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Souf 1

Keita Mamady.

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Mamady Keita
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L'Islam

L'Islam est une religion de paix et d'amour par excellence; l'éthymologie même du mot vient de la racine:
S.L.M , dont découle: Istislam (soumission) et Salam(paix), ce qui veut dire: soumission au Créateur et paix avec
les créatures.
Le Soufisme Coeur de l'Islam
Comme toute chose se définit par son aspect extérieur et son aspect intérieur, l'Islam, dans son univers
exotérique, est la Chari 'a, et, dans son essence ou son aspect ésotérique, est le soufisme. L'un ne pouvant se
passer de l'autre, la Chari'a établit la doctrine de l'Islam, le soufisme en représente la voie de l'Excellence, celle
qui mène vers l'Amour Divin et la Connaissance.
l’univers. « Le sens du Djihad
Le Djihad (ou le grand Djihad) se définit comme étant l’effort spirituel continu pour acquérir les caractères
nobles et se purifier. Ce combat contre l’âme charnelle doit être mené avec l’aide d’un maître spirituel vivant,
qui connaît les vicissitudes de l’âme et les remèdes des cœurs. Le but est de parvenir à Sa connaissance: « Je n’ai
crée les Djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent » (Coran,51 verset 56 ), l’adoration selon Ibn ‘Abbass
(l’interprète du coran) est synonyme de la connaissance.
Le soufisme est de ce fait une méthode par laquelle le comportement du disciple se transforme et s’adoucit pour
avoir une âme apaisée et des caractères nobles (divins) grâce à l’invocation et à l’accompagnement du maître
accompli.
Ibn Abass, que Dieu les agrée tous deux ( son père et lui ) rapporte : quelqu'un demanda : Ô Prophète, quelle est
la meilleure personne auprès de laquelle on s'assoie ? Il dit : "Celui dont la vue vous rappelle Dieu, dont les
paroles ajoutent à votre science et dont les actes vous rappellent l'au-delà".
Le respect de la vie et l’amour sont les deux ailes du disciple dans le cheminement vers Dieu. En effet, l’être
humain selon le saint coran est le souffle de Dieu : « Il lui donna sa forme parfaite et lui insuffla de Son
esprit » (Coran, 32 verset 9). L’homme doit être ainsi l'objet de toute vénération et d'amour sans distinction de
race ou de religion.
L’Islam est venu pour unir les cœurs et faire régner la paix dans l’univers. «O hommes, Nous vous avons créés
d’un mâle et d’une femelle, et nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre-
connaissiez»(Coran,49, verset 13)
L’essentiel du message du prophète Sidna Mohammed (paix et bénédiction sur lui) réside dans la communication
des valeurs humaines les plus nobles pour que l’être humain soit en harmonie et en paix avec lui même et avec
J’ai été envoyé pour parfaire l’excellence du comportement »(parole du prophète)
Le Maître Vivant
La chaîne initiatiqueTémoignages
éléments de biographie
Né en 1922 à Madagh.
Très tôt, il donne des signes de sainteté, les majadhib du souk d'Ahfir, doués du kashf, se précipitent sur lui,
l'embrassent et conseillent à SIDI HAJJ 'ABBAS (R) de prendre soin de lui. SIDI ABU MADYAN (R) lui avait
déjà dit "SIDI HAMZA (R) sera quelqu’un de très important".
Il passe une vie normale de petit enfant, entre les champs où son père l'amenait pour qu'il se familiarise au travail
de la terre, et la religion : "dans mon jeune âge, j'ai reçu une éducation religieuse, j'ai grandi dans le
respect des gens du bien et des principes du Coran".
Il suit des études, comme l’exigeait le système éducatif traditionnel à la zawiyya de Madagh: école coranique.
Son enseignement se déroule en quatre temps:
- Apprentissage du Coran (3/4 ans jusqu'à 8/9 ans).
- Sciences religieuses (mutun) : grammaire, fiqh (jurisprudence) pendant six mois.
- Après la mort de son oncle et professeur Sidi al-Mekki (36), SIDI HAMZA (R) part
pour Oujda de 1937 à 1940, pour poursuivre ses études universitaires.
- Il retourne à la zawiyya de Madagh où pendant 4 ans, il approfondit ses connaissances avec deux grands
savants de Fès.
Les sciences du Hadith (exégèses coraniques), Fiqh, grammaire et morphologie sont les principales sciences
auxquelles SIDI HAMZA (R) s'est consacré, en plus d'autres sciences traditionnelles, théologie, métrique,
rhétorique et logique. Toutes ces études le mènent à la magistrature.
Des sciences exotériques aux sciences ésotériques:
SIDI HAMZA (R) cite toujours avec précisions ses principaux professeurs, parmi lesquels des membres de sa
famille et des membres de la tribu des Béni Snassen comme Sidi Ali Qadiri.
Après d'assez longues études en sciences religieuses (les sciences de la shari'a), SIDI HAMZA (R) va se tourner
vers les sciences ésotériques grâce à SIDI ABU MADYAN (R) son maître et oncle éloigné qu'il ne connaissait
alors que très peu. C'est à la suite de la mort de l'une des sœurs de SIDI HAMZA (R), qu'il vont se rapprocher
- 1942,
année cruciale : à un mois d'intervalle SIDI HAMZA (R) et son père SIDI HAJJ 'ABBAS (R) vont devenir
disciples de SIDI ABU MADYAN (R), et vont suivre son initiation pendant 14 ans. SIDI HAJJ 'ABBAS (R) a
alors quarante ans, l'âge traditionnel requis à l'époque, SIDI HAMZA (R) lui, n'en a que dix-neuf ; il vient à
peine d'achever sa scolarité. Durant ces quatorze années passées à l'écoute de leur maître, ils ont été attentifs à
ses moindres faits et gestes : "durant les quatorze années où nous sommes restés près de notre maître, nous
nous sommes consacrés aux actes de dévotion, principalement à la lecture du Coran et à l'invocation ... je
l'aimais beaucoup, j'étais en admiration devant la majesté de ses gestes, de ses paroles", raconte Sidi
Hamza.
- 1955 :
Avant de mourir, SIDI ABU MADYAN (R) désigne SIDI HAJJ 'ABBAS (R) comme nouveau maître (héritier
du Sirr), ce dernier refuse pendant cinq années, et ne prend la direction qu'en 1960 après avoir vu dans le rêve
trois fois de suite les anges qui insistaient pour qu’il prenne au sérieux le « Idhn » (autorisation divine) faute de
quoi il allait être rayé de la liste des Awliya (saints).
En réalité, SIDI HAMZA (R), comme son père avait déjà l'autorisation (Idhn), mais SIDI HAMZA (R), après la
mort de SIDI ABU MADYAN (R), reprend le pacte des mains de son père, et devient son disciple, pendant sept
ans.
"La barbe noir ne pousse pas sur la barbe blanche", le fils ne peut devancer le père. Cela fait partie du respect
et des bonnes manières soufies, « Al Adab ».
- 1972:
c’est la mort de SIDI HAJJ 'ABBAS (R) après avoir laissé au sujet de Sidi Hamza un testament spirituel et
conseillé à ses fuqaras de suivre la voie de SIDI HAMZA (R).
Revivification du soufisme
SIDI HAMZA (R) concrétise le renouveau du soufisme déjà entamé par son père.
Ce renouveau s'appuie sur une pratique spirituelle plus souple, que celle du soufisme classique reconnu pour sa
rigueur. C'est le passage de la Majesté (Jalal) à la Beauté (Jamal) :
"le soufisme a changé". Dans l'ancien temps les maîtres faisaient subir à leur disciples des épreuves leur
permettant de vaincre leur âme et de vénérer le Sirr qu’il allaient avoir.
Sidi Hamza dit :
"l'épreuve est remplacée par l'invocation(dhikr)", et c’est aujourd'hui au maître, grâce à « la grandeur de sa
station », d’élever son disciple vers les plus hauts degrés et les plus hautes stations spirituelles, par le biais de
l’amour (al-mahabba) et de l’orientation (at-tawajjuh).
***
Les causes de ce changement sont de l’ordre socio-historiques (l’attirance naturelle de l'homme vers la matière,
le déséquilibre entre l’esprit et le corps qui a altéré la conscience religieuse, et le fait que la prédisposition à la
conscience spirituelle se trouve amoindrie à cause de la multiplication des moyens de distraction et de la
destruction de tout ce qui est religieux.)
Le soufisme s'est adapté à la réalité nouvelle du monde moderne.
On assiste à trois grands changements:
-Avant, le maître s'adressait à l'élite spirituelle, pour les amener à la réalisation et ne prenait pas en charge le
musulman "ordinaire" (islam/Iman/Ihsan).Mais compte tenu de la crise spirituelle dans laquelle on vit, la
pratique même des cinq piliers est mise en danger.
Donc SIDI HAMZA (R) en tant que maître, va s'adresser à tout le monde, en fonction du niveau de chacun.
-Le rapport maître/disciple a changé "autrefois c'est le disciple qui cherchait le maître , aujourd’hui, c'est
le maître qui cherche le disciple" la notion de Murid (disciple)dérive de irada:volonté, tout le sens de la quête
dérive de cette volonté , de cette aspiration, de cette soif.
En effet autrefois ce n’est qu’après plusieurs années de quête, d'errance terrible, d'épreuves que le disciple
trouve son maître.. Aujourd’hui, la quête ou l’ épreuve est éliminé, et du murid on passe à murad (même
étymologie), c’est à dire on passe du désirant(exemple de Sidi Aboumédienne), au désiré ( c’est le maître qui
cherche ses disciples) (exemple de Sidi Hamza).
-Takhalli (dépouillement)/Tahalli (embellissement) :
Alors que le soufisme classique met l'accent sur le dépouillement plutôt que sur l'embellissement:
le murid doit d'abord se défaire de ses vices (intérieur et extérieur),tel la jeune mariée qu'il faut dépouiller de ses
vieux vêtements, afin de pouvoir la revêtir de ses plus belles parures. Vouloir se défaire de ses vices demande un
haut niveau de sincérité, de force de caractère, difficile à trouver de nos jours. C'est pourquoi le principe c'est
inversé:tahalli/takhalli, SIDI HAMZA (R) compare le cœur du novice à une pièce sombre, désordonnée, pour lui
apporter de l'ordre il faut d'abord l'allumer, l'illuminer.
SIDI HAMZA (R) irradie d'abord le cœur du novice, pour qu'il puisse goûter à cet embellissement, puis une fois
la prise de conscience spirituelle entamée, le murid est prêt pour la deuxième étape, le dépouillement. Toutes ces
réformes ne changent en rien le principe du soufisme, le dépôt "amana" dans le Coran ou le (sirr) reste le même
c’est la méthode , la pédagogie (propriété du maître vivant) qui a changé.
Réfutation des préjugés
 Comment répondre aux détracteurs
 Confirmation de la science ésotérique Démonstration de cette affirmation par la preuve
 Propos de soufis sur leur science

Comment répondre aux détracteurs


Comment répondre aux détracteurs qui soutiennent n’avoir jamais entendu parler des soufis avant nous, et que
c’est une innovation (mohdith) ?
Si quelqu’un pose la question suivante :
« Pourquoi n’avons nous jamais entendu parler du soufisme et des soufis chez les compagnons du Messager
d’Allah (psl), ainsi que chez ceux qui les ont suivis. Par contre nous ne connaissons que les dévots (adorateurs),
les ascètes, les grands voyageurs et les pauvres en Dieu (foqara). On n’a jamais qualifié l’un des compagnons du
prophète (psl) de soufi ? »
Nous répondons par la suivante :
« La compagnie du Messager (psl) est sacrée. Elle s’applique et qualifie spécifiquement ceux qui l’ont
fréquenté. Il n’est donc pas permis d’appliquer un autre attribut plus noble et plus honorable que
« Compagnon » à ceux qui l’ont fréquenté. Ceci par rapport à la noblesse du Messager d’Allah (psl) et à sa
personne sacrée. Ne voit -t’on pas que ces Compagnons sont les Maîtres, les Imams des ascètes, des dévots, des
confiants en Dieu , des pauvres en Dieu (foqara), des patients, des satisfaits, des repentants etc.
Ce qu’ils ont acquis comme noblesse ils l’ont eu grâce à la bénédiction (baraka) du Prophète (psl). De ce fait, on
les a qualifiés de « compagnons » par rapport à cet état qui est le plus noble et le plus honorable. Il devenait donc
impossible de les qualifier autrement.
Quant à ceux qui pensent que le terme de soufi est une innovation des gens de Baghdad, ceci est une aberration.
Tout simplement parce que du temps de Hassan Al Baçri -que Dieu le prenne dans sa miséricorde- ce terme était
déjà connu. Et l’on sait que Hassan avait eu l’honneur de connaître certains des « compagnons » du Prophète
(psl). On rapporte que Hassan Al Baçri aurait dit : « J’ai vu un ‘soufi’ pendant le Tawwaf, je lui ai donné
quelque chose, il n’a pas voulu le prendre et il m’ a répondu : « j’ai avec moi quatre dinars et cela me suffit
amplement » ».
On rapporte également que Sofiane Atthaowri -que Dieu le prenne dans sa miséricorde- a dit : « Sans Abou
Hachim Assoufi, je n’aurai jamais connu les subtilités de l’ostentation (Arriyaa). » Il cite également dans le livre
où il collecte les nouvelles de la Mecque de Mohamed ibn Isaac ibn Yassar ainsi que d’autres, il cite ce
propos : « Du temps de l’époque anté-islamique, la Mecque eût à se trouver entièrement déserte de sorte qu’il
n’y avait personne pour faire le Tawwaf autour d’elle. Il y avait un homme soufi qui venait de loin pour faire le
Tawwaf ; il faisait le Tawwaf et s’en retournait. Si cela se vérifiait cela prouverait si besoin est que le nom de
‘soufi’ était connu bien avant l’Islam. Il désignait déjà les gens de bien et de bonne moralité. Et Dieu seul est
savant. »
Confirmation de la science ésotérique Démonstration de cette affirmation par la preuve
Certains, parmi les gens des sciences exotériques, ont tout simplement nié l’existence des sciences ésotériques ;
ils disent : « nous ne connaissons que la chariaâ, expression visible du saint livre et de la sunna ». Ils ont affirmé
également : « vous vous perdez en conjectures, quand vous parlez de sciences ésotériques et soufisme ou science
soufie ».
Nous leur répondons donc par ceci : « la chariaâ ou la loi islamique et une science unique c’est un seul nom qui
regroupe deux réalités, le récit et l’expérience ; si on les réunit, cela nous donne la chariaâ, laquelle incite aux
actions intérieures et extérieures. On ne peut donc isoler un aspect d’un autre, et dire que c’est une science de
l’intérieur ou une science de l’extérieur. Quand la science est dans le cœur, elle y est enfouie dans son intimité,
jusqu’à ce qu’elle s’exprime par la langue, alors, elle devient extérieure ».
De tout ceci, on peut dire que la science est exotérique et ésotérique, c’est la chariaâ, qui incite aux actions
extérieures et intérieures. Les actions externes concernent l’activité des organes externes comme les actes
culturels ou les règles de la loi. Dans le premier cas, ce sont par exemple les ablutions, la prière, l’aumône légale,
le jeûne, le pèlerinage, la guerre sainte etc., dans le deuxième cas, ce sont les limites à ne pas dépasser par
exemple le divorce, l’affranchissement des esclaves, les ventes, les devoirs, la loi du talion (châtiments ou
représailles) etc. Tout ceci, concerne les membres extérieures. Quant aux activités internes, cela concerne les
actions de cœur, Qui se traduisent par les stations et les états, tels que la croyance, la foi, la certitude, la
sincérité, la véracité, la connaissance, la remise confiante, l’amour, l’agrément de Dieu, l’invocation, les
louanges, le repentir, la crainte, la pitié, le contrôle, la réflexion et l’attention, la peur, l’espoir, la patience, le
contentement, la soumission à Dieu, la confiance, la proximité, la ferveur, l’extase, l’appréhension, la tristesse,
les remords, la pudeur, la timidité, le respect, la vénération, l’estime.
Il y a une science, une jurisprudence et une explication pour chacune de ces actions, qu’elles soient internes ou
externes, ainsi qu’une réalité, une méthode d’approche et une sensibilité ; la preuve en est dans les nombreux
versets du Coran, ainsi que dans les récits du prophète (psl). Et ce en dépit des nombreuses détractions.
Ainsi, quand on parlera de la science du dedans, la science spirituelle ésotérique, on veut parler des actions de
l’intérieur, qui proviennent de l’organe interne qui est le Cœur . Il en est de même, quand on fait référence à une
science de l’extérieure ceci concerne les membres externes que sont les organes.
Allah le très haut, a dit : «…et, il vous a comblé de ses bienfaits apparents et cachés. ». Les bienfaits apparents
résultent de ce que Dieu le très haut accorde aux membres extérieurs comme grâce dans les actes de dévotion ;
les bienfaits cachés sont le bénéfice que Dieu le très haut accorde au cœur dans ses différents états. L’extérieur
ne peut se passer de l’intérieur, et l’intérieur ne peut se passer de l’extérieur. Dieu le puissant, le majestueux a
dit : « S’ils l’avaient plutôt rapportée au Messager (psl) et à ceux des leurs qui détiennent le pouvoir, certains
d’entre eux en auraient certainement déduit des conclusions véritables » Les Femmes 83.
La science déductive (‘ilm moustanbat), c’est la science ésotérique, c’est la science des soufis, (littéralement :
des gens du soufisme). Car , ils ont des concepts déduits du Corans et du hadith et d’autres sources également.
Nous allons évoquer une partie de tout cela, inch Allah. La science est exotérique et ésotérique, le Coran est
exotérique et ésotérique, le hadith du messager d’Allah (psl) est ésotérique et exotérique à la fois. Dans ce
contexte, nos compagnons (les soufis) ont des preuves et des arguments tirés du Coran, de la sunnah et de la
raison. Cette explication dépasse le cadre de cette étude, et, ce que nous avons avancé est largement suffisant.
La réussite est tributaire d’Allah (psl).
Propos de soufis sur leur science
A propos du soufisme, de ses caractéristiques et de ses buts. Le maître de Junayd, que Dieu les prenne dans sa
miséricorde, Mohamed ibn Ali Qassab a dit : « des mœurs excellentes, qui sont apparues à une époque
excellente avec un peuple excellent » .
Quant à Junayd, questionné à propos du soufisme, il a dit : « le soufisme c’est que tu sois avec Dieu sans
intermédiaire ».
A la même question Rouwaym ibn Ahmad( miséricorde de Dieu sur lui ) a dit : « diriger l’âme vers Dieu de tout
son bon vouloir (volonté divine) ».
Semnoun (miséricorde de Dieu sur lui) a répondu : « le soufisme, c’est que tu ne possède rien et que rien ne te
possède ». Abou Mohamed al Djariri (miséricorde de Dieu sur lui) a répondu : « s’embellir des hautes valeurs
morales, et, s’extirper des mauvaises mœurs… »
‘Omran ibn Othman ibn Al Makki a dit : « L’homme doit prendre à chaque instant ce qu’il y a de meilleur. »
Ali ibn Abd Arrahim Al Qannad- que Dieu le prenne dans sa miséricorde – a dit, toujours à propos du
soufisme : « le déploiement d’une station et l’union permanente »
Al-Junayd a dit : « le soufisme c’est acquérir toute qualité raffinée et éviter tout défaut dégradant ».
Abou Alhassan Chadili a dit : « accoutumer (tadrib) l’ego à la soumission (à Dieu) et le ramener aux lois
divines ».
Ibn ‘Ajiba Alahasani ajoute : « sache que cette science (le soufisme), n’est pas quelque chose qui s’exprime par
des mots (par le langage) , mais la science du tassawuf est une science des goûts et des états spirituels. Elle ne
peut guère être acquise à partir des écrits ( ce n’est pas une science livresque), mais elle s’acquiert par le
compagnonnage des gens qui connaissent ces goûts et ces états. Elle ne peut être obtenue par la parole(par les
dire), mais elle obtenue par le service des frères et l’accompagnement des gens de la perfection. Par Dieu, n’a
réussi celui qui a réussi que par le compagnonnage de ceux qui ont réussi(auprès de Dieu). »

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Soufisme et Occident

EVA DE VITRAY - MEYEROVITCH


Taille : 217 ko - Dernières modifications : 18/09/2002
Soufisme en Europe occidentale
Le soufisme, à travers ses différentes voies spirituelles, se présente avant tout comme un support de
méditation et il a rarement eu une implication visible dans des phénomènes de société tels que conflits
politiques et sociaux ou luttes pour le pouvoir. Cette discrétion apparente a parfois conduit les historiens à
sous-estimer l'impact réel que l'esprit soufi a pu exercer sur les fondements de la civilisation islamique, ainsi
que l'influence plus ou moins directe qu'il a eu sur l'europe chrétienne médiévale.
Cependant, la sagesse et la sainteté de certains maîtres soufis ont eu un tel rayonnement dans le monde
musulman qu'elles ont fortement marqué les consciences. Ainsi, on retrouve tout naturellement de nombreux
écrits et des témoignages de disciples et de maîtres représentants de voies soufies au sein de diverses civilisations
islamiques qui ont jalonné les quatorze derniers siècles.
Pour ne citer que quelques exemples, on peut évoquer l'enseignement des Naqchabandi principalement en Asie,
des Derviches Tourneurs en Anatolie et en Europe Balkanique, des Qadiri et des Chadilites majoritairement dans
le Maghreb et au Proche-Orient et des Tijani en Afrique. Ces différentes voies se sont répandues depuis le
Moyen-Âge au sein de confréries (tariqas) dans lesquelles le disciple effectue un travail de transformation
intérieure sous la guidance d'un maître vivant réalisé. Aujourd'hui encore, elles continuent de se diffuser et, suite
aux importants mouvements migratoires de ces dernières décennies, elles sont désormais ancrées sur le sol
européen.
De nombreux ouvrages de soufis illustres ont été traduits, principalement en anglais et en français, si bien que
des auteurs tels qu'Ibn Arabî, Ghazali ou Rûmi peuvent être appréciés par un public de plus en plus large. En
conséquence, les confréries européennes se composent désormais non seulement d'hommes et de femmes issus
originellement d'une culture islamique, mais aussi de personnes de souche européenne qui ont avant tout été
touchées par un message qui s'adresse au cœur.
Ainsi, pour suivre l'enseignement d'un maître soufi, il n'y a pas de conditions d'âge, de niveau social, de capacité
intellectuelle ou de connaissance de la langue arabe : ce qui importe, c'est la sincérité de la demande intérieure.
Certains intellectuels européens ont atteint une certaine reconnaissance publique de par la qualité de leurs études
sur le soufisme : Titus Burckhardt (Suisse), Michel Valsan (Roumanie puis France), Martin Lings (Angleterre),
michel Chodkiewiecz et René Guénon (France).
Ce dernier eut sans aucun doute un rôle d'éclaireur pour les européens en quête de sens et son œuvre demeure
inégalée dans l'étude des traditions, du symbolisme et des possibilités d'une véritable initiation spirituelle. Ses
livres et ses articles, qui ont été écrits durant la première moitié du vingtième siècle, ont gardé un impact
incontesté en cette fin de siècle. En effet, à l'aide d'un vocabulaire simple, ils répondent avec profondeur et
lucidité aux problématiques spirituelles, toujours d'actualité, qui sont nées avec l'avènement du monde moderne.
Regards sur le passé
En premier lieu, il faut préciser que, dans les différentes civilisations islamiques, le soufisme a rayonné bien au-
delà des voies spirituelles et a inspiré fortement l'ensemble de la société.
Dès le plus haut Moyen-Âge, on relève l'existence de traités de chevalerie (futuwah), notamment au sein de
corporations de métiers, qui eurent pour effet de favoriser un élan de spiritualité dans les différentes couches de
la société. Ces corporations étaient en fait un prolongement naturelle de la spiritualité soufie qui trouvait dans de
tels modes d'expression l'occasion de mettre en pratique dans le monde l'enseignement reçu au plus profond du
cœur.
En effet, si on ne peut affirmer que tous les membres d'ordres chevaleresques ou de corporations de métiers
étaient soufis, par contre, on retrouve dans ces organisations bien des valeurs communes aux confréries soufies :
initiation préalable, recherche d'une excellence de comportement, générosité dans les actes de la vie quotidienne,
liens de fraternité entre les membres, utilisation d'un langage symbolique, exaltation de la beauté de la création…

Si l'on adopte un point de vue extérieur sur les rapports que l'Europe occidentale et l'Islam ont entretenus, on
pourrait conclure un peu trop hâtivement qu'ils se sont toujours présentés comme une succession de conflits ou
de guerres et une incompréhension mutuelle.
Le Christianisme et l'Islam médiévaux semblent s'exclure radicalement et revendiquent chacun le droit d'être la
seule religion universelle. Cette vision est largement confirmée par des évènements tels que les Croisades et la
Reconquista espagnole pour lesquels l'histoire ne retient que les aspects les plus violents. Cependant, en
examinant plus attentivement les témoignages issus du cœur de chacune de ces deux traditions, on est frappé et
surpris par les similitudes, les analogies et les influences mutuelles que l'on peut relever dans les domaines tels
que l'art sacré, la littérature et l'esprit des organisations initiatiques.
Dans cette perspective, des représentants du soufisme ont été amenés à jouer un rôle actif de premier ordre. En
effet, les soufis ont toujours tenté de maintenir un contact avec les représentants d'organisations chrétiennes,
conscients de l'importance de ses échanges, et ceci même dans un contexte d'hostilité réciproque entre les formes
extérieures du Christianisme et de l'Islam. Ce type de contact échappe à toute forme de prosélytisme et fait appel
aux liens profonds qui unissent des expressions traditionnelles authentiques.
Présence musulmane en Europe occidentale
Il n'est pas inutile de rappeler que, durant le dernier millénaire, une partie de l'Europe méditerranéenne n'a pas
toujours été majoritairement chrétienne. En effet, au cours du VIIème et du VIIIème siècle, l'Islam s'est très
largement répandue en Asie, en Afrique et en Europe.
L'Espagne et l'Italie du sud ont été adminitrées pendant plusieurs siècles par les musulmans et ce n'est même
qu'en 1492 que le royaume de Grenade en Andalousie fut repris par la Reconquista catholique.
Dès le IXème siècle, alors que l'Europe chrétienne voyait l'empire de Charlemagne se disloquer, la civilisation
islamique d'Espagne et de Sicile connaissait un « Âge d'or » qui se caractérisa par une effervescence
intellectuelle et une inventivité artistique sans pareille. Des chefs-d'œuvres architecturaux, encore visibles
aujourd'hui, tels que la grande mosquée de Cordoue, l'ancien minaret de Séville (la Giralda) ou le palais de
l'Alhambra à Grenade, témoignent du haut degré de raffinement des dynasties musulmanes qui se succédèrent
pendant sept siècles sur le sol ibérique. Cette présence a notamment pu favoriser le développement de voies
soufies dont un de ses plus illustres représentants fut Mouyiddin Ibn Arabî, né à Murcie en 1165.
Ce dernier connut un accomplissement spirituel exceptionnel et légua une œuvre écrite considérable qui est,
aujourd'hui encore, une référence majeure dans la littérature soufie. En particulier dans l'un de ses ouvrages
« Les soufis d'Andalousie », il brosse le portrait de plusieurs dizaines d'hommes et de femmes de souche ibérique
très avancés dans la voie et dont la sagesse servait d'exemple pour leurs contemporains.
Alors qu'une partie du Languedoc devenait une enclave musulmane, au cours du VIIIème siècle, la Gaule
méridionale reçut sur son territoire des émissaires venus d'Espagne et du Maghreb. Les vestiges matériels de
cette époque sont rares, mais on a cependant retrouver des poteries et des monnaies à proximité de Carcassonne,
Perpignan et Narbonne.
Sur le plan architectural, le principal vestige de cet époque, bâti par des musulmans à proximité de la France se
situe à Saragosse, au pied des Pyrénées espagnoles. On peut y visiter un ancien palais (l'Aljaferia) érigé sous la
dynastie des Benihud vers 1050 qui contient une mosquée privée dont la décoration est caractéristique de l'art
almohade.
Même après la constitution de l'Empire carolingien, puis de la société féodale, la présence musulmane dans le
Languedoc et en Provence est attestée. Parmi les principales preuves matérielles d'une communauté musulmane
durablement installée, la mise à jour au cours de fouilles de plusieurs stèles funérères à Aniane (Hérault) et au
centre de Montpellier, datant des XIème et XIIème siècles, est particulièrement édifiante. Sur l'une d'entre elles,
on peut lire : « Ceci est la tombe du faqih (juriste) de l'année 533 (soit l'an 1138 du calendrier chrétien) » et par
ailleurs, « …Il atteste qu'il n'y a pas de divinité en dehors de Dieu l'Unique qui n'a pas d'associé … ». Ce type de
découverte se conçoit d'ailleurs assez aisément si l'on songe que Montpellier était alors un port très actif et ouvert
sur le pourtour méditerranéen et en particulier sur l'Espagne et la Palestine qui jouaient alors un rôle économique
majeur.
La présence de dynasties et de communautés musulmanes en Europe occidentale, les pèlerinages de Saint
Jacques de Compostelle et de la Terre Sainte ainsi que les séjours de nombreux chrétiens en pays musulmans,
dans lesquels la cohabitation entre juifs, chrétiens et musulmans était généralement vécu de façon paisible, ont
pesé dans l'évolution de notre société.
Il est maintenant clairement admis que ce furent les musulmans qui transmirent aux chrétiens, parfois par
l'intermédiaire de savants juifs, de nombreuses connaissances dans des sciences telles que la philosophie, les
mathématiques, l'astronomie ou la médecine. En effet, dans ces disciplines, tous les écrits issus du monde
chrétien sont postérieurs d'au moins un siècle à leur équivalents musulmans et reprennent fidèlement l'argument
des savants orientaux en l'adaptant à la culture occidentale.
Parallèlement, les domaines touchant à la spiritualité ont également bénéficié de cet apport et nous allons
évoquer ici certaines correspondances.
Echos et homonymies
L'alchimie, dont l'origine remonte à l'Egypte ancienne et qui a été largement développée dans certains ouvrages
soufis, est surtout connue par le grand public comme une technique procurant la possibilité de transformer le
plomb en or.
En fait, sur un plan symbolique, elle s'identifie aux différentes étapes de la transmutation intérieure qui s'opère
chez les individus engagés dans un cheminement initiatique. Elle prit un essor considérable dans l'ésotérisme
chrétien du Moyen-Âge et de la Renaissance. La conservation fidèle de la doctrine et de la méthode originelles
est visible par la terminologie technique utilisée par les alchimistes chrétiens qui est directement transcrite de
l'arabe (alchimie, élixir, alambic …) et par la référence fréquente à certains maîtres vivant en Orient.
Sous le rapport de l'architecture, l'influence islamique existe aussi dans l'art sacré chrétien. D'une façon générale,
l'art roman, bien que profondément original, présente des similitudes avec les modèles architecturaux propres au
monde musulman : successions d'arcs et de colonnes, croisées d'ogives, décors et motifs floraux. Il est né en
Europe méditerranéenne, là où les différentes corporations de bâtisseurs des deux traditions entretenaient des
contacts étroits. Ce type d'échanges a donné naissance à des styles encore plus marqués par le génie islamique
comme l'art mozarabe importé par des chrétiens ayant vécu dans un royaume musulman, ou bien l'art mudéjar
répandu par les musulmans ibériques restés après la Reconquista en royaume chrétien, notamment à Tolède, ou
encore l'art arabo-sicilien né de la rencontre entre les normands et les musulmans en Italie du sud au XIème
siècle.
En France, la plus ancienne pièce romane connue est un linteau qui surmonte l'église du village de Saint Génis-
des-Fontaines (Pyrénées Orientales). Elle est datée de 1020 et sa décoration comporte bien des ressemblances
avec les canons de l'art musulman apparus deux siècles plus tôt. Dans cette région, comme un peu partout en
Espagne, beaucoup de clochers romans sont élancés et détachés de la nef. Leur base carrée et leurs petites
ouvertures en arc rappellent l'architecture des minarets du Maghreb, tel celui de la mosquée Koutoubiya à
Marrakech.
Parmi les signes encore plus explicites, on peut citer une inscription en caractères coufiques d'un monogramme
de Dieu sur un linteau de l'ancienne église de Lamalou-les-Bains (Hérault) ou encore une porte en bois de la
cathédrale du Puy (Haute-Loire) comportant également une inscription en caractères coufiques.
Concernant l'art pictural, la « Vierge de pise » attribuée à Gentile da Fabriano (1370-1450) eut un destin bien
singulier. En effet, l'auréole de la Vierge comporte un motif ornemental dans lequel, pendant des décennies, on
n'avait vu que des arabesques décoratives. Mais, au début du XXème siècle, un érudit orientaliste remarqua qu'en
fait, l'inscription « La ilaha illa Allah » (Il n'y a de divinité que Dieu, formule centrale de l'Islam) avait été
composée en écriture coufique.
Il y a des homonymies auxquelles un premier regard n'attacherait que peu d'importance, mais qui sont en fait
chargées de significations. Il en est ainsi de « L'île verte » ou des « Amis de Dieu ». Comme l'a remarqué
l'orientaliste Henry Corbin, ces termes se retrouvent à la fois dans les écrits de l'ésotérisme islamique iranien et
dans ceux d'une communauté de chevaliers de l'ordre de Saint Jean. Cette communauté fut fondée à Strasbourg,
au lieu dit « L'île verte », au XIVème siècle et ses membres étaient appelés les « Amis de Dieu ». Ils
entretenaient des contacts réguliers avec Jean Tauler (1300-1361), le célèbre disciple et continuateur de maître
Eckart. Les correspondances écrites du principal fondateur, Rulman Merswin, encore conservées aujourd'hui,
relatent les liens spirituels qui l'unissaient avec un mystérieux personnage, appelé « L'ami de Dieu du Haut-
Pays » dont il est impossible de connaître l'identité réelle, mais qui avait clairement une fonction de « pôle
spirituel » pour la communauté.
Dans l'ésotérisme islamique, le terme « Amis de Dieu » a son équivalent exact (awliya Allah) et désigne des
hommes, ni clercs, ni laïques, liés par un pacte de chevalerie qui les destine à la réalisation spirituelle en Dieu.
On retrouve aussi le terme « L'île verte » dans certaines légendes initiatiques, il y indique une terre symbolique
inviolable, située aux confins de la Mer Blanche. Sur cette terre réside le « pôle spirituel » du monde et il est dit
que « les habitants y vivent dans un état de perpétuelle jeunesse. »
Une autre homonymie remarquable concerne l'utilisation du mot « pauvre ». Ce mot désigne à la fois les
disciples (i poveri) de Saint François d'Assise (1182-1226) et les aspirants d'une voie soufie (foqaras en arabe,
derviches en persan). La doctrine de Saint François d'Assise visant au dépouillement intérieur afin de déloger la
toute puissance de l'égo présente beaucoup de similitudes avec l'enseignement propre aux voies soufies. Saint
François d'Assise effectua plusieurs voyages au Maroc et en Egypte et prônait d'entretenir avec les musulmans
des relations courtoises en évitant tout esprit de controverse, ce qui tranchait des relations belliqueuses
qu'entretenaient les deux communautés à cette époque : « Tout ce qu'il y a de bon dans les écrits des païens
(musulmans) n'appartient ni aux païens ni à qui que ce soit, mais à Dieu seul, de qui nous vient tout bien. »
Une entrevue datée de 1219 est restée célèbre entre Saint François d'Assise accompagné de quelques disciples
d'une part, et le sultan al-Mâlik al Kâmil assisté du soufi Fakhr ad din Farisi, lointain disciple de Hallaj, d'autre
part. On ne connaît pas les propos qui furent échangés à cette occasion, mais on sait que l'entretien dura plusieurs
jours et qu'il s'acheva par de chaleureuses salutations réciproques.
Perception des soufis par les Européens
Dans la plupart des récits de chrétiens relatifs à l'Islam, on retrouve un ton polémique et une appréciation
négative qui révèlent rivalité et incompréhension. Les sujets de querelles dépassent souvent les aspects purement
théologiques et sont accentués par les différences culturelles.
Cependant, il semble que, au moins dans plusieurs cas, la perception des européens vis à vis de la mystique
soufie et de ses représentants soit beaucoup plus positive, surtout pour ceux qui ont été amenés à les approcher.
Ainsi, le théologien catalan Raymond Lulle (1235-1315) écrivit une littérature abondante afin de convaincre de
la justesse de la foi chrétienne vis à vis de l'Islam. Il apprit l'arabe et les fondements de la tradition islamique et
effectua plusieurs voyages en Afrique du Nord afin de « convertir les infidèles à la vraie religion ». Dans un de
ses ouvrages « Le livre de l'Ami et de l'Aimé », Lulle dit s'inspirer de « ceux appelés soufis dont les paroles
d'amour et les exemples concis donnent aux hommes une grande dévotion ». Ses références aux thématiques de
la mystique musulmane sont frappantes et un commentateur du début du siècle considère Lulle comme un
« soufi christianisé ».
Nous avons vu plus haut que les alchimistes chrétiens faisaient clairement référence à des sources provenant du
soufisme. Le grand philosophe et savant anglais, surnommé le Docteur admirable, Roger Bacon (1220-1292)
n'hésite pas à affirmer que Geber devait être considéré comme le « Maître des maîtres ». Geber désigne en fait
Abou Moussa Jabir al Soufi, ayant vécu vers l'an 800 près de Bagdad et auteur d'ouvrages alchimiques dont les
multiples traductions furent répandues à travers l'Europe.
Plus près de nous, l'émir Abd el-Kader (1808-1883) fut surtout célèbre pour son rôle de résistant face à la
conquête de l'Algérie par la France et il s'illustra notamment par sa bravoure et son esprit chevaleresque. Son
rattachement dès le plus jeune âge à une voie soufie et la richesse inépuisable de ses « Ecrits spirituels » attestent
la grande dimension sprirituel de ce combattant-écrivain hors du commun. Après s'être rendu à la France, Abd
el-Kader et ses proches furent gardés en résidence surveillée successivement dans plusieurs villes de France
(Pau, Amboise, Paris) et, dans un contexte aussi tendu, alors que l'émir pouvait être perçu comme un ennemi de
la France, il est remarquable de constater que partout où il séjourna en France, il reçut un accueil très chaleureux
de la population qui voyait en lui avant tout ses qualités de cœur et son courage. Lorsque quelques années plus
tard, alors qu'il avait trouvé refuge à Damas, il protégea des milliers de chrétiens qui risquaient d'être massacrés
au cours d'un conflit par des troupes musulmanes, il fut internationalement salué comme un modèle de tolérance
et de générosité.
En fait, à travers chacun de ses actes, l'émir mettait en pratique l'enseignement qu'il avait reçu et son action dans
le monde était le prolongement naturel de la contemplation de l'Unique.
Amour courtois d'Orient et d'Occident
Un des traits caractéristiques du génie arabe et en particulier de la culture des bédouins est l'extraordinaire
facilité avec laquelle ils expriment les émotions et les symboles les plus forts par l'intermédiaire de la poésie. Ce
mode d'expression, déjà couramment utilisé au cours de la période préislamique, a largement puisé dans le thème
de l'amour qui souvent évoqué à travers les rapports complexes entre amoureux éperdu et une femme idéale,
inaccessible, parée de toutes les qualités divines. Les poètes soufis ont maintes fois exploité ce modèle pour
décrire les états d'exaltation, de souffrance, de perplexité, de soumission et de plénitude liés à l'expérience
amoureuse. L'amour humain devient ainsi une image de l'amour spirituel et l'amoureux incarne le disciple qui
aspire à l'Union à Dieu symbolisée par la femme convoitée. Ces vers de Ibn al-Farid donnent un aperçu de
l'embrasement d'amour qui emporte l'amoureux lors de son voyage intérieur : « Je suis ton esclave et ne songe
pas à me libérer de cet esclavage. Voudrais-tu m'en libérer que je refuserais cette liberté, Et si tu m'éloignais, je
reviendrais. Ta beauté a fait de moi un prisonnier ! Ton charme m'a enchaîné à toi, mais mon esclavage m'est
infiniment doux ! »
Ce « culte de la dame » évoque irrésistiblement l'amour courtois chanté par les poètes du Moyen-Âge chrétien.
Troubatours occitans, trouvères du nord de la France, minnesänger d'Allemagne, poètes du dolce stil nuevo
d'Italie : tous furent des interprètes vibrants et originaux de ce nouvel art d'aimer qui surgit si brusquement au
cœur d'une Europe dont l'héritage culturel et spirituel ne comportait que fort peu d'œuvres comparables. En effet,
ces poèmes présentent peu de caractéristiques communes avec ceux de la tradition gréco-latine alors que les
similitudes avec la poésie arabe sont frappantes : thématique, lyrisme, forme rythmique, rimes, structures des
strophes, accompagnement musical. Les noms désignant les instruments musicaux de l'époque (luth, guitare,
tambour, rebec) sont d'ailleurs autant de mots d'origine arabe ou persane.
Dans le monde chrétien, le premier troubadour reconnu est Guillaume IX (1071-1127), duc d'Aquitaine et conte
de Poitiers, dont le père sortit vainqueur d'une bataille contre les musulmans à Barbastro (Espagne). En guise de
butin, celui-ci revint chez lui avec plusieurs centaines de prisonnières provenant du camp ennemi qui, pour la
plupart d'entre elles étaient chanteuses ou musiciennes. Par ailleurs, la sœur de Guillaume IX épousa Alphonse
VI, roi de Castille et de Léon, fervant amateur d'échecs et surnommé le « demi-arabe », qui en secondes noces
épousa Saïda, fille d'un des plus grands poètes andalous. C'est donc à travers ce métissage culturel de part et
d'autre des pyrénées que jaillit cet appel à « l'esclavage de l'amour » dont les échos se firent entendre au sein de
toute l'Europe. Une miniature relevée dans un manuscrit des « Cantiques à la Vierge » composés par le roi de
Castille Alphonse X le Sage (1221-1284) illustre ces échanges : elle montre deux ménestrels, l'un musulman,
l'autre chrétien, jouant ensemble du luth. Sur cette représentation, on remarque que le musicien chrétien regarde
dans la direction du musulman vers lequel il semble trouver la source de son inspiration.
Un cas particulier, Dante
Dante Alighieri (1265-1321) est aujourd'hui considéré comme le père de la poésie italienne et son œuvre
maîtresse « La divine comédie » est unanimement considérée comme un joyau de la littérature européenne. Cette
œuvre décrit le voyage symbolique de Dante à travers l'Enfer, le Purgatoire, et le Paradis sous la conduite de
Virgile, puis Béatrice et enfin Saint Bernard. Dans les nombreuses études qui ont été consacrées à cet auteur, les
engagements de Dante ont souvent été interprétés sous un angle politique et l'œuvre écrite a surtout été étudiée
pour son inspiration poétique. En fait, « La divine comédie » comme la plupart des autres ouvrages de Dante, est
avant tout un support de méditation pouvant être perçu à de multiples degrés et sa symbolique reprend très
fidèlement les notions développées par les poètes soufis. En particulier, de nombreuses correspondances avec le
« Livre du Voyage Nocturne » de Ibn Arabi, écrit un siècle plus tôt, et qui montre la descente aux enfers puis
l'ascension à travers les différents cieux accomplies par le Prophète de l'Islam, ont pu être établies. Parmi les
similitudes entre les deux œuvres, nous pouvons retenir la description de l'Enfer et du Paradis ou bien les
différentes étapes accomplies par les voyageurs au cours de leur parcours initiatique.
Ces concordances sont suffisamment nombreuses et précises pour rejeter l'hypothèse d'une simple coïncidence
fortuite. Il semble bien que Dante se soit inspiré des sources islamiques pour exprimer de telles notions
métaphysiques. Il est en effet possible que Dante ait pu prendre connaissance des diverses traductions du « Livre
de l'échelle » (Kitab al miraj) qui ont circulé au XIIIème siècle à la cour de Alphonse X le Sage, successivement
en castillan, en latin et en français. Comme ce livre est constitué du témoignage du Prophète Mohammad
lorsqu'il fut conduit par l'archange Gabriel à travers les cieux, il aurait peut-être permis à Dante de concevoir son
ouvrage.
Mais, une autre hypothèse, défendue par René Guénon, envisage un rattachement du poète italien « à une
organisation à caractère secret appelée — Fidèles d'amour— dont il aurait été lui-même l'un des chefs. » Ce type
d'association était inspiré par des personnalités appelées « Frères de la Rose Croix » qui étaient habilités à
enseigner les sciences propres à l'ésotérisme islamique. « Ceux-ci formaient un anneau de la chaîne reliant
l'Orient et l'Occident et établissaient un contact permanent avec les soufis, contact symbolisé par les voyages en
Orient de leur fondateur légendaire Christian Rosenkreuz. »
En conclusion, s'il est désormais évident que la spiritualité soufie est largement représentée aujourd'hui en
Occident, les divers éléments que nous avons rassemblés ici attestent l'influence qu'a exercé l'Islam sur
l'Occident chrétien depuis le haut Moyen-Âge et à divers moment de l'histoire, en particulier grâce au
rayonnement de l'Espagne et de la Sicile alors musulmanes.
Cette influence a pu s'exercer notamment par l'intermédiaire de représentants du soufisme qui ont entretenu des
relations très profondes avec certaines organisations chrétiennes à qui ils ont transmis de nombreuses notions
fondamentales.
Ainsi, ces relations ont contribué à faire émerger et à vivifier le génie artistique et spirituel de l'Europe
occidentale à travers ses principales composantes : corporations de métiers, organisations chevaleresques, poètes
de l'Amour courtois ou alchimistes. Elles se situaient à un niveau où s'opère une conjonction spirituelle véritable,
très éloignée d'un vulgaire syncrétisme ou d'une assimilation forcée, niveau à partir duquel se manifeste l'Unité
reliant toutes les Révélations authentiques, et en particulier les héritières de la Tradition Abrahamique : le
Judaïsme, le Christianisme et l'Islam.
Qui se connaît soi-même et connaît les autres Saura reconnaître également ceci : L'Orient et l'Occident Sont
indissolublement liés Goethe (Divan occidental et oriental).
Extrait de la revue : Soufisme d'Orient et d'Occident (numéro 2)
Eléments bibliographiques – L'Islam et le Graal de Pierre Ponsoye, Arché Milano, 1976 – Aperçus sur
l'ésotérisme islamique et le Taoïsme de René Guénon, Gallimard, rééd. 1992 – L'ésotérisme de Dante de René
Guénon, gallimard, rééd. 1984 – Pour un aboutissement de l'œuvre de René Guénon – vol.3 de Jean Rayor,
Arché Milano, 1991 – Les soufis d'Andalousie de Ibn Arabi, Sinbad, 1984 – Le soleil d'Allah brille sur
l'Occident de Sigrid Hunke, Albin Michel, rééd. 1991 – En Islam iranien – vol.4, de Henry Corbin, Gallimard,
rééd. 1991 – La Futuwah, traité de chevalerie soufie de Sûlami, traduit et annoté par Faouzi Skali, Albin Michel,
1993 – Islam et chrétiens du midi collection Cahiers de Fanjeaux, Privat, 1983 – L'émir Abd el-Kader de Bruno
Etienne, Hachette, 1997 – Rencontre sur l'autre rive François d'Assise et les musulmans de Gwenolé Jeusset, Ed.
Franciscaines, 1997 – La fin'Amor de Jean-Claude Marol, Points Sagesses, 1998 – Les troubadours de Henri-
Irénée Marrou, Points Histoire, rééd. 1997 – Les amis de Dieu de Bernard Gorceix, Albin Michel, 1993

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Soufisme féminin

La femme a joué un rôle primordial dans le mysticisme islamique.


Dans l'entourage du Prophète -sur lui la paix et le salut-, mentionnons celles qui portent le nom honorifique de
"Mère des croyants". Tout d'abord, la "Meilleure des femmes" (khayr an-nisâ'), notre mère Sayyida Khadija -que
Dieu l'agrée-, fut la première épouse de notre Prophète bien-aimé -sur lui la paix et le salut-. Elle fut celle qui,
après les premières révélations du Prophète Muhammad -sur lui la paix et le salut-, le consola et l'encouragea.
Après la mort de Sayyida1 Khadija, le Prophète -sur lui la paix et le salut- épousa Sayyida 'Aïsha -que Dieu
l'agrée- qui fut très active aux côtés du Prophète -sur lui la paix et le salut- Elle rapporta un grand nombre de
récits sur la vie du Prophète et elle participa personnellement à la bataille pour la défense du sunnisme.
La plus jeune fille de Sayyida Khadija et du Prophète Muhammad -sur eux la paix et le salut-fût Sayyida Fatima
-que Dieu l'agrée- .Tout comme sa mère Sayyida Khadija mais aussi comme Marie, mère de Jésus, et d’Assiya,
femme du Pharaon, Fatima fut considérée comme étant la meilleure des femmes. Le rang très élevé et la
noblesse de leur caractère font de ces dernières des modèles de piété pour tous les croyants ; qualités dont Dieu
fait l'éloge dans plusieurs versets du Coran. Suivant leurs traces, les descendantes du Prophète furent souvent
célèbres pour leur piété, telle que Sayyida Nafisa, l'une de ses arrières petites-filles qui installée au Caire, fut
réputée pour sa piété ascétique.
Dans l'entourage du Prophète, certaines femmes émigrèrent dès le début de l'ère islamique en Abyssinie. L'une
de ses parentes, Umm Haram, manifestait un amour tant exalté pour Dieu qu'elle participa aux campagnes
guerrières musulmanes et mourut en martyre pendant l'une d'entre elles (en 649).
Dans les premiers temps marqués par le mouvement ascétique apparut la célèbre sainte Rabi'a al-'Adawiyya de
Basra. On lui attribue l'expression de l’amour mystique par ces termes :
« Je veux verser de l'eau dans l'Enfer et mettre le feu au Paradis afin que disparaissent ces deux tentures et que
les hommes cessent de prier Dieu par peur de l'Enfer ou par espoir d'entrer au Paradis, mais uniquement pour Sa
beauté éternelle. »
Rabi'a a également exprimé le chagrin d'amour et la douleur conséquents au rapprochement et à l'éloignement de
Dieu, à travers ses épreuves. Le soufi indien Qutbaddin Bakhtiyar Kaki (1235) rapporte à son sujet que « quand
Dieu lui infligeait une épreuve, elle était heureuse et disait : Aujourd'hui, l'Ami s'est souvenu de moi ! Quand une
journée se passait sans la moindre mise à l'épreuve, elle pleurait et disait : Qu'ai-je fait de mal pour qu'Il ne pense
pas à moi ? »
Rabi'a ne fut certes pas la seule ascète pieuse à se consacrer entièrement à l'amour de Dieu. D'autres femmes
soufies ont atteint des rangs élevés telle que Maryam al-Basriyya qui accompagna Rabi'a et qui mourut en
extase. Un poème turc lui a été consacré (par Lale Müldür ) :
Maryam de Basra
Fut une servante de Rabi'a.
A peine eut-elle fait l'expérience
De l'Amour divin
Qu'elle s'effondra sans connaissance.
Lors d'une séance de Dhikr
Elle mourut subitement d'amour.
Dieu a des servantes semblables à la pluie :
quand elles tombent sur la terre, elles deviennent du grain,
quand elles tombent dans la mer, elles deviennent des perles.
De la même manière que les hommes, les femmes se sont réunies au sein de zawiyât ou ribât, rattachés ou non à
de grandes confréries, à Baghdâd, au Caire et à Alep, et bien d'autres régions du monde musulman. Non
seulement elles priaient, chantaient, observaient les rites et pratiques soufis, mais aussi elles prêchaient et
enseignaient. Hormis les zawiyât, les femmes se réunissaient entre elles, formaient des cercles de prière, allaient
en pèlerinage et allaient se recueillir auprès des mausolées des grands saints.
En Andalousie, Ibn 'Arabî a rendu hommage, aux grandes femmes ascètes de Séville et de Cordoue qu'il avait
rencontré. Parmi elles, Fatima bint al-Muthanna (XIIIè siècle), selon les propres mots du Maître andalou, elle
était « la miséricorde des habitants de cette terre ». En dépit de sa grande pauvreté, elle était d'une bonne humeur
inébranlable, chantant gaiement la Grâce divine. Ibn 'Arabî rencontra également Shams, « la mère des pauvres »,
âgée de plus de quatre-vingt années, il la décrivit comme une mystique de haut rang, douée d'une intuition peu
commune mais qui, le plus souvent, tenait secret son niveau spirituel élevé.
Dans le dîwân d’Ibn Arabî, sur vingt-cinq poèmes consacrés à la khirqa qui est un vêtement par l’attribution
duquel certains maîtres symbolisaient l’investiture spirituelle qu’ils donnaient à un(e) disciple, quinze évoquent
des investitures accordées par le Shaykh à des femmes. A propos de l’une d’elle, par exemple, prénommée
Fâtima, il déclare :
J’avais le désir que me soit donné
Une fille. Par elle, Mon Seigneur m’a comblé.
D’une autre femme, Safiyya, il dit ceci :
J’ai revêtu Safiyya de la khirqa des pauvres
Car elle s’est ornée de la parure des umanâ’ *
Elle a réalisé toute vertu, s’est départie
De ce qui est contraire et a surpassé ses pareilles.
Elle a parfait et sanctifié ses qualités
Et a assumé tous les Noms divins.
* Les umana’ sont ceux qui sont dignes de confiance et représentent dans l’hagiologie akbarienne un degré
supérieur.
Un autre poème, où il mentionne l’investiture qu’il a conféré à une femme, apporte des précisions sur la manière
dont il conçoit la transmission de sa khirqa, ce qu’on appellera plus tard la khirqa akbariyya. On remarquera au
passage que le Shaykh autorise explicitement des femmes à transmettre cette investiture.
J’ai revêtu la fille de Zakî ad-Dîn de ma khirqa
Après qu’elle a été mon compagnon et a suivi mon enseignement (…)
Que ma fille revête qui elle veut de ma khirqa
Dès lors que sont réalisés les Noms divins et la filiation (…)
Et selon les conditions que j’ai déposées dans mes écrits.
De manière générale, Anne-Marie Schimmel, auteur de plusieurs œuvres sur l'Islam et sur le Soufisme, conclue
justement, à la fin de son œuvre, L'Islam au féminin, que :
« dans le monde islamique, l'image de la femme pieuse, attirée par une vie ascétique et mystique, revêt de
multiples visages : des ascètes strictes, des femmes portées à l'érudition, des souveraines qui, tout en remplissant
les obligations de la vie courtoise, conservaient leur attachement aux œuvres religieuses ; de jeunes filles ou de
vieilles femmes dont les noms ne révèlent que peu de choses sur leurs expériences mystiques et qui pourtant,
grâce à leur Baraka, la puissance de leur bénédiction, prodiguèrent leur consolation à des milliers de femmes au
cours des siècles ; des personnes vers lesquelles filles et femmes des villes et des campagnes pouvaient se
tourner avec leurs soucis et dont elles pouvaient espérer de l'aide.
En un mot, l'image de la femme vénérable revêt une importance particulière pour les croyantes qui trouvent
souvent réconfort et apaisement auprès de leurs consœurs, qu'elles soient vivantes ou qu'elles aient disparu
depuis longtemps. »
Aujourd'hui, grâce au renouveau spirituel de la Tariqa Al-Qadiriya Al-Boutchichiya, guidée par son maître
vivant Sidi Hamza Al-Qadiri Boutchich, le Soufisme retrouve un élan spirituel fort et nouveau, et la femme
soufie prend pleinement part à cet élan. Les femmes de la Tariqa Al-Qadiriya Al-Boutchichiya, sur les
orientations du maître de la Tariqa, participent à des séances de Dhikr régulières. Elles participent aussi à la vie
de la Zaouiya et prennent part, comme leurs confrères, aux activités sociales de la voie.
Aujourd'hui encore, dans la Tariqa, des femmes décédées ou encore vivantes sont connues pour leur piété, leur
grande sagesse et leur amour de Dieu. Ces femmes, d'une grandeur d'âme élevée, ont su et savent garder la
sobriété extérieure qu'impose le respect de la Shari‘a ( loi divine ) et les contraintes de la vie de tous les jours ;
mais de leur amour et de leur présence marquée par l’excellence de leur comportement, elles ont fait et font
profiter toutes celles qui parmi leurs consœurs ont eu la chance de les côtoyer.
1
Sayyida : est un titre de noblesse et une marque de respect donnés aux femmes d'un haut rang religieux.
Le dialogue dans le Coran

Introduction
Le Coran de part son intemporalité et son universalité a posé les bases d’un dialogue qui s’adresse à toutes les
créatures en respectant les spécificités de chacun, en appelant à l’entre connaissance mutuelle et oeuvrant par la
sagesse, la douceur, et la preuve argumentative, sans pour autant renier l’autre ou le mépriser et en mettant en
avant l’amour que le croyant porte pour toutes les créatures. Il adopte une pédagogie éducative que le monde
moderne découvre de nos jours avec une grande stupeur. De l’exhortation (al maw‘iza), à la controverse (Al-
hijâj), à l’éloquence (Al bayân ), en passant par la discussion (Al jidâl) et la concertation intime (al munâjât). En
finissant par les convenances que les fidèles en Islam se doivent de respecter entre eux ou quand ils se confient
au Messager : le Coran trace les lignes d’un dialogue méthodique, utile, claire et sage.
Le dialogue avec les autres religions obéit selon le Coran aux règles de bonnes convenances mettant l’accent sur
les valeurs universelles communes qui constituent le terrain d’entente par excellence qui devra permettre une
compréhension mutuelle entre les belligérants : loin de tout complexe de supériorité ou d’infériorité.

Pédagogie du dialogue
I. Pédagogie du dialogue
1. Etymologie du mot dialogue
Le terme dialogue (hiwar) est dérivé de (hawara) qui veut dire revenir. Nous retrouvons ce sens dans le Coran,
comme lorsque Dieu dit de celui qui a mal compris le véritable sens de la Révélation :
« Il pensait ne devoir jamais revenir (yahura) vers Dieu » [1]
Et nous trouvons également bien d'autres dérivés avec le sens de« discuter » comme lorsque Dieu dit :
« Le mieux nanti d'entre eux, s'entretenant (yuhawiru) avec son compagnon.. » [2]
Le dialogue suppose donc deux interlocuteurs, un langage et une compréhension mutuelle.
2. Les qualités du dialogue
Dieu nous apprend de quelle manière converser avec les gens pour les amener à la conversion. Nous y relevons
ainsi une série de conditions :
a. La modération du départ
Dans le Coran, il est conçu « un point de départ » pour le dialogue.
En premier lieu, les deux antagonistes se trouvent dans une position d'égalité totale. Certes, l’une des parties peut
avoir raison alors que l'autre aurait tort, cela n'empêche pas que Dieu enseigne à Son noble Prophète le code du
dialogue en lui disant :
« Ajoute : « Certes, nous devons être les uns ou les autres ou dans la bonne voie ou dans la pire aberration »
[3]
Alors même que le Prophète est certain qu'il est dans le vrai, il doit respecter les règles du dialogue qui
déterminera par la suite qui des deux a tort. C’est l’objet aussi de ce que l’on détaillera plus loin en ce qui
concerne le dialogue avec les gens du livre.
Dans la manière de mener le dialogue en Islam, il existe un point de départ et un mode particulier :
« Appelle au chemin de ton Seigneur avec la sagesse et la bonne exhortation, puis discute avec eux sur un ton
modéré » [4]
Le ton modéré est à employer dans une discussion dont le point de départ est la vérité.
Toutefois, il est parfois préférable de recourir à la persuasion. Celle-ci utilise la connaissance certaine et renvoie
à la "sagesse" mentionnée dans le verset suivant :
« Appelle au chemin de ton Seigneur avec la sagesse et la bonne exhortation, puis discute avec eux sur un ton
modéré » [5]
b. La sagesse
« Appelle au chemin de ton Seigneur par la sagesse et la bonne exhortation »
La « sagesse » est généralement un générique de tout ce qui est bien et profitable pour les hommes, mais ici elle
signifie plutôt la connaissance authentique et la science précise dont on ne saurait se détourner et qui ne souffre
ni déformation ni travestissement. Celui donc qui dialogue avec autrui doit s'appuyer d'abord sur une
connaissance véritable. C'est d'ailleurs pour cela que le Prophète (P.S) reprenait souvent cet enseignement
coranique :
c. La clairvoyance
« Dis: "Voici ma voie : appeler à Dieu en toute clairvoyance » [6]
C'est à dire sans précipitation aucune et avec pondération, car il détient la connaissance véritable et inébranlable.
d. La douceur
« Allez trouver Pharaon: son impiété s'accroît de jour en jour ! Parlez-lui sur un ton affable! » [7]
Dieu, à travers plusieurs de ses versets coraniques met l’accent sur cette valeur. Ainsi, lorsque Dieu le Tout
Puissant donne l'ordre à Moïse et à son frère Aaron de se rendre auprès de Pharaon. Malgré la tyrannie de
Pharaon, Dieu conseille le recours à la douceur, sans violence ni passion.
Il s’agit de la douce parole réconfortante qui s'adresse directement au coeur.
Pourquoi une parole douce ? Quels en sont les effets ? Dieu nous l'explique :
« Peut-être en sera-t-il édifié ou sera-t-il porté à Me craindre » [8]
En d'autres termes, l’incitation en douceur est une étape nécessaire ; elle peut produire ses effets et l'usage n'en
est pas nécessairement vain.
2. Les différents modes de dialogue
Les modes de dialogue que nous pouvons distinguer dans Le Livre Saint, sont la discussion (jadal), la
controverse (hijâj) et
a. La discussion (jadal)
Dans de nombreux versets coraniques, nous trouvons des termes comme Jadal, qui signifie « discussion »
employé avec son antonyme, Mira` qui consiste à disputer et à contester sans raison.
« Dieu a entendu les propos de celle qui discutait (tujâdilu) avec toi au sujet de son époux, tandis que sa plainte
s'élevait vers Dieu. Dieu entendait votre dialogue, car Il entend tout, voit tout »[9]
Ceci montre que tout un ensemble de champs lexicaux et sémantiques relatifs à la notion de « dialogue » figure
dans le Coran.
b. L’exhortation
Un compagnon du Prophète (P.S), Al `Arbad ibn Siriya a dit : « Le Prophète nous a exhortés de sorte que nos
coeurs palpitèrent et nos yeux larmoyèrent ». Telle est la bonne exhortation !
Dans ce hadith, l’exhortation est caractérisée par l'adjectif « bonne » pour insister et pour nous indiquer la
manière dont le dialogue doit se construire.
c. L'argumentation
« Produisez vos preuves, si vous êtes dans le vrai (si vous êtes sincères) »[10]
Le Coran contient plusieurs versets qui stipulent que les détracteurs doivent présentent leurs arguments.
Il s’agit de « discuter avec eux », dans le sens d’un affrontement verbal, en usant d'argumentation. Chacun des
protagonistes présentera ses preuves et défendra son point de vue.
d. La discusion creuse (mira’)
Dans le champ lexical du dialogue, on retrouve notamment la notion de « dispute » (Mira`) à travers le verset
suivant.
« Ne discute (ne creuse) (tumâri) donc à leur sujet que d’une façon apparente (superficielle) (mira ‘) et ne
prends à leur sujet l’opinion d’aucun d’eux » [11]
Dieu évoque la dispute relative au nombre personnes parmi des gens de la caverne qui n’était d’aucune
utilité pour les croyants.
e. La controverse (Hijâj)
Il est une ancienne science spéciale chez les Arabes qu'ils nomment « la controverse » (Hijâj) où l'on préconise
un mode de comportement qu'ils nomment « lâcher du lest » en d'autres termes, cela consiste à concéder
certaines vérités au protagoniste même s'il devait l'emporter dans la discussion.
Le mode de discussion préconisé dans le verset qui suit, concernant le dialogue entre Abraham et Dieu à propos
de la revivification des morts, comporte un arrangement des situations et une coordination entre les
protagonistes. C'est ce qu'on appelle en rhétorique « l'amassement et le déploiement » (Al-laf wa Nachr).
Dieu enseigne ensuite par la preuve (hujja) à Ibrahim qu’Il est le plus grand : par la vision comparative des
astres, Il montre qu’Il est plus digne d’être adoré.
Allah a révélé au Prophète Mohammad (psl) comment Il enseigne à Abraham :
« Quand la nuit l’enveloppa de ses ténèbres, il vit un astre. Il dit : « Voici mon Seigneur ! » Lorsqu’il disparut à
l’horizon, il dit : « Je n’aime pas ceux qui disparaissent » Lorsqu’il vit la lune pointer à l’horizon, il dit :
« Voici mon Seigneur ». Lorsqu’elle disparut, il dit : « vraiment si mon Seigneur ne me guide pas,
j’appartiendrai à coup sûr à la gent égaré. » Lorsqu’il vit pointer le soleil, il dit : « Voici mon Seigneur, celui ci
est plus grand » Lorsqu’il disparut, il dit : « O gens ! Je suis innocent de votre associationnisme » J’ai orienté
toute mon adoration vers Celui qui a créé sans précédent les Cieux et la Terre, en pur monothéiste et je ne fais
point partie des Associateurs. Et son peuple lui fit une controverse. Il dit : « Controversez – vous avec moi au
sujet de Dieu alors qu’Il m’a guidé et que je ne crains pas ce que vous Lui associez à moins que mon Seigneur
ne veuille quelque chose ? Mon Seigneur a contenu toute chose dans Son savoir, ne vous rappelez-vous donc
pas ? » Comment craindrez –je ce que vous avez associé tandis que vous ne craignez pas d’avoir donné à Dieu
des associés sans qu’aucune preuve irréfutable de leur existence ne vous ait été jamais descendu ? Qui donc des
deux groupes est plus digne de sécurité, si vous saviez ? » [12]
Les différents modes de discours
L'argumentation construite est utilisée dans un discours afin d’agir sur la personne de manière à bannir les motifs
de l'injustice de son cœur.
Enfin le l’apport de la preuve est utilisé dans la controverse (al-hijâj ou al-munâzara).
« Ne vois tu pas celui qui discuta avec Abraham au sujet de son Seigneur arguant du fait que Dieu lui avait
donné la royauté ? Lorsque Abraham dit : « Mon Seigneur est celui qui donne la vie et la mort ». Il dit : « Moi
aussi je donne la vie et la mort ». Abraham dit : « Dieu fait venir le soleil de l’Est fais-le venir de l’Ouest ! »
Celui qui avait renié en resta interdit » [13]
Il s’agit dans ce verset de l’argumentation (Hijâj) ou Munâzara, c’est-à-dire la preuve contre la preuve,
« d’égale à égale » d’Abraham contre le tyran assyrien Nemrod, roi de Ninive. C’est lui qui ordonna de jeter
Abraham dans le bûcher mais ce fut chose vaine car Dieu ordonna au feu d’être « fraîcheur et salut sur
Abraham »…
Ce fut plutôt Nemrod qui mourut et d’une façon des plus humiliantes. On raconte en effet qu’un moustique s’est
introduit dans son nez et lui provoquait des migraines atroces. Il demandait à tous les passants de lui donner une
tape sur le crâne dans l’espoir de faire tomber le moustique. C’est ainsi que celui qui se prenait pour un Dieu
mourut victime de la plus faible des créatures. [14]
La discussion entre les prophètes et leur peuple était toujours basée sur les arguments forts et visibles ou une
logique claire et juste (la rhétorique : Al-bayân) tout en utilisant la sagesse et la douceur jusqu’à son paroxysme.
Pour exemple, Loth dans le verset suivant est confronté à l’inertie de son peuple et le refus d’accepter la
contrepartie, la solution naturelle qui correspond aux valeurs et à la vertu : «épouser ses filles et cesser de
pratiquer la sodomie entre eux » :
« Et quand Nos anges vinrent à Loth, il se mit en peine à cause d’eux, et son bras ressentit de l’étroitesse. Il dit
cependant : « Voici un jour terrible ! » Quant à son peuple, ils vinrent à lui tout excités pour lui ;- auparavant
ils pratiquaient les mauvaises actions. Il dit : « O mon peuple, voici mes filles : elles sont plus pures, pour vous.
Craignez Allah, donc, et ne me faites pas d’ignominie en mes invités. N’y a-t-il pas parmi vous un homme bien
dirigé ? » Ils dirent : « Tu sais très bien que nous n’avons pas de droit sur tes filles ! Et en vérité tu sais bien ce
que nous voulons. » … »[15]
Par ailleurs, c’est un dialogue de persuasion qui d’est instauré entre Abraham et les anges qui vinrent le visiter à
propos du fils qu’il allait avoir (Ishâq) et de la tribu de Loth. Abraham essaya de plaider pour sauver le peuple de
Loth et trouver une solution de miséricorde. Il ne savait pas encore ce que Dieu avait décrété vis-à-vis de ce
peuple injuste. Néanmoins, La nature d’Abraham « un hanif musulman » l’incitait toujours au pardon, à la
sollicitude et à la miséricorde. Et d’ailleurs, c’est Dieu qui lui a enseigné et inspiré encore une fois cette position.
« Puis lorsque la crainte eut quitté Abraham et que la bonne nouvelle lui fut venue, voilà qu’il disputa
(yujâdilunâ) avec Nous en faveur du peuple de Loth. Oui, Abraham était patient, certes, plein de sollicitude,
enclin à Dieu »[16]
Dieu s’est adressé à ses prophètes et les prophètes se sont adressés à Lui, cet échange se faisait sous divers
formes : « concertation intime » (munâjât), controverse et preuve sur Son existence, Sa Puissance et Sa
bienveillance…C’était un dialogue fort par sa logique argumentative, sa sagesse, et sa clarté (bayân).
Les prophètes se sont adressés à leur peuple pour leur montrer la bonne voie toujours avec une pédogogie
évolutive, argumentative, sage et claire.
Il demeure néanmoins, un dernier point de ce dialogue que nous enseigne l'Islam et qui consiste en le fait que
Dieu le Tout Puissant recourt dans de nombreux endroits de son Livre au dialogue.
- Le dialogue des anges répété plusieurs fois dans le Coran, lorsque Dieu décide d'établir Adam en tant que Son
vicaire sur terre en ces termes :
"Vint le jour où ton Seigneur dit aux Anges : "J'ai résolu d'installer un lieutenant à Moi sur terre", "Y mettras-tu,
dirent-ils, un être qui y sème le désordre et répand injustement le sang, quand nous sommes là à Te sanctifier et
Te glorifier?" "Il est des choses, dit le Seigneur, que je suis le seul à savoir"La Génisse, V:30.
Il est là un sujet à méditer dans ce dialogue le fait que Dieu, en dépit de Sa puissance et de Son omniscience,
adopte dans sa conversation "le lâchement du lest" en obtempérant à la requête des Anges et en leur permettant
de prendre la parole et de donner leur avis librement « les fils d’Adam sèmeraient le désordre.. ».
Le dialogue continue ainsi :
"Alors Dieu instruisit Adam des noms de toutes choses, puis faisant défiler des objets devant les Anges, il leur
demanda: "Nommez-les, si vos assertions sont véridiques !" "Béni sois-Tu! firent les Anges. Nous ignorons toute
science, hormis l'enseignement reçu de Toi, car Tu est l'Omniscient, le Sage"La Génisse, V: 31,32.
Dans ces versets Dieu apporte sa preuve et son argument irréfutables bien qu’Il possède d’abord et avant tout la
connaissance et le pouvoir absolus et détient la science du caché (Al ghayb). Il montra aux anges le pourquoi de
Sa décision en mettant en valeur la science apprise par Adam….
- Dieu a aussi conversé avec les prophètes comme le dialogue avec Moïse dont la requête, grave et de toute
première importance (la vision directe de Dieu), n'a pas été pour qu'Il le repousse ou l'écarte ou pour qu'il en
ressente la moindre offense :
"Moïse Lui dit : "Montre-Toi à moi, que je puisse te voir !" Le Seigneur lui dit : "Tu ne Me verras pas. Regarde
plutôt vers le rocher, s'il demeure immobile en sa place, tu Me verras alors"Al A`raf, V:143.
- Outre les Anges et les prophètes, Dieu a aussi dialogué avec Satan lorsque celui-ci refusa de se prosterner
devant Adam :
"Qu'as-tu donc à ne pas te prosterner ? lui dit Dieu. Ne t'en ai-Je pas donné l'ordre ?" "En vérité, fit Satan, je
suis d'une essence plus noble que celle de l'homme, moi, que Tu as tiré d'un feu subtil, quand lui n'est fait que
d'un limon grossier !" "Descends d'ici, dit le Seigneur. Tu es mal venu de t'enorgueillir en ces lieux.... Satan
demande alors : "Que l'on m'accorde un délai jusqu'au jour où les morts seront rappelés"Al A`raf, V :10-14
Dieu après avoir gratifié Satan (Iblîs) auparavant, celui-ci désobéit par orgueil et ne fut même pas reconnaissant
à l’égard des faveurs divines. Même en sachant ce qui se cachait dans son cœur, Dieu le questionna pour mettre à
l’évidence sa faute…Puis Dieu continua le dialogue avec lui en lui permettant malgré son offense et son audace
de vivre jusqu’au jour de la résurrection….
3. Les dogmes en Islam et leur influence sur le dialogue
f. Les Ach`arites
Les Ach`arites soutiennent (en ce qui concernent la foi) qu'elle comporte un côté fondamental et un côté annexe.
Le premier concerne tout ce qui se rapporte aux croyances alors que le deuxième se rapporte au côté pratique et
cultuel. Pour eux, celui qui désavoue quelque question des sciences des fondements (Usul) qu'elle soit
fondamentale ou accessoire est un mécréant, mais celui qui néglige un côté de ce qui est annexe est seulement un
pécheur qui désobéit, et qui, s'il se repent, Dieu lui pardonne ou le punit par un séjour en Enfer, mais pas un
séjour indéterminé et éternel. Les Ach`arites ajoutent que le Prophètes (psl) peut intercéder en faveur de ces
pécheurs qui désobéissent. Les Ach`arites reconnaissent donc l'existence de l'intercession.
Chez les Ach`arites (qui sont pour la grande majorité de la communauté les gens qui suivent le Livre et la
Tradition) le fait de favoriser le bon- jugement (husnu azzann) et de respecter les opinions différentes encourage
le dialogue avec l’autre en s’appuyant sur les valeurs universelles de la sagesse coranique.
g. Les Murjites
Les conceptions ach`arites diffèrent de celles des "Murjites" (ceux qui reportent le jugement à Dieu) pour qui
même celui qui commet un péché capital reste croyant et de celles de Kharijites pour qui ce dernier est un
mécréant.
h. Les Mu`tazilites
Les Mu`tazilites eux soutiennent l'idée d'une position intermédiaire (manzila bayna-l-manzilatayn). Pour ces
derniers, celui qui commet un péché capital a certes péché, mais n'est cependant pas un mécréant. Néanmoins
s'attachant à la justice divine, pour eux ce pécheur, s'il ne se repent pas, connaîtra un séjour éternel en enfer, mais
avec une souffrance moindre que pour le mécréant.
Les dogmes affectent de ce fait le type de dialogue car la conviction dépend de la foi et c’est la conviction qui
marque toujours en arrière plan le mode de discours et la compréhension des discours de l’autre.
Ainsi, les interprétations extérieurs et fausses qui ne reposent pas sur la science du Coran, c’est-à-dire
l’explication authentique « Al-Tafsîr », les circonstances et le contexte du verset révélé « Asbâb annuzûl », la
connaissance de l’abrogation : l’abrogé et l’abrogeant « Al-nâsikh wa al-mansûkh », sont la source du
détournement de la parole de Dieu pour servir une cause politique ou idéologique loin des principes juste du
Coran tels la sagesse, la pédagogie, la douceur et l’entente.
i. Les Kharijites
Les Kharijites par exemple au nom de leurs interprétations très superficielles et non fondées sur la sunna,
peuvent tuer toutes personnes qui n’insultent pas Ali ou qui diverge avec eux dans leurs opinions….La
communication est bloquée quand les idées sont différentes ce qui est contraire au plus rudimentaire des grands
principes du Coran et de la tradition prophétique authentique.
j. Synthèse : une pédagogie évolutive
Si on prend par exemple la consommation du vin , le Coran a commencé d’abord par dire qu’elle comportait plus
de méfaits que d’avantages puis a incité les fidèles dans un deuxième temps à ne pas approcher la prière en cas
d’ivresse et enfin après que la foi en Dieu et l’amour du messager s’étaient consolidés dans les cœurs des fidèles,
le Coran a interdit l’ivresse et la consommation du vin et l’a considéré comme un péché capital (après plus de
treize ans d’éducation primordiale basée sur la consolidation de la foi).[17]
La tradition authentique[18] nous rapporte que le Prophète a utilisé la même pédagogie avec les Mecquois : il est
resté treize ans (où il n’y avait pas encore de prescriptions ni d’interdits) à leur enseigner la formule de l’unicité
pour éveiller les consciences et remplir les cœurs d’amour divin, car le cœur, une fois détaché de ce monde et
habité par Son amour, obéira par voix de conséquence à toutes les prescriptions divines sans gêne et avec aisance
et apaisement. Sa‘ad Ibn mu‘âd Al-ansârî a confirmé sa soumission aux ordres du Prophète à l’issue de cette
éducation :
« Si tu nous ordonnes de briser cette mer nous la briserons ! On ne te dira pas comme avait dit les fils d’Israël à
Moïse : « Va faire la guerre avec ton Seigneur, quant à nous, nous resterons ici » mais on te dit : « Va faire la
guerre avec ton Seigneur et nous serons avec toi ».[19]

Le Prophète s’est exprimé clairement sur la nécessité de s’adapter à notre interlocuteur :


« Adressez vous aux gens selon leur degré (intellectuel) ou leur compréhension, est ce que vous voulez qu’on ne
croient plus en Dieu et Son messager ! »
Dieu Lui même nous présente dans le Coran l’exemple de la création des cieux et des terres et notre création,
faites par étapes. Certes, Dieu pouvait par un « Soit » tout créer sans considération du temps. Mais Il les créa en
six jours[20] afin de nous montrer que le temps doit être utilisé pour servir de support pédagogique.
Comme illustration de la sagesse et la miséricorde prophétiques, voici deux exemples tirés des ouvrages
classiques de la biographie du Prophète :
Un jour, alors que le prophète (sur lui la paix) était assis avec ses compagnons dans sa mosquée, un bédouin mal
vêtu vint uriner dans la mosquée sans se soucier de personne et sans aucune gêne apparente … Les compagnons,
en colère contre ce geste qui représente une offense évidente au sacré, dressèrent leurs épées et demandèrent la
permission au prophète (sur lui la paix) de tuer le bédouin. Le prophète (sur lui la paix) dit alors : « Non !
Laissez l’homme terminer son urine d’abord, puis versez de l’eau après… » Le prophète (sur lui la paix) alla lui
même verser de l’eau sur l’urine du bédouin. Celui-ci, pris de stupeur par l’attitude du Prophète (sur lui la paix),
sa miséricorde et sa tolérance, dit alors : « Ô Allah, soit miséricordieux envers moi et Mohammed et éloigne les
autres de ta miséricorde ! » Le prophète (sur lui la paix) réplique en souriant : « Quand tu demandes à Allah la
miséricorde, généralise et demande la pour tout le monde…
Al-Hasan et Al-Hoçaїn les petits fils bien aimé du Prophète, virent un jour à la porte de la mosquée un vieillard
qui faisait très mal ses ablutions et perturbait les passants et les fidèles. Ils s’approchèrent alors de lui et avec
une douceur et une politesse fines ils lui disent : « Ô monsieur, on souhaiterait que vous jugiez lequel de nous
deux, mon frère ou moi, fait le mieux ses ablutions ? ». L’homme répondit oui, et aussitôt Al-Hasan et Al-
Hoçaїn commencèrent leur ablution. Ils le firent avec une telle perfection et une parfaite similitude que l’homme
resta surpris un moment, puis il compris le message si délicatement passé et dit : « il faudra bien que je me
corrige… » La communication a donné ici les fruits escomptés car elle a obéit aux règles de la pédagogie de
douceur que le Prophète avait appris à ses compagnons et ses proches : Elle est basée sur le bon conseil qui est
fonction de l’interlocuteur et doit se faire dans un esprit de sagesse et de morale constructive et instructive sans
essayer de détruire l’autre, le blesser, ni le juger…
Les Ach`arites considèrent cette pédagogie dans la communication en partant des exemples cités : ce qui
explique que pendant les conquêtes des premiers musulmans, les populations conquises pouvaient pratiquer leurs
cultes en toute liberté (voir plus loin le récit d’Omar à Jérusalem ou celui des coptes d’Egypte).
Dialogue avec les gens du livre : Omar à Jérusalem.
Dialogue de la Connaissance et de la vision contemplative :Omar avec Sâriyya
[1] Le Ciel qui se fend, V. 16; [2] La Caverne, V. 36; [3] Saba, V. 24; [4] Les Abeilles, V :125; [5] Les Abeilles,
V. 125; [6] Joseph, V :108; [7] Taha, Sourate 20 :43; [8] Taha, V. 44; [9] La Discussion, V. 1; [10] Les Fourmis,
V. 64; [11] La caverne, V. 22; [12] Coran VI, 76-81; [13] Coran s. 2, v. 258;
[14] “Al Qur’ân al karîm” traduction et notes : Salah Eddine Kechrîd, Edition Dar al gharb al islami, p. 54
[15] Sourate XI, 77-79; [16] Sourate XI, 74,75;
[17] Le verset qui interdit le vin : « O vous qui avez cru ! le vin, le jeu (du hasard), la divination par les entrailles
des victimes ainsi que le tirage au sort ne sont qu’un acte impur de ce que fait Satan. Evitez le ! »Sourate V
verset 90
Les deux versets antérieurs qui ont été abrogés par le verset si dessus sont : « Ils t’interrogent sur le vin et le jeu.
Dis : « Il y a en eux un grand péché et des profits pour les gens et leur péché est plus grand que leur profit. »
Sourate II : La vache, verset 219
Et : « O vous qui avez cru ! N’approchez pas la prière alors que vous êtes ivres » Sourate IV verset 43
[18] « Des hommes autour de l’envoyé de Dieu » Vol. II par Khaled Mohammed Khaled, traduction Fawzi
Chaaban, les éditions Dar elfikr : Beyrouth Liban : première édition 1992, p. 917 et suivantes
[19] Sourate V, verset 24
[20] Il s’agit de plusieurs versets dans le Coran, comme : « C’est Lui qui a créé les cieux et la terre en six jours
(et Son Trône était alors sur l’eau) afin de vous éprouver … » Sourate XI, verset 7
« Qu’avez vous à n’accordez à Dieu aucun respect ? Alors qu’Il vous a créés par phases successives. » Sourate
71, verset 13 et 14
Glossaire

Autour des stations soufies


 Index de la spiritualité

Autour des stations soufies


Al- khishyatu ou al-khawf: La crainte
« Sache que la crainte est l’expression de la douleur du cœur lorsqu’il s’attend à l’avènement de quelque chose
de détestable à l’avenir. Mais celui qui fréquente habituellement le Seigneur, dont le cœur est entre les mains et
qui contemple continuellement la beauté de la vérité ne s’occupe plus de ce qui va se produire à l’avenir. »
Al-Wasiti dit : « La crainte est un voile entre Dieu et l’homme et «lorsque la vérité apparaît dans l’âme, il n’y a
plus de place pour l’espérance ou la crainte » « la crainte est le fouet avec lequel Dieu conduit Ses serviteurs
vers l’assiduité au savoir et à l’œuvre par lesquelles ils obtiennent un degré proche de Dieu » [1]
Al-ttaqwâ : La piété
« On appelle piété, le fait, en cas d’une grande force de la crainte, de se détourner de ce qui inspire des doutes et
qu’on s’interdit à soi même. On arrive à rejeter ce qui est bon de peur qu’il ne contienne un mal : telle est la vraie
piété »[2]
Sidq : La foi vraie
« Si on se consacre au service de Dieu, on ne construit plus que ce qu’on va habiter et on ne ramasse plus que ce
qu’on va manger soi-même, et on ne se tourne plus vers un monde dont on est certain qu’il va nous quitter. On
ne consacre plus son âme à autre chose qu’à Dieu. Telle est la foi vraie (SIDQ) et celui qui a cette foi vraie
mérite d’être nommé Siddîq ….Si on qualifie quelqu’un de Siddîq, on le qualifie en même temps comme un
homme qui craint Dieu et qui est chaste (‘Iffa)»[3]
Al-rrajâ : L’espérance (dualité espérance crainte)
« Les hommes de Dieu ne sauraient désespérer de Sa miséricorde et de Sa grâce. Ils cherchent donc à s’attirer les
grâces de Dieu par Ses attributs de générosité »[4]
« Lorsque chez les croyants ordinaires Dieu suscite la crainte, ceux-ci l’éprouvent ; de même, lorsqu’Il fait naître
l’espérance en eux, ils espèrent. Inversement, s’Il suscite la crainte chez les élus, ils espèrent, et s’Il fait naître
l’espérance en eux , ils ressentent de la crainte. »[5]
« Yahya Ibn Muâdh disait : « Quiconque adore Dieu simplement par crainte se noie dans l’océan des pensées.
Quiconque L’adore simplement par espérance se perd dans les illusions. Mais celui qui L’adore par crainte et par
espérance est dans la justesse » » [6]
Al-faqîr : Le pauvre
« Le monde est l’ennemi de Dieu. Il a entraîné des gens à la perdition, d’autres ont glissé dans les illusions qu’il
leur tendait.
L’amour du monde est l’origine des fautes et des malfaisances et la haine qu’on peut lui porter est la mère de
l’obéissance à Dieu et des œuvres de dévotion.
La pauvreté est l’expression de l’absence de ce qui est nécessaire… Lorsque tu comprendras, tu sauras que tout
existant, à l’exception de Dieu, est pauvre car il a besoin d’une pérennité de l’existence qui vient de la
bénédiction de Dieu »[7]
Al-mahabba : L’Amour :
« L’amour comporte quatre degrés : l’amour pour Dieu, qui est commencement, l’amour venant de Dieu, qui est
parachèvement ; quant à l’amour en Dieu et l’amour par Dieu, ils occupent des positions intermédiaires.
L’amour pour Dieu consiste en ce que tu le préfères à tout ; l’amour en Dieu à ce que tu aimes celui qui Lui est
proche ; l’amour par Dieu à ce tu aimes qui Il aime et ce qu’Il aime, sans accorder d’importance à tes propos
penchants ; l’amour venant de Dieu, quant à lui, est qu’Il t’arrache à toute chose pour que tu n’aimes que Lui.
L’amour pour Dieu a pour indice l’invocation perpétuelle que tu fais de Lui, et celui de l’amour en Dieu est que
tu aimes les hommes de bien qui ne t’apportent aucun profit matériel. L’amour par Dieu se traduit par
l’extinction de tes appétits personnels sous l’action de la lumière divine, et l’amour venant de Dieu par le fait
qu’Il t’attire à Lui et voile à tes yeux tout autre que Lui. »[8]
Al-qurb : La proximité
« Le signe de l’amour est un isolement parfait, une invocation parfaite, la seule compagnie du Seigneur et le rejet
de tout ce qui peut perturber l’isolement et le plaisir de l’invocation. Le signe de la familiarité de Dieu est que la
raison et l’intelligence soient totalement occupées à son invocation »[9]
Al- nniyyatu : L’intention
« Etablis l’intention d’œuvrer avant d’œuvrer . Tant que tu as l’intention de faire du bien , tu es dans le bien »
« L’intention, la volonté et l’objectif sont les expressions d’une même signification. C’est une caractéristique du
cœur qui englobe deux questions : le savoir et l’œuvre. Le savoir vient en premier car il est la source et la
condition. Ensuite vient l’œuvre car elle est le fruit et l’annexe »[10]
Al-ikhlâs : al-wafâa : La fidélité
« Sache que toute chose peut être corrompu par une autre. Elle est pure lorsqu’elle est débarrassée de cette
corruption. On dit alors qu’elle est Khalès (pure). Le Seigneur dit : « D’entre les résidus et le sang, un lait pur et
détectable que vous buvez à longs traits (Annahl 66) » Le lait est pur lorsqu’il est débarrassé de la corruption des
résidus et du sang et de tout ce qui peut s’y mêler » [11]
Sâdiq et Siddîq :La sincérité
« Sache que l’on utilise le terme de sincérité dans six cas : la sincérité dans la parole, la sincérité de la volonté et
de l’intention, la sincérité dans la décision, dans la fidélité à la décision, dans l’action et dans toutes les situations
de la religion . Celui qui est sincère dans tous ces cas est appelé un Siddiq (ultra-sincère). Ces cas comportent
des degrés. On appelle sincère aussi celui qui ne l’est que dans un cas ou plusieurs de ceux cités »[12]
Al-ttawakkul, al-ththiqatu : La confiance en Dieu, la remise confiance à Dieu
« Sache que la confiance en Dieu fait partie de la foi. Et les aspects de la foi ne peuvent être ordonnés que par le
savoir, l’état, et l’œuvre. De même la confiance en Dieu s’ordonne par une science (la foi) qui est la source, une
œuvre qui est le fruit et un état qui est la connotation de la confiance en Dieu »[13]
Al-unsu : La familiarité de Dieu
« La familiarité de Dieu, la crainte et la passion sont les conséquences de l’amour. Le cœur cherche la
contemplation et se trouble lorsqu’il sent qu’il est incapable de contempler derrière le Voile le point le plus
éloigné de la Majesté. Ce trouble est nommé la passion et existe par rapport à quelque chose d’absent et à la joie
ressentie pour le rapprochement et pour la contemplation de la présence divine dans la mesure où elle se dévoile.
La vue se limite à la contemplation de la beauté présente et dévoilée sans qu’elle ne prête attention à ce qu’elle
ne perçoit pas encore. Le cœur se réjouit alors de ce qu’il observe. On appelle cette joie la familiarité. »[14]
Al-rridâ : La satisfaction
« Elle a deux aspects :la satisfaction d’une douleur en raison de ce qu’on peut en attendre comme rétribution.
Ainsi est la satisfaction pour la saignée, la tonsure ou le remède qui doivent guérir.
La satisfaction sans l’attente d’un bénéfice quelconque mais simplement parce que c’est le désir de l’être aimé.
L’amour est tel que le désir de l’amoureux et celui de l’être aimé sont confondus. La chose la plus délicieuse est
alors pour l’amoureux la joie dans le cœur de l’être aimé et la satisfaction de ses désirs, soit-il au prix de sa
propre mort »[15]
al ttawba,Le repentir
« C’est en effet sur le repentir (al ttawba), le mouvement de retour vers Dieu, qu’est bâtie la Voie, et ses
bénédictions rejaillissent même sur le vécu antérieur de l’homme. Il n’y a pas de station initiatique (maqâm) qui
n’ait besoin du repentir ; sans lui nul état spirituel (hâl) n’est suffisamment pur, nulle œuvre agrée et nulle
demeure spirituelle stable. Sa nécessité s’impose aux hommes en général et aussi à chacun en particulier. « O
vous les croyants, revenez tous à Dieu ! Peut être serez vous heureux » (Coran : 24/31) : Dieu s’adresse dans ce
verset à l’ensemble des croyants, ce qui montre combien le repentir a d’importance. L’homme parvient à se
repentir par la méditation ; il parvient à celle-ci par la pratique de retraite solitaire, et il arrive à celle-ci après
avoir goûté le fléau que constitue le fréquentation des humains. Le signe que tu es parvenu au but, c’est que ta
démarche a été validé dés le but »[16]
Al-Shukr ,la gratitude
« Parmi les devoirs qui incombent à l’homme envers Dieu, le premier est l’action de grâce. Celle ci peut être
d’ordre exotérique- elle consiste à agréer ce qu’on a reçu- ou ésotérique ; cela équivaut dans ce cas à contempler
les bienfaits divins. Or celui qui n’observe pas les commandements divins ne pratique nullement l’action de
grâce ; de même, celui qui ne respecte pas ses engagements avec Dieu ne peut prétendre garder un lien avec Lui.
Soyez donc reconnaissants envers Lui pour les bienfaits qu’il a déposés en vous !
Les hommes aveugles et plongés dans l’inadvertance demandent à Dieu qu’Il renouvelle sans cesse Ses faveurs,
alors qu’ils ne L’ont jamais remercié lorsqu’Il leur a donné… »[17]
Al-waliyy, le saint
« La dégénérescence du temps ne ternit pas la lumière des saints et ne diminue en rien leur rang, et cela qu’il
s ‘agisse du saint manifesté ou du saint caché, du « véridique » ou de l’ami de Dieu « walî ». Ils sont en effet
avec Celui qui détermine le temps, et non avec le temps ! Ce dernier ne les affecte donc en rien. L’Imam Abu
‘Abd Allah al-Tirmidhî a écrit ceci : « Les hommes sont de deux sortes. La première est constitué de « ceux qui
oeuvrent pour Dieu ». Ils l’adorent dans la crainte et la ferveur ; ils ont besoin pour cela d’un contexte temporel
favorable, et toutes leurs aspirations sont tournées vers l’avènement du règne de Dieu. Quant au second groupe,
il s’agit des « gens de la vision certaine » ; eux adorent Dieu en épurant leur perception de l’Unicité. Cherchant à
soulever le voile du monde manifesté et à dépasser les causes intermédiaires, ils ne prêtent aucune attention au
temps passé ou futur car il ne les atteint pas. ». Le prophète n’a t-il pas dit : « Dieu a des serviteurs qu’Il sustente
de Sa miséricorde ; Il les vivifie en les maintenant dans la sauvegarde. Les troubles du temps ne les affectent
pas : ils traversent ceux ci comme s’ils traversaient une nuit obscure ? » »[18]
Le soufi
« Le sheikh disait également que le mot sûfî est composé de quatre lettres. La première (la lettre arabe sâd)
incarne l’endurance (sabr) du soufi, sa sincérité (sidq) et sa pureté (safâ’), la deuxième (la lettre wâw) son
émotion extatique (wajd), son attachement (wudd) et sa fidélité (wafâ’), le troisième (le lettre fâ’) la perte de
conscience ordinaire (faqd), son indigence face à Dieu (faqr) et son extinction en Lui (fanâ’) ; quant à la
quatrième, elle n’est autre que le « yâ » de relation –origine (yâ’ al-nisba) : lorsque le soufi a réalisé toutes les
qualités précédentes, il est directement annexé (udîfa) à la Présence de son Seigneur »[19]
Le wajd
« On interrogea un autre soufi sur son immobilité au cours du Samâ‘(audition spirituelle) ; il confia alors que s’il
se trouvait dans l’assemblée d’un grand maître, il n’osait pas en sa présence se laisser envahir par l’extase
(wajd) ; lorsqu’il était seul, par contre, il libérait cette extase qu’il avait contenue. Lorsque le cœur s’emplit de la
connaissance de Dieu, il s’élargit et absorbe les inspirations mystiques qui surviennent en lui. Les états spirituels
ne paraissent donc que chez ceux qui ne possèdent pas une telle amplitude. Le gnostique, quant à lui, en ai doté,
et ses inspirations se noient dans le vaste espace de la gnose ; or , as tu déjà vu un océan débordé à cause de la
pluie venant des nuages C’est pourquoi le commun des croyants ignorent les états des grands maîtres, et
s’empressent autour des êtres dont les états sont extériorisés ; ces êtres, en effet, ne peuvent ni les cacher ni les
contenir. D’ailleurs, les masses vénèrent bien souvent davantage les mystiques des « états » que ceux des
« stations » ; pourtant, les second détiennent la même supériorité sur les premiers que le ciel sur la terre. »[20]
Le uns (l’intimité)
« L’homme spirituel véritable « Al-rrajûl » n’est pas celui qui est assisté par ses amis mais par ses ennemis. Au
cours d’une pérégrination, je passais la nuit sur une petite colline. Les lions s’approchèrent alors, et tournèrent
autour de moi jusqu’au matin. Je dois dire, que je n’ai jamais autant senti l’intimité (uns) avec Dieu que cette
nuit là, le lendemain matin que pensait que j’avais atteint la station de l’intimité. Puis je descendis au bord d’une
rivière ; là se trouvait des perdrix qui tout d’abord ne m’avait pas vu. Lorsqu’ils sentirent ma présence, elle
s’envolèrent d’un seul trait, et je sursautait de frayeur. Une voix me dit alors : « O toi qui, la nuit dernière, a
apprivoisé les lions, tu es effrayé maintenant par les battement d’ailes des perdrix ? C’est que, cette nuit, tu étais
avec Nous, tandis qu’aujourd’hui tu n’es qu’avec ton ego ! » » [21]
Al-zuhd
« Le renoncement au monde, te place d’emblée dans la perspective de ta rencontre prochaine avec Dieu. La
lumière que procure la foi te dévoile combien tu es cher à Dieu, et par suite te détourne des choses de ce monde.
Il faut toutefois remarquer que l’être qui renonce au monde confirme en fait son existence et lui donne par là
même une importance injustifiée. Le Sheikh Abu Lhasan Ashâdilî disait en ce sens : « Par Dieu, tu glorifie le
monde en cherchant à t’en détacher ! La démarche du renonçant évoque celle de l’être qui prétend être éteint aux
choses de ce monde ; par une telle affirmation, il leur accorde une valeur qu’elle n’ont pas, en effet, il n’y a
d’annihiler sa conscience à ce qui n’a pas d’existence propre, pas plus qu’il n’y a lieu de s’en détacher ! »[22]
« Le premier signe de l’ascète : il ne doit pas se réjouir de ce qui existe, ni s’attrister pour ce qui est perdu…Bien
plus, il faut que ce soit le contraire, il faut s’attrister sur l’existence des biens et se réjouir de leur perte.
Le deuxième : celui qui loue et celui qui médit doivent être égaux.
Le troisième : il ne doit pas se rassurer que dans l’intimité de Dieu et la douceur de l’obéissance doit primer en
son cœur ; le cœur n’est jamais vide d’amour et il n’ y a d’amour que celui du monde ou celui de Dieu. Ces deux
amours sont dans le cœur comme l’eau et l’air dans la coupe. Lorsque l’eau y entre, l’air en sort : ils ne peuvent
s’associer. Quiconque est dans l’intimité de Dieu, ne se préoccupe que de Lui, et de nul autre que de Lui »[23]
Sabr et Isbâr
« Le terme (sabr) endurance, dérive sémantiquement du mot isbâr, qui désigne la cible que doit atteindre la
flèche, de fait l’homme endurant de lui même son ego sous les flèches du destin…
Sashes qu’on peut être endurant de trois façons : en accomplissant les œuvres imposées par Dieu (al wâjibât), en
s’abstenant de faire ce que la loi interdit, et enfin se montrant patient dans les épreuves. Quant aux maîtres (al
akâbir) leur endurance consiste à occulter les secrets spirituels qu’ils possèdent, ne plus se reposer sur les
créatures, à ne pas s’arrêter aux lumières qu’ils reçoivent. Elle consiste aussi pour eux à supporter les agressions
d’autrui et rester impassible face aux décrets du destin ; à supporter les fardeaux des hommes et à se plier à la
volonté divine ; à observer leur servitude anthologique (‘ubûdiyya) et à se tenir droit dans ce que leur impose la
seigneurie (al rubûbiyya) ; à acquérir les nobles vertus et agir en conformité avec ce que Dieu exige ; à aspirer
exclusivement à Lui et à s’en remettre en toute chose à Lui ; à fréquenter les hommes, enfin, et à les guider vers
Dieu, le Roi, le Vrai. »[24]
Al –Murrâqaba : la vigilance
« Le sheikh al-Mursî évoqua un jour les vertus spirituelles d’Âbu Bakr en rapportant la parole de l’envoyé de
Dieu à son propos : « Abû Bakr ne vous surpasse pas par un surcroît de jeûne ou de prières, mais par quelque
chose de particulier qui a été déposé dans sa poitrine »
Quelle est cette chose ? demanda le Sheikh
La vigilance, dit quelqu’un
Balivernes ! répondit le sheikh. Même un être ayant un rang spirituel moindre qu’Abû Bakr demandera pardon à
Dieu s’il trouve en lui cette vigilance, comme peut demander pardon l’homme qui Lui désobéit. En effet, s’ il
s’attribue cette qualité, c’est comme s’il disait à Dieu : « Tu es le Vigilant, et je suis le vigilant » Or, « y a t-il un
autre dieu, en dehors de Dieu ? Dieu est au delà de tout ce qu’on Lui associe »(Cor. 27 :63) »[25]
Minna : faveur
« Les mauvaises suggestions (al waswâs) sont ce qui s’interposent entre ton Aimé et toi ; elles te font oublier la
bonté qu’Il te dispense ; elles minimisent à tes yeux tes bonnes actions (dhât alyamîn), et grossissent les
mauvaises (dhât al-shimâl). Elles te détournent ainsi du préjugé favorable (husn al-azhann) que tu dois concevoir
à l’égard de Dieu et de Son prophète. Sois attentif à ce point, car beaucoup d’ascètes, de dévots et d’hommes
zélés s’y sont fourvoyés. Ils sont généralement affligés et tristes, car ils ont conscience que Dieu les oblige à
porter le fardeau de la servitude, c’est à dire ce que ni les cieux ni la terre ni les montagnes n’ont voulu
porter ….Préoccupés par ce fardeau, les ascètes ne peuvent contempler la bienveillance de Dieu, lequel prend
pourtant en charge les fardeaux de tous les hommes qui s’en remettent à Lui ! »[26]
Sakîna : la paix intérieure
« Lorsque Dieu créa la terre, celle ci a chancelé ; Dieu l’a alors affermie par les montagnes : « Il a solidement
établi les montagnes » (Cor 79,32). De même, lorsqu’Il a créé l’âme humaine, celle- ci s’est troublée ; Il l’a
également affermie par les montagnes de la raison (Al ‘aql). N’importe quel homme, donc, qui possède
suffisamment de raison et reçoit assez de lumière peut être habité par la Grande paix (al Sakîna) venant de son
seigneur. Son âme cesse alors d’être ébranlée, et place totalement sa confiance dans Celui qui régit les causes
secondes (walî al asbâb). Elle devient sereine face au destin, assistée par Dieu et Sa lumière ; elle abandonne
toute gouverne personnelle et ne s’oppose plus au courant des événements. Elle trouve la paix auprès de son
Maître, car elle sait qu’Il la voit constamment ; ne suffit-il pas que ton Seigneur soit de toute chose témoin ?
L’âme mérite alors que Dieu s’adresse ainsi à elle : « Ô toi, âme apaisée, retourne vers ton Seigneur, satisfaite et
agréée. Entre parmi Mes proches serviteurs, entre dans Mon paradis ! » Cor. 89 :27-30. »[27]
Waqt : l’instant du mystique
« L’instant du mystique est comme la nuit, or celle ci se caractérise par l’extinction des efux et le calme. On ne
peut trouver de lumière que lorsque apparaît soit le soleil de la gnose, soit la lune de l’Unicité divine, soit les
étoiles de science spirituelle »[28]
Ma‘rifa : Connaissance
« Le gnostique, quant à lui, est étranger dans l’au delà car les attributs de Celui qui est l’objet de sa connaissance
lui sont dévoilés ; son cœur est donc capté par cette contemplation ; Il est étranger dans l’autre monde car son
être intime (sirr) est avec Dieu, sans localisation précise. Pour un tel être, la présence divine est devenu le nid
de son cœur, il s’y apaise et s’y réfugie. S’il redescend au ciel des « droits de Dieu » ou sur la terre des
satisfaction de l’ego (al huzûz), il ne le fait qu’avec la permission divine, maître de lui même et enraciné dans la
certitude : il ne réinvestit pas l’ego avec la pensée de la jouissance et de la concupiscence ; il ne réintègre pas la
sphère des prescriptions divines dans la désinvolture et l’insouciance. En effet, il est totalement imprégné des
convenances spirituelles (âdâb), qu’elles proviennent de Dieu, de Ses envoyés ou de Ses prophètes ; il œuvre
donc en fonction de ce que lui demande son Maître »[29]
Qabd/Bast : constriction et dilatation
« l’élite spirituelle a la même attitude face à la constriction et la dilatation qu’envers la crainte et l’espérance.
Toutefois, il faut souligner que la dilatation est un terrain glissant pour les hommes spirituels et qu’il convient de
s’en défier. Un mystique a dit qu’après avoir joui de l’état de dilatation, son degré spirituel lui fut voilé durant
trente ans. Prends garde à la dilatation, car l’homme qui en est gratifié sous l’effet épanouissant des lumières
spirituelles peut être amené à se montrer désinvolte envers Dieu : « Si Dieu avait dispensé Ses largement (basata)
Ses dons à Ses serviteurs, ils auraient été insolents sur la terre » (Cor. 42 :27). La constriction préserve plus
sûrement l’intégrité de l’homme, car c’est là sa patrie : il est prisonnier de la Poignée (qabda) divine, et Dieu le
cerne de partout ; comment, dans ces conditions, pourrait-il connaître la dilatation ? Celle ci est hors de propos
pour lui, tandis que la constriction convient à son état de serviteur en ce bas monde. Ce dernier n’est il pas la
demeure de la sujétion aux obligations légales, de l’incertitude quant au devenir de nos actions, de notre
méconnaissance du décret divin et l’observance des droits de Dieu ? »[30]
sâlik
« celui qui connaît son âme connaît son Seigneur, ceci signifie que la connaissance de l’âme humaine amène à
celle de Dieu ; vu que cette connaissance fait partie du monde créé, il y aura là la preuve du lien unissant Dieu
aux créatures. Or, sache que j’ai entendu notre maître Al mursî dire que ce Hadîth réclame deux interprétations.
Selon la première, celui qui connaît son âme par l’indigence fondamentale qui la caractérise connaît son
Seigneur par Sa puissance et son indépendance à l’égard des mondes ; la connaissance de l’âme intervient donc
en premier lieu, pour déboucher ensuite sur la connaissance de Dieu. A l’inverse, la seconde interprétation se
formule ainsi : le fait que quelqu’un connaisse son âme signifie qu’il connaît préalablement Dieu. Dans le
premier cas, il s’agit des « cheminants sur la Voie » (al-ssâlikîn) et dans le second des « ravis en Dieu » (al-
majdhûbûn) »[31]
Assahwu/Assukr
« L’être qui goûte cela un plus long moment est le buveur, quant à celui qui ne cesse de boire ce breuvage au
point que ses veines et ses membres sont totalement imprégnés de la lumière divine, il représente la satiété (Al-
riyy). Si le monde sensible lui échappe et si, ne sachant plus ce que les autres disent, il n’a plus sa raison, il
personnalise alors l’ivresse (al Ssukr). Des coupes diverses tournent entre ceux qui boivent, et il se peut donc que
les mystiques éprouvent des états différents. Parfois, ils sont ramenés à l’invocation de Dieu et aux œuvres
d’adoration ; malgré l’affluence des déterminations produites par des Attributs, ceux ci ne leur sont aucunement
cachés. Ils goûtent alors la lucidité (al-Ssahw), leur vision s’élargit et leur science s’accroît. Ils se dirigent dans la
nuit grâce au firmament de la science spirituelle et à la lune du Tawhîd ; ils éclairent leur journée grâce aux
soleils de la gnose : « tels sont les partisans de Dieu. Les partisans de Dieu ne sont-ils pas les gagnants » (Cor :
58 :22) …Bois sans cesse à la coupe de l’amour, dans l’ivresse comme dans la lucidité. Que tu perdes conscience
ou que tu restes vigilant, bois encore et toujours, de sorte que ton ivresse et ta lucidité émanent tous de lui de
sorte que Sa beauté te fasse oublier l’amour, le breuvage, le fait même de boire ainsi que la coupe… »[32]
karâma : miracle
« Il n’existe que deux véritables miracles, qui englobent et dépassent tous les autres, le miracle d’une foi
accompagnée de la certitude et de la vision directe des réalités spirituelles, et le miracle de la conformité des
actes à l’exemple prophétique et du renoncement à toute prétention ou imposture…Toute faveur surnaturelle qui
n’est pas assortie d’un agrément entre Dieu et l’homme fait de son détenteur un être qui se leurre et témoigne de
sa déficience spirituelle ; il court à sa perte et trouvera la malédiction »[33]
[1] Al-Ghazâli : l’apaisement du cœur : traduit par Hédi Djebnoun p :115 et 121 : Revivification des sciences de
la religion : Editions Al-Bouraq
[2] Idem p 118; [3] Idem p 118,119;
4] Ibn ‘Atâ Allah,La sagesse des maître soufis, par Eric Geoffroy p :220,édition Grasset
[5] idem p219;
[6] Al-Ghazâli : l’apaisement du cœur : traduit par Hédi Djebnoun p :140 : Revivification des sciences de la
religion : Editions Al-Bouraq
[7] idem p188
[8] Ibn ‘Atâ Allah,La sagesse des maître soufis, par Eric Geoffroy p :59,édition Grasset
[9] Al-Ghazâli : l’apaisement du cœur : traduit par Hédi Djebnoun p :336 : Revivification des sciences de la p
336
[10] idem p :388,389; [11] idem p 418; [12] idem p 438; [13] idem p : 256; [14] idem p : 346; [15] idem 362
[16] Ibn ‘Atâ Allah,La sagesse des maître soufis, par Eric Geoffroy p :271,édition Grasset
[17] idem p : 270; [18] idem p : 36,37; [19] idem p : 226-227; [20] idem p : 234; [21] idem p 101; [22] idem p
198; [23] Al-Ghazâli : l’apaisement du cœur : traduit par Hédi Djebnoun p :247
[24] Ibn ‘Atâ Allah,La sagesse des maître soufis, par Eric Geoffroy p :168,édition Grasset
[25] idem p :246; [26] idem p 238; [27] idem p 243; [28] idem p 244; [29] idem p : 218; [30] idem p 221
[31] idem p :56; [32] idem p :65; [33] idem p :70

Index de la spiritualité

A
al- abad : l'éternité (sans fin) _ la prééternité
- voir aussi al- azal et al- qidam.
'abd, pl : 'ibâd
- homme (au pluriel)
- serviteur, esclave, adorateur (de Dieu),
- désigne en langage religieux l'adorateur, et plus généralement la créature en tant qu'elle dépend de son Seigneur
(Rabb}.
abadiyya: post-existence, éternité sans fin
abçar
pluriel de baçar : regards
abda 'a : donner I'existence, instaurer
'âbid : ascète de l'observance
abwâb : pluriel de Bâb : portes (d'accès aux étapes spirituelles)
'açabiya : esprit de corps, parenté par les mâles

açl, pI. uçul :principe, fondement


'acr : après midi ; moment de la 3e prière quotidienne
'âçrî : modernisant
adâ' : l'instant où l'on accomplit une action prescrite
adab : morale pratique, politesse, bienséance(s) _ littérature de cour
'adhab : tourment
- 'adhab al-qabr : châtiment de la tombe
'addada : nombrer

adâfa : lier
adhân : appel a la prière
'adl : justice
- al- 'Adl : la Justice divine
'adâla : justice, honorabilité, crédibilité reconnue a quelqu'un
al- 'adam (al- 'udum) :
néant, non-existence
a'dama : priver d'existence, anéantir
al- 'Adû : l'Ennemi (Satan)
afâda : déborder, émaner ; voir: fayd
af'âl : voir fi'l.
al- afdal : le plus méritant
al- 'âfiya : l'intégrité
ahad : un
âhâd : traditions isolées

al- Ahadiya : l'Unité divine, l'Unité suprême


- comme état spirituel, elle comporte l'extinction de toute trace du créé.
'ahd, pl : 'uhûd :
- pacte, alliance
- ultime recommandation, désignation testamentaire
- engagement, promesse
ahkam
pluriel de hukm
ahkama : donner I'harmonie à
ahl al-dhimma .
(litt. les "gens de la conscience"), les protegés
ahl al-suffa : les "hommes du banc" de la mosquée de Médine
ahyâ : faire renaître
akhlâq : pluriel de khulq : naturel, caractère inné _ mœurs vertueuses
- al-akhlâq al- ilâhiyah : les caractères divins, c'est-à-dire les traces de la Présence divine dans la nature humaine
al-Âkhir : le Dernier_ nom divin
al- âkhira :la vie dernière.
ahwâl : pl. de hâl : états d'âme, états spirituels successifs, facultés mystiques
akwan : pluriel de kawn
al- alif : la lettre alif
'âlam, pI. 'awalim, a'lam, 'alamûn :
monde
- 'âlam al- ajsâm : monde des corps
- 'âlam 'amr : monde de l'énergie directrice
- al-'âlam al-aqdas : le monde sanctissime
- 'âlam al- arwâh : monde des [purs] esprits
- 'âlam al- hass : monde de la perception sensorielle
- 'âlam al- jabarût : monde des pures intelligences _ monde de la Toute- Puissance
- al-'âlam al-kabir : le grand Monde
- 'âlam al- khiyâl : monde de l'imagination
- 'âlam al- ma 'âni : Monde des Archétypes, des Idées
- 'alam al- mithâl ou 'âlam al- amthâl : le monde imaginal, intermédiaire entre le monde physique et le monde des
intelligences pures.
le monde des analogies, le monde formel, tant psychique que corporel
- 'âlam al- malakut : monde de l'âme humaine : monde du royaume
- 'âlam an- nasut : monde des corps humains
- 'alam ar- rûh' : monde de l'esprit
'alaniyya: chose publique, attitude extérieure, actes _ (cf. sirr)
al- 'Alim : le Connaissant ; nom divin
'alim :
savant, docte, érudit (dans les sciences religieuses)
Allah :
- Allahu akbar : "Dieu, le plus grand", cri d'adoration et de guerre
- Allah ta'ala : Dieu, le Très Haut
- Allah 'azza wa jalla : Dieu est puissant et grand
- Aymu Allah! : Je le jure par Dieu!
- bi fadli llah : par la grâce de Dieu
- da'a Allah : invoquer Dieu
al- 'amâ : la Ténèbre _ le « nuage obscur » ; symbole de l'état de non-manifestation absolue, de l'Obscurité
divine
amad : durée
amadda : alimenter, communiquer, faire participer
'amal, pI. a'mal : action, oeuvre
Aman (et amn) : sécurité
âmana : croire, avoir la foi
amâna : dépôt confié, mandat divin _ intégrité
amîn, pI. umanâ' : dépositaire, être de confiance (homme ou ange), homme sûr
amîr al-mu'minîn : commandeur des croyants
'amm : commun, général
al- 'amma, pI. 'awämm: le commun, le vulgaire
al-Amr :
- en théologie : le Commandement divin, symbolisé par la parole créatrice kun, «soi »
- Al-amr prend souvent le sens de « réalité », « acte », « chose actuelle » ; le Commandement divin correspond a
I' Acte pur
amr
- ordre, commandement _ autorité, pouvoir, direction
- amr bi'l-ma'crûf wa nahy 'an al- munkar : commanderie du bien et lutte contre le mal (précepte religieux)
Amr rabbânî
réalité, chose divine
al- ân : le maintenant
Ana al-Haqq
"Je suis la vérité créatrice", formule due a Hallâj, exprimant l'Unicité de l'être
al- anâm : l'humanité, le genre humain
anbiyâ' = nabi'ûn :
pl. de nâbi : prophètes.
al- 'aniya : dérivé du pronom ana, « moi », et désignant le sujet, resp. le sujet divin qui s'oppose logiquement
a !'« aséité »
(al- huwiya}.
ansha'a : produire
al- anwâr : (pl. de nûr) les lumières
aqâla : relever (d'une charge)
'aqd :
-option, engagement
- pacte d'investiture, reconnaissance solennelle de souveraineté
- action de lier
- prescription
al- 'aql : l'intelligence, la raison, l'intellect
'âqiba : fin dernière
'aqîda : dogme, profession de foi
'aql, pI. 'uqûl : raison, esprit, intelligence, intellect
- al- 'Aql al-awwal : l'Intelligence première, l'Intellect premier, analogue au Calame suprême (al-
qalam} et à ar-rûh
- al.'Aql al-Kulli : l'Intelligence universelle
al- 'âqil : le connaissant, !'intelligent.
Le ternaire : al- 'âqil (Ie connaissant), al-ma'qûl (Ie connu), al- 'aql (I'intellect, la connaissance) joue un rôle
important en métaphysique
'arad, pl. 'arâd : accident (opposé à substance)
arâda : vouloir
al-'ârif, pl. al 'ârifûn :
- gnostique, initié, sage
- al-'ârifu bi-Llâh : le connaissant par Dieu
arkân : éléments
al- 'Arsh : le Trône divin _ il est parfois identifié à l'Esprit universel (ar-rûh}
ashâra : déterminer
aslama : se convertir a l'Islam
asbâb : causes secondes
al- aslah : le mieux, asmâ' pl. de 'ism noms
- al- Asmâ' al- husnâ : les plus beaux Noms, les Noms de Beauté : les quatre vingt-dix neuf Noms de Dieu ;
expression coranique qui désigne les Noms divins
- asmâ' dhâtiya : noms de l'Essence. Ce sont les noms divins qui ne comportent pas d'analogie avec la créature
- asmâ' cifâtiya : noms qualitatifs, noms désignant des Qualités divines
al- asrâr, pluriel de sirr : les secrets
'atash : la soif (de Dieu) sur la Voie, état mystique
al- 'athar, pl. âthâr : l'effet, la trace, la marque _ tradition
atqana : donner la perfection à
a'wâd : compensations
awdiya : pluriel de wâdi : vallées (spirituelles)
awjada : donner l'existence, existentier
al- awliyâ' : pl. de walî : "amis de Dieu", saints
al- awtâd : les piquets
awwâh : humble
al-Awwal : Le Premier_nom divin.
awwaliyya : état principiel, primordial
ayâm Allah : les Jours de Dieu, c'est à dire les six jours de la création avec le septième jour du repos.
'ayn, pI. a'yân : œil, réalité essentielle, l'essence, l'identité, l'origine, la source
- 'ayn al-qalb : l'œil du cœur, l'organe de l'intuition intellectuelle
- 'ayn al-jam' : union substancielle _ perception/intuition par laquelle le soufi voit Dieu en tout et tout en Dieu
(station)
- 'Ayn al-yaqîn : l'expérience de la certitude _ vision de la certitude
âya, pI. âyât
signe _ verset cranique
al-'ayn : I'essence, la détermination première, l'œil, la source;al- 'ayn ath-thabitah, parfois aussi simplement al-
'ayn : I'essence immuable, l'archétype, la possibilité principielle d'un être ou d'une chose
a'yân
pluriel de 'ayn : les essences ou déterminations premières des choses
'ayna
miroir
(Allah) 'azza wa jalla : (Dieu) est Puissant et Grand
al- 'azal: l'éternité (sans commencement), prééternité, préexistence
- voir aussi al-abad et al-qidam
'azm
résolution, décision, fermeté
al- 'azhama : la Grandeur, l'Infinité, l'Immensité _ correspond au nom al-'Azhîm
al- 'Azhîm : le Grand, I'Immense, l'Infini ; nom divin
'azîma : rigueur
al-'Azîz : le Grand, le Précieux, le Cher ; nom divin.

B
al- bâ' : la lettre bâ'
bâb al-ijtihâd : la porte de l'effort créateur normatif
al- baçar: la vue {comme faculté), la vue (intellectuelle) _ la vue divine
al- Baçîr : le Voyant (Dieu)
al- baçîra, pI. baçâ'ir : intuition, clairvoyance _ vision, regard, compréhension (intérieurs)
badal, pI. abdâl : substitut
badâ' : changement de décision
al- Ba'îd : l'Eloigné (Dieu)
baghy : rébellion, égarement criminel
bah'îmîya : instinct bestial
bah'th : démonstration, examen
balâ, balwâ : épreuve
al- bâlighûn : ceux qui ont atteint le but (Soufis)

ballagha : communiquer, informer


baqâ': La subsistance _ pérennisation, permanence, éternité _ l'Eternité divine
- subsistance dans l'absolu, union permanente avec l'absolu
- I'état spirituel de la subsistance hors de toute forme, c'est-à-dire la - réintégration dans I'Esprit ou même dans
I'Etre pur
Contraire : fanâ'
bâqi : éternel, permanent, qui perdure
barâjim : expressions symboliques
baraka: bénédiction, chance _ influx divin, l'influence spirituelle
barhana : démontrer
al- Bâri' : le Céateur, le Producteur _ Celui qui modèle _ nom divin
barq : éclair
barr : pieux
barzakh : vie intermédiaire après la mort dans la tombe, outre-tombe, l'isthme _
symbole d'un état intermédiaire ou d'un principe de médiation.
bashariyya : condition humaine
bashîr : annonciateur de la bonne nouvelle
bâsit : qui donne
al- basmala: la formule bismillâhi-r-rahmâni-r-rahîm ("Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux") ;
formule de consécration
al- bast: l'épanouissement _ l'élargissement _ l'expansion (de l'âme par l'espoir ou la joie spirituelle) ; contraire
de al- qabd.
al- Ba't : la Résurrection
bâtil : inexistant (acte juridique)
illusoire, erreur, fausseté, mensonge (s'oppose à haqq),
al- Bâtin : l'Occulte, l 'Intérieur : un des noms coraniques de Dieu
bâtin, pl. bawâtin
- caché, ésotérique, occulte, intérieur, profond, vérité profonde
- contraire de dhâhir : extérieur, apparent
- On distingue la "science intérieure" {'ilm al-bâtin). à savoir la science ésotérique, soufique, de la "science
extérieure". { 'ilm ad-dhâhir) des docteurs de la Loi
- al-bâtin al-awwal : la première enceinte
bâtiniyya : intériorité
al- bawa^dih :les surprises
bay'a : acte d'obédience, serment et pacte d'allégeance politique
- dans l'ordre spirituel: le rite de l'initiation ;
- dans l'ordre temporel : l'investiture d'un souverain.
bay'at al-Ridwân
bayân : exposition claire, dépourvue d'ambiguïté, puis éloquence
al- Bayda : la Communauté
bayyin : apparent, évident, visible, manifeste / al-halâlu bayyin wal-harâmu bayyin (hadith)
bayyina, pI. bayyinât : preuve évidente
bi 'âd : éloignement
al-bidayât: pluriel de bidâya les débuts (sur la Voie)
bid 'a, pI. bida' : innovation blâmable, hérésie.
bidhr : semence
bi-lâ huwa : sans soi
al- birr : la piété
bi-t-takhaiyul : en imaginant, par l'imagination
al- budala' : les substituts
al- bu'd : l'éloignement
burhân, pI. barâhin : preuve, démonstration, argumentation
bushrâ : la bonne nouvelle
butlân : destruction, fausseté (d'une thèse)
butûn : état d'intériorité, de non-manifestation ; correspond au nom, divin al- Bâtin
aç- çabr (as- sabr) : la constance, la patience
çadaqa : honnêteté, intégrité _ aumône entre vifs, aumône légale
çaddaqa : témoigner de la véridicité
çadr, pI. çudûr : poitrine, cœur (siège des pensées et des intentions) conscience
aç- çahw _ aç- çahwa : la sobriété, la lucidité
çalât (salât): la Prière (canonique), oraison
çalât al- 'idayn : la Prière des deux Fêtes
çalçalat al-jaras : "le retentissement de la cloche" ; son subtil que le Prophète entendait lors de la révélation du
Coran
çalla (salla):prier, bénir
çaghîra, pl. çaghâ'ir; péché véniel
aç- çahâba : les Compagnons du Prophète
çahîfa : livre des actions (que chaque présentera a Dieu)
çahîh, élatif açahh : authentique, valide, légitime
aç- çâlih, pI. aç-çalihûn et aç- çulahâ' : le vertueux, le pieu, saint homme, parfait
al- çamad : l'Impénétrable, I'Indépendant, dont dépend toute chose ; nom divin
çamadiyya : impénétrabilité
çammada : professer 1'impenetrabilite de Dieu
çan'a : oeuvre
çibgha : teinture
çiddiq, pI. çiddiqûn : juste, véridique, sincère
aç- çidq (as- sidq): la sincérité, la véridicité : l'absence d'intérêt individuel dans les actes spirituels
- çidq al-irâda : sincérité de la volonté
aç- çifat : les qualités ou attributs
- al- çifat al-ilâhiya : les Qualités ou Attributs divins. Voir : dhât
- al- çifat an-nafsiya : les Qualités de la Personne divine; cf. an-nafs al- ilâhiya
al-ittiçâf biç-çifât al-ilâhiyah : l' "assimilation aux Qualités divines»
çihha : légitimité, bien-fondé
aç- çirât : le Pont (et ses affres)
aç- çirât al -mustaqîm : la voie droite ; expression coranique
çûf (sûf) : laine
çûfî : Soufi, adhérent du Soufisme ; selon son acception la plus rigoureuse, ce mot désigne celui qui est parvenu
a la connaissance effective de la Réalité (Haqîqa) divine ; d'où : aç- çûfî lam yukhlaq ( « le Soufi n'a pas été créé
»)
çûra, pI. çuwar : forme
- aç-çurât al- ilâhiya : la Forme divine : I'ensemble des Qualités ou Attributs divins
- aç-çurât al- muhammadiya : « la Forme Mohammédienne : le prototype universel du Prophète, identifie au
germe de Lumière {an-nûr) dont fut créé le cosmos.
da'b : continuité
dahash : stupeur
dahr : temps, espace de temps
dahrîyûn : matérialistes, pour lesquels l'évolution du monde n'est qu'un perpétuel processus de
génération/corruption.
dâ 'i, pI. du 'ât : qui incite, qui appelle (à Dieu) _ missionnaire
dâ'ira : sphère d'influence
dâkhila : trouble
al- dâl : la lettre dâl, dalâl, dalâla ; égarement,
dalîl, pI. dalâ'il, adilla : preuve (scripturaire ou traditionnelle), argument _ indication
dâll, pI. dullâl : égaré,
damîr, pI. damâ'ir : conscience
ad- daqâïq : pluriel de daqîqâ : finesse, subtilité. En Soufisme,
ad- daqâïq désigne les aspects du monde subtil, psychique, par opposition avec les Hâqâïq qui désignent les
Réalités ou aspects du monde supraformel
dâr: maison
dâr al- bawâr : séjour de la Perdition (cf. Coran, XIV, 28)
dâr al- islâim : monde musulman.
dâr as-salâm : maison de la Paix
daraja, pI. darajât : degré _ avantage
darura : nécessité
darwîch : derviche
da 'wâ : appel a la conversion, apostolat, mission
dawâm : perpétuité
ad- Dayyân : le Rétributeur ; nom divin
didd : contraire
ad-dimâgh: le cerveau
dîn : religion _ domaine spirituel
diya : prix du sang
diyânât : questions religieuses
du 'a' : prière (de demande adressée à Dieu)
dunyâ :
- affaires temporelles _ ordre naturel
- bas-monde, monde inférieur : monde corporel
corrélatif de al-ukhrâ : l'au-delà, le monde futur
dhahab : or dhahara: apparaître. se manifester ; voir aussi : zâhir
ad- Dhâhir : I'Apparent, le Manifeste, l'Extérieur_nom divin
dhâhir, pI. dhawâhir : lettre
dhâhir : élatif. Adhar, exotérisme, manifestation extérieure, forme extérieure, extérieur, apparent, manifeste,
manifesté , contraire de bâtin
dhâkir: celui qui remémore, qui invoque
dhâkirunî: (Dieu) me mentionne
adh- dhamâ'ir : les consciences
dhann : opinion probable.
dharra : atome (dharr, n. d'unité)
dharûra: nécessité
adh-Dhât, pl. dhawât : l'Essence _ la Quiddité
La dhât d'un être est le sujet auquel se réfèrent toutes ses qualités {çifât) ; les qualités diffèrent entre elles mais
non pas dans leur rattachement au même sujet.
- adh-Dhât bilâ mithâl : l'Essence sans similitude
- dhât al-'abd : l'essence de la créature
- Dhât al-haqq : l'Essence divine
adh-dhâtiyûn : ceux qui ont réalisé I'Essence {adh- dhât)
adh- dhawq: la saveur spirituelle _ le goût
au figuré : l'intuition, surtout l'intuition des qualités divines
dhihn, pI. adhhân : esprit (logique) _ intelligence
dhikr:
- évocation, souvenir, mention, rappel, réminiscence, remémoration (de Dieu)
- comme rite : invocation
- dhikran kathîrâ : " invocation fréquente »
- adh- dhikr ul- jahrî : remémoration vocale
- adh-dhikr ul- khâfi : remémoration secrète
- adh-dhikr ul- qalbî : remémoration muette
dhu-l-jalâli wa-l-ikrâm : "le Seigneur de la Majesté et de la Générosité" : nom divin
dhuhûl : oubli du monde extérieur
dhuhur : apparition, manifestation
dhulma, pl. dhulumât et dhulam : ténèbres
fadâ' :espace
fâdil, [Link]â' : élatif afdal,
supérieur (cf. mafdul),
- au pluriel : les plus éminents, êtres de mérites
fadl :grâce, faveur (divine) _ mérite, supériorité, précellence,
fadila :fahm, pI. afhâm : compréhension
fajr :aube, moment de la première prière quotidienne
fâ'id :qui émane
fa 'il : agent (Dieu)
faylasûf, pl. falâsifa (sing.) : philosophes hellénistiques des 4e-5e siècles de l'Hégire.
falsafa : philosophie "arabe", philosophie hellénistique
falsafî : philosophique
al-fanâ' : l'extinction, l'annihilation, l'anéantissement, la mort mystique, l'évanescence.
Désigne l'extinction des limites individuelles dans l'état de l'Union avec Dieu.
- Contraire : al-baqâ, "la subsistance" .
- Cf. le verset coranique : « Tout sur elle (c'est-à-dire sur la terre) est évanescent (fan} ; il ne subsistera que la
Face de ton Seigneur, essence de la majesté et de la générosité ~ (LV. 26, 27).
- fanâ' ul-bashariyah : annihilation de l'humanité
- fanâ' fî ash-sheikh : annihilation dans le maître
- fana' us-sifât : annihilation des attributs
- fanâ'ul-fanâ : l'extinction de l'extinction (spirituelle) ; correspond au terme hindou pari-nirvâna.
fânî : qui est "éteint"
faqd : l'état de perte
faqîd : absent
faqîh, pI. fuqahâ' : docteur de la loi, juriste
al- faqîr, pl : fuqarâ' : le pauvre en Dieu _ pauvre en esprit
- al-faqîr ilâ-Llâlh : « le pauvre envers Dieu », selon l'expression coranique : « O vous hommes, vous êtes les
pauvres (fuqarâ) envers Dieu, et Dieu est le Riche, le Glorieux » (XXXV. 16) ;
- en particulier, tout homme suivant une voie contemplative est appelé faqîr ilâ-Llâlh ou simplement faqîr ;
l'équivalent persan est "derviche" (derwîsh).
al-faqr : la pauvreté
far', pI. furû' (cf. açl) : rameau, branche, application
fara'id : devoirs, obligations
al- Fard : l'Unique, le Singulier, l'Impair ; nom divin
al-fard: l'unique, le singulier
fard, pI. furûd : devoir, obligation à remplir
- fard al- 'aïn : obligation individuelle.
- fard al- kifâya : obligation communautaire
al- fardâniyya : la singularité
al- farq : la conscience séparative _ la séparation. contraire de al- jam'
farîq : fraction, groupe
fâriq : facteur de distinction
fâsiqûn : grands pécheurs
al-Fâtiha : « Celle qui ouvre la «liminaire »; première sourate du Coran
fatq : expansion
al-fayd : le flux (spirituel), le débordement, l'épanchement, l'effusion, I'émanation ;
- al-fayd al-aqdas : « l'épanchement très-saint », la manifestation principielle
- al-fayd al-ilâhi : le flux divin
fetwâ : consultation juridique
fi'a : faction (al-fi'a al-bâghiya : la Faction égarée)
fidâ'i : celui qui sacrifie sa vie
al-fikr, al-fikra, pl afkâr: - la pensée, la méditation
fi'l, pI. af'âl : action, acte, acte effectif_ activité
al- af'âl al- ilâhiyah : les Activités divines
fiqh : droit, jurisprudence (musulmans) _ compétence juridique, science de la Loi
firâr : fuite
al firâsa : l'intuition _ lecture de pensée, sagacité
firqa, pI. firaq : secte, groupe
al-firqa al-nâjiya : la secte sauvée
fitna : tentation, épreuve _ trouble, discorde, sédition, insurrection
- a upl. fitan : guerres civiles

fitna, pI. fitan : intelligence


fî sabîl Allah : dans le chemin de Dieu
fitra : nature première, primordiale, nature innée
fu'ad : cœur _ "intérieur du cœur"
fujûr : impiété
furqa : séparation
al- Furqân : la discrimination
- la Discrimination : nom coranique du Livre révélé - ou de la révélation en général - sous son aspect de loi
- yawm al-furqân : "journee de la divine distinction" : la bataille de Badr.
furû' : branches du droit; conséquences déduites; applications concrètes de la Loi ; applications
al- futuwwa : la grandeur d'âme _ générosité du cœur _ vertus
litt : qualités mâles; associations mystiques d'artisans; puis chevalerie
al- ghadab : la Colère divine
ghafla, pI. ghafalat : état de l'oubli, indifférence, négligence, insouciance, inconscience, inattention
ghalaba : emprise
gharaq : submersion
gharar : aléa
ghâ'ib : absent, caché, non manifesté
gharâm : passion
al- ghawt : le Secours
al- ghayb : l'occulte, l'absent, le non-manifeste, l'invisible, l'inconnaissable _
la non-manifestation, le non manifesté, le mystère, le monde caché
- gha'ib al-ghayb : le Non-Manifesté
- al-ghayb al-mutlaq : le Mystère absolu, la non-manifestation pur

ghayba : absence, inconscience


al- ghayra : le zèle, la jalousie _ soin jaloux
ghayy : égarement, errement
ghayyaba : faire disparaître
al- ghawt : le recours
ghinâ' : richesse
ghusl : ablution
ghurba : expatriement, exil
al- hâ' : la lettre hâ'
al- Habd : litteralement : la fine poussiere suspendue dans l'air ;
la Materia prima, la Substance passive uni-verselle.
habîb : bien-aimé de Dieu
habus : bien de main-morte affecté à une fondation pieuse (v. waqf)
hadath : contingence
hadd, pI. hudûd : limite légale _ peine légale
hâdî : qui guide _ guide, prophète
hâdir : Présent (Dieu) _ présent
al-hadîth :l'éphémère ; opposé de al-qadîm.
hadîth, pI. ahadith :
- dict, fait, geste, abstention du Prophète, recueillis par la Tradition.
- sentence, parole du Prophète transmise en dehors du Coran par une chaîne d'intermédiaires connus ; il y a deux
sortes d'ahâdith :
- hadîth qudsi (sentence sacrée) désigne une révélation directe, ou Dieu parle dans la première personne par la
bouche du Prophète
- hadith nabawî (sentence prophétique) désigne une révélation indirecte, ou le Prophète parle en sa propre

personne
hadiyya : don ( divin)
al-hadd : la limite, la definition.
Hadra :;Présence (divine)_danse extatique (voir : al- 'imara).
hadrat al-quds : Sainteté divine
hafawât : fautes involontaires
al- hafadha : les Vigilants (Anges)
al-hafdh : la mémoire, en tant que faculté de retenir une impression.
Hafîdh : Gardien (Dieu)
al-hâhût : la Nature essentielle de Dieu ; dérivé du Nom divin Huwa, « Lui », et formé par analogie avec les
termes suivants, que nous citons selon leur ordre hiérarchique descendant :
al-lâhût : la Nature divine (créatrice),
al-jabarût : la Puissance, I'Immensité divine, le monde informel,
al-malakût : le Règne angélique, le monde spirituel,
an-nâsût : la nature humaine, notamment la forme corporelle de I'homme
hâjiz : empêchement
hajj : pèlerinage rituel a La Mecque
hajjat al-wadâ' : le pèlerinage d'adieu,
hakkama : soumettre a I'autorité
hâkim dast al-waqt : ministre de l'univers temporel (le Prophète)
al- hâl, pl : ahwâl :
- l'état (spirituel) _ état (transitoire) : don de Dieu
on oppose parfois hâl à maqâm (station spirituelle) ; dans ce cas, le premier est considéré comme passager, le
second comme stable
- la vie mystique en général ou l'état d'extase en particulier.
halâl : licite
al- hall : action de délier
- ma'rifat al-hall wa-l- 'aqd : connaissance des pouvoirs
- ahl al-hall wa-l- 'aqd : "ceux qui ont qualité de délier et de lier" = les représentants qualifies,
hamm, pI. humûm : préoccupations
al- hamd : la louange (à Dieu)
ham-damî : accord spirituel
hanafi: de I'école hanéfite; familier : laxiste dans l'application de l'observance
hanîf : monothéiste
al- haqîqa : la vérité
al- Haqîqa : la Réalité divine
haqîqa, pI. haqâ'iq :
- vérité, réalité
- vérité profonde, nature véritable, essence vraie, réalité principielle - la vérité ou Réalité divine, la réalité
essentielle d 'une chose.
Cf. la parole du Prophète : likulli dhi haqqin haqîqa. « à toute chose réelle correspond une Réalité (ou Vérité)
divine
- haqîqa mudraka : vérité intelligible
- haqîqat ad- dât al 'aliyya : l'Essence suprême
- haqîqat al-haqâïq : « La Vérité des vérités» ou « Réalité des réalités», analogue au Logos; elle est considérée
comme un « isthme » {barzakh} insaisissable, intermédiaire entre I'Etre divin et le cosmos
- haqâ'iq jawhariyya matbû'a : entités substantielles indépendantes
al- Haqq :
- le Vrai, le Réel = l'Etre divin, la Vérité, la Réalité divine, Dieu
- la Divinité en tant qu'elle se distingue de la créature {al- khalq}.
haqq : réalité, vérité (opposé à bâtil)
- haqq al-mubîn : la vérité éclatante
- haqq al-yaqîn: la réalité de la certitude, vérité certaine
haqqiyya : créativité
haraqa : agitation, mouvement
harâra : chaleur
haram : territoire sacré, terre sainte,
harâm : illicite, interdit
harf, pI. hurûf, ahruf : lettre (transcendante) _ vocable, mot, terme
hasab : mérite
hasan : beau, bon (moralement)
hasana : bonne action
al- hashr : le Rassemblement dernier
hâtif : voix inconnue, interlocuteur invisible
hawâ, pl. ahwâ' : passion _ opinion passionnelle et subjective
hawal : obstacle
al- hawâdith : les êtres adventices et contingents
al- hawd : la Vasque
hawrâ' : hourie
hayâ' : pudeur
hayâ' : forme, structure
hayamân : affolement
hayawân nâtiq : animal doué de parole; définition classique de l'homme par rapport aux autres espèces animales.
al- Hayât : la Vie (Attribut divin)
hayât : vie (humaine)
hayba : crainte révérentielle, la terreur devant la Majesté divine
haykal : temple, forme corporelle
hayra : (état de) désorientation, stupeur, consternation, perplexité

al-Hayûlâ : forme arabisée du grec Hylé ; la Materia prima; analogue a al-Habâ, surtout a l'aspect secondaire,
cosmique, de celle-ci.
al- Hayy : le Vivant ; nom divin
al- hidâya : la guidance _ direction (divine) _ conduite, voie droite _ nûr al-hidâya
- al-hidâya ilâ ad-dîn : conversion à la religion voir : al-hudâ
hidthân : nature contingente et transitoire
hijâb : voile, rideau. Le Prophète dit que Dieu se cache par soixante-dix mille rideaux de lumière et de ténèbres.
En Soufisme, on appelle " voilé" (mahjub) celui dont la conscience est determinée par la passion, sensuelle ou
mentale, et qui par consequent n'aperçoit pas la Lumiere divine dans le coeur ; selon cette expression, c'est
l'homme qui est couvert d'un voile ou d'un rideau, et non pas Dieu.
al- hijâb : le rideau (cachant les épouses du Prophète)
hijra : émigration, hégire
al- hikma, pl. hikam : la sagesse
al-Hikmat al-ilâhiyah : La Sagesse Divine
al- hikma al- machriqiya : la sagesse orientale
hîla, pl. h'iyal : ruse _ biais juridique
himma, pI. himam : aspiration, préoccupation _ énergie (spirituelles)
la volonté spirituelle, la force de décision, I'aspiration vers Dieu.
hisâb : comptes, reddition des comptes (du Jour du Jugement)
hizb : section du Coran _ parti politique
hiyâm : amour éperdu
al- hiss : la faculte sensorielle, le domaine des sens _ le sensible _sensualité _ le sensuel
hisba : devoir d'appeler au bien ; puis police des mœurs et des marchés
hubb : amour
al- Hudâ : la Bonne Voie, l'orthodoxie _ voie droite, chemin du salut
hudûd : limites légales
hudûr : l'état de présence _ la conscience de la Présence divine
al- hudûth : la nature adventice, I'éphémérité opposé à al- qidam (I'éternité)
hujja, pI. hujaj : argument décisif, argumentation, justification
al- hujûm : assaut
hujus : suggestions
hukm : pI. ahkam :
- décision, sentence, jugement, pouvoir, principe _ la faculté de juger
- règle, disposition, statut, loi,
hulûl : infusion
« localisation» ; I'hérésie qui consiste a englober Dieu dans sa manifestation. L'Islam rejette la notion d'«
incarnation . comme suggérant le hulûl
huqub, pI. ahqâb : cycle
hurma : respect
al- hurûf, pl. de harf : les lettres de I'alphabet et par suite les sons qu'elles représentent.
a- hurriyya : la liberté
al- husn : la beauté.
Huwa : Lui, nom divin
- Huwa al-bâqî : Lui (Dieu) Seul est permanent
huwiyya : l'Ipséité, l' Aséité divine, le "Soi suprême"
- dérivé du pronom Huwa. "Lui"
huzn : tristesse
huzûz al-nafs : exigences naturelles de l'âme satisfactions personnelles
'ibâdât : ensemble des prescriptions s'imposant à I'homme dans ses rapports avec la divinité ; actes cultuels,
devoirs envers Dieu,
ibâha : antinomisme, rejet des prescriptions légales
ibâhî : libertin
'ibâra : expression claire et directe
ibdâ' : création ex nihilo
ibtada'a : tirer du néant, créer
ibtidâ' : commencement
al- 'içma : l'impeccabilité _ sauvegarde, protection
idâfa : rapport,
idâfi : relatif
al-idhn : la permission, l'autorisation.
idrâk : connaissance, perception _ au figuré: intellection
'iffa : continence
ifk : accusation calomnieuse
'ifrît : diables luxurieux
iftiqâr : dépendance
al- ihâd : l'unicité
ihbât : tranquillité
ihrâm : état de sacralisation
ihsân : vertu, perfection, le bien-agir, la vertu spirituelle, la beaute spirituelle ;
al-islâm (l'abandon a la Volonté divine), al-imân (la foi) et al-ihsân (la vertu) : ternaire commenté par le Prophète
dans le célèbre hadith de Gabriel.

îjâd : existentiation, production a l'existence (Wujûd).


i'jaz : l'inimitabilité du Coran
ijlâlun : respect, vénération _ culte, estime.
ijmâ' : accord unanime, consensus populaire, I'une des quatre sources de la Loi musulmane
ijmâl : synthèse _ intégration
ijtihâd : effort _ effort d'interprétation des théologiens-juristes
jugement, appréciation personnelle, interprétation autorisée
iktisâb : acquisition (des actes)
al- ikhlâç : la pureté de l'intention _ consécration sincère
ikhtara 'a : faire surgir, produire
ikhtiçâç : élection (divine) _ -ahl al-ikhtiçâç : les « gens de l'Election divine »
ikhtilâf : désaccord, divergence théologIco-Juridique
ikhtilâj : tremblement
ikhtiyâr : choix, liberté, libre-choix, libre arbitre _ élection
ilâh : dieu, divinité
'illa : cause
ilhâm : inspiration
'illa : cause
'illiyûn : eschatologie : lieu transcendant où se tiennent les anges, ou les bons dans I'attente du Jugement dernier
al- 'Ilm : la Science (Attribut divin)
'ilm, pI. 'ulum : voir 'ulum
connaissance, science (de tout ce qui concerne la religion) _ science discursive
- 'ilm al- akhlaq : science des mœurs, éthique
- 'ilm dhawq : connaissance savoureuse, expérience spirituelle
- 'ilm al- imânî : connaissance de foi
- 'ilm at-tawhid : théologie musulmane
- 'ilm al- yaqin : la science de la certitude _ science certaine
- 'ilm rabbânî : connaissance transcendantale
imâm, pI. a'imma :
- guide, modèle, prototype, chef de la Communauté, celui qui dirige
- celui qui préside à la prière en commun
- al- imâm al- mubîn : le Modèle évident ; nom coranique du Livre éternel, du prototype des êtres créés
Imâm : en Islam chi'ite, celui qui révèle le sens caché de la Révélation, de toute révélation. La terminologie
chi'ite réserve en propre cette désignation aux Douze Imams
imâmâ : imamat, direction de la Communauté
îmân : foi
al-'imâra : dhikr collectif accompagne de danse ; voir aussi al-hadra
imkân, pI. en ât : la possibilité : comme catégorie, le principe de la possibilité
- mumkin : une possibilité particulière
imsâk : abstention
al- inâba : la conversion _ la résipiscence (regret qu'on a d'une chose, accompagné du désir de s'amender)
- inâba ilâ Allah : revenir à Dieu, se repentir, se convertir
'inâd : rébellion
al- 'Inâya : la Providence
inbisât : être au large
indamaja : entrer en composition, s'incorporer
'indiyya : « apudséité »
al- infirâd : l'exclusivité _ isolement, singularité
infisâl : disjonction, séparation
al- Injîl : l'Evangile
ins : I'homme
al- insân al- kâmil : « I'homme parfait » ou « I'homme universel»
terme soufique pour celui qui a réalisé tous les degrés de l'Etre
désigne aussi le prototype permanent de I'homme.
insânî : « hominal », humain
inshâ' : production
in shâ' Allah : inch' Allah : s'il plaît à Dieu
intisâb : entrée dans une tarîqa (affiliation à)
'iqâb : châtiment
iqâmat aç-çalla : accomplissement de la prière ?
iqlimiyya : séparatisme
iqrâr : reconnaissance verbale et publique
al- irâda : la volonté _ la Volonté divine (normative)
al- 'irfân : la connaissance, la gnose
'ishâ' : nuit tombée _ moment de la 5e prière quotidienne
ishâra : indice, allusion, langage symbolique
ishfâq : sollicitude
'ishq : désir passionné, désir ardent (du divin)
ishrâq : sagesse orientale (litt. illumination)
al- ishtiyâq
l'ardeur
al- Islâm : communauté _ religion _ conversion à l'Islam _ soumission (à Dieu)
ism, pI. asmâ' : nom
ism adh-dhât : nom de l'essence suprême
'içma : infaillibilité et impeccabilité
isnâd : chaine de transmetteurs garants pour un hâdith
al- isrâ' : le Voyage nocturne du Prophète
i'tikâf : retraite.
i'tiqâd : croyance, foi, dogme, conviction, certitude
istarja 'a : réciter le verset du retour a Dieu (Coran, II, 156)
istiçlâh : bien public.
isti'dâd : la prédisposition, I'aptitude, la préparation a recevoir, la virtualité.
istidlâl : démonstration
istighfâr : demander pardon
istihqâq : mérite
istihsân : équité"
istikhâra : prière de bon conseil _ prière contre l'indécision
istinbât : interprétation
al- istiqâma : la droiture _ fermeté
isliqlâl : indépendance
istiqrâr : stabilité (du cœur)
istirsâl : abandon total et continuel
istitâ'a : capacité
istitâr : occultation
al-istiwâ' : la session (de Dieu sur Son Trone)
îthâr : préférer autrui à soi, abnégation
al- ithâr : la générosité (altruisme)
i'tisâm : se mettre hors de péril
ithbât : affirmation
itlâq : absolu
ittaqâ : avoir la pieuse crainte de Dieu
al- ithbât : l'affirmation
ittibâ' : fidélité
ittiç'âl : jonction, union
ittihâd : union
al- 'iyân : la vision directe
en Soufisme : la connaissance immédiate, non-discursive,
'iz : gloire, honneur, grandeur _ puissance, pouvoir.
izmâ' : détermination,
'izza: Toute-Puissance
jabr : contrainte
al-Jabarût :l'Omnipotence _ l'Empire (divin) _ le monde de la Toute-Puissance ou l'Immensité divine _ mondes
supraformels ; ‘âlam al-jabarût : Monde de l'omnipotence et des lumières originales ; voir aussi hâhût.
al- Jabbar : le Tout-Puissant ; nom divin
jadhb, jadhba : le rapt, l'attraction, l'extase, la fascination divine. Elle intervient en une plus ou moins large
mesure dans tout processus spirituel. Elle est un aspect de la grace
- aj-jadhba al-mu'aiyana adh-dhâtiyya : le rapt proprement essentiel
Jâhilîya : l'époque préislamique; litt. l'ignorance
jâïz : contingent (en logique)
jalâl : majesté , rigueur
- al-Jalâl : la Rigueur divine, la Majesté terrifiante.
al- jam' : la synthese, l'union, la conscience unitive, la concentration. Contraire : al-farq.
- al- jam' : la Réunion dernière concentration
jamâ'a : assemblée délibérative.
al- Jamâ'a : la Communauté (fidèle au Prophète)
jamâl : beauté., clémence--. : al-jamâl : la Beauté divine
al- Janna : le Jardin, le Paradis
jasad, pI. ajsâd : corps (anime)
jawâmi' al-kalim : "les sommes des Paroles"
jawhar : substance, essence
- al- jawhar al-fard : le joyau singulier _ l'Intellect premier.
al- jihâd : la Guerre sainte, l'une des grandes obligations communautaires
- [Link]âd al-açghar : la petite guerre sainte, c.à.d. la guerre sainte extérieure contre les infidèles.
- al-jihâd al-akbar : la grande guerre sainte, c.à.d. la guerre sainte intèrieure, dirigée contre les passions et
l'ignorance.
Revenant d'une campagne contre les infidèles, le Prophète dit : " Nous sommes revenus de la petite guerre sainte
vers la grande guerre sainte ".
al- jîm : la lettre jîm
al-jinn (ou al-jinnah) :
les génies; êtres subtils appartenant au monde formel.

jins : lignage, race


jism, pI. ajsâm, jusûm :corps
jismânî : corporel
jizya : tribut payé par le non-musulman
al- jûd : la générosité _ la Générosité divine (existentiatrice et universelle)
jumûd : inertie.
al- juz'iyyât : les choses particulières
Ka'ba: sanctuaire de La Mecque
kabâ'ir (sing. kabîra)
péchés capitaux, grandesfautes
al-kâf : la lettre kâf
kâfir, pI, kâfirun, kuffâr
infidèle, incroyant, mécréant
kâ'in : pI. al-kâ'inât : qui est
les êtres
al- Kalâm :
- litt : le discours, la faculté de la parole.
- la théologie spéculative, la philosophie dogmatique.
- la Parole (Attribut divin)
- Kalâm al-Haqq : Parole de Dieu
kalima : parole, mot _ la parole, le verbe.
- kalimat al-haqq : la parole de vérité
kamâl : perfection, plénitude ; rapporté a Dieu : I'infinité
- al- kamâl al- haqqî : la Perfection divine, l'Infinité divine,
kanz, pI. kunûz : trésor
karam : la noblesse d'âme, la générosité.
karâma, pl. karâmât : miracle, charisme, prodige _ faveur (divine) _ grâces miraculeuses.
karb : resserrement, détresse, s'oppose a tanfîs: dilatement, consolation, de naffasa ;
al- karîm : le généreux, le noble; nom divin
al- ka's : la coupe
kashf, pl. kush : litt. la mise à nu _ découverte, révélation, I'enlèvement d'un voile, dévoilement des intuitions
manifestant Dieu, la connaissance essentielle, I'intuition directe,
kashf al-ghita' : soulèvement du voile
kawn, pI. akwân :
- le cosmos, la création, l'univers, le monde
- existence, être nature, modalité d'existence (cf. akwan)
al-kawnu insânun kabîrun wa-l-insânu kawnun çaghîr : "L'univers [ou le cosmos] est un grand homme, et
l'homme est un petit univers [ou cosmos]" adage soufique.
kayfa : comment?
kayyafa : attribuer des modalités
al- kibrît al- ahmar : le soufre rouge, symbole alchimique de I'activité permanente de l'Esprit
kifaya : suffisance, nécessaire pour subsister
kitab :
- livre, et par excellence les Livres des religions révélées.
- al-Kitâb : le Livre révélé, I'Ecriture (le Coran)
- al-kitâb al-majîd : le Livre glorieux ; un des noms coraniques du Livre révélé
- al-kitâb al- maknûn : le Livre caché ; nom coranique du Livre éternel
kitabi, pl. kitabiyun : gens du Livre : chretiens, juifs, mazdeens
kitman : secret.
kufr : impiété, infidélité, incroyance, hérésie grave
kullî : universel
Kulliyya : le Tout
kun : litt. "sois", "fiat" de la création divine, l'ordre créateur. voir aussi : al-Amr
al-kunh : fond intime, primordial.
al- Kursî : le Piédestal divin, l'Escabeau (où reposent les deux Pieds de Dieu, selon le symbolisme
anthropomorphe). - parfois assimilé à l'âme universelle.
On distingue entre le Trône {al- 'arsh} et le Piédestal
khabar, pI. akhbâr :
information, tradition historique
al- Khabîr : l'Informé (Dieu)
khaçça : particulariser
al- khâçça : l'élite spirituelle _ pI. al-khawâçç : les Elus
Khadir : symbole du maître spirituel
khalaqa : créer ; voir aussi khalq.
khalîfa (plur. khulafâ') :
représentant, vicaire de Dieu sur terre _ calife;
al-khulafâ' ar-rachîdûn : les quatre premiers califes légitimes
al-khalîl : l'ami de Dieu : Abraham
al-Khâliq : le Créateur
al- khalq : les créatures, la Création _ activité créatrice
khayr al-khalq : le meilleur de la création (le Prophète)
khalqiyya : créature
khalîfa, pI. khulafâ' : représentant remplaçant, successeur, calife
- al-khulafâ' al-râshidûn: les califes bien guidés
khalwa : isolement, retraite spirituelle
al- khamra :le vin
khârij : insurgé
kharq al- 'awâ'id : rupture des lois, rupture des normes
khat'a' : erreur logique.
khâtam (ou khâtim) : sceau.
- khâtim al-Wilâya : "Le Sceau de la Sainteté"
- khâtim an-Nubuwwa : "Le Sceau de la prophétie"
la première expression est souvent rapportée au Christ lors de sa seconde venue, la deuxième toujours a
Muhammad.

khathîf : substance grossière


pI .al-khawâçç : les Elus (pl. de al- khâçça : l'élite)
al- khawâtir : les pensées adventices _ paroles intérieures, ce qui surgit ans la conscIence
al- khawf : la crainte
al-khayâl : la faculté imaginative
elle est purement passive, soit a I'égard de la faculté conjecturale {al- wahm}, qui lui confère le caractère
d'illusion, soit a I'égard de I'intellect {al- 'aql) ou de l'Esprit {ar- rûh}, qui peut lui imprimer des visions
prophétiques.
khidmat al-Qur'ân : service du Coran.
khidr al-ghayb : "le rideau du non- manifesté"
khilâfa : califat, fonction de calife, succession (au Prophète ).
khirqa : froc du soufi
al- khiyâl : l'imagination. voir aussi : âlam al-mithâl.
khizâna, pI. khazâ'in : trésor
khodja (khawâjâ) : membres de la secte des Ismaéliens
khufya : en secret, caché.
khulq :créature
khulûd : perpétuit
khuluq, pl. akhlâq : caractère, nature
khushû' : humilité

khutba :prêche du Vendredi a la mosquée, sermon, allocution (faite en chaire)


- khutbat al-wadâ' : le sermon (du pèlerinage) d'adieu
la ilâha ill- Allah : « II n'y a pas de divinité, si ce n'est La Divinité » ; la formule fondamentale de l'Islam.
al- lâhût : la Nature divine
al- lâm : la lettre lam
lâ makân : transpatial
la'na : malédiction,
latîf : subtil, fin, doux, imperceptible
al- Latîf : le Subtil,latifa,
pI. lata'if : âme
[Link]â'if al-insânia : centres subtils de l'être humain
lawâ'ih : lueurs, intuitions
lawâmi' : éclairs, intuitions subites
al- Lawh al-mahfûdh : - la Table conservée,_ la Tablette préservée (car "conservant" les archétypes)
- C'est aussi la table du destin (en langage populaire)
lazim : necessaire, de pleine validite (irrevocable)
lisân al-hâl : éloquence muette
al- lûh al- mahfiûz : - la Table Grdée, où Dieu inscrit les destins de tous les êtres par le Calame suprême {al-
qalam al- a'lâ}
- symbole coranique de la substance universelle

lubb : - le noyau ; au sens figuré : le sens caché, l'essence d'une chose, le coeur. Contraire : al-qishr : l'ecorce :
"Saisis le noyau et jette l'ecorce!"
- fond du cœur, noyau intellectuel du cœur
lutf, pl. altâf : grâce, grâce divine
ma'âd : fins dernières
mabda' haqîqî : origine véritable
ma'bûd : adoré
ma 'çiya, pI. ma 'âçî : transgression
ma 'çûm : infaillible et impeccable
mâdda : matière .
ma 'dûm : à l'état de néant, prive d'être
madhhab, [Link]âhib
doctrine, position doctrinale _ école juridique, rite: chacune des grandes formulations théologico-juridiques de
l'orthodoxie musulmane
madhhar: manifestation
madrasa : collège, Institut des sciences relig
mafdûl :inférieur ( cf. fadil) : d'un mérite moindre
mafqûd : inexistant, prive d'être
maf'ûl : objet
maghrib : coucher du solell : (moment de la quatrième prière quoti
al- mahabba : l'amour pour Dieu _ Amour (divin)
mahâl : machination
mahârim : les choses interdites, interdictions
mahbûb : agréable (cf. makriih)
mahdî : - guide, chef spirituel et temporel combattant pour la restauration de la foi
- bien guidé ('Ali), pI. mahdiyyiin : bien dirigés (califes)
mâhiyya : quiddité
mâhiyatu kunhi-dh-dhât : la quiddité de la nature intime de l'Essence
mahjûb : voil
mahsûs : sensible, ce qui est objet de la connaissance sensible {al- hiss}
al- mahw : l'effacement, l'anéantissement (de l'individualité)
mahzûr : dé

majdhûb: ravi _ celui qui subit l'attraction (al-jadhb) divine, le spirituel dont les facultés mentales sont comme
paralysées ou confuses par l'effet de l'attraction divine ; c'est le cas des "fous en Dieu", de ceux qui sont
empéchés d'exterioriser leur état spirituel d'une manière intelligible.
majlâ : lieu d'irradiation, de révélation, plan de réflexion du tajalli divin, théâtre.
majma' aç-çâlihin : assemblée que les grands saints tiennent (voir : diwân ahl Llah)
majmû' : concentré, unifié
makân, pI. amkîna : lieu (modalité d'exi
makhlûq : créé, creat
makrûh : blâmable, désagré
al- Malâ' al-a 'là : le Plérome Suprême
al-malâ'ika _ al-amlâk ; les Anges
al-Malakût : la Royauté _ la Souveraineté _ le Règne céleste et angélique ;
« C'est lui qui tient dans Sa Main la Souveraineté {Malakût} de toute chose... » (Coran XXXVI. 83).
Voir aussi hahût.
al- malâma : le blâme
al- malâmati : l'homme du blâme
malikî : de l'école malékite; familier : respectueux de l'observance.
al- Malik : le Roi ; nom divin
al- malikiyah : la royauté. I'aspect divin correspondant au nom al- Malik
ma 'lûl : effet
ma'lûm, pI. ma'lûmât : su, scible _ ma'lumât : choses qui peuvent être connues
al- ma'na, -pI. ma 'âni : - la signification spirituelle, l'apperçu spirituel _ essence, sens profond
- ma 'âni : spiritualité _ vérité, vérité intelligible
- 'âlam al-ma 'âni : le Monde des Archétypes
manâqib : traits illustres, titres de gloire
ma 'nawî : intelligible
manât : rel
mançûra : assistée de Dieu (firqa)
mandûb : recommendable
al-Mâni' : nom divin _ Celui qui empêche
mann : bienveillance
al- mantiq : la logique.
manzil, pI. manâzil : étape, demeure (spirituelle)
maqâm : station, degré, étape (atteintdurant le cheminement)
considéré du point de vue de l'effort personnel (contrairement à hal:don de Dieu)
- maqâm al-murâd : la voie passive
maqhûr : dominé
maqsûd : vIsé _ but
ma'qûl : intelligible, compréhensible, ce qui est I'objet de l'intellect ('aql),connu
al- ma'rifa, pI. ma 'arif : la gnose, la connaissance (ésotérique)
al-ma'rifa (la connaissance), al-mahabba (l'amour) et al-makhâfa (la crainte) constituent le ternaire soufique des
motifs ou qualités conduisant vers Dieu.
mashhad : lieu de témoignage, état contemplatif ; voir aussi : mushâhada
al- Mashî'a : la Volonté divine créatrice, le libre Vouloir de Dieu
mastûr : caché _ de diffusion suspecte (tradition)
mathal, pI. amthâl : représentation _ analogue, semblable
-al-mathal al-a'la : l'Archétype Suprême
al- matla' : lieu d'ascension, lieu où se lève le soleil
mawâjîd : découvertes intérieures
mawâqit : les lieux d'entrée dans la zone sainte autour de La Mecque, où se rassemblent les pèlerins
al-mawçûf : le qualifié, le sujet d'une qualité {cîfa}.
mawjûd, pl. en ât : existant, être _ celui qui existe, ce qui existe ; voir aussi : wujûd,
al- mawqif al-a 'zham : la Station Suprême
mazhar, pl. mazâhir : lieu de manifestation
mektûb : "c'était écrit !"
mi'raj : ascension de Muh'ammad.
mih'rab : niche indiquant, dans une mosquee, la direction de la Mecque
milla : communauté (religieuse), religion
al- mîm : la lettre mîm
minbar : chaire _ chaire du prédicateur
minna : grâce
al- Mi'râj : ascension du prophète
mishkât : niche, tabernacle. cf. la sourate de la Lumière.
mithâl : image
al- Mithâq : pacte; spécifiquement : covenant accordé par Dieu.
le Pacte primordial _ le Pacte intemporel
mithl : semblable
al- mizân : la Balance divine
-balance (« la science est la balance de la foi »)
moqaddem : administrateur gérant les biens d'une communaute ou gérant une zawiya.
Mu'allaqât : litt. les "suspendues" : les sept célèbres poèmes arabes référant à l'époque pré-islamique
mu'âmala : conduite _ pratique des devoirs communautaires
- mu'âmalât : relations sociales, devoirs communautaires, éthique
mu'attil : celui qui nie les attributs divins; agnostique
al- mu'âyana : la vision essentielle, la vision directe, la connaissance immédiate
(syn. de 'iyân)
mubâh : indifférent
mubtadi' : le commençant _ innovateur blâmable, hérétique
muçawwar : formé
al- Muçawwir : Le Formeur, celui qui donne la forme, Celui qui modèle : nom divin
al- Muçtafâ : l'Elu (le Prophète)
mudabbir : dirigeant
mudhahhabât : les "dorées" (v. les . Mu'allaqât).
al- mudhâkara, pl en ât : conversation spirituelle, l'action de se rappeler mutuellement les vérités divines
mudrak, pI. en ât : connu
mudrik : connaissant
mufâwada : négociation
mufrad : unique
al- muhâdhara : la mise en présence _ la présence du cœur
muhafiz' : conservateur
muhâjir : exilé
al-muhaqqiq : pl : al-muhaqqiqûn
celui qui a réalisé la Vérité {al- Haqq} ; = le connaisseur véritable
al- Muhaymin : le Vigilant (Dieu)
al- muhâsaba : l'examen de conscience
muhçana : femme de condition libre et pubère
muhdath : produit, nouveau, contingent
muhdath : produit, contingent, être temporel
- al- muhdathât : les choses contingentes
muhkam : en harmonie parfaite, parfaitement cohérent
muhmil :laxiste
al- muhsinîn : ceux qui pratiquent la vertu spirituelle (al-ihsan)
al- Mûhy : le Vivificateur, Celui qui donne la vie ; nom divin,
al- mujâhada :le combat intérieur _ effort
- mujâhadât : combats spirituels, mortifications
mujahid : combattant de guerre sainte
mu'jizât : miracles
mujtahid : theologien-juriste ayant pouvoir d'effectuer un effort normatif, interprète autorisé (de la Loi)
mujtami' : rassemblé
mukawin : créateur, formateur, auteur, faiseur
al- mukallamûn : ceux a qui Dieu a parle,
al- mukâshafa : la mise à découvert _ dévoilement, révélation
al mukâshafûun : ceux à qui se révèlent les mystères divins, qui ont des dévoilements
mukawwan : engendré mukhliçîna lahu –d-din :
"ceux qui pratiquent la religion d'un coeur pur", expression coranique
mukhtaçar : abrégé (de la Loi musulmane).
mukhtâr : choisi, élu _ libre de choisir (Dieu)??
al- Mulk : le Royaume (Monde), monde sensible
mulk : royauté, monarchie temporelle
mu'min, pI. en ûn : croyant
al- Mumît : celui qui donne la mort ; nom divin.
mumkin, pI. en ât : possible, être possible _ les possibilités
munâçaha : conduite désintéressée
munâfiq, pI. en ûn : hypocrite
munâjât : oraisons
munâzalât : « habitations » spirituelles
al-Mun'im : le Bienfaisant ; nom divin
munkar : réprouvable.
al- Muntaqim : le Vengeur ; nom divin
muqâbala : rencontre (samâ')
muqaddas : saint, sacré
muqaddir : prédestinant, déterminant
al- muqarrab : le rapproché
al- muqarrabûn : dans la proximité de Dieu (saints ou anges)
muqayyada : obligations à heures déterminées
al- mûqinûn : ceux qui ont atteint la certitude
al- murâd : le but _ objet désiré _ celui qui est désiré
al- murîd : l'aspirant
al- murâqaba : la vigilance _ contrôler, fixer son attention
muraqqa'a : robe rapiécée portée par les derviches
al- murîd : l'aspirant, celui qui désire, novice, disciple _ Voulant (Dieu)
murshid : maître, celui qui oriente,
murtadâ : agréé
mursal, pI. en ûn : envoyé (divin)
al- musâmara : la rencontre intime
musammâ, pI. en ayât : signifie nomme, réalité signifiée
al mushâhada : la contemplation, vision intérieure
al- mushârata, la mise en condition
mushrik, pI. en ûn : associationniste
muslim, pI. en ûn : soumis à Dieu, musulman
mustafîd : de commune renommée (tradition)
mustahsan : embelli, d'où licite.
muta'abbid : pratiquant fervent, pieux, dévot
al-Muta'âlî : Celui qui s'élève Lui-même (au-dessus de I'éphémère) ; nom divin.
mutakallimûn : théologiens
mutamakkin : qui a la possibilité de
mu'taqad : articles de foi, croyance, conviction
mutashâbih : "ambigu" (verset) = anthropomorphiste
- mutashâbihât : expressions anthropomorphistes
mutawahham : trompé par les fantasmes
al-mutawwasit : celui qui est au milieu de la Voie
mutawâtir : confirme (tradition)
mutlaq : absolu, inconditionné
al- muttaqûn : les pieux
muwahhid : unitaire, qui professe l'unicité de Dieu
muwaqqata : obligations à heuresdéterminées
nabî, pI. en ûn et pI. anbiyâ' : prophète
naçç : texte explicite, désignation explicite
an- naçr : le secours
an- Nacir : nom divin :
nadhar : vision
nadhir : avertisseur (de Dleu).
an- nadhra : la pénétration
an- nafas : souffle _ soupir
- nafas ar-Rahmân : I'"Expir du Clément", appelé aussi an- nafas ar-rahmânî : I'"Expir miséricordieux"
naffasa : souffler, expirer,dilater, consoler
nafha, pl. nafahate : don, gratification, présent _faveur _ souffle _ arôme, odeur agréable.
nafaha : souffler ; exhaler ; expirer ; insuffler.
nafila : an- nafs : pI. nufûs
l'âme _ "moi" _ l'égo _ la psyché. En opposition à rûh et 'aql, a un aspect négatif: elle est constituée par
l'ensemble des tendances individuelles et égocentriques.
- an –nafs al hayawâniya : l'âme animale : obéit aux impulsions naturelles.
- an-nafs al-ammâra : l'âme qui commande : l'âme passionnelle et égoïste.
- an-nafs al-lawwâma : l'âme qui blâme : consciente de ses imperfections.
- an-nafs al-mutma'inna : apaisée : réintégrée ds l'esprit _ repose ds la certitude
- an-nafs al-kulliyya : l'âme universelle ; englobe toutes les âmes individuelles
- an-nafs an-nâtiqa : l'âme logique, raisonnante
- an-nafs al-ilâhiya : la Personne divine
nafy : négation, nier
an-nafy wa al-ithbât : la négation et l'affirmation
Nahd'a : Renaissance littéraire arabe du 19e siècle.
nahy : défense, interdiction
nâ'ib : représentant, substitut
an- najât : délivrance, salut
an- naqç al-khalqî : I'imperfection créaturielle
naql : tradition.
nakira : indéterminé
an- Nâr : le Feu, l'Enfer
nasab, pI. ansâb : origine
nasîha : bon consei1. consei1 désintéressé
nasl : génération
an- nâsût : la Nature humaine
naw' : espèce
nazhar : regard (vers Dieu) _ spéculation
- nazhar al-baqâ' : regard de la permanence
- nazhar al-fanâ' : regard de l'extinction
nazhîr : pendant
nifâq : hypocrisie
nihâyât : les suprêmes demeures
an- ni'ma, [Link]'am : le bienfait _ la grâce, la béatitude
nisba, pI. nisab : relation, descendance, rapport
nisab kulliya : relations universelles, catégories universelles
nisabî : relationnel
nishân : indices
niyya : intention
ney : flûte de roseau
al- nubuwwa : prophétie (nature et fonction), prophétologie
nuçra (tun) : aide, secours, appui
al- nujabâ' : les diligents
al- nûn : la lettre nûn
al- nuqabâ' : les chefs de file
nuqçân : déficience
an- Nûr : la Lumière ; nom divin.
nûr, pI. anwâr : lumière _lumière (divine ou spirituelle)
- dhû al-nûrayn : "I'homme aux deux lumières" = 'Uthmân
nûrâni : lumineux
nûrâniya, [Link]âniyat : lumière intérieure _ luminosité
nusk : ascèse
nu'ût : qualificatifs, appellatifs divins
pîr : maître spirituel
al- qabdh : la contrition, le resserrement, l'étreinte ≠ al bast
qâbid : qui retient
qabîh : mauvais, laid (moralement)
al-qâbil, pl. al-qawâbil : le réceptable, la substance passive et réceptive.
qâbiliyya : potentialité
qabûl : acceptation
qaçd : dessein
qaçîda : ode
qadâ : le temps consacré à l'obligation accomplie après le moment canonique
qadâ' : décision
al- Qadâ' : le Décret universel (de Dieu), la Décision
qadam : pied
al- qadar : destin, predestination _ le Décret tout-puissant (de Dieu) _ le Décret particulier
qaddara : prédestiner, assigner, déterminer
qadîm - éternel ; terme oppose à hadîth : 'éphémère
- I' ancien (des Jours)
- al- Qadîm : l' Eternel (Dieu) _
al- Qâdir et qadîr : le puissant; nom divin. Voir aussi : al-qadr
al-qadr : la puissance, la prédestination.
al- Qahhâr : le Victorieux, le Dompteur , le Dominateur ; nom divin
al- qahr : la Domination, la Contrainte ; correspond au nom divin al-qahhâr
qâ 'id : qui s'abstient (d'intervenir)
qâ'im : subsistant
al-qâ'îmu bi-dhâtihi : Celui qui subsiste par Lui-même, litt. : par sa propre Essence
al- qalam : le Calame, la Plume divine
- qalam al-taqdir : la Plume de la Prédestination
- al-qalam al-a'lâ : le Calame suprême; s'oppose à la Table Gardée {al- lûh al-mahfûz}
qalaq : anxiété

qalb, pI. qulûb


- cœur
- siège de la foi et de la connaissance spirituelle, l'organe de l'intuition supra-rationnelle qui correspond au cœur
comme la pensée correspond au cerveau
al- qanâ'a : la tempérance
qarra : se réjouir
qâri', pI. qurrâ' : "lecteur" du Coran
al-Qarîb : le Proche (Dieu)
qasam : adjuration
qasd : le sens du propos
qatl : mise a mort
qawad : talion
qawl, pI. aqwâl : parole (élément de la foi)_ parole créatrice _ opinion, thèse
al- qawm : "les gens" = les Soufis, la communauté spirituelle
qayyada : conditionner, fixer
al- Qayyûm : le Subsistant, Immuable ; nom divin
al- qibla : direction de la Mecque (orientation de la prière, orientation rituelle)
al- qidam : l'éternité, l'ancienneté ; opposé à al- hudûth
qirâ'a : lecture (du Coran)
qisma : répartition des destins
qiyâm : maintien _ manière d'être
qiyâma : résurrection
qiyâs : raisonnement analogique (la dernière des sources de la Loi musulmane)
qubba : coupole; mausolee d'un saint au Maghreb
qubda :poignée
al- qudra : la puissance
al- Qudra : la Puissance (Attribut divin)
al- Quddûs : le Très-Saint ; nom divin
al- Qur' ân : le Coran – litt."la récitation", " la lecture"
al- qurb, al- qurba : la proximité (de Dieu)
al- Qutb : le Pôle (d'une hiérarchie spirituelle). On parle du "pôle de l'époque"
al-quwwa : la force
quyud al-Islam : les liens de l'Islam.
ar Rabb : le Seigneur ; terme corrélatif de al- 'abd, le serviteur
- Rabb al- ' Alamin : le Seigneur des Mondes
râbita al-murshid : l'attachement au directeur spirituel
râbita al-qabr : attache au tombeau
ar- rafraf al- a'lâ : "les Baldaquins suprêmes"
raghba : aspiration
raghiba : désirer, souhaiter, convoiter qq ch _ souhaitable, désirable.
ar- rahamût : la Présence miséricordieuse
rahim : matrice
ar -Rahîm :
- Le Miséricordieux, Celui qui sauve par Sa grâce ; nom divin
ar- Rahma : la Miséricorde (divine)
al- Rahmân : Le Clément, Celui dont la Miséricorde englobe toute chose ; nom divin
ar- Rahmâniya : la Béatitude miséricordieuse ; la Qualité divine intégrale, correspondant au nom divin ar-
Rahmân
ar- rajâ' : l'espérance, l'espoir
rak'a : unité de prière, séquence de base de la prière.
raqâ'iq : secrets
raqîb : Surveillant (Dieu)
raqs : danse (voir hadra)
rasm, pl. rusûm : - forme, réalité formelle, détermination formelle, définition descriptive
- prescription (religieuse)
rasûl, pI. rusul : envoyé divin ;
-ar- Rasûl, Rasûl Allâh : l'Envoyé de Dieu (Muhammad)
al-râshidûn
(cf. khulafa') : "ceux qui sont sur la Voie droite"
ratq : masse (indifférenciée et chaotique)
rawiyya : réflexion
ra'y, pI. arâ' : avis, opinion, appréciation
rayb : doute, soupçon
ar- Razzaq : Celui qui pourvoit
ribât : couvent-garnison
ridâ : agréer Dieu et être agréé de Lui, satisfaction, approbation, agrément, consentement
- ar- Ridâ, al-Ridwan : la Satisfaction divine (gage du Paradis)
risâla : mission divine _ qualité d'envoyé divin
ri'âya : vigilance
ar- ridhâ' : le contentement _ satisfaction
ar- rijlayn wa an- nalayn
"les deux Pieds et les deux Sandales"; symboles anthropomorphes d'aspects ou de manifestations divines.
rizq : subsistance
ar-rubûbiyah : - la Seigneurie ; aspect divin correspondant au nom ar-Rabb
- rubûbîya : désir violent de pouvolr abusif
ruda : jardin d'agrément ; par euphémisme, cimetière.
ar- rûh, pI. arwâh : esprit _ âme :
- Rûh amîn : l'Esprit fidèle
- ar-Rûh al-kulli : l'Esprit universel, créé
- Rûh al-Quds(i) : l'Esprit de Sainteté _ âme transcendantale
- Rûh Allah : Le Christ
rûhâni, pI. en ûn : spirituel (homme)
rukhça : facilité
rûmî : chrétien (au départ le byzantin, héritier de Rome).
ar- rushd : la bonne orientation
ar- ru'ya : vision spirituelle _ la vision suprême (de Dieu)
- Ru'yat al-qalb : la vision du coeur, l'intuition spirituelle.

S
sa 'ada : félicité, béatitude
sabab, pI. asbâb : cause (seconde)
sâbiq : préexistant, prééternel
as- sabiqûn : "les devançants"
sabaqa : préexister
sabîl : - chemin, route, voie _ fi sabîli llah : pour la cause de Dieu
- mausolée d'un saint en Egypte.
sadâd : justesse de vue -sage décision
safâ' : pureté
as- Safîn : l'Arche (de Noé)
safwa : élite, élection
saghîra, pI. saghâir : petite faute
sahw : lucidité, sobriété, dégrisement
as- Sa'îr : le Brasier infernal
sa'ih : itinérant ?
as-Sakina : la Paix divine qui demeure dans un sanctuaire ou dans le coeur. Cf. le verset coranique : "C'est Lui
qui fait descendre la Sakina dans le coeur des croyants, afin qu'ils acquièrent une nouvelle foi par dessus leur
foi... " (XLVIII, 4).
as- Salâf : les pieux Anciens
salafî : réformiste.
Salafîya : mouvement réformiste né en Egypte au 19e siècle (litt. retour à la voie des ancêtres)
salâm : paix _ salutation de paix, salut
as- Salâm : nom divin
salâma : sécurité _ salut (par la pureté d'esprit)
as-salb : le dépouillement.
sâlik : méthodique _ pèlerin
as- sam': l'ouïe
sam' : tradition (oppose a 'aql: raison)
samâ' : audition _ audition spirituelle _ l'audition (de la Parole divine)
samad : impénétrable
as- Samî': Celui qui écoute tout
as- sarâ'ir : les secrets profonds
sarîr : le lit de repos
sarîra : secret, mystère, arcane _ intention, pensée intime, fond du coeur, arrière pensée
as- Sattâr : Celui qui voile, qui protège (Dieu)
sawm : jeûne
sayyi' : mauvais (oeuvre)
sayyid, pI. sâda et sâdât , seigneur, chef
sidq (çidq) : sincérité, vérité, véridicité
sidrat al-muntahâ : le Lotus de la Limite, de la proximité
symbole coranique du Paradis suprême
sifât : attributs
sijin : litt. prison _ eschatologie : lieu transcendant où se tiennent les méchants dans I'attente du Jugement dernier

silsila : chaîne initiatique _ chaîne des maîtres successifs d'une voie soufie à partir du Prophète.
al- sin : la lettre sin
sirâj : luminaire, flambeau ( = le Prophète)
as- sirr : le secret intime_ tréfonds de l'âme, intime de l'être, attitude intime, for intérieur
l'influx spirituel - sirr akhfa : secret très mystérieux
- sirr khâfi : secret mystérieux
- pI. asrâr : secret, mystère
as- sitr : recouvrement
soufi : voir çufi
subuhât : gloires fulgurantes (de la Colère de Dieu)
sultan : détenteur du pouvoir
as- sukr : l'ivresse
as- suluk : le voyage, le cheminement, la pratique
sunna, pl. sunan : coutume, précepte traditionnel
- as- Sunna : la Tradition du Prophète : Ensemble des paroles et actions du prophète et de la tradition (hadith) qui
les rapporte.
- l'une des quatre sources de la Loi musulmane
- Sunna çahîha : la Tradition authentique
as-sunna : la coutume sacrée, c'est-à-dire I'ensemble des prescriptions qui ne résultent pas directement du Coran
mais qui sont établies par I'exemple du Prophète
sunni : authentique, orthodoxe.
sûra : représentation, forme
surûr : liesse
suwayd al-qalb : le point noir du cœur

SH
shâ'a : vouloir (Dieu)
shabah, pI. ashbâh : corps (où descend l'esprit)
shafâ 'a : intercession
al. Shafâ 'a : l'Intercession dernière du Prophète
shafî' : intercesseur
shahâda : témoigner, attester, en particulier qu'"il n'y a pas de divinité, si ce n'est La Divinité" ; profession de foi
musulmane
ash- shahâda : le Visible, le Monde visible _ I'état « objectif », corporel
ash- shâhid : le témoin
shahîd, pI. shuhadâ' : - martyr mort à la guerre sainte
- celui qui atteste la shahâda
ash- shajara : I' Arbre cosmique
shakk : doute
shakl : figure, aspect
shaqâ' : malheur (éternel). réprobation,
shar' : Loi
ash- sharî'a, pI. shara'i' : la loi religieuse _ la Loi musulmane _ la Loi sacrée révélée _ le rite
ash- sharab : le boire
shath : locution théopathique, propos extatique
shart, pI. shurût : stipulation
shawq : désir ardent _ nostalgie _ ardeur, élan, ferveur
shay', pI. ashya' : chose (créée et préexistant dans la Science divine)
shaykh : maître savant et respecte – maître spirituel
shaykh al-islâim : la plus haute autorité consultante religieuse près du pouvoir.
shaytân : démon, diable
shaytâinîya : démesure, orgueil impie
shu 'ab al-îmân : « les branches de la foi »
shirk: le fait d'associer a Dieu d'autres « divinités » (associationnisme ou polythéisme)
shorfa : descendants du Prophète
shubha, pl. shubuhâte : soupçon, doute, présomption, suspicion
shuhûd : contemplation _ présence _ la conscience, la qualité de témoin
shuhûdan : sensiblement, objectivement, d 'une manière évidente
ash- shukr : la reconnaissance, la gratitude _ action de grâce
shûrâ : forme consultative, conseil d'élection _ conseil, consultation
ash- shurb : la boisson
shurûq : apparition

T
at- tâ' : la lettre tâ'
tâ'a : obéissance; acte d'obéissance
ta'ala : Allah ta"ala : Dieu le très Haut
ta 'addud : multiplicité
ta'ayyun, pl. en ât : détermination, individuation
tabattul : se consacrer à Dieu
tabî 'a : at- Tabî'a : nature spécifique
la Nature _ Tabî'at al-kull : la Nature universelle
taçarruf : libre action, action
at- taçawwuf : vie spirituelle, soufisme, mysticisme
désigne l'ensemble des voies contemplatives qui se fondent sur les formes sacrées de l'Islam. Par transposition,
un Arabe parlera du "taçawwuf chrétien" ou du "taçawwuf judaique" pour indiquer l'ésotérisme des respectives
traditions.
taçdîq : croyance, adhésion de foi _ affirmation de la croyance
taçrif : libre action _ permutation
tachahhud : marche vers la présence (divine dans la prière)
tadarru' : humilité.
Tadhakkur: méditation
ta'dhîm : révérence, glorification, exaltation _ proclamation de la grandeur divine
tafâdul : hiërarchie
at- tafakkur : la méditation, la réflexion (fikr : pensée)
tafçil : distinction, détail
at- tafrîd : l'esseulement _ proclamation de la Singularité de Dieu
- tafrîd at- tawhid : caractère imparticipé de l'Unicité divine
tafriqa : séparation
tafsîr : exégèse, explication, commentaire, glose du Coran.
tafwîd : se remettre à Dieu
taghayyur, pI. en ât : variation, changement, modification
tahdhîb : amendement
tahaqqaqa : réaliser
tahaqquq : réalisation
tahqîq : réalisation _ réalisation spirituelle
- tahqîq dhâtî : réalisation essentielle, identification avec I'essence
tahâra : pureté.
tah'iya : salutation (à Dieu lors de la priere).
tâ'ifa : confrérie populaire
- à distinguer de tariqa : chacune des grande voies du soufisme
at- tajallî, pl. tajalliyât
- manifestation du divin, théophanie, révélation, dévoilement, illumination, irradiation. (Lorsque le soleil se
dévoile, sa lumière irradie sur terre.)
tajdid. : rénovation.
Tajdid al-khalq bil-anfâs : "Le Renouvellement de la création par les Souffles" ou : " ...à chaque souffle".
at- tajrîd : le dépouillement (des biens de ce monde) _ le dépassement _ l'isolement
- tajrîd at- tafrîd : dépouillement, dépassement de la Singularité de Dieu
takammul et takâmul : parachèvement
takaththara : se pluraliser
takawwun : génération
takhalluq : conformité, identification,
takhyîl : phantasme
taklîf : capacité et responsabilité religieuses
takya : monastère
talbîs : acte d'orner
at- talwîn : le changement, modifications.
tama' : désir
tamâm : intégralité, complétude
at- tamkîn : l'affermissement
tanaqqul : transmission, passage
tanazzul, pl. tanazzulât : litt. « descente »
tanbîh : instruction, avertissement
tanzîh : doctrine de la transcendance divine, affirmation d 'incomparabilité,
éloignement, exaltation, affirmation de la transcendance divine;
≠ tashbih : comparaison, similitude, affirmation du symbolisme
al- Tanzîl : la Descente" du Coran ou du Prophète éternel, la Révélation coranique
taqarrub : proximité (mystique) à Dieu.
taqiyya : piété _ peur, crainte, alarme, appréhension
taqlîd : recherche de la pensée et des actes des ancêtres, puis respect conformiste de la tradition
taqwâ : crainte révérencielle de Dieu _ piété, dévotion _ peur, crainte
taqdîr : détermination _ prédestination
taqdîs : proclamation de la Sainteté divine
taqiya : dissimulation prudente_ peur, crainte, alarme, appréhension
taqlîb : transformation
taqlîd : soumission irraisonnée au conformisme
taqsîm : répartition (des destinées)
at- taqwa : la piété, râjim (cf. barâjim) : langages secrets paroles mystérieuses
taraqqî : ascension

at- tarîqa, pl. turuq : la voie spirituelle _ la méthode spirituelle _ la confrérie. Cf. I'adage soufique : "les
chemins (turuq) vers Dieu sont aussi nombreux que les âmes des hommes"
at- tasdîd : la fermeté du dessein
tasdîq : l'adhésion de foi, affirmation de la croyance
at- taslîm : la soumission
tashbîh : l'acte anthropomorphiste, anthropomorphisme _ comparaison, analogie, doctrine de I'analogie (entre
Dieu et les créatures) ; voir aussi tanzîh
ta 'til : négation radicale des Attributs divins, (fait de) dépouiller (Dieu de Ses Attributs)
tawâdhu' : modestie, humilité
tawahhama : concevoir, imaginer
a- tawâjud : la recherche de l'extase
tawajjuh : orientation, action de se tourner vers Dieu.
at- tawakkul : l'abandon à Dieu _ remise confiante, abandon confiant en Dieu.
at- tawâli' : les clartés
tawarru' : pieux scrupule
tawassul : jonction divine
at- tawba : le repentir, le retour, la repentance, pardon (de Dieu)
- tawbat an-naçûh : le repentir sincère.
tawfîq : concours divin, approbation divine, assistance divine
- at- tawfîq : "I'heureux accord" (entre la Volonté de Dieu et la volonté de I'homme),
at- tawhîd : l'affirmation de l'Unité divin
- Communément, at- tawhîd signifie la prononciation du credo musulman, la reconnaissance de l'Unité divine.
- En Soufisme, at-tawhîd résume tous les degrés de la connaissance de l'Unité.
ta'wîl : exégèse, interpretation a1legorique des textes sacrés.
tawqîf : désignation
al-Tawrât : la Thora
tayammum : ablution sèche _ lustration pulvérale
at- ta'yîd : l'assistance
ta 'yîn : détermination
tazammum : formalisme.

tazkiya : pureté
thawâb : récompense
tchella : retraite ascétique
tibyân : «expression claire » (Coran)
at-tûl : la hauteur _ au figuré : la dimension spirituellle de I'exaltation.
at- tuma'nîna, tuma'un : la sérénité, la quiétude (de l'âme)
turjumân : interprète _ intermédiaire

TH
thâbit : bien établi, immuable -confirme, bien fonde
thanâ' : louange, éloge.
thawâb : récompense, gratification.
thîqa : confiance

U
al- 'ubbad : les dévots
al- 'ubûdiyya : l'obédience, la servitude, condition du serviteur
uçûl, pl de açl : principes, fondements
- uçûl ad-din : principes fondamentaux de la religion.
- uçûl al-fiqh : principes fondamentaux du droit
- uçûl qawâ'id al-'îman : les fondements des éléments de la foi
- uçûl as-sunna : les fondements de la Tradition
al- 'udum (al- 'adam) : la non-existence, l'absence, le Non-Etre, le néant.
al-ukhra : l'au-delà, la vie future, l'ensemble des états posthumes
ufûl : disparition
al- ûlâ : la Vie première
al- ulûhiyya : la divinité... non pas dans le sens d'une Qualité divine particulière mais comme Nature divine
totale
'ulum: pl. de 'ilm
- 'ulum 'aqliya : sciences fondees sur la raison.
- 'ulum al-din : sciences religieuses.
- 'ulum al-fiqh : sciences du droit
- 'ulum al-raml : sciences divinatoires
umm al- kitâb : la Mère du Livre, c'est-à-dire le prototype éternel du Livre révélé ; expression coranique.
umma, pI. umam : communauté
- al- Umma : la Communauté (musulmane), I'ensemble des fidèles
ummî : illettré, du peuple, maternel
'umra : visite d'un leu saint
al- 'Unçur al- a'dham : l'Elément suprême
al-Unmûdhai al-farîd ou Anmûdaj : le Prototype unique: s'applique a la fois à ar-Rûh et à I'Homme universel
al-'uns : relations familières, intimité
al-'urd : I'ampleur ; au figuré : l'ampleur cosmique.

W
al- waçilûn : ceux qui ont atteint le but (Soufis)
wa'd : promesse

wahb : don (infus )


-'ulûm al-wahb: les sciences inspirées
wahda : unicité
al- wahdâniya : l'Unité divine _ unicité (en tant qu'attribut de l'Unique)
wahhada : proclamer, professer l'Unicité de Dieu
al- wahda, al-wihda : la Solitude (divine)
wahdat al-wujûd : unicité de l'être
al- Wâhib : « le Donneur » (Dieu)
wâhid : unique, seul ; voir: wâhidiyah._ al-Wâhid : nom divin
al-wâhidiyah : l'Unicité (divine)
wahm, pI. awhâm : illusion, imagination (conceptuelle), estimation _ la faculté conjecturale, l'opinion ; voir aussi
: al-khayâl.
wahy : Révélation prophétique.
wa'îd : menace
wâjib : obligatoire _ nécessaire (en logique)
al- wajd : l'émotion extatique _ l'état d'extase mystique _ l'intuition existencielle, l'identification avec l'Etre
wajh : point de vue doctrinal
wajh Allâh : la Face de Dieu ; l'Essence transcendante de toute chose.
wâjib, al-wujub : nécessité, nécessaire, obligatoire, de plein droit
wakîl : garant _ celui qui prend en charge
walad ma'nawî :
enfant spirituel
al- walâya : la sainteté, amitié divine, proximité de Dieu
-ahl al-walâya : les hommes de la Proximité divine
wali : protecteur
- awliyâ' al-dam : ayants cause de la victime,
walî, pI. awliyâ': saint _ ami de Dieu
al- waqt : le moment, l'instant _ "moment" privilégié
wara' : voir taqiya : le scrupule religieux _ piété scrupuleuse et craintive _ piété, crainte de Dieu
wara'a : être pieux et craindre Dieu, s'abstenir de ce qui est défendu
al- wârid : l'influx spirituel _ l'ins iration, au sens de l'apperçu spirituel
al- wâridât : les inspirations, les impressions intimes, aperçus, phénomènes intuitifs
wasf : qualification
wasl, wasla : jonction
wasîla : médiateur
waswasa : scrupule, inquietude d'esprit.
wazâ'if: tâches du culte divin
wazîr, pI. wuzarâ' : ministre
wazn : pesée (des actions)
al- wiçâl : l'Union, la réalisation
al- wijdân : rencontre extatique
wilâya : biens tutélaires
wirâtha : héritage spirituel

wird, pl. awrâd : litanie(s) _ récitations prescrites


al- wuçûl, al- waçl : union, réalisation, arrivée, jonction
wudû' : ablution
wudûh : vidence immediate
al- wujûd : l'Etre, l'existence
- al-wujûd al-mahd : 1'Etre pur
- al-wujûd as-sâri : l'Etre tout-pénétrant.
wujûdî : existentiel
wuqûf : arrêt

Y
al- yâ' : la lettre yâ'
yaqdha : éveil
al- yaqîn : la certitude
- 'ilm al-yaqîn : la science de la certitude
- 'ayn al-yaqîn : la vision de la certitude
- haqq al-yaqîn : la réalité de la certitude
yawm: jour
- yawm ad-dîn : le jour du jugement
- yawm al-façl wa-l-qadâ : le Jour de la Décision et du Décret divins
- yawm al-ma' âd : le Jour du Retour a Dieu,
- yawm al-nushûr : le Jour de la Résurrection
yumn : influence bénéfique

Z
az- Zabûr : les Psaumes
zâhid, pl. zuhhâd : ascète / az- zuhâd : les ascètes
zakât : aumône légale _ impot annuel, l'une des cinq grandes obligations canoniques.
zakawât : bénédictions sanctifiantes
az-zamân : le temps
az-zayn : 1'ornement, la beauté (physique)
zindîq, pl. zanâdiqa. : hérétique, anarchiste
zinâ' : adultère
ziyâda : accroissement
az- zuhd : le détachement _ le renoncement _ l'ascèse, en tant que privation de satisfactions sensuelles

Liens Favoris

Site parisien: [Link]

[Link] (l'association Isthme à Marseille)


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[Link] (site anglais de nos frères américains)

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[Link](site récent de nos frères anglais
:(Login:sufi-way, Password:tariqa)
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[Link] (site annexe de "Tariqa" sur le Dhikr)
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[Link] : l'association Isthme
site de nos frères du Canada:[Link]
A voir absolument site anglais: [Link]
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Site en arabe:[Link]
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