0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
27 vues46 pages

TFE Corr

Transféré par

davidakonkwa17
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
27 vues46 pages

TFE Corr

Transféré par

davidakonkwa17
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

R ÉPUBLIQUE D ÉMOCRATIQUE D U C ONGO

E NSEIGNEMENT S UPÉRIEUR E T U NIVERSITAIRE


I NSTITUT S UPÉRIEUR P ÉDAGOGIQUE D E B UKAVU
ISP/BUKAVU

B.P. 854 BUKAVU

S ECTION D ES S CIENCES E XACTES


D ÉPARTEMENT D E P HYSIQUE -T ECHNOLOGIE

L A L OI DE G RAVITATION A PPLIQUÉE À L A
D YNAMIQUE D ’ UN A MAS DE G ALAXIE

Mémoire présenté et défendu en vue de l’obtention du


diplôme de Licencié en Pédagogie appliquée.
. Option : Physique
Présenté par : AKONKWA ZIHALIRWA David.
Directeur : Pr. P HILIPPE L AMBIN.

Année Académique : 2023 - 2024


Remerciements

Mes premiers remerciements vont à mon directeur de de mémoire Professeur Philippe


LAMBIN qui a su, être toujours présent pour répondre à mes nombreuses questions, me
soutenir dans tous les instants et surtout lors de la rédaction de ce manuscrit, me guider
et me recentrer lors des différentes étapes de mon travail.
Je remercie aussi tous les membres du département de Physique-Technologie ainsi
que le Corps enseignant de l’ISP/BUKAVU pour la formation et le bagage acquis car
sans vous, ce travail ne serait pas accompli. Ce travail n’aurait pas existé sans l’aide
et le soutient inconditionnel de toute ma famille en commençant par mère FURAHA
SAINZOGA Jeanne à qui j’exprime toute ma gratitude, Mes Sœurs et mes beaux frères
qui m’ont toujours soutenu sur tout les plan pour m’accomplissement de cette œuvre . À
vous mes amis MUGISHO ZIRIMWABAGABO et MUGISHO MULANGALIRO Josué, pour
vos conseils et encouragements et A tous mes collègues,vous qui étiez toujours présent
à coté de moi durant ces 5ans de joie et de peine que nous venons enfin de clôturer
aujourd’hui, je dis merci. Enfin, pour tous ceux-là qui de près ou de loin ont apporté une
pierre à cet édifice, qu’ils trouvent ici le témoignage de notre profonde gratitude.

i
Épigraphe

Tant que les lois mathématiques se


référent à la réalité, elles ne sont
pas certaines, et tant qu’elles sont
certaines, elles ne référent pas à la
réalité

Albert Einstein

ii
Dédicace

A ma mère

iii
Table des matières

Remerciements i

Épigraphe ii

Dédicace iii

Introduction 1
0.1 Hypothèse de la Masse Manquante . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
0.2 Vitesse de Rotation des Galaxies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2

1 Galaxies Et Amas de Galaxies 5


1.1 Les Galaxies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Classification des galaxies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2.1 Galaxies elliptiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2.2 Galaxies Spirales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2.3 Galaxies Lenticulaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.2.4 Galaxies irrégulières . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.3 Amas ouverts et Globulaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.4 Amas de Galaxies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.4.1 Composition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
[Link] Galaxies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
[Link] Gaz intra-amas . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
[Link] Rayonnement cosmique . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
[Link] Étoiles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.4.2 Structure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13

2 La gravitation 14
2.1 L’interaction Gravitationnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.1.1 La gravitation Universelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.1.2 Champ de gravitation crée par une masse Ponctuelle . . . . . . . 15
2.1.3 Champ Gravitationnel Crée par une Masse Étendue . . . . . . . . 15
2.2 Énergie Potentiel Et Potentiel Potentiel Gravitationnel . . . . . . . . . . . 16
2.3 Champ Gravitationnel D’une masse Sphérique . . . . . . . . . . . . . . . 17

iv
Table des matières

2.4 Le potentiel Newtonien Modifié . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20


2.4.1 MOND (Modified Newtonian Dynamics) . . . . . . . . . . . . . . 20
2.4.2 Théories de gravité quantique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.4.3 Théories de gravité modifiée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
[Link] Théories f(R) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
[Link] Théories tensor-scalaires . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
[Link] Gravité quantique à échelle réduite (RQG) . . . . . . . 22
2.4.4 Extensions de la relativité générale . . . . . . . . . . . . . . . . . 22

3 Formulation Hamiltonienne du Problème de Kepler 23


3.1 Problème de Kepler . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
3.2 Formulation Générale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
3.2.1 Le Moment Cinétique Et loi des Aires . . . . . . . . . . . . . . . . 25
3.3 Résolution de l’équation de mouvement . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
3.4 Équation de Kepler . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
3.5 Élément d’une Orbite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31

4 Étude Pour Quelques Formes De Potentiel 33


1
4.1 Étude Pour Le Cas Du Potentiel V(r) ∝ α . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
r
4.2 Étude Pour Le Cas Du Potentiel Logarithmique . . . . . . . . . . . . . . . 36
4.3 Discussion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37

v
Introduction

Dans le cadre du modèle cosmologique standard, l’univers est considéré homogène


et isotrope et son évolution est régie par les lois de la gravitation, elle-même décrite
par la relativité générale. Environ 380 000 ans après le Big-Bang, la densité de l’univers
devient telle que les premiers atomes se forment par liaison des électrons aux protons,
permettant à la lumière de se propager librement. La première lumière qui s’est alors
échappée de l’univers nous parvient aujourd’hui sous la forme d’un rayonnement fossile
appelé le fond diffus cosmologique ( CMB pour Cosmic Microwave Background).
La formation des galaxies et des grandes structures est un problème complexe. La ques-
tion essentielle consiste à comprendre comment sont apparues des inhomogénéités aussi
importantes que les étoiles, les galaxies, ou les amas de galaxies, alors que l’Univers était
initialement très homogène, comme le postulent les modèles de Big Bang et comme le
montre globalement le fond diffus cosmologique.
Les premières observations d’amas de galaxies remontent au début du XXème siècle et
ont été effectuées en optique. Dès 1906, Wolf a observé des concentrations de nébuleuses,
Vers les années 1925 Hubble a confirmé la nature extragalactique de ces nébuleuses qui
ont alors été appelées galaxies. Les concentrations de nébuleuses sont donc devenues
des concentrations de galaxies, dénommées amas de galaxies.
À partir des années 1930, de nombreuses études dédiées aux amas de galaxies sont me-
nées, aussi bien pour détecter les amas que pour comprendre leurs propriétés physiques.
Ces études vont également permettre la construction des premiers catalogues d’amas.
Jusque dans les années 70, les amas n’étaient observés qu’en optique et donc étudiés
seulement au travers de leurs galaxies.

0.1 Hypothèse de la Masse Manquante


En 1933 Zwicky a étudié la dispersion des vitesses des galaxies dans l’amas Coma
en s’apercevant que les vitesses de celles-ci étaient beaucoup trop élevées pour que
le potentiel gravitationnel dans lequel elles évoluent soit dû à elles et elles seules : Il
s’était débattu en faveur de l’existence d’une matière invisible, en s’appuyant sur le
mouvement inhabituel des galaxies. La masse galactique apparaît concentrée vers le
centre et diminue vers la périphérie. Et pourtant les étoiles périphériques se déplacent
comme si elles étaient incorporées dans une masse beaucoup plus grande ; tellement, en

1
0.2. Vitesse de Rotation des Galaxies

fait, que cette masse invisible doit s’étendre loin au-delà de la périphérie.
En 1974, Jeremiah Ostriker, James Peebles et Amos Yahi à l’université de Princeton
avaient prédit que quelque chose comme la matière sombre devait exister. Leurs cal-
culs sur la stabilité gravitationnelle des galaxies en spirale impliquaient que de telles
structures se fragmenteraient par rotation, à cause des vibrations déclenchées par leur
composition inégale. Si, cependant, le disque visible était incorporé dans une masse
invisible beaucoup plus grande et étendue, de telles vibrations seraient alors amorties et
la spirale resterait stable. Ils conjecturèrent que l’existence même de notre Voie lactée
impliquait la réalité de la matière invisible.
En 1978, V. Rubin et K. Ford colligèrent des données sur dix galaxies qui émergent avec
ce modèle : les étoiles à la périphérie de galaxies en spirale se déplacent trop vite si on
suppose que la partie lumineuse de ces galaxies représente leur masse entière [1].

0.2 Vitesse de Rotation des Galaxies


Une des observations à l’origine du problème de la "matière noire" est celle de la
courbe de rotation des galaxies et notamment les travaux Vera Rubin à la fin des années
1970. Ces courbes indiquent une vitesse "trop rapide" à distance du centre des galaxies,
avec une courbe de vitesse en "plateau" alors qu’elles devraient diminuer comme √1r loin
q
du centre. (v ∼ GM r
loin des zones de forte densité).
La matière dans les galaxies en spirale tourne à partir du centre à grande vitesse, jusqu’à
des centaines de kilomètres par seconde. Cette vitesse est mesurée en utilisant l’effet
Doppler. Si le disque d’une galaxie en rotation est orienté de manière que l’observateur
puisse percevoir les bord arrière et avant du plan, la matière sur un côté s’approchera,
offrant un spectre décalé vers le bleu, tandis que de l’autre côté la matière s’éloignera,
décalée vers le rouge. Une « courbure de rotation » est la courbure obtenue lorsqu’un
spectroscope est utilisé pour tracer un graphique de la vitesse des étoiles dans le disque
d’une galaxie en fonction de leur distance au centre de rotation. À cet égard, une galaxie
spirale est semblable à notre système solaire, dans lequel les planètes sont en orbite
autour du Soleil. La différence est que les vitesses orbitales des planètes diminuent avec
la distance croissante du Soleil. La plupart de la masse du système solaire réside dans le
Soleil, mais la matière dans des galaxies en spirale a généralement une vitesse constante
au-delà d’une dizaine de milliers d’années-lumière du centre, et la grande part de la
masse d’une galaxie ne se situe pas près du centre de rotation.

Toutes les courbures de rotation pour les galaxies avec disque montrent la même
forme caractéristique. La vitesse orbitale des étoiles augmente rapidement au cours des
premiers kiloparsecs du centre, se nivelle ensuite et reste largement à plat sur le bord du
disque visible. Il doit y avoir de la matière supplémentaire distribuée à travers la galaxie
pour produire cette vitesse constante, De plus, il est connu que la quantité de lumière des
étoiles venant d’une galaxie diminue très rapidement avec la distance depuis le centre. Ce
modèle de comportement de courbure de rotation plate ainsi que la courbure déclinante
de la lumière peuvent s’expliquer seulement si la totalité du disque visible des étoiles
est maintenu dans l’emprise gravitationnelle d’un halo de matière invisible beaucoup
plus grand, non associé aux étoiles galactiques. De telles observations fournissent une
des indications les plus directes de la présence de matière noire dans l’univers. La forme

2
0.2. Vitesse de Rotation des Galaxies

F IGURE 1 – Courbe de rotation des objets d’une galaxie spirale en fonction de la distance au
centre de la galaxie.

détaillée des courbures de rotation peut être ajustée par l’ajout d’un halo de matière
noire à la composante disque.[2]
Les observations des vélocités rotationnelles des galaxies ont établi que la matière
noire représente environ 80-85% de la matière de l’univers. Les lentilles gravitationnelles
(l’effet de lentille gravitationnelle découle du principe d’équivalence) la détectent in-
directement dans les régions à l’échelle des galaxies où la matière noire courbe la lumière.

F IGURE 2 – Répartition de la matière dans l’univers

C’est à partir des effets de gravité « supplémentaire » détectés que les astronomes
déduisent la quantité de masse qui doit être présente [3].

3
0.2. Vitesse de Rotation des Galaxies

Ces contraintes astronomiques ne distinguent pas directement entre des modèles


non baryoniques pour la matière noire (WIMPs) et d’autres idées possibles impliquant
des objets plus massifs (MACHOs), comme des planètes de la taille de Jupiter et des
mini trous noirs. Jusqu’ici, les mesures avec la sonde WMAP confirment que la matière
noire compte cinq fois plus de masse que la matière ordinaire (protons, neutrons,
électrons, etc.) Il semble qu’il y ait les deux, une sorte de matière noire baryonique et
non baryonique.
La matière noire est très sensible à la force de gravitation, l’idée communément
admise était que l’expansion de l’Univers avait lieu de façon constante, ou même ralentie,
sous l’effet du champ de gravitation. Or, en 1999, des observations de supernovæ
lointaines montrèrent, à la grande surprise des astrophysiciens, que cette expansion était
accélérée. Une force d’origine inconnue et communément appelée énergie sombre (ou
noire) compense la gravité et explique l’accélération observée. Au lieu d’avoir 96% de
matière noire et 4% de matière baryonique, le contenu de l’Univers devenait donc 75%
d’énergie sombre, répulsive, et 25% de matière, dont 21% sont sombres (Fig 2). L’origine
de l’énergie sombre est tout aussi inconnue que celle de la matière sombre.
En fait, il est probable que la grande partie de la matière dans l’univers soit une
essence noire qui reste plus insaisissable que jamais [4],[5].

4
CHAPITRE 1

Galaxies Et Amas de Galaxies

1.1 Les Galaxies


Une galaxie est un vaste système d’étoiles auto gravitant, à grande échelle, se pré-
sentant la plupart du temps comme un disque. Outre des étoiles, une galaxie contient
également du gaz et des poussières interstellaires. La majeure partie de la matière dans
l’Univers est contenu dans les galaxies, et plus précisément dans les étoiles les composant.
Une galaxie moyenne contiendra typiquement 1011 à 1012 étoiles. Ainsi que nous l’avons
suggéré, le Soleil fait partie d’une galaxie qui comporte environ 2 × 1011 étoiles. Elle
se présente grossièrement sous la forme d’un disque de 30kpc de diamètre, d’épaisseur
moyenne 300pc, et renfle en son centre. De part sa taille, elle se classe plutôt parmi les
grandes galaxies. La manifestation dans le ciel de ce vaste système est la trainée blanche
appelée Voie Lactée, On donne parfois ce nom a la Galaxie toute entière. L’ensemble
des étoiles qui constituent le ciel étoilé visible a l’œil nu ne représente qu’une toute
petite partie de la Galaxie, ces étoiles étant éloignées de nous de quelques centaines de
parsecs en moyenne. Il est peut-être bon de préciser que le Soleil n’est pas au centre de
la galaxie. Celui-ci se situe a environ 8.7kpc de nous, dans la direction de la constellation
du Sagittaire.
En dehors de notre Galaxie, il existe des milliers d’autres galaxies, les plus proches
d’entre elles composant le groupe local de galaxies (30 membres environ). Les galaxies
les plus proches de nous sont les Nuages de Magellan et la galaxie du Sagittaire, toutes
visibles depuis l’hémisphère sud. Ce sont des galaxies naines qui sont en quelque sorte
des satellites de la notre. La plus proche galaxie de taille importante est la galaxie
d’Andromède (M31), et avec les deux nuages de Magellan, c’est la seule qui soit visible a
l’œil nu.

1.2 Classification des galaxies


L’astrophysique extragalactique a commencé par un travail de classification des ga-
laxies en fonction de leur morphologie. Ce travail a été initié par Hubble, et a abouti a sa

5
1.2. Classification des galaxies

classification en 1926. Comme toujours en sciences, classer permet déjà de dégager de


nombreuses propriétés. Hubble définit trois classes de galaxies :

– Les Elliptiques (E), de forme apparemment ellipsoïdale sans structuration interne ;


– Les Spirales (S), ayant la forme d’un disque orné de bras spiraux, avec au centre
une partie renflée appelée bulbe. Certaines spirales sont dites barrées (SB) car les
bras spiraux partent d’une barre au lieu du centre ;
– Les Irrégulières (I).
Parmi les Spirales, il introduit trois divisions (a,b,c), selon les critères suivants :
De (a) à (c),
– le rapport bulbe/disque décroit ;
– la régularité des bras spiraux décroit ;
– le degré de résolution du disque et des bras en étoiles chaudes de type O et B et en
région d’hydrogène ionisée (dites régions Hii) croît .

F IGURE 1.1 – La classification de Hubble révisée des galaxies

Enfin, il introduit parmi les Elliptiques une sous-classification de 0 a 7 fondée sur leur
degré d’aplatissement, (E0) désignant une forme quasi-sphérique et (E7) une forme très
allongée : si a et b désignent respectivement le demi-grand axe et le demi-petit axe de
l’image elliptique de la galaxie, une Elliptique de type (En) devra vérifier b/a ' 1 − n/10.
Hubble représentait sa classification sous la forme d’un diagramme en forme de fourchette
(Fig.1.1), en suggérant une séquence évolutive en partant des Elliptiques.

1.2.1 Galaxies elliptiques


Les galaxies elliptiques présentent une forme sphérique ou ovale sans structure
interne et de brillance à peu près uniforme. Les étoiles en leur sein vont et viennent dans
tous les sens de façon désordonnée. Si elles n’étaient pas en mouvement, elles finiraient

6
1.2. Classification des galaxies

par tomber vers le centre de la galaxie et celle-ci s’effondrerait sous sa propre gravité,
mais du fait de leur mouvement, les étoiles sont soumises à une force centrifuge qui les
empêche de tomber vers le centre.

F IGURE 1.2 – La galaxie elliptique NGC 1132 à 300 millions d’années-lumière de nous
photographiée par le télescope spatial. Crédit : NASA/ESA

Ce sont des galaxies contenant très peu, voire pas du tout, de gaz interstellaire et qui
sont dépourvues de disque. Elles sont formées d’étoiles vieilles et il n’y a pratiquement pas
de formation stellaire en leur sein. Leur structure est elliptique et peut être axisymétrique,
mais aussi triaxiale.
Leur fréquence est de l’ordre de 10% dans le champ, mais augmente dans les régions
dense, jusqu’à plus de 40% au centre des amas de galaxies. Les isophotes (contours
d’égale brillance de surface) sont à peu de chose près des ellipses concentriques, avec
un rapport d’axes variant de 1 à ∼0.3. La classification E0, E1, E2... E7 correspond à
des ellipticités  ≡ 1 − b/a croissantes, le type En ayant un rapport b/a = 1 − n/10. La
brillance de surface décroît progressivement du centre vers l’extérieur, si bien qu’on ne
peut pas définir de rayon, si ce n’est en définissant le rayon effectif Re comme le rayon
de l’isophote qui contient la moitié de la luminosité dans le plan du ciel. Re varie de 0.2
kpc pour une elliptique naine comme M32, à 20 kpc pour une elliptique géante comme
M87. Le profil de brillance de surface obéit à la loi empirique de Sérsic :

Im (R) = I(0) exp(−kR1/m ) = Ie exp[−bm (R/Re )1/m − 1] (1.1)


où Im (R) est la brillance (en luminosités solaires par pc2 , par exemple) de surface au
rayon R, m est l’indice de Sérsic et Ie est la brillance de surface au rayon effectif Re.
L’indice de Sérsic dépend de la luminosité de la galaxie : les galaxies faibles ont m ' 2,
tandis que les plus lumineuses ont m ' 6. Ce profil de Sérsic et une généralisation

7
1.2. Classification des galaxies

du profil de de Vaucouleurs, donnée par la loi en exp(−kR1/4 ). La fonction bm doit être


calculée numériquement à partir de la condition :
Z Re
1 ∞
Z
RIm (R)dR = RIm (R)dR (1.2)
0 2 0
mais en pratique on peut poser :

bm = 2m − 0.324

relation qui est valable à un pour mille près sur l’intervalle 1 < m < 10. Notons que pour
m = 1, le profil de Sérsic se réduit au profil exponentiel, qui est valables pour les galaxies
disques.

1.2.2 Galaxies Spirales


Les galaxies spirales sont plus complexes. Elles sont essentiellement constituées de
deux éléments : un noyau sphérique entouré d’un disque de matière dans lequel apparaît
une structure spirale et contenant au sein de leurs centres un trou noire super-massif.
Il y a une grande diversité de forme, depuis un noyau énorme entouré de petits bras
spiraux jusqu’à un noyau minuscule avec des bras très longs. Ces galaxies ont un disque

F IGURE 1.3 – La galaxie spirale NGC 1232, située à 100 millions d’années-lumière et d’un
diamètre d’environ 200.000 années-lumière (constellation Eridan). Crédit : ESO/VLT

prédominant, contenant non seulement des étoiles mais aussi du gaz et de la poussière
interstellaire. Le disque présente des bras spiraux qui sont le siège de la formation
stellaire. Ceux-ci sont tracés par les étoiles jeunes mais aussi, quoique avec un contraste
moindre, par les étoiles vieilles. Dans le champ (régions peu denses de l’Univers), les
galaxies spirales représentent environ 60% des galaxies lumineuses, mais cette proportion
baisse à moins de 10% dans le coeur des amas. La brillance de surface des disques suit

8
1.2. Classification des galaxies

une loi exponentielle, avec une échelle de longueur typique Rd ∼2 kpc, mais cette échelle
peut varier beaucoup, de 1 à plus de 10 kpc. La brillance de surface centrale typique est
de l’ordre de 100L pc−2 . Le gaz s’étend plus loin que les étoiles, probablement parce que
la formation stellaire est inhibée en périphérie par une densité de surface trop faible du
gaz.
La vitesse circulaire des étoiles et du gaz peut être mesurée par spectroscopie visible,
respectivement radio, et la courbe de vitesse montre un plateau aussi loin du centre de
la galaxie que les mesures le permettent (deux fois plus loin pour le gaz que pour les
étoiles). C’est une des preuves les plus convaincantes de l’existence de matière sombre,
distribuée dans le halo de la galaxie, et dont l’influence gravitationnelle supplante celle
des étoiles et du gaz à grande distance.

1.2.3 Galaxies Lenticulaires


Entre spirales et elliptiques existe un cas intermédiaire, celui des galaxies lenticulaires.
Comme les spirales, celles-ci possèdent un noyau volumineux et un disque, mais, comme
les elliptiques, elles sont démunies de bras spiraux et possèdent un milieu interstellaire
relativement pauvre. Ce sont donc des objets de transition entre les galaxies elliptiques

F IGURE 1.4 – La galaxie lenticulaire NGC 5866 à 45 millions d’années-lumière photographiée


par le télescope spatial. Crédit : NASA/ESA

et les galaxies spirales ; elles ont un disque dont la densité de surface varie exponen-
tiellement, un bulbe ou une barre, très peu de gaz froid et de formation stellaire. Ces
types de Galaxies ne possèdent pas des bras spiraux. Elles sont rares dans le champ mais
constituent presque la moitié de la population de galaxies dans le centre des amas riches.

9
1.2. Classification des galaxies

On peut donc supposer qu’il s’agit d’anciennes spirales qui ont été dépouillées de leur gaz
lors de rencontres, ou par interaction avec le gaz chaud de l’amas. Dans la classification
de Hubble, elles sont désignées par S0.

1.2.4 Galaxies irrégulières


Pour les galaxies du type Sa au type Sd, la luminosité décroît et la structure spirale
est de moins en moins clairement définie. Au-delà du type Sd, la tendance continue avec
les galaxies dites « irrégulières », qui ont une luminosité faible et où les étoiles jeunes
sont distribuées de manière chaotique.
Les galaxies irrégulières contiennent toutes les galaxies qui n’entrent pas dans les trois
groupes précédents. Ces galaxies présentent un aspect la plupart du temps difforme et
sont très riches en gaz et en poussières. Elles peuvent être classées en deux groupes.
– D’abord les galaxies ayant un aspect irrégulier mais dont la distribution de ma-
tière est en fait très régulière, comme par exemple les Nuages de Magellan. Celles-ci
sont aujourd’hui considérées comme des spirales qui n’ont pas réussi à achever leur
formation.
– Le deuxième type est celui des galaxies véritablement irrégulières, autant du point
de vue visuel que de celui de la répartition de matière. Cette irrégularité peut avoir
diverses origines comme une forte activité dans le noyau ou bien une collision passée
avec une autre galaxie.

F IGURE 1.5 – Le Grand Nuage de Magellan, une galaxie irrégulière située à 160.000
années-lumière de nous et d’environ 30.000 années-lumière de diamètre. Crédit : W.-H.
Wang

Elles sont désignées par l’abréviation Sm ou Im ; les Nuages de Magellan en sont


souvent considérés comme les prototypes, bien que le Grand Nuage soit aussi considéré

10
1.3. Amas ouverts et Globulaires

comme une spirale barrée. Les galaxies irrégulières sont nombreuses puisqu’elles consti-
tuent plus d’un tiers de la population de notre voisinage. Leur vitesse circulaire est faible :
elle augmente linéairement jusqu’au bord du disque, où elle atteint ∼ 50 − 70kms−1 , une
valeur pas beaucoup plus élevée que la dispersion des vitesses. Elles sont très riches en
gaz (env. 30% de la masse des étoiles), en étoiles massives et en régions Hii.
Il est utile de mentionner une curiosité historique, qui a laissé son empreinte dans la
terminologie actuelle. Dans la séquence de Hubble : E0 −→ S0 −→ Sa −→ Sb −→ Sc −→
Sd −→ Sm −→ Im, les galaxies du début de la séquences sont qualifiées de précoces
(early), alors que celles de la fin de la séquence sont qualifiées de tardives (late). Les
elliptiques sont donc appelées « précoces », alors que les spirales Sc, par exemple, sont
appelées « spirales tardives ». Cela vient de l’époque où l’on croyait que la séquence en
question représentait une suite chronologique d’états évolutifs.

1.3 Amas ouverts et Globulaires


Les amas ouverts sont des systèmes irréguliers contenant 102 à 104 étoiles. Leurs âges
sont inférieurs à 109 ans, ils se dissolvent en général avant d’atteindre cette limite. Les
plus jeunes d’entre eux contiennent encore du gaz et de la poussière interstellaires et sont
au centre de régions Hii. Ils sont continuellement formés dans le disque de la Galaxie et
la plupart des étoiles de Population I sont probablement issues de tels amas. On en a
dénombré plus de 1000 dans notre Galaxie, qui en contient peut-être 105 au total.
Les amas globulaires contiennent 104 à 107 étoiles réparties selon une distribution quasi
sphérique. Ils sont anciens et ne contiennent ni gaz, ni poussières, ni étoiles jeunes. Notre
Galaxie en contient environ 150, mais une galaxie cD comme M87 pourrait en contenir
10000. Leurs métallicités qui est la fraction de leur masse qui n’est pas constituée d’
hydrogène ou d’ hélium va de 0.005Z à quasi solaire(Z = 0.0134). On distingue deux
groupes d’amas globulaires dans notre Galaxie : 80% d’entre eux sont associé au halo
stellaire, étant distribués de manière à peu près sphérique autour du bulbe, en un système
dépourvu de rotation et ayant une metallicité Z < 0.1Z .
Les 20% restants ont Z > 0.1Z , sont associés au disque et au bulbe, et constituent un
système qui présente une rotation rapide.
Les amas globulaires présentent une forte concentration centrale d’étoiles, donc de masse.
Il y a plusieurs manière de définir leur rayon. Le rayon du cœur est celui où la brillance
de surface est la moitié de la brillance de surface centrale. Le rayon médian est celui qui
contient la moitié de la luminosité, et le rayon de marée est celui où la densité tombe à
zéro. Ce dernier rayon, obtenu par extrapolation, s’avère très incertain.
Les gros amas globulaires sont aussi lumineux que les galaxies naines sphéroïdales, mais
ils sont beaucoup plus concentrés, avec un rayon typiquement cent fois plus petit.
Les amas globulaires sont des systèmes dynamiquement intéressants parce qu’ils sont
simples et ne contiennent que des étoiles. Ils sont dynamiquement vieux, en ce sens que
les étoiles y ont déjà parcouru des milliers d’orbites depuis leur formation. Ils sont la
meilleure illustration disponible du problème de N-corps liés par la gravitation.

1.4 Amas de Galaxies


Les amas de galaxies sont parmi les structures les plus massives de l’Univers, consti-
tuées de centaines à des milliers de galaxies liées gravitationnellement les unes aux

11
1.4. Amas de Galaxies

F IGURE 1.6 – Amas de Galaxie

autres. Ces amas sont les plus grands objets gravitationnellement liés dans l’Univers
observable. Voici quelques points clés sur les amas de galaxies :

1.4.1 Composition
[Link] Galaxies
Les galaxies sont les constituants les plus visibles et les plus reconnaissables des amas
de galaxies. Chaque amas peut contenir de quelques centaines à plusieurs milliers de
galaxies, variant en taille, forme et type. Les galaxies peuvent être des spirales, des
elliptiques, ou des irrégulières, et elles interagissent gravitationnellement avec les autres
membres de l’amas. Matière noire : Bien que non directement observable, la matière
noire constitue la majeure partie de la masse totale des amas de galaxies. Elle est détectée
par ses effets gravitationnels sur la matière visible, telle que la déviation de la lumière et
la dynamique des galaxies et du gaz intra-amas. La matière noire joue un rôle crucial
dans la formation et la structure des amas de galaxies.

[Link] Gaz intra-amas


Les amas de galaxies contiennent un gaz chaud et diffus appelé gaz intra-amas. Ce
gaz est principalement composé d’hydrogène ionisé et d’hélium, avec une température
typique de plusieurs millions de degrés Celsius. Il émet un rayonnement de rayons
X observable par les télescopes spatiaux. Le gaz intra-amas représente une fraction
importante de la masse totale de l’amas.

12
1.4. Amas de Galaxies

[Link] Rayonnement cosmique


Les amas de galaxies peuvent également contenir des rayonnements cosmiques
provenant de sources telles que des trous noirs supermassifs actifs au centre des galaxies
(noyaux actifs de galaxies) ou des émissions de rayons X provenant d’interactions entre
le gaz intra-amas et les particules à haute énergie.

[Link] Étoiles
En plus des galaxies, les amas de galaxies peuvent également contenir des étoiles
isolées qui ne sont pas associées à une galaxie spécifique. Ces étoiles peuvent résulter
d’interactions gravitationnelles au sein de l’amas ou de processus de formation stellaire
indépendants.

La composition exacte d’un amas de galaxies peut varier en fonction de facteurs tels
que son âge, son stade d’évolution, et son environnement cosmique. Les observations
multi-longueurs d’onde, y compris les observations optiques, radio, et rayons X, sont
utilisées pour étudier la composition et la dynamique des amas de galaxies.

1.4.2 Structure
La distribution de galaxies dans un amas n’est pas uniforme mais plutôt en forme
de filament ou de grumeaux. Les galaxies se déplacent dans l’amas sous l’influence
de la gravité, formant souvent des sous-groupes ou des amas de galaxies plus petits à
l’intérieur de la structure globale. Entre les galaxies, il existe un gaz chaud diffus connu
sous le nom de gaz intra-amas. Ce gaz est très chaud, avec des températures de plusieurs
millions de degrés Celsius, et émet un rayonnement de rayons X détectable. Il constitue
la matière ordinaire de l’amas et représente une fraction significative de sa masse.
En raison de leur masse énorme, les amas de galaxies peuvent agir comme des
lentilles gravitationnelles, déformant la lumière provenant d’objets plus éloignés derrière
l’amas. Cet effet de lentille gravitationnelle est utilisé pour étudier la distribution de
masse des amas et pour cartographier la distribution de la matière noire. Ils sont formés
par l’agrégation de galaxies et de matière noire sous l’influence de la gravité. Leur
formation et leur évolution sont influencées par des processus complexes tels que les
collisions entre amas, les interactions gravitationnelles et la formation des galaxies au
sein de l’amas. Les amas de galaxies jouent un rôle crucial dans notre compréhension
de la cosmologie et de la formation des structures à grande échelle dans l’Univers. Leur
étude permet de contraindre les modèles cosmologiques et d’explorer la nature de la
matière noire et de l’énergie sombre.

13
CHAPITRE 2

La gravitation

2.1 L’interaction Gravitationnelle


La gravitation est la force fondamentale qui régit la dynamique des objets dans les
systèmes de planètes et plus généralement à grande échelle dans l’Univers. Dans le
Système Solaire, seules les comètes lorsqu’elles s’approchent du Soleil sont soumises à
des effets non-gravitationnels dus au dégazage dont elles sont l’objet. C’est l’objet de
la mécanique céleste d’étudier le mouvement de plusieurs corps sous l’action seule de
leurs gravitations mutuelles. On a tendance à réserver le terme mécanique céleste
au cas où le nombre de corps n’est pas trop grand (quelques dizaines), et à dénommer
dynamique stellaire le cas inverse, tant les méthodes sont différentes. La dynamique du
Système Solaire s’inscrit bien sûr dans le cadre de la mécanique céleste.

2.1.1 La gravitation Universelle


La loi de gravitation universelle de Newton (1687) s’énonce ainsi : Deux corps
ponctuels de masse m1 et m2 s’attirent en raison inverse du carré de leur distance. Si ~r
désigne le rayon vecteur joignant le point 1 au point 2, et r la distance qui les sépare, la
force exercée par l’objet 2 sur l’objet 1 vaut
Gm1 m2
f~1→2 = − ~r (2.1)
r3

La force f~2→1 est bien sur opposée. G est la constante de la gravitation et vaut

G = 6.6732 10−11 m3 s−2 kg−1 (2.2)

Il est aujourd’hui bien connu que la théorie de Newton exposée ci-dessus est inexacte.
La théorie plus moderne est celle de la Relativité Générale (Einstein 1916) qui décrit
la gravitation comme une déformation de la métrique de l’Espace-Temps créée par les
masses et plus généralement par toute forme d’énergie, les mouvements des corps dans
cette Espace-Temps courbe se faisant en suivant ses géodésiques. On pourrait dès lors se
demander pourquoi on continue à utiliser la théorie de Newton pour les applications

14
2.1. L’interaction Gravitationnelle

usuelles. La première raison est que la théorie de Newton est une très bonne approxima-
tion de la théorie de la Relativité Générale dans toutes ces situations. Avec sa formulation
hamiltonienne, elle est particulièrement bien adaptée au traitement des effets à long
terme des perturbations par rapport aux solutions simples comme par exemple le mouve-
ment Képlérien.
Traiter cela avec la Relativité Générale se traduirait par une complexité significativement
accrue, et pas forcément nécessaire. Dans la pratique, la Relativité Générale n’est néces-
saire dans sa globalité qu’en présence de champs gravitationnels très intenses comme
par exemple au voisinage d’objets compacts (trous noirs, étoiles à neutrons. . .), ou alors
lorsque l’on traite des problèmes sur des distances très grandes comparables à la taille
de l’Univers, là où les effets de courbure de l’espace-temps ne peuvent être négligés. En
fait, en dehors de ces situations, et lorsque c’est nécessaire, on réintroduit la Relativité
Générale sous la forme d’une perturbation par rapport à la théorie de Newton.

2.1.2 Champ de gravitation crée par une masse Ponctuelle


La force 2.1 n’existe en toute rigueur que lorsque les deux masses sont présentes. Il
est cependant commode de considérer que chaque masse crée en tout point de l’espace
un champ de gravitation ~g tel que toute autre masse m en présence subira une force

~ = m.~g
F (2.3)
Dans le cas qui nous intéresse, les masses m1 et m2 créent chacune un champ de gravita-
tion valant
Gm Gm
~g1 = − 3 1 ~r et ~g2 = + 3 2 ~r (2.4)
r r
Dans le cas général, toute masse ponctuelle M sera supposée créer dans l’espace un
champ ~g valant
GM GM
~g = − 3 ~r = − 2 u
~ (2.5)
r r
où ~r désigne cette fois le rayon vecteur joignant la masse M au point considéré, et u~
est un vecteur unitaire de même direction. Le champ ~g créé par la masse M n’est pas le
même en tout point de l’espace. Il varie en direction et en norme ; bien entendu, il est
plus intense lorsque qu’on est plus proche de la masse M. Cependant, quel que soit le
point considéré, le champ pointe toujours vers la masse qui en est à l’origine.

2.1.3 Champ Gravitationnel Crée par une Masse Étendue


Enfin, considérons un corps quelconque, pas forcément de géométrie sphérique. Ce
corps massif crée un potentiel U dans l’espace. Plaçons nous à l’extérieur de l’astre. A
cet endroit, le champ est non nul, mais la masse volumique est nulle. On aura donc par
application de l’équation de Poisson

∇2 U = 4πρG = 0 (2.6)
Le potentiel vérifie l’équation dite de Laplace. On dit qu’il est harmonique, et ceci
reste vrai pour n’importe quel potentiel gravitationnel pourvu qu’on soit dans le vide.
Considérons maintenant un astre pas nécessairement sphérique. A l’extérieur de ce
dernier, le champ gravitationnel sera compliqué, non radial, mais en tout état de cause,

15
2.2. Énergie Potentiel Et Potentiel Potentiel Gravitationnel

il sera harmonique.
Il est alors légitime d’envisager le développement du potentiel sur une base de fonctions
harmoniques. En coordonnées sphériques (r, θ, ϕ), ces fonctions sont connues et portent
le nom d’harmoniques sphériques. La fonction (r, θ, ϕ) =⇒ 1/r est à une constant près la
seule fonction radiale qui soit harmonique, ensuite les fonctions harmoniques à symétrie
axiale sont les
Pn (cos θ)
(r, θ, ϕ) −→ (2.7)
rn+1
(p)
P (cos θ).eipϕ
(r, θ, ϕ) −→ n (2.8)
rn+1
(p)
pour tout entier p[−n, n]. Dans ces expressions, les Pn et Pn sont les polynômes et
fonctions de Legendre, qui vérifient les propriétés suivantes :

P0 (x) = 1
P1 (x) = x
(n + 1)Pn+1 (x) = (2n + 1)xPn (x) − nPn−1 (x) (n > 2)
n p
1 d 2 p/2 d Pn (x)
Pn (x) = n (x2
− 1)n
= (−1) p
(1 − x )
2 n dxn dxp
A partir de là, on peut écrire en toute généralité le développement du potentiel à
l’extérieur de tout corps de forme quelconque sous la forme
∞  ∞
GM Re n
 X   X 
(p)
U(r, θ, ϕ) = − 1+ − Jn Pn (cos θ)+ Pn (cos θ)(Cn,p cos(pϕ)+sn,p sin(pϕ))
r n=2
r p=1
(2.9)
o‘u M est la masse totale du corps, et où les Jn , cn , sn , p sont des coefficients numériques
(sans dimension) traduisant la distribution des masses de l’objet. Pour une distribution
quasi sphérique, ils restent faibles et surtout décroissent tr‘es rapidement lorsque n croît.
Dans le cas d’un objet comme une planète, le premier terme J2 est en général le plus
important et traduit l’aplatissement polaire de la planète sous l’effet de la force centrifuge.

2.2 Énergie Potentiel Et Potentiel Potentiel Gravitation-


nel
La force de gravitation dérive d’une énergie potentielle : Considérons une masse m
placée dans le champ de gravitation d’une masse M. Elle subit une force

~ = − GMm ~r = − GMm u
F ~ (2.10)
r3 r2
~ dérive, elle doit vérifier
S’il existe une énergie potentielle Ep dont F

F ~ Ep
~ = −∇ (2.11)

Pour cela, plaçons nous en coordonnées sphériques (r, θ, ϕ) en prenant pour origine le
point où est placée la masse M.
Dans ces conditions, en utilisant l’expression du gradient en coordonnées sphériques

16
2.3. Champ Gravitationnel D’une masse Sphérique

(voir annexe), nous en déduisons que nous devons nécessairement avoir par projection
er , e~θ , e~φ ) :
sur (~
∂Ep (r, θ, φ) GMm

=


∂r

r2







 1 ∂Ep (r, θ, φ)



=0

(2.12)
r ∂θ







1 ∂Ep (r, θ, φ)



=0


r sin θ ∂φ

Les deux dernières équations montrent que nécessairement Ep ne dépend que de la


distance au centre r. La première équation s’intègre alors immédiatement. Il vient
GMm
Ep (r) = − + Constante (2.13)
r
Il est d’usage de considérer que l’énergie potentielle de gravitation est nulle à l’infini,
Ceci fixe la constante d’intégration comme nulle. En définitive, la force F~ dérive bien de
l’énergie potentielle
GMm
Ep (r) = − (2.14)
r
Précisons que par symétrie cette énergie potentielle est aussi valable pour la force
~1→2 que pour la force F
F ~2→1 . Simplement, dans chaque cas, c’est l’origine du repère qui
change.
De même que nous avons introduit le champ gravitationnel ~g créé par une masse
ponctuelle M, nous pouvons introduire son potentiel gravitationnel, qui sera juste égal à
U = Ep /m.
Nous aurons aussi ~g = −∇U Au bout du compte, la masse M créera dans l’espace un
potentiel gravitationnel valant
GM
U(~r) = − (2.15)
r
où r est la distance à la masse. Ce potentiel est aussi appelé Potentiel Képlérien.

2.3 Champ Gravitationnel D’une masse Sphérique


La loi de gravitation telle que formulée en (2.1) n’est valable que pour un objet
ponctuel. Or, elle décrit assez bien la force que la Terre exerce sur la Lune, et la Terre
est loin d’être un objet ponctuel pour un observateur situé sur la Lune, encore moins
pour un satellite artificiel. La raison en est que la force gravitationnelle exercée par un
objet possédant une symétrie sphérique est la même à l’extérieur de l’objet que si toute
la masse de l’objet était concentrée en son centre. Par symétrie, le champ gravitationnel
~g(r) aura lui aussi la symétrie sphérique de tel sorte qu’en chaque point de l’espace il sera
dirigé vers le centre (il sera donc radial), et sa norme ne dépendra que de r. Considérons
comme surface S une sphère centrée sur l’origine de rayon r > R, où R est le rayon de
l’astre.

17
2.3. Champ Gravitationnel D’une masse Sphérique

On calcule le champ d’accélération gravitationnelle (~g) avec le théorème de Gauss,


x y
[Link] = −4π ρdV
s V

Or, dans un système des coordonnées sphériques,





 dS = r02 sin θdθdφ




dV = r02 sin θdr0 dθdφ


Ainsi, si on place l’origine au centre de l’objet, alors le champ gravitationnel causé par
cet objet est
GM
~g(r) = − ~er (2.16)
r2
où M est la masse totale de l’objet contenue à l’intérieur d’une sphère de rayon r.

On retrouve ici l’expression du champ gravitationnel créé par un corps ponctuel.


Autrement dit, un corps étendu mais à symétrie sphérique créera dans l’espace rigou-
reusement le même champ gravitationnel (et donc le même potentiel) qu’un corps
parfaitement ponctuel de même masse placé au centre. Ce résultat, que nous appliquons
implicitement en disant que le champ de gravitation terrestre à la surface de la Terre
vaut GM/R2 , où R est le rayon de la Terre et M sa masse.
Si on considère maintenant une distance r < R, le même théorème de Gauss montre que
le champ doit être calculé en prenant uniquement la masse m(r) contenue à l’intérieur
de la sphère de rayon r. Dit autrement, la masse extérieure ne compte pas.

Pour démontrer cette assertion à l’aide du potentiel gravitationnel, considérons le cas


d’une coquille sphérique très mince de rayon R et de densité superficielle σ comme le
montre la figure suivante

R dθ

d
dM = 2πR sin θ × σ × Rdθ
θ
r En fonction de θ, la dis-
M tance d est donnée par :

d2 = R2 + r2 − 2Rr cos θ

18
2.3. Champ Gravitationnel D’une masse Sphérique

Divisons la coquille sphérique en anneaux, de telle façon que chaque anneau soit
situé à une distance constante d du point r. Considérons en particulier un anneau situé à
une coordonnée angulaire θ et dont la largeur sous-tend un angle dθ. La masse dm de
cet anneau est égale à sa superficie fois la densité σ :
La contribution de cet anneau au potentiel gravitationnel est donc

2πR2 σ sin θdθ


dV(θ) = −G √ (2.17)
R2 + r2 − 2Rr cos θ
Le potentiel total au point r est obtenu en intégrant cette expression de θ = 0 à θ = π.
Définissons la variable z = cos θ, alors dz = − sin θdθ
On aura Z 1
1
V(θ) = − 2πGR σ 2
√ dz
−1 R2 + r2 − 2Rrz
2πGR2 σ h √ 2 i1
= R + r2 − 2Rrz
r −1
(2.18)
2πGR σ2 hp p i
= (R − r)2 − (R + r)2
r
2πGR2 σ
= [|R − r| − |R + r|]
r
Si R > r (à l’intérieur de la coquille) l’expression entre parenthèses devient -2r, alors
que si R < r (à l’extérieur), elle devient −2R.
Donc  M

 −4πRσG = −G (r < R)
R



V(r) = 

(2.19)

σG
 2
4πR M


= −G (r > R)

−

r r
où 4πRσG est la masse de la coquille. Comme le potentiel gravitationnel V est constant à
l’intérieur de la coquille, son gradient ∇V(r) est nul et le champ gravitationnel s’annule.
Par contre, à l’extérieur, le champ gravitationnel est alors
M
g(r) = −∇V(r) = −G er Exterieur (2.20)
r2
Si on considère maintenant un objet sphérique de rayon R dont la densité volumique
ρ(r0 ) ne dépend que de la distance r’ au centre de la sphère. On peut alors diviser cette
sphère en une série de coquilles concentriques d’épaisseur dr’, chacune de ces coquilles
portant une densité de masse par unité de surface égale à σ = ρ(r0 )dr0 . La masse de
chacune de ces coquilles est alors

dM(r0 ) = 4πr02 ρ(r0 )dr0 (2.21)


Le champ gravitationnel à l’extérieur de la sphère de rayon r est donné par la somme
des champs gravitationnels causés par les coquilles de rayons r0 < r :
Z r
dM(r0 ) M(r)
g(r) = −G e r = −G er (2.22)
0 r2 r2
où M(r) est la masse totale incluse dans la sphère de rayon r :

19
2.4. Le potentiel Newtonien Modifié

 3
4π 3 r
M(r) = ρr = Mtot (2.23)
3 R
et donc le champ gravitationnel g, en fonction de la distance r au centre de la planète,
est
 r

 −GMtot 3 ~er (r < R)
R



~g(r) = 

(2.24)


 1
−GMtot 2 ~er (r > R)



r
C’est une propriété du champ gravitationnel d’un astre sphérique se comportant
comme si sa masse était concentrée en son centre. Cela dépend essentiellement de la
proportionnalité en 1/r2 de la force gravitationnelle et ne serait pas vraie si la force avait
une dépendanceR r différente en fonction de r éq. 2.23 n’est valable que si ρ est constant.
Sinon, M(r) = 0 ρ(r0 )r02 dr0 .

2.4 Le potentiel Newtonien Modifié


Le potentiel newtonien modifié fait référence à diverses modifications ou extensions
de la théorie de la gravitation de Newton, qui est basée sur un potentiel gravitationnel
inversement proportionnel à la distance entre deux masses. Ces modifications sont
souvent proposées pour expliquer des phénomènes observés dans l’univers qui ne peuvent
être entièrement expliqués par la gravitation newtonienne standard, tels que la rotation
des galaxies, les courbes de rotation des étoiles dans les galaxies, ou encore pour tenter
d’unifier la gravitation avec d’autres théories fondamentales de la physique.
Voici quelques-unes des théories et des concepts associés au potentiel newtonien
modifié :

2.4.1 MOND (Modified Newtonian Dynamics)


Le modèle MOND (MOdified Newtonian Dynamics) est une théorie de gravité mo-
difiée qui propose une modification de la dynamique newtonienne standard dans les
régions de faibles accélérations gravitationnelles. Le modèle MOND a été proposé pour
expliquer des phénomènes observés dans les mouvements des étoiles au sein des ga-
laxies, notamment les courbes de rotation des galaxies. En 1983, Mordehai Milgrom a
suggéré que les théories de la gravité étaient incomplètes, que la loi de Newton échouait
aux échelles galactiques, et avança une théorie de la Dynamique Newtonienne Modifiée
(MOND) [8], approche où la gravité est modifiée selon une échelle d’accélération, sans
intervention de la matière noire. Il montre qu’une modification du principe fondamental
de la dynamique (F = ma) permet de résoudre ce problème [9] en suggérant de la
réécrire comme :
~ = µ(a/a0 )m~a
F (2.25)
Où a0 est une nouvelle constante qui définit une accélération critique donnée par a0 =
1, 2x10−10 m.s−2 , valeur qui doit être ajustée aux données et µ une fonction proche de 1
lorsque a/a0  1 et proche de l’identité lorsque a/a0  1. Dans ce cas, elle se réécrit
alors :

20
2.4. Le potentiel Newtonien Modifié

~ ' (a/a0 )m~a


F (2.26)
La vitesse à large distance du centre galactique d’une masse test m est alors donnée par :
GMm v2
' µ(v2
/r/a0 )m (2.27)
r2 r
v2
En effet, a = Pour un mouvement circulaire à vitesse angulaire constante. Dans le cas
r
où cette accélération est faible (loin du centre) on trouve :

v ' (a0 GM)1/4 (2.28)


Ceci ne dépend pas de r et expliquerait le plateau observé par Vera Rubin sur le tracé
de r 7−→ v(r). Un bon accord avec les courbes de rotation est trouvé pour a0 ∼ 10−10 m/s2 .
Cette valeur est intrigante car du même ordre de grandeur que cH0 où H0 est la constante
de Hubble. MOND est parfois formulé en terme de modification de la gravité, avec une
décroissance en 1/r plutôt que 1/r2 à large distance.

Plus précisément, dans le modèle MOND, la force gravitationnelle devient propor-


tionnelle à la racine carrée de l’accélération gravitationnelle, plutôt qu’à l’accélération
elle-même, dans les régions où l’accélération est inférieure à une certaine valeur seuil.
Cette modification permet de reproduire les vitesses de rotation observées des étoiles
autour du centre des galaxies sans nécessiter de matière noire supplémentaire.
Le modèle MOND a été relativement réussi pour expliquer certains phénomènes
observés dans les galaxies, en particulier les courbes de rotation, sans avoir besoin
de recourir à la matière noire. Cependant, il existe également des limites et des défis
associés au modèle MOND. Par exemple, MOND n’explique pas complètement d’autres
observations cosmologiques telles que la formation des structures à grande échelle dans
l’Univers. De plus, le modèle MOND n’est pas actuellement incorporé dans un cadre
théorique plus large comme l’est la relativité générale, ce qui limite sa portée en tant que
théorie de la gravité.
La théorie MOND a évolué et des versions relativistes existent [10] dont TeVeS, proposée
par Bekenstein [11]. Des observations récentes portées sur 153 galaxies semblent en-
courager cette hypothèse plutôt que celle d’une masse manquante ("Radial acceleration
relation in rotationally supported galaxies"). MOND est en revanche très peu attrayante
d’un point de vue théorique et échoue à l’échelle des clusters de galaxie.

2.4.2 Théories de gravité quantique


Ces théories tentent de combiner la relativité générale d’Einstein avec la mécanique
quantique pour fournir une description cohérente de la gravité à toutes les échelles, y
compris aux échelles cosmologiques ou la théorie des cordes peut potentiellement prédire
des modifications du potentiel gravitationnel à des échelles où les effets quantiques
deviennent significatifs.

2.4.3 Théories de gravité modifiée


Ces théories modifient la théorie de la gravité de Newton en introduisant de nouveaux
champs ou de nouveaux termes dans les équations de champ gravitationnel.

21
2.4. Le potentiel Newtonien Modifié

Les théories de gravité modifiée sont des alternatives à la relativité générale d’Albert
Einstein. Elles proposent des modifications aux équations de la gravité afin de résoudre
certains problèmes théoriques ou observationnels sans avoir besoin de recourir à des
concepts comme la matière noire ou l’énergie sombre.

[Link] Théories f(R)


Ces théories modifient les équations d’Einstein en remplaçant la fonction de Ricci
scalaire R par une fonction arbitraire f(R). Ces modifications peuvent expliquer l’accéléra-
tion de l’expansion de l’Univers sans avoir besoin d’énergie sombre. Théories des champs
scalaires : Certaines théories de gravité modifiée introduisent de nouveaux champs
scalaires pour représenter la gravité. Ces champs peuvent interagir différemment avec la
matière par rapport à la relativité générale, conduisant à des prédictions différentes pour
les mouvements des corps célestes et l’évolution de l’Univers.

[Link] Théories tensor-scalaires


Ces théories considèrent un champ scalaire supplémentaire en plus du tenseur mé-
trique de l’espace-temps. Ces théories peuvent conduire à des modifications des lois
de la gravité à grande échelle et peuvent potentiellement expliquer l’accélération de
l’expansion de l’Univers.

[Link] Gravité quantique à échelle réduite (RQG)


Cette approche cherche à combiner des éléments de la gravité quantique avec des
modifications de la gravité à grande échelle, en supposant que la structure de l’espace-
temps devient quantique à des échelles très petites.

2.4.4 Extensions de la relativité générale


Ces extensions proposent des modifications de la relativité générale d’Einstein pour
inclure de nouveaux champs ou des symétries supplémentaires. Elles incluent des théories
telles que la théorie des tenseurs téléparallèles, la théorie de Jordan-Brans-Dicke, et
d’autres formes de gravité modifiée qui peuvent produire des modifications du potentiel
gravitationnel.
Ces théories cherchent à expliquer diverses observations astrophysiques et cosmolo-
giques sans recourir à la matière noire, ou à fournir une description plus complète de la
gravité à des échelles où les effets quantiques deviennent importants. Cependant, sont
explorées pour diverses raisons, notamment pour résoudre les énigmes de la matière
noire et de l’énergie sombre, ou pour tenter de comprendre les régions où la relativité
générale échoue, telles que les singularités au cœur des trous noirs ou lors du Big Bang.
Cependant, malgré leurs promesses, aucune de ces théories n’a encore été confirmée
de manière concluante par des observations expérimentales. Il convient de noter que la
gravité newtonienne standard reste extrêmement précise dans de nombreuses situations,
et que les théories de gravité modifiée ne sont pas encore confirmées par des observations
expérimentales à grande échelle.

22
CHAPITRE 3

Formulation Hamiltonienne du Problème de Kepler

3.1 Problème de Kepler


Le problème de Kepler est un problème classique en mécanique céleste qui consiste à
déterminer les trajectoires des planètes autour du Soleil, compte tenu de la loi de gravi-
tation universelle de Newton. Johannes Kepler a établi trois lois empiriques décrivant
le mouvement des planètes, mais elles n’ont été expliquées de manière plus complète
qu’avec l’avènement de la mécanique newtonienne.

En utilisant les principes de la mécanique newtonienne et la loi de gravitation


universelle de Newton, le problème de Kepler peut être formulé mathématiquement
comme un problème de détermination des trajectoires des planètes (orbites) en fonction
de leurs conditions initiales (positions et vitesses) et des paramètres caractérisant la
masse du Soleil et de la planète.
Les solutions analytiques exactes du problème de Kepler sont rares, à l’exception
des cas simples tels que les orbites circulaires et les orbites elliptiques du problème à
deux corps. Pour des systèmes plus complexes incluant plus de deux corps, les solutions
doivent souvent être obtenues numériquement à l’aide de méthodes informatiques, telles
que les méthodes de simulation par ordinateur ou les méthodes numériques d’intégration
des équations différentielles.
Le problème de Kepler est fondamental pour la compréhension du mouvement
des corps célestes dans le système solaire et au-delà. Il a également jeté les bases
de la physique des orbites et de la mécanique céleste, jouant un rôle crucial dans
le développement de la théorie de la gravitation et de la dynamique des systèmes
gravitationnels.
Le problème de Kepler fait référence à trois lois empiriques formulées par Johannes
Kepler au début du XVIIe siècle qui décrivent le mouvement des planètes autour du
Soleil. Ces lois ont été cruciales pour le développement ultérieur de la mécanique céleste
et ont jeté les bases de la théorie de la gravitation universelle de Newton.
Les trois lois de Kepler sont les suivantes :
1. Les planètes décrivent des orbites elliptiques dont le Soleil occupe l’un des foyers.

23
3.2. Formulation Générale

2. En des temps égaux, les rayons des planètes balaient des aires égales (loi des aires).
3. Le rapport du carré de la période au cube du demi grand axe de l’ellipse T2 /a3 est
le même pour toutes les planètes
Kepler parvint à énoncer ces lois empiriques à partir de l’observation seule. C’est Newton
qui va démontrer mathématiquement, vers 1686, que les trois lois de Kepler découlent
des lois générales du mouvement et de la force de gravité en inverse du carré de la
distance (1/r2 ). Nous avons énoncé plus haut la deuxième loi de Kepler ; elle est en fait
valable pour toute force centrale. Les deux autres lois ne sont correctes que pour une
force en 1/r2 .

3.2 Formulation Générale


Considérons un objet ponctuel de masse m, se déplaçant dans le champ gravitationnel
d’un astre de masse M. On supposera que M  m, de sorte que l’astre est pratiquement
fixe. Si ce n’était pas le cas, il faudrait placer l’origine au centre de masse du système.
y

Le potentiel central issu de ce point fixe pris


m comme origine est V(r). Le Hamiltonien du
système est donnée par
R
p2
θ H= + V(r) (3.1)
2m
x
0
Vu la symétrie du problème, on utilise les
coordonnées sphériques r,θ,ϕ.

En coordonnées cartésiennes, l’Hamiltonien est exprimé par


1
H = m(ẋ2 + ẏ2 + ż2 ) (3.2)
2
ẋ2 + ẏ2 + ż2 correspond à v2 , qui est la vitesse que possède un corps soumis à ce potentiel
central. En coordonnées Sphériques on a :
 


 x = r sin(θ) cos(ϕ) 

 ẋ = ṙ sin θ cos ϕ + rθ̇ cos θ cos ϕ − rϕ̇ sin θ sin ϕ
y = r sin(θ) sin(θ) , ⇒  ẏ = ṙ sin θ sin ϕ + rθ̇ cos θ sin ϕ + rϕ̇ sin θ sin ϕ
 
où 
 
 
z = r cos(θ) ż = ṙ cos θ − rθ̇ sin ϕ

 

24
3.2. Formulation Générale

ẋ = ṙ2 sin2 θ cos2 ϕ + r2 θ̇2 cos2 θ cos2 ϕ + r2 ϕ̇2 sin2 θ sin2 ϕ − 2rṙθ̇ cos θ sin θ cos2 ϕ
 2



−2rṙϕ̇ cos ϕ sin ϕ sin2 θ − 2r2 θ̇ϕ̇ cos θ sin θ cos ϕ sin ϕ





ẏ = ṙ2 sin2 θ sin2 ϕ + r2 θ cos2 θ sin2 ϕ + r2 ϕ̇2 sin2 θ cos2 ϕ + 2rṙθ̇ cos θ sin θ sin2 ϕ

 2
⇒

+2rṙϕ̇ cos ϕ sin ϕ sin2 θ + 2r2 θ̇ϕ̇ cos θ sin θ cos ϕ sin ϕ






ż2 = ṙ2 cos2 θ − 2rṙθ̇ cos θ sin θ + r2 θ̇2 sin2 ϕ

ẋ2 + ẏ2 + ż2 =ṙ2 sin 2θ + r2 θ̇2 cos2 θ + r2 ϕ̇2 sin2 θ + 2rṙθ̇ cos θ sin θ − 2rṙθ̇ cos θ sin θ+
ṙ2 cos 2θ + r2 θ̇2 sin2 θ = v2

Alors finalement,
v2 = r2 + r2 θ̇2 + r2 ϕ̇2 sin2 θ (3.3)
On peut trouver les composantes du vecteur impulsion ~ p a partir du lagrangien L qui
pour corps soumis à un potentiel central s’écrit en coordonnées sphériques sous la forme
1
L = K − V(r) = m(r2 + r2 θ̇2 + r2 ϕ̇2 sin2 θ) − V(r) (3.4)
2
Avec cette expression, on peut exprimer les composantes pr , pθ et pϕ , on aura

∂L ∂K ∂1

pr = = = m(r2 + r2 θ̇2 + r2 ϕ̇2 sin2 θ) = mṙ


∂ ∂ ∂

ṙ ṙ ṙ 2








p = ∂L = ∂K = ∂ 1 m(r2 + r2 θ̇2 + r2 ϕ̇2 sin2 θ) = mr2 θ̇



θ (3.5)
∂θ̇ ∂θ̇ ∂θ̇ 2








∂L ∂K ∂ 1


pϕ = ∂ϕ̇ = ∂ϕ̇ = ∂ϕ̇ 2 m(r + r θ̇ + r ϕ̇ sin θ) = mr sin θϕ̇
2 2

 2 2 2 2 2 2

A l’aide des variables L et K, exprimons ~


p en coordonnées sphériques sous forme
pθ pϕ
~
p = pr e~r + e~θ + e~ϕ (3.6)
r rsinθ
Alors l’équation(3.1) donne

p2r p2 p2ϕ
H= + θ2 + + V(r) (3.7)
2m 2mr 2mr2 sin2 θ
∂H pϕ
On en déduit immédiatement que pϕ = = 0 ⇒ r2 sin2 θϕ̇ = cste =
∂ϕ m

3.2.1 Le Moment Cinétique Et loi des Aires


La notion de moment cinétique est utile parce que cette quantité est conservée dans
certaines circonstances. En particulier, lorsque la force qui s’exerce sur un astre est
centrale, c’est-à-dire dirigée vers l’origine ou dans la direction opposée à l’origine, le
moment cinétique de l’astre évalué à l’origine est conservé (c’est-à-dire constant dans le
temps).

25
3.2. Formulation Générale

En effet, le couple exercé par la force centrale est nul i.e N ~ = FΛ


~ F~ = 0 car F~ est parallèle
à ~r, et donc L̇ = N = 0. La première conséquence de la conservation du moment cinétique
~L est que le mouvement de la masse est entièrement compris dans le plan perpendiculaire
à ~L. En effet, ~r est par définition perpendiculaire à ~L et la condition ~r.~L=0 définit bel et
bien un plan. On peut librement choisir un système d’axes tel que ce plan soit le plan
(x,y) et exprimer le moment cinétique en coordonnées sphériques r,θ et ϕ.

On aura, ~L = ~rΛ~
p où r est radiale i.e ~r = r~er ,
 pθ pϕ 
~L =r~
er Λ pr e~r + e~θ + e~ϕ
r rsinθ

=pθ e~ϕ − e~θ
sin θ

Étant donné que le problème est à potentiel central, ~L est constant et alors

p2ϕ
p2θ + = L2 = cste (3.8)
sin2 θ
Il en résulte que

π
θ= = cte
2
pθ = 0
pϕ = mr2 ϕ̇ = L

La trajectoire de chaque astre est donc une courbe plane, dont le plan est perpendicu-
laire au vecteur moment cinétique L constant et contient les vecteurs e~r et e~θ

En utilisant l’équation (3.8), l’Hamiltonien peut alors s’écrire comme

p2r L2
H= + + V(r) = E (constant) et correspond à l’énergie totale du système
2m 2mr2
Et donc,
mṙ2 L2
+ + V(r) = E (3.9)
2 2mr2
Le premier terme est Kr , l’énergie cinétique radiale de l’objet. Le deuxième terme est
l’énergie cinétique associée au mouvement angulaire de l’objet. Au lieu d’associer cette
formule à une masse en mouvement dans un plan, on pourrait tout aussi bien l’associer
à une masse se déplaçant dans une seule direction, le long de l’axe des r, mais dont
l’énergie potentielle serait maintenant le potentiel effectif suivant :

L2
Ve f f. (r) =
+ V(r) (3.10)
2mr2
Le premier terme de Ve f f. , impliquant le moment cinétique constant L, est appelé po-
tentiel centrifuge. La masse se déplace sur un plan, mais la conservation du moment
cinétique nous permet d’exprimer l’énergie cinétique angulaire en fonction de r et de lui

26
3.2. Formulation Générale

donner l’apparence d’une énergie potentielle.


L’évolution de la coordonnée radiale r en fonction du temps peut être déterminée à l’aide
du potentiel effectif Ve f f. , comme si la masse se déplaçait en une seule dimension décrite
mṙ2
par la coordonnée r, que son énergie cinétique était uniquement donnée par Kr = et
2
que son énergie potentielle était donnée par Ve f f .
Il s’agit bien sûr d’un artifice, puisque Ve f f. contient à la fois de l’énergie potentielle et de
l’énergie cinétique. C’est comme si on observait l’objet à partir d’un référentiel tournant
à la même vitesse angulaire que lui, sans que cette vitesse angulaire soit nécessairement
constante. L’évolution dans le temps de la coordonnée radiale peut être obtenue en
appliquant la conservation de l’énergie, soit en posant que la dérivée de l’énergie par
rapport au temps s’annule :

dE dVe f f (r)
= 0 = mṙr̈ + ṙ (3.11)
dt dr
Ce qui entraine que
dVe f f L2 dV
mr̈ = − = 3
− (3.12)
dr mr dr
Le premier terme du membre de droite est la force centrifuge ressentie dans ce référentiel
tournant. En effet, puisque L = mr2 ϕ̇, ce terme est

L2
= mrϕ̇2 (3.13)
mr3
Ce qui est bien l’expression habituelle de la force centrifuge. Ceci justifie le nom de
potentiel centrifuge donné au premier terme de (3.10).

L’équation de Conservation de l’énergie 3.9 donne


!2
mṙ2 m ∂r L2
= ϕ̇ = E − V(r) −
2
2 2 ∂ϕ 2mr2

On obtient une forme implicite de la trajectoire en coordonnées polaires r, ϕ,


!2
m ∂r L2 L2
En effet = E − V(r) −
2 ∂ϕ m2 r4 2mr2
v
u
L2
t
∂r [2m(E − V(r))] −
= r2 r2 (3.14)
∂ϕ L2

Ldr
dϕ = r
L2
r2 2m [E − V(r)] − 2
r
L
où ϕ̇ =
2mr2
Cette équation peut être résolue analytiquement seulement pour quelque formes de

27
3.3. Résolution de l’équation de mouvement

potentiels notamment V(r) ∝ r−α , où α=2,1,-1,-2, r étant restreint à un domaine pour


lequel
L2
E ≥ V(r) + (3.15)
2mr2
Ce que l’on pouvait bien déduire de l’équation 3.9.

3.3 Résolution de l’équation de mouvement


Considérons le cas d’un potentiel en 1/r, comme le potentiel gravitationnel. L’expres-
sion du potentiel effectif est

L2 K
Ve f f =
2
− (3.16)
2mr r
où K = GMm pour le potentiel gravitationnel d’un astre sphérique de masse M
agissant sur un objet de masse m. Ce potentiel est illustré à la figure 3.1 . On remarque
qu’il possède un minimum au point r0 , déterminé par la condition Ve0 f f = 0

dVe f f L2 K L2
=− + =⇒ r0 = (3.17)
dr r0 mr30 r20 Km
La valeur du potentiel effectif à ce point est
K
Ve f f (r0 ) = − ≡ E0 (3.18)
2r0

F IGURE 3.1 – Potentiel effectif Ue f f d’un objet de moment cinétique L ,0 dans un potentiel
central en 1/r. Une valeur particulière de L a été choisie et les points de rebroussement rmin
et rmax sont indiqués pour une valeur particulière (négative) de E.

Le mouvement d’un objet dans ce potentiel est dicté par la valeur de son énergie E :

1. Si E0 < E < 0, le domaine de variation de r est limité par deux valeurs rmin et rmax .
Le mouvement radial de l’objet sera une oscillation limitée par ces deux points,
correspondant respectivement à l’aphélie et au périhélie de l’objet et appelés pour
cette raison points de rebroussement. La vitesse radiale de l’objet sera maximale à
r0 , car c’est là que l’énergie cinétique radiale Ec = E − Ve f f est la plus grande.

28
3.3. Résolution de l’équation de mouvement

2. Dans le cas limite E = E0 , l’énergie cinétique radiale est nulle et donc r est constant
(r = r0 ). L’orbite est donc circulaire dans ce cas.
3. Enfin, si E > 0, il n’y a qu’un seul point de rebroussement, correspondant à la
distance minimale d’approche de l’objet et celui-ci peut s’éloigner à l’infini.
Nous avons déjà exprimé la forme implicite de la trajectoire en coordonnées polaire
K
en remplaçant V(r) par - , α étant égale à 1, on a
r
∂ϕ L
=
∂r
r
K L2
 
r2 2m E + − 2
r r
En effectuant un changement des variables au membre de droite, cette équation s’écrit
sous la forme
Ldu 1
dϕ = − p avec u =
2m (E + Ku) − L2 u2 r
L2 du
=− r
2EL2 2L2 L4 2
mK 1 + + u − u −1
mK2 mK m2 K2
γ
Z
du
ϕ − ϕo = −
ε
s !2
γu − 1
1−
ε
 γu − 1 
ϕ − ϕo = arccos
ε
r
2EL2 L2
où ε= 1+ et γ=
mK2 mK
ϕ0 est une constante, on peut choisir que r soit minimum quand ϕ=0, alors ϕ0 =0 et
l’équation de la trajectoire est donnée par
γ
r= (3.19)
1 + ε cos ϕ

Cette équation est celle d’une section conique avec un foyer à l’origine, ε l’excentricité et
γ le paramètre de l’ellipse.

C’est l’énergie de l’objet qui détermine le type de trajectoire suivi :


1. Si l’énergie de l’objet est négative (E < 0), alors l’excentricité ε est plus petite que 1
et la trajectoire de l’objet est elliptique avec le centre d’attraction à l’un des foyers.
C’est précisément la première loi de Kepler.
2. Si l’énergie est positive (E > 0), alors l’excentricité est plus grande que 1 et la
trajectoire est hyperbolique.
3. Si l’énergie est nulle (E = 0), l’excentricité ε = 1 et la trajectoire de l’objet est
parabolique.

29
3.3. Résolution de l’équation de mouvement

K
Si le potentiel est de la forme V(r) = − , avec 0 < α < 2, On a toujours une trajec-

toire pour la quelle r varie entre deux valeurs rmin et rmax . Cependant, le calcul que nous
allons effectuer dans le chapitre suivant montrera que la trajectoire est une orbite fermée
uniquement lorsque α=1 c’est à dire pour le potentiel de Newton.

30
3.4. Équation de Kepler

3.4 Équation de Kepler


L’équation de l’ellipse nous donne la distance r en fonction de l’angle, mais pas
le temps écoulé depuis le passage au péricentre. Le temps peut s’obtenir à l’aide de
l’équation dite de Kepler, Pour parvenir a cette équation, On commence par définir
l’anomalie excentrique notée E (A ne pas confondre avec l’énergie totale), définie par la
relation r
E 1−e ϕ
tan = tan (3.20)
2 1+e 2
Ensuite, le temps τ depuis le passage au péricentre (ϕ = 0) est déterminé par la
solution de l’équation transcendante suivante :
T
τ= (E − e sin E) (3.21)

où T est la période de l’orbite. Remarquons que quand ϕ fait un tour complet (de 0 à
2π), E fait de même (mais à un rythme différent) et donc τ change par T. L’angle ϕ est
appelé anomalie vraie et l’angle 2πt/T, qui croît linéairement avec le temps, est appelé
anomalie moyenne. Dans une orbite circulaire, les trois anomalies se confondent, mais
elles sont toutes les trois différentes dans une orbite elliptique.

3.5 Élément d’une Orbite


Pour spécifier complètement une orbite dans l’espace, il faut donner non seulement
les paramètres a et e, mais aussi le plan de l’orbite et l’orientation de l’ellipse dans ce
plan. La Figure 3.2 illustre les paramètres couramment utilisés à cette fin. L’inclinaison

F IGURE 3.2 – Description d’une orbite elliptique dans l’espace.

i de l’orbite est l’angle entre le plan de l’orbite et le plan équatorial (le plan de l’orbite
terrestre (écliptique) dans le cas d’une planète ou le plan de l’équateur terrestre dans le
cas d’un satellite artificiel de la Terre).

31
3.5. Élément d’une Orbite

La ligne des nœuds est l’intersection de ces deux plans. La longitude du nœud
ascendant Ω est l’angle entre une direction de référence sur le plan équatorial (le point
vernal) et la ligne des nœuds, plus précisément le point où l’orbite traverse le plan
équatorial vers le haut. L’angle ω entre la ligne des nœuds et le péricentre (ou péricentre)
de l’orbite est appelé argument du péricentre. L’angle ϕ entre la position réelle de l’objet
et le rayon vecteur du péricentre est l’anomalie vraie. Il faut aussi spécifier le moment
précis τ où l’objet est passé au péricentre. L’ensemble des six quantités i, Ω, ω, a, e, τ,
sont ce qu’on appelle les éléments de l’orbite elliptique et permettent en principe de
trouver la position précise d’un objet (planète, astéroïde, satellite, etc.) dans l’espace,
à tout instant. Cependant, gardons à l’esprit que les éléments d’une orbite réelle ne
sont pas constants, en raison des perturbations causées par les autres planètes ou par
d’autres objets. Ainsi, certains éléments, en particulier ω et Ω, ont des variations lentes
et progressives dites séculaires.

Objet m(1024 kg) a(106 km) T(jours) e i(degrés)


Lune 0.07349 0.3844 27.322 0.0549 5.145
Mercure 0.3302 57.9 87.969 0.2056 7.00
Venus 4.869 108.2 224.701 0.0068 3.4
Terre 5.9736 149.6 365.256 0.0167 0
Mars 0.6419 227.9 686.98 0.0934 1.85
Jupiter 1898.6 778.3 4332.589 0.0484 1.305
Saturne 568.46 1427.0 10759.22 0.05565 2.489
Uranus 86.83 2869.6 30685.4 0.04724 773
Neptune 102.43 4496.6 60189 0.00858 1.773
Comète de Halley - 17.94 ua 76.1 ans 0.967 162.2
Comète de Kohoutek - 1.571 ua 6.24 ans 0.537 5.4

TABLE 3.1 – Paramètres orbitaux de quelques objets du système solaire définis par les
variables m la masse de l’objet ; a le demi grand axe ; T la période de l’orbite ; e l’excentricité
et i l’inclinaison du plan de l’orbite par rapport au plan de l’orbite terrestre.

L’étude de ces variations est l’objet principal de la mécanique céleste et permet non
seulement de contrôler les vols spatiaux, mais d’étudier les causes physiques de ces
variations, par exemple les corrections apportées par la relativité générale à l’orbite de
Mercure, ou l’effet de la forme aplatie de la Terre sur l’orbite des satellites artificiels. Le
tableau 3.1 énumère quelques paramètres orbitaux d’objets du système solaire.

32
CHAPITRE 4

Étude Pour Quelques Formes De Potentiel

Dans ce chapitre, nous allons considérer une masse qui se déplace en une seule
dimension, décrite par la seule coordonnée radiale r. Le champ de force est alors une
simple fonction F(r) et la force pointe vers la droite si F > 0 et vers la gauche si F < 0. Le
potentiel de cette force est une fonction V(r)ajouter que V(r) qui désigne en réalité le
potentiel effectif introduit plus dans le chapitre précédent et dont la dérivée est ainsi
reliée à la force :
dV
F(r) = −
dr
On dit que le point r0 est un point d’équilibre si la force est nulle à cet endroit : F(r0 )=0 ;
autrement dit, si la dérivée du potentiel s’annule à r0 . On qualifie l’équilibre de stable
si, lorsqu’on déplace la masse légèrement de r0 , la force tend à la faire revenir vers r0 .
Cette condition est remplie si la dérivée de la force est négative au point r0 . En effet, en
effectuant un développement de Taylor de F(r) autour du point r0 , on trouve

F(r) = F(r0 ) + (r − r0 )F0 (r0 ) + · · · (4.1)


• Dans l’hypothèse que F(r0 ) = 0 et F0 (r0 ) < 0,

Négative si r > r0 et


La force est : 
Positive si r < r0

• Dans le cas contraire, si F(r0 ) > 0, la force a tendance à éloigner la masse de r0 si


cette dernière en est légèrement déplacée : l’équilibre est qualifié d’instable.

En fonction du potentiel V, un point d’équilibre stable r0 correspond aux conditions


V (r0 ) = 0 et V 00 (r0 ) > 0, alors qu’un point d’équilibre instable correspond aux conditions
0

V 0 (r0 ) = 0 et V 00 (r0 ) < 0 .


Le développement de Taylor de l’énergie potentielle V(r) autour d’un point d’équilibre r0
s’écrit

1
V(r) = V(r0 ) + V 0 (r0 )(r − r0 ) + V 00 (r0 )(r − r0 )2 + · · · (4.2)
2

33
Si r − r0 reste petit, c’est-à-dire si la masse ne s’éloigne pas beaucoup du point d’équilibre,
alors on peut tronquer la série de Taylor au terme quadratique sans faire une trop grande
erreur. L’énergie potentielle revêt alors la forme d’une parabole. Si l’équilibre est stable,
le potentiel a alors la même forme que pour une masse liée à un ressort obéissant à la loi
de Hooke, avec une constante de force k = V 00 (r0 ).
La par courbe du potentiel effectif en dessous de E (Fig.3.1) est alors approximée par la
Parabole
1
Ve (r) ≈ V0 + k(r − r0 )2 (4.3)
2
Nous pouvons résoudre une équation quadratique en r pour avoir
 r
r = r + 2(E − V0 )


 max 0
k




(4.4)


 r

2(E − V0 )


rmin = r0 −



k
Ce sont deux valeurs extrême définissant les deux intersections de la parabole avec le
niveau d’énergie E > V0
En introduisant le deux valeurs de l’équation 4.4 dans 3.14, l’équation de mouvement se
réécrit sous la forme √
mk dr
dϕ = p (4.5)
L r2 (r − rmin )(rmax − r)
De manière à intégrer l’équation différentielle pour ϕ, on fera le changement de variable
1
x=
r

mk dx
dϕ = − p
L (1 − rmin x)(rmax x − 1)
1 rmin + rmax − 2rmin rmax x − (rmin + rmax )
=
2rmin rmax
p
−rmin rmax x2 + (rmin + rmax )x − 1

En intégrant on obtient
√ p
(1 − rmin x)(rmax )x − 1 (2rmin rmax )−1 (rmin + rmax )dx
Z
mk
(ϕ − ϕ0 ) = −
L rmin rmax
s
(rmax − rmin )2 rmin + rmax 2
 
− rmin rmax x −
4rmin rmax 2rmin rmax
p
(1 − rmin x)(rmax )x − 1 rmin + rmax 2rmin rmax rmin + rmax
  
= + arccos x −
rmin rmax 2(rmin rmax )3/2 rmax − rmin 2rmin rmax
s
rmax − rmin 2rmin rmax rmin + rmax 2
  
= 1 − x −
2(rmin rmax )3/2 rmax − rmin 2rmin rmax
rmin + rmax 2rmin rmax rmin + rmax
  
+ arccos x−
2(rmin rmax )3/2 rmax − rmin 2rmin rmax

34
1
4.1. Étude Pour Le Cas Du Potentiel V(r) ∝

p
2rmin rmax rmax − rmin 1

On posera p = , e= et ψ = arccos x−
rmax + rmin rmax + rmin e p
Dans ces notations, s
L2 1 e
 
ϕ = ϕ0 + ψ + sin ψ (4.6)
mkrmin rmax p p
et alors
p
r= (4.7)
1 + e cos ψ
C’est l’équation polaire d’une ellipse centré sur un des foyers, dont e est l’excentricité
et p est le rayon de courbure de l’ellipse à son point le plus proche du foyer choisi comme
origine. De manière à déterminer la trajectoire de la masse m sous la forme r = r(ϕ),il
reste à inverser l’équation de manière à exprimer ψ en fonction de ϕ. Avant d’étudier
cette question, il est d’abord utile de caractériser l’ellipse par ses deux demi-axes :
p rmin + rmax
– Le grand axe a = 2
= = r0
1−e 2
√ √
– Le petit axe b = ap = rmin rmax

1
4.1 Étude Pour Le Cas Du Potentiel V(r) ∝

K
Pour le cas du potentiel V(r) = − , L’expression du potentiel effectif de l’équation

3.10 prend la forme
K L2
Ve f f. (r) = −
+
rα 2mr2
dVe αK L2
? r0 étant la racine de = 0 −→ α+2 = ,
dr r0 mr40
 2 
dV L2 3L2
? La constante de Force k = = −(α + 1) +
dr2 r0 mr40 mr40
Donc
(2 − α)L2
k=
mr40

On en déduit directement
r20 1
ϕ − ϕ0 = p (ψ + e sin ψ)
(2 − α)rmin rmax p
(rmin + rmax )3
= √ (ψ + e sin ψ)
8 2 − α(rmin rmax )3/2
1 rmin + rmax 3
 
=√ √ (ψ + e sin ψ)
2 − α 2 rmin rmax
1
=√ (ψ + e sin ψ)
2 − α(1 − e2 )3/2

35
4.2. Étude Pour Le Cas Du Potentiel Logarithmique

En inversant cette équation On arrive à



ψ + e sin ψ = 2 − α(1 − e2 )3/2 (ϕ − ϕ0 ) (4.8)

Pour être en accord avec l’hypothèse que le niveau d’énergie est proche du minimum de la
courbe Ve f f (r), la trajectoire doit être proche d’un cercle, ce qui impose que l’excentricité
e soit un nombre petit. On néglige donc le terme e2 devant 1 et on aura à résoudre une
équation de type équation de Kepler

ψ + e sin ψ = 2 − α(ϕ − ϕ0 ) (4.9)

F IGURE 4.1 – Orbite suivie lorsque l’angle polaire varie de 0 à 5 fois 2π. Le point de départ
(ϕ = 0) est la position indiquée par triangle noir. La courbe rouge est la trajectoire suivie
pour ϕ variant de 0 à 2π. Elle se prolonge par la courbe noire. Le petit cercle indique la
position pour ϕ = 10π.

4.2 Étude Pour Le Cas Du Potentiel Logarithmique


Un potentiel de type logarithme est intéressant à considérer car il correspond à une
force en 1/r pour laquelle la vitesse de l’orbite circulaire ne dépend pas du rayon de
celle-ci. Pour le potentiel de type logarithmique V(r) = K ln r, le potentiel effectif est
donné par

L2
Ve f f. (r) = K ln r +
2mr2

36
4.3. Discussion

L 2L2
ce qui implique que r0 = √ et la constante de force k =
Km mr40
En appliquant le même raisonnement comme dans la section précédente, on peut calculer
aisément

1
ϕ − ϕ0 = √ (ψ + e sin ψ)
2(1 − e2 )3/2

Remarques 4.2.1 Ce résultat correspond exactement à l’équation (4.8) lorsque α est posé
égal à 0. Ce n’est pas étonnant vu que le paramètre k pour le potentiel logarithmique est le
même que le paramètre k du potentiel en 1/rα lorsque α = 0.

F IGURE 4.2 – Orbite suivie lorsque l’angle polaire varie de 0 à 5 fois 2π dans le cas où
l’on pose α = 0 (potentiel logarithmique). Voir légende de la figure 4.1 pour les détails.

4.3 Discussion
Lorsque α = 1 (potentiel de Newton), chaque fois que ψ augmente de 2π, ϕ augmente
également de 2π. La trajectoire est fermée et la courbe r(ϕ) est une ellipse légèrement
déformée du fait que ϕ ne s’identifie pas rigoureusement a ψ. Le légère déviation par rapport
à la lois de Kepler vient de l’approximation parabolique du potentiel effectif Ve (r)

Pour chaque cas, lorsque α , 1, lorsque ψ augmente de 2π, r reprend la valeur corres-

pondant à ψ = 0 mais ϕ a augmenté de √ qui peut être inférieur à 2π si α < 1 ou
2−α
supérieur à 2π si α > 1.
La trajectoire ne se referme pas après une boucle et est en générale une orbite ouverte
Une trajectoire fermée peut exister pour un potentiel central V(r) différent du potentiel de

37
4.3. Discussion

Newton, C’est le cas d’une trajectoire circulaire pour laquelle r = cste . Ceci se réalise lorsque le
L2
niveau d’énergie E est le minimum de la courbe V(r) + , Ce minimum se produit lorsque
2mr2
2
dV L
= qui correspond à l’égalité entre la valeur absolue de la force gravitationnelle et
dr mr3
de la force centrifuge.
On sait en effet que
L = mr2 ϕ̇ = mrv
où v = rϕ̇ est la vitesse tangentielle. Si r est constant, ϕ̇ est v sont constants. On trouve
ainsi

dV
r = mv2 (4.10)
dr
Si le potentiel de Newton est corrigé à grande distance, cette formule permet de calculer
la vitesse orbitale,
q mais ne sera valable que pour les orbites circulaires. Pour le potentiel
de Newton, v = GM r
où G est la constante de gravitation et M la masse de l’astre central.
Une façon d’obtenir une vitesse orbitale constante à grande distance est de supposer que
dV(r) 1
soit ∝ asymptotiquement. Comme indiqué plus haut, ceci est possible si V(r)
dr r
est asymptotiquement du type logarithmique, d’où l’intérêt de l’étude consacrée à ce cas
particulier qui correspond à une densité de matière exprimée par
M
ρ(r) = (4.11)
4πr

38
Conclusion

Les amas de Galaxie sont des structures ayant une dynamique très complexe ; Une étude
sur la dispersion de vitesse des galaxies que renferme l’un de ces derniers a donnée un résultat
montrant que les vitesses de celles-ci étaient beaucoup trop élevées que ce qu’implique la
gravité de la matière visible. Cela s’explique soit par l’éxistance d’une quantité de masse
supplémentaire, ou soit c’est la loi de Newton qui devait être revue à grande distance.
Dans le cadre de ce travail, nous avons considéré deux formes de potentiel non Newtonien.
Les deux formes de potentiels étudiés ne correspondent pas à ce que l’on observe dans le
système solaire, car ils donnent lieu à des orbites ouvertes non observées expérimentalement.
Ces modèles sont supposer s’appliquer à grande distance, notamment dans les galaxies et
dans les amas de galaxies.
Les calculs ont pu être effectués analytiquement pour des trajectoires de l’astre en orbite
pour lesquelles la distance à l’origine r varie peu. Dans ces conditions, l’énergie totale de
l’astre est proche du minimum du potentiel effectif. Celui-ci peut alors être approximé par
une parabole. Nous avons montré que la trajectoire dépend alors de deux angles, ψ et ϕ.
L’orbite est une ellipse en fonction de ψ et ψ est relié à l’angle azimutal (appelé anomalie
vraie en mécanique céleste) ϕ par une équation de Kepler. Dans le cas générique du potentiel
en 1/rα , la solution de l’équation de Kepler n’est pas une fonction périodique de ϕ sauf dans
le cas du potentiel newtonien, α = 1. Excepté ce cas particulier, l’orbite ne se ferme pas. Plus
intéressant dans le cadre de la matière noire est le potentiel en logarithme de r associé à
une force centrale proportionnelle à 1/r. Nous avons montré que La parabole qui approxime
le potentiel effectif correspond au cas limite α → 0. La trajectoire de l’astre en orbite ne se
ferme pas, mais est constitué d’une infinité de boucles qui se décalent tour après tour.

Rappelons qu’une force centrale qui tendrait vers un terme en 1/r à grande distance
permettrait d’avoir une explication sur le plateau observé par les astrophysiciens sur la courbe
de rotation des galaxies loin du centre, sans tenir compte de l’hypothèse de l’existence d’une
matière supplémentaire. Comment le caractère fermé ou ouvert des trajectoires stellaires
pourrait influencer la structure des galaxies est une question intéressante qui déborde du
cadre de ce mémoire. Notons que rien ne justifie a priori de modifier la force de gravitation
de Newton. Au stade actuel des connaissances, la raison pour laquelle il faudrait modifier la
force de gravitation en 1/r2 est tout aussi mystérieuse que l’origine de la matière noire qui
permet de préserver la forme analytique de la force en ajoutant de la masse gravitationnelle
invisible.

39
Bibliographie

[1] George Smoot, Les rides du temps, Flammarion, Champs, 183 (1996).
[2] M. Charles, Étude de la Rotation des Galaxies en Rapport avec La matière Noire,
ISP/Bukavu, 2021
[3] Stéphane Fay, Matière noire, Ciel & Espace, N˚449, 39, 16, Octobre (2007).
[4] Stéphane Fay, La matière noire hors des sentiers battus, Ciel & Espace, N˚446, 26,
Juillet (2007).
[5] David Fossé, Matière noire : la piste des particules cosmiques, Ciel & Espace, N˚469,
28, Juin (2009)
[6] Jonathan Freundlich, Formation des Galaxies,Projet bibliographique effectué en 2007
sous la direction de Gary Mamon, Institut d’Astrophysique de Paris
[7] Richard Taillet, Matière noire et rayons cosmiques galactiques. Cosmologie et astro-
physique extragalactique [[Link]], Université de Savoie, 2010
[8] Milgrom, M., A modification of the Newtonian dynamics - Implications for galaxies,
ApJ, 270, 371 (1983).
[9] M. Milgrom, “A modification of the newtonian dynamics as a possible alternative
to the hidden mass hypothesis,” The Astrophysical Journal, 1983. [Online] : http:
//[Link]/doi/10.1086/161130
[10] Mordehai Milgrom, “Mond theory,” Canadian Journal of Physics, 2015. [Online] :
[Link]
[11] J. D. Bekenstein, “Relativistic gravitation theory for the modified newtonian dynamics
paradigm,” Physical Review D, 2004. [Online]. Available : [Link]
doi/10.1103/PhysRevD.70.083509
[12] A. Danjon : Astronomie générale, réédition Blanchard, Paris, 1980
[13] J. Kovalevsky : Introduction à la Mécanique Céleste, Armand Colin, 1963
[14] H. Poincaré, LES MÉTHODES NOUVELLES DE LA MÉCANIQUE CÉLESTE,
[15] Patrick Iglesias : Symétries et moment, Hermann, 2000

40

Vous aimerez peut-être aussi