INTEGRATION ET IMPACT D’INTEGRATION DES
ENERGIES RENOUVELABLES AUX RESEAUX
CHAPITRE I: LES ÉNERGIES
RENOUVELABLES DANS LES RÉSEAUX
ÉLECTRIQUES
Responsable du module: Anisse CHIALI
Mail:
[email protected]Séance de cours N°2 : Mardi 14/02/2023, de 08H00 à 09H30.
V.1. Les groupes de production (générateurs)
Les groupes de production sont bien situés pour satisfaire les besoins en énergie réactive, de plus,
leurs performances dynamiques leurs permettent de faire face aux fluctuations brusques de la demande
mais, ils ne peuvent compenser que partiellement les charges réactives, en raison des chutes de tension
créés par les transits d'énergie réactive sur les réseaux.
Applications:
V.2. Les condensateurs
Ils ont pour rôle de fournir une partie de l’énergie réactive consommée par les charges dans le
réseau. Une batterie de condensateurs est constituée généralement de plusieurs condensateurs
unitaires, monophasés ou triphasés, assemblés et interconnectés pour réaliser des ensemble de
puissances importantes appelés "batteries de condensateurs".
On distingue deux types :
Des batteries de condensateurs HT, raccordées aux jeux de barres HT des postes THT/HT et
destinées à compenser les pertes réactives sur les réseaux HT et THT.
Des batteries de condensateurs MT, raccordées aux jeux de barres MT des postes HT/MT ou
THT/MT.
Ces batteries servent à compenser l’appel global de l’énergie réactive des réseaux de distribution aux
réseaux de transport. Elles sont localisées et dimensionnées individuellement en fonction du réglage
de tension.
V.2. Les condensateurs
Le condensateur est le plus utilisé compte-tenu:
De sa non-consommation en énergie active.
De son coût d’achat.
De sa facilité de mise en œuvre.
De sa durée de vie (10 ans environ).
De son faible entretien (appareil statique).
Le coût des batteries de condensateurs dépend de plusieurs paramètres dont:
✔ La puissance installée.
✔ Le niveau de tension.
✔ Le fractionnement en gradins.
✔ Le mode de commande.
✔ Le niveau de qualité de la protection.,
V.3. Les inductances
Elles sont utilisées pour compenser l’énergie réactive fournie en heures creuses par les lignes à très haute
tension ou par les câbles. Elles sont soit directement raccordées au réseau, soit branchées sur les tertiaires
des transformateurs. Par conséquent, elles permettent une limitation des surtensions dans le réseau.
Exemple:
Les bobines de point neutre (à couplage zig-zag) permettent de réaliser la mise à la terre d’un neutre à travers
une forte impédance.
Les inductances triphasées de point neutre sont situées dans
les postes sources HTB/HTA et connectées au réseau MT,
les inductances triphasées de point neutre permettent :
La création d’un point neutre artificiel
L’introduction d’une impédance définie entre ce point
neutre et la terre, en vue d’une limitation du courant lors
de défauts phase-terre sur le réseau.
V.4. Les compensateurs synchrones
Les compensateurs synchrones sont des machines tournantes qui ne fournissent aucune puissance active
(tournant à vide), mais qui peuvent suivant qu’elles soient sous ou surexcités, fournir ou absorber de la
puissance réactive.
Les compensateurs synchrones représentent des solutions clés en
main pour le service public à améliorer la stabilité et la fiabilité du
réseau ainsi que la compensation dynamique de la puissance
réactive.
Permettant l'utilisation des installations existantes à la suite de la
mise hors service de centrales au charbon, chaque projet de
compensateurs synchrones est personnalisé en fonction des besoins
spécifiques.
V.4. Les compensateurs synchrones
De nos jours cette technique est moins employée, remplacée par celle du compensateur statique d'énergie
réactive. Cependant, ils jouent encore un rôle dans la stabilité des réseaux électriques peu maillés de
certains pays, comme les États-Unis, le Canada, la Russie, le Brésil ou l'Australie.
V.4. Les compensateurs synchrones
Caractéristiques principales:
✔ Prise en charge de la tension pendant les périodes de pointe et les perturbations du système avec la
capacité de produire ou de consommer de la puissance réactive.
✔ Capacité de courant de défaut fournie au système.
✔ Commande dynamique de tension en prenant en charge des stratégies de commande de tension adaptative
de haut niveau.
✔ Inertie fournie au système de transmission.
✔ Compensation de la puissance réactive pouvant être utilisée seule ou avec d'autres dispositifs pour réguler
et contrôler les flux de puissance réactive.
✔ Résolution des surcharges de courte durée avec la capacité de fournir plusieurs fois la puissance nominale
pour des durées courtes.
Bon à savoir...
❖ Les compensateurs synchrones étaient communs dans l’industrie électrique dans les années 1950, après
quoi ils ont peu à peu été remplacés par de grands condensateurs comparables à ceux utilisés en
électronique. Mais ceux-ci ne gèrent pas de façon efficace les variations élevées et rapides de voltage et
de fréquence qu’on rencontre avec les sources renouvelables. D’où le regain d’intérêt pour les anciens
condensateurs synchrones, qui ajoutent l’inertie voulue au système.
❖ La province de l’Australie méridionale vient justement d’ajouter quatre compensateurs synchrones à son
réseau. Ceci a permis de stabiliser 2 500 MW d’énergie solaire en éolienne en ne gardant que deux très
petites unités au gaz en réserve, pour un total de 80 MW.
❖ Il faut souligner que cette province ne compte ni usine au charbon ni centrale hydraulique et qu’elle ne
dispose que de trois grandes batteries à peine.
La stabilisation du réseau sans la moindre puissance fossile paraît donc à portée de main!!!
Bon à savoir... Des records en pagaille!!!
- Au-delà de ces 100 % sur quatre jours, le solaire à lui seul y a couvert 110 % des besoins pendant
quelques heures, ce qui a battu le record précédent de 105 %.
- La combinaison du solaire et de l’éolien, pour sa part, a fourni jusqu’à 135 % de la demande locale.
Compensateur synchrone moderne couplé
À un volant d’inertie de 40 tonnes.
V.5. Les compensateurs statiques
Les compensateurs statiques sont des dispositifs qui peuvent commander rapidement et de manière fiable
les tensions de réseau.
Il régulera et commandera généralement la tension au point de consigne requis dans des conditions
normales de stabilité et de contingence, et fournira ainsi une puissance réactive dynamique à réponse
rapide à la suite d’imprévus touchant le système (par exemple, court-circuit du réseau, débranchement de
génératrice et de lignes).
- Il peut également augmenter la capacité de transfert, réduire les pertes, atténuer les oscillations de la
puissance active et prévenir les surtensions en cas de perte de charge.
- Un compensateur statique est constitué d’un certain nombre de branches fixes ou commutées, dont au
moins une branche comprend des thyristors, et la combinaison des branches peut être variée en fonction
des besoins.
V.5. Les compensateurs statiques
Il comprend généralement une combinaison d’au moins deux des éléments donnés ci-dessous
(par exemple, ICT/filtre harmonique ou ICT/CMT/filtre harmonique) :
✔ Inductance commandée par thyristors (ICT)
✔ Condensateur manœuvré par thyristors (CMT)
✔ Filtre harmonique
✔ Batterie de condensateurs commutés mécaniquement
(MSC) ou d’inductances à commutation mécanique (MSER)
V.5. Les compensateurs statiques
Les topologies les plus courantes pour les compensateurs statiques SVC sont : ICT/filtre harmonique ou
ICT/CMT/filtre harmonique.
L’utilisation d’une topologie avec une ou plusieurs branches de CMT a pour principal avantage de réduire
les pertes (en réduisant la taille du filtre).
Des batteries commutées mécaniquement peuvent être incluses à la fois du côté HT et du côté BT du
transformateur du CLC pour augmenter le support de la puissance réactive totale en dehors de la gamme
dynamique.
Le système de commande des CLC d’Hitachi ABB Réseaux électriques peut être utilisé pour commander
des batteries de condensateurs shunt externes nouveaux ou existants.
Exemple d’application: Secteur minier
« Les FACTS stabilisent le réseau électrique minier »
Les mines sont aujourd’hui équipées de gigantesques
broyeurs de minerais alimentés en énergie par de tout aussi
imposants entraînements sans réducteur.
Leurs exploitants privilégiant la montée en puissance de
l’existant à la création de nouveaux sites, de plus en plus
d’entraînements sollicitent un réseau électrique déjà bien
chargé.
Les systèmes de transport flexible en courant alternatif
FACTS sont LA solution pour remédier à cette instabilité.
Exemple d’application: Secteur minier
« Les FACTS stabilisent le réseau électrique minier »
Il est donc possible de compenser la chute de tension
provoquée par la présence d’un nouvel entraînement
de broyeur sans réducteur à l’aide d’un compensateur
parallèle, de type STATCOM, choisi tout
particulièrement pour sa capacité à fournir un
courant capacitif ou inductif, indépendant du niveau
de tension.
Exemple d’application: Secteur minier
« Les FACTS stabilisent le réseau électrique minier »
✔ L’ajout d’un entraînement de broyeur sans réducteur
permet aux exploitants miniers d’augmenter la production
et la productivité du site, sans avoir à investir massivement
dans un nouveau complexe.
✔ Grâce à l’offre de dispositifs FACTS, l’ajout de nouveaux
entraînements et de leurs équipements ne risque plus
d’affaiblir le réseau électrique de la mine.
✔ Les compensateurs statiques de puissance réactive, de type
SVC ou compensateurs statiques synchrones
« STATCOM » par exemple, ont tout pour renforcer les
capacités de transport des réseaux fragiles.
VI. Réglage de la fréquence et contrôle de la
puissance active
Le contrôle de la puissance active produite par des groupes de production est lié au réglage de la
fréquence du réseau. La notion de fréquence est primordiale. Elle traduit à tout instant l'équilibre entre
la production et la consommation.
Cette fréquence doit être maintenue à l'intérieur de certaines limites, afin de respecter les conditions
techniques de fonctionnement du réseau.
VI. Réglage de la fréquence et contrôle de la
puissance active
La Figure représente schématiquement
un alternateur connecté au réseau.
le couple Tem représente la consommation d'électricité tandis que le couple T1 représente la production.
Ω1: Vitesse de rotation de la turbine du moteur (radis).
ΔY : Variation de la position de la vanne.
P : Puissance électrique (W).
P1: Puissance mécanique (W).
MS : Machine synchrone.
VI. Réglage de la fréquence et contrôle de la
puissance active
Régulation primaire
La régulation primaire de fréquence est destinée à faire face au déséquilibre de dynamique telle que la perte d’un
groupe de production. Elle permet de retrouver l’équilibre production consommation après une perturbation.
Régulation secondaire
Dans un réseau insulaire, la régulation secondaire a un objectif unique qui est de ramener la fréquence à la valeur
nominale.
Dans les réseaux interconnectés, la régulation secondaire a un deuxième objectif :
Faire revenir les transits de puissance entre pays à leurs valeurs contractuelles.
La régulation secondaire doit agir lorsque la régulation primaire est terminée et la fréquence est stabilisée.
La régulation secondaire permet de restaurer le point de fonctionnement de tous les groupes de production aux
valeurs de consigne.
VI. Réglage de la fréquence et contrôle de la
puissance active
Régulation tertiaire
Le réglage tertiaire est un réglage manuel avec lequel la répartition peut mobiliser à la hausse ou à la baisse
des volumes de puissances disponibles.
L’injection dans le réseau de cette puissance permet de compenser les déséquilibres profonds et durables
entre production et consommation et de ramener la fréquence à la valeur nominale, de reconstituer les
réserves primaires et secondaires, de maintenir les marges d’exploitation à des niveaux acceptables et de
reconnecter les charges délestées permettant de prévoir tout nouvel incident.
VII. Raccordement au réseau électrique
de la production décentralisée
L'insertion des productions décentralisées dans les réseaux de transport et de distribution génère un
certain nombre de problèmes et contraintes.
Ces réseaux n'étaient pas conçus initialement pour accueillir ce type de production.
Parmi les impacts de l’insertion de PDs on trouve :
Impact sur le sens de transit de puissance ;
Impact sur le plan de tension ;
Impact sur le plan de protection ;
Impact sur la stabilité du système.
VII.1 Type de raccordement
Deux types de configuration de raccordement sont envisagés :
Le raccordement en départ mixte :
Le raccordement à un départ existant auquel des consommateurs et éventuellement des
producteurs sont déjà raccordés .
VII.1 Type de raccordement
Le raccordement en départ direct :
Le raccordement au poste source le plus proche via un départ nouvellement créé pour le
nouvel utilisateur.