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19/09/2008

Approche variationnelle pour


la méthode des éléments finis
par Pierre SPITERI
Docteur ès sciences mathématiques
Professeur à l’École nationale supérieure d’électronique, d’électrotechnique,
d’informatique, d’hydraulique et de télécommunication de Toulouse (ENSEEIHT)

1. Présentation générale............................................................................. AF 503 – 2


2. Modélisation d’un problème d’élasticité simple............................. — 2
3. Analyse mathématique du problème ................................................. — 5
4. Formulation variationnelle pour diverses EDP
monodimensionnelles. .......................................................................... — 7
5. Extension au cas de problèmes d’EDP bidimensionnels .............. — 9
6. Conclusion ................................................................................................. — 13
Références bibliographiques ......................................................................... — 13

epuis l’avènement des ordinateurs il y a maintenant plus d’un demi-siècle


D et, compte tenu en particulier de l’augmentation de leur puissance de calcul,
la simulation numérique a remplacé l’expérimentation directe trop coûteuse et
longue à mettre en œuvre ; celle-ci n’est plus, de nos jours, qu’un moyen de véri-
fication des calculs effectués sur machine. Sur le plan mathématique, la simula-
tion numérique nécessite essentiellement la résolution numérique d’équations
aux dérivées partielles qui conduisent à l’obtention de solutions approchées. Il
existe de nombreuses méthodes d’approximation qui présentent toutes des
avantages et des inconvénients ; citons, à titre illustratif, la méthode des diffé-
rences finies, la méthode des volumes finis, les méthodes spectrales, etc.
Dans les trois articles qui composent cet ensemble, nous nous intéressons à la
méthode des éléments finis qui est très utilisée dans l’industrie, en particulier en
aéronautique, dans l’industrie automobile, en météorologie, etc. Cette méthode
est intéressante, compte tenu de sa souplesse d’utilisation, en particulier vis-à-vis
de l’approximation des divers opérateurs modélisant des phénomènes en physi-
que-mathématique et également pour la prise en compte de conditions aux limi-
tes portant sur les gradients de la fonction à calculer. Cette souplesse apparaît
également dans le fait que les domaines où sont définies les équations aux déri-
vées partielles peuvent être approchés au mieux et, en particulier, il peut être tenu
compte du caractère courbe des frontières de ces domaines ; de plus, les nœuds
de la discrétisation, c’est-à-dire les points où sont approchées les fonctions à
calculer, peuvent être répartis de façon arbitraire, ce qui permet d’avoir un
maillage serré dans les zones à forte variation de la solution et un maillage relati-
vement grossier dans les régions où cette solution varie peu ; dans le même
ordre d’idée, il n’est pas nécessaire d’utiliser des maillages uniformes à pas cons-
tant, la définition d’éléments de dimension variable s’effectuant sans difficulté ;
cela est particulièrement appréciable lors de l’étude des phénomènes définis
dans des milieux hétérogènes. Enfin, sur le plan informatique, la méthode des
éléments finis conduit à l’écriture de code de calculs les plus généraux possible,
ce qui correspond certes à un avantage mais aussi à un inconvénient, compte
tenu de la difficulté pratique de programmation de cet algorithme ; il convient de
noter cependant que le schéma de principe du code est relativement simple, la
complexité découlant des innombrables possibilités qu’offre la méthode. De
plus, le développement d’un tel code nécessite de longs mois de programmation.

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APPROCHE VARIATIONNELLE POUR LA MÉTHODE DES ÉLÉMENTS FINIS __________________________________________________________________________

Une autre difficulté de compréhension de la méthode des éléments finis réside


dans le formalisme mathématique préalable et sous-jacent à la mise en œuvre
algorithmique. En effet, compte tenu de la complexité croissante des modèles
mathématiques permettant la compréhension de phénomènes de plus en plus
compliqués à expliquer, il a été nécessaire de s’appuyer sur des résultats d’ana-
lyse fonctionnelle élaborés [1] pour formuler cette méthode d’approximation.
Paradoxalement, ce cadre conceptuel abstrait permet de ne pas imposer aux
solutions éventuelles d’être indéfiniment dérivables mais au contraire de recher-
cher la dérivabilité minimale que l’on doit imposer afin que les écritures mathé-
matiques aient un sens. Cela permet d’obtenir une formulation du problème qui
peut s’interpréter sur le plan physique soit comme la solution d’un problème de
minimisation d’énergie, à condition toutefois que certaines propriétés de symé-
trie soient vérifiées (ce qui n’est pas toujours le cas), soit grâce à une analogie
avec le classique théorème des travaux virtuels. Ce second point de vue a été
préféré à l’aspect minimisation du fait de sa plus grande facilité d’exposition et
de sa plus grande généralité. Cette partie théorique sera abordée de manière
progressive, les aspects conceptuels étant essentiellement exposés en dimen-
sion un mais de telle sorte que la généralisation à la dimension deux ou trois
s’effectue de manière naturelle.
Il convient de noter pour terminer que la mise en œuvre informatique n’a pas
été volontairement abordée dans la mesure où la présentation de l’implantation
de cette méthode aurait considérablement alourdi l’exposé ; cependant les
aspects abordés dans cet article facilitent la compréhension des phases de pro-
grammation de la méthode des éléments finis.
Cet ensemble se compose de trois articles :
— [AF 503] Approche variationnelle pour la méthode des éléments finis ;
— [AF 504] Introduction à la méthode des éléments finis ;
— [AF 505] Présentation générale de la méthode des éléments finis.

1. Présentation générale 2. Modélisation


d’un problème
La méthode des éléments finis est une méthode d’approxima- d’élasticité simple
tion des solutions d’équations aux dérivées partielles qui est
construite à partir d’une formulation équivalente du problème à
résoudre ; cette dernière est appelée formulation variationnelle
On considère une corde élastique de longueur unité, fixée en ses
du problème et nécessite le minimum de régularité de la solution.
extrémités, qui au repos occupe une position qui coïncide avec l’axe
Ox. On soumet cette corde à une force de densité par unité de lon-
gueur f ( x ) dont la direction est perpendiculaire à l’axe Ox. Sous
Cette phase de transformation du problème est certainement la l’effet de cette force, la corde subit un déplacement u ( x ) , perpendi-
plus délicate et la plus difficile à traiter car, en toute rigueur, elle culaire à l’axe Ox. Dans la suite, on supposera que ce déplacement
nécessite l’utilisation de notions mathématiques très fines et très est petit. Le problème revient à déterminer u ( x ) , en tous points
abstraites, comme la théorie des distributions. Dans cet article, nous x ∈ ]0, 1[ . Soit E ( v ) l’énergie totale du système mécanique consi-
nous sommes efforcés d’aplanir les difficultés en considérant pour déré pour un déplacement v de la corde. On sait que le déplacement
commencer d’une part la modélisation d’un problème simple, ce qui u ( x ) minimise E ( v ) pour tous les déplacements admissibles, c’est-
permet de vérifier l’équivalence de la formulation de divers problè- à-dire pour tous les déplacements nuls aux points x = 0 et x = 1 ,
mes, et d’autre part des équations aux dérivées partielles définies tels que l’énergie E ( v ) ait un sens physique, c’est-à-dire que E ( v )
dans un domaine Ω monodimensionnel. La généralisation à des soit finie. Soit V l’espace des déplacements admissibles, c’est-à-dire
domaines inclus dans  2 ou  3 s’effectue en toute rigueur grâce à l’espace qui rend compte des contraintes du problème, à savoir :
l’utilisation de la théorie des distributions ; pour notre part, nous
avons préféré utiliser la formule de Green, qui généralise la formule v ∈ V ⇔ v ( 0 ) = v ( 1 ) = 0 et E ( v ) < +∞ (énergie finie)
d’intégration par parties utilisée dans le cas précédent simple où
L’énergie E ( v ) est la somme de l’énergie de déformation E D et
Ω ⊂  . Par ailleurs, la formulation variationnelle d’une équation aux
de l’énergie potentielle E P dérivant de la force f ( x ) pour un dépla-
dérivées partielles nécessite l’utilisation d’espaces fonctionnels, les
cement v ∈ V . Écrivons en détail le bilan d’énergie : l’énergie E D est
espaces de Sobolev, que nous définissons de la façon la plus simple
l’énergie des contraintes intérieures et l’on sait qu’elle est propor-
possible ; ces espaces sont importants car ils rendent compte en fait
tionnelle à la variation de la longueur de la corde ; par conséquent,
de la régularité des fonctions à approcher au mieux. Enfin on donne
cette quantité est donnée par la relation :
quelques indications sur la formulation du problème d’équation aux
dérivées partielles qui, dans certains cas, peut s’exprimer sous


1
 1 + d v 2
forme d’un problème d’optimisation, ce qui conduit à la méthode de ED ( v ) = A ------- – 1 dx , ∀v ∈ V
Ritz, que nous ne développerons pas ici. 0   d x 

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avec A coefficient de proportionnalité strictement positif. En résumé, l’espace V des déplacements admissibles est inclus
dans l’espace W défini par :
L’énergie potentielle E P est donnée par :
 dv 


1 V ⊂ W =  v ∈ L2 ( [ 0, 1 ] ), ------- ∈ L2 ( [ 0, 1 ] ) 
EP ( v ) = – fv dx , ∀v ∈ V  dx 
0
cet espace W étant défini dans la littérature comme l’espace de
le signe négatif traduisant l’antagonisme entre l’énergie interne du Sobolev d’ordre 1 noté traditionnellement par H 1 ( [ 0, 1 ] ) , notation
système et l’énergie potentielle. que nous conserverons désormais dans toute la suite. De plus, le
Par conséquent, l’énergie totale E ( v ) s’écrit : déplacement de la corde étant nul en les points x = 0 et x = 1,
l’espace V des déplacements admissibles est donc :

∫ ∫
1 2 1
E(v) = A  1 +  ------
dv 
- – 1 dx – fv dx , ∀v ∈ V  
0  dx   dv
0 V =  v ∈ L2 ( [ 0, 1 ] ), ------- ∈ L2 ( [ 0, 1 ] ), v ( 0 ) =v ( 1 )= 0 
 d x 
soit encore, en adoptant des notions plus générales :

 
∫ ∫
1 1
E(v) = A  1 + ∇v 2
– 1 dx – fv dx , ∀v ∈ V Soit : V =  v ∈ H 1 ( [ 0, 1 ] ) , v ( 0 ) = v ( 1 ) = 0 
0  0  

avec ∇v = grad ( v ) gradient de la fonction v. cet espace est également noté H 01 ( [ 0, 1 ] ) dans la littérature et on a
l’inclusion :
Or, on a fait l’hypothèse des petits déplacements, c’est-à-dire que
dv H 01 ( [ 0, 1 ] ) ⊂ H 1 ( [ 0, 1 ] ) ⊂ L2 ( [ 0, 1 ] )
l’on a supposé que la fonction v ainsi que ses variations ------- sont
dx
Remarque
petites ; si nous posons ε =  ------- , sous l’hypothèse précédente, on
dv 2
 dx  À ce stade de l’exposé, on peut effectuer une première remarque
qui peut être omise en première lecture. En effet, sans vouloir insis-
ε 1 dv 2
a donc 1 + ε – 1 ≈ --- = ---  ------- et, dans ce contexte, E ( v ) est rem- ter exagérément sur les notions d’analyse fonctionnelle [2], il
2 2  dx  convient de noter que les espaces H 1 ( [ 0, 1 ] ) et H 01 ( [ 0, 1 ] ) possè-
placée par la fonctionnelle J ( v ) définie par : dent, comme l’espace L2 ( [ 0, 1 ] ) , une structure d’espace de Hilbert,
c’est-à-dire une structure d’espace vectoriel normé complet, cette

∫ ∫
1
d
2 1 dernière propriété signifiant simplement que toute suite de Cauchy
------- dx –
A v
E ( v ) ≈ J ( v ) = ---- fv dx , ∀v ∈ V
0  dx 
2 admet une limite qui appartient à l’espace. Il convient de préciser
0
que l’espace L2 ( [ 0, 1 ] ) d’une part et les espaces H 1 ( [ 0, 1 ] ) et
H 01 ( [ 0, 1 ] ) ne sont pas munis, en tant qu’espaces vectoriels normés,
Notons que, plus généralement, on peut écrire J ( v ) sous la
de la même norme ; en effet on note par :
forme :


1 2
v ( x ) dx
∫ ∫
A 1 2 1 v 0, [ 0, 1 ] =
J ( v ) = ---- ∇v dx – fv dx , ∀v ∈ V 0
2 0 0
la norme définie dans l’espace L2 ( [ 0, 1 ] ) , et par :
Pour terminer la modélisation du problème précédent d’élasticité,


1
v 2(x) + d v 2
nous allons essayer de préciser au plan mathématique la définition v = -------  dx
0  dx  
1, [ 0, 1 ]
de l’espace des déplacements admissibles V, en reliant ce dernier
aux espaces fonctionnels les plus classiques qui prennent en
compte la réalité physique du problème considéré, en particulier le celle définie dans les espaces H 1 ( [ 0, 1 ] ) et H 01 ( [ 0, 1 ] ) .
plus simple d’entre eux, l’espace L2 ( [ 0, 1 ] ) des fonctions de carré En fait, l’espace L2 ( [ 0, 1 ] ) des fonctions de carré intégrable est
intégrable sur [ 0, 1 ] dont nous rappelons la définition : construit, dans les cours de mathématiques, comme le complété de
l’espace C ( [ 0, 1 ] ) des fonctions continues sur l’intervalle [ 0, 1 ] ;
par ailleurs, l’inclusion H 1 ( [ 0, 1 ] ) ⊂ C ( [ 0, 1 ] ) est vraie en dimension

 1 2 
L2 ( [ 0, 1 ] ) =  v v ( x ) dx < +∞  un, mais n’est pas vraie en général quelle que soit la dimension
 0  d’espace. Ces considérations ne sont pas superflues ; elles donnent
des indications sur la régularité des fonctions manipulées, régula-
Si l’on considère la première intégrale définissant J ( v ) , on rité qui aura un impact sur la qualité de l’approximation obtenue
constate que l’énergie de déformation sera finie à condition que lorsque l’on discrétise des équations aux dérivées partielles par la
dv méthode des éléments finis. Le lecteur est renvoyé à [3] pour un
------- ∈ L2 ( [ 0, 1 ] ) ; de plus, en utilisant l’inégalité de Cauchy-Schwarz, complément d’information.
dx
on peut majorer l’expression de l’énergie potentielle par : On peut à présent formuler le problème de détermination du
déplacement de la corde comme le problème d’optimisation sans
contraintes suivant :
∫ ∫ ∫
1 1 2 1 2
EP ( v ) = fv dx  f dx v dx
0 0 0

 déterminer u ∈ H 0 ( [ 0, 1 ] ) tel que :
1
et, par conséquent, l’énergie potentielle du système aura un sens si  (1)
les fonctions f et v sont des fonctions de carré intégrable sur [ 0, 1 ] .  J ( u )  J ( v ), ∀v ∈ H 01 ( [ 0, 1 ] )

Remarque
Dans la majoration précédente, nous avons utilisé l’inégalité de Posons :
Cauchy-Schwarz par abus en supposant implicitement que l’espace

∫ ∫
1 du dv 1
des déplacements admissibles était un espace préhilbertien, ce que a ( u, v ) = A ------- ------- dx et L ( v ) = fv dx
l’on peut vérifier à postériori. 0 dx dx 0

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où l’application ( u, v ) → a ( u, v ) est une forme bilinéaire symétrique Or, u étant solution du problème (2), le terme a ( u, v – u ) – L ( v – u )
définie sur H 01 ( [ 0, 1 ] ) × H 01 ( [ 0, 1 ] ) et v → L ( v ) est une forme est nul, donc :
linéaire définie sur H 01 ( [ 0, 1 ] ) .
1 1
Avec ces notations, on a alors : J ( v ) = J ( u ) + --- a ( v – u, v – u ), ∀v ∈ H 0 ( [ 0, 1 ] )
2
1 or :
J ( v ) = --- a ( v, v ) – L ( v )
2

1
d (v – u) 2
--------------------- dx  0, ∀v ∈ H 0 ( [ 0, 1 ] )
1
a ( v – u, v – u ) = A
Il peut être difficile de travailler directement sur le problème de 0 dx 
minimisation ; c’est pourquoi, dans la suite, nous allons donner deux
formes équivalentes de ce même problème, l’une permettant de et, par conséquent, cette quantité étant positive, on a J ( u )  J ( v ) ,
caractériser la solution du problème de minimisation et l’autre
1
d’interpréter la solution de ce problème comme celle d’une équation ∀v ∈ H 0 ( [ 0, 1 ] ) , et u est bien solution du problème de minimi-
aux dérivées partielles linéaire.
sation (1). Pour terminer, il convient de noter que J ( v ) = J ( u ) si
1 d( v – u )
Théorème 1. Toute solution du problème d’optimisation (1) a ( v – u, v – u ) = 0 , pour v ∈ H 0 ( [ 0, 1 ] ) , ce qui entraîne --------------------- = 0 ,
dx
est solution du problème suivant :
soit ( v – u ) ( x ) = Cte pour tout x ∈[ 0, 1 ] ; or ( v – u ) ( 0 ) = ( v – u ) ( 1 ) = 0 ,
 donc la constante est nulle et on a donc J ( v ) = J ( u ) lorsque v = u , ce
 déterminer u ∈ H 0 ( [ 0, 1 ] ) tel que :
1

 (2) qui termine la preuve. ♦


 a ( u, v ) = L ( v ), ∀v ∈ H 01 ( [ 0, 1 ] )
 Remarque
La formulation (2) du problème équivalent au problème d’optimi-
Preuve ♦ sation correspond à l’application du théorème des travaux virtuels
en mécanique, le déplacement virtuel étant ici la fonction test v.
1 – Soit u la solution du problème (1) et v = u + ε w , où ε ∈  et
w ∈ H 01 ( [ 0, 1 ] ) . Remarque
La somme de deux fonctions de carré intégrable étant évidemment À ce stade de l’exposé, il est important de noter que la norme :
de carré intégrable, il en résulte que la fonction v est de carré intégra-


ble ; de même les dérivées des fonctions u et w étant de carré intégra- 1 2
v→ v = v 2(x) + d-------  dx
v
ble, la dérivée de v est également de carré intégrable ; comme de plus
0  dx  
1, [ 0, 1 ]
v ( 0 ) = ( u + ε w ) ( 0 ) = 0 et que, de même v ( 1 ) = ( u + ε w ) ( 1 ) = 0 , il
en résulte que v ∈ H 01 ( [ 0, 1 ] ) ; u étant solution du problème d’optimi-
introduite dans les espaces H 1 ( [ 0, 1 ] ) et H 01 ( [ 0, 1 ] ) , correspond en
sation et v une fonction quelconque de H 01 ( [ 0, 1 ] ) , on a, compte tenu
fait, à un coefficient de proportionnalités près, à la forme bilinéaire
de la symétrie de la forme bilinéaire :
introduite dans la formulation faible associée à l’équation.
2
ε
J ( u )  J ( u + ε w ) ⇒ J ( u )  J ( u ) + ε  a ( u, w ) – L ( w ) + ----- a ( w, w ),
  2 Corollaire 1. Si la solution du problème (1) existe, elle est
unique.
∀w ∈H 01 ( [ 0, 1 ] )
soit encore :
Preuve ♦ Il suffit de raisonner par l’absurde et de supposer que u 1
ε
2 et u 2 , avec u 1 ≠ u 2 , sont solutions du problème ; en reprenant la fin
0  ε  a ( u, w ) – L ( w ) + ----- a ( w, w ), ∀w ∈ H 0 ( [ 0, 1 ] )
1
  2 de la preuve du théorème précédent, on conclut que :

Le nombre ε étant un nombre réel de signe quelconque, de deux a ( u1 – u2 , u1 – u2 ) = 0 ⇒ u1 = u2 ♦


choses l’une :
On peut caractériser la solution du problème d’optimisation (1),
— soit ε est positif et, après simplification par ε et si de plus comme la solution d’un problème de Poisson avec conditions aux
ε → 0 par valeurs positives, on a : limites de Dirichlet homogènes ; en effet, on a le résultat suivant :
1
0  a ( u , w ) – L ( w ) , ∀ w ∈ H 0 ( [ 0, 1 ] )
Théorème 2. Soit u ∈ H 01 ( [ 0, 1 ] ) , la solution du problème (1)
— soit ε est négatif et, après simplification par ε et si de plus (ou (2)). On suppose de plus que u est deux fois continûment dif-
ε → 0 par valeurs négatives, on a : férentiable sur [ 0, 1 ] . Alors u est solution du problème suivant :
1
0  a ( u , w ) – L ( w ) , ∀ w ∈ H 0 ( [ 0, 1 ] )  d 2u
 – A ----------2- = f ( x ), x ∈ ]0, 1[
 dx (3)
On arrive donc à une incompatibilité entre ces deux inéquations 
et la seule possibilité est l’égalité, donc u est solution du problème  u(0) = u(1) = 0
(2).
2 – Réciproquement soit u solution à présent du problème (2) ; v
Preuve ♦ En effet u étant solution du problème (1), u est solution
étant un élément quelconque de H 01 ( [ 0, 1 ] ) , on peut toujours écrire du problème (2) et l’on a :
que J ( v ) = J  u + ( v – u ) , ce qui, compte tenu de la bilinéarité de
  1
a ( u , v ) = L ( v ) , ∀ v ∈ H 0 ( [ 0, 1 ] )
a ( . , . ) et de la linéarité de L ( . ) , entraîne après quelques calculs sim-
ples : soit :

∫ ∫
1 du dv 1
J ( v ) = J ( u ) +  a ( u, v – u ) – L ( v – u ) + --- a ( v – u, v – u ), ∀v ∈ H 0 ( [ 0, 1 ] )
1 1
A ------- ------- dx =
1
fv dx , ∀v ∈ H 0 ( [ 0, 1 ] )
  2 0 dx dx 0

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On peut calculer la première intégrale en effectuant une intégra- l’unicité de la solution du problème de minimisation (1) ; cette ques-
tion par parties, ce qui conduit à : tion peut cependant ne pas être abordée en première lecture, auquel
cas le lecteur est renvoyé au paragraphe 4. De plus, les critères que

∫ ∫
du ( 1 ) du ( 0 ) 1 d 2u 1 1 nous dégagerons seront utiles dans la suite de l’exposé. Nous
A ---------------- v ( 1 ) – A ---------------- v ( 0 ) – A ----------2- v dx = fv dx , ∀v ∈ H 0 ( [ 0, 1 ] ) aurons besoin, pour minimiser une fonctionnelle, de calculer sa
dx dx 0 dx 0
dérivée ; nous donnons ci-dessous la définition de la dérivée géné-
1 d u  ralisée valable dans des espaces de dimension infinie, ce qui corres-

2
1
⇒  – A ----------2- – f v dx = 0, ∀v ∈ H 0 ( [ 0, 1 ] ) pond au cas considéré dans la mise sous forme variationnelle d’une
0 dx  EDP.

ce qui entraîne :
Définition 1. Soient E et F deux espaces vectoriels normés et J
d u
2
une application définie sur un domaine D ⊂ E et à valeurs dans
– A ----------2- = f , ∀x ∈ ]0, 1[ (4) F. L’application J est F-différentiable (ou différentiable au sens
dx
de Fréchet) en tout point u de l’intérieur du domaine D, s’il existe
1 un opérateur linéaire continu A de E dans F, tel que
Comme, de plus, u ∈ H 0 ( [ 0, 1 ] ) , on a u ( 0 ) = u ( 1 ) = 0 et u est bien
solution du problème (3).
J ( u + h ) = J ( u ) + < A, h > + h E ε ( h ) , ∀h ∈ E
Réciproquement considérons l’équation (4) ; multiplions cette
relation par v ∈ H 10 ( [ 0, 1 ] ) et intégrons par rapport à x ∈ [ 0, 1 ] ; en
remontant les calculs précédents, c’est-à-dire en effectuant une inté- avec lim ε(h) F =0
h →0
gration par parties, il vient : E

L’opérateur linéaire A, noté encore J’, est appelé F-dérivée de J

∫ ∫
du ( 0 ) du ( 1 ) 1 du dv 1 1 au point u et sera noté J′( u )
A ---------------- v ( 0 ) – A ---------------- v ( 1 ) + A ------- ------- dx = fv dx , ∀v ∈ H 0 ( [ 0, 1 ] )
dx dx 0 dx dx 0
1 Remarque
Or v ∈ H 0 ( [ 0,
1 ] ) , ce qui entraîne v ( 0 ) = v ( 1 ) = 0 , et u est donc
bien solution du problème (2). ♦ On montre que si l’application J est F-différentiable au point u,
Remarque elle est alors continue en ce point. De plus on montre que la F-déri-
vée, si elle existe, est unique (voir [4]).
Les problèmes (1),(2) et (3) sont donc équivalents. Pour la formu-
lation (3), qui nécessite des hypothèses de régularité plus fortes, on
dit que u est solution au sens fort du problème. Dans la formulation Définition 2. Soit Ω un ouvert de l’espace vectoriel E. On dit
(2) du problème, les dérivées secondes des fonctions n’apparaissent que l’application J : Ω ⊂ E → F est dérivable dans Ω , si elle est
pas ; cette formulation (2) a donc un sens même si u n’est pas deux F-différentiable en tout point u de Ω .
fois continûment différentiable. On a donc affaibli le problème et la
solution du problème (2) est dite solution faible du problème.
On définit de manière analogue les dérivées d’ordre supérieur ; en
Remarque fait, nous n’aurons besoin que de la notion de dérivée seconde :
La formulation (2) du problème s’appelle aussi formulation varia-
tionnelle du problème. La démarche suivie au cours de la récipro-
que du théorème 2, à savoir multiplication de l’équation aux Définition 3. Soit J : Ω ⊂ E → F une application F-dérivable sur
dérivées partielles par une fonction test appropriée et intégration l’ouvert Ω . Si l’application dérivée J′ est F-différentiable en un
par partie sur tout le domaine Ω où est définie l’EDP, constitue la point u ∈ Ω , sa dérivée, notée J″ ( u ) , est appelée F-dérivée
mise sous forme variationnelle du problème. Cette démarche est seconde de l’application J au point u, et on dit que l’application
préalable à l’approximation par la méthode des éléments finis d’une J est deux fois F-différentiable au point u.
équation aux dérivées partielles. Nous verrons dans les sous-para-
graphes suivants le caractère général de la démarche. Exemple 1. Soit a(.,.) une forme bilinéaire symétrique de E × E dans
Remarque  et L(.) une forme linéaire de E dans  ; soit J une fonctionnelle de E
dans  définie par :
Pour construire des schémas aux différences finies, on utilise la
formulation forte du problème. Pour construire des schémas aux 1
éléments finis, on utilise la formulation faible du problème. J ( v ) = --- a ( v ,v ) – L ( v )
2
alors on a :
1
J ( v + h ) = J ( v ) + a ( v ,h ) – L ( h ) + --- a ( h ,h )
3. Analyse mathématique 2
du problème ce qui implique, par les définitions précédentes, que :
<J ′ ( v ), h > = a ( v ,h ) – L ( h ) et <J″ ( v ) ⋅ h, h> = a ( h ,h )
On a implicitement supposé, lors de l’énoncé des théorèmes 1 Ces expressions seront très utiles pour l’étude des problèmes
et 2, que la solution du problème existait ; on a ensuite montré avec d’EDP mis sous forme variationnelle.
le résultat du corollaire 1 que, si elle existait, cette solution était uni-
que. C’est un aspect important qui est ici soulevé, car cela permet Par ailleurs nous définissons, également, des propriétés de régu-
une validation partielle du modèle retenu dans la mesure où le phy- larité de la fonctionnelle à minimiser.
sicien considère toujours empiriquement que le phénomène qu’il
étudie a une solution unique. Il est certain que l’étude de l’existence
et de l’unicité de la solution d’un problème d’EDP est difficile et Définition 4. Un ensemble D 0 est convexe si et seulement si :
dépasse largement le cadre de cet article. Cependant, dans le cas du
problème modèle, on peut déduire, relativement simplement, grâce ∀x ∈ D 0, ∀y ∈ D 0, ∀θ ∈ [ 0, 1 ] ⊂  ( θ x + ( 1 – θ )y ∈ D 0 )
à l’équivalence des formulations du problème étudié, l’existence et

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Remarque qui est l’inégalité cherchée. Dans le cas où v ( b ) = 0 , on se ramène


aisément à l’un des deux cas précédents. ♦
Autrement dit, dans un domaine convexe, si deux points x et y
1
appartiennent à l’ensemble D 0 , alors le segment qui joint ces deux Exemple 2. Soit J une fonctionnelle de E = H 0 ( [ 0 ,1 ] ) dans  défi-
points est également contenu dans l’ensemble D 0 .
1
nie par J ( v ) = --- a ( v ,v ) – L ( v ) , où a(.,.) est une forme bilinéaire symé-
2
Définition 5. Soit E un espace vectoriel normé. Une fonction- 1 1
nelle J : D 0 ⊂ E →  est : trique de H 0 ( [ 0 ,1 ] ) × H 0 ( [ 0 ,1 ] ) dans  définie par :
— convexe sur le domaine convexe D 0 si :


1 du dv
a ( u ,v ) = A ------ ------ dx
∀u ∈ D 0 , ∀v ∈ D 0, ∀θ ∈ ]0, 1[ ⊂  , 0 dx dx
J ( θ u + ( 1 – θ )v )  θ J ( u ) + ( 1 – θ )J ( v )
1
et L(.) une forme linéaire de H 0 ( [ 0 ,1 ] ) dans . Un calcul direct simple
— strictement convexe sur le domaine convexe D 0 si :
permet de constater que pour θ ∈ ] 0 ,1 [ , on obtient :
∀u ∈ D 0 , ∀v ∈ D 0, u ≠ v, ∀θ ∈ ]0, 1[ ⊂  , θ(1 – θ)
θ J ( u ) + ( 1 – θ )J ( v ) – J ( θ u + ( 1 – θ )v ) = --------------------a ( u – v ,u – v )
J ( θ u + ( 1 – θ )v ) < θ J ( u ) + ( 1 – θ )J ( v ) 2
1
— uniformément convexe sur le domaine convexe D 0 s’il En travaillant dans l’espace H 0 ( [ 0 ,1 ] ) , on est dans les hypothèses
existe une constante c > 0 , telle que : du lemme 1 et on peut appliquer l’inégalité de Poincaré ; en effet on a :

∀u ∈ D 0 , ∀v ∈ D 0, ∀θ ∈ ]0, 1[ ⊂  , a ( u – v ,u – v ) = A d (u – v) 2 A d( u – v )
= ---- -------------------
2 A (u – v)
+ ---- d
2
-------------------- 2 - 2 -------------------
-
dx 0, [ 0 , 1 ] dx 0, [ 0 , 1 ] dx 0 , [ 0 ,1 ]
θ J ( u ) + ( 1 – θ )J ( v ) – J ( θ u + ( 1 – θ )v )  c θ ( 1 – θ ) u – v
ce qui implique la minoration suivante :
où . désigne la norme sur E.
a ( u – v ,u – v )  inf  ---- , ---------------------- u – v
A A 2 2
= c u–v
 2 2C [ 0 ,1 ] 1, [ 0 , 1 ] 1, [ 0 , 1 ]
Remarque
ce qui implique bien l’uniforme convexité de la fonctionnelle J ( v ) .
La notion de convexité correspond à une propriété de régularité
de la fonctionnelle, moins particulière que la notion de linéarité.
Définition 6. Une fonctionnelle J : D 0 ⊂ E →  est infinie à
Remarque l’infini si lim J ( v ) = +∞ .
v →∞
Il est clair que la convexité uniforme entraîne la convexité stricte
qui, à son tour, entraîne la convexité ; la réciproque n’est pas vrai.
Cette propriété est importante car elle garantit l’existence d’un
Nous aurons besoin, dans la suite, d’un résultat technique classi- minimum de J (cf. [4]), et nous admettrons le résultat suivant.
que, connu sous le nom d’inégalité de Poincaré :
Théorème 3. Soit E un espace vectoriel normé et J : E → 
Lemme 1. Soit v une application continue et dérivable, dont la une fonctionnelle continue. Alors si J est infinie à l’infini, J
dérivée est continue, et définie sur l’ensemble Ω = [ a ,b ] ⊂  . Si admet au moins un minimum sur E.
v ( a ) = v ( b ) = 0 ou si v ( a ) = 0 ou encore v ( b ) = 0, il existe
une constante notée C ( Ω ) telle que :
1
Exemple 3. Soit J une fonctionnelle de E = H 0 ( [ 0 ,1 ] ) dans  défi-
v 0, [ a, b ]  C ( Ω ) d v
------- 1
dx 0, [ a, b ] nie par J ( v ) = --- a ( v ,v ) – L ( v ) où a(.,.) est une forme bilinéaire symé-
2
2 1 1
où . 0, [ a, b ] désigne la norme dans L ( [ a, b ] ) . trique de H 0 ( [ 0 ,1 ] ) × H 0 ( [ 0 ,1 ] ) dans  définie par :


1 du dv
Preuve ♦ En effet, dans les deux premiers cas, on a a ( u ,v ) = A ------ ------ dx
0 dx dx


x dv
v(x) = ------- dt 1
a dt et L(.) une forme linéaire de H 0 ( [ 0 ,1 ] ) dans  donnée par


1 2
soit encore en appliquant l’inégalité de Cauchy-Schwarz : L(v) = f v dx , où f ∈ L ( [ 0 ,1 ] ) . En appliquant l’inégalité de Cauchy-
0

1 Schwarz, on a avec les notations précédentes :


---

∫ ∫ ∫
x b b 2
v(x)  dv dt  dv dt  b – a  dv 2 dt = C ( Ω ) dv
------- -------  -------  ------- L(v)  L(v)  f 0 , [ 0 ,1 ] v 0, [ 0 , 1 ]  f 0 , [ 0 ,1 ] v 1, [ 0 , 1 ]
a dt a dt a dt dx 0, [ a, b ]

2 1
En élevant au carré et en intégrant par rapport à x, il vient : car la définition des normes dans L ( [ 0 ,1 ] ) et H 0 ( [ 0 ,1 ] ) implique évi-
demment v 0, [ 0 , 1 ]  v 1, [ 0 , 1 ] . De plus, grâce au résultat développé


2 b 2 2 v 2
v 0, [ 0, 1 ] = v ( x ) dx  ( b – a ) d
------- 2
a dx 0, [ a, b ] dans l’exemple 2, on a : a ( v ,v )  c v 1, [ 0 , 1 ] et, par conséquent :

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J(v)  c v – f  v Théorème 5. Soit E un espace de Hilbert, a(.,.) une forme bili-


 1, [ 0 , 1 ] 0, [ 0 ,1 ] 1, [ 0 , 1 ]
néaire définie sur E continue et coercive et L( ) une forme
et, lorsque v est une quantité suffisamment grande, la quan- linéaire définie sur E continue. Alors le problème variationnel :
1, [ 0 , 1 ]

tité  c v 1, [ 0 ,1 ] – f 0, [ 0 ,1 ] est positive, ce qui montre que la  déterminer u ∈ E tel que :


  
fonctionnelle est infinie à l’infini et, compte tenu du résultat du théo-  a ( u, v ) = L ( v ), ∀ v ∈ E
rème 3, assure l’existence d’une solution au problème de la minimisa-
admet une solution unique.
1
tion de la fonctionnelle J ( v ) dans H 0 ( [ 0 ,1 ] )

Le problème de l’existence d’un minimum de la fonctionnelle J ( v ) Ce résultat s’applique à notre problème modèle ; en effet, on a
étant résolu, il reste à régler celui de l’unicité, ainsi que celui de la indiqué que H 01 ( [ 0, 1 ] ) , muni de la norme v → v 1, [ 0, 1 ] est un
caractérisation de la solution ; citons le résultat suivant (cf. [4]) : espace de Hilbert. Grâce à l’inégalité de Poincaré, on peut vérifier
que la forme bilinéaire a ( u, v ) est coercive par un raisonnement
analogue à celui développé dans l’exemple 2 ; de plus la continuité
Théorème 4. Soit J ( v ) une fonctionnelle strictement convexe ; découle trivialement de l’inégalité de Cauchy-Schwarz. Enfin on
alors la solution du problème : vérifie que la forme linéaire L ( v ) est continue de la même façon que
celle abordée lors de l’étude de l’exemple 3. Ce qui permet de
 retrouver l’existence et l’unicité de la solution du problème modèle.
 déterminer u ∈ H 0 ( [ 0, 1 ] ) tel que :
1


 J ( u )  J ( v ), ∀v ∈ H 01 ( [ 0, 1 ] )

est unique. De plus si la fonctionnelle est F-dérivable, la solution 4. Formulation variationnelle
u est caractérisée par l’équation d’Euler suivante :
pour diverses EDP
J′ ( u ) = 0
monodimensionnelles
L’application de ce résultat au problème modèle est immédiate
car, J ( v ) étant uniformément convexe grâce au résultat présenté
Lors de la mise sous forme variationnelle du problème modèle
dans l’exemple 2, elle est strictement convexe. De plus, compte
d’élasticité, on a transformé le problème en un problème équivalent,
tenu du résultat établi dans l’exemple 1, l’équation d’Euler se
les deux problèmes admettant la même solution. La formulation
résume ici à :
faible ne comporte pas apparemment de conditions aux limites ;
a ( u, v ) = L ( v ), ∀v ∈ H 01 ( [ 0, 1 ] ) celles-ci sont en fait incluses dans le choix de l’espace H 01 ( [ 0, 1 ] ) des
fonctions tests associées au problème considéré. Comme cela a été
qui correspond à la formulation variationnelle du problème d’EDP. Il indiqué précédemment, la démarche est générale et comporte, après
convient de noter que les résultats précédents impliquaient implici- le choix de l’espace E des fonctions tests en fonction du problème
tement que la forme bilinéaire a(.,.) soit symétrique. Le théorème de considéré, la multiplication de l’équation aux dérivées partielles par
Lax-Milgram que nous admettrons sans démonstration (cf. [5]), une fonction de E et une intégration par partie. Considérons des situa-
donne un résultat d’existence et d’unicité. Ce résultat nécessite tions distinctes de celle du problème de Poisson avec conditions aux
l’introduction de deux notions nouvelles. limites de Dirichlet homogènes considérées au paragraphe 2.
Dans la suite de ce paragraphe, f désignera une fonction de carré
Définition 7. Une forme bilinéaire a ( u, v ) définie sur un intégrable.
espace de Hilbert E est continue si :
■ Soit, à présent le problème de Poisson avec conditions aux limites
a ( u, v )  M u v , ∀u ∈ E, ∀v ∈ E de Neumann non homogènes suivant :
avec M constante indépendante de u et de v,
. norme sur E.  d 2u(x)
– -------------------
2
+ q ( x )u ( x ) = f ( x ), q ( x )  q 0 > 0 , x ∈ ]0, 1[
dx (5)
Définition 8. Une forme bilinéaire a ( u, v ) définie sur un du ( 0 ) du ( 1 )
---------------- = g 0 , ---------------- = g 1
espace de Hilbert E est coercive (ou E-elliptique) si :  dx dx
2
a ( v, v )  α v , ∀ v ∈ E
avec g 0 et g 1 données du problème caractérisant l’intensité
avec α constante indépendante de v, du flux en chacune des extrémités,
. norme sur E. q0 constante positive donnée.
Pour mettre ce problème sous forme variationnelle, on a choisi,
dans l’exemple précédent, l’espace H 01 ( [ 0, 1 ] ) , qui incluait les
Définition 9. Une forme linéaire L ( v ) définie sur un espace de conditions aux limites de Dirichlet homogènes dans sa définition :
Hilbert E est continue si : dans la situation du problème (5), on va choisir également comme
L ( v )  c v , ∀v ∈ E espace de travail un espace E de type H 1 ( [ 0, 1 ] ) . On pourrait penser
à définir comme espace de fonctions tests un espace du type :
avec c constante indépendante de v,
. norme sur E.
 dv ( 0 ) dv ( 1 ) 
E =  v ∈ H 1 ( [ 0, 1 ] ), ---------------- = g 0 , ---------------- = g 1 
 dx dx 
On peut à présent, énoncer le théorème de Lax-Milgram :

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Cependant, ce choix n’est pas possible. En effet, sans rentrer dans ■ Considérons un problème de type Poisson un peu plus général,
des détails théoriques : défini dans un domaine Ω = [ 0, 1 ] , à coefficients non homogènes et
— d’une part, sauf si g 0 = g 1 = 0, l’espace E n’est pas un espace comportant des conditions aux limites de type Fourier (ou de Robin) :
vectoriel, condition rendue nécessaire pour l’utilisation du théo-
rème de Lax-Milgram ;  d  d u(x)
— d’autre part, si v est une fonction quelconque de H 1 ( [ 0, 1 ] ) , sa  – -------  c ( x ) ----------------- + u ( x ) = f ( x ), x ∈ ]0, 1[
 dx dx
dérivée est simplement continue par morceaux et sa valeur en un  (9)
point précis (par exemple, x = 0 ou x = 1 ) peut ne pas être défi-  d u(0) d u(1)
nie.  c ( 0 ) ----------------- + k  u ( 0 ) – g 0 = 0, c ( 1 ) ----------------- + k  u ( 1 ) – g 1 = 0
 dx dx
C’est pourquoi, faute de pouvoir introduire explicitement les
1
conditions aux limites de type Neumann dans l’espace du travail on avec k > 0 , c ( x ) ∈ C ( [ 0, 1 ] ) (espace des fonctions continûment déri-
choisit E = H 1 ( [ 0, 1 ] ) comme espace de fonctions tests. Soit v une vables sur [ 0, 1 ] ) et 0 < c 0  c ( x )  c 1 . On choisit E = H 1 ( [ 0, 1 ] )
fonction de H 1 ( [ 0, 1 ] ) ; multiplions la première équation par v et comme espace de fonctions tests. Soit v une fonction de H 1 ( [ 0, 1 ] ) ;
intégrons par partie ; il vient, compte tenu de la définition des multiplions la première équation par v et intégrons par parties ; il
conditions aux limites de Neumann non homogènes : vient :


1
c(x) d u(x) d v(x)
----------------- ---------------- + uv dx
∫ ∫
1 1
d------- ------- + q ( x )uv dx =
u dv
fv dx + g 1 v ( 1 ) – g 0 v ( 0 ), ∀v ∈ H ( [ 0, 1 ] )
1
0 dx dx 
0  dx dx  0


1 d u(1) d u(0)
= fv dx + c ( 1 ) ----------------- v ( 1 ) – c ( 0 ) ----------------- v ( 0 ), ∀v ∈ H 1 ( [ 0, 1 ] ) ,
Posons : 0 dx dx

∫ ∫
1
d
1 et, compte tenu de la définition des conditions aux limites :
------- ------- + q ( x )uv dx et L ( v ) =
u dv
a ( u, v ) = fv dx + g 1 v ( 1 ) – g 0 v ( 0 )
0  dx dx 

1
c(x) d u(x) d v(x)
----------------- ---------------- + uv dx
0

avec ces notations le problème (5) s’écrit : 0 dx dx 


1
= fv dx + k ( g 1 – u ( 1 ) )v ( 1 ) – k ( g 0 – u ( 0 ) )v ( 0 ), ∀v ∈ H 1 ( [ 0, 1 ] )
 déterminer u ∈ H 1 ( [ 0, 1 ] ) tel que : 0
 (6)
 a ( u , v ) = L ( v ) , ∀ v ∈ H 1 ( [ 0, 1 ] ) Comme précédemment, posons :


1
c(x) d u ( x ) dv ( x )
On peut, à partir de la formulation (6), retrouver le problème (5) a ( u, v ) = ---------------- --------------- + uv dx + ku ( 1 )v ( 1 ) – ku ( 0 )v ( 0 )
par simple remontée des calculs et identification. 0 dx dx 

■ Considérons, à présent, un autre type de conditions aux limites, et


par exemple un problème de Poisson avec conditions aux limites


1
mêlées de type Dirichlet-Neumann : L(v) = fv dx + kg 1 v ( 1 ) – kg 0 v ( 0 )
0

 d 2u(x) Le problème (9) s’écrit alors sous la forme standard :


 – ------------------- = f ( x ), x ∈ ]0, 1[
 dx 2
 (7)
 déterminer u ∈ H 1 ( [ 0, 1 ] ) tel que :
 du ( 1 )  (10)
 u ( 0 ) = 0, ---------------dx
- = g1
 a ( u , v ) = L ( v ) , ∀ v ∈ H 1 ( [ 0, 1 ] )

et, comme précédemment, par simple remontée des calculs, les
où la solution est connue au point x = 0 et le flux est imposé à la
problèmes (9) et (10) sont équivalents.
valeur g 1 en x = 1. Soit E l’espace des fonctions tests défini par :
■ Pour terminer de passer en revue les diverses conditions aux
E = { v ∈ H 1 ( [ 0, 1 ] ) , v ( 0 ) = 0 } bords, considérons un problème aux limites muni de conditions aux
limites de type périodique, ce qui se traduit, dans le cas du problè-
Comme lors de l’étude des exemples précédents, multiplions la mes de Poisson monodimensionnel, par le problème suivant :
première équation par v ∈ E et intégrons par partie ; il vient,
compte tenu de la définition des conditions aux limites mêlées de  2
– d u(x)
type Dirichlet-Neumann non homogènes : ------------------- + qu ( x ) = f ( x ) , x ∈ ]0, 1[, ( q > 0 )
 dx
2

∫ ∫
1 du dv 1  du ( 0 ) du ( 1 ) (11)
------- ------- dx = fv dx + g 1 v ( 1 ) , ∀v ∈ E  ---------------- = ----------------
0 dx dx 0  dx dx
 u ( 0 ) = u ( 1)
Posons : 

∫ ∫
1 du dv 1
Choisissons comme espace de fonctions tests l’espace suivant :
a ( u, v ) = ------- ------- dx et L ( v ) = fv dx + g 1 v ( 1 )
0 dx dx 0
E = { v ∈ H 1 ( [ 0, 1 ] ) , v ( 0 ) = v ( 1 ) }
le problème (7) s’écrit :
La mise sous forme variationnelle du problème (11) conduit, par
 déterminer u ∈ E tel que : des techniques similaires, à la formulation suivante :
 (8)
 a ( u, v ) = L ( v ), ∀ v ∈ E
 déterminer u ∈ E tel que :
et, comme précédemment, par simple remontée des calculs, les  (12)
problèmes (7) et (8) sont équivalents.  a ( u, v ) = L ( v ), ∀ v ∈ E

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avec : la formulation variationnelle du problème (15) s’écrit alors :

∫ ∫
1
 du
1  déterminer u ∈ H 2 ( [ 0, 1 ] ) tel que :
------- ------- + quv dx et L ( v ) =
dv
a ( u, v ) = fv dx  0
0  dx dx  0  (16)
dv ( 1 ) dv ( 0 ) 2
 a ( u, v ) = L ( v ) + β ---------------- – α ----------------, ∀v ∈ H 0 ( [ 0, 1 ] )
les problèmes (11) et (12) étant, dans ce cas, encore équivalents.  dx dx

■ Par ailleurs, il existe d’autres types d’opérateurs aux dérivées Remarque


partielles que le laplacien. Considérons, par exemple, les cas du pro- Dans les problèmes précédents, nous avons simplement mis les
blème de convection-diffusion avec conditions aux limites de Diri- problèmes forts sous forme variationnelle. Nous n’avons pas cher-
chlet homogènes : ché à effectuer l’analyse du problème, qui consisterait à vérifier
l’existence et l’unicité de la solution ; cette démarche peut se faire en
 d 2u(x) du ( x ) appliquant le théorème de Lax-Milgram ; la démarche n’est pas tou-
 – ------------------- + c ---------------- + bu ( x ) = f ( x ), x ∈ ]0, 1[, b  0 jours simple et nécessite l’utilisation de résultats d’analyse fonction-
 dx
2 dx (13) nelle. Nous renvoyons le lecteur à [5] pour des renseignements

 u(0) = u(1) = 0 complémentaires sur ce type de question.

Compte tenu des conditions aux bords, l’espace des fonctions


tests étant H 01 ( [ 0, 1 ] ) , la formulation variationnelle du problème (13)
s’écrit alors : 5. Extension au cas

de problèmes d’EDP
 déterminer u ∈ H 0 ( [ 0, 1 ] ) tel que : bidimensionnels
1

 (14)
 a ( u, v ) = L ( v ), ∀v ∈ H 01 ( [ 0, 1 ] )

Soit m un entier naturel, définissant la dimension d’espace du
avec : problème d’équation aux dérivées partielles considéré. On consi-
dère la situation où Ω ⊂  m (en pratique m = 2 ou m = 3 ) ; on

∫ ∫
1 1
a ( u, v ) =  du
------- ------- + c -------v + buv dx et L ( v ) =
dv du
fv dx note de manière générale ∂ Ω la frontière de Ω , qui correspond à
0  dx dx dx  0 une variété de dimension m – 1 ; on supposera dans la suite que
d’une part Ω est borné, c’est-à-dire qu’il peut être inclus dans une
et l’on peut vérifier directement l’équivalence des problèmes (13) et boule de rayon fini et que d’autre part ∂ Ω est « régulière », par
(14). exemple continue et à variation continue et ne comportant pas de
points de rebroussement.
■ Pour terminer considérons la formulation variationnelle d’un
problème de double laplacien suivant : Dans ce paragraphe, nous allons étendre aux équations aux dérivées
partielles définies dans un domaine Ω ⊂  m les résultats obtenus aux
d 4u(x) d 2u(x) paragraphes précédents pour des problèmes en dimension 1 ; le pro-
 -------------------
4
– -------------------
2
+ u ( x ) = f ( x ), x ∈ ]0, 1[ blème considéré sera transformé en une formulation faible de manière
 dx dx à pouvoir utiliser le théorème de Lax-Milgram. Cette transformation a

 u(0) = u(1) = 0 (15) été obtenue en dimension 1 grâce à l’utilisation systématique de la for-
 2 2
mule d’intégration par parties ; il sera donc nécessaire de généraliser
 d u(0) d u(1) cette formule au cas d’une dimension supérieure à 1. De la même
 -------------------
2
= α , -------------------
2
= β
 dx dx façon, il sera nécessaire de définir, dans ce cas, les espaces de Sobolev
et, en particulier, les dérivées d’ordre élevé qui apparaissent dans ces
2 espaces de fonctions tests dont la définition est nécessaire à l’écriture
On introduit les espaces de Sobolev d’ordre 2, notés H ( [ 0, 1 ] ) et
H 02 ( [ 0, 1 ] ) et définis par : de la formulation variationnelle associée à l’équation aux dérivées par-
tielles considérée. On mesure la difficulté théorique à laquelle on est
 2
 confronté et, en toute rigueur, il faudrait utiliser la théorie des distribu-
2 2 dv 2 d v 2
H ( [ 0, 1 ] ) =  v v ∈ L ( [ 0, 1 ] ), ------- ∈ L ( [ 0, 1 ] ), ----------2 ∈ L ( [ 0, 1 ] )  tions, ce qui compliquerait l’exposé pour présenter la méthode des élé-
 dx dx  ments finis à des ingénieurs non mathématiciens.
La façon la plus simple de généraliser la formule d’intégration par
2 2
H 0 ( [ 0, 1 ] ) = { v v ∈ H ( [ 0, 1 ] ) , v ( 0 ) = v ( 1 ) = 0 } parties est d’utiliser la formule de Green suivante, qui se déduit de
2
la formule d’Ostrogradski :
Multiplions (15) par v ∈ H 0 ( [ 0, 1 ] ) et intégrons deux fois par par-
ties le terme du quatrième ordre, une fois par parties le terme du m

∫∫∫ ∫∫∫ ∫∫∫


∂u(x) ∂ v(x) ∂u(x)
second ordre ; compte tenu des valeurs aux bords des dérivées
secondes, il vient : Ω
∑ --------------
∂ xi ∂ xi
- --------------- dx = –

v ( x )∆u ( x ) dx +
∂Ω
v ( x ) --------------- ds
∂n
i=1

1 d 
∫ ∫
2 2
u d v du dv 1 dv ( 1 ) dv ( 0 ) x = ( x 1, …, x m )
 ----------2- ----------2 + ------- ------- + uv dx = fv dx + β ---------------- – α ----------------,
0 dx dx dx dx  0 dx dx
et :
2
∀ v ∈ H 0 ( [ 0, 1 ] ) m 2
∂ u(x)
Posons :
∆u ( x ) = ∑ -----------------
2
-
i=1 ∂x i

1 d  ∂u
∫ ∫
2 2 1
u d v du dv avec n normale dirigée vers l’extérieur, ------ est la dérivée
a ( u, v ) =  ----------2- ----------2 + ------- ------- + uv dx et L ( v ) = fv dx ∂n
0  dx dx dx dx  0
normale définie par :

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m
∂u(x) ∂u(x) 
∑ --------------
1
--------------- =
∂n ∂ xi
- cos ( Ox i , n ) = ∇u(x) ⋅ n  déterminer u ∈ H 0 ( Ω ) tel que :
i=1 
 a ( u, v ) = L ( v ), ∀v ∈ H 01 ( Ω )
et : 
∂u(x) ∂u(x) t
∇u ( x ) =  ---------------, …, --------------- Remarque
 ∂x 1 ∂x m 
On montre que les espaces H 1 ( Ω ) et H 01 ( Ω ) munis du produit
scalaire :
On peut écrire la formule de Green, en écriture condensée comme m

∫∫∫ ∫∫∫
∂u(x) ∂ v(x)
suit : <u, v > =

u ( x )v ( x ) dx + ∑ Ω
--------------- --------------- dx
∂x i ∂x j

∫∫∫ ∫∫∫ ∫∫∫


i=1
∂u(x)
∇u ( x ) ⋅ ∇v ( x ) dx = – v ( x )∆u ( x ) dx + v ( x ) --------------- ds
Ω Ω ∂Ω ∂n sont des espaces préhilbertiens (cf. [3]). De plus ces espaces sont
complets pour la norme associée . 1,Ω au produit scalaire < .,. >,
Si, par exemple, m = 3 , la formule de Green s’écrit : donc H 1 ( Ω ) et H 01 ( Ω ) sont des espaces de Hilbert et on vérifie que,
sous les hypothèses précédentes, on est dans le cadre du théorème
3

∫∫∫ ∫∫∫ ∫∫
∂u(x) ∂ v(x) ∂u de Lax-Milgram (cf. [3]).

∑ --------------
∂ xi ∂ xi
- --------------- dx = –

v∆u dx +
∂Ω
v ------ ds
∂n ■ Considérons, toujours dans un domaine Ω bidimensionnel, le
i=1
problème aux limites comportant des conditions aux limites de
et lorsque m = 2 , on obtient : Neumann non homogènes suivant :
2

∫∫ ∫∫ °∫
∂u(x) ∂ v(x) ∂u  – ∆u ( x ) + u ( x ) = f ( x ), sur Ω 0


∑ --------------
∂ xi ∂ xi
- --------------- dx = –

v∆u dx +
∂Ω
v ------ ds
∂n 
i=1  ∂u ( x ) (18)
 --------------- = g ( x ), sur ∂ Ω
 ∂n
■ Si l’on considère le problème analogue au problème de la corde
étudié au paragraphe 2, mais cette fois-ci en dimension m = 2 , cor- 2 2
où f ( x ) ∈ L ( Ω ) et g ( x ) ∈ L ( ∂ Ω ) ; la mise sous forme variationnelle
respondant à la situation où l’on calcule le déplacement u ( x ) d’une
s’effectue comme précédemment. On choisit ici E = H 1 ( Ω ) ; on
membrane élastique occupant au repos un domaine Ω de frontière
multiplie l’équation définie dans le domaine Ω par une fonction test
∂Ω , fixée sur sa frontière ∂Ω et soumise à une force f ( x ) perpendi-
v de H 1 ( Ω ) et on intègre sur tout le domaine Ω ; l’application de la
culaire au plan x 1 Ox 2 , on est amené à résoudre le problème de
formule de Green conduit à la relation :
Poisson avec conditions aux limites de Dirichlet homogènes
suivant :
∫∫ °∫
 ∇u ( x ) ⋅ ∇v ( x ) + u ( x )v ( x ) dx – ∂u ( x )
v ( x ) --------------- ds
Ω  ∂n
0
 – ∆u ( x ) = f ( x ), sur Ω ∂Ω
 (17)

∫∫
 u ( x ) = 0, sur ∂ Ω = f ( x )v ( x ) dx , ∀v ∈ H 1 ( Ω )
2 Ω
avec f(x) ∈ L (Ω) ,
0 soit, compte tenu des conditions aux limites :
Ω intérieur du domaine Ω .

∫∫
1
On considère l’espace H ( Ω ) , défini par :  ∇u ( x ) ⋅ ∇v ( x ) + u ( x )v ( x ) dx =
Ω 
 ∂v 

°∫ ∫∫
1 2 2
H ( Ω ) =  v v ∈ L ( Ω ), -------- ∈ L ( Ω ), i = 1, …, m  v ( x )g ( x ) ds + f ( x )v ( x ) dx , ∀v ∈ H 1 ( Ω )
 ∂ xi  ∂Ω Ω
1 Posons :
et l’espace E = H 01 ( Ω ) , sous-espace de H ( Ω ) dont les fonctions
sont nulles sur le bord ∂ Ω . Soit v une fonction test élément de
H 01 ( Ω ) ; multiplions le laplacien par v et intégrons sur Ω . Compte
tenu de la formule de Green, il vient, dans le cas m = 2 :
a ( u, v ) =
∫∫ Ω
 ∇u ( x ) ⋅ ∇v ( x ) + u ( x )v ( x ) dx

et

∫∫ ∫∫ °∫
∂u ( x )
v ( x )∆u ( x ) dx = ∇u ( x ) ⋅ ∇v ( x ) dx – v ( x ) --------------- ds
°∫ ∫∫

Ω Ω ∂Ω ∂n L(v) = v ( x )g ( x ) ds + f ( x )v ( x ) dx
∂Ω Ω
=
∫∫ Ω
f ( x )v ( x ) dx , ∀v ∈ H 01 ( Ω )
avec ces notations, le problème (18), est alors transformé en un
problème variationnel :
Or v ∈ H 01 ( Ω )
et la trace de cette fonction sur le bord ∂Ω est nulle ;
donc l’intégrale curviligne disparaît. Posons : a ( u, v ) = L ( v ), ∀ v ∈ H 1 ( Ω )

∫∫ ∫∫
Réciproquement, partant de la relation précédente, on peut
a ( u, v ) = ∇u ( x ) ⋅ ∇v ( x ) dx et L ( v ) = f ( x )v ( x ) dx remonter les calculs et, via l’utilisation de la formule de Green, on
Ω Ω
obtient la formulation forte (18). Finalement, par ce biais, on vérifie
la relation précédente s’écrit alors : donc l’équivalence du problème (18) avec le problème variationnel
suivant :
a ( u, v ) = L ( v ), ∀v ∈ H 01 ( Ω ) 1
 déterminer u ∈ H 0 ( Ω ) tel que :

Réciproquement, partant de la relation précédente, et en remon-  a ( u , v ) = L ( v ), ∀ v ∈ H 1 ( Ω )
tant les calculs, grâce notamment à l’utilisation de la formule de
Green, on constate que le problème (17) est équivalent au problème pour lequel, sous les hypothèses précédentes, le théorème de Lax-
variationnel suivant : Milgram est applicable.

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2
■ Soit le domaine borné Ω ⊂  , de frontière ∂ Ω ; on suppose de
plus que ∂Ω = Γ 0 Γ 1 ; on considère le problème de Poisson avec  déterminer u ∈ E tel que :

conditions aux limites mêlées de type Dirichlet-Neumann suivant :  a ( u, v ) = L ( v ), ∀ v ∈ E

 – ∆u ( x ) = f ( x ), sur Ω 0 Remarque
 Compte tenu, d’une part, de la définition de l’espace des fonctions
 u ( x ) = 0, sur Γ 0
 (19) tests et, d’autre part, de celle de la forme bilinéaire a(.,.) et de la
 ∂u ( x ) forme linéaire L(.), le problème variationnel associé au problème de
 --------------- = g ( x ), sur Γ 1
 ∂n
Poisson avec conditions aux limites mêlées de type Dirichlet-Neu-
mann rentre, sous les hypothèses précédentes, dans le cadre de
2 2 l’utilisation du théorème de Lax-Milgram ; cependant la vérification
où f ( x ) ∈ L ( Ω ) et g ( x ) ∈ L ( Γ 1 ) . La mise sous forme variationnelle des hypothèses de ce résultat reste délicate et nécessite l’utilisation
du problème (19) nécessite la définition d’un espace de travail E d’estimations fines d’analyse fonctionnelle (cf. [3]).
adapté à la situation, notamment compte tenu des conditions aux
limites considérées ; on choisira comme espace E un sous-espace ■ Le dernier type de conditions aux limites rencontrées pour les
de H 1 ( Ω ) . La condition aux limites de Dirichlet homogène sur Γ 0 équations aux dérivées partielles elliptiques sont les conditions de
pourra être introduite dans l’espace de travail ; cependant la condi- Fourier (ou de Robin) ; considérons donc le problème suivant, défini
tion aux limites sur Γ 1 définit la valeur de la dérivée normale sur dans un domaine borné Ω ⊂  2 , de frontière ∂ Ω :
cette partie de la frontière et ne peut être définie pour toutes les
fonctions de l’espaces H 1 ( Ω ) . On travaillera donc sur l’espace :  – ∆u ( x ) + u ( x ) = f ( x ), sur Ω 0

 ∂u ( x ) (20)
E = { v v ∈ H 1 ( Ω ), v ( 0 ) = 0 sur Γ 0 }  --------------- + b 0 u ( x ) = g ( x ), sur ∂ Ω
 ∂n
Soit v une fonction test appartenant à E ; on multiplie l’équation 2 2
avec b 0 > 0 , f ( x ) ∈ L ( Ω ) et g ( x ) ∈ L ( ∂ Ω ) . Compte tenu des condi-
définie dans le domaine Ω par une fonction test v de E et on intègre tions portant sur la dérivée normale, on choisit, comme espace de
sur tout le domaine Ω ; l’application de la formule de Green conduit travail, l’espace E = H 1 ( Ω ) . On opère de manière analogue à ce qui
à la relation suivante : a été établi précédemment ; soit v une fonction test de l’espace
H 1 ( Ω ) ; on multiplie par v et on intègre sur Ω ; compte tenu de la
∫∫ °∫ ∫∫
∂u ( x )
∇u ( x ) ⋅ ∇v ( x ) dx – v ( x ) --------------- ds = f ( x )v ( x ) dx , ∀v ∈ E formule de Green, on obtient :
Ω ∂Ω ∂n Ω

∫∫ °∫
 ∇u ( x ) ⋅ ∇v ( x ) + u ( x )v ( x ) dx – ∂u ( x )
Or, en appliquant les résultats classiques sur la théorie de l’inté- v ( x ) --------------- ds
gration, on peut décomposer l’intégrale curviligne en la somme de Ω  ∂Ω ∂n
deux intégrales curvilignes définies respectivement sur Γ 0 et Γ 1 ,
soit : =
∫∫ Ω
f ( x )v ( x ) dx , ∀v ∈ H 1 ( Ω )

°∫ °∫ °∫
∂u ( x ) ∂u ( x ) ∂u ( x )
v ( x ) --------------- ds = v ( x ) --------------- ds + v ( x ) --------------- ds

°∫
∂n Γ0 ∂n Γ1 ∂n ∂u ( x )
∂Ω Or, sous le signe , la dérivée normale --------------- est égale à
∂n
Or v appartenant à l’espace E, l’intégrale curviligne définie sur Γ 0 g ( x ) – b 0 u ( x ) ; on a donc :
est nulle ; de plus, la dérivée normale de la fonction u sur Γ 1 est
égale à g ( x ) ; donc :

∫∫  ∇u ( x ) ⋅ ∇v ( x ) + u ( x )v ( x ) dx + b
°∫ v ( x )u ( x ) ds

°∫ °∫ °∫
∂u ( x ) ∂u ( x ) Ω  0
v ( x ) --------------- ds = v ( x ) --------------- ds = v ( x )g ( x ) ds, ∀v ∈ E ∂Ω
∂Ω ∂n Γ1 ∂n Γ1

Finalement, la transformation précédente du problème (19),


conduit à l’écriture suivante :
=
∫∫ Ω
f ( x )v ( x ) dx +
°∫
∂Ω
v ( x )g ( x ) ds, ∀v ∈ H 1 ( Ω )

Posons :

∫∫ ∇u ( x ) ⋅ ∇v ( x ) dx =
∫∫ F ( x )v ( x ) dx +
°∫ v ( x ) g ( x ) ds , ∀ v ∈ E
∫∫ °∫
Ω Ω Γ1 a ( u, v ) =  ∇u ( x ) ⋅ ∇v ( x ) + u ( x )v ( x ) dx + b v ( x )u ( x ) ds
Ω  0
∂Ω
Posons
et
a ( u, v ) =
∫∫ ∇u ( x ) ⋅ ∇v ( x ) dx
∫∫
L(v) = f ( x )v ( x ) dx +
°∫ v ( x )g ( x ) ds

Ω ∂Ω
et
La transformation considérée, conduit au problème variationnel

∫∫ °∫
suivant :
L(v) = f ( x )v ( x ) dx + v ( x )g ( x ) ds
Ω Γ1
a ( u, v ) = L ( v ), ∀ v ∈ H 1 ( Ω )
on a donc la relation suivante :
Comme lors des études précédentes, on peut partir de la relation
a ( u, v ) = L ( v ), ∀ v ∈ E précédente, et via l’utilisation de la formule de Green, remonter les
calculs pour retomber sur le problème (20), ce qui montre l’équiva-
Réciproquement, de la même façon que lors de l’étude des pro- lence de ce problème avec le problème variationnel suivant :
blèmes précédents, et grâce à la formule de Green, on aboutit, en
partant de la relation précédente et en remontant les calculs, à la for-  déterminer u ∈ H 1 ( Ω ) tel que :
mulation forte (19) et on vérifie l’équivalence de ce problème avec le 
problème variationnel suivant :  a ( u, v ) = L ( v ), ∀ v ∈ H 1 ( Ω )

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qui, sous les hypothèses précédentes, rentre dans le cadre formel On considère, à présent les espaces fonctionnels suivants :
du théorème de Lax-Milgram.
Remarque  ∂v ∂ v
2

2 2 2 2
H ( Ω ) =  v v ∈ L ( Ω ), ------- ∈ L ( Ω ), ---------------- ∈ L ( Ω ), i, j = 1, …, n 
Ce contexte d’étude peut bien évidemment être étendu à des
 ∂x i ∂x i ∂x j 
situations plus générales d’opérateurs elliptiques généraux du
second ordre, définis dans des domaines bornés Ω ⊂  m ; soit A un
opérateur aux dérivées partielles du type :  
2 2 ∂v
H 0 ( Ω ) =  v v ∈ H ( Ω ), v = 0 et ------ = 0 sur ∂ Ω 
m m
∂ ∂u ( x )  ∂ n 
Au = – ∑ ∑ ∂ xi  bi, j ( x ) --------------
∂x j 
- + b 0 ( x )u ( x )
i = 1j = 1 2
Soit v une fonction test de H 0 ( Ω ) ; en multipliant l’équation
avec b i, j ( x ) et b 0 ( x ) fonctions continues et bornées sur le biharmonique (21) définie sur Ω , puis en intégrant sur Ω , on
domaine Ω . obtient :
On suppose de plus vérifiées les hypothèses d’ellipticité suivantes :

∫∫ ∫∫
b 0 ( x )  β 0 > 0, ∀ x ∈ Ω  ∆  ∆u ( x ) v ( x ) + u ( x )v ( x ) dx = 2
f ( x )v ( x ) dx , ∀v ∈ H 0 ( Ω )
m m m Ω    Ω

∑ ∑ bi, j ( x ) ξi ξj  β ∑ ξi , ∀ ξ ∈ m, ( β > 0 )


2

i = 1j = 1 i=1 Appliquons une première fois la formule de Green au premier


terme :
la dernière relation traduisant le fait que la matrice B = ( b i, j ( x ) ) de
type m × m, est définie positive. Soit f ( x ) ∈ L 2 ( Ω ) et g ( x ) une fonc-

∫∫ ∫∫ °∫
tion définie sur ∂ Ω , frontière du domaine Ω ; soit C un opérateur ∂( ∆u ( x ) )
∆  ∆u ( x ) v ( x ) dx = – ∇  ∆u ( x ) ∇  v ( x ) dx + ------------------------ v ( x ) ds,
différentiel linéaire défini sur ∂ Ω et décrivant l’une quelconque des Ω   Ω     ∂Ω ∂n
conditions aux limites précédemment rencontrées. On considère le 2
problème suivant : ∀v ∈ H 0 ( Ω )
0
 Au = f , sur Ω 2
et comme v ∈ H 0 ( Ω ), v = 0 sur le bord et par conséquent l’inté-

 Cu = g , sur ∂ Ω grale curviligne s’annule. Appliquons de nouveau la formule de
Green au terme précédent, il vient, ∀v ∈ H 02 ( Ω ) :
et soit E un espace de fonctions tests convenablement choisi,
E ⊆ H 1 ( Ω ) et muni d’une norme identique à celle de l’espace
H 1 ( Ω ) ; on peut associer au problème différentiel précédent une for-
mulation variationnelle du type :
∫∫ Ω
∆  ∆u ( x ) v ( x ) dx = –
  ∫∫ Ω
∇  ∆u ( x ) ∇  v ( x ) dx
   

∫∫ °∫
∂v ( x )
a ( u, v ) = L ( v ), ∀ v ∈ E = ∆u ( x )∆v ( x ) dx – ∆u ( x ) -------------- ds
Ω ∂Ω ∂n
où :
∂v ( x )
∫∫∫ ∫∫∫
∂u(x) et comme -------------- = 0 sur le bord, par conséquent l’intégrale curviligne
a ( u, v ) = Au ( x )v ( x ) dx + ---------------v ( x ) ds ∂n
Ω ∂Ω ∂n s’annule. Finalement l’équation aux dérivées partielles (21) se trans-
avec : forme alors comme suit :
m m
∂u(x) ∂u(x)
∑ ∑ bi, j ( x ) --------------
- cos ( Ox i ⋅ n )
∫∫  ∆u ( x ) ∆v ( x ) + u ( x )v ( x ) dx =
∫∫
--------------- = 2
∂n ∂x j f ( x )v ( x ) dx , ∀v ∈ H 0 ( Ω )
i = 1j = 1 Ω  Ω

avec n normale à Ω , dirigée vers l’extérieur, qui correspond à la formulation variationnelle associée au problème
( Ox i , n ) angle entre l’axe Ox i et n . de plaque. Posons :
Compte tenu de l’expression de l’opérateur A, on peut transfor-
mer la forme bilinéaire a ( u, v ) comme suit :
m m
a ( u, v ) =
∫∫ Ω
 ∆u ( x )∆v ( x ) + u ( x )v ( x ) dx

 
∫∫∫
∂u ( x ) ∂v ( x )
a ( u, v ) =  ∑ ∑ b i, j ( x ) --------------- -------------- + b 0 ( x )u ( x )v ( x ) dx et
Ω ∂ x ∂ x 
∫∫
i j
i = 1j = 1 L(v) = f ( x )v ( x ) dx
+ termes de bords Ω

∫∫∫
on aboutit donc à l’écriture standard :
L(v) = f ( x )v ( x ) dx + termes de bords
Ω 2
a ( u , v ) = L ( v ), ∀ v ∈ H 0 ( Ω )
■ Pour terminer, considérons l’équation d’une plaque encastrée,
soumise à des charges et dont la déformation u ( x ) est donnée par Et, comme précédemment, en partant de cette écriture et en
l’équation biharmonique suivante : remontant les calculs, on vérifie l’équivalence entre le problème (21)
et le problème suivant :
 0 2
 ∆ ( ∆u ( x ) ) + u ( x ) = f ( x ), sur Ω ⊂ 
 u ( x ) = 0, sur ∂ Ω  2
 (21)  déterminer u ∈ H 0 ( Ω ) tel que :
 ∂u ( x ) 
- = 0, sur ∂ Ω
 --------------  a ( u, v ) = L ( v ), ∀v ∈ H 02 ( Ω )
 ∂n 

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6. Conclusion où E est un espace fonctionnel (en général un espace de Hilbert et,


plus généralement, un espace vectoriel normé), a (.,.) une forme bili-
néaire continue et coercive, L(.) une forme linéaire continue. D’autres
Dans cet article, nous avons transformé des classes variées de types d’EDP peuvent être mis sous forme variationnelle. À partir de
problèmes d’EDP, associées à divers opérateurs aux dérivées par- la formulation (22), on construit une méthode d’approximation de la
tielles et aux conditions aux limites classiques, en un problème solution par éléments finis en projetant le problème (22) sur un sous-
espace de E de dimensions finies.
équivalent. Cette opération correspond à la mise sous forme varia-
tionnelle du problème d’EDP et est formulée comme suit :
Cette méthode d’approximation est décrite dans les articles [AF 504]
et [AF 505].
 déterminer u ∈ E tel que :
 (22)
 a ( u, v ) = L ( v ), ∀ v ∈ E

Références bibliographiques
[1] DAUTRAY (R.) et LIONS (J.L.). – Analyse [3] RAVIART (P.A.) et THOMAS (J.M.). – Introduc- Collection Mathématiques Appliquées, Mas-
mathématique et calcul numérique pour les tion à l’analyse numérique des équations aux son (1982).
sciences et les techniques. Tome 1 à tome 9, dérivées partielles. Collection Mathématiques [5] CIARLET (P.G.). – The finite element method
Masson (1988). Appliquées, Masson (1983). for elliptic problems. North-Holland (1978).
[2] BREZIS (H.). – Analyse fonctionnelle. Collec-
tion Mathématiques Appliquées, Masson [4] CIARLET (P.G.). – Introduction à l’analyse
(1982). numérique matricielle et à l’optimisation.

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