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Chapitre 2

Cours algébre

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Faculté des Sciences et Techniques de Tanger

Département de Mathématiques

Filière : GEGM

Cours d’analyse 1

Jamal El Amrani

Année universitaire : 2020 - 2021


Chapitre 1
L’ENSEMBLE DES NOMBRES
REELS

1
Chapitre 2
Suites numériques

Définition 1. On appelle suite numérique ou suite de nombres réels toute


application u définie sur une partie I de N à valeurs dans R, qui associée
tout entier naturel n le nombre réel u(n) = un :
u :I −→ R
n 7−→ u(n) = un
– Le nombre réel u(n) = un s’appelle le terme général de la suite.
– La suite définie par l’application u est notée (un )n∈I .
– Si I = N, la suite u est notée tout simplement (un ).
– L’ensemble {u(n) : n ∈ I} est appelé ensemble des valeurs de la suite.
Exemples 1. 1. Soit a un nombre réel. La suite (un ) de terme général
un = a , ∀n ∈ N, s’appelle une suite constante.
2. ((−1)n )n∈N s’appelle une suite alternée : 1,-1,1,-1,1,-1,...
n
3. La suite (un ) de terme général : un = 1+n2 , ∀n ∈ N.

2.1 La monotonie d’une suite


Définition 2. Soit (un ) une suite réelle.
1. On dit que (un ) est une suite croissante (respectivement strictement
croissante) si
∀m, n ∈ N, m < n =⇒ um 6 un (respectivement um < un ).
2. On dit que (un ) est une suite décroissante (respectivement strictement
décroissante) si
∀m, n ∈ N, m < n =⇒ um > un (respectivement un < um ).

2
2.2 Suite majorée, minorée, bornée 3

3. (un ) est une suite constante si ∀m, n ∈ N, um = un .


4. La suite (un ) est dite monotone (respectivement strictement monotone)
si elle est croissante ou décroissante (respectivement strictement crois-
sante ou décroissante).

Proposition 1. Soit (un ) une suite réelle.


1. (un ) est une suite croissante (respectivement strictement croissante) ssi

∀n ∈ N, un 6 un+1 (respectivement un < un+1 ).

2. (un ) est une suite décroissante (respectivement strictement décrois-


sante) ssi

∀n ∈ N, un+1 > un (respectivement un+1 < um ).

3. (un ) est une suite constante si ∀n ∈ N, un+1 = un .

Preuve. Supposons que (un ) est croissante, alors ∀p, q ∈ N, p < q on a


up 6 uq . Comme pour tout n ∈ N, n < n + 1, alors on a bien un 6 un+1 .
Supposons que pour tout n ∈ N, on a un 6 un+1 . Soient p, q ∈ N tels que
p < q, alors : up 6 up+1 6 .... 6 uq−1 6 uq .

Exemple 2. La suite de terme général un = −4n + 1 ∀n ∈ N est une suite


strictement décroissante car, pour tout n ∈ N, on a :

un+1 − un = −4(n + 1) + 1 − (−4n + 1) = −4 < 0.

Donc un+1 < un , ∀n ∈ N.

Définition 3. (Suite stationnaire). Une suite (un )n∈N est dite station-
naire s’il existe un rang n0 ∈ N tel que pour tout n > n0 : un = α, (α ∈ R).

2.2 Suite majorée, minorée, bornée


Définition 4. Soit (un ) une suite réelle.
1. On dit que (un ) est une suite à termes positives si un > 0 pour tout
n ∈ N.
2. On dit que (un ) est une suite à termes négatives si un 6 0 pour tout
n ∈ N.
3. On dit que la suite (un ) est majorée s’il existe M ∈ R tel que un 6 M
pour tout n ∈ N.
4 Chapitre 2. Suites numériques

4. On dit que la suite (un ) est minorée s’il existe m ∈ R tel que un > m
pour tout n ∈ N.
5. On dit que la suite (un ) est bornée si elle est majorée et minorée.
Remarque 1. Une suite (un ) est bornée s’il existe K ∈ R+ tel que, pour
tout n ∈ N, |un | 6 K.
1
Exemples 3. 1. La suite (un )n>1 , de terme général un = 1 − n
∀n > 0,
est croissante et majorée. En effet : ∀n > 0 on a :
1 1
un+1 − un = 1 − −1+
n+1 n
1
= > 0.
n(n + 1)
Donc, un < un+1 , d’où la suite est croissante. Et ∀n > 0 on a :
un = 1 − n1 6 1. Alors, la suite (un )n>1 est majorée par le nombre 1.
2. La suite ((−1)n )n>0 est bornée car, |(−1)n | 6 1 ∀n ∈ N.

2.3 Limite d’une suite


Définition 5. On dit qu’une suite numérique (un ) tend vers ` (` ∈ R) quand
n→+∞
n tend vers l’infini et on note lim un = ` ou un −→ ` si :
n→+∞

∀ε > 0, ∃N ∈ N : ∀n ∈ N, n > N implique |un − `| < ε.


Autrement dit : un est proche d’aussi prés que l’on veut de ` à partir d’un
certain rang.
Remarque 2. |un − `| < ε ⇔ −ε < un − ` < ε ⇔ −ε + ` < un < ε + ` ⇔
un ∈]` − ε, ` + ε[.
Aussi petit que soit ε strictement positif, il existe un rang à partir duquel tous
les termes de la suite (un ) sont dans l’intervalle ]` − ε, ` + ε[.
2n
Exemple 4. Soit la suite (un ) de terme général un = n+1
∀n ∈ N. On a
lim un = 2. En effet, ∀n ∈ N on a :
n→+∞

2n 2
|un − 2| = −2 = .
n+1 n+1
Soit ε > 0, on applique le Théorème d’Archimède pour 2ε , il existe alors
N ∈ N tel que 2ε < N , il suffit donc de prendre N = E( 2ε ) + 1. Donc, pour
tout n ∈ N on a : n > N =⇒ n + 1 > N > E( 2ε ) =⇒ n + 1 > 2ε , donc n+1
2

et par suite |un − 2| < ε. D’où lim un = 2.
n→+∞
2.3 Limite d’une suite 5

Proposition 2. Soit (un )n∈N une suite numérique. On a les équivalences :

lim un = ` ⇐⇒ lim un − ` = 0 ⇐⇒ lim |un − `| = 0.


n→+∞ n→+∞ n→+∞

Exemple 5. La suite un = 2 − n1 , ∀n > 0 converge vers 2 car :


−1
lim un − 2 = lim = 0.
n→+∞ n→+∞ n

Preuve. On a :

lim un = ` ⇐⇒ ∀ε > 0, ∃N ∈ N, ∀n > N, |un − `| < ε


n→+∞
⇐⇒ ∀ε > 0, ∃N ∈ N, ∀n > N, |(un − `) − 0| < ε
⇐⇒ ∀ε > 0, ∃N ∈ N, ∀n > N, ||un − `| − 0| < ε

Définition 6. i- On dit qu’une suite numérique (un ) tend vers +∞ quand


n→+∞
n tend vers l’infini et on note lim un = +∞ ou un −→ + ∞ si :
n→+∞

∀A > 0, ∃N ∈ N : ∀n ∈ N, n > N implique un > A.

ii- On dit qu’une suite numérique (un ) tend vers −∞ quand n tend vers
n→+∞
l’infini et on note lim un = −∞ ou un −→ − ∞ si :
n→+∞

∀A > 0, ∃N ∈ N : ∀n ∈ N, n > N implique un < −A.

Proposition 3. Soient (un ) et (vn ) deux suites numériques. On a :


1
1. Si lim un = +∞, alors lim = 0.
n→+∞ n→+∞ un
1
2. Si lim un = 0, alors lim = +∞.
n→+∞ n→+∞ |un |

3. Si lim un = +∞ et lim vn = +∞ alors lim (un + vn ) = +∞.


n→+∞ n→+∞ n→+∞

4. Si lim un = −∞ et lim vn = −∞ alors lim (un + vn ) = −∞.


n→+∞ n→+∞ n→+∞

5. Si lim un = +∞ et lim vn = −∞ alors lim (un + vn ) = F.I.


n→+∞ n→+∞ n→+∞

6. si (un ) est minorée et lim vn = +∞ alors lim (un + vn ) = +∞.


n→+∞ n→+∞

7. si (un ) est minorée par λ > 0 et lim vn = +∞ alors lim (un vn ) =


n→+∞ n→+∞
+∞.
6 Chapitre 2. Suites numériques

2.4 Convergence d’une suite


Définition 7. On dit qu’une suite (un ) est convegente si lim un = ` avec
n→+∞
` 6= ±∞.
Une suite qui ne converge pas est dite divergente. Autrement dit : une suite
(un ) est divergente si : lim un = +∞ ou lim un = −∞ ou lim un
n→+∞ n→+∞ n→+∞
n’existe pas.

Exemple 6. – La suite (un ) de terme général un = π sin( πn ) ∀n ∈ N∗ est


sin( π )
convergente car lim un = lim π π n = π.
n→+∞ n→+∞ n
– La suite (un ) de terme général un = (−1)n ∀n ∈ N n’est pas conver-
gente.

Proposition 4. Toute suite convergente admet une limite finie et unique.

Preuve. Soit (un )n∈N une suite numérique. Supposons que la suite (un )
converge vers deux limites ` et `0 et que ` 6= `0 , par exemple ` < `0 .
0
Soit ε tel que 0 < ε < ` 2−` (qui est possible car ` < `0 ⇒ `0 − ` > 0). Alors,

∃N1 ∈ N tel que ∀n > N1 =⇒ ` − ε < un < ` + ε,


∃N2 ∈ N tel que ∀n > N2 =⇒ `0 − ε < un < `0 + ε.

Soit N = max(N1 , N2 ). Alors, ∀n > N on aura :

` − ε < un < ` + ε et `0 − ε < un < `0 + ε,

alors,

`0 − ε < un < ` + ε =⇒ `0 − ε < ` + ε


`0 − `
=⇒ `0 − ` < 2ε =⇒ < ε.
2
Contradiction avec le choix de ε.

Théorème 1. Si une suite (un ) est convergente, alors elle est bornée.

Preuve. Soit (un ) une suite convergente de limite `. Alors, il existe N ∈ N


tel que ∀n > N, on a |un − `| < 1. Donc,

∀n > N, |un | = |un − ` + `| 6 |un − `| + |`| 6 1 + |`|.

Ainsi, on pose M = max(|u0 |, |u1 |, ...., |uN |, 1 + |`|), il est clair que
|un | 6 M, ∀n ∈ N.
2.4 Convergence d’une suite 7

Proposition 5. Soient (un ), (vn ) deux suites réelles, λ et µ deux réels. Si


(un ) converge vers u et (vn ) converge vers v. Alors
1. La suite (λun + µvn ) converge vers λu + µv.
2. La suite produit (un vn ) converge vers uv.
3. La suite (|un |) converge vers |u|.
Si u 6= 0, alors il existe un entier N tel que un 6= 0 si n ≥ N et la suite
4. 
1 1
converge vers .
un n≥N u

Preuve. 1. Montrons que la suite (λun +µvn ) converge vers λu+µv. Soit
ε > 0, on peut trouver N et N1 tels que pour n ≥ max(N, N1 ) on a

|un − u| < ε et |vn − v| < ε.

Par conséquent

|λun + µvn − (λu + µv)| ≤ |λ||un − u| + |µ||vn − v| ≤ (|λ| + |µ|)ε.

Ce qui prouve le résultat.


2. Montrons que la suite produit (un vn ) converge vers uv. On a

|un vn − uv| = |un vn − un v + un v − uv| ≤ |un ||vn − v| + |v||un − u|.

La suite (un ) est convergente donc bornée par un nombre M . D’autre


part, il existe un entier N tel que n > N implique |un − u| < ε et
|vn −v| < ε. Par conséquent, pour n > N on a |un vn −uv| ≤ (M +|v|)ε,
ce qui montre que (un vn ) converge vers uv.
3. Montrons que la suite (|un |) converge vers |u|. On a ||un |−|u|| ≤ |un −u|
donc ||un | − |u|| < ε si |un − u| < ε.
|u|
4. Enfin, si (un ) converge vers u 6= 0, on prend ε = , il existe alors un
2
|u|
entier N tel que |un − u| < , si n ≥ N donc :
2
|u| |u|
u− ≤ un ≤ u + ,
2 2
u u
en particulier si n ≥ N on obtient un > > 0 si u > 0 et un < < 0
2 2
si u < 0, par suite pour n ≥ N , les termes de la suite sont non nuls.
|u|
Plus précisement on a montré que |un | > , donc ils sont de même
2
8 Chapitre 2. Suites numériques

1
 
signe que u. On peut alors définir, pour n ≥ N , la suite .
un
1
Montrons que cette suite converge vers . On a
u
1 1 |un − u|
− =
un u |un u|

Pour ε > 0, il existe N 0 tel que n ≥ N 0 implique |un − u| < ε.


|u|
De plus, |un | > si n ≥ N . Donc si n ≥ max(N, N 0 ) on a
2
1 1 2ε
− < 2,
un u u
ce qui prouve le résultat.

Remarques 3. 1. Si un → u ∈ R et vn → +∞. Alors


(a) Si u > 0, un vn → +∞.
(b) Si u < 0, un vn → −∞.
(c) Si u = 0 on ne peut rien dire de la limite de la suite (un vn ), (forme
indéterminée).
2. Si un → u ∈ R et vn → −∞. Alors
(a) un + vn → −∞,
(b) 1
vn
→ 0− .
(c) Si u > 0, un vn → −∞.
(d) Si u < 0, un vn → +∞.
(e) Si u = 0, on ne peut rien dire de la limite de la suite (un vn ).
(forme indéterminée).

Exemples 7. 1. Pour un = n, ∀n ∈ N et vn = n1 , ∀n ∈ N∗ , la limite de la


suite produit (un vn )n>0 est 1.
2. un = n, ∀n ∈ N et vn = √1 ,
n
∀n ∈ N∗ , la limite du produit est +∞.
1
3. un = n, vn = n2
, la limite du produit est 0.
4. un = n + 1, vn = −n2 , un + vn → −∞.
5. un = n + (−1)n , vn = −n, un + vn n’a pas de limite.
un
6. Si un → +∞ et vn → +∞, on peut rien dire de vn
. (forme indétermi-
née) :
2.5 Critères de convergence 9

– un = n + 1 et vn = n.

– un = n + 1 et vn = n.
– un = n + 1 et vn = n2
un
7. Si un → 0 et vn → 0, on peut rien dire de .(forme indéterminée) :
vn
– un = n1 , un = n12 , le rapport tend vers +∞.
– un = n12 , un = n1 , le rapport tend vers 0.
– un = n1 , un = n+11
, le rapport tend vers 1.

Remarques 4. 1. Si un → ∞ et vn → 0, on peut rien dire de uvnn , (forme


indéterminée).
2. Si un → 1 et vn → ∞, on peut rien dire de uvnn , (forme indéterminée).

Exemples 8. 1. un = n, vn = n1 , uvnn tend vers 1.
2. un = 1 + n1 , vn = n, uvnn tend vers e.

2.5 Critères de convergence


Théorème 2. 1. Toute suite croissante majorée est convergente.
2. Toute suite décroissante minorée est convergente.

Preuve. Soit (un ) une suite croissante.


1. Supposons que la suite (un ) soit majorée. On pose A = {un / n ∈ N}. A
est une partie non vide (u0 ∈ A) majorée de R (car (un ) est majorée),
donc admet une borne supérieure. Montrons que la suite (un ) converge
vers ` = sup A.
Soit ε > 0. Par caractérisation de la borne supérieure, ∃Nε ∈ N tel que
` − ε < uNε . Comme (un ) est croissante alors, ∀n > Nε , ` − ε < un .
Comme ` est supérieur à tous les termes de la suite, donc :

∀n > Nε , ` − ε < un ⇒ ∀n > Nε , ` − ε < un < ` < ` + ε.

Par suite ∀n > Nε , |un − `| < ε. D’où la suite (un ) est convergente et
converge bien vers sup A.
Dans le cas où la suite (un ) ne soit pas majorée. Pour tout M > 0, il
existe un rang N tel que uN > M. Puisque la suite (un ) est croissante,
alors ∀n > N on a un > M, ce qui donne la divergence de la suite et
lim un = +∞.
n→+∞

2. Pour une suite (un ) décroissante, on pose vn = −un ∀n ∈ N. La suite


(vn ) est alors croissante. Donc, d’après le Théorème ci-dessus :
10 Chapitre 2. Suites numériques

– Si (vn ) est majorée, (vn ) est convergente.


– Si (vn ) n’est pas majorée, (vn ) est divergente de limite +∞.
On en déduit alos que :
– Si (un ) est minorée, (un ) est convergente.
– Si (un ) n’est pas minorée, (un ) est divergente de limite −∞.

1
Exemple 9. La suite ( n+1 ) est décroissante minorée par 0 donc convergente.
Exemple 10. La suite (−1)n est bornée mais elle n’est pas convergente et
on remarque bien que cette suite n’est pas monotone.
Remarque 5. – Une suite croissante et qui n’est pas majorée tend vers
+∞.
– Une suite décroissante et qui n’est pas minorée tend vers −∞.
Proposition 6. 1. Soient (un ) et (vn ) deux suites convergentes telles que
à partir d’un certain rang N on a : ∀n > N, un < vn , alors lim un 6
n→+∞
lim vn .
n→+∞
2. Soient (un ) et (vn ) deux suites telles que lim un = +∞ et que à partir
n→+∞
d’un certain rang N on a : ∀n > N, un < vn , alors lim vn = +∞.
n→+∞

Proposition 7. Soient (un )n une suite réelle convergente de limite ` et a, b ∈


R.
1. Si a < `, alors il existe N ∈ N tel que : ∀n ∈ N, n ≥ N, on a : a < un .
2. Si ` < b, alors il existe N 0 ∈ N tel que : ∀n ∈ N, n ≥ N 0 , on a : un < b.
3. Si a < ` < b, il existe N 00 ∈ N tel que : ∀n ∈ N, n ≥ N 00 , on a :
a < un < b.
Preuve. 1. En appliquant la définition de la convergence de (un ) vers `,
on voit qu’il existe N ∈ N tel que :
∀n ∈ N, n ≥ N, |un − `| ≤ 21 (` − a) < ` − a.
Mais, |un − `| < ` − a ⇒ un − ` > −(` − a) ⇒ un > a.
2. Raisonnement identique à celui de 1.
3. On fait un raisonnement analogue au deux précédents points et on
choisit N = M ax(N1 , N2 ).

Proposition 8. Soient (un )n une suite réelle convergente de limite ` et a, b ∈


R.
2.5 Critères de convergence 11

1. S’il existe N1 ∈ N tel que : ∀n ∈ N, (n ≥ N1 , un ≥ a), alors ` ≥ a.


2. S’il existe N2 ∈ N tel que : ∀n ∈ N, (n ≥ N2 , un ≤ b), alors ` ≤ b.
3. S’il existe N ∈ N tel que : ∀n ∈ N, (n ≥ N, a ≤ un ≤ b), alors
a ≤ ` ≤ b.

Preuve. Se déduit de la proposition ci dessus en raisonnant par l’absurde.

Théorème 3 (Théorème d’encadrement). Soient (un )n , (vn )n et (wn )n trois


suites réelles telles que :

un ≤ vn ≤ wn pour tout n ∈ N.

On a :
1. Si lim un = lim wn = l ∈ R, alors lim vn = l.
n→+∞ n→+∞ n→+∞

2. Si lim un = +∞, alors lim vn = +∞.


n→+∞ n→+∞

3. Si lim vn = −∞ alors, lim un = −∞.


n→+∞ n→+∞

Preuve. Soit  > 0. Puisque les suites (un )n et (wn ) convergent vers `, il
existe N1 , N2 ∈ N tels que :

∀n ∈ N, n ≥ N1 , |un − `| ≤ ,

∀n ∈ N, n ≥ N2 , |wn − `| ≤ .

En notant N0 = M ax(N1 , N2 ), on obtient pour tout n ∈ N, n ≥ N0 ,




 un ≤ vn ≤ wn
|un − `| ≤  =⇒ −ε 6 un − `,
|wn − `| ≤  =⇒ vn − ` 6 ε,

=⇒ − ≤ un − ` ≤ vn − ` ≤ wn − ` ≤ ,

=⇒ |vn − `| ≤ .

Donc la suite (vn )n converge vers `.

Remarque 6. Le Théorème d’encadrement, dit aussi théorème de gendarme,


contrairement aux propositions précédentes permet de conclure à l’existence
d’une limite, et se révèle ainsi très efficace et utile.
12 Chapitre 2. Suites numériques

Exemple 11. Etudier la suite de terme général


n n n
un = + + . . . + ; n ≥ 1.
n2 n2 + 1 (n + 1)2
n n
un est la somme de 2n + 2 termes majorés par 2
et minorés par ,
n (n + 1)2
donc quelque soit n ∈ N∗
n n
(2n + 2) 2
≤ un ≤ (2n + 2) 2 .
(n + 1) n

n(2n + 2)
La suite de terme général vn = est convergente et a pour limite 2.
(n + 1)2
n(2n + 2)
La suite de terme général wn = est convergente et a pour limite
n2
2. En conséquence la suite (un )n converge et a pour limite 2.

Remarque 7. Si lim un = l, lim wn = l0 , et l 6= l0 , on ne peut rien dire


n→+∞ n→+∞
de vn .

Exemple 12.
1 1
un = −2 + , wn = 2 + .
n n
lim un = −2, lim wn = 2
n→+∞ n→+∞

. Si on prend vn = n1 , on a : lim vn = 0 et un ≤ vn ≤ wn .
n→+∞
. Si on prend vn = (−1)n n’a pas de limite bien que : un ≤ vn ≤ wn .
(−1)n sin n
Exemple 13. Les suites et convergent vers 0,
n+1 n+1

2.6 Suite extraite


Lemme 1. Soit f : N −→ N une suite strictement croissante. Alors, ∀n ∈ N,
f (n) > n.

Démonstration. On a f (0) > 0. Soit n ∈ N, supposons que f (n) > n. Puisque


f est strictement croissante, alors f (n + 1) > f (n) > n. Donc f (n + 1) > n,
d’où f (n + 1) > n + 1. On en déduit donc, ∀n ∈ N, f (n > n.

Définition 8. Soit (un ) une suite. On appelle suite extraite ou sous-suite de


la suite (un ) toute suite (vn ) de la forme vn = uϕ(n) où ϕ une application
strictement croissante de N vers N.
2.7 Suites adjacentes 13

Exemples 14. 1. Soit (un ) la suite de terme général un = (−1)n , ∀n ∈


N. Les deux suites suivantes sont des suites extraites de la suite (un ) :
– la suite constante (vn ), notée (1)n , définie par : vn = 1 pour tout
n ∈ N; il suffit de prendre ϕ(n) = 2n, alors vn = uϕ(n) = u2n .
– la suite constante w = (u2n+1 )n∈N égale -1 ; il suffit de prendre ϕ(n) =
2n + 1, alors wn = uϕ(n) = u2n+1 .
2. Soit (un ) la suite définie par un = n sin(n π2 ). La suite (vn ) définie par
vn = (2n + 1) cos(nπ) ∀n ∈ N est une sous suite de la suite (un ), on
prend ϕ(n) = 2n + 1, alors
π
vn = uϕ(n) = u2n+1 = (2n + 1) sin((2n + 1) )
2
π π
= (2n + 1) sin(n + ) = ((2n + 1) cos(nπ).
2 2
Proposition 9. Une suite (un ) converge vers une limite ` si et seulement si
toute suite extraite de (un ) converge vers `.
Démonstration. ⇐ / C’est évident puisque la sous-suite (vn ) obtenue en pre-
nant pour ϕ l’identité de N est la suite (un ) elle-même.
⇒ / Soient (vn ) une sous-suite de (un ) et ϕ l’application de N dans N telle
que vn = uϕ(n) .
Soit ε > 0. La suite (un ) converge vers `, donc il existe N ∈ N tel que
∀n > N, |un − `| < ε. Comme ϕ(n) > n, ∀n ∈ N alors ∀n > N implique
ϕ(n) > N donc |uϕ(n) − `| < ε. Ce qui prouve que (vn ) tend vers `.
Remarque 8. On utilise cette proposition pour montrer qu’une suite di-
verge : si l’on trouve deux sous-suites de (un ) qui convergent vers deux limites
distinctes alors (un ) est diverge.
Proposition 10. Soit (un )n∈N une suite de nombres réels. Si les sous suites
(u2n )n∈N et (u2n+1 )n∈N convergent vers la même limite l, alors la suite (un )n∈N
est convergente et tend vers l.
Démonstration. Soit ε > 0. La sous suite (u2n )n∈N converge vers `, alors
∃N1 ∈ N, ∀k > N1 on a |u2k − `| < ε. De même, La sous suite (u2k+1 )n∈N
converge vers `, alors ∃N2 ∈ N, ∀k > N2 on a |u2k+1 − `| < ε.
On pose N = max(N1 , N2 ). Donc, ∀n > N on a |un − `| < ε, car n = 2k ou
n = 2k + 1. D’où la suite (un ) est converge de limite `.

2.7 Suites adjacentes


Définition 9. On dit que deux suites réelles (un ) et (vn ) sont adjacentes si :
14 Chapitre 2. Suites numériques

1. La suite (un ) est croissante.


2. La suite (vn ) est décroissante.
3. La suite (un − vn ) converge vers 0.

Proposition 11. Si (un ) et (vn ) sont deux suites adjacentes alors elles
convergent vers la même limite.

Preuve. Supposons que (un ) est croissante et (vn ) décroissante.


Montrons, par absurde, que un ≤ vn pour tout n.
Supposons qu’il existe N tel que α = uN − vN > 0, donc pour n ≥ N on a :
un ≥ uN et vN ≥ vn par suite

un − vn ≥ uN − vN = α > 0 , ∀n ≥ N,

ce qui est impossible car un − vn tend vers 0. Par suite, u0 ≤ un ≤ vn ≤


v0 , ∀n ∈ N.
On en déduit alors que : la suite (un ) est croissante majorée par v0 donc
convergente de limite l et la suite (vn ) est décroissante minorée par u0 donc
convergente de limite l0 .
Puisque la suite (un − vn ) converge vers l − l0 = 0, alors l = l0 .

Exemple 15. Les suites (un ) et (vn )n≥1 définies par :


1 1 1 1
un = 1 + 2!
+ 3!
+ ··· + n!
, vn = un + n.n!
, ∀n ≥ 1,

sont adjacentes. En effet


1
La suite (un ) est croissante car : un+1 − un = ≥0.
(n + 1)!
La suite (vn ) est décroissante car :
1 1 1
vn+1 − vn = + (n+1)!
(n+1)(n+1)!
− n.n!
1
= [n + n(n + 1) − (n + 1)2 ]
n(n + 1)(n + 1)!
−1
= ≤ 0.
n(n + 1)(n + 1)!
1
De plus lim vn − un = lim = 0. Donc (un ) et (vn ) sont adjacentes.
n→+∞ n→+∞ n.n!
On en déduit que (un ) et (vn ) convergent.

Exemple 16. Les suites données par (un ) et (vn )n≥1

un = 1 − n1 , vn = 1 + 1
n

sont adjacentes.
2.8 Suite récurrente 15

2.8 Suite récurrente


Il est rare qu’on trouve des suites explicites dans les applications
permettant d’en calculer la limite. Dans ce paragraphe on va étudier les
suites données par un procédé itératif dans lequel on connait le premier
terme u0 de la suite et une relation de récurrence.

Définition 10. Une suite (un )n∈N définie par le couple (a, f ), où a est un
réel et f une fonction réelle de variable réelle, telle que
(
u0 = a
un+1 = f (un ) si n ≥ 1
est appelée suite récurrente (simple).
Remarque 9. La relation de récurrence est une formule donnant le terme
un en fonction de n et de u0 . En effet on définit les fonctions itérées de f en
posant f 1 = f, f 2 = f of, ..., f n+1 = f n of = f of n pour n ∈ N∗ . On a alors
un = f n (u0 ) pour n > 0. Cette formule est en général difficilement exploitable
car calculer les itérées f n de f est assez compliqué lorsque n devient grand,
même si la fonction est assez simple.
Le résultat principal concernant les suites récurrentes est résumé dans la
proposition suivante.
Proposition 12. Soit f une fonction continue sur I = [a, b] telle que f (I) ⊂
I et soit (un ) la suite définie par : un+1 = f (un ) et u0 ∈ I donné. On a :
1. Si (un ) converge vers l alors l = f (l).
2. Si f est croissante alors (un ) est monotone et convergente.
Preuve. La condition f (I) ⊂ I implique que un ∈ I pour tout n.
Si un → u alors f (un ) −→ f (u), grâce à la continuité de f en u. D’autre part
les suites (un ) et (un+1 ) ayant la même limite, on conclut, que u = f (u).
2. 1er cas : Si u0 ≤ u1 , la suite (un ) est croissante, en effet (par récurrence) :
Si un ≤ un+1 alors un+1 = f (un ) ≤ f (un+1 ) = un+2 . La suite (un ) étant
croissante majorée par b donc convergente.
2e cas : Si u0 ≥ u1 on montre de la même façon que (un ) est décroissante
minorée par a donc convergente.
Exemple 17. Soit la suite un définie par la relation de récurrence :
( √
un+1 = 2 + un
u0 ≥ 0
Si u0 ∈ [0, 2[ alors un est croissante, majorée. Si u0 ≥ 2 alors un est décrois-
sante, minorée.
16 Chapitre 2. Suites numériques

2.8.1 Etude pratique des suites récurrentes


Pour étudier une suite récurrente définie par un+1 = f (un ), où f : U → R
est continue et u0 ∈ I = [a, b] ⊆ U, on suit les étapes suivantes :
– Etape 1 : étudier la fonction f sur son ensemble de définition (mono-
tonie, croissance,...)
– Etape 2 : résoudre l’équation f (x) = x, car si la suite (un ) converge, sa
limite sera solution de cette équation. Pour résoudre cette équation, on
peut parfois s’aider du résultat de l’étape 1.
– Etape 3 : déterminer un intervalle I stable par f sur lequel f est mo-
notone, et tel que u0 ∈ I. On sait alors que un ∈ I ∀n > 0. Souvent,
c’est le tableau de variations de f qui donne la réponse.
– Etape 4 : premier cas : la fonction f est croissante sur I. Dans ce cas,
la suite (un ) est monotone sur I. Son sens de monotonie est donné par
le signe de u1 − u0 . Si u1 > u0 , alors (un ) est croissante, sinon (un )
est décroissante. On conclut alors que dans les deux cas la suite est
bornée et monotone donc convergente de limite ` solution de l’équation
f (x) = x, avec ` ∈ I.
Deuxième cas : la fonction f est décroissante sur I. Dans ce cas, on pose
g = f of, qui est croissante sur I, puis on pose vn = u2n et wn = u2n+1 .
Alors (vn ) et (wn ) vérifient la relation de récurrence vn+1 = g(vn ) et
wn+1 = g(wn ), avec g croissante sur l’intervalle I. On se ramène donc à
étudier les suites (vn ) et (wn ) comme dans le cas précédent. Rappelons
que la suite (un ) converge si et seulement si (vn ) et (wn ) convergent
vers la même limite.
Exemple 18. Soit un la suite définie par la relation de récurrence :
( √
un+1 = 1 + un , ∀n ∈ N,
u0 ∈ R.

On considère la fonction f définie par f (x) = 1 + x. On a Df = [−1, +∞[,
donc pour que la suite soit définie il faut (et il suffit) que l’on ait u0 > −1.
On a :
– L’intervalle I = [−1, +∞[ est stable par f car f (x) > 0 , ∀x > −1.
– f est continue sur I.
– f et croissante sur I car f 0 (x) = 2√1+x
1
> 0, ∀x > −1.
Si la suite (un ) est convergente
√ sa limite est une point fixe de la fonction f.
Or, f√(x) = x , x > −1√⇔ 1 + x = x , x > −1 ⇔ x2 − x − √
1 = 0 , x > −1 ⇔
1+5 1−5 1+5
x = 2 ∈ I ou x = 2 ∈ / I. Donc f (x) = x ⇐⇒ x = 2 .
Si u0 > −1 la suite (un ) est monotone et si elle est convergente

sa limite ne
1+5
peut être que l’unique point fixe de la fonction f, soit α = 2 .
2.9 Suites classiques 17

Par ailleurs les intervalles [−1, α[ et ]α, +∞[ sont stables par f. La condition
u0 < α entraı̂ne donc, par une récurrence immédiate, pour tout n ∈ N, un <
α, de même la condition u0 > α implique, pour tout entier n, un > α.
1+x−x 2
En écrivant f (x) − x = x+ √
x+1
, on remarque que l’on a : f (x) > x pour
x ∈ [−1, α] et f (x) 6 x pour x ∈ [α, +∞[.
Donc, si −1 6 u0 6 α, la suite (un ) est croissante car u1 = f (u0 ) >√u0 , et
comme elle est majorée par α elle est convergente, sa limite est α = 1+5 2
.
Si u0 > α, la suite (un ) est décroissante car u1 = f (u0 ) 6√u0 , et comme elle
est minorée par α elle est convergente, sa limite est α = 1+5 2
.

2.9 Suites classiques


2.9.1 Suite arithmétique et suite géométrique
Définition 11. Une suite (un ) est dite suite arithmétique s’il existe un réel
r tel que :

un+1 − un = r , ∀n ∈ N.

Le nombre réel r est appelé la raison de la suite arithmétique (un ).

Proposition 13. Si (un ) est une suite arithmétique de raison r, alors

un = u0 + nr pour tout n ∈ N.

Preuve. Raisonnons par récurrence : Pour n = 0, on a u0 = u0 . Supposons


que la propriété est vraie pour n, et montrons qu’elle reste également vraie
pour n + 1. On a par définition :

un+1 = un + r = (u0 + nr) + r = u0 + (n + 1)r

donc la propriété est vraie pour n + 1. Ce qui prouve que la propriété est
vraie pour tout n ∈ N.

Remarque 10. Soit (un ) une suite arithmétique de raison r.


– Si r = 0, la suite (un ) est constante.
– Si r > 0, la suite (un ) est strictement croissante.
– Si r < 0, la suite (un ) est strictement décroissante.

Proposition 14. Soit (un ) une suite arithmétique de raison r, alors :


u0 + un
Sn = u0 + u1 + . . . + un = (n + 1) , ∀n∀ ∈ N.
2
18 Chapitre 2. Suites numériques

Preuve. Soit p ∈ N tel que 0 ≤ p ≤ n, alors


up + un−p = u0 + pr + u0 + (n − p)r = u0 + (u0 + nr) = u0 + un ,
il en résulte, si on écrit : Sn = u0 + u1 + · · · + up + · · · + un
Sn = un + un−1 + · · · + un−p + · · · + u0 et en faisant la somme, que
u0 + un
2Sn = (n + 1)(u0 + un ) =⇒ Sn = (n + 1) .
2

Remarque 11. Si le premier terme de la suite est u1 , alors


u1 + un
Sn = n .
2
Exemple 19. – La suite (un ) définie par un = n est arithmétique de
raison 1 donc :
n(n + 1)
Sn = 1 + 2 + .... + n = .
2
– La suite (un ) définie par un = 2n+1 est arithmétique de raison 2 donc :
Sn = 1 + 3 + .... + (2n + 1) = (n+1)(1+2n+1)
2
= (n + 1)2 .
Définition 12. Une suite (un ) est dite suite géométrique s’il existe un réel
q tel que :
un+1 = qun , ∀n ∈ N.
Le nombre réel q est appelé la raison de la suite géométrique (un ).
Remarque 12. Si q = 0 tous les termes de la suite sont nuls sauf, peut être,
u0 . Nous supposerons dans la suite que q 6= 0.
Proprièté 1. Soit (un ) une suite géométrique de raison q, alors :
un = q n u0 pour tout n ∈ N.
Preuve. Pour n = 0, on a u0 = q 0 u0 = u0 . Supposons la propriété vraie
pour n et montrons qu’elle reste vraie pour n + 1. On a par définition :
un+1 = qun = q(q n u0 ) = q n+1 u0 . Ce qui prouve que la propriété est vraie
pour tout n.
Proposition 15. Soit (un ) une suite géométrique de raison q, alors :
n+1
Sn = u0 + u1 + · · · + un = u0 1−q
1−q
si q 6= 1
Sn = (n + 1)u0 si q = 1.
2.9 Suites classiques 19

1
En particulier, si 0 < |q| < 1 alors lim Sn = u0 .
n→+∞ 1−q
Preuve. On a : Sn = u0 + qu0 + · · · + q n u0 = u0 (1 + q + · · · + q n ) donc

Sn − qSn = (1 − q)Sn = u0 (1 − q n+1 )

par suite si q 6= 1 on a :

1 − q n+1
S n = u0 + u1 + · · · + un = u0
1−q
Si q = 1 on a : un = u0 pour tout n et Sn contient n + 1 termes.
Si 0 < |q| < 1 alors q n −→ 0.

2.9.2 Suite arithmético-géométrique


Définitions 1. On dit qu’une suite (un ) est arithmético-géomètrique s’il
existe deux constantes a 6= 1 et b 6= 0 telles que :

un+1 = aun + b , ∀n ∈ N.
b b
L’équation x = ax + b ⇐⇒ x = 1−a . Alors, la valeur ` = 1−a est d’ailleurs
la limite éventuelle de la suite (un ) si elle converge.
On introduit la suite auxiliaire (vn ) définie par : ∀n ∈ N, vn = un − `. On a
alors : ∀n ∈ N, vn+1 = avn . Donc, la suite (vn ) est géométrique de raison a,
alors, vn = v0 an et un = l + v0 an . D’où, la suite (un ) converge si |a| < 1 et
lim un = `.
n→∞

2.9.3 Suite homographique


Définitions 2. On dit qu’une suite (un ) est une suite homographique s’il
existe a, b, c et d des constantes telles que : un+1 = au n +b
cun +d
, ∀n ∈ N, avec
c 6= 0 et ad − bc 6= 0 (sinon le rapport numérateur dénominateur est constant
ou non défini ). Ce type de suite n’est définie que si un 6= −dc
, ∀n ∈ N.

Etude de la suite homographique : si la suite homographique (un )


converge, alors sa limite est solution de l’équation du second degré cx2 +
(d − a)x − b = 0 ⇐⇒ ax+b cx+d
= x. On distingue donc différents cas suivant le
signe du discriminant ∆ :
– Si ∆ > 0, l’équation a deux racines α et β. Dans ce cas, on introduit
la suite vn = uunn −α
−β
, ∀n ∈ N, et on vérifie que cette suite (vn ) est une
cβ+d
suite géométrique de raison : k = cα+d . Donc :
20 Chapitre 2. Suites numériques

Si |k| < 1, (vn ) converge vers 0, et on a un = −α+βv


vn −1
n
, donc (un ) converge
vers α.
Si |k| > 1, (|vn |) tend vers l’infini, et (un ) converge vers β.
Si k = −1, la suite diverge et elle prend alternativement deux valeurs...
– Si ∆ = 0, l’équation a une unique racine `. Dans ce cas, on introduit
la suite wn = un1−` , ∀n ∈ N, et on vérifie que cette suite (wn ) est une
2c
suite arithmétique de raison : k = a+d . Donc, wn = w0 + kn −→ ∞.
Par suite, la suite (un ) converge vers `.
– Si l’équation n’a pas de racines, alors la suite diverge.

2.9.4 Suite récurrente linéaire d’ordre 2


Définitions 3. On dit qu’une suite (un ) est une suite récurrente linéaire
d’ordre 2 s’il existe a et b deux constantes telles que :

un+2 = aun+1 + bun , ∀n ∈ N.

On appelle équation caractéristique associée à cette suite l’équation : x2 −


ax − b = 0. Soit 4 le discriminant de l’équation caractéristique. On a
– si 4 = 0, l’équation caractéristique admet une racine double x0 . Alors,
il existe µ, λ ∈ R tel que : un = (µn + λ)xn0 , ∀n ∈ N.
– si 4 > 0, l’équation caractéristique admet deux racines x1 et x2 . Alors,
il existe µ, λ ∈ R tel que : un = µxn1 + λxn2 , ∀n ∈ N.
– si 4 < 0, l’équation caractéristique admet deux racines complexes
ρeiθ et ρe−iθ . Alors, il existe µ, λ ∈ R tel que : un = ρ(cos(nθ) +
sin(nθ)) , ∀n ∈ N.

2.10 Compléments
Proposition 16. Tout réel est limite d’une suite de rationnels.

Démonstration. Soit x ∈ R. Pour tout n ∈ N, on introduit un rationnel rn


1
tel que x < rn < x + n+1 . La suite (rn ) converge vers x.

o décimal propre d’un réel a : pour tout n ∈ N, on note


Déveleppoment
n
a
Dn = 10n , n ∈ Z .

Proposition 17. Soient x ∈ R et n ∈ N. Il existe un unique décimal dn ∈ Dn


tel que dn < x < dn + 10−n .
dn s’appelle la valeur décimale approchée par défaut d’ordre n de x.

Démonstration. Pour tout a ∈ Z, on a les équivalences :


2.11 Exercices 21

a
10n
6x< a
10n
+ 10−n ⇔ a 6 10n x < a + 1 ⇔ a = [10n x].
D’où l’existence et l’unicité de dn ∈ Dn tel que dn < x < dn + 10−n , avec
dn = 101n [10n x].
On remaque que (dn ) converge vers x.

2.11 Exercices
2n−7
Exercice 1. On considère la suite (un )n∈N∗ définie par un = 3n+2
.
a- Montrer que (un ) est strictement croissante.
b- Démontrer que cette suite admet -1 pour minorant.
c- Quelle est la borne inférieure de la suite ?
3n 2
Exercice 2. 1. On considère la suite (un )n>2 définie par un = n−1 .
Calculer le plus petit entier naturel N tel que : n > N ⇒ un > 1010 .
2. On considère la suite (un )n>0 définie par un = 12 . Déterminer un nombre
entier naturel N tel que : n > N ⇒ ( 12 )n < 0, 05.
3. Ces suites sont-elles convergentes vers +∞ ? .

Exercice 3. Etudier la suite


2
(
un+1 = 1+u2n
u0 > 0

Exercice 4. Soit (un )n la suite de nomres réels définie par :

u n + n2
un+1 = 2 , ∀n ∈ N.
n +1
1. Montrer que si la suite (un )n converge, sa limite est nécéssairement
égale à 1.
2. Montrer que si u0 = 1, alors (un )n est une suite constante.
(un −1)(u2n −n2 )
3. Montrer que pour tout n ∈ N on a : un+1 − un = n2 +1
.
4. On suppose que 0 6 u0 < 1. Montrer que pour tout n ∈ N , un < 1 et
en déduire que (un )n est une suite convergente.
5. On suppose qu’il existe un entier p > 1 tel que 1 < up 6 p2 . Montrer
que pour tout n > p on a 1 < un+1 6 un et en déduire que la suite
((un )n converge.

6. On suppose que 1 < u0 < 4 7. Montrer que 1 < u2 6 4 et en déduire
que la suite (un )n converge.
22 Chapitre 2. Suites numériques

7. On suppose que u0 > 4. Montrer par récurrence que pour tout n ∈ N∗ ,


un > 16n3 . En déduire la limite de la suite (un )n .

Exercice 5. Soit (un )n>0 la suite définie par son premier terme u0 6= −1 et
la relation de récurrence :
3un + 1
un+1 = , n > 0.
un + 1
3x−1
1. Démontrer que la fonction x 7−→ x+1
possède un seul point fixe q ∈ R.
2. On suppose que u0 6= q et on pose vn = un1−q , ∀n > 0. Calculer vn+1
en fonction de vn et en déduire la limite de la suite (vn )n>0.
3. Calculer la limite de la suite (un )n>0 .

Exercice 6. Considérons la suite de Fibonacci définie par ses deux premiers


termes u0 = 1, u1 = 1 et la relation de récurrence linéaire d’ordre 2 suivante :

(F ) un+2 = un+1 + un , n > 0.

1. Soit q ∈ R. Démontrer que la suite géométrique (q n )n∈N vérifie la rela-


tion (F ) si et seulement si le nombre réel vérifie l’équation algébrique
q 2 − q − 1 = 0.
2. Trouver les deux valeurs q1 et q2 du paramètre q ∈ R tel que la suite
géométrique (q n ) n ∈ N vérifie la relation (F ).
3. Touver deux constantes numériques α, β tels que la suite de Fibonacci
sécrive :
un = αq1n + βq2n , ∀n ∈ N.
4. En déduire la formule suivante donnant les nombres de Fibonacci :
 √ !n+1 √ !n+1 
1  1+ 5 1− 5
un = √ −  ∀n ∈ N.
5 2 2

Observons que par d’efinition les nombres de Fibonacci sont des entiers ! et
que on a transformé la forme récurrente de la suite en une forme explicite.
La suite de Fibonacci est en fait une suite strictement croissante d’entiers
naturels qui tend donc vers +∞. Cette suite a des propriétés importantes et
intervient dans plusieurs domaines des sciences.

1+ 5
Exercice 7. (Valeur approchée du nombre d’or 2
).
Soit φ la solution positive de x2 − x − 1 = 0.

1. Vérifier que φ = 1 + φ.
2.11 Exercices 23

2. Justifier que 1 < φ < 2.


3. Soit (un )n la suite définie par

u0 = 1

un+1 = 1 + un ∀n ∈ N.

– Montrer par récurrence que pour tout n > 0, on a 1 6 un 6 φ


– Montrer par récurrence que un+1 − un > 0. En déduire la monotonie
de (un ).
– Déduire que pour tout n > 0, |un+1 − φ| 6 12 |un − φ|.
1
– Déduire que pour tout n > 0, |un − φ| 6 2n−1 et que (un ) converge
vers φ.
4. Déterminer le plus petit entier n à partir du quel on est sûr que l’erreur
commise en approximant φ par un est inférieure à 0, 01. On pourra
utiliser le fait que ln(10)
ln(2)
≈ 3, 322.
Exercice 8. Soit a un réel tel que a > 0. Pour tout n > 0, on pose
1 a
xn+1 = (xn + )
2 xn
x0 >0 , x0 ∈ Q.

Soit f la fonction définie sur ]0, +∞[ par f (x) = 12 (x + xa ).



1. Montrer que f (x) > a , ∀x > 0.

2. Montrer que f (x) − x 6 0 , ∀x > a.

3. Déduire que ∀n > 0, xn > a et xn+1 6 xn .
4. Montrer que la suite (xn ) est convergente de limite ` > 0 et calculer
cette limite `.

5. Soit la suite (en ) définie par : ∀n > 0, en = xn − a.
e2n
(a) Vérfier que en+1 = 2xn
.
e√2n √ n
(b) Déduire que en 6 2 a
puis que en 6 2 a( 2e√0a )2 , ∀n > 0
Remarque 13. avec cette estimation, on détermine √ tout de suite le
nombre d’itérations suffisantes pour approcher a avec une précision
donnée à l’avance. √
Soit par exemple à déterminer une approximation de 2 à 10−3 près.
On doit alors choisir un entier n > 1 tel que en 6 10−3 , il suffit que
e2 √
l’on ait 2n0 6 10−3 . On choisit donc x0 le plus près possible de 2. On
prend alors x0 = 1, 5.
Cette méthode utilisée ici pour déterminer une valeur approchée de la
24 Chapitre 2. Suites numériques

racine carrée porte le nom de méthode de Héron. C’est un cas particu-


lier d’une méthode plus générale, dite méthode de Newton qui permet
de déterminer une approximation de la solution de certaines equations
du type F (x) = 0.

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