L’EMPIRE SONGHOY
Diallo Boubacar Séga professeur d’Histoire FLASH- Université de Bamako
L’empire songhoy, la dernière grande formation étatique du Soudan occidental
va connaître sous le règne de certains de ses souverains Soni Ali (1464 - 1492 ) et
surtout Askia Mohamed (1493 - 1528) un rayonnement économique, culturel, social
sans précédent.
Héritier des deux premiers empires, il a su profiter au maximum des acquis de
ces Etats sur le plan de l’organisation politique, économique et sociale.
Sa destruction en 1591 à la bataille de Tondibi sous le coup des Marocains
ouvre au Soudan occidental une grande période d’instabilité politique, dont-il se
relèvera difficilement.
I - Les origines de l’empire songhoy :
Les origines même des songhay posent problème. Les songhay qui parlent le
«sonay cini1 reconnaissent qu’ils se subdivisent en trois groupes ayant chacun une
activité précise. Ce sont d’abord les Sorko pêcheurs, habitants du fleuve (Issa Beri)
qu’ils connaissent et qu’ils maîtrisent, les Gabibi, agriculteurs et maîtres de la terre, les
Gaw chasseurs, hommes de la brousse et détenteurs de plusieurs savoirs.
Il n’est pas exagéré de penser que les ancêtres de tous ces groupes habitaient au
néolithique des régions plus septentrionales où ils pratiquaient déjà la cueillette,
l’agriculture, la pêche, l’élevage et la chasse.
Le Sahara malien, porte les traces de cette époque2.
A la faveur du dessèchement post-néolithique, les populations vont se replier
vers le sud, vers les vallées du Niger où elles vont se mêler aux Soninko, aux
Mandenka à des populations d’origine voltaïque mais aussi berbère, juive et former le
groupe multiethnique songhay3.
1
Moulaye TRAORE, les Songhay Us et Coutumes à paraître
2
Nicole Petit-Maire Sahara - Sahel ?
3
Certaines populations qui se sont fondues dans ce creuset viennent probablement de plus loin des confins du lac
Tchad dont le niveau on le sait a connu des variations après le dessèchement du Sahara. Ainsi, s’expliquerait la
parenté qu’il y a entre le «Sonay cini» et le Kanuri. Z. Dramani Issoufou in les Songhay dimension historique,
catalogue des vallées du Niger 1993 Page 151. Il n’y a pas longtemps des populations du Darfour au Soudan
retenaient que leur islam leur vient de Tumbuctu et qu’ils n’avaient rien n’avoir avec l’islam que les Arabes du
Soudan veulent leur imposer, in le Monde Diplomatique Mai 2004.
Songhay, Soninko, Mandenka entretiennent des liens de parenté qui remontent
certainement à ces longues périodes4.
Ce sont les songhoy venus du Dendi (au fil de l’eau) région bien arrosée qui
vont fondeer Koukya. Là maîtres de l’eau, de la brousse mais aussi tisserands,
forgerons, commerçants vont constituer une communauté avec une organisation
politique. Al Idrisi parle de Kugha sans doute Koukya et il note qu’elle était une ville
de commerce, de fabrication et d’artisanat5.
II. Les dynasties Songhay :
Trois dynasties ont marqué l’histoire du Songhoy : la dynastie des Za ou Dia qui
réussira à affranchir le pays de la domination manding ; la deuxième, celle des Si ou
Soni va jeter les fondements de l’empire et étendre le pays. La dernière, celle des
Askia va conduire le Songhoy à son apogée. Elle va connaître l’invasion marocaine de
1591 mais règnera jusqu’en 1660 au moins.
A - La Dynastie des Za ou Dia :
Cette dynastie réussit à s’affirmer dès la fin du 7ème siècle en écartant celle des
Kanta Sorko. Elle va transférer vers le début du 11ème siècle la capitale de Koukya à
Gao, terminus de l’ancienne route des chars qui partait de la côte lybique et arrivait sur
le fleuve Niger6
Très tôt cette zone va rentrer en contact avec le monde arabo-musulman. C’est
ainsi que les Ibadites installés à Tahert en Algérie avaient demandé à commercer avec
Gao7
Le 1er Souverain de la dynastie des Za ou Dia qui embrassa l’islam fut Zakosoï
vers 1009.
4
Songhay et Mandéka entretiennent des liens de parenté à plaisanteries Maïga et Keyta. Quant aux Soninko ; ils
font venir leur ancêtre du pays songhoy. Les Jèseré parlent probablement le Soninké
5
J. M. Cuoq Histoire de l’islamisation de l’Afrique de l’Ouest des origines à la fin du 16ème siècle 1984 Op, Page
138
6
Adam B. KONARE, Panorama historique du Mali, notre librairie n° 84, 85 1984 Page 17
7
J. M. Cuoq : Histoire de l’islamisation de l’Afrique de l’Ouest des origines à la fin du 16ème siècle 1984 Op,
Page 133
C’est lui qui aurait transféré la capitale de Koukya à Gao, ville déjà
commerçante, bien installée dans les relations transsahariennes, et où vivait une
population musulmane étrangère.
C’est sous le règne de Za Assibaï que le Songhoy passa sous l’autorité du Mali.
Au 14ème siècle surtout sous Kanku Musa, le Songhoy devint la plaque
tournante du commerce transsaharien et une région très prospère.
La décadence de l’empire du Mali, va permettre au Songhoy de
s’émanciper. Profitant des troubles de l’empire, les deux fils de Assibaï Ali Kolen et
Souleyman Nari vont s’enfuir de la cour impériale du Mali et regagner Gao8.
Ali Kolen déposa Zabada et pris le titre de Soni ou Si, la dynastie changea de
nom.
Mais la situation politique était trouble. Les Moosé et les Kel Tamasheq
menaçaient dangereusement. Un souverain fort Soni Ali va prendre les reines du
pouvoir.
B - La dynastie des Si :
Venue du Sud du Dendi, Soni Ali Ber le Si, le Dali, accéda au pouvoir en 1464.
Il va libérer Gao du joug des Kel Tamasheq et organiser l’Etat Songhoy, il régna de
1464 à 1492. Pendant tout son règne il guerroya pour agrandir l’empire et mater les
révoltes. De 1464 à 1492, il aurait mené près de 15 campagnes du Dendi à l’est jusqu’à
Walata et le pays dogon à l’Ouest9
En 28 ans de règne il plaça sous l’autorité du Songhoy une grande partie de
l’ouest africain, grâce à une armée solidement organisée, composée de presque toutes
les ethnies et à une flottille de guerre sur le Niger, il imposa la stabilité. La période
1464 - 1583 est appelée siècle des Songhay par les historiens10.
Mais Soni Ali qui était un tiède musulman lié à la religion traditionnelle et pour
lequel la raison d’Etat comme nous le dirions aujourd’hui passait avant tout fut décrié
par les Ulémas.
8
Les princes des royaumes vassaux comme au Wagadu vivaient à la cour impériale, pour empêcher leurs parents
de se révolter. Suleymane Nari et Ali Kolen vivaient donc dans ce cadre à la cour du Mali où Ali Kolen était chef
d’expédition.
9
J. M. Cuoq : Histoire de l’islamisation de l’Afrique de l’Ouest des origines à la fin du 16ème siècle 1984 Opcit,
Page 149
Ulémas, jurisconsultes qui depuis Kanku Musa menaient une vie agréable et
frondeuse et voulant jouer un rôle politique durent reconnaître l’autorité d’un homme
qui les écoutait à peine.
Mahamoud Kati, l’auteur de Tarikh El Fettach l’appelle le débauché, le tyran,
l’oppresseur11.
Dans tous les cas, le règne de Soni Ali qui mourut peut être noyé dans le Koni
de retour d’une expédition dans le Moose en 149212 fut l’un des plus brillants du
Songhoy. Il laissait un Etat bien structuré avec des frontières septentrionales sécurisées
et un pays bien intégré dans le circuit commercial ouest africain et transsaharien.
Ces successeurs auront très peu de conquêtes à faire. Ils se borneront sauf Askia
Mohamed et Askia Daoud à sauvegarder l’œuvre du très haut : le Dali
Il laissait un Etat bien structuré avec des frontières septentrionales sécurisées,
un pays bien intégré dans le circuit commercial et transsaharien.
C. La dynastie des Askia :
C’est par un véritable coup de force qu’Askia Mohamed prit le pouvoir en
1495. C’est en effet après la bataille d’Anfao qu’Askia vainquit Si Barou, le fils de
Soni Aly et se proclama empereur.
Le pays changea d’orientation, l’islam toléré par le Chi devint la religion d’Etat.
Il y eut désormais comme une rupture entre l’aristocratie imbue d’islamisme et le
peuple adepte des religions traditionnelles. Askia Mohamed et ses successeurs se
tourneront vers les Ulémas, les érudits qui ne tarissent pas d’éloges à son endroit.
10
Z. Dramani Issoufi : Les Songhay, dimension historique, catalogue des vallée du Niger 1993opcit page 154
11
Mamadou SARR : Le Songhoy, Etudes Maliennes spécial Janvier 1973 Page 66. Né d’une mère magicienne,
élevé dans la tradition africaine, grand maître des «torou» ou «Kortokoïni», Soni qui pratiquait aussi l’islam
karéjite, heurtait les pieux musulmans qui se croyaient au dessus de tout, prétendaient avoir un droit de regard
sur la gestion de l’Etat.
12
Les circonstances de sa mort sont mal éclaircies. Certains soupçonnent Askia Mohamed de l’avoir éliminé.
Certains traditionnistes disent qu’il serait enterré en pays dogon.
En parlant de lui l’auteur du Tarikh El Fettach ,notait : « on ne saurait énumérer
ses vertus ni ses qualités telles que son excellente politique, sa bienveillance à l’égard
de ses sujets… plein d’égard pour les Ulemas, il leur distribuait généreusement des
esclaves et des richesses»13
Aux Ulemas en effet Askia Mohamed et certains de ses successeurs furent
pleins de sollicitude. Ils leur donnaient des terres, des esclaves, de l’or et leur
accordèrent beaucoup de privilèges. Par contre l’Askia et ses amis avaient très peu de
contact avec le peuple qu’ils n’étaient pas loin de mépriser.
Askia Mohamed comme Kanku Musa fit un pèlerinage à la Mecque à la fin de
l’année 1495. Il fit des dons à la Mecque et à Médine et dépensa beaucoup d’argent14.
Au plan de l’extension territoriale, il continua l’œuvre de Soni en faisant de
nombreuses conquêtes.
C’est ainsi qu’il occupa le Bagana, le Borgu. Son empire s’étendait du nord au sud de
Teghezza au Sibiribugu et aux cités Haoussa d’Est en Ouest de l’Aïr au Tekrur15.
Après un long règne Askia Mohamed fut renversé par un de ses nombreux enfants
Askia Musa en 1528, commença alors une période de fronde, d’instabilité animée par
les princes et leurs amis.
Mais des successeurs énergiques comme Askia Ismaël (1537-1539) Askia Ishaq
(1539-1549) et surtout Askia Daoud (1549-1582) vont continuer l’œuvre gigantesque
commencée par Soni et Askia Mohamed. Mais le pays secoué par de nombreuses
crises va s’écrouler sous Askia Ishaq II (1588-1591) avec l’arrivée des envahisseurs
marocains. III. L’économie dans l’empire Songhoy :
L’agriculture comme dans les empires du Wagadu et du Mali était l’activité principale.
Mais là encore mieux que les Etats précédents le Songhay a su mieux profiter des
structures agraires que lui laissait l’empire du Mali par exemple.
Ce qui a permis au Songhay de nourrir une population plus nombreuse en temps de
pluviométrie normale et de bonne crue du Niger.
13
Mamadou Sarr : L’Empire Songhoy, Etudes Maliennes Spécial , janvier 1973, Op cit. p34
14
Diallo Boubacar Séga : Askia Mohamed scénario 1997 P 23
15
Adam Bâ Konaré, Panorama historique ; Notre Librairie, n° 84-85, 1984 Opcit p18
Mais la cueillette, l’élevage, l’exploitation minière, la pêche étaient aussi pratiqués
dans l’empire soghoy.
A.) L’Agriculture et les produits agricoles :
- La terre, le régime de la terre et les techniques culturales :
Grâce aux chroniques de Tombuctu, on sait que la terre appartenait d’abord aux Askia.
Ils la donnaient aux princes, à leurs amis, aux Ulemas. Les terres, très riches le long du
fleuve Niger étaient cultivées par des serfs qui étaient attachés à leur propre personne.
Dans le reste de l’empire, il y avait aussi des fermes partout cultivées pour eux
comme au Mali.
Les autres, les paysans libres devaient se contenter des terres de moindre qualité.
L’outillage agricole était médiocre et permettait de retourner le sol. C’était la daba
mais surtout le Kumu pour les terres de la vallée du Niger.
Comme aujourd’hui, les paysans se rassemblaient au son du tam-tam, des flûtes et
travaillaient16.
Des chansons sont alors dédiées aux meilleurs paysans. Ce sont les « N’djiérou » qui
sont des louanges à la gloire de ces paysans.
Les produits agricoles:
Ce sont surtout les céréales qui étaient cultivés: le mil, le riz dans les vallées du fleuve
Niger. C’est surtout le riz inondé qui était cultivé, le coton également. Mais au
Songhoy on cultivait les légumes comme les curcurbutacées, le jardinage était pratiqué
par des juifs qui avaient creusé des puits très particuliers qui fournissaient une eau
bénéfique pour les légumes17.
II- L’élevage :
L’élevage comme dans les autres grands empires du Soudan Occidental était une
activité très importante, le berceau de l’empire étant la boucle du Niger, zone
favorable à l’élevage.
- Les techniques de l’élevage :
16
Le Tarikh El Fettach retient une scène de ce type. In Mahmoud Kati Tarikh El Fettach 1964 Op Cit pp 108-
109
Il y avait comme aujourd’hui plusieurs types d’élevage : l’élevage des grands
nomades, l’élevage transhumant « type Peulh », et l’élevage sédentaire.
- Les animaux : Tout comme dans les autres empires, étaient élevés des bovins
(les zébus dans le Sahel, les vaches courtes pour les zones plus humides), les ovins, les
caprins, les asins, les équidés, les camélins. Les souverains avaient beaucoup
d’animaux dans leurs fermes mais ils s’intéressaient beaucoup aux chevaux. Pour leur
entretien, les Askia avaient même une classe servile18 .
Le Tarikh El Fettach note que lorsque les Marocains envahirent l’empire l’Askia
envoya à leur rencontre 18.000 guerriers à cheval19.
Il y avait donc beaucoup de chevaux au songhoy que les nobles et les riches
commerçants achetaient. Les chameaux étaient élevés aussi en grand nombre pour le
transport du sel dont les quantités importées étaient en augmentation, et pour les
besoins du commerce transsharien.
- La pêche :
Une activité fructueuse.
La pêche pratiquée dans le Niger, ses affluents et les lacs par des groupes spécialisés
(Sorko, bozo, somono) rapportait beaucoup.
Les techniques de pêche n’étaient pas tellement différentes de celles d’aujourd’hui,
harpons, zogu pour l’hippopotame et le lamantin, naji harpon empoisonné utilisé pour
la chasse à l’hippopotame, des filets, des nasses. Mais aussi des plantes spéciales qui
jetées dans l’eau asphyxient les poissons et le gondo petit piège musical pour attiré les
poissons. Les pêcheurs payaient l’impôt.
D- L’exploitation minière :
L’empire de Gao comme le Mali contrôlait les salines de Teghezza mais aussi les
mines d’or du Sud20. Les mines de cuivre de Takkeda appartenaient également au
songhoy.
E- L’artisanat et les classes serviles de l’artisanat :
17
Ces puits dont les parois étaient enduites de beurre de karité étaient profonds.
18
Diallo Boubacar Séga : Economie et société dans l’empire songhoy selon le Tarikh El Fettach, Mémoire de
fin d’études 1972 Op. Cit P 5
19
Mahmoud Kati Tarikh El Fettach 1964 Op. Cit P264.
20
Le songhoy a certainement contrôlé en partie quelques mines d’or du pays moosé et peut être du Ghana actuel.
Comme dans les deux empires, l’artisanat était pratiqué au songhoy et y a connu un
grand développement surtout dans les villes. Cet artisanat était aux mains de groupes
non nobles et endogamiques qui appartenaient à l’Askia.
- Les travaux des métaux :
Les métaux, le fer en tête était travaillé selon le Tarikh El Fettach par les Diam-téné,
des Diam-ouali, des Samastsko21 et les Hadankés (forgerons des Kel Tamashèq ).
Les membres de ces groupes appartenaient aux Askia. Ni les textes, ni la tradition
orale ne parlent des bijoutiers, mais ils devaient être nombreux dans les villes.
- Les tisserands et les tailleurs :
Ils semblent avoir occupé une place très importante dans le songhoy, « l’industrie du
vêtement » employait dans tous les cas beaucoup de monde. Le Tarikh El Fettach
signale que dans la ville de Tombouctou, il y a 26 maisons de tailleurs ou tendè à la
tête de chacune d’elles il y avaient deux moniteurs qui pouvaient employer 70 à 100
apprentis22.
Le filage, le tissage, la teinture à l’indigo étaient des activités complémentaires
pratiquées par de nombreuses femmes (filage, teinture à l’indigo) et hommes
(tisserands). Le vêtement a pris probablement de l’importance à cause de la diffusion
de l’islam. Dans la suite de certaines personnalités de l’Etat comme le balama Sadiq
(Ministre de l’armée) il y a avait des tailleurs qui confectionnaient pour lui des
boubous et des caftans23. Tailleurs et tisserands devaient être de condition servile.
- Les cordonniers :
On les appelait dans l’empire les kouroukoï, c'est-à-dire les maîtres de la peau. Ils
fabriquaient des chaussures, des ceintures, des selles, des équipements pour chevaux et
chameaux. Ils confectionnaient des sacs en cuir ou sounou si utiles pour le transport
des céréales mais également des fourreaux pour sabres, couteaux sans oublier les étuis
à coran.
- Les maçons :
21
Il s’agit probablement des Samassékou qui sont parmi les premiers habitants de Mopti et sont forgerons.
22
Mahmoud Kati , Tarikh El Fettach 1964 OP. Cit P 239.
23
Diallo Boubacar Séga : Economie et société dans l’empire songhoy selon le Tarikh El Fettach, Mémoire de
fin d’études 1972 Op. Cit P 9
Ils étaient nombreux et originaires selon les chroniques de Tombouctou du Kala, ils
furent les artisans des belles mosquées demeures qui font la fierté aujourd’hui encore
des villes comme Tombuctou, Jenné et même Mopti.
F- le commerce :
Si l’économie reposait sur l’agriculture, le commerce occupait aussi une grande place
et procurait de gros revenus aux Askia et aux marchands.
- Le commerce intérieur :
Il portait surtout sur les produits de l’agriculture de la pêche, de la chasse. Mais le sel
qui provenait des zones sahariennes était également distribué vers le Sud. La cola
faisait l’objet d’échange comme les cotonnades, les cauris, le sel, la poudre d’or a pu
servir aussi de monnaie.
- Le commerce international :
Il portait sur le sel, l’or. Le sel provenait des salines du Nord et était commercialisé
vers le Sud et les vallées du Niger et au-delà. L’or, les placers, Bambuk, du Buré, du
Jabé de la Falamé et des confins du Ghana et du Burkina Faso actuels.
C’est l’or qui a attiré en 1591 les Marocains au songhoy Askia Mohamed lors de son
pèlerinage avait dépensé 300.000 Mitqal d’or (1 mitqal = 4 à 5 g). L’or était expédié
vers le bassin de la Méditerranée et de nombreuses caravanes venaient le chercher, il
était échangé contre le sel.
Partaientt également du Sud vers le Nord de nombreux esclaves, le Tarikh El Fettach
retient qu’un commerçant de Tripolitene établit à Gao voulait acheter 500 esclaves de
l’Askia24. Il aurait réalisé de gros bénéfices en vendant ces esclaves dans son pays
d’origine ou ailleurs. Les esclaves songhay pouvaient être vendus très loin jusqu’en
Turquie. La traite des esclaves a tellement minée le songhoy que des intellectuels
comme Ahmed Baba se sont insurgés contre cette pratique honteuse.
Venaient du Nord également des vêtements en soie que portaient les Askia, les
commerçants, les arabo-berbères, donc une clientèle aisée.
Les riches étoffes note le Tarikh El Fettach venaient du Sousse25 et peut être de plus
loin. Les importations ont également porté sur les produits alimentaires, les dattes de
Biskra étaient très prisées au Soudan et on les trouvait sur le marché de Tombuctu.
24
Mahmoud Kati Tarikh El Fettach 1964 OP. Cit P 237
25
Mahmoud Kati Tarikh El Fettach 1964 Op. Cit P 237
Les livres étaient aussi importés depuis le règne de Kanku Musa, mais sous Askia
Mohamed et ses successeurs, le commerce du livre devint une activité commerciale
très lucrative. Mais sans la sécurité sur les routes les relations n’existeraient pas.
Soni Ali, Askia, ses successeurs vont protéger les routes de l’Ouest du Sud de l’Est du
Nord. C’est par le Niger véritable poumon du pays qu’arrivaient beaucoup de produits.
Sur le Niger circulaient de gros bateaux qui appartenaient aux empereurs et aux
commerçants de Gao.
A Jenné arrivaient par le Niger les produits du commerce transsaharien.
De Jenné partaient de grands bateaux chargés de produits vivriers à destination de Gao
la capitale, Tombuctu (Kabara)
IV : Société Etat pouvoir et vie culturelle au songhoy
A La société :
La société songhay était véritablement de type féodal avec au sommet de nobles et à la
base des serfs attachés aux seigneurs par les liens particuliers.
- Les nobles
Leur situation sous Soni est peu connue, mais elle n’est devait pas être différente de
celle des nobles du Wagadu ou du Mali.
Leur statut est plus clair sous les Askia grâce aux chroniques de Tombuctu le Tarikh
El Fettach de Mahmoud Kati26 et au Tarikh Es Soudan de Abderhaman Es Sadi. Les
nobles étaient les proches parents de l’empereur, ils étaient nombreux, l’Askia
Mohamed avait plus de cent fils. Cette classe sociale était appelée San. Ce mot à
l’origine signifiait blanc et par extension noble. Du nom San, on tiré l’expression
Sankoré, (korè= le quartier). Sankoré était le quartier de Tombuctu où habitaient les
Arabo-berbères27 . Sankoré était célèbre pour son université mosquée.
Les nobles occupaient de hautes fonctions administratives et fournissaient à l’armée
ses cadres. Ils jouissaient de nombreux privilèges comme manger avec le souverain
même quand ils étaient jeunes, le Dendi-fari (le gouverneur du Dendi) pouvait adresser
des observations à l’Askia. Le Bara-koï (gouverneur du Bara) avait le droit de veto
etc… Ils étaient mariés à plusieurs femmes et vivaient du travail des serfs. Quand ils
26
Cet ouvrage a été écrit par plusieurs auteurs voir sur ce sujet Nehemia Levtzion Was Mahmoud Kati the author
of Tarikh El Fettach ? Center of arabic documentation Institut of African Studies of Ibadan, ou
Mme Ly Tall quelques remarques sur l e Tarik El Fettach BIFAN T34 N° 3 1972 PP 491- 492
étaient gouverneurs, ils prélevaient à leur profit une partie de l’impôt très aisée, cette
noblesse frondeuse qui se disait musulmane ne dédaignait pas les pratiques magiques.
- Les groupes maraboutiques :
Ils ont joué un grand rôle surtout après la prise du pouvoir par Askia Mohamed.
Ennemis de Soni Ali Ber, ils louaient Askia Mohamed qui leurs avaient donné
beaucoup de richesses et de privilèges. L’Askia mangeait avec eux, leurs serrait la
main et ne se levait que pour eux. Askia Mohamed autorisait les marabouts de Mori-
koïra (quartier des marabouts) à épouser des esclaves et les enfants nés de ces unions
furent considérés comme nobles. Ce privilège sera étendu à d’autres groupes
maraboutiques. Askia Mohamed entreprit le pèlerinage avec certains d’entre eux
comme le Mori Salihou Diawara, Mohamed Toulé (Turé) ?.
Ces marabouts étaient très riches El Aqib construisit seul la mosquée du marché de
Tombuctou et dépensait tous les jours 67 Mitqals.
Mais ils avaient aussi leur franc parler Mahmoud Bagayogo traita l’Askia Ishaq de
voleur, d’oppresseur l’Askia ne réagit pas28 . Les marabouts dans l’empire jouaient un
rôle très complexe. Ils étaient Imams, magistrats, Cadis, professeurs, secrétaires et
conseillers à la cour. Ils dominaient la vie intellectuelle du pays, ils étaient très
instruits et possédaient d’importantes bibliothèques.
Ahmed Baba, prisonnier des Marocains à Marrakech après la défaite de 1591 disait
que parmi ses amis il était celui qui avait le moins de livres, mais les Marocains
retenait-il, lui avait pris 1600 volumes.
Au-dessous de la noblesse et des clans maraboutiques, il y avait les hommes libres
mais ils n’étaient pas riches.
27
Aliyou Ould Abedat : L’Université de Tombouctou : Un foyer de culture islamique dans le Soudan nigérien
Mémoire de fin d’études Ecole Normale Supérieure P 41.
28
Diallo Boubacar Séga : Economie et société selon le Tarikh El Fettach, mémoire de fin d’études 1972 Op. Cit
PP 17-18.
- Les groupes serviles :
* Les esclaves attachés au souverain : Ce sont les Tyindikata( coupeurs d’herbes)
selon le Tarikh El Fettach. Ils étaient chargés de l’entretien des chevaux, les adultes
fabriquaient des pirogues pour aller chercher le bourgou (Echinocloa stagnina) destiné
à la nourriture des chevaux. Il y avait aussi les Zendji apparentés aux pêcheurs, les
Arbi, les Gabibi.
Les Gabibi cultivaient uniquement pour l’Askia et ses enfants et l’escortaient en temps
de paix ou de guerre. Leurs filles étaient servantes des femmes de l’Askia. Tous ces
groupes étaient au service exclusif de l’Askia et nul ne pouvait les employer. Ils
étaient attachés à sa personne il pouvait néanmoins les donner à ses amis aux
marabouts notamment.
En dehors de ces « esclaves spéciaux », d’autres qu’il pouvait vendre et les serfs
taillables et corvéables à merci qui travaillaient dans ses champs.
* Les esclaves des fermes :
Ils étaient nombreux et travaillaient dans les grandes plantations de l’Askia qui
couvraient presque tout le pays. Les Askia les avaient hérité de l’empire du Mali et ils
étaient attachés à la terre.
Leurs conditions étaient dures, ils cultivaient sous la direction d’un fanfa (pluriel
fanafi) qui était lui-même esclave. Les fanafi recevaient des redevances de l’Askia,
mais se servaient sur les récoltes, ils s’enrichissaient sur le dos de l’Askia qui le
savait mais le laissait faire, dans la mesure où ils l’aidaient à mieux exploiter les
esclaves des plantations.
Les hommes libres pouvaient aussi posséder des esclaves, plus que les autres empires,
le songhoy a pratiqué sur une grande échelle la traite des esclaves.
B- L’Etat Songhoy :
L’empire songhoy comme les autres empires du Soudan Occidental était divisé en
provinces administrées par des gouverneurs. C’est ainsi qu’il y avait les provinces du
Dendi qui comprenaient les Etats Haoussa, la province du Banku qui couvrait la zone
désertique jusqu’au Nord-Est de Gao. Les autres provinces étaient celles de Bal qui
commençait au Nord-Oust de Tombouctou et s’étendait de Teghezza jusqu’à Aïvalatin
au Sud. Enfin la province du Kourmina au Sud-Ouest comprenait le Macina les restes
du Mali, le pays bamanan. Les gouverneurs, les agents de l’administration, les
dignitaires de la cour étaient choisis parmi les membres de la famille impériale29
Au Total comme le Wagadu et le Mali, le songhay était un Etat décentralisé qui eut à
faire face à de nombreuses révoltes
C- Le pouvoir :
Comme les souverains des deux premiers empires, les empereurs songhay avaient
deux types de pouvoir : le pouvoir ésotérique et le pouvoir politique.
- Le pouvoir spirituel
Sous Soni Ali musulman karéjite, la religion traditionnelle, celle des rois magiciens
l’emportait. Soni Ali était le Dali le très haut celui qui pouvait se transformer en
oiseau, capable de comprendre ce qui se passe sur la terre et dans les cieux. Il était le
vainqueur.
Avec l’arrivée d’Askia le pouvoir changea complètement d’orientation.
Askia Mohamed et ses successeurs imposèrent l’islam. Askia Mohamed fit tout pour
afficher son zèle religieux, grand pèlerinage à la Mecque dons et legs aux marabouts et
aux ulémas. Sous son règne l’atmosphère à la cour était teintée d’orientalisme.
Les insignes de la royauté étaient alors un sceau, un coran, un turban30 , une calotte
verte, 12 étendards, le tambour31 . Il faut dire que les pratiques traditionnelles
n’avaient pas totalement disparues. Askia Mohamed n’avait-il pas parmi ces insignes
le Dintouri ?, le tison morceau de bois à moitié consumé qui aurait servi à allumer le
premier feu du songhoy, faisait de l’Askia le propriétaire de la terre.
Mieux, après avoir reçu les insignes de la royauté, les dignitaires devaient donner au
souverain le titre de Askia et se mettre de la poussière sur la tête en sa présence.
Pratique toute à fait traditionnelle.
L’islam n’avait pas trop éloigné les princes songhoy de leurs pratiques ancestrales.
Certaines traditions retiennent que Askia Mohamed était lui-même un kortè koï.
29
Mamadou Sarr l’empire Songhoy Etudes Maliennes Janvier 1973 opcit P :15
30
Sous les ZA, ces insignes existaient déjà, Askia Mohamed ajouta les autres.
31
Mamadou Sarr l’empire Songhoy Etudes Maliennes Janvier 1973 opcit P 51
- Le pouvoir politique :
L’empereur dans ses fonctions était assisté par de nombreux ministre comme le
Kalisifama ministre des finances, le Balama ou Balamasa, ministre de l’armée, le
Koreïfarma le chef des blancs (Maures, Touaregs), tous ces ministres étaient des San
sauf certains que le pouvoir a judicieusement utilisé, c’est par exemple le Hi koï,
amiral chef de la flottille qui était un Sorko.
Les grands centres, les grandes villes avaient une administration dirigée par un chef à
Jenné il avait le jennè koï, à Tombuctu, le Tombuctu koï. Tous les dignitaires à la cour
avaient leur place et portaient des insignes liés à leur profession, chacun d’eux
devaient avoir un comportement précieux.
- Le pouvoir judiciaire :
Nous sommes très peu renseignés sur le pouvoir judiciaire au temps des Za et des
Soni. Mais, c’est sous Askia Mohamed que la justice musulmane était appliquée.
Il y avait d’éminents juristes. Mais cette justice n’avait- elle pas plusieurs vitesses ?.
Une justice pour les San, les clans maraboutiques et les autres nobles. Une autre pour
les esclaves et les pauvres.
- L’impôt :
Le songhoy avait mis au point un système fiscal original. Toutes les couches socio-
professionnelles devaient payer l’impôt en nature le plus souvent. Les travailleurs des
métaux devaient payer 100 flèches, 100 lances par famille et par an. Les pêcheurs au
moment des basses eaux devaient payer 10 paquets de poissons par famille.
Quant aux esclaves ruraux, les chroniqueurs notent que sous Soni Ali que toutes leurs
récoltes étaient confisquées. Soni en donnait une partie à ses soldats et gardait le reste
pour lui. Les mauvaises années Soni leur imposait une redevance spéciale, car pour lui
ils étaient responsables de la situation32 .
32
Mahmoud Kati Tarikh El Fettach 1964 [Link] PP 108- 109.
Cette assertion est difficilement acceptable, l’impôt sous Soni Ali devait être lourd,
mais le Si ne devait pas tout enlever aux esclaves. Sous Askia Mohamed, selon les
mêmes chroniqueurs, l’envoyé impérial ne prenait que 10 à 30 mesures de farine sans
jamais dépasser ce chiffre. En cas de mauvaises récoltes, il acceptait 9 mesures de
farine. Dans tous les cas, les ruraux étaient astreints à l’impôt que la récolte soit bonne
ou mauvaise. Nous sommes très peu renseignés sur les impôts perçus sur les produits
d’importation et d’exportation mais ils devaient être très élevés.
- L’Armée :
L’armée songhoy a été l’une des meilleures armées du Soudan Occidental. Soni Ali
qui guerroya pendant 28 ans ouvra l’armée à tous les hommes valides du pays. Aux
militaires, il faisait des distributions gratuites de céréales. Askia Mohamed fit de
l’armée une armée de métier. Cette armée dirigée par des généraux de la classe des
San comprenait trois corps : la cavalerie, les nobles et tout ceux qui pouvaient
s’acheter un cheval, les fantassin, généralement des esclaves devenus nombreux sous
Askia Mohamed et la flottille sur le fleuve Niger dirigé par le Hi koï.
Mais cette importante armée qui réussit à grandir l’empire à sécuriser les frontières et
les routes transshariennes ne réussit pas arrêter l’invasion Marocaines à Tondibi.
D- La vie culturelle au songhoy :
Depuis le règne de Kanku Musa, le rayonnement culturel du songhoy et surtout de
Tombuctu avait attiré de nombreux professeurs d’Espagne, des Universités de Fès, du
Caire, de Tunis etc. Tombouctou devient au 16ème siècle un grand foyer intellectuel et
culturel avec des savants comme Ahmed Baba, Mahmoud Bagayogo. A Tombuctu
étaient enseignées la logique, la rhétorique, la grammaire, l’astronomie, l’histoire, la
géographie, l’éloquence, un véritable humanisme s’y développa, grâce aux retombées
du grand commerce transsharien.
Mais l’immense majorité de la population n’a certainement pas profité du renouveau
culturel, dirigeant, noblesse et clans maraboutiques ont été largement séparés du
peuple.
V- La fin de l’empire de songhoy :
Famines, épidémies, inondations suivies par de nombreuses révolutions au cours
desquelles les San se massacraient vont conduire le songhoy à sa perte.
L’Askia Ishaq II 1588- 1591 ne réussit pas à arrêter à Tondibi les Marocains.
Commandés par Djouder 2000 mercenaires européens 1500 Marocains armés
d’arquebuses de lances, attaquèrent à la demande du Sultan El Mansour du Maroc
l’empire songhoy. Abrités derrière des troupeaux d’animaux, les cavaliers et les
fantassins songhoy dès les premiers coups de feu tirés par les arquebuses jusque là
inconnus au Soudan occidental furent mis en déroute. Les animaux, au lieu d’attaquer
les Marocains, se retournèrent contre les songhoy. Les mercenaires massacrèrent le
reste de l’armée qui refusa de s’enfuir. Les Marocains installèrent le Pachalik
marocain de Tombuctu qui devait désormais diriger le songhoy mais jamais, ils ne
réussiront à instaurer l’ordre et la sécurité d’antan leur pouvoir s’exercerait le long de
l’axe du Niger.
Sur le plan humain, les descendants des soldats de Djouder vont se marier avec des
songhay et donner naissance aux Arma (dont le nom viendrait d’arme) ou l’Arbu.
Le système politico-économique mis en place par l’empire songhoy se dégrada, mais
jamais les songhay n’acceptèrent la domination, ils organisèrent la résistance sous la
direction de Askia Nouhou dans le Dendi. L’empire s’effrita et finira par se réduire à
des petites chefferies. La chute du songhoy marqua le début d’une ère d’anarchie de
guerre au Soudan Occidental avant l’émergence du royaume bamanan.
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- Diallo Boubacar Séga : Kanku Musa, Rex-Melli scénario 1997, 37 Pages.
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