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FAÇON DE PARLER

Façon de parler: les mots de la drague


Publié le : 22/11/2023 - 14:01

Transcription :

Façon de parler

Pourquoi attendre la Saint-Valentin pour parler d'amour


? C'est vrai, je suis un peu fleur bleue, mais dans le
fond, il n'y a que ça qui compte, non ? Direction
Abidjan, donc, où j'ai rencontré cinq jeunes du continent
pour parler de l'amour, le vrai, le grand, mais pas que.
Du Sénégal au Tchad, en passant par la Côte d'Ivoire et
le Congo, quels sont les mots pour qualifier celui ou
celle qui les fait vibrer ? Dans façon de parler
aujourd'hui, Vital, Ado, Arona, Zahra et aussi Myriam
m'ouvrent leur cœur. Alors, fan ou pas fan ?

« Je suis fan, je suis pas amoureux »


Comment est-ce qu'on parle de la drague en Côte
d'Ivoire ?

Ici, à Abidjan, dans le jargon nouchi, on dit : breaker, je


vais te breaker. [Vital] Pour ma génération et mon
entourage, on disait juste draguer, proposer.

Donc, à 30 ans, on propose une fille ? On propose à


une fille ? Comment on dit ?

On propose une fille. Je vais proposer Myriam ou la


Craquette, là.

Alors la Craquette, c'est le surnom que vous avez


donné à Zahra qui est une jolie jeune femme.

C'est elle-même qui s'est donné ce nom.

C'est quoi Craquette alors ?

Ça fait craquer !
Tu fais craquer les hommes ?

Oui, c'est ça.

Alors, comment on dit au Tchad quand on drague, alors


?

Je vais caler cette fille.

Caler. [Oui, on cale] Et on cale aussi un garçon ?

C'est rare quand même. On cale les garçons avec les


gestes chez nous.

Ça se dit pas.

Ouais, ça se dit pas.

Et au Sénégal alors, comment on dit Arona ?

[Doxaan] ou bien, pour les jeunes, ils disent : [dinaa ko


jël], je vais la prendre.
Alors ça, tu me le dis en wolof, mais comme on dit en
français ?

Je vais la draguer. [Dinaa ko jël], je vais la prendre,


comme si c'était une propriété privée.

C'est plus radical.

À Abidjan aussi... [Ado] Dans toute la Côte d'Ivoire.


Quand on veut aussi d'une fille, on dit : je veux la gérer.
C'est un peu comme... tu veux de cette fille en fait.

La gérer, c'est quand même un petit peu directif.

Il y a des similitudes. Alors donc, au Sénégal


également, on dit par exemple cette fille-là, c'est moi qui
la gère.

Au Congo, quand tu dis que tu « gères une fille », donc


cela, tu en profites seulement et tu laisses tomber. Tu
vois, tu es juste là pour profiter.
C'est l'histoire d'un soir.

Ouais, c'est ça.

Au Sénégal, c'est que vous êtes ensemble.

On la gère au quotidien, quoi.

Au quotidien et ça peut découler sur le mariage


également.

Et comment on différencie, par exemple, la femme ou


l'homme de sa vie d'une petite amourette ? Myriam.

Ouais, à Kinshasa par exemple, avec les jeunes, cette


génération, pour dire si la femme de sa vie, on dit, c'est
ma muse.

La muse, c'est aussi la source d'inspiration.

Exactement. Et quand c'est juste pour le coup d'un soir,


souvent, on dit momie. Momie comme le terme cadavre
avec...

Comme la momie des Égyptiens.

Voilà. [Mwânà-moninga] Donc, c'est ma petite amie.


C'est comme pour dire petit ami, mais c'est vraiment
passager quoi. Demain ou après-demain...

Elle sera morte.

Une histoire ancienne. Voilà, exactement.

Au Sénégal, une fille dira à son petit ami : [mot en


wolof], c'est ma propriété.

Décidément, tout est une question de propriété au


Sénégal.

[...] C'est ma propriété...

On gère et on est propriétaire.


Et ça, ça a été rendu célèbre grâce à un téléfilm « Pod
et Marichou ».

Au Tchad, quand c'est la femme de ta vie, on dit c'est


mon touche cœur. Ça, on la touche pas, c'est mon
touche cœur. Mais quand c'est une copine pour une
soirée, on dit c'est une passe-temps.

À Kinshasa, il y a un autre terme pour désigner la


femme, la maman de la maison, on dit grand prêtre et
mère. Quand on entend grand prêtre et mère, donc
c'est la dame, son épouse...

C'est celle qui dirige.

C'est celle qui dirige, donc celle qui est aux


commandes. Grand prêtre et mère. Là, on comprend
que je peux avoir des amourettes quelque part, mais
celle-là, ben respect quoi !

Et comment on dit en Côte d'Ivoire, alors ?


Ma douce colombe.

La femme de sa vie, c'est la douce colombe. C'est


drôlement joli.

Ah oui, ma douce colombe, parce que le président


ivoirien actuel, Alassane Ouattara, est marié à
Dominique Ouattara qui est une blanche, et on fait aussi
référence à la beauté de la Première dame. On la
traduit aussi à nos femmes pour leur dire aussi qu'elles
sont douces et elles sont belles, voilà.

Il y a la polygamie au Tchad. On désigne le terme


comme celle-ci c'est ma miel, c'est mon premier bureau,
celle-ci c'est la deuxième place. Ça dépend de ce que
la femme donne.

Donc premier bureau pour dire que c'est la première


maîtresse, la première femme.
Voilà, et quand il dit c'est ma miel, ça veut dire que c'est
la plus aimée.

Ma miel, comme le miel ?

Oui, le miel.

On parle polygamie. Dans le contexte sénégalais, la


première femme, souvent on dit [mot en wolof]. C'est-à-
dire la première femme, la reine de la maison. Et pour la
deuxième, on dit [ñaareelu], deuxième, [mot en wolof]
c'est l'ami de son mari.

La reine de la maison, ça rejoint un petit peu l'idée de


Myriam.

Grand prêtre et mère, exactement.

J'allais compléter mes prédécesseurs. Moi,


personnellement, pour ma femme, celle que je respecte
quand même, je l'appelle mon amour, tu vois.
Un classique qui fonctionne toujours.

Oui, cela me va bien.

Bon et bien merci à tous d'avoir participé.

Au revoir.

À la drague.

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