. § 1097a-1098d [TP 506] 208

Document 19. Pyr. § 1172b-1174d [TP 513] 212

Document 20. Pyr. § 1278a-1279c [TP 534] 216

Document 21. Pyr. § 1300a-c [TP 537] 218

Document 22. Pyr. § 1406c [TP 562] 220

Document 23. Pyr. § 1461b [TP N570B] 222

Document 24. Pyr. § 1484a-e [TP 573] 224

Document 25. Pyr. § 1727a-1728b [TP 611] 228

Document 26. Pyr. § 1786a-b [TP 628] 230

Document 27. Pyr. § *1824a-g [TP *645] 232

Document 28. Pyr. § *1884-1885 [TP *664] 234

Document 29. Pyr. § *1916a-1920c [TP *666] 236

Document 30. Pyr. § *1921d-g [TP *666] 240

Document 31. Pyr. § 2063a-2066b [TP 685] 242

Document 32. Pyr. § 2082b-2085b [TP 688] 246

Document 33. Pyr. § 2092a-2096d [TP 690] 250

Document 34. Pyr. § 2105a-c [TP 690] 254

Document 35. Pyr. § 2115a-2116c [TP 690] 256

Document 36. Pyr. § 2117-2119 [TP 690] 258

9
Volume I - Annexes

Document 37. Pyr. § *2227c-2228d [TP *717] 260

Document 38. Pyr. § *2276a-c [TP *746] 262

Document 39. CT I, 81a-k [TS 29] 264

Document 40. CT I, 178f-l [TS 42] 268

Document 41. CT II, 116n-s [TS 106] 272

Document 42. CT II, 254l-q [TS 150] 276

Document 43. CT III, 61l-62b [TS 175] 280

Document 44. CT III, 179c-e [TS 215] 284

Document 45. CT III, 268/269a-276/277c [TS 228] 288

Document 46. CT III, 300a-e [TS 232] 300

Document 47. CT III, 317p-318g [TS 238] 302

Document 48. CT III, 319c-d [TS 238] 306

Document 49. CT III, 324a-f [TS 240] 308

Document 50. CT III, 394e-i [TS 265] 310

Document 51. CT IV, 56c-l [TS 303] 314

Document 52. CT IV, 63e-64e [TS 307] 318

Document 53. CT IV, 66c-k [TS 310] 322

Document 54. CT IV, 102f-104d [TS 316] 326

Document 55. CT IV, 181j-l [TS 334] 332

Document 56. CT IV, 321c-d [TS 335] 336

Document 57. CT IV, 329b [TS 336] 338

Document 58. CT IV, 372a-373c [TS 345] 340

Document 59. CT V, 75a-77a [TS 397] 344

Document 60. CT V, 227a-232f [TS 409] 348

Document 61. CT V, 252b-256b [TS 418] 358

Document 62. CT V, 275a-e [TS 429] 364

Document 63. CT V, 299b-g [TS 441] 368

10
Table des Matières

Document 64. CT V, 318i-k [TS 449] 372

Document 65. CT V, 332f-h [TS 459] 374

Document 66. CT VI, 74f-75h [TS 493] 376

Document 67. CT VI, 77d-f [TS 495] 380

Document 68. CT VI, 221a-s [TS 608] 382

Document 69. CT VI, 253i-254b [TP 631] 386

Document 70. CT VI, 259b-e [TS 636] 388

Document 71. CT VI, 317m-r [TS 687] 392

Document 72. CT VI, 350a [TS 721] 394

Document 73. CT VI, 358g-q [TS 728] 396

Document 74. CT VI, 374m-375c [TS 745] 400

Document 75. CT VI, 398f-k [TS 767] 404

Document 76. CT VI, 404c-e [TS 769] 406

Document 77. CT VII, 35g-r [TS 834] 408

Document 78. CT VII, 49k-p [TS 845] 410

Document 79. CT VII, 58c-d [TS 855] 414

Document 80. CT VII, 61z-aa [TS 858] 416

Document 81. CT VII, 63g-r [TS 861] 420

Document 82. CT VII, 73e-k [TS 867] 422

Document 83. CT VII, 112x-y [TS 908] 424

Document 84. CT VII, 152i-j [TS 940] 426

Document 85. CT VII, 217c-d [TS 1000] 428

Document 86. CT VII, 230m-o [TS 1013] 430


PARTIE 4. Corpus - Haw 434

Document 87. Pyr. § 2113-2114b [TP 690] 436

Document 88. Pyr. § *2244a-c [TP *723] 438

Document 89. CT I, 168d-169c [TS 39] 440

11
Volume I - Annexes

Document 90. CT I, 204c-205a [TS 47] 444

Document 91. CT I, 216b-h [TS 49] 448

Document 92. CT I, 227f-229a [TS 50] 452

Document 93. CT I, 249c-f [TS 60] 456

Document 94. CT I, 314/315a-320/321a [TS 75] 458

Document 95. CT I, 336/337a-338/339c [TS 75] 468

Document 96. CT I, 350/351b-352/353b [TS 75] 474

Document 97. CT I, 387b-389b [TS 75] 480

Document 98. CT II, 36f [TS 80] 486

Document 99. CT II, 38h-39a [TS 80] 488

Document 100. CT II, 44f-g [TS 81] 492

Document 101. CT II, 49e-50f [TS 84] 496

Document 102. CT II, 61a-c [TS 90] 500

Document 103. CT II, 113k-114d [TS 105] 502

Document 104. CT II, 117a-e [TS 106] 506

Document 105. CT II, 226b-228a [TS 149] 508

Document 106. CT III, 298e-i [TS 230] 514

Document 107. CT III, 201c-302a [TS 235] 516

Document 108. CT III, 311h-312e [TS 237] 518

Document 109. CT III, 316k-m [TS 238] 522

Document 110. CT III, 318k-s [TS 238] 526

Document 111. CT III, 319l-o [TS 238] 530

Document 112. CT III, 322b-f [TS 239] 534

Document 113. CT IV, 6b-7d [TS 269] 536

Document 114. CT IV, 74g-75h [TS 312] 540

Document 115. CT IV, 88p-q [TS 313] 544

Document 116. CT IV, 93m-q [TS 313] 546

12
Table des Matières

Document 117. CT IV, 181t-182a [TS 334] 548

Document 118. CT IV, 327e-f [TS 336] 550

Document 119. CT IV, 329c-f [TS 336] 552

Document 120. CT V, 42f-i [TS 379] 556

Document 121. CT V, 199b-200b [TS 404] 558

Document 122. CT V, 209a-j [TS 405] 562

Document 123. CT VI, 34a-b [TS 477] 566

Document 124. CT VI, 108c-i [TS 519] 568

Document 125. CT VI, 217a-g [TS 602] 570

Document 126. CT VI, 219j-220e [TS 607] 572

Document 127. CT VI, 344b-d [TS 714] 576

Document 128. CT VI, 407a-h [TS 773] 578

Document 129. CT VII, 16c [TS 817] 582

Document 130. CT VII, 17c-l [TS 818] 584

Document 131. CT VII, 23f [TS 822] 586

Document 132. CT VII, 29j-l [TS 828] 588

Document 133. CT VII, 51b [TS 847] 590

Document 134. CT VII, 85e-86c [TS 876] 592

Document 135. CT VII, 140m/143c [TS 936] 596

Document 136. CT VII, 249p-250a [TS 1028] 598

Document 137. CT VII, 456c-e [TS 1125] 602

Document 138. CT VII, 459b-460e [TS 1129] 606


PARTIE 5. Corpus - XA.t 610

Document 139. Pyr. § 474a-c [TP 305] 612

Document 140. Pyr. § 548a-b [TP 336] 614

Document 141. Pyr. § 1255c-1257d [TP 532] 618

Document 142. CT I, 55f-56f [TS 20] 622

13
Volume I - Annexes

Document 143. CT I, 182b-g [TS 44] 626

Document 144. CT I, 185a-b [TS 44] 630

Document 145. CT I, 197g-198c [TS 45] 632

Document 146. CT I, 303d-304d [TS 73] 636

Document 147. CT I, 360/361c-364/365a [TS 75] 640

Document 148. CT I, 395e -397a [TS 75] 646

Document 149. CT II, 67a-69b [TS 94] 650

Document 150. CT II, 294/295d-304/305a [TS 155] 656

Document 151. CT III, 296h-l [TS 229] 668

Document 152. CT III, 327a-e [TS 242] 670

Document 153. CT IV, 49j-s [TS 296] 674

Document 154. CT IV, 57d-j [TS 304] 678

Document 155. CT IV, 178m-n [TS 333] 680

Document 156. CT VI, 73b-g [TS 493] 682

Document 157. CT VI, 84f-k [TS 500] 686

Document 158. CT VI, 335h-j [TS 703] 690

Document 159. CT VI, 376e-f [TS 746] 692

Document 160. CT VI, 405b [TS 770] 694

Document 161. CT VII, 19h-i [TS 819] 696

Document 162. CT VII, 22p-23a [TS 822] 698


Annexes 702

Index des Textes cités 704


A. Texte des Pyramides 704
B. Texte des Sarcophages 705

Index des Expressions notables 708

14
Table des Matières

A. Expressions comportant le mot « Haw » 708


B. Expressions comportant le mot « XA.t » 708
C. Expressions comportant le mot « D.t » 709

Res Notabiles 712


A. Divinités 712
B. Épithètes divines 712
C. Parties du corps et éléments de la personne 713
D. Toponymes 714
E. Res notabiles 714

15
« According to an old adage, most Egyptian
texts are easy except for the difficult passages.
In the funerary literature of the Ancient
Egyptians, the latter seem to prevail. »
Dieter Mueller, 1972.

16
17
Remerciements

Parvenue au terme de cette vaste entreprise, je souhaite tout d’abord remercier mon
directeur de thèse, M. le Professeur Frédéric Servajean pour sa confiance et son aide précieuse
dans les moments de doutes. Mes remerciements vont également à M. Bernard Mathieu, qui
m’a fait découvrir le monde des Textes des Pyramides et des Sarcophages, et qui a toujours su
me guider dans ses méandres. Je leur dois mes premières incursions dans l’esprit des Anciens
Égyptiens et l’envie de poursuivre dans cette voie.

Je remercie de même tous les membres de l’institut d’égyptologie François Daumas


pour leur présence et leur concours tout au long de la réalisation de ce travail.

Je suis également reconnaissante au Professeur Joachim Fr. Quack et au Directeur de


Recherche CNRS Sydney H. Aufrère pour l’intérêt qu’ils ont porté à ce sujet en acceptant de
siéger dans le jury.

Enfin j’adresse mes remerciements et ma plus vive reconnaissance à mes parents, qui
ont soutenu ce projet depuis le tout début et qui ont rendu possible sa réalisation, ainsi qu’à
mes proches, Alex, pour avoir toujours su être là quand il le fallait, d’une manière ou d’une
autre ; Gaël, pour avoir supporté tout ça avec une sérénité à toute épreuve et souvent salvatrice ;
Aurélien, pour en avoir supporté une bonne partie aussi dans nos efforts de motivation mutuelle,
Mény, pour ses encouragements tout au long de ce chemin, et même au-delà ; et Fabrice,
parce qu’il a bien mérité d’être cité ici aussi. Je n’oublie pas non plus Julie et Chloé pour leur
importante assistance dans cette recherche, ainsi que Laurie et Stéphanie, le travail quotidien a
souvent été rendu plus facile grâce à elles quatre. Et bien sûr, merci au Docteur, à ses acolytes
et à Bruce, Steve, Dave, Adrian, Janick, Nicko et Eddie pour leur soutien indéfectible dans les
moments les plus durs.

18
19
Volume I

Introduction

L’étude de l’homme et de sa place dans le cosmos fait partie des grandes questions que
chaque civilisation a tenté de résoudre à sa manière, et l’Égypte ancienne ne fait pas exception.
Pourtant, bien que l’égyptologie relève des sciences humaines, il est étonnant de constater que
ce sujet de l’anthropologie égyptienne a été encore peu étudié. La difficulté majeure est, bien
entendu, la distance séparant nos propres conceptions, fondées sur le rationalisme et influencées
par les trois grands monothéismes, du système de pensée égyptien, antérieur à toute philosophie
grecque et possédant ses propres codes, dont une partie nous échappe encore1. Il est un point
commun cependant nous permettant d’entreprendre cette réflexion : la définition qu’une
civilisation se donne de l’homme est toujours une notion centrale de son système de pensée.
Toutefois, comme le rappelle J. Pilch, « anthropology doesn’t have an «idea of man». This is a
(European) theological concept »2. Dans le cadre d’une telle étude, il serait donc peut-être plus
juste de parler de conception de la « personne », dans le sens où cette notion s’attache à donner
à l’être humain une identité et ainsi à le replacer dans un système de pensée particulier. De
fait, si l’on s’intéresse à la définition de la notion de personne en anthropologie, il a été établi
que « toute recherche anthropologique sur la notion de personne conduit à s’interroger non
seulement sur les différentes conceptions que les cultures en ont élaboré – c’est-à-dire sur les
systèmes de pensée qui, selon certaines règles logiques et normatives, confèrent à l’être humain
une identité –, mais aussi sur le statut de la personne, c’est-à-dire sur les systèmes institutionnels
qui accordent des droits à l’individu en lui prescrivant des devoirs » 3. En d’autres termes,
la personne est au centre de la société et l’étude des relations entre ses divers composants
permet d’appréhender la manière dont une civilisation conçoit le monde. L’enjeu est donc ici
de déterminer la place de l’individu dans le paradigme égyptien et ses relations avec le divin, le
principe organisateur du cosmos.

Il est admis que la personne égyptienne se compose de différents éléments, que sont le
nom, le corps, le ka, le ib, le ba et le akh – les deux derniers étant cependant propre à la personne
du défunt. Toute étude évoquant la notion de l’homme égyptien ancien consiste généralement à
1 À ce sujet, voir E. Benveniste, Problèmes de linguistique générale 1, 1966, p. 6 et 63-74 (je remercie
Fr. Servajean pour cette référence). Il démontre ainsi que « les « catégories mentales » et les « lois de la pensée »
ne font dans une large mesure que refléter l’organisation et la distribution des catégories linguistiques » (ibid.,
p. 6), et par conséquent que deux langues de catégories différentes ne peuvent pas aborder des principes de leurs
systèmes de pensée en des termes similaires.
2 J.J. Pilch, « The Idea of Man and Concepts of the Body : Anthropological Studies on the Anceint Cultures of
Israel, Egypt, and the Near East », ORA 9, 2012, p. 64.
3 J. Rabain-Jamin, Dictionnaire de l’ethnologie et de l’anthropologie, s. v. « personne », p. 571.

20
Introduction

les détailler, afin de démontrer la grande complexité de la conception égyptienne par rapport à
notre vision actuelle, traditionnellement dualiste. Le plus souvent, cette énumération ne répond
à aucune hiérarchie, alors qu’on peut se poser la question de savoir si les Égyptiens eux-mêmes
n’ont pas établi une classification de ces éléments, certains étant beaucoup plus thématisés que
d’autres.

L’un des premiers égyptologues à faire un état de la question est J. Sainte Fare Garnot en
1955, dans une contribution à un ouvrage d’anthropologie religieuse intitulé « L’anthropologie
de l’Égypte ancienne »4. Il y insiste sur la complexité de la conception égyptienne du « composé
humain », d’une part en raison du principe de la diversité des approches5, et d’autre part à
cause de la différence de nature entre l’homme d’ici-bas et l’homme de l’au-delà. Il place ainsi
le ka comme élément essentiel de la personne humaine, le définissant comme l’« ensemble
des forces vitales qui permettent à l’homme et à d’autres créatures raisonnables et conscientes
(notamment les dieux) de subsister en tant qu’êtres et d’exister en tant que personnes »6, mais
soulève également l’importance du nom et de l’identité. Le défunt en revanche est, selon lui,
une entité qui a perdu son statut d’homme pour devenir un dieu, et dont la personne se fonde sur
une opposition entre un corps terrestre momifié et un esprit mobile, s’incarnant dans différents
« supports auxiliaires » ou « corps de rechange » et qui ne sont autres que les statues, le ba
ou encore l’ombre. Malgré cette multiplicité d’éléments rattachés à la personne, J. Sainte
Fare Garnot propose donc une conception fondamentalement dualiste de l’homme égyptien,
composé d’un esprit et d’un corps pour l’incarner.

Il faut ensuite attendre 1990 pour que le sujet soit à nouveau abordé, grâce à l’article
d’H. te Velde, « Some Remarks on the Concept ‘Person’ in the Ancient Egyptian Culture »7, là
encore dans un ouvrage général d’anthropologie religieuse, dépassant le cadre de l’égyptologie.
Dans cet article, il s’intéresse principalement à la relation entre l’homme et la divinité, grâce à
des exemples de textes de piété personnelle ou funéraires, et en conclut que « the person is not
merely a spiritual being in relation with the deity or with himself, but also a social and corporeal
being »8. Il abandonne ainsi la vision strictement dualiste en ajoutant une dimension sociale,
qu’il associe au ka, mettant en avant l’impact des relations sociales sur les conceptions de la
personne et la place importante de l’individu dans la société égyptienne9.
4 J. Sainte Fare Garnot, « L’anthropologie de l’Égypte ancienne », dans C.J. Bleeker (éd.), Anthropologie
religieuse. L’homme et sa destinée à la lumière de l’histoire des religions, Supplements Numen 2, 1955, p. 14-27 ;
pour une version annotée de cet article, voir J. Sainte Fare Garnot, Aspect de l’Égypte antique, 1959, p. 99-127.
5 Ce principe, propre à la pensée égyptienne, a été défini par Ph. Derchain, qu’il décrit comme « l’habitude
de considérer en même temps plusieurs aspects d’un objet, que l’on ne peut percevoir qu’en se plaçant sous
des angles différents » (Ph. Derchain, Papyrus Salt 825, 1965, p. 4). C’est ainsi en vertu de ce principe que
les différentes conceptions concernant un même événement ou un même objet en fonction de traditions locales
peuvent s’accumuler au lieu de s’exclure mutuellement.
6 J. Sainte Fare Garnot, « L’anthropologie de l’Égypte ancienne », p. 20.
7 H. te Velde, « Some Remarks on the Concept ‘Person’ in the Ancient Egyptian Culture », dans H. Kippenberg,
Y. Kuiper, A. Sanders (éd.), Concepts of person in religion and thought, Berlin, NY, 1990, p. 83-102.
8 Ibid., p. 87.
9 Voir également A.B. Lloyd, « Psychology and Society in the Ancient Egyptian Cult of the Dead », YES 3, 1989,

21
Volume I

J. Assmann poursuit dans cette voie en établissant de manière formelle le fait que
le concept de personne se fonde non sur une séparation de l’âme et du corps, mais sur une
distinction entre la « sphère physique » et la « sphère sociale » de l’individu, le corps étant au
centre de la première, tandis que la seconde s’appuie sur le nom et le ka10. Ces deux sphères
fonctionnent de la même manière et sont régies par le principe de « connectivité », qui permet à
la fois au corps de fonctionner correctement et à l’individu de s’intégrer à la société.

Dans son étude du cercueil de Senebi, E. Meyer-Dietrich s’interroge également sur les
différentes notions de personne, d’individu et de soi pour tenter de comprendre les mécanismes
rituels du rétablissement de la personne après la mort11. De manière pragmatique, et bien
que se concentrant essentiellement sur le défunt, elle définit ainsi la « personne » comme une
notion abstraite, un système de représentation type de l’homme dans une culture, auquel peut
s’appliquer autant de variations qu’il en existe d’exemples. Au contraire, l’« individu » est
caractérisé par son identité, c’est-à-dire l’ensemble des caractères qui distinguent une personne-
type d’une autre et, par conséquent, « die Person ist ein Individuum »12. Enfin, le « soi » serait
une représentation personnelle de sa personne par l’individu. Elle reconnaît aussi le corps et le
nom comme étant les supports de la personne, considérant de fait que les aspects principaux de
celle-ci reposent sur ses dimensions physiques et sociales.

En dernier lieu, nous pouvons citer l’article de W. Wendrich, « Identity and Personhood »13,
qui se consacre particulièrement à cette sphère sociale de la personne, en étudiant la notion
d’identité qui caractérise l’individu et l’intègre à un groupe.

En résumé, ces auteurs ont montré qu’il ne suffit plus d’énumérer les différents éléments
composant la « personne » pour comprendre les mécanismes de la pensée anthropologique
égyptienne, mais qu’il devient nécessaire de s’intéresser à la logique qui les gouverne et les
fait s’opposer ou se compléter. Certaines de ces composantes ont déjà été étudiées par le
passé, mais généralement de manière exclusive. Or la lecture des textes montre bien à quel
point elles sont dépendantes les unes des autres. De plus, on se doit de les considérer non
comme des entités autonomes interagissant simplement entre elles, mais comme différents
aspects d’un tout homogène qui ne subsiste que parce que chacune des composantes répond
aux autres. Ce constat suppose donc la nécessité d’une étude globale des termes décrivant la
personne égyptienne afin de mieux saisir les notions recouvertes par chacun d’eux, mais cette
p. 117-122.
10 J. Assmann, Mort et au-delà dans l’Égypte ancienne, 2003, p. 74-80 et 181-184 ; pour l’édition originale, voir
id., Tod und Jenseits im alten Ägypten, Munich, 2001.
11 E. Meyer-Dietrich, Senebi und Selbst. Personenkonstituenten zur rituellen Wiedergeburt in einem Frauensarg
des Mittleren Reiches, OBO 216, 2006.
12 Ibid., p. 181.
13 W. Wendrich, « Identity and Personhood », dans W. Wendrich (éd.), Egyptian Archeology, Blackwell Studies
in Global Archeology 13, 2010, p. 200-219.

22
Introduction

tâche apparaît bien trop vaste pour une thèse de doctorat. Dans cette perspective, il est apparu
judicieux de proposer une étude centrée sur la conception du corps en Égypte ancienne, afin
d’établir une base à une réflexion globale sur la notion de personne14. Le choix d’une approche
par le corps repose sur plusieurs raisons, la première étant qu’il est le seul élément concret et
nous est donc immédiatement accessible. Il constitue ainsi un support pour appréhender les
notions plus abstraites qui s’y rattachent. En outre, parmi l’ensemble des constituants de la
personne, il semble être le seul à connaître plusieurs états puisqu’il est bien le seul dont on
dispose de plusieurs termes pour le désigner. Ainsi, la complexité de la notion de corps englobe
l’ensemble des aspects de la personne. De fait, tous les éléments n’existent pas en même temps,
ils ne forment pas un tout constant, mais interagissent selon des mécanismes complexes dans
le temps et dans l’espace ; le corps reste le seul élément toujours présent, bien que sous des
formes différentes. Chr. Riggs a consacré un article entier sur la notion de corps15, insistant sur
sa centralité dans la conception égyptienne de l’individu, mais regrettant le peu d’étude de fond
sur la question. C’est pourtant un sujet bien développé dans tous les domaines des sciences
humaines, dans différentes perspectives selon les courants16. Les deux principales approches
sont ainsi la sociologie du corps, qui considère celui-ci comme un moyen d’appréhender la
structure de la société, et la phénoménologie du corps, qui se fonde sur la perception du monde
par le corps pour en concevoir le fonctionnement. L’anthropologie en revanche a établi, de
manière plus pragmatique grâce à l’ethnographie, qu’il n’existe réellement que deux modèles
fondamentaux de conception et de représentation du corps : « Sous le premier se rangent les
sociétés qui, à l’instar de l’Occident depuis Platon, dissocient l’« âme » de son support corporel.
Le second recouvre les systèmes du monde qui considèrent l’homme, le « microcosme », comme
la réplique ou la quintessence de l’univers, le « macrocosme ». »17. Cependant, jusqu’à présent,
l’égyptologie a surtout étudié le corps d’un point de vue médical, sur ses principes anatomiques
et physiologiques18, mais rarement en tant qu’objet faisant lui-même partie d’un tout plus vaste,
que ce soit dans ses rapports aux autres éléments de la personne ou au monde.

14 Une autre approche sur la question fait également l’objet d’une thèse en préparation par M. Mendez, Recherches
sur la conception de la personne en Égypte ancienne, à l’université Paul Valéry – Montpellier III, sous la direction
de Chr. Thiers. Je tiens à la remercier ici pour les fructueuses conversations que nous avons échangées sur le sujet.
15 Chr. Riggs, « Body », UEE, 2010.
16 Cf. A. Koch, « Reasons for the boom of Body Discourses in the Humanities and the Social Sciences since the
1980s », ORA 9, 2012, p. 3-42.
17 J. Galinier, Dictionnaire de l’ethnologie et de l’anthropologie, s. v. « corps », p. 175.
18 Parmi les ouvrages de référence sur l’anatomie et la physiologie, on peut ainsi citer G. LefÈbvre, Tableau des
parties du corps humain mentionnées par les Égyptiens. Supplément aux Annales du Service des Antiquités, Cahier
n°17, 1952 ; P. Lacau, Les noms des parties du corps en égyptien et en sémitique, 1960 ; Th. Bardinet, Les papyrus
médicaux de l’Égypte pharaonique, 1995 ; J.H. Walker, Studies in Ancient Egyptian Anatomical Terminology,
ACE-Stud 4, 1996 ; R. Nyord, Breathing Flesh. Conceptions of the Body in the Ancient Egyptian Coffin Texts,
CNIP 37, 2009 ; ainsi que la collection Grundriss der Medizin der Alten Ägypter, Berlin : Akademie-Verlag, 1954-
1963, sous la direction d’H. Grapow. Pour une étude sur la conception (physique) du corps à travers la statuaire,
voir également Fr. Hoffmann, « Zum Körper in Ägypten », ORA 9, 2012, p. 481-500.

23
Volume I

Mais avant de pouvoir étudier le fonctionnement de ce système, il est essentiel d’en


comprendre les différents termes. C’est pourquoi ce travail commence par une analyse
lexicographique des mots désignant le corps, à savoir Haw, XA.t et D.t. Le vocable saH, traduit
traditionnellement par « momie »19, n’a pas été inclus dans l’étude car, comme l’a montré
J. Assmann, il ne s’agit pas d’une dénomination du corps momifié proprement dit – qui porte
un autre nom spécifique – mais de l’habillage de linceuls, bandelettes, amulettes, bijoux et
attributs marqueurs du statut social de l’individu, de sa renommée qu’il espère conserver dans
l’au-delà20. Cette approche a ainsi le mérite de justifier l’homonymie avec le terme signifiant
la « dignité » et déterminé par un sceau. De même, les mots X.t et a.t se rencontrent souvent
traduits par « corps », mais il a clairement été établi que le premier désigne particulièrement le
tronc du corps21, tandis que le second se rapporte d’une manière générique à n’importe quelle
partie du corps. À l’inverse, il n’est pas rare de trouver les termes Haw, XA.t et D.t traduits
indifféremment par « corps », « cadavre », « membres », « chair » ou encore « personne »
selon les contextes. Ce manque de rigueur montre que ces vocables n’ont jamais été clairement
élucidés. Chacun des trois mots bénéficie donc dans ce travail d’un réexamen, dans le but d’en
donner une définition en établissant un contexte d’utilisation le plus précis possible et d’en
proposer une traduction. Celle-ci ne peut être cependant qu’approximative, la distance existant
entre la pensée égyptienne et la nôtre étant telle qu’il n’est pas possible d’identifier un mot
français comme traduction exacte d’un terme égyptien. C’est la raison pour laquelle ces mots
ne sont jamais traduits tout au long de cette analyse, évitant ainsi de perdre certaines nuances
essentielles à la compréhension de l’ensemble.

L’étude d’une notion aussi large que la conception de l’homme, même seulement à
travers le corps, requerrait un corpus à sa mesure, regroupant des sources de genres variés
et traversant toutes les époques, pour pouvoir établir une définition la plus aboutie possible.
Toutefois, l’entreprise d’un travail de thèse sur un tel sujet doit composer avec les échéances
académiques et il a donc été nécessaire de délimiter un corpus plus restreint et homogène, propre
à garantir une linéarité de la réflexion. Le choix s’est donc rapidement porté sur les premiers
corpus funéraires, à savoir les Textes des Pyramides, prolongés des Textes des Sarcophages. En
effet, en plus d’être parmi les plus anciens textes connus, ils proposent également une matière
suffisamment abondante pour une telle étude. Leur ancienneté ainsi permet d’appréhender en
partie la définition originale de ces notions, pouvant servir à fonder une première approche, qu’on
pourra par la suite confronter aux textes ultérieurs. Il s’agit là bien sûr d’une des principales
limites de ce travail, toute véritable analyse lexicographique se devant d’être exhaustive et
diachronique.

19 Wb IV, 51-52, 15 ; D. Meeks, AnLex 77.3413, 78.3355, 79.2448.


20 J. Assmann, Mort et au-delà, p. 181-182. En outre, il ne semble pas y avoir d’attestation de saH dans le sens de
« momie » dans les Textes des Pyramides et seule une occurrence a été relevée dans les Textes des Sarcophages
(CT I, 198e [TS 45]) ; d’après le Wörterbuch de Berlin, cet emploi du mot n’apparaît qu’au Nouvel Empire.
21 Cf. Th. Bardinet, Les papyrus médicaux, p. 71 ; J.H. Walker, Anatomical Terminology, p. 91-109.

24
Introduction

Les trois premiers chapitres de cette analyse s’appliquent donc à reconsidérer les
occurrences des vocables D.t, Haw et XA.t22 afin d’établir les contextes propres à leur utilisation et
de déterminer les caractéristiques de ces différentes notions. Pour autant, toutes les attestations
relevées dans le corpus ne sont pas nécessairement exploitées dans l’analyse. De fait, certaines
ne donnent pas de renseignements supplémentaires sur le sens de ces mots, tandis que d’autres
sont issues de formules dont le contexte reste obscur, rendant leur interprétation difficile. De
même, certaines expressions ont été volontairement écartées de cette étude. C’est ainsi le cas
de la locution « D.t D.t », qu’on traduit traditionnellement « pour toute éternité-djet », mais
qui serait possiblement fondée sur un jeu d’homonymie entre les mots signifiant « corps »
et « éternité »23. L’ambiguïté de cette expression idiomatique, probablement voulue par les
hiérogrammates, soulève donc plus de questions qu’elle n’en résoudrait réellement si l’on admet
que le premier D.t est bien une mention du corps, d’autant que le sens général porte clairement
sur la notion d’éternité24. D’autre part, le problème de la « Barque du corps (wjA n(y) Haw) »25 et
de la « Barque de vie du corps vivant (wjA anx Haw anx(w)) »26 n’est pas abordé dans ce travail.
Il s’agit vraisemblablement de désignations de la barque solaire, mais la raison pour laquelle il
est fait spécifiquement référence au corps Haw dans ces cas reste indéterminée27.

Une étude lexicographique des termes servant à désigner un état du corps ne suffisant
pas à pleinement comprendre la façon dont les Anciens Égyptiens appréhendaient la place du
corps dans leur système de pensée, la seconde partie de cette thèse s’intéresse à la manière
dont ces différentes notions s’intègrent dans un système complexe de la conception globale de
l’individu. Cela concerne aussi bien les relations qu’elles entretiennent avec les autres éléments
constitutifs de la personne que les transformations nécessaires pour effectuer le passage d’un
état à un autre. Il ne s’agit donc plus d’étudier les termes D.t, Haw et XA.t indépendamment les
uns des autres mais de les associer – ou de les opposer – selon des thèmes majeurs afin d’établir
les principes au fondement des mécanismes de pensée de la conception de l’homme en Égypte
ancienne.

Dans un premier temps, le quatrième chapitre traite ainsi la question de la distinction


entre ce qui fait un corps humain et un corps divin, afin d’apprécier dans quelle mesure hommes et
dieux peuvent partager certaines qualités bien que leurs natures respectives soient radicalement
opposées. Cela passe donc par l’étude des principes anatomiques, physiologiques et génétiques

22 Ces chapitres sont proposés dans un ordre décroissant du nombre d’occurrences, correspondant à l’ordre
employé dans le volume de corpus.
23 Cf. B. Mathieu, UTP, 2013, s. v. « Corps djet ».
24 C’est la raison pour laquelle les occurrences de cette expression n’ont pas été relevées dans le corpus.
25 CT I, 205a [TS 47] (= doc. 90) ; CT IV, 88p et 93n [TS 313] (= doc. 115 et 116) ; CT VII, 16c [TS 817]
(= doc. 129).
26 CT II, 36f [TS 80] (= doc. 98), 44g [TS 81] (= doc. 100).
27 Pour une bibliographie sur le sujet, voir R. Nyord, Breathing Flesh, p. 338.

25
Volume I

qui les gouvernent. Le dernier chapitre, quant à lui, concerne plus spécialement la personne du
défunt, c’est-à-dire l’individu vivant qui expérimente la mort et opère un changement d’état.
D’une manière générale, ce processus concerne les hommes – les dieux n’étant pas mortels
par essence – et les fait passer de la sphère humaine à la sphère divine grâce à un ensemble
de rites particuliers. Cette évolution nous permet également de suivre la transformation et/ou
l’apparition des différents éléments constituant la personne et formant une constellation dont le
corps paraît être le centre. Enfin, c’est en conclusion que nous évoquerons la dimension sociale
du corps et sa place dans le paradigme égyptien.

26
Introduction

27
Volume I - 1ère Partie

PARTIE 1.
Analyse lexicographique

28
Volume I - 1ère Partie

Chapitre I.
D.t

Le vocable « D.t » est celui qui, dans notre corpus, présente le plus grand nombre
d’attestations, mais il est également celui dont le sens s’éloigne le plus de nos propres conceptions
du corps et/ou de la personne. Je souligne ici ces deux notions car les différents dictionnaires et
lexiques eux-mêmes les associent régulièrement dans leurs propositions de traduction1. Toutefois,
dans les quelques études sur le vocabulaire du corps, la notion de « personne » n’apparaît que
très peu, ou alors comme dérivé du sens initial. Ainsi, J. Assmann définit D.t comme le « corps
pour l’au-delà » du défunt, tout en précisant que « le mot Dt s’applique également au corps des
dieux, mais jamais à celui des êtres vivants, sauf dans le sens de « soi, en personne ». »2. Quant à
R. Nyord, le terme D.t est le seul auquel il attribue proprement le sens de « body »3, sans aborder
la notion de personne. Ces définitions insistent donc sur l’appartenance du corps D.t à la sphère
divine, soumise à l’éternité-djet. L’homophonie de ces deux termes est d’ailleurs plusieurs fois
soulignée dans les textes et n’est probablement pas fortuite4.

Notre corpus compte 119 attestations de D.t, dont 54 se trouvent dans les TP5 et 65 dans
les TS. C’est donc le terme dont on compte le plus d’occurrences, principalement du fait qu’il
est pratiquement le seul terme servant à désigner le corps dans l’ensemble des TP6 et qu’il reste
également le plus fréquent dans les TS. La justification de cette prépondérance majeure dans les
TP n’est pas évidente ; il est difficile de savoir si elle repose sur des questions de contexte ou de
lexicographie. Toutefois, l’évolution du corpus entre les TP et les TS s’accompagne de quelques
modifications dans les usages du mot D.t, conséquence probable de variations non dans le sens
général du mot, mais dans les notions qu’il recouvre. Ainsi, les différences d’emploi entre
TP et TS permettent d’en souligner les caractéristiques fondamentales, c’est-à-dire celles qu’il
conserve quand d’autres sont attribuées à d’autres notions, dont Haw et XA.t.

Différents thèmes sont abordés, selon que le corps D.t appartienne à un dieu quelconque
ou qu’il soit question de celui du défunt plus spécifiquement. On trouve ainsi, dans un premier

1 Wb V, 503, 10-506,6 : « Köprer, Leib ; (die ganze) Person ; Wesen ; Abild, Gestal eines Gottes » ; D. Meeks,
AnLex 77.5116, 78.4852, 79.3607 : « corps, personne » ; R. Hannig, Ägyptisches Wörterbuch I et II : « Leib,
Körper ; Person, sich, selbst ».
2 J. Assmann, Mort et au-delà, p. 182.
3 R. Nyord, Breathing Flesh, p. 344-350. Il oppose D.t « body » à Ha « flesh » et à XA.t « corpse ».
4 Cf. B. Mathieu, UTP, 2013, s. v. « Corps djet ».
5 Nous avons choisi de ne pas intégrer au corpus les mentions de l’expression n D.t D.t, la confusion existante
entre les sens de « corps » et d’« éternité » posant dans ce cas quelques difficultés de compréhension.
6 On ne trouve que deux mentions de Haw et trois de XA.t dans l’ensemble des TP.

30
Chapitre I - D.t

temps, l’expression d’un corps d’essence purement divine, mis en rapport avec des notions
propres à la sphère netjer telles que l’éternité-djet, le ba ou le ka. Ceci concerne donc l’ensemble
de la population netjer7, contrairement au second thème majeur, qui se rapporte uniquement
au défunt et à son acquisition de ce nouveau corps et de ses constituants à son entrée dans le
monde divin. Enfin, on relève un certain nombre d’expressions particulières fondées sur le mot
D.t, dont le sens pose parfois quelques problèmes. Leur redondance atteste cependant d’une
signification qui leur est propre et qu’il est donc nécessaire de mentionner ici.

I.1. Étude des graphies


Les graphies du vocable D.t dans les TP et les TS présentent très peu de variations,
probablement en raison du fait que ce soit un mot très court. En effet, le radical du mot lui-même
n’est constitué que d’un seul unilitère, accompagné de la marque du féminin mais dépourvu de
déterminatif – ce qui permet de le distinguer de certains de ses homonymes, tel celui signifiant
l’éternité-djet, déterminé par le signe de la terre. Ainsi, si l’on considère l’ensemble des
variantes de chaque formule de TP, sur les 67 attestations non lacunaires, la majorité (69 %) se
contente d’inscrire les signes du cobra et du .t du féminin (cf. Fig. 1). Il n’est pas rare toutefois
de rencontrer des graphies complétées par un trait diacritique, mais les quelques exemples qui
ne présentent que l’unilitère et le trait diacritique sont assez isolés.

46 17 4
Figure 1. Tableau des graphies non lacunaires du mot D.t dans les TP et leur nombre d’attestations.

Le nombre d’attestations augmente dans les TS, où l’on compte 107 attestations non
lacunaires, et cet accroissement s’accompagne d’une inversion de la situation par rapport aux
TP puisque l’emploi de la graphie développée avec le trait diacritique s’impose ici nettement,
celle-ci représentant près de 90 % des occurrences (cf. Fig. 2). Quelques exemples d’une graphie
simplifiée subsistent encore, mais elles ne font plus que figures d’exceptions.

7 Cela concerne donc aussi bien les dieux que les défunts, puisque d’après la définition du mot « netjer » donnée
par D. Meeks, « Est « dieu » tout ce qui a été introduit dans cet état par le rite, et/ou y est maintenu par le rite. »
(D. MEEKS, « Notion du “dieu” et structure du panthéon dans l’Égypte ancienne », RHR CCV, 1988, p. 430).

31
Volume I - 1ère Partie

8 96 1 2
Figure 2. Tableau des graphies non lacunaires du mot D.t dans les TS et leur nombre d’attestations.

I.2. Un corps divin

I.2.A. Le corps du créateur


La caractéristique la plus fondamentale de la notion de corps-D.t est son appartenance
stricte au monde divin ; il ne peut appartenir qu’à des êtres possédant le statut de netjer. Chaque
document du corpus pourrait servir à démontrer cette propriété tant elle est primordiale, mais
le doc. 12 fait partie de ceux qui l’exprime le mieux. Dans cette formule des TP, le défunt
présente une offrande à plusieurs couples de dieux primordiaux successifs et finit par s’adresser
à Atoum :

pA.t=k n=k 6mw Hna [Link], jr.w [Link]=sn D.t=sn Ds=sn 5w p(w)
Hna 6fnw.t.
« Ta galette-pat est à toi, Atoum et les Deux Lions, qui avez
fait vous-mêmes vos divinités et vos D.t, c’est-à-dire Chou et
Tefnout. »8

Les Deux Lions sont ici Chou et Tefnout, c’est-à-dire les premières émanations du créateur qui,
au moment de venir à l’existence, créent leurs corps-D.t en même temps qu’ils établissent leur
statut de netjer. Ces deux notions sont donc indissociables dès le moment de la création d’après
la mythologie, mais probablement également dès l’origine du mot lui-même. Et c’est dans
cette même optique que les textes jouent à plusieurs reprises sur l’homophonie entre le mot D.t
désignant le corps et celui désignant l’éternité du monde divin9, le plus souvent dans un effet
de paronomase10. Pour ne donner qu’un exemple significatif ici, je citerai les docs. 57 et 58, qui
introduisent une épithète identique du créateur :

2pr pw Hr(j)-jb wjA=f [Link] D.t=f D.t.


« ce Kheper qui est au cœur de sa barque, le Primordial dont le
D.t est l’éternité-djet. »11

Corps et éternité se confondent dans la personne du créateur, l’être primordial au moment où il

8 Pyr. § 447a-b [TP 301].


9 Pour une définition de l’éternité-djet, voir Fr. Servajean, Djet et Neheh, 2007.
10 Ce jeu de mots se rencontre deux fois dans les TP (doc. 6 et 8) et quatre fois dans les TS (doc. 57, 58, 72 et 82).
11 CT IV, 321c-d [TS 335], 329b [TS 336].

32
Chapitre I - D.t

se différencie du Noun, indiquant qu’ils sont de même nature à l’origine12. En outre, tout dieu
étant issu – directement ou non – d’une forme du créateur, cela justifie qu’ils partagent tous
cette propriété de la condition divine de posséder un corps D.t. C’est pourquoi, par extension,
lorsque les textes abordent la transformation du défunt dans l’au-delà, ils cherchent à lui assurer
qu’à terme il sera pleinement intégré à cette communauté, devenant lui-même une émanation
du créateur (doc. 22) :

D.t=k m N pn nTr js m D.t=Tn m N nTr.w.


« Ton D.t est ce N, dieu, voyez, votre D.t est N, dieux. »13

Ce document nous montre que le corps du créateur ne devient pas seulement le corps du défunt
mais le défunt lui-même, façon de dire que le défunt incorpore le dieu et s’assimile à lui. Cette
formulation est reprise par le doc. 23, dans lequel l’officiant s’adresse à Rê :

D.t=k m N Ra, sanx D.t=k m N Ra.


« Ton D.t est N, Rê, fais vivre ton D.t de N, Rê. »14

Une osmose se crée entre défunt et créateur, le second se nourrissant du premier pour pouvoir
ensuite lui fournir un nouveau corps, une nouvelle vie. Cette expression se rencontre encore
à une occasion dans les TS15, preuve que cette idée reste prégnante. Quant aux doc. 6 et 8, ils
jouent sur l’ensemble de ces questions en identifiant le défunt au fils du créateur Rê-Atoum :

Ra-6mw j n=k sA=k j n=k N sjar~n=k sw, Sn~n=k sw m-Xnw a=k,


sA=k pw n(y) D.t=k n D.t.
« Rê-Atoum, ton fils viendra à toi, N viendra à toi, car tu l’as
élevé et tu l’as entouré de ton étreinte, il est ton fils de ton D.t pour
l’éternité-djet. »16

On reconnaît d’une part que le défunt est le fils du corps D.t du créateur, celui-ci fournissant
donc les éléments nécessaires à la constitution du corps du défunt ; d’autre part, il est rappelé
qu’on se place dans un plan soumis à l’éternité-djet17. Par conséquent, on peut admettre que
tout dieu, dont le défunt, est une émanation du corps originel du créateur, impliquant alors que
chaque nouveau D.t est un prolongement du corps primordial et qu’ils sont fondamentalement
identiques par nature. Cela expliquerait pourquoi au doc. 22, le corps des dieux est désigné au

12 L’emploi d’un Proposition à Prédicat Nominal montre bien qu’il s’agit d’une relation d’identité entre corps et
éternité, et non une simple analogie.
13 Pyr. § 1406c [TP 562].
14 Pyr. § 1461b [TP 570].
15 CT VI, 317r [TS 687] = doc. 72.
16 Pyr. § 160a-c [TP 217] (doc. 6). Le doc. 8 propose une variante très proche : « Atoum, tu as élevé ce N-ci et tu
l’as entouré de ton étreinte, car c’est ton fils de ton D.t pour l’éternité-djet (6mw sjar~n=k N pn, Sn~n=k sw m-Xnw
a=k, sA=k pw n(y) D.t=k n D.t). » (Pyr. § 213a-b [TP 222]). On rencontre également des variantes aux docs. 72 et 82.
17 Ce thème se rencontre également au doc. 55, dans lequel le défunt est identifié comme le l’Œil d’Horus
flamboyant, issu du corps D.t d’Horus (l’Ancien), c’est-à-dire le créateur (CT IV, 102f-104d [TS 316]).

33
Volume I - 1ère Partie

singulier et que celui-ci vienne englober le défunt nouvellement ritualisé. Tout ceci ne reste
toutefois qu’une hypothèse pour le moment, une piste de réflexion pour saisir la nature du corps
D.t qui est, somme toute, assez peu thématisée par les textes.

Outre la question de la nature du corps D.t se pose également celle de l’aspect qu’il peut
avoir. La première idée qui vient à l’esprit est que, d’après une conception largement admise,
la forme véritable d’un dieu demeure inconnue. Ainsi, comme l’analyse D. Meeks : « Elle
est hors du connaissable ou du descriptible et ne peut être saisie, encore qu’imparfaitement,
que dans ses projections. Celles-ci constituent les kheperou, qui correspondent à la succession
des individualités momentanées, non définies dans leur nombre, que la divinité est capable
d’assumer. »18. Toutefois, les TP nous donnent quelques éléments permettant d’entamer la
réflexion à ce sujet. À commencer par le doc. 7, dans lequel l’officiant compare le corps d’Osiris
à celui du défunt :

D.t=k D.t n(y).t N pn jwf=k jwf n(y) N pn os.w=k os.w N pn.


« Ton D.t est le D.t de ce N, ta chair est la chair de ce N, tes os
sont les os de ce N. »19

D’après ceci, on peut déduire qu’un corps divin est composé de la même manière qu’un corps
humain, c’est-à-dire d’un assemblage d’éléments mous (jwf) et durs (os.w)20, à l’exception
que ceux-ci possèdent des propriétés métalliques propres à garantir l’inaltérabilité du corps.
En effet, les textes mentionnent à plusieurs reprises « les os de fer (os.w bjA) et les membres
impérissables ([Link] jxm(w).t-sk) » du défunt21. Mais ces descriptions s’appliquent autant au Haw
nTr22, que l’on traduit littéralement par « corps divin » également, qu’au corps D.t, et finissent
même, dans les TS, par ne plus se rapporter qu’au corps Haw exclusivement, créant un clivage
important entre ces deux notions. Les textes imposent en effet peu à peu une distance entre ces
deux termes, attribuant les aspects physiques et concrets au Haw (nTr) tandis que l’impossibilité
de définir une réelle forme du corps D.t lui confère une nature plus abstraite. Et en effet, dans les
textes étudiés les hiérogrammates se concentrent principalement sur l’essence même de ce que
représente le corps D.t et l’on ne peut pas savoir, à partir de notre corpus, si eux-mêmes avaient
réellement thématisé la question de son aspect extérieur.

18 D. Meeks, Chr. Favard-Meeks, Les Dieux Égyptiens, 1995, p. 76.


19 Pyr. § 193a-b [TP 219].
20 Sur l’association des éléments mous et durs dans la conception égyptienne du corps humain, cf. chap. IV.1.
21 Pyr. § 530a-b [TP 325], 1454b [TP 570], 2051c-d [TP 684].
22 Le Pyr. § *2244a [TP *723] présente déjà une variation du thème dans laquelle le corps Haw du dieu est
constitué d’os de fer et de membres d’or. La thématique du corps métallique est quasiment absente des TS, dans
lesquels il n’existe qu’une unique mention des os de fer et de la chair d’or (CT VI, 108e-f [TS 519]), se rapportant
explicitement à un corps Haw divin. Elle est néanmoins bien attestée dans divers récits mythologiques et/ou
littéraires (voir à ce sujet B. Mathieu, « Et tout cela exactement selon sa volonté », CENIM 5, 2012, p. 502-503),
sans que soit toutefois précisé à quel type de corps il est fait allusion.

34
Chapitre I - D.t

I.2.B. Parallélisme entre les notions de D.t et de ba


Autre thème de portée générale quant à la nature de ce corps D.t, on observe qu’il est
très régulièrement mis en parallèle avec la notion de ba23. Ce sujet concerne principalement les
TS, bien que l’idée soit déjà implicitement présente en une occasion dans les TP. Il ne s’agit pas
d’une opposition de deux entités interdépendantes comme cela peut être le cas dans la relation
unissant le corps XA.t au ba, mais bien d’une mise en parallèle de ce qui semble être deux
aspects d’une même réalité fonctionnant sur des plans différents.

Dès les TP, on rencontre donc des indices allant dans ce sens, avec en particulier le
doc. 35. Il est issu d’une formule de résurrection dans laquelle le défunt est comparé à plusieurs
reprises à Osiris pour justifier son accession au statut de netjer. Dans ce passage, on se situe au
moment où il « monte au ciel », après qu’Horus a agi comme il l’a fait pour son père Osiris,
c’est-à-dire une fois que les rites funéraires ont été effectués et qu’Horus a triomphé de Seth
devant le tribunal héliopolitain. On s’adresse alors au défunt :

anx[=k jr anx jmy.w p.t xpr=k] jr xpr jmy.w tA, Ts Tw Hr nxt=k


prr=k jr p.t ! ms Tw Nw.t mj sAH sxm=k m D.t=k.
« [Tu] vivras [selon la vie de ceux qui sont au ciel], tu te
manifesteras selon la manifestation de ceux qui sont sous terre.
Lève-toi sur ta force, alors que tu montes ciel ! Nout t’enfantera
comme Orion, tu disposeras de ton D.t. »24

La formule distingue deux manières pour le défunt de se manifester, selon qu’il évolue sous terre,
autrement dit dans le monde divin, ou au ciel. Car, en effet, suite à cette première opposition
géographique, on lui promet à la fois de disposer d’un D.t25 et de devenir une constellation, et
plus particulièrement celle que l’on sait être le ba d’Osiris dans le ciel nocturne26. La situation
peut donc se résumer par le tableau suivant :

Se manifester comme « ceux qui sont sous


Vivre comme « ceux qui sont au ciel »
terre »
Être enfanté comme Orion
Disposer d’un D.t
(= ba d’Osiris)

23 Cf. Doc. 39, 50, 53, 61, 64 et 67.


24 Pyr. § 2115b-2116c [TP 690].
25 L’expression « disposer d’un D.t » est étudiée dans un paragraphe ultérieur (cf. § 3.A.a).
26 Le ba d’Osiris est plus particulièrement identifiée au baudrier d’Orion, les quatre étoiles autour complétant la
constellation d’Orion étant assimilées aux Enfants d’Horus – ou plutôt d’Osiris dans ce cas – protégeant leur père
(cf. B. Mathieu, « Les Enfants d’Horus », ENIM 1, 2008, p. 11-13).

35
Volume I - 1ère Partie

D’après ce tableau, on observe donc une nette dichotomie entre le ba au ciel et le D.t dans le
monde divin, mais leur fonction est identique : se manifester aussi bien aux hommes qu’aux
dieux, ce qui ne peut évidemment pas se faire sous la même forme.

Les TS sont plus explicites dans la manière de poser le problème, à commencer par le
doc. 53, dans lequel le défunt s’identifie au créateur héliopolitain :

bA=j pw bA, D.t=j pw jar.t twt=j pw nHH nb [Link], anx=j pw D.t.


« C’est mon ba que le ba, c’est mon D.t que l’uraeus, c’est mon
image que le temps-neheh, maîtresse des années, c’est ma vie que
l’éternité-djet. »27

Le texte présente une série de relations d’identité mises en parallèle :

ba = ba D.t = uraeus
image (twt) = temps (nHH) vie (anx) = éternité (D.t)

On connaît déjà la relation « D.t = éternité djet » grâce au paragraphe précédent, ce qui nous
permet de postuler que, d’après ce tableau, le corps D.t est à l’éternité djet ce que le ba est au
temps neheh. Les travaux de Fr. Servajean sur la question du temps ont montré que « neheh »
est l’expression du temps cyclique caractéristique du monde des hommes et qui soumet toute
chose et tout individu au changement et à la mort28, tandis que « djet » « détermine le monde
imperceptible auquel les vivants n’ont pas accès et dans lequel résident les divinités dans leur
être le plus essentiel et les défunts revenus à la vie »29. Quant au ba d’un individu, il représente
sa capacité à se mouvoir et à se manifester dans le monde des hommes30. Si l’on reprend le
postulat de départ et si l’on admet que neheh et djet sont deux principes différenciés par leur
plan de perception – le temps cyclique du monde des hommes s’opposant à l’immuabilité du
monde des dieux – on peut donc proposer l’hypothèse que les propriétés du corps D.t soient,
dans ces cas-là, à mettre en parallèle avec celles du ba, mais dans une sphère strictement divine,
et ainsi le définir comme un moyen de déplacement et de manifestation du dieu auprès de ses
pairs, c’est-à-dire dans le monde soumis à l’éternité djet. En d’autres termes, ce que le ba fait
dans le monde des hommes, le corps D.t le fait dans le monde des dieux.

Dans la suite du document, le créateur se présente sous la forme de son ba et décrit son
27 CT VI, 63k-l [TS 307].
28 Fr. Servajean, Djet et neheh, passim.
29 Op. cit., p. 105.
30 Cf. L.V. Žabkar, A Study of the Ba Concept, 1968, p. 12 : « By means of the Ba, a god communicates himself to
other beings and is manifested in them. Through the Ba, a god is manifested in various entities. ». Sur les notions
de mobilité et de visibilité du ba, voir également K. Goebs, Crowns in Egyptian Funerary Literature, 2008, p. 14-
16.

36
Chapitre I - D.t

parcours dans le ciel en tant qu’astre solaire. Celui-ci se termine par son retour vers « la terre de
Geb (tA Gb) », où le dieu « embrasse [son] D.t dans Héliopolis (sn[=f] D.t[=f] jmy.t Jwnw) »31. On
retrouve une répartition du ba au ciel et du corps à (ou en) terre bien connue, bien que celle-ci
se rencontre d’habitude avec le terme XA.t à la place de D.t. La nuance n’est ici probablement
pas anodine puisque le sujet est le dieu Rê, dont on sait qu’il ne possède pas à proprement
parler de corps XA.t32 ; il est donc possible de proposer une autre interprétation que celle du
schéma classique. En effet, Fr. Servajean a montré que la terre (tA) et les temples (comme ici le
temple de Rê à Héliopolis) sont des incursions de l’éternité djet dans le monde des hommes, où
évolue le ba33. Le corps D.t en question, que le ba vient embrasser à Héliopolis, pourrait donc
être la statue de culte conservée dans l’obscurité du naos du temple34, dans laquelle le ba vient
régulièrement s’incarner. Cela concorde avec l’idée que ces deux termes désignent des moyens
de manifestations différents d’un dieu selon la nature du temps auquel il est soumis. Bien que
dans ce cas précis on ne puisse pas parler de la mobilité de la statue de culte, il s’agit toutefois
d’un élément qui vient à s’animer lors des cérémonies, quand le dieu est présent dans le temple.
Il y a donc ici une nette divergence entre les notions de D.t et de XA.t dans leurs relations
respectives avec le ba, ce qui constitue l’une des principales distinctions entre ces deux états du
corps, mais cette question sera abordée dans la seconde partie de ce volume35.

Cette mise en parallèle du corps D.t et du ba se retrouve encore au doc. 64, où elle
n’est plus abordée d’un point de vue purement temporel mais en rapport avec les pouvoirs
akhou et hékaou. Le défunt est encore une fois identifié au créateur héliopolitain, cette fois pour
repousser les deux oiseaux-mérout qui cherchent à le priver de ses magies.

jn~n=j bA=j nHm(w) n=j HkAw=j n rd~n=j Axw=j n-nt(y).t jnk js


wab 2m(w)-D.t=f.
« J’ai apporté mon ba qui a sauvegardé pour moi ma magie-
hékaou, je ne saurais donner ma magie-akhou car je suis bien un
pur, Celui-qui-a-renversé-son-D.t. »36

L’épithète « Celui-qui-a-renversé-son-D.t » fait figure d’exception, car les formules similaires à


celle du doc. 63 emploient plutôt une forme simplifiée de cette épithète, le défunt se contentant

31 CT IV, 64d [TS 307].


32 Cf. chap. III. Seuls les défunts sont susceptibles de posséder un corps XA.t. Cependant, les textes funéraires
évoquent régulièrement le dieu Rê, en tant que ba, venant retrouver son XA.t dans le monde souterrain et qui n’est
autre qu’Osiris.
33 Fr. Servajean, Djet et neheh, p. 68-71.
34 Nous pouvons noter à ce sujet que la statue de culte est fabriquée par les artisans dans la Maison de l’or, ce
qui renvoie au thème du corps divin métallique (cf. chap. IV.2.A). C’est également là que se déroule le rituel de
l’Ouverture de la Bouche, aussi bien sur la momie du défunt que sur les statues de culte divines. En outre, la statue
de culte est généralement considérée comme un ka du défunt, mais il s’agit d’un « kA n(y) D.t », c’est-à-dire une
représentation corporelle du défunt (cf. infra, § 3.C.).
35 Cf. chap. V.2.
36 CT V, 299b-g [TS 441].

37
Volume I - 1ère Partie

de dire qu’il est un « Renverseur (2m(w)) », sans préciser d’objet37. On ne peut pas exclure
que l’occurrence de notre document soit une explicitation de l’expression la plus courante,
mais il faut noter également que cette formule est aussi la seule à mentionner le ba. Il semble
donc y avoir une volonté de la part des hiérogrammates de construire ce paragraphe sur des
parallélismes, mettant en relation des notions similaires ou opposées. De fait, dans tous les
parallèles de la formule 441, celui qui se rapproche le plus de notre document est le TS 444,
qui associe les deux magies puisque le défunt assure : « Je ne saurais donner ma magie-akhou,
je ne saurais donner ma magie-hékaou à ces deux oiseaux-mérout »38. Le Doc. 64 ne fait donc
qu’ajouter un couple de termes offrant une comparaison à la relation hékaou/akhou, et qui se
révèle être ba et D.t. Il est alors possible de proposer le même type de relation que précédemment,
selon laquelle la ba serait à la magie-hékaou ce que le D.t serait à la magie-akhou :

hékaou akhou

ba D.t

Il a été établi que hékaou est une magie dont peuvent disposer les hommes, contrairement à
akhou qui est exclusivement à l’usage des dieux39, des esprits-akhou. Là encore donc, ba et
D.t sont mis en relation avec des notions qui peuvent se distinguer par leur sphère d’action. Le
créateur possède aussi bien un D.t qu’un ba, de même qu’il possède à la fois la magie akhou et
hékaou. Cette dernière peut cependant être manipulée par les hommes, de même qu’ils peuvent
entrer en interaction avec le ba de la divinité, ce qui renforce l’idée que D.t et ba sont des
notions de nature similaires dont seul le rayon d’action diffère : ils sont tous deux des moyens
de mobilité et de manifestation d’un dieu, le premier dans le monde divin, soumis à l’éternité
djet et apte à employer la magie akhou, tandis que le second évolue principalement dans le
monde des hommes disposant de la magie hékaou et assujetti au temps cyclique neheh.

Monde humain Monde divin

temps neheh éternité djet

magie hékaou magie akhou

ba corps djet

37 Cf. CT V, 296c [TS 440], 310g [TS 443] et 314l [TS 445].
38 CT V, 311e-f [TS 444].
39 Cf. J.F. Borghouts, « Ax.w (akhu) and HkA.w (hekau). Two Basic Notions of Ancient Egyptian Magic, and the
Concept of the Divine Creative Word », 1987, p. 31-41.

38
Chapitre I - D.t

Néanmoins, cette mise en parallèle n’est pas systématique et l’exemple du doc. 61


nous montre qu’il existe malgré tout une hiérarchie entre ces deux notions. Ce document très
long a pour objet la barque néchémet d’Osiris et répète plusieurs fois le même paragraphe de
salutation, adressée à différentes parties de la barque ou à son équipage. Dans les sept premières
salutations, on demande à la barque – ou à l’une de ses parties – d’aller chercher le ba du défunt
pour lui, et plus particulièrement pour son corps D.t. On retrouve donc une réunion du ba et du
corps divin comme au doc. 53, mais cette fois dans la barque sacrée d’Osiris :

jnt=k bA n(y) N pn n=f n D.t=f, hA=f r nSm.t n(y).t Wsjr, hA=f Hr


jmy-wr.t pr=f Hr tA-wr.
« Tu iras chercher le ba de ce N pour lui, pour son D.t, qu’il
embarque sur la barque-néchémet d’Osiris : il embarquera par
tribord et débarquera par bâbord. »40

D’après M.-Chr. Lavier, qui a étudié la barque-néchémet et cette formule en particulier, « la


barque-Nechmet, barque traditionnelle d’Osiris à Abydos, apparaît comme un véritable double
du dieu » 41 et c’est grâce à elle que le dieu défunt traverse le Nil pour rejoindre la nécropole
pendant le déroulement de ses Mystères42. Dans la formule TS 409, sa fonction se confond avec
celle de la barque solaire, Rê et Osiris en étant tous deux propriétaires43, mais cela ne pose pas
de problème, puisqu’il s’agit toujours de convoyer le dieu d’une rive à l’autre. La barque est
donc un « double du dieu », elle est une extension du corps divin qu’elle transporte, et le ba
est appelé à la rejoindre pour permettre à ces deux entités de se réunir. L’expression « pour lui,
pour son D.t » est à comprendre en réalité « pour lui, et plus particulièrement, pour son D.t »,
ce qui montre que la partie de l’individu entrant en contact avec le ba est bien le corps. Comme
dit précédemment, la raison en est probablement que ces deux éléments sont fondamentalement
de même nature et ne forment qu’une seule et unique entité. La possibilité donnée au ba
d’embarquer par tribord et de débarquer par bâbord rappelle également sa circulation dans
la tombe et sa faculté d’en sortir et d’y retourner pour visiter le cadavre (XA.t)44. Le schéma
semble être le même, bien que le rapport entre les deux états du corps et le ba soit différent.
Le cadavre entretient en effet une relation d’opposition avec le ba, étant par nature immobile
et caché dans la tombe45, tandis que nous avons montré que le corps D.t partage les mêmes
capacités de mouvement et de manifestations que le ba. Il faudrait donc plutôt comparer cela
avec la situation du doc. 53, dans lequel le ba vient se fondre et s’incarner dans le corps divin
à l’intérieur du temple.

40 CT V, 227b-d, 228k-229b, 229k-230a, 230h-j, 231d-f, 231o-232b [TS 409].


41 M.-Chr. Lavier, « Les Mystères d’Osiris à Abydos d’après les stèles du Moyen Empire et du Nouvel Empire »,
SAK Beiheft 3, 1989, p. 292.
42 Ibid., p. 291-292.
43 Id., « La barque-nechemet dans le chapitre 409 des Textes des Sarcophages », p. 1084-1087.
44 Il s’agit d’ailleurs du même vocabulaire pour « sortir/monter (prj) » et « revenir/descendre (hAj) » de la tombe
comme de la barque, comme le souligne M.-Chr. Lavier, op. cit., p. 1086.
45 À ce sujet, voir le chapitre ultérieur concernant le corps XA.t (chap. III.3).

39
Volume I - 1ère Partie

Pour en revenir au doc. 61, alors que nous venons de voir qu’à six reprises ba et D.t sont
placés sur un pied d’égalité, il faut noter également deux occurrences où le ba est subordonné
au corps par l’emploi d’un génitif indirect :

bA n(y) N pn n(y) D.t=f.


« le ba de ce N de son D.t »46

Il y a donc une hiérarchie entre ces deux notions. Il s’agit probablement d’une manière de
d’exprimer que, s’il en bien question de deux aspects d’une même entité, c’est le ba qui quitte
le D.t au moment de leur séparation et non l’inverse ; le corps D.t reste le point d’origine dans
le monde divin tandis que le ba s’en va rejoindre le monde sensible.

Cette hiérarchie se retrouve encore aux doc. 67 et 68. Le défunt est identifié à Osiris sur
la voie de la résurrection et il dit :

jw bA=j n D.t=j, jw Sw.t=j n a=s.


« Mon ba est destiné à mon D.t et mon ombre est destinée à son
état. »47

Ba et ombre sont des composants de la personne du défunt qui sont plutôt difficiles à distinguer
dans les faits, le second étant rarement citée isolément du premier et partageant plusieurs de
ses caractéristiques (mobilité, indépendance, visibilité)48. Mais ce qui ressort de ce document,
c’est que les deux apparaissent ici comme des projections, voire des émanations, du corps D.t, le
pronom suffixe féminin final renvoyant probablement au corps plutôt qu’à l’ombre elle-même.

Si la relation qu’entretient le D.t et le ba peut faire penser dans la forme à celle avec
le XA.t, il ne faut pas oublier que le XA.t est un corps propre au défunt et que les dieux n’en
disposent pas ; le seul corps pouvant entrer en contact avec le ba est alors bien le D.t.

I.3. Un nouveau corps pour le défunt


Lorsque l’on s’intéresse plus spécifiquement au corps D.t du défunt, on constate que
l’un des thèmes majeurs est la constitution et l’attribution de ce corps au nouveau netjer.
En effet, contrairement au corps Haw et au corps XA.t qui sont deux états différents du corps
humain, le corps D.t est propre au monde divin et ne peut s’acquérir qu’en pénétrant ce monde,
46 CT V, 228b et 229e [TS 409].
47 CT VI, 74i [TS 493] et 77d [TS 495].
48 Au sujet de l’ombre, voir B. George, Zu den altägyptischen Vorstellung von Schatten als Seele, 1970 ;
E. Mantellini, « L’ombre pour les Anciens Égyptiens », OLA 150, 2007, p. 1237-1242 ; I. RÉgen, « Ombres »,
CENIM 5,2012, p. 612-613.

40
Chapitre I - D.t

après le décès de l’individu. Ce thème du nouveau corps est exprimé par plusieurs expressions
récurrentes sur la mise à disposition du défunt d’un corps et d’un nouveau ib dans l’au-delà.

I.3.A. Attribution du corps D.t


L’expression « disposer du corps D.t » est l’une des plus fréquentes dans les textes,
puisqu’elle se retrouve dix fois dans les TP et quatre fois dans les TS. On peut aussi la coupler
avec les locutions « prendre possession du D.t (jTj D.t) » (deux occurrences) et « réceptionner
le corps D.t (Ssp D.t) » (une occurrence), pour s’apercevoir que son attribution est bien une des
idées essentielles qui caractérisent le corps D.t. De fait, l’individu ne naît pas avec un corps
D.t mais doit l’obtenir et se l’approprier dans l’au-delà, ce qui est une conception tout à fait
différente de celle des corps Haw et XA.t.

I.3.A.a. sxm m D.t

Toutes les formules employant cette expression relèvent d’un thème commun, qui est
celui du moment où le défunt quitte le monde souterrain pour rejoindre l’horizon et le ciel. Cela
s’observe d’ailleurs dans la disposition des textes dans les pyramides, puisqu’ils se situent le
plus souvent sur la partie est des parois nord et sud de la chambre funéraire, voire directement
sur la paroi est, c’est-à-dire au plus proche de la porte de la chambre. D’après l’analyse de
J. Allen sur la spatialisation des textes des pyramides et la progression du défunt dans les
appartements funéraires, cet espace correspond à la sortie de la Dat (chambre funéraire) et le
passage vers l’Horizon (antichambre)49. La porte de la chambre funéraire porte ainsi le nom de
« Porte de l’Horizon », comme c’est le cas au doc. 33, qui suit l’évolution du défunt dans le
monde souterrain.

rs Wsjr nhs nTr bAgy aHa nTr sxm nTr m D.t=f rs N pn nhs nTr bAgy
aHa nTr sxm nTr m D.t=f, aHa 1r DbA=f N pn m tAjt.t pr(w.t) jm=f,
Htm N pn m nTr, aHa jtr.t, Hms [Link].
« De même qu’Osiris s’éveille, que le dieu inerte se réveille, que
le dieu se lève et que le dieu dispose de son D.t, ce N-ci s’éveille,
le dieu inerte se réveille, le dieu de lève et le dieu dispose de son
D.t. Horus se lèvera et il vêtira ce N-ci d’une étoffe issue de lui.
Ce N-ci sera approvisionné en sa qualité de dieu, une chapelle
sera élevée et la Double Ennéade siègera. »50

Il est ainsi dans un premier temps comparé à Osiris, qui doit se réveiller de son état d’inertie et
acquérir un nouveau corps, qui lui servira sans doute à se déplacer. Mais la suite du texte décrit
l’établissement du culte du dieu par son fils Horus – élévation d’une chapelle, approvisionnement

49 Cf. J. Allen, « Reading a Pyramid », BiEtud 106, 1994, p. 24-28 ; B. Mathieu, « La signification du serdab dans
la pyramide d’Ounas », OrMonsp IX, 1997, p. 289-304.
50 Pyr. § 2092a-2094b [TP N690A].

41
Volume I - 1ère Partie

en offrandes – et fait allusion à l’habillage de la statue de culte lors du rituel divin journalier. Il
faut donc envisager la possibilité que le corps dont le défunt dispose à son réveil serve également
de support de culte, nécessaire sa divinisation. Car un dieu a besoin d’un corps à la fois pour se
mouvoir et pour recevoir un culte. La suite de la formule annonce alors la prochaine étape des
pérégrinations du défunt :

[Link]=k jr=k jr p.t pr=k m Rw.t Ax.t mAa Tw Gb bA=tj [m nTr wAS=tj
m nTr sxm=tj] m D.t=k nTr js.
« Tu iras vers le ciel, tu sortiras par la Porte de l’Horizon, Geb te
guidera, étant un ba en qualité de dieu, honoré en qualité de dieu,
disposant de ton D.t tel un dieu »51

Le défunt est confirmé dans son statut de dieu, qui lui a permis de recevoir sa mobilité et
la mise en place d’un culte à son bénéfice, mais également de disposer d’un nouveau corps
divin. Comme pour appuyer la remarque précédente, on constate d’ailleurs que l’affirmation
que le défunt dispose d’un D.t suit celles qui le qualifient de ba et de bénéficiaire d’un culte,
résumant ainsi les deux fonctions du corps divin. Et c’est grâce à ces qualités qu’il peut ensuite
sortir du monde souterrain et effectuer son ascension. Les doc. 31 et 34 reprennent la même
construction que le doc. 33, comparant le destin du défunt à celui d’Osiris (doc. 34) ou du
créateur, rappelant au passage que nous assistons bien à la naissance d’un dieu et justifiant ainsi
la mise à disposition d’un corps divin.

Quant aux autres documents, ils ne comparent pas spécifiquement le défunt à un dieu,
insistant plutôt sur le fait qu’il soit nécessaire d’être un esprit-akh pour pouvoir prétendre à
disposer d’un D.t. Au doc. 4, l’huile-merhet est ainsi investie du pouvoir de transformer le
défunt en esprit-akh :

wn=T m HA.t 1r, dd(=j) Tm m HA.t N pn snDm=T n=f Xr=T sAx=T sw


Xr=T d=T sxm=f m D.t=f.
« Tu étais au front d’Horus et (je) te mets au front de ce N-ci pour
que tu l’assouplisses sous ton action, que tu le rendes akh sous
ton action, que tu lui permettes de disposer de son D.t. »52

Le doc. 8 exprime clairement cette relation de cause à effet, opposant une forme prospective à
une forme accomplie :

sxm=k m D.t=k n jmj-rd=k […] xpr~n=k oA~n=k Ax~n=k.


« Tu disposeras de ton D.t sans entrave […] car tu es advenu, tu
as été élevé, tu es devenu un esprit-akh. »53

51 Pyr. § 2095b-2096b [TP N690A].


52 Pyr. § 52b-53a [TP 77].
53 Pyr. § 211a-212a [TP 222].

42
Chapitre I - D.t

L’attribution du corps divin n’est donc pas concomitante de la naissance divine mais est une
conséquence de la transformation du défunt en esprit-akh. Au passage, ce document abandonne
la notion de corps de culte pour se concentrer sur la mobilité, puisqu’il dispose du D.t « sans
entrave ». Nous retrouvons donc ici l’idée d’un parallèle entre les fonctions du corps D.t et du
ba évoqué dans un paragraphe précédant.

L’expression « sxm m D.t » ne compte plus que quatre occurrences dans les TS54, mais
elles dérivent directement des TP et abordent les mêmes thèmes. Ainsi, au doc. 54, le défunt
s’adresse aux « dieux qui sont dans le ciel » et justifie son appartenance à leur communauté :

jnk Wa dorw.w nTr.w, jnk sfx-nw n(y) sfx.t jptw [Link] nHm(w).t
m-a=s Wr sxm(w) m D.t=f.
« Je suis l’Unique d’essence divine, je suis le septième de ces sept
uraeus qui la sauve, le Grand qui dispose de son D.t. »55

C’est toutefois la nécessité de devenir un esprit-akh pour pouvoir disposer d’un corps divin et
effectuer l’ascension qui prédomine dans les TS. Tout d’abord au doc. 78, qui enjoint le défunt
à sortir de sa tombe :

jwt=k m Htp sxm=k m D.t=k ngbgb [Link] wn [Link] HA.t hA N pn !


pr=k jm Ax=tj sp-2 sxm=tj wAS=tj.
« Tu viendras en paix, tu disposeras de ton D.t, les vantaux
s’écarteront et les portes de la tombe s’ouvriront, ô ce N-ci ! Tu
en sortiras en étant un esprit-akh, bis, puissant et honoré. »56

La succession des temps montre bien qu’il y a une relation de cause à effet entre le fait de
devenir « un esprit-akh, puissant et honoré » et disposer d’un corps D.t. On retrouve d’ailleurs
le même vocabulaire au doc. 39, auquel s’ajoute un nouveau thème, qui est celui du jugement
et de la justification.

[Link].w sp-2 rmT ! sDm(.w) sp-2 rmT ! [sDm T]n sw md{p}w pn aA


jr~n 1r n jt=f Wsjr ! anx=f jm bA=f jm wAS=f jm hA N tn ! anx=T
jm bA=T jm wAS=T jm ! sxm[=T] m D.t=T jar=T n Ra sDm=T mdw nw
mAa-xrw [x]r Ra xr nTr aA.
« Taisez-vous donc, hommes ! Écoutez donc, hommes ! Écoutez-là
cette grande parole-ci prononcée par Horus pour son père Osiris !
De même qu’il vivra là car son ba est là et qu’il sera honoré là,
ô cette N, tu vivras là car ton ba est là et tu seras honorée là !
[Tu] disposeras de ton D.t, tu monteras par (la barque de) Rê, tu

54 Doc. 39, 50, 54 et 78.


55 CT IV, 66c-e [TS 310].
56 CT VII, 35m-r [TS 834].

43
Volume I - 1ère Partie

entendras ces paroles de justification devant Rê, devant le grand


dieu. »57

L’ascension au ciel du défunt est ici accompagnée de la notion de jugement divin. Il ne s’agit
cependant pas du tribunal osirien mais du jugement d’Horus le Jeune – ou encore Harendotès –
et de Seth devant le tribunal héliopolitain, présidé par Rê. Cet épisode, en plus de légitimer
l’accession au trône du fils héritier d’Osiris au détriment de son frère, a également pour but de
rétablir l’honneur du défunt en punissant le crime dont il a été victime et d’en faire ainsi un être
justifié, apte à devenir un esprit-akh vivant et honoré, investi d’un ba et disposant d’un corps
divin58.

I.3.A.b. jTj D.t

On peut également ajouter certaines mentions de l’expression jTj D.t, que l’on peut
rencontrer lorsque le défunt doit « prendre possession de son D.t » devant un tribunal. C’est
le cas dès les TP, avec le doc. 19, dans lequel le défunt devient un esprit-akh et vogue parmi
les étoiles dans la barque de Rê. Mais quand les dieux demandent comment cela est possible,
l’officiant répond :

Jn Wr r[f] jr(w) n=f nw mHtj Hn.t Hntj Nw.t, sDm~n=f njs=f jr~n=f
Dd.t n=f jT~n[=f n=f] D.t=f m DADA.t 4rj Nwn xntj PsD.t aA.t.
« C’est le Grand qui a fait cela pour lui, au nord du canal présidé
par Nout. Il a entendu son appel, il a fait ce qui est dit pour lui,
[il] a pris possession de son D.t dans le tribunal du Magistrat,
Noun qui préside à la Grande Ennéade. »59

La décision de donner ou non un D.t au défunt revient donc au juge, lors d’un procès devant la
Grande Ennéade qui doit faire du défunt un être glorifié (akh) et lui permettre de rejoindre la
communauté divine.

On retrouve encore cette idée dans les TS, au doc. 87, dans lequel le défunt s’identifie
à Thot, le successeur de Rê dans le ciel et scribe du tribunal héliopolitain. Il s’adresse au juge,
Geb :

J 1r(j)-5w-sty d jT=j D.t=j Gb jw smAa~n=j xrw 1r r 4tS.


« Ô Celui-qui-est-sur-Chou-séty, fait en sorte que je prenne
possession de mon D.t, Geb, car j’ai fait triompher Horus de
Seth. »60

57 CT I, 81a-k [TS 29].


58 On retrouve encore cette association du ba et du corps divin au doc. 50, qui n’apporte toutefois aucune
information supplémentaire.
59 Pyr. § 1174a-d [TP 513].
60 CT VII, 230o-m [TS 1013].

44
Chapitre I - D.t

En contribuant à la victoire d’Horus et à la justification d’Osiris, il s’assure de recevoir la


récompense qui lui est due de la part du juge et ainsi de prendre possession d’un corps divin.

L’action du fils pour la réhabilitation du père apparaît ainsi comme l’élément déterminant
dans l’attribution du corps D.t et implique une dimension sociale manifeste dans la conception
de ce corps divin. On la retrouve d’ailleurs encore lorsqu’il s’agit pour le défunt de « recevoir
son D.t (Ssp D.t=f) ».

I.3.A.c. Ssp D.t

Il ne s’agit pas d’une expression usuelle puisqu’il n’en existe qu’une seule attestation
dans le corpus, au doc. 48, mais son sens est assez proche de celui de « sxm m D.t ».

d[=T n…] Ssp~n=j D.t=j rnp[~n]=j m anx ra nb jnk [or]s(w) jt[=f].


« J’ai reçu mon D.t et je rajeuni chaque jour car je suis quelqu’un
qui [ent]erre [son] père. »61

Pour un mort, rajeunir chaque jour signifie avoir rejoint la barque solaire et effectuer sa course
céleste quotidienne. Il réceptionne son corps divin en même temps que son ba rejoint le ciel,
mais cela n’est possible que parce qu’il a « enterré son père ». D’après l’étude du mot « ors »
menée par I. Régen62, cette expression peut servir de synecdoque pour se référer à l’ensemble
des rites funéraires que l’héritier du défunt doit mettre en place. Toutefois, l’héritier en question
est ici le défunt lui-même, qui agit dans l’au-delà pour le bénéfice d’Osiris, son père divin, tel
Harendotès, afin d’établir son statut de successeur légitime63, mais surtout de dieu et d’esprit-
akh. Ces qualités s’acquièrent donc par une action sociale, dont la réalisation profite aussi bien
à celui qui agit qu’au bénéficiaire, et qui se conclue par l’obtention d’un ba et d’un corps dans
l’au-delà, qui ne sont autres que des moyens d’interactions sociales.

En conclusion, le corps D.t est un attribut divin mis à la disposition du défunt lorsque
celui-ci est devenu un esprit-akh et qu’il a été reconnu comme un dieu parmi les dieux. On peut
encore citer, d’ailleurs, le doc. 16, dans lequel le défunt vient d’accéder au statut d’esprit-akh
et est accueilli par Rê :

hA N pw, rd(=w) n=k anx wAs nb D.t n=k jr=k jn Ra, mdw=k D.t=k
Ssp~n=k jrw nTr.
« Ô ce N, il t’est accordé toi toute vie et domination pour l’éternité-
djet par Rê. Tu parleras, plus précisément ton D.t, après avoir
pris une forme divine. »64
61 CT III, 319c-d [TS 238].
62 I. RÉgen, « À propos du sens de ors « enterrer » », CENIM 2, 2009, p.387-399.
63 Le statut du père défunt pour qui agit l’héritier qui devient lui-même le fils agissant pour Osiris dans l’au-delà
a été analysé par H. Willems dans Les Textes des Sarcophages et la démocratie, 2008, p. 196-201.
64 Pyr. § 762a-b [TP 422].

45
Volume I - 1ère Partie

Ou encore le doc. 46, issue d’une formule pour l’appuie-tête du défunt :

Ts tp=T anx HA.t=t mdw=T D.t=T Ds=T wn=T m nTr wnn=T m nTr.
« Ta tête se dressera, ton front vivra et tu annonceras ton D.t toi-
même car tu es un dieu et tu seras un dieu. »65

Le défunt n’obtient la capacité de s’exprimer par son corps D.t que parce qu’il est devenu un
dieu et qu’il a pris une forme divine (jrw nTr). On ne peut pas parler proprement dit de naissance
divine dans ce cas puisque l’individu n’est pas mis au monde dans ce corps mais il en dispose
en temps voulu. De fait, il ne s’agit pas d’un processus physique ou biologique mais du résultat
d’une action sociale, puisque la communauté des hommes et des dieux reconnaît que, d’une
part, le défunt a agit pour son père divin Osiris et que, d’autre part, son successeur pratique
également les rites funéraires pour lui.

I.3.B. Un nouveau ib
La mise à disposition du corps divin ne suffit pas à l’individu nouvellement divinisé
et il lui faut également recevoir un ib, puisque celui qu’il possédait de son vivant lui a été
retiré lors des rites funéraires66. De fait, l’une des expressions associées au corps D.t les plus
fréquentes des TP est : « jb n D.t »67. Dans la pratique, les huit occurrences de cette expression
ne se rencontrent réellement que dans deux types de formules différentes. La première est une
formule attribuée à Isis et Nephthys et qui se trouve soit inscrite sur le sarcophage (comme
dans la pyramide de Téti ; doc. 1), soit sur la partie ouest des parois nord ou sud de la chambre
funéraire, pour rester en lien avec le sarcophage (comme dans les pyramides de Pépi Ier et
Pépi II ; doc. 26 et 28). Dans tous les cas, Isis et Nephthys s’approchent tour à tour du défunt
pour lui apporter un ib pour son corps D.t :

Doc. 28 :

jnk As.t jw~n(=j) nDr jm=k d n=k jb=k n D.t=k.


« Je suis Isis, je suis venue te saisir et te donner ton ib pour ton
D.t. »68

65 CT III, 300b-d [TS 232].


66 Le ib est à la fois le siège de la conscience dans la pensée égyptienne et constitue également l’ensemble des
organes prélevés lors de la momification pour être placés dans les vases canopes. Pour plus de détail, cf. chap. III.3
et V.1.A.b.
67 On en compte 8 occurrences (doc. 1, 26, 28, 29, 30 et 37).
68 Pyr. § 1884-1885 [TP 664] ; voir également § 3b-c [TP 4].

46
Chapitre I - D.t

Doc. 26 :

jnk Nb.t-Hw.t jw~n(=j) nDr jm=k d n=k jb=k n D.t=k.


« Je suis Nephthys, je suis venue te saisir et te donner ton ib pour
ton D.t. »69

Dans un second temps, les docs. 29, 30 et 37 reprennent des formules également situées dans la
chambre funéraire, mais cette fois dans la partie est des parois nord et sud, c’est-à-dire proche
de la sortie de la Dat et du passage du défunt dans l’horizon. Au doc. 29, l’officiant commence
par s’adresser au défunt pour lui annoncer que son (nouveau) corps divin a bien été assemblé
et purifié car il est bien devenu un dieu et qu’il va donc pouvoir quitter le monde souterrain et
accéder au ciel :

hA Nt pw jno(=w) n=k os.w=k ab(=w) n<=k> [Link]=k sHD(=w) n=k


jbH.w=k, Ssp(=w) n=k jb=k n D.t=k wxA(=w) n=k tA pw jr jwf=k
Ssp~n=k abw=k pw fd.t=k jptw [Link] abH(wt) m mr nTrj wab=k
jm=sn nTr js.
« Ô ce N, tes os t’ont été assemblés, tes membres <t’>ont été
unis, tes dents t’ont été blanchies, tu as reçu ton ib pour ton D.t
et cette terre a été nettoyée de ta chair, tu as reçu cette tienne
purification, ces quatre tiens vases emplis par le canal divin et tu
seras purifié par eux tel un dieu »70

Le changement de statut du défunt implique donc la création d’un nouveau corps, que nous
retrouvons décrit ici comme un assemblage d’éléments mous (jwf) et durs (os.w), comme au
doc. 7. Et ce nouveau corps divin n’est autre que D.t, qui, pour être parfaitement efficace,
doit posséder un ib. Logiquement, celui-ci ne peut pas être le même que celui que l’individu
possédait de son vivant, ce qui explique pourquoi les textes insistent sur le fait qu’il s’agisse du
ib du corps D.t spécifiquement. Le doc. 30 présente un passage ultérieur de la même formule
– que l’on retrouve également au doc. 37 – dans lesquelles l’officiant résume les nouvelles
qualités du défunt :

hA Nt pw Ax n=k m-X.t=k, bA=k n=k HA=k, jb=k n=k n D.t=k.


« Ô ce N, ton esprit-akh est pour toi à l’intérieur de toi, ton ba est
pour toi autour de toi et ton ib est pour toi, pour ton D.t. »71

D’après le parcours suivi par le défunt dans les appartements funéraires des pyramides à textes,
et par extension, dans l’au-delà, nous pouvons déduire que ce dernier a déjà acquis son nouveau

69 Pyr. § 1786a-b [TP 628] ; voir également § 3d-e [TP 5].


70 Pyr. § 1916a-1919b [TP 666].
71 Pyr. § 1921d-e [TP 666], 2228a-b [TP 717].

47
Volume I - 1ère Partie

corps et son ib au moment de pénétrer dans l’horizon, ainsi que sa mobilité (ba) et sa qualité
d’esprit-akh.

Ceci étant dit, on constate pourtant que cette expression disparaît totalement des TS, dans
lesquels le ib n’est plus mis en relation avec D.t mais avec XA.t, et ce d’une manière beaucoup
plus développée72. Il semble donc y avoir un glissement de sens, avec une récupération d’une
notion associée à D.t dans les TP par XA.t dans les TS et bénéficiant ainsi d’une thématisation
importante en guise de justification.

I.3.C. Le kA n(y) D.t=f


En dehors du ib, l’acquisition du corps D.t s’accompagne également de l’obtention
d’un autre attribut divin : le ka. Et alors que le ka est une notion très présente dans les textes
funéraires, certaines mentions prennent le soin de spécifier qu’il s’agit du « ka du D.t ». Bien
qu’il en existe deux occurrences dans les TP (mais employés dans la même formule), cette
expression est plutôt propre aux TS, dans lesquels elle est mentionnée à sept reprises. Cette
redondance suggère un sens particulier, mais encore faut-il savoir si l’information principale
concerne le ka ou le D.t de l’individu. En effet, s’il s’agit bien d’une manière de définir le ka,
on peut se demander pourquoi, parmi toutes les attestations de ce terme dans les textes, seule
une poignée sont identifiées comme appartenant spécifiquement au corps D.t. Mais si ce dernier
est le sujet principal, la question à se poser est sur la manière de comprendre cette expression,
qui, dans tous les cas, ne concerne que le défunt. Le ka est une entité que l’on se représente
généralement comme le « double » d’un individu, une représentation de celui-ci. A. Bolshakov
écrit ainsi : « The double is no incarnation of a certain componant of a man, but a complete copy
of him as an individual »73. On peut donc le considérer comme la représentation matérielle, dans
le monde des hommes, du corps D.t74, à l’exemple des statues du culte dans les temples ou les
chapelles funéraires. C’est également l’image qui ressort du doc. 50 :

j~n=j mAa-xrw=j aHa kA=j n(y) D.t=j.


« Je suis venu pour être justifié et que mon ka de mon D.t se
lève. »75

La justification du défunt permet à celui-ci d’accéder au monde divin et de bénéficier pleinement


du culte funéraire qui lui est consacré, comme tout autre netjer. Or le support principal de ce

72 Cf. chap. III.3.


73 A.O. Bolshakov, Man and his Double in Egyptiant Ideology of the Old Kingdom, ÄAT 37, 1997, p. 153. Pour
d’autres études sur le ka, voir également : U. Schweitzer, Das Wesen des Ka im Diesseits und Jenseits der Alten
Ägypter, ÄgForsch 19, 1956 ; J. Assmann, Mort et au-delà en Égypte ancienne, 2003, p. 157-165 ; K. Goebs,
Crowns in Egyptian Funerary Literature, 2008, p. 18-19.
74 Ce concept de « représentation » est différent de celui de « manifestation », que l’on rapproche plutôt de la
notion de ba généralement, dans le sens où une représentation n’est pas nécessairement animée, contrairement à la
manifestation.
75 CT III, 394h-i [TS 265].

48
Chapitre I - D.t

culte est la statue représentant le défunt, dressée (aHa) dans la chapelle funéraire. Ce terme aHa
permet de faire le rapprochement entre le ka et l’image matérialisée de l’individu disparu. Et
dans ces conditions, la forme choisie pour cette matérialisation est celle du corps D.t 76 et non
celle du corps XA.t, qui est le corps pérennisé de ce qui subsiste de l’ici-bas.

Quant aux autres documents, ils décrivent tous le même phénomène : le défunt recevant
son ka d’une ou plusieurs divinité(s). Après une rapide étude, nous pouvons d’ailleurs constater
que, de toutes les mentions de ka, ce thème ne se rencontre qu’avec l’expression « kA n(y)
D.t »77. Ainsi, au doc. 77, c’est Horus qui présente le ka au défunt, qui n’est autre que son père
Osiris, après que son corps est reconstitué :

Ts tp=k r os.w=k jno r(A)-[Link]=k mj 1r aHa(w) m-xnt 4x.t Mao.t, d=f


n=k kA=k D.t=k r-mtr=k.
« Ta tête sera nouée à tes os, tes articulations seront assemblées
comme Horus dressé dans le Champ des Échelles, il te donnera
ton ka de ton D.t en ta présence. »78

Au doc. 75 c’est Osiris lui-même qui donne le ka au défunt – voire qui lui transmet son propre
ka, les pronoms de troisième personne du singulier pouvant se rapporter aussi bien au défunt
qu’au dieu :

[…] Wsjr ra nb n Wsjr N pn, d=f n=f kA=f n(y) D.t=f.


« […] Osiris chaque jour pour cet Osiris N-ci, il lui donnera son
ka de son D.t. »79

Ces deux interprétations sont recevables puisque, fondamentalement, le ka est transmissible


d’une génération à l’autre, le fils pouvant être le ka de son père mais recevant également son
propre ka de ce dernier80. Enfin, au doc. 71, ce sont quatre dieux représentant les quatre points
cardinaux qui apportent au défunt le ka de son D.t :

4bk m mw, 8dwn m 6A-stj, 1A m jmn.t, 4pd m jAb.t, jn=sn n=j


kA=j n(y) D.t=j.
« Sobek est dans l’eau, Dédoun est en Nubie, Ha est à l’ouest,
Soped est à l’est ; ils m’apportent mon ka de mon D.t. »81

76 Voir également le doc. 73, dans lequel l’officiant salue le ka du défunt, c’est-à-dire le ka de son D.t (CT VI,
350a [TS 721]).
77 Il n’est pas rare en revanche de trouver des mentions de la présentation des kaou, mais il ne s’agit pas tout à fait
du même sujet.
78 CT VI, 404c-e [TS 769].
79 CT VI, 398i-k [TS 767].
80 Sur la transmission du ka de père en fils, voir U. Schweitzer, Das Wesen des Ka, p. 56 ; J. Assmann, Mort et
au-delà, p. 164.
81 CT VI, 259b-d [TS 636].

49
Volume I - 1ère Partie

Sans entrer dans le détail du fonctionnement du ka, nous pouvons tout de même constater que
celui-ci doit être apporté au défunt après sa justification (doc. 50), et que lorsque le défunt
obtient son ka, il s’agit expressément de celui de son D.t. La situation rappelle alors celle du D.t
proprement dit, qui n’est mis à la disposition du défunt qu’au moment du jugement, tandis que
celui-ci accède au statut d’esprit-akh. 9.t et ka sont donc apportés en même temps au nouveau
netjer, ce qui correspond bien à l’idée qu’il s’agit d’un corps et de sa représentation matérielle,
son « double », qui servira de support à sa personne lors du culte funéraire, puisqu’ils sont
fondamentalement de même origine.

Déjà dans les TP (doc. 11), c’est à Horus, fils d’Osiris, de transporter le ka du défunt,
bien que le contexte soit légèrement différent :

Ssp sw 1r r [Link]=f, swab=f N pn m 5 4Ab sfxw=f kA n(y) N pn


m 5 8Atj [Link]=f jwf n(y) kA n(y) N pn n(y) D.t n=f m nw Hr rmn Ra
m Ax.t, Sspw=f psD(w) [Link] [Link]=f Hr nTr.w sxp=f kA n(y) N pn n
D.t=f r Hw.t aA.t.
« Horus l’accueillera de ses deux doigts. Il purifiera ce N-ci dans
le Lac du Chacal, il libèrera le ka de ce N dans le Lac de la
Dat et il lui essuiera la chair du ka de ce N-ci, de son D.t avec
ce qui recouvre l’épaule de Rê dans l’horizon. Il recevra celui
qui illumine les deux terres pour ouvrir le visage des dieux, il
apportera le ka de ce N-ci, de son D.t, à la Grande Demeure. »82

Horus pratique ici plusieurs étapes des rites funéraires, et plus particulièrement il doit libérer
le ka du défunt dans la Dat, qui correspond à la chambre funéraire d’après l’organisation des
appartements funéraires des pyramides royales à textes83. Il doit ensuite nettoyer son ka de son
D.t dans l’horizon, c’est-à-dire l’antichambre de la pyramide, avant de l’apporter à la « Grande
Demeure », qui est une des appellations possibles du serdab84. Nous suivons donc la progression
du ka de la chambre funéraire jusqu’au serdab, lieu dans lequel se trouve placée la statue de
culte dans la chapelle funéraire85. Il y a donc assimilation du corps divin avec le ka. Mais le
plus intéressant est le fait que, sur les trois étapes citées, seules les deux dernières font mention
du D.t ; le ka est libéré dans la chambre funéraire mais il n’est associé au D.t qu’une fois arrivé
dans l’antichambre, car la place du corps divin n’est pas dans le caveau, où repose le corps XA.t.

Cette identification entre corps et ka est reprise dans les TP par un second document, qui
associe le corps du créateur, celui du défunt et son ka :

82 Pyr. § 372a-373b [TP 268].


83 Cf. J. Allen, « Reading a Pyramid », p. 24-26 et Fig. 5.
84 Cf. B. Mathieu, « La signification du serdab dans la pyramide d’Ounas », OrMonsp IX, p. 289-304 ; id.,
« L’huissier, le juge et le greffier », Méditerranées 13, 1997, p. 11-28.
85 Cf. E. Brovarski, LÄ V, 874-879, s.v. « Serdab ».

50
Chapitre I - D.t

Ra dwAw=k jm p.t, dwAw=k n N (x.t) nb(.t) x.t nb(.t) n D.t=k x.t


nb(.t) n kA N x.t nb(.t) n D.t=f x.t nb.t.
« Rê, ton adoration est dans le ciel, ton adoration appartient à N
en toute chose, car toute chose appartient à ton D.t, toute chose
appartient au ka de N et toute chose appartient à son D.t en toute
chose. »86

Il devient donc possible d’admettre que le ka d’un dieu peut être une représentation matérielle
de son corps D.t, a fortiori quand le défunt le reçoit en même temps que son nouveau corps, à
l’issue du jugement, et devient son incarnation lors des rites dont il bénéficie.

I.4. Assurer la liberté du corps divin


Après la conception du corps divin et son attribution, un troisième thème est encore
à considérer dans cette étude et concerne sa préservation au moment de sa libération. La
défense du défunt envers de multiples agressions est une des préoccupations majeures des
textes funéraires et il n’est pas étonnant de trouver des formules visant à la protection du corps,
aussi bien dans les TP que dans les TS. Les dangers sont variés, mais en général il s’agit soit
d’esquiver des agresseurs soit d’empêcher d’être retenu prisonnier en terre, pour permettre au
défunt d’effectuer son ascension.

I.4.A. Protéger le D.t


Cette idée est exprimée par les locutions nD D.t (six occurrences) et xwj D.t (trois
occurrences), sans réelle distinction de sens entre les deux puisqu’on les trouve employées dans
des formules similaires. Le contexte de ces formules varie très peu et il apparaît que c’est l’une
des attributions du fils du défunt en tant qu’Harendotès de protéger le nouveau corps de son
père des agressions de Seth et de ses acolytes.

Déjà dans les plus anciennes traditions des TP, on peut ainsi rencontrer Horus en héritier
de Sokar et protégeant son corps D.t de ses ennemis. C’est le cas au doc. 27, où l’on comprend
que le droit d’Horus de disposer des Deux Terres s’accompagne de l’obligation pour lui de
protéger son père. Cette formule est d’ailleurs conservée dans les TS (cf. doc. 40 et 75).

7wt nTr aA fA~n kw 1r m 1[nw], wTs=f kw m 4kr sA pw wTs=f jt=f


<Wsjr N m rn=k 4kr>, sxm=t m 5ma m 1r pn sxm=k jm=f sxm=t
m MHw m 1r pn sxmw=k jm=f sxm=k xw=k D.t=k m a xftj=k.
« Tu es le grand dieu qu’Horus a porté dans la barque Hénou,
il te soulève en tant que Sokar car c’est le fils qui soulève son
père, <Osiris N en ton nom de Sokar>. Tu disposeras de la

86 Pyr. § 37b-c [TP 50].

51
Volume I - 1ère Partie

Haute-Égypte comme cet Horus-ci grâce à qui tu es puissant et tu


disposeras de la Basse-Égypte comme cet Horus-ci grâce à qui tu
es puissant, tu seras puissant et tu protègeras ton D.t du bras de
tes ennemis. »87

Dans le doc. 51, le défunt joue cette fois-ci le rôle d’Horus, qui doit se rendre à Busiris
auprès de son père pour constater le mal qui lui a été infligé.

jt=j Wsjr mk wj j=kw xr=k ! aHA=j n=k 4tS smA~n=j [Link]=f, jw


aHA~n=j aHA(w).w Tn on~n=j on(w).w Tw, jnk jT(w) m wsr jwaw
mj-od, jw nD~n=j D.t=j Ds=j sxr~n=j xfty.w=j jr(w) sw mAw pn
jm=j.
« Mon père Osiris, vois, je suis venu auprès de toi ! Je combattrai
pour toi Seth après avoir tué ses Acolytes. J’ai combattu ceux
qui t’ont combattu, j’ai vaincu ceux qui t’ont vaincu car je suis
quelqu’un qui a saisi par la puissance, l’héritier de tout. J’ai
protégé mon D.t moi-même, j’ai renversé mes ennemis et celui qui
l’a engendré, ce nouvel état-ci, en moi. »88

Il est donc le fils d’Osiris dans l’au-delà, et il doit le défendre pour justifier sa filiation et ainsi
son accession légitime au statut de netjer. Et alors qu’il combat Seth dans ce but, il dit qu’il a
« protégé son D.t lui-même », ce qui fait de lui en quelque sorte un « 1r nD(w) D.t=f ». Dans ce
contexte, ce tour n’est pas sans rappeler celui de 1r nD(w) jt=f « Horus qui a protégé/vengé son
père », soit le nom égyptien d’Harendotès, créant un amalgame entre corps D.t et père divin.
Autrement dit, le corps divin du défunt ne serait autre que celui de son père dans l’au-delà, ce
qui rejoint l’idée évoquée au début de ce chapitre que tout corps D.t est fondamentalement issu
de celui du créateur, celui-ci transmettant tous les éléments nécessaires à sa conception. Le
doc. 25 crée également la confusion à ce sujet, employant ces deux expressions en parallèle :

wn(=w) [Link]=k snS(=w) [Link]=k [Link] r=k jr pr-xw.t xw(~n Tw)


jt=k Gb, jno(=w) n=k wrr.w jab(=w) n=k mr.w n 1r nD~n=f jt=f n
jt N pn nD~n=f D.t=f.
« Tes yeux sont ouverts, tes oreilles sont écartées, entre donc dans
la Maison de la protection, car ton père Geb (t’a) protégé. Les
bassins sont rassemblés pour toi, les terrains cultivés sont réunis
pour toi, par Horus qui a protégé son père et par le père de ce
N-ci, qui a protégé son D.t. »89

Le défunt est cette fois assimilé à Osiris, le fils de Geb et père d’Harendotès. L’ensemble du
territoire égyptien est réuni pour lui par ces derniers et il pourrait s’agir là d’une métaphore de
la reconstitution du corps pratiquée rituellement lors de l’embaumement et dont la naissance du
défunt dans l’au-delà dépend en partie. Cela leur permet d’assurer la protection du corps et de
87 Pyr. § 1824a-g [TP 645].
88 CT IV, 56c-l [TS 303].
89 Pyr. § 1727a-1728b [TP 611].

52
Chapitre I - D.t

l’individu entier.

Deux textes jouent encore sur ce thème de la filiation, avec le défunt dans le rôle de
l’héritier. D’une part le doc. 45, dans lequel le défunt affirme clairement qu’il vient pour protéger
son corps D.t et « s’asseoir sur le lieu de naissance de [son] père et repousser le mal dont souffre
le dieu (Hms=[f] Hr msxn.t jt=[f] Wsjr dr=[f] mn.t mr nTr) » (CT III, 274b-276a [TS 228]). D’autre
part, le doc. 41, mettant en scène le défunt au moment de quitter son tombeau et attestant : « J’ai
repoussé la blessure d’Osiris dans sa nuit, ainsi je pourrai aller et venir et protéger mon D.t
(dr~n=j nkn m Wsjr (m-)Xnw grH(=f) pr=j hA=j, nD=j D.t=j) » (CT II, 116r-s [TS 106]). Le fond
est bien toujours le même avec un défunt occupant les fonctions d’Harendotès et chassant le
mal du corps de son père pour assurer la succession et protéger son propre corps divin.

I.4.B. Soustraire le D.t


Une formule employant l’expression « protéger le D.t » n’entre pas dans un contexte
osirien, mais relève du mythe historiographique du conflit entre Horus l’Ancien et Seth. Elle se
rencontre dans presque toutes les pyramides royales (à l’exception de celle d’Ounas ; cf. doc. 14)
et reste populaire dans les TS (doc. 60) car elle appartient au thème répandu de la traversée du
Canal sinueux par le défunt grâce au Passeur et à son bac, pour atteindre l’horizon oriental.

Dd mdw. Jh(=w) jn 1r n jr.t=f jh(=w) jn 4tS n Xrwj=j, sTp Jr.t 1r


xr(=s) m pf gs n(y) Mr-n-xA [Link]=s D.t=s m a 4tS.
« Horus a poussé un cri à cause de son œil, Seth a poussé un cri
à cause de ses testicules. L’Œil d’Horus sautera et tombera de
ce côté-là du Canal sinueux et il protégera son D.t du bras de
Seth. »90

Le défunt se confond ici avec l’Œil d’Horus, qui cherche à protéger son corps des attaques
de Seth en traversant le canal. Il n’est donc pas question d’un combat contre l’agresseur pour
préserver l’intégrité du corps comme c’était le cas jusqu’à présent mais d’une véritable fuite
vers un lieu protégé pour échapper à l’attentat. Ce thème de l’esquive du D.t n’est pas rare et se
développe principalement avec l’emploi du l’expression « soustraire le D.t (jTj D.t) »91, dans des
formules où divers assaillants cherchent à empêcher le défunt de rejoindre le ciel et les astres.
Dans les pyramides, ces formules sont d’ailleurs toutes – à une exception près – située dans le
couloir de la descenderie, qui mène le défunt des appartements funéraires vers le ciel, dans le
but de le mettre en garde contre tout élément ou individu qui pourrait le retenir prisonnier. Trois

90 Pyr. § 594a-c [TP 359]. Le doc. 60 met ce passage directement en relation avec le passeur : « Ô passeur, apporte
ce qui a été apporté pour Horus à cause de son œil et qui a été apporté pour Seth à cause de ses testicules. L’œil
d’Horus sautera et tombera du côté oriental du ciel pour protéger son D.t du bras de Seth (J [Link], jn nw jn(w)
n 1r n jr.t=f jn(w) n 4tS n [Link]=f, sTp jr.t 1r [Link](=s) m gs [Link] n(y) p.t nD=s D.t=s m a 4tS). » (CT V, 75d-77a
[TS 397]).
91 Doc. 18, 24 et 62. Les doc. 19 et 87 emploient également cette expression, mais dans un contexte d’attribution
du D.t (cf. supra, § 3.A.b).

53
Volume I - 1ère Partie

documents sont ainsi concernés :

• Au doc. 24, ce sont les hommes qui sont accusés d’entraver le corps divin et de
l’empêcher de s’élever vers le ciel tel un oiseau.

[Link]=f j=pA=f m-a=Tn rmT m Apd.w nHm=f [Link]=f m-a=Tn m bjk jT~n=f
D.t=f m-a=Tn m Dr.t, nHm N pn m-a jmj-rd jm tA sfx N pn m-a jmj-a.
wj(=f).
« Il s’envolera, il s’envolera loin de vous, hommes, comme un
oiseau, il retirera ses bras de vous comme un faucon car il vous
a dérobé son D.t en tant que milan. Ce N-ci s’échappera des
entraves terrestres, ce N-ci déliera (ses) liens. »92

• Dans le doc. 18, le défunt est assimilé à différentes étoiles ou constellations, ayant réussi
à soustraire son corps divin à des « fauteurs de troubles ».

N pn wnS.t, N pj wnStj, N p(j) 1p, N pj 8wA-mw.t=f, N pj Jmstj, N


pj ObH-sn.w=f, N pj Dwn-an.w(y), N p(w) nTr.w jpw aA.w xntjw-S,
N pj bA anx(w) spA Hr aSm tp=f, nHm(w) D.t=f, jT(w) D.t=f m Xnn.w.
« Ce N-ci est un chacal femelle, N est celui du chacal femelle ;
N est Hâpy, N est Douamoutef, N est Imseti, N est Qebehsenouf,
N est Dounanouy ; N est ces grands dieux qui président au lac,
N est le ba vivant au visage de mille-pattes et dont la tête est
une image divine, qui a retiré son D.t, qui a soustrait son D.t aux
fauteurs de troubles. »93

• Enfin, le doc. 61, issu des TS, prévient le défunt contre les attaques du bâton de jet, qui
peut l’empêcher d’effectuer son ascension et le priver de ses magies akhou et hékaou.

hy r=T r=T amjA.t ! sjn(w).t xAx(w).t wpwty.t nTr.w, jw=T xr=T jw=T
sbn=T jw jT~n N tn D.t N tn r=T.
« Tombe donc, bâton de jet ! Dépêche-toi, hâte-toi, messager des
dieux ! Tu es renversé, tu glisses, car cette N-ci a soustrait son
D.t de toi. »94

Dans ce dernier document, le bâton de jet est combattu en étant renvoyé à terre, tandis que dans
le premier, le défunt doit se libérer de ses « entraves terrestres » pour échapper aux hommes.
Tout porte donc à croire que les « fauteurs de troubles » du deuxième document sont également
d’origine chthonienne, la terre étant le territoire de prédilection de l’Adversaire, qui prend le
plus souvent l’aspect d’un serpent ou d’un reptile.

C’est encore ce qu’affirme le doc. 17, dans lequel le défunt doit prendre soin de quitter

92 Pyr. § 1484a-e [TP 573].


93 Pyr. § 1097a-1098d [TP 506].
94 CT V, 254d-256b [TS 418].

54
Chapitre I - D.t

le monde souterrain sans y abandonner son corps divin, afin de pouvoir effectuer sa naissance
céleste au matin :

Twt sbA pw [Link] prr(w) m gs [Link] n(y) p.t jwty rd~n=f D.t=f n
1r-8wAtj.
« Tu es l’astre unique sortant du côté est du ciel sans laisser son
D.t à Horus-Douaty. »95

Aucun agresseur n’est mentionné ici, mais il est certain que le corps D.t ne doit pas rester
prisonnier de la terre, rôle dévolu à XA.t, et bien que la tombe souterraine appartienne au monde
divin, c’est un endroit clos que le défunt doit pouvoir quitter pour circuler à sa guise, aussi bien
au ciel que dans l’au-delà.

I.5. Expressions spécifiques


Il existe un certain nombre d’expressions qui ne renseignent pas réellement sur la nature
d’un corps D.t mais dont l’emploi récurrent suggère un sens propre, qu’il convient d’étudier à
part.

I.5.A. xm D.t et jp D.t


Parmi ces expressions spécifiques, il en est deux dont le sens est radicalement opposé
et qui semblent se répondre l’une l’autre : xm D.t et jp D.t, littéralement « ignorer le D.t » et
« décompter le D.t », mais qu’il est généralement convenu de traduire « perdre conscience,
s’évanouir »96 et « recouvrer ses esprits »97. Replacées dans leur contexte, ces expressions ne
sont pas toujours d’une interprétation aisée, néanmoins quelques aspects généraux se dégagent,
à commencer par le caractère plutôt négatif du fait d’« ignorer son D.t », contrairement à la
notion de « recouvrer son D.t ». Cet antagonisme est de fait déjà présent dans les TP, où ces deux
expressions sont réunies dans une unique formule et dont est extrait le doc. 32.

95 Pyr. § 877c-d [TP 463].


96 Pour cette traduction, voir D. Meeks, AnLex 77.3072 et 78.3012 ; FECT I, p. 52 (sp. 51), n. 2 et p. 281 (sp. 345),
n. 6. Voir également J. Vandier, Moʽalla. La tombe d’Ankhtifi et la tombe de Sebekhotep, 1950, p. 194, n. p ;
P. Lacau, H. Chevrier, Une chapelle d’Hatshepsout à Karnak I, 1977, p. 112, n. (ae).
97 Voir A.H. Gardiner, Egyptian Hieratic TextsI, 1911, p. 6*, n. 9 et S. El-Adly, « Die Berliner Lederhandschrift
(P. Berlin 3029) », WdO 15, 1984, p. 13, n. 5. Sur l’opposition de ces deux expressions, voir G. Fecht, « Die
Wiedergewinnung der altägyptische Verskunst », MDAIK 19, 1963, p. 83, n. 1 ; E. Blumenthal, Untersuchungen
zum Ägyptischen Königtum des Mittleren Reiches I, ASAW 61, 1970, p. 100, B 6.21 et dernièrement R. Nyord,
Breathing Flesh. Conceptions of the Body in the Ancient Egyptian Coffin Texts, CNIP 37, 2009, p. 346-348.

55
Volume I - 1ère Partie

n sDr~n=f m grH n wrS~n=f jxm=f D.t=f m wa [Link] n(y) xprr,


jp~n Jmy.w-dwA.t D.t=sn snS~n=sn msDr.w=sn Hr xrw N pn hA=f
m-m=sn Dd~n n=sn Wdn(w)-sxm=f wn.t N pn m wa jm=sn.
« Il (le défunt) ne saurait dormir pendant la nuit et passer la
journée ignorant son D.t à aucun des deux temps du scarabée.
Ceux qui sont dans la Douat ont décompté leur D.t et ils ont
ouvert leurs oreilles à la voix de ce N-ci descendant parmi eux,
car Celui-dont-la-puissance-est-imposante leur a dit que ce N-ci
était l’un des leur. »98

Dans un premier temps, le défunt ne doit pas dormir pendant la nuit, car le sommeil est un état
qui s’apparente à la mort pour les Anciens Égyptiens, mais il ne doit pas non plus « ignorer
son D.t », aussi bien de jour que de nuit (les « deux temps du scarabée »). Ne pas connaître
son corps est donc ici comparé à un état d’inertie proche de la mort, auquel le défunt ne doit
pas succomber, et qui corrobore la traduction de cette expression par « perdre conscience,
s’évanouir ». Mais dans un second temps, lorsque le défunt « descend » dans le monde
souterrain, vraisemblablement à bord de la barque solaire, son passage incite « Ceux qui sont
dans la Douat » à recouvrer leur D.t pour l’écouter, ce qui semble synonyme d’un réveil, d’un
retour à la conscience. Cet épisode semble préfigurer celui du Livre de l’Amdouat, dans lequel
la lumière du disque solaire ranime les habitants du monde souterrain le temps de son passage,
avant que ceux-ci ne retombent dans l’inconscience.

Dans les TS, la locution « xm D.t » est encore associée à la mort ou à un état d’inconscience
dans le doc. 59, dans lequel l’agression que subit Osiris a pour conséquence de faire ignorer leur
corps aux dieux :

HA wj 1A(w).w Wsjr hrw pw n(y) xmn-nt Wsjr xm~n nTr.w


D.t=sn jm=f.
« Ceux qui déplorent Osiris me déploreront ce jour de la fête du
huitième jour d’Osiris, alors que les dieux ont ignoré leur D.t à
cause de lui. »99

En revanche, les docs. 55 et 74 posent plus de problèmes dans l’interprétation. Le premier décrit
l’union d’Isis et de Rê et la conception du défunt :

aAa~n wj mw.t=j As.t xm~n=s D.t=s Xr Dba.w nb nTr.w sD~n=f sj


m hrw pw n(y) fAw.
« Ma mère Isis m’a procréée, alors qu’elle ignorait son D.t sous
les doigts du maître des dieux, quand il la rompit en ce jour de
prestige. »100

98 Pyr. § 2083c-2085b [TP 688].


99 CT IV, 373a-c [TP 345].
100 CT IV, 181j-l [TS 334].

56
Chapitre I - D.t

Quant au doc. 74, il assure la protection du lit d’Osiris et de son corps grâce à une série d’étoffe-
idémi :

xm~n=f [D].t=f Xr=f m rn=f pw n(y) xmt jnnw [t]p(y).w swDA


bosw, dmD~n=f a.[w]t […] sA=f HA Hnk.t [n(y)].t Wsjr N pn
sxm=f m x[f]t[yw=f].
« Il a ignoré sont D.t sous lui en son nom d’étoffe-khemet, apportée
par les responsables de la préservation des vertèbres cervicales,
il a réuni ses membres […] sa protection autour du lit [de] cet
Osiris N-ci, ainsi il disposera de ses ennemis. »101

Le début de cet extrait est fondé sur un jeu de mot sur le radical xm, que l’on retrouve dans le
verbe « ignorer » et dans le nom de l’étoffe-khémet – que l’on peut également appeler « étoffe
à trois fils ». Tous les noms d’étoffe de cette formule sont formés sur des chiffres, ce qui laisse
supposer que le thème principal est l’étoffe elle-même et non le fait d’ignorer le corps. En
outre, l’état d’inconscience que cela suggère s’oppose à la réunification des membres du défunt
et à sa victoire sur ses ennemis, qui sont des signes de son activité. Je ne m’explique donc pas
l’emploi de cette expression ici, bien qu’il ne soit certainement pas fortuit. En effet, le début du
document présente également l’expression contraire « décompter le D.t (jp D.t) », comme c’était
le cas dans les TP, dans un contexte où il est fait explicitement allusion au réveil du dieu102 :

nhs Wsjr Hr s.t=f jp~n=f D.t=f xnp~n=f Wsjr r=f nhs N pn Hr s.t=f
jp~n=f D.t=f xnp~n=f Wsjr r=f.
« De même qu’Osiris s’éveille sur son trône après qu’il a
décompté son D.t et attiré Osiris à lui, N s’éveillera sur son trône
après qu’il a décompté son D.t et attiré Osiris à lui. »103

En conclusion, les exemples de notre corpus semblent confirmer les notions


d’évanouissement et de retour à la conscience pour ces deux expressions. On serait tenté,
pourtant, d’associer ces états au ib de l’individu plutôt qu’à son corps, puisqu’il est, d’après la
pensée égyptienne, le siège de l’intellect et de la conscience. De fait, l’expression jp jb existe,
pour désigner un « esprit éveillé, perspicace »104. En outre, il n’est pas rare de rencontrer la
variante « xm jwf » à la place de « xm D.t »105, alors même que le ib constitue une partie des
éléments mous d’un corps. On peut donc se demander quelle est la nature du lien qui unit D.t et
ib et, sans entrer dans une démonstration qui ne peut être effectuée ici106, émettre l’hypothèse
que le corps D.t, dont on a vu qu’il pouvait être considéré comme un moyen de mobilité et de

101 CT VI, 358m-q [TS 728].


102 On pourrait également ajouter le doc. 70, présentant la seule autre attestation de cette expression dans les TS,
mais celui-ci n’apporte aucune information supplémentaire à notre propos.
103 CT VI, 358g-j [TS 728].
104 Cf. D. Meeks, AnLex 79.0170.
105 Cf. doc. 59, dans lequel, sur les onze versions de la formule, il n’y en a qu’une seule qui mentionne le corps
D.t tandis que les autres emploient le mot « jwf ».
106 Cf. chap.V.1.A.

57
Volume I - 1ère Partie

manifestation au même titre que le ba, soit en réalité une matérialisation de la conscience-ib,
qui constituerait alors l’essence même de l’individu.

I.5.B. wnx D.t


Présente uniquement dans les TP, mais à quatre reprises tout de même107, cette expression
pose quelques problèmes d’interprétation. Elle se traduit littéralement par « vêtir le corps D.t »,
dont le sens premier semble être le fait de vêtir le corps D.t avec des pièces de tissu, à l’image de
la statue divine lors d’une cérémonie cultuelle. J. Assmann donne toutefois une interprétation
différente, selon laquelle le corps doit être ici revêtu par le défunt comme un « costume », « ainsi
peut-on supposer que l’enveloppe corporelle que le mort doit revêtir est le « corps cultuel » dont
il doit se rendre maître et disposer quand, donnant suite à l’invitation du prêtre, il vient prendre
les offrandes. »108. Il fonde ce commentaire sur les quatre formules des TP de notre corpus,
présentées ici :

Doc. 9 :

[Link] msw=k sA(w) Tw, Dr(w)=k pw jm tA. Dd mdw sp-4 : wnx D.t=k,
jw=tw=k xr=sn.
« Protège ton enfant qui te garde, car c’est ta limite terrestre.
Parole à prononcer quatre fois : ton D.t a été vêtu, que l’on
t’amène auprès d’eux. »109

Doc. 10 :

[Link] smsw [Link]=f sA=f, wnx=tj D.t=k, jw=tw=k xr(=f) nxx~n=k […].
« Que l’ancien s’en aille pour protéger son fils, on vêtira ton
D.t pour que l’on t’amène auprès de (lui) car tu es devenu vieux
[…]. »110

Doc. 36 :

[hA N jw rm~n(=j) Tw] jw HA~n(=j) Tw n smxw(=j) Tw n wrD(w)


jb(=j) r pr.t n=k xrw ra nb m Abdw m gs-Abdw m wAH ax m DHwtj.t
m wAg [m Hn.t n(y).t [Link]=k js m (tp.w-)Abd.w=k] anx=k m nTr !
hA N pw, wnx=tj D.t=k, jwt=k xr(=j) !
« [Ô N, (je) t’ai pleuré], (je) t’ai déploré, mais (je) ne t’oublierai
pas et mon ib ne sera pas fatigué pour sortir au jour pour toi
chaque jour, lors de la fête du mois, lors de la fête du milieu du

107 Cf. docs. 9, 10, 21 et 36.


108 J. Assmann, Mort et au-delà, p. 465.
109 Pyr. § 221b-c [TP 224].
110 Pyr. § 224c-d [TP 225].

58
Chapitre I - D.t

mois, lors de la fête de « Dresser les autels du feu », lors de la fête


de Thot, lors de la fête-ouag, [lors du sacrifice de ton offrande
annuelle pendant ta Fête du (début du) mois], que tu vives comme
un dieu ! Ô ce N, on vêtira ton D.t, que tu puisses venir auprès de
(moi) ! »111

Doc. 21 :

j m Htp xr jt.w=k, sxm=k m D.t=k, wnx=t(j) D.t=k.


« Viens en paix auprès de tes pères car tu disposes de ton D.t, on
vêtira ton D.t. »112

Les trois premiers documents se situent dans un contexte de pratique du culte funéraire, lors
duquel le défunt est appelé à se rendre auprès de son fils officiant. Le corps D.t en question est
donc probablement la statue de culte (kA n(y) D.t)113. D’après J. Assmann, l’expression wnx
D.t est employée pour appeler l’« esprit » du défunt sur terre car « le corps D.t désigne la
forme que le mort doit adopter quand il vient recevoir des offrandes. […] « Mets ton corps »
veut dire « n’apparais pas comme fantôme ! », sers-toi de formes de contact bien définies,
par exemple la statue dans la tombe ou la fausse porte »114. Mais dans le sens où wnx D.t
signifie « vêtir le corps avec des étoffes », il s’agirait plutôt d’une métaphore pour indiquer que
l’office a bien commencé, avec également pour résultat d’appeler le ba du défunt à rejoindre
son support de culte afin d’en bénéficier. Les deux interprétations ne s’excluent donc pas, bien
que celle de l’habillage de la statue nous place dans un contexte plus concret, reprenant des
gestes bien connus. Le quatrième document présente une situation différente, puisque cette fois
le défunt est appelé à rejoindre la communauté divine et non plus celle des vivants. Toutefois
cela n’est rendu possible que parce qu’il dispose d’un corps D.t et celui-ci peut être vêtu. En
d’autres termes, il a été reconnu justifié et bénéficie de la mise en place d’une dotation funéraire
permettant un culte à son nom.

I.5.C. Expression de la propriété


Pour finir, en dehors de notion comme le fils du créateur, le ba ou le ka du défunt, il
n’est pas rare de rencontrer d’autres composants pouvant appartenir spécifiquement au corps D.t
d’un dieu. L’exemple le plus récurrent est l’Œil ou les Yeux d’Horus, qui sont réunis et apportés
au défunt comme offrande pour que celui-ci s’en approvisionne et retrouve le souffle vital
(doc. 5, 38, 79, 80, 81 et 82), ou encore en tant que linceul servant à recouvrir le corps pour le
régénérer (doc. 69). Dans le même esprit, le doc. 2 incite le défunt à se nourrir du sein du corps
D.t d’Horus. Enfin, à titre d’exception, le doc. 84 relève une note personnelle du défunt à la fin
111 Pyr. § 2117-2119 [TP 690].
112 Pyr. § 1300b-c [TP 537].
113 Cf. supra, § 3.C.
114 J. Assmann, Images et rites de la mort dans l’Égypte ancienne. L’apport des liturgies funéraires, 2000, p. 85-
86.

59
Volume I - 1ère Partie

d’une formule de justification classique adressée à sa femme, à qui il dédie l’« amour » (mrw.t)
de son D.t. En dehors de ce dernier exemple, on peut se demander quelle est l’importance de
préciser l’appartenance au corps D.t, alors même que certaines variantes de ces formules, au
contenu presque identique, n’en prennent pas la peine115, d’autant que cela semble être une
évidence. C’est donc peut-être à mettre sur le compte d’une tournure de langage particulière.

Toutes les attestations du mot D.t n’ont pas été citées dans ce chapitre, celles-ci étant
très nombreuses et pas toujours sources d’information susceptible de nous aider à définir la
notion de corps divin. Le sens de plusieurs formules reste également encore problématique,
rendant leur interprétation peu fiable. On note également quelques différences dans l’emploi
de ce vocable entre les TP et les TS, probablement en raison du développement de l’utilisation
des termes Haw et XA.t. De fait, on observe que certaines spécificités se retrouvent attribuées à
ces deux termes dans les TS, comme s’il y avait eu de la part des hiérogrammates une remise
en question des principes généraux et du fonctionnement du système de pensée pour inclure
des questions qui jusque-là n’étaient pas abordées – parce que non existantes ou non prises en
compte116.

Néanmoins, les caractéristiques générales ont pu être mises en évidence, à commencer


par l’appartenance exclusive du corps D.t à la sphère divine – le doc. 16 le décrit comme une
« forme divine (jrw nTr) » – et ses liens étroits avec l’éternité-djet depuis le moment de la création.
C’est donc un corps divin, grâce auquel les dieux se déplacent et se manifestent dans l’au-delà,
ou tout autre espace du monde divin. Certaines formules ont ainsi pour objet d’assurer sa liberté
et de l’empêcher d’être retenu en terre, dans la tombe. En cela, ses fonctions se rapprochent de
celles du ba, avec lequel il est régulièrement mis en parallèle. Si cette analogie ne concerne pas
leurs modes de fonctionnement, elle nous amène tout de même à penser que la notion de corps
D.t tend vers l’abstrait en ne lui attribuant pas une forme fixe. Pourtant, quelques formules lui
donnent bien une consistance en décrivant sa constitution comme un assemblage d’éléments
mous et durs, propres aux principes d’anatomie égyptienne, et bien que ces représentations
finissent plutôt par s’attacher à la notion de corps Haw. Ces éléments sont issus de la substance
même du corps du créateur, ce qui implique que tout corps divin est une émanation du créateur.

Puisqu’il s’agit d’un corps divin, ce n’est qu’après la mort de l’individu que celui-ci
peut prétendre à en posséder un. Il doit l’acquérir en prouvant son droit à devenir lui-même un
netjer, c’est-à-dire en étant justifié devant le tribunal divin et en accédant au statut d’esprit-akh.
Le processus ne s’accompagne pas d’une mise au monde du défunt et de son corps-D.t car il ne

115 Voir pour cela les formules TS 856, 859 et 862.


116 Je pense notamment aux thématiques de la naissance divine ou des agressions physiques que peut subir le
corps, propres à la notion de Haw dans les TS mais qui ne sont jamais abordées du point de vue du D.t dans les TP.
Il en va de même pour l’importance que prend la relation XA.t/ba dans les TS.

60
Chapitre I - D.t

s’agit pas à proprement parler d’une naissance divine. En réalité, le corps lui est attribué par
le dieu créateur et il doit en prendre possession pour en disposer à sa guise – et même parfois
l’ignorer ou l’oublier. Il est indiqué dans les TP que le défunt reçoit également un nouveau ib
pour faire fonctionner le corps D.t, mais cette notion est abandonnée dans les TS au profit du
corps XA.t. Enfin, il est doté d’un ka de son D.t, c’est-à-dire une représentation matérielle du
corps, placé dans la chapelle funéraire pour recevoir un culte.

61
Volume I - 1ère Partie

Chapitre II.
Haw

À la lecture des différentes études déjà proposées sur ce vocable, il apparaît


immédiatement que sa définition, et a fortiori sa traduction, divisent les chercheurs1. S’il est
généralement reconnu qu’il s’agit d’une désignation du corps physique anthropomorphe, dans
sa conception anatomique2, certains admettent qu’il peut également être utilisé pour signifier
la « chair »3 ou la « personne » d’un individu – dans des expressions telles que « en personne »
ou « lui-même »4. En termes de définition, J.H. Walker propose : « Being a collective, Ha
may designate a large continuous anatomical structure or a region containing several bodily
structures »5, et B. Mathieu ajoute que « Haw désigne le corps physique vivant ; c’est une
désignation collective d’une réalité dénommée aussi, de manière distributive, par [Link], «parties
du corps, membres». »6 La tendance est donc de considérer le Haw comme le corps humain
vivant, en opposition avec le corps mort (XA.t) et le corps des dieux (D.t).

Le mot « Haw » est présent à 55 reprises dans notre corpus, avec deux attestations
dans les TP et 53 dans les TS7. Pour B. Mathieu, « on comprend l’extrême rareté de ce mot
dans les TP puisqu’il se rapporte en principe au corps humain vivant, et non au corps djet
que le défunt doit acquérir. »8. Nous pouvons observer que la fréquence de ce mot augmente
de manière exponentielle dans les TS, alors même que la nature de ces deux corpus n’est pas
fondamentalement différente. Les raisons que l’on peut avancer à ce changement ne sont que
des conjectures. Soit le sens du mot lui-même a connu une évolution, et alors le sens originel
nous échappe en partie du fait du manque de sources. Soit c’est l’évolution du corpus dans
son ensemble qu’il faut prendre en compte, en considérant le fait que les hiérogrammates ont

1 Wb III, 37,5-39,13 : « Körper, Leib », « Fleisch », « Glieder » ; D. Meeks, AnLex 77.2607, 78.2591, 79.1899 :
« corps, membres, chairs » ; R. Hannig, Ägyptisches Wörterbuch I, p. 776-778 et Ägyptisches Wörterbuch II, 2,
p. 1617-1619 : « Körper, Leib », « Fleisch » ; D. van der Plas, Coffin Texts Word Index, p. 197 : « flesh, body ».
2 Cf. E. Meyer-Dietrich, Senebi und Selbst. Personenkonstituenten zur rituellen Wiedergeburt in einem
Frauensarg des Mittleren Reiches, OBO 216, 2006, p. 216-219.
3 Voir par exemple R. Nyord, Breathing Flesh, CNIP 37, 2009, p. 337-339, qui en fait l’acception principale
du terme « Ha ». Il renvoie pour cela à la thèse de H.G. Blersch, Die «Aspekte» des Leibes in der altägyptischen
Medizin, que je n’ai pas pu consulter.
4 Cf. J.H. Walker, Studies in Ancient Egyptian Anatomical Terminology, ACE-Stud 4, 1996, p. 3-18 ; L. Depuydt,
« From «My Body» to «Myself» to «As For Me» to «Me Too» : Philological and Digital Analysis of a Triple Shift
in Egyptian », JARCE 45, 2009, p. 247-290.
5 J.H. Walker, op. cit., p. 5.
6 B. Mathieu, UTP, 2013, s. v. « corps hâou ».
7 Ces attestations sont réparties dans 42 formules, que l’on rencontre sur un panel de 42 cercueils (ou ensembles
de cercueils).
8 B. Mathieu, op. cit.

62
Chapitre II - Haw

pu avoir besoin de thématiser certaines notions ou d’en développer de nouvelles, absentes des
TP. Dans tous les cas, au moins à partir de la fin de l’Ancien Empire, la présence relativement
importante de mentions du Haw dans un corpus funéraire, dont les sujets principaux sont le
défunt et les dieux qu’il rejoint, implique que la différence que l’on observe généralement entre
les corps Haw et D.t réside dans des qualités autres que leur nature humaine ou divine. L’exemple
du doc. 105 invite à la même conclusion :

jnk Haw rmT jn(w) Spt m jw Nsrsr


« Je suis un Haw humain amené courroucé de l’Île de
l’Embrasement »9

La nécessité de qualifier le terme « Haw » de « rmT » semble indiquer qu’il ne s’agit pas d’une
qualité intrinsèque de celui-ci, mais que l’on peut distinguer plusieurs genres de Haw. Or
effectivement, les TS mentionnent 5 occurrences de l’expression « Haw nTr »10, permettant ainsi
de conclure que le corps Haw n’est pas uniquement une caractéristique humaine, puisqu’il est
possible d’en différencier le genre rmT ou nTr. Ce constat ouvre alors de nouvelles perspectives
de réflexion dans l’étude de ce vocable.

À elles seules, les attestations relevées dans les TP et les TS forment un corpus trop
restreint pour saisir réellement tous les aspects recouverts par le mot « Haw », puisqu’elles ne
permettent qu’une approche funéraire et mythologique. Cependant, elles abondent dans le sens
d’un corps physique par de multiples considérations anatomiques et physiologiques. En effet, si
l’on omet les occurrences entrant dans la composition de noms d’objets (la Barque-du-Haw ou
le Porche-du-Haw par exemple), qui n’apportent aucune information sur la nature de ce corps,
nous pouvons observer que les deux thèmes majeurs rencontrés sont celui de la fabrication et
de la mise au monde du Haw, ainsi que celui de son traitement et de son maintien en bonne santé
dans l’au-delà.

II.1. Étude des graphies


D’une manière générale, les graphies de ce mot connaissent très peu de variations
– voire aucune – dans un même corpus. Ainsi, toutes les attestations qui ont pu être relevées

dans les TP11 présentent la même écriture phonétique Ha , composée des deux unilitères et

9 CT II, 228a [TS 149].


10 CT I, 216c et 216g [TS 49] (doc. 91), 227g [TS 50] (doc. 92) ; CT IV, 74h [TS 312] (doc. 114) ; CT VII, 249p
[TS 1028] (doc. 136).
11 Bien qu’il ne soit présent que dans deux formules, on compte en tout 11 occurrences de ce mot dans les TP : 1
dans la pyramide de Pépi Ier, 2 dans celle de Pépi II et 1 dans celle de Neith. Les pyramides de Pépi Ier et Neith
présentent encore chacune une autre occurrence, mais elles sont en lacune. Les attestations des pyramides de
Mérenrê et d’Oudjebten n’ont pas pu être vérifiées.

63
Volume I - 1ère Partie

du signe du lambeau de chair, le déterminatif classique des termes anatomiques12.

Le nombre d’occurrences augmente considérablement dans les TS, avec un nombre total
de 208, dont 159 non lacunaires13, mais là encore les graphies n’offrent que peu de variantes. La
graphie rencontrée dans les TP se retrouve encore en quelques occasions, mais devient tout de
même rare, comme le montre la première colonne de la Fig. 3. L’écriture courante devient celle
de la deuxième colonne, c’est-à-dire la graphie ancienne pourvue des trois traits du pluriel –
qui peuvent également être au nombre de quatre ou être remplacés par le signe des trois grains
de matière. Contrairement à la graphie du mot XA.t, où la désinence du pluriel semble être
en réalité un substitut pour un déterminatif chthonien d’après les graphies les plus anciennes,
l’absence d’un tel déterminatif dans les TP suggère plutôt une évolution dans la manière dont
les hiérogrammates envisagent le sens de ce vocable. L’emploi dans les textes de pronoms
singuliers se rapportant à Haw écarte l’idée d’une forme plurielle du mot Ha des TP. Il ne peut
donc s’agir que de la marque d’un collectif qui, associée au déterminatif du lambeau de chair, fait
comprendre d’emblée que le Haw désigne un ensemble d’éléments anatomiques. Remarquons
également que, des trois termes étudiés, il est le seul à présenter cette caractéristique, ce qui
laisse entendre qu’il est le seul à être mis en relation directe avec toutes les questions d’ordre
médical.

L’exemple de la formule TP 690 reflète très bien cette évolution graphique car, si les
versions trouvées dans les pyramides présentent l’écriture ancienne, cette formule se rencontre
également sur un sarcophage d’el Bersheh14 et propose une graphie qui apparaît comme une

transition15 : . Le texte original a donc été amélioré graphiquement pour correspondre


aux nouvelles réflexions en vigueur. Le même groupe déterminatif se retrouve en une occasion
dans une graphie du P. Gardiner II16, qui permet également d’introduire un autre indice de
cette transformation en forme collective par la présence du signe du poussin de caille. Dans
un petit groupe de graphies, ce dernier accompagne le groupe de trois traits. Le mot est alors
entièrement écrit « alphabétiquement » et confirme la lecture Haw au singulier.

Le tableau de la Fig. 3 introduit également une graphie originale, dont le déterminatif


n’est plus le lambeau de chair mais le signe généralement associé à une pustule. Elle se rencontre
à quatre reprises, mais il s’agit en réalité d’occurrences toutes issues d’une même formule
(TS 238), sur un unique sarcophage thébain (T2L)17. Elle tient donc clairement de l’exception
et peut s’expliquer par le contexte même de cette formule, qui s’intéresse au Haw pendant son

12 Cf. D. Meeks, Les architraves du temple d’Esna. Paléographie, PalHier 1, 2004, p. 79, § 213.
13 Par rapport au nombre total, le nombre d’attestations non lacunaires est jugé comme un échantillon suffisant
pour les quelques remarques présentées dans ce paragraphe.
14 Sarc. B10C (Caire 28092) (= sarcophage extérieur d’Amenemhat).
15 Cf. J. P. Allen, The Egyptian Coffin Texts 8, p. 439, § 2114b.
16 CT VII, 250a [TS 1028] (= doc. 136).
17 Sarcophage de Montouhotep, conservé à Londres (BM).

64
Chapitre II - Haw

traitement par Anubis. D. Meeks a montré que le signe ne représente pas une pustule mais
est « un hybride qui adopte la forme ovoïde [du signe] primitivement réservé aux parfums, mais
conserve les deux appendices latéraux de celui s’appliquant à la momification »18. Le scribe a
donc choisi cette graphie pour insister sur le fait que le Haw est considéré ici dans un moment
particulier, celui de son embaumement.

Enfin, la dernière colonne du tableau présente également une graphie exceptionnelle du


fait de l’absence du signe du bras, mais sa très faible fréquence incite à penser qu’il s’agit d’une
écriture abrégée non significative.

6 119 6 15 4 1 6 1 1 1 2

Figure 3. Tableau des graphies non lacunaires du mot Haw dans les TS et leur nombre d’attestations.

II.2. Traitement et conservation du Haw

II.2.A. La reconstitution du corps physique


Comme nous l’avons déjà évoqué, le mot Haw n’est présent qu’à deux reprises dans
les TP. Mais ces occurrences mettent déjà en lumière des caractéristiques essentielles de ce
qui définit un corps Haw, puisqu’elles seront reprises et approfondies dans les TS, à l’image du
doc. 88 :

Ts Tw Hr os.w=k bjAw [Link] nbw.t, Haw=k pw n(y)-sw nTr, n xsD~n=f


n Htm~n=f n HwA~n=f.
« Dresse-toi sur tes os de fer et tes membres d’or, (car) ce tien
Haw est celui d’un dieu : il ne saurait moisir, ni disparaître, ni se
putréfier. »19

L’officiant s’adresse au défunt. L’incipit « Ts Tw » implique un contexte de (re)naissance du


défunt en tant que dieu. Et en tant que tel, il possède un corps aux caractéristiques divines
classique : des os de fer et des membres d’or. D’après B. Mathieu, cette expression « traduit

18 D. Meeks, op. cit., p. 233, § 631.


19 Pyr. § *2244a-c [TP *723].

65
Volume I - 1ère Partie

précisément la métamorphose dont bénéficie le défunt »20, c’est-à-dire du corps Haw humain en
corps divin impérissable. Mais quelle que soit sa nature, ce document confirme les définitions
données en début de chapitre d’un corps considéré comme une somme d’éléments anatomiques,
puisqu’il est ici un assemblage de membres et d’os. À ceci, le doc. 87 permet d’ajouter qu’il
s’agit bien d’un organisme vivant, avec un fonctionnement interne établi :

[Link] rDw nTr jmj=k, anx jb=k, nkAkA Haw=k nTr, wHa Ssm.w=k.
« Approvisionne ton intérieur des redjou divins, ainsi ton ib vivra,
ton Ha divin fonctionnera et tes ligaments seront déliés. »21

D’après la formule, les redjou sont ici le flot de l’inondation, c’est-à-dire la source de la vie pour
les Anciens Égyptiens. Ils doivent remplir le corps et remplacer les liquides organiques pour
nourrir les organes qui constituent le ib et rétablir les connexions internes, rendant ainsi aux
articulations leur aptitude aux mouvements. De cette manière, le Haw retrouve sa fonctionnalité
et le défunt peut alors reprendre vie.

Si le Haw désigne donc bien un corps humain – au sens anatomique du terme – vivant,
alors sa présence persistante dans un corpus funéraire comme les TS peut a priori surprendre.
Cependant, on peut constater qu’il intervient essentiellement dans des formules dont le but
est de régénérer le défunt et lui rendre la vie. Il semble donc que ce processus passe par la
réanimation de ce corps, comme s’il s’agissait de le guérir de la maladie qu’est la mort et qui
l’empêche de fonctionner correctement. Et de fait, lorsqu’on étudie les types d’expressions
dans lesquels le Haw est mentionné, on remarque que les plus fréquentes sont celles exprimant
le besoin d’« agréger (sAo) »22, d’« assembler (jno) »23, ou de « nouer (Ts) »24 le Haw, mais
également de le « raffermir (srwd) »25. Le plus souvent, ces termes sont associés en un ensemble
de propositions dont les objets varient entre les os (os.w), la chair (jwf) et les membres ([Link]),
qui sont également à réunir26. Or ces formules ont toutes pour point commun d’évoquer, de
manière plus ou moins explicite, la momification du défunt, nous donnant pour certaines la
preuve que le corps Haw est celui qui repose sur la table des embaumeurs et qui reçoit le rituel
d’embaumement27. C’est en particulier le cas de l’ensemble des formules TS 237 (doc. 108),
238 (doc. 109) et 828 (doc. 132), dont le titre indique qu’elles se situent sur la paroi est de

20 B. Mathieu, UTP, 2013, s.v. « corps hâou ».


21 Pyr. § 2114a-b [TP 690].
22 Doc. 103 (CT II, 114a [TS 105]), 111 (CT III, 319l [TS 238]) et 125 (CT VI, 217g [TS 602]).
23 Doc. 109 (CT III, 316m [TS 238] et 132 [CT VII, 29l [TS 828].
24 Doc. 107 (CT III, 301c [TS 235]).
25 Doc. 134 (CT VII, 86b [TS 876]).
26 Chacun de ces éléments peut être soit « assemblé », « agrégé » ou « noué » selon les formules. Toutefois, si
l’on considère l’ensemble des attestations de ces expressions, certains termes paraissent plus spécifiques à certains
éléments que d’autres. Ainsi, on note que les membres sont le plus souvent « unis (dmD) » et que les os sont « noués
(Ts) ». La chair est généralement « agrégée » (sAo), mais ce mot semble avoir une portée plus générale, puisqu’il
est également fréquemment employé avec les os et les membres.
27 Sur les rapports entre embaumement et réunion des membres, cf. chap.V.2.

66
Chapitre II - Haw

certains sarcophages – raison pour laquelle elles s’adressent toutes à « la Grande, la Nuque de
son maître (Wr.t 1A.t nb=s) ». Les doc. 109 et 132 présentent un passage commun aux formules
TS 238 et 828 :

jnD Hr=t Wr.t 1A.t nb=s wTs(w).t sw m tr=f n bAg jno(w)t n=j
Haw=j, sAo(wt) n(=j) jwf=j
« Salut à toi, la Grande, la Nuque de son maître qui le redresse
dans son moment de faiblesse, qui m’assemble mon Haw et
m’agrège ma chair. »28

Cette déesse est chargée de la réunion des parties du corps du défunt. Or le doc. 108 identifie
cette dernière comme étant une :

Xr.t-a wt Jnpw m srwx Haw WrD-jb


« assistante de l’embaumeur Anubis lors du traitement du Haw de
Celui-dont-le-cœur-ne-bat-plus »29

Le vocable « srwx » est un terme à connotation médicale qui peut être employé pour désigner
les soins apportés pour guérir une maladie. C’est également ce que suggère le doc. 112 :

j~n=j srwx=j Haw sobb=j nspw Hbs=j sbx.t Hr-ntt jm=s Xr.t srwx
n(y).t Jnpw.
« Si je suis venu, c’est pour traiter le Haw, soulager la blessure
et vêtir le coffre à cause de ce qui s’y trouve et qui est aux soins
d’Anubis. »30

Le rôle d’Anubis est donc ici de prendre soin du corps endommagé dans un sens médical,
puisqu’il faut « soulager la blessure ». Nous pouvons alors en déduire que le Haw désigne un
corps dont la nature est d’être vivant, mais qui peut être soumis à des problèmes médicaux qui
empêchent son bon fonctionnement. La mort en fait partie et l’embaumement est considéré
comme un acte médical dont le but est de rendre la santé à ce corps. C’est la raison pour laquelle
dans ces formules la notion de corps est envisagée sous son aspect le plus concret d’organisme
physique et biologique.

II.2.B. La conservation du corps par le rite


En dehors du traitement physique et immédiat du corps, les textes peuvent également
exprimer cette nécessité de guérir le Haw par son retour à un état sain et rajeuni (wAD). Cette
notion de Haw wAD se rencontre à plusieurs reprises et il convient donc de l’étudier à part. Tout
d’abord, le doc. 117 fait intervenir le défunt en tant que pharaon en possession de ses couronnes

28 CT III, 316k-m [TS 238] ; CT VII, 29j-l [TS 828].


29 CT III, 312e [TS 237].
30 CT III, 322b-f [TS 239].

67
Volume I - 1ère Partie

régaliennes :

HD.t=j tp=j n(y).t Haw wAD Atfw=j m wp.t=j nr-wtt=j m HA.t=j.


« Ma couronne blanche, appartenant à un Haw sain, est sur ma
tête, ma couronne-atef est au sommet de mon crâne, mon serpent
terrifiant est à mon front. »31

Dès les TP, le thème de l’intronisation du roi a été utilisé comme métaphore de l’accession
du défunt à l’au-delà. L’énumération de ces attributs royaux – et divins – nous situe donc
dans ce contexte d’apothéose. Le défunt précise toutefois que la couronne blanche est à mettre
en relation avec un corps sain. De prime abord, rien ne justifie cette attribution particulière,
d’autant que rien n’est indiqué pour les autres. Cependant, B. Mathieu a pu mettre en évidence
qu’il existait un jeu de complémentarité entre les couleurs verte (wAD) et blanche (HD), chacune
pouvant être associée à l’œil droit du créateur, c’est-à-dire la pleine lune, ou encore l’œil-
oudjat32. L’analogie existant entre la reconstitution du corps du défunt et la phase croissante de
la lune est quelque chose de reconnu dans la pensée égyptienne33. Nous retrouvons donc ici le
rituel d’embaumement appliqué à un corps Haw et le moment de la pleine lune représente ce Haw
pleinement complété et fonctionnel. Par conséquent, le « Haw wAD » du doc. 117 représente un
corps parfaitement embaumé, nécessaire au défunt pour accéder à l’au-delà.

Le doc. 99, quant à lui, présente le discours du défunt alors qu’il est identifié à Horus,
fils d’Osiris, pour rappeler ce qu’il fait pour son père :

dmD(=j) [Link] Wsjr sAo=j os.w=f srwD=j mtw.w=f swAD=j Haw=f, d=j
n=f Htp.w, smn(=j) sw, KA-Jmn.t.
« Je réunirai les membres d’Osiris, j’agrègerai ses os, je
raffermirai ses conduits-metou et je ferai reverdir son Haw, je
lui donnerai des offrandes et je le rendrai stable, le Taureau de
l’Occident. »34

Nous retrouvons le thème de la reconstitution du corps, avec une description anatomique d’un
Haw sain. Il est associé à celui de la présentation d’offrandes, ce qui rappelle les rites funéraires
que l’héritier du défunt effectue. L’embaumement semble donc, là encore, être le moyen de
guérir le Haw. Il n’est cependant plus considéré sous son aspect pragmatique mais liturgique ;
le qualificatif wAD, dans ce contexte funéraire, possèderait donc une dimension rituelle selon
laquelle les seuls soins médicaux ne suffisent pas à rétablir le corps, mais que celui-ci doit
également bénéficier de rites destinés à rendre cette guérison permanente. L’expression « Haw

31 CT IV, 181t-182a [TS 334].


32 B. Mathieu, « Les couleurs dans les Textes des Pyramides », p. 41.
33 À ce sujet, voir Ph. Derchain, « Mythes et dieux lunaires », SourcOr V, 1962, p. 25 et P. Koemoth, « Osiris-
lune, l’horizon et l’œil oudjat », CdE LXXI, fasc. 142, 1996, p. 203-220. Cette question sera étudiée plus en détail
dans la seconde partie de ce travail (chap. V.1.A.a).
34 CT II, 38h-39a [TS 80].

68
Chapitre II - Haw

wAD » signifierait ainsi un corps définitivement sain et prospère, dont l’embaumement a rendu
la fonctionnalité et que le rituel pérennise.

Les doc. 121 et 122, dont la formulation est très semblable, emploient également le tour
« Haw wAD ». Dans les deux cas, le défunt cherche à rejoindre le Champ des Souchets et doit
pour cela répondre à l’interrogatoire du passeur et nommer toutes les parties de son bac. Sa
connaissance lui permet alors de recevoir ses offrandes quotidiennes et la terre cultivable pour
les produire :

jr rx(w) r(A) pn jw=f hA=f r 4x.t-Jarw jw d=tw n=f [Sn]s ds 1 psn


[Link] sTA.t 1 mH 7 m jt mjtt jr m bd.t jn Sms(w).w [1r] Asx(=w)
s.t, wSa~xr=f nn jt nn [bd.t s]jn~xr=f jwf=f jm wn~xr Haw=f
[wAD] mj nn n(y) nTr.w
« Quant à celui qui connaît cette formule, il descend vers le Champ
des Souchets. On lui donne du pain-chénes, 1 cruche (de bière),
du pain-pésen et 1 aroure et 7 coudées de terre arable d’orge, de
même concernant le blé, c’est par les suivants d’[Horus] qu’ils
sont moissonnés. Il mâchera cette orge et ce [blé], en frottera sa
chair, et son Haw sera [sain] comme celui de ces dieux. »35

L’orge et le blé sont ici un moyen d’exprimer l’ensemble des céréales cultivées en Égypte, à
l’origine de la nourriture déposée en offrande et consommée par le défunt, mais également
comme métaphore du cycle végétal et de sa capacité à renaître. On observe alors une dichotomie
dans l’usage de ces céréales, dont le défunt doit à la fois se nourrir et s’enduire. Si le premier fait
clairement référence à l’offrande déposée lors du culte funéraire, le second rappelle les onctions
pratiquées par les embaumeurs sur les cadavres, dont les vertus sont aussi bien pratiques que
liturgiques. L’application de ces céréales sur le corps36 relève ici probablement de la dimension
rituelle de l’embaumement, ce qui coïncide avec l’établissement d’un « Haw wAD ». De fait, le
lien entre croissance végétale – a fortiori de l’orge et du blé – et résurrection d’Osiris est bien
connu, comme par exemple dans le cas de la fabrication de figurines d’Osiris végétants37

II.2.C. Protéger le corps contre les agressions


Pour terminer sur le thème de la constitution anatomique du Haw et de son traitement, il
reste à aborder un dernier point qui regroupe différentes agressions dont il peut être victime. On
retrouve ainsi ce thème au doc. 120, issu d’une formule de conjuration contre le serpent-Rérek,
dont l’une des actions est de « mettre en désordre le Haw des vivants (txtx Haw anx(w).w) »38.
L’idée qu’un « mauvais génie » puisse menacer de désordonner les parties du corps des vivants

35 Doc. 121 : CT V, 199b-200b [TS 404].


36 Probablement sous forme de pâte.
37 Cf. P. Koemoth, Osiris et les arbres. Contribution à l’étude des arbres sacrés de l’Égypte ancienne, AegLeod 3,
1994, p. 10-18.
38 CT V, 42i [TS 379].

69
Volume I - 1ère Partie

concorde avec toutes les formules étudiées jusqu’à présent, dont le but est de rassembler le
corps du défunt pour le guérir et lui rendre la vie. Mais cela insiste également sur l’importance
pour les Égyptiens que toutes les parties du corps restent à leur bonne place, le contraire étant
généralement source de maladies.

Mais la plupart des exemples d’agression du Haw se rapportent au mythe osirien. Ainsi,
au doc. 137, le défunt affirme :

shr~n=j [Link], sar~n=j NmHy jw(w) jry.t r jt=f jn 6bhw smA(w)


Haw=f.
« J’ai calmé les Deux Combattants, j’ai fait s’élever l’Orphelin
qui se plaignait de ce qui avait été fait à son père par Tebehou,
qui a tué son Haw. »39

Bien qu’il ne les nomme pas, cet extrait fait sans aucun doute référence au jugement entre
Horus (« l’Orphelin ») et Seth (« Tebehou ») au sujet de l’assassinat d’Osiris (« son père »).
Nous pouvons donc constater que lorsque Seth commet son agression sur la personne d’Osiris,
c’est bien le Haw de ce dernier qui en souffre – et non son corps-D.t, le corps d’un dieu par
excellence40. Il s’agit d’un coup porté au corps physique, ce qui tend peut-être à rapprocher les
protagonistes du monde humain et serait donc une explication pour le choix du vocable. Mais
en tous les cas, cela implique qu’un dieu peut disposer d’un Haw, à partir du moment où il se
situe dans un contexte dans lequel son corps intervient physiquement.

Cet attentat étant, d’après le mythe, à l’origine de la confection de la première momie,


il n’est pas étonnant de trouver des références à cet événement ailleurs dans le processus de
résurrection du dieu. C’est le cas des doc. 91, 92 et 93, qui se rapportent tous à la Veillée
horaire, c’est-à-dire la dernière nuit que le défunt passe dans l’atelier d’embaumement avant
son inhumation. À ce moment-là, la momie est terminée, mais il s’agit du dernier moment
pendant lequel Seth et ses acolytes peuvent encore intervenir pour porter atteinte au corps,
avant que celui-ci ne soit définitivement à l’abri dans la tombe. La formule appelle donc les
personnes chargées du corps à redoubler de vigilance :

rs Hr=Tn Jmyw wab.t nTr.w jmy.w [w]ry.t, mTn, Haw=f nTr snD n
nbD.w [jr~n(=sn) x]pr.w. sHD tkA [Link] nTr.w jmy.w snk.t.
mTn Haw=f nTr dy sA=Tn Hr nb[=Tn]
« Que votre visage soit éveillé, Ceux qui sont dans l’atelier
d’embaumement, les dieux qui sont dans l’ouryt. Voyez, son Haw
divin craint les mauvais qui se sont transformés. Allumez les
torches, intendants, dieux qui êtes dans l’obscurité. Voyez son

39 CT VII, 456c-e [TS 1125].


40 Les différents points de discussion sur les rapprochements et/ou les différences entre Haw et D.t seront étudiés
au chap. V.

70
Chapitre II - Haw

Haw divin, votre protection sera placée sur [votre] seigneur. »41

Là encore, alors que l’embaumement est terminé, c’est le Haw qui est placé dans la crainte
de l’agresseur, qui peut prendre de multiples aspects. Nous pouvons donc en conclure que,
d’une part, la transformation du corps embaumé en XA.t ne se produit pas pendant le rituel
de l’embaumement proprement dit, mais plus tard, à la fin de l’ensemble des rites funéraires,
quand le corps est enfermé dans le caveau42. D’autre part, il est précisé qu’il s’agit bien d’un
« Haw divin », confirmant le fait que, selon la circonstance, un dieu peut également posséder un
Haw.

Enfin, une fois cette nuit passée, Osiris est emmené en procession vers son tombeau et
alors la situation s’inverse :

snD 4tS mAA=f Tw, ptx=f HAay.t(=f) r tA xr snD=f m Haw=f Ds=f.


« La crainte de Seth est de te voir, alors il jettera (sa) révolte à
terre et sa crainte sera jetée dans son propre Haw. »43

Seth est vaincu et craint maintenant la punition du Tribunal d’Héliopolis et la confrontation


avec Osiris. La crainte qu’il voulait inspirer à ce dernier se retourne alors contre lui et « sera
jetée dans son propre Haw ». La question se pose encore de savoir pourquoi c’est le Haw qui
ressent cette crainte plutôt que le D.t. Néanmoins, ce qui est craint ici est autant Osiris lui-
même que le châtiment corporel qui peut être retourné contre Seth, ce qui justifierait le choix
de la cible par le mot « Haw ». Car la chose sur laquelle il faut bien insister ici est le caractère
physique de ces agressions, que les textes cherchent à guérir médicalement, même si le sujet
est de nature divine.

II.3. Fabrication génétique et naissance du Haw


L’un des thèmes principaux des TP et des TS est celui de la naissance d’un dieu. Il s’agit
en général du défunt, qui souhaite faire son entrée dans le monde des dieux tel le créateur lors
de la Première Fois ou justifier son statut divin par son ascendance et sa mise au monde par une
divinité. Selon le contexte, le mot « Haw » peut intervenir de deux manières.

II.3.A. Le Haw comme « patrimoine génétique »


D’une part, ce terme peut désigner la source de matière génétique servant à la fabrication
du corps du nouvel individu. Les principaux exemples sont donnés par le doc. 114 et les doc. 94

41 CT I, 216b-h [TS 49].


42 Les relations entre Haw et XA.t seront étudiées au chap. V.
43 CT I, 249c-f [TS 60].

71
Volume I - 1ère Partie

à 9744. Dans le premier document, Osiris s’adresse à son fils au sujet du défunt, envoyé par
Horus auprès de son père. On apprend alors que ce messager est un « esprit-akh advenu et noué
– et vice versa – au moyen du Haw du dieu (Ax xpr(w) Ts(w) (Ts pXr) m Haw nTr) »45, et que les
esprits-akhou sont ceux :

omA(w).w~n 6mw m Haw=f


« qu’Atoum a créés au moyen de son Haw. »46

La formule TS 75, dans laquelle le défunt est « le ba de Chou », évoque la génération de ce


dernier à partir du corps du créateur. Nous retrouvons le même vocabulaire qu’au doc. 114,
puisqu’il « advient au moyen du Haw du dieu advenu de lui-même (xpr m Haw nTr xpr(w)
Ds=f) »47 et/ou « est noué au moyen du Haw du dieu advenu de lui-même (Ts m Haw nTr wpr(w)
Ds=f) »48. Chou est ici le « dieu advenu de lui-même » et il engendre donc le défunt au moyen
de la substance de son propre Haw, en accord avec le principe de génétique divine, selon lequel
tout corps divin est fabriqué à partir de celui du créateur49. Mais ce dernier est également appelé
à l’occasion le « dieu advenu au moyen de son Haw (nTr xpr(w) m Haw=f) »50. Cette épithète
est similaire à « xpr(w) Ds=f », mais elle insiste sur le fait que, si le dieu a pu « advenir de lui-
même », c’est déjà grâce au matériel de son Haw potentiel contenu dans le Noun. Ce processus
de création est décrit au doc. 127, lorsque le défunt, identifié au créateur, affirme :

sxpr~n=j Haw=j m Axw=j, jnk jr(w) wj od~n(=j) wj r mrr=j xft


jb=j.
« J’ai fait advenir mon Haw au moyen de ma magie-akhou, je suis
celui qui m’a créé, (je) me suis façonné selon ce que je désirais,
conformément à ma conscience-ib. »51

Nous pouvons inférer de cet exemple que, bien que les dieux évoluent grâce à leur corps D.t,
le créateur a d’abord produit un corps Haw servant de substance originelle à la fabrication de
tout corps divin. Toute création de corps impliquant une transmission génétique nécessite
l’intervention d’un Haw – ou deux, dans le cas de la génétique humaine. Nous touchons là l’une
des questions périlleuses de cette étude, à savoir la différence fondamentale entre un corps Haw
divin et corps D.t, puisque l’on observe que pour former un corps divin, a priori dénommé
D.t, il est nécessaire d’utiliser le Haw du créateur. Or, le doc. 3 nous apprend que le nouveau
corps fabriqué est également un Haw, constitué à partir des éléments mous et durs du Haw divin

44 Ensemble de documents tous issus du la formule TS 75.


45 CT IV, 74h [TS 312] (Sarc. B6C).
46 CT IV, 75b [TS 312] (Sarc. B2B0). La version du sarc. B6C remplace Haw par jwf « la chair ».
47 CT I, 316/17a, 336/37a, 350/51c [TS 75] (doc. 94, 95 et 96). Le CT I, 316/17b propose une forme simplifiée :
« Advenir au moyen du Haw du dieu (xpr m Haw nTr) ».
48 CT I, 316/17a, 336/37b, 318/19b [TS 75] (doc. 94, 95 et 96).
49 Cf. B. Mathieu, « Et tout cela exactement selon sa volonté », CENIM 5, 2012, p. 503.
50 CT I, 389b [TS 75] (doc. 97).
51 CT VI, 344b-d [TS 714].

72
Chapitre II - Haw

d’origine. C’est ici l’héritier du défunt qui parle de son ascendant :

jr~n=f wj m Haw n(y) jwf=f mtw.t pr(w).t m Hnn=f.


« Il m’a fait en tant que Haw de sa chair et semence issue de son
phallus. »52

Il est important pour le successeur du défunt de souligner cette hérédité génétique, puisque c’est
elle qui lui assure son statut de fils héritier, même si dans les faits les deux parties ne partagent
pas le même sang.

En attendant d’analyser plus en détail la différence entre D.t et Haw lorsque ce dernier
appartient à un dieu dans le chapitre de synthèse, nous pouvons pour le moment admettre que
la notion de « patrimoine génétique » est inhérente au Haw et qu’il peut ainsi se définir par son
ascendance paternelle ou sa descendance filiale.

II.3.B. La mise au monde du Haw


Outre l’évocation du processus de création d’un corps, d’autres formules abordant le
thème de la naissance emploient le mot « Haw » de manière indissociable de l’idée de la mise au
monde d’un corps par l’accouchement d’une entité féminine. Ainsi, dans le doc. 101, le défunt
raconte sa transformation en Néhebkaou, c’est-à-dire une forme du créateur. Il emploie pour
cela, entre autres, l’image de la gestation et de l’enfantement par différentes déesses :

4SA.t jwr(w).t jm=j […], jr~n=j HA.t jmj.t [Link]=s m 9sr(w)-tp.


pr~n=j [Link] [Link] As.t m 1r, xAa(=w) n=j Haw=j m Nw.t m smA
rnp(w).
« Séchat, enceinte de moi […], j’ai commencé à être engendré
entre ses cuisses en tant que Celui-dont-la-tête-est-dressée. Je
suis sorti d’entre les cuisses d’Isis en tant que Horus. Mon Haw
est expulsé pour moi de Nout en tant que jeune taureau-séma. »53

Cet extrait distingue trois étapes pendant l’accouchement, mais le Haw n’intervient qu’à la fin
du processus, quand le corps est entièrement sorti du ventre de la mère et qu’il est autonome.
Au doc. 102, le défunt annonce :

[j.]Sa(=j) Haw anxw jmj.t [Link] [4pd].t.


« je couperai le Haw vivant entre les cuisses de Sothis. »54

Lorsque le terme « Sa » est employé dans un contexte chirurgical, c’est généralement dans des
cas d’amputation, pour signifier que l’on découpe une partie du corps, mais dans ce contexte
52 CT I, 169b-c [TS 39].
53 CT II, 49e et 50c-f [TS 84].
54 CT II, 60a [TS 90].

73
Volume I - 1ère Partie

particulier il s’agit plutôt de couper le cordon ombilical55 ; c’est le moment où l’on sépare
définitivement le corps du nouveau-né de celui de la mère pour lui donner son autonomie56.
Cela implique que le corps d’un fœtus ne peut pas être considéré comme un Haw et qu’il faut
donc ajouter aux caractéristiques du Haw la notion d’individualité. On peut alors poser le
problème du statut de l’enfant en gestation, mais le corpus étudié ici ne donne aucun élément
pour approfondir la recherche à ce sujet.

Un dernier document, moins explicite, soulève quant à lui une autre question. Le
doc. 118 est un extrait d’une formule dans laquelle le défunt doit traverser trois porches entourés
de flammes. Nous sommes ici au premier porche, que les dieux présentent en disant :

pr~n=s m [Link] 4xm.t, aHa~n=s Ts.(w)t m rdw omA~n=s Haw=s


« Il est issu des mains de Sekhmet, il s’est dressé debout au moyen
de ce qui est donné, elle a créé son Haw. »57

Jusqu’à présent, il a été montré que le Haw désigne un corps physique vivant aux caractéristiques
anthropomorphes. Or c’est ici un porche qui est doté d’un Haw, créé/mis au monde par une
divinité féminine. Cela suggère donc un autre jeu de relation que celui qui unit le nom référant
à l’objet référé, car ce qui compte n’est pas tant l’objet créé que la personne à l’origine de la
création, c’est-à-dire Sekhmet. Elle intervient ici en tant que déesse dangereuse et maîtresse du
feu, celui qui entoure le porche et le transforme en charbon d’après le document. Les textes de
l’Ancien Empire et du Moyen Empire montrent que la tradition cosmogonique héliopolitaine est
la seule en vigueur58. Dans ces conditions, on peut observer que le rôle des divinités féminines
à cette époque est essentiellement de concevoir et/ou de mettre au monde les jeunes dieux – où
le jeune soleil au matin59. Ainsi, en tant qu’entité féminine, le seul pouvoir de création dont elle
dispose par nature est celui de la conception intra-utérine et de la mise au monde du corps d’un
enfant60. Toute chose créée de la sorte est donc assimilée à un enfant de la déesse et bénéficie,
par analogie, d’un Haw.

55 Cf. Wb IV, 415,13-416,10 et D. Meeks, AnLex 77.4097. Voir également Wb IV, 422,3-17 et D. Meeks, [Link].,
77.4110, 78.4055 et 79.2942.
56 Le Haw anxw désigne bien ici le corps de l’enfant et non le cordon ombilical lui-même car, d’une part, ce dernier
se dit « XpA » en égyptien ancien (cf. Wb. III, 365, 14-16 ; D. Meeks, AnLex 77.3236, 79.2319 ; voir également
J.H. Walker, Anatomical Terminology, 1996, p. 274) ou encore « npA » (cf. J.F. Quack, « Apopis, Nabelschnur
des Re », SAK 34, 2006, p. 377-379 ; J.H. Walker, [Link]., p. 270) . D’autre part, dans ce sens chirurgical de « Sa »,
c’est bien la partie du corps ôtée qui est citée et non la partie tranché effectivement ; c’est la même formulation
que dans l’expression « couper la tête », dans laquelle la tête est l’élément retiré tandis que la section se fait bien
au niveau du cou.
57 CT IV, 327e-f [TS 336].
58 Cf. S. Bickel, La cosmologie égyptienne avant le Nouvel Empire, OBO 134, 1994, p. 53-55.
59 Des exemples typiques sont ceux de Nout et d’Isis, ou encore d’Hathor et de Mehet-ouret sous leur aspect de
vache.
60 Déjà dans les TP, Sekhmet est considérée comme une déesse concevant défunt en tant qu’étoile : « W est sorti
d’entre les cuisses de la Double Ennéade, W a été conçu par Sekhmet et c’est Chezemtet qui a mis au monde W
(pr~n W jmy.t [Link] [Link], jwr(=w) W jn 4xm.t jn 5smt.t ms(w).t W) » (§ 262a-b [TP 248]).

74
Chapitre II - Haw

L’étude effectuée dans ce chapitre nous permet de conclure ici que le vocable « Haw »
est un nom collectif désignant le corps comme un ensemble de composants anatomiques en
connexion, et donc en fonctionnement, et dont l’aspect est exclusivement anthropomorphe. On
retrouve ainsi régulièrement le Haw accompagné des termes jwf, os.w, [Link] et mt.w, c’est-à-dire
les éléments essentiels à la constitution du corps. Il faut ainsi rapprocher cette notion de notre
propre approche du « corps humain ». Cependant, la présence de ce mot dans un corpus funéraire
tel que celui exploité montre bien que l’on ne peut pas simplifier sa définition à un corps propre
au genre humain, par opposition stricte à un corps divin, puisqu’il a été mis en évidence que
même les dieux peuvent également disposer d’un Haw dans certaines circonstances.

Dans les TS, deux thèmes majeurs font intervenir le Haw. D’une part, le contexte peut
être médical, le corps étant alors sujet à des maladies qu’il faut soigner ou victime d’agressions
physiques. La pire des atteintes est bien entendu la mort, dont le corps du défunt peut être rétabli
par l’action thérapeutique des embaumeurs. Le Haw est donc le corps manipulé par ces derniers,
reposant dans l’atelier d’embaumement. L’aspect rituel de cette pratique garantit au patient une
guérison définitive, l’empêchant de succomber à une seconde mort irrémédiable.

D’autre part, les Égyptiens avaient théorisé la transmission de caractéristiques physiques


d’une génération à l’autre, développant l’idée que tout corps est fabriqué à partir d’éléments
issus d’un corps-source – dans le cas d’une conception divine – ou de deux – dans le cas d’une
conception humaine. Ces corps sont alors envisagés dans leur état de Haw, qu’il faut rapprocher
ici de la notion de « patrimoine génétique ». Cela implique que, dans le cas de conception
divine, tous les netjer partagent fondamentalement le même Haw, celui du créateur quand il s’est
manifesté hors du Noun.

75
Volume I - 1ère Partie

Chapitre III.
XA.t

Le vocable XA.t est celui qui, parmi les trois étudiés dans ce travail, pose le moins de
problèmes aux égyptologues et tous les dictionnaires et lexiques s’accordent à le traduire par
« cadavre »1, c’est-à-dire un « corps mort ». De fait, il s’agit certainement de la meilleure
traduction possible pour parler du corps qui repose dans la tombe, ce qu’il est indéniablement.
Mais si, dans notre langage, le corps d’un individu devient cadavre à l’instant de son trépas,
il est intéressant d’étudier les nuances qu’offrent la langue et la pensée égyptienne quant à la
notion de XA.t par rapport à notre image du cadavre.

Le corpus se compose de 39 attestations, réunies en 25 documents, comprenant seulement


trois occurrences dans les TP et 36 dans les TS. Cette différence de fréquence peut s’expliquer
dans un premier temps par le fait que le nombre de formules dans les TS est plus élevé que dans
les TP, mais l’écart est vraiment trop important pour ne s’en tenir qu’à cette raison. Il faut donc
probablement y voir également une évolution dans ce que les Anciens Égyptiens cherchent à
exprimer à travers ces textes. En effet, d’après l’Ägyptisches Wörterbuch I de R. Hannig, les
trois occurrences de XA.t dans les TP sont les seules répertoriées de ce mot à l’Ancien Empire.
Cela implique que, si le terme est déjà connu aux plus hautes époques, il ne fait pas l’objet
d’une thématisation particulière. Au contraire, le passage au TS voit cette notion se développer
considérablement et permet de délimiter les différents éléments qui la caractérisent.

Une première évolution à considérer est celle de la graphie du mot, avec deux états
complètement différents entre les TP et les TS. Ensuite, nous pouvons immédiatement noter
que, sur l’ensemble du corpus, seules six mentions ne mettent pas le XA.t en relation avec le bA,
directement ou indirectement. S’il paraît donc clair que la nature du XA.t est étroitement liée à
celle de ce dernier, il semble cependant plus intéressant de commencer par étudier ce premier
groupe d’attestations. En effet, il évoque le mot de manière isolée, dans sa réalité de corps
d’éternité impérissable et immobile dans le caveau, et non comme élément d’un système. Enfin,
le reste du corpus met clairement en avant la relation entre XA.t et ba. Toutefois, cette dernière
ne permettant pas toujours d’éclairer le sens du mot « XA.t », seuls les documents impliquant
également la notion de ib seront étudiés. De fait, la mise en évidence du lien qui unit ces trois
éléments met également en lumière un nouvel aspect de la définition de notre vocable.

1 Wb III, 359, 9-20 : « Leichnam » ; R. Hannig, Ägyptisches Wörterbuch I, p. 997 et II, p. 1973, {24752} :
« Leichnam » ; D. Meeks, AnLex 77.3219, 78.3178, 79.2302 : « cadavre » ; D. van Plats, Coffin Texts Index,
p. 235 : « corpse ».

76
Chapitre III - XA.t

III.1. Étude des graphies


D’un point de vue paléographique, les TP utilisent une écriture « alphabétique », qui
peut cependant varier d’une pyramide à l’autre, voire à l’intérieur d’une même pyramide. Sur
les sept graphies existantes, on peut ainsi trouver l’écriture SA.t (W, P, N), XA.t (T, M, N), ou
encore SXA.t (N) (Fig. 4). Cette alternance entre les unilitères S et X s’explique par le fait qu’ils
sont très proches phonétiquement, au point de pouvoir les associer, comme dans la version
de Pépi II de la formule TP 336. Quant aux déterminatifs, s’ils sont présents, ils peuvent être

de deux sortes. Il s’agit soit du groupe , servant à désigner la catégorie des parties du
corps et plutôt fréquent dans les TP , soit du déterminatif de la poussière3, insistant ainsi sur
2

le rapport étroit entre le XA.t et la terre, comme nous le verrons au paragraphe suivant ; cette
deuxième possibilité est la plus fréquente. De plus, les TP présentent la particularité de ne
jamais employer le bilitère XA , préférant une écriture « alphabétique ». La raison de ce
phénomène est cependant bien connue : dans la même idée que des signes hiéroglyphiques
que l’on trouve mutilés, les TP proscrivent l’utilisation des hiéroglyphes pisciformes pour en
conjurer les aspects négatifs.

§ 474a [TP 305] § 548b [TP 336] § 1257d [TP 532]

Ounas Absent Absent

Téti Absent Absent

Remplacé par l’expression


Pépi Ier Lacune
« jwf os.w »

Mérenrê Inédit Inédit

Pépi II

Neit Absent Absent

Oudjebten Absent Absent

Sarc.
Absent Absent
T3Be
Figure 4. Tableau des graphies du mot XA.t dans les TP4.

2 Cf. P. Lacau, Sur le système hiéroglyphique, BdE 25, 1954, p. 131.


3 Ibid., on voit que le mot « poussière (xmw) » peut être déterminé par ou dans les TP. Le déterminatif
employé dans le TP 305 [N] semble d’ailleurs être un compromis entre ces deux signes.
4 Je remercie B. Mathieu pour son aide dans la complétion de ce tableau.

77
Volume I - 1ère Partie

En revanche, on trouve dans les TS une grande variété de graphies, avec pas moins
de 17 variantes non lacunaires5 (Fig.5). Les différences peuvent porter sur le premier signe,
la présence ou non du complément phonétique et la nature du déterminatif. Ainsi, dans un
premier temps, si l’on considère toutes les graphies dont le premier signe est connu, au nombre
de 24, on observe une nette prépondérance de l’utilisation du signe (18 occurrences, soit
exactement les trois quarts), on retrouve encore quelques attestations écrites à l’aide des signes
(1 occurrence) ou (4 occurrences). La dernière graphie propose un trait diagonal,
tel que celui généralement utilisé pour simplifier un signe dangereux6, pour éviter d’avoir à

représenter le poisson. Ensuite, le premier signe est généralement accompagné du en


complément phonétique. En effet, ce signe est présent dans 24 variantes, contre quatre où il
est absent. Quant au signe , il est toujours présent, à une exception près. Pour finir, d’après
les 23 variantes avec des déterminatifs encore visibles, il apparaît que ceux-ci sont également
susceptibles de différer d’une graphie à l’autre. Dans la majorité des cas, ils sont au nombre de
deux. Le premier déterminatif est généralement le signe nommé Aa3 dans la liste de Gardiner et
dont l’identité est douteuse, faussement assimilé à une « pustule ». D’après l’étude de D. Meeks,
il s’agit d’un déterminatif qui se rapporte à la fois à l’embaumement et au parfum7, définissant
ainsi le XA.t comme un corps momifié. Cependant, il n’est pas rare de voir ce signe remplacé
par celui du lambeau de chair, qui n’est qu’une simplification du signe employé dans les TP
pour désigner les parties du corps8. Le second déterminatif est constitué des trois traits du
pluriel – voire quatre traits. Quelques exemples présentent toutefois des grains de matière à la
place des traits. Or si ce groupe de signes peut servir de marque du pluriel, il rappelle également
le déterminatif de la poussière que l’on rencontre dans les TP. La présence du déterminatif du
pluriel serait alors due à une confusion entre les deux utilisations du signe original et il ne serait
donc pas nécessaire d’en tenir compte en tant que tel.

La fréquence d’utilisation de chacune des graphies nous montre que l’écriture la plus
commune est , puisqu’elle se retrouve dans 40,6 % des attestations9. Nous pouvons
même considérer qu’il s’agit de l’exacte moitié des occurrences, si l’on admet que la différence
entre les trois variantes du déterminatif de la « pustule » est d’importance minime et que l’on
regroupe les quatre premières colonnes du tableau. Ensuite, nous avons 18,7 % des attestations
qui préfèrent l’écriture , ce qui nous indiquent que le XA.t reste attaché à la sphère
anatomique de manière non négligeable. Le reste des occurrences se partagent entre des graphies
« simplifiées », omettant le plus souvent le complément phonétique, sinon les signes du pluriel.

5 Auxquelles s’ajoutent 12 variantes présentant une lacune.


6 Cf. D. Meeks, Les architraves du temple d’Esna. Paléographie, PalHier 1, 2004, p. 225, § 614.
7 Ibid., p. 233-234, § 631.
8 Cf. P. Lacau, Sur le système hiéroglyphique, p. 130 et 131.
9 Les pourcentages présentés dans ce paragraphe sont calculés à partir du panel des 64 attestations non lacunaires
du tableau de la Fig. 5. Ce groupe ne constitue donc pas un échantillon statistiquement représentatif, mais cela
n’enlève rien à la pertinence des résultats exploités ici.

78
Chapitre III - XA.t

À noter également que nous retrouvons à deux occasions des écritures alphabétiques, adoptant
les signes ou plutôt que celui du poisson, ce qui reste plutôt exceptionnel.

26 1 1 4 1 1 11 1 2 1 2 1 8 1 1 1 1

Figure 5. Tableau des graphies non lacunaires du mot XA.t dans les TS et leur nombre d’attestations.

En dehors de la généralisation de l’utilisation du signe du poisson entre les TP et les TS,


la chose essentielle à retenir sur l’évolution de la graphie de ce mot est l’importance que prend le
déterminatif de l’embaumement dans les TS, alors qu’il est absent des TP. Nous pouvons donc
constater une transformation dans la classification de ce vocable, qu’il faut peut-être mettre en
lien avec le développement de la mythologie funéraire d’Osiris à partir de la Ve dynastie10.

III.2. Nature du XA.t : un corps pour l’éternité

III.2.A. Le corps caché dans la tombe


Partant du principe que nous savons que le mot XA.t désigne un état du corps de l’individu
défini dans le temps et dans l’espace, il faut se poser la question de ce qui constitue la nature de
ce corps en particulier, les aspects fondamentaux qui le caractérisent. Quelques auteurs ont déjà
proposé de rapides analyses de ce terme11 et il est généralement admis que le corps XA.t est le
corps inerte reposant dans la tombe, rendu imputrescible par la momification. Or ce sont bien
les thèmes développés par les quelques formules qui ne mettent pas le XA.t en relation avec le
bA, à commencer par le doc. 162. Il s’agit d’une formule des TS en partie lacunaire, mais dont
le titre est très évocateur :

[R(A) n(y) tm rd(w)] sby XA.t m tA.


« [Formule pour ne pas permettre] que le XA.t disparaisse en
terre. »12

Nous trouvons ici la confirmation, d’une part, que la place du XA.t est à l’intérieur de la terre,
mais aussi qu’il faut assurer sa conservation. La formule entière est donc consacrée à cet objectif

10 Cf. B MATHIEU, « Mais qui est donc Osiris ? Ou la politique sous le linceul de la religion », ENIM 3, 2010,
p. 77-107.
11 Cf. R. NYORD, Breathing Flesh, p. 342-344 ; Chr. RIGGS, « Body », UUE, 2010, p. 4 ; J. ZANDEE, Death
as an enemy, p. 63 et p. 182. Il faut noter également B. MATHIEU, UTP, 2013, s. v. « corps khat ».
12 CT VII, 22p [TS 822].

79
Volume I - 1ère Partie

et utilise pour cela une thématique qui évoque de celle de la « divinisation des membres »13,
comme l’a également relevé R. Nyord14, sans toutefois en être une réellement. En effet, le
défunt reçoit différentes parties du corps « données par Geb au moment de la naissance du
souverain (rd(w) jn Gb xft msw.t HoA) »15, c’est-à-dire du défunt lui-même, dans l’au-delà.
Mais au lieu d’identifier chacun de ces membres à une divinité, c’est lui-même qui s’assimile
à des parties du corps de différents dieux. Il devient ainsi à la fois « la dent de Soped (jbH n(y)
4pdw) », « le gosier de Néhebkaou (Hty.t n(y).t NHb-kA.w) », « la chevelure du Vénérable
(Snw n(y) Wr) », « le phallus de Bébon (Hnn n(y) Bb) » et « la patte du Taureau de Létopolis
(mAs n(y) kA m 2m) »16. Le seul autre endroit dans lequel ces dieux sont nommés ensemble et
associés aux mêmes membres ou organes est dans le type des formules du passeur (TS 396 à
398)17 . Le défunt y subit un interrogatoire dans lequel il doit identifier chaque partie du bac à
un membre d’un dieu avant de pouvoir l’emprunter. Pour J. Assmann, « the purpose of which
is to transpose the individual parts of the ferry into the AKH-sphere by making use of the same
type of sacramental explanation as that found in connection with cultic objects and rites »18.
H. Willems ajoute que « to be allowed aboard also implies transition to a higher status and
the preceding dialogue with the ferryman can be regarded as the required ‘rite de passage’ »19.
L’allusion de notre document à ce thème de l’interrogatoire initiatique du passeur est donc
un moyen pour le défunt de rappeler qu’il a bien accompli ce rite de passage et effectué sa
transition vers un état divin, ce qui a pour conséquence que « [son] XA.t ne pourrira pas à dans la
terre (nn HwA(w) XA.t jm(y) tA) »20. Le corps-XA.t appartient donc à la sphère divine – au monde
souterrain plus particulièrement – et s’il peut y perdurer, c’est que le défunt a obtenu son droit

13 Sur ce thème, cf. H. ALTENMÜLLER, LÄ II, 624-627, s.v. « Gliedervergottung » ; voir également J. ASSMANN,
Mort et au-delà, p. 64-66.
14 R. NYORD, Breathing Flesh. Conceptions of the Body in the Ancient Egyptian Coffin Texts, CNIP 37, 2009,
p. 510, n. 4771.
15 CT VII, 22q-r [TS 822].
16 Ces associations ne sont bien sûr pas faites au hasard et se fondent sur des jeux de mots phonétiques ou des
associations d’idées. Ainsi, le dieu Soped renvoie ici à l’idée de ce qui est pointu ou aiguisé, comme peuvent l’être
les dents, à l’image du signe servant à écrire son nom. Le nom de Néhebkaou est phonétiquement proche du mot
nHb.t « le cou », ce qui a poussé les Égyptiens à en faire le gardien de cette partie du corps (Cf. J.‑P. CORTEGGIANI,
L’Égypte ancienne et ses dieux, 2007, s. v. « Nehebkaou », p. 361). Bébon est communément associé au phallus
en raison de sa grande activité sexuelle (Cf. Ph. DERCHAIN, « Bébon, le dieu et les mythes », RdE 9, 1952,
p. 33-36). Enfin, la patte de taureau est une image très répandue évoquant en particulier Seth, en tant que meurtrier
d’Osiris (Cf. B. MATHIEU, « Seth polymorphe : le rival, le vaincu, l’auxiliaire », ENIM 4, 2011 p. 150-152) ; et
si le Taureau est ici celui de Létopolis, c’est que cette ville est le chef-lieu du nome de la Cuisse (Cf. P. MONTET,
Géographie de l’Égypte ancienne I, 1961, p. 49-51), appuyant ainsi un peu plus l’analogie.
17 Nous retrouvons également des mentions de la chevelure de différents dieux et l’évocation d’un Grand dieu.
Si leur association dans notre document ne paraît pas évidente, leur présence n’est donc pas forcément incongrue
mais fait appel à un référent mythologique qui nous échappe encore, peut-être lié à l’uraeus. Sur le thème du
passeur, cf. H. WILLEMS, The Coffin of Heqata (Cairo JdE 36418). A case Study of Egyptian Funerary Culture
of the Early Middle Kingdom, OLA 70, 1996, p. 156-177 ; voir également J. ASSMANN, « Death and Initiation
in the Funerary Religion of Ancient Egypt », YES 3, 1989, p. 143-146 ; S. BICKEL, « D’un monde à l’autre : le
thème du passeur et de sa barque dans la pensée funéraire », BiEtud 139, 2008 (2e éd.), p. 91-117.
18 J. ASSMANN, [Link]., p. 144-145. Sur la « sacramental explanation » (sakramentale Ausdeutung), cf. id., « Die
Verborgenheit des Mythos in Ägypten », GöttMisz 25, 1977, p. 7-43.
19 H. WILLEMS, op. cit., p. 171.
20 CT VII, 23a [TS 822].

80
Chapitre III - XA.t

d’entrée dans le monde des dieux et de disposer d’un nouveau corps donné par Geb21.

Ce rapport à la terre est un thème très présent dans ce corpus concernant le corps XA.t,
puisqu’il apparaît à 12 reprises sur les 39 attestations. Le corps XA.t peut ainsi se trouver « dans
la terre ((j)m(y) tA) »22, « sur terre (r tA) »23, « sur le sol (r sATw) »24 ou encore « dans la nécropole
désertique (jm(y) war.t) »25, ainsi qu’être simplement « enterré (orsw) »26. La plupart de ces
occurrences se retrouvent dans une expression bien connue opposant le ba au ciel et le XA.t en
terre. Toutefois certaines de ces mentions sont employées de manière isolée et insistent toutes
sur le caractère imputrescible du XA.t. C’était déjà le cas dans le doc. 162, puisqu’il ne devait
pas disparaître, mais il faut également ajouter les doc. 141, 146 et 153.

Les doc. 141 et 146 fonctionnent ensemble car il s’agit en réalité de la même formule
qui se retrouve à la fois dans les TP et les TS. Les deux sœurs Isis et Nephthys viennent apporter
leur secours à leur frère Osiris après que « son frère Seth l’a écrasé au sol à Nédit (nd~n sw
sn=f 4tS r tA m Ndj.t) »27. La première vient de l’ouest sous l’apparence d’un milan (Dr.t), tandis
que la seconde arrive du levant en tant qu’oiseau-HA.t. Le motif du milan est fréquent dans ce
contexte puisque le mot égyptien Dr.t sert également à désigner la pleureuse lors des funérailles.
En général, il est utilisé à la fois pour Isis et Nephthys. L’identification de cette dernière à
un oiseau-HA.t ici n’est donc pas habituelle, mais relève du même procédé puisqu’il existe
également un mot HAj.t que l’on peut traduire par « pleureuse » dans les TS28. La suite du texte
est fondé sur une série de jeux de mots dans lesquels le défunt porte un nom phonétiquement
proche de la chose dont les deux déesses doivent le préserver. Il s’agit d’un procédé rhétorique
fréquent dans les formules de protection et c’est donc bien la première partie de chacune de ces
expressions qu’il faut prendre en compte ici. On apprend ainsi qu’elles doivent garder le défunt
du « pourrissement (rpw) », de « la décomposition (HwAA.t) » et de son « écoulement au sol (sAb
r tA) », ainsi que de « la mauvaise odeur (Dw sTj) » de son XA.t. En un mot, elles doivent le rendre
imputrescible. La formule s’adresse à la personne du défunt, mais il paraît évident qu’il est bien
question de traiter le corps, car il s’agit du seul élément tangible d’une personne, avec lequel
d’autres individus peuvent interagir. Le texte ne parle pas explicitement de la momification
comme moyen d’y parvenir, mais le contexte osirien suffit à l’évoquer ouvertement. En outre,
le seul moment où le corps est évoqué en toutes lettres, c’est pour préserver le XA.t d’une
mauvaise odeur. Or l’une des caractéristiques des êtres divins est leur parfum, leur bonne odeur.
L’allusion à la nature netjer du XA.t apparaît donc ici tout-à-fait clairement et le corps d’un dieu

21 Ce nouveau corps peut être soit D.t soit XA.t, rien ne permet de décider du quel il s’agit. Dans tous les cas, cela
ne change pas le sens de la formule.
22 Doc. 154, 157 et 162.
23 Doc. 139, 141 et 146.
24 Doc. 142.
25 Doc. 145.
26 Doc. 153 et 156.
27 Pyr. § 1256b [TP 532].
28 Cf. D. MEEKS, AnLex 77.2551 et 78.2539 ; FECT I, p. 144, n. 4 (TS 167).

81
Volume I - 1ère Partie

est impérissable.

Quant au doc. 153, il se conclut par :

Mk N jw(=w) ! sxr~n N xftj.w=f tp tA, XA.t N ors=t(w)=s.


« Vois, N est venu ! N a renversé ses ennemis à terre, (pour) que
le XA.t de N soit enterré. »29

On observe un changement de temps entre la deuxième et la troisième proposition, avec un


passage de l’imperfectif au prospectif, impliquant une relation de cause à effet. Ainsi, le XA.t du
défunt ne peut pas être enterré tant que ce dernier n’a pas vaincu ses ennemis. Il reste à savoir
qui sont ces « ennemis » et pour cela, la première partie du document nous renseigne sur leur
nature et le moyen de les vaincre : après avoir été « purifié sur cette grande nécropole désertique
(wab Hr wab.t Tw aA.t) »30, le défunt a « repoussé son mal (dr Dw.t=f) »31, « saisi sa Isefet (xma
Jsf.t=f) »32 et « chassé la corruption de sa chair à terre (xsr dAw.t jr(y).t jwf=f r tA) »33. L’ennemi
à « renverser » est donc ici le mal, qui englobe l’Isefet et la corruption de la chair, c’est-à-
dire toutes choses combattues par l’embaumement. Car d’une part, la corruption des chairs
est ce qui empêche la bonne préservation du corps et est traitée de manière pratique par les
embaumeurs. D’autre part, l’Isefet empêche le corps de retrouver son intégrité, nécessaire à son
bon fonctionnement, mais est combattus par toute la liturgie qui accompagne la momification,
dont le but est de garantir le retour à un état initial sain et ordonné. Parmi l’ensemble des rites
funéraires, c’est donc l’embaumement qui est mis en relation avec le corps-XA.t et qui garantit
que celui-ci soit conservé en terre. Il convient ici de remarquer que la terre (tA) est l’un des
rares éléments du monde des hommes soumis à l’éternité-djet. Contrairement au temps-neheh,
son immuabilité interdit tout forme d’évolution, comme par exemple la dégénérescence du
cadavre. Mais pour pénétrer cette sphère, le corps doit déjà être netjer lui-même, grâce aux rites
funéraires.

Le doc. 139 est considéré à part car il est mis en relation avec un autre élément, l’esprit-
akh. Il est tiré d’une formule décrivant l’ascension du défunt vers le ciel par une échelle fixée
par Rê et Horus dans le but de « venir vers son akh (Sm n Ax=f) »34. Le corps XA.t en revanche
doit rester caché en terre car :

Ax jr p.t XA.t jr tA.


« L’esprit-akh est pour le ciel, le XA.t est pour la terre ».35

29 CT IV, 49r-s [TS 296].


30 CT IV, 49j [TS 296].
31 CT IV, 49k [TS 296].
32 CT IV, 49l [TS 296].
33 CT IV, 49m [TS 296].
34 Pyr. § 472c [TP 305].
35 Pyr. § 474a [TP 305].

82
Chapitre III - XA.t

Si la nature du akh est quelque chose de complexe, nous savons toutefois qu’il s’agit d’un état
que le défunt espère obtenir pour pénétrer dans le monde netjer, ce qui se traduit par rejoindre
le dieu Rê au ciel dans les TP. Mais alors qu’il effectue son ascension, il laisse derrière lui son
XA.t, qui doit rester dans la tombe. Le document se termine par l’énumération des offrandes
funéraires faites sur terre au défunt, qui garantissent au akh et au XA.t de conserver leur efficience
et leur place. Elles proviennent de l’autel du dieu Khentymentiou, pourvoyeur d’offrandes par
excellence de la nécropole royale d’Abydos aux plus hautes époques36.

III.2.B. Le corps conservé par l’embaumement


Autre notion important à relever : le corps XA.t est le corps à l’issue de la momification.
Cela était déjà évoqué par le doc. 153, mais le doc. 150 la développe réellement. Deux paragraphes
y sont mis en parallèle. Dans le premier, il est dit que le défunt connaît « la mutilation dans
l’Œil de Tébi le jour de décompter ses parties (jw(=j) rx=kwj jAT.t m Jr.t 6b ra jp r(A).w=s) »37,
autrement dit le jour de la néoménie38. L’Œil de Tébi est ici une appellation de l’œil d’Horus
en tant qu’astre lunaire, dans son état mutilé39. Dans la pensée égyptienne, le cycle lunaire a
très tôt été mis en relation avec le mythe osirien40 : la phase décroissante de l’astre rappelle le
démembrement subi par le dieu jusqu’à disparaître complètement41, avant de voir son corps
progressivement reconstitué par l’action d’Isis et d’Anubis, comme la lune peut l’être lors de
la phase croissante42. La néoménie, la période où l’astre est complètement invisible, représente
donc le paroxysme de la mort, puisqu’il s’agit, par analogie, du moment où Osiris n’a plus de
corps. Dans le second paragraphe, le défunt dit connaître :

HD(w).t xn.t XA.t m a Jnpw grH pw n(y) kApAp [Link]=f hrw n(y)
swdwd jmyw r(A)=f : jw m jwt.t xn.t Wsjr Ts~n=t(w) HA.t=f n
pHwy=f m mDH.t n(y).t sAw.w.
« ce qui manque au XA.t dans la main d’Anubis en cette nuit de
couvrir ses ouremti et le jour d’envelopper ce qui est dans sa
bouche : c’était manquant à Osiris (quand) on a noué son avant
et son arrière dans une charpente de planches. »43

36 Cf. J.-P. CORTEGGIANI, L’Égypte ancienne et ses dieux, 2007, s. v. « Khenty-imentyou », p. 262-263.
37 CT II, 294/295d-296/297a [TS 155].
38 Ce document est issu de la formule pour « Connaître les baou de la Nouvelle Lune et entrer dans le Domaine
d’Osiris à Busiris (rx bA.w PsDntyw, ao r Pr-Wsjr n 9dw) ». Pour les Égyptiens, le mois lunaire commençait à la
néoménie, et plus particulièrement à la première nuit d’invisibilité de la lune (cf. Ph. DERCHAIN, « Mythes et
dieux lunaires en Égypte », SourcOr V, 1962, p. 30), nous sommes donc ici au début d’un cycle.
39 Cf. D. MEEKS, « L’Horus de 6b(y) », OLA 85, 1998, p. 1188.
40 Cf. Ph. DERCHAIN, op. cit., passim.
41 La formule indique que les parties à décompter constituent « la différence entre l’œil plein et l’œil mutilé
(jmywtj n mH.t r Xos.t) » (CT II, 298a [TS 155]), ce qui décrit bien la phase décroissante de l’astre.
42 Le texte fait dire au défunt : « je suis quelqu’un qui le (l’œil) remplit mieux que ce que connaît l’embaumeur
(jnk mH(w) s(y) wr r rx(w).t~n wt) » (CT II, 299c-300a [TS 155]). Le travail de l’embaumeur est donc de remplir
l’œil mutilé, ce qui correspond à la phase croissante de la lune.
43 CT II, 300/301b-304/305a [TS 155].

83
Volume I - 1ère Partie

Nous pouvons observer que les deux paragraphes mettent en parallèle l’Œil lunaire que le défunt
doit recompléter et un corps auquel il manque une partie. Nous avons vu que la reconstitution
de l’Œil est une métaphore de la momification. Puisque le corps est dénommé ici par le mot
XA.t, il est en conséquence possible de conclure que le XA.t désigne le corps à la fin du rituel
d’embaumement, une fois qu’il est momifié. Étant donné que le XA.t est de nature divine, cela
implique que, parmi les netjer, seuls les défunts sont susceptibles de posséder un XA.t puisqu’ils
sont les seuls à recevoir les rites de momification.

D’autre part, le second paragraphe appelle un autre commentaire. Le « XA.t dans la main
d’Anubis » est celui d’Osiris et « nouer son avant et son arrière dans une charpente en planche »
fait vraisemblablement allusion à l’installation de la momie dans son cercueil. Il est donc question
ici de quelque chose qui était absent du corps d’Osiris à l’issue de l’embaumement, alors même
que ce rituel a pour but de le reconstituer. Dans ces conditions, « ce qui est manquant » ne peut
faire allusion qu’au ib, c’est-à-dire l’ensemble des organes internes qui ont été retirés du corps
pour être placés dans les vases canopes44. De fait, le ib est absent du corps mais accompagne
tout de même le défunt jusqu’à la tombe, où les vases seront déposés auprès du sarcophage.
Il est intéressant de constater que le XA.t est déclaré comme incomplet sans son ib, alors que
celui-ci n’est pas perdu. Cela implique que le XA.t a besoin de son ib pour être fonctionnel et il
ne s’agit donc pas encore d’un véritable XA.t. Toutefois cette notion sera analysée plus en détail
dans le paragraphe suivant.

Enfin, pour terminer avec les documents qui mentionnent le XA.t dans son individualité
et pour ses qualités propres, il reste à analyser le doc. 140. Il s’agit d’une formule d’ascension,
dans laquelle le défunt monte au ciel est s’accrochant à la queue du Taureau céleste. Il rejoint
ainsi le créateur car, en tant que netjer, le défunt lui appartient. Le créateur se réjouit alors car le
XA.t du défunt est celui d’un nourrisson. Puisque nous savons maintenant que le XA.t est le produit
de la momification, cela signifie que ce rituel ne se contente pas de reconstituer le corps mort et
démembré, mais également de créer un nouveau corps. L’intérêt essentiel de ce document réside
toutefois dans le fait que, sur les quatre versions connues, la formule de la pyramide de Pépy Ier
préfère ne pas utiliser le mot XA.t et le remplace par l’expression « la chair et les os (jwf os.w) »45
. Le fait qu’il soit possible d’intervertir les deux locutions amène donc à penser que la seconde
est une métonymie de la première, désignant ainsi le corps plutôt par ses composants que par
son nom réel, proscrit ici. En d’autres termes, le corps-XA.t possède une réalité anatomique
proche de celle du Haw puisqu’il est constitué de chair et d’os.

44 Cf. Th. BARDINET, Les papyrus médicaux de l’Égypte pharaonique, 1995, p. 68-80.
45 La raison de cette substitution relève probablement des interdits relatifs à la mention du cadavre et de l’utilisation
du signe du poisson dans les TP (cf. B. MATHIEU, UTP, 2013, s.v. « Corps khat »).

84
Chapitre III - XA.t

III.3. XA.t, ba … et ib
Une étude sur le mot XA.t, sa signification et les contextes de son utilisation ne peut
éviter de mentionner la notion de ba, au regard du grand nombre de documents qui mettent
ces deux éléments en relation. La question de ce lien qui les unit a déjà été très largement
commentée46 et toutes les études s’accordent à dire que XA.t et ba fonctionnent dans un
système d’interdépendance. Toutefois, il faut reconnaître que le sujet de toutes ces études est
invariablement le ba ; les chapitres ou paragraphes traitant de cette relation ne cherchent qu’à
mettre en évidence la nécessité pour le ba de s’éloigner et de revenir régulièrement auprès du
corps enterré, qui ne lui sert finalement que de support chthonien. Mais le ba peut également
intervenir dans quantité d’autres contextes, en lien avec d’autres éléments. En revanche, dans
notre corpus, nous pouvons tout de suite constater que la réciproque n’est pas vraie. En effet,
sur les 39 occurrences du mot XA.t, 33 le rapprochent du ba, laissant supposer une profonde
dépendance. On pourrait alors penser qu’il s’agit là d’une des idées fondamentales qui définissent
ce mot. Pourtant, force est de constater que, dans la plupart des formules concernées, le XA.t
n’apparaît que comme objet, toujours dans l’ombre du ba, qui là encore reste le sujet principal ;
jamais il n’est à l’origine d’une action vis-à-vis du ba ou de quoi que ce soit d’autre. Ces
formules n’apportent donc aucune nouvelle information quant à la nature du corps-XA.t et il ne
paraît pas pertinent de les présenter dans cette étude lexicographique. Elles seront en revanche
exploitées dans la seconde partie de ce travail, pour étudier la place de la notion de XA.t dans le
système de pensée égyptien.

Néanmoins, un petit groupe de documents développe la relation entre XA.t et ba en


incluant la notion de ib dans ce système d’interdépendance. Grâce à eux, nous pouvons
approfondir la recherche et voir apparaître le XA.t sous un jour nouveau. En effet, d’après le
doc. 154, il semble nécessaire que le ib soit bien à sa place dans le tronc pour que la relation
entre le ba et le XA.t puisse exister. La formule dont il est question dans ce document fait
partie d’un groupe plus large consacré à la libération du ba d’un individu après son décès. Le
document commence par donner les conditions qui font du défunt un akh :

Ax~n=j, jp~n=j, bA=j Hna=j, jb=j m X.t=j, XA.t=j m tA.


« Si je suis un akh, si je me suis regroupé, c’est que mon ba est
avec moi, mon ib dans mon tronc et mon XA.t dans la terre. »47

Nous avons montré dans un paragraphe précédent que le XA.t est bien à sa place en terre, c’est-

46 Cf. L.V. ŽABKAR, A Study of the Ba Concept in Ancient Egyptian Texts, SAOC 34, 1968, p. 106-114 ;
R. NYORD, Breathing Flesh, CNIP 37, 2009, p. 342-344 ; Fr. SERVAJEAN, « Le cycle du ba dans le Rituel de
l’Embaumement P. Boulaq III, 8, 12-8, 16 », ENIM 2, 2009, p. 9-23 ; J. ASSMANN, Mort et au-delà dans l’Égypte
ancienne, 2003 p. 145-156, E. HORNUNG, L’esprit du temps des pharaons, 2007, p. 194-197 ; K. GOEBS,
Crowns in Egyptian Funerary Literature, 2008, p. 14-17 ; J. GEE, « Ba Sending and Its Implication », 2002,
p. 230-237.
47 CT IV, 57d-g [TS 304].

85
Volume I - 1ère Partie

à-dire dans la tombe, mais le doc. 150 évoquait un corps incomplet, privé de son ib réservé dans
les canopes (voir Fig. 6). Or il est dit ici que le ib est bel et bien à sa place dans le tronc. L’ordre
dans lequel le hiérogrammate choisit de mentionner les différents éléments a également son
importance, puisque la phrase peut en effet se comprendre de cette manière : « mon ba est avec
moi (car) mon ib est dans mon tronc, (car) mon XA.t est dans la terre ». Cette interprétation met
en relief un enchaînement chronologique, qui commence avec la mise au tombeau de la momie
et se termine avec la libération du ba. Mais cela passe par la remise en place du ib dans le tronc
du défunt. Cette idée se retrouve en plusieurs occasions dans la culture funéraire égyptienne, à
toutes les époques. Par exemple, dans le TP 595, l’officiant annonce au défunt :

jn(=w) n=k jb=k, d(=w) n=k sw m X.t=k.


« Ton ib t’est apporté, il t’est placé dans ton tronc. »48

Et l’on retrouve cette formule dans le TS 28 :

jn(=w) n=k jb=k m X.t=k.


« Ton ib t’est apporté dans ton tronc. »49

Dans ces deux formules, l’auteur de l’action n’est pas nommé. Plusieurs divinités peuvent jouer
ce rôle, mais il s’agit le plus souvent de Nout50 ou d’Anubis51. Si l’on reprend le fil du doc. 154, à
présent que le XA.t est fonctionnel, le ba peut enfin être libéré. On le retrouve ainsi, dans la suite
du texte, « avec (Hna) » le défunt, alors qu’« il ne s’est pas éloigné de [lui] (n wA=f r[=f]) ». Cette
situation décrit alors un moment où le défunt, parlant de son XA.t enterré, dit : « je ne l’ai pas
pleuré (n rm=j s.y) ». Si l’on se réfère au doc. 161, l’expression « pleurer le XA.t » est employée
lorsque le ba revient auprès du corps pour passer la nuit. Or, dans notre cas, le XA.t n’est pas
encore pleuré, ce qui suppose que le ba n’a pas encore entamé son voyage. En conséquence,
cet extrait se situe chronologiquement à un moment précis : l’activation du ba, alors que le
corps a été enterré et que le ib vient d’être replacé. Dans cette étude centrée sur le XA.t, il paraît
intéressant de proposer l’hypothèse que ce corps ne soit pas qu’un support chthonien du ba mais
en réalité son point d’origine, d’où il s’extrait après la remise en place d’un ib qui a commencé
une transformation lors de son passage dans les canopes52. Le XA.t agirait alors comme un
catalyseur53, dont le but est d’achever cette transformation (Fig. 7).

48 Pyr. § 1640a [TP 595].


49 CT I, 80l [TS 28], T9C.
50 Cf. Pyr. § 828c [TP 447] : « Elle (Nout) t’apportera ton ib dans ton tronc (jnt=s n=k jb=k m X.t=k) ».
51 Cf. par exemple les vignettes des chapitres LdM 26 et 151A.
52 Cette idée sera développée dans la seconde partie, chap.V.1.A.b.
53 Ce terme est ici employé dans son sens de déclencheur ou d’accélérateur d’une transformation d’éléments
chimiques.

86
Chapitre III - XA.t

Figure 6. Situation initiale. D’après les représentations iconographiques, le XA.t repose à l’intérieur de la tombe sur
son lit mortuaire, tandis que les vases canopes contenant le ib sont généralement placé dessous.

Figure 7. Activation du ba. Le ib est replacé dans le corps, qui sert de catalyseur et lui permet d’achever sa
transformation pour se manifester sous une nouvelle forme.

Dans le même ordre d’idée, nous pouvons également citer le doc. 145, qui établit
clairement la dichotomie entre le XA.t reposant en terre et le ba circulant dans le monde des
hommes, mais dont l’existence dépend du ib. La formule en question se situe dans un contexte
de justification du défunt, qui opère ainsi sa nouvelle naissance en tant que netjer. L’extrait
commence par l’assertion :

wnn wnn.t bA=k, [wn jb=k Hna=k].


« Aussi vrai que ton ba existe, [ton ib sera avec toi.]. »54

Autrement dit, la preuve que le ba existe se trouve dans le fait que le ib reste à jamais avec le
défunt, c’est-à-dire à sa bonne place. La suite du texte est construite selon l’opposition classique
de la situation du ba et du XA.t :

54 CT I, 197g [TS 45].

87
Volume I - 1ère Partie

sxA Tw J[npw] m 9dw, Ha bA=k m AbDw, rS XA.t=k jmy.t war.t.


« Anubis se souviendra de toi à Busiris, ton ba jubilera à Abydos,
ton XA.t se réjouira dans la nécropole désertique. »55

Anubis a enterré le corps d’Osiris à Busiris, mais son ba rejoint Abydos car c’est là que se
trouve le temple du dieu. Il peut y entrer en communication avec les hommes par le truchement
de la statue de culte, que le ba vient habiter. Mais ce qui est surtout intéressant de relever est que
sur les sept variantes de cette formule, il en est une qui remplace l’expression « ton ba jubilera »
par « ton ib jubilera »56. Encore une fois, si le hiérogrammate peut se permettre d’intervertir
les deux mots sans changer le sens de la phrase, c’est qu’il doit exister une relation d’analogie
entre ba et ib57.

Mais la formule la plus intéressante dans l’expression du lien qui unit le XA.t, le ba
et le ib est probablement celle du doc. 142. Comme l’explique J. Assmann58, « le texte décrit
la restitution et la recomposition de la personne » d’Osiris. Ainsi, on trouve trois vers mis en
parallèle :

Rd=t(w) n=k
jb=k n(y) mw.t=k, HAtj=k n(y) D.t=k,
bA=k Hr(y) tA, XA.t=k Hr(y).t sATw,
t n X.t=k, mw n xx=k.
« On te donnera
ton ib de ta mère et ton cœur de ton D.t,
ton ba qui est sur terre et ton XA.t qui est sur le sol,
du pain pour ton tronc et de l’eau pour ta gorge. »59

On constate que, contrairement à la répartition classique « le ba au ciel, le XA.t en terre » que


l’on connaît dans une multitude d’autres textes, la formule joue sur les mots « terre (tA) » et « sol
(sATw) ». Cela nous pousse donc à étudier comment est construite cette séquence. Chacun des
vers est formé par l’opposition de deux propositions dont les sujets et les objets sont synonymes
(ou presque : jb/HAtj ; tA/sATw ; tronc/gorge) ou antonymes (mère/D.t ; bA/XA.t ; pain/eau) entre
eux, chaque couple s’inscrivant dans le même champ lexical. Il s’agit donc d’un texte fondé sur
la dualité, dont la seconde partie n’existe que pour faire écho à la première, la plus importante.
En se concentrant alors sur la première proposition de chaque vers, on obtient un système

55 CT I, 197h-198c [TS 45].


56 Il s’agit de la version B14.
57 Les relations qui unissent le ba et le ib mériteraient une étude approfondie, que je n’ai pas la possibilité de
mener ici.
58 J. ASSMANN, Images et rites de la mort, 2000, p. 72.
59 CT I, 56c-e [TS 20].

88
Chapitre III - XA.t

faisant fonctionner ensemble jb, bA et tronc, qui semble être le message essentiel : l’existence
du ba implique que le ib soit replacé dans le tronc, celui-ci appartenant au XA.t, le ba étant tout
ce que le XA.t n’est pas, c’est-à-dire mobile et « périssable », dans le sens où, évoluant dans le
monde des hommes, il est soumis au temps-neheh et donc à une certaine dégénérescence60.

Enfin, deux derniers documents (doc. 143 et 151) jouent avec ce système et partagent
l’idée que, alors que le ba doit passer la nuit éveillé sur le XA.t, le ib « se souvient du XA.t (sxA
XA.t) »61, ou alors « n’oubliera pas (n mh) »62.

Dans le doc. 5, d’après ce qui suit l’extrait choisi, il s’agit d’Horus le Jeune qui
s’adresse à son père Osiris. Mais le document donne plutôt l’impression qu’il s’adresse plus
particulièrement au ba d’Osiris, puisqu’il lui parle du moment où il « s’est éveillé sur [son] XA.t
(rs Hr XA.t[=f]) », alors que « [ses] membres étaient sains (wDA~n [Link][=f]) ». Nous sommes
donc après la momification et le corps a retrouvé son intégrité – ce qui laisse entendre que
le ib a été remis à sa place –, le ba s’active alors et s’extrait du XA.t. Par la suite, on trouve
l’expression :

jb n(y) bA(=k) sxA[=f] XA.t=k.


« Le ib de (ton) ba se souvient de ton XA.t. »63

Les trois éléments de notre système se retrouvent ici connectés d’après des relations
d’appartenance dans une même phrase, qui suggère que si le ba peut « se souvenir » du XA.t,
c’est qu’il possède lui-même un ib. Or ce dernier ne peut être qu’identique à celui du corps dont
il s’extrait, appuyant l’hypothèse déjà évoquée au doc. 7 d’une relation d’identité entre le ib et
ba. Le ib appartiendrait donc au ba car ce dernier serait le ib dans le XA.t duquel il s’extrait ; il
est la conscience du défunt sous un aspect mobile, chargée d’aller s’incarner par exemple dans
la statue de la chapelle funéraire pour recevoir un culte, mais également en tant qu’héritier
qui procède à ce culte. C’est en effet l’idée qui vient à l’esprit à la lecture de l’expression « se
souvenir du XA.t », qui rappelle celle de « se souvenir de l’Occident (sxA Jmnt.t) ». B. Mathieu a
montré que cette expression idiomatique « revient […] à pratiquer la religion en accomplissant
comme il se doit les cultes locaux »64. Dans notre cas, le XA.t peut être considéré comme
une métaphore de l’Occident, c’est-à-dire du monde souterrain, puisqu’il est le seul élément
appartement strictement à l’au-delà avec lequel le ba, sujet principal de cette formule, peut
60 Fr. Servajean a montré comment le ba pouvait être une source de lumière active qui perd peu à peu son énergie
avant d’aller se « recharger » régulièrement auprès de la momie (Fr. SERVAJEAN, « Le cycle du ba dans le Rituel
de l’embaumement », ENIM 2, 2009, p. 9-23).
61 CT I, 182f [TS 44].
62 CT II, 296k [TS 229].
63 CT I, 182f [TS 44].
64 B. MATHIEU, « Se souvenir de l’Occident (sxA Jmnt.t) : une expression de la piété religieuse au Moyen
Empire », RdE 42, 1991, p. 263.

89
Volume I - 1ère Partie

entrer en contact. Le culte en question serait donc le culte funéraire mis en place par l’héritier
du défunt en sa mémoire. En effet, nous savons que l’une des incarnations du ba d’un défunt sur
terre est son héritier, c’est-à-dire la personne qui s’est occupé de ses funérailles, dans l’idéal son
fils65. Or la chose qui relie incontestablement un père à son fils – et vice versa – est l’héritage
génétique, contenu dans le ib. Cette question mérite un développement propre et sera abordée
dans un chapitre ultérieur66, mais ce document ne peut se comprendre que si l’on admet que
père et fils partagent le même ib et qu’ils restent en contact grâce au ba du défunt67. En outre, si
le père peut espérer voir son ba s’activer et son héritier procéder à son culte funéraire, c’est que
lui-même a agit de la sorte pour son propre père/testateur en « se souvenant de l’Occident ». On
peut alors se demander si l’expression étudiée ici n’aurait pas le même sens que « se souvenir
de l’Occident », mais du point de vue du bénéficiaire du culte. Nous pouvons reprendre ici le
doc. 7, qui nous disait :

wnn wnn.t bA=k, [wn jb=k Hna=k], sxA Tw J[npw] m 9dw.


« Aussi vrai que ton ba existe, [ton ib sera avec toi]et Anubis se
souviendra de toi dans Busiris. »68

D’après la tradition osirienne, Anubis est celui qui s’occupe de l’embaumement d’Osiris,
mais il est également son fils69. Nous retrouvons donc encore une fois cette notion de filiation
intrinsèquement liée au souvenir du défunt dans sa tombe, de son ba et de son ib.

Le doc. 13 est un peu moins explicite, mais l’idée est bien la même. Le défunt s’adresse
à Isis, pour qu’elle assure et protège l’intégrité de son corps. Il affirme alors :

n sn=tw jb=j HAtj=j, sDr bA(=j) [r] srs Hr XA.t=j, […] n mh(w) jb=j.
« On ne tranchera pas mon ib et mon cœur, mon ba passera la
nuit à veiller sur mon XA.t, […] mon ib n’oubliera pas. »70

J’exclus volontairement la proposition « mon visage ne sera pas triste (n snm(w) Hr=j) », qui
n’apporte rien à notre propos. Pour le reste, il est remarquable de constater qu’une expression
classique de la relation entre ba et XA.t est encadrée par deux mentions du ib. Ces trois
propositions font partie d’une énumération des conséquences à l’accession du défunt au statut
d’esprit-akh. Elles sont ainsi toutes placées sur le même plan, sans aucune relation de cause

65 Cf. S. DONNAT, « Le Dialogue d’un homme avec son ba à la lumière de la formule 38 des Textes des
Sarcophages », BIFAO 104/1, 2004, p. 196-199 ; A. DE JONG, « Coffin Text Spell 38 : The Case of the Father and
the Son », SAK 21, 1995, p. 141-157.
66 Chap. V.1.A.b.
67 En substance, cf. J. ASSMANN, Mort et au-delà, 2003, p. 57 : « Le cœur-ib garantit la continuité biologique
qui relie un homme à ses parents comme à ses enfants et lui permet de survivre dans la postérité ». Voir également
Th. BARDINET, Les papyrus médicaux, 1995, p. 76-79.
68 CT I, 197g-198a [TS 45].
69 Cf. S. DONNAT, op. cit., p. 199, n. 69.
70 CT III, 296h-k [TS 229].

90
Chapitre III - XA.t

à effet. Nous pouvons donc en conclure que dans une situation idéale, un ib à sa bonne place
équivaut au retour du ba auprès du corps après avoir visité le monde des hommes et au fait
que le ib continue à se souvenir. Or l’une des garanties d’une bonne circulation du ba est le
culte funéraire. La Fig. 7 peut ainsi encore être complétée, pour obtenir un schéma global du
fonctionnement du système (Fig. 8) :

Figure 8. Situation finale. La mise en place du culte funéraire par l’héritier, qui assure la permanence du souvenir
réciproque, permet au ba de rejoindre la tombe et le corps de manière régulière.

En conclusion, le corps désigné par le nom « XA.t » est un corps mort, dont la spécificité
est de reposer immobile dans la terre, c’est-à-dire dans la tombe. Les rites funéraires – et
principalement la momification – ont transformé la nature du corps mort pour en faire un
objet ritualisé, et donc netjer. Il appartient au monde soumis à l’immuabilité-djet et en partage
les caractéristiques : il ne connaît plus aucune évolution, aucun changement, il est devenu
impérissable. Il s’agit donc d’un corps divin, mais propre aux individus ayant connu la mort
(hommes ou dieux). En outre, en tant que « vestige » du corps humain vivant, il conserve la
même anatomie : un assemblage d’éléments mous et durs (jwf et os.w).

D’autre part, il entretient une relation quasi-exclusive avec le ba du défunt, lui servant
de support chthonien nocturne. Mais cette relation dépend avant tout d’un corps complet et
fonctionnel. Pour cela, le ib réservé dans les vases canopes doit retrouver sa place dans le tronc.
Le corps semble alors agir comme un catalyseur, provoquant sa transformation et la libération
du ba vers le monde des hommes et le ciel.

La traduction du mot « XA.t » par « cadavre » reste donc le meilleur choix offert par

91
Volume I - 1ère Partie

la langue française, tout en sachant qu’il faut lui ajouter une dimension de corps ritualisé,
propre aux netjer et qu’il est indissociable de la notion de ba, avec lequel il forme un système
d’interdépendance.

92
Chapitre III - XA.t

93
Volume I - 2e Partie

PARTIE 2.
Analyse anthropologique

94
Volume I - 2e partie

Chapitre IV.
Distinction entre corps humain et corps divin

Les Anciens Égyptiens conçoivent globalement le corps de tous les individus – humains
ou divins – de la même manière. Les textes funéraires étudiés témoignent ainsi de cet axiome
puisque le corps du défunt, de nature divine par définition, y est décrit comme le serait un
corps humain, anatomiquement parlant du moins. On rencontre en outre plusieurs listes des
parties du corps, dont les noms correspondent aux membres et organes traités dans les textes
médicaux. Les différences entre les deux états, inhérentes à leurs origines distinctes, portent
essentiellement sur les aspects physiologiques et génétiques, comme nous le verrons dans ce
chapitre qui détaille les différents éléments constituant le corps et le fonctionnement interne de
celui-ci pour chacun des cas.

IV.1. Le corps humain


L’approche des Égyptiens est à ce propos très différente de la nôtre, tant d’un point de
vue anatomique que physiologique. De fait, ils ne pratiquaient pas la dissection de manière
didactique comme l’ont fait les Grecs de l’antiquité et n’ont pas cherché à procéder à des études
anatomiques purement théoriques par un examen systématique de tous les organes. Ils se sont
consacrés en revanche à l’observation physiologique de la circulation des différents fluides
vitaux pour appréhender le fonctionnement de l’organisme et parer aux maux dont il peut être
atteint. Nos connaissances sur le sujet proviennent donc essentiellement de textes médicaux et
de quelques textes théologiques sur la fabrication du corps1, dont certaines formules de notre
corpus font partie. En effet, l’analyse lexicographique a montré que le terme Haw est celui qui
désigne spécifiquement le corps humain, conçu comme un ensemble homogène et fonctionnel
de multiples composants. Ainsi, d’une écriture originelle Ha que l’on rencontre dans les TP,
il prend rapidement la forme d’un collectif pour mieux correspondre à cette idée de somme
(dynamique) de l’ensemble des parties du corps, que les Égyptiens retranscrivent par le mot
[Link].

1 Pour une rapide bibliographie sur l’étude du corps humain à partir de ces textes, nous pouvons citer G. Lefebvre,
Tableau des parties du corps humain, 1952 ; H. Grapow, Grundriss I. Anatomie und Physiologie, 1954 ; P. Lacau,
Les noms des parties du corps en égyptien et en sémitique, 1960 ; K.R. Weeks, Anatomical Knowledge of the
Ancient Egyptians, 1970 ; E. Brunner-Traut, « Der menlische Körper – eine Gliederpuppe », ZÄS 115, 1988,
p. 8-14 ; Th. Bardinet, Les papyrus médicaux de l’Égypte pharaonique, 1995 ; J. H. Walker, Anatomical
Terminology, 1996 ; R. Nyord, Breathing Flesh, CNIP 37, 2009 ; B. Mathieu, « Et tout cela exactement selon sa
volonté », CENIM 5, 2012, p. 499-216.

96
Chapitre IV - Distinction entre corps humain et corps divin

IV.1.A. a.t « la partie du corps »


D’après la définition de J. Walker, le mot a.t « is the most common as well as the most
general and non-specific of all Egyptian anatomical termes. […] at does not denote a specific
part of the anatomy »2. De fait, la traduction par « membre » que l’on rencontre souvent est
trop réductrice puisqu’elle renvoie d’une manière générale aux quatre membres, supérieurs et
inférieurs, attachés au tronc. Or, plus largement, a.t désigne de manière générique n’importe
quelle partie du corps répertoriée par les Égyptiens3, comme le suggère la formule TS 1119
évoquant la bonne santé du corps d’Osiris : « Chaque a.t en lui est à la place qu’il doit atteindre
(jw a.t nb jm=f m bw pH=s jm) »4. En d’autres termes, le corps Haw est constitué de la somme
de tous les [Link]. Le P. Ebers, l’un des principaux papyrus médicaux connus, décrit ainsi des
pathologies situées « dans le corps Haw d’un homme, dans chacune de ses parties (m Haw n(y)
s m [Link] nb.(w)t) »5. C’est également l’idée énoncée par E. Brunner-Traut sur l’« aspectivité »
de la conception égyptienne du corps : « Nebeneinander seiner vergleichsweise selbständigen
Teile, dürfte der menschliche Körper nicht als Organismus, vielmehr als ein Kompositum seiner
Glieder verstanden worden sein »6.

Les noms de ces parties du corps sont connus grâce aux multiples listes anatomiques que
l’on rencontre dans les textes – médicaux ou non – dont le vocabulaire a été étudié à plusieurs
reprises7. Ces travaux ont permis de constater la différence de méthode anatomique des Égyptiens
par rapport à la nôtre puisque, comme l’indique Th. Bardinet, « l’égyptien utilise un stock de
noms d’endroits du corps qui, mis ensemble, ne correspondent pas à notre découpage du corps
humain. […] l’égyptien, soit n’a pas de mot pour certains éléments anatomiques modernes, soit
au contraire en a plusieurs »8. Ainsi, selon W. Dawson « each member, or part of the body, was
considered as a whole, and included not only the external skin but the underlying tissues and
the bone or bones »9.

Nous n’entrerons pas pour autant dans le détail de cet inventaire, à l’exception de
deux éléments jwf et os.w accompagnant fréquemment les mentions de Haw et [Link]. Employés
conjointement, ces deux termes peuvent également se substituer au corps dans un effet de
synecdoque, à l’exemple de la formule TP 336 (doc. 140) dans laquelle le terme XA.t est remplacé

2 J. H. Walker, Anatomical Terminology, p. 26. Voir également la définition de P. Lacau, Les noms des parties
du corps, p. 138 : « Ce mot désigne tout membre du corps humain. C’est donc un terme de signification collective
qui n’a pas d’image possible. Pour le représenter, on a recours d’abord à un procédé d’orthographe primitive : on
dessine trois pièces de viande différentes, garnissant chacune un os, c’est-à-dire trois membres. Trois éléments
différents d’une collectivité figurent cette collectivité […]. »
3 Cf. Th. Bardinet, Les papyrus médicaux, p. 73 : « Pour l’Égyptien, est ât tout endroit du corps qui a un nom ».
4 CT VII, 451f-452a [TS 1119].
5 P. Ebers 72, 10-11 (= H. Grapow, Grundriss V, 415) ; voir également P. Ebers 106, 3 pour une variante.
6 E. Brunner-Traut, « Der menschliche Körper – eine Gliederpuppe », p. 8-9.
7 Cf. G. Lefebvre, Tableau des parties du corps humain, 1952 ; H. Grapow, Grundriss I. Anatomie und
Physiologie, 1954 ; J. H. Walker, Anatomical Terminology, 1996 ; R. Nyord, Breathing Flesh, 2009.
8 Th. Bardinet, Les papyrus médicaux, p. 23.
9 W. R. Dawson, « Three Anatomical Terms », ZÄS 62, 1927, p. 20.

97
Volume I - 2e partie

dans la version de la pyramide de Pépi Ier par l’expression « jwf os.w ». Dans la formule TP 219
(doc. 7), c’est cette fois le corps D.t qui se trouve décomposé en jwf d’une part et os.w d’autre
part. Dans l’esprit des Égyptiens, c’est donc que ces deux éléments suffisent à synthétiser
l’idée de corps et qu’ils fonctionnent également comme des termes génériques pour les parties
principales constituant le corps humain. J. Walker a également noté ce phénomène : « The terms
iwf and osw form a complementary pair, as do awt and Ha. […] Obviously, iwf osw can stand as
a synonym for the entire body ; no part of the body is omitted when this pair of terms is cited
together »10 et il se fonde sur une différence de structure dans leur substance pour les opposer.

IV.1.B. jwf « la chair »


La signification de ce terme ne pose pas de grande difficulté et il est admis qu’il désigne
la chair du corps, ou la viande dans le cas d’un animal11. Mais comme le relèvent G. Lefebvre et
J. Walker à sa suite, il peut également s’employer pour désigner les organes internes ou la peau.
Les textes funéraires présentent d’ailleurs de telles substitutions puisqu’il est fait plusieurs fois
référence au linceul, en tant qu’Œil d’Horus tissé, qui doit se placer sur le jwf et non sur la peau
(jnm)12. En conclusion, J. Walker écrit que « iwf denotes all the soft, pliable, friable tissues of
the body, that is the «flesh» »13, ce que nous pouvons traduire par l’ensemble des « éléments
mous ». Ceux-ci regroupent donc, en plus de la chair, la peau, les organes internes, les muscles,
les ligaments et tendons et l’ensemble du système vasculaire (conduits-mt.w)14.

L’élément jwf joue également un rôle particulier dans les TS puisqu’il y est le siège de
multiples sentiments (crainte [snD], force [pHty], puissance d’attaque [A.t] et tremblements [sdA]
inspirés par l’individu à ses ennemis), ainsi que la source de différents liquides organiques15 :
principalement les humeurs (rDw)16 et les sécrétions (ojsw)17, mais aussi la sueur (fd.t)18 et
l’odeur (jd.t)19. Les Égyptiens avaient identifié les humeurs redjou issues des chairs comme
étant le résultat de la liquéfaction des parties molles du corps, et de fait responsables de la
décomposition du cadavre20. C’est ce qu’évoque d’ailleurs le doc. 153, décrivant les effets des
10 J. H. Walker, Anatomical Terminolgy, p. 49.
11 Wb I, 51, 14-52,5 ; D. Meeks, AnLex 77.0194, 78.0221, 79.0134 ; W. Westendorf, Grundriss VII, vol. 1, p. 30-
32. Voir également J. H. Walker, Anatomical Terminology, p. 33-50 ; G. Lefebvre, Tableau des parties du corps,
p. 6, § 4.
12 Cf. Pyr. 844b-c [TP 453], 1241a [TP 524] ; CT VI, 221d, h [TS 608] ; CT VII, 65x [TS 862]. Voir également
l’article de Fr. Servajean, « Le tissage de l’Œil d’Horus et les trois registres de l’offrande. À propos de la formule
608 des Textes des Sarcophages », BIFAO 104.2, 2004, p. 523-550.
13 J. H. Walker, op. cit., p. 49.
14 Cf. B. Mathieu, « Et tout cela exactement selon sa volonté », p. 500. Voir également Th. Bardinet, Les papyrus
médicaux, p. 73, n. 1 et p. 75, n. 2.
15 R. Nyord, Breathing Flesh, p. 335 : « The relation of flesh to body fluids accounts for majority of the occurrences
of flesh as a CONTAINER. ».
16 CT II, 1b, 6c, 7d [TS 76], 19e [TS 78], 71b [TS 94], 95a [TS 99], 101a [TS 101], 108g [TS 102].
17 CT II, 101a [TS 101].
18 CT IV, 142a [TS 318] ; CT VI, 370s [TS 742], 383k [TS 754].
19 CT VI, 121e [TS 530].
20 Cf. J. Kettel, « Canopes, rDw.w d’Osiris et Osiris-Canope », BiEtud 106, 1993, p. 315-330.

98
Chapitre IV - Distinction entre corps humain et corps divin

rites funéraires :

xsr~n N dAw.t jr(y).t jwf=f r tA.


« N a chassé la corruption de sa chair à terre. »21

Lors de l’embaumement, c’est par la phase de dessiccation que les taricheutes prenaient soin
d’extraire l’ensemble des humeurs du corps, contenues exclusivement dans les éléments
mous. Elles sont alors considérées sous un aspect négatif, un mal dont il est nécessaire de
se débarrasser22. En revanche, elles deviennent positives lors de la transmission des humeurs
d’Osiris au défunt pour la fabrication de son nouveau corps divin, comme nous le verrons ci-
dessous.

IV.1.C. os.w « les os »


Le vocable os est également très bien attesté dans les textes médicaux et autres, et
désigne sans ambiguïté l’os, la matière osseuse23. Pourtant, peu de notices lui sont consacrées
dans les études d’anatomie égyptienne, les os du corps n’ayant pas été différenciés et n’ayant
pas de nom propre. Les TP et TS eux-mêmes n’accordent que peu d’importance au squelette
en dehors des thèmes classiques de reconstitution du corps et de sa bonne préservation, la
majorité des attestations insistant sur la nécessité de les joindre et de les nouer ou de ne pas les
voir se briser. Il s’agit toutefois de préoccupations essentielles car, comme le fait remarquer
Th. Bardinet, « les os jouent un rôle premier dans les conceptions égyptiennes sur le mouvement
et la vie. Ainsi, c’était sur les os, animés par les souffles de vie parcourant le corps, que reposait
la mobilité corporelle »24.

Mais selon une idée que l’on retrouve dans quelques textes plus tardifs, la caractéristique
principale de l’os est qu’il est formé à partir du liquide séminal masculin et qu’il en est donc
la source. Cette théorie a été développée d’abord par S. Sauneron25, qui a relevé plusieurs
attestations d’une épithète du dieu potier, façonneur du corps humain, Khnoum « qui fixe la
semence dans les os (Ts(w) mw m os.w) »26 dans les inscriptions des temples tardifs. Elle a ensuite

21 CT IV, 49l [TS 296].


22 Cf. A. Winkler, « The Efflux that issued from Osiris. A Study on rDw in the Pyramid Texts », GöttMisz 211,
2006, p. 127-128.
23 Wb V, 68, 2-69, 4 ; D. Meeks, AnLex 77.4456, 78.4323, 79.3171 ; W. Westendorf, Grundriss VII, vol. 2, 890-
891. Voir également P. Lacau, Les noms des parties du corps, p. 139-140 ; G. Lefebvre, Tableau des parties du
corps, p. 8 ; R. Nyord, Breathing Flesh, p. 304-306.
24 Th. Bardinet, Les papyrus médicaux, p. 145.
25 S. Sauneron, « Le germe dans les os », BIFAO 60, 1960, p. 19-27.
26 Cf. Chr. Leitz, LGG VII, p. 493. Voir également les variantes « Celui qui fabrique la semence dans l’os (Jr(w)
mw m os) » (id., LGG I, p. 458) ; « Celui qui fait se coaguler la semence dans les os (4ofn(w) mw m os.w) » (id.,
LGG VI, 655) ; « Celui qui crée la semence dans les os (OmA(w) mw m os.w) » (id. LGG VII, p. 194).

99
Volume I - 2e partie

été reprise par J. Yoyotte27, qui a ajouté une référence au Papyrus Jumilhac28 lui permettant de la
résumer ainsi : « la moelle des os était censée partir de la colonne vertébrale (la pièce maîtresse
du squelette jouant le rôle de collecteur) pour s’écouler finalement par le phallus, sous la forme
de sperme ; puis cette «moelle» se concréait en os dans le sein maternel »29.

D’autre part, le pluriel os.w est également régulièrement mentionné associé à jwf pour
désigner le corps et constitue ainsi le second élément principal de sa composition. En effet,
J. Walker remarque que, par opposition à jwf, « osw denotes all the hard, rigid and durable
tissues »30. Ainsi, os.w peut également servir de terme générique pour l’ensemble des éléments
durs du corps, à savoir, en plus des os, les dents (jbH.w), les ongles ([Link]), les cheveux (Snw)
et le système pileux31.

IV.1.D. Les conduits-mt.w


Les textes de reconstitution et de rétablissement du corps font à l’occasion état d’un
quatrième terme en plus de [Link], jwf et os.w : mt.w. Nous en avons un exemple dans notre
corpus, au doc. 99 :

dmD(=j) [Link] Wsjr sAo=j os.w=f srwD=j mtw.w=f swAD=j Haw=f.


« Je réunirai les membres d’Osiris, j’agrègerai ses os, je
raffermirai ses conduits-métou et je ferai reverdir son Haw. »32

Une définition de ces conduits-mt.w a été donnée par Th. Bardinet : « Le mot égyptien
met se rapporte aux différents conduits et vaisseaux (veines, artères, canaux, etc.) du corps »33.
Il exclut toute assimilation avec les muscles et les ligaments, malgré leur rôle capital dans la
production du mouvement. En effet, d’après la pensée égyptienne ce ne sont pas les contractions
de ces mt.w qui induisent le mouvement mais les « courants dynamiques » qui les parcourent.
Car l’une des fonctions essentielles de ces conduits est de permettre la circulation dans tout le
corps des éléments vitaux et nourriciers, à savoir le sang, les nutriments et l’air (souffle vital).
Pour ce faire, ils ne doivent pas se trouver trop rigides, ce qui empêcherait une bonne circulation
et donc tout mouvement. Mais ils ne doivent pas se ramollir et devenir trop souples non plus,
comme c’est le cas de tous les éléments mous après la mort, au risque de se transformer en
humeur redjou à caractère négatif, et c’est la raison pour laquelle la formule citée ci-dessus
parle de les raffermir (srwD).
27 J. Yoyotte, « Les os et la semence masculine. À propos d’une théorie physiologique égyptienne », BIFAO 61,
1962, p. 139-146.
28 P. Jumilhac XII, 24-25 (= J. Vandier, Le Papyrus Jumilhac, p. 124), cité par B. Mathieu, « Et tout cela
exactement selon sa volonté », p. 500.
29 Ibid., p. 142.
30 J. H. Walker, Anatomical Terminology, p. 49.
31 Cf. B. Mathieu, op. cit., p. 500.
32 CT II, 38h-i [TS 80].
33 Th. Bardinet, Les papyrus médicaux, p. 63. Voir également B. Mathieu, op. cit., p. 501.

100
Chapitre IV - Distinction entre corps humain et corps divin

La seconde fonction des conduits-mt.w se rapporte à la conception du corps non comme


un tout parfaitement homogène mais comme une somme de toutes les parties du corps ([Link]).
J. Assmann utilise les conclusions de Th. Bardinet et d’E. Brunner-Traut34 pour élaborer ce qu’il
appelle la « pensée connective des Égyptiens »35. Il considère ainsi le corps humain comme
une « poupée articulée », c’est-à-dire un agrégat de morceaux individuels dont la cohésion est
assurée par le réseau des conduits-mt.w permettant la circulation des fluides vitaux, le plus
important étant le sang, auquel les Égyptiens attribuaient le rôle de « liant »36.

IV.1.E. Formation du corps et génétique


Selon les Anciens Égyptiens, le corps humain est composé d’un assemblage de
différentes parties ([Link]), chacune composée à la fois d’éléments mous (jwf) et durs (os.w). Lors
de la procréation, ce sont donc ces éléments que les parents doivent transmettre pour former le
corps du nouvel individu. L’enfant hérite ainsi des éléments durs transmis par son père, selon
le principe du « germe dans l’os » établit par S. Sauneron37, d’après lequel la substance des os
et, par extension, de l’ensemble des éléments durs, se dissout dans la semence masculine. En
revanche, les éléments mous proviennent de la mère, par l’intermédiaire du lait maternel38,
comme le suggère un extrait du papyrus Jumilhac cherchant justement à séparer l’héritage
maternel du corps d’Anti :

jr jwf=f jnm=f spr~n mw.t=f m jrt.t=s jr os.w=f m-a mw n(y) jt=f.


« Quant à sa chair et sa peau, sa mère les a fait provenir de son
lait, tandis que ses os sont du fait de la semence de son père. »39

C’est ensuite le rôle du sang, reçu également de la mère, de redonner consistance à ces
éléments et de les lier entre eux en commençant à circuler dans le nouveau corps40.

34 Cf. le paragraphe sur [Link] (§ 1.A); E. Brunner-Traut, « Der menschliche Körper – eine Gliederpuppe »,
p. 8-14.
35 J. Assmann, Mort et au-delà, 2003, p. 52-58.
36 Cf. Th. Bardinet, Les papyrus médicaux, p. 147-153 ; B. Mathieu, « Et tout cela exactement selon sa volonté »,
p. 501-502 ; C. Spieser, « Le sang et la vie éternelle dans le culte solaire amarnien », OLA 150, 2007, p. 1722.
37 S. Sauneron, « Le germe dans les os », BIFAO 60, 1960, p. 19-27. Voir également J. Yoyotte, « Les os et la
semence masculine », BIFAO 61, 1962, p. 139-146 ; Th. Bardinet, Les papyrus médicaux, p. 139-145.
38 Cf. Th. Bardinet, op. cit., p. 145 ; E. Feucht, « Der Weg ins Leben », OBO 203, 2004, p. 40 ; C. Spieser, « Le
sang et la vie éternelle dans le culte solaire amarnien », OLA 150, 2007, p. 1727 ; B. Mathieu, op. cit., p. 500.
39 P. Jumilhac XIII, 24 = J. Vandier, Le papyrus Jumilhac, p. 124.
40 B. Mathieu, op. cit., p. 501.

101
Volume I - 2e partie

IV.2. Le corps divin


La présence d’un dieu peut se manifester de multiples façons, visibles ou invisibles,
mais son corps est l’élément primordial, toutes les autres n’en étant que des projections ou des
émanations. Le corps divin proprement dit correspond à ce que les Égyptiens appelaient D.t
et appartient fondamentalement à l’éternité-djet, ce qui lui confère un caractère impérissable.
Pourtant, il n’est pas rare de rencontrer également l’expression Haw nTr, qui se traduit littéralement
par « corps divin » et qui suppose que celui-ci soit conçu comme un corps humain, c’est-à-dire
un assemblage de membres composés d’éléments mous et durs. Toutefois cela n’implique pas
nécessairement qu’il soit anthropomorphe, un dieu pouvant adopter une multitude de formes
selon la situation. Il possède en revanche des qualités propres à son statut divin, telle une
constitution anatomique faite de métaux précieux et de gemmes, transmise génétiquement par
un unique parent, le démiurge.

IV.2.A. Un corps métallique


Composé comme son homologue humain d’éléments mous et durs, le corps divin ne
saurait cependant, par définition, subir les affres du temps et doit être constitué de matériaux
inaltérables. De fait, les textes égyptiens foisonnent des descriptions du corps divin possédant
une ossature d’argent, une carnation faite d’or et un système pileux de lapis-lazuli41.

Ce thème apparaît dès les TP, en des termes quelque peu différents toutefois, à l’exemple
de la formule TP 723 (doc. 88) :

hA N pn Ts Tw Hr os.w=k bjAw [Link] nbw.t, Ha=k pw n(y)-sw nTr, n


xsD~n=f n Htm~n=f n HwA~n=f.
« Ô ce N-ci, dresse-toi sur tes os de fer et tes membres d’or, car
ce tien Ha est celui d’un dieu : il ne saurait moisir, ni disparaître,
ni se putréfier. »42

Aux plus hautes époques, la tradition veut que les os (et l’ensemble des éléments durs) des
dieux soient en fer43, tandis que les parties du corps en elles-mêmes sont comparées aux astres
impérissables ([sbA.w] jxm(w)-sk)44. Il est d’ailleurs admis que le métal bjA est un fer météoritique
et qu’il a donc une origine céleste45, ce qui correspond aux conceptions théologiques des TP
dans lesquelles les dieux sont associés aux astres parcourant le ciel. La thématique du corps
métallique est beaucoup moins présente dans les TS, puisqu’elle n’apparaît plus que dans
41 Sur la thématique du corps métallique, voir B. Mathieu, « Et tout cela exactement selon sa volonté », p. 502,
n. 23.
42 Pyr. § 224a-c [TP 723].
43 Il y a quatre attestations de os.w bjA dans les TP (Pyr. § 530a [TP 325], 1454b [TP 570], 2051c [TP 684] et
*2244a [TP *723]) et une dans les TS (CT VI, 108e [TS 519]).
44 Pyr. § 530b [TP 325], 1454b [TP 570] et 2051c-d [TP 684]. Voir également Pyr. § 749b [TP 419] pour
l’expressions [Link] bjA.(w)t, dans un contexte faisant également intervenir les Impérissables.
45 Cf. S.H. AufrÈre, L’univers minéral dans la pensée égyptienne II, BiEtud 105, 1991, p. 430-441.

102
Chapitre IV - Distinction entre corps humain et corps divin

une seule formule, la TS 519 (doc. 124), qui succède directement à la formule des TP citée
précédemment. Mais elle se développe nettement en dehors de ce corpus, et surtout au Nouvel
Empire, imposant de manière définitive la constitution des os en argent (HD) et de la chair en
or (nbw)46. Les exemples sont trop nombreux pour être cités, mais il suffit de se reporter à la
bibliographie sur le sujet pour se convaincre de l’importance de cette notion.

Ces matériaux que sont l’argent et l’or sont extraits de la terre et sont donc
fondamentalement chthoniens. Or la terre (tA) est soumise à l’éternité-djet, ainsi que tout ce
qu’elle contient47. Faire de ces éléments la substance même du corps divin est le meilleur moyen
que les Égyptiens aient trouvé pour exprimer son inaltérabilité. Car, comme le fait remarquer
D. Meeks, même les atteintes physiques que subissent les dieux ne sont jamais définitives et le
corps divin ne perd jamais réellement son intégrité48. Mais d’autre part, ces métaux précieux
et brillants, souvent associés à la lumière des astres dans la pensée égyptienne49, participent à
faire des dieux des êtres pourvus d’un potentiel lumineux (Ax), ce qu’E. Hornung appelle la
« radiance »50, qui est à la fois l’un des moyens de manifestation du dieu et une source de vie
capitale pour l’ensemble de la création.

IV.2.B. Génétique divine


Bien que fondamentalement constitué comme un corps humain, le corps divin se
distingue en ceci que ses éléments ne lui sont pas transmis par un couple de parents. En effet,
comme cela a déjà été évoqué dans l’analyse lexicographique des termes D.t et Haw nTr, tout
corps divin est formé à partir du corps primordial du démiurge, celui-ci transmettant aussi
bien les éléments mous que les éléments durs. C’est déjà ce qu’exprime la formule TS 312
(doc. 114), dans laquelle les esprits-akh sont dits être ceux « qu’Atoum a créés au moyen de
son Haw (omA(w).w~n 6mw m Haw=f) »51, mais qui se trouve explicité dans la formule TS 39
(doc. 89), lorsque le défunt parle de son géniteur :

jr~n=f wj m Haw n(y) jwf=f mtw.t pr(w).t m Hnn=f.


« Il m’a fait en tant que Haw de sa chair et semence issue de son
phallus. »52

46 Sur la complémentarité de l’argent et de l’or d’un point de vue chromatique, voir B. Mathieu, « Les couleurs
dans les Textes des Pyramides », p. 32-34.
47 Cf. Fr. Servajean, Djet et Neheh. Une histoire du temps égyptien, OrMonsp XVIII, 2007, p. 68-71.
48 Cf. D. Meeks, Chr. Favard-Meeks, Les dieux égyptiens, 1995, p. 79. L’exemple d’Osiris est une exception, qui
sert le bien d’un mythe fondateur de la civilisation égyptienne.
49 Sur la notion de lumière minérale et métallique chthonienne, cf. Fr. Servajean« Le cycle du ba dans le Rituel
de l’Embaumement P. Boulaq III, 8, 12-8, 16 », ENIM 2, 2009, p. 16-17.
50 E. Hornung, Les dieux de l’Égypte, 1992, p. 120.
51 CT IV, 75b [TS 312] (Sarc. B2B0).
52 CT I, 169b-c [TS 39].

103
Volume I - 2e partie

De fait, les éléments durs sont dissouts et transmis par le liquide séminal, comme cela a été
démontré par S. Sauneron53 et J. Yoyotte54. En revanche, les éléments mous ne sont pas transmis
par le lait maternel mais par les humeurs (rDw) du dieu, dont les textes nous indiquent qu’elles
sont contenues dans jwf. En d’autres termes, les humeurs sont le produit de la liquéfaction des
chairs et sont ainsi, dans le cas du pourrissement du cadavre, considérées comme mauvaises,
tandis que les humeurs du créateur – généralement Osiris – apportent la vie, leur écoulement
étant ainsi, par exemple, à l’origine de la crue du Nil55. Les TS nous le confirment, à l’image des
formules TS 94 et 96, dans lesquelles le défunt s’identifie au « grand ba d’Osiris », « qu’Osiris
a fabriqué au moyen des humeurs provenant de sa chair et de la semence issue de son phallus
(jr~n Wsjr m rDw jm(y.w) jwf=f mtw.t pr(w).t m Hnn=f) »56.

Enfin, B. Mathieu a montré que, bien que la circulation sanguine soit impossible dans
le corps divin, c’est l’onguent-médjet qui joue le rôle de liant et qui permet la solidification des
éléments jwf et os.w dissolus, citant un passage des TP :

0A N pw jw~n=j xr=k DdT [Link](=j) Tw m mD.t pr.t m Jr.t 1r


[Link](=j) Tw jm=s Ts=s n=k os.w=k dmD=s n=k [Link]=k sAo=s n=k jwf=k
sfx=s fdw.t=k Dw.t jr tA.
« Ô ce N, je suis venu moi-même auprès de toi pour t’emplir
de l’onguent medjet issu de l’Œil d’Horus, pour t’emplir de lui
afin qu’il t’attache tes os, qu’il te réunisse les parties de ton
corps, qu’il t’agrège tes chairs, et qu’il jette tes effluves infectes
à terre. »57

IV.2.C. Le corps de culte et la maison de l’or


Lorsqu’on évoque la question du corps divin, il est nécessaire de s’interroger sur le rôle
de la statue divine, qui sert de support au culte. En tant que représentation matérielle du dieu,
la statue n’est autre qu’un de ses ka, c’est-à-dire un « double » de lui-même selon la définition
la plus courante58. Mais les textes nous montrent qu’il s’agit en réalité d’une représentation
matérielle du corps D.t, a fortiori quand ils le désignent par l’expression « kA n(y) D.t »59. Nous
pouvons en effet observer que, dans le cas du défunt, les dieux lui apportent son ka après sa

53 S. Sauneron, « Le germe dans les os », BIFAO 60, 1960, p. 19-27.


54 J. Yoyotte, « Les os et la semence masculine », BIFAO 61, 1962, p. 139-146. Sur les principes de la génétique
divine, voir également Th. Bardinet, Les papyrus médicaux, p. 139-153 ; B. Mathieu, « Et tout cela exactement
selon sa volonté », p. 503-504.
55 Sur l’eau du Nil associée aux humeurs divine, cf. P. Koemoth, Osiris et les arbres. Contribution à l’étude des
arbres sacrés de l’Égypte ancienne, AegLeod 3, 1994, p. 1-5.
56 CT II, 68b-c = 71b-c [TS 94] = CT II, 77d-78b [TS 96].
57 Pyr. 1800b-1801c [TP 637], traduction de B. Mathieu, « Et tout cela exactement selon sa volonté », p. 503-504.
58 Pour une définition de la notion de ka, voir U. Schweitzer, Das Wesen des Ka im Diesseits und Jenseits der
Alten Ägypter, ÄgForsch 19, 1956 ; A.O. Bolshakov, Man and his Double in Egyptiant Ideology of the Old
Kingdom, ÄAT 37, 1997 ; J. Assmann, Mort et au-delà en Égypte ancienne, 2003, p. 157-165 ; K. Goebs, Crowns
in Egyptian Funerary Literature. Royalty, Rebirth, and Destruction, 2008, p. 18-19.
59 Cf. chap. I.3.C.

104
Chapitre IV - Distinction entre corps humain et corps divin

justification, qui marque son entrée dans le monde divin et la mise à disposition de son corps D.t,
pour qu’il se dresse dans la chapelle funéraire et reçoive le culte en son nom. La reconnaissance
de ce double comme étant une représentation tangible et effective du corps réel invisible relève
du principe de « substitution verbale » établi par Ph. Derchain, selon lequel « l’écriture se
substitue parfaitement au langage parlé et l’image peut tenir lieu d’écriture. La statue remplace
le corps et devient la personne tout aussi réellement qu’il l’avait été »60. De plus, peu de ces
dernières nous sont parvenues, mais les textes évoquant leur fabrication nous indiquent que
les statues de culte étaient en principe façonnées à partir de matériaux précieux, les mêmes
que ceux constituant les corps des dieux : or, argent et lapis-lazuli. Dans la réalité cependant il
pouvait ne s’agir que de dorures ou de matériaux se substituant à ces métaux, l’essentiel étant
que l’aspect extérieur de la statue évoque la composition d’un corps divin.

Idéalement, les statues divines étaient façonnées dans l’atelier d’orfèvrerie des temples,
la « Demeure de l’or (1w.t nbw) », où officiaient aussi bien des orfèvres que des prêtres pour
donner naissance à ces nouveaux corps61. On trouve ainsi une citation sur les parois du temple
de Philae décrivant le dieu Khnoum, « celui qui façonne le corps divin d’Osiris dans la Demeure
de l’or (od(w) Haw nTr n(y) Wsjr xntj Hw.t nbw) »62, montrant bien l’amalgame entre corps
divin et statue, le dieu potier façonnant le corps des dieux dans l’atelier où sont fabriquées les
statues divines. En réalité toutefois, il semble que les statues étaient fabriquées dans un atelier
externe avant d’être acheminées dans l’atelier du temple pour y être achevées, tandis que cet
établissement faisait également office de magasin pour tous les objets sacrés nécessaires au
culte63. En outre, c’est là qu’était effectué le Rituel de l’ouverture de la bouche, dont le but
était d’animer la statue et de la rendre prête à recevoir le ba de la divinité64. Or ce rituel était
également accompli sur la momie lors des funérailles, renforçant l’idée que corps réel et corps
de culte pouvaient se confondre dans la pensée égyptienne ; ce qui explique aussi qu’il soit
60 Ph. Derchain, Le papyrus Salt 825 (B.M. 10051). Le rituel pour la conservation de la vie en Égypte, 1965, p. 9.
61 Sur la Demeure de l’or (1w.t nbw), cf. Fr. Daumas, « La valeur de l’or dans la pensée égyptienne », RHR 149,
1956, p. 7-11 ; E. Schott, « Das Goldhaus in der ägyptischen Frühzeit », GöttMisz 2, 1972, p. 37-41 ; Ph. Derchain,
« L’Atelier des Orfèvres à Dendara et les origines de l’Alchimie », CdÉ LXV, Fasc. 130, 1990, p. 219-242 ;
S.H. AufrÈre, L’univers minéral dans la pensée égyptienne II, BiEtud 105, 1991, p. 374-376 ; A. von Lieven, « Im
Schatten des Goldhauses. Berufsgeheimnis und Handwerkerinitiation im Alten Ägypten », SAK 36, 2007, p. 147-
155.
62 G. BÉnÈdite, Le temple de Philae 2, MMAF XIII, 1895, p. 126, 5.
63 Cf. Ph. Derchain, op. cit., p. 220 ; S.H. AufrÈre, op. cit., p. 374 ; A. von Lieven, op. cit., p. 148.
64 Sur le Rituel de l’ouverture de la bouche, voir E. Otto, Das ägyptische Mundoffnungsritual, ÄgAbh 3, 1960 ;
A.M. Roth, « the psS-kf and the “Opening of the Mouth” ceremony : A ritual of birth and rebirth », JEA 78,
1992, p. 113-147 ; M. Smith, The Liturgy of Opening the Mouth for Breathing, 1993 ; H.W. Fischer-Elfert, Die
Vision von der Statue im Stein : Studien zum altägyptischen Mundoffnungsritual, Schriften der Philosophisch-
Historischen Klasse der Heidelberger Akademie der Wissenschaften 5, 1998 ; J. Assmann, Mort et au-delà dans
l’Égypte ancienne, 2003, p. 456-481 ; J.-Cl. Goyon, Rituels funéraires de l’ancienne Égypte, LAPO 4, 2004 (2e
éd.), p. 85-182 ; [Link]. Quack, « Ein Prätext und seine Realisierung. Facetten des ägyptischen Mundöffnungsritual »,
Hermeia 8, 2005, p. 165-185 ; id., « Fragmente des Mundöffnungsrituals aus Tebtynis », CNIP 30, 2006, p. 69-
150 ; M.F. Ayad, « Towards a Better Understanding of the Opening of the Mouth Ritual », OLA 150, 2007,
p. 109-116 ; H. Hays, « Funerary Rituals (Pharaonic Period) », UUE, 2010, p. 7-8. Pour son aspect pratique, voir
également W.M. Pahl, « The ritual of opening the mouth : Arguments for an actual-body-ritual from the viewpoint
of mummy research », 1986, p. 211-217.

105
Volume I - 2e partie

possible de trouver des Demeures de l’or dans des complexes funéraires – royaux ou privés65.
Grâce, entre autres, au pap. Jumilhac, nous pouvons même constater que la Demeure de l’or
était susceptible également de servir d’atelier d’embaumement, comme le montre la vignette
représentée en Fig. 9. Rien d’étonnant toutefois en cela, puisque le processus de momification a
pour objectif avoué de transformer le cadavre en corps divin, mais plus encore en image divine
de l’individu, la momie étant un corps statique par définition.

Figure 9. Anubis reconstituant le corps d’Osiris dans la Demeure de l’or (J. Vandier, Le papyrus Jumilhac, pl. VI).

Sur le fond, il n’y a que peu de différences de constitution entre le corps humain et
le corps divin. Ils sont tous deux composés d’un assemblage de différentes parties du corps
([Link]), elles-mêmes formées d’éléments mous (principalement la chair jwf) et d’éléments durs
(principalement les os os.w). Cette conception anatomique similaire pourrait alors servir à
justifier la raison pour laquelle le mot Haw, qui désigne essentiellement le corps humain et
qui est quasiment absent des TP, finit par s’employer régulièrement dans les TS, même pour
désigner un corps divin, entre autres dans l’expression « Haw nTr ». Car, si le corps divin n’est
pas exclusivement anthropomorphe et peut prendre de multiples formes, sa structure reste la
même et il peut subir parfois des agressions qui remettent en cause son intégrité et nécessitent
des soins. Or le corps Haw a pour caractéristique d’être un corps en fonctionnement, raison
pour laquelle il est le principal sujet des textes médicaux. Il paraît donc évident que, dans
la pensée des Égyptiens, tout corps potentiellement corrompu, même divin, est un corps Haw
à soigner. La différence majeure repose d’ailleurs sur le dynamisme immanent du corps. En
effet, le fonctionnement du corps humain Haw dépend de la circulation des fluides vitaux dans
les conduits-métou, sur le principe d’une « poupée articulée ». Le corps divin D.t en revanche
est caractérisé par sa pérennité absolue, si bien que même amputé ou démembré, il conserve
un potentiel de vie et d’activité. C’est un corps métallique radieux et impérissable qui dispose
de l’énergie créatrice du démiurge en toute circonstance. De fait, dans la pensée égyptienne,
contrairement à la génétique humaine ou l’enfant est formé à partir des éléments durs transmis
par le père et des éléments mous de la mère, tout corps divin est issu de la substance même du
65 Cf. Fr. Daumas, op. cit., p. 11.

106
Chapitre IV - Distinction entre corps humain et corps divin

corps primordial du créateur et partage donc son essence. Concrètement parlant, la pérennité
du corps divin s’observe également grâce aux statues divines, qui ne sont autres que des
représentations matérielles d’une forme du corps D.t d’un dieu, fabriquées à partir de matériaux
durables et généralement précieux, pour s’approcher au mieux des conceptions du corps initial.

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Volume I - 2e partie

Chapitre V.
Ritualisation et transformations du défunt

Dans ce chapitre, nous quittons le pragmatisme des conceptions purement théoriques


du corps pour nous intéresser plus particulièrement à la personne du défunt et à son passage
de l’état humain à l’état divin. De fait, le défunt est le seul individu à expérimenter la mort et
à connaître les trois états du corps que nous avons analysés. L’étude de ce changement d’état
nous permet ainsi d’appréhender les mécanismes de la transformation et de l’apparition des
différents éléments constituant la personne et formant une constellation dont le corps paraît être
le centre.

Les Anciens Égyptiens ont mis en place un processus complexe de transformation de


l’individu humain en être divin grâce à un ensemble de rites particuliers garantissant l’efficacité
du procédé. La place du rituel dans cette démarche est en effet très importante, l’ensemble des
pratiques funéraires étant indissociablement lié à un contexte mythique très fort qui, sans être
nécessairement à l’origine de la démarche, en est devenu la clé et le modèle à respecter. Ainsi,
si l’on se réfère aux récits mythologiques, le Livre de la vache du ciel nous apprend qu’aux
origines du monde la notion de temps n’existait pas et qu’hommes et dieux vivaient ensemble
sur terre, sous la gouverne de Rê, dans une éternité immuable (D.t). Ce n’est qu’après la révolte
des hommes que le dieu solaire décide de se retirer dans le ciel lointain et de commencer
sa course céleste, désignant la lune pour lui succéder pendant la nuit. Il crée ainsi le temps
cyclique (nHH), soumettant les hommes à la vieillesse et à la mortalité1. La mort n’est donc pas
un état naturel à l’origine puisqu’elle ne fait pas partie de la création et ne peut alors être résolue
que par un retour à l’état initial d’éternité-D.t. D’autres textes sont également explicites sur le
désastre que représente la mort d’Osiris, celle-ci mettant en péril la stabilité du monde. C’est
également l’une des raisons qui font que, dès les TP, la (re)naissance d’un dieu s’accompagne
d’un recommencement du moment de la création. Le mythe osirien va alors servir de modèle
pour opérer ce retour à l’état divin, le dieu représentant le prototype du défunt, et ses différents
épisodes marquent les principales étapes du processus.

Ce chapitre s’intéresse donc à la ritualisation du défunt visant à le faire pénétrer dans le


domaine divin. Dans un premier temps, il est nécessaire de traiter à la fois son corps humain,
voué à disparaître, et sa renommée, remise en question par le sentiment d’injustice et d’isolement
ressenti face à la mort. Par la suite, l’accès à ce nouvel état s’accompagne de l’apparition de
nouvelles entités représentant l’individu grâce à des mécanismes faisant tous plus ou moins
1 Cf. Fr. Servajean, Djet et Neheh. Une histoire du temps égyptien, OrMonsp XVIII, 2007, p. 47-52.

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Chapitre V - Ritualisation et transformations du défunt

intervenir le corps, pivot de la personne.

V.1. Traitement du corps et de la renommée


Dans le processus de régénération du défunt et de sa transformation en nTr, le cadavre
n’est pas le seul élément de sa personne à nécessiter des soins. Comme l’a montré J. Assmann
dans son étude sur la mort et l’au-delà, l’Égyptien distingue deux aspects de la personne, l’une
« corporelle » et l’autre « sociale »2, dans lesquelles « le principe de connectivité, qui anime et
fait vivre, est en œuvre, tout comme son contraire, le principe de disconnectivité qui menace
la vie et apporte la mort »3. C’est selon ce même principe de connectivité que le corps humain
avait pu être assimilé à une « poupée articulée » dans le chapitre précédant4, toutes les parties
du corps étant reliées entre elles par les conduits-métou où circulent les flux vitaux à l’origine
du mouvement. La mort est alors considérée comme une rupture de ces connexions, ce qui a
pour conséquence d’une part, physiquement, l’arrêt de la circulation des flux dans l’organisme,
duquel résulte une désolidarisation de toutes les parties du corps – comme un démembrement
fictif ; d’autre part, socialement, l’isolement de l’individu du reste de la communauté allant à
l’encontre du principe de solidarité sociale qui gouverne la vie de la société égyptienne5. Dans
ces conditions, le rôle des rites funéraires est donc de rétablir les liens rompus afin de rendre à
nouveau le défunt apte à vivre. Ainsi, tandis que l’embaumement a pour objectif de reconstituer
le corps démembré, le défunt traverse également l’épreuve du jugement dans l’au-delà pour
obtenir sa justification et rejoindre la communauté des dieux.

V.1.A. La momification
Les textes funéraires comme les TP et les TS présentent quelques allusions à ce rituel
par des expressions comme « soigner le corps (srwx Haw) »6 ou toute autre évocation de la
reconstitution de corps et de la réunion de ses membres, toutes en relation avec le mythe osirien
et la fabrication de la première momie. D’après le récit qu’en fait Plutarque dans son De Iside
et Osiride, l’assassinat d’Osiris ne suffit pas à l’anéantir et Seth est contraint de démembrer
le corps du dieu pour empêcher son retour à la vie7. Cet épisode mythique propose ainsi une
origine au principe de « disconnectivité » de la mort, celle-ci étant toujours jugée comme un
acte violent, et de l’arrêt de la circulation des flux vitaux. La quête entreprise par Isis pour
collecter toutes les parties du corps éparpillées et les soins apportés par Anubis pour les
réassembler et les maintenir en connexion grâce aux bandelettes est alors la réponse apportée
2 Cf. J. Assmann, Mort et au-delà en Égypte ancienne, 2003, p. 74-80 et p. 181-184. Voir également M. Smith,
« Osiris and the Deceased », UUE, 2008, p. 2-3.
3 J. Assmann, op. cit., p. 74.
4 Chap. IV.1.D.
5 Cf. J. Assmann, Maât, l’Égypte pharaonique et l’idée de justice sociale, 2003, p. 35-56.
6 CT III, 312e [TS 237] (= doc. 108), CT III, 322b [TS 239] (= doc. 112).
7 Plutarque, De Iside et Osiride, § 18.

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Volume I - 2e partie

par les hiérogrammates pour rétablir l’ordre et ramener Osiris à la vie. Néanmoins, si ce mythe
établit un événement fondateur de la pratique de la momification telle qu’elle est connue, il
ne précise pas concrètement la nature des opérations et les mécanismes mis en place pour
permettre la transformation du corps initialement vivant Haw en corps mort ritualisé XA.t. Il faut
donc compléter l’étude avec d’autres sources, dont la principale est un texte au nom moderne
de Rituel de l’embaumement, bien que ce titre soit quelque peu abusif. Il est en effet connu par
deux exemplaires et quelques fragments d’un troisième8, mais seule la fin du rituel est encore
conservée. Le document le plus complet (P. Boulaq III) ne comporte plus que les opérations
d’onction et d’enveloppement du corps et il manque toute la partie concernant l’éviscération
et la dessiccation. Malgré tout, ce texte présente l’avantage de donner, pour chaque étape du
procédé, à la fois une description des manipulations pratiques effectuées par les embaumeurs et
les formules liturgiques correspondantes récitées par les prêtres, ce qui nous permet d’entrevoir
le lien qui existe entre des pratiques réelles et pragmatiques et les conceptions théologiques qui
en sont à l’origine. Il est alors possible de déterminer quels sont les objectifs principaux de ce
rituel et surtout les moyens mis en œuvre pour y parvenir.

V.1.A.a. Reconstitution et régénération du corps

L’un des thèmes récurrents des textes funéraires est de rendre son unité au corps en
rassemblant ses parties, en rattachant ses os et en agrégeant ses chairs. De la même manière,
chaque paragraphe du Rituel traite, par des actes et des paroles magiques, une partie du corps
distincte et la « reconnecte » aux autres. À cette fin, les Égyptiens ont rapproché cette idée de
démembrement et de reconstitution du corps à un phénomène analogue qui leur est familier : le
cycle lunaire. De fait, au cours du mois lunaire, l’astre semble perdre peu à peu des morceaux
jusqu’à complètement disparaître du ciel. Puis, à partir de la Néoménie, l’astre se recompose
peu à peu jusqu’à devenir JaH nfr, la lune complète et accomplie, ou encore l’Œil Oudjat,
l’œil gauche sain d’Horus l’Ancien, qui illumine la nuit. Ces observations n’ont pas échappé
aux Égyptiens, qui ont fait de la lune, entre autres, une manifestation du corps d’Osiris. Cette
image se retrouve ainsi régulièrement dans le Rituel de l’embaumement, à l’image de la citation
suivante :

wbn(=k) m grH m jaH nfr m 15-n(y)-Hb.


« Tu te lèveras pendant la nuit en tant que lune parfaite pendant
la fête du quinzième jour. »9

Une version du mythe d’Osiris note d’ailleurs que son cadavre a été démembré en quatorze

8 Il s’agit des P. Boulaq III et Louvre 5158 (S. Sauneron, Rituel de l’embaumement. Papyrus Boulaq III. Papyrus
Louvre 5.158, 1952 ; J.-Cl. Goyon, Rituels Funéraires de l’Ancienne Égypte, LAPO 4, 2004 (rééd.), p. 17-84), ainsi
que de six fragments du P. Durham 1983.11 (C.N. Reeves, « Fragments of an Embalming-Ritual Papyrus in the
Oriental Museum, Durham », RdE 36, 1985, p. 121-124).
9 P. Boulaq III, 9, 7 = S. Sauneron, Le Rituel de l’embaumement, p. 32, 9-10.

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Chapitre V - Ritualisation et transformations du défunt

morceaux10, c’est-à-dire en autant de jours qu’il faut à la lune pour se décomposer. Or les ins-
criptions des temples d’Edfou, de Philae et de Dendara font état d’un rite de remplissage de
l’Œil Oudjat, lors duquel 14 dieux viennent tour à tour remplir l’œil pendant 14 jours, jusqu’à
ce qu’il soit complet, lors de la fête du 15e jour11. Pour renforcer encore l’analogie, on constate
ainsi que certains des produits employés par le Rituel de l’embaumement font partie de ceux
complétant l’Œil.
De même, conscients que l’apparente croissance du disque lunaire est due à une réflexion
de plus en plus importante de la lumière du soleil12, les rayons de Rê deviennent l’un des agents
privilégiés pour permettre la reconstitution du corps :

Xnm=k m Jtn Wr, Xnm=f r=k Hr twt Haw=k.


« Tu t’uniras au Grand Disque Solaire, il s’unira à toi pour
assembler ton Haw. »13

Il est fait référence ici au rite de l’Union au disque qui était pratiqué sur les statues divines
lors de sorties régulières de leur naos pour être exposées aux rayons du soleil14. Ce contact
avec l’astre solaire permettait de « régénérer » la statue en lui communiquant la lumière qui,
dans les conceptions égyptiennes, possède des capacités de rajeunissement et de résurrection.
C’est également le cas par exemple dans le Livre des Cavernes, où les morts endormis se
réveillent et revivent le temps que le dieu solaire passe près d’eux et les illumine15. Dans la
pratique, divers éléments peuvent matériellement se substituer aux rayons, mais leur couleur
jaune caractéristique prouve leur origine solaire et leur capacité à régénérer le corps, comme en
témoigne cet autre extrait du Rituel :

Jj n=k onw pr(w) m Ra bj.t pr(w.t) m jr.t=f sty nfr pr(w) m 6fnwt,
snfr=sn Haw=k ra nb.
« Viennent pour toi l’orpiment issu de Rê, le miel issu de son
œil et l’ocre jaune parfaite issu de Tefnout, ils rendront ton Haw
parfait chaque jour. »16

En outre, l’application de métaux précieux sur le corps contribue à faire de celui-ci un corps
divin et impérissable, aux os d’argent et à la chair d’or, le préparant ainsi à son entrée dans le
monde souterrain17.
10 Ph. Derchain, « Mythes et dieux lunaires en Égypte », SourcOr V, 1962, p. 25 ; Fr.-R. Herbin, « Hymne à la
lune croissante », BIFAO 82, 1982, p. 239-242.
11 Au sujet de la cérémonie de Remplissage de l’Œil Oudjat, cf. S.H. AufrÈre, L’univers minéral dans la pensée
égyptienne I, BiEtud 105, 1991, p. 203-303.
12 Ph. Derchain, op. cit., p. 28.
13 P. Boulaq III, 2, 7 = S. Sauneron, op. cit, p. 3, 2-3.
14 Cf. D. Meeks, Chr. Favard-Meeks, Les dieux égyptiens, 1995, p. 252-258.
15 Cf. A. Piankoff, « Le Livre des Quererts », BIFAO 41-43 et 45, 1942-1947 ; P. Barguet, « Le Livre des
Cavernes et la reconstitution du corps divin », RdE 28, 1976, p. 25-37.
16 P. Boulaq III, 9, 8-10 = S. Sauneron, op. cit., p. 33, 1-9.
17 Sur la régénération et la « divinisation » du corps par l’or, cf. S.H. AufrÈre, Univers minéral II, p. 389-392.

111
Volume I - 2e partie

Enfin, les différentes pièces de tissu déposées sur le corps et servant au bandelettage
ont également leur rôle à jouer dans la reconstitution et la régénération du corps du défunt.
D’une part, d’après le mythe osirien, les bandelettes servent à maintenir le corps démembré
dans sa forme initiale. Mais le Rituel de l’embaumement leur confère de plus des pouvoirs de
régénération, en vertu de leur origine végétale. De fait, ils sont tissés à partir de fibres de lin
dont la croissance a été rendue possible par l’inondation annuelle, formée à partir des humeurs
(rDw) d’Osiris, mais également des eaux du Noun contenant le principe créateur de la Première
Fois. À cela s’ajoute l’action de la lumière lunaire qui permet aux jeunes pousses de se charger
d’énergie lumineuse, qu’elles transmettront par la suite au corps18.

En résumé, la transformation du corps du défunt s’effectue par un phénomène de


transsubstantiation des éléments périssables du corps humain en matériaux pérennes, par
l’application de métaux et minéraux dont le caractère inaltérable est transmis au corps grâce
aux formules rituelles qui accompagnent le processus. Sa régénération est, quant à elle, assurée
par l’emploi de substances d’origine solaire, sources d’énergie lumineuse créatrice, ainsi que
par les différentes pièces de tissu de matière végétale, chargées du potentiel vital des eaux de
l’inondation. Enfin, l’analogie entre la croissance lunaire et la reconstitution du corps assure la
réussite du procédé en l’assimilant à un fait tangible, qui ne saurait être mis en défaut. Le corps
devient alors un corps-XA.t qui, enveloppé et paré de ses bijoux et amulettes, correspond à ce
que nous appelons aujourd’hui la momie.

À l’issue de l’embaumement cependant, le corps n’est pas encore fonctionnel, ni même


complet, puisque le ib de l’individu, siège de sa conscience et nécessaire à son épanouissement,
a en effet été retiré pour être traité et conservé dans les vases canopes. En outre, la momie doit
encore recevoir le rituel de l’Ouverture de la bouche de la même manière que n’importe quelle
statue ou image du défunt, afin de l’animer et de la rendre capable d’interagir avec le monde
des hommes, par le truchement du ba qui, à ce moment des rites funéraires, n’est pas encore
matérialisé.

V.1.A.b. Le ba et le ib

Si l’on se réfère aux textes funéraires, le rôle majeur de la momie (XA.t) est de servir
de support chthonien au ba du défunt, avec lequel il entretient une relation d’interdépendance
quasi-exclusive. En effet, il est rare de rencontrer des mentions de XA.t autrement qu’en lien
avec le ba. À l’intérieur même de notre corpus, le ba peut « s’éveiller sur le XA.t (rs Hr XA.t) »19 ;

18 À ce sujet, voir id., « De l’influence des luminaires sur la croissance des végétaux », Memnonia 6, 1995, p. 113-
121 ; Fr. Servajean, « L’étoffe sjA.t et la régénération du défunt », BIFAO 103, 2003, p. 439-457.
19 CT I, 182c [TS 44] (= doc. 143).

112
Chapitre V - Ritualisation et transformations du défunt

« s’éloigner du XA.t (Hrj XA.t ou sxr XA.t) »20 ; « circuler au-dessus du XA.t (wnwn Hrj-tp XA.t) »21 ;
« voir le XA.t (mAA XA.t) »22 ; « passer la nuit sur le XA.t (sDr Hr XA.t) »23 ; « se souvenir du XA.t
(sxA XA.t) »24 ; « pleurer le XA.t (rmj (n) XA.t) »25. En revanche, il doit éviter d’« être gardé
(prisonnier) sur le XA.t (n sA (Hr) XA.t) »26 ou de « brûler sur le XA.t (n ns Hr XA.t) »27. Il s’agit
le plus souvent d’expressions évoquant les allées et venues du ba auprès du corps après sa
libération, alors qu’il quitte la tombe pour rejoindre les astres et effectuer une course céleste,
jusqu’à revenir auprès de la momie pour passer la nuit auprès d’elle et s’y régénérer28. Cette
opposition du ba au ciel et du XA.t en terre devient peu à peu un poncif de la pensée égyptienne,
auquel les théologiens du Nouvel Empire ajoutent la mention de la statue divine dans les temples
pour établir une conception tripartite de la divinité, d’après laquelle chaque composante habite
un espace différent du monde créé, lui donnant ainsi une dimension cosmique29.

Le ba en lui-même, en tant que principe de mobilité et moyen de manifestation de la


divinité dans le monde des hommes, souvent associé aux astres et à leur course céleste, est
une notion qui a déjà été bien étudiée30. Néanmoins, la question de son origine pose encore
quelques problèmes, bien qu’il soit admis maintenant que le ba est une entité propre aux netjer
et que l’homme vivant n’en dispose pas31. À partir de l’étude des TS, L. Žabkar distingue
deux origines : « The Ba comes into existence by emanating from the body »32 ou « through
creation by a god or a man »33, tandis que J. Assmann précise que « le ba quitte le cadavre par
la tête »34. Il est donc reconnu que le ba s’extrait du corps XA.t reposant dans la tombe, mais nul
ne précise les mécanismes permettant sa libération. Or les textes donnent certaines clés aidant à
la compréhension du phénomène, puisque nous avons déjà évoqué le fait que le ba n’est libéré
qu’à la condition que le ib du défunt, contenu dans les vases canopes, soit replacé dans son
abdomen35. Cette corrélation entre réintroduction du ib et extraction du ba semble alors être le
20 Pour Hrj : CT VI, 73c [TS 493] (= doc 156), 84f et 84j [TS 500] (= doc 157) ; pour sxr : CT II, 67a [TS 94]
(= doc 149).
21 CT VI, 376e [TS 746] (= doc 159).
22 CT III, 327c [TS 242] (= doc 152).
23 CT III, 296i [TS 229] (= doc 229) ; CT VI, 335j [TS 703] (= doc. 158).
24 CT I, 182f [TS 44] (= doc. 143).
25 CT VII, 19h [TS 819] (= doc. 161).
26 CT IV, 178m [TS 333] (= doc. 155).
27 CT I, 362/363c, 395e-396a [TS 75] (= doc. 148).
28 Pour une étude sur le cycle du ba, voir Fr. Servajean, « Le cycle du ba dans le Rituel de l’Embaumement
P. Boulaq III, 8, 12-8, 16 », ENIM 2, 2009, p. 9-23.
29 À ce sujet, que nous ne développerons pas ici, voir J. Assmann, Mort et au-delà, p. 305-308 ; E. Hornung, L’un
et le multiple, p. 121.
30 Voir par exemple L. Žabkar, A Study of the ba concept in ancient Egyptian Texts, SAOC 34, 1968 ; A. De
Jong, « The Function of the Ba in Ancient Egyptian Anthropology », 1993, p. 237-242 ; J. Gee, « Ba Sending and
Its Implications », 2002, p. 230-237 ; K. Goebs, Crowns in Egyptian Funerary Literature. Royalty, Rebirth, and
Destruction, 2008, p. 14-17.
31 Cf. B. Mathieu, « Le Dialogue d’un homme avec son âme. Un débat d’idées dans l’Égypte ancienne »,
Égypte 19, 2000, p. 17-36.
32 L. Žabkar, op. cit., p. 92.
33 Ibid., p. 94.
34 J. Assmann, op. cit., p. 152.
35 Cf. chap. III.3.

113
Volume I - 2e partie

résultat d’une mutation qui s’opèrerait à l’intérieur du corps XA.t, ce dernier agissant ici comme
un catalyseur. De fait, il est possible, grâce aux textes, de proposer une hypothèse quant à la
nature de cette transformation. Tout d’abord, la formule TS 94 (= doc. 149) nous renseigne sur
la constitution du ba. Le défunt se présente en tant que :

bA pw aA n(y) Wsjr […]jr(w)~n Wsjr m rDw jm(y.w) jwf=f mtw.t


pr(w).t m Hnn=f.
« ce grand ba d’Osiris […] qu’Osiris a fabriqué au moyen des
redjou de sa chair et de la semence issue de son phallus. »36

Et de poursuivre en affirmant qu’il est « le fils d’Osiris, son héritier dans sa dignité (sA Wsjr jwa=f
Xnw saH=f) »37, puisque l’on sait que le corps divin du défunt est formé à partir des éléments mous
et durs de son père, le créateur – ici Osiris38. Notons au passage que, théoriquement, les humeurs
redjou sont le produit de la dissolution des éléments mous, dont le ib fait partie. Dans les faits
cependant, Th. Bardinet a montré que le ib représente, anatomiquement parlant, la totalité du
contenu de l’abdomen et de la cage thoracique, le cœur mis à part39. Lors de l’embaumement,
c’est donc l’ensemble du ib qui est prélevé par les taricheutes et préservé dans les canopes,
afin de « recevoir un traitement qui, magiquement, le transformera totalement »40. Ces vases
canopes sont placés sous la protection des Enfants d’Horus : Imséti, Hâpy, Douamoutef et
Qébehsénouf. Comme l’a rappelé B. Mathieu, « il s’agit en réalité non des enfants d’Horus le
Jeune (rnpwtj), le fils d’Osiris, mais de ceux d’Horus l’Ancien – une forme funéraire du créateur
et donc d’Osiris – et d’Isis »41. En d’autres termes, le ib paternel est entièrement transmis à sa
descendance, comme l’a également montré Th. Bardinet42. Pourtant le défunt doit retrouver
son ib, qui n’est autre que son intellect et sa conscience, pour revivre. On a d’ailleurs pu voir
que, d’une part dans les TP, le corps D.t devait recevoir un nouveau ib, apporté par Isis et
Nephthys43, et que, d’autre part dans les TS, le ib est replacé dans le tronc (X.t) de la momie
après l’inhumation, généralement par Anubis ou par Nout44. On peut donc supposer que le rôle
des canopes est de dupliquer le ib, pour que le défunt puisse le récupérer, mais également en
transmettre une copie à son héritier sur terre par le truchement du ba, puisqu’on a établi que les
notions de fils héritier et de ba peuvent se confondre. En conclusion, le ba procèderait du ib et
en partagerait donc l’essence.

36 CT II, 67c et 68b-c [TS 94].


37 CT II, 69a [TS 94].
38 Cf. chap. IV.2.B.
39 Th. Bardinet, Les papyrus médicaux de l’Égypte pharaonique, 1995, p. 71.
40 Ibid., p. 76.
41 B. Mathieu, « Les Enfants d’Horus, théologie et astronomie », ENIM 1, 2008, p. 9. Au sujet de l’assimilation
d’Horus l’Ancien avec Osiris, voir id., « Horus : polysémie et métamorphoses », ENIM 6, 2013, p. 10-13 ;
D. Meeks, Chr. Favard-Meeks, Les dieux égyptiens, 1995, p. 40-41.
42 Th. Bardinet, op. cit., p. 77-79. L’auteur interprète toutefois les Enfants d’Horus comme étant ceux d’Horus le
Jeune, ce qui fausse une partie de sa démonstration.
43 Cf. chap. I.3.B.
44 Cf. chap. III.3.

114
Chapitre V - Ritualisation et transformations du défunt

Un tel processus implique que, si l’héritier du défunt n’est pas issu de son sang, sa
légitimité est néanmoins assurée par ce partage du ib « paternel », qui ne peut s’effectuer que
par la bonne conduite des rites funéraires par le successeur désigné. La filiation devient ainsi
réellement effective et nul ne peut contester la succession.

V.1.B. La justification
Si la momification permet de transformer le cadavre en un corps d’éternité, cela ne suffit
pas à faire du défunt un dieu à proprement parler. Ce statut ne lui est réellement attribué qu’à
l’issue du jugement divin, qui se déroule dans l’au-delà. De fait, embaumement et justification
sont les deux pendants d’un rituel global de résurrection du défunt, chacun s’attachant au
traitement d’une partie de sa personne, respectivement la « sphère physique » et la « sphère
sociale »45. C’est par la justification que le défunt est autorisé à rejoindre la communauté
des dieux et ainsi renouer ses connexions sociales que la mort avait rompues. Car, comme
le définit J. Assmann, « l’homme est intrinsèquement une pluralité de membres qui doivent
être combinés en une unité organique, et extrinsèquement un membre que les processus de
socialisation, l’intégration aux constellations de la vie sociale, rendent pleinement vivant en
tant que membre de la communauté »46 et la cérémonie du jugement peut alors être envisagée
comme une « momification morale »47.

Par définition, le jugement ne traite donc pas le corps proprement dit, mais la justification
est nécessaire au défunt pour accéder au statut d’esprit-akh et disposer d’un nouveau corps
divin (D.t). Il est par conséquent nécessaire d’en présenter les tenants et les aboutissants. La
notion de jugement est une idée ancienne, de même que la pratique de la momification, mais
le modèle qui s’impose durant l’Ancien Empire est celui du mythe osirien et de l’épisode du
jugement d’Horus le Jeune et Seth devant le tribunal héliopolitain. Le procès s’étalant sur près
de quatre-vingt ans, le conte d’Horus et Seth est riche en péripéties ayant chacune un motif
particulier, mais sa finalité est bien d’établir les règles de succession dans la société égyptienne
en favorisant la ligne directe – au profit du fils – à la ligne collatérale – au profit du frère48.
En cela, il instaure les fondements des relations entre le père et le fils héritier, dont dépendent
l’ensemble des rites funéraires. Ainsi, pour prétendre à la succession d’Osiris sur le trône
d’Égypte, Horus doit agir pour son père et rétablir son honneur en faisant punir son meurtrier
par le tribunal divin. Il devient alors Harendotès, nom hellénisé de l’épithète d’« Horus qui a
protégé son père (1r-nD(w)-jt=f) »49, dont le rôle est explicité par l’Hymne osirien de la stèle du
Louvre C286 :
45 Cf. J. Assmann, Mort et au-delà, p. 74-76 ; voir également Id., Images et rites de la mort dans l’Égypte
ancienne. L’apport des liturgies funéraires, 2000, p. 57-58.
46 Id., Mort et au-delà, p. 80.
47 Cf. M. Smith, « Osiris and the Deceased », UEE, 2008, p. 2-3.
48 Cf. B. Mathieu, « Horus : polysémie et métamorphoses », ENIM 6, p. 15.
49 Sur la lecture égyptienne d’Harendotès, cf. B. Mathieu, « L’emploi du yod prothétique dans les textes de la
pyramide d’Ounas et son intérêt pour la vocalisation de l’égyptien ancien », BIFAO 96, Le Caire, 1996, p. 319.

115
Volume I - 2e partie

sA As.t nD~n=f jt(=f) sDsrw smnxw rn=f.


« Le fils d’Isis a vengé son père, lui qui a sanctifié et réhabilité
son nom. »50

La réhabilitation du nom d’un individu permet de reconnecter celui-ci aussi bien au monde des
dieux, auquel il appartient désormais, qu’au monde des hommes, qui lui adressent un culte, car
comme le souligne une maxime égyptienne : « un homme vit quand son nom est prononcé »51.

Une fois la victoire du jeune Horus reconnue, le dieu est proclamé justifié (mAa-xrw).
Pour le défunt lambda, cette justification s’accompagne de son accès au statut d’esprit-akh,
qui achève ainsi sa transformation en netjer. Il peut alors prétendre à disposer d’un corps divin
(D.t), créé à partir de la substance de celui du créateur, et recevoir son ka – ou plutôt ses kaou –
c’est-à-dire un support matériel servant à la mise en place d’un culte funéraire à son nom. Cela
lui permet donc d’une part de se mouvoir librement dans le monde divin52 et, d’autre part, de
pouvoir interagir à la fois directement avec les autres dieux et indirectement avec les hommes
par l’entremise de son corps de culte, c’est-à-dire la statue reposant dans la chapelle funéraire
et qui peut être considérée comme une représentation matérielle du corps divin.

Avec le développement du mythe osirien, le dieu mort devient le juge suprême du


tribunal divin, devant lequel tout défunt doit se justifier lui-même53. Ce thème devient le
motif principal du Livre des Morts, avec entre autres le célèbre chapitre 125 et la scène de
la psychostasie, accompagnée de la déclaration d’innocence, encore appelée la confession
négative de l’individu. C’est alors le cœur du défunt qui est pesé sur la balance et seules ses
propres qualités morales sont à l’origine de sa justification, le rôle du fils se cantonnant de ce
fait à l’aspect purement terrestre des rites funéraires.

50 Stèle Louvre C286, 22 (cf. A. Moret, « La légende d’Osiris à l’époque thébaine d’après l’hymne à Osiris du
Louvre », BIFAO 30, 1931, p. 747).
51 Sur cette expression, cf. K. Jansen-Winkeln, Sentenzen und Maximen in den Privätinschriften der ägypten
Spätzeit, ACHET Schriften zur Ägyptologie B1, 1999, p. 48-49, A.1.b.1-7. Voir également J. Assmann, Mort et
au-delà, p. 74-95.
52 La notion de mobilité est profondément rattachée à celle du ba, mais nous avons vu au chap. [Link].B qu’il s’agit
également d’une caractéristique du corps D.t.
53 D’après les TP, une procédure de jugement des qualités du défunt devait déjà exister avant le développement
du dogme osirien et était alors présidé par le créateur (cf. B. Mathieu, « Mais qui est donc Osiris ? Ou la politique
sous le linceul de la religion », ENIM 3, 2010, p. 99).

116
Chapitre V - Ritualisation et transformations du défunt

V.2. Synthèse
Dans la pensée égyptienne, l’eschatologie humaine se fonde sur une réhabilitation
simultanée du corps et de la renommée du défunt, lui permettant de rejoindre la communauté des
dieux. La formule [TP 690] (doc. 35) nous rappelle ainsi que l’action du jeune Horus envers son
père Osiris a pour conséquence de permettre à celui-ci de renaître, mais là encore les témoins de
cette nouvelle vigueur sont doubles puisqu’il dispose à la fois d’un ba et d’un corps D.t évoluant
de manière concomitante, respectivement au ciel et dans le monde souterrain – autrement dit le
monde divin intangible :

J n=k 1r N pw jr=f n=k jr.t~n=f n jt=f Wsjr, anx[=k jr anx jmy.w


p.t xpr=k] jr xpr jmy.w tA, Ts Tw Hr nxt=k prr=k jr p.t ! ms Tw Nw.t
mj saH sxm=k m D.t=k nD=k Tw m-a xft=k.
« Horus vient à toi, ce N, il fait pour toi ce qu’il a fait pour son
père Osiris. [Tu] vivras [selon la vie de ceux qui sont au ciel], tu
te manifesteras selon la manifestation de ceux qui sont sous terre.
Lève-toi sur ta force, alors que montes au ciel ! Nout t’enfantera
comme Orion, tu disposeras de ton D.t et tu te défendras contre
tes ennemis. »54

Or l’action du fils héritier est double également, celui-ci étant chargé d’une part, d’organiser et/
ou d’effectuer les rites funéraires dont l’embaumement fait partie55 et, d’autre part, d’assurer la
justification du père devant le tribunal divin, qui se solde par la mise en place du culte funéraire.

Les étapes de la transformation du défunt peuvent être représentées dans le schéma


suivant (Fig. 10), nous permettant ainsi de reconstituer les étapes du processus et la place de
chaque élément :

54 Pyr. § 2115a-2116c [TP 690] ; pour une analyse de cette formule, cf. chap. [Link].b.
55 On peut noter au passage que, selon la tradition osirienne, le dieu Anubis, en charge de la momification, n’est
autre que le fils illégitime d’Osiris et Nephthys (cf. Plutarque, De Iside et Osiride, § 14), élevé par Isis. Son statut
l’empêche ainsi de prétendre à la succession de son père, mais il n’est pas anodin qu’Isis se tourne vers lui pour
traiter le corps du dieu défunt, puisqu’au-delà d’être un dieu liminal, à la frontière entre la vallée fertile et le désert
stérile, il est également un fils agissant pour son père.

117
Volume I - 2e partie

Figure 10. Ritualisation et transformations de l’individu après la mort.

À la mort de l’individu, le cadavre est pris en charge par les embaumeurs sur terre tandis que
dans l’au-delà se (re)joue le procès divin. C’est ensuite à la fin des rites funéraires – c’est-à-
dire après l’inhumation – que le défunt est pleinement intégré à la sphère netjer puisque, d’une
part son corps terrestre a été parfaitement ritualisé et que, d’autre part, sa justification lui donne
le rang d’esprit-akh, par lequel il devient un membre à part entière de la communauté divine.
Il obtient alors tous les attributs d’un dieu, à commencer par un corps D.t, formé à partir des
émanations du dieu primordial, mais également un ba, qui semble se manifester à partir du ib
humain de l’individu, également ritualisé. Il faut également mentionner le ka, qui n’apparaît pas
sur le schéma mais dont l’existence est inhérente à la justification et à la mise en place du culte
funéraire par l’héritier.

Ceci étant dit, on constate que, contrairement à une idée répandue, la nécessité de
préserver le corps par l’embaumement n’est pas une fin en soi pour atteindre l’éternité pour les
Égyptiens, mais n’est qu’un moyen mis en place pour faire advenir le ba du nouveau netjer qui,
avec le corps D.t, constitue le véritable noyau de la personne du dieu. Pour preuve, si une momie
– c’est-à-dire un corps XA.t – était absolument nécessaire à la vie dans l’au-delà, tout dieu devrait
en posséder une, or c’est un état du corps spécifique aux défunts. Cela nous amène à considérer
les différents rapports que peut entretenir le ba avec les différents états du corps appartenant
à la sphère divine, XA.t et D.t. En effet, déjà dans les chapitres consacrés à chacun de ces deux
termes, il a été question de leurs relations respectives avec le ba, qu’on ne saurait amalgamer.
Dans un premier temps, le corps XA.t s’oppose strictement au ba, tant par son immobilité que

118
Chapitre V - Ritualisation et transformations du défunt

par son besoin de rester caché. Ils entretiennent toutefois également une profonde relation
d’interdépendance, le ba étant dans l’obligation d’effectuer des allers et retours quotidiens entre
le ciel et le corps dans la tombe. Mais là encore, il ne faut pas négliger le fait que cette situation
soit exclusive à la personne du défunt. Quant au corps D.t, il peut être mis en parallèle avec le
ba, les deux entités occupant des fonctions similaires, bien que sur des plans différents – l’un
évoluant dans un monde soumis à l’éternité-djet tandis que l’autre parcourt le ciel selon les
lois du temps-neheh. La Fig. 10 montre d’ailleurs qu’ils occupent une place identique dans le
processus de transformation du défunt, chacun représentant l’aboutissement d’un traitement et
formant à eux deux l’état final de l’individu. Dans le cas d’un netjer autre qu’un défunt, il est
cependant probable que le ba effectue le même genre de cycle qu’avec le corps XA.t, mais cette
fois avec un retour régulier auprès du corps D.t, qui constitue le support principal de la personne
du dieu, sur lequel se concentre tous les autres composants.

119
Volume I

Conclusion

Au terme de cette étude, un nouvel éclairage peut être apporté sur les mots Haw, XA.t et
D.t, ainsi que sur les notions qu’ils recouvrent, au moins dans le cadre des Textes des Pyramides
et des Textes des Sarcophages.

D’un point de vue lexical, il a pu être mis en évidence que Haw désigne le corps vivant
en fonctionnement. Il peut alors s’appliquer aussi bien aux hommes qu’aux dieux, si tant est
que le contexte évoque les caractéristiques physiques du corps. Il est donc celui que les textes
médicaux doivent soigner et que la momification doit rétablir. XA.t et D.t en revanche sont des
états appartenant strictement au monde des netjer, dans lequel il faut toutefois bien distinguer
les dieux des défunts. XA.t qualifie en effet le corps embaumé et ritualisé, reposant immobile
dans la tombe. En tant que reliquat du corps humain terrestre, il est par conséquent propre aux
défunts et correspond à ce que nous appelons une momie aujourd’hui. La gangue de tissus et de
bandelettes, ainsi que la parure de bijoux et d’amulettes qui le recouvrent sont les marqueurs de
son identité et de sa renommée, que l’individu a besoin de conserver dans l’au-delà, et forment
ce que les Anciens Égyptiens ont fini par dénommer saH, dans un sens finalement proche de
son homonyme signifiant « dignité ». L’emploi de ce terme dans le sens de « momie » aux
époques considérées dans ce travail semble cependant encore limité. À l’inverse, tout netjer
doit posséder un corps D.t pour évoluer dans le monde divin et interagir avec ses pairs ; il s’agit
du corps divin par excellence. Celui-ci n’a pas de forme définie, où plutôt il peut prendre une
multitude d’aspects, selon le contexte dans lequel se rencontre la divinité.

Chacun de ces différents corps possède donc une situation particulière dans le temps et
dans l’espace, selon qu’ils évoluent sur terre ou dans le monde divin – voire plus spécifiquement
dans le monde souterrain – ou qu’ils soient soumis au temps-neheh ou à l’éternité-djet.
Néanmoins, la constitution générale du corps reste toujours plus ou moins la même, quel que
soit son état. Il s’agit ainsi d’une somme homogène de différentes parties ([Link]), formées d’un
assemblage d’éléments mous (jwf) et durs (os.w). Dans le cas du corps humain, la vie et le
mouvement sont assurés par la circulation des fluides vitaux à travers tout le corps grâce au
réseau des conduits-métou, garantissant également la cohésion de l’ensemble. Le corps divin
est, quant à lui, constitué des mêmes éléments, ceux-ci possédant cependant des propriétés
métalliques leur conférant un caractère impérissable, éternel. Ainsi ses os sont de fer ou
d’argent, tandis que sa chair est d’or. Pour autant, il faut noter que dans le cas du corps D.t, cela
n’implique pas qu’il soit nécessairement anthropomorphe. En outre, une autre caractéristique
essentielle de ce dernier est que l’ensemble des substances le constituant provient du corps

120
Conclusion

même du dieu créateur, contrairement à la procréation humaine, fondée sur la transmission


d’un patrimoine paternel et maternel. Cela suppose donc une certaine immanence du démiurge
dans toutes les entités divines. La situation pour le corps XA.t est quelque peu différente, son
inaltérabilité étant le résultat du rituel d’embaumement, ayant permis une transsubstantiation du
corps humain original en un corps métallique et minéral.

De même, ces différents corps se distinguent par les relations qu’ils entretiennent avec
les autres éléments constitutifs de la personne égyptienne. Ainsi, dans un premier temps et au
vu de notre corpus, le corps Haw, en tant que corps de l’homme vivant ici-bas, ne semble pas
avoir d’interaction particulière avec l’un ou l’autre composant, en dehors peut-être du nom,
corps et identité étant les deux supports principaux des sphères physique et sociale établies
par J. Assmann. L’homme possède pourtant également une ombre, c’est-à-dire une image de
son corps, mais dont le rôle n’est que peu thématisé, ainsi qu’un ib et qu’un ka, celui-ci étant
façonné à la naissance en même temps que le corps d’après les sources, bien que son rôle soit
encore limité dans la vie de l’individu. Tous ces éléments subsistent après le trépas, mais la
personne du défunt s’étoffe, acquérant les attributs propres à son nouveau statut de netjer, à
savoir un ba et la qualité d’esprit-akh. Ceux-ci sont d’ailleurs étroitement liés au corps D.t,
puisque ce dernier n’est mis à disposition du défunt qu’une fois celui-ci reconnu justifié et ayant
donc obtenu le statut d’esprit-akh. Mais il est également souvent mis en parallèle avec le ba, les
deux entités paraissant avoir des fonctions similaires. De fait, tous deux se définissent par leur
mobilité et leur aptitude à permettre au dieu de se manifester aux yeux des autres, le ba évoluant
dans le monde des hommes et le corps D.t dans le monde des netjer. Il se distingue en cela du
corps XA.t, qui lui entretient au contraire une relation de stricte opposition au ba puisqu’il est
destiné à demeurer caché dans la tombe, dans une immuabilité statique. Les textes montrent
cependant une interdépendance flagrante entre ces deux entités, le ba étant sans cesse invité à
s’éloigner du corps, mais également à surtout ne jamais oublier de revenir régulièrement auprès
de lui. Cette relation semble toutefois trouver son origine dans les manipulations du ib, dont la
réintroduction dans le corps après transformation lors de son passage dans les vases canopes
paraît être en lien direct avec le ba et son extraction du corps. Quant au ka, lorsqu’il prend la
forme d’une statue de culte, il est à la fois une représentation matérielle du corps D.t (comme
le rappelle l’expression kA n(y) D.t), mais également le pendant visible du corps XA.t, dissimulé
dans la partie secrète et souterraine de la tombe.

Toutes ces remarques suggèrent que le corps, de par ses différents aspects, est en réalité
au centre de la constellation des éléments constitutifs de la personne et fait fonction de pivot.
De fait, il porte l’identité de l’individu, sert de modèle au ka, contient le ib, est à l’origine de
l’ombre et, après la mort, le ba s’en extrait. Le système de représentation des Anciens Égyptiens
du corps et de la personne est ainsi tourné vers l’extérieur, il est ouvert sur le monde. Les textes

121
Volume I

égyptiens montrent d’ailleurs que le corps possède une réelle dimension spatiale, à l’image
du thème du démembrement d’Osiris et de la dispersion de ses membres dans tout le pays,
chaque nome héritant d’une partie du corps osirien. Dans cette perspective, la réunification
du corps devient une métaphore de la réunification du territoire et, ainsi, de l’affirmation de la
cohésion sociale, au fondement de la société égyptienne1. C’est également le cas de la personne
en général, comme l’énoncent les formules types décrivant la tripartition cosmique d’un netjer,
son corps XA.t étant en terre, son ba au ciel et ses statues dans les temples, c’est-à-dire sur terre.
C’est ainsi une manière d’exprimer que la présence du divin englobe l’entièreté de la création
grâce à ses multiples aspects. En conséquence, on peut donc considérer que l’Égyptien conçoit
la personne comme il conçoit le cosmos et la société2, sans que l’on puisse toutefois déterminer
ici dans quel sens se fait l’analogie.

Pour poursuivre cette étude, il serait nécessaire d’étendre le corpus au reste de la littérature
égyptienne, afin d’éprouver la validité du modèle établi en dehors des textes funéraires, soumis
à des codes particuliers en raison de leur caractère liturgique. Mais également pour suivre
l’évolution de ces termes et des notions qui les sous-tendent à travers le temps. Il serait de
plus également intéressant de s’interroger sur la notion de personne elle-même dans la pensée
égyptienne et dans son vocabulaire.

1 Cf. B. Mathieu, « Mais qui est donc Osiris ? Ou la politique sous le linceul de la religion », ENIM 3, 2010,
p. 103-104. Sur l’importance de la cohésion sociale, cf. J. Assmann, Maât, l’Égypte pharaonique et l’idée de justice
sociale, 2003, p. 35-56 et 119-147 ; id, Mort et au-delà en Égypte ancienne, 2003, p. 54.
2 Ce concept se retrouve d’ailleurs dans les écrits hermétiques et qui sert de fondement à la théorie philosophique
de Paracelse sur les relations entre l’homme (microcosme) et la Nature (macrocosme), à laquelle il est souvent fait
référence lorsque l’on étudie la conception du corps et de la personne en anthropologie, mais ces considérations
dépassent le cadre de notre recherche.

122
Conclusion

123
Volume I - Annexes

Annexes

124
Volume I - Annexes

Abréviations

ÄAT  = Ägypten und Altes Testamen, Wiesbaden.


ACE-Stud  = Australian Centre for Egyptology Studies, Macquarie University, Sydney.
ADAIK = Abhandlungen des deutschen archäologischen Instituts Kairo, Glückstadt,
Hambourg, New York.
AegLeod  = Aegyptiaca leodiensia, Université de Liège, Liège.
AegMon  = Aegyptische Monumenten van het Nederlandsche Museum van Oudheden,
Leyde.
AEPT = R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts translated into English,
Oxford, 1969.
ÄgAbh  = Ägyptologische Abhandlungen, Wiesbaden.
ÄgForsch  = Ägyptologische Forschungen, Glückstadt, Hambourg, New York.
AnLex = D. Meeks, Année lexicographique, 3 vol., Paris, 1980-1982.
AOB  = Acta orientalia belgica, Société belge d’études orientales, Bruxelles, Louvain.
AV  = Archäologische Veröffentlichungen, Deutsche archäologische Institut,
Abt. Kairo, Berlin.
BiAeg  = Bibliotheca aegyptiaca, Bruxelles.
BiEtud  = Bibliothèque d’Étude, IFAO, Le Caire.
BIFAO  = Bulletin de l’Institut français d’archéologie orientale, Le Caire.
BiGén  = Bibliothèque générale, IFAO, Le Caire.
Boreas  = Boreas. Uppsala Studies in Ancient Mediterranean and Near Eastern
Civilizations, Uppsala.
CdE  = Chronique d’Égypte, Fondation égyptologique Reine Élizabeth, Bruxelles.
CENIM  = Les Cahiers Égypte Nilotique et Méditerranéenne, Institut d’égyptologie
François Daumas, Université Paul Valéry – Montpellier III, Montpellier.
CNIP  = The Carsten Niebuhr Institue of Ancient Near East Studies, Publications,
Copenhague.
DE  = Discussions in Egyptology, Oxford.

126
Liste des abréviations

EgUit  = Egyptologische uitgaven, Leyde.


EM  = Egyptological Memoirs, Gröningen.
ENIM  = Égypte Nilotique et Méditerranéenne, Institut d’égyptologie François Daumas,
Université Paul Valéry – Montpellier III, Montpellier.
FECT  = R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts 1-3, Warminster, 1973,
1977, 1978.
GöttMisz  = Göttinger Miszellen, Göttingen.
JARCE  = Journal of the American Research Center in Egypt, Boston, New York.
JEA  = Journal of Egyptian Archeology, Egypt Exploration Society, Londres.
LÄ  = Lexikon der Ägyptologie, Wiesbaden.
LAPO  = Littératures anciennes du Proche-Orient, Paris.
LGG = Chr. Leitz, Lexikon der ägyptischen Götter und Götterbezeichnungen, 7 vol.,
OLA 110-116, 2002.
MAFS  = Mission archéologique française de Saqqâra.
MÄS  = Müncher ägyptologische Studien, Berlin, Munich.
MDAIK  = Mitteilungen des deutschen archäologischen Instituts, Abt. Kairo, Wiesbaden.
Memnonia  = Memnonia. Association pour la sauvegarde du Ramesseum, Paris.
MIFAO  = Mémoires publiés par les membres de l’Institut français d’archéologie
orientale, Le Caire.
MMAF  = Mémoires publiés par les membres de la Mission archéologique française au
Caire, IFAO, Le Caire.
MRE  = Monographies Reine Élisabeth, Fondation égyptologique Reine Élisabeth,
Bruxelles
MVÄG  = Mitteilungen der vorasiatisch-ägyptischen Gesellschaft, Leipzig.
OBO  = Orbis biblicus et orientalis, Fribourg, Göttingen.
OIP  = Oriental Institute Publications, Université de Chicago, Chicago, Illin.
OLA  = Orientalia lovaniensia analecta, Louvain.
ORA  = Orientalische Religionen in der Antike, Ägypten, Israel, Alter Orient, Leipzig,
Heidelberg, Göttingen.
OrMonsp  = Orientalia Monspeliensia, Centre d’égyptologie de l’université Paul Valéry-
Montpellier III, Montpellier.
PalHier  = Paléographie Hiéroglyphique, IFAO, Le Caire.

127
Volume I - Annexes

ProblÄg  = Probleme der Ägyptologie, Leyde.


RdE  = Revue d’égyptologie, Société française d’égyptologie, Paris, Louvain.
Religion  = Religion. Journal of Religion and Religions, Dept. Of Religion Studies,
Université de Lancaster, Berlin.
SAK  = Studien zur altägyptischen Kultur, Hambourg.
SAOC  = Studies in Ancient Oriental Civilizations, Chicago, Illin.
SAT  = Studien zum altägyptischen Totenbuch, Wiesbaden.
SourcOr  = Sources orientales, Paris.
StudAeg  = Studia aegyptiaca, Budapest.
StudEgypt  = Studies in Egyptology, Londres.
TP = Textes des Pyramides
TS = Textes des Sarcophages
UTP  = B. Mathieu, L’univers des Textes des Pyramides. Lexique commenté (Lettre
A-M), Montpellier, 2013 (inédit).
UUE  = UCLA Encyclopedia of Egyptology, Los Angeles.
VarAeg  = Varia aegyptiaca, San Antonio, Tex.
WdO  = Die Welt des Orients. Wissenschaftliche Beiträge zur Kunde des Morgenlandes,
Göttingen.
YES  = Yale Egyptological Studies, New Heaven, Conn.
ZÄS  = Zeitschrift für ägyptische Sprache und Alterumskunde, Leipzig, Berlin.
ZDMG  = Zeitschrift der deutschen Morgenländischen Gesellschaft, Leipzig, Wiesbaden.

128
Liste des abréviations

129
Volume I - Annexes

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Carrier (Cl.), Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien, 3 vol., éd. du Rocher, 2004.
Faulkner (R.O.),
– The Ancient Egyptian Pyramid Texts translated into English, Oxford, 1969.
– The Ancient Egyptian Pyramid Texts. Supplement of Hieroglyphic Texts, Oxford, 1969.
– The Ancient Egyptian Coffin Texts 1-3, Warminster, 1973, 1977, 1978.
Jequier (G.),
– La pyramide d’Oudjbeten. Fouilles à Saqqarah, Le Caire, 1928.
– La pyramide des reines Neit et Apouit. Fouilles à Saqqarah, Le Caire, 1933.
– La pyramide d’Aba. Fouilles à Saqqarah, Le Caire, 1935.
– Le monument funéraire de Pépi II, Tome I : Le tombeau royal. Fouilles à Saqqarah, Le
Caire, 1936.
Sethe (K.), Die Altaegyptischen Pyramidentexte nach den Papierabdrücken und Photographien
des Berliner Museums. Neu Herausgegeben und Erläutert, 4 vol., Leipzig, 1908-1922,
réimpr. Hildesheim, 1969.

141
Volume I - Annexes

Liste des Figures

Figure 1. 18
Tableau des graphies non lacunaires du mot D.t dans les TP et leur nombre
d’attestations.

Figure 2. 19
Tableau des graphies non lacunaires du mot D.t dans les TS et leur nombre
d’attestations.

Figure 3. 52
Tableau des graphies non lacunaires du mot Haw dans les TS et leur nombre
d’attestations.

Figure 4. 64
Tableau des graphies du mot XA.t dans les TP.

Figure 5. 66
Tableau des graphies non lacunaires du mot XA.t dans les TS et leur nombre
d’attestations.

Figure 6. 74
Situation initiale. D’après les représentations iconographiques, le XA.t repose
à l’intérieur de la tombe sur son lit mortuaire, tandis que les vases canopes
contenant le ib sont généralement placé dessous.

Figure 7. 74
Activation du ba. Le ib est replacé dans le corps, qui sert de catalyseur et lui
permet d’achever sa transformation pour se manifester sous une nouvelle
forme.

Figure 8. 78
Situation finale. La mise en place du culte funéraire par l’héritier, qui assure
la permanence du souvenir réciproque, permet au ba de rejoindre la tombe
et le corps de manière régulière.

142
Liste des Figures

Figure 9. 93
Anubis reconstituant le corps d’Osiris dans la Demeure de l’or (J. Vandier, Le
papyrus Jumilhac, pl. VI).

Figure 10. 104


Ritualisation et transformations de l’individu après la mort.

143
Volume I - Annexes

Index des textes cités

A. Texte des Pyramides


TP 50, § 37b-c (doc. 3) p. 38 TP 537, § 1300b-c (doc. 21) p. 46

TP 77, § 52a-53b (doc. 4) p. 29 TP 562, § 1406c (doc. 22) p. 20

TP 217, § 160a-c (doc. 6) p. 20 TP N570B, § 1461b (doc. 23) p. 20

TP 219, § 193a-b (doc. 7) p. 21 TP 573, § 1484a-e (doc. 24) p. 41

TP 222, § 211a-212a (doc. 8) p. 29 TP 595, § 1640a p. 73

TP 222, § 213a-b (doc. 8) p. 20 TP 611, § 1727a-1728b (doc. 25) p. 39

TP 224, § 221b-c (doc. 9) p. 45 TP 628, § 1786a-b (doc. 26) p. 34

TP 225, § 224c-d (doc. 10) p. 45 TP 637, § 1800b-1801c p. 91

TP 268, § 372a-373b (doc. 11) p. 37 TP *645, § *1824a-g (doc. 27) p. 39

TP 301, § 447a-b (doc. 12) p. 19 TP *664, § *1884-1885 (doc. 28) p. 33

TP 305, § 472c p. 69 TP *666, § *1916a-1919b (doc. 29) p. 34

TP 305, § 474a (doc. 139) p. 69 TP *666, § 1921d-e (doc. 30) p. 34

TP 359, § 594a-c (doc. 14) p. 40 TP 688, § 2083c-2085b (doc. 32) p. 43

TP 422, § 762a-b (doc. 16) p. 32 TP N690A, § 2092a-2094b (doc. 33) p. 28

TP 447, § 828c p. 73 TP N690A, § 2095b-2096b (doc. 33) p. 29

TP 463, § 877c-d (doc. 17) p. 42 TP 690, § 2114a-b (doc. 87) p. 53

TP 506, § 1097a-1098d (doc. 18) p. 41 TP 690, § 2115b-2116c (doc. 35) p. 22, 104

TP 513, § 1174a-d (doc. 19) p. 31 TP 690, § 2117-2119 (doc. 36) p. 46

TP 532, § 1256b (doc. 141) p. 68 TP *717, § *2228a-b (doc. 37) p. 34

144
Index des textes cités

TP *723, § *2244a-c (doc. 88) p. 52, 89 TS 84, CT II 49e-50f (doc.101) p. 60

TS 90, CT II 61a (doc. 102) p. 60

TS 94, CT II 67a (doc. 149) p. 100

B. Texte des Sarcophages TS 94, CT II 67c (doc. 149) p. 101

TS 20, CT I 56c-e (doc. 142) p. 75 TS 94, CT II 68b-c (doc. 149) p. 91, 101

TS 28, CT I 80l p. 73 TS 94, CT II 69a (doc. 149) p. 101

TS 29, CT I 81a-k (doc. 39) p. 31 TS 94, CT II 71b-c (doc. 149) p. 91

TS 39, CT I 169b-c (doc. 89) p. 60, 90 TS 96, CT II 77d-78b p. 91

TS 44, CT I 182c (doc. 143) p. 99 TS 149, CT II 228a (doc. 105) p. 50

TS 44, CT I 182f (doc. 143) p. 76, 100 TS 155, CT II 300/301b-304/305a (doc. 150)

TS 45, CT I 197g (doc. 145) p. 74, 77 p. 70

TS 45, CT I 197h-198c (doc. 145) p. 75, 77 TS 229, CT III 269h-k (doc. 151) p. 76, 100

TS 49, CT I 216b-h (doc. 91) p. 58 TS 232, CT III 300b-d (doc. 46) p. 65

TS 60, CT I 249c-f (doc. 93) p. 58 TS 237, CT III 312e (doc. 108) p. 54

TS 75, CT I 316/317a (doc. 94) p. 59 TS 238, CT III 316k-m (doc. 109) p. 54

TS 75, CT I 316/317b (doc. 94) p. 59 TS 238, CT III 319c-d (doc. 48) p. 32

TS 75, CT I 318/319b (doc. 94) p. 59 TS 239, CT III 322b-f (doc. 112) p. 54

TS 75, CT I 336/337a (doc. 95) p. 59 TS 242, CT III 327c (doc. 152) p. 100

TS 75, CT I 336/337b (doc. 95) p. 59 TS 265, CT III 394h-i (doc. 50) p. 35

TS 75, CT I 350/351c (doc. 96) p. 59 TS 296, CT IV 49r-s (doc. 153) p. 69

TS 75, CT I 362/363c (doc. 147) p. 100 TS 296, CT IV 49j-m (doc. 153) p. 69,86

TS 75, CT I 389b (doc. 97) p. 59 TS 303, CT IV 56c-l (doc. 51) p. 39

TS 75, CT I 395e-396a (doc. 148) p. 100 TS 304, CT IV 57d-g (doc. 154) p. 74

TS 80, CT II 38h-39a (doc. 99) p. 55, 87 TS 307, CT IV, 63k-l (doc. 52) p. 23

145
Volume I - Annexes

TS 307, CT IV, 64d (doc. 52) p. 24 TS 493, CT VI 73c (doc. 156) p. 100

TS 310, CT IV 66c-e (doc. 53) p. 30 TS 500, CT VI 84f (doc. 157) p. 100

TS 312, CT IV 74h (doc. 114) p. 59 TS 500, CT VI 84j (doc. 157) p. 100

TS 312, CT IV 75b (doc. 114) p. 59, 90 TS 636, CT VI 259b-d (doc. 70) p. 36

TS 333, CT IV 178m (doc. 155) p. 100 TS 703, CT VI 335j (doc. 158) p. 100

TS 334, CT IV 181j-l (doc. 55) p. 43 TS 714, CT VI 344b-d (doc. 127) p. 59

TS 334, CT IV 181t-182a (doc. 117) p. 55 TS 728, CT VI 358g-j (doc. 73) p. 44

TS 335, CT IV 321c-d (doc. 56) p. 19 TS 728, CT VI 358m-q (doc. 73) p. 44

TS 336, CT IV 327e-f (doc. 118) p. 61 TS 746, CT VI 376e (doc. 159) p. 100

TS 336, CT IV 329b (doc. 57) p. 19 TS 767, CT VI 398i-k (doc. 75) p. 36

TS 345, CT IV 373a-c (doc. 58) p. 43 TS 769, CT VI 404c-e (doc. 76) p. 36

TS 379, CT V 42i (doc. 120) p. 56 TS 819, CT VII 19h (doc. 161) p. 100

TS 397, CT V 75d-77a (doc. 59) p. 40 TS 822, CT VII 22p (doc. 162) p. 66

TS 404, CT V 199b-200b (doc. 121) p. 56 TS 822, CT VII 22q-r (doc. 162) p. 67

TS 409, CT V 227b-d (doc. 60) p. 26 TS 822, CT VII 23a (doc. 162) p. 67

TS 409, CT V 228b (doc. 60) p. 27 TS 828, CT VII 29j-l (doc. 132) p. 54

TS 409, CT V 228k-229b (doc. 60) p. 26 TS 834, CT VII 35m-r (doc. 77) p. 30

TS 409, CT V 229e (doc. 60) p. 27 TS 1013, CT VII 230m-o (doc. 86) p. 31

TS 409, CT V 229k-230a (doc. 60) p. 26 TS 1119, CT VII 451f-452a p. 84

TS 409, CT V 230h-i (doc. 60) p. 26 TS 1125, CT VII 456c-e (doc. 137) p. 57

TS 409, CT V 231d-f (doc. 60) p. 26

TS 409, CT V 231o-232b (doc. 60) p. 26

TS 418, CT V 254d-256b (doc. 61) p. 41

TS 441, CT V 299b-g (doc. 63) p. 24

146
Index des textes cités

C. Papyrus
P. Boulaq III, 2, 7 p. 98

P. Boulaq III, 9, 7 p. 97

P. Boulaq III, 9, 8-10 p. 98

P. Ebers 72, 10-11 p. 84

P. Jumilhac XIII, 24 p. 88

D. Inscriptions
Philae, Mur ouest, Reg. inf., 2-4 p. 92

Stèle Louvre C236, 22 p. 103

147
Volume I - Annexes

Index des Divinités

Anubis p. 52, 54, 70, 71, 73, 75, – Oudjat p. 55, 97, 98.
77, 93, 96, 101, 104.
Osiris p. 21, 22, 24, 26, 27, 28,
Atoum p. 19, 20, 59, 90. 29, 30, 31, 32, 33, 36,
37, 38, 39, 40, 43, 44,
Chou p. 19, 31, 59.
55, 56, 57, 58, 59, 66,
L’Ennéade p. 28, 31, 61. 67, 68, 70, 71, 75, 76,
77, 84, 86, 87, 90, 91,
Geb p. 24, 29, 31, 39, 49, 67, 92, 93, 95, 96, 97, 99,
68. 101, 102, 104, 109.

Harendotès p. 31, 32, 38-40, 102. Rê p. 20, 24, 26, 30, 31, 32,
37, 38, 43, 69, 70, 95,
Horus p. 22, 28, 29, 30, 31, 32,
98.
36, 37, 38, 39, 40, 46,
55, 56, 57, 59, 60, 69, Seth p. 22, 31, 38, 39, 40, 57-
76, 102, 103, 104. 58, 67, 68, 96, 102.

– l’Ancien p. 20, 40, 97, 101. Tefnout p. 19, 98.

Les Enfants d’ – p. 22, 101. Thot p. 31, 46.

L’Œil d’ – p. 20, 40, 46, 70, 85, 91,


97.

Isis p. 33, 43, 60, 61, 68, 70,


77, 96, 101, 103, 104.

Nephthys p. 33, 34, 68, 101, 104.

Nout p. 22, 31, 60, 61, 73,


101, 104.

L’Œil p. 40, 55, 70, 71, 98.

– d’Horus voir l’entrée « Horus ».

– de Tébi p. 70.

148
Index des Divinités

149
Volume I - Annexes

Index des Parties du corps et des éléments de la


personne

L’abdomen p. 100, 101. Le ka p. 7-9, 18, 24, 35-38, 46,


48, 91, 103, 105, 108.
L’esprit-akh p. 7, 29-31, 32, 34, 35,
37, 47, 59, 67, 69, 70, Le lait p. 88, 91.
72, 77, 90, 102, 103,
Les ligaments p. 53, 85, 87.
105, 108.
Les membres p. 11, 21, 34, 44, 49, 52,
Les articulations p. 36, 53.
53, 55, 67, 76, 83, 84,
Le ba p. 7-8, 18, 22-27, 29-32, 87, 89, 96, 102, 109.
34-35, 41, 45-47, 59, 63,
La momie p. 11, 24, 57, 71, 73, 76,
66-68, 71-79, 90-92, 99-
92, 93, 96, 99, 100, 101,
101, 103, 105-106, 108-
105, 107.
109.
Le muscle p. 85, 87.
La cage thoracique p. 101.
Le nom p. 7-9, 11, 28, 38, 39, 44,
La chair p. 11, 21, 34, 37, 49, 51,
46, 50, 61, 62, 67, 68,
53, 54, 56, 59, 60, 65,
71, 78, 83, 84, 86, 92,
69, 71, 85-86, 88, 90, 91,
97, 102-103, 108.
93, 97, 98, 101, 107.
L’ombre p. 8, 27, 72, 108.
Les cheveux p. 67, 87.
Les os p. 21, 34, 36, 52, 53, 55,
Le cœur p. 19, 54, 75, 77, 101,
71, 84, 86-87, 88, 89, 90,
103.
91, 93, 97, 98, 107.
La dent p. 34, 67, 87.
La peau p. 85, 88.
Les éléments durs p. 21, 34, 47, 59, 78, 87-
Le phallus p. 60, 67, 87, 90, 91,
91, 93, 101, 107.
101.
Les éléments mous p. 21, 34, 44, 47, 59, 78,
Les redjou (humeurs) p. 53, 85, 87, 91, 99,
85-91, 93, 101, 107.
101.
Le ib p. 7, 28, 33-35, 44-45,
Le sang p. 60, 87, 88, 102.
48, 53, 59, 63, 71, 72-78,
99-102, 105, 108.

150
Index des Parties du corps et des éléments de la personne

La sphère physique p. 9, 102, 108.

La sphère sociale p. 9, 102, 108.

Les tendons p. 85.

La tête p. 33, 36, 41, 55, 60, 61,


100.

Le tronc p. 11, 72-73, 75, 76, 78,


84, 101.

151
Volume I - Annexes

Index

A. Res Notabiles Le rituel d’ – p. 53, 55, 58, 71, 97-99,


108.
L’argent p. 89, 90, 92, 98, 107.
L’atelier d’ – p. 57, 62, 93.
L’astre
L’éternité-djet p. 17-20, 23-25, 32, 47,
– impérissable p. 89. 49, 69, 78, 89-91, 95,
– lunaire p. 70, 97. 106, 107.

– solaire p. 24, 98. Le fer p. 21, 52, 89, 107.

Les canopes (vases) p. 33, 71, 73, 74, 78, 99, Le fils p. 20, 28, 31, 32, 36, 37,
100, 101, 108. 38, 39, 45, 46, 55, 59,
60, 77, 101, 102, 103,
Le ciel p. 22, 23, 24, 28, 29, 30, 104.
31, 32, 34, 38, 40, 41,
42, 68, 69, 70, 71, 75, L’héritier p. 31, 32, 38, 39, 40, 55,
78, 89, 95, 97, 100, 104, 60, 76-78, 101-102, 104,
106, 109. 105.

Le culte p. 28, 29, 36, 46, 48, 76, L’horizon p. 28, 29, 34, 35, 37, 40.
77, 91, 92, 103. Le jugement p. 30, 31, 37, 38, 57, 96,
– funéraire p. 35, 37, 46, 56, 77, 78, 102, 103.
103, 104, 105. La justification p. 17, 30, 31, 32, 35, 37,
Le corps de – p. 30, 91, 92, 103. 47, 74, 92, 96, 102-103,
104, 105.
La statue de – voir l’entrée « Statue ».
La lune p. 55, 70, 95, 97, 98.
La Dat p. 28, 34, 37.
La magie-akhou p. 24-25, 41, 59.
La Douat p. 43.
La magie-hékaou p. 24-25, 41.
L’embaumement p. 39, 52, 54-56, 58, 65,
66, 69, 70, 71, 77, 86, La mère p. 43, 60, 61, 75, 88, 93.
96, 99, 101, 102, 104, La momification p. 33, 52, 53, 66, 68, 69,
105.

152
Index des Res Notabiles

70-71, 76, 78, 93, 96-97, Edfou p. 98.


102, 104, 107.
Héliopolis p. 24, 58.
Le Noun p. 20, 31, 59, 62, 99.
Létopolis p. 67.
L’or p. 21, 24, 52, 89, 90, 91-
Philae p. 92, 98.
93, 98, 107.

Le père p. 22, 30, 32, 33, 36,


38-40, 46, 55, 57, 59,
76, 77, 88, 93, 101, 102,
103, 104. C. Fêtes et rites
La Fête du 15e jour p. 97, 98.
La renommée p. 11, 95, 96, 104, 107.
Le Rituel de l’embaumement
Le soleil p. 61, 98.
Voir l’entrée
La statue p. 8, 36, 45, 46, 76, 91, « Embaumement »
92, 94, 98, 99, 100, 103,
Le Rituel de l’Ouverture de la bouche
109.
p. 24, 92, 99.
– de culte p. 24, 29, 35, 37, 46, 75,
Le Rite de remplissage de l’Œil-Oudjat
92, 108.
p. 98.
Le temps-néheh p. 19, 23-25, 69, 76, 90,
Le Rite de l’union au disque
95, 106, 107.
p. 98.
La terre p. 18, 22, 24, 32, 34, 37,
Le Rituel divin journalier
38, 41, 42, 46, 47, 56,
p. 29.
58, 64, 66, 67, 68-70,
72, 73, 74, 75, 77, 78, La Veillée horaire p. 57.
86, 90, 91, 95, 100, 101,
104, 105, 107, 109.

D. Mots égyptiens
jwf p. 21, 34, 37, 44, 53, 54,
B. Toponymes
56, 59, 60, 62, 64, 69,
Abydos p. 26, 70, 75. 71, 78, 84, 85, 86, 87,
88, 90, 91, 93, 101, 107.
Busiris p. 39, 70, 75, 77.
a.t p. 11, 84-85.
Dendara p. 98.

153
Volume I - Annexes

[Link] p. 21, 34, 36, 49, 52, 53,


55, 57, 62, 76, 83, 84,
87, 88, 89, 91, 93, 107.

bjA p. 89, 21, 52.

mt.w p. 62, 85, 87-88.

Haw wAD p. 54-56.

Haw nTr p. 21, 50, 59, 89, 90, 92,


93.

saH p. 11, 101, 107.

os.w p. 21, 34, 36, 52, 53, 55,


62, 64, 71, 78, 84, 85,
86, 87, 88, 89, 91, 93,
107.

154
Index des Res Notabiles

155
Volume II

Avant-propos

Le volume II de cette étude est consacré au corpus de textes sur lequel se fonde
l’analyse du premier volume. Il présente ainsi l’ensemble des attestations des vocables Haw,
XA.t et D.t relevées dans les Textes des Pyramides et les Textes des Sarcophages, regroupées en
162 documents. Le corpus est donc divisé en trois parties, organisées en fonction du nombre
de références, selon un ordre décroissant. La première partie rassemble ainsi les occurrences
du mot D.t, la deuxième celles du mot Haw, et la troisième celles du mot XA.t. À l’intérieur
de chacune de ces sections, les documents eux-mêmes sont classés par ordre chronologique,
puis par numéro de formule, selon la numération des éditions de K. Sethe pour les Textes des
Pyramides1 et d’A. de Buck pour les Textes des Sarcophages2. Les numéros de formules des
Textes des Pyramides précédés d’un astérisque correspondent cependant à la numérotation de
R. O. Faulkner3, quant à ceux précédés d’un N se rapportent aux nouveaux découpages proposés
par l’édition de la pyramide de Pépy Ier de la MAFS4.

Chaque document présente donc un extrait de formule – rarement la formule entière –


reprenant les termes étudiés dans leur contexte. La traduction des textes est complétée de notes,
ainsi que d’une translittération et d’une reproduction des planches des éditions originales de
K. Sethe et de R.O. Faulkner5 pour les Textes des Pyramides et d’A. de Buck pour les Textes
des Sarcophages. Le document s’accompagne également d’une courte notice sur le contexte
général de la formule dont est issu l’extrait et, le cas échéant, d’une bibliographie s’y rapportant.
Il est en outre indiqué lorsqu’une même formule se retrouve d’un corpus à l’autre, voire si elle
subsiste dans le Livre des Morts.

De même, dans le cas des Textes des Pyramides, l’ensemble des parallèles ont été
répertoriés et présentés selon les normes de spatialisation dans les appartements funéraires
établies par la MAFS dans la publication des textes de la pyramide de Pépi Ier, et reprises par le
récent ouvrage de J.P. Allen, proposant une nouvelle édition des Textes des Pyramides6. Ainsi,
selon ses termes, il s’agit d’une « désignation codée où se succèdent le nom du roi (ou le cas
échéant de la reine ou du particulier), la pièce de l’appartement funéraire, l’orientation cardinale

1 K. Sethe, Die Altaegyptischen Pyramidentexte nach den Papierabdrücken und Photographien des Berliner
Museums. Neu Herausgegeben und Erläutert, 4 vol., 1908-1922.
2 A. de Buck, The Egyptian Coffin Textes, OIP 34-87, 1935-1961.
3 R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts translated into English, 1969.
4 C. Berger-el Naggar, J. Leclant, B. Mathieu et I. Pierre-Croisiau, Les textes de la pyramide de Pépy Ier,
MIFAO 118, 2001.
5 R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts. Supplement of Hieroglyphic Texts, 1969.
6 J.P. Allen, A New Concordance of the Pyramid Texts, 6 vol., 2013.

158
Avant-propos

de la paroi concernée et le numéro d’ordre de la colonne ou de la ligne »7. Les abréviations


utilisées sont les suivantes :

Propriétaires de la pyramide

W Ounas
T Téti
P Pépi Ier
M Mérenrê
N Pépi II
Nt Neit
Ip Ipout (Apouit)
Oudj Oudjebten
Aba Aba

Pièces de l’appartement funéraire

A antichambre
A-S passage antichambre-serdab
C couloir
C ant couloir, partie antérieure
C med couloir, partie médiane
C post couloir, partie postérieure
D descenderie
D ant descenderie, partie antérieure
D post descenderie, partie postérieure
F chambre funéraire
F-A passage chambre funéraire-antichambre
S serdab
V vestibule

Orientation cardinale

E est
N nord
S sud
W ouest

7 C. Berger-el Naggar, J. Leclant, B. Mathieu et I. Pierre-Croisiau, Les textes de la pyramide de Pépy Ier,
MIFAO 118, 2001, p. 6.

159
Volume II

En présentant les sources de manière brute, ce second volume a ainsi essentiellement


pour vocation de servir d’outil fonctionnel pour l’établissement des textes, les analyses de ces
documents étant effectuées dans le premier volume.

160
Avant-propos

161
Volume II - 3e Partie

PARTIE 3.
Corpus - D.t

162
Volume II - 3e Partie

Document 1.
Pyr. §3b-e [TP 4-5]

Contexte
Formules inscrites sur le sarcophage de Téti. C’est donc Nout, la déesse tutélaire du sarcophage,
qui s’adresse au défunt pour lui envoyer Isis et Nephthys.

Parallèles
T/Sarc/N et S
CT VIII, 3b-c (= J. Allen, CT 8, p. 3) (seulement pour la formule [TP 4])

Traductions
-- J.P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Writings from the Ancient World 23, Atlanta,
2005, p. 67, § 1-2.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Oxford, 1969, p. 1.

164
Corpus - 1. D.t

[TP 4]
Dd mdw jn Nw.t. N, rd~n(=j) n=k sn.t=k As.t nDr=s jm=k d=s n=k jb=k n(y) D.t=k.

[TP 5]
Dd mdw jn Nw.t. N, rd~n(=j) n=k sn.t=k Nb.t-Hw.t nDr=s jm=k d=s n=k jb=k n(y) D.t=k.

Parole à prononcer par Nout. N, je t’ai donné ta sœur Isis pour qu’elle te saisisse et qu’elle te
donne ton ib de ton D.t.

Parole à prononcer par Nout. N, je t’ai donné ta sœur Nephthys pour qu’elle te saisisse et qu’elle
te donne ton ib de ton D.t.

165
Volume II - 3e Partie

Document 2.
Pyr. § 32a [TP 41]

Contexte
Formule d’offrande d’une cruche de lait.

Parallèles
W/F/N I 30 (= W 30)
T/F/N
P/F/Ne I 46
M/F/Ne
N/F/Ne II 39 (= N 258)
Nt/F/Ne AI 36 (= Nt 100)
Ip, fgt 10, 3 + fgt 20, 6
Aba/F/Ne AI 23 (= Aba 92)

Traductions
-- J.P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Writings from the Ancient World 23, Atlanta,
2005, p. 20, § 29.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Oxford, 1969, p. 9.

166
Corpus - 1. D.t

M(j) tp n(y) mnD n(y) 1r n(y) D.t=f, m(j) n=k jr r(A)=k. jrT mr 1.

Prends l’extrémité de la poitrine d’Horus, de son D.t, prends(-le) donc à ta bouche. 1 cruche de
lait.

167
Volume II - 3e Partie

Document 3.
Pyr. § 37b-d [TP 50]

Contexte
Formule d’offrande.

Parallèles
W/F/N I 47-48 (= W 47-48)
T/F/N
P/F/Ne I 92-93
M/F/Ne
N/F/Ne II 55-56 (= N 278-279)
Nt/F/Ne AI 55-56 (= Nt 119-120)
AbA/F/Ne AI 41-42 (= Aba 110-111)

Traductions
-- J.P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Writings from the Ancient World 23, Atlanta,
2005, p. 21, § 38.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Oxford, 1969, p. 10.

168
Corpus - 1. D.t

Ra dwAw=k jm p.t dwAw=k n N (x.t) nb(.t) x.t nb(.t) n D.t=k x.t nb(.t) n kA N x.t nb(.t) n D.t=f
x.t nb.t, (fAt xft-Hr=f) Dsr.t.

Rê, ton adoration est dans le ciel, ton adoration appartient à N en toute chose, car toute chose
appartient à ton D.t, toute chose appartient au ka de N et toute chose appartient à son D.t en toute
chose. (Apport d’offrandes devant lui), table d’offrande.

169
Volume II - 3e Partie

Document 4.
Pyr. § 52a-53b [TS 77]

Contexte
Formule d’offrande de l’huile-mehret, associée ici à l’huile HAt.t n(y).t aS, l’une des huiles
canoniques utilisées dans les rites égyptiens.

Parallèles
W/F/N II 6-9 (= W 61-63)
T/F/N
P/A-S/S 14-18
M/F/Ne
N/F/Ne III 6-10 ( = N 313-317)
Nt/F/Ne AII 6-13 (= Nt 134-141)
Aba/F/Ne AII 6-10 (= Aba 126-130)
CT VIII, 52a-53b (= J.P. Allen, CT 8, p. 20-24)

Traductions
-- J.P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Writings from the Ancient World 23, Atlanta,
2005, p. 22, § 51.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Oxford, 1969, p. 18.

170
Corpus - 1. D.t

mrH.t, mrH.t, Tn wn=T ? jm(y)t HA.t 1r, Tn wn=T ? wn=T m HA.t 1r, dd(=j) Tm m HA.t N pn snDm=T
n=f Xr=T sAx=T sw Xr=T d=T sxm=f m D.t=f d=T Sa.t=f m [Link] Ax.w nb(.w) [Link]=sn n=f, sDmt(j)=f(j)
nb rn=f jsT. HA.t.t (ny.t) aS.

Huile, huiles, où es-tu ? Celle qui est sur le front d’Horus, où es-tu ? Tu étais au front d’Horus
et (je) te mets au front de ce N-ci pour que tu l’assouplisses sous ton action, que tu le rendes
akh sous ton action, que tu lui permettes de disposer de son D.t et que tu places la terreur qu’il
inspire dans les yeux de tous les esprits-akhou qui le verraient, ainsi que quiconque entendrait
son nom.

171
Volume II - 3e Partie

Document 5.
Pyr. § 69a-c [TP 106]

Contexte
Formule de présentation des deux arcs.

Parallèles
P/F/Ne IV 40-43
N/F/Ne III 98-103 (= N 403-408)
CT VIII, 69a-70d (= J.P. Allen, CT 8, p. 32)

Tradition
CT VII, 61z-dd [TS 858] (= doc. 80)

Traductions
-- J.P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Writings from the Ancient World 23, Atlanta,
2005, p. 260, § 295a.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Oxford, 1969, p. 24.

172
Corpus - 1. D.t

Dd mdw. hA Wsjr pw jnk sA=k jnk 1r jw~n(=j) jn~n(=j) n=k [Link] 1r n(y).t D.t=f, nDr sn jwn(=j)
n=k sn.

Parole à prononcer. Ô cet Osiris, je suis ton fils, je suis Horus. Je suis venu t’apporter les deux
yeux d’Horus de son D.t, saisis-les, car (je) te les ai réuni.

173
Volume II - 3e Partie

Document 6.
Pyr. § 160a-c [TP 217]

Contexte
Formule de résurrection. Le défunt est appelé à rejoindre son père Atoum au ciel en tant
qu’esprit-akh.
Cette formule est présente dans toutes les pyramides et est toujours située sur la paroi sud de la
chambre funéraire, généralement dans la partie est, c’est-à-dire proche de la porte qui permet
au défunt de rejoindre l’horizon et le ciel.

Parallèles
W/F/S 17-28 (= W 222-233)
T/F/S 15-23
P/F/Se 7-11
M/F/Se 9-13
N/F/Se 9-15 (= N 709 + 59-65)
Nt/F/Se I 20-33 (= Nt 512-525)
Ip, fgt 30, 4-5 + fgt 31, 1-5 + 3, 1-3
Oudj/F/Se (= Oudj 225-232)
Oudj/F/Se (= Oudj 234-244)
Aba/F/Ne B 14-21
CT VIII, 152a-160c (= J.P. Allen, CT 8, p. 122-145)

Traductions
-- J.P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Writings from the Ancient World 23, Atlanta,
2005, p. 34, § 150.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Oxford, 1969, p. 45.

174
Corpus - 1. D.t

Ra-6mw j n=k sA=k j n=k N sjar~n=k sw, Sn~n=k sw m-Xnw a=k, sA=k pw n(y) D.t=k n D.t.

Rê-Atoum, ton fils viendra à toi, N viendra à toi, car tu l’as élevé et tu l’as entouré de ton
étreinte, il est ton fils de ton D.t pour l’éternité-djet (a).

(a) Cet énoncé se retrouve au doc. 8 (Pyr. § 213a-b [TP 222]).

175
Volume II - 3e Partie

Document 7.
Pyr. § 193a-c [TP 219]

Bibliographie
Broze (M.), CywiÉ (A.), « Généalogie et topologie. Pratique du mythe dans la formule 219
des Textes des Pyramides », dans M. Broze, Chr. Canuyer, Fl. Doyen (éd.), Interprétation.
Mythes, croyances et images au risque de la réalité, Acta Orientalia Belgica 21, 2008,
p. 63-75.

Contexte
Formule d’identification du défunt avec le dieu Osiris.

Parallèles
W/F/E inf 1-7 (= W 262-268)
T/F/S 29-54
P/F/Se 14-25
M/F/Se 18-36 (= N 709 + 68-719 + 6)
Nt/F/Se I 41-72 (= Nt 533-564)
Ip, fgt 5, 2-7 + fgt 26, 1-3 + fgt 25, 1-2
Aba/F/Ne B 26-41 (= Aba 286-301)
CT VIII, 167a-186b (= J.P. Allen, CT 8, p. 158-191)

Traductions
-- J.P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Writings from the Ancient World 23, Atlanta,
2005, p. 38, § 152.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Oxford, 1969, p. 48.

176
Corpus - 1. D.t

D.t=k D.t n(y).t N pn jwf=k jwf n(y) N pn os.w=k os.w N pn, sb=k sb N pn sb N pn sb=k.

Ton D.t est le D.t de ce N, ta chair est la chair de ce N, tes os sont les os de ce N. Ton départ est
le départ de ce N, le départ de ce N est ton départ.

177
Volume II - 3e Partie

Document 8.
Pyr. § 211a-213b [TP 222]

Contexte
Formule de résurrection. Le défunt est appelé à rejoindre son père Atoum au ciel.

Parallèles
W/F/E 16-33 (= W 277-294)
T/F/S 59-70
P/F/Se 28-33
M/F/Se 37-44
N/F/Se 39-45 (= N 719 + 14-15)
Nt/F/Se I 78-89 (= Nt 570-581)
Oudj, fgt O, 5-6
Aba/F/Ne B 44-49 (= Aba 304-309)
CT VIII, 221a-213b (= J.P. Allen, CT 8, p. 248-250)

Traductions

- J.P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Writings from the Ancient World 23,
Atlanta, 2005, p. 40, § 155.

- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Oxford, 1969, p. 50.

178
Corpus - 1. D.t

179
Volume II - 3e Partie

sxm=k m D.t=k n jmj-rd=k, ms=k n 1r jwr=k n 4tS, wab~n=k m Jmn.t, Ssp~n=k ab=k m 1oA-
anD xr jt=k xr 6mw, xpr~n=k oA~n=k Ax~n=k, obb n=k m-Xnw a jt=k, m-Xnw a 6mw, 6mw
sjar~n=k N pn, Sn~n=k sw m-Xnw a=k, sA=k pw n(y) D.t=k n D.t.

Tu disposeras de ton D.t sans entrave, tu enfanteras pour (faire) Horus et concevras pour (faire)
Seth car tu es purifié dans le nome de l’Ouest et tu as reçu ta purification dans le nome de Héqa-
ânedj auprès de ton père, auprès d’Atoum, tu es advenu, tu as été élevé, tu es devenu un esprit-
akh et la fraîcheur est pour toi dans l’étreinte de ton père, dans l’étreinte d’Atoum. Atoum, tu as
élevé ce N-ci et tu l’as entouré de ton étreinte, car c’est ton fils de ton D.t pour l’éternité-djet (a).

(a) Cette dernière phrase se retrouve au doc. 6 (Pyr. § 160b-c [TP 217]).

180
Corpus - 1. D.t

181
Volume II - 3e Partie

Document 9.
Pyr. § 221a-c [TP 224]

Contexte
Cette formule est intégrée au rituel de la présentation des offrandes. L’officiant présente au
défunt « toutes ses dignités (saH.w nb.w) » pour faire de lui celui qui préside aux vivants et aux
esprits-akhou.

Parallèles
W/F/E inf 36-38 (= W 297-299)
T/F/E inf 1-2 (= T 137-138)
T/F/E inf 5-13 (= T 141-149)
P/F/Ne III 41-47 + 48-55
M/F/E inf 5-7 (= M 198-200)
N/F/Ne V 37-46 (= N 537-546)
Nt/F/Ne BI 9-15 suivi de Nt/F/Ne BII 1-3 (= Nt 337-346)
Oudj/F/N (= Oudj 120-127 + 128-134)

Traductions

- J.P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Writings from the Ancient World 23,
Atlanta, 2005, p. 28, § 135.

- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Oxford, 1969, p. 53.

182
Corpus - 1. D.t

183
Volume II - 3e Partie

Htp=w xr.t=k Ax=k hA N m-ab sn.w=k nTr.w, nS(w) sw nS(w) sw [Link] msw=k sA(w) Tw, Dr(w)=k pw
jm tA. Dd mdw sp-4 : wnx D.t=k, jw=tw=k xr=sn.

Ton état d’esprit-akh est satisfait, ô N, en compagnie de tes frères divins. Celui qui l’a craché,
Celui qui l’a craché, protège ton enfant qui te garde, car c’est ta limite terrestre. Parole à
prononcer quatre fois : ton D.t a été vêtu, que l’on t’amène auprès d’eux.

184
Corpus - 1. D.t

185
Volume II - 3e Partie

Document 10.
Pyr. § 224a-d [TP 225]

Contexte
Cette formule est une variante du TP 224 (doc. 9).

Parallèles
P/F/Ne III 56-62
N/F/Ne V 46-53 (= N 546-552 + 1)
Nt/F/Ne BII 4-14 (= Nt 347-357)

Traductions
-- J.P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Writings from the Ancient World 23, Atlanta,
2005, p. 263, § 309.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Oxford, 1969, p. 53.

186
Corpus - 1. D.t

Sm=k m wAD-an m [Link]=k nb(.t) m saH=k nb nHbt=k xntj anx.w mdw=k xntj Ax.w, [Link] smsw [Link]=f
sA=f, wnx=tj D.t=k, jw=tw=k xr(=f) nxx~n=k […].

Tu iras dans la barque ouadjân en chacune de tes places et en chacune de tes dignités, alors que
ton sceptre-néhébet préside aux vivants et ton bâton (de commandement) préside aux esprits-
akhou. Que l’ancien s’en aille pour protéger son fils, on vêtira ton D.t pour que l’on t’amène
auprès de (lui) car tu es devenu vieux […].

187
Volume II - 3e Partie

Document 11.
Pyr. § 371c-373b [TS 268]

Contexte
Cette formule permet au défunt de traverser l’horizon pour atteindre le ciel.
L’officiant s’adresse au défunt.

Parallèles
W/A/S 27-31
T/A/S 4-6
P/F/Sw B 22-26
M/F/Nw B 6-12
N/F/Nw B 5-12
Nt/F/Nw A 32-37
Aba/F/Se V
CT VIII, 370a-375b (= J.P. Allen, CT 8, p. 281-282)

Traductions
-- J.P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Writings from the Ancient World 23, Atlanta,
2005, p. 49, § 175.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Oxford, 1969, p. 76-77.

188
Corpus - 1. D.t

189
Volume II - 3e Partie

AT sw As.t, sno sw Nb.t-Hw.t, Ssp sw 1r r [Link]=f, swab=f N pn m 5 4Ab sfxw=f kA n(y) N pn


m 5 8Atj [Link]=f jwf n(y) kA n(y) N pn n(y) D.t n=f m nw Hr rmn Ra m Ax.t, Sspw=f psD(w) [Link]
[Link]=f Hr nTr.w sxp=f kA n(y) N pn n D.t=f r Hw.t aA.t.

Isis le nourrira, Nephthys l’allaitera et Horus l’accueillera de ses deux doigts. Il purifiera ce
N-ci dans le Lac du Chacal, il libèrera le ka de ce N dans le Lac de la Dat et il lui essuiera la
chair du ka de ce N-ci, de son D.t avec ce qui recouvre l’épaule de Rê dans l’horizon. Il recevra
celui qui illumine les deux terres pour ouvrir le visage des dieux, il apportera le ka de ce N-ci,
de son D.t, à la Grande Demeure.

190
Corpus - 1. D.t

191
Volume II - 3e Partie

Document 12.
Pyr. § 447a-b [TP 301]

Contexte
Formule d’offrandes à une litanie de dieux primordiaux.

Parallèles
W/A/E inf 27-36 (= W 557-566)
T/A/S
P/A/S 14-18
M/A/E inf 1-8
N/A/E inf 1-7 (= N 1055 + 14-20)

Traductions
-- J.P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Writings from the Ancient World 23, Atlanta,
2005, p. 55, § 206.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Oxford, 1969, p. 90.

192
Corpus - 1. D.t

pA.t=k n=k 6mw Hna [Link], jr.w [Link]=sn D.t=sn Ds=sn 5w p(w) Hna 6fnw.t.

Ta galette-pat est à toi, Atoum et les Deux Lions, qui avez fait vous-mêmes vos divinités et vos
D.t, c’est-à-dire Chou et Tefnout.

193
Volume II - 3e Partie

Document 13.
Pyr. § 482a-484c [TP 307]

Contexte
Formule affirmant que le défunt appartient à la généalogie héliopolitaine.

Parallèles
W/A/N 25-31 (= W 591-597)
P/V/W 51-53 (= P 680-682)
CT VIII, 482a-486d (= J.P. Allen, CT 8, p. 288-289)

Traductions
-- J.P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Writings from the Ancient World 23, Atlanta,
2005, p. 58, § 212.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Oxford, 1969, p. 95.

194
Corpus - 1. D.t

195
Volume II - 3e Partie

Dd mdw. Jwnwj m N nTr Jwnwj=k m N nTr Jwnwj m N Ra Jwnwj=k m N Ra mw.t n(y).t N Jwnwj
jt n(y) N Jwnwj N Ds=f Jwnwj msy m Jwnw (j)sk Ra Hr(y)-tp [Link] Hr(y)-tp rxj.t Nfr-tm n tw
sn-nw=f, jwa jt(=f) Gb, nTr nb wdt(y)=f(y) a=f m-Dr Hr n(y) N r=k dwA=f Tw njs=f r=k Hr D.t N nTr
Hr fnD=f nTr.

Un Héliopolitain est en N (ô) dieu, ton Héliopolitain est en N (ô) dieu, un Héliopolitain est
en N (ô) Rê, ton Héliopolitain est en N (ô) Rê, la mère de N est Héliopolitaine, le père de N
est Héliopolitain, N lui-même est Héliopolitain, né à Héliopolis, Rê étant le chef des deux
Ennéades et du peuple, Nefertoum sans égal, l’héritier de (son) père Geb. Tout dieu qui mettra
son bras lorsque le visage de N est (tourné) vers toi pour t’adorer, il t’appellera au sujet du D.t
de N, dieu, au sujet de son nez, dieu.

196
Corpus - 1. D.t

197
Volume II - 3e Partie

Document 14.
Pyr. § 594a-c [TP 359]

Contexte
Cette formule invoque le Passeur, qui peut prendre plusieurs aspects, pour aider le défunt à
traverser le Canal sinueux.

Parallèles
T/F-A/N 1-16 (= T 185-200)

P/V/W 45-50 (= P 674-679)

M/C ant/E

N/C ant/E 21-35 (= N 1282-1296)

Aba, fgt V, 3-6 et 9

Traductions

- J.P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Writings from the Ancient World 23,
Atlanta, 2005, p. 76, § 181.

- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Oxford, 1969, p. 116.

198
Corpus - 1. D.t

Dd mdw. Jh(=w) jn 1r n jr.t=f jh(=w) jn 4tS n Xrwj=j, sTp Jr.t 1r xr(=s) m pf gs n(y) Mr-n-xA
[Link]=s D.t=s m a 4tS.

Horus a poussé un cri à cause de son œil, Seth a poussé un cri à cause de ses testicules. L’Œil
d’Horus sautera et tombera de ce côté-là du Canal sinueux et il protégera son D.t du bras de
Seth.

199
Volume II - 3e Partie

Document 15.
Pyr. § 683a-d [TP 390]

Contexte
Formule de renaissance en esprit-akh.

Parallèles
T/A/E 22-24 (= T 313-315)

Traductions
-- J.P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Writings from the Ancient World 23, Atlanta,
2005, p. 90, § 265.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Oxford, 1969, p. 128.

200
Corpus - 1. D.t

Dd mdw. wab N, wab kA=f, wDA=w N wDA=w N wDA(=w) 1r n [D.t=f, wDA=w] N wDA=w N wDA(=w)
4tS n D.t=f, wDA(=w) N n D.t=f jmj-wtj=Tn.

Parole à dire. Puisse N est pur et son ka est pur, N est sain (2x), Horus est sain de [son D.t], N
[est sain] (2x), Seth est sain de son D.t, N est sain de son D.t entre vous deux.

201
Volume II - 3e Partie

Document 16.
Pyr. § 762a-c [TP 422]

Contexte
Formule de transformation en esprit-akh.

Parallèles
P/F/W sup 1-21 (= P 1-21)
M/F/W sup 1-23 (= M 1-23)
N/F/W inf 42-52 (= N 112-122)
CT VIII, 752a-764b (= J.P. Allen, CT 8, p. 339-343)

Traductions
-- J.P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Writings from the Ancient World 23, Atlanta,
2005, p. 101, § 4.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Oxford, 1969, p. 139.

202
Corpus - 1. D.t

hA N pw, rd(=w) n=k anx wAs nb D.t n=k jr=k jn Ra, mdw=k D.t=k Ssp~n=k jrw nTr aA=k jm xr
nTr.w xntjw-S.

Ô ce N, il t’est accordé toi toute vie et domination pour l’éternité-djet par Rê. Tu parleras, plus
précisément ton D.t, après avoir pris une forme divine et tu seras grand auprès des dieux qui
président au lac.

203
Volume II - 3e Partie

Document 17.
Pyr. § 876a-877d [TP 463]

Contexte
Formule pour quitter le monde souterrain et rejoindre l’horizon. Raison pour laquelle elle se
trouve dans le passage entre la chambre funéraire et l’antichambre dans les pyramides.

Parallèles
P/F-A/N 14-20 (= P 153-159)
M/F-A/N 19-21
N/F-A/S 18-21 (= N 784-787)

Traductions
-- J.P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Writings from the Ancient World 23, Atlanta,
2005, p. 122, § 313a.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Oxford, 1969, p. 154-155.

204
Corpus - 1. D.t

205
Volume II - 3e Partie

Dd mdw. Wn(=w) n=k [Link] p.t jsn(=w) n=k [Link] obHw jpw xsf(w).w rxjt, nw n=k Mnj.t Dsw
n=k Hnmm.t aHa n=k Jxmw-sk, TAw=k snTr mHjt=k Htj Twt Wrrtj m 6A-wr Twt sbA pw [Link] prr(w)
m gs [Link] n(y) p.t jwty rd~n=f D.t=f n 1r-8wAtj.

Les vantaux du ciel te sont ouverts, les vantaux de la fraîcheur te sont écartés, ceux qui
repoussent le peuple. Le piquet d’amarrage s’occupera de toi, la population t’invoquera et les
Impérissables se lèveront pour toi. Ton souffle est encens, ton vent du nord est fumée, tu es
Celui à qui appartient la couronne-oureret dans le nome de This, tu es l’étoile unique sortant du
côté est du ciel sans laisser son D.t à Horus-Douaty.

206
Corpus - 1. D.t

207
Volume II - 3e Partie

Document 18.
Pyr. § 1097a-1098d [TP 506]

Contexte
Cette formule, toujours située dans le couloir des pyramides, permet au défunt de quitter
l’horizon pour rejoindre le ciel, l’associant ainsi à des étoiles ou des constellations.

Parallèles
P/C med/E 32-43 (= P 265-276)
M/C med/W 32-46 (= M 476-490)
N/C ant/W 1-14 (= N 1244-1257)

Traductions
-- J.P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Writings from the Ancient World 23, Atlanta,
2005, p. 157, § 460.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Oxford, 1969, p. 181.

208
Corpus - 1. D.t

209
Volume II - 3e Partie

210
Corpus - 1. D.t

Dd mdw. N pn wnS.t, N pj wnStj, N p(j) 1p, N pj 8wA-mw.t=f, N pj Jmstj, N pj ObH-sn.w=f, N


pj Dwn-an.w(y), N p(w) nTr.w jpw aA.w xntjw-S, N pj bA anx(w) spA Hr aSm tp=f, nHm(w) D.t=f,
jT(w) D.t=f m Xnn.w.

Paroles à prononcer. Ce N-ci est un chacal femelle, N est celui du chacal femelle ; N est Hâpy,
N est Douamoutef, N est Imseti, N est Qebehsenouf, N est Dounanouy ; N est ces grands dieux
qui président au lac, N est le ba vivant au visage de mille-pattes et dont la tête est une image
divine, qui a retiré son D.t, qui a soustrait son D.t aux fauteurs de troubles.

211
Volume II - 3e Partie

Document 19.
Pyr. § 1172b-1174d [TP 513]

Contexte
Cette formule, toujours située dans le couloir des pyramides, permet au défunt de quitter
l’horizon pour rejoindre le ciel, l’associant ainsi à divers corps célestes.

Parallèles
P/C med/W 63-72 (= P 77-386)
M/C ant/W 32-46
N/C ant/W 31-36 (= N 1261+13-18)

Traductions
-- J.P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Writings from the Ancient World 23, Atlanta,
2005, p. 155, § 463.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Oxford, 1969, p. 189.

212
Corpus - 1. D.t

213
Volume II - 3e Partie

wab DbA ns.t=k m wjA Ra Xn=k Hr.t sjar=k [Link].w Xn=k Hna Jxmw-sk sqd=k Hna Jxmw-wrD,
Ssp=k jnw.t mskt.t xpr=k m Ax jm 8A.t anx=k m anx pw nDm anxw nb Ax.t jm=f Agbj wr jm p.t.
« Jn-m(j) tj jr(w) n=k nn ? » jn nTr.w Smsw 6mw, jn Wr r[f] jr(w) n=f nw mHtj Hn.t Hntj Nw.t,
sDm~n=f njs=f jr~n=f Dd.t n=f jT~n[=f n=f] D.t=f m DADA.t 4rj Nwn xntj PsD.t aA.t.

Purifie-toi, occupe ton trône dans la barque de Rê, ainsi tu vogueras sur les hauteurs (célestes),
tu élèveras les éloignés et vogueras avec les Impérissable, tu navigueras avec les Infatigables.
Tu prendras les produits de la barque Mésektet, tu adviendras en esprit-akh dans la Dat et tu
vivras cette douce vie dont vit le seigneur de l’horizon, le grand flot dans le ciel. « Qui donc a
fait cela pour toi ? » demandent les dieux dans la suite d’Atoum. C’est le Grand qui a fait cela
pour lui, au nord du canal présidé par Nout. Il a entendu son appel, il a fait ce qui est dit pour
lui, [il] a pris possession de son D.t dans le tribunal du Magistrat, Noun qui préside à la Grande
Ennéade.

214
Corpus - 1. D.t

215
Volume II - 3e Partie

Document 20.
Pyr. § 1278a-1279c [TP 534]

Contexte
Formule de protection de la tombe.

Parallèles
P/C ant/E 1-26 (= P 492-517)

Traductions
-- J.P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Writings from the Ancient World 23, Atlanta,
2005, p. 167, § 483.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Oxford, 1969, p. 202.

216
Corpus - 1. D.t

rdt(y)=f(y) DbA=f jr mr pn Hw.t-nTr n(y).t P n(y).t kA=f rd~n=f DbA=f r Hw.t 1r m obHw, SAs n=f
Nb.t-1w.t s.t nb[.t jt](=s) Gb sDm mdw=f jn PsD.t, n Xr=f n Xr pr=f nASw pw wnm(w) D.t=f pw.

Celui qui placerait son doigt contre cette pyramide-ci, le temple de N et de son ka, il aurait placé
son doigt contre le domaine d’Horus dans la fraîcheur. Nephthys parcourra pour lui toutes les
places [de (son) père] Geb et sa parole sera entendue par l’Ennéade. Il n’a aucune autorité, sa
maison n’a aucune autorité car c’est un proscrit, c’est quelqu’un qui consomme son D.t.

217
Volume II - 3e Partie

Document 21.
Pyr. § 1300a-c [TP 537]

Contexte
Le défunt rejoint le ciel et la compagnie des dieux.

Parallèles
P/F/Se 80-82
P/C ant/E 68-72 (= P 559-563)
M/F/Se 75-77
N/F/Se 85-87 (= N 744-746)

Traductions
-- J.P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Writings from the Ancient World 23, Atlanta,
2005, p. 117, § 281.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Oxford, 1969, p. 205-206.

218
Corpus - 1. D.t

anx N pw ! nDr mw.t=k Nw.t jm=k Xnm=s Tw, Ssp Gb a=k, j m Htp xr jt.w=k, sxm=k m D.t=k,
wnx=t(j) D.t=k.

Vis, ce N ! Ta mère Nout te saisira et te rejoindra et Geb prendra ton bras. Viens en paix auprès
de tes pères car tu disposes de ton D.t et on vêtira de ton D.t.

219
Volume II - 3e Partie

Document 22.
Pyr. § 1406c [TP 562]

Contexte
Formule pour rejoindre le ciel et la compagnie des dieux.

Parallèles
P/V/W 1-2 (= P 630-631)
P/D ant/E 38-41
M/V/W 31-34
N/V/N 20-28 (= N 1370-1378)

Traductions
-- J.P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Writings from the Ancient World 23, Atlanta,
2005, p. 173, § 500.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Oxford, 1969, p. 218.

220
Corpus - 1. D.t

D.t=k m N pn nTr js m D.t=Tn m N nTr.w.

Ton D.t est ce N, dieu, voyez, votre D.t est N, dieux.

221
Volume II - 3e Partie

Document 23.
Pyr. § 1461b [TP N570B]

Contexte
Formule pour rejoindre le ciel et devenir un astre.

Parallèles
P/V/W 31-34 (= P 660-663)
P/D post/W 58-71
M/V/E 68-75 (= M 769-776)

Traductions
-- J.P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Writings from the Ancient World 23, Atlanta,
2005, p. 179, § 510.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Oxford, 1969, p. 225.

222
Corpus - 1. D.t

D.t=k m N Ra sanx D.t=k m N Ra.

Ton D.t est N, Rê, ton D.t vivra de N, Rê.

223
Volume II - 3e Partie

Document 24.
Pyr. § 1484a-e [TP 573]

Contexte
Le défunt prend l’aspect d’un oiseau pour sortir de sa tombe et rejoindre le ciel.

Parallèles
P/V/W 40-45 (= P 669-674)
M/C med/E 101-111 (= M 656-666)
N/C ant/E 10-21 (= N 1271-1282)

Traductions
-- J.P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Writings from the Ancient World 23, Atlanta,
2005, p. 181, § 513.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Oxford, 1969, p. 228-229.

224
Corpus - 1. D.t

225
Volume II - 3e Partie

[Link]=f j=pA=f m-a=Tn rmT m Apd.w nHm=f [Link]=f m-a=Tn m bjk jT~n=f D.t=f m-a=Tn m Dr.t, nHm N
pn m-a jmj-rd jm tA sfx N pn m-a [Link](=f).

Il s’envolera, il s’envolera loin de vous, hommes, comme un oiseau, il retirera ses bras de vous
comme un faucon (a) car il vous a dérobé son D.t en tant que milan. Ce N-ci s’échappera des
entraves terrestres, ce N-ci déliera (ses) liens (b).

(a) Il s’agit ici de la version de la pyramide de P. Dans celles de M et N, il s’agit cependant


d’une oie-sémen.

(b) Le texte égyptien insiste sur le fait que ces liens sont destinés à immobiliser les mains, par
opposition aux entraves (jmj-rd) citées juste avant. Toutefois, une traduction par « menottes »
impliquerait l’idée de fers, alors que généralement les textes évoquent plutôt des cordes pour
retenir le défunt prisonnier.

226
Corpus - 1. D.t

227
Volume II - 3e Partie

Document 25.
Pyr. § 1727a-1728b [TP 611]

Contexte
Le défunt est complètement assimilé au dieu Osiris, ce qui lui permet de sortir de sa tombe et
rejoindre le ciel.

Parallèles
P/V/E 76-78
M/V/S 24-35 (= M 721-732)
N/V/E 63-67 (= N 1327-1331)

Traductions
-- J.P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Writings from the Ancient World 23, Atlanta,
2005, p. 195, § 554.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Oxford, 1969, p. 254.

228
Corpus - 1. D.t

wn(=w) [Link]=k snS(=w) [Link]=k [Link] r=k jr pr-xw.t xw(~n Tw) (a) jt=k Gb, jno(=w) n=k wrr.w
jab(=w) n=k mr.w n 1r nD~n=f jt=f n jt N pn nD~n=f D.t=f.

Tes yeux sont ouverts, tes oreilles sont écartées, entre donc dans la Maison de la protection, car
ton père Geb (t’a) protégé. Les bassins-ourerou sont rassemblés pour toi, les terrains cultivés
sont réunis pour toi, par Horus qui a protégé son père et par le père de ce N-ci qui a protégé son
D.t.

(a) Restitution d’après la version de N. La version de P est en lacune à cet endroit, mais le
nombre de cadrats manquants permet de faire la même restitution.

229
Volume II - 3e Partie

Document 26.
Pyr. § 1786a-b [TP 628]

Contexte
Formules de la chambre funéraire, inscrites sur la partie ouest de la paroi et à mettre en lien avec
le sarcophage.
Nephthys s’approche du défunt pour s’occuper de lui.

Parallèles
P/F/Sw B 18-19 (en lacune)
N/F/Nw C 1-3 (= N 180-182)

Traductions
-- J.P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Writings from the Ancient World 23, Atlanta,
2005, p. 250, § 72.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Oxford, 1969, p. 261.

230
Corpus - 1. D.t

Dd mdw. Hw kw N ! [Link] k(w) N ! jnk Nb.t-Hw.t jw~n(=j) nDr jm=k d n=k jb=k n(y) D.t=k.

Paroles à prononcer. Oh, toi, N ! Retourne-toi N ! Je suis Nephthys, je suis venue te saisir et te
donner ton ib de ton D.t.

231
Volume II - 3e Partie

Document 27.
Pyr. § *1824a-g [TP *645]

Contexte
Le ritualiste présente le défunt comme Osiris, le fils héritier de Geb, au moment de prendre la
succession de son père sur le trône d’Égypte.

Parallèles
P/F/Ne III 89-92
N/F/Ne BV 65-68 (= N 552+16-19) (Seulement pour § 1824a-e)
Nt/F/Ne BIII 3-6 (= Nt 360-363)

Tradition
CT I, 178f-l [TS 42] (= doc. 40)

Traductions
-- J.P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Writings from the Ancient World 23, Atlanta,
2005, p. 320, § 225.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Oxford, 1969, p. 266.

232
Corpus - 1. D.t

Twt nTr aA fA~n kw 1r m 1[nw], wTs=f kw m 4kr sA pw wTs=f jt=f <Wsjr N m rn=k 4kr>, sxm=t
m 5ma m 1r pn sxm=k jm=f sxm=t m MHw m 1r pn sxmw=k jm=f sxm=k xw=k D.t=k m a xftj=k.

Tu es le grand dieu qu’Horus a porté dans la barque Hénou, il te soulève en tant que Sokar car
c’est le fils qui soulève son père, <Osiris N en ton nom de Sokar>. Tu disposeras de la Haute-
Égypte comme cet Horus-ci grâce à qui tu es puissant et tu disposeras de la Basse-Égypte
comme cet Horus-ci grâce à qui tu es puissant, tu seras puissant et tu protègeras ton D.t du bras
de tes ennemis.

233
Volume II - 3e Partie

Document 28.
Pyr. § *1884-1885 [TP *664]

Contexte
Formule de protection du défunt.

Parallèles
N/F/Sw III 1 (= N 583-584)

Traductions
-- J.P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Writings from the Ancient World 23, Atlanta,
2005, p. 250, § 82.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Oxford, 1969, p. 273.

234
Corpus - 1. D.t

Hw kw N ! nn kw N ! jnk As.t jw~n(=j) nDr jm=k d n=k jb=k n(y) D.t=k.

Oh, toi, N ! Retourne-toi N ! Je suis Isis, je suis venue te saisir et te donner ton ib de ton D.t.

235
Volume II - 3e Partie

Document 29.
Pyr. § *1916a-1920c [TP *666]

Contexte
Formule rituelle prononcée par l’officiant pour la résurrection du défunt. Dans toutes les
pyramides de roi où elle est présente, elle est située sur la paroi sud-est de la chambre funéraire,
c’est-à-dire proche de la porte par laquelle le défunt est censé quitter le monde souterrain (Dat)
pour rejoindre l’horizon, annonçant ainsi sa naissance divine.

Parallèles
P/F/Se 60-64
M/F/Se 50-56
N/F/Se 60-65 (= N 719 + 30-724)
Nt/F/E inf 16-27 (= Nt 738-749)
Oudj, fgt S, 1-9 + fgt R, 1-4 + fgt M, 1-4

Traductions
-- J.P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Writings from the Ancient World 23, Atlanta,
2005, p. 322, § 241b.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Oxford, 1969, p. 277.

236
Corpus - 1. D.t

237
Volume II - 3e Partie

hA N pw jno(=w) n=k os.w=k ab(=w) n<=k> [Link]=k sHD(=w) n=k jbH.w=k, Ssp(=w) n=k jb=k n(y)
D.t=k wxA(=w) n=k tA pw jr jwf=k Ssp~n=k abw=k pw fd.t=k jptw [Link] abH(wt) m mr nTrj wab=k
jm=sn nTr js pr=k jm Jr.t Ra js, xa=tj xntj=sn Gb js xntj X.t psD.t, Jwnwj wD=f mdw n nTr.w jw=f
mdw m Hms nTr anx(w) jT~n=k wrr.t sbA js [Link] sk(w) xftj.w

Ô ce N, tes os t’ont été assemblés, tes membres <t’>ont été unis, tes dents t’ont été blanchies,
tu as reçu ton ib de ton D.t et cette terre a été nettoyée de ta chair, tu as reçu cette tienne
purification, ces quatre tiens vases emplis par le canal divin et tu seras purifié par eux tel un
dieu, tu sortiras tel l’Œil de Rê. Tu es apparu devant eux tel Geb qui préside à la corporation de
l’Ennéade, l’Héliopolitain gouvernant les dieux et parlant pendant la séance du dieu vivant car
tu t’es emparé de la couronne-oureret tel l’étoile unique qui détruit les ennemis.

238
Corpus - 1. D.t

239
Volume II - 3e Partie

Document 30.
Pyr. § *1921d-g [TP *666]

Contexte
Formule rituelle prononcée par l’officiant pour la résurrection du défunt. Dans toutes les
pyramides de roi où elle est présente, elle est située sur la paroi sud-est de la chambre funéraire,
c’est-à-dire proche de la porte par laquelle le défunt est censé quitter le monde souterrain (Dat)
pour rejoindre l’horizon, annonçant ainsi sa naissance divine.

Parallèles
P/F/Se 60-64
M/F/Se 50-56
N/F/Se 60-65 (= N 719 + 30-724)
Nt/F/E inf 16-27 (= Nt 738-749)

Traductions
-- J.P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Writings from the Ancient World 23, Atlanta,
2005, p. 323, § 241b.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Oxford, 1969, p. 277.

240
Corpus - 1. D.t

hA Nt pw Ax n=k m-X.t=k, bA=k n=k HA=k, jb=k n=k n D.t=k, wDa(=w) n=k sAr.w=k, 1r js jmy pr=f,
sfx(=w) n=k [Link]=k, 4tS js jmy 6Axbjt.

Ô ce N, ton esprit-akh est à toi à l’intérieur de toi, ton ba est à toi autour de toi et ton ib est à
toi, celui de ton D.t. Tes liens t’ont été tranchés tel Horus qui est dans son domaine, tes entraves
t’ont été déliées tel Seth qui est dans Takhbit.

241
Volume II - 3e Partie

Document 31.
Pyr. § 2063a-2066b [TP 685]

Contexte
Formule de libation des liquides de la vie, qui permettent de recommencer la création du cosmos
et de donner naissance au nouveau dieu.

Parallèles
N/A/Ne 19-22 (= N 968-971)

Traductions
-- J.P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Writings from the Ancient World 23, Atlanta,
2005, p. 291-292, § 519.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Oxford, 1969, p. 295.

242
Corpus - 1. D.t

243
Volume II - 3e Partie

Dd mdw. j(=w) mw anx jmjw p.t, j(=w) mw anx jmjw tA, nb(=tj) n=k p.t, sdA(=w) n=k tA [Link]
msw.t nTr, wp=y [Link] xpr nTr sxm nTr m D.t=f, wp=y [Link] xpr N pn sxm N pn m D.t=f, mkj
N pn [Link] [Link]=f jn mw wabw wnnw xr 6mw jr(w) Hnn 5w xpr(w) kA.t 6fnw.t, jw~n=sn
jn~n=sn n=k mw wabw xr jt=sn, swab=sn Tw snTr=sn Tw N.

Les liquides de la vie provenant du ciel sont venus et les liquides de la vie provenant de la terre
sont venus, le ciel s’embrase pour toi et la terre tremble pour toi devant la naissance du dieu. De
même que les deux montagnes se sont séparées pour que le dieu advienne et que le dieu dispose
de son D.t, les deux montagnes se sont séparées pour que ce N-ci advienne et que ce N-ci
dispose de son D.t. Vois ce N-ci, ses pieds seront recouverts des liquides provenant d’Atoum,
qu’a engendrés le phallus de Chou et qu’a produits le vagin de Tefnout. Ils sont venus et t’ont
apporté les liquides purs provenant de leur père pour qu’ils te purifient et qu’ils te rendent divin,
N.

244
Corpus - 1. D.t

245
Volume II - 3e Partie

Document 32.
Pyr. § 2082b-2085b [TP 688]

Contexte
Formule d’ascension au ciel par une échelle de corde. Dans les pyramides royales, elle se situe
toujours sur la paroi nord de l’antichambre, proche de la sortie vers la descenderie.

Parallèles
T/A/N 57-64
PA/N 34-40
P/D ant/E 65-74
M/A/N 8-13
N/A/N 25-31 (= N 974-980)
Nt/F/Nw A 23-31 (= Nt 23-31)

Traductions
-- J.P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Writings from the Ancient World 23, Atlanta,
2005, p. 293, § 522.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Oxford, 1969, p. 297.

246
Corpus - 1. D.t

247
Volume II - 3e Partie

Hr N pn jr bw.t rmT n a N pn r bw.t nTr.w, n wnm~n N DAjs […] tp n(y) Abd n sDr~n=f m grH
n wrS~n=f jxm=f D.t=f m wa [Link] n(y) xprr, jp~n Jmy.w-dA.t D.t=sn snS~n=sn msDr.w=sn Hr
xrw N pn hA=f m-m=sn Dd~n n=sn Wdn(w)-sxm=f wn.t N pn m wa jm=sn.

Ce N-ci s’éloignera de l’abomination du peuple et le bras de ce N-ci ne s’approchera pas de


l’abomination des dieux. N ne saurait manger la plante-djais, […] le premier du mois, il ne
saurait dormir pendant la nuit et passer la journée ignorant son D.t à aucun des deux temps du
scarabée. Ceux qui sont dans la Dat ont décompté leur D.t et ils ont ouvert leurs oreilles à la
voix de ce N-ci descendant parmi eux, car Celui-dont-la-puissance-est-imposante leur a dit que
ce N-ci était l’un des leur.

248
Corpus - 1. D.t

249
Volume II - 3e Partie

Document 33.
Pyr. § 2092a-2096d [TP 690]

Contexte
Formule de résurrection.

Parallèles
P/F/Se 82-89
M/A/E inf 17-29
N/A/N 35-51 (= N 984-1000)
Nt/F/Se II 1-20 (= Nt 582-601)
Nt/F/Se inf 74-76 (= Nt 655-657) (jusqu’au § 2095a)
Oudj, fgt J, 25
CT VIII, 2092a-2096d (= J. Allen, CT 8, p. 434-435)

Traductions
-- J.P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Writings from the Ancient World 23, Atlanta,
2005, p. 294, § 524.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Oxford, 1969, p. 298.

250
Corpus - 1. D.t

251
Volume II - 3e Partie

Dd mdw. rs Wsjr nhs nTr bAgy aHa nTr sxm nTr m D.t=f rs N pn nhs nTr bAgy aHa nTr sxm nTr m
D.t=f, aHa 1r DbA=f N pn m tAjt.t pr(w.t) jm=f, Htm N pn m nTr, aHa jtr.t, Hms [Link], hA N pn
aHa jw m Htp jr=k n Ra wpwtj nTr aA, [Link]=k jr=k jr p.t pr=k m Rw.t Ax.t mAa Tw Gb bA=tj [m nTr
wAS=tj m nTr sxm=tj] m D.t=k nTr js bA js xnty anx.w sxm js xnt Ax.w.

De même qu’Osiris s’éveille, que le dieu inerte se réveille, que le dieu se lève et que le dieu
dispose de son D.t, ce N-ci s’éveille, le dieu inerte se réveille, le dieu de lève et le dieu dispose de
son D.t. Horus se lèvera et il vêtira ce N-ci d’une étoffe issue de lui. Ce N-ci sera approvisionné
en sa qualité de dieu, une chapelle sera élevée et la Double Ennéade siègera. Ô ce N-ci, lève-toi,
viens donc en paix à Rê, messager du grand dieu. Tu iras vers le ciel, tu sortiras par la Porte de
l’Horizon, Geb te guidera, étant un ba en qualité de dieu, honoré en qualité de dieu, disposant
de ton D.t tel un dieu, tel le ba qui préside aux vivants, tel le puissant qui préside aux esprits-
akhou (a).

(a) Sur les différents procédés linguistiques de comparaison ou de référence à la divinité, voir
B. Mathieu, « Mais qui est donc Osiris ? », ENIM 3, p. 100-102.

252
Corpus - 1. D.t

253
Volume II - 3e Partie

Document 34.
Pyr. § 2105a-c [TP 690]

Contexte
Formule de résurrection.

Parallèles
P/F/Se 82-89
M/A/E inf 17-29
N/A/N 35-51 (= N 984-1000)
Nt/F/Se II 1-20 (= Nt 582-601)
Oudj, fgt J, 25
CT VIII, 2105a-c (= J. Allen, CT 8, p. 438)

Traductions
-- J.P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Writings from the Ancient World 23, Atlanta,
2005, p. 294-295, § 524.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Oxford, 1969, p. 299.

254
Corpus - 1. D.t

bjn Wsjr bjn N pn bjn KA [Link], wHa nTr shm nTr m D.t=f wHa N pn sxm N pn m D.t=f.

Qu’Osiris soit dans une mauvaise situation, ce N sera dans une mauvaise situation et le Taureau
de la Double Ennéade sera dans une mauvaise situation. Mais, de même que le dieu sera délié
et que le dieu disposera de son D.t, de même ce N-ci sera délié et ce N-ci disposera de son D.t.

255
Volume II - 3e Partie

Document 35.
Pyr. § 2115a-2116c [TP 690]

Contexte
Formule de résurrection.

Parallèles
P/F/Se 82-89
M/A/E inf 17-29
N/A/N 35-51 (= N 984-1000)
Nt/F/Se II 1-20 (= Nt 582-601)
Oudj, fgt J, 25
CT VIII, 2092a-2119 (= J.P. Allen, CT 8, p. 434-440)

Traductions
-- J.P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Writings from the Ancient World 23, Atlanta,
2005, p. 295, § 524.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Oxford, 1969, p. 299.

256
Corpus - 1. D.t

J n=k 1r N pw jr=f n=k jr.t~n=f n jt=f Wsjr, anx[=k jr anx jmy.w p.t xpr=k] jr xpr jmy.w tA, Ts
Tw Hr nxt=k prr=k jr p.t ! ms Tw Nw.t (a) mj sAH sxm=k m D.t=k nD=k Tw m-a xft=k.

Horus vient à toi, ce N, il fait pour toi ce qu’il a fait pour son père Osiris. [Tu] vivras [selon
la vie de ceux qui sont au ciel], tu te manifesteras selon la manifestation de ceux qui sont
sous terre. Lève-toi sur ta force, alors que montes au ciel ! Nout t’enfantera comme Orion, tu
disposeras de ton D.t et tu te défendras contre tes ennemis.

(a) Correction du texte de K. Sethe, d’après une communication orale de B. Mathieu, que je
remercie.

257
Volume II - 3e Partie

Document 36.
Pyr. § 2117-2119 [TP 690]

Contexte
Formule de résurrection.

Parallèles
P/F/Se 82-89
M/A/E inf 17-29
N/A/N 35-51 (= N 984-1000)
Nt/F/Se II 1-20 (= Nt 582-601)
Oudj, fgt J, 25
CT VIII, 2092a-2119 (= J.P. Allen, CT 8, p. 434-440)

Traductions
-- J.P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Writings from the Ancient World 23,
Atlanta, 2005, p. 295, § 524.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Oxford, 1969, p. 299-300.

258
Corpus - 1. D.t

[hA N jw rm~n(=j) Tw] jw HA~n(=j) Tw n smxw(=j) Tw n wrD(w) jb(=j) r pr.t n=k hrw ra nb m
Abdw m gs-Abdw m wAH ax m DHwtj.t m wAg [m Hn.t n(y).t [Link]=k js m (tp.w-)Abd.w=k] anx=k
m nTr ! hA N pw, wnx=tj D.t=k, jwt=k xr(=j) !

[Ô N, (je) t’ai pleuré], je t’ai déploré, mais (je) ne t’oublierai pas et mon ib ne sera pas fatigué
pour sortir au jour pour toi chaque jour, lors de la fête du mois, lors de la fête du milieu du mois,
lors de la fête de « Dresser les autels du feu », lors de la fête de Thot, lors de la fête-ouag, [lors
du sacrifice de ton offrande annuelle pendant ta Fête du (début du) mois], que tu vives comme
un dieu ! Ô ce N, on vêtira ton D.t, que tu puisses venir auprès de (moi) !

259
Volume II - 3e Partie

Document 37.
Pyr. § *2227c-2228d [TP *717]

Contexte
Cette formule est une variante d’une partie de la formule TP 666 (cf. doc. 30).

Parallèles
P/F/Nw B 6-14 (?)
N/F/Sw B 5-16 (= N 709)
Aba/F/Se IV (= Aba 543-560)

Traductions
-- J.P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Writings from the Ancient World 23, Atlanta,
2005, p. 247, § 67.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Oxford, 1969, p. 308.

260
Corpus - 1. D.t

[… bA=k n=k] HA=k, Ax=k n=k m-Xnw[=k jb=k n=k n] D.t=k, wDa(=w) n<=k> sAr.w=k 1r [js jmy
pr=f, sfx(=w) n=k [Link]]=k 4tS js jmy 6Axbjt.

[… ton ba est pour toi] autour de toi, ton esprit-akh est à toi à l’intérieur [de toi et ton ib est à
toi, celui de] ton D.t. Tes liens <t’>ont été tranchés [tel] Horus [qui est dans son domaine,] tes
[entraves] t’ont été déliées tel Seth qui est dans Takhbit.

261
Volume II - 3e Partie

Document 38.
Pyr. § *2276a-c [TP *746]1

Contexte
Le défunt reçoit l’Œil d’Horus.

Parallèle
N/F/Ne B I 4-20 (= N 216 + 4-21)
Nt/F/Ne (= Nt 44-47)

Traductions
-- J.P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Writings from the Ancient World 23, Atlanta,
2005, p. 315, § 48.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Oxford, 1969, p. 316.

1 J.P. Allen, New Concordance, p. 38 : PT *783.

262
Corpus - 1. D.t

[Wsjr] Nt m(j) n=k Jr.t 1r [Link] mA=k jm=s n(y).t D.t(=f) x[A.t …] m wA.t sro Htj.t=k jm=s.

[Osiris] Nt, prends donc l’Œil d’Horus unique, que tu voies grâce à lui, appartenant à son D.t
[…] ta gorge respirera grâce à lui.

263
Volume II - 3e Partie

Document 39.
CT I, 81a-k [TS 29]

Contexte
L’officiant appelle les humains au silence pour assister à la justification et à la résurrection
d’Osiris et du défunt.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 44-45.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 171.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 18.

264
Corpus - 1. D.t

265
Volume II - 3e Partie

[M.C.105]

[Link].w sp-2 rmT ! sDm(.w) sp-2 rmT ! [sDm T]n sw md{p}w pn aA jr~n 1r n jt=f Wsjr ! anx=f jm
bA=f jm wAS=f jm hA N tn ! anx=T jm bA=T jm wAS=T jm ! sxm[=T] m D.t=T jar=T n Ra sDm=T mdw nw
mAa-xrw [x]r Ra xr nTr aA.

Taisez-vous donc, hommes ! Écoutez donc, hommes ! Écoutez-là cette grande parole-ci
prononcée par Horus pour son père Osiris ! De même qu’il vivra là car son ba est là et qu’il sera
honoré là, ô cette N, tu vivras là car ton ba est là et tu seras honorée là ! [Tu] disposeras de ton
D.t, tu monteras par (la barque de) (a) Rê, tu entendras ces paroles de justification devant Rê,
devant le grand dieu.

(a) La préposition n ne se traduisant jamais par « vers », on attendrait plutôt la préposition r à


la place. En revanche, D. Meeks note que l’expression jar n peut se traduire par « monter par »
(AnLex 77.0168). Toutefois, le sens paraît alors moins évident. S’il ne s’agit pas de « monter
vers Rê », peut-être est-il question d’effectuer la course du soleil par le truchement de Rê, c’est-
à-dire « monter par le chemin que Rê trace ».

266
Corpus - 1. D.t

267
Volume II - 3e Partie

Document 40.
CT I, 178f-l [TS 42]

Contexte
Le ritualiste présente le défunt comme Osiris, le fils héritier de Geb, au moment de recevoir les
couronnes et de prendre la succession de son père sur le trône d’Égypte.

Tradition
Pyr. § 1824a-g [TP 645] (= doc. 27)

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 90-91.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 182-183.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 34.

268
Corpus - 1. D.t

269
Volume II - 3e Partie

[B2B0]

fA~n Tw 1r m 1nw, wTs~n=f Tw m 4kr, sA pw pw wTs(w) jt=j, sxm=t m Hn m 1r pn sxm~n=k


jm=f xw=k D.t=k m a xftj.w=k.

Horus t’a porté dans la barque-Hénou, il t’a soulevé en tant Sokar car c’est ce fils qui soulève
mon père. Tu disposeras du lac marécageux comme cet Horus-ci grâce à qui tu es puissant et tu
protègeras ton D.t du bras de tes ennemis.

270
Corpus - 1. D.t

271
Volume II - 3e Partie

Document 41.
CT II, 116n-s [TS 106]

Contexte
Formule de résurrection et de sortie au jour du défunt.
Cette formule est une variante du TS 105, dont le titre est « sortir au jour et faire une transformation
en homme (pr.t m hrw, jr.t xprw m rmT) ».

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 90-91.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 273-274.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 103.

272
Corpus - 1. D.t

273
Volume II - 3e Partie

jw wn n=j [Link] hrw jw wn n=j [Link] m sbA.w js.w pr=j hA=j nD=j Hr n(y) Ra jmj hrw=f […]Dw=j
Hr rd(=j), dr~n=j nkn m Wsjr (m-)Xnw grH(=f) pr=j hA=j, nD=j D.t=j, sjA=j m r(A)=j.

S’ouvrent pour moi les voies du jour, s’ouvrent pour moi les chemins à travers les portes des
tombes, que je puisse aller et venir, saluer la face de Rê dans son jour et […] sur (ma) jambe.
J’ai repoussé la blessure d’Osiris dans sa nuit, ainsi je pourrai aller et venir, protéger mon D.t et
être savant dans mon discours.

274
Corpus - 1. D.t

275
Volume II - 3e Partie

Document 42.
CT II, 254l-q [TS 150]

Contexte
Formule de naissance divine et céleste.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 364-365.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 433.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 130.

276
Corpus - 1. D.t

277
Volume II - 3e Partie

sx[m]=j jm=sn n sxm=sn jm=j ! rw~n=j sn m [Link]=sn sXnn~n=j sn m TpH.w(t)=sn, sjp=j sn


Nty.w-smxw.w(a)-D.t=sn 1Atyw (b) Wnmw bA, wnm=sn sHtm=sn bA.w=sn tp.w tA sT wj m wjA
n(y) Ra n nHH.

je disposerai d’eux sans qu’ils ne disposent de moi ! Je les ai éloignés de leurs domaines et je
les ai perturbés dans leurs cavernes. Je les condamnerai (c), Ceux qui oublient leur D.t, Ceux
qui se lamentent et les Mangeurs de ba. Ils mangeront et anéantiront leurs ba qui sont sur terre,
tandis que je me trouve dans la barque de Rê pour le temps-néhéh.

(a) il est écrit sxm, mais le déterminatif D35 permet de faire la distinction avec le vocable sxm
« avoir pouvoir sur ».

(b) Catégorie de démon (cf. Chr. Leitz, LGG V, p. 10).

(c) La traduction généralement adoptée pour le mot « sjp » est « attribuer, confier, assigner »
(D. Meeks, AnLex 78.3327). R.O. Faulkner estime cependant qu’il faut considérer le sens ici de
confrontation à son destin, dans ce cas négatif (FECT I, p. 130, n. 9).

278
Corpus - 1. D.t

279
Volume II - 3e Partie

Document 43.
CT III, 61l-62b [TS 175]

Contexte
Il s’agit de la « Formule pour monter au ciel, là où se trouve Rê (R(A) n pr.t r p.t r bw nty Ra
jm) ».
Le défunt décrit les moyens qu’il emploie pour rejoindre l’espace céleste et « le Champ des
Offrandes de Rê ».

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 434-435.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 381-382.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 150.

280
Corpus - 1. D.t

281
Volume II - 3e Partie

jT~n=j kA=j n(y) D.t=j Hna(=j) jT=f wj r aAa.w n(y).w 4x.t-1tp.w Ra wnm=j jw wSb=j jm.

J’ai saisi mon ka de mon D.t avec (moi) afin qu’il m’emmène vers les bassins du Champs des
Offrandes de Rê et que je mange car c’est là que je me nourrirai.

282
Corpus - 1. D.t

283
Volume II - 3e Partie

Document 44.
CT III, 179c-e [TS 215]

Contexte
Il s’agit d’une « Formule pour ne pas manger d’excrément ni boire d’urine dans la nécropole
(r(A) n tm wnm Hsb tm swr wsS.t m Xr.t-nTr) ».

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 518-519.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 401.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 171.

284
Corpus - 1. D.t

285
Volume II - 3e Partie

Rd~n=j t m t=sn, PtH wp=f r(A)=f Rsy-jnb=f wp=f r(A)=f PtH.w 4 wp=sn r(A)=sn, 9r.t jm 9r.t jm
m sm D.t=f.

J’ai donné du pain pour qu’il soit leur. Ptah ouvre sa bouche, Celui qui est au sud de son mur
ouvre sa bouche, les quatre Ptah ouvrent leur bouche. La Main est là, la Main est là en tant que
prêtre-sem de son D.t.

286
Corpus - 1. D.t

287
Volume II - 3e Partie

Document 45.
CT III, 268/269a-276/277c
[TS 228]

Bibliographie
J. Assmann, « Die Unschuld des Kindes. Eine neue Deutung der Nachschrift von CT spell
228 », in T. Duquesne (ed.), Hermes Aegyptiacus. Egyptological Studies for BH Stricker,
DE Special number 2, Oxford, 1995, p. 19-25

Contexte
Le défunt est Horus, héritier d’Osiris, qui, parce qu’il a agit pour son père, peut bénéficier des
offrandes provenant des autels d’Osiris.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 556-559.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 184.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 181.

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Corpus - 1. D.t

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Volume II - 3e Partie

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298
Corpus - 1. D.t

[B1Ca]

J Wr ao Dd n jab(w) sS.w Jr(y)-aA n(y) Wsjr ntt wj j=kw wr=kw Ax=kw [ws]r=kw sxm=kw nTr=kw,
j~n=j nD=j D.t=j sanx=j [Link]=j Hms=j Hr msxn.t [jt]=j Wsjr dr=j mn.t mr nTr wsr=kw xa=kw m
Wsjr.

Ô Grand, entre et dis au collecteur des écrits, le Portier d’Osiris, que je suis celui qui est venu,
étant grand, un esprit-akh, riche, puissant et divin. Je suis venu pour protéger mon D.t (a), faire
vivre mes deux uraeus, m’asseoir sur le lieu de naissance de mon [père] Osiris, repousser le mal
dont souffre le dieu, étant riche et apparaissant en Osiris.

(a) Les versions B6C, B1P, B1L et B3L donnent Sd=j D.t=j « je sauverai mon D.t ».

299
Volume II - 3e Partie

Document 46.
CT III, 300a-e [TS 232]

Contexte
Il s’agit d’une formule dédiée à l’appuie-tête du défunt, qui se trouve toujours située sur la paroi
de tête du cercueil, à côté d’un dessin représentant l’appuie-tête en question.
Les deux versions de cette formule montrent des différences notables et sont donc toutes les
deux présentées ici.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 570-571.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 51.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 184.

300
Corpus - 1. D.t

[T3C]

Ts tp=T anx HA.t=T mdw=T D.t=T Ds=T wn=T m nTr wnn=T m nTr.

Ta tête se dressera, ton front vivra et tu parleras, plus précisément ton propre D.t, car tu sera un
dieu, oui, tu seras un dieu.

[G1T]

Wrs. R(A) n wrs pn. T[s tp=k, anx] HA.t=k mdw=k Hr D.t=k Ds=k xr nTr aA [Link] N pn !

Appuie-tête. Formule pour cet appuie-tête-ci. [Ta tête se dressera], ton front [vivra] et tu parleras,
plus précisément ton propre D.t, en présence du grand dieu et des deux Ennéades, (ô) ce N-ci !

301
Volume II - 3e Partie

Document 47.
CT III, 317p-318g [TS 238]

Contexte
Formule inscrite sur la paroi de dos du cercueil. Le défunt s’adresse à « la Grande Dorsale de
son maître », qui doit lui rendre l’usage de sa tête et de son corps.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 580-583.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 58.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 187.

302
Corpus - 1. D.t

303
Volume II - 3e Partie

304
Corpus - 1. D.t

ao~n=j r Xr(j)-nTr, jA.t pn (a) n(y.t) wab(.w) r(A).w, nn jw sf(A) m-x.t(=j) r hrw Htp~n=j m
Ax.t. rd~n n=j 1ap a=f, rnn~n wj Wp(w)-[Link], jw sk=j nHH mj NHb-kA.w, nTr nb Htp(w) Hr
D.t=f Htp=kw m Ax=j.

Je suis entré dans la nécropole, cette butte-ci des bouches pures, et il n’y a aucune haine à
ma suite au jour où je me suis couché à l’horizon. Hâpy m’a donné son bras, Oupouaout m’a
acclamé, je passe le temps-neheh comme Néhebkaou et tout dieu est satisfait de son D.t car je
suis en paix grâce à mon esprit-akh.

(a) Le démonstratif masculin est ici fautif, il faut le remplacer par tn.

305
Volume II - 3e Partie

Document 48.
CT III, 319c-d [TS 238]

Contexte
Formule inscrite sur la paroi de dos du cercueil. Le défunt s’adresse à « la Grande Dorsale de
son maître », qui doit lui rendre l’usage de sa tête et de son corps.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 580-583.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 58.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 187.

306
Corpus - 1. D.t

d[=T n…] Ssp~n=j D.t=j rnp[~n]=j m anx ra nb jnk [or]s(w) jt[=f].

J’ai reçu mon D.t et je rajeuni chaque jour car je suis quelqu’un qui [ent]erre [son] père.

307
Volume II - 3e Partie

Document 49.
CT III, 324a-f [TS 240]

Contexte
Cette formule est située sur la paroi de devant des cercueils, avec les formules d’offrandes
traditionnelles. Le défunt est le compagnon d’Anubis et maître des offrandes.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 588-589.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 59.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 189.

308
Corpus - 1. D.t

bA=j Hna(=j) sxm=kw m D.t=j anx=j m bd.t HD.t j~n=j sSm=j Htp.w jnk nb Aw.t.

mon ba est avec (moi), disposant de mon D.t, et je me nourrirai de blé blanc. Je suis venu
présenter des offrandes car je suis un possesseur de largesses.

309
Volume II - 3e Partie

Document 50.
CT III, 394e-i [TS 265]

Contexte
C’est une formule pour « ne pas disparaître éternellement (tm sk D.t) ».
Le défunt évoque sa renaissance et son passage vers le ciel.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 632-633.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 223.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 202.

310
Corpus - 1. D.t

311
Volume II - 3e Partie

j~n=j swA=j bA=j (a) r p.t, snD=j r p.t [Link]=j m jb.w Fnx.w, j~n=j mAa-xrw=j aHa kA=j n(y) D.t=j.

Je suis venu pour faire passer mon ba vers le ciel, la terreur que j’inspire vers le ciel et l’effroi
que j’inspire dans les consciences des Fénékhou (b). Je suis venu pour être justifié et que mon
ka de mon D.t se lève.

(a) graphie corrompue de De Buck, qui note

(b) Les Fnx.w sont une population vivant sur le territoire actuel de la Syrie et de la Palestine
et peut-être assimilée aux Phéniciens (cf. A. Nibbi, « Phoenician from Carpenter like fnx(w) ?
A New Approach to an Old Problem », DE 6, 1986, p. 11-20 ; J. Leclant, « Fnxw dans les
Textes des Pyramides », SAK 11, 1984, p. 455-460 ; Cl. Vandersleyen, Les Guerres d’Amosis,
fondateur de la XVIIIe dynastie, MRE I, 1971, p. 103-109 ; K. Sethe, « Der Name der Phönizier
bei Griechen und Ägyptern », MVÄG 21, 1916, p. 301-331).

312
Corpus - 1. D.t

313
Volume II - 3e Partie

Document 51.
CT IV, 56c-l [TS 303]

Contexte
Osiris demande à son fils Horus de venir l’assister à Busiris.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 696-697.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 448-449.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 303.

314
Corpus - 1. D.t

315
Volume II - 3e Partie

jt=j Wsjr mk wj j=kw xr=k ! aHA=j n=k 4tS smA~n=j [Link]=f, jw aHA~n=j aHA(w).w Tn on~n=j
on(w).w Tw, jnk jT(w) m wsr jwaw mj-od, jw nD~n=j D.t=j Ds=j sxr~n=j xfty.w=j jr(w) sw
mAw pn jm=j.

Mon père Osiris, vois, je suis venu auprès de toi ! Je combattrai pour toi Seth après avoir tué
ses Acolytes. J’ai combattu ceux qui t’ont combattu, j’ai vaincu ceux qui t’ont vaincu car je suis
quelqu’un qui a saisi par la puissance, l’héritier de tout. J’ai protégé mon D.t moi-même, j’ai
renversé mes ennemis et celui qui a l’engendré, ce nouvel état-ci (a), en moi.

(a) Substantif de sens inconnu. Selon R.O. Faulkner, il pourrait s’agir, dans cette version (B3L)
d’un dérivé du terme mAwy signifiant « nouveau » pour évoquer un « nouvel état » ou un
« état renouvelé » obtenu par le défunt (FECT I, 223 [sp. 303] n.2 ; voir également D. Meeks,
AnLex 78.1619).

316
Corpus - 1. D.t

317
Volume II - 3e Partie

Document 52.
CT IV, 63e-64e [TS 307]

Contexte
Cette formule est ce que l’on pourrait appeler une arétalogie de Rê, dans laquelle le créateur
énumère ses qualités et ses actions depuis le moment de la création.

Tradition
LdM, formule 85.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 706-709.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 549.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 226.

318
Corpus - 1. D.t

319
Volume II - 3e Partie

320
Corpus - 1. D.t

jnk omA(w) kkw jr(w) s.t=f m Drw Hr.t jw~n bA=j aA Hr [… m D]rw Hr.t. mr=j pH Dr.w=sn Sm=j
Hr [Link]=j hrp=j […] DA(=j) bjA Jrrw.w-mHnd-kkw […] r nb [Link]=j. bA=j pw bA, D.t=j pw jar.t
twt=j pw nHH nb [Link], anx=j pw D.t jnk OA(w) nb 6A-Tbw Hwn m njw.t jdw [m sx.t] n sk(w)
rn=j ! jnk bA omAw Nw Jr(w) s.t=j m Xr-nTr, n mAA=j sS (a) sD=tw swH.t=j. jnk pw nb oAw.w
[jr~n=j sS=j] m Drw Hr.t hAy=j r tA Gb dr=j rDw.w=j mA=j jt=j nb mSrw sn=j D.t[=j] jmy.t [Jwnw]
Hn=t(w) n=j jmy.w xAwj Hr jA.t jmnt.t hb.

Je suis (quelqu’un) qui crée l’obscurité, qui installe sa place dans l’espace céleste car mon ba
est venu là [… dans l’es]pace céleste. Je désire atteindre leurs limites, je vais sur mes deux
jambes, je commande ceux […] traversent le firmament, Ceux qui font mHnd (b) l’obscurité
[…]. C’est mon ba que le ba, c’est mon D.t que l’uraeus, c’est mon image que le temps-neheh,
maîtresse des années, c’est ma vie que l’éternité-djet. Je suis Celui qui s’est élevé, seigneur
de Ta-tchebou, un jeune homme à la ville et un (petit) garçon [à la campagne], mon nom ne
disparaîtra pas ! Je suis un ba qui crée le Noun, Celui qui installe sa place dans la nécropole. Je
ne verrai pas le nid et on ne brisera pas mon œuf. Je suis celui-ci, le seigneur de ceux qui sont
élevés, [j’ai fait mon nid] dans l’espace céleste ; je descends vers la terre de Geb et j’expulse
mes redjou, je vois mon père, le seigneur du crépuscule et j’embrasse mon D.t dans Héliopolis,
on me présente ceux qui sont dans le soir sur la butte occidentale de l’ibis.

(a) Écrit SS.

(b) Mot de sens inconnu. Une hypothèse serait qu’il appartienne au champ lexical de la création,
puisque la formule 85 du Livre des Morts a remplacé cette locution par OmA(w)-kkw « Celui qui
crée l’obscurité ».

321
Volume II - 3e Partie

Document 53.
CT IV, 66c-k [TS 310]

Contexte
Il s’agit d’une formule pour « être un esprit-akh au ciel (Ax m p.t) ».

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 712-713.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 531-532.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 228.

322
Corpus - 1. D.t

323
Volume II - 3e Partie

jnk Wa dorw.w nTr.w, jnk sfx-nw n(y) sfx.t jptw [Link] nHm(w).t m-a=s Wr sxm(w) m D.t=f nTr
pw jwty mnj~n=f hrw pw nsr.w m nHm sT.t m-a Ax pw m wp=f xnty jt=f Hna Jwnw m wp.t=f 1r
Hna 4tS 9Hwty jmyt(w) sn.y hrw pw xa~n=f jm m nTr pw Sps jrw wp.w.

Je suis l’Unique d’essence divine, je suis le septième de ces sept uraeus qui la sauve, le Grand
qui dispose de son D.t, ce dieu qui ne peut aborder ce jour des flammes, lorsque la semence est
retirée à cet esprit-akh, lorsqu’il juge celui qui est devant son père avec Héliopolis, lors de son
jugement d’Horus et Seth, Thot étant entre les deux frères ce jour où il est apparu là comme ce
dieu vénérable préposé au jugement.

324
Corpus - 1. D.t

325
Volume II - 3e Partie

Document 54.
CT IV, 102f-104d [TS 316]

Contexte
Le titre de cette formule est : « Se transformer en œil flamboyant d’Horus (xpr m Jr.t-1r
[Link]) ».

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 744-745.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 511.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 238-239.

326
Corpus - 1. D.t

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Volume II - 3e Partie

328
Corpus - 1. D.t

329
Volume II - 3e Partie

m Dd JAw.w HA(w).w kAr : « hAb Hm bA=k mA=f m Hr=f 1r pw wHm=f xa.w(=f) ms~n=f jr.t=f
n(y).t D.t=f, mk s(y) nxt(=w) r-s(y) r nTr.w nb(.w) jT~n=f [Link] mHA=s r nTr nb », mA(.w)
wj jr=Tn rmT nTr.w xpr=k(w) m jr.t 1r [Link] ms~n w(j) D.t=s Ds=f Ts~n=s n=j KHnH, Ts wj Wr.t-
HkAw xnt(=w) s.t=j r nTr.w Hbs~n wj BaH jt nTr.w, ms~n=s jr.t=f n(y).t D.t=f, mk s(y) nxt(=w)
r-s(y) r nTr.w

Ainsi disent les Anciens qui entourent la chapelle : « Envoie donc ton ba, qu’il voie de ses yeux
(a) qu’il s’agit d’Horus quand il renouvelle (ses) apparitions, après qu’il a mis au monde son
œil de son D.t. Vois, il est plus fort que tous les dieux, il a conquis les Haou-nébout, étant plus
(…) (b) que n’importe quel dieu. ». Regardez-moi, hommes et dieux, je me suis transformé en
Œil d’Horus flamboyant, dont le propre D.t m’a mis au monde et qui a noué pour moi Kéhénéh
(c). Redresse-moi, Grande de Magie, car ma place est plus essentielle que (celle) des dieux et
le Phœnix, père des dieux, m’a revêtu. Elle a mis au monde son (d) œil de son D.t, vois, il est
plus fort que les dieux.

(a) Litt. « il verra par son visage ».

(b) Vocable de sens inconnu.

(c) La seule attestation de ce dieu relevée par le LGG est celle-ci. D’après P. Barguet, Textes des
Sarcophages, p. 511, n. 126 : « Ce nom peut être une variante graphique du nom de la déesse
Kerehet, représentant la matrice qui forme tous les êtres. Cf. Sauneron, dans Mélanges Maspero
I, 4e fasc., p. 113 sq. ».

(d) Il s’agit de celui d’Horus.

330
Corpus - 1. D.t

331
Volume II - 3e Partie

Document 55.
CT IV, 181j-l [TS 334]

Contexte
Il s’agit d’une formule de transformation en Ihy et ce document est issu d’un paragraphe
décrivant la conception de l’enfant Ihy.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien II, p. 800-801.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 504-505.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 258.

332
Corpus - 1. D.t

333
Volume II - 3e Partie

aAa~n wj mw.t=j As.t xm~n=s D.t=s Xr Dba.w nb nTr.w sD~n=f sj m hrw pw n(y) fAw […].

Ma mère Isis m’a procréée, alors qu’elle ignorait son D.t sous les doigts du maître des dieux,
quand il la rompit en ce jour de prestige […].

334
Corpus - 1. D.t

335
Volume II - 3e Partie

Document 56.
CT IV, 321c-d [TS 335]

Contexte
Formule pour « Sortir au jour dans la nécropole (pr.t m hrw m Xr.t-nTr) ». Le défunt s’adresse
au créateur pour qu’il le protège de toute agression.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien II, p. 830-831.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 570.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 265.

336
Corpus - 1. D.t

J 2pr pw Hr(j)-jb wjA=f [Link] D.t=f D.t.

Ô ce Kheper qui est au cœur de sa barque, le Primordial dont le D.t est l’éternité-djet.

337
Volume II - 3e Partie

Document 57.
CT IV, 329b [TS 336]

Contexte
Dans cette formule, le défunt doit traverser trois porches, qui sont chacun entourés de flammes.
Ce document est issu du paragraphe concernant le deuxième porche.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 838-839.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 586.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 269-270.

338
Corpus - 1. D.t

J 2pr pw Hr(j)-jb wjA=f [Link] D.t=f D.t.

Ô ce Kheper qui est au cœur de sa barque, le Primordial dont le D.t est l’éternité-djet.

339
Volume II - 3e Partie

Document 58.
CT IV, 372a-373c [TS 345]

Contexte
Certaines versions précisent qu’il s’agit d’une « Formule pour être justifié en présence de Thot,
prince des dieux (R(A) n mAa-xrw m-bAH 9Hwty jry-pa.t nTr.w) ». Le texte reprend les épisodes
des funérailles d’Osiris.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien II, p. 862-863.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 100.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 280.

340
Corpus - 1. D.t

341
Volume II - 3e Partie

342
Corpus - 1. D.t

[B9C] (a)

rm=w Wsjr hrw pw n(y) jf(d).t, nb=sn rm(=w) rmT=sn Dd=w nTr.w, HA wj 1A(w).w Wsjr hrw pw
n(y) xmn-nt Wsjr xm~n nTr.w D.t=sn jm=f.

Osiris est pleuré ce jour de la fête du quatrième jour. Leur seigneur est pleuré, leur peuple est
durable, les dieux. Ceux qui déplorent Osiris me déploreront ce jour de la fête du huitième jour
d’Osiris, alors que les dieux ont ignoré leur D.t à cause de lui.

(a) Il s’agit de la seule version employant le mot D.t, à la place de jwf « la chair ».

343
Volume II - 3e Partie

Document 59.
CT V, 75a-77a [TS 397]

Contexte
Formule pour « apporter le bac (jn.t mXn.t) ». Cette formule invoque le Passeur, qui peut
prendre plusieurs aspects, pour aider le défunt à traverser le Canal sinueux.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien II, p. 940-941.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 346.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts II, p. 24.

344
Corpus - 1. D.t

345
Volume II - 3e Partie

346
Corpus - 1. D.t

jn.t mXn.t, « J [Link], jn nw jn(w) n 1r n jr.t=f jn(w) n 4tS n [Link]=f, sTp jr.t 1r [Link](=s) m gs
[Link] n(y) p.t nD=s D.t=s m a 4tS. »

Apporter le bac. « Ô passeur, apporte ce qui a été apporté pour Horus à cause de son œil et qui a
été apporté pour Seth à cause de ses testicules. L’œil d’Horus sautera et tombera du côté oriental
du ciel pour protéger son D.t du bras de Seth. »

347
Volume II - 3e Partie

Document 60.
CT V, 227a-232f [TS 409]

Bibliographie
M.-Chr. Lavier, « La barque-nechemet dans le chapitre 409 des Textes des Sarcophages »,
dans J.-Cl. Goyon, Chr. Cardin (éd.), Proceedings of the Ninth International Congress of
Egyptologists. Grenoble, 6-12 septembre 2004, OLA 150, 2007, p. 1083-1090.

Contexte
L’officiant s’adresse à la barque-néchémet d’Osiris, à chacune de ses parties et à son équipage
pour qu’ils acceptent d’embarquer le défunt et le justifient.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien II, p. 1012-1017.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 370-372.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts II, p. 60-62.

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350
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352
Corpus - 1. D.t

353
Volume II - 3e Partie

354
Corpus - 1. D.t

[jnD Hr=T nSm].t tw n(y).t Wsjr [dp.t (a) tp(y).t jr(w).t n] Ra ! jnt=T [bA n(y)] N pn [n=f n D.t=f]
(b) [hA]=f jr nSm.t, [hA=f Hr j]my-wr.t, pr=f Hr tA-wr, [Hw]=f m sxm=f, xrp=f [m jAA.t]=f, smAa=k
xrw [bA n(y)] N pn [r] xfty.w=f m p.t m tA [m] 7 [DADA].wt iptw, [Link] [n(y).t Wsjr].
jnD Hr=Tn [nTr].wy [jpwy] [Link] [Link] [Link] [nSm.t] ! jw N pn rx(=w) Tn m rn.w=Tn m xprw=Tn
xpr~n=Tn jm, d=Tn [hA] bA n(y) N pn n(y) D.t=f r nSm.t, hA=f Hr [jmy]-wr.t, pr=f Hr tA-wr, Hw=f
m [sxm]=f, xrp=f m jAA.t=f, s[mAa]=k xrw bA n(y) N pn r xfty.w=f m [p.t m tA] m 7 [Link] jptw
[n(y).wt Wsjr].
jnD Hr=k Hmw n(y) [nSm.t] ! jw N pn rx(=w) Tw m rn=k m xp[r]w=k xpr~n=k jm=f rmn pw [pw]
n(y) 9Hwty smn~n Ra hrw pw [wja] aA xpr(=w) m dwA.t (c), jnt=k [bA n(y)] N pn n D.t=f n=f,
hA=f jr nSm.t [n(y).t Wsjr], hA=f Hr jmy-wr.t [pr=f Hr] tA-wr, Hw=f [m sxm=f], xrp=f m jAA.t=f, [s]
mA[a]=k xrw bA n(y) N pn [n(y) D].t=f r x[fty].w=f m p.t [m tA] m 7 [Link] jptw [n(y).wt Ws]jr.
jnD Hr=k [Link] [Hm]w n(y) nSm.t ! jw N pn [rx(=w)] Tn m rn.w=Tn m xprw=Tn xpr~n=Tn j[m=f]
[n]s pw pw n(y) Ra, jnt[=k bA] n(y) N [pn n=f n D.t]=f, hA=f r nSm.t [n(y)].t [Wsjr], hA=f Hr jmy[-
wr.t pr=f Hr t]A-wr, Hw=f [m sxm=f xrp]=f m jAA.t=f, [smAa=k xrw] bA n(y) N [pn] r xftj.w[=f m
p.t m] tA m 7 [Link] jptw.
[jnD] Hr=T jbAy.t n(y).t Hm[w n(y)] NSm.t n(y).t Wsjr ! jw N pn rx(=w) Tn [m rn=T] m xprw=T
xpr[~n=T jm=f], jnt=T bA n(y) N pn n=f n D.t=f, hA=f r NS[m.t] n(y).t Wsjr, hA=f jmy-wr[.t p]r=f
Hr tA-wr, Hw=f m sxm=f, [xrp]=f m jAA.t=f, smAa[=k xr]w bA n(y) N pn r xftj.w=f [m] p.t m tA m
[7] [Link] [jp]tw n(y.w)t Wsjr.
jnD Hr=k [Hmy] (d) n(y) nSm.t n(y).t Wsjr ! [jw] N pn [rx(=w)] Tw m rn=k m xprw[=k] [xp]r~n=k
jm=f 1r [pw pw] sA Wsjr, jnt=k bA [n(y)] N pn [n=f n D.t]=f, hA=f jr nSm.t [n(y).t Wsjr], hA=f Hr
jmy-wr.t, [pr=f Hr] tA-wr, Hw=f m [sxm=f xrp]=f m jAA.t=f, smA[a=k xr]w bA n(y) N [pn] r xftj.w=f
[m p.t m] tA m 7 [Link] jptw [n(y).wt Wsjr].
jnD Hr=k mdw n(y) nS[m.t] n(y).t Wsjr ! jw N [pn r]x(=w) Tw m rn=k m xprw [xpr~n=k j]m=f
xprw pw pw […] jT(w) bA=f nHm(w) Sw.t=f, [jnt=k] bA n(y) N pn n=f n D.t[=f], [hA=f r] nSm.t
n(y).t Wsjr, hA[=f Hr jmy-wr].t pr=f [Hr] tA-wr, [Hw=f] m sxm=f, xrp=f m [jAA.t=f], [s]mAa=k xrw
[bA n(y) N pn r xftj].w=f m p.t m tA m 7 [[Link]] jptw n(y.w)t Wsjr.

[Salut à toi,] cette [barque-néchémet] d’Osiris, [première barque faite par] Rê ! Tu iras chercher
[le ba de] ce N [pour lui, pour son D.t], qu’il [embarque] sur la barque-néchémet : [il embarquera
par t]ribord et débarquera par bâbord, il [frappera] au moyen de son sceptre-sékhem, il dirigera
[au moyen de] sa [baguette]. Tu feras triompher [le ba de] ce N [sur] ses ennemis au ciel, sur
terre et [dans] ces sept [tribunaux], les tribunaux [d’Osiris].
Salut à vous, [ces] deux [dieux], les deux Importants, les deux Grands qui sont dans la barque-
néchémet ! Ce N vous connaît par vos noms et vos manifestations, dans lesquelles vous vous
êtes manifestés. Vous ferez en sorte que le ba de ce N de son D.t [embarque] sur la barque-
néchémet : il embarquera par [tri]bord et il débarquera par bâbord. Il frappera au moyen de son
[sceptre-sékhem], il dirigera au moyen de son bâton. Tu feras [triompher] le ba de ce N sur ses
ennemis au ciel, sur terre et dans ces sept tribunaux [d’Osiris].

355
Volume II - 3e Partie

Salut à toi, gouvernail de la [barque-néchémet] ! Ce N te connaît par ton nom et par ta


manifestation dans laquelle tu t’es manifesté : c’est ce porteur de Thot que Rê a établi ce jour
de la grande [barque] advenue dans la Douat. Tu iras chercher [le ba de] ce N pour son D.t, pour
lui, qu’il embarque sur la barque-néchémet [d’Osiris] : il embarquera par tribord et débarquera
par bâbord. Il frappera [au moyen de son sceptre-sékhem], il dirigera au moyen de [son] bâton.
Tu [feras] triompher le ba de ce N [de] son [D].t sur ses en[nem]is au ciel, [sur terre] et dans ces
sept tribunaux [d’Osiris].
Salut à toi, les deux ailes du [gouv]ernail de la barque-néchémet ! Ce N vous [connaît] par vos
noms et par votre manifestation da[ns laquelle] vous vous êtes manifestés : c’est cette [lan]
gue de Rê. [Tu] iras chercher [le ba] de [ce] N [pour lui, pour son D.t], qu’il embarque sur la
barque-néchémet [d’Osiris] : il embarquera par tri[bord et débarquera par b[âbord]. Il frappera
[au moyen de son sceptre-sékhem], il [dirigera] au moyen de son bâton. [Tu feras triompher] le
ba de [ce] N sur [ses] ennemis [au ciel, sur] terre et dans ces sept tribunaux.
[Salut] à toi, pointe (e) du gouver[nail de] la barque-néchémet d’Osiris ! Ce N te connaît [par
ton nom] et par ta manifestation [dans laquelle tu t’es] manifestée. Tu iras chercher le ba de ce
N pour lui, pour son D.t, qu’il embarque sur la barque-néché[met] d’Osiris : il embarquera par
tribor[d] et [dé]barquera par bâbord. Il frappera au moyen de son sceptre-sékhem, il [dirigera]
au moyen de son bâton. [Tu] feras triompher le ba de ce N sur ses ennemis [au] ciel, sur terre et
dans [ce]s [sept] tribunaux d’Osiris.
Salut à toi, [barreur] de la barque-néchémet d’Osiris ! Ce N te [connaît] par ton nom et par [ta]
manifestation dans laquelle tu t’es [manifes]té : c’est cet Horus le fil d’Osiris. Tu iras chercher
le ba [de] ce N [pour lui, pour] son [D.t], qu’il embarque sur la barque-néchémet [d’Osiris] :
il embarquera par tribord et [débarquera par] bâbord. Il frappera au moyen de [son sceptre-
sékhem], il [dirigera] au moyen de son bâton. [Tu feras] triompher le ba de [ce] N sur ses
ennemis [au ciel, sur] terre et dans ces 7 tribunaux [d’Osiris].
Salut à toi, bâton de la barque-néché[met] d’Osiris ! [Ce] N te [con]naît par ton nom et par
la manifestation [dans] laquelle [tu t’es manifesté]. C’est cette manifestation […] qui a saisit
son ba et retiré son ombre. [Tu iras chercher] le ba de ce N pour lui, pour [son] D.t, [qu’il
embarque sur] la barque-néchémet d’Osiris : [il] embarquera [par tribord] et débarquera [par]
bâbord. [Il frappera] au moyen de son sceptre-sékhem, il dirigera au moyen de [son bâton]. Tu
[feras] triompher [le ba de ce N sur] ses [ennemis] au ciel, sur terre et dans ces sept [tribunaux]
d’Osiris.

(a) Restitution d’après la proposition d’A. de Buck, n. 6.

(b) Restitution d’après la version T1Ca, presque entièrement en lacune pour le reste de la formule.

(c) A. de Buck note que les hiéroglyphes de la version T1Cb sont douteux (n.2), mais le sarcophage

356
Corpus - 1. D.t

T1Ca ne laisse aucun doute quant à la lecture « dwA.t ».

(d) Restitution d’après A. de Buck, n. 3.

(e) Je suis ici la traduction de R.O. Faulkner, FECT II, 61, d’après la p. 53 (sp 404) n. 45 :
« Mueller, following Jéquier, translates ibAyt as ‘rower’s seat’, where BD 207,5 has ibsyt, but
in 230e it is part of the steering-oar ; since we have DnH ‘blade’ of the oar and nsAw ‘loom (?)’,
[…] as well as Xry-a ‘tiller’, there is only the ‘butt’ left for ibAyt. »

357
Volume II - 3e Partie

Document 61.
CT V, 252b-256b [TS 418]

Contexte
Formule pour « repousser les bâtons de jet (xsf [Link]) ». L’officiant s’adresse au défunt pour
qu’il échappe aux bâtons de jet.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien II, p. 1030-1031.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 330.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts II, p. 67.

358
Corpus - 1. D.t

359
Volume II - 3e Partie

360
Corpus - 1. D.t

361
Volume II - 3e Partie

362
Corpus - 1. D.t

HA=T r=T amaA.t ! sj[n.t] xAx[.t] wpwty.t nTr.w hAb(w)[.t] nTr.w Hr [Link] S-n-xA m-xsfw ms.w=sn
HkA.w rx(w.w) r(A).w=sn r jT(.t) HkAw.w=sn r nHm Axw=sn. hy r=T r=T amjA.t ! sjn(w).t xAx(w).t
wpwty.t nTr.w, jw=T xr=T jw=T sbn=T jw jT~n N tn D.t N tn r=T.

Retourne-t’en donc, bâton de jet ! Dépêche-toi, hâte-toi, messager des dieux, que les dieux ont
envoyé sur les rives du canal sinueux (a), auprès de leurs enfants, les magiciens qui connaissent
leurs formules pour s’emparer de leur magie-hékaou et soustraire leur magie-akhou. Tombe
donc, bâton de jet ! Dépêche-toi, hâte-toi, messager des dieux ! Tu es renversé, tu glisses, car
cette N-ci a soustrait son D.t de toi.

(a) S-n-xA est une variante de l’expression classique Mr-n-xA, connue dès les TP.

363
Volume II - 3e Partie

Document 62.
CT V, 275a-e [TS 429]

Contexte
Le défunt s’adresse aux deux Maîtres des produits de la chasse et de la pêche ([Link] Hb).

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien II, p. 1044-1045.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 332.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts II, p. 72.

364
Corpus - 1. D.t

365
Volume II - 3e Partie

jnD Hr=Tn [Link] Hb ! d~n=Tn n=j Hb psS~n=Tn n=j 4x.t-1tp, jmA=Tn n=j [Link] D.t=Tn Ds=Tn
rd~n=Tn n=j sn bjk nwn(w) [Link].

Salut à vous, les deux maîtres des produits de la chasse et de la pêche ! Vous m’avez donné
le produit de la chasse et de la pêche, vous avez partagé pour moi le Champ des Offrandes.
Puissiez-vous être agréable envers moi, les membres de votre propre D.t, alors que vous m’avez
permis de surpasser le faucon aux plumes ébouriffées.

366
Corpus - 1. D.t

367
Volume II - 3e Partie

Document 63.
CT V, 299b-g [TS 441]

Contexte
Formule pour « Repousser les deux oiseaux-mérout venues retirer le ba d’un homme de son
bras (xsf [Link] jw(w).t r nHm bA n(y) s m a=f) ».
Elle appartient à un groupe de formule1 évoquant toutes, en des termes plus ou moins similaires,
le thème des deux oiseaux-mérout de Rê chargées de priver le défunt de ses magies akhou et
hékaou et qu’il faut donc repousser. Le défunt s’identifie à Rê dans ce but et protège ainsi son
dû.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien II, p. 1060-1061.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 334.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts II, p. 78.

1 Ce groupe comprend les formules 440 à 447 et 450.

368
Corpus - 1. D.t

369
Volume II - 3e Partie

[S14C]

jn~n=j bA=j nHm(w) n=j HkAw=j n rd~n=j Axw=j n-nt(y).t jnk js wab 2m(w)-D.t=f.

J’ai apporté mon ba qui a sauvegardé pour moi ma magie-hékaou, je ne saurais donner ma
magie-akhou car je suis bien un pur, Celui-qui-a-renversé-son-D.t (a).

(a) L’emploi du pronom-suffixe de la 3e personne du singulier dans un discours à la première


personne indique qu’il s’agirait d’une épithète ou d’un état à part entière auquel le défunt se
rapporte. L’épithète « Celui qui a renversé son D.t (2m(w) D.t=f) » est unique (cf. Chr. Leitz,
LGG V, p. 740) ; dans les autres formules de ce groupe, elle est réduite à l’expression « le
Démolisseur/le Renverseur (2m(w)) » (cf. CT V, 296c [TS 440], 310g [TS 443] et 314l [TS 445].
Voir également Chr. Leitz, op. cit. pour les autres attestations de cette épithète).

370
Corpus - 1. D.t

371
Volume II - 3e Partie

Document 64.
CT V, 318i-k [TS 449]

Contexte
Formule d’offrande d’une génisse.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien II, p. 1076-1077.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 338.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts II, p. 83.

372
Corpus - 1. D.t

aHa rf Jr.T 1r, aHa rf N tn D.t=s Ds=s ntt D.t=s Ds=s rn n(y) [Link]=s.

L’Œil d’Horus se dressera, cette N-ci et son propre D.t se dressera parce que « son propre D.t »
est le nom de ses jambes.

373
Volume II - 3e Partie

Document 65.
CT V, 332f-h [TS 459]

Contexte
Très courte formule, ayant pour titre « Donner un ib à un homme (rd.t jb n s n=f) »

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien II, p. 1096-1097.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 207.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts II, p. 88.

374
Corpus - 1. D.t

jnD Hr=k jb=j pn HAty=j pn n(y) kA.w=j n(y) D.t=j ! n bTy=f wj. Rd.t jb n s n=f.

Salut à toi ce mien ib, ce mien cœur de mes ka de mon D.t ! Il ne m’abandonnera pas. Donner
un ib à un homme.

375
Volume II - 3e Partie

Document 66.
CT VI, 74f-75h [TS 493]

Contexte
Formule pour « ne pas emprisonner le ba de quelqu’un, qu’il puisse aller et venir comme il le
désire dans la nécropole (tm hnr bA n(y) s.t r prr=f ao=f mrr=f m Xr(y).t-nTr) ». Le locuteur est
le défunt.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien II, p. 1214-1215.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 243.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts II, p. 134-135.

376
Corpus - 1. D.t

377
Volume II - 3e Partie

378
Corpus - 1. D.t

[B3L]

n hp(w)=t(w) xnr(w)=t(w) XA.t=j, jnk XA.t tw rm(w)t~n n=s 6mw ors(w)t~n Jnpw. jw bA[=j n]
D.t=j, jw Sw.t=j n a=s, jnk pw mk(w) n xb[n].tyw m-x.t StA.w m MHn.

[B3B0]

n nDr(w)=t(w) s(y), n xnr(w)=t(w) XA.t=s, rm(=w) n=s, jr.t m-bAH fnT.w. n […]w s(y) hh=s, n
pH(w) s(y) tA<w>=s, xr~n n=s 2fty=s, xnr~n=s smAw.t=f. N tn JAw, jw bA=s m 9d.t m Nn-
n(y)-sw.t, n xnr(w)=t(w)=s jn 6p(y).w-tA jr(w).w Sa.t JAw.w, jw gs-dp.t=s m Xr(y)-nTr r xAs.t/
smj.t, jw n=f bA=s D.t=s, N tn pw mk(w).t~n xb[ntyw] m-x.t aHA aA.

On n’emportera ni n’emprisonnera mon XA.t car je suis ce XA.t pour lequel Atoum a pleuré,
qu’Anubis a inhumé (a). [Mon] ba [est destiné] à mon D.t et mon ombre est destinée à son état
car je suis celui qui protège des criminels d’après les mystères de Méhen (b).
On ne la (c) saisira pas et on n’emprisonnera pas son XA.t, car l’œil a pleuré pour elle en
présence des asticots. Son souffle brûlant ne la […] pas et sa chaleur ne l’atteindra pas car son
Ennemi est tombé sous elle et elle a dispersé sa confédération. Cette N est un Ancien. Son ba
est à Mendès et à Hérakléopolis, ainsi elle ne sera pas retenue prisonnière par Ceux-qui-sont-
sur-terre et qui pratiquent le massacre des Anciens. Sa protection est dans la nécropole, jusqu’au
désert. Pour lui (d) sont son ba et son D.t car c’est cette N qui a été épargnée par les criminels
après le grand combat.

(a) La traduction usuelle de ors est « enterrer », mais également « être enterré ». Toutefois,
I. Régen a montré que « ors renvoie à l’ensemble des soins apportés à l’Égyptien, depuis
son décès jusqu’à la fermeture de la tombe : processus d’embaumement […] ; fabrication du
viatique funéraire et décoration de la tombe ; halage du catafalque jusqu’à la tombe et cérémonie
concomitante ; mise au caveau » (I. Régen, « À propos du sens de ors « enterrer » », p. 395).

(b) Au sujet des mystères de Méhen, voir P.A. Piccione, « Mehen, Mysteries, and Resurrection
from the Coiled Serpent », JARCE 27, 1990, p. 43-52.

(c) Il s’agit du défunt, qui, dans cette version, est une femme. Ce paragraphe n’est présent que
sur le sarcophage B3B0, ce qui explique le passage du discours à la première personne à celui à
la troisième personne du singulier.

(d) Il s’agit bien du défunt, même s’il s’agit d’une femme dans cette version.

379
Volume II - 3e Partie

Document 67.
CT VI, 77d-f [TS 495]

Contexte
Le défunt doit échapper à l’agression de mauvais génies qui cherchent à emprisonner son ba.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien II, p. 1218-1219.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 244.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts II, p. 135-136.

380
Corpus - 1. D.t

[B3L]

jw bA=j n D.t=f, jw Sw.t=j n a=s, jnk pw mk(w)~n xbntyw m-x.t StA.w MHn

Mon ba est destiné à son D.t, mon ombre est destinée à son état car je suis celui qui protège des
criminels d’après les mystères de Méhen (a).

(a) La version B3B0 indique : « d’après le grand combat (m-x.t aHA aA) ». Au sujet des mystères
de Méhen, voir P.A. Piccione, « Mehen, Mysteries, and Resurrection from the Coiled Serpent »,
JARCE 27, 1990, p. 43-52.

381
Volume II - 3e Partie

Document 68.
CT VI, 221a-s [TS 608]

Bibliographie
Fr. Servajean, « Le tissage de l’Œil d’Horus et les trois registres de l’offrande. Á propos de la
formule 608 des Textes des Sarcophages », BIFAO 104/2, p. 523-550.

Contexte
Formule de l’Œil d’Horus tissé, c’est-à-dire du linceul.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien II, p. 1406-1407.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 244.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts II, p. 197.

382
Corpus - 1. D.t

383
Volume II - 3e Partie

hA Wsjr N pn wnx=k m Jr.t-1r n(y).t D.t=k, hA (Wsjr N) rd~n=j n=k sxa=tj mA=tj mA=tj r jwf=k
dmj=tj r jwf=k m rn=s p(w) n(y) Jdmj, wnx=k jm=s m rn=s pw n(y) Mnx.t aAy=k jm=s m r<n>=s
pw n(y) aA.t HD Hr=k jm=s m rn=s pw n(y) 1D.t dmj=s r jwf=k m rn=s pw Jdmj, jj 6Ajw.t jj tAj.t(y)t jj Jr.t-
1r pr(w).t m tA jj sSn.t As.t jj stA.t Nb.t-Hw.t jj msn.t Nt jj sxt.t [Link] [Link] jj sam n(y) PtH jj rd(w).t~n
1r n jt=f Wsjr Hbs(w)=f jm=s, hA Wsjr N pn Htm tw m Jr.t-1r n(y).t D.t=k Htm tw m Jr.t-1r tA(y)t(w).t.

Ô cet Osiris N, tu te vêtiras de l’Œil-d’Horus de ton D.t. Ô (Osiris N), je t’ai donné alors qu’il est
apparu, qu’il est vu, qu’il est vu contre ta chair, qu’il est uni à ta chair en ce sien nom d’étoffe-idémi. Tu
t’en vêtiras en ce sien nom de tissu-ménékhet, tu en seras grandi en ce sien nom de fil-âat, ton visage
sera blanchi en ce sien nom de bandelette-hédjet et il se joindra à ta chair en ce sien nom d’étoffe-idémi.
Tait viendra, Celle de Tait viendra, l’Œil d’Horus issu de la terre viendra, le filet-séchénet d’Isis viendra,
le vêtement-sétat de Nephthys viendra, le tissu-mésénet de Neith viendra, le tissu-sékhétet des Deux
Compagnes, des Deux Sœurs, viendra, l’orfèvrerie de Ptah viendra, ce qui a été donné par Horus à son
père Osiris pour l’en vêtir est venu. Ô cet Osiris N-ci, munis-toi de l’Œil d’Horus de ton D.t, munis-toi
de l’Œil d’Horus tissé.

384
Corpus - 1. D.t

385
Volume II - 3e Partie

Document 69.
CT VI, 253i-254b [TP 631]

Contexte
Formule de naissance divine après un retour au moment de la création.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien II, p. 14501451.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 270.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts II, p. 214.

386
Corpus - 1. D.t

jw xrw janw m Ax.t hA snD m 8wA.t, Xnnw m 4x.t JAr.w [Link] n=sn nTr.w Hr [Link]=sn, jp~n Nb
Wa D.t=f mA~n=f 4tX m xAs.t Hr.t [Link] Wr nb pHty.

Une voix plaintive est dans l’horizon et la crainte descendra dans la Douat, il y a de l’agitation
dans le Champ des Roseaux et les dieux sur leurs trônes s’éloigneront d’eux. Le Seigneur
Unique a décompté son D.t, il a vu Seth dans les contrées étrangères supérieures, au devant du
Grand, le maître de la puissance.

387
Volume II - 3e Partie

Document 70.
CT VI, 259b-e [TS 636]

Contexte
Quatre dieux, représentant les quatre points cardinaux, doivent apporter son ka au défunt pour
que celui-ci subsiste dans l’au-delà.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien II, p. 1460-1461.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 216-217.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts II, p. 217.

388
Corpus - 1. D.t

389
Volume II - 3e Partie

R(A) n sxm s m HkAw=f r ddr=f sw m Xr(y)-nTr. 4bk m mw, 8dwn m 6A-stj, 1A m jmn.t, 4pd m
jAb.t, jn=sn n=j kA=j n(y) D.t=j, wn~n=f m mw m-m 4bk jn~n=j sw, wn~n=f m p.t stp=f sA(=f)
r nTr aA jn~n=j sw, sxA=f wj, jr=f anx=j.

Formule pour qu’un homme dispose de sa magie-hékaou pour qu’elle le (…) (a) dans la
nécropole. Sobek est dans l’eau, Dédoun est en Nubie, Ha est à l’ouest, Soped est à l’est ; ils
m’apportent mon ka de mon D.t. Il était dans l’eau avec Sobek et je l’ai rapporté, il était dans le
ciel et escortait le grand dieu et je l’ai rapporté. Il se souviendra de moi, il me fera vivre.

(a) Ce mot est inconnu du vocabulaire égyptien ancien. Il est possible d’y voir une écriture
fautive du lexème verbal dr « repousser », qui est l’action typique de la magie-hékaou, mais
dont le sens est ici plutôt contradictoire, puisqu’elle repousserait le défunt de la nécropole. Une
autre solution serait que les hiérogrammates aient choisi ce mot inconnu pour sa consonance
avec dr et suggérer cette association d’idées.

390
Corpus - 1. D.t

391
Volume II - 3e Partie

Document 71.
CT VI, 317m-r [TS 687]

Contexte
L’officiant s’adresse au « dieu dans la butte de la couronne rouge (nTr jmy jA.t n.t) » pour qu’il
agisse envers le défunt comme il l’a fait pour Osiris.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien II, p. 1564-1565.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 280.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts II, p. 252.

392
Corpus - 1. D.t

jnD Hr=k nTr pw jmy jA.t n.t ! j~n N xr=k d=k sxm N m mw=k swr N m nwy=k mj jr(w).t~n=k
n nTr pw aA jww n=f 1ap xprw n=f smw rdw n=f wAD.t, N pw D.t=k n D.t.

Salut à toi, ce dieu qui est dans la butte de la couronne rouge ! N est venu auprès de toi, pour que
tu fasses que N dispose de ton eau et que N boive à ton flot, comme tu l’as fait pour ce grand
dieu pour qui est venu Hâpy, pour qui adviennent les plantes et poussent les légumes. C’est N
ton D.t pour l’éternité-djet.

393
Volume II - 3e Partie

Document 72.
CT VI, 350a [TS 721]

Contexte
Formule très lacunaire, dont l’incipit conservé nous indique que le défunt s’adresse à son ka.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien II, p. 1634-1635.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p 611.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts II, p. 274.

394
Corpus - 1. D.t

JnD Hr=k kA n(y) N tn n D.t=s !

Salut à toi, ka de cette N-ci, de son D.t !

395
Volume II - 3e Partie

Document 73.
CT VI, 358g-q [TS 728]

Contexte
Formule pour la protection du lit funéraire grâce à l’étoffe-idémi. Cette formule est inscrite sous
le couvercle du cercueil.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien II, p. 1652-1653.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 85.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts II, p. 277-278.

396
Corpus - 1. D.t

397
Volume II - 3e Partie

Jdmj nhs Wsjr Hr s.t=f jp~n=f D.t=f xnp~n=f Wsjr r=f nhs N pn Hr s.t=f jp~n=f D.t=f xnp~n=f
Wsjr r=f, gm~n=f Wr.w Jmy.w-sStA.w [Hr] bA.w=sn […] (a) D.t=f Ds[=f], xm~n=f [D].t=f Xr=f m
rn=f pw n(y) xmt jnnw [t]p(y).w swDA bosw, dmD~n=f a.[w]t […] sA=f HA Hnk.t [n(y)].t Wsjr
N pn sxm=f m x[f]t[yw=f].

Étoffe-idémi, de même qu’Osiris s’éveille sur son trône après qu’il a décompté son D.t et attiré
Osiris à lui, N s’éveillera sur son trône après qu’il a décompté son D.t et attiré Osiris à lui.
Il a trouvé les Grands, Ceux-qui-sont-dans-les-mystères sur leurs ba […] son D.t lui-même.
Il a ignoré son D.t sous lui en son nom d’étoffe-khemet, apportée par les responsables de la
préservation des vertèbres cervicales, il a réuni ses membres […] sa protection autour du lit [de]
cet Osiris N-ci, ainsi il disposera de ses ennemis.

(a) A. de Buck propose de retranscrire Hwj ou snH (n. 6), mais il s’agit d’un terme qui fonctionne
ici directement avec D.t, et pour éviter des erreurs d’interprétation et sans moyen de comparaison,
je préfère ne rien restituer sans certitude.

398
Corpus - 1. D.t

399
Volume II - 3e Partie

Document 74.
CT VI, 374m-375c [TS 745]

Contexte
Formule très lacunaire, mais le texte conservé se rapproche beaucoup de celui des doc. 27 et 40.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien II, p. 1678-1679.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 552.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts II, p. 283.

400
Corpus - 1. D.t

401
Volume II - 3e Partie

[…] m 4kr sA pw wTs(w) dSr.t jt, sxm=t(j) m nTr m […] sxmy=k jm sxm=k xw=k D.t=k[m a xfty.
w=k …].

[…] en tant que Sokar, car c’est le fils qui soulève la couronne rouge du père, puissante comme
un dieu […] tu seras puissant grâce (à cela), tu seras puissant et tu protègeras ton D.t [du bras
de tes ennemis …].

402
Corpus - 1. D.t

403
Volume II - 3e Partie

Document 75.
CT VI, 398f-k [TS 767]

Contexte
Cette formule a pour objectif d’éviter au défunt de succomber à la « seconde mort » dans l’au-
delà. Pour cela, il doit agir en héritier d’Osiris et devenir lui-même une Osiris.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien II, p. 1718-1719.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 226.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts II, p. 297.

404
Corpus - 1. D.t

Htpw m p.t, Haw m tA n nTr, wa~n=f Ax.t sb(=w) xrw Htp[…] Wsjr ra nb n Wsjr N pn, d=f n=f
kA=f n(y) D.t=f.

Le ciel est en paix et la terre est en liesse pour le dieu car il a hérité de l’horizon et l’annonce
est répandue de la satisfaction […] Osiris chaque jour pour cet Osiris N-ci, il lui donnera son
ka de son D.t.

405
Volume II - 3e Partie

Document 76.
CT VI, 404c-e [TS 769]

Contexte
Formule d’ascension au ciel. Le défunt est Osiris et il utilise ici une échelle dressée par son fils
Horus.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien II, p. 1724-1725.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 286.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts II, p. 300.

406
Corpus - 1. D.t

Ts tp=k r os.w=k jno r(A)-[Link]=k mj 1r aHa(w) m-xnt 4x.t Mao.t, d=f n=k kA=k n(y) D.t=k r-mtr=k.

Ta tête sera nouée à tes os, tes articulations (a) seront assemblées comme Horus dressé dans le
Champs des Échelles, il te donnera ton ka de ton D.t en ta présence.

(a) litt. « l’ouverture/extrémité des [Link] », ce que l’on peut comprendre par « articulations »,
dans le sens où il s’agit de la partie qui retient le a.t au reste du corps (cf. J. Walker, Anatomical
Terminology, p. 271).

407
Volume II - 3e Partie

Document 77.
CT VII, 35g-r [TS 834]

Contexte
L’officiant invite le défunt à sortir de sa tombe et rejoindre le ciel.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien III, p. 1818-1819.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 247.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts III, p. 834.

408
Corpus - 1. D.t

hA N pn ! (j)n-jw=k m p.t ? (j)n-jw=k m tA ? sn n=k mw.t=k Nw.t [Link] obHw wn~n n=k jt=k Gb
[Link]=f, (j)n-jw=k m jA.t=k rsy.t ? (j)n-jw=k m jA.t=k mHy.t ? (j)n-jw=k m jA.t jAbt.t ? (j)n-jw=k
m jA.t=k jmnt.t ? jwt=k m Htp sxm=k m D.t=k ngbgb [Link] wn [Link] HA.t hA N pn ! pr=k jm Ax=tj
sp-2 sxm=tj wAS=tj.

Ô ce N-ci ! Es-tu dans le ciel ? Es-tu sur terre ? Ta mère Nout t’écartera les vantaux de la
fraîcheur car ton père Geb t’a ouvert ses vantaux. Es-tu à ta butte méridionale ? Es-tu à ta butte
septentrionale ? Es-tu à la butte orientale ? Es-tu à ta butte occidentale ? Tu viendras en paix, tu
disposeras de ton D.t, les vantaux s’écarteront et les portes de la tombe s’ouvriront, ô ce N-ci !
Tu en sortiras en étant un esprit-akh, bis, puissant et honoré.

409
Volume II - 3e Partie

Document 78.
CT VII, 49k-p [TS 845]

Contexte
Formule d’offrande de l’Œil d’Horus.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien III, p. 1842-1843.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 129.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts III, p. 30.

410
Corpus - 1. D.t

411
Volume II - 3e Partie

d n=k Jr.t 1r r HA.t=k 1r jmy Wsjr N tn mj (j)n=k Jr.t 1r n Tw s(y) n s(y) D.t=k, d n=k s(y) xr=k
Htm Tw jm=s, Htm=s Tw m nTr.

Place donc l’Œil d’Horus contre ton front, Horus qui est cet Osiris N-ci, prends donc l’Œil
d’Horus car il t’appartient, il appartient à ton D.t. Place le donc auprès de toi et approvisionne-
toi de lui. Il t’approvisionnera comme un dieu.

412
Corpus - 1. D.t

413
Volume II - 3e Partie

Document 79.
CT VII, 58c-d [TS 855]

Contexte
Formule d’offrande de l’Œil d’Horus.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien III, p. 1858-1859.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 122.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts III, p. 36.

414
Corpus - 1. D.t

1r jmy Wsjr N pn jn n=k [Link] 1r n(y).t D.t=f nDr n=k sn jab n=k sn !

Horus qui est cet Osiris N-ci, apporte donc les deux Yeux d’Horus de son D.t, tiens-les donc
fermement, rassemble-les donc !

415
Volume II - 3e Partie

Document 80.
CT VII, 61z-aa [TS 858]

Contexte
Formule d’offrande de l’Œil d’Horus.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien III, p. 1864-1865.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 124.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts III, p. 38.

416
Corpus - 1. D.t

417
Volume II - 3e Partie

hA Wsjr N tn jn n=T [Link] 1r m bw nb nty D.t=f <jm> jn n=k sn jab n=k sn dmD n=k sn.

Ô cette Osiris N, apporte donc les deux Yeux d’Horus en tout lieu où son D.t se trouve, apporte-
les donc, rassemble-les donc, réunis-les donc.

418
Corpus - 1. D.t

419
Volume II - 3e Partie

Document 81.
CT VII, 63g-r [TS 861]

Contexte
Formule d’offrande de l’Œil d’Horus.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien III, p. 1868-1869.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 126.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts III, p. 39.

420
Corpus - 1. D.t

jw 1r nb~n=f Hr jr.t=f, 1r jmy Wsjr N pn m(j) n=k Jr.t 1r nb(w).t~n=f Hr r=s n=k jm=s s(y)
D.t, 1r jmy Wsjr N pn sja(r)~n=k [Link] 1r r Hr=k d~n=k Hwn[.ty] jmy.t [Link] 1r m tp=k
d~n(=j) n[=k] xw=sn Hr=k m rn n(y) sny [Link] [Link], 1r imy Wsjr N [pn] d~n n=k 1r Jr.t=f
sSm=s Tw m wA.t swn Ht.t=k jm=s mw jm=s n=s D.t=k D.t.

Horus a recouvert d’or son œil. Horus, qui est cet Osiris N-ci, prend donc l’Œil d’Horus qu’il a
recouvert d’or pour toi car il t’appartient. Horus, qui est cet Osiris N-ci, a élevé les Yeux d’Horus
à son visage et a placé les pupilles des Yeux d’Horus à ta tête, je [te] donne leur protection sur
ton visage en leur nom des Deux Grands de Magie. Horus, qui est [cet] Osiris N-[ci], Horus t’a
donné son Œil pour qu’il te guide sur le chemin, ta gorge s’ouvrira grâce à lui et le liquide qu’il
contient t’appartient, pour ton D.t de l’éternité-djet.

421
Volume II - 3e Partie

Document 82.
CT VII, 73e-k [TS 867]

Contexte
Cette formule présente trop de lacunes pour être exploitable.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien III, p. 1882-1883.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 558.

422
Corpus - 1. D.t

423
Volume II - 3e Partie

Document 83.
CT VII, 112x-y [TS 908]

Contexte
A formule en elle-même est une formule de justification de type classique, mais les deux
dernières lignes qui composent ce document sont un excursus original, un ajout personnel du
défunt au sujet de sa femme.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien III, p. 1940-1941.

424
Corpus - 1. D.t

Hs=f mr[=f] Hm.t=f mr(w).t=f n(y).t D.t=f N jor.t.

Il loue et aime sa femme à qui il inspire l’amour, appartenant à son D.t, N excellente.

425
Volume II - 3e Partie

Document 84.
CT VII, 152i-j [TS 940]

Contexte
Il devait probablement s’agir d’une formule de transformation en Ouadjet d’après ce qui subsiste
de la rubrique.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien III, p. 2018-2019.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 526.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts III, p. 80.

426
Corpus - 1. D.t

jnk 1w.t-1r wnw=j m 4mA-Wr wn(w) Hr D.t=f.

Je suis Hathor et je me hâterai comme le Grand Taureau Sauvage qui se hâte auprès de son D.t.

427
Volume II - 3e Partie

Document 85.
CT VII, 217c-d [TS 1000]

Contexte
Il s’agit d’une « formule pour entrer dans le disque solaire (r(A) n ao m-Xnw jtn) ». Le locuteur
est le défunt, qui souhaite entrer dans l’Œil du créateur.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien III, p. 2126-2127.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 509.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts III, p. 106.

428
Corpus - 1. D.t

nHm=k wj m-a Dnd pw 8mD(w)-Hr-[D.t=f] wsr=f jm=f.

Tu me sauvegarderas de cette colère de Celui-qui-se-réunit-à-son-D.t car il est puissant grâce à


elle (a).

(a) Il s’agit de la colère, mot masculin en égyptien.

429
Volume II - 3e Partie

Document 86.
CT VII, 230m-o [TS 1013]

Contexte
Le titre de la formule est « Formule pour ne pas manger d’excrément dans la nécropole (R(A) n
tm wnm xs m Xry-nTr) ». Le défunt est assimilé à Thot, le successeur de Rê dans le ciel et scribe
du Tribunal d’Héliopolis.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien III, p. 2150-2151.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 417.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts III, p. 113.

430
Corpus - 1. D.t

431
Volume II - 3e Partie

J 1r(j)-5w-sty d jT=j D.t=j Gb jw smAa~n=j xrw 1r r 4tS.

Ô Celui-qui-est-sur-Chou-séty (a), fait en sorte que je prenne possession de mon D.t, Geb, car
j’ai fait triompher Horus de Seth.

(a) Nom de divinité inconnu par ailleurs d’après le Lexikon der ägyptischen Götter (Chr. Leitz,
LGG V, p. 384), mais il est possible qu’il renvoie à la déesse 5wst de Pyr. §123a (FECT III,
p. 114, n. 7 ; Chr. Leitz, LGG VII, p. 44).

432
Corpus - 1. D.t

433
Volume II - 4e Partie

PARTIE 4.
Corpus - Haw

434
Volume II - 4e Partie

Document 87.
Pyr. § 2113-2114b [TP 690]

Contexte
Formule d’ascension du défunt sous la forme d’esprit-akh vers le ciel.
Dans cette partie de la formule, l’officiant s’adresse au défunt, qui a pris l’identité d’Osiris.

Parallèles
P/F/Se 87-88
M/A/E inf 17-29
N/A/N (= N 996-997)
Nt/F/Se II 1-20 (= Nt 597)
Oudj, fgt J, 2-5
CT VIII, 2092a-2119 (= J.P. Allen, CT 8, p. 434-440)

Traductions
-- J.P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Writings from the Ancient World 23, Atlanta,
2005, p. 295, § 524.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Oxford, 1969, p. 299.

436
Corpus - 2. Haw

hA N [j Ax.t sb(w) a HAj] Gb, [Link] rDw nTr jmj=k anx jb=k nkAkA Ha=k nTr wHa Ssm.w=k.

Ô N, [la saison-akhet au bras chargé viendra autour de] (a) Geb. Approvisionne (b) ton intérieur
des redjou divins, ainsi ton ib vivra, ton Ha divin fonctionnera (c) et tes ligaments seront déliés.

(a) Restitution d’après § 2111 [TP 690] et § 1944c [TP 667A].

(b) Pour la traduction par un impératif, cf. Pyr. § *1924b-c [TP *666] (communication de
B. Mathieu, que je remercie).

(c) J. Allen propose de traduire « nkAkA » par « fill out », mais avec un point d’interrogation. Le
Wb II, 345, 15 note simplement qu’il s’agit d’une désignation du bon état de la chair du cadavre,
tandis que le Thesaurus Linguae Aegyptiae traduit « wiederbelebt ». On peut donc en déduire
qu’il s’agit d’un état de bon fonctionnement du corps.

437
Volume II - 4e Partie

Document 88.
Pyr. § *2244a-c [TP *723]

Contexte
Formule de renaissance. L’officiant s’adresse au défunt, dont le corps a été rendu divin et
imputrescible.

Parallèles
P/F/Se 42
M/A/E inf 15-16
N/A/E inf 18-19 (= N 1055 + 31)
Nt/F/Se II 71-74 (= Nt 652-653)
Oudj/F/N (= Oudj 114-147)
Oudj, fgt J, 1

Tradition
CT VI, 108c-h [TS 519] (= doc. 124).

Traduction
-- J.P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Writings from the Ancient World 23, Atlanta,
2005, p. 327, § 249.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Oxford, 1969, p. 311.

438
Corpus - 2. Haw

hA N pn Ts Tw Hr os.w=k bjAw [Link] nbw.t, Ha=k pw n(y)-sw nTr, n xsD~n=f n Htm~n=f n


HwA~n=f.

Ô ce N-ci, dresse-toi sur tes os de fer et tes membres d’or, car ce tien Ha est celui d’un dieu : il
ne saurait moisir, ni disparaître, ni se putréfier.

439
Volume II - 4e Partie

Document 89.
CT I, 168d-169c [TS 39]

Bibliographie
R.O. Faulkner, « Spells 38-40 of the Coffin Texts », JEA 48, 1962, p. 36-41.
H. Willems, « The Social and Ritual Context of a Mortuary Liturgy of the Middle Kingdom (CT
spell 30-41), OLA 103, 2001, p. 324-355.

Contexte
Ce texte fait partie d’un ensemble de formule relevé par H. Willems dont la nature est proche
de celle des Lettres aux morts. Il s’agit d’un fils qui s’adresse à son père défunt au sujet des
services mutuels qu’ils se rendent : le fils assure le culte funéraire tandis que le père prépare la
venue de son héritier dans l’au-delà, sans pour autant la précipiter.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 82-83.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 180.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 32.
-- H. Willems, « The Social and Ritual Context of a Mortuary Liturgy of the Middle Kingdom
(CT spell 30-41), OLA 103, p. 332.
-- R.O. Faulkner, « Spells 38-40 of the Coffin Texts », JEA 48, p. 40.

440
Corpus - 2. Haw

441
Volume II - 4e Partie

442
Corpus - 2. Haw

jn rr Dd=Tn jn=t(w)=j r-s.t n(y).t jt=j pf aHaw jm mHy=j pf Hay=j (p)f hA~n=j n=f pf ? jsk rx~n=j
od=Tn mAA~n=j Xnw=Tn. smsy=j jr=j jr~n=f wj m Haw n(y) jwf=f mtw.t pr(w).t m Hnn=f.

Avez-vous (a) donc dit que l’on m’a amené à la place de ce mien père, celui qui s’est dressé là,
ce mien défenseur, ce mien protecteur, pour lequel je suis descendu ? J’ai bien appris à connaître
votre caractère et j’ai vu votre Résidence. Mon géniteur (b) m’a donc fait en tant que (c) Haw de
sa chair et semence issue de son phallus.

(a) Le défunt s’adresse aux « dieux, seigneurs de Maât ».

(b) Cette traduction se rapproche de celle d’H. Willems, « The Social and Ritual Context of a
Mortuary Liturgy of the Middle Kingdom (CT spell 30-41), OLA 103, p. 332. Elle se fonde sur
le fait que le mot « smsy » recouvre à la fois la notion d’ancienneté, pour désigner la génération
précédente, ainsi que la forme causative du radical ms « enfanter ».

(c) L’emploi du nom de relation après Haw m’incite à traduire la préposition m par « en tant
que » plutôt que par « au moyen de », comme c’est le cas dans d’autres formules (cf. doc. 94 à
97 et 114). En effet, l’expression Haw n(y) jwf mtw.t implique que le Haw soit subordonné à la
chair et à la semence, ce qui correspond à l’idée qu’il s’agisse d’un nouveau corps formé à partir
de ces éléments. Or si l’on traduit m par « au moyen de », le corps en question devient celui du
géniteur, auquel devrait alors être subordonné la chair et la semence.

443
Volume II - 4e Partie

Document 90.
CT I, 204c-205a [TS 47]

Contexte
Le fils du défunt s’adresse à son père et lui apporte des offrandes et lui donner la vie éternelle.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 108-109.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 189.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 42.

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Corpus - 2. Haw

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Volume II - 4e Partie

hA Wsjr N pn jw rd~n(=j) n=k nn [Link] (r)d~n n(=j) 1w.t-Hr nb.t Pwn.t. d=s <n> n=k antjw
m 1w.t-aA.t m-m pr=w m-Xnw wja n(y) Haw.

Ô cet Osiris N-ci, je t’ai donné ces offrandes que m’a donné Hathor, dame de Pount. Elle te
donnera la myrrhe-ântiou provenant du Grand Domaine (a) parmi ce qui provient de la barque
du Haw.

(a) D’après H. Gauthier, ce nom désigne « la résidence du dieu solaire Atoum ou Râ dans
Héliopolis » (H. Gauthier, Dictionnaire géographique IV, p. 54).

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Corpus - 2. Haw

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Volume II - 4e Partie

Document 91.
CT I, 216b-h [TS 49]

Bibliographie
J. Assmann, Mort et au-delà dans l’Égypte ancienne, 2003, p. 389-400.

Contexte
Formule récitée pendant la veillée horaire, lors de la dernière nuit du défunt dans l’atelier
d’embaumement, juste avant l’inhumation. Anubis, Isis et Nephthys doivent protéger le corps
momifié d’Osiris qui repose sur la table d’embaumement contre les attaques de Seth et de ses
acolytes, qui peuvent prendre des formes variées.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 114-115.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 191.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 45.
-- J. Assmann, Mort et au-delà en Égypte ancienne, p. 390.

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Corpus - 2. Haw

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Volume II - 4e Partie

rs Hr=Tn Jmyw wab.t nTr.w jmy.w [w][Link], mTn, Haw=f nTr snD n nbD.w [jr~n(=sn) x]pr.w, sHD
tkA [Link] nTr.w jmy.w snk.t. mTn Haw=f nTr dy sA=Tn Hr nb[=Tn].

Que votre visage soit éveillé, Ceux qui sont dans l’atelier d’embaumement, les dieux qui sont
dans l’ouryt (a). Voyez, son Haw divin craint les mauvais qui se sont transformés. Allumez les
torches, intendants, dieux qui êtes dans l’obscurité. Voyez son Haw divin (b), votre protection
sera placée sur [votre] seigneur.

(a) [Link] et wab.t sont deux mots qui peuvent désigner l’atelier d’embaumement et la distinction
entre les deux n’a pas encore été bien établie. Toutefois, nous savons que la structure de
la ouâbet comporte plusieurs pièces (cf. A. Martin, « L’embaumeur est-il «out» ? », ENIM 5,
2012, p. 197-198) et il semble que l’ouryt est la salle où est réellement pratiqué l’embaumement
(cf. J. Assmann, Das Grab der Mutirdis, AV 13, p. 102 ; id., LÄ VI, 1003, s.v. « Verklärung »).
Je propose donc d’identifier l’ouryt comme l’une des pièces de la ouâbet, celle dans laquelle
repose le corps et où se déroulent à la fois l’embaumement et la veillée horaire.

(b) Cette proposition n’est présente que sur le sarcophage B10Cc.

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Corpus - 2. Haw

451
Volume II - 4e Partie

Document 92.
CT I, 227f-229a [TS 50]

Bibliographie
J. Assmann, Mort et au-delà dans l’Égypte ancienne, 2003, p. 389-400.

Contexte
Formule récitée pendant la veillée horaire, lors de la dernière nuit du défunt dans l’atelier
d’embaumement, juste avant l’inhumation. Anubis, Isis et Nephthys doivent protéger le corps
momifié d’Osiris qui repose sur la table d’embaumement contre les attaques de Seth et de ses
acolytes, qui peuvent prendre des formes variées.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 120-121.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 192.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 47.

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Volume II - 4e Partie

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Corpus - 2. Haw

[B16C]
mk 4tX jw m xpr.w=f Dd~n=f « ssnD Haw nTr ». « dy Hm nkn n=f, jry Sa.t=f » j jn 6mw. rs Jnpw
nb R(A)-orr.t Hr nTr sA nb nTr.w, d~n As.t [Link]=s HA=k mj jr.t~n=s Hr nb r-Dr (a). rs [Link]
nhp [Link] ! xa nTr mA=f pa.t. rd(=w) jA m sH nTr mA~n nTr dr(=w) sbj xnr(=w) n=j Ddw.w ssnD.

Vois, Seth est venu en ses manifestations et il a dit : « que le Haw divin soit dans la crainte ».
« Il sera donc blessé, il sera massacré » a dit Atoum. Anubis, seigneur de Ra-qereret (b) veillera
sur le fils divin du seigneur des dieux car Isis a placé ses bras autour de toi, comme elle l’a fait
pour le Seigneur du Tout. Surveillez les chemins, protégez les portiques ! Le dieu apparaîtra et
il verra l’élite. Une prière est donnée dans le pavillon divin car le dieu a vu que le rebelle est
repoussé et que ceux qui parle de crainte sont emprisonnés pour moi.

(a) Comme le fait remarquer R.O. Faulkner, la lecture présentée par B16C (nb r mn) est
probablement fautive (FECT I, p. 49, n. 35). J’ai donc choisi de la remplacer par la lecture des
autres versions.

(b) Ce nom, que l’on traduit « l’Entrée de la caverne », désigne la nécropole d’Assiout, constituée
d’hypogées percés dans la montagne. Anubis, seigneur de Ra-qereret en est le dieu tutélaire.
À ce sujet, voir P. Montet, Géographie de l’Égypte ancienne II, p. 136 et 139 ; H. Gauthier,
Dictionnaire géographique III, p. 128 ; H. Beinlich, s.v. « Ra-qereret », LÄ V, 149.

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Volume II - 4e Partie

Document 93.
CT I, 249c-f [TS 60]

Bibliographie
J. Assmann, Mort et au-delà dans l’Égypte ancienne, 2003, p. 389-400.

Contexte
Cette formule est récitée au matin suivant la nuit de la veillée horaire, lors de la procession
funèbre qui conduit le défunt de l’atelier d’embaumement à sa tombe.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 138-139.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 198.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 54.
-- J. Assmann, Mort et au-delà dans l’Égypte ancienne, p. 395.

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Corpus - 2. Haw

[B4C]
snD 4tS mAA=f Tw, ptx=f HAay.t(=f) r tA xr snD=f m Haw=f Ds=f.

La crainte de Seth est de te voir, alors il jettera sa révolte à terre et sa crainte sera jetée dans son
propre Haw.

457
Volume II - 4e Partie

Document 94.
CT I, 314/315a-320/321a
[TS 75]

Bibliographie
J. Zandee, « Sargtexte, Spruch 75 (Coffin Texts I 314-348a) », ZÄS 97, 1971, p. 155-162.
H. Willems, « The Shu-spells in practice », EgUit IX, 1996, p. 197-209.

Contexte
Formule appartenant au groupe dit du « Livre de Chou ».

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 184-185.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 462.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 72.
-- J. Zandee, « Sargtexte, Spruch 75 », ZÄS 97, p. 155-156.

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Volume II - 4e Partie

[B3C]
N tn bA 5w nTr xpr(w) Ds=f, Ts~n <s.t> N tn m Haw nTr xpr(w) Ds=f, N tn bA 5w, xpr~n N
tn m Haw n(y) nTr sfg jrw, Ts~n <s.t> N tn m Haw n(y) nTr xpr(w) Ds=f, N tn jmy Drw n(y) nTr
xpr(w) Ds=f, xpr~n N tn jm=f

Cette N-ci est le ba de Chou, le dieu advenu de lui-même et cette N-ci s’est nouée au moyen du
Haw (a) du dieu advenu de lui-même. Cette N-ci est le ba de Chou, cette N-ci est advenue par
le Haw du dieu à la forme cachée et cette N-ci s’est nouée au moyen du Haw du dieu advenu de
lui-même, cette N-ci est à l’intérieur de l’étendue du dieu advenu de lui-même et cette N-ci est
advenue de lui.

(a) Litt. « cette N-ci a noué <elle> ». Pour que la phrase fasse sens, on est obligé de rajouter
un pronom dépendant de la 3e personne du féminin singulier car, comme le note J. Zandee,
« Man vermißt das Relativpronomen wi, weil die sDm.n.f-Form keine passive Bedeutung hat. »
(J. Zandee, ZÄS 97, p. 158, n. 318b).

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Corpus - 2. Haw

467
Volume II - 4e Partie

Document 95.
CT I, 336/337a-338/339c
[TS 75]

Bibliographie
H. Willems, « The Shu-spells in practice », EgUit IX, 1996, p. 197-209.
J. Zandee, « Sargtexte, Spruch 75 (Coffin Texts I 314-348a) », ZÄS 97, 1971, p. 155-162.

Contexte
Formule appartenant au groupe dit du « Livre de Chou ».

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 186-187.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 463.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 72-73.
-- J. Zandee, « Sargtexte, Spruch 75 », ZÄS 97, 1971, p. 156.

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Volume II - 4e Partie

472
Corpus - 2. Haw

[B3C]
xpr~n N tn, Ts~n N tn m Haw nTr aA xpr(w) Ds=f, omA~n=f N tn m jb=f, jr~n=f N tn m Axw=f,
nfA~n=f N tn m Sr.t=f, N tn nTr nfA(w) jrw.

Cette N-ci est advenu et s’est dressée par le Haw du grand dieu advenu de lui-même. Il a créé
cette N-ci par sa conscience-ib, il a fabriqué cette N-ci par sa magie-akhou et a expulsé cette
N-ci de sa narine : cette N-ci est un dieu dont la forme est expulsée.

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Volume II - 4e Partie

Document 96.
CT I, 350/351b-352/353b
[TS 75]

Bibliographie
H. Willems, « The Shu-spells in practice », EgUit IX, 1996, p. 197-209.
J. Zandee, « Sargtexte, Spruch 75 (Coffin Texts I 348b-372c) », ZÄS 98, 1972, p. 149-155.

Contexte
Formule appartenant au groupe dit du « Livre de Chou ».

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 188-189.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 463-464.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 73.
-- J. Zandee, « Sargtexte, Spruch 75 », ZÄS 98, 1972, p. 149.

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Corpus - 2. Haw

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Volume II - 4e Partie

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Corpus - 2. Haw

477
Volume II - 4e Partie

[B3C]
sHtp~n N tn DfAw nb.w, swAD~n N tn Hw n(y) Wsjr Hr xpr N tn m Haw n(y) nTr pn Sps xpr(w)
Ds=f wps(w) p.t m nfr=f.

Cette N-ci a pourvu de toutes provisions et a fait prospérer la nourriture d’Osiris car cette N-ci
advient par le Haw de ce dieu noble advenu de lui-même qui illumine le ciel de sa perfection.

478
Corpus - 2. Haw

479
Volume II - 4e Partie

Document 97.
CT I, 387b-389b [TS 75]

Bibliographie
H. Willems, « The Shu-spells in practice », EgUit IX, 1996, p. 197-209.
J. Zandee, « Sargtexte, Spruch 75 (Coffin Texts I 372d-405c) », ZÄS 99, 1972, p. 48-63.

Contexte
Formule appartenant au groupe dit du « Livre de Chou ».

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 196-197.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 465.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 74.
-- J. Zandee, « Sargtexte, Spruch 75 », ZÄS 99, 1972, p. 49.

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Corpus - 2. Haw

481
Volume II - 4e Partie

482
Corpus - 2. Haw

483
Volume II - 4e Partie

[S1C]
Ssp~n=j N.t=j m tp=j Haa {t} 8Sr.t mAA=s. jw N.t=j m tp[=j] jw 8Sr.t m tp n(y) xpr(w) Ds=f, « Ha
N.t mAn=s 8Sr.t » xrw=sn nTr.w sDm(w).w xrw=s « snsn {s} nTr r nTr {f} xpr(w) m Haw=f ».

J’ai reçu la Couronne de Basse Égypte sur ma tête et la Couronne rouge jubile quand elle la voit.
Ma Couronne de Basse Égypte est sur [ma] tête et la Couronne Rouge est sur la tête du dieu
advenu de lui-même. « La Couronne de Basse Égypte jubilera quand elle verra la Couronne
Rouge » proclament-ils, les dieux qui entendent sa voix, « elle, le dieu, s’unira à son dieu
advenu de son Haw » (a).

(a) Les autres versions proposent une séquence plus simple : « le dieu s’unira au dieu advenu
de son Haw (snsn nTr r nTr xpr(w) m Haw=f) ».

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Corpus - 2. Haw

485
Volume II - 4e Partie

Document 98.
CT II, 36f [TS 80]

Bibliographie
S. Bickel, « Un hymne à la vie. Essai d’analyse du Chapitre 80 des Textes des Sarcophages »,
BiEtud 106, 1994, p. 81-98.
H. Willems, « The Shu-spells in practice », EgUit IX, 1996, p. 197-209.
J. Zandee, « Sargtexte, Spruch 80 (Coffin Texts II 27d-43) », ZÄS 101, 1974, p. 62-79.

Contexte
Formule appartenant au groupe dit du « Livre de Chou ».

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 224-225.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 472.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 84.
-- S. Bickel, « Un hymne à la vie. Essai d’analyse du Chapitre 80 des Textes des Sarcophages »,
p. 85.
-- J. Zandee, « Sargtexte, Spruch 80», ZÄS 101, p. 64.

486
Corpus - 2. Haw

[B1C]
sanx(=f) jt=f nt(y) Jxmw-wrD.w js.t wjA=f « anx n(y) Haw anx(w) »

Il fera vivre son père, dont les Infatigables constituent l’équipage de sa barque « Vie du Haw
vivant ».

487
Volume II - 4e Partie

Document 99.
CT II, 38h-39a [TS 80]

Bibliographie
S. Bickel, « Un hymne à la vie. Essai d’analyse du Chapitre 80 des Textes des Sarcophages »,
BiEtud 106, 1994, p. 81-98.
H. Willems, « The Shu-spells in practice », EgUit IX, 1996, p. 197-209.
J. Zandee, « Sargtexte, Spruch 80 (Coffin Texts II 27d-43) », ZÄS 101, 1974, p. 62-79.

Contexte
Formule appartenant au groupe dit du « Livre de Chou ».

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 224-225.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 472.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 84.
-- S. Bickel, « Un hymne à la vie. Essai d’analyse du Chapitre 80 des Textes des Sarcophages »,
p. 86.
-- J. Zandee, « Sargtexte, Spruch 80», ZÄS 101, 1974, p. 64.

488
Corpus - 2. Haw

489
Volume II - 4e Partie

[B1C]
dmD(=j) [Link] Wsjr sAo=j os.w=f srwD=j mtw.w=f swAD=j Haw=f, d=j n=f Htp.w, smn(=j) sw, KA-
Jmn.t.

Je réunirai les membres d’Osiris, j’agrègerai ses os, je raffermirai ses conduits-metou et je ferai
reverdir son Haw, je lui donnerai des offrandes et je le rendrai stable, le Taureau de l’Occident.

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Corpus - 2. Haw

491
Volume II - 4e Partie

Document 100.
CT II, 44f-g [TS 81]

Bibliographie
H. Willems, « The Shu-spells in practice », EgUit IX, 1996, p. 197-209.
J. Zandee, « Sargtexte, Spruch 81 (Coffin Texts II 44) », ZÄS 101, p. 80.

Contexte
Formule appartenant au groupe dit du « Livre de Chou ».
Le locuteur est le défunt en tant que Chou, fils d’Atoum.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 228-229.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 474.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 87.
-- J. Zandee, « Sargtexte, Spruch 81 (Coffin Texts II 44) », ZÄS 101, p. 80.

492
Corpus - 2. Haw

493
Volume II - 4e Partie

[B1C]
d=j n=f TAw.w=j r Sr.t=f nt(y) wja=f anx Haw anx(w) sanx=j [Link]=f.

Je lui donnerai mes souffles (de vie) vers sa narine, celui dont la barque est « Vie du Haw
vivant » (a), je rendrai vivant ses membres.

(a) Chaque variante présente une version différente pour le nom de la barque :
[B2L] wja= f anx Haw anx(w).w « sa barque « Vie du Haw des vivants ». »
[B1P] wja=f anx(w).w « sa barque des vivants »

494
Corpus - 2. Haw

495
Volume II - 4e Partie

Document 101.
CT II, 49e-50f [TS 84]

Contexte
Il s’agit d’une formule pour « se transformer en Néhebkaou dans la nécropole ».
Le défunt évoque sa naissance divine.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 232-233.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 477.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 88-89.

496
Corpus - 2. Haw

497
Volume II - 4e Partie

498
Corpus - 2. Haw

[S1C]
d=sn Dsr[w] [Link] 4SA.t jwr(w).t jm=j jn(w).t jm=j. Dnd=s sSd=s jm=j, jr~n=j HA.t jmj.t [Link]=s
m 9sr(w)-tp. pr~n=j [Link] [Link] As.t m 1r, xAa(=w) n=j Haw=j m Nw.t m smA rnp(w).

Elles (a) donneront des offrandes (sacrées) de la meilleure qualité à Séchat, enceinte de moi et
qui me contient. Elle sera en colère contre moi et me jettera des éclairs, alors que j’ai commencé
à être engendré entre ses cuisses en tant que Celui-dont-la-tête-est-dressée. Je suis sorti d’entre
les cuisses d’Isis en tant que Horus. Mon Haw est expulsé pour moi de Nout en tant que jeune
taureau-séma.

(a) Il s’agit des déesses Isis et Nephthys.

499
Volume II - 4e Partie

Document 102.
CT II, 61a-c [TS 90]

Contexte
L’un des titres de cette formule est « Ne pas marcher la tête en bas et sortir au jour (tm Sm(w)
sxdw, pr.t m ra) ». Le défunt décrit sa naissance céleste.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 240-241.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 231.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 91.

500
Corpus - 2. Haw

[B2B0]
[j.]Sa(=j) Haw anxw jmj.t [Link] [4pd].t. « [n]x[nw] [sp-2] m Htp ! » jn=sn, nTr.w, jr=j « psD
1w.t-Hr ».

Je couperai le Haw vivant entre les cuisses de Sothis. « Sois jeune, bis, en paix ! » m’ont dit les
dieux « et Hathor brillera ».

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Volume II - 4e Partie

Document 103.
CT II, 113k-114d [TS 105]

Contexte
Le titre de la formule est « Sortir au jour et faire une transformation en homme (Pr.t m hrw,
jr.t xprw m rmT) ».
Le locuteur est le défunt, qui cherche à retrouver les qualités qu’il possédait lorsqu’il était
vivant, dans le monde des hommes.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 270-271.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 142.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 102.

502
Corpus - 2. Haw

503
Volume II - 4e Partie

[S1C]
jw rf Dd~n Wsjr r=j : « dy n=f os.w, jn(y) n=f [Link]=f, sAo(y) n=f Haw=f ». jw rf rd(=w) n=j os.w=j,
jn(=w) n=j Haw=j, sAo(=w) n(=j) [Link]=j mj [wnm] Haw=j. jw rd(=w) n=j Haw=j mj Wr.t, twtwt Hr(y)
[gs=f]

Osiris a donc dit de moi : « Ses os lui seront donnés, ses membres lui seront apportés et son Haw
sera agrégé ». Ainsi mes os me sont donnés, mon Haw m’est apporté et mes membres me sont
réunis, comme quand mon Haw mange. Mon Haw m’est donné, comme la Grande, qui a complété
celui qui est sur [son flanc].

504
Corpus - 2. Haw

505
Volume II - 4e Partie

Document 104.
CT II, 117a-e [TS 106]

Contexte
Le locuteur est le défunt, qui cherche à retrouver les qualités qu’il possédait lorsqu’il était
vivant, dans le monde des hommes.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 274-275.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 143-144.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 103.

506
Corpus - 2. Haw

« Jn n=f os.w=f, dmD n=f a[.wt]=f » j jn Wsjr r N pn mj Ax.t twt(wt) Hr(y) gs=f. jw jn(=w) n(=j)
os.w=j, dmD(=w) n(=j) [Link]=j jw jn(=w) n(=j) jTy=t(w) m-a=j jw dmD(=w) n(=j) […] jm=j wnm
Haw=j, d mj n=j jwf=j

« Ses os lui seront apportés et ses membres lui seront réunis » a dit Osiris de ce N-ci, comme
l’Uræus, qui a complété celui qui est sur son flanc. Mes os me sont apportés et mes membres
me sont réunis, ce qui m’avait été saisi m’est apporté et […] est réunis pour moi, que mon Haw
puisse manger.

507
Volume II - 4e Partie

Document 105.
CT II, 226b-228a [TS 149]

Contexte
Il s’agit d’une formule de transformation dans laquelle le défunt souhaite prendre l’identité
d’un faucon « humain ».

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 356-357.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 436.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 127.

508
Corpus - 2. Haw

509
Volume II - 4e Partie

510
Corpus - 2. Haw

511
Volume II - 4e Partie

[S1P]
xpr m bjk, sAx.t s m Xr.t-nTr, rd.t sxm s m xfty.w, Dd <n>(a) s Tb(w) m [Link] jdmj bjk sD
mnD. jnk Haw rmT jn(w) Spt m Jw Nsrsr.

Advenir en faucon et faire d’un homme un esprit-akh dans la nécropole et donner à un homme
le pouvoir de disposer de ses ennemis. À dire <par> un homme chaussé de sandales blanches
en étoffe-idémi et vêtu d’un pagne (b). Je suis un Haw humain amené courroucé de l’Île de
l’Embrasement.

(a) A. de Buck a inscrit s, mais d’après R.O. Faulkner, « Dd s is slightly corrupt, even though it
is common to all texts ; read Dd (infinitive) <n> s. » (FECT I, p. 128, n. 2).

(b) La traduction « pagne » pour mnD n’est pas conventionnelle, mais le contexte et le
déterminatif de la pièce de tissu indiquent que la traduction « poitrine » ne convient pas. Il
peut en revanche s’agir d’un vêtement destiné à cette partie du corps, mais ce n’est qu’une
hypothèse, non vérifiée.

512
Corpus - 2. Haw

513
Volume II - 4e Partie

Document 106.
CT III, 298e-i [TS 230]

Contexte
Formule inscrite sur la paroi de tête des sarcophages ; elle appartient au genre des formules
d’offrandes classiques à Osiris.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 568-569.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 50.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 183.

514
Corpus - 2. Haw

d [n(y)-sw.t Htp] Wsjr, pr(.t)-xrw n xA m t Hno.t Ss T.t jH Apd xr As.t Nb.t-Hw.t n N pn jor mAa-
xrw. Ts tp=k anx HA.t=k jwf=k n=k wntj Hr Haw=k wnn=k m Smsw anx=k.

Fasse le roi que s’apaise Osiris ! Une offrande invocatoire d’un millier de pain(s), bière(s),
(vases d’)albâtre, table(s) d’offrandes, bovin(s), oiseau(x) auprès d’Isis et Nephthys pour ce N
excellent, juste de voix. Ta tête se dressera et ton front vivra, car ta chair est liée (a) à ton Haw.
Tu seras un suivant, tu vivras.

(a) Racine verbale inconnue, probablement à rapprocher du substantif wn.t « ficelle » (Wb I,
314, 18-19) d’après le déterminatif de la corde (V1). P. Barguet et Cl. Carrier proposent de
traduire par « attaché », mais il me semble que le terme « lier » évoque plus la notion de corde.
Il faut peut-être y voir une référence aux conduits-metou, c’est-à-dire l’ensemble des vaisseaux
et canaux qui parcourent le corps et le maintiennent en cohésion.

515
Volume II - 4e Partie

Document 107.
CT III, 201c-302a [TS 235]

Contexte
Formule inscrite sur la paroi des pieds des sarcophages.
L’officiant s’adresse au défunt pour qu’il retrouve l’usage de ses jambes et se déplace dans
l’au-delà.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 572-573.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 55.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 184.

516
Corpus - 2. Haw

[T3C]
[Link]=T n=T Ts(=w) n=T Haw=T jno(=w) n=T [Link]=T Sas=T nmt.w=t r DADA.t r bw nt(y) nTr.w jm.

Tes jambes t’appartiennent, ton Haw t’est noué, tes membres te sont assemblés et tu dirigeras tes
pas vers le Tribunal, vers le lieu où se trouvent les dieux.

517
Volume II - 4e Partie

Document 108.
CT III, 311h-312e [TS 237]

Contexte
Formule inscrite sur la paroi ouest des sarcophages, qui correspond à la paroi du dos, comme
l’indique son titre : « Formule pour la grande paroi de bâbord (r(A) n sA.t n(y).t tA-wr aA.t) ».
Le défunt s’adresse à la Nuque d’Osiris.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 576-579.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 55.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 186.

518
Corpus - 2. Haw

519
Volume II - 4e Partie

[G2T]
jnD Hr=T 1A.t (a) Wsjr rmnwt.t kA Ndj.t snfy.t wty.w HAp(y).t bAgj rd(w).t~n Wsjr sA=f r=s
Xr.t-a wt Jnpw m srwx Haw WrD-jb.

Salut à toi, Nuque d’Osiris, compagne du taureau de Nédit, qui fera respirer les embandelettés
et couvrira le fatigué (b), contre laquelle Osiris a placé son dos, assistante de l’embaumeur
Anubis lors du traitement du Haw de Celui-dont-le-cœur-ne-bat-plus.

(a) Le terme HA appartient à la même famille que mkHA et désigne, d’après J.H. Walker « the back
of the head and neck (i.e. occiput + nape) » (J.H. Walker, Egyptian Anatomical Terminology,
p. 270, s.v. « mkHA » ; voir également p. 271, s.v. « HA » et p. 61). Le mot est ici au féminin car
le texte s’adresse à une entité féminine, qui n’est autre qu’Isis.

(b) Il s’agit d’une métaphore pour désigner le défunt.

520
Corpus - 2. Haw

521
Volume II - 4e Partie

Document 109.
CT III, 316k-m [TS 238]

Contexte
Formule inscrite sur la paroi ouest des sarcophages, qui correspond à la paroi du dos.
Le défunt s’adresse à la Nuque de son maître, Osiris.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 580-581.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 57.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 187.

522
Corpus - 2. Haw

523
Volume II - 4e Partie

jnD [Hr=T] Wr[.t] [1]A[.t] nb=s wTs(w).t sw m[tr=f n] b[Ag] jno(w).t Haw=j, sA[ow.t] jwf=j.

Salut [à toi], la Grand[e], la [Nuque] (a) de son maître qui le redresse dans [son moment de]
faiblesse (b), qui assemble mon Haw et agrège ma chair.

(a) Pour la traduction de HA.t par « nuque », voir le doc. 108, n.(a).

(b) Restitution à l’aide de la formule CT VII, 29k [TS 828] (doc. 132).

524
Corpus - 2. Haw

525
Volume II - 4e Partie

Document 110.
CT III, 318k-s [TS 238]

Contexte
Formule inscrite sur la paroi ouest des sarcophages, qui correspond à la paroi du dos.
Le défunt s’adresse à la Nuque de son maître, Osiris.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 582-583.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 58.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 187.

526
Corpus - 2. Haw

527
Volume II - 4e Partie

Jj~n=j 1r=t HA.t nb=s rmnwt.t kA Ndj.t s[n]f(w).t jwf Hbs(w).t bAgy sAx(w).t kA Jmn.t rd(w).
t~n Wsjr sA=f r=s Xr.t-a Jnpw. Ssp[~n=j] Haw=j rx~n=j rn=j, jnk mstyw=T nn wrd Haw=T […]

Je suis venu à toi, Nuque (a) de son maître, compagne du taureau de Nédit, qui fait respirer la
chair (b), qui vêt le fatigué (c), qui glorifie le taureau de l’Occident, contre laquelle Osiris a
placé son dos, assistante d’Anubis. J’ai reçu mon Haw et j’ai appris à connaître mon nom, je suis
ton héritier et ton Haw ne sera pas fatigué […].

(a) Pour la traduction de HA.t par « nuque », voir le doc. 22, n.(a).

(b) Le parallèle à cette formule dans le doc. 22 ajoute – ou remplace par, selon les versions –
« les embandelettés (wty.w) » (CT III, 312b [TS 237]).

(c) Métaphore pour désigner le défunt.

528
Corpus - 2. Haw

529
Volume II - 4e Partie

Document 111.
CT III, 319l-o [TS 238]

Contexte
Formule inscrite sur la paroi ouest des sarcophages, qui correspond à la paroi du dos.
Le défunt s’adresse à la Nuque de son maître, Osiris.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 582-583.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 58.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 188.

530
Corpus - 2. Haw

531
Volume II - 4e Partie

[s]Ao n=j Haw=j wTs wj [jm] anx(=j) nHH Hr-ntt jnk Ax r(A) prw m Gb rx(w) r(A)=f m wjA aA.

Agrège-moi donc mon Haw, redresse-moi [là] (a), que je vive (pour) le temps-neheh, parce que
je suis un esprit-akh dont la parole est issue de Geb et qui connaît sa formule dans la grande
barque.

(a) Restitution d’après le CT VII, 31f [TS 830]. Cette formule est un parallèle à ce document,
mais dans celle-ci l’expression « agréger le Haw » est remplacé par « décompter le ib et agréger
les membres (jp jb sAq [Link]) » (CT VII, 31e).

532
Corpus - 2. Haw

533
Volume II - 4e Partie

Document 112.
CT III, 322b-f [TS 239]

Contexte
Formule inscrite sur la paroi est des sarcophages, qui correspond à la paroi de la face, c’est-à-
dire de l’avant.
Le défunt s’adresse à la Maîtresse des visages.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 586-587.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 59.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 189.

534
Corpus - 2. Haw

[T3C]
j~n=j srwx=j Haw sobb=j nspw Hbs=j sbx.t Hr-ntt jm=s Xr.t srwx n(y).t Jnpw.

Si je suis venu, c’est pour traiter le Haw, soulager la blessure et vêtir le coffre (a) à cause de ce
qui s’y trouve et qui est aux soins (b) d’Anubis.

(a) La traduction du mot « sbx.t » par « coffre » n’est pas la plus commune, mais elle est admise
par le Thesaurus et le Wb IV, 92, 5. Ce terme désigne ici le cercueil et rejoint l’idée d’un endroit
fermé par une porte, puisqu’une fausse-porte était représenté sur l’une des parois du cercueil.

(b) litt. « qui est sous le traitement ».

535
Volume II - 4e Partie

Document 113.
CT IV, 6b-7d [TS 269]

Contexte
Cette formule porte le titre de « Transformations en orge du nord » et est récitée par l’officiant.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 644-645.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 544.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 85.

536
Corpus - 2. Haw

537
Volume II - 4e Partie

538
Corpus - 2. Haw

[T1L]
Dd mdw xprw.w m jt mHj. N pn bA.t tw n(y).t anx pr(w).t m Wsjr rd(w).t Hr spr.w n(y).w Wsjr
sanx(w.t) rxy.t snTr(w).t nTr.w sAx(w).t Ax.w sDfA(w).t nb.w kA.w nb.w xr.t jr(w).t pAo.w n(y)
Ax.w srwD(w).t anx.w smn(w).t Haw anx.w.

Paroles à prononcer : Transformations en orge du nord. Ce N-ci est ce buisson de vie issu
d’Osiris, croissant sur les côtes d’Osiris et alimentant le peuple, divinisant les dieux et rendant
akh les esprits-akhou, approvisionnant les possesseurs de provisions et les possesseurs de biens
et fabriquant les galettes-paq des esprits-akhou, raffermissant les vivants et établissant le Haw
des vivants.

539
Volume II - 4e Partie

Document 114.
CT IV, 74g-75h [TS 312]

Bibliographie
A. de Buck, « The Earliest Version of Book of the Dead 78 », JEA 35, 1945, p. 87-97.
H. Willems, « The Social and Ritual Context of a Mortuary Liturgy of the Middle Kingdom
(CT spelle 30-41) », OLA 103, 2001, p. 370-372.

Contexte
Formule pour « se transformer en faucon divin (xpr m bjk nTr) ».
Horus envoie le défunt en tant que messager auprès de son père Osiris pour qu’il agisse à sa
place.

Tradition
Livre des Morts, chapitre 78.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien II, p. 718-719.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 440.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 230.
-- A. de Buck, « The Earliest Version of Book of the Dead 78 », JEA 35, p. 93.

540
Corpus - 2. Haw

541
Volume II - 4e Partie

542
Corpus - 2. Haw

[B6C]
N pn pw N pn jAxw ! [N] Ax xpr(w) Ts(w) – Ts pXr – m Haw nTr, N pn wa m nw-n(y) nTr.w
Ax.w jmj.w jAxw om[A(w.w)~n] 6mw m jwf=f xpr(w).w m wAb n(y) jr.t=f sxpr(w).w~n 6mw,
sAx(w).w~n=f Tn(w).w~n=f, Tsw~n=f Hr.w[=sn] r wnn=sn Hna=f way m Nw sr(w).w sw pr=f m
Ax.t dd(w).w snD=f n nTr.w Ax.w anx.w xpr(w)[w jm=f].

C’est ce N-ci, ce N-ci est un rayon de soleil ! [N] est un esprit-akh advenu et noué – et vice
versa – au moyen du Haw du dieu, ce N-ci est unique parmi ces dieux, les esprits-akhou et ceux
qui sont dans les rayons du soleil, qu’Atoum a créés au moyen de sa chair (a) et qui sont adve-
nus par la racine de son œil, qu’Atoum a fait advenir, qu’il a rendus akh, qu’il a décomptés et
dont il a lié [les] visages jusqu’à ce qu’ils existent avec lui, qui est seul dans le Noun, ceux qui
l’annoncent quand il sort de l’horizon et qui répandent la crainte qu’il inspire aux dieux, aux
esprits-akhou et aux vivants, qui sont venus à l’existence [par lui].

(a) La variante du sarcophage B2B0, dont l’extrait ne commence qu’ici, remplace le mot « chair
(jwf) » par Haw.

543
Volume II - 4e Partie

Document 115.
CT IV, 88p-q [TS 313]

Bibliographie
R.O. Faulkner, « Coffin Texts Spell 313 », JEA 58, 1972, p. 91-94.

Contexte
Il s’agit d’une formule pour « Faire une transformation en faucon (jr.t xprw m bjk) ».
Thot s’adresse à Osiris et lui apporte tous les attributs de son nouveau statut de seigneur de
l’au-delà.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 728-729.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 444.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 233-234.
-- R.O. Faulkner, « Coffin Texts Spell 313 », JEA 58, p. 92.

544
Corpus - 2. Haw

jw mrw.t=k m wja n(y) Haw, jw sxA=k nfr m [aH].

L’amour que tu inspires est dans la barque du Haw et ton bon souvenir est dans le palais.

545
Volume II - 4e Partie

Document 116.
CT IV, 93m-q [TS 313]

Bibliographie
R.O. Faulkner, « Coffin Texts Spell 313 », JEA 58, 1972, p. 91-94.

Contexte
Il s’agit d’une formule pour « Faire une transformation en faucon (jr.t xprw m bjk) ».
Le locuteur est le défunt dans le rôle du successeur du roi défunt qui accède à son tour au trône.
Il prend ainsi le nom d’« Osiris, fils de Geb et héritier de Rê ».

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 734-735.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 446.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 235.
-- R.O. Faulkner, « Coffin Texts Spell 313 », JEA 58, p. 93.

546
Corpus - 2. Haw

jnk Wsjr sA Gb sttj Ra jw mw.t=j m wja n(y) Ha[w Wsjr], n m(w)t(w)=j, n Htm(w)=j, n sk=j n sk
rn=j, n sk=j jnk m tA pn n D.t.

Je suis Osiris, fils de Geb et successeur de Rê, ma mère est dans la barque du Ha[w d’Osiris]. Je
ne mourrai pas, je ne disparaîtrai pas, je ne serai pas détruit et mon nom ne sera pas détruit, je
ne serai pas détruit car je suis sur cette terre-ci pour l’éternité-djet.

547
Volume II - 4e Partie

Document 117.
CT IV, 181t-182a [TS 334]

Bibliographie
E. Otto, « Sprüche auf altägyptischen Särgen », ZDMG 102, 1952, p. 193-194.

Contexte
C’est une formule pour « se transformer en Ihy (xpr m Jhy) ».
Le locuteur est le défunt, qui prend l’identité de Ihy, fils d’Hathor et de Rê.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 800-801.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 505.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 258.
-- Sch. Allam, Beiträge zum Hathorkult, p. 145-146.

548
Corpus - 2. Haw

HD.t=j tp=j n(y).t Haw wAD Atfw=j m wp.t=j nr-wtt=j m HA.t=j.

Ma couronne blanche, appartenant à un Haw sain, est sur ma tête, ma couronne-atef est au
sommet de mon crâne, mon serpent terrifiant est à mon front.

549
Volume II - 4e Partie

Document 118.
CT IV, 327e-f [TS 336]

Contexte
Dans cette formule, le défunt doit traverser trois porches, qui sont chacun entourés de flammes.
Ce document est issu du paragraphe concernant le premier porche.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 836-837.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 585.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 269-270.

550
Corpus - 2. Haw

Dd~n nTr.w r=s : « Drb.t pw, pr~n=s m [Link] 4xm.t, aHa~n=s Ts.(w)t m rdw omA~n=s Haw=s

Les dieux ont dit de lui (a) : « c’est du charbon de bois (b), il est issu des mains de Sekhmet, il
s’est dressé debout au moyen de ce qui est donné, elle a créé son Haw (c).

(a) Il s’agit du premier porche que le défunt doit franchir, qui est un mot féminin en égyptien.

(b) Comme le note D. Meeks, il s’agit « peut-être une graphie de Dab.t, « charbon de bois ». »
(D. Meeks, AnLex 78.4952). Ce terme est cependant inconnu par ailleurs.

(c) Le premier pronom-suffixe féminine se rapporte à Sekhmet, tandis que le second se rapporte
au porche.

551
Volume II - 4e Partie

Document 119.
CT IV, 329c-f [TS 336]

Contexte
Dans cette formule, le défunt doit traverser trois porches, qui sont chacun entourés de flammes.
Ce document est issu du paragraphe concernant le troisième et dernier porche.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 836-837.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 585.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 269-270.

552
Corpus - 2. Haw

553
Volume II - 4e Partie

4bx.t 3-nw.t. Dd~n=f r=s : sbx.t Haw tkn(w) jm=s, n mA sr(w).w [Link]=s, hA=s m p.t wAH=s
Hsmn

Troisième porche. Il a dit de lui : Le Porche dont un Haw se rapproche – ceux qui étaient
annoncés n’ont pas vu ceux qui sont devant lui – descend du ciel et offre du natron.

554
Corpus - 2. Haw

555
Volume II - 4e Partie

Document 120.
CT V, 42f-i [TS 379]

Contexte
C’est une formule de conjuration contre le serpent-Rérek. L’officiant s’adresse donc à ce dernier.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien II, p. 914-915.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 326.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts II, p. 13.

556
Corpus - 2. Haw

[B3L]
R(A) n xsf Rrk. m(j) Ts Tw nb [Link] HH(w) nb.t 8pw txtx=k Haw.w anx(w).w

Formule pour repousser le serpent-Rérek (a). Viens, dresse-toi, seigneur des demeures fortifiées,
qui cherche la dame de Bouto, tu mettras en désordre le Haw des vivants.

(a) Le serpent-Rérek est une forme d’Apophis, parangon du chaos et ennemi de la barque
solaire. C’est donc une figure mythologique dont la caractéristique est de menacer la vie et le
corps des défunts comme des vivants (cf. J.F. Borghouts, Book of the Dead [39]. From Shouting
to Structure, SAT 10, 2007, p. 21-23.).

557
Volume II - 4e Partie

Document 121.
CT V, 199b-200b [TS 404]

Bibliographie
D. Mueller, « An Early Egyptian Guide to the Hereafter », JEA 58, 1972, p. 99-125.

Contexte
Le titre de cette formule est : « Formule pour parvenir à la première porte du Champ des
Souchets (R(A) n sprr r sbA tpj n(y) 4H.t-JArw.w) ».
Le défunt doit traverser plusieurs portes, qu’il doit également nommer, pour atteindre le passeur
et son bac qui le feront traverser vers le Champ des Souchet, après un interrogatoire dans lequel
le défunt doit nommer toutes les parties du bateau.

Tradition
Livre des Morts, chapitre 99B.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien II, p. 992-993.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 361-362.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts II, p. 50.
-- D. Mueller, « An Early Egyptian Guide to the Hereafter », JEA 58, p. 109.

558
Corpus - 2. Haw

559
Volume II - 4e Partie

[B10C]
jr rx(w) r(A) pn jw=f hA=f r 4x.t-Jarw jw d=tw n=f [Sn]s ds 1 psn [Link] sTA.t 1 mH 7 m jt mjtt jr m
bd.t jn Sms(w).w [1r] Asx(=w) s.t, wSa~xr=f nn jt nn [bd.t s]jn~xr=f jwf=f jm wn~xr Haw=f
[wAD] mj nn n(y) nTr.w

Quant à celui qui connaît cette formule, il descend vers le Champ des Roseaux. On lui donne du
pain-chénes, 1 cruche (de bière), du pain-pésen et 1 aroure et 7 coudées de terre arable d’orge,
de même concernant le blé, c’est par les suivants d’[Horus] qu’ils sont moissonnés. Il mâchera
cette orge et ce [blé], en frottera sa chair, et son Haw sera [sain] (a) comme celui de ces dieux (b).

(a) Restitution d’après le doc. 122 (CT V, 209j [TS 405]).

(b) « Ces dieux » sont toutes les parties du bac que le passeur a demandé au défunt de nommer
pour le faire traverser vers le Champ des souchets.

560
Corpus - 2. Haw

561
Volume II - 4e Partie

Document 122.
CT V, 209a-j [TS 405]

Contexte
Cette formule est un abrégé de la formule [TS 404] (doc. 121).
Le défunt doit traverser plusieurs portes, qu’il doit également nommer, pour atteindre le passeur
et son bac qui le feront traverser vers le Champ des Souchet, après un interrogatoire dans lequel
le défunt doit nommer toutes les parties du bateau.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien II, p. 1000-1001.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 364.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts II, p. 56.

562
Corpus - 2. Haw

563
Volume II - 4e Partie

Dd~xr PsD.t aA.t jmy.t 4x.t-JArw : « d n=f Sns ds wr […] ». [wn]~xr=f Hr wnm jm, n pr~n=f
n nHH Hna D.t. Dd~xr 9ADA[.t aA.t jm]y.t 4x.t-JArw : « d n=f sTA.t n(y).t [AH.t] m bd.t n mH 3
[…]=f jn 5msw.w 1r Sa(=w) n=f s.t rnp.t tp.t ». wn~xr=f Hr wSa jm, wn~xr=f Hr sjn Haw=f jm,
wn~xr Haw=f wAD mj wa jm=sn nb.

La Grande Ennéade dans le Champ des Roseaux dira : « Donne-lui du pain-chénes, une grande
cruche (de bière) […] ». Il devra en manger (car) il ne peut sortir pour le temps-neheh et
l’éternité-djet. Le [grand] Tribunal [dans] le Champ des Roseaux dira : « Donne-lui un aroure
de [terre arable] de blé de 3 coudées […], c’est par les suivants d’Horus qu’ils sont coupés pour
lui la première année ». Il devra le mâcher et en frotter son Haw, et son Haw sera prospère comme
chacun d’entre eux.

564
Corpus - 2. Haw

565
Volume II - 4e Partie

Document 123.
CT VI, 34a-b [TS 477]

Bibliographie
D. Bidoli, Dis Sprüche der Fangnetze in den altägyptischen Sargtexten, ADAIK 9, 1976.

Contexte
Formule appartenant au thème de la prise au filet du défunt.
Le défunt s’adresse à ceux qui manient le filet.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien II, p. 1166-1167.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 310.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts II, p. 119.

566
Corpus - 2. Haw

ky r(A) n pr.t m jssy.t. j MA(w) HA=f, j WDa(w) n(y) wDa(w) Haw=f.

Autre formule pour sortir du filet-isésyt. Ô Celui qui regarde derrière lui, ô le Trancheur de
celui qui tranche son Haw.

567
Volume II - 4e Partie

Document 124.
CT VI, 108c-i [TS 519]

Contexte
Formule de renaissance. L’officiant s’adresse au défunt, dont le corps a été rendu divin et
imputrescible.
Ce document a été intégré au corpus malgré le fait que la mention de Haw soit en lacune dans les
deux versions de cette formule. Celle-ci succède toutefois à une formule des TP bien attestée,
ce qui rend la restitution presque assurée.

Tradition
Pyr. § 2244a-c [TP 723] (= doc. 88)

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien II, p. 1254-1255.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 138.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts II, p. 148-149.

568
Corpus - 2. Haw

Dd mdw. hA Wsjr HAtj-a N pn Ts kw Hr os.w=k bjA py jwf=k [nbw Haw]=fsic (a) pw n(y)-sw nTr n
[xs]D[~n]=f n [HwA~n=f n Htm~n=f].

Parole à prononcer. Ô cet Osiris prince N-ci, dresse-toi sur ces tiens os de fer et ta chair [d’or,
car ton Haw] est celui d’un dieu : il ne saurait moisir, ni se putréfier, ni disparaître.

(a) Le pronom suffixe de la troisième personne du singulier est probablement fautif puisqu’il
s’agit d’une formule à la deuxième personne, dans laquelle l’officiant s’adresse directement au
défunt. La formule originale des TP présente d’ailleurs bien le pronom-suffixe =k (cf. doc. 88).

569
Volume II - 4e Partie

Document 125.
CT VI, 217a-g [TS 602]

Contexte
Courte formule située sur la paroi est du sarcophage, qui correspond à la paroi de l’avant.
Le locuteur n’est pas identifié, mais il s’agit probablement de l’officiant.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 576-579.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 55.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts II, p. 194.

570
Corpus - 2. Haw

Dd mdw. mk jn~n=j n=k ms.w=k twA(=w) Tw, jm=k bn(w) n xftj.w=k, sAo(=w) n=k Haw=k r=k.

Parole à prononcer. Vois, je t’ai amené tes enfants et tu es soutenu, ainsi tu ne t’éloigneras pas
de tes ennemis. Ton Haw t’est agrégé contre toi.

571
Volume II - 4e Partie

Document 126.
CT VI, 219j-220e [TS 607]

Bibliographie
H. Kees, « Ein alter Götterhymnus als Begleittext zur Opfertafel », ZÄS 57, 1922, p. 92-120.
H. Altenmüller, « Ein Opfertext der 5. Dynastie », MDAIK 22, 1967, p. 9-18.

Contexte
Cette formule appartient à un genre de formule d’offrandes qui se retrouve à toutes les époques.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien II, p. 1402-1403.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 66.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts II, p. 195.

572
Corpus - 2. Haw

573
Volume II - 4e Partie

574
Corpus - 2. Haw

Dd mdw. wr pw nn pr(w) (m tA) s[n(w) Nw p]r(w) m Nw.t, sxm wr msy~n Gb [x]s[f](w) 4t[X]
m nSn=f wdy Hr [Link] rw=sn jn [Link] Hr rx rn=f rd(w) m Haw [4x.t tw] Sps.t jmy.t Haw jAbt.t
Xr.t-a Nmty [sA] 4pdw nb jAbt.t.

Parole à prononcer. Il est grand celui qui est sorti (de terre), [qui a rejoint le Noun] (a) et qui est
sorti vers Nout, le grand pouvoir né de Geb (b) qui repousse Seth en rage, qui est placé sur les
pays étrangers alors qu’ils s’éloignent par les deux Ennéades apprenant à connaître son nom,
qui croie du Haw de cette déesse-Campagne vénérable dans le Haw de l’Orient, assistante de
Nemty (c), [gardien] de Sopdou, seigneur de l’Orient.

(a) Restitution d’après la traduction de H. Kees, ZÄS 57, 1922, p. 96-97.

(b) Le nom de Geb présente une graphie originale qui, selon R. Van der Molen, serait une

écriture fautive du mot (cf. R. Van der Molen, A hieroglyphic Dictionary of Egyptian
Coffin Texts, p. 650).

(c) La graphie du nom du dieu dans ce texte n’est pas celle que l’on rencontre habituellement,
mais la bonne lecture est donnée par les parallèles de ce textes (H. Kees, ZÄS 57 p. 99).

575
Volume II - 4e Partie

Document 127.
CT VI, 344b-d [TS 714]

Contexte
La formule évoque l’émergence du créateur hors du Noun.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien II, p. 1622-1623.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 462.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts II, p. 270.

576
Corpus - 2. Haw

sxpr~n=j Haw=j m Axw=j, jnk jr(w) wj od~n(=j) wj r mrr=j xft jb=j.

J’ai fait advenir mon Haw au moyen de ma magie-akhou, je suis celui qui m’a créé, (je) me suis
façonné selon ce que je désirais, conformément à ma conscience-ib.

577
Volume II - 4e Partie

Document 128.
CT VI, 407a-h [TS 773]

Contexte
Le sens de cette formule est assez obscur, mais le contexte semble assez proche de celui de la
Veillée horaire, pendant la dernière nuit du défunt dans l’atelier d’embaumement, juste avant
l’inhumation.
Le locuteur est ici le fils-aimé (sA-mr=f) du défunt.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien II, p. 1732-1733.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 614.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts II, p. 302-303.

578
Corpus - 2. Haw

579
Volume II - 4e Partie

wn Tn Js.w Jm(w.w)-Abw, sAw=Tn [Link] n ofnw [Link] mAAw.w Haw.w Hr jmy.t=f mAAw.w m
[…] wjA WrD grH pw n(y) Hms.t xndw.w r rmwt 4mjw.w [Link] m hnw.w Abw(y).w m sA-tA
HD pxr(w) (a) [Link].

Pressez-vous, Anciens, les Geigneurs d’Éléphantine, vous protégerez ceux qui sont coiffés pour
ceux qui se courbent, les agenouillés, ceux qui surveillent les Haw sur celle qui est en lui (b) et
qui surveillent dans […] la barque de l’Inerte. C’est la nuit d’Occuper les trônes pour les larmes
des Rapporteurs, ceux qui se plaignent dans l’affliction, ceux d’Éléphantine dans l’hommage,
la lumière entourant l’ouryt (c).

(a) D’après R. Van der Molen, il s’agit d’une mauvaise écriture de pXr (R. Van der Molen,
A Hieroglyphic Dictionary of Egyptian Coffin Texts, 2000, p. 138)

(b) On ne sait pas à quoi ou à qui se rapporte le pronom masculin singulier.

(c) Sur l’ouryt, cf. Doc. 91, n. (a).

580
Corpus - 2. Haw

581
Volume II - 4e Partie

Document 129.
CT VII, 16c [TS 817]

Contexte
Formule pour « ne pas marcher la tête en bas (tm Sm(w) sxdw) ».
Le défunt est l’uraeus au front du créateur et à la proue de la barque solaire.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien III, p. 1784-1785.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 524.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts III, p. 8.

582
Corpus - 2. Haw

jnk jar.t tw anx(w).t xnt(y).t wja n(y) Haw m wp.t nb=s.

Je suis cet uraeus vivant, à l’avant de la barque du Haw, au sommet de la tête de son maître.

583
Volume II - 4e Partie

Document 130.
CT VII, 17c-l [TS 818]

Contexte
D’après le titre (lacunaire) de cette formule, le défunt prend l’identité de Rê pour faire en sorte
de devenir un esprit-akh dans le ciel.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien III, p. 1786-1787.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 525.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts III, p. 9.

584
Corpus - 2. Haw

jnk Ra nb jAxw, 1w m a=j DAy=j r p.t jm=f, mk wj ao=j Hr StAw ! bAk n=j 4x.t 1tpw sDfA=j Haw(=j)
wab=j n kA=j.

Je suis Rê, maître des rayons du soleil, Hou est dans ma main et je navigue vers le ciel grâce
à lui. Vois, j’ai accès à ce qui est inaccessible ! Le Champ des Offrandes produira pour moi,
j’approvisionnerai (mon) Haw et je purifierai mon ka.

585
Volume II - 4e Partie

Document 131.
CT VII, 23f [TS 822]

Contexte
Récitation du défunt, qui doit prouver qu’il est en bonne santé.
L’extrait concerné est très lacunaire.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien III, p. 1798-1799.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 47.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts III, p. 13.

586
Corpus - 2. Haw

[p]r jdw Haw=j.

La pestilence de mon Haw sortira.

587
Volume II - 4e Partie

Document 132.
CT VII, 29j-l [TS 828]

Contexte
Formule inscrite sur la paroi ouest des sarcophages, qui correspond à la paroi du dos.
Le défunt s’adresse à la Nuque de son maître, Osiris.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien III, p. 1810-1811.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 57.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts III, p. 17.

588
Corpus - 2. Haw

jnD Hr=t Wr.t 1A.t [nb]j=s wTs(w.t) sw m tr=f [n bAg j]n[o](w)t n=j Haw=j, sAo(wt) n(=j) jwf[=j]

Salut à toi, la Grande, la Nuque de son [maître] (a) qui le redresse dans son moment [de faiblesse]
(b), qui m’assemble mon Haw et m’agrège ma chair

(a) Sur le terme HA.t pour « nuque », cf. Doc. 108, n. (a).

(b) Restitution à l’aide de la formule CT III, 316l [TS 238] (doc. 109).

589
Volume II - 4e Partie

Document 133.
CT VII, 51b [TS 847]

Contexte
cette formule est très lacunaire et obscure. L’officiant s’adresse à un dieu dont le nom est perdu
au sujet du défunt pour qu’il lui accorde le passage.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien III, p. 1846-1847.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 228.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts III, p. 32.

590
Corpus - 2. Haw

Tn Tw (a) […] jm gs=k H[a]w=[k] pw.

Soulève-toi […] sur ton flanc, (car) c’est [ton] H[a]w.

(a) Comme l’indique, R.O. Faulkner, « For sw read Tw ; cf. im.k and Ha.k below » (FECT III,
p. 32, n. 2).

591
Volume II - 4e Partie

Document 134.
CT VII, 85e-86c [TS 876]

Contexte
Le fils du défunt vient officier pour son père, Osiris.
Cette formule est très lacunaire.

Traduction
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien III, p. 1894-1895.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 134.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts III, p. 45.

592
Corpus - 2. Haw

593
Volume II - 4e Partie

[S2Cb]
[smn.t] wsr.t n(y).t Wsjr n=f. [Link] Hr=k jt=[j] Wsjr-Wnn-nfr ! j[~n]=j nD=j [Hr]=k sHtp=j n=k
a[.w]t[=k Ts=j Hr=k smn=j wsr.t=k] sr(w)d=j Haw=k swA[D] jnm[=k]

[Établir] le cou d’Osiris pour lui. Salut à toi [mon] père Osiris-Ounennefer ! Si je [suis] venu,
c’est pour protéger ton [visage], satisfaire pour toi [tes] membres, [lier ton visage, établir ton
cou] (a), affermir ton Haw et faire reverdir [ta] peau.

(a) Texte lacunaire. Restitution d’après les indications de A. De Buck.

594
Corpus - 2. Haw

595
Volume II - 4e Partie

Document 135.
CT VII, 140m/143c [TS 936]

Contexte
Cette formule est une formule d’offrandes destinée au défunt. Elle est constituée d’une
énumération des offrandes qui lui sont faites, accompagnées d’un commentaire. Pour le passage
qui nous intéresse, le nom de l’offrande est donné au § 143c, dans la section des pièces de
boucherie, tandis que le commentaire correspondant ce trouve au 140m.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien III, p. 2002-2003.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 73.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts III, p. 73.

596
Corpus - 2. Haw

Haw.
Wsjr N pn, d(=w) n=k Jr.t 1r wnm(w)[.t~n=f] Ha(w).t~n=f r=s.

Haw.
Cet Osiris N-c, il t’est donné l’Œil d’Horus [qu’il a] mangé (et) dont il s’est réjoui pour lui.

597
Volume II - 4e Partie

Document 136.
CT VII, 249p-250a [TS 1028]

Contexte
Formule très lacunaire, dans laquelle le défunt semble évoquer sa naissance divine.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien III, p. 2184-2185.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 560.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts III, p. 125.

598
Corpus - 2. Haw

599
Volume II - 4e Partie

[…] Ra Ds=f mAA=f wj m Haw nTr […] tA r Dr=f r [Link]=j jmy.t Jw Nsr[sr … jt]=j jm(y)-wr.t [aA …]
mw.t=j jm(y)-wr.t aA xnt(w) r ns.t […] p.t r msw.t=j, jm(y).w Jw Nsrsr […] r Hr(y)-jb hrw, jnk
ab wa xn(w) nTr.w, jnk […], jno aSA [Link] m Haw anx(w) […].

[…]Rê lui-même quand il me voit en tant que Haw divin […] la terre entière vers mes portes
dans l’Île de l’Embras[ement …] mon [père] à l’ouest […] ma mère à l’ouest, qui a remonté le
fleuve vers le trône […] le ciel à ma naissance, ceux qui sont dans l’Île de l’Embrasement […]
jusqu’au milieu du jour, je suis la corne unique, qui (…) (a) les dieux, je suis […], je suis celui
aux nombreux uraeus grâce au Haw vivant […].

(a) Le sens de ce mot est indéterminé.

600
Corpus - 2. Haw

601
Volume II - 4e Partie

Document 137.
CT VII, 456c-e [TS 1125]

Contexte
Formule appartenant au Livre des Deux Chemins.
L’officiant s’adresse aux Porches aux noms secrets, qui doivent écarter les obstacles du chemin
du défunt.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien III, p. 2304-2305.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 660.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts III, p. 165-166.

602
Corpus - 2. Haw

603
Volume II - 4e Partie

[B9C]
shr~n=j [Link], sar~n=j NmHy jw(w) jry.t r jt=f jn 6bhw smA(w) Haw=f.

J’ai calmé les Deux Combattants, j’ai fait s’élever l’Orphelin qui se plaignait de ce qui avait été
fait à son père par Tebehou (a), qui a tué son (b) Haw.

(a) « Tebehou » est un nom séthien, qui finira par devenir « Typhon » aux époques tardives,
l’une des appellations courantes de Seth (cf. H. te Velde, Seth, God of Confusion, ProblÄg 6,
1977, p. 149 et n. 6). Toutefois, il semble qu’il s’agisse ici de la seule attestation connue avant
la Basse Époque (Chr. Leitz, LGG VII, p. 381 ; le Wörterbuch ne la mentionne même pas).

(b) Le pronom se rapporte ici au père de l’Orphelin.

604
Corpus - 2. Haw

605
Volume II - 4e Partie

Document 138.
CT VII, 459b-460e [TS 1129]

Bibliographie
P. Barguet, « Essai d’interprétation du Livre des Deux Chemins », RdE 21, 1969, p. 7-17.

Contexte
Formule appartenant au Livre des Deux Chemins.
C’est la dernière étape du voyage et le défunt se trouve sur la « Rive nord du canal sinueux (sp.t
mHt.t n(y).t S nxA) », entouré d’un cercle de flamme.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien III, p. 2310-2311.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 661-662.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts III, p. 166-167.

606
Corpus - 2. Haw

607
Volume II - 4e Partie

608
Corpus - 2. Haw

jnD Hr=T mk.t n(y.t) hh=s jr.t n sD.t=s Hr.t=s ! nHm.t N tn m-a Hw sDb nb Dw n sStA-n-sjA=f rn=f !
xpr~n N tn m jwf=f omA~n=f N tn m [Link]=f, nn jt n(y) N tn rd=s Hr=s, nn pr.t n N tn m Haw=s,
Tn=s rn n(y) N tn r stw n(y) Hr=s Tnw [Link] [n](y).t N tn [r] jb=s r nfr.t m Hr n(y) N tn, Tar~n
sbx.t tn Hr N tn m Haw swH.t tn war.t~n N tn jm=s.

Salut à toi, protection de son souffle brulant, dont la flamme est tenue à distance ! Échappe-toi,
cette N-ci, de tout mauvais obstacle infligé par celui dont le nom est « Celui qui est mystérieux
en raison de sa connaissance » ! Cette N-ci est advenue de sa chair et il a créé cette N-ci de ses
membres. Ce n’est pas le père de cette N-ci qu’elle a placé sur elle et rien ne sort pour cette N-ci
de son Haw. Elle élèvera le nom de cette N-ci vers la cible (a) de son visage et le nombre des
membres de cette N-ci [conformément] à sa conscience-ib et à ce qui est bon au visage de cette
N-ci. Ce portail s’est refermé sur cette N-ci, comme le Haw de cet œuf dont s’extrait cette N-ci.

(a) Traduction d’après D. Meeks, AnLex 77.3950, 79.2825 et R.O. Faulkner, Concise Dictionary,
p. 253. Parmi les différentes propositions de traductions, R.O Faulkner et Cl. Carrier préfèrent
rendre le mot « stw » par « regard fixe » (FECT III, p. 167, n. 4 : « cf. the verb sty ‘stare’ in
Concise Dict. 252 »), mais aucune de ces possibilités n’éclairent vraiment le sens de cette
phrase.

609
Volume II - 5e Partie

PARTIE 5.
Corpus - XA.t

610
Volume II - 5e Partie

Document 139.
Pyr. § 474a-c [TP 305]

Contexte
Formule d’ascension vers le ciel, grâce à une échelle fixée par Rê et Horus.
La formule se trouve sur la paroi Nord des pyramides de roi (formule initiale de la paroi Nord
de la pyramide de Mérenrê)

Parallèles
W/A/N 13-17 (= W 579-583)
P/A/N 46-48
M/A/N 1-2
N/A/N 13-14 (= N 962-963)
Nt/C/W 22-26 (= Nt 809-813)
CT VIII, 472a-475b (= J.P. Allen, CT 8, p. 287)

Traductions
-- J.P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Writings from the Ancient World 23, Atlanta,
2005, p. 57, § 210.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Oxford, 1969, p. 93-94.

612
Corpus - 3. XA.t

Ax jr p.t XA.t jr tA Ssp.t rmT ors(w)=sn xA=s m t xA=s m H(n)o.t Hr wdHw n(y) 2nty-Jmnty.w.

L’esprit-akh est pour le ciel, le XA.t est pour la terre, ce que les hommes reçoivent alors qu’ils
sont inhumés est leur millier de pain et leur millier de bière en provenance de l’autel de Khenty-
Imentiou.

613
Volume II - 5e Partie

Document 140.
Pyr. § 548a-b [TP 336]

Contexte
La formule s’adresse au soleil quand il s’élève en tant qu’esprit-akh dans le ciel, vers Nout.

Parallèles
T/F/W 48-52 (= T 45-49)
P/F/W inf A 22-24 (= P 87-89)
M/F/W sup 53-61 (= M 53-61)
N/F/W med 6-7 (= N 69-70)

Traductions
-- J.P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, p. 70, § 20.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Oxford, 1969, p. 108-109.

614
Corpus - 3. XA.t

615
Volume II - 5e Partie

T
JnD Hr=k aA jmy nTr.w, Ssp n=k 6 n kw sw. wDA jb=k, jr XA.t 6 nxnw pw.

Salut à toi, le grand parmi les dieux, reçois donc T car il t’appartient. Rassure-toi (a), le XA.t de
T est celui d’un nourrisson

(a) L’expression wDA jb, litt. « Puisse le ib être sain », se rencontre régulièrement dans les TP
et se traduit généralement pas « Rassure-toi », dans le sens où le ib, siège de la conscience de
l’individu, est en bonne santé, donc apaisé.

P
JnD Hr=k aA jm nTr.w, Ssp n=k P pn, d=k anx=f. wDA jb=k, jr jwf os.w n(y).w P pn nxnj pj.

Salut à toi, le grand parmi les dieux, reçois donc ce P-ci et puisses-tu lui donner vie. Rassure-toi,
la chair et les os de ce P-ci sont ceux d’un nourrisson

M
JnD Hr=k aA jm nTr.w, Ssp jw n=k M. wDA jb=k XA.t M nxnw pw.

Salut à toi le grand parmi les dieux, reçois donc M. Rassure-toi, le XA.t de M est celui d’un
nourrisson.

N
[JnD Hr=k aA jm nTr.w], Ssp n=k N. wDA jb=k, SA.t=f nxnw pw

[Salut à toi le grand dieu parmi les dieux], reçois donc ce N. Rassure-toi, son SA.t est celui d’un
nourrisson.

616
Corpus - 3. XA.t

617
Volume II - 5e Partie

Document 141.
Pyr. § 1255c-1257d [TP 532]

Contexte
Formule osirienne. L’officiant s’adresse au défunt qui a pris l’identité d’Osiris et qui doit sortir
de l’horizon après avoir été soigné par Isis et Nephthys.
Il s’agit de la première formule de la paroi Est de la chambre funéraire dans les pyramides de
Merenrê, Pépi II et Oudjebten

Parallèles
P/C ant/W 85-93 (= P 474-482)
M/C post/E 1-11
N/C ant/E 1-10 (= N 1262-1271)
Oudj/F/W 1-9 (= Oudj 148-156)
Aba, fgt Cc II, 10 sq

Tradition
CT I, 303d-304d [TS 73] (= Doc. 146).

Traductions
-- J.P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, p. 164-165, § 480.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, Oxford, 1969, p. 199-200.

618
Corpus - 3. XA.t

619
Volume II - 5e Partie

J As.t, j Nb.t-Hw.t, wa.t=sn m Jmn.t wa.t=sn m JAb.t, wa.t=sn m HA.t, wa.t=sn m Dr.t. gm~n=sn
Wsjr nd~n sw sn=f 4tS r tA m Ndj.t. m Dd Wsjr : « sb=k r=j ! », m xpr rn=f m 4kr. xw=sn rpw=k
jr rn=k pw n Jnpw, xw=sn sAb HwAA.t=k jr tA, jr rn=k pw n 4Ab 5mA, xw=sn Dw sTj SA.t=k jr rn=k
pw n 1r-XAty.

Isis viendra, Nephthys viendra, l’une d’elles en provenance de l’Ouest, l’autre en provenance
de l’Est ; l’une d’elles en tant qu’oiseau-hat, l’autre en tant que milan. Elles ont trouvé Osiris
(quand) son frère Seth l’a écrasé au sol à Nédit. Osiris a dit : « éloigne-toi de moi ! », quand
son nom s’est manifesté en tant que Sokar. Elles te garderont du pourrissement en ce tien nom
d’Anubis ; elles te garderont de l’écoulement de ta décomposition au sol en ce tien nom de
Chacal de Haute-Égypte ; elles te garderont de la mauvaise odeur de ton SA.t en ce tien nom de
Horus de Chat (a).

(a) Le nom de 1r-3Aty est extrêmement rare et Chr. Leitz n’en relève que 3 attestations
(Chr. Leitz, LGG V, p. 280) : celle de notre document, qui se retrouve dans la même formule
reprise dans les TS (cf. doc. 146), ainsi qu’une dernière dans les TP, où il est mis en concurrence
avec plusieurs autres Horus. Il paraît donc raisonnable de se demander dans quelle mesure
cette épithète, qui permet de justifier le besoin de préserver le corps d’une mauvaise odeur
par une étymologie sacrée, n’aurait pas été créée pour l’occasion afin d’introduire un référent
mythologique, comme c’est le cas dans les deux propositions précédentes. Toutefois, afin
d’éviter de s’écarter trop de notre sujet, cette question ne sera pas étudiée ici.

620
Corpus - 3. XA.t

621
Volume II - 5e Partie

Document 142.
CT I, 55f-56f [TS 20]

Contexte
L’officiant s’adresse au défunt.

Tradition
Livre des Morts, chapitre 169.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 28-29.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 167.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 11-12.

622
Corpus - 3. XA.t

623
Volume II - 5e Partie

[T9C]
<hA Wsjr N pn> wn~n n=k Gb [Link]=f Sp=tj dwnn~n=f n=k [Link]=k orf(w).t. rd=t(w) n=k
jb=k n(y) mw.t=k, HAtj=k n(y) D.t=k, bA=k Hr(y) tA, XA.t=k Hr(y).t sATw, t n X.t=k, mw n xx=k, TAw
nDm n Sr.t=k.

< Ô cet Osiris N-ci > (a) Geb a ouvert pour toi ses yeux aveuglés, il a étendu pour toi tes jambes
repliées. On te donnera ton ib de ta mère et ton cœur de ton D.t, ton ba qui est sur terre et ton XA.t
qui est sur le sol, du pain pour ton tronc et de l’eau pour ta gorge, un doux souffle pour ta narine.

(a) Cette partie est présente dans les sarcophages B3B0, B1P, B6C et B4C.

624
Corpus - 3. XA.t

625
Volume II - 5e Partie

Document 143.
CT I, 182b-g [TS 44]

Contexte
Horus s’adresse à son père Osiris, qui est ici le défunt.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 94-95.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 185.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 36-37.

626
Corpus - 3. XA.t

627
Volume II - 5e Partie

[B12C]
Jw anx~n=k wnn [mw n]=k, wDA~n [Link]=k rs=t(j) Hr XA.t=k. nn sna=t(w)=k jn 4Dtjw jmy.w aftt.
jb n(y) bA(=k) sxA[=f] XA.t=k, smar=f swH.t omA.t Tw.

(Puisque) tu as vécu, il y aura [de l’eau pour] toi (a). Tes membres étaient sains (alors que)
tu t’es éveillé sur ton XA.t. Tu ne seras pas repoussé par les Sédjétiou (b) qui sont dans (les
connaissances que l’on doit avoir de) l’au-delà (c). Le ib de (ton) ba (d) se souvient de ton XA.t,
il rend sans défaut l’œuf qui t’a créé.

(a) Restitution d’après la proposition de R.O. Faulkner, mais comme il le dit lui-même, « the
restoration is probable but not certain » (FECT I, p. 36 et p. 37, n. 7).

(b) Pour D. Meeks, il s’agit d’une catégorie de démon, probablement de ceux chargés de garder
les différents obstacles qui jalonnent le chemin qu’emprunte le défunt pour parvenir au domaine
d’Osiris. Ils doivent veiller à ce que le défunt ne perturbe pas l’ordre établi dans l’au-delà par des
rites mal effectués (D. Meeks, The Oxford Encyclopedia of Ancient Egypt I, s. v. « Demons »,
2001, p. 375 et 377).

(c) Le terme aftt pose beaucoup de problèmes de compréhension, mais E. Otto et D. Meeks
semblent s’accorder pour dire qu’il s’agit d’une désignation à la fois de l’au-delà et des
connaissances nécessaires pour y entrer et y demeurer (E. Otto, Fragen an die Altägyptische
Litteratur, p. 12 et 14 ; D. Meeks, AnLex 77.0633 et 78.0708). En l’occurrence, ces connaissances
permettent de passer devant les démons sans crainte.

(d) Cette version est la seule où le =k est absent, et même s’il est peu conventionnel d’avoir un
pronom-suffixe de la 2e pers. du singulier d’omis, il paraît assez juste de le retranscrire.

628
Corpus - 3. XA.t

629
Volume II - 5e Partie

Document 144.
CT I, 185a-b [TS 44]

Contexte
Horus s’adresse à son père Osiris, qui est ici le défunt.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 94-95.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 186.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 36-37.

630
Corpus - 3. XA.t

sjp=k bA=k m p.t Hr.t jwf=k XA.t[=k] m Jwnw.

Tu assignes ton ba dans le ciel supérieur, (tandis que) ta chair et [ton] XA.t sont à Héliopolis.

631
Volume II - 5e Partie

Document 145.
CT I, 197g-198c [TS 45]

Contexte
L’officiant prend la place d’Horus et s’adresse au défunt, son père Osiris.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 102-103.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 188.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 39-41.

632
Corpus - 3. XA.t

633
Volume II - 5e Partie

[B10Cb]
Wnn wnn.t bA=k [wn jb=k Hna=k] sxA Tw J[npw] m 9dw Ha bA=k m AbDw rS XA.t=k jmy.t war.t.

Aussi vrai que ton ba existe, [ton ib sera avec toi]. A[nubis] se souviendra de toi à Busiris, ton
ba jubilera à Abydos (a) et ton XA.t se réjouira dans la nécropole désertique (b).

(a) Variantes B10Cc et B14 : Ha jb=k m AbDw « ton ib jubilera dans Abydos ».

(b) Comme l’explique R.O. Faulkner, il s’agit de « that part of the desert where tombs where
dug », c’est-à-dire à la limite du plateau désertique (FECT I, p. 41 n. 35).

634
Corpus - 3. XA.t

635
Volume II - 5e Partie

Document 146.
CT I, 303d-304d [TS 73]

Contexte
Formule osirienne. L’officiant s’adresse au défunt qui a pris l’identité d’Osiris et qui doit sortir
de l’horizon après avoir été soigné par Isis et Nephthys.

Tradition
Pyr. § 1255c-1257d [TP 532] (= Doc. 141)

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 174-175.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 118.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 68-69.

636
Corpus - 3. XA.t

637
Volume II - 5e Partie

638
Corpus - 3. XA.t

j As.t, j Nb.t-Hw.t, wa.t=sny m Jmn.t wa.t=sny m JAb.t, wa.t=sn m Dr.t wa.t=sny m HA.t. xw=sn
rpw=k (a) m rn=k pw n(y) Jnpw, xw=sn sAb HwAA.t=k r tA m rn=k pw n(y) 4Ab 5ma, xw=sn Dw sT
XA.t=k r tA m rn=k pw n(y) 1r-3Aty.

Isis viendra, Nephthys viendra, l’une d’elle de l’Ouest, l’autre de l’Est ; l’une d’elle en tant
que milan, l’autre en tant qu’oiseau-hat. Elles te garderont du pourrissement en ce tien nom
d’Anubis ; elles te garderont de l’écoulement de ta décomposition à terre en ce tien nom de
Chacal du Sud ; elles te garderont de la mauvaise odeur de ton XA.t en terre en ce tien nom
d’Horus de Chat.

(a) Les variantes des sarcophages Sq3C et B10C indiquent rnpw=k m rn=k pw, probablement
pour conforter le jeu de mot entre rpw et rn.

639
Volume II - 5e Partie

Document 147.
CT I, 360/361c-364/365a
[TS 75]

Bibliographie
H. Willems, « The Shu-spells in practice », dans H. Willems (éd.), The World of the Coffin
Texts. Proceedings of the Symposium held on the Occasion of the 100th Birthday of Adriaan
De Buck. Leiden, december 17-19, 1992, EgUit IX, Leyde, 1996, p. 197-209.
J. Zandee, « Sargtexte, Spruch 75 (Coffin Texts I 348b-372c) », ZÄS 98, 1972, p. 149-155.

Contexte
Formule appartenant au groupe dit du « Livre de Chou ».

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 190-191.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 464.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 73-77.

640
Corpus - 3. XA.t

641
Volume II - 5e Partie

642
Corpus - 3. XA.t

643
Volume II - 5e Partie

644
Corpus - 3. XA.t

[B3C]
Jw omA~n N tn bA=s HA N tn r rd.t rx=f rx(w).t~n N tn, n ns~n bA n(y) N tn Hr XA.t=s, n
sA~n=t(w) bA n(y) n tn jn Jrj.w [Link] Wsjr.

Cette N-ci a créé son ba autour de cette N-ci pour faire en sorte qu’il apprenne ce que cette N-ci
connaît. Le ba de cette N-ci ne peut brûler sur son XA.t et on ne peut garder (prisonnier) le ba de
cette N-ci par les Préposés aux membres d’Osiris (a).

(a) Certaines versions font état du vocable a.t avec le déterminatif du plan de maison, qui se
traduit alors par « chambre, espace » (cf. Wb I, 160, 1-13 et D. Meeks, AnLex 77.0554, 78.0607
et 79.0409). Le titre devient alors « Préposés aux chambres d’Osiris ». Le titre Jr(y).[Link]
se rencontre est connu principalement dans les TS avec 14 attestations, auxquelles s’ajoutent
une mention dans les TP et une autre dans le Livre des Morts (d’après Chr. Leitz, LGG I,
p. 414, s.v. « Iryw-awt », « Iryw-awt », Jryw-awt-Wsir » et « Iryw-awt-pt »). Il s’agit en général
des Jr(y).[Link] d’Osiris, mais ils peuvent également être ceux du ciel ou employés seuls.
Certaines formules, du fait parfois du nombre limité de variantes, affirment une préférence pour
un terme ou l’autre, mais dans six cas, on observe un amalgame entre les déterminatifs selon les
versions. Parfois, la répartition est de plus équitable, ce qui laisse penser que la confusion est
délibérée, sans que l’on en connaisse pour autant l’origine. En outre, H. Willems considère que
les deux options désignent en réalité le même groupe de personnages, qu’il identifie comme les
officiants de l’atelier d’embaumement (H. Willems, « The Shu-spells in practice », EgUit IX,
1996, p. 205). Cela conforte donc l’idée d’un jeu conscient des Égyptiens sur le double sens du
mot a.t dans ce titre.

645
Volume II - 5e Partie

Document 148.
CT I, 395e -397a [TS 75]

Bibliographie
H. Willems, « The Shu-spells in practice », dans H. Willems (éd.), The World of the Coffin
Texts. Proceedings of the Symposium held on the Occasion of the 100th Birthday of Adriaan
De Buck. Leiden, december 17-19, 1992, EgUit IX, Leyde, 1996, p. 197-209.
J. Zandee, « Sargtexte, Spruch 75 (Coffin Texts I 372d-405c) », ZÄS 99, 1972, p. 48-63.

Contexte
Formule appartenant au groupe dit du « Livre de Chou »

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 198-199.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 466.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 74-77.

646
Corpus - 3. XA.t

647
Volume II - 5e Partie

[B1P]
n ns~n=f bA=j Hr XA.t=j, n sA~n=t(w) bA=j jn Jry.w [Link] Wsjr. « bA=k n=k, sxm=k n=k, XA.t=k
n=k » j~jn 2pr(w) Ds=f r=j.

Mon ba ne saurait brûler sur mon XA.t, mon ba ne saurait être gardé (prisonnier) par les préposés
aux membres d’Osiris (a). « Ton ba est à toi, ta puissance-sekhem est à toi, ton XA.t est à toi (b) »
a dit Celui qui est advenu de lui-même à mon sujet.

(a) cf. Doc. 147, n. (a).

(b) Seules les versions des sarcophages B1C et B1P présentent le ba, la puissance-sekhem et le
XA.t cités ensemble ; la version B2L ne mentionne que le XA.t avec le ba. En revanche, le XA.t
est absent de toutes les autres variantes.

648
Corpus - 3. XA.t

649
Volume II - 5e Partie

Document 149.
CT II, 67a-69b [TS 94]

Bibliographie
E. Meyer-Dietrich, Senebi und Selbst. Personenkonstituenten zur rituellen Wiedergeburt in
einem Frauensarg des Mittleren Reiches, OBO 216, 2006, p. 190-195.

Contexte
Formule de libération du ba. Le défunt s’identifie au ba d’Osiris, qui est ici son héritier sur terre.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 246-247.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 233-234.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 93.

650
Corpus - 3. XA.t

651
Volume II - 5e Partie

652
Corpus - 3. XA.t

653
Volume II - 5e Partie

[B1Ca]
4Hr bA r XA.t, ky.t mDA.t n(y).t pr.t m hrw. jnk bA pw aA n(y) Wsjr, wD~n nTr.w nk=f jm=f
anx(w) Hr oAw m hrw jr(w)~n Wsjr m rDw jm(y.w) jwf=f mtw.t pr(w).t m Hnn=f r pr.t m hrw
nk=f jm=f. N sA Wsjr jwa=f Xnw saH=f, N bA Xnw dSrw=f.

Eloigner le ba du XA.t, autre livre de sortir au jour (a). Je suis ce grand ba d’Osiris, à qui les
dieux ont ordonné de s’accoupler par lui (et) vivant en hauteur pendant le jour, qu’Osiris a
fabriqué au moyen des redjou de sa chair et de la semence issue de son phallus pour sortir au
jour, qu’il puisse s’accoupler par lui. N est le fils d’Osiris, son héritier dans sa dignité. N est le
ba dans son sang.

(a) Seule cette version présente un titre pour cette formule.

654
Corpus - 3. XA.t

655
Volume II - 5e Partie

Document 150.
CT II, 294/295d-304/305a
[TS 155]

Bibliographie
K. Sethe et al., « Die Sprüche für das Kennen der Seelen der heiligen Orte », ZÄS 57, 1922,
p. 27-34.

Contexte
Il s’agit de la formule pour « Connaître les baou de la Nouvelle Lune et entrer dans le domaine
d’Osiris à Busiris (rx bA.w PsDntyw, ao r Pr-Wsjr n 9dw) ».
Le défunt s’adresse aux baou de la Nouvelle Lune pour entrer dans le domaine d’Osiris.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 376-379.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 572.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 133-134.

656
Corpus - 3. XA.t

657
Volume II - 5e Partie

658
Corpus - 3. XA.t

659
Volume II - 5e Partie

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Corpus - 3. XA.t

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Volume II - 5e Partie

662
Corpus - 3. XA.t

663
Volume II - 5e Partie

664
Corpus - 3. XA.t

665
Volume II - 5e Partie

666
Corpus - 3. XA.t

jw=j rx=kwj jAT m Jr.t 6b ra jp r(A).w=s m wAS anDw r wSAw r(A) 5-nw n wa.t gs twt n jp r(A).w=s
m jmywtj n mH.t r Xos.t. wn n=j bA.w PsDntyw, jnk mH(w) s(y), wr r rx(w).t n~ wt m-xnt r(A)-
pr pn. jw(=j) rx=k(w) HD(w).t xn.t XA.t m a Jnpw grH pw n(y) kApAp [Link]=f hrw n(y) swdwd
jmyw r(A)=f. jw m jwt.t xnt Wsjr, Ts~n=t(w) HA.t=f n pHwy=f m mDH.t n(y).t sAw.w.

Je connais la mutilation dans l’œil de Tébi le jour de décompter ses parties, quand la lumière de
l’aube devient plus puissante que l’obscurité de la nuit : le 1/5 et une moitié entière, à décompter
de ses parties, comme différence entre (a) l’œil plein et l’œil mutilé. Ouvrez-moi, baou de la
Nouvelles Lunes, (car) je suis quelqu’un qui le remplit mieux que ce que connaît l’embaumeur
(b) dans ce temple-ci. Je connais ce qui manque dans le XA.t dans la main d’Anubis, cette nuit
de couvrir ses ouremti (c) et le jour d’envelopper ce qui est dans sa bouche : c’est manquant à
Osiris (quand) on a noué son avant à son arrière dans une charpente de planches.

(a) Litt. : « en tant que ce qui est entre ».

(b) D’après les versions S2P, S3P et S1Ca. Les autres versions (non lacunaires) indiquent : wr r
rx.t~n=j r (rx.t~n) wt « je connais plus que (ce que connaît) l’embaumeur ».

(c) Substantif de sens inconnu, que les auteurs ont traduit par « testicules », en raison d’une
part de son caractère duel, et d’autre part de l’opposition traditionnelle des testicules de Seth
arrachées et de l’œil d’Horus mutilé. Cependant, les déterminatifs des versions B2B0, B2P, B17C
et B1C excluent cette traduction1.

1 Je remercie B. Mathieu pour cette remarque.


667
Volume II - 5e Partie

Document 151.
CT III, 296h-l [TS 229]

Bibliographie
P. Barguet, « Les textes spécifiques des différents panneaux des sarcophages du Moyen
Empire », RdE 23, 1971, p. 15-22.

Contexte
La formule s’adresse à la déesse préposée à la tête du défunt osirianisé, assimilée à Isis. C’est
la raison pour laquelle ce texte se trouve sur la paroi de tête des cercueils du Moyen Empire.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 564-565.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 50.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 182.

668
Corpus - 3. XA.t

[G1T]
N sn=tw jb=j HAtj=j, sDr bA(=j) [r] srs Hr XA.t=j, n snm(w) Hr=j, n mh(w) jb=j, n xm=j wA.t r Xr-
nTr.

On n’arrachera pas mon ib ni mon cœur et mon ba passera la nuit à veiller sur mon XA.t, mon
visage ne sera pas triste, mon ib n’oubliera pas et je ne serai pas ignorant du chemin vers la
nécropole.

669
Volume II - 5e Partie

Document 152.
CT III, 327a-e [TS 242]

Contexte
Formule de libération du ba. Le locuteur est le ba de défunt.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 592-593.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 230-231.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 190.

670
Corpus - 3. XA.t

671
Volume II - 5e Partie

[S1C]
R(A) n wn sbA n bA. 9d mdw. Jno 9Hwty jnn(w) MAa.t, sDA(w) (W)DA.t m Pr-Rwty, wn n=j mAA=j
XA.t=j. Jn[o] bA anx(w), jn~n=j m mjn m Jw nsrsr.

Formule pour ouvrir la porte au ba. Parole à prononcer. Je suis Thot, qui apporte la Maât et fait
traverser l’Œil-Oudjat vers la Demeure de Routy. Ouvre-moi (afin que) je voie mon XA.t (car)
je suis un ba vivant (et) je suis venu aujourd’hui de l’Île de l’embrasement.

672
Corpus - 3. XA.t

673
Volume II - 5e Partie

Document 153.
CT IV, 49j-s [TS 296]

Contexte
L’officiant s’adresse aux gardiens des portes de l’horizon, qui doivent laisser passer le défunt
pour qu’il sorte au jour.

Tradition
Livre des Morts, chapitre 87.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 686-687.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 288.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 220.

674
Corpus - 3. XA.t

675
Volume II - 5e Partie

wab~n N Hr war.t Tw aA.t, dr~n N Dw.t=f, xma~n N jsf.t=f, xsr~n N dAw.t jr(y).t jwf=f r tA.
Jr(y).w-aA.w, jr.w wA.t n N mjty=Tn ! pr N m hrw, Sm N Hr [Link]=f, sxm N m [Link] JAxw. jw
N rx(=w) [Link] StA.w sbA.w n(y).w 4x.t-Jarw. wnn N jm ! mk N jw(=w), sxr~n N xftj.w=f tp
tA, XA.t N ors=t(w)=s.

N est purifié sur cette grande nécropole désertique (a), N a repoussé son mal, N a saisi sa isefet,
N a chassé la corruption de sa chair à terre. Gardiens des Portes, faites un chemin pour N, votre
égal ! (Ainsi,) N sortira au jour, N ira sur ses deux jambes et N disposera des pas de l’Éclatant.
N connaît les chemins secrets des portes du Champ des Roseaux. N existera là ! Vois, N est
venu, N a renversé ses ennemis à terre (pour) que le XA.t de N soit inhumé (b).

(a) Cf. Doc. 145, n. (b).

(b) Litt. « le XA.t de N, qu’il soit enterré ». Pour la traduction par « inhumer », cf. doc. 66, n. (a).

676
Corpus - 3. XA.t

677
Volume II - 5e Partie

Document 154.
CT IV, 57d-j [TS 304]

Contexte
Cette formule a pour objet la libération du ba. Le locuteur est le défunt lui-même.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 698-699.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 229-230.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 223.

678
Corpus - 3. XA.t

Ax~n=j, jp~n=j, bA=j Hna=j, jb=j m X.t=j, XA.t=j m tA, n rm=j s(.y). jw bA=j Hna[=j], n wA=f r=j.

Si je suis akh, si je me suis regroupé, c’est parce que mon ba est avec moi, mon ib dans mon
tronc, mon XA.t dans la terre et que je ne l’ai pas pleuré. Mon ba est avec [moi], il ne s’est pas
éloigné de moi.

679
Volume II - 5e Partie

Document 155.
CT IV, 178m-n [TS 333]

Contexte
Cette formule fait partie d’un ensemble appelé « Formules de Chou ».

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 796-797.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 475.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts I, p. 257.

680
Corpus - 3. XA.t

n sA~n=t(w) bA=j XA.t=j, n Sna=t(w)=j r swr m nwy.

On ne saurait garder mon ba (sur) mon XA.t (car) on ne m’a pas empêché de boire dans le flot
(de l’inondation).

681
Volume II - 5e Partie

Document 156.
CT VI, 73b-g [TS 493]

Contexte
Formule pour « ne pas emprisonner le ba d’une femme alors qu’il sort ou qu’il entre comme il
le désire dans la nécropole ». Le locuteur est le défunt.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien II, p. 1214-1215.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 243.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts II, p. 134-135.

682
Corpus - 3. XA.t

683
Volume II - 5e Partie

[B3La]
rm~n 5w n dg(w).t jm=f. bA=j, Hr=t(j) r XA.t smA(w) jt=j, JAw, jr n=j wA.t, nHm bA=j m-a JbT.
tyw, nHm(w).w bA.w, xnr(w).w [Link], dd(w).w m [Link], HH(w).w mt[r] spr=f.

Chou a pleuré à cause de ce qui lui est dissimulé. Mon ba, éloigne-toi du XA.t (a) que mon père a
tué et Vieillard, fais-moi un chemin, retire mon ba de l’emprise des Piégeurs, qui retiennent les
ba, enferment les ombres, livrent aux places d’exécution et cherchent un témoin quand il arrive.

(a) La version B3B0 indique « les ennemis (xfty.w) » à la place du mot XA.t.

684
Corpus - 3. XA.t

685
Volume II - 5e Partie

Document 157.
CT VI, 84f-k [TS 500]

Contexte
Formule de libération du ba. Le défunt s’adresse à son propre ba.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien II, p. 1226-1227.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 245-246.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts II, p. 138-139.

686
Corpus - 3. XA.t

687
Volume II - 5e Partie

1r tw r XA.t=k jmy.t tA. jm=k wnn m-m ab.w js m-m 4Aw.w jr(y).w [Link] (Wsjr), Twt 4xm(w)-m-
rd=f, sA nTr sxm(w) m rd.w=f ! Hr tw r XA.t=k jmy.t tA, Twt sxm, sA nTr sxm(w) m rd.w=f !

Éloigne-toi de ton XA.t qui est dans la terre. Tu ne seras pas parmi les Porteurs de fourches ni
parmi les Gardiens préposés aux membres (d’Osiris) (a) (car) tu es Celui-qui-dispose-de-ses-
jambes, le fils du dieu disposant de ses jambes ! Éloigne-toi de ton XA.t qui est dans la terre (car)
tu es un puissant, le fil du dieu disposant de ses jambes !

(a) Cf. Doc. 147, n. (a).

688
Corpus - 3. XA.t

689
Volume II - 5e Partie

Document 158.
CT VI, 335h-j [TS 703]

Contexte
Il s’agit de la « Formule pour se transformer en oiseau-séchenti », que le défunt récite.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien I, p. 28-29.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 426.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts II, p. 265.

690
Corpus - 3. XA.t

jw Axw=j m X.t=j, swab~n=j os.w=j sDr(w) Hr XA.t=f mrr=f.

Mon esprit-akh est dans mon tronc et j’ai purifié mes os, étant quelqu’un qui a passé la nuit sur
son XA.t d’élection.

691
Volume II - 5e Partie

Document 159.
CT VI, 376e-f [TS 746]

Contexte
Le locuteur est le défunt, identifié au créateur Rê-Atoum.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien II, p. 1680-1681.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 552.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts II, p. 284.

692
Corpus - 3. XA.t

wnwn=j Hr(y)-tp XA.t=j m Jwnw Hr-nt(y).t N Ra Hr(y)-tp rxy.t.

Je ferai des allers-retours au-dessus de mon XA.t dans Héliopolis parce que N est Rê au-dessus
des hommes.

693
Volume II - 5e Partie

Document 160.
CT VI, 405b [TS 770]

Contexte
Formule dite pour « faire que l’enfant respire ».
R.O. Faulkner propose que, d’après ce titre, « we have here a spell originally intended for
childbirth used on behalf of the dead. » (FECT II, p. 301, n. 1).

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien II, p. 1728-1729.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 562.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts II, p. 301.

694
Corpus - 3. XA.t

jnk bA Jmn.t sm=tj XA.t (a) bS(w)~n 1r Ts-pXr.

Je suis le bélier de l’Occident, prenant soin du XA.t exhalé par Horus, et vice versa.

(a) On trouve l’hiéroglyphe du poisson-bw.t au lieu de celui du poisson-XA, mais tous les
égyptologues s’accordent à lire « XA.t ».

695
Volume II - 5e Partie

Document 161.
CT VII, 19h-i [TS 819]

Contexte
Formule pour « ne pas marcher la tête en bas ».
Le défunt souhaite être identifié à Rê et pourvoir sortir au jour pour naviguer dans la barque
céleste grâce à la bonne exécution des rites funéraires.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien III, p. 1790-1791.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 329.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts III, p. 10.

696
Corpus - 3. XA.t

Hr=tywnj 4nn(w).[Link], jw [Link]=j m Ra hA=f r Jwnw r rm.t XA.t=f.

Vous êtes tenus à l’écart, Coupeurs de membres, car mes membres sont comme (ceux de) Rê
quand il se rend à Héliopolis pour pleurer son XA.t.

697
Volume II - 5e Partie

Document 162.
CT VII, 22p-23a [TS 822]

Contexte
Récitation du défunt, qui doit prouver qu’il est en bonne santé.

Traductions
-- Cl. Carrier, Textes des Sarcophages du Moyen Empire égyptien III, p. 1798-1799.
-- P. Barguet, Les Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, p. 47.
-- R.O. Faulkner, The Ancient Egyptian Coffin Texts III, p. 13.

698
Corpus - 3. XA.t

699
Volume II - 5e Partie

[r(A) n tm rd(w)] sby XA.t m tA. jnk jpp(w) sjp n rd(w) jn Gb xft msw.t HoA […] wr kA. jnk jbH
n(y) 4pdw, jnk Hty.t n(y).t NHb-kA.w, jnk Snw n(y) Wr […] Dr, jnk H[n]n n(y) BAbj, jnk mAs
n(y) KA m 2m. nn HwA(w) XA[.t] jm tA.

[Formule pour ne pas permettre] (a) que le XA.t disparaisse en terre. Je suis celui qui examine
l’inventaire de ce qui est donné par Geb lors de la naissance du souverain […] le grand taureau.
Je suis la dent de Soped, le gosier de Néhebkaou, la chevelure du Vénérable […], le phallus de
Bébon et la cuisse du Taureau de Létopolis. Le XA.t ne pourrira pas dans la terre.

(a) Restitution d’après celle proposée par A. de Buck.

700
Corpus - 3. XA.t

701
Volume II - Annexes

Annexes

702
Volume II - Annexes

Index des Textes cités

A. Texte des Pyramides TP 506, § 1097a-1098d (doc. 18) p. 187-190

TP 4, § 3b-c (doc. 1) p. 143-144 TP 513, § 1172b-1174d (doc. 19) p. 191-193

TP 5, § 3d-e (doc. 1) p. 143-144 TP 532, § 1255c-1257d (doc. 141) p. 597-599

TP 41, § 32a (doc. 2) p. 145-146 TP 534, § 1278a-1279c (doc. 20) p. 195-196

TP 50, § 37b-d (doc. 3) p. 147-148 TP 537, § 1300a-c (doc. 21) p. 197-198

TP 77, § 52a-53b (doc. 4) p. 149-150 TP 562, § 1406c (doc. 22) p. 199-200

TP 106, § 69a-c (doc. 5) p. 150-151 TP N570B, § 1461b (doc. 23) p. 201-202

TP 217, § 160a-c (doc. 6) p. 153-154 TP 573, § 1484a-e (doc. 24) p. 203-205

TP 219, § 193a-c (doc. 7) p. 155-156 TP 611, § 1727a-1728b (doc. 25) p. 207-208

TP 222, § 211a-213b (doc. 8) p. 157-159 TP 628, § 1786a-b (doc. 26) p. 209-210

TP 224, § 221a-c (doc. 9) p. 161-163 TP *645, § *1824a-g (doc. 27) p. 211-212

TP 225, § 224a-d (doc. 10) p. 165-166 TP *664, § *1884-1885 (doc. 28) p. 213-214

TP 268, § 371c-373b (doc. 11) p. 167-169 TP *666, § *1916a-1920 (doc. 29) p. 215-217

TP 301, § 447a-b (doc. 12) p. 171-172 TP *666, § 1921d-g (doc. 30) p. 219-220

TP 305, § 474a-c (doc. 139) p. 591-592 TP 685, § 2063a-2066b (doc. 31) p. 221-223

TP 307, § 482a-484c (doc. 13) p. 173-175 TP 688, § 2082b-2085b (doc. 32) p. 225-227

TP 336, § 548a-b (doc. 140) p. 593-595 TP 690, § 2092a-2096d (doc. 33) p. 229-231

TP 359, § 594a-c (doc. 14) p. 177-178 TP 690, § 2105a-c (doc. 34) p. 233-234

TP 390, § 683a-d (doc. 15) p. 178-180 TP 690, § 2113-2114b (doc. 87) p. 415-416

TP 422, § 762a-c (doc. 16) p. 181-182 TP 690, § 2115a-2116c (doc. 35) p. 235-236

TP 463, § 876a-877d (doc. 17) p. 183-185 TP 690, § 2117-2119 (doc. 36) p. 237-238

704
Index des textes cités

TP *717, § *2227c-2228d (doc. 37) p. 239-240 TS 75, CT I 387b-389b (doc. 97) p. 459-463

TP *723, § *2244a-c (doc. 88) p. 417-418 TS 75, CT I 395e-397a (doc. 148) p. 625-627

TP *746, § *2276a-c (doc. 38) p. 241-242 TS 80, CT II 36f (doc. 98) p. 465-466

TS 80, CT II 38h-39a (doc. 99) p. 467-469

TS 81, CT II 44f-g (doc. 100) p. 471-473

B. Texte des Sarcophages TS 84, CT II 49e-50f (doc. 101) p. 475-478


TS 20, CT I 55f-56f (doc. 142) p. 601-603
TS 90, CT II 61a-c (doc. 102) p. 479-480
TS 29, CT I 81a-k (doc. 39) p. 243-245
TS 94, CT II 67a-69b (doc. 149) p. 629-633
TS 39, CT I 168d-169c (doc. 89) p. 419-422
TS 105, CT II 113k-114d (doc. 103) p. 481-483
TS 42, CT I 178f-l (doc. 40) p. 247-249
TS 106, CT II 116n-s (doc. 41) p. 251-253
TS 44, CT I 182b-g (doc. 143) p. 605-607
TS 106, CT II 117a-e (doc. 104) p. 485-486
TS 44, CT I 185a-b (doc. 144) p. 609-610
TS 149, CT II 226b-228a (doc. 105) p. 487-491
TS 45, CT I 197g-198c (doc. 145) p. 611-613
TS 150, CT II 254l-q (doc. 42) p. 255-257
TS 47, CT I 204c-205a (doc. 90) p. 423-425
TS 155, CT II 294/295d-304/305a (doc. 150)
TS 49, CT I 216b-h (doc. 91) p. 427-429 p. 635-646

TS 50, CT I 227f-229a (doc. 92) p. 431-434 TS 175, CT III 61l-62b (doc. 43) p. 259-261

TS 60, CT I 249c-f (doc. 93) p. 435-436 TS 215, CT III 179c-e (doc. 44) p. 263-265

TS 73, CT I 303d-304d (doc. 146) p. 615-618 TS 228, CT III 268/269a-276/277c (doc. 45)
p. 267-278
TS 75, CT I 314/315a-320/321a (doc. 94)
p. 437-445 TS 229, CT III 269h-l (doc. 151) p. 647-648

TS 75, CT I 336/337a-338/339c (doc. 95) TS 230, CT III 298e-i (doc. 106) p. 493-494
p. 447-452
TS 232, CT III 300a-e (doc. 46) p. 279-280
TS 75, CT I 350/351b-352/353b (doc. 96)
TS 235, CT III 201c-302a (doc. 107) p. 495-496
p. 453-457
TS 237, CT III 311h-312e (doc. 108) p. 497-499
TS 75, CT I 360/361c-364/365a (doc. 147)
p. 619-624 TS 238, CT III 316k-m (doc. 109) p. 501-503

705
Volume II - Annexes

TS 238, CT III 317p-318g (doc. 47) p. 281-284 TS 336, CT IV 329c-f (doc. 119) p. 531-533

TS 238, CT III 318k-s (doc. 110) p. 505-507 TS 345, CT IV 372a-373c (doc. 58) p. 319-322

TS 238, CT III 319c-d (doc. 48) p. 285-286 TS 379, CT V 42f-i (doc. 120) p. 535-536

TS 238, CT III 319l-o (doc. 111) p. 509-511 TS 397, CT V 75a-77a (doc. 59) p. 323-326

TS 239, CT III 322b-f (doc. 112) p. 513-514 TS 404, CT V 199b-200b (doc. 121) p. 537-539

TS 240, CT III 324a-f (doc. 49) p. 287-288 TS 405, CT V 209a-j (doc. 122) p. 541-543

TS 242, CT III 327a-e (doc. 152) p. 649-651 TS 409, CT V 227a-232f (doc. 60) p. 327-336

TS 265, CT III 394e-i (doc. 50) p. 289-291 TS 418, CT V 252b-256b (doc. 61) p. 337-342

TS 269, CT IV 6b-7d (doc. 113) p. 515-518 TS 429, CT V 275a-e (doc. 62) p. 343-345

TS 296, CT IV 49j-s (doc. 153) p. 653-655 TS 441, CT V 299b-g (doc. 63) p. 347-349

TS 303, CT IV 56c-l (doc. 51) p. 293-295 TS 449, CT V 318i-k (doc. 64) p. 351-352

TS 304, CT IV 57d-j (doc. 154) p. 657-658 TS 459, CT V 332f-h (doc. 65) p. 353-354

TS 307, CT IV, 63e-64e (doc. 52) p. 297-300 TS 477, CT VI 34a-b (doc. 123) p. 545-546

TS 310, CT IV 66c-k (doc. 53) p. 301-303 TS 493, CT VI 73b-g (doc. 156) p. 661-663

TS 312, CT IV 74g-75h (doc. 114) p. 519-522 TS 493, CT VI 74f-75h (doc. 66) p. 355-358

TS 313, CT IV 88p-q (doc. 115) p. 523-524 TS 495, CT VI 77d-f (doc. 67) p. 359-360

TS 313, CT IV 93m-q (doc. 116) p. 525-526 TS 500, CT VI 84f-k (doc. 157) p. 665-667

TS 316, CT IV 102f-104d (doc. 54) p. 305-309 TS 519, CT VI 108c-i (doc. 124) p. 547-548

TS 333, CT IV 178m-n (doc. 155) p. 659-660 TS 602, CT VI 217a-g (doc. 125) p. 549-550

TS 334, CT IV 181j-l (doc. 55) p. 311-313 TS 607, CT VI 219j-220e (doc. 126) p. 551-554

TS 334, CT IV 181t-182a (doc. 117) p. 527-528 TS 608, CT VI 221a-s (doc. 68) p. 361-363

TS 335, CT IV 321c-d (doc. 56) p. 315-316 TS 631, CT VI 253i-254b (doc. 69) p. 365-366

TS 336, CT IV 327e-f (doc. 118) p. 529-530 TS 636, CT VI 259b-e (doc. 70) p. 367-369

TS 336, CT IV 329b (doc. 57) p. 317-318 TS 687, CT VI 317m-r (doc. 71) p. 371-372

706
Index des textes cités

TS 703, CT VI 335h-j (doc. 158) p. 669-670 TS 908, CT VII 112x-y (doc. 83) p. 403-404

TS 714, CT VI 344b-d (doc. 127) p. 555-556 TS 936, CT VII 140m/143 (doc. 135) p. 575-576

TS 721, CT VI 350a (doc. 72) p. 373-374 TS 940, CT VII 152i-j (doc. 84) p. 405-406

TS 728, CT VI 358g-q (doc. 73) p. 375-377 TS 1000, CT VII 217c-d (doc. 85) p. 407-408

TS 745, CT VI 347m-375c (doc. 74) p. 379-381 TS 1013, CT VII 230m-o (doc. 86) p. 409-411

TS 746, CT VI 376e-f (doc. 159) p. 671-672 TS 1028, CT VII 249p-250a (doc. 136)
p. 577-579
TS 767, CT VI 398f-k (doc. 75) p. 383-384
TS 1125, CT VII 456c-e (doc. 137) p. 581-583
TS 769, CT VI 404c-e (doc. 76) p. 385-386
TS 1129, CT VII 459b-460e (doc. 138)
TS 770, CT VI 405b (doc. 160) p. 673-674
p. 585-588
TS 773, CT VI 407a-h (doc. 128) p. 557-559

TS 817, CT VII 16c (doc. 129) p. 561-562

TS 818, CT VII 17c-l (doc. 130) p. 563-564

TS 819, CT VII 19h-i (doc. 161) p. 675-676

TS 822, CT VII 22p-23a (doc. 162) p. 677-679

TS 822, CT VII 23f (doc. 131) p. 565-566

TS 828, CT VII 29j-l (doc. 132) p. 567-568

TS 834, CT VII 35g-r (doc. 77) p. 387-388

TS 845, CT VII 49k-p (doc. 78) p. 389-391

TS 847, CT VII 51b (doc. 133) p. 569-570

TS 855, CT VII 58c-d (doc. 79) p. 393-394

TS 858, CT VII 61z-aa (doc. 80) p. 395-397

TS 861, CT VII 63g-r (doc. 81) p. 399-400

TS 867, CT VII 73e-k (doc. 82) p. 401-402

TS 876, CT VII 85e-86c (doc. 134) p. 571-573

707
Volume II - Annexes

Index des Expressions notables

A. Expressions comportant le mot « Haw »


Haw anx(w) « le corps Haw vivant » p. 480

Haw nTr « le corps Haw divin » p. 429, 434

Haw rmT « le corps humain » p. 491

nTr xpr(w) m Haw=f « le dieu advenu de son corps Haw » p. 463

wjA n(y) Haw « la barque du corps Haw » p. 425, 524, 526, 562

wjA « anx (n(y)) Haw anx(w) » « la barque « Vie du corps Haw vivant » » p. 466, 473

jnj Haw « apporter le corps Haw » p. 483

jno Haw « assembler le corps Haw » p. 503

rdj Haw « donner le corps Haw » p. 483

sAo Haw « agréger le corps Haw » p. 483, 511

swAD Haw « faire reverdir le corps Haw » p. 469

srwx Haw « traiter le corps Haw » p. 499, 514

Ssp Haw « recevoir le corps Haw » p. 507

Ts Haw « nouer le corps Haw » p. 496

B. Expressions comportant le mot « XA.t »


wnwn Hr-tp XA.t « circuler au-dessus du corps XA.t » p. 672

nDr XA.t « saisir le corps XA.t » p. 358

708
Index des Expressions notables

hp XA.t « emporter le corps XA.t » p. 358

Hrj r XA.t « s’éloigner du corps XA.t » p. 633, 663, 667

xnr XA.t « emprisonner le corps XA.t » p. 358

sm XA.t « prendre soin du corps XA.t » p. 674

sxA XA.t « se souvenir du corps XA.t » p. 607

sDr Hr XA.t « passer la nuit sur le corps XA.t » p. 648, 670

ors XA.t « enterrer le corps XA.t » p. 358, 655

C. Expressions comportant le mot « D.t »


D.t n D.t « le corps D.t pour l’éternité-djet » p. 159

jb n(y) D.t « le ib du corps D.t » p. 144, 210, 214, 217, 220,


240

jr.t n(y).t D.t « l’œil du corps D.t » p. 309

Jr.t 1r n(y).t D.t « l’Œil d’Horus du corps D.t » p. 242, 309, 363

[Link] 1r n(y).t D.t « les yeux d’Horus du corps D.t » p. 152

bA (n(y)) D.t « la ba du corps D.t » p. 334, 335, 358

mnD n(y) D.t « la poitrine du corps D.t » p. 146

sA n(y) D.t « le fils du corps D.t » p. 159

kA n(y) D.t « le ka du corps D.t » p. 169, 261, 291, 354, 369,


374, 384, 386

sm D.t « le prêtre-sem du corps D.t » p. 265

jp D.t « décompter le corps D.t » p. 227, 366, 377

jrj D.t « faire/fabriquer le corps D.t » p. 172

jTj D.t « prendre possession/soustraire le corps D.t » p. 190, 193, 205, 342

709
Volume II - Annexes

wnm D.t « consommer le corps D.t » p. 196

wnx D.t « vêtir le corps D.t » p. 163, 166, 198, 238

wDA n D.t « être sain du corps D.t » p. 180

njs Hr D.t « appeler au sujet du corps D.t » p. 175

nHm D.t « retirer le corps D.t » p. 190

nD D.t « protéger le corps D.t » p. 178, 208, 253, 278, 295,


326

rdj D.t « donner le corps D.t » p. 185

xw D.t « protéger le corps D.t » p. 212, 249, 381

xm D.t « ignorer le corps D.t » p. 227, 313, 322, 377

smx D.t « oublier le corps D.t » p. 257

snj D.t « embrasser le corps D.t » p 300

sxm m D.t « disposer du corps D.t » p. 150, 159, 198, 223, 231,
234, 236, 245, 288, 303,
388

Ssp D.t « recevoir le corps D.t » p. 286

710
Index des Expressions notables

711
Volume II - Annexes

Res Notabiles

A. Divinités 169, 178, 180, 185, 196,


208, 212, 220, 231, 236,
As.t « Isis » p. 144, 169, 214, 313, 240, 245, 249, 303, 309,
363, 434, 478, 599, 618. 326, 335, 363, 386, 391,
Jnpw « Anubis » p. 358, 434, 499, 507, 394, 400, 411, 478, 539,
514, 599, 618, 646. 543, 599, 618, 674.

Jr.t 1r « l’Œil d’Horus » 4tS « Seth » p. 159, 178, 180, 220,


p. 178, 242, 309, 326, 240, 295, 303, 326, 366,
352, 363, 391, 400, 576. 411, 434, 436, 554, 599.

[Link] 1r « les Yeux d’Horus » 5w « Chou » p. 172, 223, 445, 663.


p. 152, 394, 397, 400. Gb « Geb » p. 175, 196, 198, 208,
Wsjr « Osiris » p. 152, 231, 234, 236, 217, 231, 300, 388, 411,
245, 253, 278, 295, 322, 416, 511, 526, 554, 603,
334, 335, 363, 377, 384, 679.
391, 457, 469, 483, 486, 6fnw.t « Tefnout » p. 172, 223.
494, 499, 507, 518, 526,
548, 573, 599, 624, 627, 6mw « Atoum » p. 154, 159, 172, 193,
633, 646, 667. 223, 358, 434, 522.

Nw.t « Nout » p. 144, 193, 198, 236, 9Hwty « Thot » p. 238, 303, 335, 651.
388, 478, 554.

Nb.t-Hw.t « Nephthys » p. 144, 169, 196, 210,


363, 494, 599, 618.
B. Épithètes divines
Ra « Rê » p. 148, 169, 175, 182,
193, 202, 231, 245, 253, Ax.w « les esprits-akhou »
257, 261, 334, 335, 526, p. 150, 166, 231, 518,
564, 579, 672, 676. 522.

1w.t-Hr « Hathor » p. 406, 425, 480. Nty.w-smxw.w-D.t=sn


« Ceux-qui-oublient-leur-corps-D.t »
1r « Horus » p. 146, 150, 152, 159, p. 257.

712
Index des Res Notabiles

NTr [Link] « les yeux » p. 150, 152, 208, 603.

– xpr(w) m Haw=f a « le bras » p. 154, 159, 175, 178,


« le dieu advenu de son corps Haw » 198, 205, 212, 227, 249,
p. 463. 284, 326, 381, 416, 434,
530, 564, 646.
– xpr(w) Ds=f
« le dieu advenu de lui-même » [Link] « les parties du corps/les membres »
p. 445, 452, 452, 463. p. 217, 345, 377, 418,
429, 469, 473, 483, 486,
2m(w)-D.t=f « Celui-qui-a-renversé-son-D.t »
496, 588, 607, 624, 627,
p. 349.
667, 676.
8mD(w)-Hr-D.t=f
bA « le ba » p. 190, 220, 231, 240,
« Celui-qui-se-réunit-à-son-corps-D.t »
245, 257, 288, 291, 300,
p. 408.
309, 334, 335, 349, 358,
360, 377, 445, 603, 607,
610, 613, 624, 627, 633,
648, 651, 658, 660, 663.
C. Parties du corps et éléments bosw « les vertèbres cervicales »
de la personne p. 377.

Ax « l’esprit-akh » p. 159, 163, 193, 220, fnD « le nez » p. 175.


240, 278, 284, 303, 388,
491, 511, 522, 592, 658, [Link] « les cuisses » p. 478, 480.
670.
mnD « la poitrine » p. 146.
jwf « la chair » p. 156, 169, 217, 363,
[Link] « les oreilles » p. 208, 227.
422, 486, 494, 503, 507,
522, 539, 548, 568, 588, mt.w « les conduits-métou »
595, 610, 633, 655. p. 469.

jb « le ib » p. 144, 210, 214, 217, mtw.t « la semence » p. 422, 633.


220, 238, 240, 291, 354,
r(A) « la bouche » p. 146, 265, 284, 646.
416, 452, 499, 556, 588,
595, 603, 607, 613, 648, r(A)-[Link] « les articulations »
658. p. 386.

jr.t « l’œil » p. 178, 309, 326, 358, rmn « l’épaule » p. 169.


400, 522.
rn « le nom » p. 150, 212, 300, 334,

713
Volume II - Annexes

335, 352, 363, 377, 400, kA.t « le vagin » p. 223.


507, 526, 554, 588, 599,
618. tp « la tête » p. 190, 280, 386, 400,
463, 478, 494, 528, 562.
rd « la jambe » p. 223, 253, 300, 352,
496, 603, 655, 667.

rDw « les humeurs » p. 300, 416, 633.

HA.t « le front » p. 150, 280, 391, 494,


D. Toponymes
528. Jwnw « Héliopolis » p. 175, 300, 303, 610,
672, 676.
HA.t « la nuque » p. 499, 503, 507, 568.
Nn-n(y)-sw.t « Hérakléopolis »
HAty « le cœur » p. 354.
p. 358.
Hnn « le phallus » p. 223, 422, 633.
Ndj.t « Nédit » p. 499, 507.
Hr « le visage » p. 169, 175, 190, 253,
309, 363, 400, 429, 522,
573, 588, 648. E. Res notabiles
Htj.t « la gorge » p. 242, 400. Ax.t « l’horizon » p. 169, 193, 231, 284,
366, 384.
[Link] « les testicules » p. 178, 326.
Axw « la magie-akhou » p. 342, 349, 452, 556.
sA « le dos » p. 499, 507.
jwa « l’héritier » p. 175, 295.
sT.t « la semence » p. 303.
jt « le père » p. 159, 175, 196, 198,
Sw.t « l’ombre » p. 335, 358, 360, 663. 208, 212, 223, 236, 245,
249, 278, 286, 295, 300,
Sr.t « la narine » p. 452, 473, 603.
303, 309, 363, 381, 388,
Ssm.x « les ligaments » p. 416. 422, 466, 573, 579, 583,
588, 663.
os.w « les os » p. 156, 217, 386, 418,
469, 483, 486, 548, 595, wab.t « la ouâbet » p. 429.
670.
wp.t « le jugement » p. 303.
od « le caractère » p. 422.
wry.t « l’ouryt » p. 429, 559.
kA « le ka » p. 148, 169, 180, 196,
bjA « le fer » p. 418, 548.
261, 291, 354, 369, 374,
384, 386, 518, 564. p.t « le ciel » p. 148, 185, 193, 223,

714
Index des Res Notabiles

231, 236, 291, 326, 334, 436, 526, 554, 579, 592,
335, 369, 384, 388, 457, 603, 618, 655, 658, 667,
533, 564, 579, 592, 610. 679.

mAa-xrw « la justification » 8A.t « la Dat » p. 169, 193, 227.


p. 245, 291, 494.
8wA.t « la Douat » p. 185, 335, 336, 366.
mw « l’eau/le liquide » p. 223, 369, 372, 400,
D.t « l’éternité » p. 154, 159, 182, 300,
603, 607.
316, 318, 372, 400, 526,
mw.t « la mère » p. 175, 198, 313, 388, 543.
526, 579, 603.
DADA.t « le tribunal » p. 193, 334, 335, 496,
msw « l’enfant » p. 163, 342, 550. 543.

msw.t « la naissance » p. 223, 579, 679.

nbw « l’or » p. 418, 548.

nHH « le temps » p. 257, 284, 300, 511,


543.

rmT « les hommes » p. 205, 227, 245, 309,


322, 491, 592.

HkAw « la magie-hékaou »
p. 342, 349, 369.

xftj.w « les ennemis » p. 212, 217, 236, 249,


295, 334, 335, 358, 377,
381, 550, 655.

sA « le fils » p. 152, 154, 159, 166,


212, 249, 381, 434, 526,
633, 667.

saH « la dignité » p. 166, 633.

sH-nTr « le pavillon divin »


p. 434.

tA « la terre » p. 163, 169, 205, 217,


223, 236, 257, 300, 334,
335, 358, 363, 384, 388,

715

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