Cest Bien
Cest Bien
Présentation du livre
Prénom : ____________________
Auteur : _____________________________
Editeur : ____________________________
Collection : __________________________
Illustrateur __________________________
1 ) _________________________________________________________________
2 ) _________________________________________________________________
La Trousse de Sobelle
3 ) _________________________________________________________________
4 ) _________________________________________________________________
C’est bien Fiche 2
Chapitres 1, 2, 3, 4
__________________________________________________________________
__________________________________________________________________
__________________________________________________________________
1) Titre : ___________________________________________________________
___________________________________________________________________
C’est bien Fiche 3
Chapitres 5, 6, 7, 8
___________________________________________________________________
c) Les m________________
__________________________ .
___________________________________________________________________
1 Pêcher la friture
1) Quel est le passe-temps du narrateur
* le bowling * les billes * la pêche à la ligne
* les quilles * le billard * le flipper
___________________________________________________________________
4) A quoi servent les petits plombs sur le fil de nylon (2 réponses possibles)
Une _______________________________________________________________
___________________________________________________________________
L S S C S S S
La Trousse de Sobelle
N R V S S M L
D V G T R N Q L L
___________________________________________________________________
3) Dans cette liste, barre l’intrus (celui qui n’est pas un personnage)
___________________________________________________________________
___________________________________________________________________
7) Entoure le type de magazine qui n’a pas été cité dans le texte.
* Un hebdomadaire * un mensuel
* un bimensuel * un quotidien
8) Pourquoi le magazine n’arrive-t-il pas à la date prévue ?
___________________________________________________________________
___________________________________________________________________
1 Les 4 histoires :
1) Elles ont deux points communs. Lesquels ?
* Les boissons * les sports * la nourriture
* Les liquides * l’argent * la foule
___________________________________________________________________
___________________________________________________________________
6) Quelles sont « les deux merveilles » qui restent gravées dans la tête du
narrateur ?
1 Les 4 histoires :
1) Dans chaque histoire, si le narrateur est un acteur et actif écris A, s’il
est spectateur et passif écrit P
___________________________________________________________________
___________________________________________________________________
___________________________________________________________________
1 Les 4 histoires :
Sous quel titre général peut-on regrouper ces 4 histoires ?
___________________________________________________________________
a) La voiture _______________________________________________________
b) Le chauffage ______________________________________________ parce
que papa _______________________________________________________ .
___________________________________________________________________
2) Complète ces listes de lieux. Indique le nom des pays pour la ligne a)
continent _________________________ .
3) Afin de clore la liste des continents, écris pour chacun trois noms de
pays « qui te font rêver. »
* En Asie : __________________________________________________________
* En Océanie : _______________________________________________________
1 Les 4 histoires :
1) Elles ne semblent pas avoir de point commun. Pourtant, dans chacune, un
sens est plus particulièrement concerné.
Ecris : la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût ou le toucher
2) Quels sont les deux sens qui n’ont pas été évoqués.
___________________________________________________________________
___________________________________________________________________
Mais que dit-elle pour l’inciter à lire ?
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4) Remets les groupes de mots dans l’ordre pour retrouver une phrase de
la grand-mère du narrateur. N’oublie pas la majuscule et le point.
La Trousse de Sobelle
pour plaire – pour ne pas déplaire – quand on est veille, - on se fait belle –
quand on est jeune, - on se fait belle
___________________________________________________________________
___________________________________________________________________
C’est bien Fiche 11
Chapitres 37, 38, 39, 40,41
___________________________________________________________________
3) Entoure en rouge le nom des personnes qui sont contre le projet des
enfants et en jaune ceux qui sont pour.
___________________________________________________________________
___________________________________________________________________
2 Les 5 histoires :
Sous quel titre général peut-on regrouper ces histoires ?
___________________________________________________________________
___________________________________________________________________
Il fait si bon dans la cuisine, et puis il y a ces odeurs qui se mélangent : l'orange
du goûter, les légumes de la soupe... Tant pis pour les maths. On y reviendra
plus tard. On attaque la leçon d'histoire. Noblesse, clergé́, tiers état. Les mots
coulent bien. Sur le dessin, la Bastille n'est pas si terrible. Par contre, au Jeu de
paume, tous les hommes noirs et gris ont des yeux farouches, et la scène est
plutôt lugubre. - Allons, tu dois la savoir, maintenant ! Je t'interroge.
On n'écoute pas vraiment ce que les parents disent. On n'apprend pas vraiment
ses leçons. On se sent un peu flottant, comme si on n'existait plus, comme si on
devenait la toile cirée, les légumes de la soupe, le livre d'histoire - comme si on
devenait un soir d'hiver à la maison. C'est bien, dans les cuisines.
La Trousse de Sobelle
C’est bien Chapitre 2
Toute la vie en était changée. D'un côté́, cela faisait vivre les choses plus fort. On
se disait : " je vais profiter à fond de mon mercredi chez Sébastien. Et le soir, au
repas, je dirai ma note. "
Au début, ce n'était pas trop grave, un problème raté, ça arrive, mais les jours
passaient, et le 3 se promenait sur toutes les idées, tous les moments :
" Mon dernier cours de piano avant d'annoncer mon 3."
" Mon dernier poulet rôti- frites avant d'annoncer mon 3."
Bien sûr, on se répète les phrases des parents, faute avouée est à moitié
pardonnée, il ne faut rien cacher à ceux qu'on aime, etc. Mais ça, ce sont des
mots, et plus on les répète dans sa tête, plus ils paraissent froids et vides,
inutiles. Si seulement les parents pouvaient se contenter de vous punir, dans ces
cas-là. Mais on sait bien. Ils disent :
- Au prochain contrôle en dessous de 5, tu seras privé de télé́ le mardi soir !
S'ils tenaient le contrat, ce ne serait pas terrible. On serait embêté, sans plus. Ça
serait comme un marché ; on aurait même l'air d'être la victime Mais les parents
ne tiennent pas souvent parole. Ils oublient de vous punir, et vous, vous restez là,
avec tout le remords. Ils ont de la peine, et vous, vous n'êtes qu'un enfant gâté
qui ne sera même pas privé de télé́. En fait, le mieux, c'est quand ils vous disent :
- je veux que ce soit la dernière fois, c'est entendu ?
On fait très vite " oui, oui ", la tête rentrée dans les épaules. On a l'air lourd,
immobile, mais à l'intérieur on se sent tout léger.
Au lieu de vivre derniers moments, on va vivre, tout simplement. On va s'endormir
sans problème, avec un album de BD et il n'y aura plus tous ces 3 en maths qui
rentraient dans le bureau de Gaston, chaque fois que Fantasio se mettait en
colère. C'est bien, quand on vient d'annoncer une mauvaise note.
La Trousse de Sobelle
C’est bien Chapitre 3
Avant de partir, on avait rangé beaucoup mieux que d’habitude : les albums de
Tintin, d’Astérix et du Marsupilami paraissent tout neufs et puis, ça fait
longtemps qu’on ne les a pas lus. On reprend l’Etoile mystérieuse, et c’est très
bien, cette atmosphère un peu étrange au début, avec la chaleur anormale qui
règne dans la ville. Milou reste les pattes collées dans l’asphalte avant que
Tintin ne vienne le délivrer.
Dehors, il pleut, on entend de grosses gouttes qui s’écrasent contre les vitres.
On est allongé sur son lit avec l’album de Tintin et on n’a même pas tellement
envie d’avancer dans l’histoire – seulement de rester comme ça, avec
l’ambiance très forte du début. Près de soi, on a son ours qui regarde fixement
l’armoire. Bien sûr, on est trop grand pour le prendre partout en vacances,
mais on voit bien : cela lui fait plaisir qu’on soit rentré et son silence est très
doux.
Tout à l’heure, on ira faire des courses de rentrée. C’est un peu comme l’album
de Tintin : tout revient vers d’autres couleurs, le blanc, le marron, le jaune pâle.
Maman a dit :
- Ne compte pas sur moi pour t’acheter tous ces gadgets hors de prix !
Mais ce n’est pas tellement des gadgets et mots publicitaires sur les trousses
ou les cahiers de textes qui font envie. Non, ce qui est bien, c’est le bleu léger
des lignes sur les cahiers où l’on n’a rien écrit encore, c’est l’odeur de la colle
blanche et les tubes de peinture neufs, toujours blancs avec une petite bande
de couleur au milieu. On a du mal à dévisser le capuchon noir la première fois,
pour regarder si la couleur est vraiment celle de la bande. Rose tyrien, terre de
Sienne, bleu cobalt.
Aller à Roland-Garros
Très tôt, à sept heures, mais, ce matin, pas de problème pour se réveiller !
Dans son sac à dos, on a des super sandwichs au pain de mie, un avec du
concombre, un autre avec du jambon, un troisième au fromage, tous emballés
dans du papier d'aluminium. Deux canettes de Coca ; on se dit qu'on attendra
d'être au stade pour boire la première, mais ça va paraître long !
Heureusement, dans le car, on est à côté d'une bonne copine. Elle ne sait pas
compter les points au tennis, alors on lui explique et on se sent très important,
mais ce n'est pas facile.
- Pourquoi quinze, trente, quarante ?
- Parce que c'est comme ça.
Louis croit faire le malin en répondant que c'est un roman d'Alexandre Dumas,
et on est très fier de dire « Non non, les Mousquetaires sont des vieux
champions de tennis français ».
- Voilà, reprend la maîtresse. Mais Louis a raison quand même. Si par hasard
vous perdez le groupe, rendez-vous à 16h30 au plus tard à côté de cette statue-
là, celle de Jean Borotra. Vous vous rappellerez ? Vous avez tous une montre ?
Mais, rassurez-vous, on va rester ensemble.
Au début on est un peu déçu parce qu'on n'a pas le droit d'aller sur le court
central celui qu'on voit à la télé avec les terrasses des commentateurs. Mais la
maîtresse nous emmène sur un court où on est assis tout près des joueurs. En
plus, il y a un jeune Français qui gagne en trois sets, et comme il n'y a pas trop
de monde il signe des autographes à toute la classe à la fin du match. On a
bien fait de prendre un petit carnet.
un feutre sur la balle géante. Il faut dire qu'il a gagné le match, et on a beau se
répéter qu'il fait ça surtout pour s'amuser, on a du mal à le croire quand on
voit ses coups. Ce soir, en regardant la balle jaune, c'est Papa qui va être
surpris !
C’est bien Chapitre 6
Pêcher la friture
Pas la pêche au gros poisson, avec un moulinet, les jambes dans l'eau et une
longue attente. Non, ce qui est bien, c'est la friture : goujons, ablettes, petits
gardons. Pas besoin d'un matériel bien compliqué : une seule ligne suffit, avec
une canne pas trop longue de toute façon, on va pêcher à un mètre du bord,
deux au maximum s'il y a des racines.
On est dans sa chambre, c'est l'hiver. Les volets sont bien fermés. On entend le
vent qui souffle au-dehors. Les parents sont allés se coucher, eux aussi. Ils
croient qu'on a éteint depuis longtemps. Mais on n'a vraiment pas envie de
dormir. On a juste gardé la lumière de la petite lampe de chevet qui fait un
cercle jusqu'au milieu des couvertures.
Mais le plus effrayant, c'est quand les autres pirates débarquent dans le pays
à la recherche de leur ancien complice. C'est une nuit de pleine lune, et l'aveugle
donne des coups de canne sur la route blanche en criant :
- N'abandonnez pas le vieux Pew, camarades ! Pas le vieux Pew !
Pas un magazine quotidien – c’est trop facile de savoir qu’il va être là chaque
jour dans la boîte aux lettres, comme dans un distributeur automatique. Pas
même un hebdomadaire, parce qu’alors il arrive toujours le même jour de la
semaine, et ce n'est plus une surprise. Mais un mensuel, c'est bien. Chaque fois,
on se dit :
- Je vais faire semblant d'avoir oublié que j'étais abonné. Comme ça le journal
arrivera par magie, un matin.
Mais un mois, c'est long, et chaque fois on est obligé d'y repenser, de trouver
que c'est bizarre, un peu inquiétant, cette attente infinie - est-ce que Papa a
bien pensé à envoyer le bulletin de réabonnement à prix réduit qu'on avait
rempli soi-même et posé en évidence sur le bureau ?
C'est ce moment-là qui est le meilleur. On savoure la petite étiquette avec son
nom et son adresse tapés à la machine, comme si on était un personnage
officiel. On monte dans sa chambre. Maman lance dans l'escalier :
- Il y avait quelque chose au courrier ?
Et on répond avec un ton détaché :
- Non, rien, juste mon magazine de tennis.
On attend encore un peu pour déchirer le
plastique transparent, mais on a lu à
travers les lettres noires bordées de blanc :
La Trousse de Sobelle
C’est bien Chapitre 20
Les parents n'aiment pas trop ça. Ils disent que la nourriture n'est pas bonne,
mais on sent bien que ce n'est pas cela qui les ennuie le plus. Non, ce qu'ils
n'aiment pas, c'est les couleurs, le style, la vie américaine. On n'insiste pas trop
- c'est très bon de sentir que les parents détestent cet endroit : du coup, on a
beaucoup plus envie d'y aller soi-même. Et puis un jour, en sortant du cinéma, il
est déjà tard pour aller dans un vrai restaurant, il n'y a rien à manger à la
maison, et voilà, les parents sont d'accord pour le fast-food - on n'aurait
jamais pensé qu'ils se laisseraient faire aussi facilement.
Au fast-food, tout est bien, et même déjà, cette façon de faire la queue en
plusieurs rangs. On a tout le temps de choisir sur les panneaux entre les
différents hamburgers et de lire les noms de ces desserts mirobolants :
strawberry sundae, lemon sundae. Au bout de chaque file, il y a une serveuse
avec un képi en papier, vraiment comme dans certains films américains - s'il n'y
avait pas les couleurs chaudes et gaies, on pourrait se croire dans une histoire
policière. Tout est orangé, rouge, jaune brillant - difficile de croire que dans la
rue c'est l'hiver et la nuit.
Ce qui est très dur, au fast-food, c'est de choisir vite entre grand Coca, Coca
normal, grande portion de frites, petite portion. On n'avait pas fait attention à
toutes ces différences, et c'est quand on se trouve juste devant la serveuse
qu'il faut se décider. Enfin voilà, on a son plateau avec le hamburger
curieusement emballé dans une sorte de coque en plastique. Mais le mieux, c'est
peut-être les frites.
Elles sont disposées dans un étui en carton qui ressemble à une boîte de
cigarettes, et elles n'ont plus du tout l'air de frites habituelles. Pour le Coca,
c'est pareil. On a bien fait de prendre un grand Coca. Le pot de carton rouge et
blanc est protégé par un couvercle. Avec une paille coudée, on perce le
couvercle au centre - il y a une petite croix au bon endroit.
Quand on remue le pot, on entend des glaçons qui s'entrechoquent. C'est comme
un trésor de Coca mystérieux et glacial si on attend pour le boire. On se trouve
une petite table libre sous une lampe qui descend très bas. On mange, on boit,
ça passe un peu trop vite, mais on garde ces deux merveilles dans la tête : un
Coca invisible et sa banquise de glaçons, un étui de frites à cigarettes.
La Trousse de Sobelle
C’est bien Chapitre 23
Faire un spectacle de
marionnettes
On a une copine qui a une petite sœur, Léa. Pour les cinq ans de Léa, il y a une
fête chez elle, un goûter, avec une dizaine d'élèves de sa classe. Et là, on a une
idée. Si on leur préparait une séance de marionnettes ? On arrive chez Léa au
début de l'après-midi. Les petits jouent à la balle au prisonnier dans le jardin.
Ils ont les joues toutes rouge parce qu'il fait froid, malgré le soleil. Avec la
sœur de Léa, on monte dans une chambre, sans rien dire aux petits, c'est un
secret. On a retrouvé une vieille marionnette de la mère Michu et une autre de
Gnafron, qui n'ont pas servi souvent.
La sœur de Léa a un Guignol et une souris avec un chapeau jaune et noir pas
tout à fait une marionnette, mais on peut mettre la main dedans. Sur l'armoire,
au-dessus des boîtes de jeux de société, on va chercher le castelet avec ses
rideaux rouges. On l'installe sur le bureau, et on commence à inventer une
histoire. On n'a pas besoin d'imaginer tous les détails. Il faut juste savoir que
c'est Guignol qui commence le spectacle, et Gnafron arrive en disant qu'il a vu
un monstre qui ressemble à une grande souris avec un chapeau pointu, mais
Guignol lui répond qu'il a trop bu... La suite, ça viendra tout seul, il faut juste
imaginer la réaction de la mère Michu.
Ce qui serait bien, c'est d'avoir un décor, ou plutôt deux : une rue avec des
immeubles, un réverbère, et puis un autre avec une salle d'auberge, des poutres
au plafond. En les punaisant derrière, sur l'armoire, juste à la bonne distance,
ça ferait de l'effet. Heureusement, on trouve des grandes feuilles de papier à
dessin et on fait chacun son décor, à la gouache - le sien est beaucoup mieux. Il
faut se dépêcher, car les petits sont déjà rentrés pour le goûter. Quand Léa
vient juste de souffler ses cinq bougies, on descend dans la salle et on leur
annonce le spectacle. Ils poussent tous des cris de joie, enfin presque tous,
parce que, avec le grand air et les gâteaux, certains paraissent un peu fatigués
déjà. Mais ils nous suivent dans la chambre. On les installe sur le lit et sur des
chaises - il ne faut pas qu'ils soient assis par terre, sinon ils nous verraient
par-dessous.
Ça, on a du mal à y croire. Et puis ça tombe vraiment bien - on n'avait pas trop
appris ses leçons. Les parents n'ont pas l'air réjoui, par contre. La voiture ne
démarre pas, et Maman s'inquiète pour le chauffage - Papa a oublié de mettre
de l'antigel dans le fioul. Mais, pour les enfants, c'est merveilleux. On met trois
gros pulls l'un sur l'autre, et on sort faire un tour. Dehors, c'est encore plus
beau que quand il a neigé. On rencontre des copines et des copains. Il y a trop
de glace pour faire une glissade - on ne peut pas prendre son élan. Mais on se
pousse un peu, on chahute - pas longtemps, parce que ça fait vraiment mal de
tomber.
Il n'y a pas grand-chose à faire, par ce temps étrange. On avance à tout petits
pas, comme des vieux. Le paysage est tellement extraordinaire qu'au bout d'un
moment on a surtout envie de se taire, et de regarder. Chaque branche d'arbre
est enfermée dans une colonne de glace. De temps en temps, on entend un bruit
sec et il faut vite s'écarter c'est une branche qui vient de tomber. Le ciel est
tellement bleu qu'on se croirait en plein été - en même temps, on a les oreilles
qui piquent, et le bout du nez. On a l'impression d'avoir les yeux qui tremblent.
Cela fait longtemps sans doute que le planisphère est accroché là. Il paraît
que, depuis, la Haute-Volta s'appelle Burkina Faso, mais c'est le monde quand
même. Les lacs et les rivières sont bleu pâle, et les océans plus pâles encore.
Les montagnes sont jaune moutarde, les déserts jaune citron. En vert, ça doit
être les forêts, mais les plaines aussi en France !
Tous les pays, tous les continents sont enfermés dans un quadrillage de lignes
bleu foncé - les méridiens et les parallèles. Le planisphère est accroché là, mais
on ne s'en sert presque jamais. C'est peut-être pour ça qu'on a presque oublié
qu'il est là pour la géographie. En fait, le planisphère, c'est ce qu'on regarde en
rêvassant quand on a terminé un devoir. Pendant les leçons aussi, quelquefois,
on se met à voyager sur ces couleurs et sur ces noms : Antananarivo, Addis-
Abeba, Zanzibar, Dar es-Salaam.
Pour l'Amérique, un des noms qu'on préfère est Belo Horizonte, et aussi Medellín,
qui n'a pas du tout l'air d'un nom de là-bas. Detroit, Boston, Baltimore... mer des
Tchouktches, mer de Baffin, îles Aléoutiennes... Au début, on pense encore au
nord, au sud, à la chaleur ou à la glace. Mais, peu à peu, on y met des choses
qu'on a dans la tête. Ce grand désert jaune citron, près de la Méditerranée,
c'est le rendez-vous chez le dentiste, mercredi prochain, et la peur du dentiste
devient jaune citron, aussi grande et aussi enfermée que le Sahara. Le vert pâle
qui couvre une bonne partie de l'Europe se met à flotter. Vert pâle on est un peu
amoureux, c'est si doux, si tranquille sur la carte, à peine acidulé.
Aller à l’étranger
Évidemment, ce n'est pas une grande aventure de passer de France en Belgique,
mais les parents ont beau dire qu'on s'en aperçoit à peine, c'est quand même
magique. Dès qu'on est en Belgique, ce qui est extraordinaire, c'est de voir que
tout a changé d'un seul coup: la route est belge, et l'herbe, et même les nuages
gris dans le ciel. Au bord du petit canal qui longe la route, des pêcheurs sont
abrités sous de grands parapluies complètement belges, et la patience des
pêcheurs est tout à fait belge, elle aussi.
Si tout bascule tout à coup dans un univers différent, c'est bien sûr à cause des
idées qu'on a en tête, mais pas seulement : ce sont les panneaux indicateurs qui
transforment tout. Oui, les panneaux métalliques sagement plantés sur le bas-
côté ont un pouvoir étrange. Au premier croisement, l'un d'eux indique « Rijsel »,
dans la direction que l'on quitte.
- Qu'est-ce que c'est, « Rijsel » ?
Et la, c'est incroyable : on vous dit que « Rijsel », en fait, c'est « Lille », Oui, «
Lille », ce nom tellement français qui fait surgir aussitôt des images familières
à la fois chaudes et sombres, l'image d'une rivière, du charbon, et d'un café
plein de lumière et de fumée. Mais « Rijsel » ne peut pas vraiment être « Lille ».
C'est forcément autre chose, une autre façon de vivre dans les villes, et même
une autre ville.
« Rijsel », c'est à la fois plus fruité et plus rugueux que « Lille », c'est beaucoup
mieux, beaucoup plus fort, puisque c'est différent, que c'est ailleurs. Peu à peu,
on s'habitue aux panneaux bleu et blanc de l'autre vie. Mais il reste quand
même, au-delà des couleurs, un petit écart dans le mot lui-même, et c'est ça qui
fait tout le mystère du voyage. On devait aller à Bruges et à Ostende. En fait,
on va à « Brugge » et à « Oostende ».
C'est bien de discuter avec sa grand-mère. Pas assis dans le salon, mais en
faisant un trajet avec elle, par exemple en rentrant du marché. On croit
toujours que les gens âgés aiment parler de leurs souvenirs, du temps passé.
En fait, on ne parle jamais de ça avec sa grand-mère. Parfois, elle pose des
questions sur l'école, mais ça ne devient pas un interrogatoire - on n'aimerait
pas ça. Non, parler avec sa grand-mère, ce n'est pas rappeler l'immense
différence d'âge que l'on a avec elle : C'est tout le contraire.
On avance, on porte le sac le plus lourd. Elle a protesté un peu, mais elle s'est
laissé faire. De temps en temps, on prend une cerise - on ne les mange pas
toutes quand même. On n'a pas besoin de chercher des sujets de conversation.
Ça vient tout seul, comme si c'était une copine, mais c'est juste un peu plus
grave, un peu plus doux. C'est comme si on entendait sous chaque phrase : on
peut papoter comme ça sans effort simplement parce qu'on s'aime beaucoup.
On parle d'une émission de télé ou d'un chanteur. Elle connaît, parce qu'elle a le
temps de regarder la télévision ou d'écouter la radio, même si elle préfère lire
le journal. Elle ne fait pas de morale en disant « Il faudrait absolument que tu
lises davantage » mais plutôt : « Tiens, l'autre jour, je relisais Le Petit Prince. Je
me disais que ça te plairait peut-être. En tout cas, tu es capable de le lire
maintenant. »
Du coup, on a très envie de lire Le Petit Prince, déjà pour pouvoir en parler une
autre fois en rentrant du marché. Il suffit de commencer à parler d'un sujet, et
ça s'en va dans tous les sens, tranquillement.
Il y a des grands-mères qui font plein d'activités, beaucoup de sport, et qui
disent tout le temps qu'il faut rester jeune et être en forme. On n’a pas de
grand-mère comme ça. On n’a pas une grand-mère qui dit : « Il faut. »
Juste une grand-mère qu'on trouve très jolie quand elle vient d'aller chez le
coiffeur, et quand on lui en parle elle répond :
- Quand on est jeune, on se fait belle pour plaire ; quand on est vieille, on se fait
belle pour ne pas déplaire.
On proteste, bien sûr, en lui disant qu'elle sera toujours jeune, et en fait on le
pense vraiment. On n'est pas vieille quand on parle comme ça avec ses petits-
enfants. On n'est pas vieille quand aller faire le marché est comme une petite
fête, même si on s'arrête un peu sur un banc parce qu'il fait chaud. On ne sait
plus trop quelle heure il est. On ne sait plus trop que le temps passe. On peut
même se taire. On est vraiment ensemble.
C'est bien, l'amitié d'une grand-mère.
La Trousse de Sobelle
C’est bien Chapitre 37
On les a posés sur les côtés - le fond, c’était le mur du jardin - et on a demandé
à Grand-Mère si elle n'avait pas des vieux draps pour faire le toit. Les grands-
mères sont fabuleuses pour ça : elles ne jettent rien, et elles ont toujours des
bouts de tissu qu'elles gardent sans doute exprès pour les jeux des enfants : La
cabane n'était pas formidable. Il ne fallait pas trop chahuter, sinon tout
s'écroulait à chaque fois. Difficile d'imaginer qu'on était des trappeurs du Grand
Nord ! Mais on a eu une idée géniale : y passer la nuit ! On a d'abord parlé entre
nous, en secret. On pensait que les parents n'accepteraient jamais. Mais, au
dîner, on a été très surpris. Bien sûr, Maman a dit tout de suite : Vous savez,
vers quatre heures du matin, vous allez avoir très froid ! Mais Grand-Père a
répondu :
- Mais non ! Les nuits sont douces. Moi, si je n'avais pas mes rhumatismes, j'irais
bien dormir dans votre cabane !
Ça, on a trouvé que c'était une super idée, et on voyait que Grand-Père était
vraiment tenté, mais Grand-Mère s'est fâchée tout rouge en disant qu'il allait
attraper la mort. Un peu penaud, Grand-Père a renoncé en bougonnant. Du
coup, on a changé de sujet, et, pour nous, c'était gagné. Le soir, les adultes sont
restés longtemps sous les étoiles. Pour une fois, on aurait bien aimé qu'ils
aillent se coucher tôt, mais on aurait dit qu'ils faisaient exprès de prendre le
frais très tard, comme s'ils étaient presque jaloux de nous. Pendant ce temps-
là, on gonflait les matelas pneumatiques, on prenait des plaids à carreaux
dans les voitures, et les couvertures de nos lits, en promettant qu'on les
referait nous-mêmes. Et puis voilà. On s'est retrouvés seuls dans la nuit. Au
début, on a raconté des histoires et on a pris des fous rires.
Prénom : ____________________
Editeur : Sed
Illustrateur Vivilablonde
Nombre de chapitres : 41
La vie est faite de tous ces petits instants de bonheur, doux, souvent
Savourer quelques pages pour retrouver le goût des plaisirs de tous les
1 ) _________________________________________________________________
2 ) _________________________________________________________________
La Trousse de Sobelle
Correction individuelle
3 ) _________________________________________________________________
4 ) _________________________________________________________________
C’est bien Fiche 2
Chapitres 1, 2, 3, 4
c) Les miettes
4) A quoi servent les petits plombs sur le fil de nylon (2 réponses possibles)
Une friture
Il plonge
L E S S E C O U S S E S
N E R V E U S E S A U M I L I E U
D U V O Y A G E T R A N Q U I L L E
3) Dans cette liste, barre l’intrus (celui qui n’est pas un personnage)
Parce qu’il y a trop de dialogues et que Sherlock Holmes est trop sûr de lui.
Roger Federer
7) Entoure le type de magazine qui n’a pas été cité dans le texte.
* Un hebdomadaire * un mensuel
* un bimensuel * un quotidien
8) Pourquoi le magazine n’arrive-t-il pas à la date prévue ?
1 Les 4 histoires :
1) Elles ont deux points communs. Lesquels ?
* Les boissons * les sports * la nourriture
* Les liquides * l’argent * la foule
6) Quelles sont « les deux merveilles » qui restent gravées dans la tête du
narrateur ?
* Un coca invisible et sa banquise de glaçons
* Un étui de frites à cigarettes
C’est bien
Lecture Fiche 7
suivie CM2
Chapitres 21, 22, 23, 24
Prénom : ________________
1 Les 4 histoires :
1) Dans chaque histoire, si le narrateur est un acteur et actif écris A, s’il
est spectateur et passif écrit P
Un spectacle de marionnettes
C’est Léa la reine de la petite fête parce que c’est son anniversaire.
1 Les 4 histoires :
Sous quel titre général peut-on regrouper ces 4 histoires ?
2) Complète ces listes de lieux. Indique le nom des pays pour la ligne a)
a) Lille (en France), Bruges, Ostende (en Belgique) se situent sur le
continent européen.
b) Le Burkina Faso, Addis-Abeda, Dar es-Salaam, le Sahara et l’archipel de
Zanzibar appartiennent au continent africain.
c) Baltimore, Détroit, Boston, Belo Horizonte, Medellin se situent sur le
continent américain.
3) Afin de clore la liste des continents, écris pour chacun trois noms de
pays « qui te font rêver. »
* En Asie : __________________________________________________________
L’enseignant de
corriger
* En Océanie : _______________________________________________________
Prénom : ________________
1 Les 4 histoires :
1) Elles ne semblent pas avoir de point commun. Pourtant, dans chacune, un
sens est plus particulièrement concerné.
Ecris : la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût ou le toucher
* L’autoroute la nuit : la vue
* Discuter avec sa grand-mère : l’ouïe (la vue)
* Sentir Noël : l’odorat
* Avoir un téléphone portable : l’ouïe
2) Quels sont les deux sens qui n’ont pas été évoqués.
Le goût, le toucher
4) Remets les groupes de mots dans l’ordre pour retrouver une phrase de
la grand-mère du narrateur. N’oublie pas la majuscule et le point.
pour plaire – pour ne pas déplaire – quand on est veille, - on se fait belle –
quand on est jeune, - on se fait belle
Quand on est jeune on se fait belle pour plaire ; quand on est vieille, on se
fait belle pour ne pas déplaire.
C’est bien
Lecture Fiche 11
suivie CM2
Chapitres 37, 38, 39, 40,41
Prénom : ________________
3) Entoure en rouge le nom des personnes qui sont contre le projet des
enfants et en jaune ceux qui sont pour.
2 Les 5 histoires :
Sous quel titre général peut-on regrouper ces histoires ?
Le repos