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Réduction des endomorphismes 4.

.
7. Sous-espaces caractéristiques.
4.1. Définition. Soit λ une valeur propre de multiplicité m. Le sous-
espace Cλ = Ker((f − λId))m s’appelle le sous-espace caractéristique
associé à la valeur propre λ. Noter que Cλ est stable par f et contient
l’espace propre associé à λ.
Le lemme des noyaux donne le corollaire:
4.2. Corollaire. Les sous-espaces caractéristiques associés à des valeurs
propres deux à deux distinctes sont en somme directe.
4.3. Lemme. 1. La dimension de Cλ est égale à la multiplicité m de λ.
2. Soit fλ l’endomorphisme induit par f dans Cλ . Alors
pfλ (x) = (−1)m (x − λ)m .
•• Démonstration. On peut écrire pf (x) = (x − λ)m q(x) où q(x) est
premier avec (x − λ) (ce qui est équivalent à q(λ) 6= 0).
Vu que (fλ − λId)m = 0, on a pfλ (x) = (−1)k (x − λ)k , où k est la
dimension de Cλ . Par le lemme des noyaux, E = Cλ E 0 , ou E 0 = Kerq(f )
L

est stable par f . Donc pf (x) = pfλ (x)pf 0 (x) où f 0 est l’endomorphisme
induit par f dans E 0 . Mais λ n’est pas une valeur propre de f 0 (tous les
vecteurs propres associés à λ appartiennent à Cλ ), donc pf 0 (λ) 6= 0. Par
conséquent, p( fλ )(x) = ±(x − λ)m et k = m. ••
.
Remarque. Le fait que (fλ − λId)m = 0 peut s’exprimer ainsi:
fλ = λId + nλ , où nλ est un endomorphisme nilpotent (nλ = fλ − λId).
.
Le cas du polynôme caractéristique scindé: soit
pf (x) = (−1)n (x − λ1 )m1 ...(x − λk )mk .
En combinant le théorème de Cayley-Hamilton avec le lemme des noyaux
on obtient:
4.4. Corollaire. Si le polynôme caractéristique de f scindé, l’espace
E se décompose en somme directe des sous-espaces caractéristiques de f :
i Ci , la dimension de Ci est égale à la multiplicité mi . Soit fi
L
E =
l’endomorphisme induit dans Ci . On a fi = λi Id + ni , où ni est nilpotent:
nm i
i = 0.
.
Remarque. L’endomorphisme f est diagonalisable si et seulement si pf
est scindé et chaque sous-espace caractéristique est un espace propre.
.
4.5. Projecteurs spectraux. Soit E = i Ci . Soit Πi la projection
L

sur le sous-espace caractéristique Ci parallèlement à la somme des autres

1
sous-espaces caractéristiques. On appelle Πi projecteur spectral.
.
P
Si f est diagonalisable, on peut écrire f = i λi Πi .
.
Pour calculer Πi on écrit pf (x) = (x − λi )mi q(x) où q(x) est premier avec
(x−λi ) (ce qui est équivalent à q(λi ) 6= 0). Par la formule de Bézout, on peut
trouver des polynômes r(x) et s(x) tels que (x − λi )mi r(x) + q(x)s(x) = 1.
[On peut s’arranger pour que deg (s) < mi et deg (r) < deg(q)].
.
4.6. Lemme. Πi = q(f )s(f ).
.
Les projecteurs Πi vérifient:
1. Π1 + ... + Πk = Id.
2. Π2i = Πi .
3. Πi Πj = 0 si i 6= j.
.
Remarques. 1) Si Π est un projecteur et Πf = f Π, alors Ker(Π) et
Im(Π) sont des sous-espaces supplémentaires stables par f .
2) Si Eλ 6= Cλ , alors Eλ n’admet pas de sous-espace supplémentaire
stable par f .
Exemple. Soit dim E = 3 et pf (x) = −(x − λ)(x − µ)2 . Alors
1 = a(x − µ)2 + a(2µ − λ − x)(x − λ), où a = (λ − µ)−2 . Donc
Πλ = a(f − µId)2 et Πµ = −a(f − (2µ − λ)Id)(f − λId).
.
Polynôme minimal.
Le polynôme minimal de fi est (x − λi )li où li est l’indice de nilpotence
de fi − λi Id (évidemment, li ≤ mi ). Par le lemme 3.11 on a mf (x) =
(x − λ1 )l1 ...(x − λk )lk .
4.7. Corollaire. Si mf (x) = (x−λ1 )l1 ...(x−λk )lk , alors li est l’indice de
nilpotence de fi −λi Id dans le sous-espace caractéristique Ci . En particulier,
Ci = Ker(f − λi Id)li .
.
Décomposition de Dunford.
Supposons que le polynôme caractéristique de f est scindé.
Soit fi l’endomorphisme induit dans Ci . On a (fi − λi Id)mi = 0, donc
fi = λi Id + ni , où nm i
i = 0, donc ni est nilpotent.
En utilisant cette décomposition, définissons deux endomorphismes,
d et n: si v ∈ Ci , on pose d(v) = λi v et n(v) = ni (v). Donc f = d + n.

2
En utilisant les projecteurs spectraux, on écrit d = i λi Πi et n = f −d.
P

Vu que Πi est un polynôme en f , on en déduit que d et n sont des polynômes


en f .
En résumé, f = d + n où d est diagonalisable, n est nilpotent et d
commute avec n.
4.8. Théorème. (Décomposition de Dunford.) Si le polynôme car-
actéristique de f est scindé, f se décompose en somme f = d+n où d est di-
agonalisable, n est nilpotent et d commute avec n. Une telle décomposition
est unique.
•• Démonstration de l’unicité. Soit f = d0 +n0 une deuxième décomposition.
On a d − d0 = n0 − n.
Noter que d et d0 commutent avec f .
Montrons que d commute avec d0 . Remarquons que Ci est invariant par
d0 et que d agit dans Ci par la multiplication par λi .
Soit v ∈ Ci ; on a d0 dv = d0 (λi v) et dd0 v = λi dv. Donc dd0 = d0 d dans
Ci et donc dans E.
Par conséquent, d et d0 sont simultanément diagonalisable et donc d−d0
est diagonalisable.
Du fait que d commute avec d0 on déduit que n commute avec n0 (parce
que n = f − d et n0 = f − d0 ). Alors on vérifie immédiatement que n0 − n
est nilpotent.
L’égalité entre d − d0 diagonalisable et n0 − n nilpotent implique
d − d0 = n0 − n = 0. ••
.
Remarque. 1) On a pf (x) = pd (x).
2) f est diagonalisable si et seulement si n = 0.
.
Voici quelques résultats supplémentaires (sans démonstration).
.
Blocs de Jordan.
Un bloc de Jordan pour f est un sous-espace stable muni d’une base
e1 , ..., ek telle que f (e1 ) = λe1 , f (e2 ) = λe2 + e1 , . . . , f (ek ) = λek +
ek−1 . Noter que le sous-espace en question est contenu dans le sous-espace
caractéristique Cλ . La matrice de f dans cette base s’appelle aussi bloc de
Jordan.
4.9. Théorème. Si pf est scindé, f admet la décomposition en somme
directe des blocs de Jordan.
En particulier, tout endomorphisme peut être réduit à la forme de Jordan
dans C.
.

3
Critère de similitude. La liste des blocs de Jordan dans la décomposition
est complètement déterminée par f . Plus précisement, soit jk le nombre de
blocs de Jordan de dimension k dans le sous-espace caractéritisque Cλ . Soit
dk = dim (Ker (f − λId)k ). Alors jk = 2dk − dk+1 − dk−1 .
Remarque. La taille maximale des blocs associés à la valeur propre λ est
égale à la multiplicité de λ dans le polynôme minimal mf .
.
4.10. Théorème. Deux matrices sont semblables dans C si et seule-
ment si elles ont la même liste des blocs de Jordan.
4.11. Théorème. Si deux matrices réelles sont semblables dans C
(A = P −1 BP avec P complèxe), elles sont semblables dans R
(A = Q−1 BQ avec Q réelle).
4.12. Théorème. Toute matrice est semblable à sa transposée.

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