Analyse des Fonctions Numériques
Analyse des Fonctions Numériques
Jamal El Amrani
2 Suites numériques 2
3 Fonctions Numériques 3
3.1 Opération sur les fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
3.2 Limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
3.3 Opérations sur les limites et propriétés . . . . . . . . . . . . . 10
3.4 Limites et inégalités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
3.5 Continuité des fonctions réelles de la variable réelle . . . . . . 13
3.5.1 Définitions et propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
3.5.2 Fonctions continues sur un intervalle . . . . . . . . . . 14
3.6 Fonctions réciproques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
3.6.1 Théorème de la fonction réciproque . . . . . . . . . . . 19
3.7 Dérivabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
3.7.1 Interprétation géométrique . . . . . . . . . . . . . . . 21
3.7.2 Opérations sur les fonctions dérivables . . . . . . . . 22
3.8 Dérivées successives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
3.9 Fonction de classe C p . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
3.10 Extremums - Accroissements finis . . . . . . . . . . . . . . . . 26
3.11 Règles de l’ Hospital . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
3.12 Plan d’étude d’une fonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
3.13 Fonctions différentiables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
3.14 Différentielle d’une fonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
3.15 FONCTIONS USUELLES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
3.15.1 Fonctions puissances . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
3.15.2 Fonction logarithme népérien . . . . . . . . . . . . . . 37
3.15.3 Fonctions exponentielles . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
3.15.4 Fonction logarithme de base a . . . . . . . . . . . . . . 41
3.16 Fonctions exponentielles de base a . . . . . . . . . . . . . . . 42
2
TABLE DES MATIÈRES 3
1
Chapitre 2
Suites numériques
2
Chapitre 3
Fonctions Numériques
3
4 Chapitre 3. Fonctions Numériques
(f + g) : R −→ R
x 7−→ (f + g)(x) = f (x) + g(x),
(f g) : R −→ R
x 7−→ (f g)(x) = f (x)g(x).
αf : R −→ R
x 7−→ (αf )(x) = αf (x).
3.2 Limites
Définition 6. Soit I = [a, b] un intervalle de R. Soit x0 ∈ I, et l ∈ R. Soit
f une fonction définie de I dans R, sauf peut être au point x0 . On dit que
f tend vers ` lorsque x tend vers x0 , si f (x) devient aussi près que’on veut
de `, pourvu que x soit suffisamment près de x0 , sans jamais se confondre
avec lui.
Exemple 2. Calculons la limite quand x tend vers 4 de
√
x−2
f (x) = 2 .
x − 5x + 4
3.2 Limites 5
3x − 1 2 7 76
− < |x − 1| < ε = ε.
x+2 3 6 67
Par suite, ∀ε > 0, ∃η = min(1, 67 ε) > 0, ∀x ∈] − 2, +∞[ , |x − 1| < η on a :
3x−1 2
x+2 − 3 < ε et donc, lim 3x−1 2
x+2 = 3 .
x→1
Définition 8. Soit f une fonction définie sur I = [a, b], (a < b) sauf,
peut-être, aux points a et b.
1. On dit que f admet pour limite, l ∈ R, à droite en a si :
ebx − 1
si x < 0
x
f (x) = √
x + 4 − a si x > 0.
x
Déterminer a et b tels que f ait une limite réelle quand x tend vers 0.
Préciser cette limite en cas d’existence.
Correction : f a une limite réelle en 0 si et seulement si f a une limite
réelle à droite et à gauche en 0 et ces limites sont égales.
Si b = 0, pour tout x < 0, f (x) = 0 puis lim f (x) = 0.
x→0−
ebx −1 bx
Si b 6= 0, pour tout x < 0, f (x) = x = b e bx−1 puis
ebx − 1 eX − 1
lim f (x) = lim b = lim b = b.
x→0− x→0− bx X→0 X
8 Chapitre 3. Fonctions Numériques
Alors, dans les deux cas, pour tout réel b, lim f (x) = b.
√ x→0−
Si a 6= 2, x + 4 − a ne tend pas vers 0 quand x tend vers 0, alors que le
dénominateur tend vers 0. Dans ce cas, f n’a pas de limite à droite réelle en
0.
Si a = 2, alors, pour tout x > 0,
√ √ √
x+4−a ( x + 4 − 2) x + 4 + 2 x 1
f (x) = = √ = √ =√ .
x x( x + 4 + 2) x( x + 4 + 2) x+4+2
∀x ∈ D, |x − x0 | 6 η =⇒ |f (x) − `|ε.
∀n ∈ N, n > N =⇒ |un − x0 | 6 η.
10 Chapitre 3. Fonctions Numériques
1
∃ε > 0, ∀n ∈ N∗ , ∃un ∈ D, |un − x0 | 6 et |f (un ) − `| > ε.
n
Ceci prouve que la suite (un )n converge vers x0 et (f (un ))n ne tend pas vers
`, d’où la contradiction.
1. lim (f + g)(x) = `1 + `2 .
x→x0
2. lim (f g)(x) = `1 `2 .
x→x0
f (x) `1
4. Si ∀x ∈ V, g(x) 6= 0 et `2 6= 0, alors : lim ) = `2 .
x→x0 g(x)
` +∞ +∞
` −∞ −∞
+∞ +∞ +∞
−∞ −∞ −∞
+∞ −∞ on ne peut conclure
II
limite de |f | : limite de |g| : limite de |f g| :
` 6= 0 +∞ +∞
0 +∞ on ne peut conclure
+∞ +∞ +∞
III
f
limite de |f | : limite de |g| : g a pour limite :
` 6= 0 0 (voir remarque 1.3.2) +∞
0 0 on ne peut conclure
` +∞ 0
+∞ ` (voir remarque 1.3.2) +∞
+∞ +∞ on ne peut conclure
x2 + 2|x| cos x
b) lim .
x→−∞ x
corrigé
sin x
a) Puisque limx→0 tan x = 0, limx→0 x = 1 et limx→0 |x| = 0 on a
b) Puisque x + 2 |x|
x cos x ≤ x − 2 qui a limite −∞ lorsque x → −∞,
x2 + 2|x| cos x
lim = −∞.
x→−∞ x
Alors `1 6 `2 .
Preuve. En exercice.
2x2 − x − 1
f (x) = .
x−1
En remarquant que 2x2 − x − 1 = (x − 1)(2x + 1), on peut écrire :
f (x) = 2x + 1 si x 6= 1.
Définition 13. Une fonction définie sur un intervalle I est dite continue
sur I, si elle est continue en tout point de I.
Nous allons donner quelques propriétés des fonctions continues. Nous
admettons le théorème fondamental suivant :
Théorème 2. Soit f une fonction continue sur un intervalle fermé et borné
[a, b]. Alors f est bornée et atteint ses bornes. En d’autres termes, inf f (x)
x∈[a,[b]
et sup f (x) existent et sont finies et il existe c1 , c2 ∈ [a, b] tels que
x∈[a,[b]
Contres exemples :
1. f (x) = x sur [0, +∞[, f est continue, mais non bornée, car [0, +∞[
n’est pas borné.
2. Considèrons la fonction
1
si x ∈]0, 1]
f (x) = x
0 si x = 0.
f est définie sur [0, 1] fermé, borné, mais f n’est pas bornée, car f
n’est pas continue en 0.
3. Soit h(x) = 2x si x ∈ [0, 1[. La fonction h continue et est bornée,
sa borne supérieure, qui est 2, n’est pas atteinte. Cela tient à ce que
l’intervalle de définition [0, 1[ de h n’est pas fermé.
Preuve. 1ère étape : Tout d’abord que si g : [0, 1] −→ R est une fonction
vérifiant g(0) 6 0 et g(1) > 0 alors il existe t0 ∈ [0, 1] tel que g(t0 ) = 0. Soit
g une telle fonction.
Posons c1 = 21 . On a : ou bien g(c1 )g(1) 6 0 ou g(c1 )g(0) > 0. Donc, pour
l’un des deux segments [0, c1 ] ou [c1 , 1], le produit des images par g de ses
extrêmités est négatif. Notons [a1 , b1 ] les extrêmités du segment correspon-
dant.
Supposons construits des points a1 , ....., an et b1 , ..., bn tels que
(Pn ) : an−1 6 an < bn 6 bn−1 , bn − an = bn−1 −a 2
n−1
, g(an )g(bn ) 6 0.
Montrons que (Pn+1 ) est vraie. Soit cn+1 le milieu du segment [an , bn ].
Comme g(an )g(bn ) 6 0, l’un au moins des deux produits suivants est né-
gatif : g(an )g(cn+1 ) ou g(cn+1 )g(bn ). On note an+1 < bn+1 les deux points
correspondants au produit négatif.
Cette procédure permet de construire par récurrence deux suites (an )n et
(bn )n vérifiant la propriété (Pn ). Il est facile de voir que ces deux suites sont
adjacentes. Elles convergent donc vers un réel t0 dans [0, 1]. Par continuité
de g en t0 , on a lim g(an )g(bn ) = g(t0 )2 6 0, donc g(t0 ) = 0.
n→+∞
2ème étape : il faut maintenant prouver le Théorème pour la fonction f de
l’énoncé. On définit la fonction g : [0, 1] −→ R par g(t) = f (a + t(b − a)) − c.
On a g(0)g(1) 6 0 donc on peut appliquer la 1ère étape, et il existe t0 ∈ [0, 1]
tel que g(t0 ) = 0. En particulier on peut poser x0 = a + t0 (b − a).
Contres exemples :
1. Soit (
−1 si x ∈ [−1, 2[
f (x) =
1 si x ∈ [2, 3[,
f est définie sur [0, 3], mais ne prend pas la valeur 0 intermédiaire entre
−1 et 1 car f est discontinue en 2.
2. Soit (
−1 si x ∈ [0, 1[
f (x) =
1 si x ∈ [2, 3[,
0 n’est pas prise . L’ensemble de définition n’est pas un intervalle.
Comme conséquence immédiat du théorème des valeurs intermédiaires, on
déduit la proposition suivante, utile pour approcher les solutions d’une équa-
tion de la forme {trouver, x ∈ R tel que f (x) = 0} .
3.5 Continuité des fonctions réelles de la variable réelle 17
Proposition 8. Soit f une fonction continue sur I = [a, b]. Si f (a).f (b) < 0
alors, il existe c ∈]a, b[ tel que f (c) = 0.
Démonstration. f (a).f (b) < 0 alors 0 est compris entre f (a) et f (b), donc
d’après le Théorème (3), il existe c ∈ I tel que f (c) = 0.
Exercice 3. Tout polynôme de degré impair possède au moins une racine
réelle.
Corollaire 3. Soit f une application continue sur un intervalle I non vide
à valeurs réelles, alors J = f (I) est un intervalle.
Preuve. On va monter que pour tous y1 < y2 dans J, le segment [y1 , y2 ] est
inclus dans J.
Soient y1 , y2 ∈ J. Il existe x1 , x2 ∈ I tels que f (x1 ) = y1 et y2 = f (x2 ). Soit
z ∈ [y1 , y2 ] = [f (x1 ), f (x2 )]. D’après le Théorème des valeurs intermédiaires
il existe c ∈ [x1 , x2 ] tel que f (c) = z, donc z ∈ J. Vu la caractérisation des
intervalles de R, J est un intervalle.
1. On peut exprimer le Théorème des valeurs intermédiaires sous la forme
plus condensée suivante : l’image d’un intervalle par une application
continue (à valeurs réelles) est un intervalle.
2. Soient I un intervalle de R et f : I → R une application continue. On
peut se demander si le type de I (c’eat à dire : I est fermé, borné,
semi-ouvert· · · ) est conservé par f , c’est à dire si f (I) est du même
type que I. Nous verrons plus loin que que lorsque I est un segment
alors f (I) l’est aussi. Mais les autres types d’intervalles ne sont en
général pas conservé. Par exemple il est facile de vérifier que la fonction
x
f (x) = est définie sur I = R et que f (I) =] − 1, 1[. (Tracer le
1 + |x|
graphe de la fonction f ). Dans cet exemple I n’est pas borné et f (I)
est borné. Un autre exemple est celui de la fonction f définie sur R
par
−1 si
x ≤ −1
f (x) = x si −1 ≤ x ≤ 1
x≥1
1 si
Il est facile aussi de voir que f (I) = [−1, 1]. Dans cet exemple I est un
ouvert et f (I) n’est pas ouvert.
Théorème 4 (Théorème du point fixe). Si f est une fonction continue de
[a, b] vers [a, b], alors il existe x0 ∈ [a, b] tel que f (x0 ) = x0 . Le point x0 est
appelé point fixe de f .
Preuve. Considérons la fonction g(x) = f (x) − x. Cette fonction est conti-
nue sur [a, b], de plus g(a) ≥ 0 car f (a) ∈ [a, b] et g(b) ≤ 0 car f (b) ∈ [a, b].
La fonction g étant continue sur [a, b] et vérifie g(a)g(b) ≤ 0, il résulte
de la conséquence (2.3.2) qu’il existe x0 ∈ [a, b] tel que g(x0 ) = 0, donc
f (x0 ) = x0 .
18 Chapitre 3. Fonctions Numériques
si f est croissante, et
−∞ ≤ inf x∈]α,β[ f (x) = lim f (x) ≤ lim f (x) = supx∈]α,β[ f (x) ≤ +∞,
x→β x→α
si f est décroissante.
3.6 Fonctions réciproques 19
y = f −1 (x) x = f (y)
⇔
x≥1 y≥0
D’où
y −y
x = e +e e2y − 2xey + 1 = 0
2 ⇔ .
y≥0 y≥0
20 Chapitre 3. Fonctions Numériques
3.7 Dérivabilité
Définition 15. Soit f une fonction définie sur un voisinage I de x0 ∈ R.
On dit que f est dérivable en x0 si :
f (x) − f (x0 )
lim = ` ∈ R.
x→x0 x − x0
Le nombre réel (unique) ` est appelé dérivée de f en x0 et noté f 0 (x0 ).
Si f est dérivable en tout point de I on dit qu’elle est dérivable sur I.
√
Exemples 10. 1. La fonction f (x) = x est dérivable sur I =]0, +∞[.
En effet ; soit x0 ∈ I, si x 6= x0 , on a :
√ √
x − x0 1 1 1
=√ √ , et f 0 (x0 ) = lim √ √ = √ .
x − x0 x + x0 x→x 0 x + x0 2 x0
(?) f (x) = f (x0 )+f 0 (x0 )(x−x0 )+(x−x0 )ε(x), et lim ε(x) = 0.
x→x0
3.7 Dérivabilité 21
y
6 D
f (x0 + h) M
M0
f (x0 )
-
0 x0 x0 + h x
Fig. 1
Désignons par y = ax + b l’équation de la droite D. Comme M ∈ D et
M0 ∈ D on a : f (x0 ) = ax0 + b et f (x0 + h) = a(x0 + h) + b. En faisant la
différence on obtient :
f (x0 + h) − f (x0 )
a= .
h
Fixons x0 et faisant varier h, on notera alors a par a(h). Ainsi y = a(h)x + b
et b = f (x0 ) − a(h)x0 donc : y = a(h)(x − x0 ) + f (x0 ). En outre, si h tend
vers 0, alors M tend vers M0 et la droite D tend vers une position limite
T ; qui est par définition la tangente en M0 à Cf , voir F ig.1. Pour trouver
l’équation de la tangente T il suffit de calculer lim a(h).Or
h→0
f (x0 + h) − f (x0 )
lim a(h) = lim = f 0 (x0 ).
h→0 h→0 h
On obtient alors, l’équation de la tangente T :
Définition 16. Soit f une fonction définie sur un voisinage d’un point x0 .
1. On dit que f est dérivable à droite en x0 si :
f (x) − f (x0 )
lim = l ∈ R.
x→x+
0
x − x0
f (x) − f (x0 )
lim = l0 ∈ R.
x→x−
0
x − x0
Les nombres l et l0 notés respectivement fd0 (x0 ) et fg0 (x0 ) sont appelés
dérivée à droite et à gauche de f en x0 .
2. λf est dérivable en x0 et
(λf )0 (x0 ) = λf 0 (x0 )
3. f g est dérivable en x0 et (f g)0 (x0 ) = f (x0 )g 0 (x0 ) + g(x0 )f 0 (x0 )
f
4. Si g(x0 ) 6= 0, alors est dérivable en x0 et
g
0
f g(x0 )f 0 (x0 )−f (x0 )g 0 (x0 )
g (x0 ) = [g(x0 )]2
g(f (x0 + h)) − g(f (x0 )) = g(f (x0 ) + hf 0 (x0 ) + hε(h)) − g(f (x0 ))
= g 0 (f (x0 ))(hf 0 (x0 ) + hε(h)) + (hf 0 (x0 )
+ hε(h))ε(hf 0 (x0 ) + hε(h))
= g 0 (f (x0 ))f 0 (x0 )h + hεe(h).
h(n) (x) = (f g)(n) (x) = f (n) (x)g(x) + Cn1 f (n−1) (x)g (1) (x) = (x + n)ex .
26 Chapitre 3. Fonctions Numériques
Proposition 16. Soit f une fonction dérivable sur I =]a, b[. Si f admet un
extremum local en un point x0 ∈ I alors f 0 (x0 ) = 0.
Exemple 16. Déterminer les extrémums de f (x) = x(1 − x)2 sur [−1, 32 ].
On a : f 0 (x) = (1 − x)(1 − 3x), et f ”(x) = −4 + 6x. Donc f 0 (x) s’annule
aux points x = 1 ou x = 13 . f ”(1) > 0,1 est un minimum. f ”( 13 ) < 0, 13 est
un maximum.
f (b) − f (a)
g 0 (c) = f 0 (c) − = 0,
b−a
ce qui prouve le résultat.
Interprétation géométrique :
On aura f 0 (c) = f (b)−f
b−a
(a)
: autrement dit, la pente de la corde AB joignant
A = (a, f (a)) à B = (b, f (b)) est égale à la pente de la tangente à la courbe
y = f (x) au point Mc = (c, f (c)). Le théorème affirme donc l’existence
d’un point M sur la courbe représentative Tf de f , tel que la tangente en
M à Tf est parallèle à la corde AB.
Corollaire 5. Soit f est une fonction continue sur I = [a, b], dérivable sur
]a, b[.
1. Si f 0 (x) = 0 sur ]a, b[ alors f est constante sur [a, b].
3.10 Extremums - Accroissements finis 29
1
f (x) = arctan( ) + arctanx.
x
Cette fonction est dérivable sur R∗ et sa dérivée est nulle. Il ne faut
pas pour autant en conclure que f est constante sur R∗ , car R∗ n’est
pas un intervalle. D’après le 1 la fonction est constante sur chacun des
intervalles ]0, +∞[ et ] − ∞, 0[. Pour calculer la constante correspon-
dante, on choisit un nombre réel dans chacun de ces intervalles, par
exemple 1, dans le premier et −1 dans le second.
30 Chapitre 3. Fonctions Numériques
f (x) f 0 (x)
lim = lim 0 .
x→a+ g(x) x→a+ g (x)
f 0 (x)
2. Si lim f (x) = lim g(x) = +∞ et lim 0 existe (finie ou non),
x→a+ x→a+ x→a+ g (x)
on a
f (x) f 0 (x)
lim = lim 0 .
x→a+ g(x) x→a+ g (x)
f 0 (x)
3. Si b = +∞, lim f (x) = lim g(x) = 0 et lim existe (finie
x→+∞ x→+∞ x→+∞ g 0 (x)
ou non), on a
f (x) f 0 (x)
lim = lim 0 .
x→+∞ g(x) x→+∞ g (x)
f 0 (x)
4. Si b = +∞, lim f (x) = lim g(x) = +∞ et lim existe
x→+∞ x→+∞ x→+∞ g 0 (x)
(finie ou non), on a
f (x) f 0 (x)
lim = lim 0 .
x→+∞ g(x) x→+∞ g (x)
f (x)
Remarque 19. Si n’est pas une forme indéterminée en a, et si
g(x)
f (x) f 0 (x)
lim et lim 0 existent, ces limites sont en général distinctes. En
x→a+ g(x) x→a+ g (x)
x2 1 (x2 )0 2x
effet, lim = mais lim 0
= lim = 1.
x→1 2x + 1 3 x→1 (2x + 1) x→1 2
3.11 Règles de l’ Hospital 31
Exemple 19.
x4 − x2 4x3 − 2x 12x2 − 2 −2
lim 3 2
= lim 2
= lim = = 1.
x→0 x − x x→0 3x − 2x x→0 6x − 2 −2
Exemple 20.
x2 ∞ 2x ∞ 2
lim ([ ]) = lim x ([ ]) = lim x = 0.
x→∞ ex ∞ x→∞ e ∞ x→∞ e
Exemple 21.
1
ln(x) ∞ xa
lim xa ln(x), (a > 0) ([−0.∞]) = lim ([ ]) = lim x
= lim = 0.
x→0+ x→0+ x−a ∞ x→0+ −ax−a−1 x→0+ −a
Exemple 22.
1 1 ex − 1 − x ∞ ex − 1 ∞
lim − x ([∞−∞]) = lim x
([ ]) = lim x x
([ ])
x→0+ x e −1 x→0+ x(e − 1) ∞ x→0 e − 1 + xe
+ ∞
ex 1 1
= lim
x x
= lim = .
x→0 2e + xe
+ x→0 2 + x
+ 2
A titre d’exercices calculer les limites suivantes
Exemple 23.
Exemple 24.
Exemple 25.
x
3
lim 1 + sin( ) (c’est une forme indéterminée)[1∞ ].
x→∞ x
32 Chapitre 3. Fonctions Numériques
2. Périodicité On dit que f est périodique s’il existe un nombre réel non
nul T tel que pour tout x ∈ Df on a : x + T ∈ Df et f (x + T ) = f (x).
Le plus petit réel qui vérifie la relation est dit la période de f. Si f
est périodique de période T0 , il suffit d’étudier f sur un intervalle de
longueur T0 .
Exemple 28. Soit f (x) = x − E(x) où E(x) est la partie entière de
x. On a
3. Asymptotes
3.12 Plan d’étude d’une fonction 33
1
Exemple 29. Soit f (x) = . Les droites
(x − 1)(x + 2)
d’équations x = 1 et x = −2 sont des asymptotes à Cf .
35
36 Chapitre 3. Fonctions Numériques
f 0 (x) = nxn−1 .
x 0 +∞
nxn−1 +
: +∞
xn
0
√ 1 1 1
( n x)0 = (x n )0 = x n −1 .
n
y
6
y = xn
y=x
√
1 y= n
x
-
0 1 x
Fig.1
√
Remarque 24. Les graphes de y = xn et y = n x sont symétriques par
rapport à l’axe y = x. C’est toujours le cas des graphes de f et f −1 .
Remarque 25.
√
1
1. Si n = 1, on pose x = x.
√
2
√
2. Si n = 2, on pose x = x ; appelée racine carrée de x.
√
3. Si n = 3, 3 x est appelée racine cubique de x.
4. L’équation, xn = a où a ∈ R+ donné, admet une unique solution dans
√
R+ qui est x = n a.
√
5. Le symbole n a représente un nombre réel positif et n’a de sens que si
n ∈ N ∗ et a ∈ R+ .
6. Si n ∈ N∗ impair la fonction f : x 7−→ xn est continue strictement
croissante sur R donc bijective de R vers R . Sa fonction réciproque
f −1 est une bijection de R vers R donc l’équation xn = a, a ∈ R donné
possède des solutions négatives si n est impair.
a
2. ln = lna − lnb
b
3. ln(ar ) = rlna.
Preuve.
1. Soit a > 0 fixé, et f la fonction définie sur ]0, +∞[ par
1 1 1
Si x > 0 on a f 0 (x) = a(ln)0 (ax) − = a − = 0, donc f est
x ax x
constante sur ]0, +∞[, de plus f (1) = 0, donc f (x) = 0 pour tout
x > 0. En particulier, pour tout x = b on obtient la propriété 1.
a 1 a 1
2. D’après 1, on a ln = lna + ln ; car = a. D’autre part, on
b b b b
1 1 1
a : 1 = b. , donc ln1 = lnb + ln = 0, par suite ln = −lnb.
b b b
D’où 2.
3. Soit a > 0, pour établir 3, supposons que r ∈ N ∗ . On a : a2 = aa,
donc, d’après 1, lna2 = lna + lna = 2lna. On écrit ar = aa . . . a,
on montre par récurrence que ln(ar ) = rlna. De même on sait que
√ r √
a = ( r a) donc lna = rln ( r a), d’où
√
r
1
ln a = lna
r
Si p et q sont dans N ∗ , on peut écrire
p √ 1 p
ln a q = ln q
ap = ln (ap ) = lna.
q q
1
0
r
ln (a ) = ln r0 = −ln ar = −r0 lna = rlna.
a
1
Pour calculer lim lnx, on pose t = , limx→0+ t = +∞. D’où
x→0+ x
1
lim lnx = lim ln = − lim lnt = −∞.
x→0 + t→+∞ t t→+∞
∀x ∈ R y = exp(x) ⇐⇒ x = lny
∀x∈R (ex )0 = ex .
1 1
(ex )0 = = = ex .
ln0 (ex ) 1
ex
ea
ea+b = ea eb , ea−b = , era = (ea )r .
eb
y 6 y = ex
y=x
y = Lnx
1
-
0 1 x
Fig. 2
3.15.4 Fonction logarithme de base a
Définition 23. Soit a un nombre réel tel que a > 0 et a 6= 1. On appelle
fonction logarithme de base a, notée loga , la fonction définie sur ]0, +∞[
par :
lnx
loga x = .
lna
Remarque 29.
1. Si a = e, on a : loge x = lnx, c’est donc le logarithme népérien.
lnx
2. Si a = 10, on a : log10 x = , appellé logarithme décimal et noté
ln10
logx.
3. Les propriétés de la fonction loga se déduisent de celle de ln.
a>1
x 0 +∞
1
xlna +
1+∞
loga x
−∞
0<a<1
x 0 +∞
1
xlna −
+∞
loga x
q
−∞
Remarque 30. : Si x ∈ Q, on a :
x)
expa x = exlna = eln(a = ax .
Avec cette convention on a pour tout a > 0, (a 6= 1) et pour tout x réel (et
non plus seulement rationnel) :
ln(xα ) lnx
loga (xα ) = =α = αloga x.
lna lna
Nous avons alors les formules suivantes :
Remarque 33. Dans cette étude nous avons utilisé l’expression explicite
de la fonction expa pour a > 0 ; expa (x) = exlna . Si a > 0 et a 6= 1, les
propriétés de expa se déduisent aussi de celles de loga car c’est sa
réciproque ! Nous avons alors les graphes suivants : ( voir F ig.3).
ax : 0 < a < 1 ax : a > 1
y 6
loga x : a > 1
-
0 x
F ig.3
44 Chapitre 3. Fonctions Numériques
f (x) = xk = eklnx .
f 0 (x) = kxk−1 .
Elle est donc strictement croissante sur ]0, +∞[ si k > 0, strictement dé-
croissante si k < 0, constante si k = 0.
1
il suffit alors d’appliquer 1. Pour 5, on pose b = et on applique 4. Pour 3,
a
1
soit h = , on a :
x
x
1 1 ln(1 + h)
1+ = exp xln(1 + ) = exp .
x x h
ln(1 + h)
Puisque lim = 1, on a :
x→0+ h
x
1 ln(1 + h)
lim 1+ = lim exp = e.
x→+∞ x h→0 + h
3.16 Fonctions exponentielles de base a 45
y y
6 6
-
0 x
1
-
0 x
y = chx y = shx
y6 y6
1
- -
0 x 0 x
-1
-1
y = thx y = cothx
1
(argshx)0 = √ , lim argshx = +∞; lim argcothx = 0;
x2 +1 x→+∞ x→−∞
1
(argthx)0 = , lim argshx = −∞; lim argcothx = +∞,
1 − x2 x→−∞ x→1+
1
(argcothx)0 = , lim argthx = +∞, lim argcothx = −∞.
1 − x2 x→1− x→−1−
48 Chapitre 3. Fonctions Numériques
y y
6 6
-
0 x
-
0 1 x
y = argchx y = argshx
y6 y6
- -
-1 0 1 x -1 0 1 x
y = argthx y = argcothx
y6
M
K
θ} -
0 H 1x
Fig. 4
Définition 26. Les fonctions sin, cos, tg et cotg sont appelées fonctions
circulaires ou fonctions trigonométriques.
Valeurs remarquables
Nous présentons dans le tableau suivant ; les valeurs des fonctions circulaires
π π π π
sinus et cosinus pour x = 0, , , , .
6 4 3 2
50 Chapitre 3. Fonctions Numériques
π π π π
x 0
6 4 3 2
√ √
3 2 1
cos x 1 0
2 2 2
√ √
1 2 3
sin x 0 1
2 2 2
Démonstration : On a
π π π x + x0 π x0 − x π
− ≤ x < x0 ≤ − < < 0< ≤ .
2 2 2 2 2 2 2
Appliquons la formule de transformation
x0 − x x0 + x
sin x − sin x0 = 2 sin cos ;
2 2
et remarquons que
x + x0 π π x + x0
∈] − , [ cos > 0,
2 2 2 2
x0 − x π x0 − x
∈]0, ] sin > 0.
2 2 2
On en déduit alors sin x0 − sin x > 0, d’où
π π
− ≤ x < x0 ≤ sin x < sin x0 .
2 2
La fonction x 7→ sin x est strictement croissante dans [− π2 , π2 ]. On laisse au
lecteur le soin de démontrer les trois autres propriétés énoncées.
π
le point M ( , 0) est un centre de symétrie. Il suffit alors d’étudier cos sur
2
π
l’intervalle I = [0, ].
2
On a (cos x)0 = − sin x et sin x ≥ 0 sur I. On obtient alors :
π
x 0
2
− sin x −
1
cos x
z 0
-
π 3π
0 2 π 2 2π x
Fonction sinus
Fig. 5. y = cosx
La fonction x 7−→ sin x est définie, continue et dérivable sur R. De plus
sin est impaire, périodique de période 2π et vérifie sin(π − x) = sin x, donc
π
la droite d’équation x = est un axe de symétrie. Il suffit alors d’étudier
2
π
sin sur l’intervalle [0, ].
2
Pour tout x ∈ R on a (sin x)0 = cos x. Nous avons alors le tableau de
variation.
π
x 0
2
cos x +
:1
sin x
0
52 Chapitre 3. Fonctions Numériques
y 6
1
-
π 3π
0 2 π 2 2π x
Fig. 6 y = sinx
3.16.5 Fonction tangente
π
La fonction x 7−→ tan x est continue et dérivable sur R\{ +kπ, k ∈ Z}.
2
De plus tg est impaire, périodique de période π. Il suffit alors d’étudier tan
π π
sur l’intervalle [0, [. Pour x 6= + kπ, k ∈ Z on a (tan x)0 = 1 + tan2 x =
2 2
1
, d’où
cos2 x
Tableau de variation
x π
0
2
1
+
cos2 x
1 +∞
tan x
0
-
− π2 0
π
2 x
F ig.7. y = tan x
3.16 Fonctions exponentielles de base a 53
π π
Remarque 36. 1. Les droites d’équations x = et x = − sont des
2 2
asymptotes à la courbe représentative de tg.
2 sin x
2. On a : tan00 (x) = , la dérivée seconde s’annule en 0 en changeant
cos3 x
de signe donc l’origine est un point d’inflexion.
Fonction cotangente
La fonction x 7−→ cotgx est dérivable sur R\{kπ, k ∈ Z}. De plus cotg est
impaire, périodique de période π. Il suffit alors d’étudier cotg sur l’intervalle
π
]0, ]. On a
2
1
cotg 0 x = −(1 + cotg 2 x) = − 2 .
sin x
Tableau de variation
x π
0
2
−1
−
sin2 x
+∞
cotgx
q 0
y6
-
0 π π x
2
Fig. 8. y = cotgx
1
(arccos)0 (x) = − √
1 − x2
arccos(−x) = π − arccos x
x = sin y
y = arcsin x ⇐⇒
− π2 ≤ x ≤ π
2
1
(arcsin)0 (x) = √
1 − x2