Production toretique en Thrace Odryse
Production toretique en Thrace Odryse
Athanasios SIDERIS
Abstract
The paper examines the geographical and chronological frame within which Odrysian
toreutic production emerged, and discusses some quantitative data in comparison with
neighbouring Macedonia. Some characteristics specific to Thracian toreutic output are
then identified, namely: the deliberate naivety of the figurative representations; the
‘material upgrade’, especially among banquet and armour elements; the amalgamation of
Greek, Achaemenid and local vessel-shapes and decorative motives; the re-interpretation
of motifs borrowed from these two most influential cultures, as well as the originality
of some figurative and ornamental compositions. The provenance and function of these
toreutic artefacts is discussed in connection with their presence in funeral contexts,
as well as in some important treasures. The latter suggest that, at least for some periods,
precious metal toreutics were used as official gifts and a means of paying tribute, and
consequently as hoarding media.
François Hartog écrivait dans son livre pionnier Miroir d’Hérodote que le texte
de l’ancien historien « est un miroir tendu aux Grecs pour qu’ils s’y pensent et
comprennent les autres ».1 Mutatis mutandis, et à défaut de textes, la toreutique
en est un autre pour la culture thrace ; un miroir sur lequel les Thraces et les
Grecs se regardent mutuellement en essayant de comprendre les uns les autres
à travers l’image de soi.
L’espace géographique et la période chronologique de l’exposition du musée
du Louvre, dans le cadre de laquelle a eu lieu ce colloque, était sans équivoque
la Thrace odryse.2 Néanmoins, il convient de rappeler que ces deux paramètres
ne sont pas aussi clairement délimités que laisserait l’entendre la chronologie
précise donnée dans le sous-titre de l’exposition. Les débuts du royaume thrace,
associés traditionnellement avec le retrait des forces perses (Thucydide 2. 29. 2),3
ne marquent que l’accession à un plus haut degré de centralisation du pou-
voir, tout comme une structuration accrue d’une société, qui bien sûr préexis-
tait, produisait et consommait, et avait à ce titre divers usages, que ce soit pour
la table ou dans le domaine des coutumes funéraires. Elle participait déjà aux
échanges de biens et d’idées avec ses voisins. Á ce titre, les Thraces de la
période archaïque ne sont-ils pas les même que ceux de la période odryse ? Oui
et non. Oui, car malgré les mouvements de certaines tribus, l’ensemble de la
population n’a pas été radicalement altéré. Et non, parce que la centralisation
du pouvoir par les Odryses, et l’hégémonie qu’ils exercent sur les autres tribus,
ont permit une unification du territoire et une homogénéisation des pratiques
sociales, qui à leur tour ont pu accoucher d’une nouvelle identité thrace par-
tagée. Une identité qui fut toutefois probablement plus facilement reconnais-
sable par leurs voisins que par les Thraces mêmes.4 De même en est-il du ter-
ritoire. On sait que dans un passé qui n’est pas clairement défini les Thraces
vivaient encore dans le sud, et la mémoire de leur expulsion de Piérie, loin
d’être légendaire, demeure encore vive chez Thucydide (2. 99).5 La pression
exercée par le roi macédonien Alexandre I sur les Thraces de Chalcidique
durant la première moitié du Ve siècle av. J.-C. (campagnes de 499/8 et de 455)
a finalement repoussé les frontières à la rivière Strymon (Thucydide 2 .99. 4;
Hérodote 5. 17–21).6 La culture de Trebenishte, près du lac d’Ochrid, qui a
1
Hartog 1980, 19.
2
Martinez et al. 2015.
3
Zahrnt 2015, 39; Vasileva 2015, 324; Rufin Solas 2013, 34; Vasilev 2015, 212–26.
4
Delev 2014, 11–15; Graninger 2015, 27–30.
5
Strabon 10. 2. 71; Sideris 2015, 39.
6
Toutes les dates dans le texte sont antérieures à notre ère. Archibald 1998, 93–96; Kosmidou
2011, 442–44; Delev 2014, 105–06; Bouzek et Graninger 2015, 14–15; Sideris 2015, 80.
7
Filow et Schkorpil 1927; Vulić 1933; Bouzek et Ondřejová 1988; Hammond 1994, 427;
Sokolovska 1997, 25; Teodosiev 2000, 178; Stibbe 2003; Proeva 2006, 561–63; Ardjanliev et al.
2018, passim, mais spécialement 153–65 (chapitres par N. Proeva et P. Delev).
8
Sur Akhlada, voir le rapport préliminaire: https://www.culture.gov.gr/el/Information/Site-
Pages/view.aspx?nID=2964. Sur Gorna Porta: Ardjanliev et al. 2018, 209–23 (par Kuzman) et
cat. 332–413.
9
Despoini et al. 2016; Sismanidis 1987; Skarlatidou 2007; Chrysostomou 2011; Descamps-
Lequime 2011, 105–37.
10
Descamps-Lequime 2011, 189–90; Delev 2014, 75–81.
11
Même s’il n’est pas possible d’établir de frontières précises, il est clair que ces productions
toreutiques sont plus fréquentes au nord de l’Haimos.
12
Rogozen, Boukyovtsi, Loukovit, Radyouvene et Agighiol.
13
Selon Thucydide (2. 29 et 2. 97. 5), la Thrace était « le plus grand pays en Europe » sous
le règne de Sitalkès.
14
Le fameux trésor de Valtchitran: Venedikov 1987; Marazov 1998, 228–33. Voir aussi des
vases en or datant du XIIe au IXe siècles av. J.-C., voire même une phiale en bronze plus tardive:
Sideris 2021a, 16–24, cat. 147–151; Stoichev 2009, 20–21, pl. 2, fig. 2 (de Nefela, première moitié
du VIIe siècle).
15
Pour des échos du style thrace datant de la fin de l’époque hellénistique: Sideris 2016,
cat. 142–143.
16
Etat de 2015. Il est certain que ce nombre est de nos jours plus élevé, enrichi selon un calcul
préliminaire par une centaine de pièces additionnelles. Il s’agit à la fois de pièces publiées ulté-
rieurement, de pièces non publiées conservées dans de petits musées bulgares, de publications
rares auxquelles je n’ai pas eu accès afin de vérifier l’information, de découvertes et confiscations
récentes, ou de nouvelles acquisitions réalisées dans le cadre de collections privées bulgares
Sur ce total, seulement trois quarts des pièces proviennent de fouilles docu-
mentées. Parmi elles, plus de la moitié est issue de contextes funéraires ; plus d’un
quart faisait partie de trésors ; et seulement une maigre proportion, de l’ordre
de 3%, constitue des découvertes provenant de contextes domestiques (Fig. 1).17
Ce grand nombre de vases provenant de fouilles illicites ou simplement non
documentées (fouilles anciennes et objets remis aux musées par des particuliers)
devient plus regrettable encore si l’on tient compte du fait que parmi eux se
trouvent plusieurs pièces présentant une exécution de qualité exceptionnelle et
une signification socioculturelle remarquable.18
La répartition des vases en fonction de leur métal s’avère très éloquente
(Fig. 2) : près de 60% des pièces sont en argent et 5% en or ! Alors qu’en Macé-
doine voisine, pour la même période, et pour un corpus toreutique atteignant
en nombre le double de celui de la Thrace, les vases en argent ne représentent
qu’un peu moins de 20%, et ceux en or une proportion insignifiante de 0,3%!19
(uniquement celles avec une provenance certifiée de Thrace). Néanmoins, cela n’affecte pas réel-
lement l’essentiel des idées présentées ci-dessous, ni les comparaisons avec la toreutique décou-
verte en Macédoine, puisque la répartition matérielle, chronologique et formelle, de ces nouvelles
pièces suit exactement le même modèle.
17
Sur la constitution de ce corpus, voir Sideris sous presse.
18
Sideris 2016, 10 et cat. 20, 35–37, 46–49, 51–52, 57–70; 2021a, cat. 152, 157–160, 166–
170, 209, 218, 221, 240, 245, 253, 280, 282, 284.
19
Sideris 2016a, 493, fig. 2.
Ces différences peuvent sans doute être imputées à des normes et des cou-
tumes sociales notoirement divergentes entre ces deux sociétés concernant le
luxe autorisé dans les banquets, l’utilisation de vases en métaux précieux en
tant que symboles de pouvoir et de statut, et leur déposition dans les tombes,
surtout avant la campagne d’Alexandre.20 Néanmoins, il ne faut pas sous-estimer
la richesse des mines thrace, ni méconnaître le degré de monétisation de l’éco-
nomie thrace, inférieur à celui de la Macédoine, qui auraient stimulé une plus
ample utilisation des vases en argent au sein d’une tradition établie durant la
domination achéménide, en tant que moyen d’échange ou de paiement du tri-
but.21 En ce sens, les recherches métrologiques, qui prétendent souvent pou-
voir établir le fait que les vases en métaux précieux sont confectionnés selon
des étalons numismatiques en vigueur, ou du moins qu’ils étaient pesés selon
ces étalons, lors de leur inventorisation dans les trésors royaux et ceux de sanc-
tuaires, s’avèrent très précieuses.22
La répartition chronologique des pièces confirme ce que nous avons déjà
esquissé. L’essor de la toreutique en Thrace se situe au IVe siècle, période à
laquelle se rapportent 75% des vases (Fig. 3). Ce phénomène est suivi de près par
la Macédoine où le IVe siècle représente 60% de la totalité, mais la différence
20
En Macédoine, deux périodes principales accompagnent une forte présence d’éléments
luxueux dans les tombes, à savoir la fin de l’archaïsme et le début de la période hellénistique.
21
Rufin Solas 2013, 33–37; Tzochev 2015, 419–20; Martinez et al. 2015, 172–73 (O. Picard).
22
Vickers 1995; Gill 2008, 337–41; Vickers 2014, 234–35; Tzochev 2016, 789–90; avec des
réserves Sideris 2015, 59.
devient nette si l’on remonte au VIe siècle, représenté par 25% des vases en
Macédoine et seulement 3% en Thrace.23
Quant à l’affiliation culturelle des vases en métal en Thrace, il demeure sou-
vent difficile de trancher entre les trois groupes principaux : thrace, grec et aché-
ménide (et ceci, même sans tenir compte du fait que le style thrace n’est pas tout
à fait uniforme). Comme nous allons le voir par la suite, il y a plusieurs modes
et degrés de réception, adoption, assimilation et réinterprétation d’influences,
qui aboutissent à une hybridation tout aussi féconde qu’inextricable. Néanmoins,
même si nos attributions demeurent parfois hypothétiques au risque de paraître
arbitraires, l’image générale ne risque pas d’être sensiblement altérée si l’on
modifie une de ces attributions. Elle révèle que plus que la moitié des vases est
issue ou principalement liée à la culture thrace, alors qu’un peu moins que la
moitié est attribuable à la culture grecque, laissant une modeste proportion de
3% au domaine achéménide. Cette répartition, trop mécanique pour être entiè-
rement fidèle à la réalité, doit être nuancée par la reconnaissance de deux phé-
nomènes importants : la médiation de la toreutique achéménide par les Grecs
d’Asie Mineure et le travail de toreutes grecs (ou formés chez les Grecs) sous
commande thrace. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que le trésor de Rogozen,
avec ses 165 pièces d’argenterie, s’avère capable à lui seul de modifier radica-
lement les résultats de ce calcul.24
23
Sideris 2016a, 492, fig. 1.
24
Puisqu’il représente 22% des vases métalliques trouvés en Thrace. La même remarque est
valable pour le trésor de Panagyurishte qui représente à lui seul 24% des pièces en or.
Pour tous ceux qui mènent des recherches sur la culture matérielle des régions
et peuples disposés à la périphérie des mondes grec et achéménide, le problème
principal est encore et toujours l’affinement de la méthode et la détection de
courants d’influence stylistique et iconographique qui permettraient mieux de
lier telle ou telle autre expression visuelle à des échanges beaucoup plus pro-
fonds, impliquant les croyances religieuses, les structures sociales, les facteurs
économiques et leurs rapport aux normes esthétiques et morales prédominantes.
Cette problématique est récurrente, que l’on parle des Lydiens du VIe siècle,
ou des Lucanes et Peucètes du Ve siècle, ou encore des Scythes du VIe au
IVe siècles.28 Les Thraces toutefois constituent un cas exemplaire, car ce phéno-
mène s’y développe dans son toute ampleur et sa complexité. Ils représentent en
quelque sort pour la toreutique grecque ce que les Étrusques représentent pour la
céramique attique.
25
Farkas 1981; Fol et al. 1989, cat. 165; Marazov 1989; Taylor 1989.
26
Voir ci–dessous, n. 72–73, 75–76.
27
Jusqu’à présent, les seules exceptions sont la jambière de Malomirovo-Zlatinitsa et la cotyle
de Strelcha: D. Agre, cat. 54, et P. Ilieva, cat. 315 dans Martinez et al. 2015. Sur les territoires de
Triballes et Gètes voir Theodossiev 2011, 6–10 ; Delev 2015, 52–55.
28
Özgen et Öztürk 1996, 26; Pontradolfo 1996, 37–39; Tarditi 1996, 203–05; Trofimova 2007,
22–29.
chez les Thraces » (material upgrade), qui se poursuivra dans tous les échanges
entre Grecs et Thraces dans le domaine de la toreutique au cours des siècles
suivants. Cette tendance consiste dans la production en Thrace, ou plus tard à
partir du IVe siècle directement par les Thraces, de vases répondant à des formes
répandues chez les Grecs, avec habituellement les mêmes éléments décoratifs,
mais transcrits en des métaux plus précieux. Ainsi, ce qui est en bronze chez les
Grecs se fait en argent chez les Thraces, et ce qui est déjà fabriqué en argent dans
le monde grec est rehaussé en Thrace par l’emploi de l’or. L’argent est placé
chez les Grecs à un degré plus haut que le bronze et il s’adresse aux individus
les plus nobles, alors que l’or est presque exclusivement réservé aux divinités
(du moins pour la plus grande partie de la période en discussion ici). Cependant,
il ne faut pas trop simplifier ce modèle, qui ne peut être compris en dehors du
système de valeurs sociales grec, pour qui tryphe et thambos étaient perçus
comme des excès dangereusement proches de l’hybris tant redoutée, et qui tout
en étant tolérés dans un contexte religieux, étaient régulièrement contrôlés et
limités dans la sphère privée.29 En d’autres mots, des vases en métaux précieux,
comme ceux découvert dans les tombes et tombeaux thraces, ornaient très sou-
vent les sanctuaires panhelléniques ou même régionaux, mais ils n’étaient dépo-
sés que très rarement dans des tombes, avec bien sûr comme notable exception
la Macédoine (fin de l’époque archaïque et seconde moitié du IVe siècle).30 Les
inventaires des sanctuaires qui ont été préservés ne documentent la pratique de
dédicaces de vases en métal précieux qu’à partir du dernier tiers du Ve siècle,
mais les textes littéraires apportent déjà des témoignages pour la première moi-
tié du VIIe siècle.31
Cette revalorisation matérielle est illustrée par quelques formes de phiales
parmi les plus anciennes. Il s’agit tout d’abord d’un type plutôt simple (la Lotto-
sphiale selon la classification de Luschey,32 décorée avec des feuilles lancéo-
lées en deux registres superposés) recréée quelque part en Ionie à la fin du
VIIe siècle d’après un modèle phrygien bien connu,33 et répandu partout durant
les périodes archaïque et classique. Les exemplaires en bronze ont été retrouvés
par centaines dans les grands sanctuaires (Pérachora, Argos, Olympie), mais
également dans des contextes funéraires (Béotie, Trézène, Aiani, Archontiko,
29
Lapatin 2015, 2–12; Sideris 2015, 56, 60, 76–79. Pour Sparte voir, Hodkinson 2000, 209–
63.
30
Trebenishte, Sindos, Vergina et Archontiko ont livré des phiales, des canthares, des gobelets
et de cornes en argent de l’archaïsme récent. Le répertoire de formes s’enrichie considérablement
au cours du IVe siècle.
31
Harris 1995, 66–77, 99–103. Hérodote 1. 13–14 (dédicace de six cratères en or par Gygès
à Delphes).
32
Luschey 1939, 121–24.
33
Young 1981, 233–36, pl. 68–70.
39
Bothmer 1984, cat. 12; Picón 1994, 13 with ill.; Sideris 2008, 342–43, fig. 3–4; Chrysos-
tomou 2011, 360–61; Adam-Veleni 2012, 20; Kottaridi 2013, 165; Despoini et al. 2016 II,
260–62, 433, 530. L’exemplaire en or de la Collection V. Bojkov porte un cercle de perles autour
de l’omphalos et une série de boutons sous la lèvre; cf. le bol en or de Kazitchene, ainsi que
quelques phiales en bronze de Sindos et en argent de Thrace: Marazov 1998, cat. 197; Despoini
et al. 2016 II, 435–40, 446; Sideris 2021a, 74–76, cat. 183–185.
40
Ilieva 2011, 188 avec ill. Penkova et al. 2017, 49, cat. 27 (D. Dimitrova).
41
Sideris 2021a, 39–40, cat. 161–162, hauteur 3.3 cm, diamètre à l’embouchure 9.7 cm,
épaisseur de la feuille d’or 0.10–0.15 mm.
42
Pfrommer 1983, 135–38; Sideris 2016, cat. 114 avec bibliographie antérieure.
Fig. 9. Petite cruche en or avec anse en nœud d’Hercule et panse décorée par
des chariots, de Vratsa/Mogilanska. Vratsa, musée régional d’Histoire, inv. n° Б 391.
(cliché I. Hadjimishev).
produites en argent et décorées par des têtes féminines et animales et des pal-
mettes dorées, d’exécution simpliste et naïve mais pourtant relativement soignée
(Fig. 11).49 Il ne s’agit pas là simplement d’un manque de dextérité, comme on
l’a assez souvent supposé. Il en va plutôt d’une option délibérée en faveur d’un
rendement qui est considéré – sans doute – comme essentiel au détriment de
la vraisemblance réaliste. Et ceci est une des caractéristiques capitales du style
thrace.
Il y a par ailleurs des formes d’origine achéménide, ou plus généralement
orientale, qui ont été adoptées par les Grecs d’Ionie à partir du VIe siècle, ou
qui ont pris leur essor dans les ateliers royaux de la Macédoine au cours de la
deuxième moitié du IVe siècle. En Thrace, ces formes sont fréquemment issues
simultanément de deux sources (achéménide et grecque), comme le gobelet –
potérion, dit parfois abusivement kalathos. Il apparaît jusqu’à présent exclu-
sivement en argent, parfois avec des détails au repoussé ou ciselés et dorés
qui entretiennent divers degrés de proximité avec les modèles grecs et aché-
ménides (Fig. 12).50 A cet égard, il convient de mentionner les trois potéria
de la fin du Ve siècle, provenant d’une tombe de Dalboki, dont le plus grand
49
Fol et al. 1989, cat. 164, fig. 198; Zhuravlev et Firsov 2013, cat. 26; Milena Tokonva, cat. 315
dans Martinez et al. 2015; Penkova et al. 2017, 62, cat. 48.
50
Filow et Schkorpil 1927, 31, pl. 6.2; Popović 1956, 109, pl. 14–15; Marazov 2011, cat. 93–95;
Vickers 2014, 234–35; Despoini et al. 2016, 249–51, 433, 530; Sideris 2021a.
est dû à un artisan grec ou de formation grecque, alors que les deux autres
sont des imitations locales réalisées par un argentier peu habile.51 Durant le
IVe siècle toutefois le potérion devient entièrement thrace par le traitement
des ornements et sa prolifération dans les tombes et tumuli de Thrace cen-
trale.52 On a proposé que les versions céramiques attiques furent spéciale-
ment destinées à la Thrace (Fig. 13), mais leur distribution en Italie, à Corinthe
et Rhodes, ainsi que des parallèles laconiens plus anciens rendent cette hypo-
thèse caduque.53
Le calice de forme macédonienne connaît aussi plusieurs variantes en Thrace.54
Aux côtés de rares pièces originales macédoniennes et achéménides, des imita-
tions locales « nonchalantes » du modèle macédonien,55 et de maintes variantes
51
Gratch 1985, 16–19, n° 8; Vickers 2002, 68, pl. 26.
52
Archibald 1998, 181–84; Zymi 2011, 85; Ivanov 2018, 19, fig. 8.
53
Oakley 2009, 70–74; Sideris 2021a, 36.
54
Pfrommer 1987, 56–63; Archibald 1998, 269–71; Sideris 2000, 17–21; Stoyanov 2007,
562–63; Zymi 2011, 70–84; Sideris 2016, cat. 112–113.
55
Fol et al. 1989, cat. 88–94.
Fig. 14. Calice en argent doré avec têtes féminines sur la panse, de Lukovit.
Sofia, Institut national d’archéologie et musée, inv. n° 8226 (cliché A. Sideris).
IVe siècle, Fig. 15),58 et les lébès à épaule horizontale (portant souvent une cou-
ronne de lierre), qui, quand elles sont décorées, adoptent des motifs grecs, et dont
la qualité d’exécution indique parfois une main formée auprès de maîtres Grecs.
Nous connaissons des lébès en argent et en bronze de Duvanli, Kaloyanovo,
Panagyurishte, Malomirovo-Zlatinitsa, Mezek, Lechnikova et Peytchova, et
encore d’autres conservés dans des collections privées (Fig. 16).59 Les bou-
teilles aryballisques sont en outre très répandues depuis Peretu en pays gète et
ce jusqu’à Chertomlyk en Scythie.60
Les phiales et les œnochoés thraces (si l’on exclut les vases à boire qui sont
une dénomination collective pour des formes bien diverses) sont par ailleurs
les deux formes les plus représentées. Elles totalisent en effet plus de 20 % du
58
Les deux pièces illustrées proviennent assurément de Thrace, VBC, inv. 2375 et 2376: Sideris
2021a, 30–34, 44–45, cat. 154–157, 163–165; Filow 1934, 53–54, 132–33.
59
Filow 1918, 25, fig. 22; 1934, 69, fig. 89; Velkov 1937, fig. 128; Tchitchikova 1969, 71,
n° 11; Kitov 2007, fig. 10; Ilieva 2011, 181; Agre 2011, 169–71; Ivanova et al. 2018, 30, 50,
cat. 5; Sideris 2021a, 69, cat. 180.
60
Moscalu et Voievozeanu 1979; Archibald 1998, 180–81, fig. 7.4.
Fig. 17. Répartition des vases en métal découverts en Thrace selon leur forme.
total pour les premières et près de 12 % pour les secondes (Fig. 17). Elles consti-
tuent aussi deux des trois formes principales dont le trésor de Rogozen est com-
posé (la troisième étant le calice).61 Les phiales sont souvent décorées de façon
élémentaire avec des motifs linéaires radiaux.62 Sur quelques rares pièces appa-
raissent de nouveau les têtes féminines et animales isolées (taureaux et béliers,
Fig. 18), aussi bien sur la panse que sur l’omphalos, et les palmettes stylisées,
rencontrées auparavant sur les cotyles et calices.63 Je pense que cette utilisation
ornementale d’éléments figuratifs isolés de tout contexte est également une de
caractéristiques du style thrace. Elle peut inclure également des animaux et des
fruits schématisés et apparaître pour cette même raison sur des « pectoraux »
en or ou des pièces de harnachement de chevaux, telle la phalère de Letnitsa
avec des têtes chevalines.64 Selon toute probabilité, ces objets à destination
bien particulière étaient issues des mêmes ateliers de toreutique et/ou d’orfè-
vrerie odryses situés en Thrace centrale, mais ils ont été assez souvent diffusés
en domaine gète, où ils ont été déposés dans des tombes et des trésors.
61
Fol et al. 1989, cat. 1–3, 26–86, 94–108 (phiales), 109–162 (œnochoés).
62
Filow 1934, 181–85, fig. 202–203; D. Agre, cat. 71, et N. Torbov, cat. 148–149 et 151, dans
Martinez et al. 2015.
63
Marazov 1998, cat. 82, 87, 169–172; Sideris 2021a, 72–74, cat. 182–183.
64
Marazov 1998, cat. 62, 81.
65
Fol et al. 1989, cat. 80, 96, 100, 116, 127, 145, 160–161 (palmettes); Marazov 2011, cat. 69–
72 (lierre); D. Agre, cat. 54, et N. Torbov, cat. 240 (lierre) dans Martinez et al. 2015.
66
Lejars 2007, 171–73; Harding 2007, 68–76; Echt 2010, 49–52; Sideris 2021b, 38–42.
Fig. 19. Cruche en argent doré avec palmette renversée du trésor de Rogozen.
Vratsa, musée régional d’Histoire, inv. n° Б 450 (cliché T. Dimitrov).
à mi-hauteur, une bague plastique (Fig. 20).67 Cette forme est nettement d’inspi-
ration anatolienne, mais adoptée aussi par les Grecs.68 La décoration du corps va
de simples feuilles, languettes ou cannelures verticales (rarement horizontales),69
jusqu’à des scènes figuratives plus complexes, mais assez répétitives. L’anse
verticale se termine en bas par une palmette ou une tête animale ou humaine
(bélier, félin, femme, Héraclès).70 Le fond est parfois orné d’une rosace.71 Plutôt
67
Tous les exemplaires illustrés ici appartiennent à la Collection V. Bojkov à Sofia: Sideris
2021a, 58–68, cat. 171–179.
68
Özgen et Öztürk 1996, cat. 15–22.
69
Marazov 1998, cat. 118 (cannelures horizontales); Stoyanov 2005 (feuilles de nénuphar
blanc = Nymphaea alba, et non pas Nelumbo sp.); N. Torbov, cat. 241 dans Martinez et al. 2015
(languettes).
70
Fol et al. 1989, cat. 110, 114, 146; Sideris 2015, 48, fig. 50, 52.
71
Fol et al. 1989, cat. 110, 118; Sideris 2021a, fig. 171.4, 172.3, 173.2, 178.2, 179.3.
Fig. 20. Cinq cruches thraces en argent. Sofia, collection Vasil Bojkov,
inv. n° 1508, 2256, 2158, 2260 et 2254 (cliché A. Sideris).
rares s’avèrent être les pièces avec une scène élaborée. Toutes appartiennent au
trésor de Rogozen. Elles portent des scènes vaguement inspirées de la mytho-
logie et de l’iconographie grecques, incluant pêle-mêle une amazonomachie avec
Héraclès et de façon présumée Hippolyte, une scène avec Chimère et une figure
montée, très endommagée, mais représentant sans doute Bellérophon, une maî-
tresse des animaux placés entre des sphinx, une déesse chasseresse chevau-
chant une panthère et dirigeant un char tiré par des chevaux aillés, ainsi qu’un
lion attaquant une biche.72
72
Fol et al. 1989, 153–59, 161; Schneider 1989, 231–39; N. Torbov, cat. 286 et 310–313 dans
Martinez et al. 2015.
73
Ebbinghaus 1998, 189–90, pl. 72 b–c, 73 a; Manassero 2008, 138, 142, pl. 43.9 (avec biblio-
graphie antérieure).
74
Sideris 2016, 164.
des images d’une grande originalité, inédites dans l’imagerie grecque ou orien-
tale. Nous citerons quelques pièces d’harnachement et d’armement qui viennent
à l’appui de cette analyse.
De Letnitsa, nous connaissons une série de phalères en argent partiellement
dorées, qui en dehors de l’image du cavalier, seul, avec des têtes humaines et
chevalines isolées, ou combattant des animaux, associent également : une déesse
(ou un jeune homme?), un miroir à la main devant un serpent à trois têtes, une
autre chevauchant un dragon à la manière d’une néréide sur un hippocampe,
une scène érotique interprétée souvent comme un hieros gamos (Fig. 21), et un
Fig. 22. Deux protège-joues en argent doré avec des figures mythologiques.
Sofia, collection Vasil Bojkov, inv. n° 2309a–b (cliché A. Sideris).
75
Marazov 1998, cat. 90–101; K. Rabadjiev, cat. 289–302 dans Martinez et al. 2015 (la déesse
au miroir est mentionnée là comme « jeune homme imberbe », une réinterprétation suscitée sans
doute par l’absence de représentation de seins).
76
Berčiu 1974, 52–55; Torbov 2005, 134–35; Marazov 2010; Agre 2011, 45–72; D. Agre,
cat. 54, et N. Torbov, cat. 240 dans Martinez et al. 2015.
77
Moscalu et Voievozeanu 1979; Farkas 1981, 39, fig. 26–27.
78
Marazov 2011, cat. 134; Zhuravlev et Firsov 2013, cat. 21.
79
Pour Dionysos Chthonien, voir Metzger 1945.
Les vases métalliques thraces ont été fabriqués dans des ateliers que l’on a
tendance à associer avec les résidences officielles des rois odryses. Cependant,
ces résidences sont insuffisamment connues et elles ont très probablement changé
de localisation à travers le temps. On a donc proposé d’identifier à côté de la
cour royale itinérante des ateliers toreutiques itinérants.84 Ce raisonnement est
peut-être valable pour l’argenterie, mais ne doit pas forcement s’appliquer aux
bronziers dont les installations liées à la production sont plus lourdes. Par ail-
leurs, la production odryse de vases en bronze semble étonnamment pauvre,
avec de rarissimes pièces de forme locale et quelques imitations de types grecs
et achéménides.85
Pour l’essentiel de la période en discussion ici, et concernant la plupart des
pièces en métaux précieux, on doit supposer l’existence d’une production sur
commande, puisque les toreutes ne pouvaient pas disposer librement de matières
premières.86 Même les exemplaires de phiales et de simples calices de la deu-
xième moitié du IVe siècle av. J.-C., qui semblent être faits « en série »,
80
Zhuravlev et Firsov 2013, cat. 24, 31–33, 121; Sideris 2021a, 48–57, cat. 167–170.
81
Marazov 1973. A noter que le site internet du musée de l’Ermitage donne comme lieu de
provenance l’Asie Mineure.
82
Manassero 2008, 152–53.
83
Sideris 2016, cat. 68.
84
Painter 1989, 75–76; Treister 1996, 205–06; Ebbinghaus 1999, 400–01; Tonkova 2015,
197–98.
85
Kirov 2017, cat. 14 et peut-être aussi cat. 4–6, 10–11; Sideris 2021a, cat. 154, n. 7–8,
cat. 180, n. 4–8.
86
Sideris 2015, 76–79.
CONCLUSIONS
87
Fol 1989, 35–36; Hind 1989, 39–42; Painter 1989, 74–76; Zournatzi 2000, 701–02.
88
Marazov 1973; Chase et Vermeule 1963, 142, fig. 135; Themelis et Touratsoglou 1997,
68–69, cat. B14; Stoyanov 2005; Touloumtzidou 2011, 550–52. Par contre, la provenance assurée
de Bactrie pour un rhyton avec protomé de cheval pratiquement identique à celui du trésor de
Borovo, loin d’être un indice de la portée de la toreutique thrace, signale plutôt une origine com-
mune d’un atelier au caractère mixte, grec et achéménide, situé plus probablement en Asie
Mineure: Marazov 1998, cat. 174; Inagaki 2002, cat. 116.
89
Archibald 1998, 260–61; Zournatzi 2000, 688–62; Rufin Solas 2013, 33–37; Baralis 2015,
184–85.
90
Venedikov 1961, 355–65; Egri et Rustoiu 2014, 161–71; Sideris 2016, cat. 123–141.
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