Angles morts de la politique de l'eau au Maroc
Angles morts de la politique de l'eau au Maroc
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Résumé
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tournure particulièrement sévère ces dernières années. Cet
article se penche sur quatre composantes fondamentales de la
politique de l’eau marocaine – l’augmentation de l’offre par le
stockage ; le développement de l’irrigation ; sa modernisation ;
la surexploitation des eaux souterraines – et en montre les angles
morts. Il questionne l’encouragement à intensifier toujours plus
l’agriculture irriguée dans un contexte climatique défavorable et
incertain, ainsi que la durabilité des alliances sociales cristallisées
autour de ce modèle.
Abstract
Les analyses sur l’eau au Maroc commencent le plus souvent par quelques
exercices obligés. Le premier d’entre eux consiste à rendre hommage au roi
Hassan II pour sa clairvoyance dans le développement des grands barrages
et du ‘million d’hectares irrigués’. Le deuxième souligne l’expérience et
l’expertise enviables acquises par le Royaume dans la mise en valeur de ses
ressources hydriques. De fait, malgré un climat aride et des précipitations
moyennes de seulement 330 mm par an, le Maroc s’est aujourd’hui doté
de superficies irrigables de près de 2 millions d’hectares, et peut se prévaloir
d’un taux de raccordement aux réseaux d’eau potable avoisinant les 95 %.
Mais ces réussites tendent à occulter d’autres réalités plus préoccupantes,
dans un secteur où les décisions se prennent dans des espaces confinés, avec
une transparence et un accès à l’information pour les citoyens très limités,
et où la communication répétée de certains chiffres officiels rend difficile la
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tenue d’un débat public riche et contradictoire sur l’état réel des ressources
en eau du pays, et sur l’usage de ces ressources.
Un tel débat s’avérerait pourtant plus que jamais nécessaire aujourd’hui.
Il est de plus en plus manifeste, en effet, que des hypothèses de planification
excessivement optimistes, un enthousiasme jamais démenti à l’égard des
grands ouvrages intensifs en capital, et une tolérance généralisée à l’égard
des prélèvements en eau individuels ont engendré une pression sur la res-
source d’autant plus sévère qu’elle s’est télescopée avec un changement cli-
matique accéléré. Depuis 1980, le Royaume a vu sa température augmenter
de 1,5 degré en moyenne, et les pluies et les écoulements diminuer dans
une fourchette de 15 à 30 %. Alors qu’une telle situation devrait inciter
à mettre à l’agenda la question de la sobriété, et à nourrir un débat sur la
légitimité des différents usages, les gouvernants ont continué, comme ail-
leurs, à répondre aux pénuries d’eau par des politiques d’augmentation de
l’offre. La gestion de la demande, de son côté, s’est largement réduite à une
modernisation de l’irrigation gravitaire et à la réduction des fuites dans les
réseaux urbains, mesures dont les effets sur les économies d’eau risquent de
s’avérer très limités. Depuis une quinzaine d’années, en particulier à travers
la promotion du Plan Maroc Vert lancé en 2008, le pays s’est construit une
image vertueuse de champion africain de la gestion durable et efficiente de
l’eau, de l’agriculture intelligente à haute valeur ajoutée, et de l’adaptation
au changement climatique. Cette image tient peu compte de la crise de l’eau
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Le Maroc actuel serait très différent s’il ne disposait pas de ses 149 grands bar-
rages, dont la capacité de stockage avoisine les 19,1 MMm3 1 (milliard de m3).
Comme pour de nombreux pays, la sécurisation des besoins domestiques et
de l’irrigation passe par le stockage de l’eau, qui permet de lisser les fortes
irrégularités saisonnières et inter-annuelles des débits. Mais s’en tenir à cette
seule évidence générale peut justifier une poursuite indéfinie des politiques
de stockage, au mépris des limites hydrologiques du pays. Ainsi M. Amara,
ministre de l’Équipement, du Transport, de la Logistique et de l’Eau, a pu
récemment souligner que « la seule solution pour assurer l’approvisionnement
en eau des zones qui connaissent une pénurie d’eau est l’augmentation de la
capacité de stockage des barrages2 » (souligné par nous). Il s’agirait dès lors
de « mettre les bouchées doubles pour répondre aux défis majeurs auxquels fait
face le Royaume en matière de sécurité hydrique3 ». Il est ici tenu pour acquis
que de nouveaux barrages contribueront à toujours mieux assurer la sécurité
hydrique du pays, et que leur capacité de stockage se traduira par autant de
ressources supplémentaires : Ainsi les « 23 grands barrages lancés durant la
période 2009-2020 » devraient procurer au Maroc plus de 6 milliards de mètres
cubes d’eau ». Ce glissement sémantique, qui assimile les capacités de stoc-
kage théoriques des infrastructures aux volumes d’eau effectivement mobi-
lisables, est encore celui du ministre lorsqu’il indique que le Maroc « am-
bitionne de stocker 30 milliards m3 d’eaux pluviales dans les années à venir4 ».
En plus des grands barrages en cours de construction, le gouvernement
investit dans de petits barrages, ou barrage collinaires. Dès sa prise en charge
de la gestion du département de l’équipement, « le ministre Nizar Baraka
s’est lancé dans une course contre la montre pour combler le retard accusé lors
des dix dernières années sur le plan national de l’eau initié en 2009. Il a lancé
d’un seul coup un programme de construction de 129 barrages collinaires5 ».
Pourtant, comme le souligne le récent Livre Blanc publié par un groupe
d’experts anciens lauréats de l’IAV Hassan II, une « évaluation de la situation
de ce parc de barrages effectuée par le Ministère chargé de l’Eau a confirmé ce
constat de dégradation et de faible valorisation : envasement, absence d’équipe-
ments en aval, etc.6 ». Ces réservoirs pourront certes augmenter localement
la disponibilité de la ressource mais, selon leur situation géographique, ils
contribueront alors à réduire encore plus les apports des grands barrages…
Un rapport élaboré par le Ministère et la GIZ souligne pourtant avec bon
sens que le programme de 37 barrages programmés dans le cadre du projet
PNE [Plan National de l’Eau] devrait régulariser « à peine un milliard de m³
par an7 », et ceci sans intégrer l’impact du changement climatique sur les
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ressources en eau. Le Livre Blanc, de son côté, cite le PNE qui estime ce vo-
lume supplémentaire régularisable à 3 milliards de m3, mais le juge « trop op-
timiste » au regard du taux déjà élevé de mobilisation. D’une manière géné-
rale, les capacités des barrages ne s’additionnent pas. Les barrages successifs
ne peuvent augmenter que marginalement la capacité de stockage, et seule-
ment en année (très) humide. Les gains que l’on est en droit d’attendre de
ces barrages, en dehors des cas où ils constituent un remplacement d’autres
retenues en cours d’envasement, sont faibles au regard de l’investissement
massif qui doit être consenti. La faible transparence entourant les études de
faisabilité de ces projets (notamment les analyses couts/bénéfices) suscite des
interrogations légitimes quant à leur rationalité économique, ainsi qu’aux
intérêts que cette « industrie des barrages » vient conforter.
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équipés par l’Etat en système d’irrigation. (…) Avec le Plan Maroc Vert, l’Etat
passe à la vitesse supérieure12 ». L’idée que 15 % ‘seulement’ des terres seraient
irriguées suggère qu’il serait naturel qu’elles le soient bien davantage, et qu’en
passant « à la vitesse supérieure » l’État ne s’emploierait qu’à rectifier un état
de choses anormal. Intégré au Plan Maroc Vert, le Programme d’Extension
de l’Irrigation (PEI) prévoyait ainsi de mobiliser quelque 1,2 MMm3 pour
irriguer 155 000 ha supplémentaires autour des barrages13.
D’autres projets mobilisant des eaux superficielles sont justifiés par la né-
cessité de réduire la surexploitation des nappes, et ainsi de ‘sauver’ des agri-
culteurs qui sont pourtant à l’origine de cette exploitation non durable et en
grande partie illégale. Dans le projet d’El Guerdane, situé dans la vallée du
Souss au sud du pays, l’eau transférée par une conduite de 90 kilomètres, de-
puis les barrages Aoulouz et Mokhtar Soussi, était censée fournir 50 % des
besoins des cultures et ainsi se substituer partiellement aux eaux souterraines
trop sollicitées. Mais aucune restriction n’a réellement été imposée aux puits
existants et le niveau de la nappe a continué à baisser14. De la même ma-
nière, le projet du Mdez ambitionne actuellement de ‘sauvegarder’ la nappe
du Saïss en apportant 125 Mm3 (millions de m3) pour irriguer 22 000 ha
(ou 30 000 ha selon les sources). Ici encore, cependant, les restrictions pré-
vues sur l’utilisation des puits (le contrat de pré-abonnement engage assez
vaguement les agriculteurs signataires à « utiliser des compteurs d’eau pour
veiller à la substitution et limiter les prélèvements en eau ») sont des plus incer-
taines. L’expérience, au niveau global, montre plutôt que la consommation
des eaux transférées vient en général s’ajouter à celle de l’aquifère. Le rééqui-
librage officiellement recherché engendre alors, en réalité, une augmenta-
tion de la consommation totale.
Environ 30 000 ha des 155 000 ha à irriguer dans le PEI se trouvent dans
le Gharb, à l’aval du bassin du Sebou et du barrage El Wahda, le plus grand
du pays. Ce développement est justifié par un apparent ‘excès d’eau’ dans
ce bassin, et pourrait donc constituer une exception à la règle. Cependant,
la persistance de ce reliquat paraît hautement incertaine étant données les
nouvelles conditions climatiques. Du côté du bassin de l’Oum Erbia plus
au sud, les plans d’extension de l’irrigation ont quant à eux continué malgré
un déficit global officiellement admis de l’ordre de 840 Mm3/an en 201215.
C’est le cas à Khenifra ou à Azemmour-Bir Jdid sur la côte, sans même
mentionner le transfert de 118 Mm3/an de ce bassin vers Marrakech et les
besoins croissants de la ville de Casablanca. Même si les nouveaux projets
d’irrigation peinent parfois à voir le jour, l’augmentation des prélèvements
est aussi le fait de pompages, pour la plupart illicites, tout au long du fleuve
et de ses affluents, ainsi que dans leurs nappes d’accompagnement. En 2022,
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l’une de ces situations a défrayé la chronique, la population s’étant mobilisée
contre les pompages individuels qui avaient asséché l’oued Chbouka, les
pouvoirs publics assurant alors qu’ils menaient « une guerre soutenue contre
la mafia de l’eau qui surexploite les rivières et les affluents16 ».
Les pompages privés dans les eaux de surface ne sont pas seulement en-
couragés de manière indirecte, par le laisser-faire des autorités. Ils le sont
également de manière très directe en étant massivement subventionnés,
jusqu’à 100 %, par le Plan Maroc Vert (renommé, en 2020, Génération
Green 2030), y compris sur des nappes déjà fortement surexploitées, comme
dans la plaine du Haouz de Marrakech17. Le PMV a également promu un
processus de « melkisation » (privatisation) des terres collectives qui peuvent
désormais être immatriculées gratuitement si elles font l’objet d’un projet
d’irrigation18. La demande en eau supplémentaire induite est estimée à 1
MMm3 19.
Les besoins en eau des villes augmentent mais demeurent marginaux par
rapport à l’irrigation. Celle-ci consomme toujours, officiellement, 87 % des
ressources en eau disponibles. C’est bien ce secteur qu’il s’agirait de maî-
triser et d’ajuster à la ressource disponible, plutôt que de soutenir des pro-
jets étatiques ou en PPP, d’encourager l’irrigation privée, ou de laisser les
prélèvements illégaux proliférer. L’enjeu est d’autant plus fondamental que
l’ « hypertrophie des investissements dans l’agriculture irriguée20 » a laissé sans
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l’agro-industrie et les marchés d’exportation21.
La communication officielle autour du PNEEI et du PMV a saturé l’es-
pace public. Les médias célèbrent le plus souvent « ce programme qui fait
économiser d’énormes quantités d’eau22 ». Selon L’Observateur23, la Direction
de l’irrigation et de l’aménagement de l’espace agricole « estime les économies
d’eau réalisées à plus de 2 MMm3 par an, soit deux fois la capacité d’un grand
barrage comme Bine El Ouidane », tandis que le ministre de l’agriculture
insiste à l’envie « sur le développement enregistré par l’agriculture irriguée à
la faveur de l’utilisation intensive des nouvelles technologies », notant que « le
Maroc produit 3 fois plus avec la moitié du volume d’eau utilisé auparavant ».
Le PNEEI s’est finalement retrouvé « en avance sur les objectifs24 », puisque
560 000 ha auraient été équipés dès 2018.
Au Maroc, comme ailleurs dans le monde, le grand récit des économies
d’eau censées être générées par le passage à la micro-irrigation a pourtant été
remis en question par un nombre croissant de travaux empiriques et théo-
riques25. Bien que ce ne soit pas ici le lieu de revenir en détail sur ce débat et
ses aspects techniques, il est utile d’en souligner certains aspects pertinents
pour notre propos.
Premièrement, si les cultures demeurent inchangées au niveau de la par-
celle, il n’est pas certain que le passage à la micro-irrigation se traduise par
une réduction substantielle de la quantité d’eau apportée au champ. L’ob-
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raciner ses anciens arbres et planter une plus grande densité d’arbres, ou
bien opérer une reconversion complète, par exemple en passant des céréales
à l’arboriculture (oliviers, abricotiers, etc.), caractérisée par des besoins en
eau beaucoup plus élevés et étendus sur toute l’année. De tels phénomènes
d’intensification induite ont été observés dans le Souss-Massa30, dans les
Doukkala31, le Haouz32, et dans la plaine du Saïss33.
Quatrièmement, l’agriculteur peut être incité, à utiliser ‘l’eau économisée’
pour étendre latéralement sa superficie irriguée dans des parcelles pluviales
ou laissées en jachère en raison d’apports insuffisants. Cet « effet rebond » a
été observé dans le Haouz34, à Chichaoua35, dans le Souss-Massa36, dans la
plaine du Saïss37 et dans de nombreux autres pays du monde où la terre n’est
pas –à l’inverse de l’eau– un facteur limitant.
Ces processus cumulés d’intensification, de densification et d’expansion aug-
mentent donc généralement l’évapotranspiration, c’est-à-dire la consommation
d’eau, à l’exact opposé des « économies d’eau » que la micro-irrigation est
censée engendrer. Dans la grande majorité des cas, ce processus se traduit
par une aggravation du bilan net des aquifères et/ou une réduction des dé-
bits de retour aux rivières. A l’exception des endroits où l’irrigation capte des
eaux souterraines qui allaient à la mer, ou génère des infiltrations qui sont
perdues dans un aquifère salin (p.e. le périmètre des Doukkala), la réduction
de la recharge des aquifères affectera les usagers (ou les zones humides) qui
en dépendaient.
En dépit du soutien politique et médiatique apporté à la modernisation
de l’irrigation, les risques liés à une éventuelle augmentation de la consom-
mation en eau à l’hectare ou à une expansion accrue, mais aussi la ques-
tion de l’échelle adoptée quand on parle d’efficience, sont bien compris de
nombres d’experts marocains. Cela ressort des mentions qui en sont faites
dans plusieurs rapports, des débats dans des ateliers et conférences, ainsi
que de nombreuses discussions personnelles. Mais la communication du
ministère de l’Agriculture a contribué à étouffer les voix dissonantes ou sim-
plement nuancées, et a brouillé les lignes en mélangeant la question de l’effi-
cience de l’irrigation et celle de l’efficience économique (€/m3), escamotant
les problèmes de la première derrière les gains de la seconde.
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faces irriguées du pays. Le déclin continu du niveau des principales nappes
du pays est un fait admis et leur surexploitation est officiellement estimée
à 0,9-1,2 MMm3/an, selon les déclarations. Toutefois, l’écart réel est sans
doute supérieur car la plupart de ces chiffres n’a pas été actualisée depuis le
début des années 2010. La presque totalité des 107 nappes répertoriées se
trouve ainsi surexploitée39.
La surexploitation est directement encouragée par les subventions mas-
sives pour les puits et les forages contenues dans le PMV. Ainsi, pour l’éco-
nomiste Najib Akesbi « on utilise des fonds publics pour des projets qui épuisent
les nappes phréatiques40 ». Mais elle est également permise par la politique
générale de laisser-faire des autorités. Le récent inventaire a aussi révélé que
seuls 10 % des puits étaient officiellement enregistrés. A cet égard, le PMV
a délibérément créé des failles permettant aux agriculteurs de contourner le
processus d’autorisation d’utilisation des eaux souterraines des Agences de
bassin, prévu par la loi sur l’eau de 1995. Les agriculteurs ont pu ainsi sol-
liciter des subventions de reconversion en signant une lettre certifiant qu’ils
utilisaient leur puits avant 2005 (Saïss) ou bien en présentant un document
attestant qu’ils avaient fait une demande officielle de légalisation d’un puits
prétendument ancien (Haouz)41.
Deux experts font le constat sans concession que « les réserves de ces nappes
s’étaient constituées pendant des dizaines, voire des centaines, d’années, (…) leur
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nappe’, considérés par le ministère comme « opportuns et dev[ant] être concré-
tisés le plus tôt possible45 ». L’expérience du Maroc en la matière a débuté en
2007 dans la région du Souss-Massa, qui produit environ 60 % des agru-
mes du pays et représente la moitié de ses exportations agricoles46. Quinze
ans après la signature du contrat, la situation est pourtant restée largement
inchangée. Les initiatives de la GIZ dans trois bassins en 2011 pour établir
des contrats négociés se sont également heurtées à des obstacles techniques,
institutionnels et politiques et n’ont pas abouti.
En 2013, une circulaire signée par les ministres de l’agriculture, de l’in-
térieur et de l’eau, exprimait un soutien politique aux contrats de nappe et
définissait des lignes directrices pour leur mise en place. Fin 2014, le gou-
vernement décidait d’établir de tels contrats dans les principaux aquifères
du Maroc avant 201647 (L’Economiste, 2014), afin de se conformer à une
conditionnalité de prêt de la Banque mondiale. Mme Afilal, la ministre en
charge de l’eau, notait alors que « la seule issue réside dans la mise en place d’un
nouveau mode de gouvernance privilégiant la participation, l’implication et
la responsabilisation des différents acteurs concernés, dans un cadre contractuel
négocié, à savoir le contrat de nappe48 ». La nouvelle loi sur l’eau promulguée
en 2016 (36-15) a rebaptisé ces contrats « contrats de gestion participative » et
étendu leur domaine d’application aux eaux de surface (art. 115). Sept ans
après, cependant, les réglementations devant fixer les conditions et modali-
tés d’établissement de ces contrats n’avaient pas été approuvées. En 2022, les
‘contrats de nappe’ faisaient de nouveau l’actualité et le ministère annonçait
que six nouveaux contrats de nappe seraient mis en place en 2022. Pourtant,
après 15 ans d’expérimentation dans différents bassins, les raisons de penser
que ces contrats pourraient finir par atteindre leur objectif font défaut.
L’expérience mondiale en la matière montre plutôt que cette option, toute
séduisante qu’elle soit sur le papier, est problématique et nécessite de nom-
breuses préconditions pour être effectivement mise en œuvre49. Le PNE,
qui « entend réduire l’exploitation des eaux souterraines de 50 % d’ici 2030,
et atteindre l’équilibre d’ici 205050 », risque de faire perdre dix ans de plus
en laissant croire que le problème de la surexploitation pourrait être réglé
par « la mise en place de la gestion participative et contractuelle des nappes »,
alors même qu’il admet que celle-ci « se heurte à plusieurs difficultés liées es-
sentiellement à la multitude des intervenants et à la faible adhésion des parties
prenantes ».
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L’une des particularités du secteur de l’eau marocain, soulignée à juste titre
par le Livre Blanc, est le peu de place accordée à l’information scientifique
et à celle du grand public. Le projet de Système National d’Information sur
l’Eau (SNIE), censé centraliser l’ensemble des bases de données hydro-cli-
matiques existantes, a été lancé dans les années 2000 mais n’a pas été concré-
tisé. Les sites internet des ministères et des agences de l’eau sont pauvres en
contenu. La version définitive du PNE n’a pas été rendue publique, pas plus
que les plans de gestion des grands bassins versant (PDAIRE), qui n’ont
pas été formellement actualisés depuis 2007 (Tensift) ou 2012 (Bouregreg,
Oum’r’Bia). Après 20 ans sans recensement agricole, le ministère n’a pas pu-
blié sa dernière enquête, qui date de 2016. Les dernières données publiques
datent donc de 1996. Cette situation entraîne une grande frustration dans
le monde scientifique marocain. Elle empêche l’expertise considérable exis-
tant dans le pays d’être mobilisée pour enrichir les débats, confronter les
points de vue, élargir les options et in fine contribuer à une prise de décision
mieux informée.
Une manifestation emblématique de ce manque de transparence concerne
la production des chiffres officiels, qui traduit à la fois une connaissance
insuffisante des ressources et des prélèvements, et un usage opportuniste
des ambiguïtés. Derrière les chiffres fournis par les études techniques, il est
admis que le suivi actuel « ne permet pas la production d’informations fiables
sur les prélèvements d’eau », selon le ministre de l’Eau lui-même51. Les éva-
luations des économies d’eau potentiellement permises par le passage au
goutte-à-goutte, par exemple, ont subi des variations considérables. L’objec-
tif du PNEEI, entre 850 Mm3 et 1,4 MMm3 selon les documents, a été gon-
flé deux ans plus tard à 2,5 MMm3 dans la stratégie nationale de l’eau, avant
que le ministère de l’agriculture n’annonce que la conversion au goutte-à-
goutte de 550 000 ha permettrait en fait de réaliser pas moins de 4 MMm3
d’économies d’eau d’ici la fin de l’année 201752. Les chiffres produits sans
fondement scientifique désorientent par leur fluctuation incessante, et sont
susceptibles de nourrir le scepticisme et la défiance.
Un autre exemple de communication institutionnelle incohérente est four-
ni par le martellement des chiffres sur les réalisations du PMV, un plan qui a
absorbé un investissement public de 43 milliards de dirhams (~4,5 milliards
d’euros) « sans compter les subventions et autres aides publiques en faveur de
l’investissement privé53 ». Alors que le plan prévoyait la création d’un million
de nouveaux postes à l’horizon 2020, une étude de la Direction des études et
des prévisions financières (DEPF) du ministère de l’Économie montre que
« l’agriculture a détruit des emplois au cours de la période 2010-2016, quand le
ministère de l’Agriculture affirme qu’il en a créé 300 00054. » D’autres analyses
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parlent de « pure propagande » ou de « grand mirage », questionnent les pro-
blèmes d’équité ou de consommation en eau comme on l’a vu, et infirment
les chiffres du PMV sur la croissance ou les emplois crées55.
L’étude de El Mazouni et Kadiri56 sur le traitement médiatique du Plan
Maroc Vert, mais que l’on peut étendre au secteur de l’eau en général, montre
que les médias reprennent généralement sans esprit critique les chiffres et
les dépêches de l’administration sur ses réalisations et avancées. Les auteurs
mettent en avant le « caractère ‘surdéterminant’ des discours institutionnels ».
Pour eux, le cadrage dépolitisant dominant s’explique moins par une inten-
tion explicite des journalistes que par des contraintes structurelles comme
la dépendance aux sources d’information officielles, le manque d’investiga-
tion, les exigences d’immédiateté, et bien sûr l’autocensure induite par la dé-
pendance financière des journaux envers le monde économique et politique.
Mais l’angle mort le plus évident de la planification hydrique du pays
concerne l’évaluation de la ressource disponible. Tandis que la revue du sec-
teur de l’eau de la Banque Mondiale en 199557 estimait les volumes ‘mobili-
sables’ à 21 MMm3 58, les documents du début des années 200059 affichaient
19 MMm3 d’écoulement moyen et 4 MMm3 d’eau souterraines. La Stra-
tégie nationale de l’eau de 2008 optera pour 18 et 4 MMm3, des chiffres
généralement répétés dans la décennie suivante. En 2022, le Livre Blanc
souligne que la moyenne correspondant à la période 1981-2021, après la
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continental dans le domaine de la gestion des ressources en eau63 » ; il possède-
rait « un cadre institutionnel adéquat et un arsenal juridique avant-gardiste64 ».
Le PMV, en particulier, s’est attiré tous les superlatifs. Il aurait inscrit l’agri-
culture marocaine dans « une spirale vertueuse de progrès équitables et durables
en lui imprimant une dynamique d’évolution harmonieuse et équilibrée » selon
le ministre Aziz Akhannouch65. De telles affirmations, on l’a vu, reposent
sur des chiffres contestables et des surestimations.
Discussion
La relecture de trente années de politiques publiques de l’eau révèle un
certain nombre de constantes. La première est la mise à l’agenda perma-
nente du problème de la ‘surexploitation’ des ressources, et l’invocation
d’une gestion de la demande visant à réduire la consommation. En mai
2008, par exemple, Sa Majesté le Roi donnait des directives pour une ges-
tion durable des eaux souterraines et un programme national de sauvegarde
des eaux souterraines66. En 2014, la ministre « tir[ait] la sonnette sur cette
situation qui devient de plus en plus critique67 », et de nombreux articles abor-
daient la question de la surexploitation des eaux souterraines. En 2021, le
ministre en charge de l’eau soulignait une nouvelle fois que « la sauvegarde
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route de l’eau ») entre le nord et le sud, le dessalement et la réutilisation des
eaux usées. Plus qu’une simple continuité, il s’agit là d’une radicalisation de
la gestion par l’offre. Une fuite en avant invariablement ponctuée par des
annonces politiques formulées en termes de moyens déployés (généralement
en milliards de Dirhams) censées incarner la détermination du gouverne-
ment. En 2019, le coût du PNE sur trente ans est annoncé à 383 milliards
de dirhams (35 milliards d’euros) pour les 30 prochaines années70.
Ces contradictions ont été relevées par de nombreux observateurs. Dès
1995, la Banque mondiale jugeait que l’adhésion continue du Maroc à la
stratégie consistant à « ne pas perdre une goutte dans la mer » était incompa-
tible avec la durabilité environnementale71. En 2009, la Cour des comptes
estimait que les agences de bassins n’avaient pas de « stratégie claire72 », ne
mettaient pas en œuvre les résultats des études qu’elles commanditaient, et
octroyaient des subventions en l’absence de contrat programme. La Cour
pointait également des insuffisances dans le contrôle du domaine public
hydraulique (c’est-à-dire les prélèvements illégaux), et dans la perception
des redevances. En 2014, c’est le CESE qui présentait une longue liste de
dysfonctionnements institutionnels au sein des ministères et entre eux, ainsi
qu’au niveau supérieur du conseil et de la coordination. Ces critiques insti-
tutionnelles ont parfois été accompagnées de celles de chercheurs, journaux,
ONGs – certaines mentionnées dans cet article - qui sont restées relative-
ment marginales par rapport aux discours institutionnels omniprésents.
La fuite en avant actuelle s’explique sans doute, en partie, par une fasci-
nation technologique qui favorise « une interprétation positive73 » des inno-
vations techniques et qui légitime, en retour, les porteurs de ces solutions.
L’expansion du goutte-à-goutte, par exemple, a engendré « un réseau so-
cio-technique inter-relié actif impliqué dans la vente, la fabrication, l’instal-
lation et l’utilisation de systèmes d’irrigation goutte à goutte74 ». La storyline
associant le goutte-à-goutte à des économies d’eau et à la résilience face
au changement climatique a construit l’image internationale agricole du
Maroc, dans sa projection vers l’Afrique et au-delà. Elle est en phase avec
les dispositions des agents de terrain « formés à un seul mode de transmission,
celui de l’explication de l’action de l’État, celui de l’offre de services de dévelop-
pement conçus par la technostructure75.»
Plus fondamentalement, il s’agit pour l’Etat marocain de préserver son
alliance sociale privilégiée avec les notabilités rurales. Depuis la fin des an-
nées 1960, la politique d’irrigation a joué un rôle décisif dans la cristal-
lisation progressive de cette alliance structurante pour la vie politique du
pays76. Le profil de ces notabilités s’est diversifié au cours du temps : es-
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sentiellement composés, à l’origine, d’élites sociales qui avaient exercé un
pouvoir local sous le Protectorat, les grands irrigants ont intégré un nombre
croissant d’« entrepreneurs de l’agriculture77 » venus réinvestir leurs pro-
fits commerciaux et industriels dans l’activité agricole. Mais les instruments
fondamentaux de cette alliance sont demeurés largement inchangés jusqu’à
aujourd’hui : soutien public privilégié de l’irrigation au détriment de l’agri-
culture pluviale ; promotion des filières exportatrices à forte valeur ajoutée ;
absence de réforme agraire significative ; accès préférentiel au foncier irrigué
(distribution des meilleures terres irrigables issues de la colonisation, super-
ficie minimale requise pour bénéficier de projets d’irrigation, baux emphy-
téotiques sur les terres collectives).
La solidité de cette alliance sociale a largement contribué, jusqu’à au-
jourd’hui, à réguler les conflits sociaux en milieu rural. Depuis les années
1970, les mobilisations protestataires y ont été nettement moins nom-
breuses et de moindre envergure que dans les grandes villes et, aujourd’hui,
que dans les petits et moyens centres urbains devenus l’épicentre des contes-
tations78. De même, le vote pour les partis politiques les plus alignés sur
les stratégies du Palais royal, couramment qualifiés d’ « administratifs » par
leurs adversaires, y est systématiquement plus élevé qu’en milieu urbain. En
effet, la politique d’irrigation au service des notables a renforcé les liens de
dépendance entre les élites terriennes et les populations locales, favorisant
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c’est l’inverse qui est vrai pour une sécheresse de trois ans comme celle du
début des années 1980, ou comme celle qui sévit actuellement.
L’arithmétique cruelle du bilan hydrique implique que la stabilisation ou
le rétablissement des nappes ne pourra se faire sans une réduction des su-
perficies irriguées. La FAO faisait remarquer qu’une réduction organisée et
« volontaire81 » serait beaucoup moins coûteuse sur le plan social et écono-
mique qu’une réduction forcée (par la nature). La nécessité d’une telle ré-
duction, malgré les risques politiques qu’elle comporte, est un message dif-
ficile à entendre pour les élites politiques marocaines ; d’autant plus qu’elle
ne pourra s’effectuer qu’avec des mesures d’accompagnement économiques
et réglementaires, qui présentent un coût financier inévitable82.
Conclusions
Les faiblesses des politiques de l’eau marocaines sont à la fois banales et
particulières. Elles sont banales car l’imbrication des défis climatiques et
socio-politiques que rencontre le royaume est partagée par de nombreux
pays, bien au-delà même de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient ; tout
comme l’est l’accent continuellement placé sur les politiques d’augmen-
tation de l’offre. Mais elles sont particulières en raison de l’ampleur des
conséquences possibles de cette crise hydrique sur le monde rural, sur les
équilibres macro-économiques d’un pays très dépendant de l’exportation de
ses productions irriguées, et sur l’environnement.
Malgré des politiques de l’eau et de l’irrigation qui font la part belle aux
grands principes et aux recettes du moment (tarification, associations d’usa-
gers, contrats de nappe, gestion de la demande, etc), la technostructure
conserve le contrôle des priorités et la gestion de l’offre finit invariablement
par supplanter celle de la demande, même quand les coûts de mobilisa-
tion de la ressource deviennent prohibitifs et son efficacité douteuse. Les
dernières décisions prises concernent massivement la désalinisation, le trai-
tement et le réutilisation des eaux usées, les nouveaux barrages, et « l’auto-
route de l’eau » entre le nord et le sud. Les politique agricoles demeurent
dominées par le culte de la productivité, de l’efficience et de l’expansion des
superficies irriguées, à rebours de l’impératif de contrôle des usages agricoles
et de réduction des consommations (l’évapotranspiration nette). On se di-
rige ainsi vers des périmètres irrigués de plus en plus déficitaires, une baisse
accélérée des eaux souterraines, et une destruction d’exploitations qui ne
peuvent plus irriguer lorsque leur puit s’assèche83. La surexploitation des
eaux souterraines a suivi celle des eaux superficielles et le déficit, devenu
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structurel, s’accroît plus rapidement que l’offre additionnelle proposée. Si ce
constat se décline différemment selon les échelles spatiales et temporelles, il
n’en dessine pas moins un scénario très inquiétant pour le futur.
Cet article a également souligné le déficit d’information, la quasi absence
de données accessibles au grand public, des discours et des chiffres officiels
souvent ambigus ou en contradiction avec la réalité. La gouvernance de l’eau
reste concentrée au niveau de la technostructure sans remise en question
des choix passés. Le changement climatique fournit dorénavant un moyen
de dépolitiser et naturaliser la pénurie, et de justifier les investissements en
infrastructure. Si rien n’indique, à l’heure actuelle, que l’administration
« écoutera la crise84 » et voudra modifier son approche, les conséquences de
la sécheresse actuelle, de barrages aux taux de remplissage extrêmement bas,
de cultures abandonnées et de villes menacées par le manque d’eau suscitent
des critiques croissantes dans les médias et les milieux académiques. L’expé-
rience européenne, elle-même souvent mitigée, indique que gérer l’eau de-
mande la mobilisation de moyens très importants, non pas seulement dans
les infrastructures mais aussi dans les systèmes d’information, les démarches
de concertation, et l’architecture institutionnelle.
Au bout du compte, les élites politiques du Royaume ont fait le pari,
jusqu’à présent, que la fuite en avant dans les politiques de l’offre présentait
moins de risque pour la régulation du conflit social rural que d’amorcer une
1 Le360.ma, « Politique de l’eau : tout ce qu’il faut savoir sur les projets de barrages au Ma-
roc », 11 février 2021.
2 Maroc Diplomatique, « Le Maroc ambitionne de stocker 30 milliards m3 d’eaux pluviales »,
4 Juin 2019.
3 Le360.ma, op. cit., 11 février 2021.
4 Maroc Diplomatique, 4 Juin 2019.
5 LaVieEco, « Stress hydrique : Comment le Maroc compte s’en sortir ?», 28 Aout 2022
6 Groupe Eau des Lauréats IAV, « Livre Blanc sur les ressources en eau au Maroc. Pour une
gestion durable assurant la sécurité hydrique du pays », 2022.
7 Maroc (Département de l’eau), GIZ, Observatoire du Sahara et du Sahel. « Etat des lieux
du secteur de l’eau au Maroc. Projet de Coopération Régionale pour une Gestion Durable des
Ressources en Eau au Maghreb », CREM, 2018.
8 Maroc (Département de l’eau), op. cit., 2018.
9 Marie-Noëlle Woillez, « Revue de littérature sur le changement climatique au Maroc : obser-
vations, projections et impacts », AFD, Paris, 2019.
10 Groupe Eau des Lauréats IAV, op. cit., 2022.
11 Najib Akesbi, Driss Guerraoui, Enjeux Agricoles : Evaluation de L’expérience Marocaine, Ca-
sablanca : Le Fennec, 1991.
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12 Medias24, « Agriculture : l’Etat mise sur la micro-irrigation », 26 novembre 2012.
13 Medias24, « Irrigation : dessalement, micro-irrigation, barrage, le bilan chiffré du Plan Maroc
vert », 19 Décembre 2018.
14 Annabelle Houdret et Simon Bonnet, « Le premier partenariat public-privé pour l’irrigation au
Maroc : durable pour tous ?», Cahiers de l’Agriculture 25, 2016.
15 ABHOER. « Résumé du PDAIRE. Projet de Plan Directeur d’Aménagement Intégré des Res-
sources en Eau du Bassin de l’Oum Er-Rbia et des bassins côtiers atlantiques », 2012.
16 Le360, « Les pouvoirs publics mènent la guerre contre la mafia de l’eau », 21 Décembre 2022.
17 Oumaima Tanouti, La Gestion Intégrée des Ressources en Eau à l’épreuve du bassin versant
- Cas du Bassin du Tensift au Maroc, Thèse de doctorat, Université de Paris Nanterre, 2017.
18 Medias24, « Les terres collectives irriguées seront immatriculées gratuitement », 14 Mars
2016.
19 Monitor Group, « Etude de mise à jour de la stratégie nationale de l’eau et des plans d’action
à court, moyen et long termes pour le développement du secteur de l’eau du Maroc », 2008.
20 Le Desk, « Plan Maroc Vert, le grand mirage », 02 juin 2016.
21 MAPM (Ministère de l’Agriculture et de la Pêche Maritime), « Programme national d’écono-
mie d’eau en irrigation », 10 Juillet 2007.
22 Agrimaroc.ma, « Lumière sur le PNEEI, ce programme qui fait économiser d’énormes quan-
tités d’eau », 14 novembre 2019.
23 L’Observateur, « Agriculture : Le Plan Maroc Vert passé au crible fin », 19 décembre 2018.
24 Medias24, « Irrigation : dessalement, micro-irrigation, barrage, le bilan chiffré du Plan Maroc
vert », 19 Décembre 2018.
25 Chris Perry et Pasquale Steduto,"Does hi tech irrigation save water? A review of the evi-
dence", Regional Initiative Series N° 4. FAO, Cairo, Egypt, 2017 ; Jean-Philippe Venot, Marcel
Kuper et Margreet Zwarteveen (Coord.), Drip irrigation for agriculture: untold stories of efficien-
cy, innovation and development, Taylor & Francis, 2017 ; François Molle et Oumaima Tanouti,
"Squaring the circle: Agricultural intensification vs. water conservation in Morocco”. Agricultural
Water Management 192, pp. 170 à 179, 2017.
26 Maya Benouniche, Marcel Kuper, Ali Hammani et Harm Boesveld, H. “Making the user visible:
analysing irrigation practices and farmers’ logic to explain actual drip irrigation performance”, Ir-
rigation Science 32(6), pp. 405 à 420, 2014 ; FAO, « Le passage à l’irrigation localisée collective.
Les résultats d’une expérience dans le périmètre des Doukkala », Rome, FAO, 2012.
27 Chris Perry, Pasquale Steduto, Rick Allen, Charles M. Burt, “Increasing productivity in irri-
gated agriculture: Agronomic constraints and hydrological realities”. Agricultural Water Manage-
ment 96, pp. 1517 à 1524, 2009
28 Chris Perry et Pasquale Steduto, op. cit., 2017.
29 BRLi et Agroconcept, « Gestion de la demande en eau dans le bassin méditerranéen –
Exemple du Maroc - Cas d’étude du Souss Massa », AFD et Plan Bleu, 2013
30 BRLi et Agroconcept, op. cit., 2013.
31 FAO, op. cit., 2012.
32 Oumaima Tanouti, op. cit., 2017.
33 Marcel Kuper, Fatah Ameur et Ali Hammani, “Unravelling the enduring paradox of increased
pressure on groundwater through efficient drip irrigation”, In Drip irrigation for agriculture. untold
stories of efficiency, innovation and development, Routledge, 2017.
34 Oumaima Tanouti et François Molle, « Surexploitation et réappropriation de l’eau dans le
bassin du Tensift (Maroc)», Etudes Rurales 2013/2, pp. 79 à 96.
35 Guy Jobbins, Jack Kalpakian, Abdelouahid Chriyaa, Ahmed Legrouri et El Houssine el Mzouri,
"To what end? Drip irrigation and the water–energy–food nexus in Morocco”, International Jour-
nal of Water Resources Development, 2015.
36 BRLi et Agroconcept, op. cit. 2013.
37 Marcel Kuper, Fatah Ameur et Ali Hammani, op. cit., 2017.
38 H24Info.ma. « Eau : le Maroc compte 372,000 puits dont 90 % ne sont pas autorisés », 18
Avril 2023.
39 Maroc (Département de l’eau), op. cit., 2018.
40 Jeune Afrique, « Sécheresse au Maroc : la stratégie des grands barrages mise en cause »,
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15 Février 2022.
41 Oumaima Tanouti, op. cit., 2017.
42 BAB, Menaces sur la sécurité hydrique du Maroc, 15 mai 2022.
43 CESE (Conseil économique, social et environnemental). « Alerte CESE. Le droit à l’eau et la
sécurité hydrique, gravement menacés par un usage intensif : Le CESE tire la sonnette d’alarme
et appelle à entreprendre des mesures urgentes », Rabat, 2019
44 CESE (Conseil Economique, Social et Environnemental), « La gouvernance par la gestion
intégrée des ressources en eau au Maroc : Levier fondamental de développement durable »,
Rabat, 2014.
45 MAPM, op. cit.,10 Juillet 2007.
46 Annabelle Houdret, “The water connection: irrigation, water grabbing and politics in southern
Morocco”, Water Alternatives 5(2), pp. 284 à 303, 2012.
47 L’Economiste, « Gestion de l’eau un plan national à 230 milliards de dh », 6 Mai 2014.
48 Aujourd’hui le Maroc, « Surexploitation des eaux souterraines : Charafat Afilal tire la sonnette
d’alarme », 26 Mars 2014.
49 François Molle et Alvar Closas, “Co-management of groundwater: a review”, WIREs Water
7(1), 2020.
50 Le Matin, « Eau potable et irrigation : Akhannouch détaille la mise à jour du PNAEPI », 12
décembre 2022.
51 L’Economiste, op. cit., 2014.
52 L’Economiste, op. cit., 2017.
53 TelQuel, « Une direction du ministère des Finances éreinte le bilan du Plan Maroc Vert », 2019.
54 DEPF, « Le secteur agricole marocain : Tendances structurelles, enjeux et perspectives de
développement », Ministère des Finances, Maroc, 2019.
55 Le Desk, le Plan Maroc Vert ? De la pure propagande !», 18 décembre 2015.
56 Habiba El Mazouni et Zakaria Kadiri, « Le Plan Maroc Vert à l’épreuve de l’information et de
l’analyse journalistique », Alternatives Rurales (8), 2021.
57 World Bank, Water sector review, Kingdom of Morocco, 1995.
58 22,5 MMm3 d’eaux superficielles dont 6,5 non mobilisables, et 5 MMm3 d’eau souterraine
mobilisable.
59 Yacoubi Soussane, Rapport sur les ressources en eau au Maroc. Bilan, perspectives et plan
d’action, Institut Méditerranéen de l’eau, 1999 ; Mokhtar Bzioui, Rapport national 2004 sur les
ressources en eau au Maroc, UN water-Africa, 2004.
60 Groupe Eau des Lauréats IAV, op. cit., 2022 ; Maroc et al., op. cit., 2018 ; Mhamed Belghiti,
Le programme national d’économie et de valorisation de l’eau d’irrigation. Journées mondiales
de l’alimentation, Rabat, 14 Novembre 2008 (Powerpoint).
61 Mohammed Jellali, « Développement des ressources en eau au Maroc », CIHEAM Options
Méditerranéennes (31), pp. 51 à 68, 1997.
62 Monitor Group, dans sa stratégie de 2008, présente un bilan des eaux souterraines sans
aucun retour vers la surface (ou la mer), une erreur grossière menant à une vision déformée
de la réalité.
63 CESE, op. cit., 2014.
64 SECEE (Secrétariat d’État chargé de l’Eau de l’Environnement). 2009. Stratégie nationale de
développement du secteur de l’eau, et convention cadre de partenariat avec les régions pour la
réalisation des projets intégrés dans les secteurs de l’eau et l’environnement. Mimeo.
65 Cité par Maroc.ma, « M. Akhannouch : Le Plan Maroc Vert a engagé l’agriculture marocaine
dans un tournant décisif », Jeudi 27 Février 2014.
66 FAO, « Etude sur la gestion des eaux souterraines dans des pays pilotes du Proche-Orient.
Le cas du Maroc », 2008.
67 L’Economiste, op. cit., 2014.
68 L’Opinion, « Nappes phréatiques : La stratégie de Nizar Baraka pour préserver un précieux
capital hydrique du Royaume », 7 Novembre 2021.
69 Abdeslam Ziyad, « Gestion des ressources en eau au Maroc : bilan et perspectives », Revue
HTE, N° 142, 2009.
70 SECEE (Secrétariat d’État chargé de l’Eau de l’Environnement). 2009. Stratégie nationale de
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développement du secteur de l’eau, et convention cadre de partenariat avec les régions pour la
réalisation des projets intégrés dans les secteurs de l’eau et l’environnement. Mimeo.
71 World Bank, op. cit., 1995.
72 Cour des comptes, Maroc, « Rapport annuel 2009 », 2009.
73 Jean-Philippe Venot, “A success of some sort: social enterprises and drip irrigation in the
Developing World”, World Development Vol. 79, pp. 69 à 81.
74 Maya Benouniche, Mustapha Errahj et Marcel Kuper, “The seductive power of an innovation:
enrolling non-conventional actors in a drip irrigation community in Morocco”, The Journal of
Agricultural Education and Extension, pp. 1 à 19, 2014.
75 Gregori Lazarev, Les politiques agraires au Maroc 1956-2006. Un témoignage engagé, Eco-
nomie Critique, 2012.
76 Will D. Swearingen, Moroccan Mirages: Agrarian Dreams and Deceptions, 1912-1986. Prin-
ceton: Princeton University Press, 1987.
77 Abdellah Hammoudi, Maîtres et disciples. Genèse et fondements des pouvoirs autoritaires dans
les sociétés arabes. Essai d’anthropologie politique, Maisonneuve et Larose, éditions Toubkal, 2001.
78 Abderrahmane Rachik, La société contre l’État. Mouvements sociaux et stratégies de la rue
au Maroc, Casablanca : La Croisée des Chemins.
79 Annabelle Houdret, Hichem Amichi, “The Rural Social Contract in Morocco and Algeria:
Reshaping Through Economic Liberalisation and New Rules and Practices.” The Journal of North
African Studies, 2020.
80 Oumaima Tanouti et François Molle, op. cit., 2017.
81 FAO, op. cit., 2008.
82 FAO, op. cit., 2008 ; François Molle et Alvar Closas, “Why is state-centered groundwater
governance largely ineffective? A review", WIREs Water 7(1), 2020.
83 Ces faillites concernent principalement les petits agriculteurs. Les « investisseurs nomades »
qu’on retrouve à travers le Maroc se déplacent, eux, au fur et à mesure de l’épuisement des
ressources qu’ils provoquent (www.youtube.com/watch?v=zqh4N8fkdOM).
84 Media24. « L’eau au Maroc : il faut écouter la crise recommande le chercheur Marcel Ku-
per », 13 Novembre 2022.