Analyse Données Démographie
Analyse Données Démographie
, ~ -- i I ;\ ,* ‘2, ’
.-- - -‘ -
- ‘ i
- 8 .
.L-’‘ I $ 7
IC
TROISkME PARTIE
édifion définif ive
ANA LYS E
DES
DONNÉES
TOME I
TROISIÈME PARTIE
édition définitive
h a l y s e des données
TOME I
SOMMAIRE GÉNÉRAL
Pages
Avant-propos
I Les données d’état individuelles et collectives 1-1 1-6.2
Ila L’instruction -
IIa 1 -
IIa 120
IIb L‘activité économique IIb-1 IIb-476
AVANT-PROPOS
Les méthodes de l’analyse démographique concement le plus souvent les données de mouvement.
Aussi dans les principaux manuels de Démographie, les données d’état ne figurent qu’à une place et avec des
développements mineurs. Pourtant leur intérêt est certain et les rapports d’enquêtes ou de recensement
réalisés en Afrique montrent les efforts consentis pour préciser les connaissances dans ce domaine. Aussi
il a paru souhaitable aux éditeurs de ce manuel sur les “Sources et l’Analyse des données démographiques”
de prévoir une rubrique “Données d’Etat” qui comprend quatre parties :
- Données individuelles,
- Données collectives,
- Données sur l’instruction,
- Données sur l’activité.
En ce qui concerne les deux premières parties, elles ont été conçues dans des esprits différents : la
première, qui traite d’un sujet relativement connu, s’est voulu analytique et didactique et fait appel à de
nombreux exemples puisés en Afrique, alors que la seconde, explorant un champ encore mal défriché, l’a
fait avec un certain recul, en s’attachant plus à la problématique du sujet.
Toutes deux cependant sont Bcrites sur des plans analogues : elles s’attachent d’abord à préciser ce que
l’on entend généralement par “données individuelles” et “données collectives” (définitions des concepts,
caractéristiques considérées.. .) pour examiner ensuite les problèmes posés par l’analyse de ces données
et les principales méthodes utilisées.
CHAPITRE I
.
SOMMAIRE
Pages
..............................................
Liste des tableaux. graphiques et cartes., 6
Introduction ....................................................................... 7
Tableaux Pages
1 / Divisions territoriales au 1'' juillet 1972 de quelques pays africains ............ . ... .. .
, 12
1/Sujets recommandés et autres sujets utiles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
3/ Tableaux recommandés . . . . . . . , . . . . . . . . , . . . , . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
41 Quelques donnCes démographiques sur l'Afrique . . . , . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
, 17
5; Distribution de la population de hsladagascar selon la densité en 196s.. . . . . . , . . . . . . . . . . . 10
6: Répartition des populations du Gabon et de Libreville selon le sexe. I'âge et la situation ma-
trimoniale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
. .
71 Exemple de ripartition par groupes d'âges inégaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . , . . . . . . . . . . . . 28
81 Repartition p.ir sexe et par rige de la population de l'Algérie en 1966.. . . . . . . . . . . . . . . .. . 29
.
91 Ei olution de la structure par âge de la population francaise . . . , . . . . . . . . . , . . . . . . . . . . . . 33
l
loi Structure par sexe et par âge en 1960 de 15 pays d'Afrique Noire francophone et de
Madagascar . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3.1 i
Graphiques.
1 / Courbe de concentration de la distribution de la population de Madagascar selon la densite en
1QhS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2/ Répartition des populations du Gabon et de Libreville selon le sexe, l'&e et la situation nia-
trimoniale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
3/ Exemple de répartition par groupes d'âges inégaux.. . . . . . . . . . . . . . , . , . . . , . . . . . . . . . . . . 75
3/ Pyramide des âges de l'Algérie ( 19661 . . . . . . . . , . . . . . . . . . . , . . . . , . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
5/ PyrJmide des iges de la Haute Volta ( 1960-1Qh1 ). . . , , . . . . . . . . . . . . , . . . . , . . . . . . . . , . . . 31
6 / Exemples de pyramides stables . ... , . .. .. . . . . .. . , . ... . . . . . . . , .. . . . . . . , . . .... .. . . 32
7 / Elolution de la pyramide des âges de In France . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . , . . . 33
Y/ Pyramide des âges en 1960 de 15 pays d'Afrique Noire francophone et de Madagascar . . . . . . . 35
91 Rapports de masculinite par fige de 15 pays d'Afrique Noire francophone et de Madagascar. 36
Cartes
I I Carte de densiti. de l'Afrique. , . . . . , . . . . . . . . . . . . . , . , . . . . . . . . . . , , . . . . , . . , . 11
2 / Carte de répartition de la population du Ghana par points ( 1960) , . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . --
-37
31 Carte des pyraniides des âges de 15 pays d'.Ifrique Noire francophone et de Jlddagascar . . . . 23
I
Les Données individuelles
INTR O D UCTl ON
L‘état d’une population se définit non seulement par son effectif mais encore par sa répartition selon
les modalités de certains caractères. Ces différentes distributions répondent à trois objectifs :
- d’abord elles décrivent la population : certaines distributions présentent un intérêt propre pour les
utilisateurs ; il en est ainsi, par exemple, de la répartition de la population par commune qui intéresse directe-
ment l’administration territoriale ;
- ensuite elles servent à mettre en évidence des corrélations (ou l’absence de corrélation) entre carac-
tères ; c’est ainsi que l’on cherchera si la taille des agglomérations est en relation avec le pourcentage de
célibataires dans la population masculine de 15 ans et plus ou le nombre moyen d’épouses par homme
marié ; ou si certaines professions sont particulières à certaines ethnies ;
- enfin elles sont utilisées pour étudier les lois du mouvement de la population, les événements consi-
dérés (naissances, décès. . ,) étant eux aussi répartis selon les mêmes caractères.
La première partie de ce chapitre décrit les différents caractères fréquemment considérés dans les
statistiques démographiques et donne quelques indications sur les problèmes que pose leur utilisation.
La seconde partie traite tout d’abord des méthodes générales d’analyse de ces caractères : les tableaux
à produire, les principaux indices utilisés pour “résumer” l’information, les graphiques, les cartes, ainsi que
les méthodes d’évaluation de la qualité des données et enfin un aperçu sur les prolongements de l’analyse
en direction d’autres disciplines.
Les problèmes particuliers posés par l’étude des répartitions par sexe et par âge donnent ensuite lieu
à quelques développements justifiés par l’importance capitale de ces caractères dans toutes les études démo-
graphiques.
Introduction
Parmi les sujets qu’abordent généralement les questionnaires d’enquête, les bulletins d’état civil e t les
autres formulaires permettant de recueillir des renseignements sur la population, l’on ne retiendra ici que
les caractéristiques d’état ou de structure, à l’exception :
- de celles collectées essentiellement en vue du contrôle des opérations, comme les noms et prénoms,
ou la question ‘ku ou non vu” ;
- de celles collectées uniquement en vue d’étudier le mouvement de la population (lieu de résidence
antérieure, durée de résidence, enfants nés vivants. . .) qui intéressent d’autres parties de ce manuel (1) ;
Sous ce terme nous envisageons les quatre caractéristiques suivantes : le sexe, l’âge. I’etat matrimonial
et la nationalité.
1. Le sexe
C’est sans doute le caractère individuel le plus facile à appréhender, et qui ne pose pas de problème
de classification. C’est de plus une donnée importante pour l’étude de la qualité d’une opération. et essen-
tielle pour l’analyse.
Généralement dans les enquêtes démographiques menées en Afrique on trouve un nombre d’hommes
inférieur au nombre de femmes. Parmi les exceptions. citons la Haute Volta et Ia Cbte d’ivoire : il paraît
étonnant. (et ce phénomène n’a pas reçu d’explication satisfaisante 1 que ces pays, l’un d’émigration, l’autre
d’immigration presentent tous deux une légère prédominance du sexe masculin.
De même on a trouvé en Mauritanie en 1965 une nette sous-estimation du nombre de femmes, qui
semble due i la réticence de nombreux chefs de ménage h déclarer les femmes et les filles.
2 . L’âge
L’Hge est le fondement de l’analyse démographique, car la connaissance de la répartition par áge, déjà
utile en elle-même est également indispensable i l’analyse du mouvement, permet de procéder a des tests
de cohérence (la forme de la pyramide des âges doit pouvoir être expliquée par les conditions passées de
natalité, de mortalité, et de migration) et sert de point de départ à toute perspective de population.
Outre les nombreux problèmes posés lors de la collecte de ce renseignement, par 13 méconnaissance
de cette donnée en Afrique (le recours i des “calendriers historiques”. est un palliatif peu satisfaisant),
l’étilde de Ia répartition par Hge pose quelques problèmes au stade de l’analyw et diverses recommandations
peuvent être formulées ? ce
i sujet :
a ) L’Hge exact se mesure en unités de temps, et en fractions d’unités de temps (années. mois, semaines.
jours. , .). En fait dans Ia pratique on utilise le plus souvent I’âge révolu. ou I’dge au dernier anniversaire
(c’est-&dire le nombre d’unités entikres de temps immédiatement infirieur i l’&e exact). Ceci revient si
l’unité de tempc est l‘année i constituer des classes d’&es d’une ann& (par exemple les personnes âgées de
27 ans en ann2es révolues sont toutes celles dont l’&e est compris entre 22 ans exactement et 73 ans exacte-
ment) ( 2 ) .
bl Le démographe a le choix entre la répartition par année de naissance et celle par année d’ige (l’lige
étant exprimi en années révolues). Si la date de référence n’est pas un 1“‘ jamier, les deux classements ne
coïncident pas ; la répartition par année d’ftge est préférable pour l’analyse (niais alors chaque classe ne
constitue pas un ensemble de générations).
Dans les enquètes, il est conseillé de demander 1s date de naissance qui, lorsqu’elle est connue, prste
moins i. erreur, et si celle-ci ne peut être fournie avec exactitude. de deniander ensuite I‘âge approximatif.
Plusieurs colonnes distinctes seront prévues à cet effet.
c ) L’unité utilisée pour la mesure de I’ige est en général l’année. hlais pour les enfants en bas ige, il
peut être utile d’utiliser une unité plus fine : le jour jusqu’i 1 mois. et le mois jucqu’i 1 an ou même 2 ans.
( 2 ) On aurait pu imaginer d‘autres regroupements en consid6rant par exemple I’lge au prochain anniversaire nu I’ige
arrondi i l’entier le plus proche.
1-9
d) La donnée des résultats par année d’âge est utile pour l’analyse des causes d’erreurs (attraction des
nombres ronds par exemple) (voir la 2ème partie). I1 est important que les rapports d’enquête ou de recen-
sement fournissent cette donnée aux fins d‘analyse, au moins pour la population totale, mais aussi pour
certaines sous-populations (hommes et femmes, milieux urbain et rural. . .). ,
e) Mais des classes d’une année sont souvent trop lourdes à manipuler et il est généralement utile de
procéder à des regroupements surtout lorsque l’âge est croisé avec d’autres variables. L’on adopte le plus
.
souvent les classes suivantes : moins d’un an, 1-4 ans, 5-9 ans, 10-14 ans. , ,le dernier groupe étant 60 ans
et plus ou plutôt 70 ans et plus. L’on peut aussi utiliser des groupes décennaux, ou enfin la simple réparti-
tion entre enfants (moins de 15 ans), adultes et vieillards (60 ou 65 ans et plus).
f) La répartition par âge doit toujours être croisée avec le sexe, et les résultats fournis d’abord en
effectifs absolus, puis en nombres proportionnels pour la population totale et pour chaque sexe séparément,
généralement exprimés en “pour mille” de l’ensemble et pour mille de chaque sexe.
4. La nationalité
Les habitants d’un pays peuvent être répartis en nationaux (ou citoyens, ou sujets) et étrangers qui
peuvent être citoyens d’un autre pays ou apatrides (c’est-à-dire ne posséder aucune nationalité). La nationa-
lité s’acquiert par la naissance (jus soli ou jus sanguinis) ou par naturalisation. Certaines législations prévoient
une procédure de retrait ou de perte de la nationalité, Le classement des habitants par nationalité peut être
compliqué par les cas de double nationalité.
La nationalité est un concept juridique qu’il ne faut pas confondre avec le groupe ethnique. I1 permet
d’apprécier l’importance des groupes étrangers sur le territoire national : ces étrangers doivent toujours faire
l’objet d’un dépouillement séparé, leurs caractéristiques démographiques étant souvent très différentes de
celles des nationaux. : les étrangers se retrouvent relativement plus dans les professions commerciales (maures
au Sénégal, libanais, syriens ou grecs en Afrique de l’Ouest, pakistanais ou chinois à Madagascar, indiens en
Afrique de l’Est), les religions peuvent différer (comoriens, souvent musulmans, à Madagascar, indiens souvent
(3) Le sujet n’est qu’esquissé ici : le lecteur pourra, pour plus de détails, se référer au chapitre III “Nuptialité” de ce
manuel.
-
1 IO
ismaïlites en Afrique de l’Est), les conditions de fécondité et de mortalité peuvent varier beaucoup entre
nationaux et étrangers.
Enfin, cette répartition par nationalité est particulièrement importante dans les centres urbains oh
les étrangers se trouvent le plus souvent concentrés.
“Tous les faits démographiques s’inscrivent dans un cadre giographique” (4). Les caractéristiques
géographiques permettent de définir :
- le lieu où se trouve une personne au moment d’un recensement ou au moment où elle est soumise i
un événement démographique ;
- son lieu de résidence habituelle ;
- son lieu de naissance ;
- son (ou ses) lieu (x) de résidence interm6diaire ( s ) entre sa naissance et sa résidence actuelle.
Nous nous attacherons dans ce chapitre aus problèmes pos& par les deux premières caractéristiques,
les deux autres étant 6tudiées dans le chapitre “Migrations’” 5).
2. Population totale
Lorsque le champ couvert par une opération ne comprend pas l’ensemble du territoire. les résultats
doivent indiquer clairement s’il$ se rapportent uniquement ila partie du territoire étudiée ou s’ils ont éte
extrapolés au pays tout entier.
C’est ainsi que l’enquête nationale du Tchad de 1964 a exclu de son champ certaines zones, soit du
fait des difficultés qu‘aurait entrain2es leur inclusion (zones désertiques, populations nomades). soit parce
qu’elles avaient fiit l’objet d’études récentes. ALItotal, la population estimée par l’enquête, a éte de 2 523 O00
personnes. et celle hors-champ a été estimée 1730 O00 personnes, soit plus de 20 5 du total.
Enfin l’on indiquera :
- quelles categories de population sont comprises dans l’effectif indiqué comme “population totale” :
nationaux en séjour a I’i.tranger, militaires étrangers stationnés dans le pays, nomades. . ,
- et si cette population totale comprend ou non la population comptie a part et s’il s’agit d’une popu-
lation avec ou sans double compte.
3. Divisions territoriales
Les données recueillies doivent permettre de classer la population (de droit ou de fait) selon les divi-
sions administratives du pays (tableau 1). Au niveau le plus fin, il faudra définir sans ambiguitb le “village”
ou le “hameau”, en songeant aux problèmes posés par la disparition, la combinaison ou le morcellement
de villages, leur changement de nom. . , Dans tous les cas il sera intéressant de donner les résultats en descen-
dant jusqu’au dernier niveau compatible avec la précision de l’opération, et dans le cas d’une opération
exhaustive, il conviendra de donner la répartition de la population par village (par colline au Rwanda et
au Burundi). L’on fera aussi attention aux modifications apportées dans le temps aux limites administratives
et aux problèmes que ces modifications posent pour la comparabilité des résultats. ’
Alors que pour les caractéristiques d’état civil, les codes utilisés sont des codes séquentiels (masculin :
1 ; féminin : 2 ;célibataire : 1 ; marié : 2 ; veuf : 3 ; divorcé : 4. . .), les codes géographiques sont des
codes emboités, les différents chiffres correspondant aux divisions administratives successives. Parfois ce
code est un code officiel, par exemple à Madagascar oÙ il a fait l’objet d’un décret. Les divisions adminis-
tratives ont l’avantage d’être bien définies et d’être acceptées par tous. Mais elles peuvent ne pas être force-
ment adaptées à l’objet d’une analyse particulière, notamment parce que leur définition est souvent an-
cienne et qu’elles ne recouvrent plus la même réalité (migrations, voies de communication. . .).
I1 peut être aussi intéressant de fournir des résultats selon les unités territoriales constituées pour les
besoins propres de l’opération (“îlots”, “blocs”, “districts de recensements”. . .), notamment pour la consti-
tution de base de sondage.
4. Agglomérations
Dans toute opération, l’on essaiera de donner des résultats séparés pour le milieu urbain et le milieu
rural, en précisant les définitions retenues. La définition du milieu urbain, c’est-à-dire de l’ensemble des ag-
glomérations considérées comme urbaines est délicate. Elle peut s’appuyer sur des considérations :
- de taille : sera considérée comme urbaine toute agglomération de plus de . . . mille habitants. En
Afrique le seuil adopté est souvent 10 000, parfois 5 000, parfois 20 O00 ;
- administratives : on peut définir le milieu urbain comme l’ensemble des cccommunesurbaines” ou
“communes de plein exercice” ;
- de fonction : les agglomérations jouant un rôle particulier seront considérées comme urbaines :
chefs-lieux de grandes divisions administratives, ports importants, centres de commerce. . . ;
- d’infrastructure : seront considérées comme urbaines les agglomérations disposant d’un minimum
.
d’infrastructure : formations sanitaires, écoles, électricité. . ;
- de structure de la population : on peut également fixer un seuil dans la proportion de population
active agricole. L
L’on peut aussi ne pas se limiter à la dichotomie “urbain-rural” et constituer davantage de catégories.
C‘est ce qui a été fait par exemple en Algérie oÙ l’on a distingué les ‘cmétropoles” et cinq types de communes
(urbaines, semi-urbaines, semi-rurales, rurales, sahariennes), ou au Cameroun Occidental en 1965 oÙ l’on a
distingué les centres urbains, les bourgs, les plantations et le milieu rural.
I1 faut veiller là aussi particulièrement aux problèmes ae comparabilité dans le temps, la croissance
du milieu urbain se faisant :
- par densification des agglomérations dans leurs limites administratives antérieures ;
- par extension des agglomérations hors de leurs limites administratives antérieures (intégration de
villages voisins) ;
- par augmentation du nombre des agglomérations, des localités considérées comme rurales pouvant
un moment donné devenir urbaines.
Les données relatives aux villes doivent être fournies par quartiers et en distinguant la ville proprement
dite de sa banlieue.
TABLEAU 1
1. L‘ethnie
L‘expression “groupe ethnique” désigne “un groupement naturel d‘êtres humains présentant entre eus
certaines affinités somatiques. linguistiques ou culturelles” I h ).
Parmi les sous-populations de référence auxquelles doit se rapporter l’analyse, les groupes ethniques sont
sans doute les plus pertinents du fait de l’homogénéité des comportements que l’on constate à l’intérieur
d’une même ethnie, y compris parmi les émigrés. (Mossi en Côte d’Ivoire, Maures au Sénégal). I1 y a en effet
souvent une corrélation entre l’ethnie d’une part, et d’autre part le comportement économique, matrimo-
nial.. . De plus l’étude de la répartition géographique des ethnies permet d’appréhender les mouvements
migratoires.
Mais cette étude pose d’énormes problèmes de repérage, du fait des phénomènes de métissage, d’assi-
milation, d‘osmose, de domination d’un groupe sur un autre, . . . (exemple des Bobo commerçants des villes
du Mali se déclarant Marka ; ou des Antonosy des plantations du Nord de Madagascar se déclarant Antai-
moro. . .).
Enfin on se heurte dans l’étude des groupes ethniques à un problème important de classification à
partir du moment oÙ l’on veut essayer de regrouper les ethnies pour alléger les résultats. Mais l’étude par
ethnie reste fondamentale en Afrique et il est dommage que certains pays, par souci d’unité nationale fort
compréhensible par ailleurs ne mentionnent pas l’ethnie dans leurs publications démographiques.
2. La religion
C‘est un caractère qui a une certaine influence sur les comportements en matière démographique :
nuptialité, fécondité, migration. La distinction est à établir entre les religions traditionnelles, généralement
regroupées sous le terme “animisme” et les religions importées, notamment l’islam (les musulmans pour-
.>
ront être répartis selon leur secte : Tidjanes, Khadria, Mourides. , et le christianisme (essentiellement
catholiques et protestants),
Enfin dans certains pays il faudra considérer aussi les témoins de Jéhovah, l’Armée du Salut, les
Bougistes, les Matsouanistes,. , .
3. La langue
La langue constitue un bon recoupement avec l’ethnie. Mais il faut distinguer 11 d’une part la langue
maternelle ou paternelle, d’autre part la langue parlée habituellement au foyer ; de plus il est intéressant
de connaître aussi les autres langues parlées, pour étudier l’importance que prennent certaines langues
(au Sénégal, le Wolof est de plus en plus parlé par les non-wolof ; en Afrique de l’Est, le Swahéli).
Conclusion
Les données d’état relatives une population sont donc nombreuses et posent un certain nombre de
problèmes à l’analyste. Nous terminerons cette’partie en donnant la liste des “sujets recommandés” et des
“autres sujets utiles” relatifs à l’état de la population qui figurent dans les “Recommandations africaines
concernant les recensements de population prévus pour “1970” de la Commission Economique pour
l’Afrique (Tableau 2).
1. Généralités
Les distributions obtenues à l’aide des indications précédentes peuvent être étudiées selon les méthodes
classiques de la statistique descriptive : l’on élabore d’abord les résultats en croisant différents caractères
entre eux, l’on essaye ensuite de résumer l’information à l’aide d’indices synthétiques, l’on représente enfin
T4BLE4I.I 2.
Sexe
Age
E t a t matrimonial N o m b r e d’épouses (SI
G r o u p e e t h n i q u e (ou nationalité) Nationalité (ou groupe e t h n i q u e ) ( s )
Lieu de présence au m o m e n t d u recensement Lieu de residence habituelle (s)
A”% : Les sujets marqués (s) peuvent être p l u t h t é t u d i é s à l’aide d’enquctes p a r sondage.
Sorrrc E : CE A, “ R e c o m m a n d a t i o n s africaines c o n c e r n a n t lea recensements d2 populations pr6vus
pour 1970”, 1968, Add=-Ahéba.
ces résultats sur des cartes et des graphiques. Un aspect important de l’analyse consiste aussi en I’étude
de la qualité des données. ainsi qu’en ses prolongements en direction d‘autres disciplines, sujets pour les-
quels nous donnons quelques indication5 générales :
( 7 ) C e t t e hste pourrait d’ailleurs Stre facilement completée e n lui ddjoignant certains croisements q u i n’y figurent pas
tels que & t a t matrimonial e t type d’activité. ethnie et rehgon, e t h n i e e t niveau d’mstruction, ethnie e t f r é q u e n t a t i o n scolaire.
e t h n i e e t n o m h r e d’épouses.
-
I 15
TABLEAU 3.
TABLEAUX RECOMMANDES
- mploi
ptitudi
aiiona. Niveau réqucn- .ores ombre 5 12
té eligian
i lire 'inrtruc- ition
ranche
qa Population concernée :Xe
et i acthiti on ~ p p o u ~ : mierr
thnie ion colairc lois
- - - écrire
- - - - -
Ia opulation totale x
Ib .a " X
2a '1 $' X
2b " '' X
3a .I I' X
3b " 'l X
4a 11 " X X
4b 6. LI X X
4c L' '' X X
5 .L I' X X
6a *& de 10 ans e t plus X X
6b 'L .I X X
de 25 ans e t plus X
la
.
X
7b .L X X
8a opulation de. .i 2 4 ans X X
8t " I' X X X
91: .< L. X X X
12t 'I II X X X
12c .' II X X X
13 Iommes mariés X X X
!homeun X
142 X X
14t X X
152 'opulation urbaine X
1st " " X
16 'op. urbaine de. ..
..
.ans e t + X X X
17 L. 1% active X X X
18
-
6% 61 enchbmag
-X X
- - - -
Vores : (1) Divisions administratives les plus fines
( 2 ) Grandes divisions administratives
(3) Urbain - Rural
(4) Classement par taille des localités
( 5 ) Classement des villes
(6) Distinction pour chaque ville entre la ville proprement dite et l'agglomération
(7) Classement par années d'&e
(8) Groupes quinquennaux
(Y) < ..
15, 15, 16,. . .. 24, groupes quinquennaux ensuite
(IO) Groupes dCaennaux
(11) <
15, 15-19, 20.24, 25-44, 45-64, 65 e t plus.
Source : CFA, "Recommandations africaines concernant les recensements de population prévus pour 1970". 1968, Addis-Abéba.
Numiramfion
e) Les chiffres figurant dans les tableaux doivent être les chiffres bruts, non arrondis (i la centaine OU
au millier près) pour conserver la cohérence des différents tableaux ;
f) Enfin lorsque les diverses modalités d'un caractère se prêtent à des regroupements, les sous-totaux
partiels doivent figurer dans le tableau : par exemple dans la répartition par année d'âge, on donnera les
sous-totaux des groupes quinquennaux, dans la répartition détaillée par branche d'activité, on donnera
les sous-totaux des classes, catégories et branches.
I - Ib
TABLEAU 4
Population
des villes Proportion
Proportion Rapport de 20000 de population
Population lensit6 de habitants urbaine
Superficie de moins
Pays (milliers) (hab./ de 15 ans masculiniti et plus (estimation
ckm2i
(1972) km2) (milliers) 1970)
% %
(estimation %
1970)
Population
des villes Proportion
Densite Proportion Rapport de 20 O00 de population
Population
Pays
Superficie . de moins de habitants urhaine
h2) de 15 ans masculinité e t plus (estimation
(1972)
Q Q (milliers) 1970)
(estimation m,
1970)
Saint Thomas et
Ile du Prince 75 964 78 33 103,2 ...
SCnCgal 4 122 196192 21 42 91,6 28
Sey che Ile s 55 376 146 38 96,O ...
Sierra Leone 2 621 71740 37 43 98.4 15
Somalie 2 941 637657 5 46 ... 11
Souaziland 434 17363 25 49 ?1,4 E
Soudan 16 489 2505813 7 46 100,2 8
Tanzanie 13 996 945087 15 44 95,3 6
Tchad 3 791 1284000 3 44 90,3 8
Territoire britanique
de I’OcCan Indien 9
1 78 26 ... ... ...
Territoire français
des Afars et
des Issas 99 27000 5 37 96,O 65
Togo 2092 56000 37 44 91.9 10
Tunisie s 377 163610 33 45 98.6 25
Zaïre 22 860 2345409 10 44 94,4 13
Zambie 4 420 752614 6 44 96,O 24
Total 364000(3) 30320000 12(3) 44(3) 99,6(3) 62,1(33
I
sur le graphique 1. L’indice de concentration vaut le double de l’aire comprise entre la courbe e t la première
bissectrice : dans l’exemple considéré il vaut O,h?,.
el L ‘itrbanisatioii.
La définition de la population urbaine étant variable d’un pays à l’autre. on utilise pour les comparai-
sons internationnales un “seuil” de population qui peut être 5 000, 10 000. 70 000, 50 O00 ou 1 O00 000.
Outre le nombre d’agglomérations de plus de. . . habitants et la population totale vivant dans l’ensemble
de ces agglomérations, qui sont des nombres bruts, les indices utilisés pour donner une idée de I’état de
l’urbanisation sont le pourcentage de cette population par rapport à la population totale du pays, et le
nombre moyen d’habitants dans ces agglomérations.
Pour l’Afrique francophone. le seuil de 20 O00 est déji élevé puisque seulement 17 5 de la population
peut être considérée à ce titre comme urbanisée et encore les centres urbains de ?O O00 habitants en Afrique
sont souvent des gros bourgs ruraux ne présentant guère de caractère urbain. Ce pourcentage est i peu près
le même pour l’ensemble de l’Afrique.
-
I 19
TABLEAU 5 .
DISTRIBUTION DE LA POPULATION DE hiADrZGASCAR SELON
LA DENSITE,EN 1968
1 2,4 O,?
a 13,l 1,6
3 28,2 4,7
4 39,3 7,8
5 47,s 10,9
6 53,9 13,7
7 60,7 17,3
8 h5,8 20,5
9 h8,9 22,7
10 72,2 ?5,2
15 80,8 33,7
20 86,3 41,5
30 91,4 54,0
40 943 60,1
so Q6,3 66,5
60 97,6 72,1
70 %,4 76,8
80 98,8 79,6
90 99,2 81,9
1O0 99,4 83,4
150 99,7 8h,4
200 99.8 88,8
300 Q9,P 90,1
400 99,9 90,5
500 100,o 91,5
1 O00 100,o 100,0
I LEGENDE
. . f . .
Carta 2 - Carte de répartition de la population du GHANA par points ( 19t10)
Carte 3 - Carte des pyramides des âges de 15 pays d’Afrique Noire Francophone et de Madagascar
,
O 10 20 30 40 50 60 70 eo 100
pour les naissances ; de même les recensements administratifs de deux subdivisions administratives sembla-
bles doivent donner des repart itions voisines.
méthode de Chandra Sekar et Deming peut aussi être utilisée pour l’étude des effectifs, en classant ceux-ci
selon qu’ils ont été recensés par les deux sources, ou par l’une ou l’autre seulement.
5. L‘analyse externe
Indépendamment de ces méthodes classiques de 1:analyse démographique, il est intéressant d’essayer
d’analyser les données d’état à la lumière de renseignements extérieurs provenant d’autres disciplines ; les
possibilités sont dans ce domaine très nombreuses, et nous nous contenterons ici de mentionner quelques
pistes, destinées à replacer les situations démographiques dans leur contexte historique, climatique, géogra-
phique, économique, agronomique, sanitaire. . .
a) Z’histoire fournit de nombreux Cléments d‘explication des situations démographiques que connaît
l’Afrique actuelle. L’esclavage a vidé le continent puisque l’o: estime que “le transfert d’Africains vers
l’Amérique a coûté au continent noir une population approximative de 20 millions d’habitants’’ (8), et les
faibles densités observées actuellement encore en Afrique en résultent en partie. “Le royaume de kongo
avait deux millions d’habitants au XVIè siècle. Au moment de la conquête coloniale au terme de trois siècles
de traite négrière, la région n’avait pas le tiers de cette population. Elle n’a guère encore rattrapé le chiffre
du XVIè siècle. Le royaume florissant décrit par les portugais au XVIè siècle avait cédé la place au misérable
pays que Stanley et Brazza visiteront. On pourrait multiplier les exemples” (9).
La période coloniale modifia la répartition de la population .:regroupements le long des routes, trans-
ferts (pour de gros travaux comme la construction de voies ferrées), création de postes administratifs ...
b ) le climat - il est évident que le climat explique les faibles populations des zones désertiques, Ce
ne sont pas des créations artificielles comme Reggane ou les mines d’uranium de l’Aïr au Niger qui peuvent
modifier cette situation ;
c) Zugéogruphie explique elle aussi en partie la répartition de la population (zones arides, altitude, proxi-
mité de la mer, hydrologie. . .>;
d ) Z’économie -les facteurs économiques modifient les données d’état : les grandes plantations amènent
des changements dans les répartitions géographiques, ethniques, professionnelles des populations ; il en
est de même pour la création d’industries, de ports, le développement de l’infrastructure (voies ferrées,
routes. . .) ;
e ) les facteurs sanitaires peuvent aussi modifier la structure des populations : la lutte contre les grandes
endémies en abaissant la mortalité infantile modifie les répartitions par âge, de même que la propagation des
maladies vénériennes,en augmentant la stérilité.
Le programme de lutte contre l’onchocerchose dans les vallées des trois Voltas amènera le repeuple-
ment de ces vallées (par ailleurs riches de potentialités agricoles) et modifiera la répartition de la population
de la Haute Volta (et sans doute aussi les courants migratoires vers la côte).
Les éléments mentionnés ci-dessus ne sont que des exemples destinés à montrer la richesse des analyses
causales auxquelles doit conduire l’étude des données d’état d’une population, et pour lesquelles le démo-
graphe fera utilement appel à ses collègues des autres disciplines.
(8) Roussel (L), “Déplacements temporaires e t migrations”, p. 14, in “Afrique Moire, Madagascar, Comores, DB-
mographie comparée, DGRST, Paris, 1967.
(9) Samir Amin, “L’Afrique sous-peuplée”, Communication i la Conférence Africaine sur la population, Accra, 1971.
TABLEAU h.
15-19 93 5 -
7 1O 0 93 5 7
I 1O0
70-24 hl 33 h 1O 0 66 2Y 5 1O0
25-29 35 59 6 1O0 39 54 7 1O0
33-34 11 73 6 100 29 64 7 1O0
35-3Q 17 75 8 1o0 ’7 62 11 I ou
40-44 II 81 8 1O 0 ?O 6’) 11 1O0
45-49 7 84 9 1O 0 IS 71 14 1O0
50-54 7 84 9 1O 0 12 66 71 1O0
55-59 5 83 12 100 o 70 21 1O0
6044 3 84 13 1O0 h 85 c) 1O0
65-69 1
I 84 14 i no 3 69 28 1O0
70 et f 4 73 23 1O0 13 hO 21 1O0
Totd 25 67 9 1O 0 38 53 9 1O0
Lihreville
< 70 1O 0 63 31 0 1O0
20-24 1O 0 25 70 5 1 O0
25-29 52 42 6 1O 0 18 75 7 1 O0
30-34 34 56 10 1O 0 17 76 12 I O0
35-39 33 57 10 1O0 7 75 18 I O0
40-44 78 b2 10 1O 0 9 74 17 1O0
45-49 75 60 15 1O0 5 60 35 I O0
50 et + 18 68 14 1O0 3 77 70 I OQ
Total 46 45 0 1O 0 19 62 19 1O0
rapport aux précédents (et la pyramide ne cera alors pas fermde i son sonimet). L’on ieillera enfin à
respecter tin certain rapport entre la hauteur et la largeur de la pyramide tla largeur faisant entre 1 e t 1.5 fois
la Ilauteur) (graphique 3 tracé i partir des données du tableau h et graphique 4 trace a partir des données du
tableau en annexe 1.
Une pyramide peut être construite i partir de la &rie des effectifs absolus. ou bien i partir des nombres
proportionnels (effectifs ramenés i 1 O00 ou 10 000) ; cette seconde méthode est la plus utilisee, surtout si
l’on \eut comparer lec structurec par ige de deux populations d’effectifs différents. Si l’on étiidie I’dvolution
dans le temps de la pyramide des iges d’une population.dans le premier cas la superficie totale de la pyramide
evoluera (augmentera pour une population croicsante, diminuera pour une population dGcroissante). dans
le second cas, la wperficie restera constante et les modifications de structure seront mises en Ciidence.
11 convient bien entendu. dans le cecond cas. de rapporter chaque effectif par ige et par sexe au total
de la population (sexes r6unis 1. L’erreur, mivent commise. qui consiste i ripartir prnportionneIIenient
chaque sexe séparkment. anéantit le concept mZme de plraniide dec igec (tableau 61.
-
I 27
Graphique 2 - Répartition des populations du Gabon e t de Libreville selon le sexe, l’âge e t la situation matrimoniale.
L AIRES
De plus les pyramides des âges ne sont pas forcément rtgitlières du fait des perturbations qui ont frappé
certaines générations à certaines époques (guerres, famines, épidémies, mouvements migratoires. . .). De
plus elles ne sont pas symétriques du fait des différences des effectifs des naissances, des niveaux de mortalité
et des mouvements migratoires entre chaque sexe.
Par ailleurs. l'obsenration des pyramides des iges des pays africains est cntnchée d'erreirrs qui leur donne
une allure perturb&.
TABLEAU 7.
EXEMPLE DE REPARTITION PAR GROUPES D'AGES INEGAUX (POPUL.ATION DU CONGO, 1Y60-1961)
AGE
Sexe masculin
;'L
60
Sexe Féminin
45
30
21
I
30 20 io 0 TO 20 30
Effectifs en milliers par tranche de 3 annhes d'âge
I 29 -
TABLEAU 8.
REPARTITION PAR SEXE ET PAR AGE DE LA POPULATION DE L’ALGERIE (1966)
Répartition propor-
Répartition proportionnelle
Effectifs absolus (Milliers) tionnelle de chaque
%o
sexe ?ho
La pyramide des âges est un instrument privilégié de l’étude de la qualité des données, car la répartition
par sexe et par âge d’une population obéit à certaines règles, alors qu’il est plus difficile d’analyser de façon
critique une répartition par ethnie ou par niveau d’instruction.
Pour préciser ces trois points, nous allons examiner les facteurs influençant les formes des pyramides :
a) l’allure ghztrale d’une pyramide est fonction de la mortalité, de la fécondité et des mouvements
migratoires. Le graphique 6 donne quelques pyramides stables correspondant à des positions extrêmes de
mortalité et de fécondité ; elles montrent en particulier l’influence prépondérante de la fécondité dans
l’allure de la pyramide. La conjugaison de ces facteurs et leur évolution au cours du temps (essentiellement
pour la fécondité) peuvent amener des formes de pyramides très diverses, comme en témoigne en particulier
I’évolution de la pyramide de la France (graphique 7).
Le vieillissement est l’augmentation de la proportion de “vieux” (et corrélativement la diminution de
la proportion de “jeunes”) ; il est dû essentiellement à une baisse de la fécondité (une baisse de la mortalité
concernant généralement tous les âges) et ses effets sont très importants sur le plan économique, politique,
social.
Quant aux mouvements migratoires, ils influent sur la forme de la pyramide essentiellement dans la
mesure ofi ils affectent surtout les personnes de sexe masculin et d’âge actif.
b) les irrégularités dues des facteurs historiques : il s’agit comme indiqué plus haut de phénomènes
ayant touché à une époque donnée certaines générations. L’exemple typique est celui des guerres entraînant :
des décès chez les hommes mobilisés et aussi dans le reste de la pomlation (bombardements), un déficit
des naissances durant la guerre (séparation des couples), une récupération des naissances immédiatement
après la €in des hostilités, et une génération plus tard perturbations secondaires (déficit de naissances, plus
Graphique 4 - Pyramide des &es de l’Algérie ( 1 Qhh)
.55
.50
- 45
.40
.35
. 30
25
.20
..I5
.I O
‘ 5
A
90 80 70 60 50 40 30 20 10 O 10 20 30 40 50 60 70 80 90
EffectiFs ( e n %O d e l’ensemble)
étal6 dans le temps, di1 au moindre effectif des personnes en 5ge de procr5er). On retrouve ces irrCgul3ritt;s
sur les pyramides actuelles des pays touchés par les deux guerres mondiales.
c 1 les dijbrmariorzs dues uiix erreurs tT’ohscnwrion : elles peuvent avoir plusieurs causes :
- omissions (de jeunes enfants, de vieillards. de personnes vivant isolement. . .I
- doubles comptes (d‘hommes polygames, de personnes en déplacement. . .)
- déclaration erronée de sexe (rare)
- déclaration erronee d’&e : c’est l’erreur Ia plus fréquente qui a été longuement analysée par ailleurs
(11 ). L’attraction ou la rGpulsion de certains iges entraine des pyramides tracees ann& par année très per-
turbées. mais n’entache que lPgkrement l’allure générale de la pyramide. Par contre le rajeunissement ou
le vieillissement systématique de personnes de certains groupes d‘rige en traine des diformations importante<
de cette ripartitinn.
-
I 31
I )5
80
SEXE MASCULIN
6
i5
50
SEXE FEMININ
i5
10
35
30
20
15
10
L
5
J
I
I
1 :
200 100 (*i**) 100 200
Les pyramides des áges observées en Afrique sont généralement perturbées. C’est ainsi que l’analyse
des pyramides des pays d’Afrique noire francophone et de Madagascar incite à classer ces pays en deux
groupes (1 1) (graphique 8) :
--
(11) Vou notamment F. Gendreau e t R. Nadot, 1967;. “Afrique Noire, Madagascar, Comores, Démographie comparée :
Structures par âge actuelles et futures”, DGRST, Paris, 1967.
-
I 32
Graphique b - Exemples de pyramides stables (Modèle Nord des tables de Coale et Demen)-)
NIVEAU 23
TBR=1
NIVEAU 1
TBR= 5
m f
Uo ~ 1 7 5 5 @o =20
I I
-
I 33
a) le premier relatif aux pays de l’ancienne AOF, Graphique 7 - Evolution de la pyramide des âges
de la France
au Togo, au Tchad, au Cameroun et à Madagascar est
caractérisé par :
- une base 0-9 ans très large (34 % de la popula- I I I Aae I I I
tion),
- une discontinuité très nette ?10
i ans,
TABLEAU 9.
EVOLUTION DE LA STRUCTURE PAR AGE
DE LA POPULATION FRANCAISE
Effectifs
Groupes d’dge
1775
20-59
11901 I
,-&F
60 e t 4-
Total 100,o
1851
SEXE
:A
;‘‘.S
.. ,, SEXE FEMININ
20-59
60 e t
~~
+
Total 100,o
1901 - I I
19
20-59
60 et + S3XE
Total 100,o
1946
20-59
60 et +
Total 100,o -
1967
I$
57 I A%-
~ A S C U L ~ t-4J-i
~J
II
SEXE FEMININ
I I
20-59
60 et +
Total 100,o
b ) le deuxième groupe, qui comprend le Congo, le Gabon et Centrafrique. trois pays aux pyramides
perturbées mais d’allure générale voisine, est caractérisé par :
- une base 0-9 ans beaucoup moins large,
- un groupe 10-14 ans intermédiaire,
- une discontinuité à 15 ans,
- un “creux” à 15-19 ans pour les deux sexes,
- un maximum à 3 - 3 9 ans pour les deux sexes, mais beaucoup plus marqué pour le sexe féminin,
- une décroissance régulière ensuite.
L’étude de ces structures amène la plupart des auteurs à émettre l’hypothèse de fortes erreurs sur les
âges et donc à “redresser” ces pyramides selon certains modèles.
TABLEAU 10.
\I PAR SESE ET PAR AGE EN 1‘ I DE 15 PAYS D’AFRIQUE NOI : FRANCOPIIONE ET DE MADAGASCAR.
Groupe 1 (1) Groupe 2 (2) Ensemble
Rapport de
S.M. S. F. Ensemble s. M. S. F. Ensemble S.M. s. F. Ensemhle masculinité
-
92 92 184 19 81 160 91 91 182 1O0
5 -q 83 76 159 72 70 142 Y2 76 158 109
10-14 41 38 s5 48 39 87 41 38 85 124
15-19 31 40 77 26 28 54 36 39 15 92
20-24 33 47 80 78 42 10 3’ 47 19 69
25-29 38 50 8s 36 52 88 38 50 88 15
30-34 30 33 61 33 50 83 31 38 69 80
35-39 31 34 65 38 50 88 32 35 67 90
40-44 23 24 47 33 38 71 24 24 48 98
45-49 23 21 44 30 28 58 73 22 45 108
50-54 16 14 30 18 1s 36 16 14 30 111
55-59 13 1’ 25 13 12 25 13 12 25 114
60-64 9 8 17 10 10 10 9 8 17 113
65-69 7 6 13 4 4 8 7 6 I-? 115
1 0 et 3- 10 9 19 5 5 10 10 9 19 111
(121 Henry (L.1, 1948, “La masculinité par ãge dans les recensements”, Population, ns 1, pp. 93 - 114.
I - 35
35
30
25
20
15
90 80 70 60 50 40 30 20 10 O 10 20 30 40 50 60 70 EO 90
-
GROUPE 2 ( CONGO . GABON. CENTRAFRIQUE. )
J1
SEXE MASCULIN ,ii 50
45
40
SEXE FEMININ
35
30
25
20
15
I 10 I
5 I I
80 ?U 60 SO 40 30 20 10 O 10 20 30 40 50 60 70
I - 36
- masculinité nettement supérieure à 104 5%. ou inférieure à 100 7; dans le groupe 0-4 ans,
- pointe très marquée de la masculinité dans le groupe 10-14 ans,
- forme en S couché de la courbe entre IS ans et la fin de la vie,
- dents de scie.
il y a lieu de suspecter la qualité des recensements. soit pour la fraction de la population où ces particu-
larites apparaissent, soit pour l’ensemble de la population”.
Or les courbes des rapports de masculinité observés en Afrique présentent souvent ces particularités.
Sur le graphique 9 on a porté la courbe d’ensemble relative a 15 pays d’Afrique francophone et a hradagascar,
qui présente la plupart des irrégularités signalées par L. Henry, notamment un maximum très marqué à
10-14 ans, et un minimum lui aussi très marqué à 20-14 ans. Les courbes relatives à chacun des pays s’ecartent
plus ou moins de la courbe d’ensemble.
Graphique 9 - Rapports de masculinité par ige de 15 pays d’Afrique Noire francophone e t de Madagascar
Hommes
pour 100
femmes
130-
12c.
110.
400.
90.
80 -
7c.
-
O 40 20 30 40 50 60 70 Age
Source : Afrique Noire. Madagascar, Comores. démographie compar&.
( 13) Ce point n’est traité ici que pour mémoire : le lecteur intCressC pourra se réfkrer B la ‘e partie de ce manuel
“Ajustement de donnees imparfaites” par R. Clairin.
-
I 37
- un même pays à des dates différentes (par exemple pour mesurer l’amélioration des déclarations
d’âge au cours de recensements successifs),
- différents pays,
- différentes sous-populations d’un même pays : hommes et femmes, milieux urbain et rural.
b) A l’aide du couplage des données des différents passages d’une enquête passages répktés, on peut
étudier la qualité des déclarations d’âge en fonction de différents critères (sexe, instruction, type d’habitat. . .)
et de l’âge lui-même (14). On peut en effet pour chaque catégorie de population calculer :
- la proportion des déclarations identiques de dates de naissances aux différents passages,
- la dimension de l’erreur commise en cas d’erreur (moyenne et variance) ;
c) Si l‘on ne dispose que de la répartition par groupe d’âges :
Les rapports de groupes d’âges sont les rapports, multipliés par 100,de l’effectif des groupes d‘âges
la moyenne des effectifs des deux groupes d’âges encadrants. On calcule ces rapports séparément pour chaque
sexe. On peut aussi calculer les rapports de masculinité pour chaque groupe d’âges. On dispose alors de trois
séries, à partir desquelles on peut calculer l’indice combiné des Nations Unies (1 5).
5/ Ajustement et interpolation
Dans ce paragraphe, ne seront examinés que les procédés d’ajustement mécanique, et non les modèles
thgoriques permettant sous certaines hypothèses de rectifier les répartitions observées, étudiées ailleurs (1.5).
I1 s’agit là simplement de l’utilisation des moyennes mobiles : moyenne arithmétique sur 3 ou 5 ans
pour les données par année d’âge, moyennes pondérées pour les données par groupes d’âges quinquennaux.
Les Nations Unies préconisent la formule suivante :
- 1
Ni -
16
(-Ni--2 + 4Ni-1 + 10 Ni + 4Ni+, - N i + 2 )
1
- A4Ni
h
qui peut s’écrire Ni = Ni -
16
où A4Ni est la différence finie d’ordre 4 :
A4Ni = Ni-, - 4Ni-l + 6Ni - 4Ni+ + Ni+2
Enfin l’analyste qui ne dispose que des répartitions par groipes d’âges a parfois besoin de reconstituer
une distribution plus fine. I1 n’existe évidemment aucune méthode miracle en ce domaine. On peut cepen-
dant proposer quelques procédés.
Pour passer de groupes décennaux Ni à des groupes quinquennaux nli et nZi,on utilise les formules
n2i = -1 [ N i 1 +N,,,)]
2
Dans les cas plus compliqués, on fait l’hypothèse que la distribution à l’intérieur de chaque groupe est
linéaire.
Si l’on veut enfin passer de groupes d’âges quinquennaux aux groupes par année d’âge, l’on utilise les
coefficients de Sprague qui permettent d’obtenir l’effectif d‘une année d’âge x à partir des effectifs des
groupes d’âges quinquennaux encadrant le groupe quinquennal contenant l’âge x.
-
(14) “Les enquêtes démographiques B passages répétés Application à l’Afrique d’expression française et ?
Madagascar
i -
Méthodologie”, 1971, ORSTOM - INSEE - INED, Paris, p. 231.
(1 5) Vou R. Clairin, op. cité.
I - 38
CONCLUSI ON
Nous terminerons ce rapide survol des problèmes posés par l’analyse des données individuelles d’état
en formulant quelques recommandations :
I / Le point a été traite d’une façon très générale. car les possibilités d’analyses sont multiples et
dépendent de nombreux facteurs :
- type de renseignement recueilli,
- milieu géographique et humain enqueté,
- nature de l’opération de collecte,
- objectifs de cette opération.
II est donc nécessaire que chaque operation particulière mette l’accent sur les problèmes pour lesquels
elle a été conçue. en choisissant dans l’&ventail des possibilités décrites ci-dessus celles qui semblent le plus
adaptées.
21 L’analyse qui représente chronologiqtienient le dernier stade d’une opération (après la collecte et
l’exploitation) doit cependant être prévue dès la conception de l’opération : les questions posées, les concepts
utilisés, les instructions aux enquêteurs, les modalités de reponses, les codes de dépouillement. les tableaux,
doivent ëtre définis en fonction des objectifs que l’on s’est fixés et de l‘analyse que l’on compte effectuer.
31 Les résultdts publies doivent toujours comprendre les rCsultats bruts t avant ajustement) a ~ e toute
c
la précision possible. Si les résultats s’avèrent trop lourds dans le rapport d‘enquéte. il faut les reporter en
annexe. híais il est souhaitable que l’utilisateur puisse :
a ) refaire tous les calculs cités dans le rapport 1 l’aide des données de base ;
b ) éientuellement se livrer lui-même i des analyses complémentaires.
4,’ I1 est important que les rapports donnent une idee de la précision des résultats d‘une part en cas
d’opération par sondage en fournissant tous les élCnients du plan de sondage et en calculant la variance
des principales estimations. d’autre part en décrivant les Problemes rencontres tout au long de I’opi.ration,
depuis la collecte jusqu’au dépouillement. susceptibles d‘amoindrir la qualité de certains résultats.
5: Enfin les responsables doivent tout mettre en oeuvre pour réduire au minimum les délais de puhlica-
tion des résultats : il s’est écoulé parfois près d’une décennie entre les opérations de collecte et la parution
du rapport dans certaines enquëtes réalisees en Afrique. hI&mesi ce défaut n’est pas propre au continent il est
é\ident qu’un tel delai enlPve beaucoup de l‘intérêt de l’opération.
BIBLIOGRAPHIE
“Pt~r.~pcctiivs d’t;idiitioii 1970-1 YS-ï. Popirlution irrhaiìie et rirrtrlc“. juillet 1971). SEAE, Pxis. 2 tomes
“Re((~i1iriiuiid~tioiis njricuiiics coiiccriimt IL‘S rt’ceiisii~iit’iitsde lu popzrldtioii prii71is polir I Y ?U”. Avril 1968,
Commission Economique pour l’,Afrique. Addis-A beba
BL.-\NC ( R 1. “.lltourt.l dt Y L ‘ C I I I ‘ ~ C ~ / ~Jhoqwphiytrc
F t w p i y s ~ c ~ i w - d ~ ) ~ t ~ l PUF.
o p / 7 ~1%2,
~ ” Paris, 226 p
I - 39
BRASS (W.) et coll., “The demography of Tropical Africa”, 1968, Princeton University Press, 539 p
CROZE (M,),“Cours de démographie. Tome I”, 1965, INSEE, Paris
HENRY (L.), “La masculinité par âge dans les recensements”, Population, 3e année, no 1, 1948, Paris,
pp. 93-114
HENRY (L.), “Dkmographie - Analyse e t Modèles’’, Larousse, 1972, Paris, 341 p.
HUGON (P.), “Dkmographie”, Précis Dalloz, 197 1, Paris, 337 p
PRESSAT (R.) “L’analyse démographique”’, P.U.F. 1969, Paris, 32 p.
Les Données collectives
par Bernard LACOMBE
SOMMAIRE
Pages
A.Champ de Sétude
.
I Données collectives et données individuelles ................................... 43
II. Données collectives et pratique ................. i . . . . . . . . . . . . . . .
de la collecte ‘44
111. Critères et définitions ..................................................... ‘45
1. La famille ............................................................ 45
. 2 . La famille et le ménage .................................................. 46
3 . Le ménage ............................................................. 46
.Tableau. Dimension moyenne des ménages et répartition des ménages selon la dimension . . . . . 47
Cartes. Pays Mossi-Migrations rurales externes .
1. Répartition des unités de sondage., .................................
. . .
:. . . . . 56
2. Nombre de familles émigrées (1971-73) pour 100 familles présentes en 1961 selon
la strate ............................................................. 57
3 . Nombre de familles émigrées (1961-73) pour 100 familles présentes. selon le point de
sondage. ............................................................ 58
Les Données collectives
A. CHAMP DE L‘ETUDE
Parler de données d’état, c’est généralement penser aux seules données individuelles. Les données
collectives sont par contre omises. Ou bien elles font partie d’autres analyses démographiques : les données
sur la fécondité en sont un exemple ; ou bien elles sont obtenues en rapprochant les informations indivi-
duelles. Par exemple, les informations sur la taille des ménages s’obtiennent aisément en répartissant les
individus selon qu’ils sont chefs de ménage ou non : c’est l’étude de la population des ménages qui est
faite, pas l’étude des ménages mêmes. Plus rarement, les données collectives font l’objet d’analyses par-
ticulières et donc en fait d’exploitations particulières : seules les données sur la nuptialité (oh l’unité est
alors le mariage) couplent les informations sur les conjoints dans la même unité statistique. Le vocable
“données collectives” a donc le sens de statistiques des unités collectives relevées lors des travaux d’enquêtes
et de recensements. Mais ces unités peuvent être de plusieurs types et seules certaines peuvent être traitées
par la seule démographie. Dans une telle optique, la question de leur définition devient majeure pour l’ana-
lyse des données collectives : elle sera donc abordée préalablement ; ensuite, seront exposés quelques cas
d’analyse que fournit la littérature démographique : nous pensons ainsi mieux rendre compte d’un champ
d’investigation actuellement restreint mais qui l’évolution ultérieure de notre discipline promet des déve-
loppements. N’oublions pas qu’en France, ce n’est que depuis 1946 qu’on étudie le ménage en démographie
pour répondre aux besoins de l’analyse de la consommation et du calcul de revenu national (M. Croze -
1965 : 85).
Comme toute discipline statistique, la démographie observe un ensemble statistique défini dans le
temps et dans l’espace, en relevant et analysant les caractéristiques qualitatives et quantitatives des unités
statistiques qui le constituent.
D’après leur nature, les unités statistiques peuvent être classées en unités abstraites et en unités
concrètes. De même, elles peuvent être classées en unités simples et en unités collectives.
Le tableau suivant donne des exemples de ces unités en démographie :
L‘analyse démographique privilégie l’étude des collections d’unités simples (individus, événements)
et n’aborde que très peu, et par incidence, l’étude d’ensembles plus complexes sauf après réduction à des
concepts plus simples comme il en est fait pour les analyses de la nuptialité et de la fécondité.
Ceci tient à 3 raisons essentielles :
- aux particularités de la démographie historiquement constituée d’une certaine manière en tant que
discipline scientifique. Comme toutes les autres sciences. la démographie a décomposé le réel en unités
de plus en plus simples pour les étudier : c’est l’analyse démographique, noyau de la démographie ;
- aux difficultés inhérentes à l’étude des ensembles pour lesquels les outils commencent seulement
à étre forgés. Etudier un Clément est relativement aisé quand on l’isole des autres avec lesquels il est en
interaction, étudier plusieurs Cléments en interaction et leurs relations pose des problèmes autrement ardus :
on change d’échelle et les moyens en informatique ne remplacent pas le manque de théorie :
- au fait que l’analyse de nombre d’unités statistiques collectives ressort plus à l’analyse socio-
économique qu’A la seule analyse démographique. Nous verrons plus loin que la seule définition de ces
unités fait appel à des notions très largement extérieures h l’analyse démographique : critères de parenté,
d’alliance, spatial, économique. . . Ce qui ne permet pas B un démographe d’exploiter ces données en toute
tranquillité d’esprit : l’incompétence le guette.
Ceci d’une part explique que d’une manière générale, en ddmographie, les unités statistiques complexes
que l’on étudie soient essentiellement des unités concrètes et d’autre part reflète les difficultés que connais-
sent l’observation et l’analyse démographiques.
Cependant, quoique des disciplines scientifiques connexes comme la géographie, la sociologie. l’éco-
nomie.. . abordent l’étude des unités collectives dans une problèmatique statistique. il ne faut pas sous-
estimer l’apport qu’un démographe, maître d’euvre de travaux spécifiques en matière de population, peut
apporter.
Pour ses besoins propres. la démographie est amenée à collecter des données non pas seulement sur
.
les individus. mais sur des collectifs : ménages, habitations, hameaux, villages. quartiers. . . assortis en
géniral de travaux cartographiques d’éChelles variables aux différents niveaux géographiques de l’inves-
tigation. Aux pages 39-48 de la premikre partie de ce manuel (1 ), l’on trouvera des exemples de ces schémas
cartographiques qu’utilisent les enquëtes et recensements. De même si l’on prend un exemple parmi d’autres.
le recensement du Maroc (voir page 74 de ce mëme ouvrage) donne dans la première page du questionnaire
des ménages les questions spicifiques poskes au logement-ménages avant de passer en revue les membres-
habitants.
Pourtant, tous ces documents ne sont pas li exploiter : en effet. certains découpages de l’aire d’enquête
n’ont aucune correspondance administrative, socio-iconomique ou politique : leur seul usage est de faci-
liter la réalisation du travail d’enquête et d’en permettre le contr6le. C’est le cas des zones naturelles. de-
finies empiriquement dans les travaux de terrain. Le Alunitt.1 dir Supcrviww du Recensement de Tunisie de
1975 expose le problcme ainsi :
“Un des proctdés méthodologiciires adoptis pour fuciliter le Jtiroinbreiiient J’uir secteur est le dicou-
puge de soi1 territoire en u i i certuiii iiombre de fructioiis plus petites. &iioiiiimk~ ‘bones iiaturelles ”.
Lu quulification de ‘huturelle tieiit uu fuit que les zoiies miit sipurt;es l’une cit. 1 h t r e par des liriiites
”
gdogrupkiques comues coniine oued, chuîne de inoiitugiies, chotts. ou des voies de coi?iniiiiiicutioii
connues :route. piste, voie ferrée”.
Malgré l’intérêt qu’elle peut présenter sur le plan méthodologique, cette “zone naturelle” de par ses
criteres de définition n’est pas soumise A l’analyse dgmographique.
I1 faut dire également que tous les renseignements collectés ne ressortent pas d l’analyse démogra-
phique : la premikre partie de cet ouvrage présente un excellent exemple : celui des fichiers de villages (’7) ;
con auteur. H.Viennet. propose le recueil de données diverses dont très peu sont démographiques. Notons
( 1 ) Sources et analyse des données démographiques. INED, INSEE, ORSTOhl, SEAE, 1973.
( 2 ) Op. cit. pp. 235-254.
I - 45
aussi que dans l’ouvrage de synthèse des enquêtes par sondage en Afrique, H. Raulin (1967 : 13-40) abordant
le même sujet, ne parle pratiquement pas de cette question en se centrant sur l’analyse des unités collec-
tives comme le ménage, la concession, la famille (au sens sociologique du terme), toutes choses fondamen-
tales pour la sociologie et l’anthropologie. La démographie carrefour statistique de nombreuses disciplines
de sciences humaines, ne peut cependant satisfaire toutes les demandes qui lui sont faites par les sciences
connexes.
3. Critères et définitions
Le démographe se trouve donc confronté à un important travail de définition qui satisfasse à deux
cojditions :
- les critères doivent être opérationnels pour les travaux de terrain ;
- les critères doivent cerner la réalité sociale (économique et administrative au sens large).
‘Xes études démographiques et statistiques peuvent permettre de préciser quantitativement et sys-
téniatiquement un certain aspect des structures sociales. Il convient pour cela qu’elles disposent
d’outils ”.
H. RAULIN (1967 : VIII, 15)
Or, la définition de ces outils échappe en grande partie au travail du démographe dont le vrai pro-
blème est de faire de l’aussi bonne démographie qu’il peut en faire et non n’importe quoi dont il sera le
seul à penser, avec quelques esprits curieux et incompétents, que c’est de la sociologie ou autre chose.
Cette question n’éChappe pas à un récent groupe de travail qui conclut ainsi quant aux données col-
lectives sur les ménages :
“Mènage ; Cette notion soulève en fait le problème des divers groupements (concession, famille, mé-
nage. . .) au sein desquels se déroule la vie de chacun, et du classement d l’intérieur de chacun de ces
groupements de ses différents membres (ménages dans la concession, individus dans le ménage) ;il a été
recommandé de procéder au recensement simultané des divers groupes collectifs avec indication précise
des liens existant entre chacun d’eux, quitte d ne retenir lors de l’exploitation que les données jugées
prioritaires”.
R. BLANC (1 974 : 5)
Essentiellement, c’est avec les unités collectives en rapport avec la réalité sociale, socio-économique
et biologique que le démographe se trouve confronté ; et c’est donc la famille-ménage qui est l’unité col-
lective fondamentale dont il peut traiter actuellement.
1. La famille
La famille est une réalité qui peut être saisie de -manière très différente selon la discipline.
La famille est définie par la parenté, et celle-ci par l’alliance et la filiation. Mais on peut la définir
par des critères uniquement économiques et c’est alors la notion de ménage qui l’emporte. Chaque disci-
pline va privilégier l’un de ces aspects.
L‘anthropologie culturelle a depuis ses premiers fondateurs noté que la parenté peut être réelle (bio-
logique, étroite ou large) et déterminable ou purement mythique et tout aussi importante et déterminable
socialement. Les personnes d’une même société se relient entre elles selon des règles de parenté d’une grande
variabilité culturelle (Fox R. 1972) tant et si bien qu’d la limite certains groupes peuvent considérer la
parenté comme uniquement unilinéaire et ne voient aucun empêchement “théorique” au mariage d’un
fils avec sa mère et d’une fille avec son père selon que la parenté est exclusive du côté paternel ou maternel
(Leach E.R. 1968). Ces considérations sur la parenté sont d’autant plus importantes que le modèle social
de très nombreuses sociétés est le modèle familial : c’est sur lui que se calquent toutes les autres relations
sociales.
I - 16
La génétique tente au contraire de ne pas saisir la parenté sociale et se centre sur les seuls liens biolo-
giques entre individus. Ceux qui ont relevé des généalogies ascendantes, seules possibles en Afrique. savent
toute la difficulté de trier au sens propre du terme, l’information biologique de l’information sociale (éli-
mination des liens d’adoption en particulier ).
L’Cconomiste lui, se centrera sur les liens économiques entre les individus vivant ensemble sous le
même toit : la notion de ménage supplante actuellement les autres notions fondCes sur les relations so-
ciales. Le développement de la société moderne et I’atomisation sociale qui la caractérise masquent
d’ailleurs certains phénomènes économiques et sociaux profonds (une enquete avait noté qu’en Angleterre
les relations entre générations se maintenaient par l’intermédiaire des femmes : les filles célibataires ou
mariées habitaient près de leur mère et ceci non aléatoirement).
La dimographie, dans ce foisonnement d’appréhensions de la réalité collective, choisit l’option éco-
nomique comme base de ses travaux de terrain (famille-ménage) et une option demi-gCnétique en ne prenant
que les enfants des femmes : la descendance d’un homme n’intéressant pour l’instant que peu pour des
raisons théoriques et pratiques (complexit6 du phénomène et difficulté de son relevé ).
2. La famille et le ménage
Le démographe ne conserve donc que certains critères dans lesquels les relations économiques et
l’habitat. l’alliance et la filiation réelles sont des elements essentiels.
“La funiille desigrie iiri eriserrible de persorirics constitiit; des purerits et des erifurits, coiripris le,\ cus
ozì il I I 11) u pus d’erijiuiits et ceux ozì le coi@ pareutal est rPdiiit ù ime sciilc permiire pur niptiire de
l’iuiiori, pur lu mort QU pur divorce. Mêrne uirmi, plusieurs déjÏnitiorw writ Ù cnrisidércr ;Ir furriille,
uii sem stutistiqtie peut ètre coristituée :
I . - des purcrits et de tous les eiijunts HCS vivants,
2. - des parents et des enfurits siinjivurits,
3. -- des purerits et des epijaizts Q charge,
4. - des parerzts ct des eriforits viwiit u11foyer. ”
L. HENRY (1967)
La première définition renvoie h 1’6tude de la fecondité, la seconde en dépend mais rejoint la question
des statistiques d’etat. la troisième devient plus socio-économique que démographique et dépend 4 la fois
d’un état de fait et de la legislation en vigueur. la quatrième a des rapports très Ctroits avec la statistique
des mhages et des logements. C’est essentiellement par les recensements que ces donnltes sont obtenues,
(Deville. J.C. 1972) mais aussi c’est par la reconstitution des familles (par enquête ou exploitation d’Ctat
civil) de populations relativement fermées que l’on peut les réaliser (Fleury M. et Henry L. 1965).
Les deux premicres &finitions sont relatives i ce que In démographie dCsigne sous le vocable d’itude
de la fécondité, h laquelle un chapitre de ce manuel est consacré et qui est hors de notre propos. Mais les
secondes sont de notre ressort. encore que le critère biologique s’efface tout en continuant d’exister (car
il est partie intCgrante des définitions de ces unitCs collectives) devant les liens sociologiques et écono-
miques entre les personnes (parents i charge, personnes hébergées. . .) : il s’agit du ménage.
3. Le ménage
“II importe de rappeltir ici que lu riotioii mtrrie de mhiuge est forc6riierit inexacte dans prc’A ‘ql i e t O l l t € S
les corrirmiiuictés ufricuiries”.
ONUICEA. 1971 : 64
Cet avertissement ne doit pas être oublié. cependant un document de cette meme Commission Eco-
nomique pour l’Afrique tente d’approcher le phénomène en un tableau que nous reproduisons ici et tente
des comparaisons malgré l’hétérogénéité intrins&que des définitions utilisées dans les différentes enquêtes.
ce qui n’échappe pas aux auteurs qui remarquent :
DIMENSION hlOYENNES DES MENAGES ORDINAIRES ET REPARTITION DES MENAGES SELON LA DIMENSION
kfrique du Nord
Libye
Maroc
Soudan
République arabe unie
kfrique de l’Ouest
I
innée
1964
359-60
1956
1960
Importance
moyenne
des ménager pers.
-l-t-l-
6,O
2;4
5,3
7,8
I
1 14,6
10,8
13,3
11,7
’
I
I 15,9
13,2
14,7
13,6
l
I
Proportions de ménages d e . . .(%)
16,O
14,9
15,8
14,6
v
14,5
14,3
14,9
14,4
I
1 11,8
13,l
12,O
12,5
I
pers. 3 pers. 4pers. 5 pers. 6 pers. 7 pers. 8 pers. 9 pers.
1 8,6
10,8
827
9.5
v 10 pers.
5,5
7,8
5,9
6,4
I
I 3,2
et plus
Source : Document ONU/CEA, 1968-66 d’aprés : Annuaire. démographique Nations Unies, 1955,1962 ;documents nationaux.
(1 ) Pour Bongonanou seulement
(2) Pour Lagos seulement
(3) Pour la population non autochtone seulement
(4) Population africaine seulement, province du Nord non comprise. L’importance moyenne est indiqué pour les ménages des zones urbaines
et rurales mais les pourcentages ne se rapportent qu’aux ménages urbains
(5) Chiffres basés sur une enquête par sondage effectuée dans dix villes du Nord
(6) Pour les zones urbaines seulement
(7) Non compris le district de Karamoja.
“Si l’on se fonde sur les moyennes étublies pour les quelques zones urbuines mentiorindes, on est tenté
d’admettre que lu dimension m o j m n e des niénages est plus réduite duns les zones urbuines que dum
les zoïies rurales. Celu tient nuturellenrent J lu forte proportion de ménages d’une seule personne qui
existe en milieu urbain : 36 7. des ménages iì Zuizzibur, 23 5% et1 Soinalie et 22 % uu Kenya. . . La pro-
portion lu plus faible est enregistrée au Muli (0.1 %) et au Maroc (2,4 %). ’’
ONU/CEA, 1968 : 65
Car la réalité de la société considérée rend parfois ardue la comparabilité des résultats quoique les appa-
rences immédiates le permettent : on ne peut que douter que les chiffres cités parlent de la même chose.
Par exemple, le couple habitant chez les parents ne peut être appréhendé de manière identique à la ville
et A la campagne et la situation en Afrique est notoirement différente de celle de l’Europe. Et m&meen
Europe les études historiques ont montré la grande variabilité du phénomène (3).
Après cette longue mais nécessaire introduction, nous allons maintenant exposer la méthode et les
définitions de quelques études empiriques realisées sur le sujet, c’est-à-dire sur la famille et le ménage. comme
réalités socio-économiques, l’extension de cette notion ou son apparition dans I’étude des migrations. et
son utilisation dans les calculs perspectifs.
sociologie quantitative qu’à une analyse démographique véritable. A tout prendre, cette distinction est
d’importance relative.
Une autre étude s’est essayée également de cerner ces deux réalités dans le même pays. Recourant
à un ensemble de critères tant socio-économiques que démographiques, les auteurs (C. Bouquillon-J.
Vaugelade et al, 1972) donnent ainsi quatre types de familles discernables pour les Wolof du Sénégal :
- la famille restreinte (ménage biologique) ;
- la famille élargie (la précédente plus des apparentés) ;
- la grande famille (la précédente plus des hébergés non apparentés) ;
- les isolés.
Notons d’ailleurs qu’aux critères déjà signalés dans l’étude précédente, la définition des unités inclut
la conscience de groupe qu’ont les individus :
“Les membres de la famille se reconnaissent comment dépendants”.
(C. BOUQUILLON-J. VAUGELADE 1972 : 361)
D’ailleurs, c’est très souvent un critère de base : malgré sa subjectivité, il est toujour pris en compte
dans les enquêtes démographiques.
Une des statistiques les plus riches que nous ayons sur le sujet est produite par une exploitation exhaus-
tive particulière des familles du Recensement Général de la Population 1966 d’Algérie. Le rapport publié
(CNRES, 1966) est très complet et mérite ici d’être largement exposé.
La publication dont il est fait état ici. . .
“ne présente que les spécificités de l’exploitation des ménages et fa.milles”.
CNRES, 1966 : 4
Les autres données se trouvant dans les volumes parus sur l’exploitation Lcnormale’’du recensement.
Seuls les. ménages ordinaires (4) ont été pris en considération dans l’exploitation particulière qui pré-
voyait une fiche par ménage :
“Un ménage ordinaire est un groupe de personnes vivant dans le même logement, préparant (et pre-
nant en général) les principaux repas ensemble”.
CNRES, 1966 : 4
La taille du ménage va de 1 à n et parmi les membres du &age on peut trouver des personnes appa-
rentées ou non (domestiques, pensionnaires) au chef de ménage.
‘%ur l’exploitation des ménages et familles, le chef de ménage est le support de toutes les caracté-
ristiques retenues relatives au ménage et d sa famille propre, et le chef de famille est le support des
caractéristiques spécifiques de sa famille”.
CNRES, 1966 : 5
Le critère biologique a été pour l’exploitation du recensement algérien prédominant, au détriment
du critère économique : un fils actif vivant avec ses parents et frères et sœurs a été mis dans les ménages
et famille de ses parents : le chef de son ménage et de sa famille est son père (ou sa mère en cas d’absence
du père).
Les commentaires insistent sur les difficultés de définitions et de comparaison :
%’exploitation exhaustive a montré que la notion de chef de ménage ou de chef de famille n’a pas
toujours été très claire. En effet, il est difficile de distinguer le chef de ménage : celui qui a le plus
fort salaire ou celui qui décide de l’utilisation de l’argent, de celui que la coutume considère comme
la personne la plus âgée, auquel les autres membres doivent le respect et qui en réalité commande et
décide tout, au sein du ménage”.
CNRES, 1966 : 5
(4) Un ménage ordinaire se différencie des ménages collectifs des casernes, hôpitaux, pensionnats ..
Le recensement algérien finalement distingue 4 types de familles (biologiques) :
1. Couple avec enfants :
2. Couple sans enfant :
3. Père ou mère seul. avec enfants ;
4. Sans conjoint et sans enfant.
Le ménage. lui, a déjà été codifié automatiquement après la codification en ligne des familles de chaque
ménage ; 12 classes ont été ainsi déterminées. du “ménage ordinaire d’une personne” au “ménage ordinaire
de 3 familles ou plus, tous types avec ou sans personne(s1 hors famille”.
Les trois critères utilisés sont : le nombre de familles (1, 2. 3 et plus), le type de famille (1, 2, 3, le
type 4 est un menage ordinaire d’une personne), la présence ou l’absence de personnes hors famille (oui,
non).
Les caractéristiques finales retenues sont au nombre de 20 dont 4 sont relatives à la nature du groupe
ménage-famille, 2 sont relatives au nombre d’unités collectives de ce groupe, 7 au nombre de personnes
selon différents critères, 7 sont des caractéristiques du chef de ménage ou de famille. chef du groupe :
- type de groupe (ménage ou famille) ;
- type de ménage :
- type de famille ;
- dispersion de l’habitat.
- nombre de familles ;
- nombre de familles biologiques (type isolé exclu)
- nombre de personnes ;
- nombre de personnes actives rBelles :
- nombre de conjointes :
- nombre total d’enfants ;
- nombre d’enfants de moins de 15 ans ;
- nombre d’autres personnes parentes ;
- nombre de personnes non parentes.
- lien de parentê entre le chef de famille et le chef de ménage :
- sese, Bge et situation matrimoniale du chef :
- catégorie socio-professionnelle et branche d’activité tkonomique du chef.
L’abondance de l’information sur les familles en Alg6rie en 1966 est donc remarquable. L‘effort est
d’autant plus intéressant que ces données peuvent être comparées celles obtenues par le recensement
de 1946. Un tel suivi est rare semble-t-il dans les travaux démographiques africains pour les données col-
lectives.
‘Suivant que le déplacement concerne un ménage entier ou un seul individu du ménage on a distingué :
- la migration “niénage”;
- la migration ‘ïndividuelle”.
Lorsque dans un ménage composé de plusieurs noyaux un des noyaux (père, mère, enfants) quitte le
ménage pour aller s’installer ailleurs, on a considéré qu’il y a migration “ménage”. Par contre, lorsqu ’un
ménage est composé d’un seul individu et que ce dernier a migré, on considère que la nature de la
migration est “individuelle”.
Conceptuellement, on adoptera le principe suivant : la migration “ménage” a comme moteur la déci-
sion d’une personne : le chef de ménage ;les autres membres du ménage n’ont qu’un róle passifi La
réalité n’est certes pas aussi simple notamment au niveau de la décision, d’autres membres du ménage
(épouse, frères. . .I interviennent probablernent, mais nous prenons comme hypothèse qu’en dernier
ressort c’est le chef de ménage qui décide.
On a appelé migration volontaire la migration des chefs des ménages migrants et celle des migrants
individuels ;migration totale, la migration de l’ensemble des personnes qui se sont déplacées au cours
de la période d’observation.
On obtient ainsi les séries suivantes :
- la migration individuelle ;
- la migration “‘chef de ménage migrant’s ;
- la migration passive ou migration des autres membres des ménages migrants ;
- la migration volontaire qui est la somme de la migration individuelle et de la migration des
chefs de ménages migrants ;
- la migration totale”.
M. PICOUET - 1973 50
J. Vaugelade (ORSTOM, 1972) en était venu, en rapprochant les notions de “groupes de migrants”
et “caractère volontaire” de la migration, à considérer que la notion de groupe de migrants pouvait être
distendue dans le temps : une quelconque migration peut alors prendre le caractère “passif’ ce qui est
le cas d’une migration d’une femme et de ses enfants rejoignant l’époux et père.
En fait, signalait R. Blanc (communication personnelle, 1975) il y a d’assez nombreux cas suivant
que la migration dans un ménage, complexe ou non - c’est-à-dire composé ou non de noyaux familiaux -
affecte :
- l’ensemble des membres du ménage ;
- une partie seulement.
Et suivant que le chef du ménage fait ou non partie de la migration : le chef du groupe de migrants
peut être alors le chef de ménage ou une autre personne.
En définitive il proposait de retenir comme distinctions :
- le ménage complet migre ;
- certains membres du ménage, dont le chef, migrent ;
- certains membres du ménage, sans le chef, migrent ;
- la migration d’un isolé (migration complète d’un ménage de une personne).
Ces auteurs, parmi d’autres, en viennent ainsi à considérer la migration non plus tellement dans son
aspect individuel mais aussi dans son aspect collectif et donc à traiter les données sur les migrations comme
des données collectives.
Dans l’enquête Migration Mossi 1973, le motif retenu pour chaque migrant est celui du chef de son
groupe de migration ; pour distinguer le chef de migration des autres migrants, il leur a été attribué une
autre caractéristique à trois modalités (actif, passif simultané, passif ultérieur) (A. Quesnel, communi-
cation personnelle, 1975). Le vocable actif semble d‘ailleurs préférable à celui de volontaire.
Voici les résultats enregistrés par cette enquête (A. Quesnel et J. Vaugelade, Communication per-
sonnelle, 1975) :
La migration est :
Migrants Passive
‘4ctive Ensemble
simultanée ultérieure
Effectifs non pondérés
nombres absolus 12 399 4 309 960 17 668
nombres proportionnels
70 7-5 5 1DO
5 ’TI des migrants effectuent donc des migrations passives ultérieures. ce qui n’est pas nggligeable : en
effet, ces miwants sont en général classés dans des migrants “actifs” dont ils représenteraient dans le cas
précis 7 9 de l’effectif “actifs + passifs ultérieurs”.
La taille moyenne des groupes de migration ( 1 personne et plus) est de 1,43.
En mêlant en un seul groupe “passif’ les migrations passives simultanées et passives ultérieures l’on
obtient le tableau suivant des migrants en effectifs pondéres cette fois.
Les différents calculs qui vont être realises permettent des analyses que les seules statistiques indivi-
duelles habituellement fournies ne permettent pas : ainsi, les absents se difftirencient netternent des
Cmigrés. Pourtant. ce n’est pas une analyse de groupe qui est ici réalisée. c‘est les conclusions portces sur
la migration du groupe qui sont affectées i l’individu migrant. L’titude que nous allons examiner main-
tenant procède directement ,i i’étude du groupe de migrants.
Des articles. portant sur les statistiques du Sine-Saloum (SénCgal) peuvent ëtre signalés (ORSTOM.
1973 : 393-474), qui tentent de systématiser cette perspective. La notion J e base de l’analyse des
données collectives sur les migrations est celle de groupe de niigrants. dont l’effectif varie de 1 li n.
Une telle perspective amene à distinguer trois types de caractéristiques des groupes de migrants :
- composition et taille du groupe de migrants (la composition est centree sur les relations de
prirenté. de travail et d’origine géographique entre les membres du groupe) :
- caractéristiques de l‘individu moteur de la migration, le chef de groupe Ice qui permettra I’appro-
fondissement des mécanismes de la migration ) :
- caractéristiques des autres membres du groupe. sese et rige. . .
11 est donc distingué en fait : les migrants individuels ( i ) des migrants collectifs (ni) et les groupes
de migrants individuels (toujours i) des groupes de migrants collectifs (g).
Les relations suivantes sont ohtenues avec i , g et m :
-
I 53
Finalement l’on peut donc proposer pour l’analyse de la migration comme phénomène de groupe :
- l’effectif du groupe de migrants ;
- le caractère actif OU non de la migration de chaque migrant : cette autonomie dans la migration
fait donc intervenir en partie la notion de cause de migration pour les migrants accompagnant ;
- le caractère simultané ou différé de la migration des accompagnants par rapport à la migration
de leur chef de groupe.
On a alors 2 questions qui se posent : celle du groupe de 1 personne, et celle, si le groupe de’l personne
est à conserver, des mariées rejoignant le domicile conjugal. Leur effectif est suffisamment massif pour
incliner A les distinguer des autres migrants.
En conclusion. on peut remarquer que toutes les études empiriques rCalis6es prennent en considé-
ration :
- la taille des unités collectives :
- les relations entre les membres qui les composent :
-- les caractéristiques de l’individu déterminant du groupe qui est la personne dont se réclament les
autres membres de l’unité collective.
La sélectivité des réfirences presentees ici provient de la faiblesse du nombre d’analyses de ce type
qui ont été réalisées dans la littérature démographique ou assimilable. Dans la mesure oh la collecte ne
prévoit pas ce type de recherches et dans la mesure oÙ lors de l’exploitation il n’y est pas port6 attention.
elles restent malaisées. Cependant, avec l’introduction de plus en plus poussée de l’informatique dans l’ex-
ploitation des enquêtes. avec un fichier final apure et corrigi. il deviendra possible d’effectuer l’analyse
des données collectives à partir des données de recensement et d’enquête oÙ l’enregistrement des infor-
mations se fait individu par individu. ce qui donnera un intérêt nouveau à des analyses plus élaborées réa-
lisées par des exploitations particulières & partir des documents d’enquête ou par enquêtes spécifiques.
A ce point de notre exposé, nous pouvons donc affirmer la pertinence et I’interêt des données
collectives dans les analyses. niais peut-on aller plus loin compte-tenu des données disponibles ?
Les unitis collectives sont des concepts descriptifs qui font appel B la socio-économie pour exister :
un ménage est relatif i certaines coutumes sociales et à certaines conditions Cconomiques précises en
dehors desquelles il perd sa réalité (Michel A., 1970). Donc pour l’analyse des données collectives. il
est nécessaire de faire appel à d’autres mithodes que la classique analyse par tableaux croisés pour
aboutir des conclusions et obtenir une connaissance plus raffinée de cette réalite socio-démographique.
En effet. dès qu’interviennent un grand nombre de variables. l’analyse par tableaux croises se révèle
insuffisante. Deux mkthodes peuvent alors être proposées : le fichier-image et l’analyse factorielle.
I . Le fichier-image
Le fichier-image est tine méthode visuelle qui répond au besoin de nombreux chercheurs en sciences
sociales : ohtcnir un mode d’analyse qui ne compromette pas I’expGricnce intime acquise lors de la
collect c .
L’on peut trouver chez J. Bertin ( 1967 : 161 et sq.) la formalisation dc ce type d’essai. La IittCra-
ture anthropologique (ethnographie. géographicl présente désormais un grand nombre d’exemples :
pour notre propos un seul suffira.
Dans une étude i Madagascar sur lo Bassin d’Ambalavao. M. Portais 11974) a constitué un fichier-
image. il décrit la mGthode ainsi :
“Putir ii~inioire.rappelons que le fichier-imagc cht coilstittit; pur iiiie sCrie tle baiides J e curtoil t i ’1112e
ccrtuiiie bpuisscttr ( I Ù 3 1111111 siir lu trundic desquelles o11 porte tiiie st;ric di‘ridicutioris pur dcs truits
noirs de difft+eiitcs longtictirs.
C7iaqitc ni6nage est airisi repr&sentL;pur t m e fiche stir luquelle sont résii~iiéestoutes les ii~dicutioiis
([ire ~ o t i as f i ~ i i m i e soli
s qirestioiiiiuirc cï’ ’eiiyritte.
Les jïches solit emtrite uccolt;es les tines u i i ~uiitres selon 1111 clusrenterit choisi qiii pelit être pur
exemple : 1ügc &croissant des c.he$\ de rizPiiage, I’iniportarice de leur rizièrc. I’iniporturrce des ruw1iii.s
de.s i?ihages, etc. . .
”
Malgré tout son intérêt, ce mode de recherche reste limité. Sa problématique reste qualitative. Son
faible coût et la grande masse des variables manipulables relativement à la taille de l’échantillon sont cepen-
dant à prendre en compte dans les études restreintes.
2. L’analyse factorielle
L‘analyse factorielle a été utilisée pour analyser les unités villageoises dans une enquête multidisci-
plinaire (Equipe Collaborative. . . 1973) des fins de stratification. Les caractéristiques générales des vil-
lages ont été démographiques, socio-économiques et géographiques (proximité d’une route, nature des
sols, etc.. .). Cependant, l’on remarque aussitôt que vu la masse des données prises en compte, c’est
plutôt à un travail statistique qu’à un travail démographique que nous avons affaire. En effet, au niveau
villageois, les données démographiques sont d’un intérêt limité : 2 ou 3 indices sur la structure, le
mouvement naturel, le mouvement migratoire.. . et cela suffit, ce sont les données socio-économiques
qui sont fondamentales.
Une autre enquête (Migration Mcssi, 1973) montre tout. l’intérêt de ce type d’analyse. Elle s’est
fondée sur les travaux de J.P. Benzecri et Collaborateurs (1 973).
Reproduites avec l’aimable autorisation des auteurs, les trois cartes suivantes, représentent pour‘le
pays Mossi enquêté, le résultat d’une analyse factorielle des villages : la première fournit la répartition
des points de sondage, la seconde et la troisième représentent le même phénomène selon deux angles
de vue différents : d’une part (fig. 2) par strate, d’autre part par point de sondage (fig. 3). Exprimé
d’une autre manière, on peut dire que l’espace sert de critère de regroupement des données (fig. 2) alors
que dans l’autre (fig. 3) c’est l’espace qui est découpé selon les résultats reportés par point d’enquête.
Dans ce second cas, la localisation du phénomène est nettement plus fine : pour une unité comme le
village qui est géographique par excellence, le fait est important.
Unités collectives, unités globales.
La question se pose de savoir si avec ce type de traitement et de données nous faisons effective-
ment encore l’analyse de données collectives. Rien de moins sûr : l’on peut reconnaître l’importance
de ce type de recherches mais leur problématique est moins démographique que sociologique ou géo-
graphique : les définitions échappent au démographe et les conclusions aussi. Plutôt que d’unités collec-
tives, il faut parler d’unités globales. De plus est-ce des méthodes d‘analyse ou des méthodes de repré-
sentation ? c’est tout au moins plutôt celles-ci que celles-là. Mais ces interrogations dépassent cette
simple mise au point de méthode.
Fig. 1. - Pays Mossi. Migrations rurales externes. RPpartition des unitth de sondage.
-
I 57
proportion de
familles émigrées
Fig. 2. - Pays Mossi. Migrations rurales externes. Nombre de familles émigrées (1961-1973)
pour 100 familles présentes en 1961 selon la strate.
du veuvage et du divorce, facteurs qui influencent la formation et la dissolution des ménages. Toutefois,
ces méthodes exigent des séries historiques détaillées et ne peuvent, à l’heure actuelle, s’appliquer
1
d’une façon générale aux pays d’Afrique.
E n ce qui concerne le logement, o n pourrait établir des projections en tapportant les besoins de dif-
férents types aux objectifs du développement économique et social, compte-tenu des résultats ef-
fectifs révélés par les données disponibles. Toutes ces projections peuvent être aussi poussées que les
données le permettent et que les besoins le demandent.”
(Séminaire de Wiesbaden - Nov. 1972 :
Document de travail no 13 par. 39 à 41)
Deux auteurs se sont particulièrement penchés sur cette question (F. Bamas et N. Triballat, 1967).
Les démographes trouveront un exposé complet de ce travail par L. Henry (1968). L’article original,
très mathématique, contient d’abondantes références bibliographiques.
L‘analyse prospective des besoins en logements requiert des hypothèses sur l’évolution du nombre
de ménages et, également, sur la distribution des ménages suivant l’effectif. I1 importe, en effet, d’avoir
des indications sur la surface et le nombre de pièces des logements à construire. Dans une moindre me-
sure, l’étude fine de la demande de certains biens durables : voitures particulières, machines à laver,
réfrigérateurs, fait intervenir ce même type d’hypothèses.
‘ l a répartition des ménages suivant la taille est, cependant, u n caractère relativement complexe qu’il
est, de ce fait, peu commode d’introduire dans un modèle projectg ou encore dans une étude conzpa-
rative de diverses populations. L’utilisatioii de cette variable suppose donc que l’on soit en état d’en
caractériser la distribution à l’aide dicn petit nombre de paramktres. ’’
F. BAMAS et N.TRIBALLAT, 1967 : 3
1 - 58
Fig. 3. - Pays Mossi. Migrations rurales externes. Nombre de familles émigrees ( 1961-1973)
pour 1 O0 familles présentes en 196 1 selon le point de sondage.
-
I 59
Tel est le problème que se posent ces auteurs et voici les solutions qui sont envisagées :
Trois méthodes sont proposées :
“Première méthode : on pourrait imaginer de faire, pour chaque catégorie de ménages, des calculs
de ménages survivants et de nouveaux ménages. II y faudrait des sortes de statistiques de mouvement
de ménages. Comme celles-ci n’existent pas, ce procédé théorique est, au moins pour l’instant, sans
intérêt. Les auteurs le qualifient d’ailleurs dtcn peu utopique”.
L. HENRY, 1968 : 749
L’on peut ici se poser la question de savoir si ce procédé, cité quasiment pour mémoire, n’est pas
possible dans les pays africains qui ont réalisé des observations suivies par enquêtes à passages r6pétés.
“Deuxième méthode La deuxième méthode repose sur l’hypothèse qu’en poussant plus loin la sub-
division des ménages suivant diverses caractéristiques, on peut aboutir à un découpage en classes où
la répartition suivant la taille ne varie pas au cours du temps. Cela revient h admettre que la répar-
tition des ménages suivant la taille dans l’ensemble de le population dépend uniquement de la répar-
tition de la population entre les classes sus-mentionnées.
Comme la fécondité et la mortalité ont une influence marquée sur la taille des ménages, l’hypothèse
ci-dessus laisse h supposer que les variations et de la mortalité et de la fécondité ne sont dues qu’d
des modifications de structure de la population, hypothèse inacceptable.”
L. HENRY, 1968 : 749-750
Malgré ces simplifications, les auteurs ont tenté d’appréhender de cette manière le calcul perspectif
des ménages. Ainsi le signale leur commentateur après une analyse critique des résultats :
“Nous avons. . . . discuté Ci loisir des résultats, sachant que les objections de principe peuvent être
sans portie pratique.”
L. HENRY, 1968 : 752
Mais, F. Bamas et N. Triballat ont poussé plus loin leurs analyses :
“Troisième méthode ; Quand on fait une perspective du nombre de ménages h partir dtrne perspective
de Ia population par sexe et par âge, on a h la fois le nombre total de ménages ordinaires et la popu-
lation totale de ces ménages ;o n connait donc h la fois le nombre total de ménages ordihaires et la
taille moyenne de ceux-ci. II paraît alors tout naturel de se servir de ces deux résultats pour obtenir
une répartition des ménages suivant la taille’:
L. HENRY, 1968 : 752
C’est ainsi que les auteurs en sont arrivés à chercher une loi deux paramètres qui rende compte du
phénomène et c’est vers une somme de lois de Poisson qu’ils se sont orientés. Les résultats des perspec-
tives confrontées avec les distributions observées fondent, par la qualité de l’ajustement, la validité de la
méthode.
On peut faire mention d’un autre travail sur la projection des ménages en France ( S . Hemery, R. Salais
et al, 1973). Les auteurs après avoir défini les ménages et familles, fournissent des précisions sur le mode
de calcul qu’ils utilisent. Ce calcul est fondé sur la projection du nombre des chefs de ménage.
“On étudie donc une sous-population indexée sur la population totale h l’aide de taux de chefs de
ménage. ’’
S . HEMERY et al., 1973 : 42
L‘intérêt de cette projection vient naturellement de l’équivalence entre la notion de ménage et celle
de logement dans les statistiques françaises : ceci n’est pas le cas dans tous les pays (le recensement
tunisien distingue les deux : un logement peut être habité par plusieurs ménages).
L‘évolution du nombre des ménages dépend de deux facteurs :
‘Z. ’évolution en effectif e t structure de la population totale (accroissement pureinent démographique).
L’évolution du niveau de la cohabitation h effectif et structure de la population totale invariables.
-
1 60
La preniièi’e coiiiposaiite peirt itre projetée eri appliquant les tuux de clieji de méiiage du de‘but de
la période à w i e perspective de popitlutioii totale seloir le sexe, läge et I’ktat matriinortiul pour ICZ ,fili
de lu période.
Lu ,secoiide conzposuiite pcut être estimée inojienriant iiiie‘ hj~potliècesiir le i i i i w i i de cohubitatinn
”
Les exemples précédents permettent donc d’aborder la question de l’analyse des données collectives
en proposant quelques orientations.
D’une part, il apparaît important de distinguer entre données globales et données collectives.
Des premières ressortiraient les analyses sur les données portant sur les villages et les quartiers et toutes
les autres unités qui habituellenient s’inscrivent dans l’espace et font appel h des définitions essentielle-
ment sociologiques, Cconomiques. g6ographiques. On peut aussi y joindre des analyses sur des unités qui
ne s’inscrivent pas forcément dans l’espace (l’espace, autrement dit, ne les ddfinit pas) niais qui n’en existent
pas moi115 : les clans patrilinéaires ou matrilinéaires en Afrique dont on sait l’importance dans certaines
populations.
Des secondes ressortiraient les données sur les familles (biologiques), les ménages. le logement (quand
celui-ci est au maximum du niveau d’une concession pas trop vaste en Afrique de l’Ouest : parfois, en effet.
elles atteignent la dimension d’un hameau ou d’un quartier entier de village et dépassent alors une centaine
de personnes). Pourtant ici il faudrait distinguer les “unités collectives d’enquête”, qui sont les unités col-
lectives qui permettent le rassemblement des données démographiques lors des enquêtes : ce peut être le
logement ou la concession. ou le prit6 de maison, des “unitts collectives proprement dites”. qui semblent
devoir être le logement indcpendant. le minage, la famille. Dans l’analyse, il parait nécessaire de presenter
les données sur les chefs de ces unités collectives, leur répartition par taille, la relation de parenté de chaque
personne avec son chef et la décomposition de ces unites en unît& immediatement inffrieures en taille :
par exemple prfsenter les ménages selon le nonibre des familles et la nature de ces familles [complètes,
couple. père ou mère et enfants. isolé). Cet ensemble d’informations parait important dans la mesure où
jusqu’i présent, aucune normalisation n’a &té prkcisée et oil donc la comparabilité des résultats reste, par
Ia force des choses. sommaire et bien souvent impossible.
En résumé, les unités collectives se caractérisent donc par :
- le nombre de personnes de l’unité, variable quantitative importante qui prend des valeurs posi-
tives entières, dont l’analyse est encore incertaine mais qui se dichotomisent essentiellement dans une pre-
miere approche entre le nombre 1 et un effectif suptrieur ou kgal B 2 :
- les carnctPristiques qualitatives globales qui sont les rclations entre les membres de l’unité consi-
di.rée (relation\ de parenté. de travail. de mouvement. . . I :
-
I 61
BAMAS F. et TRIBALLAT N., 1967 - Perspectives de ménages par nombre de personnes. Essaismétho-
dologiques. Etude et conjoncture, No 12 - Décembre 1967 : 3-24.
BENZECRI J.P. et Collab., 1973 - L’analyse des données. Dunod, Paris.
BERTIN J., 1967 - Sémiologie graphique ;diagrammes, réseaux, cartographie. Gauthier, Villars et Mouton,
Paris, 1967 : 43 1.
BLANC R., 1974 - Rapport de mission sur la première réunion scientifique du Bureau Technique Régional
de 1’UDEAC-Tchad (Yaoundé 28/3-3/4 1974) INSEE, 24/4/74, No 275/150, multigr. : 11.
BOUQUILLON C. VAUGELADE J., LACOMBE B. et VIGNAC-BUTTIN B., 1972 - Les unités collectives
et l’urbanisation au Sénégal : Etude de la famille Wolof. Colloque inter., CNRS, Bordeaux-Talence,
19 sept. 2 oct. 1970 ; La croissance urbaine en Afrique Noire et Madagascar. CNRS - ORSTOM,
Paris : 357-370.
CNRES, 1966 - Recensement général de la population, 1966. Rapport méthodologique ; Etat et struc-
tures des familles en Algérie. Série C, Vol. 1, 2 tomes, multigr. : 833 CNRES (Algérie), 1966.
CROZE M., 1965 - Cours de Démographie - Tome I, INSEE - ENSAE- Paris, avril 1965 multigr. :
257 - tabl. h.t.
DEVILLE J.Cl., 1972 - Structure des familles ; enquête de 1962. Coll. de l’INSEE, D 13-14 : 344 Imp.
Nation., Paris, 1972.
Equipe Collaborative Sénégal (OMS, ORSTOM, Univ. de Dakar), 1973 - Santé, migration et urbanisation.
Une étude collective au Sénégal.OMS, Bull, OMS, 1973,49 : 5 17-537.
FLEURY M. et HENRY L., 1965 - Nouveau manuel de dépouillement et d‘exploitation de l’état civil
ancien. INED, Paris, 1965 : 182.
FOX R., 1972 - Anthropologie de la parenté. Une analyse de la consanguinité et de l’alliance. Trad. de
“Kindship and Marriage, an Anthropological Perspective”, 1967. Gallimard, Paris, 1972 - 268.
HEMERY S. et SALAIS R. et al., 1973 - Projections démographiques pour la France avec migrations
extérieures, (Point de départ 1er janvier 1970). INSEE, Paris - Coll. Démographie et Emploi No D 21,
avril 1973 : 110.
HENRY L., 1967 - Compléments d’analyse : Statistiques de familles, compl6ments sur la fécondité.Cours
IDUP - Paris Multigr. Pagin. multiple.
I - 62
HENRY L., 1968 - Perspectives de rnénages par nombre de personnes. Popidutioii 23e année - Juillet-aoiit
No 4 : 749-754.
INED-INSEE-ORSTOM-SEAE, 1973 - Soio.ces et Q H ~ ~ J * des - Application i
J ~ S données tl~tizogra~~hiyz~cs
l’Afrique d’expression frdnpaise et i hfadagascar. Première partie : Sources de donnees. Paris : 415.
LACOMBE B., 1969 - Mobilit6 et migration - Quelques risultats de l’enquête du Sine Saloum - Sénégal
C‘di. ORSTOM - Sér. Sc. Hunì. Vol. VI. No 4 : 1 1-42.
LACOMBE B.. 1975 - Note sur la famille et le niknage, dans les recensements algérien et tunisien de 1966
et dans l’enquete tunisienne de 1968-69. C’ornrizniiicatioii LIU ?’ colloqire dc: DPiiiogruphic imzglirdbiiie
Tunis, Multigr. : 9.
LACOMBE B.. 1975 - La famille algérienne au recensement de 1966 (manuscrit en prCparation).
LAMY B. et ROUX J.C.. 1969 - Essai de présentation méthodologique pour une étude sur la différencia-
tion rurale dans l’arrondissement de Paos-Koto.Cuh. ORSTON - Sér. Se. Nuin. Vol. VI. No 4. 1969 :
75-9 1.
LEACH E.R.. 1968 - Critiqzic*dc l’mrhropologic. PUF. Paris, 1968 : 239.
MARTIN V.. 1970 - Structure démographique de la famille chez les S W r et les Wolof. Poplrkfition No 4 -
1970 : 771-796.
MICHEL A.. 1970 - La Sociologie (It. la fimille :recueil de textes présentés et commentés. hfouton. Paris -
La Haye, 1970 : 318.
ONU-CEA, 1968 - Dénzogr~ipliic Hailclbook f’or “.lfi.icu. Guide démographique de l’Afrique (Sans lieu)
mars 1968 - multigr. : 113.
ONU-CEA, 197 1 - Manuel des Enquêtes démographiques par sondage en Afrique (Doc~a?~cizts
CEAIUNESCO). EICX 14/C4S, 711 7 ;20 septembre. Multigr. : 168.
ORSTOM, 1971 - Etudes sur les migrations en Afrique. Culi. ORSTOM - Skrie Se. Hian. Vol. IX. No 4 :
391-458.
PICOUET M., 1973 - Enquêtt: Nationale Démographique 1968-1969 - Goraa et Oued el Khatef. Appli-
cation de la méthode des passages répétés a deus cheikhats ruraux enTuniSie. Methodologie et résultats.
Etudes cf Ei1~41ii‘tesde l’Institut iVatioiiul de ICI Stutistiqlre No 5 - Tunis. multigr. février ; 120.
PORTAIS hl., 1974 - Le Bassin D‘Ambalavao. lnfluence urbaine et évolution des campagnes (Sud
Betsileo - Madagascar). ORSTOM, Paris, 1974. C%11. Trui?et Doc. No 33, 162 p + pli. h.t.
QUESNEL A. et VAUGELADE J., 1975 - Approclie des migrations temporaires et définitives par une
enquéte renouvelée. In AcTc.5 du 4“ colloyzrc dt*Dkmogr. Ajkic. Ouagadougou. 20-35 janvier 1975.
RAULIN H.. 1967 - Commentaire socio-ethnologique. Afrique ivoire, .IfmhgCIscur, Coiilores ; Dt:nzogru-
phie coniptrrt;e, vol. 8 Tome II - DGRST - Paris : 1975.
1966 - Rapport d i r c j ~ l ed’t;tirdes sur les statistiques et programmes de logenient pour l’Afrique.
Copenhague, Danemark. 3 1.8 - 15.9.1966. Documents de travail No 6 et 20.
1969 - Histoire biologique et Societe. N i r i i i ~ r ospécial. A i~iiclles,E~*onoiitic,
Société, Civilisdtioii annee
No 6 - Novembre-Décembre.
1971 - La statistique deniographique et l’emploi d’ordinateurs en tenant particulièrement compte de la
recherche dCmographique. Fondation allemande pour le développement international et Office Fédéral
de la Statistique d’Allemagne. Séiuiiimire de Wiesbaden - Hesse - R.F.A.. Novembre 1979. Offset.
pag. mult. 1 vol.
1974 - INS. EnquCtt: Nationale Deinographique 1968-1969. Etitdes et twlicL;tes de IYNS - Série tIt:niogru-
phic. Tunis No h -juillet 1974. multigr.
CHAPITRE II a
-
L‘instruction
Le groupe I N E D , INSEE, MICOOP, ORSTOM a confié la rédaction d e ce chapitre
à l’Institut d’Etude du Développement Economique et Social (I.E.D.E.S.)
SOMMAIRE
Pages
INTRODUCTION ............................................................... 5
I - LES SOURCES STATISTIQUES ADMINISTRATIVES ET OPERATIONS DEMOGRA-
PHIQUES .................................................................. 7
1 -.Statutjuridique ......................................................... 8
1.1 - Statistique scolaire. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . :. . . . . . . 8
.
1.2 - Enquête démographique et recensement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2 - Population étudiée. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
.
2.1 - Enquête démographique et recensement . . . . . . . . . , . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . , . 14
. .
2.2 - Statistique scolaire. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
3 - Contenus respectifs des différents types de collecte. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
.
3.1 - Enquête démographique et recensement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . , , . . . . . . . . . . . . . 16
.
3.2 - Statistique scolaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
Etat des questionnaires de recensements et d’enquêtes par sondage dans leur partie “instruc-
tion” ..................................................................... 37
ANNEXES.
I - Quelques organigrammes representant la structure du système scolaire dans les pays africains. 79
II - Recommandation concernant la normalisation internationale des statistiques de 1’Education
(195s. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
III - Annuaire statistique-type de I‘Audecam : Liste des tableaux suggérés et quelques exemples 111
BIULIOGRH .E
I ............................................................... I19
Introduction
Tertains chercheurs estiment que l’étude de la population scolaire se situe à la lisière des études démo-
graphiques, Il en serait d’ailleurs de même pour la population active. Nous ne partageons pas cet avis, même
si les études concernant le mouvement national de la population et tout ce qui s’y rattache peuvent être pri-
vilégiées par notre discipline ”. Ainsi s’exprimait un démographe au colloque national du CNRS sur l’analyse
démographique et ses applications. Les statistiques de l’éducation ne font pas, dans l’esprit de la majorité des
démographes, à proprement parler partie du domaine exploré par leur science. Celle-ci pourtant y contribue
en relevant des données sur l’instruction lors des opérations de collecte, et elle y a recours lorsqu’elle se sert
de l’éducation comme variable explicative dans l’analyse de tel ou tel fait démographique. De façon réci-
proque, le statisticien de l’éducation est sans cesse confronté aux problèmes spécifiquement démographi-
ques : détermination de l’fige, étude des flux migratoires etc. . . Mais, si la démographie a connu un dévelop-
pement important et mis au point des méthodes d’investigation appropriées, la statistique scolaire n’a pas
connu une évolution identique : la collecte reste principalement administrative et les enquêtes en milieu
scolaire ou sur les niveaux d’instruction dans les pays en voie de développement restent peu nombreuses et
artisanales quant aux méthodes employées.
On pouvait lire en 1961 dans un manuel de l’UNESCO ceci : Ö n constate dans ce domaine un certain
retard par rapport aux autres catégories de statistiques ayant trait notaiiiiizent ri la natalité e t à la rizortalité,
aux importations e t aux exportations, aux transactions monétaires, à la production de marcliaridises et Li
d’autres éléments de la situation économique et démographique nationale ”. Si ce retard est largement comblé
par l’apparition, depuis cette date, de méthodes appropriées de relevés administratifs concernant la popu-
lation scolarisée, il reste néanmoins important quant à l’étude des caractères d’instruction des populations
dans leur ensemble. La collaboration entre démographes et statisticiens de l’éducation apparaît plus que
jamais comme nécessaire pour tirer parti de cette variable importante : en particulier, le développement
des enquêtes par sondage comme moyen scientifique d’investigation devrait pouvoir être appel6 à jouer
un rôle dans la connaissance du niveau d’instruction et de la scolarisation des populations africaines. En
retour, l’idée qui est à l’origine du présent chapitre est la suivante : le démographe est en face d’une multi-
tude de choix quant aux questions qu’il doit poser ; il lui importe, dans un domaine qui n’est jusqu’h présent
guère le sien, de connaître les besoins du planificateur et donc ceux du statisticien de l’éducation. Ce chapitre
s’adresse donc avant tout aux démographes soucieux de prendre en compte la variable “éducation” dans
leurs enquêtes.
Si les organisations internationales (ONU, UNESCO, AUDECAM, OCDE. . .) ont fait de nombreux
efforts (parfois divergents) pour normaliser les statistiques de l’éducation, peu de choses sont accomplies,
ou même prévues, en matière de méthodes d’enquête et d’élaboration d’indicateurs pertinents. Ceci est
le produit d’une séparation extrême entre l’étude des populations scolarisées (le champ d’application tradi-
tionnel des statistiques scolaires) et l’étude, longtemps négligée, des niveaux d’instruction des populations
hors-système scolaire, pour laquelle tout, ou presque, reste à faire.
I. - Les sources
Les sources des données permettant d’éclairer les Caractéristiques d’éducation d’une population sont
nombreuses. On peut les classer selon le côté spécialisé OU non de l’opération destinée à les rassembler :
a) un premier type de collecte dérive d’un travail spécialisé portant le plus souvent sur la seule partie de
la population qui va à l’école. C’est principalement la statistique scolaire qui rassemble périodiquement (en
général annuellement) dans des annuaires (1) et sous forme de tableaux, des données sur la dite population.
C’est aussi les enquêtes en milieu scolaire destinées à servir telle OU telle recherche sur un aspect particulier de
celui-ci : par exemple, une enquête sur le devenir des élèves de l’enseignement technique, ou encore une
enquête sur I’dge des enfants à tel niveau. On pourrait signaler aussi - bien qu’à notre connaissance il y en ait
eu fort peu en Afrique - les enquêtes sur les caractéristiques d’instruction et linguistiques d’une population
(tous âges).
Toutes ces opérations ont en commun le domaine strictement limité de leur exploration : l’instruction
et ce qui s’y rattache. Si des composantes démographiques ou socio-économiques sont prises en compte, ce
n’est pas pour elles-mêmes, mais à des fins de comparaison et de croisement avec les caractères éducatifs : par
exemple les annuaires présenteront la scolarisation selon le sexe et l’áge mais non la répartition par sexe et
dge d’une population scolarisable, ou bien des enquêtes feront ressortir la profession des parents ou l’origine
ethnique en relation avec le cursus scolaire des parents, mais non la répartition de tous les adultes selon la
profession. Cette particularité est importante car il ne peut pas être question d’attendre les mêmes résultats
d’un travail spécialisé et d’un travail oh l’instruction n’est appréhendée que parmi d’autres champs d’investi-
gation tels que fécondité, travail, etc.
b) les données sur l’instruction sont donc également rassemblées de façon annexe lors d’opérations dont
le but n’est pas spécifiquement l’étude de l’instruction. I1 s’agit, en premier lieu de recensements nationaux
ou régionaux, qui comportent presque toujours une question, parfois plusieurs, sur le niveau d’instruction
des personnes interrogées. Ensuite, on trouve les enquêtes démographiques par sondage; appelées sans doute
à jouer un rôle grandissant en Afrique, pour pallier les difficultés rencontrées dans la mise en place d’opé-
rations exhaustives ou pour compléter celles-ci. Enfin, existent certaines enquêtes plus ou moins spécialisées
(migrations, niveau de vie, etc. 1 l’occasion desquelles peuvent parfois être posées des questions sur l’ins-
truction.
c) pour être vraiment complet, il faudrait faire une part aux travaux d’experts tels que prévisions, extra-
polation de tendances passées, qui, pour n’être pas à proprement parler des travaux de collecte, n’en sont pas
moins souvent utilisés comme sources par le statisticien. On verra, à l’occasion de l’examen des taux de scola-
risation que ces travaux ne jouent pasun rôle négligeable.
A cette différence de base entre statistiques scolaires et recensements ou enquêtes démographiques, s’as-
socient diverses particularités qui distinguent les deux méthodes de collecte des données sur l’instruction.
( 1 ) Ces annuaires n’ont pas toujours existé, et l’on ne dispose généralement de bonnes séries que sur une décennie,
parfois moins.
II B - 8
1. I . La statistique scolaire est actuellement dans la plupart des pays un prolongement administratif du
Ministère de I‘Education Nationale. Son elahoration est l’affaire d’un gouvernement. et si des recom-
mandations internationales ont pour but d’harmoniser les annuaires statistiques, la mise en place du dispo-
sitif de collecte est strictement une affaire intérieure. i rette nuance près qu’elle s’effectue très souvent avec
l’aide d’un personnel étranger. Elle dépend donc au plus haut point des conceptions prévalant i un moment
donné dans le service : ainsi. certains annuaires portent la marque du coopérant ou de l’expert en poste cette
année-li. Plus généralement. la routine tend h reconduire d’une année sur l’autre les mêmes questionnaires.
Par ailleurs. la statistique scolaire est élaborée par un seul ministère ; il en découle une particularité très
importante sur laquelle il faudra revenir : les statistiques administratives reflètent une problèmatique qui
exclut l‘intervention de facteurs non spécifiquement scolaires. Les variables qui intéresseraient les ministeres
du travail ou de Ia population par exemple ne sont pas (ou peu) prises en compte.
La mise en œuvre de l’opération destinée iì fabriquer des annuaires diffère du travail démographique.
Quelle que soit Ia diversité des situations. celle-ci se résume ainsi : des fonctionnaires envoient d un moment
donni des questionnaires aux chefs d’établissement, lesquels les remplissent et les renvoient pour I’esploi-
tation. Ainsi, les questions coninie les réponses se situent dans un cadre institutionnel précis, comme l’illustre
le type de circulaire envoyé aux chefs d’établissement en Tunisie au printemps 1970 cp. Q ).
a ) La date d envoi des questionnaires n’est pas sans importance. I1 semble que dans les pays franco-
phones, on envoie traditionnellement les questionnaires plus tbt que dans les anciennes colonies anglaises :
au debut du premier trimestre de l’année scolaire. L‘avantage de cette méthode est de pouvoir fournir rapi-
dement des statistiques sur la période en cours. ce qui est utile pour le planificateur. i des fins de prévision
des effectifs de la rentrée suivante par exemple.Neanmoins. une trop grande précipitation nuit i Ia qualité
des dénombrements. soit que l‘absentéisme immediatement consécutif i la rentrée ne soit pas encore effectif.
soit plus simplement que différentes perturbations (mouvements d’élèves, changements de classe, fiches non
remplies etc.) se manifestent encore Cl). Le principal semble être, en fin de compte. la regularit6 de la date
d’une année sur l‘autre. seul moyen d’éviter le plus possible de recenser des effectifs incomparables entre eux.
Encore tout ceci est-il aleatoire, puisque dans l’enseignement supérieur en particulier. la rentrée est plus tar-
dive que dans les Premier et Second degrés.
b ) Les questions posécs s’appuient sur un organigramme de I’Education Nationale faisant intervenir la
qualité administrative des structures d’enseignement. On distinguera le plus souvent le niveau (Primaire.
Secondaire - chacun étant divisé en cycles ou classes - Supérieur), le type d’enseignement (Général, Normal,
Technique et Professionnel pour le second degré 1. le type d’établissement (Public, Privé confessionnel ou non
confessionnel) etc. . . Les diplbmes sont de même l’objet d‘une définition juridique.
11 en résulte une rigidité qui tend i exclure les élèves (ou adultes) subissant un enseignement non réper-
torié et, i l’inverse. i normaliser snns tenir compte ni du niveau réel. ni du nombre d’heures de fréquentation,
ni même souvent de la présence effective. De fac;on générale, les questionnaires se présentent sous forme dc
tableaus iì remplir dont quelques modèles sont présentés ici I p a p s I U ‘i I 2 )tels qu’ils sont envisagés par
l‘Annuaire statistique type de I’AUDECAM (Association Universitaire pour le DCveloppement de l‘Enseigne-
ment et de la Culture h Madagascar).
Ceci comporte cependant toute une Férie d’avantages. liés i Ia permanence dans le temps de structures
d‘enseignement gdneralement très inertes, i la précision des claqsements effectués et, qui sait. ii I’éventualité
d‘études suivant des individus d’une annee sur l‘autre, puisque ce système permet trait la création d’une sorte
de fichier scolaire.
( 11 La date pruposde par l‘annuaire tfpe de I’AUDECAM pour ripondre aux questionnaires est le 15 novembre suivant
la yentree, les effectifs d’6lGves devant être port69 dans les tableaux etant ceux des Blkves inscrits B cette date Mnnuairu statis-
tique type concernant l’ensrignement en Afrique et i Madagascar, 19681.
IIa -9
REPUBLIQUE TUNISIENNE
MINISTERE DE L’EDUCATION TUNIS, le 11/3/1970
DE LA JEUNESSE ET DES SPORTS A
.. . .
Circulaire . . . . . . 64 . Messieurs les Directeurs-Professeurs,
Direction/T.M/DS Chefs des Etablissements d’Enseignement
- 404 - Supérieur
Messieurs les Directeurs des Etablissements
du Second Degré.
Messieurs les Directeurs des Etablissements
du Premier Degré.
1. J’ai l’honneur de vous adresser un certain nombre de questionnaires remplir suivant les indications portées en annexe
de chaque questionnaire.
2. L’établissement de statistiques générales détaillées permettra de compléter les renseignements déjà recueillis sur le plan
de l’enseignement primaire, de compléter d’une manière encore plus large les renseignements statistiques du second degré, et
d’entreprendre une enquête statistique sur des bases nouvelles dans le domaine de l’enseignement supérieur et celui de la ges-.
tion du personnel, des bâtiments, de la gestion des crédits e t des coûts.
3. L’établissement de ces statistiques générales détaillées répond notamment aux nécessités suivantes :
a) Suivre I’évolution des effectifs et des résultats de la politique du développement de l’éducation.
b) Asseoir les projections du développement de ]’Education sur une base claire.
c) Evaluer et justifier les coûts globaux et sectoriels de ce développement aussi bien par rapport au plan que par rapport
au Budget de gestion.
d) Foumir des informations claires aux Organisations Internationales tels que l’O.N.U. OU l’U.N.E.S.C.O.
e) Fournir le maximum d’informations à l’intention des organismes de financement étranger, qu’il s’agisse d’aide bilaté-
rale ou d’aide multilatérale.
f) Foumir d’une manière claire exacte et continue des informations au Gouvernement et aux responsables des différents
services publics, sur l’activité d’un département qui intéresse plus d’un million de jeunes, qu’il s’agisse de services fournis ou du
coût de ces services, qui absorbent plus de 30 % d u Budget de gestion de 1’Etat.
4. Les 18 questionnaires (3 pour 1’Education du premier degré, 10 pour l’éducation du second degré et 5 pour l’hiver-
sité) ont été établis en attache avec des responsables de l’enseignement supérieur, des responsables d’établissement secondaire à
titre de test, des responsables des services bconomiques et financiers et des responsables de l’Institut National des Statistiques,
soit, le Directeur de l’Institut, le Chef de service des Statistiques démographiques et le chef du service informatique.
5. Les informations évoquées au précédent paragraphe 3 consisteront dans une première étape à I’établissement par ordi-
nateur de 1200 tableaux statistiques environ à partir des données fournies sous forme de réponses aux 18 questionnaires.
Dans une seconde étape chacun des tableaux sera accompagné d’un commentaire succinct.
De plus évidemment il y a lieu de souligner que les informations détaillées de base fournies par les 1200 tableaux pour-
ront servir de support à des commentaires plus larges et des études des différents services spécialisés du Département de 1’Edu-
cation ou d’autres départements.
6 . J’attacherai du prix dans ces conditions à ce que les bulletins statistiques soient remplis avec le plus grand soin et avec
précision, dans les délais qui ont été impartis et indiqués sur chaque questionnaire (soit le 15 Avril 1970).
Le Ministre de ]’Education de
la Jeunesse et des Sports.
Source : Aspects de l’enseignement primaire en chiffres depuis 1956 - Septembre 1970 - TUNIS.
A -
-
Année Nés Nés Nés Nés Nes Nés Nés Nhs Nés Nés Nés NCs N6s Nés Nés
d’é- Sexe en en en en en en en en en en en en en en avant Total
tudes 1957 1956 1955 1954 1953 1952 1951 1950 1949 1948 1947 1946 1945 1944 1943
G
6bme
F
Sème
-
4ème
3ème
-
Total
Régime scolaire
Autres Autres Nomhre de
Année Nbre Nationaux Français Total internes
d’& de Africains Etrangers redoublants internes extemes
est ernes
ature de Nombre
.a classe de classes
leconde “A”
ieconde “C”
+
ieconde “D”
rotal Secondes
Zremière “A”
?remière “Cy’
Première “D”
rotal Premières
Terminale “A”
Terminae “C”
Terminale “D”
Total Terminales
Total général
1.2. L’enquête démographique et le recensement sont des opérations statistiques limitées dans le temps,
sinon dans l’espace, et dont la fréquence n’est généralement pas annuelle (2).
Le recensement relève d’un ministère (ou plusieurs) qui n’est pas celui de l’éducation (par exemple
Intérieur ou Population). I1 est fréquemment financé, préparé et mis en Oeuvre à l’heure actuelle avec l’aide
d’une organisation internationale.
Sa périodicité très variable en Afrique, et les difficultés de la présente campagne de recensements font
qu’il ne saurait être utilisé que comme u n ensemble de résultats ponctuels de qualité très inégale, La lourdeur
administrative, la diversité des situations étudiées (puisqu’il s’agit de toute la population), la séparation
nécessaire entre questionnaire et décodage, tout ceci ne prédispose pas à priori le recensement à une analyse
rigoureuse de la position scolaire et des caractéristiques d’éducation de la population.
a) la passation des questionnaires est effectuée par un personnel temporaire : ce n’est donc pas son
travail habituel, et. il est formé rapidement pour poser des questions sur une très grande diversité de sujets.
On verra en quoi le repérage d’un stock d’instruction ou de la position des individus vis-à-vis de la scola-
risation pose des problèmes de définition : il s’ensuit naturellement des problèmes d’interprétation de la
part de l’agent recenseur (comme du codeur), ce type de réalité rentrant difficilement en colonnes séparées.
Par ailleurs, en Afrique, ce personnel temporaire est souvent constitué en partie d’élèves. Cette situation
aggrave encore la question déjà délicate de la date du recensement en rapport avec la situation de résidence :
si le recensement est effectué, comme il arrive souvent, durant les congés scolaires, cela revient à diminuer
considérablement le nombre des jeunes dans la population “comptée à part” (internes en vacances) et à
intervertir de nombreuses positions individuelles dans les catégories dites “résidents présents”, “résidents
absents” et “visiteurs”.
b) Les personnes interrogées sont les chefs de ménage, en présence ou non des membres du ménage.
Contrairement aux chefs d’établissement d’enseignement, les chefs de famille peuvent apprécier de façon
subjective le sens de telle OU telle question posée. L‘ignorance du système d’enseignement suivi par les
enfants (que l’on peut d’ailleurs observer également en France) donne un caractère très aléatoire aux
réponses si le questionnaire est trop complexe. Le statut de la femme au sein de la famille peut être tel
que son niveau d’instruction réel soit diminué. En revanche, il existe un avantage au recensement sur ce
plan, que la méthode du sondage pourrait exploiter : il n’y a pas d’intermédiaire entre la population étudiée
et la population interviewée, comme c’est le cas pour la population scolaire.
(1) Kendall -Les statistiques de l’éducation dans les pays en voie de développement.
(2) Exception faite des enquêtes B passages répétés qui ont pour objet I’étude des mouvements de population, et
dont la séquence peut être annuelle.
11 il - 11
Comme on le voit. nombre d’inconvénients liés i la situation juridique pourraient ëtre. au moins en
partie, évités dans le cas d’une enquête démographique non exhaustive. Les questionnaires peuvent y être
plus complets sur tel ou tel sujet. l‘instruction par exemple. ce qui rend plus facile pour I’enquéteur le clas-
sement de la population interrogée, de mëme d’ailleurs que pour le dicodem. Les personnes tirées au sort
sont a même, une fois leur accord donné. de répondre plus completement. d’autant plus que I’e,iquiteur ne
subit plus les mêmes contraintes horaires.
D’autre part, In “compétence” la plus grande est placee du côté de l’enquêteur : son rÓ1e est plus im-
portant, il a davantage le temps d’assimiler le questionnaire et les méthodes de passation qui s’y rattachent
(précisions, relances, etc. 1. Aussi bien par rapport aus recensements exhaustifs qu‘aux recensements scolaires
annuels. où la plus grande latitude est laissee au chef d’ëtablissement, c’est un avantage incontestable. Pou-
voir “prendre son temps” ect certainement un aspect fondamental quant i la qualité des résultats : on le sait
pour l’étude de la fécondité, c‘est sans doute vrai aussi pour celle de l’instruction. 11 n‘en reste pas moins
une grave limite qui est sans doute liée au fait qu’actuellement peu de sondages aient eté effectues en Afrique
avec I’êducation comnie variable dominante ( 1 ) : la carte scolaire du pays n‘entre pas en ligne d e compte
comme critère dans la constitution de la base de sondage. I1 en résulte que la population tirée au sort se
prête fort mal i l’extrapolation des caractéristiques éducationnelles au niveau de la nation toute entière. II
suffit en effet qu’une grande proportion de quartiers ou villages tiréc. au sort possèdent ou ne possèdent pas
d’école primaire pour que la scolarisation soit sur 011 sous-estimée. C’est donc une nécessité absolue, si l’on
veut obtenir de bons résultats avec la méthode non-exhaustive dans ce domaine que d’introduire la carte
scolaire en ligne de compte. et c‘est donc l i que peut s’établir une collaboration fructueuse avec le statis-
ticien de I‘Education Nationale.
Signalons enfin que tout sondage possede une limite, qui est de porter sur un échantillon nëcessaire-
ment réduit : tout particulièrement, les croisements des differentes variables entre elles portent sur des
effectifs d’autant plus réduit5 qu’ils sont plus “poussés”. Les résultats ne sont donc pas toujours significa-
tifs. Une telle remarque ne doit pas cacher l’importance du rôle que les enquêtes par sondage sont appelées
;i jouer, mais tend 2 montrer que les variables éducationnelles pnuvant être introduites resteront en tout etat
de cause cimples et glohalec.
Les enquètes post-censitaires. enfin, ouvrent une voie riche en reswurces dans le doniaintt des rarac-
téristiques educationnelles : vérification de la vraiseniblance des rêponses. repérage des erreurs systématiques.
et. surtout. en ce qui concerne le$ enfants scolarises. etudes de flus.11 p a l i un domaineencore quelque peu
vierge niai> susceptible d’être exploite i condition que ses possihilites soient planifiées dès la phase de pre-
paration du recensement.
2.1. En ce qui concerne les recemements et les enyut;tes démographiques. la population prise en compte est
la population globale (tous 9ges). soit de la nation. soit d’un sous-ensemble regional ou urbain. mais il arrive
souvent que pour certaines questions, dont l‘instruction. les classes d’äpe soient limitées sur un critère qui
n‘est pas le critère de l’instruction mais par exemple celui de l’activité ou de la fecondite. Notons d’ailleurs
que. meme en Ctudiant la population d‘ige scolaire. l’enquête ou le recensement s’intéresseraient i un
ensemble plus vaste que la statistique scolaire.
a ) Vus sous l’angle de la question qui nous occupe, les travaux demographiques prêsentent une anibiva-
lence importante : on cherche 4 appréhender simultaniment :
- la situation des jeunes au regard de la scolarité (scolarisation presente 1 ;
- les caractéristiques jugées utiles pour évaluer le niveau d’instruction de la population toute entière
(scolarisation passêe 1.
I1 n’y a donc pas -conime on le verra plus en dëtail- une question ou une série de questions sur l’éduca-
tion. mais bien deux. qualitativement très différentes.
( 1 ) cf. tableaux pp.41 3 44 JWXIu’h prCsent, et a quelques notables exceptions prPs. les sondages n’attachent pas plus
d’importance i I’bducation que les recensements.
IIa - 15
b) Les scolarisés ou scolarisables ne sont qu’un sous ensemble dans la population étudiée, comme
l’est par exemple la population active. Le questionnaire portant sur le statut au regard de l’école ne saurait
donc être que très sommaire.
c) Les caractéristiques sur l’instruction sont noyées parmi d’autres variables tout aussi intéressantes
pour le recenseur, ce qui impose de grandes limites au détail du questionnaire.
d) En revanche, la présence du tout (la population globale) et de la partie (les élèves ou les personnes
de tel degré d’instruction) dans un même ensemble statistique permet d’envisager des rapprochements OU
des précisions que la statistique scolaire exclut presque automatiquement :
- òn peut faire prévoir une optique de stock (le “bagage” culturel des adultes) ;
- une comparaison peut s’établir au niveau régional ou international (ou dans des séries chronolo-
giques) par l’intervention des taux où figurentàla fois le tout et la partie : taux de scolarisation, taux d’alpha-
bétisme (ceci sans préjuger pour l’instant de la validité théorique et pratique de ces taux) ;
- certaines formations, qui ne sont pas du ressort des statistiques administratives, peuvent apparaître,
à supposer que le questionnaire ne soit pas trop “fermé”, en particulier la formation pour adultes, l’appren-
tissage ;
- dans le cas des enquêtes à plusieurs passages et à périodicité annuelle, il n’est pas utopique d’envisager
des calculs de survie scolaire de l’échantillon ;
- enfin, et ce n’est pas le moindre avantage, le repérage de multiples caractères dans une population
rend possibles des croisements entre ces caractères pour un individu donné (par exemple sexe et/ou âge
X profession X niveau d’instruction) ou bien au sein de l’unité de recensement (par exemple profession du
père et/ou origine ethnique X scolarisation des enfants).
Dans la pratique, ceci n’est possible (ce qui ne veut pas dire réalisé) que lors d’enquêtes démographiques
par sondage, tout au moins à partir d’un certain détail d’analyse (1). Si, comme on le verra, les recensements
sortent quelques tableaux croisés de base dans lesquels le niveau d’instruction est pris en compte, deux fac-
teurs en limitent l’importance : la simplicité nécessaire du questionnaire et l’impossibilité pratique (technique
et financière) d’exploiter tous les croisements théoriquement possibles. En revanche, comme le montre
l’exemple de l’Enquête Statistique Nationale de la Population en Algérie de 1969-1971, la méthode non-
exhaustive est plus adaptée, mais la taille réduite de l’échantillon limite à son tour, comme il a été signalé
plus haut, les possibllités de croisements significatifs.
De même en ce qui concerne la reconstitution du passé scolaire des individus, dans le cadre d’enquêtes
centrées davantage sur la scolarisation : “Lorsqu’on a besoin de détails d’ordre personnel, par exemple
lorsqu’on étudie le milieu familial de certaines catégories d’élèves, ou leurs antécédents scolaires, il faut
généralement recourir à des enquêtes par sondage de façon à ne pas se trouver devant toute une masse
d’éléments ou de renseignements impossibles à analyser parce que trop vagues ou trop inexacts, et aussi
pour maintenir le coût de l’enquête dans les limites du raisonnable” (2).
2.2. A l’opposé de ce point de vue, pour la statistique scolaire la population de référence s’identifie à la
population étudiée ou du moins s’y identifierait s’il n’y avait pas le problème mal connu des abandons
en cours d’année ;diverses remarques s’imposent :
a) tous les calculs de taux, proportions, moyennes, etc. rendus possibles par la seule collecte admi-
nistrative sont donc intrinsèques à la population scolaire ; on pourra par exemple connaître la répartition
par âge des élèves de telle classe. En revanche,on n’aura le moyen de calculer des taux de scolarisation par
âge qu’en faisant intervenir des données ou hypothèses extérieures au champ couvert par les statistiques .
scolaires.
(1) “Les renseignements que l’on peut obtenir par un questionnaire étant nécessairement limités, parce qu’il faut abso-
lument réduire au minimum indispensable le nombre des questions, . . . dans ce domaine comme dans d’autres, le sondage est
un instrument statistique particulièrement précieux en Afrique. Un échantillomage bien conçu permettrait de découvrir,
grâce à des recenseurs qualifiés, si la réponse générale au questionnaire se heurte à des difficultés pratiques. Ces enquêtes
pourraient aussi fournir des renseignements plus détaillés sur des aspects particuliers des statistiques de l’éducation. Elles sont
spécialement utiles pour étudier le milieu oh vivent les élèves”. Rapport final du stage régional d’études sur les statistiques de
l’éducation organisé i l’intention des pays d’Afrique”, UNESCO. Yaoundé, p. 5.
(2) Kendall - Les statistiques de l’éducation, ouvrage cité, 5 5-10.
II il - lb
b ) celles-ci donnent d'assez bons renseignements quantitatifs sur la population effectivement couverte
par la collecte. Elles peu\. ent être qualifiées d'exhaustives dans le domaine qu'elles couvrent. En revanche.
la définition de ce domaine. regroupant des catégories administratives régionales et de grands ensembles
structurés (Général. Public. Second degré . . . ) peut ëtre sujette à caution dans la mesure où l'enseignement
para-scolaire. à mi-temps ou parallèle risque d'être appelé à se développer. D'ores et déjà. se pose avec acuité
le problème des écoles coraniques qui sont dans nombre de pays mal recensées sinon tout simplement négli-
gées malgré leur importance culturelle et sociale. La comparaison entre pays ou. au sein d'un mëme pays.
entre années successives. ne pourra se faire qu'i I'intericur des grands ensembles structurés que nous h o -
quions. Remarquons que le problème n'est par spccifique Li Ia statistique scolaire : toutes les statistiques
administratives (emploi. santé etc. 1 sont meilleures dans le secteur organisé.
c ) il n'existe actuellement dans les annuaires guère de renseignements statistiques iÌ caractère plus
qualitatif. L'absence de population de reférence conduit en effet iÌ écarter des informations telles que :
origine sociale ou/et ethnique des parents. fécondité des familles e t c . . . A suppoqer que ces informations
soient recueillies -ce n'est techniquement pas impossible- la méthode administrative, au sein d'une popu-
lation effectivement scolarisee ne permettrait en tout état de cause, pas de comparaison avec les mêmes
variables dans la population d'Pge scolaire non scolarisée. De facon generale, toute comparaison avec la popu-
lation non Ptudiee est aléatoire.
d ) la statistique scolaire étudie des individus repkrés par leur niveau d'études ct leur position immédia-
tement antérieure (rcdoublants et non redoublants). Mais ces individus $ont anonymes : leur regroupenicnt
statistique donne lieu i des agregats annuels successif5 qui ne sont pas composés des mêmes élèvcs.
On est en présence d'effectifs, aucun calcul de survie scolaire n'est pocsible sinon au prix d'hypothi.ses
probabilistes sur le comportenicnt des redoublants. Seuls l"enqu0te ou le fichier scolaire permettraient de
pallier cet inconvénient.
En etfet. rien n'empèche en principe de prevoir l'analyse de données indi\idualides. ainsi que le sug-
gèrent certains participants de LI reunion de Yaoundé : "Actircllcimwt, cliuyiic L;tlihliwciiiciit truimict dcs
w l c i m globales. Uii s,>sthiictlc tlotiii par iiidivitlii pcriiicttrait c'iwititellciiiciit tle cciitraliscr Ics doiiriL:es
tlc h a c poitr chaqirc kldvc, iiiuis il .fairdrcrit dors tlisposcr i l iiii Cipipriiierit tcchtriqirc coirsidPrahlc. L'il si's-
tt;ine itr tcriiiicliuirc d e codifïcatioii par groi~jicstl 'ûgcs a P t P c.~post;mix purticipaiits chuciire i'l211c recevrait
tlc codc trts Aitnplc, c*orrcspoiitIuiit Lì IZgc, i I 'aiiriL.'c ct ail iiivcair tl'ciITrCc ri I'icolc. (Cc ';i~sti'inc
i i i i iirii~iL:ro
ìl 'une gruiidc ,si?iqdicitt).. . pcriiicttruit au stutisticieii dc I 'kdiictrtioii tl'i~traircrlcs rcgistrc~.ccnhircs tlcJ
IVIICWS glc~bulc.~ priciws sirr les p~ssugcsilaiis 111 c l a w arpt;ticirrc, les rcrloiihlenierit,~et aiitrí~sdoriiiét',~ cntlCu.s
iiiipmtcriitcs. .*' ( 1 1.
Une majorité importante des questionnaires dont nous avons eu connaissance ne comprennent qu'une
colonne (donc une seule question i plusieurs réponses) sur le "niveau d'instruction". On en trouvera la liste
aussi complète que possible dans I'état des questionnaires de recensements et d'enquêtes par sondage (pp. 3 s
A 44 ) et on constatera la grande diversité des questionnaires. II est néanmoins possible d'etablir un classement
des enquêtes et recensements selon l'existence et Ia combinaison des différents criteres permettant le repe-
rage dc l'instruction.
.
( 1 ) Rapport final du stage rCginnal d'études . . . ouvrage citC. UNESCO,Yaounde, P. 5. En ce qui concerne la mesure
de I'ige. notons toutefois que dans tout fichier permanent, celui-ci peut ëtre utilement remplacé par l'année de naissance.
Uotons par ailleurs que ce systkine n'est certainement pas "d'une grande sitnplicitt.". sinon iutiliser. du moins i mettre en
(xuvre.
IIa - 17
TABLEAU 1
RESUME DES TYPES D’INFORMATIONS FIGURANT DANS LES TABLEAUX 2,3 ET 4 SUR LES
CARACTERISTIQUES D’EDUCATION RECUEILLIES DANS LES RECENSEMENTS
DE POPULATION (1955-1964)
Améri- Améri-
Types d‘information rotal Afri- que du que du Asie Europe
que Nord Sud
Total 130 24 32 12 28 28
Alphabétisme seulement . . . . . . . . . . . . 12 6 - - 6 -
Alphabétisme et frequentation
scolaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 - - - 1 -
Alphabétisme, fréquentation sco-
laire et niveau d’instruction. . . . . . . . . . 26 5 10 4 6 1
Alphabétisme, fréquentation sco-
laire, niveau d‘instruction et
diplômes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17 - 8 4
-
2 2
Alphabétisme et niveau d’instruction 17 4 1 10 2
Alphabétisme, niveau d’instruction
et diplômes .................... 6 2 - 1 - 3
Alphabétisme et diplômes. . . . . . . . . . . 7 2 2 1 - -
Fréquentation scolaire seulement . . . . . . - - - - - -
Fréquentation scolaire et niveau
d’instruction. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12 2 3 - 2 3
Fréquentation scolaire, niveau
d’instruction et diplômes . . . . . . . . . . . 13 - - 5
Niveau d’instruction seulement . . . . . . . 8 3 -7 -1 - 4
Niveau d’instruction et diplômes . . . . . . 11 - 1 1 1 8
D’après le manuel des méthodes de recensement de population et d’habitat / 6E 70 XVII 7 Add 4 - ONU
TABLEAU 2
DETAIL DES TYPES DE DONNEES SUR L’ALPHABETISME RECUEILLIES DANS LES RECENSEMENTS
DE POPULATION (AFRIQUE SEULEMENT 1955-1 964).
Age mini-
Capacité
Capacité mum pour
à lire Langue
Pays Date à les ques-
lire et à précisée
tions (en
écrire
années)
Afrique du Sud
(population africaine) 1960 X non précisée
Algérie 1960 X français, arabe
Angola (population
africaine) 1960 - portugais
Angola (population non
africaine) 1960 - non précisée
Botswana 1964 X anglais, setswana, autre
(Iles du) Cap Vert 1960 X non précisée
Gabon 1960-1961 X français
Libéria 1962 X anglais
Libye 1964 X non précisée
Maroc 1960 X arabe, hébreu, français
espagnol
(Ile) Maurice 1962 X non précisée
Mozambique (population
africaine) 1960 X non précisée
Mozambique (population
non africaine) 1960 X portugais, autre
Réunion 1961 X non précisée
Sainte-Hélène 1956 X non précisée
Sao-Tomé et Principe 1960 - non précisée
Seychelles 1960 X non précisée
Sierra Leone 1963 X anglais, autre (préciser)
Swaziland (population
africaine) 1956 X anglais, swazi
Togo 1958-1 960 X allemand, français
anglais
Tunisie 1956 X français, arabe, autre
2
TABLEAU 3
DETAIL DES TYPES DE DONNEES SUR LA FREQUENTATION SCOLAIRE
RECUEILLIES DANS LESRECENSEMENTS DE POPULATION
(AFRIQUE SEULEhlENT, 1955-1 963).
1 1
Degré d’instruc-
Motif de- Age limite pour
Frequente tion pour ceux
mandéen les questions
Pays qui fréquentent
Date ou non cas de non (en années)
1’Ccole
-fréquenta-
l’école
Niveau I tion I minimum
Angola
(population non
africaine) 1960
(Iles du) Cap Vert 1960
Ghana 1960
Libéria 1963
Mozambique (popu-
lation africaine) 1960
(population non
africaine 1 1960
Sao Tom6 et Principe 1960
Sierra Leone 1963
Zambie (population
africaine) 1963
1 . “Connaissance du français” ( 2 )
- 1 colonne, trois réponses possibles :
ne parle pas français / parle français / lit et écrit le français
______---------
(1) Dans le “hlanuel de l’enquêteur’’ publié par l’INSEE en 1961,12 question sur la “connaissance du français”, seule
qnestion prévue concernant le degré d’instruction, est ainsi libellée :
- ne parle pas français
- parle fançais
- lit et écrit
- lit et écrit avec études primaires
- a le C.E.P. (Certificat d’Etudes Primaires)
- a fait des études supérieures au CEP.
Ce manuel servit de référence i de nombreuses enquêtes dont les questionnaires étaient normalisés - cf. tableaux pp. 40
à 56.
(2) Bien entendu, il suffit de remplacer “français” par “anglais” dans certains pays.
- 1 colonne. sis réponses :
ne comprend pas le français / comprend seulement le français / parle le français / lit le français / ecrit
le français / ND (non déclare).
On voit déji apparaitre ici un premier degré de complexité du questionnaire : les réponses ne sont pas
nécessairement exclusives l‘une de l‘autre : il s’agit donc pour l’agent, de retenir /L? seirle réponse correspon-
~ dcgrC d’insti-zrcfinizle plus &ZOG selon Ia hiérarchie implicite : “comprend” / “parle“ / “lit” / “écrit”.
t k i n air
2. “Langues”
FEUILLE DE MENAGE
I Nom du Cmttilrur $
TOUS LES MEMBRES D U MENAGE DIYIICI VISITEURS TOUS LES MEMBRES DU MENAGE plus les VISITEURS 6 ANS ET PLUS
O C C P A T I O N r
LIEU DE DATE DE OCCLIPES , IilTUATlOPl ITUELLE - SAN ori
NOM ET PRENOMS ;€JOUR ou DE NAISSANCE INSTRUCTION INDIVIDUELLE
PROFESSlpN CATION
PUALIFI. BRANCHE WACTIYITE SECTEUR
RESIDENCE OU AGE 6CONOMIOUE JURIDIOUE
i
i, -G: "r G L,
G G -t G
G G I G
G L G
G
L
I -t
L
G
G
L G -t G
G1
3
L G G
G
G
Gi
G
'
I" 4 G
-ÏI
Gi L-l G
G
G
7-
G
LL
I I
Enquête démographique - Sénégal I 970-7 1
Date No
NAISSANCES
Enquêteur : tot<
Contróleur .
Garçons .......
Filles .........
Total .........
I
AGE POPULATION DE RESIDEN(
Relation ,' \--- $3
Lo
W
3 N'' V O M ET PRENOM
avec
chef
le
de SEXI ans I mois 5F .$6
+
GROUPE
ethnique
! TEMPS
. --
Temps
famille de I'absen
I = E
- -
C.F. ........ ......................................
4 ........................... .....................................
5 .............. ....................................
TUELLE
rBSENT TEMPS
POPULATION DE PASSAGE
._2_ --
PERSONNES DE 15 ANS ET PLUS I II
-cc
8C .Y
O
de présence Profession
-¡eu Motif
LIEU
du domicile
MOTIF
de la présence
.i5
0
............... .......................................
I
................ .......................................
!
............... .............................................................................................. ......................................
................ ................................................................................................. I
................ ..................................................................................................
...............
................ .......................................
............... ....................... 1t
.......................................
.....-.....I... .......................................
...........
Rewisemeiit general de la pnpulrltion - Commune de Cotonou 1 Q5h
~~ ~ ~~ ~
I'cige
quez le Departement.
Pour les autres perso.
inscrivez seulement le 1
sonnes recueiIlies, domestjques s'iis sont loges non féminin en acnées toire de l'Union Français'
chez vous). -Pensiorj remarié le Pays.
Les enfants seront toujours inscrits apres leur mére, L pour
m6me s'ils ne sont pas tous du même lit.
Les enfcnts du chef de famille, dont la mere n'est
-Domestiqu union
libre
etc,,,
pas inscrite sur la presente feuille seront inscrits année
immédiatement après le chef de famille. de
nais-
I ige
Pour les personnes âgées de plus de 21 ans, ins- mnce
crire le ncm du père et celui de la mère.
o
I 3 4 5 6 7
Père hfère
I I I L u
Père hltrc
I I I I
L I I I
PCre Mère
Ptre Mère
u
Père XGre
u
Pire hlère
u
I
-
L
i
IIa - 25
PRÉSENCE
Irscrivez :
tscrivez Pour les personnes des secteurs prives et P pour les per-
nsaivez Inscrivez : sonnes r e s i d a n t
emi-public, précisez le plus possible : P pour les per- h a b i t u e l l e ment
Pour les ressor- ANI LE Exemple : sonnes ayant un dans le logement
ssants de l'Union 4nimiste ait lire Caissier - comptable, vendeur, mécanicien- emploi permanent. et y couchant a u
r a n ç a i s e , indi, t écrire auto, détaillant en alimentation, grossiste en moment du recen-
uer seulement le le T pour les per. sement.
roupe ethnique : CAT vin, entrepreneur de transport, forgeron, manœu- sonnes ayant un
rançais. vre-maçon, etc. A pour les per-
Catho- emploi temporaire. sonnes r e s i d a n t
Fon
Goun
Yoruba
Bariba
lique
MUS
P
sait
parler
les militaires, indiquez le grade.
Pour les enfants et les jeunes gens fréquen-
I
Pour les Agents d e la fonction publique et s T pour les per.
sonnes ayant un
métier mais actuel.
habituellement
dans le logement
mais n'y couchant
pas a u moment du
Métropolitain MuSul- lement sans em
le tant un établissement scolaire, inscrivez a élève a recensement.
Eurafricain man O pou: les per-
Antillais rancais ou t étudiant x .
O pour les per, sonnes ue passage
Etc... Pour les enfants en bas âge et les personnes Sonnes sans profes. couchant dans le
PRO Sinon logement.
Pour les étran 'rotestan ans profession inscrivez SP sion.
'ers, inscrivez IC nscrivez Les personnes ayant une profession et actuel- DURÉE
ationalité seule lement sans travail, indiqueront leur dernier Inscrivez :
lent : A O X pour les per-
métier exercé.
An lais Autres sonnes résidant ha-
ItaEen Religion! bituellement à
Portugais Cotonou d e p u i s
Libanais SR plus de 6 mois:
S rien O pour les autres.
Bc... sans
Religior I
Présence Durée
a 9 10 11 12 13
L L Li L
L L -1 L Li L
L I !
- L
L
L
L
L
L
I L L[ L
-
L '
!
L
I
L L if L
-
L L
L L
L L
Enquête démographique - Sénégal 1970-71 IIa - 27
i . NOM _.
. ._
0 DEM. 3
PRÉSENT (E) -
i-Ï
-
4. NATUREDE RESIDENCE A6SENT (E) I I
-
P A S S A G E R (E) u
5. Date de naissance
6. Lieu de naissance _
.-.. ~
7. Nationalite
8. Origine ethnique -~
9. Religion _.___......_..._._____I^...
11. Autre(s)langue(s)parlee(s) . ~ -
Occupes et chdmeurs
Père :
...........
Mère- :-. .. - ._
Père. .:. . . . ....., . . . . . .
Mère :
Père : . . . . .
. . I.-
,
I
- Mère : . . . . . - .... -
...
Piire
. . :. . . .
Mère
..-. .:.- ... ...
Père :
- . . ....... . .
Mère :. .
Père :
-
i
I
............................. !
hlère : . . . . .. ... -
PPre :
. . . . - . Mère : . -- _-
Pkre :
... ................... I
I
- - _.-. illere-:
Pere :
..... ..... -. Ukre :
Pire :
. - . . . &Ere:
Père :
I
%re :
Père :
llkre :
Ptrc :
..... Uirc:
-- : - - . . -
..
TIONALITI? NOMBRE D'ENFANTS
(question d poser
upe Ethnique aux femmes seulement)
NIVEAU
d'instruction
(I
1)
BE
3revet Clémen
taire ou plus.
CE
Eertif i cat d'étu
de.
Pour ceux qui
savent lire
et écrire
une langue
inscrire
cette langue
exemple :
LE Allemand
L Français
P Anglais
O Néant ___
-------y----
.
_- .
SITUATION SOCIALE .
METIER
ou
PROFESSION PRINCIPALE
P
perma-
nent
tempo-
ex : caissier comptable mécani- raire
S
saison-
Pour les salariés faire pricéder nier
CT
c) Pour les enfants frhuentantiSans tra
l'éCole inscrire :
E suivi de l'établissement qu'ils1 v"_"
fréquentent.
ex : (E-collsge).
d) Pour les sans professions
inscrire :
SP. l~
V
U .
sion
~
RËSIDENCE
P
dans la
COMMUNE
présenl
A
absent
S
saison
nier
o
Jour le
autres
(14)
IIa - 29
!
II il - 30
Province
nistrict
ZAIRE - Recensement 1'%O Date
rerritoire
Formulaire NC I Nom et prhnms de I'enquëtrur .
c. 1.
Village ou Centre
-
4 O - 3. 9
1 L i
-~ - - ~. .-
ETAT MATRIMONIAL INSTRUCTION ET LANGUES 3CCUPATIOI
hlrriir
-
I
! I
IIa - 31
mesure très souvent dans les recensements que les adultes ou adolescents (plus de 14 ans ou plus de 12 ans
par exemple) fréquentant un établissement scolaire ou universitaire. Dans ce cas, la question est généralement
libellée ainsi :
Activité -si inactif, préciser : chômeur, retraité, élève ou étudiant. I1 arrive que les “inactifs” ne soient
pas détaillés, auquel cas l’on doit renoncer à toute information. S’ils le sont, la mesure n’apporte guère car
l’appréciation du statut d’élève reste, comme on le verra, bien difficile.
Dans des opérations récentes (notamment dans des pays d’Afrique du Nord), la scolarisation présente
est placée au même titre que la scolarisation passée.
On a dans ce cas un tel type de questions :
- fréquentez-vous actuellement l’école ?
- si oui, quel établissement et quelle classe ?
Le questionnaire en est alourdi, mais la comparaison avec les statistiques annuelles est alors possible,
ainsi que toutes sortes de rapprochements entre la fréquentation scolaire et diverses caractéristiques socio-
économiques (instruction des parents, ethnie etc.).
Mais de façon générale, on en est parfois, en voyant les questionnaires, à se demander si le problème
. du statut d’élève a été envisagé. Faute d’avoir pu examiner le manuel de l’enquêteur et faute de résultat
figurant dans les publications disponibles on ignore fréquemment si les élèves ont été recensés en tant que
tels.
Une telle observation ne doit pas étonner : tout comme l’activité, l’instruction n’est pas du domaine
strictement démographique. Lorsque, de surcroît, le démographe rencontre des difficultés à cerner celle-ci,
il tend à la négliger. Ceci explique que, si l’éducation est, comme on l’a dit, le parent pauvre des enquêtes
e t recensements, la fréquentation scolaire des enfants est elle-même le parent pauvre au sein du domaine
éducatif( 1).
_______________
I 1 I Rapport final de la troisi2Ine conférence internationale sur l’education des adultes. Ilnesco, Paris, 1972.
Ces termes, qui se sont imposes sur le plan international. correspondent aux acceptions plus courantes de “Primaire”.
I2 i
”Secondaire“ et ”Supérieur”. De telles cat$gories appellent une definition, qui sera donnee lors de l’examen des concepts.
IIa - 33
ves, leur nationalité éventuellement et le nombre de filles sont connus, éventuellement pour chaque classe,
tout croisement est rendu possible entre les différents caractères. Ceci implique en réalité un questionnaire
plus simple qu’il pourrait y paraître (1).
Les formulaires d’enquêtes et de recensements ne seront plus satisfaisants sans doute qu’A une condi-
tion : l’amélioration des méthodes d’investigation spécifiques en milieu scolaire. I1 est en effet illusoire d’at-
tendre du démographe qu’il mette au point une méthodologie dans un domaine qui n’est pas le sien, alors
que les statistiques d’éducation sont l’objet d’une redéfinition quant au champ d’investigation et aux con-
cepts utjlisés. Ceci passe à notre avis par l’existence d’un service central national de statistiques chargé de col-
lecter et d’analyser les données sur la scolarisation et sur la formation hors-système scolaire. La mise en œuvre
d’un inventaire des établissements ou simples filières de formation, dans des domaines encore mal explorés,
mais désormais plus importants (tels que formation des adultes, alphabétisation etc. . .) est de ce point de vue
une tâche prioritaire ; mais elle ne doit pas se faire séparément des services de planification, au risque de
rendre impossible toute liaison avec les enseignements traditionnels et donc de voir les enseignements sortant
de ce cadre échapper à toute prévision. C’est à ce prix que les questionnaires de recensements et d’enquêtes
pourront non seulement être améliorés mais leurs réponses exploitées.
I1 ne faut pas cependant se cacher les difficultés conceptuelles inhérentes à tout travail centralisateur de
ce type : un répertoire de toutes les formations existantes signifie, pour un pays en voie de développement,
une redéfinition très fréquente des termes utilisés, en rapport avec les situations réelles : telle formation
s’adresse-t-elle pratiquement à ceux qu’elle vise, et,’si oui, remplit-elle le but qu’elle s’est assignée ? Plus géné-
ralement à partir de quel niveau, de quelle intensité, de quelle durée peut-on parler de formation ou d’ensei-
gnement ? On verra, dans ce qui suit, à quel point les insuffisances de la collecte renvoient à des difficultés
conceptuelles, y compris dans les domaines d’éducation traditionnels.
(1) On trouvera en Annexe II le questionnaire sur les statistiques d’enseignement élaboré par l’UNESCO B la suite de
la session de 1958, et en Annexe III la liste des tableaux proposés par l’annuaire-type de YAUDECAM, ainsi que le fac-similé
de certains d’entreeux.
3
COTE D’IVOIRE - ANNEE SCOLAIRE 1971/7?
ENSEIGNEMENT TECHNIQUE - PUBLIC
LYCEE TECHNIQUE
Formation
216 Y 225 173 - 173 125 1 126 514 10 524
industrielle
Formation
économique et 195 139 334 185 104 289 170 69 239 550 312 862
commerciale
Total 411 148 559 358 104 462 295 70 365 1064 322 1386
ire
,l..e Cl. Term. Total
G F T G F T G F T C F T
Formation
industrielle 7 - 7 18 - 18 10 - 10 35 - 35
Formation
economique et 26 22 4s 7 10 17 13 10 23 46 41 88
commerciale
Total 33 22 55 3s 10 3s 7-3 10 33 s1 42 123
Ivoiriens 3x8 132 520 329 68 417 27h 62 338 993 287- 1275
Autres Africains 8 f) 14 12 h 18 7 2 9 27 14 41
Français 10 4 19 11 9 23 9 6 15 33 24 57
Autres Etrangers 5 I h 3 1 4 3 - 3 11 7- 13
Total 411 118 559 35X 104 462 295 70 365 1064 327 1386
Source . hlinistbre de l’Enseignement Technique et de la Formation I’rofessionnelle iOSDI ), clté dans : Statis-
tiques scolaires en Cote dlvoire au 1/ 1/ 1 972 o
1Ia - 35
HAUTE-VOLTA - ENSEIGNEMENT DU PREMIER DEGRE-PRIVE
REPARTITION DES EFFECTIFS PAR ANNEE D'ETUDES -SUITE- AU 1/1/69
GARANGO 1 garçons
filles I I 1 182
114
67
71 1 122
73 1 I 75
42
70
46 28 1 I 374 I
total 296 138 195 117 116
garçons 101 75 77 61 59
TENKODOGO filles 72 14 56 4 31
total 173 89 133 65 90
KOUPELA I garçons
filles I 66
63 I 222
90 I 146
72 I 171
87 I 134
66 I 80
37
167
68
986
483
I total I 129 I 312 I 218 I 258 I 200 I 117 23 5 1469
total - 42 - 31 -
KAYA
garçons
filles
63
46
27
24
50
36
30
11
45
11
21
12 I I 26
236
166 1
commune total 109 51 86 41 56 33 I 26 I 402 I
I
-
KAYA 1 garçons
filles I I 1 I 30
11 I 27
6 I -
- I -
cercle I total I I - I 41 I 33 I - 1 -
garçons 80 52 77 61 53 30 353
KONGOUSSI filles 39 49 38 32 16 190
total 119 101 115 93 69 46 I I 543 I
KOUDOUGOU
commune
I
I
garçons
filles
total
1
I
40
38
78
1
I
222
194
416
I
I
221
83
304
II 1I II101
109
210
168
83
251
94
122
216
151
56
207
I I
I I 1682
I
I
garçons 91 70 37 102 39
YAK0 filles 54 49 49 57 31
[ total [ I 145 I 119 [ 86 I 159 I 70
garçons 145 124 106 68 85
REO filles 99 88 67 48 61 410
total 244 212 173 116 146 119 1 O10
garçons 110 345 419 286 296 222 254 1932
OUAGADOUGOU filles 120 335 388 287 275 198 170 1773
-
commune total 230 680 807 573 571 420 424 3 705
garçons 134 172 100 159 56 115 736
OUAGADOUGOU filles 77 97 52 68 31 45 3 70
cercle I total I I 211 I 269 I 152 I 227 I 87 160 1106
garçons - 48 . - - 24 19 91
BOUSSE filles - 14 - - 19 12 45
total - 62 - - 43 31 136
ère Année
Ze Année 3e Année ENSEMBLE
SECTIONS - - - -
Dont Dont Dont Dont
TOTAL TOTAL TOTAL I’OTAL
filles filles filles filles
- -
LETTRES CLASSIQUES
Public 66 29 - 21 14 117 14
Privé 10 - 12 - 4 I
26 -
Total 76 - 41 - 26 14 143 14
LETTRES MODERNES
Puhlic 331 44 167 36 98 - 596 80
PriVi. 60 30 38 10 38 x 136 48
Total 391 74 205 46 136 8 731 128
SCIENCES BIOLOGIQUES
Puhlic 3 53 41 233 41 86 27 671 111
Privé 67 31 71 IO 37 6 175 47
Total 4 10 73 3 O4 52 123 33 847 158
SCIENCES EXACTES
Public 347 35 197 26 74 9 618 70
Privé 36 - 49 5 15 - 1O0 5
Total 383 35 246 31 8‘4 c) 718 75
SERIES ETRANGERES A. C, D
Puhlic 16 15 27 12 I9 8 72 35
Privé - - - - - - - -
Total 16 15 27 I’? I9 8 72 35
- -
TOTAL GENERAL 1196 197 823 141 393 72 2512 410
DONT PUBLIC 1123 136 b53 1 I6 2Q‘, 58 2 075 310
-
PRIVE 173 61 170 25 94 14 437 1O0
Source Ministère de 1’Education Nationale.
Annuaire statistique du Mali-] 969.
IIa - 37
Présentation
Les questionnaires de recensements et d’enquêtes démographiques par sondage ont été présentés sépa-
rément, afin de rendre plus aisé le repérage des grandes opérations nationales.
Lorsque nous avons pu voir le questionnaire, cela est noté. Toutefois, même dans ce cas, il arrive que
le détail du questionnaire soit reconstitué d’après les publications de résultats, certains questionnaires
ne précisant pas le libellé des réponses possibles (il eût fallu disposer également de l’ensemble des
instructions données aux agents).
L‘étude du “niveau d’instruction’’ de la population hors-système scolaire apparaît généralement plus
aisée que celle de la population scolarisée. C’est pourquoi nous avons cru bon faire figurer dans une colonne
le renseignement suivant, toutes les fois qu’il était connu : est-ce que le statut d’élève ou étudiant est
prévu comme type particulier d’activité, et pour quels âges. Ce n’est malheureusement pas toujours le cas,
en particulier pour la précision concernant les âges. I1 importe toutefois de savoir que toutes les précisions
ne sont pas données dans les questionnaires et qu’à défaut de connaître les consignes aux enquêteurs, la
mention “NP” (non précisé) n’a pas nécessairement valeur négative.
On s’est efforcé de reconstituer aussi rigoureusement que possible la teneur exacte du questionnaire :
nombre et libellé des questions et des réponses possibles. Le “nombre de questions” est en principe celui
des colonnes réservées à l’instruction dans la feuille de ménage ou individuelle. Cela ne veut pas dire qu’elles
soient toutes exploitées. Les questions ont été séparées par des points-virgules (;). Les réponses possibles 6
chaque question, quand elles sont connues, sont énumérées en détail et séparées entre elles par des traits
obliques (I). Un point doit être souligné : dans la plupart des opérations antérieures à l’Indépendance, les
questionnaires se ressémblent. En conséquence, “Connaissance du français” : NP ou ‘‘ Degré d’instruc-
tion”: NP, signifient très probablement que les réponses possibles étaient voisines des deux schémas sui-
vants, les plus répandus à cette époque :
- parle le français / lit et écrit le français / ni l’un ni l’autre
- parle le français / lit et écrit le français / CEP / autres.
C’est pourquoi nous les avons classées respectivement aux points b/ et c/ des catégories décrites ci-
dessous.
Le classement adopté va du plus simple au plus complexe :
a) la première catégorie de questionnaires est celle où aucune allusion n’est faite ni à Séducation ni aux
langues connues ; généralement, on peut cependant évaluer le nombre de scolarisés à travers la question sur
l’activité.
b) et c) viennent ensuite les questionnaires centrés sur la seule connaissance du français (parler et alpha-
bétisme) ainsi que sur la possession de certains diplômes de base (généralement le Certificat d’études pri-
maires et le Brevet).
d) et e) certains questionnaires, en particulier dans les pays du Maghreb, attachent une plus grande
importance aux différentes langues. Nous les avons regroupés, en distinguant ceux qui comportent de pré-
férence une optique de stock (diplôme) ou une optique de flux (fréquentation scolaire présente ou passée).
f) enfin, une catégorie à part est celle des enquêtes ou recensements où l’on ne vise pas à préciser dans
quelle langue les personnes sont alphabétisées, mais seulement à cerner un degré d’instruction. Cette concep-
tion est assez largement appliquée dans les années récentes.
En ce qui concerne la dernière colonne, il a été jugé utile de préciser, quand le questionnaire a été VU,
si l’enquêteur devait OU non mentionner le motif de l’absence pour les résidents absents (1) et de la présence
pour les visiteurs (1) (ou tout au moins le lieu de présence et la durée de l’absence pour les premiers, et le
lieu de la résidence habituelle et la durée de la visite pour les seconds). Cette information est en effet d’une
grande utilité pour l’étude des migrations scolaires.
El-Etud. Motif
Pays - Date Nh cat. comme demandé
e t nature de Ouest. enq. Description du questionnaire (3 1
l‘npération
vu S’ ( 2)
activité
(2)
pour
RA et V.
RU 1958
Néant
I 1 dude et
lieu seu-
lement
i
Gabon Néant oui (14 ans non
RN i 9 m et plus)
1 Gabon
RN l96Y
Néant
I prob.( 6 ans
e t plus) I durke
seulement
Lihrevillt.
(Gabon)
RIT 1069 IT 1 - 1 Néant
1 prah.(h ans
et plus) I oui
I
Cotonou Y 1 NP non
(Dahomey 1 sait parler le francais / ni l’un ni l’autre
RU 1056 Oui
4 centres
Ufhains
c 1 r; r~Is;ct-
(Côte d'boire)
RU 1956-57
I Centres u r b z ‘i NP Sait lire et h r e le fransais / sait parler Ir francais 1 ni oui non
I ¡Côte d’lvoirel
RU 1957
l’un ni l’autre
1 1:
Pointe-Nnirr 1 :F: du franc;ais - NI’ non
(Congol
R U 105%
hlaroc 8 lieu seu-
KN l‘%O Parler-vous l’arabe ; u n dialecte barhire ; le francais : lement
Saver-vous lire et Bcrire : l’arabe , un dialecte herh&re ;le pour V
Hamaho
- 1
français ;l’espagnol
Connaissance du français - parle seulement / parle. et lit
rhlalil seulement / parle, lit et écrit
RU 19b0-bl
Grand-Basam 14 ans Degrf de connaissance du franGais - aucun / parle / lit I non
(Cote d‘Ivoire I et f éait
RIT 1963 -
6 14 Fréquentation scolaire
ans
I1 I y
I I ” ’
Ne parle pas français / parle le francais / lit le francais f
écrit le frangais / CEP /’ ND
15 ans e l
Voir libellé en e /
-
Niveau d’instruction ne parle pas français / parle le
I oui
I
(Cameroun)
RU1962 I I 1
plus
6 - 14
ans
français / écrit le français / CEP/BE et +/ instruction dans
une autre langue ;Fréquentation de l’école
,
HAC ?/BAC Tech./
Autres/ ND :
Y Tous Langue maternelle - arahe/herbère/trancais/aiitre ; oui
b ans et Qualification - formation sp8cialisee/rxp~rience/rien: h ans et +
plus
b ans r t -I ’
Instruction - indiquer la ou les langues lue (SI r t &<rite(SI
couramment : arabe / fransais / autre rien :
Demi6re classe suivie et genre d’kcole irsemple :
Nß si
1’6 tudian t
I & ann& cours moyen / 42 annee medersa / 1Pre ann& a eu une
licence droit / ? h e annee ceiltre d‘apprentissage ajusteur activitO
classe 5e lycée / rien). prof. an
Suivir en 1965 : oui/non, moins hi.
x Diplhme le plus elevé obtenu : pendant le
aiitrr h ans et i mois, il
niodtle sera classi.
de auest. “occupi.”.
(vu dans le
manuel du
recen.)
i operarion I
lu yuesrionnaue ( 3 )
I pour
RAetV
f) Alphabe‘tisme (langue non précise‘e) et degre‘ d’instruction
Kenya 1 tous Pas d’école/moins de un an / 1 à 4 ans I 5 1 8 ans 1
RN 1962 9 à 12 ans / 13 ans et +. .... ....
AMVR de 2 6-14 ans Fréquentation de l’école ; .... ....
MadUOVdO 15 ans el Nombre d’années passées 1l’école (de O à 7 et plus).
Madagascar plus
R régional 1968
El-Etud. Motif
Pays Date - Quest.
Nb Cat. comme demandé
et nature vu Y. enq. Description du questionnaire (3) activité pour
l’opération (1) (2) (2) RA et V
I I I I l I
Guinée
1954-1955
I
I
x I -
al Aucune question relative d 1 ’instruction ou aux langues
I - I Néant
I I
I 1
probable ; ; ; ;1
seulement
I I pourRA
bl Connaissance du français (ou d’autres langues) seulement
....
l i INPI ....
~~
Tord-Cameroun x 1 14 ans Degré d’instruction - parle et écrit le français / parle oui ...
1960-1 96 1 et+ seulement le français / ne parle pas français mais parle
ou écrit allemand ou anglais / écrit une autre langue I
analphabète.
(1) y compris la fréquentation scolaire actuelle demandée spécifiquement comme caractéristique éducationnelle.
(2) notée NP si non précisée
(3) les questions sont séparées par des points et virgule (;) ;les réponses possibles sont séparées par des traits obliques (I)
ou notées
NP si elles ne sont pas précisées dans le questionnaire.
II a - 12
p.‘11~
- . .. Date El-Etud. hlotif
Nh. Cat. somme demand0
et nature de Ouest. enq. Description du questionnane 13 I
activité
vu pour
l’opération (2)
,
(2) RA etV.
L.
i t
Sénégal x 1 NP Connaissance du français - NP probahle oui
190O-lQ61
Cóte d’Ivoire x 1 15 ans Connaissance du francpis - NP NP oui
1 %2 et +
Instniction NP NP oui
cc+--- Icjbl
Maroc
hf auritanie
19&
I
1
.. .
tous
Ne parle pas IC tran& / parle srulement Ir français 1
lit et Pcrit le francais lit et &rit dans une autre langue /
.
CEP I BE BEPC / autre diplAmr / ND.
voir IihellC en e I
oui
I
pmh.
...
oui
.
parle ni n‘isrit / parle ípréciser : andais francais, arahe) /
1 PhQ soires k i t iprOciser : anglais. francas. arahe) /
diplfime : CEP i RE i etc. I
ayant atteint Ir. sesondairr w i s diplbme . tranzais i anglais :
1 .. . Pour Pleves. prtkistr I’&.ililissemmt.
Pays - Date
etnaturede
l'opération
I I 1 I
I
Quest.
vu
I
T~
Nb.
I
Cat.
e;2"
I
Description du questionnaire (3)
1 El-Etud.
comme
activité . IMotif
demandé
RA
pour
et V
d) Connaissance de differentes langues et degré d'instruction (diplômes)
Nioro du Rip 2 ... Langues parlées - Néant / français et arabe / français / ... ...
(Sine Saloum) arabe ;Scolarisation - Ecole coranique / arabe / primaire /
(Sénégal) secondaire.
Burundi
1970-1971
4
4
tous
1
Langue habituelle (code à 2 cases) ;
Autres (s) langue (s) parlée (s) (code à 2 fois 2 cases) ;
Fréquentation scolaire (code à 1 case) ;
Niveau d'instruction (code à 2 cases)
oui
oui
oui
(1) y compris la fréquentation scolaire actuelle demandée spécifiquement comme caractéristique éducationnelle.
( 2 ) notée NP si non précisée
(3) les questions sont séparées par des points et virgule (3 ; les réponses possibles sont séparées par des traits obliques (I)
ou notées
NP si elles ne sont pas précisées dans le questionnaire.
El-Etud. hfntif
Pays - Date Nh Cat.
et nature de Quest. qn . enq. Description du questionnaire ( 3 comme demande
vu activitO pour
I’opkration II 1 (2)
(7) RA et V.
-
Yaounde 1 (?I b ans Fréquente I’ictile : primaire / secondaire technique / oui ...
1 Cameroun 1 et f supérieur / ND.
I964 - 196s (N.B. Chacun des trois premiers types d‘enseignement
est subdivisi: en : public / prive religieux / prive laïc)
hfadagascar 1 h ans Alphahétisme ; ...
et f DerniOre classe suivie
1%b 1 NP
-
Kinshasa x 4 NP Instnistion - nomb. d’années faits en classe d‘enseignement non
(Zaire) (proh. supirieur :secondaire :primaire ;
I967 tous Va i l’école.
iges
Tnnisie I 5 ans Degri d’instruction - sans / Kouttab / primaire i moyen / ..
I Qh8 et + secondaire ler degr6 / secondaire 2 n d d e g é supérieur 1
autre 1 préciser t
-
Rwanda x 1 I 4 ans Fornation professionnelle - oh (6tablissement scolaire.
1070 et 4- entreprise) : Quel mCtier ;Niveau dïnslmction - n’a pas prohahle oui
4 fréquenté I‘ecole ; nomhre ii’anni.e$ effectuées dans :
primaire ; secondairr ; supérieur
Togo x 1 tous Ecole-type d’etablissement - NP ; NP oui
Niveau d‘instruction - NP .
1971 1 1’ ans
-
et - Formation professionnelle acquise - NI’
I1 n’est pas de concept en matière d’instruction qui ne pose à un titre ou à un autre un problème de
définition. La difficulté s’accroît lorsque l’on fait intervenir des concepts extérieurs au champ scolaire,
à l’exception du sexe.
Le mariage des indicateurs éducationnels et des caractères démographiques doit faire l’objet d’une
définition conceptuelle rigoureuse. Toute définition est, par essence, restrictive, puisqu’elle délimite un
champ hors duquel des individus statistiques sont exclus. Si étendu que soit ce champ, il y aura toujours des
individus exclus. En revanche, il importe que les définitions aient un objet ; pour l’instruction, par exemple,
elles doivent permettre de ranger chaque individu dans la catégorie qui lui convient : “sait lire et écrire”,
%e fréquente pas l’école” etc.
Toutes les situations particulières doivent elles-mêmes donner lieu à une ou plusieurs catégories con-
ceptuelles. De façon générale, les statistiques scolaires donnent des définitions plus rigoureuses, mais plus
limitées, que les statistiques d’enquêtes ou recensements démographiques ; il serait toutefois d’un grand
profit qu’elles utilisent mieux l’appareil conceptuel forgé par ces dernières, notamment en ce qui concerne
l’âge.
1. STATISTIQUE SCOLAIRE
b ) Les éleves
’4suppnser que soit évalde une Cventuelle dGperdition d’effectits t‘n cours d’annee. il reste le Probleme
de la definition du statut d’élt.ve. La définition la plur couranimtmt acceptée cst ccllc tlonn6c par le Manuel
de l’UNESCO ( 2 ) .Cette definition est celle de la rt‘coriini:ind,ition d o p t é e 1958 par la m h c organisation
t k n
( 3). Est considérée comme “G12v.cb” toute “per\onne incurite dam un Ctahltscemont d’enseignement pour
recevoir un enteignement systéniatique de n’tmpc.)rte yurl tlegr2”.
Cette définition ect donc tres floue A la fois cur les plans juridique (“inscrite”) et peihgngiyuc (“enwi-
gnement systematique”). En p,irticulier. elle ne fait pas entrer e n ligne de comptc. .
- la participation réelle du‘i cours.
- Id durGe de Ia formation (“systématique” ne definit pas une cliirCe mininiuni mais w i l ~ m e n tune
rigularite suppo\ie i .
le temps heddomadaire consacre t‘il moyenne.
En ce qui concerne ce dernier point. la recommandation prCcise qu’il fudrait entendre par e l e ~ e“a
plein temps”. un “t.‘lciv irrscrit ci1 viic de rccviv)ir iiii ciisciyiic~riiciitù pic-iti fcw?pspow uric p t r i d c .~ii.ffi,saiir-
ineiit koiigxe” Cette définition. qui n’est pas purement tautologique. fait intervenir les notions de cluree et
d‘intensité. et ce \ont en realite les élèves i plein tcmps ct pour une annee scolaire complPtr. que l‘on trouve
dans les annuaires. du moins pour les dcux premiers degr6c d’enseigncment. En ce qui concerne l’enseigne-
---_---------_
1 t I1 faut les calculer en deduisant les redoublements des nouveaux effectifs l‘année suivante dans In classe immediate-
ment supérieure.
( 2 t hlanuel des Statistiques de I’Education. lère edition. UNESCO 1 % l .
( 3 ) Recommandation concernant la normalisation internationale des statistiques de l’iducatinn iadnptée le 3 dic. 1S j F
par la Conférence gEndrale dixi6me session. Paris t.cf. annexe. II.
IIa - 47
ment supérieur, la notion de plein temps perd une grande partie de sa valeur (1) et l’on trouvera, de plus,
dans l’université le problème des inscriptions multiples. Mais le grave défaut pour le statisticien est qu’elle
pose une finalité (“en vue de recevoir”) et non une réalité (ce qui se traduirait par la formule “ayant effec-
tivement reçu”) : celui-ci anticipe sur une réalité plutôt qu’il ne l’enregistre. Une telle définition rendue
nécessaire par la normalisation des statistiques n’est possible que parce que la grande majorité des élèves
des degrés numériquement les plus importants (le premier et le second degrés) sont précisément censés être
placés dans les conditions requises : enseignement à plein temps et pour l’année. Mais elle constitue une
sorte de condamnation statistique de tout système développant une autre pédagogie, telle que rotation des
classes ou alternance du travail productif et du travail à l’école par exemple.
c ) L’6ge
L’âge des élèves est de plus en plus pris en compte dans les annuaires de 1’Education Nationale. I1 figure
parmi les indicateurs de l’annuaire-type. C‘est naturellement une bonne chose : une telle donnée permet de
calculer non seulement des âges moyens à chaque niveau, des temps de présence dans chaque cycle, des
durées différentielles de scolarité par sexe ou par région par exemple, mais aussi des taux de scolarisation
si l’on possède de bonnes estimations de la population scolarisable. I1 convient néanmoins de prêter atten-
tion aux difficultés suivantes :
- difficultés de mesure. Si le pays possède un état civil généralisé, tout élève doit pouvoir fournir sa
date de naissance. Son âge x t alors facile à calculer, que ce soit dans l’année ou dans l’année scolaire. Mais
il s’agit là d’une possibilité très rare, du moins dans certains pays d’Afrique, où l’état civiln’est pas généralisé.
L‘appréciation de l’âge doit alors se faire selon des critères qui sont habituellement ceux de l’agent
recenseur, mais avec lesquels le chef d’établissement n’est pas nécessairement familiarisé : calendrier des
événements (2), comparaison avec d’autres membres de la famille (âge relatif), apparence physique etc.
Un problème voisin est celui des âges extrêmes, tardifs dans le primaire notamment : seront-ils déclarés
conformément à la réalité ou bien systématiquement sous-estimés ?
- difficultés d’interprétation. Nombre d’annuaires ou d’ouvrages de compilation fournissent des
âges moyens à chaque niveau d’études. Ces informations, précieuses en principe, ne sont pas toujours
utilisables telles quelles : l’année scolaire dure neuf mois environ, et les âges moyens sont calculés pour
une date précise de calendrier (sinon précisée !), qui peut d’ailleurs varier d’une année sur l’autre. I1 convient
donc, en premier lieu, de connaître l’âge révolu toujours à la même date (le ler janvier suivant la rentrée)
ou, ce qui revient au même, l’année de naissance (3) ; en deuxième lieu, lorsqu’on calcule l’âge moyen, de
préciser si c’est l’âge moyen à la rentrée, en milieu d’année scolaire, a la fin (pour I’âge des élèves passant
un examen avec succès) ou bien au ler janvier. Cette dernière solution a l’avantage de s’harmoniser six
mois près avec les statistiques démographiques de l’ONU, qui sont établies pour le milieu de l’année calen-
daire, et donc de permettre des calculs de taux de scolarisation plus rigoureux. Néanmoins, le l e r janvier
n’étant pas exactement au milieu de l’année scolaire, elle conduit à un rajeunissement systématique de la
population scolaire.
- - - - - - - - - _ - - - I
(1) On trouve dans les recommandations de l’ONU cette précision un peu étonnante : “Si une personne est d la fois
étudiant. .. e t est occupée (ou en quête d’emploi) pendant la période de référence, elle devra être considérée coinme
faisant partie de la population active’! Bien que s’appliquant aux recensements de population, une telle restriction devait
être signalée ici. On voit quelles difficultés il pourrait y avoir à l’appliquer aux pays oÙ l’enseignement supérieur est impor-
tant. Mais elle montre, a contrario, un défaut des statistiques administratives de l’enseignement supérieur, oÙ, à l’inverse
il suffit d’avoir pris une inscription pour figurer comme unité quel que soit le déroulement des études en cours d’année.
-
(2) cf Kendall Les satistiques de l’éducation dans les pays en voie de développement, p. 28.
(3) I1 y a d’ailleurs lieu de se méfier lorsque celle-ci ne figure pas.
En ce qui concerne le niveau, les organisations internationales ont pris l’habitude de distinguer trois
degrés ( 1 ). qui correspondent grosso modo aux degris appelés couraniment “primaire”. “secondaire” et
“supkrieur”. I1 s’agit d’un systPme fortement hiirarchisé impliquant plus ou moins l’idée de harrieres de
separation (concours, examens). LI encore, .il s’agit d’une condamnation implicite de toute modification
dans les “organigrammes”. Ainsi. depuis quelques années. la réforme de 1’Education Nationale au Mali a
conduit i regrouper au sein d’un “enseignement fondamental” un enseignement primaire et le premier cycle
de l’ancien enseignement du second degré. Pour étudier I’évolution des effectifs Jans ce pays a des fins
J e comparaison. il faut donc établir les statistiques sur les hases antériiures I la reforme. C’est le cas
de tout changement. et cela n’invalide donc nullement la normalisation. mais montre ceulenient la rigi-
dité pratique auxquelles celle-ci peut conduire les experts r6unis pour examiner la CITE (Classification
Internationale Type de I’Education) ont estimé que Ia distinction entre “degrés’” (primaire et secondaire)
definie en 19.58 est “une distinction d’ordre pédagogique qui conserve aujourd’hui encore sa valeur”. mais
qu’il n’y a pas de correspondance précise entre les categories ainsi définies et la durCe de l’enseignement
obligatoire. qui. quant 1 elle. varie considerablenient d’un pays 5 l‘autre”.
Les critères de définition des degres d‘enseignement peuvent étre qualifiés de relatifs. La reconiman-
dation de l’UNESCO, Jéji citéc. precise que :
- par premier degre. il faut entendre un enseignement devant fournir “les premiers Cléments de
l‘instruction” ( 2).
- le second degré implique “quatre annies au moins d’études prEalables dans le premier
degri”.
- le troisieme degr6 (ou superitur) exige d’avoir “suivi avec succès un enseignement complet du
second degr$“ ou Cqui\alent.
11 n‘y a donc pas de d2finition rigoureuse : les degres d’enseignement sont définis les uns par rapport
riu^ autres ; le point de depart. i savoir les “premiers” Cléments de l’instruction. n’est pas davantage
qualifii. Les critcres de clashification sont respectivement;
- l’Lige pour l’enseignement elimentaire;
- le contenu pour I’enceigncnient d u premier degrc ;
- le niveau ‘itteint pour les enseignements des second t‘t troisième clegre.
11 fdut donc se garder de juger qu‘un degr6 définit un ensemble comparable d’emblée d’un pays a
l’autre, sous les rapports d u contenu des Etudes,de l’ige. de Ia duree etc. : ceux-ci doivent étre consideris.
comme le Jiwient lec experts charges d’euminer la CITE. non comnie dec critères de définition des
d e g r k mdis comme de, “indicateurc”.
D’autrc p,irt. It‘\ degrCs n’ont pris entre eux d’6quivalenct. pidagogique ;si les premiers et second degrés
>ont fortement htructuris en classe\. il en va autrement pour le sup6rieur. oh sowent seul l’examen let
encore. pas toujours) permet de situer un ctudiant par rapport I un autre : “Ia principale difficulté que
soulèLe I‘an;ily\e des statistiqucs relathes aus étahlissenients d’enseignement supérieur vient de ce qu‘il n’)
a pas dc division entre les anneeh d’etudes ou les classes. . . .”
En cons6quence. on ne peilt pas sc servir dec notions habituelles de “diperdition” : “en l’absence de
cldssec distinctes. le “redoublcment” a fort peu de sen\” ( 3 ) .Mais c’est sans doute pour le second degri
qu’on peut t r o u e r les plu, grandes ditficultes. a tt.1 point q u e les participants 1 la réunion de Yaounde
“ont cstiiirc: 9zr ’il coiiikvirliuit dc doniici iiiic 1 i o i i i ~ c . I l td6jïizitic~n
~ rlc I’t~iisrigiicriicntd i r scmnd Jcgrc dppli-
cuhlc J I ’ Ifric]iit>”. C’est l i en effet que se pose le problème de 12 finalite de l‘enseignement,
En ce qui concerne les types d‘enseignement dans le second degr6. l’UNESCO distingue cntre
“GenCraI”. ‘Technique“ et “Normal‘“. Cett? typologie, tributaire au plus haut point d u ,yst6me occidental,
_------------__
( 1 ) Voir “Recommandation. . .”, déji citke.
(2)Ceci n’est d’ailleurs pas tout i fait vrai puisque l‘enseignement e l h e n t a k e accueille les “enfants trop jeunes pour &Te
admis i l’enseignement du premier degré”.
(31 Kmdall. ouvrage cite. $ 3-14, L’auteur suggitre de repartir les étudiants d’aprPs “le nomhre reel d ’ a n n k d’études
rffectutrs jusqu’i la date c.on>idtrie”.
IIa - 49
risque de se heurter à l’avenir à plusieurs tendances observées actuellement en Afrique : l’uniformisation du
premier cycle, la disparition de l’enseignement normal spécifique au niveau du ler cycle du secondaire (I),
l’apparition d’une voie normale spécifique ne conduisent pas au Supérieur.
Enfin, et cela est consécutif à tout souci de classification, si l’enseignement ainsi répertorié est relati-
vement bien décrit, il n’en va pas de même pour les autres types d’éducation au sujet desquels les annuaires
élaborés dans les pays d’Afrique francophones restent encore très insuffisants. Nous songeons en particulier
aux écoles coraniques ainsi qu’à toutes les formations professionnelles, aussi bien pour jeunes que pour
adultes.
Certes un grand pas a été franchi après 1958, date à laquelle tout enseignement autre que celui des trois
degrés susvisés était encore rangé par l’UNESCO dans une seule catégorie : “Autres types d’éducation”.
A cette époque, comme le signale la C.I.T.E., ‘?e classement par degrés ne portait que sur les établissernents
qui constituent le système scolaire et universitaire ordinaire de la plupart des pays ”.
La tendance, adoptée depuis lors par la C.I.T.E., à ‘Taire une phis grande place aux programmes qui se
situent en dehors du système scolaire ordinaire” ( 2 )permet ainsi de prendre en compte le développement des
formations parallèles ou non-formelles : mais elle n’a pas eu encore toutes les répurcussions que l’on pourrait
en attendre au plan statistique.
Les experts de la C.I.T.E. soulignent que “l’établissement de systèmes statistiques efficaces applicables
Ci I’éducatiori des adultes d I’écckelon national et Ci l’échelon international reste une tâche énorme” et il faut
dire que l’on en est plus, actuellement au stade de la reconnaissance de l’ampleur du problème qu’A celui des
solutions. Le mérite de la C.I.T.E. est de tenter de servir de “cadre commun” aux enseignements ordinaire
et extra-scolaire. Partant de cette orientation, elle tente de classer chaque type d’études selon :
-- le degré d’enseignement, la plupart des enseignements extra-scolaires pouvant être ramenés à un
degré commun, en considérant le niveau d’accès et le contenu des programmes;
- le domaine d’études, ou le domaine principal s’il y a chevauchement (entre “Sciences sociales” et
“Formation de personnel” par exemple) ;
- les programmes.
La faiblesse d’un tel système est de privilégier la classification par rapport au répertoire complet. En
particulier, sont exclues de la C.I.T.E. toutes les formations dites “non formelles”, c’est-à-dire n’exigeant
aucune inscription officielle particulière du participant. I1 faudrait pouvoir, pour recenser ces dernières
recourir à des critères simples tels que
- durée de l’enseignement (en heures-élèves);
- finalité des études;
- efficacité en relation avec cette finalité (le but poursuivi est-il atteint ?).
Mais il peut être illusoire de vouloir à tout prix intégrer tout type d’éducation non officielle dans
les organigrammes classiques. I1 semble que ce soit ici un vaste domaine ouvert aux enquêtes qualitatives.
Les disciplines et enseignements concernés sont variés à l’extrême, les rubriques correspondantes se
prêtent certes mal à la classification et au dénombrement. I1 serait donc nécessaire en premier lieu que les
services statistiques abandonnent leur actuelle optique quantitative et fassent figurer dans leur publications
plus d’informations sur ce qui existe en matière de formation. Un véritable répertoire des établissements,
formations et filières devrait être élaboré par les services statistiques de 1’Education Nationale ; les ferme-
tures et ouvertures, non seulement de classes mais d’établissements devraient être signalées, afin de pouvoir
dresser une carte scolaire du pays. Un tel souci d’exhaustivité aurait des conséquences utiles dans d’autres
domaines : constitution de bases de sondage pour des enquêtes en milieu scolaire (31, utilisation de la carte
scolaire comme Clément de stratification dans les enquêtes démographiques etc. I1 semble que,
contrairement à ce qui est effectivement mis en pratique par nombre de services statistiques, le but pour-
suivi ne doit pas être seulement la comparabilité des chiffres recueillis avec d’autres, jugés similaires.
_-____--------
(1) ‘‘Besoins et Ressources en professeurs dans l’enseignement du second degré” IEDES-Paris 1973 -
tome I, annexe I : “Analyse de la situation de l’enseignement normal”.
(2) Réunion d’experts, ouvrage cité, p. 4. Dans ce sens, il est proposé de remplacer le mot ‘‘instruction”
par les termes “communication” et “acquisition de connaissances”.
(3) cf Kendall, ouvrage cité, 3 6-2.
4
1.2. Limites externes
Par limites externes. il faut entendre tout ce qui découle du caractère limite du champ d’investigation
des statistiques administratives.
Les enquStes démographiques e t les recensements répondent h des hesoins qui varient selon les pays.
les ipoques et les types d’investigation. Toutefois, on notera que les recensements se donnent gknérale-
ment pnur hut de recueillir des données sur I’etat d‘une papulation et ses variations :
- principal^" selon diverses caractCristiques dimopraphiques jugies fondamentales. telles que sexe.
&e. étst matrimonial, migration. etc.
-- secondairemcnt selon certaines caractiristiclues socio-i.cl7noriiiq~iesparmi lesquelles la s:inte. l’acti-
vitt;. et. hien siir. la langue et l’instruction pr2sente ou passéc.
En complhwnt, les enquctes sont destinies i observer les p11énomL;nesmal (ou nullement 1 saisis par
les rccensenients. tels que les naissances et les ddcès (dans les pays sans itat civil). les migrations. l’emploi.
It. niveau de vie etc. Ouoique rien ne s’nppose donc en principe ;i cc‘ que la pratique des enquétes en milieu
scolaire se répande. nous n’aborderons ici que I t s problirnes posis par I‘étude de l’instruction dans les
seules enquStes d&”rraphiques.
L‘C.tude des variables diniographiques essentielles implique que l’on 6tablisse des liens entre individus
recensés : filiation. situation matrirnoniale etc. C’est. du moins dans la conception francaise. le domicile
(ou résidence) qui fournit la base sur laquelle des agrégats sont constitués. Si une telle &finition ne pose
pas de problimcs particuliers en ce qui concerne 1’Ctudt. du niveau d’instruction de la population. on verra
qu’il n’en est pas de meme pour celle de Ia scolarisation des enfants.
En deuxit:me lieu (et cela vaut aussi pour l’emploi), le fait d‘aller i l’éCole ou non est soumis i une
condition de possibilite : 1’5ge. La difinition dc cette condition pose des problèmes juridiques ainsi que
des problkmes d’harmonisation avec d’autres sous-ensembles tels que la population en âge de travailler. e t
la population ayant c l i j i acquis (ou pu acquerir] un certain niveau d‘instruction.
_ _ _ _ _ * _ _ - _ _ _ _ _ _ _
1 I En particulier. nombre de statisticiens y calculent des taux d’inscription par igr sans prrciser les sources.
IIa - 51
En troisième lieu, on retrouve les mêmes difficultés dans le recensement ou l’enquête que dans les
statistiques administratives pour définir e t dénombrer ceux qui vont effectivement à l’école : c’est la question
du statut d’élève.
Enfin, complémentairement ou non avec les scolarisables, le recensement ou l’enquête envisagent gé&-
ralement le stock d’instruction de la population adulte, jugée comme ayant dû achever une éventuelle sco-
larité minimale, definie en termes d’acquis (diplômes, connaissances, temps passé à l’école).
Si les critères énoncés (domicile, âge, statut) permettaient de délimiter des sous-ensembles parfaitement
complémentaires, les problèmes conceptuels se ramèneraient à la définition de bornes. Le schéma ci-dessous
permettrait une classification rigoureuse.
Population Résidents
A
comptée à
part absents I présents
Population Divers
d’âge actif niveaux
ou retraitée d’ins-
truction
^ . .
Scolarisés
Enfants en
bas âge
Eh réalité il n’en est rien dans la pratique : on observe à Ia fois des fluctuations individuelles au regard
de la résidence et des situations complexes au regard de l’âge scolaire.
2.1. La résidence.
Le domicile actuel est le lieu de repérage des individus recensés au enquêtés par la démographie tandis
que, pour la statistique scolaire, c’est au premier chef, l’établissement frkquenté qui importe. 0n.peut donc
s’attendre a priori à ce que la forme actuelle du questionnaire démographique ne soit guère appropriée
I’étude d’une sous-population localisable sur le lieu de son activité et ilon de son domicile.
Traditionnellement, les services chargés de mettre en oeuvre un recensement distinguent trois grands
types de populations :
- les “résidents présents” (RP) à leur domicile;
- les résidents temporairement absents (RA) de leur domicile au moment du recensement, recensés
6 la fois comme tels et comme “visiteurs” (V) à l’endroit où ils se trouvent, donc recensés en principe deux
fois (1);
- la “population comptée à part”, ou “absents de longue durée”, dans laquelle on trouve, pour ce qui
nous occupe, les élèves internes et les boursiers à l’étranger.
Le critère de la présence ou de l’absence est simple : l’individu a ou non passé la dernière nuit au domi-
+
cile du chef de ménage. Ainsi, chaque feuille de ménage comprend en principe RP RA + V, V et RA étant
l’objet d’un double décompte et se compensant au niveau national (migrations hors du pays excepté).
(1) Certains pays font l’économie de ce double recensement e t observent soit la seule population de droit (RP 4- RA)
soit la seule population de fait (RP 4- V) ;cette dernière optique est caractéristique des pays anglophones.
Le c r i t h du caractire “temporaire” ou “de longue durée” de l’absence qui s’impose a priori. c’est celui
de la durée elle-même. ou plutbt celui de la durée anticipée d e I’absence. Ce n’est en rialit6 pas le seul.
Le rdsultat de ces définitions légales pour la scolarisation des enfants est que la position respective des
Clt;ves par rapport :iux différentes catégories (RP. RA. V. population comptée 9 part) dépend de la date du
recenseinent et de la définition même d e I’absence.
Dans les pays africains où la plupart des lcoles secondaires (sinon parfois primaires) sont concentrées
dans les villes grandes ou moyennes il est fréquent que des élèves soient confiés i des parents ou amis. pour
une durée variant d’une semaine i un trimestre ou plus. dans un lieu proche de I’étahlissement d’enseigne-
ment. A supposer que le critire d’absence “temporaire” soit inférieur i 3 mois. tous ces élives sont recensés
coninie “résidents absents”. Cela ne devrait en principe pas poser de problème particulier. même si le recen-
sement a lieu au moment oil ils sont en vacances i leur domicile, puisqu’au niveau de l’exploitation on tient
compte des doubles décomptes.
Le probli“ pos$ par l’absence de nombreux elèves de leur domicile habituel au moment des recense-
ments ou des enquëtes est trPs important. Si le recenseur français redoute tout particulilrement les mois
d’etc au cours desquels ont lieu d‘importantes migrations. IC recenseur africain peut préférer les mois de
conyé\ scolaires, dans le hut d’utiliser les élèves comme agents. Ce faisant. il doit donc agir avec précaution
pour “oublier” le moins de monde possible. Dans le cas contraire. il se heurtera ii la question difficile des
absences.
Dans Ia plupart des enquctes examinées. la dur& d’absence i partir de laquelle un individu est recensé
comme “ahsont de longue durCe” est comprise entre 4 niois et un an. C‘est ainsi q u e peut être laissée i
l’appréciation du rtiponrlant, de I’enquSteur ou des deux. la situation de chaque tilivc. Or nombre d’enquetes
donnent des résultats skparés pour les populations risidente et comptee i part. et méme sowent il n’y a
d’exploitation que pour la première. 11 convient donc d’examiner les totaux avec précaution, en prenant
garde i ce que signifie la date du recensement : \i celui-ci a lieu pendant les congés scolaires, il est fort
probable que la proportion d’tlives rGsidents d6conipti.s sera plus élevée. Le problème est aggravé lors de la
mise en oeulre d‘enquetes où il convient de voir les individus retenus par tirage au sort. Ainsi, lors de
I’enquéte que le niveau de vie .i Yaoundé ( 3964/65). étaient evclus de I’échantillon les élèves (“scolaires”)
residant depuis moins d’un an et absents lors des deux passages successifs de l’enquêteur. I1 conviendrait
donc. au moins dans les enquStes oil il est possible de detailler davantage le questionnaire. de toujours
connaître :
- ai1 lieu d’absence : le motif et Ia durée de l’absence. a u moins pour les jeunes d’dge sco1:ìire;
- au lieu de visite et pour les internes : l’origine (filiation) de l’entant temporairement logé ailleurs
o11en pensicw;
- le caract2re de ”coiirte” ou “longue“ durde de I’abaence ou de la visite.
L‘importance du recensement correct des Clève:, et des etudiants justifierait. s’il en était besoin. le
double dPcompte des absents ( R A ) et des visiteurs ( V I et mt3ie le rapprochement des hulletins corres-
s . qu‘il est systématiquement effectué parfois. On notera d’autre part que la connaissance des
p o n d ~ ~ ttel
tlux migrdtoires pour motifs scolaires pourrait ëtre ainsi envisagée. ce qui n’est pas sowent le cas actuel-
lement.
Mais tout ceci nous conduit a penser que la notion de résidence, si elle convient pour l’dtude des
caracteristiquts d’iducation de la population globale, n’est sans doute guère adaptée 2 l’étude de la fréquen-
tation scolaire. Ceci d’autant plus que les resultats ne sont généralement donnés que pour la population
resident e.
2.2. L’âge
La connaissance de 1‘8ge est fondamentale. car elle sert de “filtre” pour connaître la situation poten-
tielle de chacun face 5 la scolarité, i l’emploi et au stock d’instruction acquise.
L’8ge scolaire Egal n’existe stricto sensu que dans les pays où l’instruction est obligatoire. Encore faut-
il remarquer que, dans ces pays nombrc d’dives prolongent leur carritire scolaire au deli de I”& limito
~iiinimal.et que la proportion d’enfants hors systime n’est pas toujours négligeable.
IIa - 53
Dans les pays où la scolarisation n’est pas généralisée’ il n’existe d’âge limite légal que pour la fin de
chaque cycle, cet âge n’étant pas du reste nécessairement respecté. Pratiquement, c’est la norme française
qui tend à s’imposer dans les pays francophones comme définition juridique de l’âge scolaire. Pour la borne
inférieure (par exemple 6 ans), cela n’entraîne pas de conséquences graves. Pour la borne supérieure (par
exemple 12 ou 14 ans), il en va tout autrement quant à l’étude du stock d’instruction : à partir de quel âge
peut-on “rentrer” dans le dit stock ?
I1 existe plusieurs types de méthodes pour faire face à cette difficulté. La première est d’étudier le
niveau d’instruction de toute la population et la situation scolaire des seuls individus auxquels l’on pose
une question sur leur emploi.
Ce fut la plus fréquente lors de la campagne de recensements de 1960 en Afrique. Elle laisse au
dépouillement la responsabilité de constituer des ensembles pertinents : l’exploitation ne tiendra compte,
par exemple, que des analphabètes de plus de 12 ans, et de tous les inactifs, même enfants.
Exemple : Côte d’Ivoire - Recensement - 1957.
0 connaissance du français - lit et écrit I parle I ne parle pas
0 activité - si inactif : élève ou étudiant.
Une deuxième méthode introduit une restriction au niveau du degré d’instruction : celui-ci n’est alors
envisagé que pour les personnes ayant pu acquérir au minimum le certificat d’études primaires ou équi-
valent.
Exemple : Côte d’Ivoire - Enquête démographique par sondage. 1958.
pour 14 ans et + : degré d’instruction
activité - si inactif : élève ou étudiant.
C’est à ce niveau qu’intervient la difficulté due au fait que critères juridiques et pédagogiques se chevau-
chent. S’il est absurde en effet de demander à un enfant de 7 ans s’il possède le CEP, ou même s’il sait lire
et écrire (l), faut-il pour autant attendre l’âge de 14 ans pour poser les mêmes questions ? En ce qui concerne
la langue parlée, est-il nécessaire d’établir une classe d’âge limitative ?
Une dernière méthode consiste à dissocier la situation scolaire des individus de leur situation face à
l’activité.
_ _ * - _ _ _ _ _ _ _ - _ _ _ -
( I ) On admet généralement qu’il faut environ 4 ans de scolarité primaire pour que l’alphabétisme soit acquis, même en
cas d’abandon ultérieur. Cela ne semble pas être l’avis des auteurs de l’enquête socio-économique de 1’AMVR de Madirovalo
(Madagascar, 1968), pour qui “il est permis de dire que la population d’analphabètes est coinposée de ceux qui ont fait au
plus un ari d’éCole’’,, ce qui permet en conséquence d’affirmer que “54 %des hommes et 69 %des femmes sont analphab8tes”,
alors que si nous adoptions le critère précité, il faudrait dire que les analphabètes représentent en réalité respectivement
80 % et 86 “/D des populations masculines e t féminines de 15 ans etpluS.on peut toutefois se demander, d’après le commentaire
du tableau si l’on n’a pas retenu le fait de “savoir lire” seulement comme critère d’analphabétisme ,:
Répartition (%) de la population de chaque tranche d’âge suivant le nombre d’années d’école”.
‘ X e tableau ci-dessous répartit 1 O0 personnes de chaque tranche dZge suivant le nombre d’annde d z c o l e . Cette étude
a pour but de fixer le degré d’alphabétisation. En adniettant l’hypothèse d’une faible proportion de gens ayant appris 6 lire
en dehors de l’e’cole, ìl est perinis de dire que la population d’analphabètes est composée de ceux qui ont fait au plus un an
d’école. De ce fait, selon le tableau ci-dessous peut être appliqud sur chaque tranche d ’cige’t
\sexe I Masculin
-
I- Féminin
-
f
45 55 15 65
65
Nbre à ans rOTAI
ans TOTAL 19
&+ &+
ans
- -
2O1
3
4
;1
10 12
7
9
8
145”
4
~ 64
5
6
6
5
10
8
49
5
8
43
5
12
7
8
79
3
3
1
8
64
7
5
5
5
5 7 6 4 6 8 4 3 5
6 7 6 2 4 6 1 3
7et+ 19 12 10 8 12 11 4 2 6
TOTAL I100 I 100 100 100 1O01O0 1O0 100 100 1 O 0 1 O0
~~ -
(Source : Enquête socio-économique de A.M.V.R. de Madirovalo, Madagascar, 1968).
Exemples : Togo - Recensement - 1970.
I 2 ans et +:niveau d’instruction (analphabète/. . ./. . ./supirieur)
pour tous ( l i : fr6qventation scolaire avec type d’~tab1isseineiit.
0 14 ans et i- ( ‘ 7 ) : emploi (dont Clkveitudiant).
Maiiritilis Recensement - 1072
0 Pour tous : langue parlke
0 5 ans et + : fréquentation scolaire. niveau d’instruction ou classe en coiirs
0 1 2 ans et t : type d’activité (dont étudiant)
On remarque que dans ce dernier exemple. Ia langue parlee a été judicieusement separee d u niveau
d’instruction soils le rapport de l‘Lige. hlais une t e k solution n’est peut4tre pas appropribe dans le cas d’un
recensemcnt qui appelle de la simplicité.
De facon générale. sur le plan des &es, les trois ensembles suivants se chevauchent nicessairenient dans
la pratique :
- 5ge scolaire
- 5ge actif’
- age i partir duquel on est en possession d ’ ~ i i“bagage” de connaissance.
Cette constatation est capitale si l’on veut procCder i une juste cibservation des trois categories cor-
respondantes. ceci d’autant plus qu’il s’agit de domaines dt.mographiques (Ia scolariti. I’activit6. l’instruction I
que le dimographe a sotivent tendance i négliger.
II apparaît souhaitable., pour Cviter tout Ccuei1,que soient pos& :
- i partir de 6 ans (nu de I’jge légal d‘entree dans le primaire) une question Cventuelle sur la (les)
langue (SI parlée (SI;
- 6 partir de 6 rins jusqu’ii 1’Bge d’entr6e dans Ia vie active une question sur la fr6quentation scolaire
actuelle:,
- ;i partir de ]*liged’entrke dans la vie active une question ailx inactifs sur Itxir kventurtllc frequentation
d’un ~tablissementscolaire ou univrrsitaire ;
- i partir de 6 ans une question sur le niveau d’instruction (le dt~pouillenientintroduisrint des riges
pertinents pour chaque niveau atteint) ( 1 ).
Cela n’est. en pratique. possible que lors d‘opirations de sondages car il est rlifficile pour l‘enquêteur
d‘int roduire de trop nombre uses classes d’ige.
Certains questionnaires introduisent une simplification. heureusc si elle est bien comprise par
l’enquêteur c t par les services de dipouillement :
on interroge tout individu sur son niveau d‘instruction. quitte i mettre un tiret ( - ) pour les enfants
jug6.‘; en trop bas rige : o n applique le ni5me système pour I‘activite.
- la friquentation scolaire tient une grande place dans I’6tude du niveau cl’instruction : ainsi. il suffit.
de demander par exemple la derni&-e classe suivie (pour ceux qui ne vont pas ri I’Ccole 1 ou liì classe en cours
(pour les é l h a ) . Le clilestionnaire est simplifïe mais son maniement ci1 est plus d2licat.
A ces questions de definition de bornes s’ajoutent toutes les difficultis de repcrage de I’ige des
individus.
En interrogeant sur I a date de naissance. on introduit la possibilit6 de choisir, au stade de 1’esploit:ition.
entre i g e revolu et. ce qui cst plus courant dans l’optique scolaire. rige dans l‘ann& (ou i un an prt‘s. 5ge au
__________--___
I 1 1 On notera i ce propos combien la doctrine du recensement francais a ;voluC depuis 15 annies. Si le niveau d’ins-
truction et la position il’icolier ou itudiant ont Ste demand& respectivement i partir de 10 t‘t o ans lors des opkations de
I s h 2 et 1468, par contre e n 1475 aucune question n’a Pte posee dans ce domaine aux moins de 16 ans;crla parait logique pour
la frequentation scolaire, puisque celle-ci est obligatoire jusqu‘a cet &e. mais rcstrictif pour la posscssinn de diplSmes, d’autant
plus que du mZme coup disparaît toute information sur I’Gtablisaement fréquente.
IIa - 55
ler janvier). Néanmoins, si l’on n’y prend pas garde, on peut aboutir à des décalages importants selon que
l’enquête a lieu en fin d’année scolaire ou au début. Alors que de juin à septembre les élèves passant dans la
classe supérieure n’ont réellement vieilli que de 3 mois, en termes de scolarité ils ont vieilli d’un an. I1 peut
en résulter des erreurs au niveau de la comparabilité des taux de scolarisation d’une enquête à l’autre ou
d’un pays à l’autre.
Par ailleurs, outre les difficultés de détermination de l’âge dans les pays africains (attraction des âges
ronds par exemple), il existe quelques difficultés spécifiques au champ de l’investigation scolaire. Elles résul-
tent de la perception que l’individu enquêté ou recensé a de ses droits : limites d’âge dans le primaire, obten-
tion de bourses, sursis militaires par exemple. Ces difficultés se font sans doute sentir principalement dans les
enquêtes en milieu scolaire ou spécifiques a une question ;dans les recensements ou dans les enquêtes démo-
graphiques l’individu interrogé a moins le sentiment que l’on risque de rapprocher son âge de telle ou telle
variable sur sa situation scolaire.
Tout ce qui a été évoqué précédemment sur la difficulté pour le statisticien de 1’Educatioii Nationale de
formuler ce qu’il entend par “élève” reste vrai pour le démographe. A cela s’ajoutent :
- une limite supplémentaire venant de ce que l’élève est considéré souvent comme une catégorie parti-
culière d’inactif;
- une possibilité qu’offre rarement la statistique administrative : recenser tous les types de formation
existant au niveau de la nation.
A l’exception de quelques recensements récents, les questionnaires ne comportent guère de questions
permettant de quantifier et de décrire la scolarisation effective des enfants qui ne sont pas entrés dans I’âge
actif. Autrement dit, il est exceptionnel que soient posées, à partir de l’âge de 6 ans par exemple, les ques-
tions suivantes = “êtes-vous actuellement écolier ou étudiant ?” et, “si oui, préciser quel type d’établis-
sement”. Les élèves sont le plus souvent considérés comme une sous-catégorie d’inactifs et leur situation est
appréhendée à travers la colonne “emploi”.
I1 peut arriver dans ces conditions, que les réponses de ces “inactifs” ne soient pas exploitées en priorité,
le but poursuivi par la partie “emploi” ou “métier” du questionnaire étant différent. Par ailleurs, les inter-
prétations possibles, si les questions ne sont pas assorties de consignes strictes, sont multiples et dépendent
de la perception que l’agent recenseur - ainsi que l’interviewé - a de la situation d’écolier ou d’étudiant.
Par exemple, un étudiant qui travaille, un écolier occupé à des travaux agricoles et dont la rentrée scolaire
n’est pas effectuée peuvent être recensés de diverses façons quant à leur activité. On notera que cette dif-
ficulté ne vient pas du recensement lui-même, mais bien plutôt de l’ambiguité réelle de certaines situations
sociales ; mais la méthodologie qui ne sépare pas clairement emploi et scolarisation contribue à Ia rendre
plus aiguë.
Certaines enquêtes permettent cependant de préciser le type de la scolarisation et le niveau. Ceci est
une bonne chose, bien qu’il en résulte un alourdissement du questionnaire.
On pare ainsi en partie une insuffisance résultant de l’étude de la population de droit : en effet, on
peut alors savoir qui dans une famille, un village, va à l’école, et à quel âge et où il va. Rapprochés des sta-
tistiques administratives, ces renseignements permettent d’étudier les migrations dues à la scolarisation,
selon le type de scolarité. C’est à cette condition que statistiques scolaires et enquêtes peuvent être véri-
tablement complémentaires et mettre fin à la situation suivante : la statistique scolaire décompte des élèves
à la scolarité bien définie mais sans existence familiale ni sociale, tandis que l’enquête démographique recense
des élèves dans leur famille mais ne précise pas leur scolarisation.
On a déjà soulignk la double fonction du questionnaire qui s’intéresse à la fois à la scolarisation présente
des enfants et à l’instruction des adultes. I1 faut ici souligner égaleinent l’ambiguité de la partie proprement
“instruction” du questionnaire, laquelle est due à des raisons historiques : l’instruction en Afrique a toujours
été perçue par le démographe comme la combinaison de la langue (parlée ou écrite) et du niveau acquis à
l’école.
Les premier:, recensements effectues en Afrique francophone portent la marque des prCoccupation.; et
du systGmc scolaire de la puissance coloniale. Comme on Ir voit clairemt‘nt dans les tableaux pp. 35 i 44.
k g r é d’instruction et “coniiaissance du franqais” ;taient souvent confondus. La population afric‘iine ;tait
ainsi subdivi+e en trois grandes catégories :
- analphahètes.
- personnes sachant lire et Ccrire le franyais.
- personnes ayant atteint ou dépassé le niveau du Certificat d’Etudes.
C’est donc par rapport i l’aptitude des individus ri maitriser la langue métropolitaine que s’articulait la
question du degr6 d’instruction.
Une telle tendance est loin d’avoir disparu. pour des raisons qui tiennent :
- i la dhersite des langues parlées dans de nombreux pays et par conséquent 1 la nécessité de trouver
une langue commune:
- au r61e toujours important joue par le personnel etranger dans I’élaboration et la mise en oeuvre des
enquétes. et au maintien de son intluence aupres des responsables 11at’ionaux.
Tenant compte du fait que la partie “instruction” d u questionnaire est nécessairement limitee, on a
tendance d regrouper en une seule question les informations portant sur la langue parlée. la langue écrite et
sur le bagage scolaire (quel que soit le mode choisi pour le repérer).
Ceci est préjudiciablc aussi bien i I’etude de l’instruction qu’A celle des caractéristiques linguistiques
dc populations aux ethnies et nationalités nombreuses : le concept de la langue parlée (et surtout la langue
maternelle) renvoie d des considerations culturelles. car elle est le produit d’un héritage. tandis que le fait
de swoir écrire. niéme s ï l est utile de connaître Ia langue utilis6c, renvoie i l’acquisition d’un mécanisme.
b ) L‘alphabetisme
C’est sans doute dans ce domaine que les enquêtes sont IC plus facilement amenCes ti “achopper”
il n’existe e11 realité souvent que des degres dans l‘analphabétisme.
De facon gCnerale, o11 distingue plusieurs types J e sitnations face ri l’alphabétisation :
- analphahetes complets.
- semi-analphabetes (sivent lire 1.
- semi-alphabctes (saient lire, et Ccrire seulement des textes rituels appris par coeur).
- :ilphabPtes complets.
Cnntrairemt.nt a u k autres categories. la troisieme mentionnêe n’apparaît janiaic dans les reccnsenients ’
d’ou un certain gonflement pr ible du taux d‘alpliabetisation riel. 11 ne serait pas inutile de répartir la
popu1,itinn selon ces quatre categories. encore que la quatrieme (les :tlphab$tis&s1pose diiers problèmes :
Tunisie - Population urbaine et rurale âgée de 10 ans et plus suivant l’aptitude à lire
à écrire et le sexe par gouvernorat (suite)
Tunis et Banlieue 176650 90016 266 666 111 037 161 337 272 374 3 025 1596 4 621 290 712 252 949 543 661
Bizerte 46961 20027 66988 65886 86 239 152 125 1383 858 2 241 114 230 107 124 221 354
Béja 38370 11 750 50120 69313 91 087 160 400 43 8 329 767 108 121 103 166 211 287
Jendouba 29063 6958 36021 55660 73 361 129 021 41 1 3 14 725 85 134 80 633 165 767
Le Kef 40799 10573 51 372 63438 88 266 151 704 119 82 20 1 104 356 98 921 203 277
Kasserine 26857 3 878 30735 42254 63 068 105 322 206 180 386 69 317 67 126 136 443
Gafsa 46460 10911 57371 58226 88 193 146 419 845 734 1579 105 531 99 838 205 369
Médenine 34075 8 542 42617 40803 75 554 116 357 486 53 1 1017 75 364 84 627 159 991
Gabès 29280 8658 37938 35011 60 667 95 678 258 195 453 64 549 69 520 134 069
Sfax 76635 29 117 105752 61 820 111 610 173 430 626 405 1031 139 081 141 132 280 213
Kairouan 34960 7890 42850 59 128 81 219 140 347 122 84 206 94 210 89 193 183 403
Sousse 79394 31 167 110561 88 182 143 677 231 859 934 810 1 744 168 510 175 654 344 164
Nabeul 45238 19267 64505 64946 85 222 150 168 327 208 535 110511 104 697 215 208
Total Général 704 742 258 754 963 496 815 704 I 209 500 l o 2 5 204 9 180 6 326 15506 1529626 1474580
Tunisie - Taux d’alphabétisme en milieu urbain et rural par sexe et par gouvernorat
I Milieu urbain Milieu rural
I Total
GOUVERNORAT
I 1 1 I
I
l’acquisition est-elle definitive. par escmple. ( x i bien quel est le dcgrri. de facilité dans la manipulation de
I‘ecriture 1
Ensuite, il faut remarquer que le recensement dtablit. quand il les distingue, une hidrarchie implicite
entre le fait de parler, puis de lire, puis d’écrire une langue, cet ensemble prenant lui-même place avant la
possession d’un niveau scolaire. Une telle hiérarchie s’explique par le processus connu chez l’enfant qui
apprend ä parler, puis ä lire. puis i Ccrire. On notera qu’il n’est pas siir que la distinction “lire et écrire”
soit aussi opératoire en ce qui concerne l’alphabétisation des adultes. Un grand nombre de questionnaires ne
font du reste pas de difference.
Le critère dc I’alphabCtisme reste gCn&-alrment 13 possibilit2 de lire e t d‘&ire duns une langue quel-
conque. Il est trth frequent que. du moins en apparence. ce critPre ne paraisse pas poser de prohl6me de
mesure au niveau de I’enqu5te. tCf. tableau p. 57 di il apparaît que I C nombre des non-dCc1arations est
relativement faible ).
De fait. dans un recensement en tout cas. il n’est guire question de faire passer un test d chaque re-
pondant ( 1 ) et l’on est donc contraint de faire confiance i~l‘appréciation de ce dernier.
“L‘aptitude :i lire et i Ccrirc” dtkl:irke peut ne pas ref1t:te.r Ia rCalitC. tant qu’elle est apprdciGe p:ir le
declarant lui-même. Ce n’est certes pas un caractGre pr6cls. II recouvre t i n <ventail tres large. allant des
plus instruits a u s “ayant ét6 scolarises pendant 2 ou 3 ans” ( 2 ) . Lorsque cela est possible dans une en-
quête par exemple. on peut avoir IC choix entre de multiplcs mithodes de mesure. la plus courante étant
la capacitC à lire line lettre et ri y rkpondre. I1 importe que soit spCcifi6r la langue dnns laquelle la personne
est alphahetisée : cfuulis IC cas t l irri puj’s ~iiirltilingi~s,
Is il fbiidruit itzciititsiiricr ~ , . ~ i i ~ ( ~ , ~ 1c.y , ~ (I:ut t~i yi i~i ~i ~
i ty
duns Ic.vprcNcr Ics popiilutioiis sont ulphahPtLsCcs CT, m i í ’ t i s ozì IC ~ ’ c z ~ ~ ~ i , s s rprc’iwit i i c ~ i t i i i i f ’ c j i t c s f i o i i siir
I iili’habCti,wtiori, il c y t rrc‘.s i i i i p r t u i i t poiw lm rc.~poiisuhIcsd s I ‘ ~ i i w Q i i a i i c i i ttit. ,ccmiir cfuii’; qiic)/Ic.rI~zii.gircs
l~~.Jiubituiit.~.xuiwit Iiw ct c‘crirc”í31.
Par ailleurs se posc la question de I’ige : il n’est en effet utile de mesurer I’alphabétismt: que pour
la fraction de la population qui a pii non seulcmt.nt apprendre i lire et Ccrire. mais conserver cette capa-
cité comme acquise. Nombre de questionnaires posent la question i tous les iges, alors qu’elle n’a de si-
gnification que pour les personnes ayant soit achev6 un certain nombre d’ann&s d’Ctudes primaires. soit
appris a &rire i l’&e adulte. Toutefois il est d6licat. pour connaître u n stock d’alphabiti\me dans une
nation. d’écarter tous les enfants en cours de scolaritt;. C’est pourquoi tout taux il’analphLihCtisnie devrait
etre calcul6 por 5ge ou par groupe d’ige.
( 1) Encore que cela ait i t é prCvu au Zaïre par esernple lors du recensement de 1960.
( 2 ) “La population de la Tunisie” -
Anndc mondiale de la Population - ONU-CICRED- Dans ce mtme volume les
“alphahetes” comprennent :
- les scolarisis de plus de 1O ans ;
- les autres, sachant lire et Pcrire.
(31 Rapport final du stage regional d‘ritudes i Yaound6, d i j i cite p. 2. Suit cette phrase amhigui : . . crz FiriCrul I‘.
i/ convienr d’mregistrcr 1 k p t i t i d c Y Iirc c..? a CL.rirt- d r l m iiiitr Irrz,rlrc qiiclcoriqìíc-, i?iuiT I ;,ri rlci~r(iCcklt*r, JIU d uutrc,r rui-
31>115, de. limifcr Ir qrrcstion siir 1 ii~phuLiCtisrliic~ii
u Ioic Irripuc d i ; t c i i r i i i i S p ’’.
IIa - 59
plus souvent recensé au dessous de son niveau atteint (non sanctionné par un diplôme), et de négliger
les personnes ayant achevé un cycle sans passer ou sans réussir l’examen visé. Un tel inconvénient est pallié
par la formulation “dernière classe suivie”, si l’on s’intéresse à I’étude d’un stock éducatif dans le sens de
savoir “qui” possède “quel” niveau. La difficulté d’une telle formulation réside dans l’interprétation qu’en
fait l’individu interrogé dans deux cas :
- soit qu’il n’ait pas achevé sa scolarité ; dans ce cas, devra-t-il énoncer la classe en cours ou la classe
achevée l’année précédente ?
- soit qu’ il n’ait suivi tel ou tel niveau que pendant une durée inférieure d celle de l’année scolaire.
I1 est possible, dans ce cas, de se contenter d’interroger l’individu sur le dernier degré ou cycle d’en-
seignement suivi (cf. tableau p. 5 1). Ceci est suffisant surtout lorsqu’il s’agit de distinguer deux grands
groupes : les ‘‘sans instruction’’ et les autres.
On risque donc d’avoir une surestimation du niveau réel du stock éducatif. Il arrive que les recense-
ments ou enquêtes précisent : “dernière classe suivie avec succès”, ce qui implique à la fois d’avoir achevé
celle-ci e t la possibilité offerte de passer dans le niveau supérieur. C’est certainement la formulation la plus
rigoureuse, mais elle garde l’inconvénient d’une rigidité limitative, en écartant toute information sur le
cursus scolaire ou universitaire réel.
Les deux premiers critères énoncés ci-dessus (âge de fin d’études, nombre d’années passées à l’école)
permettent de quantifier l’effort accompli effectivement par la collectivité dans le domaine de l’instmc-
tion. On considdre alors que le fait de redoubler n’est pas une perte de temps mais s’inscrit dans le stock
éducatif. Sans doute, comme tout ce qui a trait à l’âge, est-il difficile d’apprécier toujours l’âge en fin d’é-
tudes, surtout si la dernière partie de celles-ci était à mi-temps. Néanmoins, on peut avoir ainsi une idée
de I’âge réel d’entrée dans la vie active. Quant au nombre d’années accomplies (généralement dans le seul
cycle le plus élevé), cette information permet de recenser, si l’on demande de préciser le type d’établis-
sement, beaucoup plus complétement toutes les formations effectivement suivies dans un pays. En effet
l’étude d’un niveau atteint pose des problèmes juridiques (quel organigramme de l’enseignement sera re-
tenu ?) et des problèmes de comparabilité tels que ce que l’on recensera comme stock d’instruction risque
fort de se limiter à l’enseignement traditionnel.
“Les données concernant la durée de la fréquentation scolaire (nombre d’années pendant lesquelles
un enseignement d plein temps ou régulier a été suivi) sont importantes pour les pays en voie de develop-
pement, car il se peut que leurs statistiques de l’éducation n’existent pas depuis assez longtemps pour four-
nir une autre source d’évaluation du stock des personnes instruites - l’établissenzent, tous les dix ans, d’un
aperçu d’ensemble du volume d’enseignement ‘
reçu d cette date pennet, de toutes façons de vérifier utilement
les résultats des plans d’éducation” (1).
Pour éviter l’allongement apparent des durées de scolarité, la plupart des questionnaires énoncent:
“nombre d’années accomplies avec succès”. On notera un dernier avantage, et ce n’est pas le moindre,
d’une telle formulation au niveau de la comparabilité internationale : on privilégie dans l’exploitation une
optique de laquelle est bannie toute notion de “niveau atteint” - qui soulève de nombreuses difficultés
d’ordre pdagogique - pour ne retenir que le nombre d’échelons différents qui ont été gravis (2)’ indé-
pendamment du niveau, réel ou supposé, de chaque échelon. En revanche, il ne faut comparer que ce qui
est comparable et ne pas confondre les deux : I1 reste cependant très difficile de convertir les “années
d’études achevées” en “classes achevées”. Les données ne permettent pas toujours de se faire une idée
du principe utilisé. Normalement, en se référant au nombre d’années d’études, on a tendance à surestimer
le nombre de classes achevées, en raison des “redo~blenients”.
La classification par nombre de classes achevées se révèle fort utile lorsqu’on cherche à comparer
exactement les caractéristiques scolaires de deux populations (3).
CYCLE D'ETUDE
Sexe Masculin
6 à 9 ans 17.640 10 672 79.598 88 51 17 3 2.375 100.454
10 i 14 ans 4.851 22 337 95.994 397 5.31 1 1.183 14 575 108.684
15 à 19 ans 8.765 58 1.055 42.854 1 1.408 19.192 7.499 453 842 92.126
20 à 24 ans 22.359 225 3.386 72.848 5.344 5.220 6.456 2.478 2.077 70.393
25 à 29 ans 24.759 62 4.916 15.b83 1.823 3.804 3.947 3.293 1.458 58.835
30 à 34 ans 211.749 SO 5.391 12.740 1.053 2.744 3 .O49 1.843 1.235 57.853
35 1 3 9 ans 29.3 15 43 4.900 12.130 675 1.725 1.826 1.384 1.117 53.115
40 à 44 ans 24.369 33 3.617 9.551 497 I .484 1.237 1.O66 86 1 42.7 15
45 1 4 9 ans 23.038 23 3.248 6.992 413 1.156 938 726 670 37.204
50 i 54 ans 21.14') 13 3.144 5.651 356 890 813 5 74 675 33.765
55 à 59 ans 18.297 7 2.708 3.7% 225 594 618 467 572 27.284
6 0 ans et plus 38.900 15 5.172 5.371 36 1 88 1 821 675 918 53.1 25
Total 263.1 91 561 I 38.546 i 13.198 32.639 13.142 28.415 11 .976 13.385 735.053
Sexe Féminin
6 9 ans 27.069 72.767 45 41 IO 4 2.639 102.958
10 i 14 ans 21.410 79.299 293 2.bl2 608 5 658 105.20b
15 à 19 ans 29.397 33.094 4.479 9.038 3.000 283 614 80.534
20 i 24 ans 41.713 554 11.995 2.5QO 2.708 2.377 958 775 63.738
25 i 29 an5 50.293 473 5.702 985 1.234 1 .O7 1 666 646 61.130
30 i 34 ans 5 1.733 2 74 3.248 43 1 592 590 380 569 57.860
35 i 39 ans 46.Ohb 50 1 80 2.494 204 457 393 267 505 50.616
40 i 44 ans 36.748 24 1 26 1.775 159 3 70 310 220 3 94 40.1 26
45 à 49 ans 30.1 17 75 1.352 137 31 1 268 137 285 32.693
50 à 54 ans 26.945 b5 1.268 119 247 1'33 112 250 29.203
55 à 59 ans 2 1 .O47 10 35 1.178 113 239 140 90 285 23.137
60 ans e t plus 49.292 9 84 2.271 279 478 290 155 5 20 53.378
Totdl 43 1.830 499 2.970 21h.443 9.834 18.327 9.250 3.277 I 8.140 700.570
Ensemble
6 a 9 ans 4h.294 29 1 .O69 158.9b9 134 95 27 7 5.187 211.811
10 B 14 ans 26.701 1 O0 595 183.092 724 8.203 1.819 22 1.267 222.523
15 i 19 ans 38.162 184 1.558 75.948 15.887 28.230 10.499 736 1.456 172.660
20 à 24 ans 64.073 293 3.940 34.843 7.934 7.928 8.833 3.436 2.852 134.131
25 à 29 ans 75.052 122 5.389 21.385 2.808 5.128 5.018 2.959 2.104 119.965
30 à 34 ans 81.482 97 5.665 15.988 1.483 2.336 3.639 2.223 i .ao4 115.713
35 i 39 ans 75.381 93 5.080 14.624 879 2.182 2.219 1.65 1 1 .fi12 103.73 1
40 a 44 ans 61.117 57 3.743 11.326 656 1.854 1.547 1.286 1.255 82.841
45 à 49 Ans 53.155 34 3.323 8.344 550 1.467 1.206 8b3 955 69.897
50 à 54 ans 48.094 17 3.209 6.919 475 1.137 I .O06 686 925 62.468
55 à 59 'ins 39.344 17 2.743 4.964 338 833 768 557 857 50.421
60 ans et plus 88.101 24 5.256 7.642 640 1.359 1.112 830 1.448 106.503
Total 697.046 1.O63 41.570 544.044 I 32.508 61.752 37.693 15.756 21.732 I 1.452.664
Source : Recensement ginCral de la Population e t des Logements du 3 mai 1966 -vol 111 - TUNISIE.
IIa - 61
De telles questions peuvent ttre posées soit à tous les âges, soit à partir d’un âge de fin d’études ou
d’entrée dans la vie active. Il est facile de distinguer les élèves en cours de scolarité, s’il existe une ques-
tion à ce sujet, au niveau de l’exploitation, e t donc de ne conserver comme stock d’éducation que la partie
de la population jugée définitivement sortie de l’appareil scolaire.
En résumé, si l’on voulait dresser brièvement la liste des avantages et inconvénients respectifs de chaque
indice, on aurait ceci :
- âge de fin d’études
avantages : - connaissance de l’âge d’entrée dans la vie active
- indice de la généralisation de l’enseignement
inconvénients : - difficultés de mesure
- ne définit pas un niveau de sortie
- nombre d’années d’école
avantages : - facilité de mesure
- bonne connaissance des coûts réels supportés par le système d’enseignement
inconvénients : - ne définit pas un niveau de sortie (peut être pallié par l’étude du seulnombre d’années
accomplies avec succès)
- dernière classe suivie
avantages : - facilité de mesure
- possibilités de comparaison
inconvénients : - tend à exclure toute formation non répertoriée.
- diplômes obtenus
avantages : - facilité de mesure
- possibilités de comparaison
- indice de rendement, rapproché de I’âge
inconvénients : - trop rigide ;exclut beaucoup de qualifications
- sous-estimation de stock d’éducation.
-.
Un résumé aussi succinct ne saurait empêcher de considérer
- que chaque indice s’adapte davantage à un type d’enseignement (par exemple “diplômes” ou “der-
malisation ;
- que chaque indice s’adapte davantage à un type d’enseignement (par exemple “diplômes” ou der-
nière classe suivie” aux filières traditionnelles du Général, et “âge de fin d’études’’ à des enseignements
tels que le Technique ou le Normal, pour le Second degré).
I1 est malheureusement rare de pouvoir vérifier pratiquement l’incidence des définitions conceptuelles
sur les résultats. Les recensements récents sont rares en Afrique (du moins francophone) et à l’époque
de la dernière campagne, les statistiques administratives, quant à elles, étaient souvent très sommaires,
sinon inexistantes. Par ailleurs, et surtout, pour bien des raisons énoncées plus haut, les statistiques pro-
venant des deux sources sont rarement comparables de façon immédiate : qui a été recensé, qui range-t-on
dans le “Technique”, ces questions et bien d’autres comportent rarement leur réponse dans les publica-
tions mêmes.
L‘intérêt de mener de telles comparaisons est néanmoins certain ( I ) , et cela devra être fait systéma-
tiquement à mesure que se réaliseront les opérations prévues en Afrique pour cette décennie.
_________----
(1) Cf. P. CLERC “Démographie scolaire” dans Traité des Sciences Pédagogiques - Come 6 - Paris 1974.
II :1 - h2
On se contentera ici de deux exemples tirés des résultats du Recensement National du Togo de 1970 et
de l’annuaire statistique scolaire de l’année correspondante (annee scolaire 1969-1970 1.
TABLEAU 5
Répartition des effectifs du Togo par sexe et degré d’enseignement selon :
1360
I I
I
I -1 I_1 C_I I*L . I
mars-avril SF 61 454 3 570 158
1970 Total 193 910 15 635 1618 667 195
I I I I
TABLEAU 6
RCpartition des effectifs de l’enseignement primaire du Togo par sexe dans les quatre régions administratives selon :
-le Recensement national de mars-avril 1970
- l’annuaire statistique au 1/1/1970 (Ministère de 1’Education Nationale)
Recensement
in ars-avril 27 192 I 19933 I 12328 I 1998 I 61 454 I
1970
Total
Annuaire
6076s I 38304 I 31820 I 10683 I 132576 I
statistiaue 2R 554 19 620 12 817 7 716 63 707
89 373 57 91.1. 45 637 13 399 206 783
( 1 ) I1 ~ m b l e
qu’en raison de modifications administrdtivcs (rattachement de Sotouhoua i Id region centrale), les dkfinitions des
régions ne soient pas tout i fait les mêmes.
1Ia - 63
On remarque que :
- C'est apparemment dans la région des Savanes que les statistiques données par le recensement sont les
plus incomplètes (23 % de différence contre 7 % dans l’ensemble du pays).
- Les écarts sont beaucoup plus importants pour les élèves de sexe masculin.
- L‘importance des écarts dans des régions aussi différentes que celle des Savanes et celle de Lomé
laisse supposer qu’il n’y a pas de corrélation entre les difficultés statistiques et le niveau du taux de scola-
risation
- Deux facteurs jouent dans le sens d’un accroissement des écarts : l’absentéisme non recensé dans
l’annuaire élaboré au début de l’année scolaire, et, quant au recensement, la non exhaustivité probable
des résultats (zones non touchées, définition restrictive de la résidence, non déclaration de la scolarité
etc.).
La contribution des statistiques administratives et des opérations démographiques à l’amélioration
des concepts est réciproque. D’un côté, le champ couvert par les dernières est plus vaste : de nombreux
domaines - en particulier tout ce qui concerne les adultes - sont extérieurs au champ couvert par la
statistique scolaire. Ils contribuent donc à la définition même de ce champ et au travail d’inventaire
des formations mentionné plus haut. Par ailleurs, la statistique scolaire sert en quelque sorte de support
conceptuel, sur la base duquel le démographe sait quelles questions poser et pourquoi les poser. C’est
pourquoi les termes employés doivent être aussi clairs et adaptés que possible. Si l’on prend le cas de
l’Afrique francophone, où le Second degré est une catégorie générale, empruntée à l’ancienne métropole,
dans laquelle rentrent en réalité des enseignements très divers, on peut voir que le questionnaire de
recensement ne peut se contenter d’interroger un élève sur le “degré d’enseignement suivi”, sans autre
précision. De ce point de vue, une certaine inertie conceptuelle est certes à combattre, mais cela ne
saurait empêcher d’oublier que les définitions renvoient elles-mêmes à d’autres problèmes, qui relèvent
de l’analyse et de l’intervention sur les réalités scolaire et culturelle, et donc de la politique d’un pays
en matière éducative. La nécessaire clarification des concepts ne doit donc pas faire omettre cette tiìche
prioritaire : le développement d’une démographie scolaire à des fins de planification, sans laquelle
les meilleures statistiques n’auraient guère de sens.
III. - Résultats et analyse
Les concepts utilisés ainsi que les classements de la population en catégories sont, en principe du moins,
commandés par l’utilisation que l’on compte en faire. Dans les faits, il arrive que l’inverse se produise : c’est
alors limité par les méthodes d’investigation que l’analyste élabore des concepts. Ainsi par exemple l’étude
du progrès scolaire dans un pays reposera sur l’analyse des taux bruts de scolarisation, faute d’information
sur les taux de scolarisation par âge ; ou bien, faute de pouvoir reconstituer le passé scolaire des individus-
élèves, privilégiera-t-on l’étude des rendements plutôt que celle de la survie scolaire. Les exemples pourraient
être multipliés de cas oÙ les limites de l’investigation président au choix de la méthode conceptuelle.
Il existe deux grands types d’analyse portant sur la scolarité et l’instruction :
- l’analyse interne de la population scolaire (ou instruite) : son domaine est limité une fraction de
la population d’âge scolaire. On étudiera alors rendements, progression etc, à l’intérieur du système ;
-1 analyse des rapports entre population scolaire (ou instruite) avec la population globale : on
0 ’
exprimera les rapports sous forme de divers taux, indicateurs, probabilités etc, selon la méthodologie
adoptée. C’est bien sûr cette catégorie qui retiendra davantage ici l’attention.
1. ”LESTAUX DE SCOLARISATION”
On rangera provisoirement sous le terme générique de “taux de scolarisation’’ tous les rapports quanti-
tatifs, exprimés sous forme de proportions, entre une certaine population et la fraction de cette population
se rendant à telle ou telle école.
Le résultat le plus immédiat qu’est tenté d’effectuer un observateur lorsqu’il a en main les statistiques
les plus rudimentaires est le suivant :
Population scolaire E
S=
Population globale P
C’est ce qu’on appelle le plus couramment le taux brut (1) de scolarisation ou de fréquentation scolaire.
L’examen de ce taux permet d’enoncer à quels impératifs statistiques devraient répondre tous les taux de
ce type. I1 ressort en effet clairement de la composition de S que l’on entend faire figurer au numérateur
des individus et seulement des individus décomptés au dénominateur. E est donc en principe strictement
un sous ensemble de P. et S ne saurait être supérieur à l’unité (ou à 100 % ’ si on l’exprime sous forme de
pourcentage). Par ailleurs, tel qu’il est défini ci-dessus, S est une proportion et ne mesure aucune chance
---------------
(1) Le terme “brut” est ici ambigu. Il peut selon les terminologies adoptées avoir le sens de “global” (par opposition
à un taux spécifique dans une classe d’âge ou un ordre d’enseignement) ou être opposé à “net” (redoublants non décomptés
par exemple) ou encore opposé 1 “ajusté” ou “modal” (influence des valeurs extrêmes neutralisée) etc. L’interprétation
la plus courante du mot “brut” reste la référence à des âges différents dans la population de référence. On peut noter d’ailleurs
que la même ambiguité existe à propos des taux démographiques les plus usuels (brut, net, corrigé, restreint etc.), dont la
définition s’impose en fait avant toute utilisatiok.
5
Popiilat ion b Popuhtion scolaire E
P -
Tot dl e Population hors scolarité E
Le taus brut de frCquentation scolaire peut faire l‘objet de nomhreuses subdivisions quant à la popu-
lation de référence : on peut ainsi par exemple calculer
- des t a u s de scolarisation féminine,
- des taus de scolarisation régionale,
des taux de scolarisation par ethnie etc.
II importe alors d’enoncerunedeuxième règle, afin d‘assurer la comparahilité des taus entre eux : II faut
en principe que les deux 61Cments du rapport soicnt présents tous deux. selon le critère itudie, en sorte que
l‘effet de la composition de Ia population glohale soit neutralisé. Ainsi. la confection d’un taux tel que
Population scolaire féminine
Population globale (les deux sexes)
est ;i Climiner ;lu profit du taux
Population scolaire féminine
Pop u 1at i on fim i n i n e gl ob aIC
seul compamble avec un t u x de scolarisation masculine. Ce qui paraît ici simple pour l’exemple de la repar-
tition par sexe l‘est moins pour la subdivision du taus global en t a u s par degrks d’enseignement. souvent
utilisé nialgre son ahsence d’utilité operatoire : :i quoi bon savoir par exemple que ?i r ; , des individus de tous
igcs d’un pays suivent des Ctudes supirieures si l’on ne connait pas la proportion’ de ceux qui. dans la nation,
seraient susceptibles d’en suivre en raison de leur âge 1
En t‘:ìit. une tulle critique s‘applique au taux brut de scolarisation lui-même. La seule caractéristique
coniniune que l’on peut trouwr i la population globale et i la population scolaire est d’appartenir i la meme
nation ( 1 1. II n’existe donc aucun crittke extrinsèque permettant d‘6tablir des séries chronologiques ou des
comparaisons internationaler. C’est pourtant ce qui est fait tres souvent. notamment dans les ouvrages tul-
garisant les statirtiques. Cette metlinde repose implicitement stir I’idie que. plus un pays ((311 une région)
connaît un taux de sccAarisation globale devi.. plus il est “avancé”. Or. i supposer même que cette f q o n
de voir Its choses soit vraie pour des populations comparables. elle devient erronée lorsque les dites popu-
lations ont dcs structurer, par rige diff6rentcs ( 2 ). comme le montre l’exemple suivant :
f ‘ o p h ~ f o-4u : Populntion globsle : P = l n 0
(Population d’ige scolaire = 50 I
Pnpulatinn sccs1:irist;e : F. = 1 C)
s = 1n I’;,
On le voit, le taux brut de fréquentation scolaire ne saurait être manié qu’avec précaution. On peut
constater qu’à taux brut de scolarisation égal, plus la population sera jeune et plus la scolarisation relative
sera faible. L‘accroissement de ce taux peut donc n’être qu’un reflet du rajeunissement de la population. I1
est vrai que dans les pays du Tiers-Monde, les pyramides de population sont souvent construites à partir de
tables-type et que les structures par âge y sont à peu près comparables : c’est principalement si l’on veut
établir des séries chronologiques dans un même pays ou si l’on veut utiliser un pays plus développé comme
point de comparaison qu’il convient de se méfier.
Une autre, difficulté dans le maniement du taux brut de scolarisation résulte de la tendance spontanée
2 confondre proportion et probabilité. Le taux brut de scolarisation (même restreint certaines classes
d’âges comme le cas est envisagé plus loin) n’obéit pas au schéma probabiliste, car le dénominateur comprend
des individus qui en raison de leur âge, leur sexe et leur origine ont des chances très différentes de fréquenter
l’école à un moment et en un lieu donnés : la population n’est pas homogène à l’égard du phénomène
envisagé. I1 reste qu’un tel indicateur s’impose souvent à cause de sa simplicité. La question de la diversité
des sources sera évoquée ultérieurement, car elle est cominune à tous les indicateurs.
Le taux brut d’inscription scolaire consiste à rapporter la population scolarisée (E, c’est-à-dire la même
que pour le taux de scolarisation) à la seule population en âge d’être scolarisée :
Population scolaire
I-
Population scolarisable
On entend par population “~colari~able’’, une population répondant à certaines normes d’âge. Aisée
lorsque la loi impose la fréquentation de l’école entre deux âges limites, la définition de ces normes devient
complexe dans les pays oh la scolarisation n’est pas obligatoire. On est alors contraint de recourir aux notions
d”‘âge normal d’entrée’’, de “durée normale des études” ou de “type d’enseignement le plus représentatif’
comme on le verra ci-dessous au sujet des taux d’inscription par degré d’enseignement.
Le taux brut d’inscription neutralise en apparence l’effet de la proportion des scolarisables dans la
population globale. I1 peut être aussi trompeur en réalité, dans sa manipulation, que le taux brut de scolari-
sation, si l’on n’y prend garde, car il masque l’effet de structure par âge interne à la population d’âge scolaire,
ce à quoi l’utilisateur peut ne pas penser. Sa composition est fortement hétérogène, puisqu’en tout état de
cause, c’est dans l’enseignement primaire que sont scolarisés le plus grand nombre d’élèves. I1 en résulte que
le poids de la classe d’âge scolarisable dans le primaire a une grande importance, comme le montre cet
exemple :
Population scolarisable A
Primaire Secondaire Supérieur TOTAL
Scolarisés 40 5 1 46
Scolarisables 80 15 5 1O0
% scolarisés lscolarisables 50 % 33 % 20 % 46 %
Populatiori scolarisable B
Primaire Secondaire Supérieur TOTAL
Scolarisés 25 10 4 39
Scolarisables 50 30 20 1O0
76 Scolarisés/Scolarisables 50 % 33 % 20 % 39 %
Les taux bruts d’inscri~tionsont respectivement de 46 % et 39 %, alors q;e les proportions de scola-
risés dans chaque degré sont rigoureusement les mêmes (respectivement la moitié dans le primaire,le tiers
dans le secondaire et le cinquième dans le supérieur). La seule différence est que la population B est plus
IIa - 68
“vieille”. ( 1 et donc que le poids relatif des élèves du primaire y est moins grand. On pourait égaliser les taux
d‘inscription des deux populations en reportant tout l’effectif scolaire excédentaire <ur les élèves du primaire.
Popirkitioii scokaisable B’
L‘eftet de la Structure par &e agit donc ainsi de facon interne et rend le résultat d’autant moins utile
que les classes d’iges peu scolarisées sont sur-représentées.
Le taux brut d’inscription est cependant utile pour étudier des séries dans des pays oh la pyraniide
des iges connaît une stabilitt; relative. I1 peut être complété par un taux de non fréquentation scolaire. Ce
n’est pas tout .i fait son complément. puisqu’au numérateur figure la population scolarisable non sco-
larisee : l‘avantage de ce taux eit que les deux termes du rapport possèdent les mèmes propriétés au point
de vue de I’&.
Ce taus. figurant jusqu’i une date récente dans les annuaires des institutions internationales, présente
l’avantage théorique d’une population de rCf6rence beaucoup plus homogène. En revanche, la difficulté
de détïnir la population figurant au dénominateur est accrue :
Population scolarisée dans un degre d’enseignement
T=
Population en ige de suivre ce degré d’enseignement
On voit que. conime pour le taus d’inscription scolaire. jusque dans la formulation il est impossible
de considérer les deus ternies du rapport indépendamment l’un de l’autre : mais paradoxalement, la si-
tuation rle “scolarisé” est moins restrictive. quant a u s conditions d’ige, que celle de “scolarisable”. Les
d e u s termes du rupport ne rcnvoient pas i des critères identiques, puisque le numérateur indique une
rialité ( “itre élève”), tandis que le dinoniinateur pricise une potentialité (“pouvoir être éEve”) légale-
ou arbitrairement définie :
Position réelle
T=
Age ICgal
Aussi peut-on assister li un certain “gonflement” des t a u s . du hit de la présence d’élèves ayant dé-
passt; Ia limite d’&e prévue dans la difinition du diviseur. Ne conservant par exemple que les enfants de
5 i: 17 ans conmie ‘kolarisables” dans le premier degré, on surestime le taus quand il esiste en fait de
nomhrcux enfants de plus de douze ans dans le premier degré. Si l’on raisonnait en ternies de probabilités.
u n enfant de 16 ans a une certaine chancl: d’itre scolarisé dans ledit degré : il devrait donc figurer non
seulement au numérateur. mais au diviseur. avec un coefficient de ponderation représentant la mesure
de cette probahilit6. Les taux. ainsi ajustes. seraient moins ClevCs. niais le calcul du dénomiiiateur se heurte-
cultés telles qu’on y renonce eil pratique.
Les organisations internationales distinguent trois taux :
- taus d’inscription dans le prtmier degré.
- taus d’inscription dans le second degré,
- taus d’inscription dans le troisième degr6.
Aussi est-il impossible de faire abstraction de la question de l’ige dans l’elaboration des taux d’ins-
cription par degré. Lorsque l’fige I6gal di. passage dans chacun des degrés est i la fois bien connu et res-
pecté. c’est que l‘enseignement est soit ohligatoire (jusyu’li tel âge ). soit l’objet de règlementations pré-
..------______
( 1 I Le vieillissement adopt6 ici, B titre d‘exemple. ilfpassz certes les limites de la vraisemhlance. du moins pour un m i m e
pays a deux dates successives.
IIa - 69
cises d’accès (après cet âge). Dans ce cas, ce taux d’inscription dans le premier degré approche 100 %,
et sa valeur opératoire est presque nulle. I1 peut même dépasser 100 %, comme l’indique l’Annuaire de
l’UNESCO (édition de 1972) : ‘Yl convient de noter que le taux d’inscription brut dans le premier et le
second degré comprend les élèves de tous les âges possibles alors que la population considérée est limitée
aux groupes d’âges officiels déterminés selon les règles susmentionnées. Par conséquent, dans les pays o Ù ,
pour le premier degré, la population d’âge scolaire est presque entièrement scolarisée, le taux d’inscrip-
tion brut dépassera 100 si la répartition réelle des élèves,par âge déborde des limites d’âge officielles”.
Dans les pays à faible ou moyenne scolarisation, I’âge légal est en fait l’âge “approprié” (1). La prin-
cipale difficulté réside alors dans la construction de groupes d’âge pertinents pour chaque degré d’ensei-
gnement selon les critères adoptés par l’UNESCO :
-- âge ccnormal”d’accès audit degré;
- durée “normale“ des études dans leditdegré;
- type d’enseignement “le plus représentatif ’.
‘Xes groupes d’âge utilisés pour calculer les taux d’inscription relatifs aux enseignements du premier
et du second degré ont été déteminés en accord avec les normes suivantes :
1. Pour les pays qui ont un type d’enseignement unique Ci tous les degrés, le groupe d’âge est déter-
miné confownéi-zent d läge normal d’admission e9td la durée normale des études géizérales primaires et
secondaires qui figurent dans le tableau 2.6 (n.b. : il s’agit des mêmes données que celles utiiisées ici et
présentées au tableau 8 p. 72).
2. Dans le cas des pays qui ont plusieurs types d’enseignement de durée différente, on a choisi le sys-
tème qui s hpplique d la majorité des élèves.
3. Lorsqu TI n’a pas été possible de déterminer, dans le cadre des différents types d’enseignement, celui
qui s’appliquait Ci la majorité des élèves, on a pris comme base le type le plus représeritatit
4. Dails quelques pays, 1 äge légal d’adinission d a m l’eiiseignement primaire est inférieur d’une ou
deux a n d e s d l’âge effectif du début des études. Lorsque le cas s’est produit, les áges choisis ont été ajustés
en accord avec cette pratique, saris que la durée de l’eiiseignement en soit pour autant cliangée. Le groupe
d Zge considéré pour le calcul du taux conceriiaizt la totalité du premier degré est déterminé par les limites
extrêmes de l’ensemble des deux groupes d’âge définis pour le premier et le second degré’”: (Annuaire sta-
tistique U.N.E.S.C.0, 1972).
De façon générale, la durée “normale” des études est la durée minimum, ce qui donne lieu à des che-
vauchements. La population scolarisée dans chaque degré n’est pas strictement un sous-ensemble de la po-
pulation scolarisable correspondante :
Population non scolarisée
dans le le‘ degré
Dans les pays o Ù les redoublements sont nombreux, surtout 2 la fin du primaire et o Ù le temps moyen
de parcours d’un cycle est très supérieur au nombre d’années en principe nécessaires, les taux par degrB
peuvent être un peu surestimés du fait de l’absence au dénominateur d’une partie de la population scolaire
recensée. En réalité, l’erreur est généralement peu importante puisqu’elle porte sur des effectifs assez re-
duits. Elle serait en tout état de cause plus grande si l’on augmentait la taille des groupes d’âges (ce qui
entraînerait en outre des chevauchements entre les degrés successifs d’enseignement pour les scolarisables).
De plus, les erreurs sur les taux par degré imputables aux groupes d’áges retenus peuvent être minimes par
rapport aux erreurs portant sur la mesure des groupes d’áges eux-mêmes. Dans nombre de pays à popula-
__---___-----
(1) W.L KENDALL. Les statistiques de l’éducation dans les pays en voie de développement, ouvrage cité.
tion “jeune”, la baisse récente de Ia mortalité cst telle que les estimations de population de l’O.N.U. peuvent
‘.vieillir’* la population. d’oh il résulte une sous-wtiniation cles scolarisablez et donc tine surestimation des
taux. Ceci n’est visible que lorsque les taux dépassent 100 niais cela ne doit pas conduire i moins de vigi-
lance quan~lles taux sont théoriquement acceptables.
TABLEAU 7
Age et taux de scolarisation primaire
I Source .
( 1 1 Calcul; d’aprks les rdpports annuels des Ministères de l’éducation. I
Source : LPge scolaire dans l’Enseignement en Afrique tropicale - J . Pillet - Puhli-
cations de I’IEDES - “Tiers-hlonde” -Paris - P.V.F. 1971, p. 197.
Si, dans le tableau 7. on admet que la part occupée par les “1 I ans et plus” clans le taus de scolarisation
primaire (i.e. du premier degré) donne tine niesure grassiere de l’importance du retard scolaire. on doit cons-
tater qu’il n‘y a pas de relation entre l’ampleur de l’erreur commise sur les taux supérieurs i I00 ?A et le re-
tard scolaire. On est donc bien en face d’erreurs sur la mesure des classes d’&e, et non pas, (ou non pas
seulement) sur I’homogénéite de5 taux.
Pour améliorer cette dernièrc. les annuaires de l’UNESCO. dans les Cditions d’avant 1973. présentaient :
un taus brut par degrê
dèves du premier degr;
(par exemple
enfants J e (í-l 2 ans )
- un taus net par degre
Plèves 1111 preinier degrt; de (7-1 2 ans
(par esenip~e
enfants de h-13 ;ins )
Le taux net “est bask seulement sur la partie des effectifs dont le.; groupes d’âge correspondent ti la
durée de la scolariti”. La ciifikrence entre IL‘S deus taus donne, de surcroît. une mesure du retard ou du
prolongement de la scolarite.
Enfin. il convient de rappeler que les taux d’inscription par degres ne sauraient renseigner sur les flux
d’effectifs. de plus. ils tendent ri masquer les diffircnts phénomènes de rendement et de déperdition. d’autant
que la niasst‘ des effectifs concern& est concentrtie dans les premières a n d e s d’Ctudes du degré d’enseigne-
ment visé : “Ainsi un pays A,oii I‘cnseigncment secondaire a connu récemment une expansion considérable,
peut se caracteriser par des t m x elev6s de scolarisation pour le groupe d’ige correspondant ; niais si cette
expansion est très récente, les flus annuels de titulaires de diplBnies dc fin d’études secondaires auront i
peine le temps de modifier scnsiblernent It. stock d“iducation de la population active (le ce pays. Par contre,
dans t i n pays B, oil le taus moyen de scolarisation dans l’enseignement secondaire a pu rester stationnaire
pendant 20 ans. les caractiristiques scolaires de la population 1 srront peut-être plus élevees que celles
( 1 I Ce que l’auteur entend par “caracttkistiyues scolaires de 13 population“ semhlr Ctre la proportion de diplbinés parmi
les adultes par opposition au taux de scolarisation. L’idCe qu’il faut retenir ici est qu’un taux de scolarisation íÌ un moment
donni. ne renseigne paa sur le rendement du s y s t h t . scolaire.
IIs - 71
du pays A, malgré un taux de scolarisation actuel inférieur. Cette situation est d’autant plus susceptible
de se produire que les flux annuels de diplômés entrant dans la population active sont faibles par rapport
à l’ensemble des effectifs de main d’œuvre, dont le renouvellement complet exige en fait de 40 50 an-
nées”. (1)
Le taux d’inscription par âge remédie aux inconvénients des précédents taux car :
- il met en rapport des populations homogènes : l’influence des âges extrêmes est éliminée.
- il ne fait appel qu’aux critères de la fréquentation scolaire et de l’âge effectif, critères sinon aisément
mesurables du moins plus rigoureux que ceux de l’âge “normal” ou de la durée “normale’’ d’un cycle :
Population scolaire d’âge x
N=.
Population d’âge x
En revanche, il n’informe en principe pas sur le type de scolarisation suivi. Si l’o11 peut affirmer que
le taux de scolarisation à 7 ans est un taux dans le seul premier degré, il n’en va pas de même pour le taux
de 14 ans par exemple : certains élèves viendront du primaire, d’autres de l’enseignement du second degré.
C’est pourquoi, depuis 1973, l’annuaire statistique de l’UNESCO ne fait plus figurer de taux d’inscription
globaux par degré, mais par jige et par degré, et pour la somme des deux premiers degrés d’enseignement,
“de sorte qu’on peut voir, par exemple, li la fois le pourcentage d’enfants de 10 a m scolarisés et le pour-
centage d’enfants de 10 a m d a m le premier degré d’une part, et d a m le secorid degré d’autre part”. (An-
nuaire Statistique - UNESCO - 1973). De tels taux sont utiles pour mesurer le retard scolaire, et pour
vérifier la pertinence des taux bruts par degré. Le tableau 8 p. 72 utilise ces informations. I1 apparaît qu’après
l’âge “normal” de fin d’études primaires, les taux d’inscription par âge dans le le‘ degré décroissent lente-
ment. Ceci illustre une des raisons évoquées plus haut pour le “gonflement” des taux d’inscription bruts
(que nous avons mis en regard). On peut également voir que ce n’est pas seulement quand les taux bruts
dépassent 100 % qu’il faut s’interroger sur l’exactitude de la mesure : il y a mêmelieudepenser que les taux
les plus faibles sont ceux oh l’erreur relative est la plus élevée.
Faute d’informations sur la population de référence, ce taux est souvent remplacé, sur la base d’esti-
mations, par un taux quinquennal, par exemple :
élèves de 5-9 ans
population de 5-9 ans
Les tranches d’âges sont ici souvent (mais pas toujours) dictées par les habitudes en démographie et
n’ont guère de signification pédagogique : c’est la facilité à quantifier le dénominateur (sur la base des
estimations de l’ONU par exemple) qui préside à la confection d’un tel rapport. Il faut insister sur le fait
que les estimatiotis de population peuvent être erronées, même si cela ne se voit que dans le cas extrême
des taux supérieurs Ci 1O0 % .
Les taux de scolarisatioii valent ce que valent les informations sur lesquelles ils reposent. La popu-
lation de référence (population globale, scolarisable etc.) peut être connue :
- par recensement ;
- par enquête-sondage;
- par extrapolation de tendances passées sur la base d’une opération ancienne.
C’est actuellement en Afrique cette dernière information qui prédomine, faute de recensements OU
d’enquêtes récents. Les estimations de population établies par I!ONU sont présentées par groupes d’âge
quiquennaux à partir d’hypothèses précises sur la croissance démographique ; les groupes d’âge
_______-------
(2) OCDE - ‘‘Structures professionnelles et éducatives . . .” ouvrage cité, p. 40.
I1a - 72
TABLEAU 8
Taux d‘inscription dans lc premier depe par iige de part et d’autre de 1’Cge normal
de fin d’ktudes primaires et taux d’inscription hrut dans le premier degr6
Age Taux
Age Durée
de Taux d‘inscription par ãge (en % ) pour les äges d’inscription
minimal des hrut
sortie
Pays Annee probable ttudes
x x-2 x+ 1 X + 2
(en‘? ).
d’admission (en X - 1 Y
iZnnPe de
(en
(en années) années) rbférence
années)
Bunmdi 1969 b 7 1: 24.9 22.7 18.1 13.6 8.2 26 ( 1 965)
Cameroun IQ71 6 6 11 74.1 73.6 69.9 64.8 53.1 108 (1970)
Centrafrique 1970 6 b 11 44.0 49.8 35.1 3b.O 28.1 76i1970)
Congo 1969 6 6 11 100.0 100.0 100.0 100.0 93.2 145 (1965)
Dahomey 1968 6 6 11 28.1 27.6 20.9 20.0 14.9 40 i1970)
Haute-Volta 1467 6 6 11 10.8 1 0.2 9.0 8.0 5.3 13 (1970)
hl ali 1970 4 6(1) 11 19.4 19.4 19.7 20.3 17.6 20 (1970)
hi aroc 1971 7 5 11 39.0 38.2 36.9 30.7 22.0 55 (1970)
Niger 1972 6 b(2) 11 13.6 11.8 10.0 10.7 6.5 14 (1970)
Tchad 1969 6 6 11 20.7 19.2 17.8 16.3 14.1 30 (1970)
Togo 1971 6 6 11 64.4 59.1 53.2 49.5 43.3 76 (1970)
Tunisie 1969 6 6 11 82.3 80.9 77.9 71.0 56.9 107(1970)
( 1 ) I1 s’agit
du premier cyclc de l’enseignement fondamental.
( 2 ) La dur6e indiquée par l’annuaire 1973 de l’U.N.E.S.C.O. est de 8 années, mais ne correpond pas aux statistiques livrées par
le Ministère de I’Education Nationale.
concernés par les différents degrés en sont 5 leur tour tires. Un taux d’inscription doit donc toujours être
accompagnC des sources des donnies qui ont permis son calcul. En principe. le dénominateur devrait provenir
de recensements OLI de sondages. en prenant soin toutefois d’en actualiser les résultats. De toutes facons. ne
serait-ce que pour les pthkdes intercensitaires. les estimations de population restent nicessaircs : un recen-
sement quinquennal permet tout juste de calculer un taus d’inscription tous les cinq ans.
Ls population scolariser est connue
- par recensement ou enquite ;
- par statistiques administratives.
L‘enquête dimographiquc par sondage pourrait fournir de bons résultats au niveau national, a ~ e cun
plan de sondage approprié. Si les scolaires sont connus par recensement, c’est que les scolarisables le sont
aussi : le risultat a des chances d’Ctre bon car la question de Ia date n’entraîne pas de risques d’erreurs diffe-
rentielles dans les ileus termes du rapport. II est avantageux d’avoir la meme source pour les deux termes du
rapport. et donc de connaître la population scolarisée dans les recrnsements ou enquêtes chaque fois que cela
est possible. Enfin. le fait de disposer de deux sources indkpendantes pour la population scolarisée (recense-
ment ou enquCte et statistiques administratives) permet de contrbler les deux évaluations. Nianmoins, le cas
le plus courant veut que les scolaires soient connus par statistique administrntive. La population scolaire par
(legre d’enseignement est alors bien connue. mais il est difficile de faire un calcul d’erreur. celle-ci risquant
d‘Ctre beaucoup plus grande pour la population de riference.
2. LE TAUX D’ALPHABETISATION
En ce qui concerne le taux il’alphabCtisation. Ir problème de I’iige se limite ,ila définition d’une seule
horne. Ia borne inférieure : a partir de quel iige doit-on comiderer qu’un individu peut savoir écrire. de façon
,i calculer :
Alphabèt es
A=
Population conCernGe
IIa - 73
Une solution serait de prendre l’ensemble de la population, y compris les enfants, en faisant l’hypothèse
que la proportion de ceux-ci est suffisamment constante pour ne pas nuire à la comparabilité. On obtiendrait
alors des proportions sous-estimant le stock en lettrés d’un pays, et cette solution peu satisfaisante n’est
guère adoptée. Dans les faits, le choix d’un âge minimum dépend du type d’information que l’on a cherché
à obtenir dans le questionnaire. Si l’on admet que quatre ans d’école sont nécessaires à la fois pour acquérir
la maîtrise de l’écriture et le pouvoir de la conserver, on peut alors retenir
Alphabètes
A=
Population de 1O ans et plus
. La feuille de ménage ou la fiche individuelle sont conçues de telle façon que l’on peut en principe:
- rapprocher les différents caractères étudiés chez un même individu;
- rapprocher les indicateurs utilisés pour mesur‘er le niveau d’instruction d’un individu des caractères
socio-économiques observés dans sa famille.
Néanmoins, parmi les croisements possibles, tous ne sont pas indispensables : on arriverait à la publica-
tion d’une masse de tableaux parmi lesquels le lecteur distinguerait difficilement l’essentiel et oh certaines
quantités risqueraient d’être’trop peu élevées pour permettre le calcul de pourcentage pertinents.
Caractéristiqueséducationnelles :
T. 1. - Population urbaine et rurale âgée de 10 ans et plus suivant l’aptitude B lire, ? Ccrire
i et le sexe par gouvernorat
T. 2. - Taux d’alphabétisme en milieu urbain e t rural par sexe et par gouvernorat
T. -
3. Population âgée de 1 0 ans et plus suivant l’aptitude B lire, ?Ccrire
i et le sexe par gouvernorat e t délégation
T. 4. - Population analphabète, taux d’analphabétisme, urbaine et rurale par groupe d’âge et sexe par gouvernorat
T. 5. -Population urbaine et rurale âgee de 10 ans et plus suivant la langue lue et Ccrite par gouvernorat et par sexe
T. 6 . -Population urbaine et rurale âgée de 10 ans et plus suivant la langue lue et écrite le milieu et le sexe par groupe
d’âge
-
T. 7. Population urbaine e t rurale âgee de 6 ans et plus suivant le sexe, le cycle et l’année d’étude accomplie
T. 8. - Population iigke.de 6 ans et‘plus suivant le cycle d’étudek par gouvernorat
T. 9. - Population urhaine et rurale Pgée de h ans et plus suivant le sexe. le groupe d’ige par cycle d’études et milieu
T. 10. -Population urhaine et rurale fréquentant un Ctahlissement scolaire. @Ce de o ans et plus suivant le sexe par gou-
v a n nrat
T. I l . - Population urhaine et rurale frequentant un Ptablissement scolaire par groupe d’lge, sexe, milieu et par gouvernorat
T. -
17,. Taux de scolarisation en milieu urhain et rural par groupe d’ige et sexe
T. 13. - Taus de scolarisation en milieu urhain et rural par groupe-d’ige, sese et par gouvernorat
T. 14. -Population urbaine et rurale &Be de 6 i 14 ans ne fréquentant pas un etahlissement scolaire suivant l’année d’&e
le sexe et dCl6gation
Caractéristiquesécononiiqiies :
T. 15. -Population totale i g i e de 15 ans e t plus par type d’activité. milieu et sexe
T. 16. - Population urhaine et rurale &Ce de 15 ans et plus suivant le type d’activiti et le sese par gouvernorat
T. 17. - Population ;gee de 15 ans et plus suivant le type d’activité et le sexe par gouvernorat et deligation
T. 18. - Population urbaine et rurale lgCe de 15 ans et plus suivant le type d’activitk et le sexe par groupe d’ige
T. 19. - Repartition proportionnelle de la population urbaine et rurale Pgée de 15 ans et plus suivant le type d’activiti et le
sexe par groupe d‘&e
T. 20. -Population active. taux d’activiti par groupe d’lge et sese et par gouvernorat
T. 21. - Population active par groupe d’âge, sexe et Ctat matrimonial,,taus d’activité
T. 22. - Population active suivant la profession individuelle par sexe
T. 23. .- Population active par groupe et sous groupe de profession et par gouvernorat
T. 24. -Population active urhainr et rurale ig& de 15 ans et plus suivant le groupe de profession et le sexe par gouvernorat
T. 7,s. - Population active IgCe de 15 ans et plus suivant le groupe de profession et Ir sexe par gouvernorat et delégation
T. 26. - Population active par groupe de profession, groupe d’@e et sexe
T. 17. - Population active i g k de 15 ans et plus suivant le @pe d’activitt!, le groupe de profession par groupe d’ige et sexe
T. 28. - Population P g k de 15 ans et plus suivant l’aptitude i lire et h Ccrire par groupe de profession et par gouvernorat
T. 26. - Population Ppte de 15 ans et plus suivant l‘aptitude i lire et B &rire par groupe de profession et le groupe d’lige
T. 30. - Population active Pgee de 15 ans et plus suivant le cycle d’itudes atteint par groupe de profession
T. 3 1. - Population active Pgie de I 5 ans et plus suivant la branche et classe d’activité économique
T. 31. - Popularion active igde de 15 ans e t plus suivant la branche et classe d‘activitC économique par gouvernorat
T. 33. - Population active urhaine et rurale &ée de IS ans rt plus par hranche d’activiti economique par sese et gouvernorat
T. 34. - Population active igie de 15 ans et plus suivant la branche d’activiti Cconomique par gouvernorat et delegation
T. 35. -Population igCe de 15 ans et plus wivant la hranche d’activite économique. le sexe, 1’Ptat matrimonial par groupe
d’lge.
T. 36. - Population I g k de 15 ans et plus suivant la hranche et classe d‘activit0 economique par groupe et sous groupe de
profession
T. 37. - Population active urbaine et rurale 8g6e de 15 ans et plus suivant Ia hranche d‘activité économique et le groupe de
profession par sese
T. 38. -Population i g i e de 15 ans et plus suivant l’aptitude h lire et B icrire et la hranclie d’activité Cconomique par gou-
vernorat
T. 39. -Population ãgie de 15 ans et plus suivant l’aptitudc i lire et h icrire et la hranche d’actiritt. économique et le
groupe d’&e
T. 40. -Population active i g l e de 15 ans et plus suivant le degC d’instruction atteint par hranche d’activite Cconomique
par sexe et par gouvernorat
T. 4 1. - Population active urhaine et rurale Pgée dr 15 ans et plus suivant la catégorie d’occupation, le sese et gouvernorat
-
T. 47,. Population active ligCe de 15 ans et plus suivant la categorie d’occupation par groupe d’ige et par gouvernorat
T. 43. -Population active Ig6e de 15 ans et plus suivant la categorie d’occupation la hranche d’activiti. économique et le
groupe de profession.
Source : Tunisie - Rectmement g2nCral de la population et des logements du 3 mai l%ti -Vol. III, Chapitres
VI et VI1.
I1 ne s’agit pas là de caractères mais d’un domaine de définition : le tableau ne sera dressé que pour cette
catégorie parce que soit elle est la seule à qui les questions ont été posées, soit elle est la seule à être jugée
susceptible d’une exploitation.
Les caractéristiques pouvant être croisées avec le stock d’éducation sont nombreuses. Les prinicipales
sont :
- le sexe,
- l’âge,
- l’appartenance ethnique,
- l’appartenance à une région ou zone,
- la catégorie socio-professionnelle.
Les tableaux résultant de tels croisements sont multiples. La liste des plus courants, empruntée à
l’exemple du recensement tunisien de 1966, est donnée (pp. 73 et 74) pour les Caractéristiques éducation-
nelles aillsi qu’économique, puisque l’étude de l’activité fait intervenir la formation suivie.
D’autres caractéristiques, moins fréquemment étudiées mais parfois dignes d’intérêt sont :
- la fécondité ou la taille de la famille,
- le niveau d’instruction des parents,
- le type d’habitat,
- la religion,
- l’état matrimonial.
Le problème posé par le choix des croisements n’est pas le même pour le degré d’instruction et pour les
caractéristiques retenues. Dans le premier cas, on doit déterminer quelles questions poser ;dans le deuxième
cas on doit déterminer ce qu’il faut exploiter comme résultats.
Le croisement considéré comme le plus essentiel, est celui qui permet de connaître la répartition des
personnes ayant tel ou tel degré d’instruction selon l’âge et le sexe. La catégorie enquêtée est donc celle de
tous les individus ayant atteint l’âge jugé pertinent ,par exemple ,(10 ans et +) : degré d’instruction x sexe
x âge. S’il est important dans les âges peu élevés de connaître la répartition par année d’âge, il est possible,
passé 20 ans, de la regrouper par cinq années.
Un grand nombre d’enquêtes font figurer ce résultat par région, ce qui est essentiel pour les pays
d’Afrique o Ù les disparités régionales restent importantes, ou bien selon le type d’habitat : population
urbaine et population rurale, ou bien encore selon l’appartenance ethnique.
Un deuxième élément d’analyse indispensable, si l’on veut connaître l’efficacité du système d’enseigne-
ment et son adaptation à la vie économique, est de rapprocher le degré d’instruction de l’activité profession-
nelle, par exemple ,(1 5 ans et +) : degré d’instruction x sexe x profession ou branche d’activité.
Ces deux tableaux, qui ne nécessitent en fin de compte qu’une seule question sur le niveau d’instruction,
devraient pouvoir figurer dans les résultats de toute enquête. Ils permettent le calcul du taux d’alphabétisa-
tion ventilé par sexe et âge.
Un troisième tableau, concernant la fréquentation scolaire de la population âgée de six ans et plus,
complète cette base :
- fréquentation scolaire x sexe x âge x région par exemple. Outre l’utilité pour le planificateur, l’intérêt
scientifique est évident : possibilité de rapprochement avec d’autres sources, et donc appréciation de l’erreur
liée à l’investigation.
Dans la réalité, on dispose souvent de résultats plus abondants. Le mieux est de fournir ici l’exemple
récent d’une enquête très complète o Ù le niveau d’instruction et la scolarisation ont joué un rôle important
________------
(1) Bien que ce soit manifestement le cas le plus fréquent, nombre de publications ne précisent pas qu’elles donnent les
résultats pour les résidents seulement ; on a vu plus haut quel inconvénient cela entrainait pour l’étude de la fréquentation
scolaire.
-
1 1 ~76
comme “variables explicatives” de phinomènes dPmographiques. C’est dans ce sens que M u d e de l’éduca-
tion trouvera toute son utilité : s’il est exclu que celle-ci soit jamais la preoccupation principale du démo-
graphe. il ne peut pas la négliger comme élénient causal permettant d’éclairer les phénomènes qu’il se propose
d’étudier. tels que fécondité, nuptialité, mortalite. activité, migration etc. . .
L’Etude Nationale Sitatisfique de la Population en Algérie. rklisée en plusieurs passages de 1Qh9 à 197 1.
donne en effet une place importante aux phénomènes éducatifs.
On en trouvera la partie correspondante du questionnaire dans les tableaux pp. 38 a 44 : langue mater-
nelle, langues lues et écrites. enseignement suivi actuellement ou passé. niveau d’instruction acquis (exprime
non en d i p l t ” mais en degrés d‘enseignement 1. Ce questionnaire. accompagné d’un codage a 3 chit’fres
pour la nature du dernier enseignement suivi. permettrait notamment de prendre en compte non seulement
le système scolaire classique niais le systkme traditionnel ( Ecole coranique. Médersa non validee 1 ainsi
que le système extra-scolaire (cours du soir. . .).
I1 ne sau& être question de donner ici la liste des tableaux et graphiques publiés ou projetés. Voici
i titre d’exemple les principauh. selon les facteurs étudiCs.
Démographie générale
- Femmes de 10 ans et plus selon la scolarisation et la situation matrimoniale.
- Femmes 11011 celibataires de 15 B 4Q ans selon la nature du dernier enseignement suivi et le nombre
d’enfants nes vivants.
Population active
- Hommes J e 15 ans et plus ou femmes non c6lihataires selon l‘lige. la situation individuclle et la nature
du dernier enseignement suivi.
- Mème chose pour le niveau d’instruction.
Décès
- Décès entre deux passages des algPriens de 15 ans et plus selon l’dge. le sexe et le niveau d’instruction
du décedl.
Naissances
- Naissances vivantes de mères algériennes s~~rvtmies entre I’Aid et le passage considCré, selon l’assis-
tance à l’issue (hbpital, domicile avec midecin, domicile avec sage femme. sans assistance) et le niveaa d’ins-
truction de la mère.
Migrations
- Population algerienne ayant quitte les mCnages entre Ir 1 /4/196b et le passage considire (nomades
exclus). &ée de 1 i ans e t pluc. au moment du d6part. ,elon l’dge au depart, le s e w et le nive‘tu d’instruction.
IIa - 77
Enquête fécondité
(N.B. le questionnaire “femmes” était accompagné d’un questionnaire sur le dernier conjoint et sur le
chef de ménage)
- Répartition des femmes non célibataires actuellement en âge de féconder selon :
- l’âge et le niveau d’instruction,
- le niveau d’instruction et celui du conjoint,
- l’âge au premier mariage et le niveau d’instruction,
- l’âge actuel, le nombre d’unions et le niveau d’instruction,
- le niveau d’instruction du chef de ménage.
Naturellement, une telle analyse n’est possible qu’à l’occasion d’enquêtes par sondage : premièrement
parce que seules de telles enquêtes permettent d’analyser plus à fond les variables démographiques ( l ) ,
deuxièmement parce que les questions sur le niveau d’instruction, si elles ne sont pas nécessairement plus
nombreuses que dans bien des recensements nationaux récents, nécessitent, pour être posées, l’inter-
vention d’enquêteurs avertis (2).
I1 apparaît en tout cas souhaitable que, dans le futur, les enquêtes démographiques prennent en compte
la variable “éducation“, non plus comme un chapitre séparé, mais en liaison avec les caractères analysés.
Pour cela, il convient tout d’abord de bannir tout fétichisme du recensement : s’il représente une étape
statistique nécessaire en Afrique (ne serait-ce que pour permettre d’avoir de bonnes bases de sondage ou
pour vérifier des estimations de population reposant souvent sur des données anciennes), il serait hasardeux
d’en attendre plus qu’il ne peut fournir. En particulier, les questions envisagées sur l’instruction doivent
être les meilleures possibles mais elles ne sauraient être multipliées. Les questionnaires deviendraient plus
difficiles à passer et les résultats seraient moins exploitables.
4. LAPLANIFICATION
L’objet de ce chapitre n’est pas de passer en revue l’ensemble des méthodes d’analyse et tous les ré-
sultats possibles en matière de démographie scolaire et de planification de l’éducation. Il s’agit simplement
de souligner que la question des statistiques scolaires ne saurait être séparée de leur utilisation.
I1 existe deux grands types d’études sur l’éducation, différentes par leur finalité :
- l’analyse des rendements internes du système scolaire,
- l’analyse de la place du système scolaire dans un système socioBconomique.
Le premier type d’études vise à étudier la dynamique (ou l’inertie) interne d’un système scolaire consi-
déré comme un isolat. A travers les phénomènes de déperditions, de redoublements, de promotion, de
réussite aux examens, elle vise à mesurer le coût et le rendement du système (3).
L’analyse interne du système copcerne elle-même deux catégories d’indicateurs :
a) les uiis portent sur l’état de la scolarisation une année donnée (construction de pyramides scolaires,
répartition des effectifs par ordre d’enseignement etc.) ;
b) les autres portent sur les flux scolaires. C’est dans ce domaine que l’analyse est la plus variée. Elle
permet, soit M u d e du processus de scolarisation des effectifs pour 1000 inscriptions en première année,
(1) Encore faut-il que l’échaatillon soit assez gros pour justifier les croisements envisagés, ce qui était le cas dans I’en-
quête citée (350.000personnes)
(2) Le questionnaire, dans l’enquête citée, était accompagné d’une liste des questions à poser, du type “s’agit-il bien du
dernier enseignement suivi ? n‘avez-vous pas suivi depuis des cours d’alphabétisation, de recyclage etc ?”
(3) A titre d’exemple, voir notamment “Coüts e t rendements de l’enseignement du second degré dans quatre pays
africains d’expression française” fEDES - Piris 1970.
soit l’étuile de la “survie scolaire (probabilités pour un éEve inscrit d’atteindre la sixième année 1. soit encore
de reconstituer des “cohortes” succccsives en indiquant pour chaque annee et chaque classe les promotions.
les abandons et les redoublements ( I ) . De nombreux indicateurs. tels que taux de réussite aux examens,
taus de progression (effectif d’une classe en t/effectif de la même classe en t-I 1. taux permettant d’apprécier
l’articulation entre les cycles et les degrés d‘enseignements etc, sont destinés à apprécier le rendement
d’un système.
Bien que souvent critiquée pour son optique purement quantitative, son apport est indispensable pour
le planificateur. puisque la connaissance des flus permet de prévoir des tendances et d’infléchir dans un
sens ou dans l’autre l’expansion future de l’enseignement. Mais elle ne peut i elle seule permettre de dé-
finir des objectifs en matière de politique de l’enseignement.
Le deuxième type d’analyse vise ,i replacer Ia réalité scolaire dans son contexte social. Elle a pour
hut de fixer des objectifs : développement de l’enseignement. mais aussi quel développement ‘? La satis-
faction des besoins de I’économie, I’égalité des chances, la scolarisation diffirentielle selon les rigions ou
les ethnies. la ptinétration de l’école en milieu rural. tels sont les domaines principaux de son application ( 2 1.
5. CONCLUSION
I1 semblerait. paradoxalement, que c’est dans les pays o i l l’éducation est genéralisee, oit donc certains
objectifs de base sont atteints. que l’analyse des systimes d’enseignement en relation avec des objectifs
socio-économiques ait trouve sa véritable dimension. tandis que les pays en voie de développement restent
actuellement encore très pauvres dans ce domaine ( 3) . E n retour. l’inexistence de plans d’éducation est un
facteur de stagnation des études statistiques, et p x cons6quent des statistiques elles-mèmes. Au sujet du
“ròle qu’elles sont appelées a jouer dans la planification de l’avenir”, le rapport final du stage rigional d’6-
tudes de Yaoundé (déji cité) notait : “ce ileriiicr r d e ii ’crt pas toitjoirrs rciiipli rt lu qiic~tiotis’est doiic
posPc~de suvoir coimierit iiiettrc t‘ti Ii.tmièrc l’iiiiporturice íles ,stLitistiqiics ct roiiiiiiciit jîîirc cwTiprciitlrc Ia
ilaleirr profiyiic dus tro1uii.Y d i t statistieicii ’:
L‘éducation et la formation, ainsi que le “stock d’instruction“ de la population devr;iient ainsi pouvoir
prendre place à chté de la comptatibilité nationale. en tant qu’activités non marchandes ( 4 ) .sans gquivalent
monétaire. et étre intégrées aus comptes comme Clenlents permettant la prévision et la pl:ìnit’í~
’i1 t’1011.
Pour que wit mis fin a la situation qui veut que les même4 pays hoient i la fois en retard tlans le do-
maine de la formation et dans celui de la connaissance des filières dducstives. il semble certes indispensable
que l’effort statistique \oit subordonné i une politique en cette matière. Mais on ne doit pa< négliger que
l‘amélioration des m6thodes d’approche du milieu scolaire e t des niitaux ti’instrwtion clcs populations peut
elle aussi jouer un rcile moteur pour la planification.
PRESENTATION
Les organigrammes reproduits ci-après sont destinés à montrer la complexité d’un système d’éducation
à une date donnée, ainsi que la variété des systèmes d’un pays à l’autre. Qu’il s’agisse de la nature ou de la
durée des filières, des “passerelles” entre filières, des examens sanctionnant la durée d’un cycle ou des âges
correspondant à chacun de ceux-ci, on peut voir comment tout critère de comparabilité est fragile. Ceci
explique la difficulté qu’il peut y avoir à normaliser les statistiques portant sur les établissements d’ensei-
gnement. A mesure que l’on s’éloigne du tronc commun “primaire” pour accéder à l’enseignement supé-
rieur, les ramifications deviennent plus nombreuses et moins définies.
Par exemple à Madagascar, toutes les institutions “universitaires” sont rangées ensemble, ce qui laisserait
supposer 1) qu’elles sont de durée semblable, 2) que le recrutement se fait indifféremment parmi tous les
élèves ayant accompli de quelconques études secondaires. L‘amélioration des statistiques scolaires passant
par un recensement méthodique des établissements, filières, degrés et cycles d’enseignement existants, il
est à prévoir qu’un grand nombre d’informations contenues dans les recensements de population sur les
types d’enseignement suivis par les élèves ne pourront être exploitées faute de classements pertinents.
Ecoles primaires
STRUCTURE DE L'ENSEIGNEMENT AU CAhlEROlIh ORIENT.41
S.A.R. et S.hI.
{q-q
E.hl.
,: , , ,
C.E.S. et C.E.T.
~ .l.
$c;:ti,
B.E.P.C.
nt GPnGral
+ n Droit
ß;its
-
A.B.C.D.
Bacs E.F.
- Fac. des Lettres
Lic.
Fac. de Droit
+bBdl--
Lic.
Li c
E. F. S. A.
D.E.S.
D.E.S.
D.E.S.
L y c h Tech. ( nimerciaux
t/-+l-+ E.F.S.P.
C.U.S.S.
Rac G I
C.E.T. E.N.E.M.C.
E.T.S.
Lic.
r
.4.E.XII
C.4.P
C'ours normaux E.N.I.A.
- E.N.S.
C.4.F.- E.S.I.J.Y.
h1.E.G.
m iif-----D I. '.\. E.
E.N.I. C.P.G.E.
B.S.C.
0 Examen d'Entri.e t
Dipldme de sortie
Fac. de ThCologk
---uHhk Lic.
D.E.S.
w
i.L.C. droit Fac. de droit
Zommercial Schools
D.E.S.
Lic.
Fac. des sciences
D.E.S.
O'Level
+i
E.T.T.C.
++qLpl+
H.E.T.T.C.
-ft5 E.F.S.P.
A II
Lic.
T.T.C. E.N.S.
-+T& C.A.P.E.S.
C.A.P.C.E.G. Lic.
E.S.I. '.Y.
-u-
& 1 2 3 4 5
O Entrance Examination
Lic.
m Leaving Examination
Fac. de théologie
6
- ETABLISSERIENTS :
- EX(XRIENS
STRUCTURE DU SYSTEME D'EDUCATION EN COTE D'IVOIRE AOUT 73
~ O C 3 O U .0~0 0 3
Enseignement primaire Enseignement
3cJ3oJ33c
Enseignement supérieur
secondaire, 1" cycle 20 ans et au-dessus
-.,,-.....
Concours "at
d'admission I I Instituts universitaires de teclinologic
Diplome de technologic
I I
I I Fac de droit e t sciences économiques
I I - ( 1 H L i c e n c e en dioit
II
--
--
Ceni
r)
A
: Groupe technique d'accueil
:-Centres techniques régionaux
formation par stagzs
examen
concours
I
I
I
I
I
I
I
a l'administration
d; h l ¡ & è .
I
I
I I
0 Baccalauréat 1 I
Source : Banque mondiale. Organigramme établi d'après les données descriptives recueillies
par 13 Mission auprès des divers Ministères de tutelle.
1. Sous tutelle du Ministère de l'enseignement technique et de la formation professionnelle.
'1. Les deux premières années d'études de 1'ENSA sont donnees Faculté des Sciences
(DUES de Sciences agronomiques).
STRLICTURE ACTUELLE DI1 SYSTEME D'EDUC'ATION A MADAGAS('A1Z - M A R S e 7 1
Ateliris scoldircr
-cHIH3 (*r
O
bJ
E .N .N.E.T.
Ecoles et Instituts
FIIH3- universitaires
C.E.T. tc.AP.1) I-- -j;c.n22, -+ENAM (Administration)
ENTP (Travaux publics)
ENCA (Cadres)
(B.E.P.)
ENSA (Agronomie)
(B.T.1
TUTI (Industriel)
Lycbas techrhues industriel et commercial I'IJTG (Gestion)
IIJTA (Agricole)
lNPT ( T&licommunications1
I I yc& du G h i r civil
C. .G. I
(B.E.P.C.)
Facult6s
Pcoles du l e r cycle 2" cycle
+Droit
-- Lvcéec clasmuec et moderne5 M6decint:
Lettres
Ecoles normales
- e +
Sciences
I
I
Institut national supkrieur
de recherche et de formation
C.P.2 c (Bac)
pédagogiques
b-
C.P.1 c
Examen de sortie
Concours J'entrCe
I I
I
II I
I I
I
I
II
I
I
21 I
I I
I I
I I
I I
I
I
I
I
I
EP I
I
I
I
I
I
7P I
I
Légende Et l
I
L
E€ DDq
UOB
a Examens nationaux
Stages ENA
m
EMP
1 Infirmières auxil.
ENI ENS
2 Assist. sanitaires
ETA ET A 2
m m
3 T e c h . météorologie
I
Tech. médicaux, ITAB,
4 infirmières d’Etat ET A3
Techniciens Travaux
5
Publics ET A4
u-cl-cl
EMS
Les écoles se trouvant dans le rectangle encadré ne relèvent pas du Ministère de 1’Education Nationale.
II
Enscignem en t Prem irr De grC 1 Cycle ri
Tronc Corri111un Sces et Technique, (-1
Teclin. 1ndustriellt.s 0
PRESENTATION
On trouvera ci-après
- la recommandation adoptée le 3 décembre 1958 par la Conférence Générale de l’UNESCO
- quelques extraits du questionnaire sur les statistiques des 6tablissements d’enseignement et du fi-
nancement élaboré en 1962, à la suite de cette recommandation.
L‘intérêt du premier document réside dans le nombre de définitions qu’il propose en vue d’harmo-
niser la terminologie d’un pays à l’autre, ainsi que les méthodes de recensement du niveau d’instruction
et de l’analphabétisme. On voit dans cette recommandation que la question de la scolarisation présente
des enfants d’âge scolaire n’est envisagée que sous l’angle des statistiques administratives, tandis que I’étude
de l’analphabétisme est envisagée pour tous les “10 ans et plus’’ et celle du niveau d’instruction pour tous
les “15 ans et plus”. I1 y a 16 un effet de l”‘attraction’’ du démographe pour les âges ronds, 10 et 15 ans
n’étant pas nécessairement les âges les plus appropriés.
En ce qui concerne les statistiques administratives, le document est marqué par la préoccupation de
l’époque en matière de classification. Tous les enseignements qui n’étaient pas classés par degrés étaient
alors classés, en vrac, comme “autres types d’éducation“ (si l’on excepte l’éducation destinée aux inadaptés).
D’oÙ il suit que l’enseignement du second degré est un véritable ‘‘fourre-tout” od l’on trouve, pêle-mêle, for-
mations générale et spécialisée, écoles complémentaire et technique, etc. I1 a été dit plus haut que cela
conduisait en fait à définir les degrés d’enseignement les uns par rapport aux autres, et non en raison d e leur
contenu pédagogique.
Les tableaux de questionnaire sont au nombre de 15 dans le document de 1962. Nous donnons, 2 titre
d’exemple les tableaux portant sur :
- l’enseignement du premier degré,
- l’enseignement technique du second degré,
- l’enseignement du troisième degré (tableau rétrospectif),
- l’éducation des adultes,
- la population et les effectifs scolaires.
On voit qu’il n’est pas envisagé, excepté le dernier tableau, la question de I’âge (ou de l’année de nais-
sance) des élèves, ni de leur nationalité ou de leur milieu d’habitat. De même, aucun calcul portant sur les
redoublements n’est envisagé. Mais le questionnaire n’est pas à proprement parler un questionnaire admi-
nistratif, en ce sens qu’il est destiné à permettre l’élaboration d’un annuaire statistique d’une institution
internationale.
Nom du pays : ................................................................ UNESCO/ST/P; 58
Paris, le 2 1 mai 1962
Troduit de I'angloir
STATISTIQUES DE L'EDUCATION
QUESTIONNAIRE SUR LES STATISTIQUES
DES ETABLISSEMENTS D'ENSEIGNEMENT ET LES STATISTIQUES DU FINANCEMENT
DE L'ENS€IGNEMENT
2. L e questionnaire vous e s t adressé en t r a i s exemplaires. Après y avoir donné taus les renseignements dont
vous disposez, veuillez renvoyer un de ces exemplaires avant l e ......................................................
ò l'adresse suivante :
Unesco, D i v i s i o n de statistique,
Département des sciences sociales,
Place de Fontenoy,
Paris 70,France.
3. E n remplissant le questionnaire, prière d'etablir une d i s t i n c t i o n entre les données selon que c e l l e s - c i ne
sont pos disponibles ou qu'elles sont nulles. A cet effet, l ' u t i l i s a t i o n des signes conventionnels suivants
est recammandee :
Comme dans la pluport des tobleaux, les chiffres cites doivent s'appliquer à une série d'années, il importe
d'établir selon les mêmes principes les données afferentes a chacune de ces années, a f i n d'assurer une
comparabilité rigoureuse pour toute Io période considérée.
5. En t è t edes différentes sections du present questionnaire, figurent des instructions speciales concernant
les divers tableaux ; priere de les l i r e attentivement avant de remplir les tableaux correspondants.
RECOMMANDATION
CONCERNANT LA NORMALISATION INTERNATIONALE
DES STATISTIQUES DE L~DUCATION
La ConfPrenre gtinkrale de l'@rganisation des Nations sous la forme que dkterminera l a ConfPrence gene-
[.nies pour I'cducation, la science et la culture, rale, sur les lois, reglements et statistiques relatifs
reuniu it Paris du 4 novembre au 5 dkcernbre 1958, B ses institutions et à son actiritC dans l'ordre de
en sa disihme session, 1'6ducation, de l a science et de l a culture",
Considtirant que l'article \'III de l'Acte cnnstitutif de Convaincue qu'il est tres souhaitable que les auto-
l'Organisation dispose que "chaque E t a t membre rites nationales chargees de r e c u e i l l i r et de coni-
adrtesse B I'Orgmisation un r a p p o r t periodique muniquer des donnees statistiques relatives B
UNESCO/ST/P/58 - page 2
1’Cducation soient guidees par certaines normes en b) Groupes ethniques habituellement distingues dans
matière de definitions, de -lassifications et de pré- un fitat, en matière statistique;
sentation tabulaire, afin d’améliorer la compara- c) Groupes sociaux.
bilite internationale de ces donnees,
fitant saisie de propositions concernant la normali-
sation internationale des statistiques de l’educa-
tion, question qui constitue le point 15.3.1 de II. STATISTIQUES DU NIVEAU D’INSTRUCTION
l’ordre du jour de la session, DE LA POPULATION
Après avoir decidè lors de sa neuvibme session que
ces propositions feraient l’objet d’une règlcmenta- D~FINITION
tion internationale par voie de recommandation
aux fitats membres, 6. La definition suivante devrait être utilisée en ma-
Adopte ce troisième jour de décembre 1958 la tière statistique : Le niveau d’instruction d’me per-
presente recommandation : sonne est celui qui correspond à la derniCre annee
d’btudes accomplie ou au plus haut degr6 atteint par
cette personne dans le système d’enseignement de
La Conference gbndrale recommande aux fitats son fitat ou d’un autre fitat.
membres d’appliquer, en vue de I’établissement íle
statistiques internationales, les dispositions ci-après
en ce qui concerne les definitions, la classification et
la presentation tabulaire des donnees statistiques MESURE DU NIVEAU D’INSTRUCTION
relatives à l’analphabetisme et à I’éducation, en adop-
tant, sous forme de loi nationale ou autrement, des 7. Pour mesurer le niveau d’instruction de la popu-
meslires en vue de donner effet dans les territoires lation, les methodes ci-après pourraient ètre utili-
sous leur juridiction aux normes et principes formu- sees :
16s dans la presente recommandation. a) A l’occasion d’un recensement general de la popu-
La Conference genèrale recommande aux fitats lation ou dans une enquête par sondage, poser
membres de porter la presente recommandation à la une ou plusieurs questions en rapport avec la defi-
connaissance des autorites et organismes charges de nition donnee ci-dessus.
recueillir et de communiquer les donnees statistiques b) A défaut, proceder par estimation en se fondant
relatives à I’éducation. sur :
La Conference gCnCrale recommande aux fitats (i) Les résultats de recensements ou enquêtes
membres de lui presenter, aux dates et sous la anthrieurs;
forme qu’elle dèterminera, des rapports concernant (ii) Les inscriptions scolaires et les donnees
Ia suite donnee par eux à l a presente recommandation. relatives aux examens, attestations de scolarite,
certificats et diplômes delivres. Ces renseigne-
mcnts devraient porter sur plusieurs années.
I. STATISTIQUES. DE L’ANALPHABfiTISME
CLASSIFICATION
D~FINITIONS
8. En premier lieu, la population âgee de 15 ans et
1.Les definitions ci-après devraient &treutilisees en plus devrait &tre classee selon le niveau d’instruc-
matière statistique : tion, determine de préferencc par la dernière annèe
a) Alphabète :personne capable de lire et Bcrire, en d’ètudes accomplie ou tout au moins par le degré
le comprenant, un expos6 simple et bref de faits d’enseignement atteint. Une distinction devrait 6ga-
en rapport avec sa vie quotidienne. lement être faite, autant que possible, entre les dif-
b) AnalphabCte : personne incapable de lire et ferents types d’enseignement, à chaque degré.
écrire, en le comprenant, un expos6 simple et
bref de faits eu rapport avec sa vie quotidienne. 9. Chacune de ces catègories devrait être subdivis6e
selon le sexe et I’lge. Les groupes d’âge devraient être
les suivants : 15-19, 20-24, 25-34, 35-44, 45-54, 55-64,
65 ans et plus.
MESURE DE L’ANALFWAB~TISME 10. Le cas echbant, les subdivisions ci-après de-
vraient Pgalement être utilisees :
2. Une des méthodes ci-après ponrrait être utilisee a) Population urbaine et population rurale;
pour determiner le nombre des alphabetes et des b) Groupes ethniques habituellement distingues
analphabètes : dans un &at, en matière statistique;
a) A l’occasion d’un recensement general de la popu- c) Groupes sociaux.
lation ou dans une enquête par sondage, poser une
ou plusieurs questions en rapport avec les défini-
tions données ci-dessus.
b) Dans le cas d’une enqutte speci’ale, avoir recours
à une épreuve type conçue specialement à cet III. STATISTIQUES DES GTABLISSEMENTS
effet. Cette methode pourrait être utilisee pour D’ENSEIGNEMENT
contrôler les donnees obtenues par d’autres m6-
thodes ou pour corriger des erreurs systèmati-
D~FINITIONS
ques.
c) A défaut, procéder par estimation en se fondant 11. Les definitions ci-après devraient être utilisees
sur : en matière statistique :
(i) Des recensements spèciaux ou des enquêtes a) &lève (étudiant) :personne inscrite dans un Bta-
par sondage sur les effectifs scolaires; blissement d’enseignement pour recevoir un
(ii) Des statistiques scolaires regulières en rela- enseignement systematique de n’importe quel
tion avec des donnees démographiques; degri?.
(iii) Des donnees relatives au niveau d’iustruc- (i) E l b e (étudiants) à plein temps : &lève(Ctu-
tion de la population. diant) inscrit en vue de recevoir un enseignement
à plein temps pour une periode suffisamment
CLASSIFICATION longue;
(ii) &[doe (étudiant) à temps partiel: élève
3. En premier lieu, la population âgee de 10 ans et (étudiant) qui n’est pas à plein temps.
plus devrait être classée eu deux categories : aipha- b) YaEtre : personne assurant directement I’instruc-
bites et analphabètes. tiou d’un groupe d’&lèves (btudiants). Les chefs
4. Chacune de ces catégories devrait être subdivisee d’établissements, ainsi que les membres du per-
selon le sexe et l’&e. Les groupes d’âge devraient être sonnel d’inspection, de surveillance et autres, ne
les suivants : 10-14, 15-19, 20-24, 25-34, 35-44, 45-54, devraient être ranges parmi les maîtres que s’ils
55-64, 65 ans et plus. exercent regulièremeut des fonctions d’enseigne-
ment.
(i) Maitre d plein temps : personne enseignant
5. Le cas ech6ant. les subdivisions ci-aprks devraient pendant un nombre d’heures qui, d’après l’usage‘
être également utilisées : dans chaque fitat, correspond à un enseignement
a) Population urbaine et population rurale; à plein temps pour le degr6 consid&ré;
UNESCO/ST/P/58 - paga 4
différents degrés auxquels les élèves (Ctudiants) b) Dépenses ;obligations financières contractées par
se destinent H enseigner : les ttablissements d’enseignement ou pour leur
(i) Nombre d’établissements et nombre de compte en contrepartie de prestations de biens
classes faisant partie d’établissements inclus dans ou de services.
d’autres catbgories et dans lesquelles un enseigne- c) Dépenses ordinaires : toutes les dépenses effec-
ment normal est dispensé; tuees par les établissements d’enseignement. h
(ii) Nombre de maîtres classés par sexe; l’exclusion des dépenses en capital et du service
(iii) Nombre d’élèves (ttudiants) classts par de la dette.
sexe en distinguant, le cas échtant, les élèves d) Dépenses en capital ; dépenses relatives aux ter-
(Ctudiants) B plein temps et les élèves (Ctudiants) rains, bitiments, constructions, équipements, etc.
i temps partiel; e ) Seroice de la dette; paiement des intérêts et
(iv) Nombre d’élèves (étudiants) de première aniortissements des emprunts.
année, classés par sexe;
(v) Nombre d’èlèves (étudiants) ayant termine CLASSIFICATION
leurs études durant I’annèe, classés par sexe et
par type de diplôme ou par spécialité. 18. Les donnèes statistiques relatives au financement
f) &ducation spiciale, une distinction étant faite, de l’enseignement pour un exercice financier donné,
autant que possible, entre les différentes catègo- devraient, autant que possible, être classées de la
ries d’éducation spéciale - pour aveugles, pour façon suivante :
enfants mentalement dèficients, pour jeunes délin-
quants, etc. : a) Re(-ettes
(i) Nombre d’établissements et nombre de (i) Provenant des autorités publiques : goiiver-
classes faisant partie d’établissements inclus dans nement central ou fbdéral, gouvernements d’fitats
d’autres catégories et dans lesquels une éduca- ou de provinc,es, autorités cantonales, munic:pales
tion spéciale est dispensée; ou autres autoritts locales:
(ii) Nombre de maîtres, classés par sexe et (ii) Provenant d’autres sources (y compris les
qualification (conformément ?I l’usage dans droits scolaires, d’autres paiements effectués par
chaque Btat); les parents, les donations, etc.).
(iii) Nombre d’élèves. classés par sexe. b) Dépenses
g) Autres tgpes d‘tdlication, une distinction étant (i) Dépenses ordinaires (paiements des intérêts
faite, autant que possible, entre les différentes non compris) : dépenses d’administration; dé-
catégories groupées sous cette rubrique : penses d’enseignement classbes, autant que pos-
(i) Nombre d’établissements ou de classes; sible, de la façon suivante : traitements des maî-
(ii) Nombre de ninitres classés par sexe; tres et du personnel apportant une aide directe
(iii) Nombre d’élèves (hdiants), classbs par B l’enseignement, et autres dbpenses d’enseigne-
sexe. ment; autres dépenses ordinaires.
h) Tableaux génCraux : (ii) Dtpenses en capital (service de la dette
(i) Données démographiques : la population non compris) : dépenses d’enseignement; autres
Pgbe de 5 H 21 ans devrait être classée par année dépenses (maisons d’étudiants, restaurants, librai-
d’ige et par sexe, en se fondant sur le recense- ries, etc.)
ment le plus récent pour lequel on dispose de ren- (iii) Service de la dette.
seignements et sur les estimations faites en der-
nier lieu; h dbfaut, des renseignements devraient TABLEAUX
être fournis au nioins pour les groupes d’ige 5-9,
10-14, 15-19, 20-24 et stparément pour la popula- 19. Dans les tableaux, les recettes devraient être
tion scolarisable; indiquées d’apres leur source et les dépenses d’après
(ii) Nombre d’élèves (ttudiants) classés par leur destination, en ayant recours B des subdivisions
5ge et par sexe, oil par année d’ktudes et par sexe, correspondant autant que possible aux classifications
une distinction étant faite entre les differents figurant aux paragraphes 12 h 15 et au paragraphe 18
degrés et types d’mseignemcnt; de la présente recommandation, tout en respectant
(iii) Les donnees relatives aux éleves (étu- les usages administratifs et financiers dans chaque
diants) classi?s par Age ou par annhe d’btudes, &at. On devrait, si possible, distinguer les dépenses
devraient, autant que possible, ;tre présentées des établissements d’enseignement public de celles
dans des tableaux séparés pour les éleves (étu- des Btablissements d’enseignement privé, les
diants) B plein temps et pour ceux h tcmps par- dépenses d’enseignement des autres dépenses et les
tiel; depenses affkrentes H l’enseignement du troisième
(iv) Les donnbes relatives aux &lèves des deux degré de celles relatives aux autres degrés.
premiers degrCs d’enseignement considerés sépa-
rément ou ensenible devraient, autant que pos-
sible, Ctre classées selon l’année d’études, le sexe
et l’ige; Le texte qui precede est le texte authentique de la
(v) Pour les établissements du premier degré, recommandation dament adoptée par la Conférence
les classes devraient, selon le nombre d’&lèves, générale de l’organisation des Nations Unies pour
Ctre réparties dans les groupes suivants : moins l’education, la science et la culture h sa dixième scs-
de 15 &lèves. 15-49 (chaque fitat pouvant ttablir sion, qui s’est tenue A Paris et qui a été déclarbr
des sous-groupes suivant ses besoins), 50 et plus. close le cinquième jour de décembre 1958.
Le nombre total d’tltvcs se trouvant clans chacun
des groupes et sous-groupes devrait, si possible, EN FOI DE QUOI ont apposé leurs signatures, ce
être indiqué. cinquième jour de décembre 1958,
L'enseignement précédant le premier degré lispensé, par exemple, dans les écoles maternelles, les écoles
gardiennes ou les jardins d'enfants) assure 'éducation des enfants t r o p jeunes pour être admis à l'enseigne-
ment du premier degré.
INSTRUCTIONS
1. Dans l e tableou ci-après, donner l e s c iffres 4. Ne pas comprendre les institutions dont l a
afférents aux c i n q années scolaires 1957/58 i fonction principale e s t l a surveillance des
1961/62 (ou 1957 à 1961), en précisant l e type enfants â g i s de moins de t r a i s ans (par exemple
d'établissement dans l e cas de l a dernière onnée les crèches).
scalaire.
5. Ne pas comprendre les écoles et classes
2. Sous í(Type d'établissementi>, donner l e s noms spéciales pour enfants déficients, c e l l e s - c i
des divers genres d'établissements de ce niveau faisant l'objet de l a section 13.
qui e x i s t e n t dans l e pays.
6. Avant de remplir l e tableau, prière de l i r e l e s
3. Comprendre les classes maternelles e t jardins d é f i n i t i o n s données aux pages 1 i 4; l o r s q u ' i l
d'enfants rattachés 21 d'autres établissements n'est pas possible de l e s suivre, l'indiquer por
scolaires. une note.
TABLEAU 1
Nombre d'établissements, de mahres e t d'élèves, par type
d'établissement, séparément pour l'enseignement public e t l'enseignement privé
Donner, s i possible, les chiffres de l ' e f f e c t i f i une date proche du début de l'année scolaire. E n cas d'impos-
s i b i l i t é , préciser ce que représentent les chiffres indiqués e t i quel jour ou quelle période de l'année ils se
rapportent :
/..9i1
Année Nombre de mortres
à p l e i n temps 1 Nombre d'elèves i n s c r i t s
scoloire
Nombre
TYPE D'ETABLISSEMENT de sexe de sexe
s:e
;d
é
:-'; Totol
, féminin Totol féminin
Etablissements privés
L'enseignement d u premier degré (dispensé, par exemple, dans les écoles élémentaires, les écoles primaires)
a pour fonction principale de fournir les premiers éléments de I'éducation.
INSTRUCTIONS
1. Dans le tableau ci-après, donner les chiffres 5. Ne pas comprendre les écoles et classes spL-
afférents à chacune des cinq années scalaires ciales pour enfants déficients, celles-ci faisant
1957/58 à 1961/62 (ou 1957 à 1961), en préci- I'obiet de la section 13.
sant le type d'établissement dans le cas de la
dernière année scolaire. 6. Ne pas comprendre les écoles et classes pour
adultes, celles-ci faisant l'objet de la section 14.
2. Sous ctType d'établissementa, donner les noms des
divers genres d'établissements de ce niveau qui 7. Avant de remplir le tableau, prière de lire les
existent dans le pays. définitions données aux pager 1 14; lorsqu'il
3. Comprendre les classes du premier degré rattachées n'est pas possible de les suivre, l'indiquer par
à d'autres établissements scolaires. une note.
4. Ne pas comprendre les classes d'autres niveaux
d'enseignement rattachées à des établissements
d u premier degré.
TABLEAU 2
Nombre d'établissements, de mafrres et d'élèves, par type
d'établissement, séparément pour l'enseignement public et l'enseignement privé
Donner, si possible, les chiffres de l'effectif à une date proche d u début de l'année scolaire. E n cas d'impos-
sibilité, préciser à quel ¡our ou quelle période de l'année se rapportent les chiffres indiqués :
Etablissements publics
1961
1961
1961
1961
1961
1961
1961
L'enseignement du second degré e f t f o n d i sur quatre années au moins d'&des préalables dans l e premier degrê e t
danne une formation gên6rale ou spécialisee, ou les deux. L'enseignement général (dispensé, par exemple, dans les
écoles moyennes, l e s lycées, les coll&ges, les gymnases, les athenées, les Qcoles complémentairesj ne v i s e pas à
préparer directement l e s eleves à un m&er ou une profession ditermin&s.
INSTRUCT IONS
1. Dans l e tableau ci-après, donner l e s c h i f f r a s off&- 5. Me pas comprendre l e s ecoles e t classes s p é c i a l e s
rents i chacune des cinq annees scolaires 1957/58 peur enfants d&ficients, c e l l e s - c i faisant I'obiet
à 1961/62 (ou 1957 i 1961), en precisani l e type d'5- de l a section 13.
tablissement dans le cos de l a dernisre année SCQ-
laire.
6. H e pas comprendre l e s &coles et classes pour a d u l -
tes. c e l l e s - c i faisant I ' o b i e t de l a section 14.
2. Sous oType d'établissemente, donner les noms de5
divers genres d'établissemenfs de ce t y p e e t de r e
7. Donner des chiffres ä&parés pour les élèves 6 p l e i n
temps e t Iss élèves 6 temps partiel.
niveau qui e x i s t e n t dans l e pays.
8. Avant de r e m p l i r le tableau, prisre de l i r e les d 8 f i -
3. Comprendre l e s classe^ d'enseignement gkn6rol du nitions donnees aux pages 1 b 4; lorsqu'il n'est
second degr6 rattach6es i d'autres Ctablissements. pas
. possible
. . .Dar une note.
de l e s suivre. l'indiquer
4. Ne pas comprendre les c l a s s e s d ' a u t ~ e sniveaux ou
types d'enseignement r a t t o c h i e s i de5 Q t a b l i a s r -
ments d'enseignement género1 du second JegrB.
TABLEAU 3
Hombre d'établissements, de maîtreä e+ d'&lèves, por
type d'6toblissement, séparément pour l'enseignement public a t l'enseignement p r i v é
Donner; si possiblc, les chiffres de l ' e f f e c t i f a une date proche du debut de I'annde scolaire. E n cas d ' i m p c s s i b i l i t e ,
préciser à quel lour ou quelle période de I'ann6e se iapportent les chitfres indiques :
__ .-.. . - ___. - __
Etablissements p u b l i e s
1961
106 I
195 1
1?;1
19tl
1%1
1961
____- - -.
loi51 I
I I l I I
I lot1 I I
I
l
I Etablissemrnts prives
¡ 1961 I
I I
t--- I
1001
1961 I 1
I
! I
~ ~~ ~
L'enseignement du second degré e s t fondé sur quatre années au moins d'études préalables dons l e premier degré e t
donne u n e formation générale OU spécialisée, ou l e s deux. L'enseignement technique v i s e à préparer directement l e s
élèves à un métier ou une prufession autre que l'enseignement,.
INSTRUCTIONS
1: Dans le tableau ci-après, donner l e s chiffres 5. N e pas comprendre les classes d'enseignement normal
afférents i chacune des c i n q années scolaires rattachées i des Etablissements d'enseignement tech-
1957/58 i 1951/62 (ou 1957 i 1961), en précis'ant nique, c e l l e s - c i f a i s a n t l ' o b j e t de l a section 5.
l e type d'établissement dans l e cas de la dernière
année scolaire.
6. N e pas comprendre l e s écoles et classes spéciales
pour enfants dSficients, c e l l e s - c i f a i s a n t l'objet de
2. Sous ((Type d'établissemenh, donner l e s noms des I a section 13.
divers genres d'établissements de ce type et de c e
7. N e pas Comprendre le5 écoles et classes pour
niveau qui e x i s t e n t dans l e pays. Indiquer si.par&nent
adultes, c e l l e s - c i f a i s a n t l ' o b j e t de l a section 14.
l e s données concernant les écoles aaricoles. com-
merciales, techniques, . . etc. 8. Donner des chiffres s é p a r i s pour l e s élèves à p l e i n
temps et l e s élèves à temps partiel. S i l e nombre.de
3. Comprendre les classes d'enseignement technique du
lignes est insuffisant, ajouter une f e u i l l e supplémentaire.
second degré rattachées à d'autres établissements.
9. Avant de remplir le tableau, prière de l i r e les définitions
4. Ne pas comprendre l e s classes d'autres niveaux ou données aux pages 1 i 4; l o r s q u ' i l n'est pas possible
types d'enseignement rattachées i des établissements
de l e s suivre, l'indiquer par une note.
d'enseignement technique du second degré.
TABLEAU 4
Nombre d'établissements, de maitres e t d'élèves, par type d'établissement,
séparément pour l'enseignement p u b l i c et l'enseignement privé
Donner, s i possible, les chiffres de l ' e f f e c t i f à une dote proche du début de l'année scolaire. E n cos d'impossibilité,
préciser à quel jour ou quelle période de l'année s e rapportent les chiffres indiqués :
TYPE D'ETABLISSEMENT
L'enseignement du second degré e s t fondé sur quatre années au moins d'études préalables dans le premier
degré et donne une formation générale ou sp6cialisée, ou l e s deux. L'enseignement normal a pour objet direct
I a formation du personnel enseignant.
INSTRUCT IONS
1. Dans l e tableau ci-après, donner les chiffres 4. Ne pos comprendre les i n s t i t u t i o n s e t classes
afférents i chacune des c i n q années scolaires d'enseignement normal du troisième degré,
1957158 i 1961,'62 (ou 1957 i 1961), en préci- c e l l e s - c i faisant I'obiet de l a section 8.
sant l e type d'établissement dons l e cas de l a
5. Ne pas comprendre l e s classes d'autres niveaux
dernière année scolaire.
ou catégories d'enseignement r a t t a c h i e s i des
2. SOUS ([Type d'établissementa, donner l e s noms écoles normales.
des divers genres d'établissement de c e type e t
6. Avant de remplir l e tableau, prière de l i r e l e s
de ce niveau qui existent dans l e pays.
d é f i n i t i o n s données aux pages 1 i 4; lorsqu'il
3. Comprendre l e s classes d'enseignement normal n'est pas possible de les suivre, l'indiquer par
du second degré rattachées i d'autres établisse. une note.
ments.
TABLEAU 5
Nombre d'établissements, de maitres e t d'élèves, por t y p e
d'étoblissement, séparément pour l'enseignement public et l'enseignement p r i v é
Donner, s i possible, les chiffres de l ' e f f e c t i f ir une date proche d u début de l'année scolaire. E n cos d'impos-
s i b i l i t é , préciser a quel lour ou quelle période de l'année se rapportent les chiffres indiqués :
TYPE D'ETABLISSEMENT
L'enseignement du second degré (dispensé, par exemple, dans les écoles moyennes, les lycées, les collèges,
les gymnases, les athénées, les écoles techniques, les écoles complémentaires, ainsi que dans les écoles de
ce degré destinées à Ia formation des maîtres) est fondé s u r quatre années au moins d'études préalables dans
le premier degré et donne une formation générale ou spécialisée, ou les deux.
INSTRUCT IONS
1. I n d i q u e r le nombre des élèves ayant terminé leurs 4. Sous ((Duréedesétudes (en années))), faire figurer
études d u second degré (enseignement général, le nombre des années d'études d u second degré
enseignement technique ou enseignement normal) habituellement nécessaires pour l'obtention d'un
pendant les quatre années scolaires 1957/58 à diplôme ou certificat.
1960/61 (ou 1957 à 1960).
5. Priire de noter que les chiffres doivent se
2. Comprendre les élèves inscrits dans les établls- rapporter à l'année scolaire au cours de laquelle
sements publics ou privés, ainsi que les personnes les élèves ont terminé leurs études du second
non inscrites dans un établissement d'enseigne- degré, et non à la date à laquelle u n diplôme ou
ment q u i obtiennent, après études à domicile, un un certificat leur a été délivré. Par exemple,
diplôme ou un certificat de fin d'études du lorsqu'un examen sanctionne la f i n des études du
second degré. second degré, les chiffres doivent comprendre les
3. Les chiffres doivent se rapporter àtous les types élèves qui ont subi avec succès soit l'examen de
de diplômes ou certificats, et non pas seulement f i n d'année soit un examen complémentaire à un
à ceux q u i sont délivrés dans le cadre des moment quelconque de l'année scolaire suivante.
examens réglementés par I'Etat. Comprendre les 6. Indiquer,au moyen de notes, dans quelle mesure
diplômes et certificats, s'ilenexiste dans le pays, les données relatives aux élèves ou aux diplômes
qui sanctionnent la f i n des études techniques ou et certificats peuvent être incomplètes.
des études normales d u second degré.
TABLEAU 6
Nombre d'élèves ayant terminé leurs études du second degré,
classés par sexe, par type d'enseignement et par t y p e de diplôme ou certificat
A
Enseignement général
I masculin I
féminin I
I Enseignement fechnique masculin I
féminin I
musculin
féminin
masculin
féminin
masculin
féminin
mas cu I in
féminin
7
U N E S C O ST P 58 - poge 11
7. ENSEIGNEMENT DU TROlSlEME DEGRE
(Enseignement supérieur)
L'enseignement du troisième degré (dispensé, par exemple, dans les universités l e s é c o l e s normales supé-
rieures et l e s établissements de hautes études techniques) e x i g e des candidats, comme condition minimum
d'admission, q u ' i l s aient s u i v i avec succès un enseignement complet du second degré ou fassent la preuve
de connaissances equivalentes.
A. Enseignement supérieur dispensé dans des universités ou des institutions conférant des grades équivalents
Ce type d'enseignement e s t c e l u i que dispensent l e s universités et établissements supérieurs d'enseignement
professionnel ou technique de rang équivalent et qui mène i l'obtention d'un grade universitaire.
INSTRUCT IONS
1. Dans l e tableau ci-après, donner l e s chiffres i n s t i t u t i o n s de rang équivalent, c e l l e s - c i faisant
afférents ir chacune des c i n q années univer- l'objet de l a section 14.
s i t a i r e s 1957/58 i 1961/62 (ou 1957 21 1961),
en précisant l e type d'institution dans l e cas
5. Donner l e s c h i f f r e s r e l a t i f au nombre des étu-
dionts p l u t ô t qu'au nombre des inscriptions. Par
de l a dernière année universitaire.
exemple, un étudiant i n s c r i t dans plus d'une
2. Sous (,Type d'institutione, donner les noms des
i n s t i t u t i o n (ou f a c u l t i ) ne d o i t être compté qu'une
divers genres d'institutions de c e type e t de ce
fois.
niveau q u i existent dons l e pays.
3. Ne pos comprendre les classes d'autres niveaux le tab[eau,
6 . A~~~~de remplir de lireles
ou d'autres types d'enseignement rattachées b définitions données aux pages 1 b 4; Iarsqu'il
des institutions du niveau e t du t y p e sus-indiqués. n'est pas possible de l e s suivre, l'indiquer por
4. Ne pas comprendre les formes d'éducation des une nate. Prendre égaiement connaissonce des
odultes dispensées dans des universités OU des sections 8 et 9 avant de remplir l e tableau.
TABLEAU 7
Nombre d'institutions, de martres e t d'étudiants,
par type d'institution, séparément pour l'enseignement public e t l'enseignement p r i v é
N e comprendre que les étudiants q u a l i f i é s pour se présenter aux examens ou obtenir des grades universitaires,
ce qui exclut, par exemple, l e s auditeurs. Donner, s i possible, les chiffres de l ' e f f e c t i f à une date proche du
debut de l'année académique ou scolaire. E n cas d'impossibilité, p r é c i s e r à quel jour ou q u e l l e période de
I'annee académique ou scolaire se rapportent les chiffres ind'igués :
n s t i t u t i o n s privees
d'universités et d ' i n s t i t u -
t i o n s équivalentes
T Y P E D'INSTITUTION
enseignement normal
INSTRUCTIONS
I. Dons letableauci-aprês, donner l e s c h i f f r e s afférents du troisième degré, c e l l e s - c i faisant l'objet de l a
Ò chacune des c i n q années scolaires 1957/58 a section 14.
1961 '62 (ou 1957 i 19611, en précisant l e type d'ins-
5. Donner les c h i f f r e s r e l a t i f s au nombre des étudiants
t i t u t i o n dans le cas de l a derniêre annee scolaire.
plutôt qu'au nombre des inscriptions. Par exemple,
2. Sous (<Typed'institution!),donner les noms de5 divers un étudiant i n s c r i t dans plus d'un établissement (ou
genres d'institutions de ce type e t de c e niveau qui plus d'une discip1ine)ne d o i t être compté qu'une fois.
existent dane l e pays.
6. Avant de remplir l e tableau, priore de l i r e l e s défi-
3. Ne pas comprendre les classes d'autres niveaux ou n i t i o n s données aux pages 1 à 4; lorsqu'il n'est
d'autres types d'enseignement rattachées à des ins- pas possible de l e s suivre, l'indiquer par une note.
t i t u t i o n s du niveau e t du type d'enseignement sus- Prendre également connaissance des sections 7 e t
indiqwis. 8 avant de remplir l e tableau.
J. Ne pas comprendre les formes d ' i d u c a t i o n des adultes
dispensées dans des i n s t i t u t i o n s d'enseignement
TABLEAU 9
Nombre d'institutions, de maares e t d'étudiants, par type
d'institution, séparément pour l'enseignement public e t l'enseignement privé
Ne comprendre que les étudiants qualifies pour se presenter oux examens ou obtenir des diplômes c e qui exclut, par
exemple, tes auditeurs. Donner, s i possible, les chiffres pour une date proche du début de l'année scolaire. En cas
d'impossihilité, préciser b quel ¡our ou quelle periode de l'année se rapportent les chiffres indiqués :
T Y P E D'INSTITUTION
Nombre d ' e t u d i a n t s
i n s c r i t s à p l e i n temps '
I I
I
1961
1961
lY61
I I l I
Total : Tous types d'ins- I
1960
t i t u t ions non universitaires
dispensant un enseignement
.
1959
autre que l'enseignement 1958
normal 1957
TABLEAU 10
Nombre d'étudiants inscrits,
par type d'enseignement, du troisième degré
Ne comprendre que les étudiants, à plein temps ou à temps partiel, qualifiés pour se présenter aux examens ou
obtenir des grades ou diplômes, c e qui exclut, par exemple, les auditeurs, Donner, si possible, les chiffres pour
une date proche du début d e l'année universitaire. E n c a s d'impossibilité, préciser à quel jour ou quelle période
de l'année se rapportent les chiffres indiqués :
Année
universitaire
Etudiants inscrits dans des
universités au des institutions
' Etudiants suivant l'enseignement
normal dans des institutions
Etudiants suivant un enseignement
autre que l'enseignement narmal dans
ayant conférant des grades équivalents non universitaires des institutions non universitaires
commencé
en Total de sexe féminin Total de sexe féminin Total de sexe féminin
1930
1931
1932
1933
1934
1935
1936
1937
1938
1939
1940
1941
1942
1943
1944
1945
1946
1947
i 948
I949
1950
1951
1952
1953
1954
1955
1956
1957
i 958
1959
NOTES : (Ajouter une ou plusieurs feuilles supplémentaires, si nécessaire) :
UNESCO 5T 0 58 - p o g e 15
11, ENSEIGNEMENT DU TROlSlEME DEGRE
(Enseignement supérieur)
Nombre d'étudiants, par d i s c i p l i n e
L'enseignement du t r o i s i i m e degré (dispensé, par exemple, dans les universités, les écoles normales supérieures et
les établissements de hautes études techniques) exige des candidats, comme condition minimum d'a.lmission,qu'ils
aient s u i v i avec succès un enseiqnement complet du second degré ou fassent Ia preuve de connaissances equivalentes.
INSTRUCTIONS
1. Dans l e tableau ci-après, donner l e s chiffres 5. Ces chiffres doivent correspondre à ceux des tableaux
o f f i r e n t s à chacune des c i n q années universitaires. 7,8 et 9. S i l e nombre t o t a l des inscriptions diffère
1957/5¶ à 1951/62 (ou 1957 i 1961). du nombre t o t a l des étudionts (ceux-ci n'ayant été
comptés qu'une fois, cf. tableau 7, instruction na 5),
2. N e pas comprendre l e s classes d'autres niveaux
prière d'en indiquer l a couse au moyen de notes
d'enseignement rattachées i des i n s t i t u t i o n s du
de bas de Dage.
troisième degré.
TABLEAU 11
Nombre d'étudiants inscrits, par d i s c i p l i n e et spécialisotion,
par sexe et par t y p e d'enseignement
N e comprendre que les étudiants i p l e i n temps, qualifiés pour se presenter nux examens ou obtenir des diplômes ou
grades universitaires, ce q u i exclut, par exemple, l e s auditeurs. Donner, s i possible, les c h i f f r e s pour une date
proche du début de l ' i n n é e universitaire. En cas d'impossibilité, préciser a quel jour ou q u e l l e période de l'année
se rapportent les chiffres indiqués :
féminin
___
T h é o r i e e t pratique de Ia masculin
E pedagogiz
O féminin
+
masculin I
8a Education physique
féminin I
TI
w mosculin ~
Autres
I 1 féminin I I I l I I
féminin I I l I I I 1
~ ~ o l i + i q u d i pel o m, a t i e [masculin !I
-
o féminin
Mathématiques masculin
c
U
e.,
u 0
astronomie
o e
LI-
;:
E B i o l o g i e , botanique, zoologie,
.-
U
biochimie
v)
Autres
S c i e n c e s appliquées,
,
t e c h n o l o g i e générale
Metallurgie, i n d u s t r i e s I I I I I I I
extractives
Science? d e l ' i n g é n i e u r
mecanicien
Construction
Electrotechnique
I
S c i e n c e s d e l'ingénieur masculin
chimiste
féminin
Industrie t e x t i l e
Géodésie, p r o s p e c t i o n I I I I I I I
Autres
-
Médecine
eminin
Art dentaire
Pharmacie
i
E t u d e s d'infirmier, masculir I I I I I I I
é t u d e s d e sage-femme
féminin
Autres
Agronomie, s c i e n c e r u r a l e - 1 féminin
masculir
Sylviculture, h o r t i c u l t u r e
féminin
masculir
Industrie laitière
féminin
masculir
Médecine vétérinaire
féminin
masculir
Autres
féminin
masculir
NOTES :
féminin
-
I I
( A j o u t e r u n e ou p l u s i e u r s f e u i l l e s supplémentaires, s i n é c e s s a i r t:) :
I I I I I l
1. L a discipline représente l e domaine principal de spécialisation L e s Sciences exactes et natureller comprennent : l'astronomie,
de I'étudiant. Prière de s'inspirer, s i possible, de 10 clasrifi- l m bactériologie, I o biochimie, l a biologia, la botanique,
cotion ci-après; sinon, changer l o rubrique selon l e besoin et la chiniis, l'entomologie, l a géologie, l a géophysique, l a zoologia,
indiquer en détail I o clorsification adoptés. et autres disciplines sembloblos.
L e s Humanite's (Iato sensu) comprennent: l'archéologie, l'histoire L e r Sciences de I'ing6nnieur com rennent: les sciences appliquées,
1. langues l e s lettres, 10 bibliothéconomie, l a philosophie, I o construction la géadoris pa métallurgie les industries
la psycholobis, 10 théologie et autres disciplines semblables. extractives Im'tachnologie, í'industrie textiie et autres
disciplines'icmbl.blas.
L'Education comprend: I o théorie et l a pratique de l a pédagogie,
a i n s i que I'éducation physique. L e s Sciences me'dicales comprennent : I'onatomie l'art dentaire
L e s Beaux-arts comprennent : l'architecture, le dessin, l a musique,
l p médecine les é t u d o de sage-femme les étudss d'infirmier,'
la peinture, 1. sculpture, la diction, I'ort dramatique e t outrer
I optométrie: L'ostéopathie, 10 pharmaci(e I o phyriothimpis,
l'hygiène publique et autres disciplines k e m b l o b l s s .
disciplines semblables.
L'Agriculture comprend : l'industrie laitière, I o sylviculture, I'horti-
L e s Sciences sociales comprennent : I o banque, 1. commerce 10 di- culture, l m médecins vétérinoirs, 1. pêche, l'agronomie et autres
$lomotis, I'économie politique, I'sihnologis, l a géographie: I'économis disciplines semblables.
ome.stiqus, 51. relations internationales, IC journalisme, l a science
politique, l'administration publique, l'action sociale, la sociologie,
la statistique et autres disciplines semblables.
U N E S C O ST O 58. poge 17
INSTRUCT IONS
1. Dans l e tableau 1.7, indiquer pour chacune des ceux qui ont été délivrés dans l e cadre des
quatre années universitaires 1957/58 à 1960/'61 examens réglementés par I ' E t a t ; toutefois, ne
(ou 1957 6 1960), l e nombre des étudionts q u i ant pas comprendre les grades conférés i t i t r e ho-
obtenu un grade ou un diplôme. norif ique.
2. S i l e s statistiques se rapportent non pas i 5. Comprendre dans les statistiques tous les types
une année universitaire mais àune année c i v i l e , d'enseignement du troisième degré, y compris
l e s indiquer également dans le tableau mais préci- l'enseignement normal dispense tant dans des
sant c e f a i t au moyen d'une note de bas de page. établissements publics que dans des é t a b l i s s e -
3. S i l e s statistiques se rapportent non pas au ments privés.
nombre d'étudiants mais au nombre de grades ou 6. Indiquer au moyen de notes dans quelle mesure
diplômes qui ont éte décernés (par exemple, s i l e s données relatives aux étudiants a i n s i qu'aux
les étudiants qui ont obtenu deux grades sont grades e t diplômes peuvent être incomplètes.
comptés deux fois.), indiquer ce nombre dans le
7. Sous L k é e des études (en années)),, indiquer l e
tableau mais en précisant l e f a i t au moyen d'une
nombre des années considérées comme nécessaires
note de bas de page. pour l a préparation du grade ou diplôme à
4. Indiquer l e nombre des grades e t diplômes uni- partir du début des études dans l e troisième
versitaires de tous genres e t non pas seulement degre d'enseignement.
TABLEAU 12
Nombre d'étudiants ayant obtenu un grade ou liplôme,
classés par sexe, par d i s c i p l i n e e t par grade ou diplôme
Discipline ' G R A D E OU D I P L O M E
1 1
I
Durée d e s
etudes
(en
I
des
étudiants
masculin
feminin
I
Grades
1960
QU d i p l h e s d e l i v r é s o u cours de l'onnee
u n i v e r s i t a i r e o y a n t commence e n :
masculin
'O
féminin
C
V
masculin
5 féminin
I --
I I masculin
féminin I I
I
I I masculin
féminin I I I I
..
O
mosculin
fëminin
o' masculin
féminin
masculin ..
..-. - .._
feminin
UNESCO/ST/Q/58 - poge 18 IIa - 105
TABLEAU 12 (suite)
GRADE OU DIPLOME
1. La discipline représente le domaine principal de spécialisation L e s Sciences exactes e t naturelles comprennent : l'astronomie,
de I'étudiant. Prière de s'inspirer, s i possible, de Io c l a s s i - l a bactériologie, 10 biochimie, la biologie, l a botanique, la
fication ci-opris ; sinon, changer l a rubrique selon IC besoin et chimie, I'antomologie, l a géologie, la géophysique, les mathi-
indiquer en détail l a classification adoptée. motiques, Io météorologie, la minérologie,lo physique, 1. zoologie
et autres disciplines semblables.
L e r Humanités (Iato sensu) comprennent: I'orchéologis, l'histoire,
les longues, l e s lettres, l a bibliothiconomie, l a philosophie, Io Ler Sciencesdcl'ingénieur comprennent : 61. sciences appliquées,
psychologie, 1. théologie s t outres disciplines semblables. l o construction, l a géodésie, l a métallurgie, l e s industries e x -
tractives, la topogrophio. 10 technologie, l'industrie textile et
L'Education comprend : l a théorie et la pratique da l a pédagogie, autres disciplines semblables.
ainsi que I'éducotion physique.
L e r Sciences médicales comprennent : l'anatomie, l'art dentaire,
Les Bcoux-Arts comprennsnt : l'architecture, l e dessin, Io mu- la médecine, 61. études de sage-femme, ler études d'infirmier,
sique, I a peinture, i a sculpture, la diction, l'art dromotique, et I'optométrie, l'ostéopathie, 10 pharmacie, la physiothérapie,
autres disciplines semblables. l'hygiène publique, et autres disciplines semblables.
Las Sciences sociales comprennent : la banque, l e commerce, l o l'Agriculture comprend : l'industrie l o i t i k s , l a rylvicuture, l a
diplomatie, I'économie politique, l'ethnologie, 10 géographie, médecine vÉtÓrinoirs, Io pêche, l'agronomie et &res dis-
I'économie domestique, ler relations internationales. l e ciplines semblables.
iournalisme, l a science politique, I'adminirtrotion publique,
l'action sociale, l a sociologie, i a statistique et o d r e s discip-
l i n e s semblables.
8
II 3 - 100 UNESCO ST ' P 5 8 . poge 19
L'éducation spéciale englobe t o u t enseignement géneral ou professionnel destiné aux diminués physiques ou
mentaux, aux inadaptes sociaux e t à toutes autres catégories spéciales d'enfants.
Sous ce t i t r e sont comprises les écoles maternelles a i n s i que les écoles du premier degré et du second degré,
pour diminués physiques ou mentaux,. .Dour enfants délinauants, etc. Sont également incluses les classes spé-
c i a l e s réservees i de t e l s groupes d'enfants dans les écoles ordinaires.
INSTRUCTIONS
1. Dans l e tableau ci-après, donner les chiffres 3. S i l'on ne dispose pas de données concernant les
afférents i chocune des c i n q années scolaires écoles e t classes privées, ou s ' i l n'existe pas
1957, 58 ir 1961, 62 (ou 1957 i 1961), en préci- dans le pays d'écoles ou classes de ce genre,
sant l e type d'établissement ou de classe dans l e priëre de l'indiquer par une note.
cas de l a dernière année scolaire.
2. Sous aType d'école ou de classee, donner les 4* Avant de remplir l e tableau, priere de l i r e les
noms des divers genres d'écales ou de classes définitions donnies aux pages 1 i 4; lorsqu'il
qui e x i s t e n t dans l e pays pour l'enseignement e t n'est pas possible de les suivre, l'indiquer par
l a formation des enfants déficients, etc. une note.
TABLEAU 13
Nombre d'écoles ou de classes, de maitres et d'élèves, par type
d'écale OU de classe, séparément pour l'enseignement public e t l'enseignement p r i v é
Donner, s i possible, les chiffres de l ' e f f e c t i f à une date proche d u début de l'année scolaire. E n cos d'impos-
s i b i l i t é , préciser a quel ¡our ou quelle période de l'année se rapportent les chiffres indiqués :
Aux f i n s du présent questionnaire, sont comprises sous ce titre les écoles et classes organisées à l'intention
des adultes et, dans certains cas, les écoles et classes destinées à des adolescents non soumis à l'obligation
scolaire, lorsque ces dernières ne sont pas considérées comme faisant partie du système scolaire ordinaire. II
peut s'agir d'enseignement de la lecture et de I'écriture, d'éducation de base, d'enseignement général ou pro-
fessionnel, de cours péri-universitaires, etc.
INSTRUCTIONS
1. Dans le tableau ci-après, donner les chiffres écoles ou classes (par exemple, formation pro-
afférents à chacune des cinq années scolaires fessionnelle, cours d'instruction civique, ensei-
1957/58 à 1961/62 (ou 1957 à 1961), e n préci- gnement de la lecture et de I'écriture, enseigne-
sant le type d'école ou de classe pour la dernière ment du premier degré, enseignement du second
année scolaire. degré, etc.).
2. Sous ctType d'école ou de classes, signaler les 3. Avant de remplir le tableau, prière de lire les
divers genres d'écoles ou de classes qui existent définitions données aux pages 1 à 4; lorsqu'il
dans le pays pour I'éducation des adultes. Prière n'est pas possible de les suivre, l'indiquer par
d'indiquer brièvement l'activité éducotive de ces une note.
TABLEAU 14
Nombre d'écoles ou de classes, de maitres et d'élèves,
par type d'école ou de classe
E n ce qui concerne l'effectif, donner le nombre total des élèves ayant été inscrits pendant l'année scolaire.
I 1961 I
I 1961 I
1961 I
~~
1961
1961
1961
UNESCO ST P 5 8 . poge 2 1
INSTRUCT IONS
1. Dans le tableau 15A, donner l e s chiffres de l a po- i n s c r i t s dans l e s établissements pu.blics e t privés,
pulation d'après l e dernier recensement effectué s a i t à une date proche de c e l l e du recensement,
dans l e pays et, en outre, les c h i f f r e s de l a der- s o i t à l a date de l'estimation officielle.
nière estimation o f f i c i e l l e de l a population par
4. Prendre soin d'indiquer dans l'en-tête du tableau
age.
15 B la date à laquelle se rapportent l e s e f f e c t i f s
2. Prendre soin d'indiquer dans l'en-tête du tableau indiqués.
15A l e s dates auxquelles se rapportent l e s deux 5. Si les effectifs ont été estimés, prière de l'indi-
séries de chiffres.
quer clairement.
3. Dans l e tableau 15 B, donner l e nombre des élè-
ves e t étudiants, à p l e i n temps e t à temps partiel,
TABLEAU 15A
Nombre de personnes âgées de 5 à 24 ans inclus, classées par sexe e t par âge
5 ans
6 ans
7 uns I
8 ans I
9 ans
I I I I I I
10 ans
11 ans I ~~ ~~
12 ons
I
13 ans
l
14 an5
I ~~ ~~
16 ans
17 a n s I
18 ans
i
19 ans
20 ans I
21 ans I
22 3ns I
23 ans
I
I
24 m s I
NOTES :
IIa - 109
UNESCO/ST/Q/58 - paga 22
TABLEAI 158
Nombre d'élèves et d'étudiants, à plein temps et à temps partiel, inscrits dans les établissements publics et privés,
classés par degré et type d'enseignement, par age e t par sexe, à la date................(mois), 19..........(année).
1 1
Sexe de Nombre Degré d'enseignement Education
As-. spéciale
( ~ ~ '2'2;
v
I'étudiant
~ l
étudiants
~
~~~~~~
~ ~
dearé
~
Premier
degré Général
Second degré
I Technique I
__
Normal
Troisiòpe
degre ,
et des
adultes
masculin I
7"s (óminin I I I I I I I I
masculin
ans
féminin
masculin
ans féminin
masculin I I
11 ans I masculin
féminin I
I
I I I I I I l
masculin I
17 ans féminin I 1
masculin
18 féminin
masculin
19 ans féminin
masculin
Au-dessus mssculin I
NOTES :
Annexe III
Annuaire statistique-type de I’AUDECAM :
liste des tableaux suggérés et quelques exemples
PRESENTATION
Le lecteur trouve ici la liste complète des tableaux statistiques de l’enseignement telle qu’on peut la
trouver dans les annuaires les plus complets. Il s’agit en réalité d’une liste-type, proposée comme modèle
pour les pays africains par I’AUDECAM (Association Universitaire pour le Développement de 1’Education
et de la Culture en Afrique et à Madagascar), en réalité pour les pays francophones.
Quelques exemples de tableaux sont donnés. On retiendra surtout l’effort d’inventaire des forma-
tions non générales (tableau l ) et la suggestion de calculer les taux de scolarisation d’après les statistiques
de population propres à I’AUDECAM, le taux de scolarisation à 1O ans étant jugé ‘ caractéristique du ni-
veau de scolarisation de la région et du pays”.
I
11a - JI”
AUDECAM
ANNUAIRE STATISTIQUE-TYPE CONCERNANT L‘ENSEIGNEMENT EN AFRIQUE ET 4
MADAGASCAR-JUILLET 196s
TABLEAUX
1 - Tableau général de l’enseignement
7 - Tableau général du personnel des établissements scolaires
3 Tableau général du personnel des services administratifs
4 - Tableau général des effectifs répartis selon le régime.
- LE PERSONNEL
15 - Classement par catégorie (public)
1 ti - Classement par niveau de formation (privé-)
17 - Classement selon le statut et la nationalité (public)
18 - Classement selon le statut et la nationalité (privé)
B - SECOND CYCLE
36 - Nombre de classes et sections par établissement
37 - ROpartition des effectifs par ann2e d’études (public)
38 - RCpartition des effectifs par année d‘6tudes (privé)
39 - Repartition des effectifs par annee d’titudes (public i- privé)
40 - Repartition des redoublants par annie d’etudes (public)
11 - Répartition des redoublants par année d ’ h d e s (privé)
42 - Répartition des effectifs par annie de naissance et Ige révolu [public)
43 - Répartition des effectifs par année de naissance et äge révolu (privé)
44 - Nationalité des @leves(puhlic)
- LE PERSONNEL
56 - Classement du personnel selon la catégorie e t le statut (public)
57 - Classement du personnel selon la catégorie et le statut (privé)
- LE RECYCLAGE
58 - Recyclage des maîtres e t examens professionnels par correspondance
B - FORMATION DES PROFESSEURS DU SECOND DEGRE
59 - Répartition des effectifs par année d’étude des E.N.S. e t E.N.S.E.T.
1 - COLLEGES TECHNIQUES
62 - Répartition des effectifs par année d’études (public)
63 - Répartition des effectifs par année d’études (privé)
64 - Répartition des effectifs par année d’études (public -k privé)
65 - Répartition des redoublants par année d’études (public)
66 - Répartition des redoublants par année d’études (privé)
67 - Répartition des effectifs par année de naissance et âge révolu (public)
68 - Répartition des effectifs par année de naissance e t âge révolu (privé)
-
69 Nationalité des élèves (public 4- privé)
2 - LYCEES TECHNIQUES
70 - Répartition des effectifs par année d’études (public)
71 - Répartition des effectifs par année d’études (privé)
72 - Répartition des effectifs par année d’études (public -k privé)
73 - Répartition des redoublants par année d’études (public)
74 - Répartition des redoublants par année d’études (privé)
75 - Répartition des effectifs par année de naissance e t âge révolu (public)
76 - Répartition des effectifs par année de naissance e t âge révolu (privé)
77 - Nationalité des élèves
- LE PERSONNEL
78 - Répartition selon la catégorie et le statut (collèges publics)
79 -
Répartition selon la catégorie e t le statut (lycées publics)
80 - Répartition selon la fonction e t le statut (publics +privés)
II a - 11 1
B - AUTRES FORhlATIONS
81 - Inventaire des divers moyens de préparation a la vie professionnelle 2“ degré)
82 - Flux d’effectifs dans les divers moyens de préparation B la vie professionnelle ( Ze degré)
83 - Inventaire des divers moyens de préparation i la vie professionnelle 3e degré)
84 - Flux d’effectifs dans les divers moyens de priparation 1 la vie professionnelle (3e degré)
V - TAUX DE SCOLARISATION
85 - Taux de scolarisation par Ige
TABLEAU 13
ENSEIGNEMENT DU PREMIER DEGRE - PUBLIC -
REPARTITION DES EFFECTIFS PAR ANNEE DE NAISSANCE ET AGE REVOLU
1 - GARCONS
ETAT : ANNEE
1
Annie de
TOTAL
naissance
.... ... I
.... ....
IQ53 e t av. 15 +
Total
2 - FILLES
1963 5
1962 6
.... . ..
..., ...
1953 e t av.
Total
rige moyen
au 1.1.69
T1ßLEAU 31
ENSEIGNEMENT GENERAL DU SECOND DEGRE - PRIVE. - PREhllER CYCLE DES LYCEES
ET COLLEGES. - REPARTITION DES REDOURLANTS PAR ANNEE D'ETUDES
ETAT.
Circ.
adminis.
.....
.....
Total
Pourcentage
IIa - 117
TABLEAU 8 1
INVENTAIRE DES DIVERS MOYENS (1) DE PREPARATION A
LA VIE PROFESSIONNELLE PAR GENRE ET NIVEAU DE
-
FORMATION DEUXIEME DEGRE
ETAT : ANNEE :
EXEMPLE
Dénomination Niveau
Ministère Régime des Durée
Genres (2) & Niveaux e t localisation de re-
de études des
des établis- crute-
tutelle études
sements ment
1 - Formation commerciale
Main d’œuvre qualifiée
e t hautement qualifiée
Agents de maîtrise et
d’encadrement
Techniciens
2 - Formation industrielle
2 1 - Exploitation fores-
tière e t industries
du bois
Main d’œuvre qua-
lifiée
Agents de maîtrise
e t d’encadrement
Techniciens
22 - Bâtiments - Travaux
Publics
etc.. .
(1) Le terme “moyens” de préparation à la vie professionnelle a été utilisé plutôt que celui d”‘étab1issements” car,
parfois, la formation professionnelle n’est pas dispensée dans des établissements ayant une certaine autonomie, mais dans
des annexes à certains établissements d’enseignement technique, au sein d’entreprises déterminées, ou grâce i des cours
du soir etc. . .
(2) I1 ne peut être question de préciser les types de formation ou métiers qui sont trop nombreux, il est par consé-
quent nécessaire d’opérer un regroupement par genre de formation. On distinguera les genres de formation suivants :
-
1 Commerce
2 - Industrie
21 - Exploitations forestières et industries du bois
-
22 - Bâtiments Travaux Publics
23 - Industries mécaniques et constructions navales
24 - Electricité
25 - Transports et conduite d’engins
-
26 Mines et carrières
27 - Divers
3 - Pédagogie (pour mémoire, se reporter aux rubriques enseignement normal du second e t du troisième degrés)
4 - Agriculture, élevage e t pêche
5 - Médecine et questions sociales
-
6 Administration générale, questions juridiques et financières
-
7 Divers
On répartira les divers moyens de formation en fonction du genre de formation dispensé e t non en fonction de l’or-
ganisme employeur futur. Ainsi la formation des futurs ingénieurs des Travaux Publics dont on a tout lieu de penser qu’ils
seront ultérieurement recrutés par l’administration, relève de la rubrique 22 e t non de la rubrique 6 .
Un moyen ‘de formation préparant 1 deux ou plusieurs genres de formation différents paraîtra successivement sous
deux ou plusieurs rubriques différentes.
11 R - 118
TABLEAU 85
TAUX DE SCOLARISATION P.4R AGE ET PAR SEXE
1 - GARCONS
ETAT : \\SfE
~
Enseignement du l e r Taux ( 7 )
Année âge révo- Autres Total der Population
degr6 de SCO-
de nais- lu au enseigne- enfants de ref&
larisa-
sance 1.1.69 ments scolarisés rence ( 1)
Public Privé tion
1963 5
1967 b
../. ....
.... ....
1945 et avant 23 et +
( I ) I1 s’agit du nombre total de garçons (011 de filles) vivant dans le pays au moment de I’enquëte scolaire e t n6s pendant
l’année indiquee dans la premiPre colonne.
LESnombres 1 porter dans la coionne “population de réference” ont été publiés par I’AUDECAhl pour chacun des pays
africains et malgache d‘expression française dans le document n06 de juillet 1968 qui a 6t6 communiquk en plusieurs esem-
plaires B chaque ministère de I‘éducation nationale intthess6.
( 2 ) Le taux de scolarisation qui doit figurer dans cette colonne est le taux “par ige”. On l’obtient en divisant It. total
des enfants scolarisés par exemple I’âge de h ans par la population de reference du mPme bge. Ce taux est diff6rent pour
chaque âge, le maximum étant situ6 le plus souvent vers 8 ou 9 ans. Si l’on désire obtenir un taux global. par exemple pour
le groupe d’âge de 6 i 14 ans, on peut additionner les enfants de ce groupe d’âge dans les deux colonnes avant d’effectuer
la division. Cependant, ce taux glohal est moins pr6cis que le taux par âge, et si l‘on veut comparer la scolarisation entre
les différentes régions, (préfectures, départements. etc. . . I il est préférable de calculer dans chaque région le taux de scolari-
sation i l’âge de 10 ans. On peut considérer que les enfants qui ne sont plus à I’école i l’&e de 10 ans deviennent tous
analphabètes pour la vie, et que. ceux qui y sont i cet Ige, y sont restés ou y resteront suffisammtsnt pour savoir lire zt
6crire toute leur vie. En conséquence, le taux de scolarisation a I’Ige de 10 ans est caractcristique du niveau de scolarisa-
tion de la région et du gaps.
TABLEAU S Ï
ENTREE EN b‘ DES ETABLISSEhfENTS DU SECOND DEGRE
ETAT : .INNEE
Pr6st\nti-s Admis
$.-
Bibliographie
a) Annuaires
- Annuaire statistique de l’UNESCO; paraît tous les ans
- Annuaires statistiques de I’Education nationale de chaque pays ; paraissent en principe annuellement
b) Guides et manuels
- Dictionnaire démographique inultilingue. ONU, New York 1958,
- Manuel des statistiques de Z’Education. UNESCO, Paris 1961.
- Manuel de recherche déinographique en pays sous-développé; R. BLANC - PUF. Paris. 1962.
- Manuel de formation de l’enquêteur et du contrôleur d’une enquête démographique par sondage dans
UR pays en voie de développement . INSEE Paris 1961.
- Questionnaire sur les statistiques des établissements d’enseignement et les statistiques du financement
de l’enseignement . UNESCO, Paris 1962.
- Manuel des méthodes de recenseinent de la population - Caractéristiques démographiques et sociales
de la population. ONU, série F 11’5, tome 3.
- Afrique - statistiques scolaires. P.G. MAES - UNESCO - Paris 1965.
- Manuel des statistiques nécessaires d la planification et l’investissemertt dans l’éducation ; travaux
préparatoires . OCDE, Paris 1966.
- Guide pour la collecte et la présentation des statistiques de l’éducation dans les pays d’Afrique.
W.L. KENDALL UNESCO - Paris 1966.
- Annuaire statistique type coitcernant l’enseignement en Afrique et li Madagascar - AUDECAM -
Projet, 1967 ; annuaire définitif 1968.
- Manuel des enquêtes démographiques par sondage en Afrique . UNESCO, CEA . Paris 1971.
- Guide démographique de Z’Afrique . ONU - CEA - Paris 1971.
c ) Recommandations internationales
- Recommandations concernant la normalisation internationale des statistiques de l’éducation (adoptée
le 3 décembre 1958 par la Confdrence Générale, Xè session, Paris). UNESCO, Paris 1958.
- Rapport final du stage régional d’études sur les statistiques de l’éducation organisé à l’intention des
pays d’Afrique (Yaoundé, 5-1 6 décembre 1966) UNESCO, Paris 1967.
- Principes et recommandations relatifs aux recensements de population prévus pour 1970. ONU -
1967.
- Recommandations africaines concernant les recensements de population prévus pour 1970. ONU -
CEA - Addis Abeba - 1968.
- Statistiques et indicateurs de l’enseignement : rapport et recommandation du groupe de travail d
.
l’attention du comité OCDE, Comité de l’éducation , Paris 1972.
- Réunion intergouvernementale d’experts pour l’examen de la Classification Internationale Type de
l’Enseignement (CITE) et de ses incidences : la CITE, système de classification à trois degrés ; guide pour
l’utilisation de la CITE . UNESCO, Paris 1974.
- Rullctin tcchiiicptc dc sttrtisriyuc~scoluircs . Conférence des Mini\tre\ de 1’Educ:ìric-m des Ft‘it\
d‘expression francaise - DAKAR Juin 1973.
Oct.
CHAPITRE Il’b
L‘activité économique
par Philippe BOURCIER de CARBON
SOMMAIRE GENERAL
A - LA COLLECTE REALISEE. . . . . . . . . . . , . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 9
B - LESCONCEPTS ..................................................................... 57
CONCLUSION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 197
BIBLIOGRAPHIE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 201
I1 n’est pas un gouvernement africain qui ne choisisse comme objectif prioritaire l’accroissement aussi
rapide que possible du revenu par tête du pays ; c’est le but poursuivi par toutes les politiques économiques
mises en oeuvre dans les pays africains depuis leur indépendance.
Parallèlement à ces efforts, les organismes internationaux se sont depuis vingt-cinq ans attachés à pro-
mouvoir le développement économique du tiers-monde ; ils se sont efforcés d’apporter une assistance tech-
nique aux gouvernements de ces pays tant en ce qui concerne la connaissance statistique des outils de la
croissance que le perfectionnement de ces outils eux-mêmes.
Ce fut le rôle joué par les Nations Unies qui, consacrant la décennie “1960-1970” ”decennie du dé-
veloppement” crékrent le Programme des Nations Unies pour le Développement (P.N.U.D.), conjugé avec
l’action de la F.A.O. qui développa le Programme Alimentaire Mondial (P.A.M.), avec celle de l’UNESCO
‘ dans sa lutte contre l’analphabétisme et pour la promotion des systèmes d’instruction, appuyé enfin par les
travaux du B.I.T. qui, devant la montée actuelle du chômage, a récemment organisé le Plan Mondial pour
l’Emploi (P.M.E.).
Ces organisnies ont été i l’origine de la constitution de classifications. de rapports et de manuels prri-
tiques destinés à servir de réference ct de guide d’emploi pour l’observation statistique et pour la concep-
tualisation des variables i observer. Un des buts primordiaux d’un tel effort répondait alors i un souci
d‘liori~ogénéisatiolIi permettant les comparaisons des données démographiques. sociales et économiques
entre pays du tiers-monde d’une part. entre pays c-iévcloppés et pays en voie de développement d‘autre
pirt.
CJn tel but ne pouvait manquer d o par sa nature meme - et c’est bien ce qui s‘est passé jusqu‘i une
&te récente - de faire jouer aus orgnnismes des Nations Unies le röle de niaitre h penser du tiers-nionde
dans les i1om:iines culturel. social et économique. rble qui jusque l i avait éte celui des anciennes métro-
poles occidentales vis-à-vis de leurs colonies. ’4 n’en pas douter. les organismes internationaux. par suite
de leur vocation à l’universalité. ont joue un rble actif dans le transfert N I reste du monde di. concepts 116-
rités de l’expérience du développement occidental. le plus souvent sans tenir compte des spécificités cul-
turelles et sociales de ces pays.
A quelques rares esceptions près. les pays d’Afrique étaient naguère soumis aus hégémonies de l’An-
gleterre et de la France. Ces deux métropoles se sont forgées depuis le siècle dernier des appareils ci’obser-
vation statistique procedant de “pliilosophies” opposées. En Angleterre, l‘histoire du développement des
études statistiques ;I été 6troitement lige ;itis initiatives individuelles ainsi qu’aux influences des sociétés
ssvdntes et des universitis. Le système statistique franqais ;ILI contraire. imprégné d’une vocation centra-
lisatrice et universaliste. s’est rapidement coupe du monde universitaire ; t6t f(mctionnarisé, ce système
;i gag& en régularité et en possibilité de comparaisons ce qu’il perdait en souplesse et en richesse de con-
tenu cles concepts mis en cxuvre.
Les pays africains aujourd’hui indépendants sont en 1975 encore. fortenient marqués par cette di-
vergence de conception dans l‘organisation de I‘observation statistique : on peur y trouver uns illustration
exemplaire en considérant l’importance du rble des universites d’Ife ou d’Ibadan au Nigeria ou de Nairobi
au Kenya, k i n s l’élaborution des opérations statistiques rkalisées 11;iiis ces pays. Et c’est peut-ètre Ia raison
pour laquelle. c‘est semble-t-il en Afrique anglophone que se comptent les pays aujourd’hui les plus actifs
dans la recherche et la mise au point de concepts socioeconnmiilues mieus :idaptis aux rkalités du nionde
africain.
Plan du chapitre
L‘histoire de I’ohsenation statistique de la niain-ct’oeuvre en pays africain est donc assez recente.
mais fort complexe et diversifi&. et c’est ce qui nous conduit i adopter une dkmarche pragmatique dans
I’etulle de cette obscnation et des prohlemes qu’elle soulève depu¡\ 19h0.
.Aussi cnmmencerons-nous par aborder les aspects concrets les plus saillants des étildes statistiques
concernant la main-d’cxtuvre rialistks en Atrique depuis I %O, dkniontrant ainsi l’importnnce des efforts
d‘observations entrepris. et soulignant leurs :ilCds et leurs lacunes.
Puis nous proposerons un esposé synthCtique des concepts traditionnels d‘activite et d‘emploi. et
décrirons la panoplie des outils classiques de l‘analyse statistique en tentant d‘illustrer leur inadéquation
et leurs insuffisance3 : ce qui nous amènera i presenter quelques tendmces prisid:int aus tentatives ac-
tuelles visant 2 leur r6forrne.
Au long d‘une troisiemt. et ciernière partie. nous divelopperons l’analyse classique de la main-~I“cxuvrc
qui prévaut aujuurd‘hui encore en .Atrique en presentant quelques exemples et quelque3 résultats d’en-
sein ble.
A.La collecte réalisée
SOMMAIRE
Pages
I -Bref panorama des opérations de collecte de données relatives h la main-d’oeuvre en Afrique
depuislesannées1960 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
a)Panoramagénéral . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
b)Paysde langueanglaise . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
-La Libye . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
-L’Ethiopie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
-LaSomalie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
- L e Nigeria . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
-LeGhana . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
-.La Sierra Leone . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
-LeKenya . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
- LeMalawi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
-LaTanzanie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
-LeBotswana ............................................................ 18
C) Pays de langue française ........................................................ 18
-LaCôted’Ivoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
-LeCoiigo . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
- La Répuplique Centrafricaine ............................................... 20
-LeCameroun . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
-L’Algérie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
- La Martinique et la Guadeloupe (*) ........................................... 25
d) Projets actuels de développement des statistiques de main-d’oeuvre en pays d’Afrique
francophone . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
-LeTogo . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
-LeMaroc . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
- LaTunisie .............................................................. 25
(*) Bien que territoires non africains. le Groupe de travail 1NED.INSEE.MICOOP-ORSTOM. incorpore fréquemment
en raison de leurs similutudes démographiques. ces deux départements d’outre-Mer aux études africaines.
Pages
- Les autres sources . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
* Documents de contrhles financiers et fiscaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
La Sécurité Sociale et les organismes de prkvoyance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
* Les statistiques du Ministère du Tra .............. 35
c ) Comparaison entre ces types d'informations. . . . . . . . ........ ................ 35
. Couverture statistique . . . . . . . . ... ................... 35
. Localisation géographique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3h
- Couverture temporelle ( f'réquence chronologique ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
--Les questionnaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ....................... 37
- La métholngie . . . . . . . . . ....... ............. ...... . . . . . . . . . . . . 37
- Lu fiahilité. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Lecoùt . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
(1 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3q
lï. Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
II b - 11
a) Panorama général
b) Pays de langue anglaise
c) Pays de langue française
d) Projets actuels de dévelopement des statistiques de main-d’oeuvre en pays d’Afrique francophone
a) Panorama général
Depuis quinze ans, on peut compter dans les pays africains plus d’une vingtaine d’opérations de collecte,
de nature et d’ampleur très diverses, visant à recueillir des informations statistiques qui permettent peu ou
prou de caractériser certains aspects de l’“activité” ou de l’“inactivité” économiques de telle ou telle
catégorie de population. Encore un tel survol ne prend-il pas systématiquement en compte les monographies,
études ponctuelles ou études pluridisciplinaires (par exemple les enquêtes de types divers réalisées dans le
cadre des activitis de recherches de 1’O.R.S.T.O.M. entre 1965 et 1967 auprès des populations du Nord-
Cameroun, ou des opérations telles que l’enquête socio-économique menée à bien en Côte d’Ivoire par la
S.E.D.E.S. en 1961 auprès de la population de la ville de Bouaké).
Les ampleurs de ces opérations, ainsi que leurs modalités d’organisation, sont très variables et répondent
à des préoccupations de tous ordres :
- préoccupations d’ordre géographique : ces opérations sont
* soit nationales, recouvrant ainsi l’ensemble du territoire ;
soit restreintes aux seuls secteurs d’habitat urbain, voire aux seules métropoles, voire même à une
seule ville.
- préoccupations concernant l’état des personnes :
opérations concernant les seules personnes dites “occupées” ;
o opérations relatives aux personnes n’exerçant pas pour une raison ou pour une autre d’activité
économique, mais susceptible d’en exercer une.
- préoccupations d’ordre économique :
enquêtes relatives au monde rural et portant sur les personnes qui tirent leurs revenus (de tous
ordres) de l’agriculture ;
s enquêtes portant sur des branches particulières de l’industrie (par exemple l’industrie métallur-
gique de transformation) ;
enquêtes portant sur l’emploi urbain et le secteur des services.
- enquêtes relatives à divers types d’agents économiques
individus ;
ménages ;
entreprises appartenant à une branche d’activité déterminée ;
établissements d’une certaine taille (réparties selon les divisions géographiques, ces informations
intéressent tout spécialement les responsables de l’aménagement du territoire et du dévelop-
pement régional).
I I 1, - I:!
- La Libye
Depuis le recensenient de 196-1.. les autorités libyennes se sont efforcCes de reunir des informations
chiffrees sur les aspects quantitatifs des “activités écononiiques” de leur population.
Elles ont procédé depuis cette date i la constitution d’un fichier central d’étahlissements et
d’employeurs. publics et privés. obtenu et complete sans cesse. i partir de sources tres diverses telles
que : l’Institut National de Sécurité Sociale. les directions des chambres de commerce. les registres du
Ministère du Travail et du recensement industriel. etc. . .
En principe. tous les chefs d’étahlissements et les employeurs t d l’exception des exploitations agricoles!
occupant au ninins trois personnes rémunérées. devaient recevoir. remplir et retourner un questionnaire sur
leurs activites et celles de leurs employés.
Ce questionnaire devait Ptre semestriel pour les entreprises du secteur privé. :innuel pour celles CILI
secteur public. Les preniiera questionnaires furent envoyis le 3 0 juin 1 W-6.
II b - 13
Le taux de réponse s’avéra très décevant puisque moins d’un établissement sur trois retourna le
questionnaire. Les réponses les plus complètes et les plus précises furent obtenues de la part des grandes
entreprises ; en revanche, rares furent les petits établissements du secteur privé qui acceptèrent de prêter leur
concours à l’opération. Par ailleurs, la plupart des réponses satisfaisantes provinrent des métropoles : Tripoli
et Benghazi.
L‘enquête auprès des ktablissements publics commencée en janvier 1966, s’avéra elle aussi décevante
en raison de lacunes dans la coordination de l’opération et de l’imprécision des définitions des tâches et des
partages de responsabilité au sein même des organismes de l’administration.
En outre, au cours des années 1969 et 1970, le département des statistiques et du recensement du
ministère du Plan libyen a entrepris une enquête auprès des ménages des milieux d’habitats urbain, semi-
urbain et rural visant à recueillir des informations chiffrées sur “l’inactivité économique”, sur les “activités
économiques”, ainsi que sur les ressources et les dépenses des ménages. Cette enquête de 1969 faisait suite
à une précédente enquête “Budget-Consommation” réalisée en 1962 dans la seule circonscription de Tripoli.
L’enquête libyenne de 1969 s’est déroulée progressivement, elle a porté d’abord sur les villes de Tripoli
et Benghazi, puis dans un second temps sur les régions semi-urbaines et rurales du territoire libyen.
Cette opération a porté sur un échantillon représentant 2 % des ménages, d’où a été tiré un sous:
échantillon de ménages auxquels ont été soumis des questionnaires complémentaires plus spécifiquement
apparentés aux enquêtes budget-consommation.
La procédure de sondage de cette enquête est classique : tirage aléatoire et systématique de grappes de
cinq ménages de nationalité libyenne sur la base stratifiée du recensement de 1964, complétée par une liste
de nouvelles constructions faisant l’objet d’un échantillon complémentaire (en zone urbaine, cet échantillon
comportait ainsi 900 ménages à Tripoli, 600 à Benghazi et 230 obtenus à partir de l‘échantillon supplé-
mentaire).
Cette enquête a permis l’établissement de divers tableaux statistiques précisant certaines structures de
la population libyenne “économiquement inactive” et “économiquement active”, l’individu demeurant
l’unité de base sur laquelle repose cette description analytique (cf. “Report on the household Sample Survey”
publié par le Département du recensement et des statistiques du ministère du Plan, 1970).
- L’Ethiopie
Entre 1964 et 1968, les services de statistiques éthiopiens ont entrepris une étude statistique des mé-
nages résidant dans des zones d’habitat aggloméré ; l’analyse des activités économiques exercées par ces
populations figurait parmi les principaux objectifs de cette opération.
Durant ces quatre années, l’observation a porté sur 195 zones agglomérées, représentant environ 2
millions de personnes réparties en trois strates : les métropoles (Addis-Abeba, Asmara), les villes et les
petites villes et villages, cette dernière catégorie comportant 169 unités agglomérées. La liste de ces 195
zones agglomérées a été établie à partir des municipalités cartographiées, des centres administratifs, des
centres de recouvrement des impôts, etc. . .
Dans le principe, ont été mentionnées comme “économiquement actives” toutes les personnes dé-
clarant percevoir un revenu quelconque en rémunération d’un certain travail, ce travail s’exerçant au sein
d’une “entreprise” définie comme un endroit oh des biens et services sont produits ou échangés.
Les résultats de cette étude ont été publiés dans les bulletins statistiques éthiopiens (“Survey of major
towns in Ethiopia”, 1969) présentant les individus répartis selon leurs “branches d’activité” (agriculture,
mines et carrières, manufactures, bâtiments, eau et électricité, commerce, transports et communications,
services), leurs “ s t a t ~ t s ~(patrons,
’ employés, aides familiaux) et leurs occupations proprement dites se ré-
férant aux classifications internationales que nous présenterons et commenterons plus loin.
En outre, en liaison avec des bureaux d’études, les statistiques éthiopiennes ont entrepris en 1967 et
1968 des travaux s’apparentant à des monographies portant sur certaines zones géographiques précises et
bien délimitées (“recensements” des villages de Yeloma et de Dighelu). Ces études avaient l’ambition de
présenter dans toute leur complexité les relations de tous ordres (familial, tribal, culturel, religieux, so-
cial, économique, etc. . .). qui président à la vie des membres des communautés résidant dans ces villages.
Quelques tent:ìtives ont éte faites LI cours de ces étucks "expérimentaleb" pour tester I a consistance de
nouvelle< unités btatistiques éventuelles (le ménage. Ia famille, selon diverses acceptions du terme ). pour
définir des partages entre activités de "loisir" et "activités économiques". et les liens de ces phCnomène\
d\ec Ia mobilité. l'étut sanitaire. les consommations. etc. . . (cf. le\ publications du C.A.D.E.U. : "Recen-
belnent de Yelomn" 1 Qh7 et "Recensement de Dighelu"' 19bS ).
- La Somalie
Le département de la main-d'euvre du Ministère de la Santé et du Trlivail de la Somalie a entrepris
entre 1964 et 1970 une série d ' h d e s sur les caractéristiques des populations employées dans les entreprises
des secteurs publics et privés.
Une première opération de collecte a éte réalisée en I Q & dans trois villes des ragions septentrinnales
et deus villes des rGgions mt!riilionales de la Somalie auprès des établissements d u secteur public.
Puis en 1963. une nouvelle enquete fut menée auprês de tous les étahlissements privks recenses em-
ployant plus de cinq personnes. Cette dernière opération comprit 24 districts urbains r6partis dans les huit
regions administratives de la Somalie : elle bénCficia de l'assistance technique d'experts du B.I.T. et fournit
(l'individu representant l i encore l'unité statistique de base) des informations chiffrées sur les main-d'ceiivres
des deux secteurs présentées essentiellement sous la forme de tableuus idoithle entrée : "branche d'activiti"
et "professions individuelles.
En outre. les registres du hlinistère des Finances qui centr:ilise tous les bordereaux des salaires de tous
les fonctionnaires et agents de ]'Etat. ont i la fin de l'année I Q h 8 semi de base i I'6tahlissement d'un que>-
tionnaire relatif aux personnels des diserses catégories (permanents et temporaires) de 13 fonction puhlique.
Ont Cté euclus du champ d'observation de cette e n q d t e les seuls membres des forces armées et de I'as-
semblée nationale. Les resultats en ont kté puhli6s cara acte ris tique^ dhographiques et familiales. réparti-
tion des revenus. etc. . .I par le ministhe somalien du Travail i Mogadiscio en 19639 (cf. "blanpo\ver Survey
in (kwernment Sector").
- Le Nigeria
Le département des etudes statistiques d u minist2re de l'Economie. du Plan et de Ia Reconstruction,
soils l'impulsion du gouvernement du Nigeria, en liaison avec les universitis du pays et conseillé p:ar cer-
taines fondations angln-saxonnes. :i entrepris depuis une dizaine d'annies une série d'études concernant
la main-d'oeuvre ; ces étuiles blasées sur les fruits d'opCrations de collecte de données statistiques ont per-
mis de quantifier certains aspects des difficiles problèmes d'emploi qui surgissent dans ce pays.
Avant 1965. quelques études diverses sur l'emploi au Nigeria avaient d k j i été publiées. soit par des
personnes privCes. soit par des orgunismos d'assistance technique. soit par le Bureau National de la Main-
d'c;)ewre (cf. 1960. F. Harbison "Migli-level manpower for Nigeria's t'uture" - I %3. rapport U.S.A.I.D.
"Unemployment in Less Developed Countries - the Nigeria" - 1964. National manpower Board "Nigeria's
li i&-level manpower" ) .
Mais en 1971 le département des statistiques duniinist2re du Plan entreprit une enquête sur les per-
sonnels employes dans les 6tablissenients de petite taille : en principe devaient être couverts par cette opé-
ration tous les étahlissements occupant moins de dix employés ayant un siege permanent identifishle dans
les régions de l'ouest du Nig6ri:i. Etaient alors collectees toutes informations relativer :
O aux employés de ces établissements (plein tenips et temps parfieII,
aus aides fiimiliaus.
O :ìusapprentis.
En p;irticitlier la détermination des revenus rêels tirés des aitivitCs ewriées au sein de ces Ctabliswment.;
etnit une des préoccupations importantes des responsables de I'enquete. Croisant de telles intormations
mer: diverses u t r e s données concernant les caractéristiques déniograpliiows et sociales de ces categories
de main-d'oeuvre. l'enquëte a ainsi permis d'eclairer les décisions des planitïcateurs du NigCria : ceux-ci
wulmt promouvoir un d6veloppement titissi rapide q u e possible des petites industries lociiles des rCgions
de l'ouest, avaient un besoin primordial d'infornmatinns quantitïees sur les caracttbibtiqites de la main-d'wulre
Il b - 15
qui pouvait être concernée (cf. 1971 - Abeokuta (Ibadan) “Report on the Survey of Small Scale Industries
in Selected Towns in the Western State” - Ibadan, Iwo, Oyo, etc... -).
Le département des statistiques du ministère du Plan a par la suite développé une autre étude destinée
à mieux cerner les difficultés d’emploi au Nigéria en 1974 : “Sample Survey of Unemployment among
1969 School leavers”. Le principe en est simple : à partir des listes des établissements scolaires on a sé-
lectionné un échantillon de 2.700 personnes (survivantes) ayant quitté ces établissements en 1969. Un
questionnaire relatif à leurs situation, à leurs emplois ou à leurs activités de divers ordres en 1974, leur
a été adressé. U. y eut 1.200 réponses correctes, ce qui représente un taux de réponse de 45 %. Cependant,
le point délicat de ce genre d’opération réside dans le fait que les pourcentages de non réponse entâchent
de biais la représentativité de l’échantillon. Néanmoins, des informations nouvelles et précieuses ont pu
à cette occasion être rassemblées et publiées.
En dehors des opérations qui viennent d’être citées et mis à part les recensements, d’autres enquêtes
ont apporté des données plus ou moins fragmentaires concernant la main-d’oeuvre du Nigéria, notamment
des enquètes sur les migrations urbaines-rurales et sur les populations des faubourgs des grandes villes du
Nigéria, et les enquêtes (trés localisées il est vrai), dites enquêtes C.A.P. (connaissances - attitudes - pra-
tiques) qui ont pour but d’éclairer les motivations et les comportements des couples en matière de fécon-
dité.
Enfin, il convient aussi de mentionner l’enquête commencée en 1966-1967 concernant la main-d’oeuvre,
qui a fourni quelques déments d’information sur le rôle du travail féminin dans divers secteurs d’activité.
- Le Ghana
A la suite des opérations du recensement général de 1960, les autorités ghanéennes se sont efforcées
de réunir des informations statistiques sur la maind’ceuvre et l’emploi en développant leurs efforts selon
trois axes principaux : les enquêtes, les rapports d’établissements et les informations provenant des centres
publics de l’emploi.
En 1960, l’enquête de contrôle du recensement a porté sur un échantillon aléatoire de ménages repré-
sentant 5 7% de la population ghanéenne. Cette opération a été mise à profit pour recueillir à l’aide d’un
questionnaire spécial des informations complémentaires sur les caractéristiques des activités économiques
exercées par les membres de ces ménages. Néanmoins, l’adoption de notions de bases différentes concernant
les unités observées au cours du recensement et au cours de l’enquête de contrôle, a pu rendre parfois délicats
les rapprochements des données provenant de ces deux sources : pour des raisons de commodité d’identifica-
tion, la “maison/concession” fut en effet l’unité de base d’énumération retenue pour le recensement, tandis
que le concept correspondant utilisé au cours de l’enquête fut celui du “ménage” au sens de la définition
recommandée par les Nations Unies (personnes dormant sous le même toit et mangeant habituellement à
la mème marmite).
Outre l’enquête de contrôle du recensement, une enquête spéciale fut réalisée à la même époque auprès
de la main-d’oeuvre salariée répondant à certaines caractéristiques d’instruction et de formation (cf. “En-
quête sur la main-d’oeuvre de haut niveau au Ghana - Accra 196 1 - Government Printer).
Par ailleurs, depuis les années 1960, le bureau central des statistiques est chargé de réunir périodique-
ment des informations sur l’emploi et les salaires provenant de toutes les entreprises publiques ou privées :
tous les établissements publics ainsi que toutes les entreprises privées répertoriées doivent chaque année au
31 décembre fournir un état détaillé de leur personnel classé par sexe, par échelle de salaire et par groupe
d’occupation ; doivent figurer en outre les mouvements de personnels, en particulier licenciements et em-
bauches durant le mois de décembre.
Les entreprises privées employant plus de 10 personnes sont en outre tenues d’adresser au bureau
central des statistiques un état trimestriel de leurs personnels, ainsi que les modifications intervenues au
cours du dernier mois dails la composition de ces derniers.
Quant aux compagnies minières, c’est tous les mois qu’elles doivent communiquer ces informations
au Bureau Central.
Par ailleurs, plus d’une trentaine de centres publics de l’emploi adressent chaque mois des infor-
mations statistiques concernant les caractéristiques des chômeurs qui s’y sont fait inscrire.
- La Sierra Leone
Sur la base du recensement général de la population effectué en 1963. le gouvernement de la Sierra
Leone a entrepris entre 1966 et 1970 une série d’enquêtes par sondage auprès des menages pour collecter
des informations précises sur leurs revenus et dépenses. sur leurs activités économiques et caractéristiques
sociales. ainsi que sur leurs déplacements .géographiques (précisant ainsi les caractéristiques des personnes
venant chercher un emploi dans les zones urbaines). Cette série d’enquêtes a éti réalisée en trois étapes :
1966-1Q68.zones urbaines de la province occidentale
1968-1969. zones urbaines de la province orientale
zones urbaines de la province septentrionale
v I QhQ-lQ70. zones rurales de toutes les provinces (cf. “Household Survey” 1 Qdh-1970 Freetown
- 3 volumes).
Les échantillons de ménages ont kté ohtenus par un tirage aléatoire spstematique 5 cieux