Etude 6
Etude 6
THÈSE
pour obtenir le grade de
DOCTEUR VÉTÉRINAIRE
présentée et soutenue publiquement devant
LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE CRÉTEIL
le 27 décembre 2019
par
Julie, Madeleine, Françoise LAZZAROTTI
Née le 19 décembre 1993 à Paris 12ème
sous la direction de
Caroline GILBERT
1
Liste des figures
FIGURE 1 : MODELE DE FRASER (FRASER ET AL, 1997) ................................................................................................... 9
FIGURE 2 : FREQUENCE DES DIFFERENTES CATEGORIES TROUBLES OBSESSIONNELS COMPULSIFS OBSERVES PAR OVERALL & DUNHAM
(2002) SUR 103 CHIENS............................................................................................................................... 11
FIGURE 3 : BUDGET TEMPS DES CHIENS FERAUX ENTRE 6H30 ET 19H30 D’APRES SREEJANI ET AL (2014)………………………………….12
FIGURE 4 : FREQUENCE DE PROMENADE DES CHIENS D’APRES L’ETUDE DE WESTGARTH ET AL (2015) ....................................... 14
FIGURE 5 : VERSION FRANÇAISE DU C-BARQ D’APRES HSU & SERPELL (2003) .................................................................. 19
FIGURE 6 : FRISE CHRONOLOGIQUE DES ETAPES DU DEVELOPPEMENT DE LA NAISSANCE A UN AN D ’AGE. .................................... 24
FIGURE 7 : PHOTOGRAPHIES ISSUES DE BLOOM & FRIEDMAN (2013) : ......................................................................... 25
FIGURE 8 : REPRESENTATION GRAPHIQUES DES DIFFERENTS TYPES DE SIGNAUX ACOUSTIQUES ET LEUR CONTEXTE D’APRES MIKLOSI
(2014) .................................................................................................................................................... 28
FIGURE 9 : SIGNES DE STRESS CHEZ LE CHIEN D’APRES : HTTP :[Link] ............................................................... 32
FIGURE 10 : REPRESENTATION SCHEMATIQUE DES QUATRE SITUATIONS PRESENTEES DANS L ’ETUDE DE VIRYANI ET AL (2004) ........ 33
FIGURE 11 : RESULTATS DE L’ETUDE DE VIRYANI ET AL (2004) ........................................................................................ 34
FIGURE 12 : RESULTATS DE L’EXPERIENCE MENEE PAR KIRCHHOFF ET AL (2012).................................................................. 34
FIGURE 13 : PHOTOGRAPHIE ISSUE DE L’ETUDE DE LAKATOS ET AL (2012) ILLUSTRANT LEUR PROTOCOLE. ................................. 35
FIGURE 14 : RESULTATS DE L’ETUDE DE LAKATOS ET AL (2012) ....................................................................................... 36
FIGURE 15 : REACTIVITE DES CHIENS A CHACUNE DES EXPRESSIONS FACIALES HUMAINES PRESENTEES D’APRES DOLL (2009) .......... 38
FIGURE 16 : RESULTATS DE L’ETUDE DE HOROWITZ (2009) ............................................................................................ 41
FIGURE 17 : REPRESENTATION SCHEMATIQUE DU PARTAGE D’UNE CARASSE CHEZ LES CHIENS (A GAUCHE) ET LES LOUPS (A DROITE). LES
POINTS ROUGES REPRESENTENT LES INDIVIDUS LES PLUS DOMINANTS, LES BLEUS, LES AUTRES MEMBRES DU GROUPE. D’APRES DALE ET
AL (2017) ......................................................................................................................................................... 41
FIGURE 18 : SOCIOGRAMME AU SEIN D’UN GROUPE DE HUIT CHIENS D’APRES BRADSHAW (2009) .......................................... 42
FIGURE 19 : RESULTATS DE L’ETUDE DE TOPAL ET AL.(1998) ........................................................................................ 45
FIGURE 20 : RESULTATS DE L’ETUDE DE GACSI ET AL (2013) .......................................................................................... 46
FIGURE 21 : RESULTATS DE L’ETUDE DE TOPAL ET AL (1997).......................................................................................... 48
FIGURE 22 : AMPLITUDE DE REACTION D'UN CHAT SPINAL LORS D'UNE STIMULATION METTANT EN JEU LE REFLEXE DE FLEXION ........ 54
FIGURE 23 : TRADUCTION DU PROTOCOLE « TRANQUILITY TRAINING EXERCICES » D’APRES POGGIAGLIOLMI (2018) ................... 55
2
Liste des tableaux
TABLEAU 1 : « THE FIVE WELFARE NEEDS » TRADUIT D’APRES SERPELL ET MCCUNE (2018) .................................................... 8
TABLEAU 2 : SIGNAUX VISUELS EMPLOYES DANS UN CADRE DE DOMINANCE/SUBORDINATION CHEZ LE LOUP ; TRADUIT DE FATJO ET AL
(2007) .................................................................................................................................................... 28
TABLEAU 3 : LES APPRENTISSAGES ASSOCIATIFS D’APRES SKINNER (1938) ......................................................................... 57
TABLEAU 4 : RECAPITULATIF DES METHODES EMPLOYEES PAR LES PROPRIETAIRES DE CHIENS POUR L ’EDUCATION DE LEURS CHIENS,
D’APRES ROONEY & COWAN (2011), HIBY ET AL. (2004) ET BLACKWELL ET AL. (2008). ............................................. 58
3
4
Introduction
La compréhension du comportement animal fait maintenant partie des prérogatives à
l’enseignement dispensé dans les établissements universitaires vétérinaires comme le prévoit
le ECCVT (European Cooordination Committee for Veterinary Training : Comité Coordinateur
Européen du Cursus Vétérinaire en français). Son application est très large, s’intéressant à la
fois à des questions portant sur le bien-être animal comme à la réalisation d’une contention
sécurisante (Golden & Hanlon, 2018)
C’est un sujet pour lequel la demande est grandissante : 98 % des vétérinaires cliniciens
reçoivent des demandes portant sur des questions relatives au comportement de la part des
propriétaires de chien (Canis lupus familiaris) (Golden & Hanlon, 2018, étude réalisée en
Irlande) et 31 % de ces derniers consultent un vétérinaire lorsqu’ils observent un problème
comportemental (Shalvey et al, 2019). Pourtant, parmi les vétérinaires cliniciens, seuls 5 %
sont satisfaits de l’enseignement qu’ils ont reçu dans ce domaine et 45 % estiment qu’il est
inapproprié. Cinquante sept pourcent affirment qu’un des obstacles les empêchant de
répondre à la demande des propriétaires est un manque d’expertise. Cependant, 40 % d’entre
eux proposent leurs services en la matière (sous différentes formes) sans autre qualification
que leur formation initiale (Golden & Hanlon, 2018).
Ce constat est préoccupant dans la mesure où des modèles d’éducation et des visions de
la relation homme-chien prônent encore des techniques coercitives et l’utilisation de la
punition, alors que celles-ci sont remises en question depuis plusieurs années (Shavley et al.,
2019). Ces méthodes sont associées à une augmentation des comportements d’agression et
à une diminution du bien-être. Ces sujets sont encore mal maîtrisés par les vétérinaires
cliniciens, mais 93,5 % d’entre eux sont désireux de se former à cette pratique (Shavley et al.,
2019). De même en France, 93 % des vétérinaires sont interrogés par leurs clients sur des
questions de bien-être animal mais seule la moitié d’entre eux s’estime être expert en la
matière. Cela est néanmoins un sujet qui suscite leur intérêt puisque 87,7 % des vétérinaires
souhaiteraient recevoir une formation sur le bien-être animal (Gilbert et al. 2019).
L’objectif de cette thèse est ainsi de proposer les points clefs théoriques de l’éthologie
canine aux vétérinaires praticiens afin d’en améliorer leur compréhension et de leur permettre
de répondre aux demandes des propriétaires de manière argumentée en s’appuyant sur des
données scientifiques.
5
6
Première partie : Bien-être et budget-
temps du chien
1. Un point sur le bien-être animal
7
Tableau 1 : « The five welfare needs » traduit d’après Serpell et Mccune (2018)
Fraser et al (1997) mettent en avant trois approches sur lesquelles se fondent les
réflexions autour du bien-être animal. La première repose sur le respect des conditions de vie
naturelles de l’animal et l’absence de confinement ; la deuxième, l’absence d’états
émotionnels négatifs ; et la dernière, sur l’état de bonne santé de l’animal. Fraser et al (1997)
proposent donc un modèle illustrant les interactions entre l’animal et son environnement et les
stratégies d’adaptations utilisées par l’animal, présentées dans la figure 1 ci-dessous.
8
Figure 1 : Modèle de Fraser (Fraser et al, 1997)
Cercle A : Cercle B :
Adaptations Défis auxquels
dont dispose fait face
l’animal l’animal dans
sa situation
actuelle
Cercle A :
Adaptations
dont dispose Cercle B :
l’animal Challenges
auxquels
Défis fait
pour lesquels
face l’animal
l’animal ne possède
Adaptations ne pas dans sa
les adaptations
possédant pas de situation
correspondantes
fonctions dans le actuelle
Cercle A : Défis pour
milieu où est placé
Adaptations lesquels l’animal
l’animal
dont dispose possède les
l’animal adaptations
correspondantes Challenges pour
lesquels
Cerclel’animal
B: ne
Challenges
possède pas les
auxquels fait
adaptations
Cercle Challenges pour face l’animal
correspondantes
A : de Fraser et al (1997), l’environnement dans lequel on a
Dans la zone 1 du
Adaptations modèle
ne
Adaptations lesquels l’animal dans sa
placé l’animal rend les adaptations
servant plus de de celui-ci
possède caduques. Si un
les comportement précédemment
situation
dont dispose
associé à la satisfaction d’un
fonctions état
l’animal
physiologique
adaptationsdevient inutile, on
actuellepeut le voir s’exprimer sous
importantes
forme récurrente dans un contexte alors inapproprié. En d’autres termes, il existe un risque
correspondantes
d’apparition de stéréotypies. Challenges pour
lesquels l’animal ne
La zone 2 représente les défis non compensés par les adaptations possède pas
dont
les dispose l’animal. Ici,
on pourra observer des altérations biologiques qui peuvent
Challenges pour Cercle Baller
:
adaptations jusqu’à de lourdes
Adaptations ne
conséquences biologiques. lesquels l’animal Challenges
correspondantes
Enfin la zone grise représente les défispossède
servant plus de
que peut les
relever l’animal.
auxquelsCeux-ci
fait sont générés par un
fonctions adaptations face l’animal
état émotionnel que doit gérer l’animal
importantes (faim, froid…) ; si pourdans
correspondantes autant
sa
il n’est pas satisfait car le
défi devient trop important, cela impactera son état émotionnel situation son état de santé.
et/ou
actuelle pour
Challenges
lesquels l’animal ne
Challenges pour
possède pas les
Adaptations ne lesquels l’animal
B. Bien-être et comportement animal
possède les
adaptations
servant plus de correspondantes
fonctions adaptations
correspondantes
importantes décrites par le FAWC se fondent sur l’assouvissement des
Les libertés physiologiques
besoins. L’ANSES définit un besoin comme étant « une exigence organique nécessaire au
maintien de l’homéostasie, liée à la qualité de vie et aux motivations comportementales. »
Selon Friend (1989), l’expression des comportements normaux de l’espèce
(éthogramme) est un indicateur de bien-être. Le besoin comportemental est défini comme
étant « un comportement motivé par des stimuli internes, qui, s’il n’est pas exprimé, peut
amener à du mal-être. »
D’autres comportements, dits anormaux, sont quant à eux, des signes de mal-être. Ces
comportements apparaissent en général pour « combler un vide » dans le budget-temps
imposé à l’animal et révèlent des frustrations ainsi que du stress. Ces comportements sont
9
répétitifs et/ou anormaux ; les voir exprimés renseigne sur l’existence d’un problème de bien-
être qui peut être à l’origine d’atteintes des fonctions biologiques (Friend 1989).
Une stéréotypie est définie comme étant « un comportement répétitif et/ou invariant sans
fonction biologique apparente. » Elles sont un signe de mal-être (Mason et al. 2007).
Mason et al. (2007) propose trois origines possibles à ce phénomène :
1) des états internes produits par la captivité et/ou par des stimuli externes et qui
déclenchent une réponse comportementale spécifique de manière persistance ;
et/ou
2) un environnement à l’origine d’un stress chronique affectant la manière dont certaines
régions cérébrales sollicitent le comportement ;
et/ou
3) des conditions environnementales délétères lors du développement ayant affecté celui
du système nerveux central.
Dans le scénario 1), l’animal est confronté à des frustrations. La stéréotypie est un moyen
détourné pour la soulager, une tentative de remplacement d’un comportement naturel que
l’animal ne peut pas exprimer ou encore, de s’échapper de la captivité. Dans les scenarii 2) et
3), il s’agit plutôt de dysfonctionnements neurologiques.
b. Thérapies possibles
Il existe plusieurs approches visant à réduire les stéréotypies (Mason et al. 2007) :
1) En réalisant une sélection génétique sur les animaux n’exprimant pas de stéréotypies.
2) En utilisant les apprentissages pour renforcer positivement les comportements non
répétitifs, ce qui demande un certain investissement de la part de l’éducateur ; ou par
la punition, qui se révèle être peu efficace voire délétère puisqu’elle augmente le niveau
de stress.
3) En prescrivant des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine, comme la fluoxétine.
4) En enrichissant l’environnement, ce qui présente l’avantage de s’attaquer à la cause
et non au symptôme du problème et ainsi augmenter le niveau de bien-être de l’animal.
Ces thérapies ne sont pas toujours curatives, et, les plus efficaces semblent être
l’utilisation de traitements médicamenteux et l’enrichissement de l’environnement (Mason et
al. 2007).
10
c. Expression des stéréotypies chez le chien
Chez le chien, les stéréotypies peuvent se manifester par des actions locomotrices : « tourner
en rond », « chasser sa queue », « faire les cent pas » ; un toilettage excessif, jusqu’à
l’automutilation dans certains cas, en se léchant les flancs par exemple ; des signes pouvant
indiquer des hallucinations : « gober les mouches », regard fixe ; et d’autres comportements
comme le pica ou des vocalisations. Les stéréotypies les plus fréquentes sont celles impliquant
la mutilation, la locomotion anormale et l’hallucination (Overall & Dunham 2002).
Figure 2 : Fréquence des différentes catégories de troubles obsessionnels compulsifs observés par
Overall & Dunham (2002) sur 103 chiens.
Fréquence
Fréquence
Fréquence
Fréquence
Catégories de stéréotypies
Catégories de stéréotypies
Propositions de recommandations
M = auto-mutilation à (tourne
, L = locomotion l’attention
en rond…),
des H = hallucinations
vétérinaires : , P = pica,
V = vocalisations, K = lechâge, C = coprophagie, S = sucer, D= creuser, O = autre.
Le bien-être animal est l’état mental et physique positif lié à la satisfaction de ses besoins
physiologiques et comportementaux ainsi que
Catégories ses attentes (Mormede et al, 2019).
de stéréotypies
Les stéréotypies (léchage excessif, locomotion anormale, vocalisations excessives…), sont
révélatrices de frustrations quant à la satisfaction de ces besoins et reflètent un état de mal-
M = auto-mutilation , L = locomotion (tourne en rond…), H = hallucinations , P = pica,
être. Il estVessentiel d’en Ktrouver
= vocalisations, l’origine
= lechâge, : les problèmes
C = coprophagie, comportementaux
S = sucer, sont notamment
D= creuser, O = autre.
2. Besoins et budget temps
la deuxième cause d’abandon (Serpell 1996).
Figure 3 : Budget temps des chiens féraux entre 6h30 et 19h30 d’après Sreejani et al
M = auto-mutilation , L = locomotion (tourne en rond…), H = hallucinations , P = pica,
(2014)Application pour les vétérinaires :
V = vocalisations, K = lechâge, C = coprophagie, S = sucer, D= creuser, O = autre.
Les signes énoncés précédemment (léchage excessif, locomotion anormale, vocalisations
excessives…), après exclusion des causes organiques, doivent être considérées comme
des signes d’appel de mal-être. Il est essentiel d’en trouver l’origine : les problèmes
comportementaux sont la deuxième cause d’abandon (Serpell 1996). La première étape est
d’établir l’environnement dans lequel évolue l’animal et comment se déroule une journée-
type (cf paragraphe I.2).
11
Figure 3 : Budget temps des chiens féraux entre 6h30 et 19h30 d’après Sreejani et al (2014)
Figure 3 : Budget-temps des chiens féraux entre 6h30 et 19h30 d’après Sreejani et al. (2014)
Budget-temps
10,90% 0,30%
5,70%
3,30%
27%
52,70%
Maintenance : urine, défèque, mange, boit, se toilette, se gratte, renifle les ordures,
cherche de la nourriture etc
Inactif : dort, se repose, est assis.
Comportements individuels : est alerte, se déplace, surveille, inspecte, renifle un
objet.
Vocalisations : aboie, grogne.
Interactions : attaque, poursuit, mord, renifle, joue, quémande, remue la queue etc
Maintenance : urine, défèque, mange, boit, se toilette, se gratte, renifle les ordures,
cherche de la nourriture etc 12
Inactif : dort, se repose, est assis.
Comportements individuels : est alerte, se déplace, surveille, inspecte, renifle un
objet.
Les chiens occupent 52,7 % de leur journée dans des attitudes de repos, 27 % à explorer
leur environnement, 10,9 % à interagir avec des congénères ou des humains, 3,3 % à
vocaliser. 5,7 % de leur journée étant consacrés aux comportements de maintenance.
A. Repos et inactivité
En ce qui concerne le rythme de sommeil des chiens : une étude menée par Adams et
Johnson (1993), où des chiens de compagnie étaient observés la nuit durant 8h dans leur
environnement habituel, détaille quatre comportements observés lors de cette période :
- Sommeil :
- sommeil paradoxal : la tête et la nuque sont relâchées, les yeux sont fermés,
les membres peuvent bouger, le chien peut émettre des aboiements étouffés ;
- sommeil léger : la tête et la nuque sont relâchées, les yeux sont fermés,
l’animal est immobile.
- Alerte : l’animal est allongé les yeux ouverts.
- Actif : l’animal se déplace, mange, boit, urine, défèque…
- Aboiements : les chiens aboient en réponse à un stimulus (bruit extérieur, autre chien
qui aboie…).
Durant la nuit. les chiens sont endormis entre 60 et 80% du temps. Les cycles de sommeil
durent en moyenne 21 minutes avec 16 minutes de sommeil et 5 minutes d’éveil.
Westgarth et al (2015) ont étudié les facteurs associés au fait de promener quotidiennement
son chien. L’étude a été réalisée au Royaume-Uni, dans la région du Cheshire.
Les résultats concernant les habitudes de sortie de ces chiens sont présentés dans la figure
4:
Figure 4 : Fréquence de promenade des chiens d’après l’étude de Westgarth et al. (2015)
Fréquence de promenade
2,9% 2,2%
2,9%
13,3%
16,6%
32,4%
29,5%
Jamais Moins d'une fois par semaine Une fois par semaine
Plusieurs fois par semaine Une fois par jour Deux fois par jour
Trois fois par jour Autre
Dans l’étude de Westgarth et al. (2015), la majorité des sorties dure entre 16 minutes
et 1 heure (40,6 % entre 16 et 30 minutes ; 41,9 % entre 31 et 60 minutes). Lors de ces
promenades, 67,9 % des chiens sont lâchés sans laisse dans certaines zones. Elles sont
l’occasion d’interactions avec d’autres humains et congénères : 48,5 % des chiens ont dans
leur habitude d’initier une interaction affiliative lorsqu’ils rencontrent un humain, 59 % joueront
avec d’autres chiens. Près d’un quart (24,5 %) pourra aussi manifester des comportements
agressifs envers leurs congénères, ce qui est souvent considéré comme un comportement
indésirable pour les propriétaires. Cependant, dans une étude de Howse et al. (2018) se
déroulant dans un parc où les chiens sont laissés en liberté, aucun comportement d’agression
n’a été observé.
14
besoins d’explorations et d’exercice physique, de répondre aux besoins d’interactions
sociales.
Les facteurs influençant les habitudes de promenade sont liés à la relation entretenue entre le
propriétaire et son chien. Par exemple, les chiens sont moins promenés dans les foyers
familiaux où plusieurs membres s’en occupent tour à tour. Ils le sont plus lorsque certains
comportements affiliatifs sont observés : autoriser son chien à monter sur les meubles
(canapé, lit) et prendre son chien sur les genoux.
D’après Chung et al. (2015), les chiens exprimant des comportements agressifs envers
les membres de la famille sont moins promenés. Il est possible que la diminution de l’exercice
physique proposé soit la cause de ces agressions. De plus, une fréquence de sorties faible
(entre 1 et 3 heures par semaine) est associée à des aboiements excessifs.
Il existe par ailleurs une association entre exercice réduit et anxiété de séparation chez le
chien (Tiira & Lohi 2015).
Il faut sensibiliser les propriétaires au fait que leur animal a un réel besoin d’interactions et
Les chiens
qu’il tolèreféraux
mal laont principalement
solitude, afin de luiunassurer
comportement charognard
une bonne etvie.
qualité de plusLe
occasionnellement,
chien doit pouvoir
onbénéficier
observe quelques scènes
d’interactions de chasse
régulières (Bradshaw
avec 2006, Boitanni
ses congénères, & Cuccide1995).
à l’occasion promenades par
exemple. On peut également proposer à un nouveau propriétaire de chiot de se rendre à des
cours Certaines
d’éducation races,
type « telles
écoleque du le Labrador
chiot Retriever
», possibilité et lemise
souvent Flat en
Coated
avant Retriever sont
par les études
connues pour être capables d’ingérer de
sur la socialisation (Seksel 1997, Howell et al 2015) grandes quantités de nourriture très rapidement
(Kersbergen 2019). Cela pourrait être un héritage de leur filiation avec le loup (Canis lupus)
ou bien une conséquence de la domestication (Bradshaw 2006). Dans une étude de Luno et
al. (2018), des propriétaires ont rempli un questionnaire sur les habitudes alimentaires de leur
chien et ont noté
Application pourentre
les0vétérinaires
et 4 la voracité
: de leur animal. Plus de la moitié (51,8 %) des chiens
a fini le repas en moins de 5 minutes. Les chiens ayant un score de 4 étaient significativement
Il faut
plus sensibiliser
enclins à être en lessurpoids
propriétaires au fait
que ceux queun
ayant leur animal
score de 0.a un réel besoin d’interactions et
qu’il
Les tolèreont
chiens malégalement
la solitude, uneafinpréférence
de lui assurer
pourune bonne qualité
les grosses portions
de (Kersbergen
vie. Le chienetdoital. pouvoir
2019).
bénéficier
De plus, une d’interactions régulières avec
étude de Alegria-Moran et ses
al. congénères, à l’occasion
(2019) a montré que la de promenades
prise de nourriturepar
augmentait
exemple. On avec
peutla également
taille de laproposer
portion. àLes
un portions
nouveau proposées
propriétairereprésentaient 150, 200
de chiot de se rendre et
à des
cours
300 % ded’éducation type « école du
la ration habituellement donnée.
chiot On constate donc
», possibilité que mise
souvent plus laenportion
avantestparimportante,
les études
plus
sur lalaprise alimentaire
socialisation est importante
(Seksel 1997, Howell et ce,
et quelle que soit la note d’état corporel de l’animal.
al 2015)
Application pour
Propositions les vétérinaires : à l’attention des vétérinaires :
de recommandations
Les chiens ont une grande capacité d’ingestion et ont tendance à vider leur gamelle en
Il faut sensibiliser les propriétaires au fait que leur animal a un réel besoin d’interactions et
quelques minutes ; ceci est un comportement habituel et n’est pas obligatoirement un
qu’il tolère mal la solitude, afin de lui assurer une bonne qualité de vie. Le chien doit pouvoir
indicateur de non-satiété.
bénéficier d’interactions régulières avec ses congénères, à l’occasion de promenades par
Des systèmes de distribution de croquettes pour remplacer la gamelle peuvent être
exemple. On peut également proposer à un nouveau propriétaire de chiot de se rendre à des
conseillés.
cours d’éducation type « école du chiot », possibilité souvent mise en avant par les études
sur la socialisation (Seksel 1997, Howell et al 2015)
Il faut sensibiliser les propriétaires au fait que leur animal a un réel besoin d’interactions16
et
qu’il tolère mal la solitude, afin de lui assurer une bonne qualité de vie. Le chien doit pouvoir
bénéficier d’interactions régulières avec ses congénères, à l’occasion de promenades par
exemple. On peut également proposer à un nouveau propriétaire de chiot de se rendre à des
Deuxième partie : Tempérament du
chien
Dans un contexte donné, les individus appartenant à une même espèce émettent un certain
type de comportement qui diffère d’un animal à l’autre (Reale et al., 2007). Les études portant
sur le tempérament stipulent que les comportements des individus sont répétables dans le
temps et visent à comprendre comment et pourquoi il existe des différences inter-individuelles
dans leur expression (Reale et al., 2007, Beckmann & Biro 2013). Les comportements sont
donc décrits et qualifiés. Ainsi une qualité est-elle attribuée à l’individu (« amical »,
« agressif », « joueur »…) que l’on nomme « trait ». Un trait de tempérament est une
caractéristique d’un organisme partagée par certains individus de son espèce et pouvant ou
non varier entre ces individus (Reale et al., 2007). Nous allons nous intéresser à ces traits de
tempérament en précisant comment les définir et comment les évaluer.
1. Définitions
Les termes « tempérament » et « personnalité » sont largement utilisés dans les études
portant sur le comportement, mais il ne semble pas y avoir de consensus sur leur emploi.
Certains auteurs utilisent ces deux termes comme des synonymes (Reale et al., 2007). Parmi
toutes les définitions proposées dans les études sur le sujet, plusieurs points clés sont
constants : le tempérament est un ensemble de caractéristiques propres à chaque individu, et
différant selon les individus, qui régit l’expression de leur comportement tout au long de leur
vie et de façon quasi-systématique (Reale et al., 2007).
Dans une revue de Jones et Gosling (2005) relatant 51 études sur le sujet, publiées entre 1934
et 2004, les définitions suivantes sont proposées : « le tempérament regroupe les tendances
observées dès l’ontogenèse puis tout au long de la vie d’un individu, servant à la fondation de
sa personnalité » ; « la personnalité est l’ensemble des caractéristiques d’un individu décrivant
et constituant ses schémas sentimentaux, comportementaux et de réflexion. »
Quatre méthodes sont largement employées d’après Jones et Gosling (2005) lors de
l’évaluation des traits de tempérament chez le chien :
➢ Test : réactions à une série de stimuli.
➢ Grille de notation remplie par le propriétaire.
➢ Grille de notation remplie par des experts (juges de club de race, vétérinaires,
éducateurs…).
➢ Relevé d’observations réalisées dans un environnement « naturel » et non contrôlé.
17
convergence, c’est-à-dire l’existence d’une corrélation entre deux objets mesurés qui sont
théoriquement corrélés ; et la discrimination, où l’on démontre l’indépendance entre deux
objets mesurés qui sont empiriquement non associés (Jones & Gosling 2005).
Afin de déterminer quels traits ont été étudiés chez le chien, Jones et Gosling (2005) ont décrit
chaque unité comportementale étudiée puis les ont indexées individuellement sur des cartes.
Ces unités comportementales sont rédigées de manière factuelle en limitant l’utilisation de
termes pouvant référer à un état interne, une émotion et un trait. Par exemple : « tendance
d’un chiot à s’approcher d’un humain alors que celui-ci est placé dans le coin opposé de la
pièce ». Les cartes correspondantes ont ensuite été triées en catégories par deux juges : un
des auteurs de l’étude et un assistant de recherche, tous deux ayant au moins 5 ans
d’expérience professionnelle avec les chiens. Sept catégories ont ainsi été dégagées de ce tri
et représentent des tendances (réactivité-stabilité par exemple).
Un deuxième tri a ensuite été effectué par un jury composé d’un vétérinaire, d’un testeur
travaillant en refuge, de trois éducateurs canins et d’un professeur travaillant sur le
comportement social des animaux. Chacun de ces juges avait entre 7 et 20 ans d’expérience
professionnelle avec les chiens et avaient suivi au moins 3 ans d’éducation formelle en
éducation canine ou en éthologie. Ces juges avaient pour instruction de trier les cartes dans
les différentes catégories proposées. Ils pouvaient également choisir de les mettre dans deux
autres catégories supplémentaires, à savoir « Autre » et « Ne dépend pas du tempérament »,
chaque carte pouvant être classé dans plusieurs catégories.
En moyenne, les juges étaient en accord à 89 % (au minimum à 80 et au maximum à 95 %).
Plus la description donnée était précise, plus les juges étaient en accord sur le tri réalisé.
Huit catégories de tempéraments ont ainsi été identifiées : « réactivité », « prédisposition à
être craintif », « activité », sociabilité », « obéissance », « soumission », « agression » et une
catégorie « autre ».
Ley et al. (2008 et 2009) ont également proposé une classification des traits de
tempéraments chez le chien en utilisant une méthode de tri fondée sur des adjectifs. Cinq
dimensions ont ainsi été dégagées : « extraversion », « neuroticisme », « motivation »,
« concentration » (lors d’un entraînement, lorsqu’un ordre est émis) et « caractère amical ».
Certaines de ces dimensions se recoupent avec celles de Jones et Gosling (2005) :
« extraversion » avec « activité » et « concentration » avec « obéissance ». Les dimensions
« extraversion » et « neuroticisme » sont similaires à celles utilisées chez l’homme.
18
C. Tests et questionnaires couramment utilisés chez le chien
a. Le C-BARQ
Figure 38 : Traduction du questionnaire C-BARQ proposé par Hsu & Serpell (2003)
Figure 5 : Traduction du questionnaire C-BARQ proposé par Hsu & Serpell (2003)
19
Figure 39 : Traduction du questionnaire C-BARQ proposé par Hsu & Serpell (2003)
Item 3 : Peur provoquée par un étranger
Le chien est anxieux ou peureux :
➢ Lorsqu’il est directement approché par un homme adulte non familier loin de la maison.
➢ Lorsqu’il est directement approché par une femme adulte non familière loin de la maison.
➢ Lorsqu’il est directement approché par un enfant non familier loin de la maison.
➢ Lorsqu’une personne non familière visite la maison.
20
Item 8 : Education
Le chien :
➢ Revient immédiatement lorsqu’on l’appelle et qu’il est lâché.
➢ Obéit immédiatement lorsqu’on lui demande de s’asseoir.
➢ Obéit immédiatement lorsqu’on lui demande de ne pas bouger.
➢ Rapporte ou tente de rapporter des bâtons, des balles ou d’autres objets.
➢ Semble être attentif à tout ce que le propriétaire dit ou fait.
➢ Est lent quand il s’agit de répondre à une correction ou une punition.
➢ Est lent quand il s’agit d’apprendre de nouveaux tours ou de nouvelles tâches.
➢ Est facilement distrait par des choses, des sons ou des odeurs intéressants.
Item 9 : Prédation
Le chien :
➢ Est agressif envers les chats, les écureuils et les autres animaux pénétrant dans son jardin.
➢ Poursuit les chats s’il en a la possibilité.
➢ Poursuit les oiseaux s’il en a la possibilité.
➢ Poursuit les écureuils et autres animaux s’il en a la possibilité.
Item 10 : Excitabilité
Le chien surréagit ou est excité :
➢ Quand un membre du foyer revient à la maison après une brève absence.
➢ Lorsqu’il joue avec un membre du foyer.
➢ Lorsque la sonnette retentit.
➢ Juste avant d’être sorti.
➢ Juste avant un trajet en voiture.
➢ Lorsque des visiteurs arrivent à la maison.
Item 8 : Education
Le chien :
➢ Revient
Parmi immédiatement
les onze items, septlorsqu’on
montrentl’appelle et qu’il estentre
une association lâché.un score élevé obtenu pour
l’item et➢le Obéit immédiatement
diagnostic du problème lorsqu’on lui demande decorrespondant.
comportemental s’asseoir. Par exemple, un score
➢ Obéit immédiatement lorsqu’on lui
élevé pour l’item « phobie non sociale » est associé au demande de ne pas bouger. d’une phobie des sons
diagnostic
bruyants➢et Rapporte ou tente de rapporter des bâtons, des balles ou d’autres objets.
du tonnerre.
➢ Semble être
Ces associations indiquent attentif àune
tout validité
ce que le par
propriétaire dit ou fait.
convergence sur les sept items suivants :
➢ Est lent quand il s’agit de répondre à une
l’agression dirigée contre une personne étrangère, l’agression correction ou une punition.
dirigée contre le propriétaire, la
➢ Est lent quand il s’agit d’apprendre de nouveaux tours
peur provoquée par un étranger, la phobie non sociale, la peur ou l’agression ou de nouvelles tâches.
dirigée contre
➢ Est facilement distrait par des choses, des sons ou des odeurs
les chiens, le comportement déployé en situation de séparation et l’attachement et la intéressants.
recherche d’attention (Hsu et Serpell, 2003).
Item 9 : Prédation
Le chien :
➢ Est agressif envers les chats, les écureuils et les autres animaux pénétrant dans son jardin.
➢ Poursuit les chats s’il en a la possibilité.
➢ Poursuit les oiseaux s’il en a la possibilité.
➢ Poursuit les chats s’il en a la possibilité. 21
➢ Poursuit les oiseaux s’il en a la possibilité.
➢ Poursuit les écureuils et autres animaux s’il en a la possibilité.
b. Le DMA
L’échelle de notation détermine alors la prédisposition des chiens à exprimer certains traits
qui sont : la prédisposition au jeu, la curiosité/absence de peur, la prédisposition à la prédation,
la sociabilité et l’agressivité. Pour six groupes de race (Bergers, Pinschers, Terriers, Chiens
courants, Retrievers et Chiens d’agrément) un sixième trait se dégage : la prédisposition au
jeu à distance.
La validité du test a par la suite été confirmée par Svatberg (2005) en soumettant les chiens
de l’étude Svatberg et Forkman (2002) à une version étoffée du C-BARQ. Pour quatre des six
traits de tempéraments, il existe une convergence et/ou une discrimination avec certains traits
proposés par le C-BARQ. En effet, la prédisposition au jeu est positivement associée à l’item
« jeu avec l’humain », la curiosité/absence de peur est négativement associée à l’item
« phobie non sociale », la sociabilité est négativement associée à l’item « peur provoquée par
un étranger » et enfin, la prédisposition au jeu à distance est positivement associée à l’item
« jeu avec l’humain ».
22
Comportement en consultation :
- Le chien montre des signes de stress lorsqu’il est posé sur la table d’examen
- Le chien montre des signes de stress lorsqu’il est manipulé
- Le chien refuse de manger lorsqu’on lui propose une friandise
23
Figure 50 : Frise chronologique des étapes du développement de la naissance à un an d’âge.
2. Impact du développement sur le comportement et le
tempérament
Il est aujourd’hui admis que l’environnement a un impact sur les capacités futures de l’individu
lors de son développement.
Figure 6 : Frise chronologique des étapes du développement du chien de la naissance à un l’âge d’un an d’après
Battaglia (2009).
Lors de la période néonatale, les chiots ont une perception de leur environnement qui
se réduit aux stimuli tactiles et olfactifs. Celle-ci se développe lors de la période de transition
avec l’ouverture des yeux et des canaux auditifs. Les chiots commencent alors à se déplacer
(Miklosi 2014).
Manipuler des chiots quotidiennement lors de leurs trois premières semaines de vie aurait
plusieurs bénéfices : à deux mois, ces chiots auraient un comportement plus calme. De plus,
la manipulation dans les dix premiers jours de vie produit un stress modéré, ce qui rendrait les
chiots plus résilients dans leur vie adulte (Howell et al. 2015).
La période de socialisation est une période considérée comme critique où les chiots
développent leur compétence sociale, notamment par le jeu avec les membres de leur fratrie
(Miklosi 2014). En effet, les soins maternels diminuent drastiquement à cette période : de 25
minutes par heure en moyenne à huit semaines d’âge, à environ 5 minutes par heure à dix
semaines ; les chiots découvrent alors leur environnement et développent ainsi leur vie sociale
(Pal 2003a). Les comportements de jeu émergent à l’âge de 3 semaines et sont de plus en
plus fréquents jusqu’à l’âge de 8 semaines (Pal 2008).
Un manque de socialisation à cette période est associé à l’expression d’un caractère craintif
et anxieux (Tiira & Lohi 2015). De telles situations sont retrouvées chez les chiens issus
d’élevages commerciaux et d’animaleries, où les chiots bénéficient de peu de stimuli et d’une
vie sociale réduite. En comparant les scores du C-BARQ de chiens provenant de tels
environnements avec ceux des chiens issus d’élevages traditionnels, on note que les premiers
sont significativement plus excités, plus énergiques, plus demandeurs et moins
obéissants que les derniers. Ces chiens sont également plus sujets à développer des
problèmes d’anxiété et d’agression (McMillan 2017).
24
La période juvénile est l’occasion pour l’animal d’enrichir son environnement en faisant
l’expérience de nouveaux stimuli (Miklosi 2014). L’étude d’Appleby et al. (2002) suggère que
les chiens n’ayant pas profité d’un environnement domestique et/ou urbain entre 3 et 6 mois
d’âge ont significativement plus de risque de développer des comportements d’évitements et
d’agressions envers des personnes inconnues.
Séparer les jeunes de leurs mères précocement (c’est-à-dire avant 8 semaines d’âge)
est une source de stress et induit chez les jeunes une diminution des capacités
d’apprentissage et des comportements agressifs (Newberry et al. 2008). De plus, des soins
maternels réduits favorisent l’expression d’un caractère craintif et anxieux (Tiira & Lohi 2015).
L’âge d’adoption idéal d’un chiot est de 8 semaines. En effet, l’animal est sevré : il a une
alimentation solide et ne reçoit plus de soins maternels ; il est dans sa période de
socialisation, ce que le rend très sensible à son environnement. Il est donc très bénéfique
de le confronter à de nombreuses situations et le présenter à de nombreux individus
différents (tranche d’âge, sexe, espèce…). C’est un point sur lequel il faut insister auprès
des propriétaires qui viennent d’adopter un chiot pour prévenir l’apparition de potentiels
problèmes d’anxiété, de phobie et d’agression. Dans cette optique, il peut être
intéressant de s’enquérir de la provenance du chiot afin de discuter avec les propriétaires
de l’impact que celui-ci peut avoir sur le tempérament de leur chien et de leur suggérer
des solutions (école du chiot, habituation, renforcement positif…) le cas échéant.
L’âge d’adoption idéal d’un chiot est de 8 semaines. En effet, l’animal est sevré : il a une
alimentation solide et ne reçoit plus de soins maternels ; il est dans sa période de
socialisation, ce que le rend très sensible à son environnement. Il est donc très bénéfique
26
Troisième partie : Communication et
relations
Toute interaction entre deux individus implique un échange d’informations menant à
l’expression de comportements qui peuvent induire un rapprochement ou un éloignement des
partenaires. La somme de ces interactions définira alors la nature de la relation entretenue par
ces individus (Deputte 2010).
1. Communication
A. Définition et concept
La communication peut être définie comme étant « la volonté d’un émetteur de changer le
comportement du récepteur à l’aide d’un signal qui a subi une sélection afin de remplir cette
fonction » (Miklosi 2014). Cette signalétique fonctionne en relation avec un contexte. Elle peut
se manifester par émergence à la suite d’un phénomène de sélection qu’on appelle la
« ritualisation » (Miklosi 2014, Deputte 2010).
Plus classiquement, on définit la communication comme : « le processus par lequel un
individu, l’émetteur, transmet un signal à un récepteur, par l’intermédiaire d’un canal »
(Deputte 2010). Elle repose donc sur l’expression, la perception et la cognition d’un signal.
Les humains et les chiens ne sont pas dotés des mêmes sensibilités et ne perçoivent pas le
monde qui les entoure de la même manière.
Les canidés utilisent l’ensemble de leur corps afin de transmettre des signaux : inclinaison de
la ligne de dos, de la tête, mouvements de la queue… (Harrington & Asa 2003) mais également
des mimiques faciales via l’orientation des oreilles, la contraction ou le relâchement de la
commissure des lèvres, le creusement des rides nasales etc. Les canidés utilisent de
nombreux signaux visuels qui leurs sont communs et certains peuvent s’appliquer chez le
chien dans la limite des modifications comportementales et morphologiques générées par la
sélection artificielle et la constitution de races (Deputte 2010). Les chiens, ayant conservé une
morphologie similaire à celle du loup, partagent de nombreux signaux visuels avec celui-ci
(Serpell 1995).
Afin d’illustrer la diversité des signaux visuels faciaux, est présentée ci-dessous une
série de photographies compilant les mimiques faciales d’un chien Malinois dans des
contextes provoquant diverses émotions (figure 7).
27
Figure 7 : Photographies issues de Bloom et al. (2013) :
Celles-ci représentent un chien Malinois soumis à divers stimuli visant à provoquer une émotion
spécifique : la joie (à gauche, première ligne), la surprise (au centre, première ligne), la neutralité (à droite,
première ligne), le dégoût (à gauche, deuxième ligne), la peur (au centre, deuxième ligne), la tristesse (à
droite, deuxième ligne) et la colère (troisième ligne)
Le tableau ci-dessous (tableau 2), est issu d’une étude de Fatjo et al (2007) et propose
l’interprétation de quelques signaux visuels de l’ensemble du corps utilisés par les loups. Ici, il
s’agit d’une meute de loups vivant en captivité.
Tableau 2 : Signaux visuels employés dans un cadre de dominance/subordination chez le loup ; traduit de
Fatjo et al. (2007)
28
Cependant, la domestication et la sélection des races a entravé l’expression de
certains de ces signaux visuels. Par exemple, les races brachycéphales ont une amplitude de
mouvement limitée au niveau de la face (notamment, le retroussement des babines est peu
visible). Le mouvement de la queue est rendu caduque chez les individus anoures, ou encore
la rotation des oreilles rendue impossible lorsqu’elles sont tombantes (Simpson 1997).
Il est admis que les canidés utilisent des signaux acoustiques similaires que l’on décrit en
fonction de leur fréquence et de leur harmonique (Tembrock 1976). On distingue deux
catégories :
- les signaux harmoniques (gémissements et jappements) : ceux-ci sont associés à des
comportements amicaux et/ou de soumission ;
- les signaux dits bruyants (aboiements et grognements) qui sont associés à des
comportements d’agression (Feddersen-Petersen 2000, Harrington & Asa 2003).
Figure 8 : Représentation graphiques des différents types de signaux acoustiques et leur contexte
d’après Miklosi (2014)
29
Dans certains cas, cette distinction n’est pas si tranchée et ces signaux acoustiques
peuvent se manifester sur un large spectre de fréquences avec des aboiements qui tendraient
vers les aigus et des gémissements qui au contraire tendraient vers les graves. Ces signaux
mixtes seraient plus spécifiques des chiens que des loups et pourraient être une conséquence
de la domestication (Feddersen-Petersen 2000).
De plus, le chien utilise les aboiements dans des contextes très larges : appel au jeu, demande
d’attention, menace, défense, détresse. Cette « hypertrophie » des aboiements comparée aux
autres canidés pourrait aussi être une conséquence de la domestication, ou même le résultat
d’une sélection (Cohen et Fox 1976).
Une autre approche est de considérer que « l’hypertrophie » des aboiements prend place lors
du développement, qui se déroule en captivité et non pas dans l’environnement naturel ;
d’autant que les chiens féraux aboient peu (Yin 2002).
Les aboiements indiquent également au récepteur -qu’il soit un chien (Farago et al.
2010) ou un humain (Taylor et al. 2008) - le gabarit du chien émetteur. De plus, l’étude de
Pongracz et al. (2005) a montré que les humains ont la capacité de discriminer des aboiements
émis dans différents contextes (jeu, promenade, chien laissé seul…) par leur seule ouïe et ce,
quelle que soit leur expérience préalable avec les chiens (propriétaire ou non d’un chien,
propriétaire d’un chien d’une race différente que celle du chien utilisé dans l’étude). Cette
compétence se développe chez les humains dès l’âge de 6 ans, où, d’après l’étude de
Pongracz et al. (2011) des enfants de cet âge peuvent correctement distinguer des aboiements
d’agression d’aboiements craintifs.
Les signaux chimiques sont prépondérants dans la communication intraspécifique chez les
canidés. Ces signaux sont généralement désignés sous l’appellation « phéromones », c’est-
à-dire une substance excrétée par des glandes exocrines (apocrines, sébacées, préputiales,
anales etc) dans l’environnement (Miklosi 2014).
Ce terme est cependant largement employé sans pour autant que la substance chimique
d’intérêt n’ait été identifiée comme telle. En effet, ce terme a tout d’abord été défini par Karlson
et Lüscher en 1959 pour désigner des signaux chimiques émis par les insectes.
Beauchamp et al. (1976) ont proposé une liste de critères afin de qualifier une molécule
comme étant une phéromone chez les mammifères ; à savoir, une substance unique (ou un
ensemble de molécules simples) excrétée dans le milieu extérieur ayant pour fonction de
déclencher une réponse comportementale ou hormonale chez un individu de la même espèce.
Cette réponse n’est déclenchée que par cette substance et celle-ci tient de la génétique de
l’individu et non d’un apprentissage. Plusieurs substances ont ainsi été identifiées comme
telles chez les mammifères comme le cerf (Odocoileus hemonius columbians), la gerbille
(Meriones unguiculatus), et le hamster (Mesocricetus auratus) (Beauchamp et al 1976).
Actuellement chez le chien, une phéromone sexuelle ainsi qu’une phéromone sécrétée par
une glande sébacée ont été identifiées (Miklosi 2014).
Les fonctions émonctoires ont aussi un rôle de communication. En ce qui concerne les
urines, leur fréquence d’émission et la posture d’élimination utilisée varient selon l’âge et le
sexe. En effet, 97,5 % des mâles se positionnent avec une patte arrière levée au-dessus de
l’horizontale (« raised-leg urination » soit « miction patte levée » en français) alors que 67,6 %
des femelles s’accroupissent pour uriner (Bekoff 1979). Les mâles visent davantage un point
avec leur jet et urinent plus souvent que les femelles.
30
Les chiens montrent également une préférence pour les urines provenant d’un individu ayant
reçu un traitement à l’œstradiol et sont au contraire moins stimulés par les urines d’un individu
traité à la testostérone (Dunbar et al. 1980). L’étude réalisée par Dunbar (1977) montre que
les femelles en chaleur urinent plus souvent et que les mâles passent significativement plus
de temps à renifler leurs urines que celles de chiennes en anoestrus. L’inspection olfactive
d’un individu du sexe opposé et de ces urines semble stimuler la miction (Dunbar 1977).
Ces comportements traduisent la réceptivité sexuelle d’un individu et permettent ainsi la
recherche d’un partenaire adéquat (Deputte 2010).
Enfin, les chiens âgés auront une tendance accrue à orienter leur jet d’urine et urinent plus
fréquemment que les adultes et les jeunes (McGuire 2016).
Quant aux fèces, elles onstituent des signaux à la fois visuels et chimiques. Il existe
peu d’études quant à leur éventuelle fonction signalétique chez le chien (Serpell 1995) mais
chez le loup, il existe des différences dans la répartition de celles-ci sur le territoire. Les fèces
émises en périphérie de la tanière et aux limites du territoire sont déposées sur des substrats
visibles et en hauteur alors qu’elles sont déposées aléatoirement autour de la tanière, ce qui
suggère que les fèces jouent un rôle important dans le marquage territorial (Barja et al. 2005).
Il existe peu d’études sur les signaux tactiles chez les canidés mais on observe des
interactions mettant en jeu le museau et la langue, notamment par le léchage des babines
d’un autre individu, de la même manière qu’une mère lèche sa progéniture (Harrington & Asa
2003) ; ou des comportements agonistiques, comme le fait de poser ses pattes sur le dos d’un
partenaire (Siniscalchi et al. 2018).
Les principaux signes de stress exprimés par les chiens sont présentés sur la figure 9
page suivante.
31
Figure 9 : Signes de stress chez le chien d’après : http :[Link] « Body Language of Fear
in Dogs » (soit « Le langage corporel de la peur chez le chien » en français)
Se recroqueville
Se recroqueville
Se recroqueville
Le regard et l’orientation de la tête sont des signaux qui vont attirer l’attention du chien envers
leur maître mais également renforcer leur performance face à un problème (Viryani et al.2004,
Kaminski et al. 2012). Dans l’étude de Viryani et al (2004), un instructeur donne un ordre à un
chien dans quatre situations différentes décrites dans les schémas ci-dessous (figure 10). Les
résultats sont présentés dans la figure 11.
Face à face
PARTENAIRE INSTRUCTEUR
SéparationECRAN
visuelle
Face àINSTRUCTEUR
PARTENAIRE face ECRAN
CHIEN Séparation
PARTENAIRE INSTRUCTEUR
visuelle ECRAN
Face à face
CHIEN
SéparationECRAN
visuelle
CHIEN
Face à un Score de
humain réponse des
Face à face Face àlors
chiens facedes
différences
Face à un mises en
humain situation. Les
lettres A, B et C 33
indiquent qu’il
existe des
différences
Figure 11 : Résultats de l’étude de Viryani et al. (2004)
Score de réponse des chiens lors des différences mises en situation. Les lettres A, B
et C indiquent qu’il existe des différences significatives entre les situations.
Score 1 = réagit directement dès le premier ordre
Score 2 = obéit après le deuxième ordre
Score 3 = obéit après le troisième ordre
Score 4 = ordre ignoré
Score de réponse
Score de réponse
Score de réponse
Score de réponse
Face
Les résultats présentés à montrent
Regard
ci-dessus que lesFace
Séparation chiens
à
répondent à l’ordre donné
face détourné visuelle
efficacement lorsque l’instructeur porte son regard vers [Link] seront plus hésitants lorsque
l’instructeur a le regard détourné et répondront mal voire pas du tout si l’instructeur se trouve
humain
derrière un écran ou a son attention dirigée vers quelqu’un d’autre. Ces résultats suggèrent
Face à Regard Séparation
que les chiens sont capables de face reconnaître
détourné si un humain leur porte de l’attention ou non et
visuelle
soulignent l’importance du contact visuel dans leur compréhension
Face à d’une situation.
un
humain
Un autre type de signalFace
visuel
à a été étudiéSéparation
Regard par Miklosi et al. (2000). Un chien est soumis
à un problème d’accès à de la nourriture : celui-ci se retrouve seul avec l’expérimentateur qui
face détourné visuelle
cache de la nourriture dans un bol, puis le propriétaire les rejoint.
Face à Dans cette situation, les
chiens regardent succesivement leur propriétaire et la localisation
un de la nourriture cachée. Ce
humain
comportement est émis plus fréquemment que dans les autres situations auxquelles ils sont
soumis lors de l’étude (« situation chien caressé» : le chien se fait caresser par
l’expérimentateur en présence du propriétaire et « situation chien laissé seul » :
l’expérimentateur cache la nourriture et laisse le chien seul). Les chiens accordent peu
d’importance à la nourriture cachée en dehors de la présence de leur propriétaire. On peut en
déduire que les chiens sont capables de communiquer par le biais de leur regard.
34
• Le pointage
Des études montrent que les chiens ont développé la capacité à suivre une direction indiquée
par pointage. Tout d’abord, l’étude de Kirchhofer et al. (2012) ont comparé la compétence des
chiens versus des chimpanzés (Pan troglodytes) à apporter un objet pointé du doigt en
échange de nourriture. Deux objets similaires ont été proposés et placés à équidistance de
l’animal. L’expérimentateur a pointé l’un des objets et proposé une récompense. Les résultats
sont présentés dans la figure 12.
Nombre moyen d’essais qu’il a fallu à chaque espèce pour ramener le bon objet. Les astérisques indiquent
que les résultats sont significativement différents du hasard. Il y a 32 chiens pour 20 chimpanzés.
Chimpanzés Chiens
La capacité des chiens à identifier le pointage serait une adaptation à leur vie commune
avec les humains (Kirchhofer et al., 2012).
Figure 12 : Chiens
Résultats de
l’expérience
Lakatos et al. (2012) ont cherché
menée par
à rendre plus complexe le choix du chien en
proposant quatre objets (des pots dont
Kirchhoff et alun dissimulait de la nourriture) répartis comme le
Chiens
montre la figure 13. (2012)
Figure 215 :
Résultats de
l’expérience
menée par
Kirchhoff et al
(2012)
Nombre moyen 35
d’essais qu’il a
fallu à chaque
espèce pour
ramener le bon
Les résultats ci-dessous (figure 14) indiquent que les chiens sont en capacité de choisir
la bonne direction mais sont mis en difficulté quand il s’agit de choisir entre deux pots placés
dans la même direction. Les chiens se contentent de suivre la direction qui leur est indiquée.
Le pointage fonctionne également si d’autres parties des membres sont utilisées (coude,
jambe…).
Moyenne de réalisation du
Moyenne de réalisation du
Moyenne de réalisation du
bon choix
bon choix
bon choix
bon choix
Des signaux acoustiques non verbaux, comme les sifflements, sont également utilisés
par les humains pour transmettre un ordre à leur chien. L’étude de McConnell et Bailey (1985)
portant sur des chiens de travail Border Collie met en évidence des corrélations entre deux
36
types de sifflements pour deux types d’ordres. Les sifflements répétés, discontinus et aigus
sont associés à des actions stimulatrices (« Va chercher ») alors que les sifflements, longs,
monocordes et graves sont associés à des actions inhibitrices (« Stop »). Les auteurs font
l’hypothèse qu’il existe une relation fonctionnelle entre la structure acoustique d’un signal et la
réponse qu’elle déclenche ; d’autant que l’on retrouve cette association empiriquement chez
d’autres mammifères comme le cheval (Equus caballus) et le chat (Felis silvestris catus).
- Utiliser une voix aiguë pour attirer son attention et le féliciter, une voix grave pour
lui signaler d’arrêter une action
- Le regarder lorsqu’on lui donne une consigne
- Pointer dans la direction dans laquelle on souhaite qu’il se rende (rappel, « va
chercher »).
-
Application poursignaux
c. Les les vétérinaires
tactiles :
Conseiller aux propriétaires d’utiliser le registre de signaux présentés ci-pour communiquer
efficacement
Les avec leur
humains utilisent chien et se
les caresses faire
pour comprendre,
exprimer c’est-à et
leur affection les: caresses sont en général
dire
associées à du renforcement positif chez le chien. Cependant, certains chiens sont plus ou
moins- tolérants
Utiliseraux
unecaresses
voix aigüeet pour
n’apprécient pasattention
attirer son forcément d’être
et le touchés,
féliciter, en particulier
une voix grave pour sur
certaineslui
zones
signaler
commed’arrêter une action
les pattes ou le sommet du crâne. Il est cependant difficile de faire
- Le regarder
une généralisation surlorsqu’on lui donne
la manière la plusunsécurisante
ordre de caresser un chien étant donné le
- Pointer
caractère propre àdans
l’individu
la direction
(état dedans
santé,laquelle on souhaite
socialisation, contextequ’il
de se
l’interaction,
rende (rappel,
race etc)
« vade
ces tolérances (Siniscachi
chercher ») 2018).
-
d. La discrimination des émotions humaines par les chiens
Figure 285 : Sociogramme au sein d’un groupe de chiens de race St-Bernard d’après Ferry-Wilczek
(2012)Application
Les pour les
chiens sont sensibles auxvétérinaires
expressions:faciales des humains. En effet, le travail de Doll
(2009) montre que les chiens sont plus réactifs à certaines expressions plutôt qu’à un visage
Conseiller aux propriétaires d’utiliser le registre de signaux présentés ci-pour communiquer
neutre. Les chiens ont été exposés de manière alternative à une expression faciale statique
efficacement avec leur chien et se faire comprendre, c’est-à dire :
(« peur », « dégoût », « colère » et « joie »), un panneau occultant puis un visage neutre.
Chaque épisode durait 5 secondes. La réactivité des chiens est présentée dans la figure 15.
- Utiliser une voix aigüe pour attirer son attention et le féliciter, une voix grave pour
lui signaler d’arrêter une action
- Le regarder lorsqu’on lui donne un ordre
- Pointer dans la direction dans laquelle on souhaite qu’il se rende (rappel, « va
chercher »)
-
- Utiliser une voix aigüe pour attirer son attention et le féliciter, une voix grave pour
lui signaler d’arrêter une action 37
- Le regarder lorsqu’on lui donne un ordre
- Pointer dans la direction dans laquelle on souhaite qu’il se rende (rappel, « va
chercher »)
-
Figure 15 : Réactivité des chiens à chacune des expressions faciales humaines présentées d’après Doll
(2009)
Pour certaines expressions, les chiens expriment des réactions spécifiques de manière
significative. Lorsqu’on leur présente l’expression « colère », ils vont exprimer un
comportement d’évitement comme détourner la tête et abaisser les oreilles. De même
lorsqu’on leur présente l’expression « peur », ceux-ci vont exprimer un comportement
d’approche, notamment par le regard. Les autres expressions, « dégoût » et « joie », ne
suscitent pas de réactions spécifiques.
La thèse soutenue par Doll (2009) n’utilisait que le canal visuel et des expressions
statiques mais une autre étude (Albuquerque et al., 2016), montre des visages de chiens et
d’humains émettant différentes expressions (« joueur/content » versus
« agressif/mécontent ») à des chiens en y associant un son (aboiement, voix humaine...).
Les conclusions de cette étude sont que les chiens sont plus réceptifs à une combinaison
son/image cohérente (un aboiement avec une image de chien agressif par exemple) et qu’ils
sont donc capables d’intégrer des signaux visuel et acoustique pour obtenir des informations
quant à l’état émotionnel d’un individu, et de catégoriser ces émotions en au moins deux
catégories : positif vs négatif.
Les chiens adaptent leur comportement aux émotions exprimées par les humains.
L’étude de Horowitz (2009) s’est penchée sur la question de la culpabilité chez le chien. De
nombreux propriétaires rapportent que leur chien « sait quand il a fait une bêtise » parce qu’ils
baissent la queue, vocalisent et se mettent sur le dos lorsqu’ils rentrent chez eux. Dans cette
étude, les propriétaires ont ordonné à leur chien de s’asseoir, de ne pas bouger et de ne pas
manger une friandise proposée. Les propriétaires quittaient ensuite la pièce pendant 20
secondes. L’expérimentateur leur indiquait ensuite de manière aléatoire si leur chien avait
mangé ou non la friandise. Les instructions étaient que les propriétaires devaient accueillir leur
chien s’il n’avait pas mangé la friandise et au contraire, de les gronder. Les résultats de l’étude
sont présentés sur la figure 16.
38
Figure 16 : Résultats de l’étude de Horowitz (2009)
comportements « coupables »
comportements « coupables »
comportements « coupables »
comportements « coupables »
Nombre moyen de
Nombre moyen de
Nombre moyen de
Nombre moyen de
gronder accueillir manger ne pas
manger
Expliquer
2. au que le fameux « air coupable » n’est qu’une simple réaction à leur
propriétaire intraspécifiques
Relations
expression de mécontentement et qu’il est donc inutile de le gronder s’il a fait une bêtise en
leur absence.
Une relation se définit comme étant la somme des interactions entre deux individus et dépend
des comportements émis par les individus ; cela peut se traduire par une mise à distance entre
Application
les pour les Ces
deux partenaires. vétérinaires :
comportements sont en général cohérents, assurent une certaine
stabilité et participent à la formation de groupes sociaux (Deputte 2010).
Expliquer au propriétaire que le fameux « air coupable » n’est qu’une simple réaction à leur
expression de mécontentement et qu’il est donc inutile de le gronder s’il a fait une bêtise en
A. Degrés de socialité ; structure et organisation d’un groupe chez une
leur absence.
espèce sociale
Application pour les vétérinaires :
Les groupes constitués d’individus appartenant aux espèces dites sociales sont cohérents,
Expliquer au propriétaire que le fameux « air coupable » n’est qu’une simple réaction à leur
permanents
expression deet mécontentement
organisés : les relations sont
et qu’il est stables,
donc inutileles
demembres
le grondery s’il
sonta discriminés et les
fait une bêtise en
activités synchronisées.
leur absence. Ces groupes sont décrits par leur structure, c’est-à-dire leur
démographie et la répartition spatiale entre les individus, et leur organisation, c’est-à-dire
l’ensemble des relations dyadiques entre les individus composant le groupe (Deputte, 2010).
Application pour les vétérinaires :
Expliquer au propriétaire que le fameux « air coupable » n’est qu’une simple réaction à leur39
expression de mécontentement et qu’il est donc inutile de le gronder s’il a fait une bêtise en
leur absence.
Les groupes de chiens féraux sont généralement composés d’un ou plusieurs couples
- pas forcément monogames - et leur cohorte. On compte en moyenne 2 à 6 individus. La
composition du groupe est stable et les variations notées sont provoquées par des facteurs
externes liés à l’intervention humaine (Boitani et Ciucci, 1995).
Les loups fonctionnent comme une unité sociale fonctionnelle avec une organisation
précise. Chez les chiens féraux, celle-ci n’est pas aussi clairement établie et on retrouve peu
de comportements de coopération, notamment dans les contextes de prédation ou de soins
maternels. En effet, les chiens féraux ont peu recours à la prédation et lorsque c’est le cas,
elle cible des petites proies telles que les rongeurs, chassées par un seul individu. Les scènes
de chasse en groupe sont rares et infructueuses, car incoordonnées en plus d’être perturbées
par des individus aboyant constamment. De même, il n’y a pas de soins communs apportés
aux chiots. Seule la mère dispense les soins maternels et les chiots sont laissés seuls lorsque
celle-ci se déplace (Boitani et Ciucci, 1995).
Même s’il existe des similitudes entre les groupes sociaux des chiens et des loups, notamment
dans leur manière d’exprimer des comportements agonistiques, leur fonctionnement diffère
grandement. Le manque de coopération au sein des groupes de chiens féraux limite leur
efficacité en termes de survie (Boitani et Ciucci, 1995).
On distingue trois types de comportements au sein d’un groupe social : le leadership et les
comportements agonistiques et affiliatifs.
Les comportements agonistiques sont liés à des conflits relatifs à l’accès aux
ressources (nourriture, lieux de couchage, partenaire sexuel…) et à des comportements
agressifs. Ils sont par ailleurs rarement émis en dehors d’un contexte compétitif. Ils se
caractérisent par des grognements, un retroussement des babines, une posture menaçante
et peuvent provoquer chez le récepteur des comportements de soumission comme le
détournement du regard, la fuite ou le fait de se rouler sur le dos (Cafazzo et al. 2010). La
somme de ces comportements forme une relation de dominance/subordination au sein d’une
dyade. L’individu vainqueur se caractérise en général par des atouts physiques plus
développés (taille, poids, force) et une personnalité plus affirmée (« têtu », « revendicateur »,
« confiant »…) (Bernstein 1981).
Les relations de subordination se caractérisent par des comportements « complémentaires »,
asymétriques (menace versus fuite) et prédictibles (Deputte 2010).
Les comportements agonistiques participent ainsi à la mise en place d’une hiérarchie au sein
du groupe. La hiérarchie est donc issue des relations dyadiques, c’est pourquoi les
comportements de dominance et de subordination sont à mettre en perspective par rapport à
ces relations et non pas par rapport aux individus en tant que tels. Un individu n’est pas
dominant en soit, mais par rapport à un autre individu (Bernstein 1981).
40
Les comportements affiliatifs sont des interactions « positives » entre les individus
comme le léchage, le jeu, les contacts corporels. Ils participent à la cohésion du groupe ; les
dyades partageant une relation affiliative seront également plus promptes à partager
pacifiquement les ressources comme la nourriture (Dale et al. 2017) et ce d’autant plus que la
relation est de qualité.
C. Hiérarchie
Une fois que ces relations sont instaurées, une hiérarchie peut alors s’installer durablement
au sein du groupe. La mise en place d’une hiérarchie stabilise un groupe et neutralise les
conflits à moindre coût en limitant les confrontations (Bernstein 1981) : l’individu subordonné
évite l’individu dominant et l’accès aux ressources telles que la nourriture sera dicté par la
position hiérarchique. Cependant, les chiens exprimeront davantage de comportements
d’agression en présence de ressources (nourriture, partenaire sexuel…) alors qu’ils seront
rarement exprimés en l’absence de compétition (Cafazzo et al. 2010).
Prenons l’exemple de l’étude réalisée par Dale et al. (2017) sur le partage d’une
carcasse par des individus d’un même groupe social. Chez les chiens, les individus les plus
dominants se sont montrés plus agressifs et ont contrôlé l’accès à la carcasse voire l’ont
monopolisé. La situation est un peu différente chez les loups où les individus les plus
dominants ont également tendance à l’agression et contrôlent l’accès à la carcasse mais pas
nécessairement pour eux-mêmes et n’y passent pas significativement plus de temps que les
individus subordonnés. La répartition spatiale des individus autour de la carcasse est
présentée dans la figure 17.
Les points rouges représentent les individus les plus dominants, les bleus, les autres
membres du groupe.
Chiens Loups
41
La hiérarchie résulte de l’analyse de l’ensemble des relations dyadiques du groupe et
permet, en théorie, d’attribuer un rang à chaque individu. Or, biologiquement, ce modèle n’est
pas valide puisqu’on ne peut attribuer un profil comportemental à un rang ; de plus elle est
rarement linéaire (A domine B qui domine C) mais forme plutôt un réseau (Deputte 2010).
Chez le chien, il est empiriquement compliqué de dégager un schéma hiérarchique. Celui-ci
diffère grandement de celui des loups. Cela est probablement dû à l’impact de la domestication
mais aussi de la stérilisation. Les relations dyadiques stables existent au sein d’un groupe
mais aucune organisation hiérarchique claire n’est dégagée (Bradshaw et al 2009).
Afin d’illustrer cette organisation en réseau, voici une représentation des comportements
agonistiques au sein d’un groupe de chiens, d’après Bradshaw et al (2009).
La relation homme-chien est très souvent dépeinte sous l’angle de deux modèles : un modèle
“lupomorphe” où la description des relations homme-chien est calquée sur les relations
intraspécifiques du loup. Le maître a une place de “dominant” par rapport à son chien qui lui
est subordonné ; et un modèle “babymorph” (« bébémorphe » en français) qui intègre le chien
comme un membre à part entière de la famille humaine, tel un enfant (Miklosi 2014). Nous
allons cependant voir que ces modèles ne sont pas satisfaisants.
42
a. Le modèle lupomorphe
b. Le modèle « babymorph »
Le modèle « babymorph » fait prendre le rôle d’un enfant au chien. Le chien est vu comme un
membre de la famille (Albert et Bulcroft 1988). L’étude de Rasmussen et Rajecki (1995) montre
que les humains attribuent les qualités d’un petit garçon de 2 ans (culpabilité, plaisir,
imagination) aux chiens. Seule l’expression quantitative de ses qualités marque la différence
entre enfant et chien.
Ce modèle implique également que l’on puisse appliquer la notion d’attachement à la relation
homme-chien, or nous allons voir que ce terme est employé de manière abusive et qu’on ne
peut pas appliquer cette notion à la relation homme-chien.
La notion d’attachement est elle-même calquée sur celle de l’empreinte, qui est un
comportement observé chez les oiseaux nidifuges. L’attachement décrit la relation du jeune
envers sa mère chez les espèces nidifuges. Cette relation présente plusieurs caractéristiques,
notamment une préférence du jeune envers un individu non spécifique. Cet individu offre une
base de sécurité et l’on observe une réponse à la séparation puis à la réunion : c’est l’équilibre
psycho-physiologique (Gubernich 1981). Ce concept a par la suite été dilué pour décrire la
relation du parent envers son enfant, un lien émotionnel fort et exclusif chez le couple humain
monogame ou encore la relation liant le chien à son propriétaire (Topal et al. 1998).
43
b. L’attachement du chien envers son propriétaire
• Le « Strange Situation Test »
L’étude de Topal et al. (1998) a traité cette question de l’attachement chez le chien en
appliquant le « Strange Situation Test » (SST : littéralement « Test en Situation Étrange-
Ainsworth 1969). Le SST d’Ainsworth (1969) avait pour but de mesurer la relation
d’attachement entre un jeune enfant et sa mère.
Topal et al. (1998) ont donc utilisé une version modifiée du SST qui se déroule en 7 étapes :
- 1) Le chien et son propriétaire sont dans une pièce, le propriétaire joue avec son chien
- 2) Un étranger entre et joue avec le chien
- 3) le propriétaire quitte la pièce, l’étranger continue de jouer avec le chien
- 4) le propriétaire revient et joue avec son chien, l’étranger quitte la pièce
- 5) le propriétaire quitte la pièce, le chien est donc seul
- 6) l’étranger revient et joue avec le chien
- 7) le propriétaire revient et l’étranger part
44
Figure 19 : Résultats de l’étude de Topal et al. (1998)
Score de recherche de contact lors de l’arrivée du propriétaire vs l’étranger (en haut à droite) et
durée relative (en secondes) du comportement « reste à la porte » en présence du propriétaire vs
l’étranger (en haut à gauche).
Délai de recherche de contact lors de l’arrivée du propriétaire vs l’étranger (en bas à gauche) ett
durée du contact physique avec le propriétaire vs l’étranger lorsqu’ils l’accueillent.
Les astérisques indiquent p<0,001
secondes de contact
Durée relative du
Durée relative du
Durée relative du
en secondes
en secondes
en secondes
Score deenrecherche
Reste à la porte
Recherche de
contact à l’arrivée
Reste à la porte
Recherche de
contact à l’arrivée
Reste à la porte
PROPRIETAIRE ETRANGER PROPRIETAIRE ETRANGER
Recherche de
en
contacts en
Délai de recherche
PROPRIETAIRE ETRANGER Contact physique
de physique
PROPRIETAIRE ETRANGER
de contacts
ETRANGER
secondes
secondes
secondes
secondes
PROPRIETAIRE ETRANGER
secondes
secondes
secondes
secondes
Délai de recherche
de recherche
de contacts
PROPRIETAIRE ETRANGER PROPRIETAIRE ETRANGER
Contact physique
relative
Délai de recherche
Délai
Durée
de contacts
Contact physique
PROPRIETAIRE ETRANGER PROPRIETAIRE ETRANGER
Délai de recherche
de contacts
PROPRIETAIRE ETRANGER PROPRIETAIRE ETRANGER
45
• Le « Secure Base Effect »
L’étude de Palmer & Custande (2008), propose une version modifiée du SST où le chien est
en présence du propriétaire et d’un étranger. Il est alors soumis à l’une de ces deux situations :
- Situation A : l’étranger tente d’engager le jeu avec le chien à trois reprises avec trois
jouets différents. Si le chien refuse, l’étranger retourne s’asseoir.
- Situation B : le propriétaire tente d’engager le jeu avec le chien à trois reprises avec
trois jouets différents. Si le chien refuse, le propriétaire retourne s’asseoir.
Enfin, le chien est laissé seul dans la pièce avant d’être rejoint par son propriétaire et l’étranger.
Les résultats montrent que les chiens sont significativement plus explorateurs et
joueurs avec l’étranger si le propriétaire est présent. Le propriétaire procure donc un « secure-
base effect » à leur chien, c’est-à-dire, la possibilité d’explorer son environnement en profitant
de la sécurité que leur offre celui-ci.
Dans l’étude de Gàcsi et al. (2013), des chiens sont soumis à une situation stressante, à savoir
une rencontre avec un étranger menaçant, en présence ou en l’absence de leur propriétaire.
Le stress des chiens est évalué par des mesures non invasives de fréquence cardiaque et leur
réactivité (grognements, aboiements…). Les résultats sont présentés dans la figure 20.
Fréquence cardiaque
Fréquence cardiaque
Fréquence cardiaque
confortent
Ces résultatsFigure 21 : l’idée que les
Résultats de propriétaires
Avant procurentAprès
Pendant à leur chien une base de
sécurité lors d’événements
l’étude stressants
de Topal (« et safe
al haven effect »)
PROPRIETAIRE ABSENT
. (1997) Avant Pendant
On retrouve effectivement
Après de nombreux éléments dans la relation homme-chien qui font
penser qu’il existe un attachement du chien enversAvantson propriétaire
Pendant au sens premier du terme.
Après
PROPRIETAIRE PRESENT
PROPRIETAIRE ABSENT
46
Figure 21 : Résultats de
l’étude de Topal et al (1997) Avant Pendant Après
Le terme « attachement », lorsque l’on désigne le lien entre le chien et son propriétaire
est donc à utiliser avec précaution, d’autant qu’il s’agit d’un individu adulte et sevré et non d’un
chiot, et que le propriétaire n’a pas dispensé de soins maternels, contrairement au cas de
figure originel dans lequel a été développé cette notion.
De même le terme « attachement » est souvent employé pour décrire le lien qu’éprouve le
propriétaire envers son chien, alors que celui-ci est étudié de manière quantitative (via des
questionnaires) et non qualitative.
Les humains sont en général responsables des ressources distribuées aux chiens (accès à la
nourriture par exemple) et cela crée une dépendance voire de la frustration si les besoins ne
sont pas respectés qui amène potentiellement à des comportements agressifs (McGreevy et
al. 2012).
Une étude de Topal et al. (1997) s’est intéressée à l’effet des conditions de vie du chien
sur les interactions avec le propriétaire. Deux catégories de chiens ont été dégagées par le
biais d’un questionnaire destiné aux propriétaires : les chiens vivant à l’intérieur avec leur
propriétaire dénommés « chiens de compagnie » et les chiens vivant en extérieur, dans le
jardin par exemple, dénommés « chiens de travail ». L’idée est de déterminer si le lien
émotionnel entre le chien et son propriétaire influe sur le comportement de celui-ci. Pour cela,
les chiens ont été soumis à deux situations. La première, dite « situation non familière » où le
chien et son propriétaire étaient dans une pièce meublée pendant 10 minutes et où l’on
demandait au propriétaire d’exécuter une série d’action : aller à la fenêtre, fouiller dans une
boîte ; puis un étranger entrait dans la pièce et effectuait des actions similaires. La deuxième,
dite « résolution d’un problème » où l’on disposait de la nourriture sous une barrière (espace
de 8 cm entre le sol et la barrière). Les résultats de cette étude sont présentés dans la figure
21.
47
Figure 21 : Résultats de l’étude de Topal et al. (1997)
Effet de la relation (« chiens de compagnie » vs « chiens de travail ») sur le fait de suivre le propriétaire lors de la
« situation non familière » (en haut à gauche) et nombre de regards en direction du propriétaire (en haut à droite),
latence de manipulation et nombre de manipulations réussies avant l’intervention du propriétaire lors de la
Nombres de regards
Secondes
Secondes
Secondes
Secondes
Secondes
Secondes
Secondes
Chiens de compagnie Chiens de Chiens de compagnie Chiens de
travail travail
Temps de latence entre les manipulations Nombres de manipulations avant encouragements
Nombres de manipulations
Nombres de manipulations
Nombres de manipulations
Chiens de Chiens de
travail travail
Secondes
Secondes
Secondes
Secondes
Chiens de Chiens de
travail travail
Chiens de compagnie Chiens de compagnie
Chiens de compagnie
LesChiens de travail »Chiens
de compagnie
« chiens vontded’eux même résoudre le problème Chiens
et récupérer
de
la
travail que les « chiens de compagnie » vont d’abord
nourriture qui leur est accessible, alors travail émettre
des signaux de communication envers leur propriétaire (par le regard notamment) et iront
Chiens de compagnie Chiens de compagnie
ensuite chercher la nourriture lorsque leur propriétaire les aura encouragé. De même, lors de
la « situation non familière », lesChiens
« chiens
de de travail » auront plutôt tendance à suivre
Chiens de leur
propriétaire plutôt que d’explorer latravail
pièce. Ils exprimeront davantage des comportements
travail de
Chiens de compagnie Chiens de compagnie
dépendance vis-à-vis de leur propriétaire. Ces chiens vont adapter leur comportement en
fonction de la manière dont leur propriétaire les perçoit, à savoir, comme un membre de la
Chiens de Chiens de
famille.
travail travail
Puisque le terme « attachement » n’est pas satisfaisant pour qualifier la relation homme-
chien, le concept d’« hyperattachement » devrait être abandonné. Les comportements
imputés à ce concept sont plutôt des manifestations d’anxiété de l’animal.
48
Application pour les vétérinaires :
Puisque le terme « attachement » n’est pas satisfaisant pour qualifier la relation homme-
D. Quel modèle pour décrire la relation homme-chien ?
Une approche intéressante dans l’analyse des groupes sociaux est de les modéliser comme
des réseaux d’individus partageant des relations de différentes natures entretenues par des
comportements sociaux spécifiques (Miklosi 2014).
Miklosi et Topal (2013) ont mis en avant la notion de « compétence sociale » chez le
chien, c’est-à-dire, sa capacité à générer une compétence sociale qui se conforme aux
attentes des autres et aux règles du groupe. Notamment il semblerait que les chiens aient une
grande capacité d’adaptation face aux comportements humains, étant simplement limités par
des facteurs physiques comme la différence de taille et la quadrupédie ; et qu’au contraire, les
humains ne soient pas capables de répondre en utilisant à leur tour le panel de comportements
des chiens (McGreevy et al., 2012).
Tous les individus possèdent une compétence sociale spécifique à leur espèce mais
celle des chiens aurait subi une transformation lors de la domestication ; c’est-à-dire une
diminution des interactions coercitives et une prédisposition à développer un lien émotionnel
envers les hommes si l’on compare avec le loup. Ce lien émotionnel formerait le noyau dur de
cette compétence (Miklosi et Topal, 2013).
La nature de la relation homme-chien doit être abordée auprès des propriétaires afin les
éduquer sur le sujet et poser de bonnes fondations pour leur assurer une relation positive
avec leur chien.
- Expliquer pourquoi le modèle « lupomorphe » et le concept de « famille-meute » ne
fonctionnent pas afin d’éviter des frustrations et des situations d’agression. 49
- Expliquer que le chien ne fonctionne pas comme un enfant et éviter ainsi d’appliquer
des qualités anthropomorphes au chien, comme « il sait qu’il a fait une bêtise, il a
un air coupable ».
E. Qu’en est-il du lien émotionnel humain-chien ?
a. Les bénéfices d’être propriétaire de chien
D’après Kurderk (2009) le « safe haven effect » caractériserait aussi la relation qu’entretient
l’homme avec son chien. En effet, lors d’une détresse émotionnelle, les propriétaires auront
plus tendance à se tourner vers leur chien pour trouver du réconfort plutôt que vers leur famille
ou amis.
Les bénéfices apportés par les chiens à l’homme sont nombreux, qu’ils soient
physiques ou mentaux. Avoir un chien stimulerait la pratique de l’exercice, améliorerait les
médianes de survie chez les personnes atteintes de maladies cardio-vasculaires. Interagir
avec un chien réduirait également le stress (Crawford et al., 2006).
La qualité du lien émotionnel liant les propriétaires à leurs chiens dépend de la situation
familiale de ceux-ci. Les célibataires, les divorcés, les veufs, les personnes remariés et les
foyers sans enfant sont plus attachés à leur chien que chez les familles avec enfants. Cela
peut indiquer que les chiens procurent une source d’affection supplémentaire pour les gens
qui vivent seuls et un soutien dans les périodes de transition (remariage, deuil …). Ce lien peut
être tel chez ces personnes qu’on peut observer de l’anthropomorphisme (Albert et Bulcroft
1988).
Il est intéressant de noter que, bien que ce soit chez celles-ci que l’on a le plus de
chances d’y avoir un ou plusieurs chiens, ce sont chez les familles avec enfants que le lien
émotionnel est le plus faible. Le chien n’est pas considéré comme une priorité par rapport aux
enfants, notamment s’ils sont en bas âge. La raison qui pousse ses familles à adopter un chien
est qu’il existe une croyance selon laquelle avoir un chien est bénéfique pour les enfants
(Albert et Bulcroft 1988).
Meyer et Forkman (2014) ont étudié les différentes caractéristiques des chiens et de leur
propriétaire afin de dégager lesquelles influencent leur relation. Celle-ci est évaluée par
l’échelle MDORS (Monash Dog Owner Relationship Scale : Échelle de la Relation Propriétaire-
Chien de Monash en français), qui permet d’établir un score à la relation. Elle se divise en trois
catégories : l’« emotional closeness » (EC) soit « proximité émotionnelle », le « perceived
cost » (PC) soit le « coût perçu » et les « dog-owner interactions » (DOI) soit les « interactions
chien-propriétaire ».
Du point de vue du propriétaire, le tempérament « idéal » d’un chien serait qu’il soit
calme, adaptable, loyal et non agressif. Il n’existe pourtant pas d’association entre le
tempérament du chien et la qualité de la relation homme-chien, à l’exception du trait
« peureux ». En effet, ce trait est associé à un score plus élevé de « proximité émotionnelle ».
Cependant, les chiens anxieux auront tendance à initier plus souvent le contact avec leur
propriétaire dans des situations stressantes, ce qui peut être interprété par ceux-ci comme un
renforcement du lien émotionnel. Ce trait peut également être influencé par la personnalité du
50
maître i.e. ce que le propriétaire perçoit comme étant de l’anxiété. Dans ce contexte, les chiens
dits « anxieux » auront un « coût perçu » plus élevé.
On note une association positive entre les propriétaires qui travaillent avec leur chien
(agility, expositions, chasse…donc ayant un nombre « d’interactions chien-propriétaire » plus
élevé) et le score relationnel, par rapport aux propriétaires de chien de compagnie.
De manière surprenante, les propriétaires possédant plusieurs chiens ont un score relationnel
plus élevé comparé à ceux qui n’en possèdent qu’un.
Figure 346 : Amplitude de réaction d'un chat spinal lors d'une stimulation mettant en jeu le réflexe
de flexionApplication pour les vétérinaires :
Les motivations poussant à l’adoption d’un chien sont très différentes et par conséquent
chaque propriétaire vivra sa relation avec son chien de manière différente. Comprendre ces
motivations et les attentes d’un propriétaire vis-à-vis de son chien permet au clinicien de
proposer des options thérapeutiques adaptés à la situation de chaque propriétaire, à la
hauteur de l’investissement personnel et financier qu’il est prêt à fournir.
Figure 347 : Amplitude de réaction d'un chat spinal lors d'une stimulation mettant en jeu le réflexe de
flexion
H= habituation
S= sensibilisation
Figure 348 : Amplitude de réaction d'un chat spinal lors d'une stimulation mettant en jeu le réflexe
de flexionApplication pour les vétérinaires :
Les motivations poussant à l’adoption d’un chien sont très différentes et par conséquent
chaque propriétaire vivra sa relation avec son chien de manière différente. Comprendre ces
motivations et les attentes d’un propriétaire vis-à-vis de son chien permet au clinicien de
proposer des options thérapeutiques adaptés à la situation de chaque propriétaire, à la 51
hauteur de l’investissement personnel et financier qu’il est prêt à fournir.
52
Quatrième partie : les apprentissages
L’apprentissage est un processus permettant à un organisme de modifier ses comportements
en tenant compte de ses expériences antérieures. Nous allons nous intéresser à deux grands
types d’apprentissages et comment nous pouvons appliquer ces mécanismes à l’éducation du
chien.
Il s’agit d’une exposition à un événement spécifique répété dans le temps, qui conduit soit à
une habituation soit à une sensibilisation.
L’habituation est la diminution d’une réponse du fait d’une stimulation répétée qui n’est
suivie d’aucune sorte de renforcement. C’est donc la réduction d’un comportement. Le
phénomène inverse est la sensibilisation, c’est-à-dire l’augmentation d’une réponse suite à
une stimulation répétée (Groves & Thompson 1970).
La théorie de Groves & Thompson (1970) stipule qu’il s’agit de deux mécanismes
indépendants mais pouvant agir de concours, notamment car ces mécanismes emprunteraient
deux circuits neuronaux différents. L’habituation suivrait un chemin direct stimuli → réponse
alors que la sensibilisation représenterait un état global, appelé « state » (« état »), du niveau
de réponse d’un individu à un stimulus.
Une expérience menée sur le réflexe de flexion du postérieur d’un chat spinal subissant
une série de stimulations à différentes intensités illustre cette théorie, présentée figure 22.
53
Figure 22 : Amplitude de réaction d'un chat spinal lors d'une stimulation mettant en jeu le réflexe de flexion
Amplitude
Amplitude
Amplitude
Séries d’essais
Plusieurs études recensent qu’environ 50 % des chiens ont peur du bruit provoqué par les
Figure 386
feux d’artifices. Les coups de feu et le tonnerre : également régulièrement évoqués par les
sont
propriétaires. Cette peur peut s’exprimer par des réactions de stress tels que des
Réactivité des
tremblements, de la salivation, deschiens à chacune une posture basse, un comportement
halètements,
destructeur, de la malpropreté, des vocalisations…
des expressions(Blackwell et al 2013, Riemer 2019).
faciales humaines
Les traitements proposés actuellement
présentées sont médicaux (clomipramine); ou recourent à
d’après
des phéromones et/ou de produits Doll phytothérapiques
(2009)Figure (fleurs de Bach) ou des thérapies
comportementales fondées sur les387théories de l’apprentissage (habituation, contre-
: Traduction
conditionnement) (Blackwell et al 2013).du protocole
Ces dernières fonctionnent de la manière suivante : l’habituation consiste à exposer le patient
« Tranquility
aux stimuli provoquant des réactions de peur de plus en plus intensément tout en le gardant
Training
dans un état de relaxation ; le contre-conditionnement est l’extinction d’un comportement
Exercices » d’après
indésirable en le substituant par un autre (Poggiagliolmi 2018).
Poggiagliolmi
(2018)Séries
d’essais 54
Figure 23 :
Idéalement, ces thérapies sont à envisager lorsque les clients sont motivés et fiables
puisqu’elles sont coûteuses en temps et en énergie. De plus, une bonne communication entre
l’animal et son propriétaire est souhaitable, c’est-à-dire il faut que l’animal ait reçu une
éducation et soit capable de répondre à quelques ordres simples ; et que le propriétaire puisse
interpréter les signaux de communication émis par son animal (posture, expressions
faciales…). L’usage de la punition est à proscrire et des récompenses doivent être distribuées.
Il est également nécessaire que l’animal soit capable de se relaxer et d’être ainsi attentif à ce
qu’on lui propose (Poggiagliolmi 2018). Pour cela, on peut réaliser divers exercices,
développés dans la figure ci-dessous (figure 23).
I.P. Pavlov (1902) a noté lors de ses travaux portant sur la salivation du chien, que les animaux
commençaient à saliver lorsqu’ils entendaient les pas de son assistant qui leur apportait à
manger. Il conduisit alors une expérimentation pour étudier le phénomène en faisant retentir
un métronome avant de distribuer la nourriture aux chiens.
Le fait de saliver est une réponse inconditionnelle (réflexe) à l’apport de nourriture qui est un
stimulus inconditionnel. C’est une association qui ne nécessite aucun apprentissage. De lui-
même, le son du métronome ne déclenche aucune réponse, c’est ce que l’on appelle un
stimulus neutre ; mais après avoir fait sonner le métronome un certain nombre de fois avant
de distribuer la nourriture, on note que le son seul du métronome suffit à provoquer la salivation
des chiens.
Les chiens associent donc ce son à la nourriture : le son du métronome devient un stimulus
conditionnel et engendre une réponse conditionnelle : la salivation. Si l’on arrête de distribuer
de la nourriture après avoir fait sonner le métronome, la réponse attendue n’est plus exprimée.
Les chiens associent souvent le contexte vétérinaire à une mauvaise expérience et celle-ci
entretient de la peur (Herron et Shreyer 2014), notamment par l’utilisation de la contention
(Westlund 2015). Les vétérinaires rapportent que 20 % des chiens et 65 % des chats montrent
des signes de peur lors de consultation (Westlund 2015). Or la peur peut engendrer des
morsures et des blessures chez le personnel vétérinaire et fait partie des raisons pour
lesquelles un propriétaire évitera de se rendre chez le vétérinaire (Herron & Shreyer 2014).
On peut utiliser le contre-conditionnement pour réduire la peur et le stress chez le chien lors
de la consultation vétérinaire. Le contre-conditionnement est une forme de conditionnement
classique où le stimulus, ici la consultation vétérinaire, va engendrer une réponse positive par
le biais de récompenses plutôt qu’une réponse négative, c’est-à dire la peur. Les « temps
forts » de la consultation où cette méthode doit être utilisée sont les suivants : réalisation
d’injections, contention, coupe de griffes, palpation rectale ou prise de température, examen à
l’otoscope, pose de puce, cytoponction et placement de l’animal sur la table d’examen (Herron
et Shreyer 2014). Les limites de cette méthode sont liées aux maladies gastro-intestinales, à
l’obésité et aux risques anesthésiques. Cependant ces limites peuvent être contournées en
proposant des friandises adaptées (« low fat » ou hypoallergéniques par exemple) ou des
jouets. En ce qui concerne le risque de bronchopneumonie suite à une sédation ou une
anesthésie, il reste faible (0,04 à 0,26 %) et peut être limité par l’utilisation de pâtes fluides
56
appétentes plutôt que des friandises solides (Westlund 2015). On peut également argumenter
que la réduction du stress réduit le besoin d’avoir recourt à une sédation.
Thorndike (1898) a mené des expériences sur des chats enfermés dans des boîtes. De la
nourriture était mise à disposition à l’extérieur de la boîte, et afin de s’échapper de la boîte,
l’animal devait exercer une pression sur un levier. Au fur et à mesure de l’expérience, les
individus actionnaient le levier de plus en plus rapidement. Thorndike (1898) en a conclu
qu’une réponse produisant un effet agréable dans une situation spécifique est plus susceptible
de se manifester à nouveau, et au contraire, une réponse produisant un effet désagréable est
moins susceptible de se manifester à nouveau dans cette situation.
C’est la loi de l’effet, c’est-à-dire l’association d’un acte volontaire à une récompense ou une
sanction.
L’acquisition d’un comportement se fait par un mécanisme appelé « renforcement » ; au
contraire, la disparition d’un comportement se fait par « punition ». Le renforcement est positif
lorsque l’on donne une récompense suite à l’émission d’un comportement, négatif si l’on retire
un stimulus désagréable à l’expression d’un comportement. La punition est positive lorsque
l’on donne une sanction suite à l’émission d’un comportement, négative si l’on retire un
stimulus agréable à l’émission d’un comportement (Skinner 1938).
+ - renforcement
Nature du stimulus
- + punition
positif négatif renforcement
Nature du stimulus
punition
renforcement
b. Conditionnements et éducation du chien
Nature du stimulus punition
renforcement
Les propriétaires de chiens utilisent plusieurs méthodes d’apprentissages pour
Nature du stimulus
l’éducation de leurs chiens (Rooney & Cowan 2011, Hiby et al. 2004, Blackwell punition
et al. 2008).
Plusieurs études se sont intéressées à l’effet des méthodes d’apprentissages employées sur
le comportement du chien et les impacts qu’elles avaient sur leurs performances. Les deux
méthodes principalement étudiées sont le renforcement positif et la punition positive. Celles-
ci se manifestent chez les propriétaires de la manière suivante (tableau 4).
57
Tableau 4 : Récapitulatif des méthodes employées par les propriétaires de chiens pour l’éducation de leurs
chiens, d’après Rooney & Cowan (2011), Hiby et al. (2004) et Blackwell et al. (2008).
N.B. : les méthodes « ne plus donner d’attention » et « contrainte physique » ont originellement été classées par
Hiby et al. (2004) dans la catégorie « renforcement négatif ».
Féliciter
Renforcement positif Donner une récompense alimentaire
Caresser
Jouer
Utiliser un clicker (il s’agit d’une technique associant un son :
« click » à une récompense en général alimentaire)
Gronder
Correction physique (secouer, taper, donner une pichenette)
Mettre le museau dans les fèces
Punition positive Lui jeter de l’eau à la face
Utiliser du collier étrangleur
Ne plus donner d’attention
Le contraindre physiquement (forcer à s’asseoir, à s’allonger…)
Les performances des chiens sont significativement plus élevées lorsque des
méthodes de renforcement positif sont employées plutôt que des méthodes de punition
positive (Rooney & Cowan 2011), notamment sur des tâches comme la marche au pied,
l’abandon d’un objet et le fait de ne pas mâchonner certains objets (Hiby et al. 2004).
Pour cela, il convient d’aborder dans un premier temps les questions de bien-être
animal et de comprendre les besoins physiologiques et comportementaux du chien. Si ces
besoins ne sont pas comblés, on peut voir apparaître des stéréotypies et des problèmes
comportementaux.
Le chien est une espèce sociale et fait partie de nos sociétés depuis plus de 30 000
ans. C’est pourquoi nous nous sommes intéressés aux signaux de communication qu’il émet
et qu’il reçoit avec les autres chiens mais aussi avec l’homme. La relation homme-chien a fait
l’objet de nombreuses études et plusieurs modèles ont été proposés pour illustrer cette relation
particulière. Les concepts de « famille-meute » et du chien remplissant le rôle d’un enfant ne
sont cependant pas satisfaisants et mènent à de nombreuses incompréhensions des signaux
entre le chien et l’homme. Le modèle émergeant de la relation homme-chien est celui de
l’équilibre des interactions.
59
60
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65
66
GUIDE D’ÉTHOLOGIE CANINE À DESTINATION DES VÉTÉRINAIRES
RÉSUMÉ :
Cette étude bibliographique sur le comportement du chien part du constat que les vétérinaires
sont peu formés aux questions du comportement animal alors que le conseil aux propriétaires
est un aspect quotidien de leur pratique. L’objectif de cette étude est de donner des clés de
compréhension du comportement canin au vétérinaire clinicien, afin qu’il puisse sereinement
éclairer le propriétaire.
Les questions de bien-être animal sont abordées et les besoins physiologiques et
comportementaux du chien sont définis. En effet, si ceux-ci ne sont pas satisfaits, des
stéréotypies et des problèmes comportementaux peuvent apparaître.
Les comportements sont aussi motivés par le tempérament de chaque individu, en lien
avec les différences inter-individuelles. Des conseils portant sur l’évaluation du tempérament
de l’animal sont donc proposés afin d’adapter notre comportement en tant que vétérinaire, et
celui des propriétaires, en fonction des individus.
Adopter un bon comportement face à un chien demande une lecture correcte des
signaux de communication exprimés par celui-ci, lesquels sont détaillés en conséquence. La
relation homme-chien est également abordée dans ce sens et afin d’en optimiser la qualité.
L’éducation d’un chien fait partie des aspects majeurs à considérer lors de son
adoption. Les différents mécanismes d’apprentissages sont expliqués et mis en perspective
dans leur utilisation dans l’éducation. La punition positive doit par exemple être proscrite.
L’étude de ces thématiques permettra aux vétérinaires praticiens de mieux répondre
aux demandes des propriétaires et de s’assurer du bien-être de leurs animaux.
JURY :
Président : Pr Iradj SOBHANI
1er Assesseur : Pr Caroline GILBERT
2nd Assesseur : Dr Pascal ARNÉ
CANINE ETHOLOGY GUIDE FOR VETERINARIANS
SUMMARY:
The starting point of this bibliographic study on canine behaviour is that veterinarians have
little to no training in this field of practice whereas it is a commonly asked enquiry from dog
owners.
Animal welfare is addressed and so are physiological and behavioural needs. Indeed
if those are not met, stereotypies and behavioural problems may arise.
Behaviours are also motivated by an individual’s personality : each individual will react
differently in a given context. Evaluation of temperament traits advices are offered, so the
reader can adjust his or her behaviour to the dog’s personality accordingly.
For those adjustements to be efficient, a correct understanding of dog’s communication
signals is essential. Those signals are detailled in the study. Human-dog relationship is also
majorly adressed so it can be harmonious.
Dog’s education is one of the big aspect to consider when adopting one. Learning
mecanisms are explained and put to use for this purpose. Positive punition should not be used
as an example.
The aim of this study is to give the practitioner keys to understand canine behaviour so
he or she may correctly enlight the dog-owner on this subject.
JURY:
Chairperson: Pr Iradj SOBHANI
1st Assessor: Pr Caroline GILBERT
2nd Assessor: Dr Pascal ARNÉ