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Campagne PMAF : Bien-être des cochons

Paillasson Porc
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Campagne PMAF : Bien-être des cochons

Paillasson Porc
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Campagne PMAF Cochons 2010

Paillasson le cochon
[ Dossier technique ]
Ce qu’il faut savoir sur la campagne Paillasson le cochon

Protection mondiale des animaux de ferme (PMAF)


8 ter en Chandellerue
BP 80242 - 57006 METZ Cedex 1
Tél: +(33) 3 87 36 46 05 - Fax: +(33) 3 87 36 47 82
Protection mondiale
des animaux de ferme Email : [email protected] www.pmaf.org
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Sommaire

Campagne 2010, PMAF ................................................................3


Plan de campagne ......................................................................4
Angles d’attaque ..................................................................... 4
Objectifs par cibles ................................................................. 4

Quelques chiffres ......................................................................5


Le cochon ................................................................................ 5
La production........................................................................... 5
La consommation .................................................................... 5

Les axes de la campagne : ce qu’il faut savoir ........................ 7


1) La paille : substrat et objet de manipulation ..................... 7
2) Retirer l’aspect routinier des mutilations des porcelets ... 10
3) Favoriser la libération des truies pendant
et après la mise-bas .......................................................... 12
4) Limiter les problèmes de boiteries chez les cochons....... 14

Conclusion ................................................................................ 16
Bibliographie ............................................................................17

Campagne Paillasson le cochon - Fiche technique 2


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Campagne 2010, PMAF


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La PMAF a choisi de réaliser une campagne sur l’amélioration des conditions d’élevage des
porcs en France.
Ce choix est en parti justifié par l’enquête réalisée en 2009 dans 13 élevages porcins, qui révèle
de graves manquements à la réglementation de protection des porcs. Afin de remédier à cette
situation, la PMAF et trois autres associations (la Ligue Française des Droits de l’Animal, l’Oeuvre
d’Assistance aux Bêtes d’Abattoirs et Alsace Nature) ont conjointement porté plainte auprès de
la Commission européenne pour non respect par la République française de cette directive.
Leur but est de permettre à la France de se donner les moyens de faire en sorte que ces points
soient correctement appliqués. Il faut aussi rappeler les enquêtes qu’avait réalisées la PMAF en
abattoir porcin, dénonçant de bien pauvres conditions pour les truies de réformes « mal à pieds »
(vielles femelles allaitantes ayant des difficultés de déplacements dues à des problèmes aux
pattes).
L’élevage des cochons est une technique complexe. La PMAF a détecté des manquements au
bien-être, de la naissance à l’engraissement en passant par la maternité et le transport. Parmi ces
problématiques la PMAF a identifié quatre points prioritaires sur lesquels elle fonde sa campagne
2010.Ces problématiques sont :

1 2 3 4
LA PAILLE : Retirer l’aspect FAVORISER LA LIMITER LES
substrat et objet routinier des REUNION des PROBLÈMES DE
de manipulation MUTILATIONS truies et des BOITERIES chez
des porcelets porcelets les cochons

La très grande Les mutilations des La justification de De nombreux


majorité des porcelets (coupe l’entravement des porcs souffrent
porcs sont des queues, truies pendant la de malformations
élevés sur sol coupe des mise-bas (cage des articulations
nu, sans litière ni dents, castration) individuelle où qui les font boiter,
enrichissement sont effectuées elles n’ont pas conséquence
du milieu. Mettre de manière la possibilité de d’une sélection
à disposition systématique, se retourner) est génétique
des animaux infligeant de fortes reconsidérée. unilatérale. Il faut
de la paille douleurs aux Il est important alors encourager
en stabulation jeunes porcelets, de montrer les l’élevage de
libre (animaux alors que leur avantages de la races dites
en groupe) efficacité est liberté de la mère « rustiques », qui
leur permettrait de plus en plus pendant la mise- présente une
d’exprimer leurs remise en cause. bas et lors de la conformation
comportements Des alternatives lactation. de l’animal plus
naturels existent, et doivent équilibrée.
d’animaux être mieux prises
fouisseurs et en considération.
sociaux.

Campagne Paillasson le cochon - Fiche technique 3


[ Dossier technique ] ���������������
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Plan de campagne
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Angles d’attaque

1 La PMAF souhaite médiatiser l’existence de systèmes alternatifs en adéquation avec


les besoins comportementaux des animaux.

2 La PMAF souhaite aider les éleveurs à appliquer la réglementation relative à ces quatre
problématiques. Elle propose des solutions adaptées qui permettront aux éleveurs
d’allier légalité et amélioration des conditions de vie de leurs animaux.

Objectifs par cibles

Le grand public
Vulgariser et médiatiser les réalités de l’élevage porcin, faire connaître l’existence de
systèmes alternatifs et encourager le choix de produits issus de ces systèmes ;

Les professionnels de l’élevage


Implémenter la réglementation, accompagner dans la mise en conformité et valoriser les
systèmes alternatifs, y compris auprès des futurs professionnels (lycées agricoles) ;

Les élus
Inciter les élus (maires, députés, sénateurs, eurodéputés, etc.) à impulser une dynamique
de prise en compte du bien-être dans l’élevage de porcs, encourager les élus locaux à
inclure le bien-être animal dans la restauration hors domicile dont ils ont la charge ;

Les distributeurs (boucherie/charcuterie de proximité et grande distribution, etc.)


Inciter à la promotion des « viandes alternatives » et sélectionner des fournisseurs de
systèmes alternatifs.

Campagne Paillasson le cochon - Fiche technique 4


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Quelques chiffres
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Le cochon

Avant d’exposer les différentes composantes chiffrées du marché du porc, parlons un peu
du cochon en lui-même. Pouvant vivre jusqu’à 25 ans, le porc d’engraissement est amené à
l’abattoir à l’âge de 6 mois, ce qui correspond à l’âge de puberté de celui-ci. En fait, un porc est
en pleine activité sexuelle à l’âge d’un an. Les truies sont inséminées à 6-8 mois et sont réformées
(envoyées à l’abattoir car moins productives que des jeunes truies) entre 3 à 5 ans.

Six races locales de porc :


- Blanc de l’OUest,
- porc de Bayeux,
- Cul noir Limousin,
- porc Gascon,
- porc Basque,
- porc Corse Nustrale.

Quatres races sont utilisées classiquement en production :


- le landrace : robe claire avec peu de poils,
- le large white : proche du landrace,
- le piétrain : robe claire tachetée de noir et parfois de roux,
- le duroc : robe rousse brune uniforme.

La production

Il existe trois grands types d’élevages :


- les naisseurs : élevage des truies pour la production de porcelets,
- les engraisseurs : des mâles et des femelles sont engraissés pour leur viande, on les appelle
aussi les porcs charcutiers,
- les naisseurs-engraisseurs, plus rares.

Le cheptel porcin français, qui tend à se stabiliser depuis quelques années après une longue
période d’augmentation régulière, s’élève à environ 15 millions de têtes, dont 1,3 millions de
truies reproductrices et 4,3 millions de porcelets. On comptait en 2003 (enquête SCEES) environ
46 500 exploitations élevant des porcs. Toutefois si l’on excepte les exploitations ayant moins
de 20 porcs à l’engrais ou moins de 5 truies, ce nombre tombe à environ 20 000 élevages qui
représentent environ 99% du cheptel. La taille moyenne des élevages, tous porcs confondus,
s’élevait en 2003 à 320 têtes, la taille moyenne des élevages reproducteurs étant de 108 truies.
Si l’on ne considère les élevages de plus de 100 porcs ou de plus de 20 truies, la taille moyenne
passe à 150 truies et près de 1 000 porcs présents.
3ème : place de la France dans le marché porcin européen
En France, la production porcine s’élève à 2,3 millions de tonnes-équivalent carcasse par an.
Près des trois quarts de la production est localisée dans le grand ouest : Bretagne, Pays-de-Loire
et Basse Normandie.
75% de la production est dans le grand ouest (Bretagne, Pays-de-Loire et Basse Normandie)

La consommation

La viande de porc est la première consommée par les français (34,5 kg en moyenne par habitant
et par an). Vingt kilos de moins que les allemands et les espagnols, les champions d´Europe en
la matière.
Campagne Paillasson le cochon - Fiche technique 5
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Les ventes de viande fraîche ne représentent actuellement que 30 % de la consommation totale


de porc en France.
En 2009, alors que la vente de viande en général a fortement diminué (-6,8%) , les charcuteries
ont la faveur des consommateurs.
Le Label Rouge semble également unanimement apprécié. Par contre, la perception des
mentions liées à l’élevage des animaux est contrastée, ambiguë et suscite des interrogations.
L’élevage est un sujet sur lequel les consommateurs expriment une soif de connaissance. (à
mettre en bas de page : « Comportement du consommateur : de l’intention à l’acte d’achat « ;
Vincent Legendre ; Techniporc, Vol. 32, N°3, 2009, p. 15-18 )

En 2007, alors que la France importait 480 milliers de tonnes de porc, elle en a exporté
651.

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Campagne Paillasson le cochon - Fiche technique 6


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Les axes de la campagne :


ce qu’il faut savoir
Réglementation

Les textes de la réglementation sont extraits de la Directive 2008/120/CE du Conseil du


18 décembre 2008 établissant les normes minimales à la protection des porcs (version
codifiée). Dès 2001, une directive européenne, traduite en droit français, parue au Journal
officiel du 22 janvier 2003 sous l’arrêté du 16 janvier 2003, établit les normes minimales
relatives à la protection des porcs. Le respect de la réglementation « Bien-être » entre dans
les contrôles de conditionnalité PAC depuis le 1er janvier 2007.

Les numéros entre parenthèses correspondent aux considérations du Conseil de l ‘Union


européenne.

1) La paille : substrat et objet de manipulation


! Bon à savoir !
Comportements des cochons
Les cochons sont des animaux sociaux et curieux. Ils ont besoin d’être en
relation avec des congénères, et de pouvoir manipuler des objets à leur Fouger
guise. Les cochons, comme leur ancêtre sauvage (proche du sanglier), désigne
fouillent le sol à la recherche de leur nourriture : racines, graines, etc. l’action des
Les cochons utilisent la majeure partie de leur temps en activité à chercher cochons de
la nourriture dans le sol. fouiller dans
le sol.
Pratiques actuelles en France
La grande majorité des cochons vivent toute
leur vie sur caillebotis (surface de sol qui
est percée), Ces animaux n’ont aucun
substrat à leur disposition (paille, foin,
sciure, …) qui leur permettrait de fouger,
de jouer et d’explorer. En fait, ils vivent
sur un sol en béton et avec très peu
d’activité possible. 90% des cochons
sont engraissés sur caillebotis1.
Il y a des caillebotis en béton,
avec des grosses fentes, ou des
caillebotis à fil, sous forme de
grilles métalliques.

1
Courboulay, V., Bregeon, a., Massabie, P. & Meunier-Salaün, M. C. 2003. Quel type de sol en engraissement ? Comparaison caillebotis partiel /
caillebotis intégral pour différents critères d’évaluation du bien-être des animaux. TechniPorc, 26 (2) 33-37
Campagne Paillasson le cochon - Fiche technique 7
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Justification de ces pratiques


Les caillebotis permettent aux fientes de tomber dans une
fosse à lisier, située en-dessous des animaux. Ainsi, ils ne sont
pas en contact avec leurs excréments et les problèmes
sanitaires sont limités.

Systèmes alternatifs et avantages


Le système béton + paille (litière de paille sur un sol en
béton) est proposé. Seulement 10% des engraisseurs (et
30% des naisseurs) utilisent ce système2.
Porcs à l’engraissement sur caillebotis Les animaux y ont plus de surface disponible et peuvent
eux-mêmes séparer leurs zones de vie (repos, alimentation,
déjection). Pour éviter les problèmes sanitaires, les animaux ont plus d’espace et ne sont eux
mêmes, par conséquent, pas en proximité avec leurs déjections. Et surtout les animaux ont un objet
à manipuler : la paille. Les objets mis pour l’enrichissement du milieu doivent être déformables,
« machouillables » et même destructibles. (c’est pourquoi les chaînettes en métal ne sont pas
entièrement satisfaisantes pour les scientifiques3). Pour l’environnement du cochon, deux choses
sont importantes : donner suffisamment d’espace pour qu’ils puissent se créer eux-même leurs
zones de vie, et la possibilité de manipulation d’objet. Donner de la paille aux cochons permet
de satisfaire leurs besoins comportementaux d’exploration.

! Bon à savoir !
Les cochons sont très propres ! Ils séparent aux-mêmes leurs zones de
déjections, leur aire de vie et le lieu du nourrissage.

Réglementation

(8) « Les porcs doivent disposer d’un environnement correspondant à leur besoin d’exercice et
à leur nature d’animal fouisseur. Leur bien-être semble compromis en raison de l’espace très
restreint dont ils disposent ».
(10) « Les truies ont volontiers des interactions sociales avec d’autres porcs, à condition
de disposer de leur liberté de mouvement et de se trouver dans un environnement d’une
certaine complexité. Il y a lieu d’interdire le confinement permanent des truies dans un espace
restreint. »
Article 3
5. « Les États membres veillent à ce que, sans préjudice des exigences prévues à l’annexe I, les
truies et les cochettes aient en permanence accès à des matières manipulables répondant au
minimum aux exigences pertinentes de ladite annexe. »

Annexe 1 chapitre I
1) « Sans préjudice de l’article 3, paragraphe 5, les porcs doivent avoir un accès permanent à
une quantité suffisante de matériaux permettant des activités de recherche et de manipulation
suffisantes, tels que la paille, le foin, le bois, la sciure de bois, le compost de champignons, la
tourbe ou un mélange de ces matériaux qui ne compromette pas la santé des animaux. »

2
Scientific Veterinary Comittee. 1997. The welfare of intensively kept pigs. pp 188
3
Grandin, T. 1988. Environmental Enrichment for Confinement pigs. Livestock Conservation Institute, Annual Meeting Proceedings. 119-123

Campagne Paillasson le cochon - Fiche technique 8


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5) « Les sols doivent être lisses mais non glissants de manière à ce que les porcs ne puissent
pas se blesser et doivent être conçus, construits et entretenus de façon à ne pas causer de
blessures ou de souffrances aux porcs. Ils doivent être adaptés à la taille et au poids des porcs
et, en l’absence de litière, former une surface rigide, plane et stable. »

Annexe 1 chapitre II
B 3. « Au cours de la semaine précédant la mise-bas prévue, les truies et les cochettes doivent
pouvoir disposer de matériaux de nidification en quantité suffisante à moins que le système
d’évacuation ou de récupération du lisier utilisé dans l’établissement ne le permette pas. »
D 3. « Lorsque des signes de combats violents sont constatés, les causes doivent en être
immédiatement recherchées et des mesures appropriées, telles que la mise à disposition de
grandes quantités de paille pour les animaux, si possible, ou d’autres matériaux permettant des
activités de recherche, doivent être prises. Les animaux à risque ou les animaux particulièrement
agressifs doivent être maintenus à l’écart du groupe. »

Attention aux mauvaises interprétations de la réglementation !


De nombreuses disparités peuvent être observées entre le texte d’origine de la Directive et
l’information transmise aux éleveurs par les filières professionnelles.
La liste des matériaux possibles n’est pas toujours la même que celle de la directive ( tels
que la paille, le foin, le bois, la sciure de bois, le compost de champignons, la tourbe ou
un mélange de ces matériaux qui ne compromette pas la santé des animaux). Par exem-
ple, les Fiches 2007 et 2009 du Ministère de l’agriculture sur la conditionnalité indiquent
que «tous les porcs doivent avoir accès en permanence à des matériaux permettant des
activités de recherche et de manipulation (tels que la paille, le foin, la sciure de bois, le
compost de champignon, la tourbe ou autres matériaux à condition qu’ils ne provoquent
pas de blessure aux animaux».
Selon l’IFIP, la liste des matériaux n’est pas figée. L’IFIP affirme que «tout objet ou matériau
satisfaisant les exigences de la Directive et qui ne compromet pas la santé des animaux
est possible (ballon, chaîne, rondin de bois…)» peut être mis à disposition. De même, Porc
Magazine/Chambre d’Agriculture énumère les matériaux concernant l’accès permanent
à des matières manipulables comme suit: «paille, sciure, foin ou à défaut d’une chaîne
d’une corde ou d’un jouet (pas de liste fermée)».Selon TechniPorc, les objets les plus fré-
quemment rencontrés sont l’utilisation de chaînes, de bidons, de ballons, de rondins de
bois ou de jouets commerciaux.
Valérie COURBOULAY 2005. Quel type d’objet fournir aux porcs en engraissement ? TechniPorc, 28 (2), pp 6

Campagne Paillasson le cochon - Fiche technique 9


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2) Retirer l’aspect routinier des mutilations des porcelets

Comportements des cochons


Les porcelets jouent beaucoup avec leurs congénères et mettent en place une hiérarchie.
Le manque d’espace et un environnement exempt d’objets à manipuler impliquent une sur-
agressivité entre les individus, pouvant entrainer des blessures2.

Pratiques actuelles en France


A titre préventif, les queues et les dents des porcelets sont coupées (par pince coupante
chauffante ou par meule. Les porcelets sont castrés avant 7 jours (de manière chirurgicale :
coupe de la peau avec un scalpel, sortie des testicules et coupe du cordon séminal), Toutes
ces manipulations sont effectuées de manière systématique4 et sans anesthésie.

Justifications de ces pratiques


Dans un environnement très pauvre, les porcs manquent de stimulation extrême. Un phénomène
apparaît : le cannibalisme. En jouant avec la queue ou les oreilles du plus faible et du moins
réactif d’entre eux, ses parties se mettent à saigner, ce qui attire ensuite un nombre grandissant
d’animaux. Certaines truies sont blessées aux mamelles par leurs petits.
Les mâles non castrés seraient plus agressifs. Mais la justification de la castration est qu’elle
permet d’éviter la production de deux substances odorantes (le scatol et l’andréstérone). La
viande de mâles non castrés aurait un goût plus fort que certains consommateurs n’appréciraient
pas.

2
Scientific Veterinary Comittee. 1997. The welfare of intensively kept pigs. pp 188
4
Bataille, G., Rugraff, Y., Chevillonn P. & Meunier-Salaün, M. C. 2002. Caudectomie et section des dents chez le porcelet : Conséquences
comportementales, zootechniques et sanitaires. TechniPorc, 25 (1) 5-13

Campagne Paillasson le cochon - Fiche technique 10


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Systèmes alternatifs et avantages ��������������������������

La réduction de l’agressivité entre les porcs en leur donnant plus d’espace et en enrichissant
leur milieu (paille, morceau de bois…) peut permettre l’arrêt des mutilations systématiques. Pour
les blessures des mamelles, les scientifiques ont prouvé que des traitements contre la mammite
et l’hypogalactie (deux maladies fréquentes chez les femelles allaitantes) sont plus efficaces
pour protéger la mère5. De nombreuses douleurs sont ainsi évitées (les animaux souffrent sur le
moment et pendant 12 heures4).
Concernant la castration, les alternatives sont plus nombreuses : produire des mâles entiers (non
castrés), et détecter à l’abattoir, sur les carcasses, celles qui sentent fort avec un nez électronique
(machine électronique qui détecte les odeurs indésirables de manière plus précise que le nez
humain). Les verrats (mâles entiers) ont des meilleurs résultats zootechniques que les porcs castrés.
Il existe aussi l’immunocastration, qui est un vaccin qui empêche directement la production
d’hormones, sans avoir à castrer les porcs. Mais il est assez onéreux et n’est pas efficace à 100%,
et de plus véhicule l’idée qu’il y a un problème avec la viande plus forte alors qu’en fait ce
problème est minime et devrait être résolu directement sur la carcasse, pas sur l’animal vivant.
Une troisième solution a été envisagée par les scientifiques : celle de la sélection génétique
d’animaux ne synthétisant plus et/ou détruisant métaboliquement les substances non-désirées.
Cependant, les travaux ne sont pas encore prêts pour être applicables à une sélection6. La non-
castration éviterait de nombreuses souffrances (sur le moment et plus de deux jours après7 et
les porcs entiers ne sont pas plus agressifs entre eux s’ils ont un espace suffisant et des objets
à manipuler. Le nez électronique testé en Allemagne (en cours de test) ne détecte que 3% de
carcasses à odeurs fortes (où la viande peut, de plus, être réutilisée en produits épicés ou en
préparation). Le gain de temps et d’argent de la non castration s’équilibrerait avec le coût du
nez électronique.

Réglementation Avant d’effectuer les mutilations,


l’éleveur devrait « démontrer
Annexe 1 preuve à l’appui, l’existence de
8) Interdiction de : caudophagie », et ce malgré la
1. réduire les coins et section partielle de la queue sur une mise en oeuvre des pratiques
base de routine (il faut au préalable qu’il existe démontrer visant à dimuner la sur-agressivité,
preuve à l’appui, l’existence de caudophagie, préalable Actuellement, il est très difficile
et la tentative infructueuse de mise en œuvre de mesures de connaître ces pratiques. Selon
particulières) nos sources, l’IFIP travaillerait
2. castrer par le déchirement des tissus. Si la castration ou la à l’élaboration d’une liste les
section partielle de la queue sont pratiquées plus de sept relatant (7 ans après la mise en
jours après la naissance, une anesthésie complétée d’une application du texte !). Cette partie
analgésie prolongée doit être réalisée par un vétérinaire. de la législation est donc difficile à
(11) mettre en pratique actuellement.
« La section partielle de la queue, la section partielle et le
meulage des dents peuvent causer aux porcs une douleur
immédiate, qui peut se prolonger. La castration peut entraîner une douleur de longue durée
qui est encore plus vive en cas de déchirement des tissus. Ces pratiques nuisent donc au bien-
être des porcs, en particulier lorsqu’elles sont exécutées par des personnes non compétentes
et inexpérimentées. En conséquence, des règles doivent être définies afin d’améliorer ces
pratiques. »
4
Bataille, G., Rugraff, Y., Chevillonn P. & Meunier-Salaün, M. C. 2002. Caudectomie et section des dents chez le porcelet : Conséquences
comportementales, zootechniques et sanitaires. TechniPorc, 25 (1) 5-13
5
Bataille, G., Rugraff, Y., Meunier-Salaün, M. C., Bregeon, A. & Prunier, A. 2002. Conséquences comportementales, zootechniques et physiologiques de
l’épointage des dents chez le porcelet. Journées de la Recherche Porcine, 34, 203-209
6
Robic, A., Larzul, C. & Bonneau, M. 2008. Genetic and metabolic aspects of androstenone and skatole deposition in pig adipose tissue: A review.
Genetics Selection Evolution, 40, 129–143
7
Gadonna, M. 2008. Castration des porcelets sous anesthésie ou analgésie : évaluation comportementale et physiologique de la douleur. Mémoire
de fins d’études Master Professionnel d’Ethologie Appliquée, Université Paris XIII Psychophysiologie U.F.R. L.S.H.S. pp 28.

Campagne Paillasson le cochon - Fiche technique 11


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3) Favoriser la réunion des truies et des porcelets


Comportements des cochons
Le cochon est un animal très intelligent qui a de grandes capacités d’apprentissage et des
relations sociales complexes. Le rôle de l’apprentissage de la mère aux porcelets est très
important et peut être décisif pour leur comportement et leur bien-être futur. Le travail de mise-
bas est source de nombreuses douleurs, l’animal doit avoir la possibilité de se mettre dans des
positions qui lui conviennent le mieux afin de gérer lui-même sa douleur.

Pratiques actuelles en France


Les truies mettent bas dans des cases individuelles, sans possibilité de se retourner et sans aucun
accès à leurs petits. Elles restent dans ces cages pendant toute la lactation : les truies allaitent
leurs petits à travers les barreaux. Les truies présentent souvent des stéréotypies (comportements
anormaux répétés et sans utilité : machouillement des barreaux, aller-retour de la mâchoire sur
les barreaux, etc.), signes d’un mal-être important.

! Bon à savoir !

Ces stéréotypies sont souvent


visibles chez les animaux
de cirques ou de zoos ; elles
se déclinent sous d’autres
formes tels que les aller-
retours incessants devant la
cage.

Cage de mise-bas classique : la truie est Truie présentant des stéréotypies.


entravée, sans possibilité de se retourner ou
d’avoir des contacts avec ses petits.

Campagne Paillasson le cochon - Fiche technique 12


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Justifications de ces pratiques


La cage de mise-bas trouve sa justification dans la réduction de l’écrasement des porcelets,
qui est la première source de mortalité chez les porcelets2.

Systèmes alternatifs et avantages


La truie doit être libre de ses mouvements, comme
dans le cas des cases de type «Thierry Schweitzer».
Elle doit être libre de ses mouvements, mais séparée
des autres mères, et avec une lampe chauffante
pour les petits et de la paille pour tous. Les résultats
zootechniques sont très proches voire meilleurs
que dans les systèmes en entravement (survie des
porcelets, mortalité des truies, etc.8). Des éleveurs
satisfaits de l’élevage des truies en groupe témoignent
que les truies sont plus calmes, plus facilement
manipulables, que la mise-bas est plus rapide avec
une mortalité et un temps de travail identique9.
Cage de mise-bas non-entravée «Thierry
Schweitzer». Elle permet à la mère de
construire un nid avec de la paille, de se
mouvoir librement. Les porcelets y sont
élevés en groupe sur paille.

Réglementation

Article 3
4.
Pour les exploitations nouvelles(1) depuis le 1er janvier 2003 : les truies et cochettes doivent
être élevées en groupe pendant une période débutant quatre semaines après la saillie et se
terminant une semaine avant la date prévue pour la mise-bas.
- Pour les exploitations existantes au 1er janvier 2003, les systèmes en truie bloquée peu-
vent perdurer jusqu’au 31 décembre 2012. À compter du 1er janvier 2013, toutes les ex-
ploitations devront passer en conduite de truies en groupe.
- Pour les exploitations existantes au 1er janvier 2003 et ayant un système de truies à l’at-
tache, il est possible de passer en truie bloquée jusqu’au 1er janvier 2013 à condition que
les travaux nécessaires ne consistent qu’en un réaménagement interne des bâtiments.
3. Depuis le 1er janvier 2006, il est interdit de disposer d’un système de truies à l’attache
pour toutes les exploitations.

(1)
Exploitation nouvelle : construction nouvelle ou reconstruite ou mise en service depuis le 1er janvier 2003.

Article 4
« Les États membres veillent à ce que les truies et les cochettes soient en groupe pendant une
période débutant quatre semaines après la saillie et s’achevant une semaine avant la date
prévue pour la mise-bas. Les côtés de l’enclos dans lequel se trouve le groupe doivent avoir
une longueur supérieure à 2,8 mètres. Lorsque le groupe comporte moins de six individus,
les côtés de l’enclos dans lequel il se trouve doivent avoir une longueur supérieure à 2,4
mètres.

2
Scientific Veterinary Comittee. 1997. The welfare of intensively kept pigs. pp 188
8
Arey, D. & Brooke, P. 2006. Animal welfare aspects of good agricultural practic : pig production. CIWF (Compassion In World Farming) Trust. pp 182.
9
Témoignage de Benoît Raguénés, éleveur à Ploumoguer dans le nord Finistère (Forum Pigalys Morbihan).
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Par dérogation au premier alinéa, les truies et les cochettes élevées dans des exploitations
de moins de dix truies peuvent être maintenues individuellement pendant la période prévue
audit alinéa pour autant qu’elles puissent se retourner facilement dans la case. »

Annexe 1 Chapitre II
B 4. « Un espace libre doit être aménagé derrière la truie ou la cochette pour permettre une
mise-bas naturelle ou assistée. »
La directive 2003 s’appelle aussi :
B 5. « Les loges de mise-bas où les truies peuvent se mou-
directive truie en groupe 2013.
voir librement doivent être munies de dispositifs de protec-
Cette appellation est trompeuse.
tion des porcelets tels que des barres. »
Les truies doivent en effet être en
groupe, mais pas en permanence
C 2. : « Lorsqu’une loge de mise-bas est utilisée, les porce-
! Cette obligation n’est valable que
lets doivent pouvoir disposer d’un espace suffisant pour
pendant une partie de la gestation.
pouvoir être allaités sans difficulté.
Par cycle de 22 semaines environs
(depuis la saillie, 17 semaines
C 3. : « Aucun porcelet ne doit être séparé de sa mère
de gestation puis 4 semaines
avant d’avoir atteint l’âge de 28 jours, sauf si le non-se-
de lactation et 2 semaines de
vrage est préjudiciable au bien-être ou à la santé de la
sevrage), la truie ne sera en groupe
truie ou du porcelet.
que 12 semaines.

4) Limiter les problèmes de boiteries chez les cochons

Comportements des cochons


Les cochons ont besoin de marcher, de courir, de faire de l’exercice, ... La sélection génétique,
en sélectionnant une croissance rapide et une plus lourde
carcasse, a induit une plus grande fréquence d’un syndrome
congénital et héréditaire. Accentué par les systèmes intensifs
qui réduisent l’activité des animaux, les cochons ont « les pat-
tes faibles ».

Pratiques actuelles en France


Les animaux sont atteints d’osthéochondrosis (patte faible
car cartilage friable et trop de poids sur les pattes2), boitent,
parfois ne peuvent plus du tout marcher. Ce problème se dé-
tecte plus souvent sur les truies car elles vivent plus vieilles et
vieont moins de possibilité d’activité que les porcs à l’engrais-
sement. Elles sont appelées : truies « mal-à-pied ». Elles ne peu-
vent plus se déplacer en fin de vie et l’amenée à l’abattoir
est très difficile. Cela induit beaucoup de douleur pour ces
animaux, qui sont souvent transportés de manière illégale (ils
devraient être euthanasiés à la ferme) et avec trop souvent
des brutalités pour les faire avancer.

2
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Justifications de ces pratiques


Suite à la sélection génétique unidirectionnelle pour une croissance plus rapide, une plus lourde
carcasse et un taux de muscle/gras augmentant, on a vu l’apparition de ce syndrôme, congéni-
tal et héréditaire. Il s’est accentué avec le système intensif où les animaux ne marchent presque
plus et sont sur caillebotis2.

Systèmes alternatifs et avantages


Utiliser les races rustiques (par définition moins sélectionnées et plus robustes), permet de limiter
très fortement l’apparition de ce syndrome. Certaines races locales (Gasconne, Basque), ont des
performances zootechniques très intéressantes et profitent d’une filière de valorisation dynami-
que10. Il est très important de contre-sélectionner ce syndrôme (il constitue un signal d’alarme
sur les dangers d’une sélection trop pointue qui omet les dommages collatéraux). Des animaux
rustiques, avec un peu moins de poids sur les jambes et de meilleures articulations qui peuvent
courrir, ne plus se coincer les pattes dans les caillebotis, auront un bien-être accru car souffriront
moins au quotidien et seront moins brutalisés pendant le transport ou à l’abattoir.
La diminution de la densité des animaux et la mise à disposition de paille permettraient aux ani-
maux de pouvoir être plus musclés.

Réglementation

Annexe 1 Chapitre I
5) Les sols doivent être lisses mais non glissants de manière à ce que les porcs ne puissent pas
se blesser et doivent être conçus, construits et entretenus de façon à ne pas causer de blessu-
res ou de souffrances aux porcs.

10
Lenoir, H., Luquet, M. & Mercat, M. J. 2002. Effectifs et performances de reproduction des 5 races locales porcines françaises. TechniPorc, 25 (5) 25-30

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Conclusion
Les cochons sont des animaux très intelligents. Ils vivent en petits groupes familiaux et sont très
sociaux. Animaux fouisseurs de nature, ils sont très actifs et passent la majeure partie de leur temps
d’activité à la recherche de nourriture. Les truies sont de très bonnes mères : elles construisent un
nid pour accueillir leurs petits et ont un rôle très important dans leur développement intellectuel
et social.

L’élevage actuellement majoritaire des porcs n’est pas adapté à leur besoins comportementaux.
De nombreux troubles du comportement apparaissent (stéréotypies, frustrations, …). La gestion
de ces problèmes est centré sur les conséquences : les cochons se mordent la queue, on leur
coupera donc la queue. La nature du problème n’est pas pris en compte.

D’autres systèmes d’élevages existent, plus respectueux de ces animaux très sensibles. Les
cochons y sont élevés dans des densités plus faibles, ont des matériaux à manipuler (paille ou
espace herbeux), les truies y mettent bas libres de leur mouvement. Tout au long des lectures qui
ont permis de rédiger cette fiche, trois éléments nous paraissent centraux : la sociabilité, l’espace
et la paille.

Et comme le dit si bien le cochon Paillasson (mascotte de la campagne), le bonheur est dans
la paille !

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Bibliographie

Arey, D. & Brooke, P. 2006. Animal welfare aspects of good agricultural practic : pig production.
CIWF (Compassion In World Farming) Trust. pp 182.

Bataille, G., Rugraff, Y., Chevillonn P. & Meunier-Salaün, M. C. 2002. Caudectomie et


section des dents chez le porcelet : Conséquences comportementales, zootechniques et
sanitaires. TechniPorc, 25 (1) 5-13

Bataille, G., Rugraff, Y., Meunier-Salaün, M. C., Bregeon, A. & Prunier, A. 2002. Conséquences
comportementales, zootechniques et physiologiques de l’épointage des dents chez le
porcelet. Journées de la Recherche Porcine, 34, 203-209

Courboulay, V., Bregeon, a., Massabie, P. & Meunier-Salaün, M. C. 2003. Quel type de sol en
engraissement ? Comparaison caillebotis partiel / caillebotis intégral pour différents critères
d’évaluation du bien-être des animaux. TechniPorc, 26 (2) 33-37

Gadonna, M. 2008. Castration des porcelets sous anesthésie ou analgésie : évaluation


comportementale et physiologique de la douleur. Mémoire de fins d’études Master
Professionnel d’Ethologie Appliquée, Université Paris XIII Psychophysiologie U.F.R. L.S.H.S. pp 28.

Grandin, T. 1988. Environmental Enrichment for Confinement pigs. Livestock Conservation


Institute, Annual Meeting Proceedings. 119-123

Lenoir, H., Luquet, M. & Mercat, M. J. 2002. Effectifs et performances de reproduction


des 5 races locales porcines françaises. TechniPorc, 25 (5) 25-30

Robic, A., Larzul, C. & Bonneau, M. 2008. Genetic and metabolic aspects of androstenone and
skatole deposition in pig adipose tissue: A review. Genetics Selection Evolution, 40, 129–143

Scientific Veterinary Comittee. 1997. The welfare of intensively kept pigs. pp 188

Témoignage de Benoît Raguénés, éleveur à Ploumoguer dans le nord Finistère (Forum Pigalys
Morbihan)

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