Pr.
HALIMI Dalal SEMESTRE 4 A-U : 2020-2021
FILIÈRE : TRONC COMMUN
Module : Droit Commercial
Semestre : 4
COURS
DROIT COMMERCIAL
Présenté par :
Pr. Dalal HALIMI
Année Universitaire : 2020-2021
Pr. HALIMI Dalal SEMESTRE 4 A-U : 2020-2021
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Suite
CHAPITRE II. LES CONTRATS PORTANT SUR
LE FONDS DE COMMERCE
Nombreuses sont les opérations dont fait l’objet un fonds de commerce, qu’il s’agit de
sa vente, son nantissement, l’apport en société ou sa mise en location-gérance dite la gérance
libre.
Section I. La vente du fonds de commerce
1. Les conditions de validité de la vente du fonds de commerce
Les conditions de forme
Les conditions de forme portent d’abord, sur l’établissement d’un écrit qui doit être
enregistré auprès du greffe du tribunal de commerce, dans un délai d’un 1 mois à compter de
sa signature.
Ensuite, la cession du fonds de commerce doit contenir un certain nombre de mentions
obligatoires notamment :
- Le nom du vendeur, la date et la nature de son acte d’acquisition, le prix de cette acquisition
en spécifiant distinctement les prix des éléments incorporels, des marchandises et du matériel ;
-L’état des inscriptions, des privilèges et nantissement grevant le fonds ;
-Les informations sur le bail, s’il y a lieu, sa date sa durée, le montant du loyer, l’identité et
l’adresse du bailleur ;
-L’origine de la propriété du fonds.
Et enfin, après l’enregistrement, un exemplaire de l’acte doit être déposé dans un délai
de 15 jours de sa date au secrétaire-greffier du tribunal du ressort duquel est exploité le fonds
de commerce.
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Un extrait de l’acte de cession est inscrit sur le registre du commerce et il est procédé
à sa publicité au bulletin officiel et dans un journal d’annonces légales.
Les conditions de fond
Les conditions de fond lors d’une vente d’un fonds de commerce exigent premièrement,
l’échange de consentement Deuxièmement, les parties contractantes doivent disposer de
la capacité commerciale. Troisièmement, son objet qui doit obligatoirement porter sur
des éléments incorporels susceptibles d’attirer la clientèle. Et enfin, la cause du contrat qui doit
être licite.
2. Les effets de la vente du fonds de commerce
Les obligations des contractants
Les obligations du vendeur
Le vendeur d’un fonds de commerce est tenu de la double obligation de délivrer le fonds
qu’il vend et qui consiste pour lui de mettre en possession l’acquéreur de tous les éléments
du fonds énumérés dans le contrat.
En ce qui concerne la clientèle, le vendeur s’oblige à faciliter les rapports de
son successeur avec elle, en la lui présentant et en l’assistant techniquement durant la période
de transition d’une part. D’autre part, la garantie de ne pas troubler l’acquéreur dans
sa jouissance et son exploitation paisible du fonds, en respectant la clause de non concurrence
qui empêche le vendeur de s’établir à proximité du fonds vendu.
Les obligations de l’acheteur
Quant à l’acheteur, il n’est tenu de payer que le prix de la vente et ses frais accessoires
(ex : le droit d’enregistrement), comme il doit également, honorer les contrats de travail du
personnel employé par l’ancien acquéreur, puisqu’il s’agit dans ce cas d’une exception à l’effet
relatif du contrat de vente.
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Les mesures de protection prises à l’égard des parties : le vendeur et l’ache-
teur
Le privilège du vendeur
S’agissant de la protection du vendeur, la loi en vigueur a créé à son profit un privilège
et une action résolutoire. En effet, tant qu’il n’a pas été payé, le vendeur se voit offrir
le privilège qui lui permettra de se faire payer par priorité sur le prix du fonds en cas de revente,
comme il peut jouir d’un droit de suite qui lui permet de suivre le fonds de mains en mains
en cas de cession successive. Pour bénéficier de ce privilège, il suffit de l’inscrire dans
les 15 jours à compter de la date de l’acte de vente au registre national électronique des suretés
mobilières.
L’action résolutoire
En inscrivant son privilège, le vendeur peut se réserver l’action résolutoire qui lui
permet de faire anéantir rétroactivement la vente, si le vendeur n’est pas payé à l’une
des échéances convenues.
Il doit obligatoirement la notifier aux créanciers inscrits sur le fonds, au domicile
désigné par eux dans leurs inscriptions.
Les mesures de protection prises à l’égard des tiers : les créanciers du ven-
deur
Les mesures de protection prises vis-à-vis des créanciers sont l’opposition et
la surenchère au sixième.
L’opposition
Tous les créanciers du vendeur peuvent former opposition au paiement du prix par lettre
recommandée avec accusé de réception adressée au secrétariat-greffe du tribunal de commerce
qui a reçu l’acte ou par dépôt de l’opposition auprès dudit secrétariat contre récipicé.
Que leur créance soit exigible ou non, pourvu qu’elle soit certaine. La mesure
d’opposition peut être formée par les créancières chirographaires que par les créancières
privilégiées.
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Elle doit être faite dans les 15 jours, au plus tard, après la seconde insertion et doit
mentionner, à peine de nullité, le montant et causes de la créance et contenir une élection de
domicile dans le ressort du tribunal de commerce.
Le montant de la vente de fonds de commerce est déposé auprès d’une instance dûment
habilitée à conserver les dépôts. Pendant le délai d’opposition le prix ne peut plus être
valablement versé au vendeur. Ce dernier ne peut opposer à ses créanciers aucun transport
amiable au judiciaire.
Si l’opposition a été faite sans juste droit et sans cause ou si elle est nulle en la forme,
et s’il n’y a pas instance engagée à titre principal, le vendeur peut demander en référé
l’autorisation de toucher le prix malgré l’opposition.
La surenchère du sixième
Si le prix ne suffit pas à désintéresser les créanciers inscrits et les créanciers opposants,
l’un ou l’autre peut, dans les 30 jours qui suivent la dernière insertion, former une surenchère
du sixième du prix principal du fonds de commerce non compris le matériel et les marchandises.
Le créancier s’adresse au tribunal de commerce pour demander la mise du fonds
aux enchères publiques en offrant de se porter enchérisseur pour le prix du fonds de commerce
augmenté au sixième. La requête, signée du créancier, doit être à peine de déchéance,
notifiée à l’acquéreur et au débiteur (précèdent propriétaire).
Le tribunal de commerce vérifie la validité de la surenchère et par la même occasion
la solvabilité de l’enchérisseur et il ordonne la vente s’il l’estime utile. À défaut d’enchère,
le créancier surenchérisseur est déclaré adjudicataire et doit donc payer le prix nouveau,
le précèdent acquéreur étant déchargé.
Section II. Le nantissement du fonds de commerce
1. Les conditions du nantissement
Les conditions de fond
Le nantissement peut porter sur la clientèle et l’achalandage, le nom commercial,
l’enseigne, le droit au bail, matériel et outillage, droits de propriété industrielle, littéraire ou
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artistique attachés au fonds. Toutefois, les marchandises ne peuvent pas être comprises dans
le nantissement.
À défaut de désignation expresse et précise dans le contrat des éléments nantis,
le nantissement ne portera que sur le nom commercial, l’enseigne, le droit au bail, la clientèle
et l’achalandage.
Les conditions de forme
Le nantissement doit être constaté par un acte écrit enregistré. Une expédition de l’acte
ou un double de l’acte doit dans les 15 jours de sa date, être déposé au secrétariat-greffe
du tribunal dans le ressort duquel est exploité le fonds.
L’extrait de l’acte en question doit être inscrit au registre du commerce dans
les 15 jours à compter de sa date, sans que cette inscription ne fasse l’objet de publicité dans
les journaux.
2. Les effets du nantissement
Le nantissement permet au créancier nanti de jouir d’un droit réel de garantie
comportant un droit de préférence et un droit de suite. Le premier permet au créancier nanti
d’être payé avant les créanciers chirographaires.
Tandis que le deuxième lui permet de procéder à la vente du fonds de commerce même
si celui-ci a changé de propriétaire entre temps. Il est possible à l’acquéreur d’opérer la purge
du nantissement en offrant aux créanciers nantis de leurs verser le prix d’acquisition.
Si le prix est jugé insuffisant, tout créancier nanti peut former surenchère du dixième
du prix principal non compris le matériel et les marchandises. Suite au dépôt de la caution,
le fonds en question est alors mis aux enchères publiques et adjugé si personne ne surenchérit.
Par ailleurs, on trouve comme deuxième effet le droit d’information où le commerçant
doit avant de procéder au déplacement du fonds d’en informer les créanciers inscrits 15 jours à
l’avance. À défaut, les créances inscrites deviendront de plein droit exigibles et de même pour
les créances antérieures.
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Tout créancier nanti doit, dans les 15 jours de l’avis qui lui est notifié ou dans
les 30 jours où il a eu connaissance du déplacement, procéder à une inscription modificative
sur le registre national électronique des sûretés mobilières en indiquant le nouveau siège
du fonds.
Le non-respect des formalités susmentionnées en traine pour le créancier inscrit
la déchéance de son privilège si sa négligence a causé un préjudice aux tiers.
En cas de dépréciation du fonds suite à son déplacement, les créanciers non consentis,
peuvent demander la déchéance du terme et le remboursement immédiat de leurs créances.
Le quatrième effet concerne la vente séparée d’un élément du fonds. Elle peut diminuer
sa valeur et peut aussi provoquer sa disparition. Afin d’empêcher une telle éventualité,
la législation en vigueur prévoit des mesures protectrices vis-à-vis des créanciers inscrits
qui reçoivent une notification de la vente poursuivie soit sur saisie-exécution soit en vertu
de la réalisation du gage.
Tout créancier inscrit, que sa créance soit ou non arrivée à son terme, pourra durant
le délai de 10 jours, adresser une requête au tribunal dans le ressort duquel est exploité le fonds,
pour demander une vente intégrale de tous les éléments du fonds de commerce.
Section III. L’apport en société
1. Les considérations justifiant la mise en société d’un fonds de commerce
Le commerçant (personne physique) peut apporter son fonds de commerce soit
à une société qu’il crée avec d’autres personnes, soit à une société déjà crée.
Cette transition d’une structure individuelle en une structure sociale peut s’expliquer par
plusieurs raisons comme :
-Des considérations juridiques où le commerçant entend limiter sa responsabilité et
soustraire son patrimoine personnel aux risques de l’exploitation.
-Des considérations financières pour développer son affaire il a besoin de capitaux
extérieurs qui permettront d’élargir sa marge de gain et de bénéfice et d’expanser son activité.
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2. Le régime de la publicité de l’apport en société
L’opération apport en société présente des risques pour les créanciers de l’apporteur,
dans la mesure ou le fonds de commerce sort du patrimoine de celui-ci et où cette sortie
n’est pas compensée par un prix en argent, mais par la remise de parts sociales ou d’actions
difficilement monnayables.
C’est pour cela que cette opération doit faire l’objet d’une publicité dans un journal
d’annonces légales et au bulletin officiel. Les créanciers disposent d’un délai de 15 jours pour
faire connaitre leur qualité et le montant des sommes qui leur sont dues au greffe du tribunal
qui a reçu l’acte. Cette déclaration met la société en demeure, soit de prendre à sa charge
ce passif, soit renoncer à l’apport envisagé. Les associés ou l’un deux disposent d’un délai de
30 jours pour demander l’annulation de la société ou de l’apport. En cas de silence, la société
est tenue solidairement avec l’apporteur du fonds de commerce des dettes qui ont été déclarées.
Section IV. La gérance libre
1. Les formalités de publicité
Le contrat de gérance libre doit être publié dans la 15 de sa date au bulletin officiel et
dans un journal d’annonces légales afin de pouvoir porter à la connaissance des tiers,
la mise en gérance du fonds de commerce.
Le gérant libre doit en outre, être inscrit au registre du commerce alors que le bailleur,
doit procéder à une radiation de son nom ou d’effectuer une inscription modificative pour
préciser expressément la mise en gérance libre dudit fonds.
Par ailleurs, le gérant est tenu de préciser à l’en tête de tous les documents liés à
son activité commerciale : factures, lettres ainsi que sur toutes les pièces signées par lui,
son numéro d’immatriculation au registre du commerce, le siège du tribunal où il est
immatriculé et sa qualité de gérant libre du fonds.
À défaut du respect des formalités de publicité, le contrat de location-gérance consenti
par le bailleur du fonds de commerce ou son propriétaire est passible de nullité.
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2. Les effets de la location-gérance
Le gérant libre dispose de la qualité de commerçant et se trouve soumis à toutes
les obligations qui en découlent. Il gère le fonds en son propre nom et à ses risques et périls.
Lorsque le contrat de gérance libre est de nature à porter préjudice aux créanciers du
bailleur du fonds, en mettant en péril le recouvrement de leurs créances, ils peuvent
faire prononcer par le tribunal du ressort la déchéance du terme et l’exigibilité immédiate
de leurs créances antérieures ayant pour cause l’exploitation du fonds de commerce.
À la fin de la location-gérance, les dettes contractées par le gérant libre durant sa gérance
pour l’exploitation du fonds de commerce, deviennent immédiatement exigibles.