Lycée Laetitia Bonaparte Spé PT
Corrigé de Banque PT 2013 – Épreuve A
Question préliminaire
1.(a) Le produit AB est possible si et seulement si q = r et si c’est le cas, AB ∈ Mp,s (C).
q
X
1.(b) ∀ (i, j) ∈ {1, . . . , p} × {1, . . . , s} , cij = aik bkj .
k=1
(p) (p)
2.(a) Le terme de place (i, j) de Ap +Bp est aij +bij , et celui-ci tend vers aij +bij lorsque p tend vers +∞,
qui est le terme de place (i, j) de A + B.
n
X n
X
(p) (p) (p)
2.(b) De même, le terme de place (i, j) de Ap Bp est cij = aik bkj , et celui-ci tend vers cij = aik bkj
k=1 k=1
(d’après le théorème concernant la somme et le produit de suites convergentes) et ceci est bien le terme
de place (i, j) de AB.
Partie I
1. AX1 = X1 et X1 6= 0 donc X1 est vecteur propre de A pour la valeur propre 1.
2. • On calcule le polynôme caractéristique de A, par exemple par la règle de Sarrus :
1 1
−X 2 2
χA (X) = 3
4
−X 1
4 = −X 3 + 21
32
X + 11
32
= −(X − 1)(X 2 + X + 11
32
),
1 7
8 8
−X
et le discriminant du trinôme étant ∆ = − 83 , on trouve bien comme valeurs propres de A les complexes
√
intervenant à la question suivante : 1, λ et λ avec λ = − 12 + 8
6
i.
• A est diagonalisable dans C car elle est d’ordre 3 et possède trois valeurs propres distinctes.
• A n’est pas diagonalisable dans R car son polynôme caractéristique n’est pas scindé sur R.
√ 1 0 0
n
3. Toujours en notant λ = − 12 + 86 i , on a D n = 0 λ 11
0 et de plus on a |λ|2 = 32 (car par exemple
n
0 0 λ
le produit des valeurs propres de A vaut det(A) = χA (0)) donc |λ| < 1, ce qui prouve que λn −−−−→ 0 et
n→+∞
1 0 0
n
que λ −−−−→ 0. Ainsi, lim D n = 0 0 0 = D∞ .
n→+∞ n→+∞ not.
0 0 0
4. On écrit la diagonalisation A = P DP −1 où les colonnes de P sont des vecteurs propres de A pour les
valeurs propres respectives 1, λ, λ, et en particulier la première colonne de P peut être choisie égale à X1 .
On a alors An = P D n P −1, donc en appliquant deux fois le résultat de la question 2.(b) de la partie
préliminaire, An converge vers une limite notée A∞ et on a A∞ = P D∞ P −1 .
1
Notons L = a b c la première ligne de P −1 (où a, b et c sont
trois nombres complexes). On a obtenu
1 ∗ ∗ 1 0 0
b c a a b c
A∞ = P D∞ P −1 = 1 ∗ ∗ 0 0 0 ∗
∗ ∗ = a b c .
1 ∗ ∗ 0 0 0
∗ ∗ ∗ a b c
1√
1 6
Pour éviter le calcul pénible des vecteurs propres de A (on trouvait X2 = − 2 + 2 i et X3 = X 2 )
√
− 12 − 3 4 6 i
ainsi que celui de P −1 , on remarque que An+1 −−−−→ A∞ , or An+1 = An A −−−−→ A∞ A, donc par unicité
n→+∞ n→+∞
de la limite (obtenue place par place), il vient A∞ A = A∞ , ce qui revient à a b c A = a b c ,
d’où le système
3 1
−a + 4
b + 8
c = 0 a = 5k
1 7
2
a − b + 8
c = 0 ⇐⇒ b = 6k ⇐⇒ a b c = 5 6 4 k ; (k ∈ C).
1a+ 1b−c=0
c = 4k
2 4
Enfin on trouve le facteur multiplicatif k en remarquant que AX1 = X1 donc pour tout n entier, An X1 = X1
1
d’où A∞ X1 = X1 c’est-à-dire a + b + c = 1. On a donc k = 15 et finalement
1 2 4
3 5 15
1 2 4
A∞ = 3 5 15 .
1 2 4
3 5 15
1 2 4
5. Tout a été fait à la question précédente (existence et unicité), et on a trouvé π = 3 5 15 .
Notons au passage que la condition a > 0, b > 0 et c > 0 de l’énoncé est absolument inutile.
Partie II
a−1 1−a 1−b 1−a 0 0
1. P (B) = = = 02 .
1−b b−1 1−b 1−a 0 0
2.(a) La division euclidienne du polynôme X p par le polynôme P s’écrit X p = P (X)Q(X) + R(X) où R
est un polynôme de degré inférieur strictement à deg(P ) = 2, donc R est de la forme R(X) = αp X + βp
où αp et βp sont deux réels.
2.(b) Notons r = a + b − 1 la seconde racine de P , dont on remarque qu’elle ne vaut pas 1 (car a + b < 2).
On substitue successivement à X les deux racines 1 et r de P , ce qui donne
1 − rp
= 1 + r + · · · + r p−1
( p
1 = αp + βp
α p =
1−r
⇐⇒
r p = αp r + βp rp − r
βp = 1 − αp =
= −(r + · · · + r p−1 )
1−r
R[X] −→ M2 (R)
2.(c) L’application Φ = est un morphisme d’algèbre, c’est-à-dire que Φ vérifie
P 7−→ P (B)
∀ P, Q, λ , Φ(P + λQ) = Φ(P ) + λΦ(Q) ; Φ(P Q) = Φ(P )Φ(Q) et Φ(1) = I2
2
(voir le cours pour les explications). On peut donc légitimement substituer B à X dans l’identité de la
question précédente, et on obtient
B p = P (B)Q(B) + αp B + βp I2 = αp B + βp I2 car P (B) = 02 .
3. Le réel r = a + b − 1 vérifie −1 < r < 1 donc r p −−−−→ 0, ce qui entraı̂ne
p→+∞
1 −r
αp −−−−→ et βp −−−−→ .
p→+∞ 1−r p→+∞ 1−r
Il s’ensuit que
p 1 r 1 1−b 1−a
A −−−−→ B− I2 = B∞ = .
p→+∞ 1 − r 1−r 2−a−b 1−b 1−a
Partie III
Les matrices A, A∞ , B, B∞ des parties I et II sont des cas particuliers de matrices stochastiques.
1. Soit (i, j) ∈ {1, . . . , n}2 . On a mij 6 mi1 + · · · + mij + · · · + min = 1 car les termes ajoutés sont > 0.
m11 + · · · + m1n 1
2.(a) X1 n’est pas nul et MX1 = .. = .. = X .
. . 1
mn1 + · · · + mnn 1
n
X
2.(b) Si MX1 = X1 alors d’après l’expression précédente de MX1 , on a ∀ i ∈ {1, . . . , n}, mij = 1.
j=1
La condition mij > 0 étant imposée, on en déduit que M est stochastique.
2.(c) Si M et N sont deux matrices stochastiques, alors (MN)X1 = M(NX1 ) = MX1 = X1 donc MN
est stochastique.
x1
Pour tout vecteur X = ... de Mn,1 (C) on notera désormais ||X|| = max |xi |.
16i6n
xn
3.(a) Soit X tel que ||X|| = 1. Pour tout i ∈ {1, . . . , n} on a par inégalité triangulaire
|yi | = |mi1 x1 + · · · + min xn | 6 mi1 |x1 | + · · · + min |xn |
it |{z} |{z}
6 ||X|| 6 ||X||
6 (mi1 + · · · + min ) ||X|| = 1 .
| {z } | {z }
=1 =1
3.(b) Soit X un vecteur propre pour la valeur propre λ qui soit tel que ||X|| = 1. On a Y = MX = λX
et on applique l’inégalité |yi | 6 1 à un indice i tel que |xi | = 1. On a alors
|λ| = |λ xi | = |yi | 6 1 .
3.(c) Soit λ une valeur propre de M et Z un vecteur propre associé. Z n’est pas nul donc ||Z|| =
6 0.
1
Le vecteur X = ||Z|| Z est encore un vecteur propre de M pour la valeur propre λ et il vérifie de plus
||X|| = 1. D’après la question précédente, ça prouve que |λ| 6 1.
3
Exercice de Géométrie
L’équation donnée est une équation cartésienne de (S), et non paramétrique .
1. L’équation yz = 0 équivaut à y = 0 ou z = 0 donc (S) est la réunion des deux plans d’équations
respectives y = 0 et z = 0, c’est-à-dire des plans (Oxz) et (Oxy).
2. Si au moins un des paramètres est nul alors (S) est la réunion de deux plans perpendiculaires.
Par exemple si γ = 0 on a
αyz + βxz = 0 ⇐⇒ (αy + βx)z = 0 ⇐⇒ αy + βx = 0 ou z = 0 ,
et alors (S) est la réunion des deux plans perpendiculaires d’équations αy + βx = 0 et z = 0.
3. (S) est bien sûr une quadrique, il s’agit d’en déterminer la nature
exacte.
0 γ β
1
I 1re méthode : la matrice de la forme quadratique est M = γ 0 α et on note λ, µ, ν ses trois
2 β α 0
valeurs propres réelles. L’équation réduite de (S) est donc
λX 2 + µY 2 + νZ 2 = 0 ,
avec de plus,
αβγ
• λµν = det(M) = 6= 0 donc aucune des valeurs propres n’est nulle ;
4
• λ + µ + ν = tr(M) = 0 donc les trois valeurs propres n’ont pas toutes le même signe (deux sont positives
et une négative, ou le contraire).
On a donc affaire à un cône du second degré, centré en l’origine O.
I 2de méthode : on constate
x sur son équation que (S) est une surface conique : c’est une réunion de droites
passant par O car si P yz ∈ (S) alors la droite (OP ) est toute entière incluse dans (S). En effet, pour
kx −−→ −→
tout k ∈ R le point N ky , tel que ON = k OP , appartient encore à (S) puisque
kz
α.ky.kz + β.kx.kz + γ.kx.ky = k 2 αyz + βxz + γxy = 0 .
Cette méthode ne permet cependant pas de distinguer un vrai cône du second degré d’une autre surface
conique comme la réunion de deux plans par exemple.
4.(a) L’énoncé est ambigu puisqu’on peut comprendre deux choses différentes :
• sens 1 : Montrer qu’il existe un réel λ tel que : rg(A) = 1 ⇐⇒ α2 = β 2 = γ 2
• sens 2 : Montrer que : ∃ λ ∈ R , rg(A) = 1 ⇐⇒ α2 = β 2 = γ 2
C’est dans le second sens qu’il fallait interpréter la question (bravo aux candidats inspirés).
Supposons que λ soit tel que rg(A) = 1. Alors les colonnes de A étant toutes proportionnelles, tous les
mineurs d’ordre 2 extraits de A sont nuls, en particulier les mineurs
−λ γ −λ β −λ α
= λ2 − γ 2 ; = λ2 − β 2 et = λ2 − α 2
γ −λ β −λ α −λ
sont nuls, donc α2 = β 2 = γ 2 = λ2 .
Supposons que α2 = β 2 = γ 2 et montrons qu’il existe un réel λ tel que rg(A) = 1.
4
β α β
si α = γ on prend λ = −β et alors A = α β α est bien de rang 1 (ses colonnes sont égales ou
β α β
opposées) ;
−β −α β
si α = −γ on prend λ = β et alors A = −α −β α est bien de rang 1 (même raison).
β α −β
4.(b) D’après le cours, une vraie quadrique (i. e. non incluse dans un plan) est de révolution si, et seulement
si la matrice de sa forme quadratique possède deux valeurs propres identiques. Ceci équivaut au fait que
M (ou 2M) possède une valeur propre double, ou encore qu’il existe un réel λ tel que A = 2M − λI3
soit de rang 1 (la dimension de l’espace propre est égal à la multiplicité de la valeur propre car M est
diagonalisable).
D’après la question précédente, une cns pour que ça se produise est α2 = β 2 = γ 2 .
5. Dans le cas α = β = γ l’équation de (S) devient α(xy + yz + zx) = 0 ⇐⇒ 2(xy + yz + zx) = 0, d’où
0 1 1
la matrice 1 0 1 . Son polynôme caractéristique est
1 1 0
−X 3 + 3X + 2 = −(X + 1)2 (X − 2)
et les valeurs propres sont −1 (double) et 2 (simple). L’axe du cône de révolution est dirigé par un vecteur
propre associé à la valeur propre simple, par exemple K ~ = √1 (~i + ~j + ~k). Si (I,
~ J)
~ désigne une base
3
orthonormée du plan d’équation x + y + z = 0, alors l’équation de (S) dans (O; I,~ J,
~ K)
~ devient
−X 2 − Y 2 + 2Z 2 = 0 ⇐⇒ X 2 + Y 2 = 2Z 2 ,
√
enfin, le demi-angle au sommet est : arctan( 2) .