GÉOGRAPHIE COURS 1
SOCIÉTÉS ET ENVIRONNEMENTS DES ÉQUILIBRES FRAGILES
Les sociétés humaines sont soumises à des risques nombreux et variés qui peuvent avoir de
graves conséquences en cas de catastrophes. Ces risques peuvent découler de différents aléas mais
qui varient selon les régions du monde. En effet toutes les régions ne présentent pas toutes la même
vulnérabilité et les mêmes réactions face à ces phénomènes. Elle varie aussi en fonction des enjeux
présents. Aléa : (du Latin « alea » : chance ou hasard dans le sens d'une éventualité heureuse ou
malheureuse) C'est un événement naturel ou anthropique pouvant devenir un risque s'il menace une
population. Risque : Phénomène représentant un danger direct pour une population en fonction de la
nature de l'aléa et de la vulnérabilité de la société donc Risque = aléa x vulnérabilité
I) LA GESTION DES RISQUES PAR LES SOCIÉTÉS
A) Des risques environnementaux divers
Le risque se caractérise par la possibilité d’une catastrophe dans un secteur défini. Il résulte de la
combinaison entre un aléa et des enjeux. Ces derniers peuvent êtres humains ou matériel. En fonction
de l’aléa, il existe plusieurs types de risques.
• Risques technologiques
o Pollution
o Explosions chimiques
o Accident nucléaire
• Risques naturels
o Tempêtes
o Inondations
o Cyclones
o Séismes
o Tsunamis
Si l’ensemble de ces risques sont de natures différentes, certains risques sont liés à une combinaison
de plusieurs risques de nature diverse. Par exemple, l’artificialisation des sols liée à l’urbanisation
réduit les possibilités d’infiltration des eaux. Ainsi, le ruissellement des eux est accéléré et contribue
dans une grande mesure à certaines inondations.
Par ailleurs, des risques naturels peuvent avoir des effets et se combiner avec des risques
technologiques créant des situations désastreuses. C’est le cas lors de l’accident de Fukushima en 2012
où un tsunami avait endommagé la centrale nucléaire de Fukushima
faisant exploser 4 réacteurs et libérant des particules radioactives dans
l’atmosphère.
Des risques peuvent être appelés risques globaux lorsqu’ils concernent
l’ensemble de la planète. Par exemple, le changement climatique
concerne l’ensemble de la planète, ces derniers peuvent être liés à des
activités humaines. Ce sont les zones du littoral des zones tropicales qui
sont les premières touchées par ces changements.
D’autres aléas menacent des lieux spécifiques. Ainsi, les volcans où les séismes sont concentrés en
grande partie dans le Pacifique (« ceinture de feu »), les cyclones sur les littoraux tropicaux
(Bangladesh, Caraïbes, Indonésie).
Quant aux risques technologiques, ces derniers sont concentrés dans les lieux urbains et sur des
espaces spécifiques comme les littoraux industrialisés comme au golfe du Mexique et sur les littoraux
asiatiques, les zones d’extraction minière ou pétrolière comme en Sibérie ou encore les mers et océans
avec le transport d’hydrocarbures.
Malgré une augmentation de la fréquence de ces catastrophes, elles restent rares et localisées.
Cependant, ces impacts peuvent entraîner des conséquences dans le temps. Ainsi, des sécheresses et
des épidémies affectent de façon durable des populations. Certaines catastrophes ont des effets qui
peuvent être très long comme les accidents nucléaires comme Fukushima (2012) ou Tchernobyl (1986)
qui empêchent une part déterminée du territoire autour de la centrale de se développer.
Le 11 mars 2011, un gigantesque tsunami (magnitude 9.1) atteint les côtes japonaises. Cela
provoque l’arrêt des systèmes de refroidissement des réacteurs de la centrale en entraîne la
fusion des réacteurs 1,2 et 3 de la centrale. Ces risques combinés entraînent la disparition de
22 500 personnes.
Un autre risque global peut être cité comme la pollution au plastique ou par les gaz à effets de serre,
ces derniers détruisent les écosystèmes marins et terrestres déréglant durablement le bon
fonctionnement de la nature.
Le dérèglement climatique provoque la fonte des glaces, l’augmentation du niveau de la mer, de la
sécheresse. Ces conséquences ont un impact durable dans le temps et risquent de s’aggraver. Ainsi, le
nombre de migrants environnementaux risque d’augmenter sensiblement dans les prochaines années.
B) La gestion des risques majeurs et globaux par les sociétés
Depuis les années 1970, le nombre de victimes de catastrophes augmente. Ces évolutions sont liées à
l’augmentation de la vulnérabilité. La vulnérabilité est lien étroit avec la densité de population des
zones à risque et des niveaux de développement. Les PMA (pays les moins avancés) sont les plus
touchés par les risques. Ainsi, un cyclone de même intensité à de plus lourde conséquences en Haïti
qu’en Guadeloupe. Par exemple, c’est en Afrique que les risques sanitaires sont les plus importants.
Les sociétés peuvent se prémunir des risques par
la prévision et par la prévention. Ainsi, des
constructions adaptées (anticycloniques,
antisismiques), sensibilisation des populations,
reboisement des littoraux exposés aux tsunamis.
Cependant, certains aléas restent peu prévisibles
et difficile à prévenir comme les séismes. Dans
les pays du Nord, le risque est souvent intégré
dans des politiques d’aménagements du
territoire. Pour la construction, l’Union
européenne doit tenir compte de la directive
Seveso. Les États membres et les municipalités
réalisent des ouvrages efficaces avec des
compagnies de réassurance qui permettent une
meilleure résilience. Au Sud, dans les pays
émergents, le développement industriel est peu
suivi de prévention face aux risques. Les PMA
(pays les moins avancés) tentent de limiter la
vulnérabilité de leurs populations en améliorant
les infrastructures vitales (eau, sanitaire).
Les risques, sont gérés, pour la plupart, par des
acteurs locaux et nationaux. Avec l’essor des
risques globaux, d’autres acteurs interviennent
comme les ONG, organisations internationales, groupes d’experts comme le GIEC où la gestion des
migrants prend une place croissante. La prise de conscience du risque global amène une frange de la
population à s’interroger sur ses modes de vie. L’environnement a pris la première place dans les
préoccupations de développement durable. Les conférences internationales (Kyoto, Rio) permettent
des avancées mais elles sont souvent très limitées. En 2015, l’accord de Paris a permis certains progrès
en matière de lutte contre le changement climatique.
II) DES RESSOURCES MAJEURES SOUS PRESSION : TENSIONS, GESTION
A) La gestion de l’eau au cœur des sociétés
L’eau est une ressource indispensable à la
vie. Ses usages sont multiples
(domestiques, industriels, agricoles). La
relation entre la répartition de la
population et la ressource en eaux est très
forte. Les grands foyers de peuplement
sont situés sur des zones où la ressource
est importante (65 % de la pop mondiale).
Ainsi, 9 pays possèdent 60 % des
ressources d’eau douce mondiale (Brésil,
Russie) grâce, aux lacs, fleuves et aux
précipitations. Cependant, 15 % de la
population vit en zone aride qui concerne
40 % de la terre émergée (Asie, Afrique).
L’accès à l’eau dépend de la capacité des sociétés à effectuer des aménagements et de leur
développement. Ainsi, 2 milliards de personnes n’avaient aucun accès à l’eau en 2017. Toutefois,
l’accès à l’eau ne dépend pas uniquement de l’aridité, de nombreux pays pluvieux sont en situation de
stress hydrique. La maîtrise de l’eau façonne les espaces depuis l’Antiquité. Des barrages permettent
l’irrigation et la production d’énergie.
Les transferts d’eau alimentent des régions agricoles et des métropoles parfois très éloignées. Ces
aménagements hydrauliques peuvent entraîner des bouleversements des milieux dans lesquels ils se
trouvent. Ainsi, les barrages ennoient les régions dans lesquels ils se trouvent et forcent les populations
à se déplacer. De plus, le transfert d’eau peut conduire à l’asséchement de cours d’eau (Colorado).
Les besoins en eau peuvent provoquer des tensions comme les conflits d’usage entre les acteurs de
l’agriculture, du tourisme. Il y a également des tensions internationales. Lorsqu’un État construit un
barrage en amont du fleuve, il risque de léser les États situés en aval, c’est le cas entre les États-Unis
et le Mexique ou encore l’Éthiopie et l’Égypte. L’approvisionnement en eau pose la question de la
durabilité en qualité et en quantité. En effet, le changement climatique, l’essor démographique,
l’urbanisation sont des facteurs aggravants qui ont amené à une prise de conscience internationale
avec des objectifs de développements durable de l’ONU qui visent une eau plus saine et accessible à
tous à l’horizon 2030.
B) La gestion des ressources énergétiques
Les ressources énergétiques notamment fossiles sont très inégalement réparties. Ainsi, 50 % du gaz
mondial est situé en Russie, au Qatar et en Iran, la moitié des réserves de pétrole sont au Moyen-
Orient. Malgré la découverte de nouveaux gisements, ces ressources s’épuisent avec des ressources
non conventionnelles encore peu connues. Ce constat s’applique également pour les énergies
renouvelables (solaire, éolien, géothermie).
La consommation mondiale est en augmentation. Les pays du Nord consomment énormément et les
pays émergents ont des besoins de plus en plus importants. Ainsi, la dépendance énergétique est
maximale. Certains pays comme la France ont choisi d’investir dans la filière nucléaire pour éviter une
trop grosse dépendance au pétrole et au gaz.
L’énergie est au cœur de vastes tensions
économiques. En effet, son prix a une incidence
directe sur les économies mondiales. Le marché des
hydrocarbures est dominé par quelques acteurs
(OPEP : organisation des pays exportateurs de
pétrole, pays importateurs, grandes firmes
pétrolières). L’augmentation des besoins mondiaux,
les conflits politiques et l’épuisement des réserves
entraînent une hausse des prix et fragilisent certains
États.
Les tensions politiques sont
très fortes autour de l’énergie. 732 puits de pétrole sont incendiés par les troupes de Saddam Hussein en Irak en
1991.
Ces dernières peuvent prendre
des dimensions planétaires
lorsqu’elles concernent un
pays de l’OPEP. C’est le cas lors
de la guerre du Golfe (1991), la
guerre de Libye (2011) etc. La
recherche de nouveaux
gisements offshore crée des
conflits frontaliers en mer
comme en mer de Chine
méridionale.
Les tensions environnementales sont en augmentation. La consommation d’énergie a un impact direct
sur la santé et sur le changement climatique. L’Accord de Paris de 2015 sur le climat doit permettre la
baisse des gaz à effet de serre. Cependant, le retrait américain et le refus de la signature par la Russie
réduit les progrès globaux.
Les gouvernements favorisent les économies d’énergie au travers de campagnes de sensibilisation,
entretien des réseaux, utilisation de l’informatique. La prise de conscience des acteurs favorise la
réussite de certaines mesures. Les énergies renouvelables permettent aux États de miser sur les
potentiels de leur territoire. Les pays émergents occupent les premiers rangs dans ce domaine.
Toutefois, les impacts environnementaux des énergies renouvelables ne sont pas neutres, les barrages,
les matériaux de construction d’éolienne et de panneaux photovoltaïque, le besoin de terres rares. La
transition énergétique doit s’inscrire dans la transition environnementale.