Souf 1
Souf 1
L'Islam est une religion de paix et d'amour par excellence; l'éthymologie même du mot vient de la racine:
S.L.M , dont découle: Istislam (soumission) et Salam(paix), ce qui veut dire: soumission au Créateur et paix avec
les créatures.
Le Soufisme Coeur de l'Islam
Comme toute chose se définit par son aspect extérieur et son aspect intérieur, l'Islam, dans son univers
exotérique, est la Chari 'a, et, dans son essence ou son aspect ésotérique, est le soufisme. L'un ne pouvant se
passer de l'autre, la Chari'a établit la doctrine de l'Islam, le soufisme en représente la voie de l'Excellence, celle
qui mène vers l'Amour Divin et la Connaissance.
l’univers. « Le sens du Djihad
Le Djihad (ou le grand Djihad) se définit comme étant l’effort spirituel continu pour acquérir les caractères
nobles et se purifier. Ce combat contre l’âme charnelle doit être mené avec l’aide d’un maître spirituel vivant,
qui connaît les vicissitudes de l’âme et les remèdes des cœurs. Le but est de parvenir à Sa connaissance: « Je n’ai
crée les Djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent » (Coran,51 verset 56 ), l’adoration selon Ibn ‘Abbass
(l’interprète du coran) est synonyme de la connaissance.
Le soufisme est de ce fait une méthode par laquelle le comportement du disciple se transforme et s’adoucit pour
avoir une âme apaisée et des caractères nobles (divins) grâce à l’invocation et à l’accompagnement du maître
accompli.
Ibn Abass, que Dieu les agrée tous deux ( son père et lui ) rapporte : quelqu'un demanda : Ô Prophète, quelle est
la meilleure personne auprès de laquelle on s'assoie ? Il dit : "Celui dont la vue vous rappelle Dieu, dont les
paroles ajoutent à votre science et dont les actes vous rappellent l'au-delà".
Le respect de la vie et l’amour sont les deux ailes du disciple dans le cheminement vers Dieu. En effet, l’être
humain selon le saint coran est le souffle de Dieu : « Il lui donna sa forme parfaite et lui insuffla de Son
esprit » (Coran, 32 verset 9). L’homme doit être ainsi l'objet de toute vénération et d'amour sans distinction de
race ou de religion.
L’Islam est venu pour unir les cœurs et faire régner la paix dans l’univers. «O hommes, Nous vous avons créés
d’un mâle et d’une femelle, et nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre-
connaissiez»(Coran,49, verset 13)
L’essentiel du message du prophète Sidna Mohammed (paix et bénédiction sur lui) réside dans la communication
des valeurs humaines les plus nobles pour que l’être humain soit en harmonie et en paix avec lui même et avec
J’ai été envoyé pour parfaire l’excellence du comportement »(parole du prophète)
Le Maître Vivant
La chaîne initiatiqueTémoignages
éléments de biographie
Né en 1922 à Madagh.
Très tôt, il donne des signes de sainteté, les majadhib du souk d'Ahfir, doués du kashf, se précipitent sur lui,
l'embrassent et conseillent à SIDI HAJJ 'ABBAS (R) de prendre soin de lui. SIDI ABU MADYAN (R) lui avait
déjà dit "SIDI HAMZA (R) sera quelqu’un de très important".
Il passe une vie normale de petit enfant, entre les champs où son père l'amenait pour qu'il se familiarise au travail
de la terre, et la religion : "dans mon jeune âge, j'ai reçu une éducation religieuse, j'ai grandi dans le
respect des gens du bien et des principes du Coran".
Il suit des études, comme l’exigeait le système éducatif traditionnel à la zawiyya de Madagh: école coranique.
Son enseignement se déroule en quatre temps:
- Apprentissage du Coran (3/4 ans jusqu'à 8/9 ans).
- Sciences religieuses (mutun) : grammaire, fiqh (jurisprudence) pendant six mois.
- Après la mort de son oncle et professeur Sidi al-Mekki (36), SIDI HAMZA (R) part
pour Oujda de 1937 à 1940, pour poursuivre ses études universitaires.
- Il retourne à la zawiyya de Madagh où pendant 4 ans, il approfondit ses connaissances avec deux grands
savants de Fès.
Les sciences du Hadith (exégèses coraniques), Fiqh, grammaire et morphologie sont les principales sciences
auxquelles SIDI HAMZA (R) s'est consacré, en plus d'autres sciences traditionnelles, théologie, métrique,
rhétorique et logique. Toutes ces études le mènent à la magistrature.
Des sciences exotériques aux sciences ésotériques:
SIDI HAMZA (R) cite toujours avec précisions ses principaux professeurs, parmi lesquels des membres de sa
famille et des membres de la tribu des Béni Snassen comme Sidi Ali Qadiri.
Après d'assez longues études en sciences religieuses (les sciences de la shari'a), SIDI HAMZA (R) va se tourner
vers les sciences ésotériques grâce à SIDI ABU MADYAN (R) son maître et oncle éloigné qu'il ne connaissait
alors que très peu. C'est à la suite de la mort de l'une des sœurs de SIDI HAMZA (R), qu'il vont se rapprocher
- 1942,
année cruciale : à un mois d'intervalle SIDI HAMZA (R) et son père SIDI HAJJ 'ABBAS (R) vont devenir
disciples de SIDI ABU MADYAN (R), et vont suivre son initiation pendant 14 ans. SIDI HAJJ 'ABBAS (R) a
alors quarante ans, l'âge traditionnel requis à l'époque, SIDI HAMZA (R) lui, n'en a que dix-neuf ; il vient à
peine d'achever sa scolarité. Durant ces quatorze années passées à l'écoute de leur maître, ils ont été attentifs à
ses moindres faits et gestes : "durant les quatorze années où nous sommes restés près de notre maître, nous
nous sommes consacrés aux actes de dévotion, principalement à la lecture du Coran et à l'invocation ... je
l'aimais beaucoup, j'étais en admiration devant la majesté de ses gestes, de ses paroles", raconte Sidi
Hamza.
- 1955 :
Avant de mourir, SIDI ABU MADYAN (R) désigne SIDI HAJJ 'ABBAS (R) comme nouveau maître (héritier
du Sirr), ce dernier refuse pendant cinq années, et ne prend la direction qu'en 1960 après avoir vu dans le rêve
trois fois de suite les anges qui insistaient pour qu’il prenne au sérieux le « Idhn » (autorisation divine) faute de
quoi il allait être rayé de la liste des Awliya (saints).
En réalité, SIDI HAMZA (R), comme son père avait déjà l'autorisation (Idhn), mais SIDI HAMZA (R), après la
mort de SIDI ABU MADYAN (R), reprend le pacte des mains de son père, et devient son disciple, pendant sept
ans.
"La barbe noir ne pousse pas sur la barbe blanche", le fils ne peut devancer le père. Cela fait partie du respect
et des bonnes manières soufies, « Al Adab ».
- 1972:
c’est la mort de SIDI HAJJ 'ABBAS (R) après avoir laissé au sujet de Sidi Hamza un testament spirituel et
conseillé à ses fuqaras de suivre la voie de SIDI HAMZA (R).
Revivification du soufisme
SIDI HAMZA (R) concrétise le renouveau du soufisme déjà entamé par son père.
Ce renouveau s'appuie sur une pratique spirituelle plus souple, que celle du soufisme classique reconnu pour sa
rigueur. C'est le passage de la Majesté (Jalal) à la Beauté (Jamal) :
"le soufisme a changé". Dans l'ancien temps les maîtres faisaient subir à leur disciples des épreuves leur
permettant de vaincre leur âme et de vénérer le Sirr qu’il allaient avoir.
Sidi Hamza dit :
"l'épreuve est remplacée par l'invocation(dhikr)", et c’est aujourd'hui au maître, grâce à « la grandeur de sa
station », d’élever son disciple vers les plus hauts degrés et les plus hautes stations spirituelles, par le biais de
l’amour (al-mahabba) et de l’orientation (at-tawajjuh).
***
Les causes de ce changement sont de l’ordre socio-historiques (l’attirance naturelle de l'homme vers la matière,
le déséquilibre entre l’esprit et le corps qui a altéré la conscience religieuse, et le fait que la prédisposition à la
conscience spirituelle se trouve amoindrie à cause de la multiplication des moyens de distraction et de la
destruction de tout ce qui est religieux.)
Le soufisme s'est adapté à la réalité nouvelle du monde moderne.
On assiste à trois grands changements:
-Avant, le maître s'adressait à l'élite spirituelle, pour les amener à la réalisation et ne prenait pas en charge le
musulman "ordinaire" (islam/Iman/Ihsan).Mais compte tenu de la crise spirituelle dans laquelle on vit, la
pratique même des cinq piliers est mise en danger.
Donc SIDI HAMZA (R) en tant que maître, va s'adresser à tout le monde, en fonction du niveau de chacun.
-Le rapport maître/disciple a changé "autrefois c'est le disciple qui cherchait le maître , aujourd’hui, c'est
le maître qui cherche le disciple" la notion de Murid (disciple)dérive de irada:volonté, tout le sens de la quête
dérive de cette volonté , de cette aspiration, de cette soif.
En effet autrefois ce n’est qu’après plusieurs années de quête, d'errance terrible, d'épreuves que le disciple
trouve son maître.. Aujourd’hui, la quête ou l’ épreuve est éliminé, et du murid on passe à murad (même
étymologie), c’est à dire on passe du désirant(exemple de Sidi Aboumédienne), au désiré ( c’est le maître qui
cherche ses disciples) (exemple de Sidi Hamza).
-Takhalli (dépouillement)/Tahalli (embellissement) :
Alors que le soufisme classique met l'accent sur le dépouillement plutôt que sur l'embellissement:
le murid doit d'abord se défaire de ses vices (intérieur et extérieur),tel la jeune mariée qu'il faut dépouiller de ses
vieux vêtements, afin de pouvoir la revêtir de ses plus belles parures. Vouloir se défaire de ses vices demande un
haut niveau de sincérité, de force de caractère, difficile à trouver de nos jours. C'est pourquoi le principe c'est
inversé:tahalli/takhalli, SIDI HAMZA (R) compare le cœur du novice à une pièce sombre, désordonnée, pour lui
apporter de l'ordre il faut d'abord l'allumer, l'illuminer.
SIDI HAMZA (R) irradie d'abord le cœur du novice, pour qu'il puisse goûter à cet embellissement, puis une fois
la prise de conscience spirituelle entamée, le murid est prêt pour la deuxième étape, le dépouillement. Toutes ces
réformes ne changent en rien le principe du soufisme, le dépôt "amana" dans le Coran ou le (sirr) reste le même
c’est la méthode , la pédagogie (propriété du maître vivant) qui a changé.
Réfutation des préjugés
Comment répondre aux détracteurs
Confirmation de la science ésotérique Démonstration de cette affirmation par la preuve
Propos de soufis sur leur science
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Soufisme et Occident
Si l'on adopte un point de vue extérieur sur les rapports que l'Europe occidentale et l'Islam ont entretenus, on
pourrait conclure un peu trop hâtivement qu'ils se sont toujours présentés comme une succession de conflits ou
de guerres et une incompréhension mutuelle.
Le Christianisme et l'Islam médiévaux semblent s'exclure radicalement et revendiquent chacun le droit d'être la
seule religion universelle. Cette vision est largement confirmée par des évènements tels que les Croisades et la
Reconquista espagnole pour lesquels l'histoire ne retient que les aspects les plus violents. Cependant, en
examinant plus attentivement les témoignages issus du cœur de chacune de ces deux traditions, on est frappé et
surpris par les similitudes, les analogies et les influences mutuelles que l'on peut relever dans les domaines tels
que l'art sacré, la littérature et l'esprit des organisations initiatiques.
Dans cette perspective, des représentants du soufisme ont été amenés à jouer un rôle actif de premier ordre. En
effet, les soufis ont toujours tenté de maintenir un contact avec les représentants d'organisations chrétiennes,
conscients de l'importance de ses échanges, et ceci même dans un contexte d'hostilité réciproque entre les formes
extérieures du Christianisme et de l'Islam. Ce type de contact échappe à toute forme de prosélytisme et fait appel
aux liens profonds qui unissent des expressions traditionnelles authentiques.
Présence musulmane en Europe occidentale
Il n'est pas inutile de rappeler que, durant le dernier millénaire, une partie de l'Europe méditerranéenne n'a pas
toujours été majoritairement chrétienne. En effet, au cours du VIIème et du VIIIème siècle, l'Islam s'est très
largement répandue en Asie, en Afrique et en Europe.
L'Espagne et l'Italie du sud ont été adminitrées pendant plusieurs siècles par les musulmans et ce n'est même
qu'en 1492 que le royaume de Grenade en Andalousie fut repris par la Reconquista catholique.
Dès le IXème siècle, alors que l'Europe chrétienne voyait l'empire de Charlemagne se disloquer, la civilisation
islamique d'Espagne et de Sicile connaissait un « Âge d'or » qui se caractérisa par une effervescence
intellectuelle et une inventivité artistique sans pareille. Des chefs-d'œuvres architecturaux, encore visibles
aujourd'hui, tels que la grande mosquée de Cordoue, l'ancien minaret de Séville (la Giralda) ou le palais de
l'Alhambra à Grenade, témoignent du haut degré de raffinement des dynasties musulmanes qui se succédèrent
pendant sept siècles sur le sol ibérique. Cette présence a notamment pu favoriser le développement de voies
soufies dont un de ses plus illustres représentants fut Mouyiddin Ibn Arabî, né à Murcie en 1165.
Ce dernier connut un accomplissement spirituel exceptionnel et légua une œuvre écrite considérable qui est,
aujourd'hui encore, une référence majeure dans la littérature soufie. En particulier dans l'un de ses ouvrages
« Les soufis d'Andalousie », il brosse le portrait de plusieurs dizaines d'hommes et de femmes de souche ibérique
très avancés dans la voie et dont la sagesse servait d'exemple pour leurs contemporains.
Alors qu'une partie du Languedoc devenait une enclave musulmane, au cours du VIIIème siècle, la Gaule
méridionale reçut sur son territoire des émissaires venus d'Espagne et du Maghreb. Les vestiges matériels de
cette époque sont rares, mais on a cependant retrouver des poteries et des monnaies à proximité de Carcassonne,
Perpignan et Narbonne.
Sur le plan architectural, le principal vestige de cet époque, bâti par des musulmans à proximité de la France se
situe à Saragosse, au pied des Pyrénées espagnoles. On peut y visiter un ancien palais (l'Aljaferia) érigé sous la
dynastie des Benihud vers 1050 qui contient une mosquée privée dont la décoration est caractéristique de l'art
almohade.
Même après la constitution de l'Empire carolingien, puis de la société féodale, la présence musulmane dans le
Languedoc et en Provence est attestée. Parmi les principales preuves matérielles d'une communauté musulmane
durablement installée, la mise à jour au cours de fouilles de plusieurs stèles funérères à Aniane (Hérault) et au
centre de Montpellier, datant des XIème et XIIème siècles, est particulièrement édifiante. Sur l'une d'entre elles,
on peut lire : « Ceci est la tombe du faqih (juriste) de l'année 533 (soit l'an 1138 du calendrier chrétien) » et par
ailleurs, « …Il atteste qu'il n'y a pas de divinité en dehors de Dieu l'Unique qui n'a pas d'associé … ». Ce type de
découverte se conçoit d'ailleurs assez aisément si l'on songe que Montpellier était alors un port très actif et ouvert
sur le pourtour méditerranéen et en particulier sur l'Espagne et la Palestine qui jouaient alors un rôle économique
majeur.
La présence de dynasties et de communautés musulmanes en Europe occidentale, les pèlerinages de Saint
Jacques de Compostelle et de la Terre Sainte ainsi que les séjours de nombreux chrétiens en pays musulmans,
dans lesquels la cohabitation entre juifs, chrétiens et musulmans était généralement vécu de façon paisible, ont
pesé dans l'évolution de notre société.
Il est maintenant clairement admis que ce furent les musulmans qui transmirent aux chrétiens, parfois par
l'intermédiaire de savants juifs, de nombreuses connaissances dans des sciences telles que la philosophie, les
mathématiques, l'astronomie ou la médecine. En effet, dans ces disciplines, tous les écrits issus du monde
chrétien sont postérieurs d'au moins un siècle à leur équivalents musulmans et reprennent fidèlement l'argument
des savants orientaux en l'adaptant à la culture occidentale.
Parallèlement, les domaines touchant à la spiritualité ont également bénéficié de cet apport et nous allons
évoquer ici certaines correspondances.
Echos et homonymies
L'alchimie, dont l'origine remonte à l'Egypte ancienne et qui a été largement développée dans certains ouvrages
soufis, est surtout connue par le grand public comme une technique procurant la possibilité de transformer le
plomb en or.
En fait, sur un plan symbolique, elle s'identifie aux différentes étapes de la transmutation intérieure qui s'opère
chez les individus engagés dans un cheminement initiatique. Elle prit un essor considérable dans l'ésotérisme
chrétien du Moyen-Âge et de la Renaissance. La conservation fidèle de la doctrine et de la méthode originelles
est visible par la terminologie technique utilisée par les alchimistes chrétiens qui est directement transcrite de
l'arabe (alchimie, élixir, alambic …) et par la référence fréquente à certains maîtres vivant en Orient.
Sous le rapport de l'architecture, l'influence islamique existe aussi dans l'art sacré chrétien. D'une façon générale,
l'art roman, bien que profondément original, présente des similitudes avec les modèles architecturaux propres au
monde musulman : successions d'arcs et de colonnes, croisées d'ogives, décors et motifs floraux. Il est né en
Europe méditerranéenne, là où les différentes corporations de bâtisseurs des deux traditions entretenaient des
contacts étroits. Ce type d'échanges a donné naissance à des styles encore plus marqués par le génie islamique
comme l'art mozarabe importé par des chrétiens ayant vécu dans un royaume musulman, ou bien l'art mudéjar
répandu par les musulmans ibériques restés après la Reconquista en royaume chrétien, notamment à Tolède, ou
encore l'art arabo-sicilien né de la rencontre entre les normands et les musulmans en Italie du sud au XIème
siècle.
En France, la plus ancienne pièce romane connue est un linteau qui surmonte l'église du village de Saint Génis-
des-Fontaines (Pyrénées Orientales). Elle est datée de 1020 et sa décoration comporte bien des ressemblances
avec les canons de l'art musulman apparus deux siècles plus tôt. Dans cette région, comme un peu partout en
Espagne, beaucoup de clochers romans sont élancés et détachés de la nef. Leur base carrée et leurs petites
ouvertures en arc rappellent l'architecture des minarets du Maghreb, tel celui de la mosquée Koutoubiya à
Marrakech.
Parmi les signes encore plus explicites, on peut citer une inscription en caractères coufiques d'un monogramme
de Dieu sur un linteau de l'ancienne église de Lamalou-les-Bains (Hérault) ou encore une porte en bois de la
cathédrale du Puy (Haute-Loire) comportant également une inscription en caractères coufiques.
Concernant l'art pictural, la « Vierge de pise » attribuée à Gentile da Fabriano (1370-1450) eut un destin bien
singulier. En effet, l'auréole de la Vierge comporte un motif ornemental dans lequel, pendant des décennies, on
n'avait vu que des arabesques décoratives. Mais, au début du XXème siècle, un érudit orientaliste remarqua qu'en
fait, l'inscription « La ilaha illa Allah » (Il n'y a de divinité que Dieu, formule centrale de l'Islam) avait été
composée en écriture coufique.
Il y a des homonymies auxquelles un premier regard n'attacherait que peu d'importance, mais qui sont en fait
chargées de significations. Il en est ainsi de « L'île verte » ou des « Amis de Dieu ». Comme l'a remarqué
l'orientaliste Henry Corbin, ces termes se retrouvent à la fois dans les écrits de l'ésotérisme islamique iranien et
dans ceux d'une communauté de chevaliers de l'ordre de Saint Jean. Cette communauté fut fondée à Strasbourg,
au lieu dit « L'île verte », au XIVème siècle et ses membres étaient appelés les « Amis de Dieu ». Ils
entretenaient des contacts réguliers avec Jean Tauler (1300-1361), le célèbre disciple et continuateur de maître
Eckart. Les correspondances écrites du principal fondateur, Rulman Merswin, encore conservées aujourd'hui,
relatent les liens spirituels qui l'unissaient avec un mystérieux personnage, appelé « L'ami de Dieu du Haut-
Pays » dont il est impossible de connaître l'identité réelle, mais qui avait clairement une fonction de « pôle
spirituel » pour la communauté.
Dans l'ésotérisme islamique, le terme « Amis de Dieu » a son équivalent exact (awliya Allah) et désigne des
hommes, ni clercs, ni laïques, liés par un pacte de chevalerie qui les destine à la réalisation spirituelle en Dieu.
On retrouve aussi le terme « L'île verte » dans certaines légendes initiatiques, il y indique une terre symbolique
inviolable, située aux confins de la Mer Blanche. Sur cette terre réside le « pôle spirituel » du monde et il est dit
que « les habitants y vivent dans un état de perpétuelle jeunesse. »
Une autre homonymie remarquable concerne l'utilisation du mot « pauvre ». Ce mot désigne à la fois les
disciples (i poveri) de Saint François d'Assise (1182-1226) et les aspirants d'une voie soufie (foqaras en arabe,
derviches en persan). La doctrine de Saint François d'Assise visant au dépouillement intérieur afin de déloger la
toute puissance de l'égo présente beaucoup de similitudes avec l'enseignement propre aux voies soufies. Saint
François d'Assise effectua plusieurs voyages au Maroc et en Egypte et prônait d'entretenir avec les musulmans
des relations courtoises en évitant tout esprit de controverse, ce qui tranchait des relations belliqueuses
qu'entretenaient les deux communautés à cette époque : « Tout ce qu'il y a de bon dans les écrits des païens
(musulmans) n'appartient ni aux païens ni à qui que ce soit, mais à Dieu seul, de qui nous vient tout bien. »
Une entrevue datée de 1219 est restée célèbre entre Saint François d'Assise accompagné de quelques disciples
d'une part, et le sultan al-Mâlik al Kâmil assisté du soufi Fakhr ad din Farisi, lointain disciple de Hallaj, d'autre
part. On ne connaît pas les propos qui furent échangés à cette occasion, mais on sait que l'entretien dura plusieurs
jours et qu'il s'acheva par de chaleureuses salutations réciproques.
Perception des soufis par les Européens
Dans la plupart des récits de chrétiens relatifs à l'Islam, on retrouve un ton polémique et une appréciation
négative qui révèlent rivalité et incompréhension. Les sujets de querelles dépassent souvent les aspects purement
théologiques et sont accentués par les différences culturelles.
Cependant, il semble que, au moins dans plusieurs cas, la perception des européens vis à vis de la mystique
soufie et de ses représentants soit beaucoup plus positive, surtout pour ceux qui ont été amenés à les approcher.
Ainsi, le théologien catalan Raymond Lulle (1235-1315) écrivit une littérature abondante afin de convaincre de
la justesse de la foi chrétienne vis à vis de l'Islam. Il apprit l'arabe et les fondements de la tradition islamique et
effectua plusieurs voyages en Afrique du Nord afin de « convertir les infidèles à la vraie religion ». Dans un de
ses ouvrages « Le livre de l'Ami et de l'Aimé », Lulle dit s'inspirer de « ceux appelés soufis dont les paroles
d'amour et les exemples concis donnent aux hommes une grande dévotion ». Ses références aux thématiques de
la mystique musulmane sont frappantes et un commentateur du début du siècle considère Lulle comme un
« soufi christianisé ».
Nous avons vu plus haut que les alchimistes chrétiens faisaient clairement référence à des sources provenant du
soufisme. Le grand philosophe et savant anglais, surnommé le Docteur admirable, Roger Bacon (1220-1292)
n'hésite pas à affirmer que Geber devait être considéré comme le « Maître des maîtres ». Geber désigne en fait
Abou Moussa Jabir al Soufi, ayant vécu vers l'an 800 près de Bagdad et auteur d'ouvrages alchimiques dont les
multiples traductions furent répandues à travers l'Europe.
Plus près de nous, l'émir Abd el-Kader (1808-1883) fut surtout célèbre pour son rôle de résistant face à la
conquête de l'Algérie par la France et il s'illustra notamment par sa bravoure et son esprit chevaleresque. Son
rattachement dès le plus jeune âge à une voie soufie et la richesse inépuisable de ses « Ecrits spirituels » attestent
la grande dimension sprirituel de ce combattant-écrivain hors du commun. Après s'être rendu à la France, Abd
el-Kader et ses proches furent gardés en résidence surveillée successivement dans plusieurs villes de France
(Pau, Amboise, Paris) et, dans un contexte aussi tendu, alors que l'émir pouvait être perçu comme un ennemi de
la France, il est remarquable de constater que partout où il séjourna en France, il reçut un accueil très chaleureux
de la population qui voyait en lui avant tout ses qualités de cœur et son courage. Lorsque quelques années plus
tard, alors qu'il avait trouvé refuge à Damas, il protégea des milliers de chrétiens qui risquaient d'être massacrés
au cours d'un conflit par des troupes musulmanes, il fut internationalement salué comme un modèle de tolérance
et de générosité.
En fait, à travers chacun de ses actes, l'émir mettait en pratique l'enseignement qu'il avait reçu et son action dans
le monde était le prolongement naturel de la contemplation de l'Unique.
Amour courtois d'Orient et d'Occident
Un des traits caractéristiques du génie arabe et en particulier de la culture des bédouins est l'extraordinaire
facilité avec laquelle ils expriment les émotions et les symboles les plus forts par l'intermédiaire de la poésie. Ce
mode d'expression, déjà couramment utilisé au cours de la période préislamique, a largement puisé dans le thème
de l'amour qui souvent évoqué à travers les rapports complexes entre amoureux éperdu et une femme idéale,
inaccessible, parée de toutes les qualités divines. Les poètes soufis ont maintes fois exploité ce modèle pour
décrire les états d'exaltation, de souffrance, de perplexité, de soumission et de plénitude liés à l'expérience
amoureuse. L'amour humain devient ainsi une image de l'amour spirituel et l'amoureux incarne le disciple qui
aspire à l'Union à Dieu symbolisée par la femme convoitée. Ces vers de Ibn al-Farid donnent un aperçu de
l'embrasement d'amour qui emporte l'amoureux lors de son voyage intérieur : « Je suis ton esclave et ne songe
pas à me libérer de cet esclavage. Voudrais-tu m'en libérer que je refuserais cette liberté, Et si tu m'éloignais, je
reviendrais. Ta beauté a fait de moi un prisonnier ! Ton charme m'a enchaîné à toi, mais mon esclavage m'est
infiniment doux ! »
Ce « culte de la dame » évoque irrésistiblement l'amour courtois chanté par les poètes du Moyen-Âge chrétien.
Troubatours occitans, trouvères du nord de la France, minnesänger d'Allemagne, poètes du dolce stil nuevo
d'Italie : tous furent des interprètes vibrants et originaux de ce nouvel art d'aimer qui surgit si brusquement au
cœur d'une Europe dont l'héritage culturel et spirituel ne comportait que fort peu d'œuvres comparables. En effet,
ces poèmes présentent peu de caractéristiques communes avec ceux de la tradition gréco-latine alors que les
similitudes avec la poésie arabe sont frappantes : thématique, lyrisme, forme rythmique, rimes, structures des
strophes, accompagnement musical. Les noms désignant les instruments musicaux de l'époque (luth, guitare,
tambour, rebec) sont d'ailleurs autant de mots d'origine arabe ou persane.
Dans le monde chrétien, le premier troubadour reconnu est Guillaume IX (1071-1127), duc d'Aquitaine et conte
de Poitiers, dont le père sortit vainqueur d'une bataille contre les musulmans à Barbastro (Espagne). En guise de
butin, celui-ci revint chez lui avec plusieurs centaines de prisonnières provenant du camp ennemi qui, pour la
plupart d'entre elles étaient chanteuses ou musiciennes. Par ailleurs, la sœur de Guillaume IX épousa Alphonse
VI, roi de Castille et de Léon, fervant amateur d'échecs et surnommé le « demi-arabe », qui en secondes noces
épousa Saïda, fille d'un des plus grands poètes andalous. C'est donc à travers ce métissage culturel de part et
d'autre des pyrénées que jaillit cet appel à « l'esclavage de l'amour » dont les échos se firent entendre au sein de
toute l'Europe. Une miniature relevée dans un manuscrit des « Cantiques à la Vierge » composés par le roi de
Castille Alphonse X le Sage (1221-1284) illustre ces échanges : elle montre deux ménestrels, l'un musulman,
l'autre chrétien, jouant ensemble du luth. Sur cette représentation, on remarque que le musicien chrétien regarde
dans la direction du musulman vers lequel il semble trouver la source de son inspiration.
Un cas particulier, Dante
Dante Alighieri (1265-1321) est aujourd'hui considéré comme le père de la poésie italienne et son œuvre
maîtresse « La divine comédie » est unanimement considérée comme un joyau de la littérature européenne. Cette
œuvre décrit le voyage symbolique de Dante à travers l'Enfer, le Purgatoire, et le Paradis sous la conduite de
Virgile, puis Béatrice et enfin Saint Bernard. Dans les nombreuses études qui ont été consacrées à cet auteur, les
engagements de Dante ont souvent été interprétés sous un angle politique et l'œuvre écrite a surtout été étudiée
pour son inspiration poétique. En fait, « La divine comédie » comme la plupart des autres ouvrages de Dante, est
avant tout un support de méditation pouvant être perçu à de multiples degrés et sa symbolique reprend très
fidèlement les notions développées par les poètes soufis. En particulier, de nombreuses correspondances avec le
« Livre du Voyage Nocturne » de Ibn Arabi, écrit un siècle plus tôt, et qui montre la descente aux enfers puis
l'ascension à travers les différents cieux accomplies par le Prophète de l'Islam, ont pu être établies. Parmi les
similitudes entre les deux œuvres, nous pouvons retenir la description de l'Enfer et du Paradis ou bien les
différentes étapes accomplies par les voyageurs au cours de leur parcours initiatique.
Ces concordances sont suffisamment nombreuses et précises pour rejeter l'hypothèse d'une simple coïncidence
fortuite. Il semble bien que Dante se soit inspiré des sources islamiques pour exprimer de telles notions
métaphysiques. Il est en effet possible que Dante ait pu prendre connaissance des diverses traductions du « Livre
de l'échelle » (Kitab al miraj) qui ont circulé au XIIIème siècle à la cour de Alphonse X le Sage, successivement
en castillan, en latin et en français. Comme ce livre est constitué du témoignage du Prophète Mohammad
lorsqu'il fut conduit par l'archange Gabriel à travers les cieux, il aurait peut-être permis à Dante de concevoir son
ouvrage.
Mais, une autre hypothèse, défendue par René Guénon, envisage un rattachement du poète italien « à une
organisation à caractère secret appelée — Fidèles d'amour— dont il aurait été lui-même l'un des chefs. » Ce type
d'association était inspiré par des personnalités appelées « Frères de la Rose Croix » qui étaient habilités à
enseigner les sciences propres à l'ésotérisme islamique. « Ceux-ci formaient un anneau de la chaîne reliant
l'Orient et l'Occident et établissaient un contact permanent avec les soufis, contact symbolisé par les voyages en
Orient de leur fondateur légendaire Christian Rosenkreuz. »
En conclusion, s'il est désormais évident que la spiritualité soufie est largement représentée aujourd'hui en
Occident, les divers éléments que nous avons rassemblés ici attestent l'influence qu'a exercé l'Islam sur
l'Occident chrétien depuis le haut Moyen-Âge et à divers moment de l'histoire, en particulier grâce au
rayonnement de l'Espagne et de la Sicile alors musulmanes.
Cette influence a pu s'exercer notamment par l'intermédiaire de représentants du soufisme qui ont entretenu des
relations très profondes avec certaines organisations chrétiennes à qui ils ont transmis de nombreuses notions
fondamentales.
Ainsi, ces relations ont contribué à faire émerger et à vivifier le génie artistique et spirituel de l'Europe
occidentale à travers ses principales composantes : corporations de métiers, organisations chevaleresques, poètes
de l'Amour courtois ou alchimistes. Elles se situaient à un niveau où s'opère une conjonction spirituelle véritable,
très éloignée d'un vulgaire syncrétisme ou d'une assimilation forcée, niveau à partir duquel se manifeste l'Unité
reliant toutes les Révélations authentiques, et en particulier les héritières de la Tradition Abrahamique : le
Judaïsme, le Christianisme et l'Islam.
Qui se connaît soi-même et connaît les autres Saura reconnaître également ceci : L'Orient et l'Occident Sont
indissolublement liés Goethe (Divan occidental et oriental).
Extrait de la revue : Soufisme d'Orient et d'Occident (numéro 2)
Eléments bibliographiques – L'Islam et le Graal de Pierre Ponsoye, Arché Milano, 1976 – Aperçus sur
l'ésotérisme islamique et le Taoïsme de René Guénon, Gallimard, rééd. 1992 – L'ésotérisme de Dante de René
Guénon, gallimard, rééd. 1984 – Pour un aboutissement de l'œuvre de René Guénon – vol.3 de Jean Rayor,
Arché Milano, 1991 – Les soufis d'Andalousie de Ibn Arabi, Sinbad, 1984 – Le soleil d'Allah brille sur
l'Occident de Sigrid Hunke, Albin Michel, rééd. 1991 – En Islam iranien – vol.4, de Henry Corbin, Gallimard,
rééd. 1991 – La Futuwah, traité de chevalerie soufie de Sûlami, traduit et annoté par Faouzi Skali, Albin Michel,
1993 – Islam et chrétiens du midi collection Cahiers de Fanjeaux, Privat, 1983 – L'émir Abd el-Kader de Bruno
Etienne, Hachette, 1997 – Rencontre sur l'autre rive François d'Assise et les musulmans de Gwenolé Jeusset, Ed.
Franciscaines, 1997 – La fin'Amor de Jean-Claude Marol, Points Sagesses, 1998 – Les troubadours de Henri-
Irénée Marrou, Points Histoire, rééd. 1997 – Les amis de Dieu de Bernard Gorceix, Albin Michel, 1993
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Soufisme féminin
Introduction
Le Coran de part son intemporalité et son universalité a posé les bases d’un dialogue qui s’adresse à toutes les
créatures en respectant les spécificités de chacun, en appelant à l’entre connaissance mutuelle et oeuvrant par la
sagesse, la douceur, et la preuve argumentative, sans pour autant renier l’autre ou le mépriser et en mettant en
avant l’amour que le croyant porte pour toutes les créatures. Il adopte une pédagogie éducative que le monde
moderne découvre de nos jours avec une grande stupeur. De l’exhortation (al maw‘iza), à la controverse (Al-
hijâj), à l’éloquence (Al bayân ), en passant par la discussion (Al jidâl) et la concertation intime (al munâjât). En
finissant par les convenances que les fidèles en Islam se doivent de respecter entre eux ou quand ils se confient
au Messager : le Coran trace les lignes d’un dialogue méthodique, utile, claire et sage.
Le dialogue avec les autres religions obéit selon le Coran aux règles de bonnes convenances mettant l’accent sur
les valeurs universelles communes qui constituent le terrain d’entente par excellence qui devra permettre une
compréhension mutuelle entre les belligérants : loin de tout complexe de supériorité ou d’infériorité.
Pédagogie du dialogue
I. Pédagogie du dialogue
1. Etymologie du mot dialogue
Le terme dialogue (hiwar) est dérivé de (hawara) qui veut dire revenir. Nous retrouvons ce sens dans le Coran,
comme lorsque Dieu dit de celui qui a mal compris le véritable sens de la Révélation :
« Il pensait ne devoir jamais revenir (yahura) vers Dieu » [1]
Et nous trouvons également bien d'autres dérivés avec le sens de« discuter » comme lorsque Dieu dit :
« Le mieux nanti d'entre eux, s'entretenant (yuhawiru) avec son compagnon.. » [2]
Le dialogue suppose donc deux interlocuteurs, un langage et une compréhension mutuelle.
2. Les qualités du dialogue
Dieu nous apprend de quelle manière converser avec les gens pour les amener à la conversion. Nous y relevons
ainsi une série de conditions :
a. La modération du départ
Dans le Coran, il est conçu « un point de départ » pour le dialogue.
En premier lieu, les deux antagonistes se trouvent dans une position d'égalité totale. Certes, l’une des parties peut
avoir raison alors que l'autre aurait tort, cela n'empêche pas que Dieu enseigne à Son noble Prophète le code du
dialogue en lui disant :
« Ajoute : « Certes, nous devons être les uns ou les autres ou dans la bonne voie ou dans la pire aberration »
[3]
Alors même que le Prophète est certain qu'il est dans le vrai, il doit respecter les règles du dialogue qui
déterminera par la suite qui des deux a tort. C’est l’objet aussi de ce que l’on détaillera plus loin en ce qui
concerne le dialogue avec les gens du livre.
Dans la manière de mener le dialogue en Islam, il existe un point de départ et un mode particulier :
« Appelle au chemin de ton Seigneur avec la sagesse et la bonne exhortation, puis discute avec eux sur un ton
modéré » [4]
Le ton modéré est à employer dans une discussion dont le point de départ est la vérité.
Toutefois, il est parfois préférable de recourir à la persuasion. Celle-ci utilise la connaissance certaine et renvoie
à la "sagesse" mentionnée dans le verset suivant :
« Appelle au chemin de ton Seigneur avec la sagesse et la bonne exhortation, puis discute avec eux sur un ton
modéré » [5]
b. La sagesse
« Appelle au chemin de ton Seigneur par la sagesse et la bonne exhortation »
La « sagesse » est généralement un générique de tout ce qui est bien et profitable pour les hommes, mais ici elle
signifie plutôt la connaissance authentique et la science précise dont on ne saurait se détourner et qui ne souffre
ni déformation ni travestissement. Celui donc qui dialogue avec autrui doit s'appuyer d'abord sur une
connaissance véritable. C'est d'ailleurs pour cela que le Prophète (P.S) reprenait souvent cet enseignement
coranique :
c. La clairvoyance
« Dis: "Voici ma voie : appeler à Dieu en toute clairvoyance » [6]
C'est à dire sans précipitation aucune et avec pondération, car il détient la connaissance véritable et inébranlable.
d. La douceur
« Allez trouver Pharaon: son impiété s'accroît de jour en jour ! Parlez-lui sur un ton affable! » [7]
Dieu, à travers plusieurs de ses versets coraniques met l’accent sur cette valeur. Ainsi, lorsque Dieu le Tout
Puissant donne l'ordre à Moïse et à son frère Aaron de se rendre auprès de Pharaon. Malgré la tyrannie de
Pharaon, Dieu conseille le recours à la douceur, sans violence ni passion.
Il s’agit de la douce parole réconfortante qui s'adresse directement au coeur.
Pourquoi une parole douce ? Quels en sont les effets ? Dieu nous l'explique :
« Peut-être en sera-t-il édifié ou sera-t-il porté à Me craindre » [8]
En d'autres termes, l’incitation en douceur est une étape nécessaire ; elle peut produire ses effets et l'usage n'en
est pas nécessairement vain.
2. Les différents modes de dialogue
Les modes de dialogue que nous pouvons distinguer dans Le Livre Saint, sont la discussion (jadal), la
controverse (hijâj) et
a. La discussion (jadal)
Dans de nombreux versets coraniques, nous trouvons des termes comme Jadal, qui signifie « discussion »
employé avec son antonyme, Mira` qui consiste à disputer et à contester sans raison.
« Dieu a entendu les propos de celle qui discutait (tujâdilu) avec toi au sujet de son époux, tandis que sa plainte
s'élevait vers Dieu. Dieu entendait votre dialogue, car Il entend tout, voit tout »[9]
Ceci montre que tout un ensemble de champs lexicaux et sémantiques relatifs à la notion de « dialogue » figure
dans le Coran.
b. L’exhortation
Un compagnon du Prophète (P.S), Al `Arbad ibn Siriya a dit : « Le Prophète nous a exhortés de sorte que nos
coeurs palpitèrent et nos yeux larmoyèrent ». Telle est la bonne exhortation !
Dans ce hadith, l’exhortation est caractérisée par l'adjectif « bonne » pour insister et pour nous indiquer la
manière dont le dialogue doit se construire.
c. L'argumentation
« Produisez vos preuves, si vous êtes dans le vrai (si vous êtes sincères) »[10]
Le Coran contient plusieurs versets qui stipulent que les détracteurs doivent présentent leurs arguments.
Il s’agit de « discuter avec eux », dans le sens d’un affrontement verbal, en usant d'argumentation. Chacun des
protagonistes présentera ses preuves et défendra son point de vue.
d. La discusion creuse (mira’)
Dans le champ lexical du dialogue, on retrouve notamment la notion de « dispute » (Mira`) à travers le verset
suivant.
« Ne discute (ne creuse) (tumâri) donc à leur sujet que d’une façon apparente (superficielle) (mira ‘) et ne
prends à leur sujet l’opinion d’aucun d’eux » [11]
Dieu évoque la dispute relative au nombre personnes parmi des gens de la caverne qui n’était d’aucune
utilité pour les croyants.
e. La controverse (Hijâj)
Il est une ancienne science spéciale chez les Arabes qu'ils nomment « la controverse » (Hijâj) où l'on préconise
un mode de comportement qu'ils nomment « lâcher du lest » en d'autres termes, cela consiste à concéder
certaines vérités au protagoniste même s'il devait l'emporter dans la discussion.
Le mode de discussion préconisé dans le verset qui suit, concernant le dialogue entre Abraham et Dieu à propos
de la revivification des morts, comporte un arrangement des situations et une coordination entre les
protagonistes. C'est ce qu'on appelle en rhétorique « l'amassement et le déploiement » (Al-laf wa Nachr).
Dieu enseigne ensuite par la preuve (hujja) à Ibrahim qu’Il est le plus grand : par la vision comparative des
astres, Il montre qu’Il est plus digne d’être adoré.
Allah a révélé au Prophète Mohammad (psl) comment Il enseigne à Abraham :
« Quand la nuit l’enveloppa de ses ténèbres, il vit un astre. Il dit : « Voici mon Seigneur ! » Lorsqu’il disparut à
l’horizon, il dit : « Je n’aime pas ceux qui disparaissent » Lorsqu’il vit la lune pointer à l’horizon, il dit :
« Voici mon Seigneur ». Lorsqu’elle disparut, il dit : « vraiment si mon Seigneur ne me guide pas,
j’appartiendrai à coup sûr à la gent égaré. » Lorsqu’il vit pointer le soleil, il dit : « Voici mon Seigneur, celui ci
est plus grand » Lorsqu’il disparut, il dit : « O gens ! Je suis innocent de votre associationnisme » J’ai orienté
toute mon adoration vers Celui qui a créé sans précédent les Cieux et la Terre, en pur monothéiste et je ne fais
point partie des Associateurs. Et son peuple lui fit une controverse. Il dit : « Controversez – vous avec moi au
sujet de Dieu alors qu’Il m’a guidé et que je ne crains pas ce que vous Lui associez à moins que mon Seigneur
ne veuille quelque chose ? Mon Seigneur a contenu toute chose dans Son savoir, ne vous rappelez-vous donc
pas ? » Comment craindrez –je ce que vous avez associé tandis que vous ne craignez pas d’avoir donné à Dieu
des associés sans qu’aucune preuve irréfutable de leur existence ne vous ait été jamais descendu ? Qui donc des
deux groupes est plus digne de sécurité, si vous saviez ? » [12]
Les différents modes de discours
L'argumentation construite est utilisée dans un discours afin d’agir sur la personne de manière à bannir les motifs
de l'injustice de son cœur.
Enfin le l’apport de la preuve est utilisé dans la controverse (al-hijâj ou al-munâzara).
« Ne vois tu pas celui qui discuta avec Abraham au sujet de son Seigneur arguant du fait que Dieu lui avait
donné la royauté ? Lorsque Abraham dit : « Mon Seigneur est celui qui donne la vie et la mort ». Il dit : « Moi
aussi je donne la vie et la mort ». Abraham dit : « Dieu fait venir le soleil de l’Est fais-le venir de l’Ouest ! »
Celui qui avait renié en resta interdit » [13]
Il s’agit dans ce verset de l’argumentation (Hijâj) ou Munâzara, c’est-à-dire la preuve contre la preuve,
« d’égale à égale » d’Abraham contre le tyran assyrien Nemrod, roi de Ninive. C’est lui qui ordonna de jeter
Abraham dans le bûcher mais ce fut chose vaine car Dieu ordonna au feu d’être « fraîcheur et salut sur
Abraham »…
Ce fut plutôt Nemrod qui mourut et d’une façon des plus humiliantes. On raconte en effet qu’un moustique s’est
introduit dans son nez et lui provoquait des migraines atroces. Il demandait à tous les passants de lui donner une
tape sur le crâne dans l’espoir de faire tomber le moustique. C’est ainsi que celui qui se prenait pour un Dieu
mourut victime de la plus faible des créatures. [14]
La discussion entre les prophètes et leur peuple était toujours basée sur les arguments forts et visibles ou une
logique claire et juste (la rhétorique : Al-bayân) tout en utilisant la sagesse et la douceur jusqu’à son paroxysme.
Pour exemple, Loth dans le verset suivant est confronté à l’inertie de son peuple et le refus d’accepter la
contrepartie, la solution naturelle qui correspond aux valeurs et à la vertu : «épouser ses filles et cesser de
pratiquer la sodomie entre eux » :
« Et quand Nos anges vinrent à Loth, il se mit en peine à cause d’eux, et son bras ressentit de l’étroitesse. Il dit
cependant : « Voici un jour terrible ! » Quant à son peuple, ils vinrent à lui tout excités pour lui ;- auparavant
ils pratiquaient les mauvaises actions. Il dit : « O mon peuple, voici mes filles : elles sont plus pures, pour vous.
Craignez Allah, donc, et ne me faites pas d’ignominie en mes invités. N’y a-t-il pas parmi vous un homme bien
dirigé ? » Ils dirent : « Tu sais très bien que nous n’avons pas de droit sur tes filles ! Et en vérité tu sais bien ce
que nous voulons. » … »[15]
Par ailleurs, c’est un dialogue de persuasion qui d’est instauré entre Abraham et les anges qui vinrent le visiter à
propos du fils qu’il allait avoir (Ishâq) et de la tribu de Loth. Abraham essaya de plaider pour sauver le peuple de
Loth et trouver une solution de miséricorde. Il ne savait pas encore ce que Dieu avait décrété vis-à-vis de ce
peuple injuste. Néanmoins, La nature d’Abraham « un hanif musulman » l’incitait toujours au pardon, à la
sollicitude et à la miséricorde. Et d’ailleurs, c’est Dieu qui lui a enseigné et inspiré encore une fois cette position.
« Puis lorsque la crainte eut quitté Abraham et que la bonne nouvelle lui fut venue, voilà qu’il disputa
(yujâdilunâ) avec Nous en faveur du peuple de Loth. Oui, Abraham était patient, certes, plein de sollicitude,
enclin à Dieu »[16]
Dieu s’est adressé à ses prophètes et les prophètes se sont adressés à Lui, cet échange se faisait sous divers
formes : « concertation intime » (munâjât), controverse et preuve sur Son existence, Sa Puissance et Sa
bienveillance…C’était un dialogue fort par sa logique argumentative, sa sagesse, et sa clarté (bayân).
Les prophètes se sont adressés à leur peuple pour leur montrer la bonne voie toujours avec une pédogogie
évolutive, argumentative, sage et claire.
Il demeure néanmoins, un dernier point de ce dialogue que nous enseigne l'Islam et qui consiste en le fait que
Dieu le Tout Puissant recourt dans de nombreux endroits de son Livre au dialogue.
- Le dialogue des anges répété plusieurs fois dans le Coran, lorsque Dieu décide d'établir Adam en tant que Son
vicaire sur terre en ces termes :
"Vint le jour où ton Seigneur dit aux Anges : "J'ai résolu d'installer un lieutenant à Moi sur terre", "Y mettras-tu,
dirent-ils, un être qui y sème le désordre et répand injustement le sang, quand nous sommes là à Te sanctifier et
Te glorifier?" "Il est des choses, dit le Seigneur, que je suis le seul à savoir"La Génisse, V:30.
Il est là un sujet à méditer dans ce dialogue le fait que Dieu, en dépit de Sa puissance et de Son omniscience,
adopte dans sa conversation "le lâchement du lest" en obtempérant à la requête des Anges et en leur permettant
de prendre la parole et de donner leur avis librement « les fils d’Adam sèmeraient le désordre.. ».
Le dialogue continue ainsi :
"Alors Dieu instruisit Adam des noms de toutes choses, puis faisant défiler des objets devant les Anges, il leur
demanda: "Nommez-les, si vos assertions sont véridiques !" "Béni sois-Tu! firent les Anges. Nous ignorons toute
science, hormis l'enseignement reçu de Toi, car Tu est l'Omniscient, le Sage"La Génisse, V: 31,32.
Dans ces versets Dieu apporte sa preuve et son argument irréfutables bien qu’Il possède d’abord et avant tout la
connaissance et le pouvoir absolus et détient la science du caché (Al ghayb). Il montra aux anges le pourquoi de
Sa décision en mettant en valeur la science apprise par Adam….
- Dieu a aussi conversé avec les prophètes comme le dialogue avec Moïse dont la requête, grave et de toute
première importance (la vision directe de Dieu), n'a pas été pour qu'Il le repousse ou l'écarte ou pour qu'il en
ressente la moindre offense :
"Moïse Lui dit : "Montre-Toi à moi, que je puisse te voir !" Le Seigneur lui dit : "Tu ne Me verras pas. Regarde
plutôt vers le rocher, s'il demeure immobile en sa place, tu Me verras alors"Al A`raf, V:143.
- Outre les Anges et les prophètes, Dieu a aussi dialogué avec Satan lorsque celui-ci refusa de se prosterner
devant Adam :
"Qu'as-tu donc à ne pas te prosterner ? lui dit Dieu. Ne t'en ai-Je pas donné l'ordre ?" "En vérité, fit Satan, je
suis d'une essence plus noble que celle de l'homme, moi, que Tu as tiré d'un feu subtil, quand lui n'est fait que
d'un limon grossier !" "Descends d'ici, dit le Seigneur. Tu es mal venu de t'enorgueillir en ces lieux.... Satan
demande alors : "Que l'on m'accorde un délai jusqu'au jour où les morts seront rappelés"Al A`raf, V :10-14
Dieu après avoir gratifié Satan (Iblîs) auparavant, celui-ci désobéit par orgueil et ne fut même pas reconnaissant
à l’égard des faveurs divines. Même en sachant ce qui se cachait dans son cœur, Dieu le questionna pour mettre à
l’évidence sa faute…Puis Dieu continua le dialogue avec lui en lui permettant malgré son offense et son audace
de vivre jusqu’au jour de la résurrection….
3. Les dogmes en Islam et leur influence sur le dialogue
f. Les Ach`arites
Les Ach`arites soutiennent (en ce qui concernent la foi) qu'elle comporte un côté fondamental et un côté annexe.
Le premier concerne tout ce qui se rapporte aux croyances alors que le deuxième se rapporte au côté pratique et
cultuel. Pour eux, celui qui désavoue quelque question des sciences des fondements (Usul) qu'elle soit
fondamentale ou accessoire est un mécréant, mais celui qui néglige un côté de ce qui est annexe est seulement un
pécheur qui désobéit, et qui, s'il se repent, Dieu lui pardonne ou le punit par un séjour en Enfer, mais pas un
séjour indéterminé et éternel. Les Ach`arites ajoutent que le Prophètes (psl) peut intercéder en faveur de ces
pécheurs qui désobéissent. Les Ach`arites reconnaissent donc l'existence de l'intercession.
Chez les Ach`arites (qui sont pour la grande majorité de la communauté les gens qui suivent le Livre et la
Tradition) le fait de favoriser le bon- jugement (husnu azzann) et de respecter les opinions différentes encourage
le dialogue avec l’autre en s’appuyant sur les valeurs universelles de la sagesse coranique.
g. Les Murjites
Les conceptions ach`arites diffèrent de celles des "Murjites" (ceux qui reportent le jugement à Dieu) pour qui
même celui qui commet un péché capital reste croyant et de celles de Kharijites pour qui ce dernier est un
mécréant.
h. Les Mu`tazilites
Les Mu`tazilites eux soutiennent l'idée d'une position intermédiaire (manzila bayna-l-manzilatayn). Pour ces
derniers, celui qui commet un péché capital a certes péché, mais n'est cependant pas un mécréant. Néanmoins
s'attachant à la justice divine, pour eux ce pécheur, s'il ne se repent pas, connaîtra un séjour éternel en enfer, mais
avec une souffrance moindre que pour le mécréant.
Les dogmes affectent de ce fait le type de dialogue car la conviction dépend de la foi et c’est la conviction qui
marque toujours en arrière plan le mode de discours et la compréhension des discours de l’autre.
Ainsi, les interprétations extérieurs et fausses qui ne reposent pas sur la science du Coran, c’est-à-dire
l’explication authentique « Al-Tafsîr », les circonstances et le contexte du verset révélé « Asbâb annuzûl », la
connaissance de l’abrogation : l’abrogé et l’abrogeant « Al-nâsikh wa al-mansûkh », sont la source du
détournement de la parole de Dieu pour servir une cause politique ou idéologique loin des principes juste du
Coran tels la sagesse, la pédagogie, la douceur et l’entente.
i. Les Kharijites
Les Kharijites par exemple au nom de leurs interprétations très superficielles et non fondées sur la sunna,
peuvent tuer toutes personnes qui n’insultent pas Ali ou qui diverge avec eux dans leurs opinions….La
communication est bloquée quand les idées sont différentes ce qui est contraire au plus rudimentaire des grands
principes du Coran et de la tradition prophétique authentique.
j. Synthèse : une pédagogie évolutive
Si on prend par exemple la consommation du vin , le Coran a commencé d’abord par dire qu’elle comportait plus
de méfaits que d’avantages puis a incité les fidèles dans un deuxième temps à ne pas approcher la prière en cas
d’ivresse et enfin après que la foi en Dieu et l’amour du messager s’étaient consolidés dans les cœurs des fidèles,
le Coran a interdit l’ivresse et la consommation du vin et l’a considéré comme un péché capital (après plus de
treize ans d’éducation primordiale basée sur la consolidation de la foi).[17]
La tradition authentique[18] nous rapporte que le Prophète a utilisé la même pédagogie avec les Mecquois : il est
resté treize ans (où il n’y avait pas encore de prescriptions ni d’interdits) à leur enseigner la formule de l’unicité
pour éveiller les consciences et remplir les cœurs d’amour divin, car le cœur, une fois détaché de ce monde et
habité par Son amour, obéira par voix de conséquence à toutes les prescriptions divines sans gêne et avec aisance
et apaisement. Sa‘ad Ibn mu‘âd Al-ansârî a confirmé sa soumission aux ordres du Prophète à l’issue de cette
éducation :
« Si tu nous ordonnes de briser cette mer nous la briserons ! On ne te dira pas comme avait dit les fils d’Israël à
Moïse : « Va faire la guerre avec ton Seigneur, quant à nous, nous resterons ici » mais on te dit : « Va faire la
guerre avec ton Seigneur et nous serons avec toi ».[19]
Index de la spiritualité
A
al- abad : l'éternité (sans fin) _ la prééternité
- voir aussi al- azal et al- qidam.
'abd, pl : 'ibâd
- homme (au pluriel)
- serviteur, esclave, adorateur (de Dieu),
- désigne en langage religieux l'adorateur, et plus généralement la créature en tant qu'elle dépend de son Seigneur
(Rabb}.
abadiyya: post-existence, éternité sans fin
abçar
pluriel de baçar : regards
abda 'a : donner I'existence, instaurer
'âbid : ascète de l'observance
abwâb : pluriel de Bâb : portes (d'accès aux étapes spirituelles)
'açabiya : esprit de corps, parenté par les mâles
adâfa : lier
adhân : appel a la prière
'adl : justice
- al- 'Adl : la Justice divine
'adâla : justice, honorabilité, crédibilité reconnue a quelqu'un
al- 'adam (al- 'udum) :
néant, non-existence
a'dama : priver d'existence, anéantir
al- 'Adû : l'Ennemi (Satan)
afâda : déborder, émaner ; voir: fayd
af'âl : voir fi'l.
al- afdal : le plus méritant
al- 'âfiya : l'intégrité
ahad : un
âhâd : traditions isolées
B
al- bâ' : la lettre bâ'
bâb al-ijtihâd : la porte de l'effort créateur normatif
al- baçar: la vue {comme faculté), la vue (intellectuelle) _ la vue divine
al- Baçîr : le Voyant (Dieu)
al- baçîra, pI. baçâ'ir : intuition, clairvoyance _ vision, regard, compréhension (intérieurs)
badal, pI. abdâl : substitut
badâ' : changement de décision
al- Ba'îd : l'Eloigné (Dieu)
baghy : rébellion, égarement criminel
bah'îmîya : instinct bestial
bah'th : démonstration, examen
balâ, balwâ : épreuve
al- bâlighûn : ceux qui ont atteint le but (Soufis)
personne
hadiyya : don ( divin)
al-hadd : la limite, la definition.
Hadra :;Présence (divine)_danse extatique (voir : al- 'imara).
hadrat al-quds : Sainteté divine
hafawât : fautes involontaires
al- hafadha : les Vigilants (Anges)
al-hafdh : la mémoire, en tant que faculté de retenir une impression.
Hafîdh : Gardien (Dieu)
al-hâhût : la Nature essentielle de Dieu ; dérivé du Nom divin Huwa, « Lui », et formé par analogie avec les
termes suivants, que nous citons selon leur ordre hiérarchique descendant :
al-lâhût : la Nature divine (créatrice),
al-jabarût : la Puissance, I'Immensité divine, le monde informel,
al-malakût : le Règne angélique, le monde spirituel,
an-nâsût : la nature humaine, notamment la forme corporelle de I'homme
hâjiz : empêchement
hajj : pèlerinage rituel a La Mecque
hajjat al-wadâ' : le pèlerinage d'adieu,
hakkama : soumettre a I'autorité
hâkim dast al-waqt : ministre de l'univers temporel (le Prophète)
al- hâl, pl : ahwâl :
- l'état (spirituel) _ état (transitoire) : don de Dieu
on oppose parfois hâl à maqâm (station spirituelle) ; dans ce cas, le premier est considéré comme passager, le
second comme stable
- la vie mystique en général ou l'état d'extase en particulier.
halâl : licite
al- hall : action de délier
- ma'rifat al-hall wa-l- 'aqd : connaissance des pouvoirs
- ahl al-hall wa-l- 'aqd : "ceux qui ont qualité de délier et de lier" = les représentants qualifies,
hamm, pI. humûm : préoccupations
al- hamd : la louange (à Dieu)
ham-damî : accord spirituel
hanafi: de I'école hanéfite; familier : laxiste dans l'application de l'observance
hanîf : monothéiste
al- haqîqa : la vérité
al- Haqîqa : la Réalité divine
haqîqa, pI. haqâ'iq :
- vérité, réalité
- vérité profonde, nature véritable, essence vraie, réalité principielle - la vérité ou Réalité divine, la réalité
essentielle d 'une chose.
Cf. la parole du Prophète : likulli dhi haqqin haqîqa. « à toute chose réelle correspond une Réalité (ou Vérité)
divine
- haqîqa mudraka : vérité intelligible
- haqîqat ad- dât al 'aliyya : l'Essence suprême
- haqîqat al-haqâïq : « La Vérité des vérités» ou « Réalité des réalités», analogue au Logos; elle est considérée
comme un « isthme » {barzakh} insaisissable, intermédiaire entre I'Etre divin et le cosmos
- haqâ'iq jawhariyya matbû'a : entités substantielles indépendantes
al- Haqq :
- le Vrai, le Réel = l'Etre divin, la Vérité, la Réalité divine, Dieu
- la Divinité en tant qu'elle se distingue de la créature {al- khalq}.
haqq : réalité, vérité (opposé à bâtil)
- haqq al-mubîn : la vérité éclatante
- haqq al-yaqîn: la réalité de la certitude, vérité certaine
haqqiyya : créativité
haraqa : agitation, mouvement
harâra : chaleur
haram : territoire sacré, terre sainte,
harâm : illicite, interdit
harf, pI. hurûf, ahruf : lettre (transcendante) _ vocable, mot, terme
hasab : mérite
hasan : beau, bon (moralement)
hasana : bonne action
al- hashr : le Rassemblement dernier
hâtif : voix inconnue, interlocuteur invisible
hawâ, pl. ahwâ' : passion _ opinion passionnelle et subjective
hawal : obstacle
al- hawâdith : les êtres adventices et contingents
al- hawd : la Vasque
hawrâ' : hourie
hayâ' : pudeur
hayâ' : forme, structure
hayamân : affolement
hayawân nâtiq : animal doué de parole; définition classique de l'homme par rapport aux autres espèces animales.
al- Hayât : la Vie (Attribut divin)
hayât : vie (humaine)
hayba : crainte révérentielle, la terreur devant la Majesté divine
haykal : temple, forme corporelle
hayra : (état de) désorientation, stupeur, consternation, perplexité
al-Hayûlâ : forme arabisée du grec Hylé ; la Materia prima; analogue a al-Habâ, surtout a l'aspect secondaire,
cosmique, de celle-ci.
al- Hayy : le Vivant ; nom divin
al- hidâya : la guidance _ direction (divine) _ conduite, voie droite _ nûr al-hidâya
- al-hidâya ilâ ad-dîn : conversion à la religion voir : al-hudâ
hidthân : nature contingente et transitoire
hijâb : voile, rideau. Le Prophète dit que Dieu se cache par soixante-dix mille rideaux de lumière et de ténèbres.
En Soufisme, on appelle " voilé" (mahjub) celui dont la conscience est determinée par la passion, sensuelle ou
mentale, et qui par consequent n'aperçoit pas la Lumiere divine dans le coeur ; selon cette expression, c'est
l'homme qui est couvert d'un voile ou d'un rideau, et non pas Dieu.
al- hijâb : le rideau (cachant les épouses du Prophète)
hijra : émigration, hégire
al- hikma, pl. hikam : la sagesse
al-Hikmat al-ilâhiyah : La Sagesse Divine
al- hikma al- machriqiya : la sagesse orientale
hîla, pl. h'iyal : ruse _ biais juridique
himma, pI. himam : aspiration, préoccupation _ énergie (spirituelles)
la volonté spirituelle, la force de décision, I'aspiration vers Dieu.
hisâb : comptes, reddition des comptes (du Jour du Jugement)
hizb : section du Coran _ parti politique
hiyâm : amour éperdu
al- hiss : la faculte sensorielle, le domaine des sens _ le sensible _sensualité _ le sensuel
hisba : devoir d'appeler au bien ; puis police des mœurs et des marchés
hubb : amour
al- Hudâ : la Bonne Voie, l'orthodoxie _ voie droite, chemin du salut
hudûd : limites légales
hudûr : l'état de présence _ la conscience de la Présence divine
al- hudûth : la nature adventice, I'éphémérité opposé à al- qidam (I'éternité)
hujja, pI. hujaj : argument décisif, argumentation, justification
al- hujûm : assaut
hujus : suggestions
hukm : pI. ahkam :
- décision, sentence, jugement, pouvoir, principe _ la faculté de juger
- règle, disposition, statut, loi,
hulûl : infusion
« localisation» ; I'hérésie qui consiste a englober Dieu dans sa manifestation. L'Islam rejette la notion d'«
incarnation . comme suggérant le hulûl
huqub, pI. ahqâb : cycle
hurma : respect
al- hurûf, pl. de harf : les lettres de I'alphabet et par suite les sons qu'elles représentent.
a- hurriyya : la liberté
al- husn : la beauté.
Huwa : Lui, nom divin
- Huwa al-bâqî : Lui (Dieu) Seul est permanent
huwiyya : l'Ipséité, l' Aséité divine, le "Soi suprême"
- dérivé du pronom Huwa. "Lui"
huzn : tristesse
huzûz al-nafs : exigences naturelles de l'âme satisfactions personnelles
'ibâdât : ensemble des prescriptions s'imposant à I'homme dans ses rapports avec la divinité ; actes cultuels,
devoirs envers Dieu,
ibâha : antinomisme, rejet des prescriptions légales
ibâhî : libertin
'ibâra : expression claire et directe
ibdâ' : création ex nihilo
ibtada'a : tirer du néant, créer
ibtidâ' : commencement
al- 'içma : l'impeccabilité _ sauvegarde, protection
idâfa : rapport,
idâfi : relatif
al-idhn : la permission, l'autorisation.
idrâk : connaissance, perception _ au figuré: intellection
'iffa : continence
ifk : accusation calomnieuse
'ifrît : diables luxurieux
iftiqâr : dépendance
al- ihâd : l'unicité
ihbât : tranquillité
ihrâm : état de sacralisation
ihsân : vertu, perfection, le bien-agir, la vertu spirituelle, la beaute spirituelle ;
al-islâm (l'abandon a la Volonté divine), al-imân (la foi) et al-ihsân (la vertu) : ternaire commenté par le Prophète
dans le célèbre hadith de Gabriel.
lubb : - le noyau ; au sens figuré : le sens caché, l'essence d'une chose, le coeur. Contraire : al-qishr : l'ecorce :
"Saisis le noyau et jette l'ecorce!"
- fond du cœur, noyau intellectuel du cœur
lutf, pl. altâf : grâce, grâce divine
ma'âd : fins dernières
mabda' haqîqî : origine véritable
ma'bûd : adoré
ma 'çiya, pI. ma 'âçî : transgression
ma 'çûm : infaillible et impeccable
mâdda : matière .
ma 'dûm : à l'état de néant, prive d'être
madhhab, [Link]âhib
doctrine, position doctrinale _ école juridique, rite: chacune des grandes formulations théologico-juridiques de
l'orthodoxie musulmane
madhhar: manifestation
madrasa : collège, Institut des sciences relig
mafdûl :inférieur ( cf. fadil) : d'un mérite moindre
mafqûd : inexistant, prive d'être
maf'ûl : objet
maghrib : coucher du solell : (moment de la quatrième prière quoti
al- mahabba : l'amour pour Dieu _ Amour (divin)
mahâl : machination
mahârim : les choses interdites, interdictions
mahbûb : agréable (cf. makriih)
mahdî : - guide, chef spirituel et temporel combattant pour la restauration de la foi
- bien guidé ('Ali), pI. mahdiyyiin : bien dirigés (califes)
mâhiyya : quiddité
mâhiyatu kunhi-dh-dhât : la quiddité de la nature intime de l'Essence
mahjûb : voil
mahsûs : sensible, ce qui est objet de la connaissance sensible {al- hiss}
al- mahw : l'effacement, l'anéantissement (de l'individualité)
mahzûr : dé
majdhûb: ravi _ celui qui subit l'attraction (al-jadhb) divine, le spirituel dont les facultés mentales sont comme
paralysées ou confuses par l'effet de l'attraction divine ; c'est le cas des "fous en Dieu", de ceux qui sont
empéchés d'exterioriser leur état spirituel d'une manière intelligible.
majlâ : lieu d'irradiation, de révélation, plan de réflexion du tajalli divin, théâtre.
majma' aç-çâlihin : assemblée que les grands saints tiennent (voir : diwân ahl Llah)
majmû' : concentré, unifié
makân, pI. amkîna : lieu (modalité d'exi
makhlûq : créé, creat
makrûh : blâmable, désagré
al- Malâ' al-a 'là : le Plérome Suprême
al-malâ'ika _ al-amlâk ; les Anges
al-Malakût : la Royauté _ la Souveraineté _ le Règne céleste et angélique ;
« C'est lui qui tient dans Sa Main la Souveraineté {Malakût} de toute chose... » (Coran XXXVI. 83).
Voir aussi hahût.
al- malâma : le blâme
al- malâmati : l'homme du blâme
malikî : de l'école malékite; familier : respectueux de l'observance.
al- Malik : le Roi ; nom divin
al- malikiyah : la royauté. I'aspect divin correspondant au nom al- Malik
ma 'lûl : effet
ma'lûm, pI. ma'lûmât : su, scible _ ma'lumât : choses qui peuvent être connues
al- ma'na, -pI. ma 'âni : - la signification spirituelle, l'apperçu spirituel _ essence, sens profond
- ma 'âni : spiritualité _ vérité, vérité intelligible
- 'âlam al-ma 'âni : le Monde des Archétypes
manâqib : traits illustres, titres de gloire
ma 'nawî : intelligible
manât : rel
mançûra : assistée de Dieu (firqa)
mandûb : recommendable
al-Mâni' : nom divin _ Celui qui empêche
mann : bienveillance
al- mantiq : la logique.
manzil, pI. manâzil : étape, demeure (spirituelle)
maqâm : station, degré, étape (atteintdurant le cheminement)
considéré du point de vue de l'effort personnel (contrairement à hal:don de Dieu)
- maqâm al-murâd : la voie passive
maqhûr : dominé
maqsûd : vIsé _ but
ma'qûl : intelligible, compréhensible, ce qui est I'objet de l'intellect ('aql),connu
al- ma'rifa, pI. ma 'arif : la gnose, la connaissance (ésotérique)
al-ma'rifa (la connaissance), al-mahabba (l'amour) et al-makhâfa (la crainte) constituent le ternaire soufique des
motifs ou qualités conduisant vers Dieu.
mashhad : lieu de témoignage, état contemplatif ; voir aussi : mushâhada
al- Mashî'a : la Volonté divine créatrice, le libre Vouloir de Dieu
mastûr : caché _ de diffusion suspecte (tradition)
mathal, pI. amthâl : représentation _ analogue, semblable
-al-mathal al-a'la : l'Archétype Suprême
al- matla' : lieu d'ascension, lieu où se lève le soleil
mawâjîd : découvertes intérieures
mawâqit : les lieux d'entrée dans la zone sainte autour de La Mecque, où se rassemblent les pèlerins
al-mawçûf : le qualifié, le sujet d'une qualité {cîfa}.
mawjûd, pl. en ât : existant, être _ celui qui existe, ce qui existe ; voir aussi : wujûd,
al- mawqif al-a 'zham : la Station Suprême
mazhar, pl. mazâhir : lieu de manifestation
mektûb : "c'était écrit !"
mi'raj : ascension de Muh'ammad.
mih'rab : niche indiquant, dans une mosquee, la direction de la Mecque
milla : communauté (religieuse), religion
al- mîm : la lettre mîm
minbar : chaire _ chaire du prédicateur
minna : grâce
al- Mi'râj : ascension du prophète
mishkât : niche, tabernacle. cf. la sourate de la Lumière.
mithâl : image
al- Mithâq : pacte; spécifiquement : covenant accordé par Dieu.
le Pacte primordial _ le Pacte intemporel
mithl : semblable
al- mizân : la Balance divine
-balance (« la science est la balance de la foi »)
moqaddem : administrateur gérant les biens d'une communaute ou gérant une zawiya.
Mu'allaqât : litt. les "suspendues" : les sept célèbres poèmes arabes référant à l'époque pré-islamique
mu'âmala : conduite _ pratique des devoirs communautaires
- mu'âmalât : relations sociales, devoirs communautaires, éthique
mu'attil : celui qui nie les attributs divins; agnostique
al- mu'âyana : la vision essentielle, la vision directe, la connaissance immédiate
(syn. de 'iyân)
mubâh : indifférent
mubtadi' : le commençant _ innovateur blâmable, hérétique
muçawwar : formé
al- Muçawwir : Le Formeur, celui qui donne la forme, Celui qui modèle : nom divin
al- Muçtafâ : l'Elu (le Prophète)
mudabbir : dirigeant
mudhahhabât : les "dorées" (v. les . Mu'allaqât).
al- mudhâkara, pl en ât : conversation spirituelle, l'action de se rappeler mutuellement les vérités divines
mudrak, pI. en ât : connu
mudrik : connaissant
mufâwada : négociation
mufrad : unique
al- muhâdhara : la mise en présence _ la présence du cœur
muhafiz' : conservateur
muhâjir : exilé
al-muhaqqiq : pl : al-muhaqqiqûn
celui qui a réalisé la Vérité {al- Haqq} ; = le connaisseur véritable
al- Muhaymin : le Vigilant (Dieu)
al- muhâsaba : l'examen de conscience
muhçana : femme de condition libre et pubère
muhdath : produit, nouveau, contingent
muhdath : produit, contingent, être temporel
- al- muhdathât : les choses contingentes
muhkam : en harmonie parfaite, parfaitement cohérent
muhmil :laxiste
al- muhsinîn : ceux qui pratiquent la vertu spirituelle (al-ihsan)
al- Mûhy : le Vivificateur, Celui qui donne la vie ; nom divin,
al- mujâhada :le combat intérieur _ effort
- mujâhadât : combats spirituels, mortifications
mujahid : combattant de guerre sainte
mu'jizât : miracles
mujtahid : theologien-juriste ayant pouvoir d'effectuer un effort normatif, interprète autorisé (de la Loi)
mujtami' : rassemblé
mukawin : créateur, formateur, auteur, faiseur
al- mukallamûn : ceux a qui Dieu a parle,
al- mukâshafa : la mise à découvert _ dévoilement, révélation
al mukâshafûun : ceux à qui se révèlent les mystères divins, qui ont des dévoilements
mukawwan : engendré mukhliçîna lahu –d-din :
"ceux qui pratiquent la religion d'un coeur pur", expression coranique
mukhtaçar : abrégé (de la Loi musulmane).
mukhtâr : choisi, élu _ libre de choisir (Dieu)??
al- Mulk : le Royaume (Monde), monde sensible
mulk : royauté, monarchie temporelle
mu'min, pI. en ûn : croyant
al- Mumît : celui qui donne la mort ; nom divin.
mumkin, pI. en ât : possible, être possible _ les possibilités
munâçaha : conduite désintéressée
munâfiq, pI. en ûn : hypocrite
munâjât : oraisons
munâzalât : « habitations » spirituelles
al-Mun'im : le Bienfaisant ; nom divin
munkar : réprouvable.
al- Muntaqim : le Vengeur ; nom divin
muqâbala : rencontre (samâ')
muqaddas : saint, sacré
muqaddir : prédestinant, déterminant
al- muqarrab : le rapproché
al- muqarrabûn : dans la proximité de Dieu (saints ou anges)
muqayyada : obligations à heures déterminées
al- mûqinûn : ceux qui ont atteint la certitude
al- murâd : le but _ objet désiré _ celui qui est désiré
al- murîd : l'aspirant
al- murâqaba : la vigilance _ contrôler, fixer son attention
muraqqa'a : robe rapiécée portée par les derviches
al- murîd : l'aspirant, celui qui désire, novice, disciple _ Voulant (Dieu)
murshid : maître, celui qui oriente,
murtadâ : agréé
mursal, pI. en ûn : envoyé (divin)
al- musâmara : la rencontre intime
musammâ, pI. en ayât : signifie nomme, réalité signifiée
al mushâhada : la contemplation, vision intérieure
al- mushârata, la mise en condition
mushrik, pI. en ûn : associationniste
muslim, pI. en ûn : soumis à Dieu, musulman
mustafîd : de commune renommée (tradition)
mustahsan : embelli, d'où licite.
muta'abbid : pratiquant fervent, pieux, dévot
al-Muta'âlî : Celui qui s'élève Lui-même (au-dessus de I'éphémère) ; nom divin.
mutakallimûn : théologiens
mutamakkin : qui a la possibilité de
mu'taqad : articles de foi, croyance, conviction
mutashâbih : "ambigu" (verset) = anthropomorphiste
- mutashâbihât : expressions anthropomorphistes
mutawahham : trompé par les fantasmes
al-mutawwasit : celui qui est au milieu de la Voie
mutawâtir : confirme (tradition)
mutlaq : absolu, inconditionné
al- muttaqûn : les pieux
muwahhid : unitaire, qui professe l'unicité de Dieu
muwaqqata : obligations à heuresdéterminées
nabî, pI. en ûn et pI. anbiyâ' : prophète
naçç : texte explicite, désignation explicite
an- naçr : le secours
an- Nacir : nom divin :
nadhar : vision
nadhir : avertisseur (de Dleu).
an- nadhra : la pénétration
an- nafas : souffle _ soupir
- nafas ar-Rahmân : I'"Expir du Clément", appelé aussi an- nafas ar-rahmânî : I'"Expir miséricordieux"
naffasa : souffler, expirer,dilater, consoler
nafha, pl. nafahate : don, gratification, présent _faveur _ souffle _ arôme, odeur agréable.
nafaha : souffler ; exhaler ; expirer ; insuffler.
nafila : an- nafs : pI. nufûs
l'âme _ "moi" _ l'égo _ la psyché. En opposition à rûh et 'aql, a un aspect négatif: elle est constituée par
l'ensemble des tendances individuelles et égocentriques.
- an –nafs al hayawâniya : l'âme animale : obéit aux impulsions naturelles.
- an-nafs al-ammâra : l'âme qui commande : l'âme passionnelle et égoïste.
- an-nafs al-lawwâma : l'âme qui blâme : consciente de ses imperfections.
- an-nafs al-mutma'inna : apaisée : réintégrée ds l'esprit _ repose ds la certitude
- an-nafs al-kulliyya : l'âme universelle ; englobe toutes les âmes individuelles
- an-nafs an-nâtiqa : l'âme logique, raisonnante
- an-nafs al-ilâhiya : la Personne divine
nafy : négation, nier
an-nafy wa al-ithbât : la négation et l'affirmation
Nahd'a : Renaissance littéraire arabe du 19e siècle.
nahy : défense, interdiction
nâ'ib : représentant, substitut
an- najât : délivrance, salut
an- naqç al-khalqî : I'imperfection créaturielle
naql : tradition.
nakira : indéterminé
an- Nâr : le Feu, l'Enfer
nasab, pI. ansâb : origine
nasîha : bon consei1. consei1 désintéressé
nasl : génération
an- nâsût : la Nature humaine
naw' : espèce
nazhar : regard (vers Dieu) _ spéculation
- nazhar al-baqâ' : regard de la permanence
- nazhar al-fanâ' : regard de l'extinction
nazhîr : pendant
nifâq : hypocrisie
nihâyât : les suprêmes demeures
an- ni'ma, [Link]'am : le bienfait _ la grâce, la béatitude
nisba, pI. nisab : relation, descendance, rapport
nisab kulliya : relations universelles, catégories universelles
nisabî : relationnel
nishân : indices
niyya : intention
ney : flûte de roseau
al- nubuwwa : prophétie (nature et fonction), prophétologie
nuçra (tun) : aide, secours, appui
al- nujabâ' : les diligents
al- nûn : la lettre nûn
al- nuqabâ' : les chefs de file
nuqçân : déficience
an- Nûr : la Lumière ; nom divin.
nûr, pI. anwâr : lumière _lumière (divine ou spirituelle)
- dhû al-nûrayn : "I'homme aux deux lumières" = 'Uthmân
nûrâni : lumineux
nûrâniya, [Link]âniyat : lumière intérieure _ luminosité
nusk : ascèse
nu'ût : qualificatifs, appellatifs divins
pîr : maître spirituel
al- qabdh : la contrition, le resserrement, l'étreinte ≠ al bast
qâbid : qui retient
qabîh : mauvais, laid (moralement)
al-qâbil, pl. al-qawâbil : le réceptable, la substance passive et réceptive.
qâbiliyya : potentialité
qabûl : acceptation
qaçd : dessein
qaçîda : ode
qadâ : le temps consacré à l'obligation accomplie après le moment canonique
qadâ' : décision
al- Qadâ' : le Décret universel (de Dieu), la Décision
qadam : pied
al- qadar : destin, predestination _ le Décret tout-puissant (de Dieu) _ le Décret particulier
qaddara : prédestiner, assigner, déterminer
qadîm - éternel ; terme oppose à hadîth : 'éphémère
- I' ancien (des Jours)
- al- Qadîm : l' Eternel (Dieu) _
al- Qâdir et qadîr : le puissant; nom divin. Voir aussi : al-qadr
al-qadr : la puissance, la prédestination.
al- Qahhâr : le Victorieux, le Dompteur , le Dominateur ; nom divin
al- qahr : la Domination, la Contrainte ; correspond au nom divin al-qahhâr
qâ 'id : qui s'abstient (d'intervenir)
qâ'im : subsistant
al-qâ'îmu bi-dhâtihi : Celui qui subsiste par Lui-même, litt. : par sa propre Essence
al- qalam : le Calame, la Plume divine
- qalam al-taqdir : la Plume de la Prédestination
- al-qalam al-a'lâ : le Calame suprême; s'oppose à la Table Gardée {al- lûh al-mahfûz}
qalaq : anxiété
S
sa 'ada : félicité, béatitude
sabab, pI. asbâb : cause (seconde)
sâbiq : préexistant, prééternel
as- sabiqûn : "les devançants"
sabaqa : préexister
sabîl : - chemin, route, voie _ fi sabîli llah : pour la cause de Dieu
- mausolée d'un saint en Egypte.
sadâd : justesse de vue -sage décision
safâ' : pureté
as- Safîn : l'Arche (de Noé)
safwa : élite, élection
saghîra, pI. saghâir : petite faute
sahw : lucidité, sobriété, dégrisement
as- Sa'îr : le Brasier infernal
sa'ih : itinérant ?
as-Sakina : la Paix divine qui demeure dans un sanctuaire ou dans le coeur. Cf. le verset coranique : "C'est Lui
qui fait descendre la Sakina dans le coeur des croyants, afin qu'ils acquièrent une nouvelle foi par dessus leur
foi... " (XLVIII, 4).
as- Salâf : les pieux Anciens
salafî : réformiste.
Salafîya : mouvement réformiste né en Egypte au 19e siècle (litt. retour à la voie des ancêtres)
salâm : paix _ salutation de paix, salut
as- Salâm : nom divin
salâma : sécurité _ salut (par la pureté d'esprit)
as-salb : le dépouillement.
sâlik : méthodique _ pèlerin
as- sam': l'ouïe
sam' : tradition (oppose a 'aql: raison)
samâ' : audition _ audition spirituelle _ l'audition (de la Parole divine)
samad : impénétrable
as- Samî': Celui qui écoute tout
as- sarâ'ir : les secrets profonds
sarîr : le lit de repos
sarîra : secret, mystère, arcane _ intention, pensée intime, fond du coeur, arrière pensée
as- Sattâr : Celui qui voile, qui protège (Dieu)
sawm : jeûne
sayyi' : mauvais (oeuvre)
sayyid, pI. sâda et sâdât , seigneur, chef
sidq (çidq) : sincérité, vérité, véridicité
sidrat al-muntahâ : le Lotus de la Limite, de la proximité
symbole coranique du Paradis suprême
sifât : attributs
sijin : litt. prison _ eschatologie : lieu transcendant où se tiennent les méchants dans I'attente du Jugement dernier
silsila : chaîne initiatique _ chaîne des maîtres successifs d'une voie soufie à partir du Prophète.
al- sin : la lettre sin
sirâj : luminaire, flambeau ( = le Prophète)
as- sirr : le secret intime_ tréfonds de l'âme, intime de l'être, attitude intime, for intérieur
l'influx spirituel - sirr akhfa : secret très mystérieux
- sirr khâfi : secret mystérieux
- pI. asrâr : secret, mystère
as- sitr : recouvrement
soufi : voir çufi
subuhât : gloires fulgurantes (de la Colère de Dieu)
sultan : détenteur du pouvoir
as- sukr : l'ivresse
as- suluk : le voyage, le cheminement, la pratique
sunna, pl. sunan : coutume, précepte traditionnel
- as- Sunna : la Tradition du Prophète : Ensemble des paroles et actions du prophète et de la tradition (hadith) qui
les rapporte.
- l'une des quatre sources de la Loi musulmane
- Sunna çahîha : la Tradition authentique
as-sunna : la coutume sacrée, c'est-à-dire I'ensemble des prescriptions qui ne résultent pas directement du Coran
mais qui sont établies par I'exemple du Prophète
sunni : authentique, orthodoxe.
sûra : représentation, forme
surûr : liesse
suwayd al-qalb : le point noir du cœur
SH
shâ'a : vouloir (Dieu)
shabah, pI. ashbâh : corps (où descend l'esprit)
shafâ 'a : intercession
al. Shafâ 'a : l'Intercession dernière du Prophète
shafî' : intercesseur
shahâda : témoigner, attester, en particulier qu'"il n'y a pas de divinité, si ce n'est La Divinité" ; profession de foi
musulmane
ash- shahâda : le Visible, le Monde visible _ I'état « objectif », corporel
ash- shâhid : le témoin
shahîd, pI. shuhadâ' : - martyr mort à la guerre sainte
- celui qui atteste la shahâda
ash- shajara : I' Arbre cosmique
shakk : doute
shakl : figure, aspect
shaqâ' : malheur (éternel). réprobation,
shar' : Loi
ash- sharî'a, pI. shara'i' : la loi religieuse _ la Loi musulmane _ la Loi sacrée révélée _ le rite
ash- sharab : le boire
shath : locution théopathique, propos extatique
shart, pI. shurût : stipulation
shawq : désir ardent _ nostalgie _ ardeur, élan, ferveur
shay', pI. ashya' : chose (créée et préexistant dans la Science divine)
shaykh : maître savant et respecte – maître spirituel
shaykh al-islâim : la plus haute autorité consultante religieuse près du pouvoir.
shaytân : démon, diable
shaytâinîya : démesure, orgueil impie
shu 'ab al-îmân : « les branches de la foi »
shirk: le fait d'associer a Dieu d'autres « divinités » (associationnisme ou polythéisme)
shorfa : descendants du Prophète
shubha, pl. shubuhâte : soupçon, doute, présomption, suspicion
shuhûd : contemplation _ présence _ la conscience, la qualité de témoin
shuhûdan : sensiblement, objectivement, d 'une manière évidente
ash- shukr : la reconnaissance, la gratitude _ action de grâce
shûrâ : forme consultative, conseil d'élection _ conseil, consultation
ash- shurb : la boisson
shurûq : apparition
T
at- tâ' : la lettre tâ'
tâ'a : obéissance; acte d'obéissance
ta'ala : Allah ta"ala : Dieu le très Haut
ta 'addud : multiplicité
ta'ayyun, pl. en ât : détermination, individuation
tabattul : se consacrer à Dieu
tabî 'a : at- Tabî'a : nature spécifique
la Nature _ Tabî'at al-kull : la Nature universelle
taçarruf : libre action, action
at- taçawwuf : vie spirituelle, soufisme, mysticisme
désigne l'ensemble des voies contemplatives qui se fondent sur les formes sacrées de l'Islam. Par transposition,
un Arabe parlera du "taçawwuf chrétien" ou du "taçawwuf judaique" pour indiquer l'ésotérisme des respectives
traditions.
taçdîq : croyance, adhésion de foi _ affirmation de la croyance
taçrif : libre action _ permutation
tachahhud : marche vers la présence (divine dans la prière)
tadarru' : humilité.
Tadhakkur: méditation
ta'dhîm : révérence, glorification, exaltation _ proclamation de la grandeur divine
tafâdul : hiërarchie
at- tafakkur : la méditation, la réflexion (fikr : pensée)
tafçil : distinction, détail
at- tafrîd : l'esseulement _ proclamation de la Singularité de Dieu
- tafrîd at- tawhid : caractère imparticipé de l'Unicité divine
tafriqa : séparation
tafsîr : exégèse, explication, commentaire, glose du Coran.
tafwîd : se remettre à Dieu
taghayyur, pI. en ât : variation, changement, modification
tahdhîb : amendement
tahaqqaqa : réaliser
tahaqquq : réalisation
tahqîq : réalisation _ réalisation spirituelle
- tahqîq dhâtî : réalisation essentielle, identification avec I'essence
tahâra : pureté.
tah'iya : salutation (à Dieu lors de la priere).
tâ'ifa : confrérie populaire
- à distinguer de tariqa : chacune des grande voies du soufisme
at- tajallî, pl. tajalliyât
- manifestation du divin, théophanie, révélation, dévoilement, illumination, irradiation. (Lorsque le soleil se
dévoile, sa lumière irradie sur terre.)
tajdid. : rénovation.
Tajdid al-khalq bil-anfâs : "Le Renouvellement de la création par les Souffles" ou : " ...à chaque souffle".
at- tajrîd : le dépouillement (des biens de ce monde) _ le dépassement _ l'isolement
- tajrîd at- tafrîd : dépouillement, dépassement de la Singularité de Dieu
takammul et takâmul : parachèvement
takaththara : se pluraliser
takawwun : génération
takhalluq : conformité, identification,
takhyîl : phantasme
taklîf : capacité et responsabilité religieuses
takya : monastère
talbîs : acte d'orner
at- talwîn : le changement, modifications.
tama' : désir
tamâm : intégralité, complétude
at- tamkîn : l'affermissement
tanaqqul : transmission, passage
tanazzul, pl. tanazzulât : litt. « descente »
tanbîh : instruction, avertissement
tanzîh : doctrine de la transcendance divine, affirmation d 'incomparabilité,
éloignement, exaltation, affirmation de la transcendance divine;
≠ tashbih : comparaison, similitude, affirmation du symbolisme
al- Tanzîl : la Descente" du Coran ou du Prophète éternel, la Révélation coranique
taqarrub : proximité (mystique) à Dieu.
taqiyya : piété _ peur, crainte, alarme, appréhension
taqlîd : recherche de la pensée et des actes des ancêtres, puis respect conformiste de la tradition
taqwâ : crainte révérencielle de Dieu _ piété, dévotion _ peur, crainte
taqdîr : détermination _ prédestination
taqdîs : proclamation de la Sainteté divine
taqiya : dissimulation prudente_ peur, crainte, alarme, appréhension
taqlîb : transformation
taqlîd : soumission irraisonnée au conformisme
taqsîm : répartition (des destinées)
at- taqwa : la piété, râjim (cf. barâjim) : langages secrets paroles mystérieuses
taraqqî : ascension
at- tarîqa, pl. turuq : la voie spirituelle _ la méthode spirituelle _ la confrérie. Cf. I'adage soufique : "les
chemins (turuq) vers Dieu sont aussi nombreux que les âmes des hommes"
at- tasdîd : la fermeté du dessein
tasdîq : l'adhésion de foi, affirmation de la croyance
at- taslîm : la soumission
tashbîh : l'acte anthropomorphiste, anthropomorphisme _ comparaison, analogie, doctrine de I'analogie (entre
Dieu et les créatures) ; voir aussi tanzîh
ta 'til : négation radicale des Attributs divins, (fait de) dépouiller (Dieu de Ses Attributs)
tawâdhu' : modestie, humilité
tawahhama : concevoir, imaginer
a- tawâjud : la recherche de l'extase
tawajjuh : orientation, action de se tourner vers Dieu.
at- tawakkul : l'abandon à Dieu _ remise confiante, abandon confiant en Dieu.
at- tawâli' : les clartés
tawarru' : pieux scrupule
tawassul : jonction divine
at- tawba : le repentir, le retour, la repentance, pardon (de Dieu)
- tawbat an-naçûh : le repentir sincère.
tawfîq : concours divin, approbation divine, assistance divine
- at- tawfîq : "I'heureux accord" (entre la Volonté de Dieu et la volonté de I'homme),
at- tawhîd : l'affirmation de l'Unité divin
- Communément, at- tawhîd signifie la prononciation du credo musulman, la reconnaissance de l'Unité divine.
- En Soufisme, at-tawhîd résume tous les degrés de la connaissance de l'Unité.
ta'wîl : exégèse, interpretation a1legorique des textes sacrés.
tawqîf : désignation
al-Tawrât : la Thora
tayammum : ablution sèche _ lustration pulvérale
at- ta'yîd : l'assistance
ta 'yîn : détermination
tazammum : formalisme.
tazkiya : pureté
thawâb : récompense
tchella : retraite ascétique
tibyân : «expression claire » (Coran)
at-tûl : la hauteur _ au figuré : la dimension spirituellle de I'exaltation.
at- tuma'nîna, tuma'un : la sérénité, la quiétude (de l'âme)
turjumân : interprète _ intermédiaire
TH
thâbit : bien établi, immuable -confirme, bien fonde
thanâ' : louange, éloge.
thawâb : récompense, gratification.
thîqa : confiance
U
al- 'ubbad : les dévots
al- 'ubûdiyya : l'obédience, la servitude, condition du serviteur
uçûl, pl de açl : principes, fondements
- uçûl ad-din : principes fondamentaux de la religion.
- uçûl al-fiqh : principes fondamentaux du droit
- uçûl qawâ'id al-'îman : les fondements des éléments de la foi
- uçûl as-sunna : les fondements de la Tradition
al- 'udum (al- 'adam) : la non-existence, l'absence, le Non-Etre, le néant.
al-ukhra : l'au-delà, la vie future, l'ensemble des états posthumes
ufûl : disparition
al- ûlâ : la Vie première
al- ulûhiyya : la divinité... non pas dans le sens d'une Qualité divine particulière mais comme Nature divine
totale
'ulum: pl. de 'ilm
- 'ulum 'aqliya : sciences fondees sur la raison.
- 'ulum al-din : sciences religieuses.
- 'ulum al-fiqh : sciences du droit
- 'ulum al-raml : sciences divinatoires
umm al- kitâb : la Mère du Livre, c'est-à-dire le prototype éternel du Livre révélé ; expression coranique.
umma, pI. umam : communauté
- al- Umma : la Communauté (musulmane), I'ensemble des fidèles
ummî : illettré, du peuple, maternel
'umra : visite d'un leu saint
al- 'Unçur al- a'dham : l'Elément suprême
al-Unmûdhai al-farîd ou Anmûdaj : le Prototype unique: s'applique a la fois à ar-Rûh et à I'Homme universel
al-'uns : relations familières, intimité
al-'urd : I'ampleur ; au figuré : l'ampleur cosmique.
W
al- waçilûn : ceux qui ont atteint le but (Soufis)
wa'd : promesse
Y
al- yâ' : la lettre yâ'
yaqdha : éveil
al- yaqîn : la certitude
- 'ilm al-yaqîn : la science de la certitude
- 'ayn al-yaqîn : la vision de la certitude
- haqq al-yaqîn : la réalité de la certitude
yawm: jour
- yawm ad-dîn : le jour du jugement
- yawm al-façl wa-l-qadâ : le Jour de la Décision et du Décret divins
- yawm al-ma' âd : le Jour du Retour a Dieu,
- yawm al-nushûr : le Jour de la Résurrection
yumn : influence bénéfique
Z
az- Zabûr : les Psaumes
zâhid, pl. zuhhâd : ascète / az- zuhâd : les ascètes
zakât : aumône légale _ impot annuel, l'une des cinq grandes obligations canoniques.
zakawât : bénédictions sanctifiantes
az-zamân : le temps
az-zayn : 1'ornement, la beauté (physique)
zindîq, pl. zanâdiqa. : hérétique, anarchiste
zinâ' : adultère
ziyâda : accroissement
az- zuhd : le détachement _ le renoncement _ l'ascèse, en tant que privation de satisfactions sensuelles
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