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Alohou et al. J. Appl. Biosci.

2016 Facteurs déterminants de la fragmentation du bloc forêt classée-


forêts sacrées au Sud-Bénin

Journal of Applied Biosciences 101:9618 – 9633


ISSN 1997–5902

Facteurs déterminants de la fragmentation du bloc


forêt classée-forêts sacrées au Sud-Bénin
ALOHOU Evariste Cossi, OUINSAVI Christine, SOKPON Nestor.
Laboratoire d’Études et de Recherches Forestières (LERF)/ Faculté d’Agronomie/ Université de Parakou, Bénin. BP :
123 Parakou Bénin. Email : evaristealohou@[Link], ouinsch@[Link], [Link]@[Link]

Original submitted in on 14th March 2016. Published online at [Link] on 31st May 2016
[Link]

RÉSUMÉ
Objectif : La présente étude vise à (i) identifier les types de groupement végétaux à l’origine de la création
des forêts sacrées suivant la structuration de Juhe-Beaulaton (2006), (2) décrire les périodes probables de
sacralisation des forêts sacrées et (3) analyser les déterminants de la nucléarisation des forêts sacrées.
Méthodologie et résultats. Alors que les connaissances actuelles sur la fragmentation des massifs
forestiers de la région proviennent surtout d’études botaniques, palynologiques et archéologiques, la
présente étude identifie à partir des perceptions des populations riveraines des forêts sacrées, les facteurs
déterminants la fragmentation d’un bloc forestier afin de proposer des stratégies d’aménagement et de
gestion durable en tenant compte des considérations culturelles et cultuelles. Des discussions de groupes
et des enquêtes individuelles menés auprès de 120 personnes âgées riveraines des forêts sacrées ont
permis de documenter leurs origines, les périodes et les raisons de sacralisation de ces forêts, les
pratiques de gestion instituées, les perceptions sur la régression et ses causes, et les facteurs ayant
favorisé la conservation de celles qui ont persistés. Il ressort des analyses que la majorité des forêts
sacrées proviennent soit de massifs préexistants, soit de bois sacrés ou de sites historiques. Leur
sacralisation s’était réalisée de pair avec l’installation des peuplements humains dans les zones forestières,
surtout avant et pendant la période coloniale. La sacralisation des forêts reposant sur des interdits cultuels
a renforcé leur conservation mais n’a pas empêché la régression de la superficie de la quasi-totalité des
massifs sacralisés. Aussi, la colonisation, l’orientation politique du Bénin et la poussée démographique sont
apparues comme les facteurs aux effets prédominants et additifs dans cette régression des forêts, même
après leur sacralisation.
Conclusion et application des résultats. On retient que si la sacralisation des reliques forestières est
souvent reconnue comme une solution indigène pionnière pour la sauvegarde du patrimoine forestier, le
maintien d’un tissu social cohérent avec les valeurs endogènes qui sous-tendent la gestion des massifs est
nécessaire pour la persistance de ce bénéfice. La stratégie de conservation et d’utilisation durable des
forêts sacrées doit être inclusive au niveau local avec un renforcement de l’autorité traditionnelle dans la
gestion et la dotation des forêts sacrées d’outil juridico-technique de gestion.
Mots clés : fragmentation des forêts, déterminant, perceptions locales, valeurs endogènes, sud-Bénin

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Alohou et al. J. Appl. Biosci. 2016 Facteurs déterminants de la fragmentation du bloc forêt classée-
forêts sacrées au Sud-Bénin

Determinant factors of forests’ fragmentation: a case study of the sacred forests in South Benin

ABSTRACT
Objective : The current study aimed at (1) identifying vegetation groups at origin of sacred groves creation
using Juhe-Beaulaton (2006) approach (2) describe sacred groves creation periods and (3) analyze factors
expressing their dynamic.
Methodology and results: While current body of knowledge on forest fragmentation come from botanical,
palynological and archaeological studies, this study seeks to identify from perceptions of riverine people of
sacred groves, factors responsible of forest block fragmentation in order to propose their sustainable
management and reclamation taking into account cultural considerations. Group and individual interviews
were done with 120 old people. Data was collected on riverine to sacred groves documentation, their origin,
period and reason of making them sacred groves, management practices, perceptions on forest decline
and underlying causes and factors that have allowed conservation of persistent sacred groves. Results
showed that most of the sacred groves originated from pre-existing large forests, trees made sacred or
from historical sites. Their “consecration” took place at same time with human settlement in forest areas,
especially before and in the colonial period. The “consecration” of the forests reinforced its conservation but
did not prevent the regression of the area of almost all the sacred groves. In addition, colonization, political
orientation of Benin and population growth appeared as factors with predominant and additive effects on
forest regression, even after they had been made sacred.
Conclusion and application of results : Even if “consecration ” of forest relic is often recognized as an
endogenous solution to safeguard forest resources, the maintenance of social order along with
endogenous values that sustain management of forest is necessary for persistent beneficial from those
forests. That is why, the conservation strategy and sustainable use of sacred groves must be inclusive at the
local level with a strengthening of traditional authority in the management and allocation of the sacred
groves, a legal- technical management tools.
Keywords: forest fragmentation, determinants, local perceptions, endogenous values

INTRODUCTION
Les îlots de forêts retrouvés dans le Dahomey-gap l’identité des populations de ces pays (Kokou et
sont une multitude de forêts sacrées de très faible Sokpon, 2006). Les forêts, les dieux et les
superficie (Akoègninou, 1984 ; Agbo et Sokpon, ancêtres qui y résident ont plusieurs rôles et
1998; Agbo et Sokpon, 1999 ; Kokou et al. 1999 ; représentent pour les populations des lieux de
Koukou et Sokpon, 2006). Les quelques massifs communion, de transmission de la mémoire
forestiers classés rencontrés sont entourés des collective et de reconnaissance identitaire (Juhé-
ilots de forêts, des zones d’habitations et des bealaton 2005). Bien que bénéficiant d’une
zones de cultures. La dégradation de ces forêts protection culturelle et religieuse, les forêts
classées est encore manifeste avec 1,06 % de sacrées subissent de plus en plus de forte
perte annuelle de couverture forestière (soit pression démographique qui conduit à leur
50 000 ha/an) entre 2005 et 2010 pour le pays dégradation progressive, voire à leur destruction
contre 0,5 % pour l’Afrique (FAO, 2010). Les forêts (PIFSAP, 2011). Les causes indexées sont la
sacrées, principaux lieux de culte de divinités culture extensive sur brûlis, le pâturage extensif,
Vodoun, sont respectées, protégées par des l’exploitation forestière sélective et incontrôlée et
interdis depuis des siècles (Agbo et Sokpon, les feux de végétation (Ametépé, 1997; Djogbenou
1998 ; Juhé-Beaulaton 2005). La variété des rites et al., 2011). Des études à l’échelle tropicale ont
pratiqués dans ces forêts constitue une richesse indexé la croissance démographique comme la
culturelle exceptionnelle et fondamentale pour cause sous-jacente de la modification du paysage

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forêts sacrées au Sud-Bénin

forestier (Geist et al. 2001). Plusieurs auteurs ont maîtrise des périodes et les agents probables de
signalé la présence des bosquets "fétiches" à création des ilots forestiers sacrés sont encore des
proximité des villages, mais sont restés muets sur champs d’investigation de la recherche forestière.
les sources végétales qui sont à l’origine de la La présente étude vise à (i) identifier les types de
création des différents bois sacrés (Juhé- groupement végétaux à l’origine de la création des
Beaulaton 2006). La double approche forêts sacrées suivant la structuration de Juhe-
ethnobiologique et historique réalisée dans le sud Beaulaton (2006), (2) décrire les périodes
Bénin avait permis de cerner les particularités de probables de sacralisation des forêts sacrées et
ces forêts sacrées et de les classer suivant les (3) analyser les déterminants de la nucléarisation
circonstances, historiques ou religieuses, ayant des forêts sacrées. L’étude a testé les hypothèses
présidé leur fondation (Juhé-Beaulaton et Roussel que les forêts sacrées de la zone d’études sont
2005). Deux formes de création de forêts sacrées des forêts préexistant et que la croissance
sont distinguées : la sacralisation de relique démographique est le principal facteur déterminant
d’ancien couvert forestier et la création d’habitats de la fragmentation de ces forêts. Du fait des
sacrés (Juhe-Beaulaton 2006). On note les (1) différences historiques entre les peuples, l’étude a
forêts sacrées créées (abris de divinités et sites aussi testé l’hypothèse que le processus de
historiques) et (2) les forêts préexistantes (forêts sacralisation varie en fonction des ethnies et de
fondations et préexistant à la divinité). Toutefois la leur migration dans la zone d’étude.

MATÉRIEL ET MÉTHODES
Milieu d’étude : La présente étude s’est déroulée un maximum de 95 % en septembre (ASECNA, 2010).
dans la partie sud-est du Bénin circonscrite en trois La région connait deux saisons des pluies alternant
grappes de forêt classée- forêts sacrées dénommées avec deux saisons sèches : la grande saison pluvieuse
grappes de Kétou, Pobè et Sakété. Cette région est qui va de mars à mi-juillet ; la petite saison sèche de
située entre 1°45' et 2°45' E et 6°30' et 7°30' N (Figure mi-juillet à août; la petite saison pluvieuse de
1). Les communes de Savè, Zangnando, Dassa et septembre à novembre et la grande saison sèche qui
Kétou dans la grappe de Kétou, les communes de va de décembre à février. La moyenne annuelle des
Pobè, Ouinhi, Adja Ouère, Bonou et Adjohoun dans la hauteurs de pluie est 1200 mm/an (ASECNA, 2010). La
grappe de Pobé et les communes de Sakété, Ifangni, moyenne interannuelle de l’ETP est de 280 mm. Les
Avrankou, Dangbo et Akpo-Misrété dans la grappe de sols sont de type ferralitiques, argileux-sableux
Sakété (Figure 1). Le climat est de type subéquatorial fortement dégradés, ferrugineux tropicaux et reconnus
avec deux saisons pluvieuses (mars–juillet et comme des terres de barre, les vertisols modaux et les
septembre-novembre) et deux saisons sèches sols argileux hydromorphes. Le réseau hydrographique
alternées (août-septembre et novembre-mars). La est constitué de plusieurs cours d’eau à régime
température moyenne est de l’ordre de 27 ºC, d’écoulement variable, le long desquels se développent
l’insolation avoisine 1800 H/an, alors que l’humidité différentes formations végétales (PGCBMC 2011).
relative varie d’un minimum de 78 % en janvier/février à

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Figure 1 : Zone d’étude

La zone d’étude est située dans la zone chronologique sacrées, un focus groupe ayant réuni au minimum 10
Guinéo-Congolaise composée majoritairement de sages de la localité a été organisé en guise d’enquête
forêts semi-décidues, de mangroves, de marécages, de exploratoire. Ces sages sont essentiellement des
forêts côtières et des fourrées suivant le gradient Nord- personnes âgées, des féticheurs, des autorités
Sud de pluviométrie (Adomou 2005 ; Akoègninou et al. traditionnelles et des historiens. Les entretiens se sont
2006). Elle s’étend sur quatre (04) districts articulés autour des types de végétations à l’origine de
phytogéographiques particuliers (Zou, Pobè, Plateau et la sacralisation, des évènements économiques,
vallée de l’Ouémé) (Houinato et al. 2000, Adomou culturels, politiques, naturels survenus dans la zone
2005). Les formations forestières rencontrées d’étude en remontant le plus longtemps possible, de la
aujourd’hui sont les plantations (palmier, teck et autres période avant la colonisation à l’ère post-indépendance
essences) et les ilots de forêts par endroits (forêts en passant par la période coloniale. Un profil historique
classées, forêts sacrées, forêts communautaires). Sur a été conçu pour chacun des événements rapportés.
le plan démographique, plusieurs groupes Ces focus groupes ont permis d’établir pour les
socioculturels coexistent dans la zone, dont les plus localités, un questionnaire d’enquête individuelle. Cette
représentés sont : Fon et apparentés et Yorouba et enquête individuelle a considérée seulement les
apparentés (INSAE, 2013). L’agriculture est la personnes âgées de plus de 60 ans. Au total 120
principale activité économique de la population. personnes âgées de plus de 60 ans ont été enquêtées
Échantillonnage et collecte de données : Les trois à raison de 19 personnes dans 16 localités des
grappes de forêts constituées d’une forêt classée et communes de Savè, Zangnando, Dassa et Kétou, 67
des forêts sacrées situées dans un rayon de 30 km personnes dans 20 localités des communes de Pobè,
autour de la forêt classée sont considérées. Il s’agit des Ouinhi, Adja Ouère, Bonou et Adjohoun et 34
grappes de Kétou, Pobè et Sakété (Figure 1). Toutes personnes dans 11 localités des communes de Sakété,
les localités riveraines des forêts sacrées de superficie Ifangni, Avrankou, Dangbo et Akpo-Misrété
supérieure à 1 ha et circonscrites ont été considérées respectivement dans les grappes de forêts de Kétou,
comme sites d’enquête. Sur chacun des sites de forêts Pobè et Sakété. La structure méthodologique de

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collecte de données est inspirée de Terborgh et perception sur la dynamique des forêts sacrées, la
al.,(1997) et de Juhé-Beaulaton, (1999). Les enquêtes dynamique rapportée des forêts sacrées par grappe a
individuelles ont permis de collecter les informations été aussi soumise à une analyse de fréquence afin de
relatives aux événements historiques de la localité en faire ressortir par grappe l’importance du déclin des
rapport avec l’origine de la création des forêts sacrées, ilots forestiers. Un modèle linéaire généralisé, GLM,
l’exploitation/l’utilisation des forêts sacrées ou classées. basé sur la distribution binomiale négative a été utilisé
Il s’agit notamment des causes de sacralisation de la pour investiguer l’influences de la source de la forêt et
(des) forêt(s) de la localité, les périodes de de la période de sacralisation ainsi que des pratiques
sacralisation, l’origine des premiers occupants, les de gestion mises en œuvre. Ce modèle a été préféré à
pratiques de gestion instituées (interdits), la dynamique ceux basés sur les distributions de Poisson et Quasi-
de la forêt (évolution régressive ou non) et les facteurs Poisson parce qu’il présentait la plus faible déviance
ayant favorisé la conservation de celles qui ont résiduelle et le plus faible AICc (Corrected Akaike's
persistés. ‘Information Criterion’), indiquant un meilleur
Analyses statistiques : Une analyse de fréquences a ajustement aux données (Nakazawa 2014). Enfin, les
été réalisée pour identifier l’origine des forêts sacrées, perceptions sur les causes du déclin des forêts sacrées
les différentes périodes et raisons de sacralisation des d’une part et les facteurs ayant favorisé la persistance
forêts ainsi que les interdits institués pour les forêts de certaines d’entre elles d’autre part ont été aussi
sacrées des trois grappes de forêts étudiés. Les soumises à une analyse de fréquence afin de ressortir
fréquences ainsi calculées ont été ensuite soumises à leurs importances relatives au sein de chaque bloc.
une analyse de corrélation pour évaluer la concordance Ces fréquences ont été ensuite soumises à une
des périodes et des raisons de la sacralisation et des analyse de corrélation (coefficient de corrélation de
pratiques de gestion entre blocs. Le coefficient de Spearman) pour évaluer la concordance des causes et
corrélation non paramétrique (rho) de Spearman a été des facteurs rapportés entre les forêts sacrées des
préféré au coefficient paramétrique de Pearson du fait différents blocs. Toutes les analyses statistiques ont
que les données ne suivaient pas une distribution été réalisées avec le logiciel R (R Core development
normale bivariée (Myles et Douglas 1973). Une analyse Team, 2013) et le seuil de signification statistique a été
en composantes principales a été réalisée pour mieux fixé à 5%. Les packages utilisés sont FactoMineR
décrire les relations entre les types de végétation (Husson et al. 2013) pour l’analyse en composante
sacralisée, les périodes de sacralisation, les raisons et principale, MASS (Venables et Ripley 2002) et fmsb
les pratiques de gestion (interdits) associées au sein (Nakazawa, 2014) pour la régression binomiale
des grappes. En ce qui concerne l’évaluation de la négative.

RÉSULTATS
Origine des forêts sacrées : La majorité des forêts "sites historiques" en des formations végétales (Figure
sacrées étudiées provenaient des formations 2). Lorsqu'un lieu est abandonné et protégé pour des
forestières préexistantes (42,86 %) et seulement 4,08 raisons historiques, religieuses ou sociales, la
% des forêts sacrées sont à l’origine, des formations végétation occupe l'espace et donne aujourd’hui une
savanicoles (Figure 2). Les forêts sacrées fondation forêt sacrée. On note que 2,04 % des forêts sacrées
représentent 25,51 %, créées par les populations de aujourd’hui étaient issues de la protection d’une source
différentes ethnies dans leur migration (Figure 2). En d’eau et donc sacralisée pour garantir de l’eau potable
effet, certaines ethnies, à leur arrivée dans la région, à la population (Figure 2). La répartition des forêts
cherchèrent à se cacher afin d'échapper à d’éventuels sacrées par origine et par grappe de forêts (Figure 2)
poursuivants et de protéger leurs divinités emportées montre que les forêts sacrées provenant à l’origine
au cours de leur migration. Les forêts créées d’écosystèmes savanicoles ou de bois préexistants
représentent 25,51 % des forêts sacrées dont 3,06 % étaient surtout notable dans la grappe de Kétou
sont des créations issues de l’installation d’une divinité (respectivement 18,18 % et 36,36 %) alors que la
seule ou auprès d’un arbre planté dont la mise en sacralisation de sites historiques était plus remarquable
défens de l’espace a conduit aujourd’hui à une forêt dans les grappes de Sakété (16,67 %) et surtout Pobè
sacrée et 22,45 % sont issues de la transformation de (31,11 %) qu’à Kétou (9,09 %).

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100%

80% Source d'eau


Site historique
60%
Fréquence (%)

Bois sacré
Bois créé
40% Savane
Forêt
20%

0%
Global Kétou Pobè Sakété
Blocs
Figure 2 : Répartition des forêts sacrées par bloc (grappe)

Période de sacralisation des forêts, services « Abicou ») de la localité (90,76 %) à la célébration de


sociaux attendus et interdits institués : Le caractère rites culturels tels que les enterrements (6,72 %) et
sacré de la plupart des forêts étudiées (97,96 %) a été l’intronisation d’un roi (0,84 %). Mais au-delà des
institutionnalisé avant l’avènement des indépendances, considérations cultuelles et rituelles, certaines forêts
notamment avant et dans une certaine mesure durant furent sacralisées pour également assurer la sécurité
la période coloniale (Figure 3a). Quelques rares forêts des populations et des biens au cours des razzias. Le
(2,04%) ont été réactivées sacrées durant la période caractère sacré des forêts repose sur la mise en œuvre
révolutionnaire et dès le début du renouveau de pratiques de gestion (Figure 3c) visant surtout la
démocratique (Figure 3a). Les raisons ayant motivé la restriction de l’accès à la ressource (entrée interdite
sacralisation étaient surtout cultuelles et culturelles aux femmes, aux non-initiés, et/ou aux
(Figure 3b), allant de l’hébergement de lieu de culte et étrangers/allochtones) et une interdiction de
d’initiation de divinité « Obaatala » « Goun » l’exploitation (bucheronnage, chasse, défrichement).
« Ochan’la », « Xêbiosso », « Oro », « Igoun »,

Anté_colonisation (-1800)
Colonisation (1800-1960)
Périodes

(a) Ma-Ap-Ah (1960-1972)


Révolution (1972-1990)
Démocratie (1990-1996)

Honorer une divinité


Raisons

Cérémonies cultuelles
(b) Sécurité (personnes/biens)
Enterrement
Intronisation

Entré par des f emmes


Interdits

Feu de végétation/Chasse
(c) Exploitation du bois
Entré par des non initiés
Coupe de bois de f eu

0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Fréquence (%)
Figure 3. Périodes (a) et raisons (b) de sacralisation des forêts et pratiques de gestion (c)−Ma-Ap-Ah Période post-
indépendance dirigée par les Présidents Hubert Maga, Apithy et Ahomadégbé

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Les corrélations de Spearman entre les trois grappes concordance entre les trois blocs (rho >0,5) (Tableau
(Tableau 1) indiquent que les périodes de sacralisation 1). Ces diverses corrélations font ressortir que les
concordent (rho > 0,5) entre les grappes de Kétou et besoins de sacralisation s’étaient exprimés à
Pobè mais ne concordent pas entre Pobè et Sakété, et différentes périodes et furent motivés par différentes
entre Sakété et Kétou (rho < 0,5). Aussi, les raisons de raisons selon les blocs, mais les pratiques de gestions
sacralisation concordent seulement entre Kétou et et les interdits étaient essentiellement semblables quel
Pobè et entre Pobè et Sakété. Les pratiques de gestion que soit la grappe (Tableau 1).
mises en œuvre ont par contre un fort degré de

Tableau 1 : Coefficients de corrélation (rho) de Spearman entre périodes de sacralisation, raisons de sacralisation
et pratiques de gestion entre les blocs de forêts sacrées de Kétou, Pobè et Sakété
Grappe Pobè- Kétou Pobè-Sakété Sakété-Kétou
rho Prob (>|z|) rho Prob (>|z|) Rho Prob (>|z|)
Périodes de sacralisation 0,738 0,262 ns 0,316 0,684 ns -0,055 0,944 ns
Raisons de sacralisation 0,616 0,269 ns 0,872 0,054 ns 0,289 0,637 ns
Pratiques de gestion 0,900 0,083 ns 0,975 0,005 * 0,821 0,089 ns
τ coefficient de corrélation de Spearman; Prob Probabilité;* significatif au seuil 0,05; ns non significatif

L’analyse en composantes principales (100 % des d’accès, d’exploitation de bois, de chasse et d’allumage
informations captées par les deux premières de feux de végétation (Figure 4). Les forêts sacrées de
composantes principales) indique que les forêts la grappe de Pobè ont été essentiellement
sacrées de la grappe de Sakété ont surtout été institutionnalisées avant et durant la période coloniale
institutionnalisées avant la colonisation et visaient pour protéger les rites cultuels d’initiation et d’adoration
principalement la mise en défens des massifs pour tenir des divinités mais aussi conserver ces massifs pour
en secret les rites cultuels d’initiation et d’adoration des des services culturelles comme l’intronisation des rois
divinités, ces rites devant restés inconnus aux non- et de protection, de bénédiction des personnes et des
initiés, notamment les femmes (Figure 4). Les forêts biens par l’interdiction de l’exploitation, la chasse et
sacrées de la grappe de Kétou ont été l’allumage de feux de végétation et surtout la défense
institutionnalisées durant la période coloniale pour aux non-initiés d’y entrer (Figure 4). En cela, la grappe
principalement les conserver pour des rites aux de Pobè présentait des caractéristiques intermédiaires
divinités, des cimetières et de lieu de refuge pour les entre celles des grappes Sakété et Kétou.
populations contre les razzias avec l’interdiction
1.0

Divinite
Revolution Intronisation
RevolutionIntronisation Pobè
3

Sécurité.PersBiens.
Sécurité.PersBiens.
2
0.5

Colonisation
Colonisation Exploitation
Dim 2 (38.59%)
Dim 2 (38.59%)

Feux_Chasse
Feux_Chasse
Non_initiés
Non_initiés
0.0

Enterrement
Enterrement
0

Kétou
Anté_Colonisation
Anté_Colonisation
-1
-0.5

Cérémonie
Cérémonie
-2

[Link]. Femmes
Femmes
[Link].
Démocratie
Démocratie Sakété
-3
-1.0

-1.5 -1.0 -0.5 0.0 0.5 1.0 1.5 -6 -4 -2 0 2 4

Dim 1 (61.41%) Dim 1 (61.41%)


Figure 4. Projection des blocs de forêts sacrées, des périodes et raisons de sacralisation, et des interdits (pratiques
de gestion) dans le plan principale −Légende : Sécurité. Pers. Bien Securité des personnes et des biens, [Link]
Coupe de bois de chauffe et allumage de feux de végétation

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forêts sacrées au Sud-Bénin

Déterminants de la dynamique évolutive des forêts régression concerne presque la totalité des forêts
sacrées : En dépit de leur sacralisation, les forêts sacrées des blocs Sakété (95,24 %) et Pobè (97,78%)
sacrées ont pour la majorité des enquêtés (92,44 %) alors qu’environ 9,09 % seraient encore intactes dans
connues une régression de leur superficie et de leurs le bloc Kétou (Figure 5).
richesses faunistique et floristique (Figure 5). Cette

9.09 Kétou 2.22 Pobè 4.26 Kétou

Régression
Non régression

90.91 97.78 95.74

Figure 5. Proportion des forêts sacrées en régression par bloc

Les résultats du GLM (R2= 0,93) révèlent que le déclin de chauffe, l’entrée par les non-initiés et les femmes
ou non d’une forêt sacrée n’étaient pas n’ont pas significativement influencé la régression ou
significativement influencé par l’origine de la forêt ou de non des massifs (Tableau 2, Prob> 0,05). On pourrait
sa période de sacralisation (Tableau 2, Prob >0,05). retenir que la sacralisation a renforcé la conservation
Aussi, les interdictions telles que l’allumage de feux de des forêts sacrées mais n’a pas empêché la régression
végétation, l’exploitation des massifs, la coupe de bois de la superficie de ces forêts.

Tableau 2. Effet de la période de sacralisation et des interdits institués sur la dynamique des forêts sacrées :
résultats du GLM basé sur la binomiale négative
Source Terme Coefficient Écart type z-value Prob.
(Intercept) 266.28 177319.00 0.002 0.999
Origine de la Bois créés -19.35 184554.00 0.000 1.000
forêt Site historique -5.37 92578.00 0.000 1.000
Forêt préexistante -26.29 90133.00 0.000 1.000
Bois sacrés fondation -2.40 61412.00 0.000 1.000
Source d’eau -24.78 216246.00 0.000 1.000
Savane -69.03 91631.00 -0.001 0.999
Période de Période avant et Coloniale 42.27 33755.00 0.001 0.999
sacralisation Période Démocratique -155.59 364141.00 0.000 1.000
Période Révolutionnaire 68.84 357720.00 0.000 1.000
Pratiques de Entrée par femmes -65.88 66523.00 -0.001 0.999
gestion Feux/Chasse -106.39 57235.00 -0.002 0.999
(Interdits) Exploitation -44.15 46329.00 -0.001 0.999
Entrée par non-initiés -65.85 65827.00 -0.001 0.999
Coupe de bois de feux 64.91 60314.00 0.001 0.999
Prob probabilité, ns source de variation non significative (Prob> 0,05)
Les interactions ont été supprimées par l’utilisation de l’option ‘step’

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forêts sacrées au Sud-Bénin

Perceptions locale des causes de la régression des forestière (42,02 %), et l’agriculture (58 %) d’une part
forêts sacrées : Les perceptions des enquêtés sur les et d’autre part l’affaiblissement du pouvoir traditionnel
causes de la régression des forêts sacrées sont (40,02 %) et la concurrence des cultes des religions
présentées à la figure 6. De façon globale, les actions révélées (38,66 %). Parmi les causes naturelles (Figure
anthropiques étaient reconnues comme les principales 6b) rapportées, les plus fréquentes étaient les maladies
causes de la régression des massifs par la majorité des végétales (8,40 %), les inondations (7,56 %) et les
enquêtés (Figure 6a). Les plus rapportées étaient la chablis (5,02 %).
croissance démographique (48,74 %), l’exploitation

Croissance démographique
Exploitation f orestiere
Af f aiblissement du pouvoir trad.
Nouvelles religions
Culture vivrière
Causes anthropiques

Culture de rente
Chasse aux sorcières
Emigration de population
(a) Feux de végétation
Construction de routes/rails
Introduction d'essence exotique
Chasse
Culture du palmier à huile
Exploitation de bois de f eu
Pâturage
Exploitation minière
Causes naturelles

Maladies végétales
Inondation
(b) Vents
Invasion par les insectes
Sécheresse

0 10 20 30 40 50 60

Fréquence (%)
Figure 6. Fréquences des différentes perceptions des causes du déclin des forêts sacrées − Légende : trad. :
traditionnel ; Nouvelles religions : christianisme, islamisme.; Cultures de rente : arachide et coton.

Ces perceptions sont de différentes importances selon de forte concentration humaine (34,09 %), ce sont
la grappe de forêts considérée. Les corrélations de surtout les cultures de rente (73,68 %), la croissance
Spearman indiquent que les perceptions sont démographique (52,63 %), l’exploitation forestière
significativement concordantes entre les grappes Kétou (42,11 %) et les feux de végétation (42,11 %), mais
et Pobè (rho = 0,660 ; Prob=0,001) alors que le degré aussi l’affaiblissement du pouvoir traditionnel (42,11 %)
de correspondance est significatif mais faible entre les et l’avènement des religions révélées (42,11 %) au sein
grappes de forêt de Sakété et Pobè (rho= 0,496 ; des communautés locales riveraines des massifs
Prob=0,022) et non significatif entre Sakété et Kétou sacrés de la grappe de Kétou (Tableau 3). Les causes
(rho= 0,355 ; Prob=0,114). En effet, alors que les anthropiques rapportées pour la régression des forêts
causes anthropiques de régression rapportées pour les sacrées de la grappe de Pobè s’apparentent plus à
forêts sacrées du bloc Sakété sont principalement celles rapportées pour la grappe de Kétou mais
l’exploitation forestière (68,18 %), la croissance comptent également la culture de vivriers (32,14 %)
démographique (56,82 %), les cultures vivrières (43,18 particulièrement rapportée pour la grappe de Sakété.
%) et l’émigration de la population locale vers des pôles Quant aux causes naturelles, les perceptions dans la

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forêts sacrées au Sud-Bénin

grappe de Sakété se rapportent surtout aux maladies les inondations (21,05 %) et les vents violents qui
végétales (22,73 %) alors que celles relatives aux causent des chablis (15,79%).
grappes de Kétou et Pobè concernent principalement

Tableau 3 : Perceptions des enquêtés sur les causes de la régression des forêts sacrées
Nature des Causes Fréquence (%)
causes Kétou Pobè Sakété
Croissance démographique 52,63 41,07 56,82
Affaiblissement du pouvoir traditionnel 42,11 58,93 20,45
Exploitation forestière 47,37 19,64 68,18
Nouvelles religions 42,11 50,00 22,73
Cultures vivrières 10,53 32,14 43,18
Cultures de rente (arachide et coton) 73,68 26,79 2,27
Chasse aux sorcières 26,32 17,86 20,45
Anthropiques Émigration de population 0,00 10,71 34,09
Feux de végétation 42,11 3,57 9,09
Construction de routes/rails 15,79 3,57 15,91
Introduction d'essences exotiques 5,26 1,79 18,18
Chasse 15,79 3,57 6,82
Culture du palmier à huile 0,00 8,93 0,00
Exploitation minière 0,00 0,00 2,27
Pâturage 5,26 0,00 0,00
Exploitation de bois de feu 5,26 0,00 0,00
Maladies végétales 0,00 0,00 22,73
Inondation 21,05 8,93 0,00
Naturelles Vents 15,79 3,57 0,00
Invasion par les insectes 0,00 1,79 4,55
Sécheresse 0,00 0,00 2,27

Perceptions sur les facteurs favorisant la majorité des enquêtés comme les principales pratiques
persistance de certaines forêts sacrées : Les ayant favorisé la conservation des massifs. Des
fréquences des perceptions des enquêtés sur les considérations d’ordre culturel et cultuel telles que le
facteurs ayant favorisés la conservation des forêts respect des principes culturels (23,53 %), la peur du
sacrées sont présentées à la figure 7. Il en ressort que sacré (22,69 %), la perpétuation des rituels (14,28 %)
la peur des forestiers dont la présence limite et coutumes par leur transmission (4,20 %) aux plus
l’exploitation frauduleuse des forêts (47,06 %) et les jeunes, étaient également considérées comme des
campagnes de reboisement qui encouragent pratiques favorisant la conservation des forêts sacrées.
l’afforestation (45,38 %), étaient reconnues par la

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forêts sacrées au Sud-Bénin
Facteurs ayant favorisé la conservation

Conservation des coutumes Global Sakété Pobè Kétou

Transmission du pouvoir
des Forêts sacrées

Cérémonie rituelle

Peur du sacre

Respect des principes

Campa gnes de reboisement

Peur du forestier

0 20 40 60 80 100
Fréquence relative (%)
Figure 7. Facteurs ayant favorisé la persistance de certaines forêts sacrées

L’importance relative des perceptions des enquêtés sur Prob=0,918) était plus faible. En fait, seules, la peur du
les facteurs ayant favorisé la conservation des massifs forestier (38,64 %) et les campagnes de reboisement
sacrés variait également d’un bloc à un autre. Les (88,64 %) étaient reconnues comme pratiques
corrélations de Spearman sont non significatifs mais favorisant la conservation des forêts sacrées de la
indiquent que les perceptions concordaient entre les grappe de Sakété alors qu’aux niveaux des grappes de
grappes de Kétou et Sakété (rho = 0,550 ; Prob=0,201) Kétou et Pobè, les pratiques culturelles et cultuelles
d’une part et d’autre part Pobè et Kétou (rho= 0,543 ; étaient très estimées (Figure 7). Ces pratiques
Prob=0,208) alors que le degré de correspondance culturelles et cultuelles étaient particulièrement
entre les grappes Sakété et Pobè (rho= -0,048 ; importantes pour la grappe de Pobè (Figure 7).

DISCUSSION
La typologie de l’origine de création des forêts divinité. Il arrive qu'une divinité s'étant manifestée en
sacrées : Toutes les forêts sacrées ont leur origine un lieu, celui-ci devienne alors sacré et fait l'objet
liée à l’histoire de l’homme (Juhe-Beaulaton, 1999). Les d'interdits visant à sa protection qui peuvent donner
résultats des enquêtes ont montré qu’il existe à l’origine naissance à des bosquets. L’étude a également révélé
plusieurs formes de sacralisation de groupement de une autre catégorie, la forêt sacrée créée par l’homme.
végétation ou de site ayant marqué l’histoire de Il s’agit d’un lieu d’apparition ou de manifestation d’une
migration. Ainsi, on distingue dans la zone d’étude que divinité. Celui-ci devient alors sacré et fait l'objet
la majorité des forêts sacrées actuelles sont venus des d'interdits visant à sa protection et sa mis en défend ou
forêts préexistantes qui ont servi de dépôt de divinités la transformation de "sites historiques" en des
emportées lors des migrations ou qui étaient des lieux formations végétales. Ces types de forêts sacrées sont
d’apparition de génies ou qui étaient des lieux de issus de la protection de sites pour des raisons
protection contre la guerre, les razzias. On note un historiques, religieuses ou sociales. Ces résultats
nombre faible de forêts qui avaient pour origine des concordent avec ceux obtenus par Juhé-Beaulaton
savanes sacralisées et sont aujourd’hui des forêts (2006) dans le sud du Togo et du Bénin. Au total deux
sacrées. La sacralisation des sources d’eau, de point grandes catégorie d’origine de forêt sacrée sont
d’eau et de l’espace alentour, visait à garantir de l’eau identifiée. Chaque catégorie compose deux sous
potable au groupe humain et sont aujourd’hui des catégories (Juhé-Beaulaton, 2006). La présente étude
forêts sacrées comme l’avait souligné Juhé-Beaulaton, à préciser deux autres sous catégories à savoir, les
(1999) dans le cas d’un lieu à manifestation d’une forêts créées à partir de savanes et de source d’eau ou

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forêts sacrées au Sud-Bénin

de point d’eau. La répartition des forêts sacrées par l'origine de nombreuses guerres et razzias vers le XIXè
origine et par grappe de forêts a permis de comprendre siècle et a entraîné le refoulement de nombreuses
que les forêts sacrées provenant à l’origine de savane populations notamment les Mahi, qui se sont réfugiés
ou de forêts préexistants sont en majorité dans la dans les bois sous la protection de diverses divinités
grappe de Kétou alors que la sacralisation de sites (Anignikin 2001). Ces forêts protectrices qui ont été les
historiques était plus remarquable dans les grappes de points d’installation de plusieurs chefferies dont celles
Sakété et surtout Pobè qu’à Kétou. de Kpankou, Adakplamè, Agonli-Kpahou, Ewè et
Sacralisation des forêts et installation des Aguigadji, ont ensuite été sacralisées (tardivement,
peuplements humains : L’histoire de notamment durant la période coloniale) afin de
l’institutionnalisation des forêts sacrées au Bénin est préserver la demeure des divinités et ainsi perpétuer
peu documentée, malgré la signalisation de bosquets les rites d’initiation et d’adoration à elles dédiées. La
"fétiches" à proximité des villages, protégés par des sacralisation des forêts est ainsi liée aux migrations des
interdits, depuis les années 1930 (Chevalier 1933 cité peuples dans la zone d’étude. Les courants migratoires
par Juhé-Beaulaton, (1999) ; Aubréville 1937 ; ont permis d’emporter les divinités tutélaires qui ont été
Cornevin 1962 ; Gayibor 1985 ; Guinko 1985 ; installées et ont ainsi participé à la mise en place des
Jenik,1994; Ago et Sokpon, 1998 ; Gbaguidi 1998 ; Ago forêts sacrées imprimant l'identité des groupes
2000). La présente étude propose pour la première ethniques dans le paysage.
fois, les contextes particuliers et les motivations réelles Facteurs prédominants dans la régression des
de la sacralisation des massifs forestiers. Les résultats forêts : colonisation, orientation politique et
ont montré que les besoins de sacralisation s’étaient poussée démographique du Bénin : La variation
exprimés à différentes périodes et furent motivés par observée dans les périodes et raisons de sacralisation
différentes raisons selon les blocs. En effet, la majorité des forêts n’a pas empêché une uniformité dans les
des forêts sacrées de la zone d’étude ont été instituées pratiques de gestion instituées pour protéger les
avant et durant la colonisation (1200-1960). Cette massifs. Quel que soit le bloc forestier considéré, le
institutionnalisation semble avoir commencé d’abord caractère sacré des forêts repose sur des interdits
sur le plateau de Kétou et au sud (Sakété), pour visant surtout à restreindre l’accès à la ressource
remonter vers le nord du pays (Kétou- Savè et Sakété- (entrée interdite aux femmes, aux non-initiés, et/ou aux
Pobè). Ce gradient dans la sacralisation des forêts va étrangers/allochtones) et une interdiction de
de pair avec l’installation des peuplements humains l’exploitation des ressources (bucheronnage, chasse,
dans la zone d’étude. En fait, l’établissement humain défrichement) du massif. Pourtant, le constat de la
dans le bloc de Kétou a eu lieu avec le courant régression de la superficie des forêts sacrées est
migratoire des Yorouba venus d’Ilé- Ifè (Nigeria) entre général et s’accorde avec les indications de plusieurs
le XIIè et XIVè siècle et dans le bloc de Sakété plus au auteurs. En 1933, Chevalier qualifie les bois sacrés de
sud, a eu lieu à la fin du XVIIè siècle (Cornevin 1962 ; "sanctuaires de la nature" et s'alarme devant
Oyeniyi 2012) à partir d’un courant migratoire de l'accélération de l’empiètement et des défrichements:
peuplements Yoruba venus (Oyo) au Nigéria voisin. Le "malheureusement, à notre contact, le primitif renonce
besoin de tenir secret des rites cultuels d’initiation à ses croyances, les bois sacrés disparaissent (cité par
réservés aux clans royaux et aux dignitaires féodaux fit Juhé-Beaulaton, 2006) ". En 1937, Aubréville
dès lors naître l’idée de mettre en défens les cœurs des renchérit : "Tous les curieux bois fétiches du Dahomey,
massifs forestiers de la zone d’occupation, loin du à l'ombre desquels se passèrent autrefois de
regard des sujets. Par contre, l'occupation de l'espace mystérieuses cérémonies fétichistes, ne sont plus
dans la zone des grappes de Pobè et de Sakété respectés". Plusieurs scientifiques, écologues,
remonterait entre le XIVè et le XVIIè siècle (Cornevin forestiers ou botanistes ont dans leur travaux, plus de
1962 ; Oyeniyi 2012), mais ne s’était stabilisée que cinquante ans après, exprimé les mêmes inquiétudes
vers la fin du XIXè siècle. Il s’agissait d’abord d’un et insistent toujours sur la contribution des forêts
courant migratoire de peuplements Nago-Holli qui pour sacrées à la protection et à la gestion durable d'une
les mêmes raisons rapportées pour les grappes Kétou certaine biodiversité (Agbo et Sokpon 1997 ; Kokou et
et Sakété, ont créé plusieurs forêts sacrées dans leurs al. 1999 ; Koukou et Sokpon 2006 ; Arouna 2012 ;
parcours orienté du nord (Kétou) vers le sud (Pobè). Mama 2013). La présente étude élimine les
Ensuite, l’affirmation de puissants royaumes établis à considérations telles que la période de la sacralisation
Kétou et surtout plus à l’ouest à Abomey a été à et les pratiques de gestion instituées (interdits) pour la

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forêts sacrées au Sud-Bénin

protection des forêts contre les causes de leur gouvernement béninois (Banégas 1998). Cependant,
régression. Les enquêtes ont en outre fait ressortir que cette reconnaissance et la valorisation des traditions
les différents événements politiques ayant marqués n’a pas, pour autant arrêté la régression et l’isolement
l’histoire du Bénin de la période coloniale (avant 1960) des forêts en générale, et des forêts sacrées en
à l’ère démocratique (après 1990) en passant par la particulier. En effet, la croissance démographique
période révolutionnaire (1972-1990) ont influencé la conjuguée à l’exploitation du bois pour des fins
régression des superficies des forêts sacrées dans la diverses, a été identifiée comme principales causes de
zone d’étude. En effet, à la conquête coloniale, au la régression des forêts, devant les considérations
début du 20ème siècle, les politiques menées par les culturelles et cultuelles notamment l’affaiblissement du
administrateurs contribuèrent à la déstructuration du pouvoir traditionnel et l’avènement des religions
tissu social et de l'espace. L’installation de cultures révélées (Figure 5). La poussée démographique et
coloniales (cultures de rente) est en grande partie l’augmentation des besoins en terres agricoles qui en
responsable de l'accroissement des défrichements aux découle, associée à l’urbanisation (apparition de
dépens des zones forestières. Ces politiques de grands villages rues au bord des axes routiers et des pistes de
défrichements associées aux campagnes débardage forestiers) ont ainsi réduit l’espace forestier
d'évangélisation, largement soutenues par les autorités au profit des champs et des zones urbaines. Le
coloniales ont grandement contribué à diminuer déterminant de cette dynamique régressive et continue
l’autorité des responsables des cultes Vodun, à ne réside–t-il pas aussi dans la poussée
déséquilibrer les relations que les hommes démographique comme le souligne certains auteurs ?
entretenaient avec leurs divinités, ce qui entraîna une En effet, le fait que les forêts sacrées aient totalement
non reconnaissance du caractère sacré des forêts par régressée dans les grappes de Sakété et de Pobè peut
certains citoyens, autorités et la destruction de s’expliquer par la forte densité de la population
nombreuses d’entre elles (Juhe-Beaulaton, 2006). De remarquée dans cette zone comparée à celle de Kétou.
même, depuis l’indépendance, notamment de 1975 à Les causes de la régression des forêts de la zone
1980, le gouvernement de la République Populaire du d’étude concordent ainsi en partie avec celles
Bénin, d'obédience marxiste-léniniste, a lutté contre les identifiées en zone tropicale, notamment les situations
"pratiques obscurantistes" des religions dites socio-économiques (Hecht 1985) des pays et la
"traditionnelles ou animistes", provoquant encore la croissance démographique (Geist et al. 2001).La
destruction de nombreux sites et forêts sacralisés et régression de ces forêts se manifeste surtout par la
utilisés à des fins religieuses et occultes. Les réduction de la taille et de la forme des ilots isolés.
responsables religieux furent contraints de cesser Cette situation constitue la base de mesure quantitative
d’exercer leurs pratiques. Dans ce sillage, la de la fragmentation (Mama, 2013) et reste une menace
sécheresse longue et inhabituelle des années 1976 fut majeure pour la survie de la diversité biologique (Henle
interprétée par l'opinion publique comme le signe de la et al. 2004). Notamment, la fragmentation des forêts
colère des divinités, ce qui inquiéta le gouvernement produit l'isolement de petites superficies de forêts et
qui diminua alors les persécutions sans pour autant entraîne un appauvrissement des pools génétiques,
reconnaître véritablement le caractère sacré des forêts. rendant à terme vulnérable les petites populations
Néanmoins, cette baisse de tension entre dignitaires de (PuUiam 1988). C’est pourquoi avec la prédiction de la
divinité traditionnelles et le pouvoir révolutionnaire théorie biogéographique des îles (Mac Arthur et Wilson
imprima une dynamique de ‘’recréation’’ de certaines 1967 ; Liénard 1995 ; Nasser 2010) une attention
forêts sacrées. Le "renouveau démocratique" qui suivit particulière doit être accordée à la taille limite d’une
la conférence nationale en 1990 a également permis forêt sacrée afin de garantir la survie de sa richesse
aux responsables religieux de retrouver toute leur spécifique. Cette théorie prenant en compte l’espace
importance sur la scène politique et sociale. comme facteur écologique, explique la richesse
L’organisation du "festival des arts et cultures Vodun" spécifique sur une île comme le résultat d'un équilibre
en février 1993 à Ouidah est le résultat de la politique entre les taux d'extinction et d'immigration.
de revalorisation des cultures nationales du

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forêts sacrées au Sud-Bénin

CONCLUSION
L’approche ethnobotaniste utilisée dans la présente la zone d’étude donc à la fragmentation forestière.
étude a permis de retracer l’historique de la création et Prenant en compte ces déterminants, la stratégie de
de la sacralisation des forêts sacrées. Elle a également conservation et d’utilisation durable à développer devra
permis de comprendre pourquoi les forêts sacrées se être inclusive au niveau local avec un renforcement de
présentent aujourd’hui sous des formes d’ilots de forêts l’autorité traditionnelle dans la gestion en dotant les
avant de relever que les facteurs anthropiques forêts sacrées d’outil juridico-technique de gestion.
confortés par les différentes politiques de Dans ce cadre, l’intégration des forêts sacrées dans le
développement du Bénin, sont les déterminants de la système national des aires protégées constituera une
dynamique régressive qui conduit à l’existence des ilots avancée notable.
de forêts et à la déstructuration du paysage naturel de

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