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Réplique : L'Audition de Tony

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RÉPLIQUE

U N F I L M D’A N TO I N E G I O RG I N I
PRO D U I T PA R P R E M I È R E LI G N E

Marie Dubas - Première Ligne


mariedubas@premièreligne.eu
13 bd de Rochechouart - Paris 9e
RÉPLIQUE - SOMMAIRE

1. FORMULAIRE

2. SYNOPSIS

3. SCÉNARIO

4. INTENTIONS VISUELLES

5. NOTE D'INTENTION DE L'AUTEUR-RÉALISATEUR

6. NOTE SUR LA RÉÉCRITURE

7. NOTE DE LA PRODUCTRICE

8. CV DE L'AUTEUR-RÉALISATEUR

9. PRÉSENTATION DE LA SOCIETE DE PRODUCTION

10. CONTRAT DE CESSION DE DROITS D'AUTEUR


!
!
Demande de contribution financière

Titre du projet : Réplique

Genre X fiction animation documentaire de création, essai expérimental

Durée du film envisagée (en mn) : 22

Examen par le comité « premiers films » OUI X NON


(NB : comité réservé aux réalisateurs débutants et sans expérience professionnelle significative)

Support de tournage (ex : HD, 16, 35, 2k, 4k, DVCAM, Super 8…) : 4K

Langue(s) de tournage : Français

Lieux de tournage prévus : Région Centre - à déterminer

Comédiens souhaités (information facultative) : A déterminer

Auteur(s) du projet
Réalisation

Antoine Giorgini

Compositeur de la musique originale (le cas échéant) :

Richard Rosefort

Bref résumé du film :

Aujourd'hui, Tony Frémeaux, 18 ans, doit passer une audition pour l'entrée au conservatoire, section art
dramatique. Mais son ami Steven, censé lui donner la réplique, n'est pas là. Après avoir échoué à lui trouver
un remplaçant, Tony quitte les lieux, déterminé à ne plus jamais adresser la parole au traître.

- Le scénario est-il tiré d’une œuvre préexistante ? Non

- Ce projet a-t-il déjà été présenté devant la Commission ? Oui


Si oui, au cours de quelle session a-t-il été examiné et refusé : plénière de juillet 2014
Le cas échéant, quel était son précédent titre ? Réplique
!
!
- Ce projet a-t-il déjà bénéficié d’autres aides (à l’écriture, au pilote ou à la production) ou
soutiens (si oui : préciser lesquels)

- du CNC ?
Fonds d’aide à l’innovation audiovisuelle (fiction / animation / documentaire) X non oui
Dispositif pour la CRéation Artistique Multimédia et numérique (DICRéAM) X non oui
Aide aux projets Nouveaux Médias X non oui
Aide pour les œuvres cinématographiques d’Outre-Mer X non oui
- du Groupe de Recherches et d’Essais Cinématographiques ? X non oui
- d’un atelier d’écriture ? X non oui :
- d’une collectivité locale ? non X oui :
* Aide à la production - CICLIC
* Aide à la production - Région Haute-Normandie

- d’une chaîne de télévision ? X non oui :


- d’un partenaire étranger ? X non oui :

Qualité du (des) demandeur(s) : Auteur X Producteur :

Marie Dubas - Première Ligne Films


13 bd de Rochechouart, 75009 Paris
01 77 18 79 05
[email protected]

Signature de l’(des) auteur(s) Signature du producteur

Déclare(nt) avoir pris connaissance des dispositions du décret du 24 février 1999 relatif au soutien financier
de l’industrie cinématographique et de l’arrêté du 22 mars 1999.
!
!
LIENS

Vous pouvez indiquer sur cette page des liens (youtube / viméo / dailymotion / etc.) vers
tout élément aidant à préciser l’expression visuelle choisie pour le projet (essais, film précédent, photos,
éléments graphiques, volumes, maquettes…)

- Les Brigands (2013 - 17'): premier film d'Antoine Giorgini


https://vimeo.com/70553822
Mot de passe: AG08
RÉPLIQUE - SYNOPSIS

Aujourd'hui, Tony Frémeaux (18), doit passer une audition pour l'entrée au
conservatoire, section art dramatique. Mais son ami Steven, censé lui donner la
réplique, n'est pas là. Après avoir échoué à lui trouver un remplaçant, Tony quitte les
lieux, déterminé à ne plus jamais adresser la parole au traître.
!
1 EXT. QUARTIER POPULAIRE DE TOURS - JOUR 1
TONY, 18 ans, sec et l’air nerveux, remonte à pieds une rue
d’un quartier populaire de Tours. Il porte des chaussures bas
de gamme cirées aux bouts pointus et une veste en skaï.
Il s'arrête devant une petite maison mitoyenne et basse, à la
façade abîmée, et frappe sèchement à la porte. Après quelques
secondes, UN HOMME, la quarantaine, l’air fantasque, un peu
anar, ouvre la porte.
L’HOMME
Salut.
TONY
Il est là Steven?
L’HOMME
J'sais pas.
(Il tourne la tête vers
l'intérieur de la maison,
portant la voix)
Il est là Steven?

VOIX DE FEMME
(off, de l’intérieur)
Nan.
L’HOMME
Nan.

TONY
Il est où?

L’HOMME
(tournant à nouveau la
tête en portant la voix)
Il est où?
VOIX
J'sais pas.

L’HOMME
J'sais pas.

TONY
Il a pas dormi ici?

L’HOMME
Si il est pas là c'matin, c'est que
non. Tu veux un café?

Tony fait “non” de la tête, soucieux. Il regarde autour de


lui et aperçoit UN JEUNE HOMME qui sort de chez lui, sac sur
le dos, portant un pantalon et des chaussures de chantier. Il
se dirige vers lui au pas de course.
2.

TONY
Hé Yacine!
YACINE
Salut.
TONY
Salut. Tu sais pas où il est
Steven?
YACINE
Nan… Il est pas chez lui?
Tony fait non de la tête.

YACINE (CONT’D)
Hier il a squatté un peu devant la
maison avec des potes et après il
est parti… Je sais pas où.

TONY
Il était avec qui?
YACINE
J’connaissais pas.

2 INT. BUS - JOUR 2

Tony est assis à l’avant d’un bus. Le regard dans le vide, il


se ronge les ongles.

3 EXT. COUR DU CONSERVATOIRE - JOUR 3

Tony est assis par terre contre un mur, dans une cour
intérieure pavée. Il tient son téléphone collé à l’oreille,
puis raccroche, n’ayant pu joindre son interlocuteur.
L’endroit est charmant, bien entretenu. Dans la cour, on voit
une dizaine de jeunes, filles et garçons, de 18 à 25 ans,
debout, assis sur des bancs ou par terre contre les murs.
Certains tiennent des livres entre leurs mains, récitant à
voix basse, d’autres déclament des tirades avec éloquence,
d’autres encore sont isolés, calmes et concentrés.

Soudain, une grande porte qui donne sur la cour s’ouvre.


CAROLE, la quarantaine, l’air cool, apparaît.
CAROLE
(décontractée, portant la
voix)
On enchaîne!
Un jeune sort, un autre rentre, la porte se referme. Tony
allume nerveusement une cigarette.
3.

TONY
(marmonnant, à lui-même)
Putain t’es où, espèce d’enculé?
UNE VOIX
(toute douce)
Excuse-moi...

C’est LUCIE, la vingtaine, assise à quelques mètres de Tony.


LUCIE
Je peux te prendre une cigarette?
TONY
Ouais bien sûr.
(Il lui tend une cigarette
et l’allume avec son
briquet.)
Tiens.

LUCIE
Merci, c'est cool.
TONY
Tu présentes quoi?

LUCIE
«Antigone» d’Anouilh.

TONY
Ouais j'connais. Et t'as pas de
réplique?
LUCIE
J'ai travaillé un monologue. Et
toi? C'est quoi?

TONY
(comme un mauvais présage)
Shakespeare... La Tempête. Tu
connais?

LUCIE
Non. Enfin je connais Shakespeare,
mais pas La Tempête. Ca parle de
quoi?

TONY
(préoccupé)
Ca parle de... Ca parle d’amour, et
de magie...
(s’interrompant soudain)
Tu t’appelles comment? Moi c’est
Tony.

LUCIE
Lucie.
4.

Tony acquiesce. Lucie le regarde un instant sans rien dire


puis replonge dans son livre.
Un temps.

TONY
Hé, Lucie?

LUCIE
Oui?
TONY
(embarrassé)
Tu vois, j’ai un pote qui doit
arriver pour me donner la réplique
mais je sais pas ce qu’il fout, il
vient pas, j’avais rendez-vous avec
lui ce matin et... Même sur son
téléphone, je tombe sur son
répondeur.

LUCIE
Oh merde, c’est con ça.

TONY
A fond, ouais...
Un temps.

TONY (CONT’D)
Mais du coup je me disais que...
Peut-être tu... Au pire, ça te
dérangerait de me donner la
réplique?

LUCIE
Bah... je sais pas... J’ai pas
vraiment envie que le jury me voie
dans un autre rôle que celui que
j’ai travaillé, je suis désolée...

TONY
(insistant)
Ouais, je comprends, c’est
normal... Mais tu sais, vraiment,
c’est pas long, c’est quelques
phrases.

LUCIE
Ouais mais... Je suis assez
stressée en plus, désolée.

TONY
(insistant)
Tu vois on pourrait attendre que tu
soies passée et si tu le sens bien
pour toi, après tu me donnes la
réplique?
5.

LUCIE
S’il te plaît, arrête, franchement
j’ai pas envie.
Un temps. Tony le prend mal.
TONY
Mais putain ça fait quoi? C’est
juste 5 minutes avec le texte sous
les yeux, je suis dans la merde,
là!
LUCIE
Mais t’es relou, toi, sérieux! J’ai
pas envie! Je fais ce que je veux,
quand même!
TONY
(il l’imite avec une voix
criarde)
“Je fais ce que je veux, quand
même!” Pfff. Merci!
Dégoûtée, Lucie se lève et part s’installer ailleurs.

TONY (CONT’D)
C’est ça, bouge!

4 INT. COULOIR DU CONSERVATOIRE - JOUR 4

Tony est seul dans un couloir, adossé à un mur. Il lit son


texte. Au bout du couloir donnant sur la cour du théâtre, il
aperçoit des candidats sortir et d’autres entrer.

Nerveux, il se lève et appelle à nouveau. Personne ne répond


et le répondeur se met en marche: “Allô?... Allô!... Je t’ai
bien eu...”.
De rage, Tony fracasse son téléphone sur le carrelage.

TONY
Aaaaahhh, espèce de gros bâtard!

5 EXT. RUE - JOUR 5

Tony fume nerveusement une cigarette sur le trottoir. Il


observe plusieurs passants, une jeune femme active qui
s’agite au téléphone, un type qui attend à un arrêt de bus en
envoyant un sms...

Il regarde maintenant deux adolescents branchés assis sur un


banc, VINCENT et ABDEL. Il s’approche.
6.

TONY
Excusez-moi les gars, y a moyen
d’avoir un téléphone à prêter deux
secondes?

Abdel, l’air méfiant, fait “non” de la tête tandis que


Vincent hésite.

TONY (CONT’D)
C’est urgent en fait...
Vincent sort son beau smart phone mais Abdel lui murmure
rapidement quelque chose qui le dissuade de prêter l’appareil
à Tony.

TONY (CONT’D)
(agressif, à Abdel)
Pourquoi tu lui dis de l’ranger?!
Vas-y donne, je vais pas
l'chourrave.

VINCENT
Nan mais j’ai plus de crédit de
toute façon.

Soudain, Tony arrache le téléphone des mains de Vincent.


Abdel s’interpose en bousculant Tony.
ABDEL
Ooohh!!

Mais Tony se dresse devant lui comme une furie.


TONY
Qu’est-ce que tu vas faire, toi?

Intimidé, Abdel ne bronche pas.


TONY (CONT’D)
J’vais lui rendre, son téléphone.

Tony s’éloigne, se remémore le numéro et appelle. Vincent et


Abdel le regardent sans rien dire, visiblement choqués par ce
qui vient de se passer.

RÉPONDEUR STEVEN
Allô?... Allô!... Je t’ai bien
eu...
Tony fait d’immenses efforts pour ravaler sa rage.

TONY
Ouais c’est Tony. J’ai plus de
téléphone à cause de toi, je suis
au conservatoire, là, je t’attends
ici. Mais qu’est-ce que tu fous,
bordel?!
(MORE)
7.
TONY (CONT'D)
Ca fait deux heures, là, c’est
bientôt la fin ici! Sérieux...
Tony raccroche sans savoir quoi dire de plus. Il retourne
vers les adolescents et rend à Vincent son téléphone d’un
geste désinvolte.
TONY (CONT’D)
Merci.

6 EXT. JOUR - RUE 6


Tony arrive au portail du conservatoire et croise Lucie qui
en sort d’un pas rapide et la tête baissée.
TONY
Hé, Lucie, ç’a été?

Lucie ne répond pas et trace sa route. L’air perdu, Tony la


regarde s’éloigner.
TONY (CONT’D)
(dans sa barbe)
Tu sais quoi connard, j’vais te
tuer. Faut que j'te tue maintenant,
c'est tout!

7 EXT. CONSERVATOIRE - JOUR 7

Tony est debout dans la cour du conservatoire, il regarde les


derniers candidats, tous concentrés, seuls ou avec leur
réplique. Certains répètent leur texte. Il s’approche d’un
duo et les écoute un instant.

FRANCOIS
Ah! Mère Ubu, vous me faites injure
et vous aller passer tout à l'heure
par la casserole.

MATTHIEU
Eh! Pauvre malheureux, si je
passais par la casserole, qui te
raccommoderait tes fonds de
culotte?

FRANCOIS
Eh vraiment! Et puis après? N'ai-je
pas un cul comme les autres?

Tony jette un regard découragé sur les derniers candidats


présents dans la cour.
8.

8 EXT. RUE DE BANLIEUE - JOUR 8


STEVEN, 18 ans, grand dadais et allure de fripouille, court à
toute vitesse dans une rue de banlieue. Son téléphone collé à
la bouche, il crie.
STEVEN
(essoufflé, un phrasé qui
mélange l’accent de
banlieue et celui du Nord
de la France)
Man! J’arrive, putain! J’prends
l’bus et j’arrive! J’ai galéré mais
j’suis là! J’arrive!

9 EXT. RUE - JOUR 9

Tony marche dans la rue et soudain, fracasse une poubelle de


ville à coups de pieds.

Il reprend sa route, l’air dépité. Quelques mètres derrière


lui, on remarque trois personnes qui le suivent de près. Une
voix agressive l’interpelle.

VOIX
Hé toi devant, là?
Tony se retourne. On reconnaît Vincent et Abdel qui sont
accompagnés d’un troisième type, FRÉDÉRIC, un peu plus âgé
qu’eux.
FRÉDÉRIC
Alors, il paraît que t’arraches le
portable de mon petit frère?

Un temps.
TONY
Je lui ai rendu, son portable.

FRÉDÉRIC
Mais il t’avait dit non. Et quand
on dit non, c’est non. Qu’est-ce
que t’en penses?

TONY
(s’énerve)
T’as pas autre chose à faire, toi?

Frédéric s’approche du visage de Tony, l’air menaçant.

FRÉDÉRIC
Non, j’ai pas autre chose à faire,
non. Je les aime pas les mecs comme
toi, donc tu vas t’excuser. On est
pas dans ton foyer ici!
9.

TONY
Qu’est-ce que t’as dit, là?!
FRÉDÉRIC
J’ai dit qu’on était pas dans ton
foyer!
BOOM! Tony met un violent coup de tête à Frédéric, qui après
être resté immobile cinq secondes, s’effondre au sol, le nez
ensanglanté.
Vincent et Abdel sont sous le choc. Tony les regarde un
instant puis s’enfuit en courant.

10 EXT. CONSERVATOIRE - JOUR 10


Steven arrive en courant devant le portail du conservatoire,
il ne semble pas connaître les lieux. Dans la cour, il n’y a
plus personne.

Il voix la porte de la salle des auditions, s’approche,


frappe et entre sans attendre.

11 INT. SALLE DES AUDITIONS - JOUR 11


Seul dans la salle, le jury, composé de trois personnes dont
Carole, délibère. Ils sont interrompus par l’entrée
fracassante de Steven. Un silence s’installe.

STEVEN
(très embarrassé et
essoufflé)
Euh... Je... Je suis la réplique de
Tony, Tony Frémeaux... Pour «La
Tempête» de Shakespeare.
Un temps. Le jury est interloqué.

CAROLE
Les auditions sont terminées,
Monsieur. Je suis désolée...
STEVEN
Mais Tony... Il est passé? Tony
Frémeaux?

Carole regarde un registre.

CAROLE
Tony Frémeaux ça ne me dit rien...
Non... Désolée, on n’a pas eu de
Shakespeare aujourd’hui.
10.

12 EXT. DEVANT LE CONSERVATOIRE - JOUR 12


L’air pantois, Steven arrive sur le trottoir. Il s’allume une
cigarette et s’en va.

13 EXT. RUE DU CENTRE-VILLE - JOUR 13

Frédéric, le garçon à qui Tony a mis un coup de tête, est


assis sur le marchepied d’une camionnette tandis qu’un
pompier examine son nez. A côté, Vincent et Abdel parlent
avec deux policiers.
LE POMPIER
Putain le gars, il y est pas allé
de main morte... Mais je crois pas
que ce soit cassé.

FRÉDÉRIC
(voix de canard)
Tant mieux.
UN POLICIER
Il était en jogging?

ABDEL
Non, il était plutôt bien habillé.
FRÉDÉRIC
Ouais si on veut, il avait une
chemise blanche avec un dragon dans
le dos, genre super moche... Et une
sale gueule, aussi.

LE POLICIER
Et au fait, vous dites qu’il a
appelé avec votre téléphone tout à
l’heure. Vous savez qui?
VINCENT
Ben non...

LE POLICIER
Faites-voire un peu votre
téléphone, si on retrouve son
copain, on sait jamais.

Plus loin, sur le même trottoir, Steven arrive et aperçoit le


petit attroupement. Arrivé à sa hauteur, il regarde,
intrigué, Fred et son nez ensanglanté, puis poursuit sa
route. On remarque que le policier est au téléphone.

Soudain, le téléphone de Steven sonne. Il décroche. Steven et


le policier ne sont qu’à une dizaine de mètres l’un de
l’autre.

STEVEN
Allo?
11.

LE POLICIER
Oui bonjour, qui est à l'appareil
s'il vous plait?
STEVEN
Bah c'est Steven.
LE POLICIER
Steven? Steven comment?
STEVEN
Et vous? Vous êtes qui?
En parlant, Steven se retourne et regarde le policier au
téléphone. Il ne fait toujours pas le lien.
LE POLICIER
C'est la police, Monsieur. On
voudrait vous poser quelques
questions.

STEVEN
Allez c'est qui? Mehdi? C'est toi,
Med’? Je reconnais ta voix de
fillette.

LE POLICIER
Monsieur s'il vous plait...

Un temps. Steven a un doute.

LE POLICIER (CONT’D)
Vous pouvez me donner votre nom,
Monsieur?

Steven regarde le cadran de son téléphone, lève les yeux et


remarque que le policier, à une dizaine de mètres de lui, le
regarde en parlant au téléphone.
LE POLICIER (CONT’D)
Monsieur? Allô?

Steven raccroche, confus. Le policier s’approche de lui,


Steven recule.

POLICIER
Monsieur, s’il vous plaît?

Steven détale, le policier se lance à sa poursuite.

14 EXT. RUE - JOUR 14

Steven court à toute vitesse, il est très rapide. Il tourne


au coin d’une rue puis aperçoit une file de gens en train de
monter dans un bus. Steven se fond dans le groupe et
disparaît hâtivement dans le véhicule.
12.

15 INT. BUS - JOUR 15


Le bus roule, Steven se tient debout au milieu des passagers.
Par la fenêtre, il aperçoit Tony qui marche dans la rue.
STEVEN
(en appuyant
frénétiquement sur le
bouton d’arrêt)
Hé Tony! Arrêt! Arrêt demandé!
Le bus s’arrête après quelques mètres. Steven se fraye un
chemin parmi les passagers et sort.

16 EXT. RUE - JOUR 16

Tony marche dans la rue, la voix de Steven l’interpelle.

STEVEN
Hé Tony!
Tony se retourne et regarde Steven s’approcher.

STEVEN (CONT’D)
J’étais au théâtre, tu vas où là?
TONY
(agressif)
Quoi, tu vas où? Connard, on avait
dit 8h à ta case, t’étais où toi?
STEVEN
J’ai galéré man... je suis sorti
hier et après c’est parti en
vrille. Vas-y, excuse!
TONY
T’est sorti et après c’est parti en
vrille? C’est ça ton excuse?

STEVEN
J’ai pas fait exprès!

Un temps.

TONY
T’as fait exprès parce que t’es
dég’ que je fasse un truc de ma
vie.

STEVEN
Vas-y, ta gueule.

TONY
Et toi tu fais rien, depuis que
t’es né tu fais rien.
13.

Une voiture de police arrive doucement dans la rue, au loin.


A travers la vitre, on distingue des policiers qui regardent
Tony et Steven s’affronter.
STEVEN
Et toi, tu crois que t’es
quelqu’un, toi?

TONY
Plus que toi, ouais.
Tony remarque la voiture de police derrière l’épaule de
Steven. Deux policiers en sortent.
TONY (CONT’D)
Putain y a les flics.
Tony part en trombe et Steven lui emboîte le pas. La voiture
de police les rattrape et les coince. Ils sont pris en
tenaille.

Les policiers les plaquent contre le mur. On reconnaît celui


qui a appelé Steven sur son portable.

STEVEN
Vas-y, toi! Tu me fais mal!
LE POLICIER
(à Steven, lui assénant
une petite claque sur le
crâne)
Bah alors, toi? Pourquoi t’es parti
en courant?

Tony se fait passer les menottes par l’autre policier, qui


regarde sa chemise.

L’AUTRE POLICIER
Regarde ça, un beau dragon dans le
dos.

17 INT. COMMISSARIAT DE POLICE - JOUR 17


Un bureau de police sobre. Tony est assis face à un officier
de police en civil, PAUL, la cinquantaine, l’air plutôt
décontracté. Il est en train de lire un papier.

Après quelques secondes, il fixe Tony en soupirant.

Le livre de Tony, “La Tempête”, est posé sur la table.

PAUL
Tu sais que t'es en sursis?

Tony ne répond pas. Il est fermé, l’air effronté.


14.

PAUL (CONT’D)
Il va sauter, là. Tu l'as vue sa
tête au gars? Il a plus de nez.
TONY
N’importe quoi.
PAUL
Oui bien sûr, n’importe quoi.
TONY
C'est lui qui m'a agressé.
PAUL
Mais tu lui avais volé le portable,
de son petit frère, tu veux qu’il
te fasse quoi le gars, un bisou?

TONY
Je lui ai rendu son téléphone. Je
l'ai emprunté pour appeler, j'avais
cassé le mien.
PAUL
Oh, pauvre petit. Tu casses ton
téléphone donc tu vas te servir,
c’est logique. Et après on te
demande de t’excuser et tu
distribues les coups de tête,
normal.

Tony se renfrogne.
PAUL (CONT’D)
Tu sais qu'il porte plainte pour
coups et blessures? C'est bien...
Avec un casier pareil... C'est
bien... Faut réfléchir des fois,
les gars. Ca fait pas de mal.

Un temps.

PAUL (CONT’D)
Il faisait quoi ton pote dans le
coup?

TONY
Je vous ai déjà dit, il venait me
donner la réplique.

PAUL
La réplique. Ah ouais... Et tu vas
dire ça au juge? Tu te fous de ma
gueule, un peu, non?

TONY
(lui montrant le livre)
Et ça c'est quoi?
(MORE)
15.
TONY (CONT'D)
Tu vois bien ce qu'est marqué
dessus? Shakespeare! Tu connais
Shakespeare?
PAUL
Oh tu te calmes, là! Et t'arrêtes
de me tutoyer aussi, d'accord?!

TONY
(se calmant)
Quoi, tu me dis «tu» toi, aussi.
PAUL
TAIS-TOI!

Tony encaisse. Paul regarde une autre feuille.


PAUL (CONT’D)
Pas mal le casier de ton copain,
aussi.

TONY
C'est pas mon copain, j'ai rien à
voir avec lui, moi.

PAUL
Il venait te donner la réplique,
mais c'est pas ton copain.

TONY
Nan, c'est un clochard lui.
PAUL
Pfff... Tu t’enfonces, mon gars.

Un temps. Paul décroche le téléphone.

PAUL (CONT’D)
Amenez-moi Steven...
(il regarde la feuille)
Blanckaert s'il vous plait.

Ils attendent. Paul, consterné, regarde Tony.


Après quelques secondes, un policier en uniforme fait entrer
Steven, qui s'assoit à côté de Tony. Le policier sort.

PAUL (CONT’D)
Alors Steven! T'es venu faire quoi
dans le centre?

STEVEN
(sur la défensive)
Quoi? C'est interdit de venir se
promener en ville?!
16.

TONY
(agressif)
Mais dis-lui, pauvre débile.
Un temps. Steven et Tony se fusillent du regard.
TONY (CONT’D)
(dans sa barbe)
Clochard...
PAUL
(à Tony)
Pep-pep, là! Tais-toi!
Paul regarde Steven.
PAUL (CONT’D)
Alors?

STEVEN:
Je suis venu lui donner la
réplique... Pour son audition.
PAUL
(dubitatif)
Ah ouais?
STEVEN
(à Paul)
Quoi? Qu’est-ce qu’y a?

PAUL
(prenant un accent de
racaille)
«Qu’est-ce qu’y a? Qu’est-ce qu’y
a?» Tu te crois dans ton quartier,
toi?
STEVEN
Tu crois que je suis pas capable?

PAUL
Capable de quoi?
(il prend le livre dans la
main)
De ça?

STEVEN
Ouais!

TONY
C’est bon, ta gueule.

PAUL
Bah vas-y!

Un temps. Paul ouvre le livre à la plissure.


17.

PAUL (CONT’D)
Allez-y!
Tony se redresse sur sa chaise, s’essuie les mains sur son
pantalon.
Paul met ses lunettes et parcourt une page des yeux.

PAUL (CONT’D)
(à Tony)
Tu joues qui, toi? Hein? Miranda?
Un temps.
PAUL (CONT’D)
Bah alors? Il y a plus personne?
STEVEN
C’est lui, Ferdinand. Moi c’est
Miranda.

Tony est stupéfait tandis que Steven le défie du regard. Tony


regarde Paul, l’air perdu. Paul agite le livre dans sa
direction, comme pour lui signifier de se lancer.

Tony se concentre pendant un moment, la tête baissée. Puis il


pose ses yeux sur Steven avec un tout autre visage, plus
ouvert, plus brillant.

TONY
(à Steven)
«Ô ma chère maîtresse, le soleil
sera couché avant que j’ai fini la
tâche que je dois m’efforcer de
remplir.»

Paul se redresse sur sa chaise, intrigué.


STEVEN
(hésitant, il finit par se
lancer)
«Si... si vous voulez vous asseoir,
moi pendant ce temps, je vais
porter ce bois. Je vous en prie,
donnez-moi cela, je le porterai au
tas.»

Paul est embarqué, il suit le texte sur le livre.


TONY:
«Non, précieuse créature,
j’aimerais mieux rompre mes
muscles, briser mes reins que de
vous voir ainsi vous abaisser
tandis que je resterais là oisif.»
18.

STEVEN
«Cela me conviendrait tout aussi
bien qu’à vous et je le ferais avec
bien moins de fatigue,
(il cherche ses mots)
Car...
PAUL
«Car mon cœur...”
STEVEN
(enchaînant)
C’est bon, je sais! «Car mon cœur
serait à l’ouvrage, et le vôtre y
répugne.»
TONY
(avec entrain et une
aisance étonnante)
“Charmante Miranda! Objet en effet
de la plus haute admiration, digne
de ce qu’il y a de plus précieux au
monde! J’ai regardé beaucoup de
femmes du regard le plus favorable;
(Paul écoute Tony,
captivé)
Plus d’une fois la mélodie de leur
voix a captivé mon oreille trop
prompte à les écouter. Diverses
femmes m’ont plu par des qualités
diverses mais jamais je n’en aimai
aucune sans que quelque défaut vint
s’opposer...”

La porte du bureau s’ouvre brutalement, interrompant la


scène. Paul sursaute, lâche le livre et se racle la gorge,
visiblement gêné. UN GARDIEN DE LA PAIX passe la tête.
GARDIEN DE LA PAIX
Monsieur Thaleb vient d’arriver.

PAUL
Hum, j’arrive, merci.
Le gardien sort et ferme la porte. Un silence s’installe
entre les trois hommes.

Paul regarde les deux jeunes, l’air à la fois bluffé et


sceptique. Tony et Steven, la tête baissée, se regardent du
coin de l’oeil.

18 INT. COULOIR DU COMMISSARIAT - JOUR 18


Dans l’effervescence du long couloir du commissariat, Tony et
Steven, escortés par Paul, marchent rapidement en direction
de la sortie.
19.

19 INT. BUS - FIN DE JOURNÉE 19


La nuit tombe, Tony est debout dans le fond d'un bus de
ville, il regarde vers l'extérieur, l'air chamboulé.

Au milieu du bus, Steven est affalé sur une banquette, la


tête collée à la vitre.

Tony regarde Steven, de dos. Après quelques secondes, Tony


rejoint son ami et s'assoit à côté de lui.
FIN
RÉPLIQUE - INTENTIONS VISUELLES

De Bruit et de Fureur (Jean-Claude Brisseau, 1988)

L’Effrontée (Claude Miller, 1985) Sweet Sixteen (Ken Loach, 2002)


Stand by me (Rob Reiner, 1986)

Macadam Cowboy (John Schlesinger, 1969) Will Hunting (Gus Van Sant, 1997)
RÉPLIQUE - NOTE D'INTENTION DE L'AUTEUR-RÉALISATEUR

Je me sens proche des jeunes et en particulier de ceux qui sont issus de milieux défavorisés.
Lorsque j'étais animateur en centre social dans le Nord de la France, j'ai souvent été témoin de
l'ardeur avec laquelle certains d'entre eux s'investissent dans un projet afin de s'affranchir de leur
milieu. Mais les échecs sont majoritaires et le fragile équilibre sur lequel ils évoluent peut
rapidement se briser. C'est ce qui menace Tony, mon personnage principal.

Dans mon précédent film, Les Brigands, deux jeunes en marge portaient secours à un sanglier
blessé par des chasseurs en forêt. Désoeuvrés et sans projet, l'opportunité de sauver cet animal
leur donnait, l'espace d'une journée, la sensation de participer à leur propre vie.

Dans Réplique, Tony veut intégrer le conservatoire d'art dramatique, mais les circonstances le
conduisent à ne pouvoir passer son audition ailleurs qu'au commissariat. J'envisage ce moment
comme l'aboutissement d'un parcours semé d'événements à la limite du plausible - comme l'est la
conversation téléphonique de Steven avec le policier, alors qu'ils ne sont qu'à quelques mètres l'un
de l'autre. La scène finale doit être jubilatoire, émouvante, l'apothéose du parcours raté de
personnages éminemment attachants.

Mes personnages ne sont pas les victimes de la société mais plutôt les héros malmenés d'une
comédie sociale. S'ils sont victimes, ce n'est que d'eux-mêmes et en particulier de leur impulsivité.
Je porte sur eux un regard aussi tendre qu'ironique, à distance de toute critique naïve de la société
dans laquelle ils évoluent.

Le parcours de Tony devra être rythmé, de sorte qu'il se sente harcelé par les événements et y
réponde avec de plus en plus de hargne. Je veux que le montage et la réalisation installent une
cadence soutenue, qui résonne avec la perception du spectateur, comme si le film n'était qu'une
grande inspiration. Je veux une réalisation fluide et posée, utilisant des plans larges et fixes et
travaillant au maximum le rythme à l'intérieur des cadres: déplacements rapides, dialogues vifs... A
mes yeux, les films de Franck Capra ou de Stanley Donen, et plus particulièrement Charade sont
des références en matière de rythme et de mise en scène.

Comme à l'occasion des Brigands, mes deux protagonistes seront interprétés par des jeunes du
Nord, ayant peu ou pas d'expérience dans le cinéma. J'aimerais qu'ils incarnent la réalité sociale
dans laquelle s'inscrivent leurs personnages.

Antoine Giorgini
RÉPLIQUE - NOTES SUR LA RÉÉCRITURE

Le rythme

Les retours de lecture de la plénière de juillet ont pointé des problèmes de rythme dans la
précédente version de mon scénario, en particulier dans son deuxième acte. Celui-ci était en
effet émaillé d'hasards opportuns, dont le scénario avait besoin pour progresser.

Je me suis efforcé à trouver dans les ressources mêmes de la mise en place de mon récit
les outils de sa progression, afin de respecter son développement organique. C'est ainsi que
j'ai eu l'idée de faire intervenir le personnage de Fred, le grand frère d'un des adolescents à
qui Tony arrache un téléphone portable, et dont la vengeance est une conséquence logique
des actes commis par Tony dans la première partie du film.

Les péripéties qui vont suivre - et qui découlent du fait que Steven croise les policiers qui
sont à la recherche de Tony - ne sont pas des hasards: les personnages se fuient, se
croisent et se retrouvent dans une seule et même arène de jeu, qui constitue le terrain de
cette comédie.

J'ai conscience du fait que les rouages de mon écriture peuvent sembler très visibles au
scénario. Mais il ne s'agit pas encore d'un film. Il m'appartient désormais de trouver les
acteurs et la grammaire propres à faire disparaître la mécanique du récit au profit du rire et
de l'émotion.

Les retrouvailles des protagonistes

Certains lecteurs nous ont demandé s'il était pertinent que Tony et Steven se retrouvent
avant leur confrontation au commissariat. Après avoir étudié diverses hypothèses, je suis
persuadé que cela est indispensable.

Cette scène contribue à clarifier la nature du lien qui existe entre Tony et Steven. Elle nous
permet d'apprendre à connaître ce dernier et de comprendre les raisons de sa défection.
C'est également le seul moment où le ressentiment de Tony peut pleinement s'exprimer.

En outre, je me suis aperçu qu'éluder cette scène m'obligeait à organiser le récit de sorte à
ce que Tony et Steven se fassent arrêter séparément pour n'être réunis qu'au commissariat.
Ceci n'était possible qu'en multipliant les coïncidences et en alourdissant considérablement
le rythme du récit.

Pour finir, il m’est apparu que la tension, la colère et la déception des personnages au cours
de cette séquence, constituaient un terreau indispensable à l'émotion que je cherche à faire
émerger au moment de leur rapprochement par le biais du texte de Shakespeare.

La résolution

La résolution de mon film a presque toujours été la même (celle que vous lirez cette fois-ci
est identique à celle de la version précédemment proposée au CNC). Mais au moment de la
réécriture du scénario, j'ai eu besoin d'en essayer une autre. Il me semblait plus crédible que
Tony soit maintenu en garde à vue, puisque son casier judiciaire ne lui autorisait pas de
nouveau débordement. Steven était chassé du commissariat par Paul, mais revenait
discrètement s'asseoir sur le banc où Tony devait rester assis, pour lui signifier sa solidarité.

Plusieurs critères m'ont poussé à revenir à ma première idée. Tout d'abord, il me semble que
le geste de Steven ne suffisait pas. Tony seul peut pardonner et rétablir le lien. Je ne voulais
pas que la fin du film laisse planer un doute quant à l'état de la relation des protagonistes.

D'autre part, je veux croire que Paul est touché par la sublimation de Tony et Steven par le
texte de Shakespeare. Je veux qu'il les comprenne, et qu'il les gracie, pour une fois. C'est la
seule manière d'accorder à ce texte une forme de puissance (un peu magique, ce qui est
peut-être une forme de naïveté de ma part). Si Tony est gardé à vue après avoir dit le texte,
alors le moment de la déclamation n'aura été qu'anecdotique - c'était bien, mais ça n'a servi
à rien. Une fin plus plausible repliait le film sur lui-même, fermait son sens, amoindrissait sa
portée.

Je suis très heureux d’être passé par ce travail de réécriture, sans lequel je n'aurais pu
parvenir à cette version, à mes yeux beaucoup plus satisfaisante que la précédente. J'ai
désormais le sentiment d'avoir sondé les potentiels de mon récit et d'avoir fait des choix
nécessaires, parfois risqués, mais en connaissance de cause.

Antoine Giorgini
RÉPLIQUE - NOTE DE LA PRODUCTRICE

Réplique est une comédie sociale, un genre qui se dessinait déjà à l'horizon des
Brigands, le précédent et premier court-métrage d'Antoine Giorgini, que j'ai produit au
sein de la société Petit Film.

Ici, Antoine sonde le tempérament d'un personnage qu'on pourrait qualifier de voyou et
qui n'en reste pas moins réellement touché par un texte de Shakespeare. Ignorer les
bonnes manières et n'avoir aucun goût n'ont jamais empêché d'être intelligent et sensible.
Et par son action, par sa détermination, Tony le revendique. Réplique observe en ce
personnage une possible figure de la fierté.

Malgré tout, Steven et Tony ont un orgueil mal placé, une susceptibilité à fleur de peau,
aucun sens de la nuance et une répulsion pour la modération. C'est l'affirmation
maladroite de leur dignité, derrière la conscience de n'avoir pas les mêmes armes que
les autres pour obtenir ce qu'ils désirent.

A chaque fois qu'Antoine et moi réfléchissons à un nouveau projet, nous parlons de la


valeur du regard que le film porte sur ses personnages. Antoine est hanté par la
nécessité de trouver la juste hauteur, sans condescendance ni sublimation. Il est
persuadé que sa générosité et son exigence envers ses personnages se superposent
avec celles qu'il doit à son public.

Les Brigands a été tourné en novembre 2012 et fait depuis le mois de juin 2013 une belle
carrière en festivals (plus de 30 sélections et 5 prix). Son scénario avait remporté le
premier prix du concours de l'Eure (Moulin d'Andé) et obtenu le soutien de la région
Haute-Normandie, de la contribution financière du CNC, de la Communauté Française de
Belgique et de France 2.

Réplique a besoin de dix jours de tournage (nous en avions 8 pour Les Brigands, qui était
moins ardu). Les comédiens seront nombreux (2 rôles principaux, 12 rôles secondaires,
5 petits rôles et une trentaine de figurants), pas nécessairement tous professionnels, et
nous aurons besoin de deux semaines de répétitions pour trouver le rythme et le ton
appropriés à chaque scène. Les scènes de rue, faites de quiproquos et de courses-
poursuites, impliquant une figuration importante, devront être patiemment mises en place.
Notre tournage aura presque exclusivement lieu en extérieur, au printemps. Nous
devrons prévoir des installations lumière importantes et des solutions de repli en cas
d'intempéries.
Le soutien de la Contribution Financière fait une immense différence: c'est celui qui
permet à l'équipe technique et artistique de travailler sereinement et d'offrir au réalisateur
le temps nécessaire à l'élaboration de la mise en scène et du ton justes. C'est également
le soutien qui rend possible les répétitions avec les comédiens, dans les décors.

L'aide à la réécriture du CNC nous a permis de mettre notre scénario au défi, de le


déconstruire, de faire des choix parfois risqués mais que nous assumons. C'était une
expérience riche d'enseignements, ce dont nous sommes reconnaissants. Nous sommes
désormais prêts à affronter les défis de la fabrication de notre film.

Marie Dubas
Antoine Giorgini

AUTEUR - RÉALISATEUR

2014 Réplique - 20', produit par Première Ligne ** en développement **


avec le soutien de CICLIC,, du Pôle Image Haute-Normandie
et de l'aide à la réécriture du CNC (Contribution Financière)

2013 Les Brigands - 17', produit par Petit Film


1er prix du concours de scénario de l'Eure (Moulin d'Andé)
avec le soutien du CNC (contribution financière) et de la Région Haute-Normandie
Diffusion France 2
Prix * Séquence court-métrage, Toulouse - prix du jury, 1er film de fiction
* Festival Curta Cinema, Rio de Janeiro - prix du meilleur réalisateur
* Festival Paris Court Devant - prix SACD du meilleur scénario
* Festival de Hyères - prix de la ville et prix du public
* Festival Premiers Plans d'Angers - prix d'interprétation masculine

Sélections 30+ festivals : Belo Horizonte, Varsovie, St Petersbourg, Istanbul, Adana, Vilnius,
Zagreb, Festival della Lessinia, Ciné Bocage à Moulins, Off-courts à Trouville
Cinéssone, Du grain à démoudre, Vendôme, Perpetuum Mobile, Braunschweig,
Gijona, Guadalajara, Balchik, Okseo…

2007 Crimes et chuchotements -6', dans le cadre de l'INRACI

RÉGISSEUR D'EXTÉRIEUR - DÉCORATEUR

2013 Hippocrate, de Thomas Lilti - 31 juin Films


2012 Boule et Bill, d'Alexandre Charlot et Franck Magnier - LGM
2011 The Expatriate, de Philipp Stölzl
Un heureux événement de Rémi Bezançon - Mandarin
Légitime défense, de Pierre Lacan - Sombrero
Hors les murs, de David Lambert - Les productions Balthazar
2010 Tombé sur la tête, de Didier Albert - JLA Productions
Illégal, d'Olivier Masset-Depasse - Dharamsala
2009 Visage, de Tsai Ming Liang - JBA Production

ACCESSOIRISTE

2013 Le beau monde, de Julie Lopes Curval - Orsans productions


2009 La regate, de Bernard Bellefroid - Liaison cinématographique
2008 Survivre avec les loups, Véra Belmont - Stephan Films
Les enfants de Timplebach, de Nicolas Barry - Chapter 2
Les larmes d'argent, de Mourad Bourcif - Les Films de Nour
L'arbre à Clous, de Fabrice Couchard - Frakas Productions

FORMATION

Formation AFDAS avec le CIFAP "Scénario et dialogues en fiction"


Ecolé de cinéma INRACI à Bruxelles
Maîtrise "Filmologie, études cinématographiques" à Lille III
Bac littéraire option cinéma audiovisuel

AUTRES EXPÉRIENCES PROFESSIONNELLES

2002-2004 Directeur de centre aéré


1998-2002 Animateur en centre social dans le Nord de la France
P R E M I E R E L I G N E F I L M S

Fondée par Marie Dubas en 2014, Première Ligne Films se donne pour mission
d'accompagner de jeunes auteurs français et internationaux, porteurs de films de toutes
durées, explorant certains des enjeux sociaux et politiques de nos organisations
contemporaines.

Marie Dubas a produit plus de 15 courts-métrages entre 2008 et 2012, parmi lesquels UNE
LECON PARTICULIERE par Raphaël Chevènement (2008, nominé aux Césars) et LE SENS
DE L'ORIENTATION de Fabien Gorgeart (2012, Prix Spécial du Jury à Clermont-Ferrand).

En 2010, elle co-fonde la société Petit Film avec Jean des Forêts. Elle y produit le premier
long-métrage de Neïl Beloufa, TONIGHT AND THE PEOPLE (Rotterdam IFFR 2014) et prend
part à la production de LEONES de Jazmin Lopez (Venice Orizzonti 2012) et de 40 JOURS
DE SILENCE de Saodat Ismaïlova (Berlinale Panorama 2014).

Marie Dubas est diplômée d'EAVE 2013, experte pour Media Developement et membre de la
commission d'aide au court-métrage de la Région Basse-Normandie. Elle enseigne le
financement de films à l'ISCPA et agit comme tutrice pour la résidence de réécriture de NISI
MASA.

EN DEVELOPMENT

THE WOUND - 90'


de John Trengove
produit par Urucu Media (SA), co-produit avec Sampek (FR)
avec le soutien d'Hubert Bals Development, lauréat du Prix Arte de Durban
distribution française et ventes internationales: Pyramide International

HOTEL OCCIDENTAL - 90'


de Neïl Beloufa
coproduit par Badmanners (FR) et Petit Film (FR)

REPLIQUE - 20'
d'Antoine Giorgini
avec le soutien de CICLIC, de la Région Haute-Normandie et du CNC (aide à la réécriture)

BELLE BÊTE - 15'


de Julia Ducournau
coproduit par Petit Film
TV: France 2

LE DIABLE - 15'
de Fabien Gorgeart
TV: France 2

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