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L E S E N J E U X D U N O U V E A U M I L L É N A I R E

LE COMMERCE
Un moteur de croissance
pour l’Afrique
Les pays africains devraient profiter du nouveau cycle de négo-
ciations commerciales pour obtenir des concessions dans les
domaines qui les intéressent au premier chef — la libéralisation
des marchés agricoles mondiaux et l’élargissement de l’accès aux
marchés des pays industrialisés. En contrepartie, ils devraient
continuer à libéraliser leurs propres régimes commerciaux.

Robert Sharer

L
ES ANNÉES 90 ont été marquées par d’Asie de l’Est et 9,6 % et 3,0 % en Amérique
des progrès substantiels des réformes latine. La part de l’Afrique dans le commerce
économiques dans bien des pays mondial est tombée d’environ 4 % en 1980 à
d’Afrique subsaharienne, qui ont moins de 2 % aujourd’hui.
comprimé leurs déficits budgétaires et exté- Les exportations d’un pays sont influencées
rieurs courants, abaissé l’inflation et entrepris par ses richesses naturelles, les facteurs exo-
des réformes structurelles axées sur le marché, gènes et ses politiques macroéconomiques et
notamment la libéralisation des échanges. De structurelles. Un cadre d’incitations macro-
1992 à 1997, la croissance moyenne dans la économiques approprié, complété par des
région est passée de 1 % à 5 %, dépassant 3 % mesures structurelles qui renforcent la réac-
dans 32 des 47 économies. Le PIB réel par tion de l’offre — y compris une politique
habitant est en hausse après cinq années con- commerciale libérale —, est indispensable à
sécutives de déclin. Mais, pour rehausser le de bons résultats à l’exportation. À cet égard,
niveau de vie et sortir leur population de la comme en matière de croissance, l’Afrique a
pauvreté, les pays africains doivent encore ac- été handicapée par ses régimes commerciaux
célérer leur croissance. restrictifs, ainsi que par la faible progression
Les études empiriques font systématique- du revenu par habitant, son éloignement
ment apparaître un lien étroit entre la crois- des principaux marchés et les coûts élevés
sance économique et celle des exportations. de transport.
D’ailleurs, aucun pays dans l’histoire récente Au plan intérieur, les pays africains doivent
n’a réussi à enregistrer ou à maintenir des donner priorité à la libéralisation des échanges
taux de croissance élevés dans une économie et à l’adoption de réformes macroécono-
fermée et avec une politique de repli sur soi. miques et structurelles complémentaires. Au
Les études empiriques montrent aussi que la plan international, ils devraient user de leur
croissance économique est essentielle pour influence à l’OMC — où ils représentent 27 %
lutter contre la pauvreté. Ces vingt dernières du total des membres — pour modifier le
années, les exportations comme les taux de cadre des échanges internationaux de manière
croissance économique de l’Afrique subsa- à faciliter l’intégration des pays pauvres dans le
harienne sont restés inférieurs à ceux des système du commerce mondial. Dans le cycle
autres régions en développement. De 1975 à de négociations commerciales lancé à Seattle,
1997, les exportations nominales et le PIB les nations africaines devraient unir leurs
réel de l’Afrique subsaharienne ont aug- forces pour persuader les pays industrialisés de
menté respectivement de 4,7 % et 2,2 % par libéraliser l’agriculture et d’ouvrir leurs mar-
an, contre 15,7 % et 7,6 % dans six pays chés aux exportations de l’Afrique.

26 Finances & Développement / Décembre 1999


Graphique 1
Les régimes commerciaux sont
plus restrictifs en Afrique qu'ailleurs
Politique commerciale Afrique subsaharienne Reste du monde Politiques complémentaires
16 %
en Afrique 28 % Pour améliorer leurs résultats à l’ex-
Malgré les progrès substantiels réalisés 39 % 54 %
30 %
portation, les pays africains doivent
dans les années 90, les politiques remédier à de nombreux problèmes
commerciales de l’Afrique restent, en 33 % — services de santé et d’éducation
moyenne, plus protectionnistes que Asie Amérique latine inadéquats, manque d’infrastructures
celles de ses partenaires commerciaux 6% physiques et rareté des capitaux, pour
17 %
et de ses concurrents. Dans une récente en citer quelques-uns. Cependant, un
étude de la libéralisation des échanges 50 % 39 % 55 % cadre d’incitations approprié au ni-
dans les pays appliquant des pro- 33 %
veau macroéconomique et des poli-
grammes appuyés par le FMI, celui-ci tiques structurelles complémentaires
a mis au point un indice du degré de Restrictif Modéré Ouvert sont indispensables. Des politiques
restriction du régime commercial (res- Source : estimations des services du FMI budgétaires et monétaires propices à
trictif, modéré ou ouvert) pour faciliter la stabilité des prix — et qui encou-
les comparaisons entre pays et suivre ragent, par conséquent, l’épargne et
l’évolution de la politique commerciale Graphique 2 l’investissement —, ainsi qu’une posi-
dans la durée. L’étude indique qu’au Exportations de produits : la part tion extérieure courante viable, sont
début des années 90, plus de 75 % de marché de l'Afrique a diminué d’une importance critique, de même
des pays africains avaient des régimes Exportations que des politiques structurelles qui
350
mondiales
restrictifs, et aucun n’avait un régime 300
accroissent l’efficience. Il est égale-
pouvant être classé comme ouvert. Bien Commerce mondial des ment essentiel que les réformes soient
250 produits de base exportés
Indice (1980 = 100)

des pays ont entrepris depuis d’ambi- par l'Afrique


crédibles et perçues comme étant
tieuses réformes commerciales; à la fin 200 viables. Par conséquent, pour pro-
de 1998, la proportion de pays appli- 150
Exportations mouvoir le commerce et l’investis-
quant des régimes restrictifs était tom- de l'Afrique sement, les responsables des poli-
100
bée à 28 %, tandis que près de 40 % tiques doivent se concentrer sur les
avaient un régime ouvert. Les régimes 50 mesures suivantes :
commerciaux en Afrique restent néan- 0 • supprimer les subventions et les
1980 82 84 86 88 90 92 94 96
moins plus restrictifs que ceux d’autres exonérations fiscales et simplifier les
régions (graphique 1). Les droits de Source : estimations des services du FMI réglementations;
Note : Les exportations de pétrole sont exclues.
douane, variable la plus couramment • réorienter les dépenses publiques
utilisée pour mesurer le degré de res- vers les services essentiels, notamment
triction des échanges, sont plus élevés la santé et l’éducation;
— 20 % en moyenne — en Afrique qu’ailleurs. • réformer le secteur financier;
Des politiques commerciales transparentes, libérales et tour- • privatiser les entreprises d’État et les actifs économiques;
nées vers l’extérieur sont essentielles pour attirer les investis- • réformer les institutions de manière à ce que les droits de
sements étrangers. Les entrées de capitaux privés ont beaucoup propriété soient bien définis et aient force de loi;
moins augmenté en Afrique que dans les autres régions en • renforcer la gestion publique, la transparence et la
développement, et l’Afrique n’a pas profité des avantages qui responsabilisation.
accompagnent souvent ces apports — transferts de technologie Il est également important de libéraliser le secteur des ser-
et de compétences de gestion et d’organisation et création vices et de le rendre plus efficient en réformant les régle-
d’emplois. Entre 1980 et 1997, les apports de capitaux privés mentations intérieures et en l’ouvrant aux prestataires de
sont passés de 6 milliards de dollars à seulement 16 milliards en services étrangers. Les services sont le secteur du commerce
Afrique, alors qu’ils ont bondi de 12 milliards de dollars à mondial qui a connu l’expansion la plus rapide depuis vingt
140 milliards pour l’ensemble des pays en développement. ans, et ils représentent un produit intermédiaire essentiel
La dépendance de l’Afrique à l’égard des produits de base dans la production. La libéralisation du commerce des ser-
n’est pas en soi le principal problème. Les termes de l’échange vices peut faciliter le transfert de compétences et de nou-
des exportations africaines se sont détériorés, de quelque velles technologies. Et la technologie et l’innovation faci-
15 % peut-être, au cours des deux dernières décennies. litent elles-mêmes le commerce des services. Alors que les
Cependant, tandis que le commerce des produits de base ex- sociétés relocalisent leurs centres de production autour du
portés par l’Afrique a augmenté plus lentement que le com- globe, le succès des entreprises dépend de plus en plus de
merce mondial total, il a tout de même sensiblement pro- l’offre efficiente de services tels que les transports, les com-
gressé. Le problème est que l’Afrique voit sa part de marché munications et les finances. En outre, les services représen-
décroître et qu’elle est lente à se placer sur de nouveaux tant souvent plus de la moitié du coût de production inter-
marchés d’exportation (graphique 2). Si elle avait maintenu médiaire des biens faisant l’objet d’échanges, le prix des
sa part de marché au niveau de 1980, ses exportations hors services en tant que produit intermédiaire et la gamme de
pétrole se seraient élevées à plus de 150 milliards de dollars en services disponibles influent fortement sur les résultats à
1997 au lieu des 62 milliards enregistrés. l’exportation des produits manufacturés.

Finances & Développement / Décembre 1999 27


Le cadre du commerce mondial à la discrétion des autorités des pays industrialisés. L’accès aux
Les performances des exportations de l’Afrique dépendront marchés est par conséquent incertain, ce qui décourage
principalement des politiques intérieures. Mais il est égale- l’investissement à long terme dans les industries d’exporta-
ment important que les pays africains aient plus largement tion. Enfin, les régimes de préférences tendent à profiter da-
accès aux marchés des pays industrialisés, et cela contribue- vantage aux pays en développement à revenu relativement
rait à les inciter à réformer leurs politiques intérieures. Bien élevé qu’aux pays les plus pauvres; par exemple, 75 % de toutes
que leurs régimes commerciaux soient généralement ouverts, les importations bénéficiant du SGP qui ont été effectuées par
les pays industrialisés tendent à appliquer des restrictions aux les États-Unis en 1996 provenaient du Brésil, de l’Inde, de
importations de produits agricoles, qui représentent une part l’Indonésie, de la Malaisie, des Philippines et de la Thaïlande.
prépondérante du potentiel d’exportation de l’Afrique. En L’Afrique subsaharienne dispose de deux moyens pour
1997, par exemple, le droit de douane moyen appliqué par compléter des politiques intérieures axées sur le marché par
l’Union européenne (UE) à la nation la plus favorisée (NPF) une politique extérieure propice au commerce et à l’inves-
était d’environ 15 % pour les produits agricoles non transfor- tissement : les accords commerciaux régionaux et les négocia-
més et 25 % pour les mêmes produits transformés, contre tions commerciales multilatérales. Ces deux moyens ne s’ex-
4 % pour les autres produits (hors textiles). cluent pas mutuellement.
En outre, ces chiffres sous-estiment le niveau de protection Les accords commerciaux régionaux. Les accords commer-
dans la mesure où les droits de douane sont en général faibles ciaux régionaux peuvent favoriser l’efficacité économique, les
ou nuls pour les denrées que l’Union européenne ne produit échanges, l’investissement et la croissance. En Afrique subsa-
pas, comme le café et le cacao, et élevés pour celles qui font harienne, ces accords ont contribué de manière substantielle
concurrence à sa production, notamment les produits agricoles aux réformes structurelles en créant des incitations à éliminer
importés semi-transformés et transformés, qui ont une plus les pratiques commerciales restrictives et les procédures d’au-
forte valeur ajoutée. Tout aussi important, les barrières non torisation, en simplifiant les formalités douanières, en inté-
tarifaires sous forme de soutien des prix au producteur, de grant les marchés financiers et en simplifiant les procédures
subventions à l’exportation et d’accords de commercialisation de transferts et de paiements et les politiques en matière de
empêchent aussi l’entrée de produits agricoles. Ces types de transports, d’infrastructures, de main-d’oeuvre et d’immigra-
mesures représentent des subventions estimées en moyenne à tion. Quelques pays sont allés plus loin en harmonisant les
1,5 % du PIB des pays membres de l’Organisation de coopéra- incitations à l’investissement et le traitement fiscal, ainsi que
tion et de développement économiques (OCDE). les normes et les réglementations techniques.
Les régimes de préférences sont le deuxième aspect du com- Les accords commerciaux régionaux peuvent être béné-
merce mondial particulièrement important pour l’Afrique. La fiques s’ils débouchent sur des réformes comparables des
Convention de Lomé, signée en 1975 et prorogée en 1980 et Graphique 3
1985, exonère de droits de douane les importations dans l’UE Les accords régionaux en Afrique orientale
de certains produits en provenance de pays en développement et australe se chevauchent
d’Afrique, d’Asie, des Caraïbes et du Pacifique. En 1968, l’Aus-
tralie, le Canada, la Communauté européenne, les États-Unis et COMESA Djibouti
le Japon ont adopté le système généralisé de préférences (SGP), Égypte SADC
selon lequel les pays industrialisés accordent un traitement Érytrée Angola
préférentiel en matière de droits d’entrée aux produits manu- Congo, Rép. dém.
Éthiopie
facturés et semi-manufacturés des pays en développement. IIR Malawi Mozambique
Soudan Burundi
Bien que la Convention de Lomé arrive à expiration en Zambie
Rwanda Zimbabwe
2000, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Ses effets, comme ceux du
SGP, sur le volume et la répartition des échanges ont été li- Comores Maurice
COI
mités; en 1997, par exemple, 17 % seulement des exportations Madagascar Seychelles
des pays en développement vers les pays industrialisés ont
bénéficié du SGP. Premièrement, ces accords s’appliquent Kenya
Tanzanie EAC
typiquement aux marchandises à faible valeur ajoutée pour Ouganda

lesquelles le droit de douane NPF est déjà faible ou nul.


Namibie
Deuxièmement, l’application de préférences aux exportations Swaziland
de matières premières, conjuguée à une hausse des droits de
douane à tous les niveaux de la valeur ajoutée, a découragé les Botswana
pays de se diversifier dans des produits d’exportation à plus Lesotho
Afrique du Sud
forte valeur ajoutée. Troisièmement, l’accès aux marchés des
pays industrialisés est souvent restreint par des règlements
SACU
complexes auxquels les exportateurs africains ont du mal à se
conformer — quelque 40 % des marchandises justifiant d’un Source : auteur
Note : COI Commission pour l'océan Indien
traitement préférentiel en vertu du SGP n’en bénéficient pas à COMESA Marché commun de l'Afrique orientale et australe
cause de ces règlements. Quatrièmement, les préférences en EAC Commission pour la coopération en Afrique orientale
IIR Initiative d'intégration régionale
vertu des deux systèmes ne s’appliquent qu’à certains produits, SACU Union douanière de l'Afrique australe
ne sont pas légalement consolidées et peuvent être supprimées SADC Communauté du développement de l'Afrique australe

28 Finances & Développement / Décembre 1999


échanges fondées sur la non-discrimination. prendre des réformes propres à rehausser l’at-
Autrement, ils risquent d’entraîner un détour- trait de leurs secteurs d’exportation pour les
nement des échanges qui pénalisera les con- investisseurs étrangers.
sommateurs — lesquels n’ayant d’autre choix Bien que l’accès en franchise de droits
que d’acheter cher des produits importés des puisse entraîner un certain détournement des
pays partenaires de la région. Cependant, les pays échanges, les craintes d’effets de distorsion
africains ne produisent généralement pas les sont injustifiées. Premièrement, il s’agit d’un
biens importés par les autres pays de leur région. volume d’échanges très faible par rapport à la
En conséquence, le commerce intrarégional re- taille des marchés des pays industrialisés. Deu-
présente moins de 10 % des échanges de l’Afrique, Robet Sharer xièmement, à la différence du système actuel
contre 60 % pour l’UE, 45 % pour l’ALENA et est Chef de la Division de qui fausse les incitations, cet accès consolidé,
presque 30 % pour le Mercosur. la politique commerciale s’appliquant à tous les secteurs d’activité et à
Un problème des accords commerciaux régio- du Département de l’éla- tous les grands marchés, donnerait une struc-
naux en Afrique tient au nombre d’initiatives qui boration et de l’examen ture d’incitations uniforme en matière de prix
se recoupent ou sont incohérentes au plan in- des politiques du FMI. qui permettrait aux pays exportateurs d’ex-
terne. On observe, dans les divers groupements ploiter leurs avantages comparatifs.
régionaux (qui comprennent le Marché commun
de l’Afrique orientale et australe, l’Initiative d’intégration ré- Une priorité pour l’Afrique
gionale de l’Afrique orientale et australe, la Communauté du La réforme des échanges est une grande priorité pour
développement de l’Afrique australe et l’Union douanière de l’Afrique subsaharienne. La croissance économique va de pair
l’Afrique australe), des chevauchements dans la composition avec des régimes commerciaux ouverts et des secteurs d’ex-
géographique (graphique 3), des obligations, règles et procé- portation robustes, et les barrières commerciales sont main-
dures administratives contradictoires et des différences de tenues aux dépens de la croissance et du bien-être des popula-
stratégies et d’objectifs. La complexité des accords régionaux tions de l’Afrique. Mais la réforme du commerce ne pourra
réduit les avantages qui pourraient résulter du régionalisme et pas être efficace sans réformes complémentaires des poli-
contrarie les incitations à l’investissement du fait que les inco- tiques intérieures visant à instaurer un cadre d’incitations
hérences internes et les réglementations contradictoires font tourné vers l’extérieur et axé sur le marché.
obstacle à la création d’un plus large marché. En outre, des L’adoption de politiques appropriées qui privilégient les
politiques régionales inefficaces peuvent dissiper le capital échanges ne conduit pas nécessairement au développement des
politique dont les pays ont besoin pour poursuivre des ré- exportations de produits manufacturés ou de tout autre pro-
formes tournées vers l’extérieur et peuvent alimenter le favo- duit. Il faut plutôt rechercher l’efficience économique et tirer
ritisme et les intérêts particuliers auxquels la libéralisation des parti des possibilités d’échanges lorsqu’elles se présentent.
échanges est justement censée mettre fin. Selon l’avantage comparatif du pays, il pourra se concentrer sur
Le nouveau cycle de négociations commerciales. L’impor- les produits de base, les produits agricoles (y compris les pro-
tance et la portée du nouveau cycle de négociations seront duits transformés et autres produits à forte valeur ajoutée), les
vraisemblablement déterminées dans l’année qui vient. Le textiles, les produits manufacturés ou les services.
mieux serait de réaliser des progrès importants sur un large Le nouveau cycle de négociations offre une instance à
front, ce qui faciliterait les abitrages nécessaires entre les in- l’Afrique pour travailler à des réformes du commerce interna-
térêts en concurrence et accroîtrait ainsi les chances pour tional susceptibles d’améliorer les perspectives de la région
l’Afrique d’avancer dans tous les secteurs. Autrement, les dans ce domaine. Mais, en retour, les pays d’Afrique subsaha-
négociations pourraient fort bien être circonscrites à des rienne doivent être disposés à libéraliser leurs propres poli-
questions particulières n’intéressant que certains groupes de tiques commerciales. Un environnement plus favorable au
membres de l’OMC — des questions sectorielles qui éclipse- commerce extérieur, conjugué à un cadre de politiques macro-
raient celles qui concernent le plus l’Afrique. économiques et structurelles judicieuses, y compris des poli-
Pour faire en sorte que leurs intérêts soient dûment pris en tiques commerciales libérales, est le moyen le plus sûr de stimu-
considération dans ce nouveau cycle, les pays africains devront ler les exportations et de récolter les fruits d’une participation
se concentrer sur deux objectifs — la lutte contre les politiques plus entière au système commercial mondial. F&D
agricoles restrictives sur les marchés des pays de l’OCDE et la
révision du système généralisé de préférences, si possible avec Références :
l’adoption de la proposition du Directeur général de l’OMC
José Fajgenbaum et al., «The Cross-Border Initiative in Eastern and
consistant à ouvrir les marchés des pays industrialisés en fran-
Southern Africa» (Washington, Fonds monétaire international, 1999),
chise de douane à toutes les exportations des pays les plus
http://www.imf.org/external/np/cross/index.htm.
pauvres, y compris celles des pays pauvres très endettés. Un tel
accès encouragerait les pays africains à accroître et à diversifier Stanley Fischer, Ernesto Hernández-Catá et Mohsin S. Khan, «Africa:
leurs exportations et à développer leurs relations commer- Is This the Turning Point?», document d’analyse et d’évaluation des poli-
ciales avec les pays industrialisés à moyen terme. L’accès con- tiques économiques n˚ 98/6 du FMI (Washington, 1998).
solidé en franchise de droits donnerait un cadre d’incitations Robert Sharer et al., Trade Liberalization in IMF-Supported Programs,
plus stable et encouragerait l’investissement intérieur dans les Études économiques et financières (Washington, Fonds monétaire interna-
industries d’exportation; les pays seraient aussi incités à entre- tional, 1998).

Finances & Développement / Décembre 1999 29

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