Biophysique Rayonnement Radiologie
Biophysique Rayonnement Radiologie
1- INTRODUCTION
Intérêt : Informations sur la nature et la forme des tissus qui constituent un organisme.
Il s'agit donc d'une technique d'imagerie essentiellement morphologique.
2- PRODUCTION DE RAYONS X
En imagerie médicale, on produit des rayons X en bombardant une cible métallique par des
électrons accélérés, à l’aide d’un dispositif appelé « tube de Coolidge » :
C
U
e-
N = [Link]
X i en
mA
- V +
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M. Goulard LIPCOM Faculté de Médecine Montpellier-Nîmes
MB3: Biophysique Rayonnement Imagerie Année universitaire 2006-2007
Un premier circuit dit « de chauffage » permet de mettre à température très élevée un filament
qui chauffe une plaque de métal appelée cathode C. A haute température, les électrons des
atomes de cette cathode sont ionisés puis pris en charge par un champ électrique intense
(plusieurs dizaines de kV) crée par une différence de potentiel V entre la cathode et une cible
souvent en tungstène appelée anode A. Les électrons sont ainsi accélérés et pénètrent l’anode
avec une énergie cinétique Ec pouvant atteindre plusieurs dizaines de keV. Au voisinage des
noyaux des atomes de l’anode, ils sont déviés et freinés. Ce freinage s’accompagne d’une
perte d’énergie cinétique par rayonnement de freinage (brehmstrählung). Cette perte d’énergie
est essentiellement dispersée en chaleur, ce qui nécessite de refroidir l’anode en la faisant
tourner sur elle-même. Une faible quantité de cette énergie est convertie en photons X qui sont
focalisés à l’aide d’une fenêtre aménagée à cet effet dans le tube de Coolidge.
Etudions maintenant la nature des photons X émis, donc leur spectre en énergie.
Chaque électron à une charge e = -1,6 10-19 Cb. Sous l’action du champ électrique V, cet
électron acquiert une énergie cinétique Ec = e.V.
Au moment du freinage de cet électron dans l’anode, tout ou partie de cette énergie cinétique
peut-être utilisée pour créer un ou plusieurs photons X.
Un photon X donné aura donc une énergie Eϕ inférieure à Emax = [Link]= h.c/λmin = e.V.
Entre 0 et Emax, toute les valeurs d’énergie sont possibles pour les photons X et on obtient
donc un spectre continu. On peut deviner l’allure de ce spectre à l’aide du petit raisonnement
qualitatif simple suivant : Imaginez que la cible A est si fine q’une seule interaction de
freinage ait lieu pour chaque électron incident, conduisant à l’émission d’un seul photon X. Si
les électrons se présentent avec une énergie cinétique incidente E1, et si la probabilité
d’affecter au photon X crée un certain pourcentage de cette énergie varie comme l’inverse de
l’énergie du photon X (i.e les freinages les moins intenses sont les plus probables), alors le
spectre représentant l’énergie totale Eϕ véhiculée dans le faisceau de rayons X par les photons
d’énergie (individuelle) εϕ sera constant entre 0 et E1 :
ϕ Eϕ
Emax = E1
Ec = E2
εϕ
E1
Rajoutons maintenant une deuxième épaisseur de cible, le même raisonnement conduit à :
ϕ ϕ Eϕ
Ec =
Ec = E2 Ec = E3
εϕ
E2 E1
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On devrait donc obtenir, en théorie, un spectre ayant l’allure d’une droite décroissante.
L’énergie totale ET contenue dans ce spectre est donc l’intégrale d’une fonction linéaire en εϕ
entre 0 et Emax. Elle est donc proportionnelle à Emax2, donc puisque Emax = e.V à V2.
La quantité i.t s’exprime en mA.s et est directement réglable sur un appareil de radiographie.
Elle conditionne le nombre total et global de photons X émis, contrairement à V, réglable lui-
aussi, qui contrôle la qualité de ces rayons (photons plus ou moins énergétiques).
ET = k. N . Z . V²
En pratique, comme nous allons le rappeler au paragraphe suivant, les photons émis avec une
très faible énergie sont presque tous auto-absorbés par effet photo-électrique dans la masse de
la cible et n’apparaissent donc pas dans le spectre de rayons X émergeant du tube de Coolidge.
De plus, ces rayonnements à faible énergie seront très irradiants pour le patient. On équipe
donc les tubes de filtres destinés à arrêter (toujours par effet-photo électrique), les
rayonnements de basse énergie qui auraient subsistés.
Enfin, si V est suffisante, l’anode ou ces filtres peuvent, sous l’effet des rayons X émis, subir
eux-même un phénomène d’ionisation avec émission secondaire de raies dont la position en
énergie est caractéristique du matériau qui compose ces structures. Il se superpose donc au
spectre continu un spectre de raies.
Le spectre issu d’un tube X a donc finalement l’allure suivante, avec les relations qui
synthétisent l’essentiel de ce qu’il faut retenir :
Eϕ
ET = k. N . Z . V²
εϕ
Emax=e.V
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Si on place non plus l’énergie mais la longueur d’onde des photons en abscisse, on obtient le
spectre suivant :
Eϕ
ET = k. N . Z . V²
λϕ
λmin= (hc)/(e.V)
Le médecin a donc deux façons d’agir sur la nature et la quantité des rayons X qu’il utilisera
pour créer une image radiographique :
A - LA LOI D’ATTENUATION
Une différence de noircissement entre deux régions d'une radiographie traduit une différence
d'absorption par effet photo-électrique des photons X dans chacune de ces deux régions.
dN / N = - µ dx
Le nombre de photons N(x) non absorbés après la traversée d'une distance x sera donc :
N(x) = N e -µ.x
CDA = ln(2) / µ .
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B - L’ATTENUATIOJN PHOTO-ELECTRIQUE
µ = K . ρ . Zm / En ≈ K . ρ . Z3 / E3
En fonction de l'énergie des photons incidents et du milieu traversé, m est compris entre 3 et 4
et n entre 3 et 3,5. Dans la suite de ce cours, on supposera que m = n = 3.
Un tissu absorbera donc d'autant plus les rayons X par effet photo-électrique que sa densité et
son numéro atomique sont élevés.
Un faisceau de rayons X sera d'autant plus atténué par effet photo-électrique que l'énergie
moyenne des photons X qui le composent est faible.
A- LE CONTRASTE
Soient I1 et I2 le nombre de photons X reçus pendant le temps de pose en deux points distincts
P1 et P2 du film de radiographie. Supposons que les photons X qui atteignent P1 n'aient
traversé qu'un seul tissu de coefficient linéique d'atténuation photo-électrique µ. Supposons
par ailleurs que les photons X qui atteignent P2 aient au contraire traversé deux tissus distincts
de coefficients linéiques d'atténuation photo-électrique µ et µ' :
d
µ µ
Io I 1= Io e - d
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C = | I1 - I2 | / ( I1 + I2 )
En se limitant au premier ordre des développements limités des exponentielles (ey ≈ 1+y) :
C = | µ' - µ | . x / 2
C = | I1 - I2 | / ( [Link] + I1 + I2 )
Un contraste n'existe donc entre deux tissus que si ces tissus présentent des masses
volumiques et / ou des numéros atomiques distincts. Lorsque cette condition nécessaire n'est
pas remplie, il est parfois possible de créer une différence de Z ou de ρ à l'aide de produits de
contraste. Ces derniers peuvent être :
a) En diminuant l'énergie des rayons X, mais cela augmente la dose absorbée par le
patient (exemple de la mammographie).
Le contraste tel qu'il est perçu par l’œil est sensiblement différent de celui étudié au
paragraphe précédent : Si les conditions que nous avons énoncées sont nécessaires à
l'existence d'un contraste, elles ne sont nullement suffisantes.
En effet, l’œil humain ne distingue pas une variation continue d'intensité lumineuse et
n'est pas capable d'estimer (même grossièrement) une intensité lumineuse de façon
quantitative.
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Une variation de contraste présente sur une image radiologique ne sera donc décelée qu'à
condition que cette variation corresponde à une discontinuité. Ce phénomène qui ne dépend
que de la physiologie de l’œil humain est connu sous le nom de "loi des tangentes".
Objet absorbant µ
Contraste réel
Contraste observé
B- LES FLOUS
Une radiographie est une projection conique sur laquelle les éléments anatomiques se
superposent et apparaissent déformés.
S Source des X
I I" I'
Film radiographique
Compte tenu du fait que sin(OSO") = II"/SI = OO"/SO, le grandissement G s'exprime suivant:
G = SI / SO
Le grandissement est donc globalement augmenté lorsque l'on éloigne le film de la source de
rayons X (SI augmente).
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On constate d'autre part que le grandissement n'est pas identique pour toutes les structures
constituant un organe : Plus ces structures proches du film radiographique, moins le
grandissement est important (SO augmente).
Les rayons X ne sont pas émis par une source strictement ponctuelle. Le flou crée par cette
surface F appelée focale se calcule facilement :
tg α = I I' / O I = S S' / O S ⇒ fg / O I = F / OS
par ailleurs : G = S I / S O = 1 + OI / SO soit OI / SO = G - 1
donc :
fg = F . (OI/OS) = (G -1). F
S S'
Focale
O
Point objet
α
I' I
Film
fg : flou géométrique
L'usure d'un tube de Coolidge provoque souvent une augmentation de F et donc une
augmentation du flou géométrique.
O
v.t
I
fc = G . v. t fc
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Compte tenu de l'usage encore assez général de ce support, nous nous intéressons plus
particulièrement aux films argentiques. L'action du révélateur sur des sels d'argent exposés à
la lumière provoque la réduction de ces derniers en argent métal qui se dépose. Le fixateur
utilisé ensuite est un solvant destiné à éliminer le gel et les sels d'argent non irradiés.
gel
AgBr
Plaque de cellulose
Les sels de bromure d'argent ont un certain diamètre appelé "taille du grain". Leur irradiation
suit une loi en tout ou rien qui aboutit à l'apparition d'un "flou de grains". L'utilisation de films
"à grains fins" limite ce flou, mais diminue la sensibilité du film radiographique (ce qui
augmente le temps de pose, donc l'irradiation et le flou cinétique).
Plus important, l'action des écrans renforçateurs crée un cône d'irradiation du film qui conduit
à une limitation de la résolution par l'intermédiaire d'un flou dit "flou d'écran".
Dans le cas d’une acquisition ou d’une sortie directement numérisée (sur imprimante ou
CCD), il existe, en fonction de la taille physique du détecteur élémentaire, un bruit de mesure
qui crée un flou très comparable au précédent.
Autre récepteur utilisé : Les amplificateurs de brillance.
Ce rayonnement diffusé avec (diffusé Compton) ou sans (diffusé Rayleigh) perte d'énergie
pose deux problèmes essentiels :
1- Une irradiation inutile (du personnel soignant en particulier). Celle-ci justifie le port
de tabliers plombés et, plus encore, l'éloignement de ce personnel de la source de rayons X.
2- Un flou qui diminue le contraste en radiographie.
Le flou f résultant des flous géométrique fg, cinétique fc, et d'écran fe, s'exprime suivant :
f = f g2 + f c2 + f e2
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On peut montrer que ce flou f est minimal quand fg = fc = fe. Cette relation conditionne les
choix du détecteur, du foyer et du temps de pose.
C- LA RESOLUTION SPATIALE
C'est la plus petite distance qui doit séparer deux objets ponctuels pour pouvoir encore
distinguer deux images radiographiques distinctes de ces objets.
L'image d'un point sur un film radiographique n'est jamais ponctuelle. Elle se présente sous la
forme d'une "tache" plus ou moins étalée et d'intensité décroissante du centre vers la
périphérie. La répartition des noircissements (densités optiques) suit ainsi une courbe appelée
courbe de dispersion ponctuelle.
5- APPLICATIONS MEDICALES
Clarté ou transparence : Il s'agit d'une image radiologique correspondant à des structures qui
atténuent moins les rayons X que le voisinage. Sur un film radiographique standard, cette
image sera plus sombre que les zones voisines.
Niche : Opacité due à la présence dans la paroi d'un organe creux rempli de produit de
contraste d'une cavité elle-même remplie de produit de contraste.
Lacune : Clarté due à la présence dans un organe creux rempli de produit de contraste d'une
zone non remplie.
Image construite : Image formée par la réunion d'images correspondant à des structures
anatomiques différentes.
Artefact : Image sans signification anatomique ni fonctionnelle, créée de toute pièce par
l'appareillage ou les techniques de traitement.
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B - LA RADIOLOGIE NUMERISEE
1- NOTION D'ECHANTILLONNAGE
Signal analogique
Signal numérisé
d
x0 x1 x2 x3 x4 x5 x6 x7 x8 x9
Dans le cas d'une image, l'échantillonnage est réalisé en superposant à l'image analogique une
grille d'échantillonnage composée de carrés élémentaires de côté d, les pixels. La distance d
est appelée période d'échantillonnage. Son inverse, fe = 1 / d est la fréquence
d'échantillonnage.
j
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La valeur F(i,j) du pixel (i,j) peut, par exemple, être égale à la valeur moyenne du signal
analogique sur la surface couverte par ce pixel. Le codage des valeurs de pixels F(i,j) sur un
ou deux octets permet de définir des niveaux de gris. L'affectation bijective de chaque niveau
de gris à une couleur donnée permet enfin de visualiser l'image sur un périphérique (écran
d'ordinateur ou imprimante par exemple). Cette affectation peut n'intéresser que certaines
plages de valeur de pixels. On parle alors de visualisation dans une certaine "fenêtre".
Il est bien évident qu'une valeur trop grande de la période d'échantillonnage d conduit à une
perte de résolution spatiale. Inversement, une valeur trop faible de d augmente inutilement le
nombre de pixels dans l'image. Ceci rend nécessaire d'importantes capacités de stockage et
augmente sensiblement les temps de calcul. Il est donc nécessaire de choisir une valeur
optimale de d.
Très intuitivement, cette valeur optimale doit permettre de distinguer, sur l'image
échantillonnée, deux points distants d'au moins la résolution de notre imageur. Pour ce faire, il
est nécessaire de "prélever" au moins trois échantillons, un pour chaque point et un entre les
deux points, de manière à les séparer.
Il semble donc pertinent de choisir pour d la moitié de la résolution (soit la moitié de la
largeur à mi-hauteur de la courbe de dispersion). Ce résultat peut se démontrer de façon tout à
fait rigoureuse, pour peu que quelques hypothèses de régularité soient admises à propos du
signal analogique. Il porte le nom de théorème de Shannon. En prenant quelques libertés vis à
vis de la rigueur mathématique, ce théorème peut s'énoncer de la façon suivante :
Un signal analogique acquis avec une résolution spatiale ou temporelle R peut être déterminé
en tout point à partir d'échantillons prélevés avec une période d'échantillonnage de R/2.
Exemple : Une image radiologique présente une résolution spatiale de 0,5 mm. Les
dimensions du film sont 36 x 43 cm. Sur combien de pixels est-il pertinent de digitaliser cette
image ?
Réponse : d = 0,5 / 2 = 0.25 mm. Il faut donc 1 / 0,25 = 4 pixels / mm
Pour une image de 360x430 mm2, il faut donc 1440 x 1720 pixels2
4- APPLICATIONS MEDICALES
La possibilité au prix d'une seule acquisition de visualiser différentes fenêtres de contraste est
un avantage important lié à la numérisation. Cependant, son principal apport est lié aux
possibilités offertes en matière de traitement d'image. Il est, par exemple, possible de réaliser
des images de soustraction avant et après injection de produit de contraste à destinée
uniquement vasculaire (angiographie numérisée). La numérisation donne par ailleurs accès à
tous les algorithmes de filtrage d'images, ce qui permet, entre autre, d'éliminer (du moins en
partie) le bruit d'acquisition. Certaines applications cliniques sont plus originales :
L'absorptiométrie bi-photonique, permet, par exemple, d'évaluer le contenu minéral osseux
d'un élément du squelette (en g/cm2). Le principe de cet examen repose sur la réalisation de
deux radiographies numérisées avec deux rayonnements X mono-énergétiques (autant que
possible) d'énergies différentes, obtenus en filtrant le spectre continu. La résolution d'un
système de deux équations linéaires permet alors de calculer la densité minérale osseuse
corrigée de l'absorption due aux tissus mous (TM). Cet examen réalisé sur le rachis lombaire,
le col fémoral ou l’avant-bras est précieux dans le suivi des patients ostéoporotiques.
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TM
OS 1
1
I0 I
I02 I
2
ligne de base
I10 µ1tm µ1
ln = (ρtm x tm) + os (ρosx os)
I1 ρtm ρos
I02 µ 2tm µ2
ln = (ρtm xtm) + os (ρos xos)
I2 ρtm ρos
Dans le schéma et le système déquation ci-dessus, l’inconnue qui est calculée est la densité
surfacique osseuse ρosxos qui s’exprime en en g/cm². L’évaluation de cette quantité dans une
région ne contenant pas de tissu osseux permet d’effectuer une correction dite de « ligne de
base ».
1- LA TOMOGRAPHIE ANALOGIQUE
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Source de rayons X
X X
Plan de coupe
A
B Plan flou
Cette technique, qui ne nécessite aucun traitement d'image (donc aucun ordinateur), est de
moins en moins utilisée à cause des flous importants qui dégradent ses résultats. De plus, des
images artefactuelles ne sont que passablement évitées par des trajectoires plus ou moins
complexes du couple source-détecteur (cercle, ellipse, hypocycloïde).
Elle a été rendue obsolète par le développement, depuis la fin des années 1960, des
tomographes numériques.
Nous avons vu qu'en radiologie analogique ("standard"), l'intensité qui impressionne le film
radiologique est fonction de la somme des coefficients linéiques d'atténuation photo-électrique
des tissus traversés par le rayonnement X.
Supposons que nous abandonnions la projection conique (qui conduit à des grandissements
variables) pour réaliser des projections parallèles. Considérons de plus l'épaisseur de la
structure traversée comme un empilement de couches d'épaisseur constante x et d'absorption
uniforme. L'image de projection (p) est alors directement liée à la somme des coefficients
linéiques d'atténuation traversés par le rayon X considéré. Avec les notations de la figure :
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Io µ1 µ2 µ3 p = µ1 + µ2 + µ3
Io
Dans cette équation, les valeurs de p peuvent être mesurées. Les coefficients d'atténuation sont
trois inconnues à déterminer. Il est donc nécessaire de disposer de deux autres équations
linéairement indépendantes de la première de manière à calculer les coefficients d'atténuation
en résolvant un système d'équations linéaires.
Dans le cas d'une coupe de quatre pixels par exemple, on obtient un système de quatre
équations à quatre inconnues. Chaque mesure de projection p1,p2,... se fait le long d'une raie
et fournit une équation linéaire :
µ1 µ2 p1 = µ1 + µ2
µ3 µ4
p2 = µ3 + µ4
p3= µ1 + µ3 p4 = µ2 + µ4
La reconstruction numérique d'une image tomographique n'est donc rien d'autre que la
résolution d'un (grand) système d'équations linéaires.
3- L'ACQUISITION
Elle nécessite de réaliser des acquisitions sous différents angles et pour différentes raies, de
manière à multiplier les équations. Les tomodensitomètres modernes utilisent un anneau de
détecteurs et une source divergente de rayons X ("en éventail") dont la rotation permet
d'acquérir plusieurs séries de raies :
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Anneau de récepteurs
Source divergente de rayons X
en rotation
Raie
S
p1
Patient
p2
Récepteur
p3
p4 (photodiodes ou xénon)
A- LA RETROPROJECTION OU EPANDAGE
Dans son modèle le plus simple, l'opérateur de rétroprojection consiste à accumuler dans
chaque pixel de la coupe à reconstruire les valeurs des projections qui le concernent divisées
par le nombre de pixels ayant contribués à chaque projection.
Par exemple, considérons la coupe à reconstruire x() définie par les pixels suivants :
10 25 10
25 40 25
10 25 10
↓ ↓ ↓
45 90 45
A partir de ces projections, l'opérateur de rétroprojection calculera l'image suivante :
Nous constatons que cette rétroprojection est une estimation imparfaite de la coupe véritable :
On retrouve bien un pixel central plus intense que ses voisins, mais ceux-ci n'ont pas
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exactement les valeurs attendues (par exemple, le rapport x(2,2)/x(1,2) attendu est 40/25= 8/5;
la rétroprojection donne x(2,2)/x(1,2)=4/3).
Des artefacts d'épandage ont conduit à une sur-estimation de la seconde ligne et de la seconde
colonne.
B- LE FILTRAGE
Un résultat mathématique (qui sort du cadre de ce cours mais qui est présenté rigoureusement
en certificat optionnel) démontre qu'en effet une simple rétroprojection ne suffit pas à
reconstruire correctement une coupe. Il convient de faire précéder l'opération de
rétroprojection par une opération de filtrage linéaire des projections. Ce filtrage peut être
réalisé en remplaçant chaque projection p1,p2,... par une moyenne pondérée des projections
intéressant les raies voisines. Les pondérations sont calculables de façon précise.
↓ ↓ ↓
45 90 45
Au titre du filtrage linéaire, remplaçons chaque projection par la moyenne pondérée par les
coefficients (-1/3 ; 1 ; -1/3) de ses voisins immédiats. Les projections filtrées sont alors les
suivantes:
↓ ↓ ↓
15 60 15
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Ces méthodes constituent une alternative à l'algorithme de rétroprojection filtrée. Elles tendent
à se développer en radiologie, alors que dans d'autres domaines comme la médecine nucléaire,
elles sont devenues l'algorithme de référence. Elles présentent entre autre avantage celui de
conduire à une bien meilleure estimation quantitative des valeurs des pixels des coupes. Le
principe de ces méthodes est relativement simple : Il consiste à corriger des estimations
successives de la coupe à reconstruire à l'aide de l'erreur commise sur les projections
mesurées.
↓ ↓ ↓
45 90 45
Prenons (au hasard) comme première estimation une coupe de pixels nuls :
La seconde estimation est obtenue en rétroprojetant l'erreur commise sur les projections :
15 15 15
30 30 30
15 15 15
↓ ↓ ↓
60 60 60
nouveaux écarts : 45 - 60 = - 3 x 5 et 90 - 60 = 3 x 10
10 25 10
25 40 25
10 25 10
Les projections estimées à partir de cette dernière itération sont identiques aux projections
effectivement mesurées. La reconstruction se termine donc là et la coupe est reconstruite.
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5- APPLICATIONS MEDICALES
L'absence de toute superposition sur les coupes explique l'essor exceptionnel qu'ont connu les
techniques d'imagerie tomographique. L'indication de tels examens intéresse désormais
l'ensemble de la médecine, d'autant que ces méthodes bénéficient naturellement des progrès
réalisés en radiologie standard (injection de produit de contraste par exemple).
La résolution des tomodensitomètres est satisfaisante (de l'ordre du mm) mais encore
inférieure à celle de la radiologie analogique.
La principale limitation à l'utilisation de telles techniques reste une dose de radiation absorbée
bien plus importante qu'en radiographie standard.
En pratique tomographique, les valeurs de pixels sont exprimées sous forme de nombres de
Hounsfield :
Il convient enfin de noter qu'une quantification précise des µ n'est pas accessible à partir de la
seule mesure des nombres de Hounsfield (durcissement du faisceau, faisceau
polychromatique, diffusé, voxel inhomogène ...).
Les scopies un peu prolongées peuvent devenir des examens très irradiants (plusieurs
centaines de mGrays). A titre d’exemple, la dose reçue aux ovaires est de 1 mGy pour une
scopie de 90 secondes.
Voici un schéma succinct qui vous donne quelques ordres de grandeur des doses efficaces
reçues par le patient pour les examens les plus courants de radiologie et de médecine
nucléaire :
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mSv
RADIOLOGIE ISOTOPES
50
30 Thallium et Gallium
Urographie 4 Os : HDP-Tc
Rx Crâne 0,2
Rx thorax 0,1
Ces considérations conduisent à quelques attitudes de "bon sens". Lorsque l'indication d'un
examen radiologique est posée, il convient ainsi de :
Dans tous les cas, la prescription d'un examen radiologique est un acte médical, au même titre
que celle de tel ou tel médicament : Cette prescription ne doit donc se faire que dans la
mesure ou le bénéfice escompté pour le patient est supérieur au risque encouru.
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2- INTRODUCTION
3- PRODUCTION DE RAYONS X
5- APPLICATIONS MEDICALES
B - LA RADIOLOGIE NUMERISEE
1- NOTION D'ECHANTILLONNAGE
2- LA GRILLE D'ECHANTILLONNAGE ET LES NIVEAUX DE GRIS
3- APPROCHE INTUITIVE DU THEOREME DE SHANNON
4- APPLICATIONS MEDICALES
C - LA TOMODENSITOMETRIE
1- LA TOMOGRAPHIE ANALOGIQUE
3- L'ACQUISITION
5- APPLICATIONS MEDICALES
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