0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
104 vues5 pages

Metabolisme Du Fer

Transféré par

3139cm
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
104 vues5 pages

Metabolisme Du Fer

Transféré par

3139cm
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Métabolisme

du fer
METABOLISME DU FER
I/ Introduction :
Le fer est présent dans toutes les cellules de l’organisme et nécessaire à toute forme de vie.
C’est un élément constitutif essentiel de l’hémoglobine, de la myoglobine et de diverses
enzymes tels que : cytochrome oxydase catalase, xanthine oxydase qui interviennent au niveau
de l’ADN. Dans toutes ces protéines, il est lié à la molécule de porphyrine.
Le fer est un nutriment indispensable aux organismes vivants car il participe à de nombreux
processus métaboliques essentiels à la vie cellulaire tels que le transport de l’oxygène aux
tissus, le transport des électrons dans la chaine respiratoire ou la synthèse de l’ADN.
II/ Formes et répartition du fer dans l’organisme :
La quantité totale du fer dans l’organisme est de 3 à 5 g. Il existe sous deux formes :
- Fer héminique (Fe++): hémoglobine, myoglobine, enzymes (protéines à structure héminique)
- Fer non héminique (Fe+++) : plasmatique (transferrine) et réserve (ferritine)
Le fer hémoglobinique représente 70% du fer, celui de la myoglobine 6%, et les autres sont
quantitativement moins importants : enzymes, cytochromes, transferrine, ferritine et
hémosidérine
III/Métabolisme du fer :
A/ Cycle du fer :
Le fer est l’élément central de la molécule d’hémoglobine et des protéines héminiques. C’est un
élément indispensable de l’érythropoïèse physiologique.
L’organisme est avare de son fer, la durée de vie moyenne d’un atome de fer dans l’organisme
étant estimée à environ 10 ans. 25 à 30 mg/j de fer sont recyclés chaque jour à partir du fer
héminique et couvrent les besoins de l’érythropoïèse. L’hémoglobine renferme 0,34% de fer.
Lors de l’hémolyse physiologique, les macrophages du SRH récupèrent le fer. Il est pris en charge
dans le plasma par la transferrine (normalement saturée au tiers de ses capacités de transport) qui
le transporte essentiellement aux organes utilisateurs (moelle osseuse, muscles, foie) mais aussi
aux réserves (ferritine et hémosidérine).On dit que le métabolisme du fer est en vase clos car les
entrées, égales aux sorties, sont minimes en physiologie. Les réserves, essentiellement
hépatiques, s’effondrent rapidement si les besoins augmentent (petites hémorragies répétées,
grossesse).
Le plasma est donc un passage obligatoire pour le fer contenu dans le SRH de la moelle osseuse et
qui rentrera dans la synthèse des GR.
Le fer plasmatique est par ailleurs la voie de passage entre le fer absorbé au niveau du tube
digestif, le fer mobilisé à partir des réserves et le fer excrété.
B/ Besoins en fer :
Le fer est recyclé dans l’organisme et les besoins doivent justes compenser les pertes.
Les pertes physiologiques sont faibles : urinaires, desquamatives (muqueuse intestinale, peau,
phanères), gynécologiques, pertes liées à la grossesse et à l’allaitement.
Les besoins quotidiens sont d’environ : 1mg chez l’homme et 2 mg chez la femme en période
d’activité génitale.

1
Les besoins sont augmentés au cours de la grossesse (3 mg/j pour les deux premiers trimestres et
de 10 mg/j pour le dernier) et au cours de l’allaitement.
Chez l’enfant les besoins sont plus importants pendant les deux premières années et au moment
de l’adolescence.
Le fer est apporté principalement par le cacao, les abats, les œufs, les légumes secs, les céréales et
les fruits secs. On le trouve également dans certains légumes frais comme les épinards, le fenouil,
et les blettes.
La régulation du métabolisme du fer se fait au niveau du duodénum par le mécanisme de
l’absorption digestive. Ainsi lors d’une carence en fer, le taux d’absorption peut augmenter de 10 à
40%.
C/Absorption du fer :
Fer non héminique :
Elle a lieu dans le duodénum et à un degré moindre dans le jéjunum. Le taux d’absorption lors
d’un régime équilibré est d’environ 10% pour couvrir les pertes, le reste étant éliminé par les
selles.
La majeure partie du fer alimentaire représente 100% du fer des végétaux et 60% de celui des
viandes. Il est solubilisé dans l’estomac sous forme de chlorure ferrique.
L’acide ascorbique (vit C) favorise l’absorption du fer non héminique alors que le thé et le café
l’inhibent fortement.
Ainsi, pour traverser la barrière intestinale, le fer alimentaire non héminique :
- doit être libéré des complexes alimentaires et être ionisé (intégrité gastrique)
- doit être réduit à l’état ferreux (vitamine C, peptides cystéiniques)
- ne doit pas rencontrer d’inhibiteurs pour arriver aux entérocytes fonctionnels (intégrité du
tractus intestinal)
Les sécrétions intestinales, biliaires et pancréatiques facilitent l’absorption intestinale du fer mais
de nombreux facteurs viennent l’inhiber (phosphoprotéines du jaune d’œuf, tannâtes et phytates
des végétaux, carbonates, argiles et pansements digestifs, tétracyclines).
Deux protéines contrôlent cette absorption :
- le DMT1 (transporteur membranaire de fer++)
- l’hepcidine est une hormone qui inhibe l’absorption du fer par le duodénum et son relargage des
macrophages
Fer héminique : retrouvé exclusivement dans les aliments d’origine animale. L’effet des protéases
digestives (pepsine) aboutit à la scission de l’hémoglobine avec libération du fer qui se complexe à
des AA pour favoriser son absorption.
Une partie du fer reste dans la cellule associée à la ferritine et elle sera éliminée lors de la
desquamation des cellules.
L’absorption intestinale du fer dépend de sa forme chimique : le fer ionisé et le fer héminique
(hémoglobine, myoglobine) sont très bien absorbés alors que le fer non héminique (végétaux,
œufs, poissons) est peu absorbé.
Le fer héminique représente les 2/3 du fer absorbé alors qu’il ne constitue que le 1/3 des apports.
Dans tous les cas l’organisme n’absorbe que la quantité de fer dont il a besoin.

2
D/ Transport du fer dans le plasma :
Le fer provenant des entérocytes (5%) et le fer provenant de l’hémolyse (95%) sont pris en charge
par la transferrine (ou sidérophiline). Cette molécule transporteuse distribue le fer vers les lieux
d’utilisation (moelle osseuse surtout) ou de stockage (foie surtout). Chaque molécule peut
transporter deux molécules de fer à l’état ferrique. Physiologiquement les molécules de
transferrine sont saturées au tiers avec un coefficient de saturation (CS) à 33%.
La synthèse de la transferrine par l’hépatocyte est fonction de la quantité de fer dans la cellule.
Une diminution des réserves est responsable d’une augmentation de la synthèse de la transferrine
et inversement dans les surcharges en fer la synthèse est diminuée.
E/ utilisation métabolique. Fer actif :
L’emploi du fer radioactif a permis de montrer que 75% du fer administré par voie veineuse sont
utilisés pour la synthèse de l’hémoglobine. Les 25% restants sont destinés à la synthèse de la
myoglobine, des cytochromes, des enzymes catalases et peroxydases et des protéines fer-soufre
des chaines respiratoires mitochondriales.
Ce fer actif provient donc de multiples origines : récupération du fer hémoglobinique, fer exogène
alimentaire et si nécessaire fer des réserves.

F/ Réserves en fer de l’organisme :


Les réserves représentent à peu près 35% du fer total de l’organisme sous deux formes de
stockage :
La ferritine : est une protéine constituée de 24 sous-unités pouvant renfermer jusqu’à 4500
atomes de fer à l’état ferrique. C’est une forme hydrosoluble de stockage du fer qui est facilement
mobilisable
L’hémosidérine : serait une forme dégradée de la ferritine. C’est la forme stable de réserve
martiale qui ne libère son fer que très lentement.
Les réserves en fer sont parenchymateuses et macrophagiques. Le fer libre est toxique.
Le foie est le principal organe de réserves (hépatocytes et cellules de Kupffer).
IV/ Exploration du métabolisme du fer :
1/ Prélèvement : sur tube sec de préférence, et non hémolysé
Le matin (entre 8 et 10 heures) et toujours à la même heure si possible : la
sidérémie est sujette à des variations nycthémérales importantes avec un maximum vers midi et
un minimum vers minuit.
2/Dosage du fer sérique : Valeurs normales : - Homme : 0,55 à 1,65 mg/l
- Femme : 0,46 à 1,62 mg/l
- Enfant (1an puberté) : 0,61 à 1,33 mg/l
Une hyposidérémie est observée dans les carences martiales et dans les syndromes
inflammatoires
3/ Dosage de la transferrine :
De façon courante on mesure la capacité totale de fixation du fer : c’est le dosage indirect.
On sature la transferrine par une solution de fer ferrique et la totalité de fer saturant la
transferrine est alors évaluée dans les mêmes conditions que le fer sérique.
On peut alors calculer le coefficient de saturation de la transferrine (CS) qui est le rapport de la
sidérémie sur la capacité totale de saturation du fer.
La capacité latente de saturation du fer est la CTF moins le fer sérique
CTF = 45 à 75 μmol/l. Elle augmente dans les carences martiales
CS = 30% à 40%. Il diminue dans les carences martiales
3
Dosage direct de la transferrine : méthode immunochimique ; Valeur normale : 1,5 à 3 g/l
4/ Dosage de la ferritine :
C’est l’examen de choix pour quantifier les réserves martiales. Il permet de déceler les carences
avant l’apparition de l’anémie et de confirmer les hémochromatoses.
Valeur normale : Homme = 20 à 300 μg/l
Femme = 30 à 400 μg/l
Une augmentation de la ferritine peut se voir en dehors de toute augmentation du fer de
l’organisme : inflammation, certains cancers, cytolyses hépatiques, alcoolisme chronique,
insuffisance rénale chronique.
5/ L’hémogramme :
Lors d’une carence martiale les anomalies de l’hémogramme apparaissent tardivement. Elles
traduisent un déficit déjà important des réserves.
Il apparait : - une microcytose (VGM = Hte /Nbre de GR : bas)
- puis une hypochromie (TCMH ou teneur corpusculaire moyenne en hémoglobine =
Hb /Nbre de GR : bas) : c’est la quantité d’hémoglobine contenue dans un globule rouge
- et enfin une diminution de l’hémoglobine (anémie).
Le nombre de réticulocytes sanguins est bas traduisant l’insuffisance de production de
l’érythropoïèse.
V/ Variations pathologiques :
1/ Carences en fer : cela peut être une carence d’apport ou une carence due à des pertes
sanguines (exemple : un saignement discret mais prolongé d’un ulcère digestif). Elle se traduit par
une anémie par manque de fer. Lorsque les réserves en fer sont épuisées, l’hémoglobine ne peut
plus être synthétisée et les érythrocytes sont hypochromes (contenant peu d’hémoglobine). La
concentration plasmatique de ferritine diminue alors que celle de la transferrine augmente.

2/ Hémochromatose : c’est la conséquence d’une surcharge de l’organisme en fer car la


régulation de l’absorption digestive de fer est perturbée. Le fer se dépose dans différents organes
sous forme d’hémosidérine. Les organes touchés sont essentiellement le foie, le pancréas et le
cœur. Ceci peut conduire à une cirrhose hépatique, à un diabète sucré et à une insuffisance
cardiaque.
Biologiquement, la maladie sera évoquée devant un fer sérique et une saturation de la
transferrine augmentés. La ferritine (reflet de la surcharge en fer) est également augmentée.

Vous aimerez peut-être aussi