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JURISPRUDENCE DROIT
ADMINISTRATIF
ARRÊTS DE PRINCIPES :
CADOT - CE, 1889 :
Portée : Fin de la théorie du ministre juge, le CE est directement compétent pour statuer =
élargissement des compétences du CE qui s'attribue une compétence de droit commun +
rupture avec le système de retenue et émergence du système de justice déléguée
BLANCO - TC, 1873 :
Portée : Par l'arrêt Blanco, le Tribunal des conflits consacre à la fois la responsabilité de
l'Etat à raison des dommages causés par des services publics et la compétence de la
juridiction administrative pour en connaître = consacre la responsabilité de l'État et constate
que ladite responsabilité est spécifique et ne peut être encadrée par les mêmes règles qui
encadrent les relations entre personnes privées.
SOCIÉTÉ DU JOURNAL L'AURORE - CE, 1948 (arrêt de principe) :
Portée : le CE reconnait le principe de non-rétroactivité des actes administratifs, l'adoption
d'un acte administratif ne peut revenir sur une situation passée, il ne peut se prononcer que
sur l'avenir + arrêt de principe qui pose pour la première fois la non-rétroactivité des actes
administratif
HERYIES - CE, 1918 :
Portée : Le CE donne raison à l'administration en créant une théorie jurisprudentielle lié aux
circonstances exceptionnelles en permettant aux personnes publiques d'étendre leurs pouvoirs
et en les autorisant à s'affranchir d'un certain nombre de règles de fonds ou de principe + cf.
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CE, 28 février 1919 - DOL ET LAURENT mesures prises en période de guerre pour
interdire le racolage. Dans le cas d'espèces, deux dames de joies avaient formé un recours
visant a protester contre cet arrêt.
ARRÊTS SUR LES PRINCIPES GÉNÉRAUX DU DROIT :
DAME LAMOTTE - CE ass., 1950 : (PGD)
Portée : Consacre le principe selon lequel toute décision administrative est susceptible d'un
recours pour excès de pouvoir, même en l'absence de texte : recours d'ordre public). Le
pouvoir règlementaire ou le législateur ne peuvent pas interdire les recours pour excès de
pouvoir contre ses décisions = décision confirmée à plusieurs reprises : CJUE, 15 mai 1986 –
Johnston
BAREL - CE, 1954 : (PGD)
Portée : Principe d'égalité d'accès de tous les Français aux emplois publics, inscrit dans la
DDHC + précise les règles de charge de la preuve et les pouvoirs d'instruction du
KPMG - CE. 2006 : (PGD)
Portée : Principe de sécurité juridique, garantie de mesures transitoires pour ne pas porter
atteinte aux contrats en cours. Même si la loi de sécurité financière ne prévoyait pas
expressément l'application des nouvelles règles aux contrats en cours, celles-ci avaient
vocation à s'appliquer immédiatement. Cependant, dès lors que la méconnaissance des
obligations nouvelles pouvait entraîner des sanctions. une transition était nécessaire afin de
prendre en compte les délais incompressibles de mise en œuvre.
DAME VEUVE TROMPIER GRAVIER - CE, 1944 (PGD) :
Portée : Le CE a annulé la décision de retrait de l'autorisation en jugeant que « eu égard à la
gravité de cette sanction, une telle mesure ne pouvait légalement intervenir sans que la dame
veuve Trompier-Gravier eût été mise à même de discuter les griefs formulés contre elle ».
Dans cette décision, le CE affirme l'existence d'un principe général de respect des droits de la
défense qui doit s'appliquer à toutes les mesures prises par l'administration à condition que
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soient réunies deux conditions : la mesure doit prendre, pour la personne visée, le caractère
d'une sanction; elle doit être, pour l'intéressé, suffisamment grave
KONÉ - CE, 1996 :
Portée : Exception ou le CE énonce un PFRLR, l'extradition doit être refusée lorsqu'elle est
demandée dans un but politique. Une convention d'extradition qui ne mentionne pas
expressément cette condition doit être interprétée conformément à ce principe de valeur
constitutionnelle.
➔ (principe fondamental reconnus par les lois de la république) entre lois et règles.
ARRÊTS SUR LES SOURCES DU DROIT ADMINISTRATIF
NICCOLO - CE, 1989 (Europe) :
Portée : le CE a abandonné la théorie dite de la loi écran, en jugeant qu’il appartient au juge
administratif d’appliquer l’article 55 de la Constitution. Contrôle de conventionnalité
internationale. Contrôle de la compatibilité d'une loi avec les stipulations d'un traité
international, même lorsque la loi est postérieure à l'acte international en cause + supériorité
des normes de droit internationales originaires sur la loi nationale.
SYNDICAT GÉNÉRAL DES INGÉNIEURS CONSEIL - CE, 1959 :
Portée : Le pouvoir réglementaire autonome, est tenu de respecter les principes généraux du
droit qui s'imposent à toute autorité réglementaire. (Cet arrêt fut surtout remarqué en raison
des conséquences de sa solution sur ce qui constituait, en 1959, l'une des principales
innovations de la Constitution du 4 octobre 1958 : la consécration et l'extension du pouvoir
réglementaire autonome par l'article 37 à toutes les matières ne relevant pas du domaine de la
loi, limitativement défini par l'article 34. (arrêt national))
JP DES SEMOULES (SYNDICAT GÉNÉRAL DES FABRICANTS DE SEMOULE DE
FRANCE) : CE, 1968 :
Portée : CE renvoie la balle dans le camp du CC, pour contrôler la loi par rapport à un acte
international et s'appuie, pour renforcer son raisonnement sur la position de la CCass,
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similaire à la sienne. Le CE se déclare donc incompétent pour appliquer l’article 55.
BOISDET - CE, 1990 :
Portée : Les règlements de l'UE ont une valeur hiérarchique supérieure aux lois nationales.
Le CE étend progressivement le bénéfice du régime de l'article 55 de la Constitution à
l'ensemble des actes de droit de l'Union européenne.
ALITALIA - CE ass, 1989 :
Portée : les autorités nationales n'ont pas le droit, à l'expiration du délai de transposition, de
laisser subsister dans leur droit des mesures règlementaires contraires aux objectifs d'une
directive. Si une mesure est contraire à la directive, l'autorité administrative est obligée
lorsqu'on le lui demande, d'abroger cet acte administratif.
SOCIÉTÉ ARIZONA TOBACCO - CE, 1992 :
Portée : Le CE admet l'engagement de la responsabilité de l'État quand la règle contraire aux
objectifs de la directive a une valeur règlementaire.
GARDEDIEU - CE, 2007 :
Portée : On peut engager la responsabilité de l'État lorsque la mesure contraire aux objectifs
de la directive est une mesure législative cela revient à dire que l'on peut engager la
responsabilité de l'état en tant que législateur, ce qui remet en cause le principe
d'irresponsabilité de l'état = la responsabilité de l'État du fait des lois est susceptible d'être
engagée en raison des obligations qui sont les siennes pour assurer le respect des conventions
internationales pour réparer les préjudices qui résultent de l'intervention d'une loi adoptée en
méconnaissance des engagements internationaux de la France.
COHN BENDIT - CE, 1978 :
Portée : le CE affirme que les directives concernent et assignent des objectifs aux États, elles
ne concernent pas directement les individus ou les particuliers, il est donc impossible de
fonder un recours sur un acte administratif individuel en se basant sur l'incompatibilité de cet
acte avec les objectifs d'une directive.
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CABINET REVERT ET BADELON - CE, 1996 :
Portée : CE a tenté de contourner la JP Cohn Bendit en écartant les normes servant de base à
une mesure individuelle et non compatible avec les objectifs de la directive
( ⇒ exemple : un acte individuel est pris contre un administré, cet acte est fondé sur un décret
ou une loi, sur un texte, et ce texte la est incompatible avec les objectifs de la directive = le
CE écarte la norme incompatible avec les objectifs de la directive, il dit qu'on ne peut pas
fonder une mesure individuelle sur une norme incompatible avec les objectifs de la directives
TETE - CE, 1998 :
Portée : Si une règle nationale qui sert de fondement a un acte individuel, est issue de règles
de JP elle doit être écartée.
PERREUX - CE, 2009 :
Portée : met définitivement fin à la jurisprudence Cohn Bendit. En effet, depuis cet arrêt tout
justiciable peut directement invoquer les dispositions d’une directive non transposée à l’appui
d’un recours dirigé contre un acte administratif individuel.
2 conditions :
la directive doit être précise et inconditionnelle (pas de doute sur son sens, sa
signification et que son application ne soit pas soumise a des conditions)
on attend l'expiration du délai de transposition pour donner ce plein effet aux directives
Si ces deux conditions sont réunies, alors il y a un effet direct en droit interne des directives
communautaires.
SYNDICAT NATIONAL DE L'INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE - CE, 2001 :
Portée : supériorité des principes généraux du droit international sur les lois (application de
l'article 55 de la Constitution)
AQUARONE - CE, 1917 :
Portée : le CE considère que les règles coutumières du droit international (PGDI) public sont
invocables en droit interne sur un recours sur un acte administratif individuel
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PAULIN - CE, 2000 :
Portée : Les règles coutumières, sont infra législatives non pas comme les PGDUE, qui
sont au-dessus = confirme l'impossibilité d'appliquer l'article 55 de la Constitution aux
PGDUE ou PGDI
SARRAN LEVACHER - CE, 1998 :
Portée : le CE vient indiquer clairement que : « la suprématie conférée par l'article 55 de la
Constitution aux engagements internationaux ne s'applique pas dans l'ordre interne aux
dispositions de nature constitutionnelles. »
→ Signifie que la Constitution reste au-dessus dans la hiérarchie des normes.
ARCELOR - CE, 2007 :
Portée : défini les modalités de la conciliation de ces deux exigences s’agissant des actes
réglementaires de transposition en s'inspirant de la jurisprudence du Conseil constitutionnel
en matière de contrôle des lois de transposition des directives. Pour que l'article 55 de la
Constitution ai son plein effet, il faut combiner les exigences différentes des deux ordres
internes et des deux ordres internationaux :
suprématie de la Constitution (national)
donner leurs pleins effets aux traités et aux dispositions dérivées (international)
Il faut combiner ces impératifs pour leurs permettre d'atteindre leurs finalités.
DAME CARACO - CE, 1926 :
Portée : Le CE refuse de s'immiscer dans des procédures de ratification ou d'approbation, il
estimait dans un arrêt CE, 5 février 1926 - DAME CARACO : il n'appartient pas au CE de
contrôler la régularité d'approbation ou de ratification d'un traité. Le CE s'y refuse car
l'article 55 n'existait pas, les normes internationales n'avaient pas encore une valeur
supérieures aux lois.
SARL BLOT - CE, 1998 :
Portée : Revirement JP, le CE estime que lorsqu'il est saisit d'une question sur ce sujet, il
devait contrôler l'existence d'une autorisation parlementaire valide, qui respectait les
disposition de l'article 53 de la Constitution.
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AGGOUN - CE, 2003 :
Portée : CE considère qu'il peut effectuer ce contrôle de la régularité de l'approbation non
pas dans le cadre d'un recours dirigé directement contre le traité, mais dans le cadre d'un
recours dirigé contre une mesure prise sur le fondement de ce traité.
REKHOU - CE, 1981 :
Portée : le CE a estimé que la question de l'application réciproque relevait de la compétence
préjudicielle du ministère des affaires étrangères
GISTI - CE, 1990 :
Portée : le CE se reconnait compétent non pas pour apprécier le respect de la condition de
réciprocité mais pour interpréter un traité → fin du renvoi préjudiciel pour l'interprétation.
CHEVROL-BENKEDDASH - CE, 1962 :
Portée : maintien sa JP antérieure: résistance du CE, car dans le raisonnement du JA la
question de réciprocité était assez politique car = porter un jugement sur l'attitude d'un autre
état. Dans ce système, l'état était juge et partie, le pouvoir exécutif disposait d'un pouvoir trop
important.
CHERIET BENSEGHIR - CE, 2010 :
Portée : il appartient au JA d'établir si la condition tenant à l'application du traité par l'autre
partie est ou non rempliePlace de plus en plus importante du JA dans le contrôle des
conditions d'entrée en vigueur de la norme internationale
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