SESSION DE FORMATION PEDAGOGIQUE (5-10 AVRIL 2021)
TROISIEME EDITION TROISIEME SESSION A PISSI
FORMATEUR :M. SOME 66430185
METHODOLOGIE DE LA DISSERTATION
A. DEFINITION ET INTERET DE LA DISSERTATION
La dissertation est un exercice de composition qui consiste, sur un sujet
donné, à définir et articuler des concepts pour éclairer une problématique en
essayant de la résoudre. Autrement dit, c’est un raisonnement écrit, c’est-à-dire une
démarche écrite par laquelle nous émettons plusieurs séries de jugements
relatifs à un sujet, en vue d’aboutir à un jugement final considéré comme
solution au problème posé par le sujet.
C’est une composition argumentée. Disserter, c’est communiquer,
dialoguer, c’est-à-dire présenter un point de vue, plaider pour sa conception des
choses, réfuter ce qui pourrait ébranler sa position, nuancer son jugement en
fonctions des objectifs que l’on découvre en partie justifiés. Discuter, argumenter, ce
n’est pas un exercice scolaire, c’est aussi le commerce humain, l’échange entre des
consciences, la recherche commune de la vérité, la tolérance de la différence,
l’exercice de la liberté, de la pensée et de l’indépendance du jugement ; c’est la
pratique de la démocratie.
Argumenter apparaît donc comme une faculté qui se cultive. C’est un art
par excellence de l’éducation permanente qui exige une perpétuelle remise en
question de soi. Tout humanisme se fonde dans la confrontation pacifique des idées.
La dissertation nous permet de porter notre attention sur les différents
problèmes de la vie, de nous y intéresser, d’approfondir notre compréhension de ces
problèmes et d’en chercher les solutions possibles, probables, vraisemblables,
adéquates. Elle est une démonstration caractérisée par la rigueur, la cohérence et la
clarté. Tout cela est possible si la consigne est bien [Link] qui suit est une liste
de consignes expliquées et leurs plans.
[Link] DES CONSIGNES DE SUJETS DE DISSERTATION PEDAGOGIQUE
La dissertation est un discours écrit pour résoudre un problème théorique. Pour
réussir cet exercice, il importe de comprendre le sujet proposé, de le traiter avec rigueur
et méthode. Si la compréhension du sujet exige du candidat une ouverture d’esprit au
champ de la question, la maîtrise de la technique de l’épreuve commande qu’il sache
exactement ce qu’on lui demande de faire. C’est pourquoi une connaissance raisonnée
du sens des consignes est d’une extrême nécessité dans la réussite de la dissertation.
Aussi, cet exposé vient-il apporter une contribution à l’effort de composition,
1
d’organisation et d’écriture de ce discours qu’est la dissertation. Et comme le disait si
bien Plaude , « conseiller, c’est presque aider.»
Tout sujet de dissertation pose un problème à résoudre. Ce problème peut être posé par
le sujet lui-même ou présenté sous forme de question avant ou après un texte. Pour
découvrir le problème et trouver la solution, il est importe de suivre rigoureusement ce
que dit la consigne du sujet.
Ainsi, on distingue quatre (04) sortes de consignes :
les consignes questionnantes
les consignes incorporées ;
les consignes non incorporées simples ;
les consignes non incorporées combinées.
1. DEFINITIONS DES SORTES DE CONSIGNES
I.1. Les consignes questionnantes
La consigne questionnante est celle où une ou plusieurs questions sont posées
avant ou après un texte.
I.2. Les consignes incorporées
La consigne est dite incorporée lorsque le sujet lui-même se compose d’une
ou de plusieurs questions.
I.3. Les consignes non incorporées simples
La consigne non incorporée simple peut être assimiler à la consigne
questionnante. Mais au lieu d’une ou de plusieurs questions posées après un
texte, c’est un verbe à l’impératif qui sert de consigne.
Aussi, la compréhension de ce verbe est-elle nécessaire pour mieux orienter la
recherche des éléments de réponse au problème posé. Il s’agit donc de mieux
appréhender le sens des verbes à l’impératif tels que : commentez, développez,
apprécier, expliquez, examiner, discuter, etc…
I.4. Les consignes non incorporées combinées
La consigne non incorporée combinée est celle composée de plusieurs consignes
non incorporés simples : exemples : Expliquez et commenter, expliquez, justifiez
et apprécier etc.
[Link] DES CONSIGNES ET PLANS ESQUISSES :
2. 1 Expliquez
Expliquer une pensée, c’est la rendre claire, plus compréhensible. C’est traduire
l’idée émise par l’auteur en un langage accessible à tous sans pour autant la déformer
ou la contredire.
Expliquer équivaut également à définir, à donner le sens tout en illustrant par des
exemples. Expliquer c’est enfin dire en ses propres mots ce que l’auteur a voulu dire.
Expliquer c’est donc faire découvrir le sens caché d’une pensée.
2.1.1Problème
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Quel est le sens de cette pensée?
Comment comprendre cette pensée ?
Qu’est ce que l’auteur a voulu dire ?
2.1.2Plan possible
Explication des mots clés.
Explication des idées (expression par unités de sens)
Sens dénoté : signification première, sens général, sens propre
Sens connoté : signification seconde, sens contextuel, sens figuré
2.2Appréciez
Apprécier une pensée c’est porter un jugement de valeur sur elle. C’est faire
ressortir son intérêt (avantages) ses conséquences négatives (inconvénients) et
indiquer son point de vue vis-à -vis d’elle.
2.2.1. Problème
- Quelle appréciation pouvons-nous porter sur cette pensée ?
- Quelle valeur peut-on accorder à cette affirmation ?
2.2.2 Plan esquisse
- Justification : faire ressortir la pertinence, l’importance, les avantages, donner la preuve
en puisant les exemples sur le spectacle de la vie.
- Limites – inconvénients ou réserves
- Point de vue
2.3 Justifiez
Justifiez une pensée, c’est reconnaître sa véracité. C’est chercher les raisons, les
arguments qui prouvent qu’elle est bien fondée.
2.3.1 Problème
Quelles sont les raisons qui justifient (qui soutiennent) la position de l’auteur ?
2.3.2 Plan esquisse
- Explication de la pensée
- Justification de la pensée : soit par idées maîtresses, soit de façon globale.
2.4 Discutez
Discuter une pensée, c’est la mettre en questions. C’est émettre un jugement
critique sur la pensée. Dans le cas spécifique de la dissertation pédagogique ou de
culture générale, la discussion consiste à bâ tir une thèse autour de la pensée en y
menant un argumentaire favorable ou allant dans le sens de la pensée. Il s’agit d’épouser
à ce niveau les convictions de l’auteur de la pensée, de trouver le champ d’application
des idées émises tout en les appuyant d’exemples pertinents et/ou de citations.
La discussion consiste aussi et surtout à prendre un recul pour mieux analyser la
pensée en toute indépendance. Il faut rechercher l’autre face de la pensée ; c’est à -dire
l’antithèse qui est souvent un dépassement de ladite pensée. Dans le domaine des idées,
toute vérité est relative ; formuler une antithèse c’est amener la contradiction contenue
dans une pensée exprimée. Tout comme à la thèse, il convient de bâ tir l’argumentaire de
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l’antithèse de façon convaincante tout en l’appuyant d’exemples pertinents et/ou de
citations.
La discussion consiste enfin à rechercher une conciliation entre les deux
positions (thèse et antithèse) qui sont souvent extrêmes.
La vérité se trouve souvent au milieu des positions extrêmes ou contradictions.
Ainsi, la synthèse à formuler pour achever la discussion doit être bâ tie dans un
esprit d’apaisement, de recherche du juste milieu. On doit parvenir à une position qui
suscite une large adhésion.
2.4.1 Problème
- Quelles critiques pouvons-nous porter sur la pensée ?
- Peut-on s’aligner totalement sur cette déclaration ?
- Est-il absolument vrai que……………………… ?
- Peut-on soutenir totalement l’auteur dans sa déclaration ?
2.4.2 Plan esquisse
* Thèse
- La pensée est-elle vraie ?
- Pourquoi est-elle vraie ?
- Quels sont les exemples et citations qui l’illustrent ?
* Antithèse
- Quelles sont les limites de la pensée ? (réserves)
- Pourquoi on ne peut pas soutenir totalement que…. ?
- Quels sont les exemples et citations qui l’illustrent ?
* Synthèse
- En définitive (en réalité, tout compte fait, en fait) quel peut être le point de
conciliation ?
- Quels points de dépassement peut-on entrevoir ?
- Que peut-on retenir ?
2.5 Commentez
Commenter une pensée, c’est faire des remarques, des observations sur elle. C’est
l’expliquer, l’interpréter en portant des jugements sur elles. Commenter consiste
également à émettre des réflexions tendant à préciser le quoi, le pourquoi, le comment
(les conditions), à tirer des conséquences (avantages, inconvénients). C’est trouver le
champ d’application.
Commenter, c’est enfin trouver une certaine réserve à la pensée sans pour autant
la discuter de façon systématique ou dialectique.
2.5.1 Problème
- Quelles réflexions nous inspire cette pensée ?
- Quelles réflexions peut-on mener autour de cette affirmation ?
2.5.2 Plan esquisse
- Explication (quoi ?)
- Causes (pourquoi ?)
- Conséquences/ ou limites
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2.6 Comparez
Comparer, c’est examiner les rapports de ressemblance ou de différence existant
entre deux éléments de réflexion ou de pensée.
C’est aussi faire ressortir leurs relations ou leurs influences réciproques.
Comparer, c’est enfin mettre en évidence un trait caractéristique de chaque
élément ou un trait commun aux deux.
2.6.1 Problème
- Quelles différences peut-on établir entre……. ?
- Quels sont les caractéristiques communes aux…… ?
2.6.2 Plan esquisse
- Explication ou définition des éléments à comparer
- Recherche de leurs différences ou ressemblances
- Mise en relief de leurs influences ou leurs relations réciproques.
2.7 Définissez
Définir un concept ou une idée, c’est déterminer l’ensemble des caractères qui
appartiennent à ce concept ou à cette pensée et les spécificités constatées.
C’est donc préciser son sens, ses caractéristiques propres (qualités, défauts,
inconvénients, etc).
2.7.1 Problème
- Quelle définition pouvons – nous faire de …………. ?
- Quels sens revêt cette pensée ?
2.7.2. Plan esquisse
- Explication du concept ou de la pensée.
- Précision des caractères propres
2.8 Développez
Développer une pensée revient à l’exposer de manière détaillée, à l’éclaircir, à
l’expliquer en s’appuyant sur des exemples et/ou des citations. Le développement
s’apparente à la justification puisqu’il s’agit de dire avec plus de détails ce que l’auteur
affirme.
2.8.1 Problème
- Quel développement pouvons nous faire…….. ?
- Qu’est ce qui justifie cette affirmation ?
2.8.2 Plan esquisse
- Explication
- Développement par unité de sens ou de façon globale.
2.9 Examinez
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Examiner une pensée consiste à réfléchir attentivement sur elle pour l’analyser,
la comprendre afin d’indiquer sa valeur ou sa véracité. Examiner une pensée revient
également à préciser ses inconvénients.
2.9.1 Problème
- Quelle analyse pouvons nous faire de…. ?
- Quels sont les avantages de ….. ?
- Quels sont les inconvénients de …. ?
2.9.2 Plan esquisse
- Explication de la pensée.
- Examen de la pensée soit globalement, soit par unité de sens.
2. 10 Qu’en pensez-vous ?
La consigne qu’en pensez-vous invite à donner l’avis, la position, le sentiment,
l’opinion….il faut examiner la pensée pour mieux la comprendre, pour en appréhender
les contours avant de donner sa portée.
2. 10.1 Problème
- Quelle est notre opinion sur cette affirmation ?
2.10.2 Plan esquisse :
* Cas de vérité à justifier avec quelques réserves (opinion favorable dans
l’ensemble)
- Explication
- Pourquoi la pensée est vraie ?
- Quelles réserves pouvons-nous émettre ?
- En définitive, quel est notre point de vue ?
* Cas d’une vérité exagérée à discuter (opinion défavorable)
- Thèse
- Antithèse
- Synthèse
2.11 Quels sont les corollaires pédagogiques
Il s’agit pour cette consigne qui est généralement de pédagogie générale, de
donner les principes, les implications, les applications et les conséquences pédagogiques
que l’on peut tirer de la déclaration. C’est une consigne qui exige du professionnalisme et
qui fait appel à l’expérience, aux connaissances du candidat dans le domaine de
l’enseignement et de l’éducation.
2. 11.1 Problème
Quelles implications suggère cette affirmation dans le domaine pédagogique ?
2. 11.2 Plan esquisse
Tirer les conséquences pédagogiques :
Au 1er niveau : à l’école, le cadre (la classe, la décoration, le climat socio-affectif,
l’interaction école/milieu).
Au 2ème niveau : le rô le du maître (l’attitude de l’enseignant, sa conception de
l’élève, de son rô le, l’activité de l’enseignant, son comportement social etc…) ;
Au 3ème niveau : le comportement de l’apprenant, son rô le, sa psychologie ;
Au 4ème niveau : le processus enseignement apprentissage (les méthodes, les
techniques, les procédés, les approches éducatives….).
Au 5ème niveau : les contenus d’enseignement. Les programmes scolaires, les
contenus spécifiques, les approches curriculaires ou par compétences etc…)
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2.12. Que veut-il insinuer ?
Insinuer veut dire faire comprendre de manière détournée. C’est faire entendre
adroitement, sans dire expressément.
Aussi, la consigne que veut-il insinuer ? invite t-il le candidat à dire clairement ce
que l’auteur des propos ou de la pensée a voulu dire en termes voilés.
Par cette consigne, il convient de deviner les griefs et/ou les approbations que
l’on porte sur quelque chose, une institution, une loi, une vérité, etc.
2.12.1. Problème
Qu’a-t-il voulu dire en termes voilés ?
2.12.2 Plan
- Explication de la pensée ;
- Les insinuations de l’auteur de la déclaration
Aspects négatifs ou insuffisances
Aspects positifs
Solutions de remédiation
Le plan problème – causes – solutions convient le mieux à une telle consigne.
Remarque :Quant aux sujets comportant une consigne à plusieurs parties, le candidat
doit être prudent pendant l’élaboration du plan :
+Commentez et tirez les conséquences pédagogiques/les applications
pédagogiques
Plan A :Explication -Justification-conséquences pédagogiques.
Plan B :Explication- Justification -Limites-Application(conséquences pédagogiques)
+Commentez et discuter ;Expliquer, commentez et discutez :voir discutez
+Commentez et discutez au besoin : la consigne donne l’impression au candidat qu’il a
le choix de discuter le propos ou pas. En réalité, il est obligé de discuter et le plan est
celui de la discussion.
[Link] DIFFERENTES PARTIES DE LA DISSERTATION
La dissertation obéit à un certain nombre de principes. Elle comprend trois
parties d’inégale longueur. Cependant, celles –ci sont aussi importantes les unes
que les autres et doivent êtres clairement détectables. Il s’agit de l’introduction du
développement et de la conclusion.
I. L’INTRODUCTION
L’introduction a pour objectif d’attirer l’attention du lecteur (correcteur) sur
le sujet. Le candidat doit supposer que le lecteur/correcteur ignore le sujet proposé.
Elle doit captiver le lecteur. Une bonne introduction doit comprendre quatre (4)
étapes
Elle peut s’élaborer à partir d’une remarque, d’une situation introductive qui situe le
cadre de la réflexion (cadre pédagogique, didactique, intellectuel, politique, socio-
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économique etc.), communément appelée « idée générale » ou « préambule ». Il
s’agit d’éveiller l’intérêt à propos du sujet débattu. Elle ne doit pas être une idée
abstraite et vague, une hypothèse ou une affirmation contestable mais plutôt une
constatation à partir de laquelle on peut poser le problème du sujet ; c'est-à-dire
qu’elle doit avoir un rapport avec l’énoncé du sujet et éviter une quelconque rupture
avec ce dernier. Il faut surtout éviter les formules générales et creuses.
2°)La citation ou l’énonciation du sujet
A l’issue de l’entrée en matière, le sujet doit être annoncé et repris en toute
lettre et en totalité (sous forme de citation) s’il est court, ou reformulé et synthétisé
quand il est long.
3°)L’élaboration de la problématique
Selon Jacqueline RUSS, les éléments constitutifs d’une bonne problématique
sont les suivants : questionnement, problème, enjeu et plan. Ainsi, la première étape
est-elle celle du questionnement. Il s’agit de « développer et organiser un jeu de
questions ordonnées, liées entre elles, s’enchaînant logiquement à partir de la
question posée. » Cela ne consiste pas à empiler ou à juxtaposer les questions les
unes sur les autres, à les répéter ou à les faire surgir au hasard et de façon
quantitative, mais à bien « mettre en évidence un certain nombre de questions
importantes, qui déboucheront ultérieurement sur la position du problème. »
Questionner, c’est mettre en interrogation ce qui peut sembler évident, transformer le
donné ou l’intitulé apparemment affirmatif ou “dogmatique” en interrogation ou en
questions. La finalité première du questionnement, c’est de faire apparaître le
problème fondamental.
TOZZI M. (1996, p. 148-153) insiste également sur la nécessité du
questionnement dans la mise à jour du problème essentiel.1 Questionner, c’est selon
lui « mettre en question des certitudes, des affirmations ». Formuler le problème
essentiel, consiste à partir de questions soulevées par une ambiguïté, une
contradiction, une exigence de cohérence, de manière à ce que l’on entrevoit dans
l’intitulé d’un sujet, l’examen de plusieurs pistes possibles de recherche.
Le problème est selon RUSS (1992) le noyau dynamique et proprement
philosophique de l’exercice, qui apporte son fondement philosophique à la
discussion : il est le fil conducteur de l’exercice, c’est-à-dire la logique qui évite de
s’égarer dans le cheminement de la discussion depuis l’introduction jusqu’à la
conclusion. C’est en essayant de le résoudre que le candidat apportera à l’exercice
une structure dynamique, reflétant et exprimant le questionnement et le problème:
c’est le plan de discussion.2
Par ailleurs, RUSS J. (1992) demande d’ associer au problème, un jugement
de valeur concernant son importance ou son intérêt pour des conceptions
théoriques, éthiques, politiques…Ce jugement de valeur constitue l’enjeu3, à savoir
« l’importance du problème soulevé ou de la question énoncée, ce qu’ils enveloppent
1
2
3
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de décisif sur le plan de la réflexion ou de la pratique (…) : ce que nous gagnerons
ou perdrons, dans l’ordre de la réflexion, si nous répondons à telle ou telle question,
à tel ou tel problème. »
4°) L’annonce du plan
Il s’agit d’orienter, de donner les grandes orientations à travers lesquelles le
problème devrait être traité. La qualité essentielle du plan réside dans son
opérationnalité, sa précision, sa progressivité et dans sa congruence avec les parties
du développement.
En somme, l’introduction a pour fonction essentielle de poser clairement le
problème, de montrer tous ses enjeux et son importance et d’annoncer le plan de
travail. Elle ne doit nullement servir de cadre de développement du sujet c’est à dire
ni contenir ni même annoncer les conclusions du travail.
II. LE DÉVELOPPEMENT
Le développement est le lieu de l’argumentation, c’est-à-dire le lieu où
s’instaure la discussion ou le débat qui vise à faire comprendre au lecteur
(correcteur) le bien-fondé, la justesse de notre prise de position par rapport au
problème soulevé dans l’introduction.
Un travail de dissertation doit avoir un fil conducteur et une unité d’ensemble.
La démarche doit être cohérente et rigoureuse et ses différents moments appellent
les uns, les autres. Disserter ce n’est pas discourir ni réciter, mais argumenter, c’est-
à-dire apporter des raisons démonstratives et convaincantes. Les défauts les plus
connus au développement sont la digression, le manque de rigueur, les affirmations
gratuites et la compilation ou juxtaposition d’idées. Argumenter donc, c’est présenter
un raisonnement construit, une démonstration solide et logique, sous tendue par des
illustrations pertinentes.
L’enchainement des idées essentielles de l’argumentation se fait à travers deux ou
trois grandes parties, des paragraphes, des illustrations ou exemples, des transitions
et des mots liens.
1°) Les transitions
La progression suppose une série de transitions. Elles sont l’art de faire
passer le correcteur ou le lecteur d’un paragraphe au suivant, ou d’une partie à une
autre dans le développement. Une bonne transition doit être simple. On peut utiliser
les termes suivants : en outre, mais, d’ailleurs, cependant…
2°) Les illustrations ou les exemples
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Il est recommandé d’utiliser des exemples, soit comme point de départ
d’une analyse, auquel cas l’exemple est un moyen par lequel on dégage, des idées,
des concepts ou des relations entre les concepts, soit à l’issue de l’exposé
argumenté d’une idée. Ils peuvent être empruntés soit à notre expérience de la vie,
soit à nos connaissances.
Cependant, il ne faut jamais oublier qu’un exemple, c’est à dire un cas,
n’est pas une preuve ou un argument. La fonction des exemples est d’illustrer la
réflexion ou de la stimuler et non de s’y substituer. Autrement dit, il faut un bon choix
et un usage des exemples en évitant les banalités.
3°) Les références ou les citations
Il est tout aussi recommandé d’avoir des références sous la forme de
citations qui doivent être exactes pour être valable et entre guillemets ou sous
la forme d’une présentation générale, en style indirect si nous ne sommes pas
sûr des termes de l’auteur. La citation d’un auteur connu nous aide à convaincre le
correcteur ou le lecteur car elle montre que nous ne sommes pas seuls à partager
cet avis.
Ce qui est importe c’est que les références soient intégrées au devoir, à
l’analyse. Pour ce faire, il faut qu’elles soient préparées en amont par des analyses
et il faut qu’elles soient suivies en aval par des explications et un commentaire qui
dégage l’intérêt de cette référence par rapport au problème posé.
La dissertation pour réussir sa fonction, sa mission démonstrative
doit présenter les arguments de façon logique et progressive de manière à
aboutir tout naturellement à une prise de position.
Ce qu’il faut éviter…
- La superficialité et la légèreté dans la réflexion : il convient de toujours
approfondir le sujet ;
- L’absence d’ordre qui consiste à livrer en vrac ses idées sans les articuler,
donc en niant toute forme de progression,
- L’excès d’ordre, qui consiste à prévoir un plan tout fait et chercher à remplir
les cases en les vidant de leur sens ;
- Les répétitions et affirmations gratuites ;
- Le déséquilibre des parties ;
- La confusion entre problématique et plan ;
- Etc.
III. LA CONCLUSION
La dissertation est aussi l’art d’aboutir à une conclusion. Elle est obligatoire
et indispensable. La conclusion est la fin de la dissertation et apporte une solution au
problème posé dans l’introduction. Elle sert à revenir sur précisément au sujet pour
le considérer sous un angle différent par rapport au début. Les conclusions partielles
des différentes grandes parties constituent des éléments pour cette conclusion
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générale. Elle fait le bilan du parcours général de l’analyse qui met l’accent sur
l’ensemble des éléments de réponse, ce qui permet de donner la solution.
Une bonne conclusion est celle qui donne une réponse à la problématique
de l’introduction. Même le fait de reconnaître qu’il n’y a pas des solutions (si on le
démontre effectivement) est une solution.
La perspective ou l’ouverture du sujet se justifie lorsque le sujet s’y prête.
La conclusion peut également souligner l’enjeu, la portée des solutions proposées.
[Link] DIFFERENTS PLANS DE LA DISSERTATION
Selon le sujet de dissertation qui vous est proposé, un certain type de plan va s’imposer :
il peut s’agir du plan dialectique, du plan analytique ou du plan thématique. Faire un
plan en trois parties montre une aptitude à penser de manière logique et équilibrée. Cela
dit, il n’est pas obligatoire de faire un plan en trois parties : vous pouvez très bien vous
contenter de deux parties (par exemple dans le cadre d’un sujet de dissertation
comparatif) ou proposer quatre parties…
Le plan dialectique (ou critique) :C’est le fameux plan « thèse, antithèse et synthèse ».
Il est couramment utilisé lorsque l’opinion exprimée dans le sujet de dissertation est
discutable et qu’il est possible d’envisager l’opinion inverse.
Le plan analytique :Il s’agit d’analyser un problème qui mérite une réflexion
approfondie. Bien souvent, on décrit la situation, on en analyse les causes et on envisage
les conséquences. Il existe une variante du plan analytique qui consiste à faire un plan «
explication / illustration / commentaire » : ce type de plan peut par exemple être utilisé
lorsque le sujet de dissertation est une citation qu’il faut commenter.
Le plan thématique :C’est le plan qu’on utilise couramment dans le cadre de questions
générales, celles qui exigent une réflexion progressive. → À noter qu’il est possible de
combiner plusieurs types de plans à l’intérieur de chaque partie de la dissertation.
Le plan inventaire :C’est le plan qui consiste à classer les arguments par ordre
d’importance et regrouper et regrouper par thème .Il importe de savoir manager les
progressions du plus important au moins important.
Le plan comparatif :Ce plan présente les similitudes et les différences de deux choses.
[Link] TYPES DE SUJETS D’UNE DISSERTATION PEDAGOGIQUE
[Link] sujet simple : il ne comporte qu’une seule consigne
Exemple : Expliquez la pensée de l’auteur.
[Link] sujet binaire :ce sujet comporte une consigne à deux parties.
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Exemple : Expliquez et commentez la pensée de l’auteur.
[Link] sujet tertiaire :ce sujet comporte une consigne à trois parties.
Exemple :Expliquez, commentez puis tirez les conséquences pédagogiques d’une
telle pratique.
[Link] sujet quaternaire :ce sujet comporte une consigne à quatre parties.
Exemple :Expliquez, discutez, commentez puis tirez les conséquences
pédagogiques
[Link] sujet à consigne intégrée ou incorporée
Exemple :A partir de votre expérience en tant qu’enseignant, montrez comment vous
prenez en compte les problèmes d’inégalité entre les élèves dans votre classe.
[Link] sujet sans consigne :Il est soi une question ouverte ou un sujet notion
A .Exemple de sujet à question ouverte : La sévérité vous semble t’elle nécessaire à une
bonne éducation ?
B. Exemple de sujet notion :La pédagogie différenciée.
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