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Situation des systèmes oasiens en régions chaudes

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CIHEAM - Options Mediterraneennes

no 22 (juin 1989)du périodique du DSA :


Les Cahiers de la Recherche Développement.
Le texte est repris ici sans modification.

SITUATION DES SYSTEMES OASIENSEN REGIONS CHAUDES

G. TOUTAIN *, V. DOLLI! **, M. FERRY ***

Communication présentée au séminaire sur "Les systèmes agricolesoasiens"


Tozeur (Tunisie), 19-21novembre 1988.

INTRODUCTION

:;2::
.... . Les oasis dans le monde ont joué,
... àtravers leur histoire,différentesfonctions d'escale, d'échange,
:.';i:
....
.:.:...
de refuge et de production. Eles font vivre actuellement environ 10 millions d'habitants dans
;i:: ... différentspoints du globe ; certaines d'entre ellesse développent, d'autressont en crise.
.i.
:...:..,
....
....
...
...
...
....
... ...
....
...... Un bilan rapide de la situation des oasis dans le monde etde leur production dattière permet
:X'.... de
.. .
?:.: ... mieux comprendre le rôledes oasis actuellement. Dune typologie
i?._.. des systèmes deproduction
.. ...
..... .: ..oasiens, se dégagent quelques critères
C....
!...
....
qui permettent de les caractériser et
de les différencier.
...
....
....
...
....
....
...... .,.
...
....
:g
..... ...
... ... Cet article passe en revue rapidement les problèmes à prendre en compte pour sauvegarder,
..... . réhabiliter, développerles systèmes deproduction oasiens, pour créer de nouvelles oasis.
iiiiiii

I - LES OASIS DANS LE MONDE

Utilisé par le géographe Hérodote (Livre111, Thalie) vers450 avant J.C., le mot CCoasisn dérive de
I'égyptien ancien. Ce même mot se retrouve dans le copte, le libyco-berbère et signifieà l'origine
de Kharga en Egypte (MUNIER,
lieu habité. Hérodote parlait d'oasis pour décrire l'agglomération
1973).

par certains auteurs


Ce mot nous est ensuite parvenu par les grecs, peu modifié, et repris ensuite
arabes. l1 est en fait maintenanttrès souvent et abusivement employé pour désigner une palmeraie
les de la routede lasoie
dattière bien que de nombreuses oasis continentales froides (comme oasis
en Chine) ou côtières ne comportentpas de palmier dattier.

Les auteurs sont tous membres du GRIDA0 (Groupe de Recherche et d'Information en Agronomie Oasienne)

Serie A: Seminaires mediterraneens


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8

Les oasis peuvent se définir comme des espaces cultivés intensivement dans un milieu désertique ou fortement marqué par l'aridité
(définition reprise par LACOSTE, 1985). Cetteariditésecaractériseengénéralparundéficitimportantentreprécipitations et
évaporation, déficit dû aux températures élevées, aux vents désséchants fréquents. On retrouve donc des oasis dans des zones
continentalesà climat aride froid. Dans ces zones le bilan hydrique est donc largement déficitaire, la majeure partie de I'annhe, I'inso-
lation est intense, l'eau y est une ressource rare,les faibles apports pluviométriques ne compensent pas une évaporation importante.

La vie dans les oasis s'organise autour la ressource


de la plus rare
: l'eau. L'oasis est dans les déserts une petite région
où la présence
d'eau permet la culture
; les conditions d'accessibilité
à l'eau, son abondance et les techniques d'exhaure employées pour valoriserla
ressource en eau déterminent l'extension en surface de l'oasis et en partie son mode d'organisation. L'idée d'oasis, c'est aussi l'idée
de contraste: tout endroit qui offre une détente ou un repos (LAROUSSE, 1969).

L'oasis peut donc être considérhe comme un îlot de survie dans un environnement agressif pour les populations qui y levivent. Sous
palmier dattier, plante souvent majeure du système de production oasien, peuvent s'organiser plusieurs étages de culture qui se
développent harmonieusement grâce au micro-climat favorable creé par les dattiers. On parle alors couramment de l'effet(RIOU,oasis
1988).

1. Fonctions de l'oasis

Même si l'oasis est pour les agronomes un lieu de production où s'organise et se concentre
l'activité agricole, ses multiples autres fonctions évoluent dans le temps.

L'oasis est un lieu habit6 ou fréquenté, lié àl'eau, mais laseule présence de l'eau ne suffit pas pour
expliquer la création, le maintien ou ladisparition de l'oasis. La constitutiond'une oasis implique,
au moment de sa création et au cours de son développement, une organisation humaine
volontaire, susceptible de maintenir loin des régions peuplées une main d'œuvre importante qui
construit et entretient les systèmes d'irrigation, une population sédentarisée dans un milieu
environnant hostile.

L'oasis est aussi une escale souvent obligatoire lors de trafics caravaniers sur de grands axes de
circulation entre la Méditerranée et le Niger commesur la route de la-soieentre la Chine et l'Asie
Centrale.
Les pistes transahariennes (Fig. 1) qui ont fonctionné de façon régulière dès leXème siècle sont
nombreuses. Elles témoignent, en particulier, de l'ampleur de laconquête marocaine Saadienne
sur l'Empire Songhaï à la fin du XVI siècle, La conquête des Touaregs sur les Haoussa amorce
ensuite le déclin des pistes occidentales qui périclitent progressivementjusqu'à la fin du XIX siècle,
époque de la colonisation saharienne.

Fig. 1 -Les routes trans-sahariennes

Source :Inst. Géo. Rouen. RetaiUe, 1966.

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L‘oasis, lieu d’identification des groupes sociaux qui s’y retrouvent peut devenir une base d’appui
pour maîtriser de plus vastes espaces. II en estainsi des oasis du Hoggar actuellement en Algérie,
de l’Aïr au Niger, do Fezzan en Libye et du Tibesti auTchad.
Des relations d’échanges et d’interdépendances s’établissent entre les oasis et les royaumes
,:>::.:.;A ..............................................
:.;.,::.::.:
.............
.............,,....
F.a .............................. :...
.shahges::::iii:i:i.i:iil sahéliens et Soudaniens. La disparition de cesroyaumes affaiblit le grand centre oasien de
.....
.........................::::.:. :.::. . . . . .....................
:. ....................
Sidjilmassa au Nord Sahara.Certaines espèces animales ou végétales présentes dans les oasis
du Sud du Maroc, du Mali et au bord du fleuve Niger autour de Gao montrent quelques similitudes
ou proximités qui sont peut être autantde vestiges des échanges et desconquêtes passées.

Lieu strategique, les oasis permettent de maintenir une population sédentarisée aux confins des
frontières des pays du pourtour saharien.

.....
11..
.:i$% Lieu habité, escale, lieu de production, base de conquête sont autant de fonctions qui permettent
... d’expliquer l’histoire de certaines oasis, de comprendre leur développement et d’expliquer leur
$3
:.::: .,
:i!.... déclin àtravers les siècles.
.....
....
.....
...
.....
....
....
....
.....
....
....
....
......
.....
Enfin le maintien et le développement de l’oasis implique une cohésion sociale du groupe humain
?.;:?
...
:. . .
::.’uoasien” susceptible d’assurer une sécurité suffisante incitant à planter un arbre et d’attendre
::
.....
...
.....
S: plusieurs années avant d’en récolter les fruits.

2. Localisation

La carte de localisationdes zones arides et semi-aridesdans le monde (Fig.2) permet de situer en


première approche les zones potentielles d’agriculture oasiennes.
Fig. 2 -Extension et types de régions arides chaudes dans le monde

m rbgions arides de plaines


&gions andes de bassins.
E 3plbmonts et montagnes

m m e mediterran4en

domaine hvperaride

domaine semi-aride

m
.:.:... .
domaine aride

courants froids

Source :Encyclopédie
Universalis 1985.

Les oasis à palmier dattier dans le monde (Fig.3) s’étendent actuellement sur environ 800 O00 ha
................................................
.......................... :,.: ...............::.::............::.:. et font vivre directement de 7 à 1O millions d’oasiens. IIfaut ajouterà ces populationsd’oasis celles
:.:.,. ::...: . :. . ~ ” r : ’ t o ’ u s l ~ ~ : ~ : ~ . ~ ~ : ~ : ~ ~ ~ ~
...:.:.:...:..::.:.:.
................ . . . . : .....::......:. qui vivent partiellementdes oasis (pasteurs nomades etc...), celles des oasis sans palmier, celles
:;:~::::,:~~:~::~~~~=on~in~n~s
........... :
;,;:
,;;
::;:
............................... .............. :.:...:.:.........
.......... des oasis en zones continentalesàhiver froid(Asie Centrale, Chine) et de vastes zones aridesdans
lesquelles les systèmes oasiens intensifiés peuvent permettre de maintenir et d’accueillir une
régionsconcernéesserencontrentainsiaussibienenAfriqueau Nord
population en expension. Les
et au Sud du Sahara, au Proche et au Moyen Orient, en Asie, en Amérique, en Australie...

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Fig. 3- Le palmier dattierdansle monde


(Source 1)
~~ ~ ~~

ZONE GEOGRAPHIQUE Nombre de Production nationale Agriculture oasienne


palmiers annuelle moyenne surface
en millliers en milliers de approximative en ha
et en% tonnes et en % et en%
1. Asie
Iran 21 o00 400 170O00
Irak 25 o00 360 140O00
Moyen-Orient !X 600
Inde lo00 10 7000
Pakistan 6 500 165 27 000
TOTAL 53 590(51 %) 935 (44%) 344 600 (44%)

2. Afrique du Nordet Méditerranéenne


Maroc 5000 100 80 o00
Algérie 6 300 130 93 o00
Tunisie 4000 84 25 o00
Lybie 5000 75 63 o00
EgYPte 7000 350 50 o00
TOTAL 27 300 %) (26 739 (35 %) 311 O00 (40%)

3. Péninsule arabique

Arabie et Emirats 10o00 160 60o00


Oman 3 500 80 18 o00
Yemen (Nordet Sud) 3000 40 10o00
TOTAL 16 500 (16
%) 280 (6 %) 88 o00 (11 %)

4. Afrique du pourtour saharien


Mauritanie 1 400 16,5 7000
Mali 20 100
Niger 500 10 2 800
Tchad 1 360 27 6 800
Soudan 3000 60 20 o00
Ethiopie 300 1500
Somalie 114 49 380
Djibouti 10 200
TOTAL 6 704 (6 %: 114,4(13 %) 38 780 (5%)

5. Reste du Monde
Amérique du Nord
Californie 400 20 500
Mexique 100 15
Amérique du Sud 50
Espagne 300 9 150
TOTAL 850(1 %) 44 (2%) 650(-)

TOTAL (100 %) 104944 2 112.4 783 030


mtes sources.Les .
PI ipales
. sont :Munier P. (198
Fruits IRFA - CIRAD, Toutain G. (1979, Annuaire Statistique FAO (1987), Lenormand (1986), Estanove (1974).
et fiables sur ce thierne. Des 45 pays recensés où poussent
Ces observations sontà nuancer par le fait qu'il est difficile d'obtenir des données récentes
les palmiers dattiers
de production et d'ornement, peu ont étél'objet d'études détailléeset actualisées. L e s données statistiques des
annuaires sont souvent
reprises d'une annéesur l'autre et réévaluées sans connaissanceréelle de terrains. Les conflits récents en Asie rendent difficileActualisation
la de ces
données.

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La répartition géographique du palmier dattier dans le monde, analysée par continent et zone
géographique, montrela prédominancephœnicicole (Palmierdattier= fhœnixdactylifera)de I'Asie
(Iran, Irak essentiellement). 51 Yodes palmiers dattiers se situent en Asie,26 Yo en Afrique du Nord
et méditerranéenne.

Le recoupementde différentes sources de données permet de comparer la répartitiondes surfaces


estimées en agriculture d'oasis par pays ou continent. Des disparités apparaissent entre les
densités des palmeraies dans les différentes régions et leur niveau de production (Fig. 3).

II semble cependant, à l'analyse des dernières données de récoltes (après 1986), que les plus
grands producteurs mondiaux de datte ne soient plus actuellement l'Iran ou I'lrak mais l'Arabie
Saoudite.

L'étude de l'extension de l'aire du palmier dattier, par exemple en Mauritanie,montre que progres-
sivement depuis le Xèmesiècle les oasisà palmierdattier se développentvers le Sud de I'Adrarvers
le Tagant puis enfin vers I'Assaba et lefleuve Sénégal (Fig. 4).

Fig. 4 -Localisation et dates de création des principales


oasis en Mauritanie

Estimations :.nombm da palrnirrs


par dpion
ADRAR : 6oaow
TAGANT : 450.000
ASABA : qO.000
HODHS: 150.000

Source :Inst. Géo. Rouen 1986

En Afrique sahélienne au Sud duSahara, les conditions climatiques récentes etI'évolution


démographiquedonnent auxoasis - zones refuge - et auxsystèmesde productionqu'on y rencontre
une importance croissante.

L'agriculture d'oasis devient un élément de sécurisation de l'activité de ces zones sahéliennes où


les éleveurs, ayantperdu en deux occasions rapprochées (1973,1984) une partie ou la totalité de

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:..... ' " : . : . : ~ : ~ , u ~ i"~i:i;;e ~ ~ ~ ~ ~ ~ e ~ a


....
........
...............................................................
......
leurs troupeaux, se mettent à pratiquer l'agriculture autour de pointsd'eau pour assurer au moins
.......
.....
:.:.::.: ...:~$;s&@efeSs'e.::,+$i;
......
......
................................ une partie de leurs besoins céréaliers. Au Mali par exemple, dans l'Adrar des Iforas, quelques
éleveurs Tamachek, après l'expérience de la sécheresse de 1973, s'organisent en 1984 pour se
replier autour de points d'eau oasiens et sauver une partie de leurs troupeaux. L'agriculture d'oasis
devient pour certains éleveurssahéliensun élément de stratégie pour reconstituerleur cheptel. Des
................
: ~ ~ a u ...:
$.:.::::#<S:$:::
: .:S'~:.>:,> ~ ~ ,.::.:.:.:.:.:
iins : i t ~ ~ ~ :comportements
.,:...::::::::::j::
leuriiii similaires sont observés récemment chez les peuls du Nord du Burkina Faso, les
...
:,
................ .:.......ch'.p..I..ii.. ....A..:. .........
.....................................
.......................................................
:.:.:.:;.:. iiiii.:i bords des mares sahéliennes deviennent des centres de fixation temporaires ou permanents pour
................ ............. ..............................................
i :
une partie de la famille. II s'y pratique une agriculture irriguée complémentaire des cultures
pluviales, le palmier dattier y ayant peut être sa place.

II - NAISSANCE DESOASIS, EVOLUTION RECENTE


1. Elaboration de l'agriculture oasienne

L'élaboration de l'agriculture oasienne ne peut se dissocier de l'histoire des deux plus anciennes
civilisations agraires : la Mésopotamie, entre le Tigre et I' Euphrate et I'Egypte le long dela Vallée
du Nil.

Originaire des bords du Golfe Persique, le palmier dattier, relique de l'ère tertiaire, a vudéambuler
sous ses frondaisons (cf article de LAZAREVfig. 1) de nombreux groupes humains préhistoriques
depuis l'époque de la cueillette jusqu'à la renaissancede l'agriculture qui se situe dans ces régions
aux alentours de - 5 000 ans avant J.C. Cesbrillantes civilisations basées en partie sur la maîtrise
de l'eau d'irrigation ont diffusé leurs techniques au cours des temps et dans de nombreuses
directions. En ce qui concerne le Sahara, au premier millénaire avant J.C., les techniquesagricoles
suivent les bords de la Méditerranée et les franges présahariennes le long des grandes routes
commerciales des wcharsn qui menaient aux rivessahéliennes, pays de l'or et des esclaves ; bientôt
relayées par les pistes caravanjèresvers - 500 ans avant J.C. grâce A l'introductiondu dromadaire,
domestiqué au Proche Orient depuis le 3ème millénaire avant J.C. Les techniquesd'exhaure de
l'eau et d'irrigation ainsi que les pratiques agricoles diffusent progressivement dans les étapes
caravanigres. Les chaines d'oasis commencent à s e constituer.

De nombreuses espèces sontintroduites du Proche Orient :on trouvele palmier dattier, les blés,
orges, millets, l'oignon, les pois, les lentilles, les luzernes et trèfles, les cotons, le carthame, la
garance et le safran, la chicorée, le fenouil, la menthe et le basilic, les courges, sésame, ricin, lin
et chanvre ainsi que les poiriers, figuiers, abricotiers, amandiers et les cognassiers. / -.
A partir des zones soudaniennes situées sur les axes de communication, le patrimoine génétique -
de l'oasis et son complexe végétal s'enrichissent progressivement par certainsriz, sorghos, mils, :r

..........
. ..e+. I . ........&..........................
:.:?...eQ!J.chI?S?.?t,
I':.; 1:........ -2 hennés et diverses cucurbitacées. A l'époque de création des oasis sahariennes, l a p l u & a - L
animaux d'élevage étaient déjà sur place depuis l'époque bovidienne, sauf-Wi%omadaire.
L'enrichissement en matériel génétique se poursuit au cours des siècles. Pendant l'empire romain,
les légumes européens sont introduits, tels les carottes, navets, céleris choux ... et la diffusion des
fèves, orges à 2 rangs, oliviers et vignes est favorisée. A partir duXVème siècle, la découverte des
grandes routes commerciales océaniques et l'implantation sur les côtes de comptoirs européens
permettent d'introduire dans les oasis de nouvelles espèces originaires des Indes et d'Amérique,
comme patate douce, haricot, tomate, mai's, piment, aubergine, tabac...

Depuis cette époque jusqu'à nos jours, les facilitésde communication et de transport n'ont cessé
de s'améliorer et les échanges commerciaux et culturels de se multiplier. Ainsi, les techniques
traditionnelles agricoles et le matériel génétique végétal et animal, très bien adaptés après des
siècles de pression de sélection dans les oasis, se trouvent confrontés progressivement mais
parfois brutalement aux techniques et technologies étrangères véhiculées et proposées par le
système économique international industriel et marchand.

?
2. Evolution rbcente, une situation de crise

(XIX en XXème
L'intrusion du monde moderne dans les oasis, par le biais ou non de la colonisation
siècle), a bouleversé la société traditionnelle. La paix civile s'accompagne de la création de

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dispensaires et d’écoles ; de nouveaux rapports oasienshomades voient le jour. L‘abolition de


l’esclavage, l’extensiondu réseau routier,la motorisation sont autant
de facteurs qui induisent des
changements importants, parfois des bouleversements.

Jusqu’à la deuxième guerre mondiale,le désenclavement économiquedes oasis resteen général


de faible portée, avec cependantdes différences selon les pays.On assiste à une augmentation
progressive dela population oasienne et au développement d’une agriculturede traite. C‘est après
cette guerre qu’eurentlieu les plus grands changementsde vie dans les oasis, en particulier, celui
dû à l’apparition d’offres d’emplois salariés, localement età l’étranger (chantiers de routes et de
constructions, boums pétroliers et miniers). De grands aménagements sont entrepris. Céquipe-
ment hydraulique, la création de périmètres agricoles s’accompagnent parfois d’une politique de
développement industriel dans les pays <<oasiens.,.

Cette situation nouvelle provoqueune hémorragie de la force de travail des oasis ;les populations
y réagissent différemment selon les endroits. Certains améliorent leur appareil de production
agricole, d’autres le laisseront se dégrader, en citadins consommateurs-importateurs, àpartir
vivant
des mandats des expatriés, etceci sur fond de démographie galopante.

Durant les années 1960, le caractère marginal des oasis s’accentueface à une phase d’expansion
marginalisent’les économique remarquable des pays riches. Les techniques traditionnelles confrontées aux techni-
:.oasis . . ’

ques modernes ne paraissentplus crédibles. Les produits de la <<révolution verte,, semblent alors
devoir supplanter le matériel génétique local. Certains pays considèrentles oasiens comme une
réserve de main d’œuvreau service des entreprises industrielles naissantes.

Durant cette période et selon les endroits, on enregistre des pertes plus ou moins sensibles
m$ile
. .
.ghoc
.
petro.li,et,
. . .
d’élémentsdu patrimoinegénétiqueoasien, et undésintérêt inquiétantdesjeunesgénérationspour
l’agriculture oasienne.A cette époque, l’opinion générale ne donnait pas cher de I’avenirdes oasis,
de son agricultureetdesonélevage,face à l’ouverture des régionsarides au commerce
international. Maisle choc pétrolier de 1973, puis le développement progressif et soutenu delacrise
internationale suscitaient en beaucoup d’oasis une saine réaction, car il fallait alors réabsorber les
travaillleurs émigrés et les ouvriers licenciésdes chantiers locaux et des industries nationales en
difficulté.

Les oasiens portent alors leur effort sur une plus grande mobilisation de l’eau, sur un meilleur
entretien des vergers-jardins, sur l’extension des superficies cultivées et des plantations d’arbres
fruitiers. On redécouvre la sécurité de I’autoproduction, laqualité des produits locaux, l’importance
des marchés pour les spéculations de vente, commepour les productions animales:la viande, le
lait ... et végétales telles les dattes, le henné, le safran ... Les oasiens évaluent maintenant les
contraintes du développement et les conséquences de l’ouverture des zones arides au monde
extérieur (concurrence des surplus agricoles des pays riches, échanges inégaux, problèmesde
maintenance).

. . . ..:sou,mis
... . ‘aux..::. Ces contraintes s’ajoutent àcelles des problèmes liésau foncier (difficultés d’acquisition des terres,
, ..
. . ..:....contraintes:.’
.
et morcellement, bail à complant ...), à la propriété séparée du
coût prohibitif, héritages sol, de l’eau
. ..:....: nioder4es‘:.
. . .. et du palmier dattier... On se heurte aux problèmes de disponibilité en eau d’irrigation et de sa
répartition, de drainage,de salinité ... et d’entretien des réseaux ... Chaque fois que c’estpossible
les modes d’exploitation (métayageet fermage) évoluent.

Face aux conséquences de la crise internationale et de la pression démographique,les gouverne-


.,esetad‘
.;. .. . ch.erctienk-;
ments des Etats possédant des zonesà oasis accentuent leurs efforts de mise en valeur agricole
~:.::i:a::deveropper~,:,.:;.I..:’
..... (rénovation et extention
des oasis) et de créations de périmètres par une mobilisation accrue des
. . . . . , . [es::oasis :,;, . .y;,:
,
.;...... ..,,. .... .: .
, . ..,, ... . . disponibilités en eau (barrages hydrauliques de toutes tailles, captages de sources, campagnesde
forages à différentes profondeurs, améliorationdes systèmes existants). Là aussi, les gouverne-
ments sont confrontés aux contraintes du développement. Ils rencontrent, dans les oasis existantes
et dans les nouveaux périmètres, les mêmes problèmes que ceux évoqués plus haut. Dans les
projets de grands aménagements hydrauliques, le choix et le mode de gestion des nouvelles
technologies peuvent avoir des conséquences qui vont àl’encontre de la valorisation souhaitée.On
peut citer descas de grands aménagements hydrauliques (barrages d’oueds) au Maghreb qui ont
provoqué de graves dégradations de systèmes agraires oasiens anciens et fonctionnels. Les
interventions de mise en valeur les plus réussies sont celles où l’on a pris
soin au préalable de bien

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14

connaître le fonctionnement des systèmes visés et lorsque la population concernée participe à la


réflexion et à l’exécution de l’opération.

Dans les opérations de créations agricoles en zones arides, les nouveauxsystèmes d’organisation
impliquent des transferts de technologies, des combinaisons de techniques dtrangèresn qui
posent des problèmes d’adaptation, d’appropriation et de reproductibilité. L‘exemplele plus
commun est le développement récent de périmètres circulaires céréaliers sur pivots d’irrigation qui
ont rencontrés des fortunes diverses de la Libye à la Péninsule arabique.

111 - LES SYSTEMES DE PRODUCTION OASIENS

Les diff érents types d’organisation pour l’accès à l’eau, les localisationsgéographiques diversifiées
des oasis, l’histoire des sociétés agraires qui les peuplent et le rôle qu’elles ont joué sont autant de
critères qui permettent de caractériser plusieurs types de systèmes de production oasiens toujours
fonctionnels à la findu XX siècle., malgré quelques vicissitudes.

1. Critères de typologie des oasis et des systèmes de production oasiens

Plusieurs approches sont possibles pour classer et typer les systèmes de production oasiens.

- L‘histoire de l’oasis : sa date de création permet de distinguer systèmes de productions


traditionnels et moderneset modes de mise en valeurdifférents ; les systèmesoasiens traditionnels
se caractérisent par un morcellement excessif des parcelles, un déficit de ressources en eau, un
pourcentage de variété de dattier Deglet Nour moins important qu’en oasis umodernen, des
problèmes de maind’ceuvre, uneproductivité de l’exploitationfamiliale faible... (SGHAIER, 1985).

- L‘accBs h l’eau :détermine des systèmes d’irrigation et de production différents. Dans lesoasis
de grandes vallées, l’irrigation par écrêtage de crues et petits barrages permet d’associer aux
cultures oasiennes des cultures de décrues. Ceci n’est plus possibledans les oasis de piemont
irriguées par desgaleries drainantes (foggara) ou les oasis excavées (Souf en Algérie) dans l’Erg
sableux.

- La situation agro-climatique :induit des types d’oasis bien marqués où les systèmes de culture
se différencient nettetpent (capacité de maturation des dattes par exemple). En Tunisie(LASRAM,
1988) trois types d’oasis s’individualisent :les oasis côtières autour de Gabès, les oasisd’altitude
de Tamerza et Chebika et les oasis continentales du Djérid et du Nefzaoua.

2. Les systèmesde production, l’association agriculture blevage -


Les agriculteurs des oasis du ccpourtour* saharien et d’autres zones désertiques combinent
jardins d’oasis p
u
ls plusieurs productions végétales et animales et peuvent ainsi valoriser l’eau disponible sur de petits
ou moins intensifs espaces : les jardins d’oasis. Les pratiques agricoles et les systèmes de production misen œuvre
.. .
... .
ne sont pas touségalement intensifiés et atteignent des niveaux de productivité variés. Certaines
oasis sont des palmeraies de cueillettes, les propriétaires non résidentstoute l’année, souvent des
pasteurs nomades, ne séjournent dans l’oasis qu’au moment de la récolte.

D’autres oasis sont l’objetde soins plus attentifs, lessystèmes de production deviennent alors plus
.. : üne veritable. complexes ;l’agriculteurd’oasisgèreparfoisdefaçonoptimale une association agriculture-élevage
. .. ....
’ ’

.-L: association :: aux relations tout à fait synergiques : le fumier des petits élevages sédentaires d’oasis est une
. ‘agriculturë-eIevag~’
. .. . . .... .. denrée précieuse pour maintenir la fertilité dessols sur lesquels poussent en association palmier
dattieret de nombreusesautrescultures, parmicelles-ci la luzerne. Cette plantefourragère de haute
productivité qui fournit l’essentiel de la ration alimentaire du troupeau, fixe dans le sol l’azote
atmosphérique dont profitent le palmier et les cultures associées, l’ensemble valorisant l’eau du
même système d‘irrigation.

Au Nord Sahara, les systèmes de production oasiens de la Vallée du Draa au Maroc montrent la
richesse que tirent ses habitants de petites exploitationsfamiliales de 1 à 2 ha sur lesquellesvivent
de 1O à 15 personnes.

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Entre le système oasien intensifié de type marocain et la palmeraie de simple cueillette associant
élevage caprin ou camelin extensif, de nombreuxsystèmes de production diversifiés cohabitent. A
des niveaux de pratiques culturales plus ou moins intensives, correspondent des pratiques
d’élevage elles-mêmesplus ou moins intensives.La adensité,, de l’associationagriculture-élevage
est révélatrice de la disponibilité des ressources en eau et de leur niveau d’exploitation.

On retrouve ainsi dans les palmeraies mauritaniennes tous ces différents types d’associations
DOLL^, 1984).
a) Les oasis dans lesquelles les travaux agricoles se limitent B la cueillettedes dattes et parfois à
la pollinisation des palmiers, correspondent à deux types de situation :
-type A :l’irrigationcomplémentairede la palmeraie n’est plus possible, elle est envoie d’abandon,
seule l’activité de cueillette persiste (manque d’eau ou impossibilitéde travail par
ensablement ou
encore par manque de main d’œuvre) ;
- type B : les ressources en eau directement disponibles sont suffisantes, le palmier en fond de
talweg exploite directement les ressources de la nappe etl’irrigationcomplémentairedes palmiers
n’est pas jugée nécessaire. Les travaux d’entretien sont limités au strict minimum (pollinisation-
récolte). L‘occupationhumainede la palmeraie n’est pastoujours permanente. L‘activité dominante
n’est pas la phœniciculture. Les phœniciculteurs sont d’abord éleveurs (grands transhumants) se
déplaçant une partie de l’année. Ils laissent sur place,dans la palmeraie, quelques membres de la
famille avecquelques animaux (ovins et surtout caprins), et recherchentàl’extérieur, des pâturages
pour leurs dromadaires (palmeraies de I’Assaba).

b) Un autre type d’oasis est constitué par celles entretenues et irriguées avec palmiers dattiers et
y ,:oaGi&..$@F$,,
:.........
., ....::.:...:.:
...............................................
.............................. i.. :.,.; ::“
p-quelques
........... ... C). IIs’agit souvent d’oasis de repli oh des éléveurs,
rares associations culturales (type
ayant perdu récemment leurs troupeaux, pratiquent depuis peu l’agriculture sous palmeraieen vue
de reconstituer progressivement leur cheptel (palmeraies de l’Adrar).

c) Le dernier type d’association (type D) est celui des palmeraies cultivées en bon état, avec
cultures sous-jacentesprésentantdifférentesformes d’organisation etd’intensification(palmeraies
de l’Adrar) en Mauritanie mais surtout de la Vallée du Draaau sud du Maroc. (Fig. 5).

Fig. 5 -Agro-systèmedes palmeraies dattières

Corderie
A L’T0
COA’SOhlMAT10A’

CEREALES RENTE Blé-Paille


Orge-Paille I AUTO
FOURRAGES Mais-Fanes .AP,PROVIS,I$INYEMENT
Sorgho fourragel
Luzerne

POTAGER
AlJTRES

ELEVAGE Lait

Laine
ACHATSEXTERIEliRS Fumier
ALIMEA‘TS Sucre.The. Huile-Pâtes

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a : Cultures céréalières uniquement (blé, orge, sorgho)


. ,.i:.,,....,,...:..... .... .,:t ...,,-.. . . -. b : a + cultures maraîchères
c : a + b (totalement ou en partie) + culture de rente (henné)
~ ~ a ~ r ~ s ~ ~ ~ ~ m ~ : : ~ ~ ~ ~ . e ~ : ~
,. .......................
............
...... ......... ...~...
. ..,::.:.:.:.::.:.:...:
....... ... ....._ :..
...
d :a + b + c (totalement ou en partie) + arboriculture fruitière
e :cultures sous-jacentes des typesprécédents + cultures fourragères avec élevage sédentarisé
associé.
Fig. 6 -Palmeraie dattiere équilibrée
et oasis degradée
I STEPPE PROTEGEE
II semble que les cultures céréalières soient presque systématique-
ment entreprises lorsque les activités agricoles dépassent le cadre
strict de la phœniciculture.

Les exemples de palmeraies en équilibre (Fig. 6), qui présentent les


trois niveaux deculture sont nombreux,mais isolés. Ils ne représen-
IS PHOENICICOL tent pas la situation de la majorité des palmeraiesmauriianiennes.
Ce type d'agriculture oasienne se retrouve plus rarementen Tunisie.
A Djibouti, ce sontencore les palmeraies de type cueillette qui
prédominent. Les palmeraies marocaines de la vallée deDraa,

II
MAILLAGE mLMIERS BOIS j7COl M':Ha (TOUTAIN, 1984), du Gheris et du Ferkla présentent desassocia-
AGRICULTURE INTENSIVE tions avec systèmes de cultures intensifiées et élevages sédentari-
ELEVAGE
sés (ovins essentiellement plus bovins ou caprins).
W INSUFFISANTE
AGRICULTURE EXTEWIVE
C'est dans cette zone du Sud du Maroc que se rencontrent les sys-
tèmes de production les plus performants. Les trois étages de lapal-
SURPARRAGE meraie sont cultivés (palmier dattier, arboriculture fruitière, cultures
céréalières et de rente irriguées), les niveaux de productivitéélevés
sont garantis par une fumure animale importante (25 t/ha/an) prove-
nant d'un élevage ovin totalement sédentarisé. IIs'agit de l'élevage
ovin de race D'MANE (DOLL& 1982) qui présente des aptitudes ex-
ceptionnelles de reproduction (2 agnellages par an et plusieurs
agneaux par mise bas) qui en fait un animal parfaitement intégré aux
systèmes de production oasiens intensifiés.

Source :Toutain. 1979.

CONCLUSION : les problbmesde l'oasis, les perspectives


. ..
... .. Du plus simple au plus complexe, tous ces systèmes de production sont en équilibre fragile carles
.::T:
.... contraintes qu'ilssubissent sont multiples comme la pression démographique dans les oasis qui
.."i::
./I..
.;i:; induit un morcellement progressif des parcelles familiales incompatible avec leur mise en valeur ;
'.:: ' les systèmes fonciers rigides ; la concurrence pour les ressources en eau entremoyen d'exhaures
., traditionnels et ceux mécanisés à débit élevé qui entraînent une baisse de la nappe phréatique;
i: i. .: le développement d'une maladiecryptogamiques appelée Bayoud au Maghreb (Fusariumoxyspo-
.....
.... rum) qui a déjà détruit la moitié des palmeraies marocaines (TOUTAIN, 1977), qui s'étend vers
.:S:::
......
'::F$ l'Ouest du Maghreb et fait de nombreux dégâts en Algérie ;ou enfin les nouvelles orientations des
& i
... ,. échanges Qconomiques,I'évolution desgroupes sociaux et des relationsde production entre l'oasis
2. ...:;:;
. .... et son environnement national et international...
....
...,.
..I.
....
.....
S:.:
.:.....'. Toutes ces contraintes anciennes ou nouvelles fragilisent les équilibres issus de travaux des
::::::
..i. , uoasiens- depuis de nombreusesgénérations. Maintenirces équilibres, sauvegarder les oasis, les
:?G:
.. .... réhabiliter ou en créer de nouvelles, impliquent de s'attacher à résoudre une série de problèmes
..;..:.:: majeurs concernant :
.. ...
... ,

;:; * La gestion des ressources eau en des oasispour adapter le système d'exploitation d'exhaure
et de drainage à la ressource disponible et dimensionner la taille des parcelles
.:.:......:i oasiennes. Des
....
.:,:::.ouvrages d'aménagement des oueds favoriseront le rechargement des nappes, et rentabiliseront
.....
.:;: les efforts importants que nécessite l'installation d'une palmeraie.
....
.....
..
:..::,. La gestion et le maintien de la fertilite de des
palmeraie
sols car, sous l'action de latempérature
.:L:
.. et des lessivages répétés dus à l'irrigation, la matière organique se dégrade très rapidement.
"..
:.;: Maintenirdes niveaux de productivité élevés implique donc un apportde matière organique perma-
.....
i...:.:. .,..
....
nent donc la présenced'un élevage dans (ou proche de) l'oasis. La maîtrise de t'association
::; agriculture-élevage est essentielle pour la survie de l'oasis.

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Le maintien de I’6quilibre biologique de l’oasis. Les systèmes de productions oasiens sont


constituésd’associationscomplexes. La protection phytosanitaire des palmierset des sous
cultures oblige àtenir compte ausside I’équilibre entre ravageurs des cultures et leurs propres pré-
dateurs. La réussite de la lutte biologiquecontre les cochenilles blanches du palmier dattierpar une
coccinelle importée d’Iran, montre l‘intérêt d’une telle approche face à une lutte chimique sans
succès.

L’organisation sociale de l’oasis, les migrations, I’évolution


de l’emploi. Si les oasis du Maghreb
ont dans un passé récent été considérées comme source de main d’œuvre pourle développement
des industries des grandes villes du Maghreb ou de l’Europe, un phénomène migratoire inverse
commence às’observer (BOU ALI, 1988) accentué par la a i s e mondiale-. Dans les oasis du Sud
du Sahara des nouvelles relations s’établissent entreles agriculteurs sédentaires et les éleveurs
en cours de sédentarisation qui se mettent à pratiquer une uproto-agriculturen oasienne. Ces
nouvellesrelationsinduisentdeschangementsimportants dans les conditions d‘accès aux
ressources ensol, en eau de l’oasis. Maintenir son équilibre nécessite la prise en comptede ces
nouveaux problèmes.

Quelles que soient les solutions proposées face a ces grands problèmes, il est donc essentiel de
bien connaître l’histoire, le fonctionnement les
et perspectives d’évolution des systèmes agricoles
oasiens avant de vouloir les modifier. L‘approche systémique est,
àce propos, tout-à-fait opération-
nelle (enquêtes, suivis, expérimentations en milieu réel, transferts de technologie ...) et devrait
permettre de proposer des scénariosde développement appropriés.

II faudra également sélectionner et hiérarchiserles thèmes et opérations de recherche àentrepren-


dre pour répondre aux problèmes les plus urgents.
Des outilset méthodes opérationelssont maintenant disponibles :la t6l6d6tection quipermet de
porter rapidementun diagnostic sur l’extension des palmeraies, et son niveau d’intensification
dans
l’utilisation des ressources eneau, laculture invitro (FERRY, 1988) pour multiplier rapidement des
variétés ou écotypes resistants aux maladies de et bonne valeur marchande,la modblisation de
la croissance des plantes avec laquelleil devient possible de proposer des scénarios d’occupa-
tion del’espace entreles différents étagesde la palmeraie en fonction des objectifs de production
(dattes, autres fruits, céréales, plantes fourragères,etc...).

Toutes ces mbthodes peuvent partiellement contribuer ?l’élaboration


I de propositions de dévelop-
pement. Tous les moyens ne doivent cependant pasOtre focalisés sur ces outils en oubliant les
objectifs réelsdes travaux de recherche pour le développement de l’agriculture d’oasis. Organiser
la circulation de l’information surce thème, échangerles expériences, répartirles tâches de façon
synergique permettrait d‘obtenir rapidementdes résultats valorisablesà une échelle significative.

BIBLIOGRAPHIE
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Doctorat, Paris 1. 129p.

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