Chapitre I : les principes généraux du commerce inte
rnational
Section1 : Les fondements du commerce international
1. Définition et évolution du commerce international
1.1 Définition du commerce international
Au sens strict, le commerce international correspond à L’ensemble des
flux de marchandises biens entre des espaces économiques de
nationalités différentes. Au sens large, le Commerce International
correspond à l’ensemble des flux de marchandises biens et de services
entre au moins deux pays. Les flux de services sont pris en compte
dans la mesure où leur part progresse rapidement dans les échanges
internationaux surtout le transport, le tourisme et les services aux
entreprises.
Généralement sous l’appellation Commerce International on trouve
tout ce qui concerne l’organisation des échanges entre deux ou
plusieurs pays: La logistique internationale, les techniques douanières,
les solutions de financement mode de règlement des opérations
internationales, la gestion des risques liés à ce type d’échange (risque
de change, fiscal, juridique, politique…etc.
De ce fait l’activité du commerce international est un ensemble
complexe de par la multitude d’aspects nécessaires à la maîtrise de ces
échanges hors des frontières d’un pays.
Cette notion est à distinguer de celle de marketing international qui
elle est plus axée sur l’adaptation du marketing Mix ou plan de
marchéage politiques de produit, prix, distribution et communication
de l’entreprise à un contexte étranger.
Le terme Commerce international désigne « l'ensemble des échanges
internationaux de biens et de services ». « Le Commerce International
annuel est mesuré par la somme des exportations mondiales de biens
et de services, qui est naturellement égale à la somme des
importations ».
Sont inclus dans la notion de commerce international les concessions
de licences et les investissements -IDE - Investissements Directs
Étrangers. vieux comme le monde ou plutôt comme les civilisations,
l'origine du commerce international tient au fait qu'aucun pays ne
dispose de toutes les ressources matières premières ni de tous les
facteurs de production-terre, capital, travail, technologie- sur son
propre territoire.
Dès l'origine, il s'agit aussi dans le commerce international de profiter
des différences de coûts de production entre pays, on parle aujourd'hui
de délocalisations pour la production ou d’outsourcing pour
l'approvisionnement fournisseurs, une spécialisation internationale
ayant historiquement été développée en fonction des ressources
naturelles, des situations géographiques des pays et de leurs
populations.
Le Commerce International pose a priori un problème de
financement, puisque les différents pays du monde utilisent
des monnaies différentes.
Le système monétaire international, organisé depuis 1973 entre les
devises des principaux pays développés sous le régime des taux
d’échanges flottants et en relation de parité plus ou moins fixe avec
ces principales devises pour toutes les autres monnaies du monde,
permet de faciliter les échanges internationaux.
Les conversions de monnaies entre elles se font en effet très
facilement via le Forex. Un pays dont le commerce extérieur est
déficitaire devra soit puiser dans ses réserves d’échanges ; sauf les
Etats-Unis qui paient en général en dollars, c'est-à-dire dans leur
propre monnaie, soit emprunter auprès des autres pays ou
d'organismes internationaux Fond Monétaire International, Banque
Mondiale. Dans le contexte de la mondialisation, le Commerce
International connaît une croissance exponentielle depuis le milieu
du XXe siècle : les échanges internationaux auraient été multipliés par
14 depuis 1950.
1.2 L’Evolution du commerce international
Le développement des moyens de transport de personnes et de
marchandises a conduit le commerce mondial à croître plus vite que
le produit intérieur brut- PIB- dès le XIXe siècle.
Le volume des exportations rapporté au produit intérieur brut réel a
atteint un sommet en 1913, avant de redescendre entre les deux
guerres mondiales. Depuis 1950, le commerce mondial recommencé à
croître plus vite que le PIB : entre 1950 et 2010, le volume des
exportations mondiales a été multiplié par 33 quand le PIB
réel mondial augmentait d'un facteur 8,6.
La crise bancaire et financière de l'automne 2008 a conduit à une
forte baisse des exportations en 2009.
De plus de 12 % en volume, mais celle-ci a été annulée par un rebond
d'ampleur équivalente l'année suivante.
Cette configuration a été profondément modifiée par un changement
structurel : une étude conjointe du Fonds monétaire international et de
la Banque mondiale révèle que les changements structurels de
l’économie chinoise expliquent en grande partie le ralentissement du
commerce international : le commerce a progressé de guère plus de 3
% en 2012 et 2013 contre une moyenne constatée de 7,1 % entre 1987
et 2007, avant la crise ; pour la première fois en plus de quarante ans,
le commerce a progressé plus lentement que l'économie mondiale elle-
même.
L'étude montre que la modification de la relation entre le commerce et
l'évolution du PIB mondial est due essentiellement au changement des
chaînes d'approvisionnement commerciales des deux principales
économies du monde, les États-Unis et la Chine : dans les années
1990 et 2000, la Chine importait massivement des composants,
principalement des États-Unis, pour les assembler et les réexporter. La
part importée des exportations chinoises est montée jusqu'à 60 % au
milieu des années 1990, mais elle s'est effondrée à 35 % en 2013, les
entreprises chinoises utilisant maintenant des composants fabriqués
sur place.
La croissance des échanges commerciaux internationaux devrait donc
ralentir, à moins que d'autres régions, telles que le reste de l'Asie,
l'Afrique et l'Amérique du Sud, ne prennent le relais.
2. Les grandes théories du commerce international
2.1 La théorie de l’avantage absolu d’Adam Smith
1723-1790
Dans son ouvrage (recherche sur la nature et les causes de la richesse
des nations en 1776),
Adam Smith reprend l’analyse des physio Gates sur les bienfaits de
libre-échange. il élabore la théorie des avantages absolus. Chaque pays
doit se spécialiser dans les biens et les services qui parvient à produire
à un coup de production inférieur à celui du reste du monde, chaque
pays doit en contrepartie de laisser la production des biens et des
services pour lesquels il est le moins efficace. Il doit alors importer
des produits du reste du monde.
2.2 La théorie de David Ricardo 1772-1823
Dans son ouvrage (les principes de l’économie politique et de
l’import1817) Ricardo apporte un complément à la théorie d’Adam
Smith.
Il existe un cas particulier non étudier par Smith quand un pays n’a
aucun avantage absolu sur ces partenaires commerciaux.
Il ne peut donc se spécialiser dans une production pour échanger
commercialement avec les autres.
Ricardo élabore la théorie des avantages comparatifs pour remédier à
la faible théorique de Smith.
Chaque pays doit se spécialiser dans la production et le plus faible au
détriment de ses autres productions.
2-3-Dotation de facteurs de production (HOS) :
Heckscher et Ohlin tentent de comprendre ce qui permettrait
d’expliquer l’existence de coûts comparés différents. Ils admettent,
contrairement à Ricardo que les techniques de production peuvent être
transférées d'un pays à l'autre. Dès lors, si les coûts de production sont
différents, c'est parce que les prix de facteurs y sont différents. Ainsi,
dans les pays richement dotés en facteur travail, le niveau des salaires
est si bas qu'il pousse les entreprises à se spécialiser dans les secteurs
intensifs en mains d'œuvre. C’est ainsi qu’ils énoncent la loi des
proportions des facteurs, en se fondant sur l'origine des différences de
coûts.
Selon ces auteurs, un pays tend à se spécialiser dans la production
pour laquelle la combinaison des facteurs dont il dispose lui donne le
maximum d'avantages.
De ce fait, chaque pays importe les biens qui incorporent des facteurs
qui sont rares sur sont territoire ou coûteux, et exporte les biens qui
incorporent des facteurs qui sont abondants sur son territoire et donc
peu coûteux.
Autrement dit, cette analyse de commerce international, menée
séparément par Hecksher, Ohlin et Samuelson, a donné naissance
aux néo-facteurs de production, d’identité des techniques et de parfaite
mobilité internationale des produits, il est possible de démontrer deux
théorèmes qui se complètent.
Théorème de la dotation en facteurs : Un pays possède une
dotation favorable dans un facteur de production donné
exportera les biens qui utilisent en grande quantité de ce facteur,
en échange de bien importé qui nécessitent un Usage plus
intensif de ses facteurs rares.
Théorème de l’égalisation des revenus factoriels : l’échange
international égalise le prix des facteurs de nation à nation.
3. Les nouvelles théories du commerce international
Les insuffisances de la théorie traditionnelle à pouvoir expliquer
totalement la réalité de commerce international, on a donc vu
naissance de nouvelles théories pour d’écrire les échanges
internationaux tels qu’ils se pratiquent à l’heure actuelle.
1. La théorie de cycle de vie de Vernon
Selon Raymond Vernon, la théorie de cycle de vie d’un produit se
devise en plusieurs étapes, correspondant à plusieurs phases du
commerce international. Selon R. Vernon « tous les pays avancés ont
accès aux connaissances scientifiques, mais la transformation de
celles-ci en innovation requiert la présence, non moins des
productions, d’un marché vaste et riche, lequel il soit possible de
lancer le produit nouveau ».
R. Vernon (1966) débute la théorie de l’écart technologique en
reprenant l’idée de monopole liée à l’innovation et en mettant l’accent
sur le cycle de vie de nouveau produit. Il combine l’évolution de la
nature du produit tout au long de son cycle et l’évolution de sa
commercialisation au niveau international. Pour cela, il repartit les
pays en trois groupes :
Le premier groupe est constitué du seul pays leader. Il doit
cette position à l’existence d’un vaste marché interne, à des
niveaux de revenu élevés, à une main d’œuvre qualifiée et
abondante et enfin à une forte activité de recherche et
développement (dans les années soixante, c’est le marché
des Etats-Unis qui répond le mieux à ces caractéristiques).
Le deuxième groupe réunit les pays industrialisés autres que
le leader (pays européens par exemple). Ils ont des revenus
légèrement inférieurs au pays leader et des dotations
Relatives en Capital et en main-d’œuvre moyennement
qualifiée.
Le troisième groupe est celui des PVD « Pays en Voie de
Développement », caractérisés par de bas niveaux de revenu
et une main d’œuvre non qualifiée et abondante.
Concernant le cycle de vie du produit, il peut connaitre quatre
phases : lancement, croissance, maturité, et déclin.
Stades de cycle de vie du produit
Les différentes phases du cycle de vie sont les Suivantes :
Phase1 : lancement
En période de lancement, le produit se diffuse progressèrent sur le
marché. Il est vendu en faibles quantités. Son coût de revient est élevé.
Il est en particulier alourdi par les coûts de distribution et de
communication.
Le produit nécessite parfois des adaptations. La rentabilité du
produit est négative.
Phase 2 : croissance
Les ventes progressent rapidement, ce qui contribue à abaisser le
coût de revient et améliore la rentabilité .Cependant, des concurrents
apparaissent.
Phase 3 : maturité
La concurrence se développe alors que les débouchés diminuent.
Le produit a en effet touché la plupart des acheteurs potentiels.
Les bénéfices réalisés sont important, mais tendent à décroitre en
raison des dépenses marketing engagées pour soutenir le produit face
à la concurrence et des investissements en recherche pour améliorer le
produit, dépensés que l’entreprise doit réaliser pour conquérir de
nouveaux clients.
Phase 4 : déclin
Les ventes du produit chutent et les bénéfices s’effritent. Le
produit n’est plus adapté aux goûts et aux besoins du consommateur.
L’entreprise doit envisager une reconversion de son activité.
2. La théorie stratégique du commerce international :
On parle d’oligopole lorsque sur un marché, il existe un faible
nombre de producteurs face à un grand nombre de consommateurs.
Dans ce cas les marchés sont dits en situation de concurrence
imparfaite. Cet environnement se caractérise par l’émergence et la
résistance du profit, dans ce cas, il peut être rationnel d’imposer une
réglementation protectionniste.
Ces idées constituent la base théorique de la politique
commerciale stratégique et ont donné naissance à une nouvelle
approche économique et l’échange international, dénommée «
nouvelle économie internationale».
Initiée par Brander et Sprencer, Paul Krugman et également
participé à cette nouvelle approche. L’apparition de cette théorie
remonte à la fin des années 1970, mais elle s’est surtout développée
dans les années 1980 un Etat peut mettre en place des politiques
commerciale stratégiques dans le but d’ériger des barrières à l’entrée
sur le marché national aux produits étrangers concurrents, ou qui
permettent à nos entreprises de vendre à des prix très concurrentiels
sur le marché étranger.
Il s’agit notamment des droits de douane à l’importation
prohibitifs, des quotas à l’importation, du dumping commercial, des
aides et subventions aux structures productives.
3. La différenciation des produits
Lassudrie-Duchene a introduit le concept de « demande de
différence ».selon lui, les échanges croisés bien qu’ils portent sur
des produits semblables, ces derniers bénéficient d’une «qualité
de différence ».en d’autres termes, la différenciation des bien
permet de satisfaire une demande dite de variété. Les
nombreuses variétés permettent donc aux entreprises d’élargir
leur marché potentiel.
C’est Chamberlin qui a introduit la notion de la
concurrence monopolistique pour désigner la position du
monopole vers laquelle sera poussée chaque firme. Toutefois,
cette stratégie bute sur une contrainte importante liée à la hausse
des couts de variété, et qui ne sera levée que par l’accès aux
marchés étrangers, d’où la nécessité pour les entreprises de
s’adresser à la demande internationale.