Chapitre 2 Complexe
Chapitre 2 Complexe
Chapitre 1
2. Opérations dans C
On dénit l'addition et la multiplication des nombres complexes de la façon suivante :
Par conséquent on a :
1. Pour tous complexes z et z ′ , (z + z ′ )2 = z 2 + 2zz ′ + z ′2 et (z − z ′ )2 = z 2 − 2zz ′ + z ′2 .
2. Pour tous complexes z et z ′ , (z − z ′ )(z + z ′ ) = z 2 − z ′2 , (z + z ′ )3 = z 3 + 3z 2 z ′ + 3zz ′2 + z ′3 .
Pn Pn
3. Plus généralement, pour z et z ′ ∈ C, (z + z ′ )n = Cnk z n−k z ′k et (z − z ′ )n = (−1)k Cnk z n−k z ′k
k=0 k=0
Démonstration :
1. Soient x et y deux réels tels que x+iy = 0. Supposons que y ̸= 0, on peut alors écrire i = − xy et en particulier,
i est un réel. ce qui n'est pas vrai. On en déduit que y=0 puis que x = 0.
2. x + iy = x′ + iy′ =⇒ (x − x′ ) + (y − y′ )i = 0 et d'après le 1. on déduit que x = x′ et y = y′ .
4. Conjugué d'un nombre complexe
Dénition 2 : Soit le nombre complexe z = x + iy. On appelle conjugué de z le nombre complexe noté z̄ déni
par z = x − iy
Exercice 1
Résoudre dans C les équations suivantes :
Solution
Résolution dans C des équations :
−3 + 4i 8 19
1. Soit z ∈ C tel que (4 + i)z + 3 − 4i = 0 ⇔ z = ⇔z=− + i
4+i 17 17
2. Soit z ∈ C tel que [(4 − 3i)z − 5][(1 + i)z + 1 − i] = 0 ⇔ ((4 − 3i)z − 5) = 0 ou (1 + i)z + 1 − i = 0
D'où l'ensemble des solutions de l'équation proposée est : {4/5 + 3i/5, i}
1 − 3i 9 7
3. Soit z ∈ C tel que (3 − 2i)z̄ − 1 + 3i = 0 alors z̄ = ⇒z= + i
3 − 2i 13 13
4. soit z = x + iy tel que (1 − i)z + (3 − i)z̄ = 1 + 2i ⇔ (1 − i)(x + iy) + (3 − i)(x − iy) = 1 + 2i. En développant et
factorisant on trouve : 4x − 2i(x + y) = 1 + 2i. En identiant la partie réelle et imaginaire des deux membres
1 5
on a alors : 4x = 1 et x + y = −1 ⇒ x = et y = − .
4 4
1 5
D'où l'ensemble des solutions de l'équation proposée est : − i
4 4
Exercice 2
(1 + 2i)z − 1
Pour tout nombre complexe z , on pose f (z) =
(3 + i)z − 1
1. Déterminer le domaine de dénition de la fonction f .
2. Résoudre dans C l'équation f (z) = 0.
Solution
1 3 1
1. Soit z ∈ C. f (z) existe si et seulement si (3 + i)z − 1 ̸= 0 ⇐⇒ z ̸= . D'où Df = C \ − i .
3+i 10 10
1 2
2. Soit z ∈ C. f (z) = 0 ⇔ (1 + 2i)z − 1 ⇔ z = − i.
5 5
z A + zB
− Soient A et B deux points du plan. Le milieu I du segment [AB] a pour axe ZI =
−−−→
2
− Soient A et B deux points du plan. Le vecteur AB a pour axe z−−−→ = zB − zA .
AB
Exemple
Soient deux (02) points
−
−−−−−−
→
M1 , M 2 d'axes respectives suivantes dans le plan complexe : z1 = 4 − i et z2 = −3 − 2i
Le vecteur M 1 M2 a pour axe Z = zM2 − zM1 = −7 − i
Exercice 3
1. Pour tout nombre complexe z , on pose Z = (2 + i)z + 1 − i. Déterminer et construire l'ensemble E des
points M d'axe z Z soit un imaginaire pur.
tels que
2. Pour tout nombre complexe z , on pose Z = (1 − i)z + 3 + i. Déterminer et représenter l'ensemble des
points M du plan d'axe z tels que Z soit réel.
Solution
1. Soit z ∈ C. z = x + iy avec x et y ∈ R. Z = (2 + i)(x + iy) + 1 − i ⇒ Z = 2x − y + 1 + i(2y + x − 1).
Posons
Z ⇔ Re(Z) = 0 ⇒ 2x − y + 1 = 0
est imaginaire pur
D'où l'ensemble E des points M d'axe z tels que Z soit imaginaire pur est la droite 2x − y + 1 = 0.
2. Soient x et y deux réels. Soit M le point du plan de coordonnées (x, y) puis soit z = x + iy son axe.
Alors Z = (1 − i)(x + iy) + 3 + i ⇔ Z = x + y + 1 + i(y − x + 1).
Z est un réel ⇔ Im(Z) = 0 ⇒ y − x + 1 = 0
L'ensemble cherché est donc la droite d'équation y = x − 1.
Remarque
− z est l'axe d'un point M , |z| représente la distance entre le point M et l'origine du repère O |z| = OM
Si
−
→ −
→
et si z est l'axe d'un vecteur u , |z| = ||u ||
− Pluspgénéralement si A et B sont deux points du plan complexe d'axe respective zA et zB , la distance
AB = (xA − xB )2 + (yA − yB )2 = |(xA − xB ) + i(yA − yB )| = |zA − zB |
− La notation |Z| se lit Module de Z et non valeur absolue de Z . Par contre si Z est un réel, on peut dire
indistinctement module de Z ou valeur absolue.
Exemple
√
|3 + i| = 10, | − 3| = 3, | − 3i| = 3
Quelques propriétés du module
Théorème 2
En appliquant la dénition, on déduit immédiatement les résultats suivants :
√
1. Pour z ∈ C, |z| = z z̄ et |z| = | − z| = |z̄| = | − z̄|
2. Pour z ∈ C, |z| = 0 ⇔ z = 0
z |z|
3. Pour (z, z ′ ) ∈ C2 , |z × z ′ | = |z| × |z ′ | et si z ′ ̸= 0, = ′
z′ |z |
4. Pour z∈C et n ∈ N, |z n | = |z|n
Démonstration
Les points 1. et 2. découlent directement de la dénition du module.
3. Soient z et z ′ ∈ . |z × z ′ |2 = (z × z ′ )(z × z ′ ) = (z × z̄)(z ′ × z¯′ ) = (|z| × |z ′ |)2 . D'où le résultat.
z 1 1 z
Si z ′ ̸= 0,
′
= z × ′ . Puisque ′ est un nombre complexe qu'on peut noter Z on a alors : = |z × Z| ⇒
z z z z′
|z × Z| = |Z| × |z|. D'où le résultat.
4. S'obtient par récurrence et en utilisant 3. on a aussi le résultat.
Commentaire
Le théorème précédent dit que le module fonctionne bien avec la multiplication. Par exemple, si on veut
(−2 + i)(−3 + 2i)2
calculer le module de Z = il serait très maladroit de chercher à développer le numérateur
4 − 3i
puis rendre réel le dénominateur avant de calculer le module. Le module de ce nombre complexe peut se calculer
√
| − 2 + i|| − 3 + 2i|2 13 5
facilement ainsi : |Z| = =
|4 − 3i| 5
Exercice 4
1 + 3i
1. Calculer le module de Z= et z = (1 + i)8
−3 + 2i
z−1
2. Déterminer l'ensemble des nombres complexes z ∈ C \ {−1} tels que Z= soit de module 1.
z+1
z−i
3. Déterminer l'ensemble des nombres complexes z ∈ C \ {−i, i} tels que Z = soit imaginaire
z+i
pure.
Solution
√
|1 + 3i| 130 √ 8
1. |Z| = = 8
et |z| = |1 + i| = ( 2) = 16
| − 3 + 2i| 13
|z − 1|
2. On sait que : |Z| = 2 2 2 2
. |Z| = 1 ⇔ |z − 1| = |z + 1| ⇔ (x − 1) + y = (x + 1) + y ⇔ x = 0
|z + 1|
Alors l'ensemble des nombres complexes z tels que |Z| = 1 est l'ensemble des imaginaires purs ( iR)
3. soit z ∈ C \ {−i, i}
z − i z̄ + i 2(|z|2 − 1)
Puisque 2Re(Z) = Z + Z̄ et Z + Z̄ =
+ alors 2Re(Z) = . Z imaginaire pur signie que
z + i z̄ − i |z + i|2
Re(Z) = 0 ⇒ |z|2 − 1 = 0 ⇔ |z| = 1 avec z ̸= i et z ̸= −i ⇔ x2 + y 2 = 1 et (y ̸= 1 et y ̸= −1). L'ensemble
des solutions est donc le cercle de centre O et de rayon 1 privé des points de coordonnées (0, 1) et (0, −1).
Théorème 3 :
i. ∀ z ∈ C, |Re(z)| ≤ |z| et |Im(z)| ≤ |z|
ii. ∀ z ∈ C, |Re(z)| = |z| ⇔ z ∈ R et |Im(z)| = |z| ⇔ z ∈ iR
iii. ∀ (z, z ′ ) ∈ C2 , |z + z ′ | ≤ |z| + |z ′ | (Inégalité triangulaire)
iv. ∀ (z, z ′ ) ∈ C2 , |z + z ′ | = |z| + |z ′ | ⇔ z = 0 ou (z ̸= 0 et ∃λ ∈ R \ {0} / z ′ = λz )
Démonstration
p
i. ∀ z ∈ C, |z| = (Re(z)p 2 + (Im(z))2 ≥ |Re(z)|
iii. ∀ (z, z ′ ) ∈ C2 , |z + z ′ |2 = (z + z ′ )(z + z ′ ) = (|z|2 + z z¯′ + z ′ z̄ + |z ′ |2 ). Or z z¯′ + z ′ z̄ = z z¯′ + z z¯′ = 2Re(z z¯′ )
′ 2 2
Ainsi |z + z | = |z| + 2Re(z z ¯′ ) + |z ′ |2 . Or pour tout réel a , a ≤ |a|.
′ 2 2
Donc |z + z | ≤ |z| + 2|Re(z z ¯′ )| + |z ′ |2 ≤ |z|2 + 2(z z¯′ ) + |z ′ |2 d'après le i.. or |z|2 + 2|(z z¯′ )| + |z ′ |2 = (|z| + |z ′ |)2
D'où ∀ (z, z ) ∈ C , |z + z | ≤ |z| + |z |.
′ 2 ′ ′
iv. Puisque |z + z | et |z| + |z | sont des réels positifs, l'inégalité iii. et une égalité si et seulement si chacune des
′ ′
Théorème 4 :
Re(z) = Re(z ′ )
Soient z et z′ ∈ C z = z′ ⇔ |z| = |z ′ | (1)
sgn(Im(z)) = sgn(Im(z ′ ))
Démonstration
Re(z) = Re(z ′ )
Supposons z et z′ ∈ C tels que |z| = |z ′ | . Notons z = x + iy et z ′ = x′ + iy .
sgn(Im(z)) = sgn(Im(z ′ ))
• Re(z) = Re(z ′ ) ⇒ x = x′ .
• |z| = |z ′ | ⇒ x2 + y 2 = x′2 + y ′2 ⇒ |y| = |y ′ |.
• sgn(Im(z)) = sgn(Im(z ′ ) ⇒ y = y ′ . Par conséquent z = z ′
Réciproquement pour z et z ∈ C, si z = z alors on a bien les
′ ′ égalités de (1).
Le théorème ci dessus permet de trouver la racine carrée de n'importe quel nombre complexe.
Re(z ) = Re(Z) x −y =a √
Z = z2 ⇔ 2
|z | = |Z| ⇔ x2 + y 2 = a2 + b2 2 2 2
(Rappel : z = x − y + 2ixy )
sgn(Im(z 2 )) = sgn(Im(Z)) sgn(2xy) = sgn(b)
√ q √
1
2 2 2 1
x = 2 ( a + b + a)
2 2
x = ±q 2 ( a + b + a)
⇔ 1 √ ⇔ 1
√
y 2 = ( a2 + b2 − a)
y = ± 2 ( a2 + b2 − a)
2
sgn(2xy) = sgn(b)
sgn(2xy) = sgn(b)
D'après tout ce qui précède, on peut déduire que tout nombre complexe non nul admet dans C deux
racines carrées, opposées l'une à l'autre.
Exemple
Z = 8 − 6i. Trouvons les racines carrées de Z dans C :
soit
z = x + iy
soit
2
un complexe tel que Z = z . D'après le théorème on a :
2 2
x −y =8 x = ±3
2
z = 8 − 6i ⇔ 2 2 ⇔⇔ ⇔ (x, y) = (3, −1) (−3, 1)
x + y = 10 y = ±1 ou
xy < 0 xy < 0
Les racines carrées dans C de Z = 8 − 6i sont : z =3−i et z = −3 + i .
Exercice 5
Trouver les racines carrées dans C des nombres complexes suivants :
1. Z = 7 + 24i 2. Z = −5 − 12i 3. Z = 2i 4. Z = −4
Solution
1. z1 = 4 + 3i et z1 = −4 − 3i. 2. z1 = 2 − 3i et z1 = −2 + 3i. 3. z1 = 1 + i et z1 = −1 − i.
4. z1 = 2i et z1 = −2i.
6-2. Résolution dans C des équations du second degré à coecients réels
Soient a, b et c∈R tel que a ̸= 0. Soit az 2 + bz + c = 0. On√pose ∆ = b2 − 4ac
(E) l'équation
√
−b + ∆ −b − ∆
− Si ∆ > 0, alors (E) admet deux solutions réelles distinctes : z1 = et z2 =
2a 2a
−b
− si ∆ = 0, alors (E) admet une solution réelle double : z1 = z2 =
2a √ √
−b + i −∆ −b − i −∆
− si ∆ < 0, alors (E) admet deux solutions complexes conjuguées : z1 = et z2 =
2a 2a
Exercice 6
Résoudre dans C les équations suivantes :
1. z2 − 6z + 13 = 0.
2. z 2 − 2z cos(θ) + 1 = 0. Avec θ ∈]0, π[
solution
1. ∆ = (−6)2 − 4 × 13 = −16 = (4i)2 . Les solutions sont z1 = 3 + 2i et z2 = 3 − 2i.
2. ∆ = (−2 cos(θ))2 − 4 = −4 sin2 (θ) . Les 2 solutions non réelles z1 = cos(θ) − i sin(θ) et z2 = cos(θ) + i sin(θ).
Exercice 7
Résoudre dans C les équations suivantes :
1. z2 − (6 + i)z + (11 + 13i) = 0 2. 2z 2 − (7 + 3i)z + (2 + 4i) = 0.
Solution
1. Soit l'équation (E) : z 2 − (6 + i)z + (11 + 13i) = 0. Son discriminant est ∆ = (6 + i)2 − 4(11 + 13i) = −9 − 40i
et on déduit que : ∆ = (4 − 5i)2 .
6 + i + 4 − 5i 6 + i − 4 + 5i
Les solutions sont alors : z1 = = 5 − 2i et z2 = = 1 + 3i.
2 2
2. L'équation (E) : 2z −(7+3i)z+(2+4i) = 0 a pour discriminant ∆ = (7+3i)2 −8(2+4i) = 24+10i = (5+i)2 .
2
7 + 3i + 5 + i 7 + 3i − 5 − i 1
Les solutions sont alors : z1 = = 3 + i et z2 = = (1 + i).
4 4 2
6-4.Somme et produit des racine
Dans ce qui suit, on donne les relations existant entre les coecients et les racines d'un trinôme du second degré.
Exercice 8
On note de z1 et z2 les solutions dans C de l'équation z 2 − (1 − i)z + 2 + 3i = 0. Sans calculer z1 et z2 ,
1 1
Calculer + et z12 + z22 .
z1 z2
Solution
z1 + z2 = 1 − i et z1 z2 = 2 + 3i
On a d'après le théorème précédent
1 1 z 1 + z2 1−i −1 − 5i 2 2 2 2
+ = = = . Et z1 + z2 = (z1 + z2 ) − 2z1 z2 = (1 − i) − 2(2 + 3i) = −4 − 8i.
z1 z2 z1 z2 2 + 3i 13
7.Argument d'un nombre complexe non nul. Forme trigonométrique
Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct(O, ⃗
u, ⃗v ).
Théorème 8
1. ∀(z, z ′ ) ∈ C∗ 2 , arg(zz ′ ) = arg(z) ′
+ arg(z )[2π].
arg(z)[2π ] si λ > 0
2. ∀(λ, z) ∈ R∗ × C∗ , arg(λz) = arg(z) + π[2π] si λ < 0
3. ∀z ∈ C∗ , arg(z̄) = arg(z1 ) = −arg(z)[2π] et arg(−z) = arg(z) + [π]
z
4. ∀(z, z ′ ) ∈ C∗ 2 , arg ′ = arg(z) − arg(z ′ )[2π] et plus généralement ∀z ∈ C∗ et ∀n ∈ N
z
1 1
arg n
= n × arg = −n × arg(z)[2π].
z z
5. ∀z ∈ C∗ et ∀n ∈ N, arg(z n ) = n × arg(z)[2π]
7-2. Forme trigonométrique d'un nombre complexe non nul.
soit z = a + ib. on peut alors représenter le point M (z) comme suit :
a = |z| cos(θ)
A partir de cette gure, on peut déduire que : . Alors on
b = |z| sin(θ)
peut écrire z = |z|(cos(θ) + i sin(θ)) avec θ = arg(z).
Notons donc cos(θ) + i sin(θ) = eiθ (Notation qui a bien un sens et qui est
déduite à partir des considérations géométriques dont on ne va pas essayer de
rentrer dans les détails ici).
On peut nalement écrire z = |z| eiθ .
Ce qui nous amène à la dénition suivante :
Dénition
Pour tout z un nombre complexe, on peut mettre z sous la forme de :
Exemple
√
3 1 √
i. z = ii. z = 1 − i
π π
+ i = cos( π6 ) + i sin( π6 ) = ei 6 3 = 2 e−i 3
2 2
Propriété :
D'après la dénition de la forme exponentielle on a les propriétés suivantes :
′
∀(z, z ′ ) ∈ C2 avec z = |z| eiθ , z ′ = |z ′ | eiθ
1. z × z ′ = |z||z ′ | ei(θ+θ′ ) et plus généralement ∀n ∈ N, z n = |z|n eniθ
1 1 z |z|
2. Pour z ′ ̸= 0, ′ = ′ e−iθ et ′ = ′ ei(θ−θ′ )
z |z | z |z |
Exercice 9
√
3−i
1. Déterminer la forme trigonométrique de z1 = .
1+i
2. En mettant (1 + i) sous forme exponentielle, calculer sa valeur exacte.
16
Solution
1. En suivant les étapes de la méthode pratique et les propriétés ci-dessus.
z′ √
On écrit d'abord z1 = 1′ z1′ =
3 − i et z2′ = 1 + i
avec
! z2
√ √ √ !
3 1 −i π √ 2 2 √ π
z1′ = 2 − i = 2 e 6 et z2′ = 2 + i = 2 ei 4
2 2 2 2
′
z1 2 π π √ 5π
Ainsi z1 =
′ = √ e−i 6 −i 4 = 2 e−i 12
z2 2 √ √ π
2. En suivant les mêmes étapes, on déduit 1 + i = 2(cos( π4 ) + i sin( π4 )) = 2 ei 4
√
16 = ( 2)16 ei 16π
Par suite (1 + i) 4 = 256 e4iπ or e4iπ = cos(4iπ) + i sin(4iπ) = 1 Ainsi (1 + i)16 = 256
Théorème 9 :
1 iθ 1
i. Pour θ ∈ R, cos(θ) = (e + e−iθ ) et sin(θ) = (eiθ − e−iθ )
2 2i
iθ
Autrement dit : e + e
−iθ = 2 cos(θ) et eiθ − e−iθ = 2i sin(θ).
nπ o eiθ − e−iθ e2iθ −1 1 − e−2iθ
ii. Pour tout θ ∈ R \ + kπ, k ∈ Z on a : tan(θ) = = = .
2 i(eiθ + e−iθ ) i(e2iθ +1) i(e−2iθ +1)
Exemple ′
En utilisant les formules d'Euler, transformons
les expressions 1 + eiθ , 1 − eiθ et eiθ + eiθ :
i θ2 −i θ2 i θ2 θ iθ
• 1 + eiθ = e (e + e ) = 2 cos e 2.
2
θ θ θ θ iθ
• 1 − eiθ = ei 2 (e−i 2 − ei 2 ) = −2i sin e 2.
2
′ θ+θ ′ θ−θ ′ θ−θ ′ θ − θ′ θ+θ ′
• eiθ + eiθ = ei 2 (ei 2 + e−i 2 ) = 2 cos ei 2
2
8. Racines n-èmes d'un nombre complexe
8-1. Racines n-èmes de l'unité
Dénition
soit n ∈ N∗ et z un nombre complexe.
On appelle racine n-èmes de l'unité, l'ensemble des z∈C tels que zn = 1
Cet ensemble est le plus souvent noté Un
Exemple
1. Pour n=2, on a z 2 = 1 admet pour solution e
2ikπ
2 , k ∈ {0, 1}. C'est à dire que U2 = {−1, 1}
2. Pour n = 3, on a z 3 = 1 admet pour solution e
2ikπ
3 , k ∈ {0, 1, 2}.
2iπ
En notant j=e 3 , on a alors U3 = {1, j, j 2 }
Notons qu'avec cette notation, j vérie :
• j3 = 1
4iπ −2iπ
• j 2 = 1j = j̄ = e 3 = e 3
• 1 + j + j 2 = 0 et donc 1 + j = −j 2 , 1 + j 2 = −j et j + j 2 = −1.
• ∀n ∈ Z on a j 3n = 1, j 3n+1 = j et j 3n+2 = j 2
3. Immédiatement on a aussi U4 = {e
ikπ
2 , k ∈ {0, 1, 2, 3}}
On peut remarquer que la somme des racines n-èmes de l'unité pour n = 2, n = 3 et n=4 est nulle. Cette
remarque est une propriété importante des racines n-èmes de l'unité.
Théorème 10 :
Soient z0 , z1 , · · · , zn−1 les racines n-èmes de l'unité deux à deux distinctes.
P
n−1
Pour n≥2 la somme des ces racines est nulle. Autrement, zk = 0
k=0
2ikπ
En eet pour n ≥ 2, les racines n-èmes 2 à 2 distinctes de l'unité sont sous la forme de e n , k ∈ {0, 1, . . . , n−1}.
2iπ
Posons ω = e n . ω ̸= 1 (car n ≥ 2 ) et ω n = 1. Ainsi on a :
P 2ikπ
n−1 P k
n−1 1 − ωn
e n = ω = = 0 (car ω n = 1). D'où le résultat.
k=0 k=0 1 − ω
8-2. Racines n-èmes d'un nombre complexe
Soit n ∈ N∗ et Z un nombre complexe. On cherche les z ∈ C tels que z n = Z .
1er cas : Z = 0
Si Z = 0, alors pour tout z ∈ C, z n = Z = 0 si et seulement si z = 0. Par suite 0 admet une seule racine n-ème
à savoir 0.
2eme cas :Z ̸= 0
On suppose maintenant que Z ̸= 0, alors on peut écrire Z = R eiα avec |Z| = R et arg(z) = α .
Soit z∈C tel que z
n = Z. En écrivant z= r eiθ , on a : √
r= nR et
rn = R et
z n = Z ⇔ rn einθ = R eiα ⇔ ou encore α 2kπ
∃k ∈ Z tel que nθ = α + 2kπ ∃k ∈ Z tel que θ= +
√ n n
α 2kπ
Puis on déduit que z= n
R ei( n + )
n avec k∈Z
√ α 2kπ
Les racines n-èmes de Z deux à deux distinctes sont de la forme de z= n
R ei( n + n
)
k ∈ {0, 1, 2, . . . , n − 1}
Exercice 10
√
Résoudre dans C l'équation suivante : z 6 = 4 − 4 3i
solution √ π
Soit Z = 4 − 4 3i. Z sous forme exponentielle que nous savons déjà faire. On a alors : Z = 8 e−i 3
On écrit
−i π3
donc z ∈ C tel
Soit
6
que z = 8 e et écrivons z = r e
iθ
( n √
√ π
r = 8 et r = 6 8 et
z 6 = 4−4 3i ⇔ r6 e6iθ = 8 e−i 3 ⇔ π ou encore −π 2kπ
∃k ∈ Z tel que 6θ = − + 2kπ ∃k ∈ Z tel que θ = +
3 18 6
√ √ −π kπ
6
Puis on déduit que :z = 4 − 4 3i ⇔ z = 2 ei( 18 + 3 ) k ∈ Z. D'où l'ensemble de solutions complexes 2 à 2
√ n√ −π kπ
o
6
distinctes de l'équation z = 4 − 4 3i est : S= 2 ei( 18 + 3 ) , k ∈ {0, 1, 2, 3, 4, 5}
9. Applications à la trigonométrie
Retrouvons par exemple les formules donnant cos(2x) et sin(2x) en fonction de cos(x) et sin(x).
Soit x cos(2x) + i sin(2x) = e2ix = (eix )2 = (cos(x) + i sin(x))2 = cos2 (x) − sin2 (x) + 2i sin(x) cos(x).
un réel.
2 2
Par identication, on retrouve : cos(2x) = cos (x) − sin (x) et sin(2x) = 2 sin(x) cos(x).
Exercice 11
Exprimer cos(3x) et sin(3x) en fonction de cos(x) et sin(x).
Solution
Soit x un nombre réel. cos(3x) + i sin(3x) = e3ix = (eix )3 = (cos(x) + i sin(x))3
Or (cos(x) + i sin(x))3 = cos3 (x) − 3 cos(x) sin2 (x) + i 3 cos2 (x) sin(x) − sin3 (x) . Par identication des parties
réelles et imaginaires, on obtient : cos(3x) = cos3 (x) − 3 cos(x) sin2 (x) et sin(3x) = 3 cos2 (x) sin(x) − sin3 (x).
zD − zC CD
1. = .
zB − zA AB
zD − zC
2.
−−−→ −−−→
(AB , CD ) = arg [2π]
zB − zA
Commentaires
: Du théorème 2 on peut tirer les conclusions suivantes :
z D − zC −−−→ −−−→ zD − z C π
Si arg = kπ k ∈ Z alors les vecteurs AB et CD sont colinéaires et si arg = + kπ
zB − zA z B − zA 2
−−−→ −−−→
k∈Z Alors les vecteurs AB et CD sont orthogonaux.
Exercice 13
Le plan est rapporté du repère orthonormée direct (O, ⃗u, ⃗v ). !
√
3 3 √
On considère les points A(1, 1) , B(−1, 2) et C − , − 3 . Montrer que le triangle ABC est
2 2
équilatéral.
Solution
Calculons les 3 distances AB , AC et BC :
v
√ u √ !2
√ 3 1 √ u 3 1 √ 2
AB = |zB −zA | = |−2+i| = 5 , AC = |zC −zA | = −1 − +i − 3 = t −1 − + − 3 .
2 2 2 2
v
√ ! u √ !2
√ 3 1 √ u 3 1 √ 2
Ainsi AC = 5 et enn BC = |zC − zB | = 1− +i − − 3 = t 1− + − − 3 .
2 2 2 2
√
Ainsi BC = 5
.
√
Conclusion : AB = AC = BC = 5. ABC est alors un triangle équilatéral .
Exercice 13
1. Écrire sous forme algébrique :
1 + cos(θ) − i sin(θ) 1 + i tan(θ) π
a. z1 = ; 0 < θ < 2π b. z2 = ; θ ̸= + kπ c. z3 = (1 − i)2024
1 − cos(θ) + i sin(θ) 1 − i tan(θ) 2
2. Écrire sous forme exponentielle
√ :
√ √
a. z1 = (1 + i)3 (−3 + 3 3i) b. z2 = (1 + i 3)5 + (1 − i 3)5 c. z3 = 1 − eiθ ; θ ∈ 0 ≤ θ < 2π
3. Déterminer le module ainsi que le conjugué des nombres complexes suivants
tan(θ) − i π 1 π
a. z1 = 1 − eiθ θ ; ∈ [−π, 0] b. z2 = ; (θ ̸= ) c. z3 = ; (θ ∈ ] , π[)
tan(θ) + i 2 1 + i tan(θ) 2
d. z4 = e − e ; (θ ∈ [0, π[)
2iθ iθ
Solution
1 + cos (θ) − i sin (θ) i 1 + i tan (θ)
1-a. z1 = =− b. z2 = = cos (2θ) + i sin (2θ)
1 − cos (θ) + i sin (θ) tan (θ/2) 1 − i tan (θ)
c. z3 = (1 − √ i)2024 = ((1 − i)2 )1012 = 4506
2-a. z1 = 12 2 e17iπ/12 b. z2 = 32 c. z3 = 2 sin ( 2θ )e( 2 − 2 )
iθ iπ