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REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO
ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET UNIVERSITAIRE
INSTITUT SUPERIEUR DE STATISTIQUE DE LUBUMBASHI
ISS
COURS D’ELEMENT D’ENTREPRENEURIAT
BAC2
Dieudonné MBAYO
Docteur en sciences économiques
Professeur Associé
ANNEE ACADEMIQUE 2023 - 2024
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AVANT – PROPOS
Ce cours destiné aux étudiants de BAC2, se veut le reflet de l’indépendance
d’esprit propre à un universitaire, au risque de passer, selon l’expression qui
me fut parfois accolée, pour un « iconoclaste ». Le plus souvent prolongés par
une publication plus proche des canons académiques, les documents de
travail (inédits) réunis pour l’occasion s’inscrivent idéalement, nonobstant celle
d’administrateur, dans les trois tâches dévolues à l’enseignant-chercheur,
lesquelles, se composent de quatre tiers d’activités.
Sachant qu’un universitaire est d’abord un enseignant, ces documents de
travail ont participé à l’initiation en gestion des étudiants en organisation et
gestion d’entreprise, puis en sciences commerciales et financières. Ensuite, en
tant que directeur de recherche, et lanceur d’idées, si possible non encore
reçues, ils ont offert aux doctorants, en renfort d’autres publications
(épistémologie, stratégie, histoire des faits et des idées) des opportunités de
formation, puis de spécialisation en entrepreneuriat et en petite entreprise. Le
troisième tiers a consisté dans la création et l’animation des équipes de
recherche sur terrain sur base des questionnaires utiles à l’organisation et
gestion d’entreprise, puis en entreprenariat.
Reste enfin le « fameux » quatrième tiers, celui des relations avec les
entreprises et les institutions : en se rangeant à l’opinion pragmatique des
entreprises de différents secteurs de la vie économique, pour qui « les
meilleures théories sont les plus pratiques », les essais publiés dans ce cours
reflètent la relation forte avec les milieux dits « professionnels », tout
particulièrement, ceux qui concernent les grilles d’analyse et les typologies au
sens large. Il est vrai que la fin ultime de la recherche en Sciences de Gestion
devrait être de contribuer à une meilleure compréhension, dans un monde
dominé par la contingence, de l’interaction entre les logiques et les pratiques
d’action, entre « la fin » et les « moyens », pour ne citer que cela.
On retiendra avant tout deux aspects majoritairement présents dans les
présents essais, résultant d’une posture contingente (par opposition au
déterminisme scientiste), à savoir la temporalité et le pluralisme :
D’une part, le rôle du temps apparaît en tant que processus historique, qu’il
s’agisse de l’histoire longue, pouvant remonter aux premiers âges (par
exemple, sur l’artisanat), jusqu’à l’histoire immédiate (par exemple, sur la
rupture entre la post- et l’hyper-modernité, dans le cas du luxe).
D’autre part, le pluralisme insiste sur la multiplicité et l’interactivité des
disciplines et points de vue nécessaires à la compréhension des évolutions. Par
exemple, toute observation de l’entrepreneur, ou de l’entreprise, doit être
resituée, sinon restituée, dans le contexte de l’époque ou du moment.
5Cette contingence vaut, avant tout, pour ces essais, lesquels rejoignent le
célèbre aphorisme du philosophe grec Héraclite d’Éphèse en le paraphrasant,
de sorte qu’« on n’écrit et ne lit jamais deux fois le même texte, car on n’est
plus le même lecteur, et ce n’est plus le même texte ». Leur enchaînement dans
l’ouvrage, en deux parties, d’abord sur les logiques entrepreneuriales puis sur
les pratiques entrepreneuriales, obéit par conséquent à un ordre plus logique
que chronologique, le « moment décisif » étant celui de la lecture, et non de
l’écriture.
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OBJECTIFS DU COURS
Objectif général
Ce cours vise à sensibiliser l’étudiant quant à l’opportunité d’une approche
entrepreneuriale comme alternative amplifiant son employabilité par un travail
indépendant.
Objectif Spécifiques
S'initier à l'entrepreneuriat.
Développer et élargir le spectre de ses compétences entrepreneuriales.
Comprendre et distinguer les concepts de base en entrepreneuriat social et
collectif.
Comprendre les spécificités liées à la création, à la gestion et à la
gouvernance des entreprises sociales et collectives.
Évaluer le potentiel d'impact social et de rentabilité économique d'une
organisation sociale ou collective.
Proposer une réflexion autocritique sur ses forces et ses faiblesses en tant
qu'entrepreneuse ou entrepreneur.
CONTENU
Ce cours adopte la perspective entrepreneuriale pour explorer le monde
fascinant de l'entrepreneuriat. L'entrepreneuriat occupe une place de choix
dans l'économie du monde. En effet, les entreprises collectives, qui adoptent la
forme d'organismes à but non lucratif (ou entreprises associatives), de
coopératives et de mutuelles. À cela s'ajoutent de nombreuses entreprises
traditionnelles qui placent une mission sociale ou environnementale au cœur
de leur modèle d'affaires. Ces entreprises ont pour finalité de répondre à des
besoins sociaux tout en visant la rentabilité économique, ce qui pose des
enjeux particuliers et implique des stratégies et outils spécifiques.
Ce cours vous permet de vous familiariser avec les fondements théoriques de
l'entrepreneuriat social et collectif, et d'explorer les enjeux, stratégies et outils
spécifiques qui y sont liés. Le cours se divise en trois parties. Le cours va
aborder plusieurs points, entre autres :
-Exploration, propose une étude des principes, finalités et modèles
fondamentaux de l'entrepreneuriat, de même qu'une réflexion sur les traits et
motivations de l'entrepreneur social.
-Besoin social à l'occasion d'affaires, approfondit les différents aspects de
l'idéation d'une entreprise sociale et collective, en se focalisant sur le besoin
social à la source du projet.
-Création d'une entreprise sociale, permet d'explorer les différentes étapes de
création d'une entreprise, en mettant de l'avant certains aspects distinctifs de
la gestion et de la gouvernance de ces organisations.
Méthodologie
Ce cours vise à faire participer tous les étudiants à l’élaboration des
connaissances recherchées en entrepreneuriat collectif et spécifiquement en ce
qui concerne la création et le fonctionnement d’entreprise. Et la méthodologie
d’enseignement y relative est le CMI ou semi-directive, c’est-à-dire l’exposé du
professeur sera enrichi par les interventions des étudiants sous forme de
questions, de réponses aux questions, d’informations ou de suggestions.
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Chapitre 1 : L’entreprise : définition, finalités et classification
1.1. Définition
L’entreprise est une unité économique et juridique qui a pour principale
fonction la production de biens et services destinés à être vendus sur un
marché.
L’activité d’une entreprise peut être décomposée en deux phases distinctes :
- l’activité productive, c’est à dire la création de biens ou services.
- l’activité de répartition des richesses en contrepartie des biens ou services.
a. L’entreprise en tant qu’unité de production
Par l’opération de production, l’entreprise transforme des flux d’entrée
(Intrants ou Inputs) en flux de sortie (Extrants ou outputs).
Les intrants peuvent être classés en trois catégories :
- Le travail fourni par le personnel de l’entreprise
- Le capital technique : bâtiments, matériels etc.
- Les consommations intermédiaires c’est aux matières premières, les
produits semi-finis, énergie…ou les services (publicité, transport, …etc.)
incorporés au processus de production.
b. L’entreprise en tant qu’unité de répartition
La contrepartie de l’activité de production de l’entreprise se traduit par la
vente. Le produit de cette vente doit permettre à l’entreprise de :
- rémunérer les facteurs de production ;
- payer ses charges sociales et fiscales ;
- réaliser un surplus destiné à assurer son avenir.
Une fois les richesses sont créées, l’entreprise distribue les rémunérations aux
agents qui ont participé à la réalisation de la production. Ainsi :
- les employés perçoivent des salaires ;
- l’Etat, les organismes sociaux (CNSS…) reçoivent les impôts et les
cotisations sociales ;
- les prêteurs reçoivent des intérêts ;
- les apporteurs de capitaux reçoivent les dividendes ;
- l’entreprise garde pour elle les revenus non distribués.
1.2. Les finalités de l’entreprise
1.2.1. La notion de finalité
Les finalités ou missions de l’entreprise désignent les raisons pour lesquelles
elle est acceptée par son environnement. Ce sont des buts plus durables que
les objectifs, avec des échéances imprécises. Elles répondent à des questions
du type « que voulons-nous devenir ? », « quelles sont nos motivations ? ». Les
finalités contribuent à la cohésion de l’entreprise et orientent les décisions
stratégiques.
1.2.2. Les différents types de finalités
A. Les finalités économiques Sont au nombre de trois :
- produire et distribuer des biens et services aux entreprises ou aux
consommateurs ;
- assurer la survie de l’entreprise et sa croissance excepté pour certaines
entreprises qui sont créées pour une mission précise, temporaire ;
- réaliser un profit.
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B. Les finalités humaines
Elles concernent aussi bien les ambitions des dirigeants (prestige par exemple)
que l’épanouissement du personnel : bonnes conditions de travail, bien-être
des salariés, participation au pouvoir de gestion, etc.…
C. Les finalités sociales
Elles peuvent coexister avec les autres finalités dans la plupart des
entreprises, mais pour certaines, elles constituent des finalités primordiales :
le service public ou l’indépendance nationale sont des finalités principales des
entreprises publiques.
1.3. Classification des entreprises
Il existe plusieurs façons de classifier une entreprise. Parmi lesquelles, on cite
:
- la classification selon la nature économique ;
- la classification selon la taille ;
- la classification juridique.
1.3.1. La classification selon la nature économique Cette classification peut
se faire selon trois aspects :
- classification par secteur.
- classification par type d’opérations accomplies.
- classification selon la branche d’activité.
A. La classification par secteur On distingue :
1- Le secteur primaire qui regroupe toutes les entreprises utilisant à titre
principal le facteur naturel. Il englobe l’agriculture, l’élevage, la pêche, etc…
2- Le secteur secondaire qui réunit toutes les entreprises ayant comme activité
la transformation de matières premières en produits finis et englobe donc
toutes les industries.
3- Le secteur tertiaire qui rassemble toutes les entreprises prestataires de
services. Sa composition est très hétérogène car il regroupe tout ce qui
n’appartient pas aux deux autres secteurs, à savoir : les activités de
distribution, de transport, de loisir, de crédit, d’assurance, hôtellerie….
B. La classification selon le type d’opérations accomplies
Les opérations effectuées dans une entreprise peuvent être classées en 5
catégories : 1- Les opérations agricoles : ce sont des opérations dans
lesquelles le facteur naturel est prédominant.
2-Les entreprises industrielles : effectuent des opérations de transformation
de la matière en produits finis.
3-Les entreprises de distribution
: réalisent les opérations de distribution des biens et assurent la fonction de
grossiste (c’est-à-dire l’achat en grande quantité directement chez le fabricant
et la vente en grande quantité au revendeur) ou de semi-grossistes (stade
intermédiaire entre le grossiste et le détaillant) ou de détaillants qui vendent
directement au consommateur.
4 – Les entreprises de prestations de service : fournissent deux types de
services : - service de production vendue à d’autres entreprises : société
d’étude, agences de publicité…
-service de consommation : entreprises rendant des services aux
consommateurs (transport, restaurants, locations…)
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5- Les entreprises financières : réalisent des opérations financières à savoir :
la création, la collecte, la transformation et la distribution des ressources
monétaires et des ressources d’épargne. Elles sont constituées par les
banques.
C. La classification selon la branche d’activité :
À la différence du secteur, qui rassemble des activités variées, la branche ne
regroupe que les entreprises fabriquant, à titre principal, la même catégorie de
biens, entreprises de l’industrie pharmaceutique, industrie…
Les entreprises d’une même branche ont pour points communs :
- l’usage d’une même technique ;
- l’utilisation des mêmes matières premières ;
- des intérêts communs dans certains domaines : ce qui leur permet de
regrouper certaines de leurs activités et de créer des services communs,
notamment de recherche, d’achat ou de vente, filiales communes.
1.3.2. La classification selon la taille
Les entreprises ont des tailles différentes. Selon sa dimension, l’entreprise va
du simple atelier jusqu’à la grande entreprise.
A. Effectif du personnel employé : selon ce critère, on distingue :
- les très petites entreprises (TPE) qui emploient moins de 5 employés ;
- les petites entreprises (PE) qui emploient un effectif compris entre 5 et 10
salariés ;
- les moyennes entreprises (ME) employant un effectif compris entre 10 et 100
salariés (ce nombre peut aller à 500) ;
- les grandes entreprises qui emploient plus de 500 salariés.
B. Selon le chiffre d’affaires
Le chiffre d’affaires permet d’avoir une idée sur le volume des transactions de
l’entreprise avec ses clients. L’importance d’une entreprise peut se définir par
le volume de ses transactions. Ce critère est important pour les raisons
suivantes :
- Il est utilisé pour apprécier l’évolution des entreprises et pour les classer
par ordre d’importance selon leur chiffre d’affaires.
- Pour l’entreprise,
• il constitue un outil de gestion : la variation du chiffre d’affaires permet à
l’entreprise de mesurer la pertinence de ses méthodes de ventes. Ainsi, une
baisse du chiffre d’affaires est souvent interprétée comme un indicateur
important de la mauvaise santé de l’entreprise.
• Il est utilisé à des fins comparatives dans la mesure où il permet à
l’entreprise de se positionner par rapport aux autres entreprises de la même
branche.
1.3.3. La classification juridique
Cette classification permet de distinguer entre :
A. Les entreprises du secteur public
1- Les entreprises publiques : ce sont des entreprises qui appartiennent en
totalité à l’Etat ; ce dernier détient l’intégralité du capital, le pouvoir de gestion
et de décision.
2- Les entreprises semi-publiques : ce sont des entreprises contrôlées par les
pouvoirs publics : choix des investissements, niveau des prix, politique de
l’emploi, mais où des personnes privées participent au financement et/ou à la
gestion.
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B. Les entreprises privées
On distingue :
1. L’entreprise individuelle qui appartient en totalité à une seule personne qui
assure la gestion et la direction.
2. La société est un contrat par lequel deux ou plusieurs personnes
conviennent de mettre en commun leurs biens ou leur travail ou les deux à la
fois en vue de partager le bénéfice qui pourra en résulter.
3. La coopérative réunit des personnes qui désirent mettre en commun leurs
économies ainsi que leurs compétences pour l’autosatisfaction des besoins
spécifiques (logement, consommation) sans chercher le profit.
1.4. Écosystèmes entrepreneuriaux : acteurs et interactions
Un écosystème est un système formé par un environnement (biotope) et par
l’ensemble des espèces (biocénose) qui y vivent, s’y nourrissent et s’y
reproduisent. En d’autres termes, c’est un milieu naturel où les êtres vivants
interagissent entre eux et avec leur environnement. Par exemple, une forêt, un
lac ou un désert sont des écosystèmes. Il s’agit d’un ensemble d’être vivants
qui vivent au sein d’un milieu ou d’un environnement spécifique et
interagissent entre eux au sein de ce milieu et avec ce milieu.
Qu’est-ce qu’un écosystème entrepreneurial ? Quels sont les apports et les
rôles des villes/municipalités et de leurs représentants dans les écosystèmes
entrepreneuriaux ? Quels sont les apports et les rôles des arts et de la culture?
Quels sont les apports et les rôles distincts des maisons d’enseignements
régionales (commissions scolaires, collèges, universités) ? Voilà quelques-unes
des questions auxquelles les chercheurs et praticiens devront répondre.
L’écosystème entrepreneurial est défini comme un ensemble d’acteurs
interconnectés, d’institutions et de processus qui interagissent pour renforcer
l’entrepreneuriat au sein de l’environnement local. Cette notion représente les
différents groupements d’acteurs (publics ou privés, institutions et entreprises,
universités) et de facteurs qui définissent le milieu dans lequel les acteurs
évoluent en constante interaction.
1.4.1. Définition de l'écosystème entrepreneurial
Un écosystème entrepreneurial est un milieu qui réunit les conditions pour
permettre le développement d’entités vivantes, interagissant entre elles. Il est
censé aider les entrepreneurs dans leurs projets, leur croissance et leur
pérennité. Les écosystèmes entrepreneuriaux se sont construits au fil de
l’histoire et des périodes économiques du territoire au sein desquels ils
émergent. Leurs ressources sont parfois abondantes, parfois limitées, certains
des acteurs sont bienveillants, d’autres sont des prédateurs. Dès lors qu’ils
sont vastes, la multiplicité des acteurs qui les composent, la diversité et les
différents niveaux de compétition constatés entre eux nous permettent de
qualifier ces écosystèmes de « jungle ». Ils sont pourtant une clé du
développement des territoires, que ce soit économique ou social.
Pour naviguer dans la jungle de l’écosystème entrepreneurial, il est important
de se doter d’un kit de survie pour bien saisir les opportunités et réduire les
menaces. Les jeunes entreprises sont tout autant le produit d’un écosystème
performant, qu’une ressource pour les acteurs qui le composent. Des
recherches récentes montrent que les relations entre les acteurs de
l’écosystème entrepreneurial sont essentielles pour le développement des
entreprises.
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Un exemple d’écosystème entrepreneurial est celui de la Silicon Valley, qui est
un modèle pour de nombreux écosystèmes entrepreneuriaux dans le monde.
La Silicon Valley est un écosystème entrepreneurial très dynamique, avec des
capitaux à investir, des compétences disponibles et une dose d’indignation
face au statu quo. Ces trois éléments sont aux rendez-vous pour transformer
une économie en écosystème entrepreneurial.
L’écosystème entrepreneurial est un ensemble de différentes personnes qui
peuvent être des entrepreneurs potentiels ou existants, des organisations qui
soutiennent l’entrepreneuriat qui peuvent être des entreprises, des sociétés de
capital-risque, des business angels et des banques, ainsi que des institutions
comme les universités, les agences du secteur public et les processus
entrepreneuriaux qui se produisent au sein de l’écosystème tels que le taux de
natalité des entreprises, le nombre d’entreprises à fort potentiel de croissance,
les entrepreneurs en série et leur ambition entrepreneuriale (Mason & Brown,
2014). Ces entités sont formellement et informellement interconnectées, créant
une performance dans l’environnement entrepreneurial local.
Pour qu’un système puisse fonctionner ensemble, l’interaction entre ces sous-
systèmes doit se faire de manière à ce qu’ils puissent atteindre leur but
(Mason & Brown, 2014)1. Les écosystèmes entrepreneuriaux sont formés par la
combinaison d’éléments sociaux, politiques, économiques et culturels au sein
d’une région. L’amélioration de l’écosystème entrepreneurial créé par les
différents éléments génère un soutien pour développer et aider à faire croître
les startups qui se créent. De même, les nouveaux entrepreneurs sont
encouragés à prendre des risques et à commencer à chercher des
financements pour leurs projets (Stam & Spigel, 2016)2.
Exemple d’un écosystème entrepreneurial
1Mason, P. C. & Brown, D. R., Ecosystèmes entrepreneuriaux et entrepreneuriat axé sur la
croissance. Le programme LEED de l’OCDE et le ministère néerlandais des affaires
économiques 2014.
2Stam, E. & Spigel, B., Entrepreneurial Ecosystems, s.l.: Utrecht School of Economics 2016.
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1.4.2. Les domaines de l'écosystème de l'entrepreneuriat
La figure suivante montre ce qu’Isenberg (2011)1 a décrit comme les domaines
de l’écosystème de l’entrepreneuriat. Les six domaines de l’écosystème de
l’entrepreneuriat sont la politique, la finance, la culture, les aides, le capital
humain et les marchés.
Ces domaines montrent que l’écosystème entrepreneurial contient un
changement de la pensée économique traditionnelle vers une vision
économique plus récente des personnes, des réseaux et des institutions (Stam
& Spigel, 2016). L’une des caractéristiques des écosystèmes entrepreneuriaux
est le flux d’informations au cours du processus entrepreneurial. Dans cet
environnement « riche en informations », les individus peuvent avoir accès aux
connaissances des acheteurs, aux nouvelles technologies, aux possibilités
d’exploitation, à la disponibilité des équipements, aux concepts de marketing
et donc trouver les opportunités de produits et de services qui sont nécessaires
(Mason & Brown, 2014).
L’écosystème entrepreneurial doit avoir une relation interconnectée et une
approche coopérative entre les différents acteurs qui le composent. Pour être
un écosystème dynamique, les gens et les idées échangent entre eux afin de
créer de nouvelles entreprises, de fusionner des entreprises existantes et de
faire émerger ensemble de nouvelles innovations (Auerswald, 2015)2.
1 Isenberg, D., The Entrepreneurship Ecosystem Strategy as a New Paradigm for Economic
Policy: Principles for Cultivating Entrepreneurship. The Babson Entrepreneurship Ecosystem
Project2011.
2 Auerswald, P., Ecosystèmes d’entreprise habilitants. s.l: Fondation Kauffman 2015.
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Le résultat de l’interaction des différents domaines de l’écosystème est l’activité
entrepreneuriale. Ce résultat est considéré comme le processus par lequel les
individus transforment les opportunités en innovations. Progressivement, le
résultat du nouveau service ou produit apportera à la société une nouvelle
valeur. L’activité entrepreneuriale prendra la forme d’une start-up innovante
et/ou à fort potentiel de croissance, ainsi que de salariés entrepreneurs.
Domaine politique
Le pilier réglementaire gouvernemental est différent selon les régions du
monde, et chaque politique gouvernementale peut accélérer ou ralentir la
capacité à ouvrir et à développer de nouvelles entreprises.
Dans ce domaine, elle comporte des éléments tels que la facilité à créer une
entreprise, des incitations fiscales et des lois qui pourraient être favorables
aux entreprises. La structure physique fait également partie de ce domaine, où
l’accès aux infrastructures de base, aux télécommunications et aux transports
ont un impact sur les entreprises (Forum économique mondial, 2014).
Domaine des finances
Pour les entreprises, il est avantageux de disposer de réserves financières afin
qu’elles puissent maintenir leur croissance à mesure qu’elles acquièrent plus
de ressources. Les ressources financières sont un aspect essentiel car elles
permettent d’embaucher des personnes, d’acheter ou de louer des biens et des
équipements, d’investir dans le marketing et la vente et de suivre les clients.
Les options financières dont disposent les entreprises pour démarrer peuvent
provenir d’amis et de la famille, d’investisseurs providentiels, de capitaux
privés, de capital-risque ou de l’accès à la dette. Plus la disponibilité des
ressources financières est grande, plus la taille des entreprises est rapide
(Forum économique mondial, 2014).
Domaine de la culture
Il a été débattu que les principaux écosystèmes entrepreneuriaux ont un fort
soutien culturel à l’esprit d’entreprise.
Les aspects qui sont pris en compte dans le cadre du soutien culturel sont la
tolérance au risque et à l’échec de l’entrepreneuriat, la préférence pour le
travail indépendant, les réussites et les modèles, la culture de la recherche,
l’image positive de l’entrepreneuriat et la célébration de l’innovation (Forum
économique mondial, 2014). Toutes ces actions créent la culture
entrepreneuriale.
Il existe toute une série de personnes, d’institutions et d’organisations qui
facilitent la création d’entreprises et leur expansion. Certains de ces acteurs
pourraient être considérés comme des mentors, des conseillers, des services
professionnels comme la comptabilité, les ressources humaines et le droit, des
incubateurs et des accélérateurs ainsi que des réseaux entrepreneuriaux
(Forum économique mondial, 2014).
Domaine du capital humain
Le domaine du capital humain est représenté par la qualité et la quantité de sa
main-d’œuvre. En fonction des compétences que possèdent les employés, c’est
le type d’environnement de travail qui pourrait être créé.
Les composantes de ce domaine sont le talent de gestion et le talent technique,
l’expérience de l’entreprise, la disponibilité de l’externalisation et l’accès à la
main-d’œuvre immigrée.
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La combinaison de ces éléments peut affecter le rythme de croissance des
entreprises. En outre, dans le domaine du capital humain, on considère
l’éducation et la formation.
Dans un écosystème entrepreneurial, on pense que l’éducation peut
promouvoir la capacité à acquérir de nouvelles connaissances et à identifier les
opportunités et les défis sur les marchés et les lieux de travail. L’éducation du
capital humain est composée de l’enseignement pré-universitaire et
universitaire ainsi que de la formation spécifique aux entrepreneurs.
Ainsi que la pertinence que prennent les universités en promouvant une
culture de respect de l’esprit d’entreprise, en jouant un rôle clé dans la
formation d’idées pour les nouvelles entreprises et en étant la source
d’employés pour les entreprises (Forum économique mondial, 2014)1.
Domaine des marchés
Le domaine des marchés est la représentation des clients qui sont prêts à
payer pour les produits et services des entreprises. Les écosystèmes
entrepreneuriaux avec des marchés accessibles qui peuvent être atteints sont
importants pour aider les entreprises à se développer au sein d’une région.
Un aspect essentiel à considérer est également le potentiel des clients. Les
composantes qui sont dans le domaine des marchés sont le marché intérieur
et étranger, les petites, moyennes et grandes entreprises en tant que clients,
ainsi que les achats du gouvernement.
1.5. Les paradigmes entrepreneuriaux
Quatre paradigmes pour cerner le domaine de recherche en entrepreneuriat ».
La recherche, la pratique et l’éducation sont servies par le mot paradigme. Le
caractère savant du terme le réserve néanmoins principalement à la recherche,
qui nous intéresse ici. Au sein de ce champ social, le consensus sur l’acception
à retenir du terme paradigme est difficile à obtenir. Tout au plus peut-on
tenter d’en proposer un sens relativement large : un paradigme est une
construction théorique faisant l’objet d’une adhésion d’une partie
suffisamment significative des chercheurs qui, au sein de la communauté
ainsi constituée, partagent le point de vue proposé par le paradigme. Par
construction théorique, on peut, dans un premier temps, entendre : concept,
modèle, théorie ou tout autre qualificatif résultant d’une intellectualisation
d’un objet ou d’une notion. L’utilité des paradigmes dans un domaine de
recherche tient en plusieurs points :
-Ils fédèrent et ancrent les réflexions dans une base d’interprétations partagées
au sein de la communauté réunie ;
-Ils déclenchent la discussion scientifique entre partisans du même paradigme
ou de paradigmes différents ;
-Ils jalonnent la construction théorique en permettant d’apprécier les
évolutions scientifiques ;
-Ils donnent du sens et de la cohérence.
Différence : Shopify et Spotify sont deux plateformes très différentes. Shopify
est une plateforme de commerce électronique qui permet aux utilisateurs de
créer leur propre boutique en ligne et de vendre des produits.
1World Economic Forum, Entrepreneurial Ecosystems Around the Globe and Early- Stage
Company Growth Dynamics, Geneva, Switzerland: World Economic Forum 2014.
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D’autre part, Spotify est une plateforme de streaming de musique qui permet
aux utilisateurs d’écouter de la musique en ligne. Il n’y a pas de lien direct
entre les deux plateformes.
Schéma de l’entrepreneuriat collectif
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L’entrepreneuriat social et l’entrepreneuriat collectif sont deux concepts
distincts. L’entrepreneuriat social est un modèle économique qui vise à
résoudre des problèmes sociaux en utilisant des méthodes entrepreneuriales.
Les entrepreneurs sociaux cherchent à créer des entreprises qui ont un impact
social positif, tout en étant financièrement viables. Les entreprises sociales
peuvent être à but lucratif ou non lucratif, mais leur objectif principal est de
résoudre des problèmes sociaux.
D’autre part, l’entrepreneuriat collectif est un modèle économique dans
lequel les travailleurs possèdent et contrôlent leur entreprise. Les entreprises
collectives sont souvent créées pour répondre à des besoins économiques ou
sociaux non satisfaits dans une communauté. Les travailleurs d’une entreprise
collective ont un pouvoir égal dans la prise de décision et partagent les
bénéfices de l’entreprise.
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Chapitre 2 : Principes, finalités et modèles fondamentaux de
l'entrepreneuriat social et collectif
2.1. Entrepreneuriat social : principes, exemples et avantages
L’entrepreneuriat social est un concept vaste qui peut inclure à la fois des
organisations à but non lucratif et des entreprises à but lucratif. Les
entreprises sociales sont des entreprises à finalité sociale ou environnementale
et à lucrativité limitée. Elles se concentrent sur l’intérêt général, et non sur le
profit financier. Les principes de l’entrepreneuriat social sont de nature
sociale, sociétale ou environnementale. Les finalités de l’entrepreneuriat social
sont le service de l’intérêt général. Les modèles fondamentaux de
l’entrepreneuriat social et collectif sont la viabilité économique, la gouvernance
démocratique, la limitation de la redistribution des bénéfices, la tension
salariale limitée et les processus de décisions démocratiques.
Certaines personnes créent des entreprises pour améliorer leur qualité de vie.
D’autres souhaitent travailler pour leur propre compte. Et il y a ceux qui
découvrent une opportunité dans un marché et qui ne peuvent s’empêcher de
la saisir. Mais parfois, le désir de s’appuyer sur l’entrepreneuriat pour créer un
changement positif enflamme le désir entrepreneurial chez certains.
C’est ce qu’on appelle « l’entrepreneuriat social », et il s’agit d’une façon
d’approcher le monde des affaires qui gagne en popularité à mesure que la
mondialisation mène vers des conversations mondiales sur la durabilité et le
développement international. C’est ce qui amène également plus de gens à se
demander : « Que puis-je faire pour le monde aujourd’hui ? »
L’entrepreneuriat social consiste à créer des entreprises qui poursuivent une
mission, qui consacrent une partie ou même la totalité de leurs revenus au
soutien d’une cause, et qui fournissent à leurs clients une raison légitime
d’acheter chaque produit ou service.
1. Qu’est-ce que l’entrepreneuriat social ?
On devient entrepreneur social lorsqu’on démarre une entreprise pour une
cause philanthropique. L’entrepreneuriat social, aussi appelé « entrepreneuriat
altruiste », est un concept vaste qui peut inclure à la fois des organisations à
but non lucratif comme Médecins Sans Frontières, qui dépendent presque
exclusivement de dons et de subventions, ainsi que des entreprises à but
lucratif, comme Tesla, qui réalisent des bénéfices en commercialisant leurs
technologies et produits énergétiques tout en soutenant l’environnement.
L’entrepreneuriat social peut également inclure l’exploitation de magasins
physiques et de boutiques en ligne. Les entrepreneurs sociaux sont des
innovateurs qui créent des entreprises et des organisations qui s’engagent à
donner en retour pour aider les gens et la planète.
Qu’est-ce qu’une entreprise sociale ?
Une entreprise sociale est un modèle d’entreprise où le succès et les
indicateurs de performance ne concernent pas seulement les bénéfices. À la
place, les entreprises sociales mesurent généralement le succès sur la base de
3 indicateurs :
•Impact humain. L’impact humain de votre entreprise sociale et sa capacité à
stimuler le changement social de façon constructive, en améliorant le niveau
de vie et en contribuant au développement d’une communauté de façon
durable.
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•Impact sur la planète. L’impact environnemental de votre entreprise sociale.
La façon dont votre entreprise contribue à créer une planète plus saine ou à
réduire son empreinte carbone (émissions de CO2) et celle de ses clients.
•Profit. Comme toutes les autres entreprises, les entreprises sociales doivent
générer des revenus pour être opérationnelles, rémunérer le personnel, et se
développer en tant qu’organisations.
L’entrepreneuriat social consiste à exploiter le commerce pour une bonne
cause.
Quels sont les différents types d’entrepreneuriat social ?
L’entrepreneuriat social peut se manifester sous différentes formes :
•Organisations à but non lucratif. Une entité non commerciale exonérée
d’impôts qui réinvestit les fonds excédentaires dans sa mission.
•Coopératives. Une organisation gérée par ses membres dans le but de servir
ses membres. Par exemple, les banques coopératives et les épiceries
communautaires.
•Entreprises à vocation sociale. Ces entreprises sont créées dans le but de
soutenir une mission sociale.
•Entreprises d’insertion. Les entreprises d’insertion emploient les personnes
d’une communauté qui sont dans une situation précaire et qui ont besoin
d’emplois.
•Entreprises socialement responsables. Ces entreprises soutiennent des
missions sociales dans le cadre de leurs opérations commerciales
quotidiennes.
•Entreprises à but lucratif. Probablement la catégorie la plus large. Il s’agit
d’entreprises à but lucratif, qui se différencient en réalisant des dons, en
sensibilisant les gens, ou en soutenant d’autres causes.
L’entrepreneur social gagne-t-il de l’argent ?
Pour répondre brièvement, cela dépend. Dans de nombreux cas, l’entrepreneur
social gagne aussi de l’argent. Il est la preuve vivante qui démontre que vous
pouvez réussir en tant que propriétaire d’entreprise tout en créant un impact
positif dans le monde. Cela dit, dans d’autres cas, l’entrepreneur social choisit
de ne pas s’attribuer les bénéfices réalisés par son organisation.
Mais bien qu’il soit facile de calculer le profit réalisé par une entreprise sociale,
le défi reste d’évaluer l’impact sur les gens ou la planète et de le communiquer
au reste des intéressés.
Les entrepreneurs sociaux adoptent un modèle d’entreprise qui place leur
mission au centre de leur activité, et ils sont tenus d’atteindre l’impact positif
qu’ils ont promis aux associés et aux clients.
Devenir entrepreneur social : les avantages
Pour les consommateurs et les entreprises d’aujourd’hui, la responsabilité
sociale devient une priorité à mesure que les préoccupations concernant le
changement climatique, le développement international, et la chaine logistique
deviennent des sujets de plus en importants dans les discussions
internationales.
Dans un sondage mené par Cone Communications, 87 % des personnes
interrogées ont déclaré qu’elles achèteraient un produit auprès d’une
entreprise qui soutient une cause qui leur tient à cœur. Cela reflète un
changement d’attitude chez les consommateurs qui accordent désormais plus
d’attention à l’impact de leurs décisions d’achat.
16
En résumé, l’entrepreneuriat social se concentre sur la résolution de
problèmes sociaux, tandis que l’entrepreneuriat collectif se concentre sur la
propriété et le contrôle des travailleurs sur leur entreprise. Les deux modèles
économiques ont des objectifs différents, mais ils peuvent tous deux avoir un
impact positif sur la société. L’entrepreneuriat collectif est une façon différente
de se lancer en affaires qui consiste à s’associer avec d’autres personnes pour
exercer des activités économiques à des fins sociales.
Les entreprises collectives, aussi appelées entreprises d’économie sociale,
vendent ou échangent des biens et services pour répondre aux besoins de
leurs membres ou des communautés qui les accueillent. Elles sont exploitées
par une coopérative, une mutuelle ou un organisme à but non lucratif. Comme
l’entreprise traditionnelle, une entreprise collective aspire à la viabilité
financière. Elle se distingue par des principes et des règles de fonctionnement
qui sont propres à son statut, telle la gouvernance démocratique 1. En d’autres
termes, l’objectif principal d’une entreprise collective est de répondre aux
besoins sociaux plutôt que de maximiser les profits. Cependant, cela ne
signifie pas que les entreprises collectives ne peuvent pas poursuivre un but
lucratif. Elles peuvent générer des profits, mais ces profits sont réinvestis dans
l’entreprise pour améliorer les conditions de travail, les salaires, les avantages
sociaux, les services offerts ou pour financer de nouveaux projets 2. J’espère
que cela répond à votre question.
Les entreprises sont ainsi forcées de respecter des standards plus élevés qui
sont définis par le niveau de sensibilisation croissant des consommateurs.
Même si les entreprises sociales, par définition, doivent consacrer une partie
de leurs bénéfices aux initiatives qui permettent d’atteindre l’impact souhaité,
elles jouissent de plusieurs avantages qui les aident à réussir :
•Branding propulsé par la mission. Une histoire d’entreprise centrée sur une
bonne cause permet à chaque consommateur d’être plus satisfait de chaque
achat.
•Opportunités de partenariat. Une entreprise sociale, grâce à ses motivations
nobles, est mieux placée pour collaborer avec d’autres organisations à but non
lucratif ainsi que des entreprises à but lucratif pour exploiter des audiences
existantes et des réputations établies, et ainsi créer une présence dans son
marché. Les dons en nature et les remises sont des avantages dont les
entreprises sociales profitent régulièrement.
•Couverture média. Les publications et les blogs cherchent à couvrir les
innovations sociales ainsi que les catalyseurs de changement et leur vision,
aidant ainsi les entreprises sociales à promouvoir leurs efforts et à partager
leur impact.
•Certifications et systèmes de soutien. Les entreprises sociales sont
fréquemment considérées pour l’obtention de subventions et pour
l’investissement à impact social axé sur la création d’emplois et la durabilité.
Elles peuvent également obtenir des certifications spéciales qui attestent de
leur crédibilité et de leur transparence, leur permettant ainsi d’attirer des
clients, des employés, des bénévoles, et des investisseurs plus facilement.
Dans le cadre de ce guide, nous allons aborder les éléments qui sont
nécessaires pour créer une entreprise sociale durable à but lucratif. Comme
pour le démarrage de toute activité classique, la première étape consiste à
identifier les idées commerciales à poursuivre et ce que l’entreprise va vendre.
17
2. Trouver un produit à vendre et une mission à mener
Même si la mission est la pièce maitresse pour les entrepreneurs sociaux, il ne
faut pas négliger l’importance du choix des bons produits à fabriquer et à
vendre. En fin de compte, l’entreprise sociale à but lucratif doit générer des
revenus pour subsister, comme toute autre entreprise classique.
Mais on remarque que chez les entreprises sociales qui réussissent, un
excellent alignement est défini entre la mission, et ce qui est commercialisé.
Ces entreprises parviennent à définir une « adéquation produit-mission »
optimale. Exemples d’entreprises sociales-responsables
Bbamboo
Bbamboo est une boutique Shopify écoresponsable qui vend des produits
fabriqués à base de bambou de façon individuelle et par abonnement : brosses
à dents, fil dentaire, dentifrice, et cotons-tiges. Bbamboo a pour mission
principale de remplacer les brosses à dents en plastique par des brosses à
dents à base de bambou biodégradables, et donc bénéfiques pour
l’environnement. Cette entreprise vise également à atténuer les effets de la
déforestation en contribuant à planter plus d’arbres dans le monde. Sa devise
actuelle : « 1 brosse à dents vendue = un arbre planté ».
Boutique Binetna
Boutique Binetna est une boutique en ligne Shopify basée à Montréal qui met
en avant les produits fabriqués par des artisanes originaires de l’Afrique du
Nord et du Moyen-Orient, ainsi que les histoires qu’elles ont vécues.
18
Cette entreprise sociale soutient les entrepreneuses de la région MENA en
mettant en avant leurs créations et leurs pièces non seulement sur sa
boutique en ligne, mais également à travers l’organisation d’évènements
physiques.
Un blog centré sur la culture MENA sert à promouvoir la mission de
l’entreprise à travers le marketing de contenu. On y trouve des recettes
typiques des cultures des pays de la région MENA et des interviews des
artisanes, entre autres. la mission de l’entreprise. Boutique Binetna est
également apparue sur plusieurs publications.
The ExtraSmile est une boutique Shopify de mode éthique pour enfants. Sa
mission est particulièrement bien définie, puisqu’elle consiste à dessiner un
sourire sur le visage de toutes les personnes qui entrent en contact avec les
vêtements de la marque tout le long de la chaine logistique, du processus de
fabrication, et de la durée de vie du vêtement.
The ExtraSmile utilise des matières biologiques pour la fabrication de ses
vêtements et collabore avec des producteurs socialement responsables.
Définir votre mission et illustrer votre impact
La mission d’une entreprise sociale est un avantage concurrentiel qui peut
l’aider à se démarquer dans un marché saturé — si elle parvient à
communiquer ses motivations et l’impact qu'elle peut avoir.
De nombreuses entreprises sociales adoptent un modèle dans le cadre duquel
elles reversent une partie des bénéfices pour soutenir une cause. Mais ce n’est
pas le seul moyen de positionner votre organisation en tant qu’entreprise
sociale. « Il ne s’agit pas seulement de dire que vous menez une mission en
tant qu’organisation, et que X % de vos ventes sont versés aux organisations à
but non lucratif Y et Z. Il faut plus d’authenticité et de substance que cela. »
Il existe également des entreprises sociales qui se concentrent sur les objectifs
suivants :
•Créer des emplois au sein des communautés dont elles se soucient. Par
exemple, pour contribuer à la réinsertion de jeunes au passé problématique,
ou pour externaliser de façon éthique la production dans des communautés où
les gens ont besoin d’un travail équitable et de possibilités d’évolution de
carrière.
•Réduire leur empreinte carbone en plantant des arbres ou en prenant des
initiatives pour réduire les émissions de carbone tout au long de leur chaine
logistique, en éduquant les clients sur le sujet.
•Organiser des ateliers et mener des initiatives de développement
humain pour enseigner des compétences et permettre aux personnes
défavorisées de bâtir une vie meilleure pour eux-mêmes et leurs
communautés.
•Défendre la diversité et l’inclusion au nom des minorités et se
transformer en une source d’inspiration, comme l’entreprise sociale GoldieBlox
qui fabrique des jouets pour familiariser les jeunes filles aux principes de
l’ingénierie. Un impact durable et de la transparence sont des ingrédients essentiels au
succès à long terme d’une entreprise sociale. Et ces éléments sont plus faciles à rassembler si
vous soutenez une cause qui vous tient à cœur, et que votre progression est mesurable.
« L’intégrité consiste à suivre les bonnes actions, même quand personne ne
regarde ».
19
La transparence consiste à démontrer de façon palpable votre intégrité, à
mener votre mission, et à tenir les promesses faites aux gens qui la
soutiennent.
En fonction de votre mission, vous pourriez directement mettre en œuvre vos
plans d’action pour le changement en tant qu’entrepreneur social et étendre
vos contributions à mesure que votre organisation se développe. Si vous
choisissez cependant de vous associer à des organisations à but non lucratif
pour déployer le composant « social » de votre entreprise sociale (comme
beaucoup le font), assurez-vous de bien vous documenter avant la prise de
contact. Posez-vous les questions suivantes :
•Qui va profiter de mes contributions ?
•Comment mes contributions seront-elles réellement utilisées et quels sont les
couts d’exploitation de l’organisation avec laquelle vous comptez vous
associer ?
•Comment l’organisation mesure-t-elle son succès ?
•L’impact de l’organisation sera-t-il durable ; où aura-t-il un mauvais effet à
long terme ?
•Cette organisation non lucrative possède-t-elle une réputation éthique ?
Vous devrez intégrer les réponses à ces questions dans l’histoire de création de
votre entreprise, et probablement les réutiliser dans votre pitch d’ascenseur,
votre page À Propos, vos campagnes de RP (Relations Publiques), et ainsi de
suite. Affinez donc votre histoire en pensant à votre mission et à votre plan
d’action pour créer le changement.
3. Financer votre entreprise sociale
Les entreprises sociales sont liées de façon irréversible à la cause à la cause
qu’elles soutiennent, ce qui signifie qu’elles doivent systématiquement mettre
de côté une partie des revenus pour investir dans un impact croissant.
Les entrepreneurs sociaux doivent faire preuve de créativité lorsqu’il s’agit de
choisir une stratégie de levée de fonds, et le crowdfunding reste toujours une
option populaire. Les plateformes de crowdfunding comme Kickstarter vous
aident non seulement à faire décoller votre projet, mais également à exposer
votre mission à une communauté qui existe essentiellement pour soutenir des
projets innovants et des causes nobles. Les campagnes Kickstarter de
certaines startups sociales dépassent même largement leur objectif de
financement et finissent par décoller grâce à cet investissement initial.
Il existe également toujours plus de subventions auxquelles peuvent prétendre
les entreprises sociales qui répondent à des exigences bien précises, ainsi que
la tendance de « l’investissement d’impact », dans le cadre duquel les résultats
du retour sur investissement escompté englobent l’impact social et
environnemental en plus des recettes financières.
4. Promouvoir votre mission
L’efficacité des stratégies marketing peut varier d’une entreprise à l’autre. Mais
le besoin de transparence et les motivations nobles qui sont mis en avant par
les entreprises sociales rendent certaines stratégies marketing
particulièrement efficaces pour promouvoir une cause.
Après tout, il faut également promouvoir votre mission, pas seulement votre
entreprise.
20
Marketing de contenu
Internet et les médias digitaux ont amélioré plus que jamais la portée du
storytelling. Des vidéos filmées à des fins de sensibilisation, aux photos
partagées sur les réseaux sociaux, les entreprises sociales peuvent exploiter le
contenu pour partager des histoires réelles de l’impact qu’elles créent, et
fournir la preuve que l’achat de chaque client contribue à créer un monde
meilleur. Visitez la communauté que vous souhaitez aider et filmez un court
documentaire. Ou créez une infographie riche en statistiques qui illustre votre
impact et qui explique pourquoi votre vision du changement est nécessaire.
L’entreprise sociale peut profiter de nombreuses opportunités pour diffuser sa
mission et raconter ses histoires par le biais du contenu.
Évènements
Étant donné que les organisations à but non lucratif organisent souvent des
évènements de collecte de fonds, en tant qu’entreprise sociale, vous pouvez
vous associer avec ces organisations ou les parrainer si les causes qu’elles
soutiennent sont liées à votre mission.
L’investissement lié à de telles initiatives serait considéré comme une dépense
purement marketing dans une entreprise classique. Mais dans une entreprise
sociale, ces dépenses peuvent aussi être considérées comme un investissement
dans la cause qu’elles soutiennent.
RP (Relations publiques)
Avec une histoire inspirante et un argumentaire bien travaillé, une entreprise
sociale peut obtenir des mentions média de la part de blogueurs et de
publications, qui sont constamment à la recherche de faits intéressants à
couvrir. Puisqu’il y a une mission qui propulse votre entreprise sociale, votre
histoire sera systématiquement plus intéressante que celle de la création d’une
entreprise lambda.
Réseaux sociaux
Les gens peuvent soutenir votre entreprise autrement qu’en achetant. Ils
peuvent faire parler leurs voix en ligne à votre avantage, également.
Selon une étude réalisée par CoSchedule, portant sur les raisons pour
lesquelles les gens partagent des publications en ligne, 86 % des participants
ont affirmé utiliser les réseaux sociaux pour soutenir des causes ou des
problèmes qui leur tiennent à cœur. Tant que vous intégrez votre mission à
votre marketing, vous pouvez compter sur votre audience pour diffuser le
message.
5. La montée en popularité de l’entrepreneuriat social
L’entrepreneuriat social n’est pas la seule façon de combiner le profit financier
avec un impact social positif et durable. De nombreuses entreprises typiques
prennent désormais conscience qu’elles contrôlent leur responsabilité sociale
et qu’elles devraient s’engager à créer un monde meilleur.
Quelle que soit la philosophie adoptée, toute entreprise doit
successivement franchir quatre étapes dans la planification de ses
activités :
. Définir sa mission.
. Identifier ses domaines d’activité stratégiques.
. Répartir les ressources entre les différents domaines.
. Planifier les nouveaux domaines dans lesquels investir.
21
2.2. L’entreprise et son environnement
2.2.1. Définition de l’environnement de l’entreprise
C’est l’ensemble des facteurs extérieurs à l’entreprise et qui ont une influence
sur elle. On distingue :
- le macro-environnement : environnement général de l’entreprise qui intègre
les aspects sociologiques, économiques, juridiques, techniques … tant
nationaux qu’internationaux.
- le micro-environnement : environnement spécifique de l’entreprise
constitué de ses clients, de ses fournisseurs, de ses sous-traitants, de ses
concurrents…
2.2.2. Le macro-environnement de l’entreprise
Il existe de nombreux facteurs clés de cet environnement qui ont des
conséquences pour l’entreprise. Celle-ci doit les connaître pour agir
efficacement. Par exemple, une entreprise qui décide de lancer un nouveau
produit doit savoir que la demande future est fonction de multiples facteurs.
Démographiques Culturels Juridiques Economiques Technologiques
Structure par âge, État et Règlement, Croissance économique, État et évolution
natalité, mortalité, évolution interdiction, niveau vente, conditions des
projection future des valeurs conditions de l’Etat économiques de garantie, connaissances de,
de la pyramide des et des (impôt, taux évolution des nouveaux l’innovation.
âges… croyances, d’intérêt…) produits, prix, politique
d’éducation… internationale de diffusion
2.2.3. Le micro-environnement de l’entreprise
Le micro-environnement de l’entreprise est constitué par ses partenaires sur le
marché. L’entreprise désirant connaître son environnement spécifique doit
apprécier les différents aspects le concernant. Cette étude de l’environnement
spécifique constitue le contenu essentiel des études de marché réalisées par
les entreprises.
Les clients Les fournisseurs Les concurrents
- Identifier les besoins - Déterminer leur nombre -Déterminer les concurrents directs
- Déterminer leur - Evaluer leur taille et (biens similaires) et les concurrents
nombre leur pouvoir indirects (biens de substitution)
- Evaluer leurs forces et -Apprécier les -Apprécier leur force et leur pouvoir
leur pouvoir fournisseurs qui -Envisager les évolutions en termes de
- Envisager les évolutions disposent d’un rapport de force
monopole… -Déterminer s’il est difficile d’entrer
- Envisager les évolutions dans le secteur (barrières à l’entrée)
ou d’en sortir (barrières à la sortie)
2.3. : L’entrepreneur
2.3.1. Définition
Aujourd’hui, le Petit Larousse Illustré donne les définitions du mot «
entrepreneur » :
La première définition fait référence à l’acte d’entreprendre : « est
entrepreneur » celui qui entreprend quelque chose.
La seconde voit dans l’entrepreneur comme « une personne qui se charge de
l’exécution d’un travail ». Ou encore personne qui dans un contrat d’entreprise
s’engage à effectuer un travail pour le maître de l’ouvrage.
22
La troisième, dans une perspective économique, est entrepreneur « toute
personne qui dirige une entreprise pour son propre compte, et qui met en
œuvre les divers facteurs de production (agents naturels, capital, travail), en
vue de vendre des produits ou des services ». Ou le chef d’entreprise.
2.3.2. Typologie des entrepreneurs orientés vers l’action
Profil PIC : Pérennité, Indépendance et croissance
Profil CAP : Croissance, Autonomie et Pérennité.
2.3.3. Principales caractéristiques entrepreneuriales
• Désir d’accomplissement
• Recherche du pouvoir
• L’autonomie
• La confiance en soi
• Haut niveau d’énergie et de dynamisme
• Persévérance malgré les obstacles
• Tolérance au stress
• Capable de faire face à la concurrence
• Personne orientée vers l’action
• Innovateur
• Capacité de concevoir des projets, de conceptualiser et de se projeter dans
l’avenir.
2.3.4. Choix de l’idée de projet
Généralement la recherche de l’idée d’un produit ou d’un service servant à la
création d’une entreprise, peut se faire dans trois directions : la vie
quotidienne, la vie économique ou la vie professionnelle.
- La vie quotidienne : en observant son quotidien, on peut facilement trouver
l’idée du projet qu’on veut mettre en place. Ainsi, on peut identifier certains
besoins pouvant être satisfaits par la mise en place de produits ou services
non commercialisés, ou copier une idée réussie et qui a été réalisée par un
ami, un voisin ou un parent.
- La vie économique : la consultation des revues et magazines nationales et
internationales peut constituer une source d’idées pour des opportunités
nouvelles. Ainsi des idées pouvant être transposées d’un pays à un autre, en
l’état ou adaptées, en fonction du contexte de ce pays.
- La vie professionnelle : présente la troisième source possible d’identification
des idées entrepreneuriales puisque l’observation de son milieu professionnel
peut permettre de découvrir des produits ou services complémentaires à ceux
commercialisés par son patron. De même, on peut trouver une idée d’un projet
entrepreneurial en empruntant les quatre voies suivantes :
1. La commercialisation d’un produit ou service existant déjà sur le marché.
2. La mise en place d’un nouveau produit ou d’un nouveau service.
3. L’acquisition d’une franchise.
4. La reprise d’une entreprise.
Le tableau ci-après expose les avantages et les inconvénients de chaque
option.
23
Option Avantages Inconvénients
Commercialisation -Disponibilité des statisti- - Risque d’être copié.
d’un produit ou ques sur le produit/service - Risque de saturation du marché.
service existant -Possibilité d’amélioration
déjà sur le marché de l’existant.
Mise au point d’un - Bénéfice de la nouveauté. - Possibilité d’une mauvaise réaction
nouveau produit ou - Coût peu élevé. du marché. - Absence de données
service chiffrées sur le produit ou le service.
Acquisition d’une - Avantage de l’expérience - Dépendance vis-à-vis du franchiseur
franchise et de la notoriété du (prix, approvisionnements…)
franchiseur. - Possibilité du rejet de la franchise
- Gain du temps. par le marché.
- Mise en place rapide. - Coûts élevés (droits d’entrée,
royalties, …)
Reprise d’une - Gain du temps. - Risque de changement des attitudes
entreprise - Activité déjà des partenaires (banquiers,
opérationnelle. fournisseurs, clients…).
- Possibilité d’héritage d’une mauvaise
marque.
2.3.5. Méthodologie de recherche et de validation d’idée de création
d’entreprises : Le processus de recherche d’idée comporte 4 étapes :
1 - Sélection d’un axe de recherche On peut s’inspirer :
• de son savoir-faire professionnel
• de sa personnalité
• des opportunités
• des problèmes rencontrés
2 - Recherche des idées On applique les techniques de créativité à l’axe de
recherche retenu :
a- Le brainstorming
Cette technique consiste à produire en groupe et spontanément le plus grand
nombre possible d'idées sur un sujet donné (5 participants au minimum et
idéalement 8-12) :
• sans retenue
• sans se soucier du réalisme des idées dans un premier temps ;
• en s'interdisant toute critique, toute justification.
b- La défectuologie
Cette technique consiste à :
• recenser tous les défauts, inconvénients ou faiblesses d'un produit ou d'un
service ;
• les classer en fonction de critères choisis ;
• rechercher des solutions d'amélioration ou de suppression de ces éléments
insatisfaisants.
c- L’espace de consommation : Pour trouver de nouvelles idées de produits
ou de services, on peut également utiliser un tableau intitulé "Espace de
consommation". Cet outil permet de définir un produit ou un service existant
et vendable selon tous ses critères commerciaux.
La modification d'un des paramètres peut alors donner naissance à :
• un produit nouveau ou à une activité nouvelle ;
• un produit ou un service modifié pour l'adapter à un autre Marché.
24
Cette technique ne peut s'utiliser qu'à partir d'une activité ou d'un produit
existant.
d- La différenciation
La différenciation apporte à un produit / service ou à une offre commerciale
un caractère apte à se distinguer nettement des offres concurrentes.
3- Sélection de certaines idées
La sélection de certaines idées se fait à travers une analyse objective et
subjective du réalisme des idées en tenant compte :
• des compétences indispensables
• des moyens financiers, humains et techniques
• du contexte juridique
• du temps disponible
4- Conclusion finale sur la validation de chaque idée retenue
Validation de l’idée.
2.4. L’environnement de l’entreprise et les outils d’analyse
C’est l’ensemble des facteurs extérieurs à l’entreprise et qui ont une influence
sur elle. On distingue :
- le macro-environnement : environnement général de l’entreprise qui intègre
les aspects sociologiques, économiques, juridiques, techniques … tant
nationaux qu’internationaux.
- le micro-environnement : environnement spécifique de l’entreprise
constitué de ses clients, de ses fournisseurs, de ses sous-traitants, de ses
concurrents…
Il existe de nombreux facteurs clés de cet environnement qui ont des
conséquences pour l’entreprise. Celle-ci doit les connaître pour agir
efficacement. Par exemple, une entreprise qui décide de lancer un nouveau
produit doit savoir que la demande future est fonction de multiples facteurs.
Démographiques Culturels Juridiques Economiques Technologiques
État et évolution
des
Croissance connaissances,
État et Règlement, économique, nouveaux
Structure par âge, évolution des interdiction, évolution des produits, diffusion
natalité, mortalité, valeurs et des conditions de prix, politiques internationale de
projection future de croyances, garantie, économiques de l’innovation.
la pyramide des niveau conditions de l’Etat (impôt,
âges… d’éducation… vente… taux d’intérêt…)
Ces facteurs de l’environnement se déclinent sur l’analyse PESTEL qui est une
méthode d’analyse stratégique du marché dans lequel se développe votre
entreprise. En tant qu’une aide mnémotechnique, PESTEL est un acronyme
qui signifie Politique, Economique, Sociale, Technologique, Environnementale
et Légal. La stratégie marketing comprend deux volets essentiels : les objectifs
stratégiques de l’entreprise et les moyens d’action. La fixation des objectifs à
moyen ou à long terme se fait à l’issue des résultats du diagnostic
stratégique réalisé préalablement par l’entreprise.
Le second élément d’une stratégie marketing concerne les moyens d’action.
Ils sont appelés également, le marketing mix ou le marketing opérationnel.
C’est la mise en œuvre de la stratégie marketing de l’entreprise. Pour réaliser
un diagnostic stratégique de l’activité globale, les organisations font recours à
25
plusieurs outils. Parmi eux, on trouve notamment, le modèle SWOT, l’analyse
PESTEL ou encore le modèle des 5+1 forces concurrentielles de Michael Porter.
L’analyse PESTEL est un outil pour les analyses externes et les analyses de
forces et faiblesses (comme la matrice SWOT). Il s’agit d’un outil utile pour
les professionnels et les étudiants qui effectuent un travail de recherche.
Source : Marketing1
1MBAYO Dieudonné, Cours inédit de marketing commercial international, Master2 ECOPO,
Lubumbashi 2023, P.23
26
Chapitre 3 : ENTREPRENEURIAT ET ETUDE DU MARCHE ECTIF
3.1. Entrepreneur : pourquoi et comment faire une étude de marché ?
Faire une étude de marché est une étape essentielle avant de se lancer dans la
création d'une entreprise. L'entrepreneur peut ainsi s'assurer de la viabilité et
de la rentabilité de son projet. Voici comment procéder !
Qui va loin ménage sa monture. Dans le monde des affaires, cette célèbre
citation est un axiome sacro-saint. En effet, c’est une règle d’or que
l’entrepreneur prospecte le marché qu’il souhaite explorer avant de donner
corps à son projet. L’étude du marché est donc un préalable nécessaire qui
détermine le sérieux et les perspectives du projet de l’entrepreneur. Amer
constat, la plupart des entrepreneurs relèguent l’analyse du marché au second
rang. D’une part, cette négligence pourrait s’expliquer par la méconnaissance
de la nécessité de faire son étude de marché. D’autre part, la majorité des
nouveaux entrepreneurs ignorent comment s’y prendre pour réussir l’analyse
du marché. Il sied ici d’expliquer les enjeux que revêtent la réalisation d’une
étude de marché et les techniques pour réussir l’étude de marché de votre
projet d’entreprise.
3.1.1. L’importance de l’étude de marché dans la mise en œuvre du projet
d’entreprise
Aviez-vous des idées ou des plans de création d’une entreprise ? Si oui,
félicitations ! Se lancer dans l’entrepreneuriat est l’aventure professionnelle la
plus enthousiasmante. Avec la libéralisation du commerce international, de
nombreuses opportunités de faire du business s’offrent à vous. Les entreprises
fleurissent et réalisent des chiffres d’affaires colossaux. Dans ce lot, les jeunes
entrepreneurs doivent trouver la bonne idée pour se démarquer. Mais avant de
foncer tête baissée dans la mêlée, faire une étude de marché est nécessaire
pour conforter ses intuitions de manière chiffrée.
De façon générale, faire une étude de marché permet à
l’entrepreneur d’évaluer les chances de réussite de son projet. L’analyse de
marché sert ainsi de boussole à l’entrepreneur. Elle permet notamment de
déterminer l’existence de la clientèle sur le marché, ainsi que sa taille. Dans
un projet d’entreprise, le but est de vendre des produits ou des services. Ces
produits et services sont destinés à une cible donnée. C’est l’analyse du
marché que vous souhaitez conquérir qui vous fournira toutes les
informations sur votre clientèle. Une étude de marché bien réalisé vous
permettra de savoir si vos produits trouveront des preneurs sur le marché.
Ainsi, vous vous épargnez le risque de naviguer à vue et d’investir sans retour.
De même, la réalisation de l’étude du marché va permettre à l’entrepreneur
d’affiner le type du produit qui attise le plus l’intérêt des clients à un moment
donné. Il ne sert à rien de proposer des produits auxquels les clients ne
s’identifient pas, l’étude du marché détermine le besoin exact de la clientèle.
Par l’analyse du marché, on détermine ses principaux concurrents, ainsi que
le prix adapté pour commercialiser les produits. L’étude du marché est donc
un atout précieux dans la conduite de votre stratégie marketing.
Comment effectuer une étude de marché ?
Les étapes d’une étude de marché sont nombreuses. Suivez rigoureusement
chaque étape, afin d’aboutir à une analyse de marché réussie. Vous pouvez
vous aidez d’outils de mind mapping pour structurer vos idées et gagner du
temps à chaque étape.
27
La détermination du marché visé par le projet d’entreprise
Pour démarrer, l’entrepreneur doit déterminer clairement le marché sur
lequel il envisage de mener ses activités. Ainsi, le porteur du projet doit se
poser les questions suivantes :
1. Quel est le marché le plus adapté à mon entreprise ?
2. Quelles sont la taille du marché et sa densité ?
3. Quelles sont les zones du marché au sein desquelles mes efforts seront
concentrés ?
4. Quelles sont les personnes qui constitueront la clientèle de mon
entreprise ?
5. Quelles sont les statistiques globales de l’évolution du marché ?
Après cette phase importante, vous devrez identifier les entreprises du
marché qui pourraient vous concurrencer. Il s’agira d’énumérer les sociétés
qui proposent les mêmes produits ou services, autrement dit, connaître
ses futurs concurrents. Aussi, faites une projection sur celles qui pourraient
effectuer leur entrée sur le marché. Tout ceci vous permet d’identifier
clairement vos concurrents directs et indirects.
Analysez la demande du marché
À l’image du trading boursier, un marché commercial ou d’affaire, c’est une
zone d’offre et de demande. Le business est concrétisé par la rencontre de
l’offre et de la demande. Sur le marché, l’offre est faite par les entreprises.
L’examen de la demande cherche à déterminer la quantité des demandes
émises par les consommateurs. Ainsi, la détermination du nombre des
clients qui fréquentent le marché et la quantité de leurs besoins sont un
aspect important.
L’autre aspect qu’il faut étudier au niveau de cette étape, c’est
le comportement des clients sur le marché. Pour ce fait, vous devrez trouver
des réponses pertinentes à ces questions :
1. Quand est-ce que les clients se procurent les produits et services que
commercialise votre entreprise sur le marché ?
2. Où est-ce que les clients achètent ces produits sur le marché ?
3. Dans quel but les clients achètent-ils le produit ?
4. Les clients sont-ils satisfaits de la qualité et du prix des produits ou
services ?
Analysez l’offre disponible sur le marché
Après l’étude profonde de la demande, intéressez-vous à l’offre disponible sur
le marché. Faire une étude de marché nécessite la prise en compte de ce
point. L’analyse du marché accorde une grande place à l’offre qui existe déjà
sur le marché. Ceci permet de connaître les forces et faiblesses de vos
principaux concurrents. Ainsi, réalisez une étude qui expose l’évolution de
l’offre au sein du marché. Utilisez un tableur pour faire une liste complète
des produits et/ou services proposés et des entreprises qui les proposent.
Après ce travail préalable, attaquez-vous à l’aspect fondamental : la nature
des offres de vos principaux concurrents sur le marché. Pour réussir cette
analyse, vous devrez vous poser ces questions standards :
1. Quelles sont les dénominations des entreprises concurrentes ?
2. Où sont basées ces différentes entreprises sur le marché ?
3. Quels sont les produits proposés et à quels prix les vendent-ils ?
4. Quelles sont les stratégies de marketing de vos concurrents ?
28
5. Globalement quelle est leur longueur d’avance sur votre entreprise ?
6. Sur le marché, de quelle influence jouissent-ils et quel est leur chiffre
d’affaires ?
7. Quels sont les avis des clients sur les services proposés par les
entreprises ?
Appréciez le climat des affaires du marché
Cette étape est très importante. Il s’agira d’apprécier le niveau d’organisation
du pays dans lequel se trouve le marché. Concrètement, vous aurez
plusieurs éléments à décortiquer. Les réponses aux questions ci-après vous
permettront d’aboutir sur la dernière phase de votre étude commerciale :
1. Sur le plan politique, le pays est-il stable ? N’y a-t-il pas des foyers
tensions ?
2. Quels sont le niveau de corruption et les garanties démocratiques ?
3. Quel est le revenu global de la population ?
4. La législation qui régit votre secteur, est-elle favorable ?
5. Qu’en est-il de la fiscalité et des impôts ?
La collecte des données
Pour la collecte des données de votre étude de marché, misez sur les
enquêtes et les sondages que vous effectuerez sur terrain. En outre, vous
pourrez profiter de l’expertise des personnes-ressources. De même, de
nombreuses entreprises offrent des formations en étude de marché.
Cette étude de marché sera ensuite un socle solide pour passer à l’étape
suivante et définir votre business plan !
3.1.2. Qu’est-ce que l’entrepreneuriat collectif?
Comme l’entreprise privée, une entreprise collective, aussi appelée entreprise
d’économie sociale, produit ou vend un bien ou un service et aspire à la
viabilité financière. Elle se distingue par son statut et les principes et règles de
fonctionnement qui accompagnent son statut.
Les entreprises collectives prennent la forme de coopératives, de mutuelles et
d’organismes à but non lucratif qui ont des activités marchandes.
Bref, pour être considérée comme une entreprise collective deux critères sont
requis :
Être une coopérative, un organisme à but non lucratif ou une mutuelle
Effectuer la vente de biens ou de services
L’entrepreneuriat collectif est une façon différente de se lancer en affaires qui
consiste à s’associer avec d’autres personnes pour exercer des activités
économiques à des fins sociales.
Les entreprises collectives, aussi appelées entreprises d’économie sociale,
vendent ou échangent des biens et services pour répondre aux besoins de
leurs membres ou des communautés qui les accueillent. Elles sont exploitées
par une coopérative, une mutuelle ou un organisme à but non lucratif.
Comme l’entreprise traditionnelle, une entreprise collective aspire à la viabilité
financière. Elle se distingue par des principes et des règles de fonctionnement
qui sont propres à son statut, telle la gouvernance démocratique.
Pour qui et pour quel projet?
L’entrepreneuriat collectif, c’est une façon différente de se lancer en affaires
pour les entrepreneurs animés par le désir d’avoir un impact social
concret dans leur milieu de vie et qui partagent des valeurs de démocratie,
d’équité et de solidarité.
29
L’entrepreneur collectif est un entrepreneur qui, pour
réaliser son projet, a décidé de s’associer avec d’autres, soit parce qu’ils ont
des besoins communs qu’ils veulent satisfaire, soit parce qu’ils partagent une
idée commune pour répondre à un besoin social exprimé par leur
communauté. Peu importe le secteur d’activité dans lequel le projet se situe, le
modèle de l’entrepreneuriat collectif convient. On trouve des entreprises
collectives dans tous les secteurs d’activités, du commerce de détail aux
nouvelles technologies.
C’est quoi au juste?
Comme l’entreprise privée, une entreprise collective, aussi appelée entreprise
d’économie sociale, produit ou vend un bien ou un service. Elle aspire à la
viabilité financière. Là où elle se distingue, c’est par son statut et les principes
et règles de fonctionnement qui accompagnent son statut.
Statuts
Les entreprises collectives prennent la forme de coopératives, de mutuelles et
d’organismes à but non lucratif qui ont des activités marchandes.
Mission sociale et l’humain avant le profit
La finalité de l’entreprise (ou sa raison d’être) n’est pas de
générer des profits ou d’enrichir des investisseurs, c’est avant tout de servir
ses membres ou la collectivité. Néanmoins, en tant qu’entreprise, elle a aussi
des objectifs économiques à satisfaire. Lorsqu’il y a des surplus, ils peuvent
être réinvestis dans l’entreprise (développement, création ou consolidation
d’emplois, amélioration des conditions de travail), ou dans la collectivité
(soutien à des projets du milieu ou à des causes sociales) ou versés en
ristournes dans le cas de certaines coopératives. Les surplus peuvent aussi
être gardés en réserve en prévision de dépenses à venir.
Décider démocratiquement
Les entreprises d’économie sociale intègrent un processus
de décision démocratique à l’intérieur duquel le principe général veut qu’une
personne = un vote. Donc, ce ne sont pas les plus riches, les détenteurs
d’actions ou les associés qui détiennent le pouvoir entre leurs mains, ce sont
les membres!
30
Autonomie de gestion
Elle jouit d’une autonomie de gestion face à l’État, ce qui
signifie qu’il ne peut le contrôler par son nombre de sièges. L’État et les élus
peuvent soutenir une entreprise d’économie sociale, mais celle-ci doit rester
autonome.
En cas de fermeture
L’entreprise collective, en cas de dissolution, doit
obligatoirement transférer ses biens à une organisation qui a une mission
semblable.
En résumé, les entreprises collectives ont toutes en commun de mettre leurs
profits au service de leur mission sociale. Elles sont gérées collectivement par
nous et pour nous. Elles sont donc non délocalisables, plus pérennes et plus
résilientes.
3.2. L’étude de marché
3.2.1. Définition
L’étude de marché est un travail de collecte et d’analyse d’information qui a
pour objectif d’identifier les caractéristiques d’un marché.
L’étude de marché permet de savoir si l’idée du projet est réalisable et si elle
est susceptible de faire la différence avec les concurrents.
L’étude de marché doit permettre de répondre aux questions suivantes : -
Quelle sera ma clientèle (taille, catégorie socio-professionnelle, âge) ?
- Comment mon entreprise peut-elle s’accaparer une part de marché ?
- Quels sont les atouts de mon produit ou de mon service ?
- Comment mon produit ou mon service va-t-il être commercialisé et sous
quelle forme ?
- Quelle est la réglementation du secteur, voire, du produit ou du service à
commercialiser ?
- Quels seront les concurrents actuels et futurs de mon produit ou de mon
service ?
- Quel sera le chiffre d’affaires escompté ?
- Quelle stratégie à mettre en place pour le réaliser ?
- Quels sont les moyens humains et matériels à mettre en œuvre pour réaliser
le chiffre d’affaires ?
31
Les principaux axes d’une étude de marché sont :
- l’environnement du produit ou du service ;
- le marché cible ;
- la concurrence ;
- les fournisseurs ;
- la segmentation et la stratégie marketing ;
- l’évaluation des prévisions de ventes.
a. L’environnement du produit ou du service Il s’agit de l’étude du secteur
du produit ou du service à produire ou à commercialiser. Cette étude permet
de connaître la réglementation de la profession et les tendances du marché.
b. Le marché cible La clientèle de l’entreprise doit être identifiée de manière
précise : individus, détaillants, collectivités, grossistes, industriels, etc.
Le rapport qualité/ prix doit être déterminé avec précision afin d’inciter les
clients à s’approprier du produit ou du service de l’entreprise.
Le marché cible ne doit pas dépendre d’un seul client mais comprendre une
variété de clients sinon le sort de l’entreprise sera entre ses mains (l’entreprise
sera la victime de ses caprices).
c. La concurrence
La connaissance approfondie des concurrents permet d’identifier :
- leurs forces et leurs faiblesses (capacité de production et de
commercialisation, modes de vente, caractéristiques de leurs produits…) ;
- leurs politiques de prix (politique de promotion de vente, prix pratiqués…) ;
- les conditions accordées aux clients (conditions de règlement, délais de
livraison, service après-vente…).
Il est possible de se procurer de ses informations auprès des chambres de
commerce, des associations professionnelles et auprès des concurrents eux-
mêmes, de leurs clients et de leurs fournisseurs.
d. Les fournisseurs Le choix des futurs fournisseurs de l’entreprise ne doit
pas se faire uniquement sur la base de leurs prix mais également sur la
qualité de leurs produits. Comme pour les clients, il ne faut jamais choisir un
seul fournisseur. Aussi, il faut sélectionner plusieurs fournisseurs en
s’assurant qu’ils vont soutenir l’entreprise dans les situations difficiles
(difficultés financières, commandes exceptionnelles,) et qu’ils vont respecter les
délais d’approvisionnements de l’entreprise.
3.2.2. Méthodologie de réalisation d’une étude de marché
Pour réaliser une étude de marché, On recourt aux trois outils suivants :
1. La recherche documentaire via les sources et canaux d‘informations :
contact direct, journaux et magazines, sites internet.
2. L’étude qualitative visant l’obtention d’informations de qualité sur un
secteur d’activité : entretiens semi-directs, focus group, …
3. Les études quantitatives pour mieux cibler les préférences d’un acteur du
marché, notamment les clients : sondage par questionnaire, test de
dégustation, marché témoin…
3.2.3. Principales sources d’informations pour la connaissance de
l’environnement et du secteur d’activité
-Les centres régionaux d’investissement (CRI)
-Les fédérations de métiers et ordres (FEC, divers ordres (architectes,
ingénieurs…)
-Les Banques (surtout celles disposant de bibliothèques ouvertes au public)
32
-Observatoires économiques
-Les chambres de commerce d’industrie et de services (CCIS) v Les foires et
salons professionnels
-La presse économique (l’économiste, la vie économique…)
-Les associations d’aide à la création d’entreprises.
3.2.4. L’élaboration d’une stratégie marketing
L’élaboration de la stratégie marketing se fait à partir de trois points :
• La segmentation du marché
• Le ciblage des segments du marché
• Le positionnement de l’entreprise
[Link]. La segmentation
L’analyse des informations en provenance du marché (identification des
clients, sélection des fournisseurs, étude des concurrents et de
l’environnement dans lequel va évoluer l’entreprise) va permettre de faire des
choix clairs en matière de segmentation et de composantes de la stratégie
marketing.
La segmentation consiste à identifier les segments de marché qui vont
permettre au porteur de projet de valoriser son opportunité. Pour segmenter le
marché, on peut utiliser des critères comme les catégories des clients, les
besoins, les technologies utilisables, les circuits de distribution. Pour chaque
segment de marché identifié, il faut déterminer son volume et sa taille.
[Link]. Le ciblage
Le ciblage se fait sur le plan quantitatif en précisant le nombre de clients
potentiels, et qualitatif en identifiant leurs besoins et leurs comportements.
Il faut cibler en priorité les segments qui ont le plus de potentiel de croissance
et dont les besoins demandent une offre de produits ou/et de services qui sont
au centre des compétences de l’équipe projet
Pour pouvoir sélectionner un ou plusieurs segments, le porteur de projet doit
pouvoir répondre à quatre questions :
1. Le volume de clients dans le ou les segments identifiés est-il suffisamment
important pour faire vivre l’entreprise ? Que représente-t-il en termes de CA
potentiel ?
2. Ces clients ont-ils un réel besoin à satisfaire ? Si oui, lequel ou lesquels ?
3. Le marché est-il assez mûr ? Y a-t-il un réel potentiel de développement ?
Quel pourrait être mon chiffre d'affaires demain ?
4. Ai-je les capacités financières, humaines, techniques et technologiques
pour répondre à leur(s) besoin(s) ?
[Link]. Le positionnement
Après avoir identifié et ciblé un ou plusieurs segments de clientèle, le créateur
doit clarifier sa position sur le marché. Le positionnement est la deuxième
étape dans l'élaboration de la stratégie marketing. Le positionnement traduit
en fait l'image qu'une entreprise veut donner d'elle-même à ses clients et à ses
concurrents. Il permet à l’entreprise de se différencier de ses concurrents.
Pour se positionner, il faut tenir compte du positionnement des concurrents et
des attentes et des besoins des clients.
3.3. Le marketing mix
Le mix marketing désigne la combinaison des paramètres déterminants de
l’offre. Ces paramètres sont au nombre de quatre : le produit, le prix, la
distribution (la vente) et la communication.
33
Les deux premiers (produit et prix) ont vocation à répondre aux besoins de la
demande. Plus simplement, il s'agit de l'offre faite par l'entreprise à ses clients.
Les deux autres (distribution et communication) ont pour objectifs d'accroître
les ventes et de faire connaître les produits ou services.
1- Le produit ou le service
Le produit (ou service) peut se définir de deux manières :
1. dans son approche traditionnelle : ce que l'on vend aux clients,
2. dans son approche commerciale : un moyen permettant de répondre aux
attentes et aux besoins des consommateurs.
2- Le prix de vente
Pour le client, le prix est perçu comme un moyen de différenciation entre
plusieurs entreprises proposant un produit similaire ou de même marque.
Pour l'entreprise, le prix permet de positionner le produit dans une gamme sur
le marché. Il est également l'un des premiers éléments qui permettra à
l'entreprise de mesurer l'adéquation (ou l'inadéquation) de sa politique
commerciale auprès de la clientèle. Les créateurs d'entreprise ont
généralement tendance à fixer leur prix en ne tenant compte que du seul coût
de revient (production, distribution…). Ceci s'explique par la facilité
d'utilisation de cette méthode.
Toutefois, il est important de rappeler que l'entreprise évolue sur un marché.
L’entrepreneur doit par conséquent tenir compte des prix de la concurrence et
de l'étude des attentes tarifaires de la clientèle.
Pour fixer le "juste prix", il est donc nécessaire de bien connaître sa clientèle,
ses concurrents et ses coûts.
3 méthodes pour la fixation du prix :
§ Selon les coûts de l’entreprise
§ Selon la concurrence
§ Selon la demande.
A- selon les coûts
Le prix de vente du produit doit permettre d’absorber tous les coûts et de
dégager une marge. Les coûts comprennent :
Des coûts directs (fixes ou variables)
- achat de marchandises et/ou de matières premières,
- rémunérations (salariés, entrepreneur), recours à des sous-traitants,
entretien du matériel et outillage, amortissement des machines, etc.
Des coûts indirects (fixes ou variables) - étude de marché, publicité,
commissions
- frais généraux et financiers (loyer, électricité, assurances), frais de recherche
et développement, etc.
B- selon la concurrence
C’est le cas d’un produit ou service très voisin de ce qui existe déjà sur le
marché. On peut adopter 3 attitudes :
Vendre au prix du marché : la percée sera difficile en absence de
positionnement § Vendre plus cher
Vendre moins cher
C- selon la demande
Dans le cas du lancement d’un produit nouveau, le promoteur doit tenir
compte du prix « psychologique » qui est indiqué par le client lorsqu’il est prêt
34
à acheter le produit ou à se procurer le service. Pour le fixer, on peut poser de
deux types de questions à des clients potentiels :
Au-dessus de quel prix pensez-vous que le produit ou le service serait trop
cher ?
Au-dessous de quel prix penseriez-vous que le produit est de qualité
médiocre ?
3- La distribution
La politique de distribution choisie par l'entreprise devra lui permettre de
mettre en place les meilleurs moyens d'acheminer ses produits et/ou services
à la clientèle, tout en facilitant et en optimisant les ventes. Pour prendre une
telle décision, il est nécessaire d'avoir une bonne connaissance :
1. des réseaux de distribution existants (et concurrents),
2. des moyens (financiers et humains) dont dispose l'entreprise,
3. de la typologie et des attentes de la clientèle.
4- La communication
L'objectif premier de la communication est de faire connaître ses produits et
son entreprise. La communication matérialise le positionnement de
l'entreprise, à savoir l'image que veut donner l'entreprise d'elle-même et de son
offre à ses concurrents, à ses clients et à ses partenaires. Ainsi, pour bien
communiquer il est nécessaire :
-de bâtir un message simple et clair, et de faire en sorte qu'il soit « répété »,
-de se fixer des objectifs précis et mesurables,
-de ne jamais donner d'informations erronées ou mensongères, et surtout,
-de choisir les bons supports de communication pour atteindre ses clients.
3.4. L’estimation du chiffre d’affaires et l’étude technique
1. L’estimation du chiffre d’affaires (CA)
L’évaluation des prévisions de ventes résulte de l’étude de marché.
A. La fixation du prix des produits et des services
La fixation du prix des produits et des services constitue un élément important
de la stratégie commerciale de l’entreprise et permet de déterminer les
prévisions de ventes. Le tableau ci-après illustre les prévisions de ventes en
volume/valeur sur trois ans.
Prévisions de ventes en volume/valeur sur 3 ans
Périodes Année 1 Année 2 Année 3
Q V Q V Q V
Segment
marché 1
Segment
marché 2
Segment
marché 3
Segment
marché n
Total
2. L’étude technique L’étude technique porte sur le matériel, le local et le
personnel.
4 types de moyens matériels :
35
1. Matériel d’exploitation : machines, équipements….
2. Mobilier de bureau : bureaux, fauteuils, armoires…
3. Matériel Informatique et télécoms : PC, imprimante, Fax, postes
téléphoniques…
4. Matériel de transport : voiture, …
La capacité de production prévisionnelle est une résultante de l'étude de
marché. Il faut être très prudent dans l'évaluation de cette capacité de
production : Il est plus facile d'accroître cette capacité au besoin, que de se
débarrasser d'un matériel de trop. Le coût du matériel en rapport avec sa
qualité et ses performances est également un critère d'une importance
particulière ;
Le coût d'un matériel n'est pas seulement son coût d'acquisition, mais
également celui de son entretien sur toute sa durée de vie : service après-
vente, disponibilité des pièces de rechange et délais nécessaires pour la remise
en marche en cas de panne.
B. Le local
L'emplacement géographique joue un rôle déterminant dans la réussite du
projet surtout pour les activités commerciales.
Être près de sa clientèle et de ses fournisseurs, se situer dans un endroit qui
connaît un trafic important, peuvent être les gages de réussite d'une affaire.
C. Les ressources humaines
Il faudra commencer par arrêter les besoins de l'entreprise en matière de
ressources humaines. La connaissance des différentes étapes des processus
d'approvisionnement, de stockage, de transformation et de commercialisation
permettra d'énumérer les postes de travail à mettre en place dans l'entreprise.
L'effectif du personnel administratif sera quant à lui, déterminé en fonction
des différentes tâches à effectuer : comptabilité, informatique, maintenance,
secrétariat, etc.
3.5. L’étude financière
L’étude financière consiste de traduire en termes financiers tous les éléments
réunis dans l’étude de marché et technique. Elle permet d’établir le plan
d’investissement, le plan de financement, le détail des crédits, le compte des
produits et charges (CPC), le plan de trésorerie, le besoin en fonds de
roulement et le seuil de rentabilité.
3.5.1. La description de l’investissement et de son financement Cette
partie comprend les différentes composantes de l’investissement ainsi que les
moyens financiers nécessaires à sa réalisation. Pour ce faire, on peut utiliser le
tableau suivant :
Modèle du plan d’investissement
Investissement Montant en milliers de dollars
Année 1 Année 2 Année 3 Année 4 Année 5
Fonds de commerce
Acquisition du local
Acquisition du terrain
Aménagements
&installations
Matériels divers
Equipements
administratifs
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Frais préliminaires
Prospection publicité
Fonds de roulement
Divers imprévus
Total investissement
Capital social
Crédits bancaires
- court terme
- moyen terme
- long terme, et autres
Total financement
Le plan de financement est un tableau qui fait ressortir :
- les besoins de l’entreprise pour son démarrage et son financement ;
- les ressources de cette entreprise qui sont les moyens financiers nécessaires
pour financer ses besoins comme le capital, les apports des associés et le
concours bancaire.
Le tableau ci-après montre un modèle de plan de financement.
Modèle de plan de financement
An 1 An 2 An 3 An 1 An 2 An 3
Besoins Ressources
Frais de constitution Capital
Investissement Augmentation
capital
- Fonds de commerce
- Terrain
- Aménagements & Installations
- Matériel
- Divers Besoins FDR
- Constitution - Accroissement
- Remboursement emprunts - Avancées
associés
Crédit sollicité
Total Total
3.5.2. Le détail des crédits
Le détail des crédits peut se présenter comme suit :
Modèle de présentation des crédits
Banques Montant du Taux Durée Franchise Modalités de Garanties
crédit D’intérêt Remboursement proposées
3.5.3. Le compte de produits et charges (CPC)
Le compte de produits et charges permet de déterminer le résultat global du
projet durant les cinq premières années. Il permet de faire ressortir le résultat
d’exploitation, le résultat financier, le résultat courant, le résultat non courant,
le résultat net avant impôt, le résultat net après impôt, l’impôt sur les sociétés.
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Modèle de CPP sur 5 ans
An 1 An 2 An 3 An 4 An 5
1. Produits d’exploitation
2. Charges d’exploitation
- Achats revendus de marchandises
- Achats consommés matières et fournitures
- Impôts et taxes
- Charges de personnel
- Autres charges d’exploitation
- Dotations d’exploitation
3. Résultat d’exploitation (1-2)
4. Produits financiers
5. Charges financières
6. Résultat financier (4-5)
7. Résultat courant (3+6)
8. Produits non courants
9. Charges non courantes
10. Résultat non courant (8-9)
11. Résultat avant impôt (7+10)
12. Impôt sur les sociétés (11x 30%)
13. Résultat après impôt (11-12).
3.5.4. Le plan de trésorerie
Le plan de trésorerie est un tableau qui permet à l’entrepreneur de faire le
suivi de la trésorerie au mois le mois. C’est un tableau qui revêt une grande
importance puisqu’il permet de connaître la trésorerie nette mensuelle
(trésorerie de l’actif – trésorerie du passif).
Ce plan prévoit un solde de départ, le total des recettes prévues
(encaissements) et le total des dépenses prévues (décaissements).
Le plan de trésorerie peut être présenté comme suit :
Modèle de plan de trésorerie
Jan Fév Mar --- --- Déc
1. Solde début mois
2. Encaissements - Ventes
- ……
- Subventions
3. Décaissements
- Achats
- Eau, énergie
- Impôts et taxes -
Salaires
- Remboursements
emprunts
4. Solde début de mois (2-3)
5. Solde fin de mois (1+4).
38
3.5.5. Détermination des besoins en fonds de roulement1
Le fonds de roulement (FR) est égal à la différence entre les ressources stables
de l’entreprise (capitaux propres + dettes à long et moyen terme) et les
immobilisations nettes (terrains, matériels, brevets, licence).
F.R = Ressources stables – immobilisations nettes
Le F.R peut s’obtenir de la manière suivante :
F.R = Actifs circulants – dettes à court terme
Le besoin en fonds de roulement (BFR) désigne le montant nécessaire pour
financer les stocks dont l’entreprise a besoin pour assurer la continuité de ses
activités. Les composantes du BFR (stocks, clients, autres débiteurs,
fournisseurs et autres créanciers) sont estimées soit en pourcentage soit en
nombre de jours et ce, comme suit :
Modèle de calcul
I. Besoins
- Stocks marchandises Quelques jours d’achats revendus selon le
secteur et l’organisation de l’entreprise
- Stocks matières premières et Quelques jours de consommation selon le
consommables secteur et l’organisation de l’entreprise
- Stocks produits finis % de la production selon le secteur et
l’organisation de l’entreprise
- Stocks produits semi- finis % de la production selon le secteur et
l’organisation de l’entreprise
- Clients Quelques jours de C.A selon le secteur et la
position de l’entreprise sur le marché
Autres débiteurs % des charges d’exploitation
II. Ressources
- Fournisseurs Quelques jours d’achat selon la position de
l’entreprise par rapport à ses fournisseurs
- Autres créanciers % des charges d’exploitation
Le besoin en fonds de roulement désigne la différence entre les actifs
circulants et les ressources d’exploitation.
B.F.R = Actifs circulants – ressources d’exploitation
Le tableau des besoins en fonds de roulement prévisionnels se présente
comme suit :
Modèles BFR prévisionnels
Base de calcul An 1 An 2 An 3
I. Besoins
- Stocks marchandises
- Stocks matières premières et
consommables
- Stocks produits finis
- Stocks produits semi- finis
- Clients
- Autres débiteurs
Total des besoins (I)
1SalahGrine, Créer son entreprise : de l’idée aux formalités administratives, Rabat, éditions Al
Moustachar, 2002, p.38
39
II. Ressources
- Fournisseurs
- Autres créanciers.
III. Besoins en fonds de roulement (I-II)
IV. Variation du BFR
3.5.6. Le seuil de rentabilité
Le seuil de rentabilité (appelé aussi point mort ou chiffre d’affaires critique)
désigne le niveau d’activité au-dessus duquel l’entreprise commence à dégager
un bénéfice. On peut le calculer de la façon suivante :
Notons C le point mort qui est le chiffre d’affaires pour lequel le résultat
d’exploitation est nul, CV les charges variables et CF les charges fixes, on peut
écrire : C-CV-CF=0 d’où C-CV=CF
Les charges variables peuvent être exprimées en fonction de C, donc on peut
écrire : CV=KC
On remplace CV par KC et on obtient :
C-KC= CF d’où C(1-K) = CF donc C= CF/1-K
K est le coefficient qui lie les charges variables au chiffre d’affaires, c'est-à-dire
k= Charges variables/ Charges fixes
Plus le point mort est élevé, plus il faudra du temps à la jeune entreprise en
création pour atteindre son point d’équilibre.
Plus le point mort est élevé, plus les risques opérationnels sont grands. Donc,
il faut s’efforcer de l’abaisser. Pour ce faire, on peut limiter les charges fixes,
sous-traiter les services annexes ou faire appel à une main d’œuvre intérimaire
pour les tâches qui ne demandent pas des compétences élevées.
3.6. Les 5 conseils pour réussir ses premiers pas dans l’entrepreneuriat
Pour démarrer votre activité sous les meilleurs hospices, voici quelques
conseils à suivre qui pourront vous guider et vous aider à mieux avancer.
1°. Commencer avec un business plan solide
La clé du succès pour une entreprise passe par un bon business plan. Sans
cela, vous ne pourrez compter que sur la chance et c’est bien évidemment un
pari plus que risqué. Un business plan vous permet tout d’abord de savoir si
votre projet est viable sur le long terme, mais aussi d’évaluer tout ce dont vous
aurez besoin (argent, salariés, etc.) pour rendre votre entreprise pérenne.
2°. Élaborer un plan d'affaires en trois étapes
Avoir une idée géniale pour une nouvelle entreprise, c’est déjà un bon début.
Mais comment élaborer un plan concret et réalisable à partir de cette idée ?
L’élaboration d’un plan d'affaires constitue une étape capitale pour bien lancer
une activité d’indépendant. Il vous aide à évaluer la faisabilité de votre idée, à
réaliser à terme vos objectifs ET à convaincre d’éventuels investisseurs.
Par où commencer dans l’élaboration d’un plan d’affaires ?
Le plan d’affaires est le fil conducteur rêvé pour garder le cap. Les six étapes
d’un excellent plan d'affaires sont les suivantes :
a. La préparation
Avant de vous lancer dans la rédaction de votre plan, il est utile de noter
toutes vos idées. Décrivez les lignes générales de vos projets professionnels et
ce que vous vous proposez de réaliser. Cela ne doit pas être très concret à ce
stade, mais pourra servir de base solide pour votre plan d’affaires. Pendant
cette phase préparatoire, faites également les recherches nécessaires.
40
La consultation de quelques exemples de plans d’affaires d'autres
entrepreneurs vous aidera également dans votre réflexion.
b. L’élaboration proprement dite
Après avoir noté vos idées et effectué les recherches nécessaires, vous pouvez
structurer votre plan d'affaires grâce au Business Model Canvas. Il s'agit d’un
schéma comptant neuf cases, qui vous donne un aperçu détaillé de votre
(future) entreprise. Il vous invite par exemple à réfléchir aux aspects suivants :
•vos partenaires potentiels ; •vos coûts ; •les canaux (de distribution) auxquels
vous ferez appel ; •votre public cible/client idéal ; et cetera.
c. La phase de feed-back
À quoi un plan d'affaires ressemble-t-il ?
Maintenant, comment commencer la rédaction de votre plan d'affaires ? Nous
passons en revue sa structure :
Votre entreprise
Pour démarrer et faire la demande de votre numéro d’entreprise, il convient de
reprendre certains éléments clés dans votre plan d'affaires.
Données de l’entreprise
Nom de votre entreprise
Secteur
Statut social (activité principale/complémentaire)
Forme juridique (entreprise individuelle ou société)
Travailleurs
Associés et/ou partenaires.
Informations personnelles
Le fondateur :
Nom
Adresse e-mail
Numéro de téléphone
Adresse
Sexe
Date de naissance
Nationalité
État civil.
Votre idée d'activité
Si vous pensez à vous lancer en tant qu’indépendant, vous avez probablement
une bonne idée d’activité. Décrivez tout d'abord clairement ce que vous vous
proposez d’entreprendre. Mentionnez également les points forts et faibles de
votre idée, afin de démontrer que vous l’avez bien soupesée.
Avez-vous déjà entendu parler d’un « argumentaire éclair » ? Si vous n'avez que
le temps d’un voyage en ascenseur pour convaincre une personne de votre idée
d'activité, que lui dites-vous ? Décrivez votre idée en termes brefs mais
efficaces, afin de pouvoir en partager l’essentiel en quelques minutes.
L'instrument parfait pour convaincre plus tard des partenaires et investisseurs
potentiels, comme la banque.
Mission, vision et stratégie
Toute bonne entreprise dispose d’une mission, vision et stratégie claires
comme fondement. Certaines entreprises les affichent même sur leur site
Internet. C’est donc une excellente idée de vous y arrêter et d’étudier la
question avant de vous lancer.
41
•Mission : Pourquoi exactement fondez-vous votre entreprise ? Essayez ici
d’inspirer votre public cible à acheter votre produit/service.
•Vision : Quel est l’objectif précis de votre entreprise dans cinq ans ? Que
voulez-vous atteindre ?
•Stratégie : Qu’allez-vous faire exactement pour atteindre/réaliser vos mission
et vision ?
Analyse du marché
C’est une chose d'avoir une bonne idée, mais il y a-t-il une certaine demande
sur le marché pour votre produit ou service ? Une analyse de marché
approfondie vous invite à réfléchir à ce qui distingue votre offre des autres, aux
fournisseurs qui peuvent vous aider et aux concurrents dont vous devez tenir
compte.
Public cible
Votre produit ou service doit être entièrement conçu en fonction des besoins
de votre public cible. Définissez donc clairement qui est votre client idéal et ce
qu’il attend, pour y adapter votre produit/service. Vous concentrerez-vous sur
la vente à d'autres entreprises (B2B) ou au consommateur final (B2C) ?
Fournisseurs & partenaires
Avec qui comptez-vous exactement collaborer ? Donnez un aperçu des
fournisseurs et partenaires potentiels et comparez-les.
Concurrents
Qui sont vos principaux concurrents ? Une analyse concurrentielle
approfondie vous incite à réfléchir à ce qui vous distinguera d’eux. Pourquoi
votre public cible choisirait-il de faire appel à vous plutôt qu’à vos concurrents
?
Analyse contextuelle
Certains éléments (externes) échappent à votre influence. C’est pourquoi il est
important de déjà déterminer quels facteurs pourront influencer votre
entreprise (in)directement et comment vous pourrez y réagir.
Utilisez-vous par exemple des produits saisonniers ? Que ferez-vous dans ce
cas à la basse saison ? Ou alors avez-vous l’intention d'acheter des produits à
l’étranger ? Quid s’il y a un problème à la frontière lors de l'expédition ?
Analyse SWOT
Après avoir ainsi cartographié le marché, vous disposez de tous les éléments
pour créer un aperçu de vos points forts et faibles, mais aussi des
opportunités et menaces éventuelles.
Vous avez des difficultés à approcher ces questions de manière objective ?
Pourquoi pas faire appel à l’objectivité d’autres indépendants ou de vos
amis/de votre famille ?
42
Une analyse SWOT se présente par exemple comme suit :
S : FORCES W : FAIBLESSES
Quels sont les points forts de mon
Quels sont les points plutôt faibles ?
entreprise ?
Qu'est-ce qui peut être amélioré ?
Arguments clés de vente de mon
Manque d’expertise en matière de
organisation
marketing
Localisation de l’entreprise
Localisation de l’entreprise
Produits ou services
Efficacité
nouveaux/innovants
O : OPPORTUNITÉS/POSSIBILITÉS T : MENACES
Quelles sont les menaces dues à des
développements du marché/contexte
Quelles sont les opportunités que je
?
peux mettre à profit ?
Nouveaux concurrents
Développements technologiques
Développement d'un nouveau
Augmentation du pouvoir d'achat
produit/service par des
des clients
concurrents
Collaborations avec d'autres
Nouvelle législation
entreprises
Augmentation des taxes
appliquées à mon produit
Forme d’entreprise et statut social
Avant de vous lancer, vous devrez prendre quelques importantes décisions
(administratives). Une des plus importantes concerne votre statut social et la
forme de votre entreprise.
•Le statut social : débutez-vous sous le régime d’une activité à titre principal
ou complémentaire ?
En d'autres termes, travaillerez-vous à temps plein comme indépendant, ou
avez-vous l’intention de continuer de travailler en partie comme salarié ?
•entreprise individuelle ou société ?
Plan marketing
Votre plan marketing se concentre sur les 5 P : produit, prix, place, promotion
et personnel.
Produits et/ou services
Quels produits et/ou services offrirez-vous ?
Détermination du prix
Pour déterminer votre prix, il convient de tenir compte de trois éléments clés :
vos coûts, vos concurrents et vos clients.
Calculez donc minutieusement le prix de vente nécessaire pour couvrir vos
coûts, mais étudiez également celui de vos concurrents et éventuellement
aussi celui que vos clients seraient disposés à payer.
Place
Où vendez-vous vos produits/services ? Choisirez-vous par exemple un espace
commercial au centre-ville ? Ou alors ferez-vous les marchés avec un food
truck ? Vendez-vous uniquement dans un magasin physique ou à travers une
boutique en ligne, ou combinerez-vous les deux canaux ?
43
Promotion
Comment allez-vous profiler vos produits ou services sur le marché ? Il ne
s'agit pas que d’un bon nom d’entreprise, mais aussi d’un logo et d’un style
maison attrayant, et même des canaux sur lesquels vous ferez de la publicité
(en ligne/hors ligne). Réfléchissez également à votre stratégie de
communication. Elle pourrait par exemple être différente pour les canaux en
ligne et hors ligne.
Personnel
Prévoyez-vous d’engager dès le début des collaborateurs ? Énumérez dans ce
cas les fonctions que vous aurez à pourvoir. Mais pensez également à d'autres
éléments :
Vais-je opter pour des collaborateurs fixes ou temporaires ?
Ai-je besoin d’une aide à temps plein ou à temps partiel ?
Quelles sont les capacités et compétences dont mes collaborateurs
devront en tous cas faire preuve ?
Plan financier
Afin d’évaluer la viabilité financière de votre entreprise, l’élaboration d’un plan
financier s’impose. Sur la base de vos coûts fixes et variables, vous y calculez
le chiffre d'affaires que vous devriez réaliser pour financer ces coûts (= seuil de
rentabilité du chiffre d'affaires). Finalement, vous évaluez également si ce
chiffre d'affaires est faisable pour votre entreprise. Le plan financier est un
élément crucial de votre plan d’entreprise. Non seulement il vous incite à
réfléchir à la rentabilité de votre entreprise, il peut également être l’outil parfait
pour convaincre des investisseurs externes. Si vous vous rendez auprès d'une
banque pour demander un emprunt, par exemple, n’oubliez pas d’emporter
votre plan financier. Si vous voulez fonder une société, le plan financier est
même obligatoire. Vous avez donc tout avantage à bien gérer les aspects
financiers dès le début. Faites par exemple appel à un bon expert-comptable,
afin de disposer d’un plan mûrement réfléchi.
Chiffre d'affaires prévisionnel
Quel est le chiffre d'affaires que vous pensez réaliser au cours des trois
premières années ?
Investissements
Énumérez tous les investissements que vous prévoyez au cours des deux
premières années. Par exemple :
•Frais d’établissement : inscription auprès du guichet d'entreprises, frais de
notaire.
•Immobilisations incorporelles : brevets, licences.
•Immobilisations corporelles : achat d'immeubles, de mobilier, d'outillage, de
matériel informatique et de logiciels.
•Immobilisations financières : garantie locative.
•Actifs courants : matières premières, frais bancaires.
Financement
Notez votre apport propre (en liquide + les investissements déjà faits et payés),
les dettes à long terme (comme les emprunts) et à court terme (comme par
exemple les crédits fournisseurs).
44
Seuil de rentabilité du chiffre d'affaires
Vous calculez ici quel est le chiffre d'affaires que vous devez réaliser pour
couvrir vos coûts fixes et variables. C’est pourquoi il est utile de reprendre
quels sont les coûts que vous prévoyez.
Les coûts fixes restent les mêmes, quelle que soit votre production. Il s'agit
par exemple : des coûts de marketing ; de la rémunération des collaborateurs ;
des déplacements ; de l’administration.
Les coûts variables, par contre, changent par exemple lorsque votre
production augmente. Pensez par exemple aux coûts des matières premières
dont vous avez besoin pour fabriquer vos produits.
Qu’est-ce qu’un business plan et comment le constituer ?
Le business plan, ou plan d’affaires, constitue le document de base pour
toute sollicitation d’un financement. Il peut-être plus ou moins développé
selon la taille de votre entreprise mais doit présenter de manière précise les
activités de celle-ci et s’accompagner d’une projection dans l’avenir.
Quelle période couvre-t-il ?
Le business plan couvre la période d’amortissement du financement demandé.
En pratique, il portera sur trois exercices pour les demandes de financement
bancaires les plus courantes. Il est d’usage de le présenter avec un plan de
trésorerie sur un an.
Les projets et les moyens
Le business plan détaille par écrit votre projet. Il en précise les éléments
constitutifs : la nature de votre entreprise et votre produit, la stratégie
marketing et commerciale, les besoins et plans de financement etc. et les met
en relation avec les facteurs extérieurs : le marché, la clientèle, les données
financières, la communication, etc.
Il traduit votre projet en objectifs chiffrés et présenter les moyens pour le
réaliser. Il a plusieurs fonctions :
-vous conforter sur la faisabilité de votre projet, et notamment sur ses aspects
financiers (rentabilité, cohérence du plan de financement).
-vous permettre d’établir un dossier de demande de financement à fournir
au(x) partenaire(s) financier(s).
45
Présentation et constitution du business plan
Suivez le guide pour réaliser un business plan :
46
Modèle de business plan
REMPLISSAGE SIMPLE DU BLANC
MODÈLE DE PLAN D'AFFAIRES
NOM DE L'ENTREPRISE
I. SOMMAIRE
Notre plan est d'ouvrir une entreprise ___ (type d’entreprise) ______ qui vendra
__ (produit ou service) ______ pour ____ (acheteur cible) ____. Notre équipe de
direction se compose de ___ (nom du membre) ____________ et ____ (nom du
membre) ________. Notre équipe possède l'expertise ____ (types de compétences
pertinentes) ______ pour développer avec succès cette entreprise. Notre taille de
marché est ___ (taille du marché) ____, et notre clientèle se compose de ___
(segments de marché) _____________. Nous commercialiserons auprès de nos
clients cibles en utilisant les méthodes suivantes : __ (méthode 1) _____, ___
(méthode 2) _______________, et ___ (méthode 3) _____. Afin de faire décoller
cette entreprise, nous avons besoin de ___ (exigences de financement) ___ en
fonds, aux fins de __ (utilisation du financement) ___. Notre objectif est
d'atteindre ____ (objectif de vente) ____ dans le premier ___(période)______.
II. DESCRIPTION DE L'ENTREPRISE
Ce ___ (type d’entreprise) _____business opérera dans l'industrie ___ (type
d’industrie) ______. Notre mission est de _________, et notre vision est de ___
(énoncé de vision) ________.
Nous vendons ___(produit/service) ___, et notre avantage concurrentiel est ___
(proposition de vente unique) _____________. Actuellement, les alternatives que
les acheteurs utilisent sont ___ (alternative 1) ___ et ____ (alternative 2) _____.
Cependant, ces alternatives manquent ____ (ce qui distingue votre produit /
service) ____.
Cette industrie spécifique est __ (description de l’industrie) __________, et elle
devrait __ (prévisions de croissance) ________. Compte tenu de ces prévisions,
notre société fonctionnera avec succès parce que __ (raisonnement soutenu
par une étude de marché) ________________. Nous prévoyons d'atteindre ___
(objectif de vente) ______ dans les ventes annuelles et d'augmenter nos ventes
annuelles de ___ (objectif de vente) ________ au cours de la prochaine
___(période)___.
III. ANALYSE DU MARCHÉ ET CONCURRENCE
Après avoir analysé le marché et étudié la demande pour ___(produit/service)
___, nous avons déterminé que c'est le meilleur moment pour pénétrer le
marché parce que ___ (raison soutenue par la recherche) ________.
Notre taille de marché est __ (taille du marché) ___, et notre ou nos segments
de marché cibles peuvent être décrits comme suit :
Segment 1
1) Démographique
a) Genre
b) Âge
c) Revenu
d) Éducation
e) Situation de famille
2) Psychographique
a) Statut social
47
b) Croyances
c) Valeurs
d) Intérêts
e) Préférences de style de vie
3) Géographique
a) Province ou État
b) Ville
c) Région
d) Code postal
e) Quartier.
Nous avons déterminé qu'il y a suffisamment de demande pour notre ___
(produit ou service) ___ dans ce segment particulier en raison de ____
(raisonnement soutenu par une étude de marché) ___.
Actuellement, nos plus grands concurrents sont _____ (concurrent 1) ____ et
_____ (concurrent 2) ____. Ce qui nous sépare de la concurrence sont ___
(exemple 1) ____ et ___ (exemple 2) ____.
Par rapport à ce qui est offert sur le marché, nos prix sont ___ (différence de
prix) ____, ce qui est ___ (pourcentage de différence) ______ par rapport à nos
concurrents.
Voici une comparaison estimée de notre activité par rapport à nos concurrents
existants :
CATÉGORIE NOTRE CONCURRENT 1 CONCURRENT 2
ENTREPRISE
Chiffre d'affaires 000 000 $ 000 000 $ 000 000 $
annuel
Niveau de prix Moyen Haut Bas
Nombre des Salariés 15 30 40
Qualité Haut Moyenne Bas
IV. PLAN DE MARKETING ET DE VENTE
La publicité et la promotion sont essentielles pour faire connaître notre
entreprise, et nous prévoyons de mettre en œuvre une stratégie de marketing
___(description)_____, qui comprendra ___ (élément clé de la stratégie
marketing) ___ et ___ (composant clé de la stratégie marketing) ___. Cette
stratégie nous permettra de cibler efficacement ___ (segment de marché) ___ en
raison de ____ (raisonnement soutenu par une étude de marché) ____________.
Nos offres clés incluent ___ (offres de produits/services) ___. Nos offres
profitent davantage à nos clients cibles que ce qui existe actuellement sur le
marché car __ (raisonnement soutenu par une étude de marché) ___. Notre
proposition de vente unique est ____________...
Le marché devrait être ___(prédiction)________ au cours de la prochaine
_______________________ Par conséquent, notre stratégie de tarification est de
___ (stratégie de prix) ___.
Les différentes méthodes que nous prévoyons d'utiliser pour communiquer nos
offres à nos clients cibles sont ___ (méthodes de communication) ___. De plus,
nous visons à promouvoir notre __(produit/service) __ par __ (méthodes de
promotion) ___.
48
Nous avons l'intention de distribuer notre __(produit/service) __ aux clients
par __ (méthode de distribution) ___. Nous vendrons __ (en gros, au détail, etc.)
__ et utilisera __ (mode de paiement) __.
V. PLAN D'EXPLOITATION ET DE GESTION
Nos emplacements commerciaux physiques seront dans
___(emplacements)_____ parce que ___(raisonnement)_____________. Les autres
exigences physiques de notre entreprise sont __ (entrepôt, équipement
spécialisé, installations, etc.) ___.
Notre flux de production est ___ (description du flux de production) __. Nos
exigences en matière de dotation sont __ (exigences en matière de dotation)
____. La formation des employés sera offerte par __ (description des besoins de
formation des employés) ___.
VI. PLAN DE DÉVELOPPEMENT
Le développement de notre offre se fera au cours de ___(délai)____. Nous
lancerons notre stratégie marketing ___(calendrier)__________ avec ____
(stratégie marketing) ______.
Notre structure organisationnelle sera ___(description)__, avec ___(nombre)____
membres de l'équipe de direction et ____(nombre)________ employés.
Nous prévoyons que nos coûts et dépenses mensuels seront
_____(montant)__________ parce que ___ (raisonnement étayé par la recherche)
______. Nous avons un chiffre d'affaires mensuel anticipé de
_____(montant)__________.
Avec l'argent provenant, nous prévoyons d'investir dans ___ (domaine
d’investissement) _______ au cours de ___(période)_____. Un an après le
lancement, notre objectif est de ____ (objectif de l'année 1) ____________... Cinq
ans après le lancement, notre objectif est de __ (objectif de l'année 5) ______.
VII. ÉTATS FINANCIERS
Les états financiers suivants démontrent que notre entreprise croîtra et sera
rentable.
Fournissez votre compte de résultat projeté, votre état des flux de trésorerie et
votre bilan. De plus, joignez une analyse du seuil de rentabilité pour fournir
aux investisseurs le niveau de ventes dont vous avez besoin pour réaliser un
profit.
VIII. PIÈCES JUSTIFICATIVES ET PIÈCES JOINTES
Vous trouverez ci-joint les documents à l'appui des renseignements fournis
dans le plan, notamment __, ___________________
Éléments possibles à joindre :
· Étude de marché détaillée
· Renseignements sur l'industrie
· Plans de site/de construction
· Références professionnelles
· Tout document à l'appui.
NB. A la différence du business plan ou plan d’affaires, le modèle
économique ou business model correspond à la manière dont l’entreprise va
créer de la valeur pour l’ensemble des parties prenantes (les clients,
l’entrepreneur, les associés, les investisseurs…). Il s’agit de l’élément central de
tout projet de création d’entreprise : qu’est-ce qu’on va vendre ? À qui ? Quelle
est la valeur apportée ? Comment va-t-on générer des revenus ?
Le modèle économique : qu’est-ce que c’est ?
49
Le modèle économique, ou business model, décrit la manière dont
l’entreprise va créer de la valeur pour l’ensemble des parties prenantes
et gagner de l’argent. Un modèle économique se compose de plusieurs
éléments :
les objectifs
les choix stratégiques
l’offre de produits ou services
les ressources
Le business plan, quant à lui, décrit précisément, et de manière chiffrée, le
modèle économique de l’entreprise. Un business plan repose donc, en majeure
partie, sur le modèle économique de l’entrepreneur.
Pourquoi faut-il un modèle économique ?
L’élaboration d’un modèle économique est importante dans le cadre d’un projet
de création d’entreprise, à plusieurs niveaux :
•pour construire une offre qui apporte une réelle valeur aux clients,
•pour définir comment les revenus et la rentabilité seront générés,
•pour déterminer les compétences indispensables,
•pour recenser l’ensemble des moyens nécessaires au projet,
•pour travailler les grandes lignes de la future organiser de l’entreprise
(production, logistique, vente…).
Toutes les entreprises ont un modèle économique. Une grande majorité d’entre
elles l’ont construit sans s’y pencher sérieusement, simplement en imitant le
modèle de leurs concurrents. Toutefois, il ne s’agit pas d’une stratégie qui
permet à l’entreprise d’être meilleure que ces concurrents et de les surpasser.
Plusieurs éléments sont très importants pour élaborer un modèle économique
: la mission de l’entreprise, la vision des créateurs d’entreprises, les objectifs,
les ressources et les compétences. Il traduit la mise en œuvre de la
stratégie des entrepreneurs.
L’élaboration du modèle économique de l’entreprise
Voici les trois grandes étapes qui permettent d’élaborer un modèle
économique pour son entreprise :
1. analyser son secteur et son marché,
2. trouver son positionnement par rapport à la concurrence,
3. définir les modalités de création des revenus.
Les différents modèles économiques d’entreprise : 15 exemples
Qu’est-ce que le modèle économique d’une entreprise ? Quels sont les
différents modèles économiques possibles ? Quels sont les modèles
économiques les plus porteurs, et quels sont les nouveaux modèles
économiques ?
Définition : Le modèle économique ou business model est la manière dont
l’entreprise génère ou va générer de la rentabilité. C’est une description ou une
représentation des moyens de tirer des revenus d’une activité.
Il existe différents modèles économiques, chacun essayant de s’appuyer
sur une offre de valeur efficace et sur une organisation performante mise en
place pour délivrer cette valeur :
50
Le modèle économique : au cœur de la stratégie d’entreprise.
1) Définir un modèle économique, c’est d’abord déterminer ce qui va
constituer la valeur de l’entreprise sur le marché, ce qui va la distinguer de la
concurrence. En d’autres termes, cela consiste à déterminer le point de la
chaîne de valeur sur lequel il faudra développer un avantage concurrentiel.
Certains modèles économiques se concentrent sur le sourcing, d’autres sur la
conception, d’autres sur la production, d’autres encore sur la
commercialisation…
2) Cela consiste ensuite à définir l’organisation la plus performante
possible pour délivrer cette valeur, dans une perspective de rentabilité.
Remarque : Le choix d’un modèle économique doit s’appuyer sur les forces de
l’entreprise, et peut être dicté par des opportunités externes.
Voici les 15 principaux modèles économiques adoptés par les entreprises.
1) L’achat-revente.
C’est un modèle économique extrêmement simple, qui ne repose ni sur
l’innovation produit, ni sur la capacité productive, mais qui consiste à créer de
la valeur par les efforts de commercialisation d’un produit existant. La
différence se fera aussi sur le prix et donc la capacité à négocier avec les
fournisseurs. Pour développer leur avantage concurrentiel, les entreprises
peuvent par exemple négocier l’exclusivité de la distribution du produit sur un
territoire.
2) La récupération pour revente.
C’est un modèle économique qui tire profit d’un approvisionnement gratuit, en
vue de mettre en valeur des objets encore utilisables, et de les distribuer
efficacement. Exemples : entreprises de recyclage, brocantes, recycleries…
51
3) La production en propre.
Il s’agit de fabriquer son propre produit en interne afin de maîtriser ses
caractéristiques. L’entreprise se distinguera par le caractère qualitatif ou
innovant de son produit, et par la performance de son processus productif, ce
qui se traduira par des marges confortables. Pour plus d’efficacité, elle pourra
externaliser la distribution du produit.
4) L’abonnement.
L’abonnement permet de générer des revenus réguliers en
fidélisant automatiquement sa clientèle. Ce peut être l’abonnement à recevoir
un produit (box par exemple) ou bien la création d’une offre unique pouvant
accueillir un flux d’utilisateurs quasi-illimité (logiciel, contenu
informationnel…). L’entreprise pourra se concentrer d’une part sur le contenu
du produit (si possible qualitatif et innovant) et d’autre part sur le démarchage
pour accroître le nombre de ses abonnés fidèles.
5) Le remplissage.
Certaines entreprises ont un modèle de remplissage : elles possèdent des
installations de taille limitée et recherchent une fréquentation maximale.
L’effort de l’entreprise portera à la fois sur la conception du lieu et sur la
commercialisation. Exemples : cinéma, musées, restaurants, parc
d’attraction, espaces de loisirs…
6) La vente directe.
Le modèle de la vente directe consiste, pour un producteur, à remettre la main
sur le circuit de distribution, ce qui lui permettra de regagner une bonne
partie de la marge. Exemples : e-commerce, vente à la ferme…
7) L’innovation permanente.
Il s’agit pour l’entreprise de se concentrer sur son produit, plus précisément
sur sa conception, quitte à sous-traiter sa fabrication et sa distribution, afin
de développer une avance concurrentielle permanente. L’innovation peut être
technologique ou marketing, voir les deux. Exemple : Apple avec l’iPhone.
8) Le commissionnement.
Ici l’objectif n’est pas de proposer son propre produit, mais de mettre en
relation fournisseurs et clients, en prélevant une commission au passage. Ce
modèle économique s’est rapidement développé avec internet. Pour que
ce business model soit rentable, il faut être en mesure de capter le flux de
clients-cible. Exemples : comparateurs en ligne, plateformes de réservation
hôtelières (Booking, Airbnb…), systèmes d’affiliation.
9) Le don.
C’est un modèle économique très utilisé par les associations, les ONG ou les
fondations. Il s’agit de se financer par les dons des usagers ou des adhérents,
ou de les faire participer directement à la vie de l’organisme (bénévolat par
exemple).
10) La publicité.
Ce modèle économique très ancien consiste à créer et diffuser du contenu, sur
papier ou en ligne, afin de commercialiser des espaces publicitaires.
11) Le modèle du gratuit avec options payantes (freemium).
Parmi les nouveaux modèles économiques, on note l’apparition
du freemium, qui consiste à proposer un service de base gratuit (free) tout en
proposant des fonctionnalités à valeur ajoutée payantes (service premium).
52
Ce modèle économique, très présent sur internet, s’appuie sur le concept
d’inbound marketing.
12) Le modèle économique de l’appât et de l’hameçon.
Le modèle économique de l’appât et de l’hameçon consiste à proposer un
produit à un prix très attractif, et à rendre indispensable l’achat d’accessoires
complémentaires dans le temps. Exemples : aspirateurs et sacs, imprimantes
et cartouches…
13) Le modèle économique de la franchise.
La franchise est un modèle économique qui consiste à dupliquer un concept
qui a fait ses preuves (boutique, restaurant…) en donnant l’opportunité à des
indépendants de l’exploiter sur leur emplacement ou territoire, contre
paiement de droits ou redevances.
14) La désintermédiation.
La désintermédiation consiste à rendre accessible directement au client un
service traditionnellement intermédié. C’est un modèle économique
étroitement lié au phénomène de digitalisation de l’économie : il est possible
d’accéder par internet à des services qui nécessitaient auparavant de faire
appel à des professionnels ayant pignon sur rue. De nombreuses start-
up surfent sur cette vague.
Exemples : agences de voyage en ligne, expert-comptable en ligne, assureur
en ligne, documents juridiques en ligne.
15) Le modèle économique du low-cost.
Ici, il s’agit de développer un avantage concurrentiel sur le prix. C’est un
modèle économique qui repose sur une offre de valeur attrayante, comparable
à celle des concurrents, mais proposée à un tarif bien plus faible, rendu
possible par des efforts organisationnels importants.
MODELE D’UN BUSINESS PLAN
53
BUSINESS PLAN (Modèle en anglais)
3°. S’entourer des bonnes personnes
L’enthousiasme de vos proches et de votre famille pour votre entreprise est
stimulant, mais il est possible qu’ils ne soient pas les mieux placés pour vous
faire des retours objectifs. Or, c’est pourtant ce dont vous avez le plus besoin
au moment de lancer votre entreprise. Faites en sorte d’obtenir des retours et
des conseils de la part de personnes que vous avez identifiées comme
potentiels clients (sur des forums ou groupes Facebook spécialisés dans votre
univers par exemple) et de la part de professionnels (d’anciens collègues ou
d’autres entrepreneurs par exemple).
54
4°. Déléguer les tâches que vous ne maîtrisez pas
On ne peut pas être expert en tout, et même si vous êtes forcément la
personne qui connaît le mieux votre entreprise et votre projet, si vous
souhaitez que toutes les tâches essentielles soient réalisées parfaitement alors
vous allez devoir faire appel à des personnes qui possèdent ces compétences.
Dans ce cas, la meilleure des options qui s’offre à vous est de faire appel de
façon ponctuelle à des freelances. Il existe de nombreuses plateformes de
freelance de mise en relation entre entreprises et indépendants qui vous
faciliteront la recherche de la perle rare.
5°. Envisager les formations en entrepreneuriat
Se former n’est pas un aveu de faiblesse, bien au contraire, c’est la preuve que
vous souhaitez faire les choses bien, dès le départ. Pour certains, c’est aussi
un très bon moyen de peaufiner un projet ou de trouver le courage de se
lancer pour de bon.
Se faire confiance
Si foncer tête baissée sans prendre en compte les conseils de personnes
avisées est une très grosse erreur, le manque de confiance en vous et en votre
capacité à réussir en tant qu’entrepreneur est tout aussi problématique. Pour
réussir, soyez optimiste, croyez en vos talents, en votre projet et à votre
capacité à le rendre pérenne. Prenez du recul sur tout ce que vous avez réussi
à réaliser jusqu’ici et soyez indulgent avec vous-même, car si être critique avec
soi-même permet d’avancer il faut aussi savoir reconnaître la qualité du travail
abattu.
55
Chapitre 4 : Entrepreneuriat et culture entrepreneuriale
4.1. L’entrepreneuriat
L'intrapreneuriat est, dans le domaine du management :
•soit le processus par lequel un ou plusieurs individus, en association avec
une grande entreprise à laquelle ils appartiennent, créent une
nouvelle organisation — cette organisation peut rester intégrée à l'entreprise
ou être une spin-off ;
•soit l'ensemble des démarches et méthodes permettant d'introduire
une gestion entrepreneuriale au sein d'une organisation, les salariés devenant
des intrapreneurs, c'est-à-dire des entrepreneurs au sein même de
l'organisation en développant leur degré d'autonomie et de responsabilité.
Un auto-entrepreneur est une personne qui crée une entreprise individuelle,
grâce à des formalités simplifiées, pour exercer une activité professionnelle
indépendante, à titre principal ou complémentaire. Un auto-entrepreneur
bénéficie d'un régime social simplifié (le "micro social") qui lui permet de payer
des charges sociales proportionnellement à son chiffre d'affaires, qui ne doit
pas dépasser certains seuils.
La principale différence entre un intrapreneur et un entrepreneur est que
l’entrepreneur gère une entreprise qu’il a créée avec toute l’énergie, les efforts
et les ressources nécessaires au démarrage d’une entreprise, tandis que
l’intrapreneur met à profit ses qualités entrepreneuriales au sein d’une
organisation qui ne lui appartient pas. Lors d’une création d’entreprise,
l’entrepreneur est propriétaire alors que l’intrapreneur exerce au sein d’une
société dans laquelle il est salarié. L’intrapreneuriat est une forme de création
d’activité qui se développe au sein d’entreprises existantes.
4.2. La culture entrepreneuriale
La culture entrepreneuriale se compose de caractéristiques qui ont le pouvoir
de favoriser une action efficace et qui contribuent à l’actualisation du
potentiel. Ces caractéristiques sont la confiance en soi, le leadership, l’esprit
d’équipe, la motivation, le sens des responsabilités, la solidarité, la
débrouillardise, l’effort, l’initiative, le sens de l’organisation, la créativité, la
détermination et la persévérance.
Il s’agit de favoriser chez l’apprenant une organisation évolutive et constructive
de sa vision du monde (environnement socio-économique), de son identité
(personne et potentiel) et de son pouvoir d’action (projet entrepreneurial). Cela
correspond globalement, dans l’ordre, à trois fonctions : connaître, choisir et
agir.
Il en résulte une dynamique qui est celle du développement des compétences,
qu’elles soient disciplinaires, identitaires ou adaptatives, et qui mène à la
réussite.
56
Schéma central de la culture entrepreneuriale
4.2.1. Sensibilisation à l’entrepreneuriat et à la culture entrepreneuriale
Durant ces dernières années, il est argué que l’entrepreneuriat et l’entreprise
sont devenus des facteurs importants et critiques de la compétitivité et de la
croissance à long terme des économies des pays. Tous les pays se sont
penchés à la recherche des façons de promouvoir et faciliter une dynamique
d’entrepreneuriat et une culture entrepreneuriale vibrante et éveilleuse de
potentialités pour stimuler plus d’activités entrepreneuriales. Ainsi, augmenter
les niveaux et les taux d’activités entrepreneuriales nécessite des
entrepreneurs, hommes ou femmes preneur (se)s de décisions pour créer et
développer leurs entreprises. Nul ne saurait aujourd’hui mettre en doute le
rôle primordial que jouent les entrepreneurs et leurs entreprises (petites, PME
et grandes) dans le système économique mondial. Ces entrepreneurs sont
aujourd’hui perçus comme étant les piliers de l’économie de marché et leurs
activités, comme créatrices de valeur, d’emplois et d’avantages pour les
consommateurs.
[Link]. Les 3E : Entreprise, Entrepreneur et Entrepreneuriat
Les termes en E viennent du verbe entreprendre. Si on se réfère au
dictionnaire Larousse, étymologiquement, entreprendre signifie : – Se mettre à
faire une chose ; – Commencer la réalisation ou l’exécution (de quelque chose)
Synonyme : engager ; – « prendre entre » : notion d’intermédiation.
Entreprendre ne correspond ni à une position ni à un statut social (être chef
d’entreprise, CEO, PDG, ne suffit pas pour être entrepreneur), mais une
fonction que l’on oppose souvent à celle de management. Entreprendre peut
s’envisager à un niveau individuel ou collectif (groupe, organisation, etc.).
57
Il correspond à une diversité de situations et de pratiques : entreprendre pour
son propre compte ; entreprendre pour le compte d’une entreprise
(intraprendre) ; entreprendre pour le compte de la société en général (actions
humanitaires et de bénévolat, associatives, …).
Bref, entreprendre ne s’applique pas uniquement qu’aux activités d’affaires,
mais aussi à toute activité humaine.
1°. L’ENTREPRISE
L’entreprise peut être définie de différentes façons :
– Entité autonome qui produit des biens et des services marchands :
Synonyme : firme. Créer une entreprise ; entreprise publique, petites et
moyennes entreprises.
– Projet, action ou réalisation plus ou moins complexes. Synonyme : Tentative,
aventure, manœuvre, essai. Le succès est une entreprise de longue haleine.
– Travail : opération, œuvre.
La notion d’entreprise est liée à celle du risque, de l’initiative et celle de
l’utilisation nouvelles de ressources et de capital (recombinaisons de
ressources).
Le terme d’entreprise est utilisé aussi dans « le monde de l’entreprise » pour
décrire l’ensemble représentatif des entités autonomes productrices de biens et
de services marchands.
2°. L’ENTREPRENEUR
Selon le Grand Dictionnaire1 , l’entrepreneur est défini comme étant une «
personne ou groupe de personnes qui crée, développe et implante une
entreprise dont il assume les risques, et qui met en œuvre des moyens
financiers, humains et matériels pour en assurer le succès et pour réaliser un
profit ». L’entrepreneur, c’est quelqu’un qui sait percevoir (identifier,
sélectionner et exploiter) une opportunité et créer une organisation pour
l’exploiter. Il contribue à la création de valeur nouvelle Entrepreneur, est une
fonction, et non pas un statut social. L’entrepreneur ne peut l’être, nous
semble-t-il, qu’à travers ce qu’il fait (et aussi, où et comment il le fait). Est
entrepreneur, par conséquent, celui qui entreprend. L’entrepreneur un rôle
irremplaçable dans l’économie et la société. Il est son ferment, puisque, d’une
part, il crée des entreprises et des emplois, ensuite, il introduit des innovations
de rupture comme des innovations incrémentales, et enfin, il participe au
renouvellement et à la restructuration du tissu économique. L’entrepreneur
est souvent étroitement associé aux termes de prise de risque, d’innovation, et
de proactivité (anticipations des événements), et chasseur d’opportunités
d’affaires. Il est un agent de changement.
3°. L’ENTREPRENEURIAT
L’entrepreneuriat est un terme à l’origine issu du terme d’entrepreneur qui est
passé à la langue anglaise : entrepreneurship. Selon l’office québécois de la
langue française, l’entrepreneuriat est défini comme la « fonction d’une
personne qui mobilise et gère des ressources humaines et matérielles pour
créer, développer et implanter des entreprises »2. En tant que phénomène
économique et social, les apports de l’entrepreneuriat à l’économie et à la
société sont considérables et ils concernent :
1 Grand dictionnaire, http ://[Link]/.
2 [Link]
58
– la création d’entreprises et le renouvellement du parc dans les différents
domaines d’activités,
– la création d’emploi comme une réponse aux problèmes,
– l’innovation et les opportunités innovantes,
– le développement de l’esprit d’entreprendre dans les entreprises et les
organisations (prise d’initiative, prise de risque, orientation vers les
opportunités, réactivité ou flexibilité…)
– et l’accompagnement de changements structurels au niveau de
l’environnement politique, technologique, social ou organisationnel (exemple
du secteur tertiaire, l’internet, les TIC…).
[Link]. LES 3C : Culture, Culture d’Entreprise et Culture Entrepreneurial
Dans cette section, il s’agit de distinguer les notions de culture, de culture
d’entreprise et de culture entrepreneuriale.
1°. LA CULTURE
La culture est définie comme étant un ensemble d’informations partagé et
transmis entre des individus et des générations d’individus. C’est un socle de
références portant sur des valeurs, des aspirations, des croyances, des modes
de comportement et des relations interpersonnelles.
-Les croyances, valeurs et normes : Ils définissent un certain nombre de règles
de comportement auxquelles les membres du groupe doivent se soumettre
sous peine de sanctions, voire d’exclusion.
-Les mythes et histoires : Ils font référence au passé de l’entreprise et se
transmettent sous la forme de récits idéalisés basés sur des faits réels. Le
mythe joue un rôle sécurisant. Il est le reflet d’un passé, mais aussi le garant
d’un avenir.
-Les rites collectifs : Il s’agit d’actes qui se répètent permettant de manifester
un consensus. Le respect du rite correspond à une volonté de se rassurer, en
manifestant son appartenance à un groupe. Toute technique de gestion est
susceptible de devenir rituelle dès le moment où les détenteurs du pouvoir la
singularisent, voire la théâtralisent.
-Les tabous Ce sont des sujets qui constituent les manifestations d’une peur
collective. Les tabous peuvent se matérialiser sous la forme « d’événements-
catastrophes pouvant affecter les produits de l’entreprise et que les dirigeants
sont incapables de prévoir parce qu’un tel exercice est pour eux trop anxiogène
».
2°. LA CULTURE D’ENTREPRISE
La culture d’entreprise est définie par Gibb comme « un ensemble de valeurs,
croyances et attitudes communément partagées dans la société et étayant la
notion de ’manière de vivre’ entrepreneuriale désirable et favorisant la
poursuite d’un comportement entrepreneurial effectif par des individus ou
groupes d’individus ».
3°. LA CULTURE ENTREPRENEURIALE
La culture entrepreneuriale serait en effet constituée de qualités et d’attitudes
exprimant la volonté d’entreprendre et de s’engager pleinement dans ce que
l’on veut faire et mener à terme. Elle se veut être comme une culture du projet,
une culture toute particulière puisqu’elle vise à produire de la nouveauté et du
changement. Elle se veut aussi être une culture de création et de construction.
La culture entrepreneuriale ne doit plus être considérée uniquement comme
un moyen de créer de nouvelles entreprises, mais plutôt comme une attitude
59
générale qui constitue un atout précieux dans la vie quotidienne et
professionnelle de tout citoyen, compte tenu de la portée des caractéristiques
qui la définissent.
Dans « La culture entrepreneuriale, un antidote contre la pauvreté », Fortin
propose que la création de richesse passe par le développement d’une culture
entrepreneuriale qui est préférablement endogène en priorisant le
développement de valeurs comme l’autonomie, la responsabilisation, la
créativité et la solidarité.
Il s’agit à ce stade de définir d’autres concepts dérivés comme par exemple :
L’esprit d’entreprise vs esprit entrepreneurial. L’esprit d’entreprise concerne la
connaissance de l’entreprise et de l’entrepreneur, alors que l’esprit
entrepreneurial consiste essentiellement en une volonté d’agir pour créer du
changement, de la nouveauté, pour fixer des buts et réaliser des projets.
4.2.2. La promotion de la culture entrepreneuriale et ses valeurs
Le développement de la culture entrepreneuriale passe par un effort de
sensibilisation et de promotion.
1°. LES RAISONS
Parmi les raisons de promouvoir la culture entrepreneuriale dans un pays :
-Stimuler la compétitivité, l’innovation, la productivité et la croissance
économique ;
-Faire de l’entrepreneuriat un choix de carrière désirable.
-Améliorer la capacité des individus à vivre avec l’incertitude et à répondre
positivement au changement.
-Rattraper un retard par rapport à d’autres pays au chapitre de la création
d’entreprises.
-Contrebalancer l’information déjà abondante en matière d’employabilité.
-Valoriser la richesse et son rôle dans le développement économique et social.
-Prendre en charge des initiatives de promotion à moyen et long terme, car le
secteur privé est peu enclin à le faire.
2°. LES FONDEMENTS
Pour pouvoir engager un processus de changement, il faut mobiliser
différentes de ressources personnelles, à savoir : les ressources émotives ; les
ressources cognitives et les ressources interactionnelles.
Les ressources émotives sont le moteur de l’action. L’esprit d’entreprise
trouve en elles sa motivation première et son déclenchement. Les ressources
cognitives servent à penser l’action, à donner forme à l’avenir par l’élaboration
et la mise en œuvre d’un projet. Elles donnent sens au projet entrepreneurial.
Le passage à l’acte nécessite une action concrète et la mobilisation des
ressources des différents milieux (Ressources interactionnelles).
En effet, on ne peut pas entreprendre seul, avec uniquement l’énergie tirée de
la motivation, avec uniquement l’intelligence de sa vision et de projet. Ce
dernier fait appel à la capacité de l’entrepreneur de tisser des liens avec son
environnement.
3°. LES MOYENS
Les moyens sont multiples allant de l’éducation ; à l’apprentissage par projet,
à la sensibilisation et à l’information.
– Repères
• Identification des opportunités d’affaires ;
• Définition des visions ;
60
• Expression de différenciations ;
• Évaluation des risques ;
• Gestion de relations.
4°. LES VALEURS ENTREPRENEURIALES
La culture entrepreneuriale se compose de caractéristiques qui ont le pouvoir
de favoriser une action efficace et qui contribuent à l’actualisation du
potentiel. Ces caractéristiques sont la confiance en soi, le leadership, l’esprit
d’équipe, la motivation, le sens des responsabilités, la solidarité, la
débrouillardise, l’effort, l’initiative, le sens de l’organisation, la créativité, la
détermination et la persévérance.
Ces valeurs sont définissables par les attitudes et les comportements qui les
expriment.
– la confiance en soi ;
• Se sentir capable de faire quelque chose, d’entreprendre et de mener à terme
un projet, grâce à ses connaissances et à ses compétences.
– le leadership ;
• Proposer des actions, des idées.
• Influencer « positivement » les autres dans la réalisation de la tâche.
• Prendre les décisions nécessaires et passer à l’action.
– l’esprit d’équipe ;
• Travailler et coopérer avec les autres tout en étant respectueux. C’est créer
avec d’autres en synergie d’action.
– la motivation ;
• Avoir des raisons d’apprendre et de relever un défi.
– le sens de la responsabilité ;
• Respecter ses engagements en faisant ce qui doit être fait et ce qui a été
convenu par le groupe.
– la solidarité ;
• Se sentir responsable des choix et des décisions du groupe dans l’atteinte
d’un but commun.
– le débrouillardise ;
• Mettre en action ses ressources internes (compétences, connaissances et
habiletés) et ses ressources externes (outils, personnes-ressources,
organismes, entreprises, etc.) lorsque surgissent des difficultés et des
embûches. C’est recourir à ses connaissances et à ses habiletés pour faire face
à l’imprévu.
– l’effort ;
• Avoir la volonté de travailler fort.
– l’initiative ;
• Faire des choix, devenir autonome et prendre des décisions sans avoir besoin
de supervision. C’est passer à l’action
– le sens de l’organisation ;
• Choisir de bonnes méthodes pour être efficace dans la réalisation du travail.
– la créativité ;
• Exprimer des idées, proposer des solutions novatrices, des pistes de
recherche, etc.
– la détermination ;
• Se concentrer sur ce qu’il y a à faire, sur l’atteinte d’un objectif.
– la persévérance ;
61
• Continuer/terminer ce qui a été commencé jusqu’à l’obtention d’un résultat
satisfaisant.
• Faire preuve de constance et de ténacité afin de mener à terme un projet et
d’atteindre l’objectif fixé.
– le sens de responsabilité
Le sens de la responsabilité définit la capacité à prendre des décisions et à les
assumer, eu égard aux fonctions tenues. Qualité très valorisée et
particulièrement attendue des personnes à des postes de management et de
direction, le sens des responsabilités est une compétence comportementale.
La culture entrepreneuriale se décline en trois éléments :
-des connaissances partagées par des individus d’une même société qui
veulent relever des défis ;
-des attitudes et des valeurs (créativité, sens de la responsabilité, autonomie,
confiance en soi, solidarité, leadership, tolérance à l’échec, etc.) ;
-des compétences de savoir-faire, savoir être et savoir agir.
La culture entrepreneuriale a comme but l’accomplissement d’une société
alerte, responsable et en mesure de s’assumer pleinement. Dans un tel projet,
les entrepreneurs jouent un rôle capital. En effet, l’expérience des
entrepreneurs peut être exposée et faire l’objet de témoignage, d’exemples à
suivre par les jeunes générations.
En conclusion, Il importe de dire que l’entrepreneuriat peut être « le fruit »,
alors que la culture entrepreneuriale peut être comparée à « l’arbre » ;
l’analogie du « champ » et de la « moisson » illustre aussi très bien ces réalités
distinctes, mais interdépendantes.
Rappel : L’intrapreneuriat est une démarche d’entrepreneuriat au sein même
d’une entreprise existante. L’entreprise (souvent de taille moyenne ou grande)
héberge et couve les projets innovants qui naissent en son sein.
L’intrapreneuriat permet de valoriser le rôle et la prise d’initiative des salariés,
qui deviennent alors des « intrapreneurs ».
Bien qu’apparu il y a plus de 40 ans, l’intrapreneuriat est un concept en plein
développement, qui intéresse de plus en plus les grands groupes. C’est une
réponse au départ massif des cadres, ces derniers étant de plus en plus
exigeants dans leur rapport au travail : quête de sens, besoin de se réaliser,
besoin d’indépendance et envie d’entreprendre.
4.2.3. Différents types d’entrepreneuriat
Tout entrepreneur a pour objectif de créer un business prospère. Pour cela,
l’entrepreneur a besoin d’un ensemble de compétences en management et en
leadership. C’est ainsi qu’il parviendra à gérer son business de façon optimale,
et à mener son équipe pour atteindre les mêmes objectifs.
En tant qu’entrepreneur, vous aurez dans un tout premier temps à définir le
type d’activité que vous envisagez d’entreprendre, et le type de stratégie à
adopter pour concrétiser votre projet. Afin de vous y aider, nous allons vous
expliquer ici quels sont les 8 différents types d’entrepreneuriat que l’on peut
retrouver.
Les différents types d’entrepreneuriat
1. Entrepreneuriat de petites entreprises
2. Entrepreneuriat dans les grandes entreprises
3. Entrepreneuriat de startup évolutif
4. Entrepreneuriat social
62
5. Entrepreneuriat d’innovation
6. Entrepreneuriat Hustler
7. Entrepreneuriat d’imitation
8. Entrepreneuriat de recherche
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Les différents types d’entrepreneuriat
L’entrepreneuriat est généralement associé à la gestion d’entreprise. Toutefois,
on peut en distinguer de nombreux types. Les entrepreneurs peuvent en effet
avoir des visions différentes, dépendamment de la configuration d’entreprise
qu’ils projettent de créer. Si certains comptent sur leur capital pour atteindre
leur objectif, d’autres misent tout sur le travail acharné.
Néanmoins, peu importe le type d’entrepreneuriat choisi, on retrouve toujours
un dénominateur commun : les entrepreneurs auront un ensemble de
ressources pour mener à bien leur projet.
1. Entrepreneuriat de petites entreprises
La majorité des entreprises dans le monde sont de petites entreprises. Parmi
les différents types d’entrepreneuriat, c’est sans doute celui que les gens
connaissent le plus. Les entrepreneurs se lançant dans cette aventure ont en
général comme objectif de réaliser un profit afin de soutenir leur famille et leur
mode de vie. Pour les petites entreprises, les profits sont généralement assez
limités. Elles ne reçoivent pas non plus de financement de sociétés de capital-
risque. L’entrepreneur est ici un individu qui possède sa propre entreprise, et
la gère selon ses exigences. Il peut embaucher des employés locaux ou des
membres de la famille pour l’aider. Parmi les petites entreprises, on peut citer
en exemple : les coiffeurs, les boutiques, les épiceries, les artisans, etc.
2. Entrepreneuriat dans les grandes entreprises
Dans l’entrepreneuriat d’une grande entreprise, une entreprise possède un
nombre de cycles de vie fini. Il se distingue des autres types d’entrepreneuriat
par le fait qu’il est associé à des experts : avant le lancement d’une grande
entreprise, l’entrepreneur doit associer ses tâches à un professionnel
expérimenté capable de maintenir l’innovation. Dans la plupart des cas, les
professionnels en question sont membres d’une grande équipe de cadres
supérieurs. Les grandes entreprises produisent généralement des produits
innovants répondant aux demandes des clients et du marché. Si vous avez à
l’origine créé une petite entreprise, et que celle-ci montre des signes
encourageants et favorables à son développement, alors vous aurez la
possibilité de la transformer rapidement en entrepreneuriat de grande
entreprise.
3. Entrepreneuriat de startup évolutive
Les différents types d’entrepreneuriat cherchent communément à changer leur
environnement. C’est notamment le cas avec l’entrepreneuriat de startup
évolutive. Avec cette forme d’entrepreneuriat, les entrepreneurs ambitionnent
de changer la communauté à travers leur entreprise ou organisation.
En général, ils obtiennent des fonds de sociétés de capital-risque pour assurer
le financement de leur entreprise. Et ils embauchent également des employés
spécialisés. Les startups évolutives prennent en considération les produits ou
services qui ne sont pas disponibles sur le marché, puis cherchent à les
fournir au public.
63
Parmi les différents types d’entrepreneuriat, l’entrepreneuriat
de startup évolutive se concentre essentiellement sur la technologie. Il cherche
à se développer et à faire du profit rapidement.
4. Entrepreneuriat social
L’entrepreneuriat social figure parmi les types d’entrepreneuriat les plus
fondamentaux sur le marché actuel. Dans ce type d’entrepreneuriat,
l’entrepreneur est amené à identifier les problèmes sociaux, et à les résoudre à
travers ses produits et/ou services. Son principal objectif est ainsi de rendre le
monde meilleur. Il ne cherche pas particulièrement à en tirer une richesse ou
des profits énormes. Les entrepreneurs vont plutôt créer des entreprises à but
non lucratif afin de travailler pour le bien social. Pour réussir ce type de projet,
il est essentiel de s’appuyer sur une plateforme performante.
5. Entrepreneuriat d’innovation
L’entrepreneuriat d’innovation regroupe les entreprises ayant pour vocation de
proposer de nouvelles idées et inventions. C’est donc l’un des types
d’entrepreneuriat se basant sur des méthodes innovantes pour gagner des
prospects et faire du chiffre d’affaires. Les entrepreneurs évoluant dans ce type
d’entrepreneuriat considèrent des idées innovantes, puis les transforment en
entreprises commerciales. À travers leurs innovations et leur créativité, ils
parviennent à améliorer le mode de vie des gens. Ces entrepreneurs sont
généralement des passionnés ouverts d’esprit. Parmi les grands noms qui se
sont démarqués dans leur domaine respectif, on peut citer en exemple :
Bill Gates avec Microsoft
Steve Jobs avec Apple
Elon Musk avec Tesla
6. Entrepreneuriat Hustler
L’entrepreneuriat Hustler compte sur le dur labeur, le travail acharné pour
réussir. Il fait partie des types d’entrepreneuriat où la qualité n’est pas la
chose la plus fondamentale pour l’entrepreneur. Ce dernier va plutôt se
concentrer sur le travail, la débrouille et les efforts pour réussir sa carrière
dans l’entrepreneuriat. Ici, l’entrepreneur ne va pas chercher à voir grand dès
le départ. Il va plutôt partir d’une petite entreprise qu’il va développer petit à
petit jusqu’à en faire une grande. Il va donc privilégier le travail acharné au
lieu des coûts élevés au démarrage.
L’entrepreneuriat Hustler attire surtout les entrepreneurs déterminés,
ambitieux, persévérants, prêts à se limiter pour atteindre leurs objectifs.
7. Entrepreneuriat d’imitation
L’entrepreneuriat d’imitation fait partie de ces types d’entrepreneuriat
s’inspirant d’autres modèles commerciaux de haute qualité pour mener à bien
leur projet. Il ne s’agit pas ici de simplement copier la méthode des
concurrents. Les entrepreneurs vont plutôt chercher à rendre leurs services et
produits plus rentables et efficaces, en se basant sur ce que font leurs
concurrents. L’entrepreneuriat d’imitation est une forme hybride entre
l’entrepreneuriat d’innovation et l’entrepreneuriat hustler. Les entrepreneurs
travaillent alors dur, mais étudient également les stratégies de leurs
concurrents. Ils ont une grande confiance en eux, et croient en leur succès. Ils
apprennent de leurs erreurs pour améliorer leur entreprise.
64
8. Entrepreneuriat de recherche
La recherche est essentielle pour tout type d’entrepreneuriat. Parmi tous les
types d’entrepreneuriat que l’on vient de citer, tous nécessitent de nombreuses
recherches avant de déterminer leur activité et choisir leurs produits. La
réalisation d’une étude de marché est toujours un passage obligé.
Les entrepreneurs se lançant dans ce type d’entrepreneuriat estiment que leur
entreprise connaîtra le succès en utilisant les bonnes informations et données.
Ils chercheront constamment à avoir une compréhension totale et approfondie
de tous les aspects et détails entourant leurs produits ou services. Ils
s’intéressent également à ce qu’attendent les clients de leurs services.
Les chercheurs envisagent toutes les possibilités pour connaître le succès, et
accordent une importance particulière à l’établissement de leur business plan,
dans le but de minimiser les risques d’échec. Ils utilisent les faits pour étayer
leur analyse et en tirer les meilleures stratégies à adopter. Ils se fient rarement
(voire même jamais) à l’intuition.
Si vous avez comme projet de vous lancer dans l’entrepreneuriat, vous devez
commencer par choisir parmi les types d’entrepreneuriat disponibles sur le
marché. Ce choix est déterminant pour la suite de votre projet. En effet, de lui
dépendra le type d’activité que vous allez entreprendre.
Une fois votre choix effectué, vous aurez ensuite à atteindre votre public cible
et faire la promotion de votre entreprise ainsi que de vos produits ou services.
Parmi vos objectifs constants, vous devez toujours attirer de nouveaux clients,
et fidéliser ceux qui sont déjà acquis.
L’entrepreneuriat en RDC est géré par le ministère d’Etat de l’Entrepreneuriat
et des Petites et moyennes entreprises (PME) par le biais du FOGEC.
Le Fonds de Garantie de l’Entrepreneuriat au Congo (FOGEC) est opérationnel
depuis janvier 2021. Le décret portant création du FOGEC a été signé en date
du 31 octobre 2020 par le 1er ministre, Sylvestre Ilunga Ilunkamba et publié
dans le Journal Officiel. La création du FOGEC avait été proposé par Justin
Kalumba, ministre des classes moyennes, petites et moyennes entreprises et
artisanat et adopté le 11 septembre 2020 en Conseil des ministres.
Pour ce dernier, il s'agit enfin de la refondation et de la renaissance du secteur
de l’entrepreneuriat congolais pour la création des richesses et des emplois par
les congolais eux-mêmes.
65
66
Le FOGEC a pour missions de :
- Mobiliser et collecter les ressources financières au niveau national et
international, en vue de garantir l’accès des startups, micros, petits, moyens
entrepreneurs et artisans congolais aux financements de leurs projets, par les
banques commerciales et les institutions de microfinance ;
- Disponibiliser les fonds nécessaires et les mettre à la disposition des agences
et organismes privés spécialisés, agréés par la Banque Centrale du Congo
(BCC), qui agissent au nom et pour le compte du FOGEC, en vue de : garantir
l’accès des startups, micros, petits, moyens entrepreneurs et Artisans
67
congolais aux financements de leurs projets, par les banques commerciales et
les institutions de microfinance, suivant la politique définie par le
gouvernement ;
- Développer les mécanismes innovants de financement des startups, micros,
petites et moyennes entreprises, à travers notamment le financement
participatif, soit avec ou sans contrepartie (don), soit encore à titre de
subventionnement ;
- Développer la méso finance, à travers la mise en place des lignes
concessionnelles des crédits, de garantie ou de subventionnement d’assistance
technique au profit des MPMEA et ;
- Participer à la mise en œuvre du fonds d’amorçage et des prêts d’honneur au
profit des entrepreneurs congolais, principalement les femmes et les jeunes.
La gestion du FOGEC sera assurée par les agences et organismes privés
spécialisés, détenteurs de l’agrément délivré par la BCC, suivant les
conditions, modalités, us et coutumes de la profession concernée.
En partenariat avec le secteur privé, le FOGEC va initier la création d’une
société commerciale dans laquelle ce fonds sera actionnaire majoritaire. Ce
dernier sera un établissement de crédit (Institution Financière Spécialisée)
agréé par la BCC pour finalement prendre la place des agences et organismes
spécialisés.
D'après le ministère de tutelle, la matérialisation du FOGEC va donner à
l’entrepreneuriat congolais un nouveau souffle et les PME ayant pour
promoteurs des congolais, trouveront des parts des marchés importants dans
le cadre de la sous-traitance et obtiendront des financements conséquents de
leurs projets.
TD1 ENTREPRENEURIAT
Choisissez un des sujets ci-dessous concernant l’entrepreneuriat et dissertez
en une page:
1.L’impact de l’entrepreneuriat collectif sur la croissance économique
locale:
[Link] défis de la gestion d’une entreprise collective:
3.L’entrepreneuriat collectif dans les pays en développement:
4.L’entrepreneuriat collectif et l’innovation sociale:
« L’occident n’est pas plus intelligent que nous, sauf que dans la culture
occidentale, ils soutiennent celui qui échoue jusqu’à ce qu’il réussisse, et
nous on massacre celui qui réussit jusqu’à ce qu’il échoue » Ahmed
Hassan Zewail
Chimiste et universitaire égyptien travaillant aux États-Unis.
Il est lauréat du prix Nobel de chimie en 1999
Canard ou Aigle ? Tu as le choix
« Les canards font du bruit et se plaignent, les aigles planent au-dessus
de la mêlée »
« Un grand homme ne cherche pas à diriger, mais il est appelé à diriger et il est
prêt à diriger ».
68
BIBLIOGRAPHIE
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tourisme à Paris intramuros, [Link] [Link]/revue-innovations.
70
ANNEXE
QUESTIONNAIRE D'ENQUETE
La présente enquête vise à identifier les facteurs explicatifs de la faible participation de jeunes de la ville de
Lubumbashi dans le domaine de l'entrepreneuriat.
Nous tenons, de ce fait, à vous remercier d'avance pour votre disponibilité à contribuer à cette enquête et nous vous
rassurons que vos réponses seront enregistrées dans l'anonymat et seront utilisées uniquement à des fins
scientifiques.
Consigne : Ce questionnaire ne peut être rempli que par une personne détentrice d’un diplôme d’état ou plus élevé
que celui-ci.
I. Profil de l’enquêté (Veuillez cocher la case qui vous correspond).
Quel âge avez-vous :
Entre 18-20 ans 20-25 ans 25-30 ans 30-35 ans
Quel est votre genre (sexe) :
Masculin Féminin
De quelle commune êtes-vous :
Lubumbashi Kampemba Kenya Katuba Ruashi
Kamalondo Annexe
Votre niveau d'étude :
Diplôme d’état Graduat Licence Autres diplômes
II. Enquête proprement dite
Avez-vous une idée de ce qu’est l'entrepreneuriat ?
Oui Non
Si oui, est-ce une passion pour vous, jusqu’à être ou à devenir un jour entrepreneur ?
Oui Non
Si cela est une passion, alors qu’est-ce qui vous motive à entreprendre ?
Être indépendant(e) sur le plan financier
Par manque d’emplois
Gagner plus d’argent
71
Devenir son propre patron
Etre plus libre
Autres facteurs : ………………………………………………
Avez-vous déjà créé votre propre entreprise ou activité ?
Oui Non
Si oui, laquelle ?
Réponse : ………………………………………………………………………………………………
Si non, avez-vous une idée entrepreneuriale, c'est-à-dire avez-vous l'intention de créer
votre propre entreprise ou activité ?
Oui Non
Si vous avez une idée entrepreneuriale, qu'est-ce qui vous empêche de la matérialiser ou de
la concrétiser ? (Veuillez Cocher autant des réponses qui vous correspondent)
Manque de financement Peur d'échouer ou de perdre Manque de formation
Manque de matériels
Autres facteurs : …………………………………………………………………….
Vos analyses et commentaires par rapport à la faible participation de jeunes de la ville de
Lubumbashi dans le domaine de l'entrepreneuriat. Vos suggestions svp !
Analyses et commentaires :
Suggestions :
72
TABLE DES MATIERES
AVANT – PROPOS..................................................................................................................................................... 2
OBJECTIFS DU COURS ............................................................................................................................................ 3
Objectif général ............................................................................................................................................................ 3
Chapitre 1 : L’entreprise : définition, finalités et classification ................................................................................... 4
1.1. Définition .............................................................................................................................................................. 4
1.2.2. Les différents types de finalités ............................................................................................................. 4
1.3. Classification des entreprises ................................................................................................................................ 5
1.4.Écosystèmes entrepreneuriaux : acteurs et interactions ......................................................................................... 7
1.4.1.Définition de l'écosystème entrepreneurial ......................................................................................................... 7
[Link] domaines de l'écosystème de l'entrepreneuriat ............................................................................................. 9
Chapitre 2 : L’entreprise et son environnement ......................................................................................................... 14
2.2. Le macro-environnement de l’entreprise .............................................................................................. 21
2.3. Le micro-environnement de l’entreprise ............................................................................................... 21
2.4.3. Principales caractéristiques entrepreneuriales .............................................................................. 22
Chapitre 3 : L’étude de marché ....................................................................................................................... 26
3.1. Définition ........................................................................................................................................................... 31
3.2. Méthodologie de réalisation d’une étude de marché ........................................................................ 31
3.3. Principales sources d’informations pour la connaissance de l’environnement et du secteur
d’activité .................................................................................................................................................................. 31
3.4. L’élaboration d’une stratégie marketing ............................................................................................... 32
3.4.1. La segmentation ....................................................................................................................................... 32
3.4.2. Le ciblage .................................................................................................................................................... 32
3.4.3. Le positionnement ................................................................................................................................... 32
3.5. Le marketing mix ......................................................................................................................................... 32
3.6. L’estimation du chiffre d’affaires et l’étude technique ....................................................................................... 35
3.7. L’étude financière ........................................................................................................................................ 35
3.7.2. Le détail des crédits ................................................................................................................................ 36
3.7.3. Le compte de produits et charges (CPC) ........................................................................................... 36
3.7.4. Le plan de trésorerie ............................................................................................................................... 37
3.7.5. Détermination des besoins en fonds de roulement ...................................................................... 38
3.7.6. Le seuil de rentabilité ............................................................................................................................. 39
Chapitre 4 : Entreprise et culture entrepreneuriale
4.1. L’entreprise
4.2. La culture entrepreneuriale ..................................................................................................................... 55
4.2.1. Sensibilisation à l’entrepreneuriat et à la culture entrepreneuriale ....................................... 56
[Link]. Les 3E : Entreprise, Entrepreneur et Entrepreneuriat ............................................................ 56
[Link]. LES 3C : Culture, Culture d’Entreprise et Culture Entrepreneurial ................................... 58
4.2.2. La promotion de la culture entrepreneuriale et ses valeurs ..................................................... 59
BIBLIOGRAPHIE ..................................................................................................................................................... 68
TABLE DES MATIERES ......................................................................................................................................... 72