Programme Chimie MP 2024
Programme Chimie MP 2024
A. Formation expérimentale
1. Objectifs de la formation expérimentale………………….………………………………………………………………………...5
2. Organisation de la formation expérimentale………………….…………………………………...……………………………….6
2.1. Mesures et incertitudes………………….………………………………………………………………………………..…..………………..6
2.2. Prévention du risque au laboratoire de chimie………………….…………………………………………………..….………………..7
2.3. Thèmes de travaux pratiques et objectifs………………….……………………………………………..……………..………………...8
2.4. Compte rendu………………….……………………….…………………………………………………….…………………….……………9
B. Contenus thématiques
1. Thermodynamique des systèmes chimiques………………….……………………………………………………………….....10
1.1. Grandeurs de réaction ………………….…………………………………………………………………………………..…..……...11
1.2. Équilibres chimiques en systèmes fermés………………….………………………………………………………………….….11
1.3. Optimisation thermodynamique d’un procédé chimique ………………….……………………………………………….…12
Annexes
1. Liste de matériel de chimie………………….………………………………………………………………………………………..15
2. Outils mathématiques pour la chimie………………….………………………………………………………………….………..15
3. Outils numériques pour la chimie………………….………………………………………………………………………………..16
Préambule
1. Objectifs de formation en chimie
La révision du programme de chimie de la classe de 2ème année MP fait suite à celle de la classe de première
année. Elle vise à mettre l’accent sur les particularités des méthodes et démarches de cette science, en insistant
particulièrement sur la pratique expérimentale et l'activité de modélisation. Le programme réserve une place importante
aux concepts dans une perspective concrète et contextualisée. Le but est de donner aux élèves, futurs ingénieurs,
chercheurs ou enseignants, une vision attrayante de la chimie, avec une bonne compréhension des phénomènes étudiés.
Ce programme de chimie ambitionne de faire percevoir aux élèves la portée unificatrice et universelle des lois et
concepts de la chimie. Il aspire aussi à leur faire sentir les spécificités de la démarche de modélisation visant à établir un
lien entre le « monde des faits » et le « monde des modèles ». Cependant, la mise en équation et la résolution
mathématique des situations ne doivent pas prendre le dessus sur la compréhension des phénomènes chimiques. Un
autre point fort de la chimie, qu’il est bon de souligner, est sa connexion intime avec les autres disciplines scientifiques
comme par exemples la physique et la biologie. Il convient que les problématiques abordées, les illustrations et les
applications prennent largement appui sur des transformations chimiques rencontrées dans la vie courante, au
laboratoire, en milieu industriel ou dans le monde du vivant.
Ce programme attache une grande importance à l’instauration d’une continuité suffisante entre le programme
de chimie des classes préparatoires et ceux des classes antérieures. D’un autre côté le programme est bâti de sorte que
les connaissances et les savoir-faire des élèves soient compatibles avec la suite de leur formation dans le système des
écoles d’ingénieurs ou le cas échéant dans l’enseignement universitaire. D’ailleurs un soin particulier a été accordé aux
passerelles entre l’enseignement universitaire et le système des classes préparatoires.
L’accent sera mis sur la démarche scientifique, fondée sur des savoirs théoriques et des savoir-faire pratiques.
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L’approche expérimentale est censée développer chez l’élève des qualités inhérentes à toute science expérimentale,
comme l’observation, la rigueur, la créativité, l’esprit d’initiative, et le sens critique. Dans ce sens, l’enseignement de la
chimie est renforcé par une réhabilitation de la formation expérimentale des élèves à travers les travaux pratiques (TP)
et les expériences de cours. Cette mesure vise à renforcer le côté expérimental chez l’élève et à le familiariser, le plus
possible, avec les méthodes et le matériel utilisés en chimie.
L’enseignement de la chimie est enrichi par l’introduction d’activités numériques qui permettront d’aborder de
nombreux champs de la discipline. Cette introduction prend en compte la place nouvelle des sciences numériques dans
la formation des scientifiques notamment dans le domaine de la simulation. Dans cet esprit, la prise en compte de
capacités de codage en langage Python dans la formation des élèves de 2ème année MP inclue l’utilisation de fonctions
extraites de diverses bibliothèques. Elle vise à une meilleure appréhension des principes mis en œuvre par les différents
logiciels de traitement des données dont l’utilisation est par ailleurs toujours recommandée. Elle a aussi pour objectif de
mobiliser ces capacités dans un contexte concret, celui de la chimie. Cette formation par le codage permet également de
développer des savoir-faire utiles à la chimie comme le raisonnement, la logique ou la décomposition d’un problème
complexe en étapes plus simples. Ces activités offrent aux élèves la possibilité :
- d’effectuer une modélisation avancée du monde réel permettant de le décrire plus finement ;
- de réaliser un programme complet structuré allant de la prise en compte de données expérimentales à la
mise en forme des résultats permettant de résoudre un problème scientifique donné ;
- d’étudier l'effet d'une variation des paramètres sur le temps de calcul, sur la précision des résultats et sur la
forme des solutions pour des programmes d'ingénierie numérique choisis ;
- d’utiliser les fonctions de l'environnement logiciel pour résoudre un problème scientifique mis en équation
lors des enseignements de chimie ;
- d’utiliser les fonctions de l'environnement logiciel pour afficher les résultats sous forme graphique ;
- de tenir compte des aspects pratiques comme l'impact des erreurs d'arrondi sur les résultats, le temps de
calcul ou le stockage en mémoire.
Pour certains thèmes, les activités numériques à développer sont explicitement signalées en caractères gras
italiques dans la colonne des commentaires du tableau des contenus thématiques. Deux activités numériques sont
associées au thème « Mesures et incertitudes ». Elles définissent des savoir-faire numériques exigibles. Une simulation
informatique en langage Python est requise. Dans ce cas, le professeur mettra à la disposition de ces élèves, un exemple
de programme informatique écrit dans ce langage de programmation familier à l’élève en cours d’informatique. Les
outils numériques développés pourront être largement appliqués lors des différentes activités d’enseignement et
particulièrement lors des évaluations écrites et orales réalisées en classe.
Avec un code préalablement écrit, le professeur et l’élève pourront mettre en œuvre les outils numériques :
- avant une activité pour la préparer : estimer une incertitude, ajuster des valeurs expérimentales, comparer
des prévisions théoriques et des observations expérimentales, prolonger informatiquement l’expérience,
préparer un exercice et réaliser une illustration (calcul, courbe, animation, …) ;
- pendant l’activité : faire un exercice, présenter une illustration … ;
- après l’activité : rédiger un compte-rendu.
En plus des activités exigibles, on pourra utiliser l’outil informatique à chaque fois que celui-ci est susceptible
d’apporter un gain de temps ou une meilleure illustration des enseignements. C’est ainsi qu’on pourra faire appel, selon
les circonstances, à des logiciels de calcul formel et de représentation graphique, ou à des banques de données.
L’esprit de la démarche scientifique adoptée dans l’exécution du programme de chimie, empreinte de rigueur
et de sens critique permanent, doit permettre à l’élève, sur toute question du programme :
- de communiquer l’essentiel des résultats sous forme claire et concise, tant à l’oral qu’à l’écrit ;
- d’en analyser le caractère de pertinence : modèle utilisé, limites du modèle, influence des paramètres,
homogénéité des formules, symétries, interprétation des cas limites, ordres de grandeur et précision ;
- d’en rechercher l’impact pratique ;
- de devenir graduellement acteur de sa formation, qu’il comprenne mieux l’impact de la science et que, plus
assuré dans ses connaissances, il soit préparé à poursuivre son cursus d’études dans les grandes écoles.
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- privilégier la mise en activité des élèves en évitant tout dogmatisme ;
- adopter une progressivité dans la difficulté des exercices de travaux dirigés permettant ainsi aux élèves
l’assimilation, l’entraînement et l’approfondissement ;
- permettre et encadrer l'expression par les élèves de leurs conceptions initiales ;
- valoriser l’approche expérimentale ;
- contextualiser les apprentissages pour leur donner du sens ;
- procéder régulièrement à des synthèses pour expliciter et structurer les savoirs et savoir-faire, et les
appliquer dans des contextes différents ;
- tisser des liens aussi bien entre les notions du programme qu’avec les autres enseignements, notamment les
mathématiques et l’informatique, communs à tous les élèves de la filière MP ;
- favoriser l'acquisition d'automatismes et développer l'autonomie et l’initiative des élèves en proposant des
temps de travail individuel ou en groupe.
Rappelons que la filière MP s'adresse aux élèves intéressés par une approche théorique des sciences
fondamentales et qui désirent comprendre le fonctionnement des différents objets par l’approche expérimentale. Cette
filière est conçue de manière à développer conjointement l’intuition, l’imagination, le raisonnement et la rigueur, sans
oublier l’approche des sciences fondamentales basées sur l'expérimentation et la modélisation. Il va de soi que les
spécificités de cette filière doivent se retrouver dans le contenu des deux approches, théorique et expérimentale, ainsi
que dans l’évaluation et le contrôle des connaissances. Les pratiques d’évaluation doivent respecter l’esprit des objectifs
fixés : tester l’aptitude de l’élève moins à résoudre les équations qu’à les poser, puis à analyser les résultats, tant dans
leur caractère théorique que pratique.
Dans la première partie, sont décrits l’organisation de la formation expérimentale et les objectifs de cette
formation que les élèves doivent développer et acquérir à la fin de l’année scolaire. La mise en œuvre de la formation
expérimentale doit s’appuyer sur des problématiques concrètes et clairement identifiées. Elles doivent être
programmées par l’enseignant de façon à assurer un apprentissage progressif de l’ensemble des connaissances et des
savoir-faire attendus.
La seconde partie, intitulée « Contenus thématiques », est structurée autour de quatre thèmes. Elle met en
valeur les éléments clefs constituant l’ensemble des savoirs et des savoir-faire dont l’assimilation par les élèves est
requise. Il est recommandé d’aborder les items de cette partie qui se prêtent à l’exercice, par une approche
expérimentale démonstrative ou par une simulation numérique. L’expérience de cours démonstrative menée par
l’enseignant pendant le cours éveillerait la curiosité des élèves et susciterait un questionnement actif et collectif, ce qui
permettrait de faire évoluer la réflexion théorique et la modélisation. Le choix des thèmes des expériences de cours
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relève de l’initiative pédagogique et de la responsabilité du professeur.
Pour faciliter la progressivité des acquisitions, pour tenir compte des contraintes liées à la formation
expérimentale et afin d’avoir une vision globale à l’échelle nationale, il est impératif de suivre la progression des quatre
thèmes de cette partie dans l’ordre suivant :
L’ordre d’exposition, dans chaque thème, relève bien sûr de la liberté pédagogique du professeur, cependant, il
devra faciliter la progressivité des acquisitions.
A. Formation expérimentale
La chimie, à l’instar de toutes les sciences, est un entrelacement subtil de modèles théoriques et de validations
expérimentales. Les travaux dirigés permettent aux élèves de s'entraîner et de mieux s'approprier les concepts et
techniques enseignés. Les travaux pratiques leur apportent quant à eux une compréhension plus concrète des
phénomènes naturels et technologiques étudiés et développent leurs savoirs et savoir-faire expérimentaux. Ils
permettent ainsi de tisser un lien étroit entre le réel et sa représentation et constituent pour les élèves un moyen
d'appropriation de techniques, de méthodes, mais aussi des notions et des concepts.
D’un autre côté, l’activité expérimentale part d’un questionnement inscrit dans un cadre de réflexion théorique
et conduit l'élève à analyser la tâche qui lui est demandée, à s'approprier la problématique attachée, à envisager un
protocole comportant des expériences, puis à le réaliser. L’élève est alors invité à porter un jugement critique sur la
pertinence des résultats obtenus, ce qui permet de conclure quant à la validité des hypothèses formulées. Une séance de
travaux pratiques doit comporter non seulement la manipulation proprement dite, mais aussi des temps de réflexion, de
construction intellectuelle et d’échanges avec le professeur. C’est pourquoi ce dernier choisit les sujets d’étude plus en
raison de leurs qualités formatrices que des phénomènes particuliers qui en constituent le support.
- de la pratique expérimentale (travaux pratiques et expériences de cours) comme caractéristique des sciences
physiques ;
- de l’acquisition des connaissances scientifiques et techniques de base (ordres de grandeur, schémas
d’explication qualitative, modélisation, information sur le monde technique et les connaissances
fondamentales en chimie y compris les plus récentes) ;
- de l’entraînement à la manipulation, à l’observation, à la réalisation et à la représentation d’objets et de
phénomènes ;
- de l'entraînement aux modes de raisonnement des sciences physiques, en essayant de présenter aux élèves
l’interaction dialectique entre théorie et expériences.
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- à concevoir progressivement leurs propres protocoles expérimentaux afin de mettre en œuvre une démarche
leur permettant de réaliser les TP ; puis, plus tard, s’approprier les concepts de la démarche scientifique
durables et indispensables à tous les futurs ingénieurs, chercheurs ou enseignants.
La formation expérimentale des élèves est réalisée à travers deux composantes : les expériences de cours et les
travaux pratiques. Ces deux composantes, complémentaires, ne répondent pas tout à fait aux mêmes objectifs :
- les expériences de cours démonstratives menées par l’enseignant pendant le cours suscitent un
questionnement actif et collectif autour d’une expérience bien choisie permettant de faire évoluer la
réflexion théorique et la modélisation, d’aboutir à des lois simplificatrices et unificatrices, de dégager des
concepts transversaux entre différents domaines de la chimie, de montrer aux élèves que « la théorie et
l’expérience sont indissociablement liées » et enfin de mieux se situer par rapport aux objectifs de la leçon.
Le choix des thèmes des expériences de cours relève de l’initiative pédagogique et de la responsabilité du
professeur.
- les travaux pratiques permettent, dans une approche contextualisée, suscitée par une problématique
clairement identifiée, et chaque fois que cela est possible transversale, l’acquisition de savoirs et savoir et
savoir-faire techniques, de savoirs dans le domaine de la mesure et de l’évaluation de sa précision,
d’autonomie dans la mise en œuvre de protocoles simples associés à la mesure des grandeurs physiques ou
chimiques les plus souvent mesurées.
Afin d’améliorer la pratique expérimentale et rendre les apprentissages plus efficaces, il convient :
- de questionner les élèves avant, pendant et après le TP sur ce qu’ils sont en train de faire et surtout sur le
pourquoi ;
- de faire utiliser le matériel sophistiqué (carte d’acquisition, pH-mètre, millivoltmètre, spectrophotomètre à
fibre optique …) de façon consciente. La mesure effectuée avec l’ordinateur, par exemple, ne doit pas se
réduire à un presse-bouton. Les enjeux doivent être clairs pour les élèves ;
- d’être attentif aux exigences des élèves et à l’attendu des différentes évaluations. Ces exigences doivent
être motivées et pas seulement être dérivées du fait qu’ils veulent minimiser l'effort à fournir ;
- de varier le plus possible la typologie des TP. Par exemple, en alternant le fait de faire la théorie avant le
TP ou les laisser découvrir la théorie, en alternant entre un texte protocolaire et un bref texte les invitant à
développer la mise en œuvre expérimentale après une recherche documentaire.
Il est important de préciser par écrit, en préambule de l’énoncé de chaque TP, les objectifs et les savoir-faire
visés et de ne pas manquer à en évaluer rapidement le degré de réalisation et de maîtrise à la fin de chaque étape ou à la
fin de la séance.
Une liste de matériel de chimie, que les élèves doivent savoir utiliser avec l’aide d’une notice succincte, figure
dans l’annexe « 1. Liste de matériel de chimie » du présent programme. Son placement en annexe du
programme, et non à l’intérieur de la partie dédiée à la formation expérimentale, est délibéré : il exclut l’organisation de
séances de travaux pratiques dédiées à un appareil donné et centrées seulement sur l’acquisition des compétences
techniques associées.
Les élèves doivent avoir conscience de la variabilité des résultats obtenus lors d’un processus de mesure d’une
grandeur physique et sa caractérisation à l’aide de l’incertitude-type, en connaître les origines et les sources, estimer
leur influence sur le résultat final, comprendre et s’approprier ainsi les objectifs visés par l’évaluation des incertitudes.
Ils détermineront ensuite ce qu’il faudrait faire pour améliorer la précision d’un résultat.
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Enfin, il est essentiel que les notions sur les mesures et incertitudes diffusent dans chacun des thèmes du
programme, théoriques et expérimentaux, tout au long des deux années préparatoires et qu’elles soient régulièrement
évaluées.
Le tableau ci-dessous explicite les savoir-faire exigibles sur le thème « Mesures et incertitudes ». Le recours
à la simulation vise à illustrer, sur la base de mesures expérimentales, différents effets de la variabilité de la mesure
d’une grandeur physique dans les cas des incertitudes-types composées et de la régression linéaire.
Dans le laboratoire de chimie on insistera sur le respect des règles générales de sécurité. Chaque fois qu’un
produit chimique est utilisé, son pictogramme est précisé et sa signification est clairement indiquée, ainsi que les
phrases H (H de Hazard/danger) et les phrases P (prévention).
Les phrases H remplacent les anciennes phrases R et décrivent les risques d’une substance. Les phrases P
remplacent les anciennes phrases S et spécifient les mesures de sécurité qui doivent être suivies lors de la manipulation
de ces substances.
Des savoirs et des savoir-faire sont attachés au thème « Prévention du risque au laboratoire de physique et
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de chimie ». Ils sont détaillés dans le tableau ci-dessous.
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N° Thèmes des travaux pratiques Objectifs
Solutions aqueuses
Thermodynamique chimique
2.4. Compte-rendu
La séance de travaux pratiques donne lieu à une synthèse écrite comportant, sous forme succincte, l’indication
et l’exploitation des résultats. À cet égard on attache de l’importance à leur présentation graphique. L’utilisation d’un
ordinateur, soit pour l’acquisition et le traitement de données expérimentales, soit pour comparer les résultats des
mesures aux données théoriques, évite des calculs longs et répétitifs et favorise le tracé de courbes. Si les élèves sont
appelés à utiliser d’autres appareils, toutes les indications nécessaires doivent leur être fournies.
Il est impératif d'exiger de l'élève la rédaction d'un compte-rendu pendant une séance de travaux pratiques.
Cette aptitude constitue un des objectifs de la formation scientifique. Les activités expérimentales sont aussi l’occasion
de travailler l’expression orale lors d’un point de situation ou d’une synthèse finale par exemple. Le but est de bien
préparer les élèves de CPGE à la présentation des travaux et projets qu’ils auront à conduire et à exposer aux épreuves
orales et au cours de leur formation en école d’ingénieur et, plus généralement, dans le cadre de leur métier de
chercheur ou d’ingénieur.
Si l’intérêt du compte-rendu est évident, en revanche il faut veiller à ce qu’il ne prenne pas une importance
considérable, en temps, par rapport au travail expérimental proprement dit.
D'autre part, les différentes activités pratiques doivent être couronnées par l'évaluation hebdomadaire et
trimestrielle des savoirs et savoir-faire expérimentaux, Lors de cette évaluation, il faudrait bien expliciter les
distinctions entre savoir et savoir-faire, et entre savoir utiliser et savoir mettre en œuvre.
B. Contenus thématiques
Chaque thème du programme comporte une introduction spécifique indiquant les objectifs de formation et les
domaines d’application. Elle est complétée par un tableau en deux colonnes qui identifient, d’une part, les notions et
contenus à connaître, et donc exigibles, d’autre part, des commentaires ainsi que les activités numériques supports de la
formation. Les activités numériques sont identifiées en caractères gras italiques ; le langage de programmation
conseillé est le langage Python. Les thèmes des activités numériques sont choisis de manière à représenter la diversité
des applications possibles. Le professeur veillera à ce qu'une concertation régulière avec l’enseignant d’informatique
soit développée autour de l’exécution de ces activités.
Le programme de chimie de la classe de deuxième année, à l’instar de celui de la première année, a été rédigé
et abondamment commenté afin d’instaurer de manière harmonieuse les connaissances et les outils conceptuels figurant
au programme. Pour atteindre ce but, il a été jugé indispensable :
- de valoriser l’approche expérimentale des phénomènes pour stimuler chez l’élève une attitude active et
créatrice, favorisant l’appropriation des connaissances et le développement d’un certain savoir-faire
manuel. Les travaux pratiques (TP) et les expériences de cours sont les temps forts de cette valorisation ;
- de valoriser l’approche numérique afin de permettre aux élèves de mettent en œuvre leurs connaissances en
informatique dans le cadre de l’étude d’une application en chimie ;
- de coordonner entre les enseignements de mathématiques, sciences industrielles, informatique, physique et
chimie utilisant des outils souvent communs, pour faciliter le travail d’assimilation des élèves. Ceci rejette
tout cloisonnement des enseignements scientifiques et suppose au contraire une concertation étroite au sein
de l’équipe pédagogique.
Les intitulés des chapitres sont très classiques de façon que les acquis des élèves soient clairement identifiés.
Volume horaire
Thème Partie
indicatif (heures)
1.1. Grandeurs de réaction 6
1. Thermodynamique
des systèmes 1.2. Équilibres chimiques en systèmes fermés 6
chimiques
1.3. Optimisation thermodynamique d’un procédé chimique 6
Les notions et contenus sont illustrés à travers des applications liées à la vie quotidienne (contenu calorique des
aliments, pouvoirs calorifiques des carburants, etc.), à la recherche (apports des techniques calorimétriques modernes,
etc.) ou au domaine industriel.
Programme Commentaire
Écriture conventionnelle de l’équation bilan d’une Les coefficients stœchiométriques sont considérés
réaction chimique. algébriques.
Grandeurs de réaction On calcule les grandeurs de réaction à partir des tables de
Grandeurs standard de réaction : données thermodynamiques.
- État standard et grandeurs molaires standard d’un
constituant, enthalpie standard de changement d’état ;
- États standard de référence d’un élément chimique.
Grandeurs standard de formation d’un corps :
- Loi de HESS, expression de DrH° en fonction des
enthalpies standard de formation DfH° des
constituants à une température donnée.
- Grandeurs standard DrH°, DrS° et DrC°P de réaction
chimique.
- Signe de DrH° : définition d’une réaction
endothermique ou exothermique.
- Signe de DrS° et production du désordre par la
réaction.
Approximation d’ELLINGHAM. On signale que DrH°, DrS° et DrC° dépendent de la
Discontinuité de DrH°, DrS° et DrC°P lors d’un changement température et on se placera dans toute la suite dans le
d’état d’un constituant. cadre de l’approximation d’ELLINGHAM.
Utilisation des tables thermodynamiques pour les calculs Les relations de KIRCHHOFF sont hors programme.
des grandeurs de réaction à 298 K.
Modèles de transformation isobare, isotherme ou Ces modèles de transformations sont simplement cités
adiabatique. pour mieux expliciter le lien avec le cours de physique.
Le programme se limite à l’étude des transformations
Chaleur reçue lors d’une évolution isobare. isobares et privilégie l’enthalpie par rapport à l’énergie
interne.
Effets thermiques pour une transformation monobare : On traite sur un exemple une transformation chimique
- transfert thermique associé à une transformation supposée monobare et réalisée dans un réacteur
physico-chimique monobare et monotherme ; adiabatique et on calcule la température maximale
- variation de température associée à une théorique (température de flamme). On se place
transformation physico-chimique monobare et systématiquement dans le cadre de l’approximation
adiabatique. d’ELLINGHAM.
Programme Commentaire
Potentiel thermodynamique ; enthalpie libre d’un système. G = H - TS est définie comme une grandeur énergétique
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du système.
On justifie que G est le potentiel thermodynamique
adapté à l’étude des transformations isothermes, isobares
et spontanées.
Expressions différentielles de G(T, P, ni). On utilise les paramètres (T, P, ni) pour décrire les
Critère d’évolution d’un système : dGT,P £ 0. systèmes où les seuls travaux échangés sont ceux des
forces de pression.
On exprime l’entropie créée en fonction de la variation
d’enthalpie libre.
Identités thermodynamiques. On distingue les caractères intensif ou extensif des
variables utilisées.
Potentiel chimique μi. On définit le potentiel chimique μi à l’aide de la fonction
enthalpie libre G.
Enthalpie libre d’un système chimique.
Expression de G en fonction des potentiels chimiques des
constituants du système.
Relation de GIBBS-DUHEM.
Activité. On adopte pour les potentiels chimiques une expression
Expression du potentiel chimique dans chacun des cas : générale :
- gaz parfait pur ou dans un mélange ; μi(T, composition) = μi°(T) + RTln(ai) qui fait référence
- corps dans un mélange idéal de liquides ; aux expressions des activités vues en première année.
- corps solide ou liquide non miscible ; L'établissement de cette expression est hors programme.
- soluté dans une solution infiniment diluée ;
- solvant.
Définition du potentiel chimique standard μ°i à une Les mélanges non idéaux, les coefficients d’activité, les
température T. lois de RAOULT et de HENRY sont hors programme.
Enthalpie de réaction, entropie de réaction, enthalpie libre
de réaction et grandeurs standard associées.
Expression de μ°i en fonction de l’enthalpie molaire et de
l’entropie molaire standard.
Expression de DrG°(T) en fonction des potentiels
chimiques standard.
Expression DrG°(T) en fonction des enthalpies libres
standard de formation DfG°(T) des constituants à une
température donnée.
Enthalpie libre standard de réaction. Expression de
DrG°(T) en fonction de DrH° et DrS°.
Influence de la température sur DrG°(T).
Relation de GIBBS-HELMHOLTZ.
Condition d’équilibre chimique à température T et On précise que la constante d’équilibre est une
pression P fixées. Constante d’équilibre chimique, loi caractéristique de la réaction qui ne dépend que de la
d’action des masses (relation de GULDBERG et WAAGE) : température et de l’écriture conventionnelle de l’équation
K°(T) = Qéqui(ξ = ξéqui) = exp(−DrG°/RT ) de la réaction. Elle peut être calculée à partir des données
des tables thermodynamiques ou déterminée
expérimentalement à partir du quotient de la réaction à
l’équilibre chimique et à la température considérée.
Retour sur des exemples d’équilibres en solution
aqueuse.
Relation de VAN'T HOFF. On détermine la composition chimique d’un système
Composition du système à l'état final : équilibre chimique dans l’état final, en distinguant les cas d’équilibre
ou transformation totale. chimique et de transformation totale, pour une
transformation modélisée par une réaction chimique
unique.
Dans cette partie, on étudie dans une approche principalement qualitative et expérimentale, les aspects
thermodynamique et cinétique de l’oxydoréduction, les courbes courant-potentiel et leur application à l’étude de
l’électrolyse, le phénomène de corrosion humide et la protection contre la corrosion, et la conversion énergie chimique-
énergie électrique et son stockage. Cette étude se fonde sur les acquis de première année relatifs à l’étude des réactions
d’oxydo-réduction et des piles, ainsi que sur la partie de thermodynamique chimique de seconde année pour relier les
grandeurs thermodynamiques aux potentiels.
On exploite les courbes courant-potentiel pour justifier ou prévoir le fonctionnement de dispositifs d’intérêt
industriel, économique et écologique mettant en jeu la conversion énergie chimique-énergie électrique, qu’ils soient
sièges de réactions d’oxydoréduction spontanées (piles électrochimiques, piles à combustibles, phénomènes de
corrosion humide) ou forcées (électrolyseurs et accumulateurs).
L’élève doit être capable de proposer l’allure qualitative de ces courbes à partir d’un ensemble de données
cinétiques et thermodynamiques fournies.
Programme Commentaire
Pile électrochimique. La pile électrochimique a été étudiée en première année.
Relation entre enthalpie libre de réaction DrG et potentiels On rappelle rapidement les notions de potentiel
des couples mis en jeu dans une réaction d’oxydo- d’électrode et de réactions aux électrodes.
réduction. Potentiel rédox. On exploite cette relation, sur un exemple, pour
Relation entre enthalpie libre standard DrG° de réaction et déterminer la valeur du potentiel standard d’un couple
potentiels standard des couples impliqués. rédox à partir de données thermodynamiques.
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2.2 Étude cinétique des réactions d’oxydo-réduction : courbe courant-potentiel
Cette partie se fonde sur les acquis de cinétique chimique de première année et les prolongent par le tracé et
l’exploitation de courbes courant-potentiel.
Les courbes courant-potentiel, dont le tracé est proposé en travaux pratiques, sont un outil essentiel dans la
compréhension et la modélisation des systèmes électrochimiques.
L’écart entre le potentiel d’une électrode et son potentiel d’équilibre est appelé surpotentiel plutôt que
surtension pour des raisons pédagogiques, en cohérence avec le vocabulaire anglo-saxon correspondant.
Programme Commentaire
Allure des courbes courant-potentiel (intensité ou densité On décrit le montage à trois électrodes permettant de
de courant) : tracer des courbes courant-potentiel et de mesurer un
- Surpotentiel surpotentiel,
- Systèmes rapides et systèmes lents ;
- Nature de l’électrode ;
- Courant de diffusion limite ;
- Vagues successives ;
- Domaine d’inertie électrochimique du solvant.
Transformations spontanées : notion de potentiel mixte. On positionne qualitativement un potentiel mixte sur un
tracé de courbes courant-potentiel.
Programme Commentaire
Corrosion humide, définitions. On définit ces notions, à l’aide d’exemples de
Domaines d’immunité, de passivation et de corrosion d'un diagrammes E-pH.
métal. On signale la corrosion sèche d’un métal par l’oxygène.
Réaction de corrosion : réactions partielles anodique et
cathodique.
Potentiel de corrosion, intensité de courant de corrosion, On interprète qualitativement un phénomène de corrosion
densité de courant de corrosion. uniforme à l’aide de données expérimentales,
Corrosion uniforme en milieu acide, basique ou neutre thermodynamiques et cinétiques.
(aéré ou désaéré). On cite des facteurs aggravants de la corrosion.
Corrosion différentielle. On interprète qualitativement un phénomène de corrosion
différentielle faisant intervenir deux métaux à l’aide de
courbes courant-potentiel.
Protection contre la corrosion : protection par revêtement On exploite des tracés de courbes courant-potentiel pour
(rôle d’un film de peinture . . .), revêtements chimiques expliquer qualitativement :
(phosphatation, chromatation, électrozingage . . .), - la qualité de la protection par un revêtement métallique;
protections cathodiques et anodiques (protection par - le fonctionnement d’une anode sacrificielle.
anode sacrificielle, protection électrochimique par
passivation, protection électrochimique par courant
imposé).
Cette partie s’appuie sur les courbes courant-potentiel pour étudier le fonctionnement des piles et leur recharge,
ainsi que les électrolyseurs. Ces courbes permettent en effet de déterminer différentes caractéristiques : réactions aux
électrodes, tension à vide, tension à imposer pour une recharge, etc.
Programme Commentaire
Conversion énergie chimique en énergie électrique : On établit l’inégalité reliant la variation d’enthalpie libre
fonctionnement des piles. et le travail électrique.
Approche thermodynamique. Transformations spontanées On cite la relation entre la tension à vide d’une pile et
et réaction modélisant le fonctionnement d’une pile l’enthalpie libre de réaction.
électrochimique. On détermine la capacité électrique d’une pile en Ah.
Approche cinétique. Courbes courant-potentiel et On utilise les courbes courant-potentiel pour expliquer le
fonctionnement d’une pile électrochimique. fonctionnement d’une pile électrochimique et prévoir la
valeur de la tension à vide.
On cite les paramètres influençant la résistance interne du
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dispositif électrochimique.
Conversion énergie électrique en énergie chimique. On utilise les courbes courant-potentiel pour expliquer le
fonctionnement d’un dispositif siège d’une électrolyse,
Électrolyseur. Généralités sur l’électrolyse : montage prévoir la valeur de la tension de seuil et visualiser les
expérimental, anode, cathode, tension de seuil facteurs cinétiques et thermodynamiques qui
d’électrolyse. interviennent lors de l’électrolyse.
Surpotentiel anodique, surpotentiel cathodique. On montre sur un exemple comment les courbes courant-
potentiel permettent d’interpréter les différentes réactions
Transformations forcées lors d’une électrolyse et de la observées expérimentalement.
recharge d’un accumulateur.
On exploite les courbes courant-potentiel pour justifier
Relation entre la tension anode-cathode (UAC) et les contraintes (purification de la solution électrolytique,
l’intensité I. choix des électrodes) dans la recharge d’un
accumulateur.
Prévision des réactions aux électrodes. On évalue l’épaisseur d’un dépôt électrolytique ou la
masse de produit formé pour une durée donnée
Dépôt électrolytique : loi de FARADAY. d’électrolyse.
On compare la constitution, le fonctionnement et
l’efficacité des accumulateurs (lithium ion, nickel métal
Recharge d’un accumulateur, stockage de l’énergie. hydrure, …).
On étudie le fonctionnement d’une pile ou d’un
électrolyseur pour effectuer des bilans de matière et des
bilans électriques.
Annexes
1. Liste de matériel de chimie
Le standard national du matériel des CPGE donne la liste globale et détaillée du matériel nécessaire à la mise
en œuvre du programme de physique et chimie en ces classes.
Le tableau ci-dessous donne le matériel nécessaire à la mise en œuvre des programmes et que les élèves
doivent savoir utiliser lors d’une évaluation pratique avec l’aide d’une notice simplifiée. Une utilisation de matériel hors
de cette liste lors d’épreuves d’évaluation n’est pas exclue, mais elle doit obligatoirement s’accompagner d'instructions
appropriées et d’une introduction guidée suffisamment détaillée.
Matériel
• Verrerie classique de chimie analytique : burettes, pipettes jaugées et graduées, fioles jaugées, erlenmeyers,
béchers, etc.
• Matériel classique du laboratoire de chimie : dispositifs de chauffage ou de refroidissement (bain-marie, bain
froid, etc.), dispositifs d’agitation, matériel de filtration sous pression atmosphérique et sous pression réduite
• Carte d’acquisition
• Spectrophotomètre UV-visible
• pH-mètre et électrodes de mesure
• Voltmètre et électrodes de mesure
• Conductimètre et cellule de mesure
• Thermomètre
• Balance de précision
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Systèmes linéaires de n équations à p inconnues. Identifier les variables (inconnues) nécessaires à la
modélisation du problème sous forme d’un système
d’équations linéaires. On donne l’expression formelle des
solutions dans le seul cas n = p = 2 .
En sciences physiques, l’utilisation des outils numériques de codage en langage Python est centrée sur la
découverte de cet outil de programmation et l’exploitation de fonctions extraites de ses diverses bibliothèques. Python -
muni de ses nombreuses bibliothèques - est devenu le langage de référence dans les classes préparatoires scientifiques.
Il peut être utilisé comme : simple calculatrice, outil de résolution, visualisation graphique (avec Matplotlib), simulation
numérique (NumPy/SciPy), calcul formel (SymPy), réalisation d'interface graphique (TKinter, PyQt …), production de
sites, ....
Les activités numériques de codage fixées dans ce programme permettent aux élèves de développer des
connaissances et des savoir-faire utiles à la chimie comme le raisonnement, la logique ou la décomposition d’un
problème complexe en étapes plus simples.
Le tableau ci-dessous explicite les outils relatifs aux activités numériques ainsi que les savoir-faire exigibles en
fin de première année. Il sera complété dans le programme de chimie de seconde année.
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Mettre en œuvre une méthode dichotomique afin de
résoudre une équation avec une précision donnée.
Utiliser la fonction bisect de la bibliothèque
[Link] (sa spécification étant fournie).
3. Intégration – Dérivation
Calcul approché d’une intégrale sur un segment par la Mettre en œuvre la méthode des rectangles pour calculer
méthode des rectangles. une valeur approchée d’une intégrale sur un segment.
Calcul approché du nombre dérivé d’une fonction en un Utiliser un schéma numérique pour déterminer une valeur
point. approchée du nombre dérivé d’une fonction en un point.
4. Équations différentielles
Équations différentielles d’ordre 1. Mettre en œuvre la méthode d’EULER explicite afin de
résoudre une équation différentielle d’ordre 1.
Équations différentielles d’ordre supérieur ou égal à 2. Transformer une équation différentielle d’ordre n en un
système différentiel de n équations d’ordre 1.
Utiliser la fonction odeint de la bibliothèque
[Link] (sa spécification étant fournie).
5. Probabilités – statistiques
Variable aléatoire. Utiliser les fonctions de base des bibliothèques random
et/ou numpy (leurs spécifications étant fournies) pour
réaliser des tirages d’une variable aléatoire.
Utiliser la fonction hist de la bibliothèque
[Link] (sa spécification étant fournie) pour
représenter les résultats d’un ensemble de tirages d’une
variable aléatoire.
Déterminer la moyenne et l’écart-type d’un ensemble de
tirages d’une variable aléatoire.
Régression linéaire. Utiliser la fonction polyfit de la bibliothèque numpy (sa
spécification étant fournie) pour exploiter des données.
Utiliser la fonction [Link] de la bibliothèque
numpy (sa spécification étant fournie) pour simuler un
processus aléatoire.
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