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LEGISLATION, REGLEMENTATION ET PROCEDURES

DOUANIERES(LRPD).

TITRE1 : INTRODUCTION ET GENERALITES.

CHAP.1. INTRODUCTION.
Le public n’a pas toujours une idée bien claire et précise du rôle exact qui est
celui de la douane.

Le plus souvent, le seul aspect des activités douanières que les gens connaissent
et dont ils parlent se limite au contrôle des bagages à l’aéroport ou à la visite des
véhicules exécutée pour le passage des frontières terrestres assurée par des gens
dont on ignore la qualité.

Il est toujours désagréable de voir ses bagages fouillés ou son véhicule immobi-
lisé devant une barrière douanière et on peut en ressentir une certaine animosité.
Mais la douane ce n’est pas seulement cela, nous verrons que ses tâches et ses
missions sont multiples, fort originales intéressantes et en tout cas, d’une impor-
tance capitale pour le pays.

CHAP.2. GENERALITES.

2.1. Historique.

L’histoire des douanes remonte à l’antiquité .L’origine du mot douane est le mot
DOANA en italien ancien, lui-même dérivé de l’arabe DIOUAN ou du
perse DIWAN. Ce mot DIWAN (qui est l’ancêtre d’un autre mot divan) dési-
gnait autrefois dans le royaume perse, puis dans le royaume turc le lieu de réu-
nion des administrateurs des finances (ceux-ci s’assaillaient sur des coussins).

Le vocabulaire moderne est le suivant : DOGANA (italien), ADOUANA (espa-


gnol), ZOOL (allemand), CUSTOMS (anglais) et GASUTAMO (kinyarwanda).

L’établissement des douanes remonte à des dates aussi lointaines que celles du
début de l’histoire. Elle a été opérationnelle dès la première formation des com-
munautés par l’homme. En échange de son autorité dans le but d’une protection
mutuelle, certains membres de la communauté donnaient des cadeaux aux chefs.
2

Au fil des temps, les communautés se sont développées et la civilisation a com-


mencé à se dessiner. Il y avait donc la nécessité de fournir à ces communautés
les formes de protection qui étaient au-delà des moyens individuels que pou-
vaient se procurer les différents membres des communautés. Il est devenu néces-
saire de faire payer à certains membres de la communauté un montant usuel,
sous forme d’objet de valeur.

Avec la civilisation, le commerce est né entre les communautés. Les chefs et les
dirigeants de ces communautés exigeaient à des commerçants passant par leur
territoire de donner une partie de leurs marchandises comme cadeaux à ces diri-
geants, afin de leur accorder l’autorisation de traverser leur territoire. Les com-
merçants originaires de ces communautés faisaient également de longs voyages
et ramenaient des marchandises telles que les tissus, les vins, etc. Ils cédaient
une partie de leurs marchandises pour la caisse des dirigeants.

Au fil des années, il était exigé que la caisse fût toujours pleine pour le plaisir
des dirigeants et également pour les besoins de leurs armées en temps de guerre.

Ceci est devenu plus tard une obligation commune sous forme d’impôts qui ren-
flouaient les caisses des Rois pour couvrir les dépenses d’une nation particuliè-
rement en temps de guerre.

A la différence de beaucoup d’impôts, les droits de douane étaient faciles à col-


lecter et difficiles à éviter. Bien qu’ils n’aient jamais été populaires, ils n’ont pas
conduit à certains désastres liés à d’autres impôts. Les droits de douane étaient
l’une des sources les plus fiables pour les recettes publiques durant plusieurs
siècles.

Des années plus tard, la douane s’est transformée en une institution reconnue
dans le monde entier pour son rôle dans la société.

L’Inde, l’Egypte, la Chine et la Grèce ont pratiqué déjà l’impôt sur le commerce
des marchandises étrangères. Rome percevait des portoria dans les ports sur les
entrées et les sorties de marchandises. Dans les possessions romaines du
Proche-Orient, les taxes de douane et de péage étaient perçues par les Receveurs
dont le plus célèbre fut MATHIEU, le futur apôtre du Christ .Il cumulait les
fonctions de douanier et de percepteur à Capharnaüm, importante ville de la Ga-
lilée sur les bords du lac de Tibériade ; lieu de passage des caravanes venant de
l’Orient (apportant, le thé, la soie, les épices, l’ivoire, l’encens, etc.…). Plus
tard, les droits de douane prirent le nom de Tonlieux puis de Gabelle (impôt
3

français sur le transport du sel).A partir du 17ème siècle, les pays s’unifièrent, les
gouvernements devinrent solidaires et surtout le pouvoir central s’affermit.

Le pouvoir central arriva à supprimer les barrières douanières intérieures et à


mettre en place un système unique et uniforme de droit de douane perçu à la
frontière. C’est ce même système que nous connaissons au Burundi comme ail-
leurs aujourd’hui.

2.2 Activités.

La douane est un service public, une administration de l’Etat dépendant du mi-


nistère des finances.

Cette administration est chargée de percevoir un certain nombre de


droits et taxes à l’occasion de l’importation et de l’exportation des
marchandises et d’appliquer en même temps une réglementation en
faisant entrer et sortir ces marchandises

L’importation est l’entrée sur le territoire national des marchandises venant de


l’étranger.

L’exportation est la sortie du territoire des marchandises se rendant à l’étranger.

L’objet de l’activité douanière concerne donc les échanges internationaux, les


mouvements de marchandises à travers les frontières c'est-à-dire le commerce
extérieur. Les droits de douane sont donc des impôts indirects dont le but est de
procurer les ressources au trésor public et en même temps de contribuer à la po-
litique économique du pays.

Le commerce international est une importante force motrice près l’industrie des
nations et enrichit la vie des personnes. Avec l’expansion du commerce interna-
tional, les économies ont atteint la prospérité étonnante. C’est la douane qui
vient en tête dans les activités commerciales avec d’autres pays. Elle lutte contre
les importations et les exportations illégales qui ont un effet déstabilisateur sur la
société et l’économie.

La douane a été utilisée comme un outil important de collecte des recettes pour
la plupart des gouvernements. Elle a également été employée par des gouverne-
ments pour contrôler les différents mouvements de personnes et de marchan-
dises. Elle exerce des contrôles sur des restrictions et prohibitions, y compris
les articles pornographiques, les drogues, les armes à feu et les substances no-
4

cives, tels que les déchets dangereux et les produits qui appauvrissent la couche
d’ozone.

La douane s’est cependant apprêtée aux changements périodiques, depuis l’ère


du dirigisme jusqu'à l’ère du libéralisme économique.

Dans les économies développées, la douane ne joue plus le seul rôle de collecter
les recettes mais plutôt celui de protéger les frontières, celui-ci étant devenu
beaucoup plus important.

Le rôle de la douane a alors 2 aspects essentiels : fiscal d’abord, économique


ensuite.

1. Rôle fiscal

Le mot fiscal vient du latin FISCUS (qui veut dire panier).En effet, les anciens
collecteurs des impôts plaçaient leurs recettes dans des paniers. Le fisc est
l’ensemble des organismes chargés de percevoir les impôts .Au Burundi, le rôle
fiscal de la douane est prépondérant.

Les recettes douanières représentent une masse énorme d’argent. L’importance


du chiffre peut surprendre et on ne manque pas de dire que les droits de douane,
en augmentant le prix des marchandises, constituent un facteur de vie chère et
d’inflation. Certes, cela est exact, mais compte tenu des ressources du pays,
comment sans les droits de douane, alimenter les caisses de l’Etat? En effet, il
faut payer les fonctionnaires et les militaires, il faut construire et équiper les
écoles, il faut construire et équiper les hôpitaux, les dispensaires, il faut entrete-
nir les routes, il faut ouvrir des ambassades à l’étranger. C’est surtout dans les
PVD (Pays en Voie de Développement) que les droits de douane représentent
une part importante des ressources de l’Etat.

2. Rôle économique.

Pour favoriser le développement du pays, il est nécessaire de protéger et


d’encourager l’économie nationale. Cette protection et cet encouragement peu-
vent se faire de diverses façons:

a)D’abord en limitant et en interdisant l’introduction des produits étran-


gers, en concurrence des produits nationaux (c’est le protectionnisme qui est la
doctrine inverse du libéralisme économique qu’on appelle également libre-
échangisme).
5

La limitation peut se faire par le système du contingentement ou des quotas.

C’est-à- dire que pour certaines marchandises étrangères, seule une quantité li-
mitée est autorisée annuellement à l’importation (Ex : voitures japonaises en
France limitées à 3% des immatriculations).Lorsque la quantité fixée est intro-
duite, les importations cessent jusqu’à l’année suivante.

L’interdiction appelée aussi prohibition, cela veut dire que, quand les autorités
estiment que la production locale est satisfaisante aussi bien en qualité qu’en
quantité, il y a lieu de procéder à l’interdiction .Cette prohibition se traduit par
une économie de devises.

Au Burundi le système du contingentement et de prohibition est entre les


mains de la BRB. Les licences modèles I constituent des autorisations
d’importation et c’est la BRB qui ouvre ou qui ferme le robinet selon les
besoins disponibles en devises en fonction des exigences du pays.

b) Ensuite, en empêchant la sortie des produits nationaux nécessaires


au pays tels que le haricot, le lait ou autres produits alimentaires. Pour ces
denrées, la BRB ne délivre aucune licence d’exportation (modèle E).La
douane contrôle les frontières.

c)Enfin, en favorisant le développement industriel du pays :

-installer des industries ;

-créer des emplois nouveaux ;

-diminuer des importations des produits manufacturés.

La douane intervient partiellement en faisant l’application du code des in-


vestissements (API). En particulier, le code des investissements prévoit
pour des entreprises prioritaires qui s’installent au Burundi une exonéra-
tion de certains droits et taxes et une exonération de l’impôt pendant une
certaine période.

La douane participe également directement à l’actionné économique par


son propre système de taxation. En effet, la douane perçoit des droits lors
de l’entrée des marchandises sur le territoire national et ces droits ne sont
pas uniformes.
6

Pour quelques marchandises, ces droits sont nuls, pour d’autres ils sont
soit à 10% ou à 25%.

Ceci montre qu’en fixant le taux de ces droits d’importation à tel ou tel ni-
veau, un pays peut favoriser l’importation de certains produits ou au con-
traire arrêter l’introduction de certains produits étrangers. Il faut noter par
ailleurs que ces droits d’importation ne sont pas égaux pour tout le monde.
Les mêmes marchandises peuvent être taxées différemment selon la quali-
té de l’importateur ou l’usage qu’il va en faire par exemple 0% dans un
cas et 25% dans un autre cas.

Comment cela se fait pratiquement ?

a. Certains produits sont exemptés de droit d’importation (exemple le


froment), les animaux de l’espèce bovine peuvent également être taxés
différemment selon les besoins de l’importation.

En outre, le code des investissements prévoit l’exonération des droits


d’importation sur le matériel, matériaux et les biens d’équipement desti-
nés à l’installation d’une nouvelle entreprise.

b. Les produits de première nécessité sont de nuls droits. C’est le cas des
graines pour l’ensemencement de la position tarifaire 12.09.

c. Les matières premières et les produits semi-finis destinés à être trans-


formés par les industries locales sont également faiblement taxés. Ex :
fers à béton, les granulés des matières premières plastiques, les effilochés
de fibres synthétiques, etc.…

d. Les produits utilisés dans l’agriculture sont également soumis à une


taxation faible. Ex : les engrais, les insecticides, les outillages agricoles
telles que les houes, les machettes, les pioches, etc.…

e. Au contraire ; les produits manufacturés qui peuvent concurrencer les


marchandises produites par les industries nationales sont fortement
taxées.

Ex : peintures prêtes à l’emploi, couvertures étrangères, savons ordinaires,


etc.…
7

f. Les produits considérés comme articles de luxe dont l’importation n’est


pas souhaitée sont soumises à une taxation plus élevée.

Ex : sucreries, vins, chocolats, parfums ; rasoirs électriques, whisky, bateaux


de plaisance, etc.…

Tous ces exemples nous donnent une idée du poids de la taxation douanière
sur les courants de l’importation. Si la barrière douanière est basse, les pro-
duits pourront facilement entrer et en abondance .Si la barrière douanière est
haute, les produits coûteront chers, se vendront difficilement, et ne seront
importés qu’en petite quantité.

Par le niveau de la taxation, la douane encourage ou au contraire ralentit les


importations. C’est un régulateur économique important (l’autre régulateur
économique au Burundi étant la BRB).

3. Autres missions.

En plus de son rôle fiscal et économique et en raison de son implantation sur


les points de passage vers l’extérieur (frontières), la douane intervient dans
des domaines connexes très divers. C’est ainsi que des services douaniers
sont chargés de veiller à l’application des règlements particuliers concernant
l’entrée et la sortie des billets de banque (service de la BRB), des armes et
des minutions (forces armées), des stupéfiants (Ministère de la santé), des
animaux vivants et de la viande,(Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage ),
contrôle de la qualité, des normes ,pirateries et convention sur la propriété
intellectuelle (Ministère du commerce),commerce des essences protégées et
autres espèces de la flore et de la faune (Ministère de l’environnement)etc.…

La douane a un rôle essentiel. Elle participe à l’élaboration des statistiques


du commerce extérieur. La douane transmet régulièrement à la BRB des
exemplaires des déclarations en douane qui serviront de base à l’élaboration
par la BRB des statistiques du commerce extérieur : importations et exporta-
tions.

En conclusion, non seulement la douane fait entrer beaucoup d’argent dans


les caisses du trésor, mais encore, elle joue un rôle considérable dans le dé-
roulement des activités commerciales, industrielles et agricoles du pays. Au
Burundi en particulier, la douane joue un rôle d’une importance capitale.
8

CHAP. 3. MOYENS ET INSTRUMENTS DONT DISPOSE LA DOUANE


POUR ACCOMPLIR SES MISSIONS.

1. Organisation de la douane.

La douane est répartie non seulement sur les frontières, mais également à
l’intérieur du pays. Il existe 6 grands bureaux de douane : Bujumbura-port,
Bujumbura-aéroport, Bujumbura-poste, Bujumbura-pétrole, Gitega, Kayanza
et Makamba.

L’Administration des Douanes encadre 10 bureaux frontaliers importants et


5 postes des Douanes.

a)Les bureaux sont : Luhwa, Gatumba, Rumonge, Nyanza-Lac

Mabanda, Kayogoro, Gisuru, Kobero, Kanyaru-Haut et GasenyiI.

b) Les postes de douane sont : Vugizo, Gahumo,

GasenyiII, Kanyaru-Bas etKabarore.

2. Les personnels de la douane.

Le personnel de la douane est composé par :

-le commissaire des Douanes et Accises ;

-les Directeurs ;

-les Cadres de Direction (les conseillers et les chefs de service) ;

-les chefs de bureau ;

-les Receveurs des Douanes ;

-les agents vérificateurs des Douanes ;

-les commis agents d’appui.


9

3. La législation et la réglementation douanières.

La législation et la réglementation douanières constituent la base juridique de


l’activité douanière. L’arsenal juridique des procédures douanières est cons-
titué par :

1. L’East African Community Customs Management Act, 2004 (EACCMA,


2004);

2. L’East African Community Customs Management Regulations, 2006


(EACCMR, 2006);

3. Le code des Douanes du Burundi ;

4. L’O.M. portant exécution du code des Douanes du Burundi.

5. Le tarif des douanes, base de la taxation douanière.

Le tarif des droits de sortie est un instrument de base de la taxation des pro-
duits originaires du Burundi à la sortie tandis que le tarif des droits d’entrée
concerne la taxation des produits importés. Aujourd’hui, le tarif de droit
d’importation c’est le Tarif Extérieur Commun ; version 2012.

Les principaux produits exportés sont essentiellement le café, le thé, le co-


ton, les peaux, les écorces de quinquina, les minerais tels que la cassitérite,
l’or etc.…

CHAP.4. APERCU SUR LES ECHANGES INTERNATIONAUX.

4.1. Protectionnisme et libre-échange.

Aucun pays à l’époque actuelle ne peut se suffire à lui-même c.à.d. en éco-


nomie fermée ou autarcie .Tous les pays sans exception échangent les mar-
chandises même les grandes puissances qui regorgent de richesses.

On pourrait penser que la Russie possédant tout ce dont elle a besoin sur sa
plus grande superficie du monde, ne se livre à aucune importation ou expor-
tation de marchandises. La réalité est très différente car la Russie a un com-
merce extérieur important.
10

Elle vend du pétrole et du gaz. Elle achète les marchandises des usines
étrangères. Elle vend les avions mais elle achète de la banane, du sucre et
du café. Elle vend de la vodka et achète du blé etc.…

Il en est de même des Etats-Unis d’Amérique. Ils achètent du pétrole, ven-


dent du blé et du soja. Ils achètent du champagne et du cognac, mais par
contre, les E.U.A vendent du coca cola.

En matière économique, ces échanges de marchandises sont encouragés par


le gouvernement et le commerce extérieur peut être freiné pour des raisons
politiques, économiques ou financières.

Le libre échangisme consiste en principe à laisser entrer et sortir librement


les marchandises et à ne prendre aucune mesure susceptible de gêner les
transactions entre les pays .Selon ce système, le commerce international se
fait donc sans prohibition ni contingentement, ni barrière douanière.

Au 19èmesiecle l’anglais Holden fut l’un des principaux propagateurs des


idées de libre échange à une époque où la Grande Bretagne, 1ère puissance
économique du monde avait besoin des matières premières, du marché et
des clients pour ses produits manufacturés. Ce système se traduit par une
forte concurrence dans le pays, encourage les initiatives, stimule le com-
merce et l’industrie, entraine l’augmentation de la production, une meilleure
qualité et un abaissement des prix.

Mais pour adopter et maintenir ce système, il faut avoir une industrie puis-
sante capable de soutenir le choc des adversaires étrangers. Or, les PVD qui
commencent à peine leur industrialisation n’ont pas encore la vigueur suffi-
sante pour résister à la concurrence étrangère. De plus, ces pays ont besoin
des ressources fiscales qu’ils ne peuvent pas trouver sur le revenu intérieur
encore plus faible. Pour ces 2 raisons, les PVD ne peuvent pas adopter le
système du libre échangisme. Ils sont tenus d’avoir une attitude protection-
niste.

Le protectionnisme a pour objectif principal de défendre les activités natio-


nales contre la concurrence étrangère ; il peut aussi répondre au souci de ne
pas importer la technologie de pointe à des pays idéologiquement admis.
11

Si les industries jeunes et aussi fragiles des PVD ne sont pas protégées, elles
ne pourront pas se développer. La douane assure donc cette protection par les
barrières tarifaires c.à.d. par des droits suffisamment élevés susceptibles de
freiner l’entrée des produits étrangers concurrentiels. Cette protection peut
aussi être assurée par des contingents ou des quotas ainsi que par des prohi-
bitions. Mais le GATT lutte contre cette dernière pratique. Selon les règles
pensées par le GATT, les industries nationales ne doivent être protégées que
par le tarif douanier à l’exclusion de toute autre mesure.

Le protectionnisme pratiqué par un pays entraine souvent par mesure de pré-


caution le protectionnisme de l’autre. En outre, le protectionnisme crée au-
tour des activités un sentiment qui peut les conduire à négliger la qualité de
leurs fabrications ou à augmenter les prix d’intérêt ; le protectionnisme
aboutit donc à des situations de monopole qui joueront au détriment des con-
sommateurs nationaux.

4.2. Le Dumping.

Le dumping est une pratique qui consiste pour un gouvernement à apporter


des subventions aux producteurs nationaux pour leur permettre de vendre
leurs produits moins chers à l’étranger que sur leur propre territoire. Il arrive
même que grâce aux subventions, le prix de revient des marchandises soit
inférieur au coût de production.

C’est donc un système artificiel, à base des subsides qui fausse le jeu normal
de la concurrence et les règles loyales du commerce. Le but du dumping est
d’éliminer un certain nombre de concurrents pour s’imposer en force sur le
marché étranger. On peut lutter contre la pratique du dumping par
l’institution d’une loi anti-dumping.

4.3. La Clause de la Nation la plus Favorisée.

Pour faciliter leurs échanges, les pays signent entre eux les traités de com-
merce. Dans ces accords, figurent souvent une clause dite clause du traite-
ment de la nation la plus favorisée. Cette clause signifie que si un Etat ac-
corde à un pays tiers une réduction des droits ou un avantage quelconque en
matière commerciale, cette réduction ou cet avantage sera étendu immédia-
tement et automatiquement à l’Etat avec qui, il a signé auparavant un traité
de commerce comportant la clause en question.
12

TITRE 2. GENERALITES SUR LA L.R.D.

L’administration des douanes dispose de quatre textes :

1. La Loi sur la Gestion des Douanes de la Communauté Est Africaine,


2004) EACCMA ,2004 et ses textes d’application (EACCMR ,2006).

2. La Loi no 1/02 du 11Janvier 2007 instituant le Code des Douanes du Bu-


rundi et l’OM no 540/028 du 4Janvier 2008 portant règlement d’exécution de
ce code.

Ces textes sont fondamentaux. La législation, comme ce mot l’indique est


l’ensemble des textes de lois approuvés par l’autorité suprême. Cette législa-
tion fixe les principes, les structures, les règles de l’activité douanière mais
n’entre pas en détails.

La réglementation quant à elle est l’œuvre de l’autorité intermédiaire. Ses


textes fixent les modalités, les procédures et les détails d’exécution a
l’intérieur du cadre juridique fixé par la loi.

Chapitre 1 : Les dispositions préliminaires.

Ce chapitre a uniquement pour but de donner les définitions légales des dif-
férents termes et expressions utilisés dans les différents textes de lois pour
une stricte interprétation.

Ex1. Dollar signifie le dollar des Etats –Unis d’Amérique et comprend


l’équivalent dans la devise des Etats membres de la communauté.

Ex2. Pays étranger signifie tout pays autre qu’un état membre.

Ex3. Cabotage signifie le transport soit par route soit par lac a travers un
territoire étranger ou une voie mitoyenne, des marchandises expédiées sous
douanes d’un endroit de la République à un autre endroit de la République.

[Link] signifie la période entre six heures du soir d’une journée donnée et
six heures du matin de la journée suivante.

Ex5 : Pays de provenance : c’est le pays intermédiaire d’où la marchandise


a été expédiée à destination du Burundi.
13

[Link] Générales

.Le franchissement des frontières.

Aucune marchandise ne peut entrer au Burundi autrement que par les voies
autorisées par la législation douanière, c’est la notion de routes légales.

En outre, les marchandises importées ou exportées doivent être présentées en


vue de leur dédouanement dans les bureaux douaniers désignés eux aussi
par les textes de lois.

Par ailleurs, les marchandises se trouvant sur les voies autorisées (voies
légales) doivent être acheminées à l’importation vers la frontière sans inter-
ruption ni détour et sans subir de modifications de trajet.

Toute importation ou exportation faite en contravention à ces dispositions


est réputée frauduleuse (contrebande).

Les bureaux et postes douaniers sont créés par le Ministre des Finances.
L’OBR détermine leurs attributions, ainsi que les limites de leur ressort et
l’autorité dont ils dépendent.

Dans tous les bureaux des douanes, les textes de la L.R.D, de même que les
tarifs relatifs aux droits et taxes de toute sorte perçus par les services des
douanes doivent se trouver à la disposition du public. Tous ces documents
doivent être tenus régulièrement à jour.

Les bureaux et postes sont ouverts tous les jours ouvrables aux heures fixées
par l’autorité compétente, sauf exception selon les besoins du commerce et
les exigences locales. Dans ce cas, les heures d’ouverture sont portées à con-
naissance du public par un avis affiché à la porte du bureau.

Le bâtiment où est installé un poste de douane porte en noir sur le fonds


blanc en caractères apparents l’inscription« DOUANES ».

Les bureaux situés sur une voie de terre sont signalés à distance par des
plaques indicatrices montées sur des poteaux et placées au moins à 2,50m du
sol. Elles portent l’inscription DOUANES en noir sur fonds blanc. Une bar-
rière mobile peut être érigée en travers de la route, elle est peinte en bandes
alternées, blanches et rouges. En cas de nécessité, le service des douanes est
14

autorisé à installer sur les routes, les obstacles jugés nécessaires pour arrêter
toute fraude éventuelle.

Ces obstacles doivent être signalés la nuit par un feu rouge ; ces obstacles
peuvent consister en heurts, planches à clous, rouleau de fils de fer barbelés,
les panneaux d’arrêt (halte douane).

Toute marchandise arrivant sur le territoire du Burundi est réputée d’origine


étrangère et est soumise aux conditions du tarif des droits d’importation sauf
s’il est prouvé à la satisfaction de la douane, qu’elle est originaire du Burun-
di ou qu’elle y a déjà été nationalisée.

Sur l’ensemble du territoire, tout transport, tout dépôt ou toute détention de


marchandises doit être couvert par des justifications d’origine. Ces justifica-
tions d’origine sont :

-à l’entrée, les documents douaniers délivrés par le Bureau de Douane


compétent ;

-à la sortie, les documents de transport régulier, les factures origi-


nales, les contrats de vente ou d’achat ou les déclarations d’exportation ;

-En cours de transport des marchandises en libre pratique, les borde-


reaux ou les factures des fournisseurs ;

La douane se réserve la faculté de vérifier l’exactitude des renseignements


figurant sur les bordereaux et d’exiger toute preuve relative à l’origine et à
la destination de la marchandise.

A défaut de ces justifications, les marchandises sont réputées se trouver en


cours d’exportation frauduleuse lorsqu’elles sont de nature de celles dont la
sortie de la République est prohibée ou soumise à des restrictions (licence)
ou avoir été introduites frauduleusement sur le territoire dans tout autre cas.

2.1. Importation et Exportation par le lac Tanganyika.

Sauf dans le cas de force majeur dûment justifié, les bateaux ne peuvent ac-
coster que dans le port pourvu de bureau des douanes.
15

Les marchandises constituant la cargaison du bateau doivent se trouver sur


un document signé du capitaine dénommé manifeste.

Le manifeste est la liste des marchandises embarquées. Il mentionne le


nombre et l’espèce des colis, leurs marques et numéros, la nature des mar-
chandises, le poids brut, le lieu du chargement, le nom du bateau et le nom
du destinataire, etc.…

Le manifeste est établi à l’aide des lettres de transport lacustre (LTL). Ces
lettres sont des documents commerciaux établis et signés par le transporteur
qui prend en charge la marchandise. Dans la pratique, à Bujumbura, le ma-
nifeste est constitué par la liasse de lettres de transport lacustre assemblées
et précédées d’un feuillet récapitulatif.

Chaque lettre de transport est numérotée et constitue un article du mani-


feste .Le manifeste doit être déposé sans délai au bureau de douane d’entrée
où il est enregistré.

Dans certains pays, les opérations relatives au manifeste s’appellent la con-


duite en douane ou la mise en douane des marchandises. A l’exportation, les
marchandises exportées par le port de Bujumbura à destination de l’étranger
font elles aussi l’objet de lettre de transport lacustre et du manifeste.

A titre général, pour souligner l’importance du document, lorsque le mani-


feste est rédigé dans une langue étrangère, la douane peut exiger la traduc-
tion dans la langue officielle. C’est le dépôt du manifeste au bureau des
douanes qui donne l’autorisation de décharger les marchandises. Aucune
opération de déchargement ou de dédouanement ne peut avoir lieu si le ma-
nifeste n’est pas déposé. Les opérations de déchargement sont effectuées
sous la surveillance du personnel de la douane placé sous l’autorité du chef
local. Le commandant de tout bateau est tenu de prendre à bord les agents de
douane que le chef local estime nécessaire de placer à la surveillance. Les
marchandises sont déchargées dans les installations douanières. Au fur et à
mesure de leur déchargement, elles sont placées sur les terre-pleins ou intro-
duites dans les magasins de déchargement et sont toujours sous la responsa-
bilité du transporteur.

A leur arrivée dans les magasins de déchargement, la douane doit procéder à


l’écor (dénombrement et identification) des colis. Pour les colis avariés ou
16

endommagés, des constats sont établis par le transporteur et des emballages


doivent être réparés ou reconstitués par celui-ci sous la surveillance perma-
nente de la douane. Ces opérations se font dans les installations douanières
de Global Port Service (GPS) ancien E.P.B (Exploitation du Port du Bujum-
bura).

2.2. Importation et Exportation par voie terrestre.

Les marchandises qui sont importées ou exportées par voie de terre doivent
être accompagnées par une lettre de transport appelée lettre de voiture. Ce
document établi par le transporteur donne les mêmes renseignements que la
lettre de transport lacustre.

Dans les bureaux de douanes des frontières terrestres du Burundi, il n’existe


pas de magasins de déchargement, en conséquence, les marchandises de-
vraient y être dédouanées immédiatement. Cependant, elles ont la possibilité
d’être acheminées vers les bureaux de dédouanement sous couvert d’un PAC
(passavant-à-caution) ou d’un T1 (transit intérieur).Le T1ou le PAC sont
des déclarations sommaires qui donnent la possibilité au transporteur agréé
d’acheminer les marchandises importées depuis la frontière jusqu’au bureau
où elles seront dédouanées.

La procédure du T1/PAC a été instituée pour palier à l’inconvénient des dif-


ficultés de dédouanement systématique à la frontière. En effet, le dédouane-
ment à la frontière terrestre se heurterait à d’importantes difficultés ; en ef-
fet :

-les chauffeurs des camions n’ont ni compétence ni qualité pour établir et


signer les déclarations en douane ;

-ils ne disposent pas sur eux de l’argent nécessaire pour le paiement des
droits et des taxes éventuellement dus ;

-pour dédouaner, il faut des factures et dans le cas général, des licences qui
sont détenues par les importateurs chez eux ;

- pour dédouaner, il faut également connaître le cours des changes appli-


cables pour déterminer la valeur en douane. Or, les bureaux des douanes des
frontières terrestres ne reçoivent pas régulièrement les cours des changes ;
17

-faute de locaux appropriés, il est impossible de pratiquer une vérification


détaillée de marchandises c.à.d. du contenu des colis.

2.3. Importation et Exportation par voie aérienne.

Sauf dans le cas des circonstances exceptionnelles, c.à.d. Le cas de


force majeure ou sauf autorisation accordée par le gouvernement, tout aéro-
nef venant de l’étranger ou s’y rendant doit obligatoirement atterrir sur un
aérodrome douanier c.à.d. celui placé sous le contrôle et la surveillance de la
douane.

Actuellement, le seul aérodrome douanier du Burundi est Bujumbura- aéro-


port. Si un avion venant de l’étranger ou s’y rendant désire utiliser un autre
aérodrome, Gitega par exemple, le pilote, le propriétaire ou le représentant
de la compagnie ou de la société aérienne, doit aviser au préalable le service
des douanes de l’endroit, de l’heure et de la date probable de l’opération en-
visagée.

Les marchandises apportées par l’avion peuvent être soit des bagages, soit du
fret (on l’appelle également fret aérien ou cargo aérien).Toute expédition ou
fret aérien fait l’objet de Lettre de Transport Aérien(LTA) ou Air Way
Bill (AWB) d’un modèle international établi par le transporteur.

Le manifeste aérien est une récapitulation de toutes les LTAs des marchan-
dises transportées. Ce manifeste est remis à la douane dès l’arrivée de la
marchandise .Si l’avion ne décharge aucune marchandise, la douane ne de-
mande aucun manifeste.

Les commandants d’aéronefs n’ont pas la possibilité de s’opposer à la visite


douanière des appareils et des bagages et des colis qu’ils peuvent contenir.
Au déchargement, les marchandises seront pointées suivant le manifeste et
les LTAs puis placées dans les magasins de déchargement. (SOBUGEA).
18

[Link] commissionnaires en Douanes(Déclarants), partie XI de


l’EACCMA.

Le déclarant est toute personne physique ou morale qui fait une déclaration
en douane de marchandises au nom de laquelle cette déclaration est enregis-
trée.

1. Personnes habilitées à déclarer en douane


Le commissaire peut autoriser les personnes à opérer comme déclarant
en douane pour les transactions commerciales relatives à la déclaration
ou au dédouanement des marchandises.
Le commissaire avant toute autorisation doit être satisfait que la per-
sonne a les capacités morales, intellectuelles et techniques nécessaires
pour cette mission combien sensible.
Le commissionnaire en douane doit avoir ː

- Une adresse avec un bureau et des équipements spécifiques.


- Un code déclarant incessible ;
- Une société enregistrée et un NIF personnel ;
- Un personnel qualifié ;
- Une garantie nécessaire et suffisante conforme à la réglementation
- Un compte bancaire ;
- Deux employés salariés qualifiés à son service exclusif chargé du
dédouanement.

2. Responsabilités des commissionnaires en douane.


Un déclarant en douane dument autorisé qui exécute un acte au nom
du propriétaire des marchandises doit être considéré comme le pro-
priétaire de la marchandise.
Le commissionnaire en douane est civilement et pénalement respon-
sable des infractions ou tentative d’infractions douanières commises
par les membres de son personnel. Il ne peut se soustraire à ces res-
ponsabilités que s’il est établi que les faits ont été commis à son insu
ou dans le but de lui nuire.
Le commissionnaire en douane est personnellement tenu responsable
du paiement des droits, taxes et amendes dont sont passibles les mar-
chandises qu’il déclare.
19

CHAP.4 Dédouanement des marchandises.

Après l’arrivée des marchandises au bureau des douanes, l’importateur ou


l’exportateur doit donner une destination à ses marchandises c.à.d. leur don-
ner un régime douanier c.à.d. les dédouaner.

Les marchandises avariées peuvent, sur autorisation de la douane, être enle-


vées des magasins de déchargement et être détruites sous la surveillance des
agents de la douane.

Pour le dédouanement, la marchandise doit faire l’objet d’une déclaration


détaillée dont le modèle est fixé par l’autorité compétente.

Les déclarations sont datées et signées par le déclarant ou son manda-


taire .Elles doivent contenir toutes les informations qui permettent
l’identification de l’importateur, les lignes de taxations ainsi que les éléments
de vérifications de la déclaration.

Dans tous les cas, on utilise la désignation de la marchandise selon le tarif


des douanes, c’est ce qu’on appelle l’espèce tarifaire ou la dénomination de
la marchandise selon les termes du tarif.

Les noms de fantaisie et les appellations commerciales ne sont pas admis.

Ex : on dit margarine et non bleu- band,

Savon de toilette et non luxe ou mon savon,

Crayon d’ardoise et non touche etc.…

NB : Dans les bureaux disposant des magasins de déchargement, le délai de


déclarer est de 21 jours c à d que l’importateur dispose de 21 jours à partir de
l’arrivée des marchandises pour leur donner un régime douanier (article 34
EACCMA).

C’est la date du déchargement qui fait foi. Le jour d’arrivée ne compte pas
mais le jour de dépôt et d’enregistrement de la déclaration est inclus.
20

Le taux des droits de magasin est de 0.3dollars par tonne et par jour con-
formément aux sections 82 et 84 de la Règlementation sur la gestion des
Douanes de la Communauté Est Africaine.

Ex : Des marchandises sont arrivées et sont déchargées le même jour à Bu-


jumbura-port par la barge WAREGA le 2 juillet 2015.

Le délai de déclaration va du 3/07/2015 inclus au 23/07/2015 inclus.

Les marchandises arrivent par le bateau TORA et sont déchargées le


10/09/2015, le délai de déclaration va du 11/09/2015 inclus au 1er/10/2015
inclus.

Si les marchandises ne sont pas déclarées dans les délais de 21jours, elles
sont considérées comme abandonnées. Les droits de magasin commencent à
courir et si les ayant-droits ne les ont pas réclamées dans les délais de trois
ou de six mois selon les cas, elles seront vendues par la douane aux enchères
publiques.

Cependant, l’ayant-droit peut demander que la marchandise abandonnée soit


remise à sa disposition moyennant des frais d’emmagasinage et autres frais.

L’Etat n’est pas responsable des marchandises entreposées et/ou abandon-


nées.

Ex : 5 caisses de lait en poudre : P.B : 328 kg arrivés par la barge NYANZA


du 05/01/2015, date du déchargement : 05/01/ 2015

Date d’arrivée : le 05/01/2015.

Date d’enregistrement de la déclaration en douane : 10/O3/2015

Délai de francise : du 06/01/2015 inclus au 26/01/2015 inclus : 21jours.

A partir du 27/01/20015 la marchandise est considérée comme abandonnée


et les droits de magasin commencent à courir.

Du 27/01/2015 inclus au 10/03/2015 inclus : 43 jours.

D.M = 43*0.3USD*0.328 = 4,2312 USD


21

4.1. De la forme de la déclaration en douane.

Les marchandises peuvent être déclarées de 3 façons : par écrit, verbalement


ou par la bande verte /rouge dans les aéroports pour les voyageurs (art.46
EACCMA).

Toutefois, les déclarations verbales ne sont acceptées que dans les cas sui-
vants :

a. pour les bagages et menus objets accompagnant les voyageurs, pas-


sagers et touristes ;
b. pour les minuties, c à d les petits articles ou les faibles quantités de
marchandises importées ou exportées par les membres d’équipage
des bateaux ou des avions ;
c. pour les marchandises sans caractère commercial importées ou ex-
portées ;
d. pour les marchandises d’une faible valeur ne dépassant pas 2000
dollars dans le cadre du trafic frontalier.

Dans ces hypothèses, les renseignements fournis par le déclarant sont


transcrits par le Receveur des douanes dans un carnet à souches. Ce car-
net s’appelle quittancier126 bis.

Le déclarant appose sur ce document sa signature précédée de la mention par


écrit de l’incapacité réelle du déclarant.

Dans tous les cas, s’il n’y a pas de déclaration verbale, il y a déclaration
écrite. Le déclarant doit rassembler un certain nombre de document dont :

a. La licence d’importation ou d’exportation ;


b. les factures (du fournisseur du ou des transporteurs, de l’assurance et
des autres intermédiaires…) ;
c. le laissez-suivre du dernier transporteur en échange du paiement des
frais de transport et autres documents tels que les divers certificats
selon les cas ;
22

Quand une marchandise arrive par la voie lacustre au port de Bujumbura, le


dernier transporteur envoie un avis d’arrivée au destinataire annonçant que la
marchandise est déjà dans les installations douanières.

Le destinataire se présente dans les bureaux du transporteur pour retirer le


laissez- suivre.

Pour les marchandises arrivées par avion, le transporteur aérien (SN, LUF-
TANZA, AIR France, KENYA AIRWAYS, etc. ...) envoie un avis d’arrivée,
puis délivre le laissez-suivre au nom du destinataire avec le nombre de colis
et le numéro du manifeste.

d. éventuellement les documents permettant d’obtenir l’exonération des


droits et taxes douanières ;
e. le certificat de désinsectisation, de désinfection, le certificat vétéri-
naire ou l’autorisation d’importation pour les médicaments ;
f. dans certains cas, la liste de colisage, celle-ci donne, le n°, le P.N, le
P.B. et le contenu détaillé de chaque colis. Elle est très utile en cas
d’arrivage partiel pour connaître avec précision la marchandise arri-
vée. Mais elle est sans intérêt pour les expéditions d’une même mar-
chandise en colis uniformes.
En cas de besoin, le P.V de constat établi par le dernier transporteur et
mentionnant les manquants ou les casses.

4.2. Déroulement des opérations.

La déclaration rédigée, enregistrée, signée et payée par le déclarant est dépo-


sée au bureau de la douane, au guichet de la recevabilité avec tous les docu-
ments d’accompagnement. L’agent des douanes qui la reçoit l’examine pour
recevabilité et l’enregistre.

4.3. Utilité de la date de dépôt.

Elle est utile :

a. pour la fixation du jour du calcul des D.M., le délai de franchise se


calculant jusqu’au jour du dépôt de la déclaration inclus ;
23

b. en cas de changement des taux inscrits au tarif, le tarif applicable est


en effet celui en vigueur le jour du dépôt de la déclaration ;
c. pour l’application du taux de change, on utilise en effet le dernier
cours vendeur déterminé par la BRB et d’application la veille du dépôt
de la déclaration ;
d. pour le calcul de la valeur imposable d’un véhicule automobile
d’occasion. En effet, la durée d’utilisation se calcule depuis le 1er jour
de la 1ère mise en circulation jusqu’au jour inclus du dépôt de la décla-
ration de mise en consommation.

La déclaration déposée au bureau de douane est examinée par un agent de la


recevabilité pour voir si elle recevable, si elle acceptable et complète, c à d si
toutes les mentions nécessaires et réglementaires y figurent ; si elle est datée
et signée, si elle est accompagnée du laissez- suivre, de la licence et des fac-
tures, si tous les exemplaires sont remplis : c’est l’examen de la recevabili-
té.

Quand toutes ces opérations sont terminées, la déclaration doit subir la véri-
fication approfondie.

Le vérificateur, avant tout commencement de vérification est tenu de


s’assurer que le document qui lui est présenté est recevable c à d :

a. qu’il contient tous les enregistrements nécessaires pour taxer ou pour


enregistrer en statistiques les marchandises qui y sont reprises ;
b. que la dénomination des marchandises corresponde au numéro de la
nomenclature tarifaire ;
c. Que le calcul des droits et autres éléments de la déclaration sont
exacts.

Si l’une de ces conditions n’est pas remplie, le vérificateur renvoie le docu-


ment au déclarant pour la régularisation.

En vue de la vérification, le déclarant doit effectuer ou faire effectuer à ses


frais le déchargement, la manutention, l’ouverture et la fermeture des colis
ou toute autre opération jugée nécessaire par lui.

Le déclarant peut aussi opérer à ses frais le chargement de la marchandise.


Tant que la marchandise se trouve sous la surveillance douanière, les fonc-
24

tionnaires et agents douaniers ont droit de procéder à la vérification aussi


souvent qu’ils le jugent nécessaire.

La vérification consiste en un examen des documents d’abord puis éventuel-


lement de la marchandise à dédouaner. La vérification portera sur l’espèce
de la marchandise (en matière douanière, on appelle espèce, la désignation
des marchandises selon les termes du tarif douanier).

La vérification porte aussi sur la valeur en raison de la taxation ad valorem


la plus fréquente et en cas de besoin sur le littrage, le poids, le métrage
etc.…en cas de taxation spécifique.

Le vérificateur examine d’abord les documents, la déclaration elle-même, les


factures, la licence la liste de colisage, les éventuels procès-verbaux. Il fait
le calcul de la valeur à déclarer en additionnant le coût d’achat des marchan-
dises, le montant des frais de transport et d’assurance et autres en utilisant le
cours des changes fourni par la BRB.

Si la valeur ainsi trouvée est la même que la valeur déclarée et si tous les
autres éléments de la déclaration lui semblent corrects, il admet la déclara-
tion pour conforme c à d qu’il ne conteste rien.

Dans ce cas, il porte sur le certificat de vérification la mention «VALEUR


RECONNUE CONFORME, TOUS AUTRES ELEMENTS ADMIS
CONFORMES SUR DOCUMENTS» puis le vérificateur signe et date le
certificat de vérification. Mais le vérificateur peut également et c’est le cas le
plus fréquent examiner le contenu des colis : c’est la visite physique de la
marchandise.

Dans ce cas, le vérificateur désigne les colis à ouvrir au hasard par une men-
tion sur le certificat de vérification. Il s’agit ici d’une vérification partielle
ou vérification sur épreuve. Si le vérificateur demande l’ouverture de tous les
colis, il s’agira d’une vérification intégrale.

Le déclarant ouvre les colis désignés et le vérificateur examine le contenu


pour voir si l’espèce déclarée est conforme à la déclaration.

Le vérificateur a la faculté de prélever des échantillons et de les envoyer à


l’analyse (cas des produits chimiques ou des mélanges des produits textiles).
25

Si tous les éléments vérifiés correspondent exactement à ce qui est déclaré, le


vérificateur remplit le certificat de vérification en y relatant les opérations
qu’il a faites et y indique les résultats. «Espèce reconnue conforme sur
l’ouverture des colis numéro tel ou tel, tous autres éléments reconnus con-
formes ».

Cependant, il arrive que plusieurs éléments vérifiés ne soient pas en concor-


dance avec les indications portées sur la déclaration.

1er cas :

La valeur reconnue par le vérificateur est moins élevée que la valeur décla-
rée. En d’autres termes, le déclarant a donné à sa marchandise une valeur
plus grande que sa valeur réelle et en conséquence il a payé plus qu’il ne de-
vait.

Le vérificateur mentionne sa constatation sur le certificat de vérification


mais il n’est pas tenu d’en faire part au déclarant.

La déclaration et le certificat de vérification sont signés d’ordinaire.

2ème cas :

Le vérificateur constate des manquants.

Le vérificateur fait mention dans ce cas de la constatation sur le certificat de


vérification mais il n’est pas tenu d’en informer le déclarant. La déclaration
et le certificat de vérification sont signés comme dans l’hypothèse précé-
dente.

3ème cas :

La valeur reconnue par le vérificateur est plus élevée que la valeur déclarée.

En d’autres termes le déclarant a donné à sa marchandise une valeur infé-


rieure à sa valeur réelle. Il a payé donc moins qu’il n’aurait dû acquitter.

Il s’agit ici d’une infraction qualifiée de sous- évaluation. Elle est prévue et
réprimée par les dispositions de la loi.
26

Dans ce cas, le déclarant est avisé. Il est invité à contre- écrire sa déclaration
ou à rédiger une déclaration rectificative et à payer le supplément des droits
ainsi que les amendes éventuelles.

Si le déclarant n’est pas d’accord, il peut soumettre le litige à l’autorité


douanière compétente et même au Ministre des Finances.

Si ceux-ci lui donnent raison, l’infraction n’est pas retenue, aucune déclara-
tion rectificative ne sera établie, aucun supplément de droits ne sera perçu et
aucune amende ne lui sera infligée.

4ème cas :

Le vérificateur constate une quantité supérieure à celle déclarée. Il s’agit ici


aussi d’une infraction qui est prévue et réprimée par les dispositions lé-
gales .Une déclaration rectificative est exigée dans ce cas et le supplément
des droits doit être payé de même que les amendes éventuelles.

5ème cas :

Le vérificateur constate une erreur dans l’espèce de la marchandise entrai-


nant une taxation très exigüe.

Il est rappelé que l’espèce tarifaire de la marchandise est la désignation


douanière et tarifaire de celle-ci et non sa désignation commerciale.

Exemple : déclaré insecticides du chapitre 38 au lieu des produits de la par-


fumerie du chapitre33.

Cette fausse déclaration d’espèce qualifiée également de fausse dénomina-


tion constitue une infraction prévue et réprimée par les dispositions légales.

4ème phase : liquidation et encaissement de la recette

Le Receveur des douanes est l’agent douanier qui est chargé de percevoir les
recettes douanières. C’est un comptable public.

Le Receveur des douanes procède d’abord à la révision de la taxation c à d


qu’il s’assure que le tarif est correctement appliqué et que les calculs sont
27

exacts .Il valide ensuite la déclaration par l’établissement du bulletin de li-


quidation (valider signifie rendre valable les opérations de dédouanement).

La validation comprend les opérations suivantes :

-perception de la somme due ;

-délivrance de la quittance après l’avoir signée et tamponnée parce que

Quittance = reçu ;

-inscription de la recette dans les livres comptables ;

-signature de la déclaration.

Le numéro de la quittance est porté sur la déclaration et vice versa. Après la


validation, on dit que la déclaration devient un PERMIS.

5èmephase : la clôture de la déclaration et le bon à enlever.

Le chef local ou chef de bureau procède à la clôture de la déclaration par le


bon à enlever c à d qu’il vérifie le dossier en dernier lieu pour voir si tous les
éléments permettant l’enlèvement de la marchandise déclarée sont correcte-
ment établis et si tous les niveaux de vérification précédente ont été correc-
tement effectués. Il procède par la suite à la clôture de la déclaration par la
signature de celle-ci et détache tous les documents nécessaires pour archi-
vage du dossier en attente du contrôle à posteriori.

6èmephase : l’enlèvement de la marchandise

Le dernier acte de la procédure de dédouanement est l’enlèvement des mar-


chandises.

L’agent des douanes du service surveillance des marchandises et le garde-


magasin annote chacun en ce qui le concerne les documents ci-dessus par la
mention «sortie conforme» et remettent la marchandise au déclarant : le re-
gistre de sortie fait mention de l’opération pour l’administration des douanes.

Pour GPSB, une décharge est donnée par le déclarant sur une copie de la
lettre de transport. La copie de la déclaration portant mention de la sortie est
remise définitivement au déclarant.
28

4.4. Résumé des opérations de dédouanement.

1. Conduite et mise en Douane par le T1 ou le PAC.

2. Prise en charge de la marchandise par la douane (apurement du


T1 ou du PAC c.à.d. génération du manifeste douanier par la
Douane.

3. Etablissement, saisie, enregistrement et signature de la déclaration


par le déclarant.
4. Liquidation de la déclaration par le déclarant et encaissement de la
recette par le Receveur.
5. Délivrance de la quittance par le Receveur.
6. Cette déclaration avec les documents d’accompagnement est re-
mise au guichet de la recevabilité.
7. Annotation des certificats joints et autres documents.
8. Péage- pesage et contrôle électronique du moyen de transport par
scanner (Rayons X).
9. Vérification préliminaire, comportant la vérification documentaire
et la vérification physique de la marchandise.
[Link] et rédaction du certificat de vérification.
[Link] de la déclaration par le vérificateur.
[Link]ôture de la déclaration et bon à enlever par le chef de bureau.
[Link] de la sortie conforme de la marchandise.
[Link]èvement effectif de la marchandise par le déclarant.

4.5. De la taxe progressive.

Le déclarant ne dispose que de 12 jours pour enlever sa marchandise. Dans


la pratique, ce délai de 12 jours part du lendemain de la date du Bon à enle-
ver par le chef de Bureau.

Après ces 12 jours, la marchandise est frappée d’une sanction administrative


appelée taxe progressive qui est plus lourde que les droits de magasin.

Les taux actuels de la taxe progressive sont les suivants (article 220 de
l’OM) :

Par 100 kg bruts indivisibles et par jour :


29

-20fbu chacun des 7 premiers jours (soit du 13ème au 19èmè jour inclus).

-30fbu pour chacun des jours suivants.

Exemple1 : Bon à enlever délivré le 1er/10/X, marchandise enlevée le


13/10/X

→ Pas de taxe progressive, car celle- ci ne s’appliquerait qu’à partir du


14ème jour.

Exemple 2 : Bon à enlever délivré le 2/10/X pour 8150kg de ficelles, mar-


chandises enlevées le 23/10/X.

Solution : P.B :8150kg…..coefficient : 82

Du 3/10/X inclus au 14/10/X inclus : délai de franchise de 12 jours

15/10 /X inclus au21/10 X inclus : 7jours

22/10 X inclus au 23/10 /X inclus : 2 jours

TP=7*20*82=11480

2*30*82=4920

Total à payer = 16400fbu

CHAP.5. Les facilités accordées aux Déclarants.

5.1. Autorisation d’inventaire et d’examen.

Si le déclarant ne possède pas tous les éléments dont il a besoin pour établir
lui-même sa déclaration, le chef local des douanes, le vérificateur des
douanes peut l’autoriser à examiner lui- même ses marchandises dans les ins-
tallations douanières avant l’établissement de la déclaration.

Une simple mention portée sur le laissez-suivre autorise cette opération :


«Inventaire autorisée».
30

5.2. Les duplicata des documents douaniers.

Le Receveur des douanes peut autoriser sur demande écrite des intéressés la
délivrance des duplicata des documents douaniers sans limites de nombre.

La délivrance d’un duplicatum utilisé comme copie donne lieu à la percep-


tion d’une redevance de cinq dollars.

5.3. Le renseignement tarifaire contraignant et le renseignement contrai-


gnant en matière d’origine.

Si le déclarant ou l’importateur éprouve des difficultés pour trouver le clas-


sement tarifaire qui correspond à sa marchandise, il peut faire une demande
du classement tarifaire ; celle-ci est présentée à l’agent des douanes compé-
tent.

La demande est accompagnée de factures, photographies et tous les docu-


ments nécessaires pour connaître la nature, le fonctionnement ou l’utilisation
de la marchandise.

Si c’est possible, les échantillons sont joints. Après examen de ce dossier, le


Directeur prend une décision du classement qui est transmise dans tous les
bureaux des douanes. Ceux-ci sont tenus de classer la marchandise en cause
sous la rubrique tarifaire figurant dans la décision.

Si une analyse ou une expertise sont nécessaires, le coût des opérations est à
la charge du demandeur.

La même facilité concerne aussi le renseignement sur l’origine compte tenu


de son influence sur la taxation douanière.

CHAP.6. La perception des droits.

Si les droits sont dus par le déclarant, ils doivent être payés (ou cautionnés)
au bureau où la déclaration est déposée. Ces droits doivent également être
perçus sur base et suivant les taux prévus dans le tarif des douanes.

Les droits sont calculés par le Receveur, d’après les éléments fournis par la
déclaration et éventuellement par la vérification ultérieure. Les droits sont
payés par le déclarant au comptant ou avec crédit de 10 jours. Ce crédit de10
31

jours constitue un compte décadaire qui est une facilité qui est accordée à
titre exceptionnel et à des sociétés de grande réputation sinon les droits sont
perçus soit en liquide soit au moyen d’un chèque certifié.

Le Receveur est personnellement responsable des erreurs de perception qu’il


commet au détriment du trésor. Les droits sont payés dans la monnaie ayant
cours légal dans la République. Toute somme perçue par la douane donne
lieu à l’établissement d’une quittance revêtue de la signature du Receveur et
d’un cachet de bureau. Toutes les opérations de perception des droits faites
dans les conditions irrégulières, tels que les paiements faits hors du bureau,
ou à des agents non qualifiés, le paiement sans délivrance de la quittance ré-
glementaire, l’octroi du compte décadaire à un déclarant non bénéficiaire ne
libère pas le redevable à l’égard du trésor.

CHAP.7. La Rétention des marchandises.

Le service des douanes a le droit inconditionnel de retenir les marchandises


qui se trouvent dans les installations douanières jusqu’ au paiement intégral
des sommes dues en matière des droits, des compléments et des amendes .On
dit que la marchandise est le gage des droits.

En outre, le Receveur des douanes doit retenir la marchandise lorsqu’ il re-


çoit une notification officielle du Ministre des Finances ou son délégué d’une
dette quelconque d’un importateur ou d’un exportateur envers le trésor.

L’Etat n’est pas responsable des pertes et des avaries survenant pendant la
détention des marchandises que dans le seul cas où il est prouvé que ces
pertes ou avaries sont imputables à la négligence ou à la faute des agents de
la douane chargés de la garde ou de la surveillance des marchandises

CHAP.8. La Notion du privilège de la Douane.

Pour le recouvrement des droits, il est accordé au trésor un privilège sur


toutes les marchandises se trouvant dans les entrepôts ou dans les autres en-
droits sous la surveillance ou le contrôle de la douane, qu’elles y soient dé-
posées au nom du débiteur ou bien lui appartiennent. Ce privilège prime sur
tous les autres privilèges.
32

CHAP.9. La Prescription douanière.

Lorsque les droits dus sur une marchandise régulièrement déclarée n’ont pas
été acquittés, la douane dispose d’un délai de cinq ans pour les réclamer,
après ce délai, il y a prescription c à d que la douane ne peut plus procéder au
recouvrement.

De même, le déclarant dispose d’un délai de cinq ans pour demander la resti-
tution d’une somme payée en trop sur une marchandise régulièrement décla-
rée.

[Link] prestations supplémentaires.

Sauf dans le cas d’une autorisation du chef local, aucune formalité doua-
nière, aucun chargement, aucune manutention de marchandises, ne peut
avoir lieu en dehors des heures réglementaires d’ouverture du bureau ni en
dehors des lieux autorisés.

Ceux qui veulent faire des opérations dans les conditions ci- dessus doivent
demander l’autorisation écrite auprès du chef local et payer une redevance ou
prestation supplémentaire.

Dans cette demande, les intéressés indiquent, le jour, les heures et le lieu où
ils désirent procéder aux opérations. Le chef local désigne alors les agents.

La redevance est fixée à vingt dollars par heure quelle que soit la durée de
l’opération.

CHAP. [Link] visite des personnes et des bagages.

Les agents de la douane sont autorisés à faire visiter toutes les personnes
qu’ils soupçonnent de transporter des marchandises passibles de droits ou
des marchandises prohibées.

La visite des personnes ainsi que des bagages et colis qui les accompagnent
peut comporter sur :

-les contrôles des bagages, des colis et des vêtements portés à la main (va-
lises, sacs à main, filets à provision, mêmes les parapluies, paquets et les im-
perméables etc.…) ;
33

-le contrôle superficiel des vêtements portés sur le corps (palpation) mais
aussi sur l’examen des coiffures, chaussures, doublures des vêtements
etc.… ;

-la présentation du contenu des poches, des vêtements portés sur le corps.

La visite corporelle doit être décidée par le chef local ou son suppléant. Elle
peut être également décidée par les chefs directs de ceux-ci.

Le contrôle superficiel des vêtements portés sur le corps (palpation) et la vi-


site corporelle ne peuvent être effectuées à l’égard des personnes de sexe
féminin, âgées de plus de 6 ans que par des personnes de même sexe.

Les personnes de sexe féminin peuvent refuser la visite corporelle pratiquée


par le personnel de la douane mais dans ce cas, elles sont tenues de se sou-
mettre à une visite corporelle effectuée par un médecin ou un autre membre
du service médical de l’un ou de l’autre sexe

CHAP.12. LA RESTITUTION DES DROITS.

La législation douanière prévoit la restitution des droits dans 4 séries de cas :

1er cas : Lorsque le déclarant a payé des droits de trop à la suite d’une erreur
ou d’une omission

2ème cas : Lorsque les marchandises importées n’ont pas pu être livrées au
destinataire et ont été réexportées.

3ème cas : Lorsque les marchandises importées n’ont pas été utilisées ni ven-
dues au Burundi et ont été réexportées. Elles doivent aussi avoir été depuis
leur importation sous le contrôle de la douane.

4ème cas : Lorsqu’il s’agit des marchandises transformées par l’industrie lo-
cale ou les produits manufacturés et que ceux-ci sont réexportés.
34

TITRE3. LA DOUANE DANS LE CONTEXTE INERNATIONAL.

L’administration des Douanes du Burundi fait partie intégrante des organisa-


tions mondiales qui régissent le commerce international à savoir l’OMD et
l’OMC.

Actuellement, le Burundi s’intègre confortablement dans les communautés


économiques régionales comme le COMESA et la CAE.

[Link] REGIONALE.

L'intégration régionale est un processus par lequel deux ou plu-


sieurs pays s’accordent / acceptent de coopérer dans des domaines
déterminés: politique, social, économique, sécurité, etc.

1. Processus d’intégration régionale


1. Zone d’Echanges Préférentiels;
2. Zone de Libre Echange;
3. Union Douanière;
4. Marché Commun;
5. Union Monétaire;
6. Fédération Politique ;
• NB: la Communauté de I ’Afrique de l’Est a commencé à l’étape de
l’Union Douanière.
1.1. Zone d’Echanges préférentiels.
A l’étape de la zone d’échange préférentiel, les pays membres de la zone se
conviennent de :
• s'accorder mutuellement des biens à un traitement préférentiel
entre les partenaires coopérants;
• Supprimer et / ou réduire les quotas;
• réduire les droits de douane;
• Éliminer tous les autres obstacles au commerce.

1.2. Zone de Libre Echange


La zone de libre-échange entre les états membres est fondée sur les
principes suivants :
• Suppression des droits de douane sur des marchandises échangées
entre les Parties;
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• Mise en place de certaines institutions régionales;


• Application du principe de réciprocité dans sa nature - je vous offre
ce que vous m'offrez;
• Maintien par les États partenaires de leurs propres politiques de
commerce extérieur.

1.3. Union Douanière


• L’Union douanière fait partie du processus d'intégration économique
qui implique:
– la suppression des droits de douane sur les marchan-
dises (originaire) d’un État Partenaire;
– le Tarif Extérieur Commun (TEC);
– la suppression des Barrières Non Tarifaires (lois, règle-
ments et exigences administratives et techniques
autres que les droits de douane exigés par un Etat
membre dans le but d’entraver le commerce);

-Partage des revenus à travers un fonds commun et une


formule convenue ;

• L’Union douanière met l'accent sur la facilitation du commerce à tra-


vers:
– La simplification et la mise en place des normes des
formalités du commerce et de la documentation doua-
nière;
– L’échange de l'information douanière / commerce; et
– l’adoption et la mise en œuvre des meilleures pratiques
internationales en douane et le commerce.
– La création d'un Territoire Douanier Unique(SCT) avec
une application commune et uniforme des instruments
législatifs et réglementaires douaniers.
1.4 Marché Commun
• Le marché commun est une forme plus profonde de l’intégration écono-
mique fonctionnelle où les États Partenaires atteignent:
– La libre circulation des marchandises;
– La libre circulation des capitaux;
– La libre circulation des travailleurs;
– La libre circulation des services;
– La libre circulation des entreprises;
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- l’harmonisation des politiques budgétaires et les struc-


tures administratives et juridiques ;
- la création d’un marché unique ou les biens et services n’ont pas de res-
trictions de circuler entre les États Partenaires;
-la mise en place des lois régionales pour faciliter la circula-
tion des travailleurs et de réglementer les pratiques commerciales
déloyales;
-l'harmonisation de la politique industrielle.

1.5. Union monétaire


• L’union monétaire s'appuie sur un Marché commun et implique:
– L'harmonisation de la politique monétaire;
– La monnaie commune et une banque centrale unique;
– Une mise en place des institutions financières liées.
1.6. Fédération Politique
• La fédération politique implique l’établissement d’un seul système poli-
tique;
-une Constitution;
-un Président;
-une politique étrangère.

2. Bénéfices de l’intégration dans la CEA.

• Partenariat commun dans le développement des infrastructures et de ré-


duire le coût des affaires;
• Coopération sur les questions de circulation transfrontalière et les défis,
(tourisme, environnement, santé, etc.);
• Passage d’un Etat enclavé à un Etat d’économie liée;
• L'élimination des obstacles tarifaires et non tarifaires(BNT) au commerce;

• Bien qu’étant au sein du COMESA, le commerce du Burundi est principa-


lement accru avec les Etats partenaires de la CAE.
• Le soutien mutuel et la pression des pairs pour soutenir la paix, la sécuri-
té et la bonne gouvernance dans la région;
• Penser au-delà des identités ethniques et nationales vers une ci-
toyenneté beaucoup plus grande mène à la mondialisation souple;
• Réduction de prix en raison du calcul des droits et taxes au premier
point d’entrée de la communauté et l'élimination des droits de
douane internes.
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3..Situation actuelle
• L'Union douanière de la CAE a été lancée en 2004 et a commencé
ses opérations le 1er Janvier 2005.
• Le Rwanda et le Burundi ont commencé la mise en œuvre de l’Union
Douanière de la CAE le 1er Juillet 2009.

Les négociations du Marché Commun ont été achevées en Avril 2009 et le


Protocole du Marché Commun a été signé en Novembre 2009 et mis en vi-
gueur le 1er Juillet 2010 pour les premières phases.

4. L’Union Douanière de la CAE.


• Les principales composantes de l’Union Douanière:
– Tarif Extérieur Commun (TEC);
– Élimination des obstacles tarifaires internes;
– L'application uniforme de la législation douanière, y
compris les règles d'origine.

CHAP.2. LES REGLES D’ORIGINE.


La multiplicité des Accords de libre-échange ainsi que le recours de plus en plus
accru des pays aux mesures de protection commerciale, ont permis ces dernières
années aux règles d’origine d’occuper une place importante aussi bien pendant
les négociations des Accords de libre-échange que de leur mise en œuvre.

2.1. Importance des règles d’origine à l’importation.

Après la vérification du classement tarifaire et la détermination de la valeur en


Douane, l’origine constitue le troisième élément retenu de la trilogie douanière
pour la liquidation des droits et taxes et l’application éventuelle des mesures
de politique commerciale.

Ainsi, l’origine d’une marchandise est utilisée pour :

- L’octroi d’une préférence tarifaire prévue dans le cadre d’accords bilaté-


raux, multilatéraux ou autonomes, consistant en une exemption, exoné-
ration totale ou partielle du droit d’importation ;

- L’imposition d’un droit anti-dumping ou d’un droit compensateur à


l’encontre des importations des produits dont le prix d’exportation est
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inférieur à la valeur normale pour se livrer à une concurrence déloyale


aux produits nationaux ;
- L’application d’une mesure de sauvegarde telle qu’elle est prévue par
l’article IXX du GATT en vue de protéger une branche d’activité nationale
révélée sensible contre une importation massive de produits similaires
ou directement concurrentiels qui causent ou menacent de causer un
dommage grave à cette branche d’activité (mesure de surveillance ou de
restriction, contingents tarifaires et quantitatifs etc.…)
- L’application de mesures sanitaires et phytosanitaires destinées à proté-
ger l’environnement et la santé des citoyens, interdiction de
l’importation d’aliments, semences contaminés ou de végétaux prove-
nant d’un pays donné, etc.
- Le marquage de l’origine (article IX du GATT) et ce, en vue d’éviter que
les marques commerciales ne soient utilisées abusivement de manière à
induire en erreur les autorités du pays d’importation ou le consomma-
teur quant à l’origine réelle du produit ;
- L’élaboration des statistiques commerciales pour permettre aux autori-
tés concernées ainsi qu’aux investisseurs réels ou potentiels d’être éclai-
rés sur la structure du commerce extérieur d’un pays donné.
- L’application des mesures de gestion des prohibitions et des embargos.

1.2. Importance des règles d’origine à l’exportation

L’origine des marchandises est déterminée en vue de :

- la délivrance du certificat d’origine, lorsque de tels documents sont requis


dans les pays d’importation pour servir de base à l’application de mesures
de politique commerciale ou d’un tarif préférentiel.
-L’élaboration des statiques commerciales.

Attention :

1. Il n’existe pas de définition internationale de l’origine. En préférentiel,


tout est basé sur des accords bilatéraux ou multilatéraux.
En non préférentiel, chaque pays applique ses propres règles.

Toutefois sur le plan communautaire les règles d’origines préférentielles doi-


vent être harmonisées pour l’ensemble des Etats membres et doivent être re-
prises par le code des douanes communautaire.

2. Les négociations sur l’établissement d’une définition internationale de


l’origine non préférentielle commencées en 1994 se poursuivent au sein
39

de l’O.M.C. et devraient avoir abouti normalement en [Link] atten-


dons jusqu’aujourd’hui leur finalisation.
-
• En régime tarifaire de droit commun
La définition de l’origine revêt jusqu’à présent un caractère unilatéral, en ce
sens que chaque pays détermine et applique ses propres règles et ce, dans
l’attente de l’achèvement et de l’adoption des règles d’origine harmonisées de
l’OMC.

• Dans les échanges comportant l’octroi d’un régime préférentiel, les pays
partenaires établissent d’un commun accord les règles de définition et
de certification de l’origine et mettent en œuvre une procédure de coo-
pération administrative pour le contrôle de ces règles.

2.3 .Les règles d’origine préférentielle appliquées par le BURUNDI :


COMESA/ CAE.
2.3.1. Le cas du COMESA.

Le COMESA est un ensemble régional regroupant 19 Etats africains suivants :


ANGOLA, BURUNDI, LES COMORES, REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO,
DJIBOUTI, EGYPTE, ERYTHREE, ETHIOPIE, KENYA, MADAGASCAR, MALAWI, ILE
MAURICE, RWANDA, SEYCHELLES, SOUDAN, SWAZILAND, OUGANDA, ZAMBIE
et ZIMBABWE.

Dans son programme d’intégration régionale, le COMESA a inauguré le 31 oc-


tobre 2000, la première zone de Libre Echange (ZLE). Dès ce lancement elle a
connu une participation active de 9 pays membres à savoir : le DJIBOUTI,
l’EGYPTE, le KENYA, le MADAGASCAR, le MALAWI, l’ILE MAURICE, le SOUDAN,
la ZAMBIE et le ZIMBABWE. Le RWANDA et le BURUNDI ont adhéré à la ZLE à
partir du 1er Janvier 2004.

Mis à part les 11 pays ci-haut cités, les autres pays ont réduit leurs tarifs.

Le tableau ci-après indique les réductions tarifaires appliquées par le BURUNDI


aux produits originaires des Etats membres du COMESA.
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Niveau de réduction Pays bénéficiaires

100% DJIBOUTI EGYPTE

KENYA MADAGASCAR

MALAWI MAURICE

RWANDA SOUDAN

ZAMBIE ZIMBABWE

80% COMORES, ERYTHREE,

OUGANDA

10% ETHIOPIE

0% ANGOLA [Link]

SEYCHELLES et SWAZILAND

Attention :

L’on notera ici que les pays qui n’ont pas encore adhéré à la ZLE effectuent
leurs échanges commerciaux avec les Etats de la ZLE aux taux normaux de la
Nation la plus Favorisée (NFP), quelles que soient les réductions tarifaires qu’ils
ont déjà réalisées, c’est-à-dire selon le principe de la réciprocité.

[Link]. Structure des règles d’origine du COMESA.

La structure des règles d’origine du COMESA est basée sur 5 critères indépen-
dants :

1. Le critère des marchandises entièrement obtenues.

2. Le critère du contenu des matériaux.

3. Le critère de la valeur ajoutée.

4. Le critère de la transformation substantielle.


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5. Le critère des marchandises d’importance économique particulière pour la


communauté.

[Link]. Analyse détaillée des principes de base.

0. La Règle d’expédition directe.


Les marchandises doivent être expédiées directement d’un Etat membre à un
autre Etat membre sans entrer dans un autre territoire douanier.

Exception :

Les produits exportés des Etats membres constituant une cargaison peuvent
être transportés à travers d’autres territoires douaniers.

Si l’occasion se présente, le transbordement ou l’entreposage temporaire dans


ces territoires peut être autorisé tant que les marchandises demeurent sous le
contrôle douanier dans le pays de transit ou d’entreposage. La marchandise ne
peut subir d’autres opérations que le déchargement, le rechargement, ou toute
autre activité conçue pour les maintenir dans de bonnes conditions de conser-
vation.

Pièces à présenter aux Douanes

Les pièces justificatives suivantes devraient être produites aux autorités doua-
nières de l’Etat importateur pour se conformer aux conditions précitées :

a) Un document unique de transport couvrant ce passage de l’Etat


membre importateur par le pays de transit ; ou
b) Un certificat délivré par les autorités douanières du pays de tran-
sit :
- faisant une description exacte des produits
- spécifiant les dates de déchargement et de rechargement des marchan-
dises, et si possible les noms des navires ou d’autres moyens de trans-
port utilisés ; et
- Certifiant les conditions en vertu desquelles les articles sont demeurés
dans le pays ; ou
- A défaut, toute autre pièce justificative.
42

1. Articles entièrement obtenus (Règle 2(1) (a) du protocole).

L’entière obtention est le seul critère qui a une valeur permanente et quasi-
universelle et ce, malgré l’inexistence jusqu’ à présent d’une définition interna-
tionale de l’origine.

Les articles visés par ce critère ne contiennent aucune matière importée en de-
hors de la région.

Explication.

L’article 3 du protocole dresse une liste limitative des articles qui sont considé-
rés comme étant « entièrement obtenus » dans les Etats membres.

Il s’agit :

a) des produits minéraux extraits du sol ou des fonds marins des


Etats membres ;
b) des produits du règne végétal récoltés dans les Etats membres ;
c) des animaux vivants nés et élevés dans les Etats membres ;
d) des produits provenant d’animaux vivants dans les Etats
membres ;
e) des produits provenant de la chasse ou de la pêche pratiquée dans
les Etats membres ;
f) des produits extraits `de la mer, des rivières ou des lacs dans les
Etats membres par un navire d’un Etat membre.
N.B. Est considéré comme navire d’un Etat membre, un navire immatriculé

dans un Etat membre et qui répond à l’une des conditions ci-après :

a) au moins 75% des officiers (agents officiels du navire) ou,


b) au moins 75% des membres de l’équipage sont ressortis-
sants de l’Etat membre ou,
c) les souscriptions et le capital-actions sont détenus majori-
tairement par les ressortissants ou les sociétés du pays
membre.
g) les produits fabriqués dans une usine d’un Etat membre à partir
des produits exclusivement mentionnés à l’alinéa (f)
h) les articles usagés dont l’utilisation ne sert qu’à la récupération des
matières premières à condition que de tels articles soient obtenus
des utilisateurs des Etats membres ;
43

i) les casses et les déchets résultant des opérations de fabrication


dans l’Etat membre.
j) Les marchandises qui sont fabriquées dans les Etats membres ex-
clusivement à partir :
- des produits visés aux points (a) à (i) et
- des produits ne contenant aucune composante importée de l’étranger
ou d’origine douteuse.
Attention :

L’énergie électrique, le carburant, l’usine, les machines et les outils utilisés dans
la production des marchandises doivent toujours être considérés comme étant
intégralement obtenus au sein du COMESA pour la détermination de l’origine
des marchandises.

2. Le critère du contenu de la matière (Règle 2(1) (b) (i) du protocole.

Le critère du contenu de la matière s’applique aux marchandises entièrement


ou partiellement obtenues à partir des matières importées (ou des matières
d’origine douteuse).

Dans ces conditions la valeur C.A.F. des matières importées en dehors de la ré-
gion ne dépasse pas 60% du coût total des matières utilisées dans la fabrica-
tion.

Explication :

En vertu de ce critère, seul le coût des matériaux (locaux et importés) utilisés


dans la fabrication est pris en compte aux fins de la détermination de l’origine.
Les matériaux dont l’origine est inconnue sont considérés comme étant impor-
tés aux fins de cette règle et leur valeur marchande doit être le prix le plus
récent payé dans l’Etat membre dans lequel ils servent dans le processus de
fabrication.

La valeur des matériaux importés est la valeur C.A.F. acceptée par la Douane au
moment du dédouanement en vue de la consommation locale ou conformé-
ment aux procédures d’importation temporaire.

Formule de calcul du contenu des matériaux importés :


44

1° Teneur des matériaux importés : Valeur CAF des matériaux importés *100
Coût des matériaux locaux +valeur CAF
des matériaux importés

Cette règle peut également être exprimée en terme de matériaux locaux,


lorsqu’un minimum de 40% de contenu des matériaux locaux est utilisé pour
les produits finis afin d’être considérés comme originaires d’un Etat membre.

2° Teneur des matériaux locaux : coût des matériaux locaux *100


Coûts des matériaux locaux+ valeur CAF des
matériaux importés.

3. Le critère de la valeur ajoutée (Règle 2(1) (b) (ii) du protocole

Le critère de la valeur ajoutée s’applique aux marchandises produites intégra-


lement ou partiellement dans un Etat membre à partir des matériaux importés
(ou des matériaux d’origine inconnue).

La valeur ajoutée résultant du processus de fabrication représente au moins


35% du coût ex-usine du produit fini.

Explication :

La valeur ajoutée est la différence entre le coût ex-usine du produit fini et la


valeur CAF des matériaux importés utilisés dans la fabrication.

Le coût ex-usine signifie la valeur des intrants totaux nécessaires pour fabri-
quer un article donné. Dans l’application de ce critère, la teneur des matériaux
locaux peut soit être faible soit insignifiante dans la composition des produits à
exporter. Les matériaux dont l’origine ne peut être déterminée sont supposés
avoir été importés hors COMESA.

Calcul du coût ex-usine :

1. Pour le calcul du coût ex-usine qui détermine la valeur ajoutée confor-


mément à la règle 2.1.b, les éléments ci-après doivent être inclus :
a. Le coût des matériaux importés incluant aussi le coût des déchets et des
matières perdues lors du processus de fabrication. Ce coût comprend les
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charges de livraison à l’usine excepté les droits de douane, autres taxes


et charges d’effet équivalent sur ces matériaux.
Concernant les matériaux importés mais non importés par le fabricant, le
coût de livraison à l’usine exclut, les droits de douane, les taxes et autres
charges d’effet équivalent.

b. Le coût des matériaux locaux, y compris les coûts des matériaux de ré-
cupération et des matières perdues au cours de la fabrication, tels que
exprimés par leur prix de livraison à l’usine.
c. Le coût de la main-d’œuvre directe tel que représenté par salaires versés
aux ouvriers qualifiés chargés de la fabrication de la marchandise.
d. Le coût des dépenses de l’usine représenté par :
1. les dépenses (coûts) d’exploitation des machines utilisées pour la
fabrication des marchandises.
2. les frais occasionnés par le nettoyage, le séchage, le cirage, le po-
lissage, la pression ou autres processus nécessaires à la finition de
la marchandise.
3. le coût de conditionnement au détail y compris le coût de
l’emballage au détail à l’exclusion de n’importe quel coût supplé-
mentaire d’emballage pour le transport, l’exportation ou le coût
de n’importe quels emballages supplémentaires.
4. le coût des conceptions spéciales, des dessins ou de la maquette ;
de la location des outils ou équipements pour la fabrication des
marchandises.
e. le coût des frais généraux de l’usine représenté par :
1. le loyer, les charges et frais d’assurance directement liés à l’usine.
2. les charges indirectes de la main-d’œuvre, y compris les salaires
versés aux directeurs d’usine, les émoluments des contremaîtres,
des inspecteurs et des contrôleurs des marchandises.
3. l’énergie électrique, l’éclairage, l’eau et autres services directe-
ment liés au coût de fabrication des marchandises.
4. le coût des stocks des consommables comprenant les pièces de re-
change ordinaires, les lubrifiants, les huiles, les autres articles simi-
laires et matériaux utilisés dans la fabrication des marchandises
5. l’amortissement et l’entretien des bâtiments de l’usine des ma-
chines, des outils et autres matériaux utilisés dans la fabrication
des marchandises.
46

2. Pour le calcul du coût ex-usine qui détermine la valeur ajoutée confor-


mément à la règle 2.1.b, les éléments ci-après doivent être exclus :

Les dépenses de l’administration représentées par :

1. les frais généraux de fonctionnement, la location des bureaux, les


salaires payés aux comptables, et aux employés de direction, aux
directeurs, aux managers et aux autres personnels de l’exécutif,
2. les autres indemnités, autres que les salaires versés aux direc-
teurs qui agissent en qualité de directeurs d’usines,
3. les dépenses pour les statistiques et l’évaluation de la chaîne de
production des produits finis,
4. les frais d’investigation et d’expérimentation
b. les frais de vente représentés par :
1. les frais d’annonces publicitaires, les commissions et salaires des
agents de vente.
2. les frais des concessions, estimation des fabrications et des ap-
pels d’offres.
c. les dépenses de distribution comprenant toute dépense après le pro-
cessus de fabrication à l’usine dont :
1. le coût de n’importe quel matériel, salaire payé pour emballage
des marchandises pour l’exportation,
2. les frais d’entreposage y compris le stockage des produits finis,
3. les frais de transport des marchandises à leur destination.
d. les charges non directement liées à la fabrication des marchandises tels
que :
1. tout droit de douane, taxes et charges d’effets équivalents payés
sur les matières premières importées ;
2. toute accise ou taxe intérieures payées sur les matières pre-
mières produites dans le pays où les produits finis sont fabriqués ;
3. toutes taxes indirectes payées sur les produits fabriqués ;
4. n’importe quel droit d’auteur payé dans le respect des brevets
d’invention, des machines spécialisées ou de conception ;
5. les charges financières du fonds de roulement.

Formule de calcul de la valeur ajoutée :

(Coût-ex usine – CAF matériaux importés) * 100

Coût ex-usine
47

Exemple :

Un industriel d’un Etat membre du COMESA X, fabrique des tables en bois à


vendre à un acheteur d’un Etat membre Y. L’industriel utilise pour la fabrication
de ces tables, du bois local et du bois importé respectivement de l’Etat membre
Z et de la Malaisie.

L’industriel encourt les frais ci-après, mais il n’est pas sûr si les tables fabri-
quées bénéficient du tarif préférentiel ou non.

Matériel coût (unité monétaire)

Bois :

- bois local : 200


- de l’Etat membre Z : 100
- d’origine Malaisienne : 900
Autres coûts

- colle importée du Brésil :5


- vernis importé de l’Allemagne : 8
Frais généraux d’usine

- loyers et taxes : 100

- Amortissement des machines : 80

Main d’œuvre directe : 300

Coût ex-usine : 1.693

Calculs - Résolution :

1. Contenu du matériel importé : 900 + 5 + 8 =913= 75,26 : 75%


(900 + 5 + 8)+200+100 1213

2. Contenu du matériel local = 200 + 100 =300= 24,75% = 25%

200+100+ (900+5+8) 1213

3. Valeur ajoutée = 1963 – (900+5+8) = 780 = 46%

1693 1693
48

Explication :

Il est évident à partir de cet exemple que la table à exporter répond largement
au critère de la valeur ajoutée.

Cependant la même table ne répondrait pas au critère du contenu des maté-


riaux puisque les matériaux importés dépassent 60% du coût total des maté-
riaux utilisés dans la fabrication de la table.

Le contenu des matériaux et la valeur ajoutée devraient être calculés selon le


principe dit « arrondissement ».

4. La règle du changement de la position tarifaire (C.T.H) [règle 2(1) (b)


(iii) du protocole].
En vertu de ce critère, l’origine est conférée si la fabrication ou le traite-
ment effectué dans les Etats membres est substantiel et que le produit tombe
sous une rubrique tarifaire du SH qui doit être différente de celle des matériaux
non originaires utilisés dans le processus de fabrication.

Exemple :

Des sacs à mains en cuir (PT du SH : 42.02.) sont fabriqués dans un pays
membre du COMESA (BURUNDI) à partir des peaux brutes de bovins (PT du SH :
41.01.) importées de la TANZANIE.

Ces sacs pourront donc être réputés originaires du BURUNDI lors de leur
exportation vers la communauté.

En effet, les peaux brutes (SH 41.01) non entièrement obtenues dans la
communauté relèvent d’une position tarifaire différente de celle du produit
obtenu, les sacs à mains classés au SH 42.02.

Attention !

Dans l’application de la règle du changement de la position tarifaire, une


attention particulière devrait être accordée aux exclusions. Dans certains cas le
critère de changement de la position tarifaire n’aboutit pas toujours à l’objectif
recherché en matière d’origine qui est la transformation suffisante.
49

Exemple :

La mouture dans la communauté du blé (P.T 10.01) importé de SINGA-


POUR pour avoir de la farine de blé (PT 11.01) ne confère pas nécessairement
l’origine communautaire bien que nous constatons le changement de la posi-
tion tarifaire.

5. La règle des marchandises qualifiées d’importance économique particu-


lière pour la communauté.

Cette règle concerne une liste limitative de biens qui sont désignés par le
Conseil des ministres de la communauté comme étant des produits
d’une importance particulière au développement économique des Etats
membres et doivent contenir au moins 25% de valeur ajoutée. Il s’agit
par exemple du ciment, des médicaments, des engrais, des insecti-
cides……

Attention.

La liste proposée est provisoire et reste en cours de négociations au niveau des


Experts du COMESA et pourra être régulièrement revue selon les opportunités
de la communauté. La tâche du groupe est de déterminer les conditions dans
lesquelles ce critère doit être appliqué.

[Link] Les processus qui ne confèrent pas l’origine.

Un certain nombre d’opérations ou de processus seront toujours considérés


comme insuffisants lorsqu’ils seront appliqués à des matériaux tiers pour justi-
fier l’origine COMESA.

Ces opérations contribuent faiblement à donner aux marchandises leurs carac-


téristiques essentielles. Ce sont généralement des opérations à faible valeur
ajoutée.

Ainsi les opérations et les processus suivants sont considérés comme insuffi-
sants pour justifier l’origine :
50

a) l’emballage, la mise en bouteilles ou en flacons, en sacs, en caisses


et en boîtes, la fixation sur cartons ou sur planches ou toutes opé-
rations d’emballages.
b) 1. le simple mélange d’ingrédients importés de pays autres que les
Etats membres
2. le simple montage d’éléments ou de pièces importées de pays
autres que les Etats membres en vue d’obtenir un produit complet.
3. le simple mélange ou montage si le coût des ingrédients, des
pièces et des éléments importés des pays autres que les Etats
membres et utilisés dans un de ces processus dépasse 60% du coût
total des ingrédients, des pièces et des éléments utilisés.
c) les opérations destinées à assurer la bonne conservation des mar-
chandises pendant le transport et l’entreposage telles que
l’aération, l’étalage, le séchage, la congélation, la conservation en
saumure dans l’anhydride sulfureux ou toute autre solution
aqueuse, l’élimination des éléments détériorés et autres opéra-
tions semblables.
d) Les changements d’emballage, la séparation et l’assemblage des
envois (division et réunion des colis).
e) Le marquage, l’étiquetage ou l’apposition d’autres signes distinc-
tifs du même genre sur les produits ou sur leurs emballages.
f) Les simples opérations telles que le dépoussiérage, le tamisage ou
le filtrage, le tissage, le classement et le regroupement y compris
le groupage de marchandises, le lavage, la peinture et le décou-
page.
g) Le cumul de 2 ou de plusieurs opérations définies aux alinéas (a) à
(f).
h) L’abattage des animaux.

[Link]. Le certificat d’origine du COMESA.

Il est prévu 2 formulaires de certificat d’origine officiellement reconnus :

1. le certificat d’origine COMESA pour couvrir les marchandises de grande va-


leur dans le cadre des échanges communautaires ;

2. le certificat d’origine simplifié pour couvrir les marchandises de faible valeur


dans le cadre du commerce transfrontalier (valeur maximale : 500 dollars amé-
ricains.
51

2.3.2. Les règles d’origine de la Communauté de l’Afrique de l’Est.

Le but de ces règles est de mettre en application les dispositions de


l’article 14 du protocole de l’EAC, de s’assurer qu’il y a uniformité dans
l’application de ces règles dans les Etats membres.

Dans une certaine mesure, le processus doit être transparent, respon-


sable, juste, prévisible et fidèle aux dispositions du protocole.

Les règles d’origine contiennent des critères permettant aux autorités,


dans un Etat membre, de déterminer les marchandises éligibles originaires de
l’un des Etats membres.

Ils sont au nombre de deux. Seulement, l’un d’entre eux suffit pour le
traitement préférentiel de la marchandise concernée.

Les deux critères sont :

1. Le critère des marchandises entièrement obtenues ;

2. Le critère de la transformation substantielle des marchandises.

Dans la détermination de l’origine de l’EAC, le formulaire du certificat d’origine


prévoit quatre codes spécifiques suivants :

1. La lettre « P » pour les marchandises entièrement obtenues ;

2. La lettre « M » pour le contenu des matériaux ;

3. La lettre « C » pour le changement de la position /sous-position tarifaires ;

4. La lettre « S » pour le traitement spécifique.


52

TITRE4. LES REGIMES DOUANIERS.

Le régime douanier est la situation juridique prévue par la législation qui dé-
finit pour les marchandises auxquelles il est appliqué, d’une part, le traite-
ment fiscal qui leur sera réservé et d’autre part, l’utilisation pratique qui
pourra en être faite. C’est finalement la destination autorisée par la législa-
tion que le déclarant souhaite donner à sa marchandise.

Il existe plusieurs régimes douaniers tant à l’importation qu’à l’exportation.

CHAP.1 : LES REGIMES DOUANIERS A L’IMPORTATION.

1.1 .La mise en consommation ou importation définitive.

La mise en consommation est le régime douanier applicable aux marchan-


dises importées à titre définitif sur le territoire douanier et qui entraine
l’application des diverses mesures douanières nécessaires à leur versement
sur le marché intérieur.

Au titre de ces mesures, figure au premier plan le paiement des droits et


taxes auxquels sont subordonnées obligatoirement les marchandises.

Cette règle souffre toutefois des exceptions en raison des exonérations à ca-
ractère économique accordées à certaines opérations comme c’est le cas par
exemple pour les entreprises qui bénéficient des dispositions du code des
investissements.

A l’issue de ces formalités de mise en consommation, les marchandises con-


cernées sont considérées au plan douanier, comme des marchandises natio-
nales.

1.1.1 Le tarif des droits à l’importation

Les marchandises de toute provenance importées définitivement dans la Ré-


publique sont soumises aux conditions du tarif des droits d’importation dé-
terminées par le décret-loi.

Les droits ad valorem peuvent être convertis en droits spécifiques équiva-


lents par dispositions de la loi douanière. De même, les droits spécifiques
peuvent être ajustés pour les maintenir en concordance avec les droits ad va-
53

lorem susceptibles d’être modifiés quant à leur montant en fonction de la


conjoncture.

L’actuel tarif des droits d’importation date de 2012.

En ce qui concerne le tarif, une loi communautaire peut autoriser à :

-introduire dans le tarif les modifications apportées à la nomenclature


par l’OMD ;

-regrouper ou scinder les sous- positions qui sont reprises dans le tarif ;

- modifier les unités statistiques qui y sont mentionnées ;

- classer les marchandises nouvelles ;

- exempter du paiement des droits de marchandises importées des


pays avec lesquels le Burundi a conclu des traités ou des accords commer-
ciaux ;

-exonérer du paiement des droits d’importation se rapportant à des


marchandises offertes gratuitement à des œuvres scientifiques ou philanthro-
piques.

Cependant, les taux des droits de douane ne peuvent être augmentés ou di-
minués que par la loi communautaire. Le tarif de droit d’importation est celui
en vigueur à la date du dépôt régulier de la déclaration en douane.

Le tarif actuellement appliqué est le TEC. Il prévoit trois bandes de taxation


ordinaires (0%, 10% et 25%) et le tarif des produits sensibles.

Rappelons que les droits sur les marchandises de fraude sont perçus d’après
le tarif en vigueur le jour où l’infraction est constatée.

1.1.2 LA VALEUR EN DOUANE.

Compte tenu du fait que le tarif extérieur commun est en majeure partie

Ad valorem, la détermination de la valeur à soumettre aux droits présente


une grande importance.
54

L’ACCORD DE L’OMC SUR L’EVALUATION EN DOUANE

Qu’est- ce que l’évaluation en Douane et pourquoi l’évaluation en douane


des marchandises importées ?

La détermination de la valeur en douane des marchandises importées est d’une


grande importance. Elle sert à appliquer les droits ad valorem.

La valeur constitue la base d’imposition des droits de douane.

Il s’agit également d’un élément essentiel pour faciliter la collecte des recettes,
établir les statistiques commerciales, servir de base pour la détermination de
l’origine des marchandises (critère de la valeur ajoutée), contrôler les restric-
tions de nature quantitative, percevoir les taxes intérieures (ex : TVA).

I. LES METHODES D’EVALUATION EN DOUANE


L’Accord de l’OMC prévoit six méthodes d’établissement de la valeur en Douane
des marchandises importées.

Ces méthodes sont rangées dans un ordre de priorité d’application. Elles doi-
vent être utilisées dans un ordre séquentiel :

1. La Méthode de la Valeur transactionnelle


2. La méthode de la Valeur transactionnelle des marchandises iden-
tiques.
3. La méthode de la Valeur transactionnelle des marchandises similaires
4. La Méthode déductive
5. La méthode de la valeur calculée
6. La méthode de dernier recours

1. LA VALEUR TRANSACTIONNELLE.

La base de l’évaluation en douane des marchandises importées doit autant que


possible être la valeur transactionnelle, c'est-à-dire le prix effectivement payé ou à
payer lorsque les marchandises sont vendues pour l’exportation vers un pays
55

d’importation, ajustée selon les dispositions de l’article 8de l’accord.

Cette définition montre les éléments essentiels de la valeur transactionnelle, à sa-


voir :

- La vente
- La vente pour l’exportation vers un pays d’importation
- Le prix effectivement payé ou à payer
- Les ajustements

LA VENTE.

L'utilisation de la valeur transactionnelle suppose que les marchandises à évaluer


ont obligatoirement fait l'objet d'une vente au moment de l'importation.

Preuves de la vente :

- Factures commerciales
- Contrat de vente
- Document de paiement bancaire
- Liste de colisage, etc.

Les opérations qui ne sont pas des ventes ou importations sans vente

Sont réputées ne pas faire l'objet d'une vente, les marchandises importées
dans les situations qui suivent :

• Les livraisons gratuites


Il s'agit notamment de l'importation de dons, de cadeaux, d'échantillons et d'ar-
ticles publicitaires fournis gratuitement.

• Les marchandises importées en consignation


Il s'agit de marchandises qui demeurent la propriété du fournisseur étranger tant
qu'elles n'ont pas été vendues après importation, par l'intermédiaire d'agents ou de
représentants des fournisseurs (commissionnaires ou mandataires).

Cas où il n’y a pas de vente au moment de l’importation.

• Les marchandises importées par des succursales


56

Il s'agit d'importations réalisées par des succursales qui n'ont pas leur propre per-
sonnalité juridique. Elles sont détenues à 100% par la maison-mère.

• Les marchandises importées en exécution d'un contrat de location, de cré-


dit- bail ou de prêt.
C’est une pratique habituelle pour certains biens d’équipement.

• Les marchandises faisant objet de troc.


Les opérations de troc constituent une forme particulière de relations commer-
ciales internationales dans laquelle la transaction n’est pas exprimée en termes
monétaires.

Il s’agit d’opérations ne comportant pas de règlement financier et ne pouvant


donc pas être considérées comme des ventes.

• Les marchandises importées pour exposition


• Les effets personnels
Lorsqu’un transfert de marchandises est fait gratuitement, il ne peut pas être con-
sidéré comme une vente.

Dans toutes ces situations, il n'existe pas de valeur transactionnelle au moment de


la mise à la consommation et la valeur en douane est déterminée en utilisant les
méthodes de substitution.

LA VENTE POUR L’EXPORTATION VERS UN TERRITOIRE DOUANIER

Les ventes dans le marché domestique du pays d’exportation ou à destination des


pays autres que le territoire douanier d’importation ne constituent pas des ventes
pour ce territoire.

LE PRIX EFFECTIVEMENT PAYE OU A PAYER

La valeur transactionnelle repose entre autres sur le prix effectivement payé ou à


payer des marchandises importées.

Ce prix tient donc en considération pour les marchandises qu’il représente de :

tous les payements faits ou à faire :


57

- par l’acheteur au vendeur

- au profit du vendeur pour régler une dette due au vendeur

- comme une condition de la vente des marchandises importées

N.B : Le montant de la facture n’est pas nécessairement le prix effectivement


payé ou à payer. Le prix effectivement payé est le prix net payé par
l’importateur (après avoir déduit les dépenses justifiées ou les escomptes ou
rabais)

Escomptes, Remises, Rabais et Ristournes.

Le Prix effectivement payé ou à payer peut être obtenu après déduction des es-
comptes, des remises commerciales, des rabais de quantité.

Escompte :
L’escompte est accordé à un acheteur pour paiement effectué au comptant ou dans
un délai déterminé.

Exemple : un escompte est accordé à 3% pour paiement effectué dans un délai de


10 jours à compter de la réception de la facture.

Rabais de quantité :
Le rabais de quantité est une réduction de prix accordée en fonction des quantités
achetées pendant un délai déterminé.

N.B : Les escomptes, remises, rabais et ristournes ne sont acceptables que s’ils
peuvent être accordés à tout acheteur et à condition qu’ils ne dépassent pas 3%.

Paiements indirects

Le paiement ne doit pas nécessairement être fait en argent, il peut se faire par
lettre de crédit ou instruments monétaires. Il peut s’effectuer directement ou indi-
rectement :

Exemple : règlement par l’acheteur d’une dette que le vendeur doit à une tierce
personne.
58

Activités entreprises par l’acheteur pour son propre compte

- Publicité
- Etudes et prospection de marchés
- Préparation des salles d’exposition
- Essai
- Participation à des foires commerciales

Ces activités ne sont pas considérées comme paiement indirect (même si le ven-
deur en profite). Ces coûts ne font pas partie de la valeur en douane.

Déductions légales (note 3 de l’article 1 de l’Accord).

Les frais ci-après ne font pas partie de la valeur en douane. Lorsqu’ils sont déjà
inclus dans le prix effectivement payé ou à payer, ils sont à déduire :

• Les frais intervenant après importation des marchandises comme les


frais de construction, d’installation, de montage, d’entretien ou
d’assistance technique ;
• Les frais de transport des marchandises après importation ;
• Le droits et taxes d’importation payés dans le pays d’importation.
N.B : ces déductions sont effectuées seulement si le montant réel des frais
engagés ou des droits et taxes payés à l’importation sont connus.

On ne peut pas déduire des montants estimatifs.

LES AJUSTEMENTS (art.8 de l’Accord) ou autres éléments constitutifs de la


valeur en douane

Le prix effectivement payé ou à payer tel que défini précédemment, constitue la


valeur en douane des marchandises après ajustements prévus à l’article 8 de
l’Accord

Il s’agit d’éléments à ajouter s’ils ne sont pas déjà inclus dans le prix payé ou à
payer.
59

Ajustements obligatoires

1. Les commissions et frais de courtage


Ils sont constitués par les rémunérations reçues par des intermédiaires dans une
transaction.

Les commissions
D’une manière générale, un commissionnaire est une personne ou une société qui
achète ou vend des marchandises pour le compte d’un commettant. Il participe à la
conclusion d’un contrat de vente en y représentant soit le vendeur soit l’acheteur.

Le commissionnaire est rémunéré par une commission qui est généralement ex-
primée en pourcentage du prix total des marchandises.

Les commissionnaires qui travaillent pour le compte de l’acheteur sont appelés


« commissionnaires à l’achat » et ceux qui travaillent pour le compte du vendeur
« commissionnaires à la vente ».

Leurs commissions sont appelées respectivement « commission d’achat » et


commission de vente ».

Seules les commissions à la vente sont à ajouter au prix effectivement payé ou à


payer. Les commissions d’achat ne font pas partie de la valeur en douane.

Les frais de courtage


Les courtiers sont des intermédiaires qui ne contractent ni en leur propre nom ni
au nom d’un commettant. Ils se limitent à rapprocher les parties qui passent entre
elles leur contrat et ils perçoivent un courtage après l’exécution de l’opération.

Les courtiers se spécialisent généralement dans certains types de marchandises,


notamment les matières premières telles que le pétrole, le sucre, les céréales etc.

Le courtier est rémunéré par « courtage » généralement exprimé en pourcentage


du chiffre d’affaire imposable à ses activités.

Les frais de courtage font partie de la valeur en douane.


60

2. Les contenants et emballages


Le coût des contenants et emballages est à ajouter à la valeur en douane s’il n’est
pas déjà inclus dans le prix effectivement payé ou à payer.

Le coût des emballages à incorporer dans la valeur est composé de :

- La valeur des emballages lorsqu’ils ne sont pas réutilisables.


- Le coût de leur utilisation lorsqu’ils sont réutilisables (loyer).
Afin d’éviter la double imposition, le coût des contenants n’est pas à inclure dans
la valeur en douane, lorsque ces contenants sont imposables à leur droit propre.

3. Produits et services fournis par l’acheteur sans frais ou à coût réduit :

L’Accord prévoit que le prix payé pour les marchandises doit être majoré de la
valeur imputée de façon appropriée, des produits et services lorsqu’ils sont fournis
sans frais ou à coûts réduits et utilisés lors de la production et de la vente pour
l’exportation des marchandises importées dans la mesure où cette valeur n’a pas
été incluse dans le prix effectivement payé ou à payer. Ces produits et services
sont les suivants :

(i) Matières composants, parties et éléments similaires incorporés dans les mar-
chandises importées :

Cette catégorie d’apports inclut les éléments qui suivent :

- Matières premières : tissus, bois, matières plastiques, métaux, etc.

- Parties et composants : Produits finis, composants électriques (fusibles commu-


tateurs, condensateurs, diodes, etc.).

(ii) Outils, matrices, moules et objets similaires utilisés pour la production des
marchandises importées :

Ces produits qui sont utilisés par le vendeur pour la production des marchandises
importées peuvent être fournis par l’acheteur lui-même ou par une tierce personne
auxquels l’importateur les a commandés.
61

(iii) Travaux d’ingénierie, d’étude, d’art et de design, plans et croquis :

Ingénierie : ce terme désigne une étude globale d’un projet industriel. Cette étude
est d’ordinaire réalisée par une société ou par un bureau spécialisé employant une
équipe de spécialistes (ingénieurs, architectes, économistes, etc.).

Travaux de design : Ce terme inclut les travaux d’art, plans et croquis. C’est une
représentation visuelle des travaux de recherche et de développement.

Elle recouvre les dessins professionnels (dessins d’architecte, photocalques, les


schémas et autres dessins utilisés dans la production des marchandises importées.

Deux conditions doivent être respectées pour que les frais liés à ces travaux
soient ajoutés au prix payé ou à payer.

a) Ils doivent être nécessaires pour la production de la marchandise im-


portée.
b) Ils doivent être exécutés ailleurs que dans le territoire douanier
d’importation(Burundi).
Par conséquent, ils ne sont à ajouter au Prix payé ou à payer que s’ils étaient four-
nis par l’acheteur sans frais ou à coût réduit après avoir été exécutés dans un pays
tiers pour le compte de cet importateur.

4. Redevances et droits de licence

L’Accord stipule que pour déterminer la valeur en douane, on ajoutera au


PEPP(Prix Effectivement Payé ou à Payer) pour les marchandises importées, les
redevances et les droits de licence relatifs aux marchandises à évaluer, que
l’acheteur est tenu d’acquitter soit directement, soit indirectement, en tant que
condition de la vente des marchandises à évaluer, dans la mesure où ces rede-
vances et droits de licence n’ont pas été inclus dans le prix effectivement payé ou
à payer.

Définition :
Les termes redevances ou droit de licence, concernent les paiements effectuées en
contre partie du droit d’utiliser, de produire ou de vendre un produit donné.

- Un droit de produire implique des paiements effectués pour l’utilisation de


62

brevets, modèles, dessins, plans, savoir -faire en matière de production.


- un droit de vendre des marchandises importées implique le paiement par
l’acheteur d’une certaine somme pour l’utilisation de marques de com-
merce ou de fabrique des modèles déposés.
Conditions :
L’Accord pose deux conditions cumulatives pour qu’une redevance soit ajoutée au
Prix effectivement payé ou à payer.

- La redevance doit être en relation avec les marchandises importées


- La redevance constitue une condition de la vente
Les redevances portant sur les marchandises importées, ne sont ajoutées au prix
effectivement payé ou à payer que si leur paiement par l’acheteur au vendeur ou à
un tiers est exigé par le vendeur comme condition de la vente.

Donc, lorsque les conditions de la vente prévoient effectivement une disposition


prévoyant le paiement d’une redevance, la condition citée ci-dessus est remplie.

5. Produit de la revente :

La valeur de toute partie du produit de toute revente, cession ou utilisation ulté-


rieure des marchandises importées qui revient directement ou indirectement au
vendeur, sont à ajouter au prix effectivement payé ou à payer lorsqu’ils n’y sont
pas déjà inclus. Il s’agit d’un avantage financier pour le vendeur, résultant de la
revente, de la cession ou de l’utilisation des marchandises importées par
l’acheteur.

Ajustements Facultatifs.

1. Frais de transport et d’assurance des marchandises importées jusqu’au bu-


reau d’introduction dans le territoire douanier

2. Frais de transit, chargement, déchargement, entreposage et manutention in-


hérents au transport des marchandises importées jusqu’à leur introduction dans
le territoire douanier (Pour le cas du Burundi les ajustements ci-avant cités
font toujours partie de la valeur en Douanes).

section IV - Synthèse de la méthode de calcul de la valeur transactionnelle


63

La valeur en douane se calcule comme suit :

A. Prix payé ou à payer pour les marchandises

(y compris tous les paiements directs et indirects)

B. Ajouts, le cas échéant, si les coûts ne sont pas

déjà inclus en A) ci-dessus

- commissions et frais de courtage (sauf les commissions d’achat)


coûts et frais d’emballage

- imputation de la valeur des apports de l’acheteur au vendeur


- redevances et droits de licence
- produit de la revente ultérieure qui revient au vendeur
- coûts de transport et frais connexes, et coûts d’assurance jusqu'au au bu-
reau d’entrée dans le territoire douanier
- frais de transit, chargement, déchargement, entreposage et manutention
jusqu’à l’introduction au Burundi.
C. Déductions, si les coûts sont déjà inclus en A) ci-
dessus

- coûts de transport et frais connexes, et coûts d’assurance intérieurs


- frais engagés après importation pour la construction, l’installation,
l’assemblage, l’entretien et l’aide technique
- droits et taxes à l’importation
D. Valeur en douane = (A + B) – C

LES METHODES DE SUBSTITUTION.

Procédures.

Lorsque la valeur transactionnelle n'est pas acceptée par le service des douanes, le
service doit recourir aux autres méthodes d'évaluation de rechange, en respectant
l'ordre de priorité pour établir une valeur en douane.

L'ordre de priorité imposée dans l'utilisation des méthodes d'évaluation s'impose


au service des douanes et aux importateurs.
64

Néanmoins, à la demande de l'importateur, la méthode calculée peut être utilisée


avant la méthode déductive.

I - Valeur transactionnelle des marchandises identiques.


Définitions :
- Marchandises identiques:

Il s'agit de marchandises qui sont les mêmes à tous égards y compris les caracté-
ristiques physiques, la qualité et la réputation.

Des différences d'aspects mineurs n'empêcheraient pas des marchandises, con-


formes par ailleurs à la définition d'être considérées comme identiques.

L'Accord stipule qu'en l'absence d'une valeur transactionnelle telle que définie à
l'article 1er, la valeur en douane sera la valeur transactionnelle de marchandises
identiques vendues pour l'exportation à destination du territoire d’importation et
exportées au même moment ou à peu près au même moment que les marchandises
à évaluer.

Il ressort de cette définition qu'il s'agit d'une valeur transactionnelle déjà acceptée
par le service des douanes pour une marchandise importée.

Conditions:
- Les marchandises doivent être identiques aux marchandises importées;

- Les marchandises doivent être produites dans le même pays que les marchan-
dises à évaluer ;

- Elles doivent avoir été exportées au même moment ou à peu près au même mo-
ment que les marchandises à évaluer (90jours) ;

- La vente des marchandises identiques doit porter sur la même quantité et se si-
tuer au même niveau commercial que les marchandises à évaluer, le cas échéant
un ajustement doit être apporté pour compenser les différences de qualité et de
niveau ;

- Lorsqu'il existe deux ou plusieurs produits identiques, il y a lieu de retenir la


valeur transactionnelle la plus basse pour déterminer la valeur en douane ;
65

II .Valeur transactionnelle des Marchandises similaires:

Lorsque la valeur en douane ne peut être déterminée par les article 1er et 2ème, la
valeur en douane des marchandises importées sera la valeur transactionnelle de
marchandises similaires, vendues pour l'exportation à destination du pays
d’importation et exportées au même moment ou à peu près au même moment que
les marchandises à évaluer.

Cette méthode est la deuxième méthode de substitution après la méthode des mar-
chandises identiques.

L'utilisation de la valeur transactionnelle de marchandises similaires est régie par


les mêmes conditions que celles prévues pour la méthode des marchandises iden-
tiques ci - dessus.

Définition :
On entend par marchandises similaires, des marchandises qui sans être pareilles à
tous égards, présentent des caractéristiques semblables et sont composées de ma-
tières semblables, ce qui leur permet de remplir les mêmes fonctions et d'être
commercialement interchangeables.

La qualité des marchandises, leur réputation et l'existence d'une marque de fa-


brique ou de commerce sont au nombre des éléments à prendre en considération
pour déterminer si des marchandises sont similaires.

Les marchandises similaires sont semblables aux marchandises à évaluer en ce qui


concerne les points suivants:

- Elles doivent avoir les mêmes caractéristiques physiques:

Dimension et forme.

Niveau de performance.

Méthode de fabrication.

- Matières constitutives

- Commercialement interchangeables:
66

le consommateur l’acceptera- t- elle comme marchandise de substitution!

- Mêmes fonctions et utilisation:

Les marchandises similaires doivent effectuer les mêmes tâches que les marchan-
dises à évaluer.

III - Méthode déductive.

La méthode déductive est prévue par l'article 5 de l’Accord.

Pour l’application de la méthode déductive, la base de calcul de la valeur est le


prix de vente unitaire correspondant aux ventes de marchandises importées ou de
marchandises identiques ou similaires importées, totalisant la quantité la plus éle-
vée, ainsi faites à des personnes non liées au vendeur au moment ou à peu près au
même moment de l'importation des marchandises à évaluer, sous réserve de dé-
ductions se rapportant aux éléments suivants:

- Les commissions ou les bénéfices et les frais généraux s’ils sont déjà inclus dans
le prix unitaire ;

- les frais de transport, d'assurance et frais connexes encourus dans le pays


d’importation ;

- des droits de douane et autres taxes à payer au Burundi en raison de l'importation


ou de la vente des marchandises.

a) - Valeur établie à partir du prix de revente de la marchandise importée:

Choix du prix:
La méthode déductive consiste essentiellement à choisir un prix de vente unitaire
auquel les marchandises sont vendues au Burundi.

- La vente des marchandises importées doit avoir lieu entre personnes non liées.
Le lien qui nous intéresse dans ce cas est celui qui lie l'importateur et l'acheteur au
Burundi et non l'importateur et l'exportateur.

IV-Méthode de la valeur calculée (art.6).

La valeur en douane est égale à la somme au coût ou à la valeur des matières ou


67

des opérations de fabrication ou autres, mises en œuvre pour produire les mar-
chandises importées à laquelle on ajoute :

a) le montant pour les bénéfices et les frais généraux égal à celui qui entre gé-
néralement dans les ventes de marchandises de la même nature ou de la
même espèce que les marchandises à évaluer, qui sont faites par des produc-
teurs du pays d'exportation.
b) des frais de transport des marchandises importées jusqu’au point
d’introduction dans le territoire douanier ;
c) des frais de chargement, de déchargement et de manutention connexes au
transport jusqu’au lieu d’introduction dans le territoire douanier ;
d) du coût de l’assurance ;

V – Méthode de dernier recours (art. 7)

Cette méthode permet l'interprétation souple de l'ensemble des cinq méthodes ci-
dessus et l'utilisation de toute information pertinente disponible, pour déterminer
la valeur en douane.

La valeur en douane doit être fondée, dans la plus grande mesure possible sur des
valeurs en douane déterminées antérieurement, mais avec plus de souplesse.

Ou alors on peut recourir à des tarifs de ventes pour l'exportation à destination du


pays d'importation.

Toutefois, l’Accord exclut expressément des méthodes qui seraient fondées sur :

- le prix de vente des marchandises produites dans le pays d’importation ;

- un système prévoyant l'acceptation à des fins douanières de la valeur la plus


élevée de deux valeurs possibles ;

- le prix des marchandises sur le marché intérieur du pays d'exportation ;

- le coût de production, autre que les valeurs calculées qui ont été déterminées
pour des marchandises identiques ou similaires conformément à la méthode de la
valeur calculée ;

- des prix de marchandises vendues pour l'exportation vers un autre pays ;


68

- des valeurs en douane minimales ;

- des valeurs arbitraires ou fictives.

1.2 Les régimes suspensifs ou économiques.

Ces régimes sont dits suspensifs car, généralement et sauf dispositions con-
traires, ils entrainent lors de l’importation la suspension du paiement des
droits de douane, taxes et autres mesures fiscales ou douanières.

Dans certains cas, l’avantage tarifaire ou fiscal est accordé sous forme, non
d’une suspension lors de l’importation, mais d’un remboursement lors de la
réexportation, comme par exemple pour le drawback.

Le terme «entrepôt» suspensif ne couvre donc pas tous les cas de figure et
peut désigner globalement ces régimes particuliers. Certaines législations
douanières utilisent également le qualificatif «économique» qui se justifie
par ailleurs dans la mesure où ils ont été adoptés dans l’intérêt des entre-
prises et donc de l’économie au sens large.

a. L’entrepôt.

Le terme « entrepôt» désigne à la fois le régime douanier et le local ou


l’emplacement où sont déposées les marchandises placées sous ce régime.

Ce régime permet d’entreposer sur le territoire national des marchandises


étrangères en suspension des droits de douane et taxes fiscales applicables à
l’importation.

Ces marchandises sont stockées dans les emplacements et locaux agréés


comme entrepôt et durant leur séjour sous ce régime ne elles ne peuvent su-
bir que certaines manipulations limitées tels que le changement d’emballage
et le triage sous réserve de l’accord préalable de l’agent de douane compé-
tent.

Hormis ces manipulations destinées essentiellement à permettre leur conser-


vation, ces marchandises ne peuvent en aucun cas être utilisées.
69

L’entrepôt est donc exclusivement un régime de stockage, ce qui ne signifie


pas pour autant qu’il soit dépourvu d’intérêt économique.

Il permet en effet :

-aux industries produisant pour le marché intérieur de constituer sur le terri-


toire national(et plus précisément dans leur entreprise même si des locaux y
ont été agréés comme l’entrepôt particulier) des stocks de matières premières
et de produits semi-finis d’origine étrangère nécessaires à leur fabrication
sans avoir à grever immédiatement leur trésorerie des droits et taxes, les pro-
duits en cause étant mis en consommation, et donc taxés au fur et à mesure
de leurs besoins.

-aux commerçant de disposer de la même façon sur le territoire national des


marchandises étrangères qui seront soit mises à la consommation en cas de
demande sur le marché intérieur soit réexportées en franchise des droits et
taxes en cas de vente à l’étranger.

En baissant le coût de revient des produits fabriqués ou vendus par les entre-
prises nationales, le régime de l’entrepôt améliore donc la compétitivité de
ces derniers sur les marchés extérieurs et profite au consommateur national
en cas de vente sur le marché intérieur.

Sur le plan pratique, on distingue l’entrepôt public et l’entrepôt particulier.


L’entrepôt public, qui peut être concédé, est établi sur décision de l’autorité
compétente là où l’utilité est reconnue et peut recevoir toutes les marchan-
dises à l’exception de certaines marchandises notamment les animaux vi-
vants, les marchandises prohibées à l’importation et au transit et les mar-
chandises qui ne sont pas saines ou sans qualité marchande.

L’entrepôt privé est quant à lui concédé par l’autorité compétente qui déter-
mine l’entrepôt public dont il dépend.

L’octroi d’une concession donne lieu à la perception d’une taxe de conces-


sion d’un montant de 1500 dollars par entrepôt et par an. Le concession-
naire doit verser en outre un cautionnement destiné à garantir le paiement
éventuel des droits afférents aux marchandises entreposées.
70

Ne sont admises dans ces entrepôts que les marchandises désignées par
l’agent de douane compétent et la durée de leur séjour sous ce régime est de
12 mois à compter de la date de la déclaration.

La décision de concession fixe le montant des taxes de surveillance à la


charge des concessionnaires d’entrepôt particulier.

Que ce soit pour l’entrepôt public ou l’entrepôt particulier, les marchandises


entreposées ne peuvent être sorties que pour l’une des destinations sui-
vantes :

-L’importation définitive (mise en consommation) ou temporaire

-Le transfert sur un entrepôt de même catégorie ou de catégorie inférieure

-La réexportation en transit.

b. L’importation temporaire

Sous réserve de la mise en place d’un cautionnement garantissant les droits


et taxes et amendes éventuellement dus, ce régime permet d’importer, en
franchise temporaire totale des droits de douane d’importation et des taxes
fiscales, des marchandises et matériels destinés soit à être utilisés en l’état
soit à être réparés, adaptés ou transformés au Burundi avant d’être réexpor-
tés.

L’intérêt de ce régime par rapport à celui de l’entrepôt est par conséquent de


permettre l’utilisation des marchandises concernées.

Il convient de souligner que, par dérogation à la règle générale de la fran-


chise, le matériel destiné à l’exécution des travaux publics ou à la réparation
des moyens de production est soumis avant réexportation au paiement des
droits et taxes d’importation calculés sur la différence entre la valeur du ma-
tériel à l’entrée au Burundi et sa valeur après l’accomplissement des travaux
sur base d’un amortissement de 20% par an.

Bien que la réexportation soit la destination normale des marchandises pla-


cées sous le régime de l’importation temporaire, celles-ci peuvent sous cer-
taines conditions être totalement ou partiellement mises en consommation.
71

c. la réimportation.

La réimportation peut intervenir à la suite d’exportation temporaire ou défi-


nitive de marchandises originaires du Burundi ou qui y étaient déjà nationali-
sées.

Les conditions sous lesquelles sont réimportées les marchandises exportées


temporairement sont de deux ordres.

Les marchandises et matériels réimportés en l’état sont dispensés du paie-


ment des droits et taxes d’importation. Pour les autres, ces taxes et droits
sont calculés sur base de la plus-value résultant de la main d’œuvre et des
marchandises étrangères incorporées, majorées des frais de transport, assu-
rance et autres, nécessaires pour la réimportation jusqu’au lieu d’introduction
dans le territoire douanier.

d. Le drawback.

Le drawback concerne la restitution des droits d’importation mais, il est mis


en œuvre lors de l’exportation des marchandises concernées.

De plus, dans sa forme automatique, il constitue l’un, des avantages prévus


par les textes relatifs à la promotion des exportations (cfr régime
d’exportation).

e. La zone franche.

C’est un régime récent au Burundi qui a été institué par le décret- loi n° 1/30
du 31 Août 1992.

Pour bénéficier de ce régime, les entreprises doivent être préalablement


agréées et le certificat d’entreprise franche précise pour chacune, les opéra-
tions autorisées.

Il peut s’agir d’un simple stockage mais orienté exclusivement vers la réex-
portation à la différence de l’entrepôt (zone franche industrielle) et dans ce
cas, une part maximale de 20% des biens transformés peuvent être mises en
consommation et le solde doit être réexporté.
72

f. le transit.

Dans sa forme classique, le transit est le régime applicable aux marchandises


qui, venant de l’étranger et étant destinées à l’étranger, traversent le territoire
de la République.

C’est un régime suspensif des droits et taxes applicables à l’importation.


Toute manipulation des marchandises concernées est interdite et ; afin de
sauvegarder les intérêts du trésor, un cautionnement doit être fourni en vue
de garantir le paiement des droits et amendes éventuellement dus sauf dis-
pense de l’autorité compétente.

Pour compléter cette garantie financière, la douane, pour chaque opération,


fixe le délai dans lequel le transport doit être effectué et prend les mesures
qui lui paraissent nécessaires pour assurer l’intégrité du chargement, comme
par exemple la pose de scellés, escortes ou autres mesures administratives
pour éviter les fuites frauduleuses.

CHAP 2 : LES REGIMES DOUANIERS A L’EXPORTATION

Comme à l’importation, on distingue un régime commun (l’exportation défi-


nitive) et des régimes particuliers d’exportation.

2.1 L’exportation définitive

Ce régime concerne les marchandises originaires du Burundi exportées à


titre définitif du territoire national.

Lorsque celui-ci subsiste, ces marchandises sont soumises au paiement du


droit de sortie. Compte tenu de la volonté des autorités de promouvoir les
exportations des produits nationaux (sauf bien entendu s’ils sont nécessaires
à la population ou aux entreprises), les taux du droit de sortie (de 0 à 5%)
sont en effet sensiblement moins élevés que ceux du droit d’entrée de (0 à
25%) et de nombreuses marchandises en sont exemptés.

Dans la même logique de promotion des exportations, celles-ci ne sont pas


soumises au paiement ni de la redevance administrative ni bien entendu, de
la taxe sur la valeur ajoutée.
73

2.2. Les régimes particuliers d’exportation.

a) Le régime de promotion des exportations et le drawback automatique

Le décret-loi n°1/012 du 15 avril 1988 et l’ordonnance ministérielle n°


650/202 du 4 août 1989 prévoient un certain nombre d’allégements fiscaux
et tarifaires destinés à promouvoir l’exportation des produits fabriqués au
Burundi, exception faite du café, du thé, du coton, de l’or brut, des animaux
vivants et des produits minéraux qui, en cas de besoin font l’objet d’une ré-
glementation spécifique.

Au titre de ces mesures, figure en premier lieu l’exonération des droits et des
taxes à la sortie.

En outre,l’article3, alinéa b du décret-loi sus- visé prévoit la restitution des


droits de douane à l’importation et les autres taxes d’effet équivalent acquit-
tés sur les intrants et les articles de conditionnement destinés à la fabrication
ou à l’emballage des produits exportés par un système de crédit douane.

Dans leur principe, ces dispositions ne sont pas nouvelles puisque les articles
52 et 53 du décret-loi n° 1/158 et l’ordonnance ministérielle n°030/187 de
1971 instituent déjà un système dit «drawback» qui prévoit, sous certaines
conditions, des remboursements des droits d’importation perçus sur les mar-
chandises importées au Burundi et réexportées dans les pays limitrophes.

Le caractère novateur du système douanier classique réside dans la possibili-


té qui est offerte aux exportateurs agréés de bénéficier automatiquement, dès
l’exportation, de la restitution à concurrence de 10% de la valeur des pro-
duits finis exportés.

Sur base de ce dossier, la douane détermine si le montant restitué au titre de


drawback automatique est suffisant ou non.

b. La réexportation.

Ce régime est applicable :

• Aux marchandises précédemment placées sous l’un des régimes suspen-


sifs à l’importation.
74

Ces marchandises sont dispensées du paiement du droit de sortie mais sont


soumises à la Redevance administrative.

•aux marchandises mises en consommation qui soit n’ont pas été livrées au
destinataire soit n’ont ni été utilisées ni vendues au Burundi. Ces marchan-
dises sont réexportées en franchise de droit de sortie et de la redevance ad-
ministrative et bénéficient en outre de la restitution des droits acquittés à
l’importation.

•aux marchandises nationalisées qui sortent du territoire définitivement.

c. L’exportation temporaire.

Ce régime est le pendant, à l’exportation, du régime de l’importation tempo-


raire déjà examiné.

Les marchandises exportées temporairement peuvent être réimportées en


l’état ou après avoir reçu à l’étranger un complément de main d’œuvre ou
d’une réparation quelconque.

Ces opérations sont soumises à l’accord préalable de l’agent de douane com-


pétent et sont effectuées en franchise du droit de sortie.

Les marchandises et matériels réimportés en l’état sont dispensés du paie-


ment des droits et taxes d’importation.

Pour les autres, ces droits et taxes sont calculés sur la plus-value résultant de
la main d’œuvre et des marchandises étrangères incorporées, majorées des
frais de transport, assurance et autres, nécessaires pour la réimportation
jusqu’au lieu d’introduction sur le territoire national.
75

TITRE 5. LA TAXATION DOUANIERE.

CHAP.1. LES DROITS.

Il existe deux sortes de droits :

a. Les droits d’importation


b. Les droits de sortie.

Les droits d’importation et les droits de sortie sont inscrits dans le tarif doua-
nier.

Les droits d’importation au Burundi sont essentiellement ad valorem.

Attention : bien que ne figurant pas dans les colonnes de taxation du tarif à
l’importation la redevance administrative qui est de 0,5% pour toutes les
marchandises est toujours perçue à l’importation.

CHAP.2. LES TAXES ETPENALITES.

§1 Les droits de magasin (Déjà vu).

§2 La taxe progressive (déjà vu).

§3 La taxe de consommation

Elle est perçue sur les produits de fabrication locale surtout.

1. Les produits de la BRARUDI :


a. Bières : 36.000fbu / Hl.
b. Limonades et autres boissons non alcoolisées : 36000fbu/ Hl.
c. Vins, liqueurs et autres : 125fbu /litre.
2. Le sucre : 400fbu le kg.
3. Le tabac fabriqué par le BTC : 20fbu / tige.

§[Link] taxe ad valorem.

1. les vins et les spiritueux : 80 %

2. les eaux minérales :13 %


76

§5. La taxe de péage route

Cette taxe de péage est perçue sur les véhicules destinés au transport des
marchandises immatriculés à l’étranger pénétrant au Burundi .Les taux ap-
plicables sont les suivants : 72 dollars par camion et 152 dollars par camion
remorque chargé à l’entrée comme à la sortie, exceptés les camions qui sor-
tent vides.

§6 : Quelques prélèvements opérés sur les carburants.

Il s’agit essentiellement des prélèvements suivants :

-FRN (Fonds Routier National) :80fbu /litre.

-FONSCA (Fonds Spécial Carburant) :86,638fbu/litre.

-Frais Stock du Gouvernement : 0.21fbu /litre.

-Fonds Stock Stratégique : 20fbu / litre.

§7 : La redevance informatique.

C’est une redevance qui est perçue par les bureaux informatisés de Bujumbu-
ra-port et Bujumbura-aéroport et autres bureaux. Elle est de 10.000fbu par
déclaration enregistrée. La redevance informatique a été instituée pour la
maintenance et l’entretien du réseau informatique de ces bureaux.
77

TITRE6. LA CIRCULATION INTERNATIONALE DES VEHICULES


AUTOMOBILES.

Indépendamment du régime de l’I.T déjà examiné, les véhicules à moteur


peuvent être admis au Burundi sous un régime de tourisme international avec
l’un des documents suivants :

a. le triptyque.
b. le carnet de passage en douane.
c. la circulation frontalière.

CHAP.1. LE TRIPTYQUE.

Le triptyque ou permis de libre circulation internationale est un document


qui permet à un détenteur d’aller dans un pays étranger et d’en revenir pen-
dant toute la durée de validité de ce document sans acquitter les droits à
l’entrée et à la sortie et sans déposer de cautionnement à la douane.

Ce permis de libre circulation concerne bien évidement les véhicules. Le


triptyque est délivré par les associations étrangères de tourisme ou
d’automobiles (ex : le club royal automobile de Belgique, Touring club de
France) agréés par la douane par l’intermédiaire du club national garant.

Ce club se porte garant du paiement de tous les droits et amendes qui pour-
raient être réclamés par la douane(en réalité il n’existe aucun club ou asso-
ciation qui joue ce rôle au Burundi donc, le triptyque n’a aucune valeur pour
la douane burundaise qui est en droit de refuser et d’exiger une déclaration
d’IT).

CHAP.2. LE CARNET DE PASSAGE EN DOUANE.

C’est un document de circulation internationale concernant un véhicule et


qui permet à son titulaire de se rendre dans plusieurs pays étrangers, de reve-
nir dans son pays d’origine, repartir à l’étranger etc.…pendant toute sa durée
de validité.

CHAP.3. LA CIRCULATION FRONTALIERE.

Sur production d’une pièce d’identité, le chef local de la douane peut délivrer
aux personnes habitant la RDC, le Rwanda, la Tanzanie et l’Ouganda se ren-
78

dant au Burundi avec leurs véhicules une carte d’entrée valable pour un
voyage et dont le délai de validité est d’un mois et qui dispense les intéressés
du paiement de cautionnement et du paiement des droits.

Ce document est délivré moyennant une redevance de 30 .000fbu.

De même le chef local peut délivrer un laissez-passer permanent à l’entrée et


le permis de libre sortie permanent, valable pour 10 voyages et de
75 .000fburespectivement pour les véhicules immatriculés à l’étranger et les
véhicules immatriculés au Burundi.

Tous ces documents doivent être exhibés à toute demande des agents de
douane.

Lorsque le véhicule sort du Burundi, la carte d’entrée est retenue au bureau


de sortie et est renvoyée au bureau de délivrance.

Le laissez-passer permanent est visé à chaque entrée et sortie et est retiré à


l’expiration du délai de validité pour être renvoyé au bureau de délivrance.

Ces documents ne dispensent cependant pas le titulaire de la visite doua-


nière. Créé pour faciliter la circulation avec les pays voisins, ces documents
ne présentent aucune garantie pour le trésor.
79

TITRE 7. LE REGIME DES EXONERATIONS (annexe 4 de


l’EACCMA, 2004.

L’annexe4 de la loi douanière de la Communauté de l’Afrique de l’Est pré-


voit 2categories d’exonérations : les exonérations spécifiques et les exonéra-
tions générales.

A. Exonérations spécifiques.
Cette catégorie d’exonérations concerne les marchandises importées
ou achetées par ou au nom des personnes ou institutions privilégiées.
Il s’agit notamment :
1. Les chefs d’état, les membres de leur famille et les personnes
de leur suite voyageant avec eux.

Même si le voyage se fait incognito, le président de le République du Burun-


di, les chefs d’Etat étrangers, les princes appartenant à des familles ré-
gnantes, le conjoint et les enfants de ces personnalités ainsi que les personnes
de suite voyageant avec eux, bénéficient des privilèges de courtoisie :

-leurs bagages sont admis en franchise sans visite ni formalités

-les marchandises qu’ils importent ou exportent autrement font l’objet d’une


déclaration en douane sans perception de droits,

-les véhicules dans lesquels voyagent ces personnalités sont admis sans for-
malités à l’entrée comme à la sortie,

- en outre, les chefs locaux des douanes sont tenus de veiller à ce que les
personnalités visées ci- dessus soient traitées avec tous les égards qui leur
sont dus.

2. Les marchandises importées sous couvert de privilèges et immunités


diplomatiques.

Il convient ici de connaître 2 textes de base :

a) la convention de Viennes sur les relations diplomatiques du 18/04


1961
b) la convention de Viennes sur les relations consulaires du 24/04/1963
80

Une ordonnance particulière groupe les dispositions relatives à cette catégo-


rie d’exonération. Parmi les 22 titres de ce texte, examinons les principaux :

On considère comme Chefs de Mission Diplomatique :

-les ambassadeurs, les Nonces apostoliques (Ambassadeurs du Vatican) les lé-


gats (envoyés avec des missions particulières), les chargés d’affaires ; sont assi-
milés au CMD, le représentant résident des Nations Unies et le Délégué de l’UE
(ancien C.E.E).

Le CMD permanent accrédité au Burundi et les membres de la famille faisant


partie de leur ménage bénéficient des privilèges ci-après sur production d’un
document établissant la qualité (soit le passeport ou la carte d’identité délivrée
par le Ministre des Relations Extérieures et de la coopération au Burundi :

-les bagages sont admis en franchise sans visite ni formalité.

-les marchandises importées autrement font l’objet d’une déclaration de mise en


consommation sans perception de droits. Cette déclaration doit être appuyée
d’une attestation dans laquelle le bénéficiaire certifie que les marchandises sont
destinées à un usage personnel(en cas de soupçon de fraude, une visite de mar-
chandises est effectuée).

Les véhicules importés par les intéressés doivent être couverts par des déclara-
tions d’IT renouvelables chaque année.

Lorsqu’un véhicule à moteur importé en franchise est à un tiers qui ne bénéficie


pas de la franchise, les droits deviennent exigibles sur la valeur résiduelle. Ces
droits sont calculés d’après la valeur du véhicule au moment de la cession.

Conformément à la convention de Viennes du 24/4/1963 sur les relations consu-


laires, et sous réserve de réciprocité, les fonctionnaires consulaires de carrière et
les membres de leur famille vivant dans leur pays bénéficient des privilèges ci-
après sur présentation des documents établissant leur qualité.

-les bagages sont admis en franchises sans visites ni formalités.

-les marchandises importées ou exportées autrement font l’objet d’une déclara-


tion sans perception de droits sur présentation d’une attestation signée par le
chef consulaire

-les véhicules sont placés sous le régime d’IT.


81

Sont considérés comme fonctionnaires consulaires de carrière :

-les personnes chargées par l’Etat d’origine, d’envoi des fonctionnaires de con-
sul général, vice consul, agent consulaire et qui ont obtenu l’exequatur du Bu-
rundi (exequatur c’est la décision par laquelle un Etat autorise un consul à exer-
cer sur le territoire étranger les fonctions qui lui sont confiés).

Les consuls et vice- consuls honoraires, qui n’ont pas la qualité de fonction-
naires de l’Etat d’envoi ne bénéficient personnellement d’aucun privilège en ma-
tière douanière.

3. Organismes d’assistance, signataires des accords bilatéraux ou multi-


latéraux.

Les articles de ménage et les effets personnels, y compris un véhicule à mo-


teur achetés ou importés sont admis en exonération dans les quatre-vingt –
dix jours de leur première arrivée au Burundi ou dans une période plus
longue n’excédant pas trois cent soixante jours, à compter de leur arrivée.

4. Organismes internationaux et régionaux.

L’exonération concerne les marchandises et les équipements importés pour


leur usage officiel. Il s’agit des organismes d’assistance internationaux et
régionaux avec une accréditation diplomatique ou ayant signé des accords
bilatéraux ou multilatéraux avec le Burundi.

5. Personnes handicapées mentalement ou physiquement et


aveugles.

Le matériel, les articles et les équipements scientifiques ou culturels du han-


dicapé y compris un seul véhicule à moteur qui sont particulièrement conçus
pour être utilisés par les personnes handicapées mentalement ou physique-
ment sont exonérés à ce titre. Il en est de même des articles importés qui sont
destinés au programme éducatif, scientifique ou culturel du handicapé si ces
articles sont destinés à être utilisés par une organisation agréée par le gou-
vernement aux fins de cette organisation. Le renouvellement de
l’exonération du véhicule automobile est de 4ans sauf en cas d’accident, vol
ou incendie.
82

6. Marchandises et équipements destinés à l’usage des projets finan-


cés par les fonds d’assistance.

7. Sociétés nationales de la croix rouge.

Les marchandises y compris les matériaux, fournitures, équipements et véhi-


cules automobiles pour usage officiel dans la prestation des services de se-
cours, importés par la société nationale de la croix rouge sont exonérées.

B. Exonérations générales
Ces exonérations concernent particulièrement les marchandises sans
caractère commercial. Les marchandises visées par cette catégorie sont
notamment :

1. Les bagages des voyageurs.

Les bagages des voyageurs sont admis en exonération des droits de Douane
d’importation sans document, lorsqu’ils correspondent à la condition sociale
des intéressés ; qu’ils ne soient pas importés en quantités anormales et que la
douane n’a pas de raison de croire à des manœuvres frauduleuses.

Dans ce domaine, les agents de douane ont une grande liberté d’appréciation,
disposent compétence, expérience, adresse, discernement, délicatesse, sa-
voir- faire et sens de nuance.

Par bagages des voyageurs, il faut entendre :

a) Les vêtements, le linge de corps et les objets de toilette contenus dans


les bagages accompagnant les voyageurs.
b) Les objets énumérés ci-après pour autant que le voyageur les trans-
porte avec lui ou dans les bagages qui l’accompagnent au moment de
son passage en douane.
- un appareil photographique, les accessoires et six rouleaux
pellicules,
-un camera avec ses accessoires et 3mètres de film,
-les articles de sport portatifs (raquettes de tennis cannes de
golf…),
83

-un instrument de musique portatif (guitares, harmonica, accor-


déon…),
-Tourne- disque portatif avec 10 disques,
-un appareil de radiophonie portatif,
-une paire de jumelles,
-une machine à coudre portative,
-un magnétophone portatif avec deux bandes,
-une voiture d’enfant,
-quelques menus objets de camping,
-des menus jouets,
-un fer à repasser,
-un rasoir électrique etc.…

c) du tabac, des cigares et des cigarettes dans les limites d’un kg par per-
sonne âgée de 16 ans et plus

d) un litre de boissons alcoolisées par personne de 16 ans et plus.

La franchise n’est accordée aux articles repris ci- dessus que s’ils portent des
traces apparentes d’usage ; sinon les voyageurs doivent prouver qu’ils ont
ces objets en usage et en propriété depuis au moins 6 mois (facture à contrô-
ler, ou bien que ces objets se trouvent en libre pratique au Burundi).

Pour les caméras et les appareils photographiques, la douane peut délivrer


des certificats d’identité au moment de la sortie pour les voyageurs qui ont
l’intention de revenir au Burundi.

Les bagages de voyageurs bénéficient également de la franchise à la sortie


sur les cadeaux et souvenirs de voyage exportés par les voyageurs.

Si des voyageurs établis en dehors du Burundi importent des objets pour les-
quels, les abus sont à craindre, la douane peut exiger l’établissement d’une
déclaration d’IT avec cautionnement.

2. Les objets de déménagement

Par objet de déménagement, il faut entendre :

-les articles d’habillement


84

-le linge de corps et de lit

-le linge de nuit, le linge de toilette, le linge de table, le linge


de cuisine, couvertures et literies.

-Tous les objets faisant habituellement partie d’un mobilier,


chaises, tables, armoires, tapis, rideaux, divans, piano,

-les objets de collection, de science et d’art,

-les objets et instruments d’arts libéraux ou mécaniques (pin-


ceaux et de peinture, toiles, les outils de menuiserie, les outils de dentiste),

-les véhicules automobiles des diplomates du Burundi


accrédités à l’étranger qui rentrent définitivement au terme de leur mission.

Sont toutefois exclus de la franchise : les bateaux, les aéronefs, les véhicules
automobiles, les motocyclettes, les vélocipèdes, les animaux, les armes et
munitions, les denrées alimentaires, les stocks commerciaux et industriels.

b) Les bénéficiaires de l’exonération peuvent réclamer l’admission en


exemption des droits de douane d’importation pour leurs objets de déména-
gement pour les cas suivants :

-les étrangers qui veulent s’établir au Burundi,

- les nationaux qui reviennent au Burundi après un séjour à l’étranger,

- les agents ou employés qui viennent effectuer au Burundi une période de


service prévu par le contrat ou par statuts d’au moins 2 ans, sans distinguer
s’il s’agit d’un premier séjour ou d’un séjour subséquent,

- les entreprises étrangères qui viennent s’établir au Burundi.

c) Condition d’exonération

D’une manière générale, les objets de déménagement doivent porter des


traces apparentes d’usage et doivent être en rapport avec la position sociale
et la situation familiale et être en usage de propriété au moins 6 mois avant
l’importation.
85

Les objets de déménagement doivent être expédiés en un seul envoi dans les
3 mois qui suivent l’arrivée du propriétaire.

Un inventaire détaillé doit être fourni par le diplomate du Burundi à


l’étranger et qui rentre définitivement, la franchise concerne également un
véhicule à condition qu’il apporte une preuve qu’il en a en propriété pendant
au moins 6 mois.

Les véhicules destinés au transport des marchandises sont exclus de la fran-


chise.

Pendant un délai de 12 mois à dater du jour de la déclaration en douane, les


véhicules bénéficiant de l’exonération ne pourront être ni vendus ni cédés
gratuitement ni prêtés sans avoir acquitté les droits de douane selon les taux
en vigueur le jour de la cession, du prix calculé sur la valeur estimée à la
même date.

Un acte de prêt isolé dont le caractère exceptionnel est dument


prouvé à la satisfaction de l’administration des douanes ne rend cependant
pas exigible les droits de douane

Sont admis en franchise de droit à l’exportation les objets de déménagement


portant des traces apparentes d’usage et en rapport avec la position sociale et
la situation familiale des intéressés.

3. Les objets mobiliers échus en héritage et les effets de la per-


sonne décédée.
L’exonération des droits de douane d’importation est accordée aux objets
mobiliers portant des traces apparentes d’usage échus en héritage à une per-
sonne résidant au Burundi, pour autant que l’expédition s’accomplisse en un
seul envoi dans les délais d’un an à partir de la date à laquelle il y a eu la
disparition.

Un inventaire est fourni ainsi que les documents officiels prouvant qu’il
s’agit bien d’un héritage.

Sont exclus du bénéfice de la franchise :

-les objets d’équipement provenant d’un commerce ou d’une autre ex-


ploitation.
86

-les véhicules automobiles qui n’étaient pas en usage depuis au moins 6


mois au moment du décès.

4. Les échantillons commerciaux de valeur négligeable.


A l’importation comme à l’exportation, la franchise totale est accordée pour les
échantillons de valeur négligeable c à d les objets de qualités minimes de pro-
duits qui ne peuvent servir qu’à faire connaître la marchandise qu’ils représen-
tent.

La douane peut exiger que les échantillons soient rendues inutilisables par mar-
quage, lacération, perforation ou autrement, sans pour cela transformer les objets
en déchets.

Ex : -chemises marquées de tampon ;

-chaussures avec un trou dans la semelle ;

-sacoches lacérées.

Les échantillons de spécialités pharmaceutiques sont admissibles en franchise


s’ils répondent aux conditions ci-après :

-être expédiés directement aux vétérinaires ou aux spécialités (pharmaciens, mé-


decins …)

-être revêtus, en caractères indélébiles, tant sur le contenant immédiat que sur
l’emballage extérieur d’une mention claire et apparente indiquant qu’il s’agit
d’échantillons gratuits ne pouvant être utilisés pour devis normal des produits.

5. Les carburants et lubrifiants contenus dans les réservoirs normaux des


véhicules, bateaux et aéronefs.

La franchise totale des droits et taxes est accordée aux carburants et aux
lubrifiants contenus dans les réservoirs normaux pour les véhicules et aé-
ronefs au moment de leur arrivée au Burundi et de leur sortie.

6. Les marchandises envoyées à titre de dons aux populations néceci-


teuses et aux œuvres philanthropiques.

A l’importation comme à l’exportation, la franchise totale de droits et taxes est


accordée aux marchandises envoyées gratuitement à titre de secours aux popula-
tions nécessiteuses et aux œuvres philanthropiques.
87

Toutes les justifications et les attestations nécessaires doivent être présentées au


directeur des douanes par les organismes intéressés (ex : CARITAS, CROIX
ROUGE).

7. Les objets ayant un caractère éducatif scientifique ou culturel.

A l’importation, les articles à caractère éducatif, scientifique et culturel bénéfi-


cient de la franchise des droits.

On y trouve notamment les instruments et appareils scientifiques de démonstra-


tion destinés à l’enseignement, des instruments de la musique destinés à un éta-
blissement scolaire, les objets d’arts et de collection destinés aux musées, les
objets destinés à l’éducation des aveugles et des sourds- muets.

Les appareils de projection, les magnétophones, les électrophones, les films, les
diapositives, les bandes magnétiques importées par les établissements
d’enseignement et destinés à des films didactiques.

Une attestation doit être fournie par la personne ou l’organisme qui utilisera ces
marchandises. Les attestations relatives aux objets destinés aux établissements
d’enseignement spéciaux sont le plus souvent signées par le directeur.

Certaines seront signées par le Ministre ayant l’enseignement supérieure dans


ses attributions ou par son représentant.

8. Marchandises importées à des fins de secours d’urgence dans des


domaines spécifiques en cas de catastrophe /calamité naturelle.

Il s’agit des marchandises destinées à des fins de secours d’urgence en quan-


tité et dans un délai déterminé. Elles sont importées par le gouvernement ou
son agent agréé ou une organisation non gouvernementale ou un organisme
de secours autorisé par le directeur responsable de la gestion des catas-
trophes. Ces marchandises sont souvent constituées par les ustensiles ména-
gers, les produits alimentaires, les matériaux pour la fourniture d’abris, les
équipements et le matériel pour des fins sanitaire et éducatif. Les quantités
de marchandises peuvent être soumises à des restrictions que l’autorité
douanière peut imposer.
88

TITRE 8. LES INFRACTIONS DOUANIERES ET LEURS REPRES-


SIONS.

Le terme contentieux douanier englobe toutes les contestations auxquelles don-


nent lieu le fonctionnement du service des douanes.

Les litiges les plus divers peuvent naître à l’occasion du fonctionnement de ce


service. C’est ainsi que par exemple l’administration peut être amenée à ré-
pondre d’une faute commise par l’un de ses agents et ayant causé un dommage
à un tiers ou encore le propriétaire des marchandises importées peut contester le
paiement des droits de douane.

Les développements qui suivent concernent le seul contentieux douanier répres-


sif et l’accent sera mis plus particulièrement sur la constatation, la poursuite et la
répression des infractions douanières

Les dispositions juridiques relatives au contentieux douanier se trouvent consi-


gnées dans la loi sur la gestion des douanes de la communauté est- afri-
caine,2004 et dans la loi n°1/02 du 11 Janvier 2007 portant code des douanes
du Burundi .

Le droit douanier est dit de droit strict. Il n’est donc pas permis de l’étendre
sous prétexte d’analogie.

Conformément à l’EACCMA, les agents de douanes doivent relever les infrac-


tions douanières au code communautaire et à ses mesures d’exécution.

Une infraction douanière apparaît donc comme une violation du code ou de ses
mesures d’exécution et doit donc être réprimée.

CHAP1 : PRINCIPALES INFRACTIONS DOUANIERES CLASSIQUES. .

La législation douanière nous dit qu’aucune marchandise ne peut entrer ou sor-


tir du Burundi sinon par les voies autorisées. La marchandise doit en outre être
présentée en vue du dédouanement au bureau douanier désigné par l’autorité
compétente. Cela veut dire que toute importation ou exportation faite en contra-
vention à cette disposition est réputée frauduleuse. Les sanctions à cette viola-
tion sont prévues par la loi.

Diverses infractions peuvent se présenter :


89

A. Des marchandises peuvent être non déclarées.

Cette possibilité est généralement connue sous le nom de contrebande. La con-


trebande s’étend donc du passage des marchandises hors des bureaux de
Douane.

Toutefois, l’expérience a montré que toute détention ou transport de marchan-


dises à l’intérieur du territoire ne se rattache pas nécessairement à des faits de
contrebande. En effet, la détention ou la circulation irrégulière des marchandises
à l’intérieur du territoire peuvent par exemple être liées à une importation sans
déclaration ou à une importation se rapportant à des marchandises déclarées en
douane.

La contrebande s’étend donc d’une importation de marchandises effectuée en


dehors du bureau.

a) Les marchandises peuvent être libres de droits

Une marchandise est libre à l’importation ou à l’exportation lorsque son impor-


tation ou son exportation n’est soumise à aucune condition particulière.

C’est notamment le cas des marchandises reprises par l’annexe 4 du code.

Dans le cas de l’importation ou de l’exportation frauduleuse de la marchandise


libre de droits, l’amende ne sera pas trop forte.

b) Les marchandises peuvent être prohibées.

Une marchandise est dite prohibée à l’importation ou à l’exportation lorsque son


importation ou son exportation est subordonnée à certaines formalités particu-
lières par exemple.

Sont notamment prohibées à l’importation ou au transit tous produits étrangers


portant soit sur eux-mêmes, soit sur des emballages, des bandes, étiquettes
etc.… , une marque quelconque de nature à faire croire qu’ils sont originaires du
Burundi ou d’ un Etat dont les produits bénéficient à l’entrée au Burundi d’un
traitement privilégié.

Ex : produits originaire du COMESA.

Conformément à la partie XVII du code communautaire, et en cas de fraude avé-


rée, les marchandises prohibées dont l’importation ou l’exportation est soumise
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à des restrictions ou à des mesures légales de contrôle, la peine encourue est la


saisie – dépossession c.-à-d. la confiscation.

B. Les marchandises peuvent être déclarées

1. La fausse dénomination de l’espèce et fausse déclaration d’origine

Elle consiste surtout en une déclaration inexacte en ce qui concerne surtout la


nature, le genre ou la substance ou l’espèce de la marchandise et cela dans le but
de profiter d’une taxation plus faible et plus avantageuse. Cette pratique est con-
nue en matière douanière sous le nom de glissement tarifaire.

Ex : Déclaré bateaux pour le transport de personnes du 89.01, taux 0%.

Reconnu bateaux de plaisance du 89.03 taux 25%.

S’expose à la même amende celui qui déclare les marchandises sous une fausse
origine.

Ex : des marchandises originaires de la Corée faussement déclarées comme ori-


ginaires du Zimbabwe.

2. L’excédent de marchandises.

Conformément à l’art 97, tout excédent de marchandises constaté lors de la véri-


fication entraîne pour le déclarant une amende.

3. La fausse déclaration de valeur.

L’infraction la plus courante est la sous- évaluation ou minoration de la valeur


dans le but d’avoir une base d’imposition plus faible.

CHAPITRE 2 : QUELQUES INFRACTIONS SPECIFIQUES ET LEURS


SANCTIONS EN MATIERE DOUANIERE (partie XVII du code communau-
taire).

1. Enlèvement ou altération des scellés (article 195).

Une personne qui enlève volontairement les scellés sans l’autorisation de l’agent
de douane compétent commet une infraction et est passible sur condamna-
tion, d’une peine d’emprisonnement n’excédant pas trois ans ou d’une peine
d’amende n’excédant pas deux mille cinq cent dollars ou les deux à la fois.
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2. Infraction d’avertir le contrevenant (article 97).

Une personne qui, dans l’intention de faire obstruction, fait un acte dans le but
d’avertir le contrevenant engagé dans la commission d’une infraction, commet
aussi ainsi une infraction. Elle est passible, sur condamnation d’une peine
d’emprisonnement d’une durée n’excédant pas deux ans ou d’une peine
d’amende deux mille cinq cent dollars ou les deux à la fois.

3. Infraction sur les caches aménagées pour contrebande (Article199).

Toute personne responsable d’un véhicule possédant des caches secrets aména-
gés, déguisées et adaptées pour les marchandises de contrebande, s’expose à une
peine d’amende n’excédant pas cinq mille dollars et, le véhicule et les marchan-
dises en rapport avec l’infraction sont passibles de la peine de confiscation .

4. Infraction liées aux prohibitions et aux restrictions (article 20l).

Une personne qui importe, exporte ou transporte en cabotage des marchandises


de fraude interdites ou restreintes commet une infraction et est passible sur con-
damnation, d’une peine d’emprisonnement n’excédant pas cinq ans ou d’une
peine d’amende égale à cinquante pour cent de la valeur en douane des mar-
chandises incriminées, ou les deux à la fois.

5. Infraction relatives aux importateurs et aux exportateurs de marchan-


dises cachées (article 202)

Toute personne qui importe ou exporte des marchandises en cachette d’une fa-
çon quelconque pour tromper l’agent des douanes commet une infraction et est
passible sur condamnation d’une peine d’emprisonnement d’une durée
n’excédant pas cinq ans ou d’une peine d’amende égale à cinquante pour cent de
la valeur en douane des marchandises incriminées.

6. Infraction de faux et usage de faux (article203).

Une personne qui, dans toute matière douanière fait une déclaration fausse ou
incorrecte quant aux énonciations ou produit sciemment un faux document qui
implique une évasion fiscale, commet une infraction et est possible sur condam-
nation d’une peine d’emprisonnement, d’une durée n’excédant pas trois ans ou
d’une peine d’amende n’excédant pas dix mille dollars.
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7. Infractions relatives au bris des scelles douaniers (article 205).

Une personne qui enlève, casse, endommage, saccage ou d’une façon quel-
conque dérange un signe, une ancre, une chaine, une corde, une marque ou toute
autre matériel apposé sur tout moyen de transport à des fins de contrôle doua-
nier, commet une infraction et est passible sur condamnation, d’une peine
d’amende n’excédant pas deux mille cinq cent dollars.

8. sanctions pénales générales (article209).

Une personne qui commet une infraction prévue par la présente loi et pour la-
quelle aucune pénalité spécifique n’a été prévue, est passible d’une peine
d’amende n’excédant pas cinq mille dollars.

9. Marchandises passibles de la peine de confiscation (article 210).

En plus des autres circonstances dans lesquelles les marchandises sont passibles
de la peine de confiscation prévue par la présente loi, les marchandises suivantes
doivent être elles aussi sanctionnées par la peine de confiscation.

-Les marchandises interdites

-Les marchandises restreintes introduites illégalement sur le territoire national.

-Les marchandises de fraude par contrebande.

-Les marchandises non conformes à la déclaration, à la demande de chargement


ou de déchargement.

-Les marchandises soumises au contrôle de la douane enlevées, modifiées ou


mêlées à d’autres sans l’autorisation de l’administration.

-Les marchandises dont la documentation caractéristique est fausse.

-Les marchandises pour lesquelles un drawback, une réduction, une remise ou


une restitution de droits a été illégalement obtenue.

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