Situation des systèmes oasiens en régions chaudes
Situation des systèmes oasiens en régions chaudes
INTRODUCTION
:;2::
.... . Les oasis dans le monde ont joué,
... àtravers leur histoire,différentesfonctions d'escale, d'échange,
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de refuge et de production. Eles font vivre actuellement environ 10 millions d'habitants dans
;i:: ... différentspoints du globe ; certaines d'entre ellesse développent, d'autressont en crise.
.i.
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...... Un bilan rapide de la situation des oasis dans le monde etde leur production dattière permet
:X'.... de
.. .
?:.: ... mieux comprendre le rôledes oasis actuellement. Dune typologie
i?._.. des systèmes deproduction
.. ...
..... .: ..oasiens, se dégagent quelques critères
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qui permettent de les caractériser et
de les différencier.
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...... .,.
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..... ...
... ... Cet article passe en revue rapidement les problèmes à prendre en compte pour sauvegarder,
..... . réhabiliter, développerles systèmes deproduction oasiens, pour créer de nouvelles oasis.
iiiiiii
Utilisé par le géographe Hérodote (Livre111, Thalie) vers450 avant J.C., le mot CCoasisn dérive de
I'égyptien ancien. Ce même mot se retrouve dans le copte, le libyco-berbère et signifieà l'origine
de Kharga en Egypte (MUNIER,
lieu habité. Hérodote parlait d'oasis pour décrire l'agglomération
1973).
Les auteurs sont tous membres du GRIDA0 (Groupe de Recherche et d'Information en Agronomie Oasienne)
Les oasis peuvent se définir comme des espaces cultivés intensivement dans un milieu désertique ou fortement marqué par l'aridité
(définition reprise par LACOSTE, 1985). Cetteariditésecaractériseengénéralparundéficitimportantentreprécipitations et
évaporation, déficit dû aux températures élevées, aux vents désséchants fréquents. On retrouve donc des oasis dans des zones
continentalesà climat aride froid. Dans ces zones le bilan hydrique est donc largement déficitaire, la majeure partie de I'annhe, I'inso-
lation est intense, l'eau y est une ressource rare,les faibles apports pluviométriques ne compensent pas une évaporation importante.
L'oasis peut donc être considérhe comme un îlot de survie dans un environnement agressif pour les populations qui y levivent. Sous
palmier dattier, plante souvent majeure du système de production oasien, peuvent s'organiser plusieurs étages de culture qui se
développent harmonieusement grâce au micro-climat favorable creé par les dattiers. On parle alors couramment de l'effet(RIOU,oasis
1988).
1. Fonctions de l'oasis
Même si l'oasis est pour les agronomes un lieu de production où s'organise et se concentre
l'activité agricole, ses multiples autres fonctions évoluent dans le temps.
L'oasis est un lieu habit6 ou fréquenté, lié àl'eau, mais laseule présence de l'eau ne suffit pas pour
expliquer la création, le maintien ou ladisparition de l'oasis. La constitutiond'une oasis implique,
au moment de sa création et au cours de son développement, une organisation humaine
volontaire, susceptible de maintenir loin des régions peuplées une main d'œuvre importante qui
construit et entretient les systèmes d'irrigation, une population sédentarisée dans un milieu
environnant hostile.
L'oasis est aussi une escale souvent obligatoire lors de trafics caravaniers sur de grands axes de
circulation entre la Méditerranée et le Niger commesur la route de la-soieentre la Chine et l'Asie
Centrale.
Les pistes transahariennes (Fig. 1) qui ont fonctionné de façon régulière dès leXème siècle sont
nombreuses. Elles témoignent, en particulier, de l'ampleur de laconquête marocaine Saadienne
sur l'Empire Songhaï à la fin du XVI siècle, La conquête des Touaregs sur les Haoussa amorce
ensuite le déclin des pistes occidentales qui périclitent progressivementjusqu'à la fin du XIX siècle,
époque de la colonisation saharienne.
L‘oasis, lieu d’identification des groupes sociaux qui s’y retrouvent peut devenir une base d’appui
pour maîtriser de plus vastes espaces. II en estainsi des oasis du Hoggar actuellement en Algérie,
de l’Aïr au Niger, do Fezzan en Libye et du Tibesti auTchad.
Des relations d’échanges et d’interdépendances s’établissent entre les oasis et les royaumes
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F.a .............................. :...
.shahges::::iii:i:i.i:iil sahéliens et Soudaniens. La disparition de cesroyaumes affaiblit le grand centre oasien de
.....
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Sidjilmassa au Nord Sahara.Certaines espèces animales ou végétales présentes dans les oasis
du Sud du Maroc, du Mali et au bord du fleuve Niger autour de Gao montrent quelques similitudes
ou proximités qui sont peut être autantde vestiges des échanges et desconquêtes passées.
Lieu strategique, les oasis permettent de maintenir une population sédentarisée aux confins des
frontières des pays du pourtour saharien.
.....
11..
.:i$% Lieu habité, escale, lieu de production, base de conquête sont autant de fonctions qui permettent
... d’expliquer l’histoire de certaines oasis, de comprendre leur développement et d’expliquer leur
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:i!.... déclin àtravers les siècles.
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Enfin le maintien et le développement de l’oasis implique une cohésion sociale du groupe humain
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::.’uoasien” susceptible d’assurer une sécurité suffisante incitant à planter un arbre et d’attendre
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S: plusieurs années avant d’en récolter les fruits.
2. Localisation
m m e mediterran4en
domaine hvperaride
domaine semi-aride
m
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domaine aride
courants froids
Source :Encyclopédie
Universalis 1985.
Les oasis à palmier dattier dans le monde (Fig.3) s’étendent actuellement sur environ 800 O00 ha
................................................
.......................... :,.: ...............::.::............::.:. et font vivre directement de 7 à 1O millions d’oasiens. IIfaut ajouterà ces populationsd’oasis celles
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...:.:.:...:..::.:.:.
................ . . . . : .....::......:. qui vivent partiellementdes oasis (pasteurs nomades etc...), celles des oasis sans palmier, celles
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.......... des oasis en zones continentalesàhiver froid(Asie Centrale, Chine) et de vastes zones aridesdans
lesquelles les systèmes oasiens intensifiés peuvent permettre de maintenir et d’accueillir une
régionsconcernéesserencontrentainsiaussibienenAfriqueau Nord
population en expension. Les
et au Sud du Sahara, au Proche et au Moyen Orient, en Asie, en Amérique, en Australie...
3. Péninsule arabique
5. Reste du Monde
Amérique du Nord
Californie 400 20 500
Mexique 100 15
Amérique du Sud 50
Espagne 300 9 150
TOTAL 850(1 %) 44 (2%) 650(-)
La répartition géographique du palmier dattier dans le monde, analysée par continent et zone
géographique, montrela prédominancephœnicicole (Palmierdattier= fhœnixdactylifera)de I'Asie
(Iran, Irak essentiellement). 51 Yodes palmiers dattiers se situent en Asie,26 Yo en Afrique du Nord
et méditerranéenne.
II semble cependant, à l'analyse des dernières données de récoltes (après 1986), que les plus
grands producteurs mondiaux de datte ne soient plus actuellement l'Iran ou I'lrak mais l'Arabie
Saoudite.
L'étude de l'extension de l'aire du palmier dattier, par exemple en Mauritanie,montre que progres-
sivement depuis le Xèmesiècle les oasisà palmierdattier se développentvers le Sud de I'Adrarvers
le Tagant puis enfin vers I'Assaba et lefleuve Sénégal (Fig. 4).
L'élaboration de l'agriculture oasienne ne peut se dissocier de l'histoire des deux plus anciennes
civilisations agraires : la Mésopotamie, entre le Tigre et I' Euphrate et I'Egypte le long dela Vallée
du Nil.
Originaire des bords du Golfe Persique, le palmier dattier, relique de l'ère tertiaire, a vudéambuler
sous ses frondaisons (cf article de LAZAREVfig. 1) de nombreux groupes humains préhistoriques
depuis l'époque de la cueillette jusqu'à la renaissancede l'agriculture qui se situe dans ces régions
aux alentours de - 5 000 ans avant J.C. Cesbrillantes civilisations basées en partie sur la maîtrise
de l'eau d'irrigation ont diffusé leurs techniques au cours des temps et dans de nombreuses
directions. En ce qui concerne le Sahara, au premier millénaire avant J.C., les techniquesagricoles
suivent les bords de la Méditerranée et les franges présahariennes le long des grandes routes
commerciales des wcharsn qui menaient aux rivessahéliennes, pays de l'or et des esclaves ; bientôt
relayées par les pistes caravanjèresvers - 500 ans avant J.C. grâce A l'introductiondu dromadaire,
domestiqué au Proche Orient depuis le 3ème millénaire avant J.C. Les techniquesd'exhaure de
l'eau et d'irrigation ainsi que les pratiques agricoles diffusent progressivement dans les étapes
caravanigres. Les chaines d'oasis commencent à s e constituer.
De nombreuses espèces sontintroduites du Proche Orient :on trouvele palmier dattier, les blés,
orges, millets, l'oignon, les pois, les lentilles, les luzernes et trèfles, les cotons, le carthame, la
garance et le safran, la chicorée, le fenouil, la menthe et le basilic, les courges, sésame, ricin, lin
et chanvre ainsi que les poiriers, figuiers, abricotiers, amandiers et les cognassiers. / -.
A partir des zones soudaniennes situées sur les axes de communication, le patrimoine génétique -
de l'oasis et son complexe végétal s'enrichissent progressivement par certainsriz, sorghos, mils, :r
..........
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:.:?...eQ!J.chI?S?.?t,
I':.; 1:........ -2 hennés et diverses cucurbitacées. A l'époque de création des oasis sahariennes, l a p l u & a - L
animaux d'élevage étaient déjà sur place depuis l'époque bovidienne, sauf-Wi%omadaire.
L'enrichissement en matériel génétique se poursuit au cours des siècles. Pendant l'empire romain,
les légumes européens sont introduits, tels les carottes, navets, céleris choux ... et la diffusion des
fèves, orges à 2 rangs, oliviers et vignes est favorisée. A partir duXVème siècle, la découverte des
grandes routes commerciales océaniques et l'implantation sur les côtes de comptoirs européens
permettent d'introduire dans les oasis de nouvelles espèces originaires des Indes et d'Amérique,
comme patate douce, haricot, tomate, mai's, piment, aubergine, tabac...
Depuis cette époque jusqu'à nos jours, les facilitésde communication et de transport n'ont cessé
de s'améliorer et les échanges commerciaux et culturels de se multiplier. Ainsi, les techniques
traditionnelles agricoles et le matériel génétique végétal et animal, très bien adaptés après des
siècles de pression de sélection dans les oasis, se trouvent confrontés progressivement mais
parfois brutalement aux techniques et technologies étrangères véhiculées et proposées par le
système économique international industriel et marchand.
?
2. Evolution rbcente, une situation de crise
(XIX en XXème
L'intrusion du monde moderne dans les oasis, par le biais ou non de la colonisation
siècle), a bouleversé la société traditionnelle. La paix civile s'accompagne de la création de
Cette situation nouvelle provoqueune hémorragie de la force de travail des oasis ;les populations
y réagissent différemment selon les endroits. Certains améliorent leur appareil de production
agricole, d’autres le laisseront se dégrader, en citadins consommateurs-importateurs, àpartir
vivant
des mandats des expatriés, etceci sur fond de démographie galopante.
Durant les années 1960, le caractère marginal des oasis s’accentueface à une phase d’expansion
marginalisent’les économique remarquable des pays riches. Les techniques traditionnelles confrontées aux techni-
:.oasis . . ’
ques modernes ne paraissentplus crédibles. Les produits de la <<révolution verte,, semblent alors
devoir supplanter le matériel génétique local. Certains pays considèrentles oasiens comme une
réserve de main d’œuvreau service des entreprises industrielles naissantes.
Durant cette période et selon les endroits, on enregistre des pertes plus ou moins sensibles
m$ile
. .
.ghoc
.
petro.li,et,
. . .
d’élémentsdu patrimoinegénétiqueoasien, et undésintérêt inquiétantdesjeunesgénérationspour
l’agriculture oasienne.A cette époque, l’opinion générale ne donnait pas cher de I’avenirdes oasis,
de son agricultureetdesonélevage,face à l’ouverture des régionsarides au commerce
international. Maisle choc pétrolier de 1973, puis le développement progressif et soutenu delacrise
internationale suscitaient en beaucoup d’oasis une saine réaction, car il fallait alors réabsorber les
travaillleurs émigrés et les ouvriers licenciésdes chantiers locaux et des industries nationales en
difficulté.
Les oasiens portent alors leur effort sur une plus grande mobilisation de l’eau, sur un meilleur
entretien des vergers-jardins, sur l’extension des superficies cultivées et des plantations d’arbres
fruitiers. On redécouvre la sécurité de I’autoproduction, laqualité des produits locaux, l’importance
des marchés pour les spéculations de vente, commepour les productions animales:la viande, le
lait ... et végétales telles les dattes, le henné, le safran ... Les oasiens évaluent maintenant les
contraintes du développement et les conséquences de l’ouverture des zones arides au monde
extérieur (concurrence des surplus agricoles des pays riches, échanges inégaux, problèmesde
maintenance).
. . . ..:sou,mis
... . ‘aux..::. Ces contraintes s’ajoutent àcelles des problèmes liésau foncier (difficultés d’acquisition des terres,
, ..
. . ..:....contraintes:.’
.
et morcellement, bail à complant ...), à la propriété séparée du
coût prohibitif, héritages sol, de l’eau
. ..:....: nioder4es‘:.
. . .. et du palmier dattier... On se heurte aux problèmes de disponibilité en eau d’irrigation et de sa
répartition, de drainage,de salinité ... et d’entretien des réseaux ... Chaque fois que c’estpossible
les modes d’exploitation (métayageet fermage) évoluent.
Dans les opérations de créations agricoles en zones arides, les nouveauxsystèmes d’organisation
impliquent des transferts de technologies, des combinaisons de techniques dtrangèresn qui
posent des problèmes d’adaptation, d’appropriation et de reproductibilité. L‘exemplele plus
commun est le développement récent de périmètres circulaires céréaliers sur pivots d’irrigation qui
ont rencontrés des fortunes diverses de la Libye à la Péninsule arabique.
Les diff érents types d’organisation pour l’accès à l’eau, les localisationsgéographiques diversifiées
des oasis, l’histoire des sociétés agraires qui les peuplent et le rôle qu’elles ont joué sont autant de
critères qui permettent de caractériser plusieurs types de systèmes de production oasiens toujours
fonctionnels à la findu XX siècle., malgré quelques vicissitudes.
Plusieurs approches sont possibles pour classer et typer les systèmes de production oasiens.
- L‘accBs h l’eau :détermine des systèmes d’irrigation et de production différents. Dans lesoasis
de grandes vallées, l’irrigation par écrêtage de crues et petits barrages permet d’associer aux
cultures oasiennes des cultures de décrues. Ceci n’est plus possibledans les oasis de piemont
irriguées par desgaleries drainantes (foggara) ou les oasis excavées (Souf en Algérie) dans l’Erg
sableux.
- La situation agro-climatique :induit des types d’oasis bien marqués où les systèmes de culture
se différencient nettetpent (capacité de maturation des dattes par exemple). En Tunisie(LASRAM,
1988) trois types d’oasis s’individualisent :les oasis côtières autour de Gabès, les oasisd’altitude
de Tamerza et Chebika et les oasis continentales du Djérid et du Nefzaoua.
D’autres oasis sont l’objetde soins plus attentifs, lessystèmes de production deviennent alors plus
.. : üne veritable. complexes ;l’agriculteurd’oasisgèreparfoisdefaçonoptimale une association agriculture-élevage
. .. ....
’ ’
.-L: association :: aux relations tout à fait synergiques : le fumier des petits élevages sédentaires d’oasis est une
. ‘agriculturë-eIevag~’
. .. . . .... .. denrée précieuse pour maintenir la fertilité dessols sur lesquels poussent en association palmier
dattieret de nombreusesautrescultures, parmicelles-ci la luzerne. Cette plantefourragère de haute
productivité qui fournit l’essentiel de la ration alimentaire du troupeau, fixe dans le sol l’azote
atmosphérique dont profitent le palmier et les cultures associées, l’ensemble valorisant l’eau du
même système d‘irrigation.
Au Nord Sahara, les systèmes de production oasiens de la Vallée du Draa au Maroc montrent la
richesse que tirent ses habitants de petites exploitationsfamiliales de 1 à 2 ha sur lesquellesvivent
de 1O à 15 personnes.
Entre le système oasien intensifié de type marocain et la palmeraie de simple cueillette associant
élevage caprin ou camelin extensif, de nombreuxsystèmes de production diversifiés cohabitent. A
des niveaux de pratiques culturales plus ou moins intensives, correspondent des pratiques
d’élevage elles-mêmesplus ou moins intensives.La adensité,, de l’associationagriculture-élevage
est révélatrice de la disponibilité des ressources en eau et de leur niveau d’exploitation.
On retrouve ainsi dans les palmeraies mauritaniennes tous ces différents types d’associations
DOLL^, 1984).
a) Les oasis dans lesquelles les travaux agricoles se limitent B la cueillettedes dattes et parfois à
la pollinisation des palmiers, correspondent à deux types de situation :
-type A :l’irrigationcomplémentairede la palmeraie n’est plus possible, elle est envoie d’abandon,
seule l’activité de cueillette persiste (manque d’eau ou impossibilitéde travail par
ensablement ou
encore par manque de main d’œuvre) ;
- type B : les ressources en eau directement disponibles sont suffisantes, le palmier en fond de
talweg exploite directement les ressources de la nappe etl’irrigationcomplémentairedes palmiers
n’est pas jugée nécessaire. Les travaux d’entretien sont limités au strict minimum (pollinisation-
récolte). L‘occupationhumainede la palmeraie n’est pastoujours permanente. L‘activité dominante
n’est pas la phœniciculture. Les phœniciculteurs sont d’abord éleveurs (grands transhumants) se
déplaçant une partie de l’année. Ils laissent sur place,dans la palmeraie, quelques membres de la
famille avecquelques animaux (ovins et surtout caprins), et recherchentàl’extérieur, des pâturages
pour leurs dromadaires (palmeraies de I’Assaba).
b) Un autre type d’oasis est constitué par celles entretenues et irriguées avec palmiers dattiers et
y ,:oaGi&..$@F$,,
:.........
., ....::.:...:.:
...............................................
.............................. i.. :.,.; ::“
p-quelques
........... ... C). IIs’agit souvent d’oasis de repli oh des éléveurs,
rares associations culturales (type
ayant perdu récemment leurs troupeaux, pratiquent depuis peu l’agriculture sous palmeraieen vue
de reconstituer progressivement leur cheptel (palmeraies de l’Adrar).
c) Le dernier type d’association (type D) est celui des palmeraies cultivées en bon état, avec
cultures sous-jacentesprésentantdifférentesformes d’organisation etd’intensification(palmeraies
de l’Adrar) en Mauritanie mais surtout de la Vallée du Draaau sud du Maroc. (Fig. 5).
Corderie
A L’T0
COA’SOhlMAT10A’
POTAGER
AlJTRES
ELEVAGE Lait
Laine
ACHATSEXTERIEliRS Fumier
ALIMEA‘TS Sucre.The. Huile-Pâtes
II
MAILLAGE mLMIERS BOIS j7COl M':Ha (TOUTAIN, 1984), du Gheris et du Ferkla présentent desassocia-
AGRICULTURE INTENSIVE tions avec systèmes de cultures intensifiées et élevages sédentari-
ELEVAGE
sés (ovins essentiellement plus bovins ou caprins).
W INSUFFISANTE
AGRICULTURE EXTEWIVE
C'est dans cette zone du Sud du Maroc que se rencontrent les sys-
tèmes de production les plus performants. Les trois étages de lapal-
SURPARRAGE meraie sont cultivés (palmier dattier, arboriculture fruitière, cultures
céréalières et de rente irriguées), les niveaux de productivitéélevés
sont garantis par une fumure animale importante (25 t/ha/an) prove-
nant d'un élevage ovin totalement sédentarisé. IIs'agit de l'élevage
ovin de race D'MANE (DOLL& 1982) qui présente des aptitudes ex-
ceptionnelles de reproduction (2 agnellages par an et plusieurs
agneaux par mise bas) qui en fait un animal parfaitement intégré aux
systèmes de production oasiens intensifiés.
;:; * La gestion des ressources eau en des oasispour adapter le système d'exploitation d'exhaure
et de drainage à la ressource disponible et dimensionner la taille des parcelles
.:.:......:i oasiennes. Des
....
.:,:::.ouvrages d'aménagement des oueds favoriseront le rechargement des nappes, et rentabiliseront
.....
.:;: les efforts importants que nécessite l'installation d'une palmeraie.
....
.....
..
:..::,. La gestion et le maintien de la fertilite de des
palmeraie
sols car, sous l'action de latempérature
.:L:
.. et des lessivages répétés dus à l'irrigation, la matière organique se dégrade très rapidement.
"..
:.;: Maintenirdes niveaux de productivité élevés implique donc un apportde matière organique perma-
.....
i...:.:. .,..
....
nent donc la présenced'un élevage dans (ou proche de) l'oasis. La maîtrise de t'association
::; agriculture-élevage est essentielle pour la survie de l'oasis.
Quelles que soient les solutions proposées face a ces grands problèmes, il est donc essentiel de
bien connaître l’histoire, le fonctionnement les
et perspectives d’évolution des systèmes agricoles
oasiens avant de vouloir les modifier. L‘approche systémique est,
àce propos, tout-à-fait opération-
nelle (enquêtes, suivis, expérimentations en milieu réel, transferts de technologie ...) et devrait
permettre de proposer des scénariosde développement appropriés.
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