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les relations
Homme-Nature
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consacrant, en 2016, leur
EDITORIAL
n
congrès annuel aux relations
Homme-Nature, les Parcs
naturels régionaux veulent rappeler que ces relations sont
l’essence même des parcs, dont les chartes sont fondées sur
l’équilibre entre la préservation de l’environnement et le dé-
veloppement économique et social.
Avec l’édition de cette publication par Espaces naturels ré-
gionaux, conçue avec les quatre Parcs naturels régionaux
des Hauts-de-France, nous avons voulu mieux comprendre
les vécus des habitants au sein des espaces naturels de nos
Parcs.
Vous y (re)découvrirez la diversité, la richesse des relations
entretenues par celles et ceux qui vivent dans nos territoires,
y travaillent, s’y ressourcent, s’y inspirent, s’y épanouissent,
y pratiquent leurs activités récréatives, sportives, sociales,
environnementales.
À l’issue d’un remarquable travail d’interviewes menées
auprès de 40 acteurs de nos 4 territoires de Parcs et d’une
INTRODUCTION L
analyse anthropologique de celles-ci, nous partageons ces es Parcs naturels régio-
“histoires humaines de la nature”. naux (PNR) fêtent en
En avant première, nous avons le plaisir d’offrir cette publica- 2017 leur 50 ans. « Les
tion aux 600 participants du Congrès des Parcs 2016. relations entre l’homme et la nature », c’est l’ADN même
Nous vous invitons à y rechercher votre propre vision de la de leur projet, fondé sur l’équilibre entre la préservation de
nature et à vous interroger sur vos relations avec elle. l’environnement et le développement économique et social.
Rappelons-nous que les relations Homme-Nature consti- Un chantier délicat, aux étais solides grâce à la capacité de
tuent un déterminant majeur de l’avenir de nos territoires de mobilisation et d’innovation des hommes et des femmes des
Parcs. PNR. Les premiers à « convaincre, plutôt que contraindre »
GUISLAIN CAMBIER pour « inventer une nouvelle vie » oeuvrèrent en Nord-Pas
Conseiller régional Hauts-de-France de Calais. Le PNR Scarpe-Escaut est le doyen de France...
Président d’Espaces naturels régionaux puis vinrent Avesnois, Caps et Marais d’Opale, et Oise-Pays
Président du Parc naturel régional de l’Avesnois de France.
MICHEL LEFEBVRE Cette brochure est le fruit d’une expérience. Une aventure,
Maire de Millonfosse
Président du Parc naturel régional Scarpe-Escaut
sur des territoires réputés pour être des terres d’expéri-
mentation. Les quatre Parcs naturels de la région Hauts-de-
PHILIPPE LELEU
Maire de Wirwignes
France, fédérés autour d’Espaces naturels régionaux, ont
Président du Parc naturel régional des Caps et Marais d’Opale travaillé main dans la main pour célébrer cinq décennies d’ac-
tion, en menant l’enquête sur ces relations entre l’homme et
PATRICE MARCHAND
1er Vice-président du Conseil départemental de l’Oise la nature de leurs territoires. Vous, qui faites partie des habi-
Maire de Gouvieux tants d’un parc naturel, avez-vous déjà sondé votre mémoire
Président du Parc naturel régional Oise-Pays de France pour retrouver votre tout premier souvenir de nature ?
les relations
Homme-Nature
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Avez-vous conscience de vivre au cœur d’un patrimoine na-
turel reconnu ? Quels sont vos engagements, vos souhaits
pour l’environnement qui vous entoure ?
Quarante personnes, de 7 à 75 ans, choisies pour la diversi-
té de leur profil et parfois au hasard, se sont prêtées au jeu
de l’entretien. Le résultat est aussi riche que la nature des
parcs peut l’être. Après deux mois de périple entre forêts et
marais, caps et terrils, côte et campagne, villes et villages ;
après 2 484 kilomètres parcourus et près de 55 heures d’en-
tretiens, vous avez entre les mains le résultat de ces regards
croisés. Des rencontres, moments de partages, recueils d’ex-
périences, de vécus, d’actions, de visions, d’attendus, d’inter-
rogations, de fiertés ou d’espoirs... Au fil de ces témoignages
se dessine une cartographie riche de relations, simplifiée en
cinq types... comme autant de continents d’une planète aussi
complexe que passionnante : la nature humaine.
et les Parcs naturels vient alors le fait qu’une forêt plantée nous semble plus na-
turelle qu’une balconnière garnie de géraniums ? Question
régionaux d’épistémè, sans doute, qui fait que nous préférons également
contempler un muret en pierres sèches qu’un enclos en par-
« La mission du Parc, c’est de paings. Mais qu’on ne s’y trompe pas : l’un et l’autre relèvent
protéger la nature. Mais c’est quoi la nature ? » Nous sommes de la même finalité, seul diffère leur inscription dans le temps
en 1986 sur les contreforts du Mont Aigoual lorsque survient et dans l’espace.
cette interrogation au milieu d’une conversation portant sur
les conceptions différentes qu’ont l’Office national des forêts
Toutefois cette notion d’épistémè est problématique car
et le Parc national des Cévennes en matière de gestion fo-
l’histoire de chacun d’entre nous, son éducation, ses connais-
restière. Question à laquelle le garde présent répond par un
sances, son idiosyncrasie, ses références, son imaginaire,
simple geste, en désignant sa raison de vivre : la forêt.
ses croyances, son éthique et même sa poétique la rendent
L’anecdote, rapportée par Catherine et Raphaël Larrère dans profondément multiple. Et n’en déplaise à Philippe Descola,
leur ouvrage Du bon usage de la nature publié aux éditions pour qui nous serions entrés dans une ontolo-
Aubier en 1997, est à la fois savou-
Mais
gie naturaliste depuis l’époque moderne (en-
reuse et riche d’enseignements. Car core que sa pensée est un peu plus nuancée), il
la forêt en question fut plantée à la n’y a guère de points communs dans la manière
c’est quoi
charnière des XIXe et XXe siècles dans d’appréhender la nature entre un militant éco-
le cadre d’un plan de restauration logiste qui ne jure que par le bio, un céréalier
des terrains de montagne, les fores-
la nature ?
qui cultive son rendement à grands renforts de
tiers de l’époque étant convaincus pesticides, une vieille dame qui passe son temps
qu’en reboisant le Mont Aigoual, ils à nourrir les pigeons du quartier, un passionné
ne faisaient que reconstituer la vé- d’ornithologie qui ne quitte jamais ses jumelles,
gétation primitive que les Cévenols un huttier qui s’enorgueillit de son tableau de
avaient défrichée pour permettre à leurs troupeaux d’estiver chasse ou bien encore un végane qui défend farouchement
sur les hauteurs. Histoire récurrente puisque nous savons par l’antispécisme. Tous entretiennent un rapport avec la nature
exemple que dès le XIIe siècle, les habitants du lieu avaient déjà mais il est clair qu’ils n’émargent pas à la même catégorie.
remplacé une partie de la forêt ancestrale par des vergers
de châtaigniers. Autant dire qu’il n’y a guère plus de nature
naturelle sur le Mont Aigoual que dans mes balconnières de De ce point de vue, la situation dans les Parcs naturels régio-
citadin, garnies de géraniums achetés à la jardinerie du coin ! naux n’échappe pas à la règle. La population y est également
composite et leurs milieux naturels résultent, comme par-
tout, d’une construction humaine. Qu’il s’agisse par exemple
Le propos peut paraître provocateur – il l’est – mais il pointe du marais audomarois, du bocage de l’Avesnois ou des forêts
toute l’ambiguïté de ce que nous appelons « nature », de la d’Oise-Pays de France, l’empreinte de l’homme y est omnipré-
perception que nous en avons, des représentations que nous sente, ces paysages ayant été façonnés de longue date – pour
nous en faisons et des rapports que nous entretenons avec ne pas dire fabriqués – selon une logique qui relevait plus de
elle. Car, au pays de Descartes et du grand partage entre Na- l’économie que de l’écologie. La situation y est d’autant plus
ture et Culture, il y a bien longtemps que le milieu naturel a complexe que les habitants se partagent entre les héritiers
été façonné par les sociétés paysannes qui se sont succédées, de ceux qui ont fait le terroir et les nouveaux arrivants qui ne
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Homme-Nature
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connaissent souvent pas grand chose de son histoire. Pour- D’autre part, et c’est peut-être le plus difficile, vivre avec les
tant, tous ont l’impression de vivre au contact de la nature, autres car, on l’a bien vu, si la biodiversité est à l’œuvre dans
le débat anthropologique actuel autour de cette notion leur la nature, notre espèce n’est pas en reste avec ses innom-
étant complètement étranger. brables particularismes culturels. Il est donc nécessaire que
puissent cohabiter sur un même territoire des catégories
d’acteurs qui n’ont ni la même vision, ni le même rapport à
Il faut donc en prendre acte et considérer que les PNR sont
la nature et qui en font des usages parfois contradictoires,
bien perçus comme des espaces naturels même si ces mi-
voire conflictuels. Aux Parcs, donc, de les fédérer pour que
lieux sont totalement anthropisés et continuent de l’être à
l’agriculteur, le chasseur, le cueilleur, l’éleveur, l’entrepreneur,
l’image des forêts du Parc Oise-Pays de France et des terrils
le pêcheur, le promeneur, le randonneur et bien d’autres
aménagés du Parc Scarpe-Escaut dont certains bénéficient
puissent vivre ensemble en bonne intelligence et continuent
par ailleurs d’une inscription en ZNIEFF (Zones naturelles
au jour le jour à façonner ces territoires qui, pour reprendre
d’intérêt écologique, faunistique et floristique), leur confé-
une autre idée également chère aux PNR, sont aussi des la-
rant une certaine sanctuarisation en raison de leur biodi-
boratoires du développement durable où doit pouvoir s’éla-
versité. Mais que l’on ne s’y méprenne pas, les PNR sont
borer un rapport partagé à la nature. En attendant peut-être
avant tout des territoires habités et l’homme y a toute sa
des jours meilleurs où, selon la jolie formule d’André-Georges
place. Et puisque nous évoquons le territoire de Scarpe-Es-
Haudricourt, immense ethnologue hors norme, les hommes
caut, le doyen des Parcs, il n’est pas inutile de rappeler que
accepteront enfin « l’idée qu’un animal puisse penser ou que
dans la déclaration des motifs du décret du 1er mars 1967
les plantes savent compter ».
officialisant les PNR, il était clairement stipulé que « Le Parc
naturel régional doit reposer sur le maintien des activités
traditionnelles existantes et servir par là même la promo- Jacques
tion de l’économie rurale ». Nous sommes donc très loin du Coget
concept américain de wilderness exaltant une nature sau- PRÉSIDENT
vage maintenue à l’écart de toute présence humaine. D’où DU CONSEIL SCIENTIFIQUE
l’importance dans les PNR du « vivre ensemble » qu’il me DE L’ENVIRONNEMENT
NORD-PAS DE CALAIS
semble devoir décliner selon deux axes.
St-Martin-lez-Tatinghem
Le Wast
PNR PNR
DES CAPS ET MARAIS SCARPE-ESCAUT
D’OPALE
St-Amand
les-Eaux
PNR
DE L’AVESNOIS
Maroilles
PROJET
BAIE DE SOMME
PICARDIE MARITIME
PNR
OISE - PAYS DE FRANCE
Orry-la-ville
Chef-lieu d’arrondissement
Chef-lieu de département
Limites Région
Hauts-de-France
Maisons de Parc
les relations
Homme-Nature
Maison du Parc
Maison du Parc
La Grande dîmière
Le manoir du Huisbois,
4, cour de l’Abbaye
Le Wast - BP 22,
59550 Maroilles
62142 Colembert
+33 (0)3 27 77 51 60
+33 (0)3 21 87 90 90
[Link]-naturel-avesnois
[Link]
[Link]
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connivence, leur caractère inextricable comme leurs opposi-
Espaces naturels régionaux tions ou leurs contradictions.
a souhaité mettre en lumière les habitants du territoire en
leur donnant la parole autour de leur vécu des espaces na-
turels au sein des PNR. L’objectif de cette publication est de
restituer ces histoires humaines de la nature, de montrer la La nature comme un « nous ».
diversité des représentations, la richesse des perceptions et La première conception qui
l’intimité lentement bâtie. ressort des discours des habitants envisage la nature comme
un « nous », comme une totalité englobante qui ne met pas
Une pluralité d’approches des relations Hommes-Nature de barrière entre soi et le reste des éléments composant
Les personnes qui se sont prêtées à l’exercice de l’entretien l’environnement.
sur leur vision de la nature, leurs souvenirs et leurs vécus ac- C’est la nature comme le tout de la vie et des éléments. Il y
tuels, ont permis la construction de cinq approches de cette a ici une approche intégratrice, écocentrée. On peut qualifier
nature, de ces natures devrait-on dire, car évidemment il cette relation comme un rapport de type « indifférencié » de
n’existe pas une définition ni une vérité. l’être humain à la nature. Les hommes et les femmes sont la
nature, ils en sont l’une des composantes, l’un des matériaux.
Ils interagissent avec les autres composantes du milieu et ce
sont ces interactions permanentes et non sécables qui per-
mettent la vie. Les propos recueillis disent tous la nature
comme l’Origine, la vie, une « terre mère » ,nourricière, dont
l’Homme ne peut s’extraire et dont il fait partie intégrante.
Il est parfois mal aisé de mettre en mots cette relation « fu-
sionnelle » car elle se ressent plus qu’elle ne se dit. Il semble
y avoir là un lien viscéral. Il peut être qualifié d’ « irration-
nel », non pas qu’il ne soit pas logique ni fondé, mais dans
le sens où il ne s’explique pas, il paraît comme une évidence.
Quand la parole trouve à s’exprimer, elle dit la passion, la
fascination, la proximité ressentie, l’impression de faire par-
tie d’une seule entité aux multiples ramifications. D’un point
de vue anthropologique, on parle d’approches sensibles et
les relations
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La nature comme une leçon.
Particulièrement réceptifs à
ces dangers encourus simultanément par les humains et les
non humains, d’autres personnes formulent une approche de
la nature comme une leçon. La conscience des perturbations
est ici exacerbée. L’homme est envisagé comme un élément
du monde vivant certes, mais à part dans la nature. Il peut s’en
extraire, il peut lui infliger des dommages, il peut aussi subir
Cette approche permet de relativiser l’idée, assez répandue
dans l’histoire occidentale en particulier, de la toute puissance
et de la supériorité du genre humain sur le reste du monde.
Cela suppose également de réfléchir aux conséquences de nos
actes, sur notre environnement certes, mais aussi sur nous-
ses colères. La nature semble dotée d’une force intrinsèque
qui dépasse l’être humain, le surpasse et lui survivra. Les re- mêmes car, au final, nos actions auront nécessairement des
NA
répercussions.
LA
lations nouées avec les éléments naturels sont ambivalentes,
faites de respect, mais aussi de méfiance voire de crainte. On Les discours qui illustrent cette approche évoquent donc une
peut déceler un certain fatalisme dans les propos. nature qui domine les êtres humains, qui sait s’affranchir
L’idée est que la nature, de toutes les façons, nous rappelle à d’eux, même si l’homme est quelque part trop égocentré pour
l’ordre à un moment ou un autre. La leçon à retenir est qu’il s’en rendre compte ou l’accepter. Cette nature reprendra ses
droits, elle jouit d’une autonomie dont les humains ne peuvent
TU
l’on pense pouvoir manipuler la nature selon nos besoins, c’est Dans cette façon d’envisager les relations Homme-Nature
RE
O
elle qui, en dernier recours, décide. L’Homme a besoin de la on distingue également l’expression d’un danger si l’équilibre
nature dans cette conception des choses, mais par contre la des forces est trop malmené. Et ce danger, c’est l’homme qui
M
nature n’a pas besoin de lui. en sera la victime. Sont évoquées les catastrophes liées aux
...
4
La nature comme un don.
CLÉS DE LECTURE
Dans cette perspective, an-
thropocentrée comme la précédente, l’Homme est distinct
de la nature mais envisage son rapport avec elle en termes
non monétaires. Les éléments naturels sont donnés à
3
l’Homme, il en bénéficie mais envisage cet échange davan-
tage comme un don que comme un droit ou un rapport de
force. Les principes directeurs de ce schéma sont le respect
et la reconnaissance. Les méfaits de l’action anthropique sur
une nature naturellement bonne sont pointés de façon lu-
La nature comme une possibilité. cide. L’être humain peut devenir un prédateur de la nature du
fait de ses activités qui empiètent toujours plus sur le monde
Dans cette approche domine
naturel qui l’environne. Il est dans cette situation un élément
une perspective anthropocentrée. C’est la vision occidentale
perturbateur des équilibres.
dominante et historique. L’Homme est décrit dans ce cas
comme un être distinct de la nature. Il est parvenu à s’en Dans les discours, la nature est vue et appréciée à travers la
affranchir et à la modeler pour la faire correspondre à ses diversité de ses composantes, autant en matière de paysages
aspirations et ses besoins. Dans ce cadre, les êtres humains que de milieux ou d’espèces. Trois entrées spécifiques sont ty-
peuvent disposer des ressources offertes par l’environ- piques de ce rapport de don / contre don.
nement. La nature apporte des ressources économiques, La première perçoit la nature comme une ressource, mais
professionnelles mais aussi des ressources immatérielles et différemment de l’approche précédente. La ressource est ap-
symboliques qui favorisent la force créatrice anthropique. préciée en termes d’aménités : la nature permet à l’homme
L’environnement naturel est une possibilité d’épanouisse- d’exprimer ses passions, d’exercer ses loisirs, de se ressour-
ment et de développement matériel. cer en se retrouvant dans un espace apaisant. La pluralité des
Cette conception donne certes des droits sur la nature – car milieux est également mesurée en tant que cadre de vie que
l’Homme est pensé comme le plus qualifié pour la mettre en l’on veut préserver. La conscience des richesses apportées par
valeur – mais elle lui confère aussi des devoirs. Il a la chance la nature engendre un besoin de protection pour le bien être
de l’avoir « à son service », il se doit donc d’exploiter cette ri- conjoint de celle-ci et des êtres humains.
chesse, d’agencer les différents éléments naturels, les trans-
former et les faire prospérer. Cette interprétation n’exclut
pas les dimensions relatives à la protection ou même à la
préservation de la nature. Il s’agit d’une conservation cadrée
par les besoins humains, pas d’abord pour la nature elle-
même, mais parce qu’il est important de s’assurer de pouvoir
encore en bénéficier dans l’avenir. On peut parler de gestion
raisonnée, « en bon père de famille ». Dans ce cadre, la na-
ture est un espace et un outil de gestion et d’aménagement.
La nature est ici admirée pour les multiples opportunités
d’invention et d’innovation qu’elle permet. Une perspective
résiliente se dégage en outre des propos car le milieu naturel
peut permettre aux hommes de se rendre compte de leurs
erreurs et ainsi les corriger.
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les relations
Homme-Nature
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La deuxième exprime la beauté de la nature, des paysages, La nature comme un lien.
de la flore et de la faune. C’est une vision esthétique des élé-
La dernière approche qui exprime le
ments. La nature est ici une ressource paysagère qui procure
vécu de la nature au plus près des habitants envisage les relations
un bien être à celles et ceux qui peuvent en profiter. Cette
approche patrimoniale fait souvent un lien avec les éléments Homme-Nature à travers ce qui les relient. Elle met en exergue la mul-
du patrimoine bâti et culturel. Nature et culture se combinent tiplicité du monde, sa complexité et son irréductibilité. Rien n’est dé-
alors pour le plaisir des sens. finitivement tranché et l’on déambule dans un environnement naturel
et artificiel, dynamique, en évolution et ajustement constant. Il est ici
Il existe enfin une perspective « religieuse » qui oscille entre
fortement question d’équilibre. Les différentes dimensions de l’environ-
cette approche et celle du « nous ».
nement, comprenant deux facettes en contrepoids l’une de l’autre - hu-
La nature est celle de Dieu, créateur de toute chose. Il est main d’un côté, nature de l’autre – expriment sans cesse la complexité
donc primordial d’adresser nos prières à cette nature choisie des relations qui les lient.
et formée par plus haut que nous. C’est donc aussi une nature La relation est décrite à travers l’acceptation du schéma d’évolution de
à laquelle on doit « se soumettre » car elle est d’une autre di- la vie. La compétition pour la survie, notamment, est envisagée comme
mension qui nous dépasse.
N AT U R
un fonctionnement normal de toute vie sur terre et la manifestation
des natures à l’œuvre. Travailler la nature, l’utiliser, la rejeter, l’entrete-
LA
nir ou l’administrer sont envisagés comme une exploitation normale car
cela fait partie du jeu. Cela
E ne veut pourtant pas dire
que l’on peut faire n’im-
porte quoi ni n’importe
...
pratique concrète de la
nature, avec l’idée sous-
M
jacente de la nécessité
M
de la connaissance pour
E induire un respect et donc
UN DON un équilibre durable.
L’apprentissage est alors
un élément clé pour comprendre le rapport à la nature inscrit dans l’in-
timité de chacun. Il s’effectue d’abord auprès de la famille, mais aussi
entre pairs et par le militantisme et l’engagement.
1
...
US
O
14
CO N
MME UN
Les propos
livrés ici disent
le « tout » de
la nature, qui
fait et défait ce
qui existe sans
poser de réelles
frontières entre
des humains
d’un côté et des
non humains
de l’autre.
La nature est
autant en
nous que nous
sommes en
« elle ».
Elle nous
inspire, nous
nourrit, nous
ressource et en
retour nous lui
donnons vie.
Hélène
Melin
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C
ela fait 35 ans qu'elle guide bénévolement les
curieux de nature au coeur du Parc naturel
régional des Caps et Marais d'Opale. Assise
au bord d'une mare, près de la Maison du marais de
Saint-Omer, Véronique montre le ballet des martinets,
décrypte le chant des batraciens, et raconte :
- La nature, c'est un moment presque de prière, d'union
avec le créateur, dans ce sens-là, ça nous ramène à l'ori-
gine de la vie. Ce qui m'intéresse, c'est la rencontre. Com-
muniquer, partager. Parce que je pense qu'on vit de plus
en plus loin de la nature, on l'exploite de plus en plus et
on est en train de faire de grosses bêtises. Ce qui sera
détruit sera peut-être irréversible, moi ça m'affole. La
nature, c'est un livre de vie, de connaissances qui peut
nous donner les solutions pour réparer. Je suis devenue
guide bénévole parce que j'ai cette frustration qu'on ne
m'ait rien transmis. On perd le savoir.
Découvrir les habitants des mares autour de la poudrerie
d'Esquerdes, les orchidées des coteaux d'Elnes, la forêt
de Clairmarais : son association organise des visites dans
des sites diversifiés.
- On se rend compte qu'ici dans la cuvette audomaroise,
on a à la fois le marais, plusieurs forêts différentes, des
coteaux calcaires avec une quinzaine d'espèces d'orchi-
dées, des sites riches d'exploitation argilière... Nous en
avons ciblé certains pour raconter une histoire aux gens,
à la fois de la nature et du patrimoine. Parce qu'on ne
peut pas isoler l'homme de la nature.
O
CO N régional Scarpe-Escaut, Géry Dufernez élève 60 vaches
MME UN laitières et 50 truies sur 86 ha d'herbe, maïs, fourrage, blé,
orge, féveroles.
- La nature, j'ai grandi dedans ! C'est tout ce qui nous entoure, c'est un
tout, c'est les hommes et l'environnement. On y est au quotidien, on n'a
pas envie de la détruire. Notre activité, c'est l'élevage, il faut dire ce qui
est, si on ne prend pas de précautions, il y aura de la dégradation. En
Nicolas MAIRE
DE SAINT-HILAIRE 2000, la mise aux normes pour les activités polluantes nous a imposé
Dosen SUR HELPE des obligations de stockage et d'épandage des effluents ainsi qu'une
maîtrise des engrais suivant les besoins des plantes. Des réglementa-
tions sur l'utilisation des produits phytosanitaires et sur le bien-être
animal se mettent en place.
En tant que conseiller municipal, Géry Dufernez se sent concerné par
son territoire et il représente la commune de Nivelle au Parc.
- Défendre notre environnement c'est ce qui me tient le plus à coeur.
Face à une urbanisation croissante, il s'agit de valoriser cette délicate
nature sans chercher à dominer ou à épuiser. Le relais de la commission
L
agricole du Parc permet à 13 agriculteurs d'établir une communication
a nature, c'est un milieu protecteur qui donne une âme à celui qui
avec leurs collègues sur les mesures agro-environnementales, la trame
en profite et qui la respecte,définit Nicolas Dosen, maire de Saint-
verte et bleue, les zones humides, les sites Natura 2000, le SAGE. Avec
Hilaire-sur-Helpe, 887 habitants, au coeur du bocage avesnois.
ceux-ci je n'aime pas les cartographies et règlements associés : la na-
- J'ai grandi ici, à l'orée du bois Pascal, où je jouais enfant. J'ai eu la
ture n'a pas de frontière, elle est partout à l'intérieur de la zone Parc.
chance plus tard, de pouvoir l'acheter. Cette enfance proche de la nature
a construit ce que je suis aujourd'hui. Impliqué pour la préservation de Ce qu'il souhaiterait pour l'avenir ?
la biodiversité, - Que les choses changent au niveau agricole et qu'on ne soit plus sim-
Nicolas travaille en étroite collaboration avec le Parc naturel régional plement dans un système industriel voulu par l'Europe qui élimine les
de l'Avesnois. agriculteurs du Parc (entre 2000 et 2010, -20% d'agriculteurs) mais y
- Nous avons mené un Inventaire communal de la biodiversité (ICB). opposer un système raisonné viable permettant de maintenir l'agricul-
C'est le premier coup de téléphone de mon mandat ! Lors de la révision ture familiale et de proximité produisant des produits alimentaires de
du Plan d’occupation des sols (POS), cette étude a permis de prendre qualité et gérant la nature avec beaucoup de respect.
de la hauteur sur la richesse naturelle qu'on a à notre porte et qui est
invisible. Cet ICB a permis de lancer une réflexion sur un aménagement
urbain.
Il souligne également la concertation, menée avec le PNR et la carrière
Bocahut.
- Faire un trou dans le sol, c'est traumatisant pour la nature, mais il y
a aussi la réalité économique et la volonté de concilier les hommes et
la nature. Le Parc est un ciment, un rassembleur, qui peut faire discu-
ter ensemble des gens opposés. Ils ont fléché les plantations, participé
avec les jardiniers de l'entreprise à respecter des protocoles. Un grand Géry AGRICULTEUR
À NIVELLE
projet a été aussi la déviation du ruisseau de la Cressonnière, où juste-
ment, je cueillais du cresson enfant ! Pouvoir se rejoindre sur un même Dufernez
point c'est extraordinaire. Je considère la nature comme un réceptacle
d'âme. Si on ne la défend pas, on en subira de graves conséquences
dans la conscience collective.
les relations
Homme-Nature
COMM
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E
N
U
NO Claire STUCATRICE/DÉCORATRICE
US... Poly
SANGATTE
P
rofessionnelle de la pose de peintures et enduits naturels, Claire est une fine
observatrice de la nature, qui imite les matières minérales dans la masse.
- Mes trois produits de base sont la chaux, le plâtre et l’argile. Trois produits
cycliques. Une fois que j’ai fini de les utiliser, au niveau chimique, ils redeviennent à
peu de chose près ce qu’ils étaient. Les pigments, c’est de l’extraction. Je travaille avec
D
e Saint-Hilaire-sur-Helpe à Alexandra, il n’y a des éléments qui font partie de la nature et je limite les déchets. De la même manière
qu’un pas. Cette artiste a en effet donné aux qu’on utilise l’herbe coupée pour le compost. Pour moi la nature c’est ça : c’est un
écoliers du village le spectacle “Lorsque le vent cycle. Et c’est là que l’humain parfois vient briser ce cycle et c’est dommage. J’aime
souffle”, créé à la demande du PNR. Ou comment une les couleurs qui rappellent la nature, la minéralité, les gris-vert, gris-bleu. Quand on
chouette chevêche, un lérot et une pie-grièche - des utilise ces couleurs qui sont dans notre inconscient, on ne s’en lasse pas. Ce qui me
espèces protégées en Avesnois - s’allient au lutin Mormal, plaît après un chantier, c’est ce résultat naturel, comme si ça avait toujours été là.
roi de la forêt, pour sauver la chenille du papillon Petite Dans le cadre d’un cycle de stages «décora-
Tortue, abritée dans leur pommier. tion terre», organisé par Maisons Paysannes
- Ma relation avec la nature est faite de plein de petits de France et le Parc naturel régional des
détails poétiques, pas forcément des grands discours éco- Caps et Marais d’Opale, Claire partage son
logiques. Je la vois comme une mère sacrée, parce que je savoir-faire.
lui reconnais un esprit. On est intrinsèquement liés à la - Ce qui est intéressant avec la chaux, pour-
terre, on a besoin d’elle. Je travaille la laine brute pour suit-elle, et il y en a au minimum 30% dans
mes marionnettes. Je contemple la beauté de certains mes recettes, c’est qu’elle est naturellement
paysages avec vénération, avec émerveillement, l’animal fongicide, antibactérienne, et qu’elle ab-
étant vraiment le petit bout de nature que j’arrive à com- sorbe du carbone. Quand on compare ça à
prendre. des produits qui ont des émissions nocives,
Et on ne peut pas aimer ce qu’on ne connaît pas. les enduits naturels ont l’effet inverse. La
J’apprends beaucoup au contact des gens du Parc : ne se- terre, le plâtre, sont d’excellents régulateurs
rait-ce que pour ce spectacle, j’ai travaillé sur des animaux d’hygrométrie et donnent un confort excep-
dont je ne connaissais même pas le nom ! Leur travail est tionnel. Sur un bâti traditionnel en torchis, on
précieux au niveau pédagogique... comment se compor- conserve la respiration du matériau, il n’y a
ter dans la nature, observer, reconnaître le mal fait, les pas mieux !
choses irrémédiables et celles qu’on peut encore enrayer...
Depuis février sur le territoire du Parc, on a créé un groupe
Colibri. C’est en ce sens que je vois l’avenir.
Se sentir responsable pour retendre vers un équilibre
avec la nature et au moins montrer l’exemple soi-même...
et en faisant des choses simples et humbles.
Alexandra ARTISTE
« LE FIL D’ÉLÉA »
Lefebvre MAUBEUGE
...
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18
CO N Claude CONSERVATEUR BÉNÉVOLE
MME UN DU BOIS DE MORRIÈRES
Wattelier SITE DES LANDES DU PARC ASTÉRIX
CONSERVATOIRE D’ESPACES NATURELS
DE PICARDIE/OISE-PAYS DE FRANCE
M
ais aussi correspondant Parc, administrateur de l’ association
de maintien de l’agriculture paysanne (AMAP) de Senlis,
bénévole au jardin partagé d’Orry-la-Ville.
- J’ai envie de vous dire : je suis né, j’ai ouvert les yeux et j’étais dans la na-
ture ! Mais jusqu’à ce que je prenne contact avec le Parc naturel Oise-Pays
de France et le Conservatoire d’espaces naturels de Picardie, mes contacts
avec la nature étaient surtout de l’ordre du ressenti.
C’est peut-être lors d’un week-end sur la découverte des landes en fo-
rêt d’Ermenonville que j’ai regardé autrement, la faune, la flore, les sites,
O
smose. Entre une nature et un homme, à travers la peinture. La les sols. Ce qui me passionne vraiment ce sont les équilibres... l’écologie
première exposition de Jean-Jacques Stenven remonte à 1977, politique, les relations entre les habitats, les énergies. L’urbanisation, les
à Flines-Lez-Râches, d’où il est originaire. Parmi les dernières, infrastructures, la main de l’homme causent des dégâts en rompant ces
celles du musée de la Tour abbatiale de Saint-Amand-les-Eaux en 2014 équilibres.
et tout récemment à la Bibliothèque Marceline Desbordes-Valmore à Curieux de comprendre et d’agir pour cet environnement qui l’entoure,
Douai. Claude participe bénévolement à
- La nature c’est viscéral et il a fallu que je l’exprime par le dessin. Avec la gestion du site des landes du
cette idée de la peindre telle qu’elle est mais surtout telle que je la res- Parc Astérix qui fait l’objet d’une
sens. convention de gestion par le
Tous les jours, il part, croquis à la main. Conservatoire d’espaces naturels
- Je travaille dans les limites du Parc naturel régional Scarpe-Escaut, à de Picardie et le PNR Oise-Pays
20 km à la ronde. J’ai fait toute mon œuvre sur la proximité, sur la ba- de France. Correspondant Parc, il
nalité du quotidien qui est une forme de méditation sur les choses ordi- a suivi les formations du PNR sur
naires. Dans le Parc, il y a une mouvance des regards, des jeux d’inters- les énergies renouvelables, l’éco-
tices, d’espaces, des parties boisées, des étendues d’eau... L’eau qui joue consommation et la prévention
largement à travers la Scarpe ou plus petitement à travers les mares, des déchets, le compostage et
la forêt de Marchiennes, des endroits très cachés, des petites huttes. Il y l’éco-jardinage.
a des endroits que j’appelle des îlots de paix. Les lumières s’accrochent Il dit “aiguillonner” seulement,
différemment, elles glissent, c’est extraordinaire ! mais il pique et aiguille un
Pourtant, c’est dans l’intimité de son atelier, la nuit, qu’il prolonge cette peu partout. Avec Espaces
fusion avec la nature à travers l’acte de peindre. naturels régionaux (ENRx) et le
Centre régional des ressources
- Je travaille de mémoire. De façon à ne pas être trop en contact avec
génétiques (CRRG), il participe à
cette réalité de la nature qui quelque part m’effraie car elle est impre-
la création d’une grainothèque
nable, difficilement accessible. Je puise dans la nature un contact char-
suite à l’organisation des Assises
nel. Il m’arrive de serrer un arbre, sentir cette énergie intérieure. Il peut
locales de l’alimentation dans
même m’arriver de leur parler, d’invectiver quand je les dessine, en leur
le sud de l’Oise avec “Hungry
disant mais quelle idée d’être si compliqués ! for Rights.” Il vous parlera de
Son autoportrait ? Des saules têtards... Négawatt, Afterres 2050,
Jean-Jacques ARTISTE-PEINTRE
BOUVIGNIES
Incroyables Comestibles... Une
approche, oui, englobante de la
Steven nature !
les relations
Homme-Nature
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2
CO
M
E .
..
M
UN N
20 E LEÇO
Qu’elle soit
admirée,
crainte, espérée
ou redoutée, la
nature ne laisse
pas indifférent.
Elle constitue
notre cadre
d’existence
et guide nos
actions, même
si nous n’en
mesurons pas
toujours la
portée. C’est
une forme de
sagesse qui
s’exprime ici
pour nous
rappeler de
réfléchir avant
d’agir.
H. M.
les relations
Homme-Nature
21
C
’est le Robin des Bois
de la forêt de Saint-
Amand. Le genre de
type qui peut s’arrêter d’un
coup en plein milieu d’une
phrase pour vous dire :
- Là, il y a un pouillot véloce,
deux fauvettes à tête noire,
un troglodyte plus loin. Tiens
une mésange bleue ! Et ça
c’est un rougegorge et un
merle très fluté là-bas...
Écogarde pour la Métropole
Européenne de Lille, Ro-
bin Derozier est aussi, à ses
heures, «greeter», guide bé-
névole pour ceux qui veulent
découvrir ses coins de nature
favoris.
- J’ai grandi près du bois de Lewarde et j’ai eu une enfance clai-
rement imprégnée de nature, confirme-t-il. Pour moi, la nature,
c’est une force que l’homme ne peut pas contrôler. Depuis la mer
jusqu’au minuscule pissenlit entre les pavés qui brave les herbi-
cides. Si je suis venu habiter le Parc naturel régional Scarpe-Es-
caut, c’est pour cet environnement protégé, et pour la forêt. J’ai
créé une association, Forêt’spirer pour travailler autour de sorties
guidées avec le PNR. J’aime faire des animations pour montrer
qu’on vit sur un territoire avec une diversité naturelle terrible,
même à la porte de sa maison. Pas besoin d’aller au bout de la
France !
Robin ÉCOGARDE
ET GREETER
Derozier
N...
ÇO
22
CO L
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vec 40 ans d’action associative derrière elle, Doriane Lapière
est une active optimiste, venue au Parc naturel régional Oise-
Pays de France par le biais de son association La Clairière des
E
Sources, basée à Coye-la-Forêt. Son rôle en tant que correspondante
lle accueille ses hôtes au coeur d’une jolie ferme à
Parc ?
cour carrée typique du nord. Entre cour et jardin,
- Le Parc nous met le pied à l’étrier sur des thématiques comme les
à Rumegies. Entre vestiges miniers et forêt. Un
gestes écocitoyens, la préservation des ressources afin de pouvoir les
territoire « où la nature a repris sa place », témoigne cette
transmettre lors d’événements divers. À la maison du Parc, j’ai trou-
fervente adepte de l’éco-jardinage.
vé de l’écoute, des supports pédagogiques, des solutions. Ça a été très
- Les terrils, la Mare à goriaux, c’est la nature qui reprend le
important dans ma démarche de
dessus, malgré tout. Ça, c’est magnifique. C’est un défi d’en
transmission et ça a nourri ma
avoir fait un Parc naturel, sur des sites industriels.
pratique de la nature.
Autour des mares et des pommiers centenaires de son
Une pratique déjà fusionnelle
jardin, Christiane Laude explique le principe de l’éco-jardi-
et quotidienne à travers La Clai-
nage. Sans pesticides, en favorisant la biodiversité...
rière des Sources, qui propose la
La nature, ce n’est pas nous d’un côté et elle de l’autre, c’est
création de jardins pédagogiques,
un tout. On dirait que les gens veulent repousser la nature
des ateliers botaniques et autres
le plus loin possible. Dès qu’il y a une feuille sur leur trot-
formations à la permaculture,
toir, c’est dérangeant. Moi je m’en sers au potager pour
plantes médicinales, etc.
meulcher, pour tout. C’est une richesse.
- Ici la forêt est omniprésente,
Elle contribue, en tant que relais du Parc naturel régional
j’habite dans une mer de feuilles,
Scarpe-Escaut, à sensibiliser ceux qui le souhaitent à adop-
c’est une protectrice d’espèces ! Je
ter des gestes simples et respectueux de l’environnement
suis fière d’être dans ce Parc, c’est
au jardin.
une chance, un cadeau de la vie.
- Dans le jardin potager, on ne passe plus le motoculteur.
Nous sommes un peu comme des
Quand vous retournez la terre, vous chamboulez tout. On
enfants éloignés du cocon fami-
la secoue seulement ! Ici il y a des hannetons, des abeilles
lial. On a besoin de se reconnec-
charpentières, des scarabées rhinocéros, beaucoup d’oi-
ter, de retrouver un rapport sym-
seaux : coucous, chouettes, sitelles torchepots, un rouge-
biotique avec la nature. La nature
queue noir, des hirondelles, des troglodytes... Ce que je
n’a pas besoin de nous, nous, par
souhaiterais pour nos enfants ? Une vie et un monde en
contre, on a besoin d’elle... Agir ici
harmonie avec la nature... Et une nature sans pesticides...
et maintenant, c’est une urgence
moins pour la nature que pour
nous, c’est juste notre avenir en
Christiane PROPRIÉTAIRE
DE CHAMBRES D’HÔTES
tant qu’êtres vivants. Laude RUMEGIES
les relations
Homme-Nature
COMME
23
Philippe APICULTEUR
MONT L’ÉVÊQUE
Pétré
U
piculteur amateur mais tombé dans le pot de miel depuis E Jean-Marc HISTORIEN
N
LE
tout petit – son grand-père l’était déjà - Philippe Pétré ÇON... Popineau
s’occupe de 40 ruches, avec passion. Son miel, primé
I
tous les ans au Concours l est né à Paris, mais le berceau de ses ancêtres est Senlis, depuis le XIVe
des miels de Picardie, il siècle. Ses racines sont ancrées à Roberval, dans le Val de Rouanne.
le doit à son savoir-faire Jean-Marc, professeur d’histoire-géographie au lycée Jean Rostand de
et à ses butineuses, qui Chantilly, a d’ailleurs consacré 400 pages à ce village, sa thèse de doctorat. Ce
opèrent en forêt de spécialiste de l’espace rural est aussi vice-président de la Société d’Histoire
Senlis. et d’Archéologie de Senlis et chercheur associé à l’Université Jules Verne de
- Mes racines, oui c’est Picardie à Amiens. Il cherche, il scrute au milieu des ruines et des ronces.
la nature, je ne supporte - La nature est comme un palimpseste, elle enregistre tout. Rien ne s’efface des
pas le milieu chimique. Je aménagements humains. Mon travail, c’est d’arriver à relire. Étudier la nature
suis presque agoraphobe, d’autrefois pour comprendre comment elle a évolué pour être ce qu’elle est au-
sans être un robinson. jourd’hui. Pourquoi y a-t-il un bois ici, un champ là, pourquoi la rivière coule
La nature, c’est la liber- à cet endroit... Ici, tout est humain, tout
té, là où on ne sent pas est artificiel, modifié par l’homme, qui a
la présence de l’homme, beaucoup influencé la nature et inver-
c’est l’état sauvage. On sement. C’est ce qui me passionne. La
se trouve à 50 km de forêt, composante majeure du Parc na-
Paris. Il y a toujours un turel régional Oise-Pays de France, au
fond sonore, un avion, temps des Romains, il n’y en avait pas.
un camion. Ce n’est pas La nature au sens propre du terme, elle
la nature à 100%. Mais n’existe plus, c’est une réadaptation de
oui, c’est une nature pro- la végétation à la pression humaine.
tégée grâce au Parc natu- Roberval est surmonté par le viaduc de
rel régional Oise-Pays de l’autoroute A1, construit en 1964, « une
France, qui fait barrage structure épouvantable qui fait un bruit
à la pression foncière. Ici, d’enfer en plein milieu du village ». Au-
on commence à imaginer jourd’hui, avec des structures comme
qu’on peut réhabiliter des le Parc, ce genre de projets ne se ferait
voies d’eau et des voies ferrées pour que ce ne soit pas des ba- plus.
lafres dans la nature. Il faut préserver la nature telle qu’elle est, Il cite encore l’action du PNR pour l’en-
tant qu’il est encore temps. tretien d’une pelouse calcicole sur le
village, l’édition de la plaquette « Dé-
couvrons les villages du Parc » à la-
quelle il a participé, ou encore l’action
du Parc en matière de préservation
des bio-corridors.
- Faire partie d’un PNR, c’est un énorme
avantage pour la préservation de notre
paysage et de notre patrimoine.
CO
M
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E N
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24 cole Jean Macé de UNE LEÇO
Landas... bientôt la
sortie des classes. Bernard GARDE-FORESTIER
MARCHIENNES
Nicolas Selva prend le relais Strunc
I
des professeurs pour emmener
les enfants au jardin, dans le l est technicien opérationnel à l’ONF, même s’il tient à son ancienne
cadre des activités périscolaires appellation d’agent patrimonial.
qu’il anime. Cabane végétale, - C’est le sens du métier : être responsable d’un patrimoine sur un
carrés potagers, rencontres de territoire.
jardiniers locaux, ce paysagiste Son patrimoine, c’est la forêt de Marchiennes au cœur du parc naturel
de profession fait mettre aux régional Scarpe-Escaut.
enfants la main à la terre... - Alors certes, ce n’est pas une nature naturelle, elle est guidée, accom-
Il est aussi à l’initiative de pagnée par l’homme. Mais c’est une belle forêt, qui a un cachet même si
l’Association «Nos Jardins c’est un tout petit boyau de bois avec énormément de monde autour !
de Campagne» (environ 80 Elle fait forêt. Sur 800 ha, ce n’est pas grand mais ça m’impressionne.
membres amateurs de jardin). Alors oui, son oeil de forestier voit derrière l’arbre la planche qu’il va
- Ce qui m’a amené à être faire.
paysagiste, c’est cette capacité à - Mais si le but premier c’est de produire du bois de qualité, c’est aus-
ressentir le vivant. On comprend si d’améliorer les peuplements, lui faire retrouver un équilibre pour
beaucoup de choses quand on a qu’elle puisse perdurer. La forêt
cette sensibilité. Pour moi, la est vivante, il est parfois difficile
nature c’est l’équilibre, elle se de faire comprendre aux gens
débrouille toute seule. L’homme qu’il faut travailler dedans, opé-
doit accepter de faire partie de rer des coupes pour qu’elle se
cette nature. Dans des endroits régénère.
dévastés comme Tchernobyl, Pur produit de la ville jusqu’à
elle se réapproprie l’espace et c’est exactement la même chose dans la l’âge de 35 ans, la nature est
région avec les terrils et les anciennes friches. pour Bernard Strunc, un ber-
Originaire du Bugey, il a grandi dans la montagne. ceau, qui nous accueille et nous
- La nature du Nord-Pas de Calais n’est pas la même. Ce qui m’a frappé permet de vivre. Et en même
ici, c’est cet effort de travailler justement à la protéger. J’habite une temps, la nature peut être
belle campagne. C’est une nature qui a été modifiée, travaillée, jar- agressive, elle n’a pas besoin
dinée. Le but du Parc naturel régional Scarpe-Escaut, c’est ça. Faire en de nous qui en sommes dépen-
sorte que l’homme et la nature arrivent à vivre ensemble sur un terri- dants. Elle nous aura vus pas-
toire agréable, pourtant confronté à de nombreux enjeux, comme la ser comme des bêtes un peu
pression humaine et urbaine. étranges car je crois que l’es-
pèce humaine disparaîtra bien
Nicolas PAYSAGISTE
HABITANT
avant. Nous ne perdurerons pas
si nous continuons à nous com-
Selva DE LANDAS
porter ainsi.
les relations
Homme-Nature
25
3
ITÉ...
IL
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NE PO
Les multiples
ressources
procurées par
la nature sont
ici envisagées
comme un
moyen pour
l’Homme
d’exprimer
ses capacités
productives et
créatrices.
En retour,
il se doit de
les ordonner,
d’en rendre le
meilleur et de
montrer qu’il
peut gérer cette
extraordinaire
diversité et
cette richesse
des éléments
pour le bien de
tous.
H. M.
les relations
Homme-Nature
C
27
hef d’édition de
La Voix du Nord à
Avesnes-sur-Helpe,
Géraldine Beys est originaire
de Montpellier :
- La nature de mon enfance,
c’est la garrigue, les
cigales, la vigne, un milieu
ensoleillé, sec, presque
aride... une nature qui n’a
pas la rentabilité des plaines
betteravières du Nord !
Je vais donner dans le dis-
cours écolo, mais souvent,
on est un peu les préda-
teurs de la nature. Elle s’en
souvient et nous le renvoie.
Quand je pense à la nature,
je pense à son aspect nour-
ricier. C’est important de se
dire que la terre porte du
fruit. La nature du territoire
de l’Avesnois, c’est aussi
l’eau, le bois, la pierre, le
bocage, l’élevage laitier... Préserver l’existant, c’est prendre en
compte toutes ces composantes.
Pour elle, être raccord avec son environnement c’est :
- savoir où on évolue et agir en conséquence. La vérité je pense, elle
est dans le local. Savoir utiliser ce que la nature nous offre. Ici, on
ne peut pas faire abstraction de la dynamique bio et de la volon-
té de favoriser les produits locaux, d’aller plus loin sur les circuits
courts... Ce territoire a vécu d’industries qui n’existent plus. L’ave-
nir économique passe aussi par la valorisation d’une démarche qui
consiste à consommer au plus près de chez soi. Il y a des initiatives
intéressantes à relayer, grâce à des gens et des structures comme
le Parc naturel régional de l’Avesnois, ou les associations pour le
maintien d’une agriculture paysanne (AMAP) qui apportent une
vraie dynamique.
Géraldine JOURNALISTE
AVESNES-SUR-HELPE
Beys
COMM
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É.
U ffectée à la mission de préfiguration du Parc naturel Oise-Pays de
E
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NE I
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France depuis 1998, Sylvie Capron, directrice, est aux commandes de
François ÉLEVEUR
SOLRE-LE-CHÂTEAU POSSIB IL cette « maison » et de son équipe depuis sa création officielle en 2004.
Bonamy Spécialiste de l’aménagement du territoire, elle dévoile une vision réaliste et
pointue de la nature de son territoire :
D
ans la famille - Toute la nature ici a été depuis très longtemps modifiée par l’homme : la forêt,
Bonamy, on est les parcs et jardins, tous les étangs ou les cours d’eau. Nous évoluons dans un
agriculteurs depuis territoire très forestier et ce sont finalement tous les espaces sur sol pauvre
6 générations. François, 34 qui concentrent le plus de biodiversité : les landes, les pelouses calcaires, les
ans, a repris l’exploitation anciennes carrières, le golf et le centre d’essai automobile de Mortefontaine,
en 2008. 10 ans plus le parc Astérix... Et paradoxalement ils n’ont pas le visage de nature que l’on
tôt, son père passait en attend !
production biologique. La situation de carrefour au sein du continuum forestier du bassin parisien
Dans ce petit coin qu’occupe le territoire caractérise également la raison d’être du PNR-Oise Pays
verdoyant du sud-est de de France.
l’Avesnois, l’exploitation se - Le PNR a pour mission première de
compose d’une soixantaine préserver la nature de son territoire,
d’hectares tout en herbe et les espèces faunistiques et floristiques
d’un troupeau laitier d’une et les sites d’intérêt écologique. Ce qui
cinquantaine d’Holstein est un peu plus spécifique chez nous,
croisées Montbéliard. c’est la préservation des corridors
- Ici, la nature est quasi- inter-forestiers. Le massif des trois
ment partout façonnée par forêts est à un carrefour entre les forêts
l’homme. Dans notre mi- franciliennes : Carnelle, L’Isle-Adam et
lieu, on a l’habitude de dire Montmorency et les forêts picardes :
qu’il faut travailler avec Compiègne, Retz, Saint-Gobain, c’est
la nature. En tant qu’agri- un axe important de notre travail.
culteur, on ne laisse pas Missions qui s’articulent également
faire la nature même si on aussi autour de la sensibilisation des
ne va pas contre nature ! populations.
On fait en sorte d’arriver à - Je suis très pessimiste sur la conscience écologique des gens. Je pense que
produire. Pour moi, l’environnement c’est plutôt un atout qu’une c’est le fait d’un nombre assez réduit et j’espère que ce n’est pas un phénomène
contrainte. de mode.
Délégué du Parc naturel régional de l’Avesnois pour la commune Elle s’avoue fière néanmoins du travail accompli par son équipe. En particulier
de Solre-le-Château, François Bonamy participe dès qu’il le peut autour des programmes pédagogiques ou du réseau des correspondants, ces
aux commissions du Parc, aux réunions. bénévoles relais des actions menées par le Parc. Sa vision du territoire pour
l’avenir ?
- Le PNR sensibilise beaucoup de jeunes agriculteurs et la popula- - Qu’il soit le plus diversifié et le moins artificialisé possible. Que le PNR ne
tion en général. Leurs actions valorisent les prairies, le bocage, le
devienne pas un îlot préservé autour d’une région parisienne totalement
bois déchiqueté, l’agriculture bio.
urbanisée. Nous résistons à la poussée du grand Paris, mais ce n’est pas simple.
Plantation de haies, investissement dans une chaudière à bois dé-
La bonne nouvelle, c’est que la nouvelle charte, en vigueur en 2018, pourrait
chiqueté avec le soutien du PNR et création de chambres d’hôtes
être signée par 86 communes, soit 27 de plus qu’il y a 12 ans...
à la ferme, labellisées Accueil paysan, il prouve son implication
pour ce territoire au patrimoine naturel exceptionnel, lié au bo-
cage.
Sylvie DIRECTRICE
PARC NATUREL
Capron RÉGIONAL
OISE-PAYS DE FRANCE
ITÉ...
les relations
Homme-Nature
BIL
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E UNE
Pierre DIRECTEUR
OFFICE DU TOURISME
Labonté CŒUR DE L’AVESNOIS
S
’il a grandi sur le territoire des Caps et Marais d’Opale,
c’est l’Avesnois qu’il a à coeur de valoriser depuis deux ans.
Amoureux de la région et de ses paysages, Pierre Labonté
voit la nature comme un cadre qui permet à l’homme de s’épanouir,
L
et que ce dernier se doit de respecter.
a carrière de Dompierre-sur-Helpe a été créée la même année que le
- L’homme dans le nord a façonné sa nature. On le voit avec les terrils,
PNR de l’Avesnois, il y a 18 ans.
les frontières, les monts, la Flandre maritime et les wateringues,
- Le dialogue et la concertation se sont faits dès le départ,
Boulogne et la mer qui a permis à la ville de se développer.
témoigne Damien Hérault, directeur des activités calcaires et assimilées
Nous vivons avec la nature, nous en avons fait une force. Dans
pour le groupe Eurovia. Ce site d’extraction est donc le plus récent d’un
l’Avesnois, la nature nourrit l’homme et c’est un véritable atout, un
vecteur de développement territoire qui compte, sur un rayon de 30 km, 8 sites pour 6 entreprises.
économique. Sans bocage, - Dans mon métier, j’ai une approche règlementaire de la nature mais aussi
plus de Maroilles, plus de une approche personnelle qui amène à développer des actions en matière de
rando, plus d’Avesnois ! protection de la biodiversité.
Notre patrimoine naturel Avec le PNR, cette démarche de volontariat a été concrétisée en 2011 par la
est une chance pour faire Charte environnement signée entre l’UNICEM (Union nationale des industries
venir les touristes. de calcaires et d’extraction des matériaux) et les exploitants carriers. Elle vise
à mettre en place une intégration paysagère et environnementale des car-
Et valoriser les richesses
rières à long terme. Nous travaillons avec l’association Aubépine qui défend
locales, c’est évidemment
le hibou Grand-Duc : nous avons un couple au niveau de la fosse, qui s’est
travailler avec le Parc
très bien adapté à cet environnement humain et industriel. Avec le Muséum
naturel régional :
d’histoire naturelle nous avons mis en place un indicateur de qualité écolo-
- Pour l’appli Ba-
gique. En 2014, un recensement a permis de répertorier les espèces animales
lad’Avesnois, dans laquelle
et végétales. Les résultats ont été surprenants avec 70 espèces d’oiseaux re-
nous avons travaillé un
censées et autant d’espèces botaniques. Cela nous a permis de montrer notre
parcours vélo sur la voie
métier sous un nouveau jour. Nous ne sommes pas que des « destructeurs de
verte entre Sars-Poterie et
paysages » mais aussi des créateurs d’une biodiversité qui n’existerait pas
Solre-le-Château. Pour tou-
autrement dans l’Avesnois. Dans nos pratiques, le PNR est source d’appren-
[Link], le 2ème
tissage sur le milieu qui nous entoure. Notre entreprise est certifiée ISO 14001.
site le plus fréquenté du ter-
L’un de nos salariés, formé par le Parc est coordinateur environnement.
ritoire. Les liens avec le PNR
Le PNR nous guide dans cette intégration paysagère intelligente qui facilitera
sont quotidiens. Ils ont une
la remise en état finale du site. Pour donner à cette nature la possibilité de se
capacité à intervenir sur
réapproprier l’endroit le plus harmonieusement possible à l’avenir.
l’ensemble du territoire qui
justifie pleinement leur rôle
de coordinateur.
Damien DIRECTEUR
CARRIÈRES
Hérault DOMPIERRE-SUR-HELPE
ITÉ...
30 Hélène SPORTIVE
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Tomezic
IL
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B
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SS
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portive, Hélène Tomezic E U
est une amatrice de NE PO
trails et de défis. Elle
fait partie de l’Association
X’Trem Challenge à Senlis,
E
organisatrice de ces courses
nature qui fleurissent partout n plein coeur du marais Audomarois et du Parc naturel régional
dans la région. des Caps et Marais d’Opale, l’estaminet-brasserie « Au Bon
Accueil » accueille ceux qui souhaitent découvrir la bonne cuisine
- C’est une pratique de course locale et les lacis de ce labyrinthe aquatique riche d’une faune et d’une
en forêt, à travers les champs flore diversifiées. Olivier Picquendar a grandi ici, né d’une famille de
et les chemins. Ce qui me plaît, maraîchers reconvertie dans le commerce et le tourisme.
c’est la notion d’aventure,
explique cette habitante d’Au- - Je suis un enfant du marais, témoigne t-il simplement.
mont-en-Halatte, petite com- - J’ai appris à conduire un bateau comme d’autres apprennent à rouler
mune nichée au coeur du massif à vélo, je connais cette partie du marais comme ma poche.
éponyme de 6 000 ha. Avec sa flotte de bateaux-promenade, son bacôve traditionnel, ses
- La nature du territoire du Parc canoës et ses barques à rames et à moteur électrique, il partage sa
naturel régional Oise-Pays de passion pour son territoire.
France offre des milieux très va- - Le marais, c’est un patrimoine exceptionnel qu’il faut faire connaître
riés, des forêts différentes, à la et protéger. Aussi pour nos enfants. C’est pour cela que nous avons
technicité différente. investi il y a 6 ans dans la motorisation électrique, je suis l’un des rares
Je suis très citadine, il y a bateliers à le faire. Quand on y a goûté, on ne peut plus changer, pour
quelques années, je n’aurais préserver cette nature, et la partager en silence, dans le respect de
jamais pensé habiter un village l’environnement.
au coeur de la forêt ! Et mainte-
nant c’est vrai, ça compte d’être
dans la nature.
Olivier BATELIER
SALPERWICK
Parfois, quand je cours sur une route forestière, je me dis quand même Picquendar
que j’ai de la chance de vivre ici, même si je peux aussi bien courir en
ville qu’en pleine nature.
les relations
Homme-Nature
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N.
O
32 CO D
MME UN
Le spectacle
d’une nature
insaisissable
et recherchée,
en dehors
de l’Homme,
ne cesse
ici de nous
surprendre.
Tel un présent
sans cesse
renouvelé, la
nature offerte
permet l’épa-
nouissement
et doit être
l’objet d’une
reconnais-
sance et d’un
respect à ne
pas négliger.
H. M.
les relations
Homme-Nature
O
n peut dire qu’il connaît 33
le territoire du Parc
naturel régional Scarpe-
Escaut comme sa poche. Tout
comme celui de son voisin belge,
le Parc naturel des Plaines
de l’Escaut. Passionné par le
patrimoine local, Jean-Yves
Cools, également Greeter (guide
touristique bénévole) a créé son
Club de marcheurs en 2002.
- Nous avons franchi les 2 000
kms au coeur du Parc naturel
transfrontalier depuis 2002 !
Sa nature est celle d’une cam-
pagne entre pays minier et forêt.
- Quand je suis au sommet du
Mont de Ligne – qui fait juste
40 m de haut - je me sens sur
le toit du monde. En haut du
terril de Sabatier ou de celui de
Chabaud Latour, les panoramas
sont splendides : personne ne
peut imaginer qu’il y avait là
tout un complexe industriel. C’est
un bel exemple de reconquête
organisée d’un espace naturel. Je suis persuadé que la nature reprend
de toutes façons ses droits même si elle s’adapte à la situation nouvelle.
Ne voyons-nous pas des arbres s’installer sur des murs ou cheminées,
l’eau dans des effrondrements miniers ? Preuve que la nature n’a pas
de limite et invente ses propres solutions. Nous sommes un élément de
cette nature, ce qui nécessite humilité et respect.
Toujours volontaire quand il s’agit d’être partenaire du PNR Scarpe-
Escaut, Jean-Yves Cools s’avoue parfois désabusé par des décisions
prises au nom de l’intérêt économique et politique, plutôt qu’au nom
du bon sens et de la préservation de l’environnement ou par des
divergences d’actions que l’on soit d’un côté de la frontière ou de l’autre.
- On a cette chance-là d’habiter dans un territoire tout de même
préservé.
Jean-Yves PRÉSIDENT
CLUB DE RANDONNÉE
Cools LES JOYEUX GODILLOTS
MORTAGNE-DU-NORD
CO M
M .
E U ..
N DON
I
34 l a une approche à la fois scientifique, technique, philosophique et poé-
tique de la nature. Un rapport intuitif et sensible à son environnement
Anthony RESPONSABLE
ESPACES VERTS dont il a fait son métier.
Filnois WIMILLE - La nature, on ne s’en rapproche que pas à pas. Est-ce qu’on parvient un
jour vraiment à la rencontrer ? Je ne sais pas, mais pour moi, c’est une quête
À
32 ans, Anthony perpétuelle de la comprendre. Nous les hommes impactons la nature... J’essaie
Filnois est respon- tant bien que mal de rentrer dans un cheminement inverse – cela rejoint
sable des espaces peut être la notion d’empreinte écologique – faire partie d’elle, ne pas être
verts de la commune de un étranger, un opposant, un destructeur. La nature est universelle. Quelle
Wimille. Il considère ces que soit la perception, les enjeux, les intérêts écologiques ou économiques,
espaces de nature urbains elle nous renvoie à la profondeur la plus intime de notre notion d’humanité.
comme une source de bien- Je n’arrive pas à concevoir qu’on puisse ne pas être ému par un coucher de
être pour la population, soleil, un bel oiseau. Aujourd’hui on parle beaucoup de la quête du bonheur,
mais aussi un enjeu pour devenue tellement associée à des modes de consommation. Je me bats pour
la sauvegarde et la protec- partager le bonheur qui est le mien dans la nature. Il n’y a rien qu’on ne puisse
tion de la biodiversité. acheter qui procure un plaisir aussi profond, ancestral.
- Nous avons intégré dans Au coeur de ses missions : la gestion et la préservation des milieux naturels,
notre politique la notion de - des espaces menacés qui, du fait de l’abandon des pratiques humaines ou de
gestion différenciée. Nous la dynamique naturelle, nécessitent l’intervention de gestionnaires : réaliser
entretenons les espaces un diagnostic, hiérarchiser les enjeux, planifier des travaux, et évaluer dans
en zéro phyto, sauf les le temps la pertinence de ces interventions.
cimetières et essayons de Parmi celles qui ont marqué Sébastien, la reconquête des coteaux calcaires
faire en sorte que la nature de Colembert entreprise en 2010.
s’épanouisse au sein de - Nous avons restauré ce milieu en y associant les habitants, la commune,
la ville, en y associant la en créant une passerelle avec un éleveur formidable qui a investi dans un
population. troupeau de moutons boulonnais. Les
Grand sportif, athlète du randonneurs, les gens du village vont
Côte d’Opale Triathlon, cy- pouvoir s’émerveiller de tout ça.
cliste et kitesurfer, Antho- Ce qui ne l’empêche pas de se re-
ny trouve dans la nature mettre en question :
des Caps et Marais un im- - Il est très orgueilleux de prétendre
mense terrain d’entraînement : contrôler la nature quand on ne
- Je suis fan du Cap Blanc Nez, des forêts de Desvres ou d’Ecault, du connaît qu’une part infime de
marais, des dunes de la Slack, du mont de Couple. son fonctionnement. Un coteau
Le service espaces verts de la commune travaillent avec le PNR calcaire, ne faudrait-il pas le laisser
des Caps et Marais d’Opale s’embroussailler naturellement ?
- pour la gestion de la Plaine d’Houlouve, une zone verte de 15 ha Nous avons des visions à l’échelle de
d’un remarquable intérêt floristique et faunistique où nous pra- nos vies, mais à l’échelle du très long
tiquons la fauche exportatrice et veillons au maintien de la trame terme ? Tout cela pourrait continuer
verte. Mais aussi pour l’entretien des mares, les journées de forma- sans nous...
tion organisées pour nous, techniciens communaux. Le PNR nous
aide techniquement et financièrement dans la mise en place de pro-
jets en faveur de la biodiversité. Il éveille les consciences, apporte Sébastien TECHNICIEN
PATRIMOINE NATUREL
connaissance et sensibilisation à la fois aux citoyens, aux techni-
ciens et aux élus.
Mézière PNR CAPS
ET MARAIS D’OPALE
...
les relations
Homme-Nature
ON
C
hristian Perney fait partie de la grande famille des passionnés 35
D
UN
de la chasse à courre.
COMME - Mon père était exploitant forestier à Senlis, et veneur à
l’équipage d’Halatte. Je l’accompagnais lorsqu’il allait voir ses coupes en
forêt et je suivais les chasses certainement depuis le landau de ma mère !
La chasse à courre est pour lui un moment privilégié de communion
avec la nature :
- Ce mode de chasse ancestral laisse ses chances à l’animal. Je le
pratique comme un loisir et il est très fort : contempler la forêt depuis
son cheval, voir les ruses de l’animal, la meute les déjouer, profiter d’une
grande variété de paysages, cela me
ressource.
Ce photographe à ses heures et au-
teur de plusieurs ouvrages consa-
crés au cerf et au chevreuil a choisi
de s’impliquer :
- Contempler, c’est un peu égoïste.
Agir pour transmettre cette nature
si sauvage à nos enfants, cela donne
Éric ÉTUDIANT un sens. Membre de l’Association des
amis du PNR Oise-Pays de France,
Penet il a également, pour la Société de
S
vénerie, animé un collectif pour la
ite majeur du Parc naturel régional des Caps et Marais d’Opale, défense des corridors écologiques en
la Réserve naturelle nationale des étangs du Romelaëre est un milieu forestier.
havre de paix et un refuge de nombreuses espèces, gérée par En réunissant différents acteurs
EDEN 62. Impassible, figé derrière l’objectif de son Canon, Eric Penet, ONF, ONCFS, PNR, chasseurs à tir ou
20 ans, est assis au bord d’un étang, sur le chemin en caillebotis qui à courre, écologistes, etc. Notre but
emmène à la découverte de ce site né de l’extraction de la tourbe. était de sensibiliser les opérateurs en
Cet étudiant réalise ici le stage requis pour sa Licence biologie des charge de la construction de grands
organismes et des populations à Lille I. Il étudie le Blongios nain, le axes de circulation à la nécessité de
plus petit héron européen, une espèce menacée et protégée, choisie garantir une libre circulation des
comme symbole du PNR. animaux sauvages.
- La nature de cet endroit est riche, composée d’une mosaïque d’habi- Opérations qui ont conduit à la mise
tats : prairies humides, étangs, roselières, mégaphorbiaies, espaces en place ou à l’entretien de gibo-
boisés qui maintiennent une diversité et permettent à une faune et une ducs, à Villers-Cotterêts, Versigny...
flore typiques d’exister, explique-t-il. Un PNR, ce n’est pas une réserve. - Si le PNR n’existait pas, ce territoire deviendrait vite un no man’s land.
Les gens y habitent, y travaillent mais le but c’est d’essayer de concilier Il y a beaucoup de sollicitations en matière d’immobilier, de tourisme,
la beauté d’un cadre de vie avec le respect de la nature et le maintien d’infrastructures routières. C’est bien pour le développement économique,
de l’activité humaine. moins bien pour la nature, et il est nécessaire de le maîtriser. Le PNR
Enfant, il est ébloui par un grand cerf qui traverse la route en forêt de devrait s’étendre sur de nouvelles communes, c’est une excellente chose
Mormal, dans l’Avesnois. pour nos forêts et notre environnement.
- Depuis, mes passions sont la photo et la nature. Je voudrais en faire
mon métier, devenir chargé d’étude faune-flore et oeuvrer pour conser-
ver des espaces de nature comme celui-ci pour les générations futures.
Christian CHASSEUR
C L
et habitant d’Equihen- e marché bio de
Plage, a passé presque Cartignies fait partie des
toute sa vie près de la trois rendez-vous de ce
mer entre Boulogne-sur-Mer type sur le territoire du PNR de
et Etaples hormis une incursion l’Avesnois. Depuis 5 ans, tous
lilloise, raisons professionnelles les premiers vendredis du mois,
obligent. une dizaine de producteurs
- La première chose que je fais investit la Ferme de la Corbière
en me levant c’est regarder à la d’Isabelle et Jean-Michel
jumelle les bateaux qui passent Lepage, producteurs de lait bio
au large. Tous les jours je vais à et créateurs de l’Association
la plage, sans forcément y des- Paysannes en bio. Deny Scottez
cendre. Ici on vit au rythme de habite Larouillies et fréquente
la mer. ce marché depuis sa création.
Une mer qui lui a pourtant pris - C’est un marché qui me corres-
deux grands-pères, car, chez les pond. Sans privilégier forcément
Ramet, on vivait de la pêche, de- l’étiquette bio, consommer le lo-
puis le 16e siècle. Mais la nature cal, venir chercher directement
ressource, au propre comme au ses produits à la ferme chez des
figuré, cet amateur de pêche à producteurs que l’on connaît,
pied : avec qui on peut échanger, c’est
- Quand je vais aux moules, faire le choix de la qualité.
j’oublie tous mes soucis. Notre Ici, il y a de tout : du fromage, de
littoral est magnifique. Le la viande, des légumes, de la pâ-
Conservatoire du Littoral et le tisserie, des confitures et sirops
Parc naturel régional des Caps de plantes sauvages, du miel, ...
et Marais d’Opale ont accompli un travail immense. On ne le mesurait - Moi-même j’ai un rucher et un
peut-être pas à l’époque, mais, avec le temps, on se rend compte que verger de pommes à couteau et à cidre, conduits en biodynamie. Mon
ça a préservé la côte d’une urbanisation trop importante, sur des zones épouse jardine. On essaie d’être autonomes, le plus possible.
comme le Mont Saint-Frieux ou les dunes de Dannes. La nature est belle et généreuse, il faut savoir l’observer, respecter un
Impliqué, Jean-Pierre Ramet est depuis plus de 20 ans le président de enchaînement naturel. Arracher des haies, c’est rompre un équilibre de
la Maison de la Beurière à Boulogne-sur-mer, un habitat typique de l’Avesnois.
pêcheur boulonnais devenu musée. Venez à sa rencontre à la fête du Je restaure ma maison du 18e siècle en essayant d’intégrer cet habitat
PNR, et si vous insistez, ce membre du groupe folklorique Les Soleils à ce territoire, avec la brique et la pierre bleue, des matériaux locaux.
Boulonnais poussera peut-être la chansonnette... Je replante aussi des haies d’essences locales avec le programme
«Plantons le décor». Le PNR soutient ce marché et contribue, c’est sûr,
Jean-Pierre PRÉSIDENT
ASSOCIATION «LA BEURIÈRE»
à la sauvegarde de notre patrimoine naturel.
Ramet
les relations
Homme-Nature
37
5
...
EN
38 CO LI
MME UN
Le maître
mot de cette
conception de
la nature est
la complexité.
Entre les
différentes
espèces et
leurs milieux
de vies se
nouent des
interactions
multiples
et jamais
figées. C’est
la dynamique
des échanges
qui nous
guide et c’est
ensemble que
des équilibres
doivent être
trouvés
H. M.
les relations
Homme-Nature
S
39
a famille travaille la terre depuis le 19e siècle, dans le petit village de Barbery au cœur de
la grande plaine céréalière du PNR Oise-Pays de France. Son arrière-grand-père cultivait
déjà du blé et des betteraves pour la sucrerie du village. Quelques générations plus tard,
Vincent Boucher exploite environ 200 ha depuis 1989.
- Je suis revenu en 2010 en « polyculture simplifiée » : blé, betteraves, colza (arrêt des légumes
de conserves suite aux départs de l’industriel D’aucy, des pommes de terre), puis en 2013
suite à l’arrêt de la pension de chevaux j’ai gardé 8 hectares en foin, mais j’ai surtout créé des
jachères fleuries en complément de mes haies implantées en 2005 pour la biodiversité.
Il fait partie du réseau FARRE, le Forum des agriculteurs responsables et respectueux de
l’environnement.
- Être un agriculteur respectueux de la nature, c’est garder le potentiel des terres sans le
dégrader. C’est mettre en place au niveau de l’exploitation des démarches qui visent à réduire
les impacts négatifs des pratiques agricoles sur l’environnement sans remettre en cause la
viabilité économique de mon exploitation. En limitant l’utilisation de certains produits, en
travaillant au plus près le potentiel des parcelles pour que la culture puisse faire le rendement
sans traitements inutiles, en utilisant les innovations technologiques pour mieux répondre
aux besoins de nos sols et de nos cultures.
Avec le PNR Oise-Pays de France et le programme « gestion de territoire » de la Région Picardie,
il s’est impliqué dans des programmes en faveur de la biodiversité (2005 et 2013).
- Les haies et les jachères fleuries sont des réservoirs pour la petite faune (les lièvres, les
perdreaux, les chevreuils, les petits oiseaux « des campagnes » sont revenus sur l’exploitation)
et pour les insectes (coccinelles, syrphes, carabes, etc.) qui sont pour nous des auxiliaires
de culture. Depuis 2005, j’ai replanté 2,7 km de haies. En 2013, j’ai également participé au
programme de préservation des corridors écologiques pour les chauves-souris.
Vincent Boucher ouvre son exploitation dans le cadre des Fermes de rencontres de FARRE (son
projet d’exploitation est visible sur le site FARRE et maintenant #agridemain ) et pour le PNR :
- Communiquer avec
le public, c’est primor-
dial. Nous sommes
responsables de nos
pratiques et il faut
montrer que depuis
les années 80, l’agri-
culture change et que
nous agissons aussi
en faveur de notre en-
vironnement.
Vincent AGRICULTEUR
BARBERY
Boucher
...
EN
LI
L
40
CO N Guislain PRÉSIDENT e jeudi, c’est jour de
MME U PNR AVESNOIS marché pour tous les
Cambier Amapiens et toutes les
S
Amapiennes des « Paniers de
’il a pris, il y a quelques mois, la présidence du PNR de l’Avesnois,
Séraphine » à Senlis. C’est l’une
il est également président d’Espaces naturels régionaux, pré-
des trois AMAP du PNR Oise-
sident de la Communauté de communes du Pays de Mormal,
Pays de France.
conseiller régional, maire de Potelle et principal du collège Eugène Fidèle au poste, Véronique Cas-
Thomas de Jeumont. Impliqué pour son territoire donc, Guislain Cam- pary, adhérente, fait partie de
bier définit ses rapports à la nature comme passionnels et raisonnés. ceux qui s’impliquent à 100%.
- Passionnels parce que j’ai une fibre environnementale poussée. Et Arrivée avant l’heure, comme
raisonnés parce qu’en tant une poignée d’autres, celle
qu’être humain, on ne peut qui a choisi d’être «référente
s’affranchir ni des lois de la produits laitiers» (elle fait l’in-
nature, ni de ses mutations. terface avec les producteurs
J’essaie d’équilibrer dans mon concernés), aide à installer les
action et mon raisonnement stands, vérifie les listes, ac-
l’articulation entre la demande cueille les habitués.
sociale, la pression économique Adhérer à une AMAP, cela fait
et la nécessaire préservation partie de ma philosophie de la
de l’environnement. Toute la vie. C’est respecter les produc-
difficulté de notre rôle, c’est de teurs, minimiser les intermé-
trouver le juste équilibre entre diaires avec les consommateurs.
Dans l’agro-alimentaire à grande
des pressions contraires. Ce n’est
échelle on se fiche de l’humain. À
pas un consensus mou, c’est un
force d’ultra-consommer, on va
compromis, au bénéfice de tous. détruire la nature. Personnellement, je privilégie le local, ici tous les pro-
Ses objectifs en tant que pré- ducteurs sont bio.
sident du PNR de l’Avesnois ? Pour Véronique Caspary, une AMAP c’est
- Poursuivre l’oeuvre de préser- - une petite touche à cet énorme chantier à mettre en place si on veut
vation du territoire. L’urbanisa- sauver la planète. Et c’est un vrai mouvement citoyen : participer à l’ins-
tion non maîtrisée, le non-res- tallation des stands, apporter ses cabas, assurer une permanence deux
pect des traditions agricoles, le fois par saison, participer aux réunions et aux visites de producteurs...
mitage et l’uniformisation archi- Ceux qui la pratiquent comme une sorte de supermarché ne restent ja-
tecturale : autant de menaces mais bien longtemps parce que ce n’est pas seulement une histoire ali-
qui pèsent encore sur notre ter- mentaire, c’est discuter, échanger des points de vue, entreprendre des
ritoire qui, pour autant, ne doit choses pour aller mieux.
pas devenir une « réserve d’Indiens ».
Il nous faut déployer l’ingénierie du PNR au service des habitants, des Véronique ADHÉRENTE
AMAP (SENLIS)
communes, et des collectivités pour développer durablement le tou-
risme, conforter l’Avesnois comme territoire à énergie positive, structurer
Caspary
les circuits courts, soutenir l’attractivité économique, amplifier la valori-
sation du territoire. Un PNR est un énorme atout pour l’ensemble de la
région. À nous d’en être ambassadeurs.
les relations
Homme-Nature
..
N.
I
41
Guillaume LI
l enseigne les Sciences et Vie de la Terre au lycée Ribot de Saint-
E
MARAÎCHER
CO Omer. Là où il fut lui-même élève.
MME UN
BEUVREQUEN
Douchet - Je vis à Elnes, près de coteaux calcaires. Ce sont un peu nos petites
B
ientôt 20 ans qu’il montagnes !
cultive en bio. 1,5 hec- sourit cet amateur d’ULM et de grands espaces.
tares. 1 700 m2 de tun- - J’aime prendre du recul sur nos sols, sur nos paysages, si différents
explique Jean-Claude Dupuis, qui passe pourtant des heures enfermé
nels. en classe !
- C’est petit mais suffisant. J’ai en - Mais justement, mon métier c’est de faire passer des messages aux
ce moment (juin) une trentaine jeunes. Dans les programmes officiels, la biodiversité s’enseigne dès la
de variétés de tomates, des classe de seconde. C’est un sujet capital qui peut s’étudier dans un livre
courgettes, du basilic, du persil, mais aussi sur le terrain. Pour moi, la sortie est incontournable, pour
du fenouil, des salades, du radis, observer, sentir, comprendre.
du melon, bref tout ce qui est Participer au programme « Biodiver’lycées » d’Espaces naturels régio-
possible en saison ! Travailler naux sur le territoire du PNR des Caps et Marais d’Opale était donc une
avec la nature, c’est tellement évidence,
évident, même si ça demande - Beaucoup d’élèves ne connaissent pas la richesse de leur région. Ce
plus de travail. programme nous aide vraiment pour les sensibiliser aux enjeux de
Il a grandi ici, juste à côté de la préservation de la biodiversité localement et agir, pas seulement
ce maraîchage, qu’il a repris en regarder. Nous avons appréhendé ainsi plusieurs milieux : le marais, la
1998. Sur ce bout de terre de forêt, la vallée de l’Aa, les coteaux calcaires.
la côte d’Opale, balayé par les Ses élèves ont participé par exemple à une opération de débroussail-
vents, entre terres vallonnées lage avec l’Association Les Blongios. Théo, Mathilde et Léa, 17 ans, ont
et mer. été marqués par cette expérience.
- Ici, la nature est superbe, on - Nous sommes sortis l’année dernière à Affringues et à Ambleteuse,
a l’avantage d’avoir la forêt, la des endroits de nature où nous n’étions jamais allés. Nous avons appris
campagne et la mer. Vivre sur un énormément de choses sur notre environnement grâce à lui.
territoire de PNR, c’est rassurant Objectif atteint monsieur le professeur...
car il préserve la nature qui nous
entoure. Sinon nous deviendrions juste une zone agricole péri-urbaine.
Pas avare de transmission, Guillaume Douchet accueille régulière-
ment des stagiaires.
- Je suis heureux de transmettre ce que je sais. J’ai appris de mon voisin
qui m’a cédé ses terres et de mon père qui avait ses techniques et son
amour pour la terre. Quand j’ai commencé, nous étions considérés
comme des marginaux, des farfelus, des babas-cool ! Les marchés se
développent. Aujourd’hui, travailler en bio, c’est économiquement
intéressant. Beaucoup de gens réfléchissent à une conversion. Dommage
que ce ne soit pas par véritable conviction, mais c’est bien.
Depuis le premier trimestre 2016, le territoire du PNR des Caps et
Marais d’Opale compte six producteurs convertis en agriculture bio-
logique. Soit 22, au total, pour 1 % de la surface agricole totale... Un
potentiel à développer, que le PNR s’attèle à faire valoir. Jean-Claude PROFESSEUR
ST-OMER
Dupuis
...
EN
LI
42
CO N Jean NATURALISTE
MME U
Malecha
P
rofesseur d’université en biologie animale, membre du Conseil
national de protection de la nature (CNPN) de 2000 à 2004, de
Nord Nature (la Fédération régionale des associations de protec-
tion de la nature du Nord-Pas de Calais), et du Groupement Ornitholo-
gique du Nord (GON). Jean Malecha, aujourd’hui retraité, s’est beaucoup
investi pour la nature de son territoire. Fils de mineur, il a grandi près
d’un cavalier de mine, à Somain.
- Cet endroit était doté d’une végétation extraordinaire. Depuis ma plus
L
tendre enfance, j’ai été au contact de la nature.
a biodiversité, ce n’est pas qu’une question de grands espaces.
Il habite Marchiennes, depuis plus de 40 ans, à deux pas de la Réserve
Mario Maraldi habite un lotissement de Coutiches. Carré,
naturelle du Pré des Nonnettes, gérée par le PNR Scarpe-Escaut. Une
propre... stérile ? Pas chez cet éco-jardinier, qui annonce la cou-
zone de 400 hectares mêlant marais, étangs, bois et prairies humides.
leur dès son entrée avec un hôtel à insectes. Installé ici depuis 2011, il
- J’ai toujours été un grand défenseur de l’environnement mais j’ai œuvré
a choisi le PNR Scarpe-Escaut pour son environnement et son cadre
dans l’ombre.
de nature.
Dans l’ombre mais pas sans efficacité, lui qui fut, entre autre, précur-
- Je me sentais enfermé en ville. Dans mon jardin, il y a des renoncules,
seur dans la prise en compte de l’intérêt environnemental des terrils et
des trèfles, une mare, un abri pour les chouettes. Ce n’est pas tondu ras,
anciens sites miniers. Il donne toujours des conférences, participe aux
contrairement à beaucoup d’autres jardins qui ressemblent à des greens.
actions du Conseil scientifique de l’Environnement Nord-Pas de Calais
Moi j’appelle ça des milieux stériles, parce que ce n’est pas propice à la
et à ceux du Conseil scientifique régional du patrimoine naturel, écrit
vie.
des articles, voyage, même si, à 75 ans, il avoue « passer la main » après
Véritable passionné de nature, il y consacre 80% de son temps libre.
des décennies d’action en tant que représentant d’associations environ-
Ma dernière observation : des linottes mélodieuses, une espèce en très
nementales, que ce soit au Conseil départemental de la Chasse et de la
forte régression. Je les communique ensuite au SIRF (Système d’Infor-
Faune Sauvage, au SAGE Scarpe aval et bien sûr au PNR Scarpe-Escaut.
mation Régional sur la Faune).
- La création du PNR a permis de mettre des barrières, des freins, à
Son terrain de jeu : son jardin, mais aussi l’environnement local avec
une exploitation de l’environnement trop destructrice dans cette région
l’association Roost-Warendin Nature. Il participe par exemple à l’opé-
minière et industrielle. Il a su jouer un rôle très important dans la
ration de surveillance des migrations des amphibiens du terril des Pâ-
préservation d’un environnement favorable à l’homme, malgré la très
turelles pour limiter les écrasements. Son objectif : devenir éco-jardi-
grande densité de la population.
nier relais pour le PNR.
- Mon jardin est récent, je voudrais qu’il prenne un peu plus de matu-
rité pour expliquer comment adopter les bonnes pratiques en matière
d’éco-jardinage et montrer qu’on peut vivre dans un lotissement mais en
harmonie avec la nature. Ce serait ma petite pierre à l’édifice.
Mario ÉCO-JARDINIER
COUTICHES
Maraldi
..
les relations
Homme-Nature
N.
LI
P
E
CO rofesseur d'histoire-géographie dans un collège, Rémi le Rouzic 43
MME UN n'hésite pas à piocher des études de cas pour ses élèves dans
Jean-Pierre CHASSEUR
la charte du PNR de l'Avesnois ! À Solrinnes, le petit village qu'il
Pasternak habite au cœur de la vallée de la Solre, ce Breton d'origine témoigne de
son implication pour son fief d'adoption. Délégué communal au Parc pour
A
ujourd’hui directeur Solrinnes, Conseiller municipal de Solrinnes, Président de l'Association
de la Fédération dé- de la défense de la vallée de la Solre, il fait également partie de plusieurs
partementale des comités de pilotage : pour la gestion de la Solre et pour le suivi du site
Chasseurs du Nord, Jean- 39 (site Natura 2000 de la Haute Vallée de la Solre, de la Thure et de la
Pierre Pasternak a occupé Hante).
pendant plus de 10 ans le - J'ai été amené à m'intéresser à mon territoire par mon métier et surtout
poste de chef du Service Dé- par l'Association de la défense de la vallée de la Solre, créée en 2001, pour
partemental Nord de l’Office mettre en place un plan de gestion de cette rivière, répondre aux problèmes
national de la Chasse et de la des inondations et rétablir son cours naturel.
Faune Sauvage, basé à Lou- Pour lui, la nature est une harmonie d'équilibres.
vignies-Quesnoy, sur le terri-
toire du PNR Avesnois. Venu
- Adopter une démarche militante, c'est bien, mais cela doit être étayé par
la proposition d'alternatives. La meilleure façon d'agir, c'est de s'intéresser
au métier de garde-chasse il
à la biodiversité ordinaire, celle qui est proche de soi.
y a plus de 30 ans par amour
Empêcher la construction d'écrêteurs de crue sur la Solre, réaliser un
de l’environnement, pas for-
inventaire communal de la biodiversité à Solrinnes, adapter l'entretien
cément pour la chasse.
des espaces verts en conséquences, lutter contre les espèces invasives,
- Battre la campagne avec
installer des nichoirs pour chauve-souris, autant d'actions concrètes qu'il
son chien, être posté au gibier
cite, où le PNR joue un rôle capital.
d’eau et observer des scènes
- Un Parc naturel régional peut aider à résoudre des conflits d'intérêt et
de nature extraordinaires :
faire dialoguer des acteurs aux enjeux et objectifs contradictoires... Ce sont
chasser c’est aussi se sentir
des petites choses, mais qui, mises bout à bout, aboutissent à de grands
appartenir à la nature...
résultats.
La plupart des chasseurs
recherchent cela et pas
systématiquement le coup de
fusil qui va tuer l’animal.
La nature est pour lui un lieu d’apprentissage.
- Nous y avons notre place mais nous devons faire en sorte de nous y
intégrer de la manière la plus naturelle possible et la laisser diversifiée
aux générations futures.
C’est dans cette optique de préservation d’une nature riche que
Jean-Pierre Pasternak travaille avec le PNR.
- Nous formons des agriculteurs du territoire au piégeage des rats
musqués pour la préservation des mares prairiales. Nous organisons
des captures de bécasses pour les opérations de baguages, influons
sur l’aménagement du territoire au niveau agricole pour favoriser
les bandes enherbées, les fauches tardives etc. Nos techniciens
participent aux commissions et aux réunions sur de nombreux thèmes
comme les sites Natura 2000. Les chasseurs sont aussi des indicateurs Rémi PRÉSIDENT
ASSOCIATION
de la santé de l’environnement, des sentinelles. Une Fédération de la
Chasse et un Parc naturel régional ont beaucoup d’objectifs communs.
Le Rouzic DÉFENSE DE LA VALLÉE
DE LA SOLRE
44
les relations
Homme-Nature
45
Il est complexe
de faire parler les enfants
sur la nature.
Ils semblent en effet tiraillés
entre une volonté de s’y fondre,
d’y participer pleinement et une
conscience précoce des enjeux
environnementaux.
Ils décrivent d’abord la beauté de
la nature et l’expriment en priorité
à travers les sens.
Puis ils se positionnent en
citoyens déjà éclairés en mettant
en avant la responsabilité
humaine face
à la dégradation des milieux.
Il sera intéressant de suivre
cette nouvelle génération le
plus souvent urbaine et éloignée
de la nature, mais également
sensibilisée à la pédagogie de
l’environnement dans un contexte
de crise écologique...
H.M.
46 Corentin FERME
PÉDAGOGIQUE
Bertoux ZUDAUSQUES
C
orentin a 13 ans. En difficulté dans un système
scolaire classique, il a trouvé dans cette ferme
thérapeutique un cadre apaisant où le quotidien
s’organise entre apprentissage scolaire et soin des animaux
et du jardin.
- À travers la simplicité de la campagne, les jeunes
reviennent à des choses essentielles. Les animaux et
la nature canalisent l’hyperactivité, l’intolérance à la
frustration, les troubles du comportement, témoigne son
éducatrice, Amandine Scotte. Le PNR des Caps et Marais
E
d’Opale a mis en place autour de la ferme un « coin-nature »
lèves à l’école Bellegambe-Lemay de Pecquencourt, Lénaelle et Paola,
pour découvrir la faune et la flore.
7 ans, ont passé une journée en forêt de Saint-Amand-les-Eaux dans le
- J’aime bien randonner avec Criquette le poney de la
cadre d’« Objectif Nature », le programme d’Espaces naturels régionaux.
ferme, raconte Corentin.
À deux pas de la maison du PNR Scarpe-Escaut, la classe a découvert la
Très à l’aise parmi les animaux, il montre le jardin, la serre,
forêt avec une association locale : Aulne. Au programme, balade et ateliers
les carrés potagers, la grange...
pédagogiques.
- La nature, il faut la respecter parce qu’après, elle est
- On se trouve à 10 km de la forêt de Marchiennes et certains enfants ne
polluée. Jeter les papiers et tout, c’est pas bien. Tous les
connaissent pas cette nature, témoigne Nathalie Szymkowiak, professeur des
ans, on nettoie la nature avec les éducateurs.
écoles. Avec ce programme, ils touchent le réel.
En stage chez une horticultrice, Corentin semble avoir
trouvé sa voie : Paola :
- Plus tard, je voudrais être agriculteur ou travailler dans - Ce que j’aime le mieux dans la nature, ce sont les animaux qu’on entend mais
les espaces verts. qu’on ne voit pas. Les oiseaux qui ont une belle mélodie. La nature, c’est un
endroit fantastique. La forêt fait vraiment nature parce qu’il y a beaucoup
d’arbres, de la boue et plein d’animaux. J’ai découvert des activités nouvelles
comme reconnaître un arbre sans le voir. Certains sont lisses et d’autres
rugueux ! Je préfère habiter à la campagne qu’à la ville mais je pense que, plus
tard, j’habiterai en ville.
Lénaelle :
- La nature c’est un endroit où il n’y a pas beaucoup de monde, il y a des
animaux, on découvre plein de choses. C’est là où il n’y a pas de trucs chimiques.
C’est la couleur verte et les oiseaux. Je ne connaissais pas la forêt ici. Je me
promène souvent avec ma famille, je préfère aller me balader dehors que rester
à la maison. Des fois, je pense que la nature elle est en danger quand il y a des
chasseurs qui veulent tuer les animaux. Et je n’aime pas quand on coupe les
arbres. Moi, je ne veux pas polluer la nature.
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régionaux et nous …
de la diversité sociale et culturelle de la population. Et ce
constat, c’est l’action des parcs qui permet de le formuler.
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spécialistes d’orni-
Les PNR peuvent
3
thologie ou des tech-
niciens flore aqua- ainsi être analysés
tique, ce sont d’abord
des personnes que
comme des
l’on peut identifier médiateurs au
quand on en a besoin
et avec qui il est aisé
sein du territoire
d’entrer en discus- régional.
sion. Bien entendu il
4
faut pour les habitants être curieux et avoir la volonté de
connaître son territoire et de vouloir y agir. Les témoignages
ici recueillis sont le fait de citoyens impliqués ou à tout le
moins qui se sentent concernés.
Les PNR peuvent ainsi être analysés comme des médiateurs
au sein du territoire régional. Instances de transcendance
où la segmentation des enjeux - économiques, culturels ou
sociaux - peut s’effacer au profit d’une certaine vision ho-
liste, qui cherche la cohérence d’ensemble, l’équité et le juste
équilibre. Un Parc naturel régional est un facilitateur, un lieu
d’écoute, d’échanges et d’apprentissages. C’est probable-
ment cette dimension et cette capacité à être une instance
fédératrice et rassembleuse qui fera ou non des Parcs des
acteurs décisifs dans les politiques de la nature.
St-Martin-lez-Tatinghem
Le Wast
Villeneuve Hauts-de-France,
d’Ascq
une région à Parcs !
St-Amand
les-Eaux
Maroilles
Baie de Somme
Picardie Maritime
Orry-la-ville
Chef-lieu d’arrondissement
Chef-lieu de département
Limites Région
Hauts-de-France
Maisons de Parc
les relations d-Pas de C
Homme-Nature or
al
ais
AVEC LA CONTRIBUTION DE :
La collection « Les Parcs & » : contact@[Link]
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- présente la diversité des missions
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et interventions des Parcs, Éditeur et directeur de la publication :
les innovations apportées, 6, rue du Bleu Mouton Espaces naturels régionaux
- illustre, par des exemples choisis, concrets BP 73 - 59028 LILLE CEDEX représenté par Guislain Cambier, président
et opérationnels, les méthodologies métro : République Rédacteur en chef : Jean-Louis Thomas
utilisées et les partenariats mis en oeuvre, tél : +33(0)3 20 12 89 12 Coordination et suivi éditorial : David Moulin
- replace les programmes d’actions fax : +33(0)3 20 12 89 39 Rédaction : Claire Decraene
au regard des enjeux territoriaux, Design graphique : Gilles Pottier
environnementaux et sociétaux. Impression : Nord’Imprim (Steenvoorde)
Déjà paru : Dépôt légal : octobre 2016
• Les Parcs & l’eau (2008) © Espaces naturels régionaux
• Les Parcs & l’agriculture durable (2009)
• Les Parcs & la biodiversité (2010)
• Les Parcs & la gouvernance (2012)
• Les Parcs & les arbres (2013) ENRX est soutenu par la Région Hauts-de-France pour Imprimé avec des encres végétales sur Satimat Green
mettre en œuvre des missions d’envergure régionale composé de 60% de fibres recyclées et 40% issues de
• Les Parcs & l’écocitoyenneté (2014) précisées dans une convention d’objectifs pluriannuelle. forêts certifiées FSC.
• Les Parcs & l’économie territoriale (2015)
Nord’Imprim est certifée ISO 9001-ISO 14001