Techniques d’audit
Module 2 : Définition de l’audit et notion de
risque
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1. DEFINITIONS ET PRESENTATION DE L’AUDIT
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Notion d’audit
L’audit concerne une matière soumise à contrôle :
la matière peut, par exemple, être le résultat d’opérations de collecte, de
saisie et de traitement de données dans le respect de règles de « bonnes
pratiques »:
la matière peut aussi être la conception et le fonctionnement d’une
organisation et ses performances.
Elle peut également être un processus devant opérer en conformité avec
les instructions internes et les lois et règlements applicables.
L’audit est une mission d’opinion.
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Notion de mission d’audit
La mission d’audit concerne une matière soumise à contrôle dans son
environnement de « figures imposées ».
Il s’agit de s’assurer du respect et de la bonne application des critères auxquels
ladite matière est soumise et de la conformité, à ce qui doit être, de ce qui en
résulte.
L’objectif de la mission d’audit est de dire si les critères applicables sont
respectés et dans quelle mesure, en conséquence, il est possible de se fier à
ce qui est présenté ou au mécanisme audité. L’opinion a donc une dimension
relative, car elle s’entend par rapport au référentiel applicable.
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Notion d’audit interne
La CNCC définit ainsi l’« audit interne » : « Service de contrôle au sein d’une
entité effectuant des vérifications pour le compte de celle-ci. Ces
vérifications comprennent par exemple l’évaluation, le contrôle de la
pertinence et de l’efficience des systèmes comptable et de contrôle
interne. »
L’audit interne est une fonction importante chargée d’apprécier la pertinence et
l’efficacité du contrôle interne en s’assurant de la fiabilité et de l’intégrité des
informations financières et opérationnelles, de l’efficience et de l’efficacité des
opérations, de la protection du patrimoine social, et du respect des instructions,
des lois, règlements et contrats.
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Notion d’audit interne
Cette fonction, déployée selon un programme de missions qui privilégie les
priorités imparties, s’inscrit habituellement dans un dispositif intégrant un comité
d’audit, avec suivi des recommandations et des plans d’action.
Le domaine privilégié de l’audit interne, qui est l’audit opérationnel et l’audit de
conformité, suit une évolution vers l’audit de management (compatibilité de la
politique conduite au sein d’une grande fonction avec la stratégie de l’entité ou
avec les politiques découlant de cette stratégie) et vers l’audit de stratégie
(cohérence globale des stratégies et des politiques).
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Les caractéristiques générales de la mission d’audit
L’auditeur est un professionnel qui s’est doté d’un fonds documentaire, d’outils
méthodologiques et de méthodes de travail lui permettant de préparer et de
réaliser ses interventions.
Sa démarche est progressive, articulée en étapes successives. Elle lui fournit
ses repères, lui permet de décliner et de recouper ses constatations, de faire
preuve de discernement et d’esprit critique.
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Définition de l’audit
Deux définitions complémentaires peuvent être énoncées :
Première définition : nature de l’audit : L’audit est un examen critique,
progressif méthodique et constructif, mené avec discernement par un
professionnel indépendant, en vue de délivrer l’opinion attendue de
l’auditeur sur la matière soumise à contrôle, au regard du référentiel
auquel la matière en question est soumise.
Seconde définition : le mode opératoire de l’audit : L’audit est un
processus d’accumulation d’éléments probants nécessaires et suffisants,
mené avec discernement, de manière critique, progressive, méthodique et
constructive, par un professionnel indépendant, en vue de délivrer l’opinion
attendue de l’auditeur sur la matière soumise à contrôle, au regard du
référentiel auquel la matière en question est soumise.
L’indépendance de l’auditeur est essentielle, au même titre que
l’existence d’un référentiel applicable à la matière soumise à
contrôle.
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Définitions de l’audit financier
Compagnie Nationale des Commissaires aux Comptes (CNCC)
• « Une mission d’audit des comptes à pour objectif de permettre au
commissaire aux comptes de formuler une opinion exprimant si ces
comptes sont établis, dans leurs aspects significatifs conformément au
référentiel comptable qui leur est applicable ».
Groupement ATH
L’audit est l’examen auquel procède un professionnel compétent et
indépendant en vue d’exprimer une opinion motivée sur la régularité, la
sincérité et l’image fidèle des comptes annuels d’une entreprise.
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Caractéristiques communes aux définitions
– L’auditeur financier n’appartient pas à l‘entité dont les comptes sont
examinés : il doit être par essence Indépendant de l’entreprise
contrôlée. On ne doit pas être juge et partie
– L’audit financier a pour objet la validation de comptes ou états
financiers établis par l’entité qui en fait l’objet.
– L’auditeur financier apprécie la qualité des comptes par rapport à un
référentiel déterminé.
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Caractéristiques communes aux définitions
– L’auditeur financier fait connaître son opinion dans un rapport
écrit. L’opinion exprimée doit être motivée. L’auditeur ne livre
pas une impression ni un sentiment pouvant dépendre de son
humeur du moment : il doit exprimer l’intime conviction acquise,
au terme d’une démarche structurée, par un professionnel
compétent.
– L’auditeur financier porte un jugement sur les états financiers en
délivrant une assurance positive : La formule « donne une image
fidèle » ou « présente sincèrement sous tous les aspects
significatifs » engage bien davantage que le simple constat
d’absences d’anomalies qui donnerait une assurance négative sur
la fiabilité des comptes.
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Contenu de l'audit : objectif
OBJECTIF DE L'AUDIT
EXPRESSION D'UNE OPINION DE L'AUDITEUR
VISANT LES ETATS FINANCIERS ETABLIS DANS
TOUS LEURS ASPECTS SIGNIFICATIFS
Au moyen d'un audit
Conformes à un
réalisé selon des
référentiel comptable
principes généralement
identifié
admis
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Contenu de l'audit
AUDIT EXTERNE
GOUVERNEMENT Référentiel comptable
D’ENTREPRISE
UTILISATEURS :
- INVESTISSEURS,
- CRÉANCIERS,
Prise en compte des INFORMATIONS - ADMINISTRATIONS,
risques que des
FINANCIERES - PERSONNEL,
anomalies - ASSOCIÉS, ACTIONNAIRES,
significatives
Direction et PUBLIÉES OU
personnel de MEMBRE
proviennent de
l’entité COMMUNIQUÉES
fraudes ou du non
respect de toute la
réglementation
applicable à l’entité Émission
d'un rapport - « Donnent une image
AUDITEUR d'opinion fidèle »
- « Réguliers »
Respect des normes - "présentent sincèrement,
de comportement et AUDITEUR dans tous leurs aspects
significatifs"
du référentiel d'audit
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La mission légale d’audit comptable et financier du commissaire aux comptes
La mission légale d’audit comptable et financier a pour objectif l’opinion du
commissaire aux comptes sur les comptes annuels (sociaux et consolidés).
Elle est obligatoirement formulée selon les dispositions prévues par l’article 710 de
l’Acte uniforme de l’OHADA sur les sociétés commerciales et le GIE, en termes de «
régularité, sincérité et image fidèle ».
La mission légale d’audit comptable et financier du commissaire aux comptes
s’exécute, en même temps que d’autres interventions qui lui sont confiées :
– dans le respect du Code de déontologie, des règles générales et des textes
d’application,
– selon les normes de la profession,
– en faisant preuve d’esprit critique, tant pour la planification que pour la conduite
de la mission,
– et en gardant toujours à l’esprit que certaines situations rencontrées par l’entité
peuvent, selon les circonstances, conduire, contrairement à d’autres, à des
anomalies significatives dans les comptes.
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Objectif et portée de la mission d’audit financier
Une mission d’audit comptable et financier a pour objectif de délivrer une opinion
exprimant si les comptes annuels ou consolidés soumis à contrôle sont établis, dans
tous leurs aspects significatifs, conformément au référentiel comptable qui leur est
applicable.
L’enjeu de la mission d’audit est la sécurité du lecteur des comptes.
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Qualités et principes de comportement de l’auditeur
Les qualités
– l’intégrité (« État d’une chose qui n’est dans son entier pas entamée ou altérée. »
Dictionnaire de l’Académie française), faite d’honnêteté, de probité, de
désintéressement et d’incorruptibilité ;
– l’objectivité, c’est-à-dire une attitude d’esprit exempte de préjugé et de partialité ;
– la compétence, faite de connaissances à jour, de capacité et d’aptitude à la mise en
oeuvre de ces compétences, dont dépendent la pertinence et la qualité des
travaux effectués et de l’opinion émise ;
– le courage, c’est-à-dire la force morale de déplaire et d’affronter sans ambiguïté de
manière constructive et ferme.
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Qualités et principes de comportement de l’auditeur
Les règles de comportement à respecter par l’auditeur sont :
– l’indépendance ;
– la discrétion, qui, dans le milieu juridique français, va de paire avec la notion
pénale de respect du secret professionnel ;
– le respect des règles professionnelles (normes professionnelles et Code de
déontologie).
L’indépendance est question d’attitude d’esprit et de crédibilité.
La crédibilité du professionnel dépend toujours de la perception qu’autrui a de
l’indépendance de cette personne : une attitude d’esprit indépendante permettant
d’effectuer la mission avec intégrité et objectivité est donc exigée, au même titre que
l’absence de tout lien qui pourrait être interprété comme une entrave .
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Les assertions ou objectifs d’audit
Le lexique du référentiel normatif et déontologique de la CNCC définit sous cette
appellation l’ensemble de critères dont dépend la qualité des comptes. Ces critères
sont alors autant d’objectifs de contrôle pour l’auditeur.
– (a) existence : actif ou passif existant à une date donnée ;
– (b) droits et obligations : actif ou passif se rapportant à l’entité à une date donnée ;
– (c) rattachement : opération ou événement se rapportant à l’entité et qui s’est
produit au cours de la période ;
– (d) exhaustivité : ensemble des actifs, des passifs, des opérations ou des
événements enregistrés de façon complète et tous faits importants correctement
décrits ;
– (e) évaluation : valorisation d’un actif ou d’un passif à sa valeur d’inventaire ;
– (f) mesure : opération ou événement enregistré à sa valeur de transaction et
produits ou charges rattachés à la bonne période ; et
– (g) présentation et informations données : information présentée, classée et
décrite selon le référentiel comptable applicable. »
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Nouvelles catégories d’assertions NEP 500 – ISA 500
Assertions relatives aux opérations et évènements : Réalité, Exhaustivité,
Exactitude, Rattachement, Classement.
Assertions relatives aux soldes des comptes à la fin de la période (Actif et Passif) :
Existence, Droits et Obligations, Intégralité, Valeur et affectation.
Assertions relatives à la présentation des états financiers et aux informations
données : Réalité, Droits et Obligations, Exhaustivité, Classement et Intelligibilité,
Exactitude et Valeur.
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Les assertions ou objectifs d’audit
Des opérations… & des événements…
…enregistrées dans… …mentionnés dans…
les soldes des comptes l’annexe
…regroupés dans…
Les états financiers
« dernier maillon de la chaîne »
Les états financiers
ne peuvent être réguliers et
sincères que si…
Les opérations et
Les soldes des comptes L’annexe
événements
respectent la séparation des exercices (cut
réels,
off), Ce sont autant
…sont exhaustifs, d’assertions
concerne l’entreprise, ont été correctement imputés.
correctement valorisés,
ne comprennent pas de doublons,
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Les assertions ou objectifs d’audit
L’opinion d’audit devra implicitement englober toutes ces assertions
En ce qui concerne l’enregistrement, la valorisation, la présentation et la
description de l’ensemble des éléments des états financiers
Les types d’opérations et d’événements
Les soldes des comptes
L’annexe
Et donc, en tant qu’auditeurs, nous nous servons de ces assertions
En détail
En tant qu’objectifs d’audit
Comme base à la définition et à l’exécution de nos procédures d’audit
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La notion de cycle ou séquence de travail
La notion de « cycle » ou de « séquence de travail » est une nécessité. Elle ne fait que
constater à la fois la dispersion entre le bilan, le compte de résultat et l’annexe de
postes qui ont un lien entre eux, et le fait que ce lien est respecté par le découpage en
fonctions opérationnelles sur lequel reposent l’organisation et le fonctionnement de
l’entité concernée.
La comptabilité, en tant que système d’organisation de l’information financière
éclate, dans un premier temps, le contenu chiffré des pièces comptables, pour
regrouper les montants par nature, dans les comptes de bilan et de gestion prévus à
cet effet.
Dans un second temps, et en fin de parcours, les soldes des comptes de classes 1 à 5
sont regroupés par postes ou rubriques au bilan selon les règles de présentation qui
régissent le regroupement de comptes aux rubriques, et il en va de même pour le
regroupement des comptes de gestion au compte de résultat.
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La notion de cycle ou séquence de travail
L’audit reconstitue la réalité opérationnelle par thème en associant
systématiquement les rubriques qui correspondent à une même et unique grande
fonction, selon le découpage qui respecte l’échelle et l’organisation de l’entreprise.
L’objectif pratique est, pour chaque « compte » examiné, de lui associer au moment
des contrôles –autour de la notion de pièce justificative– tous les autres des classes 1
à 5 comme des classes 6 ,7 et 8 qui jouent ensemble.
Ainsi, un « cycle » peut être défini comme un regroupement des comptes de bilan et
des comptes de gestion qui épouse les contours d’une grande fonction.
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2. PRISE EN COMPTE DU BESOIN DU LECTEUR DES COMPTES
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Définitions de base
La mission d’audit nécessite la prise en compte du besoin du lecteur des comptes.
Une erreur à ce niveau est lourde de conséquences, car elle peut conduire à délivrer
une opinion qui n’est pas celle qui aurait dû être délivrée.
Chaque fois que l’auditeur constate qu’un événement et une opération donnés
résultant de l’activité de l’entreprise,
– soit ne sont pas un fait comptable mais risquent d’être traités comme s’ils
l’étaient,
– soit peuvent être constitutifs d’un fait comptable dont la traduction risque d’être
omise ou faussée, à partir des raisons du phénomène (liées, par exemple, à la
situation de l’entreprise ou aux circonstances de l’exploitation), il recense les
erreurs possibles.
Chaque fois qu’il juge possible une erreur, l’auditeur en estime le montant (c’est-à-
dire qu’il lui attribue un montant estimé), identifie quel poste ou quelle rubrique des
comptes annuels et des autres documents la subit et apprécie son caractère
significatif, tire les conséquences éventuelles sur son programme de travail. Il va
prendre en considération le besoin du lecteur des comptes, une fois ainsi trouvé le
moyen de le faire.
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Notion d’importance significative
La notion d’importance relative : Il s’agit de la nature (aspect qualitatif) ou du
montant (aspect quantitatif) d’une erreur, anomalie, irrégularité ou omission qui,
isolée ou combinée avec d’autres, fausse le jugement du lecteur. Elle est, alors, dite «
significative ». Notons qu’une erreur, anomalie, irrégularité ou omission est qualifiée
de significative chaque fois qu’elle est volontaire.
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Caractère significatif
La CNCC définit ainsi le caractère significatif : « une information est significative si
son omission ou son inexactitude est susceptible d’influencer les décisions
économiques prises par les utilisateurs se fondant sur les comptes. Le caractère
significatif dépend de l’importance de l’élément ou de l’erreur évalué dans les
circonstances spécifiques de son omission ou de son inexactitude. Le caractère
significatif d’une information s’apprécie par rapport à un seuil plutôt qu’à un critère
qualitatif que cette information doit posséder pour être utile ».
Est systématiquement considéré comme significatif un élément (information ou
montant) intentionnellement erroné.
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Seuil de signification
Le seuil de signification est l’aspect quantitatif de la notion d’importance relative. Il
s’agit d’un montant déterminé par l’auditeur en début de mission. C’est le montant
maximal de l’erreur tolérable. C’est-à-dire le montant au-delà duquel une erreur,
seule ou cumulée avec d’autres, altère le jugement du lecteur des comptes.
La définition du seuil de signification retenue par la CNCC est « appréciation par le
commissaire aux comptes du montant à partir duquel une anomalie peut affecter la
régularité, la sincérité et l’image fidèle des comptes et donc induire en erreur le
lecteur de ces comptes ».
L’appréciation du seuil de signification peut évoluer en cours de mission. La
comparabilité du seuil de signification dans le temps est souhaitable. Elle est rendue
possible si l’on exprime chaque année le seuil de signification retenu en pourcentage
du total du bilan.
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Seuil de signification
La question de la détermination du seuil de signification s’examine en considérant les
deux types de seuil de signification, et en les considérant ensemble :
– le seuil de signification de reclassement, souvent déterminé par application d’un
pourcentage au montant d’une rubrique du bilan net (ajustement faisant glisser
un montant d’un poste ou rubrique vers l’autre sans affecter le résultat net
comptable) ce qui, compte tenu de sa contribution à la formation du total du
bilan, s’exprime aussi en pourcentage dudit total ;
– le seuil de signification de redressement, qui modifie le résultat net comptable,
dont la détermination est suivie de l’examen simultané du montant retenu
exprimé en pourcentage du total net du bilan et de sa contribution dans la
formation des capitaux propres ainsi que de la contribution des capitaux propres
dans le total net du bilan.
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Seuil de signification
Chaque fois qu’un montant estimé est attribué a priori à une erreur possible, le bon
sens conduit à regarder quelle est l’importance de l’erreur sur chacune des
sommations ou combinaisons dans lequel le montant affecté entre. Par une erreur
de X FCFA sur le chiffre d’affaires s’exprime d’abord en pourcentage du chiffre
d’affaires, puis en pourcentage des produits d’exploitation, puis en pourcentage du
résultat d’exploitation. Ce système de repérage est le seul qui soit de nature à fournir
des bases d’appréciation du besoin du lecteur des comptes.
Le seuil de signification est un outil central. Il est à double détente :
– lors de la planification de la mission et de la détermination du programme de
contrôle des comptes, il permet de diversifier les travaux de l’auditeur, puisqu’un
risque inhérent ou un risque lié au contrôle dont le montant qui a été estimé est
supérieur au seuil de signification conduit, par rapport à un niveau standard, à
renforcer le programme de travail dans le domaine concerné ;
– une fois les contrôles terminés, l’auditeur recense les erreurs trouvées, et, selon
qu’elles excèdent ou non le seuil de signification, demandera que les ajustements
soient comptabilisés et les modifications de présentation effectuées (il en va de
même, systématiquement, si les erreurs sont qualitativement significatives). À
défaut, il en tirera les conséquences au niveau de l’opinion.
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Seuil de signification
Une relation logique inverse existe entre le seuil de signification retenu et le risque
d’audit : plus le risque d’audit est faible, plus le seuil de signification peut être
élevé et inversement.
L’auditeur tient compte de cette relation pour déterminer la nature, le calendrier et
l’étendue de ses procédures d’audit.
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L’analyse du risque d’audit et ses composantes
Le programme de travail de l’auditeur peut, pour un solde de compte ou dans une
catégorie d’opérations, ne pas détecter une anomalie ou erreur qui, isolée ou
cumulée avec celles d’autres soldes de comptes ou catégories d’opérations, serait
significative.
L’analyse des situations et des circonstances propres à l’entité, comme des conditions
d’intervention, pouvant conduire à une telle situation est la clef qui permet à
l’auditeur de sérier les raisons dont procède un tel risque :
– le fait que l’activité de l’entité s’accompagne de possibilités d’erreurs dans les
enregistrements constatés dans ses livres (comptabilisation d’un fait comptable
inexistant, omission d’un fait comptable, ou erreur de comptabilisation),
– le fait que des tentations ou des opportunités conduisant à composer avec la
réalité existent, sont autant d’aspects préexistants, auxquels est étrangère
l’intervention ou l’absence d’intervention d’un auditeur
– la manière dont l’entreprise s’y prend pour éviter la survenance d’anomalies,
détecter celles qui surviennent et les corriger.
Tel n’est pas le cas de l’appréciation, par l’auditeur, de ces aspects et des
conséquences qu’il en tire pour la détermination du contenu et des modalités
d’exécution du programme de travail.
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L’analyse du risque d’audit et ses composantes
En matière de risques, l’IFAC retient les définitions suivantes :
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L’analyse du risque d’audit et ses composantes
RISQUES D'AUDIT
Risque Risque lié
inhérent au contrôle
Risque de non
détection
« Risque d’audit – Risque que le commissaire aux comptes exprime une opinion
incorrecte du fait d’anomalies significatives contenues dans les comptes et non
détectées. Le risque d’audit se subdivise en trois composants : le risque inhérent,
le risque lié au contrôle et le risque de non-détection.
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L’analyse du risque d’audit et ses composantes
possibilité que le solde d'un
compte ou qu'une catégorie de
Risque transactions comporte des erreurs
inhérent significatives…(1), nonobstant les
contrôles internes existants.
(1) Isolée ou cumulée à des erreurs dans d’autres
soldes ou catégories de transactions
Djiby METE, Expert comptable diplômé 35
L’analyse du risque d’audit et ses composantes
Risque inhérent d’origine économique
– nature des opérations
– secteur d'activité
– activités exercées
– volume et fréquence des opérations
– politiques
– situation de l'entreprise
Risque inhérent d’origine réglementaire
– principes comptables
– règles fiscales
– règles juridiques
– règles économiques, environnementales…
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L’analyse du risque d’audit et ses composantes
Facteurs du risque inhérent au niveau
Facteurs du risque inhérent au niveau
des soldes des comptes et des
des états financiers
catégories de transactions
Intégrité de la direction Ajustements N-1 basés sur les
estimations
Inexpérience des dirigeants
Complexité des opérations
Pressions inhabituelles
exercées sur les dirigeants Degré de jugement intervenant
dans la détermination des soldes
Nature de l'activité de l'entité
Vulnérabilité des actifs faciles à
Facteurs influençant le secteur détourner
dans lequel opère l'entité
L'enregistrement d'opérations
Secteur d’activités inhabituelles et complexes
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L’analyse du risque d’audit et ses composantes
C’est le risque qu'une erreur
significative dans un solde de compte
ou dans une catégorie de transactions,
Risque lié ... (1) , ne soit ni prévenue ou
au contrôle détectée, et corrigée en temps voulu
par les systèmes comptables et de
contrôle interne
(1) Isolée ou cumulée à des erreurs dans d’autres
soldes ou catégories de transactions
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L’analyse du risque d’audit et ses composantes
Concerne
– la maîtrise des opérations
– la maîtrise des comptes
est fonction
– des procédures et du contrôle interne
– de l'environnement de contrôle
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L’analyse du risque d’audit et ses composantes
Définition
risque que les contrôles substantifs
mis en oeuvre par l'auditeur ne
Risque de parviennent pas à détecter une erreur
non dans un solde de compte ou dans une
détection catégorie de transactions qui, …(1),
serait significative
(1) Isolée ou cumulée à des erreurs dans d’autres
soldes ou catégories de transactions
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Répartition et portée des trois composantes du risque d’audit
En audit comptable et financier, la démarche générale de l’auditeur consiste à sérier
les trois composantes du risque d’audit pour consacrer à chacune toute l’attention
nécessaire et à organiser les travaux en trois phases centrales avec, pour chacune des
trois phases, la prise en considération de la composante du risque d’audit concernée :
– le risque inhérent : possibilité de survenance d’une erreur, appréciée sans tenir
compte du contrôle interne, donc en s’en tenant en quelque sorte au facteur de
risque ;
– le risque lié au contrôle : possibilité, du fait de la déficience du contrôle interne et
de la présence de catalyseurs de risques, que la survenance d’une erreur ne soit ni
évitée, ni détectée et corrigée ;
– le risque de non-détection : possibilité que le programme de travail de l’auditeur ne
détecte pas une erreur significative dans les comptes. Ce dernier risque doit être
géré par l’auditeur en fonction des deux autres.
Djiby METE, Expert comptable diplômé 41
Répartition et portée des trois composantes du risque d’audit
Sur les trois composantes du risque d’audit :
– deux sont des risques intrinsèques propres à l’entreprise, indépendants de tout
audit, qu’il faut que l’auditeur chiffre, pour les comparer au seuil de signification
afin de définir son programme de travail :
• le risque inhérent estimé, quasi « congénital », qui est l’erreur possible, appréciée sans
examen des dispositifs de détection et de redressement pouvant exister au niveau du
contrôle interne (non encore « apprécié ») ;
• le risque lié au contrôle estimé, qui est l’erreur que les procédures de contrôle interne ont
laissé passer ou ont créée. Sont en cause l’efficacité de la prévention ou de la détection et
de la correction des anomalies significatives par les systèmes comptable et de contrôle
interne de l’entité. Ce risque ne peut pas être entièrement éliminé, en raison des limites
inhérentes à tout système comptable et de contrôle interne.
– le troisième, le risque de non-détection, est « l’effet passoire » du programme de
contrôle des comptes. Donc la conséquence, volontaire (niveau de risque accepté)
ou non, des choix de l’auditeur (risque de non-détection acceptable) pour le
programme de travail de contrôle des comptes, puisqu’il s’agit du montant des
erreurs qui passeront au travers des mailles du filet.
Djiby METE, Expert comptable diplômé 42
Relation logique entre les trois composantes du risque d’audit
Une relation logique inverse existe entre d’une part, les deux risques intrinsèques
estimés par l’auditeur (risque inhérent et risque lié au contrôle estimés) et, d’autre
part, le risque de non-détection acceptable par l’auditeur : lorsque le risque inhérent
et celui lié au contrôle sont tous deux élevés, le niveau de risque de non-détection
acceptable est faible et inversement.
Le risque de non détection est inversement proportionnel au cumul des risques
inhérents et des risques liés au contrôle.
L’objectif de l’auditeur est de ramener le risque d’audit à un niveau suffisamment
faible pour être acceptable. Il applique pour ce faire un modèle de gestion du risque
d’audit.
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Le lien entre les risques et leur prise en compte dans la démarche
d’audit
Risque inhérent + risque lié au contrôle A identifier et évaluer
par l’auditeur mais non
sous son contrôle
=
Risque d’anomalie significative
+ A limiter par l’application
de procédures d’audit
appropriées (donc sous le
Risque de non détection contrôle de l’auditeur)
= A ramener à un
niveau suffisamment
Risque d’audit faible grâce à la mise
en œuvre de la
démarche d’audit
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Relation logique entre les trois composantes du risque d’audit
Évaluation de l'auditeur du risque lié au contrôle
Élevé Moyen Faible
ÉVALUATION PAR Élevé Minimum Plus faible Moyen
L’AUDITEUR DU
RISQUE
INHERENT Moyen Plus faible Moyen Plus élevé
Faible Moyen Plus élevé Maximum
Les zones vertes dans ce tableau correspondent au risque de non
détection.
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Évaluation et prise en compte des risques
Risques identifiés et
Plan d’audit détaillé
évalués
Exemple :
. Désignation de professionnels plus expérimentés, ou de
Au niveau des états spécialistes
Réponses globales . Supervision accrue
financiers . Sélection plus aléatoire des éléments complémentaires à
tester
+ +
Au niveau des Procédures d’audit Des procédures d’audit spécifiques en termes de leur nature,
de leur positionnement dans le temps et de leur étendue
assertions supplémentaires
Nature Positionnement
Étendue
But Type dans le temps
Inspection
Utilisation du Nombre
Tests de Observation
Avant la clôture d’occurrences
jugement contrôles Discussion
professionnel Confirmation
A la clôture ou
ou Recalcul
Répétition
Après la clôture Taille
Tests substantifs ou
d’échantillon
Procédures analytiques
Documentation à prévoir dans le mémorandum d’approche et le programme de travail
Djiby METE, Expert comptable diplômé 46