Lycée Laetitia Bonaparte Spé PT
Corrigé de Banque PT 2011 – Épreuve A
La lettre n désigne en fait l’entier 2 dans tout le problème, lequel a visiblement été amputé. La partie C
est un exercice indépendant, sans rapport avec les parties A et B.
PARTIE A
1
1. Selon le cours, A ∈ M2 (R) est inversible ssi det(A) 6= 0 et si c’est le cas, det(A−1 ) = .
det(A)
2. On peut se servir par exemple de la formule suivante, donnant l’inverse d’une matrice de taille 2 :
−1
a c 1 d −c
= (?)
b d ad − bc −b a
−1 2 −3 −1 −5 7 −1 1 5 −6
On en déduit A1 = ; A2 = ; A3 = .
−1 2 3 −4 2 −3 4
3. . Supposons que det(A)∈ {−1, 1}
. Alors d’une part det(A) 6= 0 donc A est inversible, et d’autre part
d −c
d’après (?) on a A−1 = ± ce qui montre que les coefficients de A−1 sont également dans Z,
−b a
et donc on a bien A−1 ∈ M2 (Z).
. Réciproquement, supposons que A est inversible et A−1 ∈ M2 (Z). Alors det(A) et det(A−1 ) sont deux
entiers relatifs (selon l’hypothèse et la formule du déterminant en taille 2) dont le produit vaut 1, ils sont
donc tous deux égaux à 1 ou bien tous deux égaux à −1.
4. La notation SL2 (Z), du groupe spécial linéaire, ne sert plus après cette question.
A4 ∈ SL2 (Z) ⇐⇒ det(A4 ) = 1 ⇐⇒ cb = 4 ⇐⇒ (c, b) ∈ (1, 4), (4, 1), (2, 2), (−1, −4), (−4, −1), (−2, −2) .
PARTIE B
Pour tout A ∈ C2 (Z), l’ensemble {p ∈ N∗ , Ap = I2 } est une partie non vide (par hypothèse) de N, donc il
possède un plus petit élément q ; c’est au programme.
1. • 1ère idée : on a I2 = Ap = A · Ap−1 donc A est inversible, d’inverse A−1 = Ap−1 qui est bien dans
M2 (Z), car A ∈ M2 (Z) et l’anneau M2 (Z) est stable par produit.
p
• 2nde idée : on a 1 = det(I2 ) = det(Ap ) = det(A) donc det(A) ∈ {−1, 1} ce qui montre, d’après
A.3, que A est inversible et que A−1 appartient à M2 (Z).
p p
2. • 1ère idée : partant de A−1 = Ap−1 , on écrit (A−1 ) = (Ap−1 ) = (Ap )p−1 = I2p−1 = I2 ;
p p
• 2nde idée : on a (A−1 ) × Ap = I2 donc (A−1 ) = (Ap )−1 = I2−1 = I2 .
Dans les deux cas, on conclut que A−1 ∈ C2 (Z) et que h(A−1 ) 6 p, c’est-à-dire h(A−1 ) 6 h(A) .
On applique alors l’inégalité obtenue à A−1 , qui est bien un élément de C2 (Z), ce qui donne h(A) 6 h(A−1 ) ,
et finalement l’égalité
∀ A ∈ C2 (Z) , h(A−1 ) = h(A) .
3. Soit λ ∈ C une valeur propre de A et X ∈ M2,1(C) , X 6= ( 00 ) un vecteur propre de A, associé à λ.
1
On a AX = λX, et par une récurrence triviale, ∀ k ∈ N∗ , Ak X = λk X. En particulier avec k = p, on
obtient X = Ap X = λp X, donc (λp − 1)X = ( 00 ), et puisque X 6= ( 00 ), c’est que λp − 1 = 0, donc λp = 1 .
Les valeurs propres de A sont des racines (p-ièmes) de l’unité, elles sont donc de module 1.
4. A est trigonalisable sur C (son polynôme caractéristique est scindé sur C) donc semblable (sur C) à une
matrice de la forme λ01 λ?2 . Puisque deux matrices semblables ont même trace, on a Tr(A) = Tr λ01 λ?2 =
λ1 + λ2 .
Autre idée : λ1 et λ2 sont les deux racines de χA (X) = X 2 − Tr(A)X + det(A) donc Tr(A) = λ1 + λ2 .
5. D’une part Tr(A) ∈ Z puisque A est à coefficients dans Z, et d’autre part
|Tr(A)| = |λ1 + λ2 | 6 |λ1 | + |λ2 | = 2 ,
it
d’où le résultat.
6. On a C ∈ M2 (Z) et C 2 = I2 donc C ∈ C2 (Z) et de plus C 6= I2 donc h(C) = 2.
−1 1
De même D ∈ M2 (Z) et D 2 = 6= I2 ; D 3 = I2 donc D ∈ C2 (Z) et h(D) = 3.
−1 0
−3 1
Puis, on a CD = , qui a pour polynôme caractéristique X 2 + 2X − 1 = (X + 1)2 − 2 =
−2 1
√ √ √ √
(X + 1 − 2)(X + 1 + 2) donc les valeurs propres de la matrice CD sont −1 − 2 et −1 + 2 . Elles
ne sont pas de module 1, donc CD 6∈ C2 (Z) , d’après la question 3. Ainsi C2 (Z) n’est pas stable par produit.
7. Remarquons que s’agissant de matrices de taille 2, on a χA (X) = det(A − XI2 ), et donc la définition
du cours est préservée.
Classiquement, pour toute matrice de taille 2 : χA (X) = X 2 − Tr(A)X + det(A) .
8. Dans la formule précédente, Tr(A) est à choisir dans {−2, −1, 0, 1, 2} et det(A) dans {−1, 1}, ce qui
donne a priori 10 possibilités. Calculons, comme le demande l’énoncé, les valeurs propres de A dans chacun
des cas ..
cas Tr(A) det(A) χA (X) valeurs propres module h(A)
√ √
1 −2 −1 X 2 + 2X − 1 −1 − 2 ; −1 + 2 6= 1 −
√ √
2 −1 −1 X2 + X − 1 − 12 − 2
5
; − 12 + 2
5
6= 1 −
3 0 −1 X2 − 1 −1 ; 1 1 2
√ √
1 5 1 5
4 1 −1 X2 − X − 1 2
− 2
; 2
+ 2
6= 1 −
√ √
5 2 −1 X 2 − 2X − 1 1− 2; 1+ 2 6= 1 −
6 −2 1 X 2 + 2X + 1 −1 ; −1 1 2
√ √
7 −1 1 X2 + X + 1 − 12 + i 2
3
; − 12 − i 2
3
1 3
8 0 1 X2 + 1 −i ; i 1 4
√ √
1 3 1 3
9 1 1 X2 − X + 1 2
+i 2
; 2
−i 2
1 6
10 2 1 X 2 − 2X + 1 1; 1 1 1
Les cas 1, 2, 4 et 5 sont donc exclus.
2
9. . Montrons d’abord que A est toujours diagonalisable dans C.
Dans les cas 3, 7, 8 et 9, A possède deux valeurs propres distinctes, et comme elle est de taille 2, elle
est diagonalisable
dans
C. Plaçons-nous dans le cas 10. La matrice
Apest alors
trigonalisable
dans C, et
1 α 1 α 1 pα
semblable à avec α ∈ C. Mais alors I2 = Ap ∼ = donc on a égalité
0 1 0 1 0 1
1 pα
= I2 , d’où on tire α = 0 et finalement A ∼ I2 donc A = I2 .
0 1
p
−1 α (−1)p pα(−1)p−1
De même dans le cas 6, à l’aide de la formule = on déduit que
0 −1 0 (−1)p
A ∼ −I2 et encore A = −I2 .
q
λ1 0 λ1 0
. On a donc A ∼ q
d’où ∀ q ∈ N , A ∼
∗
et donc Aq = I2 ⇐⇒ λq1 = λq2 = 1 .
0 λ2 0 λq2
Pour déterminer h(A), Il reste donc à trouver le plus petit entier naturel non nul q tel que λ1 et λ2 soient
toutes deux des racines q-ièmes de l’unité. Les résultats sont rassemblés dans le tableau de la question 8.
10. Tous les éléments de C2 (Z) ont un ordre diviseur de 12, donc ∀ A ∈ C2 (Z) , A12 = I2 .
L’ensemble {p ∈ N∗ , ∀ A ∈ C2 (Z) , Ap = I2 } est donc une partie non vide de N∗ (car possédant 12), donc
il possède un plus petit élément noté p2 . On sait déjà que p2 6 12 et il s’agit d’obtenir l’égalité.
. Pour cela, montrons que si A ∈ C2 (Z) et q ∈ N∗ vérifient Aq = I2 , alors q est multiple de p = h(A).
On écrit la division euclidienne q = p × d + r où d ∈ N et r ∈ {0, . . . , p − 1}, ce qui donne I2 = Aq =
(Ap )d × Ar = Ar et comme r < p, c’est que r = 0 sans quoi il y aurait contradiction avec la définition de p.
C’est bien que q = p × d donc q est multiple de p.
. Ainsi p2 est multiple de l’ordre
de chaque
élément de C2 (Z), or C2 (Z) possède effectivement un élément
0 −1
d’ordre 3, la matrice D = de la question 6, ainsi qu’un élément d’ordre 4, par exemple la
1 −1
0 −1
matrice E = . En effet, cette dernière vérifie E 2 = −I2 donc E 3 = −E 6= I2 et E 4 = I2 .
1 0
On conclut que p2 est multiple de 12, d’où finalement p2 = 12 .
PARTIE C
1. Voir le cours pour les vérifications usuelles.
2. L’unique base (π0 , π1 , π2 , π3 ) de E répondant au problème est celle obtenue par le procédé d’orthonor-
malisation de Gram-Schmidt à partir de la base (1, X, X 2 , X 3 ) de E. Dans les calculs qui suivent on utilise
l’identité, valable pour k et ` entiers naturels :
(
0 si k + ` est impair ,
ϕ(X k , X ` ) = 2
k+`+1
si k + ` est pair .
1 1 1
. ||1||2 = ϕ(1, 1) = 2 donc π0 = = √ . On note π0 = √ .
||1|| 2 2
√
2 3
. π1∗ = X − ϕ(X, π0 ) π0 = X car ϕ(X, 1) = 0. Puis ||π1∗ ||2 = ϕ(π1∗ , π1∗ ) = . On a donc π1 = √ X .
3 2
. π2∗ = X 2 − ϕ(X 2 , π1 ) π1 − ϕ(X 2 , π0 ) π0 = X 2 − 21 ϕ(X 2 , 1) = X 2 − 31 . Puis :
1 2 2 8
||π2∗ ||2 = ϕ(π2∗ , π2∗ ) = ϕ(π2∗ , X 2 ) = ϕ(X 2 , X 2 ) − ϕ(1, X 2 ) = − = .
3 5 9 45
3
√
3 5 2 1
On a donc π2 = √ X − .
2 2 3
. π3∗ = X 3 − ϕ(X 3 , π2 ) π2 − ϕ(X 3 , π1 ) π1 − ϕ(X 3 , π0 ) π0 = X 3 − 23 ϕ(X 3 , X)X = X 3 − 35 X. Puis :
3 2 6 8
||π3∗ ||2 = ϕ(π3∗ , π3∗ ) = ϕ(π3∗ , X 3 ) = ϕ(X 3 , X 3 ) − ϕ(X, X 3 ) = − = .
5 7 25 7 × 25
√
5 7 3 3
On a donc π3 = √ X − X .
2 2 5
3.(a) Puisque (π0 , π1 , π2 , π3 ) est une base de E, l’élément P de E se décompose dans cette base.
3 2 3
2
X X
3.(b) D’une part, on a ||P || = αi πi = αi2 car la base (π0 , π1 , π2 , π3 ) est orthonormale ; et
i=0 i=0
Z 1 3
X
2
d’autre part ||P ||2 = ϕ(P, P ) = P (t) dt = 1 d’après l’hypothèse. On a donc αi2 = 1 .
−1 i=0
3.(c) i. Il s’agit de l’inégalité de Cauchy-Schwarz appliquée aux deux quadruplets (a, b, c, d) et (a0 , b0 , c0 , d0)
de R4 , pour le produit scalaire usuel de R4 .
3.(c) ii. Soit x ∈ R fixé. On applique l’inégalité précédente à (a, b, c, d) = (α0 , . . . , α3 ) et (a0 , b0 , c0 , d0 ) =
π0 (x), . . . , π3 (x) , ce qui donne le résultat escompté :
q p
|P (x)| = |α0 π0 (x) + · · · + α3 π3 (x)| 6 α02 + · · · + α32 π0 (x)2 + · · · + π3 (x)2 .
| {z }
=1
3.(d) Il apparaı̂t après un rapide coup d’œil (et une étude de fonction simplette pour√π3 ) √que chaque
√
|πi |
1 3 √5 7
atteint son maximum sur [−1, 1] en 1 et −1, ce maximum valant respectivement 2 , 2 , 2 et 2 .
√ √ √
On a donc
r
p 1 3 5 7 √
∀ x ∈ [−1, 1] , |P (x)| 6 π0 (x)2 + · · · + π3 (x)2 6 + + + = 2 2.
2 2 2 2