Anatomie de la vascularisation hépatique
Anatomie de la vascularisation hépatique
ARTICLE IN PRESS
Journal de Radiologie Diagnostique et Interventionnelle (2014) xxx, xxx—xxx
a
Département de radiologie diagnostique et interventionnelle, unité digestif, thoracique et
oncologique, CHU de Dijon, 14, rue Paul-Gaffarel, BP 77908, 21079 Dijon cedex, France
b
Unité Inserm U866, faculté de médecine, 7, boulevard Jeanne-d’Arc, BP 27877, 21078 Dijon
cedex, France
c
Département de radiologie interventionnelle, CHU Vaudois, rue du Bugnon 21, 1011
Lausanne, Vaud, Suisse
MOTS CLÉS Résumé La diffusion des thérapeutiques intra-artérielles hépatiques (radio- et chimioem-
Anatomie ; bolisation, chimiothérapie intra-artérielle hépatique) a incité les radiologues à parfaire leurs
Vascularisation ; connaissances de l’anatomie artérielle hépatique. Ces procédures parfois complexes néces-
Foie ; sitent le plus souvent un cathétérisme artériel sélectif. La connaissance des différentes artères
Angiographie ; du foie et des organes périphériques est donc primordiale pour optimiser le geste et éviter
Radiologie les complications. L’objectif de ce travail est de décrire l’anatomie utile de la vascularisa-
interventionnelle tion artérielle hépatique et de ses variantes, de l’appliquer aux images d’angiographie, et de
comprendre l’implication de telles variations sur les procédures de radiologie interventionnelle.
© 2014 Éditions françaises de radiologie. Publié par Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
Les avancées récentes dans le traitement endovasculaire des tumeurs hépatiques donnent
à la radiologie interventionnelle (RI) hépatique une place prépondérante dans l’arsenal
thérapeutique. L’administration de drogues et/ou d’agents embolisants nécessite le plus
souvent un cathétérisme supra-sélectif du ou des pédicules artériels nourriciers de la
tumeur afin d’optimiser le traitement et d’épargner le foie non tumoral [1].
Ces procédures (radioembolisation, chimioembolisations, chimiothérapie intra-
artérielle hépatique) nécessitent une parfaite connaissance de l’anatomie artérielle
modale et de ses variantes pour planifier et réaliser la meilleure approche possible et ainsi
2211-5706/$ — see front matter © 2014 Éditions françaises de radiologie. Publié par Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
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minimiser les risques de complication per- et post- Ainsi, les appellations « artère hépatique droite » et « artère
interventionnelles. Ainsi, l’embolisation de la mauvaise hépatique gauche » seront réservées à la description des
branche artérielle peut conduire au traitement incomplet variantes anatomiques de l’artère hépatique.
de la lésion cible ou à l’exposition toxique de parenchyme
hépatique ou d’organes sains. Artère splénique
Cet article didactique est avant tout destiné aux internes
L’artère splénique rejoint le bord supérieur du corps pan-
de radiologie souhaitant se former à la radiologie interven-
créatique, puis se dirige vers la gauche soit en arrière soit
tionnelle hépatique. L’objectif de ce travail est de décrire
au-dessus du pancréas pour rejoindre le hile splénique. Une
l’anatomie utile de la vascularisation artérielle hépatique et
de ses branches terminales donne l’artère gastro-épiploïque
de ses variantes, de l’appliquer aux images d’angiographie,
gauche destinée à la vascularisation de la grande courbure
et de comprendre l’implication de telles variations sur les
gastrique. Cette dernière forme le cercle artériel de la
procédures de radiologie interventionnelle.
grande courbure gastrique par l’anastomose avec l’artère
gastro-épiploïque droite issue de l’artère gastroduodénale.
Tronc cœliaque et branches artérielles à Artère gastrique gauche (ou coronaire
destiné hépatique stomachique) [2]
Anatomie modale du tronc cœliaque Naît à la face supérieure du tronc cœliaque, elle décrit une
arche à concavité inférieure jusqu’au bord droit du car-
L’irrigation artérielle sus-mésocolique naît du tronc dia. Cette anatomie particulière nécessite l’utilisation de
cœliaque, issue de la face antérieure de l’aorte à hauteur cathéters susceptibles de se déboucler vers le haut (par
de la 12e vertèbre thoracique (repère pour le cathéte- exemple, sondes de type Simmons, SOS. . .) pour réussir
risme) (Fig. 1). Il donne généralement trois branches à cathétériser cette artère. L’artère gastrique gauche se
majeures : artère gastrique gauche (anciennement appelée divise ensuite en deux branches terminales (antérieure et
artère coronaire stomachique), artère splénique et artère postérieure) à destinée de la petite courbure gastrique. La
hépatique commune. branche postérieure s’anastomose avec son homologue issu
de l’artère gastrique droite pour former le cercle artériel de
Artère hépatique commune la petite courbure gastrique. Il est donc possible de cathé-
tériser l’artère gastrique droite via la branche postérieure
Elle naît du tronc cœliaque, a un trajet oblique en avant
de l’artère gastrique gauche.
et vers la droite, décrivant depuis l’aorte une courbure à
L’absence de visualisation de l’artère gastrique gauche
concavité supérieure. L’artère hépatique commune chemine
résulte souvent d’une position trop distale du cathéter au
vers la droite, le long du bord supérieur du pancréas jusqu’au
sein du tronc cœliaque, au-delà de son orifice. En cas de
flanc gauche de la veine porte. Puis elle se divise à hauteur
débit d’injection faible lors de l’artériographie, le reflux de
du foramen épiploïque en artère gastroduodénale et artère
contraste est insuffisant, ne permettant pas l’opacification
hépatique propre.
de l’artère gastrique gauche.
Figure 2. Variations anatomiques du tronc cœliaque. a : anatomie modale du tronc cœliaque (89 %) avec une trifurcation artère hépatique
commune (AHC), artère splénique (ASP) et artère gastrique gauche (AGG) ; b : tronc hépatosplénique (4,5 %) ; c : tronc hépato-mésentérique
et tronc gastrosplénique (2,5 %) ; d : tronc cœlio-mésentérique (1 %) ; e : tronc hépato-spléno-mésentérique (0,7 %) ; f : tronc hépato-
mésentérique (0,2 %).
d’Arantius. Lorsqu’une structure vasculaire est présente au Variation de l’anatomie artérielle hépatique
sein de ce sillon en scanner ou en IRM (Fig. 6), cela signe L’anatomie artérielle hépatique et ses variantes ont beau-
une vascularisation artérielle hépatique non modale avec la coup été décrites dans la littérature, donnant naissance à
présence d’au moins une artère hépatique gauche. L’artère plusieurs classifications différentes. Nous utiliserons dans
hépatique gauche donne des petites branches à destiné de cet exposé la classification de Michels [3] puisqu’elle est la
l’estomac et de l’œsophage. Elle est accompagnée dans 70 % plus utilisée, permettant une approche la plus anatomique.
des cas par une autre variation artérielle : artère hépatique
droite (AHD), artère hépatique moyenne à destinée du seg-
ment IV.
Figure 3. Artère hépatique droite (flèche pleine), naissant de Figure 4. Trajet de l’artère hépatique droite (tête de flèche) au
l’artère mésentérique supérieure (tête de flèche). sein de la pince inter-mésentérico-cave (angioscanner artériel).
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4 S. Favelier et al.
Figure 7. Variations de l’apport artériel hépatique, classification de Michels modifiée. a : type I ; b : type II ; c : type III ; d : type IV ; e :
type V ; f : type VI ; g : type VII ; e : type VIII ; i : type IX ; j : type X.
plans). En pratique, il faut retenir que le segment II est Le segment IV correspond au secteur paramédian gauche,
postéro-supérieur et le segment III antéro-inférieur (ceci subdivisé en IVa supérieur et IVb inférieur.
suffit pour reconnaître les branches sectorielles sur une Les segments V et VIII correspondent respectivement à la
artériographie). La veine sus-hépatique médiane sépare le partie inférieure et supérieure du secteur antérieur droit.
foie droit du foie gauche et la veine sus-hépatique droite Le segment VI correspond à la partie inférieure et le seg-
sépare le secteur postérieur du secteur antérieur droit. ment VII à la partie supérieure du secteur postérieur droit.
Le plan de la veine porte permet de délimiter les seg-
ments supérieurs et inférieurs des différents secteurs (ce Vascularisation hépatique gauche
plan est correct pour les segments du foie droit, mais faux
pour les segments II et III, comme évoqué précédemment La vascularisation du foie gauche est issue de la branche
[6]. gauche de l’artère hépatique ou de l’artère hépatique
Le segment I est situé en avant de la veine cave. Les gauche variante de la normale si elle est présente. En cas
segments II et III correspondent au secteur latéral gauche de vascularisation modale, la branche gauche de l’artère
[7]. hépatique parcoure le hile hépatique jusqu’à la portion
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6 S. Favelier et al.
A5 prend souvent la forme d’un groupement de vaisseaux, Figure 14. Artériographie sélective de la branche sectorielle
se dirige vers le bas et la droite. A5 est généralement supé- antérieure, avec son rameau supérieur (A8) et inférieur (A5).
rieur à A6 sur une vue artériographique de face. Le rameau
supérieur A8 donne une branche dorsale se dirigeant vers le Cependant, il faut noter que la vascularisation segmen-
diaphragme et une branche ventrale. taire droite est sujette à de nombreuses variations, et
Il existe plusieurs astuces pour reconnaître en artériogra- que dans de nombreux cas, seul un cathétérisme sélec-
phie les branches sectorielles antérieure et postérieure : tif et/ou l’utilisation de reconstructions scanner (dans les
• la branche sectorielle postérieure forme parfois une
salles d’angiographie de dernière génération) permettent
crosse en passant d’avant en arrière au-dessus de la de reconnaître formellement les branches segmentaires.
branche sectorielle antérieure (Fig. 15a) ;
• sauf dysmorphie hépatique majeure, l’artère du segment
Segment I
VI descend plus bas que celle du V, on peut donc en
étudiant la ramification d’amont différencier branche La vascularisation du segment I est extrêmement variable.
sectorielle antérieure ou postérieure (Fig. 15b, c et d) ; Il est vascularisé par de multiples petites branches prove-
• l’artère du segment VIII est généralement dans l’axe de
nant : de la branche droite de l’artère hépatique (35 % des
l’artère hépatique propre. Ainsi lors du cathétérisme, le cas), de la branche gauche de l’artère hépatique (12 %), et
microcathéter a tendance à spontanément se loger dans par un double apport artériel droit et gauche (53 % des cas).
la branche sectorielle antérieure droite et le segment VIII. Il n’y a pas d’astuce particulière pour reconnaître les vais-
Ceci est facilement compréhensible car il est plus difficile seaux du segment I. Lorsqu’on injecte en hyper-sélectif ces
pour le microcathéter de franchir la crosse de la branche vaisseaux, on peut reconnaître en phase tardive une paren-
sectorielle postérieure. chymographie à bord « arrondi » (correspondant à la forme
du segment I). En dehors de ce signe, l’apport des nouvelles
salles d’angiographie avec acquisition 3D rotationnelle peut
s’avérer indispensable.
Figure 15. Astuces en artériographie concernant la vascularisation segmentaire hépatique droite. a : aspect de crosse de la branche
sectorielle postérieure ; b, c, d : l’artère destinée au segment VI (têtes de flèches rouges) descend plus bas que celle du segment V (têtes
de flèches bleues) sur une vue artériographie de face.
Figure 17. a : artériographie du tronc cœliaque, avec opacification de l’artère gastrique droite (têtes de flèches blanches) pour la petite
courbure gastrique et de l’artère gastro-épiploïque (têtes de flèches noires), issue de l’artère gastroduodénale. À noter la vascularisation
hépatique non modale chez ce patient avec la présence d’une artère hépatique droite ; b : artériographie sélective de l’artère gastrique
droite (têtes de flèches blanches) naissant de l’artère hépatique propre. Elle s’anastomose avec l’artère gastrique gauche (tête de flèche
noire) pour former le cercle artériel de la petite courbure gastrique.
Artères intercostales
Prenant origine au niveau de l’aorte, elles vascularisent la
paroi thoracique, dont les trois derniers rameaux peuvent
entrer en jeu dans l’apport artériel tumoral hépatique. Figure 18. Artères phréniques inférieures (têtes de flèches
Une embolisation d’artère intercostale « saine » est souvent noires), naissant du tronc cœliaque (flèche noire).
bien tolérée. Des cas de nécrose cutanée ont toutefois été
décrits.
née de la gastroduodénale et de la pancréatico-duodénale
inférieure née de la mésentérique supérieure. Cette arcade
Artère phrénique inférieure décrit une courbe à concavité gauche, passe en avant du
cholédoque puis reste en arrière du pancréas. En cas de sté-
Naît de l’aorte ou du tronc cœliaque dans la majorité
des cas, plus rarement de l’artère gastrique gauche ou nose du tronc cœliaque, il est intéressant de rechercher un
de l’artère rénale droite (Fig. 18). Les artères phréniques flux inverse au sein de l’artère gastroduodénale, vascularisé
inférieures doivent être explorées impérativement lors des par l’artère mésentérique supérieure via cette arcade de
procédures de chimioembolisations intra-artérielle pour des Rio-Branco.
tumeurs hépatiques sous la coupole diaphragmatique, en
particulier dans les segments I, II ou VII.
Applications pratiques
Artère gastroduodénale
Radiologie interventionnelle
Elle naît de l’artère hépatique commune, passe entre la tête
du pancréas et la portion supérieure du duodénum. L’artère Cathéter de chimiothérapie intra-artérielle
gastroduodénale donne : l’artère gastro-omentale droite Le principe de la chimiothérapie intra-artérielle hépatique
et l’artère pancréatico-duodénale. L’arcade pancréatico- (CIAH) est de délivrer une dose toxique de drogue, avec des
duodénale (ou arcade de Rio-Branco) est formée de cures de perfusion lentes et répétées, ayant pour consé-
l’anastomose de l’artère pancréatico-duodénale supérieure quence une concentration locale de chimiothérapie plus
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10 S. Favelier et al.
élevée que lors d’injection par voie systémique. L’indication chercher ces artères afin d’optimiser le traitement. Ce sont
actuelle majeure de CIAH est le traitement des métastases principalement [12] :
hépatiques multiples et non résécables de cancers colorec- • les segments I, II et VII : artères phréniques inférieures ;
taux. • les segments V et VI : artère rénale ou surrénalienne ;
La mise en place d’un cathéter intra-artériel hépa- • la portion antéro-supérieure du foie : artère mammaire
tique était initialement une technique chirurgicale associant interne ;
cholécystectomie, ligature de l’artère gastroduodénale, dis- • les régions externes et postéro-externes : artère intercos-
section de l’artère hépatique commune et insertion du tale ;
cathéter dans le tronc de l’artère gastroduodénale avec • les segments II et III : artère gastrique gauche ;
l’orifice de perfusion au niveau de la bifurcation gastro- • la région périvésiculaire : artère cystique.
duodénale/artère hépatique propre. Cette technique était
donc assez complexe, et malgré une dissection méticuleuse La transplantation hépatique
et un positionnement adéquate de l’orifice de perfusion on
observait dans près de 45 % des procédures une perfusion La transplantation hépatique est une option thérapeu-
hépatique incomplète ou une perfusion extra-hépatique de tique très efficace, avec une augmentation significative de
la chimiothérapie. Ce taux élevé s’expliquait parfois par une l’espérance de vie chez les patients insuffisants hépatiques
certaine inexpérience du chirurgien et la méconnaissance ou porteurs d’hépatopathies chroniques. Compte tenu de la
des variantes anatomiques artérielles hépatiques. pénurie de greffon disponible, la transplantation de greffon
La technique de pose chirurgicale a été la méthode réfé- d’un donneur vivant est devenue une alternative de choix.
rence pendant 20 ans, désormais la pose percutanée en RI Ainsi, le temps d’attente de greffe a été considérablement
avec taux de réussite de 90 % tend à prendre sa place. La diminué avec l’augmentation de greffon disponible.
prise en charge en RI est moins lourde, ne nécessitant qu’une Chez l’adulte, la transplantation hépatique droite est
simple anesthésie locale, plus rapide (en moyenne 2—3 h) la règle. La cartographie et une parfaite connaissance de
avec une durée d’hospitalisation courte (24 h). la vascularisation hépatique est primordiale pour le chirur-
Le positionnement de l’orifice de perfusion et la fixa- gien, notamment concernant l’apport artériel du segment
tion du cathéter sont les points cruciaux pour la réussite IV hépatique (plan de section chirurgical).
du traitement. La procédure est subdivisée en trois temps : Comme nous l’avons vu précédemment, il existe de nom-
une mono-pédiculisation hépatique (pour que le foie ne soit breuse variante de l’apport artériel du segment IV (via la
vascularisé que par une seule artère), l’embolisation des branche gauche de l’artère hépatique, de la branche droite
artères extra-hépatiques (gastrique droite, pylorique et gas- ou plus précocement via l’artère hépatique propre.) Dans
troduodénale), et la mise en place du cathéter et de la le cas d’un apport exclusif via la branche droite (environ
chambre sous-cutanée en fosse iliaque ou à la racine de la 7 % des cas), les artères à destiné du segment IV croisent
cuisse. le plan de section chirurgical usuel. La méconnaissance de
La chimiothérapie intra-artérielle et la mise en place cette vascularisation exclusive par le chirurgien exposerait
du cathéter intra-artérielle sont souvent bien tolérées par le donneur à l’ischémie de son segment IV hépatique.
les patients. Mais les variantes anatomiques artérielles En cas de vascularisation double (droite et gauche), le
peuvent compliquer la procédure en aboutissant à une chirurgien sacrifie donc l’apport artériel issu de la branche
perfusion incomplète du parenchyme hépatique, ou à la droite lors de l’hépatectomie droite.
perfusion de chimiothérapie dans des territoires extra-
hépatiques. La plupart de ces complications peuvent être
évitées en connaissant parfaitement l’anatomie vasculaire Conclusion
du patient afin de placer correctement l’orifice du cathéter
de chimiothérapie et d’emboliser les branches à destinée La vascularisation hépatique est complexe et les variations
extra-hépatique. anatomiques très fréquentes. Toutefois, il est indispensable
de savoir la reconnaître tant sur l’imagerie en coupe (plani-
fication du geste) que sur les images angiographiques pour
Radio-/chimioembolisation artérielle hépatique tout geste hépatique par voie endovasculaire. Cette parfaite
Le principe de la chimioembolisation est fondé sur le fait connaissance permet d’optimiser le traitement et d’éviter
que la vascularisation tumorale est surtout d’origine arté- les artères « non cibles », sources de complications parfois
rielle hépatique tandis que le foie sain est vascularisé à sévères.
30 % par l’apport artériel et 70 % par voie portale. Le but de
la chimioembolisation est double : délivrer une concentra-
tion élevée de drogue au contact des cellules tumorale tout Déclaration d’intérêts
en réduisant la toxicité systémique, et de provoquer une
hypoxie des cellules tumorale par obstruction de l’artère Les auteurs déclarent ne pas avoir de conflits d’intérêts en
nourricière. relation avec cet article.
Les difficultés techniques sont liées à la grande variabilité
de la vascularisation artérielle hépatique et de la présence
fréquente d’artère nourricière tumorale extra-hépatique. Références
Le carcinome hépatocellulaire a fréquemment une vascu-
larisation ectopique, provenant d’artères extra-hépatiques [1] Iwazawa J, Ohue S, Mitani T, Abe H, Hashimoto N, Hamuro
[11]. En fonction de la localisation de la tumeur, il faut M, et al. Identifying feeding arteries during TACE of hepatic
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Vascularisation artérielle hépatique pratique en radiologie interventionnelle 11
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